29/03/2017
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Category Archives: Relations oecuméniques

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le pape de Rome et le patriarche Cyrille ne prieront pas ensemble »

La rencontre à Cuba du pape de Rome François et du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille se terminera par la signature d’une déclaration commune mais, cependant, ils ne prieront pas ensemble. C’est ce qu’a mentionné le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou dans une interview avec Serge Brilev, producteur du programme « Nouvelles du samedi » de la chaîne TV russe « Rossia ». « Pour autant que je le sache, de quelconques prières communes ne sont pas prévues par le protocole. La rencontre se produira sur l’aéroport, c’est-à-dire en dehors de tout espace cultuel, hors d’un espace sacral, et elle sera constituée par une discussion et la signature d’une déclaration » a indiqué le métropolite Hilarion. Il a également ajouté que le pape et le patriarche, très vraisemblablement, discuteront du problème du terrorisme international et d’une série d’autres questions. « Certainement, ils ne se limiteront pas à ce thème (i.e. le terrorisme international). Certainement, la discussion peut passer, en général, au christianisme dans le monde contemporain. Mais cette coïncidence des positions, que vous avez évoquée, nous l’avons également remarquée… Nous percevons de la même façon ce rejet des commandements chrétiens, que nous observons, par exemple, dans les pays d’Europe occidentale. Et il est naturel que les réactions soient parfois très semblables », a ajouté le métropolite. L’initiative de la rencontre avec le pape de Rome François à Cuba, et non en Europe, est venue du patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, afin de ne pas « faire peser sur les relations le lourd héritage des conflits entres les chrétiens de l’Orient et de l’Occident » a déclaré le métropolite Hilarion ». « Le patriarche, dès que l’on a commencé à en parler, avait le souhait de réaliser cette rencontre hors d’Europe. Il y avait différentes propositions, de différents côtés : « Allons, procédons à cela ici, allons, faisons-le là, nous créerons toutes les conditions ». Mais j’ai toujours ressenti que le patriarche avait quelque autre idée. Et ensuite, à un certain moment, il a dit, qu’il serait bien d’accomplir cette rencontre en dehors de l’Europe, afin que ce contexte européen, ce lourd héritage de conflits entre les chrétiens d’Orient et d’Occident, ne pèse pas sur cette rencontre », a déclaré le métropolite Hilarion. Le patriarche et le pape de Rome parleront chacun dans leur langue maternelle (russe et espagnol), à l’aide d’un traducteur. « Je suppose que le pape parlera en espagnol, et le patriarche, en russe. Il y aura deux traducteurs » a précisé le métropolite Hilarion.

Source

Le patriarche Cyrille de Moscou et le pape François se rencontreront à Cuba le 12 février

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dCommuniqué de presse conjoint du Saint-Siège et du Patriarcat de Moscou:

” Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou ont la joie d’annoncer que, par la grâce de Dieu, Sa Sainteté le pape François et Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie se rencontreront le 12 février prochain. Leur rencontre aura lieu à Cuba, où le pape fera escale avant son voyage au Mexique, et où le patriarche sera en visite officielle. Elle comprendra un entretien personnel à l’aéroport international José Martí de La Havane, et se conclura par la signature d’une déclaration commune.

Cette rencontre des primats de l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe, préparée depuis longtemps, sera la première dans l’histoire et marquera une étape importante dans les relations entre les deux Églises. Le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou espèrent qu’elle sera également un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté. Ils invitent tous les chrétiens à prier avec ferveur pour que Dieu bénisse cette rencontre et qu’elle porte de bons fruits.”

Sources: Patriarcat de Moscou. Illustration: Le Figaro

Déclaration du service de communication du DREE suite à l’adoption d’une « Conception œcuménique » par le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne

Le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne a adopté une « Conception œcuménique de l’EGCU, qui entre en vigueur le 23 février 2016.

L’aspect positif de cette conception est de reconnaître les résultats du dialogue orthodoxe-catholique, en particulier les positions du document de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), qui condamne les tentatives effectuées par Rome dans l’histoire de soumettre les chrétiens d’Orient au moyen de l’uniatisme, par exemple par l’union de Brest de 1596. Le nouveau document de l’EGCU reconnaît clairement que « Le trône apostolique romain percevait la réunion de Brest plutôt dans des catégories de soumission que de communion », et donne une appréciation négative du phénomène de l’uniatisme comme moyen de réunion des Eglises sur des bases théologiques erronées.

Cette déclaration des hiérarques gréco-catholiques aurait pu être un facteur très prometteur dans la perspective des relations entre l’EGCU et l’Eglise orthodoxe, tout spécialement en Ukraine, si elle ne s’accompagnait pas de toute une série d’affirmations historiquement irrecevables.

Ainsi, la « Conception œcuménique » affirme que « L’EGCU s’est formée à la suite de la séparation de l’Eglise de Moscou de la métropole de Kiev au XV – XVI siècles… Dans les conditions d’une crise intérieure, de l’affaiblissement du centre patriarcal de Constantinople et des défis posés par la réforme protestante et le catholicisme post-tridentin, la hiérarchie de l’Eglise de Kiev a pris la décision de rétablir la communion eucharistique avec l’évêque de Rome ».

Or, il est bien connu que l’Union de Florence de 1439, acceptée par Constantinople, n’a reçu aucun soutien de la Rus’. C’est précisément pour cette raison que le métropolite Isidore de Kiev a été obligé de s’enfuir en Occident. L’EGCU n’est apparue en réalité qu’à la fin du XVI siècle à la suite d’une intrigue politique. A l’origine conçue comme un compromis politique, l’union de Brest a été répandue par la force par les autorités de la République des Deux Nations, rencontrant une puissante opposition de la part des croyants orthodoxes.

Ayant formellement condamné l’union comme méthode de réunion des Eglises, la direction de l’EGCU s’efforce en même temps de lui donner une auréole, recourant à cet effet à des distorsions de la vérité historique. L’identification de l’EGCU à la métropole de Kiev, sans cesse reprise dans la « Conception œcuménique », ne peut être qualifiée autrement que de grossière fraude. La direction gréco-catholique essaie ainsi de présenter l’EGCU comme la seule héritière légitime de l’antique métropole de Kiev et, en même temps, d’établir une division artificielle entre Kiev et Moscou. Ceci se manifeste clairement dans l’affirmation suivante : « A compter de la fin du XVIII siècle, sur les territoires revenus à l’Empire russe, puis à l’URSS, il a été procédé à une éradication délibérée de l’Eglise de Kiev par la réunification forcée de ses fidèles à l’orthodoxie russe. L’EGCU condamne résolument ses pratiques de « l’uniatisme orthodoxe » et d’autres qui lui sont semblables. »

La thèse d’une éradication délibérée par la Russie de « l’Eglise de Kiev » est parfaitement absurde, puisque l’Eglise de Kiev fait partie intégrante de l’Eglise orthodoxe russe. La direction de l’Empire russe ne s’est pas donné pour objectif la destruction de l’Eglise gréco-catholique. En même temps, dans la mesure où sur les territoires traditionnellement orthodoxes d’Autriche-Hongrie et de Pologne, l’uniatisme était implantée par les autorités catholiques en ayant recours à la force, après la réunion de ces territoires à la Russie, une grande partie du peuple et du clergé a tout naturellement souhaité revenir à l’Orthodoxie, ce dont témoigne, par exemple, le Concile de Polotsk en 1839.

Certes, les autorités russes d’alors, favorisant ce processus, ont pu laisser passer des abus. S’il convient de condamner toute manifestation de violence dans les questions de foi, il est inacceptable de recourir à des substitutions de concepts comme se le permettent les auteurs de la « Conception œcuménique », dénonçant le sincère désir de revenir de l’union à l’Eglise orthodoxe comme de « l’uniatisme orthodoxe ».

Regrettant que les relations de l’EGCU et de l’Eglise orthodoxe russe soient assombries par un lourd passé historique, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore, les auteurs du document se réfèrent pourtant uniquement aux évènements de 1839, 1871 et 1946, lorsque les gréco-catholiques ont été réunis à l’Eglise orthodoxe. Ils s’abstiennent de faire mention des persécutions orchestrées par la République des Deux Nations contre les orthodoxes refusant d’accepter l’union, ou les cruautés des gréco-catholiques de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne en Ukraine occidentale et en Biélorussie pendant la Seconde guerre mondiale. Avec cette approche de l’histoire, une seule des parties est présentée comme victime, comme Eglise-martyre.

Bien que le document affirme que « l’EGCU exprime sa volonté de chercher avec les frères orthodoxes des chemins de règlement des incompréhensions historiques », ses dirigeants, en contradiction avec cette thèse, continuent à insister sur la reconnaissance du statut patriarcal de l’EGCU. Pourtant, la question d’un patriarcat gréco-catholique en Ukraine, annoncé unilatéralement en 2002, est l’un des principaux obstacles au dialogue entre orthodoxes et gréco-catholiques. Comme on sait, la hiérarchie des Eglises orthodoxes locales a exprimé à Rome son opinion défavorable sur la reconnaissance de l’EGCU comme patriarcat, montrant quelles seraient les conséquences négatives qu’entraînerait cette reconnaissance pour la situation religieuse en Ukraine et le dialogue orthodoxe-catholique en général. Continuer à insister sur le soutien des « tentatives séculaires » de l’EGCU à « achever le processus de formation de sa structure jusqu’au niveau patriarcal » signifie bloquer dès le départ tout progrès dans le règlement des problèmes entre orthodoxes et gréco-catholiques.

Un autre obstacle au dialogue est la reconnaissance par l’EGCU des « églises orthodoxes en Ukraine » comme s’il n’existait pas qu’une seule Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe. « La conception œcuménique » laisse entendre que pour les dirigeants de l’EGCU, l’Eglise orthodoxe ukrainienne et les communautés schismatiques ont un statut identique « d’héritiers de l’Eglise de Kiev issue du baptême de Vladimir ».

Cette approche trouve son expression dans la pratique, lorsque les hiérarques de l’EGCU se permettent de participer à des offices communs avec des schismatiques, reconnaissant ainsi publiquement la validité de leurs sacrements (notamment du baptême et du sacerdoce), invitant des représentants du clergé schismatique dans leurs établissements d’enseignement, selon eux « pour une meilleure connaissance de l’Orthodoxie ». Ils effectuent avec ce clergé des visites communes à l’étranger où ils prononcent des déclarations à caractère politique. Ce soutien des gréco-catholiques aux schismatiques porte atteinte à l’unité chrétienne alors même que les Eglises orthodoxe et catholique recherchent de nouvelles voies de coopération.

La hiérarchie de l’Eglise russe a souvent attiré l’attention des dirigeants de l’EGCU sur la nécessité de respecter la structure canonique de l’Eglise orthodoxe, comme l’une des principales conditions au développement des relations entre les Eglises. Cependant, dans la pratique, les rapports étroits entre les hiérarques gréco-catholiques et les schismatiques, ainsi que les positions, maintenant fixées dans un document officiel, témoignent de ce que la direction de l’EGCU a l’intention de continuer à ignorer l’opinion des orthodoxes. Il reste à se demander comment, suivant une telle approche, les dirigeants de l’EGCU croient possible de parvenir à une quelconque avancée dans le dialogue avec l’Orthodoxie canonique.

Une autre affirmation suscite aussi l’étonnement : les auteurs du document assurent que dans les années 1990, « l’EGCU a établi un dialogue fructueux, bien qu’informel et non officiel avec les évêques et les théologiens de l’Eglise de Constantinople… dont l’objet était d’étudier comment rétablir la pleine communion avec l’Eglise mère de Constantinople. » Faisant partie de l’Eglise catholique et confessant la doctrine catholique, l’EGCU ne peut entreprendre par elle-même aucun dialogue pour la restauration de sa pleine communion avec l’Eglise de Constantinople en dehors du dialogue qui s’effectue dans le cadre de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine. C’est la Commission mixte qui a les pleins pouvoirs pour discuter des problèmes théologiques existant entre orthodoxes et catholiques et chercher les moyens de les résoudre. Par ailleurs, le dialogue bilatéral entre l’EGCU et les représentants du Patriarcat de Constantinople, contournant l’Eglise orthodoxe ukrainienne, ne peut susciter que la méfiance et approfondir les contradictions qui exigent depuis déjà longtemps d’être résolues.

