19/09/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Trente-Troisième Semaine après la Pentecôte
Philippiens 1:27-2:4; Luc 6:17-23

Le Seigneur bénit les pauvres, ceux qui ont faim et qui pleurent, et les persécutés sous la condition que tout cela est pour l’amour du Fils de l’homme, ce qui signifie qu’Il bénit une vie qui est entourée par toutes sortes de besoin et de privation. Selon cet adage, les plaisirs, la facilité, l’honneur ne sont pas quelque chose de bon, il en est ainsi, en effet.

Mais tandis que la personne se repose sur ces choses, elle ne réalise pas cela. C’est seulement quand elle se libère de leur sort, qu’elle voit vraiment qu’elles ne sont pas des biens, mais que des fantômes. Une âme ne peut pas exister sans consolations, mais ce ne sont pas celles des sens, elle ne peut pas être sans trésors, mais ils ne sont pas en or et en argent, et pas dans des maisons et des vêtements de luxe, pas dans cette plénitude externe, elle ne peut pas se passer de l’honneur, mais il ne réside pas dans la servilité de l’homme.

Il y a d’autres plaisirs, il y a une autre aisance, un autre honneur, spirituel, semblable à l’âme. Celui qui les trouve ne veut pas des ceux qui sont extérieurs; non seulement il veut pas d’eux, mais il les méprise et les hait, parce qu’ils bloquent le spirituel, ne permettent pas de le voir, ils gardent une âme dans les ténèbres, l’ivresse, et les fantômes. C’est pourquoi ces personnes préfèrent de toute leur âme la pauvreté, l’affliction et l’obscurité, se sentant bien en leur sein, comme derrière une clôture sûre contre le sort des tromperies du monde. Que dire de ces gens qui ont toutes ces choses sans épreuve? Ils devraient se comporter face à toutes ces choses, selon la parole du saint apôtre, comme celui qui ne possède pas (cf. 1Cor. 7:30).

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Circoncision du Seigneur
Colossiens 2:8-12 et Luc 2:20-21, 40-52

Puisque le Nouvel An est le début de l’époque de l’année, nous devons rassembler dans notre âme ces pensées, sentiments et dispositions qui dirigeront nos affaires tout au long de l’année d’une manière chrétienne. Nous trouverons ceci au moment où nous aurons à l’esprit ce que le Jour de l’An est dans la vie spirituelle. Dans la vie spirituelle, le Jour de l’An, c’est quand celui qui a vécu avec négligence devient zélé pour le salut et pour plaire à Dieu. Quand on prend cette résolution, alors tout est reconstruit à nouveau à la fois intérieurement et extérieurement, sur de nouveaux commencements, les anciens meurent et tout est nouveau. Si vous avez ce sentiment, renouvelez-le, sinon, acquerrez-le et pour vous ce sera le Jour de l’An.

Une célébration digne de la fête de la Circoncision du Seigneur et de la commémoration de Saint Basile le Grand y sont également liées. L’essence de ce changement dont nous avons parlé est que la personne commence à partir de ce moment à vivre uniquement pour Dieu, pour son salut; alors qu’auparavant elle vivait exclusivement pour elle-même, pour la préparation de la destruction d’elle-même. Maintenant, elle abandonne ses anciennes habitudes, tous les conforts et tous ce en quoi elle se plaisait, elle éradique les passions et les dispositions lascives et entreprend des œuvres de stricte abnégation.

Un tel changement représente précisément ce que, selon l’Apôtre, la circoncision du cœur doit être. La célébration de la circoncision du Seigneur nous le rappelle et nous oblige à le faire, tandis que Saint-Basile le Grand nous fournit un exemple à suivre. Donc, tous les thèmes qui fourmille dans notre conscience le jour du Nouvel An se réunissent en un seul, notre renouveau intérieur à travers la circoncision du cœur.

Si cela plaît au Seigneur de donner à quelqu’un cet état d’esprit au Jour de l’An, c’est-à-dire, non seulement de penser de telle manière, mais aussi d’incarner tout cela dans sa vie-il célèbrera le Jour de l’An de la manière chrétienne la plus parfaite , et se préparera à passer toute l’année en chrétien. Le Jour de l’An suivant Nouvel il lui suffira de renouveler et d’animer ce qu’il a maintenant entrepris.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Trente-Troisième Semaine après la Pentecôte
Pas de commentaire de saint Théophane ce jour!

SAINT THEOPHANE LE RECLUS

Même si la prière est habituelle pour nous, elle exige toujours une préparation. Qu’y a-t-il de plus fréquent pour ceux qui savent lire et écrire que de lire et d’écrire? Cependant, nous asseyant pour lire ou écrire, nous ne commençons pas immédiatement, mais nous nous calmons avant de commencer, au moins au point où nous pouvons lire ou écrire dans un état paisible. Ceci est d’autant plus vrai, pour la prière: la préparation pour le travail de la prière est nécessaire avant la prière, surtout quand ce que nous avons fait avant la prière est d’une nature totalement différente de la prière.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Saint Théophane le Reclus: Comment assister aux Offices

Ne soyez pas tentés de vous laisser aller à ne pas venir à l’église au début de l’office, ou de partir avant qu’il ne soit fini. Rappelez-vous que chaque office est une unité complète et qu’il ne peut fournir ses bienfaits pleinement que dans son intégralité. Tout comme la nourriture n’est savoureuse que si elle est complètement assaisonnée, de même l’office ne peut satisfaire pleinement le goût spirituel que quand il est entendu dans son intégralité. Ainsi, celui qui manque le début, ou ne reste pas jusques à la fin, oeuvre certes, mais il se prive du fruit de son travail, il crée d’une main et détruit de l’autre.

En outre, il faut aller à l’église sans être distrait. Car, il est toujours possible que l’on puisse aller à l’église d’une manière qui n’est pas digne de louange, mais plutôt de condamnation, c’est-à-dire, que l’on y va, et que l’on n’en reçoit aucun bénéfice spirituel.

En approchant de l’église, on doit laisser de côté tout le soin et le souci de ses affaires sur le seuil, pour entrer avec un esprit serein. Entrant dans l’église, on doit se revêtir de révérence comme d’un vêtement, se souvenant de Ceux vers Qui nous venons et à Qui nous avons l’intention d’adresser nos prières. Après avoir gagné notre place dans l’église (au même endroit à chaque fois, c’est l’idéal), on doit rassembler ses pensées et se tenir mentalement devant la Face du Dieu omniprésent, en Lui offrant un culte respectueux de corps et d’esprit, avec un coeur contrit, dans une humble vénération.

Après cela, vous devez suivre, sans pensées errantes, tout ce qui se passe – ce qui est chanté et lu dans l’église – tout jusques à la fin de l’office. C’est tout! De cette façon, nous ne vous ennuierons pas à l’église, regardant çà et là et commençant des conversations, et nous ne serons pas là, à souhaiter que l’office soit bientôt fini. Au lieu de cela, en passant d’un sentiment de prière à l’autre et d’une pensée respectueuse à l’autre, nous serons semblables à ceux qui, dans un jardin parfumé, se déplacent d’un groupe de fleurs à l’autre.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Trente-Troisième Semaine après la Pentecôte
Pas de commentaire de l’Ecriture!

L’art et la science de la prière (Lettre 15)

Vous écrivez que vous avez prié avec ferveur et tout de suite vous étiez calmé, recevant l’assurance intérieure que vous seriez libéré de l’oppression, et alors, en effet, il en fut ainsi…

Rappelez-vous comment vous avez prié et efforcez-vous toujours de prier de cette façon, afin que la prière vienne du cœur et ne soit pas seulement pensée par l’esprit et dite par la langue.

Je ne vais pas cacher le fait que, si une fois vous avez prié avec le cœur, il n’est guère possible de prier sans cesse de cette façon. Une telle prière est donnée par Dieu, ou bien est inspirée par votre ange gardien. Elle va et vient. Il ne s’ensuit pas, cependant, que nous devrions abandonner le labeur de la prière.

La prière du cœur vient quand on fait un effort, à ceux qui ne font pas d’effort, elle ne viendra pas. Nous voyons que les saints Pères font des efforts extraordinaires dans la prière, et par leurs luttes ils ardèrent l’esprit chaleureux de la prière.

Comment ils en sont venus à cet état de prière, cela est illustré dans les écrits qu’ils nous ont laissés. Tout ce qu’ils disent au sujet de la lutte dans la prière constitue la science de la prière, qui est la science des sciences. Le temps viendra où nous étudierons cet art [cf l’ouvrage classique de saint Théophane L’art de la prière]. Mais à présent que ceci est arrivé dans notre correspondance, je ne touche à ce sujet qu’en passant. Permettez-moi d’ajouter: Il n’y a rien de plus important que la prière et, par conséquent, notre plus grande attention et notre attention la plus diligente doit y être consacrée. Accorde-nous, ô Seigneur, le zèle pour un tel effort!

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Trente-Deuxième Dimanche après la Pentecôte
Quelques dits de saint Théophane le Reclus
Pas de commentaire de Saint Théophane ce jour!

« Dieu n’abandonne personne. Pour lui, tous les hommes sont des enfants. Aucun n’est étranger. Et les occasions et les situations difficiles – tout est envoyé pour notre avantage. »

« L’attention à ce qui transparaît dans le cœur et procède de lui – c’est là la principale activité de la vie chrétienne correcte. »

« Vous devez être vigilants avec vous-mêmes. »

« Faites descendre votre attention dans le cœur, là tenez-vous devant le Seigneur et n’admettez pas que quoi que ce soit du péché y entre. En cela est l’ensemble de l’activité du combat intérieur ».

« Sans pitié pour soi-même, prêt à effectuer toutes faveurs pour les autres, et le don de soi entièrement au Seigneur avec une obéissance orante en Lui – ce sont là les créateurs de la vie spirituelle. »

« Vous devez tuer l’égoïsme. Si vous ne le tuez pas vous-même, alors le Seigneur, coup de marteau après coup de marteau, enverra des malheurs divers, afin d’écraser cette pierre. »

« La complaisance vis-à-vis de soi et l’apitoiement sur soi, témoignent que dans le cœur demeure l’ego, et non pas le Seigneur. »

« Un chrétien sans zèle est un piètre chrétien. »

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Trente-Deuxième Semaine après la Pentecôte
Colossiens 1:3-6; Luc 16:10-15

Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. Un cœur divisé et une pensée divisée rendent une personne inapte pour quoi que ce soit; car un homme irrésolu est instable dans toutes ses voies (Jacques 1:8). Soit il ne fait rien, ou il le fait et refait, c’est-à-dire, il construit d’une main et détruit de l’autre.
La source d’une vie véritablement agréable à Dieu est la ferme résolution de plaire à Dieu en toutes choses. Cette résolution dirige toutes les pensées d’une personne, tous ses désirs et sentiments vers une seule chose, unissant ainsi ses [pouvoirs]intérieurs, il le rend fort de faire des actes, ce qui amène l’unité dans l’ensemble de ses activités en leur apportant un caractère unique. De tels actes sont très fructueux, parce qu’ils sont pleins de la vraie vie. D’où viennent l’inertie, l’immobilisme et l’inutilité des actes? De l’inertie intérieure et l’inertie intérieure vient de la division intérieure. Un seul but n’est pas reconnu ou établi comme loi de la vie, et les actes sont effectués au hasard. Par conséquent, un acte va dans une direction, un autre va dans une autre direction, et l’édifice de la vie n’est jamais construit.
Choisissez un objectif et consacrez-lui votre vie. Le véritable et principal objectif est indiqué par la nature divine de l’homme, c’est une communication vivante avec Dieu. Dirigez aussi vers ce but tous les principales buts personnels, scientifiques, mondains, civiques, commerciaux, officiels, et les objectifs gouvernementaux. Si tout le monde dans la société s’en tenait à ce principe, il y aurait une direction générale pour la société, et un seul esprit emplirait tout le monde.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Après-Fête de la Nativité du Christ
Jacques 2:1-13, Marc 10:23-32

Entendant la parole du Seigneur à propos des difficultés pour les riches à entrer dans le Royaume de Dieu, les disciples pensaient, qui peut donc être sauvé? Le Seigneur répondit à cela, aux hommes, cela est impossible, mais non à Dieu: pour Dieu avec toutes choses sont possibles.
Il n’est pas possible de renoncer à l’intérêt personnel, sans l’influence de la grâce sur le cœur, il n’est pas possible de faire face à toutes sortes de faiblesses pour les choses, ou avec tout le péché qui vit en nous et toutes ses conséquences, sans la grâce de Dieu. La grâce de Dieu est donnée, selon la foi dans le Seigneur, dans les mystères de la Sainte Eglise.
Tenez fermement à la Sainte Eglise de Dieu et à l’ensemble de ses institutions, et la puissance de Dieu, contribuant à apporter tout bien, demeurera toujours avec vous.
Mais en même temps souvenez-vous toujours que ces institutions illuminant et vivifiant, sont un moyen et non le but, c’est pourquoi vous devez passer par elles dans le seul but d’animer et de nourrir les pouvoirs de grâce qui sont cachés en vous grâce à leur influence, puis reprendre votre travail comme un homme fort, prêt à toute bonne action.
Si vous gardez ce que vous avez reçu pour vous, et que vous ne le libérez pas par de bonnes actions, vous n’aurez pas raison; comme l’on n’a pas raison si l’on fuit tout ce qui appartient à l’Eglise. Les faux zélotes de la piété rendent la structure même d’une vie pieuse objet de critiques, mais cela n’enlève pas la validité de cette structure, et ne justifie pas ceux qui se piquent de philosophie, et qui l’évitent uniquement pour ces motifs.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ
La Nativité du Seigneur:
Galates 4:4-7; Matthieu 2:1-12

Gloire à Toi, ô Seigneur! Encore une fois, nous saluons les lumineux jours attendus de la Nativité du Christ. Soyons joyeux et réjouissons-nous. Afin d’élever nos festivités à un niveau supérieur en ces jours, la Sainte Église a intentionnellement mis en place un jeûne qui les précède, un certain obstacle, de sorte que lorsque nous entrons dans la période des fêtes, nous puissions nous sentir comme libérés.

