30/05/2017
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Résultats de la recherche : Ukraine

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a décidé de créer sa représentation auprès des Institutions européennes et a pris un certain nombre d’autres décisions

Au cours de sa dernière session, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a examiné les projets de loi du gouvernement ukrainien dirigés contre l’Église, les problèmes de refus d’enregistrement des statuts locaux de l’Église d’Ukraine, la création d’une représentation auprès des Institutions européennes, ainsi que de l’élection d’un nouvel évêque et recteur du séminaire de Volhynie. La séance solennelle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, sous la présidence du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre a eu lieu le 27 mai 2017, au monastère de la Protection de la Mère de Dieu dans la ville de Kharkov. La séance a eu lieu dans le bâtiment historique, où s’est déroulé, les 27 et 28 mai 1992 le Concile de Kharkov [аu cours duquel, le métropolite Philarète Denissenko avait été destitué et remplacé par le métropolite Vladimir Sabodan, et la fidélité au Patriarcat de Moscou, réaffirmée ndt]. La présente séance du Saint-Synode coïncidait avec l’anniversaire de cet événement capital de l’histoire de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Avant le début des travaux, les membres du Saint-Synode ont récité une prière pour le repos de l’âme des hiérarques du Concile de Kharkov décédés depuis. Les hiérarques ont souligné la signification du Concile de Kharkov de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que l’actualité et l’importance des décisions qui y avaient été prises. Les membres du Synode ont mentionné le courage et la fermeté des membres de ce Concile pour préserver la conciliarité et la canonicité de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et se sont également adressés, par un message, à l’épiscopat, au clergé, aux moines et moniales ainsi qu’aux fidèles. Procédant à l’examen des initiatives législatives orientées contre l’Église et soumises au parlement en février et avril 2016, les membres du Saint-Synode ont constaté que l’adoption des projets législatifs №4128 et №4511 peuvent amener à l’animosité religieuse, la discrimination, la violation de la liberté de conscience et de religion. Les participants à la séance ont exprimé leur inquiétude au sujet de possibles conséquences négatives dans la société ukrainienne si les projets législatifs en question étaient adoptés, et ont appelé les députés à ne pas adopter les lois dirigées contre l’Église et l’État. Les membres du Synode ont remercié l’épiscopat, le clergé, les moines et moniales ainsi que les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour leur position chrétienne active, exprimée le 18 mai 2017, lorsqu’ils ont prié ensemble devant le parlement et dans de nombreuses villes et églises dans tout le pays. Après avoir écouté l’information donnée par S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre sur la situation qui s’est créée après le refus d’enregistrement des statuts des communautés de l’Église orthodoxe d’Ukraine, les participants à la séance ont constaté l’immixtion du Ministère de la culture de l’Ukraine dans le fonctionnement des administrations d’État régionales, dans le but de bloquer l’enregistrement des statuts des dites communautés. Les hiérarques ont souligné l’inadmissibilité d’une telle immixtion, et ont exprimé leur préoccupation à cette occasion, et ont appelé les représentants des organes de l’État à cesser leurs actes illégaux à l’égard de l’Église orthodoxe d’Ukraine. En raison de la nécessité de faire connaître les positions de l’Église orthodoxe d’Ukraine sur leurs conceptions religieuses, sociales et politiques, le Saint-Synode a décidé de créer une Représentation de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des Institutions européennes. Le président de la Représentation est nommé en la personne de l’archimandrite Victor (Kotsaba), clerc du diocèse de Kiev. Celui-ci est également élu évêque de Barychevka, vicaire du diocèse métropolitain de Kiev. Les membres du Saint-Synode ont également pris la décision de libérer l’archiprêtre Rustik Kapauz des fonctions de recteur du séminaire de Volhynie, et de nommer à sa place l’archimandrite Eumène (Mikhaïlevsky), de la Laure de la Dormition de Potchaïev. Le Synode a en outre nommé le hiéromoine Théodose (Mintenko) supérieur du monastère de la Nativité de la Mère de Dieu dans le diocèse de Chepetovo. Les protocoles de la séance ont été signés par S.B. le métropolite Onuphre, par les membres permanents du Synode : Agathange, métropolite d’Odessa et Izmaïlsk, Lazare, métropolite de Simféropol et de Crimée, Marc, métropolite de Hust et Vinogradov, Hilarion, métropolite de Donetsk et Marioupol, Théodore, métropolite de Kamenetsk-Podolsk et Gorodok, Théodore, Paul, métropolite de Vychgorod et Tchernobyl et supérieur de la Laure des Grottes de Kiev, Métrophane, métropolite de Lougansk et d’Altchevsk, Antoine, métropolite de Borispol et Brovary, secrétaire du Saint-Synode et chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine ; et les membres temporaires du Saint-Synode : Pitirim, métropolite de Nikolaïevsk et Otchakov, Pantéléimon, archevêque de Rovenky et Sverdlovsk, Nicolas, évêque de Kremetschug et Lubny.

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Le patriarche d’Antioche Jean X confirme son soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

En réponse à l’appel du patriarche de Moscou Cyrille au sujet des projets de loi 4128 et 4511 du parlement ukrainien visant à interdire l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, le patriarche d’Antioche Jean X a envoyé le message suivant :
« Béatissime patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, bien-aimé frère et concélébrant dans le Christ notre Seigneur, nous embrassons avec grande joie Votre Béatitude bien-aimée dans le Seigneur, et dans la profondeur de la douleur qui emplit le cœur de notre peuple et de notre Église, au milieu des tragédies qui se sont abattues sur notre Orient, nous nous adressons à vous en ces jours bénis avec la salutation pascale : le Christ est ressuscité ! Nous avons reçu votre lettre fraternelle № 01/2608 du 16 mai 2017, et voudrions exprimer notre profonde solidarité avec Votre Béatitude et avec tous nos frères se trouvant dans les limites territoriales du Patriarcat de Moscou. Nous condamnons toutes les mesures que ce soit qui peuvent porter atteinte à la souveraineté du peuple ukrainien, et nous condamnons fermement de même toutes les mesures ayant un impact négatif sur l’indépendance, l’authenticité, l’intégrité et la liberté de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. De tels projets de loi limitatifs sont condamnables, du fait qu’ils permettent l’escalade de la tension et visent au changement de l’identité culturelle de toute la société ukrainienne. À cette occasion, nous confirmons à nouveau notre position concernant notre soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique, reconnue par toutes les Églises autocéphales. C’est une occasion d’appeler à la paix et à l’activité pacificatrice, et aussi d’attirer l’attention des organisations internationales, des États et des citoyens de tous les pays, sur le danger des actes qui n’aspirent pas au développement de l’idée de la tolérance et de la paix, mais cherchent à attiser les conflits et la haine. Embrassant votre Béatitude dans le Seigneur, nous exprimons notre profonde solidarité avec votre position concernant les derniers événements en Ukraine et demandons au Seigneur de vous renforcer et d’accorder à nous tous la paix. Avec amour fraternel et respect,

+Jean X, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient ».

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En quelques jours, plus de 300.000 signatures ont été récoltées en Ukraine contre le nouveau projet de loi visant à interdire l’existence de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

Le parlement ukrainien examinera le 18 mai deux projets de lois sur le statut des organisations religieuses, le premier d’entre eux permettant de facto d’interdire l’existence de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, tandis que le second légalise le fait, pour les schismatiques, de s’emparer des églises canoniques. Le premier document, le projet de loi N°4511, intitulé « Sur le statut particulier des organisations religieuses, dont le centre dirigeant se trouve dans un État qui est reconnu par le parlement ukrainien comme État agresseur » dispose que de telles organisations religieuses ne pourront nommer des métropolites et des évêques qu’en accord avec les organes du pouvoir. Un autre alinéa précise qu’il sera possible d’interdire une confession si ses représentants collaborent avec des centres religieux situés dans l’État agresseur. Il n’est pas dit dans le projet de loi de quelle confession il s’agit, mais tous les critères qui y sont décrits ne se rapportent qu’à une seule d’entre elle, à savoir l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou. L’un des auteurs de l’initiative, le député du « Front populaire », Dmitri Tymtchouk, a confirmé que le document concerne précisément l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Dans tout le pays, les églises restent des points d’agitation contre la structure de l’État ukrainien. La littérature anti-ukrainienne est vendue même dans le centre de la capitale, à la Laure des Grottes de Kiev », a-t-il déclaré. À la direction principale d’expertise du Parlement ukrainien, le projet de loi a été critiqué et il a été recommandé de rejeter le projet comme étant contraire à la Constitution et aux lois en vigueur dans le pays. Le second projet de loi, sous le numéro 4128, propose de légaliser de facto le fait de s’emparer des églises. Par ce document est précisé le nombre minimal de représentants d’une communauté religieuse en fonction duquel peut être décidé la soumission aux centres religieux en fonction en Ukraine. Le métropolite du diocèse de Zaporojié de l’Église d’Ukraine, Mgr Luc, dans une lettre ouverte a vivement critiqué les projets de loi et leurs auteurs. « Aujourd’hui, les serviteurs du diable, qui proclament la « dé-communisation » ont dépassé leurs maîtres, les « néo-démocrates ». Utilisant leurs méthodes de pression sur l’Église, ils proposent d’adopter de nouveaux projets de lois, destinés à la destruction de la vie de prière de notre Église-Mère, de sa structure administrative et ecclésiale établie durant des siècles », a-t-il déclaré. Le département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a signalé pour sa part, qu’en quelques jours, 300.000 fidèles ukrainiens ont signé un appel aux députés leur demandant de ne pas adopter les projets de loi № 4128 et № 4511. « Les Ukrainiens appellent à cesser l’arbitraire législatif et à mettre fin à la discrimination envers l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que d’autres organisations religieuses en Ukraine » est-il dit dans le communiqué. Le 18 mai, jour de l’examen des deux projets de loi, les fidèles feront célébrer devant les escaliers du parlement un office d’intercession afin que les députés reviennent à la raison.

Sources: Pravoslavie, Pravlife (dont photographie)

Dans un entretien, l’évêque de Irénée de Bačka (Eglise orthodoxe serbe) aborde la question du Concile de Crète, du nationalisme dans l’Église, de l’Église orthodoxe en Ukraine et de l’archiprêtre Gabriel Kostelnik (+1948)

Au cours de son récent séjour en Serbie, le métropolite de Zaporojié et Mélitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine) a rencontré l’évêque de Bačka Irénée (à gauche sur la photographie, ndlr) et lui a posé un certain nombre de questions. Nous reproduisons ci-dessous, in extenso, l’entretien :

– Métropolite Luc : « Comme on le sait, alors que vous participiez au Concile panorthodoxe, vous n’avez pas signé certains de ses documents. À ce sujet, je voudrais entendre votre point de vue personnel, et ce d’autant plus qu’en Ukraine, les disputes ne cessent pas entre ceux qui rejettent en bloc le Concile et ceux qui soutiennent l’idée de sa tenue et les décisions prises.

– Évêque Irénée : Beaucoup de choses dites par moi à ce sujet en serbe n’ont pas encore été publiées. Comme on le sait, nous sommes ici [en Serbie] voisins des Grecs. Nous avons de profonds liens historiques et autres avec les Grecs, un grand nombre de nos évêques parlent ou comprennent le grec. Depuis mon enfance, j’ai appris la langue grecque [ancienne] et j’ai enseigné le Nouveau Testament et la langue grecque à la Faculté de théologie de l’Université de Belgrade. Nous avons notre milieu distinct, particulier. Je connais beaucoup d’évêques grecs et je suis ami avec un grand nombre d’entre eux, aussi j’ai été très triste lorsque que l’on a commencé à dire que « les Serbes nous ont trahis, sont passés chez les Russes ». Je suis contre de telles affirmations, parce que dans l’Église, il n’y a pas de Russes, de Serbes ou de Grecs. Il y a ceux qui sont orthodoxes et ceux qui ne le sont pas, ou bien tu es dans l’Église, ou tu es contre l’Église, tertium non datur. Si je connais beaucoup de Grecs, si j’ai des relations fraternelles avec eux, cela signifie seulement qu’ils doivent avoir la même attitude envers les Russes, les Ukrainiens, les Géorgiens. L’apôtre Paul dit encore que pour l’Église, il n’y a ni Grec ni Juif. Sinon, cela est pour moi le démembrement, la division artificielle de l’orthodoxie entre Grecs et Slaves, Russes. Cela non seulement ne me plait pas, mais dans l’essence, c’est quelque part hérétique. C’est une approche hérétique.

– Qui fait cela ?

– Ce sont différents journalistes. Pour ce qui me concerne, je n’ai reçu aucun ordre, aucun souhait d’où que ce soit. J’ai seulement ma responsabilité, comme théologien, comme un homme qui s’est occupé de cela toute sa vie, dans la mesure de ses possibilités et capacités, et j’analyse tout ce qui s’est produit : tous les courants, toute la préparation du Concile et j’en tire des conclusions pour ma conscience. C’est la question de ma foi, de ma conscience, et non la question des Serbes, des Russes ou des Grecs, de qui que ce soit. À Genève, j’ai participé à toutes les rencontres liées à la préparation du Concile, j’ai étudié tous les textes avec les autres. Je n’ai jamais été contre le Concile. Lorsque ont commencé tous ces commérages, cela m’était répugnant à un point indicible. Et c’est en grec, et non en serbe, que je me suis alors empressé de publier, afin que cela soit clair à tous, pourquoi je n’ai pas signé. J’en suis venu à cette conclusion, selon ma conscience.

