18/01/2017
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Message de Noël du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Eminents évêques, vénérables pères, moines et moniales aimant Dieu, chers frères et sœurs !
En cette Sainte nuit, je vous salue de tout cœur et je vous présente mes vœux à l’occasion de la grande fête de la Nativité du Christ, fête de la réalisation des antiques promesses de salut du genre humain, fête de l’indicible amour que porte le Créateur à Sa création, fête de la venue au monde du Fils de Dieu, le Messie.
Les pères de l’Eglise ont réfléchi au cours des siècles passés au mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui, comme jadis, nous prêtons une oreille attentive aux paroles des prières et des chants qui résonnent dans nos églises, nous écoutons pieusement les textes des Saintes Ecritures qui nous relatent ce glorieux évènement et nous ne cessons pas de nous émerveiller de ce miracle divin.
Réfléchissant à la Nativité du Christ, Syméon le Nouveau Théologien a écrit : « En venant dans ce monde Dieu a fait une l’Essence divine et l’essence humaine afin que l’homme se divinise. La Sainte Trinité s’est mystérieusement incorporée en cet homme divinisé de par Sa grâce » (Syméon, homélie 10). Saint Isaac le Syrien nous dit : « Voilà que Dieu s’est revêtu de la nature de l’humanité afin que l’humanité puisse se revêtir de la Nature divine » (Hymne de la Nativité du Christ).
Imprégnés de ces sages paroles questionnons nous : comment pouvons-nous nous orner nous-mêmes de cette Essence divine ? Comment pouvons-nous devenir vraiment à l’image de Dieu ce à quoi l’homme est appelé depuis la création du monde ? Quelles doivent être nos vies pour que « le Christ soit formé en nous » (Ga, 4, 19) ? La réponse est simple : observons les commandements du Sauveur. Reprenant l’apôtre Paul, je m’adresse à vous, mes chers : « Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ » (Ga, 6, 2). Pénétrez-vous d’amour et vous trouverez ainsi la paix de l’âme et la quiétude. Soyez magnanimes à l’égard de tous et la joie remplira vos cœurs, une joie dont personne ne pourra vous départir. « C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! » (Lc 21, 19), vous gagnerez ainsi la vie éternelle.
Nous chrétiens, ne devons pas nous limiter à exhorter les autres à s’inspirer de nobles idéaux éthiques, il nous faut nous-mêmes nous en tenir à ces idéaux dans notre quotidien qui doit en premier lieu être placé au service de nos prochains. Ainsi, de par la Miséricorde divine, nous récolterons les authentiques fruits de l’Esprit : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23).
« Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (He 10, 24). En réussissant à surmonter les conflits et les divisions, nous portons au monde la prédication la plus convaincante de la Nativité et nous témoignons par nos actes de l’extraordinaire beauté et de la force spirituelle que porte la foi orthodoxe.
Nous voilà en 2017 ! Cent ans nous séparent des évènements qui ont transformé d’une manière radicale la vie de la Russie, ce grand pays multiethnique qui a été précipité dans la démence de la guerre civile, les enfants se sont alors dressés contre leurs parents, les frères se sont combattus. Les pertes et les malheurs qui ont par la suite frappé notre peuple ont été pour beaucoup prédéterminés par la destruction des structures de l’Etat et les persécutions de la religion. La société en a été profondément divisée.
C’est avec piété et douleur que nous évoquons l’exploit des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise russe. Nous croyons que ce sont leurs prières qui ont fait que Dieu n’a pas abandonné notre peuple et lui a donné les forces d’accomplir d’admirables exploits dans le labeur et dans les combats, de remporter la victoire dans la plus terrible de toutes les guerres, de reconstruire le pays et de réussir des réalisations qui suscitent l’admiration.
Nous remercions Dieu pour le miracle qui s’est produit aux yeux du monde entier, la renaissance de la foi et de la piété de notre peuple, la renaissance des lieux sacrés qui avaient été détruits, pour les églises et les monastères qui ont été édifiés ; leur existence même est un signe des profonds changements qui surviennent dans le cœur des hommes.
Ces dernières décennies ont été marquées par de graves difficultés, par de grandes épreuves. Ces phénomènes sont de nature provisoire et nous n’avons donc pas à les redouter. L’expérience acquise au cours du siècle passé nous a beaucoup appris et doit nous aider à éviter bien des choses.
Cheminons sans crainte dans la voie du salut car Dieu est avec nous. Renforçons-nous dans la foi car Dieu est avec nous. Pénétrons-nous d’espoir car Dieu est avec nous. Faisons le bien et raffermissons-nous dans l’amour car Dieu est avec nous.
C’est en Dieu que nous plaçons toutes nos attentes car « Il est un rocher éternellement » (Is 26,4) et, selon l’apôtre Pierre « car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Que la lumière du Christ éclaire toujours notre cheminement terrestre et que cette voie nous amène dans le Royaume céleste que Dieu réserve à ceux qui L’aiment.
Je séjourne aujourd’hui avec vous tous qui habitez dans divers pays, villes et bourgades et qui constituez l’unique Eglise du Christ dans la joie spirituelle, je prie pour que chacun d’entre vous aie la santé spirituelle et corporelle, pour que la paix règne dans vos foyers, pour que votre labeur soit fructueux. Que le Seigneur et Sauveur incarné à Bethléem donne à chacun d’entre nous la faculté de sentir dans nos cœurs avec une intensité nouvelle Sa présence dans nos vies. Amen.

+ Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie,
Moscou, Noël 2016/2017

Jeudi 22 Décembre 2016

Au cours de la réunion annuelle du clergé de Moscou, le patriarche Cyrille a abordé la question du Concile de Crète

Au cours de la réunion du clergé de Moscou, le 22 décembre 2016, le patriarche Cyrille a déclaré ce qui suit au sujet du Concile de Crète : «Deux fois, le Saint-Synode s’est réuni en session extraordinaire pour examiner la situation liée à la tenue du Concile en Crète (…) Durant l’année qui va s’achever, le thème de la préparation du Concile panorthodoxe a été particulièrement important dans le domaine des relations inter-orthodoxes. En juin de cette année, j’ai pris part à la Réunion des Primats des Églises orthodoxes à Chambésy. En février, les questions liées au processus préconciliaire ont été discutées à l’Assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe russe, ndt]. La position de l’Église russe était simple et ouverte : nous sommes prêts à travailler à la préparation du Concile en tant que témoignage visible de l’unité de l’Église orthodoxe. Nous sommes prêts, de toutes nos forces, à collaborer à la résolution des problèmes qui restaient non résolus et pouvaient gêner la tenue du Concile. Il s’agissait du problème de l’absence de communion entre deux Patriarcats anciens [Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem, ndt], des lacunes dans le contenu des projets de documents conciliaires, des déficiences du côté organisationnel. Ce n’est pas notre faute si ces problèmes, malheureusement, n’ont pu être résolus à temps. Nous avons attiré, à plusieurs reprises, l’attention sur l’inefficacité du mécanisme du processus préconciliaire. Comme on le sait, les Églises bulgare, géorgienne et antiochienne ont refusé de participer au Concile dans les délais précédemment projetés et ont appelé à remettre ultérieurement sa tenue (initialement, l’Église serbe avait appelé également à la même chose). Étant donné que toutes les décisions devaient être prises au Concile par le consensus de toutes les Églises locales, il est devenu évident qu’atteindre cela dans les circonstances actuelles s’avérait inopportun. Néanmoins, le Concile a eu lieu en Crète du 18 au 26 juin, auquel ont participé les représentants de dix Églises locales. Du fait que ce Concile n’exprimait pas le point de vue unanime de toutes les saintes Églises de Dieu, il ne peut être reconnu comme étant panorthodoxe, de même que ses décisions ne peuvent être absolument obligatoires pour toutes les Églises orthodoxes. Le Saint-Synode a confié à la Commission synodale biblique et théologique la tâche d’étudier attentivement les documents du Concile de Crète. Sur la base des résultats de cette étude, le Synode, l’année prochaine, et ensuite, je pense, l’Assemblée des évêques, examineront la question de notre attitude envers les documents adoptés en Crète.

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Au cours de l’assemblée annuelle du clergé de Moscou, le patriarche Cyrille a évoqué le centenaire de la révolution de 1917

Au cours de l’assemblée annuelle du clergé de Moscou, qui a eu lieu le 22 décembre 2016 en la cathédrale du Christ-Sauveur, le patriarche Cyrille a évoqué le centenaire de la révolution de 1917 : « L’année prochaine 2017 sera une année particulière pour notre Église et tous les pays qui relèvent de la responsabilité canonique du Patriarcat de Moscou. Cette année sera liée au souvenir des événements qui se sont produits il y a un siècle, alors que deux révolutions ont ébranlé notre pays ». « Les événements révolutionnaires de 1917 », a poursuivi le patriarche, « en conséquence desquels des forces politiques radicales sont arrivées au pouvoir, implantant les idées d’athéisme et de matérialisme, ont entraîné avec elles la démolition du mode de vie traditionnel et ont eu des conséquences terribles : une guerre civile sanglante, l’exode forcé d’une multitude de nos compatriotes à l’étranger, les répressions massives du nouveau pouvoir à l’égard de ceux qui étaient en désaccord avec lui. L’Église russe a été exposée au cours du siècle passé à des persécutions sans précédent par leur échelle. Des dizaines de milliers de fidèles, une multitude d’évêques, de clercs, de moines et de laïcs ont souffert pour le Christ, beaucoup d’églises et de monastères ont été fermés ou détruits, des lieux et des objets saints ont été livrés à la profanation ou anéantis ». Le patriarche a ensuite déclaré qu’il convenait de bien saisir le sens des causes de la catastrophe de 1917, tirer les conséquences des événements qui s’en sont suivis, cette tâche n’étant pas théorique, mais pratique. « Lorsque l’on accomplit cette tâche, il est important d’éviter à la fois la dévalorisation ou l’oubli de l’exploit de notre peuple, de tout ce qui est radieux, ce qui s’est passé durant les années passées, que l’amoindrissement ou la dissimulation des malheurs et des conflits qu’a subis notre Patrie après 1917… L’une des leçons principales du siècle passé est qu’une société bâtie sur la rébellion contre Dieu et Sa loi morale éternelle, est condamnée à son autodestruction. Il est nécessaire de nous en rappeler aujourd’hui, lorsque dans toute une série d’États on cherche à reconstruire la vie du peuple et le systèmes des relations sociales en marginalisant la religion » a ajouté le primat, qui a conclu : « Notre mission pastorale, nos labeurs quotidiens acquièrent dans cette perspective une dimension historique ».

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Vidéo: un reportage sur la visite du patriarche Cyrille de Moscou diffusé sur KTO

Ci-dessous: la vidéo d’un reportage sur la visite à Paris du patriarche Cyrille de Moscou réalisé par Alexey Vozniuk, du Séminaire orthodoxe russe d’Épinay-sous-Sénart, diffusé sur la chaîne de télévision KTO.

Présentation: “Retour sur ces 3 jours de visite. Après la célébration des Vigiles dans l´église orthodoxe des Trois-Saints-Docteurs à Paris, le patriarche Cyrille de Moscou a consacré la nouvelle grande église orthodoxe de la Sainte-Trinité du Centre culturel et spirituel russe, quai Branly, en plein cœur de Paris. Puis il a visité le séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève d’Épinay-sous-Sénart. Une visite sous le signe de l’unité.

Le patriarche Cyrille appelle les Européens à suivre la voie du Christ en dépit du courant dominant dans la société

En visite en Suisse, le patriarche de Moscou Cyrille a appelé les chrétiens à ne pas fléchir devant le courant dominant des goûts de la société, mais au contraire à témoigner, à l’instar des martyrs, de la vérité divine immuable. « La société contemporaine est encline à voir dans l’Église une sorte de système au service de ses besoins, voire même de ses goûts. Et si les goûts de la société actuelle se trouvent en contradiction avec les convictions chrétiennes, surgit alors la question du témoignage de la vérité divine. Nous savons que parfois les communautés chrétiennes fléchissent devant ces goûts (…) et son prêtes à en tenir compte. Par ce fait même, elles s’écartent de la vérité divine. Nous sommes tous appelés à témoigner de la vérité divine et ne pas fléchir devant ces goûts », a déclaré le patriarche mercredi après la liturgie célébrée à l’occasion du 80ème anniversaire de la paroisse orthodoxe russe de la Résurrection du Christ à Zurich. Le patriarche a rappelé les anciens martyrs, qui ont témoigné du Christ crucifié et ressuscité. « Mais le martyre n’a pas cessé. Nous savons qu’il se produit aujourd’hui (…), nous sommes tous appelés à être des témoins de la vérité divine. Aujourd’hui, le plus souvent, nous ne le payons pas de notre vie. Mais il n’est pas rare que ce témoignage nous place dans une situation complexe », a mentionné le primat. Celui-ci a précisé que l’Église n’appelle pas au conflit avec la société et que les chrétiens n’ont jamais été des révolutionnaires. « Mais les chrétiens sont appelés à préserver la vérité divine et à en témoigner, même lorsque dans la vie de la société, le courant principal des goûts va dans le sens opposé. Nous devons prier et être des témoins courageux de la vérité divine », a souligné le patriarche Cyrille. Le contexte de se témoignage, a-t-il ajouté, peut être très différent et complexe, c’est le domaine des relations sociales, des médias, des réseaux sociaux, et de la vie familiale. Et chaque parent chrétien doit témoigner devant les enfants de la vérité divine, a dit le patriarche. « C’est ainsi que s’actualise la grande idée du martyre de nos jours. Elle exige de nous des forces et du dévouement envers Dieu. C’est pourquoi nous bâtissons des églises : lorsque nous prions ensemble, nous nous tenons devant Dieu comme une famille, et cela renforce notre foi et nous donne les forces d’un authentique témoignage sur le Christ au monde contemporain » a-t-il conclu.

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Le patriarche Cyrille de Moscou a visité le Séminaire orthodoxe russe à Épinay-sous-Sénart

Le 5 décembre dernier, le primat de l’Eglise orthodoxe russe, a rendu visite au Séminaire orthodoxe Sainte-Geneviève à Épinay-sous-Sénart, accompagné de Mgr Nestor de Chersonèse. Outres les séminaristes et les formateurs, ont été présents aussi l’évêque d’Évry Mgr Michel Dubost, l’évêque de Saint-Dié Mgr Didier Berthet, le P. Hyacinthe Destivelle, officiel du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le P. Emmanuel Gougaud, secrétaire du Conseil pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France, la chef du Bureau central des cultes du Ministère de l’Intérieur M. Arnaud Schaumasse, le maire d’Épinay-sous-Sénart, Georges Pujals, et plusieurs élus de la ville, le président de l’agglomération Nicolas Dupont-Aignan. Après la prière dans la chapelle du séminaire, le patriarche Cyrille a prononcé un discours que vous pouvez regarder ci-dessous, ou bien le lire sur cette page.

Visite du patriarche Cyrille de Moscou au cimetière orthodoxe russe de Sainte-Geneviève des Bois

Le patriarche Cyrille de Moscou a visité le cimetière orthodoxe russe de Sainte-Geneviève des Bois, le 5 décembre. Il a été accompagné de l’archevêque Jean de Charioupolis dont la cathédrale, Saint-Alexandre-Nevsky, se trouve rue Daru à Paris.

