23/03/2017
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Site dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto

Un site Internet Musique-orthodoxe.com dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto, vient de voir le jour. Nous vous invitons à lire la présentation du site :
Ce site est conçu en tant que lieu de recherche et d’évaluation du chant traditionnel de l’Eglise russe, qui est aujourd’hui transmis aux fidèles de langues occidentales. Ensuite, ce site se veut être un laboratoire en mode bilingue (éventuellement – multilingue) de partitions, de textes annotés et de réflexions liturgiques et théologiques à partager avec les praticiens actuels du chant liturgique orthodoxe francophone de tradition russe dans nos paroisses. Ce projet se veut enfin être notre réponse particulière aux décisions prises dans le domaine du chant d’Eglise par la Commission compétente du Concile local de l’Eglise russe en 1917-18, dont le centenaire sera célébré plus tard dans l’année.

Les sources du projet, outre l’expérience directe et vécue de la prière chantée de l’Eglise (à l’église de l’Institut Saint Serge, en premier lieu), sont l’Ordo liturgique et le patrimoine musical hérité de nos pères dans la foi qui ont posé les fondations du chant voilà bientôt un siècle en Occident. Les travaux que nous ont laissé le père Alexandre Schmemann pour l’étude historique et théologique de l’Ordo, et le regretté Maxime Kovalevsky pour le traitement liturgique du chant, deux ouvriers exemplaires parmi une ‘nuée de témoins’, nous révèlent l’ampleur et la direction de la tâche qu’ils nous ont léguée à poursuivre.

Ce Site est en phase de construction. Trois domaines principaux y sont répartis : une bibliothèque de musique chorale sur portée moderne, une anthologie avec notation neumatique vocale, une collection d’articles sur divers sujets de musicologie liturgique.

La ressource des partitions musicales est agencée d’après le Calendrier liturgique :

  1. Le cycle journalier comprend les offices des Vêpres, Complies et Matines, éventuellement les petites Heures, dont les textes sont regroupés dans le Livre des Heures.
  2. Le cycle hebdomadaire comprend les jours de la semaine couronnés par dimanche, le Jour du Seigneur, et s’étale sur huit semaines qui englobent les textes des Huit tons traditionnels ; ces textes se trouvent dans le livre de l’Octoèque, souvent édité en deux volumes.
  3. Le cycle pascal est annuel, il est contenu dans les deux livres jumeaux du Pentecostaire et du Triode; les textes sont groupés également en semaines.
  4. Le cycle annuel mensuel est contenu dans les douze volumes des Ménées, plus les ajouts en mémoire des saints canonisés récemment, dont les textes se regroupent d’après l’ordre des jours dans chaque mois.
  5. La divine Liturgie n’est comprise dans aucun cycle, elle offre une image d’éternité et représente le socle des Sacrements. Elle prend également dans son sillage les offices relevant de la personne, tels que les molébènes, les panychides, les funérailles, qui ne sont pas générés par le temps.

Cette répartition sert de Table de matières.

Nous nous efforcerons tous les trois mois de publier des réflexions sur les sujets proposés dans les différentes sections du site sous forme de « billets », afin de renouveler constamment l’intérêt du lecteur et de stimuler un débat parmi les personnes intéressées.

Dans la livraison présente, dans le domaine des Partitions, consultez:

Billet N°2 Partitions, ici sont indiqués quatre types, musicalement distincts, de partitions, dont ‘l’Unisson épais’, forme homophone d’harmonisation à quatre voix des Huit tons traditionnels.
Billet N°3 les Heures, souligne l’importance du cycle journalier liturgique, sous le vocable humoristique de ‘train transporteur’.
Billet N°4 Vêpres, ‘Chant de parole’ aborde la question fondamentale de la nature «mélismatique» du chant d’Église.
Une sélection choisie de partitions dans les cinq domaines hymnographiques des Heures, de l’Octoèque (les Modèles Atextalis des Huit tons en particulier), du Pentecostaire et Triode, des Ménées, de la Divine Liturgie et des sacrements.
Dans le domaine du Solfège, voyez deux documents sur la Notation, et une mélodisation des heirmoi ton 6.

Parmi les Articles vous trouverez une introduction à la spiritualité liturgique (‘Préambule’), deux autres sur le thème du français liturgique, un sommaire des vues sur le chant liturgique du professeur Gardner, et une collection de 9 causeries sur la Liturgie orthodoxe enregistrées à l’intention des Orthodoxes du département, à la RCF (la Radio Chrétienne francophone) en 2007-8.

Prêtre Michel Fortounatto, janvier 2017

La paroisse orthodoxe roumaine de Namur a créé un site internet dédié à la prière continuelle

Un site dédié à la prière continuelle a été créé par le père Ciprian Gradinaru, recteur de la paroisse orthodoxe roumaine de Tous-les-Saints à Vedrin (Belgique). Le site donne des indications sur la « la veillée de la prière», à savoir une chaîne de prière de toute la nuit que le père Ciprian a proposée « à ses fils spirituels pour les aider dans leurs efforts de s’approcher du Christ et les uns des autres ». Cette « chaîne de prière » est inspirée d’exemples historiques comme celui du monastère des « acémètes » (« ceux qui ne dorment jamais », en grec) à Constantinople, où des groupes de moines se succédaient à l’église de telle façon que la prière n’y cessait jamais ou encore, plus récemment, des détenus des prisons communistes en Roumanie, qui se « relayaient » dans la prière : lorsque le dernier de la chambrée finissait la prière, il tapait dans le mur de la cellule voisine jusqu’à ce qu’on lui réponde et confirme que la prière était reprise par l’autre cellule. Guidé notamment par ces exemples, le père Ciprian a constitué auprès de ses paroissiens qui le souhaitaient des « chaînes de prière ». « Concrètement, en commençant de 22 heures jusqu’à 7 heures du matin, une heure à la fois, un membre de la communauté à tour de rôle, prie pendant une heure (bien entendu, chacun chez soi) de la façon qu’il le souhaite, particulièrement avec la prière de Jésus, les psaumes, les prières de l’Église ou celles de son propre cœur. Il prie pour lui-même, sa famille en Christ, pour ceux dont il sait qu’ils souffrent de manière grave ou chronique, etc. Lorsque l’un finit son heure de prière et va dormir, un autre se réveille et veille à ce que la prière ne s’éteigne pas, que la chaîne de la prière ne s’interrompe pas » est-il mentionné sur le site. Toujours selon le site, disponible en roumain, français et anglais, « cette initiative de prière a déjà commencé à porter ses fruits dans de nombreux endroits en Roumanie et à l’étranger, avec la bénédiction de nos pères spirituels et de plusieurs évêques ».

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Parution d’un nouveau répertoire mondial des évêques orthodoxes “Orthodoxia”

Couverture

Le site Internet Religioscope nous apprend qu’une  nouvelle édition, Orthodoxia 2016-2017, vient d’être publiée par l’Institut d’études œcuméniques de la Faculté de théologie (catholique romaine) de l’Université de Fribourg. La première édition d’Orthodoxia était déjà parue en 1982, à l’initiative de l’Ostkirchliches Institut(Regensburg), avec le P. Nikolaus Wyrwoll (un prêtre catholique romain allemand, aujourd’hui installé à Istanbul) comme cheville ouvrière. Religioscope.info souligne avec raison que la situation peu commune de la publication du seul répertoire mondial des évêques orthodoxes : “depuis plus de quarante ans, le seul répertoire mondial des évêques orthodoxes est publié non par une Église orthodoxe ou une association orthodoxe, mais par des personnes et instituts appartenant à l’Église catholique romaine. Un tel cas est sans doute unique en son genre pour une grande confession chrétienne: il est l’illustration des difficultés d’organisation de cette confession à l’échelle panorthodoxe, difficultés dont témoigne également l’absence de certaines Églises — y compris la plus importante, celle de Russie — au concile qui s’achève en Crète. Si des éditeurs catholiques romains n’en assumaient pas la responsabilité, un tel répertoire n’existerait probablement pas.”

