30/05/2017
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Résultats de la recherche : cyrille la havane

Une année après la rencontre entre le patriarche Cyrille et le pape François à La Havane

L’Institut d’études oecuméniques de l’Université de Fribourg (Suisse) a organisé une manifestation pour commémorer le premier anniversaire de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille qui a eu lieu le 12 février 2016 à La Havane, Cuba. Le portail catholique suisse en a publié un compte-rendu.

Réactions dans l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine au sujet de la déclaration commune du pape François et du patriarche de Moscou Cyrille

La déclaration commune du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille « n’a pas été une chose simple pour le Vatican », a déclaré le nonce apostolique en Ukraine, Mgr Claudio Gugerotti. Après l’office en la cathédrale de Kiev de l’Église gréco-catholique (uniate), celui-ci s’est adressé à l’assistance par une allocution, dans laquelle il a abordé le thème de la récente rencontre du patriarche et du pape à La Havane. 

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Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

Conférence de presse sur le prochain voyage du patriarche Cyrille en Amérique latine

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a donné le 5 février 2016 une conférence de presse au Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Cette rencontre avec les représentants des médias russes et étrangers avait pour objet le prochain voyage de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie en Amérique latine, qui aura lieu du 11 au 22 février 2016. Le voyage comprend une visite de la République de Cuba, de la République du Paraguay et de la République fédérative du Brésil.

Prenaient également part à la conférence de presse V. R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias, et le prêtre Alexandre Volkov, directeur du service de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Le président du DREE a décrit les étapes du prochain voyage de Sa Sainteté en Amérique Latine :

« Le programme de ce voyage commence par une visite de Cuba, où Sa Sainteté, invitée par le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, Raul Castro, arrivera le 11 février. A l’époque où il était encore métropolite et président du Département des relations ecclésiastiques extérieures, le patriarche Cyrille était allé à Cuba, dont il avait rencontré les autorités. Il avait suivi de près la construction de l’église dédiée à l’icône de la Mère de Dieu de Kazan à La Havane, dont il avait célébré la consécration.

En 2009, le président de Cuba Raul Castro a invité Sa Sainteté à se rendre dans son pays en tant que patriarche. Cependant, la nécessité de rendre des visites fraternelles aux Églises orthodoxes locales, ainsi que de multiples voyages dans les diocèses de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie et d’autres pays limitrophes n’ont pas permis de réaliser cette visite outre-mer. Le 17 novembre 2011, Raul Castro a réitéré son invitation officielle au Primat de l’Église orthodoxe russe. Cette invitation a été renouvelée à plusieurs reprises lors de mes rencontres avec les représentants diplomatiques de Cuba. En septembre de l’an dernier, le Patriarche a pris la décision d’aller à Cuba en février de l’année en cours, rattachant cette visite au 45e anniversaire de la consécration de la première église du Patriarcat de Moscou à La Havane, dédiée aux saints Constantin et Hélène. La communauté russophone de Cuba, qui compte 15 000 personnes, attend avec impatience la visite de son primat.

Le programme comporte des rencontres de Sa Sainteté avec Fidel Castro et le Président du Conseil d’État de la République de Cuba Raul Castro, la visite d’un centre de réhabilitation pour enfants « Solidarité avec Panama ». Le dimanche 14 février, Sa Sainteté présidera la Divine liturgie à l’église orthodoxe russe de la Vierge de Kazan.

Un autre évènement important aura lieu à Cuba. Les itinéraires de Sa Sainteté le patriarche Cyrille et du Pape François de Rome, qui sera en visite au Mexique durant ces mêmes jours, se croisant, il a été décidé d’organiser une rencontre entre les chefs des Églises catholique romaine et orthodoxe russe sur l’Île de la Liberté le 12 février. La rencontre aura lieu à l’aéroport international de La Havane.

La rencontre des Primats des Églises orthodoxe russe et catholique romaine se prépare depuis longtemps. Dans les années 1996-97, des négociations intensives avaient été menées afin d’organiser d’une rencontre entre Sa Sainteté le Patriarche Alexis II et le Pape Jean-Paul II en Autriche. Il avait cependant fallu mettre un terme à ces négociations à cause de problèmes sur lesquels aucun accord n’avait pu être trouvé. Il s’agissait avant tout des agissements des gréco-catholiques en Ukraine et du prosélytisme des missionnaires catholiques sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou. En même temps, la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe n’a jamais rejeté la possibilité d’une telle rencontre, lorsque les conditions nécessaires seraient réunies.

Durant toutes ces années, le principal problème entre les deux Églises et le principal obstacle à la tenue d’une rencontre les Primats a été l’uniatisme. L’anéantissement de trois diocèses du Patriarcat de Moscou en Ukraine occidentale par les uniates dans les années 1980-90, le transfert du centre de l’Église gréco-catholique ukrainienne de Lvov à Kiev, la volonté affichée de cette Église de s’arroger le statut de Patriarcat, le développement de la mission de l’EGCU sur les terres traditionnellement orthodoxes d’Ukraine de l’Est et du Sud, le soutien des uniates aux schismatiques, tous ces facteurs n’ont fait qu’aggraver le problème. La situation a encore empiré avec les évènements de ces derniers temps en Ukraine, auxquels les représentants de l’EGCU ont pris la part la plus active, déclamant des slogans antirusses, voire russophobes. Ainsi, malheureusement, le problème de l’uniatisme est toujours à l’ordre du jour, et l’union reste une blessure sanglante et béante, empêchant l’entière normalisation des relations entre les deux Églises.

Néanmoins, la situation au Proche Orient, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, ainsi que dans d’autres régions où les extrémistes se livrent à un véritable génocide de la population locale, exige des mesures immédiates et une plus grande collaboration entre les Églises chrétiennes. Dans le contexte de cette tragédie, il est nécessaire de mettre de côté les désaccords intérieurs et d’unir nos efforts pour le salut du christianisme dans les régions où il est soumis à de cruelles persécutions.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui vient de s’achever à Moscou le 3 février a appelé à faire de l’année 2016 une année d’efforts dans ce domaine. C’est pourquoi, malgré les obstacles d’ordre ecclésiastique qui demeurent, il a été décidé d’organiser sans tarder une rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François de Rome. Le thème des persécutions contre les chrétiens sera au cœur de la rencontre.

