29/06/2017
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Assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce au sujet du Concile panorthodoxe

L’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce a commencé ses travaux le 24 mai, sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. Avant l’assemblée a été célébrée la liturgie en l’église du monastère des Saints-archanges de Petraki, à Athènes, par le métropolite de Karpenission Georges. Ensuite a été célébré l’office pour le début des travaux de la hiérarchie, puis a été dressée la liste des hiérarques présents, les absents – excusés – étant les métropolites Anthime de Thessalonique, Hiérothée de Lemnos et Saint-Eustrate, et Jacques de Mytilène, Éressos et Plomarion. La Commission de la Presse a été constituée des métropolites Hiérothée de Naupacte et Chrysostome de Saint-Blaise et de Patras. L’archevêque d’Athènes Jérôme a ensuite remercié les hiérarques pour leur venue à l’assemblée. Au sujet du saint et grand Concile de l’Église, qui est convoqué du 17 au 26 juin de cette année en Crète, l’archevêque a mentionné que « nous sommes appelés à servir un grand événement ecclésial historique, qui présuppose et exige l’illumination du Saint-Esprit, notre voix désintéressée et notre témoignage sacrificiel ». Appelant les hiérarques à prier fortement de telle façon que leur message unisse, éclaire et renforce le peuple fidèle qui attend aujourd’hui les conclusions et les décisions de l’assemblée, le primat a déclaré que durant ces deux jours de l’Assemblée, les hiérarques auraient la possibilité de discuter de façon exhaustive tous les paramètres du saint et grand synode. Poursuivant son allocution, l’archevêque a souligné à ce sujet : « J’aimerais vous demander que nous nous mouvions dans un esprit d’amour en Christ et de respect pour chaque opinion différente, la position dominante étant celle de la majorité. Nous avons le devoir d’aboutir à des propositions concrètes, prises le cas échéant à la majorité, afin de faciliter la tenue du secrétariat préparatoire panorthodoxe, mais aussi pour clarifier toute ombre, doute et perplexité ». Et de conclure ainsi son allocution : « Le Concile de Crète est un événement ecclésial historique et en même temps décisif. Le monde entier attend de nous le témoignage de notre unité. Le calice commun, le corps et le sang de notre Seigneur, sera toujours ce que nous unit ou qui nous sépare. Il n’y a pas de place pour des négociations en ce qui concerne les questions dogmatiques. Notre Église est une, sainte, catholique et apostolique et la nécessité est impérative quant à son témoignage missionnaire, son positionnement contemporain relativement aux problèmes de notre époque ainsi que la poursuite de son œuvre sanctifiante pour notre salut à tous. Il n’y a pas de place pour les aspirations personnelles et les revendications égoïstes anti-ecclésiales. Les défis des temps nous veulent unis. Les schismes et les factions sont l’œuvre du malin qui veut nous éloigner du calice commun. Laissons la grâce de Dieu couvrir nos propres lacunes, qui sont nombreuses. Que soient grandes et puissantes notre prière, notre foi, notre confiance dans l’illumination du Saint Esprit, Lui qui guide, malgré nos péchés, l’œuvre de l’Église du Christ depuis deux millénaires. Les époques que nous vivons se prêtent plus que jamais aux égoïsmes et aux ambitions. Ne le permettons pas et que notre prière principale soit la parole de l’archange : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte ! » Ensuite, conformément à l’ordre du jour, le métropolite d’Élis Germain a lu son rapport sur « les remarques de leurs Éminences les métropolites concernant les textes du saint et grand Concile ». Le métropolite Germain a préalablement fait une présentation détaillée de la préparation du saint et grand Concile et des actions spécifiques du Saint-Synode permanent de l’Église de Grèce pour mettre en œuvre les décisions nécessaires à la préparation de la participation de l’Église de Grèce aux travaux du saint et grand Concile. Il a ensuite abordé les sujets de la présente réunion de la hiérarchie, lesquels sont constitués par les propositions du Saint-Synode permanent présentées au vote, ainsi que le mode de scrutin. Après la pause a eu lieu une discussion approfondie sur ledit rapport. Les travaux de la hiérarchie se poursuivront jusqu’au 25 mai.

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Inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov à Paris: le discours de Philippe Goujon, député et maire du 15e arrondissement

P1160060Lors de l’inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov à Paris, le 31 mars dernier, le député et maire du 15e arrondissement, Philippe Goujon, a prononcé un discours (photographie ci-contre). Pour le lire, cliquez sur ce lien.

L’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne (Église orthodoxe russe hors-frontières): « Les gens ne jeûnent pas, parce qu’ils ne connaissent pas le sens du carême »

Le site internet pravoslavie.ru a publié une interview vidéo de l’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne au sujet du Grand Carême, que nous publions ci-dessous avec l’introduction rédigée par ce site.

Pour beaucoup de gens, le Grand Carême est un temps, disons-le ouvertement, difficile et triste. D’année en année, les statistiques montrent un triste résultat : [En Russie] seuls 3 à 5% de ceux qui se considèrent orthodoxes, observent le carême et encore pas toujours de façon stricte. Pourquoi les gens ne voient-ils pas la joie du jeûne ? En quoi consiste-t-elle ? Comment ceux qui n’ont jamais jeûné peuvent-ils se risquer à jeûner ? Nous discutons de cela avec Mgr Marc (Arndt), archevêque de Berlin et d’Allemagne de l’Église orthodoxe russe hors-frontières.

– Bonjour, chers lecteurs et visiteurs du portail internet « Pravoslavie.Ru ». Notre invité est aujourd’hui Mgr Marc, archevêque de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Monseigneur, notre émission sera diffusée pendant le Grand Carême. C’est pourquoi le thème de notre rencontre, aujourd’hui, est le Grand Carême. Le Carême est un temps empli d’une solennité particulière, d’un contenu et d’un sens spécifiques. C’est la tempérance et la limitation de sa propre personne. Mais chez beaucoup de personnes aujourd’hui, la tempérance est associée à quelque chose de négatif, triste, qui provoque l’abattement. Monseigneur, comment passer le Carême de telle façon qu’il soit reçu non comme un temps de tristesse, mais de joie ?

– D’abord, je corrigerai quelque peu vos paroles : il ne faut pas qualifier de jeûne de limitation. Au contraire, c’est une libération. La libération de ce poids inutile, d’une charge inutile, que porte chacun. La libération de la lourdeur corporelle, bien sûr, mais aussi spirituelle – nous nous libérons de la charge de nos péchés. Le jeûne est la période la plus propice pour notre salut, c’est le temps durant lequel nous consacrons une attention particulière au côté spirituel de notre vie. Et lorsque nous nous libérons de la charge corporelle, l’esprit de l’homme se libère pour l’activité spirituelle, précisément. Malheureusement, chaque laïc ne peut pas assister à tous les offices du Grand Carême, mais ceux auxquels il peut assister, en écoutant les paroles de l’office, et ce attentivement, en les vivant, l’enrichissent d’une façon incroyable. Même si tout n’est pas compréhensible à certaines personnes, comme elles en ont l’impression. Ce qu’elles ont reçu est de toute façon significatif spirituellement, à un degré énorme. Les saints Pères nous ont laissé une immense richesse, ces magnifiques offices du Grand Carême. Les offices du Grand Carême sont « saturés » de sens théologique ! Ils nous amènent à la mort – la mort de la Croix – qu’a endurée notre Sauveur pour nous et à deux genres de mort, si l’on peut s’exprimer ainsi, dont nous faisons nous-mêmes l’expérience. Premièrement, nous avons la possibilité de nous purifier des accumulations pécheresses de notre conscience, afin qu’à tout moment nous soyons prêts à nous remettre entre les mains de Dieu, dans un autre monde. Mais la mort que nous souhaitons à nos péchés, c’est la mort de l’homme à tout ce qui vient du péché ainsi que la communion à tout ce qui est lumineux, divin, céleste. Si l’on reçoit ainsi ce temps du Carême, c’est alors le temps d’une grande joie, une joie que nous pouvons vivre consciemment quotidiennement. Vivre le début d’un jour nouveau, d’un temps nouveau pour la pénitence, qui nous est donné. Mais aussi expérimenter l’avant-goût de la résurrection générale. Ce n’est pas un hasard si celle-ci est fêtée avant la Résurrection du Christ. Bien qu’elle soit conditionnée précisément par la Résurrection du Sauveur et qu’il y ait ici un lien de causalité, nous vivons cela une semaine avant la Résurrection du Christ, c’est la résurrection de Lazare qui nous rappelle notre résurrection commune. Ainsi, si nous pénétrons correctement le contenu des offices de Carême et le sens de celui-ci, il sera pour nous une immense joie et une libération.

– Monseigneur, les sondages qui sont effectués en Russie et dans le monde entier, montrent qu’il n’y a pas tant de gens qui jeûnent. En Russie, à l’instar des années précédentes, environ 3% des Russes se considérant orthodoxes jeûneront plus ou moins strictement. La vertu de la tempérance ne jouit pas d’une popularité particulière. Pourquoi en est-il ainsi, Monseigneur ?

– Cela vient avant tout de l’ignorance du Carême. Et de l’incompréhension de son sens et de sa forme. Son sens reste effectivement caché pour les gens qui ne fréquentent pas les offices du Grand Carême, n’entrent pas dans leur essence, dans leur contenu. Et alors, tout le carême, dans le meilleur des cas, se transforme en une sorte de gymnastique. Nous avons évoqué le côté spirituel du jeûne. Mais si l’on parle du côté corporel, les gens ne jeûnent pas parce qu’ils ne comprennent pas que dans le jeûne ils se libèrent de leur charge corporelle, de ce qu’il leur est absolument inutile, et ils apprennent à dominer la matière. Rappelons-nous : lors de la création du monde, Dieu a donné à l’homme d’être le maître, c’est-à-dire de dominer, de maîtriser sa nature. Et nous voyons que beaucoup, de très nombreuses personnes, à notre époque, deviennent les esclaves de la matière, esclaves, avant tout, de leurs passions. Ce sont ceux qui soi-disant ne peuvent se libérer du tabac afin de ne pas manger beaucoup etc.. etc.. Il y a beaucoup de moments dans notre vie lorsqu’il nous semble que nous ne pouvons pas surmonter une chose ou l’autre… D’après les confessions, je sais que beaucoup luttent contre une quelconque passion, mais il leur semble qu’il est impossible de la vaincre. En fait l’homme, lorsqu’il entre dans l’essence du carême, lorsqu’il le pratique, devient joyeux à ce point, qu’il ne peut pas vivre sans le pratiquer. Ce sont des préjugés que de considérer que les gens ne peuvent vivre sans nourriture, sans aucune nourriture. Lorsque j’étais sur le Mont Athos, mon guide spirituel, chaque Grand Carême, jeûnait 40 jours, et il vécut jusqu’à une profonde vieillesse. Qui plus est, il jeûnait strictement : il ne mangeait rien. Il buvait seulement un thé très clair et c’était tout. Et je connais d’autres personnes qui pratiquent cela également. Mais, peut-être, non pas quarante jours, mais tout de même un temps assez long. Je me rappelle qu’une paroissienne, que j’avais persuadé de jeûner, m’a remercié à la fin du carême en me disant : « Je suis si contente, si satisfaite ! » C’est ainsi que l’homme, lorsqu’il comprend ce qu’il fait et pourquoi, peut beaucoup. Il en est de même avec la prière. Lorsque l’homme ne prie pas ou prie cinq minutes, il ne peut pas apprécier la force de la prière, il ne peut pas apprécier la joie qui provient d’elle. C’est pourquoi, il végétera ainsi, peut-être toute sa vie, s’il n’a pas une impulsion qui l’amène, ne serait-ce qu’une fois à essayer de prier vraiment. Il y a là beaucoup d’aspects qui nécessitent avant tout un cœur ouvert. Je vous raconterai un cas, qui m’a beaucoup impressionné. Dans notre paroisse, il y avait quelques familles grecques qui fréquentaient notre église uniquement parce que nous vivons selon l’ancien calendrier et non le nouveau, celui des catholiques-romains. Elles ne comprenaient rien, si ce n’est « alleluia » et « is polla eti, despota », mais elles venaient chez nous parce qu’elles savaient que chez nous tout était juste. Et voici que le vendredi de la première semaine du carême, la femme grecque, qui travaillait, comme je le savais, dans une usine, et ce à un poste physiquement très éprouvant, me dit (ce n’était pas une confession, mais une simple conversation) : « Monseigneur, j’ai bu de l’eau le mercredi ». J’ai pensé que je n’avais pas compris quelque chose, je ne maîtrise pas tant que cela le grec – et j’ai redemandé : « Qu’avez-vous dit ? » Elle répète : « J’ai bu de l’eau le mercredi ». Perplexe, je demande : « Vous voulez dire que vous n’avez rien mangé toute la semaine, mais aussi que vous n’avez rien bu ? » « Bien sûr ! » C’est la réponse « Bien sûr ! », d’une personne qui fait un travail difficile. J’ai alors compris que l’homme peut faire beaucoup, si seulement il le souhaite. Nous avons introduit, il y a vingt ans, la liturgie des présanctifiés le soir, une fois par semaine, mais notre synode avait décidé que ceux qui veulent communier doivent jeûner depuis minuit jusqu’au soir. Je l’ai annoncé à tous et je m’attendais à ce que personne ne vienne. Les gens sont venus ! Les gens qui, comme je le sais, travaillent dans un bureau, où tous fument, etc. Ils s’abstiennent de nourriture toute la journée, viennent se confesser le soir, communient. Quelle joie ! Et cela n’est donné que par l’expérience. Vous comprenez ? Bien sûr, celui qui n’en a pas fait l’expérience, ne peut le comprendre. Il faut nous décider à « franchir le fleuve ». Comme sainte Marie l’Égyptienne. Aussi, je pense que le malheur veut précisément que beaucoup ne sont pas prêts à faire le pas. Franchir le fleuve. Comme sainte Marie l’Égyptienne a franchi le Jourdain et, alors qu’elle était une prostituée, elle est devenue ensuite une sainte. C’est ainsi ce que beaucoup doivent faire parmi nous.

– Mais y a-t-il, peut-être, des exercices ascétiques qui permettent à l’homme, au fur et à mesure, de surmonter en lui cet état indécis et de développer son empressement à « franchir le fleuve » ?

