28/06/2017
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Résultats de la recherche : Royauté

Vidéo: un nouvel entretien sur « La royauté et le sacré »

Le P. Christophe Levalois a donné un nouvel entretien sur son livre La royauté et le sacré (Cerf, 2016) que l’on peut trouver en ligne ici (vidéo).

Présentation: « Traversant les âges et les civilisations, il y expose les principes intemporels sur lesquelles la royauté s’est élaborée et développée dans plupart des cultures.
Un livre important qui démontre comment les questions de la tradition, de l’autorité et de la légitimité demeurent d’une surprenante actualité. Un livre qui permet de se hisser au niveau de compréhension de la politique telle qu’elle était vécue dans les civilisations traditionnelles.« 

Atelier littéraire avec le P. Christophe Levalois le samedi 8 avril sur la royauté et le sacré

royaute_sacreL’atelier littéraire « Littéramorphose » recevra Christophe Levalois pour évoquer son livre La royauté et le sacré, éditions du Cerf, coll. Lexio, 2016. Quels sont les liens entre la royauté et le sacré ? Quels sont également les liens entre la vie spirituelle, la royauté et l’organisation des sociétés dans l’histoire ? En quoi la royauté est aussi l’image de l’être relié au ciel ? Quels sont ses symboles ? Dans quelle mesure cette institution est universelle ? Quelle est l’histoire de la royauté ? Des textes seront lus et des images projetées pour illustrer cette présentation. L’atelier (Facebook) aura lieu le samedi 8 avril de 16h à 18h – paroisse orthodoxe roumaine dans la crypte Saint-François de L’église Saint-Sulpice 33-35, rue Saint-Sulpice, 75006 Paris. Entrée libre.
Christophe Levalois est enseignant, prêtre orthodoxe (paroisse Saint-Séraphin de Sarov, 15e), rédacteur en chef d’Orthodoxie.com.
Ses deux ouvrages aux éditions du Cerf, Prendre soin de l’autre – Une vision chrétienne de la communication et La royauté et le sacré pourront être acquis et dédicacés.

Vidéo de présentation: « La royauté et le sacré » (Éditions du Cerf)

Ci-dessous: la vidéo de présentation du livre du P. Christophe Levalois, La royauté et le sacré, paru en juin aux Éditions du Cerf. L’ouvrage a fait dernièrement l’objet de deux recensions dans deux hebdomadaires: dans Valeurs actuelles (n°4155, paru le 14 juillet), « Un pont vers le ciel« , par Laurent Dandrieu, et dans Famille chrétienne (n° 2015, paru le 27 août), « Pouvoir et transcendance« , par Christophe Dickès.

Vient de paraître: « La royauté et le sacré »

004091264Les éditions du Cerf viennent de publier un nouvel ouvrage du P. Christophe Levalois intitulé La royauté et le sacré dans la collection de poche LeXio (128 pages, 10 euros). Présentation de l’éditeur : « Qu’est-ce qu’un roi ? Au nom de quoi règne-t-il ? Quelles relations entretient-il avec ces autres pouvoirs que sont le clergé, l’armée, le peuple ? Et, surtout, peut-on édifier une théorie de la royauté par-delà la diversité des temps et des lieux ?
S’appuyant sur les fondements et les légendes, les récits et les rites de la monarchie, mais aussi sur les faits de l’histoire, Christophe Levalois répond à ces questions avec simplicité, pédagogie et érudition. Puisant à travers les âges et les continents, il met en évidence la permanence et l’universalité de la fonction royale, les différentes façons de l’exercer, mais aussi les conflits politiques et les débats religieux, philosophiques ou juridiques qui ont pu en résulter.
Un livre fort, interpellant, enrichissant, qui montre comment les questions de la tradition et de la filiation, de l’autorité et de la légitimité, liées à la figure du Prince, demeurent d’une surprenante actualité.« 

L’ouvrage est aussi disponible au format numérique (4,99 euros) kindle et epub.

Une nouvelle fois, le patriarche Elie de Géorgie s’est déclaré en faveur de la restauration d’une monarchie constitutionnelle

Une nouvelle fois, le patriarche Elie de Géorgie s’est déclaré en faveur de la restauration d’une monarchie constitutionnelle pour son pays. Pour le patriarche celle-ci apporterait la paix au pays. Il a rappelé dans son homélie, dimanche dernier, que la tradition monarchique est très ancienne en Géorgie.

Source : Orthodox christianity

20 mars

20 mars

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Évangile du jour
(Jn I, 43-51)
Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

7 mars (ancien calendrier) 20 mars (nouveau)

7 mars (ancien calendrier) 20 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
dispense d’huile et de vin

Saints Basile, Éphrem, Capiton, Eugène, Euthère, Elpide et Agathodore, évêques de Chersonèse, martyrs (IVème s.) ; saint Paul le simple, ermite en Égypte (vers 340) ; saint Éphrem, patriarche d’Alexandrie (546) ; saint Émilien, moine en Italie (VIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyr Nicolas (Rozov), prêtre (1930), Nil (Tioutioukine), moine, Matrone (Grochev), Marie (Grochev), Eudocie (Sinitzyne), Catherine (Konstantinov), Antonine (Novikov), Nadejda (Krouglov), Xénia (Petroukine) et Anne (Gorokov) (1938).

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Évangile du jour
(Jn I, 43-51)
Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

5 mars

5 mars

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE[1]

 

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

 

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

 

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

 

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

 

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

 

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2

Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

 

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8

Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

 

 

Évangile du jour

(Jn I, 43-51)

Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

[1] Synaxaire du Dimanche de l’Orthodoxie

Saint Conon d’Isaurie, thaumaturge, martyr (Ier s.) ; saint Conon le jardinier, martyr en Palestine (IIIème s.) ; saint Euloge de Palestine, martyr (Vème s.) ; saint Eulampe, martyr en Palestine ; saint Marc l’ascète (Vème) ; saint Marc d’Athènes (Vème s.) ; saint Virgile, évêque d’Arles (610) ; saint Drausin, évêque de Soissons (674) ; saint Adrien de Pochekhon, moine, martyr (1550) ; saint Jean le bulgare (1784) et saint Georges de Rapsanée (1818), néomartyrs grecs ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Pokrovsky), prêtre (1919), Jean (Mirotvortsev), prêtre, Mardare (Isaïev) et Théophane (Grafov) (1938) ; invention des reliques de saint Luc, confesseur, archevêque de Simferopol (1996).

SAINT CONON D’ISAURIE

Saint Conon d’Isaurie, thaumaturge, martyr (Ier s.)

Saint Conon vivait au temps des Apôtres dans la cité de Bidane, située à quelques stades de Séleucie Trachéotis (auj. Silifke), la métropole de l’Isaurie. Il fut initié à la foi par l’Archange Michel qui lui apparut revêtu d’un costume resplendissant, le baptisa au nom de la Sainte Trinité et le fit communier aux saints Mystères. Pendant tout le reste de sa vie, le saint Archange ne cessa de l’assister et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles. Ce fut sous son inspiration que, contraint par ses parents de prendre épouse, Conon réussit à convaincre sa compagne, Anne, de vivre comme frère et sœur, afin de cultiver ensemble la fleur incorruptible de la virginité. Par l’exemple de cette vie sainte et de ses paroles, il réussit à convertir ses parents, et il semble que son père, Nestor, remporta la couronne du martyre après avoir confessé le Christ.

À la veille de célébrer une de leurs fêtes impies dans une caverne située assez loin de la ville, des idolâtres s’en prirent au saint. Afin de faire trêve de vaines disputes, ils s’entendirent pour rivaliser de vitesse vers la grotte, le premier arrivé démontrant la supériorité de son dieu. Saint Conon partit à pied ; mais, assisté par l’Archange Michel, il y parvint le premier, frais et dispos, bien avant les païens qui, montés sur leurs chevaux, n’arrivèrent que bien plus tard, essoufflés et en sueur. Stupéfaits devant ce miracle, ils n’en demeurèrent pas moins endurcis dans leur impiété, et voulurent apprendre de leur idole, elle-même, quel dieu était le plus grand. Sur l’ordre du saint, le démon qui se cachait dans l’idole vint se prosterner à ses pieds en confessant : « Un est le vrai Dieu, le Christ que tu proclames ! » Les païens s’écrièrent alors à haute voix : « Oui, Un est le vrai Dieu, le Dieu de Conon. C’est le Dieu de Conon qui a vaincu ! » Dans la suite des temps, c’était par cette acclamation que les habitants d’Isaurie célébraient chaque année la mémoire de leur saint patron.

On raconte que saint Conon avait acquis, grâce à sa virginité et à l’assistance de l’Archange Michel, une telle puissance sur les démons qu’il commandait aux uns d’aller cultiver la terre comme des esclaves et qu’il en avait enfermé d’autres dans des cruches en terre cuite, qu’il avait enfouies dans les fondements de sa demeure. Lorsque le gouverneur Magnos arriva en Isaurie ayant pour mission d’exécuter les édits impériaux contre les chrétiens, saint Conon fut arrêté et conduit devant lui. Il fut cruellement flagellé, mais ne cessa pas de proclamer sa foi. En apprenant cela, le peuple, qui dans sa majorité avait embrassé la foi grâce à la prédication de Conon, se précipita dans un grand tumulte sur les lieux du supplice, en vue de délivrer le saint. Le gouverneur, craignant pour sa vie, prit la fuite, et l’on put transporter le saint tout ensanglanté dans sa maison, où il rendit paisiblement son âme au Seigneur deux années plus tard.

Peu de temps après le repos de saint Conon, les chrétiens du lieu conçurent le projet de transformer sa maison en église. Au cours des travaux, l’un d’eux trouva dans les fondations un des récipients qui contenait les esprits impurs. Voyant que la cruche était scellée et bien lourde et croyant qu’elle contenait de l’or, il l’ouvrit. Les démons en sortirent alors sous la forme d’un feu qui renversa à terre les constructeurs, fit s’effondrer l’église et réduisit en cendres tous les matériaux combustibles. Ils s’établirent ensuite dans ces ruines, dont nul ne pouvait s’approcher après le coucher du soleil. Les chrétiens proclamèrent alors un jeûne et élevèrent d’ardentes supplications pour demander l’assistance du saint. Ce dernier ne tarda pas à intervenir et purifia le lieu de ce fléau.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du samedi des défunts, ton 8
Ô Toi qui, dans Ta profonde sagesse disposes toutes choses avec amour des hommes et distribues à chacun ce qui lui convient, ô seul Auteur de la création, donne le repos, Seigneur, aux âmes de Tes serviteurs. Car en Toi ils ont placé leur espérance, Toi le Créateur, l’Artisan de la création et notre Dieu.

Kondakion des défunts, ton 8
Fais reposer avec les Saints, ô Christ, les âmes de tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur ni tristesse, ni gémissements, mais la vie éternelle.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

21 février (ancien calendrier)/5 mars (nouveau)

21 février (ancien calendrier)/5 mars (nouveau)

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE[1]

 

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

 

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

 

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

 

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

 

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

 

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2

Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

 

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8

Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

 

 

Évangile du jour

(Jn I, 43-51)

Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

[1] Synaxaire du Dimanche de l’Orthodoxie

Saint Timothée du monastère des Symboles (IXème s.) ; saint Eustathe, archevêque d’Antioche (377) ; saint Félix, évêque de Metz (128) ; saint Gombert, abbé à Sens (675) ; saint Avit II, évêque de Clermont (689) ; saint Germain, abbé et saint Rénoald, moine de Moutier-Grandville (VIIème s.) saint Georges, évêque d’Amastris sur la Mer Noire (802-811); néomartyrs de Russie : hiéromartyrs Alexandre (Visliansky), Daniel (Aleferov) et Grégoire (Khlebounov), prêtres (1930) ; hiéromartyrs Constantin (Piatikrestovski), prêtre, Paul (Chirokogorov), diacre (1938), martyre Olga (Kochelev) (1939).

SAINT TIMOTHÉE DU MONASTÈRE DES SYMBOLES

Ayant revêtu le saint Habit angélique depuis sa jeunesse, saint Timothée mena la vie ascétique dans le monastère semi-érémitique des Symboles, au Mont Olympe de Bithynie, qui avait été fondé par saint Théoctiste, et où avait vécu saint Platon avant de devenir higoumène du monastère voisin du Saccoudion [4 avr.]. Ayant mortifié tous les élans de la chair par une longue et sévère ascèse et ayant reçu de Dieu en échange la grâce de l’impassibilité, il avait imprimé en son cœur, par la prière, l’image de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est pourquoi il put témoigner avec assurance, face aux persécuteurs, du bien-fondé de la vénération des saintes icônes. Le Saint-Esprit avait fait sa demeure en lui et répandait, par son intermédiaire, guérisons, consolations spirituelles et divine charité : les fruits de la grâce qui rendirent son nom éternel dans l’assemblée des Élus. Il trouva le repos probablement vers l’an 795.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du samedi des défunts, ton 8
Ô Toi qui, dans Ta profonde sagesse disposes toutes choses avec amour des hommes et distribues à chacun ce qui lui convient, ô seul Auteur de la création, donne le repos, Seigneur, aux âmes de Tes serviteurs. Car en Toi ils ont placé leur espérance, Toi le Créateur, l’Artisan de la création et notre Dieu.

Kondakion des défunts, ton 8
Fais reposer avec les Saints, ô Christ, les âmes de tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur ni tristesse, ni gémissements, mais la vie éternelle.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

Recension: Grégoire de Nysse « Réfutation de la profession de foi d’Eunome »

