23/08/2017
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1er août

1er août

Début du Carême de la Dormition

Procession du Bois de la Sainte, Vénérable et Vivifiante Croix. Les sept frères Maccabées : saints Abime, Antonin, Gourias, Eléazar, Eusébon, Akhim et Marcel avec leur mère sainte Salomé et leur précepteur le vieillard saint Eléazar, martyrs (166 av. J.-C.) ; saints Léonce, Attius, Alexandre, Cyriaque et leurs cinq compagnons, martyrs à Pergé en Pamphylie (IVème s.) ; saint Exupère, premier évêque de Bayeux (IVème s.) ; saint Sévère, prêtre évangélisateur dans les Hautes-Pyrénées (vers 502) ; saint Arcade, évêque de Bourges (549) ; saint Jonat, abbé à Marchiennes  (690) ; saint hiéromartyr Démètre Pavsky, prêtre (1937).

 

PROCESSION DE LA SAINTE CROIX [1]

En ce jour, on avait coutume à Constantinople, de sortir la relique de la précieuse Croix du palais impérial et de la porter à Sainte-Sophie, escortée par une foule de prêtres et de diacres qui l’encensaient sur le parcours. On s’arrêtait d’abord au petit baptistère, où l’on célébrait l’office de la sanctification des eaux, puis on déposait la Croix sur l’autel de Sainte-Sophie. De la Grande Église, on faisait, les jours suivants, le tour de la ville, quartier par quartier, jusqu’à la veille de la fête de la Dormition (14 août), afin de purifier l’air et de protéger les habitants de la capitale des épidémies qui se répandaient plus facilement en ces jours de chaleur. Après avoir ainsi procuré la santé et le réconfort à tous ceux qui la vénéraient avec foi, la sainte Croix était alors ramenée au palais.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Croix, ton 1

Sauve ton peuple, Seigneur, et bénis ton héritage, accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis et sauvegarde par ta Croix les nations qui t’appartiennent.

Tropaire des saints frères Maccabées, ton 1

Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; guéris toutes nos douleurs, Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Kondakion des saints frères Maccabées, ton 2

Colonnes de la divine Sagesse au nombre de sept, chandelier aux sept branches de la lumière de Dieu, très-sages Maccabées, avant la lettre sublimes Martyrs, avec ses Témoins priez le Dieu de ‘l’univers pour le salut de qui vous chante en ce jour.

Kondakion de la Croix, ton 4

Toi qui souffris librement d’être exalté sur la Croix, au nouveau peuple appelé de ton nom accorde ta bienveillance, ô Christ notre Dieu, donne force à tes fidèles serviteurs, les protégeant de toute adversité: que ton alliance leur soit une arme de paix, un invincible trophée!

Évangile du jour

(Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35)

En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

 

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

19 juillet (ancien calendrier)  / 1er août (nouveau)

19 juillet (ancien calendrier)  / 1er août (nouveau)

Sainte Macrine, sœur de saint Basile le Grand (380) ; saint Die d’Antioche, thaumaturge (vers 430) ; saint Théodore, évêque d’Edesse (IXème siècle) ; saint Romain, prince de Riazan (1270) ; saint Païssios des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saints Étienne, prince de Serbie (1427) et sa mère Militsa (1405) ; invention des reliques de saint Séraphim de Sarov (1903).

 

Sainte Macrine[1]

Sœur de saint Basile [1er janv.] et de saint Grégoire de Nysse [10 janv.] , sainte Macrine était l’aînée des dix enfants de cette famille de saints. Au moment de sa naissance (327), un mystérieux personnage était apparu à sa mère à trois reprises, lui ordonnant de donner à l’enfant le nom de sainte Thècle, première-martyre et modèle des vierges chrétiennes [24 sept.]. Elle garda toutefois ce nom secret, et l’enfant reçut le nom de sa grand-mère, Macrine l’Ancienne, qui avait été disciple de saint Grégoire le Thaumaturge [17 nov.], et avait vécu dans les forêts du Pont au temps de la Grande Persécution. Sa mère se préoccupa de l’instruire, non dans la culture profane et les choses frivoles communes aux gens de sa condition, mais dans tout ce qui, dans l’Écriture inspirée, convenait à son âge et à sa formation morale, en particulier le livre de la Sagesse et les Proverbes. Les psaumes de David l’accompagnaient dans toutes ses activités : en se levant, en se mettant au travail, en le terminant, au début et à la fin du repas, avant de se coucher et en se levant la nuit pour prier. Lorsqu’elle eut douze ans, sa beauté ne pouvant rester cachée, son père la fiança à un jeune homme de qualité et de bonne réputation, qui venait de terminer ses études, et qui avait promis d’attendre que Macrine eût atteint l’âge convenable pour l’épouser. Cependant celui-ci fut bientôt emporté par Dieu avant l’union, ce qui permit à la sainte de réaliser son désir secret : vivre dans la virginité pour chercher Dieu. De nombreux prétendants se présentèrent, mais Macrine préférait se considérer comme veuve, sans même avoir goûté aux joies et plaisirs de la vie conjugale. À cause de son espérance en la résurrection, elle estimait en effet que son époux était parti en voyage. Se séparant donc de tout lien avec le monde, elle demeura avec sa mère, se mettant à son service pour toutes les tâches domestiques, mêmes celles qui étaient alors réservées aux esclaves, et l’assistant également dans l’éducation de ses frères et sœurs. Après la mort de son père (341), elle assuma elle-même la gestion de leurs grands domaines, situés dans le Pont, en Cappadoce et en Arménie, et, par son exemple, elle invita sa mère à se tourner vers les biens incorruptibles : la contemplation de Dieu et la vraie philosophie. Elles menaient ensemble la vie ascétique, s’adonnaient à la lecture et à la méditation des Écritures, et Macrine était pour tous à la fois protectrice, pédagogue et modèle de vertu. Une fois libérée de l’éducation de ses enfants, Emmélie répartit entre eux ses biens et transforma la demeure familiale d’Annisa  en monastère. Elles firent de leurs servantes des compagnes d’ascèse, et Macrine réussit à convaincre Basile, qui rentrait d’Athènes après de brillantes études, de renoncer à une carrière prometteuse de rhéteur pour embrasser la vie évangélique. À côté du monastère de femmes, qui grandissait par l’addition de veuves de nobles familles, se forma une communauté masculine, dirigée par le plus jeune frère de Macrine, Pierre, futur évêque de Sébaste. Saint Naucrace [8 juin] s’était retiré dans un ermitage — qu’occupera ensuite saint Basile — sur la rive opposée de l’Iris, et subvenait aux besoins de pauvres vieillards par les produits de sa chasse. Délivrées de l’enchaînement aux nécessités du corps et des préoccupations de cette vie, Macrine et ses compagnes menaient dans leur retraite une vie aux confins de la nature humaine et de la nature angélique. On ne voyait chez elles ni colère, ni envie, ni haine, ni arrogance, ni rien de semblable ; tout désir d’honneur ou de gloire était banni. Leur plaisir était la tempérance, leur gloire de n’être connues de personne, leur fortune, de ne rien posséder. Elles vivaient du travail de leurs mains, mais restaient exemptes de préoccupations, car leur travail véritable consistait en la méditation des réalités divines, la prière incessante et le chant ininterrompu des psaumes et des hymnes. Il n’y avait pour elles aucune différence entre la nuit et le jour : car la nuit, elles se montraient actives dans les œuvres de lumière, alors que leur journée imitait le repos nocturne par l’absence de trouble de leur vie. Affiné par l’ascèse, le corps de sainte Macrine était tel qu’il le sera lors de la résurrection. Elle versait des larmes à la mesure de sa boisson et tous ses sens étaient consacrés aux choses de Dieu, de sorte que, légère, elle cheminait dans les hauteurs avec les Puissances célestes. L’application à la vraie Philosophie selon le Christ, par la crucifixion de toutes les convoitises de la chair, lui permit de croître sans cesse en vertu jusqu’au sommet de la perfection. Un jour une tumeur s’attaqua au sein de Macrine. Malgré les supplications de sa mère, elle refusa de recevoir les soins d’un médecin, jugeant que dévoiler aux yeux d’un homme une partie de son corps serait plus fâcheux encore que ce mal. Elle passa la nuit en prière dans l’église et oignit sa plaie de la boue faite par ses larmes. Au matin, elle demanda à Emmélie de tracer le signe de croix sur son sein, et l’abcès disparut, ne laissant qu’une petite cicatrice. Elle avait atteint une telle impassibilité par son application aux choses de Dieu, qu’à la mort de Naucrace, survenue au cours d’un accident de chasse, elle fut pour sa mère et tout le reste de la famille un modèle de maîtrise de soi et de foi en la vie éternelle. Dans les deuils successifs qui frappèrent la communauté, elle montra une même grandeur d’âme, inébranlable comme un athlète exposé aux coups, tant devant la couche funèbre d’Emmélie, que lorsque saint Basile, le soleil de l’Orthodoxie, s’endormit (379). Et, si elle fut alors affligée, ce fut moins pour la perte d’un frère, que de voir l’Église privée de son maître et de son soutien. Pendant la famine qui frappa la Cappadoce, en 368, le monastère d’Annisa devint une véritable ville de la charité, le refuge et la consolation de toute la population d’alentour, et par la prière de la sainte les réserves de grain, qu’on distribuait à tous les nécessiteux, se renouvelèrent miraculeusement. Peu de temps après le décès de saint Basile, saint Grégoire de Nysse apprit que sa sœur était tombée gravement malade et il lui rendit visite au monastère après neuf ans d’absence. Il la trouva étendue sur une planche, abattue par la fièvre, mais gardant son esprit libre dans la contemplation des biens célestes, de telle sorte qu’il en rafraîchissait son corps comme par une rosée. Alors qu’ils se rappelaient le souvenir du grand Basile, au lieu de se lamenter, la sainte profita de cette occasion pour disserter longuement sur la nature de l’homme, le sens de la création, l’âme et la résurrection des corps . Sur tous ces sujets, son discours s’écoulait comme l’eau d’une source, facilement et sans obstacle. Jusqu’au dernier instant, elle ne cessa de deviser en philosophe sur ce qui avait fait l’objet de son choix : l’amour de l’Époux invisible, qu’elle se hâtait de rejoindre, sans qu’aucun attachement à cette vie ne puisse la retenir. Quand elle sentit la fin approcher, elle cessa de s’adresser à ceux qui se tenaient près d’elle et, les yeux tournés vers l’orient, étendant les mains vers Dieu, elle murmura cette prière : « Seigneur, c’est toi qui as fait disparaître pour nous la crainte de la mort. C’est toi qui as fait pour nous du terme de la vie d’ici-bas, le commencement de la vie véritable. C’est toi qui donnes à nos corps le repos pour quelque temps et qui nous réveilleras à nouveau au son de la trompette dernière. C’est toi qui laisses à la terre en dépôt le limon que tes mains ont façonné, pour venir reprendre ce que tu as donné, en transformant par l’immortalité et la beauté ce qui en nous est mortel et difforme. C’est toi qui nous as délivrés de la malédiction et du péché, en devenant pour nous l’un et l’autre. C’est toi qui as brisé la tête du dragon qui précipita l’homme dans l’abîme de la désobéissance, en le saisissant par le cou. C’est toi qui nous as ouvert la route de la résurrection après avoir fracassé les portes de l’enfer et as réduit à l’impuissance celui qui régnait sur la mort. C’est toi qui as donné à tous ceux qui te craignent le signe de la sainte Croix, pour anéantir l’Adversaire et donner la sécurité à notre vie. Ô Dieu éternel ! Vers qui je me suis élancée dès le sein de ma mère, toi que mon âme a aimé de toute sa force, toi à qui j’ai consacré ma chair et mon âme depuis ma jeunesse et jusqu’à cet instant, place auprès de moi un ange de lumière qui me conduise par la main au lieu du rafraîchissement, là où se trouve l’eau du repos, dans le sein des saints Pères. Toi qui as brisé la flamme de l’épée de feu et rendu au Paradis le Larron qui était crucifié avec toi et qui s’en était remis à ta miséricorde, souviens-toi aussi de moi dans ton Royaume, car moi aussi j’ai été crucifiée avec toi, j’ai cloué ma chair par ta crainte et j’ai été saisie de crainte à cause de tes préceptes. Ne me sépare pas de tes élus par un abîme infranchissable. Que le Jaloux ne se dresse pas contre moi sur mon chemin, et que mon péché ne soit pas placé devant tes yeux si, à cause de la faiblesse de notre nature, je suis tombée dans le péché par pensée, par parole ou par action. Toi qui as sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, remets-les moi, afin que je reprenne haleine et qu’une fois séparée de ce corps, je paraisse devant toi, l’âme irréprochable et immaculée, comme l’encens devant ta face » .

À ces mots, la sainte traça le signe de croix sur ses yeux, sa bouche et son cœur. Elle assista en silence à l’office du soir, puis cessa dans un grand soupir tout à la fois sa prière et sa vie. Au cours des funérailles, présidées par saint Grégoire, auxquelles assistait une foule immense, la beauté spirituelle de sainte Macrine rejaillissait de manière éclatante sur son corps, qui avait été paré comme celui d’une fiancée. Accompagnée du chant des hymnes, comme pour les fêtes des martyrs, elle fut ensevelie à Ibora, dans le tombeau où reposaient ses parents, en l’église des Quarante-Martyrs.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de sainte Macrine, ton 3

L’amour de la sagesse ayant donné des ailes à ton esprit, sagement tu t’élevas au-dessus des mondaines voluptés et tu fus la charmante demeure du savoir divin; toi qui, par l’ascèse et la perfection de tes vertus, devins une illustre épouse du Sauveur, prie-le pour qui te chante: Réjouis-toi, Macrine, sainte porteuse du Seigneur notre Dieu.

Tropaire de saint Séraphim, ton 4

Dès ta jeunesse tu as aimé le Christ, Bienheureux, et, désirant avec ardeur ne servir que lui seul, au désert tu excellas dans le travail et la prière continue; par la tendresse de ton cœur tu as acquis l’amour du Christ et plus que tous tu as chéri la Mère de Dieu; c’est pourquoi nous te chantons: vénérable Père Séraphim, que tes prières nous obtiennent le salut.

Kondakion de sainte Macrine, ton 4

Tu as aimé de tout ton cœur, vénérable Macrine, le Dieu de bonté et, prenant sur tes épaules sa croix, avec amour tu l’as suivi pour trouver la rémission des péchés.

 

Kondakion de saint Séraphim, ton 8

Ayant délaissé les attraits du monde et tout ce qui se corrompt, tu as élu demeure au monastère de Sarov et, par l’angélique vie que tu menas, pour beaucoup tu fus le chemin vers le salut; c’est pourquoi le Christ t’a glorifié en t’accordant le don des guérisons et des miracles; aussi nous te chantons: Réjouis-toi, vénérable Père Séraphim.

 

Évangile DU JOUR

(Lc VI, 17-23)

Il descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

31 juillet

31 juillet

 Avant-Fête de la Procession de la vénérable et vivifiante Croix ; saint Eudocime le juste, de Cappadoce (IXème s.) ; saint Germain, évêque d’Auxerre (448) ; saint Hymetière, moine dans le Jura (VIème s.) ; saint Arsène, évêque de Ninotsminda (1082) ; néomartyr Denis de Vatopédi (1822) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Benjamin, métropolite de Pétrograd et avec lui le moine Serge Scheïn et les martyrs Georges Novitsky et Jean Kovcharov (1922) ; martyr Maxime Roumiantsev (1928) ; Vladimir Kholodkovsky, prêtre (1937) ; Jean Roumiantsev, prêtre, Constantin Razoumov, confesseur, prêtre, martyre Anne Serov et Élisabeth Roumiantsev, confesseur (après 1927).

SAINT GERMAIN, ÉVÊQUE D’AUXERRE [1]

SAINT GERMAIN, ÉVÊQUE D’AUXERRE

Notre Père Germain, le plus illustre des saints évêques de Gaule après saint Martin, naquit vers 378 au sein d’une riche et puissante famille d’Auxerre. Il reçut une excellente éducation, d’abord en Gaule puis à Rome, où il se perfectionna dans la science du droit et devint avocat. Après avoir épousé là une personne vertueuse et de condition élevée, il rentra en Gaule et accéda à de hautes charges dans le gouvernement de la province. L’évêque d’Auxerre, Amator, étant décédé, la volonté divine s’exprima aussitôt par la voix unanime du peuple, et Germain dut accepter, contraint et forcé, la charge épiscopale (418). Abandonnant le service du monde pour se charger de celui du ciel, il changea du tout au tout son genre de vie : foulant aux pieds les vanités du siècle, il distribua sa fortune aux pauvres, vécut désormais comme frère et sœur avec sa femme, et embrassa un mode de vie ascétique, en prenant l’humilité pour compagne. Il s’imposait de telles austérités que, jusqu’à la fin de ses jours, sa vie ne fut plus qu’un long martyre non-sanglant. Ayant renoncé à tous les délices de la table, il goûtait de la cendre avant de prendre son pain d’orge, le soir venu, souvent une fois par semaine seulement. En toute saison, il était revêtu d’un capuchon et d’une tunique, qu’il ne changeait que lorsqu’ils tombaient en lambeaux. Il portait, à même la peau, un grossier cilice et, suspendu au cou, un petit sachet contenant des reliques de saints, qui opérèrent plus d’un miracle. Il couchait, tout habillé et sans enlever ses chaussures, sur un misérable grabat rempli de cendres; et, s’étant relevé après un court repos, il passait la nuit en gémissements continuels. Menant ainsi au milieu du monde une vie d’ascèse et de solitude, tout tendu vers Dieu, il n’en oubliait pas cependant les devoirs de l’hospitalité et ouvrait sa demeure à tous, lavant les pieds de ses hôtes et les servant à table, à l’imitation du Seigneur. Dès le début de son épiscopat, il fonda, en face de la cité, sur la rive droite de l’Yonne, un monastère dédié aux saints Côme et Damien, et il partageait son temps entre la prière avec les moines et l’instruction du clergé et du peuple dans la cathédrale. La charité du Christ, croissant en lui par ses valeureux combats, débordait en effet sur son peuple en flots de miséricorde et d’actions miraculeuses. C’est ainsi qu’il permit à un agent du fisc de retrouver l’argent qu’il avait égaré et dont un possédé s’était emparé. Il guérit, avec de l’huile qu’il avait bénite, les enfants de la ville victimes d’une épidémie de diphtérie, il délivra également nombre de possédés, et se montrait pour tous l’intendant de la miséricorde divine. En ce temps-là, l’hérésie pélagienne, qui s’était propagée de Rome dans tout l’Occident, avait trouvé un terrain particulièrement favorable en Grande-Bretagne, la patrie de Pélage. Les Orthodoxes de ce pays envoyèrent alors une députation auprès des évêques de Gaule qui, s’étant rassemblés en Concile (429), désignèrent saint Germain et saint Loup de Troyes [29 juil.], pour aller lutter contre cette hérésie qui prétendait que l’homme, doté par Dieu du libre arbitre, peut pratiquer la vertu et atteindre le bien sans l’aide de la grâce divine. Descendant la Seine, les deux évêques s’arrêtèrent un soir au village de Nanterre. On présenta à saint Germain une petite fille, Geneviève, qu’il bénit et éveilla à la vie religieuse [3 janv.]. Pendant la traversée de la Manche, Germain apaisa une tempête suscitée par les démons, en invectivant, comme le Christ, les flots déchaînés et en versant sur eux un peu d’huile. Les deux évêques, accueillis chaleureusement par une grande foule ne tardèrent pas à montrer la supériorité de la vraie foi, tant par leur enseignement que par leurs miracles. Les fidèles étaient affermis et les égarés se convertissaient en grand nombre, si bien que tout le pays se trouva bientôt prêt à retrouver l’unanimité de la foi. Effrayés par la fougue des prédicateurs, les hérétiques se cachèrent, jusqu’au jour où ils décidèrent d’engager une controverse publique, après s’être assurés l’assistance de multiples adeptes. Ayant laissé à leurs adversaires la possibilité de débiter leurs creux discours, les bienheureux prélats répandirent ensuite la parole évangélique, puissante comme le tonnerre, à laquelle les hérétiques se montrèrent incapables de répondre. La foule, saluant à grands cris la victoire des évêques, voulut en venir aux mains contre les imposteurs, et c’est avec peine que les deux saints la retinrent. Cette victoire fut confirmée par la guérison d’une fillette aveugle, que Germain obtint en appliquant sur ses yeux le reliquaire qu’il portait toujours sur lui. Dès lors, le peuple accueillit avec un désir avide l’enseignement orthodoxe; et la paix de l’Église se trouvant assurée, les deux évêques allèrent rendre grâce auprès du tombeau du saint martyr Alban [22 juin], en l’honneur duquel saint Germain consacra une basilique lors de son retour à Auxerre. Ce pèlerinage accompli, le saint se cassa le pied, et il gisait alité quand un incendie se déclara autour de son logis. Alors que la foule affolée essayait de parvenir jusqu’à lui, il ne permit pas qu’on le transportât, et la flamme, passant au-dessus de sa demeure, la laissa intacte mais détruisit tous les bâtiments alentours. Ayant été guéri à la suite de l’apparition d’un ange vêtu de blanc, Germain reprit son voyage vers la Gaule. Sur ces entrefaites, les Saxons et les Pictes coalisés s’attaquèrent aux Bretons. Effrayés, ceux-ci eurent recours aux deux saints évêques qui, dès leur arrivée dans le camp, rendirent courage aux soldats, comme s’il s’agissait de renforts considérables. Ils les instruisirent pendant le Carême, et, ayant installé une église de branchages, ils baptisèrent un grand nombre d’entre eux le jour de Pâques. On annonça alors l’arrivée des ennemis. Aussitôt les néophytes abandonnèrent leurs tuniques baptismales pour prendre les armes et Germain, prenant le commandement, leur conseilla de s’embusquer dans une vallée encaissée. Quand les attaquants s’y engagèrent, les deux évêques lancèrent, tel un cri de guerre, un triple Alléluia, qui, repris par toute l’armée comme le grondement du tonnerre, mit en fuite les adversaires, et beaucoup d’entre eux périrent dans la débandade. Après avoir ainsi remporté d’éclatantes victoires sur les ennemis visibles et invisibles, la paix et la sécurité étant revenues sur la grande île, les deux saints regagnèrent leur pays. Dès son retour à Auxerre, saint Germain reprit ses activités pastorales, assisté par la grâce de Dieu. Ses citoyens, accablés d’un impôt supplémentaire, eurent alors recours à lui comme des enfants à leur père. Compatissant à leur peine, il entreprit un voyage à Arles, le siège de la préfecture des Gaules, pour obtenir un allégement des charges. Parcourant la Gaule avec une petite escorte et une modeste monture, mais portant le Christ dans son cœur, il répandait sur son passage miracles et signes patents de la miséricorde divine. Bien qu’il essayât de passer inaperçu, les habitants de tous les bourgs et cités, attirés par sa renommée, accouraient à lui, avec leurs malades, leurs femmes et leurs enfants, pour solliciter sa bénédiction et s’abreuver de ses paroles inspirées. Reçu à Arles comme le digne successeur des apôtres, il fut l’hôte de son ami saint Hilaire [5 mai], qui était souvent venu lui rendre visite pour traiter avec lui des affaires ecclésiastiques de la Gaule. Le préfet Auxiliaris, subjugué par le saint, lui montra une particulière déférence, et à la suite de la guérison de sa femme, depuis longtemps minée par une fièvre, il lui accorda de bon gré l’exonération fiscale qu’il réclamait pour les habitants d’Auxerre et le couvrit de cadeaux. Après une nouvelle mission en Angleterre (440), pour lutter contre une résurgence de l’hérésie pélagienne, saint Germain rentra à Auxerre, où arriva bientôt une délégation venue d’Armorique (Bretagne) sollicitant son aide, car le patrice Aetius, qui gouvernait l’Empire, avait demandé au farouche Goar, roi des Alains — les barbares fédérés qu’on avait installés dans l’Orléanais — de châtier dans un bain de sang leur rébellion. Se mettant en route en grande hâte, le vieil évêque se rendit au devant de Goar. Il lui adressa d’abord une supplique par l’entremise d’un interprète et, comme ce dernier voulait le repousser, Germain saisit la bride de son cheval, arrêtant ainsi le chef et toute son armée qui se pressait derrière lui. Au lieu de s’irriter, Goar fut saisi d’admiration, il écouta sa requête et ordonna à ses troupes de se retirer. Germain dut néanmoins se mettre immédiatement en route pour Ravenne, capitale de l’Empire d’Occident, afin d’obtenir de l’empereur Valentinien III et du patrice Aetius la confirmation de cette grâce provisoirement accordée par Goar. Faisant halte à Alésia, chez son ami le prêtre Sénator, il guérit une jeune fille muette, puis il fit de touchants adieux à son ami, sachant qu’il ne reviendrait pas vivant de ce voyage. Il franchit les Alpes en transportant sur son dos le fardeau d’un voyageur, boiteux et âgé, qu’il avait rencontré, puis il prit l’homme sur ses épaules pour lui faire passer un ravin. Répandant aumônes et actions d’éclats sur son passage, le saint parvint à Ravenne où, sa glorieuse réputation l’ayant précédé, il fut accueilli avec honneurs par l’évêque, saint Pierre Chrysologue . L’impératrice Galla Placidia lui fit parvenir un grand vase d’argent, plein de mets raffinés que Germain partagea entre ses serviteurs. Il garda le vase pour en distribuer le prix aux pauvres et renvoya à la souveraine un petit plat de bois contenant un pain d’orge, qui accomplit par la suite de nombreuses guérisons. Passant un jour devant une prison remplie de condamnés à mort, le saint, pris de pitié, se prosterna à terre et invoqua le Seigneur. Les verrous et les barres de fer se brisèrent aussitôt, et les prisonniers sortirent en brandissant leurs chaînes et entrèrent en liesse dans l’église pour rendre grâces à Dieu. Les guérisons accomplies par saint Germain laissaient toute la ville dans l’admiration, et il aurait certainement obtenu de l’empereur l’amnistie générale pour l’Armorique si une nouvelle insurrection n’avait provoqué la colère du souverain et rendu inutile la démarche du saint évêque. Peu après, saint Germain révéla aux six évêques qui s’entretenaient avec lui après l’office du matin, que le Seigneur lui était apparu durant la nuit pour lui annoncer son prochain départ pour sa véritable « Patrie ». Il tomba malade et, à l’impératrice qui était venue à son chevet, il demanda que son corps fût rendu à Auxerre. Pendant sept jours, la foule se pressa dans sa demeure pour recevoir sa dernière bénédiction, et le septième jour, son âme bienheureuse fut transférée aux cieux (31 juillet 448). L’empereur, l’évêque et les dignitaires se partagèrent ce qui lui avait appartenu, et un immense cortège, dont la multitude des flambeaux dérobait au soleil son éclat, se forma pour escorter son corps vénérable jusqu’en Gaule. Parvenu à Auxerre le 22 septembre, il fut enseveli dans la basilique située hors des murs, qui prit ensuite le nom du saint. Le culte de saint Germain se répandit largement en Gaule et en Grande-Bretagne, où un grand nombre d’églises et de villages portent aujourd’hui encore son nom.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de la Croix, ton 1

Sauve ton peuple, Seigneur, et bénis ton héritage, accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis et sauvegarde par ta Croix les nations qui t’appartiennent.

Tropaire de saint Eudocime, ton 4

Celui qui de terre t’appela vers les éternelles demeures du ciel conserve, même après la mort, sans dommage ton corps, puisqu’en ta chaste et sainte vie tu as gardé sans souillure ta chair. Eudocime, saint et bienheureux, par le crédit que tu possèdes auprès de Dieu, intercède pour notre salut.

 

Tropaire de saint Germain d’Auxerre, ton 3

Saint évêque Germain, notre protecteur, honneur et consolation de l’Église des Gaules, tu as quitté la gloire et les richesses, pour suivre avec humilité le Christ notre Dieu. Tu as combattu les hérésies et fait triompher la vraie foi. Ô Père des Auxerrois, refuge des malheureux, prie le Christ de nous affermir dans Sa miséricorde !

 

Kondakion de la Croix, ton 2

Comme lampe divine éclairant jusqu’à ses confins l’univers, doit sortir en procession la Croix du Christ, par laquelle la vie nous fut donnée; fidèles, à sa rencontre avançons-nous et par sa grâce nous serons protégés, car celui qui sur elle fut cloué accorde à tous les hommes la grande miséricorde.

Kondakion de saint Eudocime, ton 2

Désireux des biens suprêmes, tu t’es uni aux êtres d’en-haut et tu fis de ton âme un char de feu par la divine progression de tes vertus, bienheureux et juste Eudocime; comme un ange sur terre ayant vécu, tu devins agréable au Créateur de l’univers.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVIII, 1-11)
En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

18 juillet (ancien calendrier) / 31 juillet (nouveau)

18 juillet (ancien calendrier) / 31 juillet (nouveau)

Saint Émilien de Durostorum en Scythie, martyr (363) ; saint Hyacinthe de Paphlagonie, martyr (IVème s.) ; saint Pambo, ermite au désert de Nitrie (IVème s.) saint Arnoul, évêque de Metz (641) ; saint Gonéry, ermite en Bretagne (VIème s.) ; saint Arnoul, martyr dans les Yvelines (VIème s.) ; saint Jean le grand souffrant des grottes de Kiev (1160) ; saint Pambo des Grottes de Kiev (XIIIème s.).

Saint Émilien de Durostorum[1]

Quand Julien l’Apostat s’empara du pouvoir impérial (361), ne comptant pour rien les bienfaits reçus de saint Constantin le Grand ainsi que son éducation chrétienne, il bouleversa l’ordre public par sa tyrannie et injuria Dieu en s’employant à restaurer par tous les moyens le paganisme. Il envoya des fonctionnaires acquis à sa cause dans diverses provinces, pour contraindre la population à se soumettre. Capitolin, vicaire de Thrace, se rendit dans ce but à Durostorum  capitale de la Scythie. Aussitôt assis au tribunal, il proféra des menaces de mort, non seulement envers les chrétiens mais encore à l’égard de ceux qui auraient évité de les dénoncer. Les assistants effrayés s’écrièrent qu’il n’y avait aucun chrétien dans leur cité et que tous les habitants sacrifiaient aux dieux de l’empereur. Satisfait et plein de joie, Capitolin prit alors part à un grand banquet organisé en son honneur.

Alors que tous se réjouissaient bruyamment, un jeune et noble chrétien, Émilien, ne supportant pas davantage l’offense faite au vrai Dieu et avide de remporter les trophées du martyre, s’introduisit dans le temple, armé d’un marteau. Il brisa toutes les idoles, renversa les candélabres et les autels sur lesquels étaient déposées les offrandes, et répandit à terre le vin des libations, puis il se retira, sans avoir été remarqué. Quand des serviteurs vinrent avertir Capitolin, celui-ci entra dans une grande fureur et ordonna de perquisitionner pour retrouver à tout prix le coupable. Les soldats n’ayant trouvé personne, et craignant de se présenter bredouilles devant le tyran, s’emparèrent d’un paysan qui rentrait des champs et le traînèrent au prétoire en le frappant de verges. Témoin de ce spectacle et ne pouvant souffrir qu’un innocent fût châtié à sa place, Émilien alla se livrer, clamant à haute voix qu’il était le coupable. D’abord surpris et hésitants, les soldats l’emmenèrent à Capitolin. Le visage renfrogné et les yeux injectés de sang, le magistrat lui demanda de décliner son identité et de révéler qui l’avait poussé à commettre un tel acte. Après avoir déclaré qu’il était à la fois libre et esclave : esclave de Dieu et libre à l’égard des idoles, Émilien ajouta : « C’est l’amour de Dieu et le zèle que j’éprouve pour le Christ, ainsi que la répugnance que me procure la vision de ces statues inertes, qui m’ont convaincu et m’ont donné la force de détruire ce qui est une honte pour le genre humain. Car rien n’est plus dégradant pour nous qui avons été créés doués de raison, que d’adorer des êtres sans raison et de nous prosterner devant l’œuvre de nos mains en rejetant l’honneur dû à notre seul Dieu et Créateur. » « Trêve de rhétorique ! C’est donc toi qui as commis ce sacrilège ? » demanda le magistrat. Émilien répondit qu’il était fier de cette action, comme la plus noble et la plus pieuse de sa vie. Capitolin ordonna de le dépouiller de ses vêtements et de le fustiger violemment, après l’avoir étendu à terre ; et comme le saint continuait à se moquer du culte païen, il le fit retourner et frapper sur la poitrine. Apprenant par la suite de l’interrogatoire qu’Émilien était fils du préfet de la ville, Sabbatios, Capitolin déclara que sa noblesse ne lui donnait aucune excuse et ne lui épargnerait pas le châtiment. Le saint refusa d’ailleurs d’être innocenté ou qu’on avançât quelque circonstance atténuante pour le défendre, mais il réclama au contraire d’être châtié avec toute la sévérité possible, afin de ne pas être privé de la couronne de gloire. Au comble de la fureur, Capitolin le condamna alors à périr par le feu et imposa à son père, coupable de négligence, une lourde amende en or. Les soldats s’emparèrent aussitôt du saint et le conduisirent en dehors de la ville, sur les rives du Danube, où un bûcher avait été préalablement allumé. Dès qu’il y fut jeté, les flammes s’écartèrent de son corps et se retournèrent contre les bourreaux, qui périrent calcinés, tandis que saint Émilien chantait les louanges de Dieu comme les Jeunes Gens dans la fournaise de Babylone. Il fit son signe de croix et, après avoir recommandé son âme à Dieu, s’endormit paisiblement pour être reçu dans l’assemblée des vaillants athlètes de la piété (18 juillet 362). La femme de Capitolin, qui était chrétienne en secret, réussit à obtenir de son mari le corps du saint martyr et elle le céda à de pieux chrétiens qui allèrent l’ensevelir à Gizidina, à trois stades de Durostorum.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Émilien, ton 4

Toi qui t’es offert au Seigneur par le feu en totale oblation et sacrifice parfait, sous une pluie de grâces à présent tu combles d’allégresse nos cœurs; car, à ton âme épargnant le feu de l’au-delà, tu supportas comme brise la combustion; sans cesse garde-nous, illustre martyr Émilien.