– Avant tout, c’est la prière. Lorsque l’homme prie avec application, il est alors prêt à l’exploit dans le jeûne corporel. Lorsqu’il verra à quel point l’intellect et l’esprit deviennent réellement libres, il l’appréciera. Je me rappelle de ces malheureux qui ne peuvent cesser de fumer. Je leur ai dit : « Essayez, ne serait-ce qu’une fois, les jours de jeûne, le lundi, le mercredi et le vendredi, de vous abstenir de fumer. C’est le commencement ». Et nombreux sont ceux qui ont pu surmonter cette passion. Il en est de même avec la nourriture. Dans notre monastère, beaucoup de moines appliquent cette règle : les jours de jeûne, ils ne prennent aucune nourriture, si ce n’est que le soir, lorsqu’ils prennent une petite collation, et ainsi, tout le jour, ils ne mangent rien. Et bien sûr, cela permet à l’homme d’estimer ses forces, voir ce qui est possible pour lui et ce qui ne l’est pas.

– Monseigneur, vous avez dit que celui qui jeûne correctement ressent de la joie. Il y a encore ces mots, dans le stichère chanté les jours du Grand Carême : « Jeûnons d’un jeûne agréable… » Et nous le souhaitons les uns aux autres pendant le Carême. S’il vous plaît, rappelez à nous tous ce que signifient ces mots : « Jeuner d’un jeûne agréable ».

– Je n’ai pas particulièrement réfléchi à ce sujet, mais je suppose, avant tout, que cela signifie la chose suivante : abstenons-nous de « manger » notre prochain. Dans l’un des stichères avant le début du Carême, il est même dit que c’est peut-être la vertu la plus difficile que l’homme peut atteindre. « Jeûner d’un jeûne agréable » signifie aussi que nous puiserons pendant le carême la force pour notre développement spirituel. Afin de ne pas rester sur place, mais que chaque carême soit une marche de l’échelle qui mène au Christ et à notre résurrection avec Lui.

– Il y a ces mots dans la prière de saint Éphrem le Syrien : « Ne me donne l’esprit d’oisiveté, d’abattement et de vaines paroles ». Pourquoi est-il question précisément de la délivrance de tels péchés dans la prière ? Nous savons bien que ce n’est pas – loin de là – l’énumération complète des vices…

– Je pense que tous les autres péchés, d’une manière ou d’une autre, sont liés à ceux qui sont énumérés ici. Si nous examinons séparément pour ainsi dire, chaque « point » mentionné dans cette prière, nous nous apercevons qu’il attire après lui toute une série d’autres péchés. L’oisiveté amène l’homme très rapidement au refus de la lutte avec le péché, l’amène très vite à la condamnation du prochain… – l’un après l’autre. Ce sont, peut-être, les centres de tout ce que nous devons avoir en vue, lorsque nous entrons en lutte avec nos péchés.

– Monseigneur, en conclusion de notre entretien, je voudrais vous demander de donner quelques conseils à nos lecteurs et nos téléspectateurs, lors de ces jours de Grand Carême.

– Avant tout, je souhaite que tous fassent l’expérience du carême. Que tous les chrétiens s’efforcent de jeûner consciencieusement. Il y a, bien sûr, les malades auxquels on accorde un allègement du carême – dans la mesure où cela est justifié et nécessaire, et non simplement selon ses fantaisies ou ses propres souhaits. Il faut toujours discuter de cela avec son confesseur. Que chacun de nous renonce à quelque chose qui lui est particulièrement cher. Ce ne doit pas être obligatoirement de la nourriture : pour les uns, c’est la télévision, pour les autres, ce sont certains jeux etc. Je souhaiterais que chaque chrétien entreprenne consciencieusement un combat conscient. Parce que sans combat, il n’y a pas de victoire, comme le disent de nombreux Pères de l’Église. Or, nous voulons la victoire et nous ne l’obtenons pas à « bon marché ». Il nous faut prendre de la peine. Je souhaite que tous s’enrichissent spirituellement. Quant à ceux qui travaillent et ne peuvent pas se rendre aux offices, qu’ils doublent au moins leur règle de prière, la lecture spirituelle, et ainsi acquièrent quelque chose pour l’âme. Afin que l’âme sorte enrichie du carême. Et alors, ce carême sera réellement un succès pour chacun.

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« Mère Marie » par Geneviève de Gaulle-Anthonioz

P1160096Lors de l’inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov à Paris, 15e arrondissement, le 31 mars, Antoine Arjakovsky a lu (photographie) des extraits d’un texte de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, compagne de captivité et de déportation de Mère Marie à Ravensbrück. Nous vous proposons la totalité de ce texte. Les extraits lus sont de couleur bleue. Pour prendre connaissance de ce texte, cliquez ici.

« Une rue Mère Marie Skobtsov à Paris » d’Hélène Arjakovsky-Klépinine

P1160080Le 31 mars, lors de l’inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov à Paris, dans le 15e arrondissement, Mgr Jean de Charioupolis a lu (photographie) une lettre d’Hélène Arjakovsky-Klépinine, fille du saint père Dimitri Klépinine, intitulée « Une rue Mère Marie Skobtsov à Paris« . Pour prendre connaissance de ce texte, cliquez ici.

La sainte Tunique du Christ à Argenteuil: note historique et biblique par le père Noël Tanazacq

Ste_TuniqueDeux pèlerinages orthodoxes auprès de la sainte Tunique du Christ à Argenteuil (à l’ouest de Paris) sont organisés pour les jours à venir: le premier, le lundi 28 mars, par la Métropole roumaine, le second, le 1er avril, par l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale. Nous vous proposons cette note historique et biblique consacrée à la sainte Tunique du Christ conservée à Argenteuil écrite par le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte-Geneviève-Saint-Martin à Paris (Métropole roumaine).

Grand Canon de saint André de Crète

Le Grand Canon de saint André de Crète, lu aux grandes complies des quatre premiers jours du Carême, est disponible en version bilingue slavon-français sur cette page.

Les documents approuvés par les participants de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales à Chambésy (21-28 janvier) – mise à jour du 30 janvier

Réunion du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe du 24 décembre 2015

Durant sa réunion du 24 décembre 2015, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a pris plusieurs décisions concernant sa politique extérieure.

Le Patriarche Cyrille a fait le bilan des célébrations du millénaire du trépas de saint Vladimir. Des cérémonies avaient réuni à Moscou du 26 au 28 juillet des dizaines d’hiérarques de l’Église orthodoxe russe, ainsi que de nombreuses délégations des Églises orthodoxes locales. Le millénaire de la naissance au ciel de saint Vladimir a également été fêté aux États-Unis, en Pologne, au Kazakhstan, où s’est déroulée une conférence scientifique, en Ukraine, en Biélorussie et dans les diocèses de l’Église orthodoxe russe.

Les membres du Synode ont ensuite entendu le rapport du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, sur les réunions de la Commission interorthodoxe spéciale, fondée à l’initiative du Patriarche Bartholomée de Constantinople avec l’accord des Primats des Églises orthodoxes locales, afin d’élaborer un projet de Règlement des travaux du Concile panorthodoxe.

A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriache Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le métropolite Hilarion a présidé une délégation de l’Église orthodoxe russe afin de participer à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale à Athènes, du 16 au 18 décembre. Au 3e jour de la réunion, les travaux ont été interrompus, aucun consensus n’ayant pu être atteint.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale, et constaté que les discussions autour du Règlement du Concile panorthodoxe achoppaient à des difficultés qu’il n’a pas été possible de surmonter. Le Synode s’est dit préoccupé du fait que dans leur correspondance, les Primats des Églises orthodoxes de Constantinople et de Russie ne sont pas parvenus à trouver un accord sur plusieurs questions importantes relatives à la préparation du Concile panorthodoxe.

Pendant sa réunion du 22 octobre 2015 (procès-verbal n°71), le Saint Synode avait confié à la Commission synodale biblique et théologique l’examen du projet de document sur le Règlement, en tenant compte des discussions ayant eu lieu lors de la V Conférence préconciliaire panorthodoxe. La Commission devait présenter ses conclusions à la prochaine séance du Saint Synode.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et de président de la Commission synodale biblique et théologique a également communiqué les résultats de l’examen du document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », étudié pendant la V Conférence préconciliaire panorthodoxe, qui a eu lieu du 10 au 17 octobre 2015 à Chambésy (Suisse). Il a aussi présenté les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour perfectionner ce document.

Pendant sa séance du 24 décembre, le Synode a déclaré approuver les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Pour le Synode, le consensus sur les points litigieux du document est une condition nécessaire à son approbation préalable dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe.

Le Saint Synode a ensuite entendu un rapport sur la réunion à Sofia de la Commission mixte des Églises orthodoxes russe et bulgare sur la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev), qui s’est tenue les 3 et 4 décembre 2015. Il a été décidé de poser la question de la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev) lors du prochain Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.

Ce Concile aura lieu à Moscou les 2-3 février 2016.

Le Synode a également nommé le métropolite Hilarion de Volokolamsk représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil interreligieux de Russie.

Ensuite, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a présenté un rapport sur le V Congrès mondial des expatriés russes, auquel ont participé 400 personnes venues de près de 100 pays. Le Patriarche Cyrille a assisté le 5 novembre à l’inauguration du forum. Plusieurs hiérarques et clercs de l’Église orthodoxe russe accomplissant leur ministère à l’étranger y participaient. Le forum s’est intéressé à la préservation de l’espace spirituel de la Rus’ historique, au soutien et à la défense des droits et des intérêts des expatriés, à la consolidation de leurs liens avec la Patrie.

Le Synode considère comme important de poursuivre la collaboration de l’Église orthodoxe russe avec les États auxquels s’étend sa juridiction canonique afin de renforcer les liens spirituels et culturels avec la diaspora.

Enfin, les membres du Synode ont décidé de changer la dénomination du Séminaire orthodoxe de Paris, fondé en 2008. Depuis sa fondation, le fonctionnement de cet établissement, où les étudiants sont logés, suivis spirituels et suivent quelques cours, tout en poursuivant leurs études dans d’autres établissements d’enseignement français, diffère essentiellement de celui des séminaires de l’Église orthodoxe russe. Suivant les résultats de l’inspection du séminaire de Paris, le Comité pédagogique a proposé de renommer cet établissement, qui devient Centre de formation spirituel Sainte-Geneviève au diocèse de Chersonèse, tout en conservant le droit d’utiliser le terme de « séminaire » sur le territoire français et dans les pays où ce terme peut être appliqué aux établissements de ce type.

La nouvelle paroisse Saint-Séraphin, à Mongeron (France) est incorporée au diocèse de Chersonèse. A sa demande, l’archiprêtre Igor Vyjanov, recteur de l’église Saint-André de Naples est libéré de ses fonctions en Italie et se met à la disposition du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

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L’office de la Nativité en version bilingue slavon-français

Nous rappelons à nos lecteurs que l’office de la Nativité (vêpres, grandes complies, matines), en version bilingue slavon-français, est disponible sur le site du diocèse d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, depuis ce lien.

Vidéo « Religion et liberté » par le patriarche oecuménique Bartholomée

Du 28 au 30 janvier 2014, le patriarche œcuménique Bartholomée est venu à Paris. Pendant sa visite pastorale, le premier jour, il s’est rendu à l’Académie des sciences morales et politiques où il a prononcé un discours intitulé : « Religion et liberté ». Le texte complet de l’intervention du patriarche Bartholomée est en ligne ici.

Le Calendrier liturgique 2016 et d’autres publications

Le service publication de La Fraternité orthodoxe en Europe occidentale vient de publier le Calendrier liturgique 2016 au prix de 8 € (frais de port en sus).
L’équipe de catéchètes de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale propose 3 nouvelles publications pour les enfants :
– Un Calendrier orthodoxe illustré – 2016  au prix de 3 € (frais de port en sus): Le petit calendrier illustré, qui se pose sur le bureau, accompagnera les enfants tout au long de l’année. Chaque mois, fêtes ou saints sont illustrés par des vignettes, un tropaire ou une courte explication.
– Un quatrième livret Marie, mère de notre Dieu  au prix de 4,50 € (frais de port en sus).
– Un petit carnet  Diptyques pour aider parents et catéchètes à expliquer la proscomidie aux enfants au prix de 1,30 € (frais de port en sus).
Commandes chez Olga Victoroff: 9 allée d’Arques, 91390 Morsang-sur-Orge ; ovicto @ sfr.fr ;  01 77 05 90 96. 10% de remise pour les paroisses, minimum 5 exemplaires de chaque. Possibilité de prendre en dépôt.

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« Obéissance et bénédiction dans la spiritualité orthodoxe » par l’archimandrite Syméon du monastère Saint-Silouane

hqdefaultLe 11 novembre, lors de l’assemblée pastorale de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, l’archimandrite Syméon du monastère Saint-Silouane est intervenu avec une communication ayant pour sujet: « Obéissance et bénédiction dans la spiritualité orthodoxe ». Le texte de cette intervention est en ligne sur cette page.

Réunion du Saint-Synode de l’Eglise russe du 22 octobre 2015

Au cours de sa réunion, qui a eu lieu le 22 octobre 2015, sous la présidence de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a examiné différentes questions relatives aux relations extérieures.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté son rapport sur la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 10 au 17 octobre. A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou, le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait présidé la délégation de l’Église orthodoxe russe, qui se composait également de l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne, de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, de l’archimandrite Irénée (Steenberg), clerc du diocèse d’Amérique de l’Ouest et le prêtre Anatole Tchouriakov, interprète.

Cette conférence avait été convoquée conformément à une décision de la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales, réunis à Istanbul les 6-9 mars 2014, afin d’examiner le projet de document, « L’autonomie et son mode de proclamation », élaboré pendant les séances de la Commission préparatoire interorthodoxe de 2009. La conférence devait aussi étudier les résultats des travaux de la Commission interorthodoxe spéciale pour la révision des documents du Concile panorthodoxe, dont les réunions avaient eu lieu à Chambésy du 30 septembre au 3 octobre 2014, du 16 au 20 février et du 30 mars au 2 avril 2015.

Le projet de document du Concile panorthodoxe « L’autonomie et le mode de sa proclamation », ainsi que les documents révisés « L’importance du jeûne et de son observance aujourd’hui », ainsi que « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » ont été approuvés.

Le document « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres » a été renommé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Conformément à un décret du Saint Synode en date du 13 juillet 2015 (procès-verbal n°52), la délégation de l’Église orthodoxe russe a présenté à la conférence des amendements au texte sur des questions de principe. Le consensus étant impossible sur plusieurs positions essentielles, le projet de document révisé par la conférence panorthodoxe préconciliaire n’a pas été signé par les chefs des délégations des Églises orthodoxe russe et géorgienne.

La position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la V Conférence panorthodoxe préconciliaire a été approuvée par le Saint Synode. La Commission synodale biblique et théologique est chargée de poursuivre l’étude du projet de document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », en tenant compte des discussions l’ayant entouré lors de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire. Elle devra présenter ses conclusions lors de la prochaine réunion du Synode.

