19/09/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Deuxième semaine du Grand Carême

Ne donne ni sommeil à tes yeux, ni assoupissement à tes paupières. Dégage-toi comme la gazelle de la main du chasseur, et comme un oiseau de la main de l’oiseleur (Proverbes 6:4-5). Quiconque dans son cœur a commencé aujourd’hui, devant la Face du Seigneur, à vivre selon Ses commandements, devrait prendre cette règle comme guide. Il ne doit pas donner de sommeil à ses yeux les yeux, non pas ses yeux extérieurs, mais les yeux de son esprit, afin qu’ils regardent dans son cœur, et observent fidèlement tout ce qui se produit là, et donc permettent à ceux qui sont zélés de trouver les pièges de l’Ennemi et d’éviter leur danger.
Le cœur devient à présent une arène de lutte avec l’Ennemi. L’Ennemi sème sans cesse ses propres semences, qui à leur tour se reflètent dans nos pensées. De telles pensées, cependant, ne sont pas toujours outrageusement mauvaises, mais sont pour la plupart déguisées en fausse bonté et fausse correction.
La chaîne de toutes les pensées est comme un filet de conception astucieuse! Celui qui se lance après elle avec insouciance n’échappera pas à l’intrication, et, par conséquent le danger d’une chute. C’est pourquoi, mon frère, tu dois garder l’œil de ton esprit clairvoyant au moyen d’une attention stricte pour tout ce qui se produit en toi et autour de toi.
Remarque ce que ton implacable « conseiller » te propose à gauche, et passe au crible la raison de ce qu’il t’a été proposé, et où cela te mènera, et tu ne tomberas jamais dans ses filets. Seulement, n’oublie pas que l’attention seule n’est pas efficace, elle doit être jointe à l’abstinence, à la vigilance et à la prière incessante au Seigneur. Combine tout cela, et il sera difficile de t’attraper.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Deuxième semaine du Grand Carême

Lorsque Moïse et Aaron ont commencé à intercéder devant le Pharaon pour qu’il laisse leur peuple s’en aller, la réponse a été d’augmenter le travail pour les Israélites opprimés, au point qu’ils ont soulevé un tollé contre leurs intercesseurs: Vous nous avez rendus odieux à Pharaon (Exode 5:21). C’est exactement ce que l’âme d’un pécheur repentant expérimente.
Quand la crainte de Dieu et la conscience (le Moïse et Aaron intérieur) commencent à inspirer une âme à enfin se lever et à secouer le joug de l’esclavage de péché, de la joie passe par tous ses membres. Mais l’Ennemi ne dort pas, il entasse des montagnes d’obstacles mentaux: des pensées que le péché est insurmontable, et il amène la crainte de tous côtés, crainte pour sa prospérité, pour les relations extérieures, pour son influence, et même pour sa vie.
Il arrive même que l’on cesse avant d’avoir tout juste commencé. Frère sois inspiré! Le Seigneur des Armées sera élevé par le jugement, et Dieu qui est saint sera sanctifié par la justice (Is 5:16). Dieu est plus fort que l’ennemi. Criez vers Lui, et vous entendrez la même chose que Moïse entendit alors: Maintenant, tu verras ce que je ferai à Pharaon (Exode 6:1).
L’Ennemi n’a pas de pouvoir sur une âme, il peut seulement l’effrayer par des terreurs illusoires. Ne cédez pas, supportez, allez de l’avant avec courage, en vous disant: je n’abandonnerai pas de même jusqu’à la mort, et je vais courageusement là où le Seigneur m’appelle, avec l’esprit de repentance qui agit maintenant en moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Deuxième semaine du Grand Carême

Et Caïn dit au Seigneur: Mon châtiment est trop grand pour être supporté (Genèse 4:13). Était-il possible de parler comme ça devant la face de Dieu, Qui est strict, bien sûr dans la justice, mais Il est toujours prêt à avoir pitié du pécheur qui se repent vraiment? La jalousie obscurcit les pensées raisonnables, la transgression délibérée endurcit son cœur, et voici, Cain répondit rudement à Dieu Lui-même: Suis-je le gardien de mon frère? (Genèse 4:9). Dieu veut adoucir son cœur de pierre avec le marteau de Son jugement sévère, mais Caïn ne cède pas, et enfermé dans sa grossièreté, il s’engage au sort qu’il a préparé pour lui par sa jalousie et son meurtre. Ce qui est étonnant c’est que, après cela, il a vécu comme tout le monde: il a eu des enfants, mis en place un ménage et entretenu des relations terrestres. Pourtant, la marque de paria et de son désespoir était encore sur lui. Donc, c’est une affaire intérieure, qui se produit dans la conscience, de la réalisation de sa relation à Dieu, sous l’influence des passions pesantes, des mauvaises habitudes, et des actes. Laissez les gens maintenant tenir compte de ce cas particulier! Mais avec cela, que les gens ressuscitent leur conviction qu’il n’y a pas de péché plus grand que la miséricorde de Dieu, mais que du temps et de travail sont nécessaires pour attendrir le cœur. Mais c’est soit le salut, soit la ruine!

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Deuxième semaine du Grand Carême

Garde ton coeur plus que toute autre chose; car c’est de lui que viennent les sources de la vie (Proverbes 4:23) Après s’être préparé, [1] confessé et avoir communié aux Saints Mystères, un chrétien renouvelle en lui-même les sources remplies de grâce qui ont été ouvertes en lui par le saint baptême, et qui tant de fois, ensuite ont été obstruées par la négligence et les chutes, et tant de fois purifiées par le repentir. Or, ces sources ont été purifiées une fois de plus, après les plus récentes chutes.
Conservons-les, au moins à partir de ce point, de l’obstruction renouvelée à la suite de la légèreté, de la distraction, et de la négligence à propos de ces actions qui maintiennent la pureté et la bonne circulation des eaux de ces sources.
Continuons à jeûner, à ne pas donner toute liberté à nos sentiments, à ne pas cesser nos ferventes prières et nos larmes, à ne pas oublier les œuvres d’amour, cherchons à entendre la Parole de Dieu, et surtout, à converser avec le Seigneur, Qui est en nous. Grâce à cette conversation nous préserverons la crainte de Dieu et le zèle en nous-mêmes pour Lui plaire, car c’est en cela que réside la source de notre vie spirituelle.

Version française Claude Lopez-Ginisty

19 mars

19 mars

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Mémoire du miracle de saint Théodore le Conscrit – Saint Chrysanthe et son épouse sainte Darie (ou Daria), avec leurs compagnons : saint Claude, sainte Hilarie son épouse, leurs fils saints Jason et Maur ainsi que saints Diodore, prêtre, et Marien, diacre, tous martyrs à Rome (283) ; saint Panchaire, martyr à Nicomédie (vers 302) ; saint Léonce, évêque de Saintes (640) ; saint Mansuet, évêque en Bretagne (Vème s.) ; sainte Bassa, moniale de Pskov-Petchersky (1473) ; saint Innocent de Vologda (1521) ; saint Dimitri le tourneur, néo-martyr grec (1564) ; saint Syméon de Daïbabé (Serbie, 1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Blinov), confesseur, Matrone (Alexeïev), moniale et martyre (1938)

MÉMOIRE DU MIRACLE DE SAINT THÉODORE LE CONSCRIT

En 361, Julien l’Apostat, qui essayait par tous les moyens de restaurer les usages païens, avait remarqué que les chrétiens avaient coutume de sanctifier la première semaine du Carême avant Pâques par le jeûne et la prière. Le cruel despote donna l’ordre au préfet de Constantinople de faire asperger toutes les denrées exposées au marché avec du sang des victimes immolées aux idoles, de sorte qu’il ne fût possible à aucun habitant d’échapper à la souillure de l’idolâtrie. Mais le Seigneur n’abandonna pas son peuple choisi. Il envoya son serviteur, le saint grand-martyr Théodore le Conscrit (+306), qui apparut en vision à l’archevêque Eudoxe (360-364) et lui commanda qu’aucun chrétien n’achète les aliments présentés au marché, mais qu’ils confectionnent des colyves, c’est-à-dire des grains de blé bouillis, pour se nourrir. C’est ainsi que, grâce à l’intervention du saint martyr Théodore, le peuple chrétien put déjouer la machination du tyran et se garder pur de la souillure de l’idolâtrie. Depuis, l’Église commémore chaque année ce miracle, le premier samedi du Grand Carême, afin d’enseigner aux fidèles que le jeûne et la tempérance ont le pouvoir de purifier toutes les souillures du péché.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodore, ton 2

Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Le saint martyr Théodore exultait dans la fournaise comme dans les eaux du repos: * et, tandis que le feu le consumait, * comme un pain agréable il fut offert à la sainte Trinité. * Par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Théodore, ton 8
Ayant mis comme cuirasse sur ton cœur la foi du Christ, * tu as triomphé des forces ennemies par tes combats * et tu as reçu, la couronne éternelle dans les cieux, invincible Martyr.
Évangile du jour
(Mc II, 23 – III,5)

Il arriva, un jour de sabbat, que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui dirent: Voici, pourquoi font-ils ce qui n’est pas permis pendant le sabbat ? Jésus leur répondit: N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans la nécessité et qu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, du temps du souverain sacrificateur Abiathar, et mangea les pains de proposition, qu’il n’est permis qu’aux sacrificateurs de manger, et en donna même à ceux qui étaient avec lui! Puis il leur dit: Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils observaient Jésus, pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat: c’était afin de pouvoir l’accuser. Et Jésus dit à l’homme qui avait la main sèche: Lève-toi, là au milieu. Puis il leur dit: Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer? Mais ils gardèrent le silence. Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme: Étends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie.

6 mars (ancien calendrier)/19 mars (nouveau)

6 mars (ancien calendrier)/19 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
dispense d’huile et de vin

Mémoire du miracle de saint Théodore le Conscrit – Les 42 martyrs d’Amorrée en Haute-Phrygie : saints Constantin, Bassoès, Théophile, Théodore, Calliste et leurs compagnons (vers 845) ; Invention de la sainte Croix par l’impératrice sainte Hélène (326) ; saint Arcade, évêque de Trimithonte à Chypre (vers 361) ; saint Hésychius, thaumaturge en Bithynie (vers 790) ; saint Chrodegang, évêque de Metz (766) ; saint Job-Josué d’Anzersk (1720).

