28/03/2017
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XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage d’Elisabeth Toutounov

Affiche_Frat_2015Lors du XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai (compte rendu), de jeunes reporters ont interrogé des participants. Dans l’entretien ci-dessous, Elisabeth Toutounov, qui a participé à l’organisation du congrès, apporte son témoignage. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah Hammou et Boris Sollogoub.

Les précédentes vidéos: Bienvenue ! ; Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale ; XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: un nouvel entretien sur le congrès et la première conférence ; Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ?  ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage de Sophie Lossky ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: témoignage d’une première participation à un congrès .

XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: témoignage d’une première participation à un congrès

gal-3115726Lors du XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015 (compte rendu), de jeunes reporters ont interrogé des participants. Dans cet entretien, Yoann Renard témoigne de sa première participation à un congrès orthodoxe. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah  Hammou et Boris Sollogoub.

 

Les précédentes vidéos: Bienvenue ! ; Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale ; XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: un nouvel entretien sur le congrès et la première conférence ; Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ?  ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage de Sophie Lossky . D’autres interviews suivront dans les jours à venir.

Source de la photographie prise lors d’une des tables rondes du congrès: Séminaire orthodoxe russe en France

Le compte rendu du XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale (Bordeaux, 30 avril-3 mai)

Affiche_Frat_2015Ci-dessous: le compte rendu du XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale, organisé par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est déroulé à Bordeaux du 30 avril au 3 mai (programme, reportage de FR3, vidéos, photographies).

Un événement panorthodoxe : le XVe Congrès orthodoxe
en Europe occidentale
(Bordeaux, 30 avril – 3 mai 2015)

Du 30 avril au 3 mai 2015 s’est tenu à Bordeaux, sous l’égide de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), le XVe Congrès orthodoxe en Europe occidentale. Cette quinzième édition, depuis le premier congrès de 1971, a rassemblé près de 600 participants de divers diocèses orthodoxes, venus des pays d’Europe occidentale et au-delà, pour un partage commun sur le thème de la condition des chrétiens « pleinement dans le monde, mais pas de ce monde ». Quatre conférences plénières, trois tables rondes et une quarantaine d’ateliers ont permis d’approfondir la question, ainsi que des temps de prière et une soirée d’hommage consacrée à la mémoire du père Cyrille Argenti.
Le congrès a débuté le vendredi 1er mai par la divine liturgie qui a d’emblée donné le ton de l’événement : un rassemblement de fidèles très divers puisant son unité à la table eucharistique. Nicolas Behr, au nom de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, qui était organisatrice de l’événement, a ensuite souhaité la bienvenue à l’ensemble des participants. Des messages de soutien envoyés par plusieurs évêques retenus ailleurs ont été lus à cette occasion : le métropolite de France, Mgr Emmanuel, président de l’AEOF, soulignait notamment que le chrétien est appelé à devenir médiateur entre le visible et l’invisible ; le métropolite de Belgique Mgr Athénagoras, dans un message long et chaleureux adressé aux congressistes, rappelait pour sa part qu’il avait participé à tous les congrès orthodoxes précédents, « lieux d’expériences fabuleuses et combien enrichissantes » et que sa personnalité avait été « forgée » par les « grands personnages » qu’on y entendait ; quant à l’archevêque Job (Exarchat des paroisses de tradition russe), il a mis l’accent sur la dimension panorthodoxe d’un tel rassemblement, appelant les participants à être des « éléments constructifs » dans l’Église.
Le premier conférencier, le père Jean Gueit, recteur de la paroisse Saint-Hermogène (Marseille), professeur émérite de droit (Université d’Aix-en-Provence) et aumônier de la Fraternité orthodoxe, a axé sa réflexion sur l’adage patristique « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Il a introduit la problématique du congrès en montrant que le mode de fonctionnement de l’humanité est marqué par des polarités conflictuelles de plus en plus violentes et mortifères. Seule l’élaboration du droit et l’organisation d’un pouvoir politique rendent possible la vie en société. Mais Dieu dépasse cette conflictualité en nous réconciliant avec nous-mêmes et avec le cosmos. Pour conclure, le père Jean a insisté sur la force libératrice de l’Esprit Saint face à toute forme d’autoritarisme : l’Eglise n’est pas un carcan mais le corps du Christ ressuscité.
Dans l’après-midi, la deuxième session plénière fut l’occasion d’accueillir à la tribune le professeur Assaad Kattan (Université de Münster), théologien laïc du Patriarcat d’Antioche, spécialiste de l’interprétation des Pères de l’Église et du dialogue entre christianisme et islam. Dans son allocution intitulée « Pour une théologie orthodoxe contre la démission », Assaad Kattan a appelé à un renouveau créatif de la théologie qui permette d’établir des ponts entre la réalité actuelle post-moderne et le vécu ecclésial. Le théologien a souligné trois aspects : la nécessité de revenir à une interprétation dynamique de la tradition ecclésiale, permettant d’en dégager le message essentiel sous ses formes transitoires, l’importance d’avoir une approche théologique qui valorise la raison, enfin l’urgence de développer de nouveaux modes de lecture des textes au fondement de la tradition.
Une série d’ateliers a ensuite permis aux participants de réfléchir sur des questions aussi diverses que le rapport entre psychothérapie et paternité spirituelle, la transmission de la foi en famille, la vie du chrétien en entreprise, le dialogue entre islam et christianisme, etc. En soirée, un hommage au père Cyrille Argenti devait rappeler, au fil des témoignages, combien cet artisan de la Fraternité orthodoxe, ardent promoteur d’une orthodoxie francophone et du dialogue œcuménique, fut avant tout un grand et authentique pasteur, s’efforçant de conduire vers le Christ les nombreuses personnes qui sollicitaient son aide.
Après l’office des matines, la deuxième journée du congrès (samedi 2 mai) s’est ouverte sur la troisième session plénière la conférence de Mgr Stéphane, primat de l’Église orthodoxe d’Estonie (autonome au sein du Patriarcat œcuménique de Constantinople). Celui-ci, dans une riche méditation, s’est demandé comment les chrétiens, en particulier orthodoxes, peuvent trouver des repères entre un Occident en pleine décroyance et le fanatisme montant au Proche-Orient et en Afrique. Il a montré que de cette tension peuvent naître les conditions d’une nouvelle rencontre authentique du monde avec l’Évangile. Mais, a-t-il souligné, « seule une pastorale de communion peut émouvoir la société sécularisée » en faisant redécouvrir à l’homme une réalité secrète qui ne peut que se contempler et en rappelant à la société son sens de l’amour.
Une seconde série d’ateliers a suivi cette conférence plénière. Puis, en début d’après-midi, s’est tenu un temps de prière œcuménique à l’intention des chrétiens d’Orient persécutés. Ce moment d’une grande ferveur a rassemblé, outre les participants au congrès, divers représentants religieux, notamment Mgr Laurent Dognin, l’évêque auxiliaire catholique de Bordeaux, tous unis dans une même prière pour les martyrs de notre temps.
Trois tables rondes simultanées se sont ensuite déroulées : la première, intitulée « Que peut-on attendre du futur concile panorthodoxe ? », et animée par Michel Stavrou (Institut Saint-Serge), avait pour intervenants le père Dimitrios Bathrellos (Athènes), Pierre Sollogoub (Fraternité orthodoxe en Europe occidentale) et le père Alexis Struve (Nantes, Kiev). Elle a permis de faire le point sur la préparation du concile panorthodoxe à venir et sur les attentes qu’il suscite. Les intervenants ont souligné le peu d’informations diffusées auprès du peuple de Dieu et la prise de conscience encore faible de l’importance de cet événement en gestation. La deuxième table ronde,  consacrée à « la psychologie contemporaine et les Pères de l’Église » et menée en anglais par le diacre Michael Bakker (Pays-Bas), avait pour intervenants Christine Artiga, psychothérapeute (Bordeaux), Silouane Deutekom (Orthodox Peace Fellowship) et Matthieu Sollogoub, professeur de chimie moléculaire (Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris VI). Intitulée « Questions actuelles d’éthique », la troisième table ronde, sous la houlette du père Christophe D’Aloisio (Institut Saint-Jean-le-Théologien, Bruxelles) et avec la participation de l’évêque Jean de Charioupolis (Genève, Paris), du docteur Denys Clément (Paris) et de la psychologue Nathalie Victoroff (Paris), a abordé quelques questions éthiques telles que l’interruption médicale de grossesse, la fin de vie, la sexualité… Cette table ronde fut l’occasion de rappeler qu’il convient de ne pas sacraliser la vie au détriment de la personne et qu’un travail de formation des pasteurs comme des fidèles est indispensable pour que l’Église puisse relever les défis éthiques posés par le monde contemporain. Des vigiles festives, chantées en anglais, français, roumain, arabe, grec, ont clôturé cette seconde journée.
Le dimanche 3 mai, 3e jour du congrès, la divine liturgie a été présidée par le métropolite Stéphane d’Estonie auquel se sont joints Mgr Marc (Métropole roumaine) – qui a prononcé une belle homélie sur la guérison du paralytique – et Mgr Jean de Charioupolis (Patriarcat œcuménique). À l’issue de cette célébration de tonalité pentecostale, Mgr Stéphane a qualifié ce moment de sommet du congrès et a laissé voir son émotion devant cette assemblée orthodoxe occidentale à laquelle il s’est dit lié par de profondes attaches spirituelles, faisant siennes ses joies et ses peines.
La dernière conférence plénière, prononcée par le théologien laïc grec Thanasis Papathanassiou, ayant pour thème « Quand l’idolâtrie séduit et mène à une Église sans mission », fut un appel à se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint pour faire de la vie chrétienne bien plus qu’une simple observance de rites. Le théologien a souligné le danger de croire qu’on peut posséder le Dieu vivant dans l’Église, transformant ainsi la foi en idolâtrie et faisant des prêtres une caste chargée d’administrer seule l’Église. Il importe de toujours se souvenir que la lex credendi (règle de foi) et la lex orandi (règle de prière) sont ancrées dans la lex sequendi : appel à « suivre le Christ nu » (saint Colomban). Car l’homme est appelé à être image de Dieu et non idole, ce ne sont pas les autels de pierre qui importent mais les autels vivants.

