29/05/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
I Corinthiens 4:17-5:5; Matthieu 24:1-13

Parce que l’iniquité se sera accrue, la charité d’un grand nombre se refroidira. L’amour est détruit par les transgressions; plus il y a de péchés, moins il y a d’amour. Là où il n’y a que péché, ne cherche pas l’amour.

Par conséquent, celui qui cherche la propagation de l’amour et la réduction du manque d’amour doit se préoccuper de réduire le péché et de diminuer le domaine de l’amour du péché. Là est le vrai fondement de l’humanisme! Ayant entrepris cette œuvre, il faut utiliser tous les moyens pour s’opposer au péché.

Les péchés extérieurs sont le fruit du péché intérieur. Le péché intérieur est enraciné dans l’égoïsme et dans sa progéniture. Par conséquent, les humanistes ont besoin de se faire une règle pour eux-mêmes de supprimer l’égoïsme par tous les moyens; l’égoïsme est supprimé avec le plus de force en ne permettant pas à sa propre volonté de s’exercer. Ne te permets pas d’exercer ta propre volonté, et bientôt tu auras vaincu l’égoïsme.

Au contraire, quel que soit quel moyen que tu utiliseras contre l’égoïsme, tu ne seras pas en mesure de faire quoi que ce soit par ce moyen, si tu donnes la liberté à ta volonté.

Il s’ensuit que, partout où les gens cherchent leur propre petite volonté, ils recherchent une expansion de l’égoïsme et le refroidissement de l’amour et ils cherchent un plus grand mal. Pourtant, tel est l’esprit de notre temps et le mal grandit de plus en plus.

Version française Claude Lopez-Ginisty

11 septembre

11 septembre – Jour de jeûne

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; sainte Théodora d’Alexandrie (474-491) ; Sainte Théodora d’Alexandrie (491) ; sainte martyre Ia de Perse (362-364) ; saints Diodore, Diomède et Didyme, martyrs en Syrie ; saint Pierre, métropolite de Nicée, confesseur (826) ; sainte la, martyre en Perse (IV°) ; saint Euphrosyne le cuisinier (IX) ; saint Patient, évêque de Lyon (490) ; translation des reliques de saints Serge et Germain de Valaam, thaumaturges ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas et Victor, prêtres (1918) ; Carpe, prêtre et Nicolas, diacre (1942).

VIE DE SAINTE THÉODORA D’ALEXANDRIE

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Sainte Théodora d’Alexandrie (491)

L’Église vénère la mémoire de douze saintes femmes qui, après avoir revêtu des habits masculins, pratiquèrent l’ascèse dans des monastères d’hommes . L’une d’elles, sainte Théodora, vécut à Alexandrie sous le règne de l’empereur Zénon (vers 472). Elle était mariée à un certain Paphnuce, homme pieux et de bonne renommée. Mais un jour, sous l’instigation du diable, Théodora commit l’adultère. À peine venait-elle de pécher que l’aiguillon de sa conscience la fit cruellement souffrir. Elle n’osa pas rentrer chez elle et se rendit dans un couvent voisin, où elle demanda à l’abbesse de faire lire l’Évangile au hasard. En ouvrant l’Évangile, on tomba sur ces paroles : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit (Jn 19, 24). Réalisant que son péché était connu de Dieu et brûlant de faire pénitence au plus vite, Théodora changea ses vêtements, s’habilla en homme et demanda à être reçue comme novice, sous le nom de Théodore, au monastère masculin situé à dix¬huit milles d’Alexandrie. L’abbé du monastère, pensant qu’il s’agissait d’un eunuque et constatant son ardeur à embrasser la vie monastique, l’accepta sans tarder et la revêtit du saint Habit angélique. Pendant huit ans, la bienheureuse Théodora fit preuve d’un zèle remarquable dans toutes les œuvres de l’ascèse, accomplissant les tâches les plus viles et passant toutes ses nuits dans les larmes et les prières ardentes, afin que le Seigneur lui pardonne son péché et lui fasse retrouver la grâce de la chasteté. Un jour, comme elle avait été envoyée à Alexandrie pour chercher de l’huile, elle rencontra son époux, qui la recherchait depuis des années. Mais celui-ci ne la reconnut pas, tant les labeurs de l’ascèse avaient transformé son aspect corporel. Cette rencontre fut pour Théodora une occasion pour redoubler ses combats, et elle ne mangea plus qu’une fois par semaine. Élevée ainsi au-dessus des nécessités corporelles et tout adonnée à la prière de repentir, elle acquit une telle faveur auprès de Dieu qu’elle accomplit des miracles.
Sa conduite exemplaire suscitait l’admiration de tous, mais faisait trembler de rage le démon, qui voyait sa proie lui échapper. Cet insatiable ennemi du bien ne s’avoua pas vaincu. Ayant suggéré à certains moines jaloux de répandre la rumeur selon laquelle le jeune Théodore était tombé dans la fornication avec une femme d’un village voisin, ces derniers amenèrent même le nourrisson à la porte du monastère. Comme Théodora ne répondait rien à ces accusations, ne voulant pas dévoiler sa véritable identité et estimant que cette épreuve était un châtiment voulu par Dieu, elle fut expulsée du monastère. Prenant l’enfant avec elle, comme s’il était le sien, elle s’installa à proximité dans une petite cabane, où elle vécut dans un dénuement extrême, luttant contre le froid l’hiver, contre la chaleur l’été, et résistant vaillamment aux tentations sans nombre que lui infligèrent les démons. Au bout de sept ans, l’abbé du monastère lui permit de rejoindre la communauté. Mais loin de se reposer de ses labeurs, Théodora intensifia ses veilles, ses jeûnes et ses prières, et elle montrait une obéissance et une patience encore plus grandes qu’auparavant. Elle avait pris avec elle l’enfant, et lui enseignait comment acquérir les vertus évangéliques et la prière perpétuelle. Au bout de quelque temps, ayant exhorté une dernière fois celui qui était, en vérité, devenu son fils selon l’Esprit, elle s’endormit en paix. Au moment de sa mort, l’abbé eut une vision : il vit une femme revêtue de vêtements lumineux, s’élever dans les airs et rejoindre le chœur des Justes et des saints. Tous reconnurent alors en pleurant leur méprise et rendirent gloire à Dieu d’avoir accompli parmi eux une si grande merveille. En effet, pour guérir la passion, Théodora avait non seulement combattu de front les tentations de la chair en vivant secrètement au milieu des hommes, mais, fortifiée par la grâce, elle avait même dépassé ses compagnons par l’ascèse et les labeurs. Bien que revêtue d’un corps, elle avait atteint l’impassibilité et la pureté des anges.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire de sainte Théodora, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * Théodora bienheureuse, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de sainte Théodora, ton 1
Bienheureuse, ayant échappé à la nuit des passions, * tu t’approchas du Soleil de gloire en esprit, * mortifiant par l’ascèse les élans de la chair, * et tu devins pour les moines un modèle de vie, * l’amendement de ceux qui ont failli; * c’est pourquoi nous glorifions ton souvenir.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 45-53)

Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il s’en alla sur la montagne, pour prier. Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et Jésus était seul à terre. Il vit qu’ils avaient beaucoup de peine à ramer; car le vent leur était contraire. A la quatrième veille de la nuit environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent que c’étaient un fantôme, et ils poussèrent des cris; car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur parla, et leur dit: Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur! Puis il monta vers eux dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-même tout stupéfaits et remplis d’étonnement; car ils n’avaient pas compris le miracle des pains, parce que leur cœur était endurci. Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent.

29 août (ancien calendrier)/11 septembre (nouveau)

29 août (ancien calendrier)/11 septembre (nouveau)
Jour de jeûne (dispense d’huile et de vin)

Décollation de saint Jean Baptiste
Saint Alexandre de Votch (XVI) ; saint néomartyr Anastase de Strumica (1794)

LA DÉCOLLATION DE SAINT JEAN BAPTISTE

Décollation de saint Jean Baptiste

Décollation de saint Jean Baptiste

Saint Jean, le Précurseur et Baptiste du Seigneur, a reçu du Christ lui-même le témoignage qu’il était le plus grand de tous les hommes nés de la femme et le premier parmi les prophètes. Alors qu’il était encore dans le sein de sa mère, il tressaillit de joie à l’approche du Messie que portait en elle la Toute-Sainte Mère de Dieu. Dès qu’il eut atteint l’âge adulte, lui dont le monde n’était pas digne (Hbr 11, 38), se retira au désert, couvert d’un vêtement de poil de chameau et ceint d’une ceinture de cuir, signifiant la maîtrise de tous les élans de la chair. Ayant retrouvé, tel un nouvel Adam, l’état harmonieux de notre nature créée pour être tournée vers Dieu seul, il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage, et vaquait à la contemplation l’esprit non troublé par les soucis de ce monde. L’an quinze du principat de Tibère César (29 ap. J-C), Jean, ayant entendu la Parole de Dieu dans le désert, se rendit dans la région du Jourdain, pour prêcher le repentir aux foules qui venaient à lui, attirées par sa vie angélique. Il les baptisait dans les eaux du Jourdain en signe de purification de leurs péchés, et pour les préparer à recevoir le Sauveur il les engageait à produire de dignes fruits de repentir, plutôt qu’à se vanter d’être fils d’Abraham. Et il disait, en reprenant les paroles du prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ; tout ravin sera comblé et toute montagne ou colline sera abaissée (…) et toute chair verra le salut de Dieu » (Is 40, 3-5). Comme le peuple se demandait s’il n’était pas le Sauveur attendu depuis des générations, Jean leur dit : « Pour moi je vous baptise avec de l’eau, mais vient plus grand que moi, lui vous baptisera dans le feu et dans l’Esprit Saint. » Sa pureté et son amour de la virginité étaient tels qu’il fut jugé digne, non seulement de voir le Sauveur, dont il avait été institué le Précurseur, mais encore de le baptiser dans le Jourdain et d’être le témoin de la révélation de la Sainte Trinité.

Saint Jean méditait sans cesse la Parole de Dieu et considérait toute chose de ce monde comme secondaire au regard de l’observation de la Loi divine, dont sa vie était la parfaite réalisation. C’est pourquoi il ne craignait pas d’adresser de violents reproches à Hérode Antipas, le tétrarque de Galilée, homme impudique et débauché qui, contrairement à la Loi, avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe alors que ce dernier était encore en vie, et avait eu d’elle une fille, Salomé . Se faisant l’interprète de la conscience endurcie du pécheur, le prophète lui disait au nom de Dieu : « Il ne t’est pas permis d’avoir pour épouse la femme de ton frère. » C’est pourquoi Hérodiade nourrissait une rancune tenace contre Jean et voulait le tuer. Elle en était cependant empêchée par Hérode qui le protégeait, comme homme juste et saint, mais surtout par crainte du peuple qui l’honorait comme un envoyé de Dieu. Finalement la perfide Hérodiade parvint à ses fins et obtint de faire emprisonner le prophète dans la forteresse de Machéronte. Quand vint l’anniversaire de la naissance du roi, à l’approche de la Pâque, celui-ci convia les notables de son royaume à un grand festin, pendant lequel tous se livrèrent à la goinfrerie et à l’ivresse. Salomé dansa voluptueusement devant les convives de ce banquet de la vaine gloire, et elle plut au regard lubrique de son père qui s’engagea par serment à lui donner en récompense tout ce qu’elle demanderait, fût-ce la moitié de son royaume. Sur le conseil de sa mère, la jeune fille demanda qu’on lui apporte séance tenante la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. Le roi se trouva embarrassé, mais à cause de son serment, et pour ne pas perdre la face devant ses convives, il se résolut à faire périr le Juste. La sentence fut aussitôt exécutée, un soldat alla décapiter saint Jean dans sa prison et rapporta bientôt dans la salle, sur un plat, son précieux chef encore sanglant, qui adressait un reproche silencieux à la faiblesse criminelle du roi. Salomé présenta ce trophée à sa mère, semblant lui dire : « Mange, ô ma mère, la chair de celui qui a vécu comme un incorporel, et bois son sang. Cette langue qui ne cessait de nous adresser des reproches se taira désormais à jamais ».

Les disciples du saint vinrent prendre son corps et allèrent l’enterrer à Sébaste, puis ils allèrent en informer Jésus. Ce n’est que bien plus tard que les reliques du saint Précurseur furent retrouvées par miracle, afin de répandre la grâce sur les fidèles qui les vénèrent.

Cet acte sanglant semble avoir été permis par Dieu, afin qu’après avoir été le Précurseur du Christ sur la terre, saint Jean-Baptiste le fût aussi dans le royaume des morts et aille annoncer aux justes morts dans l’espérance de la Rédemption, l’arrivée prochaine du Messie qui devait briser par la Croix les portes et les verrous des enfers.

Par sa vie comme par sa mort, le Précurseur reste aussi pour tous les chrétiens un prophète et maître de vie spirituelle. Par sa conduite irrépréhensible, il leur apprend à lutter jusqu’à la mort contre le péché, non seulement pour le respect de la justice et l’observance de la Loi de Dieu, mais aussi pour progresser dans la vertu et la pureté du cœur. Toute conscience affinée par la méditation de la Loi de Dieu est donc semblable au Précurseur, et elle fraie en l’âme repentante les voies du Seigneur, afin de lui donner la connaissance du Salut (Lc 1, 76).

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2
Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

Kondakion de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5
La glorieuse décollation du Précurseur constitua un dessein divin : il devait annoncer la venue du Sauveur à ceux qui se trouvaient dans les enfers. Que se lamente Hérodiade, qui commanda le crime inique : elle n’aima point la loi de Dieu, ni l’éternité pleine de vie, mais le factice, l’éphémère.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 14-30)

Le roi Hérode entendit parler de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit: Jean Baptiste est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. D’autres disaient: C’est Élie. Et d’autres disaient: C’est un prophète comme l’un des prophètes. Mais Hérode, en apprenant cela, disait: Ce Jean que j’ai fait décapiter, c’est lui qui est ressuscité. Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l’avait fait lier en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait: Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère. Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. Mais elle ne le pouvait; car Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il le protégeait, et, après l’avoir entendu, il était souvent perplexe, et l’écoutait avec plaisir. Cependant, un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l’anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée. La fille d’Hérodias entra dans la salle; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille: Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Il ajouta avec serment: Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Étant sortie, elle dit à sa mère: Que demanderais-je? Et sa mère répondit: La tête de Jean Baptiste. Elle s’empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande: Je veux que tu me donnes à l’instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus. Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d’apporter la tête de Jean Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent prendre son corps, et le mirent dans un sépulcre. Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
Galates 2:21-3:7; Marc 6:1-7

Prenez courage: c’est moi; n’ayez pas peur ( Marc 6:50). Voici le pilier de notre espérance! Quel que soit le malheur ou l’épreuve que tu puisses avoir, n’oublie pas que le Seigneur est proche, et sois inspiré par une courageuse patience. Comme à cette époque, Il apparut soudain devant les apôtres qui étaient dans la tempête sur la mer, ainsi Il te montrera Son aide et Son intercession, tout à coup, lorsque tu seras dans l’épreuve. Il est partout et Il est toujours prêt à accorder Sa protection. Reste seulement avec Lui ou devant Lui dans la foi, la prière, l’espérance et la dévotion à Sa sainte volonté. Il se produit une union de l’esprit avec le Seigneur, et de là vient toute bonne chose. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il y aura immédiatement la dignité et la gloire et l’honneur, et d’autres choses semblables. Les choses extérieures peuvent rester comme elles sont, mais il naîtra une acceptation courageuse et de bonne humeur de l’ordre des événements qu’il plaît au Seigneur d’organiser pour une personne. Et c’est la principale chose que toute personne dans le malheur doit chercher: le bonheur à l’intérieur, et non à l’extérieur. La béatitude intérieure existe toujours parmi ceux qui sont en union de vie avec le Seigneur.

Version française Claude Lopez-Ginisty

10 septembre

10 septembre

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saintes Ménodore, Métrodore et Nymphodore, sœurs, martyres en Bithynie (vers 310) ; saints Apelle, Luc et Clément, apôtres des soixante-dix (I) ; sainte Pulchérie, impératrice de Constantinople (453) ; saint Salvius, évêque d’Albi (584) ; saint Paul l’Obéissant des Grottes de Kiev (XIII-XIV) ; saint André, prince, dans le monachisme Joasaph (1453); saint martyr Barypsabas ; saints Pierre et Paul, évêques de Nicée (IX) ; saints néo-martyrs de Russie : Ismaïl (Koudriavtsev), Eugène (Popov), Jean (Popov), Constantin (Kolpetsky), Pierre (Grigoriev), Basile (Maximov), Gleb (Apoukhtine), Basile (Malinine), Jean (Sofronov), Pierre (Yourkov), Nicolas (Pavlinov), Pallade (Popov), prêtres, Mélèce (Fediounev) et Gabriel (Yatsik), moines, Syméon (Tourkine), Tatienne (Grimblit) (1937), Varus, évêque de Lipetsk (1938).

VIE DES SAINTES MARTYRES MÉNODORE, MÉTRODORE ET NYMPHODORE

Ces bienheureuses, sœurs selon la chair, vivaient en Bithynie sous le règne de Maximien Galère (vers 305-311). S’appliquant à orner la beauté naturelle de leur corps de la parure des saintes vertus pour l’amour du Christ, elles se retirèrent dans la montagne, près des sources d’eaux chaudes nommées Pythia. Loin des hommes et de tout souci du monde, elles s’adonnaient à la prière et à la contemplation. Elles devinrent rapidement des demeures du Saint-Esprit, et de nombreuses personnes venaient à elles pour recevoir la guérison de leurs maux, tant physiques que spirituels. Apprenant quelle réputation avaient acquise ces saintes femmes, le gouverneur de la région, Fronton, les envoya quérir par une forte escorte, afin de les interroger et de les pousser à renier le Christ. Étonné par leur sagesse et leur détermination, et constant que rien ne pourrait les persuader d’abandonner leur Seigneur bien-aimé, il fit mettre Ménodore à nu et ordonna à ses bourreaux de la frapper pendant de longues heures, à l’issue desquelles la sainte rendit son âme à Dieu sans avoir cessé, même un instant, de prier. Le tyran fit ensuite comparaître les deux autres sœurs et leur montra le corps nu et meurtri de Ménodore, pensant ainsi les effrayer et refroidir leur ardeur. Mais bien au contraire, elles n’en furent que davantage déterminées à mener à leur tour l’ultime combat. Après leur avoir passé des torches sur tout le corps, les bourreaux leur brisèrent les membres avec des barres de fer. C’est ainsi qu’elles partirent à leur tour rejoindre le chœur des vierges sages dans la chambre nuptiale de leur Époux céleste. Furieux de voir avec quel calme et quelle joie les saintes avaient supporté tous ces tourments, le gouverneur voulut faire brûler leurs dépouilles, afin que personne ne puisse les vénérer. Mais au moment où les corps étaient jetés dans la fournaise, un violent orage éclata, éteignit le feu, permettant ainsi aux fidèles de donner aux saintes martyres une digne sépulture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire des saintes martyres Ménodore, Métrodore et Nymphodore, ton 4
Vous qui avez souffert avec longanimité pour la Trinité et vaincu l’ennemi aux maintes ruses, vous vous êtes fraternellement revêtues de l’Esprit : aussi demeurez-vous avec les cinq vierges, dans le tabernacle céleste, ô martyres, avec les anges, dans la joie devant le Roi de toutes choses.

Kondakion des saintes martyres Ménodore, Métrodore et Nymphodore, ton 4
Vous qui avez souffert avec longanimité pour la Trinité et vaincu l’ennemi aux maintes ruses, vous vous êtes fraternellement revêtues de l’Esprit : aussi demeurez-vous avec les cinq vierges, dans le tabernacle céleste, ô martyres, avec les anges, dans la joie devant le Roi de toutes choses.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 30-45)

Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit: Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert. Beaucoup de gens les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient. Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s’acheter de quoi manger. Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger? Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons. Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte, et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule.

