25/07/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dix-Neuvième Dimanche après la Pentecôte
II Corinthiens 9:6-11; Luc 5:1-11

Les pêcheurs ont travaillé dur pendant toute une nuit sans rien prendre, mais quand le Seigneur est monté sur leur bateau, et, qu’après avoir prêché, Il leur commanda de jeter leur filet, ils en ont pris tant qu’ils ne pouvaient pas les sortir et le filet a éclaté. C’est une image pour tous les travaux fait sans l’aide de Dieu, et pour les travaux faits avec l’aide de Dieu.

Quand une personne travaille, voulant réaliser quelque chose par ses seules forces, elle échoue. Quand le Seigneur s’approche d’elle, alors une bonne chose après l’autre jaillit de quelque part. Dans le sens spirituel et moral, l’impossibilité de succès sans le Seigneur est matériellement visible: Sans moi vous ne pouvez rien faire, dit le Seigneur. Et cette loi agit en toutes choses.

Tout comme une branche qui ne croît pas sur un arbre, non seulement ne porte pas de fruits, mais se dessèche et perd sa vie, ainsi les gens non plus ne peuvent porter des fruits de la vérité, précieux pour la vie éternelle, s’ils ne sont pas en communion vivante avec le Seigneur.

Tout bien qu’ils pourraient avoir est seulement une apparence de bien, mais, en substance, ce bien est défectueux, comme une pomme sauvage de la forêt qui apparaît rouge, mais si vous y goûtez, elle est aigre.

Ceci est également tangiblement clair dans un sens externe, et mondain: on lutte et on lutte, et tout cela en vain. Lorsque la bénédiction de Dieu descend, tout devient bien. Ceux qui sont attentifs envers eux-mêmes et envers les chemins de la vie connaissent ces vérités par l’expérience.

Version française Claude Lopez-Ginisty

10 octobre

10 octobre

Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310), saint martyr Théoctène (III-IV), saint Bassien, moine à Constantinople (V), saint Clair, évêque de Nantes (IV), sainte Telchide, abbesse de Jouarre (vers 670), saint Ghislain, moine près de Mons en Belgique (VII), saint Théophile, confesseur à Nicée (VIII), saint Amphiloque, évêque de Vladimir (1122) ; mémoire des vingt-six moines de Zographou martyrisés par les Latins (1284) ; saint André, fol en Christ de Totma (1673), saint Ambroise d’Optino (1891).

SAINT EULAMPE ET SA SŒUR EULAMPIE

 Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310)

Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310)

Eulampe et sa sœur Eulampie vivaient à Nicomédie sous l’empereur Dioclétien et le gouverneur Maxime (vers 303). Ils s’étaient réfugiés dans les montagnes proches de la ville pour échapper aux persécutions menées alors contre les chrétiens. Un jour où ses compagnons l’avaient envoyé pour acheter du pain en ville, Eulampe vit les édits impériaux que l’on venait d’afficher sur les murs, lesquels ordonnaient la persécution des chrétiens. Alors qu’il était en train de les lire, il fut saisi par les païens et conduit devant les autorités. Interrogé par l’empereur, il confessa courageusement sa foi dans le Christ. À l’issue de cet interrogatoire, il sembla que le saint se laissait convaincre et acceptait de sacrifier aux idoles. On le mena donc au temple. Tandis qu’il s’avançait comme pour sacrifier, il commanda à la statue d’Arès (Mars) de tomber, et aussitôt l’idole impuissante s’affaissa et se brisa sur le sol. Les païens, furieux de se voir ainsi ridiculisés, s’acharnèrent sur le vaillant athlète du Christ. Pendant qu’on le suppliciait, sa sœur Eulampie vint le prier d’intercéder pour elle, afin qu’elle puisse être jugée digne d’obtenir avec lui la palme du martyre. Dieu exauça sa prière et, après l’avoir frappé au visage, les soldats l’empoignèrent pour la jeter dans un chaudron rempli d’eau bouillante. D’abord hésitante, la sainte pénétra dans l’eau bouillonnante, sur l’invitation de son frère qui y avait été plongé auparavant. Mais l’eau se refroidit soudain à son contact, de sorte que les deux saints se tenaient debout dans le chaudron, pleins d’allégresse. Le tyran les en fit sortir, et il ordonna d’aveugler Eulampe et de suspendre sa sœur par les cheveux. Puis, ayant fait allumer une fournaise plus ardente que celle de Babylone, il y fit précipiter les saints martyrs. Mais, ô miracle ! les flammes formèrent un orbe de fraîcheur qui préserva les saints intacts de la morsure du feu, ils chantaient et glorifiaient le Seigneur comme jadis les Trois Jeunes Gens. Restant insensible devant ce miracle, le tyran ordonna alors de les décapiter. Avant que le glaive ne s’abatte sur sa nuque, sainte Eulampie remit sans trouble son âme à Dieu. Devant ces signes éclatants de la puissance invincible de la foi, deux cents païens crurent eux aussi au Christ. Ils furent tous décapités peu après, et partirent rejoindre Eulampe et d’Eulampie dans le chœur des saints.

SAINT AMBROISE D’OPTINO

Saint Ambroise d’Optino (1891)

Saint Ambroise (Alexandre Grenkov), la figure la plus marquante des startsi (“anciens”) du monastère d’Optino, naquit en 1812 dans un village du gouvernement de Tambov. Après avoir été éduqué dans les lettres saintes par son grand-père, prêtre de village, il fit de brillantes études au séminaire, sans toutefois avoir l’intention de devenir prêtre ou moine. Vers la fin de celles-ci, il fut atteint d’une grave maladie et émit le vœu de se retirer au monastère s’il guérissait. Une fois rétabli, il remit à plus tard la réalisation de sa promesse, et s’engagea comme répétiteur dans une famille seigneuriale, puis il fut professeur de grec au petit séminaire de Lipetsk. Après quatre années d’indécision, il demanda conseil à un ermite renommé, Hilarion, qui lui dit : « Va à Optino, on a besoin de toi là-bas ! » Le jeune homme se rendit alors à l’Ermitage d’Optino. Tonsuré moine en 1842, sous le nom d’Ambroise, il fut ordonné prêtre trois ans plus tard. Comme il connaissait bien les langues anciennes, Ambroise devint également un des plus étroits collaborateurs du staretz Macaire pour la préparation de ses éditions. La fréquentation des écrits patristiques et leur application dans la vie quotidienne par les fréquents entretiens avec son père spirituel, lui procurèrent la meilleure préparation pour une éventuelle succession. Mais, là encore, la Providence intervint violemment dans sa vie : il fut bientôt atteint d’une si grave maladie, qu’après avoir échappé de peu à la mort, il fut dégagé de toute obligation monastique, et dut rester alité, sans pouvoir célébrer la Divine Liturgie, pendant presque tout le reste de sa vie. La maladie lui permit de comprendre par expérience que la puissance de Dieu se révèle dans notre faiblesse (2 Cor 12, 9). Il collabora alors à la traduction russe de l’Échelle de saint Jean Climaque et des œuvres de St Isaac le Syrien. Le staretz Macaire commença à lui envoyer des frères du monastère pour qu’il leur dispense ses conseils spirituels, puis il lui donna sa bénédiction pour recevoir les laïcs, à l’hôtellerie du monastère. Par l’action de la grâce et son perpétuel attachement à la prière intérieure, il avait acquis une extraordinaire perspicacité pour pénétrer les secrets des consciences, et une légère allusion ou quelques mots lui étaient suffisants pour révéler à ses visiteurs la solution de leurs problèmes. À la mort du starets Macaire, en 1860, Ambroise fut dès lors appelé à l’exercice d’un ministère de direction spirituelle qui s’étendit bientôt à la Russie tout entière. Riches et pauvres, gens instruits et ignorants, hommes du peuple, aristocrates ou intellectuels en vue, tous venaient vers cet homme alité comme vers un nouveau prophète, afin de recevoir un conseil, une consolation dans leur peine, une parole de salut qui allait diriger toute leur vie, une exhortation au repentir ou une simple bénédiction. Malgré sa faible constitution et ses maladies continuelles, saint Ambroise les accueillait tous avec bonne humeur, et savait adapter son comportement et ses paroles à chacun en particulier, de sorte qu’après un entretien avec le starets d’Optino, la vie de beaucoup de ses visiteurs changeait complètement. Le starets Ambroise entreprit, pendant les dix dernières années de sa vie, la fondation et l’organisation d’un couvent de moniales à Chamordino, situé à environ 15 km d’Optino. Grâce à la sollicitude du starets et à ses soins paternels, le monastère abrita en peu de temps plus de mille moniales. Aux bâtiments conventuels, il ajouta un asile, une école, un hôpital et un hospice pour les femmes âgées, de sorte que l’endroit devint une véritable cité de la charité. Le saint passa tout l’été de 1891 à Chamordino, afin de régler les affaires du monastère et d’en organiser la vie. Finalement, il tomba malade, au début de l’automne et rendit son âme à Dieu le 10 octobre 1891.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Eulampe et sa sœur Eulampie, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire des Pères d’Optino, ton 1
Persistant dans les prières incessantes, entourant d’amour les bons et les mauvais, vénérables anciens d’Optino, vous avez servi Dieu et le prochain ; par les vigiles, les larmes et les jeûnes vous avez reçu le don de toutes sortes de miracles. Gloire à Celui qui nous a donné de tels intercesseurs, gloire à Celui qui vous a glorifiés, gloire à Dieu merveilleux dans Ses saints !

Kondakion de saint Eulampe et sa sœur Eulampie, t. 3
Vénérons les nobles martyrs Eulampe et Eulampie, * frère et sœur selon la chair; * car ils ont discrédité les stratagèmes des tyrans * par la puissance du Crucifié; * ils sont la gloire des Martyrs en même temps que leur fierté.

Kondakion des Pères d’Optino, ton 8
Vous qui vous êtes détournés de la vanité du monde et qui avez trouvé un trésor par votre vie pure, vous n’avez pas délaissé les pécheurs vivant dans le monde ; mais comme guide de ceux qui errent, délivrez-nous, nous aussi de la vanité mondaine, afin que nous nous écriions : réjouissez-vous anciens sages en Dieu.

Évangile du jour
(Lc V,17-26.)

Un jour Jésus enseignait. Des pharisiens et des docteurs de la loi étaient là assis, venus de tous les villages de la Galilée, de la Judée et de Jérusalem; et la puissance du Seigneur se manifestait par des guérisons. Et voici, des gens, portant sur un lit un homme qui était paralytique, cherchaient à le faire entrer et à le placer sous ses regards. Comme ils ne savaient par où l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit, et ils le descendirent par une ouverture, avec son lit, au milieu de l’assemblée, devant Jésus. Voyant leur foi, Jésus dit: Homme, tes péchés te sont pardonnés. Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner et à dire: Qui est celui-ci, qui profère des blasphèmes? Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, connaissant leurs pensées, prit la parole et leur dit: Quelles pensées avez-vous dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva en leur présence, prit le lit sur lequel il était couché, et s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.

27 septembre (ancien calendrier)/10 octobre (nouveau)

27 septembre (ancien calendrier)/10 octobre (nouveau)

Saint martyr Callistrate et ses compagnons martyrs en Italie (304) ; saints Marc, Aristarque et Zénas, apôtres (I) ; sainte Epichaire, martyre à Rome (III) ; saint Sabbace de Solovki (1435) ; saint Ignace, moine en Thrace (X) ; saint Céran, évêque de Paris (VII) ; sainte Aquiline, néo-martyre grecque près de Thessalonique (1764); saint Anthime, métropolite d’Hongro-Valachie, martyr (1716) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre, métropolite de Kroutitsa (1937), Dimitri (Chichokine), prêtre (1918), Germain, évêque de Volsk, Michel (Platonov), prêtre (1919, Théodore (Bogoyavlensky) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR CALLISTRATE

Saint martyr Callistrate fresque du monastère de Visoki Dečani (Serbie) – 1327

Saint Callistrate était originaire de Carthage, d’une famille chrétienne depuis que l’un de ses ancêtres, ayant vu de ses yeux les miracles accomplis par le Christ, était revenu dans sa patrie pour convertir les siens. Au temps de la persécution de Dioclétien (vers 303), il servait comme soldat dans la légion dite des « Calendes », qui s’était mise en route pour gagner Rome. Certains soldats, constatant que Callistrate se détournait des dérèglements ordinaires aux hommes de guerre et qu’il ne vénérait pas les idoles, se mirent à le surveiller. Un soir, alors qu’il s’éloignait du campement selon son habitude pour aller prier dans un lieu solitaire, ils le suivirent et, tendant l’oreille, ils l’entendirent répéter sans cesse pendant des heures le Nom béni de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils allèrent aussitôt le dénoncer à leur général, Persentinus, qui le fit convoquer dès le lever du jour pour l’interroger sur sa conduite. Le vaillant Callistrate qui, jusque-là, avait confessé le Christ dans la solitude et l’obscurité de la nuit, le confessa alors publiquement et au grand jour. Persentinus le fit aussitôt étendre à terre et frapper sauvagement par ses hommes. Ils lui enfoncèrent ensuite un entonnoir dans la bouche pour le forcer à boire toute une bassine d’eau, puis l’enfermèrent dans un sac et le jetèrent à la mer. Mais par la providence divine, le sac se déchira et deux dauphins ramenèrent le saint sur le rivage. En constatant ce miracle, les quarante-neuf soldats, qui étaient présents sur les lieux, se repentirent d’avoir livré Callistrate, et ils crurent au Christ. Ils furent immédiatement soumis à la torture, puis jetés en prison, où Callistrate passa la nuit à leur enseigner les saints dogmes sur la venue du Christ en la chair, sur le Jugement dernier et sur la récompense promise aux fidèles soldats de Jésus-Christ.
Le lendemain, ils furent de nouveau suppliciés et condamnés à être jetés pieds et poings liés dans une piscine profonde. Au moment où ils allaient y être plongés, Callistrate pria Dieu pour que ce bain devienne pour eux celui du saint baptême. Leurs liens se défirent aussitôt et ils sortirent de la piscine revêtus de robes lumineuses, tandis qu’une couronne apparaissait sur la tête de Callistrate et qu’une voix se faisait entendre du ciel, encourageant le saint et ses compagnons à rejoindre les demeures éternelles qui leur étaient préparées. À cette voix, une idole qui se trouvait non loin de là s’effondra et fut réduite en cendres, entraînant la conversion de cent trente-cinq autres soldats. Craignant d’autres miracles et de nouvelles conversions, le général fit couper les saints en morceaux, la nuit même, dans la prison. Les cent trente-cinq nouveaux convertis, ensevelirent pieusement leurs restes et édifièrent à cet endroit une église en leur honneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Callistrate, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire du saint hiéromartyr Pierre de Kroutitsa, ton 2
Appelé par le saint patriarche Tikhon au ministère épiscopal selon le dessein divin, tu fus un gardien vigilant et un défenseur intrépide du troupeau du Christ, ô saint hiéromartyr Pierre ; tu subis des ennemis de Dieu la violente incarcération et les exils lointains, les souffrances et la mort ; recevant la couronne de gloire, tu te réjouis maintenant aux cieux. Prie le Dieu miséricordieux de préserver notre Église des troubles, et accorde la concorde et la paix à ton peuple, et sauve nos âmes, ô saint hiéromartyr.

Kondakion du saint martyr Callistrate, ton 4
Comme un astre géant * sur le monde tu brillas, * déployant les rayons de tes exploits * et de tes miracles sur tous les fidèles chantant: * Réjouis-toi, Callistrate, fameuse gloire des Martyrs.

Évangile du jour
(Lc IV, 22-30)

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Dix-Neuvième Semaine après la Pentecôte
I Corinthiens 15:39-45 et Luc 4:31-36

Si vous ne croyez pas ce que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés (Jean 8:24). Il n’y a aucun autre Nom sous le Ciel, donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes 4:12). Nous devons recevoir le pardon des péchés, mais il n’y a aucun moyen de le recevoir autrement que par la foi au Fils de Dieu, crucifié dans la chair pour notre salut, à la condition que nous ne désirions pas nous complaire dans des habitudes et des actes de péché; car lorsque nous avons péché, nous n’avons que Lui comme intercesseur devant le Père.

Celui qui donne sa parole de s’abstenir de péchés doit accepter l’aide de la grâce du Très Saint Esprit; mais cette grâce est descendue sur terre après que le Seigneur soit monté pour siéger à la droite de Dieu le Père, et n’est donnée qu’à ceux qui croient en cette merveilleuse économie de notre salut, et qui approchent les Mystères divins avec cette foi-mystères qui ont été établis dans la Sainte Église du Seigneur par les Apôtres.

Ainsi, celui qui ne croit pas en Dieu tel qu’Il est, ne peut pas être purifié des péchés. Parce qu’il n’a pas été lavé de ses fautes, il mourra en eux, et il sera jugé par eux en fonction de leur poids.

Lorsque vous voulez faire à quelqu’un du bien qui ait une valeur éternelle, guidez-le dans la foi véritable dans le Seigneur, ne permettant pas de philosopher ou d’hésiter.

Ceux qui, directement ou indirectement perturbent la foi dans le Seigneur doivent être considérés comme d’éternels malfaiteurs, car ils causent un mal que rien ne peut corriger, et sa puissance s’étend à toute l’éternité. Leur ignorance ne les justifie pas, car comment peut-on ne pas savoir la vérité qui est connue dans le monde entier? Leurs croyances opposées ne les justifient pas, car si vous commenciez seulement à strictement les tester, vous ébranleriez immédiatement leur force; une personne ne peut pas compter sur autre chose que la foi dans le Seigneur.

Ceux qui n’ont pas dûment examiné les fondations, la foi, et les enseignements auxquels ils adhèrent, s’égarent dans la foi. Une étude exacte des conditions du salut conduira à la conviction qu’elle ne peuvent être atteintes que grâce à Dieu incarné, Qui est mort sur la Croix, et Qui a envoyé l’Esprit Saint sur la terre. C’est en cela que réside l’essence de la foi chrétienne. Celui qui croit sincèrement de cette manière ne mourra pas dans ses péchés, car il porte en lui la puissance qui apporte le pardon.
L’incroyant est déjà condamné, car il porte en lui-même cette condamnation.
Version française Claude Lopez-Ginisty

9 octobre

9 octobre
Jour de jeûne (dispense d’huile et de vin)

Saint Jacques, fils d’Alphée, apôtre (I) ; saint Abraham et son neveu Lot (vers 1700 av. J.-C.) ; saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs (250), saints martyrs Juventin et Maxime (361), saint Andronique et son épouse sainte Athanasie, ermites en Égypte (V), sainte Poplia (ou Publia), diaconnesse à Antioche (IV), saint Pierre le Galate, moine au Mont-Olympe (IX), saint Étienne l’aveugle, prince de Serbie (1476), saints néo-martyrs de Russie : Constantin (Soukhov) et Pierre (Viatkine), prêtres (1918), Constantin (Axenov), prêtre (1937).

SAINT JACQUES, FILS D’ALPHÉE

Saint Jacques, fils d’Alphée, était, selon certains, le frère de l’Évangéliste Matthieu le publicain. Il faisait partie du chœur des Apôtres, et proclama lui aussi la Bonne Nouvelle aux païens. Son zèle pour Dieu était si ardent que, sans crainte des représailles, il jetait à terre les autels des idoles. Mû par la grâce du Saint-Esprit, il chassait les esprits malins, guérissait les malades et fit un grand nombre d’autres miracles. Sa prédication avait un tel effet sur les âmes que ceux qui, venant du paganisme, s’étaient convertis grâce à sa prédication, prirent l’habitude de lui donner le surnom de « Germe divin ». Après avoir évangélisé la région de Gaza, puis Éleuthéropolis, saint Jacques parcourut le monde pour faire partager à tous son amour du Christ. Finalement, il fut arrêté, à Ostracine, ville égyptienne, par des Juifs, qui lui procurèrent l’occasion de suivre, jusque dans la mort, l’exemple du Seigneur en le suspendant à une croix, sur laquelle il rendit aussitôt son âme à Dieu.

SAINT DENIS DE PARIS

saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

Saint Denis, premier évêque de Paris, et ses compagnons, saint Rustique, prêtre, et saint Eleuthère, diacre, martyrs

Selon la tradition rapportée par saint Grégoire de Tours, saint Denis était un des sept évêques envoyés par le pape de Rome en Gaule sous le règne de Dèce (vers 250), afin d’y poursuivre l’évangélisation qui n’avait été jusque-là que partielle. Saint Gatien fut nommé évêque de Tours [18 déc.], saint Trophime d’Arles [29 déc.], saint Paul de Narbonne [22 mars], saint Saturnin de Toulouse [29 nov.], saint Austremoine d’Arvernes [ler nov.], saint Martial de Limoges [30 juin], et saint Denis se vit attribuer la petite ville de Lutèce (Paris). Cette ville était la plus éloignée et, de plus, située dans une région où régnaient les cultes païens les plus grossiers. En s’acheminant vers son diocèse, accompagné de Rustique et d’Éleuthère, saint Denis manifestait la vérité de la foi chrétienne en opérant des miracles éclatants partout où il passait. Il convertissait ainsi les païens, et les persuadait de renverser leurs idoles et de détruire leurs temples. Parvenu à Lutèce, il s’installa un peu en dehors de la ville, dans une demeure cédée par un noble converti, afin que les chrétiens pussent s’y réunir en secret (Montmorency).

Lors du passage en Gaule de l’empereur romain, les lois ordonnant la persécution des disciples du Christ furent mises violemment en vigueur, et les fidèles, pourchassés de toutes parts, étaient maltraités et mis à mort par d’horribles tortures (vers 275). Denis, malgré son grand âge, et sans crainte du danger, allait visiter les condamnés pour les encourager à maintenir fermement la confession de la foi. Dénoncé, il fut arrêté ainsi que ses deux disciples, Rustique et Éleuthère, et soumis à des tortures inhumaines. Attaché à une croix, il continuait à prêcher à la foule le grand mystère de la Passion du Christ et du salut du monde. De retour dans son cachot, le saint évêque célébra une dernière fois les saints Mystères devant ses compagnons de supplice, au sein d’une lumière divine. Denis eut finalement la tête tranchée, avec un grand nombre d’autres martyrs, sur la colline appelée aujourd’hui Montmartre. On raconte qu’après son exécution, il resta debout, prit sa tête entre ses mains et parcourut plusieurs kilomètres, jusqu’au lieu qui devint plus tard la basilique (puis la ville) de Saint-Denis. C’est dans la crypte de cette église que les rois de France se firent enterrer jusqu’à la Révolution.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Jacques, ton 3
Saint apôtre Jacques, fils d’Alphée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Jacques, ton 2
Comme un astre brillant sur l’entière création * acclamons dans nos hymnes l’apôtre divin, * saint Jacques, le témoin oculaire du Christ, * et célébrons sa fête en ce jour, * car il intercède sans cesse pour nous tous.

