20/09/2017
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18 septembre

18 septembre

Après-fête de l’Exalation de la Croix ; saint martyr Eumène le thaumaturge, évêque de Gortyne (670) ; sainte martyre Ariadne de Phrygie (vers 130) ; saint martyr Castor d’Alexandrie (IIIème s.) ; saintes martyres Sophie et Irène (IIIème s.) ; saint Ferréol, martyr à Vienne, en Dauphiné (IIIème s.) ; saint Ferréol, évêque de Limoges (VIème s.) ; saint Senier, évêque de Coutances et d’Avranches (VIème s.) ; saints martyrs Bidzina, Shalva et Elizbar (Géorgie, 1660) ; saint Hilarion d’Optino (1873) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Alexis (Kouznetsov), Pierre (Diakonov) (1918), Amphiloque, évêque de Krasnoïarsk, Jean (Vasiliev), Boris (Bogolepov), Michel (Skobelev), Vladimir (Tchekalov), Benjamin (Blagonadejdine), Constantin (Tverdislov), prêtres, Serge (Vedernikov) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR EUMÈNE

Saint martyr Eumène le thaumaturge, évêque de Gortyne (670)

Dès sa jeunesse, saint Eumène se livra tout entier à une stricte ascèse et à de rudes austérités, auxquelles il joignait heureusement une extrême humilité. Son visage était sans cesse baigné de larmes et personne ne le vit jamais condamner son prochain ou même accepter d’écouter des médisances. Il atteignit un état de vertu si parfait, que les habitants de Gortyne le contraignirent à devenir leur évêque. Docile instrument du Saint-Esprit, il s’acquitta de sa charge avec sagesse, et il accomplit par ses prières de nombreux miracles. De Rome, où il était allé pour illuminer la capitale de ses enseignements divins, il se rendit en Thébaïde, où il mit fin par sa prière à la sécheresse qui régnait, sans avoir voulu accomplir ce miracle. C’est là qu’il s’endormit dans le Seigneur. Les fidèles de la région envoyèrent sa sainte dépouille dans sa patrie, pour qu’elle soit enterrée dans la région montagneuse de Rhaxos, où se trouvait déjà le corps de son prédécesseur, saint Cyrille [14 juin].

TROPAIRES ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire de saint Eumène, ton 4
C’est un protecteur, toujours prompt, un défenseur bienveillant qu’en toi, vénérable Père, nous possédons, illustre Eumène, imitateur de Jésus. Christ: faisant couler des fleuves de compassion, tu procures à I’Église un océan de guérisons; sois le refuge de tous ceux qui te vénèrent.

Kondakion de saint Eumène, ton 2
Illuminé par la divine clarté, * pontife Eumène et Père bienheureux, * tu nous éclaires, nous qui chantons avec amour * ton illustre et sainte dormition; * car sans cesse tu intercèdes en faveur de nous tous.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.
ÉPITRE du jour
(Gal. IV, 28 – V, 10)
Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse; et de même qu’alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant. Mais que dit l’Écriture? Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave n’héritera pas avec le fils de la femme libre. C’est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de l’esclave, mais de la femme libre. C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu de pratiquer la loi tout entière. Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce. Pour nous, c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité. Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle. Un peu de levain fait lever toute la pâte. J’ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine.

Évangile du jour
(Mc VI, 54 – VII, 8)

Quand ils furent sortis de la barque, les gens, ayant aussitôt reconnu Jésus, parcoururent tous les environs, et l’on se mit à apporter les malades sur des lits, partout où l’on apprenait qu’il était. En quelque lieu qu’il arrivât, dans les villages, dans les villes ou dans les campagnes, on mettait les malades sur les places publiques, et on le priait de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. Les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, s’assemblèrent auprès de Jésus. Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire, non lavées. Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens; et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après s’être purifiés. Ils ont encore beaucoup d’autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d’airain. Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures? Jésus leur répondit: Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit: Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.

5 septembre (ancien calendrier) / 18 septembre (nouveau)

5 septembre (ancien calendrier) / 18 septembre (nouveau)

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste ; saints martyrs Thathuil et sa sœur Bebaia d’Édesse (98-138) ; saint Taurin, évêque en Gascogne (Ier-IIème s.) ;  sainte vierge-martyre Rhaïs d’Alexandrie (308) ; saints martyrs Urbain, Théodore, Medimnus et leur 77 compagnons à Nicomédie (370) ; saints martyrs Juventin et Maxime d’Antioche (361-363) ; saints martyrs Abdas, Hormiade et Sunin de Perse (environ 424) ; saint Guénébaud, premier évêque de Laon (550) ; saint Anséric, évêque de Soissons (VIIème s.) ; saint Bertin, abbé à Sithiu, dans le diocèse de Thérouanne (698) meurtre du saint prince Gleb, David au saint baptême (1015) ; saint Athanase de Brest-Litovsk, martyrisé par les Latins (1648) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Euthyme (Kotchev) (1937).

VIE DE SAINT ZACHARIE

Saint prophète Zacharie, Basilique Saint Marc, Venise, XIIe siècle

Saint Zacharie était prêtre, de la classe d’Abia, et vivait à Jérusalem avec sa femme Élisabeth, de la classe d’Aaron. Tous deux étaient justes et observaient les commandements du Seigneur avec amour. Mais ils étaient restés sans enfants et avaient atteint un grand âge. Un jour où Zacharie remplissait sa charge et qu’il était entré dans le sanctuaire pour y faire brûler l’encens, il vit apparaître, à droite de l’autel des parfums, l’Archange Gabriel. Rayonnant de lumière divine, celui-ci lui annonça que Dieu avait entendu ses prières et celles de son épouse Élisabeth, et qu’il accordait à leur vieillesse un fils qu’ils devraient appeler Jean. L’envoyé de Dieu ajouta : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère et marchera au-devant du Seigneur pour lui préparer un peuple bien disposé »(Lc 1, 16). Zacharie, saisi de stupeur, hésita à croire les paroles de l’ange, aussi celui-ci le frappa-t-il de mutisme jusqu’à la naissance du Précurseur, pour lui apprendre à ne pas douter des promesses divines, lesquelles défient l’ordre de la nature.

Le jour de la naissance de l’enfant, après avoir écrit le nom de Jean sur une tablette, Zacharie recouvra la parole et, rempli de l’Esprit Saint, il entonna alors ce cantique prophétique : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple et opéré sa délivrance. Il a suscité pour nous une puissance de salut dans la maison de David son serviteur, ainsi qu’il l’avait dit par la bouche de ses saints prophètes de jadis (…) Et toi petit enfant, tu seras tenu pour un prophète du Très-Haut, car tu précéderas le Seigneur pour lui préparer la voie, pour faire connaître à son peuple le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la bonté miséricordieuse de notre Dieu, avec laquelle il va nous visiter, astre d’en haut à son lever, pour éclairer ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, et guider nos pas dans le chemin de la paix (Lc 1, 68sv.).

On raconte en outre qu’après la naissance du Christ, Zacharie ne craignit pas de déclarer ouvertement la virginité de Marie et de montrer qu’elle était vraiment Mère de Dieu, lorsqu’il lui demanda de se placer à l’endroit du Temple où se tenaient ordinairement les vierges. Pour cette raison, il s’attira la haine des Juifs. De plus, lorsque le roi Hérode, qui avait appris la naissance du « Roi d’Israël » et craignait qu’il ne fût un rival usurpant son pouvoir terrestre, envoya ses soldats assassiner les enfants de Bethléem, Zacharie cacha Jean, alors âgé de six mois, avec sa mère Élisabeth, dans une grotte de l’autre côté du Jourdain. Les Juifs saisirent cette occasion pour le dénoncer à Hérode, qui donna l’ordre de le poursuivre jusqu’à l’intérieur du Temple. Il fut assassiné à l’endroit même où il avait placé la Mère de Dieu, et son sang coula jusqu’à l’intérieur du sanctuaire, manifestant ainsi leur forfait devant Dieu. Des prêtres vinrent enlever son corps et l’enterrèrent avec ses pères. À partir de ce moment se produisirent dans le Temple de Jérusalem des prodiges et des signes qui révélaient l’abolition prochaine du culte et de la Loi. Les prêtres n’eurent plus de visions d’anges envoyés par Dieu, la grâce de la prophétie se retira d’eux : ils ne prononcèrent plus d’oracles, ni ne donnèrent au peuple, comme ils le faisaient auparavant, des éclaircissements sur les points difficiles de la Sainte Écriture.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Zacharie, ton 4
Revêtu des ornements sacerdotaux, * selon la loi de Dieu tu offris saintement * d’agréables holocaustes, Zacharie, * et tu fus un flambeau, un contemplateur des mystères divins; * les signes de la grâce, tu les as manifestés * et le glaive te frappa dans le temple de Dieu. * Prophète du Christ, avec le Précurseur intercède pour que nos âmes soient sauvées.
Kondakion du prophète Zacharie, ton 3
En ce jour le père du Précurseur, * le prophète et prêtre du Très-Haut, Zacharie, * a préparé la table de son mémorial * pour nourrir les fidèles et leur offrir * le vin mêlé de la justice et sainteté. * Acclamons-le comme initié au saint mystère de la grâce de Dieu.
Épitre du jour
(Hébr. VI, 13-20)
Lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, ne pouvant jurer par un plus grand que lui, il jura par lui-même, et dit: Certainement je te bénirai et je multiplierai ta postérité. Et c’est ainsi qu’Abraham, ayant persévéré, obtint l’effet de la promesse. Or les hommes jurent par celui qui est plus grand qu’eux, et le serment est une garantie qui met fin à tous leurs différends. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide; elle pénètre au delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Évangile du jour
(Matth. XXIII, 29-39)
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères. Serpents, race de vipères! Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne? C’est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! Voici, votre maison vous sera laissée déserte; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

17 septembre

17 septembre

Dimanche après l’Exaltation de la Croix ; saintes martyres Pistis (Foi), Elpis (Espérance), Agapée (Charité) et leur mère Sophie (vers 137) ; martyre Théodotie (vers 230) et Agathoclée ; 156 martyrs de Palestine, dont les évêques Peleus et Nil, Zénon le prêtre, Patermuthios et Élie (310) ; saint Flocel, enfant martyr à Autun (IIIème s.) ; saint Lubin, évêque de Chartres (vers 556)  ; saint Urfold, ermite breton (VIème s.) ; saint Rouin, abbé de Beaulieu en Argonne (VIIème s.) ; saint Lambert, évêque de Tongres et martyr (708) ; saint Joachim, patriarche d’Alexandrie (1567) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Paul (Moïsseev), Théodose (Sobolev), Nicodème (Chtchapkov) et Séraphim (Koulakov), moines (1918) ; Irène (Florov), moniale (1931), Jean (Korotkov) (1941) ; Alexandra (Khvorostianikov), moniale (1943).

SAINTES MARTYRE SOPHIE ET SES TROIS FILLES : FOI, CHARITÉ ET ESPÉRANCE

Sintes martyres Pistis (Foi), Elpis (Espérance), Agapée (Charité) et leur mère Sophie (vers 137)

Sainte Sophie était une veuve chrétienne et vivait à Rome avec ses trois filles : Foi, âgée de douze ans, Espérance et Charité, âgées toutes deux de dix ans, qu’elle éleva dans la piété. Menées au martyre pour le Christ, les jeunes filles, brillant « de la beauté de la piété », comme il est dit dans leur office, préparées par la prière et les injonctions de leur mère, confessèrent avec courage leur foi devant l’empereur et ne cédèrent point malgré les terribles tortures qu’elles endurèrent. Jetées sur des grilles chauffées à rouge, fixées sur une roue et battues, à tel point que leur corps couverts de blessures partaient en morceaux. Mais, malgré de telles tortures, elles restèrent en vie, et, finalement, elles furent décapitées. Sainte Sophie ressentait intérieurement les souffrances de chacune de ses filles, tourmentée dans son instinct maternel pour tout ce qu’elles avaient subies. Le poids de ses souffrances était encore augmenté par le calme qu’elle devait affecter extérieurement pour encourager ses enfants martyrs. Il lui eût été plus facile de recevoir la palme du martyre avec ses filles, mais le bourreau la laissa en liberté, voulant la faire encore plus souffrir par la perte de ses enfants. Il l’autorisa néanmoins à recueillir les dépouilles des martyres afin de les enterrer. Sainte Sophie après être « restée trois jours auprès des tombes de ses filles dans la prière », décéda sur place.

Jusqu’à la révolution française, les reliques des saintes martyres se trouvaient en Alsace, dans l’église de l’abbaye d’Eschau, où l’évêque Rémi les avait apportées de Rome en 777. En 1792, les reliques disparurent. En 1938, deux nouveaux fragments des reliques furent apportés de Rome à Eschau, où l’on peut les vénérer jusqu’à présent.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion des saintes martyres, ton 1
Foi, Espérance et Charité, se sont montrées comme les rameaux sacrés de la vénérable Sophie, et ont confondu par la grâce la folle sagesse des païens. Ayant souffert, elles remportèrent la victoire, obtenant du Christ, le Seigneur de l’univers, l’incorruptible couronne des cieux.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.
Kondakion du dimanche du 6ème ton
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui, le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

ÉPITRE du jour
(II Cor. IV, 6-15)
Car Dieu, qui a dit: La lumière brillera du sein des ténèbres! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous. Et, comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette parole de l’Écriture: J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé! nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons, sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera paraître avec vous en sa présence. Car tout cela arrive à cause de vous, afin que la grâce en se multipliant, fasse abonder, à la gloire de Dieu, les actions de grâces d’un plus grand nombre.

Évangile du jour
(Matth. XXII, 35-46)
Les pharisiens, ayant appris qu’il avait réduit au silence les sadducéens, se rassemblèrent, et l’un d’eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l’éprouver: Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea, en disant: Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? Ils lui répondirent: De David. Et Jésus leur dit: Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit: le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied? Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils? Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui proposer des questions.

4 septembre (ancien calendrier) / 17 septembre (nouveau)

4 septembre (ancien calendrier) / 17 septembre (nouveau)

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251) ; saint prophète Moïse ; sainte martyre Ermione, fille de l’apôtre Philippe (117) ; saint Marcel, diacre, martyrisé à Chalon-sur-Saône (177) ; saint martyr Babylas de Nicomédie et avec lui les 84 enfants (IVème s.) ; saint Théodule, évêque d’Octodure (Martigny, IVème s.) ; saint Calétric, évêque de Chartres (vers 573) ; saint Anthyme l’aveugle, de Céphalonie (1782) ; invention des reliques de saint Joasaph de Belgorod (1911) ; saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie (1941) ; saint Hiéromartyr Gorazd, évêque de Bohême (1942) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire, évêque de Schlisselbourg, Paul (Vasilievsky), Jean (Vasilievsky), Nicolas (Lebedev), Nicolas (Sretensky), Jean (Romachkine), Nicolas (Khvochtchev), Alexandre (Nikolsky), Pierre (Lebedinsky), Michel (Bogorodsky), Élie (Izmaïlov), prêtres, Étienne (Kouskov), moine, Basile (Ejov), Pierre (Lonskov), Étienne (Mitiouchkine) et Alexandre (Blokhine) (1937), martyre Hélène (Tchernov) (1943).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR BABYLAS, ÉVÊQUE D’ANTIOCHE

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251

Le bienheureux Babylas succéda à Zébennos (230-238) sur le siège épiscopal d’Antioche et gouverna en toute sagesse cette métropole de la Syrie pendant une douzaine d’années (238-250). L’empereur de ce temps, homme cruel et inhumain, qui, entre autres forfaits, avait sacrifié aux idoles le fils du roi de Perse qui lui avait été remis en gage de paix, avait également décidé de s’en prendre aux chrétiens et de souiller leurs églises. Lors d’un séjour à Antioche, il voulut entrer dans la cathédrale au moment de la vigile de Pâques. Saint Babylas, qui avait déjà commencé la célébration et était revêtu de ses ornements épiscopaux, se précipita alors, rempli d’un zèle divin, et, écartant les gardes du corps, il se plaça face au souverain, la main tendue vers sa poitrine, et l’empêcha de pénétrer dans le temple de Dieu. Surpris, et craignant de susciter une révolte des chrétiens rassemblés là en grand nombre, l’empereur fit demi-tour sans prononcer une parole. Mais, dès le lendemain, des soldats vinrent arrêter l’évêque pour le conduire au tribunal. Ni les flatteries ni les menaces ne purent ébranler la foi de Babylas. Comme l’interrogatoire tournait à l’avantage des chrétiens, et démontrait qu’avec le Christ, ils ont vaincu le monde, le tyran ordonna de charger le saint évêque de lourdes chaînes autour du cou et aux pieds. Il le fit promener ainsi dans toute la ville, espérant le couvrir de honte devant le peuple. Plein de dignité, saint Babylas s’adressa à l’empereur en disant : « Ces liens, que tu crois être ma honte, sont pour moi un ornement plus éclatant que ta robe de pourpre et ton diadème ! » Saint Babylas avait pour disciples trois jeunes frères : Urbain, Prilidien et Épolonios qui, par attachement à leur père en Christ, l’avaient suivi jusque dans sa prison. On les fit comparaître eux aussi devant l’empereur qui tenta de leur faire renier le Christ. Mais ces enfants par l’âge étaient de véritables vieillards par la sagesse, et ils ridiculisèrent le tyran et ses vains pouvoirs. Leur mère fut menée au tribunal, où elle montra la même fermeté. L’empereur la fit frapper au visage et ordonna d’infliger à chacun des trois frères autant de coups de verges que le nombre respectif de leurs années. Ayant introduit de nouveau Babylas dans le prétoire, il tenta de lui faire croire que ses disciples avaient renié le Christ et qu’ils étaient prêts à sacrifier aux idoles. Mais l’évêque, sûr de leur foi, convainquit le souverain de mensonge. Cette dernière audace eut pour effet de déclencher la fureur de l’impuissant monarque, qui ordonna de trancher la tête du saint évêque et de ses disciples, leur offrant ainsi un chemin plus rapide vers la patrie céleste. Saint Babylas fut enterré à Antioche et devint le principal protecteur de la cité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire du saint hiéromartyr Babylas, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Babylas, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire du saint prophète Moïse, ton 2
Célébrant la mémoire de ton prophète Moïse, Seigneur, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Joasaph de Belgorod, ton 3
Pour ton peuple tu fus un modèle de foi, l’image de la miséricorde, Pontife aimé du Christ notre Dieu; par les veilles, les jeûnes, l’oraison, tu as resplendi comme un luminaire étincelant; et tu fus glorifié par le Seigneur, car ton corps fut préservé de la corruption et, ton esprit exultant devant le trône divin, tu fais sourdre les miracles de glorieuse façon; intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes et garde en la vraie foi les fils de ta patrie.

Tropaire du saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie, ton 8
Participant à la gloire du Christ et successeur des apôtres, ô hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabrobosnie et archipasteur de Herzégovine, qui as souffert pour la foi véritable, prie maintenant le Christ-Dieu, ô saint hiérarque, avec les nouveaux martyrs, afin qu’Il sauve notre peuple orthodoxe.

Kondakion du saint hiéromartyr Babylas, ton 8
Comme un héraut de la foi, comme fondement des martyrs, * radieuse, l’Eglise en ce jour te glorifie; * par le crédit que tu possèdes auprès du Christ, * demande-lui de garder en parfaite paix * les fidèles te vénérant, Martyr aux multiples combats.

Kondakion du saint prophète Moïse, ton 2
Le chœur des prophètes avec Moïse et Aaron exulte d’allégresse en ce jour, puisque pour nous s’est accomplie leur prophétie: désormais brille la Croix par laquelle tu nous sauvas; de nous tous par leurs prières, Seigneur, prends pitié.

Kondakion de saint Joasaph de Belgorod, ton 3
Qui racontera ta vie et ses multiples exploits, qui dira les innombrables manifestations de la divine miséricorde grâce à toi? Mais, sachant la liberté que tu possèdes, Joasaph, auprès du Seigneur compatissant et de sa Mère tout-immaculée, dans la simplicité de nos cœurs nous te chantons: ne nous prive pas de ton secours, thaumaturge Pontife du Christ notre Dieu.

Kondakion du dimanche du 6ème ton
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui, le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

ÉPITRE du jour
(II Cor. IV, 6-15)
Car Dieu, qui a dit: La lumière brillera du sein des ténèbres! a fait briller la lumière dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous. Et, comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette parole de l’Écriture: J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé! nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons, sachant que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera paraître avec vous en sa présence. Car tout cela arrive à cause de vous, afin que la grâce en se multipliant, fasse abonder, à la gloire de Dieu, les actions de grâces d’un plus grand nombre.

Évangile du jour
(Matth. XXII, 35-46)

Les pharisiens, ayant appris qu’il avait réduit au silence les sadducéens, se rassemblèrent, et l’un d’eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l’éprouver: Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea, en disant: Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? Ils lui répondirent: De David. Et Jésus leur dit: Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied? Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils? Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui proposer des questions.

16 septembre

16 septembre

Samedi après l’Exaltation de la Croix ; Sainte Euphémie, mégalomartyre à Chalcédoine (304) ; sainte Sébastienne, martyre (86-96) ; sainte martyre Mélitène (138-161) ; saints Victor et Sosthène, martyrs à Chalcédoine (vers 304) ; saint Dorothée d’Égypte (IVème s.) ; saint Principe, évêque du Mans (vers 511) ; saint Frou (VIIème s.) ; sainte Eugénie d’Alsace, abbesse de Hohenbourg (735) ; saints Joseph et Isaac de Géorgie (808) ; sainte Ludmila, princesse tchèque, martyre (927) ; saint Procope de Sazava en Bohème (1053) ; saint Cyprien, métropolite de Kiev (1406) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire (Raevsky), prêtre (1937) ; Serge (Lossev), prêtre (1942) ; Koukcha d’Odessa, confesseur (1964).

Sainte Euphémie, mégalomartyre à Chalcédoine (304)

VIE DE LA SAINTE MÉGALOMARTYRE EUPHÉMIE
Sainte Euphémie vécut sous le règne de Dioclétien (entre 284 et 305). Elle naquit à Chalcédoine de parents riches et pieux, qui l’éduquèrent dans l’amour du Christ. À cette époque, un certain Priscos, virulent sectateur de Mars, devint proconsul pour l’Asie. À l’occasion de la fête de son dieu, il ordonna, sous peine de mort, que tous les habitants de la région se rendent à Chalcédoine pour le célébrer. Tous les chrétiens s’enfuirent alors par petits groupes dans des maisons isolées ou dans les déserts, afin d’échapper au tyran et de sauvegarder leur foi.
Sainte Euphémie s’était cachée elle aussi, avec quarante-neuf autres chrétiens, parmi lesquels elle brillait par sa vertu et sa sagesse comme un astre étincelant. Ils furent pourtant rapidement découverts et amenés devant le proconsul, qui essaya d’abord de les convaincre en flattant leur jeunesse et leur sagesse. Mais les saints lui rétorquèrent : « Ne perds pas ton temps avec nous, ô gouverneur, ne t’épuise pas en vaines paroles car nous considérons comme la plus grande honte, étant des êtres raisonnables, d’abandonner le seul vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, pour adorer tes dieux insensibles et sans raison. Sache que tes menaces de tortures ne nous effrayent pas, au contraire, elles seront pour nous légères et te montreront la puissance de notre Dieu. » À ces mots, la colère du proconsul s’enflamma, et il fit torturer Euphémie et ses compagnons sans arrêt pendant vingt jours. À l’issue de cette épreuve, comme il constatait que la fermeté de leur foi n’avait été en rien ébranlée, il fit comparaître Euphémie, en qui il avait remarqué la tête du groupe. Comme elle lui avait manifesté sa détermination, il lui fit broyer les membres au moyen de roues de fer ; mais, ayant invoqué le secours de Dieu, la sainte se retrouva bientôt guérie. Priscos ordonna alors d’allumer une fournaise ardente, dont les flammes montaient à plus de quarante-cinq pieds, dans laquelle il fit jeter Euphémie. Là encore, Dieu vint au secours de sa servante et envoya un ange qui écarta d’elle les flammes. Devant ce miracle, ses bourreaux, Sosthène et Victor, se convertirent au Christ, et ils moururent martyrs quelques jours plus tard sous les dents des fauves.
Euphémie fut encore livrée à bien d’autres tourments, mais Dieu l’en délivra chaque fois, afin de montrer combien sa grâce est plus forte que toutes les tortures inventées par la malice des hommes. Ayant été finalement jetée aux fauves, la sainte rendit son âme à Dieu sous la simple morsure d’un ours. Ses parents recueillirent sa sainte dépouille et l’ensevelirent à proximité de la ville. Lorsque la persécution de Dioclétien prit fin, les chrétiens placèrent les reliques de sainte Euphémie dans un sarcophage d’or, qu’ils déposèrent à l’intérieur d’une église qui lui était dédiée. Le jour de sa fête coulait régulièrement de son tombeau un flot de sang frais, qui dégageait un parfum céleste. C’est également auprès de ce tombeau que s’accomplit le miracle du rejet du tome des hérétiques lors du concile de Chalcédoine (451), commémoré le 11 juillet.
Ces précieuses reliques, qui attirèrent pendant des siècles des foules de pèlerins, furent transférées à Constantinople, en 616, lors des invasions perses. Elles sont aujourd’hui conservées intactes dans l’église du Patriarcat, au Phanar.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire de la mégalomartyre Euphémie, ton 4
Ta brebis Euphémie, ô Jésus, crie d’une voix forte : « Mon époux, c’est Toi que j’aime, c’est pour Te chercher que je combats, c’est avec Toi que je suis crucifiée et ensevelie par Ton baptême. Pour Toi je souffre, afin de régner avec Toi. Pour Toi je meurs, afin de vivre en Toi. Accueille, comme victime sans tache, celle qui par amour est immolée pour Toi ». Par son intercession, ô Miséricordieux, sauve nos âmes.

Kondakion de la mégalomartyre Euphémie, ton 4
En ton martyre tu as bien combattu, * après ta mort tu nous sanctifiés * par les flots de tes miracles, Euphémie; * c’est pourquoi nous vénérons ta sainte dormition, * nous tenant avec foi près de tes reliques sacrées * afin de préserver nos âmes de toute maladie * et de puiser la grâce des miracles auprès de toi.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉPITRE du jour
(I Cor. I, 26 – II,5)

Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption, afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Évangile du jour
(Jn VIII, 21-30)

Jésus leur dit encore: Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais. Sur quoi les Juifs dirent: Se tuera-t-il lui-même, puisqu’il dit: Vous ne pouvez venir où je vais? Et il leur dit: Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés. Qui es-tu? lui dirent-ils. Jésus leur répondit: Ce que je vous dis dès le commencement. J’ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous; mais celui qui m’a envoyé est vrai, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis au monde. Ils ne comprirent point qu’il leur parlait du Père. Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui.

3 septembre (ancien calendrier) / 16 septembre (nouveau)

3 septembre (ancien calendrier) / 16 septembre (nouveau)

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302) ; sainte Phoebé, diaconesse de l’église de Cenchrée, port oriental de Corinthe (Ier s.) ; saint Antonin du Rouergue, prêtre et martyr (Ier s.) ; saint Aristion, évêque d’Alexandrie, martyr (IIème s.) ; saint Théophile, diacre, Mardonius, Migdonius, Pierre, Indès, Gorgonius, Zenon, la vierge Domna et Euthyme (302) ; sainte Basilisse, vierge, martyre à Nicomédie (309) ; saint Mansuy, évêque de Toul (375) ; saint Théoctiste, compagnon d’ascèse de saint Euthyme le Grand (467) ; saint Antoine de Liarole, ermite et martyr des Ariens (540) ; saint Maurillon, évêque de Cahors (580) ; saint Remacle, évêque de Stavelot (vers 664) ; saint martyr Aigulphe, abbé de Lérins, et ses quatre compagnons (675) ; saint Godegrand de Séez, évêque et martyr (vers 775) ; saint Joannice, patriarche de Serbie (1349) ; saint Jean le Chevelu, fol en Christ de Rostov (1580) ; saint néo-martyr Polydore de la Nouvelle-Éphèse (1794) ; saints néomartyrs de Russie : Pimène, évêque de Vernensk (1918), Serge (Fenomenov), Basile (Kolmykov), Philippe (Chtchatsky), Vladimir (Dmitrievsky), prêtres, Mélèce (Golokolosov, moine (1918), Basile (Krasivsky), Parthène (Krasivsky), prêtres (1919), André (Dalnikov), Théophane (Sokolov), prêtres (1920), Vladimir (Sadovsky), Michel (Souchkov), prêtres (1921), Nicolas (Souchtchevsky), prêtre (1923), Euthyme (Krougovykh), prêtre, et avec lui quatre martyrs (1924), Romain (Martchenko), prêtre (1929), Alexis (Zinoviev) et Élie (Bajanov), prêtres (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR ANTHIME

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302)

Saint Anthime dirigea l’Église au moment de la plus violente persécution des chrétiens, sous Dioclétien. Pour le bien de son troupeau, le saint se cacha quelque temps dans un village situé à proximité de Nicomédie, et de là, il envoyait des épîtres aux chrétiens qui étaient emprisonnés, les encourageant à recevoir la palme du martyre. A la fin, les persécuteurs des chrétiens eurent connaissance du lieu où résidait l’évêque et envoyèrent des soldats pour l’arrêter. Dans le village, ceux-ci rencontrèrent par hasard Anthime et lui demandèrent où se trouvait l’évêque. Promettant aux soldats de leur montrer le lieu où celui-ci demeurait, Anthime les invita dans sa maison, leur accorda l’hospitalité avec joie, puis leur révéla qui il était. Touchés par la bonté du vieillard, par son hospitalité et son courage, les soldats commencèrent à persuader Anthime de se cacher, lui promettant de dire aux persécuteurs qu’ils n’avaient pu trouver le lieu de sa résidence. Cependant, l’évêque manifesta une attitude strictement chrétienne envers la proposition des soldats païens. Leur montrant à quel point cela constituait un péché contre la vérité, et comme il était malhonnête pour eux, soldats, d’user de tromperie dans l’accomplissement de leur devoir, il les rassura en disant qu’ils n’étaient pas coupables, accomplissant les ordres qui leurs étaient intimés, bien que ceux-ci fussent iniques. Aussi, il les suivit courageusement. Sur la route, le saint vieillard ne cessait pas d’enseigner les soldats, et disposa à tel point leur cœur envers lui-même et la foi du Christ, que ceux-ci, alors qu’ils passaient près d’un cours d’eau, demandèrent à être baptisés immédiatement. Se livrant volontairement aux mains de ses ennemis, St. Anthime, après de terribles tortures, accompagnées de miracles, fut décapité en l’an 302.

TROPAIRES ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr Anthime, ton 4
Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, ô Hiéromartyr Anthime, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Théoktiste, ton 8
Par les flots de tes larmes, tu as fais fleurir le désert aride : par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l’univers. Prie le Christ Dieu, ô bienheureux Père Théoktiste, de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Joannice, patriarche de Serbie, ton 4
Célébrant, comme une fête le souvenir de Joannice, le grand pontife et patriarche bienheureux, noble gardien des apostoliques enseignements, pasteur et docteur de l’Eglise de Serbie, nous glorifions par les hymnes qui lui sont dues le Christ notre Dieu, pour nous avoir donné son serviteur comme vaillant guide et suprême pasteur qui sans cesse prie le divin Roi de l’univers pour le salut de nos âmes.

Kondakion du saint hiéromartyr Anthime, ton 4
Toi qui parmi les prêtres vécus dans la piété et qui achevas la voie du martyre, tu mis fin au service des idoles, et tu fus le défenseur de ton troupeau, ô sage en Dieu. Aussi, celui-ci te crie-t-il mystiquement : délivre-nous des malheurs par tes prières, Anthime d’éternelle mémoire.

Kondakion de saint Joannice, patriarche de Serbie, ton 3
Ta mémoire est apparue porteuse de clarté, dissipant les ténèbres du désespoir et rayonnant la lumière des célestes dons sur tous ceux qui accourent dans l’allégresse vers toi, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, saint Joannice, fierté des moines et des pontifes divins.

ÉPITRE du jour
(I Cor. IV, 17 – V,5)
Pour cela je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur; il vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, quelle est la manière dont j’enseigne partout dans toutes les Églises. Quelques-uns se sont enflés d’orgueil, comme si je ne devais pas aller chez vous. Mais j’irai bientôt chez vous, si c’est la volonté du Seigneur, et je connaîtrai, non les paroles, mais la puissance de ceux qui se sont enflés. Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Que voulez-vous? Que j’aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur? On entend dire généralement qu’il y a parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil! Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! Pour moi, absent de corps, mais présent d’esprit, j’ai déjà jugé, comme si j’étais présent, celui qui a commis un tel acte. Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.

Évangile du jour
(Маtth. XXIV, 1-13)
Comme Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit: Voyez-vous tout cela? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s’assit sur la montagne des oliviers. Et les disciples vinrent en particulier lui faire cette question: Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde? Jésus leur répondit: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.

15 septembre

15 septembre
jour de jeûne

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; saint mégalomartyr Nicétas (vers 372) ; saint Valérien, martyr à Tournus (178) ; invention des reliques de saint Acace, confesseur, évêque de Mélitène (IIIème s.) ; saints martyrs Maxime, Théodote, Ascliade (305-311) ; saint Albin, évêque de Lyon (IVème s.) ; saint martyr Porphyre (361) ; invention des reliques du saint protomartyr Étienne (415) ; saint Epvre, évêque de Toul (507) ; saint hiérarque Joseph, évêque d’Alaverdi en Géorgie (570);  saint Achard, abbé de Jumièges (687) ; saint Ribert, abbé de Saint-Valéry-sur-Somme (VIIème s.) ; saint Philothée, prêtre, en Asie Mineure (Xème s.) ; saint hiérarque Syméon de Thessalonique (1429) ; saints Bessarion Ier (1499) et Bessarion II (1540), archevêques de Larissa ; saint Joseph de Partoș de Timișoara (1656)  ; saint néomartyr Jean de Crète (1811) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Jean (Ilinsky, prêtre, Eudocie (Tkatchenko) (1918), André (Kovalev), Grégoire (Konokotine), Grégoire (Troïtsky), Jean (Yakovlev), prêtres (1921) ; Ignace (Birioukov), confesseur (1932); Dimitri (Ignatenko), prêtre (1935) ; Jean (Borozdine), Jacques (Leonovitch), Pierre (Petrikov), Nicolas (Skvortsov), prêtres et Nicolas (Tsvetkov), diacre, martyres Marie (Rykov) et Ludmila (Petrov) (1937).