Ces trois journées de réflexion, de dialogue, de prière, d’échanges informels – notamment avec le métropolite Stéphane d’Estonie, Mgr Jean de Charioupolis (Patriarcat œcuménique), Mgr Marc (Patriarcat de Roumanie, Bordeaux) et Mgr Nestor (Patriarcat de Moscou, Paris) – ont offert des moments de fraternité intense, qui ont permis de partager une véritable communion ecclésiale, respectueuse de la riche diversité des personnes, de leurs multiples ancrages juridictionnels et points de vue, tout en leur donnant de vivre pleinement leur unité en Christ. La joie de la Résurrection n’a cessé d’être proclamée, chantée et vécue durant ce congrès, sans perdre de vue la réalité de la situation des chrétiens au cœur du monde, invitant chacun à répandre à sa manière cette joie, une fois rentré dans son cadre de vie quotidien. Les Actes de ce congrès (textes de conférences et rapports d’ateliers et de tables rondes) seront publiés prochainement dans la revue orthodoxe Contacts (www.revue-contacts.com). Les non-abonnés peuvent commander à l’avance ce volume en envoyant un chèque de 13 € à : Revue Contacts, 61 allée du Bois du Vincin 56000 Vannes.

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XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage de Sophie Lossky

gal-3115742Lors du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, de jeunes reporters ont interrogé des participants. Sophie Lossky est interrogée dans l’interview ci-dessous. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah  Hammou et Boris Sollogoub. Les précédentes vidéos: Bienvenue ! ; Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale ; XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: un nouvel entretien sur le congrès et la première conférence ; Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ? D’autres interviews suivront dans les jours à venir.

Photographie prise lors du congrès: extraite de l’album en ligne sur le site du Séminaire orthodoxe russe en France

Interviews lors du congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: Bienvenue !

indexQuatre des membres de l’équipe des jeunes reporters au XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, souhaitent la bienvenue.

Trois vidéos, réalisées par cette équipe, ont été mises en ligne: Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale ; XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: un nouvel entretien sur le congrès et la première conférence ; Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ? D’autres interviews suivront dans les jours à venir.

 

XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: un nouvel entretien sur les congrès et la première conférence

DSC_4308Lors du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, de jeunes reporters ont interrogé des participants. Dans cet entretien, Élisabeth Sollogoub répond aux questions sur les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale et la première conférence du XVe congrès. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah  Hammou et Boris Sollogoub. Environ 600 personnes ont participé à ce XVe congrès (d’où provient la photographie ci-dessus).

Le dossier préparatoire du XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale (Bordeaux du 30 avril au 3 mai)

Affiche_Frat_2015Pour prendre connaissance, lire et télécharger le dossier préparatoire de 23 pages du XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale, qui se déroulera à Bordeaux du 30 avril au 3 mai, qui comprend, outre le programme, une présentation des différents intervenants, des conférences, des ateliers et des tables rondes, une brève notice sur le père Cyrille Argenti, un florilège biblique et patristique assorti d’une bibliographie, cliquez sur ce lien. La liste des ateliers avec le jour : en français, en anglais.

Dernière mise à jour du programme du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale à Bordeaux du 30 avril au 3 mai

Affiche_Frat_2015Pour connaître la dernière mise à jour du programme (avec notamment les tables rondes) du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui se déroulera à Bordeaux du 30 avril au 3 mai, en français et en anglais, cliquez sur les liens suivants: le programme général (en anglais), les ateliers (en anglais). Toutes les autres informations se trouvent à partir de cette page.