Évangile du jour
(Lc X,16-21)

Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

26 septembre (ancien calendrier)/9 octobre (nouveau)

26 septembre (ancien calendrier)/9 octobre (nouveau)
Jour de jeûne (dispense d’huile et de vin)

Dormition de saint Jean le Théologien, apôtre et évangéliste (début du II) ; saint Gédéon, juge en Israël ; saint Éphrem de Novgorod (1492) ; saint Nil de Rossano (1004) ; saints néo-martyrs de Moscou : Tikhon, patriarche de Moscou et de toute la Russie (1925) ; Athanase (Dokounine), Alexandre (Levitzky) et Dimitri (Rozanov), prêtres, Jean (Zolotov) et Nicolas (Goussev) (1937), Vladimir (Viatsky), prêtre (1939) ; saint voïevode Neagoe Basarab (1521).

VIE DE SAINT JEAN LE THÉOLOGIEN

Saint Jean le Théologien, apôtre et évangéliste

Saint Jean le Théologien, apôtre et évangéliste

Saint Jean était originaire d’un village de Galilée nommé Bethsaïde. Il était le fils de Zébédée et de Salomé la Myrophore, fille de Joseph le Fiancé de la Mère de Dieu. En effet, Joseph avait eu de son premier mariage quatre garçons : Jacques, José, Judas et Simon (ou Siméon), et trois filles : Esther, Marthe et Salomé. C’est pour cette raison que, selon le monde, notre Seigneur Jésus-Christ était l’oncle de saint Jean le Théologien. Jean et son frère Jacques exerçaient, avec leur père Zébédée, la profession de pêcheurs sur le lac de Galilée. Avec les apôtres Pierre et André, entendant la prédication de saint Jean le Baptiste, il devint son disciple et le suivit en Judée. Lorsque notre Seigneur vint à la rencontre du Baptiste, après avoir été éprouvé au désert par les tentations, le Précurseur Le désigna à Jean et André en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ! ». Ils partirent à la suite du Christ pour la Galilée, avec Pierre, Philippe et Nathanaël. Ils assistèrent alors au miracle de Cana, puis revinrent à Capharnaüm, où ils reprirent leurs occupations. Un peu plus tard, alors que Jean et Jacques réparaient leurs filets dans leur barque, avec leur père, Jésus les invita à Le suivre, pour devenir pêcheurs d’hommes. Ils abandonnèrent aussitôt tout ce qui les attachait à ce monde, pour suivre son céleste enseignement. Jean aimait à un tel point la virginité et l’ascèse que, plus que tous les autres disciples, il fut digne du nom de « vierge ». Pierre, Jacques et Jean devinrent les disciples les plus intimes du Seigneur, et ils furent témoins de Ses miracles les plus éclatants, telle la résurrection de la fille de Jaïre ou sa Transfiguration sur le mont Thabor, au cours de laquelle ils contemplèrent la divinité du Verbe resplendissant dans son corps et entendirent la voix venue du ciel qui déclarait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma complaisance: Écoutez-le. Mais, l’amour de Jean pour le Christ était tellement ardent, et sa conduite si excellente, qu’entre tous il devint le disciple bien-aimé. C’est lui que le Maître choisit pour s’asseoir à ses côtés et qu’il laissa reposer sur sa poitrine lors de la Cène mystique. C’est lui encore qui, emporté par son amour, demanda à s’asseoir à la droite du Seigneur et qui, lorsque le Christ fut saisi par les Juifs, Le suivit jusque dans la cour du grand prêtre. Lorsqu’on crucifia le Seigneur, Jean resta seul avec la Mère de Dieu au pied de la Croix. C’est alors que le Christ, s’adressant à sa mère dit en montrant Jean : «Femme, voici ton fils ». Puis il dit à Jean : « Voilà ta mère ». Et à partir de ce moment, le disciple vierge prit chez lui la Vierge Mère. À l’annonce de la Résurrection par les femmes Myrophores, Jean devança Pierre en courant vers le tombeau. Il se pencha le premier vers l’intérieur, et vit les bandelettes qui gisaient à terre. L’après-midi du même jour, alors qu’il se trouvait dans la chambre haute avec les autres disciples, il vit le Seigneur ressuscité, qui leur donna pour mission d’aller prêcher la Bonne Nouvelle par toute la terre. Jean assista aussi à son Ascension et reçut le Saint-Esprit sous forme de flammes de feu avec les autres disciples le jour de la Pentecôte. Après le départ des apôtres, il resta le dernier à Jérusalem, en compagnie de la Mère de Dieu, pour la servir jusqu’à sa Dormition. Comme Pierre et Jean proclamaient sans crainte le message du salut dans les parvis du Temple, ils furent arrêtés et jetés en prison. Le lendemain, ils montrèrent une telle assurance devant le Sanhédrin qu’ils furent relâchés avec des menaces, auxquelles ils répliquèrent : « Nous ne pouvons pas ne pas publier ce que nous avons vu et entendu ! ». Au moment de se séparer pour aller prêcher dans toutes les régions du monde, les Apôtres tirèrent au sort pour savoir où chacun devait se rendre. À Jean revint l’évangélisation de l’Asie Mineure, qui était à cette époque tout entière vouée à l’idolâtrie et aux erreurs païennes. À Éphèse, lors d’une grande fête en l’honneur de la déesse Artémis, Jean monta sur la colline où se dressait la grande statue de ladite déesse, pour haranguer la foule. En le voyant, les païens, pris de fureur, lui jetèrent des pierres pour le tuer. Mais, par la grâce de Dieu, aucune pierre ne l’atteignit. Comme les miracles de Jean se multipliaient, La notoriété de Jean parvint jusqu’à l’empereur Domitien (81-96), qui l’envoya quérir. En l’interrogeant, il constata que l’assurance du saint auprès du Christ était plus forte que toutes les puissances terrestres, aussi décida-t-il de l’exiler dans l’île de Patmos, pensant ainsi réduire son influence. Pendant son voyage, Jean, toujours accompagné de Prochore, manifesta la bienveillance de Dieu envers tous les hommes en guérissant de la dysenterie un officier de son escorte, si bien qu’en arrivant à Patmos tout l’équipage s’était converti. Hébergé chez un notable de l’île, Myron, l’Apôtre guérit son fils Apollonide, d’un esprit impur. À la suite de ce miracle toute la maisonnée crut au Christ et fut baptisée, ainsi que, un peu plus tard, le gouverneur de l’île lui-même. Lorsque Trajan prit la succession de Nerva (98), il rappela saint Jean à Éphèse, à la grande douleur des habitants de Patmos qu’il avait convertis. C’est également à Patmos qu’un dimanche, alors que Jean se trouvait dans une grotte en prière, le rocher se fendit en trois et le Seigneur lui apparut, au milieu de sept candélabres, sous l’apparence d’un jeune homme dont le visage brillait plus que le soleil dans tout son éclat. Posant sa main sur lui pour le rassurer, il lui dit : « Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant ; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant les clefs de la Mort et de l’Hadès. Écris donc ce que tu as vu : le présent et ce qui doit arriver plus tard ». Puis Il lui révéla en de grandioses visions ce qui doit arriver à la fin des temps l’accroissement de l’iniquité, la venue de l’Antéchrist, les bouleversements du monde, la consommation de toute chose sous le feu divin et, enfin, le triomphe du Fils de l’homme, la Résurrection de tous et le Jugement dernier. L’Apocalypse de saint Jean, qui est aussi le dernier livre de l’Écriture Sainte, se termine avec la scène sublime de la descente sur terre de la Jérusalem céleste, la Cité sainte et éternelle, où Dieu demeurera pour toujours avec les hommes, comme l’Époux uni à son épouse. L’Apôtre Bien-Aimé passa paisiblement le reste de ses jours à Éphèse, amenant au Christ un grand nombre de païens. Il avait cinquante-six ans lorsqu’il partit de Jérusalem pour prêcher l’Évangile. Il prêcha pendant neuf ans jusqu’à son exil, passa quinze ans à Patmos, et vécut encore vingt-six ans après son retour, de sorte que la durée de sa vie fut cent cinq ans et sept mois. Lorsqu’il apprit de Dieu que le moment de quitter cette vie était arrivé, il ordonna à ses disciples de creuser dans le sable une tombe en forme de croix. Après les avoir tous embrassés et consolés, il s’allongea de lui-même dans la fosse où il avait étendu ses vêtements comme pour en faire un lit, et ordonna de le recouvrir d’abord jusqu’aux genoux ; puis, après un nouvel adieu, ses disciples le couvrirent jusqu’au cou, et lui recouvrirent enfin le visage au moment où le soleil se levait. Lorsqu’ils revinrent en ville en pleurant, les autres disciples du Saint voulurent se rendre à leur tour sur le lieu de la sépulture. Ils creusèrent à l’endroit où se trouvait sa tombe, mais n’y trouvèrent plus le corps. En effet, d’après une tradition sur laquelle l’Église ne s’est pas prononcée officiellement, saint Jean serait ressuscité et monté au ciel, d’une manière semblable à la Mère de Dieu, en réalisant la parole énigmatique du Sauveur lorsqu’il répondit à Pierre qui l’avait questionné sur Jean : Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je revienne, qu’est-ce que cela te fait ? Il ne voulait pas dire par là que le Disciple Bien-aimé ne mourrait pas, mais plutôt qu’il lui réservait un sort spécial, le mettant à part jusqu’à sa seconde venue.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Jean, ton 2
Apôtre bien-aimé du Christ Dieu, hâte-toi de délivrer un peuple sans défense. Celui qui t’a permis de te reposer sur Sa poitrine t’accueillera tombant à Ses pieds afin d’intercéder pour nous. Prie-le, ô Théologien, de dissiper le nuage persistant du paganisme et demande-lui pour nous paix et grande miséricorde.

Tropaire du saint patriarche Tikhon, ton 1
Zélateur des traditions apostoliques et bon pasteur de l’Église du Christ, tu as donné ton âme pour tes ouailles, toi qui fus élu par le divin destin, nous te louons, toi Tikhon le patriarche de toute la Russie, et nous te crions avec foi et espoir : garde l’Église russe dans la paix, rassemble ses enfants en un seul troupeau, fais revenir à la pénitence ceux qui ont apostasié la vraie foi, préserve ton pays de la guerre civile et demande la paix divine pour les hommes.
Kondakion du saint apôtre Jean, ton 2
Tes hauts faits, Disciple vierge, qui en fera le récit? * Tu répands les miracles, en effet, * comme une source tu fais jaillir les guérisons * et pour nos âmes tu intercèdes auprès du Christ, comme théologien et ami du Christ.

Évangile du jour
(Jn XIX, 25-27 ; XXI, 24-25)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. C’est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Dix-Neuvième semaine après la Pentecôte
Philippiens 1:27-2:4; Luc 6:17-23

Le Seigneur bénit les pauvres, ceux qui ont faim et qui pleurent, et les persécutés sous la condition que tout cela est pour l’amour du Fils de l’homme, ce qui signifie qu’Il bénit une vie qui est entourée par toutes sortes de besoin et de privation. Selon cet adage, les plaisirs, la facilité, l’honneur ne sont pas quelque chose de bon, il en est ainsi, en effet.

Mais tandis que la personne se repose sur ces choses, elle ne réalise pas cela. C’est seulement quand elle se libère de leur sort, qu’elle voit vraiment qu’elles ne sont pas des biens, mais que des fantômes. Une âme ne peut pas exister sans consolations, mais ce ne sont pas celles des sens, elle ne peut pas être sans trésors, mais ils ne sont pas en or et en argent, et pas dans des maisons et des vêtements de luxe, pas dans cette plénitude externe, elle ne peut pas se passer de l’honneur, mais il ne réside pas dans la servilité de l’homme.

Il y a d’autres plaisirs, il y a une autre aisance, un autre honneur, spirituel, semblable à l’âme. Celui qui les trouve ne veut pas des ceux qui sont extérieurs; non seulement il veut pas d’eux, mais il les méprise et les hait, parce qu’ils bloquent le spirituel, ne permettent pas de le voir, ils gardent une âme dans les ténèbres, l’ivresse, et les fantômes. C’est pourquoi ces personnes préfèrent de toute leur âme la pauvreté, l’affliction et l’obscurité, se sentant bien en leur sein, comme derrière une clôture sûre contre le sort des tromperies du monde. Que dire de ces gens qui ont toutes ces choses sans épreuve? Ils devraient se comporter face à toutes ces choses, selon la parole du saint apôtre, comme celui qui ne possède pas (cf. 1Cor. 7:30).

Version française Claude Lopez-Ginisty

8 octobre

8 octobre
Sainte Pélagie (457), sainte martyre Pélagie d’Antioche, vierge (303), sainte Thaïs, pénitente à Alexandrie (IV), saint Évode, évêque de Rouen (422), sainte Benoite, vierge, martyre à Laon (362), saint Grat, évêque de Chalon-sur-Saône (652), saint Dosithée de Pskov (1482), saint néo-martyr Jean de Prousse, saint Tryphon, archimandrite de Vyatka (1612), saint moine et néo-martyr Ignace le jeune (Bulgarie, 1814), saints néo-martyrs de Russie : Démètre, archevêque de Mojaïsk et avec lui Jean (Khrenov), diacre, Ambroise (Astakhov) et Pacôme (Tourkevitch), moines, Tatienne (Besfamilny), moniale, Nicolas (Rein), Marie (Volnoukhina), Nadejda (Ajguerevitch) (1937), Jonas, évêque de Velij, Séraphim (Chtchelokov), moine, Pierre (Nikotine), Basile (Ozeretskovky), Paul (Preobrajensky), Pierre (Ozeretskovsky), Vladimir (Speransky), prêtres, Victor (Frolov), Jean (Rybine), Nicolas (Kouzmine), Elisabeth (Kouranov) (1937), Barlaam (Efimov), moine (1930).

SAINTE PÉLAGIE, LA PROSTITUÉE REPENTANTE

Sainte Pélagie vivait à Antioche, probablement dans la deuxième moitié du ve siècle. Elle s’appelait alors Marguerite, et se livrait à la danse et aux plaisirs impurs. Prostituée la plus connue de cette grande ville, elle avait tiré de ses débauches une fortune considérable, qu’elle n’utilisait qu’à parer son corps d’atours précieux et de parfums voluptueux, pour attirer de nouvelles victimes dans ses filets. Elle avait de nombreux esclaves et serviteurs, qui l’escortaient lorsqu’elle se promenait dans la ville, assise sur son char luxueux.

Un jour, l’archevêque d’Antioche, qui avait convoqué une assemblée de quatre-vingts évêques pour régler des affaires ecclésiastiques de la région, invita l’un d’eux, saint Nonnos, évêque d’Édesse, à prêcher devant le peuple dans l’église Saint-Julien. Comme il exhortait ses auditeurs au repentir et à l’amour de la vertu, Pélagie vint à passer devant l’assemblée avec son cortège habituel. Tandis que les évêques présents et les gens pieux détournaient les yeux, saint Nonnos regarda cette femme en pleurant et déclara à ceux qui l’entouraient : « Malheur à nous, paresseux et négligents, qui devrons rendre compte de nos actes au jour du Jugement, car nous n’avons pas mis pour plaire à Dieu, le zèle et le soin que met cette pauvre femme à orner son corps en vue d’un plaisir passager. » Et il passa le reste du jour à verser des larmes sur son propre sort, et à prier ardemment le Seigneur pour la conversion de cette créature.

Le lendemain, Pélagie se trouvait dans l’assistance au moment où Nonnos commentait le saint Évangile au cours de la Divine Liturgie. Les paroles de l’évêque sur le Jugement dernier et l’éternité des peines de l’enfer pénétrèrent dans le cœur de la jeune femme comme une épée effilée et éveillèrent en elle le seul véritable amour, celui de l’Époux céleste. De retour dans son palais, elle écrivit au saint évêque, lui demandant de ne pas la mépriser, malgré sa turpitude, s’il était vraiment disciple de celui qui est venu pour appeler non les justes mais les pécheurs à la pénitence (Mt 9,13), et elle le priait de la recevoir. Nonnos lui fit répondre que, si elle était vraiment décidée à se repentir, elle devrait se présenter à l’église, devant l’assemblée des clercs et du peuple pour confesser ses fautes. Pélagie saisit cette occasion et se précipita vers l’église, en oubliant sa parade et son orgueil d’autrefois. Puis elle se jeta à genoux aux pieds de l’évêque et le supplia de la faire renaître à la vie divine par le saint baptême, afin que le démon et l’habitude ne la rappellent pas à sa vie de débauche. Lors du baptême de Pélagie toute la ville d’Antioche se réjouit pour cette âme qui avait trouvé le salut. Elle fut confiée, pour un temps, à une moniale du nom de Romane, qui l’initia au combat spirituel et à la vie de repentir. Par la prière et le signe de la Croix, elle vainquit ainsi les tentations de retour à sa vie de péché, qui ne tardèrent pas à fondre sur elle.

Ayant distribué toutes ses richesses aux pauvres et affranchi ses esclaves, Pélagie, ainsi libérée de tout attachement au monde, changea ses vêtements féminins pour de grossiers vêtements d’homme, et elle partit en secret pratiquer l’ascèse en Palestine, sur le mont des Oliviers. Elle resta de longues années enfermée dans une petite cellule, luttant chaque jour contre les passions qui s’étaient enracinées dans son corps, et mettant désormais tout le soin qu’elle avait déployé autrefois pour ses toilettes et ses parfums, à l’ornement de son âme pour la vie éternelle. Bien qu’elle vécût dans la solitude, la renommée de ses exploits se répandit parmi les ascètes de Palestine, lesquels croyaient qu’il s’agissait d’un homme. Lorsque la sainte pénitente remit en paix son âme à Dieu, tous les moines de la région se réunirent pour vénérer ses saintes reliques et glorifièrent grandement le Seigneur en apprenant, d’un disciple de Nonnos, la véritable histoire de Pélagie, qui enseigne à ceux qui sont plongés dans les ténèbres du péché à ne pas désespérer, mais à s’engager avec vaillance sur la voie du repentir.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Pélagie, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * sainte Pélagie, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de sainte Pélagie, ton 2
Dans les jeûnes ayant fait fondre ton corps, * en tes prières de toute la nuit * tu suppliais, vénérable Mère, le Créateur, * de t’accorder pleinement la rémission de tes péchés; * et le pardon, tu l’as reçu en vérité * pour avoir manifesté le chemin du repentir.

Évangile du jour
(Lc VI, 12-19)

En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d’apôtres: Simon, qu’il nomma Pierre; André, son frère; Jacques; Jean; Philippe; Barthélemy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils d’Alphée; Simon, appelé le zélote; Jude, fils de Jacques; et Judas Iscariote, qui devint traître. Il descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

25 septembre (ancien calendrier)/8 octobre (nouveau)

25 septembre (ancien calendrier)/8 octobre (nouveau)

Sainte Euphrosyne d’Alexandrie (V) ; saint Firmien, évêque d’Amien (IV) ; saint Serge, higoumène de Radonège, thaumaturge et protecteur de la Russie (1392) ; saint Paphnuce l’Égyptien et avec lui 546 martyrs (III) ; sainte Euphrosyne de Souzdal (1250) ; sainte Dosithée, recluse de Kiev (1776) ; saints néomartyrs de Russie : Nicolas (Rozov), confesseur, prêtre (1941).

VIE DE SAINTE EUPHROSYNE D’ALEXANDRIE

Sainte Euphrosyne d’Alexandrie (V)

Sainte Euphrosyne vécut à Alexandrie sous le règne de Théodose le Jeune (408-450). Elle était la fille de Paphnuce, Égyptien d’une immense fortune, à qui il ne restait plus que cette enfant après la mort de son épouse. Lorsqu’elle parvint à l’âge de dix-huit ans, son père la fiança malgré elle à un jeune homme riche. Mais, peu avant le mariage, la servante de Dieu profita de l’absence de son père pour se couper les cheveux et, revêtant des effets masculins, elle se présenta à la porte d’un monastère de moines de la région, en se faisant passer pour un eunuque du nom de Smaragde. Le Supérieur l’accepta parmi ses moines et la plaça sous la direction d’un Ancien sage et expérimenté, Agapios, auquel elle se livra à l’obéissance avec empressement et humilité.
Brûlante du désir de s’unir au Christ, Euphrosyne se livra avec ardeur à tous les combats de l’ascèse, si bien qu’après peu de temps il eût été difficile de soupçonner que derrière ce visage émacié et ce corps desséché, se cachait une délicate jeune fille. Elle brillait ainsi, telle une pierre précieuse, au milieu de cette image de la Jérusalem céleste qu’était le monastère. Mais le diable, furieux de voir une jouvencelle résister non seulement à toutes ses attaques, mais encore vaincre la faiblesse de sa nature, poussa alors certains moines à jalouser sa vertu et tenta d’en scandaliser d’autres par sa beauté et le charme de sa personne, que les travaux de l’ascèse ne parvenaient pas à dissimuler. Sur la recommandation de l’higoumène, la sainte se retira dans une cellule isolée, sans jamais en sortir, visitée seulement de temps à autre par son père spirituel. Tout entière tendue vers Dieu, par le jeûne, les veilles et la prière continuelle, elle plaçait chaque jour de spirituelles ascensions dans son cœur.
Au bout de trente-huit ans, elle tomba malade. Nombreux furent ceux qui vinrent à son chevet, attirés par sa réputation de sainteté. Parmi eux se trouvait Paphnuce, que rien n’avait pu consoler de la perte de sa fille. Assurée par Dieu que le moment était venu pour elle de s’en aller vers les demeures éternelles, et voulant apporter à son père une consolation au déclin de ses jours, Euphrosyne lui révéla sa véritable identité, lui recommandant de laisser au monastère l’héritage qu’il lui avait réservé et de se charger de ses funérailles. Puis elle remit son âme à Dieu dans une grande paix. Frappé de stupeur, Paphnuce tomba à terre comme mort. Quand il revint à lui, comprenant que c’est un péché de pleurer ceux qui sont partis de cette vie de douleurs pour gagner la vie éternelle, ses larmes se changèrent en joie. Il abandonna tout ce qui le retenait au monde et revêtit l’Habit monastique, afin de suivre les traces de sa fille et de la rejoindre dans la joie des élus. Il se retira dans la cellule même où Euphrosyne avait vécu, et après dix années de vie vertueuse et agréable à Dieu, il s’endormit à son tour dans la paix.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Euphrosyne d’Alexandrie, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * sainte Euphrosyne, avec les Anges dans le ciel.