Allocution du patriarche (avec traduction française) :

Le président François Hollande s’est entretenu avec le patriarche Cyrille

Le président de la République a reçu ce matin à l’Élysée le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. A l’occasion de cet entretien, le chef de l’État a rappelé l’attachement de la France au développement des relations d’amitié entre les peuples français et russe. Le président de la République et le patriarche Cyrille ont eu un échange de vues sur la responsabilité commune des dirigeants politiques et religieux à agir au service de la paix. Ils ont évoqué la situation des chrétiens d’Orient. Le chef de l’État a rappelé la relation particulière, fondée sur l’histoire, que la France entretient avec ces communautés, l’attention qui était portée à leur situation et les initiatives prises par la France pour leur venir en aide. Le président de la République a exprimé au patriarche sa conviction que la préservation de la diversité religieuse au Moyen-Orient passe par la lutte contre les terrorismes et les intégrismes et par le règlement politique des crises qui traversent la région. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre fin au massacre en cours en Syrie pour porter assistance aux populations civiles et engager enfin la négociation politique.

Sources: Élysée (dont photographie), AEOF. Vidéo: Sputnik

Le patriarche Cyrille de Moscou, dans une interview au Figaro : « L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est le témoignage du Christ et de son Évangile »

xvm0f63a4fe-b894-11e6-bf76-e1dbf4b7eab3Dans une longue interview, parue dans Le Figaro du 3 décembre sous le titre « La renaissance de notre vie ecclésiale est un vrai miracle », le patriarche Cyrille de Moscou a abordé différentes questions, dont celle de l’attitude de l’Église orthodoxe russe à l’égard du pouvoir russe actuel, de la politique en général, la vie de l’Église en Russie, les chrétiens d’Orient, l’islam radical, le Concile panorthodoxe, les relations avec l’Église catholique-romaine. Questionné au sujet de la nouvelle cathédrale russe à Paris, qui pourrait être considérée comme faisant partie de la « stratégie de la représentation de la Russie », le patriarche Cyrille a répondu : « L’Église orthodoxe russe ne représente pas la Russie, ni aucun autre pays ou les orthodoxes relèvent de sa responsabilité, comme la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie, le Japon ou la Chine. L’Église ne peut représenter que le Christ. Elle ne porte que sa parole de vérité adressée à tous les hommes. Et on ne peut tromper les gens là-dessus. Si ce n’est pas vrai, alors ce n’est plus l’Église, mais une officine religieuse. Croyez-moi, personne n’irait prier dans une telle structure (…) L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est de rendre témoignage du Christ et de son Évangile. Les relations politiques peuvent s’améliorer ou empirer, mais nos églises resteront toujours ouvertes aux orthodoxes de toute origine, quelles que soient leurs convictions politiques, qui sont unis dans la prière ».

Source (dont photographie): Le Figaro . Des extraits en français sur cette page. Original, en russe, dans son intégralité: Patriarcat de Moscou

Venue du patriarche Cyrille de Moscou en France

patriarche_cyrilleSelon nos informations, la venue du patriarche Cyrille de Moscou en France se précise en confirmant le calendrier qui avait été avancé il y a quelques temps, à savoir le 4 décembre pour le nouveau centre russe orthodoxe du quai Branly à Paris.

Un récent entretien avec le patriarche Cyrille a été publié en français sur le site de RT. Il y évoque les persécutions contre les chrétiens, la laïcité, le sécularisation de la société occidentale, le nouveau président des États-Unis.

Un nouveau livre en français du patriarche Cyrille de Moscou, “Science, Culture et Foi”

10641354-17521224Un nouveau livre en français du patriarche Cyrille de Moscou vient de paraître aux éditions Sainte-Geneviève (Séminaire orthodoxe russe en France). Il s’intitule Science, Culture et Foi. Il comprend 125 pages avec une reliure en cuir, son prix est de 20 euros. Présentation:

“La salutaire indépendance, mais aussi la fructueuse complémentarité de la science et de la foi sont le principal sujet de ce recueil de conférences et d’homélies du patriarche. L’art comme une autre expression non moins importante de l’activité spirituelle et intellectuelle de l’homme est également présent dans ces réflexions. Celles-ci ne sont pas un traité systématique sur la relation entre la physique et la métaphysique, mais l’expérience et la parole d’un pasteur, témoin de la foi d’un peuple qui reconnaît la grande valeur de la science et qui, naguère, l’a vu utilisée comme prétexte pour justifier la lutte sans merci contre les croyants.
En arrière-plan de ces réflexions du patriarche, il y a la profonde conviction des chrétiens orthodoxes, fondée sur l’intuition de saint Paul, sur le lien entre le salut de l’humanité et celui du reste du monde vivant et même du cosmos dans son ensemble. Cette certitude est magnifiquement résumée par Berdiaeff : « Mon salut et ma transformation, dit-il, sont liés non seulement à ceux des autres hommes, mais à ceux des animaux, des plantes et des minéraux, à leur insertion dans le royaume de Dieu, qui dépend de mes efforts créateurs ».  “

On peut le commander sur cette page.

Le Patriarcat de Moscou ne permettra jamais l’indépendance de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a déclaré le patriarche Cyrille

Le patriarche de Moscou Cyrille a affirmé que les tentatives de séparer l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou étaient vaines. « Notre Église n’abandonnera jamais ses frères d’Ukraine dans le malheur et ne les reniera pas. Nous ne donnerons jamais notre accord sur le changement des frontières canoniques sacrées de notre Église, car Kiev est le berceau spirituel de la sainte Rous’, de même que Mtskheta pour la Géorgie ou le Kosovo pour la Serbie » a déclaré le patriarche en la cathédrale du Christ Sauveur à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Celui-ci a mentionné que, aujourd’hui, on essayait d’attirer l’Église d’Ukraine « dans le conflit profond qui divise la société » et de faire de cette Église « l’otage de ce conflit ». « On s’empare des églises [canoniques, ndt] par la violence, on ignore les sentences des tribunaux, on mène une campagne contre l’Église, on soumet des projets de loi au parlement ukrainien dont le but est de discriminer et de mettre une position très difficile la plus grande communauté religieuse du pays » a-t-il ajouté. Comme l’a dit le patriarche, en règle générale, les projets de loi discriminatoires dirigés contre l’Église canonique en Ukraine sont proposés par des députés qui soutiennent le schisme, ou qui sont gréco-catholiques, voire athées. « Les attaques, sous forme d’agressions ou d’injures contre notre Église en général et contre l’orthodoxie canonique en Ukraine en particulier, se poursuivent », a constaté le patriarche.

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Office solennel à l’église du Christ Sauveur pour les 70 ans du patriarche Cyrille

Le 20 novembre 2016, 22e dimanche après la Pentecôte, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a concélébré la Divine liturgie à l’église du Christ Sauveur avec les Primats et les représentants des Églises orthodoxes locales, de nombreux hiérarques et clercs de l’Église orthodoxe russe. Le Primat de l’Église russe fêtait son 70e anniversaire.

L’office était présidé par : Sa Béatitude le Pape et Patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique Théodore II, Sa Béatitude le Patriarche de la Sainte ville de Jérusalem et de toute la Palestine Théophile III, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, Sa Sainteté et Béatitude le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie Élie II, Sa Sainteté le Patriarche de Serbie Irénée, Sa Béatitude l’archevêque Chrysostome II de Chypre et de la Nouvelle Justinienne, Sa Béatitude l’archevêque de Tirana et de toute l’Albanie Anastase, Sa Béatitude le métropolite Sabas de Varsovie et de toute la Pologne, Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie, Sa Béatitude l’archevêque de Washington, métropolite Tikhon de toute l’Amérique et du Canada.

Les Primats concélébraient avec les chefs des délégations des Églises orthodoxes de Constantinople, de Roumanie, de Bulgarie et de Grèce, les membres permanents du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, de très nombreux hiérarques russes, les représentants des Églises orthodoxes locales auprès du Patriarcat de Moscou, les chefs des institutions synodales et des représentations de l’Église orthodoxe russe à l’étranger, les supérieurs des monastères de Moscou, les membres du Conseil diocésain de Moscou et de nombreux clercs moscovites.

L’office était célébré en présence de plusieurs personnalités de l’état, des higoumènes de nombreux monastères, d’employés des institutions synodales, de représentants des organisations de jeunesse orthodoxe et de multiples fidèles.

La liturgie était chantée par le chœur patriarcal de l’église du Christ Sauveur, le chœur de la Laure de la Trinité-Saint-Serge, le chœur collectif d’enfants des écoles du dimanche et des écoles de musique sacrée de Moscou et de la région de Moscou. Elle était retransmise à la télévision et sur le site officiel de l’Église orthodoxe russe.

Au moment de la Petite entrée, l’archevêque Innocent de Vilnius et de la Lituanie a été élevé au rang de métropolite. Plusieurs évêques russes ont été élevés à la dignité d’archevêque, notamment l’évêque Serge de Solnetchnogorsk, administrateur du Secrétariat du Patriarcat de Moscou, administrateur des paroisses d’Asie du Sud-est.

Des prières spéciales ont été dites à la litanie instante pour la santé du Primat de l’Église orthodoxe russe. Après quoi, le Patriarche Cyrille a lu une prière pour la paix en Ukraine.

A la fin de la liturgie, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine a lu un message de félicitations adressé par les membres du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe au Patriarche Cyrille. Il a terminé en demandant au Primat de s’imposer à lui-même la plus haute distinction de l’Église orthodoxe russe, l’ordre de Saint-André. Le Patriarche Cyrille a reçu l’insigne des mains du métropolite Onuphre avec gratitude.

Ensuite, le Président de la Douma d’état, V. V. Volodine, a félicité le Patriarche.

Le métropolite Emmanuel de France a lu le message de félicitations de Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople.

Ensuite, le Patriarche Cyrille a prononcé une homélie, avant d’être congratulé dans les galeries de l’église par les membres du mouvement de jeunesse « Volontaires orthodoxes » et de nombreux jeunes de la capitale.

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Le patriarche Cyrille a béni le monument au saint prince Vladimir à Moscou

Dans le cadre des manifestations festives à l’occasion du Jour de l’unité nationale russe, a été inauguré à Moscou le monument au saint prince Vladimir égal-aux-apôtres. Le patriarche de Moscou Cyrille a béni le monument. La cérémonie était retransmise en direct à la télévision. À la cérémonie ont pris part le président Vladimir Poutine, le patriarche Cyrille, les membres du gouvernement russe, des députés, le maire de Moscou Serge Sobianine, ainsi que des représentants des organismes publics, des personnalités des sciences, de la culture et des arts. Le monument a été exécuté selon le projet de l’artiste national de Russie S.A. Chtcherbakov. Il était prévu au départ d’installer ce monument sur les monts Vorobiev, mais cette initiative a été critiquée par les experts et les habitants de Moscou. Suite à un vote sur internet, il a été décidé que la sculpture serait installée sur la place Borovtiskaïa. Le monument au prince Vladimir a été placé devant les murs du Kremlin le 3 novembre 2015. Le territoire de la Place Borovitskaïa, où il est question d’installer définitivement le monument, constitue une zone tampon avec le site du patrimoine mondiale de l’UNESCO « Le Kremlin de Moscou et la Place Rouge ». Pour cette raison, la Russie a informé l’organisation sur ses plans d’y ériger le monument. Toutefois, l’UNESCO a déclaré qu’il était inexact de considérer la place située entre la Maison Pachkov et la Porte Borovitsky du Kremlin comme « un endroit vide, que l’on peut remplir sans planification urbaine ». En cas de développement intempestif, le Kremlin peut être privé du statut de patrimoine mondial, ce que n’exclut pas l’UNESCO. La partie russe a déclaré qu’elle avait tenu compte de toutes les recommandations de l’UNESCO destinées au mode d’installation du monument. C’est ainsi que la hauteur du socle a été réduite de 25 à 17,5 m., y compris la longueur de quatre mètres de la Croix. En outre, un concours international a été annoncé pour l’embellissement de la place Borovitskaïa. Les autorités de Moscou se sont mises également d’accord avec l’UNESCO pour d’introduire cet endroit dans une voie piétonne unique le long du Kremlin.

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Le patriarche de Géorgie se rendra à Moscou à l’occasion du 70ème anniversaire du patriarche Cyrille

Le catholicos-patriarche de Géorgie Élie II se rendra à Moscou au mois de novembre, à l’occasion du 70ème anniversaire du patriarche de Moscou Cyrille. Celui-ci avait envoyé une invitation au patriarche géorgien. Le patriarche Cyrille fêtera son 70ème anniversaire le 20 novembre. Le patriarche Élie II a été élu à la tête de l’Église orthodoxe de Géorgie en décembre 1977. Se prononçant pour des solutions pacifiques aux crises que connaît son pays, le patriarche Élie II est partisan des relations normales avec la Russie. Durant les douze dernières années, il a effectué plusieurs visites à Moscou pour s’entretenir avec les hiérarques de l’Église orthodoxe russe et avec de hautes personnalités de la Fédération de Russie, dont le président et le premier ministre. Selon le recensement de novembre 2014, 83.4% des 3,713 millions de Géorgiens sont orthodoxes, 10.7% sont musulmans, 2.9% appartiennent à l’Église arménienne, 0.5% sont catholiques-romains, tandis que les autres sont membres d’autres religions.

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Félicitations du patriarche Cyrille au primat de l’Église orthodoxe de Constantinople à l’occasion du 25e anniversaire de son patriarcat

Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a adressé un message de félicitations à Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de Constantinople, qui fête le 25e anniversaire de son élection et de son accession à la chaire des primats de la Nouvelle Rome.

SA SAINTETÉ BARTHOLOMÉE,

ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE – NOUVELLE ROME

PATRIARCHE ŒCUMENIQUE

Sainteté, bien-aimé dans le Seigneur confrère et concélébrant à l’autel de Dieu,

Recevez mes fraternelles salutations et mes cordiales félicitations à l’occasion du 25e anniversaire de votre élection et de votre accession au trône des Saints Primats de la Nouvelle Rome.

Il y a vingt-cinq ans, le Maître du monde, qui préside sagement aux destinées de Son Église, a déposé sur vos épaules la lourde croix du ministère patriarcal. Vous avez été trouvé digne d’occuper la chaire renommée de la gloire éternelle des grands saints docteurs et hiérarques qui l’occupèrent : Jean Chrysostome, Grégoire le Théologien et tant d’autres hommes ayant plu au Seigneur. Contemplant le bon combat de la foi (I Tim 6, 12) entrepris par vos bienheureux prédécesseurs, vous souvenant des afflictions et des privations qu’ils endurèrent, vous poursuivez votre labeur de primat avec zèle pour le bien de l’Église et avec une ferme espérance en Dieu, surmontant différentes épreuves.

Les longues années de votre primatiat ont été marquées par le témoignage actif de la foi orthodoxe dans un environnement hétérodoxe, par de nombreux efforts pour le maintien de la paix et de la concorde entre les peuples, par un souci ardent de la défense de la vie humaine, de l’environnement et de toute la création. La diversité des entreprises de Sa Sainteté le patriarche de l’Église de Constantinople a été appréciée à sa valeur non seulement dans le monde chrétien, mais aussi au-delà, notamment grâce aux dons dont vous a généreusement doté Dieu, et que vous vous efforcez par tous les moyens de multiplier.

Nos échanges personnels, toujours fraternels et constructifs me sont particulièrement précieux, tels qu’ils se sont invariablement poursuivis durant les décennies qui ont suivi notre rencontre, ainsi que notre étroite coopération pour le bien de nos Églises et de toute la sainte orthodoxie.

En ce jour remarquable pour le plérôme de l’Église de Constantinople, je prie Dieu d’accorder à Votre Sainteté Son aide abondante dans la suite de votre ministère patriarcal, ainsi que la paix de l’âme et une joie inépuisable dans l’Esprit Saint.