VIE DU SAINT MÉGALOMARTYR NICÉTAS

Saint mégalomartyr Nicétas (vers 372)

Saint Nicétas naquit sous le règne de Constantin le Grand (vers 330) dans la région qui se trouve près de l’embouchure du Danube. Il était Goth de naissance, mais grâce aux soins de ses pieux parents et à l’enseignement de l’évêque du lieu, Théophile (qui brilla au Concile de Nicée pour la défense de l’orthodoxie) il fut élevé dans la foi, l’amour de Dieu et le zèle pour convertir ses compatriotes. Ayant été instruit dans les lettres helléniques, il fut le premier à écrire la langue des Goths et à traduire la Sainte Écriture. Le peuple de Goth était divisé en deux factions ennemies. La première avait à sa tête Phritigern et l’autre Athanaric, homme particulièrement inhumain et impie. Ne réussissant pas à le vaincre, Phritigern s’assura l’alliance avec l’empereur romain Valens, lequel lui envoya une légion qui repoussa les armées d’Athanaric avec la Croix sur ses étendards. Mais plus tard Athanaric repris le pouvoir, plein de rancœur contre les chrétiens il déclencha de violentes persécutions contre eux. Nicétas fut parmi les premiers à être capturés, car sa réputation de prédicateur infatigable de l’Évangile était connue de tous. Comme il refusait de renier le Christ, on le tortura, avec pour seul résultat de l’entendre crier avec plus de force sa foi et son amour pour le Sauveur. Finalement, il fut jeté dans un brasier où il remit son âme à Dieu, remportant ainsi la couronne de victoire (372). Ses saintes reliques, découvertes suite à l’apparition d’un astre, furent transférées à Mopsueste par Marien, ami et disciple du saint (375).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire de saint Nicétas, ton 4
Ton martyr Nicétas, Seigneur, par son combat, a reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, il a renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par ses supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Joseph de Partoș, ton 8
Dès la jeunesse tu t’es entièrement consacré au Seigneur dans l’ascèse, le jeûne et l’oraison; pour cela, voyant tes peines, Dieu fit de toi un pontife et pasteur de son Eglise, puis, après ta mort, t’a placé dans le chœur des Saints. Prie le Christ notre Dieu, saint Père Joseph, pour qu’il nous accorde le pardon de nos péchés, à nous fidèles qui célébrons de tout coeur ta mémoire sacrée.

Kondakion de saint Nicétas, ton 2
La force de l’erreur, par ta résistance tu l’as brisée * et pour ton martyre tu reçus la couronne du vainqueur; * des Anges tu partages l’allégresse, illustre et victorieux Nicétas, * et devant le Christ notre Dieu * sans cesse avec eux tu intercèdes pour nous tous-

Kondakion de saint Joseph de Partoș, ton 8
C’est un défenseur intrépide, le sauvant dans les périls, qu’en toi, saint Joseph, a trouvé le pays du Banat; grâce au crédit que tu possèdes auprès de Dieu, protège-le de tout malheur, afin que nous puissions te chanter: Réjouis-toi, thaumaturge Père Joseph.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.
ÉPITRE du jour
(Gal. IV, 8-21)

Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature; mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. Soyez comme moi, car moi aussi je suis comme vous. Frères, je vous en supplie. Vous ne m’avez fait aucun tort. Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai pour la première fois annoncé l’Évangile. Et mis à l’épreuve par ma chair, vous n’avez témoigné ni mépris ni dégoût; vous m’avez, au contraire, reçu comme un ange de Dieu, comme Jésus Christ. Où donc est l’expression de votre bonheur? Car je vous atteste que, si cela eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité? Le zèle qu’ils ont pour vous n’est pas pur, mais ils veulent vous détacher de nous, afin que vous soyez zélés pour eux. Il est beau d’avoir du zèle pour ce qui est bien et en tout temps, et non pas seulement quand je suis présent parmi vous. Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous, je voudrais être maintenant auprès de vous, et changer de langage, car je suis dans l’inquiétude à votre sujet. Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi?

Évangile du jour
(Mc VI, 43-53)

Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il s’en alla sur la montagne, pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. Il vit qu’ils avaient beaucoup de peine à ramer; car le vent leur était contraire. A la quatrième veille de la nuit environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c’étaient un fantôme, et ils poussèrent des cris; car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit: Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur! Puis il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-même tout stupéfaits et remplis d’étonnement; car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci. Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.

2 septembre (ancien calendrier) / 15 septembre (nouveau)

2 septembre (ancien calendrier) / 15septembre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce (275), son père Théodote et sa mère Rufine (IIIème s.) ; saint Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (595) ; les 3628 martyrs de Nicomédie (IIIème-IVème s.) ; saint Juste, évêque de Lyon, mort au désert de Scété (390) ; saint Juste, évêque de Strasbourg (IVème s.) ; saints Antonin, Jean et Amalchius, martyrs à Pamiers (Vème s.) ; saint Elpidien, évêque de Lyon (Vème s.) ; saint Antoine de Lialores, martyr des Ariens (Vème s.) ; saint Syagrius, évêque d’Autun (599) ; saint Agricol, évêque d’Avignon (vers 700) ; saints Antoine (1073) et Théodose (1074) de la Laure des grottes de Kiev ; saints nouveaux martyrs de Russie : Barsanuphe, évêque de Kyrillov et avec lui Jean (Ivanov), prêtre, Séraphime (Soulimov), moniale et Anatole, Nicolas, Michel et Philippe (1918) ; Damascène, évêque de Starodoub et avec lui Euthyme (Goriatchev), Jean (Melnitchenko), Jean (Smolitchev), Vladimir (Morinsky), Victor (Basov), Théodote (Chatokhine), Pierre (Novoselsky), Étienne (Yarochevitch), prêtres (1937) ; Germain, évêque de Viaznikov, Étienne (Ermoline), prêtre et Paul (Elkine) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR MAMAS

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce

Saint Mamas était originaire de Gangres en Paphlagonie (Asie-Mineure). Ses parents, Théodote et Rufine étaient de fidèles chrétiens et des confesseurs de la foi. Ils furent capturés par les païens et emprisonnés, car ils refusaient de renier le Christ. C’est dans le cachot même que Mamas vit le jour en 260. Or ses deux parents trouvèrent la mort en prison, et le petit orphelin fut adopté par une pieuse femme du nom d’Ammiane. Comme en balbutiant il appelait souvent sa mère adoptive, on le surnomma Mamas. Parvenu à l’âge de quinze ans, Mamas fut à son tour capturé par les troupes impériales pour avoir refusé de sacrifier aux idoles, conformément aux saintes prescriptions que lui avait laissées Ammiane avant de mourir, et pour avoir entraîné ses compagnons à suivre son vaillant exemple. Il fut d’abord livré à Démocrite, le gouverneur de Césarée de Cappadoce, puis il comparut devant l’empereur Aurélien lui-même. Le tyran essaya d’abord de convaincre le jeune et fragile garçon par des paroles doucereuses et flatteuses; mais il trouva l’âme de Mamas plus solide que le diamant et plus brûlante de zèle divin que la fournaise la plus ardente. Aurélien se prit alors de colère de voir ainsi un enfant lui tenir tête, à lui le souverain de la plus grande partie du monde. Il le livra à de cruelles tortures: fouets, coups, bastonnades. Pensant que la souffrance avait vaincu Marnas, il lui dit: «Dis seulement que tu as sacrifié aux idoles et cela suffit pour que je te libère».
Mamas répondit: «Ni du coeur, ni même des lèvres, je ne renierai le Christ mon Sauveur, ô Empereur: je te remercie au contraire de me permettre par ces supplices d’aimer davantage et de m’unir au Christ mon Roi, qui a souffert pour mon salut». On lui brûla ensuite tout le corps avec des torches allumées, on lui frappa les membres à coups de pierres, puis on le jeta à la mer après lui avoir attaché une lourde boule de plomb au cou. Mais il fut miraculeusement délivré par un Ange de Dieu, qui le transporta sur une haute montagne surplombant la ville de Césarée. Il vécut là, en glorifiant Dieu par la prière ininterrompue, en compagnie de bêtes sauvages qui lui offraient leur lait en nourriture. Quelque temps plus tard, fortifié par un signe divin, il descendit de lui-même se livrer à Alexandre, le nouveau gouverneur de Cappadoce. Il fut soumis à de nouvelles tortures, qui n’eurent pour seul effet que de montrer avec plus d’éclat la présence de la grâce de Dieu dans son âme et dans son corps. On le jeta dans une fournaise ardente, où il resta, tel les trois enfants hébreux dans la fournaise de Babylone, à chanter la gloire de Dieu, protégé de la morsure des flammes par une rosée divine. Finalement, les soldats lui percèrent les entrailles avec une fourche, et Mamas trouva la force de sortir de la ville avant de rendre son âme à Dieu. On entendit une vois venue d’en haut qui appelait le Saint à venir se reposer de ses labeurs dans les demeures éternelles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Mamas, ton 4
Ton martyr, Seigneur, Mamas, par son combat, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire du saint hiérarque Jean le jeûneur, ton 4
La vérité de tes œuvres, ô Père Jean, t’a rendu pour ton troupeau règle de foi, modèle de douceur, maître de tempérance. Aussi as-tu obtenu, par ton humilité, l’exaltation, par ta pauvreté, la richesse. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Mamas, ton 3
Saint Mammas, avec la houlette que Dieu t’a donnée, mène ton peuple vers les pâturages vivifiants; quant aux fauves invisibles et cruels, écrase-les sous les pieds des fidèles te chantant, car au milieu des malheurs nous menaçant, c’est toi, saint Martyr, que nous avons comme fervent défenseur.

ÉPITRE du jour
(Gal. IV, 8-21)

Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature; mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. Soyez comme moi, car moi aussi je suis comme vous. Frères, je vous en supplie. Vous ne m’avez fait aucun tort. Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai pour la première fois annoncé l’Évangile. Et mis à l’épreuve par ma chair, vous n’avez témoigné ni mépris ni dégoût; vous m’avez, au contraire, reçu comme un ange de Dieu, comme Jésus Christ. Où donc est l’expression de votre bonheur? Car je vous atteste que, si cela eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité? Le zèle qu’ils ont pour vous n’est pas pur, mais ils veulent vous détacher de nous, afin que vous soyez zélés pour eux. Il est beau d’avoir du zèle pour ce qui est bien et en tout temps, et non pas seulement quand je suis présent parmi vous. Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous, je voudrais être maintenant auprès de vous, et changer de langage, car je suis dans l’inquiétude à votre sujet. Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi?

Évangile du jour
(Mc VI, 45-53)

Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il s’en alla sur la montagne, pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. Il vit qu’ils avaient beaucoup de peine à ramer; car le vent leur était contraire. A la quatrième veille de la nuit environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c’étaient un fantôme, et ils poussèrent des cris; car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit: Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur! Puis il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-même tout stupéfaits et remplis d’étonnement; car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci. Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.

14 septembre

14 septembre

Jour de jeûne

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Dormition de St Jean Chrysostome (407)

L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX[1]

Alors que saint Constantin le Grand s’apprêtait à marcher sur Rome pour s’opposer à son rival, Maxence,— lequel possédait des forces bien supérieures aux siennes — il vit, en plein midi, le signe de la vivifiante Croix apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entourée de l’inscription : Par ce signe, tu vaincras. Il fit immédiatement orner ses étendards du signe de la Croix, et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d’assurer le triomphe du christianisme[2]. Après la victoire de l’Orthodoxie au Premier Concile Œcuménique, l’empereur nourrissait le désir de faire construire un grandiose édifice en action de grâces. C’est alors que sa mère, sainte Hélène, âgée d’environ quatre-vingts ans, entreprit un pèlerinage à Jérusalem (326), pour y vénérer les saints Lieux, avec l’espoir d’y retrouver le saint Sépulcre et la Croix. En effet, lors de la destruction de la ville sous Hadrien (135), le lieu où notre Seigneur fut crucifié et enseveli, avait été comblé sous une masse de terre et l’on avait bâti au-dessus un temple païen avec une statue d’Aphrodite, de sorte qu’avec le temps le véritable caractère sacré de cet endroit avait été oublié. Parvenue à Jérusalem, sainte Hélène s’adressa à l’évêque saint Macaire [16 août] et, grâce aux informations fournies par un écrit, qu’un Juif des régions orientales tenait de ses pères, on retrouva la grotte de la Résurrection. Sur ordre de l’empereur, le lieu fut déblayé en hâte, et l’on découvrit près de là, trois croix et un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin portant ces mots : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs (Jn 19, 19-20), ainsi que les trois clous qui avaient fixé sur la croix le corps vivifiant du Sauveur. Toutefois, les croix étaient brisées et leurs morceaux éparpillés, il était donc impossible de distinguer la Croix du Christ des deux croix auxquelles avaient été suspendus les deux larrons. La guérison d’une femme mourante à l’approche du saint Bois, permit à saint Macaire de reconnaître le précieux Bois, car les deux autres croix n’opérèrent aucun miracle. L’impératrice et toute sa cour se prosternèrent devant la sainte Croix et la baisèrent avec piété. Mais le peuple, rassemblé en grand nombre sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce ou, pour le moins, voir de loin l’instrument de notre Rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le saint évêque monta alors sur l’ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l’éleva bien haut à la vue de tous, tandis que la foule s’écriait : Kyrie eleison ! Le même geste fut répété solennellement par le patriarche saint Zacharie [21 fév.], quand, à la suite des brillantes victoires de l’empereur Héraclius, la sainte Croix, qui avait été dérobée par les Perses lors du pillage de la Ville sainte (614), revint à Jérusalem (631). Les saints Pères ont institué de procéder, chaque année, dans toutes les églises, à l’exaltation solennelle de la Précieuse Croix, non seulement pour commémorer ces deux événements symboliques de la victoire du christianisme, mais aussi pour manifester que la Croix, instrument de honte et de condamnation dans le monde ancien, est devenue notre fierté et le signe de la gloire divine du Christ, manifestée par la lumière de sa Résurrection. Réitérant aujourd’hui, le geste du saint évêque de Jérusalem et élevant la Croix dans les quatre directions de l’espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens confessent que le Christ, élevé sur la Croix, a réconcilié toutes choses et a uni, dans son Corps, les extrémités de la création : la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, afin que nous puissions avoir accès, par Lui, auprès du Père (Éph 3, 18 ; Col 1, 20). La sainte Croix était, dit-on, faite de trois sortes de bois : cyprès, pin et cèdre, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe (Is 60, 13). Ses innombrables fragments, répandus dans tout le monde chrétien, ont la propriété de rester sans altération, et communiquent aux fidèles qui les vénèrent avec foi la grâce de la Résurrection.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1

Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

 Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4

Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉPITRE du jour

(I Cor. I, 18-24)

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

Évangile du jour

(Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35)

En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

[2] L’autre évènement qui détermina la vénération de la Croix comme signe glorieux, associé à la lumière divine, fut l’apparition de la Croix lumineuse à Jérusalem (en 350), qui est commémorée le 7 mai.

1er septembre (ancien calendrier) /14 septembre (nouveau)

1er septembre (ancien calendrier) /14 septembre (nouveau)

 Nouvel an ecclésial

Saint Syméon le Stylite (459) et sa mère Marthe (vers 428) ; saint Jésus (Josué), fils de Navé, prophète (XVIème s. avant Jésus-Christ) ; saints martyrs Calliste et ses frères Evode et Hermogène (309) ; sainte Verena de Zurzach (Suisse, 350) ; saint Ammoun, diacre, martyrisé avec 40 vierges à Héraclée (IVème s.) ; saint Aïphal, diacre et martyr (380) ; saint Divitien, évêque de Soissons (IIIème s.) ; saints Sinice et Sixte, évêques de Reims (IIIème s.) ; saint Victeur, évêque du Mans (vers 490) ; saint Vincent de Sentes, évêque et martyr (IVème s.) ; saint Leu, évêque de Sens (623) ; saint Nivard, évêque de Sens (675) ; saint Gilles, ermite près de Narbonne (720) ; Synaxe  de l’icône de la Mère de Dieu des Miasènes (864) ; saint Mélèce le Jeune (1105) ; saint néo-martyr Angelis de Constantinople (1681) ; sainte Haido de Stanos (1820-1821) ; saintes nouvelles martyres de Russie Tatienne (Gribkov) et Nathalie (Kozlov) (1937).

LE NOUVEL AN ECCLÉSIAL[1]

 L’Église du Christ célèbre en ce jour l’indiction qui, selon les Romains, signifie «limite», c’est à dire le début de l’année ecclésiastique. Ce terme vient de l’usage qu’avaient les empereurs romains de lever chaque année à cette époque un impôt sur leurs sujets pour l’entretien de l’armée. Le taux de cet impôt annuel était fixé tous les quinze ans. C’est pourquoi on appelle également indiction les cycles de quinze ans qui commencèrent sous César Auguste, trois ans avant la naissance du Christ. Comme, d’autre part, le mois de septembre est l’époque où l’on rentre les fruits des récoltes dans les greniers pour se préparer à un nouveau cycle de la végétation, il convenait de fêter ce début du cycle agricole en rendant grâce à Dieu pour sa bienveillance à l’égard de la création. C’est déjà ce que faisaient les Juifs sous le régime de l’ancienne Loi. Le premier jour de leur septième mois (début septembre), ils célébraient la fête des Trompettes, en cessant tout travail pour se consacrer seulement à l’offrande de sacrifices «d’agréable odeur» et à la louange de Dieu (cf. Lev. XXIII:24-25). Le Christ, Fils et Verbe de Dieu, le Créateur du temps et de l’espace, le roi prééternel de tous les siècles – qui s’est incarné pour ramener toutes choses à l’unité et réconcilier tous les hommes, Juifs et païens, dans une seule Eglise – a voulu aussi rassembler en Lui-même les choses soumises aux lois naturelles et ce qu’Il avait promulgué par la Loi écrite. C’est pourquoi, en ce jour où la nature se prépare à dérouler un nouveau cycle de ses saisons, nous commémorons l’épisode où le Seigneur Jésus Christ se rendit à la synagogue et, ouvrant le livre d’Isaïe, lut le passage où le Prophète dit en son nom: «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a oint. Il m’a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. » (Luc IV, 18). Toutes les Eglises ainsi rassemblées dans l’unanimité adressent aujourd’hui une seule louange à notre Dieu. Un dans sa nature et triple dans ses Personnes, qui demeure en permanence dans la béatitude, tient toutes choses dans l’existence et déverse en tout temps ses bénédictions sur ses créatures. C’est le Christ Lui-même qui nous ouvre les portes de cette année et nous appelle à Le suivre pour participer à Son éternité.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Auteur de l’entière création qui as soumis à Ton pouvoir les moments et les temps, bénis la couronne de l’année que Ta Bonté nous donne de commencer;  garde en paix Ta ville et Ton peuple et par l’intercession de ta Mère, Seigneur, sauve-nous.

Tropaire de saint Syméon, ton 1

Colonne de patience, tu imitas les Pères de jadis: dans ses souffrances Job, dans ses épreuves Joseph; des Anges incorporels tu menas la vie en ton corps, vénérable Père Siméon; intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’Il accorde à nos âmes le salut.

Tropaire de saint Mélèce le Jeune, ton 4

Comme un ange dans la chair, un serviteur de Jésus Christ, comme un homme céleste, un ascétique joyau, vénérable Mélèce, tu as reçu le pouvoir donné par Dieu de chasser les esprits du mal et de soigner les malades; c’est pourquoi de ta sainte châsse jaillissent les guérisons.

Kondakion de saint Syméon, ton 2

Recherchant les choses d’en-haut,  conversant avec les êtres d’en bas et faisant de ta colonne un char de feu, par elle tu devins un confident des Anges, Père saint; et sans cesse tu intercèdes avec eux pour nous tous auprès du Christ notre Dieu.

 Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Toi qui demeures dans les hauteurs, Christ Roi, Auteur et Créateur de tout ce qui est visible et invisible, Toi qui fis le jour et la nuit, le temps et les années, bénis maintenant la couronne de l’année, protège et garde en paix Ta ville et Ton peuple, ô Très-Miséricordieux.

 

ÉPITRE du jour

(I Tim. II, 1-7)

J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps, et pour lequel j’ai été établi prédicateur et apôtre, -je dis la vérité, je ne mens pas, -chargé d’instruire les païens dans la foi et la vérité.

 

Évangile du jour

(Lc IV, 16-22)

Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

13 septembre

13 septembre

Avant-fête de l’Exaltation de la sainte Croix ; Dédicace de la basilique de la Résurrection à Jérusalem (335) ; saint hiéromartyr Corneille le Centurion (Ier s.) ; saints martyrs Cronide, Léonce et Sérapion (vers 237) ; saint hiéromartyr Cyprien, évêque de Carthage (258) ; saints martyrs Séleuchos de Galatie et Straton de Bithynie (IIIème s.) ; saint Émilien, évêque de Valence (IVème s.) ; saint hiéromartyr Julien, prêtre (IVème s.) ; saints martyrs Macrobe et Gordien (320) ; saints martyrs Élie, Zotique, Lucien et Valérien (320) ; saint Lidoire, évêque de Tours (371) ; saint Maurille, évêque d’Angers (453) ; saint Armand, évêque de Vannes (VIème s.) ; saint Nectaire, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Aimé, ermite à Remiremont (vers 629) ; saint Colombin, abbé de Lure (vers 680) ; saint Aimé, évêque de Sion (690) ; saint Pierre d’Atroa (IXème s.) ; saint Jean de Prislop en Transylvanie (XVIème s.) ; sainte Khétévan, reine de Géorgie (1624) ; St Hiérothée le Jeune, du monastère d’Iviron (1745) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Étienne (Kostogryz), Alexandre (Aksenov), prêtres et Nicolas (Vasioukovitch), diacre (1937).

LA DÉDICACE DE LA BASILIQUE DE LA RÉSURRECTION À JÉRUSALEM[1]

Comme sainte Hélène venait de découvrir le saint Sépulcre ainsi que les instruments de la Passion [14 sept.], saint Constantin le Grand — qui désirait rendre grâce à Dieu de l’heureuse conclusion du Concile de Nicée — ordonna à l’évêque de Jérusalem, saint Macaire [16 août], d’élever sans retard et aux frais de l’État, sur les lieux de la Rédemption du monde, un édifice qui serait le plus splendide possible. Après avoir isolé le Saint-Sépulcre de la colline dans laquelle il avait été creusé, on orna richement la grotte, qui devait être recouverte, par la suite, d’un édifice en rotonde : l’Anastasis. On construisit ensuite, séparée du Tombeau par un atrium avec portiques et colonnades, une vaste basilique à cinq nefs, nommée le Martyrion1, décorée somptueusement de colonnes de marbres, de mosaïques et de plafonds dorés2, dans laquelle était conservée la relique de la sainte Croix3. Entre l’Anastasis et le Martyrion, au sud-ouest, se dressait le rocher du Golgotha, sur lequel on avait planté une croix que l’on vénérait en accédant à la plate-forme par un escalier à rampe d’argent. Lorsque, au bout de dix ans de travaux (325-335), l’église fut achevée, l’empereur envoya un représentant au Concile, réuni à Tyr, pour inviter tous les évêques qui s’y trouvaient à se rendre à Jérusalem, afin de procéder à la consécration. La dédicace de la basilique eut lieu à l’occasion du trentième anniversaire du règne de saint Constantin, le 13 septembre 335, au milieu de somptueuses manifestations et de grandes réjouissances populaires. Par la suite, on institua la commémoration annuelle de cet événement dans tout l’Empire, pour remplacer la fête païenne de Jupiter Capitolin. Ce temple élevé à la gloire de la Résurrection du Sauveur était si beau, ce lieu si vénérable, qu’il devint le symbole de la victoire du christianisme et le modèle de toute église. Comme le terme grec pour désigner la consécration d’une église signifie littéralement « renouvellement » (enkainia), les saints Pères ont profité de cette célébration pour célébrer, dans l’office de ce jour, le renouvellement de toute la création sensible, accompli par la résurrection du Christ.

 

TROPAIRES DU JOUR

 

Tropaire de la dédicace, ton 4

Comme tu as orné de splendeur * le céleste firmament, * sur terre aussi tu pares de beauté * la sainte demeure de ta gloire, Seigneur. * Pour les siècles des siècles affermis-la * et par les prières de la Mère de Dieu * agrée les incessantes supplications * qu’en ce temple nous faisons monter jusqu’à toi, * Seigneur, notre vie et l’universelle résurrection.

Tropaire du saint hiéromartyr Corneille, ton 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Corneille, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire de l’avant-fête de l’Exaltation de la Croix, ton 2

Nous Te présentons, Seigneur, en manière d’intercession, la vivifiante Croix que, dans Ta bonté, Tu nous as accordée, indignes que nous sommes. Sauve, nos gouvernants et Ta Cité qui Te supplient, par Ta Mère, ô seul Ami des hommes

Kondakion de la dédicace, ton 4

L’Église s’est montrée comme un ciel aux mille feux * illuminant l’ensemble des croyants; * nous y chantons: Seigneur, affermis ce temple saint.

 ÉPITRE du jour

(Gal. III, 15-22)

Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit: et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule: et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. Voici ce que j’entends: une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cents trente ans plus tard. Car si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse; or, c’est par la promesse que Dieu a fait à Abraham ce don de sa grâce. Pourquoi donc la loi? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. Or, le médiateur n’est pas médiateur d’un seul, tandis que Dieu est un seul. La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus Christ à ceux qui croient.

Évangile du jour

(Mc VI, 7-13)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

31 août (ancien calendrier) / 13 septembre (nouveau)

31 août (ancien calendrier) / 13 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408) ; saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr (258) ; saint Gennade, patriarche de Constantinople (471) ; saint Optât, évêque d’Auxerre (532) ; saint Ay (593) ; saint Ebrégésile, évêque de Meaux (VIIème s.) ; saint Gildard (VIIIème s.) ; nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Lioubimov, prêtre et Vladimir Dvinsky, diacre (1918) ; Michel Kosouchine et Miron Rjepik, prêtres (1937) ; Démètre Smirnov, prêtre (1938) ; synaxe des nouveaux martyrs de Jasenovac (Serbie, 1941-1944).

 DÉPOSITION DE LA CEINTURE DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU[1]

D’après une ancienne tradition ecclésiastique, au moment de quitter ce monde pour rejoindre son Fils et son Dieu, la Très Sainte Mère de Dieu légua ses deux robes à deux pauvres femmes juives qui l’avaient servie. Ces dernières gardèrent précieusement ces reliques, qui furent transmises de génération en génération jusqu’à ce que Galbios et Candide s’emparent de l’une d’elles, au moyen d’une pieuse ruse, sous le règne de Léon Ier, et la déposent dans l’église des Blachernes. La Ceinture de la Mère de Dieu, qui s’était retrouvée, on ne sait comment, dans l’évêché de Zèla, proche d’Amasée dans le Pont, fut transférée à Constantinople sous le règne de Justinien (vers 530), et déposée dans l’église des Chalkoprateia, qui était située non loin de Sainte-Sophie, à l’ouest, dans le quartier des chaudronniers. On y célébrait en ce jour la dédicace de l’église et les deux insignes reliques qu’elle contenait : la sainte Ceinture et les langes de notre Seigneur. De longues années après (vers 888), l’épouse de l’empereur Léon VI le Sage, Zoé, se trouvant gravement malade sous l’instigation d’un esprit malin, fut avertie au cours d’une révélation qu’elle obtiendrait sa guérison par l’imposition de la Ceinture de la Mère de Dieu. L’empereur fit aussitôt briser les scellés de la châsse (soros) qui contenait la relique, et il découvrit avec admiration la sainte Ceinture, aussi neuve et éclatante que si elle avait été tissée la veille. On trouva à côté un document indiquant exactement la date où elle avait été apportée à Constantinople, et comment l’empereur lui-même l’avait déposée dans la châsse qu’il avait scellée de ses propres mains. L’empereur Léon baisa la relique avec vénération et la remit au patriarche. Et dès que le prélat eut déployé la Ceinture sur la tête de l’impératrice, celle-ci fut délivrée de sa maladie. Tous rendirent gloire au Christ Sauveur et à sa Très-Sainte Mère, et la sainte relique fut replacée dans la châsse, après que l’impératrice reconnaissante l’eut rehaussée de fils d’or. On raconte que le tsar de Bulgarie Jean Asen (1187-1196), ayant vaincu l’empereur Isaac II Ange (1190), s’empara de la croix dans laquelle se trouvait un fragment de la sainte Ceinture, et qu’un prêtre avait jetée dans le fleuve pour qu’elle échappe à la profanation. Reprise par les Serbes, la sainte relique fut ensuite offerte par le saint prince Lazare († 1389) [15 juin] au monastère athonite de Vatopédi, où elle se trouve encore vénérée aujourd’hui, dégageant un suave parfum et accomplissant quantité de miracles. Cette Ceinture, qui a serré les chastes entrailles qui portaient le Créateur et qui a été humectée des gouttes du lait dont fut nourri Celui qui est la Vie du monde, demeure pour tous les croyants un gage de salut. Elle les incite à ceindre tous les mouvements de la chair et à imiter la chasteté d’âme et de corps de la Très-Sainte Vierge et Mère, afin d’être jugés dignes de porter, à leur tour en leur cœur, le Christ qui ne cesse de se faire pour nous « petit enfant ».

 

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, car en toi la nature et le temps sont renouvelés; c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Tropaire des saints martyrs de Jasenovac, ton 8

Pour la fidélité à Dieu et à Sa justice, vous avez souffert dans la chair, faisant s’affliger la terre, mais vous avez sauvé vos âmes, faisant réjouir les cieux ; vos ancêtres célestes, vous accueillant aux grilles du paradis, s’exclamèrent dans leurs chants : « Vos noms sont inscrits dans le livre de l’éternité, venez au paradis enfants de l’immortalité ! » Et nous sur terre, nous nous écrions vers vous : Nouveaux martyrs, priez Dieu pour nous !

 

Kondakion de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

La précieuse Ceinture qui jadis entoura ton sein porteur de notre Dieu pour tes fidèles est un invincible trophée, un trésor inépuisable de bienfaits, Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.

 

ÉPITRE du jour

(Gal. III, 15-22)

Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit: et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule: et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. Voici ce que j’entends: une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cents trente ans plus tard. Car si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse; or, c’est par la promesse que Dieu a fait à Abraham ce don de sa grâce. Pourquoi donc la loi? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. Or, le médiateur n’est pas médiateur d’un seul, tandis que Dieu est un seul. La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus Christ à ceux qui croient.

Évangile du jour

(Mc VI, 7-13)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

12 septembre

12 septembre

Clôture de la fête de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu ; saint Autonome, évêque en Italie, martyr en Bithynie (313) ; saint Julien, prêtre, martyr en Galatie avec ses 40 compagnons (IVème s.) ; saint Théodore d’Alexandrie, martyr (IVème s.); saint Cornutus, évêque de Nicomédie, martyr (259) ; saint Sacerdos, évêque de Lyon (552) ; saint Bassien, moine de Tiksen (Vologda) (1624) ; saint Athanase de Serpoukhov (1395) ; translation des reliques de saint Syméon de Verkhotourié (1704) ; saint hiéromartyr Dosithée de Tbilissi (1795) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Théodore (Lebedev), Jean (Proudentov), Nicolas (Jitov), prêtres, Alexis (Vorochine) (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR AUTONOME[1]

 Saint Autonome était évêque en Italie, quand éclata la violente persécution déclenchée contre les chrétiens par l’empereur Dioclétien (vers 303). Pour échapper aux recherches, il s’enfuit d’Italie et se réfugia dans un village de Bithynie appelé Soréoi. Il y fut accueilli par un fidèle du nom de Corneille. Après y être resté un certain temps, il décida d’y bâtir une chapelle dédiée à l’Archange Michel et il ordonna Corneille diacre. Lui ayant laissé le soin de la chapelle et des fidèles qui s’y réunissaient, Autonome partit pour la Lycaonie et l’Isaurie, afin d’y répandre la parole de Dieu. Il revint ensuite en Bithynie et ordonna Corneille prêtre. C’est alors que l’empereur Dioclétien se rendit à Nicomédie, furieux contre les chrétiens, que les persécutions ne réussissaient pas à décourager, et en particulier contre Autonome, dont la renommée s’étendait partout. Une fois de plus, le bienheureux prit la fuite, et alla évangéliser les villes qui se trouvaient sur les rives de la Mer Noire.

Au bout de quelque temps, il revint vers Corneille pour le consacrer évêque. Infatigable, il se rendit dans l’ouest de l’Asie Mineure pour y déraciner l’idolâtrie et y affermir les germes de la foi. Puis il retourna à Soréoi et s’installa dans un village voisin, dont il convertit et baptisa en peu de temps les habitants. Ces néophytes, pleins de zèle pour la foi, voyant les païens continuer d’offrir leurs sacrifices aux idoles, se précipitèrent un jour vers le temple des idoles et en renversèrent toutes les statues. Décidés à se venger, les païens attendirent que le saint évêque vienne célébrer les saints Mystères dans la chapelle de Soréoi. Ils envahirent alors l’église et massacrèrent tous ceux qui se trouvaient à portée de leur main : d’aucuns à coups de pierres ou de bâtons, d’autres au moyen de toute arme trouvée sur place. Quant au bienheureux Autonome, ils le tuèrent tandis qu’il se tenait devant le saint Autel, de sorte que c’est sa vie même qu’il offrit en sacrifice, à l’imitation de notre Seigneur. Quelques fidèles, qui avaient été épargnés, purent ensevelir son corps, lequel demeura exempt de corruption. Il était vénéré dans une église bâtie à cet endroit.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

 ÉPITRE du jour

(Gal. II, 21 – III,7)

Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain. O Galates, dépourvus de sens! qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus Christ a été peint comme crucifié? Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi? Êtes-vous tellement dépourvus de sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair? Avez-vous tant souffert en vain? Si toutefois c’est en vain. Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi? Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice, reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham.