Le Synode a exprimé sa profonde préoccupation devant l’absence de projet de décision conciliaire sur le thème de « la Diaspora orthodoxe », ainsi que devant l’absence de consensus sur le contenu des projets de document du Concile panorthodoxe « La question du calendrier » et « Les empêchements au mariage », en cours d’élaboration depuis plusieurs décennies. Les membres du Saint Synode ont reconnu l’importance du consensus panorthodoxe sur le projet de document « L’autocéphalie dans l’Église orthodoxe et le mode de sa proclamation ». Ils ont approuvé son introduction à l’agenda du Concile panorthodoxe.

Le Concile s’est également penché sur le dialogue entre l’Église orthodoxe russe et l’Église assyrienne de l’Orient. Conformément aux accords du 28 mai 2014, lors de la rencontre de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et le Catholicos-Patriarche Mar Dinkha IV, pendant la visite du Primat de l’Église assyrienne en Russie, une réunion de travail avait eu lieu le 21 juillet à Moscou sur le dialogue entre l’Église orthodoxe russe et l’Église assyrienne de l’Orient. Les propositions pour la formation d’une Commission de dialogue bilatéral avaient été formulées. Les thèmes principaux des travaux de la Commission seront : les consultations théologiques communes, le développement de la coopération dans le domaine académique, la lutte contre les manifestations de christianophobie, la coopération dans le domaine de l’information et du ministère caritatif de l’Église.

L’archevêque Marc d’Egorievsk, administrateur des diocèses de Vienne et d’Autriche et de Hongrie, chef de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger est relevé de ses fonctions à ces postes et devient métropolite de Riazan et de Mikhaïlovsk.

Les diocèses de Vienne et d’Autriche et de Hongrie seront administrés par l’évêque Tikhon de Podolsk, vicaire du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

La Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger est confiée à l’archimandrite Antoine (Sevriouk), secrétaire de l’administration des paroisses du Patriarcat de Moscou en Italie, recteur de l’église Sainte-Catherine de Rome. Le Saint-Synode l’a élu évêque de Bogorodsk, vicaire du Patriarche de Moscou et de toute la Russie, lui confiant la responsabilité pastorale des paroisses du Patriarcat ed Moscou en Italie.

Source

Fin des travaux de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire – 16 octobre 2015

Les réunions de la Cinquième Conférence panorthodoxe préconciliaire se sont achevées le 16 octobre 2015 au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople de Chambésy (Suisse). A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, la délégation de l’Église orthodoxe russe se composait du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, de l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne (Église russe hors-frontières), de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, de l’archimandrite Irénée (Steenberg), clerc du diocèse d’Amérique de l’Ouest (Église russe hors-frontières) et du prêtre Anatole Tchouriakov (interprète).

Les séances étaient présidées par le métropolite Jean de Pergame (Patriarcat de Constantinople). Une partie des réunions avaient lieu sous la présidence du métropolite Emmanuel de France (Patriarcat de Constantinople).

Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie avait adressé un message à l’assemblée.

Au cours des travaux de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire, le projet de document du Saint grand Concile de l’Église orthodoxe « L’autonomie et le mode de sa proclamation » élaboré en 2009 par la Commission préparatoire interorthodoxe a été approuvé. Les participants de la conférence ont également examiné les projets de documents du Concile panorthodoxe révisés par la Commission interorthodoxe spéciale lors des réunions d’octobre 2014, février et mars-avril 2015. En tenant compte des amendements présentés par les délégations des Églises orthodoxes locales, les documents « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « l’Importance du jeûne et de son observance aujourd’hui » ont été approuvés par la conférence panorthodoxe.

Le document « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres » a été renommé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le consensus n’ayant pas été atteint sur plusieurs positions de principe, le document n’a pas été signé par les chefs des délégations des Églises orthodoxe russe et géorgienne.

Ont participé aux travaux de la Conférence des délégations des Patriarcats de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Moscou, de Géorgie, de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie et des Églises de Chypre, de Grèce, d’Albanie, de Pologne et des Terres tchèques et de Slovaquie.

Le Secrétariat de la Conférence panorthodoxe préconciliaire était assuré par le métropolite Jérémie de Suisse, l’archidiacre John Chryssavgis, V. Phidas et K. Delikostandis (Patriarcat de Constantinople).

Rapport du métropolite Jean de Pergame à l’assemblée de la hiérarchie du siège oecuménique (29 août 2015)

PergamouSainteté, Éminences et Excellences, saints Frères,

C’est pour moi un honneur particulier de pouvoir informer cette sainte assemblée sur l’évolution de la préparation du saint et grand Concile, qu’il a été décidé de convoquer, Dieu aidant, l’an prochain. Je remercie Votre Sainteté pour cet honneur ainsi que pour sa décision et celle de l’Église de me confier à mes faibles forces la responsabilité de présider les Commissions et Conférences préconciliaires, qui accomplissent le travail de préparation de ce grand événement historique dans la vie dans l’Église. Dans le présent rapport, je tenterai d’informer brièvement cette sainte assemblée sur les organes et l’ensemble de la procédure de préparation du saint et grand Concile, sur le travail préparatoire déjà réalisé et encore à accomplir, et sur les problèmes auxquels elle fait face.

A.    La procédure et les organes de préparation du Concile

L’idée de convoquer un Concile panorthodoxe, qui fut déjà conçue au Patriarcat œcuménique dès l’année 1923, a fait pour la première fois l’objet d’une préparation à l’époque du patriarche œcuménique Photios II, qui convoqua au monastère de Vatopédi une Commission panorthodoxe préparatoire en mai 1930, qui a dressé la première liste des thèmes du Concile.
Après un long laps de temps, durant lequel les circonstances historiques ne permettaient pas de promouvoir davantage la concrétisation de cette idée, le patriarche Athénagoras de bienheureuse mémoire a relancé l’idée dans une missive adressée aux primats des Églises autocéphales en date du 12 février 1951, suivie d’une autre missive le 25 septembre 1952 ; mais c’est seulement au cours de la première à Rhodes, en 1961, que les décisions définitives ont été arrêtées en vue de la préparation et de la convocation du Concile.

Durant cette conférence, la liste des thèmes du Concile a été rédigée ; elle comprenait les huit unités suivantes : 1) Foi et dogme ; 2) Culte divin ; 3) Administration et discipline ecclésiastique ; 4) Relations des Églises orthodoxes entre elles ; 5) Relations des Églises orthodoxes avec le reste du monde chrétien ; 6) L’orthodoxie et le monde ; 7) Questions théologiques (Economie et acribie. L’orthodoxie et les autres religions ; 8) Problèmes sociaux.
Cette liste ayant été très rapidement été jugée irréalisable sur le plan pratique, elle a été définitivement révisée par la première Conférence panorthodoxe préconciliaire (1976), qui a abouti aux dix thèmes suivants qui ont été considérés comme les problèmes les plus importants nécessitant une décision panorthodoxe authentique : 1) La question du calendrier ; 2) Les empêchements au mariage ; 3) Adaptation des prescriptions relatives au jeûne aux conditions présentes ; 4) Relations de l’Église orthodoxe avec les autres Églises et Confessions ; 5) Relations des Églises orthodoxes avec le mouvement œcuménique des Églises ; 6) Relation de l’Église orthodoxe avec le monde ; 7) Le problème de la diaspora orthodoxe ; 8) L’autocéphalie et la manière de la proclamer ; 9) L’autonomie et la manière de la proclamer ; et 10) Les diptyques de l’Église orthodoxe.

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Je vous remercie, Frères, de votre patience.

Source (dont photographie du métropolite Jean de Pergame): Thriskeftika, © Orthodoxie.com pour la traduction française, tous droits réservés.

« Le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois : histoire et enjeux identitaires d’un coin de Russie en France

Les Cahiers du MIMMOC est une revue électronique en libre accès proposée par le groupe de recherche MIMMOC (Mémoire(s), Identité(s) et Marginalité(s) dans le monde occidental contemporain) de la Maison des sciences de l’homme et de la société de l’Université de Poitiers. Elle a récemment mis en ligne l’étude « Le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois : histoire et enjeux identitaires d’un coin de Russie en France » de Vassilis Pnevmatikakis, docteur en géopolitique de l’Université Paris VIII.

« Le caractère trinitaire de la pneumatologie orthodoxe » par le métropolite Amphiloque (Radović)

dsc_1042En 1970, au colloque de Lamia sur le Saint-Esprit, Mgr Amphiloque (Radović) a prononcé une conférence intitulée « Le caractère trinitaire de la pneumatologie orthodoxe ». Nous vous proposons une traduction en français de ce texte réalisée par Yvan Koenig. Pour la lire, cliquez sur ce lien.

Photographie du métropolite Amphiloque: Église orthodoxe serbe

Allocution du patriarche oecuménique Bartholomée lors du « Sommet des consciences » pour le climat

sommetLe patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé, ce matin à Paris, son allocution lors du Sommet des consciences sur le climat (1). À son arrivée hier, le 20 juillet dans la journée, le patriarche a rencontré Mgr Job de Telmessos et le soir a participé avec les autres intervenants, au dîner organisé au palais d’Élysée par le président de la République François Hollande. Voici, ci-dessous, le texte de son allocution lors de ce sommet.

« Paris, le 21 juillet 2015

Monsieur François Hollande, Président de la République,
Monsieur Michael D. Higgins, Président de l’Irlande
Son Altesse Sérénissime, le Prince Albert II de Monaco
Monsieur Kofi Annan, Président de « The Elders », Président de la  « Fondation Kofi Annan », Ancien Secrétaire-Général des Nations Unies
Monsieur Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental
Cher Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète,
Éminences,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames et Messieurs,

Dans un appel vibrant lancé à partir de Manille, conjointement par les autorités françaises et philippines, en février 2015, nous étions tous individuellement et collectivement appelés à agir en faveur du climat. Aujourd’hui plus que jamais nous rappelons l’urgence d’une justice globale, d’une solidarité financière et technologique mondiale. L’appel se terminait de la sorte : « Nous appelons (…) tous les acteurs, les États (…) et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération. »

Comme vous vous en souvenez certainement nous avions eu l’honneur de vous accompagner, Monsieur le Président, lors de cet indispensable déplacement. Nous avons pu voir de nos yeux les effets destructeurs des bouleversements climatiques qui touchent les populations les plus vulnérables, notamment en Asie. Nous avons touché de nos doigts les plaies ouvertes, fraichement mais durablement, d’une terre en révolte contre l’égoïsme aveugle de l’humanité. Les plus sceptiques n’auraient pas été moins convaincus que saint Thomas lui-même. L’exclamation apostolique « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28) jaillit alors de nos bouches, non seulement comme un cri d’alerte, mais aussi comme un éveil à l’espérance. L’impérieuse mission des religions en général, et du christianisme en particulier, tient à cette force transfiguratrice de la foi faisant de tout danger un appel à la conversion des cœurs.

Les décennies d’expérience du Patriarcat œcuménique en matière de protection de l’environnement ont montré que la question du salut n’est pas indépendante du traitement de la création. Dans cette attention particulière se rejoignent le séculier et le spirituel. Distinguant ce qui relève du monde, au sens du saint apôtre Paul, et ce qui relève de la création du monde, la tradition orthodoxe est attachée au déploiement du mystère de la grâce dans cette dernière, faisant de toute chose un sacrement du Royaume.

Certains pourront s’interroger sur la nécessité de convier des responsables religieux à une réflexion trop souvent dépréciée à cause de sa technicité, voire culpabilisante en raison des conséquences de nos actes. Le sens de l’implication des religions dans ce crucial combat pour la sauvegarde de notre planète est triple : éduquer, convertir et glorifier.

Par éduquer, nous entendons prolonger la dialectique entre foi et raison, c’est-à-dire articuler des éléments de connaissance rationnelle aux inspirations de l’âme. Les questions environnementales sont au carrefour de cette attention. Ainsi, les données scientifiques sur la biodiversité, le réchauffement climatique, l’accroissement de la misère et des injustices environnementales, la sécurité alimentaire, etc., viennent compléter la vision théologique, trop souvent statique, d’un monde en constant changement.  Mais sortant de ce simple constat, il est de notre mission d’offrir, à partir de cette base, une herméneutique de la création qui affirme l’interdépendance de l’humanité et de la nature. C’est la raison pour laquelle, le Patriarcat œcuménique n’a pas uniquement institué le 1er septembre de chaque année comme journée de prière pour l’environnement, mais il organise aussi des séminaires et des sommets rassemblant théologiens et scientifiques afin de débattre. Le dernier Sommet en date s’est tenu sur l’île de Halki en Turquie, du 8 au 10 juin 2015. Il était intitulé « Écologie, théologie et art ». Nous y avions notamment invité des artistes afin qu’ils puissent apporter leur expertise esthétique sur le sens de la beauté dans la création. En effet, Dostoïevski n’écrit-il pas : « La beauté sauvera le monde » ?

Par convertir, il faut comprendre la conversion de l’être intérieur comme le point de départ d’une conversion extérieure. Les scientifiques mettent inlassablement en avant la nécessité d’un changement radical de nos modes de vie afin de limiter les actions polluantes qui influent sur les changements climatiques. Il s’agit ici d’une réalité que le christianisme appelle « metanoia », un retournement tout entier de l’être. Ce dernier encourage, dans la tradition patristique des Pères du désert – ces spirituels qui ont forgé à travers des siècles d’expérience ascétique un regard vrai sur l’humanité – à constamment interroger la nécessité de nos besoins, afin de dissocier ce qui relève de la convoitise et ce qui relève du bien. L’éthique et la morale ne sont pas très loin et doivent permettre l’émergence des droits de la terre elle-même. Tel est le sens de l’effort qui est attendu de nous : sortir de l’égoïsme dans lequel l’inertie de nos habitudes nous a fait tomber, et découvrir la sobre liberté que nous apporte la conversion du cœur.

Enfin, par glorifier, nous en revenons au fondement même de notre mission spirituelle. Enfant déjà, sur notre île natale d’Imbros, aujourd’hui Gökçeada, au large d’Istanbul, nous étions subjugué par cet environnement sauvage et puissant, sans cesse renouvelé par la force vivifiante des vents qui, combinée à l’action bouleversante de la mer, nous a fait prendre conscience d’une double réalité : que la puissance de l’humanité est inversement proportionnelle à la puissance de la nature. Aussi, pour résoudre cette relation antinomique ne devons-nous pas devenir les maîtres de la création, mais bien plutôt libérer cette création d’un agir humain dominateur dans un mouvement d’action de grâce qui se révélerait à travers les gestes quotidiens que nous y posons.