Néanmoins, l’Église ne désire en aucune façon que nous nous adonnions à des délices purement sensuelles et à des plaisirs purement charnels. Puisque que l’Église a depuis les temps anciens appelé ces jours sviatki, ou « jours saints », ces jours-ci exigent que notre fête soit sainte, car ils sont saints.

Afin que ceux qui se réjouissent ne puissent pas l’oublier, l’Église a placé une petite hymne sur nos lèvres pour glorifier le Christ né, chant par lequel la chair est sobre et l’âme s’élève, montrant quelles occupations sont propres à ces jours. Cette hymne dit: « Le Christ est né, glorifiez-Le », et ainsi de suite.

Glorifiez le Christ; glorifiez-Le, de sorte que par cette glorification le cœur et l’âme exultent, et réduisent au silence toute envie de divers autres actes et occupations qui pourraient promettre certaines consolations. Glorifier le Christ ne signifie pas l’élaboration de longues hymnes de louanges au Christ. Mais si, au moment de contempler ou d’entendre parler de la naissance du Christ Sauveur, vous clamez involontairement des profondeurs de votre âme, « Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né! »-Cela est suffisant. Ce sera une hymne calme venant du cœur, qui atteint néanmoins les Cieux et atteint Dieu Lui-même. Répétez un peu plus clairement pour vous ce que le Seigneur a fait pour nous, et vous verrez comment cette exclamation est alors naturelle. Afin que cela soit plus facile pour nous, nous allons comparer cela à l’histoire suivante.

Un roi promit la liberté à un homme qui avait été emprisonné dans un cachot et lié avec des chaînes. Le prisonnier attend un jour, puis un autre, puis des mois et des années. Il ne voit pas l’accomplissement de la promesse, mais ne perd pas espoir, et il croit à la parole du roi. Enfin, il voit des signes que ce sera pour bientôt, son attention augmente… Il entend un bruit, quelqu’un approche avec des paroles joyeuses. Maintenant, les serrures s’ouvrent et le libérateur entre. « Gloire à Toi, ô Seigneur! » crie involontairement le prisonnier. « La fin de mon emprisonnement est arrivée, et bientôt je verrai le monde de Dieu! » Ou cette autre anecdote: Un malade est couvert de blessures et paralysé dans tous ses membres. Il a essayé tous les médicaments et différents médecins. Son endurance est épuisée, et il est prêt à se livrer au désespoir. On lui dit: « Il y a un médecin très compétent qui guérit tout le monde de ces maladies-mêmes que vous avez. Nous lui avons demandé de venir, et il a promis de le faire. » Le patient les croit, pleure dans l’espérance, et attend celui promis… Passe une heure, puis une autre, et son âme est tourmentée d’inquiétude. Enfin, le soir, quelqu’un arrive… La porte s’ouvre, et celui qui était désiré entre… « Gloire à Toi, ô Seigneur! » crie le malade.

Voici un autre exemple. Un orage plane dans le ciel, et sur la face de la terre couverte de ténèbres. Le tonnerre ébranle les fondements de la montagne et des éclairs déchirent le ciel d’un bout à l’autre. Tous sont dans la peur, comme si la fin du monde était arrivée. Quand le tonnerre passe et que le ciel s’éclaircit, tout le monde respire librement, en disant: « Gloire à Toi, ô Seigneur! »

Rapportez ces exemples à vous-mêmes, et vous verrez toute notre histoire en eux. Les nuages menaçants de la colère de Dieu étaient sur nous. Le Seigneur est venu, le pacificateur, et Il a dispersé ce nuage. Nous étions couverts de blessures des péchés et des passions; le guérisseur des âmes et des corps est venu et Il nous a guéris. Nous avons été liés par les chaînes de l’esclavage; le libérateur est venu et a ouvert nos fers. Rapportez tous ces exemples au plus près de votre cœur et assimilez-les avec vos sens, et vous ne serez pas en mesure de vous empêcher de clamer: « Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né! »

Je ne vais pas essayer de vous transmettre cette joie par des mots, elle est inaccessible par les mots. L’œuvre que le Seigneur Qui est né a forgée, touche chacun d’entre nous. Ceux qui entrent en communion avec Lui reçoivent de Lui la liberté, la guérison et la paix, ils possèdent tout cela et goûtent à Sa douceur. Il n’y a aucune raison de dire « réjouissez-vous » à ceux qui vivent cela en eux-mêmes, car ils ne peuvent s’empêcher de se réjouir, mais à ceux qui n’en ont pas l’expérience, pourquoi dire « réjouissez-vous »? Ils ne peuvent pas se réjouir. Peu importe combien vous dites « réjouissez-vous » à quelqu’un qui est pieds et poings liés, il ne se réjouira pas. D’où peut venir la joie de la guérison à celui qui est couvert des blessures des péchés? Comment celui qui est menacé par la foudre de l’ire de Dieu peut-il respirer librement? Vous ne pouvez lui dire: « Va vers le nouveau-né enveloppé de langes dans la crèche, et demande-Lui la délivrance par de tous les maux qui t’affligent, car cet enfant, le Christ, est le Sauveur du monde. »

Je voudrais voir tout le monde se réjouir de cette joie même, et ne pas vouloir connaître toute autre joie, mais tout ce qui vient d’Israël, n’est pas IsraëlMon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter.(Isaïe 1:14)! En vérité, beaucoup de nos festivités sociales sont vraiment des abominations païennes, c’est-à-dire que certaines d’entre elles nous sont transmises directement à partir du monde païen, tandis que d’autres, si elles apparaissent plus tard dans le temps, sont pénétrées de l’esprit du paganisme. Et elles surgissent comme d’un fait exprès en grande quantité pour les fêtes de Noël et de Pâques. En se faisant prendre en elles, nous donnons au prince de ce monde, notre bourreau, l’ennemi de Dieu, une excuse pour dire à Dieu: « Qu’as-tu fait pour moi avec Ta Nativité et Ta Résurrection? Ils viennent tous à moi » Mais que les paroles du Psaume cinquante soient répétées plus souvent dans la profondeur de nos cœurs: J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. (Psaume 50:4). Peu importe combien vous dites à ces gens d’arrêter, ils ferment leurs oreilles et n’y prêtent pas attention; ils amènent ces beaux jours de la fête à une telle extrémité que le Seigneur est obligé de détourner les yeux de nous et de dire…

Nous sommes intéressés par l’Europe éclairée. Oui, les abominations du paganisme qui ont été chassées du monde ont d’abord été restaurées là-bas, elles nous viennent de là-bas. Après avoir respiré le poison infernal, on court comme des fous, nous oubliant nous-mêmes. Mais rappelons-nous l’année de 1812, pourquoi les Français sont-ils venus jusques à nous alors? Dieu les a envoyés pour effacer tout le mal que nous avions appris d’eux. La Russie se repentit alors, et Dieu a eu pitié d’elle. Mais maintenant il semble que nous avons oublié cette leçon. Si nous reprenions nos sens, bien sûr, rien ne se passera. Mais si nous n’arrivons pas à reprendre nos sens, qui sait? Peut-être que le Seigneur enverra à nouveau des enseignants similaires, afin qu’ils nous fassent revenir à nos sens et nous mettent sur la voie de la correction. Telle est la loi de la justice de Dieu: guérir quelqu’un du péché par la chose qui l’a incité à le commettre. Ce ne sont pas de vaines paroles, mais une question qui a été confirmé par la voix de l’Église. Sachez, vous orthodoxes, qu’on ne se moque pas de Dieu, et sachez, vous qui êtes joyeux et vous réjouissez en ces jours avec crainte. Illuminez la fête lumineuse avec des actes, des occupations, et des festivités lumineux, de sorte que tous ceux qui nous regardent diront: « Ils ont des jours saints, et non des jeux sauvages comme les fêtards injustes qui ne connaissent pas Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

[*] Saint Théophane forge le mot oborotnichestvo, (du mot oborotni, qui signifie « loup-garou ») ici, il se réfère à un spectacle étrange en Russie pendant les vacances de Noël qui ressemble au Halloween d’Amérique. Les jeunes gens s’habillent comme des animaux féroces, comme des loups et des ours, et font des farces. L’utilisation de ce mot implique également que cette pratique est quelque chose qui appartient à l’univers des sorcières et des sorciers.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Trente-Deuxième Semaine après la Pentecôte
Jacques 1:1-8, Marc 10:11-16

Avec quel amour le Seigneur traitait les enfants! Qui ne les traite pas avec l’amour? Plus on vit, plus on aime les enfants. En eux est manifestée la fraîcheur de la vie, la propreté et la pureté de disposition, qui ne peut qu’être aimé. En regardant l’innocence de l’enfance, certains supposent qu’il n’y a pas de péché originel, que chaque personne tombe quand elle prend de l’âge et rencontre des pulsions immorales, qu’il lui semble ne pas avoir la force de vaincre.

Tout le monde tombe, mais le péché originel est néanmoins présent. L’apôtre Paul voit en nous la loi du péché, qui combat contre la loi de l’esprit. Cette loi, comme une graine, d’abord est comme invisible, mais elle est ensuite révélée et elle séduit. Ceux qui sont nés de lépreux ne manifeste pas la lèpre jusques à un certain âge, mais alors elle se révèle, et commence à les consommer comme elle l’a fait pour leurs parents. Où était la lèpre avant cette date? Elle se cachait à l’intérieur.

C’est le cas du péché originel qui se cache jusques au temps, et il sort ensuite et fait son œuvre. L’environnement signifie beaucoup pour à la fois supprimer ce péché et le révéler. S’il n’y avait pas d’éléments de péché tout autour, il n’y aurait rien pour alimenter ce péché caché, et il pourrait se tarir de lui-même. Mais là est notre affliction: tout autour il y a beaucoup d’aliment favorable pour lui. Il y a beaucoup de péché en chaque personne ainsi que dans la société, mais tout cela ne détermine pas nécessairement que nous pècherons. Le péché est toujours une question de liberté: luttez et vous ne tomberez pas. Seul celui qui ne veut pas se battre tombe. Pourquoi n’avons-nous pas envie de lutter? Il n’existe aucunes règles concernant le désir et le manque de désir: je le veux, parce que je veux, et je ne veux pas, parce que je ne veux pas. L’autonomie est le principe original: on ne peut pas aller au-delà.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Trente-deuxième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 12:25-26, 13:22-25, Marc 10:2-12

Ce que Dieu a uni, que nul homme ne le sépare. Par ces paroles, le Seigneur affirme l’intégrité du mariage, un seul motif légal de divorce est indiqué, l’infidélité d’un conjoint.

Mais que doit-on faire si on découvre une telle chose? Etre patient. Nous avons un commandement universel à porter les fardeaux les uns des autres; d’autant plus volontiers devraient le faire les conjoints, et l’accomplir avec respect d’un commun accord. Le refus d’être patient entraîne quelques désagréments hors de proportion, et les bagatelles s’entassent dans un mur de séparation. Pourquoi l’esprit nous a-t-il été donné? Pour aplanir le chemin de la vie. La sagesse trouvera une solution aux désagréments que l’on rencontre. En raison du manque de sagesse terrestre, cela ne fonctionne pas; encore plus en raison d’une réticence à réfléchir correctement à l’état des choses, et plus encore du fait de ne pas avoir de but autre dans la vie que le plaisir.