Ces dernières années, de multiples propositions ont été faites quant au lieu de cette rencontre. Cependant, le patriarche Cyrille a dès le départ refusé qu’elle ait lieu en Europe, car c’est en Europe qu’a débuté la triste histoire des divisions et des conflits entre chrétiens. La correspondance de dates dans les visites du patriarche en Amérique latine et celle du pape de Rome au Mexique permettait d’organiser une rencontre dans le Nouveau Monde, rencontre qui, nous l’espérons, ouvrira une nouvelle page dans les relations entre les deux Églises. En dehors du thème principal, la situation des chrétiens au Proche Orient et partout là où ils subissent des persécutions, plusieurs thèmes intéressant les relations bilatérales et la politique internationale seront abordés. La rencontre se terminera par la signature d’une déclaration commune.

Les 14 et 15 février, le patriarche Cyrille se rendra en République du Paraguay, à l’invitation du président de ce pays, Horacio Manuel Cartes. Le patriarche entend ainsi commémorer les représentants de l’émigration russe qui, dans les années 1920-30, ont apporté une importante contribution au développement du Paraguay en organisant des expéditions scientifiques dans les régions difficilement accessibles du pays, en étudiant les mœurs des indiens, en enseignant dans les universités du Paraguay.

Le 15 février, fête de la Sainte Rencontre, le patriarche présidera la célébration de la divine liturgie à l’église russe de la Protection de la Mère de Dieu d’Asunción. Ensuite, il visite le quartier russe du cimetière municipal, où il célèbrera un office de requiem. Le même jour, Sa Sainteté rencontrera le président du Paraguay H. M. Cartes, ainsi que les expatriés russes résidant dans ce pays.

La visite de Sa Sainteté le patriarche Cyrille au Brésil est rattachée au 95e anniversaire de l’arrivée de 1217 réfugiés russes partis de Gallipoli à Rio-de-Janeiro, le 21 juillet 1921, ainsi qu’au 70e anniversaire de la création du diocèse d’Argentine et d’Amérique du Sud (Église orthodoxe russe), dans lequel le Brésil occupe une place importante.

Le séjour au Brésil commencera par une visite de la capitale, Brasilia, où Sa Sainteté rencontrera le président de la République fédérative du Brésil, Dilma Rousseff. Ensuite, Sa Sainteté visitera Rio-de-Janeiro, où elle célèbrera un office d’intercession sur le Mont Corcavado, au pied de la statue du Christ Rédempteur. Le patriarche se rendra ensuite à l’église russe Sainte-Zénaïde, puis rencontrera le cardinal Orani Juan Tempesta, archevêque de Rio-de-Janeiro. La visite au Brésil s’achèvera le 21 février par une visite de Sao-Paolo. Le Patriarche célèbrera la liturgie à la cathédrale Saint-Paul (Patriarcat d’Antioche) et visitera l’église russe de l’Annonciation.

Le soir du même jour, Sa Sainteté et les personnes l’accompagnant s’envoleront pour Moscou. »

Ensuite, les speakers ont répondu aux multiples questions des journalistes.

Source

Le patriarche Cyrille de Moscou et le pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dCommuniqué de presse conjoint du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou:

 » Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le pape François et Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie se rencontreront le 12 février prochain. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le patriarche sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Martí de La Havane, et se conclura par la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des primats de l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou espèrent qu’elle sera également un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre et qu’elle porte de bons fruits. »

Sources: Patriarcat de Moscou. Illustration: Le Figaro

Le métropolite Hilarion est intervenu au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Le 11er mai 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté un exposé lors de l’assemblée plénière du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés, à Washington.

Présentant le métropolite Hilarion, le président de l’association évangélique Billy Graham, F. Graham, a mentionné sa visité en Russie, fin 2015, expliquant que l’idée de ce sommet pour la défense des chrétiens persécutés lui était venue à Moscou, pendant son entretien avec le président du DREE.

Le métropolite Hilarion a salué les participants du sommet au nom de l’Église orthodoxe russe. Il a remercié l’Association Billy Graham et son président Franklin Graham d’avoir organisé un forum de cette ampleur, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’épouvantable tragédie des chrétiens persécutés dans le monde d’aujourd’hui.

Le hiérarque orthodoxe a rappelé que les persécutions contre les disciples du Christ ne sont pas un phénomène nouveau. « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte d’infamie à cause de Moi », disait le Seigneur Jésus Christ (Mt 5, 10). Le thème des persécutions est un des leitmotivs de sa prédication, revenant sans cesse dans ses entretiens avec les apôtres. « L’apôtre Pierre dit : « Très chers, ne jugez pas étrange l’incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous survenait quelque chose d’étrange. Mais, dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. Heureux, si vous êtes outragés pour le nom du Christ, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous. Que nul de vous n’ait à souffrir comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme délateur, mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas honte, qu’il glorifie Dieu de porter ce nom » (I P 4, 12-16).

L’Église a été persécutée partout durant les trois premiers siècles de son existence, a souligné le métropolite Hilarion. Durant les siècles suivants, les chrétiens ont aussi été soumis à de nombreuses persécutions, sous différentes formes. « Il n’y a pas un siècle dans l’histoire du christianisme où nous n’ayons pas été persécutés, dans une partie du monde ou dans l’autre », a témoigné l’hiérarque.