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Page exemple d’Orthodoxia

Le répertoire ne se borne pas à indiquer les fonctions occupées par chaque évêque, son siège épiscopal et son adresse: c’est un véritable résumé de sa biographie ecclésiastique que propose aussi chaque notice, de la date de naissance aux ordinations en passant par les titres académiques, comme on peut le voir sur la page témoin ci-contre qui accompagne le présent article, extraite de la section sur le Patriarcat de Roumanie. Quiconque a eu la tâche de réaliser un travail de cette nature, même bien plus modeste, mesure le travail considérable qu’implique non seulement l’établissement, mais aussi la mise à jour régulière.
Pour les personnes qui ne souhaitent pas acheter ce volume, mais désirent accéder occasionnellement à ces informations, signalons que les responsables d’Orthodoxia, conscients du rôle central d’Internet, ont pris l’initiative bienvenue de rendre tout le contenu accessible en ligne. Il peut être consulté à l’adresse: www.orthodoxia.ch. Le système de consultation est efficace et rapide. Cela permettra également des mises à jour régulières, au fur et à mesure que des changements interviendront dans le parcours des évêques. Dans un répertoire de ce genre, un certain nombre d’erreurs sont inévitables: l’existence d’une version en ligne permettra aussi une correction continue.
Il est bon à signaler que me répertoire ne couvre pas seulement les Églises orthodoxes de tradition byzantine, même si elles forment le plus gros du contenu. Il correspond plutôt à la catégorie générale des «Églises orientales» (mais sans les groupes uniates). En effet, à côté des Églises de tradition byzantine, le répertoire contient également la liste des évêques des Églises préchalcédoniennes (arménienne, copte, éthiopienne, érythréenne, syriaque — y compris les deux branches malankares au Kerala, l’une indépendante, l’autre dans la juridiction de l’Église syrienne d’Antioche) et des deux Églises assyriennes (autrefois souvent dénommées «nestoriennes»). Ainsi la notice introductive précise que le manuel n’est pas un répertoire ecclésiologique et ne se prononce pas sur la canonicité des évêques qui y figurent.

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Le concile panorthodoxe mène la vie dure aux médias

TenteSous le titre “Le concile panorthodoxe mène la vie dure aux médias”, le quotidien La Croix révèle que parmi les 140 journalistes accrédités en Crète pour couvrir le Concile panorthodoxe “plusieurs dizaines ont jeté l’éponge suite au renoncement du patriarche de Moscou à venir en Crète, mais aussi en raison d’une organisation compliquée. Dépourvue d’expérience dans ce domaine, l’Église orthodoxe a préféré verrouiller au maximum l’événement, rendant difficile les conditions de travail des journalistes présents.”
Envoyé spécial du journal à Kolymbari, Samuel Lieven écrit :

C’est une vaste tente dressée au pied de l’académie orthodoxe, à quinze mètres d’un rivage crétois de carte postale. Jusque-là, tout va bien. Mais à l’intérieur, les quarante degrés en milieu de journée, l’air conditionné défaillant et la pauvreté des infrastructures ont déjà éprouvé les nerfs des journalistes les plus déterminés à couvrir le « saint et grand » concile, qui se tient depuis lundi 20 juin matin et jusqu’au samedi 25 juin, sous la présidence du patriarche œcuménique Bartholomeos de Constantinople.
L’annonce que le patriarche Kirill de Moscou ne serait pas de la partie avait déjà sérieusement dégonflé l’appétit des rédactions internationales, qui privilégient une lecture politique de l’événement. «
Quant aux envoyés spéciaux à Kolymbari, à l’autre bout de la Crète où se tiennent les sessions du concile, ils ont été confrontés dès l’ouverture à un dispositif de sécurité empêchant tout accès aux 200 métropolites évêques participant au concile. Dûment escortés par groupes de dix, les journalistes n’ont pu pénétrer que trois minutes dans l’hémicycle où le patriarche Bartholomeos prononçait son texte d’ouverture, à peine le temps d’un selfie ou de tourner quelques images…
« Les organisateurs ont commis une grave erreur en verrouillant tout », s’emporte Andromaque Nikoulara, journaliste à la télévision publique grecque, qui n’a pas lésiné sur les moyens en envoyant sur place une équipe nombreuse afin d’assurer une retransmission en direct cinq heures durant. Las. En dehors des preneurs d’image du Patriarcat, aucune autre caméra n’a été admise dans le cénacle.
De public, il n’y en avait pas non plus lors de la célébration de Pentecôte où les primats étaient seuls dans la cathédrale Saint-Mina d’Héraklion. « Quel signal de communion cela envoie-t-il ? De communion avec qui ? », s’interroge un autre journaliste grec.
En cause, une organisation sous-traitée aux relais américains du Patriarcat de Constantinople, incapable d’assurer la tenue d’un tel événement avec ses propres deniers, ou en s’appuyant sur une infrastructure dont il ne dispose pas.

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Photo : La Croix

8e anniversaire de la présence sur l’Internet de l’agence de presse du Patriarcat de Roumanie, Basilica

article-photoHier, l’agence de presse du Patriarcat de Roumanie Basilica a fêté son 8e anniversaire de sa présence sur l’Internet. Plusieurs personnalités ont adressé à cette occasion leurs félicitations, en ligne ici, dont le P. Christophe Levalois pour Orthodoxie.com.

Un film d’archives sur l’église de Sea Cliff (États-Unis) avec saint Jean de Changhaï et d’autres hiérarques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières

Le site du département synodal des œuvres caritatives de l’Église orthodoxe russe a publié l’article suivant sur son site.

Le 2 juillet sera commémoré le 50ème anniversaire du trépas de saint Jean de Changhaï qui se distingua particulièrement par sa miséricorde pendant son ministère épiscopal, visitant les malades, accompagnant les mourants et consolant les souffrants. En vue de cette commémoration, les paroissiens de l’église Saint-Séraphin de Sarov à Sea Cliff aux États-Unis ont publié des images filmées lors de la célébration du saint hiérarque Jean dans leur paroisse. Cette chronique cinématographique se trouvait dans les archives paroissiales. C’est ainsi que l’on peut voir en vidéo (à la fin du film) saint Jean, alors qu’il bénissait l’assistance. Il est rare de voir ainsi l’icône vivante d’un saint. Outre saint Jean de Changhaï, on peut voir encore sur ce film le métropolite Anastase (Gribanovsky, +1965), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le père Mitrophane (Znosko-Borovsky, +2002), qui devint par la suite évêque de Boston, l’archiprêtre Doumsky, le premier recteur de la paroisse, l’archevêque Averky (Taouchev +1976), recteur du monastère et séminaire de Jordanville, le hiérodiacre Laur (Škurla +2008), futur primat de l’Église russe hors-frontières. On peut visionner ici le film, qui commence par la construction de l’église de Sea Cliff, puis continue avec la pose de la première pierre, la dédicace de l’édifice et la célébration par les hiérarques mentionnés.

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Un guide en ligne sur les monastères de l’Église orthodoxe de Moldavie (Chişinău)

Le site de l’Église orthodoxe de Moldavie a mis en ligne un guide (en roumain) présentant les monastères et les skites de la République de Moldavie. En cliquant sur MĂNĂSTIRI ȘI SCHITURI VECHI (monastères et skites anciens), on obtient la liste des monastères, et en cliquant sur chacun de ceux-ci, on peut voir des photos et un historique. La structure est la même pour MĂNĂSTIRI ȘI SCHITURI NOI (monastères et skites nouveaux). Ce guide électronique montre la vitalité de la vie monastique orthodoxe dans le pays. Le tout est accompagné d’une carte qui permet de localiser les monastères.

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Les persécutions contre l’Eglise orthodoxe en URSS

Jamais, dans l’histoire de l’Eglise universelle, une persécution ne fut aussi importante, étendue dans l’espace et le temps et ininterrompue que celle qui sévit en URSS au XXe siècle. Les persécutions des trois premiers siècles de la chrétienté avaient un caractère local et ne duraient que quelques années. Même la persécution la plus terrible, sous Dioclétien et ses successeurs, qui commença en 303, n’aura duré que 8 ans.

En 1917-18, pendant une période difficile pour la Russie (Première Guerre mondiale, révolution russe), se réunit à Moscou le concile de l’Eglise orthodoxe russe, durant lequel le Patriarcat fut restauré après une période de trois cents ans. Le métropolite Tikhon fut élu patriarche de Moscou et de toutes les Russies. A cette époque, on comptait en Russie environ 60 mille églises et 117 millions d’orthodoxes répartis en 73 diocèses.

LA PREMIERE VAGUE DE PERSECUTIONS (1917–1920). 
Prise du pouvoir, pillage massif des églises, exécution des clercs.

Les persécutions contre l’Eglise orthodoxe russe ont commencé au moment de la révolution de février 1917, avant l’arrivée des bolcheviques au pouvoir. L’une des actions anticléricales les plus significatives du gouvernement temporaire fut la suppression du pouvoir canonique des évêques dans leurs diocèses, puisque tout le pouvoir de l’église se transmettait de facto par les conseils diocésains, et la confiscation de toutes les écoles de paroisse de l’Eglise russe orthodoxe. Cependant, les persécutions contre l’Eglise orthodoxe russe n’atteignent de véritable envergure qu’après les bouleversements de 1917.