Les plaisirs cessent, la satisfaction des uns avec les autres cesse; cela continue jusques au divorce. Plus les objectifs de la vie sont dépréciés, plus les divorces deviennent fréquents, d’une part, et d’autre part plus augmente la cohabitation temporaire illégale. La source de ce mal réside dans les vues matérialistes du monde et de la vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Trente-Deuxième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 11:17-23, 27-31; Marc 9:42-10:1

Tout homme doit être salé par le feu, et tous les sacrifices doivent être salés au sel. Avant cela, le Seigneur a dit que l’on doit être préparé pour toutes sortes de sacrifices et tous les actes d’abnégation, afin de se tenir sur le bon chemin. Bien que ces sacrifices nous soient chers, comme nos propres yeux, ou indispensables comme notre droite, nous devons les offrir sans hésiter un seul instant, car si nous faisons à contre cœur un tel sacrifice, et que nous nous éloignions à cause de cela de la bonne voie pour aller vers le mal, nous serons forcés de souffrir éternellement dans la vie future.

Ainsi, offrez un sacrifice douloureux et triste ici-bas, pour éviter les tourments là-bas. Sans purification par le feu ici-bas, on ne peut pas être sauvé du feu éternel. Tous ceux qui désirent être sauvés doivent être salés par le feu, et passer par la purification du feu. Chacun d’entre nous, par la loi de notre création, nous devons nous offrir en sacrifice à Dieu, mais chacun de nous est impur. Cela signifie que nous devons nous purifier, de sorte que de nous se fera un sacrifice agréable à Dieu.

Mais si vous commencez à vous purifier, à déraciner les passions de votre âme, cela sera douloureux, comme d’être consumés par le feu. Cette opération intérieure d’auto-épuration est comme le fonctionnement du feu purificateur pour le métal.

Le métal est sans sentiment. Si vous deviez donner lui le sentiment, il sentirait la purification et la combustion simultanément. La même chose se produit chez une personne qui se purifie. Au cours de cette opération, elle est comme brûlée par le feu. Le feu purificateur passe par toutes les parties de son corps comme le sel pénètre dans un corps qui conservé par le sel. Et seul celui qui se soumet à cette opération est vraiment un sacrifice agréable à Dieu, c’est pourquoi il est nécessaire que chacun soit salé par le feu, comme dans l’Ancien Testament, où tous les sacrifices était salés avant d’être offerts comme holocauste.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Trente-et-Unième Dimanche après la Pentecôte
Pas de commentaire de saint Théophane pour l’écriture de ce jour!
Quelques uns de ses enseignements!

« Dieu n’abandonne personne. Pour lui, tous les hommes sont des enfants. Aucun n’est étranger. Et les occasions et les situations difficiles – tout est envoyé pour notre avantage. »

« L’attention à ce qui transparaît dans le cœur et procède de lui – c’est là la principale activité de la vie chrétienne correcte. »

« Vous devez être vigilants avec vous-mêmes. »

« Faites descendre votre attention dans le cœur, là tenez-vous devant le Seigneur et n’admettez pas que quoi que ce soit du péché y entre. En cela est l’ensemble de l’activité du combat intérieur ».

« Sans pitié pour soi-même, prêt à effectuer toutes faveurs pour les autres, et le don de soi entièrement au Seigneur avec une obéissance orante en Lui – ce sont là les créateurs de la vie spirituelle. »

« Vous devez tuer l’égoïsme. Si vous ne le tuez pas vous-même, alors le Seigneur, coup de marteau après coup de marteau, enverra des malheurs divers, afin d’écraser cette pierre. »

« La complaisance vis-à-vis de soi et l’apitoiement sur soi, témoignent que dans le cœur demeure l’ego, et non pas le Seigneur. »

« Un chrétien sans zèle est un piètre chrétien. »

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Trente-et-Unième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 5:1-8; Luc 14:1-11

Lorsque vous êtes conviés quelque part, ne siègez pas à la place la plus haute. En résumé: toujours et partout, cherchez la place la plus humble. Dans cette règle simple est brièvement exprimée toute la riche substance de l’humilité. Prenez cette règle, asseyez-vous et examinez tous les cas possibles dans votre vie [où elle peut s’appliquer] et choisissez à l’avance la plus humble place dans chacun d’eux. Ce sera la pratique de l’humilité, qui va progressivement passer d’actes extérieurs à l’intérieur, et y formera là un sédiment d’humilité comme fondation.
Le temps fera croître cette graine au sein de cette pratique, et l’humilité comblera enfin toute votre âme et tout votre corps, et toutes les affaires extérieures.

Que va-t-il se passer? La grandeur morale brillera sur votre front et attirera le respect universel et ces paroles seront accomplies en vous: Quiconque s’exalte lui-même sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera exalté. Toutefois, n’ayez pas ceci comme intention, tout en pratiquant l’humilité, mais plutôt l’humilité elle-même. En soi, elle apporte une bonne disposition bénie à l’âme. Lorsque vient l’humilité tous les troubles intérieurs cessent et toutes les adversités extérieures ne produisent plus d’impressions surprenantes.

Tout comme une vague qui ne rencontre aucun obstacle se déverse dans une mer sans limites, sans bruit ni fracas, ainsi les afflictions extérieures et intérieures ne nuisent pas à une âme humble, mais sont portées comme à la surface, sans laisser de trace. C’est, pour ainsi dire, l’avantage dans ce monde, d’une personne humble. Quelle lumière d’en Haut l’éclaire, quelles consolations sont envoyées, quelle ampleur d’action libre est révélée! En vérité, l’humilité ne contient tout cela…

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Trente-et-Unième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 11:08, 11-16, Marc 9:33-41

Le Sauveur montre un enfant comme un modèle de foi et de vie. La simplicité de la foi donne naissance à la simplicité de la vie; de ces deux choses résultent un système de modèle moral. Laissez là la philosophie, et elle y introduira le désordre, sous l’apparence d’une meilleure organisation des affaires, elle jettera toute une vie dans le désordre. La philosophie clame toujours, « Ce n’est pas le cas, ce n’est pas ainsi; permettez-moi de mettre en place le tout d’une nouvelle façon, l’ancienne ne vaut rien, elle est ennuyeuse. » Mais elle n’a jamais, en aucun lieu, organisé quelque chose de bon, ne fait que précipiter les choses dans la confusion. L’esprit doit obéir à ce qui est commandé par le Seigneur. Certes, l’esprit est appelé « le tsar de la tête », mais à ce tzar n’est pas donné le pouvoir législatif, mais seulement le pouvoir exécutif. Dès qu’il commence à faire des lois, il construit on ne sait quoi. L’ordre moral, religieux, mondain, et les ordres politiques sont précipités dans la confusion, et tout fonctionne à l’envers. C’est un grand malheur pour la société quand est donné à l’esprit la liberté de s’élever, sans la retenue de la vérité divine! C’est la colère de Dieu. A ce propos, il est dit, Cache-toi pour quelques instants, Jusqu’à ce que la colère soit passée. (Esaïe 26:20) Au cours de cet apogée de l’auto-obstination mentale, il est préférable de se réfugier dans la simplicité de la foi. Tout comme lors d’une tempête, il vaut mieux rester à la maison et non pas se battre avec assurance avec elle, ainsi pendant orageuse auto-esprit, il est préférable de ne pas sortir dans la bataille avec lui, ou de saisir l’arme de la philosophie, ou d’y résister. La simplicité de la foi est plus forte que le fait de philosopher; revêtez vous d’elle, comme d’une armure, et vous résisterez.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Trente-et-Unième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 10:35-11:7;Marc 9:10-6

L’Histoire continue à s’écouler et, semble-t-il, détermine inexorablement les événements individuels. Combien de préparatifs, il y eut pour recevoir le Sauveur!… Enfin Son plus proche indicateur Jean, est venu,, mais ce qu’il en advint? Avec Jean, Ils ont fait… tout ce qu’ils ont énuméré, et le Fils de l’homme a souffert et a été humilié.
Le déroulement des événements n’a pas pu être brisé, il a suivi son cours. Ainsi, le flux de l’histoire entraîne toujours tout après lui. Les gens se demandent: « Où est la liberté? Qu’est-elle, étant donné un tel ordre des événements? Pas plus qu’un fantôme. » Ainsi les fatalistes raisonnent-ils généralement. Mais cette nécessité déterminant tout pour le déroulement des événements n’est qu’une apparence: en réalité, tous les événements humains, à la fois individuels et collectifs, sont le fruit d’entreprises libres de l’homme.
[L’histoire] commune coule exactement comme elle le fait parce que tout le monde, ou que la majorité des gens, veut cela, et l’individu conclut un accord avec la majorité commune, parce que l’un ou l’autre en particulier, le veut. La preuve en est évidente: dans le cadre du bien général, il arrive un mal particulier, et dans le cadre du mal général arrivent des biens particuliers. Aussi, au sein d’une communauté bien établie naissent des particularités, qui, se répandant et devenant de plus en plus fortes, dominent la communauté ancienne et prennent sa place. Mais ces particularités sont toujours une question de liberté. Qu’est-ce que le christianisme a en commun avec le caractère du temps où il a été conçu? Il a été semé par plusieurs individus qui n’étaient pas le résultat du nécessaire déroulement de l’histoire, il a attiré ceux qui le désiraient; il s’est répandu vigoureusement, et il est devenu l’affaire générale de l’humanité de ce temps, et pourtant c’était une question de liberté.
De même, seulement dans une mauvaise direction, comment l’Occident est-il devenu corrompu? Il s’est corrompu lui-même: au lieu d’apprendre de l’Évangile, il a commencé à apprendre des païens et a adopter leurs coutumes et il est devenu corrompu. La même chose se produira avec nous: nous avons commencé à apprendre de l’Occident qui a délaissé le SeigneurChrist, et nous a transmis son esprit. Enfin, comme l’Occident, nous renoncerons au vrai christianisme. Mais dans tout cela il n’y a rien nécessairement de déterminant pour la question de la liberté: si nous le voulons, nous chasserons les ténèbres de l’Occident. Si nous ne le voulons pas, bien sûr, nous serons submergés par lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Trente -et-Untème Semaine après la Pentecôte
Hébreux 10:1-18; Marc 8:30-34

Ayant invité les gens à le suivre avec la Croix, le Seigneur montre aussi ce chemin, en éliminant les obstacles principaux, qui ne sont pas extérieurs, mais intérieurs, ancrés dans le cœur humain. C’est comme s’il disait: « Si vous voulez me suivre, tout d’abord ne vous apitoyez pas sur vous-mêmes, car celui qui a pitié de lui-même se détruit; d’autre part, n’ayez rien à voir avec l’intérêt personnel. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? (Marc 8:38)? Troisièmement, ne soyez pas gênés par ce que les gens disent et comment ils vous considèrent: C’est pourquoi, quiconque aura honte de moi et de mes paroles, dans cette génération adultère et pécheresse, de lui aussi le Fils de l’homme aura honte, quand Il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. L’apitoiement sur soi, l’intérêt personnel, et la gêne sont les principales chaînes par lesquelles une personne est détenue dans une vie qui n’est pas agréable à Dieu, sur le chemin des passions et du péché.

Ce sont les principaux obstacles à la conversion d’un pécheur, ils sont l’objet principal de la lutte spirituelle d’une personne qui se repent et qui a déjà commencé à porter des fruits de repentance.

Tant que ces fils ne sont pas coupés, la vie chrétienne en nous n’est pas fiable, pleine d’obstacles et de chutes, qui ne sont pas toujours extérieures, mais souvent intérieures. Que chacun s’observe attentivement; s’il y a quelque chose en vous de ce qui a été dit précedemment, prenez soin d’y renoncer: autrement vous ne pouvez espérer atteindre la perfection en Christ, bien qu’extérieurement vous puissiez être très corrects.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Trente-et-Uniième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 9:8-10, 15-23, Marc 8:22-26

Le Seigneur n’a pas complètement guéri l’aveugle de Bethsaïde. Il l’a d’abord guéri un peu, puis complètement, de sorte qu’il a commencé à tout voir clairement. Pourquoi le Seigneur a fait cela est connu de Lui seul. Nous pouvons tirer de cela a pensée suivante: s’il a été jugé nécessaire pour guérir la vision corporelle progressivement, il est d’autant plus indispensable d’effectuer graduellement ans cette illumination des yeux de notre esprit. Il en fut ainsi. Pendant la période patriarcale, la connaissance révélée par Dieu n’était pas complexe, durant la période sous la Loi, elle est devenue plus complexe et plus détaillée; à notre époque chrétienne, elle est encore plus détaillée et exaltée, mais est-ce la fin? Ne vous attendez pas à quelque chose de plus élevé sur la terre, ce sera [révélé] dans l’autre monde.
Deux saints apôtres nous l’assurent: saint Jean et saint Paul. Maintenant, nous voyons tout à travers un verre sombre, mais alors nous verrons tout clairement. Mais même là, il y aura des degrés d’illumination de l’esprit, car la sphère de la connaissance de Dieu est sans limites.
La révélation de Dieu sur terre est déjà complète, il n’y a pas lieu de rêver de quelque chose de supérieur. Nous avons tout ce dont nous avons besoin, apprenons-le et vivons par cette connaissance. La révélation chrétienne ne promet pas une nouvelle révélation à l’avenir, mais seulement que les Évangiles seront connus dans le monde entier, et que cette universalité et cette généralisation de la connaissance de l’Evangile est la limite à l’existence de l’ordre actuel des choses. Après cela, la foi va s’affaiblir, l’amour va se tarir, la vie deviendra difficile et la bonté de Dieu mettra fin au monde.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Trente-et-Unième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 8:7-13, Marc 8:11-21

Le Seigneur et ses disciples ont navigué de l’autre côté de la mer. Les disciples avaient oublié de prendre du pain, ils avaient avec eux un seul pain, et commençaient à se demander ce qu’ils devaient faire. Connaissant leurs pensées, le Seigneur leur a rappelé le rassasiement des quatre mille, puis cinq mille personnes, leur inspirant de le ferme espoir que, avec Lui, ils ne mourraient pas de faim, quand bien même ils n’auraient pas une seule miche de pain.