– Votre point de vue au sujet de ce qui suit est très important : certains émissaires des autorités de notre pays rencontrent les représentants [du Patriarcat] de Constantinople afin que ces derniers fassent des pas dans la direction du rapprochement avec les schismatiques [ukrainiens].

– Une fois, alors que je parlais avec le patriarche œcuménique, je lui ai dit : « Soutenir Denissenko [le « patriarche » schismatique de Kiev, ndt], ce sera un nouveau schisme, cette fois non entre l’Orient et l’Occident, mais en Orient. Personne n’a besoin de cela. Ceux qui ont intérêt à cela, ce sont des forces qui n’ont rien de commun avec le christianisme ». Je l’ai fait honnêtement, je l’ai dit en face. Je regrette le fait que les représentants des séparatistes ecclésiastiques ukrainiens aient été reçus au Phanar, et aussi que des représentants du pouvoir politique y soient venus pour des discussions semblables, certains d’entre eux n’étant pas même orthodoxes. Bien sûr, dans cela, ils voient les intérêts de l’État. Nous faisons face à la même chose au Monténégro. On s’efforce de faire de l’Église l’instrument de la politique, afin qu’elle serve les intérêts de l’État et non ses buts véritables. Je ne pense pas que le patriarche Bartholomée s’engagera dans quelques concessions.

– Nous, en Ukraine, ressentons cela très douloureusement, particulièrement notre troupeau. Il nous est indispensable de parler plus du Christ aux gens, d’autant plus au moment où, dans les médias officiels, on répand des mensonges sur nous. Nos fidèles s’intéressent à la position de Constantinople, à laquelle se réfèrent constamment les schismatiques, d’autant plus que le patriarche Bartholomée aurait soi-disant occupé la position du pape au Concile.

– Ce n’est pas vrai. Il s’est conduit dans le cadre de ses pouvoirs et, plus que tout autre, au Patriarcat œcuménique, il a voulu faire un Concile selon tous les critères et normes. La question de l’unité de l’orthodoxie est plus importante que les plans du pouvoir que ce soit l’ukrainien ou tout autre pouvoir éphémère. Tout est éphémère, seule l’Église est éternelle. Qui aurait pu penser que nous vivrions jusqu’au monde post-soviétique ? Nul parmi eux [les communistes, ndt] n’aurait pu y penser, ils pensaient qu’il seraient là encore trois ou quatre siècles. C’est Dieu qui dirige l’histoire, l’Esprit Saint. En ce sens, tout cela est éphémère et on ne sait jamais ce qui arrivera. Les miracles se produisent de notre vie également, et après il y en aura encore. En ce sens, il faut simplement résister, confesser la foi. Nous devons rester conséquents dans nos positions ecclésiales, ecclésiales seulement et aucunes autres, non celles des partis, non des positions politiques. L’Église n’a jamais été contre l’État. Certains dirigeants ne pourront jamais le comprendre, parce qu’en fait, ils sont tous des athées, ce sont les mêmes qui étaient là à l’époque soviétique.

– On commence à parler chez nous, activement, qu’il faut passer de l’alphabet cyrillique à l’alphabet latin. Changer la forme de la langue.

– La même chose se produit chez nous au Monténégro. L’alphabet cyrillique y a été interdit, on ne peut écrire qu’en caractères latins. Je perçois tout cela comme une conséquence de la position suicidaire du pouvoir. Que recevront-ils si, en se coupant de leurs racines orthodoxes, ils deviennent partie du monde occidental ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui le monde occidental ? C’est un athéisme qui est pire que l’athéisme soviétique, malheureusement. À l’époque soviétique le pouvoir avait fait de l’idée athée une idéologie, ils luttaient contre la religion. Or aujourd’hui, en Occident, toute religion est une imbécillité, elle n’intéresse personne, il n’y a que le plaisir. Particulièrement dans les cercles dirigeants du monde, raison pour laquelle le monde musulman est plus fort qu’eux. Pensez seulement au fait qu’en France il y a plus de gens dans les mosquées que dans les églises !

– Il y a un refroidissement dans la jeunesse envers le savoir, la vie. On leur dit quelque chose, ils le croient, il y a une certaine absence du souhait d’analyser, de comprendre quelque chose. Comment enseigner à penser ? Que faut-il faire pour cela ?

– Nous avons le même problème. Mais nous devons défendre l’orthodoxie, bien sûr avec patience et amour, avec respect envers la liberté de conscience de chaque homme. Mais nous ne devons jamais céder. Il faut suivre les traditions de l’Église. De nombreux efforts sont nécessaires au salut. Que Dieu nous donne de la patience. Comme on le disait à l’époque byzantine, les nuages les plus menaçants passent. Aussi difficiles et lourdes que puissent être les difficultés pour nous, ces nuages passeront. Il faut attendre, peut-être ne vivrons-nous pas jusque-là, d’autres y parviendront, mais le mot définitif sera celui du Christ, et non de l’Antichrist. Si certains n’y croient pas, c’est leur problème.

– On entend maintenant de la bouche des politiciens [ukrainiens] : « Vous êtes un ennemi, vous êtes la cinquième colonne, vous êtes un curé moscovite ». Certains l’endurent très difficilement.

– Le plus important est de comprendre que ces gens ne s’intéressent à l’Église que comme un instrument, celui de leurs plans. Il en est ainsi dans le monde entier. Il faut, avec sagesse, ne s’identifier avec aucun d’entre eux. Même avec ceux qui disent qu’ils sont orthodoxes. Il est vrai qu’il y en a de tels, mais quoi qu’il en soit, il faut avoir sa position, sa liberté. Nul ne doit dire qu’un orthodoxe appartient à l’une ou l’autre orientation politique, à un parti. À aucun ! Nous n’appartenons qu’à une seule orientation, celle du Christ !

– Monseigneur, excusez-nous, nous prenons beaucoup de votre temps.

– Non, j’en suis très content. Et je dirai encore quelque chose pour ce qui concerne le Concile [de Crète]. J’ai participé à sa préparation, j’ai suivi chacun de ses pas, j’ai parfois tenté d’aider certaines formulations de compromis, de décisions communes, etc. Mes frères évêques, qui ont eu la même préoccupation que moi dans cette œuvre, savaient que je comprends le grecs, que je bénéficiais d’une certaine confiance des Slaves et pouvais leur expliquer quelque chose. Il y a eu des discussions sur l’octroi de l’autocéphalie et de l’autonomie. En fin de compte, nous sommes arrivés à la décision que l’octroi de l’autocéphalie n’est pas le problème d’une Église locale, ni de Constantinople, mais une question panorthodoxe, et nous sommes parvenus à une conclusion, à un résumé sur la base de l’expérience commune de l’orthodoxie durant des siècles. Et la formule finale était que l’octroi de l’autocéphalie ne peut se produire sans la volonté de l’une des Églises locales, personne ne peut dire qu’il veut devenir autocéphale. S’il y a la bénédiction que l’Église-Mère – l’une ou l’autre des Églises locales – déclare pour des considérations spirituelles, non étatiques, non politiques, non idéologiques ou d’autres encore, être d’accord, alors un diocèse ou un autre devient Église autocéphale. Ce n’est pas une décision finale, c’est une proposition à la conscience panorthodoxe. Cela est communiqué à toutes les Églises autocéphales. Si toutes sont d’accord sur le fait que cela est utile dans le sens de la croissance de tout l’organisme divino-humain de l’Église, alors commence l’examen panorthodoxe de cette question. En bref : la première condition est l’accord de l’Église-mère, la seconde démarche, l’accord panorthodoxe, et la troisième la proclamation. Pour ce qui concerne celle-ci, les idées diffèrent. Au début, Constantinople disait que le seul accord du patriarche œcuménique était suffisant, avec la publication d’un tomos, la proclamation etc. Oui, c’était le cas avant, dans les temps anciens. Mais les choses sont autres maintenant. Il y a de nouvelles Églises autocéphales, plus tardives, en plus des patriarcats anciens. Cela reste une question non résolue, qui nécessite un examen. En général, il est nécessaire lors d’un concile de discuter des problèmes importants, non pas théoriques, mais de ceux qui concernent l’unité de l’Église. Toutes les questions du schisme, du nationalisme, de l’obscurantisme, doivent absolument être résolus au niveau conciliaire. Le principe du consensus, de l’unanimité, est important. Et le fait même que le concile actuel ait eu lieu sans la participation de certaines Églises constitue un problème sérieux. Celles-ci disent qu’elles n’ont pas participé en raison de leurs considérations stratégiques, et cela est juste, cela signifie qu’elles avaient des considérations de principe.

– Pour nous, la guerre au Sud-Est de notre partie constitue une grande douleur. Ma maison a été détruite, nous vivions non loin de l’aéroport. Mes anciens paroissiens sont morts sous les bombardements, tandis que d’autres refusent de me parler, m’accusant de trahison, parce que je suis resté sur le territoire de l’Ukraine.

– Oui, cela est horrible quand se produit une guerre civile, lorsque les frères sont en guerre. Nous avons vécu sera à la charnière du siècle présent. Cela arrange les forces anti-orthodoxes – et c’est pour cela qu’elles l’organisent et l’attisent –, elles veulent une seule chose : démembrer et piller le pays, et faire de l’Église orthodoxe une organisation politique obéissante, du type d’une organisation séparatiste avec à sa tête Denissenko. Ce sont des gens sans morale.
– Monseigneur, il est tellement intéressant de parler avec vous…
– Merci. Je veux également vous demander quelque chose. Avez-vous quelque document au sujet de Gabriel Kostelnik [ancien prêtre uniate revenu à l’orthodoxie après la Seconde Guerre mondiale, il présida le Concile de Lvov en 1946 et fut assassiné en 1948, ndt]. Il a fait beaucoup au Concile de Lvov, il a abandonné l’uniatisme, est devenu prêtre de l’Église orthodoxe. Je suis allé sur sa tombe, nous avons prié pour son âme, alors que Mgr Augustin était encore évêque du lieu. Je considère moi-même qu’il est digne de la canonisation. Mgr Augustin m’a dit également qu’il fallait tout analyser, à savoir quelles étaient les immixtions du KGB. Parfois, il y avait des intérêts parallèles. Ils [les communistes, ndt] ne voulaient pas d’uniates, nous non plus. Mais cela ne signifie pas que le père Gabriel Kostelnik était leur laquais. Mon idée est qu’il faut procéder à la canonisation simultanément en Ukraine et en Serbie. Il a vécu là-bas et ici [le père Gabriel Kostelnik est né en Voïvodine, ndt]. Le lien vivant se conservera s’il y a canonisation en même temps dans les deux pays.
– Je vous remercie chaleureusement, Monseigneur, pour cette discussion si substantielle et intéressante. J’espère et demanderai à Dieu et à Votre Éminence de nous rencontrer à nous. Nous demandons vos prières pour notre Église avec, à sa tête, son primat le béatissime métropolite Onuphre.
– Nous, Serbes, plus que qui que ce soit, partageons votre douleur, c’est la raison pour laquelle, en priant pour notre peuple très éprouvé, nous prions aussi pour nos frères ukrainiens. À la tête de votre Église se trouve un hiérarque très sage, un exemple à imiter dans sa fidélité à l’Église-mère et ses canons. Que Dieu lui donne force et santé !
– Le Christ est ressuscité !
– En vérité, Il est ressuscité !

Source (dont photographie): Hram.zp.ua

15ème anniversaire de l’exhumation des reliques de saint Amphiloque à la Laure de Potchaïev (Ukraine)

Le 15ème anniversaire de l’exhumation des reliques incorrompues et de la canonisation de saint Amphiloque, thaumaturge de Potchaïev, a été fêté à la Laure de la Dormition de Potchaïev le 12 mai. La liturgie solennelle en la cathédrale de la Transfiguration de la Laure, de même que les vigiles, la veille au soir, ont été présidées par le métropolite de Khoust et Vinogradov Marc. Il était assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Vinnitsa et Bar Syméon, le métropolite de Tchernigov et Novgorod-Serversky Ambroise, le supérieur de la Laure de Potchaïev Vladimir, l’archevêque de Boutcha Pantéléimon, l’archevêque de Vladimir-Volynsky et Kovel Vladimir, l’évêque de Choumsk et le clergé de la Laure. L’office festif s’est déroulé devant la châsse contenant les reliques de saint Amphiloque de Potchaïev, placé au centre de la cathédrale. Les chants étaient assurés par le chœur de la Laure et les étudiants du séminaire de Potchaïev. À la fin de l’office, la châsse a été transportée en procession dans l’église de la grotte, le lieu de son séjour habituel. Les reliques étaient accompagnées par les hiérarques et les prêtres ainsi que des milliers de fidèles, pélerins et paroissiens. Saint Amphiloque de Potchaïev (Golovatiouk, XXème s.) était higoumène du grand habit à la Laure de Potchaïev. Il avait le don des miracles et de clairvoyance. Arrivé à à la Laure à l’âge de 31 ans, il devint moine alors qu’il était âgé de 38 ans. Il accomplit diverses obédiences, comme celles d’infirmier et de chiropraticien. En 1962, il s’opposa à la fermeture, par les autorités soviétiques, de la cathédrale de la Trinité de la Laure, raison pour laquelle il fut interné dans un hôpital psychiatrique. Après en avoir été libéré, il revint dans son village natale de Malaïa Ilovitsa (région de Ternopol), vivant chez son neveu. Là, il célébrait des offices d’intercession et guérissait les malades. Sur l’incitation des autorités locales, il fut battu à mort par un parent. Agonisant, il fut transporté à la Laure, où il reçut le grand habit monastique. Il recouvra la santé et revint dans son village natal. Jusqu’à la fin de ses jours, il priait, recevait les malades. Décédé à l’âge de 77 ans, il a été canonisé le 12 mai 2002. On peut visionner ici une vidéo avec des extraits de l’office qui a eu lieu le 12 mai 2017 (extraits de l’acathiste au saint, de la liturgie).