L’un des premiers décrets du pouvoir soviétique fut celui du 20 janvier 1918, entérinant la séparation d’entre l’Eglise et l’Etat et confisquant à l’Eglise tous ses biens : capitaux, terres, bâtiments, églises. Conséquence de ce décret : en 1918, on ferma les institutions spirituelles pédagogiques, dont les écoles diocésaines et les églises rattachées, on supprima les formations spirituelles, l’activité scientifique religieuse et éditoriale. Conformément à ce décret, il fut interdit d’enseigner le catéchisme à l’école, ce qui provoqua le mécontentement du peuple. Par exemple, dans la province de Kazan, un congrès paysan avait déclaré obligatoire l’enseignement du catéchisme dans les écoles. 14000 travailleurs de Kazan s’adressèrent au commissaire de l’éducation populaire pour exiger de conserver l’enseignement du catéchisme dans les écoles. De semblables réunions eurent lieu dans les provinces d’Orenbourg, Vladimir, Riazan, Tambov, Simbir, ainsi que dans certains établissements de Moscou. Aucune de ces demandes émanant du peuple ne fut satisfaite.

Les bolcheviques avaient une haine extrême et irrationnelle pour l’orthodoxie. Armés jusqu’au dents, les révolutionnaires se ruaient dans les églises, volaient les objets précieux, profanaient les saints dons et l’Évangile, torturaient et assassinaient sauvagement les prêtres, violaient et tuaient les moniales. Cette attitude des bolcheviques est clairement exprimée dans une lettre de Lénine du 19 mars 1922 : « la confiscation des objets précieux, surtout dans les laures, les monastères et les églises les plus riches, doit être opérée sans pitié, avec une fermeté sans faille et intraitable, et dans un délai le plus court possible. Plus nous pourrons exécuter de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et de prêtres réactionnaires à cette occasion, mieux ce sera ». En réaction, un message de sa sainteté le patriarche Tikhon, fut publié le 1er février 1918, proclamant anathème tous ceux qui versaient un sang innocent.

La triste liste des membres du clergé martyrisés par les bolcheviques commence avec le protoprêtre Ioann Kochurov, le 31 octobre 1917, durant la semaine qui suivit les bouleversements d’Octobre. Ensuite, les arrestations et les exécutions se suivent presque sans interruption. Voici quelques actes malveillants. Le 7 février 1918, le métropolite Vladimir de Kiev et de Galicie fut exécuté. Le 29 juin de la même année, Mgr Hermogène, évêque de Tobolsk et de Sibirsk fut noyé par les bolchéviques, avec une pierre attachée autour du cou. Une délégation de paroissiens venus demander la libération de leur évêque au conseil local connut le même sort. Le 8 février 1918, une procession de Croix fut fusillée à Voronej. Des dizaines de personnes furent tuées. La nuit de Pâques 1918, dans le village cosaque de Nezamaev ??, on enterra vivant le prêtre Ioann Prigorovski après lui avoir préalablement crevé les yeux, coupé la langue et les oreilles. En octobre 1918, les bolcheviques pillèrent le monastère Saint Nicolas de Belogorsk. Les moniales furent soit fusillées, soit jetées dans une fosse et ensevelies sous les ordures, soit envoyées en convoi à Perm aux travaux forcés. Le 24 décembre 1918, Mgr Théophane, évêque de Solikamsk, fut martyrisé : on le plongea dans l’eau glacée jusqu’à ce qu’il en meurt de glaçage. La même année, le 16 juillet, l’empereur Nicolas II fut fusillé avec la famille impériale.

Le 14 février 1919 fut publiée la décision du commissaire du peuple de disséquer les reliques, ce qui provoqua des outrages massifs contre les reliques de saints en 1919 et dans les années qui suivirent.

La première vague de persécution emporta plus de 15000 vies pour les seules années de 1918-19 (ligne du bas, voir le dessin). Le nombre total des répressions est d’environ 20000 (ligne du haut). Presque tous les conflits et les arrestations se terminaient par une exécution.

DEUXIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1921–1923).
Confiscation des biens d’église, sous prétexte de venir en aide aux victimes de la famine près de la Volga.

Dans la deuxième moitié de l’année 1921, le pays subit la famine. En mai 1922, dans 34 provinces de Russie, environ 20 millions de personnes souffraient de la faim. Près d’un million en mourut. Le patriarche Tikhon fut l’un des premiers à réagir devant le malheur qui frappait peuple et, dès le mois d’août 1921, il adressa aux fidèles, aux patriarches orientaux, au pape de Rome, à l’archevêque de Canterbury et à l’évêque de New York un message dans lequel il demandait d’aider le pays mourrant de faim. Au même moment, il fonda un comité russe d’aide aux affamés, qui fut fermé par les autorités au bout d’une semaine. En février 1922, un décret soviétique sur la confiscation des biens d’église fut publié. Lénine enjoignit Trotski (Bronstein) de diriger secrètement les persécution avec cet ordre : « plus nous fusillerons de clercs, mieux ce sera » (Lettre du 19 mars 1922). Pourtant, malgré le chaos et la famine, cette confiscation rencontra une résistance farouche parmi le peuple, avec de nombreux sacrifices lors des incursions dans les églises. Pour la seule période de 1922-23, on enregistra 1414 affrontements entre les autorités et les fidèles. Or, les objets pris par la force dans les églises ne servirent pas du tout à nourrir les affamés mais plutôt à consolider le régime et à financer la révolution mondiale. Par exemple, le gouvernement versa 5 millions de marks pour les besoins des compatriotes vivant en Allemagne ; un million de roubles or fut dédié au développement de la révolution en Turquie et le budget du Komintern reçut en tout plus de 5.5 millions de roubles or, tandis qu’1 seul rouble or seulement servit à acheter des vivres pour les victimes de la famine.

Suite à la confiscation des biens d’église, Lénine proposa quelques actions devant se terminer par une exécution par fusillade. Dans une série de villes, des simulacres de procès contre les prêtres sont organisés. Par exemple, à Petrograd, plus de 80 accusés, quatre sentences de mort, à Moscou, 54 accusés, 11 exécutés. En mai 1922, le patriarche Tikhon fut arrêté et en juillet, le métropolite Benjamin fut «jugé » et fusillé.

La deuxième vague de persécutions provoqua près de 20000 répressions et l’exécution par fusillade d’environ 1000 personnes. Les bolcheviques donnaient une image d’équité : à la différence de la justice sommaire de 1918, ils organisaient des procès par l’exemple.

TROISIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1923–28).
Avec l’aide de la Guépéou, création du schisme rénovationiste afin de détruire l’Eglise de l’intérieur.

En avril 1922, la Guépéou publia ses instructions pour l’organisation d’une réunion du « groupe du clergé moscovite d’opposition ». Un conseil des représentants de la Guépéou et du « clergé révolutionnaire » se réunit bientôt dans l’appartement du prêtre S. Kalinovski. L’accord fut unanime pour lutter contre le patriarche et les institutions patriarcales. « La confiscation des biens d’église fut un instrument des plus efficaces pour la formation de groupes rénovationistes anti-Tikhon, d’abord à Moscou, ensuite dans toute l’URSS», écrit Toutchkov, chef de la 6e division du département des Affaires Secrètes de la Guépéou.

C’est à ce moment là qu’eut lieu la restauration massive d’icônes domestiques et de coupoles d’églises. Le Seigneur fortifiait son troupeau… Lors de la restauration des icônes, celles-ci irradiaient une lumière aveuglante.

En avril 1923, on prépara le jugement et l’exécution du Patriarche Tikhon. Cependant, celui-ci fut reporté en raison d’une note de Dzerjinski au Bureau des Affaires Politiques : « …il est indispensable de reporter le procès de Tikhon en raison de la propagande à l’étranger ». On convoque alors le premier « concile » des rénovationistes, qui décida de priver le patriarche Tikhon du sacerdoce et de la tonsure monastique et d’instaurer un épiscopat d’hommes mariés, d’autoriser les prêtres à se remarier, et de passer au calendrier nouveau style (grégorien au lieu de julien). Fin avril, lorsqu’il fut libéré de prison, le principal souci du patriarche Tikhon fut de lutter contre le schisme rénovationiste. On prépara un nouveau procès contre le patriarche Tikhon mais il ne put aboutir en raison de la mort du patriarche le 7 avril 1925. Le patriarche Tikhon laissait derrière lui quelques candidats potentiels à la chaire patriarcale, dont le premier était le Métropolite Pierre (Polianski) de Krutitskoe, qui fut arrêté et mis en prison. Après la mort du patriarche, la Guépéou procéda à l’organisation du nouveau schisme : on arrêta les évêques, les prêtres et les laïcs qui avaient aidé d’une façon ou d’une autre le métropolite Pierre à diriger l’Eglise.

Dans le but de parvenir à « la déchristianisation complète du pays » et de « supprimer tous les restes de l’ancien régime », le gouvernement soviétique accorda une attention particulière au travail de propagande antireligieuse. Emelian Mikhailovich Iaroslavski (de son vrai nom Mikhei Izrailevitch Gubelman) fut chargé de cette politique. En 1921, Iaroslavski participe activement à la création du journal appelé « Athée », qui tourne en dérision le sentiment religieux. La « Société des amis du journal athée » est créée sur son initiative en 1924 à Moscou. En 1925, est fastueusement rebaptisée « Union des Athées », puis, quelque temps plus tard, « Union des Athées militants ». Les salariés des instituions et entreprises de l’Union des Athées recevaient le statut de fonctionnaires. On fonda aussi, sur l’initiative de Iaroslavski , l’association des Jeunes athées militants de l’URSS. En 1929, il y avait plus d’un million de jeunes athées.