28 août (ancien calendrier)/10 septembre(nouveau)

28 août (ancien calendrier)/10 septembre(nouveau)

Saint Moïse l’Éthopien (vers 400) ; sainte prophétesse Anne, fille de Phanuel (I) : sainte Chouchanik (Suzanne), princesse martyre de Géorgie (V) ; saint martyr Julien de Brioude en Auvergne (III) ; synaxe des saints de la Laure des grottes de Kiev (grottes lointaines) ; saint Amphiloque de Vladimir en Volhynie (1122) ; saint Sabbas de Krypets (1495) ; invention des reliques de saint Job de Potchaïev (1659) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Bourdine), prêtre (1918) ; Serge (Zaïtsev), Laurent (Nikitine), Séraphim (Kouzmine), Théodose (Alexandrov), Léonce (Kariaguine), Étienne, Georges (Timofeev), Hilarion (Pravdine), Jean (Sretensky) et Serge (Galine), moines de Kazan (1918) ; Alexandre (Medvedev), diacre (1918) ; Nicolas (Gueorguievsky), prêtre (1931) ; Basile (Sokolsky) (1937).

moiseVIE DE SAINT MOÏSE L’ÉTHIOPIEN
Le bienheureux Moïse était éthiopien de race et avait l’âme aussi noire que la peau. Il était esclave au service d’un magistrat, qui le chassa à cause des vols et des mauvaises actions qu’il avait commises. Il devint alors chef d’une bande de brigands qui ne reculaient devant aucun moyen — fût-ce le meurtre — pour accomplir leurs larcins. Cependant, à l’occasion d’un accident qui lui survint, la conscience de Moïse se réveilla. Touché par l’amour du Christ, il prit en haine le péché ainsi que sa vie passée, et résolut de montrer un ardent repentir. Après avoir été baptisé, il se retira aussitôt au désert de Scété, dans un lieu solitaire et dépourvu de consolation humaine, au point qu’il n’avait même pas un peu d’eau pour réconforter son corps desséché par le soleil et par les labeurs de l’ascèse.

Un jour, quatre brigands se jetèrent sur lui alors qu’il était assis dans sa cellule. Moïse, qui était doté d’une force prodigieuse, les ligota et les portant sur son dos comme un sac de paille, il les amena à l’église, en disant : « Il ne m’est pas permis de faire du mal à quiconque. Qu’ordonnez-vous pour ces gens-là ? » Apprenant qu’il était Moïse, le célèbre chef de bande, les quatre hommes se dirent que si un tel scélérat en était venu à servir Dieu, le salut n’était pas loin d’eux aussi, et ils devinrent moines.

Malgré son repentir et ses combats ascétiques, Moïse continuait cependant à être assailli par l’habitude des passions, cette seconde nature, qui était si profondément enracinée en lui qu’il dut mener pendant dix ans un combat implacable contre le démon de la fornication. Un jour, alors qu’il était près de céder au désespoir et d’abandonner la lutte, il rendit visite au grand abba Isidore, le prêtre de Scété. Comme il lui racontait ses épreuves, l’Ancien lui dit qu’il ne fallait pas s’étonner d’avoir à affronter de si violents combats, car le pécheur endurci est semblable au chien de boucherie, qui a coutume de ronger les os, et qui ne peut renoncer à cette habitude que lorsqu’on cesse de l’entretenir et qu’on ferme la boucherie. De même, il ne suffira pas au pécheur de cesser de commettre le péché, il lui faudra aussi chasser la mauvaise habitude par la bonne habitude de la vertu, en mortifiant sa chair pendant de longues années. Le démon, désespéré de se voir ainsi sans matière pour allumer les désirs impurs dans le cœur, abandonnera la lutte. De retour dans sa cellule, Moïse se livra à de grandes austérités : il ne mangeait que douze onces de pain sec, épuisait son corps par le travail et faisait cinquante séries de prières par jour. Mais il avait beau macérer ainsi sa chair, il restait tout embrasé, particulièrement dans les rêves. Il alla donc de nouveau prendre conseil d’un autre grand vieillard, qui lui recommanda d’ajouter à la sobriété corporelle celle de l’intelligence, en la purifiant par les veilles. Moïse associa dès lors à ses jeûnes, les veilles quotidiennes la nuit entière : pendant six ans, il se tint debout toutes les nuits au milieu de sa cellule, priant sans fermer l’œil. Comme les pensées continuaient de l’assaillir, il compléta l’édification en lui de l’homme nouveau par un amour ardent pour ses frères. La nuit, il se rendait dans les cellules des vieux anachorètes qui n’avaient plus la force d’aller chercher de l’eau, et il allait remplir leurs jarres au puits qui se trouvait à plusieurs milles de là.

Le démon, furieux de se voir ainsi vaincu de toutes parts par le serviteur de Dieu, l’assaillit une nuit, alors qu’il était penché au-dessus du puits, et lui donna un violent coup de massue sur les reins. Le lendemain, un frère, qui était venu puiser de l’eau, le trouva gisant là à demi mort et alla en informer abba Isidore. Transporté à l’église, Moïse ne recouvra ses forces qu’au bout d’une année. Isidore l’engagea à cesser de provoquer les démons au combat, car il y une mesure en tout, mais le vaillant soldat du Christ lui répondit : « Il m’est impossible de cesser, tant que les imaginations suggérées par les démons me troubleront. » L’Ancien lui annonça qu’il serait désormais délivré des rêves, et que cette épreuve avait été permise par Dieu pour qu’il ne se vante pas d’avoir surmonté la passion par ses propres forces. Moïse retourna donc dans sa cellule, et au bout de deux mois, il revint voir Isidore auquel il déclara ne plus éprouver aucun trouble. En plus de la grâce de l’impassibilité, Dieu lui accorda le pouvoir contre les démons, et transforma son caractère violent en une charité et une douceur sans pareille.

Un jour, un frère ayant commis une faute à Scété, les Pères se rassemblèrent pour le juger et invitèrent abba Moïse à se joindre à eux ; mais celui-ci refusa de se rendre à cette assemblée. Comme tout le monde l’attendait, et qu’on avait l’habitude de ne point commencer une synaxe avant que tous les ascètes fussent réunis, le prêtre l’envoya chercher. Moïse se leva, prit une corbeille percée, la remplit de sable et se rendit au conseil. Les moines sortis à sa rencontre lui demandèrent : « Qu’est-ce que ceci, Père ? » L’Ancien leur répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger la faute d’un autre ! » Entendant cela, les Pères se repentirent, ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent.

Un frère s’était rendu à Scété pour visiter les Anciens, et il voulut d’abord voir l’illustre abba Arsène, mais celui-ci n’accepta pas de le recevoir. Il alla ensuite chez abba Moïse qui l’accueillit avec joie et prévenance. Troublé par cette différence d’attitude, il pria Dieu et lui demanda comment il se faisait que l’un des Anciens fuyait les hommes à cause de son Nom et que l’autre les recevait à bras ouverts pour la même raison. Il lui fut alors montré deux grandes barques sur un fleuve, et il vit abba Arsène et l’Esprit de Dieu naviguant sur l’une en toute paix, et sur l’autre abba Moïse et les anges de Dieu qui le nourrissaient de gâteaux de miel.

Ayant acquis une grande faveur auprès de Dieu et devenu prêtre, abba Moïse convertit par l’exemple de ses vertus soixante-dix de ses anciens compagnons de brigandage, qui devinrent ses disciples. Il leur enseignait à se débarrasser des passions par les combats de l’ascèse et à demeurer dans leur cellule, comme s’ils étaient au tombeau, morts à tout homme. Il disait : « Reste assis dans ta cellule, et ta cellule t’enseignera toutes choses (Jn 14,26) ». Quand on lui demandait ce que signifie mourir à tout homme, il répondait : « Mourir à son prochain, c’est porter tes fautes et ne te soucier de personne pour savoir s’il est bon ou mauvais. Si nous sommes attentifs à voir nos fautes, nous ne verrons pas celles de notre prochain. Car c’est folie pour l’homme qui a un mort chez lui, de le laisser là et de partir pleurer celui du voisin ». Quand on lui demandait à quoi servent toutes les mortifications auxquelles s’astreignent les moines, ces jeûnes et ces veilles pendant toute une vie, il répondait : « Ils rendent l’âme humble. Car, si l’âme se donne tout ce mal, Dieu la prendra en pitié ».

Abba Moïse était âgé de soixante-quinze ans quand on annonça que les barbares Maziques allaient assaillir Scété (407). Tous les moines s’apprêtaient à prendre la fuite, sauf abba Moïse. Les frères lui ayant demandé pourquoi il restait ainsi, paisible, il leur répliqua : « J’attends ce jour depuis tellement d’années, afin que s’accomplisse la parole du Seigneur Jésus-Christ qui a dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Mt 26, 52) ». Édifiés par cette réponse, les frères déclarèrent : « Nous non plus nous ne fuirons pas, mais nous resterons pour mourir avec toi. » L’Ancien leur dit : « Cela n’est pas mon affaire. Que chacun juge ses propres actes et fasse selon ce que le Seigneur l’éclairera. » Les barbares saccagèrent le fameux centre monastique de Scété, tuant sans merci tous ceux qu’ils trouvaient. Quand ils arrivèrent à la cellule d’abba Moïse et de ses sept disciples, un des moines put se cacher derrière un tas de cordes et, quand ils massacrèrent les saints Pères, il vit sept couronnes descendre du ciel pour reposer au-dessus de leurs corps.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Moïse porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les maladies et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Repoussant les visages des noirs démons, * tu resplendis comme un soleil illuminant * nos âmes qui te vénèrent, Moïse bienheureux.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 30-45)

Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit: Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert. Beaucoup de gens les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient. Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s’acheter de quoi manger. Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger? Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons. Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte, et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
Galates 3:23-4:5; Marc 6:30-45

Et les gens accouraient à pied hors de toutes les villes… et venaient vers Lui. C’est dans le désert de Bethsaïde, où le rassasiement merveilleux de cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons a été réalisé. Ce qui attira le peuple vers le Seigneur? Une sympathie envers le Divin. La divinité du Seigneur, cachée sous le couvert de la nature humaine, se révéla dans la parole, l’action, le regard, et tout ce qui était visible dans le Seigneur.

Les manifestations de la divinité éveillèrent le sentiment de la divinité cachée dans le cœur, et à travers lui, attirèrent les gens vers le Seigneur. Personne n’a le pouvoir de retenir un tel mouvement vers le Seigneur, même pas celui qui l’éprouve, car il est plus profond et plus fort que tous les autres mouvements.

La même Divinité, manifestée plus tard par le Sauveur, a attiré à Lui, des gens de toutes les langues qui existent sous les cieux. Il en a été de même dans toute l’histoire de l’Eglise, jusques à ce jour. Une petite trace du Divin attire les gens.

Ce qui s’ensuit de cette expérience, partout et à tout moment, de l’aspiration de notre esprit pour le Divin? Ce qui s’ensuit, est que ce qui est divin, ce qui est surnaturel, est la divinité, sa source. Cette aspiration se trouve dans la fondation de notre esprit et constitue sa nature, comme on peut le voir dans nos préoccupations intellectuelles, esthétiques et pratiques. Mais dans la nature, il ne peut y avoir des mensonges et la tromperie, par conséquent, ils n’existent pas dans cette aspiration à la divinité. D’où il s’ensuit que Dieu et le Divin existent, et que les naturalistes, en rejetant ce qui est surnaturel, vont à l’encontre de la nature de l’esprit humain.

Version française Claude Lopez-Ginisty

9 septembre

9 septembre – jour de jeûne

Après-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saint Joachim et sainte Anne, justes ancêtres de Dieu ; commémoration du troisième Concile Œcuménique d’Ephèse (431) ; saint Sévérien, martyr à Sébaste (320) ; saint Théophane le confesseur, ascète (vers 300) ; bienheureux Nicétas de Constantinople (XII) ; saint Joseph de Volokolamsk (1515) ; invention des reliques de saint Théodose de Tchernigov (1896) ; saints martyrs Chariton et Strator (Stratonique); ; saint Onuphre de Vorona (Roumanie, 1789) ; saint Cyriaque de Tazlău (Roumanie, 1660) ; saints néo-martyrs de Russie : Grégoire (Gariaiev) prêtre, et Alexandre (Ipatov), diacre (1918) ; Zacharie, archevêque de Voronège, Serge (Ouklonsky), Joseph (Arkharov) et Alexis (Ouspensky), prêtre, Dimitri (Troïtsky), diacre et Basile (Chikalov)(1937) ; Andronique (Sourikov), moine (1938) ; Alexandre (Vinogradov), prêtre (1942).

VIE DES SAINTS ANCÊTRES DE DIEU JOACHIM ET ANNE

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Saint Joachim et sainte Anne, justes ancêtres de Dieu

Le saint et juste Joachim, fils de Barpanther, descendait du roi David, auquel Dieu avait promis que naîtrait de la semence de ses des descendants le Sauveur du monde. La juste Anne était fille de Mathan et descendait de la Tribu de Lévi par son père, et de la tribu de Judas par sa mère. Les époux vivaient à Nazareth de Galilée. Ils n’eurent point d’enfant jusque dans leur profonde vieillesse et en étaient affligés. Il leur advint de supporter le mépris et les moqueries, car l’infécondité était considérée comme une honte. Ils n’ont toutefois jamais murmuré, mais prié avec ferveur à Dieu, mettant humblement confiance en Lui. Une fois, lors d’une grande fête, les dons que Joachim voulait offrir à Jérusalem comme une offrande à Dieu ne furent point acceptés par le Prêtre Ruben, qui considérait qu’un homme sans enfants n’était pas digne d’offrir un sacrifice à Dieu. Cela attrista fort le vieillard qui se considérait comme le plus pécheur des hommes, et décida de ne pas rentrer chez lui, mais de s’isoler dans un endroit désert. Lorsque Ste Anna apprit quelle humiliation son mari avait endurée, elle supplia Dieu avec affliction, dans la prière et le jeûne, de lui accorder un enfant. Dans sa solitude, Joachim fit la même demande à Dieu. La prière du couple saint fut entendue. L’archange Gabriel leur apparut et leur annonça qu’une fille naîtrait d’eux, qui serait la bénédiction de tout le genre humain. Obéissant aux instructions du messager céleste, saint Joachim et Anne se réunirent à Jérusalem. Selon la promesse divine, Anne enfanta Marie, la Mère de Dieu. Saint-Joachim mourut quelques années plus tard, à l’âge de 80 ans, après l’entrée au Temple de sa Fille bénie. Sainte Anne est décédée à l’âge de 70 ans, deux ans après Joachim.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Tropaire des saints ancêtres de Dieu Joachim et Anne, ton 2
Célébrant la mémoire de tes ancêtres, Seigneur, nous Te supplions, par leur intercession, de sauver nos âmes.

Kondakion des saints ancêtres de Dieu Joachim et Anne, ton 2
Sainte Anne se réjouit, maintenant que les chaînes de sa stérilité sont brisées; elle nourrit la Très-Pure, invitant l’univers à célébrer le Seigneur qui donne aux mortels comme fruit de son sein la seule Vierge Mère, l’Épouse inépousée.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 7-13)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

27 août (ancien calendrier)/9 septembre (nouveau)

27 août (ancien calendrier)/9 septembre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Pimène le Grand (vers 450); saint Osio, évêque de Cordoue (359) ; saint Libère, pape de Rome (366) ; saint Pimène de Palestine (vers 602) ; sainte martyre Anthouse ; saint Sabbas de Benephali ; saint martyr Phanourios ; saint Césaire, archevêque d’Arles (542) ; saint hiéromartyr Koukcha et Saint Pimène de la laure des grottes de Kiev (1114) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Voskresensky), prêtre, et avec lui 28 martyrs (1918) ; Étienne (Nemkov), prêtre, et avec lui 18 martyrs (1918) ; Paul (Fokine), prêtre (1918) ; Jean (Lebedev), Jean (Smirnov), prêtres et Méthode (Ivanov), moine (1937) ; Alexandre (Tsitserov), prêtre (1939) ; Vladimir (Sokolov), prêtre (1940) ; Dimitri (Krioutchkov), confesseur, prêtre (1952).

VIE DE SAINT PIMÈNE LE GRAND

Saint Pimène le Grand (vers 450)

Saint Pimène le Grand (vers 450)

Natif d’Égypte, saint Pimène, « souhaitant la vie angélique », partit avec ses deux frères dans l’un des monastères égyptiens, où il reçut la tonsure monastique. Son frère aîné Anoub ainsi que son frère cadet Païsios vécurent dans l’ascèse avec lui. Une fois, leur mère, souhaitant les voir, se rendit au monastère, mais ils restèrent dans leur cellule, sans en sortir. Enfin, après qu’elle eût longuement attendu, Pimène vint à elle et lui dit que si elle souhaitait les voir dans la vie à venir, elle devrait renoncer à les voir dans ce monde. Consolée par ces paroles, et dans l’espérance de les revoir dans les cieux, elle quitta le monastère sans voir ses enfants. Pimène passait le temps dans un jeûne strict et dans la prière. « Ayant été éduqué par le lait de la tempérance », comme le dit l’office liturgique, il atteint un tel niveau de vertu, qu’il parvint « à l’absence de passions ». Le gouverneur de la province souhaita faire connaissance du grand ascète, mais celui-ci « se protégeant par l’humilité », et ne souhaitant pas nuire à sa vie spirituelle, fit dire au gouverneur qu’il ne vienne pas le voir. C’est ainsi que Pimène fuyait la gloire mondaine, craignant de perdre l’humilité et de tomber dans l’orgueil. Las de sa gloire qui ne faisait que croître, et fuyant les honneurs humains, Pimène quitta le monastère et durant quelques années séjourna en divers lieux. Revenu ensuite au désert d’Égypte, il continua à vivre dans la plus stricte ascèse jusqu’à son bienheureux trépas. Pimène donnait des conseils pleins de sagesse. Au moine qui lui demandait : « Faut-il couvrir par le silence le péché du frère qui a péché, s’il m’arrive de le voir ? » Abba Pimène répondit : « Si nous cachons le péché des frères, Dieu cache alors nos péchés. Si tu vois ton frère en train de péché, ne crois pas tes yeux, et saches que tes péchés sont semblables à une poutre, tandis que ceux de ton frère ressemblent à une petite branche, et alors tu ne seras ni troublé, ni scandalisé ». Une autre fois, on demanda à Abba Pimène : «J’ai commis une grande faute et je veux me repentir pendant trois ans ». Pimène lui dit : « C’est beaucoup ». Et le frère dit : « Et durant un an ? » Le vieillard dit à nouveau : « C’est beaucoup ». Les assistants dirent : « Et durant quarante jours ? » Il dit encore : « C’est beaucoup ». Et il ajouta : « Moi, je dis que si un homme se repent de tout son cœur, et qu’il se propose de ne plus commettre le péché, Dieu le reçoit même en trois jours ». Alors qu’on lui demandait s’il valait mieux se taire que de parler, Abba Pimène répondit : « Il y a un homme qui semble se taire, mais son cœur condamne les autres ; un tel homme bavarde constamment. Mais il y en a un autre qui parle du matin au soir, et pourtant il garde le silence : c’est-à-dire qu’il ne dit rien sans utilité ». Glorifié par la sainteté de sa vie et la profonde édification de ses enseignements, S. Pimène s’endormit dans le Christ vers l’an 450.
Les apophtegmes de saint Pimène et des autres Pères du désert ont été rassemblés dans différents recueils intitulés « Sentences des pères du désert ». L’un des plus grands spirituels contemporains, le père Cléopas du monastère de Sihastria en Roumanie († 1998), disait que les recueils d’apophtegmes ou sentences des Pères du désert constituent le fondement de l’Orthodoxie.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Pimène, ton 8
Par les flots de tes larmes, tu as cultivé le désert aride : par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l’univers. Prie le Christ Dieu, ô notre bienheureux Père Pimène, de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Pimène, ton 4
Voici venue en ce jour, * vénérable Pimène, la mémoire sacrée * de tes combats lumineux * qui réjouit les âmes des croyants, * bienheureux Père aux divines pensées.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 7-13)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
Lorsque le Seigneur a envoyé les saints apôtres prêcher, Il leur ordonna de ne rien prendre avec eux, si ce n’est les vêtements qu’ils portaient, des sandales aux pieds, et un bâton à la main. Ils ne devaient avoir aucun souci au sujet de quoi que ce soit, entreprenant cette œuvre comme si tout était bien fourni. En effet, les apôtres eurent tout ce dont ils avaient besoin, sans aucune provision externe. Comment cela était-il possible? Grâce à leur dévouement complet à la volonté de Dieu, c’est pourquoi le Seigneur fit qu’ils n’avaient besoin de rien. Leur prédication toucha le coeur des auditeurs, qui ont nourri et abrité les prédicateurs.

