29/06/2017
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Archives de catégorie : Relations oecuméniques

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Le Saint-Synode du Patriarcat de Géorgie a rejeté le projet de document pré-concilaire « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien »

À l’issue de la session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie qui a s’est tenue le 16 février, le patriarche et catholicos Élie II de Géorgie a annoncé que le Saint-Synode a rejeté le document « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien », préparé pour le futur Concile panorthodoxe prévu en Crète au mois de juin 2016. L’Église de Géorgie a également émis des réserves sur d’autres documents présentés lors de la synaxe des primats. Le patriarche Élie II a déclaré : « Le grand et saint Concile doit avoir lieu au mois de juin… Notre Église maintiendra l’ancien calendrier… Notre Église était, est et sera une gardienne de l’orthodoxie. L’Église orthodoxe de Géorgie rejette le document concernant l’œcuménisme, élaboré pour le grand Concile. Notre Église est celle qui a sauvé notre pays et notre peuple ».

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Interview du patriarche Cyrille à la chaîne de télévision Russia today

Dans le courant de sa visite aux pays d’Amérique Latine, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a accordé une interview exclusive à Ed Schulz, animateur de l’émission « Les informations avec Ed Schultz » sur la chaîne de télévision Russia Today.

  • La rencontre historique (avec le pape François de Rome, RT) a eu lieu ces derniers jours. Comment les chrétiens du monde entier doivent-ils interpréter cet évènement ? Cela signifie-t-il qu’une nouvelle ère commence pour la chrétienté ?
  • Je dirais que cette rencontre a certainement une grande importance. Il s’agit d’une tentative au plus haut niveau de comprendre ensemble où nous en sommes et où nous allons. La chrétienté, d’une part, la civilisation humaine de l’autre.
  • Pourquoi avoir choisi Cuba ?
  • Cette rencontre a eu une grande importance pour Cuba. Pour nous, c’était un endroit particulièrement judicieux. D’abord parce qu’il s’agit d’un pays de tradition catholique, mais dans les faits, c’est un pays laïc, avec une idéologie communiste. La Russie est traditionnellement un pays orthodoxe, mais nous sommes sortis du même contexte idéologique et politique. Moi qui suis né en Union soviétique, je comprends très bien Cuba.

Il y a un autre fait qui a sans doute été décisif dans le choix du lieu. Cuba permet d’envisager avec un certain recul nos divisions historiques, les conflits qui ont eu lieu dans le contexte européen. En choisissant Cuba, nous avons voulu dire : oui, nous connaissons notre lourd passé, mais nous le laissons là-bas, de côté. Et notre objectif principal est de regarder vers l’avenir ensemble. Voilà pourquoi nous avons choisi Cuba.

  • En Russie, on observe actuellement une renaissance du christianisme, que beaucoup d’Américains ne soupçonnent d’ailleurs même pas. Comment expliquez-vous cet intérêt pour la foi ?
  • Ce qui s’est passé en Russie dans les années 1990 et 2000, ce qui se produit aujourd’hui du point de vue de la renaissance de la foi, je l’explique par un seul mot : un miracle. Parce qu’après des décennies de domination du régime athée, on a vraiment assisté à une renaissance de la foi, de la foi religieuse. Et cette renaissance a concerné des couches différentes de la société : des gens simples, des gens instruits, l’intelligentsia, le milieu des affaires, le monde politique, tous ont aujourd’hui des liens avec l’Église. Nous voyons les gens justifier leur comportement par leurs convictions chrétiennes. C’est pourquoi nous avons constaté dans la déclaration commune avec le pape François que des changements stupéfiants se sont effectivement produits en Europe de l’Est. Peut-être ces changements ont-ils préparé la rencontre qui vient d’avoir lieu. Car l’Église russe, de même que l’Église catholique, sont capables d’avoir une vision global des évènements et de discuter ensemble des problèmes, ces problèmes auxquels font face les chrétiens et tout le genre humain.
  • Nous savons tous ce qui se passe aujourd’hui au Proche Orient et en Afrique du Nord, comment les chrétiens qui y vivent subissent des persécutions et sont même exterminés. Hier, avec le pape, vous avez appelé les chrétiens du monde entier à prêter attention à ce qui se passe. Que faut-il entreprendre pour arrêter cette catastrophe ? Ne croyez-vous pas que c’est tout simplement un devoir moral de l’humanité que de mettre fin à ces persécutions, à ces campagnes d’extermination des chrétiens ?
  • Ce qui se passe au Proche Orient est une tragédie. Le christianisme est apparu là-bas, au Proche Orient. Aujourd’hui, à cause des opérations militaires et à cause des terroristes, nous assistons à une diminution dramatique de la population chrétienne. Il s’agit bien, en effet, d’arrêter ce processus grâce aux efforts communs des églises aussi bien que ceux de tous les hommes capables de faire quoi que ce soit de positif. Il faut conserver la présence chrétienne au Proche Orient, en Afrique du Nord. Mais nous avons besoin de plus encore. Je suis fermement convaincu qu’il faut prévenir la déchristianisation de la société moderne par nos efforts communs, car, sous la pression du sécularisme qui devient tout simplement agressif dans certains pays, les chrétiens sont mis à l’écart de l’espace public. Et, dans un certain sens, on peut dire que les chrétiens ne se sentent pas à leur aise dans beaucoup de pays développés. Une certaine pression est exercée sur les chrétiens afin de limiter les manifestations de religiosité dans l’espace public. Tout cela témoigne de l’existence de phénomènes de crise très dangereux concernant la réalité chrétienne, la présence chrétienne. Je pense que le moment était bien choisi pour rencontrer le pape François, afin de discuter en profondeur et en détail de ce problème et en tirer des réflexions communes, celles énoncées dans le texte de la déclaration.
  • Ne croyez-vous pas que les grandes puissances ont aujourd’hui une responsabilité particulière, qu’elles ont l’obligation de s’interposer pour défendre les chrétiens ? Certes, la résolution des conflits par la voie militaire ne correspond pas exactement aux normes de la vie chrétienne, mais alors, comment doivent s’effectuer ces efforts ? Que faut-il entreprendre, à votre avis ?
  • La situation de la communauté chrétienne au Moyen Orient exige évidemment les efforts communs de tous ceux qui sont prêts à défendre les chrétiens. Et il est parfaitement évident qu’on ne peut pas seulement employer le dialogue et les exhortations verbales pour raisonner les terroristes, il faut avoir recours à la force. Parce que ce sont les terroristes qui détruisent les villages chrétiens, les monastères, les sanctuaires et les monuments historiques. Parce qu’ils agissent par la violence, la réponse de tous ceux qui sont intéressés non seulement à la conservation de la présence chrétienne, mais plus généralement à la paix dans ces lieux, doit aussi être de recourir à la force. C’est pourquoi il est aujourd’hui très important que la Russie, les États-Unis, d’autres pays d’Europe occidentale et certains pays arabes travaillent à atteindre ce but concret : faire cesser la guerre, liquider le terrorisme et, bien entendu, assurer au peuple la possibilité de se prononcer librement, que ce soit en Syrie ou en Irak, afin que ces pays puissent vivre dans la paix et la tranquillité, pour que tous les groupes religieux, musulmans ou chrétiens, puissent coexister en paix. On aura alors une garantie de paix au Proche Orient.
  • Comment doit-on résoudre la question de l’immigration d’un point de vue chrétien ? Que doivent faire les pays confrontés à ce problème ?
  • D’un point de vue humanitaire, d’un point de vue humain et, bien entendu, d’un point de vue chrétien, il faut aider ceux qui souffrent. Mais l’aide doit être adaptée. On peut simplement sortir de l’argent de sa poche et le donner. On peut donner à l’affamé un poisson, ou on peut lui donner une canne à pêche pour qu’il prenne son poisson lui-même. Il ne s’agit pas seulement d’aider, de soutenir, mais, avant tout, de liquider les causes de cet énorme afflux de réfugiés dans les pays européens. Et cette cause est, bien entendu, la déstabilisation de la situation politique au Proche Orient. C’est pourquoi tout doit être fait pour liquider au plus vite les conflits existants. Je le répète, tous ceux qui sont intéressés à la question doivent y travailler ensemble. En premier lieu les États-Unis, la Russie, l’Union européenne et les pays arabes. Il ne peut pas y avoir plusieurs coalitions poursuivant soi-disant un seul but, alors qu’on ne sait pas très bien en fait qui poursuit quel but. Si l’on y parvient, si tous les pays qui sont aujourd’hui inquiets de l’expansion du terrorisme parviendront à donner au terrorisme une réponse commune, cela amènera forcément à une stabilisation de la situation au Proche Orient, à l’arrêt du torrent de réfugiés. Et je suis certain que de nombreux réfugiés rentreront d’Europe. Voilà la seule voie qui, me semble-t-il, est réaliste.
  • Du point de vue américain, les relations entre la Russie et les États-Unis sont tendues à l’extrême. Pensez-vous que l’unité des chrétiens de l’Église orthodoxe et de l’Église catholique permettrait à nos pays de prendre conscience que leur refus de s’entendre sur des questions clé peut nous coûter très cher à tous?
  • Il faut tout faire pour changer radicalement les relations entre la Russie et les États-Unis en vue d’une amélioration. On doit comprendre clairement qu’il existe deux puissances qui peuvent se détruire l’une l’autre, qui peuvent détruire le monde par leur potentiel militaire. En aucun cas on ne doit admettre une grande guerre. Nous en avons parlé avec le pape François. Peut-être Dieu a-t-il fait que nous nous rencontrions maintenant, au moment précis où les nuages s’amoncellent au-dessus de la Syrie, alors qu’il existe une menace de confrontation entre des pays possédant un énorme potentiel de destruction. Il faut tout faire pour empêcher la guerre. Voilà notre premier objectif, celui des Américains et celui des Russes. Celui de tant de gens capables d’analyser froidement ce qui se passe. Quant aux relations russo-américaines, je me souviens des dures années de la guerre froide, alors que le monde était au bord de l’éclatement d’une guerre. Mais les chrétiens des États-Unis et d’Union soviétique ont trouvé le moyen de se rencontrer et de travailler ensemble pour un avenir meilleur. Nous avons eu des contacts très intensifs avec la communauté chrétienne des États-Unis. Il y a eu des échanges de délégations, des conférences communes. Nous avons élaboré une approche commune, une approche chrétienne des problèmes qui divisaient l’Union Soviétique et les États-Unis. Pourquoi ne pas le faire aujourd’hui ? Pourquoi sommes-nous si éloignés les uns des autres ? Pourtant, la plupart des habitants des États-Unis sont des chrétiens, ils professent les mêmes valeurs, ils appartiennent à la famille chrétienne. Nous devons utiliser ce fait, cette circonstance, pour bâtir des ponts au lieu d’élargir le fossé existant. Alors, ce soutien public venant d’en bas, des simples citoyens, des représentants des organisations religieuses, des églises, aidera à former un climat influant positivement sur ceux dont dépend la politique étrangère de nos pays.
  • Que faut-il faire pour refouler le terrorisme et y mettre fin ? Car l’humanité est aujourd’hui confrontée à un terrorisme à un tout autre niveau : un terrorisme qui utilise les technologies contemporaines. On a l’impression qu’on ne peut pas vaincre le terrorisme par la force armée. Comment le vaincre ?
  • Il faut essayer de comprendre les raisons qui incitent des gens honnêtes à se faire terroristes. Je réfléchis sans cesse au fait qu’il y a, certes, des leaders terroristes qui se sont donnés des objectifs politiques et pensent qu’il est plus simple de les atteindre au moyen du terrorisme : faire sauter des gens honnêtes et parfaitement innocents, susciter des réactions de panique, détruire la stabilité. Cela s’appelle la tactique ou la stratégie du terrorisme. Mais ce sont des gens simples qui en font sauter d’autres, des gens qu’on recrute pour des actes terroristes. Je me pose donc la question : comment recruter une personne, souvent honnête, et en faire un terroriste ? J’ai beaucoup réfléchi à la question et me suis convaincu qu’on recrute les gens en utilisant des idées très nobles. Pour envoyer quelqu’un à la mort, causer la mort d’autres hommes, il faut qu’il soit très fortement motivé. Quelle peut être cette motivation ? En deux mots, la voici : « Le monde est plongé dans le mal. La civilisation occidentale contemporaine, voilà la mal. Dieu en est exclu, le monde est transformé en un monde satanique privé de Dieu. Toi seul, par ton exploit, peut contribuer à la victoire sur le mal. C’est ton devoir religieux. Tu combats les forces obscures, tu luttes contre le diable. Tu es du côté de Dieu et de la lumière ». C’est ainsi que certains prédicateurs islamiques s’adressent à leurs fidèles après la prière du vendredi. Peut-être n’avaient-ils pas l’idée de prendre une bombe ou une arme et d’aller tuer. Mais ils sont inspirés par ces paroles et se considèrent comme des combattants pour la vérité de Dieu contre ce monde horrible qui peut anéantir l’islam.