refutationGrégoire de Nysse, Réfutation de la profession de foi d’Eunome. Texte grec de W. Jaeger (GNO II), introduction et notes de Raymond Winling, traduction de Michel van Parys. Précédée de la Profession de foi d’Eunome. Texte grec de R. P. Vaggione, introduction, traduction et notes de Raymond Winling, « Sources chrétiennes » n° 584, 2016, 334 p.
La Réfutation de la Profession d’Eunome de saint Grégoire de Nysse, écrite en 381, fait suite à ses trois livres Contre Eunome, et vise comme eux à réfuter les erreurs dogmatiques d’Eunome, promoteur avec Aèce de l’anoméisme, un avatar de l’arianisme.
Dans le Contre Eunome, saint Grégoire avait réfuté dans le détail trois traités volumineux d’Eunome intitulés Apologie de l’Apologie. Sa Réfutation de la Profession d’Eunome réfute un livre intitulé Profession de foi, qui est un résumé, en environ 6 pages, de la doctrine d’Eunome rédigé par celui-ci à la demande de l’empereur Théodose, et qui est également publié dans ce nouveau volume de la collection « Sources chrétiennes ». Saint Grégoire y formule ses objections de manière concise, renvoyant pour plus de plus amples développements à ses traités anti-eunomiens précédents.
Eunome est subordinationiste, et à ce titre nie la divinité du Fils et du Saint-Esprit. Il croit que le Père est « le seul et unique vrai Dieu » que désigne saint Matthieu, et que l’essence divine s’identifie avec « l’inengendré » ; il n’y aucune autre personne donc qui partage sa nature et puisse lui être associé (si bien qu’Eunome, comme les Ariens, récuse la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » et ne baptise qu’ « au nom du Père »). Eunome rassemble toutes les expressions de l’Écriture où le Père paraît être « à part » et supérieur à tout autre semblable (« Dieu des dieux », « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs ». Le Fils, « Unique engendré », est inférieur à lui du fait de sa qualité d’engendré, et Dieu (le Père) ne partage pas dans l’engendrement son essence avec lui. Le Fils certes le « Seigneur de gloire » mais comme ayant reçu sa gloire du Père et non comme la partageant avec lui du fait qu’il aurait une même nature que lui. Il est « premier-né de toutes les créatures » et donc se situe au même niveau qu’elles. Il est semblable à Dieu, mais seulement en tant qu’image et sceau de l’activité et de la toute-puissance du Tout-Puissant. Il est le créateur des êtres, mais en tant que tenant de Dieu (le Père) le pouvoir de créer et sans avoir ce pouvoir par essence. Le Saint-Esprit, qu’Eunome appelle généralement « le Paraclet » en voulant le réduire à cette qualité, est venu à l’existence du fait du « Dieu unique », à savoir le Père, par l’entremise du Monogène, auquel il est soumis une fois pour toutes. Il n’est pas compté après le Père ni avec lui, et n’est pas non plus égal au Fils. Il est la première œuvre de celui-ci, et c’est en cela seulement qu’il dépasse toutes ses autres œuvres. Il a toutes les fonctions et les pouvoirs que lui attribuent les Écritures, mais agit sous la direction du Fils qui lui octroie la grâce, ne possédant donc pas cette grâce du fait de sa nature.
Grégoire de Nysse, dans sa réfutation d’Eunome commence par faire valoir que la doctrine chrétienne trouve son fondement dans la Tradition qui remonte jusqu’à l’enseignement du Christ, et ne peut être correctement comprise qu’à l’intérieur de cette Tradition. La méthode d’Eunome qui s’appuie sur des expressions isolées de l’Écriture est insuffisante car non seulement l’Écriture ne peut être correctement comprise que dans le cadre de cette tradition, mais ses expressions ne peuvent être interprétées de manière séparée mais exigent d’être comprises à la lumière de toutes les autres. Cette précision de la conception chrétienne reste utile aujourd’hui pour s’opposer tant au principe protestant de la « sola scriptura » qu’aux diverses sectes qui ne cessent de se référer aux Écritures, mais se montrent incapables de les interpréter correctement, faute de les comprendre dans leur contexte global d’une part, et à la lumière de la tradition, de l’enseignement et de la vie de l’Église d’autre part.
Grégoire note ensuite que le Fils et l’Esprit sont toujours avec le Père et ne peuvent en être dissociés. Cependant, il ne s’agit pas d’une simple association, mais d’une véritable union, reposant sur une unité fondamentale.
Dans la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », « le nom unique posé devant la profession de foi nous signifie clairement l’unité d’essence des personnes que la foi confesse, et les trois appellations ne nous apprennent pas une différence de nature, mais nous font seulement connaître la différence des hypostases. »
« Le seul et unique vrai Dieu » dont parle saint Matthieu ne désigne pas le Père seul, mais aussi le Fils, car le Fils a dit « le Père et moi nous sommes un », le « un » ne signifiant pas seulement une union intime, mais l’unité de la divinité (l’essence ou la nature divine) qu’ils ont en commun.
Grégoire remarque ensuite qu’Eunome comprend mal la notion de consubstantialité. Puis il montre qu’il a tort de nier la pleine divinité du Fils, aucune expression de l’Écriture mise en avant par lui ne permettant une telle réduction. Dans les expressions « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs », le premier terme ne désigne pas le Père et le second le Fils, mais ces expressions qui s’appliquent au Père s’appliquent pareillement au Fils. De même l’expression « Très-Haut dans les cieux » s’applique-t-elle également au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Eunome se trompe en attribuant au Père seul certaines propriétés divines, comme la toute-puissance. En effet, « celui qui a tout ce qui appartient au Père, est un autre lui-même du Père, sauf le fait d’être père, et celui qui a tout ce qui appartient au Fils, manifeste en lui-même le Fils tout entier, sauf le fait d’être Fils. »
Grégoire montre que l’un des arguments de d’Eunome selon lequel  « dans l’acte d’engendrer, [le Père] ne partage pas sa propre substance, et le même n’est pas engendrant et engendré et le même ne devient pas non plus Père et Fils » est confus – comme dans la plupart des hérésies il y a là une confusion de l’essence et des propriétés hypostatiques – et témoigne d’une mauvaise compréhension de l’engendrement, lequel – même au semple niveau humain – n’exclut pas une transmission de la nature.
Grégoire montre ensuite que ce qu’Eunome dit de la puissance créatrice du Père en la lui réservant, vaut en fait aussi pour le Fils, à qui elle appartient pareillement. Il en va de même de la puissance en général, de la royauté ou de la gloire, qui ne sont pas des propriétés hypostatiques du Père mais des attributs communs attachés à l’essence divine.
Quant aux expressions, appliquées au Fils, de « Fils de Dieu », « Monogène » (unique engendré), ou « Premier-né », elles ne signifient pas qu’il se situerait, du fait d’être engendré, en dehors de la nature du Père. Grégoire s’étend longuement à monter le sens du mot « génération », sur lequel Eunome se méprend jusqu’à identifier « l’inengendré » (propriété hypostatique du Père) avec l’essence divine, et à assimiler en conséquence « l’engendré » (propriété hypostatique du Fils) avec quelque chose d’extérieur à cette essence. Il est d’ailleurs dangereux, comme le fait Eunome, de substituer au nom de « Père » le nom d’ « Inengendré », car d’une part cela masque la relation intime (de nature) qui existe entre le Père et le Fils, et d’autre part cela induit de manière perverse chez les lecteurs une assimilation du Fils avec tous les autres êtres engendrés dans le sens de créés.
L’expression « le Seigneur m’a créé principe de ses voies en vue de ses œuvres » (Prov 8, 22) se réfère à la nature humaine du Christ et non à sa personne. Et quand saint Jean dit que le Verbe était dans le principe (Jn 1, 1), on comprend que « le Verbe qui est dans le principe ne peut pas être séparé du principe dans lequel il est, et qu’il ne peut jamais commencer ni cesser d’être dans le principe […] Car il est vraiment unique le principe dans lequel nous contemplons, sans les séparer, le Verbe uni en tout au Père ».
Grégoire dénonce ensuite le caractère pernicieux des formulations équivoque d’Eunome, dont « le discours ressemble à un pain contenant beaucoup de sable » car « il mélange aux saines doctrines des opinions hérétiques, rendant immangeable même ce qui est nourrissant à cause du sable qui y est mêlé ». Par exemple Eunome affirme que la parole qu’il attribue du Père « je ne donnerai pas ma gloire à une autre » (Is 42, 8) a en vue le Fils, alors qu’elle a en vue l’Adversaire, le diable ; par ailleurs Eunome ne vois pas que l’auteur de cette parole est le Fils, car c’est lui « qui a parlé par les prophètes » (He 1, 1).
Alors qu’Eunome voit dans l’obéissance du Christ mentionnée dans l’Écriture un signe de sa sujétion au Père et de son infériorité par rapport à lui, Grégoire montre qu’elle se rapporte seulement à sa kénose volontaire, dans le cadre de son économie salvatrice, mais non à sa nature : « En effet, lorsqu’il est venu pour accomplir le mystère de la croix, celui qui s’est abaissé jusqu’à la condition d’un esclave et qui s’est humilié en prenant la ressemblance et la figure d’un homme, reconnu comme homme dans l’humilité de la nature humaine, c’est alors qu’il devint obéissant, lui qui a pris sur lui nos faiblesses et qui a porté nos maladies, qui a guéri la désobéissance des hommes par sa propre obéissance, afin de guérir par ses plaies notre blessure et afin d’anéantir par sa propre mort la mort commune des hommes ; c’est alors qu’il devint obéissant à cause de nous, comme il est devenu péché et malédiction à cause de son bienveillant dessein en notre faveur. Il n’était pas cela par nature, mais il l’est devenu par amour des hommes. »
Tandis qu’Eunome met en avant le rôle de médiateur du Christ pour le faire apparaître comme un être intermédiaire entre Dieu et l’homme, inférieur à Dieu donc, Grégoire monte que cette notion loin d’exclure la divinité du Christ l’inclut, et que dans cette fonction de médiateur le Christ, Dieu par nature, vise, en la nature humaine qu’il a assumée, à rendre les hommes participants de la nature divine ; loin donc d’inférioriser la nature du Christ, elle élève au contraire la nature humaine : «  La nature humaine s’était révoltée jadis à cause de la malice de l’Adversaire et elle était asservie au péché et elle était devenue étrangère à la vie véritable. Après cela, le Seigneur de la créature rappelle sa créature et il devient homme tout en étant Dieu. Il était tout entier Dieu et il devint tout entier homme. Et ainsi, la nature humaine fut intimement unie à Dieu, l’homme qui est dans le Christ opérant la médiation ; et grâce à nos prémices qui ont été assumées, toute la pâte a été intimement unie à Dieu par sa puissance. »
Eunome n’admet entre le Fils le Père qu’une simple ressemblance, ce qui n’autorise pas à considérer le Fils comme Dieu. Grégoire montre alors qu’il existe différents types de ressemblance, et que selon l’une d’entre elle – qui s’applique au Fils – « il n’y a pas de différence de nature entre ceux qui se ressemblent, et le caractère général et la forme impliquent communion ».
Grégoire continue à redresser les interprétations d’Eunome concernant d’autres formules de l’Écriture, comme « image » ou « sceau de l’énergie du Tout-Puissant ».
Puis il s’en prend à d’autre aberrations dogmatiques des ariens, comme l’affirmation que « ce n’est pas l’homme entier qui a été sauvé par le Christ, mais la moitié de l’homme, à savoir le corps ».
Après avoir démontré contre Eunome la divinité du Fils, Grégoire complète son traité en démontrant la divinité de l’Esprit Saint qu’Eunome conteste également.
Eunome cherche à identifier l’Esprit à la qualité de « Paraclet » pour mieux le séparer du Fils et du Père, mais Grégoire montre qu’elle appartient également à ceux-ci, car là encore ce n’est pas une propriété hypostatique, mais une qualité qui se rattache à la nature divine commune. Il en va de même de la Vérité lorsque l’Esprit Saint est appelé « Esprit de vérité ».
Contre Eunome qui affirme que l’esprit est l’un des êtres venus à l’existence par le Fils et est condamné à une soumission éternelle, Grégoire démontre par plusieurs arguments qu’il est par nature égal au Père et au Fils, et supérieur par essence à tous les êtres créés.
Le dernier chapitre est un bel exposé sur les opérations de l’Esprit, qui montre que la théologie des énergies divines, était déjà bien présente et élaborée chez saint Grégoire de Nysse. L’argument de base de Grégoire est que, l’énergie se rapportant à la nature (l’énergie est une opération d’une puissance de la nature), si l’Esprit a la même énergie que le Père et le Fils, il a aussi la même nature qu’eux : « Eunome dit que le Saint-Esprit “accomplit toute énergie et tout enseignement”. Quelle énergie ? S’agit-il de cette énergie qui, selon la parole du Seigneur, est celle du Père et du Fils, lui qui opère jusqu’à ce jour a le salut humain, ou s’agit-il d’une autre énergie que celle-là ? Car si telle est l’énergie de l’Esprit, il aura évidemment la même puissance et la même nature que le Père, et il n’y aura pas lieu d’affirmer à son sujet qu’il est d’une autre nature que Dieu. Car de même que si quelque chose opère les effets du feu, c’est-à-dire illumine et chauffe de la même manière, cela est évidemment du feu, de même aussi, si l’Esprit fait les œuvres du Père, on doit évidemment attester qu’il possède la même nature que lui. Mais si l’Esprit opère quelque chose d’autre que notre salut et s’il s’avère qu’il déploie son activité dans un but contraire, il sera démontré par là qu’il possède une autre nature et une autre essence. Mais le Verbe lui-même confirme par son témoignage que l’Esprit vivifie, tout comme le Père et le Fils. Il résulte donc de l’identité de leurs énergies que l’Esprit n’est pas du tout étranger à la nature du Père et du Fils. »
Ces quelques aperçus montrent l’intérêt théologique de ce traité de saint Grégoire de Nysse dont les démonstrations sont précisées et complétées dans les trois gros volumes de son Contre Eunome.
Cette réfutation de l’arianisme garde un intérêt actuel, car un nombre non négligeable de chrétiens en Occident (catholiques, et surtout protestants) ne croient plus en la divinité du Christ. Dans sa catéchèse du 20 juin 2007, le pape Benoît VI visait le néo-arianisme de certains théologiens catholiques. et Laurent Gagnebin, doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, présente ainsi la foi du protestantisme libéral : « À propos de la divinité du Christ, le protestantisme libéral dit qu’elle se trouve dans la perfection de l’humanité de Jésus. Parce que Jésus a été l’homme parfait, on salue en lui quelque chose qui nous vient de Dieu.» Une formule qu’Eunome n’aurait pas désavouée.

Jean-Claude Larchet

Podcast audio: “Orthodoxie” (France-Culture), « Livres »

510_pc140450L’émission Orthodoxie sur France-Culture (podcast audio ci-dessous) du 8 janvier avait pour thème: « Livres ». Elle présentait deux ouvrages récemment parus: La royauté et le sacré du P. Christophe Levalois, aux éditions du Cerf, et Ils sont pleins de vin doux de François Orfeuil aux éditions Saint-Léger. Présentation: “La royauté et le sacré : le rapport entre ces deux notions ; le sacré comme contenu du pouvoir royal ; le sens pour notre époque d’un livre sur la royauté. Ils sont pleins de vin doux : le vin et la vigne, deux notions très présentes dans l’Ancien et le Nouveau Testament ; le vin, sang de l’eucharistie ; un poème de Venance Fortunat (6e siècle). La royauté, le sacré, le vin et la vigne comme symboles.”

Radio (« Orthodoxie », France Culture): “Livres”

510_pc140450L’émission de radio “Orthodoxie” sur France-Culture, du dimanche 8 janvier à partir de 8h07 heures sera consacrée à deux livres récemment parus: La royauté et le sacré du P. Christophe Levalois, aux éditions du Cerf, et Ils sont pleins de vin doux de François Orfeuil aux éditions Saint-Léger. Présentation: « La royauté et le sacré : le rapport entre ces deux notions ; le sacré comme contenu du pouvoir royal ; le sens pour notre époque d’un livre sur la royauté. Ils sont pleins de vin doux : le vin et la vigne, deux notions très présentes dans l’Ancien et le Nouveau Testament ; le vin, sang de l’eucharistie ; un poème de Venance Fortunat (6e siècle). La royauté, le sacré, le vin et la vigne comme symboles. »

17 décembre (ancien calendrier)/30 décembre (nouveau)

17 décembre (ancien calendrier)/30 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.) ; saint Maxenceul, abbé-fondateur de Cunault (555) ; sainte Begga, veuve, abbesse de Andenne-sur-Meuse (693) ; saint Briach, abbé à Guingamp en Bretagne (vers 630) ; saint Judicaël, roi de Bretagne (658) ; ; saint Etienne le Confesseur (Xème s.) ; saint Denis, évêque d’Egine, thaumaturge (1622) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Savelov), Nicolas (Beltioukov) et Serge (Florinsky), prêtres (1918) ; Pierre (Pokrovsky) et Jean (Zemliany), prêtres (1937)

SAINT PROPHÈTE DANIEL ET LES TROIS ADOLESCENTS

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.)

Lorsque le roi de Babylone Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem (597 av. J.-C.), il emmena dans son lointain royaume Joiakim, le roi de Juda, avec une partie des notables de la ville et emporta aussi les objets sacrés du Temple de Dieu. Daniel, alors âgé de huit ans seulement, fut pris avec ses trois compagnons, tous de race royale et de belle apparence, pour être instruits par le chef des eunuques dans la science des Chaldéens et entrer au service du souverain. On leur imposa des noms nouveaux : Daniel fut appelé Baltassar, Ananias Sirac, Misaël Misac, et Azarias Abdénago. Vivant au milieu des païens, Daniel observait néanmoins avec rigueur toutes les prescriptions de la Loi. Il refusait de goûter aux mets de la table royale qu’on lui offrait et, fortifiés par le jeûne et la prière, lui et ses compagnons paraissaient plus vigoureux et avaient meilleure mine que tous les autres enfants de la cour, alors qu’ils ne prenaient que de l’eau et des légumes. Dieu leur donna aussi sagesse et science dans une telle mesure qu’ils dépassaient tous les sages du royaume. Quant à Daniel, il reçut de surcroît le don de discerner les songes et les visions.