Vous souhaitant de longues années, je vous assure de mon affection fraternelle dans le Christ Jésus.

+ CYRILLE,

PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

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Le patriarche Cyrille a présidé la réunion des supérieurs et supérieures des monastères de l’Église orthodoxe russe

Le 22 septembre 2016, en la salle des Conciles de la Cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, a eu lieu, sous le présidence du patriarche de Moscou Cyrille, l’ouverture de la Réunion des supérieurs et supérieures des monastères de l’Église orthodoxe russe. La réunion se déroule dans le cadre des manifestations consacrées à la célébration du millénaire de la présence monastique russe sur la Sainte Montagne de ‘Athos et du 150ème anniversaire de la naissance de saint Silouane l’Athonite. Faisaient partie du présidium de la session : le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre), le métropolite de Nijegorod et Arzamas Georges, président de la Commission inter-conciliaire pour les questions d’organisation des monastère et du monachisme, l’archevêque de Serguiev-Possad Théognoste, président du Département synodal des monastères et du monachisme, l’archimandrite Méthode (Marković), higoumène du monastère athonite de Chilendar ; le hiéromoine Kyrion (Olkhovik), représentant du monastère de Saint-Pantéléimon auprès de la Sainte Communauté du Mont Athos, qui accompagne les reliques de saint Silouane en Russie. Ouvrant la session, l’archevêque de Serguiev-Possad Théognoste a salué le patriarche Cyrille de la part des participants. Le patriarche a donné une conférence, qui a été retransmise en direct sur le canal TV « Soyuz ». Après la conférence, le patriarche a répondu aux questions des participants à la réunion. Ensuite ont été lues les conférences suivantes : « L’histoire des traditions monastiques athonites au skite athonite de Xylourgou, à l’ancien Rossikon et au monastère de Saint-Pantéléimon » (Hiéromoine Kyrion) ; « L’actualité des traditions athonites dans la vie monastique contemporaine » (métropolite de Limassol Athanase) ; « La transmission en sainte Russie des traditions athonites par les monastères de Crimée au XIVème s. » (Archimandrite Callinique Tchernychov : higoumène du monastère d’Inkerman, du diocèse de Simféropol). Dans le cadre du programme de la Réunion des supérieurs et supérieures de l’Église orthodoxe russe sont organisés les travaux de la section « L’higoumène et la formation de l’unité spirituelle de la communauté » et « L’obéissance comme fondement de la croissance spirituelle de la communauté ».

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Le patriarche Cyrille consacre une nouvelle cathédrale sur Sakhalin

Le 4 septembre dernier, le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille a consacré la nouvelle cathédrale de la Nativité dans la ville d’Ioujno-Sakhalinsk qui est l’une des plus grandes cathédrales en Extrême-Orient russe. « Cette majestueuse cathédrale, la plus grande en Extrême-Orient, plane au-dessus de la ville, domine la ville. Elle est devenu un symbole visible d’Ioujno-Sakhalinsk »- a dit le patriarche.
Selon lui, la cathédrale est visible de loin à l’approche d’Ioujno-Sakhalinsk. Mais les églises – a déclaré le primat de l’Église orthodoxe russe – ne sont construites seulement pour des raisons esthétiques – « le temple en premier lieu, est le demeure de l’Esprit divin et la Sagesse divine, il devient un symbole spirituel, la concentration de la force spirituelle du peuple » La cathédrale de la Nativité s’élève à 77 mètres et peut accueillir plus de mille fidèles. Elle a été construite en un temps record – la construction a duré seulement 4 ans. Le complexe comprend une église inférieure en l’honneur des Trois Hiérarques (Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome), plusieurs salles de réunion pour la formation, less conférences et les expositions. Dans les trois niveaux supérieurs de la cathédrale il y a des galeries ouvertes, d’où il est possible de suivre les offices d’un angle inhabituel. L’entrée principale de la cathédrale est ornée d’une mosaïque unique avec l’image du Sauveur, de 14,5 mètres de haut, faite à Jérusalem. La seconde mosaïque, légèrement plus petite, est située dans le sanctuaire. L’architecture et la peinture sont dans le style de l’école de Moscou de Roublev et de Denis le Sage continuant ainsi la tradition du centre spirituel de la Russie – Laure de la Trinité-Saint-Serge.

Le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie célèbrent la liturgie de la Dormition à l’église de la Dormition du kremlin de Moscou

Le 28 août 2016, fête de la Dormition de la Mère de Dieu, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie ont célébré la Divine liturgie à la cathédrale patriarcale de la Dormition au Kremlin de Moscou.
Le métropolite Rostislav est arrivé le 26 août en visite officielle, accompagné d’une délégation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Sa Sainteté et Sa Béatitude concélébraient avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Kallistos de Diokleia (Patriarcat de Constantinople), le métropolite Arsène d’Istra, premier vicaire patriarcal pour la ville de Moscou, l’archevêque Michel de Prague et des Terres tchèques, l’archevêque Georges de Michalovce-Košice, l’évêque Serge de Solnetchnogorsk, directeur du Secrétariat du Patriarcat de Moscou, l’évêque Tikhon de Podolsk, l’évêque Tikhon d’Egorevsk, secrétaire exécutif du Conseil culturel patriarcal, supérieur du monastère stavropégique de la Sainte-Rencontre de Notre-Dame-de-Vladimir, l’archiprêtre Vladimir Divakov, secrétaire du Patriarche pour la ville de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski), représentant de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie auprès du Patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Nicolas Lichtcheniouk, représentant de l’Église orthodoxe russe auprès de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie, recteur de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Karlovy Vary (Tchéquie), les doyens et le clergé de Moscou.

Des hommes d’état assistaient à l’office, ainsi que des personnalités du monde de la culture.

La liturgie était chantée par le chœur du monastère de la Sainte-Rencontre de Notre-Dame-de-Vladimir, sous la direction de Nikon Jila.

Après l’écténie instante, le Primat de l’Église orthodoxe russe a prié pour la paix en Ukraine.

L’office était retransmis en direct sur la chaîne de télévision « Soyouz ».

A la fin de la liturgie, le Patriarche Cyrille a prononcé une homélie :

« Béatitude, Monseigneur Rostislav, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie, Éminences, Excellences, Pères, chers frères et sœurs,

L’Église célèbre aujourd’hui une grande fête, celle de la Dormition de la Mère de Dieu. Cette année, nous la célébrons un dimanche, ce qui nous rappelle le lien étroit existant entre cette fête et celle de la Sainte Pâque. Ce n’est pas un hasard, si les fidèles appellent la Dormition la Pâque de la Mère de Dieu, car nous célébrons aujourd’hui l’ascension de la Mère de Dieu avec son corps dans les cieux, le ravissement de Sa nature humaine, son âme, son corps, vers la vie divine. La Dormition nous rappelle la Pâque du Christ, parce que notre Seigneur Jésus Christ est la Résurrection et la Vie. Par Sa Croix et Sa Résurrection, Il a donné à tout homme qui croit en Lui l’espoir de la vie éternelle. Ces paroles du Sauveur : « Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25) s’adressent en premier lieu à la Très-pure et Toute-bénie Reine des cieux : elle revit après la mort par la force de la Grâce divine, et habite aujourd’hui dans les demeures de Son Fils et notre Dieu.

Nous vivons des temps difficiles, où les chrétiens de nombreux pays font l’objet de pressions. Bien plus, dans certains états, la foi en Christ crucifié et ressuscité est poursuivie comme un délit, et certains sont mis à mort à cause de leur fidélité à leurs convictions chrétiennes. Par ailleurs, en dehors de persécutions directes contre l’Église et les chrétiens, il existe d’autres formes dangereuses de lutte contre le principe divin dans notre vie. Dans bien des pays, la morale révélée par Dieu est détruite, les gens renoncent à toute obligation devant le Seigneur, proclame leur indépendance par rapport au Divin, voire nient Son existence. La société actuelle frappe par la profondeur de la crise morale, annoncée par le Sauveur qui disait : « Par suite de l’iniquité croissante, l’amour se refroidira chez un grand nombre » (Mt 24, 12). Ces paroles établissent un lien important entre la foi, la piété, la dévotion et l’amour. L’amour est un don divin, car Dieu est amour, et l’amour ne peut être suscité dans le cœur humain sans la participation de Dieu. Lorsque l’homme sent un amour fort dans son cœur, il doit se rappeler que le Seigneur l’a touché et qu’Il lui confie une responsabilité : bien disposer de ce grand don de l’amour. C’est pourquoi notre lutte d’aujourd’hui, notre combat pour la préservation du principe moral dans la vie des hommes, pour la préservation de la foi dans les cœurs humains est en quelque sorte une lutte pour que l’amour soit présent dans la vie des hommes, et, par l’amour, ce que nous appelons du simple mot de « bonheur ». L’Église n’a pas d’autre but, n’a pas d’autre objectif que de renforcer la foi dans les cœurs des hommes, leur dévotion, et, par là-même, leur capacité à aimer les autres.

Notre témoignage sera efficace uniquement lorsque nous aurons l’amour entre nous, lorsque nous serons unis, c’est pourquoi il importe que nous contribuions par tous les moyens à l’unité de la Sainte Orthodoxie, des Saintes Églises orthodoxes. Les peuples dont les Églises orthodoxes locales ont la charge ont des modes de vie très différents, car il existe dans le monde bien des cultures différentes ; les conditions politiques, sociales et économiques diffèrent également. La vision du monde des différentes nations en porte l’empreinte, leur positions en dépendent et sont marquées par les contradictions du monde contemporain, que nous le voulions ou non : la nature humaine se fait sentir dans les relations entre les Églises. C’est pourquoi notre capacité à conserver l’unité de l’Église orthodoxe, qui existe dans le monde entier, dépend à la fois des Primats, de l’épiscopat, du clergé, des fidèles. Nous sommes tenus de nous souvenir que la Très-Sainte Mère de Dieu est notre Mère et que nous sommes ses enfants, comme l’a si bien dit saint Théophane le Reclus dans son sermon sur la Dormition, lorsque nous travaillons à renforcer l’unité de la Sainte Orthodoxie.

La joie de la solennité de ce jour est décuplée par la participation de Sa Béatitude le métropolite Rostislav, Primat de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie. Je salue l’archevêque Michel de Prague, l’archevêque Georges de Michalovce-Košice, ainsi que le métropolite Kallistos de Diokleia, représentant du Patriarcat de Constantinople venu dans notre pays en pèlerin.

L’Église orthodoxe russe et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie sont liées par une même tradition, remontant à l’œuvre missionnaire de saints Cyrille et saint Méthode. Ce sont eux qui ont proclamé la bonne nouvelle du Christ ressuscité dans les terres de la Grande Moravie, leur prédication dans ces contrées ayant entraîné par la suite le baptême de la Rus’. En 1951, l’Église orthodoxe russe a octroyé l’autocéphalie canonique à l’Église orthodoxe de Tchécoslovaquie. Cet acte n’était pas dicté par la conjoncture politique, ni par l’influence de forces laïques, mais par une claire conscience de la difficile situation dans laquelle demeuraient nos frères et sœurs de Tchécoslovaquie après la guerre. Pour des raisons politiques, personne, hormis l’Église russe, ne pouvait apporter une aide réelle aux orthodoxes de Tchécoslovaquie. Alors que nous n’avions alors guère de forces non plus, alors que nos églises étaient fermées, que le clergé ne faisait encore que rentrer des camps et des prisons, alors que le peuple éprouvait encore les conséquences de l’agression fasciste, nos pères ont ressenti la nécessité d’être avec le peuple orthodoxe de la Tchécoslovaquie d’alors, non pas pour dominer ce troupeau, non pas pour dicter à ce petit troupeau ses conditions, mais pour accorder quelques années plus tard, en 1951, à l’Église de Tchéquie et de Slovaquie, la pleine et entière indépendance canonique, le statut d’autocéphalie. Aujourd’hui, 65 ans plus tard, nous constatons que l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie fait pleinement partie de la famille des Églises orthodoxes locales autocéphales, et nous en remercions Dieu. Elle croît peu à peu, remplissant dignement sa mission salutaire, consolant et affermissant les peuples de Tchéquie et de Slovaquie dans la vraie foi, portant la lumière de la sainte foi orthodoxe aux cœurs de milliers d’hommes. A notre grande joie, les débats et les quiproquos sur le statut autocéphale de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie ont trouvé leur solution. Ce qui témoigne une fois encore de la justesse de la décision prise par nos pères en 1951, lorsqu’ils proclamèrent l’autocéphalie du petit troupeau orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Nous savons que l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie a traversé une période difficile ces dernières années. L’Église orthodoxe y a sincèrement compatit et a prié avec ardeur pour que le Seigneur guérisse nos faiblesses humaines, illumine les cœurs, donne la paix à l’Église orthodoxe dans l’apanage des saints Cyrille et Méthode. Heureux d’accueillir à Moscou Votre Béatitude et Son honorable suite, nous remercions Dieu de ce que les difficultés soient peu à peu surmontées : le plus difficile appartient au passé. Soyez assurés que vous et vos frères archipasteurs de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie pouvez toujours compter sur le soutien de l’Église-mère, l’Église orthodoxe russe. Elle n’est pas à l’origine de l’Orthodoxie dans les Terres tchèques et de Slovaquie, mais elle est sa mère parce qu’elle a accueilli après la guerre les fidèles orthodoxes éprouvés de Tchéquie et de Slovaquie.

Célébrant aujourd’hui avec votre Béatitude et nos confrères archipasteurs cette liturgie sous les voûtes de cette antique cathédrale, ayant communié au même Calice, nous avons ressenti combien nous étions proches les uns des autres, comme nos cœurs battent à l’unisson, comme notre prière commune découle de notre foi commune. Nous prenons conscience de ce nous avons besoin les uns des autres. Nous croyons que par l’intercession de la Très-sainte Mère de Dieu, des saints Cyrille et Méthode, docteurs des Slaves, égaux aux apôtres, dont la prédication commencée dans les plaines de la Grande Moravie se poursuit aujourd’hui grâce aux hiérarques de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, par les prières de saint Rostislav, prince de Moravie, dont vous portez le nom, de saint Gorazd et de tous les saints qui œuvrèrent pour que la parole du Seigneur se répande, nos Églises et les peuples dont elles ont la charge demeurent éternellement unis de cœur, glorifiant ensemble le Dieu qui nous a enrichi du don d’un amour mutuel sincère. Amen.

Le Primat de l’Église russe a remis à Sa Béatitude le métropolite Rostislav un encolpion et une croix, ainsi qu’une copie de l’icône de la Vierge de Kazan.

Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie s’est adressée à son tour au Primat de l’Église orthodoxe russe. « Sainteté, nous vous remercions de tout cœur de l’affection dont témoignent vos paroles, de la sollicitude fraternelle qui nous est témoignée ici partout et par tous, ainsi que de la joie spirituelle que vous nous avez offerte par la concélébration de la Divine liturgie, ici, à la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou », a dit notamment le métropolite Rostislav.

« Étant particulièrement proches des vous, nous ressentons l’affection et le soutien de l’Église orthodoxe russe, ainsi que sa sollicitude, a constaté Mgr Rostislav. Nos Églises et nos nations ont des racines culturelles communes, elles sont liées depuis des siècles. Aujourd’hui, dans les murs de cette majestueuse cathédrale, nous n’avons pas seulement le souvenir intellectuel de l’histoire de la Sainte Russie, mais nous ressentons presque physiquement l’intercession de ses saints, la force de sa foi et de sa piété. »

« Qu’aucune influence politique ne vienne mettre un terme aux liens multiséculaires entre nos Églises locales, que ces liens et notre union restent forts pour le bien des fidèles de nos Églises pour de longues années » a conclu le Primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Ensuite, le Patriarche Cyrille a congratulé le métropolite Arsène, qui fêtait le 30e anniversaire de son sacerdoce. Un encolpion lui a été offert à cette occasion.

