28/05/2017
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Résultats de la recherche : Eglise grecque-catholique

La communion du métropolite roumain Nicolae (Corneanu) dans une église grecque-catholique agite l’Église roumaine et suscite des réactions dans tout le monde orthodoxe

Le 26 mai, le site de l’église grecque-catholique
(uniate) roumaine Greco-Catolica.org diffusait, sous le titre «À Timisoara
un miracle a eu lieu
»,
l’information que le métropolite Nicolae Corneanu du Banat (Patriarcat de
Roumanie) avait communié le 25 mai avec le clergé catholique à l’occasion de la
consécration d’une église gréco-catholique à laquelle participait également le
nonce apostolique.

Devant les réactions immédiatement provoquées par
cet évènement, les autorités de l’Église roumaines ont tout d’abord affirmé que les faits n’étaient pas vérifiés, cela en dépit de photographies [photo_1, photo_2, photo_3] publiées par le site
gréco-catholique ayant diffusé l’information. Le Patriarcat a néanmoins publié
le 27 mai un communiqué
dans lequel il informait que la question serait examinée au cours de la
prochaine réunion du Saint-Synode de l’Église roumaine devant se tenir au mois
de juillet, se limitant pour l’heure à noter que «des
actes et des gestes inconsidérés sont plus de nature à compliquer le dialogue
avec l’Église catholique qu’à le faire progresser»
.

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Le Saint Synode de l’Eglise orthodoxe russe a appelé l’uniatisme une « plaie qui ne cicatrise pas » dans les relations orthodoxes-catholiques

234330.pLe 16 avril, faisant le bilan de sa visite en Amérique latine devant le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Cyrille a évoqué sa rencontre avec le pape et la question de l’uniatisme en Ukraine (Église grecque-catholique). « Les membres du Saint Synode ont insisté sur la déclaration du patriarche et du pape à propos de l’uniatisme : « La méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrer l’unité. » Les membres du Synode ont déclaré regretter les réactions de la direction de l’Église gréco-catholique ukrainienne à cette partie du texte et à la déclaration en général.

Le Saint Synode a souligné que l’uniatisme restait une plaie qui ne cicatrise pas dans les relations orthodoxes-catholiques, et a soutenu l’appel à la réconciliation entre orthodoxes et gréco-catholiques en Ukraine, ainsi qu’à la recherche de formes de coexistence acceptables pour les deux parties, formulé par le patriarche de Moscou et le pape de Rome. »

Source (dont photographie) : Patriarcat de Moscou

L’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique : articles et entretiens

Le magazine catholique international 30 jours propose, dans sa version française, et sur son site Internet, plusieurs articles et entretiens sur l’orthodoxie et les relations des Eglises orthodoxes avec l’Eglise catholique. Nous vous proposons ci-dessous une liste des liens relatifs aux trois dernières années en commençant par le dernier numéro paru actuellement en ligne.

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Ukraine : l’Etat, les Eglises, l’unité

Les tensions se sont ravivées en Ukraine depuis août. Il y a eu tout d’abord, le transfert du siège de l’Eglise grecque-catholique (uniate) de Lvov à Kiev, le 21 août, avec le changement de titre de son primat et, toujours, la perspective revendiquée de devenir un patriarcat. D’autre part, le 24 août, le président ukrainien Victor Yushchenko, dans son discours à la nation, a souligné qu’il aspirait à la constitution d’une unique Eglise orthodoxe ukrainienne.

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L’Eglise russe demande au pape d’annuler le transfert du siège de l’Eglise uniate à Kiev

C’est dimanche 21 août que l’Eglise grecque-catholique (aussi appelée uniate) doit transférer son siège de Lvov (ou Lviv), dans l’ouest de l’Ukraine, à Kiev, la capitale. L’Eglise autonome ukrainienne, la principale Eglise orthodoxe d’Ukraine, a demandé au pape Benoît XVI d’annuler ce transfert. Le patriarche russe Alexis II est également intervenu dans le même sens. Le site de la Représentation de l’Eglise russe auprès des institutions européennes a mis récemment en ligne la traduction française d’une réfutation – par le Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou – des raisons invoquées pour ce transfert.