Que d’anxiété les gens ont-ils à la pensée d’un avenir inconnu! Il y a seulement un soulagement de cette anxiété par l’espérance dans le Seigneur; un examen raisonnable de ce qui a déjà eu lieu avec nous et avec d’autres nous revivifie et nous raffermit. On ne peut trouver une seule personne qui n’ait jamais connu dans sa vie quelque délivrance inattendue du malheur, ou de tournants inattendus de sa vie pour le mieux.

Revivifiez votre âme avec le souvenir de ces cas où de sombres pensées commencent à vous importuner à propos de ce qu’il faut faire. Dieu organise tout pour le mieux maintenant, comme auparavant. Comptez sur lui. Il vous enverra la bonne humeur avant même votre délivrance, et vous ne remarquerez même pas votre malheur. La miséricorde entourera celui qui espère dans le Seigneur (Ps. 31:10) Examinez ces expériences dans l’Écriture sainte, dans la vie des saints, dans votre propre vie, et dans la vie de vos connaissances, et vous verrez, comme dans un miroir, combien le Seigneur est près de tous ceux qui l’invoquent (Ps. 144:19). Ensuite, les craintes au sujet de votre sort ne troubleront pas votre âme.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Trentième Dimanche après la Pentecôte
Colossiens 3:12-16; Luc 18:18-27

Les Saints Ancêtres sont vraiment grands Si l’on devait généraliser la pensée qui définit leur grandeur, seuls ceux qui accomplissent la volonté de Dieu pour la race humaine, avec une volonté positive, sont vraiment grands, car il y a beaucoup de choses qui ne se produisent que par la permission de Dieu. Il y a aussi des personnages puissants qui agissent en dehors de la volonté de Dieu et même contre elle. Ceux-là aussi peuvent sembler grands, mais pas en eux-mêmes, uniquement en fonction de des actions contraires que la Providence de Dieu met en avant afin d’effacer le mal causé par eux. Nous savons la volonté directe de Dieu sur le salut éternel, mais les plans de Dieu concernant le séjour temporel des personnes sur la terre nous sont cachés. C’est pourquoi il est difficile pour nous de déterminer qui agit plus droitement, ou plus exactement selon la volonté de Dieu. On ne peut que reconnaître l’un des critères négatifs comme vrai: Celui qui agit contre la volonté de Dieu pour le salut éternel des êtres ne peut pas être considéré comme grand, peu importe combien ostentatoires sont ses actes, car il est évident qu’il va à l’encontre de la volonté manifeste de Dieu. Bien que cela ne concerne pas les choses temporelles, mais plutôt les choses éternelles, il est indubitable que la volonté de Dieu ne peut pas se contredire.

Col 1:12-18; Luc 14,16-24

Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus (Mat. 22:14). Tous les chrétiens sont appelés; élus sont les chrétiens qui croient et vivent d’une manière chrétienne. Dans les temps du christianisme, la prédication appelait à la foi, nous sommes appelés par notre naissance de chrétiens et notre éducation parmi les chrétiens. Et gloire à Dieu! Nous avons franchi la moitié du chemin, qui est, d’entrer dans le christianisme et d’enraciner ses principes dans notre coeur dès notre enfance même, sans aucun labeur.

Il semblerait que notre foi devrait être d’autant plus forte, et notre vie de tous les plus correcte dans l’ensemble du temps qui suit. Il en était ainsi, mais à partir d’un certain moment cela a commencé à être différent. Les principes non chrétiens sont autorisés dans nos écoles ce qui gâte nos jeunes gens, et des coutumes non chrétiennes sont entrées dans la société, ce qui les corrompt après avoir quitté l’école.

Si, selon la parole de Dieu il y a toujours eu seulement un petit nombre d’élus, il n’est pas surprenant qu’à notre époque il y en ait encore moins, tel est l’esprit de l’époque antichrétienne! Qu’arrivera-t-il ensuite? Si notre manière d’éducation et les coutumes sociales ne sont pas modifiées, le vrai christianisme va affaiblir de plus en plus, et à la fin il disparaîtra entièrement, seul le nom de chrétien restera, mais l’esprit du christianisme ne sera pas là. L’esprit du monde remplira tout. Que doit-on faire? Prier…

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Trentième Semaine après la Pentecôte
Ephésiens 2:11-13; Luc 13:18-29

Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. La porte étroite, c’est une vie non conforme à votre volonté, non pas en fonction de vos envies, et non pas pour plaire à vous-même, la grande porte, c’est une vie en fonction de toutes les agitations et les aspirations d’un cœur rempli de passion, sans le moindre refus de soi-même en quoi que ce soit. Ainsi, la Porte du royaume est auto-contrainte. Retenez-vous en toutes choses et ce sera comme appuyer ou pousser contre une porte pour l’ouvrir et vous infiltrer à travers elle.

Comment et que devez-vous faire pour vous restreindre? Avec les commandements de Dieu, qui sont opposés à l’effervescence des passions de cœur. Lorsque vous commencez à être en colère avec quelqu’un, rappelez-vous le commandement du Seigneur de ne pas donner place à la colère, et avec cela retenez votre cœur. Quand viennent des mouvements lubriques, pensez à l’interdiction de même regarder une femme avec convoitise, et avec cela modérez votre lubricité. Si vous voulez juger quelqu’un, rappelez-vous ce que le Seigneur a dit: en jugeant, vous vous privez d’intercession devant le juge des choses célestes, et avec cela restreignez votre arrogance.

Faites de même en ce qui concerne tous les mouvements [du cœur] vers le péché. Rassemblez contre chacun d’eux les paroles de l’Écriture Divine et les conservez dans votre mémoire. Dès que quelque désir mauvais vient de votre cœur, liez-le immédiatement avec un dicton dirigé contre lui, ou attachez tous vos désirs et vos pensées à l’avance avec des paroles divins, et cheminez avec elles, vous serez comme entravés [au péché]. Mais dans ces entraves se trouve la liberté, ou un chemin libre vers le Royaume de Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Trentième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 7:18-25; Luc 21:37-22:08

Satan entra en Judas, et lui a appris à trahir le Seigneur, il accepta, et il trahit. Satan entra parce que la porte a été ouverte pour lui. Ce qui est en nous est toujours fermé, le Seigneur Lui-même se tient en dehors et frappe, afin que nous puissions ouvrir. Qu’est-ce que qui fait ouvrir? On ouvre par la sympathie, la prédisposition, ou l’accord. Si tout cela est dirigé dans la direction du Seigneur, Il entre. Si Satan entre, et non pas le Seigneur, la personne elle-même en est coupable.

Si vous n’autorisez pas les pensées agréables à Satan, si vous ne dialoguez pas avec elles, ou que vous ne vous disposez pas à leurs suggestions et acceptez de les accomplir, Satan reste à proximité, puis il s’en va, car il ne lui est pas donné de pouvoir sur quiconque. S’il prend possession de quiconque, c’est parce que cette personne se livre à l’esclavage pour lui.

La source de tous les maux est dans nos pensées. Ne permettez pas les mauvaises pensées et vous fermerez à jamais la porte de votre âme à Satan. Viennent les mauvaises pensées, que pouvez-vous faire? Personne sur terre n’est sans elles, il n’y a pas là de péché. Chassez-les, et cela mettra fin à tout. Si elles reviennent, chassez-les à nouveau et ainsi de suite pendant toute votre vie.

Lorsque vous acceptez les pensées et dialoguez avec elles, il n’est pas surprenant que la sympathie à leur égard apparaisse également, puis elles deviennent encore plus persistantes. Après la sympathie viennent les mauvaises intentions, soit pour ces mauvaises actions ou pour d’autres actes mauvais. De vagues intentions vagues, se définissent alors par une inclination vers une chose ou une autre. Le choix, l’accord et la résolution s’installent, et alors le péché est à l’intérieur!

La porte du cœur est grand’ ouverte. Dès que l’accord est formulé, Satin jaillit et commence à tyranniser. Alors la pauvre âme est entraînée impuissante comme un esclave ou une bête de somme à faire des choses indécentes. Si elle n’avait pas permis de mauvaises pensées, rien de tel ne serait arrivé.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Trentième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 7:1-6; Luc 21:28-33

Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste. « Ce jour-là, » signifie le dernier jour du monde ou de chacun de nous, qui vient comme un voleur et capture comme un filet, c’est pourquoi le Seigneur dit: Veillez donc et priez en tout temps (Luc 21:36). Puisque la satiété et l’agitation vaine sont les principaux ennemis de la veille et de la prière, nous sommes avertis de ne pas nous permettre d’être alourdis par la nourriture, les boissons et les soucis du monde.

Pour celui qui a mangé, bu, s’est réjoui; qui a assez dormi, mais qui dort à nouveau, quelle Vigile [de prière] peut-il y avoir? Celui qui est occupé uniquement avec les choses du monde, jour et nuit, est-il fait pour la prière? « Que dois-je faire? » dites-vous. « Il n’est pas possible de se passer de nourriture, et nous devons nous en procurer. Donc nous avons à nous préoccuper de cela. » Mais le Seigneur n’a pas dit, » ne travaillez pas, ne mangez pas, ne buvez pas », mais plutôt, ne laissez pas votre cœur être alourdi par cela. Travaillez avec vos mains, mais gardez votre cœur libre; si vous devez manger-mangez, mais ne vous encombrez pas avec les aliments; buvez du vin si nécessaire, mais ne le laissez pas conduire à des troubles de votre tête et votre cœur.

Séparez votre extérieur de votre intérieur et faites de ce dernier l’œuvre de votre vie, et du premier une activité secondaire; gardez votre attention et votre cœur dans le premier, et seulement votre corps, vos bras, vos jambes et vos yeux dans le second. Veillez et priez toujours, afin d’être être dignes de demeurer sans crainte devant le Fils de l’homme. Pour être dignes de cela, il est nécessaire de vous établir devant le Seigneur pendant que vous êtes toujours là en vie, il y a un moyen pour cela: la prière vigilante du coeur accomplie par l’esprit. Celui qui est dans un tel état d’esprit ne sera pas pris au dépourvu en « ce jour-là ».

Version française Claude Lopez-Ginisty

11 décembre (ancien calendrier)/24 décembre (nouveau)

11 décembre (ancien calendrier)/24 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité
Saint Daniel, stylite près de Constantinople (490) ; saint Mérax, ermite en Égypte (VIIème s.) ; saint Aïthalas et saint Apsées, martyrs en Perse (354) ; saint Luc le Nouveau Stylite (979) ; saints Victoric, Gentien et Fuscien, martyrs à Amiens (303); saint Aupre (ou Avre), hiéromoine en Maurienne (VIIème s.) ; saint Nicon « le sec » de la Laure des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Théophane, évêque de Solikamsk et avec lui deux hiéromartyrs et cinq martyrs (1918) ; Nicolas (Vinogradov), prêtre (1937), Jean (Bogoyavlensky), prêtre (1941).