Kondakion du saint martyr Émilien, ton 3 :

Enflammé-de zèle pour Dieu, tu n’as pas craint le feu qui le servait comme toi, mais, impavide y pénétrant, dans l’ardente flamme tu fus entièrement consumé et comme sacrifice t’offris au Seigneur; illustre martyr Emilien, prie ,1e Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

Évangile DU JOUR

(Matth. XVIII, 1-11)
En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive! Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

30 juillet

30 juillet

Saints Silas, Sylvain, Crescent, Epénète et Andronique, apôtres (Ier s.) ; saints hiéromartyr Polychronios, évêque de Babylone en Mésopotamie, hiéromartyrs prêtres Parmenios, Elimas et Chrysotelos, et les diacres Luc et Mocios, et martyrs Maxime et Olympios (251) ; saints Abdon et Sennen, nobles persans, martyrs à Rome (vers 275) ; saint Ours, évêque d’Auxerre (508) ; saint Sylvain d’Anjou (VIème s.) ; sainte Angéline de Serbie (XVIème s.) ; saint hiéromartyr Jean Plotnikov, diacre (1918) ; saint Anatole d’Optino (1922).

Saints Silas, Sylvain, Crescent, Epénète et Andronique, apôtres [1]

Ces saints apôtres faisaient partie du collège des Soixante-Dix Disciples [4 janv.]. Notable de l’Église de Jérusalem, se distinguant pour son don prophétique, saint Silas fut envoyé avec saints Paul et Barnabé pour confirmer les chrétiens d’Antioche (Act 15, 22, 27, 32). Quand Paul entreprit son second voyage missionnaire (50-52), il prit Silas pour compagnon (Act 15, 40). Ils parcoururent ensemble la Syrie, la Cilicie, la Lycaonie, la Phrygie, la Galatie et la Mésie, avant d’arriver à Troas. Passant de là en Macédoine, Silas fut traîné devant le tribunal et emprisonné avec Paul ; mais quand on apprit qu’ils étaient tous deux citoyens romains, on les libéra en leur faisant des excuses (16, 37). Ils allèrent ensuite annoncer la Bonne Nouvelle à Thessalonique et à Bérée, où Silas demeura avec saint Timothée, pour affermir dans la foi les nouveaux convertis, tandis que Paul poursuivait son voyage vers Athènes. Ils se retrouvèrent tous les trois à Corinthe, où ils prêchèrent le Christ Jésus, Fils de Dieu (2 Cor 1, 19). La tradition ecclésiastique rapporte qu’il devint évêque de Corinthe, où il s’employa à faire appliquer les prescriptions contenues dans les lettres envoyées par saint Paul pour corriger les Corinthiens et les édifier dans la charité. Ayant ainsi beaucoup peiné dans sa charge, il partit en paix vers le Seigneur.

Saint Silvain  devint, dit-on, évêque de Thessalonique. Il affronta de nombreux et continuels dangers pour préserver la foi, car les habitants de Thessalonique étaient habiles dans les sophismes et les contorsions du langage. Après avoir mené le Bon Combat, il s’endormit en paix. Le saint apôtre Épénète est mentionné par saint Paul comme prémices de l’Asie (Rm 16, 5), c’est-à-dire de la région d’Éphèse. La tradition ecclésiastique rapporte cependant qu’il devint ensuite évêque de Carthage  et qu’il subit de nombreuses épreuves et tribulations de la part des païens habitant cette région. Sa patience et sa parole de feu réussirent toutefois à en amener un grand nombre à la connaissance de la vérité, et il remit en paix son âme à Dieu après avoir dignement rempli sa mission. Saint Crescens était lui aussi disciple de saint Paul, et il se trouve mentionné par lui comme étant envoyé en Galatie (2 Tim 4, 10). Il devint, dit-on, évêque de Chalcédoine, et montra la lumière de la Vérité à un grand nombre de païens plongés dans les ténèbres. Après avoir condamné le péché dans sa propre chair et avoir délivré quantité d’âmes de la perdition en leur enseignant la foi et la conduite évangélique, il s’endormit à son tour dans le Seigneur.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 7ème ton

Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron,  Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité,  Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde.

 Tropaire des saints apôtres, ton 4

Les divins Apôtres ayant comme cieux faient resplendir la gloire de celui qui sur terre s’est réduit à néant, d’une même voix chantons-les: c’est, avec Epénète et Crescent, Silas, Andronique et Silvain; auprès du Christ ils intercèdent pour notre salut.

Kondakion des saints apôtres, ton 4

De cette vigne qu’est le Christ vous êtes devenus les sarments, sages disciples qui portiez comme raisins les vertus, et vous avez distillé le vin du salut, dont nous avons bu, comblés de joie, nous qui fêtons votre mémoire sacrée; en ce jour, pour la rémission de nos péchés intercédez, saints Apôtres du Seigneur.

 

Kondakion du dimanche, 7ème ton

Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIV, 14-22)
Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, et fut ému de compassion pour elle, et il guérit les malades. Le soir étant venu, les disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages, pour s’acheter des vivres. Jésus leur répondit: Ils n’ont pas besoin de s’en aller; donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. Et il dit: Apportez-les-moi. Il fit asseoir la foule sur l’herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants. Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait la foule.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

29 juillet

29 juillet

Saint Callinique, martyr à Gangres (IIIème-IVème s.) ; sainte Séraphine d’Antioche (IIème s.) ; sainte Théodotie, martyre avec ses trois enfants (vers 304) ; saint Jean le soldat, martyr (IVème siècle) ; saint Prosper, évêque d’Orléans (463) ; saint Loup, évêque de Troyes (478) ; saint Eustathe le Perse, martyr à Tiflis (589) ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saints Côme et Constantin, ermites dans la région de Novgorod (XIIIème s.) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Séraphim Bogoslovsky et Théognoste Pivovarov (1921), moine Anatole Smirnov (après 1930) ; Alexis Krasnovsky, prêtre, et moine Pacôme Roussine (1938).

SAINT LOUP DE TROYES [1]

Né vers 383 à Toul, au sein d’une noble famille gallo-romaine, saint Loup (Lupus, Leu) reçut une bonne éducation dans les Lettres classiques. Il épousa Piméniole, sœur de saint Hilaire d’Arles [5 mai] et parente de saint Honorat [16 janv.]. Après six ans de vie commune, ils se séparèrent pour se consacrer à Dieu : Piméniole prit le voile et Loup, attiré par la renommée de saint Honorat, entra au monastère de Lérins. Au bout d’un an, alors qu’il avait entrepris un voyage à Mâcon pour disposer de ses biens, il fut élu évêque de Troyes (426). Restant cependant fidèle à ses engagements monastiques, il continua sa vie ascétique tout en assumant ses devoirs pastoraux : il couchait sur la dure, portait le cilice, ne mangeait et ne dormait qu’un jour sur deux, mais montrait une charité indéfectible envers les pauvres et les prisonniers. En 429, à la demande du pape Célestin et des évêques de Gaule réunis en Concile, il accompagna saint Germain d’Auxerre [31 juil.] en Grande-Bretagne, pour y lutter contre les hérétiques pélagiens qui prétendaient se passer de la grâce divine. De retour à Troyes après avoir ramené de nombreuses âmes à la vraie foi, tant par ses miracles que par ses paroles inspirées, il reprit sa tâche avec une paternelle sollicitude. Lors de l’invasion des Huns (451), alors que la ville de Troyes, sans garnison et dépourvue de fortifications, se trouvait à la merci des envahisseurs, le saint évêque exhorta la population à élever ses prières avec un esprit contrit et redoubla lui-même ses austérités. Puis, revêtu de ses ornements pontificaux et escorté de son clergé, il se rendit auprès d’Attila et sut si bien lui imposer le respect par son allure majestueuse, que le tyran arrêta ses hommes qui s’étaient précipités sur les clercs sans défense. Loup lui dit : « Si tu es, comme tu le prétends, le “Fléau de Dieu”, châtie-nous autant que la main qui te conduit te le permettra. » Ces paroles touchèrent le cœur du barbare, et il épargna la ville. Après sa défaite, Attila repassa par Troyes et emmena le saint évêque en otage jusqu’au Rhin ; mais il ne tarda pas à le relâcher, en se recommandant à ses prières. À son retour, saint Loup, ayant été soupçonné par certains d’intelligence avec les Huns, se retira pendant deux ans sur le mont Lassois, à une soixantaine de kilomètres de Troyes, puis à Mâcon, où il accomplit des guérisons éclatantes, qui le rendirent si célèbre que le roi des Alamans lui accorda la libération des prisonniers qu’il détenait. Regagnant alors Troyes, il s’employa à réparer les dommages, matériels et spirituels, que l’invasion barbare avait causés dans la population de la ville et des campagnes environnantes. Plusieurs de ses disciples furent comptés au nombre des plus illustres évêques de ce temps. Saint Loup rendit en paix son âme à Dieu, le 29 juillet 479, au terme d’un épiscopat de cinquante-deux ans. Dans une des lettres qu’il lui écrivit, saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, le loue en ces termes  : « Vous êtes le Père des Pères, l’Évêque des évêques, le saint Jacques de votre siècle… Vos collègues, quand ils sont rassemblés, obtempèrent à ce que vous avez proposé et tremblent devant votre censure ; en face de votre gravité, même ceux qui sont âgés ont le sentiment d’être des enfants ; après vous être exercé dans les rudes exercices de la milice de Lérins et avoir passé neuf lustres sur le siège apostolique, l’armée spirituelle des saints de l’un et de l’autre ordre vous vénère comme l’un de ses chefs spirituels les plus renommés » .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire des saints martyrs, ton 4

Tes martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Animés de ta Force, ils ont terrassé les tyrans, et réduit à l’impuissance l’audace des démons. Par leurs prières, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

 

Tropaire de saint Loup, ton 4  

La justice de tes œuvres a fait de toi pour ton troupeau une règle de foi, un modèle de douceur, un maître de tempérance. C’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation et par ta pauvreté la richesse. Père et pontife saint Loup, prie le Christ notre de sauver nos âmes ! Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit !

 

Kondakion des saints martyrs, ton 4

Comme un astre géant sur le monde tu brillas, déployant les rayons de tes exploits et de tes miracles sur tous les fidèles chantant: Réjouis-toi, Callistrate, fameuse gloire des Martyrs.

Évangile DU JOUR

(Matth. XII, 30-37)

Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit. Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

16 juillet (ancien calendrier) / 29 juillet (nouveau)

16 juillet (ancien calendrier) / 29 juillet (nouveau)

Saint Athénogène, évêque de Pidachtoé, et ses dix disciples, martyrs à Sébaste (vers 311) ; saint martyr Domnin (IIIème s.) ; saint Paul, saintes Valentine et Chionie, martyrs (308) ; saint Antiochus, médecin, martyr en Cappadoce (IVème s.) ; sainte martyre Julie de Corse (440) ; saint Généroux, abbé en Poitou (VIème s.) ; saint martyr Hélier (VIème s.) ; mémoire des Pères des six premiers Conciles Œcuméniques. Saints nouveaux martyrs de Russie : Bienheureuse Matrone d’Anemniasevo, confesseur (1936), hiéromartyr Jacques, archevêques de Barnaoul et avec lui Pierre Gavrilov et Jean Mojirine, prêtres, Théodore Nikitine, moine (1937) ; Ardalion Ponomarev (1938).

 SAINT ATHÉNOGÈNE[1]

Alors que la persécution déclenchée par Dioclétien et continuée par Galère faisait rage dans tout l’Empire (vers 305), invitant les enfants à livrer leurs parents et répandant partout le sang et la terreur, le gouverneur Philémaque fit son entrée dans la ville de Sébaste, en Petite Arménie, précédé d’un cortège de prêtres païens et de joueurs de flûtes et de cymbales. Aussitôt installé à son tribunal, un héraut proclama que toute la population devait se présenter pour sacrifier aux dieux de l’empereur. Mais la foule répondit d’une seule voix : « Nous sommes chrétiens, et nous ne sacrifierons pas aux idoles ! » Un grand massacre s’en suivit, présentant à Dieu une cohorte de valeureux martyrs. Un certain Nicolas rapporta alors au gouverneur que le chorévêque  Athénogène, qui demeurait dans un monastère à Pidachtoé , encourageait la population à résister aux édits de l’empereur. Un détachement de soldats fut envoyé au monastère et n’y trouvant pas le saint, ils arrêtèrent ses dix disciples , qu’ils emmenèrent à Sébaste chargés d’entraves. Le gouverneur les fit jeter en prison et ordonna de retrouver leur maître. En revenant au monastère, le lendemain, saint Athénogène chercha partout ses disciples et, avec larmes, il éleva une prière vers Dieu. La biche qui avait été élevée depuis sa naissance au monastère, s’approcha alors du saint, lui baisa les pieds et prenant une voix humaine elle lui révéla qu’ils avaient été arrêtés par les soldats et emmenés à Sébaste pour y être martyrisés. Le saint bénit l’animal et s’empressa de se rendre en ville. Parvenu devant le tribunal, il cria au tyran qu’il allait attirer sur lui-même la colère divine pour toutes les épreuves qu’il infligeait aux chrétiens. Aussitôt mis en prison, Athénogène retrouva avec joie ses disciples et les encouragea à persévérer jusqu’au terme du combat, afin de prendre place au festin auquel le Christ les avait conviés. Le lendemain, ils comparurent devant Philémaque qui leur promit de les livrer à d’horribles supplices, comme les autres chrétiens qui les avaient précédés, s’ils refusaient de sacrifier. Le saint évêque répondit que ces bienheureux martyrs dansaient maintenant avec les anges, et qu’ils n’avaient qu’un désir : les rejoindre. Le gouverneur fit étendre les disciples du saint sur le chevalet et ordonna à ses hommes de leur lacérer les flancs. Comme ils restaient inflexibles et invectivaient le tyran sous la torture, ils furent décapités et gagnèrent ainsi le Paradis. On fit approcher Athénogène, et Philémaque lui dit : « Où est ton Christ ? Pourquoi n’est-il pas venu délivrer tes compagnons ? » Le saint fut à son tour exposé sur le chevalet et frappé sur les côtes. Sous les coups, il criait : « C’est en toi, Seigneur, que j’ai mis mon espérance. Sauve-moi dans ta miséricorde. » Une voix se fit alors entendre des cieux : « Prends courage, mon élu, et ne crains pas, car Je suis avec toi pour te garder. » Comme les bourreaux restaient paralysés, Philippe, le conseiller du gouverneur, s’écria : « Je t’avais bien dit que c’est un mage. Débarrasse-nous rapidement de lui ! » Philémaque prononça la sentence de mort, mais à la requête du saint, il consentit que l’exécution ait lieu dans son monastère. Dès que le cortège parvint en vue du monastère, la biche accourut pour se prosterner aux pieds du saint. Athénogène lui dit : « Tu as été privée des frères et bientôt tu le seras de celui qui t’a élevée. Que Dieu accorde à ta progéniture de ne jamais tomber sous les traits des chasseurs, à la condition toutefois que tu offres chaque année un de tes faons, pour être offert en sacrifice le jour de notre mémoire. » Et il la renvoya en paix en la bénissant. Il adressa ensuite une prière à Dieu en faveur de ceux qui célébreront sa mémoire et, après avoir reçu d’en haut la réponse à sa requête, il inclina la nuque sous le glaive pour aller rejoindre ses disciples dans la joie du Banquet céleste. Le vœu du saint fut exaucé et par la suite, chaque année quand on célébrait sa mémoire, au moment de la lecture de l’évangile à la Liturgie, une biche entrait dans l’église portant un faon qu’elle déposait au pied de l’autel. Les chrétiens immolaient ensuite l’animal et le mangeaient à la gloire de Dieu, et en l’honneur de saint Athénogène.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des Pères, ton 8

Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux et grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi: Dieu de miséricorde, Seigneur, gloire à toi.

Kondakion des Pères, ton 8

Le message des Apôtres et l’enseignement des Pères saints pour l’Eglise affermissent l’unité de la foi: portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et glorifie le grand mystère de la foi.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XII, 30-37)
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit. Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

28 juillet

28 juillet

Jour de jeûne

Saints Prochore, Nicanor, Timon et Parménas, diacres, apôtres (Ier s.) ; saint Julien, martyr en Campanie (Iième s.) ; saint Eustache, martyr à Ancyre (vers 316) ; saint Acace, martyr en Syrie (vers 320) ; saint Pérégrin, prêtre à Lyon (IIème s.) ; saint Camélien, évêque de Troyes (536) ;  saint Leubace, abbé de Sennevrières (540) ; saint Samson évêque de Dol en Bretagne (565) ; sainte Irène de Cappadoce, qui pratiqua l’ascèse au monastère de Chrysovalanton (IXème siècle) ; saint Paul de Xiropotamou, moine, fondateur de monastères au Mont-Athos (Xème s.) ; saint Moïse, thaumaturge des Grottes de Kiev (XIIIème-XIVème s.)  saint Pitrim, évêque de Tambov (1698) ; saint néomartyr David d’Alep (1660) ; saint néomartyr Christodule de Cassandra (1777) ; saints néomartyrs de Russie : Nicolas Ponomarev, diacre (1918) ; moine Basile Erekaev, moniales Anastasie Kamaïev et Hélène Astachine, Arètha Eremkine, Jean Lomakine, Jean Selmanov, Jean Milechime et martyre Maure Moïseev (1937).

 

Saints Prochore, Nicanor, Timon et Parménas, diacres, apôtres [1]

Ces saints étaient disciples des Douze Apôtres, et furent comptés au nombre des Soixante-Dix Disciples [4 janv.]. Comme le rapporte saint Luc dans les Actes des Apôtres (6, 5) : hommes de bonne réputation et remplis de l’esprit de sagesse, ils furent choisis comme diacres, avec saint Étienne [27 déc.], pour assurer le service matériel de la communauté apostolique. Lorsqu’ils cessèrent de servir les veuves et les pauvres de Jérusalem, Prochore partit pour proclamer la Bonne Nouvelle, en se mettant au service du Disciple bien-aimé, saint Jean le Théologien. C’est à lui que saint Jean dicta son Évangile, ses Lettres et l’Apocalypse, et ils subirent ensemble toutes sortes d’épreuves et de tribulations pour le Nom du Christ [26 sept.]. Après le départ de saint Jean pour le ciel, Prochore devint, dit-on, évêque de Nicomédie. Il se chargea là de corriger les habitants qui étaient esclaves de leurs passions. Avec persévérance et douceur, il leur enseignait à ne pas soumettre le supérieur à l’inférieur, c’est-à-dire l’âme au corps, mais au contraire à gouverner le corps par l’usage de la droite raison et par le jugement sain de l’âme purifiée par le repentir. C’est dans cette tâche que le bienheureux termina sa vie terrestre et alla rejoindre saint Jean dans l’assemblée des Premiers-nés. Saint Nicanor, lui, remit son âme à Dieu le jour même où son compagnon dans le diaconat, saint Étienne, était lapidé par les Juifs. Il convenait en effet que ces deux bienheureux, unis par l’amour du Christ, trouvent leur repos le même jour. Saint Parménas assura toute sa vie le service des Apôtres, et devint ainsi agréable au Christ et à ses saints. Il remit son âme à Dieu, à la suite d’une maladie, et fut enterré par les Apôtres. Saint Timon subvenait également aux besoins des Apôtres, en compagnie de saint Étienne. Il fut ensuite consacré évêque de Bostra en Arabie . Il y mena un combat surhumain pour la prédication de la Bonne Nouvelle et amena un grand nombre de païens à la foi. Certains barbares, rendus furieux par ses succès, s’emparèrent de lui, le flagellèrent et le firent périr par le feu.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Apôtres, ton 4

Pour accompagner les Apôtres du Christ et servir la sainte assemblée vous fûtes choisis par suffrage divin: Prochore, Parménas, Nicanor et Timon, priez le Seigneur de nous accorder le pardon.

 Kondakion des saints Apôtres, ton 1

Avec foi vous vous êtes montrés de saints diacres, les témoins du Verbe, ses vases d’élection, Prochore, Nicanor, Parménas et Timon; c’est pourquoi nous fêtons en ce jour votre mémoire sacrée, dans l’allégresse du cœur vous disant bienheureux.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVII, 10-18)
Les disciples lui firent cette question: Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir premièrement? Il répondit: Il est vrai qu’Élie doit venir, et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, qu’ils ne l’ont pas reconnu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l’homme souffrira de leur part. Les disciples comprirent alors qu’il leur parlait de Jean Baptiste. Lorsqu’ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter à genoux devant Jésus, et dit: Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement; il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir. Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. Jésus parla sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

15 juillet (ancien calendrier) / 28 juillet (nouveau)

15 juillet (ancien calendrier) / 28 juillet (nouveau)

Jour de jeûne

Sainte Julitte et son fils saint Cyrique, martyrs à Tarse (vers 305) ; saint Abudème, martyr en l’île de Tenedos (IVème s.) ; sainte Aprone (ou Evronie), vierge à Toul (420); saint Evrard (VIIIème s.) ; saint Vladimir, grand-prince de Kiev, égal aux apôtres, baptisé Basile (1015) ;  saint hiéromartyre Pierre Troïtsky, diacre (1938).

 

SAINTS MARTYRS CYRIQUE ET JULITTE[1]

Sainte Julitte était issue de la haute noblesse d’Iconium, mais elle avait acquis la véritable noblesse, celle que procure l’Esprit Saint, en se faisant baptiser. Devenue veuve, elle renonça à de secondes noces pour vivre dans la piété et les œuvres agréables à Dieu, avec son fils de trois ans, Cyrique (Cyr). Quand Dométien, gouverneur de Lycaonie, commença d’appliquer avec rage les édits de persécution générale des chrétiens émis par Dioclétien (304), elle chercha refuge à Séleucie, préférant renoncer à tous ses biens et assumer les peines d’un âpre exil, plutôt que de renier le Christ. Mais elle trouva dans cette ville une agitation plus grande encore, car l’envoyé de l’empereur, Alexandre, y faisait régner la terreur en torturant et mettant à mort sans merci tous ceux qui ne se soumettaient pas aux édits. Laissant donc place à la colère, elle partit pour Tarse, en Cilicie, avec son fils et deux servantes. Elle y retrouva cependant le tyran, qui l’avait devancée et y accomplissait sa triste besogne. Informé de la présence de cette noble réfugiée, Alexandre la fit arrêter et présenter à son tribunal, avec son enfant dans les bras. Les servantes purent s’échapper et suivirent en cachette la suite des événements. Interrogée sur son identité, Julitte répondit simplement : « Je suis chrétienne ! » Le gouverneur agacé la fit mettre à la torture. Les bourreaux l’attachèrent et la frappèrent à coups de nerfs de bœuf, tandis que d’autres, lui ayant enlevé son nourrisson tout en pleurs, le présentaient au gouverneur. Alexandre le prit dans ses bras et, le posant sur ses genoux, il lui caressa la tête et essaya de l’embrasser, en lui disant d’un ton doucereux : « Laisse donc cette sorcière, et viens vers moi, ton père. Je ferai de toi mon fils et l’héritier de toutes mes richesses, et tu mèneras une vie douce et sans souci. » Frêle enfant en apparence mais possédant en réalité la sagesse d’un vieillard, Cyrique se détourna pour regarder sa mère qui était dans les tourments, et il repoussa les avances du tyran en le frappant de ses petits poings et en le griffant. Il s’écria : « Moi aussi je suis chrétien ! » et frappa d’un coup de pied les côtes du tyran qui poussa un cri de douleur. Changeant alors sa feinte tendresse en fureur, Alexandre attrapa l’enfant par le pied et le jeta violemment sur les marches de l’escalier en pierre qui menait à sa tribune. Le saint enfant eut le crâne fracassé et rendit aussitôt son âme à Dieu, sanctifiant la terre par son sang et remportant au Ciel la couronne des valeureux athlètes de la piété.

Sainte Julitte fut alors emplie d’une joie divine et remercia le Seigneur d’avoir ainsi ouvert à son fils les portes de la gloire éternelle. Présentée devant le gouverneur, qui ne s’était pas apaisé, elle déclara qu’aucun supplice ne parviendrait à vaincre son amour de Dieu, et que les tourments lui permettraient au contraire de rejoindre son cher enfant. Alexandre donna ordre de l’étendre sur le chevalet, de lui labourer les chairs avec des ongles de fer, puis de lui verser de la poix bouillante sur les membres. Malgré la souffrance, elle continuait de confesser sa foi en la Sainte Trinité et ajouta : « Je m’empresse de rejoindre mon fils, pour jouir avec lui du Royaume des cieux ! » Constatant qu’il n’arriverait à rien, Alexandre ordonna de la décapiter. Quand la sainte parvint au lieu du supplice, un peu en dehors de la ville, elle demanda à ses bourreaux un instant de répit pour prier. Tombant à genoux, elle remercia le Seigneur de l’avoir jugée digne d’entrer dans sa chambre nuptiale avec les vierges sages. À peine avait-elle prononcé l’Amen, que le bourreau brandit son glaive et lui trancha la tête. Son corps et celui de saint Cyrique furent jetés dans la fosse réservée aux condamnés de droit commun. La nuit suivante, les deux servantes de sainte Julitte vinrent enlever les précieuses reliques et allèrent les ensevelir dans une grotte de la région.  Quand la lumière de la piété put resplendir librement, sous le règne de saint Constantin, l’une de ces femmes, qui avait survécu, révéla la cachette, et dès lors des foules de fidèles se précipitèrent pour s’approprier des fragments de ces précieuses reliques qui accomplissaient de nombreuses guérisons .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Cyrique et Julitte, ton 4

Julitte, la splendide martyre du Christ avec Cyrique, son agneau de trois ans, a brillamment comparu devant le tribunal qui les jugeait; fièrement ils ont proclamé leur nom de chrétiens, sans craindre les menaces des tyrans; et, couronnés dans le ciel, ils jubilent en présence du Christ.

Tropaire de saint Vladimir, ton 4

Tu ressemblas à ce marchand qui recherchait la perle de grand prix, illustre souverain Vladimir, toi qui siégeais sur le trône élevé de Kiev, la métropole gardée de Dieu; ayant envoyé des prospecteurs à l’impériale cité pour l’informer sur la vraie foi, tu as trouvé le Christ, cette perle sans prix, qui tel un autre Paul te choisit et secoua dans les fonts baptismaux la cécité de ton âme et de tes yeux; c’est pourquoi nous te prions d’intercéder pour ton peuple et pour nous tous qui fêtons en ce jour ta sainte dormition.

Kondakion des saints martyrs Cyrique et Julitte, ton 4

Portant Cyrique dans ses bras, Julitte, la martyre du Christ, sur le stade virilement avec allégresse proclamait: C’est toi, Seigneur, qui donnes force aux martyrs.

Kondakion de saint Vladimir, ton 8

Tu ressemblas au grand apôtre Paul en ta vieillesse, illustre Vladimir, toi qui, rejetant le culte des idoles comme puériles imaginations, en adulte revêtis le royal ornement du baptême divin; maintenant que tu exultes en présence du Christ Sauveur, intercède pour les fils de la sainte Russie.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVII, 10-18)
Les disciples lui firent cette question: Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’Élie doit venir premièrement? Il répondit: Il est vrai qu’Élie doit venir, et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, qu’ils ne l’ont pas reconnu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l’homme souffrira de leur part. Les disciples comprirent alors qu’il leur parlait de Jean Baptiste. Lorsqu’ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se jeter à genoux devant Jésus, et dit: Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique, et qui souffre cruellement; il tombe souvent dans le feu, et souvent dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir. Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? Jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. Jésus parla sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

27 juillet

27 juillet

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305) ; sainte Anthuse, martyrisée pour les saintes Icônes avec 90 moniales en Paphlagonie (VIIIème s.) ; saint Désiré, évêque de Besançon (414) ; saint Ours, évêque de Troyes (vers 426) ; saint Éthère, évêque d’Auxerre (571) ; saints Ours et Leubais, ermites et abbés en Touraine (VIème s.) ; saint Clément, évêque d’Ohrid, diciple de saint Naum (vers 893) ; saint Clément, égal-aux-apôtres, évêque d’Ohrid (916) ; saint Nahum, Sabbas, Gorazd et Angelar, disciples de saints Cyrille et Méthode (Xème s.) ; saint Nicolas, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Joasaph, métropolite de Moscou (1555) ; saint Germain de l’Alaska (1837) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ambroise, évêque de Sarapoul, Platon Gornykh et Pantéléimon Bogoyavlensky, prêtres (1918) ; Jean Soloviev, prêtre (1941).

 

SAINT PANTÉLÉIMON[1]

Le saint et glorieux martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d’un sénateur païen, Eustorgios, et d’une chrétienne, Euboulée, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l’art médical, au point que l’empereur Maximien Galère, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel. Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché saint Hermolaos [26 juil.], le saint prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l’invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu’un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement. Le cœur exultant de joie à l’audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi. Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d’éprouver la vérité des promesses d’Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l’enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le saint baptême. Il resta ensuite auprès du saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu’il était resté au palais, occupé par la guérison d’un homme proche de l’empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n’en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu’il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l’aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l’homme retrouva l’usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l’âme, car il reconnut que le Christ l’avait guéri. Il fut baptisé par saint Hermolaos, en compagnie d’Eustorgios, qui s’endormit en paix peu après.

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s’adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies . Les autres médecins de Nicomédie se mirent à nourrir à son égard des sentiments de jalousie, et comme il avait soigné un chrétien qui venait d’être torturé par ordre de l’empereur, ils saisirent l’occasion pour aller le dénoncer à Maximien. Ayant écouté avec tristesse leur plainte contre son protégé, l’empereur fit convoquer l’ex-aveugle et l’interrogea sur le moyen qu’avait employé Pantoléon pour lui rendre la vue. Tel l’aveugle-né de l’Évangile, l’homme répondit avec simplicité qu’il l’avait guéri en invoquant le Nom du Christ et que ce miracle lui avait procuré la vraie lumière, celle de la foi. Furieux, l’empereur le fit aussitôt décapiter et envoya ses hommes quérir Pantoléon. Lorsque le saint fut devant lui, il lui reprocha d’avoir trahi sa confiance, et l’accusa de faire injure à Asclépios et aux autres dieux par sa foi au Christ, un homme qui était mort crucifié. Le saint lui répondit que la foi et la piété envers le vrai Dieu sont supérieures à toutes les richesses et à tous les honneurs de ce monde de vanité, et pour appuyer ses dires il proposa à Maximien de le mettre à l’épreuve. On amena donc un paralytique, sur lequel les prêtres païens firent d’abord leurs incantations, saluées par les moqueries du saint. Leurs efforts étant restés sans effet, Pantoléon fit monter vers Dieu sa prière et prenant le paralytique par la main, il le releva au Nom du Christ. De nombreux païens, voyant l’homme marcher en exultant de joie, crurent alors au vrai Dieu, tandis que les prêtres païens pressaient l’empereur de mettre à mort ce dangereux rival. Comme Maximien lui rappelait les tortures infligées quelque temps auparavant à saint Anthime [3 sept.], Pantoléon répliqua que si un vieillard avait montré un tel courage, à plus forte raison, les jeunes devaient se montrer vaillants dans l’épreuve. Ni flatteries ni menaces ne pouvant le résoudre, le tyran le livra à la torture. Attaché à un poteau, on lui lacéra les flancs avec des ongles de fer, puis on lui passa des torches enflammées sur les plaies. Mais le Christ, apparaissant au saint martyr sous les traits de son père spirituel saint Hermolaos, lui dit : « Ne crains rien, mon enfant, car je suis avec toi, et je te porterai secours en tout ce que tu souffriras pour moi. » Aussitôt les torches s’éteignirent et les plaies du saint se trouvèrent guéries. Par la suite, qu’il soit plongé dans du plomb fondu ou jeté à la mer chargé d’une lourde pierre, dans toutes les épreuves, le Seigneur l’accompagnait et le gardait indemne. Il fut ensuite livré aux fauves, mais là encore, le Christ le protégea, et les bêtes vinrent se rouler à ses pieds en le léchant tendrement comme l’auraient fait des animaux domestiques. Restant, quant à lui, plus sauvage que les animaux sans raison, l’empereur ordonna de lier le saint à une roue garnie de lames tranchantes, qu’on ferait dévaler d’un lieu élevé devant toute la ville réunie. De nouveau le Seigneur intervint miraculeusement : Il délivra son serviteur de ses liens et la roue écrasa sur son passage un grand nombre d’infidèles.