L’Eglise russe demande au pape d’annuler le transfert du siège de l'Eglise uniate à Kiev

C’est dimanche 21 août que l’Eglise grecque-catholique (aussi appelée uniate) doit transférer son siège de Lvov (ou Lviv), dans l’ouest de l’Ukraine, à Kiev, la capitale. L’Eglise autonome ukrainienne, la principale Eglise orthodoxe d’Ukraine, a demandé au pape Benoît XVI d’annuler ce transfert. Le patriarche russe Alexis II est également intervenu dans le même sens. Le site de la Représentation de l’Eglise russe auprès des institutions européennes a mis récemment en ligne la traduction française d’une réfutation – par le Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou – des raisons invoquées pour ce transfert.

« Message aux frères et sœurs orthodoxes qui ont signé la déclaration concernant le 70e anniversaire du pseudo-synode de Lviv de 1946 « 

collage-psevdosoborIl y a un mois une tribune intitulée « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946« , signée par une vingtaine de personnalités orthodoxes du monde entier, a été diffusée. De nombreux sites sur l’Internet l’ont reproduite, en tout en 16 langues. Elle a suscité un grand écho en Ukraine, mais aussi en Pologne. L’Église orthodoxe ukrainienne (autonome au sein du Patriarcat de Moscou) a publié un communiqué répondant aux critiques formulées. Dans l’édition française du 10 mars de l’Osservatore Romano, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat de Moscou) a appelé de ses vœux les « efforts communs des orthodoxes et des gréco-catholiques » ukrainiens pour dépasser une « hostilité historique ».

Le 17 mars, à l’occasion d’un colloque à l’Université nationale Tarass Chevtchenko à Kiev, une réponse à cette tribune a été publiée. Elle est signée par des évêques de l’Église grecque-catholique (uniate) d’Ukraine, en premier par son primat, l’archevêque Sviatoslav (Shevchuk), des universitaires, des chercheurs, des enseignants et des journalistes défendant la cause de cette Église. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française de cette réponse. NB : le « Patriarcat de Kiev » et l’Église autocéphale ukrainienne mentionnés dans ce texte ne sont pas canoniques.

Message aux frères et sœurs orthodoxes  qui ont signé la déclaration concernant le 70e anniversaire du pseudo-synode de Lviv de 1946

Nous, évêques, clergé et laïcs gréco-catholiques, universitaires et chercheurs de divers pays, exprimons notre sincère gratitude et reconnaissance pour votre lettre dans laquelle vous appelez à juste titre ce rassemblement un « pseudo-synode. »

Vous faites appel à la hiérarchie orthodoxe en Russie et en Ukraine pour «reconnaître la nullité des décisions tragiques » et pour assurer l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) de votre solidarité et de votre prière « pour toutes les victimes innocentes de cette Église qui ont été emprisonnées, torturées, déportées et assassinées par le gouvernement soviétique avec la complicité du Patriarcat de Moscou « .

Le Seigneur est le Dieu de la paix, et donc un sentiment de paix terrestre nous donne un vif avant-goût  du Royaume des Cieux. Lorsque nous nous réconcilions les uns avec les autres, on peut dire que nous confirmons la force durable des paroles du Christ:
Si donc tu apportes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va-t’en premièrement te réconcilier avec ton frère; et après cela viens, et présente ton offrande. (Matthieu 5: 23-24)

Cette année, votre cadeau de Pâques aura du prix aux yeux du Seigneur. Nous espérons qu’Il nous donnera aussi sa miséricorde.