Donc, pour vaincre le terrorisme, il faut que nous changions. Le terrorisme c’est avant tout un défi philosophique. Nous devons prendre conscience de ce qui se passe dans les consciences de ceux qui prennent les armes pour lutter au nom de Dieu. Je suis profondément convaincu que le développement de la civilisation humaine qui aujourd’hui passe, malheureusement, par le refus de Dieu, de la loi divine et morale, est la force qui provoque le phénomène du terrorisme. Il est très important que nous parvenions à un consensus moral global. Sur quelle base les gens peuvent-ils vivre ensemble ? Sur la base de certaines valeurs communes. Comment s’entendre sur des valeurs communes quand nous avons différents partis politiques, différents systèmes philosophiques, différents systèmes religieux ? Comment arriver à un consensus global ? Il n’y a qu’un moyen : il faut prendre le sens moral pour base de ce consensus. Le sens moral, la nature morale a été inscrite par Dieu dans l’âme humaine. Pour vous, américain, comme pour moi, russe, ce sont les mêmes notions morales. Si nous allions en Papouasie Nouvelle-Guinée, nous y trouverions au fond de l’âme humaine ces mêmes notions morales.

Ce n’est pas lutter contre ce sens moral, qu’il faut, y compris en votant des lois allant contre la moralité traditionnelle, mais en s’entendant sur ces valeurs morales communes et bâtir une civilisation commune sur la base de ce consensus. Dans cette civilisation, il n’y aura pas place pour le terrorisme, et si quelqu’un tente d’utiliser les hommes pour faire du mal aux autres, cela lui sera difficile, car ces appels iront contre les concepts communs de bien et de mal. Nous devons tenter tous ensemble de bâtir une civilisation nouvelle, globale, sur la base d’un consensus moral commun. Je crois que cela est possible.

En ce sens, ma rencontre avec le pape François a été très importante. Les deux plus grandes Églises du monde, en la personne de leurs primats, se sont rencontrées pour mettre leurs pendules à l’heure, pour parler des mêmes problèmes, chacun de son point de vue. Et nous nous sommes convaincus qu’il est possible de parvenir à une réponse commune et, peut-être, je vais vous étonner, cela est-il facile à obtenir. Parce que les deux interlocuteurs partaient du même consensus moral : la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, en Ses commandements, en Ses lois. Mais ces commandements et ces lois existent dans le monde musulman, et même dans l’humanisme laïc, en tout cas à une certaine étape du développement de l’humanisme c’était le cas. Si nous prenons la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle contient une référence à la morale comme pouvant limiter les droits de l’homme. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune référence à la limitation de la liberté humaine par la morale. Malheureusement, nous nous éloignons de plus en plus de ce qui nous unissait au niveau ontologique le plus profond. Je pense que si cette division se poursuit, les perspectives de l’humanité sont très mauvaises. Nous ne pouvons pas vivre sur une petite planète en étant déchirés par de profondes contradictions au niveau ontologique. Je présume que ma rencontre avec le saint pontife a apporté une modeste contribution à la formation de ce futur consensus moral pour tous les hommes.

  • Le pape François est déjà intervenu devant le Congrès américain. Ne voudriez-vous pas parler devant le Congrès ?
  • Je suis prêt à parler devant n’importe quel auditoire. J’ai eu à intervenir devant des parlements, devant des gouvernements, je parle aux fidèles chaque dimanche. Je suis ouvert à tout échange, et je pense qu’en principe ce ne serait pas mal si j’avais cette possibilité.
  • Pensez-vous que vous rencontrerez de nouveau le pape François ?
  • Je ne l’exclus pas. C’est possible. Nous ne nous sommes pas entendus sur d’autres rencontres, mais s’il y en a eu une, il peut y en avoir une deuxième et une troisième.

Réflexions de l’archiprêtre Vsevolod Tchapline sur la rencontre du patriarche de Moscou Cyrille et du pape François

Sous le titre « Une conciliarité de couloirs », l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, ancien président du département synodal de l’Église orthodoxe russe pour les rapports entre Église et société, a critiqué sur son blog l’absence de conciliarité dans l’Église orthodoxe russe relativement à la rédaction de la récente déclaration commune du patriarche Cyrille et du pape François :

« Le métropolite Hilarion a déclaré que, dans l’Église russe, deux hommes seulement étaient au courant de la préparation et du contenu de la déclaration du patriarche et du pape. Ces deux hommes, et seulement eux, pouvaient apporter des corrections au document. « La déclaration », dit le métropolite, « a été préparée dans un cadre de stricte confidentialité. Du côté de l’Église russe, c’est moi-même qui ai participé à la préparation du texte, du côté de l’Église catholique-romaine, le cardinal Koch. Même mes plus proches collaborateurs au département des relations ecclésiastiques extérieures, qui s’occupent de la thématique catholique, et ce jusqu’aux derniers jours, ne savaient rien ni sur le texte de la déclaration, ni sur la rencontre qui se préparait. Les véritables auteurs de la déclaration sont le patriarche et le pape. C’est précisément leur vision de la situation qui se trouvait à la base du texte. Dès le début de l’automne, le patriarche a partagé avec moi les idées de base, concernant la thématique de la déclaration. Ensuite, j’ai rencontré le pape François et j’ai parlé du contenu général du document avec lui. Ensuite, le texte a été fixé par écrit, il a été ajusté, à plusieurs reprises, et par le patriarche et – par l’intermédiaire du cardinal Koch – avec le pape ». La question se pose : comment cela s’accorde-t-il avec le 34è canon des saints Apôtres, où il est dit que le premier évêque d’une région ne doit rien faire « sans l’avis de tous » ? Et comment cela s’accorde-t-il avec les statuts de l’Église orthodoxe russe, où il est affirmé que le patriarche dirige l’Église « avec le Saint-Synode » (et non pas avec un seul de ses membres) ? Entre autres, les relations du patriarche et du Synode sont déterminées par le 34ème canon susmentionné, comme il est dit dans un texte critique (cf.). avec lequel je ne suis pas d’accord, sur de nombreux points, notamment lorsqu’il affirme que notre patriarche n’aurait soi-disant pas le droit de parler avec le pape sur un pied d’égalité. Au demeurant, sur le site « Pravoslavie.ru » a été publiée une évaluation très critique du projet de document du Concile panorthodoxe sur les relations « avec le reste du monde chrétien » par le métropolite de Limassol Athanase (Église de Chypre). Merci à Mgr Tikhon [recteur du monastère Sretensky de Moscou, lequel a publié ledit article] pour ce pas courageux – la publication de ce texte. Je suis convaincu qu’il faut obtenir la discussion dans l’Église russe du projet du document sur les relations avec hétérodoxes. Il est possible et il est nécessaire de mener une discussion sous n’importe quelle forme – avec la participation des autorités ecclésiastiques ou sans elle. À ce sujet, est-ce que notre commission inter-conciliaire se réunira – ne serait-ce qu’une fois – avant le Concile panorthodoxe ?

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L’Église orthodoxe russe appelle les fidèles à rejeter les craintes d’une fusion des Églises orthodoxe et catholique après la rencontre de Cuba

Le chef du département des affaires ecclésiastiques extérieures, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a appelé les fidèles à ne pas présumer que la rencontre du patriarche et du pape amènerait à une fusion de l’Église orthodoxe avec l’Église catholique. Dans une interview à « Interfax-Religia », il s’est efforcé de répondre aux craintes de cette partie des fidèles qui est préoccupée par une telle perspective. « Avant tout, je voudrais leur conseiller de lire attentivement la déclaration du pape et du patriarche ; elle montre quels thèmes ont été abordés au cours de la discussion. Il n’y avait là aucune tentative de rapprochement doctrinal ou même une discussion sur quelques questions dogmatiques ou théologiques. Maintenant aussi, une telle discussion n’est pas à l’ordre du jour » a déclaré le métropolite. Celui-ci a expliqué qu’il ne s’agit pas maintenant de surmonter la division historique entre les Églises, mais « d’apprendre à vivre et à agir dans ce monde non comme des concurrents, mais comme des frères, afin de défendre ensemble ces valeurs qui sont nous sont communes ». Le métropolite a mentionné à ce sujet les paroles du leader cubain Raoul Castro au cours de sa rencontre avec le patriarche Cyrille, alors que celui-ci évoquait sa rencontre à venir avec le pape : « Le président Raoul a rappelé le proverbe selon lequel chaque route, même la plus longue, commence avec le premier pas ». Le métropolite ajouté : « Ce premier pas a été fait, et maintenant, j’espère que sur cette longue route, les croyants des deux traditions chemineront ensemble, sans pour autant entrer dans quelque compromis avec leur conscience, sans entrer dans des compromis doctrinaux, mais en défendant ce qui nous est commun ».

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Réactions dans l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine au sujet de la déclaration commune du pape François et du patriarche de Moscou Cyrille

La déclaration commune du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille « n’a pas été une chose simple pour le Vatican », a déclaré le nonce apostolique en Ukraine, Mgr Claudio Gugerotti. Après l’office en la cathédrale de Kiev de l’Église gréco-catholique (uniate), celui-ci s’est adressé à l’assistance par une allocution, dans laquelle il a abordé le thème de la récente rencontre du patriarche et du pape à La Havane. 

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Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

Conférence de presse sur le prochain voyage du patriarche Cyrille en Amérique latine

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a donné le 5 février 2016 une conférence de presse au Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Cette rencontre avec les représentants des médias russes et étrangers avait pour objet le prochain voyage de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie en Amérique latine, qui aura lieu du 11 au 22 février 2016. Le voyage comprend une visite de la République de Cuba, de la République du Paraguay et de la République fédérative du Brésil.

Prenaient également part à la conférence de presse V. R. Legoïda, président du Département synodal aux relations de l’Église avec la société et les médias, et le prêtre Alexandre Volkov, directeur du service de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Le président du DREE a décrit les étapes du prochain voyage de Sa Sainteté en Amérique Latine :

« Le programme de ce voyage commence par une visite de Cuba, où Sa Sainteté, invitée par le président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, Raul Castro, arrivera le 11 février. A l’époque où il était encore métropolite et président du Département des relations ecclésiastiques extérieures, le patriarche Cyrille était allé à Cuba, dont il avait rencontré les autorités. Il avait suivi de près la construction de l’église dédiée à l’icône de la Mère de Dieu de Kazan à La Havane, dont il avait célébré la consécration.

En 2009, le président de Cuba Raul Castro a invité Sa Sainteté à se rendre dans son pays en tant que patriarche. Cependant, la nécessité de rendre des visites fraternelles aux Églises orthodoxes locales, ainsi que de multiples voyages dans les diocèses de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, de Moldavie et d’autres pays limitrophes n’ont pas permis de réaliser cette visite outre-mer. Le 17 novembre 2011, Raul Castro a réitéré son invitation officielle au Primat de l’Église orthodoxe russe. Cette invitation a été renouvelée à plusieurs reprises lors de mes rencontres avec les représentants diplomatiques de Cuba. En septembre de l’an dernier, le Patriarche a pris la décision d’aller à Cuba en février de l’année en cours, rattachant cette visite au 45e anniversaire de la consécration de la première église du Patriarcat de Moscou à La Havane, dédiée aux saints Constantin et Hélène. La communauté russophone de Cuba, qui compte 15 000 personnes, attend avec impatience la visite de son primat.

Le programme comporte des rencontres de Sa Sainteté avec Fidel Castro et le Président du Conseil d’État de la République de Cuba Raul Castro, la visite d’un centre de réhabilitation pour enfants « Solidarité avec Panama ». Le dimanche 14 février, Sa Sainteté présidera la Divine liturgie à l’église orthodoxe russe de la Vierge de Kazan.

Un autre évènement important aura lieu à Cuba. Les itinéraires de Sa Sainteté le patriarche Cyrille et du Pape François de Rome, qui sera en visite au Mexique durant ces mêmes jours, se croisant, il a été décidé d’organiser une rencontre entre les chefs des Églises catholique romaine et orthodoxe russe sur l’Île de la Liberté le 12 février. La rencontre aura lieu à l’aéroport international de La Havane.

La rencontre des Primats des Églises orthodoxe russe et catholique romaine se prépare depuis longtemps. Dans les années 1996-97, des négociations intensives avaient été menées afin d’organiser d’une rencontre entre Sa Sainteté le Patriarche Alexis II et le Pape Jean-Paul II en Autriche. Il avait cependant fallu mettre un terme à ces négociations à cause de problèmes sur lesquels aucun accord n’avait pu être trouvé. Il s’agissait avant tout des agissements des gréco-catholiques en Ukraine et du prosélytisme des missionnaires catholiques sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou. En même temps, la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe n’a jamais rejeté la possibilité d’une telle rencontre, lorsque les conditions nécessaires seraient réunies.