Tels sont les trois engagements indispensables pour une spiritualité écologique réelle.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Dernièrement, Sa Sainteté le Pape François, dans son Encyclique Laudato Si abondait dans le sens d’une spiritualité écologique de conversion : « En premier lieu, la conversion implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses même si personne ne les voit ou ne les reconnaît » (§ 220). Cette Encyclique apparaît tout juste une année après notre rencontre à Jérusalem, commémorant les retrouvailles historiques de Sa Sainteté Pape Paul VI et de Sa Sainteté du Patriarche œcuménique Athénagoras, en 1964, dans ce même lieu. L’an dernier, nous avions découvert dans Sa Sainteté le Pape François un frère d’âme dans sa sensibilité affichée et assumée à l’égard de la création. Aussi, avions-nous tenu l’un et l’autre à ce que les relations entre les Églises Sœurs de Rome et de Constantinople approfondissent leur engagement commun en faveur de notre maison commune par la prière et l’action. Parce que les questions environnementales sont globales, elles se déclinent parfaitement dans l’espace œcuménique et constituent un enjeu central en faveur de l’unité des chrétiens.

Alors : «  Why do we care? ». Notre époque fait face à un défi unique. Jamais dans le passé, durant la longue histoire de notre planète, les hommes et les femmes ne se sont trouvés à ce point si « développés » qu’ils ont pu rendre possible la destruction de leur propre environnement et de leur propre espèce. Jamais auparavant, dans la longue histoire de cette planète, les écosystèmes de la terre ne furent confrontés à des dégâts quasi irréversibles d’une telle ampleur. C’est pourquoi il est de notre responsabilité de répondre à ce défi de façon univoque, afin de remplir notre devoir envers les générations à venir. Voilà pourquoi nous devons nous engager.

Dans cette perspective, une alliance entre l’écologie contemporaine, en tant que recherche scientifique pour la protection et la survie de l’environnement naturel, et la théologie, en tant que réflexion métaphysique sur des sujets religieux, est nécessaire pour cerner la profondeur spirituelle des questions cruciales de notre temps. C’est pourquoi nous vous invitons toutes et tous, vous qui êtes déjà sensibilisés à ces questions, à être les porte-voix de cet appel des consciences pour le climat.

Avant de terminer cette modeste intervention, nous tenons à féliciter les autorités françaises pour les nombreuses initiatives mises à l’œuvre en vue de la réunion de la COP21 qui se tiendra à Paris à la fin de cette année. Le Patriarcat œcuménique y est tout particulièrement attaché et y apporte son indéfectible soutien. Notre responsabilité est à la hauteur de l’urgence. Telle est la raison d’être de notre engagement. »

Source: Patriarcat oecuménique

Photographie ci-dessus: Présidence de la République française

« L’art sacré, un des sujets du futur préconcile – une prise de position importante de Léonide Ouspensky » par Emilie Van Taack, iconographe

Nous vous invitons à lire la communication présentée par Emilie Van Taack au colloque international « L’image chrétienne » que nous publions avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Chers Pères et Frères, chers amis,
Merci de me donner l’occasion aujourd’hui, alors que nous attendons le Concile panorthodoxe annoncé pour 2016, d’aborder un thème d’une extrême importance : l’Art sacré dans l’Eglise orthodoxe en tant que question dogmatique.

Dessin de Léonide Ouspensky pour une icône de la Mère de Dieu

Dessin de Léonide Ouspensky pour une icône de la Mère de Dieu

Je voudrais rappeler un article publié par Léonide Ouspensky à ce sujet, dans le cadre de la préparation de ce qui était à l’époque le « futur Préconcile ». Après la publication en russe dans le n°49 du Messager de l’Exarque du Patriarche de Moscou en Europe occidentale en 1965, cet article est paru au premier trimestre de 1966 en français, dans la revue Contacts, sous le titre : « A propos d’un des sujets du futur Préconcile : la question de l’art sacré »
Les circonstances de la parution
Cette question fit son apparition dans l’ordre du jour, lors de la Première Conférence panorthodoxe de Rhodes en 1961. Cette liste fut traduite en russe et portée à la connaissance des fidèles dans le Journal du Patriarcat de Moscou, en novembre de la même année .
Voici comment est formulée la question, au deuxième paragraphe des sujets concernant la Liturgie, sous la lettre G : selon la traduction d’Ouspensky, « Etude des moyens pour affermir et développer la vie liturgique de l’Eglise orthodoxe et l’art byzantin traditionnel et orthodoxe en général dans ses diverses expressions (musique ecclésiastique, iconographie, architecture, vases et ornements sacrés, etc.) »
En ce qui concerne l’icône à proprement parler, on demandait donc au Concile de rectifier l’usage ecclésiastique alors en vigueur où coexistait, écrit Ouspensky, « deux arts, ou, si l’on veut, deux courants qu’on appelle ‘le style iconographique’ ou, suivant les termes de la liste, ‘byzantin traditionnel’, et le style ‘artistique-réaliste’, [nommé en Russie, ‘style italien’]. On entend par le premier l’art traditionnel orthodoxe qui existe dans l’Eglise depuis les premiers siècles chrétiens, et par le second, l’art qui y domine depuis le XVIIIième siècle. »
1- Les raisons de l’intervention d’Ouspensky
Dans un dossier rassemblé récemment sur les étapes de la préparation du Concile , Vladimir Golovanov nous rapporte qu’entre 1961 et 1986, eut lieu « une première phase très active où les principales structures furent mises en place, l’ordre du jour déterminé et un certain nombre de documents préliminaires mis au point. Cette période connut une mobilisation des Orthodoxes, en particulier en France.»
C’est au début de cette période qu’Ouspensky jugea utile de s’exprimer, lorsque certaines données furent portées à sa connaissance. « Certains, en effet, écrit-il, considèrent l’art ‘artistique-réaliste’ comme un développement normal de l’art traditionnel, conformément aux exigences de l’époque et, par conséquent, comme plus accessible à la compréhension de l’homme moderne. C’est pourquoi la possibilité de la coexistence dans l’Eglise de deux arts distincts est souvent considérée comme normale. On propose donc au Préconcile de trancher cette question en reconnaissant l’un et l’autre courant, légitimant ainsi la situation actuelle. » Ouspensky poursuit sa citation : « L’une et l’autre expression des vérités chrétiennes, dit-on, a droit d’existence dans l’Eglise du Christ lorsque, dans les deux courants, est présent l’Esprit vivifiant. » Ces dernières paroles ne livrent-elles pas l’image, indépendamment du courant auquel elle appartient, à une évaluation purement subjective, demande Ouspensky ? L’affirmation de la légitimité d’une telle coexistence s’accompagne généralement, il est vrai, d’une réserve : ‘L’icône, toutefois, doit être vénérée de préférence comme reflétant l’Orthodoxie de façon plus entière et exhaustive’. Mais de telles réserves n’ont aucune signification pratique et la préférence reste purement théorique, puisque la majorité écrasante des images dans les églises orthodoxes appartient actuellement au courant dit ‘artistique-réaliste’. »
A cette époque, Ouspensky voyait se dessiner en Europe de l’Ouest, sous l’influence de théologiens tels que Lossky et Florovsky d’abord, puis Schmemann et Meyendorf par la suite, ce qu’il décrit comme « un profond processus de purification de la science théologique, sa libération des influences hétérodoxes occidentales et, en même temps, une prise de conscience plus profonde de la théologie patristique. »
« Dans le domaine de l’Art sacré, écrit-il, ce processus [de purification] ne fait que commencer et se heurte au conservatisme et parfois à l’ignorance, surtout parmi les Orthodoxes eux-mêmes. Cette prise de conscience est plus intense aux points de rencontre entre l’Orthodoxie et les confessions occidentales, c’est-à-dire précisément là où l’icône se manifeste comme une expression visible de l’Orthodoxie et acquiert ainsi une importance sur le plan œcuménique .»
Ce dont témoigne, par exemple, une réaction protestante à la publication de L’essai sur la théologie de l’icône dans l’Eglise orthodoxe en 1960: « Le présent ouvrage est salutaire et dur à lire pour tous ceux des Protestants qui s’imaginent trop facilement qu’entre l’Orthodoxie orientale et nous il n’existe finalement aucune opposition fondamentale et décisive. Beaucoup de thèses historiques de l’auteur pourraient être contestées, et il n’en disconviendrait sans doute pas puisqu’il revendique le droit de reconstituer le passé « non en vertu de quelque preuve formelle et évidente » mais sur la seule base de ses présupposés dogmatiques. La valeur du livre vient de ce qu’il nous présente bien ce qu’est la pensée orthodoxe contemporaine. Ses analyses sur les différences fondamentales entre l’art religieux occidental et l’iconographie orientale sont riches et éclairantes. » Entre temps les progrès de la philologie religieuse et de l’archéologie chrétienne donnèrent raison à Ouspensky.
« Là (dans ces points de rencontre), poursuit-il, (…) il n’y a pas deux façons de voir l’Art sacré : le ‘style iconographique’ est considéré comme la seule expression artistique possible de l’Orthodoxie, de sa doctrine et de son expérience spirituelle. Chez les non-orthodoxes, d’autre part, la tendance se fait jour de plus en plus de comprendre l’essence de l’icône et, par elle, l’Orthodoxie [elle-même]. Quant au ‘courant artistique-réaliste’ ou ‘style italien’, (…) on y voit une pâle imitation d’un art catholique-romain appartenant déjà au passé, et cela même dans l’Eglise romaine qui lui donna naissance. Non seulement on n’y voit pas une ‘expression des vérités chrétiennes’, mais on considère qu’il s’est écarté de ces vérités. »