Nous admirons sincèrement votre courage, car il est difficile d’être le premier – et il est encore plus difficile de rester seul. On peut toujours rencontrer la suspicion et la méfiance de l’autre côté ainsi que l’incompréhension et le manque de soutien de son propre côté. Nous sommes convaincus que votre appel reflète l’opinion véritable et la conviction de nombreux orthodoxes à travers le monde. Donc, aujourd’hui, nous nous souvenons avec gratitude de toutes ces expressions individuelles de compassion, de compréhension et de solidarité avec cette Église qui a été condamnée au silence; ces expressions retentissaient dans toutes les décennies précédentes et encore son aujourd’hui. Presque en même temps que votre appel, le centre de presse de l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Kyiv) a dit qu’ils « partagent la douleur des Ukrainiens gréco-catholiques du fait de la souffrance et des pertes qu’ils ont subies à la suite de répressions soviétiques. » Ces deux initiatives sont apparues dans le contexte du travail récent sur l’unité eucharistique entre orthodoxes et gréco-catholiques qui a commencé l’année dernière par la proposition du sobor de l’éparchie de Kharkiv-Poltava de l’Église orthodoxe ukrainienne autocéphale renouvelée.

Notre réponse ne peut mieux s’exprimer que par les paroles suivantes : «Nous pardonnons et nous demandons pardon.» Ce sont les mêmes paroles par lesquelles il y a 50 ans exactement les évêques polonais ont fait appel aux évêques allemands, et qui sont depuis devenus la formule sur laquelle se fonde la culture européenne de la compréhension. Dans l’Église gréco-catholique ukrainienne, cette formule a été entendue pour la première fois en 1987 de la part du chef de cette Église, le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky, et a été confirmé à plusieurs reprises par les primats ultérieurs.

Bien sûr, on ne saurait ne pas remarquer que la position officielle de l’Église qui avait été un instrument de persécution des gréco-catholiques entre les mains du régime totalitaire athée est encore une position de réticence manifeste à accepter les faits, et de déni concernant la réalité historique. L’histoire de la persécution de l’UGCC continue d’être falsifiée à l’instar des directives secrètes staliniennes et devient un instrument de propagande idéologique néo-impériale, et constitue même un exemple de guerre hybride menée sur le territoire de l’Ukraine par ceux qui bâtissent leur soi-disant « monde russe » (« Russkiy mir ») en s’octroyant un monopole en tant que seuls représentants de la « civilisation orthodoxe ». Toutefois, un monde basé sur un concept de la vraie civilisation ne peut pas être construit sur la haine, la violence et la déformation de la vérité historique; une telle pseudo-civilisation, un tel pseudo-monde n’a pas d’avenir. Que tous ceux qui succombent à la tentation de remplacer la vérité interne par une force extérieure s’en souviennent.

Cependant, nous savons que « les moulins de Dieu moulent lentement, » et pour cette raison nous croyons que les constructions idéologiques fausses tomberont tôt ou tard. La puissance du Christ ne dépend pas du soutien du gouvernement ou de son influence politique propre, mais plutôt de ce que sa puissance vient plutôt de ce qu’il a semé la Parole de vie éternelle et témoigné de la Vérité. Inspiré par l’exemple de Notre Sauveur, nous espérons et croyons que votre appel sera la graine de moutarde de l’Évangile qui pousse à merveille. Il ouvre la possibilité dans un avenir proche pour les orthodoxes et les gréco-catholiques de se rendre compte de ce pourquoi nous prions chaque année dans les stichères des offices de Pâques: «Le jour de la Résurrection; soyons radieux pour la fête, et embrassons-nous les uns les autres. Disons, frères … « 

Néanmoins, nous ne pouvons pas aller de l’avant avec la tête tournée vers l’arrière. Nos relations sont marquées par des siècles d’âpres polémiques religieuses et des conflits encore frais des dernières décennies – conflits qui divisaient les communautés et même les familles. Aujourd’hui, nous devons une fois pour toutes abandonner ce style et cette manière d’expliquer nos relations, laissant le passé aux historiens et à Dieu tout-puissant, qui est le meilleur médecin de nos esprits et nos cœurs. Toute discussion sur le passé devrait se passer dans une atmosphère calme et conviviale de recherche commune de la vérité objective, basée sur la méthodologie scientifique, l’honnêteté intellectuelle et la responsabilité. Mais le but ultime d’un tel dialogue ne doit pas être une simple clarification de la vérité historique. Nous sommes appelés à un but plus élevé – l’unité de l’Église du Christ.