Durant toutes ces années, le principal problème entre les deux Églises et le principal obstacle à la tenue d’une rencontre les Primats a été l’uniatisme. L’anéantissement de trois diocèses du Patriarcat de Moscou en Ukraine occidentale par les uniates dans les années 1980-90, le transfert du centre de l’Église gréco-catholique ukrainienne de Lvov à Kiev, la volonté affichée de cette Église de s’arroger le statut de Patriarcat, le développement de la mission de l’EGCU sur les terres traditionnellement orthodoxes d’Ukraine de l’Est et du Sud, le soutien des uniates aux schismatiques, tous ces facteurs n’ont fait qu’aggraver le problème. La situation a encore empiré avec les évènements de ces derniers temps en Ukraine, auxquels les représentants de l’EGCU ont pris la part la plus active, déclamant des slogans antirusses, voire russophobes. Ainsi, malheureusement, le problème de l’uniatisme est toujours à l’ordre du jour, et l’union reste une blessure sanglante et béante, empêchant l’entière normalisation des relations entre les deux Églises.

Néanmoins, la situation au Proche Orient, en Afrique du Nord et en Afrique centrale, ainsi que dans d’autres régions où les extrémistes se livrent à un véritable génocide de la population locale, exige des mesures immédiates et une plus grande collaboration entre les Églises chrétiennes. Dans le contexte de cette tragédie, il est nécessaire de mettre de côté les désaccords intérieurs et d’unir nos efforts pour le salut du christianisme dans les régions où il est soumis à de cruelles persécutions.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui vient de s’achever à Moscou le 3 février a appelé à faire de l’année 2016 une année d’efforts dans ce domaine. C’est pourquoi, malgré les obstacles d’ordre ecclésiastique qui demeurent, il a été décidé d’organiser sans tarder une rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François de Rome. Le thème des persécutions contre les chrétiens sera au cœur de la rencontre.

Ces dernières années, de multiples propositions ont été faites quant au lieu de cette rencontre. Cependant, le patriarche Cyrille a dès le départ refusé qu’elle ait lieu en Europe, car c’est en Europe qu’a débuté la triste histoire des divisions et des conflits entre chrétiens. La correspondance de dates dans les visites du patriarche en Amérique latine et celle du pape de Rome au Mexique permettait d’organiser une rencontre dans le Nouveau Monde, rencontre qui, nous l’espérons, ouvrira une nouvelle page dans les relations entre les deux Églises. En dehors du thème principal, la situation des chrétiens au Proche Orient et partout là où ils subissent des persécutions, plusieurs thèmes intéressant les relations bilatérales et la politique internationale seront abordés. La rencontre se terminera par la signature d’une déclaration commune.

Les 14 et 15 février, le patriarche Cyrille se rendra en République du Paraguay, à l’invitation du président de ce pays, Horacio Manuel Cartes. Le patriarche entend ainsi commémorer les représentants de l’émigration russe qui, dans les années 1920-30, ont apporté une importante contribution au développement du Paraguay en organisant des expéditions scientifiques dans les régions difficilement accessibles du pays, en étudiant les mœurs des indiens, en enseignant dans les universités du Paraguay.

Le 15 février, fête de la Sainte Rencontre, le patriarche présidera la célébration de la divine liturgie à l’église russe de la Protection de la Mère de Dieu d’Asunción. Ensuite, il visite le quartier russe du cimetière municipal, où il célèbrera un office de requiem. Le même jour, Sa Sainteté rencontrera le président du Paraguay H. M. Cartes, ainsi que les expatriés russes résidant dans ce pays.

La visite de Sa Sainteté le patriarche Cyrille au Brésil est rattachée au 95e anniversaire de l’arrivée de 1217 réfugiés russes partis de Gallipoli à Rio-de-Janeiro, le 21 juillet 1921, ainsi qu’au 70e anniversaire de la création du diocèse d’Argentine et d’Amérique du Sud (Église orthodoxe russe), dans lequel le Brésil occupe une place importante.

Le séjour au Brésil commencera par une visite de la capitale, Brasilia, où Sa Sainteté rencontrera le président de la République fédérative du Brésil, Dilma Rousseff. Ensuite, Sa Sainteté visitera Rio-de-Janeiro, où elle célèbrera un office d’intercession sur le Mont Corcavado, au pied de la statue du Christ Rédempteur. Le patriarche se rendra ensuite à l’église russe Sainte-Zénaïde, puis rencontrera le cardinal Orani Juan Tempesta, archevêque de Rio-de-Janeiro. La visite au Brésil s’achèvera le 21 février par une visite de Sao-Paolo. Le Patriarche célèbrera la liturgie à la cathédrale Saint-Paul (Patriarcat d’Antioche) et visitera l’église russe de l’Annonciation.

Le soir du même jour, Sa Sainteté et les personnes l’accompagnant s’envoleront pour Moscou. »

Ensuite, les speakers ont répondu aux multiples questions des journalistes.

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Selon le chef du service de presse du Vatican, le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a exprimé sa satisfaction au sujet de la prochaine rencontre du patriarche de Moscou Cyrille avec le pape de Rome François. Comme l’a mentionné aux journalistes, le 5 février, le prêtre Federico Lombardi, chef du service de presse du Vatican, le chef de l’Église de Constantinople « a été préalablement informé et a exprimé sa satisfaction et sa joie à l’occasion du futur événement » dans l’histoire des relations « entre l’Église catholique et la plus grande Église orthodoxe ». Le père Lombardi a mentionné également que, malgré le fait de l’annonce une semaine seulement avant la rencontre, celle-ci n’a pas été « improvisée ». En effet, la préparation de cet événement s’est déroulée pendant deux ans. Le prêtre a qualifié de « concours heureux de circonstances » le fait que le pape et le patriarche aient planifié au même moment leurs voyages dans la même région.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le pape de Rome et le patriarche Cyrille ne prieront pas ensemble »

La rencontre à Cuba du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille se terminera par la signature d’une déclaration commune mais, cependant, ils ne prieront pas ensemble. C’est ce qu’a mentionné le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou dans une interview avec Serge Brilev, producteur du programme « Nouvelles du samedi » de la chaîne TV russe « Rossia ». « Pour autant que je le sache, de quelconques prières communes ne sont pas prévues par le protocole. La rencontre se produira sur l’aéroport, c’est-à-dire en dehors de tout espace cultuel, hors d’un espace sacral, et elle sera constituée par une discussion et la signature d’une déclaration » a indiqué le métropolite Hilarion. Il a également ajouté que le pape et le patriarche, très vraisemblablement, discuteront du problème du terrorisme international et d’une série d’autres questions. « Certainement, ils ne se limiteront pas à ce thème (i.e. le terrorisme international). Certainement, la discussion peut passer, en général, au christianisme dans le monde contemporain. Mais cette coïncidence des positions, que vous avez évoquée, nous l’avons également remarquée… Nous percevons de la même façon ce rejet des commandements chrétiens, que nous observons, par exemple, dans les pays d’Europe occidentale. Et il est naturel que les réactions soient parfois très semblables », a ajouté le métropolite. L’initiative de la rencontre avec le pape de Rome François à Cuba, et non en Europe, est venue du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, afin de ne pas « faire peser sur les relations le lourd héritage des conflits entres les chrétiens de l’Orient et de l’Occident » a déclaré le métropolite Hilarion ». « Le patriarche, dès que l’on a commencé à en parler, avait le souhait de réaliser cette rencontre hors d’Europe. Il y avait différentes propositions, de différents côtés : « Allons, procédons à cela ici, allons, faisons-le là, nous créerons toutes les conditions ». Mais j’ai toujours ressenti que le patriarche avait quelque autre idée. Et ensuite, à un certain moment, il a dit, qu’il serait bien d’accomplir cette rencontre en dehors de l’Europe, afin que ce contexte européen, ce lourd héritage de conflits entre les chrétiens d’Orient et d’Occident, ne pèse pas sur cette rencontre », a déclaré le métropolite Hilarion. Le patriarche et le pape de Rome parleront chacun dans leur langue maternelle (russe et espagnol), à l’aide d’un traducteur. « Je suppose que le pape parlera en espagnol, et le patriarche, en russe. Il y aura deux traducteurs » a précisé le métropolite Hilarion.

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Le patriarche Cyrille de Moscou et le pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dCommuniqué de presse conjoint du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou:

 » Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le pape François et Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie se rencontreront le 12 février prochain. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le patriarche sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Martí de La Havane, et se conclura par la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des primats de l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou espèrent qu’elle sera également un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre et qu’elle porte de bons fruits. »

Sources: Patriarcat de Moscou. Illustration: Le Figaro

Déclaration du service de communication du DREE suite à l’adoption d’une « Conception œcuménique » par le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne

Le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne a adopté une « Conception œcuménique de l’EGCU, qui entre en vigueur le 23 février 2016.

L’aspect positif de cette conception est de reconnaître les résultats du dialogue orthodoxe-catholique, en particulier les positions du document de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), qui condamne les tentatives effectuées par Rome dans l’histoire de soumettre les chrétiens d’Orient au moyen de l’uniatisme, par exemple par l’union de Brest de 1596. Le nouveau document de l’EGCU reconnaît clairement que « Le trône apostolique romain percevait la réunion de Brest plutôt dans des catégories de soumission que de communion », et donne une appréciation négative du phénomène de l’uniatisme comme moyen de réunion des Eglises sur des bases théologiques erronées.

Cette déclaration des hiérarques gréco-catholiques aurait pu être un facteur très prometteur dans la perspective des relations entre l’EGCU et l’Eglise orthodoxe, tout spécialement en Ukraine, si elle ne s’accompagnait pas de toute une série d’affirmations historiquement irrecevables.

Ainsi, la « Conception œcuménique » affirme que « L’EGCU s’est formée à la suite de la séparation de l’Eglise de Moscou de la métropole de Kiev au XV – XVI siècles… Dans les conditions d’une crise intérieure, de l’affaiblissement du centre patriarcal de Constantinople et des défis posés par la réforme protestante et le catholicisme post-tridentin, la hiérarchie de l’Eglise de Kiev a pris la décision de rétablir la communion eucharistique avec l’évêque de Rome ».

Or, il est bien connu que l’Union de Florence de 1439, acceptée par Constantinople, n’a reçu aucun soutien de la Rus’. C’est précisément pour cette raison que le métropolite Isidore de Kiev a été obligé de s’enfuir en Occident. L’EGCU n’est apparue en réalité qu’à la fin du XVI siècle à la suite d’une intrigue politique. A l’origine conçue comme un compromis politique, l’union de Brest a été répandue par la force par les autorités de la République des Deux Nations, rencontrant une puissante opposition de la part des croyants orthodoxes.

Ayant formellement condamné l’union comme méthode de réunion des Eglises, la direction de l’EGCU s’efforce en même temps de lui donner une auréole, recourant à cet effet à des distorsions de la vérité historique. L’identification de l’EGCU à la métropole de Kiev, sans cesse reprise dans la « Conception œcuménique », ne peut être qualifiée autrement que de grossière fraude. La direction gréco-catholique essaie ainsi de présenter l’EGCU comme la seule héritière légitime de l’antique métropole de Kiev et, en même temps, d’établir une division artificielle entre Kiev et Moscou. Ceci se manifeste clairement dans l’affirmation suivante : « A compter de la fin du XVIII siècle, sur les territoires revenus à l’Empire russe, puis à l’URSS, il a été procédé à une éradication délibérée de l’Eglise de Kiev par la réunification forcée de ses fidèles à l’orthodoxie russe. L’EGCU condamne résolument ses pratiques de « l’uniatisme orthodoxe » et d’autres qui lui sont semblables. »

La thèse d’une éradication délibérée par la Russie de « l’Eglise de Kiev » est parfaitement absurde, puisque l’Eglise de Kiev fait partie intégrante de l’Eglise orthodoxe russe. La direction de l’Empire russe ne s’est pas donné pour objectif la destruction de l’Eglise gréco-catholique. En même temps, dans la mesure où sur les territoires traditionnellement orthodoxes d’Autriche-Hongrie et de Pologne, l’uniatisme était implantée par les autorités catholiques en ayant recours à la force, après la réunion de ces territoires à la Russie, une grande partie du peuple et du clergé a tout naturellement souhaité revenir à l’Orthodoxie, ce dont témoigne, par exemple, le Concile de Polotsk en 1839.

Certes, les autorités russes d’alors, favorisant ce processus, ont pu laisser passer des abus. S’il convient de condamner toute manifestation de violence dans les questions de foi, il est inacceptable de recourir à des substitutions de concepts comme se le permettent les auteurs de la « Conception œcuménique », dénonçant le sincère désir de revenir de l’union à l’Eglise orthodoxe comme de « l’uniatisme orthodoxe ».