Poursuivant la même idée, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rappelé que le XX siècle avait posé avec plus que jamais d’acuité la question du prix que les chrétiens devaient payer pour leur foi. Ainsi, la série de révolutions qui a bouleversé tant d’états en Europe, en Asie et en Amérique latine, a provoqué une puissante vague de violences contre les chrétiens. En Turquie, le début du XX siècle a été marqué par une extermination massive des Arméniens, des Assyriens et des représentants d’autres peuples chrétiens. L’état des Jeunes Turcs a lancé un génocide contre la population chrétienne de l’Empire ottoman, qui s’est poursuivi après la chute de l’empire. Les exécutions, particulièrement cruelles, les assassinats, les déportations massives ont touché plus d’un million de personnes. Dans l’Allemagne d’Hitler et dans l’Espagne républicaine des années 30, les chrétiens de différentes confessions ont fait l’objet de persécutions plus ou moins violentes. Les persécutions contre l’Église catholique ont été particulièrement cruelles et sanglantes au Mexique dans les années 1920. Au milieu du XX siècle, la « révolution culturelle » chinoise a entraîné des répressions massives contre le clergé chrétien.

« Cette année, la Russie et les autres pays de ‘l’espace post-soviétique’ commémorent le centenaire de la révolution d’octobre 1917, point de départ d’une époque de cruelles persécutions contre l’Église orthodoxe russe, a rappelé le président du DREE. Le pouvoir, en la personne de Lénine et de Staline, a initié des répressions d’une ampleur sans précédent contre son propre peuple ; des dizaines de millions de personnes ont été victimes de ces répressions. » Durant ces années, a constaté le métropolite, l’Église s’est enrichie d’une multitude de saints qui, selon le mot de l’apôtre, « se sont laissés torturés afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent l’épreuve des dérisions et des fouets, et même celles des chaînes et de la prison » (Heb 11, 35-36). »

« Au XX siècle, les nouveaux martyrs et confesseurs russes n’étaient pas mis à mort à cause d’actes concrets, à cause de transgressions, de violations de la loi ou de crimes. Ils étaient systématiquement éliminés parce qu’ils croyaient en Jésus Christ, Dieu et Sauveur, a souligné Mgr Hilarion. Les églises chrétiennes étaient dynamitées pour la seule raison qu’elles étaient chrétiennes. Les icônes étaient brûlées parce qu’elles représentaient le Christ. »

Elle est longue, la triste liste des pays où les chrétiens ont été l’objet de persécutions au XX siècle, a constaté l’archipasteur. Le début du XXI siècle s’ouvre sur une nouvelle vague de persécutions de grande envergure contre les chrétiens dans différentes parties du monde. »

« Les chrétiens souffrent surtout aujourd’hui dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique, a raconté le métropolite. Depuis près de deux mille ans, les chrétiens vivent dans ces régions. Aujourd’hui, ils entravent la voie d’intérêts politiques ou économiques pour des forces qui ne répugnent pas à employer des terroristes pour atteindre leurs buts, faisant de ces terroristes des combattants pour la liberté et la démocratie. L’ampleur des persécutions contre les chrétiens est obstinément tue dans les médias et au sein de la communauté internationale. »

Mgr Hilarion a cité plusieurs exemples illustrant la détresse des chrétiens dans différents pays du Proche-Orient. Si près d’un million et demi de chrétiens vivaient en Irak avant 2003, ils ne sont plus aujourd’hui que 150 à 250 000, selon les estimations, la plus grande partie de cette population ayant dû quitter le pays après le début du soi-disant « printemps arabe ». En Lybie, le « printemps arabe » a entraîné la quasi-disparition des chrétiens. Les autorités actuelles du pays déclarent ouvertement qu’elles ne souhaitent pas que les chrétiens y restent.

En Égypte, après la venue au pouvoir des « Frères-musulmans », les assassinats de chrétiens et les incendies d’églises étaient devenus systématiques. La population chrétienne a commencé à quitter le pays. Depuis l’arrivée au pouvoir d’As-Sissi, la situation s’est améliorée, mais des explosions meurtrières ont toujours lieu dans les églises d’Égypte, et des dizaines de personnes tombent victimes des bombes des terroristes.

Dans les régions de Syrie tombées aux mains des terroristes pendant la guerre, les chrétiens ont été exterminés sans pitié. Le monde n’aurait sans doute rien su de ces tragédies si les terroristes eux-mêmes n’avaient partagé sur internet les scènes atroces de ces exécutions contre les chrétiens. Ceux des chrétiens qui sont restés en vie sont soumis à des tortures et à différentes humiliations.

Le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a constaté : « Nous partageons la position de Leurs Saintetés les Patriarches Jean X (Église orthodoxe d’Antioche) et Ephrem II (Église syro-jacobite), formulée récemment dans un message commun à l’occasion de l’anniversaire de l’enlèvement de deux hiérarques, les métropolites Paul d’Alep et Jean Ibrahim. Ce message témoigne que les chrétiens d’Orient sont désireux de rester sur la terre de leurs ancêtres, que les discours du « monde civilisé » sur la démocratie ne doivent pas distraire des véritables problèmes de la population syrienne et de la nécessité de cesser la guerre, qu’il est aussi nécessaire d’arrêter de financer les groupements terroristes, donnant plutôt du pain aux affamés ». Il faut entendre cette voix et la faire entendre aux grands de ce monde, parce qu’elle exprime l’opinion des chrétiens de Syrie, a souligné l’hiérarque.

Le génocide des chrétiens se poursuit aujourd’hui sous les yeux du monde civilisé, a témoigné le métropolite Hilarion. Jusqu’à une date récente, l’Occident se taisait, les hommes politiques et les médias gardant obstinément le silence sur ce thème. « Aujourd’hui, ce ‘complot du silence’ a été brisé, on commence à parler des persécutions contre les chrétiens au plus haut niveau international. Mais beaucoup de ceux qui évoquent ce thème, aujourd’hui encore, s’efforce de le détourner : « Ne parlons pas des chrétiens, parlons plutôt des minorités ». Ils appellent ainsi à taire le problème, détournant la conversation dans le domaine des discours politiquement corrects sur la tolérance envers n’importe quelle minorité, notamment sexuelle, ou autre » a constaté Mgr Hilarion.