Mais les apôtres ne pensaient pas à cela et n’attendaient rien, remettant tout au Seigneur. C’est pourquoi ils supportaient patiemment tous les désagréments qu’ils pouvaient rencontrer. Leur seul souci était de prêcher, et leur seul chagrin était si les gens ne voulaient pas écouter leur prédication. D’où la pureté, l’indépendance et de la grande fécondité de leur prédication.

La même chose est également nécessaire aujourd’hui, mais notre infirmité demande des provisions externes, sans lesquelles nous ne ferons pas un seul pas. Ceci, cependant, n’est pas un reproche contre nos apôtres d’aujourd’hui. Au début, ils trouvent certainement une consolation dans le fait que l’on pourvoie à leurs besoins, mais cette pensée disparaît de leur esprit et par leur œuvre-même, ils sont amenés à s’en remettre plus complètement à Dieu. Dès ce moment, très probablement, leur prédication commence à être vraiment féconde. S’en remettre à Dieu est un très haut degré de perfection morale, et les gens ne peuvent pas l’atteindre immédiatement, dès le moment où ils en comprennent la valeur. Cela vient naturellement après un travail sur soi-même.

Version française Claude Lopez-Ginisty

8 septembre – Nativité de la très-sainte Mère de Dieu

8 septembre Nativité de la très-sainte Mère de Dieu
Saint Sérapion du monastère du Saint-Sauveur à Pskov (1480) ; saint Lucien de Pereyaslavl (1655) ; saint néo-martyr Athanase de Thessalonique (1774) ; saint Sophrone, évêque d’Achatalea en Géorgie (1803) Saints Jean (1957) et Georges (1962), confesseurs (Géorgie).

LA NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE MÈRE DE DIEU

Nativité de la très-sainte Mère de Dieu

Nativité de la très-sainte Mère de Dieu

Notre Dieu créa l’homme et le plaça dans le Paradis pour qu’il ne se préoccupe que de cultiver le bien et de contempler Dieu seul par ses oeuvres. Mais, par la jalousie du diable, qui séduisit Eve, la première femme, Adam tomba dans le péché et fut exclu du Paradis de délices. Par la suite, Dieu donna sa Loi aux hommes par Moïse et fit connaître Ses volontés par les Prophètes, en préparation d’un bienfait plus grand: l’Incarnation de Son Fils unique, le Verbe de Dieu, qui devait nous délivrer des filets du Mauvais. En assumant notre nature, le Christ voulait participer pleinement à notre condition déchue, hormis le péché: car Lui seul est sans péché, étant Fils de Dieu. C’est pourquoi Dieu Lui prépara une demeure immaculée, une arche pure, la très Sainte Vierge Marie, qui, bien qu’elle fût elle-aussi soumise à la mort et à la condamnation de nos premiers parents, fut élue par Dieu depuis l’origine des âges pour être la nouvelle Eve, la Mère du Christ Sauveur, la source de notre rédemption et le prototype de toute sainteté chrétienne.

Son père s’appelait Joachim. Il descendait de la tribu royale de David par la branche de Nathan, son fils. Nathan engendra Lévi, Lévi engendra Melchi et Panther, Panthère engendra Barpanther, père de Joachim. Anne, l’épouse de Joachim, descendait elle-aussi de la tribu royale; car elle était la petite-fille de Mattha, lui-même petit-fils de David par Salomon. Mattha épousa une certaine Marie de la tribu de Juda, et ils donnèrent naissance à Jacob, le père de Joseph le charpentier et à trois filles: Marie, Sobée et Anne. Marie donna naissance à Salomée la sage-femme; Sobée à Elisabeth, la mère du Précurseur, et Anne à la Mère de Dieu, Marie, qui portait ainsi le nom de sa grand-mère et de sa tante. Elisabeth et Salomée, les nièces d’Anne, étaient donc les cousines de la Mère de Dieu.

Selon une divine économie, et pour montrer la stérilité de la nature humaine avant la venue du Christ, Dieu avait laissé Joachim et Anne sans progéniture jusqu’à un âge avancé. Comme Joachim était riche et pieux, il ne cessait de s’adresser à Dieu par la prière et de Lui offrir des présents,pour qu’Il les délivre, lui et son épouse, de leur opprobre. Un jour de fête, alors qu’il s’était présenté au Temple pour déposer son offrande, un des fidèles s’adressa à lui en disant: «Il ne t’est pas permis de présenter ton offrande avec nous, car tu n’as pas d’enfant». Alors, le coeur ulcéré, Joachim ne rentra pas chez lui, mais se retira dans la montagne, seul, pour prier et verser des larmes devant Dieu. Pendant ce temps, Anne versait elle aussi d’abondantes larmes et élevait de ferventes supplications vers le ciel, dans son jardin. Notre Dieu, riche en miséricorde et plein de compassion, entendit leurs supplications et envoya auprès d’Anne l’Archange Gabriel, l’Ange de la bienveillance de Dieu et l’annonciateur du salut, pour lui annoncer qu’elle allait concevoir et donner naissance à un enfant, malgré son âge, et que l’on parlerait de cette progéniture par toute la terre. Elle répondit, pleine de joie et de surprise: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si j’enfante soit un fils, soit une fille, je le consacrerai au Seigneur mon Dieu, pour qu’il Le serve tous les jours de sa vie». Joachim, lui aussi,reçut la visite d’un Ange qui lui ordonna de se mettre en chemin avec Ses troupeaux pour rentrer chez lui et se réjouir avec sa femme et toute leur maison, car Dieu avait décidé de mettre fin à leur opprobre.

Or, neuf mois étant passés, Anne enfanta. Elle demanda à la sage femme: – «Qu’ai-je mis au monde?» Celle-ci répondit: – « Une fille. » Et Anne reprit: – «Elle a été glorifiée en ce jour, mon âme!» Et elle coucha délicatement l’enfant. Les jours de la purification de la mère exigés par la Loi étant accomplis, elle se releva, se lava, donna le sein à son enfant, et lui donna le nom de Marie: le nom qu’avaient attendu confusément les Patriarches, les Justes et les Prophètes, et par lequel Dieu devait réaliser le projet qu’il tenait caché depuis l’origine du monde.

De jour en jour, l’enfant se fortifiait. Quand elle eut six mois, sa mère la posa à terre, pour voir si elle tiendrait debout. Marie avança alors de sept pas assurés, puis revint se blottir dans le giron de sa mère. Anne la souleva en disant: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne fouleras plus ce sol avant que je ne t’emmène au Temple du Seigneur. » Et elle établit un sanctuaire dans la chambre de l’enfant, où rien de vil ni de souillé par le monde n’entrait. Et elle fit venir des filles d’Hébreux de race pure, pour jouer avec l’enfant.

La première année de la petite étant écoulée, Joachim donna un grand festin. Il invita des Prêtres, des scribes et les membres du Conseil, et tout le peuple d’Israël. Joachim présenta aux Prêtres la petite fille, ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu de nos pères, bénis cette petite fille et donne lui un nom qui soit nommé éternellement et par toutes les générations. » Et tout le peuple répondit: «Qu’il en soit ainsi, qu’il en soit ainsi! Amen!» Joachim la présenta aussi aux princes des Prêtres. Ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu des hauteurs sublimes, abaisse Ton regard sur cette petite fille, et donne lui une bénédiction suprême, une bénédiction à nulle autre pareille!»

Sa mère emporta Marie dans le sanctuaire de sa chambre et lui donna le sein, en adressant au Seigneur Dieu cette hymne:

«Je veux chanter au Seigneur mon Dieu une hymne, parce qu’Il m’a visitée et qu’Il a écarté de moi l’outrage de mes ennemis. Car le Seigneur m’a donné un fruit de Sa justice, cette justice qui est une et multiple tout ensemble. Qui annoncera maintenant aux fils de Ruben qu’Anne est Mère? Apprenez, apprenez, vous les douze tribus d’Israël, qu’Anne est mère!» Puis elle posa l’enfant dans la chambre du sanctuaire, sortit et alla servir les invités, qui se réjouissaient et louaient le Dieu d’Israël.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc. X, 38-42 ; XI, 27-28)

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité! Et il répondit: Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent!

26 août (ancien calendrier)/8 septembre (nouveau)

26 août (ancien calendrier)/8 septembre (nouveau)

Mémoire de la Translation de l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Vladimir à Moscou ; Saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311) ; sainte Pélagie, veuve à Limoges (vers 584) ; saint Adrien, moine au monastère d’Ondroussov (1550) ; bienheureuse Marie de Diveevo (1931) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre (Yevlev), prêtre (1918) ; Georges (Kossov), confesseur, prêtre (1928) ; Victor (Ellansky), prêtre, Romain (Medved), confesseur, prêtre, Dimitri (Morozov) et Pierre (Bordan) (1937).

vladimirska

Icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Vladimir

L’ICÔNE MIRACULEUSE DE LA MÈRE DE DIEU DE VLADIMIR
En 1395, comme l’armée tatare de Tamerlan (Temir Axaka) s’approchait de Moscou, annonçant de terribles pillages, le métropolite saint Cyprien fit venir de Vladimir à Moscou, l’icône de la Mère de Dieu, dit « de Vladimir ». Grâce à l’intercession de la Toute-Sainte, l’invasion fut repoussée de façon miraculeuse. En signe d’actions de grâces, saint Cyprien décida de fonder à Moscou le monastère de la Sainte-Rencontre (Sretensky), sur le lieu où la sainte icône avait été accueillie, et il institua la fête de ce jour à la gloire de la puissante Protectrice de la Cité chrétienne.

Saint Adrien, martyr à Nicomédie (305-311)

VIE DES SAINTS MARTYRS ADRIEN ET NATHALIE
Saint Adrien était un officier de haut rang dans l’armée romaine. Âgé de vingt-huit ans, il vivait à Nicomédie avec son épouse Nathalie, au début de la persécution de Dioclétien (vers 300). L’empereur avait alors fait arrêter vingt-trois chrétiens qui s’étaient cachés dans une grotte, et il les avait soumis à toutes sortes de supplices. Ayant assisté à la scène, Adrien leur demanda : « Pour quelle raison endurez-vous ces supplices intolérables et ces terribles tortures ? » Ils répondirent : « Nous endurons tout cela pour gagner les délices réservées par Dieu à ceux qui souffrent pour lui, délices que ni l’ouïe ne peut entendre, ni la parole exprimer. » L’âme illuminée par la grâce divine, Adrien demanda alors aux scribes de joindre son nom à celui des chrétiens : « Ce sera pour moi un plaisir de mourir avec eux pour l’amour du Christ ! » s’écria-t-il. Il fut aussitôt chargé d’entraves et jeté en prison, dans l’attente du jugement. Quand Nathalie apprit que son mari venait d’être arrêté, pensant que c’était pour quelque mauvaise action, elle fondit en larmes. Mais lorsqu’on lui dit que c’était pour avoir confessé le Christ, elle revêtit aussitôt des habits de fête et courut à la prison. Embrassant les liens d’Adrien, elle loua sa résolution et l’encouragea à rester ferme dans les épreuves qui l’attendaient ; et, après avoir demandé aux autres martyrs de prier pour son époux, elle rentra chez elle. Quand Adrien apprit la sentence portée contre lui, il obtint l’autorisation d’aller annoncer à sa femme la date de l’exécution. Dès qu’elle le vit arriver libre, Nathalie crut qu’il avait été relâché en reniant le Christ Sauveur, et elle ferma la porte de la maison pour empêcher Adrien d’entrer. L’invectivant pour sa lâcheté, elle lui lança ces paroles du Seigneur : Celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (Mt 10, 33). Mais, dès qu’Adrien lui apprit la raison de sa présence, elle lui ouvrit toutes grandes les portes, se précipita pour l’embrasser et décida de le suivre jusqu’au lieu du supplice. Le bienheureux comparut quelques jours après devant l’empereur et, ayant bravement confessé sa foi, il fut cruellement flagellé.

Sainte Nathalie, martyre à Nicomédie (305-311 )

Sainte Nathalie, martyre à Nicomédie (305-311 )

Les soldats le renversèrent ensuite à terre et le frappèrent au ventre avec une telle violence que ses entrailles s’en répandirent sur le sol. Encouragé par les autres martyrs et par Nathalie qui lui disait à l’oreille : « Ne crains pas les tortures. La douleur est de courte durée, mais le repos sera éternel », le saint restait inébranlable. Quand on ramena les saints martyrs en prison, en les traînant car ils ne pouvaient plus marcher, Nathalie s’oignit avec dévotion du sang de son mari. De pieuses femmes vinrent panser les plaies des glorieux confesseurs dans leur cachot, mais lorsque l’empereur l’apprit, il leur en interdit l’accès. Nathalie se coupa alors les cheveux, et revêtant des habits masculins elle réussit à pénétrer dans la prison et prit soin des martyrs. Elle fut bientôt imitée par les pieuses femmes. Informé qu’on avait réussi à détourner ses prescriptions et que les détenus jouissaient de quelque consolation dans leurs souffrances, le tyran ordonna de leur broyer les jambes dans des étaux ; c’est ainsi qu’ils rendirent tous leur âme sous l’effet de la souffrance. Quand vint le tour d’Adrien, Nathalie l’encouragea et soutint même sa main que les bourreaux s’apprêtaient à trancher sur le billot. Et lorsque sa main tomba, le saint martyr remit son âme à Dieu, complétant ce chœur de glorieux martyrs. Comme le tyran avait commandé de détruire leurs dépouilles par le feu, Nathalie réussit à dérober la main coupée de son époux qu’elle cacha dans son sein. Les corps furent jetés au feu, mais une pluie violente vint soudain éteindre la fournaise. Un chrétien, nommé Eusèbe, réussit à s’emparer des précieuses reliques qu’il transporta à Argyropolis, où elles furent dignement ensevelies. Quelque temps après, un puissant général demanda Nathalie en mariage à l’empereur, mais fidèle à son époux, celle-ci pria devant la main d’Adrien, lui demandant d’intercéder pour lui épargner une telle épreuve. Grâce à l’intervention des martyrs, elle réussit à s’enfuir et, parvenue à Argyropolis, elle déposa la main d’Adrien avec le reste de son corps. Elle vécut là quelque temps, et après une apparition d’Adrien, elle tomba légèrement malade puis alla le retrouver dans le Royaume des cieux.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’icône de Vladimir, ton 4
En ce jour triomphe la très glorieuse cité de Moscou, recevant, comme une aurore ensoleillée, ô Souveraine ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons, en te priant et en nous écriant : ô merveilleuse Souveraine Mère de Dieu ! Prie le Christ notre Dieu qui s’est incarné de toi, afin qu’Il délivre cette cité, et toutes les villes et pays chrétiens de toutes les embûches des ennemis et quIl sauve nos âmes, car Il est miséricordieux.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Тropaire des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4
Tes martyrs, Seigneur, par leurs combats, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4
Témoin du Christ, accueillant * dans ton cœur les saints propos * de ta pieuse femme, Adrien, * tu courus au-devant des tourments; * avec elle tu reçus la couronne des Martyrs.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 1-7)

Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent ces choses? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d’alentour, en enseignant. Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
Galates 2:11-16 / Marc 5:24-34

La femme hémoroïsse n’eut qu’à toucher le Seigneur avec foi, et une puissance sortit du Seigneur et vint en elle: aussitôt la fontaine de son sang fut tarie. L’écoulement du sang est une image des pensées et des intentions passionnées, sans cesse jaillissant du cœur, s’il n’a pas encore été purifié de toute sympathie pour le péché, c’est là notre maladie du péché. Elle est captée par ceux qui se sont repentis et avec zèle s’efforcent de se maintenir purs, non seulement extérieurement, mais intérieurement également. Ces gens-là voient que les mauvaises pensées viennent sans cesse du cœur, et ils s’en chagrinent et cherchent la guérison. Mais il n’est pas possible de trouver la guérison, en soi-même ou chez d’autres, elle vient du Seigneur, ou plus précisément, elle vient quand l’âme touche le Seigneur et que la puissance sort du Seigneur et entre dans l’âme. En d’autres termes, elle arrive lorsqu’un contact tangible avec le Seigneur se produit, ce dont témoignent une chaleur particulière et une ardeur intérieure. Quand cela arrive, dis-je, l’âme sent immédiatement qu’elle a « été guérie de son mal. » C’est un grand bien, mais comment peut-il être atteint? La femme hémoroïsse se précipita vers le Seigneur et reçut la guérison: nous aussi nous devons aussi nous précipiter vers le Seigneur, aller sans paresse par la voie étroite des efforts spirituels intérieurs et extérieurs. Tout est étroit et contraignant pour ceux qui vont en ce sens, et le Seigneur n’est pas en vue. Mais soudain voici le Seigneur. Et la joie! Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière notable…

7 septembre

7 septembre

Avant-fête de la Nativité de la Très-Sainte Mère de Dieu ; saint martyr Sozon de Cilicie (304) ; saints apôtres Évode (66) et Onésiphore (67) ; saint martyr Eupsyque (117-138) ; saint Luc (après 975) ; saint Cloud, moine, fondateur de l’Abbaye de Nogent-sur-Seine (560) ; saint Jean, archevêque de Novgorod (1186) ; saints Alexandre Peresvet (1380) et André Osliablia (vers 1380) ; saint Sérapion de Pskov (1480) ; saint hiéromartyr Macaire de Kanev (1678) ; saint Macaire d’Optino (1860) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre (Snejitsky) et Michel (Tikhonitsky) prêtres (1918) ; saint Eugène, métropolite de Gorkovsky, et avec lui Étienne (Kreïditch), prêtre, Eugène (Vyjva), Nicolas (Achtchepiev) et Pacôme (Ionov), moines, Grégoire (Averine), Basile (Soungourov), prêtres, Léon (Egorov) (1937).

VIE DU SAINT MARTYR SOZON DE CICILIE

Saint martyr Sozon de Cilicie (304)

Saint martyr Sozon de Cilicie (304)

Originaire de Lycaonie (Asie Mineure), saint Sozon vécut sous le règne de Dioclétien (vers 304). Nommé Tarasios avant de recevoir ce nom au saint baptême, il était berger. De cette activité, il apprit l’art de paître les brebis spirituelles et amena par son enseignement un grand nombre de païens à la foi. Un jour, ayant reçu dans une vision, l’assurance qu’il était temps pour lui de confesser le Christ par son sang, il descendit vers Pompéiopolis en Cilicie, et se rendit au temple des idoles où l’on adorait une statue en or d’Artémis. Il coupa une main de la statue et, après l’avoir réduite en petits morceaux, il distribua l’or aux pauvres. Grande fut l’émotion des païens lorsqu’ils constatèrent le larcin. Mais plus grand encore leur étonnement, en voyant le bienheureux Sozon devancer leurs soupçons et se livrer de lui-même. Aussitôt, on s’empara de lui pour le mener devant le gouverneur de Cilicie, Maximien. Comme les coups qu’on lui assénait ne pouvaient l’empêcher de confesser le Christ, on lui fit chausser des sandales de fer, couvertes de clous et, ainsi chaussé, on l’obligea à courir. Le saint était plein de joie en voyant son sang se répandre à terre telle une rosée bienfaisante. C’est dans cette joie surnaturelle qu’il remit son âme à Dieu, après avoir été si cruellement frappé que ses os et ses entrailles apparaissaient. Lorsque ses bourreaux voulurent allumer un grand brasier pour y brûler son corps, un violent orage se déclencha soudain et la pluie éteignit les flammes, si bien que les païens se dispersèrent effrayés, laissant de pieux fidèles venir prendre soin des restes du saint martyr.

TROPAIRES DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête de la Nativité de Très sainte Mère de Dieu, ton 4
De la racine de Jessé et du sang de David nous est née en ce jour Marie, la divine enfant. C’est pourquoi l’univers se réjouit et se renouvelle. Réjouissez-vous ensemble, ciel et terre. Louez-la, tribus des nations. Joachim se réjouit, Anne est en fête et s’écrie : « Celle qui fut stérile enfante la Mère de Dieu, nourricière de notre vie ».