 Évangile du jour

(Mc VI, 1-7)

Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent ces choses? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d’alentour, en enseignant. Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

30 août (ancien calendrier) / 12 septembre (nouveau)

30 août (ancien calendrier) / 12 septembre (nouveau)

Après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste ; saints Alexandre (340), Jean (595) et Paul le Jeune (784), patriarches de Constantinople ; saint Amat, évêque d’Avignon, martyr (411) ; saint Gaudens, martyr à Toulouse (vers 475) ; saint Christophe le Romain, moine en Palestine (VIème s.) ; saint Aile, abbé de Rebais (650) ; saint Fiacre, ermite près de Meaux (670) ; saint Fantin, thaumaturge à Salonique (IX-Xème s.) ; saint Alexandre de Svir (1533) ; translation des reliques de saint Alexandre de la Neva de Vladimir à Saint-Pétersbourg (en 1724); Synaxe des saints hiérarques illuminateurs de l’Église serbe : saints Sabas Ier, Arsène Ier, Sabas II, Eustathe Ier, Jacques, Nicodème et Daniel, Joannice II, Éphrem II, Spyridon, Macaire et Gabriel Ier,  Sabas III, Grégoire, Cyrille, Jean, Maxime et Nicon ; saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre Rechetnikov, prêtre (1918) ; moine Apollinaire Mosalitinov (1918) ; Paul Malinovsky, prêtre ; moniale Élisabeth Yaryguine et martyr Théodore Ivanov (1937) ; moine Ignace Lebedev (1938) ; Pierre Tcheltsov, confesseur, prêtre (1972).

 

SAINTS ALEXANDRE, JEAN ET PAUL LE JEUNE, PATRIARCHES DE CONSTANTINOPLE[1]

D’origine modeste et dépourvu de connaissances livresques, mais brillant par ses vertus et ses charismes apostoliques, saint Alexandre fut jugé digne d’assister saint Métrophane [4 juin], l’archevêque de Byzance, en qualité d’archiprêtre. Après la victoire de saint Constantin sur Licinius, l’empereur organisa une joute oratoire entre Alexandre et les rhéteurs païens de Byzance. Comme l’un des philosophes accusait l’empereur Constantin d’innover en matière de religion, Alexandre se tint devant lui et dit : « Je t’ordonne, au Nom du Christ, le seul vrai Dieu, de te taire ! » Et aussitôt, le rhéteur devint muet et tous reconnurent la puissance de la vraie foi. Saint Métrophane étant malade et trop âgé pour se rendre au premier Concile oecuménique de Nicée (325), c’est en son nom qu’Alexandre y siégea. On raconte qu’après la clôture du Concile, l’empereur Constantin demanda à tous les Pères théophores qui y avaient brillé, de venir à Constantinople, qu’il venait de fonder, pour la bénir. Un ange du Seigneur apparut alors à saint Métrophane et lui révéla que, devant remettre son âme à Dieu dix jours après, il lui fallait laisser le bienheureux Alexandre pour successeur . Les Pères se réjouirent à cette nouvelle, et après avoir célébré les funérailles de saint Métrophane, ils intronisèrent solennellement saint Alexandre comme premier évêque de la nouvelle capitale de l’Empire (327). À la suite du Concile, saint Alexandre, qui était âgé de près de quatre-vingt-six ans, s’illustra dans la défense de la foi orthodoxe contre les intrigues suscitées par Arius et ses partisans, et certains rapportent qu’il entreprit des voyages apostoliques en Thrace, Macédoine, Thessalie et dans les îles pour y prêcher la foi du Concile de Nicée. Convoqué à Nicomédie pour rendre compte de sa foi, Arius réussit à tromper l’empereur en signant une profession de foi où il se contentait de dire que le Fils de Dieu est né avant tous les siècles. Il demanda alors sa réintégration dans l’Église et, sous la pression d’Eusèbe de Nicomédie, l’empereur regarda favorablement sa demande et demanda aux évêques réunis en concile à Tyr de l’examiner (335). Ce concile, composé essentiellement de partisans d’Arius, se tourna en jugement inique contre saint Athanase, qu’on traitait de sorcier, de brute et de semeur de discorde. Alors que saint Athanase réussissait à s’embarquer en secret pour Constantinople, où il essaya vainement de se faire entendre de l’empereur, le concile prononçait sa déposition, qui aboutit à une sentence d’exil à Trèves. Arius essaya de rentrer à Alexandrie, mais une émeute ayant éclaté contre lui, l’empereur le rappela à Constantinople, en vue de le faire recevoir dans la communion de saint Alexandre. Eusèbe de Nicomédie et les siens exercèrent toutes sortes de pressions sur le saint prélat et firent les préparatifs pour la célébration d’une Liturgie, où il devait communier avec l’hérétique. Saint Alexandre se réfugia dans l’église Sainte-Irène et, prosterné devant le saint autel, il priait jour et nuit avec force larmes, en disant au Seigneur : « Si Arius doit être réconcilié à l’Église, laisse partir ton serviteur. Mais si Tu as pitié de ton Église et ne veux pas livrer ton héritage à la honte, retire Arius, afin que l’hérésie ne soit pas prise pour la vraie foi. » Le samedi, veille du jour où devait se dérouler la cérémonie, alors qu’il se trouvait sur l’agora proche de la colonne de porphyre dressée par Constantin, Arius fut soudain pris d’un besoin naturel et, ses entrailles ayant éclaté, il périt lamentablement dans le lieu d’aisance, se trouvant ainsi privé de la communion et de la vie. Quand il apprit cette nouvelle, saint Alexandre rendit grâce à Dieu, non pour la mort d’autrui, mais parce qu’Il avait manifesté une fois de plus que, même avec l’appui du pouvoir et des puissants de ce monde, l’hérésie ne pouvait l’emporter sur la vérité de l’Église . Cependant les troubles n’en cessèrent pas pour autant, et saint Alexandre dut continuer à lutter pour l’Orthodoxie. Il s’endormit en paix, quelques mois après la mort de saint Constantin (337), à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, pour remporter au Ciel la récompense de ses travaux apostoliques. Il confia à saint Paul [6 nov.], la succession dans l’épiscopat et dans la lutte pour l’Orthodoxie. Bien qu’on ne sache pas au juste lequel des patriarches Jean est commémoré aujourd’hui, on peut supposer qu’il s’agit de Jean VIII Xiphilinos, qui siégea de 1064 à 1075, année où il mourut âgé de soixante-cinq ans . Originaire de Trébizonde, il reçut sa formation à Constantinople, où il devint l’ami de Michel Psellos, sans partager toutefois l’attrait de ce dernier pour la philosophie néoplatonicienne, qui devait le conduire à l’hérésie. Comme il était éminemment versé dans les sciences juridiques, on lui confia l’enseignement du droit à l’Université impériale que Psellos s’efforçait de restaurer. Injustement accusé par les milieux de cour, Jean dut quitter la capitale et, après avoir reçu l’Habit monastique, il vécut une dizaine d’années dans un monastère du Mont Olympe de Bithynie. À la mort du patriarche Constantin III Lichoudès (1063), il fut rappelé par l’empereur Constantin Doukas et consacré, malgré ses réticences, patriarche œcuménique. En un temps troublé par la menace grandissante des Turcs Seljoukides, il fut un homme de paix et de conciliation, et s’efforça d’établir un rapprochement avec l’Église arménienne. Le patriarche Jean vécut toute sa vie dans une grande pauvreté et une parfaite pureté de mœurs. Il distribuait en aumônes tout ce qu’il avait, organisa des distributions publiques de vivres et contribua à la construction ou à la restauration de nombreuses églises. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, indifférent aux critiques que les prélats mondains lui adressaient à ce sujet, et excellait dans l’interprétation des dogmes et règlements canoniques de l’Église. Saint Paul IV dit le Jeune était originaire de Chypre. Il occupait le rang de lecteur et brillait tant par ses paroles que par ses actions vertueuses, quand il fut élu contre son gré patriarche, le second Dimanche du Carême 780, après une longue vacance du siège, causée par l’hérésie iconoclaste. Sous la pression du terrible empereur Léon IV le Khazar, il dut alors souscrire un document, dans lequel il déclarait ne pas rendre de culte aux images. Mais l’empereur mourut peu après son ordination, et il se rétracta. L’hérésie continuait cependant de répandre son venin, et comme le patriarche, malade, se trouvait impuissant à lui résister, il préféra renoncer à sa charge pour se retirer au monastère de Florus, sans en avertir toutefois l’impératrice régente sainte Irène [7 août]. Aussitôt prévenus la souveraine et son fils Constantin VI se rendirent auprès du saint prélat pour lui demander la raison de sa démission. Le bienheureux Paul, en larmes, leur déclara : « Je n’aurais pas dû accepter de siéger à la tête d’une Église qui s’est séparée de la communion avec les autres trônes. » L’ayant quitté pleins de tristesse et d’amertume, les souverains lui envoyèrent une ambassade de patriciens et de membres du Sénat, pour essayer de le fléchir. Il leur dit avec fermeté : « Si l’on ne réunit pas un Concile Œcuménique pour corriger l’erreur qui est au milieu de nous, il n’y a point de salut pour vous. » Comme ils lui demandaient pourquoi il avait accepté de signer le libelle de l’empereur hérétique, il répondit : « C’est pour cette raison que je me lamente et que j’ai décidé de faire pénitence, en priant Dieu qu’il ne me châtie pas pour avoir manqué de prêcher la vérité par crainte de votre folie. » Il s’endormit en paix deux ou trois mois après (784), suscitant un grand deuil au palais et parmi les Orthodoxes, car tous l’admiraient pour sa vertu et sa piété. Grâce à son exhortation et à la ferme résolution de l’impératrice et de son successeur, saint Taraise [25 fév.), on commença alors à préparer le Septième Concile Œcuménique qui devait rétablir le culte des saintes icônes (787).

 

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2

Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

Tropaire des saints patriarches de Constantinople, ton 3

Célestes initiateurs et prédicateurs divins, vous avez guidé, en pasteurs, sous votre houlette l’Eglise du Christ d’une façon qui fut agréable au Seigneur, bienheureux Alexandre, champion de la Trinité, familier de la grâce, illustre Jean, et cime des pontifes, saint Paul; c’est pourquoi nous battons des mains en acclamant vos exploits.

Tropaire de saint Alexandre de la Neva, ton 4

Reconnais tes frères, nouveau Joseph, toi qui ne règnes pas sur l’Égypte, mais au ciel avec le Christ, bienheureux prince Alexandre, et multiplie le froment à la prière des gens de ton pays; protège aussi ton héritage, le peuple chrétien, et, dans les peines que leur inflige l’ennemi, viens en aide aux fils de la sainte Russie.

Tropaire de la Synaxe des saints hiérarques serbes, ton 4

Saints archevêques et patriarches qui avez illuminé la Serbie, Pères théophores qui avez gardé fidèlement l’apostolique tradition, inébranlables piliers et guides suprêmes de la vraie foi, priez le Maître universel de faire au monde le don de la paix et d’accorder à nos âmes la grand miséricorde.

 Kondakion de l’après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5 

Hérode ayant commis l’iniquité à l’égard de toi le Précurseur, il donna à la femme ton chef précieux, que nous vénérons dans la joie, tandis qu’Hérodias pleure et sanglote, de même qu’Hérode et celle qui dansa.

Kondakion des saints patriarches de Constantinople, ton 8

Enflammés par l’amour du Christ, Pontifes- glorieux, comme joug vous avez pris sa précieuse Croix et, vous étant montrés les imitateurs de sa vie, à sa divine gloire vous participez, admirable Alexandre, vénérable Jean illustre Paul; devant son trône où maintenant vous vous tenez, sans cesse priez-le pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion de saint Alexandre de la Neva, ton 4

De même que tes lointains parents Boris et Gleb du ciel apparurent pour t’aider lorsque vaillamment tu combattais contre le régent de Suède et ses guerriers, de même encore maintenant viens au secours de ta nation en triomphant de l’ennemi qui veut asservir les fils de la sainte Russie. 

Kondakion de la Synaxe des saints hiérarques serbes, ton 3

Sur le trône pontifical vous avez mené pieuse vie et guidé votre peuple vers la connaissance de Dieu et, pour avoir plu au Seigneur, il vous a glorifiés par des miracles et par l’incorruptible condition, comme les disciples de sa grâce.

 

ÉPITRE du jour

(Gal. II, 11-16)

Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. En effet, avant l’arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s’esquiva et se tint à l’écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser? Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d’entre les païens. Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.

Évangile du jour

(Mc V, 24-34)

Une grande foule suivait Jésus et le pressait. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

11 septembre  

11 septembre  

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; sainte Théodora d’Alexandrie (474-491) ; saint Marcel, martyr, premier apôtre connu du Velay ; saints Démètre, Évanthie et Démétrien, martyrs (Ier s.) ; saints Félix et Regula, martyrs à Zurich (IIIème s.) ; sainte martyre Ia de Perse (362) ; saints Diodore, Diomède et Didyme, martyrs à Laodicée (364) ; saint Patient, évêque de Lyon (vers 480) ; saint Almire, ermite manceau (vers 560) ; saint Glen (VIème s.) ; saint Bodon, évêque de Toul (vers 660) ; saint Adelphe, troisième abbé de Remiremont (670) ; saint Pierre, métropolite de Nicée, confesseur (826) ; saint Euphrosyne le cuisinier (IXème s.) ; translation des reliques des saints Serge et Germain de Valaam, thaumaturges ; saints nouveaux martyrs de Russie : Nicolas (Podiakov) et Victor (Oussov), prêtres (1918) ; Carpe (Elb), prêtre et Nicolas (Chirogorov), diacre (1942).

VIE DE SAINTE THÉODORA D’ALEXANDRIE[1]

Sainte Théodora d’Alexandrie (491)

L’Église vénère la mémoire de douze saintes femmes qui, après avoir revêtu des habits masculins, pratiquèrent l’ascèse dans des monastères d’hommes[2] . L’une d’elles, sainte Théodora, vécut à Alexandrie sous le règne de l’empereur Zénon (vers 472). Elle était mariée à un certain Paphnuce, homme pieux et de bonne renommée. Mais un jour, sous l’instigation du diable, Théodora commit l’adultère. À peine venait-elle de pécher que l’aiguillon de sa conscience la fit cruellement souffrir. Elle n’osa pas rentrer chez elle et se rendit dans un couvent voisin, où elle demanda à l’abbesse de faire lire l’Évangile au hasard. En ouvrant l’Évangile, on tomba sur ces paroles : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit (Jn 19, 24). Réalisant que son péché était connu de Dieu et brûlant de faire pénitence au plus vite, Théodora changea ses vêtements, s’habilla en homme et demanda à être reçue comme novice, sous le nom de Théodore, au monastère masculin situé à dix­huit milles d’Alexandrie. L’abbé du monastère, pensant qu’il s’agissait d’un eunuque et constatant son ardeur à embrasser la vie monastique, l’accepta sans tarder et la revêtit du saint Habit angélique. Pendant huit ans, la bienheureuse Théodora fit preuve d’un zèle remarquable dans toutes les œuvres de l’ascèse, accomplissant les tâches les plus viles et passant toutes ses nuits dans les larmes et les prières ardentes, afin que le Seigneur lui pardonne son péché et lui fasse retrouver la grâce de la chasteté. Un jour, comme elle avait été envoyée à Alexandrie pour chercher de l’huile, elle rencontra son époux, qui la recherchait depuis des années. Mais celui-ci ne la reconnut pas, tant les labeurs de l’ascèse avaient transformé son aspect corporel. Cette rencontre fut pour Théodora une occasion pour redoubler ses combats, et elle ne mangea plus qu’une fois par semaine. Élevée ainsi au-dessus des nécessités corporelles et tout adonnée à la prière de repentir, elle acquit une telle faveur auprès de Dieu qu’elle accomplit des miracles. Sa conduite exemplaire suscitait l’admiration de tous, mais faisait trembler de rage le démon, qui voyait sa proie lui échapper. Cet insatiable ennemi du bien ne s’avoua pas vaincu. Ayant suggéré à certains moines jaloux de répandre la rumeur selon laquelle le jeune Théodore était tombé dans la fornication avec une femme d’un village voisin, ces derniers amenèrent même le nourrisson à la porte du monastère. Comme Théodora ne répondait rien à ces accusations, ne voulant pas dévoiler sa véritable identité et estimant que cette épreuve était un châtiment voulu par Dieu, elle fut expulsée du monastère. Prenant l’enfant avec elle, comme s’il était le sien, elle s’installa à proximité dans une petite cabane, où elle vécut dans un dénuement extrême, luttant contre le froid l’hiver, contre la chaleur l’été, et résistant vaillamment aux tentations sans nombre que lui infligèrent les démons. Au bout de sept ans, l’abbé du monastère lui permit de rejoindre la communauté. Mais loin de se reposer de ses labeurs, Théodora intensifia ses veilles, ses jeûnes et ses prières, et elle montrait une obéissance et une patience encore plus grandes qu’auparavant. Elle avait pris avec elle l’enfant, et lui enseignait comment acquérir les vertus évangéliques et la prière perpétuelle. Au bout de quelque temps, ayant exhorté une dernière fois celui qui était, en vérité, devenu son fils selon l’Esprit, elle s’endormit en paix. Au moment de sa mort, l’abbé eut une vision : il vit une femme revêtue de vêtements lumineux, s’élever dans les airs et rejoindre le chœur des Justes et des saints. Tous reconnurent alors en pleurant leur méprise et rendirent gloire à Dieu d’avoir accompli parmi eux une si grande merveille. En effet, pour guérir la passion, Théodora avait non seulement combattu de front les tentations de la chair en vivant secrètement au milieu des hommes, mais, fortifiée par la grâce, elle avait même dépassé ses compagnons par l’ascèse et les labeurs. Bien que revêtue d’un corps, elle avait atteint l’impassibilité et la pureté des anges.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire de sainte Théodora, ton 8

En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * Théodora bienheureuse, avec les Anges dans le ciel.

Tropaire du saint martyr Autonome  (en raison de la clôture de la fête le 12), ton 1

Ayant surgi de l’occident comme un astre du ciel et brillé sur l’orient par les rayons de ta vie, tu glorifias le Soleil de gloire, Jésus, par ta fermeté au combat, Père Autonome; c’est pourquoi tu fus glorifié par œuvre de Dieu. Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, gloire à celui qui t’a couronné, gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Tropaire de saints Serge et Germain de Valaam, ton 4

En dociles auditeurs de l’Évangile du Christ ayant dédaigné, comme non existants, le monde et tout ce qui se trouve en lui, vous êtes demeurés sur une île de la mer pour combattre avec diligence les invisibles ennemis et vous avez soumis sagement à l’esprit votre chair par le jeûne, les veilles, les stations de toute la nuit; c’est pourquoi de la main du Tout-puissant vous avez reçu les couronnes méritées et, vous tenant en présence de la divine Trinité, bienheureux Pères Serge et Germain, vous intercédez pour le salut de nos âmes.

Kondakion de sainte Théodora, ton 1

Bienheureuse, ayant échappé à la nuit des passions, * tu t’approchas du Soleil de gloire en esprit, * mortifiant par l’ascèse les élans de la chair, * et tu devins pour les moines un modèle de vie, * l’amendement de ceux qui ont failli; * c’est pourquoi nous glorifions ton souvenir.

Kondakion de saint Autonome(en raison de la clôture de la fête le 12), ton 2

Sage Père, ayant initié tes fidèles aux mystères divins, toi-même tu devins une agréable victime, Bienheureux; pour le Christ tu as bu le calice en martyr et, puisqu’en sa présence tu te tiens désormais, sans cesse auprès de lui intercède pour nous.

Kondakion de saints Serge et Germain de Valaam, ton 4

Dans le renoncement au monde, vous avez suivi le Christ en quittant la vie d’ici-bas; vous avez atteint le grand Lac Névo (Ladoga), puis, abordant à l’île de Valaam vous y avez mené la vie des anges; c’est pourquoi vous avez rejoint la céleste demeure avec joie; maintenant qu’avec les Anges vous vous tenez devant le trône du Seigneur, souvenez-vous du troupeau que vous avez rassemblé afin que vos fils puissent avec allégresse vous chanter: Réjouissez-vous, bienheureux Pères Serge et Germain.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉPITRE du jour

(II Cor. VI, 1-10)

Puisque nous travaillons avec Dieu, nous vous exhortons à ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Car il dit: Au temps favorable je t’ai exaucé, Au jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. Nous ne donnons aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme. Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les détresses, sous les coups, dans les prisons, dans les troubles, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes; par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice; au milieu de la gloire et de l’ignominie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation; étant regardés comme imposteurs, quoique véridiques; comme inconnus, quoique bien connus; comme mourants, et voici nous vivons; comme châtiés, quoique non mis à mort; comme attristés, et nous sommes toujours joyeux; comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs; comme n’ayant rien, et nous possédons toutes choses.

 

Évangile du jour

(Mc V, 24-34)

Une grande foule suivait Jésus et le pressait. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal.

[1] Tiré du Synaxaire du Père Macaire de Simonos Petras

[2] Cf. Saintes Euphrosyne-Smaragde [25 sept.], Pélagie [8 oct.], Athanasie [9 oct.], Anne-Euphimien, [29 oct.], Euphrosyne la Jeune [8 nov.], Matrone-Babylas [9 nov.], Suzanne-Jean [15 déc.], Eugénie [24 déc.], Apollinaria-Dorothée [4 janv.], Marie-Marin [12 fév.] et Anastasie la patricienne [10 mars]. Cf aussi Callisthène [4 oct.].

 

29 août (ancien calendrier) / 11 septembre (nouveau)

29 août (ancien calendrier) / 11 septembre (nouveau)
Jour de jeûne strict

 

DÉCOLLATION DU SAINT PRÉCURSEUR, PROPHÈTE ET BAPTISTE JEAN. Saint Euthyme de Pérouse (IVème s.) ; saint Adelphe, évêque de Metz (Vème s.) ; saint Victor, solitaire au pays nantais (VIIème s.) ; saint Merry, reclus (VIIème s.) ; saint Frou, solitaire (VIIIème s.) ; saint néomartyr Anastase de Strumica (1794). 

LA DÉCOLLATION DE SAINT JEAN BAPTISTE [1]

Décollation de saint Jean Baptiste

Saint Jean, le Précurseur et Baptiste du Seigneur, a reçu du Christ lui-même le témoignage qu’il était le plus grand de tous les hommes nés de la femme et le premier parmi les prophètes. Alors qu’il était encore dans le sein de sa mère, il tressaillit de joie à l’approche du Messie que portait en elle la Toute-Sainte Mère de Dieu. Dès qu’il eut atteint l’âge adulte, lui dont le monde n’était pas digne (Hbr 11, 38), se retira au désert, couvert d’un vêtement de poil de chameau et ceint d’une ceinture de cuir, signifiant la maîtrise de tous les élans de la chair. Ayant retrouvé, tel un nouvel Adam, l’état harmonieux de notre nature créée pour être tournée vers Dieu seul, il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage, et vaquait à la contemplation l’esprit non troublé par les soucis de ce monde. L’an quinze du principat de Tibère César (29 ap. J-C), Jean, ayant entendu la Parole de Dieu dans le désert, se rendit dans la région du Jourdain, pour prêcher le repentir aux foules qui venaient à lui, attirées par sa vie angélique. Il les baptisait dans les eaux du Jourdain en signe de purification de leurs péchés, et pour les préparer à recevoir le Sauveur il les engageait à produire de dignes fruits de repentir, plutôt qu’à se vanter d’être fils d’Abraham. Et il disait, en reprenant les paroles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ; tout ravin sera comblé et toute montagne ou colline sera abaissée (…) et toute chair verra le salut de Dieu » (Is 40, 3-5). Comme le peuple se demandait s’il n’était pas le Sauveur attendu depuis des générations, Jean leur dit : « Pour moi je vous baptise avec de l’eau, mais vient plus grand que moi, lui vous baptisera dans le feu et dans l’Esprit Saint. » Sa pureté et son amour de la virginité étaient tels qu’il fut jugé digne, non seulement de voir le Sauveur, dont il avait été institué le Précurseur, mais encore de le baptiser dans le Jourdain et d’être le témoin de la révélation de la Sainte Trinité. Saint Jean méditait sans cesse la Parole de Dieu et considérait toute chose de ce monde comme secondaire au regard de l’observation de la Loi divine, dont sa vie était la parfaite réalisation. C’est pourquoi il ne craignait pas d’adresser de violents reproches à Hérode Antipas, le tétrarque de Galilée, homme impudique et débauché qui, contrairement à la Loi, avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe alors que ce dernier était encore en vie, et avait eu d’elle une fille, Salomé[2]. Se faisant l’interprète de la conscience endurcie du pécheur, le prophète lui disait au nom de Dieu : « Il ne t’est pas permis d’avoir pour épouse la femme de ton frère. » C’est pourquoi Hérodiade nourrissait une rancune tenace contre Jean et voulait le tuer. Elle en était cependant empêchée par Hérode qui le protégeait, comme homme juste et saint, mais surtout par crainte du peuple qui l’honorait comme un envoyé de Dieu. Finalement la perfide Hérodiade parvint à ses fins et obtint de faire emprisonner le prophète dans la forteresse de Machéronte. Quand vint l’anniversaire de la naissance du roi, à l’approche de la Pâque, celui-ci convia les notables de son royaume à un grand festin, pendant lequel tous se livrèrent à la goinfrerie et à l’ivresse. Salomé dansa voluptueusement devant les convives de ce banquet de la vaine gloire, et elle plut au regard lubrique de son père qui s’engagea par serment à lui donner en récompense tout ce qu’elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume. Sur le conseil de sa mère, la jeune fille demanda qu’on lui apporte séance tenante la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. Le roi se trouva embarrassé, mais à cause de son serment, et pour ne pas perdre la face devant ses convives, il se résolut à faire périr le Juste. La sentence fut aussitôt exécutée, un soldat alla décapiter saint Jean dans sa prison et rapporta bientôt dans la salle, sur un plat, son précieux chef encore sanglant, qui adressait un reproche silencieux à la faiblesse criminelle du roi. Salomé présenta ce trophée à sa mère, semblant lui dire : « Mange, ô ma mère, la chair de celui qui a vécu comme un incorporel, et bois son sang. Cette langue qui ne cessait de nous adresser des reproches se taira désormais à jamais ». Les disciples du saint vinrent prendre son corps et allèrent l’enterrer à Sébaste, puis ils allèrent en informer Jésus. Ce n’est que bien plus tard que les reliques du saint Précurseur furent retrouvées par miracle, afin de répandre la grâce sur les fidèles qui les vénèrent. Cet acte sanglant semble avoir été permis par Dieu, afin qu’après avoir été le Précurseur du Christ sur la terre, saint Jean-Baptiste le fût aussi dans le royaume des morts et aille annoncer aux justes morts dans l’espérance de la Rédemption, l’arrivée prochaine du Messie qui devait briser par la Croix les portes et les verrous des enfers. Par sa vie comme par sa mort, le Précurseur reste aussi pour tous les chrétiens un prophète et maître de vie spirituelle. Par sa conduite irrépréhensible, il leur apprend à lutter jusqu’à la mort contre le péché, non seulement pour le respect de la justice et l’observance de la Loi de Dieu, mais aussi pour progresser dans la vertu et la pureté du cœur. Toute conscience affinée par la méditation de la Loi de Dieu est donc semblable au Précurseur, et elle fraie en l’âme repentante les voies du Seigneur, afin de lui donner la connaissance du Salut (Lc 1, 76).

 

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2

Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

 

Kondakion de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5 

La glorieuse décollation du Précurseur constitua un dessein divin : il devait annoncer la venue du Sauveur à ceux qui se trouvaient dans les enfers. Que se lamente Hérodiade, qui commanda le crime inique : elle n’aima point la loi de Dieu, ni l’éternité pleine de vie, mais le factice, l’éphémère.

 

ÉPITRE du jour

(Actes XIII, 25-32)

Et lorsque Jean achevait sa course, il disait: Je ne suis pas celui que vous pensez; mais voici, après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers.Hommes frères, fils de la race d’Abraham, et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que cette parole de salut a été envoyée. Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat. Quoiqu’ils ne trouvassent en lui rien qui fût digne de mort, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir. Et, après qu’ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans un sépulcre. Mais Dieu l’a ressuscité des morts. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. Et nous, nous vous annonçons cette bonne nouvelle que la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie pour nous leurs enfants, en ressuscitant Jésus

 

ÉvAngile du jour

(Mc VI, 14-30)

Le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit: Jean Baptiste est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. D’autres disaient: C’est Élie. Et d’autres disaient: C’est un prophète comme l’un des prophètes. Mais Hérode, en apprenant cela, disait: Ce Jean que j’ai fait décapiter, c’est lui qui est ressuscité. Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l’avait fait lier en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait: Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère. Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. Mais elle ne le pouvait; car Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il le protégeait, et, après l’avoir entendu, il était souvent perplexe, et l’écoutait avec plaisir. Cependant, un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l’anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée. La fille d’Hérodias entra dans la salle; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille: Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Il ajouta avec serment: Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Étant sortie, elle dit à sa mère: Que demanderais-je? Et sa mère répondit: La tête de Jean Baptiste. Elle s’empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande: Je veux que tu me donnes à l’instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus. Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d’apporter la tête de Jean Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre. Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

10 septembre

 10 septembre

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saintes Ménodore, Métrodore et Nymphodore, sœurs, martyres en Bithynie (vers 310) ; saints Apelle, Luc et Clément, apôtres des soixante-dix (Ier s.) ; saint martyr Barypsabas (IIème s.) ; sainte Pulchérie, impératrice de Constantinople (453) ; saint Émilien, évêque de Valence (IVème s.) ; saint Salvius, évêque d’Albi (584) ; saint Théodard, évêque de Liège (670) ; saint Eunuce, évêque de Noyon (VIIIème s.) ; saint Aubert, évêque d’Avranches, fondateur de l’abbaye du Mont Saint-Michel (vers 725) ; saints Pierre et Paul, évêques de Nicée (IXème s.) ; saint Paul l’Obéissant des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint André, prince, dans le monachisme Joasaph (1453); saint Euphrosynos le Nouveau, de Céphalonie (XVIIIème s.) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ismaïl (Koudriavtsev), Eugène (Popov), Jean (Popov), Constantin (Kolpetsky), Pierre (Grigoriev), Basile (Maximov), Gleb (Apoukhtine), Basile (Malinine), Jean (Sofronov), Pierre (Yourkov), Nicolas (Pavlinov), Pallade (Popov), prêtres, Mélèce (Fediounev) et Gabriel (Yatsik), moines, Syméon (Tourkine), Tatienne (Grimblit) (1937), Varus, évêque de Lipetsk (1938).

VIE DES SAINTES MARTYRES MÉNODORE, MÉTRODORE ET NYMPHODORE[1]

saintes Ménodore, Métrodore et Nymphodore, sœurs, martyres en Bithynie (vers 310)

Ces bienheureuses, sœurs selon la chair, vivaient en Bithynie sous le règne de Maximien Galère (vers 305-311). S’appliquant à orner la beauté naturelle de leur corps de la parure des saintes vertus pour l’amour du Christ, elles se retirèrent dans la montagne, près des sources d’eaux chaudes nommées Pythia. Loin des hommes et de tout souci du monde, elles s’adonnaient à la prière et à la contemplation. Elles devinrent rapidement des demeures du Saint-Esprit, et de nombreuses personnes venaient à elles pour recevoir la guérison de leurs maux, tant physiques que spirituels. Apprenant quelle réputation avaient acquise ces saintes femmes, le gouverneur de la région, Fronton, les envoya quérir par une forte escorte, afin de les interroger et de les pousser à renier le Christ. Étonné par leur sagesse et leur détermination, et constant que rien ne pourrait les persuader d’abandonner leur Seigneur bien-aimé, il fit mettre Ménodore à nu et ordonna à ses bourreaux de la frapper pendant de longues heures, à l’issue desquelles la sainte rendit son âme à Dieu sans avoir cessé, même un instant, de prier. Le tyran fit ensuite comparaître les deux autres sœurs et leur montra le corps nu et meurtri de Ménodore, pensant ainsi les effrayer et refroidir leur ardeur. Mais bien au contraire, elles n’en furent que davantage déterminées à mener à leur tour l’ultime combat. Après leur avoir passé des torches sur tout le corps, les bourreaux leur brisèrent les membres avec des barres de fer. C’est ainsi qu’elles partirent à leur tour rejoindre le chœur des vierges sages dans la chambre nuptiale de leur Époux céleste. Furieux de voir avec quel calme et quelle joie les saintes avaient supporté tous ces tourments, le gouverneur voulut faire brûler leurs dépouilles, afin que personne ne puisse les vénérer. Mais au moment où les corps étaient jetés dans la fournaise, un violent orage éclata, éteignit le feu, permettant ainsi aux fidèles de donner aux saintes martyres une digne sépulture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton

Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire des saintes martyres Ménodore, Métrodore et Nymphodore, ton 4

Vous qui avez souffert avec longanimité pour la Trinité et vaincu l’ennemi aux maintes ruses, vous vous êtes fraternellement revêtues de l’Esprit : aussi demeurez-vous avec les cinq vierges, dans le tabernacle céleste, ô martyres, avec les anges, dans la joie devant le Roi de toutes choses.

 

Kondakion des saintes martyres Ménodore, Métrodore et Nymphodore, ton 4

Vous qui avez souffert avec longanimité pour la Trinité et vaincu l’ennemi aux maintes ruses, vous vous êtes fraternellement revêtues de l’Esprit : aussi demeurez-vous avec les cinq vierges, dans le tabernacle céleste, ô martyres, avec les anges, dans la joie devant le Roi de toutes choses.

 

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

 

Kondakion du dimanche du 5ème ton

Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

 

ÉPITRE du jour

(Gal. VI, 11-18)

Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. Voyez avec quelles grandes lettres je vous ai écrit de ma propre main. Tous ceux qui veulent se rendre agréables selon la chair vous contraignent à vous faire circoncire, uniquement afin de n’être pas persécutés pour la croix de Christ. Car les circoncis eux-mêmes n’observent point la loi; mais ils veulent que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair. Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde! Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature. Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l’Israël de Dieu! Que personne désormais ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les marques de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit! Amen!