Le XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale (Bordeaux du 30 avril au 3 mai)

Affiche Frat 2015Le XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale se déroulera à Bordeaux du 30 avril au 3 mai. Il aura pour thème “Être pleinement dans le monde, mais pas de ce monde – Vivre la foi chrétienne aujourd’hui“. Les inscriptions sont ouvertes. Les informations pratiques et les grandes lignes du programme sont en ligne à partir de cette page (en anglais).

A Bordeaux, le 8 décembre

La Fraternité orthodoxe Saint-Benoit, du diocèse de l'Eglise orthodoxe serbe en France et en Europe occidentale, soutient et participera à la manifestation "Oui à la vie", qui aura lieu le 8 décembre, dans l'après-midi, à Bordeaux. Une des paroisses du diocèse serbe se trouve à Bordeaux. La manifestation est organisée (comité de soutien) pour, d'une part, protester contre le projet de loi intitulé "Le mariage pour tous" et, d'autre part, "pour la défense de la famille et les droits des enfants". La Fraternité Saint-Benoit publie une revue trimestrielle, Fidélité, disponible en ligne.

Bordeaux: une conférence sur “Mondialisation et religion dans la cité”

Le père Théodore Papanicolaou, recteur de l'église orthodoxe grecque de Bordeaux (Présentation-de-la-Vierge-Marie-au-Temple) a donné une conférence à Bordeaux, le 2 février, dans le cadre d'une rencontre sur le thème "Mondialisation et religieux dans la cité". Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, également ministre des Affaires étrangères et européennes, a présidé cette rencontre.

L’histoire de la communauté orthodoxe grecque de Bordeaux et son présent

16Sur le site de la paroisse orthodoxe grecque de Bordeaux, l'histoire de la communauté, en plusieurs parties, sur cette page. L'association cultuelle a été fondée en 1949. Cet exposé, agrémenté de photographies, aborde aussi les activités actuelles de la paroisse (vidéos) et ses projets.

 

Photographie (autres photographies): l'église orthodoxe grecque de Bordeaux

Le métropolite Emmanuel remet le texte de la déclaration finale du sommet des religions à Bordeaux au secrétaire général de la présidence française du G20-G8

" Le métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), accompagné de Mohamed Moussawi et du pasteur Claude Baty, respectivement président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et président de la Fédération protestante de France (FPF) a remis au secrétaire général de la présidence française du G20G8, Laurent Stefanini, le texte de la déclaration finale adoptée lors du sommet des religions qui s’est tenu à Bordeaux les 23 et 24 mai 2011. "

Source et suite: AEOF

Le sommet religieux de Bordeaux

BordeauxSommetReligions Le site Internet de la Métropole grecque évoque le sommet religieux qui a eu lieu les 23 et 24 mai 2011 à Bordeaux, quelques jours avant la réunion du G8. Les participants, venus des différents pays du G8 et représentant la grande diversité des familles religieuses, ont pu réfléchir aux principaux enjeux de notre temps : économiques, financiers, politiques et environnementaux. Le métropolite Emmanuel a été "le maître d’œuvre dans l’organisation d’une telle rencontre et il a su, dans le respect des différentes traditions religieuses présentes, faire émerger un consensus fort sur la nécessité d’une participation des responsables religieux du monde à une réflexion globale". Une déclaration commune a été publiée et communiquée aux autorités françaises à qui revient, cette année, la présidence du G8 et du G20.

Mgr Emmanuel ouvrira le sommet religieux de Bordeaux

Mgr Emmanuel, président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, ouvrira le sommet religieux de Bordeaux qui se tiendra dans cette ville les 23 et 24 mai. Ce sommet est organisé dans le cadre des travaux du G8 2011 et sera ouvert par le métropolite Emmanuel suivi par un mot de bienvenue du cardinal Jean Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. Il regroupera des personnalités religieuses en provenance de différentes régions du monde. Les principaux thèmes qui y seront traités concernent notamment la réforme de la gouvernance mondiale, la situation macro économique, le changement climatique, le développement, l'immigration et la coopération pour la paix dans le monde. Le sommet sera clôturé par l'adoption d'une déclaration commune (programme, présentation, en anglais). L'higoumène Philarète Bulekov, du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, y participera.

Participation de Mgr Marc à une table ronde à Bordeaux

Mgr Marc, de la Métropole roumaine, a participé à une table ronde à Bordeaux sur le thème "Vivre ensemble dans la ville : regards croisés des religions". Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, y participait ainsi que des responsables religieux locaux. Un compte rendu est proposé ici.

Pâques: de 4000 à 5000 chrétiens ont proclamé la Résurrection à la Défense, 1500 à Bordeaux

ALeqM5iSAYV5NSictLr5csAHAEO_jZKMUg De 4000 (selon l'Agence France presse, photographie ci-contre) à 5000 (selon Le Parisien) chrétiens de différentes confessions ont proclamé la Résurrection le matin de Pâques à la Défense. De courts reportages vidéos sont en ligne: de "Révélateur TV", de l'Agence France presse, de FR3 (2e partie du sujet). Mgr Gabriel et Mgr Joseph, et des prêtres orthodoxes de différentes juridictions, étaient présents.

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Le patriarche de Moscou a reçu l’archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard

3C8P0032Le 3 décembre, le patriarche Cyrille de Moscou a reçu l'archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard, également vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes. "Le patriarche Cyrille a redit sa conviction qu'aujourd'hui la France
est le pays européen avec lequel la Russie entretient les rapports les
plus étroits et les plus anciens, que ce soit sur le plan religieux ou
culturel."  Le patriarche a aussi remercié l'archevêque de Bordeaux, et en sa personne, toute l'Église catholique, pour le soutien accordé par celle-ci au Séminaire russe. Le discours intégral de Mgr Jean-Pierre Ricard est proposé sur cette page.

Sources: diocèse de Chersonèse, bureau de presse du patriarche de Moscou, (photographie)

24 décembre (ancien calendrier)/6 janvier (nouveau)

24 décembre (ancien calendrier)/6 janvier (nouveau)
Paramonie de la Nativité – Jeûne strict

Sainte Eugénie, martyre à Rome avec ses parents : saint Philippe et sainte Claudia et ses serviteurs saints Protos et Hyacinthe (vers 262) ; saint Nicolas, moine (IXème s.) ; saint Delphin, évêque de Bordeaux (404) ; saint Nicolas, moine près de Constantinople (IXème s.) ;saint Ahmet le Calligraphe, néo-martyr (1682) ; saints néo-martyrs de Russie : Innocent (Beda) (1928), Serge (Metchev), prêtre (1942).