Comme Maximien lui demandait de qui il tenait cette puissance et comment il avait été amené à la foi chrétienne, Pantoléon indiqua l’endroit où se cachait Hermolaos, car Dieu lui avait révélé que le temps était venu, pour lui et son maître, de le confesser et de trouver la perfection dans le martyre. Après la mort glorieuse de saint Hermolaos et de ses compagnons, le tyran fit de nouveau comparaître Pantoléon et, prétendant que les martyrs s’étaient soumis, il tenta de le convaincre de sacrifier. Pour toute réponse, le bienheureux demanda à les voir. Comme le souverain répondait qu’il les avait envoyés en mission dans une autre ville, Pantoléon répliqua : « Tu as dit la vérité malgré toi, ô menteur, car ils sont maintenant dans la Jérusalem céleste ! » Constatant qu’il ne pourrait pas vaincre sa résolution, Maximien ordonna alors de le décapiter et de brûler son corps. Le saint parvint avec allégresse au lieu de l’exécution, en dehors de la ville, mais au moment où le bourreau brandissait son glaive, celui-ci fondit comme la cire sous l’action du feu. Devant ce miracle, les soldats présents confessèrent le Nom du Christ. Pantoléon les exhorta cependant à accomplir leur besogne, et il éleva une dernière prière. Une voix céleste lui répondit : « Serviteur fidèle, ton désir va maintenant être comblé, les portes du Ciel te sont ouvertes, ta couronne est préparée. Tu seras désormais le refuge des désespérés, le secours des éprouvés, le médecin des malades et la terreur des démons, c’est pourquoi ton nom ne sera plus Pantoléon, mais Pantéléimon . Il inclina la nuque et, quand sa tête tomba, du lait coula de son cou, son corps devint blanc comme neige, et l’olivier desséché auquel il avait été attaché reverdit soudain et donna des fruits en abondance. Les soldats, à qui on avait donné l’ordre de brûler la dépouille du saint, la remirent à des fidèles qui l’ensevelirent pieusement dans la propriété d’Amantios le Scholastique, et ils allèrent proclamer la Bonne Nouvelle en d’autres lieux. Depuis, les reliques de saint Pantéléimon n’ont cessé de procurer la guérison et la grâce du Christ, le seul Médecin des âmes et des corps, à tous ceux qui s’en approchent avec piété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de St Pantéléimon, ton 3

Victorieux martyr et guérisseur Pantéléimon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion  de St Pantéléimon, ton 5

Imitateur de la suprême Compassion, ayant reçu le pouvoir des guérisons, Athlète vainqueur et Témoin du Christ notre Dieu, par tes prières guéris nos spirituelles maladies, écartant les pierres d’achoppement qu’en tout temps met l’ennemi sous les pas de ceux qui ne cessent de chanter: Seigneur, accorde-nous ton salut.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 24-28)
Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme? Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

14 juillet (ancien calendrier) / 27 juillet (nouveau)

14 juillet (ancien calendrier) / 27 juillet (nouveau)

Saint Aquila, apôtre (Ier s.) ; saint Onésime de Palestine, thaumaturge (IVème s.) ; saint Hellius d’Égypte (IVème s.) ; saint Vincent, abbé à Haumont (vers 687) saint Nicodème l’hagiorite (1809) ; saint Juste, martyr à Rome (Ier s.) ; saint Étienne, higoumène de Makhrichtchi (1406) saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Bogoyavlensky, prêtre (1918) ; Nicolas Poretsky, prêtre (1933).

 

SAINT APÔTRE AQUILA[1]

Juif originaire du Pont, Aquila s’était installé à Rome avec sa femme, Priscille (ou Prisca), et il y exerçait le métier de fabriquant de tentes. Ils étaient déjà probablement convertis au christianisme quand l’empereur Claude ordonna l’expulsion de tous les Juifs de la capitale (49-50). Ils allèrent alors s’établir à Corinthe, peu de temps avant l’arrivée de saint Paul venant d’Athènes (cf. Act 18, 1-3). L’Apôtre se joignit à eux, il demeurait dans leur maison et travaillait avec eux, car il ne voulait être à charge de personne. Il les instruisit dans les mystères de la foi et, selon certains, les baptisa lui-même. Attachés de tout leur cœur à leur père spirituel, Aquila et son épouse faisaient tout pour l’aider dans sa prédication et brûlaient d’un zèle ardent pour partager ses épreuves. Paul, quant à lui, ne manquait pas de leur témoigner son affection, en les saluant dans nombre de ses lettres. Il écrivait par exemple aux Romains : « Pour me sauver la vie, ils ont risqué leur tête ; et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude. C’est le cas de toutes les Églises de la gentilité » . Quand saint Paul quitta l’Achaïe pour retourner en Asie, ils le suivirent et vinrent s’installer à Éphèse, où leur vaste maison servait de lieu de réunions aux chrétiens pour la célébration de la sainte Liturgie. C’est là aussi que Priscille et Aquila perfectionnèrent l’instruction chrétienne d’Apollos, Juif d’Alexandrie, éloquent et versé dans les saintes Écritures, qui enseignait la voie du Seigneur, mais ignorait le Baptême de Jésus. D’Éphèse, ils retournèrent à Rome, vers 58, où ils offrirent de nouveau leur maison pour servir d’église. Puis ils repartirent à Éphèse, où ils se trouvaient lorsque Paul, prisonnier du Christ pour la seconde fois, écrivit de Rome à son disciple Timothée, évêque d’Éphèse, et lui demanda de les saluer (2 Tm 4, 19). C’est là probablement qu’ils accomplirent glorieusement leur martyre, en étant décapités par les païens.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du saint apôtre Aquila, ton 1

Disciple et compagnon de Paul, apôtre Aquila, ministre du Sauveur, en ton âme ayant reçu les paroles de la grâce, tu rayonnas sur ceux qui gisaient dans la nuit de l’erreur et tu combattis pour la gloire du Seigneur; c’est pourquoi nous te disons bienheureux.

Tropaire de saint Nicodème l’hagiorite, ton 3

La grâce de la sagesse constituant ton plus bel ornement, tu fus le clairon qui a fait retentir le divin message de l’Esprit saint, Nicodème, en théologien et maître de vertu; car tu as offert à tous les enseignements du salut, et tu as fait briller à travers la limpidité de ta vie le splendide trésor de tes œuvres sacrées qui sur le monde a projeté sa lumineuse clarté.

Kondakion du saint apôtre Aquila, ton 4

Compagnon des Apôtres, siégeant et faisant route avec eux, bienheureux Aquila, tu as éclairé l’univers de tes miracles et de tes enseignements; c’est pourquoi tu as reçu couronne de gloire dans le ciel.

Kondakion de saint Nicodème l’hagiorite, ton 8

Comme un excellent docteur de l’ascétique vie et comme théophore maître de théologie, l’Eglise orthodoxe te glorifie; car, ayant reçu cette grâce depuis le ciel, tu illumines par tes écrits sur Dieu ceux qui te chantent: Réjouis-toi, Nicodème, Père saint.

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 24-28)
Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme? Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

26 juillet

26 juillet

Jour de jeûne

Saints Hermolaos, Hermippe et Hermocrate, prêtres à Nicomédie, martyrs (305) ; sainte Parascève de Rome, vierge, martyre (138-161) ; sainte Pompée, reine d’Armorique (Vème s.) et sainte Sève, vierge (VIème s.) ; saint Moïse le hongrois des Grottes de Kiev (1043) ; saint hiéromartyr Serge Strelnikov, prêtre (1937).

 

SAINT HERMOLAOS[1]

Ces saints et glorieux martyrs étaient prêtres à Nicomédie au temps de la persécution de Maximien Galère. S’étant cachés dans une maison, ils avaient pu échapper à la mort lorsque le tyran fit brûler dans leur église vingt mille chrétiens, le jour de la Nativité [28 déc.], et ils continuèrent par la suite leur œuvre apostolique.

Quand saint Pantéléimon fut arrêté et comparut devant l’empereur [27 juil.], ce dernier lui demanda qui l’avait instruit dans la foi chrétienne. Le saint, ne sachant pas mentir, répondit que le prêtre Hermolaos était son maître et père spirituel. Des soldats furent aussitôt envoyés à la recherche du saint prêtre qu’ils arrêtèrent en compagnie de saints Hermippe et Hermocrate. Traduits devant le tribunal, ils confessèrent que le Christ est le seul Dieu véritable, incarné pour notre Salut, et se moquèrent des idoles sans vie et de tous ceux qui les adoraient. Un tremblement de terre ayant alors ébranlé la ville, l’empereur fit observer aux saints que c’était un signe de la colère des dieux. Mais ils lui répliquèrent: « Comment des statues qui se sont écroulées pourraient-elles être des dieux ? » En effet, on vint aussitôt avertir le tyran que les idoles s’étaient effondrées sous l’effet du séisme. Au comble de la fureur, Maximien fit ramener saint Pantéléimon en prison, et ordonna de décapiter sur-le-champ Hermolaos et ses compagnons. C’est ainsi qu’ils remportèrent la couronne de la victoire, devançant de peu leur disciple dans les demeures célestes.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 3

En fidèles prêtres de celui qui vous procura les biens supérieurs, vous avez parcouru joyeusement la voie du témoignage, saints martyrs Hermippe, Hermocrate et Hermolaus, vous les colonnes soutenant l’Eglise du Christ, sans cesse priez-le, tous les trois, de nous accorder la grâce du salut.

Tropaire de sainte Parascève, ton 1

Ayant rendu ton zèle conforme à ton nom, tu as reçu en héritage la promptitude de la foi, Parascève, martyre victorieuse et bien-nommée; c’est pourquoi tu répands les guérisons et tu intercèdes pour nos âmes.

Kondakion de St Hermolaos, ton 4

Comme prêtre ayant vécu pieusement, tu as reçu la couronne du martyre également, tu as éteint les holocaustes, des faux-adieux et guidé en bon pasteur les ouailles du Christ, tu as compté parmi tes disciples saint Pantéléïmon, et nous, par des hymnes te vénérant, nous chantons: de tout mal, Hermolaos, par tes prières délivre-nous.

Kondakion de Ste Parascève, ton 8

Venez, fidèles, chantons d’une même voix une hymne à Parascève pour ses nobles exploits; sur le monde elle brille par ses miracles, en effet, elle qui dissipa les ténèbres de l’erreur et procure abondante grâce aux fidèles s’écriant: Réjouis-toi, martyre aux multiples combats.

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 20-24)
Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit: A Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre: Arrière de moi, Satan! tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

13 juillet (ancien calendrier) / 26 juillet (nouveau)

13 juillet (ancien calendrier) / 26 juillet (nouveau)

Jour de jeûne

Synaxe de l’archange Gabriel ; saint Étienne le sabaïte, thaumaturge (794) ; saint Julien, évêque du Mans (Ier s.) ; saint martyr Marcien d’Iconium (258) ; saint Sérapion, martyr en Macédoine (II-IIIème s.) ; saint Thuriau, évêque (750).

SAINT ARCHANGE GABRIEL[1]

Depuis l’origine, et tout au long de l’histoire de notre salut, ce prince des Puissances incorporelles fut pour nous, hommes, l’Ange de la miséricorde et de la bienveillance divines. Être de feu, dégagé de toute altération et consacré en permanence à la contemplation de la gloire divine, l’Archange Gabriel a été désigné par le Seigneur comme serviteur chargé d’un ministère et envoyé en service pour ceux qui doivent hériter le salut (Hb 1, 14). Selon saint Proclos de Constantinople, son nom, qui peut être interprété comme « Dieu et homme », le vouait à annoncer tous les mystères qui ont concouru à la préparation de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Le sommet et le terme de sa mission fut donc le : Réjouis-Toi ! qu’il annonça à la Mère de Dieu et qui est devenu la formule de louange et d’action de grâces de tous ceux qui ont, grâce à lui, hérité le Salut et s’efforcent d’imiter sur la terre le mode de vie des anges. 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint Archange Gabriel, ton 4

Saint Archange des spirituelles armées, archistratège Gabriel, brillamment tu reçois l’illumination de la divine Trinité; à l’abri de tout malheur ou péril garde-nous donc sains et saufs, nous qui te vénérons avec foi et célébrons tes merveilles de tout cœur.

Kondakion du saint Archange Gabriel, ton 2

Dans les ceux contemplant la gloire de Dieu et sur terre faisant descendre la grâce d’en haut, toi le prince des Anges, Gabriel, serviteur de la divine gloire et protecteur des mortels, sauvegarde les fidèles te chantant: Si tu viens à notre aide, nul ne peut rien contre nous.

 

Évangile DU JOUR

(Lc X, 16-21)
Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

25 juillet

25 juillet

Sainte Dormition de sainte Anne, mère de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie ; mémoire des 165 Pères réunis à Constantinople pour le Vème Concile Œcuménique de Constantinople en 553 ; sainte Eupraxie, vierge, moniale en Thébaïde (413) ; sainte Olympiade, diaconesse à Constantinople (409) ; saint Evroult, abbé à Beauvais (600) ; sainte Glossinde, vierge, abbesse à Metz (609) ; saint Macaire d’Oujna (1444) Saints nouveaux martyrs de Russie : Nicolas Udintsev, prêtre (1918) ; Alexandre Sakharov, prêtre (1927) ; sainte Iraïde Tikhov, confesseur (1967).

 

DORMITION DE SAINTE ANNE[1]


Sainte Dormition de sainte Anne, mère de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie

Sainte Anne qui, par la grâce de Dieu, devint la grand-mère selon la chair de notre Seigneur Jésus-Christ, était issue de la tribu de Lévi, et était la fille cadette du grand prêtre Mattha et de sa femme Marie, qui avaient engendré deux autres filles : Marie et Sobée. L’aînée, Marie, se maria à Bethléem et mit au monde Salomé la sage-femme. Sobée se maria aussi à Bethléem et enfanta Élisabeth, la mère de saint Jean le Baptiste. Anne épousa le sage Joachim en Galilée et, au terme d’une longue stérilité, sur l’intervention de Dieu, elle mit au monde Marie la toute sainte Mère de Dieu. C’est ainsi que Salomé, Élisabeth et la Mère de Dieu étaient cousines germaines, et que selon sa descendance charnelle, notre Seigneur était cousin au second degré de saint Jean le Précurseur. Ayant donné naissance à la Mère de Dieu, qui avait été établie par Dieu comme le sommet de la sainteté humaine, seule assez pure pour recevoir en elle le Sauveur du monde, et ayant placé l’enfant dans le Temple, à l’âge de trois ans, telle une offrande pure et immaculée, sainte Anne passa le reste de sa vie dans le jeûne, la prière et les œuvres de miséricorde, attendant l’accomplissement des promesses divines. Elle remit en paix son âme à Dieu à l’âge de soixante-neuf ans. Saint Joachim, lui, mourut à l’âge de quatre-vingts ans ; mais l’on ignore lequel des deux décéda le premier. La seule chose que la tradition de l’Église nous ait transmise est que la toute sainte Mère de Dieu se trouva privée de ses parents à l’âge de onze ans, alors qu’elle était encore dans le Temple.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire ton 4

Celle qui enfanta la Vie, la divine Mère immaculée, tu l’as mise au monde, sainte Anne, sage-en-Dieu; c’est pourquoi tu es partie avec gloire en ce jour vers la béatitude des cieux, là où demeurent ceux qui exultent de joie, et tu implores, Bienheureuse, la rémission de leurs péchés pour les fidèles qui te vénèrent de tout cœur.

Kondakion, ton 2

Célébrant la mémoire des ancêtres du Christ, demandons-leur secours avec foi, pour être délivrés de toute affliction, nous qui chantons: sois avec nous, Seigneur qui, dans ta bienveillance, les as glorifiés.

 

Évangile DU JOUR

(Lc VIII, 16-21)
Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l’aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

12 juillet (ancien calendrier) / 25 juillet (nouveau)

12 juillet (ancien calendrier) / 25 juillet (nouveau)

Saint Proclos et saint Hilarion, martyrs près d’Ancyre (115) ; saint Viventiole, évêque de Lyon (523) ; saint Balay (VIème s.) ;  sainte Golindouch, martyre de Perse (591) ;  saint Juventiole (VIème s.) ; saint Menou, évêque de Quimper (VIIème s.) ; saint Michel du Mont Malée (961) ; saint Théodore et son fils, saint Jean, martyrs à Kiev (983) ; saint Jean (1005) et saint Gabriel (Xème s.) d’Iviron ; saint Arsène de Novogorod (1570) ; saint Simon de Voloma (1641).

 Saints Proclos et Hilaire[1]

L’empereur Trajan ayant décrété que tous ceux qui refuseraient de sacrifier aux idoles et se déclareraient chrétiens seraient condamnés à périr par le feu (vers 112), des espions furent envoyés un peu partout pour dénoncer qui, leurs amis, qui, leurs frères ou leurs enfants, dans l’espoir de quelque vile récompense. D’autres livraient les chrétiens par peur de l’empereur ou par zèle pour la religion païenne. Certains d’entre eux décidèrent de se rendre dans la région d’Ancyre, en Galatie, pour y débusquer les chrétiens et les livrer au gouverneur Maxime. Ils arrêtèrent un certain Proclos, qui habitait le village de Kallipos, près d’Ancyre, et le conduisirent dans la ville où l’empereur se trouvait. En se rendant au tribunal, chargé d’entraves, Proclos chantait : « Dirige mes pas, Seigneur, dans la voie de la paix, et ouvre ma bouche pour dire ta louange ». Sommé par l’empereur de sacrifier, sous peine d’être livré aux bêtes, il répondit : « Le Seigneur est mon secours, je ne craindrai pas ce que peut me faire un homme » (Ps 117, 6). Grinçant des dents de rage, Trajan le fit ramener en prison. Trois jours après, le gouverneur le convoqua pour un interrogatoire ; mais comme le saint martyr lui répondait avec audace, Maxime obtint de l’empereur tout pouvoir pour le soumettre aux pires supplices. Il le fit de nouveau comparaître et lui rappela que les sacrifices étaient ordonnés par les lois des souverains. Proclos rétorqua : « Ce sont de mauvaises lois, rédigées d’après leurs mauvaises actions ». — « Tu insultes les empereurs, en osant parler contre les lois qu’ils ont promulguées pour notre salut », reprit Maxime. Comme il le menaçait, le saint répondit : « Je n’ai pas peur de tes supplices. Il est écrit, en effet : Ne redoutez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme (Mt 10, 28). Mieux vaut craindre Dieu que les hommes. » Le gouverneur lui offrit de choisir lui-même les supplices auxquels il allait être soumis. Comme le martyr répondait en invectivant les faux dieux, il le fit étendre sur le chevalet et fustiger avec force, jusqu’à ce que tout l’endroit soit imprégné de son sang. Saint Proclos ne proférait ni paroles ni gémissements ; mais comme Maxime déclarait qu’il faiblissait et était près de mourir, il dit : « À Dieu ne plaise que mon cœur défaille et que je m’écarte de mon Dieu ! » Forcé de suivre le gouverneur qui partait pour Kallipos, le saint demanda à Dieu que Maxime soit immobilisé jusqu’à ce qu’il confesse le seul vrai Dieu. Et soudain le gouverneur s’arrêta net, incapable d’avancer. Ayant appris du saint à quelle condition il pourrait continuer son chemin, il écrivit sur un papier : « Je confesse que c’est le Dieu de Proclos et qu’il n’y en a point d’autre. » Il put aussitôt reprendre la route, mais, parvenu à Kallipos, il convoqua Proclos, l’accusant d’avoir usé d’artifice magique pour l’immobiliser, et il lui fit appliquer des torches enflammées sur le ventre et les flancs. Le saint restait imperturbable et silencieux. On le suspendit alors au gibet, avec une grosse pierre attachée aux pieds, puis il fut emmené pour être exécuté. Sur le chemin, Proclos rencontra son neveu, Hilaire, qui le salua et l’embrassa. Interpellé par les soldats, celui-ci déclara à haute voix qu’il était lui aussi chrétien, et il fut aussitôt conduit en prison. Proclos, parvenu au lieu de l’exécution, obtint un délai pour prier, et, fléchissant les genoux, il demanda au Seigneur que sa faveur repose sur tous ceux qui auront recours à son intercession. Un ange lui apparut pour l’inviter à recevoir la couronne des vainqueurs dans le ciel, et il consomma son martyre en étant percé de flèches, le 12 avril. Hilaire fut ensuite présenté au gouverneur. Il confirma ses déclarations, en méprisant les menaces de tortures. Après avoir été fustigé, il fut traîné à terre sur trois milles. Tandis que son sang se déversait sur le sol, il chantait le Psaume : « Ses fondations reposent sur les saintes montagnes ; le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les tentes de Jacob » (Ps 86, 1). Il fut finalement décapité, le 7 juillet, et son corps fut enseveli avec celui de saint Proclos.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Proclos et Hilaire, ton 1

Hilaire et Proclos, ayant revêtu saintement la complète armure de la Croix, vous avez pu mener vos combats surhumains et recevoir, en cohéritiers du Christ, la gloire du ciel; c’est pourquoi par les grâces de vos charismes divins vous illuminez ceux qui vous chantent: Gloire à celui qui vous a donné ce pouvoir, gloire à celui qui vous a couronnés, gloire à celui qui opère en tous, par vos prières, le salut.

Kondakion des saints Proclos et Hilaire, ton 2

Étant de même famille et de mêmes sentiments, en toute chose vous avez concordé, Proclus, admirable martyr, et Hilaire aux divines pensées; en vous-mêmes ayant reproduit les souffrances du Christ, vous avez reçu de lui la gloire méritée et vos prières procurent à tous la divine rémission.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 6-12)
Jésus leur dit: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadducéens. Les disciples raisonnaient en eux-mêmes, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas pris de pains. Jésus, l’ayant connu, dit: Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de peu de foi, sur ce que vous n’avez pas pris de pains? Êtes-vous encore sans intelligence, et ne vous rappelez-vous plus les cinq pains des cinq mille hommes et combien de paniers vous avez emportés, ni les sept pains des quatre mille hommes et combien de corbeilles vous avez emportées? Comment ne comprenez-vous pas que ce n’est pas au sujet de pains que je vous ai parlé? Gardez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens. Alors ils comprirent que ce n’était pas du levain du pain qu’il avait dit de se garder, mais de l’enseignement des pharisiens et des sadducéens.

[1] Tiré du Synxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

24 juillet 

24 juillet 

Sainte Christine, mégalomartyre à Tyr en Phénicie (vers 300) ; saint Ursin, évêque de Sens (IVème s.) ; saint Pavace, évêque du Mans (IVème s.) ; saint Salvien, prêtre à Marseille (Vème s.) ; sainte Sigolène, abbesse du monastère de Lagrave (VIIème s.) ; saints Boris et Gleb, princes russes, baptisés Romain et David (1015) ; saint Hilarion de Thvali (1041); saint Polycarpe des Grottes de Kiev (1182) ; saint néomartyr Théophile de Zakynthos (1635) ; saint néomartyr Athanase de Kios (1670). Nouveaux martyrs de Russie : Alphée Korbansky, diacre (1937) ; Nicolas Ponguilsky (1942) et Jean Kalinine (1951), confesseurs, prêtres.

 

SAINTE MÉGALOMARTYRE CHRISTINE[1]

Sainte Christine, mégalomartyre à Tyr en Phénicie (vers 300)

La sainte et glorieuse martyre Christine vivait à Tyr, en Phénicie, sous le règne de l’empereur Septime Sévère (194-211). Elle était fille d’un puissant général païen, nommé Urbain, qui, jaloux de sa rayonnante beauté, l’enferma dans une tour élevée, dans laquelle, servie par de nombreuses suivantes, elle pouvait jouir de toutes les richesses et du luxe désirables. Il avait placé dans cette tour une grande quantité de statues des dieux, ornées d’objets précieux, pour que sa fille leur rendît un culte . Mais, bien que la jeune fille restât enfermée, sans contact avec l’extérieur, la grâce de Dieu la visita et illumina son intelligence pour la conduire à la connaissance de la vérité. Usant de sa droite raison, elle réalisa que ces statues inanimées, produits de la main des hommes, ne pouvaient en aucun cas être des dieux, et contemplant par la fenêtre la beauté du ciel, de la terre et toutes les merveilles de la nature, elle en déduisit que toute cette harmonieuse beauté ne pouvait être que l’œuvre d’un Dieu unique, Créateur et infiniment sage. Un ange fut alors envoyé par le Seigneur et lui enseigna tout ce que son cœur ressentait de manière encore confuse sur les mystères de Dieu et de la création. Ayant ainsi reçu la lumière de la vérité et animée d’un zèle ardent pour Dieu, Christine commença à mener une vie de jeûne et de prière. Quand ses parents vinrent lui rendre visite et lui demandèrent d’adorer les idoles, elle refusa net, déclarant qu’elle était désormais disciple du Christ, la vraie Lumière venue en notre monde. Elle repoussa toutes les tentatives de son père, et lui demanda de lui procurer une tunique immaculée afin d’offrir un sacrifice spirituel au seul Dieu en trois Personnes. L’ayant obtenue d’Urbain, qui ne comprenait pas ce langage, elle se mit en prière, et un ange vint la saluer comme épouse du Christ, en lui annonçant les épreuves par lesquelles elle devrait passer pour glorifier Dieu. Avant de se retirer, il la marqua du sceau du Christ, la bénit et lui donna un pain céleste en nourriture. La nuit suivante, la sainte mit en pièces, au moyen d’une hache, toutes les statues qui se trouvaient dans la tour, et alla en distribuer l’argent et l’or aux pauvres. Découvrant ce spectacle, le matin venu, Urbain entra dans une violente colère, et il ordonna de décapiter les servantes de Christine et de livrer sa fille à la flagellation. Douze soldats fustigèrent la jeune fille, jusqu’à l’épuisement de leurs forces, mais Christine, renforcée par la grâce de Dieu, restait inflexible, confessant le Christ et invectivant son père. Urbain la fit jeter en prison, chargée de chaînes et rentra chez lui, tandis que sa femme se rendait en pleurs dans la prison pour tenter de convaincre sa fille de se soumettre afin d’avoir la vie sauve. Comme cette démarche était restée sans effet, Christine fut, le lendemain, de nouveau soumise à la torture. Après avoir eu les chairs lacérées, elle fut attachée à une roue suspendue au-dessus d’un brasier ; mais à sa prière le Seigneur dispersa les flammes. Renvoyée en prison, elle y reçut la visite de trois anges qui lui apportèrent de la nourriture et la guérirent de toutes ses blessures. La nuit venue, Urbain envoya cinq serviteurs qui s’emparèrent de la sainte, lui attachèrent une lourde pierre au cou et la jetèrent dans la mer. Mais, là encore, des anges vinrent à son secours : ils détachèrent la pierre et lui permirent de marcher sur les eaux. Une nuée lumineuse resplendit alors du haut du ciel et le Christ apparut, revêtu de somptueux ornements royaux, et entouré d’une myriade d’anges qui le louaient par des cantiques et remplissaient l’air de la suave odeur de leur encens. Il combla le désir de la sainte en la baptisant lui-même dans la mer, puis la confia à l’archange Michel qui la ramena sur la terre ferme et la conduisit jusqu’à la demeure de ses parents. Découvrant que sa fille avait survécu à toutes ses entreprises meurtrières, Urbain ordonna de la décapiter le jour suivant. Mais cette même nuit, il rendit l’âme misérablement. Quelques jours après, un nouveau magistrat, Dion, vint occuper la fonction d’Urbain. Ayant pris connaissance de l’affaire, il convoqua la sainte, puis la soumit à la torture. Comme elle restait invulnérable, il lui fit tondre les cheveux et ordonna de la promener, nue, à travers toute la ville, afin de la couvrir de honte. Le lendemain, sainte Christine feignit d’accepter la proposition du magistrat d’aller adorer la statue d’Apollon. Parvenue au temple, elle éleva sa prière vers le seul vrai Dieu et commanda à la statue de se déplacer de quarante pas. Dion restant incrédule, elle renversa l’idole et la mit en pièces par l’invocation du Nom du Christ, provoquant la conversion de plus de trois mille païens qui avaient été témoins de ce miracle. Ne pouvant supporter cette défaite, Dion mourut peu après et fut remplacé par un autre gouverneur, nommé Julien, qui fit enfermer sainte Christine dans un four surchauffé. Pendant cinq jours, la sainte y chanta des cantiques d’actions de grâces en compagnie des anges. Le gouverneur la fit alors jeter dans une fosse remplie de bêtes sauvages et de reptiles venimeux. Mais là encore, la servante du Christ fut protégée de tout mal : les aspics se roulèrent à ses pieds, comme pour la vénérer, et les serpents épongèrent tendrement la sueur de son front. Seul Julien demeurait plus féroce que les bêtes sauvages et s’acharnait contre la sainte. Il ordonna de lui trancher les seins, d’où coulèrent du sang et du lait ; puis il lui fit arracher la langue. Finalement, deux soldats lui percèrent de leurs lances le cœur et le côté, lui procurant la couronne de la victoire et l’accès au repos éternel en présence de son céleste Époux. Le tyran n’ayant pas tardé à périr, un des parents de Christine, qui avait cru au Christ à la suite de ces miracles, déposa le corps de la sainte dans une église qu’il avait fait construire en son honneur.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de la sainte martyre, ton 5

Abandonnant le paganisme paternel, tu reçus l’illumination de la foi et devins, en ta virginale splendeur, l’épouse du Christ; après quoi, tu as lutté fermement et triomphé de l’ennemi; Christine, sublime martyre, désormais sans cesse tu implores le Seigneur d’accorder à nos âmes le salut.

Tropaire des saints Boris et Gleb, ton 2

Martyrs de la justice ayant écouté l’évangile du Christ, chaste David et candide Romain, quand votre frère se leva contre vous en ennemi, vous n’avez pas opposé de résistance devant celui qui pouvait faire périr votre corps, mais ne pouvait s’en prendre à votre âme; que pleure donc ce funeste ami du pouvoir, mais vous, avec les chœurs des Anges vous exultez en présence de la divine Trinité: priez-la pour le; fils de la sainte Russie.

Kondakion de la sainte martyre, ton 4

La brillante colombe aux ailes d’or, c’est bien toi, et vers la hauteur des cieux tu as trouvé ton repos, vénérable Christine; c’est pourquoi nous célébrons ton illustre fête avec foi, nous prosternant devant la châsse de tes reliques sacrées de laquelle jaillit sur tous en vérité, par grâce de Dieu, la guérison de l’âme et du corps.

Kondakion des saints Boris et Gleb, ton 3

Boris et Gleb, nobles martyrs du Christ, baptisés Romain et David, en ce jour resplendit votre illustre mémoire nous invitant à la louange du Christ notre Dieu; et, vénérant vos reliques sacrées, nous y trouvons, par vos prières, la guérison, saints martyrs, car pour nous vous êtes d’excellents médecins.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 1-6)

Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus et, pour l’éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. Jésus leur répondit: Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. Puis il les quitta, et s’en alla. Les disciples, en passant à l’autre bord, avaient oublié de prendre des pains. Jésus leur dit: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadducéens.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

11 juillet (ancien calendrier) / 24 juillet (nouveau)

11 juillet (ancien calendrier) / 24 juillet (nouveau)

Sainte Euphémie, mégalomartyre, qui a confirmé la confession de foi des 630 Pères réunis à Chalcédoine pour le IVème Concile Œcuménique (451) ; saint Marcien, martyr à Iconium (vers 250) ; saint Cindée de Pamphilie, prêtre, martyr (III-IVème s.) ; saint Cydroine, martyr (IIIème s.)  saint Léonce le jeune, archevêque de Bordeaux (574) ; Saint Hidulphe (707) ; saint Savin et saint Cyprien, son frère, martyrs dans le Poitou (683) ; sainte Olga, princesse de Russie, baptisée Hélène, égale aux apôtres (969) ; saint néomartyr Nectaire de Sainte-Anne (1820) ; saint néomartyr Nicodème d’Albanie (1722) ; saints Placide et Sigisbert, martyrs en Suisse (VIIème s.)

 Miracle de saint Euphémie à Chalcédoine[1]

Lors du IVe saint Concile Œcuménique, réuni par les pieux empereurs Marcien et Pulchérie  à Chalcédoine, dans la vaste basilique de sainte Euphémie  les six cent trente Pères entreprirent de réfuter les opinions hérétiques de l’archimandrite Eutychès, soutenu par l’archevêque d’Alexandrie Dioscore. Afin de trancher leur différent par une décision venant de Dieu, le patriarche saint Anatole  suggéra que les deux partis rédigeassent un tome contenant leur profession de foi respective, et que les deux documents fussent déposés dans la châsse de sainte Euphémie. Les deux parchemins, sur lesquels étaient écrites les définitions de la foi concernant la Personne du Christ, furent donc placés sur la poitrine de la sainte et, après avoir scellé la châsse, les Pères se mirent en prière. Au bout de huit jours, tous se rendirent au martyrium et, ouvrant la châsse, ils découvrirent avec émerveillement que la sainte étreignait dans ses bras le tome orthodoxe, comme si elle voulait le faire entrer dans son cœur, tandis que le tome des hérétiques gisait à ses pieds . Devant cette démonstration éclatante de la vérité, les orthodoxes rendirent grâces à Dieu et les hérétiques, hués par la foule des fidèles, furent couverts de honte. On rapporte par ailleurs bien d’autres miracles accomplis par les reliques de sainte Euphémie. Lors d’une invasion perse , les barbares, ayant envahi Chalcédoine, essayèrent de détruire par le feu les précieuses reliques. Mais elles restèrent intactes et du sang frais coula par un des trous qu’ils avaient faits dans la châsse. Par la suite, ce miracle se renouvelait de temps en temps, procurant de nombreuses guérisons aux fidèles qui venaient recueillir le sang de sainte Euphémie. Mais, plus fréquemment, son tombeau exhalait un suave parfum, en témoignage de la faveur acquise par la sainte auprès de Dieu. Pour protéger ces précieuses reliques de toute nouvelle profanation, on les transféra à Constantinople, où elles furent déposées dans l’église Sainte-Euphémie, près de l’Hippodrome. Jetées à la mer au temps de la persécution de Constantin Copronyme, tandis que l’église était transformée en magasin d’armement, elles échouèrent sur le littoral de Lemnos et furent recueillies par deux pêcheurs. Retrouvées sous le règne de l’impératrice Irène, on les transféra solennellement dans la capitale (796), où elles continuèrent d’accomplir des miracles. Après avoir subi bien d’autres vicissitudes, elles sont aujourd’hui vénérées dans l’église du Patriarcat Œcuménique, au Phanar.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Euphémie, ton 4

Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de sainte Euphémie, ton 2

Dans le domaine du martyre et dans celui de la foi * tu as mené combat sur combat * avec ardeur, vénérable Euphémie, * pour le Christ ton époux; * à présent, pour que triomphe encore la vraie foi * sur les hérésies et l’orgueil des ennemis * intercède auprès de lui avec l’aide de la Mère de Dieu, * toi qui des six cent trente Pères théophores réunis en concile * as reçu la définition de la foi pour la sauver.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 1-6)
Les pharisiens et les sadducéens abordèrent Jésus et, pour l’éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. Jésus leur répondit: Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. Puis il les quitta, et s’en alla. Les disciples, en passant à l’autre bord, avaient oublié de prendre des pains. Jésus leur dit: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et des sadducéens.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

23 juillet

23 juillet

 Saints Trophime, Théophile et leurs 13 compagnons, martyrs à Rome (284-305) ; saint Apollinaire, évêque de Ravenne, martyr (vers 75) ; saint Jean Cassien, abbé-fondateur de monastères à Marseille (443) ; saints Ravenne et Rasyphe, ermites martyrs à Macé (IVème s.) ; sainte Pélagie de Tinos (1834) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Michel Troïtzky, prêtre et martyr André Argounov (1938).