Le 29 avril 1927 une déclaration est publiée par le représentant du locum tenens du patriarche, le métropolite Serge (Stargorodski), tentant de trouver un compromis avec le pouvoir athée («Nous voulons… reconnaître l’Union Soviétique comme notre patrie, dont les joies et les succès sont aussi les nôtres ».)

Le nombre des répressions des années 1923–1928 correspond à un tiers des répressions de 1922. Les bolcheviques ne se décident pas à mener le procès et l’exécution du patriarche Tikhon, prévu le 11 avril 1923. De nombreux évêques sont arrêtés et déportés, on se bat pour chaque église. La laure de la Trinité Saint Serge est fermée. Les rénovationistes instaurent l’épiscopat d’hommes mariés. En 1925, avec l’aide de la Guépéou, le nombre d’églises et de diocèses rénovationistes atteint quasiment celui des orthodoxes, mais leurs églises sont vides. Le peuple ne fréquente pas les églises de l’ « Eglise vivante » où célèbrent les rénovationistes. La Guépéou fait pression sur les héritiers du patriarche Tikhon et sur tous les prêtres qui le suivent. En 1928, malgré la déclaration du métropolite Serge, les persécutions s’intensifient.

TROISIEME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1929–1933).
« Dékoulakisation » et collectivisation.

En 1928, les autorités préparèrent la déportation massive des chrétiens dont la majorité étaient orthodoxes gardant un mode de vie traditionnel et religieux. Le 24 janvier 1929, le Comité central du parti communiste adopta un décret préparé par Kaganovitch et Iaroslavski : “Mesures de renforcement du travail antireligieux ” qui entérinait le début d’une suite d’arrestations massives de prêtres et de laïcs, et la fermeture d’églises.

Les persécutions commencèrent en 1929 et durèrent jusqu’en 1933. De nombreux prêtres furent arrêtés à cette période et envoyés dans les camps, beaucoup acceptèrent de mourir en martyrs. Pour la période de 1929 à 1933, on compte près de 60 000 arrestations et 5000 exécutions de prêtres.

Dans une interview datant du 2 février 1930 du métropolite Serge, représentant du locum tenens du patriarche, on peut lire qu’ « il n’y a pas de persécution contre l’Eglise ».

Le 5 décembre 1931, l’église du Christ Sauveur, construite entre 1837 et 1883 avec l’argent du peuple russe en souvenir de la victoire de 1812 contre les armées napoléoniennes fut dynamitée. A sa place on planifia de construire le palais des Soviets, mais les fondations ne cessaient de s’effondrer (alors que l’Eglise du Christ Sauveur n’avait pas eu ce problème). On décida d’y aménager une piscine, dans laquelle se noyèrent beaucoup de nageurs.

En 1935, le Comité central tira les conclusions de la campagne antireligieuse menée dans les années précédentes. Dans l’un de ces documents les persécuteurs sont forcés de reconnaître l’immense force de l’Eglise orthodoxe russe qui lui avait permis, malgré l’oppression continuelle du gouvernement, les arrestations, les exécutions, la fermeture des églises et des monastères, la collectivisation qui avaient supprimé une partie importante de laïcs actifs, de conserver la moitié de ses paroisses.

Malgré des persécutions comparables, par leur intensité, à celles de 1922, lors du recensement de 1937, un tiers de la population citadine et les deux tiers de la population rurale se déclarèrent orthodoxes, c’est-à-dire la moitié de la population de l’URSS.

QUATRIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1937–38).
Les années de la terreur. Tentative de supprimer tous les croyants (Rénovationistes compris).

Dans ce document, l’échec de l’établissement du socialisme athée dans le pays devint évident pour Staline. Il devint clair qu’il fallait mener une nouvelle persécution, sanglante et sans pitié, et une guerre inédite contre le peuple, qui ne devait pas mener les insoumis aux camps ni aux travaux forcés, mais aux sentences d’exécution et de mort. Ainsi commença une persécution d’un nouveau genre, qui devait briser physiquement l’orthodoxie.

Selon les données de la Commission de réhabilitation des victimes de la répression de 1937, 136 900 prêtres orthodoxes furent arrêtés, dont 85 300 d’entre eux furent exécutés. En 1938, 28 300 furent arrêtés, dont 21 500 fusillés. En 1939, 1500 furent arrêtés dont 900 furent fusillés. En 1940, 5100 furent arrêtés dont 1100 furent fusillés. En 1941, 4000 furent arrêtés, dont 1900 furent fusillés. Le 10 octobre 1937, le métropolite Pierre, locum tenens du patriarche, fut exécuté après 8 ans de prison en cellule solitaire.

Après deux ans de persécutions, 1937-38, de 25 000 églises en Russie soviétique, il n’en restait que 1277. 1744 églises se retrouvèrent sur le territoire de l’Union Soviétique après l’annexion des territoires de l’Ukraine de l’Ouest, de la Biélorussie et de la Baltique. En 1937, le président de l’Union des Athées militants, Em. Iaroslavski annonca qu’ il n’y avait plus de monastères dans le pays.

On peut affirmer avec certitude que les persécutions qui accablèrent l’Eglise orthodoxe russe à la fin des années trente furent exceptionnelles par leur envergure et leur cruauté, non seulement dans l’histoire de l’Eglise orthodoxe russe, mais dans l’histoire mondiale. En 1938, le pouvoir soviétique achevait une période de vingt ans de persécutions, au bout de laquelle le résultat de ce processus de destruction était irréversible. Si les églises qui avaient été détruites ou transformées en dépôt pouvaient à l’avenir être reconstruites ou restaurées, les centaines d’évêques, des dizaines de milliers de prêtres et des centaines de milliers de laïcs avaient été exécutés et cette perte était irréparable. Les conséquences de ces persécutions se font sentir encore aujourd’hui. L’exécution d’une quantité innombrable d’évêques, de pasteurs lettrés et savants, et d’ascètes fit dégringoler le niveau moral de la société. On retira au peuple le sel qui l’avait « salé » dans une situation de décomposition alarmante. Or, les autorités ne n’avaient pas l’intention de faire cesser le processus de fermeture des églises. Il se poursuivit et nul ne sait jusqu’où il serait allé si la Seconde Guerre mondiale n’avait éclaté.

CINQUIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1939–1952).
Deuxième guerre mondiale. Persécutions dans les régions annexées et libérées.

En 1939, tous les monastères avaient été fermés (en 1917 ils étaient plus de mille) ainsi que plus de 60 000 églises. L’office n’était célébré que dans une centaine d’églises. En 1939-1940, la Baltique fut annexée à l’URSS, ainsi que les régions de l’ouest de l’Ukraine et de la Biélorussie, le nord de la Bukhovine et de la Bessarabie. L’URSS compta de nouveau une grande quantité d’églises et de monastères orthodoxes.

Le 22 juin 1941, l’Allemagne déclara la guerre à l’URSS. Pourtant, ni le début de la guerre, ni la défaite des premiers mois, ni la perte de grands territoires au profit de l’ennemi ne changèrent l’attitude hostile du gouvernement envers l’Eglise orthodoxe russe et ne conduisirent les autorités à faire cesser les persécutions. Les autorités ne modifièrent leur position que lorsqu’elles apprirent que les Allemands avaient permis la réouverture de 3732 églises sur les territoires occupés, c’est-à-dire plus que dans toute l’URSS.

Le 4 septembre 1943, Staline rencontra le métropolite Serge, locum tenens du patriarche, et les métropolites Alexis et Nicolas. Quatre jours plus tard, on réunit le concile des évêques et le métropolite Serge fut élevé au rang de patriarche. On permit à l’Eglise d’ouvrir des séminaires, de publier des magazines etc. Toutefois, pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale, les arrestations de prêtres continuèrent. En 1943, on arrêta plus de mille prêtres orthodoxes, dont 500 furent fusillés. En 1944-46, plus de 100 personnes furent condamnées à mort.

Selon le rapport du Conseil des affaires de l’église orthodoxe russe de 1946, « au 1er janvier 1947, 13 813 églises orthodoxes et maisons de prière sont en activité». Dans une note explicative, deux ans plus tard : « Au 1er janvier 1948, il y avait en URSS 14 329 églises et maisons de prière en activité » ; et «…La quantité d’églises en RSS d’Ukraine représente 78.3 % de leur nombre en 1914 contre 5.4% en RSFSR.».