Le président du DREE a aussi rappelé que le monde était peu au courant du génocide des chrétiens en Afrique. Pourtant, au Nigéria et dans les pays limitrophes, les terroristes du groupe « Boko Haram » et les tribus nomades tuent les chrétiens par villages entiers. Rien qu’au Nigéria, les extrémistes ont détruit 900 églises ces derniers temps. Les autorités du Soudan du Nord jettent des bombes sur les chrétiens et les soumettent à des discriminations permanentes. Les attaques contre les chrétiens se poursuivent en Somalie et en Tanzanie.

« Nos frères et sœurs sont aussi soumis à de multiples souffrances et persécutions dans les pays d’Asie, en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Inde, en Birmanie » a continué le métropolite Hilarion.

L’archipasteur a constaté que l’Église orthodoxe russe avait été l’une des premières à parler publiquement des persécutions contre les chrétiens à une époque où tout le monde se taisait. Le Patriarcat de Moscou a exprimé ses inquiétudes quant au sort de la population chrétienne du Proche-Orient et en Afrique dès le début des évènements du printemps arabe.

En novembre 2011, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’était rendu en Syrie et au Liban pour une visite irénique dont l’objet était, notamment, d’entretenir les liens fraternels entre les Églises chrétiennes dans le contexte d’un conflit pressenti.

Durant les années qui ont suivi, l’Église orthodoxe russe s’est efforcée et continue à s’efforcer d’entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les droits des chrétiens persécutés, a témoigné le métropolite Hilarion de Volokolamsk. Aucune rencontre de Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie et du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou avec les hommes politiques étrangers ne se passe sans que soit évoquée la situation des communautés chrétiennes du Proche-Orient et d’Afrique. La hiérarchie et les représentants de l’Église orthodoxe russe participent activement aux forums internationaux et interreligieux consacrés à la situation au Proche-Orient.

Mgr Hilarion a aussi évoqué le rôle du dialogue interreligieux dans l’aide aux chrétiens persécutés. Le 12 février 2016, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le Pape François de Rome se sont rencontrés à La Havane. « Les primats des deux plus grandes Églises chrétiennes ont témoigné de ce que les deux parties comprenaient que la situation dans le monde exigeait des mesures urgentes et, comme il est écrit dans la déclaration commune signée à La Havane, des actions coordonnées » a constaté Mgr Hilarion.

L’Église orthodoxe russe défend aussi les droits des chrétiens persécutés dans le dialogue qu’elle mène avec les autres religions, a poursuivi le métropolite.

« Les manifestations d’agression à l’encontre des chrétiens dans le monde contemporaine, en dehors des violences physiques, prennent souvent la forme de la négation du droit des gens à exprimer publiquement leur foi, à en suivre les valeurs, à porter ouvertement des symboles religieux, a poursuivi le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Nous constatons avec affliction et inquiétude le processus de déchristianisation de l’espace public de l’Ancien et du Nouveau monde, historiquement pourtant les bastions les plus importants de la civilisation chrétienne. Les églises et les communautés chrétiennes sont regardées comme des reliquats de l’ancien temps et non comme des acteurs de plein droit des processus sociaux. »

L’archipasteur a rappelé que, dans la société contemporaine, des phénomènes qui contredisent les commandements évangéliques sont de plus en plus souvent considérés comme normaux. La volonté de nombreux états de légaliser la pratique de l’euthanasie suscite de sérieuses inquiétudes. Dans certains pays (Pays-Bas, Belgique, Canada, Luxembourg), le patient est autorisé par la loi à mettre fin à ses jours. Récemment, en Italie, une nouvelle discussion sur la possibilité de l’euthanasie a suscité de vifs débats. Dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, les médias et le système éducatif font la promotion d’une idéologie favorable aux minorités sexuelles et à la propagande d’un mode de vie homosexuel.

L’Église orthodoxe russe proclame la sainteté de la vie humaine dès l’instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, elle confesse les idéaux évangéliques du mariage et de la famille, a souligné le métropolite de Volokolamsk, rappelant : « La position de notre Église est une position de principe. La société doit préserver les valeurs traditionnelles, apprendre à observer un équilibre entre les droits et les libertés de l’homme, d’une part, et la responsabilité pour le bien-être moral de la personne, de l’autre. Il est triste que la réalisation des droits de l’homme soit de plus en plus souvent synonyme de permissivité et de débauche morale. Cette tendance est une impasse pour le développement social ».

L’hiérarque de l’Église orthodoxe russe a appelé les représentants des différentes confessions chrétiennes à ne pas rester indifférents devant les souffrances de leurs frères et sœurs persécutés. « Aujourd’hui, plus que jamais, les chrétiens doivent être solidaires et intercéder pour ceux qui souffrent, pour les persécutés qui glorifient le Christ par leurs prouesses » a souligné le président du DREE.
« Cette solidarité interchrétienne doit être plus importante au niveau pratique que les divergences entre confessions chrétiennes qui se sont accumulées depuis des siècles. Ces divergences continueront à nous diviser, mais elles ne doivent pas être un obstacle à des actions concertées pour la défense des chrétiens persécutés, indépendamment de la confession à laquelle ils appartiennent » a déclaré l’archipasteur.

Par ailleurs, selon le président du DREE, la coopération interreligieuse revêt aujourd’hui une importance particulière. « Le terrorisme est un défi commun aux chrétiens, aux musulmans et aux représentants d’autres traditions religieuses. Il faut que tous en aient clairement conscience. La bombe du terroriste ne choisit pas qui sera touché par ses éclats : ses victimes seront des hommes de différentes appartenances religieuses » a dit le métropolite.

On peut, a-t-il poursuivi, citer beaucoup d’exemples de construction d’un climat social de paix et d’harmonie interreligieux. Les chrétiens et les musulmans vivent en bon voisinage au Liban et en Jordanie. L’Égypte a choisi la voie du dialogue interreligieux et de l’éradication de l’extrémisme. Il y a aussi l’expérience séculaire de coopération interreligieuse qui est celle de la Russie, où les chrétiens, les musulmans, les juifs et les bouddhistes non seulement ne sont pas en conflit, mais se réunissent dans le cadre du Conseil interreligieux de Russie pour résoudre les problèmes de l’actualité, pour élaborer ensemble une position commune et défendre les valeurs morales et spirituelles.