 SAINTE PÉLAGIE DE TINOS[1]

Sainte Pélagie de Tinos (1834)

Une année après le début de la Révolution grecque (1822), la très sainte Mère de Dieu apparut à la vénérable moniale Pélagie, qui pratiquait l’ascèse au monastère de Kechrobouni, sur les hauteurs de l’île de Tinos, et lui demanda d’aller informer un des villageois, Stamatelos Kangadis, qu’il avait été choisi pour découvrir son icône, qui se trouvait enterrée dans un champ, et édifier une église en son honneur. Effrayée et s’estimant indigne d’une telle révélation, Pélagie n’obéit pas. La Toute-Sainte lui apparut la semaine suivante, mais elle l’accueillit avec les mêmes doutes. Finalement, le 29 juillet, alors qu’elle priait, Pélagie vit la Reine des cieux se tenir devant elle, entourée d’une lumière divine. Elle réitéra son ordre et la salua par ces paroles : Exulte, Terre d’une grande joie…  La moniale répondit par la suite de l’hymne : Louez, cieux, la gloire de Dieu. Au début de l’office du matin, elle alla rapporter la vision à sa supérieure qui lui en confirma l’authenticité. Le lendemain, elle se rendit au village, informa Stamatelos Kangadis et, l’évêque ayant donné son accord et sa bénédiction en reconnaissant qu’il s’agissait bien d’un signe de compassion de la Mère de Dieu à l’égard du peuple éprouvé, on rassembla tous les fidèles au son des cloches pour participer aux fouilles. Mais l’épouse du propriétaire du champ désigné par la Mère de Dieu refusa qu’on procédât à quoi que ce fût en l’absence de son mari, alors en voyage. La nuit suivante, elle vit en rêve un homme à l’aspect redoutable qui proféra de terribles menaces à son égard, si bien qu’elle accorda non seulement l’autorisation de fouiller le champ, mais en fit don à l’évêque pour l’édification de l’église. Des hommes venus de toute l’île participèrent aux fouilles, qui restèrent vaines pendant deux mois. On commençait à se décourager, certains à douter ; cependant, à la suite d’une nouvelle intervention miraculeuse de la Mère de Dieu, les travaux reprirent. Et, le 30 janvier 1823, on découvrit une grande et magnifique icône de l’Annonciation, qui avait été coupée verticalement en deux morceaux, mais n’avait pas souffert de son long séjour en terre. Une fois déposée dans l’église qu’on avait édifiée sur les lieux, elle commença à accomplir des miracles, si nombreux que l’icône de Tinos est aujourd’hui le pèlerinage le plus populaire de Grèce. Au monastère de Kechrobouni, on vénère encore la cellule dans laquelle sainte Pélagie a reçu la révélation de la Toute-Sainte.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire du dimanche du 6ème ton

Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire des saints martyrs, ton 4

Tes martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Animés de ta Force, ils ont terrassé les tyrans, et réduit à l’impuissance l’audace des démons. Par leurs prières, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

 

Kondakion des saints martyrs, ton 8

Vous êtes des luminaires resplendissants, ô divins martyrs et vous éclairez toute la création par la lumière de vos miracles, délivrant des maladies et disspant toujours les profondes ténèbres, vous priez sans cesse le Christ Dieu pour nous tous.

Kondakion du dimanche du 6ème ton

Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui,  le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers

 

Évangile DU JOUR

(Matth. IX, 27-35)
Étant parti de là, Jésus fut suivi par deux aveugles, qui criaient: Aie pitié de nous, Fils de David! Lorsqu’il fut arrivé à la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit: Croyez-vous que je puisse faire cela? Oui, Seigneur, lui répondirent-ils. Alors il leur toucha leurs yeux, en disant: Qu’il vous soit fait selon votre foi. Et leurs yeux s’ouvrirent. Jésus leur fit cette recommandation sévère: Prenez garde que personne ne le sache. Mais, dès qu’ils furent sortis, ils répandirent sa renommée dans tout le pays. Comme ils s’en allaient, voici, on amena à Jésus un démoniaque muet. Le démon ayant été chassé, le muet parla. Et la foule étonnée disait: Jamais pareille chose ne s’est vue en Israël. Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

10 juillet (ancien calendrier) / 23 juillet (nouveau)

10 juillet (ancien calendrier) / 23 juillet (nouveau)

Les 45 martyrs de Nicopolis en Arménie : saints Léonce, Maurice, Daniel, Antoine, Alexandre et leurs compagnons (vers 319) ; saints Pères du désert de Nitrie, mis à mort sur ordre de Théophile, archevêque d’Alexandrie (200) ; saint Apollonius, martyr à Iconium (IIIème s.) ; saint Bianor et saint Sylvain, martyrs en Isaurie (IVème s.) ; saint Pasquier, évêque de Nantes (VIIème s.) ; saint Antoine des Grottes de Kiev (1073) ; saint Sylvain des Grottes de Kiev (XIVème s.)  ;; sainte Amalberge, veuve à Maubeuge (VII°). Saints Parthénios (1905) et Euménios (1920), rénovateurs du monastère de Koudouma en Crète ; saint hiéromartyr Joseph de Damas (1860) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Basile Pobedonoscev, Pierre Zefirov et Étienne Loukanine, prêtres, Georges Begma et Nestor Goudzovsky, diacres (1918).

 

Saints quarante-cinq martyrs DE NICOPOLIS[1]

Sous le règne de l’impie Licinius (vers 316), qui renouvela la persécution dans tout l’Empire d’Orient, le préfet Lysias parvint à Nicopolis, en Arménie, avide de répandre le sang de quiconque résisterait aux décrets impériaux. Les premiers notables de la cité : Léonce, Maurice et Daniel, et quarante autres chrétiens se présentèrent de plein gré devant lui et, confessant bravement qu’ils étaient disciples du Christ, ils l’invitèrent à remplir sa mission. Lysias les fit comparaître à son tribunal, où Léonce déclara qu’ils refusaient d’adorer les idoles par obéissance aux commandements du Christ qui a été crucifié et qui est ressuscité pour le salut de tous les hommes. Courroucé par leur audace, le préfet ordonna de leur briser la mâchoire à coups de pierres. Comme ses compagnons maudissaient le magistrat, serviteur de Satan, Léonce leur adressa ces paroles : « Frères, ne maudissez pas ceux qui se procurent eux-mêmes la malédiction, mais bénissez ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44). Lysias essaya ensuite de les attirer par des promesses, mais les saints lui répliquèrent par des moqueries, aussi les fit-il jeter en prison, en interdisant aux geôliers de leur procurer ni nourriture ni boisson, malgré la chaleur torride. Ils entrèrent dans la prison en glorifiant Dieu d’avoir été dignes de souffrir pour son Nom, et Léonce les encouragea à persévérer jusqu’au terme du combat en leur rappelant les hauts-faits des martyrs qui les avaient précédés. Une femme, nommée Basille (ou Bassienne), parvint à tromper la surveillance des gardes et leur apporta de l’eau pour les désaltérer. Le lendemain matin, ils comparurent de nouveau devant Lysias qui les soumit à de terribles tortures : il les fit écorcher vifs et les soldats raclèrent ensuite leurs plaies avec des tessons de poteries. Les saints martyrs endurèrent vaillamment les supplices jusqu’à la sixième heure, puis furent ramenés en prison, où Basille vint les réconforter.

Cette nuit-là, un ange lumineux leur  apparut, annonçant que le terme de leur combat était proche et que leurs noms étaient inscrits dans le ciel. Les geôliers Ménéas et Birilade (ou Bilirade) furent aussi témoins de cette apparition et se précipitèrent aux pieds des saints en confessant le Christ. Les martyrs embrassèrent ces ouvriers de la onzième heure comme des frères, et leur promirent qu’ils ne seraient pas privés des trophées qui leur avaient été promis. La nouvelle de la conversion des gardes fut transmise au gouverneur qui, rugissant comme un lion furieux, convoqua les quarante-cinq martyrs et ordonna de leur couper à la hache les bras et les jambes, puis de les jeter tous ensemble dans une fournaise. Leurs corps, précipités dans le fleuve Lykos, furent retrouvés par de pieux chrétiens qui les ramenèrent à Nicopolis, dont ils furent dès lors vénérés comme les saints protecteurs .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du dimanche du 6ème ton

Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire des saints martyrs, ton 4

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

 

Kondakion des saints martyrs, ton 8

Par amour pour le Christ vous avez subi maints tourments, * saints Martyrs, et vous avez abattu les multiples faux-dieux; * détruisant toute erreur, vous avez triomphé par la puissance du Christ * et vous avez appris à chanter avec foi: * Alléluia, gloire à toi, ô Dieu.

 Kondakion du dimanche du 6ème ton

Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui,  le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. IX, 27-35)
Étant parti de là, Jésus fut suivi par deux aveugles, qui criaient: Aie pitié de nous, Fils de David! Lorsqu’il fut arrivé à la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit: Croyez-vous que je puisse faire cela? Oui, Seigneur, lui répondirent-ils. Alors il leur toucha leurs yeux, en disant: Qu’il vous soit fait selon votre foi. Et leurs yeux s’ouvrirent. Jésus leur fit cette recommandation sévère: Prenez garde que personne ne le sache. Mais, dès qu’ils furent sortis, ils répandirent sa renommée dans tout le pays. Comme ils s’en allaient, voici, on amena à Jésus un démoniaque muet. Le démon ayant été chassé, le muet parla. Et la foule étonnée disait: Jamais pareille chose ne s’est vue en Israël. Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité.

 

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

22 juillet

22 juillet

Sainte Marie-Magdeleine, myrrhophore, égale aux apôtres (Ier s.) ; saint Panchaire, évêque de Besançon (vers 346) ; saint Wandrille, abbé de Fontenelle (668) ; saint Baudry, fondateur de l’abbaye de Montfaucon (VIIème s.) ; saint Ménélé, abbé en Auvergne (vers 720) ; saint Corneille de Péréyaslav (1693) ; nouveaux martyrs de Russie : Michel Nakariakov, prêtre (1918) ; Alexis Ilyinsky, prêtre (1931).

SAINTE MARIE MAGDELEINE, ÉGALE-AUX-APÔTRES[1]

Magdala (ou Magada ou Dalmanoutha), petit village de pêcheurs situé sur la rive occidentale du lac de Génésareth, à cinq kilomètres de la ville de Tibériade, était la patrie de sainte Marie Madeleine. Vierge fortunée, elle vécut dans la crainte de Dieu et l’observation de ses commandements, jusqu’au jour où elle se trouva possédée de sept démons (cf. Mc 16, 9 ; Lc 8, 2) . Affligée et ne pouvant trouver aucun répit, elle apprit que Jésus-Christ était parvenu dans la contrée, après avoir traversé la Samarie, et qu’Il attirait de grandes foules à sa suite, par ses miracles et son enseignement céleste. Pleine d’espoir, elle courut vers Lui et, ayant assisté au miracle de la multiplication des pains et des poissons, en nombre suffisant pour nourrir plus de quatre mille hommes (Mt 15, 30-39), elle alla se jeter aux pieds du Sauveur et lui demanda de la guider sur la voie de la vie éternelle. Ayant été délivrée de cette épreuve, elle renonça à ses biens et à tout attachement au monde pour suivre Jésus dans tous ses périples, avec les Apôtres, la Mère de Dieu et d’autres pieuses femmes qui s’étaient mises à son service après avoir été guéries par lui de diverses maladies : Marie, mère de Jacques le petit et de Joset ; Marie de Clopas ; Jeanne, femme de Chouza ; Suzanne, et Salomé, mère des fils de Zébédée. Lorsqu’Il eut rempli son ministère en Galilée, le Seigneur se dirigea vers Jérusalem, malgré les avertissements de ses proches. Marie Madeleine le suivit sans hésitation, et se lia d’amitié avec Marthe et Marie de Béthanie. Alors que le Seigneur venait de délivrer un possédé qui était muet, et affirmait qu’Il chassait les démons par l’Esprit de Dieu, une voix s’éleva de la foule et s’écria : Heureuses les entrailles qui t’ont porté, et les seins qui t’ont allaité ! (Lc 11, 27). Cette voix, suppose-t-on, était celle de Marie Madeleine. Elle était présente également lors de la résurrection de Lazare, et fut alors confirmée dans sa foi au Fils de Dieu. Tandis que les autres disciples avaient abandonné le Maître au moment de son arrestation, elle le suivit jusque dans la cour du grand prêtre puis au tribunal de Pilate, elle assista à son procès inique, à sa Passion et se tint auprès de la Croix, en compagnie de la Mère de Dieu et de saint Jean le Théologien (Jn 19, 25). Tout étant accompli et le sang du Sauveur ayant coulé de son côté pour purifier la terre, Marie, surmontant la douleur, prit l’initiative de son ensevelissement. Sachant que le noble conseiller, Joseph d’Arimathie [31 juil.], avait fait creuser près de là un tombeau neuf dans le roc, elle alla le trouver et le convainquit de céder ce sépulcre pour ensevelir le Crucifié. Encouragé par la foi résolue de cette femme, Joseph obtint l’autorisation de Pilate et, prenant avec lui Nicodème, le membre du Sanhédrin qui était disciple secret de Jésus, il descendit le corps de la Croix et le déposa dans un linceul pour le mettre au tombeau. Marie Madeleine ainsi que la Mère de Dieu assistaient à la scène, et elles élevèrent alors une hymne funèbre, accompagnée de larmes, dans lesquelles brillait cependant l’espoir de la résurrection . Une fois le tombeau fermé par une grosse pierre qu’on avait roulée à l’entrée, Joseph et Nicodème se retirèrent ; mais les deux saintes femmes restèrent assises, en pleurs en face du tombeau, jusque tard dans la nuit. En quittant l’endroit, elles décidèrent, sitôt le repos du sabbat expiré, de revenir au tombeau avec des aromates, pour embaumer une fois encore le corps du Sauveur (Mc 16, 1). Ayant donc observé le repos légal, au chant du coq, alors que le premier jour de la semaine commençait à peine à poindre, Marie Madeleine et l’« autre Marie »  vinrent au sépulcre. Un ange resplendissant leur apparut, accompagné d’un tremblement de terre, et leur annonça que Jésus ne se trouvait plus à l’intérieur, mais qu’Il était ressuscité (Mt 28, 1). Toutes troublées, elles ne prirent pas même le temps de regarder dans le tombeau et coururent porter la nouvelle aux Apôtres. Le Seigneur ressuscité leur apparut en chemin et les salua en disant : « Réjouissez-vous ! » Il convenait en effet qu’Il annonçât à une femme la délivrance de notre nature, déchue et condamnée à la souffrance à la suite de la faute d’Ève. En entendant leur récit, les Apôtres crurent qu’elles déliraient. Pierre, cependant, courut jusqu’au sépulcre et, se penchant, vit que seules les bandelettes s’y trouvaient, et il se retira tout perplexe. Le jour s’étant levé, Marie Madeleine se rendit pour la seconde fois sur les lieux, afin de vérifier si elle n’avait pas été victime d’une hallucination. Constatant que le tombeau était effectivement vide, elle alla l’annoncer derechef à Pierre et Jean, qui se rendirent en courant sur les lieux. Une fois les deux disciples repartis, elle resta seule près du tombeau, se demandant qui avait bien pu enlever le corps (Jn 20, 11). Deux anges vêtus de blancs apparurent alors à l’emplacement de la tête et des pieds du Seigneur, et lui demandèrent pourquoi elle pleurait. Comme elle leur répondait, les anges se levèrent soudain, avec respect. Marie se retourna et vit Jésus qui lui posa la même question. Le prenant pour le jardinier, elle demanda si c’était lui qui avait enlevé le corps. Mais dès que Jésus l’eut appelée par son nom : « Marie », reconnaissant la voix de son bien-aimé Seigneur, elle s’écria : « Rabbouni (Maître) !  » et voulut se jeter à ses pieds pour les baiser. Désirant l’attirer à une compréhension plus élevée de l’état dans lequel se trouvait son corps après la résurrection, Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car Je ne suis pas encore monté vers le Père ! » Et Il l’envoya annoncer à ses frères ce qu’elle avait vu. Devenue pour la troisième fois « apôtre des Apôtres », Marie Madeleine resta avec les disciples et la Mère de Dieu, partageant leur joie. Elle était probablement présente au Mont des Oliviers, lors de l’Ascension, tout comme dans la chambre haute, le jour de la Pentecôte, quand le Saint-Esprit descendit sous forme de langues de feu (Act 2). On raconte que la sainte quitta ensuite Jérusalem, pour se rendre à Rome et y demander justice à l’empereur Tibère de la condamnation inique prononcée par Pilate . Se présentant devant l’empereur avec un œuf en main, elle lui déclara qu’après avoir souffert la Passion, le Christ était ressuscité, apportant à tous les hommes la promesse de la résurrection ; et l’œuf se teignit alors en rouge . Le souverain écouta sa requête et convoqua Pilate, ainsi que les grands prêtres Anne et Caïphe. Caïphe mourut en route, en Crète ; quant à Anne, il fut supplicié en étant enfermé dans une peau de buffle. Pilate, s’étant présenté au tribunal de l’empereur, essaya de se justifier en avançant les pressions exercées par les Juifs et le risque de rébellion contre l’autorité romaine. Mais César resta insensible à son apologie et le fit jeter en prison. On rapporte que, poursuivant un cerf au cours d’une partie de chasse, organisée non loin de la prison par des amis de Pilate, l’empereur décocha une flèche qui alla frapper Pilate en plein cœur. De retour à Jérusalem, Marie Madeleine suivit l’enseignement de saint Pierre. Quatre ans s’étant écoulés depuis la Résurrection, et les Apôtres s’étant dispersés dans diverses régions du monde, elle se joignit à saint Maxime, l’un des Soixante-Dix Disciples, pour aller prêcher la Bonne Nouvelle. Ils furent bientôt arrêtés par les Juifs et abandonnés, avec d’autres chrétiens, en pleine mer, sans nourriture, dans un bateau dépourvu de voile et de rames. L’embarcation fut cependant guidée par le Christ, le Pilote de notre Salut, jusqu’à Marseille, en Gaule . Ayant débarqué sains et saufs, les saints apôtres eurent à subir la faim, la soif et le mépris des habitants de l’endroit, païens forcenés qui ne leur procuraient aucun secours. Un jour que ces derniers s’étaient réunis pour un de leurs sacrifices impies, sainte Marie Madeleine se mêla courageusement à l’assemblée et les exhorta à reconnaître le seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Émerveillés par son assurance et par l’éclat de son visage, les païens prêtèrent attention à ses paroles. Elle réitéra son discours devant le gouverneur romain de la province, Hypatios, qui était venu en compagnie de son épouse apporter une offrande aux idoles, afin d’obtenir une progéniture. D’abord réticent, Hypatios, à la suite de trois apparitions de la sainte, accueillit Marie et ses compagnons en son palais et demanda à être instruit de leur doctrine. Grâce à l’intercession de Marie, il obtint un enfant, mais sa femme mourut en le mettant au monde. Après un court séjour à Rome, Hypatios entreprit un pèlerinage à Jérusalem ; mais changeant soudain d’avis, il décida de retourner à l’endroit où il avait enseveli son épouse et l’enfant. Quelle ne fut pas sa stupeur de les retrouver vivants et d’apprendre qu’ils avaient survécu grâce aux prières et aux soins de sainte Marie Madeleine ! Rendant grâces à Dieu, le magistrat et toute sa maison se firent alors baptiser et devinrent de fervents proclamateurs de la Vérité. Quittant la Gaule, sainte Marie Madeleine continua ses périples missionnaires en Égypte, Phénicie, Syrie, Pamphylie et autres lieux, répandant partout la bonne odeur du Christ. Elle passa quelque temps à Jérusalem, puis partit pour Éphèse, où elle retrouva saint Jean le Théologien, partageant ses épreuves et jouissant de ses enseignements inspirés. Ayant rempli la mission que le Seigneur lui avait confiée, elle remit là son âme à Dieu, après une brève maladie, et fut ensevelie à l’entrée de la grotte, où s’endormirent ensuite les Sept Enfants [4 août]. De nombreux miracles se produisirent en cet endroit, jusqu’au jour où, presque dix siècles plus tard (899), le pieux empereur Léon VI le Sage ordonna de transférer les reliques de la sainte Égale-aux-Apôtres à Constantinople [4 mai.]. Il les reçut avec une grande dévotion, en présence de tout le peuple, et les portant sur ses épaules, aidé de son frère Alexandre, il alla les déposer dans la partie gauche du sanctuaire du monastère de Saint-Lazare, qu’il avait fondé. Survivant aux péripéties de l’histoire, la main gauche de la sainte Myrophore, qui exhale un suave parfum, est aujourd’hui vénérée au monastère athonite de Simonos Pétra, qui honore sainte Marie Madeleine comme sa seconde fondatrice.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Marie Magdeleine, ton 1

Le Christ qui de la Vierge est né pour nous, Marie Madeleine, tu l’as suivi, gardant ses préceptes et ses lois; et nous qui célébrons ta mémoire sacrée, avec lui nous t’acclamons et te glorifions avec amour.

Kondakion de saint Marie Magdeleine, ton 4

Le Dieu suprême en ce monde venu, sainte Myrophore, dans la chair, en vraie disciple tu l’as aimé, portant sur lui tous les désirs de ton cœur; c’est pourquoi tu accomplis de nombreuses guérisons et, passée de terre vers les cieux, tu intercèdes pour le monde en tout temps.

Évangile DU JOUR

(Matth. X, 37 – XI, 1)
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

9 juillet (ancien calendrier) / 22 juillet (nouveau)

9 juillet (ancien calendrier) / 22 juillet (nouveau)

Saint Pancrace, évêque de Taormine, martyr (Ier s.) ; saint Cyrille, évêque de Gortyne, martyr (250) ; saints Patermuthe et Coprès, moines, et saint Alexandre, martyrs (IVème s.) ; saint Théodore, évêque d’Édesse (IXème s.) ; saint Agrippin, évêque d’Autun (538) ; saint hiéromartyr Constantin Lebedev, prêtre (1918).

 Saint PANCRACE DE TAORMINE[1]

Saint Pancrace naquit à Antioche au temps du séjour terrestre de notre Seigneur Jésus-Christ. Ses parents ayant entendu vanter les miracles et la doctrine du Seigneur, se rendirent avec leur jeune fils à Jérusalem où ils furent baptisés. Après leur décès, Pancrace renonça à tout ce qui l’attachait à ce monde périssable et se rendit sur les rives de la mer Noire, où il pratiqua l’ascèse dans une grotte, pour n’y regarder qu’en lui-même et vers Dieu. Le saint Apôtre Pierre, passant par ces régions pour y proclamer l’Évangile, rencontra le jeune ascète et le convainquit de l’accompagner dans ses périples. De passage à Antioche, Pancrace y fut consacré évêque pour la ville de Taormina, en Sicile , avec un autre disciple des apôtres venu de Jérusalem, Marcien , qui fut ordonné pour Syracuse. S’étant embarqué sur un navire en partance pour la Sicile, saint Pancrace convertit tout l’équipage ainsi que le capitaine, Lycaonide. Ils parvinrent en Sicile, au terme d’une heureuse traversée, et quand le saint mit le pied sur le rivage, les démons qui se trouvaient dans une idole du dieu Falcon, à laquelle les habitants devaient offrir chaque année des sacrifices humains, se mirent à pousser des cris d’effroi. Le saint invoqua le Nom de la Sainte Trinité en élevant la croix qu’il tenait en main en guise de bâton, et aussitôt les démons allèrent jeter la statue dans la mer. Lycaonide ayant raconté les miracles accomplis par le Christ et ses serviteurs au gouverneur de la cité, Boniface, celui-ci convoqua l’évêque ; mais Pancrace demanda que ce soit le gouverneur qui vienne à lui. Boniface tomba la face contre terre à la vue de la gloire qui entourait le saint, et il crut au Christ en entendant sa prédication. Après avoir été instruit, ainsi que sa suite, pendant toute la nuit, le gouverneur convia Pancrace à venir bénir le palais. Il y fut accueilli avec de grands honneurs et y resta quarante jours, obtenant l’autorisation de Boniface pour la construction d’une église en ville, dont il traça lui-même les limites. L’édifice fut promptement achevé et, lors de sa consécration, tous les assistants purent voir un feu redoutable descendre du ciel pour illuminer toute l’église. Et avant que le saint eût terminé la célébration de la Divine Liturgie, toutes les idoles de la ville s’effondrèrent. Les prêtres païens se rendirent en hurlant au palais et reprochèrent au gouverneur de faire fête alors qu’une telle catastrophe avait frappé la cité. Boniface réussit à contenir leur agitation et demanda à ce que les plus lettrés d’entre eux examinent pour quelle raison leurs dieux avaient été ainsi mis en pièces : peut-être un autre Dieu, plus puissant, était-il apparu pour les renverser ? Suite aux imprécations des mages, un des démons, nommé Lysson, répondit que le Dieu en trois Personnes les avait rendus impuissants par l’Incarnation du Fils Unique, que l’étranger amené par Lycaonide était venu prêcher dans la cité de Taormina. Les idolâtres, restant indifférents à cette confession, décidèrent de sacrifier le gouverneur lui-même en signe d’expiation. Saint Pancrace, averti par Boniface effrayé, passa toute la nuit en prière dans l’église. Au matin, on se préparait à immoler Boniface, quand Pancrace surgit, revêtu de ses ornements et tenant en main une croix. Les liens de Boniface se défirent aussitôt et tous les païens présents tombèrent à terre sous l’effet de l’éclat qui émanait du saint prélat. Pancrace ordonna à l’idole de Lysson d’aller se jeter dans la mer, et il mit à mort un serpent colossal qui se nourrissait du sang des victimes. Tous s’écrièrent alors : « Grand est le Dieu de Pancrace ! » La plupart d’entre eux furent baptisés, et les habitants des pentes de l’Etna les imitèrent à la vue des guérisons accomplies par le saint. Une prêtresse des idoles, qui souffrait de lèpre, fut guérie par le saint. Mais comme elle proférait des blasphèmes, elle fut à nouveau atteinte de ce mal, plus gravement. S’étant repentie, elle reçut le baptême sous le nom de Bénédicte, et après avoir été ordonnée diaconesse, elle alla briser de ses mains les idoles qu’elle avait jadis servies, pour en distribuer l’or aux pauvres. Boniface devant partir en campagne à la tête d’une immense armée, fit bénir ses hommes par le saint, et un grand nombre de soldats demandèrent à recevoir le baptême en contemplant la gloire divine qui l’entourait. Une nuée descendue du ciel recouvrit l’évêque pendant la Liturgie qu’il célébra alors devant eux, et elle disparut au moment de l’élévation des saints Dons. Boniface avait laissé en ville pour le remplacer un certain Élide, païen endurci et débauché, qui convoitait une des vierges consacrées à Dieu par le saint. Par l’entremise d’un disciple de Montan, il lança un sortilège sur la jeune vierge, mais celui-ci resta sans effet. Il fit alors arrêter les vierges qui, demeurant inflexibles aux pressions des païens, furent décapitées. Saint Pancrace vint les enterrer en présence du peuple et bâtit une église en leur honneur. Dès son retour à Taormina, Boniface fit châtier Élide et favorisa la fondation d’églises dans toute la Sicile, où des disciples de saint Pancrace accomplirent de nombreuses conversions. Akylin, le roi de Calabre, ayant assiégé Taormina à la tête d’une puissante armée, Pancrace encouragea le peuple à mettre sa confiance dans le Christ, et même renvoya chez eux les hommes qui se tenaient sur les remparts. Puis il monta sur un promontoire, muni d’une croix et de deux icônes, et il bénit la ville dans les quatre directions. Les ennemis, voyant comme trois soleils éclatants, s’enfuirent en s’entre-tuant. Cependant certains se rendirent, et après les avoir baptisés, le saint les renvoya en Calabre pour y prêcher la Bonne Nouvelle. Au cours d’une nouvelle campagne de Boniface, son remplaçant, Artagaros, convia l’évêque à un banquet, au cours duquel le saint renversa une idole qu’on y avait exposée. Les païens se précipitèrent alors sur lui avec rage, le jetèrent à terre et le frappèrent si violemment qu’il en rendit l’âme. Ils précipitèrent ensuite son corps dans une crevasse, où il fut retrouvé par les fidèles après d’anxieuses recherches. Boniface, de retour de guerre, châtia les coupables et fit confectionner un sarcophage en or pour y déposer le corps du saint prélat. Mais saint Pancrace apparut à son disciple et successeur Évagre, pour lui demander de l’enterrer à même la terre, lui qui avait toujours méprisé l’or. Pendant les funérailles son corps apparut indemne de toute blessure et rayonnant de gloire, et un arôme délicieux se répandit alentour. Par la suite, une église fut édifiée en l’honneur de saint Pancrace, disciple des apôtres et protecteur de la ville.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Pancrace, ton 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * saint Pancrace, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de St Pancrace, ton 4

Sur Taormine, Pancrace, tu brillas * tel un astre resplendissant, * saint pontife martyr * qui témoignas pour le Christ: * intercède auprès de lui pour qui te chante, Bienheureux.

 

 Évangile DU JOUR

(Matth. X, 37 – XI,1)

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. Lorsque Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, il partit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

21 juillet

21 juillet
Jour de jeûne

Saint Ezéchiel, prophète (vers VIème s. av. J.- C.) ; saint Siméon, fol en Christ, et saint Jean, son compagnon d’ascèse, à Emèse en Phénicie (vers 590) ; sainte Julie et saint Claude et leurs compagnons, martyrs à Troyes (275) ; saints Victor, Alexandre, Félicien et Longin, martyrs à Marseille (290) ; saint Antimond, évêque de Thérouanne (VIème s.) ; saint Arbogaste, évêque de Strasbourg (678); saint Éterne, évêque d’Évreux, martyr (VIIème s.) ; saint Onuphre le silencieux et saint Onésime, reclus de la Laure des Grottes de Kiev (XIIème-XIIIème s.) ; saint hiéromartyr Pierre Goloubev, prêtre (1938).

 

SAINT MARTYR VICTOR DE MARSEILLE[1]

Ce victorieux athlète du Christ naquit d’une famille noble de la ville de Marseille, dans le courant du IIIe siècle. Engagé dans le métier des armes, il servait l’empereur avec vaillance et loyauté. Mais quand Maximien vint en visite à Marseille (vers 388), dans le but de persécuter les chrétiens, Victor, au lieu de cacher sa foi, refusa de recevoir sa solde et se mit à encourager ses compagnons d’armes, chrétiens comme lui, à ne pas craindre ceux qui tuent le corps, pour être jugés dignes des trophées célestes. Jour et nuit, il se rendait de maison en maison, pour exhorter les fidèles au combat de la foi, et il accompagnait les martyrs jusqu’au lieu de leur supplice. Arrêté à son tour, il fut conduit, chargé de chaînes, devant l’empereur. Restant inébranlable devant les menaces comme à l’égard des promesses frauduleuses du tyran, il confondit la vanité du culte des idoles en proclamant le Christ seul vrai Dieu. L’empereur le fit traîner par les rues, et le livra aux coups et aux injures de la populace. Mais, à l’issue de cette épreuve, le saint en proclama de plus belle sa foi. Étendu ensuite sur un chevalet pour qu’on lui lacère les chairs, le Seigneur lui apparut, tenant en main la Croix, et Il lui promit une couronne immortelle. La nuit suivante, trois anges étant apparus dans son cachot, ses gardiens : Alexandre, Longin et Félicien, frappés de ce spectacle resplendissant, se convertirent. Ils reçurent le saint baptême et moururent martyrs avant leur maître. Trois jours plus tard, saint Victor comparut de nouveau au tribunal, et il renversa d’un coup de pied une statue de Jupiter que le tyran voulait lui faire adorer. Furieux, Maximien lui fit couper le pied, puis ordonna de placer le saint sous une meule de moulin, afin d’être broyé comme froment du Christ. Mais l’instrument de mort se brisa, et l’on dut achever le soldat du Christ en lui tranchant la tête. Lorsque le glaive le frappa, une voix céleste se fit entendre : « Victor, tu as vaincu ! » Les corps des saints martyrs, jetés à la mer, furent retrouvés par des chrétiens et ensevelis dans une crypte taillée dans la pierre . Par la suite, les nombreux miracles accomplis par saint Victor le firent honorer comme patron de la ville de Marseille.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète, ton 3

Par inspiration de l’Esprit divin d’avance tu annonças, Prophète de Dieu, la réalisation des mystères à venir: l’ineffable anéantissement du Sauveur et la résurrection de ceux qui depuis les siècles étaient morts; illustre Ezéchiel, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

Tropaire du saint martyr Victor de Marseille, ton 1

Officier , tu refusas de trahir le Christ,* En acceptant de sacrifier aux dieux païens.* Mené en prison, tu convertis les gardiens,* Alexandre, Longin et Félicien, au Christ.*

Et comme blé du Pain de Vie, tu fus broyé.* Saint Victor, prie le Seigneur de sauver nos âmes!