« Cette situation montre avec évidence, poursuit Ouspensky, que la question de l’icône n’est pas une question de goût personnel, qu’on ne la pose pas pour sacrifier à une mode ou par un désir de retour au passé. Des objections de cette sorte n’ont aucun fondement réel. (…) En réalité, cette question est bien plus sérieuse et profonde : elle se pose et exige sa solution dans le cadre d’une prise de conscience dogmatique au sein de l’Orthodoxie. »
2- Le fond du problème
Avant d’aborder la réponse à cette question, Ouspensky analyse les raisons de la situation.
1- D’abord, écrit-il, « on ne saurait fermer les yeux sur le fait que l’usage actuel, c’est-à-dire la coexistence des deux formes d’art, s’est affermie dans l’Eglise orthodoxe en rapport étroit avec une décadence générale de la vie spirituelle au cours des siècles passés. »
2- Il évoque ensuite l’influence exercée par l’Occident sur l’orthodoxie et la décadence théologique qui l’a accompagnée, reprenant pour cela une citation de l’archevêque Basile (Krivochéine) : « Dans la lutte contre le protestantisme et le catholicisme romain, la théologie orthodoxe, on le sait, ‘fut forcée d’utiliser les armes d’une pensée scolastique et ceci, en retour, la soumit à l’influence étrangère et dangereuse non seulement d’un langage théologique qui n’était pas le sien, mais aussi de conceptions théologiques et spirituelles contestables. Il se passa ce que certains théologiens, comme le P. Georges Florovsky, appellent une pseudomorphose de l’Orthodoxie , c’est-à-dire son revêtement par des formes de pensée et d’expression impropres. »
« Ce qui se passa dans la théologie exprimée par la parole, poursuit Ouspensky, arriva aussi dans celle qu’exprime l’image avec cette différence toutefois que, dans cette dernière, cela se traduisit d’une façon bien plus profonde, plus durable et, par conséquent, plus grosse de conséquences. Les influences latines se manifestèrent d’abord dans l’iconographie (c’est-à-dire dans le choix des sujets) : des sujets catholiques-romains commencèrent à pénétrer dans l’art orthodoxe. [Ensuite,] la pénétration des idées amena un changement du caractère même de l’image parce que, petit à petit, on commença à adopter les formes d’expression de l’art occidental étrangères à l’Orthodoxie, ces formes qui, en Occident, servaient déjà à représenter indifféremment des sujets profanes ou religieux. C’était en réalité un art profane à sujets religieux. C’est ce processus qui amena dans l’Eglise orthodoxe ce qu’on appelle le style ou le courant ‘artistique-réaliste’. Tout comme en théologie, c’était une décadence, malgré le [prétendu] progrès extérieur d’un art désormais tourné vers une conception naturaliste du monde. »
3- « Néanmoins, écrit-il, l’apparition de ce courant et la légitimité de son existence dans l’Eglise sont considérées comme d’autant plus normales que l’icône canonique n’aurait soi-disant jamais été définie comme l’unique expression picturale possible de la doctrine orthodoxe. Le Septième Concile Œcuménique n’aurait jamais précisé le caractère de l’image sacrée, il n’aurait donc légitimé aucun style . Par conséquent, en admettant une variété de styles, au lieu de nous en tenir à un seul, nous n’entrerions pas en contradiction avec la doctrine orthodoxe. »
3- L’icône représente la nature humaine déifiée
C’est en réfutant cette affirmation, fondée, nous dit-il, « sur un malentendu provenant d’une lecture insuffisante des Actes et de l’Horos du Concile », qu’Ouspensky aborde alors proprement la solution. Une lecture attentive nous prouve que ce Concile a marqué de manière très précise la différence entre l’icône et l’art profane. Déjà au VIIième siècle, en effet, c’est la pénétration de l’art profane dans l’icône qui fut à l’origine de l’iconoclasme. Mais il faut définir et faire comprendre correctement – c’est là toute la difficulté – ce qui fait exactement le caractère profane ou sacré d’une image.
Pour ce faire, Ouspensky cite les Actes : « De même que celui qui représente par la peinture un homme ne le rend pas par là inanimé, mais l’homme au contraire demeure animé et l’image est appelée son portrait à cause de sa ressemblance, de même nous, lorsque nous faisons l’icône du Seigneur, nous confessons Sa chair déifiée et ne reconnaissons dans l’icône rien d’autre qu’une image représentant la ressemblance du prototype. C’est pour cela qu’elle reçoit Son nom ; c’est uniquement pour cela qu’elle y participe et pour cela qu’elle est vénérable et sainte. »
Il me semble ici nécessaire de paraphraser quelque peu la sentence des Pères afin de rendre l’argument d’Ouspensky plus clair. De même, en effet, disent-ils, que le portrait, bien qu’il soit fabriqué d’une matière inanimée, représente un vivant comme vivant, parce que le peintre lui donne, grâce à son art, les couleurs de la vie, de même le peintre d’icône, parvenant par son art à exprimer la chair incorruptible et transfigurée du Sauveur, confesse ainsi que l’homme représenté est bien déifié et Dieu incarné Lui-même. Ainsi l’icône porte-t-elle légitimement Son Nom et se trouve réellement ressemblante à son Prototype. L’image ne représente donc la ressemblance qu’à la condition de faire voir la chair déifiée du Sauveur.
Ouspensky ajoute une citation plus explicite de saint Théodore Stoudite. « La présentation du Christ n’est pas dans la ressemblance d’un homme corruptible, ce qui est blâmé chez l’Apôtre, mais dans la ressemblance de l’homme non corruptible (…). Car, ainsi que le dit le grand Pierre, ‘Son âme n’est pas demeurée aux limbes et Son corps ne connut pas la corruption’ parce que le Christ n’est pas simplement un homme, mais Dieu devenu homme. »
Ce qu’Ouspensky commente en ces termes: « la vénération est témoignée à l’icône en vertu de son lien avec le prototype, à [l’unique condition que ce lien soit manifeste dans la représentation elle-même, c’est-à-dire que l’icône lui soit fidèle – à l’unique] condition que la peinture soit le reflet d’une chair non seulement animée mais déifiée, transfigurée, car le Prototype lui-même se distingue d’un homme ordinaire. L’icône n’imite pas la chair humaine corruptible, semblable à la nôtre [et qui se décomposera]. Elle montre une chair sans péché, soustraite à la corruption, [telle qu’elle est ressuscitée. L’icône peint] ‘le corps de Dieu, éclatant de gloire divine, incorruptible, saint, vivifiant’, [encore selon saint Théodore Stoudite] . Autrement dit, poursuit Ouspensky, tout comme l’Evangile, l’icône transmet l’image du Christ telle qu’elle est ‘gardée non seulement dans la mémoire historique de l’Eglise, mais dans la mémoire charismatique de la foi’ .»
« Une telle tâche, écrit-il, refléter la chair déifiée, montrer Dieu devenu homme et l’homme devenu dieu dans la grâce, c’est-à-dire le sens salutaire de la révélation évangélique n’a pu être réalisée que par un art unique en son genre, l’icône canonique orthodoxe, langage symbolique de couleurs, de lignes et de formes, élaboré par l’expérience catholique de l’Eglise. »
4- L’icône est l’œuvre des Pères
« De là, continue Ouspensky, le parallèle que tracent les Pères avec tant d’insistance entre l’icône et l’Evangile, tant dans les Actes du Concile que dans l’Horos. A leurs yeux le récit évangélique et l’icône annoncent, tous les deux, dans un cadre historique, la révélation divine : ayant le même sujet, ils expriment aussi la même chose. Comme le dit l’Horos : ‘Ils se désignent mutuellement l’un l’autre et, sans aucun doute, s’expliquent l’un par l’autre ’, ‘par ces deux moyens… nous obtenons la connaissance de la même réalité’ . Par conséquent, tant l’icône que l’Evangile, en transmettant un fait historique, révèlent l’un comme l’autre son sens salutaire dans la grâce et se distinguent par-là de toute autre œuvre littéraire et de toute autre image . »
« L’un et l’autre, poursuit Ouspensky, sont une expression des vérités de la foi, vérités connues par expérience, reçues par des hommes devenus dieux selon la grâce. C’est pour cela précisément que les Pères du Septième Concile Œcuménique affirment que l’art de l’icône « n’a pas été inventé par les artistes ; il est au contraire une règle confirmée et une tradition de l’Eglise. (…) Il dépend évidemment des Saints Pères ».
Le texte des Actes précise : « C’est à ceux qui adressent au Seigneur, le Dieu de toutes choses, les prières agréées par Dieu et le sacrifice non sanglant, qu’appartient l’invention et la composition (des icônes), ainsi qu’à la Tradition, mais certainement pas au peintre. Au peintre, appartient l’art seul. »
Cette affirmation a quelque chose d’étrange, – puisque les Pères ne sont pas forcément eux-mêmes des artistes, – et les Pères du Concile éprouvent en effet le besoin d’ajouter brièvement que si cela est possible, c’est « révélant aux artistes des indications ».
Cette affirmation des Actes doit être comprise dans l’esprit du livre de l’Exode, où le Seigneur s’adresse à Moïse pour lui expliquer comment sera réalisé le modèle du tabernacle, bien qu’il n’ait été révélé qu’à lui seul. « J’ai appelé nommément Béséléêl… Je l’ai rempli d’un esprit divin d’habileté, d’intelligence et de science, en tout travail… Et moi, j’ai placé Eliab, fils d’Akhisamakh, de la tribu de Dan, et à tout intelligent de cœur, j’ai donné l’intelligence, et ils feront tout ce que je t’ai ordonné… Selon tout ce que moi, je t’ai ordonné, ils feront. » C’est-à-dire que des artistes d’abord intelligents de cœur, s’ils sont missionnés par Dieu, recevront, par Sa bénédiction, un charisme supplémentaire, l’intelligence donnée par Dieu, c’est-à-dire l’intuition de ce qu’à vu Moïse et lui-seul. On notera ici qu’il n’est pas, et ne peut être, question d’imagination. Ce qui signifie que Moïse seul est capable de dire si les objets fabriqués par Béséléêl et Eliab sont ou non conformes au modèle qu’il a vu sur la montagne. Mais ceux-ci, en retour, doués qu’ils sont de l’intelligence donnée par Dieu, sont seuls capables de comprendre ce qu’à vu Moïse.
Le peintre qui a l’intelligence comprend (il est illuminé par Dieu pour cela) ces indications révélées par les Pères et la manière de les mettre en pratique. C’est en ce sens que la peinture des icônes est également elle-même une prophétie.
De même, dans l’affirmation du Concile que « l’art de l’icône dépend évidemment des Saints Pères » – il faut insister sur le mot « saint », c’est-à-dire devenus dieux selon la grâce, ils ont connu par expérience les vérités de la foi, [seuls ils ont vu ce que Dieu demande] et sont donc les seuls à pouvoir juger si une image manifeste bien la chair transfigurée du Sauveur ou non.
Malheureusement, la décadence spirituelle dont parlait Ouspensky s’est encore accentuée de nos jours. Déjà, à la fin du XVIIIième siècle, saint Séraphin de Sarov affirmait à Motovilov : « A l’époque où nous vivons, nous sommes parvenu à une telle tiédeur dans la foi, à une telle insensibilité à l’égard de la communion avec Dieu, qu’on s’est éloigné presque totalement de la vraie vie chrétienne. (…) Sous prétexte d’instruction et de science, nous nous sommes engagés dans une telle obscurité d’ignorance que nous trouvons inconcevable tout ce dont les anciens avaient une notion assez claire pour pouvoir parler entre eux des manifestations de Dieu aux hommes comme de choses connues de tous et nullement étranges. (…) Au lieu de rechercher la grâce, nous l’empêchons, par orgueil intellectuel, de venir habiter nos âmes et de nous éclairer comme le sont ceux qui de tout leur cœur cherchent la vérité. »
Or la création des icônes suppose une telle intimité avec la grâce. Les Pères des Conciles ne disent-ils pas : « Il a plu au Saint Esprit et à nous…» ? C’est ainsi que s’établissait l’autorité de la Tradition, par « de mutuels accroissements ». Les Pères pouvaient témoigner de la Volonté de Dieu, jusque dans les moindres détails de la vie de l’Eglise, a fortiori quand il s’agissait de confesser « l’Incarnation en vérité et non imaginaire de Dieu le Verbe» !
Aujourd’hui, sans doute, c’est de nouveau à des Prophètes que l’Esprit Saint peut donner l’expérience et la vision de la nature humaine déifiée qui accorde sa sainteté à l’icône. Aussi notre conviction est-elle qu’Ouspensky lui-même, ainsi que moine le Grégoire (Kroug) chacun à sa façon, doivent être pleinement compté parmi ces Prophètes et également placés au rang des Pères.
5- Transfigurer ne veut pas dire idéaliser
L’icône étant donc une révélation reçue de Dieu, toute image ayant une autre origine est une imposture, elle ment, elle trompe les croyants.
Qu’elle ne soit pas une ‘invention’ de l’artiste, signifie qu’elle n’a pas pour origine son imagination, ni dans son sujet ni dans sa composition (j’aimerais même ajouter : ni dans son exécution…); l’imagination de l’artiste ne doit pas intervenir; elle s’efface devant la Réalité pour la transmettre, elle témoigne de la Vérité : elle « s’accorde à la lettre du message de l’Evangile » sans rien ajouter.
L’icône est une représentation d’après nature, comme le disait Ouspensky dans un premier écrit : « l’icône est un témoignage (…) de la plénitude de la vie spirituelle, une communication par l’image de ce qu’est l’homme en état de prière sanctifié par la grâce. C’est en quelque sorte de la peinture d’après nature, mais d’après la nature rénovée… », telle qu’elle est révélée seulement aux Saints, à ceux qui ont déjà, ici et maintenant, accès au Royaume de Dieu, le monde plus réel et plus vrai que notre monde. Elle n’est pas une image forgée par l’imagination, une illusion qui se substitue à la réalité, ni même une vision de la réalité déchue améliorée par les peintres. Le monde dont témoigne l’icône n’a rien à voir avec un monde virtuel. Transfigurer ne veut pas dire idéaliser.
A l’appui de cette affirmation, il faut rappeler ici ce texte essentiel de la deuxième Epître de saint Pierre : « Aucune prophétie de l’Ecriture ne peut être un objet d’interprétation individuelle, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’aucune prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »
En effet, écrit Ouspensky, « quelque génial que soit un peintre appartenant au courant ‘artistique-réaliste’, son génie individuel ne peut certainement pas remplacer l’expérience catholique de l’art sacré orthodoxe. Sa création a un fondement tout autre. Même lorsque le point de départ, un fait de l’Histoire Sainte, est le même dans l’icône et dans une peinture ‘artistique-réaliste’, l’icône le traduit comme le fait la Sainte Ecriture, à la lumière de la Révélation divine qui lui donne tout son sens et le remplit d’un contenu spirituel autre que celui de notre actualité immédiatement accessible. Par contre, dans une peinture ‘artistique-réaliste’, ce même fait historique sert de prétexte à exprimer le point de vue individuel du peintre : celui-ci crée suivant l’idée qu’il a de ce fait, » selon une « interprétation particulière ».
« Il le traduit à la lumière précisément de l’actualité visible dont il parle le langage. Ainsi disparaît l’aspect capital qui caractérise l’icône orthodoxe et la place au même niveau que l’Evangile : l’indication de la réalité divine à l’aide de symboles. En fait, ce n’est plus une icône, mais une illustration naturaliste de l’Ecriture. Au mieux, ce que peut donner une telle image (outre une satisfaction esthétique), c’est une expression du monde émotionnel naturel de l’homme. »
Mais « comme le langage de l’actualité est incapable d’indiquer la réalité divine, cette incapacité est compensée dans l’image par une idéalisation. C’est ce qui explique l’émotion religieuse factice, la sentimentalité étrangère à l’Orthodoxie, des expressions, des gestes, des positions artificielles que l’on voit généralement dans les images du courant ‘artistique-réaliste’. C’est pourquoi il est tout à fait impropre de le nommer ainsi : une telle image peut être ou ne pas être artistique, mais elle ne peut certainement pas être réaliste. Son aspect religieux fait en réalité de ce courant une sorte de naturalisme idéalisant. »
« De plus, en créant son image, l’artiste peut recourir à sa propre imagination ou à n’importe quel modèle allant d’une icône à un modèle vivant. Si les limites de l’icône sont définies par le canon, c’est-à-dire par la correspondance de l’image à son prototype, dans ce courant « naturaliste idéalisé » en revanche, il ne peut y avoir aucune limite : l’image peut se rapprocher de l’icône, elle peut aussi aller jusqu’à un véritable blasphème .»
« L’apparition de ce courant n’a pas seulement entraîné l’envahissement de l’Église par des images essentiellement profanes à sujets religieux, continue Ouspensky, c’est la conception même de l’image sacrée qui fut dénaturée. Sa compréhension spirituelle s’estompa à tel point que le langage évangélique de l’icône cessa d’être accessible et que le contenu même de l’image devint indifférent . Le nestorianisme latent de l’art catholique-romain, pénétrant dans l’Orthodoxie, fut interprété comme une forme d’art plus accessible à notre époque, ‘du lait pour le peuple simple’ .»
« On ne saurait cependant ignorer que ce ‘lait’ fut jadis imposé au peuple croyant orthodoxe par les couches supérieures de la société avides de nouveautés venant d’Occident. »
« Le fait est bien connu qu’aux XVIIIième-XIXième siècles, des quantités incroyables d’icônes furent détruites de façon barbare et remplacées par des images ‘artistiques’ et ce n’est certes pas le ‘peuple simple’ qui le fit. En ce qui concerne les icônes, cette attitude barbare n’est malheureusement pas encore complètement abandonnée de nos jours. »
6- Après l’intervention d’Ouspensky