SAINTE MARTYRE EUGÉNIE

Sainte Eugénie, martyre à Rome (vers 262)

La sainte et glorieuse martyre Eugénie vit le jour à Rome, sous le règne de Commode (180-192), au sein d’une noble et riche famille de magistrats. Son père, Philippe, païen nourrissant de bonnes dispositions envers les chrétiens, ayant été nommé par l’empereur préfet d’Alexandrie, se rendit vers la capitale de l’Égypte avec toute sa famille, et il y confia Eugénie aux meilleurs maîtres. Au cours de ses études, la jeune fille vint à fréquenter les Épîtres de saint Paul, dans lesquelles elle lut de telles paroles : Où est-il le sage ? Où est-il l’homme cultivé ? Où est-il le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-Il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu (c’est-à-dire dans ses œuvres). C’est par la folie de la prédication qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants … Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et païens, c’est le Christ, puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Cor 1, 20-25). Devant de telles paroles de feu comment persévérer davantage dans l’étude de la stérile philosophie et des vaines occupations de ce monde ? Le cœur désormais épris d’amour pour la vraie Sagesse — le Verbe de Dieu incarné et crucifié par amour des hommes — Eugénie décida de ne pas attendre davantage pour devenir chrétienne. À la faveur de la nuit, elle s’enfuit de la demeure familiale en compagnie de deux eunuques, Protas et Hyacinthe, ses fidèles serviteurs, qui, eux aussi, avaient décidé d’embrasser la Foi, et tous trois se rendirent un peu en-dehors de la ville, vers l’église de fortune où les chrétiens avaient coutume de tenir leurs assemblées de prières. On leur recommanda d’aller se réfugier dans une communauté proche, prélude des futurs monastères, où des hommes décidés à se consacrer à la virginité et aux combats de l’ascèse vivaient en commun. Parmi eux brillait en particulier un saint évêque, Hélénos, qui avait acquis une grande renommée en pénétrant sans dommage dans une fournaise embrasée, afin de confondre un mage païen. Eugénie coupa ses cheveux, revêtit des effets masculins et se présenta à Hélénos, en se faisant passer pour un eunuque, nommé Eugène, venu de Rome avec ses deux compagnons. L’évêque, à qui Dieu avait révélé en vision la vérité, les reçut avec joie et, après les avoir baptisés en secret, il les confia au supérieur de la communauté, Eutropios, qui les rangea parmi les autres moines. Ils montraient tous les trois un zèle exemplaire, et Eugénie, en particulier, triomphant de la faiblesse de la nature féminine par la fermeté et la ferveur de son amour de Dieu, faisait l’admiration des moines les plus éprouvés, si bien, qu’après seulement trois années de vie ascétique, elle fut désignée par les frères pour succéder à l’higoumène défunt. Avec soumission et crainte de Dieu, elle accepta à la condition de devenir le serviteur de tous, comme le recommande le Seigneur (Mc 9, 35). C’est ainsi qu’en plus de la gestion de la communauté et de la direction des âmes, elle assumait les tâches et les services les plus vils : transport de l’eau, nettoyage, coupe du bois, etc. Sa cellule était la plus exiguë et la plus misérable et, de jour comme de nuit, elle sacrifiait toutes ses forces pour l’amour de Dieu et le service des frères.

Une noble et illustre femme d’Alexandrie, Mélanthia, ayant entendu vanter les vertus admirables et les miracles accomplis par l’higoumène Eugène, l’implora de venir la visiter pour la délivrer de la maladie qui la tourmentait cruellement depuis de longues années. Cédant finalement à ses instances, Eugénie se rendit chez elle et la guérit en l’oignant d’huile sainte. Mais le démon jaloux saisit cette occasion pour insinuer dans le cœur de Mélanthia une passion coupable pour le jeune et beau moine. Feignant une nouvelle maladie, elle obtint qu’Eugène la visitât une seconde fois et essaya alors de l’entraîner au péché. Sans révéler son secret, Eugène la repoussa avec autorité, en lui rappelant le vœu sacré que les moines font de garder inviolée pour le Seigneur la virginité de leur corps et de leur âme, puis elle s’enfuit. Cet échec déchaînant chez la méchante femme un profond désir de vengeance, elle proclama partout que l’higoumène Eugène s’était rendu chez elle et l’avait déshonorée. Cette rumeur parvint jusqu’au préfet Philippe qui, n’osant pas mettre en doute la parole d’une personne de si haut rang, convoqua sans plus attendre Eugénie et ses moines. Chargée de chaînes et honteusement accusée, Eugénie se résolut à découvrir toute la vérité, afin de ne pas laisser au diable l’occasion de dénigrer le saint Habit monastique. En déchirant sa tunique devant l’assistance ébahie, elle révéla qu’elle était une femme cachée sous une identité masculine afin de pouvoir mener un combat plus glorieux pour la vertu et, se tournant vers Philippe, elle confessa qu’elle était Eugénie, sa fille, que depuis si longtemps il croyait perdue.

Dans la joie de ces retrouvailles et l’admiration pour les merveilles accomplies par Dieu, Philippe, sa femme Claudia et leurs deux autres enfants, Abitas et Serge, embrassèrent la foi chrétienne et reçurent le saint Baptême, en compagnie d’un grand nombre de païens alors présents. Philippe fut même bientôt consacré évêque et gouverna dès lors la grande ville selon les commandements évangéliques, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre spirituel. Un an plus tard, dénoncé à l’empereur par des païens envieux, il fut démis de sa charge de préfet et remplacé par le cruel Térence, qui le fit assassiner alors qu’il était en prière dans son église.
Après les funérailles, Eugénie, Claudia, Protas et Hyacinthe retournèrent à Rome et se consacrèrent au jeûne et à la prière dans la demeure familiale. Basilla, une jeune fille de haute naissance, qui désirait devenir chrétienne mais était tenue enfermée par son père, réussit à communiquer par lettre avec Eugénie. Elle reçut de la sainte la catéchèse nécessaire, puis, baptisée en secret par l’évêque de Rome, elle se lia d’une étroite amitié avec Eugénie, car elle partageait avec elle le même amour pour la virginité. Mais une de ses servantes alla la dénoncer à son prétendant, Pompée qui, pris de rage à cette nouvelle, la livra à l’empereur ennemi des chrétiens et obtint sa décapitation.

On arrêta ensuite Protas et Hyacinthe, en voulant les contraindre de sacrifier à Jupiter. Comme ils avaient opposé un ferme refus, ils eurent également la tête tranchée. Puis, après comparution devant le préfet de la ville, on amena Eugénie au temple de Diane pour l’obliger à sacrifier, sous menace de mort. Mais, à la prière de la sainte, les idoles se fracassèrent à terre et le temple lui-même fut dangereusement ébranlé, à la grande frayeur des assistants. Le tyran ordonna alors de la jeter dans le Tibre, d’où elle fut miraculeusement sauvée de la noyade. Après diverses autres épreuves, elle fut finalement décapitée dans son cachot, le 25 décembre, naissant à la vie céleste et éternelle le jour où le Christ immortel s’est fait homme terrestre et mortel pour nous rendre immortels.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Jadis fut inscrite à Bethléem, * avec le vénérable Joseph * issu de la semence de David, * Marie porteuse d’un fruit non semé. * Le temps de sa délivrance approchait * et point de place à l’hôtellerie; * mais pour la Reine la grotte devint * le plus charmant des palais: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Kondakion de la Sainte, ton 4
De ce monde fuyant la gloire qui ne dure qu’un temps, * tu gardas sans tache la noblesse de ta vie, * illustre martyre Eugénie.