 

Kondakion du prophète, ton 4

Illuminé par la divine clarté, Ezéchiel, tu reçus le don de prophétie pour d’avance représenter en images ce qui allait advenir: comme porte infranchissable tu as vu la Vierge dont le Verbe est issu en pasteur accordant au monde la rédemption.

Kondakion du saint martyr Victor de Marseille, ton 6

Enrôlé, saint Victor, par le souverain terrestre, tu militas pour le Roi des célestes armées ; tel un incorporel tu combattis, faisant l’admiration des anges dans le ciel ; comme blé tu fus sur l’aire battu et comme froment tu fus broyé pour devenir le pain offert à la divine Trinité, qui t’accueillit à Sa table, en récompense de ta victoire au combat.

 

Évangile DU JOUR

(Mt XV, 29-31) 

Jésus quitta ces lieux, et vint près de la mer de Galilée. Étant monté sur la montagne, il s’y assit. Alors s’approcha de lui une grande foule, ayant avec elle des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d’autres malades. On les mit à ses pieds, et il les guérit; en sorte que la foule était dans l’admiration de voir que les muets parlaient, que les estropiés étaient guéris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient; et elle glorifiait le Dieu d’Israël.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

8 juillet (ancien calendrier) / 21 juillet (nouveau)

8 juillet (ancien calendrier) / 21 juillet (nouveau)

 

Apparition de l’Icône de Notre-Dame de Kazan (1579) ; saint Procope de Césarée, mégalomartyr (303) ; saint Epictète, hiéromoine, et saint Astion, moine, martyrs à Almyride (290) ;  saint Doucelin, disciple de saint Martin (IVème s.) ; saint Mirtag, roi de Géorgie, martyr (410) ; saint Auspice, évêque de Toul (487) ; saint Procope, fol en Christ d’Oustug (1303) ; saint Théophile le Myroblite, moine au Mont-Athos (1558) ; saint Procope d’Oustya (XVIIème s.) ; saint martyr Anastase de Ioanina (1743) ; saint nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Popov, Théodore Raspopov et Nicolas Briantsev, prêtres (1918).

 

Saint PROCOPE DE CÉSARÉE[1]

Peu après avoir promulgué ses édits de persécution contre les chrétiens (303), Dioclétien se rendit, dit-on, en Égypte, afin d’y réprimer le soulèvement suscité par l’usurpateur Achille. Une fois la victoire acquise et son autorité confirmée, il se rendit à Antioche, où la majorité des habitants s’étaient détournés du culte des idoles pour adorer le Christ, le seul vrai Dieu et Sauveur. Il offrit un sacrifice dans le temple d’Apollon de Daphni, puis retourna en ville pour y recevoir l’hommage des notables. Une noble femme païenne, Théodosie, originaire de Jérusalem et veuve d’un chrétien nommé Christophore, vint présenter à l’empereur son fils Néanie, avec une grande quantité d’or et d’argent en présent, et sollicita du souverain qu’il prît le jeune homme à son service. Néanie attira aussitôt la sympathie de Dioclétien et reçut le titre de duc d’Alexandrie, avec pour mission d’y pourchasser les chrétiens et d’exécuter ceux qui resteraient rebelles aux édits impériaux. Néanie s’étant mis en route pour Alexandrie, à la tête de deux cohortes de soldats, dirigées par les tribuns Nicostrate et Antiochus, ils firent halte à Apamée de Syrie, d’où ils repartirent la nuit tombée pour éviter les ardeurs du soleil. Ils avaient franchi environ trente milles, quand un éclair fendit soudain le ciel et une voix se fit entendre : « Néanie, où vas-tu ? et contre qui pars-tu en guerre ? » Et elle l’avertit que la persécution qu’il s’apprêtait à faire subir aux chrétiens provoquerait sa mort et sa damnation éternelle. Poussée par les bonnes dispositions de sa conscience, Néanie répondit à cette voix en l’appelant « Seigneur ». Une immense croix à l’aspect de cristal resplendit alors dans le ciel et une voix en sortit, disant : « Je suis Jésus, le Crucifié, le Fils de Dieu. » Le bienheureux fut alors instruit de tout le Mystère du Salut, et le Christ ajouta : « Puisque tu m’as vu, tu deviendras un vase d’élection. Par ce signe tu vaincras tous tes adversaires. Que ma paix soit avec toi. » Une fois la vision dissipée, Néanie se rendit en hâte à Scythopolis, où il fit confectionner, par un orfèvre juif, une croix d’argent, d’après le modèle de celle qui lui était apparue. Aussitôt cette croix achevée, trois images y apparurent gravées avec des inscriptions en hébreu : sur la partie supérieure était écrit « Emmanuel », sur un côté « Michel » et sur l’autre « Gabriel ». Il baisa avec respect la croix et ces images « non-faites de main d’homme » , et retourna à Jérusalem. Des bandes de Bédouins pillaient chaque année les villes de la région et enlevaient les jeunes filles nobles pour en faire leurs épouses. Cette année-là, comme la menace pesait de nouveau sur Jérusalem, les notables vinrent supplier Néanie d’intervenir avec ses troupes pour les défendre. Le saint saisit la croix, qu’il tenait jusqu’alors cachée, et s’élança au combat en invoquant le Nom du Christ. Plus de six milles Agaréniens tombèrent sous leurs coups, mais pas un de ses hommes ne fut blessé. De retour en ville, il annonça la nouvelle de sa victoire à sa mère qui, païenne endurcie, l’attribua à la protection des dieux et l’invita à offrir un sacrifice d’actions de grâces en leur honneur. Le saint lui répondit que c’était par la puissance du Christ qu’il avait remporté cette victoire et, entraînant sa mère dans la pièce où se trouvaient les idoles de la famille, il les réduisit en morceaux. Oubliant tout sentiment maternel et possédée par la colère, Théodosie alla dénoncer son fils à l’empereur Dioclétien qui chargea le gouverneur de Césarée de Palestine, Ulcien (ou Ulcius), de mener l’enquête. Néanie déchira devant le gouverneur la lettre impériale, en déclarant qu’il préférait s’offrir lui-même en sacrifice pour le Christ plutôt que d’offrir un culte insensé aux faux dieux, et, détachant sa ceinture, il la lui jeta avec mépris au visage. Ulcien ordonna de le charger d’entraves et de le conduire à Césarée, la métropole de Palestine, pour y être livré à la fustigation devant toute la population. Comme certains des assistants pleuraient en le voyant torturé, le vaillant athlète du Christ leur cria : « Ne pleurez pas sur moi, mais plutôt sur la perte de votre âme. Quel avantage obtiendrons-nous si notre corps trouve le repos en cette vie, et que notre âme soit éternellement damnée ? Quant à moi, je me réjouis, comme le cultivateur qui jette sa semence en perspective des futures récompenses. » Jeté en prison à demi mort et baignant dans son sang après avoir été torturé toute la journée, le Christ lui apparut en gloire, au milieu d’un chœur angélique. Il le délivra de ses liens et lui dit : « Tu seras désormais nommé Procope , car tu vas “progresser” dans la vertu, jusqu’à trouver la perfection du martyre, et tu offriras à Dieu un grand nombre d’âmes. » Le Seigneur le guérit de toutes ses blessures, et lui communiqua par cette vision vaillance et audace, de sorte qu’il était prêt désormais à endurer toutes les épreuves suscitées par les serviteurs des démons, pour faire triompher la Vérité. Les gardes vinrent peu après le tirer du cachot, et il se présenta devant le gouverneur, le visage resplendissant comme le soleil et le corps indemne tel un drap immaculé. Comme Ulcien attribuait ce miracle à la protection des dieux, à sa grande surprise, Procope proposa lui-même de se rendre au temple pour leur offrir un digne sacrifice. Toute à la joie de leur victoire, les païens jonchèrent le chemin de vêtements blancs et des hérauts convoquèrent toute la population. Parvenu devant le temple, le saint demanda à y entrer seul pour y prier. Fermant les portes derrière lui, Procope éleva une fervente prière au Christ, et dès qu’il fit le signe de la croix trente-six statues s’effondrèrent et se liquéfièrent. Devant ce prodige, les deux tribuns, Nicostrate et Antiochus, ainsi que d’autres soldats de sa troupe, confessèrent le vrai Dieu. Par crainte d’une rébellion, le gouverneur n’osa pas les châtier immédiatement, aussi vinrent-ils de nuit trouver le saint dans sa prison, pour lui demander de les enrôler dans l’armée du Roi du Ciel. Procope les confia au geôlier Tertios, qui était son ami et le réconfortait dans ses épreuves, pour qu’il les conduise auprès de l’évêque Léonce, qui les baptisa. Convoqués peu après par Ulcien, les néophytes furent décapités sous les yeux de saint Procope, et un homme respectable de la cité, Eulalios, alla enterrer leurs corps. Douze femmes de rang sénatorial, qui avaient cru au Christ au spectacle des merveilles accomplies par le saint martyr, furent arrêtées et jetées dans la même prison. Saint Procope les instruisit toute la nuit sur la doctrine du Salut, et les exhorta à ne point craindre les tourments passagers qui les délivreront de l’enfer et les rendront immortelles. Au matin, elles furent présentées devant le tyran dans l’amphithéâtre et sommées de sacrifier. Contemplant l’endurance surnaturelle de ces saintes martyres sous les supplices, la mère du saint, Théodosie, fut touchée par la grâce divine et, rejetant toute gloire et tout souci de ce monde, elle s’écria : « Je suis, moi aussi, servante du Crucifié ! » Jetée en prison, elle soigna les blessures des douze martyres et fut préparée au saint baptême par son fils, qui l’exhortait au martyre en lui disant : « Accompagne-nous, pour voir le Dieu invisible, au ciel, avec des yeux immortels. » Une fois baptisée par l’évêque Léonce, elle se joignit avec zèle au chœur des douze martyres. Après une nouvelle comparution au tribunal, au cours de laquelle Théodosie fit la plus ardente confession de foi, elles furent toutes soumises à la torture : on leur brisa les mâchoires, on leur arracha les seins, on leur brûla les aisselles en y plaçant des boules de plomb. Comme toutes restaient inébranlables, le gouverneur les fit attacher ensemble et ordonna de les décapiter. Quelques jours après, saint Procope fut de nouveau soumis à la question et, alors qu’il subissait la torture, il guérit une fillette tourmentée par le démon. Il restait dans les supplices aussi inébranlable que le roc battu par les vagues, si bien que le gouverneur Ulcien, affligé de son échec, fut pris d’une violente fièvre et rendit l’âme. Un autre gouverneur, Flavien, tout aussi féroce envers les chrétiens, fut nommé à sa place. Il convoqua aussitôt saint Procope, qui prononça une brillante apologie de la doctrine du Christ, démontrant que mêmes les sages païens avaient eu l’intuition du seul vrai Dieu. Furieux, Flavien ordonna à un soldat, Archélaos, de décapiter le saint ; mais dès que ce dernier leva son glaive, il eut la main paralysée et expira. Six jours après, le saint fut de nouveau présenté au tribunal. Accusé de magie, il s’offrit de bon gré à la torture et, sous les coups, il continuait à se moquer du magistrat impuissant. Après l’avoir fait frapper de nerfs de bœuf et lui avoir appliqué sur le corps des charbons ardents, Flavien fit poser de force la main du saint, emplie d’encens, sur le foyer d’un autel idolâtre, afin que sous l’effet de la brûlure, il jetât l’encens sur l’autel en signe de sacrifice. Mais, toute sa volonté restant fixée en Dieu, le saint garda la main immobile sur le brasier pendant deux heures, jusqu’à ce qu’elle fût complètement calcinée.

Flavien s’émerveilla de cette endurance surnaturelle, mais ayant endurci son cœur comme Pharaon jadis, il livra Procope à de nouvelles tortures. Ayant été suspendu, les membres distendus par deux lourdes pierres, il fut ensuite précipité dans une fournaise ardente. Les soldats qui se trouvaient à proximité furent brûlés, mais le saint resta indemne, comme les trois Jeunes Gens à Babylone. Flavien prononça alors la sentence de mort. Parvenu sur les lieux de l’exécution, saint Procope demanda à ses bourreaux la grâce d’une dernière prière, et, se tournant vers l’Orient, il intercéda pour la ville, afin que Dieu envoie la Lumière de sa connaissance à ses habitants, qu’Il guérisse ses malades, qu’Il vienne en aide aux indigents et qu’Il accorde sa grâce à tous ceux qui honoreront sa mémoire. Une voix céleste ayant confirmé que sa prière serait exaucée, le saint inclina paisiblement la nuque sous le glaive, pour recevoir la couronne inflétrissable du martyre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de N.D. de Kazan, ton 4

Secourable et compatissante Mère du Très-Haut, prie ton Fils, le Christ notre Dieu, et procure le salut à tous ceux qui accourent sous ta puissante protection; notre Dame, royale souveraine, viens au secours de nous tous qui, dans les épreuves, les malheurs et les peines dont nous accablent nos péchés, nous tenons en ta présence et te prions, dans l’humilité de nos âmes et la contrition de nos cœurs, devant ta vénérable icône, les larmes aux yeux; à nous qui mettons notre espérance en toi sans retour accorde ce qui nous est profitable et sauve-nous, car tu es, Vierge Mère, la divine protection de tes serviteurs.

 

Tropaire du saint martyr Procope, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

 

Kondakion du saint martyr Procope, ton 2

Enflammé de zèle divin pour le Christ * et gardé par la puissance de la Croix, * Procope, tu renversas l’orgueilleuse audace des ennemis, * exaltant l’Eglise, progressant dans la foi et répandant sur tous la clarté.

 

Kondakion de N.D. de Kazan, ton 8:

Accourons tous ensemble vers ce havre de sérénité qu’est la protection de la Vierge Mère, toujours prête à nous sauver chaleureusement; empressons-nous de la prier, hâtons-nous de nous convertir; car la très-pure Mère de Dieu fait jaillir pour nous ses miséricordes qui ne tarissent jamais, elle vole à notre secours et délivre de grands maux ses serviteurs qui craignent Dieu et sont agréables au Seigneur.

 

Évangile du jour

(Lc X, 38-42-XI, 27-28)

En ce temps-là, comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. » Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! » Et il répondit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 juillet

20 juillet

 Saint Élie, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Rorice, évêque de Limoges (507) ; sainte Sévère, abbesse (vers 680) ; saint Abraham de Galitch (1375) ; sainte Salomé de Jérusalem, martyre (XIIIème s.) ; saint Élie le juste de Géorgie, martyr (1907) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Slovtsov (1918), Alexandre Arkhangelsky, Georges Nikitine, Jean Stebline-Kamensky, Serge Gortinsky et Théodore Yakovlev, prêtres, moines Tikhon Kretchkov, Georges Pojarov, Cyrille Viaznikov et martyr Euthyme Gebenchtchikov et Pierre Viaznikov (1930) ; Alexis Znamensky, prêtre (1938) ; moine Théodore Abrosimov (1941).

 

SAINTE ProphÈte Élie[1]

Le saint et grand prophète Élie, cet ange dans la chair qui reçut de Dieu le pouvoir d’ouvrir et de fermer les cieux, était originaire de Theshbé en Galaad (auj. Listib au sud du wadi Yabis) . On raconte qu’au moment de sa naissance, son père vit des hommes vêtus de blanc l’envelopper de langes de feu et, lui attribuant son nom, ils lui donnèrent à manger une flamme, symbole du zèle divin qui allait le dévorer pendant toute sa vie. Dès son enfance, il observait rigoureusement tous les commandements de la Loi et se tenait en permanence devant Dieu par une virginité impassible, un jeûne permanent et une prière ardente, qui rendirent son âme comme le feu et firent de lui le modèle de la vie monastique.

Achab ayant accédé au trône du royaume du Nord, qui avait fait schisme depuis Jéroboam, porta à son comble l’impiété et la dépravation de ses prédécesseurs. Encouragé par sa femme, l’exécrable Jézabel, il persécutait les prophètes et tous les hommes qui restaient fidèles à Dieu, et s’adonnait au culte des faux dieux : Baal et Astarté. Le prophète Élie se rendit alors auprès du roi et lui déclara : « Il vit le Seigneur, Dieu des Armées, le Dieu d’Israël, devant lequel je me tiens aujourd’hui ! Non, il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est par une parole de ma bouche ! » À la parole du prophète, une terrible sécheresse s’abattit alors, comme une fièvre, sur la terre : tout fut desséché, dévasté, brûlé. Hommes, femmes, enfants, animaux domestiques et bêtes sauvages, tous mouraient faute de nourriture, les sources tarissaient, les plantes se flétrissaient, et rien n’échappait au fléau que Dieu avait permis, dans l’espoir que la famine porterait le peuple d’Israël au repentir et à la conversion.

Sur ordre de Dieu, le prophète, qui était vêtu d’une peau de mouton et d’un pagne de cuir, quitta le royaume d’Israël et se rendit au torrent de Chorrath (Kerrith), situé au-delà du Jourdain . Il s’abreuvait de l’eau du torrent et le Seigneur lui envoyait des corbeaux — animaux considérés comme impurs par les Juifs et réputés pour leur cruauté envers leur progéniture — pour lui apporter du pain au matin et de la viande le soir, incitant ainsi son prophète à la miséricorde envers le peuple souffrant . Quand le torrent vint à se tarir lui aussi, Dieu envoya son serviteur à Sarepta de Sidon, lui faisant observer au long de la route les effets désastreux de la sécheresse pour l’inviter, encore une fois, à la compassion. Il parvint chez une pauvre veuve païenne, qui était en train de ramasser du bois en vue de faire cuire du pain pour elle et son fils. Malgré la nécessité extrême dans laquelle elle se trouvait, elle mit avant toutes choses les devoirs de l’hospitalité, et dès que le prophète le lui demanda, elle prépara à son intention une galette, avec la farine et l’huile qui lui restait. Elle reçut sans retard la récompense de son hospitalité : à la parole du prophète sa jarre de farine et sa cruche d’huile ne désemplirent pas, jusqu’à ce que la pluie revînt. Élie était hébergé chez cette veuve depuis quelques jours, quand son fils vint à mourir. Comme la femme, dans sa douleur, accusait l’homme de Dieu d’avoir apporté le malheur sur sa maison, Élie prit l’enfant, le monta à l’étage où il demeurait et, après avoir soufflé à trois reprises sur le corps inanimé en invoquant à grands cris le Seigneur, il rendit le jeune garçon vivant à sa mère, prophétisant ainsi la résurrection des morts.

La sécheresse affligeait la contrée depuis plus de trois ans, et une grande partie de la population avait déjà été décimée ; mais Dieu, respectant le serment de son prophète, ne voulait pas montrer sa miséricorde avant qu’Élie n’eût compris qu’Il ne désire pas la mort des pécheurs mais qu’ils se convertissent (cf. Éz 33, 11). Il envoya alors le prophète auprès du roi Achab, pour lui annoncer que le fléau allait bientôt cesser. Élie apparut devant le roi stupéfait de voir venir à lui, librement, celui qu’il avait fait rechercher partout, et il l’invita à rassembler tout le peuple d’Israël sur le mont Carmel, pour être témoin de sa confrontation avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bois sacrés entretenus par l’infâme Jézabel. Une fois cette grande assemblée réunie, Élie dit au peuple : « Jusques à quand boiterez-vous sur les deux jarrets ? Si le Seigneur est Dieu, allez à sa suite ! Si c’est Baal, allez à lui ! » Il prescrivit d’apprêter deux taureaux pour le sacrifice et de les placer sur le bûcher, mais sans allumer de feu, et il laissa les faux prophètes sacrifier les premiers. Ceux-ci invoquèrent à grands cris le dieu Baal, en se lacérant, de l’aube jusqu’au soir, mais en vain. Élie se moquait d’eux, les encourageant à crier plus fort, de peur que leur dieu ne fût endormi ou occupé à quelque autre affaire. Le soir venu, le prophète érigea un autel avec douze pierres, représentant les douze tribus d’Israël, creusa un large fossé autour de l’autel, sur lequel il avait placé le taureau dûment dépecé, et il ordonna de verser, à trois reprises, de l’eau en abondance sur la victime, de manière à ce qu’elle remplisse le fossé en débordant. Puis il poussa un grand cri vers le ciel, invoquant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Aussitôt un feu tomba du ciel et dévora l’holocauste, le bois et l’eau. Le peuple entier tomba alors la face contre terre en criant : « Vraiment le Seigneur est le seul Dieu ! » Sur l’ordre d’Élie, on s’empara des faux prophètes, et l’homme de Dieu les égorgea de ses propres mains au torrent de Kisson. Il annonça ensuite à Achab que la sécheresse allait bientôt cesser, puis monta au sommet du Carmel et, se penchant vers la terre, la tête entre les genoux et l’intelligence rassemblée dans son cœur, il se mit en prière. À sept reprises, il envoya son serviteur observer l’horizon, en direction de la mer, et la septième fois un petit nuage apparut, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba en abondance, répandant sur la terre la bénédiction céleste.

Quand la reine Jézabel apprit le massacre de ses prophètes, elle entra dans une terrible colère et jura de se venger. Élie, qui n’avait pas craint la foule des faux prophètes, fut abandonné par la grâce de Dieu et, gagné par la pusillanimité, il s’enfuit à Bersabée dans la terre de Juda. Épuisé par sa marche dans le désert, il s’assit à l’ombre d’un arbre et demanda à Dieu de reprendre sa vie. Un ange du Seigneur lui apparut alors, et lui présenta une galette de pain et une cruche d’eau. Revigoré par cette assistance divine, il put marcher quarante jours dans le désert, jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb . Il entra dans le creux du rocher où Moïse s’était jadis caché, et Dieu lui adressa, de nuit, la parole. Élie répondit : « Je suis rempli de zèle jaloux pour le Seigneur tout-puissant, car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, abattu tes autels et tué tes prophètes ; et je suis resté tout seul et ils cherchent à m’enlever la vie. » Dieu lui ordonna de sortir et de se tenir sur la montagne pour le voir. Il y eut alors un violent ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Après le feu, on perçut le bruit d’une brise légère. Dès qu’il l’entendit, Élie se voila la face de son manteau et se tint sous la grotte, car Dieu était dans la brise légère . Le Seigneur lui affirma que, loin d’être le seul juste, sept mille autres Israélites n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal, et Il lui ordonna de s’en retourner par le même chemin conférer l’onction royale à Hazaèl, comme roi de Syrie, et à Jéhu, comme roi d’Israël, puis d’oindre Élisée pour successeur. Ayant trouvé Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs, Élie jeta sur lui son manteau et fit de lui son disciple [14 juin].

Le roi Achab continuait cependant à commettre des actes d’impiété, et il s’était accaparé la vigne de Nabot d’Yizréel, en le faisant mourir sur le conseil de Jézabel. Le prophète Élie, qui était resté dans le silence pendant quelque temps, fut envoyé par le Seigneur à Samarie et dit au roi : « À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi, et les prostituées se vautreront dans ton sang. » Il ajouta que le malheur allait s’abattre sur toute la maison d’Achab et que les chiens dévoreraient le corps de Jézabel sur l’avant-mur d’Yizréel. À ces mots, le roi fut saisi de componction : il déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac et observa un jeûne. Le Seigneur regarda avec faveur son repentir et annonça par son prophète qu’Il ne donnerait libre cours à sa colère que sous le règne de son fils.

Achab mourut peu après, et son fils Ochozias, homme superstitieux, prit le pouvoir. Étant tombé malade, il envoya des messagers en quête d’un oracle auprès de Baal Zéboud à Éqron (Akkaron). Le prophète Élie se présenta devant les messagers, annonçant que le roi ne se relèverait pas. Quand ils transmirent ce message, en donnant la description du prophète, le roi, comprenant qu’il s’agissait d’Élie, envoya une troupe de cinquante hommes pour l’arrêter. Mais à deux reprises, sur l’injonction du prophète, un feu descendit du ciel et dévora les soldats. Le troisième officier, l’ayant supplié de l’épargner, Élie obtempéra et se rendit auprès du roi, lui annonçant de vive voix qu’il allait périr, parce qu’il avait eu recours aux faux dieux. Ochozias mourut effectivement peu de jours après, et son frère Joram devint roi d’Israël. Pendant les douze années de son règne, il fit supprimer le culte de Baal, mais ne mit pas fin au péché de Jéroboam, qui avait provoqué le schisme dans le peuple de Dieu et avait encouragé l’idolâtrie. C’est pourquoi Dieu fit venir le malheur sur sa maison et réalisa la prophétie prononcée par Élie au temps d’Achab : Jéhu s’empara du pouvoir, à la suite d’une conspiration contre Joram et, entrant dans la ville d’Yizréel, il fit mettre à mort Jézabel en la précipitant du haut d’une fenêtre. Son sang éclaboussa le mur et les chiens dévorèrent son corps avant qu’on n’ait pu l’ensevelir.

Au bout de quinze ans de ministère prophétique, ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Élie se rendit de Galgal à Béthel, accompagné d’Élisée qui refusait de quitter son maître. De là, ils se rendirent à Jéricho. Arrivé sur la rive du Jourdain, Élie prit son manteau de peau de mouton, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent pour les laisser passer à pied sec. Élisée lui ayant demandé de recevoir double part de son esprit prophétique, Élie répondit : « Si tu me vois pendant que je serai enlevé au ciel, il en sera ainsi pour toi. »  Alors qu’ils marchaient ainsi dans le désert en devisant, un char de feu tiré par des chevaux flamboyants apparut entre eux. Élie monta dans le char et fut emporté comme au ciel , dans un tourbillon, tandis qu’Élisée criait : « Père, père, char d’Israël et son attelage ! » Il saisit le manteau du prophète, qui était tombé sur lui, et frappant les eaux à deux reprises, il put traverser le Jourdain, salué par les fils des prophètes qui criaient : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! »

En étant ainsi enlevé dans les hauteurs avec son corps, le prophète Élie préfigurait l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, et par l’envoi de son manteau sur son disciple, il annonçait la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte .

Représentant éminent de l’ordre prophétique et parvenu par son zèle au sommet de la vertu, Élie fut jugé digne de voir, face à face, la gloire du Dieu incarné, en compagnie de Moïse et des trois Apôtres, le jour de la Transfiguration (cf. Mt 17), qui annonçait le Second Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. En descendant du Thabor, les disciples demandèrent au Seigneur si Élie devait venir avant la résurrection des morts pour rétablir toutes choses, comme l’enseignent les prophètes (Mal  3, 23). Le Christ leur répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu, mais l’ont traité à leur guise », en faisant allusion à saint Jean-Baptiste qui était venu préparer sa venue, avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1, 17). De même que Jean fut le Précurseur du premier avènement dans la chair du Fils de Dieu, ainsi Élie sera, croit-on, le précurseur de son second et glorieux Avènement, à la fin des temps .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du prophète Élie , ton 4

L’ange dans la chair, le glorieux Élie, le socle des prophètes divins, le second précurseur de la venue du Christ, celui qui du ciel envoie la grâce sur Elisée, chasse au loin les maladies et purifie les lépreux; sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

 

Kondakion du prophète Élie, ton 2

Prophète au nom sublime, saint Elie, toi qui vis d’avance les hauts faits de notre Dieu et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

 

 

Évangile DU JOUR

(Lc IV, 22-30)

 

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

7 juillet (ancien calendrier)  / 20 juillet (nouveau)

7 juillet (ancien calendrier)  / 20 juillet (nouveau)

 Saint Thomas, moine au Mont Maléon (Xème s.) ; sainte Cyriaque, martyre en Bithynie (vers 295) ;  saint Astius, évêque, avec saints Pérégrin, Lucien, Pompée, Hésychius, Papias, Saturnin et Germain, martyrs en Nouvelle-Épire (IIème s.) ; saint They (IVème s.) ; saint Acace, dont il est question dans l’Échelle de saint Jean Climaque (VIème s.), sainte Aubierge, vierge, abbesse de Faremoutiers-en-Brie (695) ; sainte Carissime (VIIème s.) ; sainte Eudocie, princesse de Moscou (1407) ; saint hiéromartyr Paul Tchernychev, prêtre (1918).

 

Saint Thomas de Maléon[1]

Saint Thomas, moine au Mont Maléon (Xème s.)

Notre saint et vénérable Père Thomas était de noble et riche ascendance. Voué à la carrière militaire, il se rendit d’abord célèbre par de nombreuses victoires remportées sur les barbares (au cours du IXe ou Xe s.). Mais, blessé par les traits de l’amour du Christ, il abandonna sans hésitation les eaux amères de cette vie, pour se charger du joug doux et léger proposé par le Seigneur à ceux qui veulent le suivre, et après avoir revêtu l’Habit angélique, il s’efforça d’imiter la conduite de notre Seigneur, par la pauvreté volontaire et l’humilité. Prenant en toute chose le prophète Élie comme modèle, il fut jugé digne d’être guidé de nuit, par une colonne de feu, auprès de ce saint prophète, qui le conduisit jusqu’au mont Maléon. Il s’y installa dans la plus stricte hésychia et mena dès lors une vie consacrée tout entière à la prière. Il resplendissait comme un astre qui, par ses veilles et ses prières, illuminait la contrée alentour et repoussait les ténèbres du péché et les assauts des démons. Dieu lui ayant accordé la grâce d’accomplir des miracles, il fit jaillir une source, rendit la vue à des aveugles et releva des infirmes. Quand il se tenait en prière, il apparaissait de loin comme une colonne de feu à ceux que la pureté du cœur avait rendus dignes d’une telle vision. Ayant accompli bien d’autres miracles, ce bienheureux Père partit vers le Seigneur. Mais après son trépas, il ne cessa de délivrer quotidiennement de leurs maux les fidèles qui venaient vénérer avec foi ses précieuses reliques, par un baume miraculeux qui s’écoulait de son tombeau.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Cyriaque, ton 4

Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi, * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de sainte Cyriaque, ton 2

La sainte Martyre du Christ * en ce jour nous a convoqués pour chanter * l’éloge de ses illustres combats * et de sa divine passion; * en son âme courageuse, en effet, * elle s’est montrée, conformément à son nom, * maîtresse de son esprit aussi bien que des passions.

Évangile DU JOUR

(Matth. XV, 12-21)

Alors ses disciples s’approchèrent, et lui dirent: Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés des paroles qu’ils ont entendues? Il répondit: Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. Laissez-les: ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse. Pierre, prenant la parole, lui dit: Explique-nous cette parabole. Et Jésus dit: Vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, puis est jeté dans les lieux secrets? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme. Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

19 juillet

19 juillet

jour de jeûne

Sainte Macrine, sœur de saint Basile le Grand (380) ; saint Die d’Antioche, thaumaturge (vers 430) ; saint Théodore, évêque d’Edesse (IXème siècle) ; saint Romain, prince de Riazan (1270) ; saint Païssios des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saints Étienne, prince de Serbie (1427) et sa mère Militsa (1405) ; invention des reliques de saint Séraphim de Sarov (1903).