Regrettant que les relations de l’EGCU et de l’Eglise orthodoxe russe soient assombries par un lourd passé historique, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore, les auteurs du document se réfèrent pourtant uniquement aux évènements de 1839, 1871 et 1946, lorsque les gréco-catholiques ont été réunis à l’Eglise orthodoxe. Ils s’abstiennent de faire mention des persécutions orchestrées par la République des Deux Nations contre les orthodoxes refusant d’accepter l’union, ou les cruautés des gréco-catholiques de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne en Ukraine occidentale et en Biélorussie pendant la Seconde guerre mondiale. Avec cette approche de l’histoire, une seule des parties est présentée comme victime, comme Eglise-martyre.

Bien que le document affirme que « l’EGCU exprime sa volonté de chercher avec les frères orthodoxes des chemins de règlement des incompréhensions historiques », ses dirigeants, en contradiction avec cette thèse, continuent à insister sur la reconnaissance du statut patriarcal de l’EGCU. Pourtant, la question d’un patriarcat gréco-catholique en Ukraine, annoncé unilatéralement en 2002, est l’un des principaux obstacles au dialogue entre orthodoxes et gréco-catholiques. Comme on sait, la hiérarchie des Eglises orthodoxes locales a exprimé à Rome son opinion défavorable sur la reconnaissance de l’EGCU comme patriarcat, montrant quelles seraient les conséquences négatives qu’entraînerait cette reconnaissance pour la situation religieuse en Ukraine et le dialogue orthodoxe-catholique en général. Continuer à insister sur le soutien des « tentatives séculaires » de l’EGCU à « achever le processus de formation de sa structure jusqu’au niveau patriarcal » signifie bloquer dès le départ tout progrès dans le règlement des problèmes entre orthodoxes et gréco-catholiques.

Un autre obstacle au dialogue est la reconnaissance par l’EGCU des « églises orthodoxes en Ukraine » comme s’il n’existait pas qu’une seule Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe. « La conception œcuménique » laisse entendre que pour les dirigeants de l’EGCU, l’Eglise orthodoxe ukrainienne et les communautés schismatiques ont un statut identique « d’héritiers de l’Eglise de Kiev issue du baptême de Vladimir ».

Cette approche trouve son expression dans la pratique, lorsque les hiérarques de l’EGCU se permettent de participer à des offices communs avec des schismatiques, reconnaissant ainsi publiquement la validité de leurs sacrements (notamment du baptême et du sacerdoce), invitant des représentants du clergé schismatique dans leurs établissements d’enseignement, selon eux « pour une meilleure connaissance de l’Orthodoxie ». Ils effectuent avec ce clergé des visites communes à l’étranger où ils prononcent des déclarations à caractère politique. Ce soutien des gréco-catholiques aux schismatiques porte atteinte à l’unité chrétienne alors même que les Eglises orthodoxe et catholique recherchent de nouvelles voies de coopération.

La hiérarchie de l’Eglise russe a souvent attiré l’attention des dirigeants de l’EGCU sur la nécessité de respecter la structure canonique de l’Eglise orthodoxe, comme l’une des principales conditions au développement des relations entre les Eglises. Cependant, dans la pratique, les rapports étroits entre les hiérarques gréco-catholiques et les schismatiques, ainsi que les positions, maintenant fixées dans un document officiel, témoignent de ce que la direction de l’EGCU a l’intention de continuer à ignorer l’opinion des orthodoxes. Il reste à se demander comment, suivant une telle approche, les dirigeants de l’EGCU croient possible de parvenir à une quelconque avancée dans le dialogue avec l’Orthodoxie canonique.

Une autre affirmation suscite aussi l’étonnement : les auteurs du document assurent que dans les années 1990, « l’EGCU a établi un dialogue fructueux, bien qu’informel et non officiel avec les évêques et les théologiens de l’Eglise de Constantinople… dont l’objet était d’étudier comment rétablir la pleine communion avec l’Eglise mère de Constantinople. » Faisant partie de l’Eglise catholique et confessant la doctrine catholique, l’EGCU ne peut entreprendre par elle-même aucun dialogue pour la restauration de sa pleine communion avec l’Eglise de Constantinople en dehors du dialogue qui s’effectue dans le cadre de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine. C’est la Commission mixte qui a les pleins pouvoirs pour discuter des problèmes théologiques existant entre orthodoxes et catholiques et chercher les moyens de les résoudre. Par ailleurs, le dialogue bilatéral entre l’EGCU et les représentants du Patriarcat de Constantinople, contournant l’Eglise orthodoxe ukrainienne, ne peut susciter que la méfiance et approfondir les contradictions qui exigent depuis déjà longtemps d’être résolues.

« La Conception œcuménique » de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne est un document contradictoire, posant de nombreuses questions aux orthodoxes. Déclarant leur volonté de développer le dialogue avec l’Eglise orthodoxe, les dirigeants de l’EGCU ne se montrent pas prêts à une analyse sérieuse du passé historique ni à une évaluation responsable de la situation ecclésiale en Ukraine actuellement. Le document montre que l’EGCU attend de l’Eglise orthodoxe qu’elle vienne elle-même à sa rencontre, tandis que l’Eglise gréco-catholique ne croit pas nécessaire d’entreprendre quoi que ce soit pour une vraie résolution des problèmes existants.

Malheureusement, les actions de l’EGCU en Ukraine aujourd’hui non seulement ne favorisent pas le rapprochement entre orthodoxes et catholiques, mais aggravent les divisions déjà existantes, encourageant le schisme et continuant à porter le trouble dans les esprits des gens. Ainsi se manifeste la nature de l’uniatisme qui, depuis ses origines, dit la déclaration de Balamand, « a créé une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes, mais aussi pour les catholiques ».

Le métropolite Amphiloque sur la venue en Serbie du pape François

Une délégation officielle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, constituée du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, de l’évêque de Bačka Irénée et du professeur Darko Tanasković a visité le Vatican le 16 janvier et a été reçue officiellement par le pape François. Étaient également présents à la rencontre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que trois administrateurs du Saint Siège. Au cours d’une conférence de presse à Belgrade le 18 janvier, le métropolite Amphiloque a affirmé 

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« Roumanie, entre orthodoxes et catholiques »

Foto-simposio-Cluj-2015_cDu 26 au 28 novembre, en Roumanie, à Cluj-Napoca, s’est tenu un symposium orthodoxe-catholique sur l’action de l’Esprit-Saint dans l’Église et dans la Création. Un compte rendu est proposé ici (dont photographie).

Réunion du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe du 24 décembre 2015

Durant sa réunion du 24 décembre 2015, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a pris plusieurs décisions concernant sa politique extérieure.

Le Patriarche Cyrille a fait le bilan des célébrations du millénaire du trépas de saint Vladimir. Des cérémonies avaient réuni à Moscou du 26 au 28 juillet des dizaines d’hiérarques de l’Église orthodoxe russe, ainsi que de nombreuses délégations des Églises orthodoxes locales. Le millénaire de la naissance au ciel de saint Vladimir a également été fêté aux États-Unis, en Pologne, au Kazakhstan, où s’est déroulée une conférence scientifique, en Ukraine, en Biélorussie et dans les diocèses de l’Église orthodoxe russe.

Les membres du Synode ont ensuite entendu le rapport du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, sur les réunions de la Commission interorthodoxe spéciale, fondée à l’initiative du Patriarche Bartholomée de Constantinople avec l’accord des Primats des Églises orthodoxes locales, afin d’élaborer un projet de Règlement des travaux du Concile panorthodoxe.

A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriache Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le métropolite Hilarion a présidé une délégation de l’Église orthodoxe russe afin de participer à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale à Athènes, du 16 au 18 décembre. Au 3e jour de la réunion, les travaux ont été interrompus, aucun consensus n’ayant pu être atteint.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale, et constaté que les discussions autour du Règlement du Concile panorthodoxe achoppaient à des difficultés qu’il n’a pas été possible de surmonter. Le Synode s’est dit préoccupé du fait que dans leur correspondance, les Primats des Églises orthodoxes de Constantinople et de Russie ne sont pas parvenus à trouver un accord sur plusieurs questions importantes relatives à la préparation du Concile panorthodoxe.

Pendant sa réunion du 22 octobre 2015 (procès-verbal n°71), le Saint Synode avait confié à la Commission synodale biblique et théologique l’examen du projet de document sur le Règlement, en tenant compte des discussions ayant eu lieu lors de la V Conférence préconciliaire panorthodoxe. La Commission devait présenter ses conclusions à la prochaine séance du Saint Synode.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et de président de la Commission synodale biblique et théologique a également communiqué les résultats de l’examen du document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », étudié pendant la V Conférence préconciliaire panorthodoxe, qui a eu lieu du 10 au 17 octobre 2015 à Chambésy (Suisse). Il a aussi présenté les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour perfectionner ce document.

Pendant sa séance du 24 décembre, le Synode a déclaré approuver les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Pour le Synode, le consensus sur les points litigieux du document est une condition nécessaire à son approbation préalable dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe.

Le Saint Synode a ensuite entendu un rapport sur la réunion à Sofia de la Commission mixte des Églises orthodoxes russe et bulgare sur la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev), qui s’est tenue les 3 et 4 décembre 2015. Il a été décidé de poser la question de la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev) lors du prochain Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.

Ce Concile aura lieu à Moscou les 2-3 février 2016.

Le Synode a également nommé le métropolite Hilarion de Volokolamsk représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil interreligieux de Russie.

Ensuite, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a présenté un rapport sur le V Congrès mondial des expatriés russes, auquel ont participé 400 personnes venues de près de 100 pays. Le Patriarche Cyrille a assisté le 5 novembre à l’inauguration du forum. Plusieurs hiérarques et clercs de l’Église orthodoxe russe accomplissant leur ministère à l’étranger y participaient. Le forum s’est intéressé à la préservation de l’espace spirituel de la Rus’ historique, au soutien et à la défense des droits et des intérêts des expatriés, à la consolidation de leurs liens avec la Patrie.

Le Synode considère comme important de poursuivre la collaboration de l’Église orthodoxe russe avec les États auxquels s’étend sa juridiction canonique afin de renforcer les liens spirituels et culturels avec la diaspora.

Enfin, les membres du Synode ont décidé de changer la dénomination du Séminaire orthodoxe de Paris, fondé en 2008. Depuis sa fondation, le fonctionnement de cet établissement, où les étudiants sont logés, suivis spirituels et suivent quelques cours, tout en poursuivant leurs études dans d’autres établissements d’enseignement français, diffère essentiellement de celui des séminaires de l’Église orthodoxe russe. Suivant les résultats de l’inspection du séminaire de Paris, le Comité pédagogique a proposé de renommer cet établissement, qui devient Centre de formation spirituel Sainte-Geneviève au diocèse de Chersonèse, tout en conservant le droit d’utiliser le terme de « séminaire » sur le territoire français et dans les pays où ce terme peut être appliqué aux établissements de ce type.

La nouvelle paroisse Saint-Séraphin, à Mongeron (France) est incorporée au diocèse de Chersonèse. A sa demande, l’archiprêtre Igor Vyjanov, recteur de l’église Saint-André de Naples est libéré de ses fonctions en Italie et se met à la disposition du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

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Une conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’Église évangélique d’Allemagne sur le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Conformément à un décret du Saint Synode, une délégation du Patriarcat de Moscou a participé à la conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne (EEA), qui se déroulait à Munich du 10 au 11 décembre, sur le thème du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La délégation était présidée par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Parmi ses membres figuraient notamment l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, l’archimandrite Philarète (Boulekov), vice-président du DREE, l’archiprêtre Vladimir Khoulap, vice-recteur de l’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg, ainsi que de nombreuses personnalités des milieux ecclésiastique et académique. La délégation de l’église évangélique en Allemagne était présidée par son chef, l’évêque Heinrich Bedford-Strohm, et plusieurs pasteurs de cette église.

Métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

Dans son allocution, le métropolite Hilarion a évoqué la mémoire des victimes de la dernière guerre, parmi lesquels des représentants de toutes les confessions et religions. Mgr Hilarion est revenu sur le patrimoine du pasteur protestant Dietrich Bonhöffer, tué par les fascistes. Il a également parlé du rôle de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne dans l’œuvre de réconciliation des peuples de nos pays. Le président du DREE a constaté que les églises protestantes occidentales avaient adopté une approche libérale des valeurs morales chrétiennes, ce qui avait entraîné une interruption du dialogue théologique bilatéral entamé en 1959. En même temps, de nouveaux défis et de nouveaux objectifs sont apparus, qui exigent la collaboration des chrétiens de différents pays. Ainsi, à l’heure actuelle, les chrétiens n’ont pas seulement le devoir d’œuvrer à la réconciliation dans les nombreux conflits qui ont éclaté en différents points du globe, mais aussi celui de faire leur possible pour sauver les chrétiens et le christianisme lui-même au Proche Orient. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a conclu en souligné l’importance des projets communs dans le domaine de l’enseignement de la théologie.

L’évêque Heinrich Bedford-Strohm a parlé dans son discours d’introduction de l’importance d’une plus grande coopération entre l’Église orthodoxe russe et l’église évangélique en Allemagne, y compris dans le domaine de la défense du droit à exprimer son opinion et à être un membre à part entière de la société civile.