Ainsi s’achevait l’argumentation d’Ouspensky.
Nous devons nous interroger brièvement sur la suite qui fut donnée à cet article.
En 1976, dans la liste de la Première Réunion Préconciliaire, soit dix ans après cette intervention, la question de l’Art sacré avait disparu de l’ordre du jour.
Que s’était-il passé ?
Comme nous l’avons vu, la préparation du Concile donna lieu en France à une grande activité. Ce sont essentiellement Paul Evdokimov et Olivier Clément qui animèrent les débats. Selon ces théologiens, le futur Concile devait adresser au monde tout entier un message universel comme l’avait fait le Concile de Vatican II et par son retentissement hausser l’audience de l’Eglise Orthodoxe au même niveau. Dans un Appel à l’Eglise, ils affirmaient : « Le Concile ne doit pas être un évènement local ni une affaire intérieure à l’Eglise Orthodoxe mais la respiration même de l’universel. »
On se rappelle qu’à l’époque florissait le mouvement charismatique. Tout était analysé dans les termes d’une spontanéité spirituelle exaltée. Paul Evdokimov avait une affinité marquée pour ce mouvement. Ainsi, comme pour répondre non seulement à l’article d’Ouspensky mais aussi à la première édition de La théologie de l’icône, publiée en 1960, il écrivit un livre intitulé L’art de l’icône, théologie de la beauté, et publié juste quelques temps avant sa mort en septembre 1970 .
Sans aucune allusion directe sinon bibliographique, par les positions qu’il adoptait, Paul Evdokimov entendait remettre les choses à leur place et reléguait le travail d’Ouspensky non seulement au deuxième plan mais dans l’inessentiel. « La Théologie de l’icône », n’était qu’un aspect secondaire, un peu technique, d’une vaste réflexion consacrée à « La Beauté » sous toutes ses formes. Après quelques évocations historiques très générales, « le Fondement dogmatique de l’Icône » apparaissait comme un avant-propos à « l’Apophase ou la voie ascendante de l’Icône. » Pour résumer, la théologie de l’icône était une évidence sur laquelle, seuls les esprits particulièrement étroits devaient s’appesantir. En réalité : « Les précisions dogmatiques qui sont éparpillées dans l’enseignement des Pères (cet état de fait, faux bien sûr, serait la conséquence de leur caractère prétendument inessentiel), se dégagent surtout de l’icône elle-même, de son évidence lumineuse, de sa vie prodigieuse où l’on peut suivre pas à pas le dynamisme de la Tradition. » L’icône était donc une évidence pour n’importe quel chrétien un peu inspiré.
N’était-ce pas justement une démarche analogue qu’Ouspensky dénonçait, lorsqu’il reprochait aux inspirateurs du Concile de vouloir se fonder sur la présence du Saint l’Esprit pour décider de la canonicité d’une image ? N’était-ce pas ici aussi « livrer l’image à une évaluation purement subjective? »
Paul Evdokimov, alors, comme Olivier Clément à sa suite, pensait plus utile d’insister sur l’ »Apophase » que de chercher la rigueur dogmatique. En effet, écrivait-il, « l’icône est une voie par laquelle il faut passer pour la dépasser. Il ne s’agit pas de la supprimer, mais de découvrir sa dimension transcendante. Elle rencontre l’Hypostase et introduit à l’expérience de la Présence dépouillée de formes empiriques », ce qu’il appelle ailleurs la « méta-icône » ou l’« hyper-icône », et qui n’est autre que Dieu lui-même.
L’icône et son analyse dogmatique ayant été relativisées, à l’instar de l’Orthodoxie elle-même, Paul Evdokimov pouvait ensuite conseiller aux théologiens, tout emporté qu’il était par son ivresse charismatique, de s’intéresser plus à la culture humaine en général afin de manifester sa sainteté : « Ce sont les irruptions fulgurantes du « tout autre » venant des profondeurs du même, (…) c’est le passage de l’ « avoir terrestre » à l’« être » du Royaume. Le monde dans l’Eglise, c’est le buisson ardent posé au cœur de l’existence. »
C’est cette même philosophie qui s’exprime dans l’Appel à l’Eglise, cité plus haut.
« Devant la gravité de l’enjeu, y lit-on, à côté de la sauvegarde légitime de la Tradition par le magistère, il importe de laisser aussi s’exprimer « l’instinct d’Orthodoxie », l’esprit prophétique du peuple de Dieu. Pour libérer les sources, il faut d’abord dépasser certaines limitations historiques de l’Orthodoxie, se libérer du fondamentalisme des traditions humaines qui n’expriment pas – ou n’expriment plus aujourd’hui – la Tradition. » Précisons que « l’esprit prophétique » dont il est ici question ne faisait l’objet d’aucun discernement ni d’aucune vérification .
Ainsi, dans le paragraphe intitulé par lui « Orthopraxie », l’auteur de l’Appel à l’Eglise précisait encore sa pensée : « C’est au-delà des controverses stéréotypées, (…) et non au ras des mots, qu’il faudrait aborder les divergences dogmatiques entre chrétiens ; (…) contre le culte de la lettre, il faudrait retrouver la diversité légitime des traditions locales, non seulement liturgiques mais canoniques et théologiques. »
On comprend qu’un saint Justin Popovitch se soit inquiété de l’issue d’un tel Concile. « Si un tel Concile avait lieu, écrit-il, – ce qu’à Dieu ne plaise – on n’en peut attendre que le schisme et l’hérésie et la perte d’âmes innombrables.»
7- De nos jours.
A l’époque où Ouspensky fut rappelé à Dieu, la question n’avait pas perdu de son actualité.
On dissociait bien, en Russie, l’art italien et l’Icône, mais on plaçait tous les styles iconographiques sur le même plan, associant Saint André Roubliov et Simon Ouchakov, par exemple , dont Ouspensky avait analysé longuement les erreurs.
Aujourd’hui encore, la question reste plus actuelle que jamais.
Avec la libération du pouvoir soviétique, en effet, les vieux reflexes ont repris le dessus en Russie, c’est-à-dire l’affirmation de la coexistence pure et simple de l’Art italien et de l’Icône. Le style italien s’est trouvé, en un sens, canonisé parce qu’il caractérisait la période qui avait précédé la révolution. De cela, nous avons une démonstration éclatante avec la reconstruction de l’église du Saint Sauveur à Moscou, achevée en 1883 et dynamitée comme on sait par Staline en 1931. Elle fut reconstruite à l’identique, entre 1995 et 2000. La coexistence des deux styles est donc plus que jamais d’usage et ‘l’Art italien’ toujours considéré comme plus accessible au simple peuple.
Dans les autres pays orthodoxes, la situation est un peu différente. Après un recentrement sur l’art iconographique, c’est l’icône elle-même qui a été pénétrée par un art profane, allant du folklore ethnique à l’art moderne, allant même jusqu’à la limite de l’abstraction.
Bien que cet art profane soit multiple et très différent de ‘l’art italien’ dont parlait Ouspensky, le problème est identique : l’Icône véritable disparait au profit d’un art profane à sujet religieux, où même pire, un art profane à sujet iconographique.
Avec la même pertinence aujourd’hui qu’alors, Ouspensky concluait son article par ces mots : « la question de l’art sacré orthodoxe n’est pas, nous le répétons, une question de goût ni de préférence personnels ni de fantaisie des artistes, mais une question dogmatique. Ce sont donc les fondements de la doctrine orthodoxe et les décisions conciliaires qui doivent servir de principes pour déterminer les jugements à son sujet, et non l’usage admis dans l’Eglise à tel ou tel moment de son histoire. »

Emilie van Taack
Le 1er mars 2015

Le dossier préparatoire du XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale (Bordeaux du 30 avril au 3 mai)

Affiche_Frat_2015Pour prendre connaissance, lire et télécharger le dossier préparatoire de 23 pages du XVe congrès orthodoxe d’Europe occidentale, qui se déroulera à Bordeaux du 30 avril au 3 mai, qui comprend, outre le programme, une présentation des différents intervenants, des conférences, des ateliers et des tables rondes, une brève notice sur le père Cyrille Argenti, un florilège biblique et patristique assorti d’une bibliographie, cliquez sur ce lien. La liste des ateliers avec le jour : en français, en anglais.

La traduction française de l’entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée publié par « La Civiltà Cattolica »

CBlsKuCVEAAhcW9Une exclusivité d’Orthodoxie.com. Nous vous proposons la traduction française de l’entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée réalisé par Antonio Spadaro S.I. et paru dans La Civiltà Cattolica le 4 avril (version italienne, version anglaise). Orthodoxie.com remercie vivement le père Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica, pour l’autorisation de publier la traduction française. Le père jésuite Antonio Spadaro (1) est également l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur la communication (un exemple en français, le blog dédié). Il est consultant au Conseil pontifical pour la culture ainsi qu’au Conseil pontifical pour les communications sociales. En 2013, il a réalisé la première longue (30 pages) interview du pape François publiée simultanément dans les revues culturelles jésuites de 16 pays d’Europe et d’Amérique (version française).

Pour lire la traduction française de l’entretien avec le patriarche Bartholomée, cliquez sur ce lien.

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

Troisième réunion de la Commission interorthodoxe spéciale pour la préparation du Concile panorthodoxe du 30 mars au 2 avril

La troisième réunion de la Commission interorthodoxe spéciale pour la préparation du Concile panorthodoxe a débuté le 30 mars 2015 au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople, à Chambésy, près de Genève.

A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, une délégation du Patriarcat de Moscou, présidée par le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, participe à la réunion. La délégation se compose également de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, et du diacre Anatole Tchouriakov, interprète, employé du DREE.

Cette troisième réunion de la Commission interorthodoxe spéciale doit terminer la révision du projet de document du Concile panorthodoxe « Contribution des Eglises orthodoxes à la réalisation des idéaux chrétiens de paix, de liberté, de fraternité et d’amour entre les peuples, et à la suppression des discriminations raciales », commencée pendant la seconde réunion. Ses membres devront également réviser les projets d’autres décisions du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe.

L’ouverture de la réunion a été précédée de deux jours de travail de la commission de rédaction, qui siégeait les 28 et 29 mars sous la présidence du métropolite Amphiloque du Monténégro et du Littoral (Patriarcat de Serbie). L’Église orthodoxe russe était représentée aux travaux de la commission par l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE. Font partie de cette commission des représentants des Patriarcats d’Antioche, de Jérusalem et de Roumanie, ainsi que de l’Église orthodoxe de Grèce.

A la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale, qui se déroule sous la présidence du métropolite Jean de Pergame (Patriarcat de Constantinople), prennent également part des délégations des Églises orthodoxes locales de Constantinople, du Patriarcat d’Alexandrie, du Patriarcat d’Antioche, du Patriarcat de Jérusalem, du Patriarcat de Géorgie, du Patriarcat de Serbie, du Patriarcat de Roumanie, du Patriarcat de Bulgarie, de l’Église orthodoxe de Chypre, de l’Église orthodoxe grecque, de l’Église orthodoxe albanaise, de l’Église orthodoxe polonaise, de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Le métropolite Jérémie de Suisse, l’archidiacre Jean Chrissavgis et V. Phidas (Patriarcat de Constantinople) assurent le secrétariat de la commission.

Source

« Le dynamisme démographique de la communauté orthodoxe nécessite de nouveaux lieux de culte, malgré des moyens financiers limités »

1024px-Luxembourg_PalaceLe 18 mars, le sénateur Hervé Maurey a présenté au Sénat un rapport intitulé « Les collectivités territoriales et le financement des lieux de culte ». Le rapport complet est ici en ligne (au format PDF). Une synthèse est proposée là. Un passage du rapport concerne les communautés orthodoxes. On peut le lire en cliquant sur ce lien. Les chiffres avancés concernant le nombre des communautés orthodoxes va de 130 (ministère de l’Intérieur) à 200 (Mgr Nestor de Chersonèse). Dans l’Annuaire 2013-2014 de l’Église orthodoxe de France, publié par le monastère de Cantauque, 220 lieux de culte sont recensés, plus les monastères.

Photographie: le palais du Luxembourg, siège du Sénat (source: Wikipedia)

Document de la conférence des évêques de l’Église orthodoxe russe sur « La participation des fidèles à l’eucharistie »

Du 2 au 3 février s’est réunie la conférences des évêques de l’Église orthodoxe russe en la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. 259 évêques y ont participé avec, à leur tête, le patriarche de Moscou Cyrille. Plusieurs documents ont été approuvés, dont celui que nous publions in extenso ci-après, intitulé « De la participation des fidèles à l’eucharistie ». Ce document donne des directives aux archipasteurs, pasteurs et laïcs de l’Église orthodoxe russe au sujet des différents problèmes liés à la communion et à la préparation à celle-ci.

De la participation des fidèles à l’eucharistie
L’eucharistie est le principal mystère de l’Église, institué par le Seigneur Jésus-Christ à la veille de Ses souffrances salvatrices, de Sa mort sur la Croix et de Sa résurrection. La participation à l’eucharistie et la communion au corps et au sang du Christ constituent un commandement du Sauveur qui, par Ses disciples, a dit à tous les chrétiens : «Prenez, mangez, ceci est mon corps» et «Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance » (Matth. 26, 26-28). L’Église même est le corps du Christ et, pour cette raison, le mystère du corps et du sang du Christ manifeste de façon visible la nature mystique de l’Église, créant la communauté ecclésiale.
La vie spirituelle du chrétien orthodoxe est impensable sans la communion aux saints mystères. En communiant aux saints dons, les fidèles sont sanctifiés par la force de l’Esprit Saint et sont unis avec le Christ Sauveur et les uns avec les autres, constituant ainsi le corps unique du Christ.
Le mystère de l’eucharistie nécessite une préparation particulière. Dans l’Église, le temps même, qu’il s’agisse de celui de la vie humaine ou de l’histoire de toute l’humanité, est l’attente et la préparation à la rencontre avec le Christ, tandis que tout le rythme de la vie liturgique constitue l’attente et la préparation de la divine liturgie et par conséquent de la communion, raison pour laquelle elle est célébrée.