Par le passé, chacun a péché en ne cherchant pas nécessairement la véritable unité dans l’amour, mais plutôt une absorption de l’autre en soi-même, traitant les autres non pas comme une communauté de frères et sœurs dans le Christ, mais comme un adversaire, voire même comme un ennemi. Cette absorption a été déguisée en « réunification », et constituait, en fait, rien de moins que ce funeste « uniatisme » que les deux parties, catholique et orthodoxe, ont condamné comme une méthode inadéquate pour l’union de l’Église. Nos communautés ont suivi chacune son propre chemin historique et ont des expériences différentes de la vie ecclésiale. Jusqu’à présent, cela a été la cause de notre conflit, mais pourrait en fait devenir la base de notre enrichissement mutuel. Que ceci soit notre engagement d’amour fraternel et d’unité que le Christ nous a demandés. En adhérant à cette unité, nous devons témoigner au monde le fondement de notre foi et de la fidélité à notre tradition commune.

Frères et sœurs orthodoxes, votre lettre nous a aidé à transcender notre douleur et à vivre ce triste anniversaire du pseudo-synode dans un sentiment d’espoir. Nous espérons que nos appels communs, auxquels nos autres coreligionnaires sont libres d’adhérer, seront la base de notre future collaboration. Que le Saint Esprit puisse guérir nos blessures historiques et nous guider vers le pardon, la réconciliation et l’union véritable dans le Christ, qui par sa résurrection vainc la mort et nous donne l’espérance de la vie éternelle.

Kyiv, le 17 Mars 2016

Au nom des participants de la conférence internationale «Le pouvoir de la foi contre la violence des autorités: les grecs-catholiques en Europe centrale et orientale dans le contexte de la persécution par les régimes totalitaires après la Seconde Guerre mondiale » tenue à l’Université nationale Tarass Chevtchenko de Kyiv le 17 Mars 2016, et les chercheurs de cette question (parmi les signataires, ndlr):

+ Sviatoslav (Shevchuk), primat de l’Eglise grecque-catholique ukrainienne, Kyiv
+ Bohdan (Dziurakh), secrétaire du Synode des évêques de l’Église grecque-catholique ukrainienne, Kyiv
+ Borys (Gudziak), éparque de l’Église grecque-catholique éparchie ukrainienne de Saint-Volodymyr le Grand, Paris
+ Vasyl (Tuchapets), exarque de Kharkiv de l’Église grecque-catholique ukrainienne, Kharkiv
Fr. Bohdan Prakh, recteur de l’Université catholique d’Ukraine (UCU), Lviv
Fr. Ivan Dacko, président de l’Institut d’études œcuméniques à UCU, Lviv
Myroslav Marynovych, président de l’Institut de la religion et la société de l’UCU, Lviv
Oleh Turiy, titulaire de la chaire de l’histoire de l’Église à UCU, Lviv
Volodymyr Tylishchak, vice-directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Kyiv
Fr. Peter Šturák, doyen de la Faculté de théologie catholique grecque de l’Université de Prešov, Slovaquie
Fr. Yury P. Avvakumov, professeur de théologie historique de l’Université de Notre Dame, États-Unis
Igor Hałagida, professeur de l’Université de Gdańsk, Pologne
Fr. Andriy Mykhaleyko, professeur invité d’histoire de l’Église, Université catholique de Eichstätt / Ingolstadt, Allemagne
Svitlana Hurkina, directeur de l’Institut d’histoire de l’Église à l’UCU, Lviv
Daniel Galadza, adjoint post-doctoral, Institut de théologie historique, Université de Vienne, Autriche
Fr. Taras Bublyk, chercheur à l’Institut d’Histoire de l’Église à l’UCU, Lviv
Iryna Fenno, adjoint du Département d’études religieuses de l’Université nationale Tarass Chevtchenko, Kyiv
Olga Zbrozhko, chercheur du Centre de recherche du Mouvement de libération, Lviv
Anatoly Babinski, rédacteur en chef de la revue « Patriarkhat », Lviv
John Reves, Deacon UGCC, Centre pour l’Est spiritualité chrétienne « Byzantinisches Gebetszentrum », Salzbourg, Autriche
Tamás Véghseő, recteur, Institut théologique gréco-catholique St-Athanase, Nyíregyháza, Hongrie
Giovanni Codevilla, professeur de droit comparé ecclésiastique, Milan, Italie