Après la guerre il y eut des sursauts de répression. D’après le rapport du ministre MGB Abakumov, « du 1er janvier 1947 au 1er juin 1948, 679 prêtres orthodoxes furent arrêtés pour activité subversive». Selon le rapport du Goulag, au 1er octobre 1949, il y avait 3 523 prêtres dans l’ensemble des camps.

En octobre 1948, le président du Conseil aux affaires de l’Eglise orthodoxe russe demanda au patriarche Alexis d’ « imaginer une série de conditions limitant l’activité de l’Eglise à ses églises et ses paroisses ». Les multiples tentatives du premier hiérarque de rencontrer Staline se soldèrent par un échec. Ce qui était permis à l’Eglise dans le cadre de son activité devint interdit : les processions – sauf pour Pâques -, les voyages du clergé dans les localités pour rendre visite à leurs fidèles, et il fut interdit aux prêtres d’avoir la charge de plusieurs églises (sachant qu’une église sans prêtre risquait d’être fermée). Les autorités modifiaient sans cesse la forme des persécutions menées contre l’Eglise. En 1951, l’impôt sur les paroisses fut augmenté : on exigea le paiement de cet impôt pour les deux années précédentes.

Le processus de fermeture des églises se poursuivait. Au 1er janvier 1952, on comptait 13 786 églises, dont 120 n’étaient pas en activité puisqu’elles étaient utilisées comme grenier à blé. Dans la seule région de Koursk, lors des récoles, 40 églises en activités furent remplies de grain. La quantité de prêtres et de diacres fut réduite à 12 254. Il restait 62 monastères, mais on en ferma 8 en 1951.

SIXIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS, Khrouchtchev etc.
Étouffementde l’Eglise et poursuite des croyants.

Le 7 juillet 1954, sur l’ordre de Khrouchtchev, on prépara la décision du Comité central concernant «Les grandes lacunes de la propagande athéiste scientifique et les mesures nécessaires à son amélioration ». On y critiquait la politique menée par Staline envers l’Eglise. Une propagande athéiste massive commença, avec de nouvelles persécutions contre l’Eglise.

Un coup fut porté contre les institutions pédagogiques religieuses. En 1958, les 8 séminaires et les 2 académies comptaient 1200 étudiants, sans compter les 500 auditeurs libres. Les autorités prirent des mesures très fermes pour empêcher que les jeunes n’entrent dans les institutions religieuses. En octobre 1962, le Conseil des affaires de l’Eglise orthodoxe russe annonça au Comité central que sur 560 jeunes demandant leur admission dans les séminaires en 1961-62, 490 avaient retiré leur demande, ce qui témoignait d’un « travail personnalisé » avec eux. Beaucoup de séminaires furent fermés (Kiev, Saratov, Stavropol, Minsk, Volyn). A l’automne 1964, le nombre d’étudiants avait diminué de plus de la moitié en comparaison avec 1958. 411 personnes étudiaient dans 3 séminaires et 2 académies, avec 334 auditeurs libres.

Voyant la tournure que prenait cette nouvelle vague de persécutions, le patriarche Alexis tenta de rencontrer le premier secrétaire du Comité central, N.S. Khrouchtchev, afin de discuter des problèmes de la relation entre l’Eglise et l’Etat, mais cette tentative se solda par un échec.

En 1959, les autorités supprimèrent des lises 364 communautés orthodoxes. En 1960 : 1398. En 1961, 1390. En 1962, 1585.

En 1961, sous la pression des autorités, le Saint Synode entérina le décret sur « Les mesures de renforcement de la vie paroissiale » qui fut ensuite accepté par le concile épiscopal. Dans la pratique, la mise en place de ces réformes conduisit à l’éloignement du curé de la direction des activités paroissiales. Les marguilliers devinrent les maîtres de la vie pratique des paroisses, et les candidatures à cette fonction étaient obligatoirement être acceptées par les comités soviétiques locaux.

En 1962, on mit en place un contrôle strict des sacrements du baptême, du mariage et des enterrements. Ceux-ci devaient être inscrits dans les registres avec le nom de famille, les données du passeport et l’adresse des participants, ce qui conduisait à leur poursuite.

En août 1962, le Conseil des affaires de l’Eglise orthodoxe russe annonça au comité central, que depuis janvier 1960, le nombre d’églises avait diminué de plus de 30%, et qu’il y avait 2.5 fois moins de monastères, tandis que le nombre de plaintes contre les pouvoirs locaux avait augmenté. Dans beaucoup de cas, les fidèles résistaient aux autorités. Dans la ville de Klintsy, dans la région de Briansk, une foule d’un milliers de personnes empêcha de retirer les croix d’une église fermée peu de temps auparavant. On appela des droujinnik pour calmer la foule avec un détachement militaire armé de mitraillettes. Lors de la tentative de fermer la Laure de Potchaev, grâce à leur résistance opiniâtre, les moines et les fidèles réussirent à empêcher la fermeture du couvent. Le 6 juillet 1962, parurent deux décisions du comité central, appelant à instaurer des mesures drastiques pour empêcher la diffusion d’idées religieuses parmi les enfants et les jeunes. On proposa de priver les parents de leur droit sur leur enfant s’ils l’éduquaient dans un esprit religieux. On convoqua les parents dans les écoles et les postes de police, exigeant d’eux qu’ils n’emmènent pas leurs enfants à l’église, les menaçant de placer leurs enfants de force dans des internats.

Durant les 8 premiers mois de 1963, 310 communautés orthodoxes furent rayées de la liste. La même année, la laure des Grottes de Kiev fut fermée. Entre 1961 et 1964, 1234 personnes furent jugées sur des motifs religieux et condamnées à différentes peines ou déportées.
Au 1er janvier 1966, l’Eglise orthodoxe russe n’avait plus que 7523 églises et 16 monastères.

En 1971, le nombre de paroisses se réduisit à 7274.

En 1967, l’Eglise orthodoxe russe avait 6694 prêtres et 653 diacres. En 1971, elle ne comptait plus que 6234 prêtres et 618 diacres.

Au début du XXe siècle l’Eglise orthodoxe russe comptait 2500 saints, dont 450 saints russes. Les martyrs et saints confesseurs donnés par l’Eglise russe au XXe siècle se comptent en dizaines de milliers. En janvier 2004, l’Eglise orthodoxe russe a proclamé 1420 canonisations de nouveaux martyrs et confesseurs. Leur nombre augmente à chaque réunion du Saint-Synode. Ainsi, l’Eglise orthodoxe russe est devenue l’Eglise des nouveaux martyrs russes.

A la fin du IIe siècle, on attribue ces paroles à l’apologète chrétien Tertullien : « Le sang des martyrs est la semence du christianisme ». Le XXe siècle a abondamment répandu ces semences sur la terre russe, qui en recevra la grâce au centuple !

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Les diocèses de la métropole d’Asie centrale de l’Église orthodoxe russe ont créé une chaîne YouTube

Avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille et du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, les diocèses de la métropole d’Asie centrale de ladite Église ont annoncé le lancement officiel d’un projet commun unique pour la région, à savoir la création d’une chaîne YouTube constituée de films vidéos pour la jeunesse orthodoxe, intitulée « Vostok Svyche » [« L’Orient venu des hauteurs », désignation du Christ dans l’office orthodoxe de la Nativité]. Les personnes visées par le site sont les jeunes de 16 à 35 ans, les Russes vivant en Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan et Kirghizie. On part du principe que les émissions présenteront également de l’intérêt pour un public plus âgé, ainsi que pour tous ceux qui ne sont indifférents à la vie de l’Église orthodoxe russe en Asie centrale. Les services de presse des diocèses faisant partie de la métropole ont élaboré le contenu des films en fonction des intérêts des spectateurs. Actuellement, des listes de sélections de programmes des diocèses de Tachkent et d’Ouzbékistan, de Douchanbé et de Tadjikistan, et de Bichkek et de Kirghizie, ont été créées. Le doyenné patriarcal des paroisses de l’Église orthodoxe russe fera parvenir prochainement ses propositions de films. Les diocèses de la métropole, dans leur aspiration à être plus proches des gens, en particulier de la jeunesse, à côté des sites diocésains, ont ouvert leurs pages sur les réseaux sociaux, sur lesquels sont placées les informations et les annonces les plus intéressantes. Les fidèles montrent un intérêt à être informés des événements des diocèses de la métropole. La chaîne YouTube « Vostok Svyche » constitue une bonne contribution à la propagation de la parole de Dieu, est-il dit dans la communication du diocèse métropolitain d’Asie centrale.