Kondakion de l’avant-fête, t. 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a bien voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc II,1-20)
En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:
c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

24 décembre

24 décembre
Paramonie de la Nativité – Jeûne strict

Sainte Eugénie, martyre à Rome avec ses parents : saint Philippe et sainte Claudia et ses serviteurs saints Protos et Hyacinthe (vers 262) ; saint Nicolas, moine (IXème s.) ; saint Delphin, évêque de Bordeaux (404) ; saint Nicolas, moine près de Constantinople (IXème s.) ; saint Ahmet le Calligraphe, néo-martyr (1682) ; saints néo-martyrs de Russie : Innocent (Beda) (1928), Serge (Metchev), prêtre (1942).

SAINTE MARTYRE EUGÉNIE

Sainte Eugénie, martyre à Rome (vers 262)

La sainte et glorieuse martyre Eugénie vit le jour à Rome, sous le règne de Commode (180-192), au sein d’une noble et riche famille de magistrats. Son père, Philippe, païen nourrissant de bonnes dispositions envers les chrétiens, ayant été nommé par l’empereur préfet d’Alexandrie, se rendit vers la capitale de l’Égypte avec toute sa famille, et il y confia Eugénie aux meilleurs maîtres. Au cours de ses études, la jeune fille vint à fréquenter les Épîtres de saint Paul, dans lesquelles elle lut de telles paroles : Où est-il le sage ? Où est-il l’homme cultivé ? Où est-il le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-Il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu (c’est-à-dire dans ses œuvres). C’est par la folie de la prédication qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants … Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et païens, c’est le Christ, puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Cor 1, 20-25). Devant de telles paroles de feu comment persévérer davantage dans l’étude de la stérile philosophie et des vaines occupations de ce monde ? Le cœur désormais épris d’amour pour la vraie Sagesse — le Verbe de Dieu incarné et crucifié par amour des hommes — Eugénie décida de ne pas attendre davantage pour devenir chrétienne. À la faveur de la nuit, elle s’enfuit de la demeure familiale en compagnie de deux eunuques, Protas et Hyacinthe, ses fidèles serviteurs, qui, eux aussi, avaient décidé d’embrasser la Foi, et tous trois se rendirent un peu en-dehors de la ville, vers l’église de fortune où les chrétiens avaient coutume de tenir leurs assemblées de prières. On leur recommanda d’aller se réfugier dans une communauté proche, prélude des futurs monastères, où des hommes décidés à se consacrer à la virginité et aux combats de l’ascèse vivaient en commun. Parmi eux brillait en particulier un saint évêque, Hélénos, qui avait acquis une grande renommée en pénétrant sans dommage dans une fournaise embrasée, afin de confondre un mage païen. Eugénie coupa ses cheveux, revêtit des effets masculins et se présenta à Hélénos, en se faisant passer pour un eunuque, nommé Eugène, venu de Rome avec ses deux compagnons. L’évêque, à qui Dieu avait révélé en vision la vérité, les reçut avec joie et, après les avoir baptisés en secret, il les confia au supérieur de la communauté, Eutropios, qui les rangea parmi les autres moines. Ils montraient tous les trois un zèle exemplaire, et Eugénie, en particulier, triomphant de la faiblesse de la nature féminine par la fermeté et la ferveur de son amour de Dieu, faisait l’admiration des moines les plus éprouvés, si bien, qu’après seulement trois années de vie ascétique, elle fut désignée par les frères pour succéder à l’higoumène défunt. Avec soumission et crainte de Dieu, elle accepta à la condition de devenir le serviteur de tous, comme le recommande le Seigneur (Mc 9, 35). C’est ainsi qu’en plus de la gestion de la communauté et de la direction des âmes, elle assumait les tâches et les services les plus vils : transport de l’eau, nettoyage, coupe du bois, etc. Sa cellule était la plus exiguë et la plus misérable et, de jour comme de nuit, elle sacrifiait toutes ses forces pour l’amour de Dieu et le service des frères.

Une noble et illustre femme d’Alexandrie, Mélanthia, ayant entendu vanter les vertus admirables et les miracles accomplis par l’higoumène Eugène, l’implora de venir la visiter pour la délivrer de la maladie qui la tourmentait cruellement depuis de longues années. Cédant finalement à ses instances, Eugénie se rendit chez elle et la guérit en l’oignant d’huile sainte. Mais le démon jaloux saisit cette occasion pour insinuer dans le cœur de Mélanthia une passion coupable pour le jeune et beau moine. Feignant une nouvelle maladie, elle obtint qu’Eugène la visitât une seconde fois et essaya alors de l’entraîner au péché. Sans révéler son secret, Eugène la repoussa avec autorité, en lui rappelant le vœu sacré que les moines font de garder inviolée pour le Seigneur la virginité de leur corps et de leur âme, puis elle s’enfuit. Cet échec déchaînant chez la méchante femme un profond désir de vengeance, elle proclama partout que l’higoumène Eugène s’était rendu chez elle et l’avait déshonorée. Cette rumeur parvint jusqu’au préfet Philippe qui, n’osant pas mettre en doute la parole d’une personne de si haut rang, convoqua sans plus attendre Eugénie et ses moines. Chargée de chaînes et honteusement accusée, Eugénie se résolut à découvrir toute la vérité, afin de ne pas laisser au diable l’occasion de dénigrer le saint Habit monastique. En déchirant sa tunique devant l’assistance ébahie, elle révéla qu’elle était une femme cachée sous une identité masculine afin de pouvoir mener un combat plus glorieux pour la vertu et, se tournant vers Philippe, elle confessa qu’elle était Eugénie, sa fille, que depuis si longtemps il croyait perdue.

Dans la joie de ces retrouvailles et l’admiration pour les merveilles accomplies par Dieu, Philippe, sa femme Claudia et leurs deux autres enfants, Abitas et Serge, embrassèrent la foi chrétienne et reçurent le saint Baptême, en compagnie d’un grand nombre de païens alors présents. Philippe fut même bientôt consacré évêque et gouverna dès lors la grande ville selon les commandements évangéliques, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre spirituel. Un an plus tard, dénoncé à l’empereur par des païens envieux, il fut démis de sa charge de préfet et remplacé par le cruel Térence, qui le fit assassiner alors qu’il était en prière dans son église.
Après les funérailles, Eugénie, Claudia, Protas et Hyacinthe retournèrent à Rome et se consacrèrent au jeûne et à la prière dans la demeure familiale. Basilla, une jeune fille de haute naissance, qui désirait devenir chrétienne mais était tenue enfermée par son père, réussit à communiquer par lettre avec Eugénie. Elle reçut de la sainte la catéchèse nécessaire, puis, baptisée en secret par l’évêque de Rome, elle se lia d’une étroite amitié avec Eugénie, car elle partageait avec elle le même amour pour la virginité. Mais une de ses servantes alla la dénoncer à son prétendant, Pompée qui, pris de rage à cette nouvelle, la livra à l’empereur ennemi des chrétiens et obtint sa décapitation.