« La Conception œcuménique » de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne est un document contradictoire, posant de nombreuses questions aux orthodoxes. Déclarant leur volonté de développer le dialogue avec l’Eglise orthodoxe, les dirigeants de l’EGCU ne se montrent pas prêts à une analyse sérieuse du passé historique ni à une évaluation responsable de la situation ecclésiale en Ukraine actuellement. Le document montre que l’EGCU attend de l’Eglise orthodoxe qu’elle vienne elle-même à sa rencontre, tandis que l’Eglise gréco-catholique ne croit pas nécessaire d’entreprendre quoi que ce soit pour une vraie résolution des problèmes existants.

Malheureusement, les actions de l’EGCU en Ukraine aujourd’hui non seulement ne favorisent pas le rapprochement entre orthodoxes et catholiques, mais aggravent les divisions déjà existantes, encourageant le schisme et continuant à porter le trouble dans les esprits des gens. Ainsi se manifeste la nature de l’uniatisme qui, depuis ses origines, dit la déclaration de Balamand, « a créé une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes, mais aussi pour les catholiques ».

Le métropolite Amphiloque sur la venue en Serbie du pape François

Une délégation officielle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, constituée du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, de l’évêque de Bačka Irénée et du professeur Darko Tanasković a visité le Vatican le 16 janvier et a été reçue officiellement par le pape François. Étaient également présents à la rencontre le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que trois administrateurs du Saint Siège. Au cours d’une conférence de presse à Belgrade le 18 janvier, le métropolite Amphiloque a affirmé 

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“Roumanie, entre orthodoxes et catholiques”

Foto-simposio-Cluj-2015_cDu 26 au 28 novembre, en Roumanie, à Cluj-Napoca, s’est tenu un symposium orthodoxe-catholique sur l’action de l’Esprit-Saint dans l’Église et dans la Création. Un compte rendu est proposé ici (dont photographie).

Réunion du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe du 24 décembre 2015

Durant sa réunion du 24 décembre 2015, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a pris plusieurs décisions concernant sa politique extérieure.

Le Patriarche Cyrille a fait le bilan des célébrations du millénaire du trépas de saint Vladimir. Des cérémonies avaient réuni à Moscou du 26 au 28 juillet des dizaines d’hiérarques de l’Église orthodoxe russe, ainsi que de nombreuses délégations des Églises orthodoxes locales. Le millénaire de la naissance au ciel de saint Vladimir a également été fêté aux États-Unis, en Pologne, au Kazakhstan, où s’est déroulée une conférence scientifique, en Ukraine, en Biélorussie et dans les diocèses de l’Église orthodoxe russe.

Les membres du Synode ont ensuite entendu le rapport du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, sur les réunions de la Commission interorthodoxe spéciale, fondée à l’initiative du Patriarche Bartholomée de Constantinople avec l’accord des Primats des Églises orthodoxes locales, afin d’élaborer un projet de Règlement des travaux du Concile panorthodoxe.

A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriache Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le métropolite Hilarion a présidé une délégation de l’Église orthodoxe russe afin de participer à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale à Athènes, du 16 au 18 décembre. Au 3e jour de la réunion, les travaux ont été interrompus, aucun consensus n’ayant pu être atteint.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale, et constaté que les discussions autour du Règlement du Concile panorthodoxe achoppaient à des difficultés qu’il n’a pas été possible de surmonter. Le Synode s’est dit préoccupé du fait que dans leur correspondance, les Primats des Églises orthodoxes de Constantinople et de Russie ne sont pas parvenus à trouver un accord sur plusieurs questions importantes relatives à la préparation du Concile panorthodoxe.

Pendant sa réunion du 22 octobre 2015 (procès-verbal n°71), le Saint Synode avait confié à la Commission synodale biblique et théologique l’examen du projet de document sur le Règlement, en tenant compte des discussions ayant eu lieu lors de la V Conférence préconciliaire panorthodoxe. La Commission devait présenter ses conclusions à la prochaine séance du Saint Synode.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et de président de la Commission synodale biblique et théologique a également communiqué les résultats de l’examen du document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », étudié pendant la V Conférence préconciliaire panorthodoxe, qui a eu lieu du 10 au 17 octobre 2015 à Chambésy (Suisse). Il a aussi présenté les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour perfectionner ce document.

Pendant sa séance du 24 décembre, le Synode a déclaré approuver les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Pour le Synode, le consensus sur les points litigieux du document est une condition nécessaire à son approbation préalable dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe.

Le Saint Synode a ensuite entendu un rapport sur la réunion à Sofia de la Commission mixte des Églises orthodoxes russe et bulgare sur la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev), qui s’est tenue les 3 et 4 décembre 2015. Il a été décidé de poser la question de la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev) lors du prochain Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.

Ce Concile aura lieu à Moscou les 2-3 février 2016.

Le Synode a également nommé le métropolite Hilarion de Volokolamsk représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil interreligieux de Russie.

Ensuite, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a présenté un rapport sur le V Congrès mondial des expatriés russes, auquel ont participé 400 personnes venues de près de 100 pays. Le Patriarche Cyrille a assisté le 5 novembre à l’inauguration du forum. Plusieurs hiérarques et clercs de l’Église orthodoxe russe accomplissant leur ministère à l’étranger y participaient. Le forum s’est intéressé à la préservation de l’espace spirituel de la Rus’ historique, au soutien et à la défense des droits et des intérêts des expatriés, à la consolidation de leurs liens avec la Patrie.

Le Synode considère comme important de poursuivre la collaboration de l’Église orthodoxe russe avec les États auxquels s’étend sa juridiction canonique afin de renforcer les liens spirituels et culturels avec la diaspora.

Enfin, les membres du Synode ont décidé de changer la dénomination du Séminaire orthodoxe de Paris, fondé en 2008. Depuis sa fondation, le fonctionnement de cet établissement, où les étudiants sont logés, suivis spirituels et suivent quelques cours, tout en poursuivant leurs études dans d’autres établissements d’enseignement français, diffère essentiellement de celui des séminaires de l’Église orthodoxe russe. Suivant les résultats de l’inspection du séminaire de Paris, le Comité pédagogique a proposé de renommer cet établissement, qui devient Centre de formation spirituel Sainte-Geneviève au diocèse de Chersonèse, tout en conservant le droit d’utiliser le terme de « séminaire » sur le territoire français et dans les pays où ce terme peut être appliqué aux établissements de ce type.

La nouvelle paroisse Saint-Séraphin, à Mongeron (France) est incorporée au diocèse de Chersonèse. A sa demande, l’archiprêtre Igor Vyjanov, recteur de l’église Saint-André de Naples est libéré de ses fonctions en Italie et se met à la disposition du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Source

Une conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’Église évangélique d’Allemagne sur le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Conformément à un décret du Saint Synode, une délégation du Patriarcat de Moscou a participé à la conférence mixte de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne (EEA), qui se déroulait à Munich du 10 au 11 décembre, sur le thème du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La délégation était présidée par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Parmi ses membres figuraient notamment l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, l’archimandrite Philarète (Boulekov), vice-président du DREE, l’archiprêtre Vladimir Khoulap, vice-recteur de l’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg, ainsi que de nombreuses personnalités des milieux ecclésiastique et académique. La délégation de l’église évangélique en Allemagne était présidée par son chef, l’évêque Heinrich Bedford-Strohm, et plusieurs pasteurs de cette église.

Métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

Dans son allocution, le métropolite Hilarion a évoqué la mémoire des victimes de la dernière guerre, parmi lesquels des représentants de toutes les confessions et religions. Mgr Hilarion est revenu sur le patrimoine du pasteur protestant Dietrich Bonhöffer, tué par les fascistes. Il a également parlé du rôle de l’Église orthodoxe russe et de l’église évangélique en Allemagne dans l’œuvre de réconciliation des peuples de nos pays. Le président du DREE a constaté que les églises protestantes occidentales avaient adopté une approche libérale des valeurs morales chrétiennes, ce qui avait entraîné une interruption du dialogue théologique bilatéral entamé en 1959. En même temps, de nouveaux défis et de nouveaux objectifs sont apparus, qui exigent la collaboration des chrétiens de différents pays. Ainsi, à l’heure actuelle, les chrétiens n’ont pas seulement le devoir d’œuvrer à la réconciliation dans les nombreux conflits qui ont éclaté en différents points du globe, mais aussi celui de faire leur possible pour sauver les chrétiens et le christianisme lui-même au Proche Orient. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a conclu en souligné l’importance des projets communs dans le domaine de l’enseignement de la théologie.

L’évêque Heinrich Bedford-Strohm a parlé dans son discours d’introduction de l’importance d’une plus grande coopération entre l’Église orthodoxe russe et l’église évangélique en Allemagne, y compris dans le domaine de la défense du droit à exprimer son opinion et à être un membre à part entière de la société civile.

Sont ensuite intervenus l’archevêque Théophane de Berlin et d’Allemagne, le provost Siegfried Kasparick, Dietrich Brauer, archevêque évangéliste luthérien en Russie, un représentant de l’Église catholique romaine et le consul général de la Fédération russe à Munich.

La première partie de la conférence était consacrée aux aspects bibliques et patristiques des thèmes et de la guerre et de la paix. Le professeur Christfried Böttrich, de l’Université de Greifswald, a présenté un exposé intitulé « Dieu de la paix : la guerre et la paix dans la tradition biblique » et le professeur Vladimir Bourega (Académie de théologie de Kiev) a parlé de la notion de paix et de guerre dans le Nouveau Testament et la tradition de l’Église. Les deux exposés, suivant des approches différentes, apportaient un éclairage sur la notion de guerre en s’appuyant sur les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

La seconde partie de la conférence était consacrée aux problèmes de la diaconie et de l’action sociale entreprise par l’Église. Deux exposés ont été présentés sur ce thème, éclairant l’action société et ses méthode dans l’Église orthodoxe russe ces 25 dernières années, et la diaconie en Allemagne et dans les pays où travaille l’organisation caritative allemande « Du pain pour la paix ». Celle-ci, a expliqué Cornelia Füllkrug-Weitzel, de Berlin, offre distribue de la nourriture et des médicaments, et réalise des programmes éducatifs, visant à éduquer les gens dans le respect des droits de l’homme et des valeurs élaborées par la société occidentale.

La troisième partie de la conférence concernait l’action des églises du point de vue de la société laïque. Le président de l’Union populaire d’Allemagne pour l’entretien des cimetières militaires a présenté un exposé sur ce sujet, affirmant que la conservation des tombes des soldats russes et allemands tombés pendant la guerre était l’une des tâches communes à la Russie et à l’Allemagne. Dans son exposé, le professeur Alexandre Rar a parlé de l’expérience de formation en Russie d’une société civile dans laquelle l’Église orthodoxe russe occuperait une place digne d’elle. La Russie, a-t-il précisé, ne considère pas l’expérience occidentale comme une réussite et cherche sa propre voie.

Les exposés ont été suivis de vives discussions, confirmant l’intérêt suscités par les thèmes présentés.

A la fin de la conférence, tous ses participants ont visité le musée-mémorial de Dachau, commémorant les victimes du camp de concentration à l’église de la Réconciliation protestante et à la chapelle-mémorial orthodoxe, dédiée à la résurrection du Christ, où un office a été célébré pour le repos de leurs âmes.

Le pape François à l’Eglise orthodoxe: “les conditions sont réunies pour rétablir la pleine communion de foi”

2013_002.jpgA l’occasion du message adressé au patriarche oecuménique, le 30 novembre, pour la saint André, le pape François a notamment souligné: “Même si toutes les différences entre les Églises catholique et orthodoxe n’ont pas été abolies, il existe maintenant les conditions nécessaires pour cheminer vers le rétablissement de « la pleine communion de foi, de concorde fraternelle et de vie sacramentelle qui exista entre elles au cours de premier millénaire de la vie de l’Église » (Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras Ier, 7 décembre 1965).