           

Évangile du jour

(Jn. III, 13-17)

Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

[1] Tiré du Synaxaire du Père Macaire de Simonos Petras

28 août (ancien calendrier) /10 septembre (nouveau)

28 août (ancien calendrier) /10 septembre (nouveau)

Saint Moïse l’Éthiopien, ascète au désert de Scété (vers 395) ; synaxe des saints Pères des grottes « éloignées » de Kiev ; sainte Anne la prophétesse, fille de Phanuel, qui reçut le Christ dans le Temple ;  saint Julien, martyr à Brioude en Auvergne (vers 304) ; saint Augustin, évêque d’Hiponne (430) ; saint Ambroise (vers 450) et saint Vivien (vers 460), évêques de Saintes ; saint Elmer, évêque de Reims (VIIème s.) ; sainte Chouchanik, reine et martyre en Géorgie (475) ; saint Sabas de Pskov (1495) ;  invention des reliques de saint Job de Potchaïev (1659) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Alexis Boudrine, prêtre (1918) ; moines martyrs de Kazan : Serge Zaïtsev, Laurent Nikitine, Séraphim Kouzmine, Théodose Alexandrov, Léonce Kariaguine, Étienne, Georges Timofeïev, Hilarion Pravdine, Jean Sretensky et Serge Galine (1918) ; Alexandre Medvedev, diacre (1918) ; Nicolas Gueorguievsky, prêtre (1931) ; Basile Sokolsky, prêtre (1937).

 

SAINT MOÏSE L’ÉTHIOPIEN[1]

Saint Moïse l’Éthiopien, ascète au désert de Scété (vers 395

Le bienheureux Moïse était Éthiopien de race et avait l’âme aussi noire que la peau. Il était esclave au service d’un magistrat, qui le chassa à cause des vols et des mauvaises actions qu’il avait commises. Il devint alors chef d’une bande de brigands qui ne reculaient devant aucun moyen — fût-ce le meurtre — pour accomplir leurs larcins. Cependant, à l’occasion d’un accident qui lui survint, la conscience de Moïse se réveilla. Touché par l’amour du Christ, il prit en haine le péché ainsi que sa vie passée, et résolut de montrer un ardent repentir. Après avoir été baptisé, il se retira aussitôt au désert de Scété, dans un lieu solitaire et dépourvu de consolation humaine, au point qu’il n’avait même pas un peu d’eau pour réconforter son corps desséché par le soleil et par les labeurs de l’ascèse. Un jour, quatre brigands se jetèrent sur lui alors qu’il était assis dans sa cellule. Moïse, qui était doté d’une force prodigieuse, les ligota et les portant sur son dos comme un sac de paille, il les amena à l’église, en disant : « Il ne m’est pas permis de faire du mal à quiconque. Qu’ordonnez-vous pour ces gens-là ? » Apprenant qu’il était Moïse, le célèbre chef de bande, les quatre hommes se dirent que si un tel scélérat en était venu à servir Dieu, le salut n’était pas loin d’eux aussi, et ils devinrent moines. Malgré son repentir et ses combats ascétiques, Moïse continuait cependant à être assailli par l’habitude des passions, cette seconde nature, qui était si profondément enracinée en lui qu’il dut mener pendant dix ans un combat implacable contre le démon de la fornication. Un jour, alors qu’il était près de céder au désespoir et d’abandonner la lutte, il rendit visite au grand abba Isidore, le prêtre de Scété. Comme il lui racontait ses épreuves, l’Ancien lui dit qu’il ne fallait pas s’étonner d’avoir à affronter de si violents combats, car le pécheur endurci est semblable au chien de boucherie, qui a coutume de ronger les os, et qui ne peut renoncer à cette habitude que lorsqu’on cesse de l’entretenir et qu’on ferme la boucherie. De même, il ne suffira pas au pécheur de cesser de commettre le péché, il lui faudra aussi chasser la mauvaise habitude par la bonne habitude de la vertu, en mortifiant sa chair pendant de longues années. Le démon, désespéré de se voir ainsi sans matière pour allumer les désirs impurs dans le cœur, abandonnera la lutte. De retour dans sa cellule, Moïse se livra à de grandes austérités : il ne mangeait que douze onces de pain sec, épuisait son corps par le travail et faisait cinquante séries de prières par jour. Mais il avait beau macérer ainsi sa chair, il restait tout embrasé, particulièrement dans les rêves. Il alla donc de nouveau prendre conseil d’un autre grand vieillard, qui lui recommanda d’ajouter à la sobriété corporelle celle de l’intelligence, en la purifiant par les veilles. Moïse associa dès lors à ses jeûnes, les veilles quotidiennes la nuit entière : pendant six ans, il se tint debout toutes les nuits au milieu de sa cellule, priant sans fermer l’œil. Comme les pensées continuaient de l’assaillir, il compléta l’édification en lui de l’homme nouveau par un amour ardent pour ses frères. La nuit, il se rendait dans les cellules des vieux anachorètes qui n’avaient plus la force d’aller chercher de l’eau, et il allait remplir leurs jarres au puits qui se trouvait à plusieurs milles de là. Le démon, furieux de se voir ainsi vaincu de toutes parts par le serviteur de Dieu, l’assaillit une nuit, alors qu’il était penché au-dessus du puits, et lui donna un violent coup de massue sur les reins. Le lendemain, un frère, qui était venu puiser de l’eau, le trouva gisant là à demi mort et alla en informer abba Isidore. Transporté à l’église, Moïse ne recouvra ses forces qu’au bout d’une année. Isidore l’engagea à cesser de provoquer les démons au combat, car il y une mesure en tout, mais le vaillant soldat du Christ lui répondit : « Il m’est impossible de cesser, tant que les imaginations suggérées par les démons me troubleront. » L’Ancien lui annonça qu’il serait désormais délivré des rêves, et que cette épreuve avait été permise par Dieu pour qu’il ne se vante pas d’avoir surmonté la passion par ses propres forces. Moïse retourna donc dans sa cellule, et au bout de deux mois, il revint voir Isidore auquel il déclara ne plus éprouver aucun trouble. En plus de la grâce de l’impassibilité, Dieu lui accorda le pouvoir contre les démons, et transforma son caractère violent en une charité et une douceur sans pareille. Un jour, un frère ayant commis une faute à Scété, les Pères se rassemblèrent pour le juger et invitèrent abba Moïse à se joindre à eux ; mais celui-ci refusa de se rendre à cette assemblée. Comme tout le monde l’attendait, et qu’on avait l’habitude de ne point commencer une synaxe avant que tous les ascètes fussent réunis, le prêtre l’envoya chercher. Moïse se leva, prit une corbeille percée, la remplit de sable et se rendit au conseil. Les moines sortis à sa rencontre lui demandèrent : « Qu’est-ce que ceci, Père ? » L’Ancien leur répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger la faute d’un autre ! » Entendant cela, les Pères se repentirent, ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent. Un frère s’était rendu à Scété pour visiter les Anciens, et il voulut d’abord voir l’illustre abba Arsène, mais celui-ci n’accepta pas de le recevoir. Il alla ensuite chez abba Moïse qui l’accueillit avec joie et prévenance. Troublé par cette différence d’attitude, il pria Dieu et lui demanda comment il se faisait que l’un des Anciens fuyait les hommes à cause de son Nom et que l’autre les recevait à bras ouverts pour la même raison. Il lui fut alors montré deux grandes barques sur un fleuve, et il vit abba Arsène et l’Esprit de Dieu naviguant sur l’une en toute paix, et sur l’autre abba Moïse et les anges de Dieu qui le nourrissaient de gâteaux de miel . Ayant acquis une grande faveur auprès de Dieu et devenu prêtre, abba Moïse convertit par l’exemple de ses vertus soixante-dix de ses anciens compagnons de brigandage, qui devinrent ses disciples. Il leur enseignait à se débarrasser des passions par les combats de l’ascèse et à demeurer dans leur cellule, comme s’ils étaient au tombeau, morts à tout homme. Il disait : « Reste assis dans ta cellule, et ta cellule t’enseignera toutes choses (Jn 14,26) ». Quand on lui demandait ce que signifie mourir à tout homme, il répondait : « Mourir à son prochain, c’est porter tes fautes et ne te soucier de personne pour savoir s’il est bon ou mauvais. Si nous sommes attentifs à voir nos fautes, nous ne verrons pas celles de notre prochain. Car c’est folie pour l’homme qui a un mort chez lui, de le laisser là et de partir pleurer celui du voisin ». Quand on lui demandait à quoi servent toutes les mortifications auxquelles s’astreignent les moines, ces jeûnes et ces veilles pendant toute une vie, il répondait : « Ils rendent l’âme humble. Car, si l’âme se donne tout ce mal, Dieu la prendra en pitié ». Abba Moïse était âgé de soixante-quinze ans quand on annonça que les barbares Maziques allaient assaillir Scété (407). Tous les moines s’apprêtaient à prendre la fuite, sauf abba Moïse. Les frères lui ayant demandé pourquoi il restait ainsi, paisible, il leur répliqua : « J’attends ce jour depuis tellement d’années, afin que s’accomplisse la parole du Seigneur Jésus-Christ qui a dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Mt 26, 52) ». Édifiés par cette réponse, les frères déclarèrent : « Nous non plus nous ne fuirons pas, mais nous resterons pour mourir avec toi. » L’Ancien leur dit : « Cela n’est pas mon affaire. Que chacun juge ses propres actes et fasse selon ce que le Seigneur l’éclairera. » Les barbares saccagèrent le fameux centre monastique de Scété, tuant sans merci tous ceux qu’ils trouvaient. Quand ils arrivèrent à la cellule d’abba Moïse et de ses sept disciples, un des moines put se cacher derrière un tas de cordes et, quand ils massacrèrent les saints Pères, il vit sept couronnes descendre du ciel pour reposer au-dessus de leurs corps.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du dimanche du 5ème ton

Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de saint Moïse l’Éthiopien, ton 5

Père ayant quitté l’Egypte des passions, tu gravis la montagne des vertus, Moïse, dans l’ardeur de ta foi, prenant sur tes épaules la croix du Christ; et, glorifié divinement, tu devins le modèle des moines, le sommet des Pères saints; avec eux sans cesse intercède auprès de Dieu pour qu’il prenne nos âmes en pitié.

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4

Avec la patience de l’antique Job qui eut tant à souffrir et rivalisant de tempérance avec Jean le Précurseur, de l’un et l’autre tu t’approprias le zèle pour Dieu et fus digne d’en porter les noms successivement; tu prêchas sans crainte la vraie foi, en laquelle tu as affermi les croyants et tu menas une multitude de moines vers le Christ; vénérable Père Job, intercède pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Moïse l’Éthiopien, ton 3

Ayant trouvé la divine illumination, tu dissipas les ténèbres des passions et par tes prières de toute la nuit tu mis fin au soulèvement de la chair; alors tu montas vers la suprême cité; vénérable Père, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

 

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4

Tu fus un pilier de la vraie foi, toi qui suivis les préceptes angéliques fidèlement; tu repris les superbes sévèrement, mais des humbles, tu fus le secours et l’instructeur; pour ceux qui te disent bienheureux demande la rémission de leurs péchés et garde ton héritage de tout mal, vénérable Père Job, imitateur de celui qui eut tant à souffrir.

 

Kondakion du dimanche du 5ème ton

Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

 

ÉPITRE du jour

(II Cor. I, 21 – II, 4)

Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu, lequel nous a aussi marqués d’un sceau et a mis dans nos coeurs les arrhes de l’Esprit. Or, je prends Dieu à témoin sur mon âme, que c’est pour vous épargner que je ne suis plus allé à Corinthe; non pas que nous dominions sur votre foi, mais nous contribuons à votre joie, car vous êtes fermes dans la foi. Je résolus donc en moi-même de ne pas retourner chez vous dans la tristesse. Car si je vous attriste, qui peut me réjouir, sinon celui qui est attristé par moi? J’ai écrit comme je l’ai fait pour ne pas éprouver, à mon arrivée, de la tristesse de la part de ceux qui devaient me donner de la joie, ayant en vous tous cette confiance que ma joie est la vôtre à tous. C’est dans une grande affliction, le coeur angoissé, et avec beaucoup de larmes, que je vous ai écrit, non pas afin que vous fussiez attristés, mais afin que vous connussiez l’amour extrême que j’ai pour vous.

Évangile du jour

(Matth. XXII, 1-14)

Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j’ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s’inquiéter de l’invitation, ils s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

9 septembre

9 septembre

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saint Joachim et sainte Anne, justes ancêtres de Dieu ; commémoration du troisième Concile Œcuménique d’Ephèse (431) ; saint Théophane le confesseur, ascète (vers 300) ; saint Sévérien, martyr à Sébaste (320) ; saint Ulphace, ermite dans le diocèse du Mans (Vème s.) ; saint Thégonnec, moine en Bretagne (VIème s.) ; saint Omer, évêque de Thérouanne, en Flandre (667) ; sainte Osanne, ermite à Saint-Brieuc (VIIème s.) ; bienheureux Nicétas de Constantinople (XIIème s.) ; saint Joseph de Volokolamsk (1515) ; saint Cyriaque de Tazlău (Roumanie, 1660) ; saint Onuphre de Vorona (Roumanie, 1789) ;  invention des reliques de saint Théodose de Tchernigov (1896) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire (Gariaiev) prêtre, et Alexandre (Ipatov), diacre (1918) ; Zacharie, archevêque de Voronège, Serge (Ouklonsky), Joseph (Arkharov) et Alexis (Ouspensky), prêtre, Dimitri (Troïtsky), diacre et Basile (Chikalov)(1937) ; Andronique (Sourikov), moine (1938) ; Alexandre (Vinogradov), prêtre (1942). 

 

VIE DES SAINTS ANCÊTRES DE DIEU JOACHIM ET ANNE

Saint Joachim et sainte Anne, justes ancêtres de Dieu

Le saint et juste Joachim, fils de Barpanther, descendait du roi David, auquel Dieu avait promis que naîtrait de la semence de ses des descendants le Sauveur du monde. La juste Anne était fille de Mathan et descendait de la Tribu de Lévi par son père, et de la tribu de Judas par sa mère. Les époux vivaient à Nazareth de Galilée. Ils n’eurent point d’enfant jusque dans leur profonde vieillesse et en étaient affligés. Il leur advint de supporter le mépris et les moqueries, car l’infécondité était considérée comme une honte. Ils n’ont toutefois jamais murmuré, mais prié avec ferveur à Dieu, mettant humblement confiance en Lui. Une fois, lors d’une grande fête, les dons que Joachim voulait offrir à Jérusalem comme une offrande à Dieu ne furent point acceptés par le Prêtre Ruben, qui considérait qu’un homme sans enfants n’était pas digne d’offrir un sacrifice à Dieu. Cela attrista fort le vieillard qui se considérait comme le plus pécheur des hommes, et décida de ne pas rentrer chez lui, mais de s’isoler dans un endroit désert. Lorsque Ste Anna apprit quelle humiliation son mari avait endurée, elle supplia Dieu avec affliction, dans la prière et le jeûne, de lui accorder un enfant. Dans sa solitude, Joachim fit la même demande à Dieu. La prière du couple saint fut entendue. L’archange Gabriel leur apparut et leur annonça qu’une fille naîtrait d’eux, qui serait la bénédiction de tout le genre humain. Obéissant aux instructions du messager céleste, saint Joachim et Anne se réunirent à Jérusalem. Selon la promesse divine, Anne enfanta Marie, la Mère de Dieu. Saint-Joachim mourut quelques années plus tard, à l’âge de 80 ans, après l’entrée au Temple de sa Fille bénie. Sainte Anne est décédée à l’âge de 70 ans, deux ans après Joachim.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire des saints ancêtres de Dieu Joachim et Anne, ton 2

Célébrant la mémoire de tes ancêtres, Seigneur, nous Te supplions, par leur intercession, de sauver nos âmes.

 

Tropaire de saint Joseph de Volokolamsk, ton 5

Toi qui des Moines fus le joyau et des Pères l’ornement, trésor de miséricorde et luminaire du discernement, tous ensemble nous les fidèles te louons, maître de douceur qui dénonças l’hérésie, très-sage Père Joseph, étoile de ta patrie, et nous prions le Seigneur de prendre nos âmes en pitié.

 

Kondakion des saints ancêtres de Dieu Joachim et Anne, ton  2

Sainte Anne se réjouit, maintenant  que les chaînes de sa stérilité sont brisées;  elle nourrit la Très-Pure,  invitant l’univers à célébrer le Seigneur  qui donne aux mortels comme fruit de son sein la seule Vierge Mère, l’Épouse inépousée.

Kondakion de saint Joseph de Volokolamsk, ton 8

Ayant tenu pour rien l’agitation de cette vie, les vanités de ce monde et les charnelles illusions, tu es devenu un citoyen du désert, pour beaucoup un maître, vénérable Joseph, rassembleur des moines, véritable intercesseur et amant de la pureté; prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

 

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉPITRE du jour

(I Cor. II, 6-9)

Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment.

 

Évangile du jour

(Matth. X, 37 – XI, 1)

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

27 août (ancien calendrier) / 9 septembre (nouveau)

27 août (ancien calendrier) / 9 septembre (nouveau)

Saint Pimène le Grand, ascète au désert de Scété (vers 450) ; saint Osius, évêque de Cordoue, confesseur (359) ; saint martyr Phanourios ; saint Libère, pape de Rome, confesseur (366) ; saint Eubert, évêque de Lille ; saint Césaire, évêque d’Arles (543); saint Lizier, évêque de Couserans et de Tarbes (548) ; saint Pimène de Palestine (vers 602) ; sainte Anthouse, martyre en Perse ; saint Sabbas, moine ; saint Koukcha et saint Pimène le jeûneur, moines, martyrs, des Grottes de Kiev (après 1114) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Michel Voskresensky, prêtre et avec lui 28 martyrs (1918) ; Étienne Nemkov, prêtre et avec lui 18 martyrs (1918) ;Paul Fokine, prêtre (1918) ; Jean Lebedev, Jean Smirnov, prêtres et Méthode Ivanov, moine (1937) ; Alexandre Tsitserov, prêtre (1939) ; Vladimir Sokolov, prêtre (1940) ; Démètre Krioutchkov, confesseur, prêtre (1952).

SAINT PIMÈNE LE GRAND[1]

Saint Pimène le Grand (vers 450)

Saint Pimène était originaire d’Égypte. À l’âge de quinze ans, il rejoignit ses six frères qui pratiquaient l’ascèse au désert de Scété : abba Anoub était l’aîné [6 juin] et Païssios le cadet. Alors qu’il était encore jeune, Pimène alla interroger un vieillard sur trois pensées, mais dans la conversation il oublia l’une d’elles. Rentré chez lui et s’en souvenant, il partit aussitôt et parcourut la longue distance qui le séparait de l’Ancien pour lui soumettre sa pensée. Admirant son souci de présenter ainsi un cœur pur à Dieu, l’Ancien lui prédit : « Pimène, ton nom sera prononcé dans toute l’Égypte et tu deviendras réellement pasteur d’un immense troupeau ». Lors de la dévastation du centre monastique de Scété par les barbares Maziques (407), les sept frères purent échapper au massacre et, empruntant la route des exploitants de nitre, ils s’installèrent à Térénouthis, en Haute-Égypte, sur les rives du Nil. Pimène acquit là une grande notoriété, si bien que les gens pieux délaissaient les anciens qu’ils avaient coutume de consulter pour prendre conseils auprès de lui. Quand un visiteur venait interroger abba Anoub, il l’envoyait auprès de Pimène, car il reconnaissait qu’il avait reçu le charisme de l’enseignement, mais Pimène ne prenait jamais la parole en présence de son frère aîné et refusait de parler après un autre Ancien, bien qu’il les dépassât tous. Ayant appris où les sept frères s’étaient retirés, leur mère chercha à les voir, mais elle s’opposa à un ferme refus, aussi alla-t-elle se poster devant l’église et attendit-elle que les ascètes s’y rendent pour la synaxe hebdomadaire. En la voyant, ses fils s’en retournèrent aussitôt. Elle courut à leur suite et, trouvant porte close, elle poussait des gémissements. Pimène dit alors à sa mère de l’intérieur : « Préfères-tu nous voir ici-bas ou dans le siècle à venir ? » Elle répondit : « Mais ne suis-je pas votre mère ? N’est-ce pas moi qui vous ai allaités ? J’ai maintenant des cheveux blancs, ne puis-je donc pas vous voir ? » Il reprit : « Si tu te domines toi-même pour ne pas nous voir ici, tu nous verras là-bas pour l’éternité. » Et la pieuse mère repartit alors pleine de joie, en disant : « Si je vous vois parfaitement là-bas, alors je ne désire plus vous voir ici-bas ». Dans ses débuts, Pimène jeûnait beaucoup, passant souvent deux ou trois jours sans nourriture, et soumettait son corps à de grandes austérités. Mais, avec le temps, il acquit une grande expérience dans la science spirituelle, et devenu médecin, pilote et lampe de discernement pour les habitants du désert, il enseignait à manger modérément chaque jour, afin de ne tomber ni dans l’orgueil ni dans la gourmandise, et de suivre ainsi la voie royale qui est légère et aisée. À un frère qui le surprit un jour en train de prendre un bain de pieds et s’en scandalisait, il répondit : « Nous, nous n’avons pas appris à tuer notre corps, mais à tuer nos passions ». Il disait aussi souvent : « Tout ce qui dépasse la mesure vient des démons ». Mesuré dans l’ascèse, il était cependant très strict en ce qui concernait les relations avec les hommes, et considérait sa cellule comme son tombeau, dans lequel le moine, comme un mort, doit rester étranger à tout attachement terrestre. Un jour, le gouverneur de la contrée, désirant le voir, fit arrêter le fils de la sœur de l’Ancien, pour que ce dernier vienne intercéder en sa faveur. Mais Pimène resta insensible aux supplications de sa sœur, disant : « Pimène n’a pas engendré de fils. » Et il fit dire au gouverneur de le juger conformément aux lois, s’il avait commis une faute. Quand un visiteur voulait s’entretenir avec lui de choses élevées, l’Ancien gardait le silence ; mais si on le questionnait sur les passions et sur la manière de guérir l’âme, alors il répondait avec joie. Il donnait à ses interlocuteurs des réponses proportionnées à leur entendement et à leurs possibilités, pour les encourager aux progrès dans la vertu. Avant tout, il leur recommandait de ne pas laisser place aux pensées passionnées en s’y complaisant ou en essayant de leur répondre et assurait qu’elles disparaîtront ainsi d’elles-mêmes : « Nous ne pouvons pas les empêcher de venir nous troubler, mais il est en notre pouvoir de leur résister ». Il enseignait que se jeter devant Dieu, ne pas se mesurer soi-même et abandonner derrière soi toute volonté propre sont les instruments de la purification de l’âme, mais que c’est surtout par le blâme de soi et la vigilance qu’elle pourra être édifiée et progresser vers la perfection. Quand on lui demanda un jour s’il convenait de reprendre les frères que l’on voyait en état de faute, Pimène répondit : « À l’heure même où nous cachons la faute de notre frère, Dieu cache la nôtre, et à l’heure où nous manifestons la faute de notre frère, Dieu manifeste aussi la nôtre ». Et lorsqu’il voyait un frère s’endormir à l’église, loin de le reprendre, le saint Ancien préférait placer sa tête sur ses genoux et le laisser se reposer. Quant à la vigilance sur lui-même, il l’observait strictement en tout temps, sachant que le principe de tous les vices est la distraction ; et quand il devait sortir de sa cellule, il passait auparavant une heure assis à examiner ses pensées. Il disait aussi que : « l’homme a besoin de l’humilité comme du souffle qui sort de ses narines », et que c’est par le blâme de soi, qui nous fait considérer notre frère comme supérieur, que nous pouvons parvenir à cette humilité qui nous procure en toute circonstance le repos. Il avait porté, quant à lui, à un tel degré le mépris de lui-même qu’il déclarait avec sincérité : « Dans le lieu où Satan est jeté, je me jette et me place au-dessous des êtres sans raison, car je sais qu’eux ne sont pas répréhensibles ». Quand on lui demanda comment il était possible de se considérer inférieur à toute créature et même à un meurtrier, l’Ancien répondit : « Lui a commis seulement cette faute, mais moi je tue chaque jour ». Voyant un jour une femme se lamenter sur le tombeau de son mari et de son fils, abba Pimène dit à son frère Anoub que si l’on n’acquiert pas un tel état de deuil et une mortification constante de la chair, on ne peut devenir moine. Une autre fois, il tomba en extase devant un de ses proches, qui lui demanda ensuite où il avait été transféré. Il répondit : « Ma pensée était là où se trouvait la sainte Mère de Dieu, qui pleurait sur la Croix du Sauveur, et je voudrais tout le temps pleurer ainsi ». Un jour, des visiteurs notoires vinrent de Syrie pour l’interroger sur la pureté du cœur, mais l’Ancien ne savait pas le grec, et il ne se trouvait pas d’interprète. Constatant l’embarras de ses visiteurs, Pimène se mit soudain à leur parler en grec et leur dit : « La nature de l’eau est molle, celle de la pierre est dure ; mais une outre suspendue au-dessus de la pierre, faisant tomber l’eau goutte à goutte, transperce la pierre. Ainsi en est-il de la Parole de Dieu : elle est tendre et notre cœur est dur, mais l’homme qui l’entend souvent ouvre son cœur à la crainte de Dieu ». Après avoir brillé de longues années comme un astre dans le désert, enseignant par sa propre expérience et se faisant un modèle vivant de toutes les vertus, abba Pimène s’endormit en paix, quelque temps après saint Arsène (après 449), mais sans avoir revu le désert de Scété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Pimène, ton 3

Ton âme tout entière illuminée par l’éclat de tes œuvres divines, tu devins un luminaire sans déclin, un flambeau du discernement, dissipant les ténèbres des passions pour éclairer nos esprits; vénérable Pimène, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

Tropaire du saint mégalomartyr Phanourios, ton 4

L’Eglise sur terre brillamment entonne un cantique des cieux; à la terrestre solennité répond l’assemblée des Anges festivement; par des hymnes sacrées, dans les hauteurs, l’une acclame tes exploits, tandis que l’autre, ici-bas, célèbre la céleste gloire que tu trouvas, illustre Phanourios, par tes peines de martyr.

 Kondakion de saint Pimène, ton 4

Voici venue en ce jour, vénérable Pimène, la mémoire sacrée de tes combats lumineux, qui réjouit les âmes des croyants, bienheureux Père aux divines pensées.

ÉPITRE du jour

(Gal. V, 22 – VI,2)

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres. Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.

 

Évangile du jour

(Matth. XXIII, 1-12)

Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit: Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

8 septembre

8 septembre

Jour de jeûne, dispense de poisson

NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE MÈRE DE DIEU

Saint Sérapion du monastère du Saint-Sauveur à Pskov (1480) ; saint Lucien de Pereyaslavl (1655) ; saint néo-martyr Athanase de Thessalonique (1774) ; saint Sophrone, évêque d’Achatalea en Géorgie (1803) ; saints Jean (1957) et Georges (1962), confesseurs (Géorgie).

LA NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE MÈRE DE DIEU[1]

Notre Dieu créa l’homme et le plaça dans le Paradis pour qu’il ne se préoccupe que de cultiver le bien et de contempler Dieu seul par ses œuvres. Mais, par la jalousie du diable, qui séduisit Eve, la première femme, Adam tomba dans le péché et fut exclu du Paradis de délices. Par la suite, Dieu donna sa Loi aux hommes par Moïse et fit connaître Ses volontés par les Prophètes, en préparation d’un bienfait plus grand: l’Incarnation de Son Fils unique, le Verbe de Dieu, qui devait nous délivrer des filets du Mauvais. En assumant notre nature, le Christ voulait participer pleinement à notre condition déchue, hormis le péché: car Lui seul est sans péché, étant Fils de Dieu. C’est pourquoi Dieu Lui prépara une demeure immaculée, une arche pure, la très Sainte Vierge Marie, qui, bien qu’elle fût elle-aussi soumise à la mort et à la condamnation de nos premiers parents, fut élue par Dieu depuis l’origine des âges pour être la nouvelle Eve, la Mère du Christ Sauveur, la source de notre rédemption et le prototype de toute sainteté chrétienne.

Son père s’appelait Joachim. Il descendait de la tribu royale de David par la branche de Nathan, son fils. Nathan engendra Lévi, Lévi engendra Melchi et Panther, Panthère engendra Barpanther, père de Joachim. Anne, l’épouse de Joachim, descendait elle-aussi de la tribu royale; car elle était la petite-fille de Mattha, lui-même petit-fils de David par Salomon. Mattha épousa une certaine Marie de la tribu de Juda, et ils donnèrent naissance à Jacob, le père de Joseph le charpentier et à trois filles: Marie, Sobée et Anne. Marie donna naissance à Salomée la sage-femme; Sobée à Elisabeth, la mère du Précurseur, et Anne à la Mère de Dieu, Marie, qui portait ainsi le nom de sa grand-mère et de sa tante. Elisabeth et Salomée, les nièces d’Anne, étaient donc les cousines de la Mère de Dieu. Selon une divine économie, et pour montrer la stérilité de la nature humaine avant la venue du Christ, Dieu avait laissé Joachim et Anne sans progéniture jusqu’à un âge avancé. Comme Joachim était riche et pieux, il ne cessait de s’adresser à Dieu par la prière et de Lui offrir des présents, pour qu’Il les délivre, lui et son épouse, de leur opprobre. Un jour de fête, alors qu’il s’était présenté au Temple pour déposer son offrande, un des fidèles s’adressa à lui en disant: «Il ne t’est pas permis de présenter ton offrande avec nous, car tu n’as pas d’enfant». Alors, le coeur ulcéré, Joachim ne rentra pas chez lui, mais se retira dans la montagne, seul, pour prier et verser des larmes devant Dieu. Pendant ce temps, Anne versait elle aussi d’abondantes larmes et élevait de ferventes supplications vers le ciel, dans son jardin. Notre Dieu, riche en miséricorde et plein de compassion, entendit leurs supplications et envoya auprès d’Anne l’Archange Gabriel, l’Ange de la bienveillance de Dieu et l’annonciateur du salut, pour lui annoncer qu’elle allait concevoir et donner naissance à un enfant, malgré son âge, et que l’on parlerait de cette progéniture par toute la terre. Elle répondit, pleine de joie et de surprise: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si j’enfante soit un fils, soit une fille, je le consacrerai au Seigneur mon Dieu, pour qu’il Le serve tous les jours de sa vie». Joachim, lui aussi,reçut la visite d’un Ange qui lui ordonna de se mettre en chemin avec Ses troupeaux pour rentrer chez lui et se réjouir avec sa femme et toute leur maison, car Dieu avait décidé de mettre fin à leur opprobre. Or, neuf mois étant passés, Anne enfanta. Elle demanda à la sage femme: – «Qu’ai-je mis au monde?» Celle-ci répondit: – « Une fille. » Et Anne reprit: – «Elle a été glorifiée en ce jour, mon âme!» Et elle coucha délicatement l’enfant. Les jours de la purification de la mère exigés par la Loi étant accomplis, elle se releva, se lava, donna le sein à son enfant, et lui donna le nom de Marie: le nom qu’avaient attendu confusément les Patriarches, les Justes et les Prophètes, et par lequel Dieu devait réaliser le projet qu’il tenait caché depuis l’origine du monde. De jour en jour, l’enfant se fortifiait. Quand elle eut six mois, sa mère la posa à terre, pour voir si elle tiendrait debout. Marie avança alors de sept pas assurés, puis revint se blottir dans le giron de sa mère. Anne la souleva en disant: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne fouleras plus ce sol avant que je ne t’emmène au Temple du Seigneur. » Et elle établit un sanctuaire dans la chambre de l’enfant, où rien de vil ni de souillé par le monde n’entrait. Et elle fit venir des filles d’Hébreux de race pure, pour jouer avec l’enfant. La première année de la petite étant écoulée, Joachim donna un grand festin. Il invita des Prêtres, des scribes et les membres du Conseil, et tout le peuple d’Israël. Joachim présenta aux Prêtres la petite fille, ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu de nos pères, bénis cette petite fille et donne lui un nom qui soit nommé éternellement et par toutes les générations. » Et tout le peuple répondit: «Qu’il en soit ainsi, qu’il en soit ainsi! Amen!» Joachim la présenta aussi aux princes des Prêtres. Ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu des hauteurs sublimes, abaisse Ton regard sur cette petite fille, et donne lui une bénédiction suprême, une bénédiction à nulle autre pareille!» Sa mère emporta Marie dans le sanctuaire de sa chambre et lui donna le sein, en adressant au Seigneur Dieu cette hymne: «Je veux chanter au Seigneur mon Dieu une hymne, parce qu’Il m’a visitée et qu’Il a écarté de moi l’outrage de mes ennemis. Car le Seigneur m’a donné un fruit de Sa justice, cette justice qui est une et multiple tout ensemble. Qui annoncera maintenant aux fils de Ruben qu’Anne est Mère? Apprenez, apprenez, vous les douze tribus d’Israël, qu’Anne est mère!» Puis elle posa l’enfant dans la chambre du sanctuaire, sortit et alla servir les invités, qui se réjouissaient et louaient le Dieu d’Israël.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉPITRE du jour

(Ph. II, 5-11)

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

 

Évangile du jour

(Lc. X, 38-42 ; XI, 27-28)

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité! Et il répondit: Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent!

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

26 août (ancien calendrier) / 8 septembre (nouveau)

26 août (ancien calendrier) / 8 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Icône de N.D. de Vladimir ; saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311) ; saint Probace (Ier s.) ; saint Édern, ermite en Bretagne ; saint Valier, premier évêque du Couserans (IVème s.) ; saint Victeur, évêque du Mans (vers 480) ; saint Eulade, évêque de Nevers (516) ;  saint Éleuthère, évêque d’Auxerre (561) ; sainte Pélagie, mère de saint Yrieix (v. 584) ; saint Adrien, moine au monastère d’Ondroussov (1549) ; bienheureuse Marie de Diveevo (1931) ; nouveaux martyrs de Russie : Pierre Yevlev, prêtre (1918) ; Georges Kossov, confesseur, prêtre (1928) ; Victor Ellansky, prêtre, martyr Démètre Morozov, Pierre Bordan et Romain Medved, confesseur, prêtre (1937). 