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« Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple » a déclaré le patriarche de Serbie Irénée à une délégation de l’Église orthodoxe d’Ukraine

« Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple. En suivant le Christ, nous pouvons parvenir à la paix en nous et autour de nous ». C’est ce qu’a déclaré le primat de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche Irénée, dans une discussion avec le métropolite de Zaporojié et Mélitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine), qui a eu lieu le 2 mai à Belgrade. Comme l’a mentionné le patriarche, « les peuples serbe et ukrainien ont beaucoup de choses en commun, particulièrement à l’époque récente ». « Au tournant des XXème et XXIème siècles », a-t-il poursuivi, « le peuple serbe a subi l’effondrement du pays, la guerre fratricide, le schisme ecclésial [l’Église de Macédoine, ndt]… Ces processus ont été soutenus et continuent à l’être par des forces externes, hostiles à l’Orthodoxie. C’est ce dont ont témoigné clairement les bombardements de notre pays pendant la période pascale par les soi-disant « alliés ». Seule l’orthodoxie peut être le fondement sur lequel est possible l’union du peuple. C’est pourquoi notre Église s’adresse constamment au peuple serbe, à la direction du pays, à tous ceux dont dépend la paix dans notre région, en les avertissant que la trahison de Dieu pour les honneurs, la gloire et la richesse terrestres, le recours à l’injustice et à la violence, le pillage des autres, le tout pour la satisfaction des intérêts de ce monde, le sacrifice des hommes pour ses propres idées, son idéologie et les pourcentages de popularité dans les sondages, tout cela n’amène jamais à la paix. Saint Sava a enseigné que notre voie est celle qui suit le Christ, qui amène à la vie éternelle. Ce n’est qu’en la parcourant que nous pouvons atteindre la paix en nous et autour de nous » a déclaré le patriarche Irénée. Abordant la question du schisme ecclésial, commune aux Serbes et aux Ukrainiens, le patriarche a souligné que « ces organisations [schismatiques] n’ont rien de commun avec l’Orthodoxie universelle ». « Nos séparatistes ecclésiaux, de même que ceux d’Ukraine, ne sont reconnus pas aucune Église orthodoxe du monde, ce sont des plaies sur le corps de l’Église qui se sont constituées par une ruse diabolique, qui résulte des ambitions humaines et politiques, mais en aucun cas de la volonté divine. La seule voie canonique de guérison du schisme est le retour de ses adeptes dans la famille orthodoxe, tandis que les voyages et les visites des politiciens chez les hiérarques de l’Église n’apportent rien », a ajouté le patriarche. Parlant du concile de Kharkov, abordé au cours de la discussion, au cours duquel les hiérarques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont défendu l’unité de l’Église [refusant de suivre le métropolite de Kiev Philarète Denissenko dans son schisme, ndt], le patriarche Irénée a déclaré que « c’était un événement historique remarquable dans l’histoire moderne, non seulement de l’Église d’Ukraine, mais aussi de toute l’Église orthodoxe… C’était un exemple de la défense courageuse de la Sainte orthodoxie et de lutte pour l’unité de l’Église. Les pères du Concile, au nom du peuple de Dieu en Ukraine ont confirmé l’unité avec l’orthodoxie universelle, défendant ainsi les principes de la catholicité de l’Église ». En conclusion, le patriarche a rappelé que dans des périodes troublées, « l’Église n’a pas le droit de soutenir ou de se prononcer pour l’une ou l’autre idée politique… Ce dont doit s’occuper l’Église est d’appeler constamment tous les hommes à la réconciliation et à prier. Les Écritures et la tradition nous enseignent que la prière peut déplacer les montagnes et, avec l’aide de Dieu, on peut faire que le mal lui-même, ainsi que ses conséquences, ne soit pas permis, qu’il soit évité ou diminué. Nous suivons les événements d’Ukraine et croyons fermement que les problèmes trouveront tôt ou tard leur solution. Nous prions et prierons pour l’adoucissement des cœurs mauvais, la cessation de la haine et des troubles tant sur notre terre que celle d’Ukraine, où depuis des temps immémoriaux ont vécu des gens de différentes nationalités et confessions dans la paix et la concorde. Nous prions avec une gratitude et un respect particuliers pour notre confrère, le métropolite Onuphre. L’exemple de son attachement aux principes dans les questions de canonicité de l’Église doit inspirer les évêques, les prêtres, les moines et les laïcs d’Ukraine dans leur fidélité à l’Église canonique, les inciter à ne pas s’engager dans les compromis avec leur conscience pour être agréables aux appels de ce monde », a déclaré le patriarche. Le patriarche a souhaité au Primat et à tous les fidèles enfants de l’Église orthodoxe d’Ukraine l’aide de Dieu, la patience et à ne jamais perdre l’espoir. Aux discussions ont participé le métropolite de Zagreb Porphyre et l’évêque de Bačka Irénée.

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Des coups de feu ont été tirés à Kiev en direction d’un prêtre de l’Église orthodoxe d’Ukraine

À Kiev, des coups de feu ont été tirés en direction de l’archiprêtre Zacharie Kerstiouk, dirigeant de la Mission « Charité sans frontières ». Le prêtre a raconté l’événement sur sa page Facebook. « Vers 16h10, près du grand magasin « Ukraina », deux tirs ont eu lieu dans ma direction », écrit l’archiprêtre. Alors qu’il se dirigeait vers l’arrêt du tramway, il entendit, venant de l’autre côté de la rue, des cris provenant d’hommes se trouvant dans une voiture blanche (type Renault Kangoo), attirèrent son attention. « Je regardai dans leur direction et j’ai vu un homme qui tenait un pistolet dans ses mains, pointé dans ma direction, je me suis immédiatement assis, puis couché sur l’asphalte. L’homme cria quelque chose comme « prends ça, crétin ! » et il tira deux fois. Il y a au moins une cinquantaine de témoins », a déclaré le père Zacharie. L’archiprêtre considère qu’il s’agit là d’une intimidation (« S’ils l’avaient voulu, ils seraient parvenus à me tuer »), qu’il lie à ses voyages caritatifs dans l’Est de l’Ukraine, que la Mission « Charité sans frontières », qui agit sous l’égide de l’Église orthodoxe d’Ukraine, réalise depuis le début du conflit armé au Donbass. « Il en ressort que les gens qui veulent me contraindre à renoncer aux voyages dans la zone de conflits, sont passés des menaces verbales aux actes réels », a ajouté le père Zacharie. L’archiprêtre a précisé qu’il ne s’adressera pas à la police, mais qu’il procédera au voyage dans la zone des conflits au Donbass, comme prévu. « Si vous voulez m’aider, tout simplement, priez ! », a conclu l’archiprêtre.

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Rallye automobile orthodoxe de Zaporojié (Ukraine) à Belgrade

Un rallye automobile aux lieux saints de Serbie est parti de Zaporojié (Ukraine) le matin du 28 avril. 27 personnes, avec à leur tête le métropolite de Zaporojié et de Melitopol Luc participeront à ce rallye. Les participants effectueront un trajet d’environ 5000 kilomètres, faisant des haltes aux églises et monastères situés sur l’itinéraire. Chaque jour, les fidèles élèveront des prières pour la paix dans le monde entier et particulièrement pour les fidèles du diocèse de Zaporojié. Le groupe présidé par Mgr Luc est constitué de 13 prêtres et 13 laïcs. « Ce rallye est une forme unique de pèlerinage orthodoxe, appelant à témoigner de la véracité de l’Orthodoxie et de son rôle spirituel rassembleur de l’unité internationale en Christ » ont déclaré les participants avant le départ.

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Le patriarche de Moscou Cyrille s’est étonné de l’absence de réaction de la communauté internationale aux actes de violence commis contre l’Église en Ukraine

Lors de sa dernière rencontre avec le président italien Sergio Mattarella (le 12 avril), le patriarche de Moscou a présenté à son interlocuteur des photos d’actes de violence exercés à l’encontre les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine par des formations paramilitaires. « Le silence de la communauté internationale stupéfie », a déclaré le primat de l’Église orthodoxe russe à la réception pascale annuelle organisée par le Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie. « On opprime notre Église, on essaye de la priver de ses droits civiques, on essaye d’adopter des lois qui excluent l’enregistrement normal des paroisses orthodoxes en Ukraine, on s’empare des églises par la force. On peut en parler longtemps, mais lorsque l’on voit comment des groupes paramilitaires en tenue de camouflage expulsent par la force les gens des églises, c’est impressionnant ! » a déclaré le patriarche Cyrille dans son intervention. Le patriarche a ajouté que toutes les Églises orthodoxes locales soutiennent l’Église orthodoxe d’Ukraine dans son opposition au « Patriarcat de Kiev », non reconnu, et qu’il avait montré des photos des affrontements au président italien. « On appelle l’Église d’Ukraine ‘Église agresseur’, on exige qu’elle rompe ses relations avec le Patriarcat de Moscou, on l’accuse d’antipatriotisme. Mais le peuple reste fidèle à l’ordre canonique. Ceux qui sont expulsés des paroisses demeurent dans notre juridiction canonique, il est fréquent qu’une nouvelle église soit construite pour remplacer celle dont se sont emparés [les schismatiques]. Mais il y a encore des cas lorsque la nouvelle église a été elle-aussi saisie », a précisé le patriarche. « Il est étonnant que tout cela soit couvert par le silence dans le monde », a-t-il conclu.

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Selon l’expert russe Valery Alexeïev, le Phanar n’accordera jamais l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine, tout en pouvant néanmoins la promettre

L’Église orthodoxe d’Ukraine, comme toute autre, ne recevra jamais l’autocéphalie, telle est la position du Patriarcat œcuménique, selon le président du Fonds international de l’unité des peuples orthodoxes, Valery Alexeïev. C’est la conclusion à laquelle il est parvenu après ses contacts avec les dirigeants de Constantinople. « Il n’y aura plus jamais d’autocéphalies dans le monde, c’est la ferme position du monde grec. Il est clair que ce que veulent obtenir les autorités de Kiev, elles ne l’obtiendront jamais » a déclaré Alexeïev à la conférence de presse qui s’est tenue à Berlin à l’issue de la XXIIIème conférence internationale « Valeurs et intérêts dans un monde changeant : l’approche chrétienne ». Le président du fonds a également déclaré qu’il avait des contacts réguliers avec le patriarche Bartholomée qu’il a rencontré, entre autres, l’an passé dans sa résidence du Phanar. « Ils ont, en général, reconnu à grande peine, les autocéphalies d’après-guerre – qu’il s’agisse de la confirmation de l’autocéphalie de l’Église de Bulgarie, la reconnaissance des nouvelles autocéphalies de Pologne, Tchécoslovaquie, Albanie, qui n’avaient jamais existé. Ces Églises ont été créées dans l’Europe d’après-guerre, où l’influence de l’Union soviétique était très grande. Je vous le dis de façon tout-à-fait responsable, afin que vous le compreniez : il n’y aura aucune autocéphalie, bien qu’ils puissent infiniment promettre, jouer, avec l’octroi de l’autocéphalie », a assuré le président du fonds. Ce faisant, il a communiqué que, du côté de Constantinople, « un sorte de réponse asymétrique sortira, elle est en préparation » au sujet de l’appel du parlement ukrainien [à Constantinople pour l’octroi à l’Église d’Ukraine de l’autocéphalie, ndt]. Globalement, Alexeïev a reconnu que l’Église orthodoxe d’Ukraine, dans les conditions actuelles, bénéficie du maximum de liberté qu’elle puisse avoir, dans le cadre de « la plénitude d’une Église auto-administrée ». « Aujourd’hui, en fait, les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ne sont pas confirmés après leur élection par le Synode de Moscou, tout ce passe formellement. Elle est, de facto, en général, une Église indépendante », a déclaré Alexeïev, ajoutant qu’en cas de passage à Constantinople, l’Église orthodoxe d’Ukraine n’aurait pas une telle liberté. « Au Patriarcat œcuménique, il y a deux autonomies formelles, celle de l’Église de Finlande et la semi-autonomie de l’Église de Crète. Mais en fait il n’y a rien là d’autonome – c’est une structure rigide, centralisée avec pour centre le Phanar. Toutes les questions minimes, voire même de la vie économique, sont agréées par le Phanar », remarque Alexeïev. Celui-ci a rappelé que la politique orientée vers « la réception ou la conquête de l’autocéphalie pour l’Église orthodoxe d’Ukraine », est menée constamment en Ukraine depuis l’époque du premier président Léonide Kravtchouk. Aujourd’hui aussi, selon l’expert, « cette question est plutôt utilisée dans le cadre de certaines spéculations, d’un grand jeu géopolitique, dans lequel on s’efforce d’attirer des acteurs globaux, en premier lieu les États-Unis ».