Saint Daniel, stylite près de Constantinople (490)

Saint DANIEL LE STYLITE
Astre illuminant le monde de l’éclat de ses vertus et vivante échelle qui, à son exemple, nous invite à monter de la terre vers le ciel, notre saint Père Daniel était originaire du petit village de Mératha (« les Cavernes »), près de Samosate en Syrie (409). Sa mère, restée longtemps stérile, l’obtint par ses prières, à la suite d’une vision lumineuse, signe de la gloire réservée à son enfant. Parvenu à l’âge de cinq ans, il fut conduit par ses parents dans le monastère voisin pour être consacré à Dieu comme le prophète Samuel (1 Sam 1, 19sv). Il reçut alors le nom de Daniel, après avoir, sur l’ordre du supérieur, tiré au hasard le livre du prophète Daniel qui se trouvait placé devant l’autel ; mais il ne fut pas accepté dans le monastère, à cause de son trop jeune âge. Quand il eut atteint ses douze ans, il entendit sa mère lui dire : « Mon enfant, je t’ai consacré à Dieu. » Sans plus attendre, il se rendit de lui-même dans un monastère des environs et obtint par ses instantes supplications d’être reçu parmi les frères, malgré les réticences de l’higoumène. Il fit de tels progrès dans la voie de Dieu et montra une telle ardeur pour les combats de la vertu qu’au bout de peu de temps, le supérieur le tonsura et le revêtit de l’Habit angélique, en présence de ses parents au comble de la joie, puis il en fit son disciple préféré.

Partant un jour pour prendre part à une réunion d’archimandrites convoquée par l’archevêque d’Antioche, son supérieur prit Daniel pour compagnon de voyage et lui donna ainsi l’occasion de réaliser son plus cher désir : vénérer les Lieux saints et rendre visite à l’illustre saint Syméon le Stylite [ler sept.], dont l’ascèse si peu commune attirait l’admiration des uns et les critiques des autres. Parvenus aux pieds de la colonne du saint, le spectacle d’un combat si héroïque mené pour le Christ et le rayonnement de la charité du grand Ancien frappa de stupeur tous ceux qui avaient mis en doute sa sainteté. Daniel fut le seul à surmonter la crainte qui paralysait les higoumènes qu’il accompagnait et, au moyen d’une échelle, il monta prendre la bénédiction du saint qui lui dit : « Courage, Daniel, prends force et patience, car tu auras à supporter pour Dieu bien des fatigues. Mais j’ai confiance dans le Seigneur que je sers, qu’il te fortifiera et se fera ton compagnon de route. »
Quelque temps après, son higoumène ayant été rappelé vers le Seigneur, Daniel, alors âgé de trente-sept ans, fut désigné pour le remplacer (446). Après avoir éprouvé les capacités de son second, il se rendit à nouveau, pour deux semaines, auprès de saint Syméon ; puis il se mit en route pour enfin visiter les Lieux saints et s’enfoncer dans la solitude du désert de Palestine. Sur la route, un vieillard ayant l’apparence de saint Syméon, lui apparut soudain et le persuada de ne pas s’exposer inutilement au danger des rebelles Samaritains, mais de prendre le chemin de Constantinople, la « nouvelle Jérusalem », illustrée par la présence de tant de précieuses reliques et de si nombreux sanctuaires, et aux environs de laquelle on pouvait aisément trouver la quiétude du désert.

Parvenu aux abords de la ville impériale, dans un endroit appelé Anaplous , Daniel se retira d’abord, pendant sept jours, dans une chapelle dédiée à l’Archange Michel pour y prier ; puis, à l’exemple des vaillants héros de la foi : Antoine, Paul et tant d’autres, il pénétra avec audace dans un temple païen infesté de démons qui maltraitaient beaucoup de voyageurs, revêtu de l’armure de Dieu, du bouclier de la foi et du glaive de la prière (Éph 6, 14). Indiffèrent aux cris sauvages qui perçaient le silence de la nuit et aux jets de grosses pierres, l’athlète du Christ persévéra dans la prière, nuits et jours, et mit en fuite les esprits impurs par le feu de la vivifiante Croix. Enfermé dans ce temple, il ne communiquait avec les visiteurs, qui affluèrent bientôt attirés par sa réputation, que par une étroite ouverture. Pris de fureur devant une telle renommée, le démon excita la jalousie de quelques clercs de Saint-Michel, qui allèrent dénoncer le serviteur de Dieu à l’archevêque saint Anatole [3 juil.], en l’accusant d’être monophysite. Après avoir repoussé une première fois les calomniateurs, le sage prélat fit amener Daniel à Byzance. Grandement édifié par sa pure confession de foi et plein de reconnaissance après avoir été délivré d’une grave maladie par la prière du saint ascète, l’archevêque devint l’un de ses plus fervents admirateurs et se résolut difficilement à le laisser regagner sa retraite, accompagné par une foule en liesse.

Neuf années plus tard, âgé de cinquante et un ans (460), Daniel tomba un jour en extase et vit saint Syméon le Stylite debout devant lui, au sommet d’une immense colonne de nuée, entouré de deux hommes à l’apparence lumineuse qui, sur l’ordre du vieillard, vinrent le prendre pour l’amener auprès de lui. Celui-ci l’embrassa paternellement et disparut dans le ciel, en laissant son fils spirituel sur la colonne, en compagnie des deux anges. Cette vision fut bientôt confirmée par l’arrivée d’un des disciples du grand Stylite, le moine Serge, qui venait annoncer le trépas de saint Syméon à l’empereur Léon Ier (457-474), et lui remettre la cuculle de peau du saint . Mais l’entrevue avec le souverain tardant, il remit finalement la précieuse relique à Daniel, devenu ainsi, tel un nouvel Élisée, héritier de la mélote d’Élie après son départ vers le ciel (2 Rois 2, 13).

Confirmé par ces signes et averti du moment propice par un songe, Daniel, aidé de quelques pieux amis, décida de sortir du temple pour suivre la voie de saint Syméon et monter sur une colonne, haute de la taille de deux hommes, qu’une colombe blanche, envoyée par Dieu, avait désignée au saint et à ses compagnons. Le propriétaire des lieux, Gélanios, préposé à la table impériale, fut irrité de cette intrusion et voulut chasser Daniel ; mais à la suite d’un orage soudain qui détruisit ses vignes et devant le spectacle de l’endurance du stylite, il changea d’avis. Dans son enthousiasme pour l’héroïque combattant du Christ, il fit même construire à côté une nouvelle colonne, plus haute, aux pieds de laquelle Serge s’installa afin d’assurer la direction des disciples qui venaient vivre là en nombre sans cesse croissant. Exposé devant les hommes et les anges comme le Christ sur la Croix, Daniel restait immobile, ne vivant que pour le Ciel, et en retour Dieu utilisait sa colonne comme un canal déversant à profusion sa grâce sur les fidèles. Miracles, signes, guérisons, paroles de salut et de sagesse céleste attirèrent bientôt auprès du solitaire un grand nombre de visiteurs, parmi lesquels se trouvaient les personnages les plus illustres du temps : le consul Cyrus, dont les deux filles furent guéries par le saint, l’impératrice Eudocie, fille de Théodose II, à son retour d’Afrique, et l’empereur Léon lui-même, qui obtint un héritier grâce à la prière de Daniel et qui, en témoignage de gratitude, fit jeter les bases d’une troisième colonne.

Dévorés par le démon de la jalousie, des hérétiques envoyèrent alors au bienheureux une célèbre prostituée pour le dévoyer, mais celle-ci fut soudain assaillie et cruellement tourmentée par un démon. Elle en fut finalement délivrée par la prière de Daniel, à la confusion des intrigants qu’elle dénonça en public. Devant une telle renommée, le pieux empereur pressa l’archevêque Gennade [458-471, 17 nov.] d’ordonner prêtre l’homme de Dieu, malgré ses réticences. Mais une fois le hiérarque et sa suite sur les lieux, Daniel, devinant leur projet, ne les laissa pas monter jusqu’à lui. Saint Gennade prononça alors la prière d’ordination à distance, demandant au Christ d’imposer d’en haut invisiblement la main sur son disciple, pendant que la foule criait : « Il est digne ! » Daniel finit par céder et demanda que l’on pose l’échelle pour que l’évêque monte vers lui. Après s’être embrassés, ils reçurent la sainte Communion l’un de l’autre, entre le ciel et la terre.
Peu après l’installation de Daniel sur la troisième colonne, la capitale fut ravagée pendant une semaine par un terrible incendie (ler septembre 465), qui avait été prédit par le saint, mais l’empereur et sa cour n’en avaient pas tenu compte. Le souverain lui-même et son épouse vinrent alors demander pardon et le supplier d’intercéder pour le peuple de Dieu en détresse. Peu après, un violent orage se déchaîna et le vent ébranla la colonne qui avait été mal ajustée, de sorte qu’elle oscillait de droite à gauche sous des trombes d’eau, en mettant à tout moment en danger la vie du solitaire, sous le regard effrayé de ses disciples. Une autre fois, en hiver, le vent emporta sa tunique de peau, et Daniel resta toute la nuit exposé nu à la neige. Lorsque, bien tard, ses disciples vinrent à lui, ils le trouvèrent inanimé et couvert de glace. Après l’avoir ranimé avec de l’eau chaude, ils apprirent avec stupeur que pendant tout ce temps, le saint avait été transporté en esprit dans un lieu de repos, où il s’était entretenu avec saint Syméon le Stylite. À la suite de cet incident, l’empereur exigea que l’on construisît un petit abri au-dessus de la colonne pour protéger Daniel des intempéries. L’empereur Léon était si admiratif devant la conduite du saint stylite qu’il se fit bâtir une demeure à proximité et lui amenait tous ses visiteurs étrangers, rois ou ambassadeurs. C’est ainsi que Daniel joua le rôle de médiateur entre Léon et le roi des Lazes, Goubazios, pour régler leurs différends politiques.

À maintes autres occasions, l’homme de Dieu mit son esprit prophétique, sa sagesse et le pouvoir de sa prière au service du bon droit et de la justice. Lorsque Basilisque usurpa le pouvoir et chassa l’empereur Zénon (475), prenant la défense des monophysites, il voulut rejeter les décisions du saint Concile de Chalcédoine, et menaça l’archevêque Acace qui dut trouver refuge à Sainte-Sophie, entouré par les moines de la capitale. Après avoir repoussé les avances de Basilisque, qui cherchait à l’attirer à son parti, saint Daniel, confirmé par un signe divin, résolut de descendre de sa colonne et de se rendre en ville — comme saint Antoine autrefois — pour venir au secours à l’Église en détresse. Porté par une foule immense et enthousiaste, qui grandissait d’autant plus que les guérisons se multipliaient sur son passage, le saint se rendit d’abord à la Grande Église pour y prêcher la foi orthodoxe, puis il poursuivit sa marche triomphale jusqu’au palais de l’Hebdomon, où s’était réfugié l’usurpateur. En signe de malédiction, il secoua alors devant la porte la poussière de ses pieds, selon la parole évangélique (Mt 10, 14), imité par la foule. Basilisque, effrayé devant ce déploiement de force, fut convaincu lorsque la tour du palais s’écroula à l’arrivée du saint, aussi décida-t-il de rentrer dans la capitale, où il fit profession d’orthodoxie et se réconcilia avec Acace en présence de tout le peuple. De retour sur sa colonne, après d’autres miracles opérés sur le chemin, Daniel prédit la mort prochaine de Basilisque et le retour au pouvoir de Zénon (476-491), lequel lui montra une grande vénération, ainsi que son successeur Anastase (491-518).

La colonne du saint était devenue un des lieux les plus vénérés de la région de Constantinople. On y accourait de toutes parts et, malgré les objections de Daniel, l’empereur y fit construire une vaste hôtellerie, à côté d’une église où étaient déposées les reliques de saint Syméon le Stylite, venues d’Antioche. Tel un ange terrestre, le cœur et les yeux constamment tournés vers Dieu, le saint homme demeurait inaccessible à la vaine gloire ou à l’orgueil. Au contraire, ses innombrables miracles étaient pour lui l’occasion de progresser dans l’humilité, car il ne les attribuait jamais à sa propre vertu, mais demandait à ceux qui venaient à lui d’aller vénérer les reliques de saint Syméon ou de s’oindre avec l’huile des veilleuses qui brûlaient près du tombeau du saint.

Cette humilité admirable, il la manifesta, jusque dans la mort. En effet, après avoir prédit son prochain départ vers le ciel, Daniel tomba malade. Comme son admirateur, l’empereur Anastase, préparait de somptueuses funérailles, il lui fit promettre d’enterrer son corps profondément et de déposer au-dessus les reliques des saints Ananias, Azarias et Misaël [17 déc.], récemment transférées de Babylone à Constantinople, de sorte que si quelqu’un voulait vénérer sa tombe, il attribuât aux saints martyrs la satisfaction de ses demandes.