 

SAINT ADRIEN ET SON ÉPOUSE NATHALIE[1]

Saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311)

Saint Adrien était un officier de haut rang dans l’armée romaine. Âgé de vingt-huit ans, il vivait à Nicomédie avec son épouse Nathalie, au début de la persécution de Dioclétien (vers 300). L’empereur avait alors fait arrêter vingt-trois chrétiens qui s’étaient cachés dans une grotte, et il les avait soumis à toutes sortes de supplices. Ayant assisté à la scène, Adrien leur demanda : « Pour quelle raison endurez-vous ces supplices intolérables et ces terribles tortures ? » Ils répondirent : « Nous endurons tout cela pour gagner les délices réservées par Dieu à ceux qui souffrent pour lui, délices que ni l’ouïe ne peut entendre, ni la parole exprimer. » L’âme illuminée par la grâce divine, Adrien demanda alors aux scribes de joindre son nom à celui des chrétiens : « Ce sera pour moi un plaisir de mourir avec eux pour l’amour du Christ ! » s’écria-t-il. Il fut aussitôt chargé d’entraves et jeté en prison, dans l’attente du jugement. Quand Nathalie apprit que son mari venait d’être arrêté, pensant que c’était pour quelque mauvaise action, elle fondit en larmes. Mais lorsqu’on lui dit que c’était pour avoir confessé le Christ, elle revêtit aussitôt des habits de fête et courut à la prison. Embrassant les liens d’Adrien, elle loua sa résolution et l’encouragea à rester ferme dans les épreuves qui l’attendaient ; et, après avoir demandé aux autres martyrs de prier pour son époux, elle rentra chez elle. Quand Adrien apprit la sentence portée contre lui, il obtint l’autorisation d’aller annoncer à sa femme la date de l’exécution. Dès qu’elle le vit arriver libre, Nathalie crut qu’il avait été relâché en reniant le Christ Sauveur, et elle ferma la porte de la maison pour empêcher Adrien d’entrer. L’invectivant pour sa lâcheté, elle lui lança ces paroles du Seigneur : Celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (Mt 10, 33). Mais, dès qu’Adrien lui apprit la raison de sa présence, elle lui ouvrit toutes grandes les portes, se précipita pour l’embrasser et décida de le suivre jusqu’au lieu du supplice. Le bienheureux comparut quelques jours après devant l’empereur et, ayant bravement confessé sa foi, il fut cruellement flagellé. Les soldats le renversèrent ensuite à terre et le frappèrent au ventre avec une telle violence que ses entrailles s’en répandirent sur le sol. Encouragé par les autres martyrs et par Nathalie qui lui disait à l’oreille : « Ne crains pas les tortures. La douleur est de courte durée, mais le repos sera éternel », le saint restait inébranlable. Quand on ramena les saints martyrs en prison, en les traînant car ils ne pouvaient plus marcher, Nathalie s’oignit avec dévotion du sang de son mari, comme s’il s’agissait du baume le plus précieux. De pieuses femmes vinrent panser les plaies des glorieux confesseurs dans leur cachot, mais lorsque l’empereur l’apprit, il leur en interdit l’accès. Nathalie se coupa alors les cheveux, et revêtant des habits masculins elle réussit à pénétrer dans la prison et prit soin des martyrs. Elle fut bientôt imitée par les pieuses femmes. Informé qu’on avait réussi à détourner ses prescriptions et que les détenus jouissaient de quelque consolation dans leurs souffrances, le tyran ordonna de leur broyer les jambes dans des étaux ; c’est ainsi qu’ils rendirent tous leur âme sous l’effet de la souffrance. Quand vint le tour d’Adrien, Nathalie l’encouragea et soutint même sa main que les bourreaux s’apprêtaient à trancher sur le billot. Et lorsque sa main tomba, le saint martyr remit son âme à Dieu, complétant ce chœur de glorieux martyrs. Comme le tyran avait commandé de détruire leurs dépouilles par le feu, Nathalie réussit à dérober la main coupée de son époux qu’elle cacha dans son sein. Les corps furent jetés au feu, mais une pluie violente vint soudain éteindre la fournaise. Un chrétien, nommé Eusèbe, réussit à s’emparer des précieuses reliques qu’il transporta à Argyropolis, près de Byzance, où elles furent dignement ensevelies. Quelque temps après, un puissant général demanda Nathalie en mariage à l’empereur, mais fidèle à son époux, celle-ci pria devant la main d’Adrien, lui demandant d’intercéder pour lui épargner une telle épreuve. Grâce à l’intervention des martyrs, elle réussit à s’enfuir et, parvenue à Argyropolis, elle déposa la main d’Adrien avec le reste de son corps. Elle vécut là quelque temps, en compagnie de pieuses femmes, et après une apparition d’Adrien, elle tomba légèrement malade puis alla le retrouver dans le Royaume des cieux.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de l’icône de Vladimir, ton 4

En ce jour triomphe la très glorieuse cité de Moscou, recevant, comme une aurore ensoleillée, ô Souveraine ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons, en te priant et en nous écriant : ô merveilleuse Souveraine Mère de Dieu ! Prie le Christ notre Dieu qui s’est incarné de toi, afin qu’Il délivre cette cité, et toutes les villes et pays chrétiens de toutes les embûches des ennemis et quIl sauve nos âmes, car Il est miséricordieux.

Тropaire des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Tes martyrs, Seigneur, par leurs combats, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

 

Kondakion des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Témoin du Christ, accueillant * dans ton cœur les saints propos * de ta pieuse femme, Adrien, * tu courus au-devant des tourments; * avec elle tu reçus la couronne des Martyrs.

Kondakion de l’icône de Vladimir, ton 8

Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine; pour la venue de ton icône miraculeuse, nous célébrons la brillante fête de ta rencontre et comme il se doit te chantons: Réjouis-toi, Epouse inépousée.

ÉPITRE du jour

(Gal. II, 6-10)

Ceux qui sont les plus considérés-quels qu’ils aient été jadis, cela ne m’importe pas: Dieu ne fait point acception de personnes, -ceux qui sont les plus considérés ne m’imposèrent rien. Au contraire, voyant que l’Évangile m’avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, car celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis a aussi fait de moi l’apôtre des païens, et ayant reconnu la grâce qui m’avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d’association, afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis. Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j’ai bien eu soin de faire.

 

Évangile du jour

(Mc V, 22-24, 35, VI, I)

Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l’ayant aperçu, se jeta à ses pieds, et lui adressa cette instante prière: Ma petite fille est à l’extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Jésus s’en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent: Ta fille est morte; pourquoi importuner davantage le maître? Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue: Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit: Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’avaient accompagné, et il entra là où était l’enfant. Il la saisit par la main, et lui dit: Talitha koumi, ce qui signifie: Jeune fille, lève-toi, je te le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose; et il dit qu’on donnât à manger à la jeune fille. Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

7 septembre

7 septembre

Avant-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saint martyr Sozon de Cilicie (304) ; saints apôtres Évode (66) et Onésiphore (67) ; saint martyr Eupsyque (117-138) ; saint Euverte, évêque d’Orléans (IVème s.) ; saint Vivant, évêque de Reims (395) ; saint Alpin, évêque de Châlons-en-Champagne (Vème s.) ; saint Mesmin et ses compagnons martyrs dans la région de Troyes (451) ; saint Cloud, moine, fondateur de l’Abbaye de Nogent-sur-Seine (560) ; sainte Carissime, recluse à Albi (VIème s.) ; sainte Madelberte, abbesse à Maubeuge (705) ; saint Luc de Lacaonie (après 975)  saint Jean, archevêque de Novgorod (1186) ; saints Alexandre Peresvet (1380) et André Osliablia (vers 1380) ; saints Syméon (1476) et Amphiloque (1570) de Pângărați ; (saint Sérapion de Pskov (1480) ; saint hiéromartyr Macaire de Kanev (1678) ; saint Macaire d’Optino (1860) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre (Snejitsky) et Michel (Tikhonitsky) prêtres (1918) ; saint Eugène, métropolite de Gorkovsky, et avec lui Étienne (Kreïditch), prêtre, Eugène (Vyjva), Nicolas (Achtchepiev) et Pacôme (Ionov), moines, Grégoire (Averine), Basile (Soungourov), prêtres, Léon (Egorov) (1937). 

 

VIE DU SAINT MARTYR SOZON DE CICILIE[1]

Originaire de Lycaonie (Asie Mineure), saint Sozon vécut sous le règne de Dioclétien (vers 304). Nommé Tarasios avant de recevoir ce nom au saint baptême, il était berger. De cette activité, il apprit l’art de paître les brebis spirituelles et amena par son enseignement un grand nombre de païens à la foi. Un jour, ayant reçu dans une vision, l’assurance qu’il était temps pour lui de confesser le Christ par son sang, il descendit vers Pompéiopolis en Cilicie, et se rendit au temple des idoles où l’on adorait une statue en or d’Artémis. Il coupa une main de la statue et, après l’avoir réduite en petits morceaux, il distribua l’or aux pauvres. Grande fut l’émotion des païens lorsqu’ils constatèrent le larcin. Mais plus grand encore leur étonnement, en voyant le bienheureux Sozon devancer leurs soupçons et se livrer de lui-même. Aussitôt, on s’empara de lui pour le mener devant le gouverneur de Cilicie, Maximien. Comme les coups qu’on lui assénait ne pouvaient l’empêcher de confesser le Christ, on lui fit chausser des sandales de fer, couvertes de clous et, ainsi chaussé, on l’obligea à courir. Le saint était plein de joie en voyant son sang se répandre à terre telle une rosée bienfaisante. C’est dans cette joie surnaturelle qu’il remit son âme à Dieu, après avoir été si cruellement frappé que ses os et ses entrailles apparaissaient. Lorsque ses bourreaux voulurent allumer un grand brasier pour y brûler son corps, un violent orage se déclencha soudain et la pluie éteignit les flammes, si bien que les païens se dispersèrent effrayés, laissant de pieux fidèles venir prendre soin des restes du saint martyr. 

TROPAIRES DU JOUR

 

Tropaire de l’avant-fête de la Nativité de Très sainte Mère de Dieu, ton 4

De la racine de Jessé et du sang de David nous est née en ce jour Marie, la divine enfant. C’est pourquoi l’univers se réjouit et se renouvelle. Réjouissez-vous ensemble, ciel et terre. Louez-la, tribus des nations. Joachim se réjouit, Anne est en fête et s’écrie : « Celle qui fut stérile enfante la Mère de Dieu, nourricière de notre vie ».

Tropaire du saint martyr Sozon, ton 4

Ton martyr Sozon, Seigneur, a reçu dans son combat, la couronne incorruptible de Toi notre Dieu. Avec Ta force, il a terrassé les tyrans et brisé les audaces impuissantes des démons. Par ses prières sauve nos âmes.

Tropaire de saint Cloud, ton 7

En ce jour, nous célébrons ta mémoire, ô saint Clodoald ; par ton humilité élévatrice, tu as renoncé à tout pouvoir en ce monde ; mais tu remportes par ton combat la couronne du Royaume céleste. Roi, prêtre et moine, tu t’abandonnes, ô sage, à la volonté aimante du Père ; traversant victorieusement en Christ les épreuves de la Croix, tu acquiers la vraie liberté de l’Esprit divin.

 

Kondakion du saint martyr Sozon, ton 4

Assemblés en ce jour, nous glorifions d’une voix forte le véritable martyr sage en Dieu, l’athlète éminent de la piété, Sozon l’initié de la grâce, qui accorde généreusement les guérisons, et qui prie le Christ Dieu pour nous tous

 

Kondakion de saint Cloud, ton 2

Armé divinement de spirituelle pureté et tenant en main fortement comme lance l’incessante oraison, tu as transpercé les diaboliques escadron. Vénérable Clodoald, Père saint, prie sans cesse le Christ en faveur de nous tous !

 Kondakion de l’avant-fête de la Nativité de Très sainte Mère de Dieu, ton 3

En ce jour, Marie, Vierge et Mère de Dieu, infranchissable chambre nuptiale du céleste Époux, naît d’une mère stérile, de par la volonté de Dieu, pour être le char de Dieu le Verbe. Dans ce but, elle a été destinée pour être Porte de la Divinité et Mère de la vraie vie.

ÉPITRE du jour

(Gal. I, 1-10, 20, II,5)

Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père, qui l’a ressuscité des morts, et tous les frères qui sont avec moi, aux Églises de la Galatie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père, à qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. Dans ce que je vous écris, voici, devant Dieu, je ne mens point. J’allai ensuite dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie. Or, j’étais inconnu de visage aux Églises de Judée qui sont en Christ ; seulement, elles avaient entendu dire : Celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu’il s’efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient Dieu à mon sujet. Quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, ayant aussi pris Tite avec moi ; et ce fut d’après une révélation que j’y montai. Je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens, je l’exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain. Mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus Christ, avec l’intention de nous asservir. Nous ne leur cédâmes pas un instant et nous résistâmes à leurs exigences, afin que la vérité de l’Évangile fût maintenue parmi vous.

 

Évangile du jour

(Mc V, 1-20)

Ils arrivèrent à l’autre bord de la mer, dans le pays des Gadaréniens. Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d’un esprit impur. Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres. Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s’écria d’une voix forte: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très Haut? Je t’en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. Car Jésus lui disait: Sors de cet homme, esprit impur! Et, il lui demanda: Quel est ton nom? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. Et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays. Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons le prièrent, disant: Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer: il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. Il s’en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l’étonnement.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

25 août (ancien calendrier) / 7 septembre (nouveau)

25 août (ancien calendrier) / 7 septembre (nouveau)

Translation à Lipari des reliques de saint Barthélémy, apôtre (en 580) ; saint Tite, apôtre, évêque de Gortyne en Crète ; saints Barsès et Euloge, évêques d’Édesse, et saint Protogène, évêque de Carrhée en Mésopotamie, confesseurs (IVème s.) ; saint Genès le comédien, martyr à Rome (IVème s.) ; saint Genès, scribe, martyr en Arles (308) ; saint Marcien, abbé en Apt (488) ; saint Sévère, abbé en Agde (vers 500) ; saints Jean II (520) et Épiphane (535), patriarches de Constantinople ; saint Mènas, patriarche de Constantinople (552) ; saint Yrieux, abbé dans le Limousin (591) ; saint Jean de Carpathos (VIIème s.) ; sainte Hunégonde, vierge à Homblières (VIIème s.) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Moïse Kojine (1931) ; Vladimir Mochtchansky, prêtre (1938).

 

TRANSLATION DES RELIQUES DU SAINT APÔTRE BARTHÉLÉMY[1]

Après avoir proclamé le Nom du Christ dans divers lieux, le saint Apôtre Barthélemy mourut crucifié en Arménie [11 juin]. Les fidèles de l’endroit déposèrent son corps dans un cercueil de plomb et le cachèrent à Urbanopolis. Comme il se produisait continuellement des guérisons auprès de la dépouille du saint, des foules de chrétiens accouraient pour recevoir le soulagement de leurs maux corporels et spirituels. Voyant cela, les païens, serviteurs du diable, furent pris de fureur et saisirent la première occasion pour s’emparer du sarcophage contenant la précieuse relique et le jeter à la mer, avec les restes de quatre autres martyrs : Papien, Lucien, Grégoire et Acace . Le sarcophage surnagea néanmoins miraculeusement et transmit en de nombreux endroits la bénédiction du saint par la présence de son corps. Traversant la mer Noire et l’Hellespont, il passa dans la mer Égée et dans l’Adriatique, pour aller finalement s’échouer sur la côte de l’île de Lipari. Les corps des quatre autres saints, qui avaient escorté saint Barthélemy dans toute cette traversée, s’arrêtèrent en des lieux divers, selon le bon vouloir de la Providence : Papien à Amila en Sicile, Lucien à Messine, Grégoire à Colimène en Calabre et Acace à Ascalos. Saint Barthélemy apparut en songe à l’évêque de Lipari, Agathon, qui se leva aussitôt et se rendit sur la plage, où il découvrit avec admiration le sarcophage de plomb. Il s’écria : « Ô Lipari, d’où te vient un tel trésor et une telle gloire ? Danse de joie, exulte de recevoir un tel bien, et écrie-toi : Sois le bienvenu, ô Apôtre du Seigneur ! » Les habitants du lieu se disputèrent alors pour savoir à qui reviendrait l’honneur de voir déposer la sainte relique dans sa propriété, afin d’y bâtir une église. Mais tous leurs efforts restèrent vains. Le sarcophage demeura comme scellé sur la plage, jusqu’à ce que l’évêque, à la suite d’une révélation, le fit tirer par une paire de vaches vers le lieu déterminé par la volonté de Dieu. À cet instant, un îlot qui se trouvait à proximité de Lipari, se déplaça de plus de sept stades sous l’action d’une force divine. Agathon y fit construire une église en l’honneur du saint, où les miracles abondèrent. Sous le règne de Théophile l’iconoclaste, l’île fut prise par les Arabes et désertée par ses habitants. Ayant appris cela, le gouverneur de la ville de Bénévent envoya des chrétiens d’Amalfi prendre la sainte relique, au devant de laquelle il se porta en compagnie de l’évêque, et il la fit déposer dans une église, où de nombreux fidèles purent profiter de la grâce qui en émanait.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Barthélémy, ton 5

Resplendissante comme l’astre du matin, depuis l’Orient vers le Couchant, merveilleusement sur la mer a vogué la châsse de tes reliques, Barthélémy, car elle, fait briller comme rayons les grâces du Soleil sans déclin et chàsse les ténèbres des passions en tous ceux qui s’en approchent avec foi.

Tropaire de saint Tite, ton 5

Appelé depuis le ciel à la connaissance de Dieu, toi qui avais vu de tes yeux le passage sur terre du Seigneur en la chair, de lumière tu fus comblé; c’est pourquoi en compagnie de Paul tu éclairas toute la Crète par ta divine prédication et lui transmis l’enseignement de la foi, bienheureux Tite, saint apôtre de notre Dieu.

 Kondakion de saint Barthélémy, ton 4

En grand soleil sur le monde tu parus, illuminant de tes splendides enseignements et de tes miracles étonnants ceux qui t’honorent, Barthélémy, saint apôtre du Seigneur.

 Kondakion de saint Tite, ton 2

Avec Paul, dont tu fus le compagnon, tu nous annonças la parole de la grâce de Dieu, bienheureux Tite, disciple choisi; c’est pourquoi nous te disons: ne cesse pas d’intercéder pour nous tous.

 

ÉPITRE du jour

(Тite I, 1–4; II, 15 – III, 3, 12-13, 15)

Paul, serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus Christ pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, lesquelles reposent sur l’espérance de la vie éternelle, promise dès les plus anciens temps par le Dieu qui ne ment point, et qui a manifesté sa parole en son temps par la prédication qui m’a été confiée d’après l’ordre de Dieu notre Sauveur, à Tite, mon enfant légitime en notre commune foi: que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus Christ notre Sauveur! Dis ces choses, exhorte, et reprends, avec une pleine autorité. Que personne ne te méprise. Rappelle-leur d’être soumis aux magistrats et aux autorités, d’obéir, d’être prêts à toute bonne oeuvre, de ne médire de personne, d’être pacifiques, modérés, pleins de douceur envers tous les hommes. Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de voluptés, vivant dans la méchanceté et dans l’envie, dignes d’être haïs, et nous haïssant les uns les autres. Lorsque je t’enverrai Artémas ou Tychique, hâte-toi de venir me rejoindre à Nicopolis; car c’est là que j’ai résolu de passer l’hiver. Aie soin de pourvoir au voyage de Zénas, le docteur de la loi, et d’Apollos, en sorte que rien ne leur manque. Tous ceux qui sont avec moi te saluent. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. Que la grâce soit avec vous tous!

 

Évangile du jour

(Matth. V, 14-19)

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

6 septembre

6 septembre

Jour de jeûne

Commémoration du miracle du saint Archange Michel à Chonais en Phrygie (IVème s.) ; saint martyr Romulus et ses 11000 compagnons en Arménie (107-115) ; sainte Ève, martyre à Dreux ; saints martyrs Cyriaque, Fauste, Abib et 11 autres à Alexandrie (250) ; saints martyrs et martyres Calodote, Macaire, André, Cyriaque, Denis, André le soldat, Andropélagie, Thècle, Théoctiste et Sarabon le sénateur, en Égypte (256) ; saints Sanctien et Augustin et sainte Béate, martyrs près de Sens (273) ; saint hiéromartyr Cyrille, évêque de Gortyne (III-IVème s.) ; saint martyr Eudoxe et ses compagnons Zénon, Macaire et 1104 soldats à Mélitène (311-312) ; saint Archippe de Hiérapolis (IVème s.) ; saint David d’Hermopolis en Égypte (VIème s.) ; saint Cagnoald, évêque de Laon (632) ; saints Félix et Augebert, martyrs (VIIème s.) ; saint Imbert, ermite du Nivernais (VIIème s.) ; saint hiéromartyr Maxime (Sandovitch, 1914) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Dimitri (Spassky), prêtre (1918), Constantin (Bogoslovsky), Jean (Pavlosky) et Vsevolod (Poteminsky), prêtres (1937).

MÉMOIRE DU MIRACLE DE L’ARCHANGE MICHEL À CHONAIS[1]

Longtemps avant l’Incarnation du Christ, le grand Archange Michel témoigna de différentes manières sa sollicitude et sa bienveillance pour le genre humain et, après la venue du Sauveur en ce monde, les marques de son amour se firent encore plus manifestes pour les chrétiens [8 nov.]. Lorsque le saint Apôtre Jean vint à passer par la Phrygie pour y annoncer l’Évangile, il prophétisa la prochaine visite du prince des Archanges, Michel, dans un endroit nommé Chérétopa. En effet, peu après, une source qui guérissait toute maladie, jaillit miraculeusement de terre. Un des fidèles, dont la fille avait été guérie par cette eau, fit construire sur les lieux, en signe de reconnaissance, une belle petite église dédiée à l’Archange Michel. Quatre-vingt-dix ans plus tard, un jeune homme nommé Archippe, originaire de Hiérapolis, s’y installa pour y pratiquer l’ascèse et servir de sacristain. Son zèle et son amour de Dieu étaient tels qu’il acquit bientôt la grâce de faire des miracles. Furieux de voir ces prodiges s’accomplir et les grâces abonder de la source miraculeuse, le diable déchaîna la jalousie de certains païens des environs. Après avoir, à plusieurs reprises, insulté et frappé le vaillant Archippe, une nuit, ils essayèrent d’obstruer la source. Mais leurs efforts furent vains, car le saint Archange était invisiblement présent pour les en empêcher. Cet échec ne les découragea pas. Ils tentèrent ensuite de détourner la rivière coulant à proximité, afin qu’elle inondât l’église et les fidèles qui s’y trouvaient en permanence, mais leur entreprise échoua une fois de plus. Une autre fois, ils détournèrent deux rivières qui coulaient plus haut que l’église, firent un barrage et s’apprêtaient à le rompre que l’église soit engloutie sous les eaux, quand l’Archange Michel apparut au bienheureux Archippe. Il le rassura et, semblable à une colonne de feu, il se tint debout face aux eaux furieuses qui dévalaient la colline. Au moment où elles parvinrent à lui, il frappa la pierre du bâton qu’il tenait en main, et le rocher se fendit, laissant passer les eaux, comme dans une gorge naturelle, préservant ainsi l’église. C’est parce que le fleuve semble depuis lors absorbé par le rocher qu’on a appelé ce lieu « Chonais » (de chônè, “creuset”, “entonnoir”), à la gloire de Dieu et en l’honneur de notre céleste protecteur, le saint Archange Michel.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire du saint Archange, ton 4

Archistratège des célestes armées, * malgré notre indignité, nous te prions * de nous protéger par tes prières et nous garder * à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle, * nous qui nous prosternons devant toi et te supplions instamment: * Délivre-nous de tout danger, * grand Prince des Puissances d’en-haut.

Kondakion du saint Archange, ton 2

Archistratège de Dieu, serviteur de la gloire divine, chef des Anges et guide des hommes, demande ce qui nous est utile et la grande miséricorde, comme archistratège des incorporels.

ÉPITRE du jour

(Hébr. II, 2-10)

Car, si la parole annoncée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et toute désobéissance a reçu une juste rétribution, comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut, qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint Esprit distribués selon sa volonté. En effet, ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons. Or quelqu’un a rendu quelque part ce témoignage: Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, Ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui? Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Tu l’as couronné de gloire et d’honneur, Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. 

Évangile du jour

(Lc X, 16-21)

Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

24 août (ancien calendrier) / 6 septembre (nouveau)

24 août (ancien calendrier) / 6 septembre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Eutyque, disciple de saint Jean le Théologien, martyr (Ier s.) ; saint Tation, martyr à Claudiopolis (305) ; sainte Sira, vierge et martyre de Perse (558) ; saint Eptade, ermite à Cervon (VIème s.) ; saint Rigomer, prêtre du diocèse du Mans (VIème s.) ; saint Ouen (ou Dodon), évêque de Rouen (684) ; saint Georges de Lemnos, moine, martyr (716) ; translation des reliques de saint Pierre de Moscou (1479) ; saint Arsène de Komel (1550) ; translation des reliques de saint Denis, archevêque d’Égine, de l’île des Strophades à Zakynthos (en 1716) ; saint Cosmas d’Aitolie, moine, égal aux apôtres, martyr (1779) ; saint Sérapion le thaumaturge, abbé du monastère de saint Jean Baptiste de Garédja (1747) ; saint Aristocle, staretz de Moscou (1918) ; saint martyr Maxime Gorlitzky, prêtre (1914) ; saint moine martyr Séraphim Chakhmout (1946).

Saint Cosmas d’Aitolie

Saint Cosmas était natif d’un petit village d’Aitolie, Mega-Dendron, dans le diocèse d’Arta (vers 1714). Ses parents, des gens simples et pieux, l’éduquèrent dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes Écritures. Vers l’âge de vingt ans, il se rendit sur la Sainte Montagne de l’Athos pour y étudier à l’Académie alors installée en dépendance du monastère de Vatopédi, où enseignait le célèbre Eugène Boulgaris. Mais les réactions provoquées par la fondation de cet établissement, qui transmettait l’esprit des Lumières au cœur de la citadelle de l’Orthodoxie, obligèrent bientôt Boulgaris et d’autres illustres professeurs à quitter l’Athos, et l’Académie tomba rapidement en déclin (1759). Ce fut pour le jeune Cosmas un signe de la Providence et, renonçant aux études, il s’engagea dans la vie monastique au monastère de Philothéou, où son zèle pour les combats ascétiques et sa piété le rendirent digne d’être ordonné prêtre peu après sa tonsure monastique. Depuis sa jeunesse, le bienheureux avait un grand désir de répandre la Parole de Dieu autour de lui, à tel point qu’il disait que le souci du salut de ses frères le dévorait comme le ver mange l’arbre de l’intérieur. En ces temps difficiles pour le peuple grec opprimé, l’ignorance des rudiments de la foi et de la culture chrétienne entraînait la négligence et la décadence des mœurs, de sorte que la prédication de l’Évangile s’imposait comme la tâche la plus urgente. Mais, averti par l’enseignement des saints Pères, Cosmas ne voulait pas s’engager dans la vie apostolique de sa propre volonté. Désirant donc savoir si telle était la volonté de Dieu, il ouvrit un jour l’Écriture Sainte au hasard et tomba sur cette parole de l’Apôtre : Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui (1 Cor 10, 24). Ainsi éclairé par la Parole de Dieu et après avoir pris l’avis des pères spirituels de la Sainte Montagne, il se rendit à Constantinople pour y recevoir la bénédiction du patriarche Séraphim II (1757-1761) et prendre quelques leçons de rhétorique auprès de son cousin, l’archimandrite Chrysanthos, qui devint ensuite directeur de l’Académie patriarcale puis de l’école de Naxos. Le nouvel apôtre commença son œuvre de prédication dans les églises de la région de Constantinople, puis il poussa vers les régions occidentales de la Grèce : Naupacte, Brachori, Mésolongion et la Thessalie, et revint à Constantinople. Après s’être retiré quelque temps à l’Athos, il reçut du patriarche Sophrone II (1774-1780) l’autorisation d’aller prêcher dans l’archipel des Cyclades, afin d’y consoler la population découragée par l’échec d’une tentative d’insurrection suscitée par la Russie (1775). De là, il retourna faire une retraite dans les monastères, complétant ainsi dix-sept ans de séjour sur la Sainte Montagne. Mais son cœur, brûlant d’amour pour ses frères, ne le laissait pas en place. Il repartit donc pour Thessalonique, séjourna brièvement à Bérée et parcourut toute la Macédoine, rassemblant de grandes foules de fidèles qui l’écoutaient avec componction. De Céphalonie, il se rendit dans l’île de Zakynthos puis à Corfou, et de là passa en Épire, où le christianisme se trouvait dans un état lamentable, afin de confirmer la foi orthodoxe dans le peuple et d’empêcher les conversions à l’Islam. Assisté par la grâce de Dieu, saint Cosmas fit des merveilles dans ces régions qui restent imprégnées jusqu’à nos jours des échos de sa prédication, et il parvint, par ses exhortations, à redresser les mœurs des chrétiens. Sa parole était simple, à la portée de tous, employant des images et des expressions empruntées à la vie quotidienne ; mais elle était aussi pleine de la douceur, de la paix et de la joie que seul le Saint-Esprit peut procurer. Elle avait la vertu de pénétrer d’emblée dans l’âme de ses auditeurs et d’être accueillie aussitôt avec enthousiasme comme l’expression de la volonté de Dieu. Comme aucune église ne pouvait contenir les foules qui se rassemblaient autour du nouvel apôtre, il prêchait en plein air, monté sur une estrade portable, auprès d’une grande croix qu’il avait fichée en terre et qui devenait, après son départ, une source de guérisons et de soulagement pour les maux corporels et spirituels. Il enseignait aux chrétiens à vivre selon les commandements du Christ et à observer le dimanche, jour du Seigneur, en laissant de côté leurs occupations pour se rendre à l’église et écouter la Parole de Dieu. Partout où il passait, il fondait des écoles — tâche qu’il considérait comme fondamentale — où l’on enseignait gratuitement le grec et les saintes Écritures. Il persuadait les riches de consacrer leurs surplus à l’aumône, à la distribution de livres de piété, de croix et de chapelets, et les incitait aussi à offrir aux églises des baptistères pour le baptême des enfants. Une foule de deux à trois mille fidèles le suivait partout, si bien que c’était une véritable armée du Christ qui se déplaçait dans toute l’Albanie à la suite du saint, qu’on regardait comme Énoch ou le prophète Élie venu annoncer l’aurore d’un âge nouveau. Avant de commencer sa prédication, il célébrait les vêpres ou une Paraclisis à la Mère de Dieu, puis, après avoir parlé, il laissait le soin aux quelques cinquante prêtres qui l’accompagnaient, de poursuivre son œuvre par la confession, la célébration de l’Office des saintes Huiles, la sainte Communion et la visite de chacun personnellement. Bien que l’enseignement du saint n’eût aucune tendance polémique, mais se limitât à l’enseignement des vertus évangéliques, et qu’ayant comparu devant le pacha de Ioannina, il eût reçu de lui de grandes marques d’honneurs, certains Juifs, excités par la jalousie et furieux depuis que le saint avait fait déplacer le marché du dimanche au samedi, convainquirent le pacha de mettre fin à sa vie. Cosmas avait coutume, en arrivant dans un endroit où il désirait prêcher, d’aller d’abord demander personnellement la bénédiction de l’évêque du lieu, puis il envoyait quelques-uns de ses disciples solliciter l’autorisation des autorités civiles turques. Arrivé un jour près d’un village d’Albanie nommé Kolikontasi, il apprit que le pacha de la région, Kourt Pacha, séjournait non loin de là, à Bérati. Malgré les conseils de prudence de son entourage, le saint décida d’aller lui-même demander l’autorisation de prêcher au commissaire de la place qui lui apprit qu’il avait reçu l’ordre de le déférer devant Kourt Pacha. À ces mots saint Cosmas comprit que le moment était venu pour lui de couronner son œuvre par le martyre, et il rendit grâces au Christ de l’avoir jugé digne d’un tel honneur. Le lendemain, 24 août 1779, sept soldats l’escortèrent, sous prétexte de l’amener au pacha ; mais, après deux heures de route, ils s’arrêtèrent près du fleuve Paso et lui révélèrent que la sentence de son exécution avait déjà été prise. Plein de joie et rendant grâces à Dieu, le saint bénit du signe de la Croix les quatre directions de l’espace et offrit une prière pour le salut de tous les chrétiens. Il refusa qu’on lui lie les mains, afin de les garder en croix, et c’est sans opposer la moindre résistance qu’il fut pendu à un arbre et qu’il remit glorieusement son âme à Dieu. Il était âgé de soixante-cinq ans. Comme les chrétiens, qui s’étaient précipités pour recueillir dans leurs filets de pêche le corps du saint que ses bourreaux avaient jeté dans le fleuve, étaient restés bredouilles, trois jours après, un prêtre nommé Marc, s’étant armé de prière, découvrit la précieuse relique qui flottait sur les eaux, debout, comme si le saint était encore vivant. On le sortit de l’eau et, après l’avoir revêtu de ses vêtements monastiques, on l’enterra dignement. De très nombreux miracles s’accomplirent par la suite sur son tombeau et par l’intermédiaire de ses reliques. En 1813, Ali Pacha de Ioannina, auquel saint Cosmas avait prédit son glorieux avenir, fit construire une église et un monastère auprès du tombeau et il offrit son crâne, dans un reliquaire en argent, à son épouse chrétienne, Basiliquie. Saint Cosmas, dont la prédication a contribué de manière décisive au réveil de la foi et du sentiment national du peuple grec, fut aussitôt vénéré par le peuple comme nouvel apôtre et « prince des néomartyrs », mais son culte n’a été néanmoins officiellement reconnu qu’en 1961 par le Patriarcat Œcuménique.