« Aujourd’hui, le rôle d’une instruction religieuse de qualité devient de plus en plus important, estime le métropolite Hilarion. Le succès des terroristes tient notamment au fait que, dans beaucoup de pays du monde, le niveau de connaissances religieuses est extrêmement bas. Les gens rejoignent les terroristes parce qu’ils ne connaissent pas la vérité ni sur l’islam, ni sur le christianisme. Les idéologues de la terreur affirment à leurs adeptes que les chrétiens sont les suppôts des colonisateurs étrangers, les ennemis de l’islam et qu’il n’y a pas d’autre moyen de défendre l’islam que d’éliminer les chrétiens. Des âmes fragiles se laissent influencer par cette idéologie. »

« Ensemble, nous pouvons faire beaucoup, a souligné le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Le monde entier prête aujourd’hui attention à notre sommet. Les confessions chrétiennes doivent témoigner d’une seule voix de notre solidarité avec nos frères et sœurs persécutés, appeler la communauté internationale à intensifier la lutter contre l’extrémisme, le terrorisme et la christianophobie. »

Les travaux du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés se poursuivront jusqu’au 13 mai. Le forum est organisé par l’Association évangélique Billy Graham et rassemblé 800 participants venus de plus de 135 pays.

Pour la première fois, une partie des reliques de saint Nicolas sera amenée depuis l’Italie en Russie

Une partie des reliques de saint Nicolas le Thaumaturge, qui sont conservées dans la basilique de Bari, seront amenées en Russie, où elles séjourneront du 21 mai au 28 juillet 2017. Cette information a été communiquée aux journalistes par le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe russe, le métropolite de Volokolamsk Hilarion. « C’est un événement unique depuis 930 ans que séjournent les reliques à Bari. Au cours de cette période, elles n’ont jamais quitté la ville » a déclaré le métropolite. Répondant aux questions, le métropolite a précisé que les reliques du saint seront présentées à la vénération des fidèles d’abord en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou et, ensuite, dans l’une des principales cathédrales de Saint-Pétersbourg. Cette venue des reliques a été négociée entre le pape François et le patriarche Cyrille, suite à la rencontre de la Havane le 12 février de l’an passé. « Chaque année, des centaines de fidèles du Patriarcat de Moscou séjournent à Bari, afin de vénérer les précieuses reliques du grand saint de Dieu. Toutefois, pour la majorité des orthodoxes de Russie, de tels pèlerinages lointains sont difficiles à réaliser. Le pape de Rome François et le patriarche de Moscou et de toute la Russie espèrent que la prière auprès des reliques miraculeuses du saint serviront au renforcement de la foi dans le cœur du peuple » a déclaré le métropolite.

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Fin de la XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine

La XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine s’est terminée le 21 septembre 2016, à Chieti (Italie).

Après adoption des amendements et addenda nécessaires, la session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine a approuvé le document commun « Synodalité et primauté pendant le Premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église ».

La délégation de l’Église orthodoxe géorgienne a publié une déclaration, exprimant son désaccord avec certains paragraphes du document. Cette déclaration a été incluse au communiqué publié par la séance plénière et figurera au document commun en tant que note. Le document devrait être prochainement publié au nom de la commission.

Pendant les séances, les participants ont discuté du thème de la poursuite du dialogue. Le chef de la délégation de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a proposé de consacrer le prochain stade du dialogue au thème de la synodalité et du primat dans les Églises d’Orient et d’Occident durant le second millénaire. En parallèle, a-t-il souligné, il serait nécessaire de poursuivre la discussion sur l’uniatisme en tant que phénomène apparu après le schisme de 1054 et demeurant jusqu’à aujourd’hui une pierre d’achoppement dans les relations orthodoxes-catholiques.

Le Président du Département des relations ecclésiastiques extérieures a rappelé qu’en 2000, pendant la session de Baltimore (États-Unis), la Commission mixte aurait dû discuter le thème des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme. Cette discussion devait s’inscrire dans la poursuite du travail commencé dans les années 1990 avec l’adoption, en 1993, du document de Balamand (Liban), condamnant l’uniatisme. Un autre projet de document sur le même thème avait été élaboré à Aricca (Italie) en 1998. Cependant, la session de Baltimore n’avait pu terminer ses travaux à cause de divergences d’opinion entre les participants catholiques et orthodoxes, de même qu’à l’intérieur des deux parties.

Selon le métropolite Hilarion, « lorsque les travaux de la Commission mixte ont repris après une interruption de six ans, il a été proposé de reprendre la discussion de la question du primat et de la synodalité dans l’Église. L’Église orthodoxe russe a approuvé cette proposition, à condition que les conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’union seraient aussi abordées avec les thèmes de la primauté et de la conciliarité. Cependant, en 10 ans, de 2006 à 2016, la commission n’est pas revenue une fois à ce thème. La logique de notre dialogue exige qu’afin d’achever le travail sur le document consacré à la primauté et à la synodalité dans l’Église pendant le premier millénaire, nous passions à l’examen de la question de la synodalité et de la primauté dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire. Nous devrons nous pencher sur le schisme de 1054, ainsi que sur le problème de l’uniatisme, qui est central pour le second millénaire. Je suppose que les problèmes qui nous séparent seront discutés, et que nous n’arriverons pas à un accord sur chacun de ces points. Cependant, l’objectif de notre dialogue n’est pas de parvenir à un accord sur les questions sur lesquelles nous nous entendons déjà, mais de discuter des problèmes qui nous séparent. Le thème de l’uniatisme est l’un de ces problèmes, et d’une brûlante actualité. »