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Durant les dernières semaines du Grand Carême, des prières seront élevées dans toutes les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour la paix, les habitants du Donbass et la libération des prisonniers

Durant les dernières semaines du Grand Carême, dans toutes les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine seront élevées des prières instantes pour la paix, les habitants du Donbass et la libération des prisonniers. Une circulaire ad hoc a été envoyée par la chancellerie du diocèse métropolitain de Kiev à tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Lors de l’office de l’un des dimanches du reste du Grand Carême, dans les églises et monastères du diocèse qui vous est confié, il est nécessaire de réciter une prière pour la cessation du conflit armé et du rétablissement de la paix en Ukraine, pour les habitants du Donbass qui souffrent de l’affrontement militaire, et pour la libération des prisonniers », est-il dit dans le document. Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev et d’Ukraine Onuphre a donné sa bénédiction à cette prière dans toute l’Église du pays. Par ailleurs, le site de l’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne que depuis le début de 2017, on dénombre 116 victimes civiles des combats dans le Donbass, dont 21 personnes sont décédées et 95, blessées. Ce sont les chiffres avancés par Alexander Hughes, vice-président de la commission spéciale de monitoring de l’OSCE en Ukraine.

Sources : 1 et 2

Interview du métropolite de Volokolamsk Hilarion à l’agence grecque Romfea.gr au sujet du Concile de Crète, de l’Ukraine, du Phanar, de la Syrie et de l’Europe

Dans une interview à l’agence grecque Romfea.gr, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou, a abordé les questions du Concile de Crète, de l’Ukraine, du Phanar, de la Syrie et aussi de l’Europe. Nous publions ci-dessous, in extenso, cette interview.

– Votre Éminence, quelle est l’image générale de l’Orthodoxie quelques mois après le Saint et Grand Concile de Crète ?

– Malheureusement, ce n’était pas un Saint et Grand Concile, alors que notre espoir était qu’il soit effectivement panorthodoxe. Notre Église a tout fait pour que le Concile soit préparé convenablement et nous espérions jusqu’à la fin qu’il soit réellement panorthodoxe. Nous avions acheté les billets d’avion, réservé notre séjour à l’hôtel, mais, à notre grande déception, le Concile ne s’est pas réuni comme il le fallait. Je dis cela, parce qu’au Concile ont participé dix Églises orthodoxes locales, tandis que cinq autres Églises se sont abstenues de prendre part aux travaux du Concile. Dans ce nombre, j’inclus l’Église d’Amérique [OCA, ndt], que nous reconnaissons comme Église locale. Quelle est cependant la raison pour laquelle nous ne pouvions pas participer au Concile ? La raison est que nous avions insisté pour que les décisions du Concile fussent prises à l’unanimité. Depuis le début, nous avons compris l’unanimité comme étant celle de toutes les Églises orthodoxes communément reconnues. Celles-ci sont au nombre de quatorze, mais il n’existe pas d’accord pour ce qui concerne le statut de l’Église orthodoxe d’Amérique. Dès que nous avons été informés que les Églises d’Antioche, de Bulgarie et de Géorgie avaient décidé de ne pas venir en Crète, nous avons constaté immédiatement que nous ne pouvions plus parler d’unanimité. C’est alors que nous avons demandé au Patriarche œcuménique de convoquer une réunion extraordinaire des Primats, ayant alors à notre disposition deux à trois semaines avant le Concile. Cette réunion n’a jamais eu lieu, et malgré le fait que nous avions tous reçu les invitations de participer au Concile, il était impossible que nous participions en l’absence de trois Églises. Ce que nous avions demandé n’a pas été respecté, à savoir l’unanimité, mais néanmoins le patriarche Cyrille a envoyé un message de félicitations aux participants du Concile de Crète. Tous ont respecté leur conscience, le Concile a été convoqué. Nous voyons en lui un pas important dans le cheminement vers le Grand Concile panorthodoxe. Nous continuons à étudier les décisions du Concile de Crète. Nos théologiens travaillent très dur à ce sujet, car à un certain moment, nous devons aboutir à certaines conclusions et évaluer en détails ces textes. Tant de façon conciliaire, que préconciliaire, notre but principal est de renforcer l’unité panorthodoxe et de nous abstenir de tout ce qui peut la saper.

– Votre Éminence, l’un des sujets d’actualité est celui de l’Ukraine, la plupart des Grecs ignorent la situation pour ce qui concerne l’Église dans ce pays. Que se passe-t-il finalement en Ukraine ?

– Tout d’abord, M. Polygenis [directeur de l’Agence Romfea.gr, ndt], il existe en Ukraine un schisme qui est survenu comme un schisme politique en 1992. Concrètement, lorsque le métropolite Philarète [Denisenko, ndt] n’a pas été élu patriarche de Moscou, il a été déçu et s’en est pris à ses frères hiérarques de l’Église russe qui ont élu un autre patriarche. C’est alors qu’il a décidé de proclamer sa propre autocéphalie en Ukraine, sans l’assentiment du patriarche de Russie et de toutes les Églises orthodoxes autocéphales. La hiérarchie de l’Église de Russie ne l’a pas suivi, pas plus que les fidèles, car il s’est rattaché à un schisme déjà existant dans l’Église avec un siège en Amérique et dans ce schisme il s’est auto-proclamé patriarche. Cet individu, excommunié, patriarche auto-proclamé, procède à de nombreuses actions hostiles dirigées contre l’Église russe. Les autorités ukrainiennes actuelles, sous de nombreuses formes, suivent une ligne visant à la proclamation d’une Église locale unie en Ukraine. Mais comment les politiciens la voient-ils ? L’Église orthodoxe canonique qui existe en Ukraine rassemble la majeure partie des fidèles du pays. C’est cette Église qu’ils veulent détacher pour la soumettre à la juridiction de ce pseudo-patriarche. En outre, ils veulent y inclure encore une autre Église schismatique ukrainienne, et aussi les Gréco-catholiques [uniates, ndt].

– Pensez-vous que les uniates se dissimulent derrière cela ?

– Non, ce que je vois est qu’il y a derrière cela les politiciens qui veulent s’impliquer dans toute cette affaire.

– Puisque vous avez mentionné les politiciens ukrainiens, comment commentez-vous leurs fréquentes visites au Phanar ? Leur demande au patriarche de Bartholomée est la proclamation d’une Église unie.

– C’est le droit du Patriarcat œcuménique Bartholomée de recevoir des visiteurs de n’importe quel pays, mais aussi n’importe quel politicien. Nous considérons le patriarche œcuménique avec un respect particulier, et nous ne pouvons faire des commentaires sur qui il reçoit à son siège. Toutefois, lorsque prolifèrent des schismatiques et des pseudo-hiérarques, cela ne peut pas ne pas nous préoccuper. Ces individus publient des photographies de leurs rencontres avec le patriarche et informent le monde du contenu de leurs entretiens. Nous ne pouvons pas savoir, cependant, à quel point ils reproduisent et transmettent fidèlement ce qu’ils ont discuté. Malgré cela, nous voyons qu’on les soutient, qu’on leur promet la création d’une Église locale unie, après le détachement de l’Église russe. Naturellement, nous ne voulons pas croire ces informations ! Nous avons entendu en plusieurs occasions, de la bouche du patriarche œcuménique Bartholomée que la seule Église qu’il soutient en Ukraine est l’Église canonique avec à sa tête le métropolite Onuphre. C’est donc sur ces confirmations du Patriarche œcuménique que nous appuyons nos relations avec le Patriarcat [œcuménique, ndt]. Notre priorité est de soutenir l’Unité panorthodoxe et d’éviter absolument que soit détruite la paix et l’harmonie inter-ecclésiales qui existent jusqu’à ce jour.

– Votre Éminence, l’Église russe, dès le début, s’est trouvée aux côtés de la Syrie, vous, particulièrement avez personnellement toujours parlé de la situation qui prédomine au Moyen-Orient. Où nous trouvons-nous aujourd’hui ?

– Tout d’abord, il faut que finisse la guerre en Syrie et que nous en délogions les terroristes. Tant que ceux-ci ne seront pas partis, il est impossible de parler de quelque évolution et d’un arrangement là-bas. Lorsque les politiciens et les représentants des cercles politiques occidentaux nous assurent que la résolution du problème syrien passe par la démission du président Assad, nous leur rappelons que des scénarios identiques ont déjà eu lieu en Irak et en Lybie. Ces scénarios n’ont pas apporté la démocratie, pas plus qu’ils n’ont amélioré la situation générale, au contraire, cela a contribué à l’explosion du terrorisme et au génocide des chrétiens dans ces pays. En bref, c’est ce scénario qui se serait produit en Syrie, si la Russie n’avait accordé son aide avec les troupes qui ont aidé à la lutte contre le terrorisme. De mon point de vue, les terroristes constituent un défi pour le monde civilisé entier. Pour vaincre le terrorisme, il faut unir tous les efforts, les politiciens doivent surmonter leurs désaccords pour s’unir et former un front uni. Naturellement, il faut aussi une aide humanitaire, que nous accordons nous-mêmes durant toutes ces années, mais qui n’est qu’une goutte dans l’océan. Le pays est aujourd’hui détruit, ainsi que ses infrastructures, et il faut des efforts énormes pour le reconstruire.

– Votre Éminence, il y a quelques jours, l’higoumène du monastère de Vatopédi, le père Éphrem, a été innocenté de toutes les accusations par le tribunal et après cette décision, il a remercié entre autres le peuple russe. L’Église russe se sent-elle justifiée aujourd’hui ? Je le dis parce que le patriarche et le président Poutine, dès le début, croyaient en l’innocence du père Éphrem.

– Tant l’Église russe que la Fédération de Russie, dès le début, ont soutenu l’higoumène de Vatopédi, le père Éphrem, dans la lutte pour le rétablissement de la justice. Nous ne nous sommes pas immiscés dans la procédure judiciaire car, dès le début, nous avons compris qu’il s’agissait d’un scandale fabriqué et d’une affaire dirigée contre l’Église. Nous avons soutenu l’higoumène Éphrem, comme un Ancien respecté du Mont Athos, et c’est une joie pour nous que cette affaire, qui a duré de nombreuses années, se soit terminée positivement. Car le seul but était de porter atteinte à l’image de l’Église.

– Maintenant, alors que nous nous trouvons à Chypre, comment commentez-vous la construction d’une église russe dans ce pays ? Serait-il bien de voir quelque chose de semblable dans d’autres parties de la Grèce ?

– Selon mon moi, cet événement significatif était exceptionnel et extraordinaire. C’est la première église de rite russe à Chypre. Cependant, nous ne parlons pas d’une église de l’Église russe, mais de l’Église de Chypre. C’est une église de style russe construite avec le soutien de bienfaiteurs russes, dans laquelle les offices seront célébrés en slavon et en grec. Plus de 50.000 Russes et Grecs fréquenteront cette église. C’est pourquoi j’ai exprimé aujourd’hui l’espoir que d’autres églises semblables seraient construites à Chypre. C’est un exemple extraordinaire de l’unité inter-orthodoxe, mais aussi de la préoccupation du métropolite local de Tamassos, Mgr Isaïe, pour les nécessités spirituelles des hommes et j’ai de bons espoirs qu’il soit imité par d’autres hiérarques en Grèce.

– Pour terminer, dites-nous quels sont les plans de l’Église russe en Europe. Le patriarche Cyrille a effectué récemment des visites dans les pays d’Europe, mais vous-mêmes aussi vous y rendez régulièrement.

– Je voudrais dire que la Russie n’est jamais sortie de l’Europe, mais c’est l’Europe qui a fermé ses portes à la Russie. Les sanctions imposées par la Russie étaient une réponse aux sanctions de l’Europe, mais je ne me sens pas à l’aise pour aborder la politique problématique comme un expert. En revanche, si nous parlons des questions morales et de la vie, l’Église russe est fortement préoccupée par les évolutions dans l’Europe contemporaine, où le christianisme est méthodiquement marginalisé et exclu de la vie publique. Si elle rejette les valeurs chrétiennes, l’Europe rejettera sa propre identité. Alors, nous ne parlerons plus que d’une simple organisation qui ne sera pas prête à faire face aux défis, et, de mon avis, du point de vue politique, l’Europe était et doit rester chrétienne. En même temps, il faut qu’elle reste hospitalière pour les hommes de religions différentes, et bien sûr pour les hommes qui ne professent aucune religion. Toutefois, la défense du christianisme est notre objectif commun et je souhaite que la voix de l’Orthodoxie soit fortement entendue dans le monde contemporain, ce qui constitue encore une raison pour laquelle nous devons tous être unis.

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Interview du supérieur de la Laure de Potchaïev (Ukraine) au sujet du Grand Carême à la Laure et du monachisme

Le supérieur de la Laure de Potchaïev, le métropolite Vladimir (Moroz) a donné une interview au site de l’Église orthodoxe d’Ukraine, au sujet du Grand Carême à la Laure et, en général, de la vie monastique, que nous reproduisons intégralement ci-dessous :

Votre Éminence, vous êtes à la tête de la Laure de Potchaïev depuis de nombreuses années, vous êtes son supérieur et vous avez fait beaucoup pendant ces années : la cathédrale de la Transfiguration, un monument unique, a été construite, ainsi qu’une hôtellerie moderne et un réfectoire magnifique pour les pèlerins, des travaux énormes de restauration et d’intendance ont été accomplis. La communauté monastique travaille sans cesse et célèbre de longs offices, dont des vigiles nocturnes, elle reçoit chaque jour de nombreux pèlerins. Ce faisant, comment observez-vous les carêmes, particulièrement le Grand Carême, qui se déroule actuellement ?