Ayant restauré une relation d’amour et de fraternité, dans un esprit de confiance, de respect et de charité mutuels, il n’y a plus d’empêchement à la communion eucharistique qui ne puisse être surmonté par la prière, la purification des cœurs, le dialogue et l’affirmation de la vérité. En effet, là où l’amour est présent dans la vie de l’Église, sa source et sa réalisation doit toujours être trouvée dans l’amour eucharistique. De même, le symbole du baiser fraternel trouve sa plus profonde vérité dans le baiser de paix échangé dans la célébration eucharistique.”

Sources: Zenit, La Croix, Radio-Vatican. De la photographie.

Italie: le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en “Culture de l’unité”

Patr stous Focolari 26-10-154Le 26 octobre, le patriarche oecuménique Bartholomée a reçu un doctorat honoris causa en “Culture de l’unité” de l’institut universitaire Sophia de Loppiano (Italie). A cette occasion, le pape lui a adressé un message dans lequel il salue l’action du patriarche pour l’unité. Deux vidéos de la remise du doctorat au patriarche Bartholomée sont en ligne sur cette page.

Photographie: Fanarion

Une déclaration du service de communication du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

timthumb.phpLe département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a publié une déclaration – la version française se trouve ici – pour protester contre contre les déclarations de l’archevêque suprême de l’Église gréco-catholique ukrainienne, Mgr Sviatoslav Chevtchouk, faites à l’agence catholique autrichienne « Kathpress » dans une interview.

Rencontre du pape et du métropolite Hilarion de Volokolamsk

IMG_4004Le 21 octobre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a été reçu au Vatican par le pape. “L’entretien a porté sur les thèmes à l’ordre du jour des relations bilatérales entre le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine, ainsi que sur la situation au Proche Orient, où les persécutions contre les chrétiens orchestrées par les groupes terroristes se poursuivent (…) Le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a fait office d’interprète pour cette rencontre qui s’est déroulée dans un climat de compréhension mutuelle.”

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Les conclusions et le communiqué de presse du XXIIIe colloque de spiritualité orthodoxe au monastère de Bose (Italie)

15_09_10_ceiso_IMG_6133-3597826c1eLes conclusions du XXIIIe colloque œcuménique international de spiritualité orthodoxe au monastère de Bose, en Italie, sont en ligne sur cette page. Le thème du colloque, qui s’est déroulé du 9 au 12 septembre, était “Miséricorde et pardon”. Le communiqué de presse se trouve ici, toutes les autres informations .

Source de la photographie prise lors de ce colloque: monastère de Bose

Session du Comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine

Du 15 au 18 septembre a eu lieu à Rome la session du Comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine. Le travail du comité a été réalisé sous la présidence du chef du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr Kurt Koch, et du métropolite de Pergame Jean (Patriarcat de Constantinople). L’Église orthodoxe russe était représentée par le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Au centre des discussions des participants orthodoxes et catholiques-romains se trouvait le projet de document « Sur la voie de la compréhension commune de la catholicité et de la primauté dans l’Église durant le premier millénaire », qui a été établi comme texte de base lors de la XIIIème session plénière de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine, qui s’était déroulée à Amman du 16 au 22 septembre 2014, et qui fut modifié de façon significative par le Comité de rédaction de ladite Commission à Rome, en juin 2015. Après avoir introduit les changements nécessaires, le Comité de coordination a approuvé le projet de document, qui sera envoyé pour examen à la XIVème session plénière de la Commission mixte en 2016.

Source

Plusieurs interventions d’orthodoxes au colloque théologique international à Taizé sur Frère Roger

img_4896-642-6b628Plusieurs orthodoxes ont participé au colloque théologique international à Taizé consacré à Frère Roger qui s’est déroulé du 30 août au 5 septembre: Michel Stavrou, Julija Vidovic, le P. Vladimir Féodorov (Saint-Pétersbourg). Les textes des interventions sont en ligne ici.

Source de la photographie: Taizé

Communiqué de l’évêque Irénée de Bačka, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe, concernant le rôle éventuel de celle-ci en tant que médiatrice entre l’Église orthodoxe russe et le Vatican, et au sujet de la visite éventuelle du pape en Serbie.

Suite aux déclarations du président serbe Nikolić, envisageant la visite du pape en Serbie et un rôle de médiatrice pour l’Église orthodoxe serbe entre le Patriarcat de Moscou et le Vatican, l’agence russe de presse « Sputnik » a questionné l’évêque Irénée de Bačka, qui a fait la déclaration suivante.
« La visite du pape en Serbie ne figure pas à l’ordre du jour de l’Église orthodoxe serbe, et qui que ce soit jusqu’à maintenant n’a manifesté une telle initiative. Si celle-ci se manifestait, elle serait exclusivement du ressort de l’Assemblée des évêques, la plus haute instance de l’Église orthodoxe serbe. Pour ce qui concerne la médiation éventuelle entre l’Église orthodoxe russe et le Vatican, je pense qu’elle n’est pas réaliste. Le Patriarcat de Moscou, comme on le sait, dispose d’un département très bien organisé pour les relations ecclésiastiques extérieures et, par celui-ci il est en dialogue constant avec les autres Églises, États et institutions internationales, de telle façon qu’il n’a pas besoin de médiateur ».
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Le président du DREE adresse un message aux organisateurs et aux participants du XXIII symposium international sur la spiritualité orthodoxe « Miséricorde et pardon »

Le 9 septembre, la communauté monastique de Bose (Italie) accueillait le XXIII Symposium international sur la spiritualité orthodoxe. La rencontre a pour thème « Miséricorde et pardon ». Des représentants des Églises orthodoxes locales, de l’Église catholique romaine et des communautés protestantes y participent, ainsi que des théologiens et des historiens de l’Église.

Avec la bénédiction du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, une délégation de l’Église orthodoxe présidée par l’évêque Métrophane de Severomorsk et d’Oumbsk y participe.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a adressé un message aux participants du symposium.

“Très Révérend Père Enzo Bianchi, honorables organisateurs et participants du symposium,

Au nom de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, je salue cordialement tous les participants du XXIII Symposium international sur la spiritualité orthodoxe, organisé par la communauté monastique de Bose sur le thème « Miséricorde et pardon ».

La Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ a révélé à toute la création la miséricorde infinie et le pardon universel de Dieu le Père céleste. L’amour du Créateur pour le monde qu’Il a créé, livré au péché, s’est exprimé dans le sacrifice du Fils de Dieu, qui s’offrit pour le péché du monde, « afin que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Tim 2, 4). Comme ineffablement profond est le pardon de Dieu, donné à l’homme pécheur sans condition aucune, dès avant son repentir (cf Rom 5, 8). Dieu, comme le père aimant de la parabole du fils prodigue, vient au-devant de celui qui « était mort, et est revenu à la vie, qui était perdu et est retrouvé » (Lc 15, 20-24).

« Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant » (Lc 6, 26), disait le Sauveur à Ses disciples. Ces mots témoignent de l’incommensurable dignité de l’homme, appelé à coopérer avec Dieu. Mais le « couronnement de la création » est-il toujours à la hauteur de sa vocation ? La nature, l’environnement, détruits par une attitude irresponsable et consumériste, ont besoin d’amour et de soin pour être sauvés. Suivant l’apôtre Paul « la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu… toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi… » (Rom 8, 19, 22-23).

Aujourd’hui, nous sommes tous les témoins des difficultés dans les relations internationales et civiles. L’humanité doit prendre conscience que les plaies infligées par la haine et discorde peuvent être pansées uniquement par la miséricorde et le pardon mutuel au nom de la paix, de la protection de la vie et du salut des générations futures. Cette année, l’Église orthodoxe russe célèbre le millénaire du trépas de saint Vladimir égal-aux-apôtres, le baptiste de la Russie, devenu le modèle du dirigeant juste et clément. Le monde contemporain, aujourd’hui plus que jamais, a besoin d’exemples d’exercice responsable de sa vocation dans l’abnégation, pénétré de l’esprit de la miséricorde chrétienne.

Je souhaite que le présent symposium rappelle avec une force nouvelle aux chrétiens la responsabilité qui leur incombe devant la création divine, qui a soif de compassion et d’amour agissant. Que la bénédiction du Seigneur demeure sur vous tous.

Avec mon amitié dans le Seigneur,

Hilarion,

Métropolite de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou”

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Le président serbe Nikolić a rencontré le pape François au Vatican

Le président serbe Tomislav Nikolić a rencontré le pape François au Vatican le vendredi 11 septembre 2015. L’Église catholique-romaine reste ferme sur son refus de reconnaître l’indépendance du Kosovo et de la Metochie, prononcée unilatéralement, a déclaré le président après son entretien avec le pape. « Je pense que c’est un homme qui concilie beaucoup de gens et de religions dans le monde, mais il est ici implacable pour ce qui concerne la position de l’Église catholique-romaine, laquelle reste absolument ferme quant au principe de sa non reconnaissance de l’indépendance du Kosovo et de la Métochie, proclamée unilatéralement » a déclaré le président Nikolić à l’agence Tanjug. Celui-ci a ajouté que le pape François suivait soigneusement et minutieusement tout ce qui se produit au Kosovo et en Métochie et qu’il connaît l’ampleur des persécutions des chrétiens et des catholiques romains au Kosovo et en Métochie. Il a mentionné que le pape François est au courant des possibilités dont disposent les catholiques romains pour pratiquer leur foi, leur tradition et leur culture en Serbie, qu’il sait comment se présente la Serbie d’aujourd’hui et qu’il est absolument prêt de coopérer avec elle. 

Le président Nikolić a également déclaré qu’il avait évoqué auprès du pape l’histoire de l’héritage culturel et du christianisme au Kosovo et en Métochie, les monastères érigés par les souverains serbes, de même que la catastrophe qui s’est produite en mars 2004 [35 églises profanées et détruites, des civils serbes tués et des milliers expulsés par les Albanais, ndt]. « J’ai offert au pape le livre qui prouve tout cela, présente les documents, je lui ai dit que tout cela était à nous, et qu’il n’existait pas de moyen que nous y renoncions et que nous le reconnaissions », a poursuivi le président, ajoutant que le pape François était entièrement d’accord avec tout cela. En outre, le président a offert au Primat de l’Église catholique-romaine une édition fac-similée du recueil des lois de l’empereur Dušan, qui est l’un des rares codes du XIVème siècle en Europe, de même que la monographie « Héritage chrétien du Kosovo et de la Métochie » soulignant que tous les États membres de l’Unesco recevraient ledit ouvrage. Le président a ajouté que le pape, alors que lui-même mentionnait que certains monastères du Kosovo et de la Métochie avaient été sauvés par les militaires italiens lors des événements de mars 2004, a énuméré les noms de ces monastères. Enfin, le président Nikolić a déclaré que la Serbie, qui est un pont entre la Russie et l’Union Européenne, et entre celle-ci et la Chine, pourrait être un pont entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique-romaine. « Je pense que j’ai rencontré un homme qui sait beaucoup et comprend tout, et qui a accepté presque chaque affirmation et suggestion que j’ai formulées. C’était la rencontre de personnes qui se sont immédiatement bien comprises » a affirmé le président Nikolić. Celui-ci a encore mentionné qu’il avait parlé avec le pape des relations entre la Serbie et le Vatican, de l’établissement d’un véritable dialogue entre les deux Églises, de la crise des migrants du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, de leurs causes, leurs conséquences et des solutions, de même que du changement climatique. Concernant la canonisation du cardinal croate Stepinac, le président a affirmé que l’Église catholique-romaine ne se hâtait pas d’y procéder. En outre, il a déclaré avoir eu une discussion très ouverte au sujet dudit cardinal et a dit au pape que le rôle du cardinal lors de la seconde guerre mondiale avait été très mauvais : « À tout le moins, il ne devait pas se taire alors que l’on tuait plus d’un million de personnes pour la seule raison que celles-ci n’étaient pas de confession catholique, et il joua un rôle fort mauvais pendant la guerre » a dit le président qui a ajouté que Stepinac avait vécu, après cela, la terreur communiste, et que l’Église catholique-romaine pourrait conclure de cela qu’il est un martyr et un bienheureux, mais il a ajouté que les prêtres orthodoxes avaient également connu cela et que des centaines d’entre eux ont été tués. Le président a encore affirmé qu’il existait une position commune selon laquelle le christianisme est menacé dans le monde, et que ce n’était plus le temps pour les disputes entre les religions et les croyances. En outre, par les dialogues dans lesquels sont engagés les différentes confessions, beaucoup de choses pourraient être atteintes. « Je pense que cette visite [du président au pape, ndt], bien qu’ajournée une fois, a été bien préparée. Cette préparation pourrait permettre que nous parvenions un jour à ce que les relations de la Serbie et de la Croatie garantissent que le primat de l’Église catholique-romaine et le patriarche Irénée puissent se rencontrer à Belgrade, à Subotica, Prizren et partout où ils le souhaiteraient » a conclu le président.