 

Sainte Macrine[1]

Sainte Macrine, sœur de saint Basile le Grand (380)

Sœur de saint Basile [1er janv.] et de saint Grégoire de Nysse [10 janv.], sainte Macrine était l’aînée des dix enfants de cette famille de saints. Au moment de sa naissance (327), un mystérieux personnage était apparu à sa mère à trois reprises, lui ordonnant de donner à l’enfant le nom de sainte Thècle, première-martyre et modèle des vierges chrétiennes [24 sept.]. Elle garda toutefois ce nom secret, et l’enfant reçut le nom de sa grand-mère, Macrine l’Ancienne, qui avait été disciple de saint Grégoire le Thaumaturge [17 nov.], et avait vécu dans les forêts du Pont au temps de la Grande Persécution. Sa mère se préoccupa de l’instruire, non dans la culture profane et les choses frivoles communes aux gens de sa condition, mais dans tout ce qui, dans l’Écriture inspirée, convenait à son âge et à sa formation morale, en particulier le livre de la Sagesse et les Proverbes. Les psaumes de David l’accompagnaient dans toutes ses activités : en se levant, en se mettant au travail, en le terminant, au début et à la fin du repas, avant de se coucher et en se levant la nuit pour prier. Lorsqu’elle eut douze ans, sa beauté ne pouvant rester cachée, son père la fiança à un jeune homme de qualité et de bonne réputation, qui venait de terminer ses études, et qui avait promis d’attendre que Macrine eût atteint l’âge convenable pour l’épouser. Cependant celui-ci fut bientôt emporté par Dieu avant l’union, ce qui permit à la sainte de réaliser son désir secret : vivre dans la virginité pour chercher Dieu. De nombreux prétendants se présentèrent, mais Macrine préférait se considérer comme veuve, sans même avoir goûté aux joies et plaisirs de la vie conjugale. À cause de son espérance en la résurrection, elle estimait en effet que son époux était parti en voyage. Se séparant donc de tout lien avec le monde, elle demeura avec sa mère, se mettant à son service pour toutes les tâches domestiques, mêmes celles qui étaient alors réservées aux esclaves, et l’assistant également dans l’éducation de ses frères et sœurs. Après la mort de son père (341), elle assuma elle-même la gestion de leurs grands domaines, situés dans le Pont, en Cappadoce et en Arménie, et, par son exemple, elle invita sa mère à se tourner vers les biens incorruptibles : la contemplation de Dieu et la vraie philosophie. Elles menaient ensemble la vie ascétique, s’adonnaient à la lecture et à la méditation des Écritures, et Macrine était pour tous à la fois protectrice, pédagogue et modèle de vertu. Une fois libérée de l’éducation de ses enfants, Emmélie répartit entre eux ses biens et transforma la demeure familiale d’Annisa  en monastère. Elles firent de leurs servantes des compagnes d’ascèse, et Macrine réussit à convaincre Basile, qui rentrait d’Athènes après de brillantes études, de renoncer à une carrière prometteuse de rhéteur pour embrasser la vie évangélique. À côté du monastère de femmes, qui grandissait par l’addition de veuves de nobles familles, se forma une communauté masculine, dirigée par le plus jeune frère de Macrine, Pierre, futur évêque de Sébaste. Saint Naucrace [8 juin] s’était retiré dans un ermitage — qu’occupera ensuite saint Basile — sur la rive opposée de l’Iris, et subvenait aux besoins de pauvres vieillards par les produits de sa chasse. Délivrées de l’enchaînement aux nécessités du corps et des préoccupations de cette vie, Macrine et ses compagnes menaient dans leur retraite une vie aux confins de la nature humaine et de la nature angélique. On ne voyait chez elles ni colère, ni envie, ni haine, ni arrogance, ni rien de semblable ; tout désir d’honneur ou de gloire était banni. Leur plaisir était la tempérance, leur gloire de n’être connues de personne, leur fortune, de ne rien posséder. Elles vivaient du travail de leurs mains, mais restaient exemptes de préoccupations, car leur travail véritable consistait en la méditation des réalités divines, la prière incessante et le chant ininterrompu des psaumes et des hymnes. Il n’y avait pour elles aucune différence entre la nuit et le jour : car la nuit, elles se montraient actives dans les œuvres de lumière, alors que leur journée imitait le repos nocturne par l’absence de trouble de leur vie. Affiné par l’ascèse, le corps de sainte Macrine était tel qu’il le sera lors de la résurrection. Elle versait des larmes à la mesure de sa boisson et tous ses sens étaient consacrés aux choses de Dieu, de sorte que, légère, elle cheminait dans les hauteurs avec les Puissances célestes. L’application à la vraie Philosophie selon le Christ, par la crucifixion de toutes les convoitises de la chair, lui permit de croître sans cesse en vertu jusqu’au sommet de la perfection. Un jour une tumeur s’attaqua au sein de Macrine. Malgré les supplications de sa mère, elle refusa de recevoir les soins d’un médecin, jugeant que dévoiler aux yeux d’un homme une partie de son corps serait plus fâcheux encore que ce mal. Elle passa la nuit en prière dans l’église et oignit sa plaie de la boue faite par ses larmes. Au matin, elle demanda à Emmélie de tracer le signe de croix sur son sein, et l’abcès disparut, ne laissant qu’une petite cicatrice. Elle avait atteint une telle impassibilité par son application aux choses de Dieu, qu’à la mort de Naucrace, survenue au cours d’un accident de chasse, elle fut pour sa mère et tout le reste de la famille un modèle de maîtrise de soi et de foi en la vie éternelle. Dans les deuils successifs qui frappèrent la communauté, elle montra une même grandeur d’âme, inébranlable comme un athlète exposé aux coups, tant devant la couche funèbre d’Emmélie, que lorsque saint Basile, le soleil de l’Orthodoxie, s’endormit (379). Et, si elle fut alors affligée, ce fut moins pour la perte d’un frère, que de voir l’Église privée de son maître et de son soutien. Pendant la famine qui frappa la Cappadoce, en 368, le monastère d’Annisa devint une véritable ville de la charité, le refuge et la consolation de toute la population d’alentour, et par la prière de la sainte les réserves de grain, qu’on distribuait à tous les nécessiteux, se renouvelèrent miraculeusement. Peu de temps après le décès de saint Basile, saint Grégoire de Nysse apprit que sa sœur était tombée gravement malade et il lui rendit visite au monastère après neuf ans d’absence. Il la trouva étendue sur une planche, abattue par la fièvre, mais gardant son esprit libre dans la contemplation des biens célestes, de telle sorte qu’il en rafraîchissait son corps comme par une rosée. Alors qu’ils se rappelaient le souvenir du grand Basile, au lieu de se lamenter, la sainte profita de cette occasion pour disserter longuement sur la nature de l’homme, le sens de la création, l’âme et la résurrection des corps . Sur tous ces sujets, son discours s’écoulait comme l’eau d’une source, facilement et sans obstacle. Jusqu’au dernier instant, elle ne cessa de deviser en philosophe sur ce qui avait fait l’objet de son choix : l’amour de l’Époux invisible, qu’elle se hâtait de rejoindre, sans qu’aucun attachement à cette vie ne puisse la retenir. Quand elle sentit la fin approcher, elle cessa de s’adresser à ceux qui se tenaient près d’elle et, les yeux tournés vers l’orient, étendant les mains vers Dieu, elle murmura cette prière : « Seigneur, c’est toi qui as fait disparaître pour nous la crainte de la mort. C’est toi qui as fait pour nous du terme de la vie d’ici-bas, le commencement de la vie véritable. C’est toi qui donnes à nos corps le repos pour quelque temps et qui nous réveilleras à nouveau au son de la trompette dernière. C’est toi qui laisses à la terre en dépôt le limon que tes mains ont façonné, pour venir reprendre ce que tu as donné, en transformant par l’immortalité et la beauté ce qui en nous est mortel et difforme. C’est toi qui nous as délivrés de la malédiction et du péché, en devenant pour nous l’un et l’autre. C’est toi qui as brisé la tête du dragon qui précipita l’homme dans l’abîme de la désobéissance, en le saisissant par le cou. C’est toi qui nous as ouvert la route de la résurrection après avoir fracassé les portes de l’enfer et as réduit à l’impuissance celui qui régnait sur la mort. C’est toi qui as donné à tous ceux qui te craignent le signe de la sainte Croix, pour anéantir l’Adversaire et donner la sécurité à notre vie. Ô Dieu éternel ! Vers qui je me suis élancée dès le sein de ma mère, toi que mon âme a aimé de toute sa force, toi à qui j’ai consacré ma chair et mon âme depuis ma jeunesse et jusqu’à cet instant, place auprès de moi un ange de lumière qui me conduise par la main au lieu du rafraîchissement, là où se trouve l’eau du repos, dans le sein des saints Pères. Toi qui as brisé la flamme de l’épée de feu et rendu au Paradis le Larron qui était crucifié avec toi et qui s’en était remis à ta miséricorde, souviens-toi aussi de moi dans ton Royaume, car moi aussi j’ai été crucifiée avec toi, j’ai cloué ma chair par ta crainte et j’ai été saisie de crainte à cause de tes préceptes. Ne me sépare pas de tes élus par un abîme infranchissable. Que le Jaloux ne se dresse pas contre moi sur mon chemin, et que mon péché ne soit pas placé devant tes yeux si, à cause de la faiblesse de notre nature, je suis tombée dans le péché par pensée, par parole ou par action. Toi qui as sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, remets-les moi, afin que je reprenne haleine et qu’une fois séparée de ce corps, je paraisse devant toi, l’âme irréprochable et immaculée, comme l’encens devant ta face » .

À ces mots, la sainte traça le signe de croix sur ses yeux, sa bouche et son cœur. Elle assista en silence à l’office du soir, puis cessa dans un grand soupir tout à la fois sa prière et sa vie. Au cours des funérailles, présidées par saint Grégoire, auxquelles assistait une foule immense, la beauté spirituelle de sainte Macrine rejaillissait de manière éclatante sur son corps, qui avait été paré comme celui d’une fiancée. Accompagnée du chant des hymnes, comme pour les fêtes des martyrs, elle fut ensevelie à Ibora, dans le tombeau où reposaient ses parents, en l’église des Quarante-Martyrs.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Macrine, ton 3

L’amour de la sagesse ayant donné des ailes à ton esprit, sagement tu t’élevas au-dessus des mondaines voluptés et tu fus la charmante demeure du savoir divin; toi qui, par l’ascèse et la perfection de tes vertus, devins une illustre épouse du Sauveur, prie-le pour qui te chante: Réjouis-toi, Macrine, sainte porteuse du Seigneur notre Dieu.

Tropaire de saint Séraphim, ton 4

Dès ta jeunesse tu as aimé le Christ, Bienheureux, et, désirant avec ardeur ne servir que lui seul, au désert tu excellas dans le travail et la prière continue; par la tendresse de ton cœur tu as acquis l’amour du Christ et plus que tous tu as chéri la Mère de Dieu; c’est pourquoi nous te chantons: vénérable Père Séraphim, que tes prières nous obtiennent le salut.

Kondakion de sainte Macrine, ton 4

Tu as aimé de tout ton cœur, vénérable Macrine, le Dieu de bonté et, prenant sur tes épaules sa croix, avec amour tu l’as suivi pour trouver la rémission des péchés.

Kondakion de saint Séraphim, ton 8

Ayant délaissé les attraits du monde et tout ce qui se corrompt, tu as élu demeure au monastère de Sarov et, par l’angélique vie que tu menas, pour beaucoup tu fus le chemin vers le salut; c’est pourquoi le Christ t’a glorifié en t’accordant le don des guérisons et des miracles; aussi nous te chantons: Réjouis-toi, vénérable Père Séraphim.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIV, 35 – XV,11)

Les gens de ce lieu, ayant reconnu Jésus, envoyèrent des messagers dans tous les environs, et on lui amena tous les malades. Ils le prièrent de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchèrent furent guéris. Alors des pharisiens et des scribes vinrent de Jérusalem auprès de Jésus, et dirent: Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas. Il leur répondit: Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition? Car Dieu a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites: Celui qui dira à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit: Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Ayant appelé à lui la foule, il lui dit: Écoutez, et comprenez. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

6 juillet (ancien calendrier) / 19 juillet (nouveau)

6 juillet (ancien calendrier) / 19 juillet (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Sisoès le Grand, ascète au désert de Scété (429) ; sainte Lucie, vierge, et ses 24 compagnons de martyre en Campanie dont : saints Antoine, Lucien, Isidore, Dion, Diodore, Apamos et Rixos (301) ; saints Archippe et Philémon ; saint Goar, ermite en Rhénanie (575) ; saints Berthier, prêtre et Athalène, diacre, martyrs en Franche Comté (764 ; saint Sisoès des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saints nouveaux martyrs de Russie : moine Euthyme Liobovitchev (1931) ; moine Théodore Bogoyavlensky (1943). 

SAINT SISOÈS LE GRAND[1]

Ayant pris sur lui la croix du Seigneur depuis sa jeunesse, notre bienheureux Père Sisoès se retira au désert de Scété. Il progressa si rapidement dans la vertu et dans les combats ascétiques, qu’il fut bientôt considéré par tous comme le modèle du moine. Peu après la mort de saint Antoine, alors que les déserts de Scété et de Nitrie commençaient à être trop peuplés, il décida de se rendre, avec son disciple Abraham, dans la montagne intérieure, où avait vécu le grand patriarche du désert et qui se trouvait alors abandonnée à cause des incursions des barbares (vers 357). Il y demeura soixante-douze ans, suivant en tout les traces de saint Antoine . Un frère lui demanda un jour s’il était parvenu à la mesure d’abba Antoine. Il répondit : « Si j’avais l’une des pensées d’abba Antoine, je deviendrais tout entier comme du feu ; pourtant je connais un homme qui, avec peine, peut porter la pensée d’abba Antoine » . Il recevait de temps en temps des provisions d’un moine venu de Pispir ; mais il advint que ce dernier tarda pendant près de dix mois. Comme il marchait dans la montagne, Sisoès rencontra un chasseur, venu de Pharan (Sinaï), qui n’avait vu personne depuis onze mois. Le vieillard rentra alors dans sa cellule et se frappa la poitrine en disant : « Voilà, tu as pensé que tu avais fait quelque chose, mais tu n’es même pas arrivé au niveau de ce séculier ! » . Parmi les vertus qui ornaient son âme, il excellait avant tout dans l’humilité, et il enseignait à ses visiteurs qu’elle s’acquiert premièrement par l’abstinence, deuxièmement par la prière, et troisièmement en s’efforçant de se considérer en toute circonstance comme inférieur à tous les hommes. Il aimait tellement le jeûne, et était si absorbé par la prière, qu’il restait des jours entiers sans aucun souci pour la nourriture, et quand son disciple, Abraham, lui en faisait la remarque, il lui répondait avec une grande simplicité : « N’avons-nous pas mangé, mon enfant ? » L’autre lui ayant répondu que non, il disait : « Si nous n’avons pas mangé, apporte et mangeons ». Le fils d’un homme qui était venu rendre visite à l’Ancien sur la montagne, étant mort en chemin, le père, sans se troubler, l’apporta avec confiance au vieillard, et s’inclina devant lui avec son fils. Puis, il sortit. Le saint, pensant que l’enfant restait prosterné par respect, dit : « Lève-toi, va dehors ! » Sur-le-champ, le défunt se leva et sortit . S’arrêtant un jour auprès du tombeau d’Alexandre le Grand, l’Ancien contempla avec stupeur la vanité de la gloire terrestre et versa des larmes sur le sort commun de tout homme . Puis il retourna dans sa cellule, pour y persévérer dans l’attente du Seigneur. À un frère qui était tombé à plusieurs reprises dans le péché, il dit : « Relève-toi encore et encore. » — « Jusques à quand ? » demanda le frère. L’Ancien répondit : « Jusqu’à ce que tu sois saisi soit dans le bien, soit dans le péché. Car l’homme se présente au jugement dans l’état dans lequel il est trouvé ». Lorsque, ayant accompli sa course, saint Sisoès fut sur le point de mourir, alors que des Pères étaient assis autour de lui, son visage brilla soudain comme le soleil. Et il leur dit : « Voici que vient abba Antoine. » Peu après, il dit : « Voici le chœur des prophètes. » Son visage brilla avec plus d’éclat et il dit : « Voici que vient le chœur des apôtres. » Puis sa face s’illumina, et il semblait parler avec un personnage invisible. Les Pères lui ayant demandé quel était son interlocuteur, il répondit : « Voici que les anges viennent me prendre, et je les supplie de me laisser faire un peu pénitence. » Les anciens répliquèrent : « Mais tu n’as plus besoin de faire pénitence, Père. » Il répondit alors en pleurant : « En vérité je n’ai pas même conscience d’en être au commencement. » Les Pères s’émerveillèrent d’une telle humilité et comprirent qu’il avait atteint la perfection. Son visage devint alors subitement plus brillant que le soleil, et tous les assistants furent remplis de crainte. L’Ancien murmura : « Regardez, le Seigneur vient et il dit : “Apportez-moi le vase du désert” ». À ces mots, saint Sisoès remit son âme entre les mains de Dieu. Il y eut comme un éclair fulgurant et tout l’endroit fut rempli de bonne odeur .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Sisoès, ton 1

Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles signalèrent, Père Sisoès, porteur de Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous le salut, par tes prières.

 

Kondakion de saint Sisoès, ton 4

Sur terre tu as paru, vénérable Sisoès, * comme un ange de l’ascèse, illuminant * de tes miracles divins * l’âme des fidèles chaque jour; * c’est pourquoi nous te glorifions avec foi.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIV, 35 – XV, 11)

 

Les gens de ce lieu, ayant reconnu Jésus, envoyèrent des messagers dans tous les environs, et on lui amena tous les malades. Ils le prièrent de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchèrent furent guéris. Alors des pharisiens et des scribes vinrent de Jérusalem auprès de Jésus, et dirent: Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas. Il leur répondit: Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition? Car Dieu a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites: Celui qui dira à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est une offrande à Dieu, n’est pas tenu d’honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit: Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Ayant appelé à lui la foule, il lui dit: Écoutez, et comprenez. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme.

 

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

18 juillet

18 juillet

Saint Émilien de Durostorum en Scythie, martyr (363) ; saint Hyacinthe de Paphlagonie, martyr (IVème s.) ; saint Pambo, ermite au désert de Nitrie (IVème s.) ; saint Arnoul, évêque de Metz (641) ; saint Gonéry, ermite en Bretagne (VIème s.) ; saint Arnoul, martyr dans les Yvelines (VIème s.) ; saint Jean le grand souffrant des grottes de Kiev (1160) ; saint Pambo des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; sainte grande-duchesse Elisabeth et la moniale Barbara (1918).

 SAINTE GRANDE-DUCHESSE ÉLISABETH[1]

La grande-duchesse sainte Élisabeth Feodorovna naquit en 1864. Fille du duc de Hesse-Darmstadt et sœur de la tsarine Alexandra, elle se convertit du protestantisme à l’Orthodoxie lors de son mariage avec le grand-duc Serge Alexandrovitch. Dès les premiers jours de sa vie matrimoniale, elle commença à pratiquer largement l’aumône et à se consacrer à des œuvres philanthropiques ; et pendant la guerre russo-japonaise, elle organisa des convois d’ambulances et des hôpitaux pour recevoir les blessés. Le 18 février 1905, son époux fut assassiné par un terroriste. La grande-duchesse accepta le deuil avec résignation et, deux jours après, elle rendit visite à l’assassin en prison, pour l’exhorter au repentir. Elle adressa au tsar une demande de grâce, et tout le reste de sa vie, elle pria pour cet homme. Ayant décidé de se consacrer tout entière à Dieu, sainte Élisabeth vendit les nombreuses œuvres d’art qu’elle possédait et fonda à Moscou le monastère de Marthe-et-Marie, dédié aux œuvres de miséricorde et multiplia les œuvres de bienfaisance. Au printemps 1918, elle fut arrêtée par les bolcheviques en compagnie de deux moniales de ce monastère, Catherine et Barbara. La première fut libérée peu après, mais Barbara réussit à rester auprès de la grande-duchesse et partagea son martyre. La nuit du 18 juillet 1918, lendemain de l’assassinat de la famille impériale, sainte Élisabeth et d’autres membres de la famille Romanov, qui n’avaient pas pu entrer en contact avec le tsar, furent précipités vivants dans une galerie des mines d’Alapaïevsk, profonde de 80 m, où l’on fit éclater des grenades. Leurs corps furent retrouvés au mois d’octobre suivant, après que des chants et des prières eussent été entendus sur les lieux. Le corps de sainte Élisabeth avait été retenu sur une corniche, à environ 20 m de la surface, il était intact et incorrompu, manifestant qu’elle n’avait pas été atteinte par les grenades et était restée en vie longtemps. On envoya alors ses précieuses reliques, avec celle de la moniale Barbara, à Jérusalem, via la Sibérie et la mission russe de Pékin, où elles furent déposées dans l’église du monastère de Sainte-Marie-Madeleine, qui avait été construite par l’empereur Alexandre III.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Émilien, ton 4

Toi qui t’es offert au Seigneur par le feu en totale oblation et sacrifice parfait, sous une pluie de grâces à présent tu combles d’allégresse nos cœurs; car, à ton âme épargnant le feu de l’au-delà, tu supportas comme brise la combustion; sans cesse garde-nous, illustre martyr Émilien.

Tropaire de sainte Élisabeth la néomartyre, ton 4

Imitant l’abaissement volontaire du Seigneur sur terre, Tu quitta tes demeures royales pour servir le pauvre et de méprisé, Débordante de compassion pour le souffrant. Et prenant la croix du martyre, Dans ta douceur, tu perfectionnas l’image du Sauveur en toi. C’est pourquoi, avec Barbara, supplie le Christ de nous sauver tous, O sage Élisabeth.

Kondakion du saint martyr Émilien, ton 3 :

Enflammé-de zèle pour Dieu, tu n’as pas craint le feu qui le servait comme toi, mais, impavide y pénétrant, dans l’ardente flamme tu fus entièrement consumé et comme sacrifice t’offris au Seigneur; illustre martyr Emilien, prie ,1e Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

Kondakion de Ste Elisabeth la néomartyre, ton 4

Ayant pris la Croix du Christ, tu passas de la gloire impériale à la gloire des cieux, priants pour tes ennemis, ô sainte martyre princesse Elisabeth et avec la martyre Barbara tu as trouvé la joie éternelle. Aussi, priez pour nos âmes.

Évangile DU JOUR

(Matth. XIV, 1-13)
En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs: C’est Jean Baptiste! Il est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l’avait lié et mis en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce que Jean lui disait: Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme. Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu’elle regardait Jean comme un prophète. Or, lorsqu’on célébra l’anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, de sorte qu’il promit avec serment de lui donner ce qu’elle demanderait. A l’instigation de sa mère, elle dit: Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda qu’on la lui donne, et il envoya décapiter Jean dans la prison. Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l’ensevelirent. Et ils allèrent l’annoncer à Jésus. A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert; et la foule, l’ayant su, sortit des villes et le suivit à pied.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

5 juillet (ancien calendrier) / 18 juillet (nouveau)

5 juillet (ancien calendrier)                               18 juillet (nouveau)

 Saint Athanase du Mont-Athos (1000) ; saintes Anne et Cyrilla, martyres à Cyrène (304) ; saint Mars, évêque de Nantes (VIème s.) ; saint Lampade d’Irénopolis en Isaurie (Xème s.) ; invention des reliques de saint Serge de Radonège (1421) ; saints nouveaux martyrs de Russie : sainte grande-duchesse Élisabeth et la moniale Barbara (1918) ; Gennade Zdorovtsev, prêtre, moine Agapet Taube, confesseur (1936).

 

SAINTE GRANDE-DUCHESSE ÉLISABETH[1]

La grande-duchesse sainte Élisabeth Feodorovna naquit en 1864. Fille du duc de Hesse-Darmstadt et sœur de la tsarine Alexandra, elle se convertit du protestantisme à l’Orthodoxie lors de son mariage avec le grand-duc Serge Alexandrovitch. Dès les premiers jours de sa vie matrimoniale, elle commença à pratiquer largement l’aumône et à se consacrer à des œuvres philanthropiques ; et pendant la guerre russo-japonaise, elle organisa des convois d’ambulances et des hôpitaux pour recevoir les blessés. Le 18 février 1905, son époux fut assassiné par un terroriste. La grande-duchesse accepta le deuil avec résignation et, deux jours après, elle rendit visite à l’assassin en prison, pour l’exhorter au repentir. Elle adressa au tsar une demande de grâce, et tout le reste de sa vie, elle pria pour cet homme. Ayant décidé de se consacrer tout entière à Dieu, sainte Élisabeth vendit les nombreuses œuvres d’art qu’elle possédait et fonda à Moscou le monastère de Marthe-et-Marie, dédié aux œuvres de miséricorde et multiplia les œuvres de bienfaisance. Au printemps 1918, elle fut arrêtée par les bolcheviques en compagnie de deux moniales de ce monastère, Catherine et Barbara. La première fut libérée peu après, mais Barbara réussit à rester auprès de la grande-duchesse et partagea son martyre. La nuit du 18 juillet 1918, lendemain de l’assassinat de la famille impériale, sainte Élisabeth et d’autres membres de la famille Romanov, qui n’avaient pas pu entrer en contact avec le tsar, furent précipités vivants dans une galerie des mines d’Alapaïevsk, profonde de 80 m, où l’on fit éclater des grenades. Leurs corps furent retrouvés au mois d’octobre suivant, après que des chants et des prières eussent été entendus sur les lieux. Le corps de sainte Élisabeth avait été retenu sur une corniche, à environ 20 m de la surface, il était intact et incorrompu, manifestant qu’elle n’avait pas été atteinte par les grenades et était restée en vie longtemps. On envoya alors ses précieuses reliques, avec celle de la moniale Barbara, à Jérusalem, via la Sibérie et la mission russe de Pékin, où elles furent déposées dans l’église du monastère de Sainte-Marie-Madeleine, qui avait été construite par l’empereur Alexandre III.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Athanase, ton 3

La vie que tu as menée, Athanase, dans la chair * a l’admiration des armées angéliques * te voyant marcher corporellement * vers les combats invisibles * et massacrer les phalanges des démons; * c’est pourquoi le Seigneur t’a récompensé de ses dons abondants; * illustre Père, prie le Christ notre Dieu * d’accorder à nos âmes la grâce du salut.

Tropaire de saint Serge, ton 8

En ton âme dès la jeunesse tu as reçu le Christ et plus que tout désiras t’éloigner des mondaines vanités; courageusement tu habitas le désert, où tu fis croître les fils de l’obéissance, les fruits de l’humilité; devenu la demeure de la sainte Trinité, tu fis briller tes miracles sur tous les fidèles s’approchant de toi et répandis sur tous en abondance les guérisons; vénérable Père Serge, prie le Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes.

Tropaire de sainte Élisabeth la néomartyre, ton 4

Imitant l’abaissement volontaire du Seigneur sur terre, Tu quitta tes demeures royales pour servir le pauvre et de méprisé, Débordante de compassion pour le souffrant. Et prenant la croix du martyre, Dans ta douceur, tu perfectionnas l’image du Sauveur en toi. C’est pourquoi, avec Barbara, supplie le Christ de nous sauver tous, O sage Élisabeth.

 Kondakion de saint Athanase, ton 8

Comme excellent contemplateur des êtres immatériels * et comme un authentique maître en la pratique des vertus * nous t’acclamons, nous tes brebis, nous écriant: * auprès du Seigneur ne cesse pas d’intercéder * pour qu’il sauve des épreuves et du malheur les fidèles te chantant: * Réjouis-toi, saint Athanase de l’Athos.

Kondakion de saint Serge, ton 8

En ce jour se sont levées comme soleil étincelant au sortir de la terre tes reliques sacrées, trouvées intactes et comme fleurs embaumant; elles resplendissent d’une multitude de miracles, font sourdre pour les fidèles toutes sortes de guérisons réjouissant le troupeau choisi que tu as sagement rassemblé et pour lequel en présence de la Trinité tu intercèdes, afin que tous puissent te chanter: Réjouis-toi, Père Serge aux-divines pensées.

 Kondakion de Ste Elisabeth la néomartyre, ton 4

Ayant pris la Croix du Christ, tu passas de la gloire impériale à la gloire des cieux, priants pour tes ennemis, ô sainte martyre princesse Elisabeth et avec la martyre Barbara tu as trouvé la joie éternelle. Aussi, priez pour nos âmes.

Évangile DU JOUR

(Matth. XIV, 1-13)
En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs: C’est Jean Baptiste! Il est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l’avait lié et mis en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce que Jean lui disait: Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme. Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu’elle regardait Jean comme un prophète. Or, lorsqu’on célébra l’anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, de sorte qu’il promit avec serment de lui donner ce qu’elle demanderait. A l’instigation de sa mère, elle dit: Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda qu’on la lui donne, et il envoya décapiter Jean dans la prison. Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l’ensevelirent. Et ils allèrent l’annoncer à Jésus. A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert; et la foule, l’ayant su, sortit des villes et le suivit à pied.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

17 juillet

17 juillet

Sainte Marine (ou Marguerite), mégalomartyre à Antioche de Pisidie (IVème s.) ; saint martyr Livier (Vème s.) ; saint Irénarque de Solovki (1628) ; saint Léonide de Vologda (1654) :  saint Théodose, évêque d’Auxerre (vers 515) ; saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918).

SAINT TSAR NICOLAS[1]

saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918)

Le tsar NICOLAS II fut couronné en mai 1896, à l’âge de vingt-six ans. De nature simple et timide, exempte de malice et profondément religieuse, il préférait la sérénité de la vie familiale aux démonstrations de puissance et aux rouages de la politique, mais il fut cependant amené par la divine Providence à assumer le pouvoir au moment où l’immense empire russe, chancelant et déconsidéré par l’intelligentsia, allait s’effondrer. On lui a reproché beaucoup de maladresses et d’erreurs, qui ont peut-être accéléré la catastrophe, mais sans prendre en considération qu’il était mû par une haute idée de sa vocation et par un sincère désir de sauver la sainte Russie. Vivant sobrement et utilisant avec générosité sa fortune personnelle pour répandre des aumônes et fonder des établissements de bienfaisance, il montrait un intérêt sincère pour le petit peuple qu’il considérait comme le seul ferme soutien de la monarchie. Il connaissait bien les offices de l’Église, et aimait se joindre au chœur pour chanter. En 1894, il avait épousé la princesse Alice de Hesse-Darmstadt, dont il s’était épris depuis sa jeunesse. Petite-fille de la reine Victoria, elle avait été élevée en Angleterre, dans la foi protestante. Le seul obstacle à leur union avait été la différence de foi, et finalement la princesse avait décidé de se convertir. Après une catéchèse approfondie, elle fut baptisée, sous le nom d’Alexandra. Elle embrassa de tout son cœur la foi orthodoxe et nourrit dès lors un ardent amour pour le peuple russe, auquel elle s’était identifiée. Après avoir donné naissance à quatre filles, dont elle surveillait avec sollicitude l’éducation, en 1904, elle mit au monde le tsarévitch Alexis, dans lequel la famille reposait tous ses espoirs. Malheureusement, on découvrit bientôt que l’enfant était atteint d’hémophilie, une maladie héréditaire de la famille de l’impératrice. Désemparée et lourdement affligée, la tsarine s’estimait responsable de cette maladie. Après avoir épuisé les ressources de la médecine, elle se tourna vers la religion, et tomba sous l’influence d’un faux moine, aux mystérieux pouvoirs hypnotiques et prophétiques, Grégoire Raspoutine. À plusieurs reprises, l’état de santé du tsarévitch s’était trouvé amélioré après que Raspoutine eut affirmé avoir prié pour lui. Les pouvoirs — en fait probablement démoniaques — de Raspoutine lui assurèrent, malgré sa conduite ouvertement débauchée, un ascendant considérable sur la tsarine, ce qui scandalisait le peuple et acheva de déconsidérer le pouvoir impérial.Malgré son sincère désir de réaffirmer le caractère religieux de son autorité, le tsar, entouré de conseillers d’une probité douteuse, ne fut pas en mesure d’adopter une politique conséquente. Il réagit par la force aux mouvements d’insurrections populaires et repoussa les propositions de son Premier ministre de faire des concessions aux libéraux. Homme de paix, il avait eu l’initiative de la conférence de La Haye, en 1899, qui posa les principes d’un arbitrage international et d’une limitation des armements. Et ce n’est que sous la pression des circonstances qu’il fut amené à engager son pays dans trois guerres aux conséquences catastrophiques. Le premier tsar à montrer de l’intérêt pour l’Extrême-Orient, il avait inauguré le Transsibérien, mais ses perspectives expansionnistes l’amenèrent à entrer en guerre contre le Japon (1904-1905). La défaite essuyée par l’armée russe fut l’occasion des mouvements révolutionnaires de 1905. L’empereur accepta, malgré lui, la création d’une Assemblée Nationale (Douma) dotée de pouvoirs consultatifs, avec la perspective de progresser vers un régime constitutionnel. Par la suite, il s’efforça de renforcer son autorité et congédia le Premier ministre Witte. Son remplaçant, Stolypine, était un homme d’État compétent, qui essaya de dénoncer l’influence scandaleuse de Raspoutine et de concéder des réformes nécessaires, mais il fut assassiné (1911). L’éclatement de la Première Guerre Mondiale, en 1914, consolida pour un temps le pouvoir impérial, du fait de l’élan patriotique qui s’en suivit. En 1915, l’empereur décida de prendre lui-même la direction des opérations militaires. Son départ sur le front, laissa le champ libre à l’influence désolante de Raspoutine, qui faisait déposer des ministres compétents pour les remplacer par des incapables. N’en pouvant plus, un groupe d’aristocrates assassina le faux starets, mais la confusion à la cour n’en fut pas apaisée pour autant, et le tsar se trouva en fait isolé. Lorsque des troubles sanglants éclatèrent à Saint-Pétersbourg, en mars 1917, Nicolas ordonna de prendre des mesures énergiques pour rétablir l’ordre. Mais il était déjà trop tard. Le gouvernement démissionna, et la Douma, soutenue par les généraux, fit pression sur le tsar pour qu’il abdique, afin d’éviter une sanglante guerre civile. Peu convaincu que c’était la volonté du peuple, à l’issue d’une nuit de prière, le 15 mars, le tsar accepta d’abdiquer pour sauver la patrie, et c’est les larmes aux yeux qu’il dit adieu à l’armée et à ses collaborateurs. Peu de temps après, le gouvernement provisoire décida l’arrestation de la famille impériale et sa détention dans leur propriété de Tsarskoïe Selo (Pouchkine), près de Saint-Pétersbourg. En août, ils furent transférés à Tobolsk, en Sibérie occidentale. Jouissant encore d’une relative liberté, l’empereur pouvait correspondre et suivait avec douleur les événements tragiques qui agitaient la Russie. Réalisant que son abdication avait en fait permis la prise du pouvoir par les bolcheviques, au lieu d’ouvrir la voie à un régime démocratique, il regrettait amèrement son acte. Après la Révolution d’Octobre, les conditions de détention de la famille impériale devinrent plus sévères : on leur interdisait d’aller à l’église et de faire des promenades. En avril 1918, ils furent transférés à Ekaterinbourg, dans l’Oural, et furent l’objet des injures et de la grossièreté de leurs gardiens. Comme l’armée blanche approchait de la région, le 17 juillet 1918, en pleine nuit, des membres de la Tcheka locale ordonnèrent à la famille de se préparer au départ et la firent descendre dans le cellier de la maison. Ils exécutèrent d’abord les quatre filles du tsar : Olga, Maria, Tatiana et Anastasia. On amena ensuite le tsar, avec son épouse et son fils. Quand elle vit les corps ensanglantés de ses quatre filles, la tsarine poussa un grand cri et se précipita pour protéger son fils. Elle fut aussitôt abattue. Un des hommes frappa le tsar au visage et le fit tomber, tandis que d’autres faisaient feu sur lui. Ils tirèrent enfin deux balles sur le prince Alexis. Il s’effondra, mais resta à gémir pendant un long moment, et les hommes l’achevèrent par quatre balles dans la tête . Les fidèles serviteurs de la famille, qui les avaient suivis dans leur infortune, furent aussi mis à mort : le médecin de l’empereur, Eugène C. Botkine, la servante de l’impératrice, Anne C. Demidova, le cuisinier, Kharitonov, et le valet de chambre, Troop. D’autres amis et serviteurs furent emmenés en prison et exécutés peu après. Les corps de la famille impériale furent ensuite transportés dans une mine abandonnée, mis en pièces et arrosés de pétrole et d’acide sulfurique. On les laissa se consumer pendant deux jours, puis on les jeta dans la mine, et après avoir fait éclater quelques grenades, on en boucha l’entrée. En 1994, les restes du tsar Nicolas et de quelques membres de la famille furent retrouvés et identifiés, grâce à une analyse génétique.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de sainte Marine, ton 5

Illustre Marine, promise au Verbe divin, à tout bien terrestre tu renonças et combattis, splendide vierge, brillamment; sous, la forme de celui qui se montra tu foulas aux pieds l’invisible ennemi, victorieuse Martyre, vaillamment; et désormais depuis le ciel tu fais jaillir sur le monde le flot des guérisons.