– Je ferais remarquer que le supérieur en titre de la Laure de Potchaïev, son archimandrite, est le métropolite Onuphre. Je ne suis que son remplaçant et son vicaire. Maintenant, pour ce qui concerne le carême. Il va de soi que nous, à l’instar de tous les chrétiens orthodoxes, avons une attitude responsable envers le jeûne, comprenant que celui-ci, et d’autant plus le repentir et la prière, sont les trois bonnes œuvres qui, de façon spécifique, corrigent notre âme. L’Église du Christ nous prépare tous à ce temps. Et nous allons à sa rencontre avec tremblement, parce qu’ils nous conduit à la Semaine de la Passion et à la Résurrection de notre Sauveur et Seigneur, la Pâque du Christ. Nous sommes conscients que nous ne vivons pas dans une ascèse comparable à celle de nos prédécesseurs : les ermites, les jeûneurs, tels que Zosime qui a rencontré dans le désert du Jourdain sainte Marie l’Égyptienne, ou Job de Potchaïev, qui passait le Grand Carême sous terre, dans une grotte. Néanmoins, chez nous, à la Laure, nous avons nos traditions du Grand Carême. 

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Le métropolite du Monténégro Amphiloque au sujet de la guerre en Ukraine : « On ne peut tuer ses frères et bâtir son avenir sur cela ! »

Au Monténégro, l’Église orthodoxe prie pour le salut de l’Ukraine souffrante. C’est ce qu’a déclaré le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque dans un entretien avec le correspondant de l’Union des journalistes orthodoxes (Ukraine). « À chaque Liturgie, à chaque proscomédie [préparation des saints Dons pour la Liturgie, ndt], nous faisons une prière spéciale pour S.B. le métropolite de Kiev Onuphre et pour tous les Ukrainiens qui ont préservé la foi orthodoxe authentique », a précisé le métropolite. « Je suis très affecté par ces événements en Ukraine, cette guerre civile fratricide. Je dirai ceci : on peut aspirer à défendre son État, mais on ne peut participer à une guerre fratricide ! On ne peut tuer ses frères et bâtir son avenir sur cela ! » a ajouté Mgr Amphiloque. « Certains diront : puisqu’il est métropolite du Monténégro, qu’il s’occupe des affaires de son diocèse, de son peuple ! Mais je l’ai dit dès mon intronisation : bien que je sois évêque de l’Église du Monténégro, je suis en outre évêque de l’Église orthodoxe autocéphale locale de Serbie. En même temps, je suis évêque de l’Église Une, sainte, catholique et apostolique. Aussi, le métropolite Onuphre et moi-même nous nous trouvons dans la même Église » a poursuivi le métropolite du Monténégro, ajoutant : « S.B. le métropolite Onuphre est un homme humble. Son Église est maintenant crucifiée. Dieu soit loué, car sans cela il n’y a pas de Royaume céleste. C’est ainsi que les évêques doivent faire leur salut. Je ressens, que le métropolite Onuphre a réellement une compréhension ecclésiale profonde de la situation qui s’est créée. Il soutient son pays, son peuple ukrainien, mais il ne se met pas lui-même en opposition au peuple russe. Et là, on peut voir un point commun avec la position du chef de l’Église de Géorgie. Lorsqu’il y avait un conflit entre la Russie et la Géorgie, le patriarche Élie, père spirituel de la Géorgie contemporaine, a rencontré le patriarche de l’Église orthodoxe russe et a contribué à résoudre cette situation. Aucun conflit ne peut être résolu avec les méthodes que nous observons, malheureusement, en Ukraine. De la même façon qu’un Monténégrin ne peut bâtir son bonheur sur la haine envers un Ukrainien ou un Russe, un Ukrainien ne peut construire son avenir sur la haine envers ses frères avec lesquels il vit dans une seule maison, sur la haine envers les Russes et les autres nationalités. Et là, la sagesse est nécessaire aux hiérarques de l’Église. Grâce à Dieu, le métropolite Onuphre dispose d’une telle sagesse. Il montre que la sortie de tout conflit est unique : le repentir, l’amour envers le Seigneur et l’amour fraternel. Pendant le Grand Carême, nous devons développer en nous un tel amour fraternel. Seul celui-ci résout tous ces problèmes » a conclu Mgr Amphiloque.

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Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) : « Le carême est une protestation contre le péché »

« Le Grand Carême est une période au cours de laquelle chaque homme doit particulièrement pénétrer dans son cœur et saisir le sens de sa vie ». C’est ce qu’a déclaré le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine, lors d’une réunion consacrée au Carême. Le métropolite a évoqué le sens du Grand Carême ainsi, qu’en partie, les offices de la première semaine, et a mis en garde les fidèles contre l’abattement. « L’homme vit pour l’éternité. Mais pour vivre dans l’éternité, nous devons nous y préparer. Et cela signifie que nous devons purifier notre cœur afin que Dieu soit présent dans notre vie », a-t-il souligné. Le Grand Carême est une période au cours de laquelle on doit se garder de tout ce qui empêche chacun de nous d’être lui-même, a-t-il rappelé. « Malheureusement, il nous semble parfois que les passions, les péchés, sont justement notre vie. Mais l’âme chrétienne se fatigue de cela, parce qu’elle ne vit que lorsque Dieu vit en nous. Dieu ne demeure que dans l’âme purifiée du péché, purifiée de la protestation contre Dieu, et pour cette raison le Carême lui-même est une protestation contre le péché ». « Le Grand Carême n’est pas un but en soi, ce n’est pas se limiter jusqu’au minimum de la nourriture. Le but du Carême est avant tout notre cœur, nos pensées, nos sens », a déclaré le métropolite. Il est important, a-t-il ajouté que, pendant le Carême, l’homme ne tombe pas dans l’abattement. « L’abattement se produit lorsque l’homme se pose un but qu’il ne peut atteindre. Aussi, il faut tout commencer graduellement, afin de ressentir pendant cette période la joie du Carême… La première semaine du Grand Carême est une période très importante. S’il en a la possibilité, le chrétien orthodoxe se trouve presque toute la journée à l’église pendant la première semaine. Ce sont des offices particuliers, sereins, calmes, où la Sainte Écriture est beaucoup lue. Le but principal de la première semaine du Grand Carême est de trouver la sérénité, le calme. Par la prière, par l’attitude réfléchie envers tout ce qu’il y a dans la vie ». Le métropolite a conseillé aux fidèles, s’ils en ont la possibilité, d’aller à l’église pour l’office du Grand Canon de saint André de Crète. « C’est un canon unique, qui est pénétré de repentir. En lui sont réunis presque tous les exemples de repentir qui se trouvent dans l’Ancien et le Nouveau Testament, et lorsqu’on le lit avec réflexion, on revit pour ainsi dire toute l’histoire du genre humain », a conclu le métropolite Antoine.

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Les étudiants du séminaire de Volyn (Ukraine occidentale) liront le Psautier sans interruption pendant tout le Grand Carême

Les étudiants du séminaire de Volyn ont commencé la lecture ininterrompue du Psautier le premier jour du Grand Carême, le 27 février. « Il y a une bonne et pieuse habitude au séminaire de Volyn, à savoir la lecture ininterrompue du Psautier. Cette année, la lecture du Psautier a été commencée par l’administrateur du séminaire de Volyn, l’évêque de Volyn et de Loutsk Nathanaël. Celui-ci a lu le premier cathisme [le Psautier, dans l’Église orthodoxe est divisé en vingt sections principales appelées « cathismes] », a déclaré le secrétaire de presse du diocèse, l’archiprêtre Valentin Martchouk. La lecture ininterrompue du Psautier continue au séminaire durant tout le Grand Carême. Les cathismes sont lus alternativement par les étudiants et les enseignants du séminaire. À la fin de la lecture de chaque section du Psautier, on commémore les noms des vivants et des défunts et une prière est récitée pour la paix en Ukraine.

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Selon un sondage réalisé au mois de décembre dans toute l’Ukraine, le peuple ukrainien fait plus confiance à l’Église qu’aux autres institutions du pays

Tandis que la confiance dans la quasi-totalité des institutions sociales a décliné en Ukraine, l’Église reste forte avec un pourcentage de 56.7%. Pour leur part, les volontaires dans les forces armées reçoivent 53% de la confiance de la population. Toutefois, beaucoup plus de confiance est placée dans l’armée en Ukraine occidentale qu’en Ukraine orientale. 22.7% des Ukrainiens sont incertains quant à leur attitude envers l’Église, tandis que seuls 8.7% ne lui font aucune confiance. C’est à peu près le même nombre que ceux qui font confiance au gouvernement et au parlement, avec respectivement 9.5% et 5.3%. Environ un quart des Ukrainiens croient dans les médias, ce qui est inférieur à l’an passé. L’Ukraine occidentale tend à avoir plus confiance dans les médias que les régions de l’Est. L’enquête a été conduite dans 110 localités dans toutes les régions de l’Ukraine, les sondés étant âgés de 18 ans et plus.

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Le patriarche de Moscou Cyrille : « Les peuples de Russie et d’Ukraine sont appelés à préserver leur fraternité »

Ce jeudi, le patriarche de Moscou Cyrille, au cours de son intervention devant la Douma d’État a qualifié la technologie et les moyens destinés à séparer les peuples russe et ukrainien « d’art du diable », et appelé à préserver la fraternité, fondée sur des héros nationaux communs. « L’Ukraine vit maintenant une étape très complexe de son histoire. Les troubles au sein du pays ont aussi une incidence sur les relations russo-ukrainiennes, ce qui est causé, cela n’est un secret pour personne, par les activités de forces extérieures. Mais les peuples de Russie et d’Ukraine, qui passent maintenant par de sérieuses épreuves, sont appelés en dépit de tout à préserver les relations et l’unité fraternelles, à montrer de la fermeté et ne pas permettre aux meules géopolitiques de broyer notre communauté culturelle et spirituelle séculaire ». a affirmé le patriarche. Celui-ci a ajouté que l’on peut voir maintenant comment « en utilisant les techniques et les moyens les plus sophistiqués », « les graines de la haine et de l’inimitié sont semées entre Russes et Ukrainiens  avec une expérience réellement diabolique ». En outre, tout est fait afin « qu’en s’enfonçant dans une atmosphère de passions et de haine insensée », les deux peuples oublient ce que signifie pour eux leur histoire pluriséculaire et les liens du sang. « Nous sommes appelés à ne pas oublier notre héros national commun, le prince Vladimir égal-aux-apôtres, dont nous restons les enfants spirituels, quoi qu’il se passe sur le forum international. Dans la famille des peuples de la Rous’ historique, il n’y a pas de frères indésirables », a conclu le patriarche.

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Des « cocktails Molotov » ont été lancés sur une église de Kiev appartenant à l’Église d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Des inconnus ont tenté d’incendier l’église dédiée au Hiérarque Pierre Moghila à Kiev, laquelle dépend de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. Quatre bouteilles avec des mèches allumées ont été lancées sur l’édifice. Elles ont rebondi sur les murs en bois de l’église. « Ce ne peut être qu’un miracle dû à la protection de la Très sainte Mère de Dieu : l’église est restée indemne. Les bouteilles ne se sont pas brisées et ont rebondi sur les murs », a déclaré le recteur de l’église, le père Jean Tronko. Celui-ci a précisé que, déjà depuis six mois, la paroisse fait l’objet d’attaques d’inconnus qui souhaitent s’emparer du terrain sur lequel est bâtie l’église, et construire à cet endroit des immeubles à grande hauteur. C’est déjà la seconde tentative d’incendier l’église.

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Statistiques de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Le 29 décembre 2016, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a fait son rapport annuel devant les membres du Saint-Synode de cette Église. Il a notamment souligné qu’au cours de l’année concernée, 200 nouveaux moines et moniales ont prononcé leurs vœux, et 3 nouveaux monastères ont été fondés. Le métropolite a présenté la statistique suivante présentant l’évolution de l’Église orthodoxe d’Ukraine au cours des trois dernières années :

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« Flash mobs » et chants populaires de Noël (« koliadki ») dans différentes villes d’Ukraine

Les fidèles de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont procédé à des « flash mobs » et chanté des « koliadki » (chants populaires de Noël) pendant les jours de fêtes. Les « koliadki », les hymnes au Christ Sauveur, ont résonné dans les paroisses, les rues et les lieux publics d’Ukraine. Le 8 janvier a commencé le « marathon » des chants de Noël dans le diocèse de Lvov de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les fidèles exécutent les chants dans les églises, et se rendent d’une paroisse à l’autre. La « flash mob » a été ouverte par le chœur de l’église Saints-Pierre-et-Paul de la ville de Jovkva, dans la région de Lvov. À Odessa, le chœur des jeunes du diocèse a chanté les « koliadki » dans les tramways qui circulaient dans la ville le soir du 8 janvier. Des jeunes garçons et filles ont voyagé dans cinq wagons peints aux couleurs de fête, annonçant joyeusement la bonne nouvelle de la Nativité dans les rues de la ville. À la fin du voyage, tous les participants se sont rassemblés près de la crèche sur la place Starosennaïa, où ils ont chanté le tropaire et le kondakion de la Nativité. À Zaporojié, près de 40 personnes ont participé à la « flash mob » au centre commercial. Les prêtres et leurs familles et leurs enfants, les paroissiens et le chœur de la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu ont chanté quelques « koliadki ». À la fin des chants, les participants on chanté « ad multos annos » à tous les spectateurs, aux habitants de la ville et du pays. Dans le village de Bogoroditchnoïé, les enfants de l’école du dimanche de la skite de la Laure de Sviatogorsk ont chanté devant les moniales et les paroissiens les stichères de Noël et les « koliadki », le jour de Noël, le 7 janvier selon l’ancien calendrier. Plusieurs petits films de ces manifestations peuvent être visionnés sur le site ci-dessous.