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La synaxe des évêques du Patriarcat œcuménique a examiné le cheminement des dialogues dans le cadre du mouvement œcuménique

Le cheminement des dialogues théologiques dans le cadre du mouvement œcuménique a été évoqué lors de la synaxe de la hiérarchie du Patriarcat œcuménique. Dimanche dernier, ses travaux ont eu lieu depuis midi jusqu’au soir, puis se sont poursuivis lundi. Le métropolite de Sasimes Gennade a présenté le cheminement de la participation de l’Église orthodoxe, principalement du Patriarcat œcuménique, au Conseil œcuménique des Églises, tandis que le métropolite de Pergame Jean, co-président de la Commission mixte internationale de dialogue théologique entre les Églises catholique-romaine et orthodoxe, a présenté la marche du dialogue entre celles-ci. Il s’en est suivi un dialogue approfondi et exhaustif concernant le positionnement de nombreux hiérarques sur les problèmes posés, dont toutes les incidences ont été examinées dans le cadre des différentes circonstances pastorales de chaque diocèse du Trône œcuménique. Le matin du dimanche, l’archevêque de Thyatire et de Grande Bretagne présidait la liturgie en la cathédrale patriarcale, en présence du patriarche Bartholomée et d’un grand nombre de hiérarques qui participaient à la synaxe. Mais nombre de hiérarques ont aussi célébré dans les autres églises de Constantinople, bénissant et encourageant par leur présence le troupeau certes petit, mais également dynamique de l’archevêché de Constantinople. Après la liturgie et avant le début de la synaxe, le patriarche œcuménique a reçu chacun à leur tour les hiérarques du Trône, qui ont eu ainsi l’occasion de l’informer au sujet de leur ministère et des questions les préoccupant dans leurs diocèses. Le soir, après les travaux de la synaxe, le patriarche œcuménique et les évêques se sont rendus à l’église de la Mère de Dieu dite « Koumariotissa », à Nichori près du Bosphore, d’où était originaire saint Théodore de Byzance [martyrisé par les Turcs en 1795] et dont les reliques reposent aujourd’hui à Mytilène.

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Le Saint-Siège, défenseur des sanctuaires serbes au Kosovo ?

M. Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO

Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO

Le Saint-Siège et le pape François disposent d’une grande autorité morale au sein de la communauté internationale et leur soutien à la protection du patrimoine spirituel et culturel serbe au Kosovo pourrait jouer un rôle très significatif, dit à l’agence de presse Sputnik Darko Tanasković, ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO. A travers le combat quotidien héroïque et martyr des prêtres et des moines qui continuent de vivre au Kosovo, l’Église orthodoxe serbe s’efforce de préserver notre patrimoine culturel dans cette province. Pourtant, on oublie souvent que l’héritage culturel et spirituel serbe au Kosovo n’est pas uniquement orthodoxe, mais également chrétien, dit l’ambassadeur de Serbie auprès de l’UNESCO, Darko Tansaković.
« Si ce front de défense était plus large – chrétien, je crois que l’efficacité de toute l’action entreprise serait considérablement accrue. Dans certains pays majoritairement catholiques, qui n’ont pas reconnu le Kosovo, la position du Saint-Siège sur la non-reconnaissance de cette structure paraétatique revêt une importance cruciale et constitue parfois le facteur déterminant dans la prise de décision d’un pays de reconnaître le Kosovo ou non », dit M. Tanasković, qui est également ancien ambassadeur de Serbie au Vatican.
M. Tanasković affirme que le Saint-Siège est profondément préoccupé par l’exode incroyable des chrétiens de Terre sainte et du Proche-Orient, où la population chrétienne est victime des horreurs de la situation politique de cette région et du fondamentalisme et radicalisme islamiques. Cela constitue une menace pour toute la chrétienté, souligne M. Tanasković ; or nous sommes témoins d’un phénomène semblable, quoique de dimension moindre, précisément au Kosovo et dans certaines autres parties des Balkans où des sanctuaires chrétiens sont en danger.
« C’est justement l’aspect sous lequel le Saint-Siège considère le problème du Kosovo, ce qui peut aider significativement à expliquer l’existence de ce phénomène sur le sol européen. Nous sommes horrifiés que les chrétiens quittent la Terre sainte, mais le fait que des chrétiens se sentent menacés dans une partie de la vieille Europe, dans les Balkans, n’attire pas beaucoup l’attention », dit M. Tanasković.

Le dialogue œcuménique revêt également une très grande importance pour le Saint-Siège

Le pape François considère que le dialogue œcuménique est très important et il sait que toute démarche qui irait à l’encontre de la protection du patrimoine chrétien dans les Balkans, et plus concrètement au Kosovo, serait nuisible au dialogue œcuménique. Il est certain que le Vatican en tiendra compte », affirme le diplomate serbe.
M. Tanasković pense que le clergé de l’Église orthodoxe serbe pourrait considérablement aider à ce que certains pays comprennent correctement toute la signification de ce moment historique et empêchent qu’un non-Etat, établi sur le non-droit, entre dans une organisation dotée d’un mandat et fondée sur des idéaux aussi élevés que l’UNESCO.
L’ambassadeur serbe auprès de l’UNESCO rappelle qu’il y aurait des indices auprès du ministère des Affaires étrangères de Grèce laissant entrevoir un changement d’attitude de ce pays à propos du Kosovo, se traduisant par un soutien de sa candidature à l’UNESCO.
« Étant donné la position et l’influence de l’Église sur la vie nationale en Grèce, il est certain que notre Église orthodoxe pourrait discuter avec l’Église orthodoxe grecque au sujet du Kosovo, et je crois qu’elles en discutent déjà et qu’elles feront tout ce qui est possible dans ce sens », souligne M. Tanasković.
Notre interlocuteur souligne également qu’il faut attacher une très grande attention à la question du Kosovo dans les conversations avec le clergé du Patriarcat œcuménique, en particulier à la lumière de la fondation d’une certaine Église orthodoxe albanaise qui prétendrait assumer la souveraineté sur les églises et les monastères serbes au Kosovo.
« L’archevêque de l’Église orthodoxe autocéphale d’Albanie Anastasios Janullatos est l’un des théologiens les plus érudits et les plus respectés de l’orthodoxie contemporaine. Lui-même est un interlocuteur très important pour ce sujet, compte tenu du fait qu’il se trouve sous la juridiction du Patriarcat œcuménique, qui jouit d’une très grande influence dans les relations internationales, en particulier le patriarche Bartholomée Ier. »
Quant à la procédure applicable en ce qui concerne l’adhésion du Kosovo à l’UNESCO, il existe un vide empirique et jurisprudentiel, car il n’y a jamais eu jusqu’à présent de cas de ce type, dit M. Tanasković. C’est pourquoi un grand espace existe pour le combat diplomatique de la Serbie, et cela sur tous les fronts, ce dont nous devons profiter, conclut notre ambassadeur auprès de cette organisation.

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Plusieurs évêques orthodoxes ont participé aux festivités du 75e anniversaire de la communauté de Taizé

8145966-12711113Mgr Nestor de Chersonèse, Mgr Marc (Métropole roumaine), Mgr Jean de Charioupolis et deux autres évêques orthodoxes (Patriarcat de Serbie et Église de Grèce) ont participé au 75e anniversaire de la communauté de Taizé. Mgr Nestor a lu un message du métropolite Hilarion de Volokolamsk dont on peut trouver ici la traduction française. Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, était aussi parmi les nombreux présents.

Sources: diocèse de Chersonèse (photographies, dont celle ci-jointe), Taizé

A l’image de l’Eglise orthodoxe, le pape instaure une Journée mondiale pour la sauvegarde de la Création le 1er septembre

Papas kai Patr ypografoun dilosi2A l’image de l’Église orthodoxe, le pape François vient d’instaurer pour l’Église catholique une Journée mondiale pour la sauvegarde de la Création le 1er septembre.

Source: Radio Vatican

Photographie (Fanarion): le pape François et le patriarche Bartholomée le 30 novembre 2014 au Phanar

Les récentes rencontres au Vatican du métropolite Hilarion de Volokolamsk

timthumb.phpLe 26 juin, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat d Moscou) était au Vatican. Il y a rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’état du Saint Siège, ainsi que les présidents des conseils pontificaux pour la famille et pour la promotion de l’unité des chrétiens. Un compte rendu en français est disponible sur cette page. Par ailleurs, dans une interview au Corriere della Sera, le métropolite Hilarion a déclaré qu’une rencontre entre le patriarche russe Cyrille et le pape François “se rapproche chaque jour”. Cette rencontre, a-t-il aussi précisé, se tiendra dans un “pays neutre”(entretien en anglais et en italien ici).

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Dans une interview accordée au journaliste Andrea Tornielli, le patriarche Bartholomée s’est exprimé au sujet de la célébration commune de Pâques proposée par le pape François

Dans une interview accordée au journaliste Tornielli pour le site « Vatican insider », le patriarche Bartholomée a abordé l’encyclique du pape François sur l’écologie, mais aussi la célébration commune de Pâques proposée par celui-ci :

François a proposé une fois de plus un accord sur une date fixe pour la célébration de Pâques. Êtes-vous d’accord avec cette proposition ?

– Des discussions dans l’Église orthodoxe concernant la célébration fixe ou commune de Pâques, comme fête des fêtes, ont lieu depuis plus d’un demi-siècle. En fait, les consultations panorthodoxes précédentes, pour la préparation du Saint et Grand Concile prévu à Istanbul l’année prochaine, ont pris en considération différentes options scientifiques et liturgiques visant à une telle possibilité. Cependant, durant les années récentes, et particulièrement après la chute du rideau de fer, des éléments significatifs au sein de certaines Églises nationales ont malheureusement résisté à un tel développement ou changement. Il n’y a pas de doutes qu’un accord sur une date fixe pour une célébration commune de Pâques serait bénéfique, particulièrement pour les chrétiens vivant dans les pays d’Amérique, d’Europe occidentale et d’Océanie. Néanmoins, que l’on soit d’accord ou non au niveau personnel, une telle proposition devrait être discutée sur une base panorthodoxe afin de ne pas rompre l’unité au sein des Églises orthodoxes elles-mêmes.

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Réactions dans l’Église orthodoxe russe au sujet de la date fixe de Pâques proposée par le pape François

On salue, dans l’Église orthodoxe russe, l’intention du pape de Rome de revenir à une seule tradition du comput pascal mais, toutefois, les paroles du pape François rapportées par les médias ne sont pas suffisantes pour comprendre correctement le fond de la question. C’est ce qu’a déclaré, dans une interview à l’agence TASS, le vice-président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov. « Je préférerais prendre connaissance d’abord de la déclaration exacte du pape François, qui est exprimée de façon différente aujourd’hui dans les différentes sources d’informations », a-t-il fait remarquer. « Si l’Église catholique-romaine a l’intention de renoncer à la pascalie grégorienne introduite au XVIème siècle et revenir à l’ancienne, celle d’Alexandrie, qui était utilisée à l’époque où l’Église était une en Orient et en Occident et qui est jusqu’à présent en vigueur chez les orthodoxes – on ne pourrait que saluer une telle intention » a déclaré le père Nicolas Balachov. Si certains journalistes ont transmis fidèlement les paroles du pape selon lesquelles la date de Pâques doit être « fixe » et ne pas être liée à la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps, comme l’a établi le premier concile œcuménique en 325, lequel est respecté tant en Orient qu’en Occident, alors, indubitablement, une telle proposition est absolument inacceptable pour l’Église orthodoxe. Aussi, disons que nous attendrons les publications dans les sources officielles du Vatican », a souligné le père Nicolas. Il a ajouté que « à Constantinople comme à Moscou, qui, comme l’ont communiqué les journalistes, ont été mentionnés par le pape, il n’y a aucun différend concernant la date de Pâques ; aussi, contrairement à certaines affirmations des médias, le réexamen de la date de Pâques n’est pas proposé dans le programme du concile panorthodoxe ». « Au demeurant, l’hypothèse selon laquelle le pape voulait effectivement faire un pas dans la direction des orthodoxes me paraît plus vraisemblable. C’est un désir bienveillant. C’est une autre chose qu’un tel rapprochement ne peut aucunement être atteint par un abandon de la tradition du premier millénaire du christianisme qui est commune pour nous. C’est pourquoi il est important de comprendre ce que le pape avait en réalité en vue » a conclu le représentant de l’Église orthodoxe russe.