Enfin, différentes personnes ont été décorées par le Patriarche.

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Attentat près de Rouen : les condoléances du patriarche Cyrille de Moscou

patriarche_russeLe patriarche Cyrille de Moscou a adressé ses condoléances au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France, suite à l’assassinat par des terroristes du père Jacques Hamel hier près de Rouen. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a envoyé quant à lui ses condoléances à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen.

Par ailleurs, ce matin, les représentants des cultes en France ont été reçus à l’Élysée par le président François Hollande.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proposé au pape une rencontre avec le patriarche Cyrille en Biélorussie

1463839732_-papa-600x450Lors de sa rencontre au Vatican avec le pape François, le 21 mai, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a proposé d’organiser une rencontre à Minsk entre le pape et le patriarche Cyrille de Moscou. Il a estimé que cette rencontre pourrait aider à l’établissement de la paix dans l’est de l’Ukraine. Le président biélorusse a offert au pape une reproduction de la croix de sainte Euphrosyne de Polotsk.

Sources: Interfax, News.va. Photographie: Pravmir.

Métropolite Hilarion de Volokolamsk: “Ce n’est pas un hasard si la rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François est qualifiée d’historique”

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dIntervenant lors de l’assemblée solennelle réunie pour le 70e anniversaire du département des relations extérieures de l’Église orthodoxe russe, son président, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, a constaté notamment que les relations avec l’Église catholique romaine avaient de l’avenir, tant au niveau panorthodoxe qu’au plan bilatéral. Il a analysé la récente rencontre à Cuba du patriarche Cyrille de Moscou et du pape François. Un compte rendu en français de cette intervention est proposé ici.

Le patriarche Cyrille a consacré une église dédiée à l’Icône de Notre-Dame d’Iviron près de l’Académie du FSB à Moscou.

« Nous avons consacré aujourd’hui cette église militaire, qui se trouve près de l’Académie du Service fédéral de sécurité (FSB). Et afin d’apprendre cette profession militaire de défense de la patrie en temps de paix, ne faut-il pas renoncer à beaucoup de choses ? De même qu’en accomplissant ce service difficile ? Les gens renoncent à ce à quoi leurs voisins de palier ne renoncent pas eux-mêmes » a déclaré le patriarche après la liturgie dans l’église consacrée. Comme l’a dit le patriarche, il est nécessaire à chacun de s’accoutumer à la limitation de soi-même afin « de croître » et cela, tous le savent, « particulièrement ceux qui ont obtenu de grands résultats, que ce soit dans l’éducation, la science, l’art ou le sport ». « La culture de masse contemporaine nous apprend à pécher : on crée tout le temps de tels films. Dieu sait tout ce que l’on fait avec internet, on nous dit que c’est bien de changer de partenaire, de détruire la famille si les caractères ne se sont pas entendus, qu’il faut chercher son bonheur. Tout cela constitue une tentation démoniaque. Tout cela est un jeu avec la nature de l’homme qui est créée pour autre chose. C’est de la violence contre la nature humaine, c’est une déformation » a souligné le primat. À l’office étaient présents le secrétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie Nicolas Patrouchev, le chef de l’Académie du FSB Victor Ostroukhov, le député de la Douma, le curateur du programme de construction des églises dans la capitale Vladimir Ressine, les professeurs et étudiants de l’académie, les paroissiens. La présente église est celle la plus élevée du programme de construction des églises de Moscou : sa hauteur atteint 57 mètres. Elle a commencé à fonctionner en décembre 2015. Maintenant, des offices réguliers ont lieu dans l’église, et une école du dimanche y est ouverte. Sur la zone adjacente est terminé l’aménagement paysager ainsi qu’une composition sculptée en l’honneur de l’icône d’Iviron a été érigée. La crypte est ornée d’une iconostase en bois avec de fins fils d’or, les fresques murales sont peintes sur le modèle des anciens monastères athonites. La principale icône de l’église – Notre-Dame d’Iviron – a été peinte sur le Mont Athos. L’église est prévue pour mille paroissiens et a le statut de metochion patriarcal. Elle est construite dans le style de l’architecture ecclésiastique russe du XVème siècle. Treize cloches ont été installées dans le clocher, qui répète le son des cloches de Rostov la Grande. La plus grande des cloches pèse trois tonnes. La décoration a été effectuée par des spécialistes connus de l’Académie russe des arts, qui ont déjà travaillé à la reconstruction de la cathédrale du Christ Sauveur et de la cathédrale maritime de Cronstadt.

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Réunion du Haut conseil de l’Église orthodoxe russe sous la présidence du patriarche Cyrille

Le Haut conseil de l’Église orthodoxe s’est réuni le 23 mars la salle du Haut conseil de la cathédrale du Christ Sauveur, sous la présidence du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

Ouvrant la séance, le patriarche a exprimé ses condoléances aux parents et aux proches des victimes des attentats terroristes survenus à Bruxelles, capitale de la Belgique.

S’adressant aux personnes présentes, le primat de l’Église orthodoxe russe a dit notamment :

« Nous savons par expérience ce qu’est le terrorisme, nous savons par expérience ce que sont les souffrances de ceux qu’on tue au nom d’une étrange compréhension de la lutte pour ses idéaux terrestres. Je pense qu’il nous faudra mener une réflexion très sérieuse, théologique, notamment, sur le phénomène du terrorisme.

Toutes les explications qui figurent aujourd’hui dans le discours politique sont superficielles. Je ne peux me défendre de penser que personne n’a véritablement réfléchi aux profondeurs ontologiques du problème. D’où vient ce radicalisme ? Qui l’alimente ? Quels facteurs extérieurs influencent l’apparition d’une motivation incitant à l’activité terroriste ?

Je pense que le terrorisme est inséparable du développement de la civilisation à l’étape actuel de l’avancement de l’histoire de l’humanité. Il y a quelque chose qui ne va pas, et le terrorisme en fait partie. C’est une terreur de n’envisager le terrorisme que comme un phénomène local, ou même global, mais lié uniquement à un espace idéologique réduit. Je pense qu’il est nécessaire de réfléchir à cet horrible phénomène d’un point de vue théologique et culturologique, afin d’en dégager, comme je l’ai dit, les causes ontologiques.

En même temps que nos condoléances, nous exprimons l’espoir que les autorités de Belgique, des pays d’Europe occidentale et de tous les pays où la menace terroriste est présente, agiront le plus énergiquement possible, en collaboration les uns avec les autres. Si le terrorisme est un phénomène global, il faut lui donner une réponse globale. Il faut coordonner nos actions. Beaucoup le disent, aujourd’hui, mais il n’existe malheureusement toujours pas de vraie coordination des actions de tous ceux qui sont appelés à lutter contre le terrorisme à l’échelle globale.

En ce qui concerne l’Église, nous devons poursuivre notre œuvre principale : prier, demander au Seigneur de pardonner nos péchés, invoquer Sa miséricorde, prier pour le soutien de tous ceux qui sont touchés par les blessures du terrorisme. En même temps, nous devons réfléchir très sérieusement. Puisque la réflexion de l’Église se fait toujours dans la prière, cela nous permet d’espérer que nous pourrons comprendre les vraies raisons de cet épouvantable phénomène et élaborer une réponse aux défis du terrorisme. Comme toujours, il y en aura qui seront d’accord avec cette réponse, et d’autres non, certains la salueront, d’autres ironiseront. Mais la réaction n’est pas de notre responsabilité. La responsabilité qui nous incombe est de réfléchir, de prier et de tout faire pour que le monde devienne meilleur. Car la sollicitude pour le monde qui nous entoure fait partie de notre sollicitude pour le salut du genre humain. »

Le primat de l’Église orthodoxe russe et les participants de la réunion ont honoré la mémoire des victimes des attentats par une minute de silence et de prière pour le repos de leur âme.

Ensuite le patriarche a présenté l’ordre du jour :

  • De l’application des décisions du Haut Conseil de l’Église orthodoxe russe et du Concile épiscopal
  • De l’activité des institutions synodales en 2015. Discussion des bilans annuels.

Le métropolite Mercure de Rostov et de Novotcherkassk a présenté un rapport sur la date et le thème des Conférences de Noël en 2017.

Le Haut Conseil de l’Église orthodoxe russe, présidé par le Patriarche, se compose comme suit :

  • Le métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga, chancelier du Patriarcat ;
  • Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures ;
  • Le métropolite Clément de Kalouga et de Borovsk, président du Conseil éditorial de l’Église orthodoxe russe ;
  • Le métropolite Jean de Belgorod, président du Département synodal des missions ;
  • Le métropolite Mercure de Rostov et de Novotcherkassk, président du Département de l’éducation religieuse et de la catéchèse ;
  • Le métropolite Marc de Riazan et de Mikhaïlovsk, président de la Direction des finances et de l’économie du Patriarcat de Moscou,
  • Le métropolite Cyrille de Stavropol et Nevinnomyssk, président du Comité synodal à la collaboration avec les cosaques ;
  • L’archevêque Eugène de Vereïa, président du Comité pédagogique près le Saint Synode ;
  • L’archevêque Théognoste de Serguiev-Possad, président du Département synodal aux affaires des monastères et du monachisme ;
  • L’évêque Serge de Solnetchnogorsk, directeur du secrétariat administratif du Patriarcat de Moscou,
  • L’évêque Irénarque de Krasnogorsk, président du Département synodal à l’aumônerie des prisons
  • L’évêque Ignace de Vyborg, président du Département synodal des affaires de la jeunesse ;
  • L’évêque Pantéléïmon d’Orekhovo-Zouïevo, président du Département synodal aux affaires caritatives et sociales ;
  • L’évêque Tikhon d’Egorievsk, secrétaire exécutif du Conseil patriarcal à la culture ;
  • L’évêque Antoine de Bogorodsk, président de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger ;
  • L’archiprêtre Serguiy Privalov, président intérimaire du Département synodal de la collaboration avec les forces armées et les institutions du maintien de l’ordre ;
  • L’archiprêtre Dimitri Smirnov, président de la Commission patriarcale aux affaires de la famille et pour la protection de la maternité et de l’enfance ;
  • Vladimir R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias.

Ont été invités à prendre part à la réunion : l’évêque Savva de Voskressensk, premier vice-chancelier du Patriarcat de Moscou, l’archimandrite Savva (Toutounov), vice-chancelier du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Maxime Kozlov, premier vice-président du Comité pédagogique, le hiéromoine Onésime (Bamblevski), président du Département de l’enseignement religieux et de la catéchèse du diocèse de Moscou, l’higoumène Xénia (Tchernieva), chef du service juridique du Patriarcat de Moscou ; A. V. Chtchipkov, vice-président du Département synodal aux relations de l’’Église avec la société et les médias.

Le patriarche Cyrille a consacré l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva auprès de l’Institut d’État des relations internationales à Moscou

Eglise Saint-Alexandre-de-la-Neva

Le patriarche de Moscou Cyrille a consacré l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva auprès de l’Institut d’État des relations internationales à Moscou (MGIMO). « L’ouverture d’une église auprès du principal Institut supérieur des études diplomatiques de Russie est un événement marquant, semblable à celui de l’ouverture de l’église Sainte-Tatienne auprès de l’Université d’État de Moscou au milieu des années 1990. En ce sens, il très important, que la direction du MGIMO ait donné un soutien réel à la construction d’une église durant de nombreuses années et que les paroissiens de l’église deviennent les étudiants de cet Institut » a déclaré le secrétaire de presse du patriarche, le prêtre Alexandre Volkov. Il a souligné qu’une communauté nombreuse existait depuis de nombreuses années avant même l’ouverture de l’église, dont des étudiants et des enseignants du MGIMO. « La consécration de cette église est un événement qu’attendaient depuis longtemps les membres de la communauté, tout comme les étudiants de l’Institut », a précisé le secrétaire de presse. Le patriarche Cyrille et le clergé ont procédé à la dédicace de l’église, suivie de la Liturgie, à laquelle assistaient de nombreux fidèles, dont des représentants du Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie, du corps enseignant et des étudiants de l’Institut, des représentants du monde des affaires et de la culture. « Aujourd’hui, en ce jour de la consécration de l’église, nous avons non pas simplement des gens qui sont venus ici par hasard, pour lesquels la cérémonie même est intéressante. Je vois une communauté chrétienne vivante : des gens de l’ancienne génération, d’autres d’âge moyen, la jeunesse, des enfants qui sont unis par la même foi et qui constituent une grande paroisse de l’église du saint prince Alexandre de la Neva » a déclaré le patriarche dans son homélie à l’issue de l’office. L’idée de construire cette église remonte à 1999. Ses initiateurs étaient les enseignants et les étudiants de l’Institut. En 2005, le patriarche de Moscou Alexis II donna sa bénédiction à la construction, et il fut alors décidé de dédier la future église à saint Alexandre de la Neva, le protecteur de l’armée et de la diplomatie russes. La construction de l’église a commencé en 2013, dans le cadre de la réalisation d’un large programme de construction d’églises orthodoxes à Moscou.

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Interview du patriarche Cyrille à la chaîne de télévision Russia today

Dans le courant de sa visite aux pays d’Amérique Latine, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a accordé une interview exclusive à Ed Schulz, animateur de l’émission « Les informations avec Ed Schultz » sur la chaîne de télévision Russia Today.

  • La rencontre historique (avec le pape François de Rome, RT) a eu lieu ces derniers jours. Comment les chrétiens du monde entier doivent-ils interpréter cet évènement ? Cela signifie-t-il qu’une nouvelle ère commence pour la chrétienté ?
  • Je dirais que cette rencontre a certainement une grande importance. Il s’agit d’une tentative au plus haut niveau de comprendre ensemble où nous en sommes et où nous allons. La chrétienté, d’une part, la civilisation humaine de l’autre.
  • Pourquoi avoir choisi Cuba ?
  • Cette rencontre a eu une grande importance pour Cuba. Pour nous, c’était un endroit particulièrement judicieux. D’abord parce qu’il s’agit d’un pays de tradition catholique, mais dans les faits, c’est un pays laïc, avec une idéologie communiste. La Russie est traditionnellement un pays orthodoxe, mais nous sommes sortis du même contexte idéologique et politique. Moi qui suis né en Union soviétique, je comprends très bien Cuba.

Il y a un autre fait qui a sans doute été décisif dans le choix du lieu. Cuba permet d’envisager avec un certain recul nos divisions historiques, les conflits qui ont eu lieu dans le contexte européen. En choisissant Cuba, nous avons voulu dire : oui, nous connaissons notre lourd passé, mais nous le laissons là-bas, de côté. Et notre objectif principal est de regarder vers l’avenir ensemble. Voilà pourquoi nous avons choisi Cuba.