Au bout de trois ans, le roi Nabuchodonosor eut un songe qui troubla fort son esprit. Comme ses sages et ses devins se trouvaient incapables de deviner quel avait été ce songe, il donna l’ordre de tous les passer au fil de l’épée, y compris les jeunes Israélites. Mais, en réponse à la prière instante de ses serviteurs, Dieu révéla à Daniel le songe du roi et son interprétation. La statue brillante que Nabuchodonosor avait vu se dresser devant lui était une allégorie des temps à venir. Sa tête d’or représentait le royaume des Chaldéens, les mains et la poitrine en argent figuraient le royaume des Mèdes et des Perses qui devait lui succéder, le ventre et les cuisses de bronze, le royaume hellénique d’Alexandre le Grand, et ses jambes de fer, l’empire des Romains. La pierre qu’il avait vue se détacher de la montagne sans qu’une main ne l’eût touchée et qui réduisit en poussière cette grande statue des empires païens, était la figure de notre Seigneur Jésus-Christ, incarné à la fin des temps, pour fonder un royaume spirituel et éternel, que rien ne viendra plus détruire : la sainte Église. Rendant gloire au Dieu de Daniel, le roi conféra au jeune garçon la charge de gouverneur de Babylonie et le nomma supérieur de tous les sages du royaume. Néanmoins Daniel obtint du souverain l’autorisation de demeurer à sa cour, et il fit assigner ses trois jeunes compagnons aux affaires de la province de Babylonie. Son prestige grandit encore auprès du prince et du peuple lorsqu’il confondit habilement deux vieillards lubriques qui avaient injustement accusé de fornication la belle Suzanne, parce qu’elle s’était refusée à leurs avances.
La dix-huitième année de son règne, Nabuchodonosor fit dresser une statue d’or à son effigie et manda à tous les satrapes, gouverneurs, conseillers et magistrats de son royaume de l’adorer en se prosternant jusqu’à terre quand retentiraient les instruments de musique. Malgré les menaces du redoutable tyran, les trois Jeunes Gens ne se soumirent pas à cet ordre impie et restèrent fidèles à l’adoration du seul vrai Dieu. Certains magistrats chaldéens, jaloux de leur haute dignité, saisirent cette occasion pour les dénoncer auprès de Nabuchodonosor. Frémissant de colère en apprenant que ses protégés avaient enfreint ses ordres, le roi fit chauffer la fournaise sept fois plus que de coutume et ordonna d’y jeter les trois Jeunes Gens. Au nom de tout le peuple hébreu, Ananias, Azarias et Misaël y adressèrent à Dieu une prière pleine d’humilité, confessant les fautes de leurs pères et reconnaissant qu’il était juste et équitable qu’ils eussent ainsi à souffrir l’exil, les mauvais traitements de ce roi impie et finalement le supplice du feu. Comme les serviteurs qui s’employaient à attiser le brasier étaient brûlés par la chaleur insupportable qui s’en dégageait, un ange descendit dans la fournaise et repoussa la flamme au-dehors, enrobant les saints enfants de brise et de rosée. Dansant alors de joie dans le feu autour de l’ange, ils changèrent leur supplication en hymne d’action de grâces. Après avoir d’abord invoqué le nom trois fois saint du Seigneur, ils invitèrent tous les ordres de la création à se joindre à eux pour chanter et exalter le Seigneur dans tous les siècles : les anges, les cieux, les éléments, les saisons, la terre, la mer et les montagnes, les animaux et les fils des hommes, jusqu’aux âmes des justes décédés. Ayant fait le tour de la création entière, ils se nommèrent eux-mêmes, comme les plus petits et les plus humbles, en s’écriant : Louons, bénissons et adorons le Seigneur ; chantons-le et exaltons-le dans tous les siècles, car il nous a délivrés de l’enfer, il nous a sauvés des mains de la mort, il nous a arrachés à la fournaise de flamme ardente (Dn 3) . Ils rassemblaient ainsi toutes choses dans leur danse autour du Verbe de Dieu, mystérieusement figuré par l’ange descendu dans le feu, sous forme humaine, pour les sauver. Nabuchodonosor lui-même le vit en se penchant sur la fournaise et le reconnut, préfigurant ainsi la conversion des païens : « Voici que je vois, dit-il, quatre hommes déliés se promener au milieu du feu. Ils n’ont pas le moindre mal, et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu » (Dn 3, 25). Il fit sortir les jeunes gens et constata, avec tous ses gens de cour, que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur eux et n’avait même pas laissé la moindre odeur. Le roi glorifia alors le Seigneur, rétablit Ananias, Azarias et Misaël dans leurs dignités et ordonna de mettre à mort quiconque oserait désormais blasphémer contre le Dieu d’Israël.

La même année, Nabuchodonosor eut un autre songe effrayant, que seul Daniel put interpréter sous l’inspiration du Saint-Esprit, et qui se réalisa seulement douze mois plus tard. Comme le souverain s’était enflé d’orgueil devant la splendeur de sa puissance, Dieu le châtia aussitôt et l’abattit, comme l’arbre qu’il avait vu en songe. Il devint fou et la royauté lui fut retirée. Chassé de la compagnie des hommes, il erra en plein air parmi les bêtes des champs, jusqu’à ce qu’il se soit humilié, qu’il ait confessé sa faute et qu’il ait prié le Seigneur. Il fut alors rétabli dans sa royauté pour sept années.

Après la mort de Nabuchodonosor (562 av. J.-C.) et les désordres qui la suivirent, la royauté passa finalement à Balthazar (Belshazar) (548-539). Donnant un jour un grand festin, celui-ci fit boire ses invités dans les vases sacrés dérobés dans le Temple de Jérusalem. Comme on offrait d’ignobles libations aux faux dieux, une main d’homme apparut soudain et traça du doigt sur le mur une inscription énigmatique qui laissa le roi et ses convives dans l’effroi. Daniel fut, de nouveau, le seul à pouvoir la déchiffrer et à révéler ainsi à Balthazar la fin toute proche de son règne. La nuit même, le roi chaldéen fut assassiné, et Darius le Mède prit le pouvoir (Dn 6, 1) .

Le captif Daniel, plus sage et plus illustre que tous les puissants des Mèdes et des Perses, fut établi par le nouveau souverain chef de tous les satrapes de l’empire. Tant d’honneurs attirèrent la jalousie des grands qui essayaient de trouver contre lui un motif de plainte. Connaissant sa piété, ils poussèrent le roi à émettre un édit interdisant d’adresser une prière à quiconque, dieu ou homme, si ce n’est au roi, pendant une période de trente jours, sous peine de mort. Inébranlable dans son amour de Dieu et sa fidélité à la Loi, Daniel ne cessa de s’acquitter de sa prière, en se tournant trois fois par jour vers Jérusalem, sans même chercher à se dissimuler. Tout en admirant sa piété, Darius, la mort dans l’âme, fut contraint de faire appliquer ses propres décrets, quand on lui dénonça son ministre, et il le fit jeter dans la fosse aux lions. Mais, là encore, Dieu envoya son ange qui arrêta l’élan des fauves. Quand, au petit matin, le roi, angoissé et tourmenté par le remords, fit soulever la dalle de pierre qui fermait la fosse, il eut la surprise de voir Daniel assis au milieu des bêtes féroces qui gambadaient joyeusement autour de lui en remuant la queue et venaient se faire caresser la crinière, comme si elles voulaient se soumettre à un nouvel Adam. Darius fit sortir le prophète, le rétablit dans sa charge et fit dévorer à sa place ses calomniateurs par les lions.
Pendant son séjour à Babylone, Daniel ne craignit pas de dénoncer au roi la tromperie des idoles et de confondre habilement l’imposture des prêtres de Bel, qui se rendaient de nuit par un souterrain auprès de la statue pour manger les offrandes qu’on y avait déposées et faire ainsi croire que l’idole était vivante. Il mit également à mort un dragon, que les habitants de Babylone vénéraient comme un dieu, sans se servir d’aucune arme, pour manifester combien ridicule était leur culte d’un animal sans raison. Mais les Chaldéens, pris de rage, exigèrent du roi qu’il châtiât son protégé. Jeté pour la seconde fois dans la fosse aux lions, Daniel en fut préservé et reçut la visite du Prophète Habacuc [2 déc.], transporté miraculeusement de Judée, en un clin d’œil, par un ange, pour lui offrir un repas et manifester avec éclat la faveur que Dieu témoignait à son fidèle serviteur.

Interprète des songes et des visions, Daniel reçut aussi de Dieu des révélations sur les derniers temps. La première année du règne de Balthazar, il vit apparaître quatre énormes bêtes, figurant les grands royaumes païens qui dévorèrent l’humanité. La première, semblable à un lion avec des ailes d’aigle, représentait l’empire de Babylone ; la seconde, semblable à un ours, celui des Mèdes ; derrière elle venait un léopard, symbole de l’empire perse qui fut bientôt supplanté par la quatrième bête, munie de dix cornes : les royaumes grecs d’Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.) et de ses successeurs . Confirmé plus tard par l’Apocalypse de saint Jean, le livre du Prophète Daniel donnait ainsi de manière voilée une prédiction sur la fin des temps. En effet, quand l’iniquité aura atteint son comble sur la terre et que, des dix royaumes symboliques issus de la civilisation gréco-romaine, révolutions, guerres et dissensions auront fait régner la confusion sur l’humanité, alors s’élèvera l’Antéchrist, l’homme qui récapitulera en lui toute la malice de Satan et qui, par ses paroles de mensonge et ses faux prodiges, se fera adorer comme Dieu. Transporté en vision à cette époque de la consommation de toute chose, Daniel vit s’avancer le trône de Dieu, semblable à une flamme de feu, et Dieu le Père, sous l’aspect de l’Ancien des Jours, vêtu de blanc et étincelant de lumière, y était assis pour examiner le livre de la conscience de chacun et passer le monde en Jugement. Après avoir mené l’ultime combat contre l’Antéchrist et l’avoir précipité dans le feu qui ne s’éteint pas, le Fils de l’homme, figure de notre Seigneur Jésus-Christ, fut conduit devant le trône du Père, porté par des anges, pour recevoir de Dieu principauté, puissance, gloire et royauté éternelle sur tous les peuples, tribus et langues, dans les cieux, sur la terre et sous la terre. Ainsi sera manifesté à l’univers entier qu’Il est le Seigneur, le Fils de Dieu, le Premier-né de Dieu avant toute créature, et qu’Il a restauré notre nature humaine corrompue, en devenant le premier-né d’entre les morts et en révélant en son Corps les prémices de notre résurrection et de notre gloire éternelle (Dn 7).

Au cours de visions ultérieures, Dieu précisa à Daniel d’autres détails sur les temps à venir, en particulier à propos du règne tyrannique d’Antiochus Épiphane (175-164), lui-même figure prophétique de l’Antéchrist, qui fera cesser les sacrifices et le culte du Seigneur et placera l’abomination de la désolation dans le temple même de Dieu (Dn 9, 27). Instruit par l’Archange Gabriel, Daniel prédit que le peuple devait regagner Jérusalem après sept semaines d’années, c’est-à-dire après quarante-neuf ans . Il annonça aussi qu’Esdras, Josué et Zorobabel ramèneraient le peuple de l’exil et restaureraient le culte de Dieu à Jérusalem (Esd 3, 8), en signe de la restauration définitive de toute l’humanité par le vrai Messie, le Christ, soixante-deux semaines d’années plus tard, soit quatre cent trente-quatre ans.

La troisième année de Cyrus, Daniel, l’homme des prédilections divines , qui jeûnait depuis trois semaines, fut jugé digne de la vision du Verbe lui-même sous l’apparence d’un homme vêtu de lin, les reins ceints d’or pur, son corps avait l’apparence de la chrysolite, son visage, l’aspect de l’éclair, ses yeux étaient comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l’éclat du bronze poli le son de ses paroles comme la rumeur d’une multitude (Dn 10, 6). Frappé de stupeur, le Prophète tomba la face contre terre, et il aurait rendu l’âme si l’Ange du Seigneur ne l’avait alors réconforté et fortifié, avant de lui préciser ce qui devait arriver dans la suite des temps : les guerres entre les successeurs d’Alexandre et la persécution d’Antiochus Épiphane, figures de l’ultime épreuve des justes inscrits au Livre de la vie lors de l’apparition de l’Antéchrist. Plus clairement qu’à tous les autres prophètes, Dieu révéla à Daniel qu’en ce dernier Jour, ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et la honte éternelles (Dn 12, 2), et que les justes brilleront dans leur corps comme le soleil paraît dans sa gloire. Comme le Prophète voulait savoir à quelle date tout cela devait arriver, le Seigneur lui répondit : « Va, Daniel, car clos et scellés sont ces discours jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce qu’un grand nombre soit choisi, blanchi et purifié par le feu (…) Et toi, va, prends ton repos et tu ressusciteras pour obtenir ton héritage à la fin des jours » (Dn 13, 9-13). Effectivement, le saint Prophète mourut en paix, âgé de quatre-vingts ans, deux ans après le retour de son peuple dans la terre de ses Pères (vers 534-530). Les trois Jeunes Gens s’endormirent aussi paisiblement et, selon la tradition, ils furent avec Daniel au nombre des justes qui ressuscitèrent lors de la crucifixion du Christ (cf. Mt 27, 52-53) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des trois Jeunes Gens, ton 2
Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. * Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des trois Jeunes Gens, ton 6
Jeunes Gens trois fois heureux, vous n’avez pas vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’ineffable présence de Dieu, * vous l’avez glorifié dans la fournaise de feu; * vous tenant irrésistible au milieu de la flamme, * vous avez invoqué le vrai Dieu: * Hâte-toi de venir à notre aide, Seigneur, * en ta miséricorde et ton amour, car tout ce que tu veux, tu le fais.

Kondakion du saint prophète Daniel, ton 3
Purifié par l’Esprit, ton cœur pur est devenu le réceptacle d’une très lumineuse prophétie ; tu vois comme présent ce qui est éloigné, jeté dans la fosse tu a apaisé les lions ; aussi nous te vénérons bienheureux prophète, glorieux Daniel.

Évangile du jour
(Lc XI,47-XII,1)

Le Seigneur dit : Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie.

Lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie au sujet du Concile de Crète

Nous publions ci-dessous in extenso la lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie (Église orthodoxe de Grèce), laquelle a été envoyée aux prêtres de son diocèse le 12 décembre 2016.