Tropaires et kondakia du jour

Tropaire de saint Eutyque, ton 4
Disciple des saints Apôtres, tu devins toi-même docteur de la foi et tu prêchas l’incarnation du Verbe clairement; puis, en brillant par tes peines de témoin, tu as affermi les croyants; hiéromartyr Eutyque, pour nos âmes intercède auprès du Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3
L’Église, tu l’as ornée par ton enseignement de la sainte foi, toi qui des Apôtres fus l’imitateur; car, sur les ailes de la divine charité, tu propageas l’évangile et finis en martyr; illustre Cosmas, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Kondakion de saint Eutyque, ton 4
Toi qui siégeas parmi les Apôtres du Seigneur et des pontifes as atteint la splendeur, en martyr, Eutyque, ta fus également glorifié; comme un soleil tu brillas sur l’univers et dissipas la sombre nuit de l’impiété; aussi nous t’honorons comme initiateur des divins mystères du Christ.

Kondakion de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3
Sur l’Athos ayant mené ta pure vie, à l’instar de Moïse tu méritas la divine apparition; puis, par tes œuvres et ta prédication, tu fis briller l’Église, Père saint; et, pour elle ayant souffert en témoignage de la foi, tu fus orné, Cosmas, de la couronne des ascètes et des martyrs.

Épître du jour
(II Cor. XIII, 3-13)
Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi, lui qui n’est pas faible à votre égard, mais qui est puissant parmi vous. Car il a été crucifié à cause de sa faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu; nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu pour agir envers vous. Examinez-vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous? à moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. Mais j’espère que vous reconnaîtrez que nous, nous ne sommes pas réprouvés. Cependant nous prions Dieu que vous ne fassiez rien de mal, non pour paraître nous-mêmes approuvés, mais afin que vous pratiquiez ce qui est bien et que nous, nous soyons comme réprouvés. Car nous n’avons pas de puissance contre la vérité; nous n’en avons que pour la vérité. Nous nous réjouissons lorsque nous sommes faibles, tandis que vous êtes forts; et ce que nous demandons dans nos prières, c’est votre perfectionnement. C’est pourquoi j’écris ces choses étant absent, afin que, présent, je n’aie pas à user de rigueur, selon l’autorité que le Seigneur m’a donnée pour l’édification et non pour la destruction. Au reste, frères, soyez dans la joie, perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint Esprit, soient avec vous tous!

Évangile du jour
(Mc IV, 35-41)
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi? Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer?

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

5 septembre

5 septembre

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste ; saints martyrs Thathuil et sa sœur Bebaia d’Édesse (98-138) ; saint Taurin, évêque en Gascogne (Ier-IIème s.) ;  sainte vierge-martyre Rhaïs d’Alexandrie (308) ; saints martyrs Urbain, Théodore, Medimnus et leur 77 compagnons à Nicomédie (370) ; saints martyrs Juventin et Maxime d’Antioche (361-363) ; saints martyrs Abdas, Hormiade et Sunin de Perse (environ 424) ; saint Guénébaud, premier évêque de Laon (550) ; saint Anséric, évêque de Soissons (VIIème s.) ; saint Bertin, abbé à Sithiu, dans le diocèse de Thérouanne (698) meurtre du saint prince Gleb, David au saint baptême (1015) ; saint Athanase de Brest-Litovsk, martyrisé par les Latins (1648) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Euthyme (Kotchev) (1937).

VIE DE SAINT ZACHARIE[1]

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste

Saint Zacharie était prêtre, de la classe d’Abia[2], et vivait à Jérusalem avec sa femme Élisabeth, de la classe d’Aaron. Tous deux étaient justes et observaient les commandements du Seigneur avec amour. Mais ils étaient restés sans enfants et avaient atteint un grand âge. Un jour où Zacharie remplissait sa charge et qu’il était entré dans le sanctuaire pour y faire brûler l’encens, il vit apparaître, à droite de l’autel des parfums, l’Archange Gabriel. Rayonnant de lumière divine, celui-ci lui annonça que Dieu avait entendu ses prières et celles de son épouse Élisabeth, et qu’il accordait à leur vieillesse un fils qu’ils devraient appeler Jean. L’envoyé de Dieu ajouta : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère et marchera au-devant du Seigneur pour lui préparer un peuple bien disposé »(Lc 1, 16). Zacharie, saisi de stupeur, hésita à croire les paroles de l’ange, aussi celui-ci le frappa-t-il de mutisme jusqu’à la naissance du Précurseur, pour lui apprendre à ne pas douter des promesses divines, lesquelles défient l’ordre de la nature. Le jour de la naissance de l’enfant, après avoir écrit le nom de Jean sur une tablette, Zacharie recouvra la parole et, rempli de l’Esprit Saint, il entonna alors ce cantique prophétique : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple et opéré sa délivrance. Il a suscité pour nous une puissance de salut dans la maison de David son serviteur, ainsi qu’il l’avait dit par la bouche de ses saints prophètes de jadis (…) Et toi petit enfant, tu seras tenu pour un prophète du Très-Haut, car tu précéderas le Seigneur pour lui préparer la voie, pour faire connaître à son peuple le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la bonté miséricordieuse de notre Dieu, avec laquelle il va nous visiter, astre d’en haut à son lever, pour éclairer ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, et guider nos pas dans le chemin de la paix (Lc 1, 68sv.).

On raconte en outre qu’après la naissance du Christ, Zacharie ne craignit pas de déclarer ouvertement la virginité de Marie et de montrer qu’elle était vraiment Mère de Dieu, lorsqu’il lui demanda de se placer à l’endroit du Temple où se tenaient ordinairement les vierges. Pour cette raison, il s’attira la haine des Juifs. De plus, lorsque le roi Hérode, qui avait appris la naissance du « Roi d’Israël » et craignait qu’il ne fût un rival usurpant son pouvoir terrestre, envoya ses soldats assassiner les enfants de Bethléem, Zacharie cacha Jean, alors âgé de six mois, avec sa mère Élisabeth, dans une grotte de l’autre côté du Jourdain. Les Juifs saisirent cette occasion pour le dénoncer à Hérode, qui donna l’ordre de le poursuivre jusqu’à l’intérieur du Temple. Il fut assassiné à l’endroit même où il avait placé la Mère de Dieu, et son sang coula jusqu’à l’intérieur du sanctuaire, manifestant ainsi leur forfait devant Dieu. Des prêtres vinrent enlever son corps et l’enterrèrent avec ses pères. À partir de ce moment se produisirent dans le Temple de Jérusalem des prodiges et des signes qui révélaient l’abolition prochaine du culte et de la Loi. Les prêtres n’eurent plus de visions d’anges envoyés par Dieu, la grâce de la prophétie se retira d’eux : ils ne prononcèrent plus d’oracles, ni ne donnèrent au peuple, comme ils le faisaient auparavant, des éclaircissements sur les points difficiles de la Sainte Écriture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Zacharie, ton 4

Revêtu des ornements sacerdotaux, * selon la loi de Dieu tu offris saintement * d’agréables holocaustes, Zacharie, * et tu fus un flambeau, un contemplateur des mystères divins; * les signes de la grâce, tu les as manifestés * et le glaive te frappa dans le temple de Dieu. * Prophète du Christ, avec le Précurseur intercède pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion du prophète Zacharie, ton 3

En ce jour le père du Précurseur, * le prophète et prêtre du Très-Haut, Zacharie, * a préparé la table de son mémorial * pour nourrir les fidèles et leur offrir * le vin mêlé de la justice et sainteté. * Acclamons-le comme initié au saint mystère de la grâce de Dieu.

Épitre du jour

(Hébr. VI, 13-20)

Lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, ne pouvant jurer par un plus grand que lui, il jura par lui-même, et dit: Certainement je te bénirai et je multiplierai ta postérité. Et c’est ainsi qu’Abraham, ayant persévéré, obtint l’effet de la promesse. Or les hommes jurent par celui qui est plus grand qu’eux, et le serment est une garantie qui met fin à tous leurs différends. C’est pourquoi Dieu, voulant montrer avec plus d’évidence aux héritiers de la promesse l’immutabilité de sa résolution, intervint par un serment, afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente, nous trouvions un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide; elle pénètre au delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Évangile du jour

(Matth. XXIII, 29-39)

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères. Serpents, race de vipères! Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne? C’est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! Voici, votre maison vous sera laissée déserte; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

[2] La classe d’Abia était la huitième des vingt-quatre classes sacerdotales, des descendants d’Aaron (1 Chr 24, 10), chacune remplissant ses fonctions dans le Temple pour une semaine. D’après l’Exode (30, 7), le grand prêtre devait faire l’offrande de l’encens, chaque jour, au moment des sacrifices du soir et du matin, mais l’usage avait prévalu de désigner un simple prêtre pour cette tâche. C’est probablement la raison pour laquelle la tradition ecclésiastique a conclu que Zacharie était grand prêtre, descendant d’Abiathar, et que la scène décrite par S. Luc (1, 8sv) se passait à l’occasion de la Fête de l’Expiation, quand le grand prêtre entrait dans le Saint des saints (cf. Lv 16). L’autel de l’encens se trouvait à l’intérieur du Saint, qui était accessible seulement aux prêtres.

23 août (ancien calendrier) / 5 septembre (nouveau)

23 août (ancien calendrier) / 5 septembre (nouveau)

Clôture de la Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saint Irénée, évêque de Lyon, martyr (vers 203) ; saint Minerve, saint Eléazar et ses 8 fils, compagnons de martyre de saint Irénée de Lyon (vers 203) ; saints Timothée, Maur et Apollinaire, martyrs à Reims (IIIème s.)  saint Irénée, évêque de Sirmium, et ses compagnons saints Or et Oropsis, martyrs (304) ; saint Loup, martyr à Thessalonique (vers 306) ; saint Eutyque (540) et Florent (547) ; saint Filleul, évêque de Rouen (548) ; saint Flavien, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Julien, premier évêque de Lescar (Vème s.) ; saint Callinique, patriarche de Constantinople (705) ; saints Altigien et Hilarin, moines, martyrs en Bourgogne (731) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Éphrem, évêque de Selenga, Jean Vostorgov, prêtre et martyr Nicolas Varjansky (1918) ; Paul Gaïdaï et Jean Karabanov, prêtres (1937).

SAINT HIÉROMARTYR IRÉNÉE DE LYON[1]

Notre saint Père théophore Irénée, qui reçut providentiellement le nom de la paix (eiréné) pour se faire messager de l’Esprit Saint, naquit en Asie Mineure vers 140. Dans sa prime jeunesse, il avait suivi à Smyrne l’enseignement du vieil évêque saint Polycarpe [23 fév.], qui rapportait la tradition reçue de l’Apôtre saint Jean. C’est ainsi qu’il apprit à s’en tenir fidèlement à la tradition apostolique, transmise dans l’Église. « C’est dans l’Église, enseignait-il, que Dieu a placé les Apôtres, les prophètes et les docteurs, et tout le reste de l’opération du Saint-Esprit. De cet Esprit s’excluent donc tous ceux qui, refusant d’accourir à l’Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute la grâce. Et l’Esprit, c’est la Vérité » . Après avoir séjourné à Rome, il devint prêtre de l’Église de Lyon en Gaule, à l’époque de la persécution de Marc Aurèle (vers 177). C’est en tant que presbytre  de cette Église qu’il fut chargé de porter au pape Éleuthère à Rome, la lettre admirable que les saints martyrs de Lyon adressaient aux chrétiens d’Asie et de Phrygie, décrivant leurs glorieux combats, pour réfuter la secte hérétique de Montan . Le martyre est en effet le témoignage éminent de la vérité, le signe de la victoire de l’Esprit sur la faiblesse de la chair et le gage de notre espérance en la résurrection. De retour à Lyon, Irénée succéda à saint Pothin qui venait d’être martyrisé [2 juin], à la tête des Églises de Lyon et de Vienne. Évêque, ayant reçu de la tradition apostolique le « sûr charisme de vérité » pour proclamer et interpréter l’Évangile, il consacra désormais sa vie à témoigner, à l’imitation des martyrs, de cette vérité. « Il faut aimer d’un amour extrême tout ce qui est de l’Église et saisir fortement la tradition de la vérité », enseignait-il . Il usa d’une énergie inlassable pour convertir les populations barbares à la foi, mais sa sollicitude s’étendait aussi à toute l’Église. C’est ainsi qu’il écrivit au pape Victor (189-198), au nom des évêques de Gaule dont il était le primat, pour le dissuader de rompre la communion avec les Églises d’Asie, qui célébraient la fête de Pâques le 14e jour du mois de Nisan. Puisque cette coutume ancienne a été transmise par nos devanciers, qui n’en gardaient pas moins la paix les uns envers les autres, rien n’oblige d’imposer l’uniformité, soutenait-il, car : « La différence du jeûne confirme l’accord de la foi ». Ce fut surtout dans le combat contre les hérésies qu’il s’illustra, notamment contre la « gnose au-nom-menteur »  qui, d’Asie Mineure, s’était répandue dans toutes les grandes villes de l’Empire et séduisait beaucoup de gens par ses doctrines ésotériques. La lutte contre les gnostiques permit au saint évêque de brosser un tableau magistral de la doctrine chrétienne. Il montra d’abord que cette « gnose », que recherchaient vainement les hérétiques dans les affabulations mythiques et les constructions compliquées de leur intelligence pervertie, est le don suréminent de la charité, que le Saint-Esprit accorde au chrétien dans l’organisme vivant de l’Église. Ce n’est qu’en elle que l’on peut s’abreuver à l’eau limpide qui coule du côté percé du Christ, pour y recevoir la vie éternelle. Toutes les autres doctrines ne sont que des citernes crevassées (Jr 2, 13). Et les vrais « gnostiques » ne sont pas ceux qui rejettent et méprisent le corps pour adorer un « Dieu inconnaissable » et son « démiurge », mais les hommes « spirituels » qui ont reçu du Saint-Esprit les arrhes de la résurrection de la chair et de l’incorruptibilité. Rompant avec la dualité hellénique du corps et de l’âme, saint Irénée développe la doctrine de saint Jean du Verbe fait chair, pour interpréter le sens de la vocation de l’homme. Le premier Adam a été modelé du limon par les deux Mains de Dieu : le Verbe et l’Esprit , comme image de Dieu, conformément au modèle de la chair glorieuse du Christ ; et un souffle de vie lui a été donné pour que, de l’image, il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ayant été trompé par le diable jaloux de ses prérogatives et étant tombé dans la mort, il n’a cependant pas été abandonné par Dieu, qui avait de toute éternité pour dessein de le rendre participant de sa gloire. Les révélations et prophéties de l’Ancien Testament, et surtout l’Incarnation du Verbe, sa mort, sa Résurrection et son Ascension glorieuse, constituent les étapes nécessaires de cette « Économie » de l’Histoire du Salut. Ayant toujours en vue cette fin ultime pour laquelle il avait créé l’Homme, le Verbe s’est fait chair, « récapitulant » en lui-même le premier Adam. De même que le premier homme, né d’une terre vierge, par la désobéissance de la vierge Ève, était tombé dans le péché par le moyen du bois, le Christ est venu au monde par l’obéissance de la Vierge Marie et a été suspendu sur le bois de la Croix . « Il a donné son âme pour notre âme et sa chair pour notre chair, et il a répandu l’Esprit du Père pour opérer l’union et la communion de Dieu et des hommes, faisant descendre Dieu dans les hommes par l’Esprit et monter l’homme jusqu’à Dieu par son incarnation ». Le Verbe de Dieu qui avait créé le monde en l’ordonnant de manière invisible en forme de croix, s’est rendu visible, au temps fixé, sur la Croix, afin de rassembler dans son Corps tous les êtres qui étaient dispersés et les amener ainsi à la connaissance de Dieu . Apparaissant, non dans sa gloire ineffable, mais comme homme, Il a montré en lui-même l’image de Dieu restaurée et de nouveau orientée vers la ressemblance. Et Il nous a nourris « à la mamelle de sa chair », afin qu’habitués à manger et boire le Verbe de Dieu, et fortifiés par le « pain de l’immortalité », nous approchions de la vision de Dieu qui procure l’incorruptibilité . « Il est impossible de vivre sans la Vie, et il n’y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa douceur… Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » . Pour Irénée, disciple de ceux qui avaient connu les apôtres, la connaissance (gnose) est donc amour et divinisation de l’homme dans la Personne du Christ Sauveur. Bien plus qu’une simple réfutation de la « fausse gnose », sa doctrine, admirable de simplicité et de profondeur, contient en germe tout ce que les Pères postérieurs développeront dans leurs écrits inspirés .  Après son intervention pacifique auprès du pape Victor, Irénée continua d’œuvrer à la confirmation de l’Église. On rapporte qu’il mourut martyr lors de la persécution de Septime Sévère, vers 202, mais aucun détail sur les circonstances de sa mort n’a été conservé. Son corps fut déposé dans la crypte de l’église Saint-Jean, qui prit ensuite son nom, entre les tombeaux des saints martyrs Épipode et Alexandre.

 

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

 

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

 

Tropaire de saint Irénée, ton 1

En pontife diligent tu as prêché, bienheureux Irénée, conformément à ton nom, par le monde l’évangile de paix et pour le Christ tu as lutté fermement; aussi par des hymnes nous te vénérons, hiéromartyr, en chantant: Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, gloire à celui qui t’a couronné, gloire à celui qui nous accorde, par tes prières, la grande miséricorde.

 

Kondakion de saint Irénée, ton 2

Prédicateur de la grâce et illustre Témoin de la vérité, nous t’acclamons, bienheureux Irénée; dirige vers le chemin de la paix ceux qui s’approchent de toi, leur accordant la rémission des péchés par tes prières devant le Seigneur.

 

 

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 

ÉPITRE du jour

(II Cor. XII, 20 – XIII,2)

Car je crains de ne pas vous trouver, à mon arrivée, tels que je voudrais, et d’être moi-même trouvé par vous tel que vous ne voudriez pas. Je crains de trouver des querelles, de la jalousie, des animosités, des cabales, des médisances, des calomnies, de l’orgueil, des troubles. Je crains qu’à mon arrivée mon Dieu ne m’humilie de nouveau à votre sujet, et que je n’aie à pleurer sur plusieurs de ceux qui ont péché précédemment et qui ne se sont pas repentis de l’impureté, de l’impudicité et des dissolutions auxquelles ils se sont livrés. Je vais chez vous pour la troisième fois. Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins. Lorsque j’étais présent pour la seconde fois, j’ai déjà dit, et aujourd’hui que je suis absent je dis encore d’avance à ceux qui ont péché précédemment et à tous les autres que, si je retourne chez vous, je n’userai d’aucun ménagement,

 

Évangile du jour

(Mc IV, 24-34)

Il leur dit encore: Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous. Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Il dit encore: Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. Il dit encore: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous? Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre; mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

4 septembre

4 septembre

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251) ; saint prophète Moïse ; sainte martyre Ermione, fille de l’apôtre Philippe (117) ; saint Marcel, diacre, martyrisé à Chalon-sur-Saône (177) ; saint martyr Babylas de Nicomédie et avec lui les 84 enfants (IVème s.) ; saint Théodule, évêque d’Octodure (Martigny, IVème s.) ; saint Calétric, évêque de Chartres (vers 573) ; saint Anthyme l’aveugle, de Céphalonie (1782) ; invention des reliques de saint Joasaph de Belgorod (1911) ; saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie (1941) ; saint Hiéromartyr Gorazd, évêque de Bohême (1942) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire, évêque de Schlisselbourg, Paul (Vasilievsky), Jean (Vasilievsky), Nicolas (Lebedev), Nicolas (Sretensky), Jean (Romachkine), Nicolas (Khvochtchev), Alexandre (Nikolsky), Pierre (Lebedinsky), Michel (Bogorodsky), Élie (Izmaïlov), prêtres, Étienne (Kouskov), moine, Basile (Ejov), Pierre (Lonskov), Étienne (Mitiouchkine) et Alexandre (Blokhine) (1937), martyre Hélène (Tchernov) (1943).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR BABYLAS, ÉVÊQUE D’ANTIOCHE[1]

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251)

Le bienheureux Babylas succéda à Zébennos (230-238) sur le siège épiscopal d’Antioche et gouverna en toute sagesse cette métropole de la Syrie pendant une douzaine d’années (238-250). L’empereur de ce temps, homme cruel et inhumain, qui, entre autres forfaits, avait sacrifié aux idoles le fils du roi de Perse qui lui avait été remis en gage de paix, avait également décidé de s’en prendre aux chrétiens et de souiller leurs églises. Lors d’un séjour à Antioche, il voulut entrer dans la cathédrale au moment de la vigile de Pâques. Saint Babylas, qui avait déjà commencé la célébration et était revêtu de ses ornements épiscopaux, se précipita alors, rempli d’un zèle divin, et, écartant les gardes du corps, il se plaça face au souverain, la main tendue vers sa poitrine, et l’empêcha de pénétrer dans le temple de Dieu. Surpris, et craignant de susciter une révolte des chrétiens rassemblés là en grand nombre, l’empereur fit demi-tour sans prononcer une parole. Mais, dès le lendemain, des soldats vinrent arrêter l’évêque pour le conduire au tribunal. Ni les flatteries ni les menaces ne purent ébranler la foi de Babylas. Comme l’interrogatoire tournait à l’avantage des chrétiens, et démontrait qu’avec le Christ, ils ont vaincu le monde, le tyran ordonna de charger le saint évêque de lourdes chaînes autour du cou et aux pieds. Il le fit promener ainsi dans toute la ville, espérant le couvrir de honte devant le peuple. Plein de dignité, saint Babylas s’adressa à l’empereur en disant : « Ces liens, que tu crois être ma honte, sont pour moi un ornement plus éclatant que ta robe de pourpre et ton diadème ! ». Saint Babylas avait pour disciples trois jeunes frères : Urbain, Prilidien et Épolonios qui, par attachement à leur père en Christ, l’avaient suivi jusque dans sa prison. On les fit comparaître eux aussi devant l’empereur qui tenta de leur faire renier le Christ. Mais ces enfants par l’âge étaient de véritables vieillards par la sagesse, et ils ridiculisèrent le tyran et ses vains pouvoirs. Leur mère fut menée au tribunal, où elle montra la même fermeté. L’empereur la fit frapper au visage et ordonna d’infliger à chacun des trois frères autant de coups de verges que le nombre respectif de leurs années. Ayant introduit de nouveau Babylas dans le prétoire, il tenta de lui faire croire que ses disciples avaient renié le Christ et qu’ils étaient prêts à sacrifier aux idoles. Mais l’évêque, sûr de leur foi, convainquit le souverain de mensonge. Cette dernière audace eut pour effet de déclencher la fureur de l’impuissant monarque, qui ordonna de trancher la tête du saint évêque et de ses disciples, leur offrant ainsi un chemin plus rapide vers la patrie céleste. Saint Babylas fut enterré à Antioche et devint le principal protecteur de la cité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire du saint hiéromartyr Babylas, ton 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Babylas, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire du saint prophète Moïse, ton 2

Célébrant la mémoire de ton prophète Moïse, Seigneur, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Joasaph de Belgorod, ton 3

Pour ton peuple tu fus un modèle de foi, l’image de la miséricorde, Pontife aimé du Christ notre Dieu; par les veilles, les jeûnes, l’oraison, tu as resplendi comme un luminaire étincelant; et tu fus glorifié par le Seigneur, car ton corps fut préservé de la corruption et, ton esprit exultant devant le trône divin, tu fais sourdre les miracles de glorieuse façon; intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes et garde en la vraie foi les fils de ta patrie.

 Tropaire du saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie, ton 8

Participant à la gloire du Christ et successeur des apôtres, ô hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabrobosnie et archipasteur de Herzégovine, qui as souffert pour la foi véritable, prie maintenant le Christ-Dieu, ô saint hiérarque, avec les nouveaux martyrs, afin qu’Il sauve notre peuple orthodoxe.

Kondakion du saint hiéromartyr Babylas, ton 8

Comme un héraut de la foi, comme fondement des martyrs, * radieuse, l’Eglise en ce jour te glorifie; * par le crédit que tu possèdes auprès du Christ, * demande-lui de garder en parfaite paix * les fidèles te vénérant, Martyr aux multiples combats.

 Kondakion du saint prophète Moïse, ton 2

Le chœur des prophètes avec Moïse et Aaron exulte d’allégresse en ce jour, puisque pour nous s’est accomplie leur prophétie: désormais brille la Croix par laquelle tu nous sauvas; de nous tous par leurs prières, Seigneur, prends pitié.

 Kondakion de saint Joasaph de Belgorod, ton 3

Qui racontera ta vie et ses multiples exploits, qui dira les innombrables manifestations de la divine miséricorde grâce à toi? Mais, sachant le crédit que tu possèdes ,Joasaph, auprès du Seigneur compatissant et de sa Mère tout-immaculée, dans la simplicité de nos cœurs nous te chantons: ne nous prive pas de ton secours, thaumaturge Pontife du Christ notre Dieu.

Épître du jour

(II Cor. XII, 10-19)

C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. J’ai été un insensé: vous m’y avez contraint. C’est par vous que je devais être recommandé, car je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles. En quoi avez-vous été traités moins favorablement que les autres Églises, sinon en ce que je ne vous ai point été à charge? Pardonnez-moi ce tort. Voici, pour la troisième fois je suis prêt à aller chez vous, et je ne vous serai point à charge; car ce ne sont pas vos biens que je cherche, c’est vous-mêmes. Ce n’est pas, en effet, aux enfants à amasser pour leurs parents, mais aux parents pour leurs enfants. Pour moi, je dépenserai très volontiers, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je, en vous aimant davantage, être moins aimé de vous. Soit! je ne vous ai point été à charge; mais, en homme astucieux, je vous ai pris par ruse! Ai-je tiré du profit de vous par quelqu’un de ceux que je vous ai envoyés? J’ai engagé Tite à aller chez vous, et avec lui j’ai envoyé le frère: est-ce que Tite a exigé quelque chose de vous? N’avons-nous pas marché dans le même esprit, sur les mêmes traces? Vous vous imaginez depuis longtemps que nous nous justifions auprès de vous. C’est devant Dieu, en Christ, que nous parlons; et tout cela, bien-aimés, nous le disons pour votre édification.

 

Évangile du jour

(Mc IV, 10-23)

Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit: C’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés. Il leur dit encore: Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles? Le semeur sème la parole. Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux. Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie; mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute. D’autres reçoivent la semence parmi les épines; ce sont ceux qui entendent la parole, mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse. D’autres reçoivent la semence dans la bonne terre; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un. Il leur dit encore: Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier? Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

 

22 août (ancien calendrier) / 4 septembre (nouveau)

22 août (ancien calendrier) / 4 septembre (nouveau)

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints Agathonique, Zotique, Zenon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (IVème s.) ; saint Privat, évêque de Mende et martyr (257) ; sainte Anthouse de Séleucie (298), saints Charissime et Néophyte (270-275), ses serviteurs, et saint Athanase, évêque de Tarse, martyrs (vers 260) ; sainte Eulalie, vierge, martyre à Barcelone (vers 303) ; saint Symphorien, martyr à Autun (IIIème s.) ; saint Isaac d’Optino (1894) ; saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie (1934) ; saints martyrs de Russie : Macaire, évêque d’Orel, Jean Boyarchinov et Alexis Naoumov, prêtres (1918) ; Théodore, évêque de Penza, et avec lui Basile Smirnov et Gabriel Arkhangelsk, prêtres (1937) ; Jean, évêque de Veliki Louki, Alexis, archevêque d’Omsk, Alexandre Ratkovsky, Michel Lioubertsev et Théodore Maliarovsky, prêtres, moines Hilarion Tsourikov, Jean Laby et Hiérothée Glazkov (1937).

SAINT ALEXIS D’UGINE[1]

Né en 1861, dans la région de Smolensk, le père Alexis Medvedkov étudia d’abord au séminaire de cette région puis à Saint-Pétersbourg. À l’issue de ses études, ne parvenant pas à se décider sur sa vocation sacerdotale, il alla demander conseil à saint Jean de Cronstadt [20 déc.] qui lui donna sa bénédiction. Cet entretien le marqua tellement que la personnalité de saint Jean resta son modèle pour tout le reste de sa vie et de son ministère pastoral. Ordonné prêtre en 1895, il fut assigné dans petite paroisse de Vroudy, dans la région de Saint-Pétersbourg. Pendant vingt-quatre ans, il se consacra avec zèle à l’édification spirituelle de ses ouailles, particulièrement des enfants. Distingué pour son activité pastorale, il devint une des premières victimes du communisme et fut arrêté par les bolcheviques en 1918. Confessant le Christ sous la torture, il fut condamné à mort, mais échappa de peu au peloton d’exécution, grâce à sa fille aînée qui se livra comme otage pour le sauver. Il parvint à émigrer, avec sa famille, en Estonie, qui venait tout juste de recevoir son indépendance. Réduit à une grande pauvreté, il travailla pendant quelques mois comme mineur, puis comme gardien de nuit. Il fut ensuite attaché comme prêtre à la cathédrale de la Théophanie à Iykhvi, et se dépensa beaucoup pour organiser la petite paroisse de Kohtla-Iarve et éduquer les jeunes. Après la mort de son épouse, le Père Alexis vint s’établir en France, avec ses deux filles et son petit-fils (1930). Le métropolite Euloge (Guéorguievsky) (1868 1946), qui dirigeait à l’époque les paroisses russes en Europe occidentale, le reçut à la cathédrale russe de Paris, puis lui confia la petite paroisse Saint-Nicolas d’Ugine en Haute-Savoie, près de Grenoble, pour subvenir aux besoins spirituels des ouvriers russes qui travaillaient à l’usine métallurgique. En plus d’une situation économique précaire, la paroisse s’avéra être une communauté difficile, divisée entre plusieurs tendances. Certains paroissiens ne ménageaient pas leurs critiques à l’égard du Père Alexis pour ses offices liturgiques, qu’ils jugeaient trop longs, ou pour sa façon très modeste de s’habiller. Ils portèrent plainte contre lui auprès du métropolite qui le convoqua à Paris, mais le prélat se rendit bien vite compte que le vieux prêtre, humble et débordant de bonté, était victime de calomnies, et il remplaça le conseil paroissial. Écrasé par les difficultés de la paroisse et dans sa famille, mais remerciant Dieu pour tout, sans rien demander, le Père Alexis se vouait à la prière et distribuait le peu d’argent dont il disposait à ceux qui étaient encore plus que lui dans le besoin. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, et se tenait ensuite à la disposition de ses paroissiens, se rendant volontiers chez eux pour célébrer des offices privés. En plus de ses sermons, pleins de sève patristique, il aimait rassembler les enfants et leur parler des merveilles de Dieu. Au bout de quatre ans, il fut atteint d’un cancer des intestins et, son état de santé se dégradant rapidement, il fut transféré à l’hôpital d’Annecy. Ses enfants spirituels venaient l’assister, et il leur demanda de convoquer les paroissiens qui s’étaient opposés à lui, pour leur demander pardon et se réconcilier avec eux avant sa mort. Il s’endormit dans le Seigneur, le 22 août 1934. Sur le conseil du médecin, qui craignait que son corps ne se décompose rapidement, il fut enterré sans retard, en présence de toute la population russe d’Ugine. Vingt-deux ans plus tard, le 22 août 1956, à l’occasion de travaux dans le cimetière, on procéda à l’exhumation, et les ouvriers restèrent stupéfaits de trouver son corps intact, ainsi que les vêtements liturgiques dans lesquels il était enveloppé, comme s’il reposait là depuis quelques jours, alors que le cercueil avait été réduit en poussière. La translation de la sainte relique au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris, le 4 octobre 1957, en présence de fidèles de toutes les juridictions de l’émigration, fut un véritable triomphe de l’Orthodoxie. Elles furent ensuite déposées dans la crypte de l’église, et depuis elles ont accompli de nombreux miracles pour les fidèles qui venaient solliciter l’intercession de saint Alexis.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire du saint martyr Agathonique, ton 3

Brillamment, Agathonique, tu remportas le trophée de ta victoire sur l’erreur et méritas les incorruptibles trésors; car, ayant imité la mort du Seigneur, tu as reçu ta part d’éternelle vie; illustre martyr, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Tropaire de saint Alexis d’Ugine, ton 3

Pasteur bien-aimé du Christ Dieu, tu fus une règle de foi et un exemple de miséricorde. Tu brillas par ta sollicitude envers ton troupeau à l’étranger, et tu fus révélé comme étant glorifié par Dieu. C’est pourquoi reposant avec ton corps dans l’incorruptibilité, et en esprit te tenant devant le trône divin, prie le Christ Dieu de nous affermir dans l’orthodoxie et la piété et de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Agathonique, ton 1

Saint Martyr qui avais en partage le bon renom, tu fis cesser la vénération des hommes pervers, sans craindre toute espèce de châtiments; c’est pourquoi tu héritas les biens éternels, Agathonique, et tu fus digne d’obtenir avec tes compagnons de lutte la couronne des cieux.

Kondakion de saint Alexis d’Ugine, ton 4

Règle de foi et exemple de miséricorde, par ta vie pieuse tu t’es montré parmi les prêtres le prêtre du Dieu-Roi. C’est pourquoi tu te réjouis maintenant avec les choeurs angéliques, jubilant dans les demeures célestes. Ô Père Alexis, glorieux pasteur, prie le Christ Dieu d’affermir en notre pays l’orthodoxie, la paix et la piété et de sauver nos âmes.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉPITRE du jour

(II Cor. XII, 10-19)

C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. J’ai été un insensé: vous m’y avez contraint. C’est par vous que je devais être recommandé, car je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles. En quoi avez-vous été traités moins favorablement que les autres Églises, sinon en ce que je ne vous ai point été à charge? Pardonnez-moi ce tort. Voici, pour la troisième fois je suis prêt à aller chez vous, et je ne vous serai point à charge; car ce ne sont pas vos biens que je cherche, c’est vous-mêmes. Ce n’est pas, en effet, aux enfants à amasser pour leurs parents, mais aux parents pour leurs enfants. Pour moi, je dépenserai très volontiers, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je, en vous aimant davantage, être moins aimé de vous. Soit! je ne vous ai point été à charge; mais, en homme astucieux, je vous ai pris par ruse! Ai-je tiré du profit de vous par quelqu’un de ceux que je vous ai envoyés? J’ai engagé Tite à aller chez vous, et avec lui j’ai envoyé le frère: est-ce que Tite a exigé quelque chose de vous? N’avons-nous pas marché dans le même esprit, sur les mêmes traces? Vous vous imaginez depuis longtemps que nous nous justifions auprès de vous. C’est devant Dieu, en Christ, que nous parlons; et tout cela, bien-aimés, nous le disons pour votre édification.