  • En Russie, on observe actuellement une renaissance du christianisme, que beaucoup d’Américains ne soupçonnent d’ailleurs même pas. Comment expliquez-vous cet intérêt pour la foi ?
  • Ce qui s’est passé en Russie dans les années 1990 et 2000, ce qui se produit aujourd’hui du point de vue de la renaissance de la foi, je l’explique par un seul mot : un miracle. Parce qu’après des décennies de domination du régime athée, on a vraiment assisté à une renaissance de la foi, de la foi religieuse. Et cette renaissance a concerné des couches différentes de la société : des gens simples, des gens instruits, l’intelligentsia, le milieu des affaires, le monde politique, tous ont aujourd’hui des liens avec l’Église. Nous voyons les gens justifier leur comportement par leurs convictions chrétiennes. C’est pourquoi nous avons constaté dans la déclaration commune avec le pape François que des changements stupéfiants se sont effectivement produits en Europe de l’Est. Peut-être ces changements ont-ils préparé la rencontre qui vient d’avoir lieu. Car l’Église russe, de même que l’Église catholique, sont capables d’avoir une vision global des évènements et de discuter ensemble des problèmes, ces problèmes auxquels font face les chrétiens et tout le genre humain.
  • Nous savons tous ce qui se passe aujourd’hui au Proche Orient et en Afrique du Nord, comment les chrétiens qui y vivent subissent des persécutions et sont même exterminés. Hier, avec le pape, vous avez appelé les chrétiens du monde entier à prêter attention à ce qui se passe. Que faut-il entreprendre pour arrêter cette catastrophe ? Ne croyez-vous pas que c’est tout simplement un devoir moral de l’humanité que de mettre fin à ces persécutions, à ces campagnes d’extermination des chrétiens ?
  • Ce qui se passe au Proche Orient est une tragédie. Le christianisme est apparu là-bas, au Proche Orient. Aujourd’hui, à cause des opérations militaires et à cause des terroristes, nous assistons à une diminution dramatique de la population chrétienne. Il s’agit bien, en effet, d’arrêter ce processus grâce aux efforts communs des églises aussi bien que ceux de tous les hommes capables de faire quoi que ce soit de positif. Il faut conserver la présence chrétienne au Proche Orient, en Afrique du Nord. Mais nous avons besoin de plus encore. Je suis fermement convaincu qu’il faut prévenir la déchristianisation de la société moderne par nos efforts communs, car, sous la pression du sécularisme qui devient tout simplement agressif dans certains pays, les chrétiens sont mis à l’écart de l’espace public. Et, dans un certain sens, on peut dire que les chrétiens ne se sentent pas à leur aise dans beaucoup de pays développés. Une certaine pression est exercée sur les chrétiens afin de limiter les manifestations de religiosité dans l’espace public. Tout cela témoigne de l’existence de phénomènes de crise très dangereux concernant la réalité chrétienne, la présence chrétienne. Je pense que le moment était bien choisi pour rencontrer le pape François, afin de discuter en profondeur et en détail de ce problème et en tirer des réflexions communes, celles énoncées dans le texte de la déclaration.
  • Ne croyez-vous pas que les grandes puissances ont aujourd’hui une responsabilité particulière, qu’elles ont l’obligation de s’interposer pour défendre les chrétiens ? Certes, la résolution des conflits par la voie militaire ne correspond pas exactement aux normes de la vie chrétienne, mais alors, comment doivent s’effectuer ces efforts ? Que faut-il entreprendre, à votre avis ?
  • La situation de la communauté chrétienne au Moyen Orient exige évidemment les efforts communs de tous ceux qui sont prêts à défendre les chrétiens. Et il est parfaitement évident qu’on ne peut pas seulement employer le dialogue et les exhortations verbales pour raisonner les terroristes, il faut avoir recours à la force. Parce que ce sont les terroristes qui détruisent les villages chrétiens, les monastères, les sanctuaires et les monuments historiques. Parce qu’ils agissent par la violence, la réponse de tous ceux qui sont intéressés non seulement à la conservation de la présence chrétienne, mais plus généralement à la paix dans ces lieux, doit aussi être de recourir à la force. C’est pourquoi il est aujourd’hui très important que la Russie, les États-Unis, d’autres pays d’Europe occidentale et certains pays arabes travaillent à atteindre ce but concret : faire cesser la guerre, liquider le terrorisme et, bien entendu, assurer au peuple la possibilité de se prononcer librement, que ce soit en Syrie ou en Irak, afin que ces pays puissent vivre dans la paix et la tranquillité, pour que tous les groupes religieux, musulmans ou chrétiens, puissent coexister en paix. On aura alors une garantie de paix au Proche Orient.
  • Comment doit-on résoudre la question de l’immigration d’un point de vue chrétien ? Que doivent faire les pays confrontés à ce problème ?
  • D’un point de vue humanitaire, d’un point de vue humain et, bien entendu, d’un point de vue chrétien, il faut aider ceux qui souffrent. Mais l’aide doit être adaptée. On peut simplement sortir de l’argent de sa poche et le donner. On peut donner à l’affamé un poisson, ou on peut lui donner une canne à pêche pour qu’il prenne son poisson lui-même. Il ne s’agit pas seulement d’aider, de soutenir, mais, avant tout, de liquider les causes de cet énorme afflux de réfugiés dans les pays européens. Et cette cause est, bien entendu, la déstabilisation de la situation politique au Proche Orient. C’est pourquoi tout doit être fait pour liquider au plus vite les conflits existants. Je le répète, tous ceux qui sont intéressés à la question doivent y travailler ensemble. En premier lieu les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et les pays arabes. Il ne peut pas y avoir plusieurs coalitions poursuivant soi-disant un seul but, alors qu’on ne sait pas très bien en fait qui poursuit quel but. Si l’on y parvient, si tous les pays qui sont aujourd’hui inquiets de l’expansion du terrorisme parviendront à donner au terrorisme une réponse commune, cela amènera forcément à une stabilisation de la situation au Proche Orient, à l’arrêt du torrent de réfugiés. Et je suis certain que de nombreux réfugiés rentreront d’Europe. Voilà la seule voie qui, me semble-t-il, est réaliste.
  • Du point de vue américain, les relations entre la Russie et les États-Unis sont tendues à l’extrême. Pensez-vous que l’unité des chrétiens de l’Église orthodoxe et de l’Église catholique permettrait à nos pays de prendre conscience que leur refus de s’entendre sur des questions clé peut nous coûter très cher à tous?
  • Il faut tout faire pour changer radicalement les relations entre la Russie et les États-Unis en vue d’une amélioration. On doit comprendre clairement qu’il existe deux puissances qui peuvent se détruire l’une l’autre, qui peuvent détruire le monde par leur potentiel militaire. En aucun cas on ne doit admettre une grande guerre. Nous en avons parlé avec le pape François. Peut-être Dieu a-t-il fait que nous nous rencontrions maintenant, au moment précis où les nuages s’amoncellent au-dessus de la Syrie, alors qu’il existe une menace de confrontation entre des pays possédant un énorme potentiel de destruction. Il faut tout faire pour empêcher la guerre. Voilà notre premier objectif, celui des Américains et celui des Russes. Celui de tant de gens capables d’analyser froidement ce qui se passe. Quant aux relations russo-américaines, je me souviens des dures années de la guerre froide, alors que le monde était au bord de l’éclatement d’une guerre. Mais les chrétiens des États-Unis et d’Union soviétique ont trouvé le moyen de se rencontrer et de travailler ensemble pour un avenir meilleur. Nous avons eu des contacts très intensifs avec la communauté chrétienne des États-Unis. Il y a eu des échanges de délégations, des conférences communes. Nous avons élaboré une approche commune, une approche chrétienne des problèmes qui divisaient l’Union Soviétique et les États-Unis. Pourquoi ne pas le faire aujourd’hui ? Pourquoi sommes-nous si éloignés les uns des autres ? Pourtant, la plupart des habitants des États-Unis sont des chrétiens, ils professent les mêmes valeurs, ils appartiennent à la famille chrétienne. Nous devons utiliser ce fait, cette circonstance, pour bâtir des ponts au lieu d’élargir le fossé existant. Alors, ce soutien public venant d’en bas, des simples citoyens, des représentants des organisations religieuses, des églises, aidera à former un climat influant positivement sur ceux dont dépend la politique étrangère de nos pays.
  • Que faut-il faire pour refouler le terrorisme et y mettre fin ? Car l’humanité est aujourd’hui confrontée à un terrorisme à un tout autre niveau : un terrorisme qui utilise les technologies contemporaines. On a l’impression qu’on ne peut pas vaincre le terrorisme par la force armée. Comment le vaincre ?
  • Il faut essayer de comprendre les raisons qui incitent des gens honnêtes à se faire terroristes. Je réfléchis sans cesse au fait qu’il y a, certes, des leaders terroristes qui se sont donnés des objectifs politiques et pensent qu’il est plus simple de les atteindre au moyen du terrorisme : faire sauter des gens honnêtes et parfaitement innocents, susciter des réactions de panique, détruire la stabilité. Cela s’appelle la tactique ou la stratégie du terrorisme. Mais ce sont des gens simples qui en font sauter d’autres, des gens qu’on recrute pour des actes terroristes. Je me pose donc la question : comment recruter une personne, souvent honnête, et en faire un terroriste ? J’ai beaucoup réfléchi à la question et me suis convaincu qu’on recrute les gens en utilisant des idées très nobles. Pour envoyer quelqu’un à la mort, causer la mort d’autres hommes, il faut qu’il soit très fortement motivé. Quelle peut être cette motivation ? En deux mots, la voici : « Le monde est plongé dans le mal. La civilisation occidentale contemporaine, voilà la mal. Dieu en est exclu, le monde est transformé en un monde satanique privé de Dieu. Toi seul, par ton exploit, peut contribuer à la victoire sur le mal. C’est ton devoir religieux. Tu combats les forces obscures, tu luttes contre le diable. Tu es du côté de Dieu et de la lumière ». C’est ainsi que certains prédicateurs islamiques s’adressent à leurs fidèles après la prière du vendredi. Peut-être n’avaient-ils pas l’idée de prendre une bombe ou une arme et d’aller tuer. Mais ils sont inspirés par ces paroles et se considèrent comme des combattants pour la vérité de Dieu contre ce monde horrible qui peut anéantir l’islam.

Donc, pour vaincre le terrorisme, il faut que nous changions. Le terrorisme c’est avant tout un défi philosophique. Nous devons prendre conscience de ce qui se passe dans les consciences de ceux qui prennent les armes pour lutter au nom de Dieu. Je suis profondément convaincu que le développement de la civilisation humaine qui aujourd’hui passe, malheureusement, par le refus de Dieu, de la loi divine et morale, est la force qui provoque le phénomène du terrorisme. Il est très important que nous parvenions à un consensus moral global. Sur quelle base les gens peuvent-ils vivre ensemble ? Sur la base de certaines valeurs communes. Comment s’entendre sur des valeurs communes quand nous avons différents partis politiques, différents systèmes philosophiques, différents systèmes religieux ? Comment arriver à un consensus global ? Il n’y a qu’un moyen : il faut prendre le sens moral pour base de ce consensus. Le sens moral, la nature morale a été inscrite par Dieu dans l’âme humaine. Pour vous, américain, comme pour moi, russe, ce sont les mêmes notions morales. Si nous allions en Papouasie Nouvelle-Guinée, nous y trouverions au fond de l’âme humaine ces mêmes notions morales.

Ce n’est pas lutter contre ce sens moral, qu’il faut, y compris en votant des lois allant contre la moralité traditionnelle, mais en s’entendant sur ces valeurs morales communes et bâtir une civilisation commune sur la base de ce consensus. Dans cette civilisation, il n’y aura pas place pour le terrorisme, et si quelqu’un tente d’utiliser les hommes pour faire du mal aux autres, cela lui sera difficile, car ces appels iront contre les concepts communs de bien et de mal. Nous devons tenter tous ensemble de bâtir une civilisation nouvelle, globale, sur la base d’un consensus moral commun. Je crois que cela est possible.

En ce sens, ma rencontre avec le pape François a été très importante. Les deux plus grandes Églises du monde, en la personne de leurs primats, se sont rencontrées pour mettre leurs pendules à l’heure, pour parler des mêmes problèmes, chacun de son point de vue. Et nous nous sommes convaincus qu’il est possible de parvenir à une réponse commune et, peut-être, je vais vous étonner, cela est-il facile à obtenir. Parce que les deux interlocuteurs partaient du même consensus moral : la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, en Ses commandements, en Ses lois. Mais ces commandements et ces lois existent dans le monde musulman, et même dans l’humanisme laïc, en tout cas à une certaine étape du développement de l’humanisme c’était le cas. Si nous prenons la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle contient une référence à la morale comme pouvant limiter les droits de l’homme. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune référence à la limitation de la liberté humaine par la morale. Malheureusement, nous nous éloignons de plus en plus de ce qui nous unissait au niveau ontologique le plus profond. Je pense que si cette division se poursuit, les perspectives de l’humanité sont très mauvaises. Nous ne pouvons pas vivre sur une petite planète en étant déchirés par de profondes contradictions au niveau ontologique. Je présume que ma rencontre avec le saint pontife a apporté une modeste contribution à la formation de ce futur consensus moral pour tous les hommes.

  • Le pape François est déjà intervenu devant le Congrès américain. Ne voudriez-vous pas parler devant le Congrès ?
  • Je suis prêt à parler devant n’importe quel auditoire. J’ai eu à intervenir devant des parlements, devant des gouvernements, je parle aux fidèles chaque dimanche. Je suis ouvert à tout échange, et je pense qu’en principe ce ne serait pas mal si j’avais cette possibilité.
  • Pensez-vous que vous rencontrerez de nouveau le pape François ?
  • Je ne l’exclus pas. C’est possible. Nous ne nous sommes pas entendus sur d’autres rencontres, mais s’il y en a eu une, il peut y en avoir une deuxième et une troisième.

Commentaire du père Georges Maximov au sujet de la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou

Le père Georges Maximov a terminé ses études de théologie à l’Université « Jean le Théologien » en 2001, avec un diplôme de spécialisation en sciences religieuses. En 2009, il a défendu une thèse à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, obtenant le titre de candidat en théologie. De 2002 à 2012, il a enseigné au Séminaire de Moscou. Depuis 2012 jusqu’à maintenant, il enseigne au monastère Sretensky de Moscou et a été ordonné diacre en 2010, puis prêtre en 2015. Il est également membre de la Commission inter-conciliaire de l’Église orthodoxe russe et dirigeant du secteur de la mission apologétique du Département synodal des missions. En outre, il est responsable du travail missionnaire et catéchétique du vicariat du Nord de Moscou. Le père Georges a publié le commentaire suivant sur la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou.