Tropaire de saint Serge de Radonège, ton 4
Champion des vertus, comme un vrai soldat du Christ notre Dieu, * contre les passions tu menas en cette vie le grand combat; * dans les jeûnes, les veilles, les cantiques divins, * tu fus pour tes disciples un modèle, Bienheureux; * aussi fit sa demeure en toi l’Esprit saint * et tu fus orné brillamment par son action; * grâce au crédit que tu possèdes auprès de la sainte Trinité, * rappelle-lui le troupeau que tu as rassemblé * et n’oublie pas de visiter, * comme toi-même tu l’as promis, * vénérable Père Serge, tes enfants.

Kondakion de sainte Euphrosyne d’Alexandrie, ton 2
Désireuse d’obtenir la vie d’en-haut, * tu t’empressas de quitter les délices d’ici-bas; * parmi les moines tu vécus, déguisée, * Euphrosyne toute-digne de nos chants, * par amour pour le Christ, ton Epoux, * ayant en effet renoncé à l’éphémère fiancé.

Kondakion de saint Serge de Radonège, ton 8
Vénérable Serge, percé de flèches par l’amour du Christ * et l’ayant suivi, dans ton irréversible désir, * tu méprisas toute charnelle volupté * et comme un soleil tu brillas sur ta patrie; * aussi le Christ t’enrichit du don des miracles, Père saint; * souviens-toi de nous qui célébrons ta mémoire sacrée, * afin que nous puissions te crier: vénérable Serge, réjouis-toi.

Évangile du jour
(Lc IV, 16-22)

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne. S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent. Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu’ils battirent ou tuèrent. Il avait encore un fils bien-aimé; il l’envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu cette parole de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle; C’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, Et c’est un prodige à nos yeux? Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s’en allèrent.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Dix-Neuvième Semaine après la Pentecôte
Philippiens 1:27-2:4; Luc 6:17-23

Le Seigneur bénit les pauvres, ceux qui ont faim et qui pleurent, et les persécutés sous la condition que tout cela est pour l’amour du Fils de l’homme, ce qui signifie qu’Il bénit une vie qui est entourée par toutes sortes de besoin et de privation. Selon cet adage, les plaisirs, la facilité, l’honneur ne sont pas quelque chose de bon, il en est ainsi, en effet.

Mais tandis que la personne se repose sur ces choses, elle ne réalise pas cela. C’est seulement quand elle se libère de leur sort, qu’elle voit vraiment qu’elles ne sont pas des biens, mais que des fantômes. Une âme ne peut pas exister sans consolations, mais ce ne sont pas celles des sens, elle ne peut pas être sans trésors, mais ils ne sont pas en or et en argent, et pas dans des maisons et des vêtements de luxe, pas dans cette plénitude externe, elle ne peut pas se passer de l’honneur, mais il ne réside pas dans la servilité de l’homme.

Il y a d’autres plaisirs, il y a une autre aisance, un autre honneur, spirituel, semblable à l’âme. Celui qui les trouve ne veut pas des ceux qui sont extérieurs; non seulement il veut pas d’eux, mais il les méprise et les hait, parce qu’ils bloquent le spirituel, ne permettent pas de le voir, ils gardent une âme dans les ténèbres, l’ivresse, et les fantômes. C’est pourquoi ces personnes préfèrent de toute leur âme la pauvreté, l’affliction et l’obscurité, se sentant bien en leur sein, comme derrière une clôture sûre contre le sort des tromperies du monde. Que dire de ces gens qui ont toutes ces choses sans épreuve? Ils devraient se comporter face à toutes ces choses, selon la parole du saint apôtre, comme celui qui ne possède pas (cf. 1Cor. 7:30).

Version française Claude Lopez-Ginisty

7 octobre

7 octobre
Jour de jeûne

Saints martyrs Serge et Bacque (292) ; saints martyrs Julien, prêtre et Césaire, diacre, martyrs en Campanie (I), sainte Pélagie de Tarse (290), saint hiéromartyr Polychrone, prêtre (IV), saint Gustave (ou Auguste), abbé à Brives (560), saint Palais, évêque de Saintes (596), saint Serge l’Obéissant, de la Laure des Grottes de Kiev (1412), saint Serge de Vologda (1412), saint Joseph du Khèvi (Géorgie, 1763) saint Jonas, évêque de Hankou (Mandchourie, 1925) saint hiéromartyr Nicolas (Kazanksy), prêtre (1942).

SAINTS MARTYRS SERGE ET BACQUE

Saint Serge et saint Bacque vivaient à Rome sous l’empereur Maximien qui leur avait confié, malgré leur jeune âge, de hautes charges dans la Garde des Gentils (Schola Gentilium). Serge en était « primicerius » et Bacque « secundicerius ». Constatant la faveur dont ils jouissaient auprès du souverain, certains courtisans les dénoncèrent comme chrétiens. Dans un premier temps, l’empereur ne prêta pas crédit à ces accusations. Puis, pris de doute sur la fidélité de ses serviteurs à la religion de l’État, il décida d’organiser une grande cérémonie avec des sacrifices offerts à Zeus, pour voir si Serge et Bacque allaient y participer. Les deux jeunes officiers furent les seuls à ne pas se présenter, et ils se tenaient à l’extérieur du temple en priant le vrai Dieu. Prenant ce geste pour un acte de révolte, l’empereur furieux les fit comparaître devant lui et les interrogea sur la raison de leur désobéissance. Serge et Bacque lui répondirent : « Nous devons te servir comme de fidèles serviteurs uniquement dans ton armée terrestre, ô Empereur. Quant à nous séparer du seul vrai Dieu que nous adorons pour offrir un culte aux dieux inanimés, ni le fer ni le feu ne pourront nous y contraindre. Car nous ne considérons rien de plus heureux que de souffrir pour la foi. » Maximien ordonna de les dépouiller sur-le-champ des marques de leur dignité et de les revêtir de vêtements féminins. Ainsi affublés et chargés de lourds anneaux de fer au cou, les martyrs furent traînés par les rues et livrés à la risée publique.

Après un second interrogatoire, l’empereur ordonna de les conduire, de garnison en garnison, jusqu’à la ville de Barbalissos sur l’Euphrate, où se trouvait le gouverneur du diocèse d’Orient, Antiochus, homme particulièrement cruel, mais qui devait sa charge à l’intervention des saints. Il essaya d’abord de les convaincre de se rendre à la volonté du souverain. Mais les saints jeunes gens, ayant été encouragés de nuit par un ange qui était apparu dans leur prison, ne furent intimidés ni par ses flatteries ni par ses menaces. On enferma Serge dans un cachot, tandis que l’on soumettait Bacque à la torture. Il fut si cruellement frappé à coups de nerfs de bœuf qu’il en remit son âme à Dieu dans la joie de rejoindre l’armée des anges et des saints. Le lendemain, on fit comparaître Serge, dont la seule tristesse était de rester encore dans ce monde de vanité, alors que son compagnon jouissait déjà de la béatitude. Après avoir vainement essayé de le faire apostasier en lui rappelant sa gloire passée et en le menaçant des plus cruels supplices, Antiochus lui fit mettre des chaussures garnies, à l’intérieur, de clous et il l’obligea à courir devant son char sur une distance de plus de quinze kilomètres, jusqu’au fort de Tetrapyrgia (auj. Qseyras-Sêlé). Élevé au-dessus de la souffrance par la joie de participer à la Passion du Seigneur, le jeune homme courait avec allégresse en chantant des psaumes. Pendant la nuit, un ange vint guérir ses plaies, si bien qu’il réapparut le lendemain devant le gouverneur, frais et dispos pour de nouveaux combats. Parvenu à l’étape suivante, Rosapha, Antiochus donna l’ordre de le décapiter. En arrivant sur le lieu de l’exécution, saint Serge sollicita de ses bourreaux quelques instants, pendant lesquels il éleva vers Dieu de ferventes prières pour ses persécuteurs. Puis il inclina de lui-même la tête sous le glaive et partit rejoindre Bacque dans le Royaume céleste.

Les habitants du bourg de Sura, où Bacque avait été martyrisé, voulurent enlever secrètement le corps de Serge, mais le martyr suscita un incendie pour les en empêcher. Les chrétiens de Rosapha accoururent alors sur les lieux, chassèrent les voleurs et mirent la sainte relique en sûreté. Par la suite, on bâtit une église sur le tombeau de saint Serge, qui devint un des sanctuaires les plus vénérés de tout l’Orient, de sorte que l’endroit prit le nom de Sergiopolis. Des fragments de ses saintes reliques furent dispersés dans tout le monde chrétien.

SAINT JONAS, ÉVÊQUE DE HANKOU

Saint Jonas (Pkrovsky) naquit à Kalouga en 1888 et reçut le nom de Volodya au saint baptême. Devenu orphelin à l’âge de huit ans, il fut élevé par le diacre du village, qui l’envoya étudier au séminaire de sa ville natale. De là, il poursuivit ses études à l’Académie ecclésiastique de Kazan. Parvenu en troisième année, il fut tonsuré moine au monastère d’Optino, et garda pendant le reste de sa vie un lien spirituel avec les startsi. À l’issue de ses études, on lui confia l’enseignement du cours sur le Nouveau Testament, charge qu’il accepta contre son gré, sur la recommandation de son père spirituel, saint Gabriel de Sedmiozernaja [24 sept.]. Il fut ensuite ordonné prêtre et enseigna à l’Académie jusqu’à l’âge de trente ans. Lorsque les bolcheviques s’emparèrent du pouvoir (1918), il fut obligé de quitter Kazan pour Perm. Arrêté, il fut si cruellement frappé, qu’il en perdit conscience. Pendant le voyage qui l’emmenait à Tobolsk pour y être jugé, il réussit à s’échapper et à rejoindre les troupes de l’Armée Blanche, où il servit comme chapelain. Il partagea les tribulations de son détachement au cours de sa retraite à travers les montagnes du Turkestan et le désert de Gobi, où de nombreux Russes avaient trouvé refuge. Parvenu à Pékin, il fut bientôt ordonné évêque de Manchourie. Au moment de son arrivé en Chine (1922), la ville frontière de Manjouria (auj. Manchouli) était remplie de réfugiés russes, qui ne possédaient que les vêtements qu’ils portaient. Les habitants leur venaient en aide autant qu’ils le pouvaient, mais le pain manquait pour nourrir les enfants.

Pendant les trois années de son épiscopat, saint Jonas, se faisant tout pour tous, devint l’ange gardien et l’inspirateur de ses brebis spirituelles, qui retrouvèrent auprès de lui courage et espérance. Il célébrait la Divine Liturgie comme s’il était déjà transporté au ciel devant l’autel céleste, et ses sermons étaient dotés d’une telle force que personne ne voulait en manquer un seul mot. Apôtre de la charité en ces temps d’extrême misère, il nourrissait les affamés, accueillait les étrangers, distribuait des vêtements et visitait les malades. Il organisa aussi la vie de la communauté des exilés, répara les bâtiments de l’église, ouvrit une bibliothèque, organisa une soupe populaire, fonda une clinique ainsi qu’une école secondaire. Les enfants aimaient leur évêque plus que leurs propres parents, et lorsqu’il leur enseignait le catéchisme, ils étaient tellement captivés par ses paroles, qu’ils pouvaient ensuite les répéter de mémoire et sans effort.

Homme de prière, qui n’avait en rien renoncé à ses devoirs monastiques, saint Jonas avait su se transformer en homme d’action efficace, et tout ce qu’il entreprenait pour le soulagement de ses ouailles réussissait, malgré les énormes difficultés qu’il rencontrait. Ayant connu lui-même la condition d’orphelin, il fonda un orphelinat qui, dès la première année, abritait vingt-huit enfants, envers lesquels il faisait preuve d’une affection paternelle. Il se donnait sans compter à sa tâche pastorale, à tel point qu’après avoir pris soin d’un prêtre atteint de typhoïde, il contracta une amygdalite chronique, mais il n’en cessa pas pour autant ses activités. Un jour, il se rinça la gorge avec du kérosène, en pensant qu’il servirait d’antiseptique, mais cela conduisit rapidement à un empoisonnement du sang. Quand il devint évident que la mort approchait, le saint se prépara imperturbablement à son passage à l’éternité. Dans son Testament, dont plusieurs milliers d’exemplaires furent distribués lors de ses funérailles, il écrivait : « Je commencerai par ces mots de l’Apôtre : Enfants, aimez-vous les uns les autres… Et je finirai par ces mêmes mots : Aimez-vous les uns les autres. Tel est le commandement de votre évêque. Ne laissez pas les enfants à l’abandon… Pardonnez-moi, par amour du Christ, et ne m’oubliez pas dans vos prières… De sorte que dans l’éternité, nous nous tenions tous avec confiance devant le redoutable tribunal du Christ. »

Après avoir dit adieu et avoir béni ceux qui étaient rassemblés autour de lui, il revêtit l’épitrachilion et les manchettes qui avaient appartenu au starets Ambroise d’Optino, et commença à lire à haute voix, en faisant des prosternations, le canon pour les agonisants. On l’allongea ensuite sur son lit et, après qu’il eut rendu grâce à Dieu, son âme fut transférée dans le monde qui ne connaît ni maladie, ni affliction, ni gémissement, mais l’éternelle joie du Seigneur (7 octobre 1925). Un enfant qui était paralysé depuis longtemps se mit alors à courir et s’écria : « Maman, l’évêque Jonas m’est apparu et m’a dit : “Voici, je te donne mes jambes, elles me sont désormais inutiles ! ” »

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Serge et Bacque, ton 5
Ornements des martyrs du Christ, vous qui fûtes les yeux de l’Église du Christ, illuminez les yeux de nos âmes, Serge le très-éprouvés et Bacque le très-glorieux. Priez le Seigneur, pour que nous fuyions les ténèbres du péché et que nous devenions participants à la lumière sans déclin par vos prières.

Tropaire de saint Jonas de Hankou, ton 4
Tu fus un bon pasteur et le havre des Russes qui se trouvaient à l’étranger, les guidant vers l’amour du Christ, te montrant en toutes choses un exemple d’amour sans hypocrisie, aussi, saint hiérarque Jonas, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Serge et Bacque, ton 2
Avec courage ayant affronté les ennemis, vous avez fait détruit leur tromperie et d’en haut ayant reçu la victoire, illustres Martyrs, d’un même cœur vous vous êtes écriés: il est bon et agréable d’habiter avec Dieu.

Kondakion de saint Jonas de Hankou, ton 3
Tu n’as pas empêché les enfants de venir à toi, ô bienheureux en Dieu, te souciant de leurs besoins et leur créant un foyer ; après ton trépas, tu ne les as pas délaissé, guérissant un enfant paralysé lors d’une vision nocturne. Aussi, nous t’acclamons : Réjouis-toi, thaumaturge, Jonas le très-glorieux.

Évangile du jour
(Lc V,33-39)

Ils lui dirent: Les disciples de Jean, comme ceux des pharisiens, jeûnent fréquemment et font des prières, tandis que les tiens mangent et boivent. Il leur répondit: Pouvez-vous faire jeûner les amis de l’époux pendant que l’époux est avec eux? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. Il leur dit aussi une parabole: Personne ne déchire d’un habit neuf un morceau pour le mettre à un vieil habit; car, il déchire l’habit neuf, et le morceau qu’il en a pris n’est pas assorti au vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se répand, et les outres sont perdues; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Et personne, après avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit: Le vieux est bon.

24 septembre (ancien calendrier)/7 octobre (nouveau)

24 septembre (ancien calendrier)/7 octobre (nouveau)
Jour de jeûne

Sainte Thècle, égale aux apôtres, martyre (I) ; saint Coprès, moine en Palestine (530) ; saint Nicandre de Pskov (1581) ; saint Galaction de Vologda (1612) ; saint Vladislav de Serbie (1239) ; saints Étienne le premier couronné (moine Simon, 1224) David et Vladislav de Serbie ; saints néo-martyrs de Russie : Basile (Voskresensky), diacre (1918), André (Bystrov) et Paul (Berezine), prêtres, Vital (Kokorev), moine, Basile (Vinogradov), Serge (Mikhaïlov) et Spyridon (Saveliev) (1937), Nicandre (Grivsky), prêtre (1939).

STE THÈCLE, PROTOMARTYRE ET ÉGALE AUX APÔTRES
Issue d’une famille notable et aisée, sainte Thècle « apprit de St Paul la voie de la vérité », comme il est dit dans l’office du jour, et fut amenée à la foi dans le Christ par ce saint apôtre lorsqu’elle était âgée de dix-huit ans. Saint Pierre affermit Thècle dans la foi. « Ayant abandonné l’amour terrestre », s’étant « éprise de la pureté », elle décida de vivre dans la virginité et renonça à son fiancé, qui était un jeune homme renommé. Se consacrant à Dieu, elle se donna entièrement à la nouvelle foi, et accompagna le saint apôtre Paul. Lorsque le prince local emprisonna l’apôtre, Thècle fit don au gardien de son collier et d’autres objets en or, afin qu’il la laisse accéder à la cellule de Saint Paul. Saintt Jean Chrysostome dit à ce sujet : « Écoute, comment sainte Thècle, pour voir saint Paul, donna son or au gardien de prison. Et toi, tu ne veux pas donner un sou pour voir le Christ ! ». Par sa prédication du Christ, la sainte convertit au christianisme beaucoup de païens, raison pour laquelle elle fut appelée « égale aux apôtres ». Sur les instances de sa mère, elle souffrit beaucoup pour la foi de la part du gouverneur de la ville d’Iconium. À Antioche, Thècle fut livrée au feu, puis aux animaux sauvages, mais elle resta indemne. Saint Ambroise de Milan écrit à son sujet : « Que Thècle vous apprenne à vous offrir en sacrifice. Fuyant les liens du mariage, condamnée par la fureur de son fiancé, elle changea la nature même des bêtes féroces qui respectèrent sa virginité » (Des Vierges II). Saint Isaac le Syrien explique que lorsqu’un saint homme « s’approche des bêtes féroces, dès qu’elles le voient, leur nature sauvage s’adoucit, elles s’approchent de lui comme de leur maître, inclinant la tête, remuant leur queue, lui léchant les mains et les pieds. Car elles sentent, émanant de lui, le parfum qu’exhalait Adam avant la faute, lorsqu’elles se rassemblèrent devant lui dans le paradis et qu’il leur donna des noms » (Discours 20, traduction P. Placide Deseille, p. 159). Ayant sauvé son corps des désirs des païens débauchés, Ste Thècle s’éloigna dans les confins de la Séleucie d’Isaurie, où elle vécut dans le jeûne et la prière, accomplissant beaucoup de miracles et guérissant toutes maladies. C’est là que la sainte reposa dans le Seigneur. L’Église la glorifie comme la « gloire des femmes, l’initiatrice des souffrants, ouvrant à tous la voie du martyre ».

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Thècle, ton 4
Enseignée par la parole de Paul, vierge de Dieu Thècle et confirmée dans la foi par Pierre, par Dieu appelée au martyre, que parmi les femmes tu fus la première à éprouver ; tu entras dans les flammes comme dans un lieu florissant, et, alors que les fauves et les jeunes gens t’effrayaient, tu t’armas de la Croix : aussi, toi qui es digne de toute louange, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de sainte Thècle, ton 8
Tu as brillé par la splendeur de ta virginité, * de la couronne du martyre te voilà parée * et tu fus une apôtre glorieuse, nous le croyons; * en rosée tu changeas la fournaise de feu * et tu apaisas la fureur du taureau * par ta prière, vénérable Thècle, première au combat.

Évangile du jour
(Lc IV, 1-15)

Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu’ils furent écoulés, il eut faim. Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu’elle devienne du pain. Jésus lui répondit: Il est écrit: L’Homme ne vivra pas de pain seulement. Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu’ils te gardent; et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable. Jésus, revêtu de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée, et sa renommée se répandit dans tout le pays d’alentour.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Dix-Neuvième semaine après la Pentecôte
Ephésiens 5:25-33; Luc 4:1-15

Le Diable se rapproche du Dieu-homme avec des tentations. Qui parmi les hommes en est libre? Celui qui chemine selon la volonté du Malin n’a pas l’expérience des attaques, mais il est simplement tourné de plus en plus vers le mal. Dès que l’on commence à revenir à soi et que l’on a l’intention de commencer une nouvelle vie selon la volonté de Dieu, immédiatement tout le royaume satanique entre en action: ils se hâtent d’éparpiller les bonnes pensées et les intentions de celui qui se repent de toutes les manières qu’ils peuvent employer.

S’ils ne parviennent pas à le détourner, ils tentent d’entraver son bon repentir et sa bonne confession, s’ils ne parviennent pas à le faire, ils s’ingénient à semer de l’ivraie au milieu des fruits de repentance et de perturber ses oeuvres de purification du cœur. S’ils ne parviennent pas à suggérer le mal, ils tentent de déformer la vérité, s’ils sont repoussés de l’intérieur, c’est de l’extérieur qu’ils attaquent, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la vie.

Ils ne laissent même pas mourir en paix, même après la mort ils poursuivent l’âme, jusqu’à ce qu’elle sorte dans l’espace aérien où ils planent et se rassemblent.

Tu demandes: « Que devons-nous faire? C’est désespérant et terrible! « Pour un croyant, il n’y a là rien d’effrayant, car auprès d’un homme craignant Dieu, les démons s’affairent seulement, mais ils n’ont pas de pouvoir sur lui.

Un homme de prière sobre tire des flèches contre eux, et ils restent loin de lui, n’osant approcher, et craignant la défaite qu’ils ont déjà expérimentée. S’ils parviennent à quelque chose, c’est dû à notre maladresse. Nous relâchons notre attention, ou nous nous laissons distraire par leurs fantômes, et ils viennent immédiatement nous déranger avec encore plus d’audace.

Si on ne reprend pas ses esprits à temps, ils tourbillonnent autour de nous, mais si une âme revient à la raison, ils reculent encore, et espionnent de loin pour voir s’il est possible d’approcher à nouveau en quelque sorte. Donc, sois sobre, et sois vigilant et prie, et les ennemis ne te feront rien.