Sources: News.ugcc (dont illustration: photographies du « concile » du 10 mars 1946), RISU

Tribune: « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946 »

10_Mars_1946Une tribune intitulée « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946 » est diffusée en plusieurs langues à l’occasion du 70e anniversaire du synode de Lviv, en Ukraine, le 10 mars 1946. Le premier paragraphe explique les circonstances historiques:

 » Le 10 mars 1946, à Lviv, l’Eglise orthodoxe de Russie a intégré de force l’Église grecque-catholique ukrainienne en son sein sous la pression du pouvoir soviétique. Au moment où les participants au synode votèrent les 8 et 9 mars pour la « réunification » de leur Église au Patriarcat de Moscou tous les évêques grecs catholiques ukrainiens se trouvaient en prison sous les verrous. Les 216 prêtres et 19 laïcs réunis à la cathédrale Saint-Georges de Lviv par le NKVD, ancêtre du KGB, étaient à la merci d’un « groupe d’initiative » conduit par deux évêques orthodoxes Antony Pelvetsky et Myhailo Melnyk et par un prêtre orthodoxe Gavril Kostelnyk. Les archives révèlent que c’est Staline lui-même qui décida de l’élimination de cette Église grecque-catholique ukrainienne en février 1945 douze jours après la conférence de Yalta tenue en compagnie de Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt. »

La suite de la tribune:

 » Les historiens et théologiens sérieux n’émettent aucun doute sur le fait que le synode de Lviv des 8-10 mars 1946 de L’Église grecque-catholique ukrainienne ne fut qu’un simulacre. Bohdan Bociurkiw, qui fut professeur d’histoire à l’université Carleton d’Ottawa, a écrit une somme à ce sujet qui n’a jamais été contredite. Le pape Benoît XVI a parlé en 2006 d’un « pseudo-synode » ayant « porté gravement atteinte à l’unité ecclésiale ». Nicolas Lossky, théologien orthodoxe français membre du patriarcat de Moscou, a reconnu lui aussi qu’il s’agissait d’un simulacre. A cause de sa suppression en 1946 et jusqu’en 1989, l’Église grecque-catholique, forte de plus de 5 millions de membres en Ukraine, devint de facto, la principale victime mais aussi la principale force d’opposition au régime soviétique à l’intérieur des frontières de l’URSS.  Aussi nous appelons les autorités orthodoxes actuelles, en Russie, en Ukraine et ailleurs, à reconnaître la nullité des décisions tragiques du concile de Lviv.