MÉMOIRE DU MIRACLE DE SAINT THÉODORE LE CONSCRIT

– Les 42 martyrs d’Amorrée en Haute-Phrygie (vers 845)

En 361, Julien l’Apostat, qui essayait par tous les moyens de restaurer les usages païens, avait remarqué que les chrétiens avaient coutume de sanctifier la première semaine du Carême avant Pâques par le jeûne et la prière. Le cruel despote donna l’ordre au préfet de Constantinople de faire asperger toutes les denrées exposées au marché avec du sang des victimes immolées aux idoles, de sorte qu’il ne fût possible à aucun habitant d’échapper à la souillure de l’idolâtrie. Mais le Seigneur n’abandonna pas son peuple choisi. Il envoya son serviteur, le saint grand-martyr Théodore le Conscrit (+306), qui apparut en vision à l’archevêque Eudoxe (360-364) et lui commanda qu’aucun chrétien n’achète les aliments présentés au marché, mais qu’ils confectionnent des colyves, c’est-à-dire des grains de blé bouillis, pour se nourrir. C’est ainsi que, grâce à l’intervention du saint martyr Théodore, le peuple chrétien put déjouer la machination du tyran et se garder pur de la souillure de l’idolâtrie. Depuis, l’Église commémore chaque année ce miracle, le premier samedi du Grand Carême, afin d’enseigner aux fidèles que le jeûne et la tempérance ont le pouvoir de purifier toutes les souillures du péché.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodore, ton 2

Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Le saint martyr Théodore exultait dans la fournaise comme dans les eaux du repos: * et, tandis que le feu le consumait, * comme un pain agréable il fut offert à la sainte Trinité. * Par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Théodore, ton 8
Ayant mis comme cuirasse sur ton cœur la foi du Christ, * tu as triomphé des forces ennemies par tes combats * et tu as reçu, la couronne éternelle dans les cieux, invincible Martyr.
Évangile du jour
(Mc II, 23 – III,5)

Il arriva, un jour de sabbat, que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui dirent: Voici, pourquoi font-ils ce qui n’est pas permis pendant le sabbat ? Jésus leur répondit: N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans la nécessité et qu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, du temps du souverain sacrificateur Abiathar, et mangea les pains de proposition, qu’il n’est permis qu’aux sacrificateurs de manger, et en donna même à ceux qui étaient avec lui! Puis il leur dit: Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat. Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils observaient Jésus, pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat: c’était afin de pouvoir l’accuser. Et Jésus dit à l’homme qui avait la main sèche: Lève-toi, là au milieu. Puis il leur dit: Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer? Mais ils gardèrent le silence. Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme: Étends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la première semaine du Grand Carême
Hébreux 1:1-12; Marc 2:23-3:5
Samedi de la première semaine du Grand Carême

Nous avons approché le Calice du Seigneur, nous sommes allés à la Cène du Seigneur. Gloire à Toi, ô Dieu! Gloire à Toi, ô Dieu! Gloire à Toi, ô Dieu! C’est maintenant le grand jour du Seigneur! La célébration la plus glorieuse dans le ciel! Il n’y a pas de ville, ni village, ni de maison, où il n’y ait pas de personnes recevant la Sainte Communion. Sur toute la largeur de la Russie, à travers le sud et l’est, tant de gens vêtus des vêtements blancs de la justification ont goûté à la vie divine, et se sont très sincèrement unis avec le Seigneur! Le corps du Seigneur a été renouvelé, le corps de l’Eglise, et a été revêtu de la gloire qui lui appartient, cachée aux yeux de l’homme, mais visible aux yeux des anges. Les anges adorèrent le premier-né quand Il fut donné au monde en Sa puissance, maintenant ils l’ont adoré parce que le monde a été ramené à Lui. Ils l’ont adoré et ils ont chanté: Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à jamais: le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité; Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté (Psaume 45:6-7).

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Première Semaine du Grand Carême

Le Seigneur se moque des moqueurs, Mais il fait grâce aux humbles (Proverbes 3:34). Souviens-toi plus particulièrement de ces paroles quand tu vas à la confession. Rien de tel que l’orgueil pour lier ta langue pour l’empêcher de dire, « Je suis pécheur. » Humilie-toi devant le Seigneur, ne t’épargne pas, ne crains pas le visage de l’homme. Révèle ta honte pour en être lavé; montre tes blessures pour en être guéri; dis toutes tes injustices afin d’en être justifié. Plus tu seras impitoyable envers toi-même, plus le Seigneur te montrera de la compassion, et tu repartiras avec un doux sentiment de pardon. C’est la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, donnée par Lui à ceux qui s’humilient par la confession sincère de leurs péchés. [1]

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la première semaine du Grand Carême

Crains le Seigneur, et éloigne-toi du mal (Proverbes 3:7). Définis cet objectif comme ta préparation à la Sainte Communion, de sorte qu’à la fin de cette préparation, la crainte de Dieu habite en toi, avec la ferme intention d’éviter que tout mal prenne racine, même si, afin de le faire, tu devais tout perdre, y compris ta vie.
Ne te limite pas seulement à un programme externe de préparation, mais mets l’accent en particulier sur toi, entre en toi-même, et examine tes points de vue et vois s’ils sont en accord en tout avec la parole de vérité de Dieu. Examine tes inclinations et dispositions, vois si elles sont ce que le Seigneur exige de toi dans les Évangiles. Examine ta vie entière, vois si elle est d’accord en toute chose avec les commandements de Dieu. Afflige-toi et hais tout ce qui est une offense à Dieu, et mets dans ton esprit de ne jamais le refaire.
Si tu fais cela, tu sera plus sage, mais tu serais très imprudent de ne pas le faire.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la première semaine du Grand Carême

Oui, si tu appelles la sagesse, et si tu élèves ta voix vers l’intelligence, si tu la cherches comme l’argent, et la poursuit comme pour trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur, et tu trouveras la connaissance de Dieu (Proverbes 2:3-5). La racine d’une vie qui plaît à Dieu est la crainte du Seigneur. Quand elle vient à toi, alors, comme une force créatrice, il restructurera tout en toi et recréera en toi un bel ordre, un univers spirituel. Comment peux-tu acquérir la crainte de Dieu? Elle est en toi, seulement elle est étouffée. Ressuscite-la. Donne la parole à ta raison, et ouvre ton cœur pour accepter l’influence de la vérité. Jusques à présent, la raison n’a pas eu la parole, elle était en esclavage, et n’osait pas parler raisonnablement. Qu’elle parle maintenant. Elle commencera à parler de l’omnipotence de Dieu, qui te soutient et pourrait t’abandonner à tout instant; de l’omniprésence et de l’omniscience de Dieu, qui voit tout en toi et Qui est courroucé par tout ce qui est mauvais en toi; de la justice de Dieu, qui est prête à te punir maintenant, mais est retenue jusques à présent par Sa miséricorde; à la mort, qui à chaque instant est prête à t’attraper et à te livrer au jugement et à la rétribution. Écoute et amène ton coeur au sentiment de ces vérités. Eveille en toi ce sentiment, et avec lui viendra la crainte de Dieu. C’est l’aube de la vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la première semaine du Grand Carême

Les lectures suggérées sont sur la création, l’état originel de la chute et la promesse du salut de notre Seigneur Jésus-Christ. Prenez garde et apprenez! Il est maintenant temps pour votre re-création. Embrassez le Seigneur, et Il vous donnera la lumière qui éclairera vos ténèbres pécheresses; Il va mettre un firmament au milieu de vos pensées agitées et des désirs de votre coeur qui aime le péché: la bonne intention de travailler fermement et résolument pour Lui. Il établira des terres arides et la mer, et donnera à toute chose sa place en vous. Ensuite, vous allez commencer à produire plantes, herbes et arbres, les premiers fruits des vertus, et puis les créatures vivantes, œuvres spirituelles parfaites qui plaisent à Dieu; jusques à ce qu’enfin l’image et la ressemblance de Dieu soient restaurées en vous, comme vous fûtes créés au début (cf. Gn 1-26). Tout cela le Seigneur le créera pour vous dans ces six jours de création spirituelle, qui est votre préparation à la Sainte Communion, [1] si vous voulez passer ce temps avec attention, respect et contrition du cœur.

[1] Du temps de saint Théophane, c’était une coutume largement répandue en Russie pour les gens de passer la première semaine du Grand Carême à se préparer à recevoir la sainte Communion le samedi. Cette préparation, appelé en russe govénié, comprenait le jeûne, la participation aux Offices Divins, la lecture de prières (y compris les canons, acathistes, etc), les prosternations et l’occupation à des activités spirituelles, au lieu d’aller au travail. Le vendredi de la première semaine de carême, les gens allaient à la confession. Ainsi, quand saint Théophane mentionne les « six jours de la création spirituelle, il fait référence à ces six premiers jours du Carême qui étaient une préparation à la Sainte Communion le samedi de Saint-Théodore.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la première semaine du Grand Carême

« Le Grand Carême est arrivé, ô mère de la chasteté. » Qu’était le temps avant ce jour? Un temps de fornication [1]. L’âme forniquait avec tout ce qui frappait l’œil comme des plus agréables, à la fois avec les gens et les choses: plus encore, avec les passions coupables.
Chacun a la passion qui lui plaît dans tout ce qu’il fait. Il est temps de mettre un terme à cela. Que chacun de vous comprenne qui est sa Dalila, qui le lie et le livre aux ennemis mauvais, et qui l’abandonne. Ensuite, on vous donnera plus qu’à Samson: non seulement vos cheveux pousseront, mais de même [croîtront] aussi de bonnes pensées; et non seulement votre force reviendra, mais même aussi votre force de volonté. Vos yeux s’ouvriront aussi, votre esprit recevra la vue et il verra le Seigneur, vous-même, et tout autour de vous, dans la lumière qui convient. C’est un temps favorable! C’est le jour du salut!

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dimanche du Pardon
Romains 13:11-14:4; Matthieu 6:14-21
Dimanche du Pardon

Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes (Matthieu 6:14-15). Quel moyen simple et pratique de salut! Vos fautes sont pardonnées à condition que vous remettiez les péchés de votre prochain contre vous. Cela signifie que vous êtes dans vos propres mains [en ce qui concerne le pardon]. Forcez-vous à passer des sentiments d’agitation intérieure envers votre frère à des sentiments véritablement pacifiques, et c’est tout. Le jour du Pardon, quel beau jour céleste de Dieu! Si chacun d’entre nous l’utilisait comme il le faudrait, ce jour changerait les sociétés chrétiennes en sociétés célestes, et la terre se confondrait avec le Ciel.

Version française Claude Lopez-Ginisty

28 février (ancien calendrier) 13 mars (nouveau)

28 février (ancien calendrier) 13 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Basile le confesseur, moine, compagnon de saint Procope le décapolite (750) ; saints Nymphas et Eubule, apôtres (Ier s.) ; saint Nestor, évêque de Magidos en Pamphilie, martyr, (250) ; saintes Marane et Cyre, ermites en Syrie (vers 450) ; saint Protère, archevêque d’Alexandrie, martyr (457) ; saints Romain (463) et Lupicin (480), abbés fondateurs de Condat à Leucone dans le Jura ; saint Romain, évêque de Reims (vers 535) ; saint Ruellin, évêque de Tréguier (650) ; saint bienheureux Nicolas, fol en Christ de Pskov (1576) sainte Kyranna, néo-martyre grec (1751) ; saint hiéromartyr Arsène, métropolite de Rostov (1772). (29 février : Saint Jean Cassien, abbé fondateur de monastères à Marseille (435) ; saint Germain de Dobrodja, moine (vers 410) ; saint Jean, appelé Barsanuphe, de Nitrie en Égypte (Vème s.) ; saint Théostéricte le confesseur, du monastère de Pélecète (VIIIème s.).

SAINT BASILE LE CONFESSEUR
Devenu moine dès son jeune âge, saint Basile s’était soumis avec vaillance à de grandes austérités sous la direction de saint Procope le Décapolite. Ainsi exercé à lutter, par l’ascèse, contre les entreprises du Malin, il put affronter bravement la lutte contre les briseurs des saintes images. Arrêté par les envoyés de l’empereur et soumis à la torture, il resta inébranlable dans la confession de la vraie foi. Après avoir été couvert de blessures, en particulier sur le visage, il fut jeté dans un sombre cachot où il demeura jusqu’à la mort du tyran Léon l’Isaurien (741). Il fut alors délivré, avec saint Procope et les autres confesseurs, et il reprit sa vie ascétique, entraînant beaucoup de pécheurs au repentir et ramenant un grand nombre d’hérétiques dans la communion de l’Église, tant par sa parole que par l’exemple de ses vertus. C’est après avoir ainsi accompli glorieusement sa course, qu’il partit joyeux vers le Royaume des cieux.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, t. 1.
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Basile porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion, t. 2
Du ciel ayant reçu la divine révélation, * tu t’empressas de quitter le tumulte d’ici-bas; * en moine, vénérable Père, ayant vécu, * tu as reçu le pouvoir * de faire des miracles et de guérir par grâce les maladies, * bienheureux Basile, modèle de sainteté.