Sont ensuite intervenus l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, le provost Siegfried Kasparick, Dietrich Brauer, archevêque évangéliste luthérien en Russie, un représentant de l’Église catholique romaine et le consul général de la Fédération russe à Munich.

La première partie de la conférence était consacrée aux aspects bibliques et patristiques des thèmes et de la guerre et de la paix. Le professeur Christfried Böttrich, de l’Université de Greifswald, a présenté un exposé intitulé « Dieu de la paix : la guerre et la paix dans la tradition biblique » et le professeur Vladimir Bourega (Académie de théologie de Kiev) a parlé de la notion de paix et de guerre dans le Nouveau Testament et la tradition de l’Église. Les deux exposés, suivant des approches différentes, apportaient un éclairage sur la notion de guerre en s’appuyant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

La seconde partie de la conférence était consacrée aux problèmes de la diaconie et de l’action sociale entreprise par l’Église. Deux exposés ont été présentés sur ce thème, éclairant l’action société et ses méthode dans l’Église orthodoxe russe ces 25 dernières années, et la diaconie en Allemagne et dans les pays où travaille l’organisation caritative allemande « Du pain pour la paix ». Celle-ci, a expliqué Cornelia Füllkrug-Weitzel, de Berlin, offre distribue de la nourriture et des médicaments, et réalise des programmes éducatifs, visant à éduquer les gens dans le respect des droits de l’homme et des valeurs élaborées par la société occidentale.

La troisième partie de la conférence concernait l’action des églises du point de vue de la société laïque. Le président de l’Union populaire d’Allemagne pour l’entretien des cimetières militaires a présenté un exposé sur ce sujet, affirmant que la conservation des tombes des soldats russes et allemands tombés pendant la guerre était l’une des tâches communes à la Russie et à l’Allemagne. Dans son exposé, le professeur Alexandre Rar a parlé de l’expérience de formation en Russie d’une société civile dans laquelle l’Église orthodoxe russe occuperait une place digne d’elle. La Russie, a-t-il précisé, ne considère pas l’expérience occidentale comme une réussite et cherche sa propre voie.

Les exposés ont été suivis de vives discussions, confirmant l’intérêt suscités par les thèmes présentés.

A la fin de la conférence, tous ses participants ont visité le musée-mémorial de Dachau, commémorant les victimes du camp de concentration à l’église de la Réconciliation protestante et à la chapelle-mémorial orthodoxe, dédiée à la résurrection du Christ, où un office a été célébré pour le repos de leurs âmes.

Le pape François à l’Eglise orthodoxe: « les conditions sont réunies pour rétablir la pleine communion de foi »

2013_002.jpgA l’occasion du message adressé au patriarche oecuménique, le 30 novembre, pour la saint André, le pape François a notamment souligné: « Même si toutes les différences entre les Églises catholique et orthodoxe n’ont pas été abolies, il existe maintenant les conditions nécessaires pour cheminer vers le rétablissement de « la pleine communion de foi, de concorde fraternelle et de vie sacramentelle qui exista entre elles au cours de premier millénaire de la vie de l’Église » (Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras Ier, 7 décembre 1965).

Ayant restauré une relation d’amour et de fraternité, dans un esprit de confiance, de respect et de charité mutuels, il n’y a plus d’empêchement à la communion eucharistique qui ne puisse être surmonté par la prière, la purification des cœurs, le dialogue et l’affirmation de la vérité. En effet, là où l’amour est présent dans la vie de l’Église, sa source et sa réalisation doit toujours être trouvée dans l’amour eucharistique. De même, le symbole du baiser fraternel trouve sa plus profonde vérité dans le baiser de paix échangé dans la célébration eucharistique. »

Sources: Zenit, La Croix, Radio-Vatican. De la photographie.

Italie: le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en « Culture de l’unité »

Patr stous Focolari 26-10-154Le 26 octobre, le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en « Culture de l’unité » de l’institut universitaire Sophia de Loppiano (Italie). A cette occasion, le pape lui a adressé un message dans lequel il salue l’action du patriarche pour l’unité. Deux vidéos de la remise du doctorat au patriarche Bartholomée sont en ligne sur cette page.

Photographie: Fanarion

Une déclaration du service de communication du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

timthumb.phpLe département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a publié une déclaration – la version française se trouve ici – pour protester contre contre les déclarations de l’archevêque suprême de l’Église gréco-catholique ukrainienne, Mgr Sviatoslav Chevtchouk, faites à l’agence catholique autrichienne « Kathpress » dans une interview.

Rencontre du pape et du métropolite Hilarion de Volokolamsk

IMG_4004Le 21 octobre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a été reçu au Vatican par le pape. « L’entretien a porté sur les thèmes à l’ordre du jour des relations bilatérales entre le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine, ainsi que sur la situation au Proche Orient, où les persécutions contre les chrétiens orchestrées par les groupes terroristes se poursuivent (…) Le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a fait office d’interprète pour cette rencontre qui s’est déroulée dans un climat de compréhension mutuelle. »

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Les conclusions et le communiqué de presse du XXIIIe colloque de spiritualité orthodoxe au monastère de Bose (Italie)

15_09_10_ceiso_IMG_6133-3597826c1eLes conclusions du XXIIIe colloque œcuménique international de spiritualité orthodoxe au monastère de Bose, en Italie, sont en ligne sur cette page. Le thème du colloque, qui s’est déroulé du 9 au 12 septembre, était « Miséricorde et pardon ». Le communiqué de presse se trouve ici, toutes les autres informations .

Source de la photographie prise lors de ce colloque: monastère de Bose

Session du Comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine

Du 15 au 18 septembre a eu lieu à Rome la session du Comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine. Le travail du comité a été réalisé sous la présidence du chef du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr Kurt Koch, et du métropolite de Pergame Jean (Patriarcat de Constantinople). L’Église orthodoxe russe était représentée par le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Au centre des discussions des participants orthodoxes et catholiques-romains se trouvait le projet de document « Sur la voie de la compréhension commune de la catholicité et de la primauté dans l’Église durant le premier millénaire », qui a été établi comme texte de base lors de la XIIIème session plénière de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine, qui s’était déroulée à Amman du 16 au 22 septembre 2014, et qui fut modifié de façon significative par le Comité de rédaction de ladite Commission à Rome, en juin 2015. Après avoir introduit les changements nécessaires, le Comité de coordination a approuvé le projet de document, qui sera envoyé pour examen à la XIVème session plénière de la Commission mixte en 2016.

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Plusieurs interventions d’orthodoxes au colloque théologique international à Taizé sur Frère Roger

img_4896-642-6b628Plusieurs orthodoxes ont participé au colloque théologique international à Taizé consacré à Frère Roger qui s’est déroulé du 30 août au 5 septembre: Michel Stavrou, Julija Vidovic, le P. Vladimir Féodorov (Saint-Pétersbourg). Les textes des interventions sont en ligne ici.

Source de la photographie: Taizé

Communiqué de l’évêque Irénée de Bačka, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe, concernant le rôle éventuel de celle-ci en tant que médiatrice entre l’Église orthodoxe russe et le Vatican, et au sujet de la visite éventuelle du pape en Serbie.

Suite aux déclarations du président serbe Nikolić, envisageant la visite du pape en Serbie et un rôle de médiatrice pour l’Église orthodoxe serbe entre le Patriarcat de Moscou et le Vatican, l’agence russe de presse « Sputnik » a questionné l’évêque Irénée de Bačka, qui a fait la déclaration suivante.
« La visite du pape en Serbie ne figure pas à l’ordre du jour de l’Église orthodoxe serbe, et qui que ce soit jusqu’à maintenant n’a manifesté une telle initiative. Si celle-ci se manifestait, elle serait exclusivement du ressort de l’Assemblée des évêques, la plus haute instance de l’Église orthodoxe serbe. Pour ce qui concerne la médiation éventuelle entre l’Église orthodoxe russe et le Vatican, je pense qu’elle n’est pas réaliste. Le Patriarcat de Moscou, comme on le sait, dispose d’un département très bien organisé pour les relations ecclésiastiques extérieures et, par celui-ci il est en dialogue constant avec les autres Églises, États et institutions internationales, de telle façon qu’il n’a pas besoin de médiateur ».
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Le président du DREE adresse un message aux organisateurs et aux participants du XXIII symposium international sur la spiritualité orthodoxe « Miséricorde et pardon »

Le 9 septembre, la communauté monastique de Bose (Italie) accueillait le XXIII Symposium international sur la spiritualité orthodoxe. La rencontre a pour thème « Miséricorde et pardon ». Des représentants des Églises orthodoxes locales, de l’Église catholique romaine et des communautés protestantes y participent, ainsi que des théologiens et des historiens de l’Église.

Avec la bénédiction du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, une délégation de l’Église orthodoxe présidée par l’évêque Métrophane de Severomorsk et d’Oumbsk y participe.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a adressé un message aux participants du symposium.

« Très Révérend Père Enzo Bianchi, honorables organisateurs et participants du symposium,

Au nom de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, je salue cordialement tous les participants du XXIII Symposium international sur la spiritualité orthodoxe, organisé par la communauté monastique de Bose sur le thème « Miséricorde et pardon ».

La Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ a révélé à toute la création la miséricorde infinie et le pardon universel de Dieu le Père céleste. L’amour du Créateur pour le monde qu’Il a créé, livré au péché, s’est exprimé dans le sacrifice du Fils de Dieu, qui s’offrit pour le péché du monde, « afin que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Tim 2, 4). Comme ineffablement profond est le pardon de Dieu, donné à l’homme pécheur sans condition aucune, dès avant son repentir (cf Rom 5, 8). Dieu, comme le père aimant de la parabole du fils prodigue, vient au-devant de celui qui « était mort, et est revenu à la vie, qui était perdu et est retrouvé » (Lc 15, 20-24).

« Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant » (Lc 6, 26), disait le Sauveur à Ses disciples. Ces mots témoignent de l’incommensurable dignité de l’homme, appelé à coopérer avec Dieu. Mais le « couronnement de la création » est-il toujours à la hauteur de sa vocation ? La nature, l’environnement, détruits par une attitude irresponsable et consumériste, ont besoin d’amour et de soin pour être sauvés. Suivant l’apôtre Paul « la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu… toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi… » (Rom 8, 19, 22-23).

Aujourd’hui, nous sommes tous les témoins des difficultés dans les relations internationales et civiles. L’humanité doit prendre conscience que les plaies infligées par la haine et discorde peuvent être pansées uniquement par la miséricorde et le pardon mutuel au nom de la paix, de la protection de la vie et du salut des générations futures. Cette année, l’Église orthodoxe russe célèbre le millénaire du trépas de saint Vladimir égal-aux-apôtres, le baptiste de la Russie, devenu le modèle du dirigeant juste et clément. Le monde contemporain, aujourd’hui plus que jamais, a besoin d’exemples d’exercice responsable de sa vocation dans l’abnégation, pénétré de l’esprit de la miséricorde chrétienne.

Je souhaite que le présent symposium rappelle avec une force nouvelle aux chrétiens la responsabilité qui leur incombe devant la création divine, qui a soif de compassion et d’amour agissant. Que la bénédiction du Seigneur demeure sur vous tous.

Avec mon amitié dans le Seigneur,

Hilarion,

Métropolite de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou »

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Le président serbe Nikolić a rencontré le pape François au Vatican

Le président serbe Tomislav Nikolić a rencontré le pape François au Vatican le vendredi 11 septembre 2015. L’Église catholique-romaine reste ferme sur son refus de reconnaître l’indépendance du Kosovo et de la Metochie, prononcée unilatéralement, a déclaré le président après son entretien avec le pape. « Je pense que c’est un homme qui concilie beaucoup de gens et de religions dans le monde, mais il est ici implacable pour ce qui concerne la position de l’Église catholique-romaine, laquelle reste absolument ferme quant au principe de sa non reconnaissance de l’indépendance du Kosovo et de la Métochie, proclamée unilatéralement » a déclaré le président Nikolić à l’agence Tanjug. Celui-ci a ajouté que le pape François suivait soigneusement et minutieusement tout ce qui se produit au Kosovo et en Métochie et qu’il connaît l’ampleur des persécutions des chrétiens et des catholiques romains au Kosovo et en Métochie. Il a mentionné que le pape François est au courant des possibilités dont disposent les catholiques romains pour pratiquer leur foi, leur tradition et leur culture en Serbie, qu’il sait comment se présente la Serbie d’aujourd’hui et qu’il est absolument prêt de coopérer avec elle. 