L’Église orthodoxe de Russie dans son ensemble ne peut pas être tenue responsable de décisions prises par des autorités ecclésiastiques manipulées ou terrorisés par le NKVD-KGB. Cependant nous, chrétiens orthodoxes, vivant 70 ans après les événements, nous nous sentons responsables du silence coupable qui entoure la destruction de cette Église par le régime soviétique avec la participation du patriarcat de Moscou. Nous savons que des millions de chrétiens orthodoxes dans le monde condamnent fermement les persécutions anti-religieuses du gouvernement soviétique et de Joseph Djougachvili en particulier. Aussi, en ce jour commémoratif du 10 mars 1946, et à la veille du dimanche 13 mars 2016, dimanche du Pardon dans le calendrier liturgique orthodoxe, nous assurons l’Église grecque-catholique ukrainienne de notre solidarité, de notre prière pour toutes les victimes innocentes de cette Église, qui furent emprisonnées, torturées, déportées et assassinées par le gouvernement soviétique avec la complicité du patriarcat de Moscou.

Nous leur demandons humblement pardon pour toutes les injustices dont ils ont été victimes sous couvert de l’autorité de l’Église orthodoxe, et nous nous inclinons devant les martyrs de cette Église grecque-catholique ukrainienne. « 

Pour lire la totalité de la tribune (avec les notes et tous les signataires): cliquez sur ce lien (mise à jour le 10 mars).

Parmi les cosignataires : les pères Georges KovalenkoAndré Doudtchenko, Michel Evdokimov, Michael Plekon, Christophe Levalois, André Louth, la poétesse et universitaire russe Olga Sedakova, l’historien Antoine Arjakovsky, les philosophes Bertrand Vergely et Constantin Sigov, le président de l’Acer-Mjo Cyrille Sollogoub, l’écrivain américain Jim Forest, l’universitaire Daniel Struve, et d’autres.

En complément: le film d’Antoine Arjakovsky (en anglais, version russe) sur le synode du 10 mars 1946 (dont la photographie ci-dessus est extraite). Par ailleurs, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat de Moscou) a appelé « de ses vœux les « efforts communs des orthodoxes et des gréco-catholiques » ukrainiens pour dépasser une hostilité historique » dans l’Osservatore Romano du 4 mars dernier (édition française du 10 mars, p.1 et 4).

Ajout: la tribune en anglais (1), en ukrainien (1), en russe, en polonais (1), en italien (1), en roumain, en allemand (1), en espagnol, en vietnamien, en taïwanais, en portugais, en arabe, en néerlandais, en hongrois, en slovaque.

Les réactions au sein de l’Église grecque-catholique d’Ukraine sont très reconnaissantes. Ainsi le père et professeur Bogdan Prach, recteur de l’Université catholique d’Ukraine à Lviv y voit un signe très positif porteur d’un grand espoir pour l’avenir (entretien en polonais). L’ancien dissident soviétique Myroslav Marynovytch (condamné à 10 ans de Goulag en 1977), vice-recteur de l’Université catholique d’Ukraine, fondateur d’Amnesty International en Ukraine, a remercié publiquement sur son blog pour les « paroles de vérité et de compassion » de la tribune.

Une détérioration des relations entre le Patriarcat de Moscou et le Vatican

Une dépêche de l’agence Interfax, datée d’aujourd’hui, rapporte que le patriarche Alexis II estime que les relations entre l’Eglise russe et le Vatican vont se détériorer en raison du transfert du siège de l’Eglise grecque-catholique (uniate) de Lvov à Kiev. Selon le patriarche, il s’agit d’une « mesure inamicale » qui va amener une «grande tension» dans les relations entre Moscou et Rome. Il a précisé que ce transfert ne peut se justifier d’un point de vue historique, ecclésial ou encore canonique (voir des explications ici).