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Métropolite Jean Zizioulas : “Loué sois-Tu” – Texte de son intervention lors de la présentation de l’encyclique du pape, “Laudato si”

Le 18 juin, pour la première fois, un représentant du patriarche oecuménique de Constantinople a participé à la présentation de l’encyclique “Laudato si” au Vatican. Le site Internet de l’agence d’informations catholique Zenit, vient de mettre en ligne la traduction française de l’intervention du métropolite Jean Zizioulas. Nous le proposons ci-dessous avec l’aimable accord de l’agence Zenit.

Introduction

Je voudrais tout d’abord exprimer ma profonde gratitude pour l’honneur d’être invité à prendre part à cet événement du lancement de la nouvelle encyclique de Sa Sainteté le pape François « Laudato Si’». Je suis également honoré par le fait que Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée m’a demandé de vous transmettre sa joie personnelle et sa satisfaction pour la publication de l’encyclique. Comme certains d’entre vous le savent déjà, le Patriarcat œcuménique a été le premier dans le monde chrétien à attirer l’attention de la communauté mondiale sur la gravité du problème écologique et sur le devoir de l’Église d’exprimer sa préoccupation et d’essayer de contribuer, par tous les moyens spirituels à sa disposition, à la protection de notre environnement naturel. Ainsi, dès l’année 1989, le patriarche œcuménique Dimitrios a publié une encyclique adressée aux fidèles chrétiens et à toutes les personnes de bonne volonté, dans laquelle il soulignait la gravité du problème écologique et ses dimensions théologiques et spirituelles. Cela a été suivi par une série d’activités, telles que des conférences internationales de responsables religieux et d’experts scientifiques, ainsi que des séminaires pour les jeunes, les ministres de l’Église, etc. sous les auspices de l’actuel patriarche œcuménique Bartholomée, visant à promouvoir une conscience écologique parmi les chrétiens en particulier, et plus largement dans la communauté des hommes et des femmes.

La publication de l’encyclique Laudato Si’ est donc une occasion de grande joie et de satisfaction pour les orthodoxes. En leur nom, je tiens à exprimer notre profonde gratitude à Sa Sainteté pour s’être exprimé avec autorité afin d’attirer l’attention du monde sur la nécessité urgente de protéger la création de Dieu des dommages que nous, les humains, infligeons par notre comportement à l’égard de la nature. Cette encyclique vient à un moment critique dans l’histoire humaine et aura sans aucun doute un retentissement dans le monde entier sur la conscience des personnes.

Ceux qui liront l’encyclique seront impressionnés par la profondeur et la rigueur avec laquelle le problème écologique est traité et sa gravité mise en évidence, ainsi que par les suggestions et propositions sur la façon d’agir pour faire face à ses conséquences. Il y a, dans ses pages, matière à réflexion pour tous : le scientifique, l’économiste, le sociologue et surtout les fidèles de l’Église. Mes commentaires se limiteront à la richesse de la pensée théologique et de la spiritualité de l’Encyclique. Le temps et l’espace ne me permettent pas de rendre pleinement justice au traitement de ces aspects. Je me bornerai aux points suivants :

a) La signification théologique de l’écologie ;

b) La dimension spirituelle du problème écologique ;

c) L’importance œcuménique de l’Encyclique.

1. Théologie et écologie

Qu’est-ce que l’écologie a à voir avec la théologie ? Dans les manuels traditionnels de théologie, il n’y a guère de place pour l’écologie et l’on peut dire la même chose des parcours d’enseignement des écoles de théologie catholiques, orthodoxes et protestantes. L’encyclique consacre un chapitre entier (ch. 2) à montrer les profondes implications écologiques de la doctrine chrétienne de la création. Il souligne que, selon la Bible, « la vie humaine est enracinée dans trois relations fondamentales et étroitement liées avec Dieu, avec notre prochain et avec la terre elle-même (par. 66). Cette troisième relation, i.e. avec la terre, a très souvent été ignorée par la théologie chrétienne au point que l’historien américain Lynn White, dans un article maintenant connu de la revue « Scientist » (1967), accusait la théologie chrétienne d’être responsable de la crise écologique moderne. Car il est vrai que, dans la théologie chrétienne, l’être humain a été élevé au-dessus de la création matérielle au point de permettre aux humains de la traiter comme de la matière pour la satisfaction de leurs besoins et de leurs désirs. L’être humain a été dé-naturalisé et, dans son abus et son mauvais usage du commandement biblique donné au premier couple humain – « multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gen 1,28) – l’humanité était encouragée à exploiter la création matérielle sans restriction et sans respecter son intégrité et même son caractère sacré.

Cette attitude à l’égard de la création a non seulement conduit à un mauvais usage de la doctrine biblique mais a, en même temps, contredit des principes fondamentaux de la foi chrétienne. L’un d’eux est la foi dans l’incarnation du Christ. En assumant la nature humaine, le Fils de Dieu a pris sur lui la création matérielle dans sa totalité. Le Christ est venu pour sauver la création tout entière par son incarnation, et pas seulement l’humanité ; car, selon saint Paul (Rm 8,23), « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement » dans l’attente de son salut par l’humanité.

L’autre principe fondamental de la foi chrétienne qui a des implications écologiques importantes concerne le cœur même de l’Église, qui est la sainte eucharistie. Dans la célébration de l’eucharistie, l’Église offre à Dieu le monde matériel sous la forme du pain et du vin. Dans ce sacrement, l’espace, le temps et la matière sont sanctifiés ; ils sont élevés au Créateur avec reconnaissance, comme ses dons à notre égard ; la création est solennellement déclarée don de Dieu et les êtres humains, au lieu d’agir en propriétaires de la création, agissent en tant que ses prêtres, qui l’élèvent à la sainteté de la vie divine. Cela rappelle les paroles émouvantes de saint François d’Assise par lesquelles s’ouvre l’encyclique : « Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre ». Comme l’ont expliqué saint Grégoire Palamas et d’autre Pères grecs, la création tout entière est imprégnée de la présence de Dieu par ses énergies divines ; tout annonce la gloire de Dieu, comme le dit le psalmiste, et l’être humain conduit ce chœur cosmique de glorification au Créateur, en tant que prêtre de la création. Cette façon de comprendre la place et la mission de l’humanité dans la création est commune à la tradition chrétienne de l’Orient comme de l’Occident et elle est d’une importance particulière pour la culture d’une philosophie écologique.

2. La dimension spirituelle

Comme cela ressort clairement de l’encyclique, la crise écologique est essentiellement un problèmes pirituel. La juste relation entre l’humanité et la terre ou son environnement naturel a été cassée avec la Chute à la fois extérieurement et en nous, et cette rupture est le péché. L’Église doit maintenant introduire dans son enseignement sur le péché le péché contre l’environnement, le péché écologique. La repentance doit être étendue pour couvrir aussi les dommages que nous infligeons à la nature, comme individus et comme sociétés. Cela doit être porté à la conscience de tout chrétien qui se soucie de son salut.

La rupture de la juste relation entre l’humanité et la nature est due à la montée de l’individualisme dans notre culture. On a fait de la poursuite du bonheur individuel un idéal à notre époque. Le péché écologique est dû à l’avidité humaine qui aveugle les hommes et les femmes au point d’ignorer et de mépriser la vérité de base selon laquelle le bonheur d’un individu dépend de sa relation avec le reste des êtres humains. Il y a une dimension sociale dans l’écologie, que l’encyclique fait ressortir avec clarté. La crise écologique va de pair avec la propagation de l’injustice sociale. Nous ne pouvons pas affronter avec succès la première sans traiter avec l’autre.

Le péché écologique est un péché non seulement contre Dieu mais aussi contre notre prochain. Et c’est un péché non seulement contre l’autre de notre époque mais aussi – et c’est grave – contre lesgénérations futures. En détruisant notre planète afin de satisfaire notre avidité de bonheur, nous léguons aux générations futures un monde irrémédiablement abîmé avec toutes les conséquences négatives que cela aura pour leur vie. Nous devons donc agir de façon responsable à l’égard de nos enfants et de ceux qui nous succèderons dans cette vie.

Tout ceci invite à ce que nous pourrions décrire comme un ascétisme écologique. Il est à noter que les grandes figures de la tradition ascétique chrétienne étaient toutes sensibles à la souffrance de toutes les créatures. L’équivalent d’un saint François d’Assise est abondamment présent dans la tradition monastique de l’Orient. Il existe des récits de vie des saints du désert qui présentent l’ascète pleurant sur les souffrances ou la mort de chaque créature et menant une coexistence pacifique et amicale avec les bêtes. Ce n’est pas du romanticisme. Cela jaillit d’un cœur aimant et de la conviction qu’entre le monde naturel et nous-mêmes, il y a une unité et une interdépendance organiques qui nous font partager un destin commun, simplement parce que nous avons le même Créateur.

L’ascétisme est une idée déplaisante dans notre culture actuelle, qui mesure le bonheur et le progrès à l’aune de l’augmentation du capital et de la consommation. Ce serait irréaliste de s’attendre à ce que nos sociétés adoptent l’ascétisme de la façon dont saint François et les Pères du désert de l’Orient l’ont vécu. Mais l’esprit et la philosophie de l’ascétisme peuvent et doivent être adoptés si notre planète veut survivre. La modération de la consommation de ressources naturelles est une attitude réaliste et des moyens doivent être trouvés pour mettre une limite à l’immense gaspillage de matériaux naturels. La technologie et la science doivent consacrer leurs efforts à une telle tâche. On peut trouver beaucoup d’inspiration et d’aide dans l’encyclique elle-même à cet égard.

Enfin, la spiritualité doit pénétrer notre philosophie écologique par la prière. L’encyclique offre de beaux exemples de la manière de prier pour la protection de la création de Dieu. Je trouve émouvant cet extrait des prières citées à la fin de l’encyclique :

O Dieu, donne guérison à nos vies, pour que nous puissions protéger le monde au lieu de le maltraite, que nous puissions semer la beauté, et non la pollution ou la destruction. Touche les cœurs de ceux qui ne recherchent que le gain au détriment des pauvres de la terre. Enseigne-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à être remplis d’émerveillement et de contemplation, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures, tandis que nous cheminons vers ton infinie lumière.

À ce point, j’aimerais mentionner que, déjà en 1989, le Patriarcat œcuménique avait décidé de dédier le 1er septembre de chaque année à la prière pour l’environnement. Selon le calendrier liturgique orthodoxe, si l’on remonte à l’époque byzantine, cette date est le premier jour de l’année ecclésiastique.

L’office liturgique du jour inclut des prières pour la création et le Patriarcat œcuménique a commandé à un hymnographe contemporain du Mont Athos de composer des hymnes propres pour ce jour. Le 1erseptembre de chaque année est maintenant consacré par les orthodoxes à l’environnement. Ne pourrait-il pas devenir une date réservée à cette prière pour tous les chrétiens ? Cela marquerait un pas en avant vers une plus grande proximité entre eux.

Cela me conduit à mon dernier commentaire sur l’encyclique du pape, à savoir son importance œcuménique.