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Le département de la jeunesse de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) a lancé un nouveau projet numérique intitulé « Les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche »

Le département de la jeunesse, des jeunes adultes et du ministère auprès des cités universitaires, a lancé un nouveau projet numérique intitulé « Les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche ». Ce projet met l’accent sur les vies de certains saints qui sont moins connus. « Les vies de nos saints sont une ressource incroyable pour nous tous, démontrant la prédication continuelle de l’Évangile à travers l’histoire et nous encourageant au travail missionnaire, à une prière plus profonde et aux actes de charité par leurs exemples » a déclaré André Boyd, directeur de la jeunesse de l’OCA. « Par le lancement du programme « les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche » nous espérons présenter ces saints d’une façon qui est plus facile à partager sur les réseaux sociaux et autres moyens numériques, les rendant plus accessibles à la jeunesse et aux jeunes adultes ».

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Un site sur l’histoire de la paroisse de la Sainte-Trinité à Vanves

Un site qui retrace l’histoire de la paroisse de la Sainte-Trinité à Vanves vient d’être mis en ligne. Fondée en 1935 par l’archimandrite Stéphane (Svetozarov) (1890-1969), la paroisse devient un centre spirituel important grâce à la présence de l’archimandrite Serge (Chévitch), qui en est responsable de 1945 à 1987.  Son fils spirituel le plus célèbre est le moine Grégoire (Kroug) dont le travail d’iconographe parvint, grâce à l’aide du père Serge, à un niveau rarement atteint dans l’histoire de l’Église. Vous y trouverez les icônes conservées à l’église à la page « Icônes ». Vous y trouverez aussi, entre autres, une copie d’une lettre inédite de saint Silouane de l’Athos, une copie originale d’un certain nombre d’œuvres de Mère Marie Skobstsov, récemment canonisée par le Patriarcat de Constantinople, tantôt tapées à la machine, tantôt rédigées de la main de sa mère, Sophia Borissovna Pilenko, dont on trouvera la liste manuscrite. Les autres personnalités marquantes ne sont pas oubliés.

Un site orthodoxe russe destiné aux parents dont l’enfant est décédé a été créé sur Internet

Un site Internet orthodoxe russe a été récemment créé sous le nom de « Nos anges ». Il est destiné aux parents qui ont vécu un chagrin immense, la perte de leur enfant. « En général, il n’est pas de mise de parler de cela, or cela ne signifie pas que ce thème ne soit pas d’actualité », a déclaré la dirigeante du site, Sophie Anoufriev. Nombreux sont ceux qui, à cette occasion, ressentent le besoin d’un soutien, mais en règle générale, chacun reste isolé avec son problème, du fait qu’il n’y a personne à qui s’adresser. Chaque mère qui a perdu son enfant, qu’il s’agisse d’un nourrisson ou d’un adolescent, a besoin d’aide, afin de surmonter cette douleur, et particulièrement d’une aide à caractère ecclésial ». Sophie Anufriev considère que, si l’enfant meurt avant la naissance ou les premiers jours qui suivent celle-ci, un livret contenant un minimum d’informations devrait être remis à la mère lors de la sortie de l’hôpital. Lorsqu’un tel événement survint, le père, au lieu de rencontrer l’heureuse maman avec le petit enfant, vient chercher la mère brisée par le chagrin et reçoit le certificat de décès de l’enfant. Les parents, en état de choc, doivent décider d’urgence des mesures à prendre pour l’enterrement de l’enfant. Dans cette situation, les membres les plus proches de la famille ne savent pas comment aider, comment soutenir, quelles paroles prononcer pour exprimer leur sympathie. Et après les funérailles, chacun reste face à son propre chagrin. Il est prévu que sur ce site, les parents qui ont subi la perte d’un enfant, s’assistent mutuellement, partagent leur expérience. Un forum y est organisé, sur lequel on pourra toujours espérer un soutien. Une partie importante du site est dédiée à l’enseignement de l’Église sur la mort des enfants et le sort des enfants non baptisés. Il y a également une section avec des vers dédiés à des enfants décédés, des articles où il est question de ce que l’on peut dire ou non à des parents éprouvés. Les fondateurs du site considèrent que celui-ci viendra combler une lacune, étant donné qu’il n’y a pas de soutien organisé dans ce domaine. La première semaine de son fonctionnement, le site a reçu 300 visites en provenance de Russie et de l’étranger proche. Selon les statistiques, le nombre des enfants décédés avant d’avoir atteint l’âge d’un an était en Russie de 15500 en 2013.

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«Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane», une homélie de l’archimandrite Placide Deseille

P_PlacideLe site Moinillon au quotidien donne le texte d’une homélie de l’archimandrite Placide (Deseille) prononcée lors du dimanche des Myrophores où il s’exprime sur la façon dont doit être considéré l’évêque par les fidèles de son diocèse. Le père Placide écrit notamment :
«Les évêques et ceux qu’ils ont établis pour participer à leur ministère, les prêtres qui ont charge de paroisse, ont pour tâche essentielle de sanctifier le peuple chrétien. C’est pour cela qu’ils sont comme les icônes vivantes du Christ, quelle que soit leur sainteté personnelle. S’ils ne sont pas dignes de la charge qui leur est confiée, ils en rendront compte au Seigneur, mais cela n’empêche pas qu’ils doivent toujours être respectés comme des icônes vivantes du Christ, et non pas simplement vus avec un regard purement humain.
Il y a quelque temps, je demandais à un laïc qui se plaignait de son évêque : “Mais qu’est-ce que l’évêque, pour vous?” Et après un instant d’hésitation il m’a répondu : “L’évêque, c’est le président de l’administration diocésaine”. Je lui ai dit : “Non! L’évêque, c’est l’icône du Christ pour son diocèse”. Et c’est tout à fait autre chose. Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane. Sinon il y a là une laïcisation de l’Église qui est une déformation complète des choses. Il peut arriver, bien sûr, qu’un évêque commette des fautes. Saint Pierre lui-même a du être repris publiquement par saint Paul parce qu’à un moment donné de son ministère, il a agi d’une façon répréhensible. Saint Paul n’a pas hésité à le reprendre en face. Un évêque n’est pas un dictateur qui a toujours raison, donc, il est inévitable qu’un évêque commette des faux pas et que, les fidèles, à ce moment-là, doivent réagir. Mais réagir comment? Réagir chrétiennement, dans un regard de foi, et non pas en traitant l’évêque comme un fonctionnaire qui aurait manqué à ses devoirs.
Tout récemment, dans un diocèse orthodoxe de France, des fidèles ont estimé à avoir à se plaindre de leur évêque. C’était leur droit. Mais comment devaient-ils réagir? En informant le métropolite, en remontant, au besoin, jusqu’au patriarche, mais non pas, comme malheureusement beaucoup l’ont fait, en publiant une lettre ouverte, exprimant leurs griefs d’une manière purement “séculière”, dans les termes qu’on emploie pour se plaindre d’un fonctionnaire qui n’est pas correct, qui ne se comporte pas selon les exigences de sa fonction. À cette occasion, des laïcs de ce diocèse qui connaissaient des membres du groupe de laïcs qui fréquentent habituellement nos deux monastères de Saint Antoine-le-Grand et de Solan leur ont demandé de signer eux aussi cette lettre ouverte de protestation contre leur évêque. Je n’ai pas à juger du bien fondé de leurs grief, je n’ai pas, moi-même, les informations détaillées qu’il faudrait pour cela, mais, de toutes manières, j’estime que ce procédé était profondément incorrect. C’était traiter l’évêque comme une personnalité laïque, comme un fonctionnaire de la République. C’est inadmissible de la part de fidèles orthodoxes. Et c’est pour cela que j’ai demandé à tous les fidèles qui m’ont demandé conseil de refuser de signer cette lettre ouverte. L’évêque doit toujours être vénéré, respecté, car il est pour son diocèse l’icône vivante du Christ comme l’higoumène dans le monastère, et non un fonctionnaire.»
Nous donnons ici l’intégralité de cette homélie.

Le site Internet de la paroisse Saint-Jean-Cassien-et-Sainte-Geneviève à Trappes (78)

La paroisse orthodoxe Saint-Jean-Cassien-et-Sainte-Geneviève (Patriarcat de Roumanie), située dans la communauté, de communes de Saint Quentin en Yvelines, a désormais un site Internet. Vous y trouverez une présentation de la paroisse et de ses activités, ainsi que les catéchèses et les homélies enregistrées du recteur de la paroisse, le père Yves Dulac et du père diacre Laurent Kloble (qui par ailleurs anime les cours d’études bibliques dans les locaux d’Orthodoxie.com) .

Reportage sur les missions orthodoxes en Indonésie

Le blog « Orthodoxologie » a publié un reportage du père Georges Maximov sur les missions orthodoxes en Indonésie. Le reportage est publié en six parties sur les liens suivants : 1, 2, 3, 4, 5 et 6.

Un site internet dédié au monachisme russe sur le Mont Athos

Ce site internet (en russe) donne de nombreux renseignements sur l’histoire et l’actualité du monachisme russe sur la Sainte Montagne de l’Athos. Une section du site concerne des vidéo sur le Mont Athos, notamment sur les importants travaux de rénovation du monastère Saint-Pantéléimon, ainsi que d’autres lieux du monachisme athonite russe.