« Chers Frères prêtres et concélébrants,
Du 19 au 26 juin a eu lieu à Kolymbari, en Crète, le Saint et Grand Concile panorthodoxe, ainsi qu’il a été appelé. Je connais votre intérêt pour ce qui s’est passé lors de ce Concile, puisque vous me l’avez demandé au cours d’entretiens privés. Or, je vous avais dit que je vous répondrai à tous par une réponse générale. C’est ce que je fais maintenant, ce qui est mon devoir et mon obligation en tant que votre évêque.
1. En premier lieu, je dois dire ce que vous savez, c’est-à-dire que notre Église s’exprime conciliairement (synodika). Et vous-mêmes, avec votre troupeau, les chrétiens laïcs, vous constituez une Assemblée (synodos), et laquelle ! C’est la divine Liturgie qui est appelée « assemblée » (synodos) puisqu’elle est l’œuvre du peuple (leitos). Vous savez que sans l’élément laïc, vous ne pouvez célébrer la divine Liturgie. Cette Assemblée, la divine Liturgie est réellement « grande et sainte ». « Sainte », car en elle, par votre propre prière – celle du prêtre – qu’accompagnent les chrétiens fidèles pendant l’hymne « Nous Te chantons… », vient le Saint-Esprit, non seulement sur les Dons qui se trouvent sur le saint Autel, pour les transformer en le Corps et le Sang du Christ, mais aussi sur toute l’Assemblée des fidèles. C’est ainsi qu’il est dit dans la prière de la Consécration : « Envoie Ton Esprit Saint sur nous et sur les Dons ici offerts ». Et la divine Liturgie est une « Grande » Assemblée parce que malgré le fait que dans nos villages, il peut se produire que celle-ci ne soit constituée que de cinq femmes âgées, « des milliers d’archanges et des myriades d’anges… » sont présents à l’office, comme nous le disons dans la prière correspondante. Ainsi, l’Église convoque toujours des assemblées et elle a beaucoup tardé, ces dernières années, à se rassembler en Concile. Aussi, nous nous sommes fortement réjouis lorsque nous avons entendu que notre patriarche œcuménique Bartholomée convoquait un Concile panorthodoxe. Un Concile a eu lieu, auquel notre Église de Grèce a été représentée par notre Archevêque avec environ 25 évêques, une sainte délégation de toute la hiérarchie de l’Église de Grèce, que nous avons accompagnée par notre prière et notre anxiété. Beaucoup a été dit, positivement et négativement, et je vais exposer ici mon propre point de vue sur ce qui a été dit et écrit à ce Concile, et ce librement et en bonne conscience, en tant qu’évêque de l’Église de Grèce.
2. Frères dans le sacerdoce, comme nous le savons par l’histoire des Conciles de notre Église, un Concile se rassemble pour condamner une hérésie et naturellement pour régler différentes questions d’ordre et de cheminement de notre Église. Mais, principalement, notre Église se préoccupe particulièrement de la foi de ses enfants, qu’elle formule clairement dans ses Conciles, dissociant celle-ci de l’erreur et de l’hérésie. On entend parler déjà depuis de nombreuses années de l’hérésie de l’œcuménisme, une construction religieuse qui veut l’unité de tous, en dépit des différences dogmatiques. Les racines de cette hérésie se trouve dans le syncrétisme de l’Ancien Testament, qui a été combattu passionnément par ses prophètes. Oui ! Les combats des prophètes de l’Ancien Testament sont des combats contre l’œcuménisme. Par cette hérésie, que ses connaisseurs appellent à juste titre « pan-hérésie », ont été influencés nombre de nos orthodoxes. Ils disent en effet qu’il existe des clercs de haut degré qui sont enthousiastes des mouvements oecuménistes et qui les soutiennent dans leurs paroles. Un immense nombre de nos chrétiens sont scandalisés par les slogans oecuménistes qu’ils entendent. Le papisme constitue aussi une hérésie. Puisque, en raison de nos clercs et laïcs philo-oecuménistes et philopapistes, il y a une confusion dans le monde orthodoxe, il aurait fallu – c’est que nous attendions – que le Concile de Kolymbari en Crète, avec son autorité, éclaircisse les choses et parle clairement de ces deux hérésies de notre époque et en préserve les fidèles. Il ne l’a pas fait, malgré le fait que de nombreux clercs et laïcs l’avaient demandé avant le Concile, et ce avec beaucoup d’insistance et de supplications. Naturellement, les fidèles orthodoxes savent que le papisme est une hérésie, parce que nous avons à son sujet les témoignages des saints Pères et surtout celui de l’illustre Père, saint Grégoire Palamas. Les fidèles savent également que l’œcuménisme est une pan-hérésie. Aussi, en raison du danger menaçant et afin que le peuple fidèle en fût préservé, nous aurions attendu la condamnation du papisme et de l’œcuménisme par le Concile. Or nous ne l’avons pas vu.
3. Mais, paradoxalement, il semble que le Concile de Crète n’a condamné aucune hérésie, ni qu’il ait parlé d’hérésies, qu’il qualifie « d’Églises ». Ici, mes très pieux prêtres, je m’arrêterai pour procéder à une clarification du terme « Église ». Il s’agit d’un mot qui signifie en général le rassemblement, la réunion, l’assemblée des personnes. Ce mot a été utilisé dans l’antiquité. C’est ainsi que les anciens parlaient de « l’ecclesia du peuple ». Dès le début, le christianisme pour manifester sa foi et exprimer ce qu’il faisait, a accepté sans crainte et librement des expressions séculières et politiques, tels que les mots « « royauté », « force » que nous entendons dans l’office divin (« Car à Toi appartient la force, à Toi conviennent la royauté, la puissance et la gloire… »). Pour ce qui concerne notre relation avec Dieu, nous l’exprimons par le mot « foi », et encore mieux par le mot « Église ». Non pas par le mot « religion ». Lorsque nous disons « foi », nous comprenons toute notre vie, toute notre relation avec Dieu. Nous comprenons toute notre famille sacrée que nous appelons « Église ». Lorsque Jacques, le frère de Dieu, dit que « la prière de la foi sauvera le malade » (Jc 5,15), il n’a pas en vue la prière qui est faite avec foi, mais la prière que fait l’Église (c’est elle qui est appelée « foi »), raison pour laquelle elle a la force de sauver. Lorsque l’Église prie lors d’un sacrement, elle est entendue dans tous les cas, bien que le prêtre qui le célèbre soit pécheur. C’est la même chose qu’expriment les mots « Que tous se délectent du banquet de la foi » [discours pascal de St Jean Chrysostome, ndt], c’est-à-dire le « banquet » de l’Église, qui est la divine Eucharistie. Mais l’expression « Église » est encore plus profonde et plus sacrée pour manifester la Famille de Dieu. Pères et Frères, le Fils de Dieu, s’est engendré et est venu dans le monde pour créer Sa famille, laquelle est l’Église. Celle-ci est un Mystère et ne peut être limitée par des définitions. Nous concevons cependant et goûtons ce mystère de l’Église (chacun en fonction de sa pureté) dans la divine Liturgie. C’est la raison pour laquelle St Ignace le Théophore dit que l’Église est « l’Autel », c’est-à-dire la sainte Table sur laquelle est célébrée la divine Liturgie. Puisque la divine Liturgie est l’Église, ceux qui ne participent pas à la Divine Eucharistie ne peuvent y participer. Et puisque nous ne pouvons pas communier avec les catholiques, les protestants et les autres chrétiens hétérodoxes, ceux-ci ne sont pas attitrés à être qualifiés du terme sacré « d’Église ». Ils ne constituent simplement que des communautés religieuses. Cependant, le Concile de Crète les a appelé « Églises ». Naturellement, comme nous l’on dit lors de l’Assemblée [des évêques de l’Église de Grèce, ndt] qui a siégé en novembre, les Pères hiérarques de notre Église de Grèce ayant participé au Concile, le terme « Église » qui a été appliqué aux hétérodoxes, n’a pas été utilisé dans son sens principal, dogmatique mais, abusivement, dans le sens de communauté religieuse. Oui, mais dans nos textes et expressions théologiques, nous avons une autre conception de « l’Église », celle que nous avons présentée ci-dessus. Et puisqu’il s’agit donc de textes du Saint et Grand Concile, il convient que nous soyons très précis dans nos expressions. Après nous, d’autres et d’autres viendront et trouveront « prête » l’utilisation de l’expression « Église » pour les hérétiques et ceux qui sont le plus libéraux à leur égard, avec la justification au demeurant correcte que l’expression a été utilisée précédemment par un Concile. C’est pourquoi des théologiens solides se sont dressés contre cette expression, selon laquelle les hétérodoxes sont appelées « Églises », et l’ont considérée comme très erronée, surtout pour un texte conciliaire.
4. Mais nous, les évêques [de l’Église de Grèce], lors de notre Assemblée de mai de cette année, n’avions pas formulé cette expression erronée. Pourquoi notre texte a-t-il donc été modifié ? Notre texte, suivant la décision de l’Assemblée de mai, disposait : « L’Église orthodoxe connaît l’existence d’autres Confessions et Communautés chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Cette proposition était on ne peut plus orthodoxe. Elle a été acceptée par toute notre hiérarchie et c’est cette proposition que devait soutenir notre délégation, sans modification, devant le Concile. Or, la proposition a été modifiée comme suit : « l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Cette phrase est erronée pour la raison que nous avons indiquée, à savoir que les hétérodoxes y sont appelés « Églises ». L’expression « Églises hétérodoxes » signifie « hérétiques ». Et puisque ces « églises » sont hérétiques, comment les appelons-nous « sœurs » ? Mais l’esprit théologique aguerri du bon Pasteur de notre bien-aimée Patrie, S.E. le métropolite de Naupacte Mgr Hiérothée, qualifie clairement cette expression «d’anti-orthodoxe » ! Je m’efforcerai, Pères, de vous expliquer simplement le contenu anti-orthodoxe de l’expression « Églises hétérodoxes » sur la base de l’interprétation du métropolite de Naupacte : il s’agit d’une expression contradictoire. L’Église dispose de toute la vérité et ne peut faire erreur. Si elle est dans l’erreur, elle ne peut être l’Église. L’hérésie est une erreur. Dire « Églises hétérodoxes », c’est mettre ensemble ces deux opposés, cela signifie que nous acceptons l’erreur dans l’Église et la vérité dans l’hérésie ! C’est grotesque ! Oui, c’est ce que signifie l’expression « Églises hétérodoxes ». Je reconnais cependant que la délégation de notre hiérarchie, en utilisant l’expression « Églises hétérodoxes », de même que le Concile de Crète adoptant celle-ci, ne voulait pas exprimer l’enseignement erroné susmentionné, mais nous savons tous que, dans les textes conciliaires doit exister l’exactitude et la clarté. Il n’est pas permis dans des textes conciliaires d’utiliser de telles expressions erronées. Ceci, selon le rapport du métropolite de Naupacte connaît un précédent historique. Dans la « Confession de Loukaris », qui a été écrite ou adoptée par le patriarche de Constantinople Cyrille Loukaris, il est dit que l’Église dans son cheminement peut tomber dans l’erreur et, au lieu de la vérité, dire le mensonge. Le patriarche formule littéralement la proposition suivante : « Il est vrai et certain que, dans son cheminement, l’Église peut errer et, au lieu de la vérité, choisir le mensonge ». Le sens de l’erreur de cette proposition de Cyrille Loukaris est formulée exactement par l’expression « Églises hétérodoxes » du texte du Concile de Crète, après l’altération de la première expression très orthodoxe de notre hiérarchie. Or, le Concile de Constantinople de 1638 a anathématisé le patriarche Cyrille Loukaris pour son expression anti-orthodoxe susmentionnée, selon laquelle l’Église peut être dans l’erreur. Toujours est-il que l’expression erronée « Églises hétérodoxes » restera maintenant, si le Concile de Crète est reconnu, en tant qu’écrite officiellement dans son texte et sera utilisée bel et bien et très librement comme permise et valide. Comme cela nous est connu, le mot « Église » a été attribué au XXème siècle pour la première fois à des chrétiens qui se trouvent hors d’elle, et ce par la proclamation du Patriarcat œcuménique de 1920. S.E. le métropolite de Naupacte, dans sont texte à la hiérarchie de novembre de cette année se plaint à juste titre que la nouvelle proposition avec l’expression erronée n’a pas été étudiée par la délégation de notre hiérarchie, mais a été faite « pendant la nuit du vendredi au samedi », mentionnant que le rédacteur de la proposition « ne connaît pas la dogmatique de l’Église orthodoxe catholique », et qualifiant la phrase controversée de « diplomatique et non théologique ». C’est une phrase qui facilite l’hérésie et la pan-hérésie de l’œcuménisme, disons-nous.
5. Dans le texte final de la délégation de notre hiérarchie, comme cela a été de nouveau relevé par S.E. le métropolite de Naupacte, il y a une autre faute sérieuse, dogmatique et ecclésiologique. Il est écrit dans le texte : « D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne saurait être perturbée. Cependant, l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Le métropolite de Naupacte considère à nouveau la première phrase du texte « impie et anti-orthodoxe ». Effectivement ! Cette phrase est telle parce qu’elle exprime le point de vue protestant sur l’Église invisible et visible. Lorsque Luther et, avec lui, Calvin et Zwingli, se sont détachés de Rome, ils ont développé la théorie sur l’Église invisible et visible, afin que l’on ne pense pas qu’ils étaient en dehors de l’Église. L’Église invisible, à laquelle ils pensaient appartenir, était selon eux unie, tandis que les Églises visibles sur terre (ils avaient d’abord appartenu à l’une d’entre elles – celle de Rome –) étaient divisées et s’efforçaient de trouver leur unité. Notre théologien Lossky, dénonçant cette ecclésiologie protestante, qui divise l’Église en visible et invisible, la met en parallèle avec l’hérésie de Nestorius, qui a divisé la nature divine et humaine dans la Personne du Christ. De cette théorie des Protestants sur l’Église visible et invisible, qui est sous-jacente dans l’expression du texte conciliaire que nous jugeons, « partent – dit le métropolite de Naupacte – d’autres théories, comme celle des branches, la théologie baptismale et le principe d’inclusivité ». Aussi, nous devons faire très attention. L’expression du Concile «D’après la nature ontologique de l’Église… » est bizarre. Je vais maintenant examiner le sujet d’un autre angle, Pères, pour que vous compreniez l’erreur de l’expression. Je vous le demande, mes frères concélébrants : Pourquoi appelons-nous le miracle de la Divine Eucharistie « changement » des saints Dons et non « transsubstantiation » ? Parce que l’expression « transsubstantiation » rappelle la théorie de Platon et d’Aristote sur les idées, les archétypes, qui selon eux sont la substance des choses terrestres. Ainsi, le terme «transsubstantiation » pour exprimer la Divine Eucharistie manifeste que sont changés non pas le pain et le vin lui-mêmes, mais leurs archétypes dans le monde d’en-haut, les idées. C’est pourquoi, je le répète, le miracle de la Divine Liturgie, est appelé par nous « changement » et non « transsubstantiation ». De même maintenant, l’expression « unité ontologique de l’Église » nous renvoie en quelque sorte à cette théorie de Platon et d’Aristote. Pour cette raison, il ne faut pas l’appliquer à l’Église, afin que l’on ne nous critique pas, par cette expression, de « protestantiser », que l’on ne nous accuse pas de vouloir soi-disant déclarer ainsi la véritable unité de l’Église invisible en opposition à celle qui est visible sur terre. C’est à cela que se réfère le mot « cependant » qui suit.
6. Je ne vous ai pas parlé, mes Pères, de tous les sujets du Concile de Crète, mais d’un seul seulement, le plus sérieux peut-être, parce qu’il est ecclésiologique. Au sujet de ce texte du Concile qui concerne le thème que j’ai exposé, intitulé « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste [et non « l’ensemble » selon la traduction française officielle, ndt] du monde chrétien, l’érudit métropolite de Naupacte dit précisément dans son exposé à l’Assemblée de la hiérarchie de l’Église de Grèce au mois de novembre de cette année : « Ce que je puis dire est que ce texte n’est non seulement pas théologique, mais aussi qu’il n’est pas clair, n’a pas de perspectives et de bases claires, qu’il est diplomatique. Comme cela a été écrit, il se distingue par une ambiguïté diplomatique créatrice. Et comme texte diplomatique, il ne satisfait ni les Orthodoxes, ni les hétérodoxes (…) Le texte soulève de nombreux problèmes, malgré certaines bonnes formulations générales. C’est ainsi que lorsque seront publiés les Actes du Concile, où sont reflétés les points de vue réels de ceux qui ont décidé les textes et les ont signés, il apparaîtra clairement que la théorie des branches a dominé au Concile, la théologie baptismale, et principalement le principe d’inclusivité, c’est-à-dire le glissement depuis le principe d’exclusion au principe d’inclusion (…) Beaucoup ont compris que ce texte a été écrit et décidé en vitesse et n’est pas finalisé, puisqu’il a été signé par les évêques le dimanche matin, et encore pendant la sainte Liturgie ! » Ces passages émanant de S.E. Mgr Hiérothée sont très significatifs et il faut les prendre sérieusement en compte et ne pas les négliger.
7. Nombreux sont ceux qui demandent : Reconnaîtrons-nous ce Concile ? Cela sera décidé par tous les les hiérarques de notre Église de Grèce. Notre archevêque Jérôme, accorde toujours la liberté de parole pour chaque point de vue qui s’exprime et il accepte toutes les positions. Nous l’en remercions. Mais nous savons, par l’histoire des Conciles, que beaucoup de sessions avaient lieu lors des Conciles œcuméniques lesquelles duraient des années. L’Église de Roumanie a décidé que les textes du Concile de Kolymbari en Crète peuvent être modifiés sur certains points, être développés par un futur saint et grand Concile de notre Église, être parachevés, et permettre ainsi un accord panorthodoxe. Parce que maintenant, au Concile de Crète, quatre Patriarcats n’ont pas participé, à savoir Antioche, Russie, Bulgarie et Géorgie. Ceci se produisait dans l’histoire des Conciles, nous le répétons. Il y avait beaucoup de sessions qui duraient des années. Et ces sessions étaient par la suite considérées comme un seul Concile.
8. Peut-être, Pères, ce que je vous ai dit peut paraître pour vous des points de détails, cela peut vous sembler quelque peu étrange, et vous pouvez peut-être m’accuser d’attribuer de l’importance aux mots et aux expressions. Cependant, mes Pères, notre foi orthodoxe s’exprime avec la précision des mots, qui sont chargés d’un profond sens théologique. Et comme nous le savons, notre Église a livré de grandes luttes pour la formulation correcte des dogmes de notre foi. Nous avons besoin de beaucoup de prière et de réflexion. Non d’actes précipités. J’attendrai, chers concélébrants et frères, vos questions, objections et désaccords sur ce qui a été dit, et nous parlerons à nouveau du Concile de Kolymbari en Crète. Priez pour moi.
Avec mes meilleurs souhaits et l’amour en Christ,
+ Le métropolite de Gortyne et de Megalopolis Jérémie »

Source

17 décembre

17 décembre
Carême de la Nativité

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.) ; saint Maxenceul, abbé-fondateur de Cunault (555) ; sainte Begga, veuve, abbesse de Andenne-sur-Meuse (693) ; saint Briach, abbé à Guingamp en Bretagne (vers 630) ; saint Judicaël, roi de Bretagne (658) ; ; saint Etienne le Confesseur (Xème s.) ; saint Denis, évêque d’Egine, thaumaturge (1622) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Savelov), Nicolas (Beltioukov) et Serge (Florinsky), prêtres (1918) ; Pierre (Pokrovsky) et Jean (Zemliany), prêtres (1937)

SAINT PROPHÈTE DANIEL ET LES TROIS ADOLESCENTS

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.)

Lorsque le roi de Babylone Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem (597 av. J.-C.), il emmena dans son lointain royaume Joiakim, le roi de Juda, avec une partie des notables de la ville et emporta aussi les objets sacrés du Temple de Dieu. Daniel, alors âgé de huit ans seulement, fut pris avec ses trois compagnons, tous de race royale et de belle apparence, pour être instruits par le chef des eunuques dans la science des Chaldéens et entrer au service du souverain. On leur imposa des noms nouveaux : Daniel fut appelé Baltassar, Ananias Sirac, Misaël Misac, et Azarias Abdénago. Vivant au milieu des païens, Daniel observait néanmoins avec rigueur toutes les prescriptions de la Loi. Il refusait de goûter aux mets de la table royale qu’on lui offrait et, fortifiés par le jeûne et la prière, lui et ses compagnons paraissaient plus vigoureux et avaient meilleure mine que tous les autres enfants de la cour, alors qu’ils ne prenaient que de l’eau et des légumes. Dieu leur donna aussi sagesse et science dans une telle mesure qu’ils dépassaient tous les sages du royaume. Quant à Daniel, il reçut de surcroît le don de discerner les songes et les visions.