Tropaire du saint martyr Nicolas II, ton 5

Tu enduras avec douceur la privation de la royauté terrestre, les liens et les souffrances de toutes sortes, ayant confessé le Christ jusqu’à la mort même de la main des ennemis de Dieu, ô Tsar grand martyr couronné de Dieu Nicolas ; ayant pour cela reçu du Christ Dieu la couronne des martyrs dans les cieux, avec la tsarine, tes enfants et tes serviteurs, prie Le de faire miséricorde à la terre russe et de sauver nos âmes. 

Kondakion de sainte Marine, ton 3 :

Parée de splendeur par ta virginité, tu as ceint, par tes blessures, la couronne des martyrs; et, purifiée par le sang de tes combats, resplendissante sous l’éclat des guérisons, vierge Marine, tu as reçu la récompense de ta victoire au combat.

Kondakion du saint martyr Nicolas II, ton 4

Affermis l’espérance du tsar martyr avec la tsarine, ses enfants et ses serviteurs, et donne-leur de voler vers ton amour, toi qui leur annonças le repos à venir ; par leurs prières, Seigneur, fais nous miséricorde.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIII, 54-58)

S’étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

4 juillet (ancien calendrier) / 17 juillet (nouveau)

4 juillet (ancien calendrier)                               17 juillet (nouveau)

Saint André, archevêque de Crète (740) ; saints martyrs Théodote et Théodota (108) ;saint Théodore, évêque de Cyrène, martyr (310) ; saint Florent, évêque de Cahors (IVème s.) ; saint Valentin, prêtre et ermite (547) ; saint martyr Laurian à Vatan, en Berry (544) ; sainte Marthe, mère de saint Siméon le stylite, le jeune, du mont Admirable (554) ; sainte Berthe, veuve, abbesse en Artois (vers 725) ; saint André, prince de Bogolubovo (1174) ; saint André Roublev (vers 1420) ; saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918) ; saint hiéromartyr Sava, évêque de Gornji Karlovac (1941) ; saint hiéromartyr Démètre Kazansky, prêtre (1942).

 

SAINT TSAR NICOLAS[1]

saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918)

Le tsar Nicolas II fut couronné en mai 1896, à l’âge de vingt-six ans. De nature simple et timide, exempte de malice et profondément religieuse, il préférait la sérénité de la vie familiale aux démonstrations de puissance et aux rouages de la politique, mais il fut cependant amené par la divine Providence à assumer le pouvoir au moment où l’immense empire russe, chancelant et déconsidéré par l’intelligentsia, allait s’effondrer. On lui a reproché beaucoup de maladresses et d’erreurs, qui ont peut-être accéléré la catastrophe, mais sans prendre en considération qu’il était mû par une haute idée de sa vocation et par un sincère désir de sauver la sainte Russie. Vivant sobrement et utilisant avec générosité sa fortune personnelle pour répandre des aumônes et fonder des établissements de bienfaisance, il montrait un intérêt sincère pour le petit peuple qu’il considérait comme le seul ferme soutien de la monarchie. Il connaissait bien les offices de l’Église, et aimait se joindre au chœur pour chanter. En 1894, il avait épousé la princesse Alice de Hesse-Darmstadt, dont il s’était épris depuis sa jeunesse. Petite-fille de la reine Victoria, elle avait été élevée en Angleterre, dans la foi protestante. Le seul obstacle à leur union avait été la différence de foi, et finalement la princesse avait décidé de se convertir. Après une catéchèse approfondie, elle fut baptisée, sous le nom d’Alexandra. Elle embrassa de tout son cœur la foi orthodoxe et nourrit dès lors un ardent amour pour le peuple russe, auquel elle s’était identifiée. Après avoir donné naissance à quatre filles, dont elle surveillait avec sollicitude l’éducation, en 1904, elle mit au monde le tsarévitch Alexis, dans lequel la famille reposait tous ses espoirs. Malheureusement, on découvrit bientôt que l’enfant était atteint d’hémophilie, une maladie héréditaire de la famille de l’impératrice. Désemparée et lourdement affligée, la tsarine s’estimait responsable de cette maladie. Après avoir épuisé les ressources de la médecine, elle se tourna vers la religion, et tomba sous l’influence d’un faux moine, aux mystérieux pouvoirs hypnotiques et prophétiques, Grégoire Raspoutine. À plusieurs reprises, l’état de santé du tsarévitch s’était trouvé amélioré après que Raspoutine eut affirmé avoir prié pour lui. Les pouvoirs — en fait probablement démoniaques — de Raspoutine lui assurèrent, malgré sa conduite ouvertement débauchée, un ascendant considérable sur la tsarine, ce qui scandalisait le peuple et acheva de déconsidérer le pouvoir impérial. Malgré son sincère désir de réaffirmer le caractère religieux de son autorité, le tsar, entouré de conseillers d’une probité douteuse, ne fut pas en mesure d’adopter une politique conséquente. Il réagit par la force aux mouvements d’insurrections populaires et repoussa les propositions de son Premier ministre de faire des concessions aux libéraux. Homme de paix, il avait eu l’initiative de la conférence de La Haye, en 1899, qui posa les principes d’un arbitrage international et d’une limitation des armements. Et ce n’est que sous la pression des circonstances qu’il fut amené à engager son pays dans trois guerres aux conséquences catastrophiques. Le premier tsar à montrer de l’intérêt pour l’Extrême-Orient, il avait inauguré le Transsibérien, mais ses perspectives expansionnistes l’amenèrent à entrer en guerre contre le Japon (1904-1905). La défaite essuyée par l’armée russe fut l’occasion des mouvements révolutionnaires de 1905. L’empereur accepta, malgré lui, la création d’une Assemblée Nationale (Douma) dotée de pouvoirs consultatifs, avec la perspective de progresser vers un régime constitutionnel. Par la suite, il s’efforça de renforcer son autorité et congédia le Premier ministre Witte. Son remplaçant, Stolypine, était un homme d’État compétent, qui essaya de dénoncer l’influence scandaleuse de Raspoutine et de concéder des réformes nécessaires, mais il fut assassiné (1911). L’éclatement de la Première Guerre Mondiale, en 1914, consolida pour un temps le pouvoir impérial, du fait de l’élan patriotique qui s’en suivit. En 1915, l’empereur décida de prendre lui-même la direction des opérations militaires. Son départ sur le front, laissa le champ libre à l’influence désolante de Raspoutine, qui faisait déposer des ministres compétents pour les remplacer par des incapables. N’en pouvant plus, un groupe d’aristocrates assassina le faux starets, mais la confusion à la cour n’en fut pas apaisée pour autant, et le tsar se trouva en fait isolé. Lorsque des troubles sanglants éclatèrent à Saint-Pétersbourg, en mars 1917, Nicolas ordonna de prendre des mesures énergiques pour rétablir l’ordre. Mais il était déjà trop tard. Le gouvernement démissionna, et la Douma, soutenue par les généraux, fit pression sur le tsar pour qu’il abdique, afin d’éviter une sanglante guerre civile. Peu convaincu que c’était la volonté du peuple, à l’issue d’une nuit de prière, le 15 mars, le tsar accepta d’abdiquer pour sauver la patrie, et c’est les larmes aux yeux qu’il dit adieu à l’armée et à ses collaborateurs. Peu de temps après, le gouvernement provisoire décida l’arrestation de la famille impériale et sa détention dans leur propriété de Tsarskoïe Selo (Pouchkine), près de Saint-Pétersbourg. En août, ils furent transférés à Tobolsk, en Sibérie occidentale. Jouissant encore d’une relative liberté, l’empereur pouvait correspondre et suivait avec douleur les événements tragiques qui agitaient la Russie. Réalisant que son abdication avait en fait permis la prise du pouvoir par les bolcheviques, au lieu d’ouvrir la voie à un régime démocratique, il regrettait amèrement son acte. Après la Révolution d’Octobre, les conditions de détention de la famille impériale devinrent plus sévères : on leur interdisait d’aller à l’église et de faire des promenades. En avril 1918, ils furent transférés à Ekaterinbourg, dans l’Oural, et furent l’objet des injures et de la grossièreté de leurs gardiens. Comme l’armée blanche approchait de la région, le 17 juillet 1918, en pleine nuit, des membres de la Tcheka locale ordonnèrent à la famille de se préparer au départ et la firent descendre dans le cellier de la maison. Ils exécutèrent d’abord les quatre filles du tsar : Olga, Maria, Tatiana et Anastasia. On amena ensuite le tsar, avec son épouse et son fils. Quand elle vit les corps ensanglantés de ses quatre filles, la tsarine poussa un grand cri et se précipita pour protéger son fils. Elle fut aussitôt abattue. Un des hommes frappa le tsar au visage et le fit tomber, tandis que d’autres faisaient feu sur lui. Ils tirèrent enfin deux balles sur le prince Alexis. Il s’effondra, mais resta à gémir pendant un long moment, et les hommes l’achevèrent par quatre balles dans la tête . Les fidèles serviteurs de la famille, qui les avaient suivis dans leur infortune, furent aussi mis à mort : le médecin de l’empereur, Eugène C. Botkine, la servante de l’impératrice, Anne C. Demidova, le cuisinier, Kharitonov, et le valet de chambre, Troop. D’autres amis et serviteurs furent emmenés en prison et exécutés peu après. Les corps de la famille impériale furent ensuite transportés dans une mine abandonnée, mis en pièces et arrosés de pétrole et d’acide sulfurique. On les laissa se consumer pendant deux jours, puis on les jeta dans la mine, et après avoir fait éclater quelques grenades, on en boucha l’entrée. En 1994, les restes du tsar Nicolas et de quelques membres de la famille furent retrouvés et identifiés, grâce à une analyse génétique.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de saint André de Crète, ton 8

Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * saint André, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

 

Tropaire du saint martyr Nicolas II, ton 5

Tu enduras avec douceur la privation de la royauté terrestre, les liens et les souffrances de toutes sortes, ayant confessé le Christ jusqu’à la mort même de la main des ennemis de Dieu, ô Tsar grand martyr couronné de Dieu Nicolas ; ayant pour cela reçu du Christ Dieu la couronne des martyrs dans les cieux, avec la tsarine, tes enfants et tes serviteurs, prie Le de faire miséricorde à la terre russe et de sauver nos âmes.

Kondakion de saint André de Crète, ton 2

Claironnant tes cantiques divins, * tu es devenu pour le monde un astre de clarté * rayonnant la lumière de la sainte Trinité, aussi nous te chantons, saint André: * Intercède sans cesse pour notre salut.

 

Kondakion du saint martyr Nicolas II, ton 4

Affermis l’espérance du tsar martyr avec la tsarine, ses enfants et ses serviteurs, et donne-leur de voler vers ton amour, toi qui leur annonças le repos à venir ; par leurs prières, Seigneur, fais nous miséricorde.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIII, 54-58)

S’étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

3 juillet (ancien calendrier/6 juillet (nouveau)

3 juillet (ancien calendrier)                               16 juillet (nouveau)

 Saint Hyacinthe, martyr en Cappadoce (108) ; saint Théodote, sainte Théodotie et leurs compagnons: saints Golindouch, Diomede, Eulampe et Asclépiodote, martyrs en Cappadoce (108) ; saint Anatole, patriarche de Constantinople (458) ; saint Alexandre, fondateur du monastère des Acémètes (vers 430) ; saint Gunthiern, ermite en Bretagne (VIème s) ; saints Anatole (XIIème s.) et Anatole le reclus (XIIIème s.) des Grottes de Kiev ; saints Basile et Constantin, princes de Yaroslav (XIIIème s.) ; saint Basile, évêque de Riazan (1295) ; saints Jean et Longin de Yarenga (1545) ; saint Nicodème du Lac Koja (1640)  saint Jean, fol en Christ à Moscou (1589) ; transfert des reliques de saint Philippe de Moscou, thaumaturge (1652) ; saint hiéromartyr Antoine, archevêque d’Arkhangelsk (1931).

 SAINT HYACINTHE[1]

Le saint martyr Hyacinthe était originaire de Cappadoce et, âgé de dix-huit ans, il servait comme chambellan (cubiculaire) à la cour de l’empereur Trajan (96-116). Un jour où l’empereur célébrait une fête somptueuse en l’honneur des idoles, le saint se retira à l’écart pour prier. Un de ses collègues, nommé Urbicius, l’ayant remarqué, alla le dénoncer au souverain. L’empereur, qui était à table, ordonna de lui amener sur-le-champ ce rebelle, et lui tendant des mets offerts en sacrifice aux idoles, il voulut le contraindre à y goûter devant lui. Le saint, s’armant du signe de la Croix, s’y refusa et engagea l’empereur à renoncer au culte des démons pour reconnaître le seul vrai Dieu. Irrité par son assurance, le souverain le fit frapper sur la bouche et le livra aux soldats qui, l’ayant rossé à coups de pieds, lui ouvrirent de force la bouche pour lui faire ingurgiter les mets impies. Voyant que ses suppôts peinaient en vain, Trajan quitta furieux la salle du banquet, donnant ordre de jeter le saint en prison, les pieds serrés dans un étau. Le lendemain, Hyacinthe comparut dans l’amphithéâtre et déclara à l’empereur qu’aucune torture ne pourrait le convaincre d’échanger la vie éternelle pour les jouissances de cette vie de misère. Les bourreaux le fustigèrent avec une telle férocité que leurs visages se couvrirent de son sang, et lorsqu’ils furent épuisés, on le suspendit au chevalet pour lui lacérer les flancs. Vainqueur de la souffrance par le débordement de son amour de Dieu, le saint criait : « Ô Trajan, sans le vouloir, tu me procures le plus grand des bienfaits, en m’apprenant à endurer les souffrances du Christ ! Plus cruelles seront tes tortures, d’autant plus grande sera ma foi ! » Il subit ainsi les tourments pendant sept heures, à l’issue desquelles il fut reconduit en prison. L’empereur donna ordre de ne lui présenter aucune autre nourriture hormis les viandes immolées aux idoles, qu’on plaçait chaque jour devant lui. Se détournant avec dégoût de ce signe tangible du culte des démons, le valeureux athlète du Christ resta sans prendre ni aliment ni boisson pendant de nombreux jours, nourri seulement de sa foi et par la prière. Le trente-huitième jour, le chef geôlier, qui venait déposer devant lui les mets habituels, vit une lumière éclatante briller dans le cachot où se tenait le saint, le visage radieux, avec deux anges à ses côtés. Laissant choir les aliments, il alla aussitôt rapporter la chose à l’empereur qui, croyant qu’il s’agissait d’une hallucination, prescrivit de soumettre Hyacinthe à de nouveaux tourments. Le quarantième jour, les geôliers venus le quérir pour comparaître devant Trajan, le trouvèrent mort, entouré par des anges à l’apparence humaine, qui tenaient en main des cierges. Le tyran, sans en être aucunement ému, fit alors jeter son corps aux bêtes sauvages, sur une montagne. Le prêtre Timothée, parent du saint, fut conduit par un ange jusqu’à l’endroit où se trouvait le corps. Il put l’enterrer décemment, et, au moment de mourir, il prescrivit à une pieuse veuve de veiller à la garde de la précieuse relique. Au bout de longues années, saint Hyacinthe apparut à un homme de rang sénatorial de cette contrée, qui venait d’être frappé de cécité. Il le guérit et, après lui avoir révélé où son corps était gardé par la veuve, il lui enjoignit de le transférer dans sa patrie. Mais, après la guérison, l’homme oublia sa promesse, et il commença aussitôt à perdre la vue. De nouveau guéri par le saint, il obéit et fit transporter le corps à Césarée. Parvenues à l’entrée de la ville, les bêtes qui traînaient le char sur lequel la relique était déposée, se dirigèrent tout droit vers la maison familiale du saint, où elles s’arrêtèrent.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 5ème ton

Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de saint Hyacinthe, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Hyacinthe, ton 4

Pour Hyacinthe en ce jour, * nous tous, les fidèles, tressons une couronne immarcescible de fleurs * en élevant la voix pour chanter: * Réjouis-toi, Hyacinthe, grande gloire des martyrs.

 Kondakion du dimanche du 5ème ton

Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

 Évangile DU JOUR

(Matth. IX, 1-8)

Jésus, étant monté dans une barque, traversa la mer, et alla dans sa ville. Et voici, on lui amena un paralytique couché sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. Sur quoi, quelques scribes dirent au dedans d’eux: Cet homme blasphème. Et Jésus, connaissant leurs pensées, dit: Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs? Car, lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison. Et il se leva, et s’en alla dans sa maison. Quand la foule vit cela, elle fut saisie de crainte, et elle glorifia Dieu, qui a donné aux hommes un tel pouvoir.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

16 juillet

16 juillet

Saint Athénogène, évêque de Pidachtoé, et ses dix disciples, martyrs à Sébaste (vers 311) ; saint martyr Domnin (IIIème s.) ; saint Paul, saintes Valentine et Chionie, martyrs (308) ; saint Antiochus, médecin, martyr en Cappadoce (IVème s.) ; sainte martyre Julie de Corse (440) ; saint Généroux, abbé en Poitou (VIème s.) ; saint martyr Hélier (VIème s.) ; mémoire des Pères des six premiers Conciles Œcuméniques. Saints nouveaux martyrs de Russie : Bienheureuse Matrone d’Anemniasevo, confesseur (1936), hiéromartyr Jacques, archevêques de Barnaoul et avec lui Pierre Gavrilov et Jean Mojirine, prêtres, Théodore Nikitine, moine (1937) ; Ardalion Ponomarev (1938).

 SAINT ATHÉNOGÈNE[1]

Alors que la persécution déclenchée par Dioclétien et continuée par Galère faisait rage dans tout l’Empire (vers 305), invitant les enfants à livrer leurs parents et répandant partout le sang et la terreur, le gouverneur Philémaque fit son entrée dans la ville de Sébaste, en Petite Arménie, précédé d’un cortège de prêtres païens et de joueurs de flûtes et de cymbales. Aussitôt installé à son tribunal, un héraut proclama que toute la population devait se présenter pour sacrifier aux dieux de l’empereur. Mais la foule répondit d’une seule voix : « Nous sommes chrétiens, et nous ne sacrifierons pas aux idoles ! » Un grand massacre s’en suivit, présentant à Dieu une cohorte de valeureux martyrs. Un certain Nicolas rapporta alors au gouverneur que le chorévêque  Athénogène, qui demeurait dans un monastère à Pidachtoé , encourageait la population à résister aux édits de l’empereur. Un détachement de soldats fut envoyé au monastère et n’y trouvant pas le saint, ils arrêtèrent ses dix disciples , qu’ils emmenèrent à Sébaste chargés d’entraves. Le gouverneur les fit jeter en prison et ordonna de retrouver leur maître. En revenant au monastère, le lendemain, saint Athénogène chercha partout ses disciples et, avec larmes, il éleva une prière vers Dieu. La biche qui avait été élevée depuis sa naissance au monastère, s’approcha alors du saint, lui baisa les pieds et prenant une voix humaine elle lui révéla qu’ils avaient été arrêtés par les soldats et emmenés à Sébaste pour y être martyrisés. Le saint bénit l’animal et s’empressa de se rendre en ville. Parvenu devant le tribunal, il cria au tyran qu’il allait attirer sur lui-même la colère divine pour toutes les épreuves qu’il infligeait aux chrétiens. Aussitôt mis en prison, Athénogène retrouva avec joie ses disciples et les encouragea à persévérer jusqu’au terme du combat, afin de prendre place au festin auquel le Christ les avait conviés. Le lendemain, ils comparurent devant Philémaque qui leur promit de les livrer à d’horribles supplices, comme les autres chrétiens qui les avaient précédés, s’ils refusaient de sacrifier. Le saint évêque répondit que ces bienheureux martyrs dansaient maintenant avec les anges, et qu’ils n’avaient qu’un désir : les rejoindre. Le gouverneur fit étendre les disciples du saint sur le chevalet et ordonna à ses hommes de leur lacérer les flancs. Comme ils restaient inflexibles et invectivaient le tyran sous la torture, ils furent décapités et gagnèrent ainsi le Paradis. On fit approcher Athénogène, et Philémaque lui dit : « Où est ton Christ ? Pourquoi n’est-il pas venu délivrer tes compagnons ? » Le saint fut à son tour exposé sur le chevalet et frappé sur les côtes. Sous les coups, il criait : « C’est en toi, Seigneur, que j’ai mis mon espérance. Sauve-moi dans ta miséricorde. » Une voix se fit alors entendre des cieux : « Prends courage, mon élu, et ne crains pas, car Je suis avec toi pour te garder. » Comme les bourreaux restaient paralysés, Philippe, le conseiller du gouverneur, s’écria : « Je t’avais bien dit que c’est un mage. Débarrasse-nous rapidement de lui ! » Philémaque prononça la sentence de mort, mais à la requête du saint, il consentit que l’exécution ait lieu dans son monastère. Dès que le cortège parvint en vue du monastère, la biche accourut pour se prosterner aux pieds du saint. Athénogène lui dit : « Tu as été privée des frères et bientôt tu le seras de celui qui t’a élevée. Que Dieu accorde à ta progéniture de ne jamais tomber sous les traits des chasseurs, à la condition toutefois que tu offres chaque année un de tes faons, pour être offert en sacrifice le jour de notre mémoire. » Et il la renvoya en paix en la bénissant. Il adressa ensuite une prière à Dieu en faveur de ceux qui célébreront sa mémoire et, après avoir reçu d’en haut la réponse à sa requête, il inclina la nuque sous le glaive pour aller rejoindre ses disciples dans la joie du Banquet céleste. Le vœu du saint fut exaucé et par la suite, chaque année quand on célébrait sa mémoire, au moment de la lecture de l’évangile à la Liturgie, une biche entrait dans l’église portant un faon qu’elle déposait au pied de l’autel. Les chrétiens immolaient ensuite l’animal et le mangeaient à la gloire de Dieu, et en l’honneur de saint Athénogène.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de la Résurrection du 5ème ton

Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

 Tropaire des Pères, ton 8

Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux et grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi: Dieu de miséricorde, Seigneur, gloire à toi.

 Kondakion des Pères, ton 8

Le message des Apôtres et l’enseignement des Pères saints pour l’Eglise affermissent l’unité de la foi: portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et glorifie le grand mystère de la foi.

Kondakion du dimanche du 5ème ton

Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

Évangile DU JOUR

(Matth. IX, 1-8)

Jésus, étant monté dans une barque, traversa la mer, et alla dans sa ville.Et voici, on lui amena un paralytique couché sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. Sur quoi, quelques scribes dirent au dedans d’eux: Cet homme blasphème. Et Jésus, connaissant leurs pensées, dit: Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs? Car, lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison. Et il se leva, et s’en alla dans sa maison. Quand la foule vit cela, elle fut saisie de crainte, et elle glorifia Dieu, qui a donné aux hommes un tel pouvoir.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

15 juillet

15 juillet

Sainte Julitte et son fils saint Cyrique, martyrs à Tarse (vers 305) ; saint Abudème, martyr en l’île de Tenedos (IVème s.) ; sainte Aprone (ou Evronie), vierge à Toul (420); saint Evrard (VIIIème s.) ; saint Vladimir, grand-prince de Kiev, égal aux apôtres, baptisé Basile (1015) ; saint hiéromartyre Pierre Troïtsky, diacre (1938).

SAINTS MARTYRS CYRIQUE ET JULITTE

Sainte Julitte était issue de la haute noblesse d’Iconium, mais elle avait acquis la véritable noblesse, celle que procure l’Esprit Saint, en se faisant baptiser. Devenue veuve, elle renonça à de secondes noces pour vivre dans la piété et les œuvres agréables à Dieu, avec son fils de trois ans, Cyrique (Cyr). Quand Dométien, gouverneur de Lycaonie, commença d’appliquer avec rage les édits de persécution générale des chrétiens émis par Dioclétien (304), elle chercha refuge à Séleucie, préférant renoncer à tous ses biens et assumer les peines d’un âpre exil, plutôt que de renier le Christ. Mais elle trouva dans cette ville une agitation plus grande encore, car l’envoyé de l’empereur, Alexandre, y faisait régner la terreur en torturant et mettant à mort sans merci tous ceux qui ne se soumettaient pas aux édits. Laissant donc place à la colère, elle partit pour Tarse, en Cilicie, avec son fils et deux servantes. Elle y retrouva cependant le tyran, qui l’avait devancée et y accomplissait sa triste besogne. Informé de la présence de cette noble réfugiée, Alexandre la fit arrêter et présenter à son tribunal, avec son enfant dans les bras. Les servantes purent s’échapper et suivirent en cachette la suite des événements. Interrogée sur son identité, Julitte répondit simplement : « Je suis chrétienne ! » Le gouverneur agacé la fit mettre à la torture. Les bourreaux l’attachèrent et la frappèrent à coups de nerfs de bœuf, tandis que d’autres, lui ayant enlevé son nourrisson tout en pleurs, le présentaient au gouverneur. Alexandre le prit dans ses bras et, le posant sur ses genoux, il lui caressa la tête et essaya de l’embrasser, en lui disant d’un ton doucereux : « Laisse donc cette sorcière, et viens vers moi, ton père. Je ferai de toi mon fils et l’héritier de toutes mes richesses, et tu mèneras une vie douce et sans souci. » Frêle enfant en apparence mais possédant en réalité la sagesse d’un vieillard, Cyrique se détourna pour regarder sa mère qui était dans les tourments, et il repoussa les avances du tyran en le frappant de ses petits poings et en le griffant. Il s’écria : « Moi aussi je suis chrétien ! » et frappa d’un coup de pied les côtes du tyran qui poussa un cri de douleur. Changeant alors sa feinte tendresse en fureur, Alexandre attrapa l’enfant par le pied et le jeta violemment sur les marches de l’escalier en pierre qui menait à sa tribune. Le saint enfant eut le crâne fracassé et rendit aussitôt son âme à Dieu, sanctifiant la terre par son sang et remportant au Ciel la couronne des valeureux athlètes de la piété.
Sainte Julitte fut alors emplie d’une joie divine et remercia le Seigneur d’avoir ainsi ouvert à son fils les portes de la gloire éternelle. Présentée devant le gouverneur, qui ne s’était pas apaisé, elle déclara qu’aucun supplice ne parviendrait à vaincre son amour de Dieu, et que les tourments lui permettraient au contraire de rejoindre son cher enfant. Alexandre donna ordre de l’étendre sur le chevalet, de lui labourer les chairs avec des ongles de fer, puis de lui verser de la poix bouillante sur les membres. Malgré la souffrance, elle continuait de confesser sa foi en la Sainte Trinité et ajouta : « Je m’empresse de rejoindre mon fils, pour jouir avec lui du Royaume des cieux ! » Constatant qu’il n’arriverait à rien, Alexandre ordonna de la décapiter. Quand la sainte parvint au lieu du supplice, un peu en dehors de la ville, elle demanda à ses bourreaux un instant de répit pour prier. Tombant à genoux, elle remercia le Seigneur de l’avoir jugée digne d’entrer dans sa chambre nuptiale avec les vierges sages. À peine avait-elle prononcé l’Amen, que le bourreau brandit son glaive et lui trancha la tête. Son corps et celui de saint Cyrique furent jetés dans la fosse réservée aux condamnés de droit commun. La nuit suivante, les deux servantes de sainte Julitte vinrent enlever les précieuses reliques et allèrent les ensevelir dans une grotte de la région. Quand la lumière de la piété put resplendir librement, sous le règne de saint Constantin, l’une de ces femmes, qui avait survécu, révéla la cachette, et dès lors des foules de fidèles se précipitèrent pour s’approprier des fragments de ces précieuses reliques qui accomplissaient de nombreuses guérisons .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Cyrique et Julitte, ton 4
Julitte, la splendide martyre du Christ avec Cyrique, son agneau de trois ans, a brillamment comparu devant le tribunal qui les jugeait; fièrement ils ont proclamé leur nom de chrétiens, sans craindre les menaces des tyrans; et, couronnés dans le ciel, ils jubilent en présence du Christ.

Tropaire de saint Vladimir, ton 4
Tu ressemblas à ce marchand qui recherchait la perle de grand prix, illustre souverain Vladimir, toi qui siégeais sur le trône élevé de Kiev, la métropole gardée de Dieu; ayant envoyé des prospecteurs à l’impériale cité pour l’informer sur la vraie foi, tu as trouvé le Christ, cette perle sans prix, qui tel un autre Paul te choisit et secoua dans les fonts baptismaux la cécité de ton âme et de tes yeux; c’est pourquoi nous te prions d’intercéder pour ton peuple et pour nous tous qui fêtons en ce jour ta sainte dormition.

Kondakion des saints martyrs Cyrique et Julitte, ton 4
Portant Cyrique dans ses bras, Julitte, la martyre du Christ, sur le stade virilement avec allégresse proclamait: C’est toi, Seigneur, qui donnes force aux martyrs.

Kondakion de saint Vladimir, ton 8
Tu ressemblas au grand apôtre Paul en ta vieillesse, illustre Vladimir, toi qui, rejetant le culte des idoles comme puériles imaginations, en adulte revêtis le royal ornement du baptême divin; maintenant que tu exultes en présence du Christ Sauveur, intercède pour les fils de la sainte Russie.

Évangile DU JOUR
(Matth. IX, 18-26)

Tandis qu’il leur adressait ces paroles, voici, un chef arriva, se prosterna devant lui, et dit: Ma fille est morte il y a un instant; mais viens, impose-lui les mains, et elle vivra. Jésus se leva, et le suivit avec ses disciples. Et voici, une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans s’approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement. Car elle disait en elle-même: Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie. Jésus se retourna, et dit, en la voyant: Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. Et cette femme fut guérie à l’heure même. Lorsque Jésus fut arrivé à la maison du chef, et qu’il vit les joueurs de flûte et la foule bruyante, il leur dit: Retirez-vous; car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Quand la foule eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva. Le bruit s’en répandit dans toute la contrée.

2 juillet (ancien calendrier) / 15 juillet (nouveau)

2 juillet (ancien calendrier) / 15 juillet (nouveau)

Déposition de la précieuse robe de notre Souveraine, la Très-Sainte Mère de Dieu, en l’église des Blachernes à Constantinople ; saint Juvénal, patriarche de Jérusalem (vers 458) ; saints Processe et Martinien, martyrs à Rome (Ier s.) ; saint Libérat, abbé, avec les six moines de son monastère (484) ; saint Colomban de Luxeuil (615) ; sainte Ménégonde, recluse à Tours (570) ; saint Jéroche, moine à Faremoutiers (VIIème s.) ; saint Photius, métropolite de Kiev (1431) ; saint Étienne le Grand, prince de Moldavie (1504).