Pour commencer, laissez-moi rappeler à ceux qui, du fait même de la rencontre se lamentent, en s’exclamant « Tout est perdu, tout est perdu ! », que rien n’est perdu ! Les canons nous interdisent de célébrer avec les hétérodoxes, de prier avec eux et de recevoir leur bénédiction. Le seul fait de les rencontrer n’est pas interdit par les canons. Le patriarche n’est pas devenu catholique par cette rencontre.
Maintenant, pour ce qui concerne la rencontre elle-même. Dans la mesure où notre patriarche n’a été envoyé à cette rencontre, ni par le Synode, ni par l’Assemblée des évêques (pour autant que je le sache), c’est ipso facto une rencontre personnelle. C’est une bonne chose que la rencontre se soit passée sans aucune sorte d’office liturgique commun ou de prières. On a l’impression que le pape a reçu le patriarche comme un égal – nulle part, sur aucune photo, on ne voit que le patriarche aurait donné son accord à quelque position secondaire ou subordonnée par rapport au pape.
Ensuite, pour ce qui concerne le document. D’une part, les paroles avec lesquelles nous sommes d’accord ne sont pas peu nombreuses. Par exemple, les paroles concernant la défense des persécutés et des opprimés au Moyen Orient (§8-10), la critique de l’islam (§13), les paroles contre la discrimination des chrétiens en Occident (§15), l’appel pour les pays riches à partager avec les pauvres (§17), la condamnation de l’endoctrinement homosexuel (§20) et de l’avortement (§21), ainsi que le fait que les schismes en Ukraine doivent être résolus « sur la base des normes canoniques » (§27).
Mais, malgré tout cela, il y a aussi des expressions qui ne sont pas indiscutables, voire parfois erronées.
Par exemple : « Nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié… [et] inspire les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur …pour la pleine unité de tous ses disciples » (§6). Dans l’Église du Christ, l’unité est déjà atteinte dans sa plénitude. C’est pourquoi nous confessons dans le Credo la foi dans « l’Église une ». Le fait que diverses communautés hérétiques ou schismatiques aient quitté cette unité avec l’Église est une autre chose. Mais leurs membres ne peuvent être appelés disciples du Christ. Ils sont disciples de ceux qui ont enseigné de façon erronée sur le Christ et qui les ont amenés à quitter l’unité avec l’Église. « Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Évangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Églises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens » (§12). Ceux-ci ne pourraient être le gage de l’unité des chrétiens que dans le cas où nous proclamerions que toutes les différences dogmatiques dans la foi des Églises auxquelles appartiennent ceux qui ont été tués sont sans aucune importance. Mais nous ne pouvons agir ainsi. En réalité, seule l’unité dans la foi peut être le gage de l’unité des chrétiens, qui n’est pas accomplie en passant sous silence les différends dogmatiques, mais en les analysant et en rejetant ces dogmes qui sont faux pour accepter ceux qui sont vrais.
Un sujet de préoccupation est constitué par la déclaration que le travail missionnaire « exclut toute forme de prosélytisme » (§24). Ce dont il est question n’est pas clair. Par exemple, dans le concept de travail missionnaire, il y a l’idée que le prosélytisme est l’accomplissement dudit travail par des moyens impropres (coercition, corruption, tromperie). Dans ce sens, nous sommes d’accord. Mais je pense que dans ce document, en particulier dans la phrase « toute forme », on peut comprendre cela de telle façon qu’il est interdit de convertir les catholiques à l’Orthodoxie, ce qui, en tout état de cause, est absurde. Et la même chose se reflète dans le paragraphe suivant : « Il est clair aujourd’hui que la méthode de « l’uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrer l’unité » (§25). Mais si nous amenions quelque communauté de l’Église catholique à l’Orthodoxie, ce serait, pour cette communauté donnée, le rétablissement de l’unité avec l’Église du Christ, sans quoi cette communauté reste alors dans un état de séparation d’avec l’Église. « De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité » (§28). Afin que nous, avec l’Église romaine, « portions ensemble témoignage de l’Esprit de vérité », il est nécessaire pour celle-ci qu’elle confesse la vérité et renonce aux faux dogmes.
Sources : 1 et 2

Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

Conférence de presse sur le prochain voyage du patriarche Cyrille en Amérique latine

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a donné le 5 février 2016 une conférence de presse au Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Cette rencontre avec les représentants des médias russes et étrangers avait pour objet le prochain voyage de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie en Amérique latine, qui aura lieu du 11 au 22 février 2016. Le voyage comprend une visite de la République de Cuba, de la République du Paraguay et de la République fédérative du Brésil.

Prenaient également part à la conférence de presse V. R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias, et le prêtre Alexandre Volkov, directeur du service de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Le président du DREE a décrit les étapes du prochain voyage de Sa Sainteté en Amérique Latine :

« Le programme de ce voyage commence par une visite de Cuba, où Sa Sainteté, invitée par le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, Raul Castro, arrivera le 11 février. A l’époque où il était encore métropolite et président du Département des relations ecclésiastiques extérieures, le patriarche Cyrille était allé à Cuba, dont il avait rencontré les autorités. Il avait suivi de près la construction de l’église dédiée à l’icône de la Mère de Dieu de Kazan à La Havane, dont il avait célébré la consécration.

En 2009, le président de Cuba Raul Castro a invité Sa Sainteté à se rendre dans son pays en tant que patriarche. Cependant, la nécessité de rendre des visites fraternelles aux Églises orthodoxes locales, ainsi que de multiples voyages dans les diocèses de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie et d’autres pays limitrophes n’ont pas permis de réaliser cette visite outre-mer. Le 17 novembre 2011, Raul Castro a réitéré son invitation officielle au Primat de l’Église orthodoxe russe. Cette invitation a été renouvelée à plusieurs reprises lors de mes rencontres avec les représentants diplomatiques de Cuba. En septembre de l’an dernier, le Patriarche a pris la décision d’aller à Cuba en février de l’année en cours, rattachant cette visite au 45e anniversaire de la consécration de la première église du Patriarcat de Moscou à La Havane, dédiée aux saints Constantin et Hélène. La communauté russophone de Cuba, qui compte 15 000 personnes, attend avec impatience la visite de son primat.

Le programme comporte des rencontres de Sa Sainteté avec Fidel Castro et le Président du Conseil d’État de la République de Cuba Raul Castro, la visite d’un centre de réhabilitation pour enfants « Solidarité avec Panama ». Le dimanche 14 février, Sa Sainteté présidera la Divine liturgie à l’église orthodoxe russe de la Vierge de Kazan.

Un autre évènement important aura lieu à Cuba. Les itinéraires de Sa Sainteté le patriarche Cyrille et du Pape François de Rome, qui sera en visite au Mexique durant ces mêmes jours, se croisant, il a été décidé d’organiser une rencontre entre les chefs des Églises catholique romaine et orthodoxe russe sur l’Île de la Liberté le 12 février. La rencontre aura lieu à l’aéroport international de La Havane.

La rencontre des Primats des Églises orthodoxe russe et catholique romaine se prépare depuis longtemps. Dans les années 1996-97, des négociations intensives avaient été menées afin d’organiser d’une rencontre entre Sa Sainteté le Patriarche Alexis II et le Pape Jean-Paul II en Autriche. Il avait cependant fallu mettre un terme à ces négociations à cause de problèmes sur lesquels aucun accord n’avait pu être trouvé. Il s’agissait avant tout des agissements des gréco-catholiques en Ukraine et du prosélytisme des missionnaires catholiques sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou. En même temps, la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe n’a jamais rejeté la possibilité d’une telle rencontre, lorsque les conditions nécessaires seraient réunies.

Durant toutes ces années, le principal problème entre les deux Églises et le principal obstacle à la tenue d’une rencontre les Primats a été l’uniatisme. L’anéantissement de trois diocèses du Patriarcat de Moscou en Ukraine occidentale par les uniates dans les années 1980-90, le transfert du centre de l’Église gréco-catholique ukrainienne de Lvov à Kiev, la volonté affichée de cette Église de s’arroger le statut de Patriarcat, le développement de la mission de l’EGCU sur les terres traditionnellement orthodoxes d’Ukraine de l’Est et du Sud, le soutien des uniates aux schismatiques, tous ces facteurs n’ont fait qu’aggraver le problème. La situation a encore empiré avec les évènements de ces derniers temps en Ukraine, auxquels les représentants de l’EGCU ont pris la part la plus active, déclamant des slogans antirusses, voire russophobes. Ainsi, malheureusement, le problème de l’uniatisme est toujours à l’ordre du jour, et l’union reste une blessure sanglante et béante, empêchant l’entière normalisation des relations entre les deux Églises.

Néanmoins, la situation au Proche Orient, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, ainsi que dans d’autres régions où les extrémistes se livrent à un véritable génocide de la population locale, exige des mesures immédiates et une plus grande collaboration entre les Églises chrétiennes. Dans le contexte de cette tragédie, il est nécessaire de mettre de côté les désaccords intérieurs et d’unir nos efforts pour le salut du christianisme dans les régions où il est soumis à de cruelles persécutions.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui vient de s’achever à Moscou le 3 février a appelé à faire de l’année 2016 une année d’efforts dans ce domaine. C’est pourquoi, malgré les obstacles d’ordre ecclésiastique qui demeurent, il a été décidé d’organiser sans tarder une rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François de Rome. Le thème des persécutions contre les chrétiens sera au cœur de la rencontre.

Ces dernières années, de multiples propositions ont été faites quant au lieu de cette rencontre. Cependant, le patriarche Cyrille a dès le départ refusé qu’elle ait lieu en Europe, car c’est en Europe qu’a débuté la triste histoire des divisions et des conflits entre chrétiens. La correspondance de dates dans les visites du patriarche en Amérique latine et celle du pape de Rome au Mexique permettait d’organiser une rencontre dans le Nouveau Monde, rencontre qui, nous l’espérons, ouvrira une nouvelle page dans les relations entre les deux Églises. En dehors du thème principal, la situation des chrétiens au Proche Orient et partout là où ils subissent des persécutions, plusieurs thèmes intéressant les relations bilatérales et la politique internationale seront abordés. La rencontre se terminera par la signature d’une déclaration commune.

Les 14 et 15 février, le patriarche Cyrille se rendra en République du Paraguay, à l’invitation du président de ce pays, Horacio Manuel Cartes. Le patriarche entend ainsi commémorer les représentants de l’émigration russe qui, dans les années 1920-30, ont apporté une importante contribution au développement du Paraguay en organisant des expéditions scientifiques dans les régions difficilement accessibles du pays, en étudiant les mœurs des indiens, en enseignant dans les universités du Paraguay.

Le 15 février, fête de la Sainte Rencontre, le patriarche présidera la célébration de la divine liturgie à l’église russe de la Protection de la Mère de Dieu d’Asunción. Ensuite, il visite le quartier russe du cimetière municipal, où il célèbrera un office de requiem. Le même jour, Sa Sainteté rencontrera le président du Paraguay H. M. Cartes, ainsi que les expatriés russes résidant dans ce pays.

La visite de Sa Sainteté le patriarche Cyrille au Brésil est rattachée au 95e anniversaire de l’arrivée de 1217 réfugiés russes partis de Gallipoli à Rio-de-Janeiro, le 21 juillet 1921, ainsi qu’au 70e anniversaire de la création du diocèse d’Argentine et d’Amérique du Sud (Église orthodoxe russe), dans lequel le Brésil occupe une place importante.

Le séjour au Brésil commencera par une visite de la capitale, Brasilia, où Sa Sainteté rencontrera le président de la République fédérative du Brésil, Dilma Rousseff. Ensuite, Sa Sainteté visitera Rio-de-Janeiro, où elle célèbrera un office d’intercession sur le Mont Corcavado, au pied de la statue du Christ Rédempteur. Le patriarche se rendra ensuite à l’église russe Sainte-Zénaïde, puis rencontrera le cardinal Orani Juan Tempesta, archevêque de Rio-de-Janeiro. La visite au Brésil s’achèvera le 21 février par une visite de Sao-Paolo. Le Patriarche célèbrera la liturgie à la cathédrale Saint-Paul (Patriarcat d’Antioche) et visitera l’église russe de l’Annonciation.

Le soir du même jour, Sa Sainteté et les personnes l’accompagnant s’envoleront pour Moscou. »

Ensuite, les speakers ont répondu aux multiples questions des journalistes.

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Selon le chef du service de presse du Vatican, le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche de Moscou Cyrille avec le pape de Rome François. Comme l’a mentionné aux journalistes, le 5 février, le prêtre Federico Lombardi, chef du service de presse du Vatican, le chef de l’Église de Constantinople « a été préalablement informé et a exprimé sa satisfaction et sa joie à l’occasion du futur événement » dans l’histoire des relations « entre l’Église catholique et la plus grande Église orthodoxe ». Le père Lombardi a mentionné également que, malgré le fait de l’annonce une semaine seulement avant la rencontre, celle-ci n’a pas été « improvisée ». En effet, la préparation de cet événement s’est déroulée pendant deux ans. Le prêtre a qualifié de « concours heureux de circonstances » le fait que le pape et le patriarche aient planifié au même moment leurs voyages dans la même région.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le pape de Rome et le patriarche Cyrille ne prieront pas ensemble »

La rencontre à Cuba du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille se terminera par la signature d’une déclaration commune mais, cependant, ils ne prieront pas ensemble. C’est ce qu’a mentionné le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou dans une interview avec Serge Brilev, producteur du programme « Nouvelles du samedi » de la chaîne TV russe « Rossia ». « Pour autant que je le sache, de quelconques prières communes ne sont pas prévues par le protocole. La rencontre se produira sur l’aéroport, c’est-à-dire en dehors de tout espace cultuel, hors d’un espace sacral, et elle sera constituée par une discussion et la signature d’une déclaration » a indiqué le métropolite Hilarion. Il a également ajouté que le pape et le patriarche, très vraisemblablement, discuteront du problème du terrorisme international et d’une série d’autres questions. « Certainement, ils ne se limiteront pas à ce thème (i.e. le terrorisme international). Certainement, la discussion peut passer, en général, au christianisme dans le monde contemporain. Mais cette coïncidence des positions, que vous avez évoquée, nous l’avons également remarquée… Nous percevons de la même façon ce rejet des commandements chrétiens, que nous observons, par exemple, dans les pays d’Europe occidentale. Et il est naturel que les réactions soient parfois très semblables », a ajouté le métropolite. L’initiative de la rencontre avec le pape de Rome François à Cuba, et non en Europe, est venue du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, afin de ne pas « faire peser sur les relations le lourd héritage des conflits entres les chrétiens de l’Orient et de l’Occident » a déclaré le métropolite Hilarion ». « Le patriarche, dès que l’on a commencé à en parler, avait le souhait de réaliser cette rencontre hors d’Europe. Il y avait différentes propositions, de différents côtés : « Allons, procédons à cela ici, allons, faisons-le là, nous créerons toutes les conditions ». Mais j’ai toujours ressenti que le patriarche avait quelque autre idée. Et ensuite, à un certain moment, il a dit, qu’il serait bien d’accomplir cette rencontre en dehors de l’Europe, afin que ce contexte européen, ce lourd héritage de conflits entre les chrétiens d’Orient et d’Occident, ne pèse pas sur cette rencontre », a déclaré le métropolite Hilarion. Le patriarche et le pape de Rome parleront chacun dans leur langue maternelle (russe et espagnol), à l’aide d’un traducteur. « Je suppose que le pape parlera en espagnol, et le patriarche, en russe. Il y aura deux traducteurs » a précisé le métropolite Hilarion.

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Télévision : une émission spéciale de KTO sur la prochaine rencontre du patriarche Cyrille de Moscou et du pape François

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dLa chaine de télévision KTO a diffusé hier soir une émission spéciale sur la rencontre du patriarche Cyrille de Moscou et du pape François qui aura lieu le 12 février à Cuba (vidéo ci-dessous). Cette rencontre historique sera “la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises”, explique le communiqué conjoint. Les participants à cette émission sont:  le père Alexandre Siniakov (qui a donné un entretien sur ce sujet au Figaro et à La Vie), recteur du Séminaire orthodoxe russe en France, Carol Saba, directeur de la communication des évêques orthodoxes de France, Michel Aubry, ancien consul à Saint-Pétersbourg, et le père catholique Emmanuel Gougaud, direct du service national pour l’unité des chrétiens. Interviennent également au cours de l’émission le père Hyacinthe Destivelle, dominicain, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Bernard Lecomte, écrivain et journaliste, Antoine Arjakovsky, co-directeur du département “Société, Liberté, Paix” du Collège des Bernardins.

Le patriarche Cyrille de Moscou et le pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dCommuniqué de presse conjoint du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou:

” Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le pape François et Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie se rencontreront le 12 février prochain. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le patriarche sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Martí de La Havane, et se conclura par la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des primats de l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou espèrent qu’elle sera également un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre et qu’elle porte de bons fruits.”