Le président Nikolić a également déclaré qu’il avait évoqué auprès du pape l’histoire de l’héritage culturel et du christianisme au Kosovo et en Métochie, les monastères érigés par les souverains serbes, de même que la catastrophe qui s’est produite en mars 2004 [35 églises profanées et détruites, des civils serbes tués et des milliers expulsés par les Albanais, ndt]. « J’ai offert au pape le livre qui prouve tout cela, présente les documents, je lui ai dit que tout cela était à nous, et qu’il n’existait pas de moyen que nous y renoncions et que nous le reconnaissions », a poursuivi le président, ajoutant que le pape François était entièrement d’accord avec tout cela. En outre, le président a offert au Primat de l’Église catholique-romaine une édition fac-similée du recueil des lois de l’empereur Dušan, qui est l’un des rares codes du XIVème siècle en Europe, de même que la monographie « Héritage chrétien du Kosovo et de la Métochie » soulignant que tous les États membres de l’Unesco recevraient ledit ouvrage. Le président a ajouté que le pape, alors que lui-même mentionnait que certains monastères du Kosovo et de la Métochie avaient été sauvés par les militaires italiens lors des événements de mars 2004, a énuméré les noms de ces monastères. Enfin, le président Nikolić a déclaré que la Serbie, qui est un pont entre la Russie et l’Union Européenne, et entre celle-ci et la Chine, pourrait être un pont entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique-romaine. « Je pense que j’ai rencontré un homme qui sait beaucoup et comprend tout, et qui a accepté presque chaque affirmation et suggestion que j’ai formulées. C’était la rencontre de personnes qui se sont immédiatement bien comprises » a affirmé le président Nikolić. Celui-ci a encore mentionné qu’il avait parlé avec le pape des relations entre la Serbie et le Vatican, de l’établissement d’un véritable dialogue entre les deux Églises, de la crise des migrants du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, de leurs causes, leurs conséquences et des solutions, de même que du changement climatique. Concernant la canonisation du cardinal croate Stepinac, le président a affirmé que l’Église catholique-romaine ne se hâtait pas d’y procéder. En outre, il a déclaré avoir eu une discussion très ouverte au sujet dudit cardinal et a dit au pape que le rôle du cardinal lors de la seconde guerre mondiale avait été très mauvais : « À tout le moins, il ne devait pas se taire alors que l’on tuait plus d’un million de personnes pour la seule raison que celles-ci n’étaient pas de confession catholique, et il joua un rôle fort mauvais pendant la guerre » a dit le président qui a ajouté que Stepinac avait vécu, après cela, la terreur communiste, et que l’Église catholique-romaine pourrait conclure de cela qu’il est un martyr et un bienheureux, mais il a ajouté que les prêtres orthodoxes avaient également connu cela et que des centaines d’entre eux ont été tués. Le président a encore affirmé qu’il existait une position commune selon laquelle le christianisme est menacé dans le monde, et que ce n’était plus le temps pour les disputes entre les religions et les croyances. En outre, par les dialogues dans lesquels sont engagés les différentes confessions, beaucoup de choses pourraient être atteintes. « Je pense que cette visite [du président au pape, ndt], bien qu’ajournée une fois, a été bien préparée. Cette préparation pourrait permettre que nous parvenions un jour à ce que les relations de la Serbie et de la Croatie garantissent que le primat de l’Église catholique-romaine et le patriarche Irénée puissent se rencontrer à Belgrade, à Subotica, Prizren et partout où ils le souhaiteraient » a conclu le président.

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La synaxe des évêques du Patriarcat œcuménique a examiné le cheminement des dialogues dans le cadre du mouvement œcuménique

Le cheminement des dialogues théologiques dans le cadre du mouvement œcuménique a été évoqué lors de la synaxe de la hiérarchie du Patriarcat œcuménique. Dimanche dernier, ses travaux ont eu lieu depuis midi jusqu’au soir, puis se sont poursuivis lundi. Le métropolite de Sasimes Gennade a présenté le cheminement de la participation de l’Église orthodoxe, principalement du Patriarcat œcuménique, au Conseil œcuménique des Églises, tandis que le métropolite de Pergame Jean, co-président de la Commission mixte internationale de dialogue théologique entre les Églises catholique-romaine et orthodoxe, a présenté la marche du dialogue entre celles-ci. Il s’en est suivi un dialogue approfondi et exhaustif concernant le positionnement de nombreux hiérarques sur les problèmes posés, dont toutes les incidences ont été examinées dans le cadre des différentes circonstances pastorales de chaque diocèse du Trône œcuménique. Le matin du dimanche, l’archevêque de Thyatire et de Grande Bretagne présidait la liturgie en la cathédrale patriarcale, en présence du patriarche Bartholomée et d’un grand nombre de hiérarques qui participaient à la synaxe. Mais nombre de hiérarques ont aussi célébré dans les autres églises de Constantinople, bénissant et encourageant par leur présence le troupeau certes petit, mais également dynamique de l’archevêché de Constantinople. Après la liturgie et avant le début de la synaxe, le patriarche œcuménique a reçu chacun à leur tour les hiérarques du Trône, qui ont eu ainsi l’occasion de l’informer au sujet de leur ministère et des questions les préoccupant dans leurs diocèses. Le soir, après les travaux de la synaxe, le patriarche œcuménique et les évêques se sont rendus à l’église de la Mère de Dieu dite « Koumariotissa », à Nichori près du Bosphore, d’où était originaire saint Théodore de Byzance [martyrisé par les Turcs en 1795] et dont les reliques reposent aujourd’hui à Mytilène.

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Le Saint-Siège, défenseur des sanctuaires serbes au Kosovo ?

M. Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO

Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO

Le Saint-Siège et le pape François disposent d’une grande autorité morale au sein de la communauté internationale et leur soutien à la protection du patrimoine spirituel et culturel serbe au Kosovo pourrait jouer un rôle très significatif, dit à l’agence de presse Sputnik Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO. A travers le combat quotidien héroïque et martyr des prêtres et des moines qui continuent de vivre au Kosovo, l’Église orthodoxe serbe s’efforce de préserver notre patrimoine culturel dans cette province. Pourtant, on oublie souvent que l’héritage culturel et spirituel serbe au Kosovo n’est pas uniquement orthodoxe, mais également chrétien, dit l’ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO, Darko Tansaković.
« Si ce front de défense était plus large – chrétien, je crois que l’efficacité de toute l’action entreprise serait considérablement accrue. Dans certains pays majoritairement catholiques, qui n’ont pas reconnu le Kosovo, la position du Saint-Siège sur la non-reconnaissance de cette structure paraétatique revêt une importance cruciale et constitue parfois le facteur déterminant dans la prise de décision d’un pays de reconnaître le Kosovo ou non », dit M. Tanasković, qui est également ancien ambassadeur de Serbie au Vatican.
M. Tanasković affirme que le Saint-Siège est profondément préoccupé par l’exode incroyable des chrétiens de Terre sainte et du Proche-Orient, où la population chrétienne est victime des horreurs de la situation politique de cette région et du fondamentalisme et radicalisme islamiques. Cela constitue une menace pour toute la chrétienté, souligne M. Tanasković ; or nous sommes témoins d’un phénomène semblable, quoique de dimension moindre, précisément au Kosovo et dans certaines autres parties des Balkans où des sanctuaires chrétiens sont en danger.
« C’est justement l’aspect sous lequel le Saint-Siège considère le problème du Kosovo, ce qui peut aider significativement à expliquer l’existence de ce phénomène sur le sol européen. Nous sommes horrifiés que les chrétiens quittent la Terre sainte, mais le fait que des chrétiens se sentent menacés dans une partie de la vieille Europe, dans les Balkans, n’attire pas beaucoup l’attention », dit M. Tanasković.

Le dialogue œcuménique revêt également une très grande importance pour le Saint-Siège

Le pape François considère que le dialogue œcuménique est très important et il sait que toute démarche qui irait à l’encontre de la protection du patrimoine chrétien dans les Balkans, et plus concrètement au Kosovo, serait nuisible au dialogue œcuménique. Il est certain que le Vatican en tiendra compte », affirme le diplomate serbe.
M. Tanasković pense que le clergé de l’Église orthodoxe serbe pourrait considérablement aider à ce que certains pays comprennent correctement toute la signification de ce moment historique et empêchent qu’un non-Etat, établi sur le non-droit, entre dans une organisation dotée d’un mandat et fondée sur des idéaux aussi élevés que l’UNESCO.
L’ambassadeur serbe auprès de l’UNESCO rappelle qu’il y aurait des indices auprès du ministère des Affaires étrangères de Grèce laissant entrevoir un changement d’attitude de ce pays à propos du Kosovo, se traduisant par un soutien de sa candidature à l’UNESCO.
« Étant donné la position et l’influence de l’Église sur la vie nationale en Grèce, il est certain que notre Église orthodoxe pourrait discuter avec l’Église orthodoxe grecque au sujet du Kosovo, et je crois qu’elles en discutent déjà et qu’elles feront tout ce qui est possible dans ce sens », souligne M. Tanasković.
Notre interlocuteur souligne également qu’il faut attacher une très grande attention à la question du Kosovo dans les conversations avec le clergé du Patriarcat œcuménique, en particulier à la lumière de la fondation d’une certaine Église orthodoxe albanaise qui prétendrait assumer la souveraineté sur les églises et les monastères serbes au Kosovo.
« L’archevêque de l’Église orthodoxe autocéphale d’Albanie Anastasios Janullatos est l’un des théologiens les plus érudits et les plus respectés de l’orthodoxie contemporaine. Lui-même est un interlocuteur très important pour ce sujet, compte tenu du fait qu’il se trouve sous la juridiction du Patriarcat œcuménique, qui jouit d’une très grande influence dans les relations internationales, en particulier le patriarche Bartholomée Ier. »
Quant à la procédure applicable en ce qui concerne l’adhésion du Kosovo à l’UNESCO, il existe un vide empirique et jurisprudentiel, car il n’y a jamais eu jusqu’à présent de cas de ce type, dit M. Tanasković. C’est pourquoi un grand espace existe pour le combat diplomatique de la Serbie, et cela sur tous les fronts, ce dont nous devons profiter, conclut notre ambassadeur auprès de cette organisation.

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Plusieurs évêques orthodoxes ont participé aux festivités du 75e anniversaire de la communauté de Taizé

8145966-12711113Mgr Nestor de Chersonèse, Mgr Marc (Métropole roumaine), Mgr Jean de Charioupolis et deux autres évêques orthodoxes (Patriarcat de Serbie et Église de Grèce) ont participé au 75e anniversaire de la communauté de Taizé. Mgr Nestor a lu un message du métropolite Hilarion de Volokolamsk dont on peut trouver ici la traduction française. Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, était aussi parmi les nombreux présents.

Sources: diocèse de Chersonèse (photographies, dont celle ci-jointe), Taizé

A l’image de l’Eglise orthodoxe, le pape instaure une Journée mondiale pour la sauvegarde de la Création le 1er septembre

Papas kai Patr ypografoun dilosi2A l’image de l’Église orthodoxe, le pape François vient d’instaurer pour l’Église catholique une Journée mondiale pour la sauvegarde de la Création le 1er septembre.

Source: Radio Vatican

Photographie (Fanarion): le pape François et le patriarche Bartholomée le 30 novembre 2014 au Phanar

Les récentes rencontres au Vatican du métropolite Hilarion de Volokolamsk

timthumb.phpLe 26 juin, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat d Moscou) était au Vatican. Il y a rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’état du Saint Siège, ainsi que les présidents des conseils pontificaux pour la famille et pour la promotion de l’unité des chrétiens. Un compte rendu en français est disponible sur cette page. Par ailleurs, dans une interview au Corriere della Sera, le métropolite Hilarion a déclaré qu’une rencontre entre le patriarche russe Cyrille et le pape François « se rapproche chaque jour ». Cette rencontre, a-t-il aussi précisé, se tiendra dans un « pays neutre »(entretien en anglais et en italien ici).

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Dans une interview accordée au journaliste Andrea Tornielli, le patriarche Bartholomée s’est exprimé au sujet de la célébration commune de Pâques proposée par le pape François

Dans une interview accordée au journaliste Tornielli pour le site « Vatican insider », le patriarche Bartholomée a abordé l’encyclique du pape François sur l’écologie, mais aussi la célébration commune de Pâques proposée par celui-ci :

François a proposé une fois de plus un accord sur une date fixe pour la célébration de Pâques. Êtes-vous d’accord avec cette proposition ?

– Des discussions dans l’Église orthodoxe concernant la célébration fixe ou commune de Pâques, comme fête des fêtes, ont lieu depuis plus d’un demi-siècle. En fait, les consultations panorthodoxes précédentes, pour la préparation du Saint et Grand Concile prévu à Istanbul l’année prochaine, ont pris en considération différentes options scientifiques et liturgiques visant à une telle possibilité. Cependant, durant les années récentes, et particulièrement après la chute du rideau de fer, des éléments significatifs au sein de certaines Églises nationales ont malheureusement résisté à un tel développement ou changement. Il n’y a pas de doutes qu’un accord sur une date fixe pour une célébration commune de Pâques serait bénéfique, particulièrement pour les chrétiens vivant dans les pays d’Amérique, d’Europe occidentale et d’Océanie. Néanmoins, que l’on soit d’accord ou non au niveau personnel, une telle proposition devrait être discutée sur une base panorthodoxe afin de ne pas rompre l’unité au sein des Églises orthodoxes elles-mêmes.