Tropaire du saint martyr Sozon, ton 4
Ton martyr Sozon, Seigneur, a reçu dans son combat, la couronne incorruptible de Toi notre Dieu. Avec Ta force, il a terrassé les tyrans et brisé les audaces impuissantes des démons. Par ses prières sauve nos âmes.

Kondakion du saint martyr Sozon, ton 4
Assemblés en ce jour, nous glorifions d’une voix forte le véritable martyr sage en Dieu, l’athlète éminent de la piété, Sozon l’initié de la grâce, qui accorde généreusement les guérisons, et qui prie le Christ Dieu pour nous tous

Kondakion de l’avant-fête de la Nativité de Très sainte Mère de Dieu, ton 3
En ce jour, Marie, Vierge et Mère de Dieu, infranchissable chambre nuptiale du céleste Époux, naît d’une mère stérile, de par la volonté de Dieu, pour être le char de Dieu le Verbe. Dans ce but, elle a été destinée pour être Porte de la Divinité et Mère de la vraie vie.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 24-34)

Une grande foule suivait Jésus et le pressait. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal.

25 août (ancien calendrier)/7 septembre (nouveau)

25 août (ancien calendrier)/7 septembre (nouveau)

Translation des reliques du saint apôtre Barthélémy (VI) ; saint Tite, apôtre des 70, évêque de Gortyne, en Crète (I) ; saints Barsis et Euloge, évêques d’Edesse et Protogène, confesseur, évêque de Carrhée en Mésopotamie (IV) ; saint Ménas, patriarche de Constantinople (536-552) ; saint Yrieux (ou Arède), abbé dans le Limousin (591) ; saints néo-martyrs de Russie : Moïse (Kojine), moine (1931) ; Vladimir (Mochtchansky), prêtre (1938).

TRANSLATION DES RELIQUES DU SAINT ET GLORIEUX APÔTRE BARTHÉLEMY

Saint apôtre Barthélémy

Saint apôtre Barthélémy

Après avoir proclamé le Nom du Christ dans divers lieux, le saint Apôtre Barthélemy mourut crucifié en Arménie. Les fidèles de l’endroit déposèrent son corps dans un cercueil de plomb et le cachèrent à Urbanopolis. Comme il se produisait continuellement des guérisons auprès de la dépouille du saint, des foules de chrétiens accouraient pour recevoir le soulagement de leurs maux corporels et spirituels. Voyant cela, les païens, serviteurs du diable, furent pris de fureur et saisirent la première occasion pour s’emparer du sarcophage contenant la précieuse relique et le jeter à la mer, avec les restes de quatre autres martyrs : Papien, Lucien, Grégoire et Acace . Le sarcophage surnagea néanmoins miraculeusement et transmit en de nombreux endroits la bénédiction du saint par la présence de son corps. Traversant la mer Noire et l’Hellespont, il passa dans la mer Égée et dans l’Adriatique, pour aller finalement s’échouer sur la côte de l’île de Lipari. Les corps des quatre autres saints, qui avaient escorté saint Barthélemy dans toute cette traversée, s’arrêtèrent en des lieux divers, selon le bon vouloir de la Providence : Papien à Amila en Sicile, Lucien à Messine, Grégoire à Colimène en Calabre et Acace à Ascalos. Saint Barthélemy apparut en songe à l’évêque de Lipari, Agathon, qui se leva aussitôt et se rendit sur la plage, où il découvrit avec admiration le sarcophage de plomb. Il s’écria : « Ô Lipari, d’où te vient un tel trésor et une telle gloire ? Danse de joie, exulte de recevoir un tel bien, et écrie-toi : Sois le bienvenu, ô Apôtre du Seigneur ! » Les habitants du lieu se disputèrent alors pour savoir à qui reviendrait l’honneur de voir déposer la sainte relique dans sa propriété, afin d’y bâtir une église. Mais tous leurs efforts restèrent vains. Le sarcophage demeura comme scellé sur la plage, jusqu’à ce que l’évêque, à la suite d’une révélation, le fit tirer par une paire de vaches vers le lieu déterminé par la volonté de Dieu. À cet instant, un îlot qui se trouvait à proximité de Lipari, se déplaça de plus de sept stades sous l’action d’une force divine. Agathon y fit construire une église en l’honneur du saint, où les miracles abondèrent. Sous le règne de Théophile l’iconoclaste , l’île fut prise par les Arabes et désertée par ses habitants. Ayant appris cela, le gouverneur de la ville de Bénévent envoya des chrétiens d’Amalfi prendre la sainte relique, au devant de laquelle il se porta en compagnie de l’évêque, et il la fit déposer dans une église, où de nombreux fidèles purent profiter de la grâce qui en émanait .

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire des saints Apôtres Barthélémy et Tite, ton 3
Ô saints Apôtres, intercédez auprès du Dieu de miséricorde, pour qu’Il accorde à nos âmes la rémission des péchés.

Kondakion du saint Apôtre Barthélémy, ton 4
En grand soleil tu parus sur le monde, * illuminant de tes splendides enseignements * et de tes miracles étonnants * ceux qui t’honorent, Barthélemy, saint apôtre du Seigneur.

Kondakion du saint Apôtre Tite, ton 2
Avec Paul, dont tu fus le compagnon, * tu nous annonças la parole de la grâce de Dieu, * bienheureux Tite, disciple choisi; * c’est pourquoi nous te disons: * Ne cesse pas d’intercéder pour nous tous.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 24-34)

Une grande foule suivait Jésus et le pressait. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dimanche de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 1:21-2:04; Matthieu 22:1-14

Un roi organise une noce pour son fils, il envoie chercher une fois ceux qui étaient invités, les envoie chercher une deuxième fois, mais à cause de soucis terrestres, ils ne viennent pas: l’un était occupé à la maison, une autre à ses entreprises. Une nouvelle invitation a été faite dans d’autres sphères, et la chambre de noces fut pleine de convives. Parmi eux, il s’en trouva un qui n’était pas habillé convenablement pour une noce, et qui a donc été chassé.
La signification de cette parabole est claire: La noce est le Royaume des Cieux, l’invitation est la prédication de l’Evangile, ceux qui refusaient sont ceux qui ne croient pas du tout, et celui qui n’était pas habillé pour une noce croyait, mais ne vivait pas selon la foi.
Chacun de nous doit trouver pour lui-même à quelle catégorie il appartient. Que nous soyons conviés est clair, mais sommes-nous croyants? En effet il est possible d’être même parmi les croyants, de porter leur nom, et de manquer totalement de foi. L’un ne pense pas du tout à la foi, comme si elle n’existait pas; un autre sait une chose ou l’autre à son sujet, et il en est satisfait; un autre interprète la foi d’une manière déformée; un autre la considère avec une animosité complète. Tous sont comptés parmi les chrétiens, bien qu’ils n’aient absolument rien qui soit chrétien.
Si tu crois, vérifie si tes sentiments, ou tes actes sont conformes à ta foi; ce sont les vêtements de l’âme, par laquelle Dieu te voit comme habillé ou non pour les noces. Il est possible de bien connaître la foi et d’être zélé pour elle, mais dans la vie réelle de servir les passions, de s’habiller, dans les vêtements honteux d’une âme qui aime le péché. Ces personnes sont d’une façon en paroles, mais sont d’une autre façon dans le cœur. Sur leur langue il y a: « Seigneur, Seigneur! » Mais à l’intérieur, ils disent, « Ne compte pas sur moi. » (Examine-toi, pour voir si tu es dans la foi et que tu portes les vêtements de noce des vertus, ou les haillons honteux des péchés et des passions.

6 septembre

6 septembre

Commémoration du miracle du saint Archange Michel à Chonais en Phrygie (IV) ; saint martyr Romulus et ses 11000 compagnons en Arménie (107-115) ; saints martyrs Cyriaque, Fauste, Abib et 11 autres à Alexandrie (250) ; saints martyrs et martyres Calodote, Macaire, André, Cyriaque, Denis, André le soldat, Andropélagie, Thècle, Théoctiste et Sarabon le sénateur, en Égypte (256) ; saint hiéromartyr Cyrille, évêque de Gortyne (III-IV) ; saint martyr Eudoxe et ses compagnons Zénon, Macaire et 1104 soldats à Mélitène (311) ; saint archippe de Hiérapolis (IV) ; saint David d’Hermopolis en Égypte (VI) ; saints néo-martyrs de Russie : Dimitri (Spassky), prêtre (1918), Constantin (Bogoslovsky), Jean (Pavlosky) et Vsevolod (Poteminsky), prêtres (1937).

MÉMOIRE DU MIRACLE DE L’ARCHANGE MICHEL À CHONAIS

Saint Archange Michel

Saint Archange Michel

Longtemps avant l’Incarnation du Christ, le grand Archange Michel témoigna de différentes manières sa sollicitude et sa bienveillance pour le genre humain et, après la venue du Sauveur en ce monde, les marques de son amour se firent encore plus manifestes pour les chrétiens [8 nov.]. Lorsque le saint Apôtre Jean vint à passer par la Phrygie pour y annoncer l’Évangile, il prophétisa la prochaine visite du prince des Archanges, Michel, dans un endroit nommé Chérétopa. En effet, peu après, une source qui guérissait toute maladie, jaillit miraculeusement de terre. Un des fidèles, dont la fille avait été guérie par cette eau, fit construire sur les lieux, en signe de reconnaissance, une belle petite église dédiée à l’Archange Michel. Quatre-vingt-dix ans plus tard, un jeune homme nommé Archippe, originaire de Hiérapolis, s’y installa pour y pratiquer l’ascèse et servir de sacristain. Son zèle et son amour de Dieu étaient tels qu’il acquit bientôt la grâce de faire des miracles.

Furieux de voir ces prodiges s’accomplir et les grâces abonder de la source miraculeuse, le diable déchaîna la jalousie de certains païens des environs. Après avoir, à plusieurs reprises, insulté et frappé le vaillant Archippe, une nuit, ils essayèrent d’obstruer la source. Mais leurs efforts furent vains, car le saint Archange était invisiblement présent pour les en empêcher. Cet échec ne les découragea pas. Ils tentèrent ensuite de détourner la rivière coulant à proximité, afin qu’elle inondât l’église et les fidèles qui s’y trouvaient en permanence, mais leur entreprise échoua une fois de plus. Une autre fois, ils détournèrent deux rivières qui coulaient plus haut que l’église, firent un barrage et s’apprêtaient à le rompre que l’église soit engloutie sous les eaux, quand l’Archange Michel apparut au bienheureux Archippe. Il le rassura et, semblable à une colonne de feu, il se tint debout face aux eaux furieuses qui dévalaient la colline. Au moment où elles parvinrent à lui, il frappa la pierre du bâton qu’il tenait en main, et le rocher se fendit, laissant passer les eaux, comme dans une gorge naturelle, préservant ainsi l’église. C’est parce que le fleuve semble depuis lors absorbé par le rocher qu’on a appelé ce lieu « Chonais » (de chônè, “creuset”, “entonnoir”), à la gloire de Dieu et en l’honneur de notre céleste protecteur, le saint Archange Michel.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire du saint Archange, ton 4
Archistratège des célestes armées, * malgré notre indignité, nous te prions * de nous protéger par tes prières et nous garder * à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle, * nous qui nous prosternons devant toi et te supplions instamment: * Délivre-nous de tout danger, * grand Prince des Puissances d’en-haut.

Kondakion du saint Archange, ton 2
Archistratège de Dieu, serviteur de la gloire divine, chef des Anges et guide des hommes, demande ce qui nous est utile et la grande miséricorde, comme archistratège des incorporels.

Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant ; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

ÉVANGILE DU JOUR
(Matth. XXII, 1-14)
Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j’ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s’inquiéter de l’invitation, ils s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

24 août (ancien calendrier)/6 septembre (nouveau)

24 août (ancien calendrier)/6 septembre (nouveau)

Saint hiéromartyr Eutyque, disciple de St Jean le Théologien (Ier s.) ; saint Ouen, évêque de Rouen (684) ; transfert des reliques de saint Pierre, métropolite de Moscou (1479) ; saint Arsène de Komel (1550) ; saint hiéromartyr Cosmas, Égal-aux-Apôtres (1779) ; saint Aristocle de Moscou (1918) ; saint martyr Tation de Claudiopolis (305) ; sainte martyre Sira de Perse (558) ; saint Georges de Lemnos (vers 716) ; saint hiéromartyr Maxime (Sandovitch, Pologne 1914) ; saint martyr Séraphim Chakhmoutié, moine (Russie, 1946).

Saint hiéromartyr Cosmas d’Étolie

Saint hiéromartyr Cosmas d’Étolie

ST COSMAS D’ÉTOLIE, ÉGAL-AUX-APÔTRES
En ce jour, l’Église d’Hellade et, avec elle, toute l’Église orthodoxe fête la mémoire du saint hiéromartyr Cosmas d’Étolie, qui est appelé « égal-aux-Apôtres » pour ses prédications dans tout le territoire hellénique, dont il fit quatre fois le tour, de la Crète en Albanie et à Constantinople et des îles ioniennes aux îles du Dodécanèse. Né en 1714, à l’époque du joug ottoman, dans le village de Megalo Dendron, il partit, à l’âge de vingt ans, pour le Mont Athos, et fut tonsuré moine au monastère de Philothéou. Il accomplit avec zèle les labeurs liés à la vie monastique, et fut ordonné prêtre. Durant presque deux décennies, Cosmas se consacra à la vie ascétique sous la direction d’anciens expérimentés, priant et purifiant son cœur. Tout en se trouvant loin du monde, des rumeurs lui parvenaient sur les nombreux chrétiens orthodoxes de Macédoine, d’Épire et d’Albanie qui renonçaient à la foi de leurs pères pour se convertir à l’Islam. Il décida alors, après avoir pris conseil de pères spirituels, de quitter le Mont Athos pour secourir le peuple orthodoxe asservi. « Que le Christ me perde, moi qui suis une seule brebis, et qu’Il gagne les autres !» dit-il. A l’âge de quarante-cinq ans, il rendit visite au Patriarche de Constantinople Séraphim II (+1761), qui lui donna sa bénédiction pour prêcher. Grâce à son labeur incessant, plus de deux-cent mille fidèles d’Épire du Nord restèrent fidèles à la foi orthodoxe. S. Cosmas prêchait avec une simplicité étonnante. Habituellement, il demandait avant toutes choses que l’on érigeât une grande croix en bois à l’endroit où il prêcherait. Une foule de deux à trois mille fidèles le suivait partout, si bien que c’était une véritable armée du Christ qui se déplaçait dans toute l’Albanie à la suite du saint. Avant de commencer sa prédication, il célébrait les vêpres et l’office d’intercession à la Mère de Dieu, puis, après avoir parlé, il laissait le soin aux quelques cinquante prêtres qui l’accompagnaient, de poursuivre son œuvre par la confession, la célébration de l’Office des saintes Huiles, la sainte Communion et la visite de chacun personnellement. Quant à la croix qui avait été dressée, elle y restait, et le Seigneur accomplissait en ce lieu nombre de miracles. Partout, une grande multitude de chrétiens se rassemblait et écoutaient avec piété ses paroles pleines de la grâce Divine, en recevant grande utilité pour leur âme. En outre, S. Cosmas ne disposait pas seulement du don de la parole, mais aussi de celui des miracles, dont celui de la clairvoyance. Il prédit nombre d’événements historiques qui allaient se dérouler dans les Balkans, dont la libération de la Grèce et aussi la vie de l’époque moderne, dont même le téléphone ! Le saint réussit à convaincre des Turcs de libérer un grand nombre de femmes chrétiennes qui étaient à leur service et qui risquaient de sombrer dans la débauche. En raison de la pauvreté ambiante, il n’y avait pas de fonts baptismaux dans la plupart des villages, si bien que le baptême n’était pas célébré par triple immersion. Troublé par cet état de fait, le saint convainquit certains de ses riches compatriotes de faire des dons pour acheter des cuves baptismales en cuivre, si bien qu’au total on en acheta plus quatre mille. S. Cosmas réunit de la même manière des fonds pour acheter des livres, œuvres des Saints Pères et enseignements chrétiens, des chapelets, des croix, des fichus. S. Cosmas s’occupait aussi des orphelins, des enfants affamés, dont les pères avaient péris des mains des tyrans. Le saint implorait les familles riches ou sans enfants d’accueillir chez eux un ou deux orphelins, leur disant que la bénédiction Divine se répandra abondamment sur leur maison. Un grand nombre d’enfants furent ainsi sauvés. Traversant les villages, le saints fut fortement affligé qu’il n’y ait pas d’écoles grecques : « Ouvrez des écoles », implorait-il partout, « apprenez, apprenez les lettres, mes frères, autant que vous le pouvez… Enseignez aux enfants, afin qu’ils sachent bien la langue grecque, car c’est la langue de notre Église. Si, mon frère, tu ne sais pas la langue grecque, tu ne pourras comprendre ce que dit notre Église. L’école ouvre l’église, l’école ouvre les monastères ». Par sa prédication ardente, il obtint que l’on fermât le marché le dimanche, et que l’on l’ouvrît le samedi, à la fureur des Juifs, qui le livrèrent aux Turcs en 1779. La nuit précédant son martyre, il rendit grâces au Seigneur, ne manifestant pas même le moindre signe de tristesse, son visage étant particulièrement joyeux, comme s’il se rendait à un banquet solennel. Après avoir béni du signe de la Croix les quatre directions de l’espace et offert une prière pour le salut de tous les chrétiens, le saint refusa qu’on lui liât les mains, afin de les garder en croix, et c’est sans opposer la moindre résistance qu’il fut pendu à un arbre par les Ottomans et qu’il remit glorieusement son âme à Dieu. Il était âgé de soixante-cinq ans. Son corps fut jeté dans le fleuve, et fut trouvé au bout de trois jours par un prêtre et enterré dans un monastère, près du village de la Kalikontassi, dans l’actuelle Albanie. Les reliques du saint, ayant échappé à la tourmente de l’athéisme militant en Albanie, furent retrouvée dans l’église du monastère abandonné. Elles sont désormais vénérées avec ferveur et constituent le symbole de la résurrection de l’Eglise Orthodoxe dans ce pays.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 5
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

Tropaire de saint Eutyque, t. 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Eutyque, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire de saint Cosmas, ton 3
Par l’enseignement de la foi divine, tu as richement orné l’Église et es devenu un émule zélé des apôtres ; élevé par les ailes de l’amour divin, tu as semé la parole de l’Évangile, ô glorieux Cosmas, prie le Christ Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Kondakion du saint hiéromartyre Eutyque, ton 4
Toi qui siégeas parmi les Apôtres du Seigneur * et des Pontifes as atteint la splendeur, * en martyr, Eutyque, * tu fus également glorifié; * comme un soleil tu brillas sur l’univers * et dissipas la sombre nuit de l’impiété; * aussi nous t’honorons comme initiateur des divins mystères du Christ.

Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

ÉVANGILE DU JOUR
(Matth. XXII, 1-14)

Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en parabole, et il dit: Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces; mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant: Dites aux conviés: Voici, j’ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces. Mais, sans s’inquiéter de l’invitation, ils s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic; et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: Les noces sont prêtes; mais les conviés n’en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Quinzième semaine après la Pentecôte
Galates 2:11-16 / Marc 5:24-34

La femme hémoroïsse n’eut qu’à toucher le Seigneur avec foi, et une puissance sortit du Seigneur et vint en elle: aussitôt la fontaine de son sang fut tarie. L’écoulement du sang est une image des pensées et des intentions passionnées, sans cesse jaillissant du cœur, s’il n’a pas encore été purifié de toute sympathie pour le péché, c’est là notre maladie du péché. Elle est captée par ceux qui se sont repentis et avec zèle s’efforcent de se maintenir purs, non seulement extérieurement, mais intérieurement également. Ces gens-là voient que les mauvaises pensées viennent sans cesse du cœur, et ils s’en chagrinent et cherchent la guérison. Mais il n’est pas possible de trouver la guérison, en soi-même ou chez d’autres, elle vient du Seigneur, ou plus précisément, elle vient quand l’âme touche le Seigneur et que la puissance sort du Seigneur et entre dans l’âme. En d’autres termes, elle arrive lorsqu’un contact tangible avec le Seigneur se produit, ce dont témoignent une chaleur particulière et une ardeur intérieure. Quand cela arrive, dis-je, l’âme sent immédiatement qu’elle a « été guérie de son mal. » C’est un grand bien, mais comment peut-il être atteint? La femme hémoroïsse se précipita vers le Seigneur et reçut la guérison: nous aussi nous devons aussi nous précipiter vers le Seigneur, aller sans paresse par la voie étroite des efforts spirituels intérieurs et extérieurs. Tout est étroit et contraignant pour ceux qui vont en ce sens, et le Seigneur n’est pas en vue. Mais soudain voici le Seigneur. Et la joie! Le Royaume de Dieu ne vient pas de manière notable…

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
I Corinthiens 4:1-5; Matthieu 23:1-12

Celui qui est le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Comme nous dit le Seigneur, la grandeur ne se mesure pas par la naissance, non pas par la puissance, ni par les capacités et les ressources, mais par la capacité à organiser le bien pour les autres. Celui qui est plus infatigable et agit de façon plus large dans cette veine est le plus grand. Comme dans une famille, le plus grand membre est sincèrement inquiet pour toute la famille, et il considère que c’est un honneur et un avantage de tous les apaiser, et qui fait de telle sorte que les choses soient bonnes pour tout le monde, ainsi dans une société chrétienne celui qui veut être le plus grand doit avoir un souci total du confort chrétien de tous ceux qui sont dans ses sphères d’existence, et dans la zone d’activité qu’il a choisie pour lui-même.
Mais il est encore préférable d’abandonner toute pensée de grandeur et de prendre de tout cœur grand soin du bien de tous ceux qui t’entourent, et puis tu seras plus important aux yeux de Dieu, et les gens te reconnaîtront peut-être aussi comme tel.
Si seulement tous ceux qui sont plus grands faisaient de cette loi du Christ la loi de leur conscience, la prospérité et la facilité surgiraient immédiatement parmi nous! Mais le malheur est que la grandeur parmi nous commence rapidement à se servir elle-même et à servir ses propres intérêts, et presque toujours, elle joint à cette demande d’être elle-même servie plutôt que de servir les autres, et elle apaise sa conscience avec le bon fonctionnement des affaires officielles. C’est pourquoi il y a beaucoup de supérieurs, mais le bien ne prospère pas parmi nous, et toutes les bonnes institutions n’apportent pas ce bien qui est attendu d’elles.

Version française Claude Lopez-Ginisty d’après St Theophan the Recluse Thoughts for each Day of the Year St Herman of Alaska,Platina, CA USA, 2010

23 août (ancien calendrier)/5 septembre (nouveau)

23 août (ancien calendrier)/5 septembre (nouveau)

Clôture de la fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; Saint martyr Lupus (ou Loup), martyr à Thessalonique (vers 306) ; saint hiéromartyr Irénée, évêque de Lyon (202) ; saints hiéromartyr Irénée, évêque de Sirmium, et ses compagnons Ôr et Oropsis (304) ; saints Timothée et Apollinaire, martyrs à Reims (III) ; saints Eutyque (vers 540) et Florence (547) ; saint Callinique, patriarche de Constantinople (705) ; saints néo-martyrs de Russie : Éphrem, évêque de Selenguinsk, Jean (Vostorgov), prêtre et Nicolas, martyr (1918), Paul (Galdaïa) et Jean (Karabanov), prêtres (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR IRÉNÉE ÉVÊQUE DE LYON

Saint hiéromartyr Irénée, Evêque de Lyon

Saint hiéromartyr Irénée, Evêque de Lyon

Notre saint Père théophore Irénée, qui reçut providentiellement le nom de la paix (eiréné) pour se faire messager de l’Esprit Saint, naquit en Asie Mineure vers 140. Dans sa prime jeunesse, il avait suivi à Smyrne l’enseignement du vieil évêque saint Polycarpe [23 fév.], qui rapportait la tradition reçue de l’Apôtre saint Jean. C’est ainsi qu’il apprit à s’en tenir fidèlement à la tradition apostolique, transmise dans l’Église. « C’est dans l’Église, enseignait-il, que Dieu a placé les Apôtres, les prophètes et les docteurs, et tout le reste de l’opération du Saint-Esprit. De cet Esprit s’excluent donc tous ceux qui, refusant d’accourir à l’Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute la grâce. Et l’Esprit, c’est la Vérité » .

Après avoir séjourné à Rome, il devint prêtre de l’Église de Lyon en Gaule, à l’époque de la persécution de Marc Aurèle (vers 177). C’est en tant que presbytre de cette Église qu’il fut chargé de porter au pape Éleuthère à Rome, la lettre admirable que les saints martyrs de Lyon adressaient aux chrétiens d’Asie et de Phrygie, décrivant leurs glorieux combats, pour réfuter la secte hérétique de Montan . Le martyre est en effet le témoignage éminent de la vérité, le signe de la victoire de l’Esprit sur la faiblesse de la chair et le gage de notre espérance en la résurrection. De retour à Lyon, Irénée succéda à saint Pothin qui venait d’être martyrisé, à la tête des Églises de Lyon et de Vienne. Évêque, ayant reçu de la tradition apostolique le « sûr charisme de vérité » pour proclamer et interpréter l’Évangile, il consacra désormais sa vie à témoigner, à l’imitation des martyrs, de cette vérité. « Il faut aimer d’un amour extrême tout ce qui est de l’Église et saisir fortement la tradition de la vérité », enseignait-il . Il usa d’une énergie inlassable pour convertir les populations barbares à la foi, mais sa sollicitude s’étendait aussi à toute l’Église. C’est ainsi qu’il écrivit au pape Victor (189-198), au nom des évêques de Gaule dont il était le primat, pour le dissuader de rompre la communion avec les Églises d’Asie, qui célébraient la fête de Pâques le 14e jour du mois de Nisan. Puisque cette coutume ancienne a été transmise par nos devanciers, qui n’en gardaient pas moins la paix les uns envers les autres, rien n’oblige d’imposer l’uniformité, soutenait-il, car : « La différence du jeûne confirme l’accord de la foi » .

Ce fut surtout dans le combat contre les hérésies qu’il s’illustra, notamment contre la « gnose au-nom-menteur » qui, d’Asie Mineure, s’était répandue dans toutes les grandes villes de l’Empire et séduisait beaucoup de gens par ses doctrines ésotériques. La lutte contre les gnostiques permit au saint évêque de brosser un tableau magistral de la doctrine chrétienne. Il montra d’abord que cette « gnose », que recherchaient vainement les hérétiques dans les affabulations mythiques et les constructions compliquées de leur intelligence pervertie, est le don suréminent de la charité, que le Saint-Esprit accorde au chrétien dans l’organisme vivant de l’Église. Ce n’est qu’en elle que l’on peut s’abreuver à l’eau limpide qui coule du côté percé du Christ, pour y recevoir la vie éternelle. Toutes les autres doctrines ne sont que des citernes crevassées (Jr 2, 13). Et les vrais « gnostiques » ne sont pas ceux qui rejettent et méprisent le corps pour adorer un « Dieu inconnaissable » et son « démiurge », mais les hommes « spirituels » qui ont reçu du Saint-Esprit les arrhes de la résurrection de la chair et de l’incorruptibilité. Rompant avec la dualité hellénique du corps et de l’âme, saint Irénée développe la doctrine de saint Jean du Verbe fait chair, pour interpréter le sens de la vocation de l’homme. Le premier Adam a été modelé du limon par les deux Mains de Dieu : le Verbe et l’Esprit , comme image de Dieu, conformément au modèle de la chair glorieuse du Christ ; et un souffle de vie lui a été donné pour que, de l’image, il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ayant été trompé par le diable jaloux de ses prérogatives et étant tombé dans la mort, il n’a cependant pas été abandonné par Dieu, qui avait de toute éternité pour dessein de le rendre participant de sa gloire. Les révélations et prophéties de l’Ancien Testament, et surtout l’Incarnation du Verbe, sa mort, sa Résurrection et son Ascension glorieuse, constituent les étapes nécessaires de cette « Économie » de l’Histoire du Salut. Ayant toujours en vue cette fin ultime pour laquelle il avait créé l’Homme, le Verbe s’est fait chair, « récapitulant » en lui-même le premier Adam. De même que le premier homme, né d’une terre vierge, par la désobéissance de la vierge Ève, était tombé dans le péché par le moyen du bois, le Christ est venu au monde par l’obéissance de la Vierge Marie et a été suspendu sur le bois de la Croix. « Il a donné son âme pour notre âme et sa chair pour notre chair, et il a répandu l’Esprit du Père pour opérer l’union et la communion de Dieu et des hommes, faisant descendre Dieu dans les hommes par l’Esprit et monter l’homme jusqu’à Dieu par son incarnation » .

Le Verbe de Dieu qui avait créé le monde en l’ordonnant de manière invisible en forme de croix, s’est rendu visible, au temps fixé, sur la Croix, afin de rassembler dans son Corps tous les êtres qui étaient dispersés et les amener ainsi à la connaissance de Dieu . Apparaissant, non dans sa gloire ineffable, mais comme homme, Il a montré en lui-même l’image de Dieu restaurée et de nouveau orientée vers la ressemblance. Et Il nous a nourris « à la mamelle de sa chair », afin qu’habitués à manger et boire le Verbe de Dieu, et fortifiés par le « pain de l’immortalité », nous approchions de la vision de Dieu qui procure l’incorruptibilité . « Il est impossible de vivre sans la Vie, et il n’y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa douceur… Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » .

Pour Irénée, disciple de ceux qui avaient connu les apôtres, la connaissance (gnose) est donc amour et divinisation de l’homme dans la Personne du Christ Sauveur. Bien plus qu’une simple réfutation de la « fausse gnose », sa doctrine, admirable de simplicité et de profondeur, contient en germe tout ce que les Pères postérieurs développeront dans leurs écrits inspirés.

Après son intervention pacifique auprès du pape Victor, Irénée continua d’œuvrer à la confirmation de l’Église. On rapporte qu’il mourut martyr lors de la persécution de Septime Sévère, vers 202, mais aucun détail sur les circonstances de sa mort n’a été conservé. Son corps fut déposé dans la crypte de l’église Saint-Jean, qui prit ensuite son nom, entre les tombeaux des saints martyrs Épipode et Alexandre .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint hiéromartyr Irénée, ton 1
Colonne inébranlable de l’Église du Christ et flambeau inextinguible de l’univers, * Pasteur des Gaules, bienheureux Irénée ! * Tu as lui dans le monde par le martyre * et dissipé les mensonges des hérésies * en démontrant la vérité. * Gloire à celui qui t’a donné la force, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui par toi nous fait grande miséricorde.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉVANGILE DU JOUR
(Matth. XXIII, 1-12)
Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit: Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

5 septembre

5 septembre

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste ; saints martyrs Thathuil et sa sœur Bebaia d’Edesse (98-138) ; sainte vierge-martyre Rhaïs d’Alexandrie (308) ; saints martyrs Urbain, Théodore, Medimnus et leur 77 compagnons à Nicomédie (370) ; saints martyrs Juventin et Maxime d’Antioche (361-363) ; saints martyrs Abdas, Hormiade et Sunin de Perse (environ 424) ; saint Guénébaud, évêque de Laon (555) ; martyre de saint Gleb de Russie, David au saint baptême (1015) ; saint Athanase de Brest-Litovsk, martyrisé par les Latins (1548) ; saints néo-martyrs de Russie : Euthyme (Kotchev) (1937).

VIE DE SAINT ZACHARIE

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste

Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste

Saint Zacharie était prêtre, de la classe d’Abia , et vivait à Jérusalem avec sa femme Élisabeth, de la classe d’Aaron. Tous deux étaient justes et observaient les commandements du Seigneur avec amour. Mais ils étaient restés sans enfants et avaient atteint un grand âge. Un jour où Zacharie remplissait sa charge et qu’il était entré dans le sanctuaire pour y faire brûler l’encens, il vit apparaître, à droite de l’autel des parfums, l’Archange Gabriel. Rayonnant de lumière divine, celui-ci lui annonça que Dieu avait entendu ses prières et celles de son épouse Élisabeth, et qu’il accordait à leur vieillesse un fils qu’ils devraient appeler Jean. L’envoyé de Dieu ajouta : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère et marchera au-devant du Seigneur pour lui préparer un peuple bien disposé »(Lc 1, 16). Zacharie, saisi de stupeur, hésita à croire les paroles de l’ange, aussi celui-ci le frappa-t-il de mutisme jusqu’à la naissance du Précurseur, pour lui apprendre à ne pas douter des promesses divines, lesquelles défient l’ordre de la nature.

Le jour de la naissance de l’enfant, après avoir écrit le nom de Jean sur une tablette, Zacharie recouvra la parole et, rempli de l’Esprit Saint, il entonna alors ce cantique prophétique : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple et opéré sa délivrance. Il a suscité pour nous une puissance de salut dans la maison de David son serviteur, ainsi qu’il l’avait dit par la bouche de ses saints prophètes de jadis (…) Et toi petit enfant, tu seras tenu pour un prophète du Très-Haut, car tu précéderas le Seigneur pour lui préparer la voie, pour faire connaître à son peuple le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la bonté miséricordieuse de notre Dieu, avec laquelle il va nous visiter, astre d’en haut à son lever, pour éclairer ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, et guider nos pas dans le chemin de la paix (Lc 1, 68sv.).

On raconte en outre qu’après la naissance du Christ, Zacharie ne craignit pas de déclarer ouvertement la virginité de Marie et de montrer qu’elle était vraiment Mère de Dieu, lorsqu’il lui demanda de se placer à l’endroit du Temple où se tenaient ordinairement les vierges. Pour cette raison, il s’attira la haine des Juifs. De plus, lorsque le roi Hérode, qui avait appris la naissance du « Roi d’Israël » et craignait qu’il ne fût un rival usurpant son pouvoir terrestre, envoya ses soldats assassiner les enfants de Bethléem, Zacharie cacha Jean, alors âgé de six mois, avec sa mère Élisabeth, dans une grotte de l’autre côté du Jourdain. Les Juifs saisirent cette occasion pour le dénoncer à Hérode, qui donna l’ordre de le poursuivre jusqu’à l’intérieur du Temple. Il fut assassiné à l’endroit même où il avait placé la Mère de Dieu, et son sang coula jusqu’à l’intérieur du sanctuaire, manifestant ainsi leur forfait devant Dieu. Des prêtres vinrent enlever son corps et l’enterrèrent avec ses pères. À partir de ce moment se produisirent dans le Temple de Jérusalem des prodiges et des signes qui révélaient l’abolition prochaine du culte et de la Loi. Les prêtres n’eurent plus de visions d’anges envoyés par Dieu, la grâce de la prophétie se retira d’eux : ils ne prononcèrent plus d’oracles, ni ne donnèrent au peuple, comme ils le faisaient auparavant, des éclaircissements sur les points difficiles de la Sainte Écriture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Zacharie, ton 4
Revêtu des ornements sacerdotaux, * selon la loi de Dieu tu offris saintement * d’agréables holocaustes, Zacharie, * et tu fus un flambeau, un contemplateur des mystères divins; * les signes de la grâce, tu les as manifestés * et le glaive te frappa dans le temple de Dieu. * Prophète du Christ, avec le Précurseur intercède pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion du prophète Zacharie, ton 3
En ce jour le père du Précurseur, * le prophète et prêtre du Très-Haut, Zacharie, * a préparé la table de son mémorial * pour nourrir les fidèles et leur offrir * le vin mêlé de la justice et sainteté. * Acclamons-le comme initié au saint mystère de la grâce de Dieu.

ÉVANGILE DU JOUR
(Matth. XXIII, 1-12)
Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit: Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

4 septembre

4 septembre – jour de jeûne

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251) ; saint prophète Moïse ; sainte martyre Ermione, fille de l’apôtre Philippe (117) ; saint martyr Babylas de Nicomédie et avec lui les 84 enfants (IV) ; saint Anthyme l’aveugle, de Céphalonie (1782) ; invention des reliques de saint Joasaph de Belgorod (1911) ; saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie (1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Grégoire, évêque de Schlisselbourg, Paul (Vasilievsky), Jean (Vasilievsky), Nicolas (Lebedev), Nicolas (Sretensky), Jean (Romachkine), Nicolas (Khvochtchev), Alexandre (Nikolsky), Pierre (Lebedinsky), Michel (Bogorodsky), Élie (Izmaïlov), prêtres, Étienne (Kouskov), moine, Basile (Ejov), Pierre (Lonskov), Étienne (Mitiouchkine) et Alexandre (Blokhine) (1937), martyre Hélène (Tchernova) (1943).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR BABYLAS, ÉVÊQUE D’ANTIOCHE

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251)

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251)

Le bienheureux Babylas succéda à Zébennos (230-238) sur le siège épiscopal d’Antioche et gouverna en toute sagesse cette métropole de la Syrie pendant une douzaine d’années (238-250). L’empereur de ce temps, homme cruel et inhumain, qui, entre autres forfaits, avait sacrifié aux idoles le fils du roi de Perse qui lui avait été remis en gage de paix, avait également décidé de s’en prendre aux chrétiens et de souiller leurs églises. Lors d’un séjour à Antioche, il voulut entrer dans la cathédrale au moment de la vigile de Pâques. Saint Babylas, qui avait déjà commencé la célébration et était revêtu de ses ornements épiscopaux, se précipita alors, rempli d’un zèle divin, et, écartant les gardes du corps, il se plaça face au souverain, la main tendue vers sa poitrine, et l’empêcha de pénétrer dans le temple de Dieu. Surpris, et craignant de susciter une révolte des chrétiens rassemblés là en grand nombre, l’empereur fit demi-tour sans prononcer une parole. Mais, dès le lendemain, des soldats vinrent arrêter l’évêque pour le conduire au tribunal. Ni les flatteries ni les menaces ne purent ébranler la foi de Babylas. Comme l’interrogatoire tournait à l’avantage des chrétiens, et démontrait qu’avec le Christ, ils ont vaincu le monde, le tyran ordonna de charger le saint évêque de lourdes chaînes autour du cou et aux pieds. Il le fit promener ainsi dans toute la ville, espérant le couvrir de honte devant le peuple. Plein de dignité, saint Babylas s’adressa à l’empereur en disant : « Ces liens, que tu crois être ma honte, sont pour moi un ornement plus éclatant que ta robe de pourpre et ton diadème ! »

Saint Babylas avait pour disciples trois jeunes frères : Urbain, Prilidien et Épolonios qui, par attachement à leur père en Christ, l’avaient suivi jusque dans sa prison. On les fit comparaître eux aussi devant l’empereur qui tenta de leur faire renier le Christ. Mais ces enfants par l’âge étaient de véritables vieillards par la sagesse, et ils ridiculisèrent le tyran et ses vains pouvoirs. Leur mère fut menée au tribunal, où elle montra la même fermeté. L’empereur la fit frapper au visage et ordonna d’infliger à chacun des trois frères autant de coups de verges que le nombre respectif de leurs années. Ayant introduit de nouveau Babylas dans le prétoire, il tenta de lui faire croire que ses disciples avaient renié le Christ et qu’ils étaient prêts à sacrifier aux idoles. Mais l’évêque, sûr de leur foi, convainquit le souverain de mensonge. Cette dernière audace eut pour effet de déclencher la fureur de l’impuissant monarque, qui ordonna de trancher la tête du saint évêque et de ses disciples, leur offrant ainsi un chemin plus rapide vers la patrie céleste. Saint Babylas fut enterré à Antioche et devint le principal protecteur de la cité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr Babylas, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Babylas, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire du saint prophète Moïse, ton 2
Célébrant la mémoire de ton prophète Moïse, Seigneur, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint hiéromartyr Babylas, ton 8
Comme un héraut de la foi, comme fondement des martyrs, * radieuse, l’Eglise en ce jour te glorifie; * par le crédit que tu possèdes auprès du Christ, * demande-lui de garder en parfaite paix * les fidèles te vénérant, Martyr aux multiples combats.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 22-24, 35-VI-1)

Jésus dans la barque regagna l’autre rive, où une grande foule s’assembla près de lui. Il était au bord de la mer. Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l’ayant aperçu, se jeta à ses pieds, et lui adressa cette instante prière: Ma petite fille est à l’extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Jésus s’en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent: Ta fille est morte; pourquoi importuner davantage le maître? Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue: Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit: Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’avaient accompagné, et il entra là où était l’enfant. Il la saisit par la main, et lui dit: Talitha koumi, ce qui signifie: Jeune fille, lève-toi, je te le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose; et il dit qu’on donnât à manger à la jeune fille. Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.