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Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste »

Dans une interview au site internet ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui »), le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, évoque le bilan de l’année 2016, la prière telle qu’elle doit être, le moyen d’évacuer la haine, les intrigues autour de l’Église, les attentes de l’année 2017 et ses souhaits pour la nouvelle année ».

– L’année 2016 touche à sa fin. Comment était-elle pour vous, Votre Béatitude, et pour l’Église ? Qu’y a-t-il eu de mémorable et qu’est-ce qui a été le plus affligeant ?

– L’année passée a été pleine de joies et d’inquiétudes pour l’Église orthodoxe d’Ukraine. Bien sûr, le plus affligeant que tout est que le sang continue à couler en Ukraine, que les gens ne peuvent se réconcilier les uns avec les autres. Néanmoins, la procession qui a eu lieu dans notre terre ukrainienne du 9 au 27 juillet a été une consolation. Elle est partie de l’Est, de la Laure de Sviatogorsk (région de Donetsk), et de l’Ouest, de la Laure de Potchaïev (région de Ternopol), et ces deux cortèges, dans la prière, se sont réunis dans la capitale ukrainienne. Nous avons prié pour toute l’Ukraine, pour l’Église, pour les autorités, pour le simple peuple, et nous avons demandé à Dieu Sa bénédiction. Nous avons demandé et demandons à Dieu ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, nous faibles hommes, à savoir parvenir à la paix pleine de grâce, et nous croyons que le Seigneur nous exaucera.

– Aujourd’hui, il y a de nombreuses intrigues autour de l’Église. Comment cela influence-t-il sa vie intérieure ?

– Effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui dans l’affliction et les épreuves. Mais le Seigneur ne nous a pas promis une vie différente. Il a dit à Ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn. XVI, 33). L’histoire de l’Église regorge de persécutions, vexations, oppressions et autres épreuves que le Seigneur a permises à l’égard de Ses disciples pour leur croissance et leur renforcement spirituels. Bien sûr, nos tribulations, comparées à celles que l’Église du Christ a subies pendant les trois premiers siècles de son existence, ce n’est rien. Les membres de l’Église étaient alors simplement anéantis physiquement, tandis qu’aujourd’hui on ne fait que nous invectiver et nous accuser injustement. Ce sont de petites épreuves pour notre amour et notre patience. Gloire à Dieu pour tout.

– Votre Béatitude, est-il possible d’éteindre le conflit au Donbass dans un proche avenir ?

– L’Église nous dit qu’aucun problème terrestre ne peut être équivalent à la valeur de la vie d’un seul individu ; celle-ci, sur la balance de la Justice divine, est plus précieuse que tous les problèmes. À ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de régler les problèmes terrestres par la guerre, nous rappelons avec amour qu’il existe pour n’importe quel problème une voie pacifique de règlement. L’homme a le don de la parole, à l’aide de laquelle on peut atteindre la compréhension. C’est précisément par ces méthodes que l’Église appelle à résoudre tous les problèmes terrestres et elle prie pour que la paix règne en Ukraine. L’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner mutuellement, d’arrêter de s’entretuer. Telle fut aussi la position de notre Église en d’autres temps, lorsqu’il y avait des guerres semblables, lorsque nos princes se dressaient les uns contre les autres. En ces temps, notre Église appelait également au pardon mutuel, c’est la raison pour laquelle on la haïssait, on chassait des monastères les moines, les évêques. Ensuite, les puissants de ce monde ont commencé à comprendre que l’Église a raison, ils corrigeaient leurs fautes et se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra dans la situation présente. Tous doivent s’humilier : les forts et les faibles, les simples gens et ceux qui détiennent le pouvoir, les riches et les pauvres, il faut à tous rechercher la voie de la paix pour régler les problèmes terrestres. Recherchons l’humilité, repentons-nous de nos péchés, et alors le Seigneur rendra la paix à l’Ukraine et nous bénira tous.

– Que pouvez-vous conseiller à un homme, qui ne peut pas pardonner une offense mortelle, qui éprouve une haine tenace ? Comme se dominer ?

– La haine entre les hommes naît de l’orgueil. Nous devons lutter contre l’orgueil à l’aide de l’humilité. L’humilité est la vertu primordiale que Dieu nous enseigne. Elle ne constitue pas une faiblesse, comme le considèrent certains. L’humilité chrétienne est une évaluation critique de sa propre personne, c’est la capacité de l’homme de trouver sa place dans ce monde vaste, divers. Lorsque l’homme peut s’évaluer lui-même correctement, lorsqu’il trouve sa place dans cette vie, il peut alors se soumettre à la volonté Divine. Et lorsque l’homme adopte des positions justes dans ce monde à son propre égard, à celui du prochain et de toute la création, il devient apte à voir la bonté et l’amour de Dieu et à se soumettre à la volonté de Dieu. Celle-ci, dans la langue spirituelle, s’exprime par un seul mot : l’humilité. Par l’humilité dans l’âme, l’homme acquiert l’amour spirituel et la paix intérieure.

– Il vous est advenu de prendre la direction de l’Église à un moment charnière de l’histoire de l’Ukraine. Avez-vous un saint ou une prière qui vous sont chers et auquel, ou par laquelle, vous vous adressez lors du moment difficile ?

– Chaque saint aidera, chaque prière sera forte, si l’homme tourne son visage vers Dieu. L’homme sait alors que Dieu l’aide toujours, s’il Le recherche, s’il L’honore, s’il s’efforce de Lui être agréable. Si l’homme se tourne vers Dieu, Il lui donne tout ce qu’il lui faut pour la vie terrestre et la vie éternelle, et Il l’aide lors du moment difficile.

– Votre Béatitude, vous êtes un grand homme de prière, vous vous efforcez de vous faire remarquer le moins possible, vous aimez la solitude. Et soudain vous vous êtes retrouvé chef de l’Église. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ? Celui-ci était-il joyeux ou était-ce là une source d’anxiété ?

– Je ne prétends pas être un homme de prière, je veux seulement apprendre la prière, et jusqu’à maintenant je n’ai pas de quoi me vanter. En ce qui concerne mon élection, je l’ai reçue comme une croix que le Seigneur a posée sur mes épaules pécheresses. J’ai pensé sur la façon de me comporter afin d’accomplir dignement cette obédience, afin de ne pas m’éloigner de Dieu, de Ses commandements. Ce n’est qu’avec Lui et par Sa grâce que l’homme peut supporter les charges et les épreuves qui lui sont assignées. Les règles de cette vie sont semblables pour tous, tant pour le laïc, que pour le simple moine, que pour le métropolite. La différence est qu’au métropolite, il sera plus demandé. C’est ce à quoi j’ai pensé.

– Qui a joué le rôle le plus important dans votre vie ? Qui, pour vous, est un exemple de vie ?

– Pour moi personnellement, l’exemple d’un tel service de Dieu et de l’Église sont saint Nicolas, saint Basile le Grand, saint Dimitri de Rostov qui, par leur prédication et leur exemple personnel d’humilité et de miséricorde chrétiennes, ont acquis la grâce de Dieu. L’homme porte en lui l’image de Dieu, par laquelle Il l’a orné. Il y a dans chacun de nous deux personnes : le nouveau et l’ancien. Le nouveau aspire à vivre selon l’Évangile, tandis que l’ancien qui consiste du vice, nous incline vers le péché. Ces deux hommes, le nouveau et l’ancien, luttent continuellement l’un contre l’autre, c’est une véritable guerre. Si nous commençons à pécher, nous renforçons notre vieil homme, et lorsque celui-ci commence à vaincre l’homme nouveau, nous devons agressifs et mauvais. Tous les saints ont trouvé en eux les forces pour se dresser contre le vieil homme, raison pour laquelle je m’incline devant la mémoire de saint Onuphre le Grand, mon protecteur céleste, et les saints moines de la Laure des Grottes de Kiev, saint Serge de Radonège, saint Job de Potchaïev. Chaque saint, envers lequel, j’ai moi-même, pécheur, une quelconque relation, constitue un digne exemple à imiter. Il nous montre comment revenir à l’image de Dieu qui est en nous et à la préserver. Lorsque nous prions, nous invoquons sur nous la grâce du Très saint Esprit, qui nous transfigure, qui fait revenir en nous la paix perdue, qui remet tout en place dans notre vie. La prière aide l’homme à comprendre Dieu correctement. Si l’homme prie avec un cœur ouvert, avec repentir et humilité, Dieu le console souvent par la joie, et le sentiment de bonheur.

– Comment voyez-vous l’année prochaine 2017 et le futur immédiat de l’Ukraine et de la paix ? Y a-t-il des raisons d’être pessimiste ou êtes-vous optimiste ?

– Je suis optimiste, le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste. Les chrétiens ne doivent être tristes que de leurs péchés. Si l’homme commence à confier sa personne à Dieu, il commence alors à bâtir sa vie sur les lois divines, il purifie de plus en plus son âme du péché, il voit Dieu plus clairement, et l’avenir ne lui semble pas sombre et bouché. À l’issue des tunnels les plus sombres du désespoir, le chrétien voit Dieu.

– Votre Béatitude, donnez, je vous en prie, des recommandations à nos lecteurs pour la nouvelle année.

– Je voudrais souhaiter à tous et à moi-même les miséricordes du Seigneur, le pardon de nos péchés ainsi que la bénédiction de Dieu, afin que chacun de nous porte dignement sa croix terrestre et soit rendu digne de devenir héritier du Royaume céleste. Préservez votre foi, et plus que tout gardez la prière, elle est l’aide donnée à l’homme pour qu’il surmonte toutes les difficultés qu’il rencontre sur la voie de la vie terrestre. La prière donne à l’homme le sentiment de la vérité, car il est vraiment difficile de la connaître par le seul intellect. Il y a dans la vie beaucoup d’exemples de personnes qui disposent d’une instruction théologique supérieure mais qui, n’ayant pas la prière, « déraillent ». Mais il y a des gens simples qui ont la prière, et qui ressentent clairement où est la vérité, où est la tromperie. La prière, précisément, permet de percevoir la vérité, la compréhension de ce qui est lumière et ce qui est ténèbres, ce qui est bien et ce qui est mauvais. Et que le Seigneur nous donne à tous d’accomplir la prière dans notre vie quotidienne.

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Un obus est tombé sur l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva et l’école du dimanche à Debaltsevo dans l’Est de l’Ukraine

Le 23 décembre à 14h55, dix obus ont été tirés depuis la ligne de front par l’armée ukrainienne, dont l’un est tombé sur le territoire de l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva. Des projectiles d’un calibre de 150mm ont été utilisés, ce qui est interdit par les accords de Minsk. L’information a été communiquée par le site internet du diocèse de Gorlovka et de Slaviansk. Le bâtiment de l’école du dimanche a été fortement endommagé : un mur est détruit en totalité, et les autres, en partie. Heureusement, il n’y avait pas d’enfants à ce moment. Pour ce qui concerne l’église, les vitres sont brisées, la façade a été endommagée par des éclats d’obus, la porte d’acier a été perforée, et la nouvelle coupole a été touchée et est tombée à terre. Il n’y a pas de victimes. L’école N°3 de la ville, le jardin d’enfants et des maisons d’habitations ont été touchés également, mais aucune information n’est disponible jusqu’à maintenant sur les morts et les blessés.

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Le Patriarcat de Moscou ne permettra jamais l’indépendance de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a déclaré le patriarche Cyrille

Le patriarche de Moscou Cyrille a affirmé que les tentatives de séparer l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou étaient vaines. « Notre Église n’abandonnera jamais ses frères d’Ukraine dans le malheur et ne les reniera pas. Nous ne donnerons jamais notre accord sur le changement des frontières canoniques sacrées de notre Église, car Kiev est le berceau spirituel de la sainte Rous’, de même que Mtskheta pour la Géorgie ou le Kosovo pour la Serbie » a déclaré le patriarche en la cathédrale du Christ Sauveur à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Celui-ci a mentionné que, aujourd’hui, on essayait d’attirer l’Église d’Ukraine « dans le conflit profond qui divise la société » et de faire de cette Église « l’otage de ce conflit ». « On s’empare des églises [canoniques, ndt] par la violence, on ignore les sentences des tribunaux, on mène une campagne contre l’Église, on soumet des projets de loi au parlement ukrainien dont le but est de discriminer et de mettre une position très difficile la plus grande communauté religieuse du pays » a-t-il ajouté. Comme l’a dit le patriarche, en règle générale, les projets de loi discriminatoires dirigés contre l’Église canonique en Ukraine sont proposés par des députés qui soutiennent le schisme, ou qui sont gréco-catholiques, voire athées. « Les attaques, sous forme d’agressions ou d’injures contre notre Église en général et contre l’orthodoxie canonique en Ukraine en particulier, se poursuivent », a constaté le patriarche.