Version française Claude Lopez-Ginisty

6 octobre

6 octobre
Saint Thomas, apôtre ; sainte martyre Foy la Grande à Agen (303) ; sainte Foy d’Agen, vierge et martyre (IIIème s.) ; sainte Erotide, martyre en Grèce (IV) ; Saint Kendéas de Chypre, saint Pardoux, abbé à Guéret (737) ; saint néo-martyr Macaire de Kios (1590) ; saint hiéromartyr Jean (Rybine), prêtre (1937).

LE SAINT APÔTRE THOMAS

Le saint Apôtre Thomas, appelé aussi Didyme, naquit en Judée de parents pauvres, mais qui lui transmirent une grande dévotion pour la Loi mosaïque. Dès sa jeunesse, il s’éloignait des jeux turbulents de ses compagnons pour se livrer à la lecture et à la méditation des Écritures. Cette connaissance de la Parole de Dieu, ainsi que les bonnes dispositions de sa conscience, lui permirent de reconnaître sans hésitation que le Christ était le Messie annoncé par les prophètes, dès qu’il apparut et l’invita à le suivre. Il laissa alors sa barque et ses filets, et fut désormais compté au nombre des Douze. Persécuté, repoussé par les Juifs qui lui lancèrent des pierres, il suivit partout le Seigneur avec un zèle si ardent que, lorsque le Christ prit la route de Jérusalem pour s’offrir à ceux qui allaient le tuer, Thomas dit aux autres disciples : « Allons nous aussi pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 16).

Lorsque le Sauveur du monde eut vaincu la mort en ressuscitant du tombeau, il apparut à ses disciples rassemblés toutes portes closes par crainte des Juifs, et il les remplit de joie en leur montrant sur son corps les marques de sa Passion. Par un décret de la Providence, Thomas ne se trouvait pas avec eux et, lorsque les disciples lui racontèrent qu’ils avaient vu le Seigneur ressuscité, il ne voulut pas les croire. Dans sa grande patience et sa longanimité, le Seigneur se manifesta une nouvelle fois, une semaine plus tard, devant ses disciples, et il invita Thomas à constater qu’il était bel et bien corporellement ressuscité, en lui demandant de mettre ses doigts dans les trous que les clous avaient laissés dans ses mains et de plonger sa main dans son côté percé par la lance. Il corrigea ainsi Thomas de son manque de foi et nous enseigna que nous sommes, nous aussi, appelés à plonger — non corporellement mais spirituellement — les mains dans son côté, pour y puiser les effluves de la grâce (Jn 20, 19-29).

Thomas se trouvait avec les Apôtres le jour de la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit descendit sur leurs têtes sous forme de langues de feu. Il fut alors rempli de puissance divine pour annoncer au monde le salut, et se vit attribuer l’évangélisation des lointaines régions des Mèdes, des Parthes (l’Iran actuel) et de l’Inde. Un certain Ambanès se trouvait alors à Jérusalem à la recherche d’un architecte capable de bâtir un palais au roi de l’Inde. Ce palais devait dépasser en beauté et en richesse tous ceux de ses prédécesseurs. Informé par le Seigneur que telle était la voie qui lui avait été réservée pour commencer sa mission, Thomas se présenta à Ambanès comme un esclave expert dans l’art de bâtir. Ils s’embarquèrent donc pour l’Inde et, parvenu devant le roi Goundnaphar (ou Gundophar), Thomas lui promit de lui construire un magnifique palais à l’endroit de son choix. Le roi fut enthousiasmé par le plan que lui dessina l’Apôtre et mit à sa disposition une importante somme d’argent pour cette construction, avant de partir dans ses provinces éloignées pour une période de trois ans. Dès qu’il prit possession de ces richesses, Thomas s’empressa de les distribuer aux innombrables pauvres et affamés, délaissés par le roi et ses seigneurs. Il joignait à l’aumône les miracles et la proclamation de l’Évangile, si bien qu’un grand nombre de païens furent amenés à la foi.

Lorsque le roi lui fit demander où en étaient les travaux, Thomas lui réclama encore de l’or pour achever, dit-il, la toiture. Le roi, tout heureux, s’empressa de le lui envoyer, sans se douter que l’Apôtre le distribuerait sur-le-champ. Aussi terrible fut sa colère lorsqu’il apprit qu’il avait été trompé et que saint Thomas avait consacré son argent à l’aumône. Il le fit enfermer dans une fosse profonde, en lui réservant les plus horribles supplices. Mais la nuit même, le frère du roi, qui était gravement malade, fut emporté en vision par un ange qui lui montra un magnifique palais dans le royaume éternel des justes. L’ange lui dit : « Vois-tu, ce palais est celui qui est préparé pour ton frère ; c’est l’Apôtre Thomas qui le lui a construit. » Lorsqu’il revint à lui, il décrivit à Goundnaphar ce qu’il avait contemplé et combien supérieur à tous les édifices terrestres était le palais que lui avait préparé Thomas dans le ciel. Tout surpris, le roi se repentit, fit remonter l’Apôtre de la fosse et demanda, de même que son frère, le baptême.

Saint Thomas partit ensuite pour un autre royaume où régnaient, avec plus de violence encore, la barbarie et l’impiété. Toutefois, grâce à la puissance qu’il tenait du Saint-Esprit, il parvint à convertir la femme du roi, Tertia, son fils, Azanès, et ses deux filles, Migdonia et Marca. Après les avoir baptisés, il leur enseigna comment suivre la voie de la perfection dans l’ascèse et la chasteté. Mais ce mode de vie étrange et incompréhensible pour l’impudique souverain, le mit en fureur. Il fit saisir saint Thomas et ordonna à cinq soldats de l’emmener en dehors de la ville de Mailapur (banlieue de Madras), sur une montagne, où ils le transpercèrent de leurs lances. C’est ainsi que le saint Apôtre partit rejoindre le Seigneur pour jouir éternellement de sa présence. Il est vénéré comme le fondateur de l’Église des Indes.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Thomas, ton 3
Saint apôtre Thomas, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Thomas, ton 4
Celui que la grâce divine a comblé, l’Apôtre du Christ * et son fidèle serviteur, plein de repentir, s’est écrié: * Tu es en vérité mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile du jour
(Jn XX, 19-31)

Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit: La paix soit avec vous! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru! Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.

23 septembre (ancien calendrier)/6 octobre (nouveau)

23 septembre (ancien calendrier)/6 octobre (nouveau)

Conception du prophète, précurseur et baptiste Jean ; saintes Xanthippe et Polyxène (109) ; sainte Iraïs, vierge, martyre en Égypte (vers 308) ; saint André, martyr en Afrique du Nord avec saint Jean et ses fils saints Pierre et Antonin (IX) ; saint Nicolas l’épicier, de Constantinople (1672) et saint Jean de Konitsa (1814), néo-martyrs grecs ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Pantkratovitch), prêtre (1937).

CONCEPTION DE SAINT JEAN-BAPTISTE

Lorsque notre Seigneur et Dieu, le Fils unique et Verbe du Père, se préparait à descendre du haut du Ciel pour être conçu, de manière immaculée, dans le sein de la Vierge Mère de Dieu, il voulut annoncer et confirmer ce miracle d’entre les miracles, par une merveille qui lui ressemblât sans y être identique. C’est aussi pour qu’en toutes choses saint Jean-Baptiste soit le Précurseur du Christ, que, six mois avant sa visite à la Mère de Dieu, l’Archange Gabriel apparut au prêtre Zacharie, au moment où il entrait dans le sanctuaire, pour accomplir le sacrifice de l’encens et prier pour le peuple. En le voyant, Zacharie fut pris de crainte, mais l’Ange le rassura et lui dit : « Tu n’as pas à craindre, Zacharie, tes supplications ont été exaucées ; ta femme Élisabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. Il y aura pour toi de la joie et de l’allégresse, et bien des gens se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur ; il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère » (Lc l, 13-15). Zacharie était avancé en âge, sa femme également, aussi douta-t-il un instant de la vérité des paroles de l’Ange, et de ce que « quand Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu ». C’est pourquoi Gabriel lui prédit que, pour le punir et lui apprendre à n’utiliser sa langue que pour glorifier Dieu, il resterait muet jusqu’à la naissance de l’enfant.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la conception de saint Jean Baptiste, ton 4
Réjouis-toi, stérile qui n’enfantais pas ! Voici que tu as conçu celui qui fut vraiment un flambeau du Soleil, celui qui devait éclairer le monde entier souffrant de cécité. Tressaille de joie, Zacharie, écrie-toi sans crainte : Il est prophète du Très-Haut, celui qui va naître.

Kondakion de la conception de saint Jean Baptiste, ton 1
Zacharie le grand prêtre rayonne de joie * et son illustre épouse Elisabeth * à juste titre se réjouit de concevoir * Jean le Baptiste et Précurseur, * que l’Archange annonça joyeusement * et que nous les hommes, selon ses mérites nous vénérons * comme initiateur de la grâce de Dieu.

Évangile du jour
(Lc I, 5-25)
Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia; sa femme était d’entre les filles d’Aaron, et s’appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile; et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, pendant qu’il s’acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d’après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l’heure du parfum. Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit: Ne crains point, Zacharie; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère; il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu; il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.
Zacharie dit à l’ange: A quoi reconnaîtrai-je cela? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. L’ange lui répondit: Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu; j’ai été envoyé pour te parler, et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront en leur temps. Cependant, le peuple attendait Zacharie, s’étonnant de ce qu’il restait si longtemps dans le temple. Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple; il leur faisait des signes, et il resta muet. Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s’en alla chez lui. Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant: C’est la grâce que le Seigneur m’a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Dix-Neuvième Semaine après la Pentecôte
Philippiens 1:8-14 et Luc 5:12-16

Le lépreux se prosterna devant le Seigneur et le supplia: « Seigneur, si Tu le veux, Tu peux me rendre pur. Le Seigneur dit: Je le veux: sois pur. Et aussitôt la lèpre le quitta.
Ainsi, part immédiatement toute lèpre morale dès que quelqu’un se prosterne devant le Seigneur avec foi, repentir et confession, elle s’écarte vraiment et perd tout pouvoir sur lui. Pourquoi la lèpre revient-elle parfois? Pour la même raison que reviennent les maladies corporelles. A celui qui a récupéré on dit, « ne mange pas, ne bois pas cela, n’y pas. » S’il n’obéit pas, la maladie reprend sa place.
Il en est ainsi dans la vie spirituelle. Il faut être sobre, vigilant, et prier, alors la maladie du péché ne reviendra pas. Si vous n’êtes pas attentif envers vous-mêmes, si vous vous permettez de voir, d’entendre, de dire et de faire sans discernement, comment le péché ne peut-il pas s’enflammer et prendre le pouvoir une fois de plus?
Le Seigneur a chargé le lépreux de tout accomplir conformément à la Loi. Cela signifie que, après la confession, il faut recevoir une pénitence et fidèlement l’accomplir, en elle, est cachée une grande force de prévention. Mais pourquoi certains disent-ils : cette habitude pécheresse m’a vaincu, je ne peux pas me maîtriser. Soit parce que la repentance et la confession n’était pas complet, ou parce que, après des changements précautionneux, il n’adhère que faiblement à eux, ou se ménage. Il veut tout faire sans peine et sans contrainte de soi, et il est la risée de l’Ennemi.
Déterminez de vous défendre jusques à la mort et de montrer [cette résolution] dans les faits, et vous verrez quelle puissance il y a en elle. Il est vrai que dans toutes les passions insurmontables qui revient l’Ennemi possède l’âme, mais ceci n’est pas une justification, car il fuit immédiatement dès que vous produisez un changement intérieur, avec l’aide de Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

5 octobre

5 octobre
Sainte martyre Charitine d’Amasée (304), saint hiéromartyr Denis, évêque d’Alexandrie (264), sainte martyre Malmecta de Perse (344), saint martyr Placide (541), saint Grégoire de Khandzta en Géorgie (861), saint Damien, prêtre, médecin (1071), saint Jérémie (1070) et Matthieu (1085) les clairvoyants, de la Laure des Grottes de Kiev, sainte Charitine, princesse de Lituanie (1281), saint Gabriel (Igrochkine), confesseur (1959), Synaxe des saints hiérarques de Moscou : Pierre, Alexis, Jonas, Macaire, Philippe, Job, Tikhon, Pierre, Philarète, Innocent et Macaire.

SAINTE CHARITINE

Sainte Charitine vivait en Cilicie, sous le règne de l’empereur Dioclétien (vers 303), et était servante d’un certain Claudios. Ayant entendu dire qu’elle était chrétienne, le comte Dométios écrivit à son maître de la lui envoyer pour l’interroger. Claudios ne pouvait douter de l’issue de cet examen et, tout affligé à la pensée de perdre Charitine, il se revêtit d’un sac et pleura amèrement. Mais Charitine, pleine de la joyeuse assurance des disciples du Seigneur, le consola en lui disant : « Mon maître, réjouis-toi au lieu de t’affliger, car je vais être offerte en sacrifice agréable à Dieu pour mes péchés et pour les tiens. » Il lui répondit : « Servante de Dieu, souviens-toi de moi dans le Royaume céleste ». Puis il l’envoya auprès du comte. Conduite devant le tribunal consulaire, la jeune fille n’en fut nullement impressionnée, et elle confessa audacieusement& le Christ. Pour lui faire honte, on lui rasa les cheveux ; mais, par l’effet d’une puissance divine, il lui repoussa aussitôt une abondante chevelure. Après lui avoir arraché la peau du crâne, sur lequel ils appliquèrent des charbons ardents, les bourreaux lui enfoncèrent des broches incandescentes dans la poitrine, lui brûlèrent les côtes avec des torches, puis ils la jetèrent à la mer avec une lourde pierre attachée au cou. Mais, de nouveau délivrée miraculeusement, Charitine réapparut devant le comte pour lui montrer combien la foi des chrétiens est plus forte que toutes les tortures qu’il pouvait inventer. Après lui avoir fait arracher les dents et subir de nouveaux tourments, le tyran décida de l’outrager en la livrant à une maison de prostitution. Mais la sainte pria le Seigneur de lui épargner cette épreuve et, à l’instant même, elle rendit son âme à Dieu. Ses saints restes, jetés à la mer, échouèrent par miracle sur le rivage où Claudios, son maître, les récupéra et les ensevelit pieusement.

LES SAINTS HIÉRARQUES DE MOSCOU

La célébration le même jour des saints hiérarques Pierre, Alexis et Jonas fut instaurée par le patriarche Job en 1596. S. Philippe a été ajouté en 1875 et S. Hermogène, en 1913. Les autres hiérarques ont été ajoutés au XXè siècle lors de leur glorification.

Saint Pierre de Moscou entra au monastère à l’âge de douze ans. Plus tard, après avoir été ordonné prêtre, il reçut la bénédiction de son higoumène pour vivre dans la solitude, et ses hauts faits ascétiques le firent connaître dans toute la Volhynie. En 1308, le patriarche de Constantinople Athanase l’éleva au rang de métropolite de Russie. Le saint dut faire face à nombre de difficultés en raison du joug tartare, affirmant la vraie foi et s’efforçant de réconcilier les princes russes. En 1325, S. Pierre transféra le siège métropolitain de Vladimir à Moscou. Le saint prédit la libération de la Russie du joug tartare et s’endormit dans le Christ en 1326.

Saint Alexis de Moscou naquit en 1292 ou 1304, selon les sources. Dans son jeune âge, il reçut une vision. Alors qu’il avait déployé des filets pour capturer des oiseaux, il somnola et entendit une voix lui dire : « Alexis ! Pourquoi travailles-tu en vain ? Tu prendras au filet les hommes ! » Cela renforça sa piété et, à l’âge de quinze ans, il décida de devenir moine. En 1320, il entra au monastère de la Théophanie à Moscou, où il passa douze ans dans une ascèse stricte. Le métropolite Théognoste l’appela ensuite auprès de lui, pour être son vicaire épiscopal, tâche qu’il assuma durant douze ans. En 1350, il fut consacré évêque de Vladimir et, en 1354, il succéda au métropolite Théognoste, qui venait de décéder. Malgré l’époque troublée, S. Alexis s’occupait de son troupeau, consacrant des évêques et fondant des monastères. A maintes reprises, le saint dut se rendre à la horde d’or. Le khan lui demanda de guérir son épouse qui était aveugle, ce que le saint accomplit par la grâce Divine. S. Alexis vécut jusqu’à l’âge de septante-huit ans. Cinquante ans après son trépas, on découvrit que ses reliques étaient incorrompues.

Saint Jonas, natif de Kostroma, il devint moine à l’âge de douze ans, et vécut longtemps au monastère de S. Simon à Moscou. D’abord évêque de Riazan, il fut ensuite élu métropolite de Moscou et envoyé à Constantinople pour être confirmé dans sa nouvelle dignité. Mais un certain Isidore parvint plus vite que lui à Constantinople et réussit à se faire investir métropolite de Moscou à sa place. Jonas revint donc à Riazan. Quant à Isidore, il se rendit au Concile de Florence (1439), où il accepta l’union avec Rome et, de retour en Russie, le peuple fidèle à l’Orthodoxie le chassa. C’est alors que Jonas devint métropolite de Moscou, où il fut un pasteur bon et sage, doué du don des miracles et de clairvoyance. Lorsque les Agaréniens assiégèrent Moscou, Jonas les fit fuir par sa prière. Dans sa vieillesse, il pria pour être frappé par la maladie, afin de se présenter dans l’autre monde avec l’âme purifiée. C’est ainsi que le saint souffrit d’une plaie sur la jambe, en raison de laquelle il mourut le 31 mars 1461. De nombreux miracles se produisirent sur ses reliques.

Saint Philippe de Moscou naquit en 1507. Dans sa jeunesse, alors qu’il se trouvait à l’église, il entendit le prêtre lire ces paroles de l’Évangile : « Nul ne peut servir deux maîtres », et fut touché par ces versets, qu’il ressentait comme lui étant particulièrement adressés. Aussitôt, il partit au monastère de Solovki, où il devint moine après un noviciat long et difficile. Devenu par la suite higoumène, sa renommée s’étendit à toute la Russie. C’est pourquoi le tsar Ivan le Terrible le fit nommer métropolite de Moscou en 1566. Mais le saint ne pouvait rester indifférent aux méfaits du tsar, lui conseillant d’y mettre fin. Ses appels restant sans résultat, le saint fustigea publiquement le tsar qui, à l’aide de faux témoins chassa Philippe de son siège métropolitain, lui fit revêtir une simple soutane monastique, puis l’enferma à Tver. Le 23 décembre 1569, un confident du tsar vint dans la cellule de Philippe et l’étouffa avec un oreiller. Quelques années après, les reliques du saint furent trouvées incorrompues, dégageant un suave parfum, et elles furent transférées au monastère de Solovki.

Saint Hermogène fut d’abord prêtre à Kazan. Peu après, il prononça ses vœux monastiques et fut nommé archimandrite du monastère de la Transfiguration à Kazan. En 1589, il fut consacré évêque et devint le premier métropolite de Kazan où, durant son épiscopat, apparut l’icône miraculeuse de N.D. de Kazan. Le saint montra un grand zèle missionnaire, baptisant les Tartares. En raison de ses œuvres pastorales, le saint fut nommé patriarche de Moscou en 1606. Le saint exerça son ministère patriarcal au « temps des troubles », durant lequel le faux-Dimitri et le roi de Pologne Sigismond III cherchaient à convertir le peuple russe au catholicisme romain. S’adressant aux rebelles qui soutenaient l’imposteur, le patriarche les implora de rester fidèles à la foi orthodoxe et à l’État moscovite, et à se détourner du faux-Dimitri. Les lettres du patriarche, qui étaient distribuées dans les villes et les villages incitèrent le peuple russe à libérer Moscou de ses ennemis polonais et de leurs alliés. Ceux-ci, cependant, incendièrent la ville et incarcérèrent le patriarche qui vécut neuf mois en captivité, au terme desquels il mourut de faim le 17 février 1612.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Charitine, ton 4
Ta brebis, Ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * en ton baptême je suis ensevelie; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi, * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Tropaire des saints hiérarques de Moscou, ton 4
Primats de Russie, véritables gardiens des traditions apostoliques, colonnes inébranlables, maîtres de l’Orthodoxie, Pierre, Alexis, Jonas, Philippe, Hermogène, Philarète et Tykhon, priez le Maître de tous d’accorder la paix à l’univers et la grande miséricorde pour nos âmes.

Kondakion de sainte Charitine, ton 4
Empourprée par le sang du martyre, tu resplendis * de beautés célestes, Charitine, en t’écriant: * Tu es, Seigneur, l’allégresse des Martyrs.

Kondakion des hiérarques de Moscou, ton 3
Ô hiérarques, vous qui avez vécu dans la piété, vous avez guidé les hommes à la connaissance de Dieu, et vous fûtes fort agréables à Dieu ; aussi vous avez reçu de Lui l’incorruptibilité et avez été glorifiés par les miracles, comme disciples de la grâce Divine.

Évangile du jour
(Lc IV, 37-44)
En sortant de la synagogue, il se rendit à la maison de Simon. La belle-mère de Simon avait une violente fièvre, et ils le prièrent en sa faveur. S’étant penché sur elle, il menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. A l’instant elle se leva, et les servit. Après le couché du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Il imposa les mains à chacun d’eux, et il les guérit. Des démons aussi sortirent de beaucoup de personnes, en criant et en disant: Tu es le Fils de Dieu. Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ. Dès que le jour parut, il sortit et alla dans un lieu désert. Une foule de gens se mirent à sa recherche, et arrivèrent jusqu’à lui; ils voulaient le retenir, afin qu’il ne les quittât point. Mais il leur dit: Il faut aussi que j’annonce aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu; car c’est pour cela que j’ai été envoyé. Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.

22 septembre (ancien calendrier)/5 octobre (nouveau)

22 septembre (ancien calendrier)/5 octobre (nouveau)

Saint Phocas, évêque de Sinope, martyr (117) ; saint martyr Phocas le jardinier (vers 320) ; saint Maurice et ses compagnons dont : saints Exupère, Candide, Victor, Innocent et Vital, martyrs à Agaune, dits « les martyrs de la légion thébéenne » (vers 287) ; saint Saintin, évêque de Verdun (IV) ; saint Lô, évêque de Coutances (vers 568) ; saint Jonas, higoumène de lachezersk (XVI) ; saint Cosmas de Zographou ; saints 26 moines de Zographou, martyrisés par les Latins (1284) ; bienheureuse Parascève de Diveevo (1915) ; saint hiérarque Théodose de Brazi (Roumanie, 1694) ; saints néo-martyrs de Russie : Benjamin, évêque de Romanov (1930).