3. L’importance œcuménique de l’encyclique

De mon point de vue, il y a trois dimensions à l’œcuménisme. La première, que nous pouvons appeler l’œcuménisme dans le temps, une expression fréquemment utilisée par l’un des plus grands théologiens orthodoxes du siècle dernier, le regretté père Georges Florovsky. Nous entendons par là l’effort des chrétiens divisés pour s’unir sur la base de leur Tradition commune, l’enseignement de la Bible et les Pères de l’Église. C’est l’objet des dialogues théologiques qui ont lieu dans le mouvement œcuménique de notre époque et il semble que ce soit la forme d’œcuménisme prédominante.

En même temps, un œcuménisme dans l’espace est aussi pratiqué à travers diverses institutions internationales, comme le Conseil mondial des Églises et des organisations œcuméniques similaires qui rassemblent les chrétiens divisés, de sorte que les différents contextes culturels dans lesquels ils vivent puissent être pris en considération dans le recherche de l’unité. Cela a réuni des chrétiens d’Asie, d’Amérique, d’Europe, d’Amérique latine, etc. – une expression de l’universalité de l’Église chrétienne.

À ces deux dimensions qui ont dominé la scène œcuménique ces cent dernières années, nous devons en ajouter, je pense, une troisième qui est habituellement négligée, celle que j’appellerais un œcuménisme existentiel. Je veux dire par là l’effort pour affronter ensemble les problèmes existentiels les plus profonds qui préoccupent l’humanité dans son ensemble – pas seulement dans des endroits ou des catégories de personnes en particulier. L’écologie est sans doute le candidat le plus évident dans ce cas.

Je crois que l’importance de l’encyclique du pape, Laudato Si’, ne se limite pas au sujet de l’écologie en tant que telle. J’y vois une dimension œcuménique importante en ce qu’elle conduit les chrétiens divisés devant une tâche commune qu’ils doivent affronter ensemble. Nous vivons à une époque où les problèmes existentiels fondamentaux débordent nos divisions traditionnelles en les relativisant au point de les faire pratiquement disparaître. Regardez, par exemple, ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient : ceux qui persécutent les chrétiens leur demandent-ils à quelle Église ou confession ils appartiennent ? L’unité chrétienne, dans de tels cas, est de facto réalisée par la persécution et le sang – un œcuménisme du martyre.

De même, la menace que fait peser sur nous la crise écologique dépasse ou transcende nos divisions traditionnelles. Le danger qui se présente à notre maison commune, la planète sur laquelle nous vivons, est décrit dans l’encyclique d’une manière qui ne laisse aucun doute sur le risque existentiel auquel nous sommes confrontés. Ce risque nous est commun à tous, indépendamment de nos identités ecclésiastiques ou confessionnelles. Notre effort pour empêcher les conséquences catastrophiques de la situation actuelle doit être également commun. L’encyclique du pape François est un appel à l’unité – unité dans la prière pour l’environnement, dans le même Évangile de la création, dans la conversion de nos cœurs et de nos styles de vie pour respecter et aimer chacun et chaque chose qui nous sont donnés par Dieu. Nous en sommes reconnaissants.

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Le métropolite Hilarion reçu par le Pape François de Rome

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou accomplissait du 14 au 15 juin 2015 une visite de travail à Rome avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Le soir du 14 juin, le métropolite Hilarion a rencontré le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Différents aspects des relations entre le Patriarcat de Moscou et le Saint Siège ont été discutés pendant l’entretien, auquel participait le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le 15 juin, le métropolite Hilarion a été reçu par le Pape François au Palais apostolique du Vatican. Mgr Hilarion a transmis au chef de l’Église catholique-romaine les salutations de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Pendant l’entretien, de nombreuses questions ont été soulevées, dont la tragique situation de la population chrétienne du Proche Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que la nécessité d’agir en commun pour défendre la conception traditionnelle de la famille dans la société contemporaine sécularisée. Le thème de la coopération de l’Église catholique-romaine et de l’Église orthodoxe russe dans le domaine de la culture a également été abordé. A la fin de l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a présenté au Pape François l’archimandrite Antoine (Sevriouk), secrétaire de l’Administration des paroisses du Patriarcat de Moscou en Italie, et Miguel Palacio, employé du secrétariat du DREE aux affaires de l’étranger lointain, qui l’accompagnaient. En souvenir de cette rencontre, le Pape François a remis au métropolite Hilarion et aux membres de la délégation de l’Église orthodoxe russe une médaille frappée en l’honneur de son pontificat. De son côté, le président du DREE a offert au chef de l’Église catholique romaine une copie d’une antique icône du Sauveur, effectuée par l’archidiacre A. Trounine, clerc de l’église de la Vierge « Joie de tous les affligés » de Moscou. Avant l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait pu admirer avec les employés de la préfecture de la Maison pontificale les objets d’art exposés, parmi lesquels des tableaux de Raphaël et d’El Greco. L’attention de la délégation russe a été attirée sur un crucifix en malachite et pierres précieuses, offert en décembre 1845 par l’empereur Nicolas I au Pape Grégoire XVI au cours de la seule visite d’un monarque russe au Vatican. Le métropolite Hilarion est rentré à Moscou le même jour.

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Rencontre entre le Patriarcat œcuménique et la Communion anglicane

Le 9 juin, une rencontre informelle a eu lieu entre une délégation du Patriarcat œcuménique et une délégation de la Communion anglicane à l’Abbaye de Westminster à Londres. La délégation du Patriarcat œcuménique était composée des métropolites Grégoire de Thyateira et de Grande Bretagne, Athénagoras de Belgique, Kallistos de Diokleia et de l’archevêque Job de Telmessos. La délégation anglicane était composée de l’archevêque de Perth (Australie), Roger Heft, de l’évêque de Lambeth, Nigel Stock, des chanoines Alyson Barnett-Cowan, Leslie Nathaniel, John Gibaut et du révérend Neil Vigers. Parmi les thèmes abordés, ont été discutés la prochaine visite officielle du patriarche œcuménique Bartholomée à l’archevêque de Canterbury au palais Lambeth à Londres les 2-4 novembre prochain, la préparation du concile de l’Église orthodoxe, la situation de l’Église de Constantinople, la situation de la Communion anglicane, les résultats du dialogue officiel entre l’Eglise orthodoxe et la Communion anglicane ainsi que l’état des lieux des différents dialogues théologiques bilatéraux auxquels participent ces deux Églises.
En marge de cette rencontre, le métropolite Athénagoras de Belgique et l’archevêque Job de Telmessos, accompagnés de l’archiprêtre Alexandre Fostiropoulos, ont visité le siège de l’archevêché de Thyateira et de Grande Bretagne et ont rencontré l’évêque Chrysostome de Kyanea, évêque auxiliaire de cet archevêché, à l’église grecque orthodoxe Saint-André à Londres.

Source et photographie. Album de photographies.

Le patriarche Cyrille de Moscou décline l’invitation à se rendre aux JMJ de Cracovie en 2016

patriarh-Kirill-730x555Le patriarche Cyrille de Moscou a décliné l’invitation à se rendre en Pologne aux JMJ de Cracovie en 2016, où se rendra le pape, en raison de la prise de position des évêques polonais dans le conflit ukrainien rapporte l’agence de presse catholique polonaise KAI.

Source: La Croix

Déclaration du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou au sujet des décisions de l’Église d’Écosse concernant l’ordination d’homosexuels et de l’Église protestante unie de France sur la possibilité de bénédiction des « unions de même sexe »

« Le 16 mai 2015, l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse a autorisé l’ordination de représentants de minorités sexuelles se trouvant en union civile, et le 21 mai, elle a voté la prolongation de l’étude de cette question dans le but d’élargir encore la décision adoptée. Le 17 mai, le Synode de l’Église protestante unie de France a permis la possibilité de bénir de prétendues « unions de même sexe ». L’Église orthodoxe russe a accueilli avec profonde déception ces décisions des Églises protestantes d’Écosse et de France, dans la mesure où celles-ci s’avèrent incompatibles avec les normes de la morale chrétienne. Nous constatons avec tristesse que nous avons aujourd’hui de nouvelles divisions dans le monde chrétien non seulement dans le domaine théologique, mais aussi en ce qui concerne les questions morales. Ayant une position ferme, fondée sur la Sainte Écriture, l’Église orthodoxe russe déclare en conséquence l’inadmissibilité des innovations mentionnées dans la doctrine morale et est contrainte à réexaminer la forme de ses relations avec les Églises et communautés qui foulent aux pieds les principes de la morale chrétienne traditionnelle. C’est ainsi qu’en 2003, l’Église orthodoxe russe a interrompu ses contacts avec l’Église épiscopalienne aux États-Unis après que celle-ci ait élevé au rang d’évêque un homosexuel notoire. Des raisons analogues ont provoqué la rupture des relations avec l’Église de Suède en 2005, lorsque celle-ci a pris la décision de bénir les unions de même sexe. Ces dernières années, nous avons observé attentivement les discussions dans les Églises d’Écosse et de France. En 2013, le président du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, a adressé une lettre à la direction de l’Assemblée générale de l’Église d’Ecosse, exprimant son inquiétude et sa déception à l’occasion de la possibilité, permise par l’Assemblée, d’ordonner des homosexuels, et a exprimé l’espoir que la résolution ultérieure de cette question serait fondée sur la tradition apostolique. Malheureusement, ces espérances ont été vaines, et les paroles de mise en garde n’ont point été entendues. Nous guidant par les prescriptions de l’Assemblée épiscopale de 2008 [de l’Église orthodoxe russe] selon lesquelles « l’avenir des relations avec de nombreuses communautés protestantes dépend de leur fidélité aux normes de l’éthique évangélique et apostolique, préservée au cours de nombreux siècles par les chrétiens », ainsi que par celles de l’Assemblée épiscopale de 2014, qui a considéré « impossible le dialogue avec les confessions qui foulent ouvertement aux pieds les normes éthiques bibliques », le Département des relations ecclésiastiques extérieures ne voit pas de perspectives au maintien ultérieur de contacts officiels avec l’Église d’Écosse et l’Église protestante unie de France ».

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Les catholiques-romains ont cédé une église située dans le centre de Mexico au diocèse métropolitain d’Amérique centrale du Patriarcat œcuménique

Le 20 avril a eu lieu la cérémonie officielle de signature et de cession d’une des plus belles églises de Mexico au diocèse d’Amérique centrale du Patriarcat œcuménique. Il s’agit de l’église de la Conception de sainte Anne, située dans le centre de la ville, dans le quartier de Zócalo. La cession a été réalisée par les représentants de l’Église catholique-romaine au Mexique, suite aux efforts du métropolite Athénagoras, qui ont duré plusieurs années. « Nous sommes très fiers que la parole de la foi orthodoxe, après beaucoup de persévérance et de dévouement du métropolite du Mexique, prend chair et os. Nous vivons quotidiennement la parole du Christ ressuscité « Allez, faites de toutes les nations des disciples ». Dans le nouvel édifice que nous avons reçu de l’Église catholique-romaine, nous avons déjà commencé les transformations à l’intérieur conformément aux nécessités de la tradition orthodoxe. Ce sera un phare pour les orthodoxes de Mexico » a déclaré l’archimandrite Damien après la signature. Le gouvernement mexicain a réalisé la restauration de la partie extérieure de l’église. De nombreux habitants du quartier étaient présents à la cérémonie de transmission des clefs, lesquels ont exprimé leur joie particulière que l’église appartienne désormais au Patriarcat œcuménique.

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La traduction française de l’entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée publié par “La Civiltà Cattolica”

CBlsKuCVEAAhcW9Une exclusivité d’Orthodoxie.com. Nous vous proposons la traduction française de l’entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée réalisé par Antonio Spadaro S.I. et paru dans La Civiltà Cattolica le 4 avril (version italienne, version anglaise). Orthodoxie.com remercie vivement le père Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica, pour l’autorisation de publier la traduction française. Le père jésuite Antonio Spadaro (1) est également l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur la communication (un exemple en français, le blog dédié). Il est consultant au Conseil pontifical pour la culture ainsi qu’au Conseil pontifical pour les communications sociales. En 2013, il a réalisé la première longue (30 pages) interview du pape François publiée simultanément dans les revues culturelles jésuites de 16 pays d’Europe et d’Amérique (version française).

Pour lire la traduction française de l’entretien avec le patriarche Bartholomée, cliquez sur ce lien.