Au bout de trois ans, le roi Nabuchodonosor eut un songe qui troubla fort son esprit. Comme ses sages et ses devins se trouvaient incapables de deviner quel avait été ce songe, il donna l’ordre de tous les passer au fil de l’épée, y compris les jeunes Israélites. Mais, en réponse à la prière instante de ses serviteurs, Dieu révéla à Daniel le songe du roi et son interprétation. La statue brillante que Nabuchodonosor avait vu se dresser devant lui était une allégorie des temps à venir. Sa tête d’or représentait le royaume des Chaldéens, les mains et la poitrine en argent figuraient le royaume des Mèdes et des Perses qui devait lui succéder, le ventre et les cuisses de bronze, le royaume hellénique d’Alexandre le Grand, et ses jambes de fer, l’empire des Romains. La pierre qu’il avait vue se détacher de la montagne sans qu’une main ne l’eût touchée et qui réduisit en poussière cette grande statue des empires païens, était la figure de notre Seigneur Jésus-Christ, incarné à la fin des temps, pour fonder un royaume spirituel et éternel, que rien ne viendra plus détruire : la sainte Église. Rendant gloire au Dieu de Daniel, le roi conféra au jeune garçon la charge de gouverneur de Babylonie et le nomma supérieur de tous les sages du royaume. Néanmoins Daniel obtint du souverain l’autorisation de demeurer à sa cour, et il fit assigner ses trois jeunes compagnons aux affaires de la province de Babylonie. Son prestige grandit encore auprès du prince et du peuple lorsqu’il confondit habilement deux vieillards lubriques qui avaient injustement accusé de fornication la belle Suzanne, parce qu’elle s’était refusée à leurs avances.
La dix-huitième année de son règne, Nabuchodonosor fit dresser une statue d’or à son effigie et manda à tous les satrapes, gouverneurs, conseillers et magistrats de son royaume de l’adorer en se prosternant jusqu’à terre quand retentiraient les instruments de musique. Malgré les menaces du redoutable tyran, les trois Jeunes Gens ne se soumirent pas à cet ordre impie et restèrent fidèles à l’adoration du seul vrai Dieu. Certains magistrats chaldéens, jaloux de leur haute dignité, saisirent cette occasion pour les dénoncer auprès de Nabuchodonosor. Frémissant de colère en apprenant que ses protégés avaient enfreint ses ordres, le roi fit chauffer la fournaise sept fois plus que de coutume et ordonna d’y jeter les trois Jeunes Gens. Au nom de tout le peuple hébreu, Ananias, Azarias et Misaël y adressèrent à Dieu une prière pleine d’humilité, confessant les fautes de leurs pères et reconnaissant qu’il était juste et équitable qu’ils eussent ainsi à souffrir l’exil, les mauvais traitements de ce roi impie et finalement le supplice du feu. Comme les serviteurs qui s’employaient à attiser le brasier étaient brûlés par la chaleur insupportable qui s’en dégageait, un ange descendit dans la fournaise et repoussa la flamme au-dehors, enrobant les saints enfants de brise et de rosée. Dansant alors de joie dans le feu autour de l’ange, ils changèrent leur supplication en hymne d’action de grâces. Après avoir d’abord invoqué le nom trois fois saint du Seigneur, ils invitèrent tous les ordres de la création à se joindre à eux pour chanter et exalter le Seigneur dans tous les siècles : les anges, les cieux, les éléments, les saisons, la terre, la mer et les montagnes, les animaux et les fils des hommes, jusqu’aux âmes des justes décédés. Ayant fait le tour de la création entière, ils se nommèrent eux-mêmes, comme les plus petits et les plus humbles, en s’écriant : Louons, bénissons et adorons le Seigneur ; chantons-le et exaltons-le dans tous les siècles, car il nous a délivrés de l’enfer, il nous a sauvés des mains de la mort, il nous a arrachés à la fournaise de flamme ardente (Dn 3) . Ils rassemblaient ainsi toutes choses dans leur danse autour du Verbe de Dieu, mystérieusement figuré par l’ange descendu dans le feu, sous forme humaine, pour les sauver. Nabuchodonosor lui-même le vit en se penchant sur la fournaise et le reconnut, préfigurant ainsi la conversion des païens : « Voici que je vois, dit-il, quatre hommes déliés se promener au milieu du feu. Ils n’ont pas le moindre mal, et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu » (Dn 3, 25). Il fit sortir les jeunes gens et constata, avec tous ses gens de cour, que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur eux et n’avait même pas laissé la moindre odeur. Le roi glorifia alors le Seigneur, rétablit Ananias, Azarias et Misaël dans leurs dignités et ordonna de mettre à mort quiconque oserait désormais blasphémer contre le Dieu d’Israël.

La même année, Nabuchodonosor eut un autre songe effrayant, que seul Daniel put interpréter sous l’inspiration du Saint-Esprit, et qui se réalisa seulement douze mois plus tard. Comme le souverain s’était enflé d’orgueil devant la splendeur de sa puissance, Dieu le châtia aussitôt et l’abattit, comme l’arbre qu’il avait vu en songe. Il devint fou et la royauté lui fut retirée. Chassé de la compagnie des hommes, il erra en plein air parmi les bêtes des champs, jusqu’à ce qu’il se soit humilié, qu’il ait confessé sa faute et qu’il ait prié le Seigneur. Il fut alors rétabli dans sa royauté pour sept années.

Après la mort de Nabuchodonosor (562 av. J.-C.) et les désordres qui la suivirent, la royauté passa finalement à Balthazar (Belshazar) (548-539). Donnant un jour un grand festin, celui-ci fit boire ses invités dans les vases sacrés dérobés dans le Temple de Jérusalem. Comme on offrait d’ignobles libations aux faux dieux, une main d’homme apparut soudain et traça du doigt sur le mur une inscription énigmatique qui laissa le roi et ses convives dans l’effroi. Daniel fut, de nouveau, le seul à pouvoir la déchiffrer et à révéler ainsi à Balthazar la fin toute proche de son règne. La nuit même, le roi chaldéen fut assassiné, et Darius le Mède prit le pouvoir (Dn 6, 1) .

Le captif Daniel, plus sage et plus illustre que tous les puissants des Mèdes et des Perses, fut établi par le nouveau souverain chef de tous les satrapes de l’empire. Tant d’honneurs attirèrent la jalousie des grands qui essayaient de trouver contre lui un motif de plainte. Connaissant sa piété, ils poussèrent le roi à émettre un édit interdisant d’adresser une prière à quiconque, dieu ou homme, si ce n’est au roi, pendant une période de trente jours, sous peine de mort. Inébranlable dans son amour de Dieu et sa fidélité à la Loi, Daniel ne cessa de s’acquitter de sa prière, en se tournant trois fois par jour vers Jérusalem, sans même chercher à se dissimuler. Tout en admirant sa piété, Darius, la mort dans l’âme, fut contraint de faire appliquer ses propres décrets, quand on lui dénonça son ministre, et il le fit jeter dans la fosse aux lions. Mais, là encore, Dieu envoya son ange qui arrêta l’élan des fauves. Quand, au petit matin, le roi, angoissé et tourmenté par le remords, fit soulever la dalle de pierre qui fermait la fosse, il eut la surprise de voir Daniel assis au milieu des bêtes féroces qui gambadaient joyeusement autour de lui en remuant la queue et venaient se faire caresser la crinière, comme si elles voulaient se soumettre à un nouvel Adam. Darius fit sortir le prophète, le rétablit dans sa charge et fit dévorer à sa place ses calomniateurs par les lions.
Pendant son séjour à Babylone, Daniel ne craignit pas de dénoncer au roi la tromperie des idoles et de confondre habilement l’imposture des prêtres de Bel, qui se rendaient de nuit par un souterrain auprès de la statue pour manger les offrandes qu’on y avait déposées et faire ainsi croire que l’idole était vivante. Il mit également à mort un dragon, que les habitants de Babylone vénéraient comme un dieu, sans se servir d’aucune arme, pour manifester combien ridicule était leur culte d’un animal sans raison. Mais les Chaldéens, pris de rage, exigèrent du roi qu’il châtiât son protégé. Jeté pour la seconde fois dans la fosse aux lions, Daniel en fut préservé et reçut la visite du Prophète Habacuc [2 déc.], transporté miraculeusement de Judée, en un clin d’œil, par un ange, pour lui offrir un repas et manifester avec éclat la faveur que Dieu témoignait à son fidèle serviteur.

Interprète des songes et des visions, Daniel reçut aussi de Dieu des révélations sur les derniers temps. La première année du règne de Balthazar, il vit apparaître quatre énormes bêtes, figurant les grands royaumes païens qui dévorèrent l’humanité. La première, semblable à un lion avec des ailes d’aigle, représentait l’empire de Babylone ; la seconde, semblable à un ours, celui des Mèdes ; derrière elle venait un léopard, symbole de l’empire perse qui fut bientôt supplanté par la quatrième bête, munie de dix cornes : les royaumes grecs d’Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.) et de ses successeurs . Confirmé plus tard par l’Apocalypse de saint Jean, le livre du Prophète Daniel donnait ainsi de manière voilée une prédiction sur la fin des temps. En effet, quand l’iniquité aura atteint son comble sur la terre et que, des dix royaumes symboliques issus de la civilisation gréco-romaine, révolutions, guerres et dissensions auront fait régner la confusion sur l’humanité, alors s’élèvera l’Antéchrist, l’homme qui récapitulera en lui toute la malice de Satan et qui, par ses paroles de mensonge et ses faux prodiges, se fera adorer comme Dieu. Transporté en vision à cette époque de la consommation de toute chose, Daniel vit s’avancer le trône de Dieu, semblable à une flamme de feu, et Dieu le Père, sous l’aspect de l’Ancien des Jours, vêtu de blanc et étincelant de lumière, y était assis pour examiner le livre de la conscience de chacun et passer le monde en Jugement. Après avoir mené l’ultime combat contre l’Antéchrist et l’avoir précipité dans le feu qui ne s’éteint pas, le Fils de l’homme, figure de notre Seigneur Jésus-Christ, fut conduit devant le trône du Père, porté par des anges, pour recevoir de Dieu principauté, puissance, gloire et royauté éternelle sur tous les peuples, tribus et langues, dans les cieux, sur la terre et sous la terre. Ainsi sera manifesté à l’univers entier qu’Il est le Seigneur, le Fils de Dieu, le Premier-né de Dieu avant toute créature, et qu’Il a restauré notre nature humaine corrompue, en devenant le premier-né d’entre les morts et en révélant en son Corps les prémices de notre résurrection et de notre gloire éternelle (Dn 7).

Au cours de visions ultérieures, Dieu précisa à Daniel d’autres détails sur les temps à venir, en particulier à propos du règne tyrannique d’Antiochus Épiphane (175-164), lui-même figure prophétique de l’Antéchrist, qui fera cesser les sacrifices et le culte du Seigneur et placera l’abomination de la désolation dans le temple même de Dieu (Dn 9, 27). Instruit par l’Archange Gabriel, Daniel prédit que le peuple devait regagner Jérusalem après sept semaines d’années, c’est-à-dire après quarante-neuf ans . Il annonça aussi qu’Esdras, Josué et Zorobabel ramèneraient le peuple de l’exil et restaureraient le culte de Dieu à Jérusalem (Esd 3, 8), en signe de la restauration définitive de toute l’humanité par le vrai Messie, le Christ, soixante-deux semaines d’années plus tard, soit quatre cent trente-quatre ans.

La troisième année de Cyrus, Daniel, l’homme des prédilections divines , qui jeûnait depuis trois semaines, fut jugé digne de la vision du Verbe lui-même sous l’apparence d’un homme vêtu de lin, les reins ceints d’or pur, son corps avait l’apparence de la chrysolite, son visage, l’aspect de l’éclair, ses yeux étaient comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l’éclat du bronze poli le son de ses paroles comme la rumeur d’une multitude (Dn 10, 6). Frappé de stupeur, le Prophète tomba la face contre terre, et il aurait rendu l’âme si l’Ange du Seigneur ne l’avait alors réconforté et fortifié, avant de lui préciser ce qui devait arriver dans la suite des temps : les guerres entre les successeurs d’Alexandre et la persécution d’Antiochus Épiphane, figures de l’ultime épreuve des justes inscrits au Livre de la vie lors de l’apparition de l’Antéchrist. Plus clairement qu’à tous les autres prophètes, Dieu révéla à Daniel qu’en ce dernier Jour, ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et la honte éternelles (Dn 12, 2), et que les justes brilleront dans leur corps comme le soleil paraît dans sa gloire. Comme le Prophète voulait savoir à quelle date tout cela devait arriver, le Seigneur lui répondit : « Va, Daniel, car clos et scellés sont ces discours jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce qu’un grand nombre soit choisi, blanchi et purifié par le feu (…) Et toi, va, prends ton repos et tu ressusciteras pour obtenir ton héritage à la fin des jours » (Dn 13, 9-13). Effectivement, le saint Prophète mourut en paix, âgé de quatre-vingts ans, deux ans après le retour de son peuple dans la terre de ses Pères (vers 534-530). Les trois Jeunes Gens s’endormirent aussi paisiblement et, selon la tradition, ils furent avec Daniel au nombre des justes qui ressuscitèrent lors de la crucifixion du Christ (cf. Mt 27, 52-53) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des trois Jeunes Gens, ton 2
Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. * Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des trois Jeunes Gens, ton 6
Jeunes Gens trois fois heureux, vous n’avez pas vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’ineffable présence de Dieu, * vous l’avez glorifié dans la fournaise de feu; * vous tenant irrésistible au milieu de la flamme, * vous avez invoqué le vrai Dieu: * Hâte-toi de venir à notre aide, Seigneur, * en ta miséricorde et ton amour, car tout ce que tu veux, tu le fais.

Évangile du jour
(Lc XI,47-XII,1)

Le Seigneur dit : Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie.

P. Christophe Levalois : « La vitalité orthodoxe ne peut qu’être stimulante pour l’Occident »

Le web magazine PHILITT, consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma, s’est entretenu avec le P. Christophe Levalois sur le rapport de l’orthodoxie à l’Occident, quelques jours après l’inauguration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris.

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p. Christophe Levalois

PHILITT : L’Eglise orthodoxe, plus particulièrement l’Eglise orthodoxe russe s’est récemment retrouvée au centre de polémiques diplomatiques avec la France. Est-ce pour vous le symptôme d’une tension plus profonde, spirituelle, culturelle, et non pas seulement politique, entre Orient et Occident ?

Christophe Levalois : Oui, d’une tension profonde et ancienne, mais surtout d’une incompréhension. À part des spécialistes, des chercheurs remarquables et quelques personnes, en France l’Orient est peu connu, c’est également vrai pour l’Europe orientale. Cela s’explique notamment par le fait que l’enseignement scolaire n’offre qu’une place très limitée aux cultures orientales et à leur histoire. C’est également vrai pour la Russie. Certains n’hésitent pas à faire remonter cette situation à Charlemagne ! Même si Anne de Kiev fut reine de France au XIe siècle. La recréation d’un empire en Occident (conçu comme étant la résurgence de l’Empire romain, l’empereur portait le titre d’empereur des Romains) a suscité une opposition à l’Empire romain d’Orient (un intitulé que nous préférons à Empire byzantin, une création occidentale du XVIe siècle). Déjà, peu d’années auparavant, au concile de Francfort, en 794, sous l’impulsion de Charlemagne qui n’était pas encore empereur, le deuxième concile de Nicée, en 787, fut condamné. L’opposition était là principalement théologique, mais la rivalité politique n’est pas à exclure.

Cet éloignement est en fait un lent processus qui a duré tout le Moyen Âge, du début à sa fin. Le théologien catholique Yves Congar, dans un ouvrage passionnant sur cette question, paru en 1954, Neuf cents ans après – Notes sur le « Schisme oriental » (Chevetogne), évoque cet « estrangement », cette ignorance réciproque qui progresse lentement au fil du temps, pour toute une série de raisons, dont on peut relever les étapes, les périodes de confrontation, d’éloignement, ou, au contraire, les moments où des efforts sont faits pour renouer le dialogue. Nul doute que la tension que vous évoquez, l’incompréhension et la distance que l’on peut observer, ont là leurs racines.