 

Évangile du jour

(Mc IV, 10-23)

Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit: C’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés. Il leur dit encore: Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles? Le semeur sème la parole. Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux. Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie; mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute. D’autres reçoivent la semence parmi les épines; ce sont ceux qui entendent la parole, mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse. D’autres reçoivent la semence dans la bonne terre; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un. Il leur dit encore: Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier? Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

3 septembre

3 septembre

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302) ; sainte Phoebé, diaconesse de l’église de Cenchrée, port oriental de Corinthe (Ier s.) ; saint Antonin du Rouergue, prêtre et martyr (Ier s.) ;  saint Aristion, évêque d’Alexandrie, martyr (IIème s.) ;  saint Théophile, diacre, Mardonius, Migdonius, Pierre, Indès, Gorgonius, Zenon, la vierge Domna et Euthyme (302) ; sainte Basilisse, vierge, martyre à Nicomédie (309) ; saint Mansuy, évêque de Toul (375) ; saint Théoctiste, compagnon d’ascèse de saint Euthyme le Grand (467) ; saint Antoine de Liarole, ermite et martyr des Ariens (540) ; saint Maurillon, évêque de Cahors (580) ; saint Remacle, évêque de Stavelot (vers 664) ; saint martyr Aigulphe, abbé de Lérins, et ses quatre compagnons (675) ; saint Godegrand de Séez, évêque et martyr (vers 775) ; saint Joannice, patriarche de Serbie (1349) ; saint Jean le Chevelu, fol en Christ de Rostov (1580) ; saint néo-martyr Polydore de la Nouvelle-Éphèse (1794) ; saints néomartyrs de Russie : Pimène, évêque de Vernensk (1918), Serge (Fenomenov), Basile (Kolmykov), Philippe (Chtchatsky), Vladimir (Dmitrievsky), prêtres, Mélèce (Golokolosov, moine (1918), Basile (Krasivsky), Parthène (Krasivsky), prêtres (1919), André (Dalnikov), Théophane (Sokolov), prêtres (1920), Vladimir (Sadovsky), Michel (Souchkov), prêtres (1921), Nicolas (Souchtchevsky), prêtre (1923), Euthyme (Krougovykh), prêtre, et avec lui quatre martyrs (1924), Romain (Martchenko), prêtre (1929), Alexis (Zinoviev) et Élie (Bajanov), prêtres (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR ANTHIME

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302)

Saint Anthime dirigea l’Église au moment de la plus violente persécution des chrétiens, sous Dioclétien. Pour le bien de son troupeau, le saint se cacha quelque temps dans un village situé à proximité de Nicomédie, et de là, il envoyait des épîtres aux chrétiens qui étaient emprisonnés, les encourageant à recevoir la palme du martyre. A la fin, les persécuteurs des chrétiens eurent connaissance du lieu où résidait l’évêque et envoyèrent des soldats pour l’arrêter. Dans le village, ceux-ci rencontrèrent par hasard Anthime et lui demandèrent où se trouvait l’évêque. Promettant aux soldats de leur montrer le lieu où celui-ci demeurait, Anthime les invita dans sa maison, leur accorda l’hospitalité avec joie, puis leur révéla qui il était. Touchés par la bonté du vieillard, par son hospitalité et son courage, les soldats commencèrent à persuader Anthime de se cacher, lui promettant de dire aux persécuteurs qu’ils n’avaient pu trouver le lieu de sa résidence. Cependant, l’évêque manifesta une attitude strictement chrétienne envers la proposition des soldats païens. Leur montrant à quel point cela constituait un péché contre la vérité, et comme il était malhonnête pour eux, soldats, d’user de tromperie dans l’accomplissement de leur devoir, il les rassura en disant qu’ils n’étaient pas coupables, accomplissant les ordres qui leurs étaient intimés, bien que ceux-ci fussent iniques. Aussi, il les suivit courageusement. Sur la route, le saint vieillard ne cessait pas d’enseigner les soldats, et disposa à tel point leur cœur envers lui-même et la foi du Christ, que ceux-ci, alors qu’ils passaient près d’un cours d’eau, demandèrent à être baptisés immédiatement. Se livrant volontairement aux mains de ses ennemis, St. Anthime, après de terribles tortures, accompagnées de miracles, fut décapité en l’an 302.

TROPAIRES ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire du saint hiéromartyr Anthime, ton 4

Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, ô Hiéromartyr Anthime, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Théoktiste, ton 8

Par les flots de tes larmes, tu as fais fleurir le désert aride : par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l’univers. Prie le Christ Dieu, ô bienheureux Père Théoktiste, de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Joannice, patriarche de Serbie, ton 4

Célébrant, comme une fête le souvenir de Joannice, le grand pontife et patriarche bienheureux, noble gardien des apostoliques enseignements, pasteur et docteur de l’Eglise de Serbie, nous glorifions par les hymnes qui lui sont dues le Christ notre Dieu, pour nous avoir donné son serviteur comme vaillant guide et suprême pasteur qui sans cesse prie le divin Roi de l’univers pour le salut de nos âmes.

Kondakion du saint hiéromartyr Anthime, ton 4

Toi qui parmi les prêtres vécus dans la piété et qui achevas la voie du martyre, tu mis fin au service des idoles, et tu fus le défenseur de ton troupeau, ô sage en Dieu. Aussi, celui-ci te crie-t-il mystiquement : délivre-nous des malheurs par tes prières, Anthime d’éternelle mémoire.

Kondakion de saint Joannice, patriarche de Serbie, ton 3

Ta mémoire est apparue porteuse de clarté, dissipant les ténèbres du désespoir et rayonnant la lumière des célestes dons sur tous ceux qui accourent dans l’allégresse vers toi, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, saint Joannice, fierté des moines et des pontifes divins.

Kondakion du dimanche, 4ème ton

Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

ÉPITRE du jour

(I Cor. XVI, 13-24)

Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. Que tout ce que vous faites se fasse avec charité! Encore une recommandation que je vous adresse, frères. Vous savez que la famille de Stéphanas est les prémices de l’Achaïe, et qu’elle s’est dévouée au service des saints. Ayez vous aussi de la déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui travaillent à la même oeuvre. Je me réjouis de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d’Achaïcus; ils ont suppléé à votre absence, car ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes. Les Églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l’Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur. Tous les frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Je vous salue, moi Paul, de ma propre main. Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur, qu’il soit anathème! Maranatha. Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous!

Évangile du jour

(Маtth. XXI, 33-42)

Écoutez une autre parabole. Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Lorsque le temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le produit de sa vigne. Les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, et lapidèrent le troisième. Il envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers; et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage. Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons? Ils lui répondirent: Il fera périr misérablement ces misérables, et il affermera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en donneront le produit au temps de la récolte. Jésus leur dit: N’avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle; C’est du Seigneur que cela est venu, Et c’est un prodige à nos yeux?

21 août (ancien calendrier) / 3 septembre (nouveau)

21 août (ancien calendrier) / 3 septembre (nouveau)

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; Saint Thaddée, apôtre (vers 44) ; sainte Bassa et ses fils : saints Théognios, Agapios et Pistos, martyrs dans l’Hellespont (305-311.) ; saint Privât, évêque de Mende, martyr (257) ; saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont (486) ; saint Léonce, archevêque de Bordeaux (vers 541) ; saint Avit, évêque de Clermont (VIème s.) ;  saint Sarméane, catholicos de Kharthli (774) ; saint Abraham le laborieux, des Grottes de Kiev (XII-XIIIème s.) ; saint Abraham de Smolensk (XIIIème s.) ; saint moine martyr Raphaël (Serbie, 1941) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Elokhovsky, prêtre (1918), Paul Yagodinsky, prêtre (1937), moine Ignace Dalanov (1942) ; translation des reliques (1953) de saint Nectaire d’Égine (1920).

SAINT APÔTRE THADDÉE[1]

Saint Apôtre Thaddée

Le saint Apôtre Thaddée, parfois aussi appelé Lebbée, était originaire de la ville d’Édesse en Osroène, d’une famille juive dont il avait reçu une connaissance accomplie de la sainte Écriture. Il se rendit en pèlerinage à Jérusalem et, ayant entendu saint Jean-Baptiste prêcher le repentir, plein d’enthousiasme pour son mode de vie angélique, il se fit baptiser par lui. Quelque temps après il rencontra le Seigneur Jésus-Christ. Les miracles étonnants qu’Il accomplissait et son sublime enseignement lui donnèrent la conviction qu’Il était le Sauveur annoncé par Jean et par les prophètes, aussi se joignit-il à ses disciples et suivit-il Jésus jusqu’à sa Passion vivifiante. Conformément à la promesse que le Seigneur avait faite au roi Abgar, qui l’avait invité à venir le guérir [16 août], après l’Ascension, Il envoya Thaddée à Édesse, pour baptiser le roi et le guérir complètement de sa lèpre. L’ardent apôtre catéchisa et baptisa beaucoup d’autres habitants de ce royaume, qui fut le premier État à se déclarer chrétien. Il y fit édifier de nombreuses églises, puis continua sa mission et annonça la Bonne Nouvelle dans d’autres villes de Syrie et, selon certains, de Mésopotamie. Parvenu à Béryte, en Phénicie, il y baptisa un grand nombre de païens, avant de remettre en paix son âme à Dieu, recevant le salaire de l’intendant fidèle de sa grâce. Les reliques de saint Thaddée furent transférées à Constantinople, avec celles de l’Apôtre André, par saint Artémios, en 337.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire du saint apôtre Thaddée, ton 4

Ayant vu de tes yeux le Dieu qui s’est montré à nous dans un corps, apôtre Thaddée, en saint disciple tu fis resplendir pour ceux des ténèbres la grâce du Sauveur; en toi les gens d’Edesse ont pu voir un brillant guérisseur; protège donc ceux qui accourent vers toi.

Tropaire de saint Abraham de Smolensk, ton 8

En ce jour, illustre Père, ta mémoire s’est levée sur nous comme un soleil illuminant de ses clairs rayons le monde entier et chassant loin de nous les nocturnes ténèbres des esprits mauvais; en ce jour exultent d’allégresse mystiquement les esprits des justes et les célestes puissances des Anges saints; en ce jour, nous prosternant, nous les pécheurs, nous te supplions; vénérable Père Abraham, prie sans cesse le Christ notre Dieu de sauver les fidèles qui te vénèrent de tout coeur.

Kondakion du dimanche, 4ème ton

Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Kondakion du saint apôtre Thaddée, ton 3

La joyeuse fête de l’Apôtre, la voici: en ce jour allègrement célébrons-la; aux fidèles qui le vénèrent il accorde en effet le pardon de leurs fautes et la force de Dieu en vertu du crédit qu’il possède auprès de lui comme disciple de la grâce du Christ.

Kondakion de saint Abraham de Smolensk, ton 3

La mémoire de ton serviteur sur tes fidèles, Seigneur, a brillé comme clair soleil illuminant tous les hommes de ses rayons joyeusement et de plus l’intercession de la Mère immaculée nous délivre de tout malheur et freine l’élan des païens contre nous qui nous glorifions de croire en toi et sommes sauvés par les prières de ton serviteur, notre vénérable Père Abraham 

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 

ÉPITRE du jour

(1 Cor. XVI, 13–24)

Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. Que tout ce que vous faites se fasse avec charité! Encore une recommandation que je vous adresse, frères. Vous savez que la famille de Stéphanas est les prémices de l’Achaïe, et qu’elle s’est dévouée au service des saints. Ayez vous aussi de la déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui travaillent à la même œuvre. Je me réjouis de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d’Achaïcus; ils ont suppléé à votre absence, car ils ont tranquillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes. Les Églises d’Asie vous saluent. Aquilas et Priscille, avec l’Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneur. Tous les frères vous saluent. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Je vous salue, moi Paul, de ma propre main. Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur, qu’il soit anathème! Maranatha. Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec vous! Mon amour est avec vous tous en Jésus Christ.

 

Évangile du jour

(Matth. XXI, 33-42)

Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit: Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? Ils lui répondirent: C’est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent: Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur. Il répondit à l’un d’eux: Mon ami, je ne te fais pas tort; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon? – Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

2 septembre

2 septembre

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce (275), son père Théodote et sa mère Rufine (IIIème s.) ; saint Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (595) ; les 3628 martyrs de Nicomédie (IIIème-IVème s.) ; saint Juste, évêque de Lyon, mort au désert de Scété (390) ; saint Juste, évêque de Strasbourg (IVème s.) ; saints Antonin, Jean et Amalchius, martyrs à Pamiers (Vème s.) ; saint Elpidien, évêque de Lyon (Vème s.) ; saint Antoine de Lialores, martyr des Ariens (Vème s.) ; saint Syagrius, évêque d’Autun (599) ; saint Agricol, évêque d’Avignon (vers 700) ; saints Antoine (1073) et Théodose (1074) de la Laure des grottes de Kiev ; saints nouveaux martyrs de Russie : Barsanuphe, évêque de Kyrillov et avec lui Jean (Ivanov), prêtre, Séraphime (Soulimov), moniale et Anatole, Nicolas, Michel et Philippe (1918) ; Damascène, évêque de Starodoub et avec lui Euthyme (Goriatchev), Jean (Melnitchenko), Jean (Smolitchev), Vladimir (Morinsky), Victor (Basov), Théodote (Chatokhine), Pierre (Novoselsky), Étienne (Yarochevitch), prêtres (1937) ; Germain, évêque de Viaznikov, Étienne (Ermoline), prêtre et Paul (Elkine) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR MAMAS[1]

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce

Saint Mamas était originaire de Gangres en Paphlagonie (Asie-Mineure). Ses parents, Théodote et Rufine étaient de fidèles Chrétiens et des confesseurs de la foi. Ils furent capturés par les païens et emprisonnés, car ils refusaient de renier le Christ. C’est dans le cachot même que Mamas vit le jour en 260. Or ses deux parents trouvèrent la mort en prison, et le petit orphelin fut adopté par une pieuse femme du nom d’Ammiane. Comme en balbutiant il appelait souvent sa mère adoptive, on le surnomma Mamas. Parvenu à l’âge de quinze ans, Mamas fut à son tour capturé par les troupes impériales pour avoir refusé de sacrifier aux idoles, conformément aux saintes prescriptions que lui avait laissées Ammiane avant de mourir, et pour avoir entraîné ses compagnons à suivre son vaillant exemple. Il fut d’abord livré à Démocrite, le gouverneur de Césarée de Cappadoce, puis il comparut devant l’empereur Aurélien lui-même. Le tyran essaya d’abord de convaincre le jeune et fragile garçon par des paroles doucereuses et flatteuses; mais il trouva l’âme de Mamas plus solide que le diamant et plus brûlante de zèle divin que la fournaise la plus ardente. Aurélien se prit alors de colère de voir ainsi un enfant lui tenir tête, à lui le souverain de la plus grande partie du monde. Il le livra à de cruelles tortures: fouets, coups, bastonnades. Pensant que la souffrance avait vaincu Marnas, il lui dit: «Dis seulement que tu as sacrifié aux idoles et cela suffit pour que je te libère».

Mamas répondit: «Ni du coeur, ni même des lèvres, je ne renierai le Christ mon Sauveur, ô Empereur: je te remercie au contraire de me permettre par ces supplices d’aimer davantage et de m’unir au Christ mon Roi, qui a souffert pour mon salut». On lui brûla ensuite tout le corps avec des torches allumées, on lui frappa les membres à coups de pierres, puis on le jeta à la mer après lui avoir attaché une lourde boule de plomb au cou. Mais il fut miraculeusement délivré par un Ange de Dieu, qui le transporta sur une haute montagne surplombant la ville de Césarée. Il vécut là, en glorifiant Dieu par la prière ininterrompue, en compagnie de bêtes sauvages qui lui offraient leur lait en nourriture. Quelque temps plus tard, fortifié par un signe divin, il descendit de lui-même se livrer à Alexandre, le nouveau gouverneur de Cappadoce. Il fut soumis à de nouvelles tortures, qui n’eurent pour seul effet que de montrer avec plus d’éclat la présence de la grâce de Dieu dans son âme et dans son corps. On le jeta dans une fournaise ardente, où il resta, tel les trois enfants hébreux dans la fournaise de Babylone, à chanter la gloire de Dieu, protégé de la morsure des flammes par une rosée divine. Finalement, les soldats lui percèrent les entrailles avec une fourche, et Mamas trouva la force de sortir de la ville avant de rendre son âme à Dieu. On entendit une vois venue d’en haut qui appelait le Saint à venir se reposer de ses labeurs dans les demeures éternelles.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Mamas, ton 4

Ton martyr, Seigneur, Mamas, par son combat, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire du saint hiérarque Jean le jeûneur, ton 4

La vérité de tes œuvres, ô Père Jean, t’a rendu pour ton troupeau règle de foi, modèle de douceur, maître de tempérance. Aussi as-tu obtenu, par ton humilité, l’exaltation, par ta pauvreté, la richesse. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Mamas, ton 3

Saint Mammas, avec la houlette que Dieu t’a donnée,  mène ton peuple vers les pâturages vivifiants;  quant aux fauves invisibles et cruels,  écrase-les sous les pieds des fidèles te chantant,  car au milieu des malheurs nous menaçant,  c’est toi, saint Martyr, que nous avons comme fervent défenseur.

 

ÉPITRE dU jour

(I Cor. II, 6-9)

Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment.

Évangile du jour

(Matth. XXII, 15-22)

Alors les pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles. Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les hérodiens, qui dirent: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis-nous donc ce qu’il t’en semble: est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit: Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Étonnés de ce qu’ils entendaient, ils le quittèrent, et s’en allèrent.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 août (ancien calendrier) / 2 septembre (nouveau)

20 août (ancien calendrier) / 2 septembre (nouveau)

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saint Samuel, prophète (Xlème s. av. J.-C.) ; saints Sévère et Memnon, martyrs en Thrace avec 37 compagnons (304) ; saint Amadour, ermite dans le Quercy ; saint Mesme, abbé-fondateur de Chinon (Vème s.) ; saint Hardouin, évêque du Mans (654) ; saint Philibert abbé-fondateur de Jumièges et Noirmoutier (685) ; saint Hiérothée, premier évêque et illuminateur de la Hongrie (Xème s.) ; saint néomartyr Théocharis de Néapolis (1740) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Malinovsky, Léon Erchov, Vladimir Tchetverine, prêtres (1918), Nicolas Birioukov, prêtre (1919).

SAINT PROPHÈTE SAMUEL[1]

Saint prophète Samuel

Le saint prophète Samuel était originaire de Rama (Ramatayim), bourg de la tribu d’Éphraïm. Sa mère, Anne [9 déc.], une des deux épouses d’Elqana, était restée stérile et elle devait supporter les affronts de sa rivale, quand ils se rendaient en famille, chaque année, au sanctuaire de Silo pour y offrir leur sacrifice. Mais Dieu entendit ses prières, et elle donna naissance à un fils qu’elle nomma Samuel, ce qui signifie « obtenu de Dieu ». Une fois sevré, l’enfant fut consacré au Seigneur et confié au prêtre Éli à Silo, pour y servir Dieu tous les jours de sa vie, dans le sanctuaire, devant l’Arche d’Alliance. Il grandit en taille et en grâce, en présence de Dieu, et chaque année sa mère lui apportait un petit manteau qu’elle avait confectionné pour lui. Les fréquents entretiens avec les prêtres et les hommes pieux lui permirent de s’instruire de la Loi de Moïse, pure de toute influence des cultes païens qui pervertissaient alors le peuple récemment installé en terre de Canaan. En ces temps d’apostasie, il était rare que Dieu se révélât, et les visions étaient peu fréquentes. Un soir pourtant, alors que Samuel, âgé de douze ans, était couché dans le sanctuaire où brûlait la lampe signalant la présence de Dieu, il entendit une voix l’appeler par son nom. Croyant qu’il s’agissait du prêtre Éli, il courut à son chevet ; mais celui-ci le renvoya se coucher. L’appel s’étant réitéré, Éli comprit que Dieu appelait l’enfant et il lui recommanda de répondre : « Parle, Seigneur, car ton serviteur t’écoute. » Dès qu’il eut fait cette réponse, Dieu se tint invisiblement devant Samuel et lui annonça qu’Il allait châtier Éli et sa maison, à cause de la conduite impie de ses deux fils, qui détournaient à leur profit les victimes offertes par le peuple en sacrifice. Au matin, sur les instances d’Éli, l’enfant lui rapporta ce que Dieu lui avait révélé, sans rien lui cacher. Par la suite, le Seigneur continua de se manifester à Samuel ; tout le peuple d’Israël le reconnaissait comme prophète, l’appelant le Voyant, et respectait sa parole comme la parole de Dieu lui-même. Comme les fils d’Éli persévéraient dans leur impiété, la sentence divine ne tarda pas à se réaliser. Les Philistins ayant infligé une grande défaite à Israël, les Hébreux firent venir l’Arche, que l’armée accueillit avec de grandes acclamations. Les ennemis prirent peur, mais au lieu de s’enfuir, ils s’élancèrent avec l’énergie du désespoir. Trente mille Hébreux succombèrent dans le combat, et les Philistins s’emparèrent de l’Arche d’Alliance. Un des rescapés courut porter la nouvelle du désastre à Silo. Il trouva le vieux prêtre Éli, alors âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, assis anxieux au seuil de sa demeure. Quand il lui annonça que ses fils avaient péri dans la bataille et que l’Arche avait été enlevée, à la mention de l’Arche, Éli tomba à la renverse, sa nuque se brisa et il mourut. Entre temps les Philistins avaient introduit l’Arche dans le temple du dieu Dâgon ; mais le lendemain, ils découvrirent l’idole gisant à terre brisée. La main de Dieu s’appesantit sur leur peuple et leur infligea des tumeurs. Après s’être concertés, les princes des Philistins se décidèrent à renvoyer l’Arche aux Israélites. Mais le sanctuaire de Silo ayant été détruit, le peuple d’Israël se trouvait dépourvu de centre religieux, aussi l’Arche fut-elle déposée à Qiryat-Yéarim, dans la maison d’Abinadab, où elle resta vingt ans. Samuel le prophète avait succédé au prêtre Éli comme juge d’Israël, c’est-à-dire chef suprême chargé de guider le peuple opprimé sous le joug des Philistins. Il entreprit sa tâche de restauration spirituelle en prêchant dans tout le pays le repentir, le retour à l’observance de la Loi et le renoncement aux cultes de Baal et d’Astarté. Fixez votre cœur dans le Seigneur, et Il vous délivrera des Philistins : Tel était son programme de gouvernement. Il organisa une grande assemblée à Mispa, au cours de laquelle les Israélites jeûnèrent et reconnurent publiquement leur faute devant Dieu, et le prophète intercéda pour leur salut. Comme les Philistins, avertis de ce rassemblement, étaient passés à l’attaque, à la demande du peuple, le prophète offrit un agneau en holocauste et invoqua le Seigneur, qui répondit aussitôt en faisant retentir un grand fracas dans le ciel. Les Philistins, pris de panique, furent battus, et les Israélites purent reprendre possession des villes qui avaient été prises.

La paix rétablie, Samuel continua de juger Israël à Rama, où il avait élevé un autel. Chaque année, il faisait une tournée dans le pays, pour trancher les différends et exhorter le peuple à la piété et à l’observance de la Loi. Une fois devenu vieux, il transmit ses pouvoirs à ses fils, Yoël et Abiyya, qui étaient établis à Bersabée. Mais ces derniers se montrèrent indignes de leur père, ils acceptaient des présents et firent fléchir le droit. Les anciens d’Israël allèrent s’en plaindre auprès de Samuel à Rama et lui demandèrent d’établir à leur tête un roi, pour qu’il les gouverne comme les autres nations. Affligé par cette demande, le prophète finit par se plier, sur ordre de Dieu, à leur désir ; mais il les avertit solennellement qu’avec l’institution de la royauté, ils allaient perdre la belle liberté que Dieu leur avait octroyée en faisant d’eux le seul peuple ayant pour roi et chef le Créateur. Samuel fut alors envoyé par Dieu auprès de Saül, fils de Qish de la tribu de Benjamin, un vaillant guerrier qui dépassait tous les hommes de son peuple tant par sa prestance que par sa bravoure. Le prenant à part, il répandit sur sa tête l’huile d’onction et déclara que Dieu l’avait choisi pour être le chef d’Israël et le délivrer de ses ennemis. Une éclatante victoire sur les Ammonites confirma bientôt cette élection divine, et Saül fut proclamé roi à Gilgal par tout le peuple en liesse. Samuel déclara qu’il avait désormais rempli sa mission et qu’il laissait le roi à leur tête, afin de se consacrer désormais à la prière et à l’enseignement. Il les exhorta à la fidélité envers Dieu et envers son oint, et pour sceller ses paroles, il pria et fit tonner et pleuvoir, alors que le ciel était radieux. Saül engagea la guerre contre les Philistins. Alors qu’il se trouvait en position critique et que Samuel tardait à venir réconforter la troupe prête à faire défection, le roi offrit lui-même l’holocauste, outrepassant ses pouvoirs et s’attribuant la fonction sacerdotale. Il achevait le sacrifice quand Samuel survint. L’homme de Dieu repoussa toutes les bonnes raisons que Saül avançait et lui déclara que, puisqu’il avait voulu agir seul et n’avait pas observé la Loi divine, la royauté lui serait retirée. Loin de se repentir, Saül persista dans son orgueil, et se préparant une autre fois à livrer bataille, il écarta le prêtre qui avait été convoqué pour consulter Dieu et engagea le combat. Il fit la guerre de tous côtés, contre Moab, contre les Ammonites, Édom, Amalec et les Philistins, et délivra Israël par sa vaillance. Toutefois ces victoires restaient fragiles, car elles reposaient sur des forces humaines. Envoyé contre Amalec, sur ordre de Dieu qui avait parlé par l’intermédiaire de Samuel, Saül remporta une nouvelle victoire. Mais, au lieu de livrer tout ce peuple à l’anathème, il épargna le roi Agag et le meilleur du bétail, pour n’offrir à Dieu que des troupeaux sans valeur. Se faisant de nouveau l’interprète sans compromis de la volonté divine, Samuel lui annonça que cette nouvelle désobéissance avait scellé sa déchéance. Et, résumant en quelques mots la prédication de toute sa vie, il dit au roi : « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité, plus que la graisse des béliers. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, Il t’a rejeté de la royauté. » (1 Sam 15, 22). Saül implora en vain son pardon, et après avoir exécuté Agag de ses propres mains, Samuel rentra à Rama. Alors qu’il pleurait sur le sort du roi Saül, le saint prophète fut envoyé par Dieu à Bethléem, chez Jessé de la tribu de Juda, et y oignit en secret le jeune et gracieux David comme roi d’Israël . L’esprit de Dieu s’étant retiré de Saül, le roi fut pris d’un esprit malin et souffrait de crises de démence. C’est alors que David entra à son service comme écuyer, et il calmait Saül en jouant de la cithare quand le roi était saisi par le mauvais esprit. Il jouissait de sa faveur, mais quand il eut remporté de brillantes victoires et se fut attiré l’admiration du peuple, l’affection de Saül se tourna en haine meurtrière. David prit la fuite et se réfugia à Rama, chez Samuel, qui s’adonnait à la contemplation en compagnie d’un groupe de prophètes. Le prophète Samuel s’endormit quelque temps après, chargé de jours, et tout le peuple d’Israël se rassembla à Rama pour le pleurer (1 Sam 25, 1). Par la suite, il fut honoré parmi les grands intercesseurs de l’Ancienne Alliance, au même titre que Moïse et Aaron : Moïse et Aaron étaient parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquaient son Nom ; ils invoquaient le Seigneur, et il les exauçait (Ps 98, 6). Ses reliques furent solennellement transférées de Palestine à Constantinople, au temps de l’empereur Arcade (19 mai 406). Déposées provisoirement à Sainte-Sophie, elles furent ensuite placées dans l’église qui lui avait été dédiée à l’Hebdomon, dans la banlieue de la capitale (7 octobre 410).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

 Tropaire du saint prophète Samuel, ton 2

Célébrant la mémoire de ton prophète Samuel, Seigneur, par ses prières, nous t’en supplions, sauve nos âmes. 

Kondakion du saint prophète Samuel, ton 8

Comme un don précieux tu fus offert à Dieu avant ta conception, Bienheureux, et dès l’enfance comme un Ange le servant, tu fus jugé digne de prédire l’avenir; c’est pourquoi nous te disons: réjouis-toi, grand prêtre et prophète, de Dieu, Samuel.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 

ÉPITRE du jouR

(I Cor. II, 6-9)

 Cependant, c’est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment.

 

Évangile du jour

(Matth. XXII, 15-22)

Alors les pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles. Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les hérodiens, qui dirent: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis-nous donc ce qu’il t’en semble: est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit: Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Étonnés de ce qu’ils entendaient, ils le quittèrent, et s’en allèrent.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

1er septembre

1er septembre

Jour de jeûne

Nouvel an ecclésial

Saint Syméon le Stylite (459) et sa mère Marthe (vers 428) ; saint Jésus (Josué), fils de Navé, prophète (XVIème s. avant Jésus-Christ) ; saints martyrs Calliste et ses frères Evode et Hermogène (309) ; sainte Verena de Zurzach (Suisse, 350) ; saint Ammoun, diacre, martyrisé avec 40 vierges à Héraclée (IVème s.) ; saint Aïphal, diacre et martyr (380) ; saint Divitien, évêque de Soissons (IIIème s.) ; saints Sinice et Sixte, évêques de Reims (IIIème s.) ; saint Victeur, évêque du Mans (vers 490) ; saint Vincent de Sentes, évêque et martyr (IVème s.) ; saint Leu, évêque de Sens (623) ; saint Nivard, évêque de Sens (675) ; saint Gilles, ermite près de Narbonne (720) ; Synaxe  de l’icône de la Mère de Dieu des Miasènes (864) ; saint Mélèce le Jeune (1105) ; saint néo-martyr Angelis de Constantinople (1681) ; sainte Haido de Stanos (1820-1821) ; saintes nouvelles martyres de Russie Tatienne (Gribkov) et Nathalie (Kozlov) (1937).  

LE NOUVEL AN ECCLÉSIAL[1]

 L’Église du Christ célèbre en ce jour l’indiction qui, selon les Romains, signifie «limite», c’est à dire le début de l’année ecclésiastique. Ce terme vient de l’usage qu’avaient les empereurs romains de lever chaque année à cette époque un impôt sur leurs sujets pour l’entretien de l’armée. Le taux de cet impôt annuel était fixé tous les quinze ans. C’est pourquoi on appelle également indiction les cycles de quinze ans qui commencèrent sous César Auguste, trois ans avant la naissance du Christ. Comme, d’autre part, le mois de septembre est l’époque où l’on rentre les fruits des récoltes dans les greniers pour se préparer à un nouveau cycle de la végétation, il convenait de fêter ce début du cycle agricole en rendant grâce à Dieu pour sa bienveillance à l’égard de la création. C’est déjà ce que faisaient les Juifs sous le régime de l’ancienne Loi. Le premier jour de leur septième mois (début septembre), ils célébraient la fête des Trompettes, en cessant tout travail pour se consacrer seulement à l’offrande de sacrifices «d’agréable odeur» et à la louange de Dieu (cf. Lev. XXIII:24-25).

Le Christ, Fils et Verbe de Dieu, le Créateur du temps et de l’espace, le roi prééternel de tous les siècles – qui s’est incarné pour ramener toutes choses à l’unité et réconcilier tous les hommes, Juifs et païens, dans une seule Eglise – a voulu aussi rassembler en Lui-même les choses soumises aux lois naturelles et ce qu’Il avait promulgué par la Loi écrite. C’est pourquoi, en ce jour où la nature se prépare à dérouler un nouveau cycle de ses saisons, nous commémorons l’épisode où le Seigneur Jésus Christ se rendit à la synagogue et, ouvrant le livre d’Isaïe, lut le passage où le Prophète dit en son nom: «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a oint. Il m’a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. » (Luc IV, 18).

Toutes les Eglises ainsi rassemblées dans l’unanimité adressent aujourd’hui une seule louange à notre Dieu. Un dans sa nature et triple dans ses Personnes, qui demeure en permanence dans la béatitude, tient toutes choses dans l’existence et déverse en tout temps ses bénédictions sur ses créatures. C’est le Christ Lui-même qui nous ouvre les portes de cette année et nous appelle à Le suivre pour participer à Son éternité.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Auteur de l’entière création qui as soumis à Ton pouvoir les moments et les temps, bénis la couronne de l’année que Ta Bonté nous donne de commencer;  garde en paix Ta ville et Ton peuple et par l’intercession de ta Mère, Seigneur, sauve-nous.

Tropaire de saint Syméon, ton 1

Colonne de patience, tu imitas les Pères de jadis: dans ses souffrances Job, dans ses épreuves Joseph; des Anges incorporels tu menas la vie en ton corps, vénérable Père Siméon; intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’Il accorde à nos âmes le salut.

Tropaire de saint Mélèce le Jeune, ton 4

Comme un ange dans la chair, un serviteur de Jésus Christ, comme un homme céleste, un ascétique joyau, vénérable Mélèce, tu as reçu le pouvoir donné par Dieu de chasser les esprits du mal et de soigner les malades; c’est pourquoi de ta sainte châsse jaillissent les guérisons.

Kondakion de saint Syméon, ton 2

Recherchant les choses d’en-haut,  conversant avec les êtres d’en bas et faisant de ta colonne un char de feu, par elle tu devins un confident des Anges, Père saint; et sans cesse tu intercèdes avec eux pour nous tous auprès du Christ notre Dieu.

Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Toi qui demeures dans les hauteurs, Christ Roi, Auteur et Créateur de tout ce qui est visible et invisible, Toi qui fis le jour et la nuit, le temps et les années, bénis maintenant la couronne de l’année, protège et garde en paix Ta ville et Ton peuple, ô Très-Miséricordieux. 