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Le métropolite Vladimir d’Ukraine adresse une lettre ouverte au pape Benoît XVI

Le métropolite Vladimir, primat de l’Eglise autonome d’Ukraine (dans le Patriarcat de Moscou), a envoyé une lettre ouverte au pape à propos du transfert, demain, du siège de l’Eglise grecque-catholique (dite uniate) de Lvov à Kiev. Il écrit notamment : « Dans le contexte de ces problèmes auxquels l’Église est confrontée aujourd’hui, les querelles inter ecclésiales ou interconfessionnelles sont de trop ; elles gaspillent les forces qui auraient pu être utilisées à l’accomplissement de notre premier devoir chrétien : celui de porter la lumière du Christ et de servir le Christ en servant notre prochain. »

Ukraine : un cours sur les valeurs chrétiennes dans les écoles

L’agence Risu (Religious information service of Ukraine) rapporte qu’une lettre a été adressée par les quatre primats des principales Eglises chrétiennes en Ukraine au président Victor Yushchenko, au premier ministre, au président du Parlement et au ministre de l’éducation nationale. Elle a été signée par les primats de l’Eglise autonome ukrainienne (Patriarcat de Moscou), l’Eglise orthodoxe ukrainienne (autoproclamée Patriarcat de Kiev), l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne, l’Eglise grecque-catholique ukrainienne (parfois appelée « uniate »). Dans cette missive, les signataires apportent leur soutien au président Yushchenko qui souhaite introduire un cours sur les valeurs chrétiennes dans les écoles et propose, pour cela, de publier des manuels et de mettre en place la législation nécessaire. Ils suggèrent, en outre, de donner, dans ce cours, des informations sur les autres religions présentes en Ukraine. Ils proposent également que les professeurs, en charge de cet enseignement, suivent une formation pour préparer celui-ci.

Un concert de chants liturgiques ukrainiens à Paris

Dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, aura lieu le 23 janvier 2009 à 20h30, à l’église de la Madeleine, place de la Madeleine à Paris, un concert de chants liturgiques et de chants de Noël ukrainiens (programme). Ce concert sera donné par le chœur de la cathédrale saint Vladimir le Grand à Paris (grecque-catholique) sous la direction de Nadia Bilohotzka. Le concert sera donné en présence d’un comité d’honneur dont fait partie Mgr Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Une quête sera proposée au profit de l’Institut (english) d’études œcuméniques de Lviv (Ukraine) (lettre d'informations). Entrée libre.

Ukraine: une paroisse orthodoxe devient uniate

L’agence ukrainienne RISU nous apprend qu’une paroisse auparavant dans l’Église orthodoxe non canonique dite Église orthodoxe autocéphale ukrainienne, est passée, fidèles et clergé, le 10 août dernier, dans la juridiction de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine, au sein de l’éparchie de Stryi. Il s’agit de la paroisse du village de Podusiv, dans le district de Peremyshliany, dans l’ouest de l’Ukraine. Jusqu’alors deux communautés religieuses existaient dans le village: l’une gréco-catholique, l’autre orthodoxe. Les discussions sur l’unification ont commencé en 2004. Selon la même agence, il s’agit d’un retour à la situation qui existait jusqu’en 1946. La dépêche indique également que d’autres initiatives similaires sont en cours dans cette région.

Source: RISU

De Sibiu : Mgr Cyrille de Smolensk, l’Ukraine, les relations inter-ecclésiales

Dans son
allocution, hier à Sibiu, le
métropolite Cyrille de Smolensk (Patriarcat de Moscou) a souhaité une plus
grande solidarité entre communautés chrétiennes car, a-t-il
notamment précisé
: «La défense d’une morale sociale unique et
des valeurs chrétiennes dans l’Europe actuelle est aujourd’hui impossible si
les chrétiens des principales confessions, malgré leurs divergences
doctrinales, ne réunissent pas leurs efforts. La vieille notion d’ ‘œcuménisme’
ne convient plus tout à fait à cette nouvelle tâche. Nous pensons que la
solidarité chrétienne fondée sur l’éthique unique et immuable de l’Évangile et
le témoignage commun des valeurs chrétiennes au monde sont peut-être la
dernière chance pour les chrétiens de redonner une âme à l’Europe grâce aux
efforts communs.»

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Jovan Nikoloski