DÉPOSITION DE LA PRÉCIEUSE ROBE DE LA TRES SAINTE MÈRE DE DIEU

Déposition de la précieuse robe de notre Souveraine, la Très-Sainte Mère de Dieu, en l’église des Blachernes à Constantinople

Au temps de l’empereur Léon Ier et de son épouse Vérine (457-474), deux frères de haute noblesse, Galbios et Candide, qui venaient de renoncer à l’hérésie arienne, décidèrent d’entreprendre un pèlerinage en Terre Sainte. Parvenus en Galilée, ils firent halte dans la maison d’une vieille femme, nommée Anne, juive de naissance mais pieuse et vertueuse, qui passait nuit et jour en prière, à l’imitation d’Anne la fille de Phanuel (cf. Lc 2, 36). Ayant remarqué que des chrétiens apportaient cierges et encens dans la partie la plus intérieure de cette maison, et qu’un grand nombre de malades et d’infirmes y passaient la nuit, les nobles pèlerins demandèrent à leur hôtesse de leur en dévoiler la raison. Anne, témoignant que la grâce de Dieu accomplissait là d’innombrables miracles, prétexta d’abord qu’il s’agissait d’une ancienne coutume transmise par ses ancêtres. Comme ils la suppliaient de leur en dire plus, elle leur révéla finalement que la Robe de la Mère de Dieu se trouvait là, léguée par la Toute-Sainte, au moment de sa Dormition, à l’une de ses deux servantes juives, et qui avait été transmise de génération en génération, toujours secrètement gardée par une vierge. Versant des larmes d’émotion Galbios et Candide demandèrent à passer toute la nuit dans cette pièce pour y faire une vigile de prière. Profitant du sommeil des malades présents, ils prirent les mesures du coffret de bois qui contenait le saint habit, et de là ils partirent pour Jérusalem, en promettant de revenir saluer leur hôtesse sur le chemin du retour. Ayant vénéré les sanctuaires de la Ville sainte, ils firent confectionner une boîte semblable ; et, de retour chez la pieuse juive, ils trouvèrent le moyen de subtiliser le coffret contenant la sainte relique et de le remplacer par la boîte vide, qu’ils avaient recouverte d’une riche couverture tissée d’or.Parvenus à Constantinople, ils déposèrent ce trésor inestimable dans un lieu nommé les Blachernes, situé dans la partie nord-ouest de la ville, à l’extérieur des murs, où ils firent construire une église dédiée aux saints Apôtres Pierre et Marc, afin de garder la chose secrète . Mais ils ne purent cacher longtemps ce trésor, à cause des nombreux miracles qui s’accomplissaient dans l’église. Ayant révélé à l’empereur qu’ils avaient ramené ce précieux trophée de leur pèlerinage, pour la protection de la cité, celui-ci, plein de joie, fit construire une chapelle, où l’on déposa le coffret contenant la sainte Robe ou Maphorion (Voile) de la Mère de Dieu. Par la suite ce coffret fut remplacé par un écrin (Aghia Soros) d’or et d’argent rehaussé de pierres précieuses. La sainte Robe était, dit-on, tissée de laine fragile, de couleur unie et d’une seule pièce ; et, alors que la pourpre impériale dans laquelle elle avait été enveloppée s’était rapidement corrompue, celle-ci resta intacte au fil des temps, manifestant ainsi clairement le miracle de la Virginité perpétuelle de la Mère de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la déposition de la Robe de la Très sainte Mère de Dieu, ton 8
Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie * et d’accorder à nos âmes la grâce du salut.

Kondakion de la déposition de la Robe de la Très sainte Mère de Dieu, ton 4
Comme voile d’immortalité, * Vierge comblée de grâce par Dieu, * tu as donné aux croyants * le Vêtement avec lequel * tu couvrais ton corps sacré, * divine protection des mortels; * avec amour nous célébrons comme fête sa Déposition * et nous chantons avec foi: * Réjouis-toi, ô Vierge, fierté des chrétiens.

Évangile DU JOUR
(Matth. IX, 18-26)

Tandis qu’il leur adressait ces paroles, voici, un chef arriva, se prosterna devant lui, et dit: Ma fille est morte il y a un instant; mais viens, impose-lui les mains, et elle vivra. Jésus se leva, et le suivit avec ses disciples. Et voici, une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans s’approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement. Car elle disait en elle-même: Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie. Jésus se retourna, et dit, en la voyant: Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. Et cette femme fut guérie à l’heure même. Lorsque Jésus fut arrivé à la maison du chef, et qu’il vit les joueurs de flûte et la foule bruyante, il leur dit: Retirez-vous; car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Quand la foule eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva. Le bruit s’en répandit dans toute la contrée.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

30 juin

30 juin
Jour de jeûne

Synaxe des douze saints glorieux et illustres Apôtres : Pierre, André, Jacques de Zébédée, Jean son frère, Philippe, Barthélémy, Thomas, Matthieu, Jacques d’Alphée, Jude (ou Thaddée), Simon le zélote et Matthias ; saint Martial, premier évêque de Limoges (vers 250) ; saint Bertrand, évêque du Mans (623) ; sainte Adèle, abbesse à Orp-le-Grand en Brabant (670) ; sainte Clotsinde, abbesse de Marchiennes (714) ; saint Pierre, tsarévitch (1290) ; saint Gélase de Râmet, évêque de Transylvanie (XIVème s.) ; saints néomartyrs de Russie : Timothée (Petropavlovsk), prêtre ; moine Nicandre (Prousak) (1918) ; moine Théogène (Kozyrev) (1939) ; martyr Jean (Demidov) (1944).

Synaxe des douze apôtres

En ce jour, qui reste illuminé par la gloire des deux Premiers-Coryphées, l’Église associe à leur mémoire les autres illustres Apôtres du Seigneur qui forment un chœur d’astres nouveaux dans son firmament spirituel. Fondements et colonnes de l’Église, ils sont aussi les anges chargés de la garde des douze portes ouvrant l’accès à la Jérusalem céleste (Ap 21, 9). Douze étaient les fils de Jacob, qui furent à l’origine du peuple d’Israël, et douze furent aussi les disciples que le Seigneur a choisis, dont il fit les témoins de son enseignement et de ses miracles, qu’il « envoya » prêcher le Royaume de Dieu en leur conférant le pouvoir d’expulser les démons et de guérir toute maladie (Mt 10), et qui finalement furent envoyés par lui, après la Résurrection, pour aller dans le monde entier, proclamer l’Évangile à toute la création (Mc 16, 14), et baptiser tous les peuples au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28, 19). De même que le Fils a été « envoyé » par le Père en ce monde pour notre Salut, de même, mettant à part ces disciples, Il les a « envoyés » proclamer que le Royaume des cieux était tout proche : Comme le Père m’a envoyé, ainsi, moi aussi, je vous envoie (Jn 20, 21). Il leur donna comme condition pour être ses Apôtres, de renoncer à tout attachement terrestre : Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton.… (Mt 10, 9-10). Et Il leur annonça qu’ils devraient affronter tribulations et persécutions pour lui rendre témoignage : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups… Vous serez haïs de tous à cause de moi… vous serez traduits devant les gouverneurs et les rois, à cause de moi, pour rendre témoignage. Mais lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous (Mt 10, 17-20). Témoins de la Résurrection du Seigneur tant par leur vie que par leur prédication, les saints Apôtres se sont offerts en spectacle au monde, aux anges et aux hommes, disant avec Paul : Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errant. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, l’universel rebut (1 Cor 4, 11-12), afin que par leur sacrifice l’Église fût édifiée sur la puissance de Dieu et non des hommes (1 Cor 2, 5). Autour des deux Premiers-Coryphées les saints et illustres Apôtres forment donc aujourd’hui un chœur harmonieux : André, le Premier-Appelé, frère de Pierre, qui proclama l’Évangile sur le littoral de la Bithynie, du Pont et de l’Arménie. S’en retournant par le Pont et Byzance, il descendit jusqu’en Grèce, et mourut crucifié à Patras, en Achaïe [30 nov.]. Jacques, fils de Zébédée, qui témoigna de la Résurrection dans toute la Judée. Il périt par le glaive, sur ordre du roi Hérode Agrippa, jaloux de sa célébrité [30 avr.]. Jean le Théologien, frère de Jacques, qui reposa sur la poitrine du Seigneur. Après avoir proclamé le Christ dans la province d’Asie, sur ordre de Domitien, il fut exilé à Patmos, où il écrivit son Évangile et l’Apocalypse. De retour à Éphèse, il s’endormit en paix dans un âge très avancé. Philippe, de Bethsaïde en Galilée, concitoyen de Pierre et André, proclama la Bonne Nouvelle dans la province d’Asie et la région de Hiérapolis en Phrygie, en compagnie de sa sœur Mariamne et de saint Barthélemy. Il mourut à Hiérapolis, crucifié par les païens.Thomas, appelé aussi Didyme, diffusa l’Évangile chez les Parthes, les Mèdes, les Perses et les habitants de l’Inde. Il mourut percé de lances par les païens. Barthélemy (Bartholomé) prêcha en Lydie et en Mysie avec l’Apôtre Philippe ; puis, après la mort de ce dernier, il poursuivit sa mission en Arabie Heureuse, en Perse et en Inde, et acheva sa course en Arménie, crucifié, à Albanopolis (ou Urbanopolis). Sa dépouille, enfermée dans un coffre de plomb et jetée à la mer, fut ensuite recueillie en Sicile. Matthieu le Publicain, appelé précédemment Lévi, était frère de Jacques fils d’Alphée. Après avoir rédigé son Évangile, il partit en mission chez les Parthes. Il périt, dit-on, par le feu à Hiérapolis sur l’Euphrate. Jacques, fils d’Alphée, son frère, annonça le Christ à Gaza et Éleuthéropolis et ses environs. Il périt crucifié dans la ville d’Ostracine en Égypte [9 oct.]. Simon le Zélote, de Cana en Galilée — qui est aussi appelé Nathanaël dans l’Évangile de saint Jean — proclama la Bonne Nouvelle en Mauritanie et en Afrique du Nord, puis il partit, dit-on, pour la Grande-Bretagne, où il mourut crucifié [10 mai]. Jude, apparenté à notre Seigneur — appelé aussi Thaddée et Lévi par saint Matthieu —, partit en mission en Mésopotamie et finit ses jours dans la région du mont Ararat, pendu et percé de flèches par les infidèles [19 juin]. Matthias fut ajouté au nombre des Apôtres après l’Ascension, pour remplacer le traître Judas. Il prêcha l’Évangile en Éthiopie, où il remit son âme à Dieu à la suite de nombreux tourments que lui infligèrent les païens [9 août]. À ces bienheureux Apôtres, on a coutume d’associer les saints Évangélistes : Marc, fils spirituel de saint Pierre, qui évangélisa Alexandrie et la Pentapole, et souffrit le martyre broyé sous un rocher [25 avr.], et Luc, le médecin et premier iconographe, qui, après avoir suivi saint Paul dans ses périples, écrivit son Évangile sous son inspiration. Parvenu à Thèbes en Béotie, il y mourut en paix à l’âge de quatre-vingts ans [18 oct.]. C’est donc sur le témoignage de ces saints Apôtres, dont les paroles se sont fait entendre jusqu’aux extrémités du monde (Ps 18, 5) pour attester la réalité de la Résurrection du Christ, que l’Église a été édifiée. Et s’ils occupent à juste titre la première place dans l’assemblée des saints, c’est précisément parce que, se détachant de tout pour suivre le Seigneur, ils sont devenus ses parfaits imitateurs, et ils clament à tous les hommes : Devenez nos imitateurs comme nous l’avons été du Christ (1 Cor 11, 1). Une fois passée la génération de ceux qui avaient connu le Seigneur pendant son séjour terrestre, le ministère apostolique ne s’en est pas éteint pour autant (comme en témoigne saint Paul), mais il a été transmis à tous ceux qui ont contemplé la résurrection du Christ dans l’illumination de l’Esprit Saint. La grâce de l’apostolat ne se limite donc pas à la prédication orale de la Bonne Nouvelle, mais elle s’étend sur tous les saints, qui ont contribué à l’édification de l’Église par leur témoignage de la Résurrection.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, ton 4
Princes des Apôtres divins * et docteurs de l’univers, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix * et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.

Kondakion, ton 2
Les infaillibles prédicateurs de la parole de Dieu, * les Coryphées de tes Apôtres, Seigneur, * auprès de toi ont trouvé le lieu de leur repos, * dans la jouissance de tes biens, * car tu as accueilli leurs souffrances et leur mort * mieux que toute offrande des prémices de la terre, * toi qui seul peux lire dans le cœur des hommes.

Évangile DU JOUR
(Mc. III, 13-19)
Le Seigneur monta ensuite sur la montagne; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui.Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons. Voici les douze qu’il établit: Simon, qu’il nomma Pierre; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre; André; Philippe; Barthélemy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils d’Alphée; Thaddée; Simon le Cananite; et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus.

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Manuel, Sabel et Ismaël, martyrs à Constantinople (362) ; saint Isaure et ses compagnons : saints Basile, Innocent, Félix, Hermias et Pérégrin, martyrs en Macédoine (vers 300) ; saint Antide, évêque de Besançon, martyr (411) ; saint Hypatios, higoumène du monastère de Rufinianes en Chalcédoine (446) ; saint Avit, abbé de Micy (vers 530) ; saint Hervé, abbé en Bretagne (568) ; saint Vérédème, évêque d’Avignon (720) ; saint Chalva le nouveau, prince d’Akhaltsikhé, martyr (1227) ; saint néomartyrs de Russie : Aberce Severovostokov, prêtre (1918) ; Maxime Popov, moine, confesseur (1934) ; martyre Pélagie Balakirev (1943).

SAINTS MARTYRS MANUEL, SABEL ET ISMAËL

Ces glorieux martyrs étaient trois frères d’une noble famille perse. Instruits par leur mère dans la doctrine chrétienne et confiés à un prêtre, Eunoïkos, pour leur éducation, ils menaient une vie pieuse. Ils n’en étaient pas moins honorés à la cour du roi Batanus, si bien que, lorsque Julien l’Apostat envoya en Perse des propositions de paix (362), le roi les choisit pour se rendre à Constantinople comme ambassadeurs.
Ils furent reçus avec de grands égards et Julien les invita à se joindre à lui et à sa cour, pour aller assister, près de Chalcédoine, à des fêtes somptueuses, au cours desquelles devaient être offerts des sacrifices aux dieux. Tous prirent part au sacrifice, exceptés les trois jeunes ambassadeurs perses qui, se détournant avec mépris de cette démonstration d’impiété, s’étaient retirés dans un coin, pour prier Dieu avec larmes d’accorder la lumière de sa connaissance à ceux qui gisaient dans les ténèbres. Comme un chambellan était venu les sommer de participer au sacrifice, ils répondirent que leur mission était de négocier la paix entre les deux royaumes et aucunement de donner leur caution à l’Apostat en reniant leur foi. Informé de cette résistance inattendue de la part de Perses, Julien les fit emprisonner sur-le-champ et, le lendemain, ils comparurent devant lui. Il essaya d’abord de les convaincre par des flatteries, vantant le culte du feu et du soleil en faveur chez les Perses mazdéens. Mais les trois jeunes gens répondirent, par l’entremise d’un traducteur, qu’ils étaient disciples de Jésus-Christ et que, pour rien au monde, ils n’accepteraient de retourner au culte insensé de leurs ancêtres en se détournant du Créateur pour adorer les créatures. Furieux, Julien les fit fustiger par quatre soldats, puis, après les avoir fait clouer par les mains à un poteau, il ordonna qu’on leur lacérât le corps avec des ongles de fer. L’esprit fixé sur la Passion du Christ, les saints martyrs priaient le Seigneur de leur faire endurer la souffrance avec patience, et aussitôt, un ange apparut pour guérir leurs plaies et les revigorer. Quand ils se présentèrent de nouveau devant le tyran, ils déclarèrent qu’ils étaient prêts à endurer toute torture comme joie et délice. Julien prit alors Sabel et Ismaël à part et essaya de les attirer en accusant leur frère ; mais, ayant œuvré en vain, il les renvoya aux bourreaux pour qu’ils leur brûlent les côtes avec des torches. Ne ressentant aucun mal, tant leur joie était grande de participer à la Passion du Christ, les saints continuèrent de proclamer à haute voix la puissance du Sauveur. L’empereur se tourna alors vers Manuel, mais le saint, refusant même de prêter la moindre attention à ses menaces, lui dit : « Pourquoi te donnes-tu ainsi de la peine, insensé ? Inutile d’essayer de nous séparer, nous sommes tous les trois unis par la foi en la Sainte Trinité, et ce que l’un d’entre nous déclare est la conviction inébranlable des deux autres. Rien ne pourra nous faire changer. Nous n’échangerons pas les biens éternels pour ce qui est vain et transitoire ! » Réalisant qu’il n’obtiendrait rien et qu’il risquait de provoquer de nombreuses conversions parmi les siens, Julien ordonna de lui brûler les aisselles, puis de le lier fortement avec des roseaux et de le percer de flèches. Il prescrivit ensuite à ses bourreaux d’enfoncer des clous dans le crâne et les omoplates des trois martyrs, puis de leur enfiler des roseaux sous les ongles, avant de les décapiter et de jeter finalement leurs corps au feu. On les conduisit alors à l’extérieur de la ville de Constantinople, dans un lieu escarpé, situé à l’est du mur de Constantin, et, après avoir élevé vers le Christ une prière d’action de grâces, à laquelle répondit une voix céleste, ils furent exécutés. Dès qu’ils rendirent leur dernier soupir, la terre s’ouvrit et garda leur corps pendant deux jours, à l’abri des recherches des païens ; puis ils réapparurent miraculeusement et les chrétiens qui attendaient sur place purent les ensevelir dignement. Par la suite, une église fut érigée au-dessus de leur tombeau, dans laquelle les saints accomplissaient de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 3
La sizaine et le trio des saints martyrs ont mis en fuite les phalanges ennemies: ce sont Isaure, Félix et Pérégrin, Basile, Hermias et Innocent, avec Ismaël, le bienheureux Sabel et l’illustre Manuel; ayant témoigné pour le Seigneur, ils ont reçu la récompense des vainqueurs.

Kondakion, ton 2
Immolés pour votre foi dans le Christ, ayant bu son calice, Bienheureux, à terre vous avez abattu l’audace des Perses et leur culte du feu; en nombre égal à celui de la sainte Trinité, vous intercédez en sa présence pour nous tous.

Évangile DU JOUR
(Matth. XII, 1-8)
En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat. Mais Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls? Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables? Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.

29 juin

29 juin

Saints glorieux et illustres Apôtres Pierre et Paul (vers 67) ; saint Marcel et saint Anastase, martyrs dans le Berry (274)

HOMÉLIE DE ST JUSTIN DE TCHÉLIÉ SUR LES
SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

Lorsque les hommes ont entendu la prédication du Seigneur Christ, ils ont commencé à s’étonner de ce que, Lui, le Docteur de Nazareth, leur demande de renoncer aux leurs, de L’aimer plus que leurs parents, plus que leurs enfants, que leurs amis, leurs biens. « Cela nous est incompréhensible. Que nous donnes-tu en échange ? » Et le Seigneur a dit : « Si tu veux être parfait », si tu veux être un homme cheminant dans la vérité, renonce à toi-même, charge-toi chaque jour de ta croix, et suis-moi. Pierre, troublé par ces paroles, Lui demande : nous avons tout quitté, et nous T’avons suivi. Et le Seigneur lui répond : « Quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle ». Il héritera la vie éternelle ! C’est précisément la raison pour laquelle le Seigneur est venu en ce monde : afin de donner la vie éternelle aux hommes. Afin de transformer cette prison de la mort et cette île de la mort qu’est la terre en île de la Résurrection. C’est le but du Seigneur Christ apporté par Lui en ce monde ; c’est ce que Lui seul a apporté au monde et personne d’autre, et pour cette raison, Il est le véritable Dieu et la Vie éternelle… Rappelez-vous de l’apôtre Paul. Pierre était un homme simple, un pêcheur de Galilée. Mais Saül, Paul, le jeune homme le plus instruit de son époque, devant lequel se profilait une carrière brillante, aurait pu obtenir toutes les situations possibles et recevoir tout le pouvoir. Et ce Saül, ce persécuteur de Jésus de Nazareth, a vécu un miracle infini. Enragé, plein d’élan, tout entier dans les passions, il persécute les chrétiens ! Premièrement, parce qu’il sont quelques hérétiques, des simplets, des idiots, parce que toute la Loi de Moïse est contre eux, et qu’il faut les écraser. Et il a commencé à persécuter et à tuer tout ce qui est chrétien. Mais sur la route lui apparaît le Seigneur ressuscité, qui lui dit : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » Saül devint soudain aveugle… Et il se rendit chez Ananie, qui était à Damas et auquel le Seigneur avait donné l’ordre de le guérir… Et Ananie baptisa l’apôtre Paul, le bénit, il recouvra la vue. Depuis lors, l’apôtre Paul, comme il le dit lui-même, n’a rien connu d’autre que le Seigneur Christ, crucifié et ressuscité. Car il a ressenti que tout le chemin entre la mort et l’immortalité était parcouru, que le Seigneur Christ est Celui qui donne à l’homme des forces et la puissance de vaincre toute mort, tout péché, tout diable. Et depuis lors il prêche sans crainte et au monde entier le Seigneur Christ ressuscité. Il n’a pas peur de l’empereur, il n’a pas peur de son procureur, il ne craint aucun pouvoir terrestre. Une seule chose est pour lui la principale, comme il l’écrit aux chrétiens : atteindre la résurrection des morts, c’est son but. Tout le reste est pour lui « de la boue ». Toutes les autres choses qui ne conduisent pas à la Résurrection, tout ce qui ne donne pas la Vie éternelle à l’homme, n’est rien d’autre que la mort, le péché, le diable, qui enlève à l’homme ce qui est le principal et le plus heureux et le plus précieux ! Et réellement, les saints Apôtres sont des hommes comme nous, de la même nature que nous, mais par la force du Christ, ils ont conquis le monde. L’empire romain est tombé devant eux, bien que ses empereurs les aient persécutés, toute leur force terrestre. Ils sont les seuls vainqueurs du genre humain, qui pour vaincre n’ont pas fait usage de la violence, des armes, du glaive, mais ont cheminé dans ce monde comme des agneaux parmi les loups. Et il s’est produit le plus grand miracle historique dans le genre humain : les agneaux ont vaincu les loups ».

Tropaire des saints Apôtres, ton 4
Princes des Apôtres divins et docteurs de l’univers, intercédez auprès du Maître Universel pour qu’au monde Il fasse don de la paix et qu’à nos âmes Il accorde la grande miséricorde.

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Seigneur, Tu as accueilli, pour le repos et la jouissance de tes biens, les solides prédicateurs divinement inspirés, les coryphées des apôtres. Tu as jugé leurs labeurs et leur mort supérieurs à tout holocauste. Toi seul connais les secrets de nos cœurs.

Évangile DU JOUR
(Matth. XVI, 13-19)

Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples: «  Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : «  Les uns disent que tu es Jean Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. » «  Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? » Simon Pierre répondit : «  Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus, reprenant la parole, lui dit: «  Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »

(Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe,  2e édition française, corrigée et augmentée, Simonos-Pétra (Mont-Athos), 2015)

16 juin (ancien calendrier) / 29 juin (nouveau)

16 juin (ancien calendrier) / 29 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Tikhon, évêque d’Amathonte en Chypre (vers 450) ; saint Ferréol, prêtre, et saint Ferréol, prêtre, et ses compagnons, martyrs à Besançon (211) ; saint Similien, évêque de Nantes (Ivème s.) ; saint Ilpide, martyr à Mende (257) ; saint Simplice, évêque de Bourges (477) ; saint Bertaud, ermite dans les Ardennes (vers 540) ; saint Aurélien, évêque d’Arles (551) ; saint Amand, ermite à Beaumont près de Reims (VIème s.) ; saint Tikhon de Kalouga (1492) ; saint Tikhon de Kostroma (1503) ; saint Khaïkhosro le géorgien (1558) ; saint Moïse d’Optino (1862) ; saints néomartyrs de Russie : Hermogène, évêque de Tobolsk, Ephrem Dolganev, Michel Makarov, Pierre Koreline, prêtres, et martyr Constantin Miniatov, (1918) ; transfert des reliques de saint Théophane le Reclus (2002).

2929SAINT TIKHON, ÉVÊQUE D’AMATHONTE

Notre saint Père Tikhon était le fils de modestes chrétiens d’Amathonte, ville située dans la partie méridionale de Chypre. Consacré à Dieu dès son enfance, il grandit dans la piété et fut ordonné lecteur. Son père, qui était boulanger, l’avait un jour chargé d’aller vendre les pains en ville ; mais appliquant les préceptes évangéliques, Tikhon les distribua aux pauvres. Quand son père s’en aperçut, il entra dans une violente colère. L’enfant lui répondit qu’il n’avait fait que prêter aux pauvres et qu’ils en recevraient la récompense au centuple, conformément à la promesse du Seigneur. De fait, quand ils rentrèrent à la maison, ils trouvèrent leurs réserves pleines de blé. Après la mort de ses parents, il distribua tous ses biens et, rejetant les soucis du monde pour se charger du joug doux et léger du Christ, il se présenta à l’évêque Mnémonios. Celui-ci, discernant les qualités du jeune homme, l’ordonna diacre, et le chargea de la gestion des biens de l’église et de l’enseignement du peuple. Par ses paroles pleines du feu de l’amour divin, Tikhon réfutait aisément les tromperies des Juifs et des païens, et présentait un grand nombre d’entre eux à l’évêque pour être baptisés. À la mort de Mnémonios, saint Tikhon fut consacré évêque d’Amathonte par saint Épiphane, et il brilla dès lors sur le candélabre de l’Église, convainquant les uns de la vérité évangélique par ses arguments irréfutables et amenant les autres à la foi par ses miracles éclatants. Il expulsait les démons, guérissait les malades du corps et de l’esprit, et, en un mot, rendait possible l’impossible par la grâce de Dieu agissant en lui. Comme certains idolâtres persistaient dans le culte des faux dieux, le saint évêque pénétra dans leur temple et renversa les statues. Tenant en main un fouet, il chassa la prêtresse d’Artémis, Anthoussa, qui l’avait couvert d’injures. Par la suite, celle-ci réalisa que la puissance de Dieu était avec le saint, elle confessa le Christ et fut baptisée sous le nom d’Évanthia. Un jour, dans un grand concours de danses et d’obscénités, les païens organisèrent une procession avec la statue de la déesse de Chypre. Mais lorsqu’ils passèrent auprès de l’église, saint Tikhon en sortit, brisa la statue et confondit leurs superstitions de telle manière que tous se convertirent et demandèrent le baptême. Une autre fois, le saint évêque fut accusé par deux païens, Calykios et Cléopâtre, et dut comparaître devant le gouverneur de l’île. Il répondit au magistrat qu’étant serviteur du Dieu Ami des hommes, il ne pouvait manquer de l’imiter et d’avoir pitié de tous ceux qui gisent dans les ténèbres de l’erreur pour leur enseigner qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu. Il ajoutait qu’il considérait les païens comme des malades, que Dieu l’avait chargés de guérir, et qu’il était prêt à souffrir leurs injures et leurs mauvais traitements, comme maigre contrepartie des souffrances endurées par le Seigneur pour notre Salut. Impressionné par la confiance tranquille du saint, le juge le fit relâcher, et cette audience provoqua de nombreuses conversions dans l’assistance. Saint Tikhon possédait un champ dans lequel il avait fait planter une vigne. Un jour, quelque temps avant son départ de cette vie, il s’y rendit pour surveiller le travail des vignerons qui émondaient les sarments desséchés. Il ramassa un de ceux qui avaient été jetés pour être brûlés, le présenta au Christ et lui demanda que ce sarment reprenne vie et qu’il porte, avant la saison, des fruits doux et abondants. Puis il le planta en terre, assurant ceux qui étaient présents que ce miracle continuerait de s’accomplir perpétuellement, en témoignage de la présence invisible de leur pasteur et de ses prières vigilantes. Effectivement, après le repos du saint, chaque année, alors que la veille de sa mémoire, célébrée le 16 juin, les grappes étaient encore vertes, comme il est naturel en cette saison, elles mûrissaient soudainement pendant la vigile et se trouvaient, noires et juteuses, au moment de la Divine Liturgie, pour être mêlées au saint Sacrifice. Des grains de raisin étaient emportés par les fidèles pour la bénédiction de leurs vignes et d’autres pour la guérison des malades. Lorsque saint Tikhon reçut de Dieu l’annonce de son trépas, il alla rendre visite aux villageois qui se trouvaient aux champs pour la moisson de l’orge. Ceux-ci se précipitèrent pour recevoir sa bénédiction, et ils entendirent une voix céleste qui invitait le saint à rejoindre le Royaume des cieux. Trois jours plus tard, il tomba malade, lui qui durant de longues années avait relevé par sa prière tous ceux qui étaient souffrants. Il consola sa mère qui se lamentait à son chevet, en lui rappelant que nous ne devons vivre ici-bas que dans l’espérance de la résurrection ; puis, rassemblant ses enfants spirituels, clercs et laïcs, il fit l’éloge de la dignité des chrétiens qui sont devenus enfants de Dieu et frères du Christ, appelés à suivre ses traces sans se laisser tromper par les séductions de cette vie. Après être resté alité trois jours, le saint pasteur fut reçu avec joie dans la cour céleste, alors que toute l’île de Chypre était dans le deuil. Lors de ses funérailles, célébrées par tous les évêques et prêtres de l’île, en présence d’une foule immense, son corps irradiait de lumière et dégageait un délicieux parfum. Conformément à sa promesse, saint Tikhon ne cessa pas de veiller sur son troupeau. Il guérit une femme de la lèpre et délivra un enfant sourd-muet possédé du démon de la manière suivante. Comme les parents de l’enfant s’éloignaient tristement du sanctuaire du saint, après y avoir longuement prié pour sa guérison, en attribuant à leurs péchés l’échec de leur requête, saint Tikhon leur apparut, sous l’apparence d’un prêtre, et les exhorta à la persévérance. Le démon agita alors furieusement l’enfant et s’enfuit en criant : « Ô Tikhon, c’est ton assurance auprès de Dieu qui me chasse » et l’enfant se mit à parler clairement.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, théophore Père Tykhon; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion, ton 3
Ayant excellé dans l’ascèse par amour de Dieu, d’en haut tu as reçu la puissance du Paraclet pour détruire les idoles de l’erreur, sauver les peuples, chasser les démons et guérir les maladies; c’est pourquoi, Bienheureux, nous t’honorons comme un ami de notre Dieu.

Évangile DU JOUR
(Matth. XI, 27-30)
Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

28 juin

28 juin
Carême des saints Apôtres

Translation des reliques des saints Cyr et Jean, anargyres (412) ; saint Zacharie, évêque de Lyon (IIIème s.) ; sainte Téchilde, reine de Bourgogne (vers 600) ; saint Maëlmon, évêque d’Aleth (v. 658) ; saint Paul de Corinthe, médecin (VIIème s.) ; saint Xénophon de Robéïka (1262), saints Serge et Germain, thaumaturges de Balaam (vers 1353) ; saints néomartyrs de Russie : Basile (Sitnikov), diacre (1918) ; moniale Sebastienne (Agueiëva-Zouïeva) (1938) ; Grégoire (Samarine), diacre (1940).

TRANSLATION DES RELIQUES DES SAINTS CYR ET JEAN

Après le glorieux martyre des saints anargyres Cyr et Jean [31 janv.], des pieux chrétiens allèrent cacher leurs corps dans l’église Saint-Marc, de peur que les païens ne les profanent. De longues années après, sous le règne de Théodose le Jeune (414), comme notre saint Père saint Cyrille [9 juin], qui venait de succéder à son oncle Théophile sur le siège d’Alexandrie, priait Dieu avec larmes de lui révéler comment lutter contre les restes de cultes idolâtres, en particulier celui d’Isis guérisseuse, à Ménouthis, près de Canope , un ange lui apparut et lui ordonna d’y transférer les reliques des deux saints martyrs Cyr et Jean, dans une église dédiée aux saints Évangélistes, que Théophile avait fait ériger non loin du sanctuaire païen. Le saint évêque rassembla aussitôt son clergé et le peuple et, après leur avoir rapporté sa vision, il prit lui-même la tête d’un somptueux cortège, auquel s’adjoignit presque toute la population d’Alexandrie. Parvenus à l’église Saint-Marc, on ouvrit le tombeau des saints martyrs, qui était tombé dans l’oubli, et leurs reliques apparurent intactes et resplendissantes de la grâce du Saint-Esprit. On les plaça sur un char, et dans un grand concert de chants et d’hymnes, accompagnés de lumières et d’encens, on procéda à leur translation jusqu’à Ménouthis. Aussitôt des miracles commencèrent à se produire : les malades étaient guéris, les possédés délivrés, les aveugles recouvraient la vue, les infirmes marchaient, comme au temps de la vie publique du Seigneur. Quand on déposa les reliques dans l’église des Saints-Évangélistes, le démon qui habitait le temple d’Isis s’enfuit effrayé et les prêtres païens, voyant toutes ces merveilles, vinrent se jeter aux pieds de l’archevêque pour demander le baptême. Avec le temps, le temple abandonné fut enfoui dans le sable, tandis que le sanctuaire des saints martyrs attirait une foule toujours grandissante de pèlerins, venus de toutes les extrémités de l’Empire pour y solliciter leur assistance. On avait construit autour du sanctuaire de nombreuses hôtelleries pour les recevoir, mais les malades passaient en général la nuit auprès du tombeau des saints qu’ils baisaient avec dévotion, s’oignant de l’huile de leurs veilleuses ou buvant l’eau de la fontaine qui coulait à l’extérieur. Innombrables étaient les miracles qui s’accomplissaient par l’intercession des saints anargyres , qui souvent révélaient aux malades le moyen par lequel ils obtiendraient la guérison, en leur apparaissant en rêve ou à l’état de veille.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, ton 5
Seigneur, tu nous as donné comme rempart invincible * les miracles de tes saints Martyrs: * par leurs prières, ô Christ notre Dieu, ruine les complots des païens, * affermis le règne de la foi, * dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Kondakion, ton 3
De la grâce divine ayant reçu * le don des miracles, saints Martyrs, * sans cesse vous faites merveille en retranchant nos passions * par votre invisible opération, * Cyr et Jean, vous les thaumaturges, les médecins célestes.

Évangile DU JOUR
(Matth. XI, 20-26)
Alors le Seigneur se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties. Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

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Jovan Nikoloski