Sources: Patriarcat de Moscou. Illustration: Le Figaro

Discours d’ouverture au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe du patriarche Cyrille

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Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe 2-3 février

Le site Internet du département des relations extérieures de l’Église orthodoxe russe en mis en ligne, en plusieurs parties, les points les plus importants du discours d’ouverture du patriarche Cyrille au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui s’est tenu du 2 au 3 février à Moscou.

1. Le patriarche Cyrille : La tentative d’évincer le christianisme du Proche Orient est une tragédie historique lourde de conséquences pour le monde entier1 :
« Se targuant d’agir au nom de la religion ou de différentes idéologies, les terroristes aspirent à semer la peur et l’hostilité dans les cœurs, à engendrer la haine interreligieuse et interethnique. Nous avons tous en mémoire ces tragédies humaines qui déchirent le cœur : l’explosion de l’avion russe au-dessus du Sinaï, la série d’attentats à Paris, l’attaque contre le collège universitaire de Garissa au Kenya, les meurtres en masse de Baga (Nigéria), et ce ne sont que quelques-uns des méfaits accomplis par les terroristes ces derniers mois. La communauté internationale est appelée à arrêter la terreur et, notamment, à rétablir une paix juste en Syrie, montrant ainsi l’exemple à tous les pays du Proche Orient où coule actuellement le sang » a dit notamment le primat de l’Église russe.

« C’est avec une douleur particulière que nous pensons aux chrétiens d’Irak, de Lybie, de Syrie et d’autres pays du Proche Orient. Beaucoup d’entre eux refusent de quitter leurs églises, leurs monastères, leurs villages chrétiens, même sous menace de mort, et nous parlons à nouveau des martyrs » a souligné le patriarche Cyrille.

« Ces derniers temps, les hommes politiques ont commencé à reconnaître que les tueries massives, les expulsions, les prises d’otage de chrétiens dans la région sont un véritable génocide suivant des critères religieux. La tentative d’évincer le christianisme du Proche Orient est une tragédie historique, lourde de conséquences pour le monde entier » affirme le patriarche.

« Prions pour que le Seigneur Tout-puissant affermisse nos frères en Christ, et donne la sagesse aux dirigeants dont dépend l’établissement de la paix au Proche Orient, afin que dans les meilleurs délais, malgré les intérêts particuliers, ils prennent les décisions qui s’imposent » a déclaré le primat de l’Église russe.

2. Le patriarche Cyrille : Nous ne disons pas du Concile panorthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique :
« Nous croyons que l’Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, comme il est dit clairement dans le Symbole de foi. L’Église est une par nature, a rappelé Sa Sainteté. L’existence de nombreuses Églises autocéphales est une forme d’existence historique de l’Église, la mieux adaptée à l’accomplissement de sa mission de salut. Nous savons aussi que la prise de décisions concernant le Plérôme de l’Église, a toujours exigé la participation si ce n’est de tous les hiérarques orthodoxes, du moins de représentants de chaque Église locale. En ce sens, les Conciles œcuméniques et certains aussi conciles d’importance panorthodoxe sont l’expression visible de l’unité de l’Église, de son essence conciliaire, le reflet de sa conscience d’être le Corps du Christ (cf. Rom 12, 5).

En même temps, souligne le patriarche, la réception des actes de tel ou tel concile par le plérôme de l’Église a toujours été progressive et, « comme le montre l’histoire ecclésiastique, aucun concile n’a pu imposer à l’Église ses décisions si elles ont été rejetées par le peuple de Dieu, s’il n’y a pas eu de réception des décrets conciliaires par l’ensemble de l’Église. » C’est pourquoi aucun concile œcuménique n’est devenu tel par le simple fait de sa convocation : son importance réelle ne devenait évidente qu’après un certain temps, parfois très long, a constaté le primat de l’Église orthodoxe russe.

« Nous ne disons pas du prochain grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique, a poursuivi le patriarche Cyrille. A la différence des anciens conciles œcuméniques, il n’est pas appelé à résoudre des questions doctrinales, car elles sont résolues depuis longtemps et n’exigent aucune révision. Il n’est pas non plus appelé à introduire quelque innovation liturgique dans la vie de l’Église, dans sa structure canonique. Néanmoins, il peut, s’il est préparé comme il se doit, être un facteur important d’affermissement de l’unité et de la coopération entre Églises, et permettre de préciser les réponses que l’Église orthodoxe donne aux questions de la modernité sur la base de sa tradition multiséculaire. »

Le patriarche a aussi souligné que ce Concile ne serait véritablement panorthodoxe que si des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues par tous y prenaient part.

Se tournant vers l’histoire, il a constaté que durant presque un millénaire, la réunion des Églises locales en concile avait été compliquée. Durant de nombreux siècles, en effet, tous les patriarcats antiques avaient subi la domination musulmane. Les circonstances du XX siècle n’ont pas non plus favorisé l’intensification des contacts entre Églises : il suffit de se rappeler les guerres des Balkans, la Première Guerre mondiale, la révolution russe qui entraîna une violente persécution contre l’Église, la chute de l’Empire ottoman, la déportation des chrétiens d’Asie mineure et, enfin, la Seconde Guerre mondiale.

Néanmoins, dès 1923, l’Église de Constantinople a convoqué à Istanbul un congrès interorthodoxe, puis, en 1930, une commission interorthodoxe préparatoire, qui s’est réunie au monastère de Vatopédi sur le Mont Athos. « Ces premières tentatives de collaboration panorthodoxe ont été un échec, a remarqué le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Certaines Églises locales n’y ont pas pris part, l’Église orthodoxe russe, en était empêchée par les circonstances. Les travaux du congrès interorthodoxe d’Istanbul s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat réformateur de déni de la tradition. Pour cette raison, ses décisions n’ont été reconnues de personne, en dehors des décisions sur le nouveau calendrier, adoptées par certaines Églises au prix de regrettables schismes. »

Le patriarche a aussi rappelé que l’Église de Constantinople n’a pas été seule à proposer des initiatives panorthodoxes. Ainsi, à l’initiative du Patriarcat de Moscou, une conférence des chefs et des représentants des Églises orthodoxes locales s’est déroulée à Moscou en 1948, à l’occasion du 500eanniversaire de l’autocéphalie de l’Église russe. Cependant ses décisions n’ont pas été adoptées par les Églises locales qui ont considéré que seul le patriarche de Constantinople pouvait convoquer une réunion panorthodoxe.

La préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe n’a réellement démarré qu’en 1961, lors de la première conférence panorthodoxe, qui a eu lieu sur l’île de Rhodes, en Grèce, a constaté Sa Sainteté. Un catalogue d’une centaine de thèmes a été rédigé, des thèmes que l’on se proposait de préparer pour les présenter à l’examen du futur Concile. Un peu plus tard, en 1968, à la quatrième conférence panorthodoxe de Genève, il a été décidé de poursuivre la préparation du Concile dans le cadre de conférences panorthodoxes préconciliaires, et de commissions préparatoires interorthodoxes précédant la convocation des conférences. Ce format s’est conservé jusqu’à aujourd’hui.

A la conférence de Rhodes de 1961, il a été proposé à toutes les Églises locales d’exprimer leur opinion sur les thèmes approuvés. S’agissant de la participation de l’Église orthodoxe russe à l’élaboration de ces thèmes, le patriarche Cyrille a montré qu’elle s’y été employée avec le plus grand sérieux. En 1963, le Saint Synode a créé une Commission spéciale présidée par le métropolite Nicodème de Leningrad, de bienheureuse mémoire, dont faisait partie les meilleurs théologiens de l’Église orthodoxe russe, hiérarques, clercs et laïcs. En cinq ans, cette Commission a accompli un immense travail, préparant des projets de documents sur tous les thèmes du catalogue sans exception. « Ce n’est pas exagérer que d’affirmer que l’Église russe a apporté une contribution sans précédent à la préparation du Concile panorthodoxe et n’était pas seulement prête à sa tenue, mais proposait également sur tous les thèmes des projets concrets, réfléchis, de documents conciliaires, résultat du travail des meilleurs théologiens de notre Église » a souligné le patriarche Cyrille.

Cependant, en 1971, plusieurs Églises locales ont insisté sur la réduction de l’agenda du Concile. La première conférence préconciliaire panorthodoxe, en 1976, a donc réduit la liste des thèmes à dix. Leur étude s’est poursuivie dans le cadre des commissions préparatoires interorthodoxes, ainsi que pendant la seconde, puis la troisième conférence préconciliaire panorthodoxe de 1982 et 1986.

« Dans les années 1990, ce travail a été interrompu pour longtemps, a constaté le patriarche. La raison en a été l’instauration par le Patriarcat de Constantinople, en 1996, de la dite Église orthodoxe autonome d’Estonie sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, avec l’intention d’un faire un acteur à part entière du processus préconciliaire, ce que notre Église a catégoriquement refusé. » Les perspectives de reprise de la préparation du Concile ne sont apparues qu’en 2008. Lors de la rencontre des primats des Églises orthodoxes locales, il a été décidé que seuls des représentants des Églises autocéphales, et non des Églises autonomes, au nombre desquelles l’Église de Constantinople compte sa structure en Estonie, participeraient à la préparation conciliaire. « Les représentants des Églises autonomes, aujourd’hui encore, ne participent au processus préconciliaire que dans le cadre des délégations de leurs Églises-mères » a raconté le patriarche Cyrille.

Le primat de l’Église russe a poursuivi en rappelant que le processus de préparation du Concile s’était poursuivi en commissions préparatoires et, en 2009, à la quatrième conférence préconciliaire panorthodoxe. « En mars 2014, j’ai participé à la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui a eu lieu à Istanbul. Il a été décidé de convoquer le Concile panorthodoxe pour 2016, « si des circonstances imprévues ne l’empêche pas » a déclaré Sa Sainteté.

Il était prévu que durant le temps réduit qui resterait, les efforts de tous les participants du processus préconciliaire s’intensifient. Pour cette raison, la synaxe a créé une Commission interorthodoxe spéciale, qui est parvenu à réviser trois projets de documents conciliaires. Ces textes, revus en commun lors de la cinquième Conférence préconciliaire panorthodoxe d’octobre dernier, concernent l’importance du jeûne, les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, la proclamation de l’autonomie ecclésiale.

Dans le cadre du processus préconciliaire, il a aussi été discuté du thème de l’autocéphalie et du mode de sa proclamation.

La synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 21 au 28 janvier 2016 a notamment examiné le projet de document conciliaire « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », « le Sacrement du mariage et ses empêchements », ainsi que d’autres thèmes.

3. Le projet de document du Concile panorthodoxe affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël, des saints Pierre et Paul et de la Dormition

Parlant aux participants du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de la préparation du Concile panorthodoxe, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’est arrêtée aux projets de documents du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe préparés dans le cadre du processus préconciliaire.

Parmi eux, le document « L’importance du jeûne et de son observance aujourd’hui », sur lequel se sont entendus les participants de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, à Chambésy, en janvier 2016, en dehors des représentants des Églises d’Antioche et de Géorgie.

Comme le remarquait le patriarche Cyrille, dans ce document, qui se présente comme une description détaillée de la doctrine générale et communément admise dans l’Église sur le jeûne, le sens spirituel du Carême est développé, tandis que les modalités de son observance dans les conditions actuelles sont énoncées concrètement. « Malgré les rumeurs répandues par les ennemis de l’Église sur une soi-disant annulation des règles du jeûne ou sur leur réduction, le projet de document prescrit clairement d’observer tous les jeûnes institués par l’Église sans exception » a souligné le primat de l’Église orthodoxe russe.

Bien plus, constate le patriarche, ce document affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël des saints Pierre et Paul et de la Dormition qui, contrairement au jeûne de la sainte Quarantaine, ne sont pas mentionnés dans les canons antiques.

4. Le patriarche Cyrille : Il n’est pas question d’union de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes

Le prochain Concile panorthodoxe se penchera sur le projet de document « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », adopté à Chambésy par la V Conférence préconciliaire panorthodoxe des 10-17 octobre 2015. C’est ce qu’a annoncé le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie dans son rapport au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à Moscou.

Poursuivant son récit sur la préparation du Concile panorthodoxe, le primat de l’Église orthodoxe russe a constaté que ce projet de document avait été composé sur la base de deux textes élaborés durant les années 1980, dont l’un était consacré au mouvement dit œcuménique, et l’autre principalement aux dialogues bilatéraux de l’Église orthodoxe avec les communautés hétérodoxes. « Les changements qui se sont produits ces dernières décennies dans de nombreuses dénominations protestantes ont rendu nécessaire une sérieuse révision de ces documents, a constaté le primat de l’Église russe. Beaucoup de ces communautés, sous l’influence d’idéologies laïcistes, se sont engagées sur la voie du réexamen non seulement de leur doctrine, mais même des bases de la morale chrétienne. »

Ceci a incité l’Église orthodoxe à revoir ses rapports avec ces communautés, a rappelé Sa Sainteté.

« Notre critique a été prise en compte pendant la révision de ce document » a souligné le patriarche Cyrille, remarquant que les points essentiels du texte reprennent les principales positions énoncées en 2000 par le Concile épiscopal jubilaire dans le document « Principes fondamentaux des relations de l’Église orthodoxe russe avec l’hétérodoxie ». Ainsi, dans le projet de document du Concile panorthodoxe, il est dit clairement que les relations de l’Église orthodoxe avec les églises hétérodoxes « doivent se fonder sur une clarification, le plus rapidement et le plus objectivement possible, de toute la question de l’ecclésiologie et, plus particulièrement de l’enseignement général que celles-ci professent sur les sacrements, la grâce, le sacerdoce et la succession apostolique. » Il est constaté que si l’Église orthodoxe participe aux travaux du Conseil œcuménique des Églises, elle « n’accepte absolument pas l’idée de l’égalité des confessions et ne peut concevoir l’unité de l’Église comme un compromis interconfessionnel. »

« Bien entendu, il n’est pas question d’union de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes dans le document » a constaté Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

5. Le patriarche Cyrille : Le document « La mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain » est sans doute le plus actuel de tous ceux à l’ordre du jour du Concile panorthodoxe

La synaxe des primats des Eglises orthodoxes locales, qui s’est achevée il y a quelques jours à Chambésy (Suisse), avec la participation de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, est parvenue à retravailler le projet de document conciliaire « La mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain », adopté à l’unanimité.

Le patriarche Cyrille est revenu sur ce document dans son rapport au Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à la salle des Concile de l’église du Christ Sauveur de Moscou. L’adoption du document a été précédée d’une longue délibération, s’accompagnant parfois d’âpres discussions pendant les différentes rencontres préconciliaires. Ce document est plusieurs fois revenu à l’examen du Saint Synode de l’Eglise russe et de la Commission synodale théologique et biblique.

« Il n’est pas étonnant que ce document ait demandé un travail aussi intensif et aussi long, car c’est là que l’Eglise orthodoxe donne son avis concerté sur les processus compliqués et particulièrement alarmants que l’on constate dans la vie sociale, économique, politique et morale de la société actuelle » a souligné le patriarche, rappelant que le texte ne donne la préférence à aucune des conceptions politiques existantes, ne confirme pas la supériorité d’un modèle économique sur un autre. « L’Eglise, accomplissant sa mission de salut, rappelle une fois encore au monde que la racine de pratiquement tous les défis et tous les problèmes de la société contemporaine réside dans l’oubli de la loi de Dieu, dans la perte des repères moraux, dans une conception altérée de la liberté, de la dignité de l’homme et de la justice. »

C’est ce qui rend ce document sans doute le plus actuel de tous ceux inclus à l’ordre du jour du saint et grand Concile, estime le patriarche Cyrille. Il remarque également que l’Eglise orthodoxe russe a pu apporter une contribution particulièrement importante à ce projet, car un grand nombre des questions sociales soulevées par le document avaient déjà été abordées dans les « Principes de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe » et dans d’autres documents.