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Une application orthodoxe pour smartphone réalisée en collaboration avec des moines athonites

agio-orosUne application gratuite pour smartphone vient d’être crée par une société de Thessalonique en collaboration avec des moines athonites.
Elle permet d’obtenir sur son smartphone, selon l’ancien ou le nouveau calendrier, des informations sur les saints du jour,  les fêtes religieuses et les jours de jeûne, ainsi qu’un apophtegme.
L’application a été créée par AST SA, une société basée à Thessalonique, avec l’aide des pères du monastère athonite de Pantocrator.
Cette application est pour le moment en langue grecque. Il est prévu de la développer dans d’autres langues et de faire évoluer son contenu en proposant chaque jour des textes spirituels.
L’application est disponible sur l’App Store pour iOS et Google Play pour les appareils Android.
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Un blog en français sur les icônes miraculeuses de la Mère de Dieu

On trouvera ci-après le lien d’un nouveau blog de Claude Lopez-Ginisty, dédié aux icônes de la très sainte Mère de Dieu. « Dans ce blog débutant en janvier » est-il dit dans l’introduction, « nous présentons les différentes icônes de la Mère de Dieu qui sont offertes à la vénération des fidèles orthodoxes tout au long de l’année liturgique. Lorsque nous le pouvons, nous donnons aussi l’acathiste ou l’office qui y sont associés ».

A la mémoire de Nicolas Ossorguine, 40-e jour de son rappel à Dieu

Il a su plaire à Dieu au point d’en être aimé! (…)
Devenu parfait, il a fourni une longue carrière; son âme était agréable au Seigneur…” Sagesse de Salomon, 4, 7-15Décès de Nicolas Ossorguine (1924-2014) 

Un émouvant hommage, publié au moment de son décès sur le site de Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale, a été rendu à Nicolas Michailovitch Ossorguine par Antoine Nivière. Il nous a donné une vision détaillée de sa vie, de son œuvre personnelle, de son travail ecclésial. D’un autre côté, ses proches pourraient nous dire quel homme il était dans sa famille et dans sa vie quotidienne, à l’Institut comme à la maison. Mais il y a encore, pour nous orthodoxes, une autre dimension, celle de la communion de l’Eglise.

Le travail visible, l’activité extérieure sont sans prix. Mais ce qui rend ce travail fructueux et lui donne une dimension plus vaste, ce qui le mène au-delà du temps, c’est le dévouement intérieur et l’accomplissement spirituel de celui qui le réalise. Cet aspect plus profond d’une personne se révèle grâce à l’Eglise, là où elle entre en résonnance avec les autres. Au portrait qui nous a été donné, je voudrais en ce sens ajouter quelques touches plus personnelles.

De Nicolas Michaïlovitch, nous avons tous reçu énormément; il fut, à mon sens, pendant de longues années, la forme que prit pour nous la Providence de Dieu. J’ai la conviction qu’il avait fait, dès ici-bas, l’expérience de la Résurrection.
Tous, à des degrés divers, nous avons connu la joie pascale. Mais c’est une chose différente que de connaître dès ici bas la résurrection de l’âme.

De cela je peux énumérer quelques signes.
A tous ceux qui l’approchaient, conscients ou non, il témoignait à son insu de cette expérience, il en transmettait un reflet par sa personne et par sa manière d’être. Il portait en lui une sérénité et une joie qui réconfortaient et pacifiaient le cœur. Avec discernement et détachement, il savait recentrer les problèmes, tout remettre à sa place. Comme attirés par un aimant, tous reconnaissaient aisément son autorité et s’y soumettaient avec reconnaissance.
Il était au nombre de ceux qui ont déjà “fait connaissance” avec le Seigneur, qui L’ont rencontré personnellement. Je ne peux dire si le Seigneur lui était apparu visiblement mais Nicolas s’était approché de Lui suffisamment pour Lui appartenir et Le porter en lui.

Il ne pouvait entendre ou prononcer Son Nom sans que ses yeux s’emplissent de larmes.
Le Christ, la Mère de Dieu et les Saints étaient pour lui, tangiblement, des personnes vivantes et présentes. En dehors de la célébration liturgique, il ne se consacrait pas d’une manière manifeste à la prière pour les autres; sa prière était plutôt comme un état, une intimité avec des Amis, à laquelle il nous conviait avec lui. Tous peuvent le confirmer en ce qui concerne saint Serge de Radonej.

Il s’exprimait toujours, surtout évidemment quand il s’agissait de sujets sacrés, comme d’une profondeur ; il avait plongé très loin et revenait porteur de ce qu’il avait entendu ou déchiffré sur un radar secret, au fond de lui-même. Il parlait une langue tout en nuances qu’il était souvent impossible de répéter et difficile de reconstituer rationnellement. Pour parler la même langue, il fallait entrer dans la même communion, se laisser illuminer, s’il était possible, par la même lumière; il fallait parcourir à notre façon le chemin qu’il avait parcouru lui-même pour y parvenir.

Il faut insister sur la patience, la bonté, l’affection, la simplicité avec laquelle il partageait son enseignement, avec les plus savants comme avec les plus simples, dès qu’il sentait brûler même faiblement la flamme de l’amour pour Dieu.

Ce n’était pas seulement le contenu de son enseignement, rare et précieux, qu’il répandait sur tous! Il abordait les textes liturgiques et scripturaires avec un respect impressionnant, comme on vénère une Icône. Il projetait sur eux comme un rayon de cette Lumière qui éclairait son cœur. Les textes resplendissaient d’une signification cachée jamais entendue auparavant et autrement inaccessible. Il révélait un jeu de correspondances inconnues entre l’Ecriture, les rubriques et les textes liturgiques, qui composaient alors un tout organique, comme tissé par l’Esprit Saint, comme la tunique sans couture du Christ.

Il manifestait ainsi tangiblement, à tous ceux qui voulaient bien le saisir, la sainteté resplendissante de l’Eglise. Plus, bien que simple laïc, il nous agrégeait à Elle par l’office, par les chants, par les lectures, par sa voix, purifiée de tout sentimentalisme et de tout égoïsme. Il avait la capacité de nous unir à Dieu sans interférer lui-même. Lui même n’existait pas, il s’effaçait entièrement devant Dieu.

Pendant la célébration, nous partagions à ses côtés et ainsi apprenions à apprécier quelque chose qui ressemble à ce que saint Nectaire d’Egine demandait aux moniales d’Egine: “Je ne veux pas, disait-il, que vous accomplissiez une prière formelle, mais une prière d’adoration; en effet, ce n’est pas la règle qui procure un contentement du cœur, mais l’adoration, ni la lecture de tous les canons, lesquels furent écrits pour la célébration des Saints, mais la qualité de la prière! ” (1)

Il a su nous révéler que la Tradition de l’Eglise, dans sa source ininterrompue, pouvait à chaque époque, dans chaque lieu ou situation, dans chaque langue, dans l’âme de chaque être humain, se manifester avec la même Vie immuable et toujours nouvelle, ce dont il était l’exemple par excellence: il gardait comme un trésor la Tradition Russe dans sa pureté et, par son accomplissement personnel, en révélait l’Universalité.

On ne venait pas à l’église écouter le chœur ou la musique de Nicolas Michailovitch ; on s’approchait avec foi et crainte de Dieu, pour plonger dans la lumière et dans la prière de l’Eglise invisible, le “Paradis où les chœurs des Saints et des Justes resplendissent comme des astres”! Ce qui imprégnait sans cesse d’une nouveauté secrète la musique sobre et habituelle (обиходная) qu’il choisissait, était la Grâce de Dieu, la création incessante de l’Esprit Saint qui reste à jamais scellée pour la volonté de l’homme.

La musique que nous gardions dans l’oreille – mais d’abord dans le cœur – en quittant l’église, ne pouvait pas ne pas être le chant qui retentirait pour toujours dans le Royaume à venir!

Il est aussi important de rappeler à ce propos l’atmosphère monastique dans laquelle Nicolas Michailovitch accomplissait tout ce qu’il faisait. C’est justement ainsi, porteurs de cette atmosphère, qu’avec son épouse Irina Vitoldovna, ils paraissent comme un modèle des époux chrétiens.

Au moment de la fondation de l’Institut, le père de Nicolas, Michail Michailovitch avait, avec l’évêque Benjamin Fedtchenkov, alors inspecteur des étudiants, transcrit d’oreille tout l’Obikhod, car il n’existait alors aucun livre de musique disponible.

Ainsi les mélodies qui sont utilisées à l’Institut sont-elles particulièrement exemplaires de la Tradition Russe vivante : d’abord, parce qu’elles appartiennent au répertoire monastique, moins susceptible d’accueillir les influences séculières ; ensuite parce qu’elles étaient, sauf exception, harmonisée spontanément et donc libres d’évoluer avec les hommes et les jours; ensuite parce qu’elles ont été transmises de manière entièrement personnelle, à travers la mémoire vivante de deux personnes ; finalement, parce que ces deux personnes étaient des “filtres” d’une très grande finesse spirituelle.