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Réactions dans l’Église orthodoxe russe au sujet de la date fixe de Pâques proposée par le pape François

On salue, dans l’Église orthodoxe russe, l’intention du pape de Rome de revenir à une seule tradition du comput pascal mais, toutefois, les paroles du pape François rapportées par les médias ne sont pas suffisantes pour comprendre correctement le fond de la question. C’est ce qu’a déclaré, dans une interview à l’agence TASS, le vice-président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov. « Je préférerais prendre connaissance d’abord de la déclaration exacte du pape François, qui est exprimée de façon différente aujourd’hui dans les différentes sources d’informations », a-t-il fait remarquer. « Si l’Église catholique-romaine a l’intention de renoncer à la pascalie grégorienne introduite au XVIème siècle et revenir à l’ancienne, celle d’Alexandrie, qui était utilisée à l’époque où l’Église était une en Orient et en Occident et qui est jusqu’à présent en vigueur chez les orthodoxes – on ne pourrait que saluer une telle intention » a déclaré le père Nicolas Balachov. Si certains journalistes ont transmis fidèlement les paroles du pape selon lesquelles la date de Pâques doit être « fixe » et ne pas être liée à la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps, comme l’a établi le premier concile œcuménique en 325, lequel est respecté tant en Orient qu’en Occident, alors, indubitablement, une telle proposition est absolument inacceptable pour l’Église orthodoxe. Aussi, disons que nous attendrons les publications dans les sources officielles du Vatican », a souligné le père Nicolas. Il a ajouté que « à Constantinople comme à Moscou, qui, comme l’ont communiqué les journalistes, ont été mentionnés par le pape, il n’y a aucun différend concernant la date de Pâques ; aussi, contrairement à certaines affirmations des médias, le réexamen de la date de Pâques n’est pas proposé dans le programme du concile panorthodoxe ». « Au demeurant, l’hypothèse selon laquelle le pape voulait effectivement faire un pas dans la direction des orthodoxes me paraît plus vraisemblable. C’est un désir bienveillant. C’est une autre chose qu’un tel rapprochement ne peut aucunement être atteint par un abandon de la tradition du premier millénaire du christianisme qui est commune pour nous. C’est pourquoi il est important de comprendre ce que le pape avait en réalité en vue » a conclu le représentant de l’Église orthodoxe russe.

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Métropolite Jean Zizioulas : « Loué sois-Tu » – Texte de son intervention lors de la présentation de l’encyclique du pape, « Laudato si »

Le 18 juin, pour la première fois, un représentant du patriarche oecuménique de Constantinople a participé à la présentation de l’encyclique « Laudato si » au Vatican. Le site Internet de l’agence d’informations catholique Zenit, vient de mettre en ligne la traduction française de l’intervention du métropolite Jean Zizioulas. Nous le proposons ci-dessous avec l’aimable accord de l’agence Zenit.

Introduction

Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude pour l’honneur d’être invité à prendre part à cet événement du lancement de la nouvelle encyclique de Sa Sainteté le pape François « Laudato Si’». Je suis également honoré par le fait que Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée m’a demandé de vous transmettre sa joie personnelle et sa satisfaction pour la publication de l’encyclique. Comme certains d’entre vous le savent déjà, le Patriarcat œcuménique a été le premier dans le monde chrétien à attirer l’attention de la communauté mondiale sur la gravité du problème écologique et sur le devoir de l’Église d’exprimer sa préoccupation et d’essayer de contribuer, par tous les moyens spirituels à sa disposition, à la protection de notre environnement naturel. Ainsi, dès l’année 1989, le patriarche œcuménique Dimitrios a publié une encyclique adressée aux fidèles chrétiens et à toutes les personnes de bonne volonté, dans laquelle il soulignait la gravité du problème écologique et ses dimensions théologiques et spirituelles. Cela a été suivi par une série d’activités, telles que des conférences internationales de responsables religieux et d’experts scientifiques, ainsi que des séminaires pour les jeunes, les ministres de l’Église, etc. sous les auspices de l’actuel patriarche œcuménique Bartholomée, visant à promouvoir une conscience écologique parmi les chrétiens en particulier, et plus largement dans la communauté des hommes et des femmes.

La publication de l’encyclique Laudato Si’ est donc une occasion de grande joie et de satisfaction pour les orthodoxes. En leur nom, je tiens à exprimer notre profonde gratitude à Sa Sainteté pour s’être exprimé avec autorité afin d’attirer l’attention du monde sur la nécessité urgente de protéger la création de Dieu des dommages que nous, les humains, infligeons par notre comportement à l’égard de la nature. Cette encyclique vient à un moment critique dans l’histoire humaine et aura sans aucun doute un retentissement dans le monde entier sur la conscience des personnes.

Ceux qui liront l’encyclique seront impressionnés par la profondeur et la rigueur avec laquelle le problème écologique est traité et sa gravité mise en évidence, ainsi que par les suggestions et propositions sur la façon d’agir pour faire face à ses conséquences. Il y a, dans ses pages, matière à réflexion pour tous : le scientifique, l’économiste, le sociologue et surtout les fidèles de l’Église. Mes commentaires se limiteront à la richesse de la pensée théologique et de la spiritualité de l’Encyclique. Le temps et l’espace ne me permettent pas de rendre pleinement justice au traitement de ces aspects. Je me bornerai aux points suivants :

a) La signification théologique de l’écologie ;

b) La dimension spirituelle du problème écologique ;

c) L’importance œcuménique de l’Encyclique.

1. Théologie et écologie

Qu’est-ce que l’écologie a à voir avec la théologie ? Dans les manuels traditionnels de théologie, il n’y a guère de place pour l’écologie et l’on peut dire la même chose des parcours d’enseignement des écoles de théologie catholiques, orthodoxes et protestantes. L’encyclique consacre un chapitre entier (ch. 2) à montrer les profondes implications écologiques de la doctrine chrétienne de la création. Il souligne que, selon la Bible, « la vie humaine est enracinée dans trois relations fondamentales et étroitement liées avec Dieu, avec notre prochain et avec la terre elle-même (par. 66). Cette troisième relation, i.e. avec la terre, a très souvent été ignorée par la théologie chrétienne au point que l’historien américain Lynn White, dans un article maintenant connu de la revue « Scientist » (1967), accusait la théologie chrétienne d’être responsable de la crise écologique moderne. Car il est vrai que, dans la théologie chrétienne, l’être humain a été élevé au-dessus de la création matérielle au point de permettre aux humains de la traiter comme de la matière pour la satisfaction de leurs besoins et de leurs désirs. L’être humain a été dé-naturalisé et, dans son abus et son mauvais usage du commandement biblique donné au premier couple humain – « multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gen 1,28) – l’humanité était encouragée à exploiter la création matérielle sans restriction et sans respecter son intégrité et même son caractère sacré.

Cette attitude à l’égard de la création a non seulement conduit à un mauvais usage de la doctrine biblique mais a, en même temps, contredit des principes fondamentaux de la foi chrétienne. L’un d’eux est la foi dans l’incarnation du Christ. En assumant la nature humaine, le Fils de Dieu a pris sur lui la création matérielle dans sa totalité. Le Christ est venu pour sauver la création tout entière par son incarnation, et pas seulement l’humanité ; car, selon saint Paul (Rm 8,23), « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement » dans l’attente de son salut par l’humanité.

L’autre principe fondamental de la foi chrétienne qui a des implications écologiques importantes concerne le cœur même de l’Église, qui est la sainte eucharistie. Dans la célébration de l’eucharistie, l’Église offre à Dieu le monde matériel sous la forme du pain et du vin. Dans ce sacrement, l’espace, le temps et la matière sont sanctifiés ; ils sont élevés au Créateur avec reconnaissance, comme ses dons à notre égard ; la création est solennellement déclarée don de Dieu et les êtres humains, au lieu d’agir en propriétaires de la création, agissent en tant que ses prêtres, qui l’élèvent à la sainteté de la vie divine. Cela rappelle les paroles émouvantes de saint François d’Assise par lesquelles s’ouvre l’encyclique : « Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre ». Comme l’ont expliqué saint Grégoire Palamas et d’autre Pères grecs, la création tout entière est imprégnée de la présence de Dieu par ses énergies divines ; tout annonce la gloire de Dieu, comme le dit le psalmiste, et l’être humain conduit ce chœur cosmique de glorification au Créateur, en tant que prêtre de la création. Cette façon de comprendre la place et la mission de l’humanité dans la création est commune à la tradition chrétienne de l’Orient comme de l’Occident et elle est d’une importance particulière pour la culture d’une philosophie écologique.

2. La dimension spirituelle

Comme cela ressort clairement de l’encyclique, la crise écologique est essentiellement un problèmes pirituel. La juste relation entre l’humanité et la terre ou son environnement naturel a été cassée avec la Chute à la fois extérieurement et en nous, et cette rupture est le péché. L’Église doit maintenant introduire dans son enseignement sur le péché le péché contre l’environnement, le péché écologique. La repentance doit être étendue pour couvrir aussi les dommages que nous infligeons à la nature, comme individus et comme sociétés. Cela doit être porté à la conscience de tout chrétien qui se soucie de son salut.

La rupture de la juste relation entre l’humanité et la nature est due à la montée de l’individualisme dans notre culture. On a fait de la poursuite du bonheur individuel un idéal à notre époque. Le péché écologique est dû à l’avidité humaine qui aveugle les hommes et les femmes au point d’ignorer et de mépriser la vérité de base selon laquelle le bonheur d’un individu dépend de sa relation avec le reste des êtres humains. Il y a une dimension sociale dans l’écologie, que l’encyclique fait ressortir avec clarté. La crise écologique va de pair avec la propagation de l’injustice sociale. Nous ne pouvons pas affronter avec succès la première sans traiter avec l’autre.

Le péché écologique est un péché non seulement contre Dieu mais aussi contre notre prochain. Et c’est un péché non seulement contre l’autre de notre époque mais aussi – et c’est grave – contre lesgénérations futures. En détruisant notre planète afin de satisfaire notre avidité de bonheur, nous léguons aux générations futures un monde irrémédiablement abîmé avec toutes les conséquences négatives que cela aura pour leur vie. Nous devons donc agir de façon responsable à l’égard de nos enfants et de ceux qui nous succèderons dans cette vie.

Tout ceci invite à ce que nous pourrions décrire comme un ascétisme écologique. Il est à noter que les grandes figures de la tradition ascétique chrétienne étaient toutes sensibles à la souffrance de toutes les créatures. L’équivalent d’un saint François d’Assise est abondamment présent dans la tradition monastique de l’Orient. Il existe des récits de vie des saints du désert qui présentent l’ascète pleurant sur les souffrances ou la mort de chaque créature et menant une coexistence pacifique et amicale avec les bêtes. Ce n’est pas du romanticisme. Cela jaillit d’un cœur aimant et de la conviction qu’entre le monde naturel et nous-mêmes, il y a une unité et une interdépendance organiques qui nous font partager un destin commun, simplement parce que nous avons le même Créateur.

L’ascétisme est une idée déplaisante dans notre culture actuelle, qui mesure le bonheur et le progrès à l’aune de l’augmentation du capital et de la consommation. Ce serait irréaliste de s’attendre à ce que nos sociétés adoptent l’ascétisme de la façon dont saint François et les Pères du désert de l’Orient l’ont vécu. Mais l’esprit et la philosophie de l’ascétisme peuvent et doivent être adoptés si notre planète veut survivre. La modération de la consommation de ressources naturelles est une attitude réaliste et des moyens doivent être trouvés pour mettre une limite à l’immense gaspillage de matériaux naturels. La technologie et la science doivent consacrer leurs efforts à une telle tâche. On peut trouver beaucoup d’inspiration et d’aide dans l’encyclique elle-même à cet égard.

Enfin, la spiritualité doit pénétrer notre philosophie écologique par la prière. L’encyclique offre de beaux exemples de la manière de prier pour la protection de la création de Dieu. Je trouve émouvant cet extrait des prières citées à la fin de l’encyclique :

O Dieu, donne guérison à nos vies, pour que nous puissions protéger le monde au lieu de le maltraite, que nous puissions semer la beauté, et non la pollution ou la destruction. Touche les cœurs de ceux qui ne recherchent que le gain au détriment des pauvres de la terre. Enseigne-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à être remplis d’émerveillement et de contemplation, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures, tandis que nous cheminons vers ton infinie lumière.

À ce point, j’aimerais mentionner que, déjà en 1989, le Patriarcat œcuménique avait décidé de dédier le 1er septembre de chaque année à la prière pour l’environnement. Selon le calendrier liturgique orthodoxe, si l’on remonte à l’époque byzantine, cette date est le premier jour de l’année ecclésiastique.