Âgé de quatre-vingt-quatre ans, saint Daniel assembla ses nombreux disciples, quelques jours avant sa dormition, pour leur livrer son dernier enseignement et demander l’assistance de leurs prières. Alors que la foule venue de la capitale grandissait sans cesse pour assister à ses derniers instants, il tomba en extase de nuit et contempla l’assemblée de tous les saints qui, après l’avoir salué comme l’un des leurs, l’engagèrent à célébrer avec eux la Divine Liturgie. Après être revenu à lui, il communia aux saints Mystères et s’endormit en paix, le lendemain, 11 décembre 493, en délivrant un possédé d’un esprit impur, au moment même où il rendait son dernier soupir. Avec bien des difficultés, on réussit à descendre la dépouille du saint homme du haut de sa colonne où il se tenait recroquevillé depuis trente-trois ans et, après avoir été présenté à la vénération du peuple, il fut enseveli en présence de tous les plus grands personnages de la capitale.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Daniel, ton 1
Colonne de patience, tu fus digne des patriarches de jadis: * comme Job dans les souffrances et comme Joseph en ses épreuves, * et tu vécus comme un Ange, malgré la chair, * vénérable Père saint Daniel, * prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Daniel , ton 8
Tu t’es levé comme un astre éblouissant, Père bienheureux, * tu éclairas le monde sur la colonne par tes saintes actions * et tu dissipas les ténèbres de l’erreur; * fais briller dans les âmes de tes serviteurs * la lumière sans déclin de la connaissance de Dieu.

Évangile du jour
(Lc XXI, 28-33)
Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. Et il leur dit une comparaison: Voyez le figuier, et tous les arbres. Dès qu’ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Trentième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 5:11-6:8; Luc 21:5-7, 10-11, 20-24

Les disciples faisaient remarquer au Seigneur la beauté du bâtiment et des ustensiles du temple, mais il répondit: Le jour viendra, où de ce que vous voyez, il restera pas pierre sur pierre, qui ne doive être renversé. Ceci est une étiquette à mettre sur toute la beauté de ce monde. En apparence, il semble durable et immortalisé, mais le lendemain vous regardez, et tout sera comme si cela n’avait jamais été: la beauté est fanée, la force est épuisée, la gloire diminue, les esprits sont vaincus, et les vêtements sont usés. Tout porte en soi une puissance destructrice, qui ne se trouve pas comme une graine peu développée, mais qui est une activité inhérente et incessante, par laquelle tout coule vers sa propre fin.

La figure de ce monde passe (I Cor. 7:31) Oui, l’homme se promène comme une ombre, Il s’agite vainement; Il amasse, et il ne sait qui recueillera. (Psaume 38:7-8). Alors que nous nous agitons en vain, nous sommes pris dans les soucis, et il n’y a pas de fin à nos soucis. Nous rencontrons des leçons constantes autour de nous, mais nous faisons tout selon notre propre manière, comme si nous étions aveugles et que nous ne voyions rien.

Et il est exact de dire que nous sommes aveugles, ou aveuglés, nous n’attendons pas la fin, soit pour nous ou pour quoi que ce soit qui nous entoure ou nous contrôle. Et quoi d’autre? Organisant notre environnement comme bon nous semble, nous sommes certains que nous nous tenons fermement, comme sur un rocher, alors qu’en réalité il est plus vrai que nous sommes comme dans une tourbière, sur le point de sombrer.

Mais nous ne réfléchissons pas, et nous nous adonnons au plaisir insouciant dans les choses qui passent, comme si elles devaient toujours rester. Prions afin que le Seigneur ouvre les yeux de notre esprit, et voyons tout non pas comme ce qu’il paraît être, mais comme il est.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Vingt-Septième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 4:1-13 et Luc 21:12-19

Et vous serez haïs de tous, à cause de Mon Nom. Celui qui respire ne serait-ce qu’un peu de l’esprit du monde en lui-même devient froid envers le christianisme et ses exigences. Cette indifférence se transforme en dégoût quand on y reste longtemps sans reprendre ses sens, et surtout après avoir ramassé quelque part une parcelle de certaines fausses doctrines.

L’esprit du monde avec ses faux enseignements, c’est un esprit qui déteste le Christ: c’est celui de l’Antéchrist. Il est la propagation d’attitudes hostiles envers la confession chrétienne et les traditions chrétiennes.

Apparemment, quelque chose comme cela se passe chez nous. Jusques à présent, seulement de creux rugissements retentissent partout, mais il ne faudra pas s’étonner si bientôt la prophétie du Seigneur commence, ils poseront leurs mains sur vous… et ils vous persécuteront… vous serez trahi… et ils vous ferons mettre à mort.

L’esprit de l’Antéchrist est toujours le même; ce qui était au commencement sera maintenant, peut-être sous une autre forme, mais avec le même sens. Que devrions-nous faire? Par votre persévérance vous sauverez vos âmes. Soyez patient, avec un parole ferme de confession de la vérité sur vos lèvres et dans votre cœur.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Trentième Semaine après la Pentecôte
Hébreux 3:5-11, 17-19; Luc 20:27-44

Les Sadducéens avaient une objection concernant la résurrection, qui leur semblait insoluble, mais le Seigneur l’a résolue si clairement en quelques mots, que tout le monde a compris et a confirmé que les Sadducéens étaient vaincus par la vérité de sa Parole (Luc 20:27-40).

Ceux qui étaient alors [appelés] Sadducéens sont maintenant les incrédules de toutes sortes. Ils ont entassé pour eux-mêmes une multitude de suppositions imaginées, les ont énoncées comme vérités irréfutables, et se sont magnifiés par elles, en supposant qu’il n’y avait rien à dire contre elles.

En réalité, elles sont tellement vides, qu’il n’y a pas lieu de les réfuter. Tous leurs efforts pour philosopher sont un château de cartes: on lui donne un coup et il s’écroule. Il n’est pas nécessaire d’en réfuter chaque partie, il suffit de les considérer comme des rêves. Lorsque l’on parle contre les rêves, on ne tente pas de prouver toute incongruité dans la composition ou dans les parties d’un rêve: on dit simplement: « C’est un rêve » et tout est dit.

Telle est précisément la théorie de la formation du monde à partir des nuages, avec ses accessoires-la théorie de l’origine spontanée, de l’origine darwinienne du gène et de l’espèce, avec son dernier fantasme sur l’origine de l’homme. Tout cela est comme le délire d’un homme endormi. En lisant [ces théories], vous vous promenez au milieu des ombres. Et les scientifiques? Que pouvez-vous faire avec eux? Leur devise est: n’écoutez pas si vous ne le voulez pas, mais ne nous empêchez pas de dire des mensonges.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vingt-Neuvième Dimanche après la Pentecôte
Colossiens 3:4-11 et Luc 17,12-19

Dix lépreux ont été guéris, mais un seul est venu remercier le Seigneur. N’y a-t-il pas généralement une proportion similaire de personnes qui sont reconnaissantes après avoir reçu des bienfaits du Seigneur? Qui n’a pas reçu de bonnes choses, ou plutôt, qu’est-ce que nous avons en nous, ou qui se passe-t-il en nous qui n’est pas bon pour nous? Exactement, tout le monde est-il reconnaissant à Dieu, et tout le monde rend-il grâce pour tout?

Il y a même ceux qui se permettent de demander: « Pourquoi Dieu nous a-t-Il donné l’existence? Il serait préférable pour nous de ne pas exister « Dieu vous a donné l’existence de telle sorte que vous soyez dans la béatitude éternelle; Il vous a donné l’existence comme un don, comme un don qu’il vous a fourni avec tous les moyens pour atteindre la béatitude éternelle.

Cette œuvre dépend de vous: il vous suffit de travailler un peu pour cela. Vous dites: « Mais je n’ai seulement des afflictions, seulement de la pauvreté, des maladies, des malheurs. » Eh bien, ce sont aussi quelques-uns des moyens de parvenir à la béatitude éternelle.

Soyez patients. Votre vie est inférieure à un moment par rapport à l’éternité. Même si vous avez eu à souffrir sans cesse toute votre vie, par rapport à l’éternité, ce n’est rien, et vous avez encore des moments de consolation. Ne regardez pas le présent, mais ce qui est préparé pour vous à l’avenir, et préoccupez-vous de vous rendre digne de cela; alors vous ne verrez pas les afflictions. Ils seront tous engloutis par l’espoir inconditionnel des consolations éternelles, et vos lèvres ne cesseront jamais de rendre grâces.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
I Corinthiens 2:6-9; Matthieu 22:15-22

Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu les choses qui sont à Dieu, rendez à chacun ce qui lui appartient. De là vient une loi: ne sois pas agréable à Dieu d’une seule manière, mais de toutes les façons que tu peux et dois Lui être agréable; dirige toutes tes forces et par tous les moyens à servir Dieu.
Ayant dit de rendre à César ce qui appartient à César, le Seigneur a montré qu’une telle œuvre Lui est agréable. Si par les choses qui sont à César, tu comprends toutes les routines de la vie terrestre en général qui sont nécessaires et essentielles, et par les choses qui sont de Dieu, toutes les routines de l’Eglise établies par Dieu, alors de là, il s’avère que tous les chemins de nos vies sont remplis de moyens de salut. Il suffit de prendre garde et de tout utiliser, et d’agir partout en conformité avec la volonté de Dieu, comme Dieu le veut de toi et le salut pour toi est à portée de main. Tu peux faire en sorte que pas un seul pas ne soit fait sans un acte agréable de Dieu, et par conséquent, qu’il ne devienne un pas vers le salut, car le chemin du salut procède sur ​​le chemin de la volonté de Dieu. Marche en présence de Dieu, prends garde, discerne et fais immédiatement sans apitoiement sur soi cet acte, que te montre ta conscience à chaque instant donné.

Version française Claude Lopez-Ginisty

18 décembre

18 décembre
Carême de la Nativité

Saint Sébastien et ses compagnons de martyre à Rome : saint Nicostrate et son épouse sainte Zoé, saint Castor, saint Tranquilinus, prêtre, ses fils : saints Marcellin et Marc, diacres, saint Claude, gardien des prisons, son fils saint Symphorien, son frère saint Victorin, et saints Tiburce et Castule (vers 287) ; saint Gatien, évêque de Tours (304) ; saint Modeste, archevêque de Jérusalem (vers 634) ; saint Flavit, ermite à Sens (VIème s.) ; saint Désiré, moine à Fontenelle (vers 700) ; saint Florus, évêque d’Amasie dans l’Hélénopont (VIIème s.) ; saint Michel le Syncelle, confesseur (vers 845) ; St Sébastien de Sokhot (vers 1500) ; saint Daniel, ermite de Voronets (1496) ; saint Siméon de Verkhoturye (1642) ; saints néo-martyrs de Russie : Victor (Matveev) (1937) ; Thaddée, archevêque de Tver, Nicolas, archevêque de Veliki-Oustioug, Élie (Benemansky), Jean (Mironsky), Vladimir (Preobrajensky) et Nicolas (Kobranov), prêtres (1937) ; Serge (Astakhanov), diacre et Vera (Truks) (1942).

SAINT SÉBASTIEN

Saint Sébastien (vers 287)

Le glorieux martyr du Christ Sébastien naquit à Narbonne au sein d’une illustre famille romaine et fut élevé à Milan. Ses grandes qualités l’amenèrent à devenir un des favoris de l’empereur Carin (vers 283), qui le nomma commandant de la première cohorte prétorienne. Malgré les honneurs et la frivolité de la vie de cour, Sébastien était en secret disciple du Christ, et il profitait de ses privilèges pour rendre visite aux chrétiens enfermés dans les prisons, afin de les réconforter et de les encourager à mener jusqu’au bout le combat de la foi. Un grand nombre de martyrs lui furent ainsi redevables de ne pas avoir faibli devant les supplices.

Deux jeunes chrétiens romains de haute condition, Marc et Marcellin, avaient été arrêtés sur l’ordre du préfet Chromace et avaient été soumis à toutes sortes de tortures, avant d’être finalement condamnés à mort. Pendant tout le mois qui précéda le jour prévu pour l’exécution, les deux saints combattants du Seigneur furent soumis à une épreuve plus redoutable encore : les larmes et les supplications de leurs jeunes épouses et de leurs parents qui les suppliaient de ne pas les abandonner. Il s’en fut de peu que l’amour pour leurs proches et les liens de la chair ne fissent céder ceux qui avaient si vaillamment résisté à la torture. Mais Sébastien se présenta à temps dans leur cachot. Il déjoua cette ruse du diable et les encouragea à supporter la peine de quelques instants pour obtenir la gloire et la joie éternelles avec tous les saints. Il réussit même à convertir leurs parents païens, Tranquilinus et Marcia, en les guérissant d’une maladie. La parole et le zèle apostolique du saint général amenèrent aussi à la foi le greffier Nicostrate et sa femme Zoé, qui entraînèrent à leur tour leur ami Claude, haut fonctionnaire de la cour, et bien d’autres païens qu’ils rassemblèrent dans leur maison pour recevoir l’enseignement de Sébastien, scellé par le saint baptême que leur conféra le prêtre Polycarpe, en tout soixante-huit personnes.