LECTURE DES PROVERBES (VIII, 1-21)
Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Semaine de la Tyrophagie

Romains 14:19-23, 16:25-27; Matthieu 6:1-13.
Pour les Pères-Galates 5:22-6:2; Matthieu 11:27-30

Ceux qui sont en Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs (Gal. 5:24). Aujourd’hui, cet ordre de choses a été perverti: les gens crucifient la chair, mais pas en même temps que les passions et les désirs, plutôt par le biais des passions et des désirs.
Les gens aujourd’hui torturent leur corps par l’ivresse, la gloutonnerie, les actes lubriques, la danse et le divertissement! Le maître le plus cruel ne torture pas son animal paresseux de cette façon. Si nous devions donner la liberté et la raison à notre chair, sa première revendication irait à l’encontre de sa maîtresse, l’âme, elle dirait que l’âme a illégalement interféré dans les affaires de la chair, lui apportant des passions qui lui sont étrangères, et des tortures par la réalisation de ces passions dans la chair.
Les besoins de notre corps sont essentiellement simples et sans passion. Regardez les animaux: ils ne mangent pas trop, ils ne dorment pas en excès, et ayant satisfait à leurs besoins charnels à un moment donné, ils restent calmes pendant toute l’année.
Seule l’âme, qui a oublié ses meilleurs penchants, a par son intempérance développé à partir des besoins fondamentaux de l’organisme une multitude de goûts contre nature, qui ne sont pas non plus naturels pour le corps.
Il est nécessaire de crucifier la chair de toutes les manières possibles, afin d’éradiquer les passions charnelles que le corps a greffées sur elle. Cela ne peut se faire que dans le sens inverse, c’est-à dire, en ne lui donnant pas assez de ce qui est nécessaire, ou en répondant à ses besoins à un degré bien moindre que ce que ne l’exige sa nature.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Semaine de la Tyrophagie

Ainsi, je vous sauverai, et vous serez une bénédiction, promet le Seigneur par le prophète Zacharie (Zacharie 8:7-23). Mais sous quelle condition? Sous la condition que tout homme dira la vérité à son prochain, que les hommes règleront justement leurs affaires entre eux, que les hommes ne se souviendront pas dans leur cœur des torts contre leur prochain, qu’ils n’aimeront pas le faux serment, et qu’ils aimeront la vérité et la paix.
Si ces conditions sont remplies, dit le Seigneur, ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu, dans la vérité et la justice (Zacharie 8:8), et Sa bénédiction sera répartie entre eux. Ensuite, tous les étrangers entendront et diront: « Allons vite à eux pour prier devant le Seigneur, car nous avons appris que le Seigneur est avec eux (cf. Zach. 8:21-3). Oui, beaucoup de peuples et de puissantes nations viendront chercher l’Éternel des armées (Zacharie 8:22).

C’est ainsi que la haute pureté morale des premiers chrétiens attirait les peuples et les nations au Seigneur. Ceux qui vivent toujours selon l’esprit du Christ sont, sans utiliser de paroles, les meilleurs prédicateurs du Christ et les apôtres les plus convaincants du christianisme.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Semaine de la Tyrophagie
Jude 1:11-25, Luc 23:1-34, 44-56

Malheur, proclame le saint Apôtre Jude, à ceux qui se conduisent mal dans la société, qui sans crainte s’engraissent dans les festins, qui s’enflent de leur propre honte, marchant selon leurs propres convoitises, prononçant de grandes paroles boursouflées et qui se séparent de l’unité de la foi. Malheur! Car voici, le Seigneur va venir avec des dizaines de milliers de Ses saints anges, pour exercer un jugement contre tous, et exposer tous les impies dans toutes les actions impies que leur impiété a commises (cf. Jude 1:11-19).

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Semaine de la Tyrophagie
Joel 2:12; 3:12-21

« Maintenant encore, dit l’Éternel, revenez à moi de tout votre coeur, avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations! Déchirez vos coeurs et non vos vêtements, Et revenez à l’Éternel, votre Dieu; car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et il se repent des maux qu’il envoie. Qui sait s’il ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s’il ne laissera pas après lui la bénédiction, des offrandes et des libations pour l’Éternel, votre Dieu? Sonnez de la trompette en Sion! Publiez un jeûne, une convocation solennelle! Assemblez le peuple, formez une sainte réunion! Assemblez les vieillards, assemblez les enfants, même les nourrissons à la mamelle! Que l’époux sorte de sa demeure, et l’épouse de sa chambre! »

Qu’entre le portique et l’autel pleurent les sacrificateurs, serviteurs de l’Éternel, et qu’ils disent: Éternel, épargne ton peuple! » (Joël 2:2-17). Qui entend maintenant cette voix qui résonne dans l’Eglise? Si sur la place de la ville une voix de tonnerre retentissait du ciel, en disant, « Epargne-toi, ô peuple, afin que le Seigneur t’épargne! », peut-être quelqu’un l’entendra-t-il et se réveillera-t-il de son extase de plaisirs, de désirs et de vin. Les prêtres ne cessent de plaider, « Epargne-nous, ô Seigneur! » Mais du Seigneur vient la réponse juste et pourtant terrible, « Je n’épargnerai pas, car il n’y en a aucun qui cherche à être épargné. » Tout le monde se tient, tournant le dos au Seigneur ; ils se sont détournés de Lui et L’ont oublié.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Semaine de la Tyrophagie
Matthieu 11:2-15
(Evangile pour l’invention ( I et II) du fhef de saint Jean Baptiste

Le Royaume des Cieux souffre violence, et les violents s’en emparent par la force. Le Royaume souffre violence, c’est-à-dire qu’il est atteint par la violence, avec le travail, la force, et de difficiles luttes spirituelles; donc seuls ceux qui mènent une vie emplie de labeurs ascétiques [podvig] l’atteignent. C’est ainsi que l’on renonce à la consolation de toute sorte sur le chemin vers le Royaume. Les plaisirs de tous les types nous éloignent grandement du Royaume, mais en ces jours, nous avons pour seul souci les plaisirs, parfois émotifs, mais le plus souvent charnels: manger, boire, s’amuser, faire la fête et se prélasser en toute chose. Nous avons dit au Royaume, « Je te prie de m’excuser », bien qu’il y ait une fête dans le Royaume, un festin royal, si somptueux que nous ne pouvions même pas l’imaginer, car nous n’en avons pas le goût. Ce qui y est considéré comme doux, nous est amer; ce qui y est agréable, pour nous, est répugnant, ce qui y réjouit, est pour nous un fardeau, nous cheminons de manière totalement séparée. Et le Royaume, avec les violents qui s’en emparent, se retire de nous. Nous sommes heureux, même prêts à les chasser plus vite, en effet, nous avons déjà commencé à en parler, mais le Malin n’a pas encore réussi à organiser cela.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Semaine de la Tyrophagie
III Jean 1:1-14; Luc 19:29-40, 22:7-39

Que signifie marcher dans la vérité? Cela signifie accepter la vérité dans ton cœur, demeurer dans les pensées et les sentiments que cette vérité demande. De cette manière, c’est la vérité de Dieu qui est partout et qui voit tout. Celui qui accepte cette vérité dans son cœur et commence à se contrôler à la fois intérieurement et extérieurement comme si Dieu Lui-même est devant lui et voit tout en lui, marche dans cette vérité.Il est vrai que Dieu contient tout, et que sans Lui nous ne pouvons rien faire avec succès. celui qui accepte ceci dans son cœur, et se tourne en prière vers Dieu pour demander de l’aide en tout ce qu’il entreprend, acceptant tout ce qui lui arrive comme venant de la main de Dieu, marche dans cette vérité. Il est que la mort pourrait nous prendre à n’importe quelle heure et qu’immédiatement après cette mort vient le Jugement [particulier]. Celui qui accepte cette vérité dans son cœur, et commence à vivre comme s’il allait mourir dans la minute qui suit, et paraître au Jugement de Dieu, marche dans cette vérité. Il en est ainsi de toute autre vérité.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dimanche du Carnaval
I Corinthiens 8:8–9:2; Matthieu 25:31–46

Le grand Jugement (Jugement Dernier)! Le Juge vient dans les nuages, entouré d’une multitude innombrable de puissances célestes incorporelles. Les trompettes résonnent à toutes les extrémités de la terre et relèvent les morts. Les régiments de ressuscités affluent dans l’endroit déterminé, vers le trône du Juge, ayant déjà un pressentiment du verdict qui se fera entendre à leurs oreilles, car les actes de tous seront écrits sur le front de leur nature, et leur aspect-même correspondra à leurs actes et à leur morale. La division de ceux à Sa droite et de ceux à Sa gauche se fera d’elle-même.

Enfin, tout a été déterminé. Un profond silence tombe. Encore un peu de temps. et le verdict décisif du Juge est entendu: pour certains, « Venez », pour les autres, « Partez. »
« Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous! Que Ta miséricorde, ô Seigneur, soit sur nous! » diront-ils, mais il sera déjà trop tard pour plaider.
Nous devons maintenant prendre la peine de laver les marques défavorables écrites sur notre nature. Alors, au Jugement, nous serions prêts à verser des rivières de larmes pour nous en laver, mais cela ne servirait à rien. Pleurons donc maintenant, sinon des rivières de larmes, du moins des flots de larmes, sinon des flots, alors au moins quelques pleurs. Si nous n’en trouvons pas même aussi peu, devenons contrits de cœur, et confessons nos péchés au Seigneur, Le suppliant de pardonner, et promettant de ne plus L’offenser, par la violation de Ses commandements. Puis, soyons zélés pour accomplir fidèlement cette promesse.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi des défunts
I Thessaloniciens 4:13-17; Jean 5:24-30

Maintenant la Sainte Eglise oriente notre attention au-delà des frontières de notre vie présente, à nos pères et frères qui sont partis de cette terre. L’Eglise espère, en nous rappelant de leur état (auquel nous nous n’échapperons pas), nous préparer à passer correctement la semaine de la tyrophagie, ainsi que le Grand Carême qui suit. Ecoutons notre mère l’Eglise, et pour commémorer nos pères et nos frères, prenons soin de nous préparer pour notre passage dans l’autre monde. Ayons à l’esprit nos péchés et pleurons-les, décidant à l’avenir de nous garder purs de toute souillure. Car rien d’impur n’entrera dans le Royaume de Dieu, et au jour du jugement, personne d’impur ne sera justifié. Après la mort, tu ne peuxpas attendre de purification. Tu resteras comme tu es quand tu traverses. Tu dois préparer ici ta purification. Hâtons-nous, car qui peut prédire combien de temps on va vivre? La vie pourrait être coupé à cette heure. Comment pouvons-nous paraître impurs dans l’autre monde? Avec quels yeux regarderons-nous nos pères et nos frères qui nous rencontrerons? Comment allons-nous répondre à leurs questions: « Qu’est-ce que cette méchanceté en toi? Qu’est-ce que ceci? Et qu’est-ce que cela? » Quelle honte nous couvrira! Hâtons-nous de redresser tout ce qui est incorrect, d’arriver au moins quelque peu tolérables et supportables dans l’autre monde.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Semaine après le Fils Prodigue
II Jean 1:1-13, Marc 15:22-25, 33-41