L’office liturgique du jour inclut des prières pour la création et le Patriarcat œcuménique a commandé à un hymnographe contemporain du Mont Athos de composer des hymnes propres pour ce jour. Le 1erseptembre de chaque année est maintenant consacré par les orthodoxes à l’environnement. Ne pourrait-il pas devenir une date réservée à cette prière pour tous les chrétiens ? Cela marquerait un pas en avant vers une plus grande proximité entre eux.

Cela me conduit à mon dernier commentaire sur l’encyclique du pape, à savoir son importance œcuménique.

3. L’importance œcuménique de l’encyclique

De mon point de vue, il y a trois dimensions à l’œcuménisme. La première, que nous pouvons appeler l’œcuménisme dans le temps, une expression fréquemment utilisée par l’un des plus grands théologiens orthodoxes du siècle dernier, le regretté père Georges Florovsky. Nous entendons par là l’effort des chrétiens divisés pour s’unir sur la base de leur Tradition commune, l’enseignement de la Bible et les Pères de l’Église. C’est l’objet des dialogues théologiques qui ont lieu dans le mouvement œcuménique de notre époque et il semble que ce soit la forme d’œcuménisme prédominante.

En même temps, un œcuménisme dans l’espace est aussi pratiqué à travers diverses institutions internationales, comme le Conseil mondial des Églises et des organisations œcuméniques similaires qui rassemblent les chrétiens divisés, de sorte que les différents contextes culturels dans lesquels ils vivent puissent être pris en considération dans le recherche de l’unité. Cela a réuni des chrétiens d’Asie, d’Amérique, d’Europe, d’Amérique latine, etc. – une expression de l’universalité de l’Église chrétienne.

À ces deux dimensions qui ont dominé la scène œcuménique ces cent dernières années, nous devons en ajouter, je pense, une troisième qui est habituellement négligée, celle que j’appellerais un œcuménisme existentiel. Je veux dire par là l’effort pour affronter ensemble les problèmes existentiels les plus profonds qui préoccupent l’humanité dans son ensemble – pas seulement dans des endroits ou des catégories de personnes en particulier. L’écologie est sans doute le candidat le plus évident dans ce cas.

Je crois que l’importance de l’encyclique du pape, Laudato Si’, ne se limite pas au sujet de l’écologie en tant que telle. J’y vois une dimension œcuménique importante en ce qu’elle conduit les chrétiens divisés devant une tâche commune qu’ils doivent affronter ensemble. Nous vivons à une époque où les problèmes existentiels fondamentaux débordent nos divisions traditionnelles en les relativisant au point de les faire pratiquement disparaître. Regardez, par exemple, ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient : ceux qui persécutent les chrétiens leur demandent-ils à quelle Église ou confession ils appartiennent ? L’unité chrétienne, dans de tels cas, est de facto réalisée par la persécution et le sang – un œcuménisme du martyre.

De même, la menace que fait peser sur nous la crise écologique dépasse ou transcende nos divisions traditionnelles. Le danger qui se présente à notre maison commune, la planète sur laquelle nous vivons, est décrit dans l’encyclique d’une manière qui ne laisse aucun doute sur le risque existentiel auquel nous sommes confrontés. Ce risque nous est commun à tous, indépendamment de nos identités ecclésiastiques ou confessionnelles. Notre effort pour empêcher les conséquences catastrophiques de la situation actuelle doit être également commun. L’encyclique du pape François est un appel à l’unité – unité dans la prière pour l’environnement, dans le même Évangile de la création, dans la conversion de nos cœurs et de nos styles de vie pour respecter et aimer chacun et chaque chose qui nous sont donnés par Dieu. Nous en sommes reconnaissants.

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Le métropolite Hilarion reçu par le Pape François de Rome

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou accomplissait du 14 au 15 juin 2015 une visite de travail à Rome avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Le soir du 14 juin, le métropolite Hilarion a rencontré le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Différents aspects des relations entre le Patriarcat de Moscou et le Saint Siège ont été discutés pendant l’entretien, auquel participait le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le 15 juin, le métropolite Hilarion a été reçu par le Pape François au Palais apostolique du Vatican. Mgr Hilarion a transmis au chef de l’Église catholique-romaine les salutations de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Pendant l’entretien, de nombreuses questions ont été soulevées, dont la tragique situation de la population chrétienne du Proche Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que la nécessité d’agir en commun pour défendre la conception traditionnelle de la famille dans la société contemporaine sécularisée. Le thème de la coopération de l’Église catholique-romaine et de l’Église orthodoxe russe dans le domaine de la culture a également été abordé. A la fin de l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a présenté au Pape François l’archimandrite Antoine (Sevriouk), secrétaire de l’Administration des paroisses du Patriarcat de Moscou en Italie, et Miguel Palacio, employé du secrétariat du DREE aux affaires de l’étranger lointain, qui l’accompagnaient. En souvenir de cette rencontre, le Pape François a remis au métropolite Hilarion et aux membres de la délégation de l’Église orthodoxe russe une médaille frappée en l’honneur de son pontificat. De son côté, le président du DREE a offert au chef de l’Église catholique romaine une copie d’une antique icône du Sauveur, effectuée par l’archidiacre A. Trounine, clerc de l’église de la Vierge « Joie de tous les affligés » de Moscou. Avant l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait pu admirer avec les employés de la préfecture de la Maison pontificale les objets d’art exposés, parmi lesquels des tableaux de Raphaël et d’El Greco. L’attention de la délégation russe a été attirée sur un crucifix en malachite et pierres précieuses, offert en décembre 1845 par l’empereur Nicolas I au Pape Grégoire XVI au cours de la seule visite d’un monarque russe au Vatican. Le métropolite Hilarion est rentré à Moscou le même jour.

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Rencontre entre le Patriarcat œcuménique et la Communion anglicane

Le 9 juin, une rencontre informelle a eu lieu entre une délégation du Patriarcat œcuménique et une délégation de la Communion anglicane à l’Abbaye de Westminster à Londres. La délégation du Patriarcat œcuménique était composée des métropolites Grégoire de Thyateira et de Grande Bretagne, Athénagoras de Belgique, Kallistos de Diokleia et de l’archevêque Job de Telmessos. La délégation anglicane était composée de l’archevêque de Perth (Australie), Roger Heft, de l’évêque de Lambeth, Nigel Stock, des chanoines Alyson Barnett-Cowan, Leslie Nathaniel, John Gibaut et du révérend Neil Vigers. Parmi les thèmes abordés, ont été discutés la prochaine visite officielle du patriarche œcuménique Bartholomée à l’archevêque de Canterbury au palais Lambeth à Londres les 2-4 novembre prochain, la préparation du concile de l’Église orthodoxe, la situation de l’Église de Constantinople, la situation de la Communion anglicane, les résultats du dialogue officiel entre l’Eglise orthodoxe et la Communion anglicane ainsi que l’état des lieux des différents dialogues théologiques bilatéraux auxquels participent ces deux Églises.
En marge de cette rencontre, le métropolite Athénagoras de Belgique et l’archevêque Job de Telmessos, accompagnés de l’archiprêtre Alexandre Fostiropoulos, ont visité le siège de l’archevêché de Thyateira et de Grande Bretagne et ont rencontré l’évêque Chrysostome de Kyanea, évêque auxiliaire de cet archevêché, à l’église grecque orthodoxe Saint-André à Londres.

Source et photographie. Album de photographies.

Le patriarche Cyrille de Moscou décline l’invitation à se rendre aux JMJ de Cracovie en 2016

patriarh-Kirill-730x555Le patriarche Cyrille de Moscou a décliné l’invitation à se rendre en Pologne aux JMJ de Cracovie en 2016, où se rendra le pape, en raison de la prise de position des évêques polonais dans le conflit ukrainien rapporte l’agence de presse catholique polonaise KAI.

Source: La Croix

Déclaration du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou au sujet des décisions de l’Église d’Écosse concernant l’ordination d’homosexuels et de l’Église protestante unie de France sur la possibilité de bénédiction des « unions de même sexe »

« Le 16 mai 2015, l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse a autorisé l’ordination de représentants de minorités sexuelles se trouvant en union civile, et le 21 mai, elle a voté la prolongation de l’étude de cette question dans le but d’élargir encore la décision adoptée. Le 17 mai, le Synode de l’Église protestante unie de France a permis la possibilité de bénir de prétendues « unions de même sexe ». L’Église orthodoxe russe a accueilli avec profonde déception ces décisions des Églises protestantes d’Écosse et de France, dans la mesure où celles-ci s’avèrent incompatibles avec les normes de la morale chrétienne. Nous constatons avec tristesse que nous avons aujourd’hui de nouvelles divisions dans le monde chrétien non seulement dans le domaine théologique, mais aussi en ce qui concerne les questions morales. Ayant une position ferme, fondée sur la Sainte Écriture, l’Église orthodoxe russe déclare en conséquence l’inadmissibilité des innovations mentionnées dans la doctrine morale et est contrainte à réexaminer la forme de ses relations avec les Églises et communautés qui foulent aux pieds les principes de la morale chrétienne traditionnelle. C’est ainsi qu’en 2003, l’Église orthodoxe russe a interrompu ses contacts avec l’Église épiscopalienne aux États-Unis après que celle-ci ait élevé au rang d’évêque un homosexuel notoire. Des raisons analogues ont provoqué la rupture des relations avec l’Église de Suède en 2005, lorsque celle-ci a pris la décision de bénir les unions de même sexe. Ces dernières années, nous avons observé attentivement les discussions dans les Églises d’Écosse et de France. En 2013, le président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, a adressé une lettre à la direction de l’Assemblée générale de l’Église d’Ecosse, exprimant son inquiétude et sa déception à l’occasion de la possibilité, permise par l’Assemblée, d’ordonner des homosexuels, et a exprimé l’espoir que la résolution ultérieure de cette question serait fondée sur la tradition apostolique. Malheureusement, ces espérances ont été vaines, et les paroles de mise en garde n’ont point été entendues. Nous guidant par les prescriptions de l’Assemblée épiscopale de 2008 [de l’Église orthodoxe russe] selon lesquelles « l’avenir des relations avec de nombreuses communautés protestantes dépend de leur fidélité aux normes de l’éthique évangélique et apostolique, préservée au cours de nombreux siècles par les chrétiens », ainsi que par celles de l’Assemblée épiscopale de 2014, qui a considéré « impossible le dialogue avec les confessions qui foulent ouvertement aux pieds les normes éthiques bibliques », le Département des relations ecclésiastiques extérieures ne voit pas de perspectives au maintien ultérieur de contacts officiels avec l’Église d’Écosse et l’Église protestante unie de France ».

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Les catholiques-romains ont cédé une église située dans le centre de Mexico au diocèse métropolitain d’Amérique centrale du Patriarcat œcuménique

Le 20 avril a eu lieu la cérémonie officielle de signature et de cession d’une des plus belles églises de Mexico au diocèse d’Amérique centrale du Patriarcat œcuménique. Il s’agit de l’église de la Conception de sainte Anne, située dans le centre de la ville, dans le quartier de Zócalo. La cession a été réalisée par les représentants de l’Église catholique-romaine au Mexique, suite aux efforts du métropolite Athénagoras, qui ont duré plusieurs années. « Nous sommes très fiers que la parole de la foi orthodoxe, après beaucoup de persévérance et de dévouement du métropolite du Mexique, prend chair et os. Nous vivons quotidiennement la parole du Christ ressuscité « Allez, faites de toutes les nations des disciples ». Dans le nouvel édifice que nous avons reçu de l’Église catholique-romaine, nous avons déjà commencé les transformations à l’intérieur conformément aux nécessités de la tradition orthodoxe. Ce sera un phare pour les orthodoxes de Mexico » a déclaré l’archimandrite Damien après la signature. Le gouvernement mexicain a réalisé la restauration de la partie extérieure de l’église. De nombreux habitants du quartier étaient présents à la cérémonie de transmission des clefs, lesquels ont exprimé leur joie particulière que l’église appartienne désormais au Patriarcat œcuménique.

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La traduction française de l’entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée publié par « La Civiltà Cattolica »

CBlsKuCVEAAhcW9Une exclusivité d’Orthodoxie.com. Nous vous proposons la traduction française de l’entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée réalisé par Antonio Spadaro S.I. et paru dans La Civiltà Cattolica le 4 avril (version italienne, version anglaise). Orthodoxie.com remercie vivement le père Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica, pour l’autorisation de publier la traduction française. Le père jésuite Antonio Spadaro (1) est également l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur la communication (un exemple en français, le blog dédié). Il est consultant au Conseil pontifical pour la culture ainsi qu’au Conseil pontifical pour les communications sociales. En 2013, il a réalisé la première longue (30 pages) interview du pape François publiée simultanément dans les revues culturelles jésuites de 16 pays d’Europe et d’Amérique (version française).

Pour lire la traduction française de l’entretien avec le patriarche Bartholomée, cliquez sur ce lien.

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

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Jovan Nikoloski