22 août (ancien calendrier)/4 septembre (nouveau)

22 août (ancien calendrier)/4 septembre (nouveau) – Jour de jeûne

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saints Agathonice, Zotique, Zénon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (305-311) ; sainte Anthouse de Séleucie (298), saints Charissime et Néophyte, ses serviteurs (270-275), et saint Athanase, évêque de Tarse, martyrs (vers 260) ; sainte Eulalie, vierge, martyre à Barcelone (vers 303) ; saint martyr Symphorien d’Autun (II-III) ; saint Isaac d’Optino (1894) ; saint Hiéromartyr Gorazd, évêque de Bohême (1942) ; saints néo-martyrs de Russie : Macaire, évêque d’Orel, Jean (Boyarchinov) et Alexis (Naoumov), prêtres (1918), Théodore, évêque de Penza, et avec lui Basile (Smirnov) et Gabriel (Arkhangelsky), prêtres (1937) ; Jean, évêque de Veliki Louki, Alexis, archevêque dOmsk, Alexandre (Ratkovsky), Michel (Lioubertsev) et Théodore (Maliarovsky), prêtres, Hilarion (Tsourikov), Jean (Laby) et Hiérothée (Glazkov), moines (1937).

VIE DU SAINT MARTYR AGATHONICE ET DE SES COMPAGNONS

saints Agathonice, Zotique, Zénon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (305-311)

saints Agathonice, Zotique, Zénon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (305-311)

Au temps de la persécution de Maximien, le comte Eutolmios fut envoyé par l’empereur pour soumettre les chrétiens. De Nicomédie, il se rendit dans le Pont, répandant le sang partout où il passait. Cependant, contrairement à ce qu’il escomptait, les gens de bonne volonté, qu’ils fussent soldats ou même brigands, admirant le courage des vrais disciples du Christ, se déclaraient chrétiens, et nombreux étaient ceux qui délaissaient les villes et se retiraient à la campagne pour vivre en petits groupes conformément aux préceptes évangéliques. Eutolmios en fit périr beaucoup par le glaive, et il menaça les plus nobles d’entre eux de les charger de chaînes et de les conduire devant l’empereur. De Néocésarée, il arriva dans la petite ville de Carpè en Bithynie, où on lui livra Zotique, le chrétien le plus en vue. Comme le comte lui demandait pourquoi il enseignait à ses concitoyens à mépriser les sacrifices offerts aux dieux de l’Empire, il répondit qu’il obéissait ainsi à la Parole de Dieu, consignée dans les saintes Écritures. Sommé de sacrifier sous peine de mort, il répliqua : « Le Christ me veut pour sacrifice, afin que son Nom soit glorifié jusqu’aux extrémités de la terre. » Après un jugement sommaire, il fut exécuté avec certains de ses disciples, et des fidèles vinrent ensuite en secret prendre soin de leur sépulture.

De retour à Nicomédie, Eutolmios fut accueilli par les ovations des païens et des flatteurs. On lui rapporta cependant que, l’empereur étant parti pour la Thrace, le premier personnage de la ville avait été converti à la doctrine du Christ par le sage Agathonice, fils du préfet Asclépiade et descendant d’une illustre famille romaine, et qu’ils vivaient ensemble dans le village de Kubaina. Furieux, le comte envoya des soldats pour les arrêter. Quand la troupe arriva dans leur résidence, saint Agathonice rendit gloire au Christ et promit que, confiant en la puissance de son Nom, il marcherait jusqu’au terme de son témoignage. Devant son courage et le rayonnement de sa confiance en Dieu, les soldats se convertirent, mais, contraints néanmoins de remplir leur mission, ils conduisirent le saint à Nicomédie.

Eutolmios fit comparaître Agathonice en un lieu nommé Lampsos, et lui demanda s’il avait bien persuadé le chef du sénat local de se faire chrétien. Le saint répondit qu’il convient d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Son apologie laissa le magistrat et ses assesseurs muets de stupeur. Comme des gens bien informés rapportaient à Eutolmios que la famille d’Agathonice était venue s’installer de Rome à Nicomédie, conformément à une prédiction divine, le saint ajouta que celui qui renonce à ses terres, à ses richesses et à son renom à cause de l’Évangile, recevra le centuple en cette vie et héritera la vie éternelle (cf. Mt 19, 29). Le comte le fit fouetter puis le renvoya en prison pour le traduire devant l’empereur avec les autres nobles qu’il avait arrêtés ; quant aux chrétiens d’humble condition, il ordonna de les supprimer par le glaive. Ils furent donc rassemblés en grand nombre sur une hauteur de la ville, où ils priaient sans cesse en attendant d’être consommés dans la foi. Inquiétés par les succès grandissants de la prédication d’Agathonice, les gens influents de la cité pressèrent le magistrat de l’envoyer sans tarder à l’empereur, lui et ses compagnons. Le lendemain, Eutolmios se mit en route avec ses prisonniers, suivis de loin par les fidèles de Nicomédie, qui déploraient la perte de leur nouvel apôtre. Saint Agathonice se tourna alors vers eux et leur dit : « Vous avez avec vous Jésus et les saints qui prient pour vous d’un cœur pur. Convertissez-vous dans la crainte et la vérité tout le reste de votre vie. »

Le tyran exténua ses prisonniers par la faim, la longueur du chemin et les sévices. À l’occasion d’une halte au village de Potamoi, il fit amener devant lui Zénon et deux de ses compagnons, Théoprépios et Akindynos, des officiers qui avaient été convertis par Agathonice, et comme les tortures s’étaient avérées inutiles, il les fit mourir en les étendant sur des catapultes. Quand la troupe arriva à Chalcédoine, des prêtres des idoles amenèrent à Eutolmios un vieillard, Sévérien, qui avait encouragé sainte Euphémie avant son martyre, et qu’ils accusaient d’avoir transformé en école catéchétique le prétoire de Darius, entraînant ainsi à sa suite un nombre grandissant de citoyens. Le comte l’interrogea, et comme il le trouvait fervent à condamner les païens et à annoncer le châtiment divin qui les attendait, il le fit aussitôt exécuter, un peu en dehors de la cité. Les autres saints furent ensuite conduits à Byzance, où ils comparurent au tribunal. Interrogé le premier, Agathonice fut invité à se soumettre aux ordres de l’empereur. Il répliqua que la Parole de Dieu dans le Psaume nous invite à ne pas aller au conseil des impies et à ne pas nous tenir dans la voie des pécheurs, mais à nous perfectionner dans la foi au Christ (cf. Ps 1, 1). « S’il est vraiment Dieu et Roi celui que tu confesses, comment a-t-il été mis à mort par les Juifs ? Comment n’a-t-il pas délivré de la mort ceux qui à son exemple s’opposent à nos dieux ? Laisse-toi convaincre et renonce à ta folie », déclara le juge avec colère. Le saint lui répondit en confessant sa foi en la puissance du Sauveur qui a souffert pour nous. La sentence ayant été finalement rendue, il fut conduit hors de la ville pour être écorché vif sur les remparts. Tandis que ses chairs et son sang se mêlaient à la terre, Agathonice se tourna vers ses compagnons pour les assurer que les souffrances du moment présent ne sont rien en comparaison de la gloire qui sera révélée aux serviteurs du Christ dans le Royaume (cf. Rm 8, 18). À ces paroles qu’attestait le sang versé, plusieurs juges et militaires furent gagnés à la foi.

Après ce supplice, Eutolmios prit des chevaux de poste et alla retrouver en hâte Maximien à Sélybrie, en Thrace, sur les bords de la mer de Marmara ; et après lui avoir rendu compte de sa mission, il lui présenta les chrétiens de haut rang qu’il venait de torturer. Quand vint le tour d’Agathonice de décliner son identité, Maximien reconnut qu’il appartenait à sa parenté et il lui demanda pourquoi il avait été arrêté. Le saint répondit que c’était pour le Christ, qui a prescrit à ses disciples de s’offrir en spectacle au monde et aux anges afin de témoigner de l’Évangile (cf. 1 Cor 4, 9), et il ajouta qu’il valait mieux subir les tourments ici-bas, plutôt que d’être livré au feu éternel dans lequel seront jetés les impies et les tyrans de son espèce. Maximien écouta ces paroles avec attention, mais restant endurci, il ordonna de le faire périr avec ses compagnons, puis de mettre fin à la persécution qui s’était avérée impuissante à réfréner l’expansion de la Bonne Nouvelle. Saint Agathonice marcha vers le lieu de l’exécution avec allégresse et, après une dernière prière, il fut décapité, avec le sénateur et beaucoup d’autres chrétiens qu’il avait convertis et dont les noms sont inscrits dans le Livre de vie. Les chrétiens de Sélybrie vénérèrent par la suite saint Agathonice comme le protecteur et patron de leur cité .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint martyr Agathonice, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Alexis d’Ugine, ton 3
Pasteur bien-aimé du Christ Dieu, tu fus une règle de foi et un exemple de miséricorde. Tu brillas par ta sollicitude envers ton troupeau en migration, et tu fus révélé comme étant glorifié par Dieu : c’est pourquoi reposant avec ton corps dans l’incorruptibilité, et en esprit te tenant devant le trône divin, prie le Christ Dieu, de nous affermir dans l’Orthodoxie et la foi, et de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Agathonice, ton 1
Saint Martyr qui avais le bon renom en partage, * tu fis cesser la vénération des hommes pervers, * sans craindre toute espèce de châtiments; * c’est pourquoi tu héritas les biens éternels, * Agathonice, et tu fus digne d’obtenir * avec tes compagnons de lutte la couronne des cieux.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 22-24, 35-VI-1)

Jésus dans la barque regagna l’autre rive, où une grande foule s’assembla près de lui. Il était au bord de la mer. Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l’ayant aperçu, se jeta à ses pieds, et lui adressa cette instante prière: Ma petite fille est à l’extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Jésus s’en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent: Ta fille est morte; pourquoi importuner davantage le maître? Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue: Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit: Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’avaient accompagné, et il entra là où était l’enfant. Il la saisit par la main, et lui dit: Talitha koumi, ce qui signifie: Jeune fille, lève-toi, je te le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose; et il dit qu’on donnât à manger à la jeune fille. Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
Galates 2:6-10; Marc 5:22-24, 35-6:1

Ayant ressuscité la fille de Jaïre, le Seigneur demande à ses parents, de n’en parler rigoureusement à personne. Ainsi nous est-il demandé de faire: ne pas chercher la gloire, et ne pas préparer ton oreille aux louanges humaines, même si tes actions sont d’une nature telle qu’il est impossible de les cacher. Fais ce que la crainte de Dieu et ta conscience t’exhortent à faire, et comporte-toi comme si de tels propos n’existaient pas. Prends soin de ton âme dès qu’elle incline le moindre degré dans cette direction, remets-la à sa place. Le désir des gens de savoir est provoqué par le désir de louange. Quand il y a éloges l’objectif est atteint, mais cela sape notre énergie et supprime l’activité louable, et supprime par conséquent la poursuite de la louange. Ainsi, celui qui veut que les gens connaissent ses bonnes actions est son propre traître. C’est une bonne chose pour les gens de louer ce qui est bon, car pourquoi ne pas louer ce qui est bon? Mais ne garde pas cela dans tes pensées; ne t’y attend pas et ne le recherche pas. Offre-toi cela et tu seras vraiment gâté. Une indulgence mène à une autre. L’augmentation de la fréquence des actes mêmes les transforme en habitude, et tu seras amateur de louange. Lorsque tu en arrives à ce point, alors tous tes actes ne seront pas louables, et la louange cessera. Parce que tu n’as pas l’éloge des autres, tu commenceras à te louer toi-même, et c’est ce que le Seigneur a appelé sonner de la trompette devant soi. C’est encore pire. L’âme devient alors petite, et ne recherche uniquement que ce qui est clinquant. N’attends pas qu’un bien véritable vienne d’une telle âme.

(Traduit de l’anglais par Claude Lopez-Ginisty)

3 septembre

3 septembre

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302)

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302)

Saint Anthime, évêque de Nicomédie, martyr (302) ; saint Théophile, diacre, Mardonius, Migdonius, Pierre, Indès, Gorgonius, Zenon, la vierge Domna et Euthyme (302) ; saint Théoctiste, compagnon d’ascèse de saint Euthyme le Grand (467) ; sainte Phoebé, diaconesse de l’église de Cenchrée, port oriental de Corinthe (I) ; sainte Basilisse, vierge, martyre à Nicomédie (309) ; saint martyr Aigulphe, abbé de Lérins, et ses quatre compagnons (676) ; saint Aristion, évêque d’Alexandrie, martyr (II) ; saint Jean le Chevelu, fol en Christ de Rostov (1580) ; saint Joannice II, patriarche de Serbie (1349) ; saint Anthime l’aveugle, de Céphalonie ; saint néo-martyr Polydore de la Nouvelle-Éphèse (1794) ; saints néomartyrs de Russie : Pimène, évêque de Vernensk (1918), Serge (Fenomenov), Basile (Kolmykov), Philippe (Chtchatsky), Vladimir (Dmitrievsky), prêtres, Mélèce (Golokolosov, moine (1918), Basile (Krasivsky), Parthène (Krasivsky), prêtres (1919), André (Dalnikov), Théophane (Sokolov), prêtres (1920), Vladimir (Sadovsky), Michel (Souchkov), prêtres (1921), Nicolas (Souchtchevsky), prêtre (1923), Euthyme (Krougovykh), prêtre, et avec lui quatre martyrs (1924), Romain (Martchenko), prêtre (1929), Alexis (Zinoviev) et Élie (Bajanov), prêtres (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR ANTHIME

Saint Anthime dirigea l’Église au moment de la plus violente persécution des chrétiens, sous Dioclétien. Pour le bien de son troupeau, le saint se cacha quelque temps dans un village situé à proximité de Nicomédie, et de là, il envoyait des épîtres aux chrétiens qui étaient emprisonnés, les encourageant à recevoir la palme du martyre. A la fin, les persécuteurs des chrétiens eurent connaissance du lieu où résidait l’évêque et envoyèrent des soldats pour l’arrêter. Dans le village, ceux-ci rencontrèrent par hasard Anthime et lui demandèrent où se trouvait l’évêque. Promettant aux soldats de leur montrer le lieu où celui-ci demeurait, Anthime les invita dans sa maison, leur accorda l’hospitalité avec joie, puis leur révéla qui il était. Touchés par la bonté du vieillard, par son hospitalité et son courage, les soldats commencèrent à persuader Anthime de se cacher, lui promettant de dire aux persécuteurs qu’ils n’avaient pu trouver le lieu de sa résidence. Cependant, l’évêque manifesta une attitude strictement chrétienne envers la proposition des soldats païens. Leur montrant à quel point cela constituait un péché contre la vérité, et comme il était malhonnête pour eux, soldats, d’user de tromperie dans l’accomplissement de leur devoir, il les rassura en disant qu’ils n’étaient pas coupables, accomplissant les ordres qui leurs étaient intimés, bien que ceux-ci fussent iniques. Aussi, il les suivit courageusement. Sur la route, le saint vieillard ne cessait pas d’enseigner les soldats, et disposa à tel point leur cœur envers lui-même et la foi du Christ, que ceux-ci, alors qu’ils passaient près d’un cours d’eau, demandèrent à être baptisés immédiatement. Se livrant volontairement aux mains de ses ennemis, St. Anthime, après de terribles tortures, accompagnées de miracles, fut décapité en l’an 302.

TROPAIRES ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr Anthime, ton 4
Émule des Apôtres dans leur vie, leur successeur sur leurs trônes, tu as trouvé dans la pratique des vertus, ô inspiré de Dieu, la voie qui mène à la contemplation. Aussi, dispensant fidèlement la parole de vérité, tu as lutté pour la foi jusqu’au sang, ô Hiéromartyr Anthime, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Tropaire de saint Théoktiste, ton 8
Par les flots de tes larmes, tu as fais fleurir le désert aride : par tes profonds gémissements, tu as fait rendre à tes souffrances des fruits au centuple. Tu es devenu par tes miracles un brillant flambeau pour l’univers. Prie le Christ Dieu, ô bienheureux Père Théoktiste, de sauver nos âmes.

Kondakion du saint hiéromartyr Anthime, ton 4
Toi qui parmi les prêtres vécus dans la piété et qui achevas la voie du martyre, tu mis fin au service des idoles, et tu fus le défenseur de ton troupeau, ô sage en Dieu. Aussi, celui-ci te crie-t-il mystiquement : délivre-nous des malheurs par tes prières, Anthime d’éternelle mémoire.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 1-20)
Ils arrivèrent à l’autre bord de la mer, dans le pays des Gadaréniens. Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d’un esprit impur. Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres. Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s’écria d’une voix forte: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très Haut? Je t’en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. Car Jésus lui disait: Sors de cet homme, esprit impur! Et, il lui demanda: Quel est ton nom? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. Et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays. Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons le prièrent, disant: Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer: il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi.
Il s’en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l’étonnement.

21 août/3 septembre (nouveau)

21 août (ancien calendrier)/3 septembre (nouveau)

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saint Thaddée, apôtre des soixante-dix (vers 44) ; sainte martyre Bassa et ses trois fils martyrs dans l’Hellespont (III) ; saint martyr Privat, évêque de Mende (257) ; saint Avitus, évêque de Clermont (594) ; saint Abraham le laborieux, de la Laure des Grottes de Kiev (XII-XIII) ; saint Abraham de Smolensk (XIII) ; sainte Marthe de Diveevo (1829) ; transfert des reliques de saint Nectaire d’Égine (1953) ; saint hiéromartyr Raphaël de Šišatovac (Serbie 1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Elokhovksy), prêtre (1918), Paul (Iagodinsky), prêtre (1937), Ignace (Dalanov) (1942).

VIE DU SAINT APÔTRE THADDÉE

Saint Apôtre Thaddée

Saint Apôtre Thaddée

Le saint Apôtre Thaddée, parfois aussi appelé Lebbée, était originaire de la ville d’Édesse en Osroène, d’une famille juive dont il avait reçu une connaissance accomplie de la sainte Écriture. Il se rendit en pèlerinage à Jérusalem et, ayant entendu saint Jean-Baptiste prêcher le repentir, plein d’enthousiasme pour son mode de vie angélique, il se fit baptiser par lui. Quelque temps après il rencontra le Seigneur Jésus-Christ. Les miracles étonnants qu’Il accomplissait et son sublime enseignement lui donnèrent la conviction qu’Il était le Sauveur annoncé par Jean et par les prophètes, aussi se joignit-il à ses disciples et suivit-il Jésus jusqu’à sa Passion vivifiante. Conformément à la promesse que le Seigneur avait faite au roi Abgar, qui l’avait invité à venir le guérir, après l’Ascension, Il envoya Thaddée à Édesse, pour baptiser le roi et le guérir complètement de sa lèpre. L’ardent apôtre catéchisa et baptisa beaucoup d’autres habitants de ce royaume, qui fut le premier État à se déclarer chrétien. Il y fit édifier de nombreuses églises, puis continua sa mission et annonça la Bonne Nouvelle dans d’autres villes de Syrie et, selon certains, de Mésopotamie. Parvenu à Béryte, en Phénicie, il y baptisa un grand nombre de païens, avant de remettre en paix son âme à Dieu, recevant le salaire de l’intendant fidèle de sa grâce. Les reliques de saint Thaddée furent transférées à Constantinople, avec celles de l’Apôtre André, par saint Artémios, en 337.

TROPAIRES DU JOUR

Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint apôtre Thaddée, ton 3
Saint apôtre Thaddée, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Thaddée, ton 4
Telle une étoile très lumineuse, l’Église t’a acquis, ô apôtre Thadée, étant toujours illuminée de tes miracles ; sauve ceux qui vénèrent ta mémoire avec foi !