ÉPITRE du jour

(I Tim. II, 1-7)

J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. C’est là le témoignage rendu en son propre temps, et pour lequel j’ai été établi prédicateur et apôtre, -je dis la vérité, je ne mens pas, -chargé d’instruire les païens dans la foi et la vérité.

 

Évangile du jour

(Lc IV, 16-22)

Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

19 août (ancien calendrier) / 1er septembre (nouveau)

19 août (ancien calendrier) / 1er septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints André le stratilate et ses 2593 compagnons, martyrs au Mont-Taurus (284-305.) ; saints Timothée et Agapios et sainte Thècle, martyrs à Gaza (vers 304); sainte Crescence, vierge à Paris (IVème-Vème) ; saint Donat, ermite près de Sisteron (535) ; saint Élaphe, évêque de Châlons-en-Champagne (584) ; saints Mandrier et Flavien, martyrs à Toulon (VIème s.) ; saint Rustique, évêque de Cahors (VIème s.)  ; saint Calmin, ermite en Auvergne (690) ; saint Guénin, évêque de Vannes (VIIème s.) ; saint Pitirim, évêque de Perm (1455) ; saint Théophane le Jeune de Naoussa (XVIème s.) ; saint Nicolas Lebedev, confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARTYR ANDRÉ LE STRATILATE[1]

Saint André était tribun dans l’armée impériale cantonnée sur les frontières orientales de l’Empire, au temps de l’empereur Maximien Galère (vers 305) ; et bien qu’il n’eût pas encore reçu le saint baptême, il brillait, telle une rose au milieu des épines, tant par sa piété que par sa vaillance. Le général en chef Antiochos, qui était réputé pour sa cruauté envers les chrétiens, devant faire face à une soudaine incursion des Perses, se souvint du valeureux André et l’envoya à la tête d’une cohorte. Au moment d’engager le combat, André exhorta ses hommes à se confier dans le Christ, qui a créé le ciel et la terre et a réduit à néant le pouvoir des faux dieux. Invoquant donc d’une seule voix le Nom du Christ, ils renversèrent les phalanges des ennemis et les repoussèrent hors des frontières. Après cette victoire inespérée tous ses hommes décidèrent de se convertir, mais ils furent dénoncés comme chrétiens auprès d’Antiochos qui, au lieu de leur décerner de justes récompenses, les convoqua à son tribunal. Étranger à tout sentiment de reconnaissance et brûlant de colère, il lut les édits impériaux et leur rappela le nom des notables chrétiens qu’il avait préalablement fait périr. André lui répondit que ces martyrs avaient en fait remporté la victoire sur lui et que les tourments qu’on leur avait infligés deviendraient pour eux des trophées dans le Royaume du Christ. Usant d’une cruelle ironie, Antiochos déclara qu’il convenait qu’on procure du repos à un homme tel que lui, qui avait fait preuve d’une si grande bravoure dans le combat, et il ordonna d’étendre le saint sur un lit de bronze incandescent. L’ardeur de la foi et de la charité, qui brûlaient dans le cœur du valeureux martyr, le laissèrent insensible aux brûlures, et il trouva sur cette couche un vrai repos. On se saisit ensuite de certains des soldats qui s’étaient illustrés avec lui dans la bataille pour leur clouer les mains sur des poutres. Ils subirent ce supplice avec le sourire, se réjouissant de participer à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, avant même d’avoir été baptisés. Comme ils restaient inébranlables dans leur résolution, Antiochos les fit jeter en prison et écrivit à l’empereur, lui demandant s’il convenait d’exécuter un officier de cette valeur, avec le risque de provoquer une mutinerie dans l’armée et la révolte du peuple qui le considérait comme un héros. Maximien lui répondit de se débarrasser de lui secrètement, au moyen d’une ruse, et de ne laisser en aucune façon la nouvelle religion pénétrer dans l’armée. Antiochos libéra donc André et ses compagnons et feignit de les laisser aller où bon leur semblerait . Le saint martyr, averti par Dieu de ce stratagème, se rendit à Tarse avec ses hommes et demanda à l’évêque Pierre de leur conférer le saint baptême. Quand il apprit leur départ, Antiochos écrivit au gouverneur militaire de Cilicie, Séleuchos, de les arrêter au plus vite et de les mettre à mort s’ils opposaient la moindre résistance. Séleuchos, qui était lui aussi un persécuteur fanatique, se précipita à Tarse avec un important détachement. André et ses compagnons, qui venaient juste d’être baptisés, traversèrent le mont Taurus pour échapper aux poursuites, et se dirigèrent vers Mélitène en Arménie. Séleuchos n’abandonna pas ses recherches, et grâce à la trahison d’un certain Martin, il les rattrapa dans un défilé du massif du Taurus. Comme les soldats se préparaient à se lancer sur eux, saint André exhorta ses compagnons à lever leurs mains pour la prière plutôt qu’à brandir le glaive et, tombant à genoux, il intercéda longuement pour ses ennemis et pour le salut du monde. Dès qu’il acheva sa prière, les soldats se précipitèrent sur eux et les massacrèrent comme des brebis innocentes qui n’opposèrent aucune résistance. Conformément au vœu exprimé par saint André, une source aux vertus thérapeutiques jaillit à l’endroit même où il versa son sang. Pierre de Tarse et Nonnes, évêque de Bérée, qui avaient assisté de loin à leur martyre avec d’autres clercs, vinrent ensuite prendre soin de leurs précieuses reliques.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort. 

Tropaire des saints martyrs, ton 5

Laissant la gloire des terrestres honneurs, tu héritas le royaume des cieux et sous les flots du sang que tu versas tu as orné ton immortelle couronne de joyaux très précieux; au Christ tu amenas une armée de martyrs, avec les Anges dans la lumière sans couchant tu as trouvé le soleil sans déclin, le Christ; sans cesse avec tes compagnons, saint André, supplie-le pour qu’à nos âmes il accorde le salut.

Kondakion des saints martyrs, ton 2

En prière constante devant le Seigneur, comme un astre précédant le Soleil, tu contemples, selon ton désir, le céleste trésor dans l’ineffable joie dont ton âme est comblée; et tu chantes dans les siècles sans fin pour le Roi immortel que louent sans cesse les Anges dans le ciel. André, vénérable chef d’armée, avec eux ne cesse pas de prier pour nous tous.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉPITRE du jour

(2 Cor. XI, 5–21)

Or, j’estime que je n’ai été inférieur en rien à ces apôtres par excellence. Si je suis un ignorant sous le rapport du langage, je ne le suis point sous celui de la connaissance, et nous l’avons montré parmi vous à tous égards et en toutes choses. Ou bien, ai-je commis un péché parce que, m’abaissant moi-même afin que vous fussiez élevés, je vous ai annoncé gratuitement l’Évangile de Dieu? J’ai dépouillé d’autres Églises, en recevant d’elles un salaire, pour vous servir. Et lorsque j’étais chez vous et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge à personne; car les frères venus de Macédoine ont pourvu à ce qui me manquait. En toutes choses je me suis gardé de vous être à charge, et je m’en garderai. Par la vérité de Christ qui est en moi, je déclare que ce sujet de gloire ne me sera pas enlevé dans les contrées de l’Achaïe. Pourquoi?… Parce que je ne vous aime pas?… Dieu le sait! Mais j’agis et j’agirai de la sorte, pour ôter ce prétexte à ceux qui cherchent un prétexte, afin qu’ils soient trouvés tels que nous dans les choses dont ils se glorifient. Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. Je le répète, que personne ne me regarde comme un insensé; sinon, recevez-moi comme un insensé, afin que moi aussi, je me glorifie un peu. Ce que je dis, avec l’assurance d’avoir sujet de me glorifier, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme par folie. Puisqu’il en est plusieurs qui se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. Car vous supportez volontiers les insensés, vous qui êtes sages. Si quelqu’un vous asservit, si quelqu’un vous dévore, si quelqu’un s’empare de vous, si quelqu’un est arrogant, si quelqu’un vous frappe au visage, vous le supportez. J’ai honte de le dire, nous avons montré de la faiblesse. Cependant, tout ce que peut oser quelqu’un, -je parle en insensé, -moi aussi, je l’ose!

Évangile du jour

(Mc IV, 1-9)

Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s’étant assemblée auprès de lui, il monta et s’assit dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre sur le rivage. Il leur enseigna beaucoup de choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement: Écoutez. Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent, et la mangèrent. Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt, parce qu’elle ne trouva pas un sol profond; mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines: les épines montèrent, et l’étouffèrent, et elle ne donna point de fruit. Une autre partie tomba dans la bonne terre: elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un. Puis il dit: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

31 août

31 août

Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408) ; saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr (258) ; saint Gennade, patriarche de Constantinople (471) ; saint Optât, évêque d’Auxerre (532) ; saint Ay (593) ; saint Ebrégésile, évêque de Meaux (VIIème s.) ; saint Gildard (VIIIème s.) ; nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Lioubimov, prêtre et Vladimir Dvinsky, diacre (1918) ; Michel Kosouchine et Miron Rjepik, prêtres (1937) ; Démètre Smirnov, prêtre (1938) ; synaxe des nouveaux martyrs de Jasenovac (1941-1944).

DÉPOSITION DE LA CEINTURE DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU[1]


Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408)

D’après une ancienne tradition ecclésiastique, au moment de quitter ce monde pour rejoindre son Fils et son Dieu, la Très Sainte Mère de Dieu légua ses deux robes à deux pauvres femmes juives qui l’avaient servie. Ces dernières gardèrent précieusement ces reliques, qui furent transmises de génération en génération jusqu’à ce que Galbios et Candide s’emparent de l’une d’elles, au moyen d’une pieuse ruse, sous le règne de Léon Ier, et la déposent dans l’église des Blachernes. La Ceinture de la Mère de Dieu, qui s’était retrouvée, on ne sait comment, dans l’évêché de Zèla, proche d’Amasée dans le Pont, fut transférée à Constantinople sous le règne de Justinien (vers 530), et déposée dans l’église des Chalkoprateia, qui était située non loin de Sainte-Sophie, à l’ouest, dans le quartier des chaudronniers. On y célébrait en ce jour la dédicace de l’église et les deux insignes reliques qu’elle contenait : la sainte Ceinture et les langes de notre Seigneur. De longues années après (vers 888), l’épouse de l’empereur Léon VI le Sage, Zoé, se trouvant gravement malade sous l’instigation d’un esprit malin, fut avertie au cours d’une révélation qu’elle obtiendrait sa guérison par l’imposition de la Ceinture de la Mère de Dieu. L’empereur fit aussitôt briser les scellés de la châsse (soros) qui contenait la relique, et il découvrit avec admiration la sainte Ceinture, aussi neuve et éclatante que si elle avait été tissée la veille. On trouva à côté un document indiquant exactement la date où elle avait été apportée à Constantinople, et comment l’empereur lui-même l’avait déposée dans la châsse qu’il avait scellée de ses propres mains. L’empereur Léon baisa la relique avec vénération et la remit au patriarche. Et dès que le prélat eut déployé la Ceinture sur la tête de l’impératrice, celle-ci fut délivrée de sa maladie. Tous rendirent gloire au Christ Sauveur et à sa Très-Sainte Mère, et la sainte relique fut replacée dans la châsse, après que l’impératrice reconnaissante l’eut rehaussée de fils d’or. On raconte que le tsar de Bulgarie Jean Asen (1187-1196), ayant vaincu l’empereur Isaac II Ange (1190), s’empara de la croix dans laquelle se trouvait un fragment de la sainte Ceinture, et qu’un prêtre avait jetée dans le fleuve pour qu’elle échappe à la profanation. Reprise par les Serbes, la sainte relique fut ensuite offerte par le saint prince Lazare († 1389) [15 juin] au monastère athonite de Vatopédi, où elle se trouve encore vénérée aujourd’hui, dégageant un suave parfum et accomplissant quantité de miracles. Cette Ceinture, qui a serré les chastes entrailles qui portaient le Créateur et qui a été humectée des gouttes du lait dont fut nourri Celui qui est la Vie du monde, demeure pour tous les croyants un gage de salut. Elle les incite à ceindre tous les mouvements de la chair et à imiter la chasteté d’âme et de corps de la Très-Sainte Vierge et Mère, afin d’être jugés dignes de porter, à leur tour en leur cœur, le Christ qui ne cesse de se faire pour nous « petit enfant ».

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

 Tropaire de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, car en toi la nature et le temps sont renouvelés; c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

La précieuse Ceinture qui jadis entoura ton sein porteur de notre Dieu pour tes fidèles est un invincible trophée, un trésor inépuisable de bienfaits, Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.

Évangile du jour

(Mc III, 28-35)

Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés; mais quiconque blasphémera contre le Saint Esprit n’obtiendra jamais de pardon: il est coupable d’un péché éternel. Jésus parla ainsi parce qu’ils disaient: Il est possédé d’un esprit impur. Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. Et il répondit: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

18 août (ancien calendrier) / 31 août (nouveau)

18 août (ancien calendrier) / 31 août (nouveau)

 Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints Flore et Laure, martyrs en Illyrie (IIème s.) ; saints Hermas, Sérapion et Polyène, martyrs à Rome ; saints Émilien, évêque, Hilarion, Denis et Hermippe, martyrs (vers 300) ; saint Firmin, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Éone, évêque d’Arles (504) ; saint Rustique, évêque de Cahors, martyr (VIème s.) ; saint Macaire de Pélécète (850) ; saint Jean V (674) et saint Georges Ier (683), patriarches de Constantinople ; saint Jean de Ryla, ascète en Bulgarie (946) ; saint Arsène de Paros (1877) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire Bronnikov, prêtre et martyrs Eusèbe Dmitrev et Michel Eregosky (1937).

 SAINTS MARTYRS FLORE ET LAURE[1]

Saint Flore et son frère jumeau Laure vécurent sous le règne d’Hadrien (117-138). Ils exerçaient la profession de tailleurs de pierre, qu’ils avaient apprise à Byzance des saints Patrocle et Maxime. Recevant aussi de leurs maîtres les semences de la piété, ils mettaient leur art au service de Dieu, et quand ils taillaient les pierres pour leur donner forme et grâce, ils avaient conscience qu’ils travaillaient en fait sur leur âme, pour la dégrossir de ses passions et la faire resplendir de la ressemblance divine par les saintes vertus. Lorsque leurs maîtres, Patrocle et Maxime, eurent subi le martyre, ils quittèrent Byzance et allèrent s’installer dans la ville d’Ulpiana dans la province d’Illyrie . Arrivés là, ils demandèrent au gouverneur Lykôn l’autorisation d’exploiter des carrières et d’en extraire des pierres aptes à être sculptées. Ayant acquis une bonne réputation par leur travail, ils furent convoqués par Licinius, fils de l’impératrice, qui leur confia une importante somme d’argent pour construire un temple en l’honneur des idoles, dont il avait lui-même tracé les plans. Les saints feignirent d’accepter la proposition, mais ils distribuèrent aussitôt l’argent aux pauvres. Passant leurs nuits en prière, ils travaillaient durant le jour à la construction du temple, aidés par un ange envoyé par Dieu et par un prêtre des idoles, Mérentios (ou Alexandre), dont le fils, blessé à l’œil par un fragment de pierre, avait été guéri par les saints. Le travail put ainsi être rapidement achevé et les statues des dieux furent installées à l’intérieur du temple. Les saints rassemblèrent alors de nuit les pauvres qui avaient profité de leurs bienfaits et, tous ensemble, ils attachèrent des cordes aux statues et les renversèrent. Puis, ayant purifié le temple, ils le transformèrent en une église du Christ. Dès qu’il apprit cette nouvelle, Licinius, emporté de colère, donna l’ordre d’allumer une grande fournaise et d’y faire brûler vifs les pauvres qui avaient été complices de Flore et de Laure. Quant à ces derniers, il les fit attacher aux roues d’un char et ordonna de les fustiger sans merci. Devant l’endurance des saints, les dix soldats qui les suppliciaient se convertirent et furent exécutés. Licinius envoya ensuite les deux saints au gouverneur Lykôn qui les fit jeter dans un puits profond, où les saints martyrs remirent leur âme valeureuse au Christ, rendant grâce à Dieu et priant pour tous les chrétiens. Après la persécution, leurs corps furent découverts incorrompus et dégageant un céleste parfum. Ils guérirent de sa cécité le neveu du gouverneur d’alors, et accomplirent ensuite bien d’autres miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire des saints martyrs Flore et Laure, ton 4

Tous les fidèles, nous chantons votre louange, frères saints et resplendissants de beauté, Flore bienheureux et Laure très-digne d’honneur, qui devant tous avez confessé la divine Trinité; vous qui pour elle avez lutté jusqu’au sang et reçu la brillante couronne sur vos fronts, priez le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

 Kondakion des saints martyrs Flore et Laure, ton 8

En témoins de la foi et victorieux athlètes du Christ l’univers en ce jour vénère Flore et Laure: puissions-nous recevoir grâce et miséricorde par leur intercession, afin d’éviter les épreuves, le malheur et toute peine qui nous menace au jour du jugement.

 Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 Évangile du jour

(Mc III, 28-35)

Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés; mais quiconque blasphémera contre le Saint Esprit n’obtiendra jamais de pardon: il est coupable d’un péché éternel. Jésus parla ainsi parce qu’ils disaient: Il est possédé d’un esprit impur. Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. Et il répondit: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

30 août

30 août

Jour de jeûne

Saints Alexandre (340), Jean (595) et Paul le Jeune (784), patriarches de Constantinople ; saint Amat, évêque d’Avignon, martyr (411) ; saint Gaudens, martyr à Toulouse (vers 475) ; saint Christophe le Romain, moine en Palestine (VIème s.) ; saint Aile, abbé de Rebais (650) ; saint Fiacre, ermite près de Meaux (670) ; saint Fantin, thaumaturge à Salonique (IX-Xème s.) ; saint Alexandre de Svir (1533) ; translation des reliques de saint Alexandre de la Neva de Vladimir à Saint-Pétersbourg (en 1724); Synaxe des saints hiérarques illuminateurs de l’Église serbe : saints Sabas Ier, Arsène Ier, Sabas II, Eustathe Ier, Jacques, Nicodème et Daniel, Joannice II, Éphrem II, Spyridon, Macaire et Gabriel Ier,  Sabas III, Grégoire, Cyrille, Jean, Maxime et Nicon ; saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre Rechetnikov, prêtre (1918) ; moine Apollinaire Mosalitinov (1918) ; Paul Malinovsky, prêtre ; moniale Élisabeth Yaryguine et martyr Théodore Ivanov (1937) ; moine Ignace Lebedev (1938) ; Pierre Tcheltsov, confesseur, prêtre (1972).

 

SAINTS ALEXANDRE, JEAN ET PAUL LE JEUNE, PATRIARCHES DE CONSTANTINOPLE[1]

Saints Alexandre (340), patriarche de Constantinople

D’origine modeste et dépourvu de connaissances livresques, mais brillant par ses vertus et ses charismes apostoliques, saint Alexandre fut jugé digne d’assister saint Métrophane [4 juin], l’archevêque de Byzance, en qualité d’archiprêtre. Après la victoire de saint Constantin sur Licinius, l’empereur organisa une joute oratoire entre Alexandre et les rhéteurs païens de Byzance. Comme l’un des philosophes accusait l’empereur Constantin d’innover en matière de religion, Alexandre se tint devant lui et dit : « Je t’ordonne, au Nom du Christ, le seul vrai Dieu, de te taire ! » Et aussitôt, le rhéteur devint muet et tous reconnurent la puissance de la vraie foi. Saint Métrophane étant malade et trop âgé pour se rendre au premier Concile Œcuménique de Nicée (325), c’est en son nom qu’Alexandre y siégea. On raconte qu’après la clôture du Concile, l’empereur Constantin demanda à tous les Pères théophores qui y avaient brillé, de venir à Constantinople, qu’il venait de fonder, pour la bénir. Un ange du Seigneur apparut alors à saint Métrophane et lui révéla que, devant remettre son âme à Dieu dix jours après, il lui fallait laisser le bienheureux Alexandre pour successeur . Les Pères se réjouirent à cette nouvelle, et après avoir célébré les funérailles de saint Métrophane, ils intronisèrent solennellement saint Alexandre comme premier évêque de la nouvelle capitale de l’Empire (327). À la suite du Concile, saint Alexandre, qui était âgé de près de quatre-vingt-six ans, s’illustra dans la défense de la foi orthodoxe contre les intrigues suscitées par Arius et ses partisans, et certains rapportent qu’il entreprit des voyages apostoliques en Thrace, Macédoine, Thessalie et dans les îles pour y prêcher la foi du Concile de Nicée. Convoqué à Nicomédie pour rendre compte de sa foi, Arius réussit à tromper l’empereur en signant une profession de foi où il se contentait de dire que le Fils de Dieu est né avant tous les siècles. Il demanda alors sa réintégration dans l’Église et, sous la pression d’Eusèbe de Nicomédie, l’empereur regarda favorablement sa demande et demanda aux évêques réunis en concile à Tyr de l’examiner (335). Ce concile, composé essentiellement de partisans d’Arius, se tourna en jugement inique contre saint Athanase, qu’on traitait de sorcier, de brute et de semeur de discorde. Alors que saint Athanase réussissait à s’embarquer en secret pour Constantinople, où il essaya vainement de se faire entendre de l’empereur, le concile prononçait sa déposition, qui aboutit à une sentence d’exil à Trèves. Arius essaya de rentrer à Alexandrie, mais une émeute ayant éclaté contre lui, l’empereur le rappela à Constantinople, en vue de le faire recevoir dans la communion de saint Alexandre. Eusèbe de Nicomédie et les siens exercèrent toutes sortes de pressions sur le saint prélat et firent les préparatifs pour la célébration d’une Liturgie, où il devait communier avec l’hérétique. Saint Alexandre se réfugia dans l’église Sainte-Irène et, prosterné devant le saint autel, il priait jour et nuit avec force larmes, en disant au Seigneur : « Si Arius doit être réconcilié à l’Église, laisse partir ton serviteur. Mais si Tu as pitié de ton Église et ne veux pas livrer ton héritage à la honte, retire Arius, afin que l’hérésie ne soit pas prise pour la vraie foi. » Le samedi, veille du jour où devait se dérouler la cérémonie, alors qu’il se trouvait sur l’agora proche de la colonne de porphyre dressée par Constantin, Arius fut soudain pris d’un besoin naturel et, ses entrailles ayant éclaté, il périt lamentablement dans le lieu d’aisance, se trouvant ainsi privé de la communion et de la vie. Quand il apprit cette nouvelle, saint Alexandre rendit grâce à Dieu, non pour la mort d’autrui, mais parce qu’Il avait manifesté une fois de plus que, même avec l’appui du pouvoir et des puissants de ce monde, l’hérésie ne pouvait l’emporter sur la vérité de l’Église . Cependant les troubles n’en cessèrent pas pour autant, et saint Alexandre dut continuer à lutter pour l’Orthodoxie. Il s’endormit en paix, quelques mois après la mort de saint Constantin (337), à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, pour remporter au Ciel la récompense de ses travaux apostoliques. Il confia à saint Paul [6 nov.], la succession dans l’épiscopat et dans la lutte pour l’Orthodoxie. Bien qu’on ne sache pas au juste lequel des patriarches Jean est commémoré aujourd’hui, on peut supposer qu’il s’agit de Jean VIII Xiphilinos, qui siégea de 1064 à 1075, année où il mourut âgé de soixante-cinq ans . Originaire de Trébizonde, il reçut sa formation à Constantinople, où il devint l’ami de Michel Psellos, sans partager toutefois l’attrait de ce dernier pour la philosophie néoplatonicienne, qui devait le conduire à l’hérésie. Comme il était éminemment versé dans les sciences juridiques, on lui confia l’enseignement du droit à l’Université impériale que Psellos s’efforçait de restaurer. Injustement accusé par les milieux de cour, Jean dut quitter la capitale et, après avoir reçu l’Habit monastique, il vécut une dizaine d’années dans un monastère du Mont Olympe de Bithynie. À la mort du patriarche Constantin III Lichoudès (1063), il fut rappelé par l’empereur Constantin Doukas et consacré, malgré ses réticences, patriarche œcuménique. En un temps troublé par la menace grandissante des Turcs Seljoukides, il fut un homme de paix et de conciliation, et s’efforça d’établir un rapprochement avec l’Église arménienne. Le patriarche Jean vécut toute sa vie dans une grande pauvreté et une parfaite pureté de mœurs. Il distribuait en aumônes tout ce qu’il avait, organisa des distributions publiques de vivres et contribua à la construction ou à la restauration de nombreuses églises. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, indifférent aux critiques que les prélats mondains lui adressaient à ce sujet, et excellait dans l’interprétation des dogmes et règlements canoniques de l’Église. Saint Paul IV dit le Jeune était originaire de Chypre. Il occupait le rang de lecteur et brillait tant par ses paroles que par ses actions vertueuses, quand il fut élu contre son gré patriarche, le second Dimanche du Carême 780, après une longue vacance du siège, causée par l’hérésie iconoclaste. Sous la pression du terrible empereur Léon IV le Khazar, il dut alors souscrire un document, dans lequel il déclarait ne pas rendre de culte aux images. Mais l’empereur mourut peu après son ordination, et il se rétracta. L’hérésie continuait cependant de répandre son venin, et comme le patriarche, malade, se trouvait impuissant à lui résister, il préféra renoncer à sa charge pour se retirer au monastère de Florus, sans en avertir toutefois l’impératrice régente sainte Irène [7 août]. Aussitôt prévenus la souveraine et son fils Constantin VI se rendirent auprès du saint prélat pour lui demander la raison de sa démission. Le bienheureux Paul, en larmes, leur déclara : « Je n’aurais pas dû accepter de siéger à la tête d’une Église qui s’est séparée de la communion avec les autres trônes. » L’ayant quitté pleins de tristesse et d’amertume, les souverains lui envoyèrent une ambassade de patriciens et de membres du Sénat, pour essayer de le fléchir. Il leur dit avec fermeté : « Si l’on ne réunit pas un Concile Œcuménique pour corriger l’erreur qui est au milieu de nous, il n’y a point de salut pour vous. » Comme ils lui demandaient pourquoi il avait accepté de signer le libelle de l’empereur hérétique, il répondit : « C’est pour cette raison que je me lamente et que j’ai décidé de faire pénitence, en priant Dieu qu’il ne me châtie pas pour avoir manqué de prêcher la vérité par crainte de votre folie. » Il s’endormit en paix deux ou trois mois après (784), suscitant un grand deuil au palais et parmi les Orthodoxes, car tous l’admiraient pour sa vertu et sa piété. Grâce à son exhortation et à la ferme résolution de l’impératrice et de son successeur, saint Taraise [25 fév.), on commença alors à préparer le Septième concile oecuménique qui devait rétablir le culte des saintes icônes (787).

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2

Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

Tropaire des saints patriarches de Constantinople, ton 3

Célestes initiateurs et prédicateurs divins, vous avez guidé, en pasteurs, sous votre houlette l’Eglise du Christ d’une façon qui fut agréable au Seigneur, bienheureux Alexandre, champion de la Trinité, familier de la grâce, illustre Jean, et cime des pontifes, saint Paul; c’est pourquoi nous battons des mains en acclamant vos exploits.

Tropaire de saint Alexandre de la Neva, ton 4

Reconnais tes frères, nouveau Joseph, toi qui ne règnes pas sur l’Egypte, mais au ciel avec le Christ, bienheureux prince Alexandre, et multiplie le froment à la prière des gens de ton pays; protège aussi ton héritage, le peuple chrétien, et, dans les peines que leur inflige l’ennemi, j viens en aide aux fils de la sainte Russie. 

Kondakion de l’après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5 

Hérode ayant commis l’iniquité à l’égard de toi le Précurseur, il donna à la femme ton chef précieux, que nous vénérons dans la joie, tandis qu’Hérodias pleure et sanglote, de même qu’Hérode et celle qui dansa.

 

Kondakion des saints patriarches de Constantinople, ton 8

Enflammés par l’amour du Christ, Pontifes- glorieux, comme joug vous avez pris sa précieuse Croix et, vous étant montrés les imitateurs de sa vie, à sa divine gloire vous participez, admirable Alexandre, vénérable Jean illustre Paul; devant son trône où maintenant vous vous tenez, sans cesse priez-le pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion de saint Alexandre de la Neva, ton 4

De même que tes lointains parents Boris et Gleb du ciel apparurent pour t’aider lorsque vaillamment tu combattais contre le régent de Suède et ses guerriers, de même encore maintenant viens au secours de ta nation en triomphant de l’ennemi qui veut asservir les fils de la sainte Russie.

Évangile du jour

(Mc III, 20-27)

Ils se rendirent à la maison, et la foule s’assembla de nouveau, en sorte qu’ils ne pouvaient pas même prendre leur repas. Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens. Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent: Il est possédé de Béelzébul; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles: Comment Satan peut-il chasser Satan? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c’en est fait de lui. Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

17 août (ancien calendrier) / 30 août (nouveau)

17 août (ancien calendrier) / 30 août (nouveau)

Jour de jeûne

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saint Myron, prêtre, martyr à Cyzique (250) ; saints Thyrse, Leucius, Coronat et leurs compagnons, martyrs en Phrygie (249-251) ; martyr Patrocle (270-275) ; saints Straton, Philippe, Eutychien et Cyprien, martyrs à Nicomédie (vers 303) ; saint Alipios, iconographe des Grottes de Kiev (1114) ; saint néomartyr Agapios (1752) ; saint néomartyr Démètre le Jeune (1808) ; saint saint Pimène d’Ougrech (1880) ; nouveaux martyrs de Russie : Alexis Velikoselsky, prêtre (1918) ; Démètre Ostrooumov, prêtre (1937).

 SAINT MYRON, PRÊTRE MARTYR[1]

Saint Myron, prêtre, martyr à Cyzique (250)

Au temps de la persécution de Dèce (vers 250), le gouverneur d’Achaïe, Antipater, fit un jour irruption dans l’église où les chrétiens célébraient la fête de la Nativité , dans le but d’arrêter ceux qui étaient les plus en vue et de les contraindre par la torture à sacrifier aux dieux de l’Empire. Myron, prêtre aimé de tous pour sa douceur et sa noblesse, et qui avait été autrefois ami d’Antipater, se précipita alors vers le magistrat et l’invectiva violemment. Puis il se tourna vers les fidèles et les exhorta à rester fermes sur la pierre de la foi, en ayant confiance que le Christ leur accorderait non seulement le courage de résister aux tyrans, mais encore l’accès au Royaume des cieux. Furieux Antipater se retira en donnant l’ordre d’arrêter le saint, qu’il fit comparaître ensuite devant lui au forum situé près du temple de Dionysos (Bacchus). Comme le magistrat le sommait de sacrifier à ce dieu, Myron lui répondit qu’il ne reconnaissait comme seul souverain que le Dieu Tout-Puissant qui siège dans les cieux. On l’étendit sur un chevalet pour l’écorcher vif ; mais, surmontant la souffrance, le saint chantait des psaumes et répétait : « Je suis chrétien, je ne sacrifierai pas ! » Le gouverneur le fit ensuite jeter dans une fournaise ardente, dont la flamme s’élevait à plus de cinquante coudées. Recouvert par la grâce, le valeureux martyr n’en souffrit aucune brûlure et s’écria : « Nous sommes passés par le feu et par l’eau, puis Tu nous as conduits au lieu du rafraîchissement » (Ps 65, 12). À sa prière, la flamme se répandit au-dehors et réduisit en cendres cent cinquante idolâtres qui se tenaient là. Le gouverneur s’enfuit en criant à ses gardes de ramener le saint en prison. Le soir venu, après s’être entretenu avec ses conseillers, Antipater fit conduire le martyr sur l’agora. De prime abord il ne put le reconnaître tant son visage était brillant de lumière, mais Myron lui ayant assuré que c’était bien lui, Antipater le condamna à avoir toute la peau découpée en lanières. Tandis que les bourreaux lui découpaient la chair, des épaules aux pieds, le valeureux martyr chantait : « J’ai attendu ardemment le Seigneur et il m’a prêté attention… » (Ps 39, 1). Puis, prenant en main un lambeau de peau sanglante, il le jeta au visage du tyran et dit : « Impie, tu te délectes de ce spectacle. Sache cependant, que j’endure ces tourments avec aisance, à cause de l’espérance que je nourris. Quant à toi, tu n’en remporteras qu’un châtiment éternel… ». Les bourreaux s’employèrent à faire redoubler ses souffrances, mais le saint restait imperturbable, le regard fixé vers le ciel. En réponse à sa prière, une voix se fit entendre de tous les assistants, disant : « Ton combat va bientôt s’achever. Un trône t’est préparé dans les cieux. » Ramené en prison, Myron fut ensuite jeté aux bêtes dans l’amphithéâtre. Armé du signe de la Croix, il se tint devant les fauves, qui n’osèrent pas s’approcher et le respectèrent comme Adam avant la chute. Une lionne indomptée ayant été lâchée contre lui, elle vint se prosterner à ses pieds et trancha ses liens au moyen de ses crocs. Elle prit ensuite une voix humaine, pour annoncer au magistrat sa fin prochaine, tandis que le peuple poussait de grands cris d’admiration. Antipater, pris de panique devant tant de prodiges, se donna alors la mort de ses propres mains. Saint Myron fut ensuite transféré à Cyzique, où, après avoir montré au gouverneur son inébranlable confiance en Dieu, il eut la tête tranchée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire du saint martyr, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakia du saint martyr, ton 2:

Dès l’enfance ayant montré ton amour pour le Christ et gardé ses divins commandements, vers lui de tout coeur tu es monté, saint Myron, pour trouver en lui le repos; avec les Anges le glorifiant dans le ciel, pour tout homme tu implores la divine rémission.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 Évangile du jour

(Mc III, 20-27)

Ils se rendirent à la maison, et la foule s’assembla de nouveau, en sorte qu’ils ne pouvaient pas même prendre leur repas. Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens. Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent: Il est possédé de Béelzébul; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles: Comment Satan peut-il chasser Satan? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c’en est fait de lui. Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

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Jovan Nikoloski