6. Le patriarche Cyrille : la reconnaissance unilatérale du schisme en Ukraine aurait des conséquences catastrophiques pour l’unité de l’Église orthodoxe
Il serait souhaitable que le Concile panorthodoxe entérine la nécessité du consensus de toutes les Églises, excluant toute entreprise unilatérale, dans l’octroi de l’autocéphalie, compte tenu, notamment, des agissements anti-canoniques de certaines structures ecclésiastiques aux États-Unis et au Canada, dépendant de la juridiction du Patriarcat de Constantinople. Ce qu’a déclaré le Patriarche Cyrille dans son rapport à la séance du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à Moscou.

Sa Sainteté a rappelé notamment qu’ignorant délibérément le primat canonique de l’Église orthodoxe ukrainienne, Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, les hiérarques des susdites structures se sont rendus plusieurs fois en Ukraine durant l’année écoulée, affirmant ouvertement leur soutien aux schismatiques, leur promettant la reconnaissance en tant qu’Église autocéphale, assurant par ailleurs qu’ils agissaient, soi-disant, au nom de Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de Constantinople.

« Et bien que Sa Sainteté nous ait assuré à plusieurs reprises qu’elle ne soutenait pas ces initiatives, les déclarations de certains de ses hiérarques, s’ajoutant aux appels réguliers des leaders du schisme au Patriarche de Constantinople l’invitant à s’immiscer directement dans la situation ecclésiastique en Ukraine, donnaient l’impression que semblable intervention n’était effectivement pas exclue après le Concile, a constaté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Ce n’est qu’après qu’à la synaxe des primats des Églises orthodoxes Sa Sainteté le patriarche Bartholomée a promis que ni pendant, ni après le Concile panorthodoxe ne seraient entrepris aucun effort pour légaliser le schisme en Ukraine ou pour accorder unilatéralement l’autocéphalie à qui que ce soit, que nous avons accepté de reporter l’examen du thème de l’autocéphalie et de ne pas le porter à l’ordre du jour du prochain saint et grand Concile. »

Le primat de l’Église orthodoxe russe s’est dit certain que la promesse faite par Sa Sainteté le patriarche Bartholomée « a notamment pour origine sa profonde compréhension des circonstances : les conséquences catastrophiques pour l’unité de l’Église orthodoxe qu’entraînerait obligatoirement la reconnaissance unilatérale du schisme, dévalorisait aussi bien le Concile que toutes les décisions qui y seront prises. »

Le patriarche Cyrille a qualifié de très importante la participation personnelle à la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui s’est déroulée du 21 au 28 janvier à Chambésy, de Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, dans le cadre de la délégation de l’Église orthodoxe russe.

« La rencontre et les nombreux entretiens que nous y avons eu, ont démontré une fois encore le souci profond qu’ont les Primats des Églises orthodoxes locales et leur épiscopat de la situation en Ukraine, des actes de violence contre l’Église canonique de la part des structures schismatiques et des hommes politiques qui les soutiennent » a constaté le patriarche. De nombreux Primats avaient déjà déclaré leur soutien à l’Église orthodoxe ukrainienne et à son ministère pacificateur dans les difficiles conditions du conflit civil. Depuis, au nom de tous les primats, Sa Sainteté le patriarche Bartholomée a déclaré : « Nous reconnaissons tous le métropolite Onuphre comme l’unique chef canonique de l’orthodoxie en Ukraine. »

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Le patriarche Cyrille : Nous ne disons pas du Concile panorthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique

Intervenant à l’ouverture du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui a débuté le 2 février, le patriarche Cyrille est revenu sur le thème de la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe.

« Nous croyons que l’Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, comme il est dit clairement dans le Symbole de foi. L’Église est une par nature, a rappelé sa sainteté. L’existence de nombreuses Églises autocéphales est une forme d’existence historique de l’Église, la mieux adaptée à l’accomplissement de sa mission de salut. Nous savons aussi que la prise de décisions concernant le plérôme de l’Église, a toujours exigé la participation si ce n’est de tous les hiérarques orthodoxes, du moins de représentants de chaque Église locale. En ce sens, les conciles œcuméniques et certains aussi conciles d’importance panorthodoxe sont l’expression visible de l’unité de l’Église, de son essence conciliaire, le reflet de sa conscience d’être le corps du Christ (cf. Rom 12, 5).

En même temps, souligne le patriarche, la réception des actes de tel ou tel concile par le plérôme de l’Église a toujours été progressive et, « comme le montre l’histoire ecclésiastique, aucun concile n’a pu imposer à l’Église ses décisions si elles ont été rejetées par le peuple de Dieu, s’il n’y a pas eu de réception des décrets conciliaires par l’ensemble de l’Église. » C’est pourquoi aucun concile œcuménique n’est devenu tel par le simple fait de sa convocation : son importance réelle ne devenait évidente qu’après un certain temps, parfois très long, a constaté le primat de l’Église orthodoxe russe.

« Nous ne disons pas du prochain grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique, a poursuivi le patriarche Cyrille. A la différence des anciens conciles œcuméniques, il n’est pas appelé à résoudre des questions doctrinales, car elles sont résolues depuis longtemps et n’exigent aucune révision. Il n’est pas non plus appelé à introduire quelque innovation liturgique dans la vie de l’Église, dans sa structure canonique. Néanmoins, il peut, s’il est préparé comme il se doit, être un facteur important d’affermissement de l’unité et de la coopération entre Églises, et permettre de préciser les réponses que l’Église orthodoxe donne aux questions de la modernité sur la base de sa tradition multiséculaire. »

Le patriarche a aussi souligné que ce concile ne serait véritablement panorthodoxe que si des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues par tous y prenaient part.

Se tournant vers l’histoire, il a constaté que durant presque un millénaire, la réunion des Églises locales en concile avait été compliquée. Durant de nombreux siècles, en effet, tous les patriarcats antiques avaient subi la domination musulmane. Les circonstances du XX siècle n’ont pas non plus favorisé l’intensification des contacts entre Églises : il suffit de se rappeler les guerres des Balkans, la Première Guerre mondiale, la révolution russe qui entraîna une violente persécution contre l’Église, la chute de l’Empire ottoman, la déportation des chrétiens d’Asie mineure et, enfin, la Seconde Guerre mondiale.

Néanmoins, dès 1923, l’Église de Constantinople a convoqué à Istanbul un congrès interorthodoxe, puis, en 1930, une commission interorthodoxe préparatoire, qui s’est réunie au monastère de Vatopédi sur le Mont Athos. « Ces premières tentatives de collaboration panorthodoxe ont été un échec, a remarqué le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Certaines Églises locales n’y ont pas pris part, l’Église orthodoxe russe, en était empêchée par les circonstances. Les travaux du congrès interorthodoxe d’Istanbul s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat réformateur de déni de la tradition. Pour cette raison, ses décisions n’ont été reconnues de personne, en dehors des décisions sur le nouveau calendrier, adoptées par certaines Églises au prix de regrettables schismes. »

Le patriarche a aussi rappelé que l’Église de Constantinople n’a pas été seule à proposer des initiatives panorthodoxes. Ainsi, à l’initiative du Patriarcat de Moscou, une conférence des chefs et des représentants des Églises orthodoxes locales s’est déroulée à Moscou en 1948, à l’occasion du 500e anniversaire de l’autocéphalie de l’Église russe. Cependant ses décisions n’ont pas été adoptées par les Églises locales qui ont considéré que seul le patriarche de Constantinople pouvait convoquer une réunion panorthodoxe.

La préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe n’a réellement démarré qu’en 1961, lors de la première conférence panorthodoxe, qui a eu lieu sur l’île de Rhodes, en Grèce, a constaté Sa Sainteté. Un catalogue d’une centaine de thèmes a été rédigé, des thèmes que l’on se proposait de préparer pour les présenter à l’examen du futur concile. Un peu plus tard, en 1968, à la quatrième conférence panorthodoxe de Genève, il a été décidé de poursuivre la préparation du concile dans le cadre de Conférences panorthodoxes préconciliaires, et de commissions préparatoires interorthodoxes précédant la convocation des conférences. Ce format s’est conservé jusqu’à aujourd’hui.

A la conférence de Rhodes de 1961, il a été proposé à toutes les Églises locales d’exprimer leur opinion sur les thèmes approuvés. S’agissant de la participation de l’Église orthodoxe russe à l’élaboration de ces thèmes, le patriarche Cyrille a montré qu’elle s’y été employée avec le plus grand sérieux. En 1963, le Saint Synode a créé une commission spéciale présidée par le métropolite Nicodème de Leningrad, de bienheureuse mémoire, dont faisait partie les meilleurs théologiens de l’Église orthodoxe russe, hiérarques, clercs et laïcs. En cinq ans, cette commission a accompli un immense travail, préparant des projets de documents sur tous les thèmes du catalogue sans exception. « Ce n’est pas exagérer que d’affirmer que l’Église russe a apporté une contribution sans précédent à la préparation du Concile panorthodoxe et n’était pas seulement prête à sa tenue, mais proposait également sur tous les thèmes des projets concrets, réfléchis, de documents conciliaires, résultat du travail des meilleurs théologiens de notre Église » a souligné le patriarche Cyrille.

Cependant, en 1971, plusieurs Églises locales ont insisté sur la réduction de l’agenda du Concile. La première conférence préconciliaire panorthodoxe, en 1976, a donc réduit la liste des thèmes à dix. Leur étude s’est poursuivie dans le cadre des commissions préparatoires interorthodoxes, ainsi que pendant la seconde, puis la troisième conférence préconciliaire panorthodoxe de 1982 et 1986.

« Dans les années 1990, ce travail a été interrompu pour longtemps, a constaté le patriarche. La raison en a été l’instauration par le Patriarcat de Constantinople, en 1996, de la dite Église orthodoxe autonome d’Estonie sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, avec l’intention d’un faire un acteur à part entière du processus préconciliaire, ce que notre Église a catégoriquement refusé. » Les perspectives de reprise de la préparation du Concile ne sont apparues qu’en 2008. Lors de la rencontre des primats des Églises orthodoxes locales, il a été décidé que seuls des représentants des Églises autocéphales, et non des Églises autonomes, au nombre desquelles l’Église de Constantinople compte sa structure en Estonie, participeraient à la préparation conciliaire. « Les représentants des Églises autonomes, aujourd’hui encore, ne participent au processus préconciliaire que dans le cadre des délégations de leurs Églises-mères » a raconté le patriarche Cyrille.

Le primat de l’Église russe a poursuivi en rappelant que le processus de préparation du Concile s’était poursuivi en commissions préparatoires et, en 2009, à la quatrième conférence préconciliaire panorthodoxe. « En mars 2014, j’ai participé à la Synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui a eu lieu à Istanbul. Il a été décidé de convoquer le Concile panorthodoxe pour 2016, « si des circonstances imprévues ne l’empêche pas » a déclaré Sa Sainteté.

Il était prévu que durant le temps réduit qui resterait, les efforts de tous les participants du processus préconciliaire s’intensifient. Pour cette raison, la synaxe a créé une commission interorthodoxe spéciale, qui est parvenu à réviser trois projets de documents conciliaires. Ces textes, revus en commun lors de la cinquième conférence préconciliaire panorthodoxe d’octobre dernier, concernent l’importance du jeûne, les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, la proclamation de l’autonomie ecclésiale.

Dans le cadre du processus préconciliaire, il a aussi été discuté du thème de l’autocéphalie et du mode de sa proclamation.

La synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 21 au 28 janvier 2016 a notamment examiné le projet de document conciliaire « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », « le sacrement du mariage et ses empêchements », ainsi que d’autres thèmes.

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Le patriarche Cyrille de Moscou : « L’Église orthodoxe russe n’a pas l’intention de renoncer au calendrier julien »

L’Église orthodoxe russe n’a pas l’intention de renoncer à utiliser le calendrier julien et de passer au nouveau calendrier (le grégorien). Cette question du calendrier est retirée de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe. C’est ce qu’a communiqué aux journalistes le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à l’issue de son séjour à Chambésy. « Si l’on parle du contenu [du Concile], il est bien sûr très important que la question du calendrier ait été retirée de l’ordre du jour. Cela inquiétait beaucoup de nos fidèles, des bruits inexacts ont circulé, selon lesquels nous pouvons passer au nouveau calendrier », a déclaré le patriarche, qui a précisé : « La question du calendrier a été ôtée [de l’ordre du jour] à l’unanimité, parce que de nombreuses Églises, comme on le sait, suivent le calendrier julien, et certaines autres, le grégorien ». « Et afin de laisser à chaque Église la possibilité d’agir conformément à son calendrier, il a été décidé que la question du calendrier ne sera pas examinée », a déclaré le patriarche Cyrille.

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Déclarations du patriarche Cyrille de Moscou au sujet du Concile panorthodoxe

« Le Concile n’aura pas lieu à Istanbul. La position de l’Église russe [à ce sujet] a été adoptée. Nous avons proposé le Mont Athos ou Rhodes, ou encore un autre lieu, mais le patriarche de Constantinople à proposé la Crète » a déclaré aux journalistes le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, à l’issue de son séjour à Chambésy (Suisse), où s’est déroulée la rencontre des primats des Églises orthodoxes, dédiée à la préparation du Concile panorthodoxe. Comme l’a mentionné le patriarche Cyrille, cette île grecque se trouve sous la juridiction du patriarche de Constantinople, et ce lieu est proposé en raison « des conditions qui y sont les plus favorables : il y a une salle prévue pour 400 personnes, un lieu d’hébergement et des conférences de différentes sortes se passent en Crète, dont des conférences théologiques ». « Nous connaissons bien cet endroit et, naturellement, nous sommes d’accord pour la tenue du Concile en Crète », a déclaré le patriarche Cyrille. À son tour, le chef du service de presse patriarcal, le prêtre Alexandre Volkov a précisé, dans sa discussion avec le correspondant de l’agence « Interfax-Religion », que le Concile commencera le 19 juin, jour de la Pentecôte [selon le calendrier orthodoxe, ndt]. Le patriarche a annoncé que le Concile n’examinera pas le sujet lié au schisme en Ukraine, ainsi que le passage de toutes les Églises orthodoxes à un seul calendrier. Tous les documents qui ont été approuvés par les chefs des Églises orthodoxes et qui devront être discutés lors du Concile, seront publiés très prochainement. « Notre Église a insisté pour qu’il n’y ait aucun embargo sur ces documents, mais pour que les gens puissent en avoir connaissance, parce que beaucoup de points de vue critiques sur le Concile à venir se sont précisément formés en raison du vide d’information. Les gens ne savaient rien sur le Concile », a expliqué le primat. En outre, celui-ci attend « un bon document concernant la mission de l’orthodoxie dans le monde contemporain », ainsi qu’un document au sujet du mariage, de la famille et des empêchements au mariage. À la question concernant ce qu’il attentait du prochain Concile, le patriarche Cyrille a répondu : « Une plus grand consolidation encore du monde orthodoxe. Je sais que la question ukrainienne [i.e. la question de l’Église d’Ukraine, ndt] ne sera pas examinée, que la question de la possibilité d’accorder l’autocéphalie (à l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, selon l’agence Interfax) ou la légalisation du schisme, et cela été confirmé publiquement par le patriarche Bartholomée ».

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Jovan Nikoloski