On arrêta ensuite Protas et Hyacinthe, en voulant les contraindre de sacrifier à Jupiter. Comme ils avaient opposé un ferme refus, ils eurent également la tête tranchée. Puis, après comparution devant le préfet de la ville, on amena Eugénie au temple de Diane pour l’obliger à sacrifier, sous menace de mort. Mais, à la prière de la sainte, les idoles se fracassèrent à terre et le temple lui-même fut dangereusement ébranlé, à la grande frayeur des assistants. Le tyran ordonna alors de la jeter dans le Tibre, d’où elle fut miraculeusement sauvée de la noyade. Après diverses autres épreuves, elle fut finalement décapitée dans son cachot, le 25 décembre, naissant à la vie céleste et éternelle le jour où le Christ immortel s’est fait homme terrestre et mortel pour nous rendre immortels.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Jadis fut inscrite à Bethléem, * avec le vénérable Joseph * issu de la semence de David, * Marie porteuse d’un fruit non semé. * Le temps de sa délivrance approchait * et point de place à l’hôtellerie; * mais pour la Reine la grotte devint * le plus charmant des palais: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Kondakion de la Sainte, ton 4
De ce monde fuyant la gloire qui ne dure qu’un temps, * tu gardas sans tache la noblesse de ta vie, * illustre martyre Eugénie.

Kondakion de l’avant-fête, t. 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a bien voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc II,1-20)
En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:
c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

Une déclaration de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale concernant la tenue du Concile panorthodoxe

logo-fraterniteLe 5 juin à Bruxelles, à la suite d’une réunion sur le Concile panorthodoxe, présidée par l’archevêque Jean de Charioupolis, la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale a rédigé une déclaration sur la tenue du Concile. Elle est en ligne sur cette page et ici au format PDF.

Photographie (ci-dessus) prise lors du congrès de la Fraternité à Bordeaux (avril-mai 2015)

4 mai

4 mai
MERCREDI LUMINEUX
Saint apôtre Marc (reporté) ; sainte Pélagie, vierge, martyre à Tarse (vers 290) ; saint Curcodome, diacre à Auxerre (IIIème s.) saint Érasme, évêque de Formia (303) ; saint Albian, évêque d’Anée, martyr avec ses disciples (304) ; saint Sylvain, évêque de Gaza (311) ; saint Antoine du rocher, ermite près de Tours (VIème s.) ; saint Macaire, évêque de Bordeaux (VIème s.) ; saint Malou, évêque de Senlis (VIème s.) ; saint Sacerdos, évêque de Limoges (720) ; saint Guntrand, abbé en Hainaut (VIIIème s.) ; Saints Nicétas, Cyrille, Nicéphore, Clément et Isaac de Novgorod (XIV-XVème s.).

SAINTE PÉLAGIE DE TARSE
Sainte Pélagie était issue d’une noble famille de Tarse (Cilicie) installée à Rome, et avait été fiancée à l’un des fils de l’empereur Dioclétien. Ayant entendu parler des progrès accomplis par la foi chrétienne, elle chercha à apprendre ce qu’elle professait. Peu après, elle vit en rêve l’évêque de Rome en train de baptiser un grand nombre de catéchumènes. Celui-ci se tourna vers elle et l’invita à renaître aussi à la vie éternelle. À son réveil Pélagie prit congé de ses parents, sous prétexte d’aller rendre visite à sa nourrice, et elle se rendit en hâte chez l’évêque qui la baptisa. Elle remit alors ses riches vêtements au prélat, pour qu’il les distribuât aux pauvres, et elle arriva chez sa nourrice, vêtue simplement, sans apprêt, à la manière des gens du peuple. Comme sa nourrice avait refusé de la recevoir, elle rentra chez elle. Sa mère, en voyant son accoutrement, comprit ce qui s’était passé, et elle essaya de convaincre sa fille de renier le Christ et de s’habiller comme les gens de sa condition. Mais la jeune fille restait inébranlable et confessait que pour rien au monde elle n’abandonnerait l’Époux de son âme. Sa mère informa le fils de Dioclétien que sa fiancée dédaignait son alliance, et celui-ci, désespéré, se donna la mort. Lorsque l’empereur apprit cette nouvelle, il entra dans une violente fureur et fit enfermer la sainte dans un bœuf d’airain rougi au feu, où elle accomplit son union définitive avec le Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Jn I, 35-51)
Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples; et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l’Agneau de Dieu. Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus. Jésus se retourna, et voyant qu’ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu? Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était environ la dixième heure. André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ). Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre). Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

Décès de l’écrivain Claude-Henri Rocquet

Claude-Henri_RocquetL’écrivain Claude-Henri Rocquet (site dédié), de confession orthodoxe, de la paroisse Notre-Dame-Joie-des-Affligés et Sainte-Geneviève à Paris, est décédé dans la nuit du 23 au 24 mars. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages d’inspiration chrétienne (sa bibliographie). Les funérailles de l’écrivain sont organisées par les Services orthodoxes des funérailles.

Nous vous proposons ci-dessous, l’extrait d’une de ses conférences dans laquelle il évoque son entrée dans l’Église orthodoxe (pour lire le texte complet de la conférence, cliquez ici).

                  

« Quel chemin d’écriture, quel chemin intérieur, ou spirituel, et quel lien entre l’un et l’autre ? »

La porte de l’Église orthodoxe

 

… Il faut que je commence par Bordeaux, par la fin de l’adolescence, et par le temps, en somme, des premiers écrits publiés. Et je parlerai d’abord d’une rencontre majeure, celle de Lanza del Vasto, avant ma vingtième année. Réfléchissant à cet itinéraire, j’ai vu que je parlerai d’éloignement et de retour. – Mais d’un retour au sein même de l’éloignement.

Est-ce qu’on raconte jamais autre chose que l’histoire de l’enfant prodigue ? L’éloignement commencera à partir de Lanza. […]

Je passe sur beaucoup d’années. Un premier mariage. Une année d’enseignement à Montréal. La rencontre et la collaboration avec Maurice Clavel. Telle parole qu’il m’a dite, à notre dernière rencontre, fortuite, dans un train : « Heidegger, pour certaines âmes, le dernier pas avant le Christ. »

De fait, un peu tard, j’étudiais la philosophie. Et Heidegger commençait à me réveiller. À la question de l’être. Et donc à me rapprocher de Lanza. Cette question, je l’avais reçue de Lanza, et puis oubliée, enfouie, refoulée.