VIE DE SAINT PHOCAS DE SINOPE

Saint Phocas, évêque de Sinope, martyr (117)

Saint Phocas, évêque de Sinope, martyr (117)

Saint Phocas naquit dans la ville de Sinope, sur les bords de la mer Noire, d’un père nommé Pamphile, constructeur de bateaux, et d’une mère nommée Marie. Dès qu’il fut tiré des griffes de l’erreur païenne, Dieu lui accorda, jusqu’à sa mort, la grâce d’accomplir des miracles. Il devint par la suite évêque de Sinope et amena, tant par ses paroles inspirées que par ses miracles, de nombreux païens à la vraie foi. Dieu lui révéla de manière toute spéciale que le moment d’affronter le martyre était venu pour lui. Une colombe vint un jour se poser sur sa tête, y déposa une couronne et, lui adressant la parole avec une voix humaine, elle lui dit : « Une coupe a été préparée pour toi, tu dois maintenant la boire ! » Phocas comparut peu après devant le gouverneur Africanus et confessa avec assurance le Christ, vrai Dieu et vrai homme. Comme Africanus avait blasphémé le Nom du Christ et fait torturer le saint, un violent tremblement de terre se déclencha soudain, frappant de mort le gouverneur et ses soldats. À la demande de la femme du gouverneur, saint Phocas, miséricordieux à l’imitation de son Créateur, les releva par sa prière. Il fut ensuite conduit vers l’empereur Trajan (vers l’an l0l), qui le fit écorcher, puis jeter dans un bain surchauffé, où le saint remit son âme à Dieu. Après sa mort, saint Phocas fit encore de nombreux miracles pour ceux qui invoquaient avec foi son secours.

TROPAIRES DU JOUR
Tropaire du hiéromartyr Phocas, ton 4
Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. Aussi, dispensant fidèlement la Parole de Vérité, tu as lutté pour la Foi jusqu’au sang, ô Hiéromartyr Phocas, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion du hiéromartyr Phocas, ton 2
Comme un soleil portant la divine clarté * le Seigneur t’a placé au firmament de l’Eglise * pour éclairer la multitude des croyants, * illustre martyr Phocas; * et comme un parfum de bonne odeur * furent agréés ta vie, ta foi, tes combats * par le seul qui possède la miséricorde infinie.

Évangile du jour
(Lc III, 19-22)

Mais Hérode le tétrarque, étant repris par Jean au sujet d’Hérodias, femme de son frère, et pour toutes les mauvaises actions qu’il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d’enfermer Jean dans la prison. Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Dix-Neuvième semaine après la Pentecôte
Ephésiens 4:25-32 et Luc 3:19-22

Hérode est une image de l’amour de soi, irrité par sa conscience troublée, recevant des reproches de la Vérité; l’amour de soi cherche à échapper à ce désagrément en appliquant la force. Saint Jean le Précurseur est une image de la vérité persécutée par l’amour de soi de quelqu’un d’autre, quand cet amour de soi est en mesure de le faire.

Peu importe comment on assouplit la vérité avec tous les paroles adoucies et les tours de parole que l’amour tendre peut inventer, ne voulant pas nuire ou blesser un autre cœur, le visage de la vérité apparaîtra néanmoins aux yeux de la conscience, et y suscitera une tempête de dénonciation en son sein.

L’égoïsme est myope, il ne peut pas voir que la dénonciation n’est pas venue du dehors mais de l’intérieur, et il s’élève de toutes ses forces contre l’accusateur externe.

En bloquant ses lèvres, cet égoïsme s’attend également à réduire au silence la voix intérieure. Il ne réussit pas, cependant, il ne dirige pas son inquiétude dans la bonne direction. Il faut apaiser la conscience, puis, peu importe le nombre accusateurs externes il y aura, ils ne dérangeront pas le monde intérieur, mais au contraire ils l’approfondiront, forçant le sujet à recueillir des convictions qui calment de l’intérieur: la foi dans le Seigneur crucifié, la sincérité de la repentance et de la confession, et la fermeté dans la résolution de ne rien faire contre sa conscience.

C’est là ce qu’il faut considérer, et non pas continuer à mettre tous les Jean-Baptiste en prison, car la parole de vérité de Dieu chemine partout sur la terre, et tout homme est un Jean-baptiste accusateur pour nous.

Version française Claude Lopez-Ginisty

4 octobre

4 octobre

Saint hiéromartyr Hiérothée, évêque d’Athènes, sainte martyre Domnine d’Édesse et ses filles Bernice et Prosdoquée (305), saints martyrs Gaius, Fauste, Eusèbe et Chaeremon d’Alexandrie (III), saint Adaucte, martyr à Mélitène (IV), saint Amon (vers 350) et saint Paul le simple (IV) d’Égypte, sainte Aure, vierge, abbesse à Paris (666), saint hiéromartyr Pierre, évêque de Bostra (715), saint Jean Lampadiste, thaumaturge à Chypre (X), saint Vladimir, prince de Novgorod, thaumaturge (1052) ; saints Onésime, Hellade et Amon, reclus des Grottes de Kiev (XIII) ; invention des reliques de saint Gourias, évêque de Kazan, et de saint Barsanuphe, évêque de Tver (1595), saint Étienne Štiljanović, despote de Srem (1540),saint Eudémos Ier, catholicos de Géorgie (1643), saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Voznesensky), prêtre (1918), Nicolas (Verechtchaguine), Michel (Tverdovsky), Jacques (Bobyrev) et Tikhon (Arkhanguelsky), prêtres, Basile (Tzvetkov), moine (1937), sainte Chionia (Arkhanguelsky), confesseur (1945).

SAINT HIÉROTHÉE D’ATHÈNES

Saint Hiérothée était, avec saint Denys, un des neuf membres de l’Aréopage. Ils étaient du nombre des quelques auditeurs de saint Paul qui se convertirent, lorsque ce dernier prêcha à Athènes. Quand l’Apôtre repartit, Hiérothée devint le premier évêque d’Athènes, et il se chargea d’initier Denys aux mystères que Dieu avait accordés à son intelligence céleste de contempler. Emporté sur les nuées, avec les apôtres et les saints hiérarques, pour assister aux funérailles de la Mère de Dieu, il entonna alors les hymnes divines avec une telle ferveur, tout entier hors de lui-même et plongé dans la contemplation, qu’il apparut à tous comme divinement inspiré. Ainsi que nous l’avons mentionné dans la notice consacrée à saint Denys [3 oct.], saint Hiérothée ne livra point par écrit le fruit de ses contemplations, ou du moins celles-ci ne nous ont été transmises que sous forme de fragments parmi les œuvres de son disciple. Après avoir réjoui le Seigneur par sa vie et ses enseignements, il s’endormit dans la paix, laissant Denys lui succéder.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!

Tropaire de saint Hiérothée, ton 4
Maître en douceur, sobre en tout * et de noble conscience, comme prêtre, revêtu, * au Vase d’élection tu as puisé * les ineffables vérités; * tu as gardé la foi et, comme lui, * mené ta course à bonne fin; * pontife et martyr Hiérothée, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Hiérothée, ton 8
Comme évêque d’Athènes nous te célébrons, * nous qui avons connu d’ineffables mystères grâce à toi, * théologien divinement inspiré, bienheureux Hiérothée; * intercède pour que nous soyons sauvés de tout malheur, * afin que nous puissions te dire à haute voix: * Réjouis-toi, vénérable Père sage-en-Dieu.

Kondakion du dimanche du 1er ton
Ô Dieu, Tu es ressuscité du tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la résurrection ! »

Évangile du jour
(Lc V,1-11)
Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d’où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait la foule. Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L’ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit: Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d’hommes.

21 septembre (ancien calendrier) 4 octobre (nouveau)

21 septembre (ancien calendrier) 4 octobre (nouveau)

Clôture de l’Exaltation de la Croix ; saint Codrat, apôtre, martyr à Magnésie (vers 130) ; saint prophète Jonas ; saint Jonas le sabbaïte, prêtre, père de saints Théodore et Théophane « les marqués », compositeurs d’hymnes (IX) ; saint Isaac et saint Mélèce, évêques de Chypre ; saints Eusèbe et Prisque, martyrs ; saint Castor, évêque d’Apt (vers 426) ; saint Daniel de Choujgorsk (XVI) ; saint Joseph de Zaonikiev (1612) ; translation des reliques de saint Dimitri de Rostov (en 1752) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Fedoseev), Alexis (Stabnikov), Constantin (Chirokinsky), Jean (Flerov) (1918) ; Maurice (Poletaïev), moine, Basile (Kondratiev) (1937) ; Valentin (Nikolsky), Alexandre (Beliakov), Jean (Lazarev), André (Benediktov), Pierre (Sakharovsky), Jean (Nikolsky), prêtres (1937) ; Jean (Bystrov), prêtre (1938) ; Basile (Krymkine), prêtre (1942).

VIE DE SAINT CODRAT DE MAGNÉSIE

Saint Codrat, apôtre, martyr à Magnésie (vers 130)

Saint Codrat, apôtre, martyr à Magnésie (vers 130)

Saint Codrat (Quadratus) vivait au temps des Apôtres. Il était sage et savant et, devenu disciple du Christ, il reçut en abondance la grâce du Saint-Esprit. Il fut consacré évêque d’Athènes où il amena de nombreux païens à la foi par ses paroles divines, qui laissaient sans réponse les orgueilleux sophistes. Mais un tel succès excita la jalousie des ennemis du Christ, qui le chassèrent de son diocèse après l’avoir frappé à coups de pierres et lui avoir fait subir bien d’autres tourments. Il se rendit alors dans la ville de Magnésie en Lydie (aujourd’hui Manisa), où son enseignement lumineux fit merveille pour repousser les ténèbres de l’idolâtrie. Il reçut la couronne du martyre sous le règne d’Hadrien (vers 117). Son corps, qui était vénéré à Magnésie, procurait guérison et réconfort à tous ceux qui s’en approchaient avec foi.
Vie du saint PROPHÈTE JONAS
Jonas est un des douze « petits prophètes » de l’Ancien Testament. Il était fils d’Amittay, qui était de Gat-hahépher, situé près de la ville d’Azot, au bord de la mer, dans le territoire des Philistins. Il vécut au cours du VIIIe siècle av. J.-C., et avait prédit au roi d’Israël Jéroboam II (788-748) que son royaume serait rétabli dans ses anciennes frontières. Un jour, le Seigneur lui ordonna d’aller annoncer à Ninive sa destruction prochaine, si ses habitants ne se repentaient pas. Pris de peur, et pressentant que la miséricorde divine allait démentir sa prédication, car il savait qu’Il est un Dieu de miséricorde et de compassion, lent à la colère, riche en grâce et se repentant du mal (Jon 4, 2), Jonas chercha à s’enfuir loin du Seigneur, aussi s’embarqua-t-il à Joppé en direction de Tarsis (Espagne). Mais Dieu, qui est partout présent et remplit tout, déclencha une violente tempête, si bien que le vaisseau menaçait de se briser. Les marins, ayant appris que Jonas était la cause de cette tempête, le jetèrent à la mer qui se calma aussitôt. Au moment où il tombait à l’eau, Jonas fut englouti par un monstre marin. Pendant les trois jours et trois nuits qu’il passa dans le ventre de l’animal, en prophétie du séjour du Christ dans les entrailles de la terre, il élevait vers Dieu cette prière :

Dans ma tribulation, j’ai crié vers le Seigneur mon Dieu,
et Il m’a exaucé ; Il a écouté ma voix, ma clameur du sein des enfers (…)
Je suis descendu vers la terre
dont les serrures se ferment pour l’éternité ;
et Tu as fait remonter ma vie de la corruption,
vers Toi, Seigneur mon Dieu (Jon 2, 3, 7)

Au bout de trois jours, sur un ordre divin, la bête rejeta Jonas sain et sauf sur le rivage. Il partit donc pour Ninive et parcourut la ville pendant trois jours en proclamant : Encore quarante jours et Ninive sera détruite ! À sa grande surprise, les habitants crurent à sa parole, se repentirent et publièrent un jeûne universel, auquel ils soumirent même leurs animaux, si bien que Dieu apaisa sa colère et ne les châtia point. Dépité, Jonas reprocha à Dieu sa miséricorde et il se retira à l’orient de la ville dans une petite hutte. Le Seigneur fit pousser un ricin pour l’abriter de son ombre et lui procurer ainsi quelque consolation. Mais, le lendemain, à la pointe de l’aube, un ver piqua le ricin qui se dessécha. Accablé par le soleil et par un vent d’Est brûlant, le prophète demanda la mort. Dieu lui répondit que si son serviteur s’affligeait pour ce ricin qui en un jour disparaît, à combien plus forte raison ne devrait-Il pas, Lui, avoir pitié de cette cité de plus de cent vingt mille habitants. Dieu enseignait ainsi à Jonas, et à toutes les générations, qu’Il préfère la miséricorde à la justice, et qu’en tout temps, Il attend la conversion des pécheurs pour les faire vivre et non mourir.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 1
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire du saint apôtre Codrat, ton 3
Saint apôtre Codrat, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint hiéromartyr, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * hiéromartyr, illustre Phocas, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Kondakion du saint apôtre Codrat, ton 8
Comme pontife vénérable et courageux martyr * l’univers te présente, Seigneur, le saint apôtre Codrat * et glorifie par des hymnes sa mémoire sacrée, * sans cesse demandant que soit accordée * la rémission de leurs fautes à ceux qui chantent: Alleluia.

Kondakion du saint hiéromartyr Phocas, ton 2
Comme un soleil portant la divine clarté * le Seigneur t’a placé au firmament de l’Eglise * pour éclairer la multitude des croyants, * illustre martyr Phocas; * et comme un parfum de bonne odeur * furent agréés ta vie, ta foi, tes combats * par le seul qui possède la miséricorde infinie.

Kondakion du dimanche, ton 1
Ô Dieu, Tu es ressuscité du tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la résurrection ! »

Évangile du jour
(Matth. XVIII, 23-35)

C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dix-huitième Dimanche après la Pentecôte
Hébreux 4:14-5:6, Marc 8:34-9:1

Quiconque veut me suivre, qu’il renonce à lui, et qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (Marc 8:34). Il est impossible de suivre le Seigneur en tant que porteur de croix sans croix, et quiconque le suit, chemine immanquablement avec une croix. Quelle est cette croix? Il y a toutes sortes de désagréments, de charges et d’afflictions qui pèsent lourdement à la fois intérieurement et à l’extérieur, le long de la voie de la réalisation consciente des commandements du Seigneur, dans une vie selon l’esprit de Ses instructions et de Ses exigences.
Une telle croix fait tellement partie d’un chrétien que partout où il y a un chrétien, il y a cette croix, et où il n’y a pas une telle croix,il n’y a pas de chrétien.
Des privilèges abondants et une vie de plaisir ne conviennent pas à un vrai chrétien. Sa tâche est de se purifier et de se réformer. Il est comme une personne malade, qui a besoin de la cautérisation, ou de l’amputation, comment cela peut-il être sans douleur?
Il veut s’arracher à la captivité d’un ennemi puissant, mais comment cela peut-être sans lutte et sans blessures? Il faut aller à l’encontre de toutes les pratiques qui l’entourent, mais comment peut-il soutenir cela sans contrainte et sans inconvénient?
Réjouissez-vous quand vous sentez la croix sur vous-même, car c’est un signe que vous suivez le Seigneur sur le chemin du salut qui conduit au Ciel.
Supportez un peu cela. La fin est toute proche, ainsi que les couronnes!

Version française Claude Lopez-Ginisty

20 septembre (ancien calendrier)/3 octobre (nouveau)

20 septembre (ancien calendrier)/3 octobre (nouveau)
Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; saint Eustathe-Placide (Eustache), grand-martyr à Rome, avec son épouse, sainte Théopistée et leurs fils Agapios et Théopiste (vers 118) ; saint Hypatios, évêque, avec saint André, prêtre, confesseurs, martyrs à Constantinople (vers 735) ; saint Michel, prince de Tchemigov et saint Théodore, thaumaturges, martyrs (1254) ; saint Oleg, prince de Briansk, moine (vers 1280) ; saint Hilarion le Crétois, néo-martyr grec (1804) ; saints néomartyrs de Russie : Théoctiste (Smelnitsky) et Alexandre (Tetiouïev), prêtres (1937).

VIE DU SAINT GRAND-MARTYR EUSTATHE-PLACIDE

Saint Eustathe-Placide (Eustache), grand-martyr à Rome, avec son épouse, sainte Théopistée et leurs fils Agapios et Théopiste (vers 118) ; miniature d'un manuscrit greco-géorgienne, XVe s.

Saint Eustathe-Placide (Eustache), grand-martyr à Rome, avec son épouse, sainte Théopistée et leurs fils Agapios et Théopiste (vers 118) ; miniature d’un manuscrit greco-géorgienne, XVe s.

Saint Eustathe, alors qu’il portait encore le nom de Placide et sa femme celui de Tatienne, était général et vivait à Rome sous le règne de Trajan (vers 100). Bien qu’il fût païen, il brillait par ses vertus, en particulier par son amour des pauvres. Voyant les bonnes dispositions de sa nature, Dieu se révéla à lui de manière semblable à celle qu’il utilisa pour l’Apôtre Paul. Un jour où Placide poursuivait un grand cerf dans la forêt, et qu’il était près de l’atteindre, il vit soudain apparaître entre les cornes de l’animal une croix plus lumineuse que le soleil, sur laquelle on distinguait le Christ. Puis il entendit une voix lui dire : « Placide, pourquoi me poursuis-tu ? Je suis le Christ, que tu honores sans le savoir par tes bonnes œuvres. C’est parce que je suis venu sur terre et y ai pris forme humaine pour sauver le genre humain, que je t’apparais aujourd’hui, afin de te capturer dans les filets de mon amour pour les hommes. » Stupéfait et frappé de terreur, Placide tomba de son cheval et resta sans connaissance pendant plusieurs heures. Le Christ lui apparut une seconde fois, pour confirmer l’authenticité de sa vision et lui annoncer que, par nature, il est Dieu, Créateur du ciel et de la terre, et que c’est par amour des hommes qu’il a assumé la nature humaine. Placide crut alors de tout son cœur et se fit baptiser avec toute sa maison. Il changea son nom pour celui d’Eustathe, son épouse pour celui de Théopistée, et leurs deux fils reçurent les noms d’Agapios et Théopistos.

Constatant sa foi et sa vertu, le Seigneur lui apparut une nouvelle fois et lui annonça qu’il serait amené, comme Job, à endurer de nombreuses épreuves de la part du démon, mais que la grâce ne l’abandonnerait pas. Cette prédiction ne tarda pas à se réaliser. Saint Eustathe se vit soudain privé de tous ses biens, aussi décida-t-il de partir pour l’Égypte, avec sa femme et ses enfants. Au moment de débarquer, le capitaine du navire, un barbare rude et débauché, s’empara de sa femme, sous prétexte qu’il n’avait pas payé le prix convenu pour la traversée. Eustathe, éploré, continua néanmoins sa route. Tandis qu’il aidait un de ses fils à traverser un fleuve, un lion ravit celui qui était resté sur la berge. Eustathe se porta au secours de son fils, mais un loup s’empara alors du premier enfant, laissant ce nouveau Job, seul, ruiné, sans autre secours que sa foi et son espérance en la miséricorde du Seigneur. Celui qui, quelque temps auparavant, brillait parmi l’aristocratie romaine, allait désormais de lieu en lieu, vivant de petits travaux, mais gardant sa foi en Dieu aussi solide que le diamant. Il se fixa finalement dans un bourg nommé Badissos, où il était employé à la surveillance des vergers, non loin de l’endroit où vivaient ses deux fils, qui avaient été délivrés de la dent des fauves et recueillis séparément par des bergers.

Quinze ans plus tard, les barbares, chez lesquels Théopistée se trouvaient captive, se préparaient à envahir en grand nombre la terre des Romains. Comme on ne pouvait trouver un chef d’armée assez habile pour leur résister, l’empereur se souvint alors d’Eustathe, de son courage, de ses nombreuses victoires, et il le fit quérir. Lorsque le bienheureux parut à la cour, c’est tout juste si on le reconnut, tant la pauvreté et les afflictions avaient marqué ses traits. L’empereur lui rendit ses titres et ses biens, et le mit à la tête d’une armée qui, avec l’assistance de Dieu, repoussa l’ennemi. C’est au cours de cette campagne que, pour ne pas laisser la patience du saint sans récompense dès cette vie, le Seigneur permit à Eustathe de retrouver son épouse et ses fils.

Rentrant à Rome triomphant, il fut couvert de biens par le nouvel empereur, Hadrien (117138), qui lui demanda d’offrir un sacrifice aux idoles en action de grâces pour sa victoire. Eustathe lui répondit que cette victoire était due au seul Christ Sauveur, et non à la puissance illusoire des faux dieux. Cette réponse déclencha la colère du souverain, qui le priva à nouveau de tous ses biens et le livra, avec sa femme et ses fils, en pâture aux lions. Comme les bêtes n’osaient pas les toucher, ils furent jetés dans un chaudron d’airain incandescent ayant la forme d’un bœuf, où ils rendirent leurs âmes à Dieu. Trois jours après, leurs corps furent découverts intacts, à la stupeur des païens mais à la joie des fidèles, lesquels reconnurent à ce signe que la grâce de Dieu habitait les corps des saints martyrs, qui leur étaient laissés pour consolation.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire des saints martyrs Eustathe, son épouse et ses enfants, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Eustathe, son épouse et ses enfants, ton 2
Imitant les souffrances du Christ * et buvant son calice avec foi, * Gloire à ta puissance, Eustathe, tu communias à sa gloire, dont tu devins l’héritier, * ayant reçu du Dieu de tous la divine rémission.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Évangile du jour
(Matth. XIX, 3-12)

Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver: Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit: N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier? Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. Ses disciples lui dirent: Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit: Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
Actes 10:44-11:10; Jean 8:21-30

Ils ont demandé au Seigneur: Qui es-tu? Il répondit: Ce que je vous dis dès le commencement. (Jean 8:25). Il est devant, derrière lui sont les saints apôtres, derrière les apôtres sont les pasteurs et les enseignants et toute l’Eglise du Christ. Jugez maintenant qui est l’avant-garde véritable.

Depuis si longtemps tant de gens les ont suivis et les suivent toujours; ils n’ont pas cessé d’être devant, car ils continuent d’être devant, tandis que les autres les suivent. Ainsi, pour nous, chrétiens, il y a déjà une avant-garde, et si quelqu’un tente de pousser de nouvelles personnes à l’avant, il est évident qu’ils doivent être compris comme une position d’avant-garde dans la direction opposée, c’est-à-dire, sur le chemin qui mène au fond de l’enfer. Il n’y a rien à ajouter à cela.