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

Selon le quotidien belgradois « Politika », « Le pape souhaite un accord avec le patriarche serbe au sujet de Stepinac »

Le quotidien belgradois « Politika » a publié un article au sujet de la canonisation du cardinal Stepinac (+1960), que nous présentons ci-après in extenso :

« Le chef de l’Église catholique-romaine a proposé à notre Église une discussion sur les questions controversées de la biographie du cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb à l’époque de « l’État indépendant de Croatie » [1941-1945]. Des réserves sont émises au sujet de la canonisation d’Aloïs Stepinac, non seulement à Belgrade, mais aussi dans les cercles catholiques. Selon des informations non officielles connues par « Politika » l’Église orthodoxe serbe a reçu récemment une réponse du Vatican à une lettre envoyée précédemment, dans laquelle les dignitaires de l’Église serbe avaient exposé leur position au sujet de la canonisation du cardinal Aloïs Stepinac. Des sources proches des cercles ecclésiastiques orthodoxes serbes affirment que le pape François aurait proposé une discussion et un exposé des arguments concernant les questions litigieuses de la biographie du cardinal Stepinac. De source non officielle, ladite rencontre, dont le but est l’exposé des positions des deux parties, ne serait pas organisée avant l’automne. On peut en tirer la conclusion que la canonisation de Stepinac n’aura pas lieu avant, tandis que certains médias avaient annoncé qu’elle aurait pu être accomplie en été. Officiellement, les hautes autorités de l’État et de l’Église catholique croates ont répété leur position et le souhait de voir canoniser le cardinal, qui était à la tête de l’Église catholique dans « l’État indépendant de Croatie ». Lors de la rencontre de la nouvelle présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović et de l’archevêque catholique de Zagreb Joseph Bozanić, qui a eu lieu au milieu du mois de mars, a été émis le souhait mutuel, comme cela est mentionné dans le communiqué de la chancellerie de la présidente, « que soit bientôt achevé le processus de canonisation du bienheureux Aloïs Stepinac » et que « le saint Père proclame saint le bienheureux Aloïs en Croatie ». La présidente croate devrait rendre visite au mois de mai au Vatican et inviter officiellement, à cette occasion, le pape à visiter la Croatie. Les médias ont spéculé sur le fait que la visite du pape en Croatie pourrait avoir lieu en été déjà, immédiatement après sa visite à Sarajevo, et qu’il pourrait précisément se rendre à Jasenovac [le camp d’extermination des Serbes et d’autres peuples que l’on a appelé « l’Auschwitz croate », ndt], afin « d’apaiser» l’Église serbe et de canoniser Stepinac. L’analyste religieux Živica Tucić dit être sceptique envers un tel scénario et rappelle que la visite à Sarajevo, de laquelle sont absents des « contentieux », est en cours de planification déjà depuis six mois. « La question de la visite du pape François à Jasenovac est bien plus complexe. Il ne peut se rendre à Jasenovac sans l’épiscopat croate, et il est connu qu’une partie de celui-ci relativise l’histoire et « flirte » avec les idéologies du passé. En même temps, il se pose la sérieuse question de savoir qui représentera les Serbes à Jasenovac à l’occasion de cette visite papale éventuelle. Je pense que le pape est prêt à visiter Jasenovac, si cela constitue une condition de l’Église serbe ou de la partie serbe à la venue du pape à Belgrade. Mais je crains que, du côté serbe, certains disent que cela n’est pas suffisant, de même que du côté d’une partie l’épiscopat croate, celle-ci considère cette visite papale comme n’étant pas à son goût », pense Tucić. Ce dernier affirme que les réserves envers la canonisation d’Aloïs Stepinac ne viennent pas seulement de Belgrade, mais également de cercles catholiques. Cette réserve est même exprimée dans les cercles proches de l’archevêché catholique-romain de Belgrade, lesquels mentionnent à « Politika » que l’on pense malgré tout ajourner la cérémonie de canonisation de Stepinac, non pas seulement pour des raisons religieuses, mais aussi politiques dans le cadre des relations entre Belgrade et Zagreb. Toutefois, il n’y a pas de confirmation que l’archevêché catholique-romain de Belgrade aurait fait quelque chose dans ce sens. « La sensibilité envers les événements qui se sont produits au XXème siècle s’est accentuée en ce moment. J’ai eu l’occasion d’entendre l’opinion d’un théologien allemand qui a dit que Stepinac était un archevêque médiocre qui n’a pas réagi au mieux en des temps difficiles, mais qu’il n’était ni un diable, ni un ange. Il convient de souligner que l’acte même de canonisation ne doit pas être proclamé par le pape, lequel doit seulement signer le décret y relatif », dit Tucić. L’historien Đurić-Mišin, directeur par intérim du Musée des victimes du génocide, dit que l’Église orthodoxe et l’historiographie serbe ont une idée claire de Stepinac et suffisamment d’archives à ce sujet. « L’Église catholique-romaine en Croatie était un pilier de « l’État indépendant » à tous les égards. Nous savons de manière établie, sur la base du journal tenu par Aloïs Stepinac qu’il n’est jamais intervenu auprès d’Ante Pavelić [le chef de “l’État Indépendant de Croatie”, ndt] en faveur de l’Église serbe ou du peuple serbe. On sait qu’il est intervenu dans quelques cas particuliers pour sauver des vies, mais il s’agissait de cas individuels. Après sa visite chez Pavelić le 6 avril 1941, Stepinac a envoyé un décret à ses prêtres les enjoignant à accepter et à respecter le nouvel État. Il n’a jamais protesté contre les crimes accomplis contre les Serbes, les Juifs et les Tziganes, tandis qu’il en était parfaitement au courant, du fait que chaque unité militaire disposait dans ses rangs d’un prêtre. Il y a suffisamment d’archives à ce sujet. Ce sont des faits que l’Église serbe prend en considération et d’après lesquels ils se guident dans cette question», ajoute Đurić-Mišin. Celui-ci ajoute que l’Église orthodoxe serbe dispose de vastes archives de cette période, mais qu’elles ne sont pas accessibles, pour le moment, au public. « Pour autant que la partie croate soit en possession d’un document prouvant que Stepinac a condamné la violence et les crimes de l’État Indépendant de Croatie sur les civils serbes innocents, qu’elle nous le montre, mais je n’en ai jamais eu connaissance. Dans tous les cas, je pense qu’il serait bon pour les historiens de Serbie et de Croatie d’organiser des congrès spécialisés, des tables rondes, toutes sortes de discussions spécialisées sur ce thème. Malheureusement, il n’y a jamais eu de tels congrès jusqu’à maintenant », dit Đurić-Mišin. Dans la biographie d’Aloïs Stepinac sur le site de l’archevêché catholique-romain de Zagreb, il est dit, que pendant la seconde guerre mondiale « il a condamné publiquement les persécutions raciales, idéologiques et politiques », qu’il « a courageusement exigé le respect de chaque personne », et qu’il avait en outre sauvé des Juifs, Serbes, Tziganes, Slovènes, Polonais, Croates communistes, persécutés ». À l’appui de cette thèse, il est cité une partie de son discours, prononcé en la cathédrale de Zagreb le 25 octobre 1942 : « Chaque peuple et chaque race, vivant sur ce globe, a droit à une vie digne de l’homme. Tous, sans distinction aucune, qu’ils soient de race tzigane, ou toute autre, noirs ou Européens civilisés, ou Juifs détestés, ou fiers Aryens, ont le même droit de dire: “Notre Père, qui es aux cieux…” Dans l’énumération des peuples et races concrets, Stepinac a mentionné les Tziganes, les Noirs et les « Juifs détestés », mais, que cela soit un hasard ou voulu, il a oublié de mentionner que les Serbes -les plus menacés et les plus défavorisés dans « l’État Indépendant de Croatie » – à la population de laquelle il s’adressait, avaient le droit de dire « Notre Père ».

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Message du Conseil d’Eglises chrétiennes en France après l’assassinat de vingt-et-un coptes en Libye

topicA la suite de l’assassinat de vingt-et-un chrétiens coptes en Libye, le Conseil d’Églises chrétiennes en France a publié un message en soulignant notamment que “La multiplication d’actes d’une extrême violence à dimension religieuse ne doit pas ébranler la concorde que nous tenons à construire, en France comme à l’étranger.”

Source de l’illustration: Aleteia . En complément: les étonnantes conséquences en Égypte de cet assassinat collectif.

Le patriarche de Moscou Cyrille a envoyé une lettre au patriarche de Constantinople Bartholomée au sujet de la rencontre de celui-ci avec le pape François.

Dans un article intitulé « Les moines du Mont Athos sont inquiets des contacts du Patriarche Bartholomée et du Vatican », publié le 6 février par l’agence de presse Ria Novosti, qui se réfère à la lettre de la Sainte Communauté au patriarche de Constantinople publiée ici, il est fait mention d’une réaction du patriarche de Moscou Cyrille au sujet de la rencontre du pape François et du patriarche Bartholomée à Constantinople :

« Le vice-président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov, commentant, à la demande de l’agence de presse Ria Novosti la réaction [de la Sainte Communauté du Mont Athos, ndt] qui a suivi la rencontre du patriarche Bartholomée et du pape François à Istanbul, a déclaré que le primat de l’Église russe, en réponse à l’information reçue par lui de Constantinople sur la rencontre mentionnée, a également, de son côté, envoyé une lettre au patriarche Bartholomée. « Dans la lettre <…>, il est dit que, dans les conditions du monde contemporain, lorsque les normes fondamentales de l’éthique chrétienne sont de plus en plus refoulées de la vie publique des pays occidentaux, le développement des relations avec les chrétiens hétérodoxes qui restent fidèles aux valeurs évangéliques fondamentales peut apporter de bons fruits si ledit développement « est accompagné du souci de préserver la pureté de l’enseignement orthodoxe et de l’observation sans défaillance de la tradition canonique de l’Église orthodoxe » a dit le père Nicolas Balachov. L’archiprêtre a ajouté que « le patriarche Cyrille a estimé positivement le message sur la défense des chrétiens du Moyen Orient, contenu dans la déclaration commune du pape de Rome et du patriarche de Constantinople, ainsi que l’appel lancé à toutes les parties à la guerre civile en Ukraine à passer de la confrontation au dialogue et au règlement pacifique du conflit ».

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Interview du métropolite de Pergame Jean (Patriarcat de Constantinople) au site « Vatican insider » au sujet du dialogue avec l’Église catholique-romaine

« L’Église catholique « n’a l’intention d’imposer aucune condition [à l’Église orthodoxe], à l’exception de celle de la profession de foi partagée ». Ce sont les paroles fortes prononcées par le pape au Phanar, Votre Éminence.

– Venant d’un pape, ces paroles sont réellement très fortes et représentent un grand pas en avant, que les orthodoxes apprécieront. Car pendant de nombreux siècles, les orthodoxes croyaient que le pape voulait les soumettre. Et maintenant, nous voyons que ce n’est plus vrai d’aucune façon. L’accent placé sur la profession et le partage d’une même fois est également important. Professer la même foi est la base unique de notre unité. La question est de reconnaître ce qu’est cette même foi ; nous avons besoin de professer cette foi afin que nous soyons en pleine communion.

Quel critère devrait être suivi ?

Pour nous, membres de l’Église orthodoxe, la foi commune qui rend la pleine communion possible est celle professée par les sept Conciles œcuméniques du premier millénaire. Nous avons besoin de clarifier si, 

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Reprise du dialogue entre les chrétiens orthodoxes et les chrétiens orientaux de rite ancien

Reluarea dialogului între creştinii ortodocşi şi creştinii vechi-orientali 23-26 noiembrie 2014Il s’est tenu, du 23 au 26 novembre, à Athènes, une réunion mixte entre les délégués de l’Église orthodoxe et ceux des Églises orientales de rite ancien, en vue de la reprise du dialogue entre les deux traditions chrétiennes qui ont coexisté dans le Moyen Orient pendant mille cinq cents ans, nous informe le quotidien Lumina. La délégation orthodoxe a été présidée par le métropolite Emmanuel de France qui représentait le Patriarcat œcuménique de Constantinople, tandis que la délégation des chrétiens orientaux de rite ancien a été présidée par le métropolite Bishoy de Damietta de l’Église copte. L’Église orthodoxe roumaine a été représentée par le métropolite Joseph de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale.