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L’épiscopat, le clergé et les moines et moniales du Donbass réagissent aux déclarations du soi-disant « patriarche de Kiev » Philarète Denissenko selon lesquelles cette région devait « racheter par les souffrances et le sang le référendum visant à la fédéralisation » de l’Ukraine

Suite aux récentes déclarations du « patriarche de Kiev » Philarète Denissenko selon lesquelles « il ne faut pas penser que la population du Donbass est innocente pour ces souffrances. Et il faut qu’ils rachètent leur faute par les souffrances et le sang », ajoutant qu’ils sont fautifs, entre autres, pour le référendum visant à fédéralisation de l’Ukraine. 

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Une émission de la Radio Télévision Suisse intitulée « Orthodoxes ukrainiens, frères ennemis ? » dédiée à la situation religieuse actuelle en Ukraine

Fabien Hünenberger, journaliste de la Radio Télévision Suisse, s’est rendu il y a quelques semaines en Ukraine pour comprendre les antagonismes entre l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, les deux Églises orthodoxes ukrainiennes schismatiques et l’Église gréco-catholique (uniate). Dans le cadre de l’émission « Orthodoxes ukrainiens, frères ennemis ? » de la série « Hautes Fréquences » de la Radio susmentionnée, Il a interviewé d’une part Constantin Sigov, sociologue des religions et professeur à l’Université Mohyla de Kiev, Taras Dmytryk, Secrétaire exécutif de la Société académique ukrainienne chrétienne, tous deux sympathisants des Églises dissidentes et d’autre part l’Archiprêtre Nicolas Danilievitch, Adjoint au responsable du Département des relations extérieures de l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou). En fin d’émission, il a interviewé père Michel Dymyd, prêtre uniate ukrainien, lequel a rappelé la concélébration de la Liturgie sur la Place Maïdan entre prêtres catholiques et prêtres orthodoxes. Il convient néanmoins de mentionner que les prêtres orthodoxes en question appartiennent à « l’Église autocéphale d’Ukraine » schismatique et non à une Église orthodoxe canonique. On peut écouter ici le postcast de cette émission sur le lien ci-dessous.

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Le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine évoque les conditions du rétablissement de la paix en Ukraine

Si nous ne purifions pas le cœur de la haine, les accords de paix seront tôt ou tard transgressés. Il est impossible d’arrêter la guerre, sans arrêter le flot de haine dans nos cœurs, il est impossible d’atteindre la paix sans Dieu. C’est ce qu’a déclaré le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine dans une interview publiée dans le journal « Korrespondent ». La guerre n’est pas simplement l’absence d’hostilités et la cessation des bombardements, rappelle le métropolite Antoine. La paix, c’est la victoire sur le mal, qui vit dans chacun de nous. « Il est impossible d’arrêter la guerre, si l’on n’arrête pas le flot de haine et d’agression qui se déverse aujourd’hui dans nos cœurs. Les racines de l’hostilité et de la méchanceté sont là et non chez les autres hommes, que nous considérons erronément comme nos ennemis. Le chrétien ne peut avoir qu’un seul ennemi, satan, et il ne peut lutter que contre lui », a déclaré le métropolite Antoine. « C’est ainsi que l’on peut signer tous les accords possibles, on peut se mettre d’accord sur la cessation des hostilités, tout cela, on peut et on doit le faire. Mais si nous ne réussissons pas à libérer nos cœurs de la haine, alors, tôt ou tard, tous ces accords de paix seront violés. Simplement parce que, selon la parole du Christ, c’est du cœur de l’homme que proviennent les mauvaises pensées, les adultères, la haine, les meurtres… » Mais le principal, souligne le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, c’est qu’il est impossible d’atteindre la paix sans Dieu. « Il est la source de tout bien et le vainqueur du mal. Si nous nous souvenons de cela et nous adressons à Lui pour recevoir de l’aide, alors bientôt tout ce qui se produit actuellement dans notre pays, cessera, et le Dieu de paix sera toujours avec nous », conclut le métropolite Antoine.

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La direction de l’organisation « Union Helsinki d’Ukraine » demande au président Porochenko de ne pas permettre la tenue de l’Eurovision 2017 dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev

La direction de l’organisation « Union Helsinki d’Ukraine » se prononce catégoriquement contre l’intention de procéder à l’ouverture du concours de la chanson « Eurovision 2017 » dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev [actuellement transformée en musée, ndt]. C’est ce qui est dit dans la lettre ouverte de l’organisation au président ukrainien Porochenko. « Nous considérons de tels plans des initiateurs du festival non seulement comme une manifestation criante d’ignorance culturelle, mais aussi comme une aspiration dissimulée à la substitution des valeurs, un moyen à peine masqué d’imposer au peuple ukrainien, au lieu des orientations de la haute culture européenne construite sur les principes chrétiens, les usages et les modèles de la culture de masse », ont déclaré les dirigeants de l’organisation. Ceux-ci, dans leur appel, ont rappelé au président que « Sainte Sophie de Kiev, dans la conscience profonde du peuple ukrainien est un symbole non seulement religieux, mais aussi national ». « Pour nous, Ukrainiens, Sainte-Sophie de Kiev est, à l’instar du Mur des lamentations pour les juifs, ou la Kaaba pour les musulmans, ou Saint-Pierre de Rome pour les Italiens, le centre de tout l’Univers. Sainte-Sophie est un espace sacré du peuple ukrainien, son alpha et omega, où on ne peut que s’adresser dans la prière à notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, ou encore accomplir des manifestations spirituelles et culturelles ou nationales », est-il mentionné dans la lettre. Des divertissements sur le territoire de l’église Sainte-Sophie ou dans ses murs seront considérés par les membres de l’Association, comme « un sacrilège extrême, comme un attentat dissimulé contre le sens du sacré et les intérêts de la nation ukrainienne ». Les auteurs de la lettre appellent le président, en tant que garant des intérêts de tous les citoyens de l’Ukraine, « à interdire le déroulement à Sainte Sophie du festival international de variété, de ne pas permettre l’humiliation de notre peuple ». Selon les auteurs, il serait plus opportun de produire la manifestation dans l’ancien musée Lénine ou au Palais des arts d’Ukraine. « Nous vous appelons, en tant que Président de l’Ukraine de vous opposer fondamentalement et décisivement à la déshumanisation de la nation ukrainienne, d’où qu’elle vienne et quels que soient ceux qui la mettent en œuvre » concluent les auteurs de l’appel.

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Le patriarche de Jérusalem Théophile III a appelé les orthodoxes d’Ukraine à être prêts à verser leur sang pour témoigner du Christ

Le primat de l’Église orthodoxe de Jérusalem, le patriarche Théophile III, a manifesté son soutien aux fidèles de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, qui font face aujourd’hui à de nombreuses attaques des schismatiques et nationalistes ukrainiens. Le patriarche a rappelé que tous les véritables chrétiens 

ont toujours été persécutés dans ce monde, mais n’ont jamais désespéré et ont considéré comme un bonheur de souffrir pour le Christ. C’est ce qu’a déclaré le patriarche au cours d’un long entretien avec la délégation de l’Église orthodoxe d’Ukraine qui séjournait en Terre Sainte, avec, à sa tête, le métropolite de Zaporojié et de Melitopol Luc. Celui-ci était accompagné par le chef du Service des pèlerinages de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem, le hiéromoine Dométien, et par le directeur du Centre des pèlerinages de l’Église orthodoxe d’Ukraine, Vladimir Telijenko. Au cours de la rencontre, le patriarche Théophile a abordé les questions des relations de l’Église orthodoxe et de l’État en Ukraine, du témoignage contemporain de l’Église dans le monde sécularisé, ainsi que du martyre des chrétiens de différentes confessions au Moyen Orient. « Selon la parole de l’apôtre, nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang », a souligné le patriarche, « et il faut se rappeler de la source de la haine envers le Christ et ceux qui L’aiment, de la cause première des divisions et des conflits. Le Patriarcat de Jérusalem s’efforce d’apporter le témoignage de la paix. Rechercher le compromis, s’efforcer de trouver une compréhension mutuelle, la résolution des problèmes, il faut le faire jusqu’à la fin. Et lorsque cela s’avère déjà impossible, il faut demeurer dans l’esprit d’amour et de la paix du Christ, être prêt à témoigner par le sang de l’amour et de la paix. Ainsi a été la voie de toutes les Églises. C’est ainsi qu’a été affermie et existe jusqu’à ce jour l’Église à Jérusalem, c’est ainsi que l’Église russe a témoigné au XXème siècle de la véritable puissance du Christ ». Le métropolite Luc a remercié le patriarche au nom de toute l’Église orthodoxe d’Ukraine pour la chaleureuse réception et ces paroles de soutien et de consolation que le Primat a transmis au clergé et aux fidèles de l’Église canonique en Ukraine. À l’issue de la rencontre, le directeur du Centre des pèlerinages de l’Église orthodoxe d’Ukraine, Vladimir Telijenko, a discuté avec le patriarche des détails des célébrations des nombreux clercs de cette Église qui séjournent actuellement en Terre Sainte. Le même jour, l’archevêque d’Izioum et Koupiansk Élisée et l’évêque de Berdiansk et Primorsk Éphrem avec des pèlerins d’Ukraine ont rencontré le primat de l’Église de Jérusalem. Les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont remercié le patriarche de Jérusalem pour la possibilité qui leur est donnée de vénérer les saints Lieux de Palestine et ont demandé ses prières pour l’État ukrainien et son peuple.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine compte deux fois plus de paroisses que les deux entités schismatiques confondues

L’Église orthodoxe d’Ukraine compte 53 diocèses, où accomplissent leur ministère 84 hiérarques et 10.169 prêtres. En outre, elle dispose de 12.334 paroisses, 207 monastères avec 4847 moines et moniales, 3707 écoles du dimanche, selon les données communiquées par le Service de presse de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Quant aux deux entités schismatiques, à savoir le « Patriarcat de Kiev » et « L’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne », elles disposent respectivement de 36 et de 12 hiérarques, 3332 et 723 clercs, 211 et 19 moines et moniales. Comme l’indique le communiqué du Service de presse de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le nombre des paroisses de l’Église orthodoxe d’Ukraine « est deux fois supérieur aux autres confessions orthodoxes confondues, tandis que le nombre de moines et moniales est 21 fois plus grand ».

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Rencontre du métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec les ambassadeurs de la Confédération helvétique dans la région de la C.E.I.

Le 22 septembre 2016, le métropolite de Kiev Onuphre a reçu dans sa résidence de la Laure des Grottes de Kiev un groupe d’ambassadeurs de la Confédération helvétique en poste dans la région de la CEI ainsi que des représentants du Ministère suisse des affaires étrangères, et ce à leur demande. À la rencontre était également présent le collaborateur du Département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine S.M. Bortnik. Le thème de la discussion était l’état des relations entre l’Église et l’État en Ukraine et le rôle de l’Église orthodoxe d’Ukraine dans la société ukrainienne contemporaine. Le métropolite Onuphre a souligné que la tâche primordiale de l’Église était l’enseignement des commandements de Dieu aux fidèles ainsi que les vertus morales, l’honnêteté, le travail bien fait, l’amour de Dieu et du prochain. Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine a également mentionné que l’Église travaille conjointement avec l’État au bien du pays. Entre autres, l’Église orthodoxe d’Ukraine reste le chaînon qui unit les habitants des régions orientales du pays qui sont déchirées par la guerre avec les habitants du reste du territoire de l’Ukraine. L’Église produit nombre d’efforts pour préserver l’unité de l’Ukraine, a déclaré le métropolite. Concernant la question des relations interconfessionnelles dans l’État, le primat a précisé que l’Église orthodoxe d’Ukraine est ouverte aux frères et sœurs en Christ qui se trouvent dans le schisme. Les voies vers l’union existent, mais elles ne doivent pas être au service de la conjoncture politique. « Les politiciens, parfois, ne comprennent pas correctement la nature de l’Église », a conclu le métropolite Onuphre, « la voie vers l’union de l’Orthodoxie en Ukraine nécessite de la patience, or le conflit politique gêne ce processus ». La rencontre a eu lieu dans une atmosphère amicale. À l’issue de la rencontre, Mgr Onuphre a offert des cadeaux à ses hôtes. Le même jour, ceux-ci ont visité les églises et les grottes de la Laure de Kiev.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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Deux anciens présidents de l’Ukraine en visite du Patriarcat œcuménique

Le patriarche oecuménique Bartholomée, a reçu le 31 août dernier les deux anciens présidents de l’Ukraine Leonid Kravtchouk et Viktor Iouchtchenko. Selon le communiqué du Patriarcat oecuménique, le patriarche, accompagné de Mgr Jean de Pergame et Mgr Emanuel de France, s’est entretenu pendant deux heures avec les deux invités d’honneur.