Soyez sur vos gardes- car qui parmi vous est l’ennemi de lui-même? Essayez seulement de comprendre cela d’une manière réelle, tenez fermement à la vérité connue du Christ, et laissez les autres dire ce qu’ils veulent.

Version française Claude Lopez-Ginisty

2 octobre

2 octobre
Jour de jeûne

Saint hiéromartyr Cyprien, la vierge Justine, et le martyr Théoctiste, de Nicomédie (304), bienheureux André le fol en Christ (936), saint hiéromartyr Léger, évêque d’Autun (679), bienheureuse princesse Anne de Kachine (1338), saint Cassien d’Ouglitch (1504), saints martyrs David et Constantin, princes de Géorgie (740), saint néo-martyr Georges de Philadelphie, en Asie Mineure (1794), saint Théodore Ouchakov (1817), saints néo-martyrs de Russie : martyre Alexandra (Boulgakov) (1938).

SAINT HIÉROMARTYR CYPRIEN ET LA VIERGE JUSTINE

Saint hiéromartyr Cyprien, la vierge Justine ,(304)

Cyprien vivait à Antioche sous le règne de l’empereur Dèce (vers 250). Il était riche et de noble naissance, et brillait particulièrement dans la philosophie ainsi que dans les pratiques magiques. À cette époque vivait également à Antioche Justa, une jeune vierge à la beauté éblouissante, fille d’Aidesios, prêtre des idoles. Elle assista un jour à la prédication du diacre Praülios, venu répandre les paroles de la vie éternelle dans le peuple, et en fut si frappée qu’elle crut immédiatement, de tout son cœur, au Christ. La foi et l’amour de Dieu la transformèrent à tel point qu’elle entraîna sa mère, qui convainquit à son tour son époux, si bien qu’ils demandèrent tous les trois le saint baptême à l’évêque Optat. Par la suite, Justa décida de consacrer sa virginité au Seigneur et de demeurer tout le reste de sa vie dans la chasteté, le jeûne et la prière. Un jeune païen, nommé Aglaïdas, était tombé éperdument amoureux de Justa. Désespéré en voyant toutes ses avances repoussées, il s’adressa à Cyprien, afin de provoquer la passion dans le corps de la pure vierge au moyen de ses sortilèges. Après avoir consulté ses livres, Cyprien invoqua les démons dont il s’était assuré les services. Mais rien ne pouvait parvenir à déclencher en la jeune fille les assauts de la concupiscence, tant son amour pour son céleste Époux était ardent. Constatant, à trois reprises, que les démons envoyés à Justa avaient été vaincus par la grâce du Christ et le signe de la Croix, Cyprien reconnut que la foi des chrétiens avait une puissance supérieure à tous les artifices de son art démoniaque. Il crut lui aussi à Dieu, demanda le baptême à l’évêque Anthime, renonça à sa science et brûla publiquement ses livres de magie. Par la suite, il devint lui-même évêque et consacra Justa diaconesse, lui donnant le nom de Justine. Pendant la persécution de Dèce, ils furent arrêtés tous les deux, et emmenés à Damas pour y être torturés. On les conduisit ensuite à Nicomédie, où ils eurent la tête tranchée sur ordre de l’empereur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyprien, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Cyprien, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Cyprien, ton 8
Comme pontife vénérable et courageux martyr * l’univers te célèbre dignement, illustre Cyprien, * et glorifie par des hymnes ta mémoire sacrée, * sans cesse demandant que soit accordée grâce à toi * la rémission de leurs fautes à ceux qui chantent: Alléluia.

Évangile du jour
(Lc IV,22-30)

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

19 septembre (ancien calendrier)/2 septembre (nouveau)

19 septembre (ancien calendrier)/2 septembre (nouveau)
Jour de jeûne
Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; Saints Trophime, Sabbace et Dorymède, martyrs à Antioche de Pisidie (276), sainte martyre Zosime, ermite (IV) ; saint hiéromartyr Janvier, évêque de Bénévent et ses compagnons (305) ; saint Eustoche, évêque de Tours (361) ; saint Théodore, prince de Smolensk (1299) et ses fils saints David et Constantin ; saint Igor, prince de Tchernigov et de Kiev (1147) ; saints néomartyrs de Russie : Constantin (Goloubev), prêtre (1918) ; Nicolas (Iskrovsky), prêtre (1919) ; Nil (Smirnov), prêtre et Marie (Mamontov-Chachine), moniale (1938).

VIE DES SAINTS MARTYRS TROPHIME, SABBACE ET DORYMÉDON

Saints Trophime, Sabbace et Dorymède, martyrs à Antioche de Pisidie (276)

Saints Trophime, Sabbace et Dorymède, martyrs à Antioche de Pisidie (276)

Ces saints martyrs vécurent sous le règne de l’empereur Probus (276-282). De passage à Antioche de Pisidie, alors qu’on y célébrait la fête d’Apollon, Trophime et Sabbace furent tout affligés de voir les habitants en délire. Ils adressèrent à Dieu d’ardentes prières pour le salut de la ville et se déclarèrent publiquement chrétiens. On les emmena devant le gouverneur, qui fit d’abord interroger et ensuite torturer Trophime. Celui-ci fut si violemment flagellé, que la terre était couverte de son sang. Sabbace comparut à son tour, et il fut frappé au visage après avoir confessé le Christ. Puis, on lui déchira les flancs avec des ongles de fer, on lui déboîta les articulations et on lui piétina le ventre jusqu’à ce qu’il rende l’âme au milieu de ces supplices. Trophime, quant à lui, fut chaussé de sandales couvertes de clous et envoyé à Synnades, auprès de Perennius Dionysius, gouverneur de Phrygie. Comme il continuait à confesser hardiment le Christ, les soldats le flagellèrent pendant de longues heures, puis couvrirent ses plaies de sel et de vinaigre après les avoir brûlées avec des torches. Dorymédon, le premier des conseillers de la ville, rendit alors visite à Trophime dans la prison et se déclara, lui aussi, chrétien devant le gouverneur, qui lui fit déchirer les joues et les côtes avant de lui faire arracher les dents. Après bien d’autres supplices, le magistrat le fit comparaître devant son tribunal en compagnie de Trophime. Comme les saints n’en mettaient que plus d’ardeur à proclamer l’amour du Christ plus fort que la mort, Perennius leur fit arracher les yeux, puis il les livra aux bêtes. Celles-ci ne les ayant pas touchés, respectant la grâce qui était en eux, le gouverneur ordonna de les décapiter.

VIE DE ST JANVIER, ÉVÊQUE DE BÉNÉVENT

saint hiéromartyr Janvier, évêque de Bénévent et ses compagnons (305)

saint hiéromartyr Janvier, évêque de Bénévent et ses compagnons (305)

Saint Janvier, évêque de l’Église de Bénévent en Campanie (Italie), fut arrêté avec ses compagnons au temps de la persécution de Dioclétien (vers 305), sur ordre du gouverneur Timothée. Chargés de chaînes, ils furent jetés en prison et soumis à la torture. Saint Janvier fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, d’où il ressortit indemne, préservé par la grâce divine. Craignant que le peuple, enthousiaste devant ce miracle, ne se convertisse en masse, le tyran donna l’ordre de le décapiter sans retard. On raconte que le peuple de Naples se précipita pour le délivrer, mais que le saint les en empêcha en leur promettant que, par le martyre qu’il allait souffrir, il deviendrait pour la suite des siècles le protecteur de la ville. Effectivement le saint martyr, transféré à Naples, est resté au cours des âges le protecteur de la cité, aussi bien pendant des épidémies qu’à l’occasion d’éruptions du Vésuve, dont il arrêta le fleuve de lave avant qu’il ne détruise tout sur son passage. Avec son précieux chef, on garde jusqu’à aujourd’hui dans la cathédrale de Naples une fiole pleine de sang qui, périodiquement, et jusqu’à vingt fois dans l’année, se liquéfie et semble bouillonner, comme s’il était encore tout frais. Plusieurs années après le martyre de saint Janvier, lorsque la persécution eut cessé et que le christianisme put se répandre avec éclat dans tout l’Empire romain, une pauvre veuve, nommée Maximienne, vint à perdre son fils unique. Comme elle pleurait, inconsolable, devant l’église, elle vit soudain une étoffe, sur laquelle était imprimée l’image du saint martyr, suspendue au-dessus de la porte. Se souvenant de l’exemple de la Sounamite, dont le fils avait été ressuscité par le prophète Élisée (II Rois IV, 35), elle prit alors l’image sainte et l’appliqua sur le corps inanimé de son fils, tout comme l’avait fait autrefois le prophète en s’étendant sur l’enfant, sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux et ses mains contre ses mains, puis elle pria avec larmes le saint d’intervenir auprès de Dieu pour que son fils lui soit rendu. Et aussitôt, Dieu ressuscita l’enfant par l’intercession de saint Janvier.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire des saints martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon, ton 8
Le Dieu qui est loué dans la Trinité a glorifié la triade des martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon; ayant cru en Lui, ils ont renversé l’ennemi; par leurs prières, ô Christ notre Dieu, aie pitié de nous.

Kondakion des saints martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon, ton 8
Comme pilier des Athlètes et soutien de la foi * l’Eglise te vénère et glorifie ton martyre lumineux; * bienheureux Trophime illustre et courageux martyr, * avec tes compagnons de lutte, procure le pardon * à ceux qui te chantent comme invincible au combat.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Évangile du jour
(Matth. XXIV, 27-33, 42-51)
Comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles. Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur, qui dise en lui-même: Mon maître tarde à venir, s’il se met à battre ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites: c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
I Corinthiens 4:13-18; Matthieu 24:27-33, 42-51

Veillez, car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra. Si seulement on se souvenait de ceci, il n’y aurait pas de pécheurs. Mais on ne s’en souvient pas, même si chacun sait que c’est incontestablement vrai. Même les ascètes les plus stricts ne furent pas assez forts pour se garder facilement dans cet esprit, et faire des efforts pour le fixer dans leur conscience afin qu’il ne les quitte pas, l’un d’eux gardait un cercueil dans sa cellule, un autre suppliait ses compagnons ascètes de lui poser des questions sur son cercueil et sa tombe, une autre conservait des images de la mort et du Jugement, une autre par d’autres moyens…
Si la mort ne touche pas une âme, l’âme ne m’en souvient pas. Mais en aucune manière, ce qui suit immédiatement la mort ne peut ne pas toucher une âme, une âme, ne peut qu’être préoccupée par cela, car c’est le jugement de son destin pour des siècles éternels.
Pourquoi une âme ne se souvient-elle pas de cela? Elle se trompe en pensant que la mort ne viendra pas de sitôt, et que peut-être, de quelque manière, rien ne va mal pour nous. Combien c’est amer!
Il va sans dire que l’âme qui demeure dans de telles pensées est négligente et indulgente envers elle-même. Alors, comment peut-elle penser que le jugement sera favorable pour elle? Non, on doit se comporter comme un étudiant qui fait face à un examen: peu importe ce qu’il fait, l’examen ne délaisse pas sa tête; un tel souvenir ne lui permet pas de perdre même une minute en vain, et il utilise tout son temps pour se préparer pour l’examen. Quand acquerrons-nous une telle mentalité!

Version française Claude Lopez-Ginisty

1er octobre

1er octobre

PROTECTION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU. Saint apôtre Ananie, des soixante-dix, saint Romain le Mélode (vers 556), saint Mirian, roi d’Ibérie et son épouse Nana (IVème s.), saint martyr Domnin de Thessalonique, saint Rémi de Reims (533), saint Bavon de Gand (654), saints moines et martyrs Michel, higoumène du monastère de Zobée et ses trente-six compagnons (780-790), saint Sabas de Vichéra (1461), saint Jean Coucouzèle du Mt Athos (XIIIème s.), saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Stavrovsky), prêtre (1918), Michel (Vologodsky), prêtre (1920), Alexandre (Agafonik), Georges (Arkhangelsky), Nicolas (Kouliguine), prêtres, Jean (Artemov) (1937).

LA FÊTE DE LA PROTECTION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU

Sous le règne de l’empereur byzantin Léon le Grand (886-912) vivait à Constantinople un fol en Christ, dont le nom était André. A ce sujet, il convient de mentionner que « la folie en Christ » constitue une catégorie particulière, très élevée, de l’ascèse chrétienne. Se donnant volontairement l’aspect d’hommes insensés, les « fols en Christ » étaient constamment exposés aux offenses et délaissés par tous. La nourriture, le vêtement, le toit, semble-t-il ne constituaient pas pour eux une nécessité absolue. Malgré cela, ils avaient constamment les yeux de l’esprit et du cœur élevés vers Dieu, qui leur donnait des dons tels que celui de clairvoyance. En souvenir de la vision suivante de St André le fol en Christ, fut établie la fête du Voile (ou de la Protection) de la Mère de Dieu : lors de la vigile célébrée en l’église des Blachernes à Constantinople, où était gardée la robe avec le mamphorion et une partie de la ceinture de la Mère de Dieu, vint le bienheureux André. Là se trouvait aussi Épiphane, disciple de St André, et l’un de ses serviteurs. Selon son habitude, André se tenait debout, parfois jusqu’a minuit, parfois jusqu’au matin, en fonction de ses forces. A la quatrième heure de la nuit, le bienheureux vit une Femme majestueuse s’avancer depuis les portes de l’église en compagnie de St Jean Baptiste, St Jean le Théologien et de nombreux autres saints en vêtements blancs. Lorsqu’Elle s’approcha de l’ambon, St André dit à St Epiphane : « Vois-tu la Dame et Reine du monde ? » « Je la vois, père spirituel », répondit-il. Et lorsqu’ils regardèrent, ils virent qu’Elle priait longuement pour le peuple présent. A la fin de la prière, elle ôta le voile qu’elle portait sur la tête, brillant comme un éclair, et l’étendit au-dessus de la foule. Le voile était si grand qu’il recouvrit toute la nombreuse assemblée, mais restait suspendu en l’air, soutenu par une force mystérieuse. La Mère de Dieu s’éleva alors dans le ciel et disparut, laissant au peuple chrétien son saint voile en garantie de sa protection bienveillante. Dans l’office de ce jour la sainte Eglise loue la Très Sainte Mère de Dieu comme « la magnifique Protection du monde entier », et elle La prie de nous protéger par son « omophore de miséricorde ». L’église des Blachernes a été détruite par un incendie en 1434, et il n’en est resté que la source miraculeuse de la Mère de Dieu. Sur cet endroit même a été construit une nouvelle église en 1867, qui existe jusqu’à nos jours. La source miraculeuse, dont l’eau opère de nombreuses guérisons, se trouve dans l’église même.

St Romain le Mélode était originaire de Syrie et était sacristain de l’église Sainte-Sophie de Constantinople. Peu lettré, il ne participait pas au chant liturgique lors de l’office. Une fois, lors de l’octave de la Nativité du Christ, alors que l’empereur était présent, les clercs l’obligèrent à monter sur l’ambon et à chanter. Cela peina profondément saint Romain, et il pleura longuement à l’issue de l’office, priant ardemment devant l’icône de la Mère de Dieu. La nuit même, Celle-ci lui apparut en vison et lui donna un parchemin, qu’elle lui ordonna de manger, ce qu’il fit. A son réveil, le saint ressentit en son cœur une joie spirituelle, et une illumination inhabituelle de son esprit. Venant à l’église, il monta sur l’ambon et chanta d’une voix douce le chant qu’il avait composé : « En ce jour la Vierge enfante Celui qui est transcendant », chant qui devint par la suite le kondakion de la Nativité du Christ. Tous furent en admiration devant la sagesse du sacristain illettré. St Romain devint diacre et s’endormit dans le Seigneur à la fin du Vème siècle, nous ayant laissé de nombreux offices. Des canons de St Romain ont été traduits en français et édités dans la Collection « Sources et autres parties de l’office liturgique composé par lui. Les hymnes Chrétiennes » (Éd. du Cerf). St Jean de Changhaï († 1966) avait promulgué un décret selon lequel le jour de St Romain le mélode était fixée la fête des chantres du diocèse d’Europe Occidentale. A la fin de la Liturgie, on devait leur chanter « ad multos annos ».

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête de la Protection de la Mère de Dieu, ton 4
En ce jour, célébrons cette fête avec joie ô peuples fidèles, à l’ombre de Ta venue, Mère de Dieu, et élevant le regard vers Ta très pure icône, disons avec attendrissement : protège-nous par Ton vénérable voile, et délivre-nous de tout mal, priant Ton Fils le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Romain le Mélode, ton 3
Zélateur depuis ta jeunesse de la vie égale à celle des anges, tu obtins la foi, l’humilité et la patience, ô vénérable Romain le Mélode, et tu fus la demeure de l’Esprit Saint  et aussi l’élu de la Mère de Dieu, de Laquelle tu reçus miséricordieusement le don de glorifier Dieu. Aussi, prie pour nous, tes indignes disciples, afin que nous chantions avec toi d’une voix douce le Dieu prééternel incarné pour nous.

Kondakion de la fête de la Protection de la Mère de Dieu, ton 3
La Vierge en ce jour est présente à l’église, et prie invisiblement Dieu pour nous avec le chœur des saints ; les anges se prosternent avec les pontifes, les apôtres avec les prophètes constituent des chœurs ; la Mère de Dieu prie pour nous le Dieu Prééternel.

Évangile du jour
(Lc. X, 38-42 ; XI, 27-28)

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité! Et il répondit: Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent!

18 septembre (ancien calendrier)/1er octobre (nouveau)

18 septembre (ancien calendrier)/1er octobre (nouveau)

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; saint martyr Eumène le thaumaturge, évêque de Gortyne (670) ; sainte martyre Ariadne de Phrygie (vers 130) ; saint martyr Castor d’Alexandrie ; saint hiéromartyr Méthode, évêque d’Olympe (312) ; sainte Euphrosyne de Souzdal ; saint Hilarion d’Optino (1873) ; saints martyrs Bidzina, Shalva et Elizbar (Géorgie, 1660) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Kouznetsov), Pierre (Diakonov) (1918), Amphiloque, évêque de Krasnoïarsk, Jean (Vasiliev), Boris (Bogolepov), Michel (Skobelev), Vladimir (Tchekalov), Benjamin (Blagonadejdine), Constantin (Tverdislov), prêtres, Serge (Vedernikov) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR EUMÈNE

Saint martyr Eumène le thaumaturge, évêque de Gortyne (670)

Saint martyr Eumène le thaumaturge, évêque de Gortyne (670)

Dès sa jeunesse, saint Eumène se livra tout entier à une stricte ascèse et à de rudes austérités, auxquelles il joignait heureusement une extrême humilité. Son visage était sans cesse baigné de larmes et personne ne le vit jamais condamner son prochain ou même accepter d’écouter des médisances. Il atteignit un état de vertu si parfait, que les habitants de Gortyne le contraignirent à devenir leur évêque. Docile instrument du Saint-Esprit, il s’acquitta de sa charge avec sagesse, et il accomplit par ses prières de nombreux miracles. De Rome, où il était allé pour illuminer la capitale de ses enseignements divins, il se rendit en Thébaïde, où il mit fin par sa prière à la sécheresse qui régnait, sans avoir voulu accomplir ce miracle. C’est là qu’il s’endormit dans le Seigneur. Les fidèles de la région envoyèrent sa sainte dépouille dans sa patrie, pour qu’elle soit enterrée dans la région montagneuse de Rhaxos2, où se trouvait déjà le corps de son prédécesseur, saint Cyrille [14 juin].

TROPAIRES ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de saint Eumène, ton 2
Illuminé par la divine clarté, * pontife Eumène et Père bienheureux, * tu nous éclaires, nous qui chantons avec amour * ton illustre et sainte dormition; * car sans cesse tu intercèdes en faveur de nous tous.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Évangile du jour
(Matth. XXIV, 13-28)

Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention! – alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes; que celui qui sera sur le toit ne descende pas pour prendre ce qui est dans sa maison; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat. Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. Si quelqu’un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Voici, je vous l’ai annoncé d’avance. Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas. Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 4:1-6; Matthieu 24:13-28

Mais celui qui persévérera jusques à la fin, celui-là sera sauvé. Cependant, ce ne sont pas tous ceux qui persévèreront qui seront sauvés, mais ceux qui persévèreront sur la voie du Seigneur. Cette vie nous est donnée pour cette raison-persévérer, tout le monde persévère en quelque chose, même jusques à la fin. Mais la persévérance ne conduit pas à en bénéficier, si ce n’est pas pour l’amour du Seigneur et de Son saint Evangile. marchez sur le chemin de la foi et des commandements évangéliques; les occasions de persévérer vont se multiplier, mais à partir de ce moment, la persévérance va commencer à produire des couronnes.

Cette persévérance, qui auparavant était vide, sera fructueuse. Avec quel aveuglement l’Ennemi nous entoure, pour que seule la persévérance qui est rencontrée sur le chemin du bien semble lourde et insupportable, mais ce qu’il inflige à ceux qui servent les passions semble léger et libre, bien que ce soit effectivement plus lourd et plus sombre que ce que les gens supportent aux prises avec les passions, et en s’opposant à l’Ennemi! Mais nous sommes aveugles, et ne voyons pas cela… Nous travaillons, persévérons, et nous épuisons jusques au point de rupture pour l’amour de l’Ennemi, et pour notre propre perdition.

Version française Claude Lopez-Ginisty

30 septembre

30 septembre
jour de jeûne

Saint hiéromartyr Grégoire, illuminateur de la Grande Arménie (vers 335). Saint Grégoire de Pelchemsk, thaumaturge de Vologda (1442). Saint Michel, premier métropolite de Kiev (992). saintes Ripsime, Gaïenne et leurs compagnes, vierges, martyres en Arménie (IV). Saints Victor et Ours, martyrs à Soleure en Suisse (III). Saint Lumier, évêque de Châlons (621). Saint prince Michel de Tchernigov. Saints néo-martyrs de Russie : Procope (Popov), prêtre (1918), Pierre (Soloviev) , Wenceslas (Zankov), Pierre (Pouckinsky), Syméon (Lileev), Basile (Gouriev), Alexandre (Orlov), prêtres, Séraphim (Vasilenko), diacre, Alexandra (Tcherviakov), moniale, Alexis (Serebrennikov) et Matthieu (Soloviev), moine, Apollinaria (Toupitsyne), moniale (1937), Nicolas (Zagorovsky, dans le monachisme Séraphim), confesseur, prêtre (1943).