Le métropolite Hilarion a attiré l’attention des membres de la Commission mixte sur les actions de la direction de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne, inadmissibles d’un point de vue chrétien. « Nous entendons les déclarations de l’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, qui sont en contradiction avec notre dialogue, qui suscitent des obstacles à ce dialogue, et sèment la méfiance entre orthodoxes et catholiques. En février de cette année, à La Havane, le Pape François a rencontré le Patriarche Cyrille. Pour notre Église, c’était un évènement historique, puisque le Pape et le Patriarche ne s’étaient jamais rencontrés. Nous en sommes convaincus, ce fut une bonne rencontre, ouvrant une nouvelle page dans nos relations bilatérales. Cependant, cette rencontre a immédiatement suscité les critiques des gréco-catholiques ukrainiens, et pas seulement d’un groupe de fidèles quelconques, mais de la direction même de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne. Et il ne s’agit pas seulement de critique, mais d’offenses et d’attaques injustes. Nous devons nous rendre compte qu’à l’intérieur de nos Églises il y a des gens qui mettent des obstacles sur notre route, et nous devons garder cela à l’esprit lorsque nous pensons à l’avenir de notre dialogue. »

De son côté, l’archimandrite Irénée (Steenberg), membre de la délégation de l’Église orthodoxe russe, a montré que la discussion du thème de la primauté et de la synodalité dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire soulèveraient forcément des questions sur lesquelles les deux parties de la commission divergent sérieusement. Néanmoins, il est nécessaire d’aborder ces thèmes de même qu’il est nécessaire de discuter de l’uniatisme. L’archimandrite Irénée a souligné qu’il serait difficile à l’Église orthodoxe russe de poursuivre le dialogue orthodoxe-catholique si la question des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme restait sans solution.

Il a néanmoins été décidé de laisser le choix du thème des prochaines séances à l’examen du Comité de coordination de la Commission mixte, qui se réunira en 2017.

Dans le communiqué de clôture, les participants ont remercié Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti, de son hospitalité.

Les membres de la commission ont aussi exprimé leur solidarité avec la population du Proche Orient, de plusieurs pays d’Europe et du monde. Le document mentionne aussi les métropolites d’Alep Paul (Patriarcat d’Antioche), membre de la Commission mixte, et Grégoire Jean Ibrahim (Église syro-jacobite), enlevés par les terroristes.

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Réaction du Service de communication du DREE aux déclarations de l’Église greco-catholique d’Ukraine

Un évènement sans précédent sur le plan spirituel et national s’est achevé le 27 juillet 2016 à Kiev : il s’agit de la Marche nationale ukrainienne de paix, d’amour et de prière en Ukraine, organisée à l’initiative de l’Église orthodoxe ukrainienne. Selon différentes estimations, plus de 80 000 fidèles orthodoxes ont pris part à cette procession dans la prière, partant en même temps de la Laure de la Dormition de Potchaïev à l’Ouest et de la Laure de la Dormition de Sviatogorsk, à l’Est, afin de se joindre le jour de la célébration du Baptême de la Rus’ et de la fête de saint Vladimir aux nombreux habitants de Kiev à la Laure de la Dormition des Grottes pour assister à la Divine liturgie.

Marchant des centaines et des milliers de kilomètres, rencontrant sur leur route de nombreuses difficultés à cause du conflit civil qui se poursuit dans le pays, les fidèles ont avancé en priant à la rencontre les uns des autres, afin de demander ensemble au Seigneur et à la Sainte Mère de Dieu la fin de la guerre civile, le triomphe de l’amour, de la paix, du bien et de la concorde interconfessionnelle pour la terre d’Ukraine durement éprouvée.

Cependant, même cette bonne œuvre, appelée à surmonter les divisions dans la société ukrainienne, a suscité des attaques cyniques et d’injustes accusations de la part de la direction de l’Église gréco-catholique ukrainienne, qui a utilisé cet évènement pour lancer de nouvelles accusations hargneuses et cyniques à l’adresse de l’Église canonique orthodoxe ukrainienne. L’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, a donné le 24 juillet une interview au Département d’information de l’EGCU, dans laquelle il déclarait que la Marche nationale était une action politique pro-russe. « Le Patriarcat de Moscou », selon l’archevêque, « est souvent utilisé comme instrument entre les mains de l’agresseur ». Le chef de l’EGCU compare la marche à « un bouclier vivant de civils » et prévient que « si des slogans anti-ukrainiens et des provocations se font entendre parmi les participants de cette procession, ce sera la fin du Patriarcat de Moscou en Ukraine ». L’archevêque ne craint pas d’affirmer que parmi le clergé du Patriarcat de Moscou, « il y a beaucoup de cas de conduite incompatible avec le nom de citoyen de l’Ukraine, et les Services de sécurité ukrainiens doivent s’occuper d’eux ».

Ces déclarations du chef de l’EGCU, indignes non seulement d’un archevêque, mais plus généralement d’un chrétien, visent à attiser les discordes entre confessions, et sont prononcées dans le style des dénonciations politiques ; elles ne peuvent pas ne pas susciter l’indignation et le dégoût dans les cœurs des fidèles orthodoxes. L’uniatisme, implanté par le feu et par le glaive durant de nombreux siècles, démontre encore une fois aujourd’hui son hostilité envers l’Orthodoxie. Encore et encore, malgré les accords atteints au prix de tant d’efforts au plus haut niveau entre les Églises orthodoxe et catholique, l’union apparaît comme une force semant l’inimitié et la haine, empêchant systématiquement et de façon conséquente la réconciliation entre l’Orient et l’Occident.

Le 19 juillet, le site officiel de l’EGCU a publié une interview de l’ancien chef de cette église, le cardinal Lubomyr Husar, qui a accusé la Hiérarchie de l’Église orthodoxe ukrainienne de manquer de sincérité et de poursuivre des objectifs politiques : « Ces processions sont annoncées et organisées par l’Église orthodoxe ukrainienne… Tout cela a l’air d’une vile ruse. C’est du cynisme, tout ce qu’il y a de pire. »

Ces déclarations respirant la haine démontrent à l’évidence que l’Orthodoxie canonique reste toujours la cible des violentes attaques des leaders uniates. Durant des siècles, les uniates ont tenté d’en finir avec l’Orthodoxie, avec l’aide des autorités civiles lorsque c’était possible, ou au moyen de différentes insinuations, fraudes et tromperies. Aujourd’hui, par leurs déclarations politisées, les dirigeants grecs-catholiques tentent encore une fois de mettre orthodoxes et catholiques dans l’impasse, d’empêcher la normalisation des relations et du développement du dialogue en Ukraine. Il est clair que les dirigeants de l’EGCU ne sont pas disposés à poursuivre aucune espèce de dialogue constructif avec l’Orthodoxie canonique afin de parvenir à la paix et à la compréhension mutuelle. Toute initiative de l’Église orthodoxe ukrainienne, même une initiative aussi noble que la Marche nationale, ne suscite chez les gréco-catholiques que de furieuses attaques.