Malgré le sac de Constantinople en 1204 et la volonté occidentale d’implanter par la force un empire latin à Constantinople (qui existe de 1204 à 1261), le dialogue, bien que difficile, parfois suspendu, n’était pas encore rompu. Par contre, la chute de Constantinople, en 1453, consacre définitivement une rupture entre l’Occident et l’Orient chrétien. Dans les années qui suivent, la Russie, État indépendant, alors que la plupart des pays de tradition orthodoxe sont sous la domination de l’Empire ottoman, a voulu reprendre le flambeau de l’orthodoxie (troisième Rome) et de cet héritage oriental. Ce faisant, elle a aussi reçu et repris cet « estrangement ». Par la suite, elle fut regardée à la fois comme une puissance redoutable, mais aux marges de l’Europe, y compris culturellement, en dépit des efforts de ses élites pour s’occidentaliser. La concurrence religieuse entre catholicisme et orthodoxie s’est transportée en Europe de l’Est et a aussi laissé des blessures, comme en témoigne aujourd’hui encore en Ukraine et en Roumanie la question uniate [les Églises uniates étaient des Églises de la communion orthodoxe, désormais ralliées à l’autorité du pape de Rome, ndlr]. La IIIe République s’est rapprochée de la Russie à la fin du XIXe siècle pour former après la Triple entente contre l’Allemagne, mais l’installation du communisme dans ce qui est devenu l’URSS a ravivé pour le moins la méfiance et un clivage considérable, sinon une coupure. Actuellement, on peut constater que des positions et réflexes acquis durant l’entre-deux-guerres et lors de la Guerre froide demeurent.

Le résultat aujourd’hui est que les Russes connaissent mieux la culture française que les Français la culture russe. Cette situation est vraiment regrettable, car non seulement, nous mettons des distances avec des populations qui ont un préjugé très favorable vis-à-vis de nous, notamment en raison de notre héritage historique et culturel, mais aussi parce que nous sommes complémentaires, on le voit dans nos approches intellectuelles, la rigueur française d’un côté, l’ampleur et l’illimité russes de l’autre, qui produisent une fascination réciproque pouvant être fructueuse pour chacun.

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le christianisme oriental — malgré les persécutions récentes — semble s’être régénéré au sortir de la Guerre froide tandis qu’en Occident, la pratique a décliné durant les dernières décennies. Voyez-vous dans la vitalité spirituelle orientale un espoir pour l’Occident ?

Cela fait penser à la phrase de Léon Bloy en 1916 (dans Au Seuil de l’Apocalypse), « J’attends les Cosaques et le Saint-Esprit » ! Ce qu’il faut comprendre concernant cette vitalité, en effet remarquable, c’est que malgré les terribles et régulières persécutions — le mois dernier le métropolite d’Oufa en Russie a estimé que les martyrs pour la foi s’élèvent à 500 000 rien que pour l’URSS — le christianisme a résisté. Il y a d’une part une sorte de rattrapage, car l’Église était très sévèrement corsetée. Aussi, sa croissance durant ces 25 dernières années est phénoménale. Le Patriarcat de Moscou comptait 7 000 églises en 1991, elles sont maintenant environ 35 000, avec, il faut le remarquer, une partie importante, environ la moitié, en dehors du territoire de la Russie, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En Roumanie, ce fut aussi le cas. Sait-on que les Roumains sont l’un des peuples les plus pieux d’Europe aujourd’hui avec 85% de la population qui se rattache à l’Eglise orthodoxe ? À ce pourcentage, il faut ajouter celui des autres confessions, au moins 10% ! Ou encore, autre exemple peu connu, l’Albanie où l’Église orthodoxe renaît de ses cendres et rassemble 11% de la population (certains pourcentages montent jusqu’à 20%).

D’autre part, en Russie, l’Église orthodoxe est la seule institution historique qui a traversé la tourmente soviétique. Désireux de renouer avec leur histoire, les Russes trouvent dans l’Église un lien organique vivant avec celle-ci. Enfin, pour l’État et le pays en reconstruction, l’Église est une institution solide, bien organisée, très présente, sur laquelle les pouvoirs publics peuvent compter. En effet, cette vitalité ne peut qu’être stimulante pour l’Occident. L’Église catholique ne s’y est pas trompée. Elle multiplie les collaborations avec les Églises orthodoxes, y compris dans les domaines culturel et artistique. Cette synergie s’exprime aussi vis-à-vis des organisations internationales comme les instances européennes où catholiques et orthodoxes tâchent de défendre des valeurs communes. Religieusement et spirituellement, les contacts sont aussi très stimulants. Ainsi, les catholiques, depuis déjà un bon nombre d’années, ont découvert l’icône. Les chants orthodoxes ont aussi inspiré des communautés catholiques.

La présence orthodoxe en France n’est pas nouvelle, on pense notamment aux migrations russes de 1917. Mais celle-ci est toujours restée discrète. Est-ce le symptôme d’une incompatibilité réelle ou supposée entre deux cultures, ou une volonté de préserver un particularisme ?

La présence de l’orthodoxie en France remonte au XIXe siècle. Il est vrai qu’il s’agissait alors de communautés étrangères : russe, à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre Nevsky est consacrée en 1861, et sur la côte d’azur, roumaine, à Paris, l’église des Saints-Archanges dans le Ve arrondissement est consacrée en 1892, grecque, à Marseille depuis la première moitié de ce siècle. Ce furent des communautés d’exilés et à part quelques personnes, elles se voyaient comme telles. Elles ne se sentaient pas une vocation à essaimer et à diffuser leur foi dans la société française. Donc, en effet, cela tenait plus de la préservation du particularisme avec le désir pour ses membres de conserver un rattachement à une communauté malmenée par l’histoire. Cependant, une orthodoxie francophone s’est développée au XXe siècle (la première paroisse francophone date de 1928), d’une part avec les générations suivantes, qui se sont pleinement intégrées à la société française, d’autre part avec des convertis.

Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet

Y a-t-il en Orient un regard particulier sur les orthodoxes occidentaux ? Existe-t-il, malgré la communion, une fracture, et peut-être un malaise d’être à la fois orthodoxe et occidental ?

Je ne crois pas. C’est même le contraire. En France, ce que l’on a appelé l’École de Paris, notamment autour de l’Institut Saint-Serge, fondé en 1925, a joué un rôle très important, à l’échelle internationale, dans la continuation d’une dynamique, née en Russie au XIXe siècle, qui a redécouvert les fondements de la foi orthodoxe, l’héritage théologique des Pères de l’Eglise et la tradition hésychaste, c’est-à-dire mystique. De nombreux responsables d’églises en Orient sont passés par Paris et y ont beaucoup appris. Des auteurs orthodoxes ayant vécu en France ont toujours une grande influence dans toute l’orthodoxie, et par-delà, c’est le cas de Serge Boulgakov, de Vladimir Lossky, de Paul Evdokimov, d’Alexandre Schmemann, de Jean Meyendorff, d’Olivier Clément, et aujourd’hui de Jean-Claude Larchet, pour ne prendre que quelques exemples. Il est vrai qu’il existe aussi, parfois, une défiance vis-à-vis de l’Occident et de la société occidentale, voire une hostilité, qui se traduit entre autres par une méfiance dans les relations œcuméniques, mais pas à l’encontre des orthodoxes en Occident.

Nous avons évoqué la question de l’influence de l’Orient sur l’Occident. À l’inverse, qu’est-ce que le catholicisme et le protestantisme — en ce qu’ils sont de véritables marqueurs de l’esprit ouest-européen — peuvent apporter à l’orthodoxie ?

Les catholiques et les protestants apportent aux orthodoxes leur expérience de la société occidentale que les pays d’Europe de l’Est découvrent sous toutes ses facettes. D’autre part, les Églises orthodoxes à l’époque communiste n’avaient pas en charge les problèmes sociaux et les grandes questions sociétales, comme les questions de bioéthique, ce qui est le cas aujourd’hui. Les travaux et les réflexions, ou encore les démarches pastorales, des catholiques et des protestants sur tous ces sujets sont très utiles pour elles.

L’Occident et l’Orient européen, incluant la Russie, sont-ils confrontés au même défi spirituel ? Le nihilisme, l’athéisme et un certain laïcisme menacent-ils également l’Orient ?

Oui, bien sûr. C’est le cas en Russie et plus généralement en Europe de l’Est. La modernité occidentale s’étend partout, mais les Églises orthodoxes ont souvent des positions plus fortes que les différentes églises en Occident. Elles sont bien plus écoutées dans la société, également par les responsables politiques et les pouvoirs publics. Néanmoins, il est difficile de prévoir l’évolution à moyen terme. Les critiques, parfois vives, à l’encontre des églises existent également. La modernité avec ses mirages consuméristes et ses asservissements, avec la fragmentation individualiste et ses désespérances, gagne du terrain tout en trouvant sur sa route des résistances vigoureuses.

Source ; Crédits photo Коля Саныч

« Bertrand Vergely, la miséricorde vue par un orthodoxe », un entretien sur RCF

vergely_nouveauLe 11 novembre, Bertrand Vergely a donné un entretien à Béatrice Soltner sur RCF. Le thème était la miséricorde, en relation avec son dernier livre, La miséricorde ou la défaite de l’enfer (Médiaspaul). Il aborde dans l’émission, outre cette question, la royauté intérieure dans le christianisme et les misères du monde actuel. Ci-dessous, le podcast audio de cette émission de radio.

Vidéo de l’émission « L’orthodoxie, ici et maintenant » (KTO) du 4 octobre (38e édition)

Ci-dessous: la vidéo de l’émission “L’orthodoxie, ici et maintenant“, sur KTO, du 4 octobre. Présentation: “Dans cette émission de rentrée de “L’orthodoxie ici et maintenant”, Carol Saba évoque le thème de la royauté et du sacré. Quelle relation dialectale existe-t-elle entre ces deux notions ? Quelle actualité pour ce thème dans nos sociétés chargées de sacré et de monarchisme inavoués ? Pour ce faire, il reçoit Christophe Levalois, prêtre orthodoxe, enseignant en histoire et rédacteur en chef du site d’information Orthodoxie.com qui publie La royauté et le sacré aux éditions du Cerf (collection LeXio) (recensions). Le journal reviendra sur l’actualité orthodoxe saillante de la période estivale. Le zoom portera sur le Conseil des Églises du Moyen Orient à l’occasion de la tenue à Amman, au royaume de Jordanie, de la 11ème assemblée générale de ce Conseil en présence des primats de toutes les Églises et familles chrétiennes, catholiques, orthodoxes et protestantes du Moyen Orient.”

La 38e édition de l’émission de télévision « L’orthodoxie, ici et maintenant » (KTO)

004091264Le 4 octobre, à 19h40, la chaîne de télévision KTO diffusera la 38e édition de l’émission « L’orthodoxie, ici et maintenant ». Présentation: « Dans cette émission de rentrée de « L’orthodoxie ici et maintenant », Carol Saba évoque le thème de la royauté et du sacré. Quelle relation dialectale existe-t-elle entre ces deux notions ? Quelle actualité pour ce thème dans nos sociétés chargées de sacré et de monarchisme inavoués ? Pour ce faire, il reçoit Christophe Levalois, prêtre orthodoxe, enseignant en histoire et rédacteur en chef du site d’information Orthodoxie.com qui publie La royauté et le sacré aux éditions du Cerf (collection LeXio) (recensions). Le journal reviendra sur l’actualité orthodoxe saillante de la période estivale. Le zoom portera sur le Conseil des Églises du Moyen Orient à l’occasion de la tenue à Amman, au royaume de Jordanie, de la 11ème assemblée générale de ce Conseil en présence des primats de toutes les Églises et familles chrétiennes, catholiques, orthodoxes et protestantes du Moyen Orient. »

20 août (ancien calendrier)/2 septembre (nouveau)

20 août (ancien calendrier)/2 septembre (nouveau)
jour de jeûne

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saint prophète Samuel ; saints Sévère, Memnon, et leurs 37 compagnons, martyrs en Trace (304) ; saint Lucius le sénateur, martyr (Chypre, environ 310) ; saint Philibert, abbé-fondateur de Jumièges et Noirmoutier (684) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Malinovsky), Léon (Erchov), Vladimir (Tchetverine), prêtres (1918), Nicolas (Biroukov), prêtre (1919).

Saint prophète Samuel

VIE DU SAINT PROPHÈTE SAMUEL

Le saint prophète Samuel était originaire de Rama, bourg de la tribu d’Éphraïm. Sa mère, Anne, une des deux épouses d’Elqana, était restée stérile et elle devait supporter les affronts de sa rivale, quand ils se rendaient en famille, chaque année, au sanctuaire de Silo pour y offrir leur sacrifice. Mais Dieu entendit ses prières, et elle donna naissance à un fils qu’elle nomma Samuel, ce qui signifie « obtenu de Dieu ». Une fois sevré, l’enfant fut consacré au Seigneur et confié au prêtre Éli à Silo, pour y servir Dieu tous les jours de sa vie, dans le sanctuaire, devant l’Arche d’Alliance.

Il grandit en taille et en grâce, en présence de Dieu. Les fréquents entretiens avec les prêtres et les hommes pieux lui permirent de s’instruire de la Loi de Moïse, pure de toute influence des cultes païens qui pervertissaient alors le peuple récemment installé en terre de Canaan. En ces temps d’apostasie, il était rare que Dieu se révélât, et les visions étaient peu fréquentes. Un soir pourtant, alors que Samuel, âgé de douze ans, était couché dans le sanctuaire où brûlait la lampe signalant la présence de Dieu, il entendit une voix l’appeler par son nom. Croyant qu’il s’agissait du prêtre Éli, il courut à son chevet ; mais celui-ci le renvoya se coucher. L’appel s’étant réitéré, Éli comprit que Dieu appelait l’enfant et il lui recommanda de répondre : « Parle, Seigneur, car ton serviteur t’écoute. » Dès qu’il eut fait cette réponse, Dieu se tint invisiblement devant Samuel et lui annonça qu’Il allait châtier Éli et sa maison, à cause de la conduite impie de ses deux fils, qui détournaient à leur profit les victimes offertes par le peuple en sacrifice. Au matin, sur les instances d’Éli, l’enfant lui rapporta ce que Dieu lui avait révélé, sans rien lui cacher. Par la suite, le Seigneur continua de se manifester à Samuel ; tout le peuple d’Israël le reconnaissait comme prophète, l’appelant le Voyant, et respectait sa parole comme la parole de Dieu lui-même.

Comme les fils d’Éli persévéraient dans leur impiété, la sentence divine ne tarda pas à se réaliser. Les Philistins ayant infligé une grande défaite à Israël, les Hébreux firent venir l’Arche, que l’armée accueillit avec de grandes acclamations. Les ennemis prirent peur, mais au lieu de s’enfuir, ils s’élancèrent avec l’énergie du désespoir. Trente mille Hébreux succombèrent dans le combat, et les Philistins s’emparèrent de l’Arche d’Alliance. Un des rescapés courut porter la nouvelle du désastre à Silo. Il trouva le vieux prêtre Éli, alors âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, assis anxieux au seuil de sa demeure. Quand il lui annonça que ses fils avaient péri dans la bataille et que l’Arche avait été enlevée, à la mention de l’Arche, Éli tomba à la renverse, sa nuque se brisa et il mourut.

Entre temps les Philistins avaient introduit l’Arche dans le temple du dieu Dâgon ; mais le lendemain, ils découvrirent l’idole gisant à terre brisée. La main de Dieu s’appesantit sur leur peuple et leur infligea des tumeurs. Après s’être concertés, les princes des Philistins se décidèrent à renvoyer l’Arche aux Israélites. Mais le sanctuaire de Silo ayant été détruit, le peuple d’Israël se trouvait dépourvu de centre religieux, aussi l’Arche fut-elle déposée à Qiryat-Yéarim, dans la maison d’Abinadab, où elle resta vingt ans.

Samuel le prophète avait succédé au prêtre Éli comme juge d’Israël, c’est-à-dire chef suprême chargé de guider le peuple opprimé sous le joug des Philistins. Il entreprit sa tâche de restauration spirituelle en prêchant dans tout le pays le repentir, le retour à l’observance de la Loi et le renoncement aux cultes de Baal et d’Astarté. Fixez votre cœur dans le Seigneur, et Il vous délivrera des Philistins : tel était son programme de gouvernement. Il organisa une grande assemblée à Mispa, au cours de laquelle les Israélites jeûnèrent et reconnurent publiquement leur faute devant Dieu, et le prophète intercéda pour leur salut. Comme les Philistins, avertis de ce rassemblement, étaient passés à l’attaque, à la demande du peuple, le prophète offrit un agneau en holocauste et invoqua le Seigneur, qui répondit aussitôt en faisant retentir un grand fracas dans le ciel. Les Philistins, pris de panique, furent battus, et les Israélites purent reprendre possession des villes qui avaient été prises.
La paix rétablie, Samuel continua de juger Israël à Rama, où il avait élevé un autel. Chaque année, il faisait une tournée dans le pays, pour trancher les différends et exhorter le peuple à la piété et à l’observance de la Loi. Une fois devenu vieux, il transmit ses pouvoirs à ses fils, Yoël et Abiyya, qui étaient établis à Bersabée. Mais ces derniers se montrèrent indignes de leur père, ils acceptaient des présents et firent fléchir le droit. Les anciens d’Israël allèrent s’en plaindre auprès de Samuel à Rama et lui demandèrent d’établir à leur tête un roi, pour qu’il les gouverne comme les autres nations. Affligé par cette demande, le prophète finit par se plier, sur ordre de Dieu, à leur désir ; mais il les avertit solennellement qu’avec l’institution de la royauté, ils allaient perdre la belle liberté que Dieu leur avait octroyée en faisant d’eux le seul peuple ayant pour roi et chef le Créateur.