L’ambiance générale de l’Institut Saint Serge était alors très monastique. Un nombre assez important d’étudiants, en effet, désiraient devenir moines autour de l’évêque Benjamin mais ce mouvement fut interrompu par la crise de 1931.

Il faut encore ajouter un fait non négligeable : il avait parmi eux le hiéromoine Athanase (Netchaev) de bienheureuse mémoire, auquel les parents de Nicolas faisaient appel quand ils avaient besoin de le faire garder. Nicolas avait pour lui il avait une très grande affection et sa prière ne l’a pas quitté de toute sa vie.

Le plan académique n’est pas tout, mais il nous a appris à considérer la Nature comme une icône. La doctrine enseignée est unique à bien des égards. Tous témoigneront, en effet, que la pensée de Nicolas Michaïlovitch sur la lumière cosmique icône du salut, l’idée d’une astronomie théologique fondée sur l’analyse du cycle liturgique, est absolument inspirée et n’a jamais été enseignée que par lui seul, quoiqu’elle prolonge avec bonheur la pensée des Pères. Il ne prétendait pourtant lui-même aucunement être théologien alors que sa pensée a fait des Rubriques une chaire de Théologie de l’Eglise.

Il nous a appris à appréhender l’Ecriture, les textes liturgiques et les Rubriques comme des Icônes. Et aussi, à lire et à comprendre l’Ecriture comme un texte liturgique, fait pour être prié et chanté ! Personne ne peut savoir pleinement ce que cela signifie s’il n’a entendu Nicolas Michaïlovitch psalmodier la prophétie d’Ezéchiel aux matines du Samedi Saint.

Comme une Icône, il nous a montré comment composer l’office – utiliser les tons, sélectionner les stichères et combiner les fêtes. Il ne nous a pas seulement transmis des informations techniques sur le Typikon (Oustav), mais il nous a appris comment respecter et manifester sa secrète harmonie, sa secrète splendeur.

Des règles de l’Eglise, de leur aspect formel, il a fait voir la signification éternelle et la lumière qu’elles portent. Ainsi le vieux slave, par exemple, la langue liturgique de l’Eglise Orthodoxe Russe, était pour lui comme un ornement liturgique que revêt le chantre ou le lecteur pour pénétrer dans l’Eglise et y prier le Dieu des Connaissances.
Comme des Icônes également, il nous a appris à considérer les mélodies traditionnelles de l’Eglise. Il avait la même liberté, mais aussi la même rigueur ascétique qu’Ouspensky pour la peinture, tant dans la pratique que dans l’enseignement. La sobriété du chant était le gage de sa justesse spirituelle – mais aussi la joie et l’enthousiasme, d’autant qu’ils concernent des mélodies créées dans le renoncement à l’élévation autant qu’au plaisir esthétique. Il voulait que les chanteurs fussent comme des soldats qui veillent.

Sa très profonde modestie lui donne, dans notre cœur à tous, une place particulière ; son souvenir suscite le respect et nous rappelle l’essentiel. Il était conscient des dons il avait reçus et ce dont il était responsable mais sans l’ombre d’une présomption. Il ne s’attribuait rien à lui-même, il servait. Grâce à cela, il était comme un rocher sur lequel tous pouvaient s’appuyer.

Comme tout ce qui est profondément mystique, sa vie est sans doute restée cachée au plus grand nombre. Comme dit saint Paul, “Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu et non à nous” . ( 2)
Puisse le Seigneur nous juger digne de le retrouver dans le “jour Un” de la Résurrection!
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“Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés, ils ont paru mourir, leur sortie de ce monde a passé pour un mauvais traitement, leur départ d’auprès de nous nous a semblé la ruine, mais ils sont dans la paix. S’ils ont aux yeux des hommes connu le châtiment, leur espérance était pourtant pleine d’immortalité; et pour avoir été réprimandés un peu, ils recevront de grands bienfaits; car Dieu les a soumis à l’épreuve et Il les a trouvés dignes de Lui; comme l’or au creuset, ils les a éprouvés et comme un sacrifice d’holocauste, Il les a agréés; au jour de leur visite, ils resplendiront, ils courront comme étincelle sur le chaume; ils jugeront les nations, domineront les peuples et sur eux le Seigneur règnera pour toujours. Ceux qui se fient en Lui comprendront la vérité et ceux qui sont fidèles dans l’amour demeureront en Lui; car la grâce et la miséricorde sont pour les Saints, Sa visite pour ceux qu’Il a choisis .”
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(1) Saint Nectaire d’Egine, Lettres pastorales aux moniales d’Egine, Bagnolet, 2011, traduction de la moniale Nectaria, p. 68.
( 2) 2 Corinthiens, 4, 6-7

Emilie Van Taack

Une visite virtuelle de la laure de la Trinité Saint Serge en ligne

Une visite virtuelle en trois dimensions de la laure de la Trinité Saint Serge est accessible sur son site internet. On peut y voir l’intérieur des églises, dont la cathédrale de la Trinité (1420-1423), la châsse en argent avec les reliques de saint Serge, les icônes de saint André Roublev. En outre, de nombreux objets liés à la vie du saint ont été numérisés : des objets lui ayant appartenu et qui sont gardés à la laure, des fragments de fresques et de mosaïques, le livre d’Epiphane le Sage sur la vie du saint. 

Source et photographie

“Le Moyen Orient et l’Ukraine font partie d’une seule et même stratégie”: une interview du métropolite Hilarion de Volokolamsk

"Le Moyen Orient et l’Ukraine font partie d’une seule et même stratégie", explique le métropolite Hilarion de Volokolamsk dans une interview publiée sur le site de l'Église orthodoxe russe.

Visite virtuelle du musée de l’Académie théologique de Moscou

Le site du musée de l'Académie théologique de Moscou, situé à la laure de la Trinité-Saint-Serge à Sergiev-Posad, propose une visite virtuelle des différentes salles d'exposition, qui renferment de nombreuses icônes anciennes et un grand nombre d'objets liturgiques. Il est possible non seulement de s'orienter dans le salles, mais de faire un agrandissement de qualité de chacune des pièces exposées.

Ouverture d’un site internet de l’Église orthodoxe russe dédié aux questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance

pk-logo-whileUn site officiel a été ouvert sur internet par la commission patriarcale chargée des questions de la famille, de la défense de la maternité et de l’enfance. Ce site, dont l’adresse est http://pk-semya.ru/ comprend les sections information, « petite église », défis actuels, manifestations, analyses, etc. Le site comporte une liste de numéros de téléphone que l’on peut appeler dans diverses situations difficiles, une base de donnée concernant des questions au sujet de la famille, auxquelles répondent des prêtres faisant autorité, une audiothèque, une vidéothèque et une bibliothèque au sujet des mêmes questions. Dans une adresse vidéo aux visiteurs du site, le président de la commission patriarcale, l’archiprêtre Dimitri Smirnov a souligné : « Je veux féliciter ceux qui, dans notre patrie, éprouvent de la sympathie pour la renaissance des familles nombreuses russes ; nous ouvrons le nouveau site internet de la commission patriarcale pour les questions de défense de la maternité et de l’enfance. Dans le monde actuel, il est impossible de promouvoir des idées sans les technologies contemporaines, et nous nous sommes préoccupés de créer un tel instrument, dans l’esprit du temps… Nous nous efforcerons de contribuer à la diffusion de l’information et de l’amélioration de la culture juridique dans le domaine des relations familiales, ainsi que de la maternité et de l’enfance ». « Et nous le ferons naturellement par la prédication tous azimuts du point de vue chrétien sur la famille, la maternité et l’enfance, qui est perdu en grande partie » a ajouté l’archiprêtre. L’allocution, en vidéo, est accompagnée d’instructions visuelles présentant la structure, toutes les sections et les possibilités du site. Ladite commission patriarcale a été créée par décision du Saint-Synode à la fin de 2011 dans le but de l’élaboration et de la réalisation d’un système de mesures destinées à surmonter la crise des valeurs familiales dans la société et au soutien ecclésial de la famille.

Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Un site sur le chant byzantin

byzmusic-logoLe site grec Byzmusic, du père Nicodème Kabarnos, offre de nombreuses ressources en chant byzantin, dont des vidéos et des enregistrements en audio (Facebook, Twitter). Il est aussi possible de visionner les vidéos à partir de cette page sur Youtube ou de cette autre page.

Complément: sur la diversité du chant orthodoxe, voir le blog, français Chants orthodoxes également très riche en ressources (y compris sur le son du simandre et des carillons orthodoxes).CHANTS+ORTHODOXES2

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Jovan Nikoloski