La nature même de l’uniatisme, tel qu’il est apparu au XVI siècle pour des raisons politiques, transparaît ainsi avec toute son évidence dans les actions des gréco-catholiques. Comme le remarque le document de la Commission spéciale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé, et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), les « initiatives (uniatistes) ont conduit à l’union de certaines communautés avec le Siège de Rome et ont entraîné, comme conséquence, la rupture de la communion avec leurs Églises-mères d’Orient. Cela se produisit non sans l’intervention d’intérêts extra-ecclésiaux. Ainsi sont nées des Églises orientales catholiques et s’est créée une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes mais aussi pour les catholiques. » Le principe de division et de conflit, présent dès l’origine dans l’union, a été une source de souffrances pour de nombreuses personnes et établit un mur empêchant d’atteindre à une compréhension entre orthodoxes et catholiques.

Dans la Déclaration commune du Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et du Pape François de Rome, signée à La Havane le 12 février 2016, à côté d’une reconnaissance du fait que « la méthode de l’«uniatisme» du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité », contient un appel à la réconciliation et à trouver des formes ce coexistence acceptables entre orthodoxes et gréco-catholiques (art. 25). Cependant, la direction de l’EGCU non seulement n’a pas entendu cet appel, mais, en attaquant la Déclaration commune et ses auteurs, le Pape François et le Patriarche Cyrille, continue à approfondir la division dans la société ukrainienne et à assombrir les relations entre orthodoxes et catholiques.

Compte tenu de la rhétorique agressive sans précédent de l’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, et du cardinal Lubomyr Husar à l’encontre de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique et du Patriarcat de Moscou en général, le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou considère comme une affaire de première urgence de revenir sur le thème des conséquences canoniques et pastorales de l’uniatisme dans le cadre de la prochaine séance plénière de la Commission mixte pour le dialogue orthodoxe-catholique, prévue du 15 au 22 septembre 2016 à Chieti (Italie). Peut-on dialoguer avec l’église catholique romaine sur d’autres questions théologiques alors que le thème de l’uniatisme continue à rester une plaie sanglante, et que les leaders de l’uniatisme ne cessent pas de recourir à une rhétorique blasphématoire et politisée ? Le dialogue sur la question des conséquences canoniques et pastorales de l’union, violemment interrompu par la faute des gréco-catholiques, doit être rétabli au plus tôt.

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« Pour le métropolite Hilarion, ceux qui critiquent la rencontre du patriarche avec le pape veulent pousser l’Église vers le schisme et l’isolement »

hilarionLe site Parlons d’orthodoxie a publié la traduction d’une dépêche de l’agence Interfax qui expose la réaction du métropolite Hilarion de Volokolamsk (photographie) aux critiques émises en Russie concernant la rencontre du patriarche russe Cyrille avec le pape François à La Havane et la déclaration commune qu’ils ont signée.

« Le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine ont initié un projet commun de soutien aux chrétiens de Syrie »

timthumb.php« L’Église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine ont organisé différentes manifestations de soutien aux chrétiens en détresse. Ces manifestations ont eu lieu les 6 et 7 avril 2016 au Liban et en Syrie. Comme on sait, la tragédie du Proche Orient, dont sont victimes les chrétiens de différentes confessions et d’autres populations, ainsi que la nécessité de prendre des mesures urgentes pour améliorer la situation étaient au centre de l’entretien de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie avec le pape François de Rome, qui a eu lieu à La Havane le 12 février 2016.

A la demande de la hiérarchie du Patriarcat de Moscou et de la direction de l’Église catholique romaine, une délégation bilatérale s’est rendue au Liban et en Syrie, afin de réaliser dans la pratique certains aspects des accords entre les deux Églises. Cette délégation se composait du chef du diocèse de la Mère de Dieu de Moscou, l’archevêque Paolo Pezzi (Église catholique romaine), du secrétaire du DREE aux relations interchrétiennes, le hiéromoine Stéphane (Igoumnov), des représentants de la fondation « Aide à l’Église en détresse », les prêtres Andrzej Halemba et P. Humeniuk. »

Source (suite et intégralité de l’article) et photographie: Patriarcat de Moscou

Message du Synode de l’Église orthodoxe de Moldavie au sujet des clercs « non-commémorants » du diocèse métropolitain de Chișinău et de Moldavie

Douze prêtres et deux monastères du diocèse métropolitain de Chișinău et de Moldavie (Patriarcat de Moscou) ayant cessé la commémoration de leur hiérarchie en raison de leur désaccord avec le document pré-conciliaire de Chambésy sur les « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien » et avec la rencontre du patriarche de Moscou et du pape François, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Moldavie, réuni à Chișinău le 23 février, a lancé l’appel suivant :