Samuel fut alors envoyé par Dieu auprès de Saül, fils de Qish de la tribu de Benjamin, un vaillant guerrier qui dépassait tous les hommes de son peuple tant par sa prestance que par sa bravoure. Le prenant à part, il répandit sur sa tête l’huile d’onction et déclara que Dieu l’avait choisi pour être le chef d’Israël et le délivrer de ses ennemis. Une éclatante victoire sur les Ammonites confirma bientôt cette élection divine, et Saül fut proclamé roi à Gilgal par tout le peuple en liesse. Samuel déclara qu’il avait désormais rempli sa mission et qu’il laissait le roi à leur tête, afin de se consacrer désormais à la prière et à l’enseignement. Il les exhorta à la fidélité envers Dieu et envers son oint, et pour sceller ses paroles, il pria et fit tonner et pleuvoir, alors que le ciel était radieux.

Saül engagea la guerre contre les Philistins. Alors qu’il se trouvait en position critique et que Samuel tardait à venir réconforter la troupe prête à faire défection, le roi offrit lui-même l’holocauste, outrepassant ses pouvoirs et s’attribuant la fonction sacerdotale. Il achevait le sacrifice quand Samuel survint. L’homme de Dieu repoussa toutes les bonnes raisons que Saül avançait et lui déclara que, puisqu’il avait voulu agir seul et n’avait pas observé la Loi divine, la royauté lui serait retirée. Loin de se repentir, Saül persista dans son orgueil, et se préparant une autre fois à livrer bataille, il écarta le prêtre qui avait été convoqué pour consulter Dieu et engagea le combat. Il fit la guerre de tous côtés, contre Moab, contre les Ammonites, Édom, Amalec et les Philistins, et délivra Israël par sa vaillance. Toutefois ces victoires restaient fragiles, car elles reposaient sur des forces humaines. Envoyé contre Amalec, sur ordre de Dieu qui avait parlé par l’intermédiaire de Samuel, Saül remporta une nouvelle victoire. Mais, au lieu de livrer tout ce peuple à l’anathème, il épargna le roi Agag et le meilleur du bétail, pour n’offrir à Dieu que des troupeaux sans valeur. Se faisant de nouveau l’interprète sans compromis de la volonté divine, Samuel lui annonça que cette nouvelle désobéissance avait scellé sa déchéance. Et, résumant en quelques mots la prédication de toute sa vie, il dit au roi : « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité, plus que la graisse des béliers. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, Il t’a rejeté de la royauté. » (1 Sam 15, 22). Saül implora en vain son pardon, et après avoir exécuté Agag de ses propres mains, Samuel rentra à Rama.

Alors qu’il pleurait sur le sort du roi Saül, le saint prophète fut envoyé par Dieu à Bethléem, chez Jessé de la tribu de Juda, et y oignit en secret le jeune et gracieux David comme roi d’Israël. L’esprit de Dieu s’étant retiré de Saül, le roi fut pris d’un esprit malin et souffrait de crises de démence. C’est alors que David entra à son service comme écuyer, et il calmait Saül en jouant de la cithare quand le roi était saisi par le mauvais esprit. Il jouissait de sa faveur, mais quand il eut remporté de brillantes victoires et se fut attiré l’admiration du peuple, l’affection de Saül se tourna en haine meurtrière. David prit la fuite et se réfugia à Rama, chez Samuel, qui s’adonnait à la contemplation en compagnie d’un groupe de prophètes.

Le prophète Samuel s’endormit quelque temps après, chargé de jours, et tout le peuple d’Israël se rassembla à Rama pour le pleurer (1 Sam 25, 1). Par la suite, il fut honoré parmi les grands intercesseurs de l’Ancienne Alliance, au même titre que Moïse et Aaron : Moïse et Aaron étaient parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquaient son Nom ; ils invoquaient le Seigneur, et il les exauçait (Ps 98, 6). Ses reliques furent solennellement transférées de Palestine à Constantinople, au temps de l’empereur Arcade (19 mai 406). Déposées provisoirement à Sainte-Sophie, elles furent ensuite placées dans l’église qui lui avait été dédiée à l’Hebdomon, dans la banlieue de la capitale (7 octobre 410).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint prophète Samuel, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Samuel, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint prophète Samuel, ton 8
Comme un don précieux tu fus offert à Dieu avant ta conception, * Bienheureux, et dès l’enfance comme un Ange le servant, * tu fus jugé digne de prédire l’avenir; * c’est pourquoi nous te disons: Réjouis-toi, * grand prêtre et prophète de Dieu, Samuel.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

Évangile du jour
(Matth. XXIV, 27-33, 42-51)
Le Seigneur dit : comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles. Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur, qui dise en lui-même: Mon maître tarde à venir, s’il se met à battre ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites: c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

« Un pont vers le ciel »

Laurent Dandrieu, rédacteur en chef à l’hebdomadaire « Valeurs actuelles« , a publié dans ce magazine une recension, intitulée « Un pont vers le ciel », dans le n° actuellement en kiosque (n°4155), du livre du P. Christophe Levalois La royauté et le sacré  paru il y a quelques semaines aux éditions du Cerf. Pour lire cette recension, cliquez sur ce lien (faire un clic droit pour une meilleure lisibilité).

24 mars (ancien calendrier)/6 avril (nouveau)

24 mars (ancien calendrier)/6 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Avant-Fête de l’Annonciation. Saint Artémon, évêque de Séleucie en Pisidie (Ier-IIème s.) ; saint Artémon, évêque de Thessalonique ; saint Zacharie, moine de Scété (IVème s.) ; saint Jacques le Confesseur (VIII-IXème s.) ; saint Zacharie le jeûneur des Grottes de Kiev (XIIIème s.-XIVème s.) ; saints Étienne et Pierre, martyrs à Kazan (1552) ; saint Parthénios, patriarche de Constantinople, néo-martyr grec (1657) ; hiéromartyr Vadimir (Pankine), prêtre (1920).

SAINT ARTÉMON

Saint Artémon, évêque de Séleucie en Pisidie (Ier-IIème s.)

Saint Artémon naquit dans une famille noble de la ville de Séleucie, en Pisidie. Lorsque, au cours de ses missions, le saint Apôtre Paul fit halte dans cette cité pour y prêcher la Bonne Nouvelle, Artémon s’attacha à lui de plein cœur et, négligeant toute attache et toute autre préoccupation, il décida de se joindre aux disciples de l’Apôtre. Comme Paul s’embarquait pour Chypre (Act 13, 4), il le suivit et endura avec lui de nombreux périls, en vue d’annoncer à tous les hommes le Salut. Quand l’Apôtre fut mis en prison, il fut enchaîné avec lui, et c’est avec joie qu’il souffrit avec lui persécutions et flagellations, complétant en son corps ce qui manquait à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ (Col 1, 24).

Quand il eut atteint la pleine stature de la plénitude du Christ, il fut désigné par l’Apôtre comme évêque de sa patrie, Séleucie. Le bienheureux Artémon fut dès lors le protecteur des veuves, le père des orphelins, le havre de salut pour tous ceux qui étaient en péril, le médecin des âmes et des corps, le toit des sans-abri, se faisant tout pour tous, à l’exemple de son maître, saint Paul (1 Cor 9, 22). Il prenait un soin particulier pour l’éducation de son clergé, et célébrait chaque jour la Divine Liturgie devant son troupeau spirituel rassemblé. Il avait en effet convaincu ses fidèles que les fêtes elles-mêmes sont sans joie pour ceux qui ne se soucient pas de leur âme ; mais pour les amis de la vertu, il est normal que chaque jour devienne une fête et comme un dimanche ininterrompu.

Ayant ainsi orné son Église de ses vertus et de ses enseignements apostoliques, saint Artémon remit son âme au Seigneur dans un âge très avancé, recevant pour récompense de ses labeurs les biens éternels et le Royaume des cieux, préparés par Dieu pour ses saints depuis la création du monde.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion de l’avant-fête de l’Annonciation, ton 4
Par la venue du saint Esprit, / c’est le Fils consubstantiel au Père et partageant sa royauté / qu’à la voix de l’Ange tu conçus, / pure Génitrice de Dieu, / pour qu’Adam fût rappelé au Paradis.

LECTURE DES PROVERBES (XII, 23 – XIII, 9)
L’homme intelligent est un trône de science ;
le cœur des insensés ne rencontrera que malédictions.
La main des élus aura sans peine la domination ;
les trompeurs seront livrés au pillage.
Les rumeurs sinistres troublent le cœur des justes ;
une bonne nouvelle les réjouit.
L’arbitre équitable est ami de soi-même ;
les calamités poursuivront le pécheur,
et la voie des impies les mènera aux égarements.
Le trompeur n’atteindra pas de proie ;
c’est une richesse précieuse que d’être pur.
Dans les voies de la justice est la vie ;
les voies des vindicatifs mènent à la mort.
Le fils habile obéit à son père ;
le fils indocile marche à sa perte.
L’homme bon se nourrit des fruits de la justice ;
les âmes des pécheurs périront avant le temps.
Veiller sur sa bouche, c’est garder son âme ;
avoir les lèvres téméraires, c’est se préparer des sujets de crainte. L’oisif est toujours dans les regrets ;
les mains de l’homme fort sont diligentes.
Le juste hait les paroles injustes ;
l’impie sera confondu, et n’aura pas la liberté.
La justice protège les hommes intègres,
mais l’impiété entraîne les méchants dans le péché.
Les uns se donnent pour riches, et n’ont rien ;
et d’autres se font humbles avec une grande richesse.
La richesse d’un homme est la rançon de sa vie ;
le pauvre n’est point soumis à la menace.
La lumière brille perpétuellement sur les justes ;
la lumière des impies s’éteint.
Les âmes artificieuses s’égarent dans le péché,
tandis que les justes sont compatissants et miséricordieux.

24 mars

24 mars
GRAND CARÊME

Avant-Fête de l’Annonciation. Saint Artémon, évêque de Séleucie en Pisidie (Ier-IIème s.) ; saint Artémon, évêque de Thessalonique ; saint Zacharie, moine de Scété (IVème s.) ; saint Jacques le Confesseur (VIII-IXème s.) ; saint Zacharie le jeûneur des Grottes de Kiev (XIIIème s.-XIVème s.) ; saints Étienne et Pierre, martyrs à Kazan (1552) ; saint Parthénios, patriarche de Constantinople, néo-martyr grec (1657) ; hiéromartyr Vadimir (Pankine), prêtre (1920).

SAINT ARTÉMON

Le martyr de saint Artémon

Saint Artémon naquit dans une famille noble de la ville de Séleucie, en Pisidie. Lorsque, au cours de ses missions, le saint Apôtre Paul fit halte dans cette cité pour y prêcher la Bonne Nouvelle, Artémon s’attacha à lui de plein cœur et, négligeant toute attache et toute autre préoccupation, il décida de se joindre aux disciples de l’Apôtre. Comme Paul s’embarquait pour Chypre (Act 13, 4), il le suivit et endura avec lui de nombreux périls, en vue d’annoncer à tous les hommes le Salut. Quand l’Apôtre fut mis en prison, il fut enchaîné avec lui, et c’est avec joie qu’il souffrit avec lui persécutions et flagellations, complétant en son corps ce qui manquait à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ (Col 1, 24).

Quand il eut atteint la pleine stature de la plénitude du Christ, il fut désigné par l’Apôtre comme évêque de sa patrie, Séleucie. Le bienheureux Artémon fut dès lors le protecteur des veuves, le père des orphelins, le havre de salut pour tous ceux qui étaient en péril, le médecin des âmes et des corps, le toit des sans-abri, se faisant tout pour tous, à l’exemple de son maître, saint Paul (1 Cor 9, 22). Il prenait un soin particulier pour l’éducation de son clergé, et célébrait chaque jour la Divine Liturgie devant son troupeau spirituel rassemblé. Il avait en effet convaincu ses fidèles que les fêtes elles-mêmes sont sans joie pour ceux qui ne se soucient pas de leur âme ; mais pour les amis de la vertu, il est normal que chaque jour devienne une fête et comme un dimanche ininterrompu.

Ayant ainsi orné son Église de ses vertus et de ses enseignements apostoliques, saint Artémon remit son âme au Seigneur dans un âge très avancé, recevant pour récompense de ses labeurs les biens éternels et le Royaume des cieux, préparés par Dieu pour ses saints depuis la création du monde.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion de l’avant-fête de l’Annonciation, ton 4
Par la venue du saint Esprit, / c’est le Fils consubstantiel au Père et partageant sa royauté / qu’à la voix de l’Ange tu conçus, / pure Génitrice de Dieu, / pour qu’Adam fût rappelé au Paradis.

LECTURE DES PROVERBES (VI, 3-20)

Fais, ô mon fils, ce que je te recommande, et veille à te sauver ;
à cause de ton ami, tu t’es mis entre les mains des méchants ;
hâte-toi de t’affranchir, et stimule l’ami pour qui tu as répondu.
N’accorde point de sommeil à tes yeux, ni d’assoupissement à tes paupières, pour te sauver comme un daim des filets, et comme un oiseau du piège. Va voir la fourmi, ô paresseux ;
regarde, et sois envieux de ses voies, et deviens plus sage qu’elle. Car elle n’a ni laboureurs, ni maîtres,
ni personne qui la contraigne.
Cependant elle prépare l’été sa nourriture, et en fait d’abondants magasins au temps de la moisson. Ou bien encore va voir l’abeille,
et apprends comme elle est industrieuse,
et comme son industrie est digne de nos respects ; car les rois et les infirmes usent, pour leur santé, des fruits de son labeur. Or elle est glorieuse et désirée de tous, et, si chétive qu’elle soit,
on l’honore, parce qu’elle apprécie la sagesse.
Jusques à quand, ô paresseux, resteras-tu couché ? Quand sortiras-tu de ton sommeil ?
Tu dors un moment, un moment tu t’assieds,
tu t’assoupis un peu, tu te tiens un moment les bras croisés,
et cependant arrivent sur toi la pauvreté comme un dangereux voyageur, et le besoin comme un bon coureur.
Mais si tu es actif, ta moisson te sera comme une source,
et l’indigence s’enfuira comme mauvais coureur.
L’homme insensé et pervers chemine en une voie qui n’est point bonne. Mais il approuve de l’œil, il fait signe du pied,
il enseigne par le mouvement de ses doigts.
Son cœur pervers pense à mal ;
en tout temps un tel homme porte le trouble dans la cité.
À cause de cela, soudain arrivera sa perte ;
ce sera une chute, une ruine sans remède.
Il se réjouit de toutes les choses que hait le Seigneur ;
aussi sera-t-il brisé à cause de l’impureté de son âme.
Son œil est superbe, sa langue inique ;
sa main verse le sang du juste ;
et son cœur roule de mauvais desseins,
et ses pieds courent vers le mal.
Témoin injuste, il fomente des faussetés,
et soulève des discordes entre frères.
Ô mon fils, garde les lois de ton père,
et ne rejette pas les préceptes de ta mère.

20 août/2 septembre (ancien calendrier)

20 août ancien calendrier (2 septembre (nouveau) – jour de jeûne

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saint prophète Samuel ; saints Sévère, Memnon, et leurs 37 compagnons, martyrs en Trace (304) ; saint Lucius le sénateur, martyr (Chypre, environ 310) ; saint Philibert, abbé-fondateur de Jumièges et Noirmoutier (684) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Malinovsky), Léon (Erchov), Vladimir (Tchetverine), prêtres (1918), Nicolas (Biroukov), prêtre (1919).