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc V, 1-20)
Ils arrivèrent à l’autre bord de la mer, dans le pays des Gadaréniens. Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d’un esprit impur. Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres. Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s’écria d’une voix forte: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très Haut? Je t’en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. Car Jésus lui disait: Sors de cet homme, esprit impur! Et, il lui demanda: Quel est ton nom? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. Et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays. Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons le prièrent, disant: Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer: il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. Il s’en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l’étonnement.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
Galates 1:1-10, 20-2:5; Marc 5:1-20

Mon nom est Légion, car nous sommes plusieurs. Les esprits sont sans corps, et donc ils ne remplissent pas l’espace ou ne prennent pas d’espace comme des corps. Cela explique pourquoi il est physiquement possible pour beaucoup d’esprits de résider dans une seule personne.
Que cela soit possible moralement, de la part des esprits est compréhensible de par leur amoralité, ou l’absence de tous principes moraux, tandis que la part de la personne, c’est compréhensible à partir du contact à multiples facettes de la constitution de son âme avec le royaume lamentable des pouvoirs impurs. Mais ceci explique seulement ce qui est possible, la réalité de la possession démoniaque est soumise à des conditions que nous n’avons pas la capacité de déterminer.
Nous pouvons seulement dire que les esprits ne sont pas toujours entrés de manière visible, et ce n’est pas toujours montré à travers des actions de la personne possédée. Il y a une possession démoniaque invisible, cachée, il y a aussi une puissance des esprits sur les esprits, en dehors du corps, quand les démons les conduisent où ils le souhaitent, à travers les passions qui œuvrent en eux.
Les gens pensent qu’ils agissent par eux-mêmes, mais ils sont en fait les marionnettes risibles des puissances impures. Que faire? Sois un vrai chrétien et aucune puissance ennemie ne te vaincra.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
Ephésiens: 5:33-36 et Luc 4:16-22

Le Seigneur ne vint pas seulement pour prêcher l’année de grâce, mais Il l’a aussi introduite. Où ? Dans l’âme des croyants. La terre ne sera jamais le paradis dans l’état actuel des choses, mais elle est et sera une arène de préparation à la vie céleste. Les rudiments de la vie céleste sont placés dans l’âme, la possibilité pour elle réside dans la grâce de Dieu, tandis que la grâce a été apportée par notre Seigneur Jésus-Christ, Qui a apporté, par conséquent, l’année de grâce pour les âmes. Celui qui écoute le Seigneur et répond à tout ce qui est commandé par Lui, reçoit la Grâce, et avec son pouvoir, bénéficie de l’année de grâce en lui-même.
Cela se produit réellement dans tous ceux qui croient sincèrement et agissent selon la foi. Tu ne rempliras pas ton âme de cette grâce par la pensée; tu dois agir, et elle y entrera d’elle-même. Il se pourrait qu’il n’y ait aucune paix extérieure, seulement la paix intérieure, et pourtant elle ne peut pas être séparée du Christ. Mais il arrive toujours que dès que la paix intérieure est établie, les perturbations extérieures ne sont alors ni amères, ni lourdes. Ainsi, cet aspect est également acceptable, il ressemble à un hiver froid vu de l’extérieur.

Version française Claude Lopez-Ginisty d’après “St Theophan the Recluse Thoughts for each Day of the Year St Herman of Alaska, Platina, CA USA 2010″

20 août/2 septembre (ancien calendrier)

20 août ancien calendrier (2 septembre (nouveau) – jour de jeûne

Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saint prophète Samuel ; saints Sévère, Memnon, et leurs 37 compagnons, martyrs en Trace (304) ; saint Lucius le sénateur, martyr (Chypre, environ 310) ; saint Philibert, abbé-fondateur de Jumièges et Noirmoutier (684) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Malinovsky), Léon (Erchov), Vladimir (Tchetverine), prêtres (1918), Nicolas (Biroukov), prêtre (1919).

VIE DU SAINT PROPHÈTE SAMUEL

Saint prophète Samuel

Saint prophète Samuel

Le saint prophète Samuel était originaire de Rama, bourg de la tribu d’Éphraïm. Sa mère, Anne, une des deux épouses d’Elqana, était restée stérile et elle devait supporter les affronts de sa rivale, quand ils se rendaient en famille, chaque année, au sanctuaire de Silo pour y offrir leur sacrifice. Mais Dieu entendit ses prières, et elle donna naissance à un fils qu’elle nomma Samuel, ce qui signifie « obtenu de Dieu » . Une fois sevré, l’enfant fut consacré au Seigneur et confié au prêtre Éli à Silo, pour y servir Dieu tous les jours de sa vie, dans le sanctuaire, devant l’Arche d’Alliance.
Il grandit en taille et en grâce, en présence de Dieu. Les fréquents entretiens avec les prêtres et les hommes pieux lui permirent de s’instruire de la Loi de Moïse, pure de toute influence des cultes païens qui pervertissaient alors le peuple récemment installé en terre de Canaan. En ces temps d’apostasie, il était rare que Dieu se révélât, et les visions étaient peu fréquentes. Un soir pourtant, alors que Samuel, âgé de douze ans, était couché dans le sanctuaire où brûlait la lampe signalant la présence de Dieu, il entendit une voix l’appeler par son nom. Croyant qu’il s’agissait du prêtre Éli, il courut à son chevet ; mais celui-ci le renvoya se coucher. L’appel s’étant réitéré, Éli comprit que Dieu appelait l’enfant et il lui recommanda de répondre : « Parle, Seigneur, car ton serviteur t’écoute. » Dès qu’il eut fait cette réponse, Dieu se tint invisiblement devant Samuel et lui annonça qu’Il allait châtier Éli et sa maison, à cause de la conduite impie de ses deux fils, qui détournaient à leur profit les victimes offertes par le peuple en sacrifice. Au matin, sur les instances d’Éli, l’enfant lui rapporta ce que Dieu lui avait révélé, sans rien lui cacher. Par la suite, le Seigneur continua de se manifester à Samuel ; tout le peuple d’Israël le reconnaissait comme prophète, l’appelant le Voyant, et respectait sa parole comme la parole de Dieu lui-même.
Comme les fils d’Éli persévéraient dans leur impiété, la sentence divine ne tarda pas à se réaliser. Les Philistins ayant infligé une grande défaite à Israël, les Hébreux firent venir l’Arche, que l’armée accueillit avec de grandes acclamations. Les ennemis prirent peur, mais au lieu de s’enfuir, ils s’élancèrent avec l’énergie du désespoir. Trente mille Hébreux succombèrent dans le combat, et les Philistins s’emparèrent de l’Arche d’Alliance. Un des rescapés courut porter la nouvelle du désastre à Silo. Il trouva le vieux prêtre Éli, alors âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, assis anxieux au seuil de sa demeure. Quand il lui annonça que ses fils avaient péri dans la bataille et que l’Arche avait été enlevée, à la mention de l’Arche, Éli tomba à la renverse, sa nuque se brisa et il mourut.
Entre temps les Philistins avaient introduit l’Arche dans le temple du dieu Dâgon ; mais le lendemain, ils découvrirent l’idole gisant à terre brisée. La main de Dieu s’appesantit sur leur peuple et leur infligea des tumeurs. Après s’être concertés, les princes des Philistins se décidèrent à renvoyer l’Arche aux Israélites. Mais le sanctuaire de Silo ayant été détruit, le peuple d’Israël se trouvait dépourvu de centre religieux, aussi l’Arche fut-elle déposée à Qiryat-Yéarim, dans la maison d’Abinadab, où elle resta vingt ans.
Samuel le prophète avait succédé au prêtre Éli comme juge d’Israël, c’est-à-dire chef suprême chargé de guider le peuple opprimé sous le joug des Philistins. Il entreprit sa tâche de restauration spirituelle en prêchant dans tout le pays le repentir, le retour à l’observance de la Loi et le renoncement aux cultes de Baal et d’Astarté. Fixez votre cœur dans le Seigneur, et Il vous délivrera des Philistins : tel était son programme de gouvernement. Il organisa une grande assemblée à Mispa, au cours de laquelle les Israélites jeûnèrent et reconnurent publiquement leur faute devant Dieu, et le prophète intercéda pour leur salut. Comme les Philistins, avertis de ce rassemblement, étaient passés à l’attaque, à la demande du peuple, le prophète offrit un agneau en holocauste et invoqua le Seigneur, qui répondit aussitôt en faisant retentir un grand fracas dans le ciel. Les Philistins, pris de panique, furent battus, et les Israélites purent reprendre possession des villes qui avaient été prises.
La paix rétablie, Samuel continua de juger Israël à Rama, où il avait élevé un autel. Chaque année, il faisait une tournée dans le pays, pour trancher les différends et exhorter le peuple à la piété et à l’observance de la Loi. Une fois devenu vieux, il transmit ses pouvoirs à ses fils, Yoël et Abiyya, qui étaient établis à Bersabée. Mais ces derniers se montrèrent indignes de leur père, ils acceptaient des présents et firent fléchir le droit. Les anciens d’Israël allèrent s’en plaindre auprès de Samuel à Rama et lui demandèrent d’établir à leur tête un roi, pour qu’il les gouverne comme les autres nations. Affligé par cette demande, le prophète finit par se plier, sur ordre de Dieu, à leur désir ; mais il les avertit solennellement qu’avec l’institution de la royauté, ils allaient perdre la belle liberté que Dieu leur avait octroyée en faisant d’eux le seul peuple ayant pour roi et chef le Créateur.
Samuel fut alors envoyé par Dieu auprès de Saül, fils de Qish de la tribu de Benjamin, un vaillant guerrier qui dépassait tous les hommes de son peuple tant par sa prestance que par sa bravoure. Le prenant à part, il répandit sur sa tête l’huile d’onction et déclara que Dieu l’avait choisi pour être le chef d’Israël et le délivrer de ses ennemis. Une éclatante victoire sur les Ammonites confirma bientôt cette élection divine, et Saül fut proclamé roi à Gilgal par tout le peuple en liesse. Samuel déclara qu’il avait désormais rempli sa mission et qu’il laissait le roi à leur tête, afin de se consacrer désormais à la prière et à l’enseignement. Il les exhorta à la fidélité envers Dieu et envers son oint, et pour sceller ses paroles, il pria et fit tonner et pleuvoir, alors que le ciel était radieux.
Saül engagea la guerre contre les Philistins. Alors qu’il se trouvait en position critique et que Samuel tardait à venir réconforter la troupe prête à faire défection, le roi offrit lui-même l’holocauste, outrepassant ses pouvoirs et s’attribuant la fonction sacerdotale. Il achevait le sacrifice quand Samuel survint. L’homme de Dieu repoussa toutes les bonnes raisons que Saül avançait et lui déclara que, puisqu’il avait voulu agir seul et n’avait pas observé la Loi divine, la royauté lui serait retirée. Loin de se repentir, Saül persista dans son orgueil, et se préparant une autre fois à livrer bataille, il écarta le prêtre qui avait été convoqué pour consulter Dieu et engagea le combat. Il fit la guerre de tous côtés, contre Moab, contre les Ammonites, Édom, Amalec et les Philistins, et délivra Israël par sa vaillance. Toutefois ces victoires restaient fragiles, car elles reposaient sur des forces humaines. Envoyé contre Amalec, sur ordre de Dieu qui avait parlé par l’intermédiaire de Samuel, Saül remporta une nouvelle victoire. Mais, au lieu de livrer tout ce peuple à l’anathème, il épargna le roi Agag et le meilleur du bétail, pour n’offrir à Dieu que des troupeaux sans valeur. Se faisant de nouveau l’interprète sans compromis de la volonté divine, Samuel lui annonça que cette nouvelle désobéissance avait scellé sa déchéance. Et, résumant en quelques mots la prédication de toute sa vie, il dit au roi : « L’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité, plus que la graisse des béliers. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, Il t’a rejeté de la royauté. » (1 Sam 15, 22). Saül implora en vain son pardon, et après avoir exécuté Agag de ses propres mains, Samuel rentra à Rama.
Alors qu’il pleurait sur le sort du roi Saül, le saint prophète fut envoyé par Dieu à Bethléem, chez Jessé de la tribu de Juda, et y oignit en secret le jeune et gracieux David comme roi d’Israël. L’esprit de Dieu s’étant retiré de Saül, le roi fut pris d’un esprit malin et souffrait de crises de démence. C’est alors que David entra à son service comme écuyer, et il calmait Saül en jouant de la cithare quand le roi était saisi par le mauvais esprit. Il jouissait de sa faveur, mais quand il eut remporté de brillantes victoires et se fut attiré l’admiration du peuple, l’affection de Saül se tourna en haine meurtrière. David prit la fuite et se réfugia à Rama, chez Samuel, qui s’adonnait à la contemplation en compagnie d’un groupe de prophètes.
Le prophète Samuel s’endormit quelque temps après, chargé de jours, et tout le peuple d’Israël se rassembla à Rama pour le pleurer (1 Sam 25, 1). Par la suite, il fut honoré parmi les grands intercesseurs de l’Ancienne Alliance, au même titre que Moïse et Aaron : Moïse et Aaron étaient parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquaient son Nom ; ils invoquaient le Seigneur, et il les exauçait (Ps 98, 6). Ses reliques furent solennellement transférées de Palestine à Constantinople, au temps de l’empereur Arcade (19 mai 406). Déposées provisoirement à Sainte-Sophie, elles furent ensuite placées dans l’église qui lui avait été dédiée à l’Hebdomon, dans la banlieue de la capitale (7 octobre 410).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, * dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: * tu as rejoint la Source de la vie, * toi qui conçus le Dieu vivant * et qui de la mort délivres nos âmes par tes prières.

Tropaire du saint prophète Samuel, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Samuel, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint prophète Samuel, ton 8
Comme un don précieux tu fus offert à Dieu avant ta conception, * Bienheureux, et dès l’enfance comme un Ange le servant, * tu fus jugé digne de prédire l’avenir; * c’est pourquoi nous te disons: Réjouis-toi, * grand prêtre et prophète de Dieu, Samuel.

Kondakion de la Dormition, ton 2
Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc IV, 35-41)
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi? Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer?

2 septembre

2 septembre – jour de jeûne

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce (275, son père Théodote et sa mère Rufine (III) ; saint Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (595) ; les 3628 martyrs de Nicomédie (III-IV) ; saint Agricol, évêque d’Avignon (VII) ; saints Antoine (1073) et Théodose (1074) de la Laure des grottes de Kiev ; saints néomartyrs de Russie : Barsanuphe, évêque et avec lui Jean, prêtre, Séraphime, moniale et Anatole, Nicolas, Michel et Philippe (1918) ; Damascène, évêque et avec lui Euthyme, Jean, Jean, Vladimir, Victor, Théodote, Pierre, Étienne, prêtres (1937) ; Germain, évêque, Étienne, prêtre et Paul (1937).

VIE DU SAINT MARTYR MAMAS

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce

Saint Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce

Saint Mamas était originaire de Gangres en Paphlagonie (Asie-Mineure). Ses parents, Théodote et Rufine étaient de fidèles Chrétiens et des confesseurs de la foi. Ils furent capturés par les païens et emprisonnés, car ils refusaient de renier le Christ. C’est dans le cachot même que Mamas vit le jour en 260. Or ses deux parents trouvèrent la mort en prison, et le petit orphelin fut adopté par une pieuse femme du nom d’Ammiane. Comme en balbutiant il appelait souvent sa mère adoptive, on le surnomma Mamas. Parvenu à l’âge de quinze ans, Mamas fut à son tour capturé par les troupes impériales pour avoir refusé de sacrifier aux idoles, conformément aux saintes prescriptions que lui avait laissées Ammiane avant de mourir, et pour avoir entraîné ses compagnons à suivre son vaillant exemple. Il fut d’abord livré à Démocrite, le gouverneur de Césarée de Cappadoce, puis il comparut devant l’empereur Aurélien lui-même. Le tyran essaya d’abord de convaincre le jeune et fragile garçon par des paroles doucereuses et flatteuses; mais il trouva l’âme de Mamas plus solide que le diamant et plus brûlante de zèle divin que la fournaise la plus ardente. Aurélien se prit alors de colère de voir ainsi un enfant lui tenir tête, à lui le souverain de la plus grande partie du monde. Il le livra à de cruelles tortures: fouets, coups, bastonnades. Pensant que la souffrance avait vaincu Marnas, il lui dit: «Dis seulement que tu as sacrifié aux idoles et cela suffit pour que je te libère».
Mamas répondit: «Ni du coeur, ni même des lèvres, je ne renierai le Christ mon Sauveur, ô Empereur: je te remercie au contraire de me permettre par ces supplices d’aimer davantage et de m’unir au Christ mon Roi, qui a souffert pour mon salut». On lui brûla ensuite tout le corps avec des torches allumées, on lui frappa les membres à coups de pierres, puis on le jeta à la mer après lui avoir attaché une lourde boule de plomb au cou. Mais il fut miraculeusement délivré par un Ange de Dieu, qui le transporta sur une haute montagne surplombant la ville de Césarée. Il vécut là, en glorifiant Dieu par la prière ininterrompue, en compagnie de bêtes sauvages qui lui offraient leur lait en nourriture. Quelque temps plus tard, fortifié par un signe divin, il descendit de lui-même se livrer à Alexandre, le nouveau gouverneur de Cappadoce. Il fut soumis à de nouvelles tortures, qui n’eurent pour seul effet que de montrer avec plus d’éclat la présence de la grâce de Dieu dans son âme et dans son corps. On le jeta dans une fournaise ardente, où il resta, tel les trois enfants hébreux dans la fournaise de Babylone, à chanter la gloire de Dieu, protégé de la morsure des flammes par une rosée divine. Finalement, les soldats lui percèrent les entrailles avec une fourche, et Mamas trouva la force de sortir de la ville avant de rendre son âme à Dieu. On entendit une vois venue d’en haut qui appelait le Saint à venir se reposer de ses labeurs dans les demeures éternelles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Mamas, ton 4
Ton martyr, Seigneur, Mamas, par son combat, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire du saint hiérarque Jean le jeûneur, ton 4
La vérité de tes œuvres, ô Père Jean, t’a rendu pour ton troupeau règle de foi, modèle de douceur, maître de tempérance. Aussi as-tu obtenu, par ton humilité, l’exaltation, par ta pauvreté, la richesse. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Mamas, ton 3
Saint Mammas, avec la houlette que Dieu t’a donnée, mène ton peuple vers les pâturages vivifiants; quant aux fauves invisibles et cruels, écrase-les sous les pieds des fidèles te chantant, car au milieu des malheurs nous menaçant, c’est toi, saint Martyr, que nous avons comme fervent défenseur.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc IV, 35-41.)
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi. Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer?

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Quatorzième semaine après la Pentecôte
II Corinthiens 12:20-13:2; Marc 4:24-34

La parabole de la croissance progressive de blé à partir de la semence. dépeint pour chaque homme, la croissance progressive de ce qui est caché dans le cœur d’un homme, semé et surveillé par la Grâce de Dieu, tandis que pour ce qui concerne l’humanité, c’est la croissance progressive dans le corps de l’Église, ou de la communauté de ceux qui sont sauvés dans le Seigneur Jésus-Christ, selon l’ordre établi par Lui.
Grâce à cette parabole la question est réglée: pourquoi à ce jour le christianisme n’est-il pas universel? Tout comme un homme qui a jeté la semence en terre, dort et se lève, la semence germe et grandit sans savoir comment; ainsi le Seigneur, en plaçant la semence de vie divine sur la terre lui a donné la liberté de se répandre d’elle-même, en la subordonnant à l’écoulement naturel des événements, et sans les forcer. Il surveille seulement la semence, Il l’assiste dans des circonstances individuelles et lui donne la direction générale.
La raison pour ceci, réside dans la liberté de l’homme. Le Seigneur veut que l’homme se soumette à Lui de lui-même, et Il attend que sa liberté y soit favorable; cette affaire prend du temps. Si tout dépendait uniquement de la volonté de Dieu, tout le monde aurait été chrétien depuis longtemps. Une autre pensée: le corps de l’Eglise est créé dans les cieux, n’y entrent de la terre que des matériaux, formés aussi par des agents célestes. Le verbe passe du ciel sur la terre et attire ceux qui le désirent. Ceux qui y prennent garde et suivent, entrent comme matières premières dans le laboratoire de Dieu, l’Eglise, et là sont refaits selon des schémas donnés du ciel.
Ceux qui sont refaits, lors du départ de cette vie, passent dans le ciel, et de là, ils entrent dans la maison de Dieu, chacun là où il est apte. Ceci se passe en continu, et par conséquent l’œuvre de Dieu ne reste pas statique. Une célébration solennelle universelle du christianisme n’est pas nécessaire pour cela. La maison de Dieu est créée invisiblement.