Lorsque le jour prévu pour l’exécution de Marc et Marcellin arriva, leur père Tranquilinus se présenta devant le préfet, lui révéla sa conversion et prononça des paroles si convaincantes que Chromace, l’écoutant avec attention, eut le cœur attendri et adhéra à son tour à la foi. Le lendemain, devant Sébastien et Polycarpe, il renversa avec zèle et conviction toutes les idoles qui se trouvaient dans sa maison. Son fils Tiburce, impressionné par la conversion de son père, restait pourtant indécis et n’osait pas encore renoncer à ses superstitions. Il proposa aux saints un marché, et leur promit de les suivre et de détruire ses idoles si son père guérissait d’une maladie qui l’engourdissait et le menaçait de complète paralysie. Chromace, oubliant son mal, n’avait mis aucune condition à sa conversion, aussi reprocha-t-il à Tiburce ses doutes et voulut-il l’empêcher de persévérer dans sa proposition. Mais une lumière venue du ciel l’enveloppa soudain et l’on entendit une voix dire : « Bienheureux es-tu, car tu as cru au Christ, qui maintenant m’envoie pour te guérir. » Tiburce, stupéfait devant cette guérison miraculeuse, alla se jeter aux pieds des saints martyrs pour leur demander pardon, et il reçut bientôt le saint baptême en même temps que son père et toute leur maisonnée.

Plein de joie à la nouvelle de ces conversions, l’archevêque de Rome, Gaius (283-296), vint embrasser les nouveaux frères et leur annonça qu’un autre préfet, chargé de les mettre à mort, allait bientôt être nommé. Aussi leur recommanda-t-il de se répartir en deux groupes : les uns, avec Sébastien à leur tête, restant à Rome pour s’offrir à la mort pour le Christ, et les autres, avec Polycarpe, devant aller chercher refuge au loin. Les uns et les autres rivalisaient pour rester avec Sébastien, persuadés que le martyre est la voie royale pour parvenir au Royaume de Dieu. Finalement, ils se soumirent aux ordres du prélat, excepté le jeune Tiburce qui obtint de se joindre à ceux qui restaient. Marc et Marcellin furent alors ordonnés diacres, leur père Tranquilinus élevé au sacerdoce, et Sébastien fut institué le chef de cette cohorte de martyrs. Ils cessèrent dès lors toute activité profane et attendirent dans la ville que l’on vienne les arrêter, en persévérant nuit et jour dans le jeûne, la prière et les cantiques d’action de grâces. Beaucoup se présentaient à eux et étaient guéris des maux qui affligeaient leurs âmes ou leurs corps.

La première victime du groupe fut la bienheureuse Zoé. Arrêtée alors qu’elle se rendait à l’église, elle fut suspendue la tête en bas et mourut asphyxiée par une fumée nauséabonde, et son corps fut ensuite jeté dans le Tibre. Vint ensuite le tour de Tranquilinus qui, après avoir été lapidé, fut noyé dans le fleuve. Nicostrate et Claude, qui étaient partis à la recherche des corps de leurs compagnons, furent eux aussi arrêtés sur les bords du Tibre. On les mena devant le nouveau préfet, puis devant l’empereur qui les fit exécuter à coups de verges et jeter à l’eau. Tiburce, quant à lui, dénoncé par un faux chrétien, fut placé sur des charbons ardents et, après une belle apologie de la Foi, il mourut décapité. Castule, qui cachait les saints dans sa demeure, fut enterré vivant, et les deux frères Marc et Marcellin, après avoir supporté avec joie diverses tortures, moururent le côté percé de lances.

Saint Sébastien restait le dernier de tous, impatient de rejoindre lui aussi le Seigneur dans la Terre des Vivants. Traduit devant l’empereur, il témoigna de la Vérité avec un calme majestueux et rétorqua au souverain, qui l’accusait de s’opposer à son pouvoir, qu’il avait toujours prié pour le salut de l’Empire. La sentence de mort ayant été prononcée, il se rendit jusqu’au lieu de l’exécution, accompagné d’une grande foule. Attaché à un poteau, il fut livré comme cible à une troupe d’archers. Le corps percé de flèches « comme un hérisson de ses piquants », on le laissa pour mort, baignant dans son sang, mais il fut recueilli par une dame chrétienne. Providentiellement guéri, saint Sébastien alla se présenter à nouveau devant le tyran qui, saisi de stupeur en le voyant apparaître, ordonna de l’emmener au cirque. Après l’avoir assommé à coups de massue, les bourreaux mirent son corps en lambeaux devant le peuple déchaîné, puis allèrent le jeter dans la décharge publique, pour que les chrétiens ne puissent le vénérer.

Le soir même de cette exécution, une pieuse chrétienne de Rome reçut dans une vision l’ordre de récupérer le corps de saint Sébastien. Elle l’ensevelit dans une crypte (catacombe), au-dessus de laquelle une église fut bâtie en son honneur, lorsque saint Constantin le Grand eut rétabli la paix. C’est auprès de ce tombeau qu’eurent lieu pendant de longs siècles quantité de miracles par l’intercession du saint martyr.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur ont reçu de toi, * notre Dieu, la couronne d’immortalité pour le combat qu’ils ont mené; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Daniel, ton 8
Ayant mené sur terre la vie des anges, tu t’es fait un exemple pour tes disciples ; par la prière, le jeûne continuel et les veilles, tu t’es rendu digne d’être établi dans la demeure des justes, saint et vénérable Daniel révérant Dieu, splendeur des ermites et gloire des moines.

Évangile du jour
(Lc XXI, 37- XXII, 8)

Pendant le jour, Jésus enseignait dans le temple, et il allait passer la nuit à la montagne appelée montagne des Oliviers. Et tout le peuple, dès le matin, se rendait vers lui dans le temple pour l’écouter. La fête des pains sans levain, appelée la Pâque, approchait. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens de faire mourir Jésus; car ils craignaient le peuple. Or, Satan entra dans Judas, surnommé Iscariot, qui était du nombre des douze. Et Judas alla s’entendre avec les principaux sacrificateurs et les chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer. Ils furent dans la joie, et ils convinrent de lui donner de l’argent. Après s’être engagé, il cherchait une occasion favorable pour leur livrer Jésus à l’insu de la foule. Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant: Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Jeudi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
Tite 1:5-2:1; Luke 20:9-18

La parabole de la vigne représente l’Eglise de l’Ancien Testament, les vignerons sont la hiérarchie de l’époque. Parce qu’elle ne remplissait pas sa mission, une sentence a été prononcée contre elle: s’emparer de sa vigne et la donner aux autres. Ces autres ont d’abord été les saints apôtres, puis leurs successeurs, les évêques avec tous les prêtres.

La vigne de Dieu est la même depuis le commencement du monde, et le but de ses vignerons a été, est et sera le même jusques à la fin du monde: apporter le fruit de la vigne (les âmes sauvées) au Seigneur. Telle est la tâche de la hiérarchie chrétienne, et donc, notre tâche. Nous pouvons tous voir l’ampleur de son accomplissement. Que peut-on répondre à cela? A propos de beaucoup de choses-gloire à Dieu! Mais concernant beaucoup, beaucoup de choses, on ne peut s’empêcher de désirer mieux. Cela concerne en particulier la prédication de la Parole de Dieu.

Quelque part la prédication se fait entendre, et pourtant il ne s’agit que d’un couteau de taille dans les mains des vignerons de la vigne de Dieu. Que ceci ne soient pas accompli en nous: Le maître de la vigne viendra, et fera périr ces vignerons, et Il donnera la vigne à d’autres. Mais que faire si ces autres devaient, de leur propre chef, faire irruption et détruire non seulement les vignerons, mais la vigne elle-même…

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
Ephésiens 1:16-23; Luc 12:32-40

Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées. Nous devons être prêts à toute heure, car on ne sait pas quand le Seigneur viendra, que ce soit pour le Jugement dernier, ou pour vous emmener d’ici, cela revient au même pour vous.
La mort décide de tout. Après viennent les résultats de votre vie, vous pouvez être contents de ce que vous avez cherché à gagner pour toute l’éternité. Si vous cherché ce qui est bon, votre sort sera bon; si vous demandé ce qui est mal, votre sort sera mauvais. Cela est aussi vrai qu’il est vrai que vous existez.

Tout cela pourrait être décidé dès ce moment-là, en ce moment même, alors que vous lisez ces lignes, et puis, la fin pour tous: un sceau sera posé sur votre existence, que personne ne peut enlever. C’est une chose à laquelle il faut penser!

Mais on ne cesse d’être étonné de voir comment les gens pensent peu. Quel est ce mystère qui nous enserre! Nous savons tous que la mort est au tournant, qu’il est impossible d’y échapper, mais en attendant, presque personne n’y pense et elle viendra tout à coup et nous saisira. Même dans ce cas… Même quand une maladie mortelle s’empare d’une personne, elle ne peut toujours pas croire que la fin est venue.

Que les psychologues parlent de ceci sous un aspect scientifique; dans l’aspect moral, il est impossible de ne pas voir ici une incompréhensible auto-illusion, étrangère seulement pour celui qui est lui-même vigilant.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mercredi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
II Timothée 4:9-22 et Luc 20:1-8

Les prêtres, les scribes et les anciens ne croyaient pas au Seigneur. Afin de les élever à la foi, Il leur a posé une question: le baptême de Jean, était-il du ciel, ou des hommes? Raisonnez sur cela, sans partialité et votre raisonnement vous amènera à la foi. Ce qui est dit au sujet de Jean apparaissant, peut être dit à propos de tout événement qui accompagne la venue du Seigneur dans la chair, et au sujet de Sa venue elle-même, et tout ce qui est en rapport avec elle.

Que chacun raisonne sur tout cela, la conclusion sera la même: « Vraiment cet homme était Fils de Dieu. » Des pensées diverses peuvent venir, il y a risque de confusion, ce qui semble être des incongruités peut être rencontré, mais à la fin de toutes les investigations, une conviction universelle se fera jour: à savoir qu’il est impossible de penser autrement que ne le montre les Evangiles et les écrits apostoliques. Grand est le mystère de la piété: Dieu se manifeste dans la chair (I Tim 3:16).

Cela reste un mystère, mais il sera clair pour l’esprit en fonction de la nécessité morale que l’esprit lors de cette investigation s’appliquera à lui-même, de confesser de cette façon, et d’aucune autre manière. Les incroyants, ou bien ne se posent pas de questions comme il le faut, ou bien enquêtent superficiellement, avec un esprit qui leur est étranger, ou bien encore acceptent un cadre misérable de l’esprit qui est opposé à ce que la foi exigerait.

La réfutation la plus insignifiante de la foi est suffisante pour eux, afin de justifier leur incrédulité. Les paroles des incroyants ébranlent les croyants, parce que les croyants sont satisfaits d’une foi simple, et ne recherchent pas d’éclaircissements sur les fondements de la foi. Ces paroles les surprennent, c’est pourquoi ils sont ébranlés.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Mardi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
II Timothée 3:16:4-4; Luc 19:45-48

Ma maison est la maison de prière. Et en effet, il suffit d’entrer dans une église, et elle vous appelle déjà à la prière. Tout y est disposé et fait dans le but de disposer et d’aider la prière. Par conséquent, si vous voulez attiser la prière dans votre cœur, allez plus souvent à l’église de Dieu.

A la maison, vous ne prierez pas comme vous pouvez le faire à l’église. Il y a ceux qui prient chaleureusement à la maison aussi, mais s’ils prient de cette façon à la maison, combien plus haute sera leur prière dans l’Église? Mais quand vous êtes dans l’église, ne soyez pas là seulement dans le corps, mais plutôt dans l’esprit. Tenez-vous là où tout est plus calme, et voyant le Seigneur devant vous en votre esprit, répandez devant lui votre âme.

Chassez les rêveries au loin, ne permettez pas aux préoccupations d’interférer, et ne prenez en compte une seule activité, l’œuvre de la prière. Elevez votre âme lourde vers le haut, et brisez sa grossièreté par la contemplation des choses divines. Si vous avez des péchés sur la conscience, retirez-les de vous par le repentir et la promesse de vous amender.

Si votre conscience n’est pas satisfaite, ajoutez des actes d’abnégation et d’amour. Debout dans l’église, préparez-vous à l’attitude que vous aurez à l’extérieur de l’église pour le reste du temps, préparez-vous à ne jamais vous éloigner du Seigneur dans la pensée, mais à le voir toujours avant vous, afin que vos pas ne s’écartent pas de la voie droite pour aller vers la mauvaise voie.

Alors, quand vous viendrez à l’église il sera plus facile pour vous d’être comme il convient d’y être. Vous tenant de manière appropriée à l’église il sera plus facile pour vous de maintenir votre attention devant le Seigneur lorsque vous serez en dehors de l’église… Ainsi, votre [état de] respectueux dans le Seigneur se développera de plus en plus. Que pourrait-on désirer de plus?