Je n’écrivais plus : à cause d’une espèce d’enlisement, et à cause d’une vie difficile. Passons. J’en viens au moment du « retour ».

Je suis entré dans l’Église orthodoxe. Il est plus vrai de dire : je suis revenu à l’Église et rentré par la porte orthodoxe. Annik et moi, nous nous sommes mariés à l’Église orthodoxe. Plus tard, nous ferons un pèlerinage à Moscou, en Russie. Je reconnaîtrai ce que depuis longtemps m’avait préparé la Russie, où j’étais allé avant d’être soldat en Algérie. Il y avait eu la Russie elle-même à Zagorsk, à la Laure Saint-Serge – mais aussi Berdiaev, – et le sens de l’Esprit, qui ne m’avait jamais quitté, comme Jean de la Croix, dans l’athéisme, « la nuit obscure ».

Il est difficile de parler d’une conversion. Oserai-je dire que j’ai « pardonné à Dieu » ? J’ai mis fin à l’hostilité, j’ai rendu les armes, j’ai cessé la guerre intérieure contre Dieu, grâce à lui. Tout s’est renversé.

Qu’ai-je reçu de l’Église orthodoxe ? En entrant, j’ai demandé, selon le rite, et de tout cœur, « la connaissance entière de la vérité ». J’ai reçu une clarification d’esprit, une stabilisation du cœur, de la vie. Une lumière de vie. Tout a commencé à s’ordonner.

Cette appartenance à l’Église orthodoxe, providentielle, n’est pas un rejet de l’Église de ma naissance. Je crois à l’Église une, sainte, catholique, et apostolique. En un seul baptême pour la rémission des péchés.

Bientôt, j’ai vu ce qui avait préparé mon entrée dans l’Église orthodoxe, mon retour.

Pourquoi je suis entré dans une église orthodoxe ? À cause d’articles que j’avais écrits sur Malevitch, les icônes ; puis sur la peinture de James Guitet, la liturgie de James Guitet. Mais qu’est-ce que cela voulait dire : icônes, liturgie ? Que savais-je, vraiment, de cela ?  Parlant de Malevitch, je parlais du cœur qui aspire à la vie éternelle. Avais-je le droit d’écrire ce désir, ce rêve, sans y ajouter foi ?

C’est le désir de passer de l’imaginaire à la connaissance, à la vérité, et c’est l’espérance reconnue au fond de moi, qui m’a conduit à la foi. À ce basculement.

Une fois entré… J’avais été préparé par ma rencontre avec Eliade, nos entretiens. J’avais quitté la position « démystificatrice », j’étais prêt à voir autrement la beauté des rites, le sacré… Et une conversation avec Eliade avait été en moi comme un silencieux coup de tonnerre. Il nous avait dit, à une table de restaurant, et comme en passant, qu’une des différences entre les catholiques et les orthodoxes était que les orthodoxes croyaient en « l’apocatastase » : le retour du monde malheureux et déchu dans la lumière divine, la lumière éternelle. On pouvait donc être chrétien et ne pas croire dans une éternité en partie infernale ?

[…]

Il se trouve que mon entrée physique dans une église a coïncidé avec la mort de Lanza, avec l’Épiphanie, – la Théophanie. Les textes liturgiques que j’ai entendus ce dimanche-là parlaient de l’arche et du déluge, de saint Jean-Baptiste et du Jourdain, du bois de l’arche et de la croix, des rois mages : j’avais rencontré en Lanza le visage et la noblesse d’un roi mage et son arche avait pour patron saint-Jean Baptiste le Précurseur…

Il y a eu d’autres signes … Liés à saint Martin.

[…]

Aujourd’hui, j’ai le désir et le dessein d’entreprendre, enfin, un autre versant de l’œuvre, depuis si longtemps différé. Écrire au plus proche de ce qui se vit chaque jour, de ce qui fut vécu, éprouvé, mais l’écrire en le rêvant, en l’inventant. Le titre de cela : Les voyageurs de la Grande Ourse.

Je viens d’avoir soixante-cinq ans. J’ai cessé d’enseigner. Ce qui fut une grande part de ma vie et de mon bonheur, je l’ai quitté sans nostalgie ni regret. J’éprouve une moindre inquiétude. Cet âge venu, on peut commencer à cesser de vouloir : on se trouve disponible. On cesse de vouloir apparaître comme il faut aux yeux d’autrui. On se délivre du désir de plaire, de la peur de déplaire. On a davantage confiance en ce qui vient.

D’abord, on ne sait où on va, ce que l’on veut. On est dans le tohu-bohu. Tiré à hue et à dia. Tourmenté. Multiple.

Et puis on se met à vouloir diriger sa vie, à en faire quelque chose, parfois à « faire une œuvre» : tout cela, contre la mort. On se construit.

Et puis on comprend que notre vie profonde est plus inspirée que nous. Qu’il suffit d’écouter ce que Dieu veut de nous. Dieu : le Christ, – mais je ne me sens pas le droit de parler ainsi, alors, je préfère dire : les anges.

Ce n’est pas une résignation, une défaillance : c’est un dépassement de soi. Il est vain de se vouloir maître de sa vie : il faut remettre sa vie à son véritable maître. Si ce n’est pas la plénitude de la foi, c’est au moins la confiance.

En se retournant, on voit comment dès le début de notre vie, des amis, des présences, se sont transmis la lumière qui nous a éclairé, conduit, à des années de distance, parfois ; et qui nous éclaire aujourd’hui et nous conduit. Ce sont des anges. Mais il y a aussi, on le sent, on le sait, des amis dans le ciel : ceux qui nous ont quittés, des gens de notre famille et peut-être que nous n’avons pas connus, des ancêtres très lointains, certains saints, – Dieu lui-même. Du temps, de la succession des jours, nous levons les yeux vers l’intemporel, l’éternel, l’invisible.

Et nous nous voyons nous-même dans ce jeu, dans cette œuvre, transmettant ce que nous avons reçu, et jusqu’à la fin des temps, de proche en proche : cette lumière que nous avons reçue, et dont nous avons souvent méconnu la nature et l’origine, le sens, notre vie n’est pas vaine si nous nous ne l’avons éteinte et perdue, mais transmise, et parfois imprévisiblement, toujours imprévisiblement, à quelques-uns de ceux qui nous entourent et nous succèdent, à ceux qui comme nous se croiront dans la nuit, et seuls. Mais nous ne sommes pas seuls.