Version française Claude Lopez-Ginisty d’après « St Theophan the Recluse Thoughts for each Day of the Year St Herman of Alaska, Platina, CA USA 2010 »

1er septembre – Nouvel an ecclésial

Nouvel an ecclésial

Saint Syméon le Stylite (459) et sa mère Marthe (vers 428) ; saint Jésus (Josué), fils de Navé, prophète (XVIème s. avant Jésus-Christ) ; saints martyrs Calliste et ses frères Evode et Hermogène (309) ; sainte Verena de Zurzach (Suisse, 350) ; saint Ammoun, diacre, martyrisé avec 40 vierges à Héraclée (IV) ; saint Aïphal, diacre et martyr (380) ; saint Leu, évêque de Sens (623) ; (Synaxe  de l’icône de la Mère de Dieu des Miasènes (864) ; saint Mélèce le Jeune (1105) ; saint néo-martyr Angelis de Constantinople (1681) ; sainte Haido de Stanos (1820-1821) ; saintes néo-martyres de Russie Tatienne (Gribkov) et Nathalie (Kozlov) (1937).

 LE NOUVEL AN ECCLÉSIAL[1]

 L’Église du Christ célèbre en ce jour l’indiction qui, selon les Romains, signifie «limite», c’est à dire le début de l’année ecclésiastique. Ce terme vient de l’usage qu’avaient les empereurs romains de lever chaque année à cette époque un impôt sur leurs sujets pour l’entretien de l’armée. Le taux de cet impôt annuel était fixé tous les quinze ans. C’est pourquoi on appelle également indiction les cycles de quinze ans qui commencèrent sous César Auguste, trois ans avant la naissance du Christ.

Comme, d’autre part, le mois de septembre est l’époque où l’on rentre les fruits des récoltes dans les greniers pour se préparer à un nouveau cycle de la végétation, il convenait de fêter ce début du cycle agricole en rendant grâce à Dieu pour sa bienveillance à l’égard de la création. C’est déjà ce que faisaient les Juifs sous le régime de l’ancienne Loi. Le premier jour de leur septième mois (début septembre), ils célébraient la fête des Trompettes, en cessant tout travail pour se consacrer seulement à l’offrande de sacrifices «d’agréable odeur» et à la louange de Dieu (cf. Lev. XXIII:24-25).

Le Christ, Fils et Verbe de Dieu, le Créateur du temps et de l’espace, le roi prééternel de tous les siècles – qui s’est incarné pour ramener toutes choses à l’unité et réconcilier tous les hommes, Juifs et païens, dans une seule Eglise – a voulu aussi rassembler en Lui-même les choses soumises aux lois naturelles et ce qu’Il avait promulgué par la Loi écrite. C’est pourquoi, en ce jour où la nature se prépare à dérouler un nouveau cycle de ses saisons, nous commémorons l’épisode où le Seigneur Jésus Christ se rendit à la synagogue et, ouvrant le livre d’Isaïe, lut le passage où le Prophète dit en son nom: «L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a oint. Il m’a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. » (Luc IV, 18).

Toutes les Eglises ainsi rassemblées dans l’unanimité adressent aujourd’hui une seule louange à notre Dieu. Un dans sa nature et triple dans ses Personnes, qui demeure en permanence dans la béatitude, tient toutes choses dans l’existence et déverse en tout temps ses bénédictions sur ses créatures. C’est le Christ Lui-même qui nous ouvre les portes de cette année et nous appelle à Le suivre pour participer à Son éternité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Auteur de l’entière création qui as soumis à Ton pouvoir les moments et les temps, bénis la couronne de l’année que Ta Bonté nous donne de commencer;  garde en paix Ta ville et Ton peuple et par l’intercession de ta Mère, Seigneur, sauve-nous.

Tropaire de saint Syméon, ton 1

Colonne de patience, tu imitas les Pères de jadis: dans ses souffrances Job, dans ses épreuves Joseph; des Anges incorporels tu menas la vie en ton corps, vénérable Père Siméon; intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’Il accorde à nos âmes le salut.

Kondakion de saint Syméon, ton 2

Recherchant les choses d’en-haut,  conversant avec les êtres d’en bas et faisant de ta colonne un char de feu, par elle tu devins un confident des Anges, Père saint; et sans cesse tu intercèdes avec eux pour nous tous auprès du Christ notre Dieu.

 Tropaire du nouvel an ecclésial, ton 2

Toi qui demeures dans les hauteurs, Christ Roi, Auteur et Créateur de tout ce qui est visible et invisible, Toi qui fis le jour et la nuit, le temps et les années, bénis maintenant la couronne de l’année, protège et garde en paix Ta ville et Ton peuple, ô Très-Miséricordieux.

 Évangile du jour

(Lc IV, 16-22)
Jésus se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit: L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

19 août (ancien calendrier)

19 août  (ancien calendrier)

 Après-fête de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu ; saints André le stratilate et ses 2593 compagnons, martyrs au Mont-Taurus (IV) ; saints Timothée et Agapios et sainte Thècle, martyrs à Gaza (vers 305) ; saint Pitirim, évêque de Perm (1456) ; saint Nicolas (Lebedev), prêtre et confesseur (1933).

Vie de saint André le Stratilate et de ses 2 593 compagnons[1]

Saint André était tribun dans l’armée impériale cantonnée sur les frontières orientales de l’Empire, au temps de l’empereur Maximien Galère (vers 305) ; et bien qu’il n’eût pas encore reçu le saint baptême, il brillait, telle une rose au milieu des épines, tant par sa piété que par sa vaillance. Le général en chef Antiochos, qui était réputé pour sa cruauté envers les chrétiens, devant faire face à une soudaine incursion des Perses, se souvint du valeureux André et l’envoya à la tête d’une cohorte. Au moment d’engager le combat, André exhorta ses hommes à se confier dans le Christ, qui a créé le ciel et la terre et a réduit à néant le pouvoir des faux dieux. Invoquant donc d’une seule voix le Nom du Christ, ils renversèrent les phalanges des ennemis et les repoussèrent hors des frontières. Après cette victoire inespérée tous ses hommes décidèrent de se convertir, mais ils furent dénoncés comme chrétiens auprès d’Antiochos qui, au lieu de leur décerner de justes récompenses, les convoqua à son tribunal. Étranger à tout sentiment de reconnaissance et brûlant de colère, il lut les édits impériaux et leur rappela le nom des notables chrétiens qu’il avait préalablement fait périr. André lui répondit que ces martyrs avaient en fait remporté la victoire sur lui et que les tourments qu’on leur avait infligés deviendraient pour eux des trophées dans le Royaume du Christ. Usant d’une cruelle ironie, Antiochos déclara qu’il convenait qu’on procure du repos à un homme tel que lui, qui avait fait preuve d’une si grande bravoure dans le combat, et il ordonna d’étendre le saint sur un lit de bronze incandescent. L’ardeur de la foi et de la charité, qui brûlaient dans le cœur du valeureux martyr, le laissèrent insensible aux brûlures, et il trouva sur cette couche un vrai repos. On se saisit ensuite de certains des soldats qui s’étaient illustrés avec lui dans la bataille pour leur clouer les mains sur des poutres. Ils subirent ce supplice avec le sourire, se réjouissant de participer à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, avant même d’avoir été baptisés. Comme ils restaient inébranlables dans leur résolution, Antiochos les fit jeter en prison et écrivit à l’empereur, lui demandant s’il convenait d’exécuter un officier de cette valeur, avec le risque de provoquer une mutinerie dans l’armée et la révolte du peuple qui le considérait comme un héros. Maximien lui répondit de se débarrasser de lui secrètement, au moyen d’une ruse, et de ne laisser en aucune façon la nouvelle religion pénétrer dans l’armée. Antiochos libéra donc André et ses compagnons et feignit de les laisser aller où bon leur semblerait. Le saint martyr, averti par Dieu de ce stratagème, se rendit à Tarse avec ses hommes et demanda à l’évêque Pierre de leur conférer le saint baptême. Quand il apprit leur départ, Antiochos écrivit au gouverneur militaire de Cilicie, Séleuchos, de les arrêter au plus vite et de les mettre à mort s’ils opposaient la moindre résistance. Séleuchos, qui était lui aussi un persécuteur fanatique, se précipita à Tarse avec un important détachement. André et ses compagnons, qui venaient juste d’être baptisés, traversèrent le mont Taurus pour échapper aux poursuites, et se dirigèrent vers Mélitène en Arménie. Séleuchos n’abandonna pas ses recherches, et grâce à la trahison d’un certain Martin, il les rattrapa dans un défilé du massif du Taurus. Comme les soldats se préparaient à se lancer sur eux, saint André exhorta ses compagnons à lever leurs mains pour la prière plutôt qu’à brandir le glaive et, tombant à genoux, il intercéda longuement pour ses ennemis et pour le salut du monde. Dès qu’il acheva sa prière, les soldats se précipitèrent sur eux et les massacrèrent comme des brebis innocentes qui n’opposèrent aucune résistance. Conformément au vœu exprimé par saint André, une source aux vertus thérapeutiques jaillit à l’endroit même où il versa son sang. Pierre de Tarse et Nonnes, évêque de Bérée, qui avaient assisté de loin à leur martyre avec d’autres clercs, vinrent ensuite prendre soin de leurs précieuses reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de la Dormition de la Très sainte Mère de Dieu, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire de saint André le Stratilate, ton 5

Laissant la gloire des honneurs terrestres, tu héritas le royaume des cieux; * et sous les flots du sang que tu versas * tu as orné ta couronne immortelle de joyaux très précieux; * au Christ tu amenas une armée de martyrs; * avec les Anges dans la lumière sans couchant * tu as trouvé le Soleil sans déclin, le Christ; * sans cesse avec tes compagnons, saint André, supplie-le * pour qu’à nos âmes il accorde le salut.

 Kondakion de saint André le Stratilate, ton 2

En prière constante devant le Seigneur, * comme un astre précédant le Soleil, * tu contemples, selon ton désir, le céleste trésor * dans l’ineffable joie dont ton âme est comblée; * et tu chantes dans les siècles sans fin * pour le Roi immortel que louent sans cesse les Anges dans le ciel. * André, vénérable chef d’armée, * avec eux ne cesse pas de prier pour nous tous.

 Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 Évangile du jour

(Mc IV, 24-34)

Le Seigneur leur dit encore: Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous. Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Il dit encore: Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. Il dit encore: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous? Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre; mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

 [1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

Nouvelle rubrique ! « Vivre avec l’Eglise »

Une nouvelle rubrique, intitulée « Vivre avec l’Eglise » sera désormais présente, quotidiennement sur Orthodoxie.com à partir du 1er septembre, début de l’année liturgique selon le nouveau calendrier. Cette rubrique comprendra la liste des saints commémorés, dont notamment les anciens saints occidentaux, les saints récemment canonisés, dont les néo-martyrs de Russie, la vie d’un saint du jour (principalement tirée du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras), les tropaires et les kondakia de la fête ou des saints commémorés, ainsi que la lecture de l’Evangile du jour. Ces éléments seront présentés selon les deux calendriers, le « nouveau » et « l’ancien ».

25 octobre (nouveau calendrier)/7 novembre (nouveau)

25 octobre (nouveau calendrier)/7 novembre (nouveau)

Samedi de saint Dimitri (commémoration des défunts) ; saints Marcien et Martyrius, martyrs à Constantinople (vers 355) ; sainte Tabitha ressuscitée par l’apôtre saint Pierre (Ier s.) ; saint Front, évêque de Périgueux (IIème s.) ; saints Crépin et Crépinien, cordonniers, martyrs à Soissons (vers 285) ; saint Hilaire (ou Chélyj), évêque de Mende (535) ; saint Rufinien, évêque de Bayeux (Vème s.) ; saint Loup, évêque de Bayeux (Vème s.) ; saint Gouesnou, évêque de Léon en Bretagne (675) ; saints Martyrios, diacre, et Martyrios, reclus, des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; sainte Matrone (Vlasov), confesseur (1963).

SAINT MARCIEN ET MARTYRIOS

saints Marcien et Martyrius, martyrs à Constantinople (vers 355)

saints Marcien et Martyrius, martyrs à Constantinople (vers 355)

Saints Marcien et Martyrios vécurent à Constantinople sous le règne de l’empereur arien Constance (337-361). De noble origine et admirés de tous pour leur savoir, la douceur de leurs mœurs et leur piété, ils devinrent secrétaires de l’archevêque Paul le Confesseur, qui devait mourir assassiné par les ariens en Arménie, où il avait été exilé (6 novembre 344). Ne craignant ni l’exil ni la mort, Marcien et Martyrios continuèrent à proclamer la foi orthodoxe devant le peuple. « Le Fils de Dieu est consubstantiel au Père, et Dieu par nature. » Ces mots étaient pour eux plus précieux que la vie, et ils les revêtaient comme une cuirasse contre les assauts des démons et des hérétiques. Ils furent tués par le glaive et enterrés près de la porte appelée Mélandissia. Après le retour de la paix dans l’Église, saint Jean Chrysostome fit bâtir une église en leur honneur sur les lieux de leur sépulture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Tropaire des saint martyrs Marcien et Martyrius, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saint martyrs Marcien et Martyrius, ton 4
Ayant mené, dès la jeunesse, le bon combat, * Marcien et Martyrius, vous avez renversé Arius le félon, * sans faille conservant la vraie foi, * suivant l’enseignement de votre maître, saint Paul; * avec lui vous avez trouvé la vie, comme champions de la sainte Trinité.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

23 mars (ancien calendrier)/5 avril (nouveau)

23 mars (ancien calendrier)/5 avril (nouveau)

GRAND CARÊME
Saint Nicon, hiéromartyr, et ses 199 disciples martyrs en Sicile (251) ; saint Eusèbe, évêque de Valence (vers 600) ; saint Nicon abbé des Grottes de Kiev (1088) ; saint Basile le juste de Mangazée (1600) saint Luc de Mytilène, néo-martyr grec (1802) ; saints néo-martyrs de Russie : Macaire (Kvitkine), prêtre (1931) ; Élie (Viatline), moine, Anastasie (Bobkov), moniale et Barbara (Konkine), Alexis (Skorobogatov), martyr (1938), Serge (Srebriansky), moine, confesseur (1948).

SAINT NICON ET SES 199 DISICIPLES
Notre saint Père Nicon naquit dans la région de Naples, au cours du IIIe siècle, d’un père païen et d’une mère chrétienne. Engagé dans l’armée, il se trouva un jour dans une situation périlleuse. Se souvenant alors des enseignements de sa pieuse mère sur les promesses de la vie éternelle, il s’écria : « Seigneur Jésus-Christ, viens à mon aide ! » Puis, s’armant du signe de la Croix comme d’une arme invincible, il s’élança au combat, d’où il sortit victorieux et couvert de gloire. De retour dans sa patrie, il rendit visite à sa mère, lui raconta les événements et lui fit part de son projet d’aller se faire baptiser en Orient, aux sources de la Foi.

Débarquant dans l’île de Chio, il s’isola sur une montagne, où il demeura dans le jeûne, la veille et la prière pendant une semaine entière, afin de se préparer au baptême. Un ange de Dieu lui apparut alors et, lui remettant un bâton, il lui donna l’ordre de se rendre sur le rivage. Il y trouva un navire qui le mena jusqu’au mont Ganos, en Thrace , où il rencontra l’évêque Théodore de Cyzique, qui s’était retiré pour mener la vie érémitique dans une grotte, sur les flancs de la montagne. Celui-ci, ayant été informé à l’avance par Dieu de sa venue, le prit avec lui dans sa retraite, lui enseigna les fondements de la foi et le baptisa au Nom de la Sainte Trinité. Nicon décida de rester dans cet endroit où la Providence l’avait conduit, afin d’imiter en tout point la manière de vivre angélique de son père spirituel. Au bout de trois années, Théodore l’ordonna prêtre ; et, quand vint pour lui le temps d’être rappelé à Dieu, il lui remit la direction des cent quatre-vingt-dix disciples qui s’étaient rassemblés autour de lui .

La persécution de Dèce (251), qui avait éclaté en Orient, obligea Nicon et ses compagnons à prendre la mer. Après avoir fait escale quelque temps à Mytilène, ils abordèrent en Italie, où Nicon put revoir sa mère mourante et procéder à ses funérailles. Pendant ce bref séjour dans sa patrie, Nicon conféra le baptême à neuf de ses concitoyens qui, abandonnant leurs familles, décidèrent de se joindre à sa communauté. Les deux cents moines se rendirent ensuite en Sicile et s’installèrent sur le mont Taormina, dans les ruines d’un ancien établissement thermal. Mais ils ne purent jouir que peu de temps de la paix de cette retraite, car le préfet païen de Sicile, Quintien, ayant appris la présence des saints ascètes, les fit arrêter et traduire à son tribunal. Comme les disciples de Nicon, encouragés par les paroles de feu de leur père spirituel, avaient refusé d’une seule voix de renier le Christ et leur sainte profession, le préfet les fit flageller à coups de nerfs de bœuf, puis il ordonna de les décapiter et de jeter leurs corps dans la fournaise des thermes, qui avait été rallumée pour la circonstance. Le tour de saint Nicon étant venu, il fut étendu, les quatre membres écartelés, et des soldats le brûlèrent avec des torches. Ils l’attachèrent ensuite derrière un attelage de bœufs qui alla le jeter dans un profond ravin, d’où on le sortit encore vivant pour lui fracasser la mâchoire à coups de pierres, lui couper la langue et finalement le décapiter. Les précieuses reliques de saint Nicon et de ses compagnons furent retrouvées par la suite par l’évêque de Messine, Théodose, qui fit construire un sanctuaire en leur honneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr, ton 4
Dieu de nos Pères, / dont la clémence agit toujours envers nous, / n’éloigne pas de nous ta miséricorde, / mais par leurs supplications / gouverne notre vie dans la paix.

LECTURE DES PROVERBES (XII, 8-22)
On loue la bouche d’un homme intelligent ; les esprits vains sont moqués.
Mieux vaut être obscur et utile à soi-même, que se glorifier en manquant de pain. Le juste est compatissant, même pour la vie de ses bestiaux ;
les entrailles des impies sont sans pitié.
Qui travaille à sa terre se rassasiera de pain ;
mais ceux qui poursuivent des vanités sont dépourvus d’intelligence. Celui qui se plaît aux assemblées des buveurs léguera la honte à sa maison. Les désirs des impies sont mauvais ; les racines des hommes pieux sont indestructibles.
Par le péché même de ses lèvres, le pécheur tombe en des filets ;
le juste y échappe, et celui dont l’œil est bon excite l’indulgence ;
celui qui se dispute aux portes irrite les âmes.
L’âme de l’homme sera remplie de biens provenant de sa bouche,
et ses lèvres recevront leur récompense.
Les voies des insensés sont droites à leurs yeux ; le sage écoute les conseils. L’insensé à l’instant même montre sa colère ;
l’homme habile renferme en lui-même l’outrage qu’il a reçu.
Le juste déclare la pleine vérité ; le témoin des méchants est trompeur.
Il en est dont les paroles blessent comme des glaives ;
la langue des sages guérit.
Des lèvres véridiques n’ont point de détours sans leur témoignage ;
le témoin précipité a une langue inique.
La fraude est dans le cœur de celui qui machine le mal ;
ceux qui veulent la paix seront dans la joie.
Rien d’injuste ne plaira au juste ; les impies sont remplis de mal.
Les lèvres trompeuses sont en abomination au Seigneur ;
Il agrée l’homme de bonne foi.

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Jovan Nikoloski