Saint Jean le Théologien écrit, plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu dans la chair (II Jean 1:7). Il en était ainsi en son temps, alors que maintenant les séducteurs entrent dans le monde, qui confessent que Jésus-Christ est venu dans la chair, mais qui, néanmoins, sont des « imposteurs et des antichrists » (cf. II Jean 1:7). Ceci a plus ouvertement commencé à l’époque d’Arias et continue jusques à ce jour. Toutefois, les séducteurs anciens trébuchaient plus sur le dogme de la personne de Jésus-Christ notre Sauveur, alors que depuis l’époque de Luther, ils ont commencé à trébucher dans l’enseignement au sujet du salut en Lui.
Combien de ces « enseignants » y a-t-il eu? Ces « séducteurs et antichrists » ont paru parmi nous, disent « croyez et c’est assez »; rien de plus n’est nécessaire nil’Eglise, ni les sacrements, ni le sacerdoce. Eux aussi commencent leur déception en commençant par le Christ Seigneur et le salut en Lui. Mais comme ils ne les interprètent pas correctement, ce sont des antichrists, et ils sont sujets à la condamnation. Méfiez-vous d’eux.
Quiconque transgresse, et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu (II Jean 1:9). Ces gens ne L’ont pas, parce qu’ils n’ont pas la doctrine du Christ. Cette doctrine est dans l’Église, et ils se sont séparés de l’Église. Seuls ceux qui suivent l’Église ont la doctrine du Christ et demeurent en elle. Ils ont donc à la fois le Christ, le Fils de Dieu, et Dieu le Père. Mais les autres ne l’ont pas, mais ils n’arrêtent pas de dire qu’ils L’ont. Ne les recevez pas, ni leur souhaitez pas bon voyage (cf. II Jean 1:10).
Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Semaine après le Fils Prodigue
I Jean 4:20-5:21, Marc 15:1-15

Et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi (I Jean 5:4), la foi chrétienne. Vaincre le monde, qu’est-ce que cela signifie? Non pas exterminer tous ceux qui aiment le monde, ou anéantir et détruire tout ce qui est aimé par le monde. Cela signifie plutôt que tout en vivant parmi ceux qui aiment le monde et se meuvent parmi les usages appréciés du monde, nous vivons et sommes étrangers à tout et tous.
Dès que vous avez rejeté le monde et tout ce qui est du monde, vous avez par cette action-même vaincu le monde. Mais qui vous apprend à rejeter le monde et qui vous donne la force pour cela? Notre foi [orthodoxe] donne la force.
Elle révèle la puissance destructrice des illusions du monde, et inspire le désir de se libérer de leurs filets. Puis, quand quelqu’un décide de briser ces liens, se repent et approche les Mystères de renouvellement (le baptême ou le repentir), la foi lui permet de sentir mystiquement la douceur d’une vie opposée au monde, douceur avec laquelle tous les plaisirs du monde ne peuvent en aucune façon être comparés.
En conséquence, un dégoût pour tout ce qui est du monde demeure dans le cœur, ce qui en fait vainc le monde. Mais dans cette action mystique, à la suite de laquelle le dégoût pour le monde est né, le pouvoir de demeurer résolument dans ce dégoût et dans l’aliénation du monde est également accordé, et c’est une victoire décisive et durable.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Semaine près le Fils Prodigue
I Jean 3:21-4:6; Marc 14:43-15:1

Si l’aide est nécessaire, demandez.  » J’ai demandé », dites-vous, « et elle n’a pas été donnée. » Mais alors, comment est-elle accordée à d’autres? Avec le Seigneur, il n’y a pas d’acception de personnes; [il n’est pas question de] donner à l’un, et ne pas donner à un autre sans raison aucune. Il est prêt à donner à tous, car Il aime à donner. S’Il ne donne pas à quelqu’un, la raison n’est pas en Lui, mais dans celui qui demande de l’aide.
Parmi ces raisons peuvent en être certaines que nous ne pouvons pas même deviner. Mais il existe des raisons connues, visibles de tous. Une de ces raisons (et n’est-ce pas la raison principale?) saint Jean fait remarquer qu’il s’agit de l’absence d’assurance, et l’absence d’assurance vient de la condamnation du cœur ou de la conscience. Bien-aimés, dit-il, si notre coeur ne nous condamne pas, alors nous avons de l’assurance devant Dieu. Et quoi que nous demandions, nous le recevons de Lui, parce que nous gardons Ses commandements, et faisons ces choses qui sont agréables à Ses yeux (I Jean 3:21).
Il n’y a plus rien à ajouter à ces paroles. Tout est parfaitement clair. Quel maître aidera un serviteur infidèle, un prodigue et un débauché? Le Seigneur nous tolèrera-t-Il quand quand nous ne voulons pas lui être agréables et accomplir Ses commandements, et si nous commençons à prier uniquement quand un besoin extrême surgit?!

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Semaine après le Fils Prodigue
I Jean 3:11-20, Marc 14:10-42

Saint-Pierre a insisté avec tant d’enthousiasme en disant qu’il ne rejetterait pas le Seigneur; mais quand le moment fut venu, il le renia, et pas moins de trois fois. Telle est notre faiblesse!
Ne comptez pas sur vous-mêmes, et quand vous entrez au milieu des ennemis, placez tout votre espoir de les vaincre dans le Seigneur. C’est pour cette raison qu’une telle chute fut permise pour une telle personne d’importance, afin que par la suite, personne n’ose de son propre chef faire quelque chose de bien ou vaincre un ennemi, qu’il soit intérieur ou extérieur. Il faut espérer dans le Seigneur, mais ne pas cesser d’agir. L’aide du Seigneur se joint à nos efforts, et les rend ainsi puissants.
Si ces efforts ne sont pas présents, l’aide de Dieu, n’a pas où descendre, et elle ne descendra pas. Mais encore une fois, si vous êtes remplis de confiance en vous, et que, par conséquent vous n’avez pas besoin d’aide, et ne cherchez pas d’aide, de nouveau l’aide de Dieu ne descendra pas.
Comment descendra-t-elle quand elle est jugée inutile?! Dans ce cas, il n’y a rien qui puisse la recevoir non plus. Elle est reçue par le cœur. Le cœur s’ouvre pour la recevoir par un sentiment de besoin. Donc, la première chose [les efforts] et la seconde [l’aide] sont nécessaires. Dites,  » ô Dieu, viens à mon aide! » Mais ne restez pas inactifs.

Version française Claude Lopez-Ginisty

29 février

29 février

Saint Jean Cassien, abbé fondateur de monastères à Marseille (435) ; saint Germain de Dobrodja, moine (vers 410) ; saint Jean, appelé Barsanuphe, de Nitrie en Égypte (Vème s.) ; saint Théostéricte le confesseur, du monastère de Pélecète (VIIIème s.).

SAINT JEAN CASSIEN

Saint Jean Cassien, abbé fondateur de monastères à Marseille (435)

Notre Père Jean Cassien, destiné par Dieu à apporter à l’Occident les lumières du monachisme oriental, naquit par un heureux effet de la Providence, aux confins des deux mondes, en Scythie Mineure, dans la région des bouches du Danube (l’actuelle Dobroudja, en Roumanie), vers 365. Issu d’une famille distinguée, il suivit avec succès le cours des études classiques ; mais, comme il était altéré d’une soif ardente pour la perfection, il renonça encore jeune aux attraits trompeurs de la vie mondaine pour se rendre en Terre Sainte, en compagnie de son ami Germain, son « frère, non par la naissance, mais en esprit », et ils devinrent moines dans un monastère de Bethléem . Après avoir été initiés aux rudiments de la vie cénobitique et s’être informés sur le mode de vie des moines de Palestine, de Mésopotamie et de Cappadoce, ressentant en eux-mêmes le désir d’une plus grande perfection, ils résolurent de partir pour les déserts d’Égypte, auprès des anachorètes, dont ils avaient entendu vanter les exploits par saint Pinuphe [27 nov.], qui s’était réfugié dans leur monastère pour fuir la bonne renommée. Leur supérieur leur accorda avec quelques réticences sa bénédiction, en leur faisant promettre de revenir promptement. Après avoir admiré l’ordre et le mode de vie des communautés cénobitiques du Delta du Nil, Jean et Germain s’enfoncèrent dans le désert. Partout où ils passaient, ils recherchaient avec avidité les saints solitaires, afin de vénérer en eux la splendeur de la grâce et la variété de ses fruits, et pour les interroger longuement sur la science de l’âme .

Réalisant que pour assimiler leur céleste enseignement, il leur faudrait passer un long temps à partager la vie de ces serviteurs de Dieu et embarrassés par leur promesse, les deux voyageurs soumirent leur problème à l’abbé Joseph qui, au terme d’une nuit de veille, leur assura qu’il leur serait plus avantageux de rester en Égypte, sans se soucier d’un engagement absolu pris avec témérité. Rassurés par l’Ancien, ils restèrent donc sept années en Égypte, poursuivant avec zèle leur enquête spirituelle. De lieu en lieu, ils parvinrent jusqu’au fameux désert de Scété, fondé par saint Macaire, « le désert glorieux, digne d’être célébré entre tous » , où luttait dans l’ascèse un grand nombre de moines, parmi lesquels s’illustraient en particulier les saints Abbas Moïse, Sérapion, Théonas, Isaac et le prêtre Paphnuce. Ce dernier les édifia grandement quand il leur dit qu’il ne suffit pas au moine de renoncer corporellement au monde en se dépouillant de ses biens pour s’adonner au soin de son âme dans l’ascèse et le silence, mais qu’il faut accomplir aussi le « second renoncement », qui consiste à se dépouiller de ses habitudes d’autrefois et de ses passions, par une lutte longue et patiente, pleine d’embûches, qui conduit à la pureté du cœur. Tel est le but du moine : s’entretenir sans cesse avec Dieu par la prière continuelle que l’intelligence, non dispersée dans les soucis du monde, élève avec tranquillité et paix dans le sanctuaire purifié du cœur. Et la fin de son œuvre, c’est la vie éternelle, l’union avec Dieu, dont on peut déjà, ici-bas, acquérir les arrhes par la sainte charité. En effet, parvenu au terme du « second renoncement », et l’âme toute tendue vers le seul désirable, le moine doit encore accomplir le « troisième renoncement », qui renferme toute perfection et consiste à bannir tout souvenir de ce monde pour se laisser emporter par Dieu vers les demeures éternelles, dans un sentiment de joie ineffable et un flot de lumière divine .

« Alors, l’amour parfait de Dieu passant en notre cœur par la vertu de la prière pure, sans forme ni parole, Dieu sera tout notre amour et tout notre désir, toute notre recherche et l’âme de tous nos efforts, toute notre pensée, notre vie, notre discours et notre respiration même. L’unité qui existe du Père avec le Fils et du Fils avec le Père s’écoulera dans l’intime de notre âme, et de même que Dieu nous aime d’une charité vraie et pure, et qui ne meurt point, nous Lui serons unis par l’indissoluble lien d’une charité sans défaillance… Ce sera, autant qu’il est possible sur la terre, l’accomplissement de la parole de l’Apôtre : Dieu, tout en tous, et devenus pleinement fils par une communication si parfaite du Père, nous pourrons dire, à l’imitation de Celui qui est Fils et héritier par nature : Tout ce qu’a le Père est à moi (Jn 16, 15). Tel est le terme de toute perfection : que l’âme soit à ce point délestée des pesanteurs charnelles, qu’elle monte chaque jour vers les sublimités des réalités spirituelles, jusqu’à ce que toute sa vie, tout le mouvement du cœur deviennent une prière unique et ininterrompue… Cette prière ne s’occupe à la considération d’aucune image, davantage, elle ne s’exprime point par la parole ni avec des mots ; mais elle jaillit dans un élan tout de feu, un ineffable transport du cœur, une joie impétueuse de l’esprit. Ravie hors des sens et de tout le visible, c’est alors par des gémissements inénarrables et des soupirs que l’âme s’épanche vers Dieu » .

Ainsi instruits des cimes de la vie monastique et contemplant leur vivante réalisation chez ces illustres anachorètes, les deux amis s’adonnèrent avec une grande rigueur à la vie contemplative pendant ces années passées à Scété. Dans le silence de sa cellule, saint Cassien put éprouver lui-même l’âpre combat de l’âme éprise de Dieu contre les pensées passionnées et contre les démons jaloux, en particulier contre la tentation de l’acédie (« ennui ») qui tourmente les ermites en vue de leur faire quitter leur retraite. De cette expérience personnelle et de l’enseignement du grand Évagre , qu’il rencontra à Nitrie, il tira une fine doctrine du combat spirituel et des huit passions fondamentales : la gourmandise, la fornication, l’avarice, la colère, la tristesse, l’acédie, la vaine gloire et l’orgueil .