Claude-Henri Rocquet

Conférence aux Scriptores christiani (extraits)

Bruxelles, 24 octobre 1998

Un volume de Contacts dédié au Actes du 15e Congrès orthodoxe d’Europe occidentale

Le volume 251 de Contacts, Revue française de l’orthodoxie, vient de paraître avec tous les Actes du XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale qui a eu lieu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, sur le thème “Être pleinement dans le monde mais pas de ce monde“. On y trouve les riches contributions des quatre conférenciers principaux : Jean Gueit (Marseille), Assaad Elias Kattan (Münster, Allemagne), métropolite Stéphane de Tallin (Estonie) et Athanase Papathanassiou (Athènes, Grèce), le compte rendu de  la table ronde sur le futur concile panorthodoxe, ainsi que les rapports des divers ateliers.
Béni par l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, ce XVe Congrès orthodoxe, qui était organisé par la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, a rassemblé près de six cents participants.
Pour voir le sommaire et le liminaire du volume 251 :
Ce volume de 144 pages peut être commandé en envoyant :
soit un chèque de 13 € (frais de port inclus) à Revue Contacts, 61 Allée du Bois du Vincin, 56000 Vannes,
soit un courriel à postmaster@revue-contacts.com après un virement bancaire de 13 € au compte de la revue :
On notera les derniers volumes thématiques Contacts parus récemment :
N° 250 : Liberté et obéissance dans la communauté ecclésiale
N° 249 : Le phylétisme ou nationalisme ecclésial, un défi pour la conscience orthodoxe
N° 248 : Questions sur l’Église et l’eucharistie

Radio: “Orthodoxie et écologie”, une série de l’émission “Les chemins de l’orthodoxie” sur RCF

Le-reseau-RCF-se-renouvelle-en-profondeur_article_popinL’émission de radio “Les chemins de l’orthodoxie”, présentée par le père Jean-Claude Gurnade, a proposé cinq émissions sur le thème “Orthodoxie et écologie”. Celle d’hier poursuivait la présentation du monastère de Solan, dans les autres émissions le dernier livre du patriarche Bartholomée a été évoqué. Pour les écouter, cliquez sur les liens suivants (la première émission est réservée aux inscrits) : émission 1, émission 2, émission 3, émission 4, émission 5.

Pour revoir l’émission de télévision “Orthodoxie” (France 2) du dimanche 9 août

France2_FIDurant la semaine, il est possible de visionner sur l’Internet l’émission de télévision Orthodoxie, sur France 2, du dimanche 9 août, sur cette page.  Elle a proposé la deuxième partie d’un reportage sur le XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai.

Pour revoir l’émission de télévision “Orthodoxie” (France 2) du dimanche 14 juin

France2_FIDurant la semaine, il est possible de visionner sur l’Internet l’émission de télévision Orthodoxie, sur France 2, du dimanche 14 juin, sur cette page.  Elle a proposé un reportage sur le XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai.

Vidéo de l’émission de télévision “L’orthodoxie, ici et maintenant” (KTO) du 26 mai: le XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale

Ce soir: l’émission de télévision “L’orthodoxie, ici et maintenant” sur KTO

XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: entretien avec le métropolite Stéphane de Tallinn et de toute l’Estonie

IMG_4822Lors du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai (compte rendu), de jeunes reporters ont interrogé des participants. Mgr Stéphane de Tallinn et de toute l’Estonie (photographie prise lors de ce congrès) a répondu à leurs questions sur sa conférence et le congrès. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah Hammou et Boris Sollogoub. Environ 600 personnes ont participé à ce XVe congrès.

Première partie:

Deuxième partie:

Les précédents reportages-vidéos: Bienvenue ! ; Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale ; XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale: un nouvel entretien sur le congrès et la première conférence ; Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ?  ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage de Sophie Lossky ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: témoignage d’une première participation à un congrès ; XVe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale à Bordeaux: le témoignage d’Élisabeth Toutounov .

Entretien: Comment organiser la présence de l’Eglise orthodoxe en Occident ?

DSC_4393Lors du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, de jeunes reporters ont interrogé des participants. Dans cet entretien, Nicolas Behr, président de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, évoque quelques unes des réflexions de l’atelier sur l’organisation de l’Église orthodoxe en Occident. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah Hammou et Boris Sollogoub. Environ 600 personnes ont participé à ce XVe congrès. Précédents entretiens: 1, 2. La photographie ci-dessus : la chorale lors d’une des célébrations durant le congrès.

Interview: les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale

518083319_295x166Lors du XVe congrès orthodoxe en Europe occidentale, qui s’est tenu à Bordeaux du 30 avril au 3 mai 2015, de jeunes reporters ont interrogé des participants. Dans cette interview, Nicolas Behr évoque les congrès de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale dont il est le président. L’équipe des jeunes reporters était composée de : Sophie Sollogoub, Michel Kadar, Thais Rakovic, Elisabeth Kadar, Sarah  Hammou et Boris Sollogoub. Environ 600 personnes ont participé à ce XVe congrès.

Recension: Père Théodore Papanicolaou, « La vision de la mort à la lumière des Pères de l’Eglise »

PapanicolaouPère Théodore Papanicolaou, La vision de la mort à la lumière des Pères de l’Eglise, Préface du Métropolite Emmanuel, postface du cardinal Jean-Pierre Ricard, Parole et Silence, Paris, 2015, 222 p.
Ce livre du père Théodore Papanicolaou, recteur de la paroisse grecque de Bordeaux, présente une réflexion sur la mort d’un point vue orthodoxe. Se basant sur des références patristiques, des textes liturgiques et l’expérience pastorale de l’auteur, il présente d’abord les conceptions païennes de la mort, pour mieux faire voir l’apport spécifique du christianisme. Il explique ensuite comment, selon la Bible, la mort s’est introduite dans le monde, puis comment le salut accompli par le Christ dans Sa propre mort et Sa résurrection permet aux croyants de dépasser la crainte de la mort puis la mort elle-même, de sorte que la mort devient plutôt pour les chrétiens d’une part une délivrance des limites et des peines de ce monde déchu et d’autre part l’occasion d’une seconde naissance, à la vie bienheureuse du Royaume des Cieux. L’auteur traite également de questions annexes, dont la « mémoire de la mort » que recommandent les saints ascètes pour parvenir au détachement et à la concentration sur “le seul nécessaire”. En tant que pasteur, il aborde un certain nombre d’interrogations courantes et tente d’y répondre: sur la douleur particulière occasionnée par la mort de l’époux ou de l’épouse, sur le sens et la nature de la mort des petits enfants, sur la valeur spirituelle des morts cruelles et injustes, sur la différence entre la mort des pécheurs et celle des justes. Un dernier chapitre, plus pratique, concerne les rituels funéraires (soins donnés au corps défunt, hymnes et prières de la cérémonie des funérailles) et leur signification spirituelle. En conclusion, l’auteur présente quelques anecdotes relatives à la mort, vécues par lui ou par certains de ses paroissiens. Écrit d’une manière simple, parsemé de références patristiques et liturgiques sobres et pertinentes, vivifié par une expérience pastorale de plus de quarante ans, ce livre constitue une bonne approche de la façon dont l’Église orthodoxe conçoit la mort et amène ses fidèles à l’aborder pour qu’elle ne leur apparaisse plus comme un drame mais comme la porte d’entrée dans un mode de vie meilleur.

Jean-Claude Larchet

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