VIE DE ST GRÉGOIRE L’ILLUMINATEUR DE LA GRANDE ARMÉNIE

Saint hiéromartyr Grégoire, illuminateur de la Grande Arménie (vers 335)

Le royaume d’Arménie, situé aux confins des empires romain et perse, et voué à des invasions permanentes et à des guerres tout au long de son histoire tragique, reçut — semble-t-il — les premières semences de la Bonne Nouvelle dès l’époque apostolique. Mais, à part quelques foyers chrétiens, la plus grande partie du peuple, suivant l’exemple de ses souverains, resta attachée aux mœurs païennes, jusqu’à la mission providentielle de saint Grégoire le nouvel Apôtre, justement surnommé l’Illuminateur.
Saint Grégoire naquit vers l’année 240. Il était fils du satrape parthe Anak qui, sur l’ordre du roi sassanide de Perse, Ardashir (226-241), avait égorgé le roi d’Arménie, Khosrov (217-238), de la dynastie arsacide. En châtiment de ce crime, toute la famille d’Anak fut exécutée, à l’exception de Grégoire et de l’un de ses frères, encore enfants, que leur nourrice emmena à Césarée de Cappadoce. C’est à l’occasion de cet exil en territoire romain que Grégoire fut initié aux saints dogmes et baptisé. Il épousa une jeune fille de sang royal, Juliette, qui lui donna deux fils : Aristakès et Verthanès (voir mémoire suivante).
Tiridate III, l’un des fils du roi assassiné, se trouvait, lui aussi, exilé à Césarée par le roi des Perses. Apprenant sa présence, Grégoire se mit à son service, sans toutefois lui révéler son origine. En 297, Tiridate accéda de nouveau au trône d’Arménie, grâce à l’appui des Romains, en remerciement du soutien qu’il leur avait offert lors de la campagne de Maximien Galère contre les Perses. Mais, loin de reconnaître la main bienveillante du seul Dieu Créateur et Bienfaiteur de l’univers, Tiridate fit bientôt preuve d’un zèle farouche pour le culte des idoles. Il convoqua Grégoire à son palais, et lui proposa d’offrir de l’encens et une couronne de fleurs à la déesse Anahit (Artémis) dans le temple d’Erzinjan, en action de grâces pour sa restauration sur le trône. Comme Grégoire refusait de renier le Christ, le roi, oubliant toute reconnaissance envers celui qui l’avait servi aux jours difficiles de leur exil, s’emporta avec fureur contre lui, et le soumit à des tortures d’une telle cruauté que seule l’imagination du démon pouvait les lui suggérer. Suspendu par un pied, la tête au-dessus d’un brasier où brûlaient des excréments, le saint fut flagellé pendant des jours entiers. On lui écrasa ensuite les os des jambes en les serrant dans des étaux, puis on lui introduisit dans les narines un mélange de potasse, de sel et de vinaigre, lequel lui monta jusqu’au cerveau. Ses tortionnaires lui plantèrent des clous dans les pieds et le forcèrent à courir. Ils lui enfoncèrent ensuite la tête dans un sac plein de cendres brûlantes, et lui firent subir encore tant d’autres tourments qu’on se lasserait à les énumérer. Revêtu de l’invincible panoplie de la foi, Grégoire restait néanmoins inflexible et ne cessait de rendre grâce à Dieu de l’avoir rendu digne de souffrir pour son Nom.
Lorsque Tiridate apprit que Grégoire était le fils du meurtrier de son père, sa rage ne connut plus de borne. Il fit jeter le saint dans une fosse profonde, pleine de reptiles et de toutes sortes d’animaux venimeux, où Grégoire demeura pendant quinze ans (298-313), nourri secrètement par une veuve. Après le martyre de sainte Ripsime et de ses compagnons (voir ci-après), Tiridate, frappé par la colère divine, perdit la raison et se mit à vivre en compagnie des porcs, marchant à quatre pattes et dévorant sa propre chair. Sa sœur, Khosroviducta, apprit, au cours d’un rêve, que seul saint Grégoire pourrait, par son intercession, obtenir la guérison du roi. On fit donc remonter de sa fosse l’athlète du Christ qui, à la surprise de tous, apparut plein de vigueur et de santé. Il guérit le roi par sa prière, et le convainquit d’adhérer à la foi chrétienne pour sauver son âme des châtiments éternels, bien plus redoutables que les souffrances qu’il avait endurées pendant sa folie.
Subissant par la grâce de Dieu une heureuse transformation, Tiridate fit renverser les idoles dans tout son royaume et décréta l’abolition du paganisme. Puis, accompagné de sa sœur, ils aidèrent de leurs propres mains à la construction d’une église en l’honneur de sainte Ripsime et de ses compagnons. Mais il n’y avait pas d’évêque pour consacrer ces églises et sceller la conversion du roi par le saint baptême. Aussi, envoya-t-il Grégoire, accompagné d’une brillante escorte, à Césarée, où le métropolite Léonce le consacra évêque et catholicos de la nouvelle Église d’Arménie (314). De retour dans sa patrie, apportant avec lui des reliques de saint Jean-Baptiste et du martyr Athénogène, saint Grégoire baptisa le souverain dans l’Euphrate, en compagnie d’un grand nombre de notables et de ses sujets. Il installa son siège dans la ville d’Ashtishat, sur les rives de l’Araks, qui était le centre du culte païen, et entreprit des tournées missionnaires dans tout le pays pour y répandre la Bonne Nouvelle. À la suite de son ardente prédication, les prêtres des idoles détruisirent leurs temples et, après avoir reçu le saint baptême et l’imposition des mains de Grégoire, ils devinrent prêtres du Dieu Très-Haut, si bien qu’en peu de temps, grâce au soutien du roi Tiridate, toute l’Arménie fut couverte d’églises et résonna des échos des hymnes sacrées. C’est ainsi qu’avant la conversion de saint Constantin le Grand, l’Arménie devint le premier royaume officiellement chrétien et que, de là, la lumière de l’Évangile se répandit aux peuples voisins du Caucase. Après avoir confirmé la foi dans le royaume d’Arménie et dans les contrées voisines, en y installant une quinzaine d’évêques, saint Grégoire désigna son fils cadet, Aristakès, comme catholicos de la Grande Arménie, puis il se retira dans une grotte isolée du mont Sabuh (vers 320), ne mangeant qu’une fois tous les quarante jours et s’entretenant continuellement avec Dieu. C’est là qu’il s’endormit en paix pour jouir éternellement de la lumière de la Sainte Trinité, dont il avait répandu les rayons sur son peuple (328). Son corps, qui avait été découvert par des bergers, fut enterré à Thordan, sur les rives de l’Euphrate. Par la suite, ses saintes reliques furent découvertes par un ermite, nommé Garhnik, et transférées à Constantinople, avec celles de sainte Ripsime, sous le règne de Zénon (474-491). Bien longtemps après, sous le règne de Basile Ier (vers 870), un jeune homme fut délivré du démon devant le reliquaire, et l’esprit impur révéla le nom des saints qu’il contenait. Lorsque le roi d’Arménie, Ashot le Grand, eut connaissance de ce miracle, il institua une fête en l’honneur de l’invention des reliques des saints illuminateurs. Une partie des précieuses reliques de saint Grégoire est vénérée aujourd’hui dans la cathédrale d’Etchmiadzine.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr Grégoire l’Illuminateur, ton 4
Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, ô Hiéromartyr Grégoire, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion du saint hiéromartyr Grégoire l’Illuminateur, ton 2
Fidèles, par des cantiques et des hymnes sacrées * célébrons tous en ce jour * l’illustre Pontife divin, * Grégoire, le docteur et pasteur vigilant, * ce flambeau qui éclaire le monde entier; * pour le salut de nos âmes il intercède auprès du Christ.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc. IV, 1-15)
Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu’ils furent écoulés, il eut faim. Le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu’elle devienne du pain. Jésus lui répondit: Il est écrit: L’Homme ne vivra pas de pain seulement. Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et lui dit: Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. Jésus lui répondit: Il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu’ils te gardent; et: Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui répondit: Il es dit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable. Jésus, revêtu de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée, et sa renommée se répandit dans tout le pays d’alentour. Il enseignait dans les synagogues, et il était glorifié par tous.

17 septembre (ancien calendrier)/30 septembre(nouveau)

17 septembre (ancien calendrier)/30 septembre(nouveau)
Jour de jeûne

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; saintes martyres Pistis (Foi), Elpis (Espérance), Agapée (Charité) et leur mère Sophie (vers 137) ; martyre Théodotie (vers 230) et Agathoclée ; 156 martyrs de Palestine, dont les évêques Peleus et Nil, Zénon le prêtre, Patermuthios et Élie (310) ; saint Joachim, patriarche d’Alexandrie (1567) ; saint hiéromartyr Lambert, évêque de Maastricht (704) ; saints néo-martyrs de Russie : Paul (Moïsseev), Théodose (Sobolev), Nicodème (Chtchapkov) et Séraphim (Koulakov), moines (1918) ; Irène (Florov), moniale (1931), Jean (Korotkov) (1941) ; Alexandra (Khvorostianikov), moniale (1943).

SAINTES MARTYRE SOPHIE ET SES TROIS FILLES : FOI, ESPÉRANCE ET CHARITÉ

saintes martyres Pistis (Foi), Elpis (Espérance), Agapée (Charité) et leur mère Sophie (vers 137)

saintes martyres Pistis (Foi), Elpis (Espérance), Agapée (Charité) et leur mère Sophie (vers 137)

Sainte Sophie était une veuve chrétienne et vivait à Rome avec ses trois filles : Foi, âgée de douze ans, Espérance et Charité, âgées toutes deux de dix ans, qu’elle éleva dans la piété. Menées au martyre pour le Christ, les jeunes filles, brillant « de la beauté de la piété », comme il est dit dans leur office, préparées par la prière et les injonctions de leur mère, confessèrent avec courage leur foi devant l’empereur et ne cédèrent point malgré les terribles tortures qu’elles endurèrent. Jetées sur des grilles chauffées à rouge, fixées sur une roue et battues, à tel point que leur corps couverts de blessures partaient en morceaux. Mais, malgré de telles tortures, elles restèrent en vie, et, finalement, elles furent décapitées. Sainte Sophie ressentait intérieurement les souffrances de chacune de ses filles, tourmentée dans son instinct maternel pour tout ce qu’elles avaient subies. Le poids de ses souffrances était encore augmenté par le calme qu’elle devait affecter extérieurement pour encourager ses enfants martyrs. Il lui eût été plus facile de recevoir la palme du martyre avec ses filles, mais le bourreau la laissa en liberté, voulant la faire encore plus souffrir par la perte de ses enfants. Il l’autorisa néanmoins à recueillir les dépouilles des martyres afin de les enterrer. Sainte Sophie après être « restée trois jours auprès des tombes de ses filles dans la prière », décéda sur place.

Jusqu’à la révolution française, les reliques des saintes martyres se trouvaient en Alsace, dans l’église de l’abbaye d’Eschau, où l’évêque Rémi les avait apportées de Rome en 777. En 1792, les reliques disparurent. En 1938, deux nouveaux fragments des reliques furent apportés de Rome à Eschau, où l’on peut les vénérer jusqu’à présent.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion des saintes martyres, ton 1
Foi, Espérance et Charité, se sont montrées comme les rameaux sacrés de la vénérable Sophie, et ont confondu par la grâce la folle sagesse des païens. Ayant souffert, elles remportèrent la victoire, obtenant du Christ, le Seigneur de l’univers, l’incorruptible couronne des cieux.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉVANGILE DU JOUR
(Matth. XXIII, 29-39)

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites: Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères. Serpents, race de vipères! Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne? C’est pourquoi, voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! Voici, votre maison vous sera laissée déserte; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 3:4-11; Matthieu 23:29-39

Combien de grâces que le Seigneur révéla à Jérusalem, (c’est-à-dire aux Judéens). Et, à la fin, il était encore obligé de dire:Voici, votre maison vous sera laissée déserte. Il est bien connu de tous ce que les conséquences de cela ont été: les Juifs à ce jour sont sans abri. Une chose semblable ne se produit-elle pas avec l’âme? Le Seigneur prend soin d’elle et lui donne la compréhension dans tous les sens; une âme obéissante procède sur la voie indiquée, mais une âme désobéissante reste en opposition à l’appel de Dieu. Mais le Seigneur n’abandonne pas même cette âme, et Il utilise tous les moyens de la ramener à la raison. Si l’entêtement augmente l’influence de Dieu s’accroît. Mais il est une mesure à tout. Une âme s’endurcit, et le Seigneur, voyant que déjà il n’y a rien de plus qui puisse être fait avec cette âme, Il la laisse dans les mains de sa propre chute, et elle périt, comme Pharaon. Que celui qui est assailli par les passions apprenne la leçon de ceci, qui est qu’il ne peut continuer indéfiniment sans se livrer lui-même à la punition. N’est-il pas temps d’abandonner ces passions, et pas seulement de se les refuser à l’occasion, mais de s’en détourner de manière décisive? En effet, personne ne peut dire quand il va franchir la limite. Peut-être que la fin de la patience de Dieu est toute proche.

Version française Claude Lopez-Ginisty

29 septembre

29 septembre

Saint Cyriaque l’anachorète, abbé en Palestine (556) ; saints martyrs Dadas, Gobdahala et Kasdios de Perse (IV) ; sainte martyre Goudelia de Perse (IV) ; saint Théophane le miséricordieux, de Gaza ; saint Cyprien d’Oustioug (1276) ; saint hiéromartyr Jean, archevêque de Riga (1934).

VIE DE SAINT CYRIAQUE L’ANACHORETE

Saint Cyriaque et saint Nil du Sinaï, fresque du monastère Saint-Paul, Mont-Athos, 1552

Saint Cyriaque (Kyriakos) naquit en 448, sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune, à Corinthe. Il était le fils d’un prêtre de l’église de Corinthe, nommé Jean, et d’une pieuse femme, Eudoxie. À l’âge de dix-huit ans, il fut ordonné lecteur par Pierre, évêque de la ville, qui était aussi son oncle paternel. Le cœur brûlant d’un ardent désir de Dieu, le jeune homme s’enfuit secrètement pour Jérusalem. Arrivé dans la Ville sainte, il entendit parler des exploits de saint Euthyme et demanda à être reçu parmi ses disciples. Saint Euthyme le revêtit du saint Habit angélique, mais ne lui permit pas de rester dans sa laure, de peur de scandaliser les autres pères en raison de son jeune âge. Comme saint Théoctiste, auquel il confiait habituellement la formation de ses plus jeunes disciples, était parti vers la demeure des justes, il envoya Cyriaque au monastère de saint Gérasime, près du Jourdain. Le jeune moine s’y acquitta avec ardeur de la fonction de cuisinier et de toutes les autres tâches qu’on lui assignait. Observant scrupuleusement les règles de la vie communautaire, il menait pourtant l’ascèse d’un anachorète, ne se nourrissant que de pain et d’eau, une fois tous les deux jours après la neuvième heure (vers 15h), et s’adonnant avec un zèle croissant à la prière nocturne. Admirant ses rapides progrès, saint Gérasime le prit en affection et accepta de l’emmener avec lui dans le désert de Rouba, chaque année, depuis la clôture de la Théophanie jusqu’au dimanche des Palmes. C’est de là que Gérasime eut la révélation du départ pour le ciel de l’âme de saint Euthyme et qu’il partit avec Cyriaque pour ensevelir son corps (473).
La neuvième année du séjour de Cyriaque au monastère, saint Gérasime s’endormit en paix pour rejoindre le Seigneur (475). Désormais âgé de vingt-sept ans, Cyriaque put être reçu à la laure de saint Euthyme. Il y demeura dix ans dans la solitude, tout en favorisant la transformation de la laure en coenobium. C’est là qu’il fut aussi ordonné diacre. Mais la charité s’étant refroidie parmi les moines, des querelles continuelles surgirent entre son monastère et celui de saint Théoctiste, situé un peu plus bas. Fuyant le scandale et le trouble, Cyriaque partit s’installer dans la laure de saint Chariton à Souka. Il y resta trente-neuf ans, servant les frères, avec douceur et humilité, en de multiples tâches, telles celles de boulanger, d’infirmier, d’hôtelier et d’économe. Parvenu à l’âge de quarante ans, il fut ordonné prêtre et on lui confia la charge de skevophylax (sacristain) et celle de canonarque. Pendant toutes ces années, le bienheureux ne se mit pas une seule fois en colère et le soleil ne le vit jamais prendre sa nourriture.
Parvenu à l’âge de soixante-dix-sept ans, il se retira avec un seul disciple au désert de Natouphas, y souffrant toutes sortes de tourments pour l’amour du Christ et ne se nourrissant que d’oignons sauvages que Dieu, à sa prière, avait miraculeusement privés de leur amertume. La cinquième année de son séjour dans ce désert, l’homme de Dieu guérit le fils d’un paysan. Le bruit de ce miracle ne tarda pas à se répandre et, fuyant la bonne renommée, Cyriaque décida de quitter les lieux pour gagner le désert de Rouba, où il demeura cinq ans (530-535). Poursuivi derechef par sa réputation de thaumaturge, il se retira au désert profond de Soussakim, où personne n’avait jamais osé s’installer. Enfin seul avec Dieu seul, il demeura dans la contemplation des mystères divins pendant sept ans, jusqu’au moment où, une épidémie de peste s’étant déclarée, les moines de la laure de Souka vinrent trouver Cyriaque, et le supplièrent de revenir vivre auprès d’eux, afin de les protéger par ses prières.
Pendant son second séjour à la laure de Souka (542-547), le saint s’installa dans la grotte de saint Chariton, et lutta avec le glaive acéré de sa parole et de sa science spirituelle contre l’hérésie des origénistes, lesquels égaraient alors de nombreux moines de Palestine. La paix étant rétablie, saint Cyriaque, qui avait atteint l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, las des troubles que lui occasionnait la proximité des hommes, retourna dans sa retraite de Soussakim. Il y vécut encore huit années, en compagnie d’un lion apprivoisé qui gardait son jardinet des maraudeurs et des chèvres sauvages. L’endroit étant totalement aride, il arrosait ses quelques légumes avec de l’eau qui se rassemblait l’hiver dans le creux des rochers. Deux ans avant son départ pour le séjour des saints, les moines de la laure de Souka réussirent à le convaincre de venir achever son séjour terrestre dans la grotte de saint Chariton. Malgré son âge très avancé, saint Cyriaque y poursuivit ses combats ascétiques, et continua à recevoir ses visiteurs pour leur prodiguer ses enseignements. Lorsqu’il tomba malade, il convoqua les pères de la laure pour leur donner son ultime baiser de paix, puis il s’endormit paisiblement, en compagnie des anges et des saints, le 29 septembre 557, âgé de cent neuf ans.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyriaque, ton 1
Habitant du désert et ange dans le corps, tu fus thaumaturge, ô Cyriaque, notre père théophore ; par le jeûne, les veilles et la prière, tu as reçu des dons célestes ; tu guéris les malades et les âmes de ceux qui accourent vers toi avec foi. Gloire à Celui qui t’a donné la force, gloire à Celui qui t’a couronné, gloire à Celui qui par toi accomplit pour tous des guérisons.

Kondakion de saint Cyriaque, ton 8
En ton honneur, comme invincible et puissant protecteur, * la sainte Laure qui te vénère chaque jour * fête aujourd’hui ton souvenir annuel. * Par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur * garde-nous des ennemis qui fondent sur nous, * afin que nous puissions te chanter: Bienheureux Père, réjouis-toi.

Évangile du jour
(Lc III,23-IV,1)

Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son ministère, étant, comme on le croyait, fils de Joseph, fils d’Héli, fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, fils de Mattathias, fils d’Amos, fils de Nahum, fils d’Esli, fils de Naggaï, fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Sémeï, fils de Josech, fils de Joda, fils de Joanan, fils de Rhésa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, fils de Melchi, fils d’Addi, fils de Kosam, fils d’Elmadam, fils d’Er, fils de Jésus, fils d’Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Siméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d’Éliakim, fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, fils d’Isaï, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Salmon, fils de Naasson, fils d’Aminadab, fils d’Admin, fils d’Arni, fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, fis de Thara, fils de Nachor, fils de Seruch, fils de Ragau, fils de Phalek, fils d’Éber, fils de Sala, fils de Kaïnam, fils d’Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, fils de Mathusala, fils d’Énoch, fils de Jared, fils de Maléléel, fils de Kaïnan, fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours.

16 septembre (ancien calendrier)/29 septembre (nouveau)

16 septembre (ancien calendrier)/29 septembre (nouveau)

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; Sainte Euphémie, mégalomartyre à Chalcédoine (304) ; sainte Sébastienne, martyre (86-96) ; sainte martyre Mélitène (138-161) ; saints Victor et Sosthène, martyrs à Chalcédoine (vers 304) ; saint Dorothée d’Égypte (IV) ; saints Joseph et Isaac de Géorgie (808) ; sainte Ludmila, princesse tchèque, martyre (927) ; saint Procope de Sazava en Bohème (1053) ; saint Cyprien, métropolite de Kiev (1406) ; saints néo-martyrs de Russie : Grégoire (Raevsky), prêtre (1937) ; Serge (Lossev), prêtre (1942) ; Koukcha d’Odessa, confesseur (1964).