Sept années ayant passé, Jean et Germain regagnèrent Bethléem, où ils obtinrent de leur supérieur la permission de vivre désormais définitivement dans le désert, et ils retournèrent avec empressement en Égypte. Mais ils ne purent y retrouver la quiétude nécessaire à la contemplation, car l’ardeur véhémente de l’archevêque d’Alexandrie, Théophile, contre les moines taxés d’origénisme, avait partout semé le trouble et l’effroi, si bien qu’un groupe de trois cents moines finit par s’enfuir de Nitrie. Jean et Germain suivirent une cinquantaine d’entre eux qui avaient décidé de chercher refuge à Constantinople, à l’ombre du grand saint Jean Chrysostome (vers 401). Dès qu’il les vit, discernant d’un regard infaillible la qualité de leurs âmes, le saint archevêque réussit à convaincre Germain de recevoir de ses mains la prêtrise et Cassien le diaconat. Conquis par l’éclat de la sainteté de Chrysostome et par sa sublime éloquence, Cassien se plaça avec une tendre ferveur sous sa direction spirituelle, acceptant de sacrifier la quiétude du désert pour tirer profit de la présence d’un tel maître. Mais peu de temps après, saint Jean Chrysostome, victime de la vindicte de Théophile , ayant été envoyé en exil, Cassien et Germain furent envoyés en mission à Rome, en compagnie de l’évêque Pallade , par le clergé et le peuple, pour transmettre au pape Innocent Ier une lettre d’appel en faveur du saint archevêque injustement déposé (405).

Au cours de son séjour d’une dizaine d’années à Rome, saint Cassien se lia d’une étroite et durable amitié avec l’archidiacre et futur pape Léon [18 févr.] qui, par la suite, confiant en ses connaissances théologiques lui demanda de rédiger un exposé du dogme de l’Incarnation contre Nestorius . Ayant été élevé au sacerdoce, il se rendit à Marseille, en Gaule, où il fonda pour les hommes le monastère de Saint-Victor, sur le tombeau d’un martyr du IIIe siècle, et pour les vierges celui du Saint-Sauveur (415). En ascète éprouvé et en père plein de discernement pastoral, il adopta pour les moines qui s’y empressaient l’authentique tradition qu’il avait reçue des Pères d’Orient, en tenant compte des conditions de vie propres à la Gaule, du climat et du caractère de ses habitants. Puis, à la requête de saint Castor, évêque d’Apt, il rédigea ses Institutions Cénobitiques pour les monastères que celui-ci avait fondés en Provence . Il y décrit le mode de vie des moines d’Égypte, en modérant ce qu’il y avait de trop rigoureux pour les moines gaulois à l’aide des institutions en vigueur en Palestine, en Cappadoce et en Mésopotamie. Car, écrit-il : « Si l’on pratique ce qui est raisonnablement possible, l’observance est également parfaite, même avec des moyens inégaux ». Il décrit ensuite les remèdes aux huit passions fondamentales, qui conduisent l’âme à la perfection de la vertu. Par la suite, il compléta cet enseignement spirituel par ses Conférences, dans lesquelles il expose, à l’intention des ermites qui vivaient à Lérins et sur les îles d’Hyères, les étapes supérieures du combat pour la pureté du cœur et la contemplation, en prêtant son enseignement aux grands anachorètes qu’il avait rencontrés en Égypte. Saint Cassien donna ainsi au monachisme gaulois naissant son armature doctrinale, en l’abreuvant aux sources vivifiantes des Pères du Désert .

En disciple fidèle des grands docteurs cappadociens et de saint Jean Chrysostome, saint Jean Cassien s’éleva alors contre la séparation excessive que saint Augustin avait établie entre la nature humaine et la grâce, en vue de lutter contre l’hérésie pélagienne. En effet, bien que tout don excellent et toute grâce viennent Dieu, le Père des Lumières (Jc 1, 17), la liberté humaine, créée à l’image de la liberté absolue de Dieu et renouvelée par le saint baptême, est appelée à répondre et à collaborer (synergie) avec la grâce divine pour produire en l’âme les fruits salutaires des saintes vertus, à tel point qu’on peut dire avec saint Jean Chrysostome que : « L’œuvre de Dieu est de donner la grâce, celle de l’homme de présenter la foi » . Les partisans extrémistes de saint Augustin réagirent violemment contre cette doctrine des moines provençaux — qui n’était que l’expression de l’enseignement traditionnel des Pères grecs — et accusèrent saint Cassien de la prétendue hérésie « semi-pélagienne » . Ennemi du bruit et de la dispute, le saint ascète, « ayant appris, dans l’intimité de la contemplation divine, le secret d’une paix constante et douce, et d’une sérénité tranquille », se tint en silence, sans chercher à se justifier. Il remit en paix son âme à Dieu, vers 435. Considéré comme un saint par ses contemporains, il est vénéré depuis par tous les moines d’Occident comme leur Père et l’un de leurs plus grands docteurs. Ses précieuses reliques sont gardées jusqu’à nos jours à l’abbaye Saint-Victor de Marseille .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cassien, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * bienheureux Cassien, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de saint Cassien, ton 2
Désireux des biens suprêmes, Père saint, * tu t’es uni aux êtres d’en-haut; * par la divine élévation de tes vertus, * tu as fait de ton âme un char de feu; * Cassien, toi qui sur terre as vécu comme un Ange, * tu fus agréable au Créateur de l’univers.

Évangile du jour
(Mc XI, 1-11)

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu’un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici. Les disciples, étant allés, trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent: Que faites-vous? pourquoi détachez-vous cet ânon? Ils répondirent comme Jésus l’avait dit. Et on les laissa aller. Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts! Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze.

16 février (ancien calendrier)/29 février (nouveau)

16 février (ancien calendrier)/29 février (nouveau)

Saints Pamphile, prêtre, Valens, diacre, Paul, Porphyre, Séleucius, Théodule, Julien, Samuel, Élie, Daniel, Jérémie et Isaïe, martyrs en Palestine (307-309) ; saint Tigride, prêtre à Clermont (vers 388) ; saint Siméon, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Marouf, évêque de Mésopotamie (422) ; saint Armentaire, évêque d’Antibes (512) ; saint Tétrade, évêque de Bourges (VIème s.).

SAINT PAMPHILE
Le maître de ce chœur des douze glorieux martyrs qui, d’origines et de qualités différentes, étaient une image de l’Église en sa diversité, était l’illustre Pamphile. Originaire de Béryte (Beyrouth), en Syrie, il avait été l’élève de Piérios, le successeur d’Origène à la tête de l’École Catéchétique d’Alexandrie, et il devint l’un des plus fervents admirateurs et propagateurs de l’enseignement de ce grand maître. Ayant renoncé à sa fortune pour la distribuer aux pauvres et fuyant toute gloire mondaine, il s’était consacré tout entier à la pratique de la vertu et à la méditation de la parole de Dieu. D’Alexandrie, il alla s’installer à Césarée de Palestine où, après avoir été ordonné prêtre, il devint le directeur de l’École théologique fondée par Origène. Avant même le déclenchement de la persécution, il vivait comme un martyr, mortifiant tous les plaisirs de la chair par l’ascèse, et il se consacrait avec un zèle infatigable à la copie et à l’interprétation de l’Écriture sainte, en utilisant la méthode allégorique de son maître.

En 307, au moment où la grande persécution de Maximin Daïa faisait rage dans tout l’Orient, il fut arrêté et conduit devant le gouverneur de Palestine, le cruel Urbain, qui, après l’avoir éprouvé dans ses connaissances philosophiques, lui donna l’ordre de sacrifier aux idoles. Le saint prêtre supporta les tourments avec la constance d’un être incorporel et fut jeté en prison, en compagnie du diacre Valens, vieillard de noble apparence, qui pouvait citer de mémoire de longs passages de l’Écriture sainte, et du vaillant Paul qui avait enduré sans broncher l’application des fers rouges.

Ils restèrent ainsi deux années en prison, jusqu’au jour où cinq chrétiens originaires d’Égypte, qui avaient escorté des confesseurs du Christ déportés dans les mines de Cilicie, se présentèrent aux portes de la ville sur le chemin du retour vers leur patrie. Interrogés par les gardes, ils ne cachèrent rien de la vérité et se déclarèrent chrétiens. On les arrêta aussitôt comme des malfaiteurs et on les conduisit devant le gouverneur de Césarée, Firmilien. Après les avoir éprouvés par diverses tortures, le juge passa à l’interrogatoire et leur demanda de décliner leur identité. Au lieu de donner leurs noms païens, ils s’attribuèrent les noms de grands prophètes de l’Ancien Testament : Élie, Jérémie, Isaïe, Samuel et Daniel. Quand il leur demanda quelle était leur patrie, l’un d’eux répondit : « Jérusalem ! » en faisant allusion à la Jérusalem d’en haut, la Cité du Dieu vivant, qui est la patrie céleste de tous les chrétiens. Le juge, gardant l’esprit rivé aux choses de cette terre, pensa que les chrétiens s’étaient concentrés dans une ville ennemie des Romains . Il fit flageller le saint martyr pendant un long moment, puis, constatant qu’il restait inébranlable, il donna l’ordre de le décapiter avec ses quatre compagnons.

Emporté par sa colère, il fit amener aussi Pamphile et ses compagnons, qui avaient déjà fait preuve de leur inébranlable fermeté au milieu des supplices, et il leur demanda de se soumettre. Comme les saints martyrs persistaient dans leur confession de foi, il les condamna au même châtiment. Alors qu’on les emmenait pour être exécutés, Porphyre, jeune serviteur de dix-huit ans et fils spirituel de Pamphile, sortit de la foule et réclama à haute voix les corps des martyrs pour les ensevelir. Le juge, plus féroce qu’une bête sauvage, repoussa cette demande et après avoir fait saisir Porphyre, il le livra à ses bourreaux, en leur donnant l’ordre de lui déchirer la chair jusqu’aux profondeurs des entrailles. Après avoir eu le corps longuement broyé dans les tourments, sans voix et presque sans vie, Porphyre fut condamné à être brûlé à petit feu. Il marcha vers la mort tel un athlète victorieux, le visage rayonnant de la grâce divine et les yeux fixés vers le ciel, en donnant calmement à ses amis ses dernières instructions. Quand il fut placé sur le bûcher, il attira à lui les flammes avec avidité, en respirant profondément, et ne laissa échapper qu’une seule parole pour appeler Jésus, le Fils de Dieu, à son secours.
Séleucos, un des confesseurs qui avaient renoncé à servir dans l’armée pour prendre soin des chrétiens opprimés, alla annoncer à Pamphile la consommation du martyre de Porphyre. Comme il embrassait l’un des détenus, les soldats s’emparèrent de lui et le conduisirent devant le gouverneur qui, sans plus tarder, le condamna à mort. Quelques instants plus tard, Théodule, un vénérable et pieux vieillard, qui avait été honoré de la première charge dans la domesticité du gouverneur, manifesta sa foi et son attachement aux saints martyrs de la même manière que Séleucos. Il fut conduit devant son maître qui, au comble de la colère, le livra au supplice de la croix, et l’honora ainsi d’une mort semblable à celle du Sauveur.