« Avec douleur dans l’âme et une profonde indignation, nous avons appris que certains clercs et moines du diocèse métropolitain de Moldavie ont publié dans les médias un communiqué aux termes duquel ils cessaient désormais de commémorer l’évêque local dans les offices. Après l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou, qui s’est déroulée les 2 et 3 février 2016, la synaxe préconciliaire à Chambésy et la rencontre du patriarche Cyrille avec le pape de Rome François, les « non-commémorants » ont déclaré qu’ils cessaient la commémoration de la hiérarchie, voyant dans les actes du patriarche de l’œcuménisme ainsi que la trahison de la foi orthodoxe. Par cette déclaration, ils se sont positionnés au-dessus de l’assemblée des évêques guidée par l’esprit apostolique : « En ce jour la grâce de l’Esprit Saint nous a rassemblés… » (tropaire de la Pentecôte), laquelle a approuvé les actes accomplis par la délégation de l’Église orthodoxe russe lors de la Réunion préconciliaire des primats des Églises orthodoxes. Par leur défiance envers l’Assemblée des évêques, et aussi par des ambitions personnelles, « ces défenseurs » de l’orthodoxie on quitté l’unité de la Sainte Église. Il convient de rappeler que lors de la réunion préconciliaire à Chambésy, la délégation de l’Église orthodoxe russe avec, à sa tête, le patriarche Cyrille, a réussi à obtenir l’exclusion de l’ordre du jour de nombreux sujets qui auraient pu troubler la conscience des fidèles et semer la confusion et les divergences dans les Églises locales. Parmi ces questions : la réforme du calendrier ecclésial, les modifications dans les règles du mariage etc. S.S. le patriarche Cyrille a insisté pour que les travaux de la réunion et du futur Concile soient particulièrement transparents et ouverts pour tous les chrétiens, afin d’éviter toutes sortes de confusions, provocations et déviation des normes canoniques. Lors de l’assemblée des évêques à Moscou en février de cette année, S.S. le patriarche a, devant les évêques, présenté les décisions, explicité la marche des travaux de la synaxe panorthodoxe. Le document final de l’assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe russe] a exprimé son soutien absolu aux travaux de la délégation de l’Église orthodoxe russe à Chambésy. « Les membres de l’assemblée des évêques témoignent que, dans leur aspect actuel, les projets de documents du saint et grand Concile ne portent pas atteinte à la pureté de la foi orthodoxe et ne dévient pas de la tradition canonique de l’Église » (paragraphe 3). L’accusation des non-commémorants de trahison de l’orthodoxie par le patriarche du fait de sa rencontre avec le pape François à La Havane est totalement infondée. Aucune transgression dogmatique et canonique n’a eu lieu lors de cette rencontre. À notre grand regret, il s’est trouvé dans les milieux ecclésiastiques de tels « zélateurs irraisonnés » qui, par leurs craintes, ont introduit des schismes et des divergences dans le corps du Christ. Ne prêtant pas attention à la voix de l’Église et « montrant du zèle pour la pureté », ils ont troublé les âmes des fidèles et ont « tremblé de crainte là où il n’y a pas lieu de craindre » (Ps. 13,5). Nous nous adressons à vous, révérends pères, à vous nos fidèles, afin de tempérer vos émotions, lesquelles vous ont fait quitter l’Église et cesser la commémoration de vos archipasteurs : revenez au sein de la Mère Église, ne vous engagez pas sur la voie du schisme, ne perdez pas votre âme. Il n’y a aucune raison à vos craintes. Nous implorons la bénédiction divine sur vous, attendant de vous du bon sens, et nous croyons qu’à l’avenir aussi, nous confesserons « d’une seule bouche et d’un seul cœur » la vérité de notre foi orthodoxe et que « tous soient un » (Jn 17,21).

Avec amour en Christ,

+ Vladimir, métropolite de Chișinău et de toute la Moldavie, + Sava, archevêque de Tiraspol et Dubăsari + Anatole, évêque de Cahul et de Comrat + Pierre, évêque de Ungheni et de Nisporeni + Marcel, évêque de Bălți et Fălești + Nicodème, évêque de Edineț et Briceni, Jean, évêque de Soroca, vicaire du diocèse métropolitain de Chișinău et de toute la Moldavie.

Source

Cuba: les frères Castro reçoivent des distinctions du Patriarcat de Moscou

Mkrc1
Le président cubain, Raoul Castro a été décoré, à La Havane, par le
métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, président du
département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, de
l’ordre du saint prince Daniel. Il a été remis à Fidel Castro l’ordre
"A la gloire et à l’honneur". Le métropolite Cyrille a discuté durant
une heure et demi avec l’ancien président cubain. Il a notamment
déclaré:" (…) nous avons examiné les questions liées aux
manifestations de la crise
au sein de la civilisation contemporaine, et le rôle du facteur moral
afin de surmonter ces crises dans les sphères politique, économique,
écologique et technique."

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Consécration de la première église orthodoxe russe à Cuba

Hier, la première église orthodoxe russe a été consacrée à La Havane par le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad, président du
département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. Le président cubain, Raoul Castro, y a assisté. Une école du dimanche pour les enfants sera ouverte auprès de l’église. Le recteur, le père Vladimir a également annoncé que des cours de russe et d’histoire de l’Église russe seront dispensés.

Sources: Eglise russe, Ria-novosti (1), Cyberpresse

Inauguration d’églises orthodoxes russes au Japon et à Cuba

Le 10 septembre, le métropolite Cyrille de Smolensk est arrivé au Japon pour une visite au cours de laquelle il doit inaugurer la nouvelle église-métochie du Patriarcat de Moscou à Tokyo. Pour une relation du début de cette visite, voir ici.

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Statistiques de la présence de l’Eglise orthodoxe russe dans la diaspora

Mgr Cyrille, président du département des relations extérieures de l’Eglise (DREE) du Patriarcat de Moscou, dans son intervention lors de la séance du concile épiscopal a présenté les statistiques de l’Eglise orthodoxe russe dans la diaspora. Selon des estimations approximatives, l’ensemble de la diaspora orthodoxe de langue russe dans le monde (y compris les Ukrainiens et les Moldaves) serait supérieur à 30 millions de personnes. Une partie importante de cette diaspora fait partie de l’Eglise orthodoxe russe, et notre devoir est de nous en occuper  sur le plan pastoral a précisé Mgr Cyrille.
Et pour cela beaucoup de choses se font. Ainsi, à l’heure actuelle, dans 51 pays de la diaspora il existe 316 paroisses  et 16 monastères relevant du Patriarcat de Moscou. Ils sont desservis par 8 évêques et 354 membres du clergé (282 prêtres et 72 diacres). Il y a également 89 écoles du dimanche. Cette statistique ne comprend pas l’Eglise russe hors frontières, dont les données ont été présentées dans le rapport du patriarche Alexis II.

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Jovan Nikoloski