VIE DU SAINT PROPHÈTE SAMUEL

Saint prophète Samuel

Saint prophète Samuel

Le saint prophète Samuel était originaire de Rama, bourg de la tribu d’Éphraïm. Sa mère, Anne, une des deux épouses d’Elqana, était restée stérile et elle devait supporter les affronts de sa rivale, quand ils se rendaient en famille, chaque année, au sanctuaire de Silo pour y offrir leur sacrifice. Mais Dieu entendit ses prières, et elle donna naissance à un fils qu’elle nomma Samuel, ce qui signifie « obtenu de Dieu » . Une fois sevré, l’enfant fut consacré au Seigneur et confié au prêtre Éli à Silo, pour y servir Dieu tous les jours de sa vie, dans le sanctuaire, devant l’Arche d’Alliance.
Il grandit en taille et en grâce, en présence de Dieu. Les fréquents entretiens avec les prêtres et les hommes pieux lui permirent de s’instruire de la Loi de Moïse, pure de toute influence des cultes païens qui pervertissaient alors le peuple récemment installé en terre de Canaan. En ces temps d’apostasie, il était rare que Dieu se révélât, et les visions étaient peu fréquentes. Un soir pourtant, alors que Samuel, âgé de douze ans, était couché dans le sanctuaire où brûlait la lampe signalant la présence de Dieu, il entendit une voix l’appeler par son nom. Croyant qu’il s’agissait du prêtre Éli, il courut à son chevet ; mais celui-ci le renvoya se coucher. L’appel s’étant réitéré, Éli comprit que Dieu appelait l’enfant et il lui recommanda de répondre : « Parle, Seigneur, car ton serviteur t’écoute. » Dès qu’il eut fait cette réponse, Dieu se tint invisiblement devant Samuel et lui annonça qu’Il allait châtier Éli et sa maison, à cause de la conduite impie de ses deux fils, qui détournaient à leur profit les victimes offertes par le peuple en sacrifice. Au matin, sur les instances d’Éli, l’enfant lui rapporta ce que Dieu lui avait révélé, sans rien lui cacher. Par la suite, le Seigneur continua de se manifester à Samuel ; tout le peuple d’Israël le reconnaissait comme prophète, l’appelant le Voyant, et respectait sa parole comme la parole de Dieu lui-même.
Comme les fils d’Éli persévéraient dans leur impiété, la sentence divine ne tarda pas à se réaliser. Les Philistins ayant infligé une grande défaite à Israël, les Hébreux firent venir l’Arche, que l’armée accueillit avec de grandes acclamations. Les ennemis prirent peur, mais au lieu de s’enfuir, ils s’élancèrent avec l’énergie du désespoir. Trente mille Hébreux succombèrent dans le combat, et les Philistins s’emparèrent de l’Arche d’Alliance. Un des rescapés courut porter la nouvelle du désastre à Silo. Il trouva le vieux prêtre Éli, alors âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, assis anxieux au seuil de sa demeure. Quand il lui annonça que ses fils avaient péri dans la bataille et que l’Arche avait été enlevée, à la mention de l’Arche, Éli tomba à la renverse, sa nuque se brisa et il mourut.
Entre temps les Philistins avaient introduit l’Arche dans le temple du dieu Dâgon ; mais le lendemain, ils découvrirent l’idole gisant à terre brisée. La main de Dieu s’appesantit sur leur peuple et leur infligea des tumeurs. Après s’être concertés, les princes des Philistins se décidèrent à renvoyer l’Arche aux Israélites. Mais le sanctuaire de Silo ayant été détruit, le peuple d’Israël se trouvait dépourvu de centre religieux, aussi l’Arche fut-elle déposée à Qiryat-Yéarim, dans la maison d’Abinadab, où elle resta vingt ans.
Samuel le prophète avait succédé au prêtre Éli comme juge d’Israël, c’est-à-dire chef suprême chargé de guider le peuple opprimé sous le joug des Philistins. Il entreprit sa tâche de restauration spirituelle en prêchant dans tout le pays le repentir, le retour à l’observance de la Loi et le renoncement aux cultes de Baal et d’Astarté. Fixez votre cœur dans le Seigneur, et Il vous délivrera des Philistins : tel était son programme de gouvernement. Il organisa une grande assemblée à Mispa, au cours de laquelle les Israélites jeûnèrent et reconnurent publiquement leur faute devant Dieu, et le prophète intercéda pour leur salut. Comme les Philistins, avertis de ce rassemblement, étaient passés à l’attaque, à la demande du peuple, le prophète offrit un agneau en holocauste et invoqua le Seigneur, qui répondit aussitôt en faisant retentir un grand fracas dans le ciel. Les Philistins, pris de panique, furent battus, et les Israélites purent reprendre possession des villes qui avaient été prises.
La paix rétablie, Samuel continua de juger Israël à Rama, où il avait élevé un autel. Chaque année, il faisait une tournée dans le pays, pour trancher les différends et exhorter le peuple à la piété et à l’observance de la Loi. Une fois devenu vieux, il transmit ses pouvoirs à ses fils, Yoël et Abiyya, qui étaient établis à Bersabée. Mais ces derniers se montrèrent indignes de leur père, ils acceptaient des présents et firent fléchir le droit. Les anciens d’Israël allèrent s’en plaindre auprès de Samuel à Rama et lui demandèrent d’établir à leur tête un roi, pour qu’il les gouverne comme les autres nations. Affligé par cette demande, le prophète finit par se plier, sur ordre de Dieu, à leur désir ; mais il les avertit solennellement qu’avec l’institution de la royauté, ils allaient perdre la belle liberté que Dieu leur avait octroyée en faisant d’eux le seul peuple ayant pour roi et chef le Créateur.
Samuel fut alors envoyé par Dieu auprès de Saül, fils de Qish de la tribu de Benjamin, un vaillant guerrier qui dépassait tous les hommes de son peuple tant par sa prestance que par sa bravoure. Le prenant à part, il répandit sur sa tête l’huile d’onction et déclara que Dieu l’avait choisi pour être le chef d’Israël et le délivrer de ses ennemis. Une éclatante victoire sur les Ammonites confirma bientôt cette élection divine, et Saül fut proclamé roi à Gilgal par tout le peuple en liesse. Samuel déclara qu’il avait désormais rempli sa mission et qu’il laissait le roi à leur tête, afin de se consacrer désormais à la prière et à l’enseignement. Il les exhorta à la fidélité envers Dieu et envers son oint, et pour sceller ses paroles, il pria et fit tonner et pleuvoir, alors que le ciel était radieux.
Saül engagea la guerre contre les Philistins. Alors qu’il se trouvait en position critique et que Samuel tardait à venir réconforter la troupe prête à faire défection, le roi offrit lui-même l’holocauste, outrepassant ses pouvoirs et s’attribuant la fonction sacerdotale. Il achevait le sacrifice quand Samuel survint. L’homme de Dieu repoussa toutes les bonnes raisons que Saül avançait et lui déclara que, puisqu’il avait voulu agir seul et n’avait pas observé la Loi divine, la royauté lui serait retirée. Loin de se repentir, Saül persista dans son orgueil, et se préparant une autre fois à livrer bataille, il écarta le prêtre qui avait été convoqué pour consulter Dieu et engagea le combat. Il fit la guerre de tous côtés, contre Moab, contre les Ammonites, Édom, Amalec et les Philistins, et délivra Israël par sa vaillance. Toutefois ces victoires restaient fragiles, car elles reposaient sur des forces humaines. Envoyé contre Amalec, sur ordre de Dieu qui avait parlé par l’intermédiaire de Samuel, Saül remporta une nouvelle victoire. Mais, au lieu de livrer tout ce peuple à l’anathème, il épargna le roi Agag et le meilleur du bétail, pour n’offrir à Dieu que des troupeaux sans valeur. Se faisant de nouveau l’interprète sans compromis de la volonté divine, Samuel lui annonça que cette nouvelle désobéissance avait scellé sa déchéance. Et, résumant en quelques mots la prédication de toute sa vie, il dit au roi : « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité, plus que la graisse des béliers. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, Il t’a rejeté de la royauté. » (1 Sam 15, 22). Saül implora en vain son pardon, et après avoir exécuté Agag de ses propres mains, Samuel rentra à Rama.
Alors qu’il pleurait sur le sort du roi Saül, le saint prophète fut envoyé par Dieu à Bethléem, chez Jessé de la tribu de Juda, et y oignit en secret le jeune et gracieux David comme roi d’Israël. L’esprit de Dieu s’étant retiré de Saül, le roi fut pris d’un esprit malin et souffrait de crises de démence. C’est alors que David entra à son service comme écuyer, et il calmait Saül en jouant de la cithare quand le roi était saisi par le mauvais esprit. Il jouissait de sa faveur, mais quand il eut remporté de brillantes victoires et se fut attiré l’admiration du peuple, l’affection de Saül se tourna en haine meurtrière. David prit la fuite et se réfugia à Rama, chez Samuel, qui s’adonnait à la contemplation en compagnie d’un groupe de prophètes.
Le prophète Samuel s’endormit quelque temps après, chargé de jours, et tout le peuple d’Israël se rassembla à Rama pour le pleurer (1 Sam 25, 1). Par la suite, il fut honoré parmi les grands intercesseurs de l’Ancienne Alliance, au même titre que Moïse et Aaron : Moïse et Aaron étaient parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquaient son Nom ; ils invoquaient le Seigneur, et il les exauçait (Ps 98, 6). Ses reliques furent solennellement transférées de Palestine à Constantinople, au temps de l’empereur Arcade (19 mai 406). Déposées provisoirement à Sainte-Sophie, elles furent ensuite placées dans l’église qui lui avait été dédiée à l’Hebdomon, dans la banlieue de la capitale (7 octobre 410).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint prophète Samuel, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Samuel, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint prophète Samuel, ton 8
Comme un don précieux tu fus offert à Dieu avant ta conception, * Bienheureux, et dès l’enfance comme un Ange le servant, * tu fus jugé digne de prédire l’avenir; * c’est pourquoi nous te disons: Réjouis-toi, * grand prêtre et prophète de Dieu, Samuel.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc IV, 35-41)
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi? Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer?

2e dimanche après la Pentecôte

2e dimanche après la Pentecôte – Mémoire des saints locaux

Tropaire de la Résurrection en ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau et les soldats gardant ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, donnant la vie au monde, Dieu sauveur ; et du haut des cieux les anges te chantèrent : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ, gloire à ta royauté, gloire à ton œuvre de salut, Seigneur, Ami des hommes ! »

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Recension: La Bible d’Alexandrie, volume 8, Ruth.

Ruth La Bible d’Alexandrie, vol. 8, Ruth. Traduction du texte grec de la Septante, introduction et annotation par Isabelle Assan-Dhôte et Jacqueline Moatti-Fine, éditions du Cerf, Paris, 2009, 118 p.
Les éditions du Cerf poursuivent pas à pas la réalisation du grand projet d’édition d’une traduction française annotée de la Bible dans la version dite des Septante, texte de référence pour les Pères grecs et pour l’Église orthodoxe.
Comme dans les autres volumes de cette édition savante, le texte, ici très court, est accompagné d’une abondante annotation qui consiste surtout en un commentaire philologique, et précédé d’une importante introduction de 60 pages, qui situe le livre de Ruth dans la Bible grecque, étudie son histoire, présente ses différentes éditions et versions, et dégage son sens.

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Dimanche de sainte Marie l’Egyptienne

5e dimanche de Carême, mémoire de sainte Marie l'Egyptienne.
Tropaire de la Résurrection en ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau et les soldats gardant ton corps immaculé,+ Tu es ressuscité le troisième jour,/ donnant la vie au monde, Dieu sauveur ;// et du haut des cieux les anges te chantèrent : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ,+ gloire à ta royauté,/ gloire à ton œuvre de salut, Seigneur, ami des hommes ! »//

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Dimanche de la Croix

3ème dimanche du Carême – dimanche de la Croix
Tropaire de la Résurrection, t. 7 : Tu as détruit la mort par ta croix, / ouvert au larron le Paradis ; // changé en joie les pleurs des myrrophores/ et ordonné aux apôtres de prêcher : // « Tu es ressuscité, ô Christ Dieu, / donnant au monde ta grande miséricorde ! » //

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2e dimanche après la Pentecôte

Tropaire
de la Résurrection en ton 1 : Malgré les scellés posés sur le tombeau et les
soldats gardant ton corps immaculé,+ Tu es ressuscité le troisième jour,/
donnant la vie au monde, Dieu sauveur ;// et du haut des cieux les anges te
chantèrent : « Gloire à ta Résurrection, ô Christ,+ gloire à ta royauté,/
gloire à ton œuvre de salut, Seigneur, Ami des hommes ! »//

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Dimanche des Myrrophores – prières en temps d’élections

Tropaire
de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu es descendu vers la mort,+ immortelle
Vie,/ l’enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité ;// et, lorsque Tu
ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau,+ tous les anges dans les
cieux se mirent à chanter:/ Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu
!//

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Dimanche des Myrrophores – prières en temps d'élections

Tropaire
de la Résurrection en ton 2 : Lorsque Tu es descendu vers la mort,+ immortelle
Vie,/ l’enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité ;// et, lorsque Tu
ressuscitas les morts qui gisaient au fond du tombeau,+ tous les anges dans les
cieux se mirent à chanter:/ Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu
!//

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« La Pâque du Christ » – Extraits des « Journaux » du père Alexandre Schmemann

Mardi 1 mai 1973
Pâques, semaine de la Passion. A peine troublées par une légère irritation contre l’agitation qui règne dans le sanctuaire (quatre prêtres, cinq diacres !), mais, au fond, lumineuses, telles qu’on peut les attendre. Et comblant toute attente. Je suis persuadé que si l’on entendait pour de bon la semaine de la Passion, Pâques, la Résurrection, la Pentecôte, la Dormition, la théologie deviendrait inutile. Toute la théologie est là. Tout ce dont l’esprit, l’âme, l’intelligence, le cœur peuvent avoir besoin. Pourquoi les hommes ont-ils pu discuter pendant des siècles de la « justification », de la rédemption ? Tout cela est dévoilé ou plutôt se déverse tout simplement dans l’âme et dans la conscience pendant ces offices. Mais voilà qui est étonnant : plus je vis et plus je suis persuadé que la plupart des gens aiment dans la religion et attendent de la religion quelque chose d’autre. Quelque chose que je ressens comme une idolâtrie, et qui fait du contact avec les gens « religieux » un tel supplice. (…)

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"La Pâque du Christ" – Extraits des « Journaux » du père Alexandre Schmemann

Mardi 1 mai 1973
Pâques, semaine de la Passion. A peine troublées par une légère irritation contre l’agitation qui règne dans le sanctuaire (quatre prêtres, cinq diacres !), mais, au fond, lumineuses, telles qu’on peut les attendre. Et comblant toute attente. Je suis persuadé que si l’on entendait pour de bon la semaine de la Passion, Pâques, la Résurrection, la Pentecôte, la Dormition, la théologie deviendrait inutile. Toute la théologie est là. Tout ce dont l’esprit, l’âme, l’intelligence, le cœur peuvent avoir besoin. Pourquoi les hommes ont-ils pu discuter pendant des siècles de la « justification », de la rédemption ? Tout cela est dévoilé ou plutôt se déverse tout simplement dans l’âme et dans la conscience pendant ces offices. Mais voilà qui est étonnant : plus je vis et plus je suis persuadé que la plupart des gens aiment dans la religion et attendent de la religion quelque chose d’autre. Quelque chose que je ressens comme une idolâtrie, et qui fait du contact avec les gens « religieux » un tel supplice. (…)

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10ème dimanche après la Pentecôte

Après-fête
de la Dormition et mémoire du saint prophète Samuel
Tropaire de la
Résurrection en ton 1: Malgré les scellés posés
sur le tombeau et les soldats gardant ton corps immaculé, + Tu
es ressuscité le troisième jour, / donnant la vie au
monde, Dieu sauveur ; // et du haut des cieux les anges te
chantèrent: «Gloire à ta Résurrection, ô
Christ, + gloire à ta royauté, / gloire à ton
œuvre de salut, Seigneur, Ami des hommes !»//

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Recension : Liturgie III

Lanneeenfete
L’année en Fêtes. Les Pères commentent la Liturgie de la
Parole,
Textes
réunis et présentés par A.-G. Hamman, Éditions Migne, Paris, 2000, 556 p.
(Bibliothèque)

Ce
fort volume réunit soixante-quinze extraits d’œuvres de Pères grecs, syriens et
latins des premiers siècles et de quelques auteurs médiévaux latins (Bernard de
Clervaux) et byzantins (Théolepte de Philadelphie, Grégoire Palamas) commentant
les fêtes liturgiques célébrées tout au long de l’année.
Les
fidèles trouveront ici un moyen de mieux comprendre le sens des fêtes et de
mieux en tirer profit. Les prêtres pourront aussi y trouver une source
d’inspiration pour leurs homélies.
La
plupart des textes traduits ici figurent déjà dans d’autres volumes de la
collection « Les Pères dans la foi » que publient les mêmes éditions.
Mais l’idée de les rassembler, de les ordonner chronologiquement et d’en
fournir, à la fin, un index récapitulatif favorise et facilite grandement leur
utilisation.

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Jovan Nikoloski