VIE DE LA SAINTE MÉGALOMARTYRE EUPHÉMIE

Sainte Euphémie, mégalomartyre à Chalcédoine (304)

Sainte Euphémie, mégalomartyre à Chalcédoine (304)

Sainte Euphémie vécut sous le règne de Dioclétien (entre 284 et 305). Elle naquit à Chalcédoine de parents riches et pieux, qui l’éduquèrent dans l’amour du Christ. À cette époque, un certain Priscos, virulent sectateur de Mars, devint proconsul pour l’Asie. À l’occasion de la fête de son dieu, il ordonna, sous peine de mort, que tous les habitants de la région se rendent à Chalcédoine pour le célébrer. Tous les chrétiens s’enfuirent alors par petits groupes dans des maisons isolées ou dans les déserts, afin d’échapper au tyran et de sauvegarder leur foi.
Sainte Euphémie s’était cachée elle aussi, avec quarante-neuf autres chrétiens, parmi lesquels elle brillait par sa vertu et sa sagesse comme un astre étincelant. Ils furent pourtant rapidement découverts et amenés devant le proconsul, qui essaya d’abord de les convaincre en flattant leur jeunesse et leur sagesse. Mais les saints lui rétorquèrent : « Ne perds pas ton temps avec nous, ô gouverneur, ne t’épuise pas en vaines paroles car nous considérons comme la plus grande honte, étant des êtres raisonnables, d’abandonner le seul vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, pour adorer tes dieux insensibles et sans raison. Sache que tes menaces de tortures ne nous effrayent pas, au contraire, elles seront pour nous légères et te montreront la puissance de notre Dieu. » À ces mots, la colère du proconsul s’enflamma, et il fit torturer Euphémie et ses compagnons sans arrêt pendant vingt jours. À l’issue de cette épreuve, comme il constatait que la fermeté de leur foi n’avait été en rien ébranlée, il fit comparaître Euphémie, en qui il avait remarqué la tête du groupe. Comme elle lui avait manifesté sa détermination, il lui fit broyer les membres au moyen de roues de fer ; mais, ayant invoqué le secours de Dieu, la sainte se retrouva bientôt guérie. Priscos ordonna alors d’allumer une fournaise ardente, dont les flammes montaient à plus de quarante-cinq pieds, dans laquelle il fit jeter Euphémie. Là encore, Dieu vint au secours de sa servante et envoya un ange qui écarta d’elle les flammes. Devant ce miracle, ses bourreaux, Sosthène et Victor, se convertirent au Christ, et ils moururent martyrs quelques jours plus tard sous les dents des fauves.
Euphémie fut encore livrée à bien d’autres tourments, mais Dieu l’en délivra chaque fois, afin de montrer combien sa grâce est plus forte que toutes les tortures inventées par la malice des hommes. Ayant été finalement jetée aux fauves, la sainte rendit son âme à Dieu sous la simple morsure d’un ours. Ses parents recueillirent sa sainte dépouille et l’ensevelirent à proximité de la ville. Lorsque la persécution de Dioclétien prit fin, les chrétiens placèrent les reliques de sainte Euphémie dans un sarcophage d’or, qu’ils déposèrent à l’intérieur d’une église qui lui était dédiée. Le jour de sa fête coulait régulièrement de son tombeau un flot de sang frais, qui dégageait un parfum céleste. C’est également auprès de ce tombeau que s’accomplit le miracle du rejet du tome des hérétiques lors du concile de Chalcédoine (451), commémoré le 11 juillet.
Ces précieuses reliques, qui attirèrent pendant des siècles des foules de pèlerins, furent transférées à Constantinople, en 616, lors des invasions perses. Elles sont aujourd’hui conservées intactes dans l’église du Patriarcat, au Phanar.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire de la mégalomartyre Euphémie, ton 4
Ta brebis Euphémie, ô Jésus, crie d’une voix forte : « Mon époux, c’est Toi que j’aime, c’est pour Te chercher que je combats, c’est avec Toi que je suis crucifiée et ensevelie par Ton baptême. Pour Toi je souffre, afin de régner avec Toi. Pour Toi je meurs, afin de vivre en Toi. Accueille, comme victime sans tache, celle qui par amour est immolée pour Toi ». Par son intercession, ô Miséricordieux, sauve nos âmes.
Kondakion de la mégalomartyre Euphémie, ton 4
En ton martyre tu as bien combattu, * après ta mort tu nous sanctifiés * par les flots de tes miracles, Euphémie; * c’est pourquoi nous vénérons ta sainte dormition, * nous tenant avec foi près de tes reliques sacrées * afin de préserver nos âmes de toute maladie * et de puiser la grâce des miracles auprès de toi.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Évangile du jour
(Matth. XXIII, 23-28)
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. Conducteurs aveugles! qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 2:14-3:03; Matthieu 23:23-28

Nettoie l’intérieur de sorte que l’extérieur soit propre. Notre comportement extérieur dans la société est presque toujours correct -on craint le jugement des gens et on se retient. Si extérieurement nous nous adonnons plus aux vices, c’est déjà une affaire plus grave; cela signifie que toute honte est abandonnée. Mais quand le comportement visible est bon, la teneur intérieure des pensées et des sentiments n’est pas toujours appropriée. Ici le contentement de soi se donne une liberté totale qui est extérieurement conforme à ce que l’œil humain peut supporter et aussi loin qu’il peut cacher ses actes à la vue des hommes. C’est précisément un sépulcre blanchi.

Par ailleurs, l’impureté intérieure rend ce qui est à l’extérieur impur. Purifie-toi intérieurement, et alors l’extérieur deviendra propre, et tu seras totalement propre, et tu deviendras un vase qui est adapté à tous les bons usages du maître.

Il faut se demander de quelle manière l’intérieur reste négligé, car en effet, personne ne veut la perdition. En vérité, l’Ennemi conserve une telle âme dans une cécité [dit-il] qu’il n’y a pas de problème tant que il n’y a pas de péchés évidents, ou bien il enseigne à l’âme de remettre cette chose importante jusques au lendemain.

« Demain, nous travaillerons sérieusement sur nous-mêmes, comme on doit le faire, mais maintenant que mon âme prenne du plaisir dans les pensées et les rêves passionnés, si ce n’est dans les actes. » Soyons sur nos gardes pour que nous puissions ne pas vieillir dans un tel état ​​d’esprit, de sorte que la correction ne deviendra pas pour nous possible, comme l’enseignement de choses nouvelles à un vieil homme.

Version française Claude Lopez-Ginisty

28 septembre

28 septembre

Saint Chariton, reclus en Palestine, confesseur (vers 350) ; saint Baruch, prophète (VI av. J.-C.) ; saints Alexandre, Alphée, Zosime, Marc, berger, Nicon, Néon, Héliodore et leurs compagnons, martyrs à Antioche de Pisidie (IV) ; saint Exupère, évêque de Toulouse (411) ; saint Faust, évêque de Riez (495) ;saints Cyrille et Marie, moine et moniale du grand-habit, parents de saint Serge de Radonège (vers 1337) ; synaxe des Pères des Grottes proches de Kiev ; saint Chariton de Sanejma (1509) ; saint Hérodion d’Hiloezersk (1541) ; saint Vinceslas, prince de Bohème, martyr (935) ; saints néomartyrs de Russie : Anne (Lykochina) (1925), Hilarion (Gromov), moine, Michèle (Ivanov), moniale (1937), Tatienne (Tchekmazov), moniale (1942).

VIE DE SAINT CHARITON

Saint Chariton, reclus en Palestine, confesseur (vers 350

Notre saint Père Chariton naquit et fut élevé à Iconium, en Asie Mineure, à l’époque d’Aurélien (270-276). Au début de son règne, l’empereur ne se montra pas hostile aux chrétiens, mais, poussé par le démon, il déclencha par la suite une violente persécution contre ceux qui invoquaient le Nom du Christ. Le décret impérial étant parvenu à Iconium, Chariton, qui était réputé pour sa piété et sa vertu, fut arrêté par les soldats de l’empereur et emmené devant le consul. Ayant confessé sans crainte le Christ et condamné les idoles, il fut étendu à terre et si violemment fouetté que ses chairs furent réduites en charpie. On le jeta en prison pour l’en ressortit quelques jours plus tard et le présenter à nouveau devant le tribunal. Libéré, il se réfugia en Égypte, jusqu’à la fin de la persécution.
Portant en son corps les marques de la Passion du Christ, Chariton suivit dès lors avec un zèle accru la voie de l’imitation du Christ par une vie d’ascèse et d’austérité. Aux souffrances volontaires qu’il infligeait à son corps pour le réduire en servitude et le faire obéir à la loi de l’Esprit, s’ajoutèrent les épreuves involontaires. Un jour, alors qu’il se dirigeait vers Jérusalem, il rencontra sur la route une bande de brigands, qui le ligotèrent et l’emmenèrent dans leur grotte, située dans un lieu nommé Pharan. Mais ils furent bientôt victimes du jugement divin, car ils périrent tous après avoir bu du vin, dans lequel une vipère avait craché son venin. Chariton, resté seul, fut miraculeusement libéré de ses liens, et devint ainsi l’héritier du butin qu’avaient amassé les brigands. Il distribua une large part de ces richesses mal acquises aux pauvres, utilisa le reste pour la construction d’églises à la gloire de Dieu, et il s’installa dans la grotte, afin de s’approcher du ciel par l’ascèse et la prière.
Retiré du monde et dégagé de tous ses vains soucis, couvrant d’une simple tunique de crin les marques encore vives des supplices qu’il avait endurés pour le Christ, l’homme de Dieu persévérait dans les jeûnes, les veilles, la prière et la psalmodie. Mais la renommée des miracles que la grâce divine accomplissait par son entremise ne tarda pas à attirer un grand nombre d’infidèles, juifs ou païens, qui embrassèrent la foi et suivirent l’exemple de sa vie angélique. Contemporain de saint Hilarion [21 oct.], qui avait inauguré le monachisme érémitique en Palestine, saint Chariton reçut de Dieu la mission de réunir les ermites dispersés et de leur donner une certaine forme d’organisation, c’est ainsi que sa grotte devint bientôt le centre de la Laure de Pharan.
Comme cette affluence l’arrachait à sa solitude bien-aimée, Chariton partit s’installer dans une autre grotte plus éloignée. Avant de se retirer, il plaça le meilleur de ses disciples à la tête de la communauté de Pharan, et il exhorta ses enfants spirituels à garder strictement la tempérance dans la nourriture et le sommeil, à prier la nuit et le jour, aux heures qu’il leur avait prescrites, et à recevoir le pauvre et l’étranger comme le Christ lui-même. Il vécut alors caché dans une grotte située dans les environs de Jéricho, sur le Mont de la Quarantaine (Dôk) où le Seigneur avait été tenté (cf. Mt 4, 8), ne se nourrissant que d’herbes sauvages et de la contemplation de Dieu. Mais il ne put rester bien longtemps à converser seul à seul avec Dieu, car de nombreux disciples vinrent se joindre à lui et l’obligèrent à construire un second centre monastique qui prit le nom de Laure de Doukas.
De nouveau troublé par la présence des hommes, le saint dut s’enfuir vers le sud, dans un endroit encore plus isolé, nommé Thécoué. Il s’installa, là aussi, dans une grotte avec quelques disciples, et cet endroit se transforma bientôt en une troisième laure, nommée en syriaque Souka (“monastère”) ou encore « l’Ancienne Laure »3. Mais rien ne pouvait arrêter la foule des nouveaux disciples et des païens, qui accouraient pour se délecter du miel de ses paroles et pour contempler cette vivante image du Christ. Aussi Chariton, qui ne désirait en ce monde que la suavité de l’union à Dieu dans la solitude, se retira au-dessus de la Laure, dans une grotte si difficile d’accès que l’on ne pouvait l’atteindre qu’avec des échelles. Il y demeura de nombreuses années, s’abreuvant à une source que Dieu, à sa prière, avait fait jaillir dans la grotte. Comme le Seigneur lui avait révélé à l’avance la date de son repos, saint Chariton se fit transporter dans sa première laure de Pharan. De là, il rédigea un Testament spirituel à l’intention de ses disciples, dans lequel il indiquait la voie sûre pour parvenir à l’union avec Dieu, c’est-à-dire l’ascèse liée à l’humilité et à la charité envers tous. Ayant achevé son ultime enseignement, il s’étendit sur sa couche et s’endormit paisiblement pour rejoindre le chœur des anges et des saints.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Chariton, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Chariton, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Chariton, ton 2
Fidèles, en ce jour, de nos hymnes couronnons * le professionnel de l’ascèse, le combattant de la foi, * célébrons par des éloges Charlton, * acclamons-le comme Pasteur et Docteur, * éponyme des charismes et Témoin de Jésus Christ, * porte-lumière éclairant le monde entier.

Évangile du jour
(Lc III,19-22)

C’est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d’autres exhortations. Mais Hérode le tétrarque, étant repris par Jean au sujet d’Hérodias, femme de son frère, et pour toutes les mauvaises actions qu’il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d’enfermer Jean dans la prison. Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection.

15 septembre (ancien calendrier)/28 septembre (nouveau)

15 septembre (ancien calendrier)/28 septembre (nouveau)

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; saint mégalomartyr Nicétas (vers 372) ; Invention des reliques de saint Acace, confesseur, évêque de Mélitène (IIIème s.) ; saints martyrs Maxime, Théodote, Ascliade (305-311) ; saint martyr Porphyre (361) ; Invention des reliques du saint protomartyr Étienne (415) ; saint Philothée, prêtre, en Asie Mineure (Xème s.) ; saint hiérarque Joseph, évêque d’Alaverdi en Géorgie (570) ; saint Lubin, évêque de Chartres (556) : saint hiérarque Syméon de Thessalonique (1429) ; saint néomartyr Jean de Crète (1811) ; saint Joseph de Partoș de Timișoara (1656)  ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Ilinsky, prêtre, Eudocie (Tkatchenko) (1918) André (Kovalev), Grégoire (Konokotine), Grégoire (Troïtsky), Jean (Yakovlev), prêtres (1921) ; Ignace (Birioukov), confesseur (1932); Dimitri (Ignatenko), prêtre (1935) ; Jean (Borozdine), Jacques (Leonovitch), Pierre (Petrikov), Nicolas (Skvortsov), prêtres et Nicolas (Tsvetkov), diacre, martyres Marie (Rykov) et Ludmila (Petrov) (1937).

VIE DU SAINT MÉGALOMARTYR NICÉTAS

Saint Nicétas naquit sous le règne de Constantin le Grand (vers 330) dans la région qui se trouve près de l’embouchure du Danube. Il était Goth de naissance, mais grâce aux soins de ses pieux parents et à l’enseignement de l’évêque du lieu, Théophile (qui brilla au Concile de Nicée pour la défense de l’orthodoxie) il fut élevé dans la foi, l’amour de Dieu et le zèle pour convertir ses compatriotes. Ayant été instruit dans les lettres helléniques, il fut le premier à écrire la langue des Goths et à traduire la Sainte Écriture. Le peuple de Goth était divisé en deux factions ennemies. La première avait à sa tête Phritigern et l’autre Athanaric, homme particulièrement inhumain et impie. Ne réussissant pas à le vaincre, Phritigern s’assura l’alliance avec l’empereur romain Valens, lequel lui envoya une légion qui repoussa les armées d’Athanaric avec la Croix sur ses étendards. Mais plus tard Athanaric repris le pouvoir, plein de rancœur contre les chrétiens il déclencha de violentes persécutions contre eux. Nicétas fut parmi les premiers à être capturés, car sa réputation de prédicateur infatigable de l’Évangile était connue de tous. Comme il refusait de renier le Christ, on le tortura, avec pour seul résultat de l’entendre crier avec plus de force sa foi et son amour pour le Sauveur. Finalement, il fut jeté dans un brasier où il remit son âme à Dieu, remportant ainsi la couronne de victoire (372). Ses saintes reliques, découvertes suite à l’apparition d’un astre, furent transférées à Mopsueste par Marien, ami et disciple du saint (375).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Tropaire de saint Nicétas, ton 4
Ton martyr Nicétas, Seigneur, par son combat, a reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, il a renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par ses supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion de saint Nicétas, ton 2
La force de l’erreur, par ta résistance tu l’as brisée * et pour ton martyre tu reçus la couronne du vainqueur; * des Anges tu partages l’allégresse, illustre et victorieux Nicétas, * et devant le Christ notre Dieu * sans cesse avec eux tu intercèdes pour nous tous-

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Évangile du jour
(Matth. XXIII, 13-22)

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l’apparence de longues prières; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous. Malheur à vous, conducteurs aveugles! qui dites: Si quelqu’un jure par le temple, ce n’est rien; mais, si quelqu’un jure par l’or du temple, il est engagé. Insensés et aveugles! Lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or? Si quelqu’un, dites-vous encore, jure par l’autel, ce n’est rien; mais, si quelqu’un jure par l’offrande qui est sur l’autel, il est engagé. Aveugles! Lequel est le plus grand, l’offrande, ou l’autel qui sanctifie l’offrande? Celui qui jure par l’autel jure par l’autel et par tout ce qui est dessus; celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l’habite; et celui qui jure par le ciel jure par le trône de Dieu et par celui qui y est assis.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Dix-Huitième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 2,4-15; Matthieu 23:13-22

Malheur à vous… car vous fermez le royaume des cieux aux les hommes. Ceci est dit aux grands prêtres, qui n’enseignent pas au peuple le chemin du salut, ni n’obligent les prêtres à le faire, ceci est dit aussi aux prêtres qui négligent le peuple, et ne prennent pas soin de lui expliquer ce qui est nécessaire pour le salut de l’âme.
A cause de cela, le peuple reste aveugle, et une partie reste dans la certitude que tout va bien; l’autre partie, bien qu’elle remarque que les choses ne vont pas de la bonne façon, ne va pas où elle devrait, parce qu’elle ne sait pas comment et où aller.
Cela fait que diverses idées stupides se répandent parmi le peuple, c’est pourquoi les schismatiques, et les Molokans et les khlysty (1) se font accepter par lui, et c’est ainsi que tous les enseignements du mal trouvent un accès facile pour eux.
Un prêtre pense généralement que dans sa paroisse tout va bien, et ne se précipite dans l’action que lorsque ce mal s’est déjà propagé et vient à la lumière. Mais alors il est trop tard pour y faire quoi que ce soit. Un prêtre doit considérer que la première priorité de sa conscience est d’instruire continuellement les adultes dans la connaissance de la foi chrétienne, et de préparer la jeune génération dès leurs premières années conscientes, en leur expliquant ce qu’ils peuvent et doivent connaître.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que l’école le fasse. Cela doit être fait oralement, en regroupant les enfants dans l’église et à la maison le dimanche soir, ou quand et comme il est convénient de le faire.

Version française Claude Lopez-Ginisty

27 septembre

27 septembre

Saint martyr Callistrate et ses compagnons martyrs en Italie (304) ; saints Marc, Aristarque et Zénas, apôtres (I) ; sainte Epichaire, martyre à Rome (III) ; saint Sabbace de Solovki (1435) ; saint Ignace, moine en Thrace (X) ; saint Céran, évêque de Paris (VII) ; sainte Aquiline, néo-martyre grecque près de Thessalonique (1764); saint Anthime, métropolite d’Hongro-Valachie, martyr (1716) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre, métropolite de Kroutitsa (1937), Dimitri (Chichokine), prêtre (1918), Germain, évêque de Volsk, Michel (Platonov), prêtre (1919, Théodore (Bogoyavlensky) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR CALLISTRATE

Saint martyr Callistrate fresque du monastère de Visoki Dečani (Serbie) – 1327

Saint Callistrate était originaire de Carthage, d’une famille chrétienne depuis que l’un de ses ancêtres, ayant vu de ses yeux les miracles accomplis par le Christ, était revenu dans sa patrie pour convertir les siens. Au temps de la persécution de Dioclétien (vers 303), il servait comme soldat dans la légion dite des « Calendes », qui s’était mise en route pour gagner Rome. Certains soldats, constatant que Callistrate se détournait des dérèglements ordinaires aux hommes de guerre et qu’il ne vénérait pas les idoles, se mirent à le surveiller. Un soir, alors qu’il s’éloignait du campement selon son habitude pour aller prier dans un lieu solitaire, ils le suivirent et, tendant l’oreille, ils l’entendirent répéter sans cesse pendant des heures le Nom béni de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils allèrent aussitôt le dénoncer à leur général, Persentinus, qui le fit convoquer dès le lever du jour pour l’interroger sur sa conduite. Le vaillant Callistrate qui, jusque-là, avait confessé le Christ dans la solitude et l’obscurité de la nuit, le confessa alors publiquement et au grand jour. Persentinus le fit aussitôt étendre à terre et frapper sauvagement par ses hommes. Ils lui enfoncèrent ensuite un entonnoir dans la bouche pour le forcer à boire toute une bassine d’eau, puis l’enfermèrent dans un sac et le jetèrent à la mer. Mais par la providence divine, le sac se déchira et deux dauphins ramenèrent le saint sur le rivage. En constatant ce miracle, les quarante-neuf soldats, qui étaient présents sur les lieux, se repentirent d’avoir livré Callistrate, et ils crurent au Christ. Ils furent immédiatement soumis à la torture, puis jetés en prison, où Callistrate passa la nuit à leur enseigner les saints dogmes sur la venue du Christ en la chair, sur le Jugement dernier et sur la récompense promise aux fidèles soldats de Jésus-Christ.
Le lendemain, ils furent de nouveau suppliciés et condamnés à être jetés pieds et poings liés dans une piscine profonde. Au moment où ils allaient y être plongés, Callistrate pria Dieu pour que ce bain devienne pour eux celui du saint baptême. Leurs liens se défirent aussitôt et ils sortirent de la piscine revêtus de robes lumineuses, tandis qu’une couronne apparaissait sur la tête de Callistrate et qu’une voix se faisait entendre du ciel, encourageant le saint et ses compagnons à rejoindre les demeures éternelles qui leur étaient préparées. À cette voix, une idole qui se trouvait non loin de là s’effondra et fut réduite en cendres, entraînant la conversion de cent trente-cinq autres soldats. Craignant d’autres miracles et de nouvelles conversions, le général fit couper les saints en morceaux, la nuit même, dans la prison. Les cent trente-cinq nouveaux convertis, ensevelirent pieusement leurs restes et édifièrent à cet endroit une église en leur honneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 8è ton
Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire du saint martyr Callistrate, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire du saint hiéromartyr Pierre de Kroutitsa, ton 2
Appelé par le saint patriarche Tikhon au ministère épiscopal selon le dessein divin, tu fus un gardien vigilant et un défenseur intrépide du troupeau du Christ, ô saint hiéromartyr Pierre ; tu subis des ennemis de Dieu la violente incarcération et les exils lointains, les souffrances et la mort ; recevant la couronne de gloire, tu te réjouis maintenant aux cieux. Prie le Dieu miséricordieux de préserver notre Église des troubles, et accorde la concorde et la paix à ton peuple, et sauve nos âmes, ô saint hiéromartyr.

Kondakion du saint martyr Callistrate, ton 4
Comme un astre géant * sur le monde tu brillas, * déployant les rayons de tes exploits * et de tes miracles sur tous les fidèles chantant: * Réjouis-toi, Callistrate, fameuse gloire des Martyrs.

Kondakion du dimanche du 8è ton
Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour
(Matth. XV, 21-28)

Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria: Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples s’approchèrent, et lui dirent avec insistance: Renvoie-la, car elle crie derrière nous. Il répondit: Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui, disant: Seigneur, secours-moi! Il répondit: Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus lui dit: Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

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Jovan Nikoloski