I.
La pratique de la communion et la préparation à celle-ci a changé et a revêtu différentes formes dans l’histoire de l’Eglise.
À l’époque apostolique déjà, la tradition s’est établie dans l’Église de célébrer l’eucharistie chaque dimanche (et si possible, plus souvent ; par exemple le jour de la mémoire des martyrs), afin que les chrétiens puissent demeurer continuellement en communion avec le Christ et aussi les uns avec les autres (cf. par exemple, I Cor. 10, 16-17 ; Actes 2, 46 et 20,7). Tous les membres de la communauté locale participaient à l’eucharistie hebdomadaire et communiaient, tandis que le refus de participer à l’eucharistie sans motifs suffisants était exposé à la réprobation : « Tous les fidèles qui restent dans l’église et entendent les Écritures, mais ne restent pas à la prière et à la sainte communion, doivent être excommuniés, comme causant du désordre dans l’Église » (9ème canon apostolique). La pratique primitive chrétienne de la communion à chaque divine liturgie reste l’idéal pour notre époque aussi, ladite pratique constituant une partie de la tradition de l’Église.
En même temps, la croissance quantitative de l’Église au IIIème et particulièrement au IVème siècle a abouti à des changements, y compris dans la vie liturgique. Avec l’augmentation du nombre de jours dédiés à la mémoire des martyrs et des fêtes, les assemblées eucharistiques ont eu lieu toujours plus souvent, et la présence de chaque chrétien à celles-ci a commencé à être considérée par beaucoup comme souhaitable, mais non obligatoire, de même que la participation à la communion. L’Église a opposé à cela la norme canonique suivante : « Ceux qui viennent à l’église et écoutent la lecture des saints livres, mais ne veulent pas prendre part à la prière liturgique avec le peuple ou, par une sorte d’indiscipline, se détournent de la communion à la sainte eucharistie, qu’ils soient exclus de l’Église, jusqu’à ce que, s’étant confessés et ayant produit des fruits de repentir et demandé le pardon, ils aient ainsi obtenu celui-ci » (2ème canon du concile d’Antioche).
Néanmoins, l’idéal élevé d’être prêt en permanence à recevoir les saints mystères s’est avéré difficilement réalisable pour de nombreux chrétiens. Aussi, déjà dans les œuvres des saints Pères du IVème siècle, on trouve des témoignages au sujet de la coexistence de pratiques différentes concernant le rythme de la communion. C’est ainsi que saint Basile le Grand parle de la communion quatre fois dans la semaine comme d’une norme : « Communier même tous les jours et participer au saint Corps et au précieux Sang du Christ est chose bonne et profitable, car Lui-même dit clairement : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle (…) Nous, cependant, nous communions quatre fois par semaine : le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi, et aussi les autres jours, si l’on y fait mémoire de quelque saint » (Lettre 93).
Moins d’un demi-siècle plus tard, saint Jean Chrysostome remarque que beaucoup – dont des moines et moniales – se sont mis à communier une ou deux fois par an : « Beaucoup, en toute une année, ne participent qu’une fois à ce sacrifice; d’autres, deux fois; d’autres, plusieurs fois. Je m’adresse donc à tous, non seulement à ceux qui sont présents ici, mais encore à ceux qui demeurent dans le désert ; car ceux-ci [également] communient une fois par an, et ce n’est pas rare qu’ils le fassent une fois en deux ans. Quoi donc ? Qui approuverons-nous ? Ceux qui [communient] une fois [l’an], ceux qui communient souvent, ou ceux qui [communient] rarement? Ni les uns, ni les autres, ni les troisièmes, mais ceux-là seuls qui communient avec un cœur pur et une vie irréprochable. Que ces derniers s’approchent toujours [des saints mystères] ; quant à ceux qui ne sont pas tels [ils ne doivent pas communier], pas même une fois [dans l’année] » (Homélie sur l’épître aux Hébreux, 17,4).
Au IVème siècle a été fixée définitivement la norme qui s’était constituée, à l’époque pré-nicéenne, du jeûne eucharistique obligatoire, à savoir l’abstinence totale de nourriture et boisson le jour de la communion jusqu’à la réception des saints mystères du Christ : « Que le saint Mystère de l’autel ne soit accompli que par des hommes à jeun » (41ème canon du Concile de Carthage ; confirmé par le 29ème canon In Trullo). Cependant, à la limite des IVème et Vème siècles, certains chrétiens lièrent la communion non seulement à l’observance de l’abstinence eucharistique avant la Liturgie, mais aussi, selon le témoignage de saint Jean Chrysostome, avec le temps du grand carême. Le saint hiérarque appelle à une communion plus fréquente : « Dites-moi, lorsque vous participez à la communion une fois par an, pensez-vous que quarante jours vous suffisent pour purifier les péchés de toute cette période? Et même encore, à peine une semaine se sera-t-elle écoulée que vous vous livrerez à vos anciens excès! Or, si après quarante jours à peine de convalescence d’une longue maladie, vous vous permettiez sans mesure tous les aliments qui engendrent les maladies, ne perdriez-vous pas votre peine et vos efforts passés? Car si [la santé] physique est réglée ainsi, d’autant plus [la santé] morale ! ( …) Vous accordez quarante jours, peut-être même moins, à la santé de votre âme, et vous croyez avoir apaisé votre Dieu ! (…) Je parle ainsi, non pour vous interdire d’approcher [les saints mystères] une fois par an, mais plutôt parce que je souhaiterais que vous vous en approchiez toujours » (Homélie sur l’épître aux Hébreux, 17,4).
Dans le milieu monastique de Byzance, vers les XIème et XIIème siècles s’est établie la tradition de ne communier qu’après une préparation comprenant le jeûne, l’examen de sa conscience devant le père spirituel du monastère, la récitation d’une règle particulière de prières avant la communion. Cette règle est née et a commencé à se développer précisément à cette époque. C’est vers cette tradition qu’ont commencé à s’orienter également les pieux laïcs, étant donné que la spiritualité monastique, dans l’orthodoxie, a toujours été reçue comme un idéal. Cette tradition est représentée sous sa forme la plus stricte, par exemple, dans les rubriques du Typicon russe (chapitre 32) qui, à la différence du Typicon grec, mentionne le jeûne obligatoire d’une semaine avant la communion.
En 1699, dans la rédaction du liturgicon [služebnik] russe a été incluse une rubrique intitulée « Avis didactique ». Celle-ci comprend aussi, entre autres, une indication sur le délai obligatoire de préparation à la sainte communion, à savoir que, durant les quatre carêmes, tous ceux qui le souhaitent peuvent communier, tandis qu’en dehors de ces périodes il convient de jeûner sept jours, ledit délai pouvant être réduit : « Si donc, en dehors des quatre carêmes habituels, on souhaite s’approcher de la sainte communion, que l’on jeûne sept jours auparavant ; en cas de nécessité, que l’on ne jeûne que trois jours, ou un seul jour ».
En pratique, cette approche extrêmement stricte envers la préparation à la sainte communion, qui avait des côtés spirituels positifs, a néanmoins amené au fait que certains chrétiens ne communiaient pas pendant longtemps, en se référant à la nécessité d’une préparation digne. Contre une telle pratique de communion peu fréquente était dirigée, en partie, la norme de la communion obligatoire de tous les chrétiens de l’Empire russe, au moins une fois par an, contenue dans le « Règlement spirituel » : « Chaque chrétien doit communier souvent à la sainte eucharistie, ne serait-ce qu’une fois par an. Celle-ci constitue notre action de grâces la plus belle envers Dieu pour tant de choses accomplies pour notre salut par la mort du Sauveur… Aussi, si un quelconque chrétien montre qu’il s’éloigne fort de la sainte communion, il manifeste ainsi qu’il n’est pas dans le corps du Christ, c’est-à-dire qu’il ne participe pas à l’Église ».
Au XIXème et début du XXème siècle, les gens pieux aspiraient à communier au moins lors des quatre carêmes. Beaucoup de saints de cette époque, parmi lesquels saint Théophane le Reclus, saint Jean de Cronstadt et d’autres saints appelaient à s’approcher des saints mystères encore plus souvent. Selon les paroles de saint Théophane, « le rythme [de la communion] à raison d’une ou deux fois par mois, est le plus raisonnable», bien qu’on «ne puisse rien dire de désapprobateur» de la communion plus fréquente . Chaque fidèle peut se diriger par les paroles suivantes de ce saint : « Communiez aux saints mystères plus souvent, selon ce que le père spirituel l’autorise, mais efforcez-vous seulement de vous en approcher avec la préparation convenable et, encore plus, avec crainte et tremblement, afin, qu’en s’y habituant, on ne s’en approche pas avec indifférence» .
L’exploit de la confession de la foi de l’Église pendant les années de persécutions du XXème siècle a incité de nombreux prêtres et fidèles à repenser la pratique qui existait précédemment de la communion peu fréquente. Entre autres, en 1931, le Synode patriarcal provisoire, dans son décret du 13 mai, a décidé de «Reconnaître recevable le souhait concernant la possibilité de la communion fréquente des chrétiens orthodoxes et, pour ceux qui sont le plus avancés parmi eux, la communion chaque dimanche».
Actuellement, de nombreux orthodoxes communient bien plus souvent que la majorité des chrétiens dans la Russie prérévolutionnaire. Néanmoins, la pratique de la communion fréquente ne peut être étendue automatiquement à tous les fidèles sans exception, étant donné que la fréquence de la communion dépend directement de l’état spirituel et moral de l’homme afin que, selon les paroles de St Jean Chrysostome, les fidèles s’approchent des saints Mystères « avec une conscience pure, autant que cela nous soit possible » (Contre les Juifs, Discours III, 4).

II.

Les exigences de la préparation à la sainte communion sont définies pour chaque fidèle par les dispositions et les normes ecclésiales, qui sont appliquées par le père spirituel, en tenant compte de la régularité de la communion aux saints mystères, de l’état spirituel, moral et corporel, des circonstances extérieures de la vie telles que, par exemple, celles de la profession, la surcharge due au souci des autres.
Le père spirituel du fidèle est le prêtre chez lequel il se confesse de façon régulière, qui connaît les circonstances de sa vie et son état spirituel. Néanmoins, les fidèles peuvent se confesser chez d’autres prêtres dans le cas d’impossibilité de se confesser à leur père spirituel. S’il n’en a pas, le fidèle doit s’adresser avec ses questions concernant la communion au prêtre de l’église où il souhaite communier.
À l’instar du père spirituel, qui se dirige par les dispositions et les normes ecclésiales et qui, sur leur base, guide le chrétien, le fidèle qui va communier doit, à son tour, avoir conscience que le but de la préparation n’est pas l’accomplissement extérieur de conditions formelles, mais l’acquisition d’un état de repentir pour son âme, le pardon des offenses et la réconciliation avec le prochain, l’union avec le Christ dans les saints mystères. La prière et le jeûne sont appelés à aider celui qui se prépare à la communion et à l’acquisition de cet état intérieur.
En se rappelant des paroles du Sauveur fustigeant ceux qui imposent aux hommes des fardeaux pesants et insupportables (cf. Matth. 23,4), les pères spirituels doivent prendre conscience qu’une sévérité injustifiée, de même qu’une condescendance exagérée peuvent constituer un obstacle à l’union de l’homme avec le Christ Sauveur, lui causer un préjudice spirituel.
La préparation des moines et moniales à la participation au mystère de l’eucharistie est réalisée conformément au Règlement [de l’Église orthodoxe russe] concernant les monastères et le monachisme ainsi qu’aux règles internes des monastères.
1. La pratique du jeûne préparatoire est réglementée par la tradition ascétique de l’Église. Le jeûne, sous la forme d’abstinence de nourriture grasse et de l’éloignement des distractions, accompagné par la prière ardente et le repentir, précède traditionnellement la communion aux saints mystères. La durée et la mesure du jeûne peuvent être différents en fonction de l’état intérieur du chrétien, et aussi des circonstances objectives de sa vie. En partie, en cas de maladies aiguës ou chroniques, exigeant un régime alimentaire particulier, et pour les femmes qui sont enceintes ou allaitent, le jeûne peut être abrégé, allégé ou abrogé. Cela concerne aussi les chrétiens qui, provisoirement ou de façon permanente séjournent dans des foyers ou institutions civils qui offrent la même nourriture pour tous (unités militaires, hôpitaux, internats, écoles spéciales, lieux de détention).
La pratique qui s’est constituée de nos jours, selon laquelle celui qui communie quelques fois dans l’année jeûne trois jours avant la communion, correspond pleinement à la tradition de l’Église. Il convient également de reconnaître comme acceptable la pratique selon laquelle celui qui communie chaque semaine ou quelques fois par mois et qui, ce faisant, observe également les jeûnes et carêmes d’un ou plusieurs jours indiqués par le Typicon, s’approche du saint calice sans jeûne complémentaire, ou en observant un jeûne d’une journée ou encore en jeûnant le soir, la veille de la communion. La décision à ce sujet doit être prise avec la bénédiction du père spirituel. Les exigences de préparation à la sainte communion adressées aux laïcs qui communient souvent concernent également les clercs.
La Semaine lumineuse, celle qui suit la fête de Pâques, constitue un cas particulier pour ce qui concerne la pratique de la préparation à la sainte communion. La norme canonique ancienne sur la participation obligatoire de tous les fidèles à l’eucharistie du dimanche, a été étendue, au VIIème siècle, à la divine liturgie célébrée tous les jours au cours de la Semaine lumineuse : « Depuis le saint jour de la résurrection du Christ notre Dieu jusqu’au Nouveau Dimanche , les fidèles doivent fréquenter toute la semaine les saintes églises, se réjouissant dans le Christ et chantant des psaumes et des cantiques et des chants spirituels, s’appliquant à la lecture des saintes Écritures et faisant leurs délices de la communion aux saints mystères; en effet, nous serons ainsi ressuscités et exaltés avec le Christ » (66ème canon du Concile In Trullo). Il ressort clairement de ce canon que les laïcs sont appelés à communier aux liturgies de la Semaine lumineuse. Étant donné que lors de la Semaine lumineuse, le Typicon ne prévoit pas de jeûne et que ladite semaine est précédée des sept semaines du grand carême et de la Semaine sainte, il convient de reconnaître conforme à la tradition canonique la pratique qui s’est constituée dans de nombreuses paroisses de l’Église orthodoxe russe, selon laquelle les chrétiens qui ont observé le grand carême s’approchent de la sainte communion pendant la Semaine lumineuse, limitant le jeûne à ne pas prendre de nourriture après minuit. Une pratique analogique peut être étendue à la période qui s’étend de la Nativité du Christ jusqu’à la Théophanie. Celui qui se prépare à la communion en ces jours doit, avec une attention particulière, se garder de la consommation immodérée de nourriture et de boisson.

2. Il convient de différencier le jeûne eucharistique dans le sens strict, du jeûne de préparation. Il s’agit dans le premier cas de l’abstinence totale de nourriture et de boisson, à partir de minuit jusqu’à la sainte communion. Ce jeûne est canoniquement obligatoire (cf. le 41ème canon de Carthage cité plus haut). Toutefois, l’exigence de ce jeûne eucharistique n’est pas appliquée aux nourrissons, ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies soudaines ou chroniques, nécessitant la prise systématique de médicaments ou de nourriture (comme par exemple en cas de diabète), et aux mourants. En outre, cette exigence, à la discrétion du père spirituel, peut être atténuée en ce qui concerne les femmes enceintes ou allaitant.

Le droit canon prescrit de s’abstenir des relations conjugales lors de la période de préparation à la sainte communion. Le 5è canon de Timothée d’Alexandrie parle de l’abstinence à la veille de la communion.

L’Église appelle les chrétiens exposés à la nocive habitude du tabagisme d’y renoncer. À ceux qui n’ont pas encore la force de le faire, il appartient de s’abstenir de fumer depuis minuit et, ci cela est possible, depuis le soir, la veille de la communion.

Étant donné que la liturgie des dons présanctifiés est réunie aux vêpres, sa célébration le soir est une norme découlant du Typicon (au demeurant, en pratique, cette liturgie est habituellement célébrée le matin). Conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 28 novembre 1968, « lors de la célébration de la divine liturgie des dons présanctifiés le soir, l’abstinence de nourriture et de boisson pour les communiants ne doit pas être inférieure à six heures, étant toutefois entendu que l’abstinence avant la communion, depuis minuit, au commencement de la journée concernée, est fort louable, et qu’elle peut être observée par ceux qui en ont la force physique ».

Il convient aussi de s’orienter vers une abstinence non inférieure à six heures lors de la préparation à la communion pour la divine liturgie célébrée la nuit (par exemple, pour les fêtes de Pâques ou de la Nativité du Christ).