Sur ces entrefaites, Julien, homme pieux originaire de Cappadoce et rempli du zèle de l’Esprit Saint, arrivant de voyage, se précipita vers le lieu où gisaient les dépouilles des saints martyrs et, transporté de joie, il les serra dans ses bras et les embrassa les uns après les autres. Il fut aussitôt arrêté et traduit devant Firmilien qui le condamna à mourir lui aussi, lentement, par le feu. C’est avec une joie surnaturelle, en rendant grâce à Dieu à haute voix, qu’il rejoignit le chœur des saints martyrs.
Après l’exécution de Pamphile, le chef de cette glorieuse cohorte, le gouverneur impie ordonna que son corps et ceux de ses compagnons fussent laissés sur place, en pâture pour les animaux carnassiers. Mais, par la Providence de Dieu, aucune bête n’approcha de leurs saintes dépouilles et les chrétiens purent leur ménager de dignes funérailles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Pamphile, ton 4

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Pamphile , ton 2
Ayant chéri les divins préceptes du Christ, * tu es devenu le secours des croyants, * Pamphile, ami du Christ aux généreuses pensées; * aussi nous disons bienheureuse ta fête sacrée; * sans cesse auprès de Dieu intercède pour nous tous.

Évangile du jour
(Mc XI, 1-11)

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu’un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici. Les disciples, étant allés, trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent: Que faites-vous? pourquoi détachez-vous cet ânon? Ils répondirent comme Jésus l’avait dit. Et on les laissa aller. Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts! Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Semaine après le Fils Prodigue
1 Jean 2:18-3:10/ Marc 11:1-11

Hier, la parabole du Fils Prodigue nous a invités à revenir de la débauche sur la bonne voie. Maintenant l’apôtre saint Jean nous invite à le faire, certifiant que si nous faisons cela, alors quand apparaîtra le Seigneur, nous serons semblables à Lui.
Que peut-on comparer à une telle dignité! Je pense qu’en entendant cela, tu seras empli du désir d’atteindre cela toi-même.
C’est une chose bonne et nécessaire! Ne tarde pas à entreprendre ce grâce à quoi cet objectif est atteint. Lis la suite: « Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme Lui-même est pur. » Y a-t-il en toi quelque chose qui ait besoin d’être purifié? Bien sûr! et ce n’est pas une petite chose. Dépêche-toi, car au lieu où se tient le Seigneur, rien de souillé n’entrera. Mais ne sois pas retenu par la difficulté de l’affaire. Le Seigneur Lui-même sera ton aide en tout. Désire cela simplement de tout cœur, et tourne-toi vers vers Son aide si nécessaire. Sa puissance pleine de grâce s’adjoindra à ton effort, et les choses iront bien et avec succès. Comme il n’est pas de péché qui puisse vaincre la miséricorde de Dieu, de même, il n’y a pas de souillure morale qui puisse résister à la puissance emplie de grâce qui la consume. Qu’il y ait seulement de ta part un refus de cette impureté, un effort sérieux de rejet de celle-ci, et ton recours au Seigneur dans la foi.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dimanche du Fils Prodigue
I Corinthiens 6:12-20; Luc 15:11-32
Dimanche du Fils Prodigue

La semaine du Fils Prodigue nous parle de tellement de choses! Elle nous parle de notre paix et de notre satisfaction dans la maison du Père céleste, de notre départ insensé de la tutelle du Père vers la liberté débridée, de la richesse de l’héritage qui nous est donné en dépit de notre désobéissance, de sa dilapidation téméraire en toutes sortes de turpitudes, et de notre paupérisation absolue en conséquence.
Mais elle parle aussi de la façon dont [le fils] retrouve ses sens, et, revenant à lui, décide de retourner vers son Père grandement miséricordieux. Elle parle de la façon dont il revient, et comment il est reçu avec amour, et est restauré dans son état premier.
Qui ne trouverait pas cette leçon profitable? Si vous demeurez dans la maison de votre père, ne luttez pas pour la liberté. Vous voyez comment une expérience similaire s’est terminée! Si vous vous enfuyez et gaspillez tout, mettez fin à ce rapidement. Si vous avez déjà tout dilapidé et vivez dans la pauvreté, décidez rapidement de retourner, puis, retournez. Là, toutes les indulgences, et tout l’amour et la satisfaction de jadis, vous attendent. Cette dernière étape est la plus nécessaire. Mais il ne sert à rien d’en dire plus. Tout a été dit de manière concise et claire. Ressaisissez-vous, décidez de rentrer, et hâtez-vous vers le Père. Ses bras sont ouverts et prêts à vous recevoir.

Version française Claude Lopez-Ginisty

27 février

27 février

Saint Procope le décapolite, confesseur (VIIIème s.) ; saint Gélase le comédien (297) ; saint Thalalée, ascète en Syrie (460) ; saint Tite, prêtre des Grottes de Kiev (1190) ; saint Tite, ancien guerrier, des Grottes de Kiev (XIVème s.) saint Galmier (ou Baldomer), sous-diacre à Lyon (vers 630) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyrs Serge (Ouvitsky), prêtre (1932), Pierre (Ouspensky), prêtre, martyr Michel (Markov) (1938).

SAINT PROCOPE LE DÉCAPOLITE

Saint Procope le décapolite, confesseur (VIIIème s.)

Saint Procope vécut au temps de la persécution de Léon III l’Isaurien (717-741) contre les saintes icônes. Originaire de la Décapole et devenu moine à Constantinople, il se purifia d’abord complètement de toutes les passions et souillures de la chair, par l’ascèse et la prière silencieuse, puis, affermi par l’autorité que donne le Saint-Esprit, il alla réfuter, en compagnie de son disciple Basile [28 fév.], les hérétiques qui reniaient la vérité de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ en refusant de vénérer les saintes icônes. Non content d’enseigner par la parole, il confirma son orthodoxie par de nombreuses souffrances et tribulations qu’il endurait avec joie par amour de la Vérité, brillant dans le monde comme l’or affiné par le feu. À la mort du tyran (741), la persécution s’étant calmée, saint Procope regagna son monastère, où il s’endormit en paix de longues années plus tard.
D’après une autre version de sa Vie , saint Procope entra d’abord dans un monastère de sa patrie, où la conduite des moines, encombrés dans les soucis matériels, lui sembla contraire au précepte évangélique de ne pas se soucier du lendemain (Mt 6, 34). Ayant pris patience pendant quatre ans, il finit par faire part de ses objections à l’higoumène qui lui répondit : « Mais personne, mon enfant, ne peut observer ces préceptes. » Désolé, il quitta le monastère pour se rendre au désert où, pendant sept ans, il se consacra à la prière continuelle, sans aucun souci terrestre. De nombreux visiteurs lui ayant demandé de vivre sous sa direction, il fonda un monastère qu’il organisa dans la stricte fidélité aux institutions des saints Pères. Bien qu’il eût tant d’âmes sous sa direction, il restait tout entier tourné vers Dieu, et exhortait ses disciples à croître dans l’amour de Dieu et dans l’attente du Royaume des cieux. Embrasé cependant par le désir de l’hésychia, il désigna un successeur et regagna le désert, jusqu’à l’époque de la persécution déclenchée par l’empereur contre le culte des saintes icônes . Ayant été informé des vertus, des combats ascétiques et de l’attachement de saint Procope aux traditions de l’Église, le tyran le fit emprisonner et envoya auprès de lui un de ses dignitaire pour tenter de le soumettre. Aux promesses d’honneurs et aux menaces que ce dernier lui faisait, le saint répondit : « Que ce que vous considérez comme délices s’en aille avec vous à la perdition. Et quant à vos menaces, sachez que le saint Évangile nous a appris à ne pas craindre ceux qui tuent le corps (Mt 10, 28). Procope ayant ensuite confessé sa foi à l’égard des saintes icônes, le magistrat prétendit que l’empereur était lui aussi orthodoxe et vénérait les icônes et, en guise de preuve, il lui montra, en la baisant, une icône qu’il tenait dans son sein. Mais le saint lui répliqua que les persécutions infligées dans tout l’Empire contre les confesseurs étaient bien la preuve qu’il mentait. L’envoyé ayant fait son rapport à l’empereur, saint Procope fut soumis à la torture et envoyé en exil, où il trouva la mort.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Procope, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants du devins un phare éclairant le monde entier: * Procope, vénérable Père, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Procope, ton 4
L’Église, qui te possède comme une aurore, en ce jour * dissipe les ténèbres de l’erreur * en te vénérant, glorieux Procope, céleste initié.

Évangile du jour
(Lc XX, 45 – XXI, 4)

Tandis que tout le peuple l’écoutait, il dit à ses disciples: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. Jésus, ayant levé les yeux, vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.

14 février (ancien calendrier)/27 février (nouveau)

14 février (ancien calendrier)/27 février (nouveau)

Saint Auxence, ermite en Bithynie (vers 470) ; saint Lienne, disciple de saint Hilaire, prêtre, confesseur à Poitiers (308) ; saint Maron, ermite en Syrie (Vème s.) ; saint Abraham, évêque de Carrhé en Mésopotamie (Vème s.) ; saint Paulien, évêque du Puy (VIème s.) ; saint Louans, ermite près de Chinon (VIIème s.) ; saint Cyrille, apôtre des Slaves, égal aux apôtres (869) ; saint Isaac, reclus des Grottes de Kiev (vers 1190) ; translation des reliques de saint Michel de Tchernigov et de son conseiller Théodore (1245) ; saints Nicolas de Corinthe (1554) ; Damien de Philothéou (1568) et Georges le tailleur (1695), néomartyrs grecs ; saint Raphaël, évêque de de Brooklyn (1915) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyr Onisime, évêque de Toula (1937) et Triphon (Radonejsky), diacre (1938).

SAINT AUXENCE

Saint Auxence, ermite en Bithynie (vers 470)

Persan d’origine, saint Auxence était né en Syrie, où son père s’était réfugié sous la menace de la persécution de Sapor (Shâpûr) II. Au temps de Théodose le Jeune (408-450), il vint s’installer à Constantinople et obtint un grade dans la garde impériale. Estimé de l’empereur et apprécié par tous pour sa piété et pour la pureté de ses mœurs, il se lia d’amitié avec des hommes illustres pour leurs vertus et leur ascèse, comme saint Marcien, le futur Économe de la Grande Église [10 janv.], Anthime et Sittas, avec lesquels il passait ses jours dans le jeûne et la prière, et la nuit dans de saintes veilles, le visage baigné de larmes. Aussi souvent qu’il le pouvait, ils se rendaient ensemble à l’église Sainte-Irène, qui avait été bâtie par les soins de Marcien, pour y prendre part aux vigiles. Ils allaient aussi fréquemment dans le quartier de l’Hebdomon, pour recevoir l’enseignement d’un stylite réputé, Jean.

Comme la sainteté de vie d’Auxence et les miracles qu’il commençait déjà d’accomplir l’avaient rendu célèbre, il quitta la confusion du monde, et même ses amis, démissionna de l’armée terrestre pour s’enrôler dans les rangs de l’armée angélique et se retira au mont Oxeia, près de Chalcédoine, où il vécut, ignoré des hommes, revêtu d’une peau de poil, à l’exemple de saint Jean-Baptiste. Il fut cependant bientôt découvert par des enfants qu’il aida par miracle à retrouver leur troupeau égaré. Désireux de manifester leur reconnaissance, les parents des petits bergers bâtirent pour l’ascète une cellule près du sommet. Auxence fit cependant installer à l’extérieur une cage étroite, où il s’enfermait pour vaquer à la prière intérieure sans accorder aucun confort à son corps.
Les visiteurs affluèrent, de jour en jour plus nombreux, vers la cellule du saint, en vue de recevoir ses instructions ou pour obtenir par sa prière la guérison de leurs maux. Auxence n’entrait en communication avec eux qu’à certaines heures, au travers d’une petite fenêtre, et il commençait toujours l’entretien en les incitant à rendre gloire à Dieu. Le reste du temps, il invitait ses visiteurs à écouter du dehors les prières ou les lectures qu’il faisait à l’intérieur. Lui-même éprouvé par une lutte quotidienne et sans merci contre les démons, il avait acquis le pouvoir de les chasser des possédés qui venaient demander le secours de ses prières. C’est ainsi qu’il délivra, au bout de trois jours de combat soutenu, une jeune fille qui avait été possédée à la suite de l’incrédulité de son père. Une autre fois, il guérit une dame de Nicomédie aveugle en lui touchant les yeux et en disant : « Que le Christ, la vraie Lumière, te guérisse ! » Et quantité de miracles semblables étaient ainsi accomplis par Dieu à la prière de son serviteur.