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20.000 pèlerins sont arrivés à la Laure de la Dormition à Potchaïev (Ukraine)

La procession, qui a commencé à Kamenets-Podolski est arrivée à la Laure de la Dormition à Potchaïev le 25 août. La distance est d’environ 200 kilomètres. 20.000 personnes sont entrées à la Laure, au son des cloches. Un espace pour se reposer et un repas ont été offerts à tous les participants à la procession. Selon le service de presse de la Laure, le pèlerin le plus jeune était âgé de 26 jours, tandis que le plus âgé avait 81 ans. Ce pèlerinage, depuis Kamenets-Podolski jusqu’à la Laure de Potchaïev, pour y assister à la fête de la Dormition, que l’Église orthodoxe russe fête le 28 août selon l’ancien calendrier, a lieu chaque année. Cette tradition remonte à presque 200 ans.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de presque 500 paroisses depuis l’élection du métropolite de Kiev Onuphre

Depuis que Mgr Onuphre a été élu métropolite de Kiev, l’Église orthodoxe d’Ukraine s’est accrue de 484 paroisses. C’est ce qu’a annoncé le chancelier de cette Église, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, à l’occasion du deuxième anniversaire de l’intronisation de S.B. le métropolite Onuphre : « Depuis l’élection, il y a deux ans, du métropolite Onuphre, lequel est le 123ème primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, celle-ci a connu une croissance tant quantitative que qualitative. Le nombre de nos paroisses a augmenté de 484 ». Le métropolite Antoine a ajouté que le Primat avait effectué 43 visites archipastorales dans les diocèses, consacré 23 églises dans différents endroits du pays. En outre, 13 nouveaux saints ont été canonisés au cours de la même période. « Ces statistiques témoignent que l’Église croît, qu’elle renaît », a fait remarquer le métropolite Antoine. Celui-ci a rappelé que la période susmentionnée coïncidait avec une profonde crise économique et politique, ainsi qu’avec les affrontements armés dans l’Est du pays, d’où l’appel essentiel du métropolite Onuphre durant toute cette période à la prière pour la paix en Ukraine. « Notre Église, comme le dit S.B. le métropolite Onuphre, ne divise pas les Ukrainiens entre les « siens » et les « autres », entre ceux « qui ont raison » et ceux « qui ont tort ». Nous sommes tous les citoyens de l’Ukraine une, nous sommes tous différents, mais nous sommes tous les enfants de Dieu » a déclaré le métropolite Antoine. Le 17 août 2016, l’Église orthodoxe d’Ukraine commémore la deuxième année de l’intronisation du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Celui-ci, alors métropolite de Tchernovtsy et de Bucovine, a été élu locum tenens de la cathèdre métropolitaine de Kiev le 24 février 2014 en raison de la maladie du primat, le métropolite Vladimir (Sabodan, +2014). Le 13 août de la même année, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine a élu le métropolite Onuphre primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’intronisation a eu lieu à la Laure des Grottes de Kiev le 17 août 2014.

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L’archevêque Job de Telmessos déclare dans une interview que le Patriarcat de Constantinople n’a pas l’intention de créer son propre exarchat en Ukraine 

Lors des solennités à Kiev consacrées au Baptême de la Russie kiévienne, le président ukrainien Porochenko a invité le patriarche œcuménique Bartholomée. Celui-ci a envoyé pour participer aux célébrations son représentant, l’archevêque de Telmessos Job (Getcha). Après cette visite, de nombreuses interprétations des paroles et déclarations de Mgr Job ont été publiées, dont celles qui ont été prononcées par celui-ci pendant la cérémonie officielle à la « Vladimirskaïa Gorka », à Kiev. Or, ces interprétations sont diamétralement opposées, selon les vues et les convictions de ceux qui les font. Afin d’éviter tout malentendu concernant tant la visite de l’archevêque Job à Kiev, que la politique du Patriarche œcuménique à l’égard de la question ecclésiale ukrainienne, le site orthodoxe ukrainien pravlife.org s’est adressé directement à l’archevêque Job afin d’obtenir les éclaircissements nécessaires.

Monseigneur, vous étiez représentant du patriarche de Constantinople lors des solennités du Jour du Baptême de la Rous’ à Kiev. Pourquoi le patriarche Bartholomée n’a-t-il pu venir ? Quels souhaits Sa Sainteté a-t-elle transmis aux Ukrainiens ? De quoi a-t-il été question au cours de votre rencontre avec le Président ukrainien ? Avez-vous rencontré le chef du « Patriarcat de Kiev » ?

– Le patriarche œcuménique a reçu l’invitation du Président ukrainien mais, malheureusement, eu égard au fait qu’il reçoit de nombreuses invitations et que le programme de ses visites est assez dense, il ne peut répondre positivement à toutes. Néanmoins, dans de tels cas, le patriarche, courtoisement, envoie toujours son représentant. Cette fois, en cette qualité, c’est moi qui suis venu à Kiev pour les festivités. Le patriarche a demandé de transmettre à tous les Ukrainiens qu’il était spirituellement avec eux, parce que l’Église de Constantinople est l’Église-Mère pour l’Église de Kiev. En tant que père spirituel du peuple ukrainien, sa prière et ses souhaits est la paix dans le pays et l’unité dans l’Église. Ce sont précisément ces souhaits que j’ai transmis de sa part au Président ukrainien et à S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Avec la bénédiction du patriarche, c’est précisément eux que je devais rencontrer, et mon séjour était convenu avec les organes de l’État et l’Église canonique.

Suivez-vous les événements dans notre pays ? Nous avons tous vu l’agression contre la Procession pan-ukrainienne pour la paix. Comment pensez-vous, pourquoi une certaine partie de la société n’accepte-t-elle pas l’initiative pacificatrice de l’Église ?

– Oui, bien sûr, nous suivons constamment les événements en Ukraine. Il faut dire que toutes les questions sont très politisées. En réalité, dans la question du schisme ecclésial en Ukraine, ce sont précisément les motifs politiques qui jouent un grand rôle. De nombreuses forces marginales, tant pro-russes que pro-ukrainiennes, voulaient utiliser la Procession pour leur propagande ultra-nationaliste. L’État craignait que des provocations puissent avoir lieu. Mais, Dieu soit loué, toutes les mesures possibles ont été prises afin de ne pas permettre quelque chose de tel, et la Procession pour la paix s’est déroulée paisiblement, sans aucuns incidents !

Quel est votre point de vue, des changements juridictionnels pourraient-ils régler les problèmes du schisme ecclésial en Ukraine ? Comment l’Église de Constantinople voit-elle son aide pour le retour de l’unité ecclésiale en Ukraine ?

– Le but principal du Patriarcat œcuménique est l’unité de l’Église orthodoxe en Ukraine. Tous, tant les Ukrainiens que tous les chrétiens orthodoxes dans le monde entier, en ont assez du schisme. Le Patriarcat œcuménique ne prévoit pas de créer une juridiction parallèle en Ukraine, parce qu’une telle situation non canonique ne ferait qu’approfondir le problème. Le Patriarcat œcuménique est prêt à aider à résoudre le schisme ecclésial comme récemment cela a été le cas dans l’Église de Bulgarie et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie.

Qu’est ce que tous les orthodoxes en Ukraine doivent nécessairement faire pour atteindre l’unité ?

– Premièrement, il faut rejeter son égoïsme et fuir l’égocentrisme. Récemment, lors du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète, S.B. l’archevêque d’Albanie Anastase a souligné que la source de tous les problèmes dans l’Église est l’égocentrisme. Deuxièmement, il faut par principe observer les saints canons de l’Église orthodoxe qui existent précisément afin de préserver l’unité de l’Église. Troisièmement, il faut prier plus, afin que nous changions intérieurement et qu’ainsi nous puissions coopérer à l’unité. Et enfin, comme de véritables pacificateurs, nous devons être des hommes de dialogue, prêts à entendre les souhaits du prochain et chercher une issue à cette situation.

Que souhaiteriez-vous à tous les Ukrainiens orthodoxes ?

– Je pense que la plus grande fête en Ukraine aura lieu lorsque la paix viendra dans l’État et l’unité dans l’Église orthodoxe. Je vous assure qu’afin de partager la joie d’une telle fête, le Patriarche œcuménique trouvera toujours le temps, et moi-même avec lui !

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L’Église orthodoxe russe considère comme une « invention journalistique » les paroles attribuées au représentant de Constantinople au sujet de l’appartenance canonique de l’Ukraine

On ne croit pas, au Patriarcat de Moscou, que le représentant de Constantinople, l’archevêque de Telmissos Job (Getcha), aurait appelé l’Ukraine son territoire canonique. « L’archevêque Job est un homme très instruit, spécialiste dans le domaine du droit canon. On ne peut croire qu’il aurait effectivement pu affirmer que, soi-disant, « le territoire de l’Ukraine constitue le territoire canonique de l’Église de Constantinople », écrit le vice-président du Département synodal du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov, dans un article publié sur le site « Interfax-Religion ». Selon l’archiprêtre, une telle déclaration contredit la vérité historique, tout comme la position officielle du Patriarcat de Constantinople, confirmée des multitudes de fois (notamment par le fait que c’est précisément au patriarche de Moscou Cyrille que le patriarche de Constantinople Bartholomée a envoyé une notification officielle de la visite prochaine à Kiev de l’archevêque Job). L’archiprêtre Nicolas a indiqué que l’interview contenant la déclaration susmentionnée a été préparée par une partisane du schisme bien connue en Ukraine, qui fut dans le passé une activiste de la secte de « l’Ambassade de Dieu » de Sunday Adelaja, et a été publiée sur le site RISU, soutenu par les Gréco-catholiques (uniate), dont le chef s’est exprimé de façon outrageuse à l’égard de ses compatriotes orthodoxes ukrainiens. « Mgr Job a participé aux offices à Kiev sur l’invitation personnelle du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Je pense que cela démontre de toute évidence la reconnaissance par le patriarcat de Constantinople de la seule Église et juridiction canoniques en Ukraine. Quant aux faits « retentissants » et aux sensations, nous les laissons à la conscience des journalistes qui les publie » précise le père Nicolas. À son avis, la tentative de nier la légitimité de la réunion de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou ressemble plus à une invention journalistique qu’à la déclaration responsable d’un hiérarque orthodoxe. « Dans tous les cas, cette affirmation est absolument dépourvue de fondements tant canoniques qu’historiques. La lettre conciliaire de 1686 a été signée par le patriarche de Constantinople Denis IV et par 21 métropolites de l’Église de Constantinople, elle a été reconnue par tous les Patriarches orientaux et n’a jamais été mise en doute au cours des siècles » a conclu le père Nicolas.

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Le patriarche Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine pour son soutien au Concile panorthodoxe

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine, Sviatoslav (Chevtchouk) pour son soutien au Concile panorthodoxe exprimé par celui-ci dans sa lettre. Cette information est communiquée par le département de l’information de ladite Église. « Nous sommes heureux de la possibilité de communiquer avec vous, afin d’exprimer notre sincère gratitude pour votre lettre avec ses souhaits fraternels pour le Saint et Grand Concile qui, avec la grâce de l’Esprit Saint et la synergie de nos frères les primats et les hiérarques des Églises orthodoxes locales du monde entier, a finalement été convoqué le 19 juin et s’est achevé avec succès le 26 juin 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète » a écrit le Patriarche œcuménique, qui ajoute : « Nous pouvons assurer Votre Béatitude, que notre propension au dialogue avec nos Églises sœurs a été soutenue par l’écrasante majorité au cours des sessions conciliaires et a été reflétée officiellement dans les documents finaux. Cela, selon notre conviction, revêt indubitablement une signification décisive pour le témoignage espéré et unique de l’Évangile dans notre monde et notre temps troublés ». Le patriarche Bartholomée a également assuré de sa prière « pour la stabilité et la paix en Ukraine. » « Que le Seigneur tout puissant défende et garde votre pays béni » a-t-il conclu. En mai 2016, le chef de l’Église uniate ukrainienne avait écrit au patriarche de Constantinople pour lui exprimer son soutien au Concile en Crète. « Nombreux sont, parmi les hiérarques rassemblés pour penser aux problèmes qui se dressent devant l’Église orthodoxe, ceux qui peuvent être étonnés d’apprendre que le Chef de l’Église que l’on décrit souvent comme le plus grand obstacle au dialogue œcuménique [i.e. l’Église uniate d’Ukraine, ndt] vous soutiendra par la prière sincère, afin que la présence divine soit réellement ressentie dans toutes vos discussions, sachant que « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 20), a écrit l’archevêque Sviatoslav. Dans sa lettre, celui-ci a aussi rappelé qu’il y a 21 ans, les membres du « Groupe d’études de l’Église de Kiev » [constitué des représentants de l’Église orthodoxe, de l’Église gréco-catholique et de l’Église catholique de rite latin, ndt] avaient rendu visite au patriarche, au Phanar. « Je vous assure que le même esprit d’ouverture et de sincérité œcuméniques, que vous avez vu alors chez les hiérarques et les clercs gréco-catholiques ukrainiens, est vivant aujourd’hui aussi. Pour cette raison, il y a une questions unique que je voudrais proposer au Concile [panorthodoxe, ndt] d’examiner, à savoir discuter la possibilité de la réalisation de projets historiques communs pour « la purification de la mémoire » et la guérison des blessures du passé » était-il dit dans la lettre du chef des uniates ukrainiens.

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Jovan Nikoloski