3. La préparation à la communion consiste non seulement à renoncer à une nourriture définie, mais aussi à une assistance plus fréquente aux offices, ainsi qu’à l’accomplissement de la règle de prière.
Une partie intégrante de la préparation dans la prière à la réception des saints dons, est constituée par l’office de la sainte communion, composé du canon correspondant et des prières. La règle de prière comprend habituellement les canons au Sauveur, à la Mère de Dieu, à l’Ange gardien et encore d’autres prières (cf. « Règle pour ceux qui se préparent à célébrer et ceux qui veulent communier aux saints mystères divins du corps et du sang de notre Seigneur Jésus-Christ », dans le « Psautier complet » . Pendant la Semaine lumineuse, la règle de prière est constituée du canon pascal, ainsi que du canon et des prières de la sainte communion. La règle personnelle de prière doit être accomplie hors de l’office ecclésial, qui présuppose toujours une prière universelle. Une attention pastorale particulière est requise à l’égard des gens dont le cheminement spirituel ne fait que commencer et qui ne sont pas encore habitués à de longues règles de prières, ainsi qu’à l’égard des enfants et des malades. Le « Psautier complet » propose la possibilité de remplacer les canons et les acathistes par la prière de Jésus et les métanies. Dans l’esprit de cette indication, avec la bénédiction du père spirituel, la règle susmentionnée peut être remplacée par d’autres prières.
Étant donné que la liturgie est l’apogée du cercle liturgique entier, la présence aux offices qui la précèdent, en premier lieu les vêpres et les matines (ou les vigiles) constitue une partie importante de la préparation à la réception du saint corps et du saint sang du Christ.
Dans le cas où la personne était absente à l’office du soir la veille de la communion, ou si elle n’a pas accompli la règle de prière dans son intégralité, le père spirituel ou le confesseur doit inciter celle-ci à une préparation minutieuse à la communion, tout prenant en compte les circonstances de sa vie et les causes valables possibles.
En se préparant à la réception des saints mystères du Christ lors de la divine liturgie, les enfants de l’Église doivent venir à l’église au début de l’office. L’arrivée en retard à la divine liturgie constitue une négligence envers le mystère du Corps et du sang du Christ, particulièrement lorsque les fidèles arrivent à l’église après les lectures de l’épitre et de l’Évangile. En cas d’un tel retard, le confesseur ou le père spirituel peut prendre la décision de ne pas permettre à la personne de communier. Une exception peut être faite pour les personnes aux capacités physiques restreintes, les mères qui allaitent, les enfants en bas âge et les adultes qui les accompagnent.
À l’issue de la divine liturgie, le chrétien doit écouter ou lire les prières d’actions de grâces après la sainte communion. Le chrétien doit faire tous les efforts pour que, après avoir rendu grâces au Seigneur dans la prière pour le don reçu, il garde celui-ci dans la paix et la piété, l’amour envers Dieu et le prochain.
Eu égard au lien indissociable entre la communion et la divine liturgie, le clergé ne doit pas tolérer la pratique en vigueur dans certaines églises, consistant à interdire aux fidèles de communier les jours des fêtes de Pâques, de la Nativité du Christ, de la Théophanie, les samedis des défunts [pendant le Grand Carême] et le jour des défunts, le mardi de la deuxième semaine pascale.

III.
Celui qui se prépare à la sainte communion accomplit un examen de sa conscience, ce qui suppose un repentir sincère des péchés commis et leur révélation devant le prêtre lors du mystère de la pénitence. Dans des conditions où beaucoup de ceux qui viennent dans les églises ne sont pas encore suffisamment enracinés dans la vie ecclésiale, moyennant quoi ils ne comprennent pas, parfois, la signification du mystère de l’eucharistie ou n’ont pas conscience des conséquences morales et canoniques de leurs péchés, la confession permet au confesseur de juger de la possibilité de permettre à celui qui se repent d’accéder aux saints mystères du Christ.
Dans des cas individuels, conformément à la pratique qui s’est créée dans de nombreuses paroisses, le père spirituel peut bénir le laïc pour communier au corps et au sang du Christ plusieurs fois au cours de la semaine (par exemple, durant la Semaine sainte et la Semaine lumineuse) sans confession préalable avant chaque communion, sauf dans la situation où celui qui souhaite communier ressent la nécessité de se confesser.
Lorsqu’ils accordent la bénédiction correspondante, les pères spirituels doivent particulièrement se rappeler de leur grande responsabilité envers les âmes des ouailles, qui leur est confiée dans le mystère du sacerdoce.
Dans certaines paroisses se produit une longue attente jusqu’au commencement de la communion des laïcs. La raison en est la longue communion du clergé lors d’offices concélébrés ou les confessions effectuées après le chant de communion. Un tel état de fait doit être considéré comme non souhaitable. Le mystère de la pénitence doit être effectué si possible en dehors de la divine liturgie, afin de ne pas priver celui qui confesse et celui qui se confesse de la pleine participation à la prière eucharistique commune. La confession des fidèles par un prêtre au moment de la lecture de l’Évangile et du canon eucharistique est inacceptable. Il est souhaitable de procéder à la confession de préférence la veille au soir ou avant le commencement de la liturgie. En outre, il est important d’instituer des jours et des horaires fixes dans les paroisses dans lesquelles un prêtre est sans faute présent pour rencontrer ceux qui souhaitent parler à un pasteur.

IV.
Il n’est pas permis de communier dans un état d’emportement, de colère, de péchés non confessés ou d’offenses non pardonnées. Ceux qui osent s’approcher des dons eucharistiques dans une telle situation s’exposent eux-mêmes au jugement de Dieu, selon les paroles de l’apôtre : « Celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts » (1 Cor. 11, 29-30).
En cas de péchés graves, l’application des canons relative à l’excommunication pour de longues périodes (supérieures à un an) ne peut être pratiquée qu’avec la bénédiction de l’évêque diocésain. En cas d’utilisation abusive de sanctions par le prêtre, la question peut être transmise pour examen au tribunal ecclésiastique.
Les canons interdisent aux femmes en période menstruelle de communier (2ème canon de saint Denys d’Alexandrie, 7ème canon de Timothée d’Alexandrie). Exception peut être faite en cas de danger mortel, et aussi lorsque la perte de sang continue pendant une longue période, en raison d’une maladie chronique ou soudaine.
V.
Comme cela est mentionné dans « Les bases de la conception sociale de l’Église orthodoxe russe » (ch. X,2) et dans les décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 28 décembre 1998, l’Église insiste sur la nécessité du mariage religieux, tout en ne privant pas de la communion aux saints mystères les époux vivant en union matrimoniale [civile], conclue en acceptant tous les droits et obligations légales en découlant et qui est reconnue en tant que mariage juridiquement valide, mais qui pour quelques raisons n’a pas été sanctifiée par l’office religieux. Cette mesure d’économie ecclésiale, qui s’appuie sur les paroles du saint apôtre Paul (1 Cor. 7,14) et le 72ème canon du Concile In Trullo, a pour but de faciliter la l participation à la vie de l’Église pour les chrétiens orthodoxes qui se sont mariés avant de participer de façon consciente aux mystères de l’Église. À la différence de la cohabitation lascive, qui constitue un empêchement à la communion, une telle union aux yeux de l’Église se présente comme un mariage légal (à l’exception des cas de « mariages » permis légalement tels que, par exemple, l’union entre parents proches ou la cohabitation de personnes de même sexe reconnus dans certains pays, lesquels sont inacceptables du point de vue de l’Église). Cependant, le devoir des pasteurs est de rappeler aux fidèles de la nécessité non seulement de la conclusion d’un mariage juridiquement valable, mais de la sanctification de celui-ci dans le cadre de l’acte sacré ecclésial.
Doivent être soumis à un examen individuel les cas où des personnes vivent ensemble depuis longtemps, ont souvent des enfants communs, mais ne sont mariés ni ecclésialement ni civilement, l’une des parties à cette cohabitation ne souhaitant ni l’une, ni l’autre forme de mariage. De telles cohabitations sont peccamineuses et leur propagation dans le monde constitue une opposition au dessein divin concernant l’homme, dangereuse pour l’institution du mariage, et elles ne peuvent recevoir aucune reconnaissance de la part de l’Église. Cela dit, le père spirituel, connaissant les circonstances de la vie de la personne concrète, par condescendance à la faiblesse humaine, peut, dans des cas exceptionnels, permettre la communion à la partie qui est consciente du caractère peccamineux d’une telle cohabitation et aspire à conclure un mariage légal. Le concubin à cause duquel le mariage n’est pas conclu, n’est pas admis à la communion. Si ne serait-ce que l’un des deux concubins se trouve marié par ailleurs, les deux parties ne peuvent être admises à la communion sans régularisation canonique de la situation et l’accomplissement d’une nécessaire pénitence.
VI.
La préparation des enfants à la sainte communion a ses spécificités. Sa durée et son contenu sont définis par les parents après avoir consulté le père spirituel et doivent prendre en compte l’âge, l’état de santé et le degré d’ecclésialisation de l’enfant.
Il est nécessaire que les parents qui amènent régulièrement leurs enfants au saint calice, ce qui est bien en soi, s’efforcent à communier avec eux (si cela est impossible que les deux parents communient en même temps, que l’un des deux parents le fassent à tour de rôle). La pratique selon laquelle les parents font communier les enfants, mais s’approchent eux même rarement de la sainte communion, constitue un obstacle au renforcement, dans la conscience des enfant, de la nécessité de participer à la table eucharistique.
La première confession avant la communion, conformément au 18ème canon de Timothée d’Alexandrie, a lieu lorsque l’enfant atteint l’âge de dix ans, mais dans la tradition de l’Église orthodoxe russe, la première confession, en règle générale, s’effectue dès l’âge de sept ans. Ce faisant, l’âge de la première confession et aussi la fréquence de la confession pour l’enfant âgé de sept à dix ans doit être déterminée, dans le cas de la communion chaque dimanche, conjointement par le père spirituel et les parents, en tenant compte des particularités individuelles et du développement de l’enfant, ainsi que de sa compréhension de la vie ecclésiale.
Pour les enfants jusqu’à trois ans, le jeûne eucharistique n’est pas obligatoire. Selon la tradition, dès qu’ils ont atteint l’âge de trois ans, on apprend graduellement aux enfants dans les familles orthodoxes à s’abstenir de nourriture et de boisson avant la communion aux saints mystères. Vers l’âge de sept ans, l’enfant doit s’habituer à communier strictement à jeun. Dès cet âge, on doit apprendre à l’enfant à lire les prières préparatoires à la sainte communion, dont le contenu et l’étendue sont définis par les parents en fonction de l’âge, du développement spirituel et intellectuel de l’enfant.
Les parrains doivent prendre une pleine participation à l’éducation des enfants dans la piété, les incitant notamment à communier régulièrement aux saints mystères du Christ et aidant les parents à les amener au saint calice.

* * *
L’eucharistie est le mystère central de l’Église. La communion régulière est nécessaire à l’homme pour son salut, conformément aux paroles de notre Seigneur Jésus-Christ : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour » (Jn. 6, 53-54).

Source ; Photographie : OrthPhoto.net

Office complet de la sainte grande martyre Barbara, en version slavon-français

En vue de la fête de la sainte grande martyre Barbara, le 17 décembre selon l’ancien calendrier, les Feuillets liturgiques de la cathédrale orthodoxe russe de l’Exaltation de la Sainte-Croix, à Genève, ont mis en ligne l’office complet du jour, que l’on peut consulter sur ce lien. Ledit office, à savoir les grandes vêpres et les matines, est présenté en version bilingue slavon – français. Le texte slavon suit l’office publié en 1893 à Kiev et est complété par d’autres sources.

Source

Version bilingue slavon-français de l’office de l’Entrée au Temple de la très sainte Mère de Dieu

L’Entrée au Temple de la très sainte Mère de Dieu est fêtée le 4 décembre selon l’ancien calendrier. L’office des vêpres et des matines de la fête, en version bilingue slavon-français, est disponible sur le site du diocèse d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières.

La revue officielle de l’Église russe hors-frontières « Tserkovnye Viedomosti » (« Les nouvelles ecclésiastiques ») des années 1922 à 1930 est consultable en ligne

Avec la bénédiction de l’archevêque Michel de Genève et d’Europe occidentale de l’Église russe hors-frontières, le périodique officiel de ladite Église, pour les années 1922 à 1930, est désormais consultable en ligne (en PDF) sur le site de son diocèse d’Europe occidentale. Du 15 mars 1922, date de son premier numéro, jusqu’au 1er septembre 1930, la revue était placée sous la rédaction du chef de la chancellerie du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières E.I.Makharoblidze. « Les nouvelles ecclésiastiques » contiennent de très intéressants matériaux sur l’histoire de l’Église orthodoxe russe hors frontières depuis les premières années de son existence.

Source

« L’acquisition du Saint-Esprit et l’espérance de la résurrection dans les Homélies spirituelles de saint Macaire »

Sur le site de la paroisse des Trois-saints-hiérarques à Metz: cette catéchèse sur "L'acquisition du Saint-Esprit et l'espérance de la résurrection dans les Homélies spirituelles de saint Macaire" (au format pdf), donnée par le père André Jacquemot.

Illustration: saint Macaire le Grand (source)

Office de saint Jean de Changhaï en version bilingue slavon-français

Les « Feuillets liturgiques » de la cathédrale de l’Exaltation de la Croix, à Genève, ont mis en ligne l’office de saint Jean de Changhaï en version bilingue slavon-français sur le site du diocèse d’Europe occidentale de l’Église russe hors-frontières. Le texte slavon est celui qui a été approuvé par la commission liturgique synodale de l’Église orthodoxe russe, en ancienne orthographe et accentué. Rappelons que la mémoire du saint sera commémorée samedi prochain 5 juillet. Ce sera cette année le vingtième anniversaire de sa canonisation.

Mgr Emmanuel : « Le futur de l’Union européenne »

Le 10 juin dernier à Bruxelles, Mgr Emmanuel a été reçu, avec une vingtaine de responsables religieux d’Europe (chrétiens, musulmans, juifs, hindous, sikhs et mormons) par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Herman van Rompuy, président du Conseil européen, et László Surján, vice-président du Parlement européen. C'était la dixième réunion de ce genre. À cette occasion, Mgr Emmanuel a prononcé un discours intitulé « Le futur de l’Union européenne ». Les participants ont échangé des vues sur, entre autres, l'évolution de la société dans et hors de l'Union européenne, sur le rôle de l'Europe dans le monde et dans le voisinage immédiat, et sur la place des religions dans l’Europe. Les participants ont également observé le silence d'une minute à l'égard des victimes de l'attentat tragique dans le musée juif à Bruxelles le 24/05/2014 et ont adopté une déclaration commune concernant Meriam Ibrahim Yahia Ishag, une chrétienne soudanaise condamnée à mort pour apostasie.

Source et photographie : Conseil d'Europe et Metropolegrecque.fr

Le patrimoine de la Russie

publi_review_64_fr_thumb-390--20120926173117Il est possible de consulter en ligne la revue Patrimoine mondial publiée par l'Unesco. Des articles portent régulièrement sur le patrimoine religieux. C'est le cas dans le n°64, consacré au "Patrimoine de la Fédération de Russie" (couverture ci-contre), en ligne ici (éditions anglaise et espagnole) dans lequel l'héritage religieux, notamment architectural et pictural, occupe une partie importante de ce numéro.

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Jovan Nikoloski