Au bout de dix années, lorsque l’empereur Marcien réunit le ive Concile Œcuménique à Chalcédoine pour condamner l’hérésie d’Eutychès (451), il ordonna au célèbre ermite de se joindre à l’assemblée des saints Pères pour l’examen de la foi et la compréhension exacte des saints dogmes. Par humilité, Auxence refusa de se rendre au concile, en disant que l’enseignement doctrinal est l’affaire des évêques et non des moines. Comme il refusait de suivre les envoyés de l’empereur, ceux-ci commencèrent à mettre en doute son orthodoxie et envoyèrent des ouvriers pour ouvrir de force sa cage. Mais ceux-ci travaillèrent en vain. Après avoir fait une ferme confession de foi, le saint leur demanda de se mettre en prière. Il fit le signe de la Croix et, après qu’il eut répété à trois reprises : « Dieu soit béni ! » la cage s’ouvrit sans peine, et il accepta de les suivre. Son corps était cependant si exténué par les austérités qu’il fallut le transporter sur un chariot. En chemin, il délivra plusieurs possédés.

Quand ils parvinrent au monastère de Philée, Auxence fut enfermé dans une cellule comme un criminel. De là, il fut transféré au monastère de saint Hypatios [17 juin], dans les faubourgs de Chalcédoine, où les moines le reçurent avec une extrême allégresse. L’empereur le convoqua au palais de l’Hebdomon, il le traita avec le plus grand respect et le pressa de donner son adhésion au Concile de Chalcédoine. Auxence, qui ignorait de quoi il avait été précisément question au Concile, lui promit de l’approuver s’il n’avait rien de contraire à la Foi des Pères de Nicée et s’il avait proclamé correctement le mystère de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, de la Toute-Sainte et toujours Vierge Mère de Dieu. À ces mots, l’empereur plein de joie lui baisa la tête et l’envoya avec de grands honneurs à la Grande Église, où le patriarche lui fit lire les décisions du Concile. Le saint les approuva de tout cœur, en louant Dieu, puis il retourna au monastère des Roufianes.

De là, il ne revint pas au mont Oxeia, mais alla s’installer sur une montagne plus sauvage et plus retirée, le mont Skopa, qui reçut par la suite le nom de Mont Saint-Auxence, et devint un centre réputé du monachisme byzantin. Ses disciples lui construisirent une nouvelle cage de planches avec seulement une petite fenêtre pour s’entretenir avec les visiteurs qui ne tardèrent pas à affluer. Les démons, craignant la puissance de sa prière, se rassemblèrent eux aussi là en masse, et l’assaillaient en le frappant jusqu’à lui en faire perdre la voix. Mais le bienheureux leur ripostait sans trouble, avec le signe de la Croix, et brillait ainsi de jour en jour davantage, comme un luminaire placé sur la montagne.

Aux visiteurs qui venaient à lui du monastère des Roufinianes ou de plus loin, il prescrivait de chanter quelques hymnes forts courts de sa composition, qui joignaient la beauté de l’expression poétique à l’utilité de l’âme. Il exhortait souvent ses visiteurs jusqu’au soir sur la pratique des vertus et le renoncement aux vains plaisirs du corps ; puis, la nuit venue, après leur avoir offert une sobre réfection, il les renvoyait en paix. Il n’acceptait pas d’emblée les pèlerins qui demandaient à se consacrer, sous sa direction, à la vie monastique, mais il leur offrait une tunique de crin ou de peau qu’il avait portée, en leur disant : « Va, frère, là où le Seigneur te conduira ! » Pour les autres chrétiens, il les encourageait à passer la nuit qui précède le dimanche en veille et à chômer, non seulement le jour du Seigneur, en honneur de la Résurrection, mais à passer aussi le vendredi dans le jeûne et la prière, en mémoire de la Passion vivifiante.

Un samedi, alors qu’il ouvrait la fenêtre de sa cage, il annonça à ceux qui étaient présents la mort de saint Syméon Stylite, la colonne de l’Église. Ses disciples notèrent le jour et l’heure, et ils purent constater par la suite que le fameux stylite était effectivement mort à ce moment précis, près d’Antioche.

Une pieuse femme, dame de compagnie de l’impératrice Pulchérie, venait souvent auprès du saint pour le supplier de la revêtir de l’Habit monastique. Auxence finit par se soumettre à la volonté de Dieu et lui indiqua un endroit, au pied de la montagne, pour mener la vie ascétique. D’autres femmes de toutes conditions ne tardèrent pas à se joindre à elle, jusqu’à atteindre le nombre de soixante-dix. Le saint se vit contraint de leur faire bâtir une église et d’organiser un monastère qui reçut le nom de Trichinaréa, probablement à cause des grossières tuniques de crin qu’Auxence leur faisait revêtir. Chaque vendredi et chaque dimanche, il faisait venir les moniales pour les exhorter à persévérer dans les combats de la virginité, non seulement du corps mais surtout de l’âme. Il se rendait parfois lui-même auprès d’elles parcourant, malgré sa vieillesse et ses infirmités, le chemin escarpé qui menait au monastère avec la sveltesse d’un jeune homme.

Un jour qu’il était parti inspecter les nouvelles constructions du couvent, il éleva d’ardentes prières à Dieu pour la bénédiction de la communauté et, de retour à sa cellule, il fut atteint d’une maladie qui l’emporta vers la patrie céleste en peu de jours (14 février 470). On accourut en grande foule, des villes et des déserts, pour ses funérailles. Les moines de Saint-Hypatios voulurent conserver ses précieuses reliques porteuses de grâce, mais elles revinrent finalement à ses filles spirituelles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Auxence, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un ange, * tes miracles te signalèrent, Père Auxence porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui, par tes prières, opère en tous le salut.

Kondakion de saint Auxence, ton 2
Toi qui fis de la tempérance ta volupté * et refrénas les appétits de la chair, * tu as montré ta croissance dans la foi * et comme un arbre tu as fleuri au milieu du Paradis, * vénérable Auxence, Père aux-divines-pensées.

Évangile du jour
(Lc. XX, 45 – XXI, 4)

Tandis que tout le peuple l’écoutait, il dit à ses disciples: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. Jésus, ayant levé les yeux, vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres; car c’est de leur superflu que tous ceux-là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Semaine du Pharisien et du Publicain
II Timothée 3:1-9; Luc 20:45-21:04

Qui sont ceux qui ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force? (II Timothée 3-5). Qui sont ces autres, apprenant toujours, et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité? (II Timothée 3:7). Les premiers sont ceux qui soutiennent toutes les routines externes par lequelles une vie pieuse se manifeste, mais qui n’ont pas une assez forte volonté pour maintenir leurs dispositions intérieures comme exigences de piété véritable.
Ils vont à l’église et y restent facilement. Mais ils ne font pas l’effort de se tenir avec leur esprit devant Dieu en permanence et de se prosterner avec révérence devant Lui.
Après avoir prié un peu, ils libèrent les rênes du contrôle de leur esprit, et il plane, tournant au-dessus du monde entier. En conséquence, ils sont situés extérieurement à l’église, mais par leur état intérieur, ils ne sont pas là: seule la forme de la piété demeure en eux, alors que son pouvoir n’est pas là. Vous devez penser à tout le reste de cette manière.

Les derniers sont ceux qui, ayant pénétré dans le domaine de la foi, ne font rien, mais inventent des questions: «Qu’est-ce que ceci? Qu’est-ce que cela? Pourquoi de cette façon-ci? Pourquoi de cette façon-là? » Ce sont des gens qui souffrent de vaine curiosité. Ils ne courent pas après la vérité, ils ne font que demander et demander. Et ayant trouvé réponses à leurs questions, ils ne s’attardent pas sur elles pendant longtemps, mais bientôt sentent la nécessité de chercher une autre réponse. Et ainsi, ils tourbillonnent jour et nuit, posant sans cesse des questions et ils ne sont jamais pleinement satisfaits de ce qu’ils apprennent. Certaines gens courent après les plaisirs, mais ceux-ci courent après la satisfaction de leur curiosité.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Semaine du Pharisien et du Publicain
I Jean 2:7-17, Marc 14:3-9

Le monde passe, et sa convoitise aussi (I Jean 2:17). Qui ne voit pas cela? Tout autour de nous meurt, les gens, les événements, et nous-mêmes mourons. La convoitise mondaine passe aussi; nous goûtons à peine la douceur de sa satisfaction que toutes deux, convoitise et douceur disparaissent. Nous courons après quelque chose d’autre, et c’est la même chose, nous courons après une troisième chose, et il en va de même. Rien ne demeure, tout va et vient. Quoi? N’est-il vraiment rien de constant?! Il y a, dit l’Apôtre: celui qui fait la volonté de Dieu [qui] demeure éternellement (I Jean 2:17). Comment le monde, qui est si éphémère, le supporte-t-il? Parce que Dieu le désire le monde le supporte.
La volonté de Dieu est le fondement inébranlable et indestructible du monde. Il en est de même chez les gens: quiconque commence à se tenir fermement dans la volonté de Dieu est rendu ferme et inébranlable à la fois. Nos pensées sont agitées quand elles courent après quelque chose de transitoire. Mais dès que l’on retrouve ses esprits et que l’on revient à la voie de la volonté de Dieu, les pensées et les intentions commencent à se stabiliser.
Quand enfin on réussit à prendre l’habitude d’un tel mode de vie, tout ce que l’on a, à la fois dedans et dehors, entre en harmonie tranquille et en ordre serein. Ayant commencé ici-bas, cette paix profonde et cette sérénité imperturbable passeront dans l’autre vie aussi, et là, elle demeurera dans les siècles. Au milieu de la fugacité générale des choses autour de nous, c’est ce qui n’est pas transitoire, et ce qui est constant en nous: le cheminement dans la volonté de Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Semaine du Pharisien et du Publicain
I Jean 1:8-2:06; Marc 13:31-14:2

Ce vers quoi l’Apôtre nous a dirigés hier, l’Évangile nous le suggère maintenant directement: Prenez garde, veillez et priez car vous ne savez pas quand le temps … Veillez donc …. de peur que venant tout à coup il vous trouvez endormis (Marc 13:33, 35-6). Il est nécessaire d’attendre, et à chaque instant de garder à l’esprit que le Seigneur est près de paraître et de briller comme l’éclair d’une extrémité de l’univers à l’autre.
Certains pensent qu’il est possible de remplacer cette attente du Seigneur par l’attente de la mort. Ceci est bien, ou du moins cela devrait être fait. Mais l’attente de l’avènement du Seigneur est une chose, et l’attente de la mort autre chose. Elles conduisent à des pensées différentes, et à des sentiments différents nés sous l’impact de ces pensées différentes.
Attendez le Jour du Seigneur, quand tout finira dans une détermination irrévocable. Après notre mort, le temps continuera toujours dans un état indécis, mais le jour du Seigneur arrêtera tout dans les siècles éternels, et cela sera scellé, vous ne pourrez pas vous attendre à des changements. « J’ai attendu », dites-vous. Alors n’attendez plus longtemps encore, et continuez à attendre. « Mais cela », dites-vous, »empoisonnera toutes mes joies ». Cela n’empoisonnera pas toutes vos joies, cela éloignera seulement de votre vie quotidienne ces joies qui sont illégitimement appelées ainsi. Vous aurez toujours la joie, seulement dans le Seigneur. Il est possible d’attendre le Seigneur avec cette joie, et si le Seigneur vous trouve dans cette joie, il ne vous demandera pas de compte, mais Il vous louera.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Semaine du Pharisien et du Publicain
II Pet. 3:1-18, Marc 13:24-31

Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit (II Pet. 3:10). Un voleur dans la nuit se faufile à l’intérieur quand on ne l’attend pas. Ainsi viendra également le Jour du Seigneur quand on ne s’y attend pas. Mais quand Celui Qui vient n’est pas attendu, aucune préparation n’est faite pour Le rencontrer. De crainte que nous nous permettions une telle négligence, le Seigneur a commandé: Veillez! car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra (Matthieu 24:42).
Pendant ce temps, que faisons-nous? Veillons-nous? Attendons-nous? Nous devons confesser que non. Certains au moins attendent la mort, mais presque personne n’attend le Jour du Seigneur. Et c’est comme s’ils ont raison. Nos pères et nos ancêtres ont attendu, mais le Jour n’est pas venu. Étant donné que nous ne voyons rien, pourquoi devrions-nous penser qu’il va venir de nos jours? Ainsi, nous n’y pensons pas, et nous n’attendons pas.
Il ne sera pas surprenant, si avec une telle disposition elle que la nôtre, le Jour du Seigneur tombe sur nous comme un voleur. Nous serons comme les habitants d’une ville dont le chef de province a promis de les visiter dans un proche avenir. Ils l’ont attendu une heure, l’ont attendu encore une heure, l’ont attendu un jour et puis ils ont dit: « Je suppose qu’il ne viendra pas », et ils sont rentrés chez eux. Mais dès qu’ils sont partis et se sont livrés au sommeil, il est apparu.
Il en sera de même avec nous: que nous attendons ou non, le jour du Seigneur viendra, et il viendra sans avertissement. Car le Seigneur a dit: Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point (Marc 13:31). Mais n’est-il pas préférable d’attendre, de peur d’être pris par surprise? Car nous ne nous en tirerons pas sans en payer le prix.

Version française Claude Lopez-Ginisty

24 février

24 février

Invention du chef du saint prophète, précurseur et baptiste Jean ; saint Erasme des Grottes de Kiev (1160) ; saint Prétextât, évêque de Rouen, martyr (586)

INVENTION DU CHEF DU SAINT PROPHÈTE, PRÉCURSEUR ET BAPTISTE JEAN

Saint prophète, précurseur et baptiste Jean

Le banquet d’Hérode ayant été arrosé par le sang du plus grand des prophètes et Précurseur du Christ, les disciples de Jean allèrent ensevelir son corps (Mt 14, 11), tandis que la perfide Hérodiade, s’étant saisie de la tête sanglante qu’on lui avait présentée sur un plateau, la faisait enterrer profondément dans un lieu indigne, proche du palais d’Hérode à Machéronte.

Bien longtemps après, deux moines venus d’Orient arrivèrent en Palestine pour vénérer les Lieux saints. Le saint Précurseur leur apparut de nuit, à l’un et à l’autre séparément, et leur dit : « Rendez-vous au palais d’Hérode, vous y trouverez là ma tête qui gît sous terre. » Guidés par la grâce divine, ils n’eurent pas de peine à découvrir l’endroit où était enfouie la précieuse relique, et, rendant grâce à Dieu, ils la mirent dans un sac et prirent le chemin du retour.

Sur la route, ils rencontrèrent un potier, originaire d’Émèse, qui, réduit à la misère, avait quitté sa patrie en quête d’un sort meilleur. À la suite d’une nouvelle révélation nocturne du Précurseur, il s’empara de la sainte relique et rentra à Émèse, où il connut dès lors une grande prospérité. Lorsqu’il fut sur le point de quitter cette vie, il mit ce trésor inestimable dans un coffre et le légua à sa sœur, en lui recommandant de ne pas l’ouvrir sans en avoir reçu l’ordre de celui qui s’y cachait, et de le transmettre à son tour, lorsque le temps viendrait, à un homme pieux et ami de Dieu. Le chef du Précurseur passa ainsi de l’un à l’autre et parvint finalement à un moine et prêtre, du nom d’Eustathe, qui pratiquait l’ascèse dans une grotte non loin de la ville d’Émèse, mais qui professait en secret l’hérésie d’Arius. Emporté par l’orgueil, celui-ci s’attribuait à lui-même les guérisons qui s’accomplissaient en abondance auprès de ce précieux trésor, et tirait un honteux profit de la grâce divine. Son hérésie et ses méfaits ayant été bientôt dévoilés, il fut chassé par les orthodoxes, et la vénérable tête du Précurseur resta cachée dans la grotte jusqu’au temps où le pieux Marcel, homme cher à Dieu et ami de la vertu, fut désigné comme supérieur du monastère qui avait été fondé près de la grotte, sous le règne de l’empereur Marcien (450-457) et l’épiscopat de l’illustre Ouranios, évêque d’Émèse.

Le saint Précurseur apparut alors à plusieurs reprises à Marcel et lui témoigna sa faveur en l’embrassant affectueusement et en lui donnant un vase plein de miel. Puis, guidé, sur son ordre, par un astre qui s’arrêta au-dessus d’une niche de la grotte, Marcel se mit à creuser, après avoir encensé l’endroit. Il découvrit alors, sous une plaque de marbre, la sainte relique cachée dans une amphore, et il la vénéra avec des larmes de joie. Cette insigne relique, conservée dans un reliquaire de verre, fut déposée par la suite (761) dans l’église principale d’Émèse et devint pour la cité une source de bénédictions et de bienfaits de toutes sortes, jusqu’au temps de son transfert à Comanes en Cappadoce, sous la menace de l’invasion arabe (810-820).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 4
S’étant levé de terre, le chef du Précurseur * irradie comme un soleil sur les croyants * la lumière de l’incorruptible condition * et les grâces des guérisons; * il rassemble la multitude des Anges dans le ciel * et sur terre convoque le genre humain * pour rendre gloire, d’un même chœur, au Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Jean Baptiste, ton 2
Prophète de Dieu et Précurseur de la grâce, * nous qui sur terre avons cueilli ta tête comme rose sacrée, * par elle nous recevons en tout temps les guérisons, * car tu continues de prêcher au monde, comme jadis, la conversion.

Évangile du jour
(Matth. XI, 2-15)

Jean, ayant entendu parler dans sa prison des œuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent? Mais, qu’êtes-vous allés voir? un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. Car c’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi. Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en s’emparent. Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean; et, si vous voulez le comprendre, c’est lui qui est l’Élie qui devait venir.
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Semaine du Pharisien et Publicain
II Pierre 2:9-22, Marc 13:14-23

Si quelqu’un vous dit: Voici, le Christ est ici, ou, voici, il est là, ne le croyez pas (Marc 13:21). Le Christ le Seigneur, notre Sauveur, après avoir établi sur la terre la Sainte Église, est bien heureux de demeurer en elle, à sa tête, comme vivificateur, et la dirigeant.
Le Christ est ici, dans notre Église Orthodoxe, et il n’est pas dans une autre église. Ne Le cherchez pas ailleurs, car vous ne Le trouverez pas. Par conséquent, si quelqu’un à partir d’une assemblée non-orthodoxe vient à vous et commence à penser qu’il a le Christ, ne le croyez pas. Si quelqu’un vous dit: «Nous avons une communauté apostolique, et nous avons le Christ, » ne le croyez pas. L’Église fondée par les apôtres demeure sur la terre: c’est l’Eglise Orthodoxe, et le Christ est en elle. La communauté établie seulement hier ne peut pas être apostolique, et le Christ n’est pas en elle. Si vous entendez quelqu’un dire: « Le Christ parle en moi », alors qu’il fuit l’Église [orthodoxe], ne veut pas connaître ses pasteurs et n’est pas sanctifié par les Sacrements, ne le croyez pas. En lui, n’est pas le Christ, mais plutôt un autre esprit qui s’approprie le Nom du Christ, afin de détourner les gens du SeigneurChrist et de Sa Sainte Eglise.
Ne croyez pas non plus quiconque vous suggère même une toute petite chose étrangère à l’Église [Orthodoxe]. Reconnaissez toutes ces personnes comme des instruments d’esprits séducteurs et comme prédicateurs de mensonges.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Semaine du Pharisien et du Publicain
II Pierre 1:20–2:9; Marc 13:9–13

La crainte de Dieu conduit au début d’une vie sainte et qui plaît à Dieu et c’en est le gardien le plus fidèle, si l’on suit l’inspiration de la crainte de Dieu et que l’on commence ainsi. La lecture de la présente épître nous apprend cela, ce qui nous rappelle les jugements de Dieu qui menacent et la peine déjà montrée ici de ceux qui ne se soumettent pas à Sa volonté. Il, dit-il, n’a pas épargné les anges qui ont péché (II Pierre 2:4). Ils étaient purs, et demeuraient dans un e habitation des plus radieuses. Mais dès qu’ils péchèrent, ils furent jetés dans les ténèbres extérieures.
Nous épargnera-t-Il vous et moi, si nous allons contre Sa volonté?! L’impiété a débordé aux jours de Noé. Dieu a amené sur eux un déluge, et Il les fit tous périr, sauf les huit âmes de la famille de Noé. Il n’a pas pris en compte qu’il y avait beaucoup de gens. Va-t-il délibérer sur vous seul, que ce soit pour savoir s’Il doit vous détruire ou non, lorsque vous n’écoutez pas sa voix?!
Pendant longtemps, le Seigneur épargné Sodome et Gomorrhe. Mais au lieu de revenir à leur bon sens, ils se sont précipités au sommet de l’impiété. Par conséquent, ils ont été frappés par le feu quand ils ne m’y attendaient pas. Ce feu est une image du feu éternel, qui attend les impies. Vous n’échapperez pas à ce feu, si vous prenez le même chemin qu’eux. Ayez tout cela à l’esprit lorsque vous êtes assis seuls, en particulier dans le silence et les ténèbres de la nuit, et ainsi susciter la crainte de Dieu, la crainte du péché, car dans ce péché, la flamme d’un feu éternel s’approche furtivement de vous.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Trente-Huitrième Dimanche après la Pentecôte
II Tim. 3:10-15; Luc 18:10-14
Dimanche du Pharisien et du Publicain

Hier, la lecture de l’Evangile nous a appris la persévérance dans la prière, et maintenant elle enseigne l’humilité, ou le sentiment de ne pas avoir le droit d’être entendu. Ne présumez pas que vous avez le droit d’être entendu, mais approchez la prière comme quelqu’un qui est indigne de toute attention, ne vous permettant que l’audace nécessaire pour ouvrir votre bouche et élever la prière vers Dieu, connaissant la condescendance infinie du Seigneur envers nous, qui sommes pauvres.
Ne permettez même pas de venir à votre esprit l’idée suivante: « J’ai fait telle et telle chose, alors donne-moi telle et telle chose. » Considérez ce que vous avez pu faire comme votre obligation. Si vous ne l’aviez pas fait, vous auriez été l’objet de sanctions, et ce que vous avez fait, est en fait rien qui ne mérite récompense: vous n’avez rien fait de spécial.
Ce pharisien énumérait ses droits à être entendu, et il quitta l’église avec rien. Le mal n’est pas qu’il avait réellement agi comme il l’avait dit, car en effet il aurait dû le faire. Le mal est qu’il l’a présenté comme quelque chose de spécial et que, l’ayant fait, il aurait dû ne plus y penser.
Délivre-nous, ô Seigneur, de ce péché du pharisien! On parle rarement comme le pharisien en paroles, mais dans les sentiments du cœur, on est rarement différent de lui. Car pourquoi les gens prient-ils mal? C’est parce qu’ils pensent être très bien aux yeux de Dieu, même sans prier.

Version française Claude Lopez-Ginisty

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Jovan Nikoloski