Le dialogue entre les deux parties a commencé en 1985 et a été interrompu en 1993, à cause de certaines incompréhensions relatives à la terminologie élaborée précédemment par la commission. Le désir de reprendre le dialogue a néanmoins persisté, étant exprimé par les deux parties à l’occasion de certaines rencontres œcuméniques, auxquelles ont pris part des délégations orthodoxes et des délégations de chrétiens orientaux de rite ancien. La rencontre d’Athènes a envisagé la revivification du dialogue à une époque où les problèmes politiques, idéologiques, économiques et religieux ont de plus en plus d’incidence sur la coexistence pacifique des gens et des peuples en Moyen Orient.

Source (dont photographie): Métropole roumaine

Discours du patriarche œcuménique Bartholomée adressé au pape François lors de la divine liturgie célébrée à l’occasion de la fête de l’apôtre André en l’église patriarcale (30 novembre)

Nous vous invitons à lire le discours du patriarche Bartholomée prononcé mors de la divine liturgie célébrée au Phanar, en l’église patriarcale Saint-George, le dimanche 30 novembre, pour la fête de saint André, saint patron du Patriarcat œcuménique, en présence du pape François.

“Votre Sainteté François, bien-aimé frère en Christ, évêque de l’ancienne Rome,

Nous rendons gloire et louange à notre Dieu en la Trinité qui nous a gratifiés de la joie ineffable et de l’honneur particulier de la présence en personne, cette année, de Votre Sainteté, à la célébration de la mémoire de l’apôtre André, le Premier appelé qui, par sa prédication, a fondé notre Église. Nous remercions du fond du cœur Votre Sainteté de ce précieux don que constitue Votre présence bénie parmi nous à la tête d’une honorable délégation. Avec amour profond et grand respect nous Vous embrassons en Vous adressant le salut cordial de paix et de charité : « grâce et paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ ! » (Rm1, 7). « Car l’amour du Christ nous étreint » (IICo 5, 14).

Nous gardons encore dans notre cœur le souvenir vivace de notre rencontre avec Votre Sainteté en Terre sainte pour effectuer un pèlerinage commun au lieu où est né, a vécu, a enseigné, a souffert et est ressuscité le chef de notre foi. Nous gardons aussi le souvenir reconnaissant de l’événement historique que fut la rencontre au même endroit de nos illustres prédécesseurs, le pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras. Leur rencontre d’alors dans la ville sainte, il y a cinquante ans, a changé le cours de l’histoire. Les marches parallèles, parfois conflictuelles de nos Églises se sont jointes dans la vision commune de retrouver notre unité perdue. L’amour qui s’était refroidi a été ranimé. Notre volonté a été forgée de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que notre communion se réalise à nouveau dans la même foi et le même calice. Depuis, le chemin vers Emmaüs s’est ouvert, peut-être long et parfois ardu, mais néanmoins sans retour, le Seigneur faisant route ensemble avec nous, jusqu’à ce qu’Il se révèle à nous « à la fraction du pain » (cf. Lc 24, 35).

Depuis, tous les successeurs de ces chefs inspirés suivent le même chemin, ayant établi, béni et soutenu le dialogue de charité et de vérité entre nos Églises en vue de lever les obstacles qui, durant un millénaire, s’étaient dressés dans nos relations ; dialogue entre frères et non, comme autrefois, entre adversaires, dispensant avec droiture et franchise la parole de la vérité, tout en nous respectant mutuellement en tant que frères.

Dans cette ambiance de marche commune dans laquelle nos dits prédécesseurs se sont engagés, nous Vous recevons, très saint Frère, comme porteur de la charité de l’apôtre Pierre à son frère l’apôtre André le Premier appelé dont nous fêtons aujourd’hui solennellement la mémoire. Selon une coutume sacrée, établie et suivie déjà depuis des décennies par les Églises de l’ancienne et de la nouvelle Rome, leurs délégations officielles échangent des visites lors de leurs fêtes patronales pour déclarer de la sorte la fraternité des deux apôtres coryphées qui ont connu ensemble Jésus et cru en Lui comme Dieu et sauveur. Ils ont transmis cette foi partagée aux Églises qu’ils ont fondées par leur prédication et sanctifiées par leur martyre. Cette foi, les Pères communs de nos Églises, réunis de l’Orient et de l’Occident dans des conciles œcuméniques, l’ont vécue et dogmatisée, la léguant à nos Églises comme fondement inébranlable de notre unité. Cette foi, que nous avons préservée en tant que foi commune en Orient et en Occident durant un millénaire, nous sommes à nouveau appelés à la poser comme base de notre unité, pour que « vivant en plein accord (…) d’un même cœur » (cf. Ph 2, 2), nous allions de l’avant avec Paul « oubliant le chemin parcouru et tout tendus en avant » (cf. Ph 3, 14).

Car, de fait, très saint frère, notre devoir ne s’épuise pas dans le passé, mais s’étend principalement, surtout de nos jours, à l’avenir. Car, à quoi sert de rester fidèles au passé, si cela ne signifie rien pour l’avenir ? À quoi sert de s’enorgueillir de ce que nous avons reçu, si cela ne se traduit en termes de vie pour l’être humain, et pour le monde d’aujourd’hui et de demain ? « Jésus Christ est le même, hier, et aujourd’hui ; il le sera pour l’éternité » (He13, 8). Et Son Église est appelée à avoir les yeux fixés plutôt sur le présent et l’avenir que sur le passé. L’Église existe pour le monde et pour l’être humain, et non pas pour elle-même.

Le regard tourné au présent, nous ne pouvons éviter d’être anxieux pour l’avenir : « Combats au dehors, craintes au dedans » (2 Co 7, 5). Ce constat de l’apôtre sur son époque vaut entièrement aujourd’hui pour nous aussi. Car, le monde vit la crainte pour sa survie, l’angoisse du lendemain. Comment l’humanité survivra-t-elle demain, alors qu’elle est aujourd’hui déchirée par de multiples divisions, conflits et hostilités, souvent même perpétrés au nom de Dieu ? Comment la richesse de la terre sera-t-elle répartie plus équitablement pour que l’humanité ne vive demain la servitude la plus odieuse qu’elle n’ait jamais connue ? Quelle planète trouveront les générations futures pour y habiter, alors que, dans son avidité, l’homme moderne la détruit de façon impitoyable et irréversible ?

D’aucuns placent aujourd’hui leur espoir dans la science ; d’autres dans la politique ; d’autres encore dans la technologie. Mais aucune d’elles ne peut garantir l’avenir, si l’homme ne fait sien le kérygme de la réconciliation, de l’amour, de la justice, de l’acceptation d’autrui, de ce qui est différent, voire de l’ennemi. L’Église du Christ, le premier à avoir enseigné et vécu cette prédication, doit en premier la pratiquer elle-même « afin que le monde croie » (Jn 17, 21). Voilà pourquoi, la marche vers l’unité de ceux qui invoquent le nom du grand pacificateur est plus impérieuse que jamais. Voilà pourquoi notre responsabilité de chrétiens est suprême vis-à-vis de Dieu, de l’être humain et de l’histoire.

Sainteté,

Votre parcours relativement court à la tête de votre Église a déjà fait de vous dans la conscience de nos contemporains un héraut de la charité, de la paix et de la réconciliation. Vous prêchez par vos paroles, mais avant tout et surtout par la simplicité, l’humilité et l’amour envers tous, charismes moyennant lesquels vous exercez votre haut ministère. Vous inspirez de la confiance aux méfiants, de l’espoir aux désespérés, des expectatives à ceux qui attendent une Église affectueuse envers tous. En outre, vous donnez l’espoir à vos frères orthodoxes qu’au cours de votre pontificat le rapprochement de nos deux Églises anciennes se poursuivra, construit sur les bases solides de notre tradition commune qui depuis toujours respecte et reconnaît dans la structure de l’Église le primat de charité, d’honneur et de service dans le contexte de l’institution conciliaire, de sorte que le Dieu en la Trinité soit confessé « d’un même cœur et d’une seule voix » (Rm 15, 6) et que Son amour soit diffusé dans le monde.

Sainteté,

L’Église de la ville de Constantin qui vous reçoit aujourd’hui avec grand amour et honneur, mais aussi avec profonde gratitude, est chargée d’un lourd héritage, mais aussi d’une responsabilité pour le présent et l’avenir. La providence divine, par la discipline établie par les conciles œcuméniques, a confié à cette Église la fonction de coordonner et exprimer le consensus des très saintes Églises orthodoxes locales. Dans le contexte de cette responsabilité, nous travaillons avec circonspection pour préparer le saint et grand concile de l’Église orthodoxe, que nous avons décidé de réunir ici, si Dieu le veut, en 2016. Les commissions compétentes travaillent déjà assidûment afin d’organiser ce grand événement dans l’histoire de l’Église orthodoxe pour la réussite duquel nous demandons aussi Vos prières. Malheureusement, la communion eucharistique rompue entre nos Églises, il y a mille ans, ne permet pas encore de réunir ensemble un grand concile œcuménique. Prions pour qu’une fois leur pleine communion rétablie, ce grand jour glorieux ne tarde pas à se lever. Jusqu’à ce que ce jour béni vienne, la participation de chacune de nos Églises à la vie conciliaire de l’autre s’exprimera par l’envoi d’observateurs, comme c’est déjà le cas, grâce à votre aimable invitation, aux synodes de votre Église et, comme, nous l’espérons, ce sera aussi le cas au moment de réaliser notre saint et grand concile.

Sainteté,

Les problèmes que la conjoncture historique dresse aujourd’hui devant nos Églises nous prescrivent de surmonter l’introversion et y faire face en collaborant le plus étroitement possible. Nous n’avons plus le luxe d’agir séparément. Les persécuteurs contemporains des chrétiens ne demandent pas à quelle Église appartiennent leurs victimes. L’unité qui occupe tant nos réflexions est en train de se réaliser dans certaines régions, malheureusement, par le martyre. Tendons ensemble la main à l’être humain de notre temps, la main de Celui qui seul peut le sauver par Sa croix et Sa résurrection.

Par ces réflexions et ces sentiments, nous exprimons encore une fois notre joie pour la présence parmi nous de Votre Sainteté, La remerciant et priant le Seigneur pour que, par l’intercession de celui que nous fêtons aujourd’hui, l’apôtre Premier appelé et frère du premier coryphée Pierre, protège Son Église et la mène à l’accomplissement de Sa sainte volonté.

Soyez le bienvenu parmi nous, frère bien-aimé !”

Source et photographie

Le texte de la déclaration commune du patriarche Bartholomée et du pape François signée aujourd’hui

Papas kai Patr ypografoun dilosi2Une traduction française du texte de la déclaration commune du patriarche Bartholomée et du pape François signée aujourd’hui au Phanar est en ligne ici.

Également aujourd’hui au Phanar, en l’église patriarcale Saint-Georges, en français: le discours du patriarche Bartholomée, celui du pape François.

Photographies: Fanarion

Les rencontres du pape François et du patriarche Bartholomée à Istanbul

Papas - PatrC’est aujourd’hui, dans l’après-midi, qu’aura lieu la deuxième des rencontres du pape François et du patriarche Bartholomée à Istanbul après l’accueil à l’aéroport (vidéo ci-dessous). Les rencontres seront retransmises en direct sur KTO et pourront être revues en ligne. Le programme du direct est ici. Ces rencontres ont suscité de nombreux articles et entretiens dans la presse. Parmi ceux-ci: “Le voyage du pape en Turquie peut-il resserrer les liens entre catholiques et orthodoxes ?” dans l’hebdomadaire La Vie avec Carol Saba, “Le Pape veut envoyer un signal au monde orthodoxe“, un entretien avec Jean-François Colosimo sur Radio-Vatican, “Rome-Constantinople, les clés de l’histoire“, un entretien avec Marie-Hélène Congourdeau dans l’hebdomadaire Famille chrétienne.

Source de la photographie : Fanarion

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Jovan Nikoloski