Version française Claude Lopez-Ginisty

14 décembre

14 décembre
Carême de la Nativité
Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; saints Philémon, Apollonius, Arien et Théoctiste, martyrs en Égypte (287) ; saint Nicaise, évêque de Reims, sa soeur, sainte Eutropie, et deux compagnons, martyrs à Reims (407) ; saint Lupicin, évêque de Vienne (IVème s.) ; saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers, hymnographe (610) ; saint hiéromartyr Nicolas (Kovalev), prêtre (1937).

SaintS THYRSE, LEUCIUS ET CALLINIQUE

Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; fresque du Patriarcat de Peć (Serbie) XIVe siècle

Pendant la persécution de Dèce (vers 250), le gouverneur Cumbricios avait été envoyé dans la région de Nicomédie, Nicée et Césarée de Bithynie pour arrêter les chrétiens. Révolté devant la conduite sanguinaire du magistrat, un chrétien de bonne condition de Césarée, Leucios, se présenta devant lui, en disant avec colère : « Chien insatiable, jusques à quand verseras-tu le sang comme l’eau d’une fontaine, en contraignant les paisibles disciples du Christ à adorer des pierres et des morceaux de bois inanimés comme si c’étaient des dieux ? » Furieux devant une telle audace, le gouverneur le fit arrêter, lui fit déchirer la chair à coups de verges et, sans plus de jugement, ordonna à ses bourreaux de le décapiter.

La nouvelle de cette exécution remplit de terreur les chrétiens qui cherchèrent refuge dans les montagnes et les cavernes. Le vaillant Thyrse au contraire se rendit alors auprès du tyran et lui demanda une entrevue. Avec patience et conviction, il essaya de lui montrer combien il est déshonorant pour les hommes doués de raison d’adorer les êtres qui en sont privés et les phénomènes naturels. Il appuyait patiemment ses arguments par le témoignage des saintes Écritures, mais bien en vain. Cumbricios, insensible à tout discours, n’exigeait que l’obéissance aveugle aux ordres de l’empereur. Pieds et poings liés, Thyrse fut alors livré à la sauvagerie des bourreaux. Ils le frappèrent jusqu’à l’épuisement, lui écrasèrent les chevilles, lui crevèrent les yeux, lui versèrent du plomb en fusion sur le corps, mais le saint resta invinciblement protégé par la grâce, comme par une invisible cuirasse, et renversa même les idoles par sa prière. De retour dans son cachot, il reçut la visite du Seigneur lui-même, qui l’encouragea au combat et le mena auprès de l’évêque pour recevoir le saint baptême, en préparation du « second baptême », dans le sang du martyre.

Comme un envoyé de l’empereur, Silvain, était venu en inspection à Apamée de Bithynie, Cumbricios voulut lui prouver son zèle, et il soumit Thyrse à de nouveaux supplices, mais sans plus de succès. L’athlète du Christ resta insensible aux tourments et prédit la mort prochaine des deux impies. Un troisième magistrat, Babdos, vint leur succéder et fit à son tour torturer l’invincible Thyrse. Jeté à la mer dans un sac, il fut encore sauvé par l’intervention d’un ange, puis fut conduit d’Apamée à sa patrie, Césarée de Bithynie, pour y être offert en pâture aux fauves. Mais là encore, les persécuteurs essuyèrent une cuisante défaite, car les lions vinrent jouer aux côtés de Thyrse et lui lécher les pieds.

Alors que le gouverneur avait transféré saint Thyrse à Apollonias de Bithynie, pour le soumettre à de nouveaux tourments, devant les merveilles accomplies par Dieu, un prêtre des idoles, nommé Callinique, réalisa que si une telle puissance est accordée aux chrétiens, elle ne peut venir que d’un Dieu unique, Créateur et Souverain de toutes choses. Il se présenta devant le tyran et lui démontra avec ironie la vanité du culte officiel. Aussitôt arrêté et condamné à mort avec Thyrse, il fut décapité, tandis que Thyrse, enfermé dans un étroit coffre de bois, était lentement scié, des heures durant, par les bourreaux.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Ces flambeaux de l’Eglise, les Martyrs, * nous les célébrons par des hymnes sacrées, * tous ensemble réunis en ce jour * nous les chantons, car ils sont * les victorieux athlètes du Christ notre Dieu.

Évangile du jour
(Lc XX,27-44)

Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, s’approchèrent, Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu’un meurt, ayant une femme sans avoir d’enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants. Le second et le troisième épousèrent la veuve; il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Enfin, la femme mourut aussi.
A la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle donc la femme? Car les sept l’ont eue pour femme. Jésus leur répondit: Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris; mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges, et qu’ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. Que les morts ressuscitent, c’est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Or, Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants. Quelques-uns des scribes, prenant la parole, dirent: Maître, tu as bien parlé. Et ils n’osaient plus lui faire aucune question. Jésus leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David? David lui-même dit dans le livre des Psaumes: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David donc l’appelle Seigneur; comment est-il son fils?

1er décembre (ancien calendrier)/14 décembre (nouveau)

1er décembre (ancien calendrier)/14 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Nahum, prophète (vers 600 av. J.-C.) ; saint Philarète le Miséricordieux de Paphlagonie (792) ; Sainte Florence, recluse à Comblé (367) ; saint Léonce, évêque de Fréjus (433) ; saint Ananias le Persan, martyr ; Saint Domnole, abbé de Saint-Laurent, évêque du Mans ( 581) ; saint Airy (ou Agéric, Aguy), évêque de Verdun (vers 590) ; saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai (660).

LE SAINT PROPHÈTE NAHUM

Saint Nahum, prophète (vers 600 av. J.-C.)

Le saint prophète Nahum était originaire d’Elqosh en Galilée et appartenait à la tribu de Syméon. Il vécut au VIIe siècle avant notre Seigneur et prophétisa l’anéantissement prochain de Ninive, la capitale du royaume d’Assyrie, par le roi des Mèdes (en 612), et la restauration du royaume de Juda. Septième des Petits Prophètes, son bref livre décrit avec grandeur le déchaînement de la colère du Seigneur contre les ennemis de son peuple : Il a pour chemin la tempête et l’ouragan, et la nuée est la poussière de ses pieds… Il fait trembler les montagnes et se fondre les collines ; la terre se soulève devant lui, ainsi que le monde et tous ses habitants. Mais le prophète proclame aussi la tendresse de Dieu pour ses élus : Le Seigneur est bon ; Il est un refuge au jour de la détresse et Il connaît ceux qui se confient en lui. De loin, il voit venir Celui qui doit apporter la paix définitive au peuple de Dieu : le Christ. Voici sur les montagnes, les pieds d’un messager de bonne nouvelle qui annonce la paix. Le nom du prophète était lui-même une prédiction de la miséricorde de Dieu, car il signifie « repos », « consolation ». Après avoir accompli sa mission, le saint prophète Nahum s’endormit en paix et fut enseveli dans la terre de ses pères.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint prophète, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Nahum, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint prophète, ton 4
Ton cœur très-pur, illuminé par l’Esprit, * fut le siège d’une brillante prophétie; * tu vis comme proche ce qui était éloigné, * c’est pourquoi nous te vénérons, * illustre Nahum, prophète bienheureux.

Évangile du jour
(Lc XX, 37-44)
Que les morts ressuscitent, c’est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Or, Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants. Quelques-uns des scribes, prenant la parole, dirent: Maître, tu as bien parlé. Et ils n’osaient plus lui faire aucune question. Jésus leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David? David lui-même dit dans le livre des Psaumes: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David donc l’appelle Seigneur; comment est-il son fils?

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte
II Timothée 2:20-26; Luc 19:37-44

Le peuple crie: « Hosanna! » alors que le Seigneur pleure. Ne se produit-il pas quelque chose de semblable lors de nos célébrations religieuses? En ces jours-là, ce que l’on voyait était solennel, mais le Seigneur regardait ce qui était dans l’âme invisible, et Il vit que cela incitait à pleurer.

Pour nous aussi, la fête est toujours visiblement festive, mais l’humeur intérieure de chacun est-elle ainsi? L’un n’a pas la compréhension de tous de la puissance et de la signification des jours de fêtes, un autre ressent confusément quelque chose d’obscur, mais ne voit rien clairement, tandis qu’un autre encore reste à peu près inaperçu, mais son sentiment et son humeur sont dignes de la fête qui se déroule.

Nos fêtes demandent beaucoup de sacrifices. Mais combien d’entre elles sont-elles destinées au Seigneur et à nos frères et sœurs? Aucune, ou la partie la plus insignifiante; le ventre et la vaine précipitation en prennent la quasi-totalité.

Cela ne peut pas être caché au Seigneur, et il n’est pas surprenant si, pour parler d’une manière humaine, Il pleure quand nous prononçons nos exclamations festives. Voilà ceux qui sont rachetés, justifiés, adoptés comme fils!… Ils ont fait une promesse, pris sur eux l’obligation de marcher dans l’esprit et de ne pas se laisser aller à la concupiscence de la chair, tandis qu’ici que se passe-t-il entre eux? Les fils du royaume sont pires que les plus vils esclaves!…

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Dimanche de la Vingt-Huitième Semaine après la Pentecôte
Ephésiens 6:10-17; Luc 13:10-17

En la fête de l’Entrée de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple, « Le Christ est né » est chanté pour la première fois, en préparation des croyants pour accueillir dignement la fête de la Nativité du Christ.

Ayant compris cette inspiration, agissez en conséquence. Plongez profondément dans le mystère de l’incarnation du Fils unique de Dieu, montez à ses débuts dans le conseil pré-éternel de Dieu quant à l’existence du monde et de l’homme en lui; voyez son reflet dans la création de l’homme, accueillez avec joie la première nouvelle de celle-ci immédiatement après la chute, voyez rationnellement sa révélation progressive dans les prophéties et les préfigurations de l’Ancien Testament.

Comprenez comment et qui s’est préparé à recevoir le Dieu incarné, sous l’influence des Divines institutions et activités éducatives en Israël-passez, si vous le voulez, à travers les frontières pour aller vers le peuple de Dieu et là, cueillez les rayons de la lumière de Dieu, qui brille dans les ténèbres, et réfléchissez dans quelle mesure ceux qui sont choisis parmi toutes les nations ont atteint le pressentiment de la manifestation inhabituelle de la Providence de Dieu pour le peuple.

Ce sera une préparation mentale. Mais maintenant, le jeûne a commencé-recueillez-vous en vue de vous préparer à la communion, allez vous confesser et communiez aux Saints Mystères du Christ: ce sera une préparation active et vivante.

Si, en raison de tout cela, le Seigneur vous accorde de sentir la puissance de Sa venue dans la chair, alors, lorsque le jour de fête sera venu, vous le fêterez non pas par une joie qui vous est étrangère, mais comme celle de votre propre chair et de votre propre sang.

Version française Claude Lopez-Ginisty

13 décembre

13 décembre
Carême de la Nativité – Dispense de poisson

Dimanche des Ancêtres
Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304) ; saint Aubert (ou Albert), évêque de Cambrai et d’Arras (vers 668) ; saint Josse, prêtre à Saint-Omer (669) ; sainte Odile, abbesse en Alsace (vers 720) ; saint Arcadius de Novy Torg (XIème s.) ; saint Mardaire, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint hiéromartyr Gabriel, patriarche de Serbie (1659) ; saint Dosithée, métropolite de Moldavie (1693) ; saint Germain d’Alaska (1836) et des premiers martyrs de l’Église Orthodoxe en Amérique, saint Juvénal (1796) et saint Pierre l’Aléoute (1815).

LES ANCÊTRES DU SEIGNEUR

Les Ancêtres du Seigneur

La préparation la plus importante pour la Nativité du Christ est constituée par les offices des deux derniers dimanches précédant cette fête, qui sont consacrés à la mémoire des ancêtres du Sauveur selon la chair et, en général, à tous les justes de l’Ancien Testament qui attendaient la venue de Celui-ci. L’un de ces dimanches est appelé celui des « ancêtres » et l’autre, celui des « pères ». En fait, le premier a reçu son appellation (en grec « Πропатόрων ») parce qu’il précède le second (« Παтέрων »), mais tous deux célèbrent, sans différence, tous les justes de l’Ancien Testament. Certains des « ancêtres » font l’objet de louanges particulières, par exemple : « Honorons Adam le premier, couronné d’honneur par la main du Créateur » ; « Le Dieu et Seigneur de l’univers agréa les dons offerts par Abel avec une âme pleine de noblesse » ; « Enoch, ayant été agréable au Seigneur fut enlevé en gloire, étant plus fort que la mort ». Le sens de la fête est exprimé de la façon la plus concise dans son tropaire, qui mentionne trois traits distinctifs chez les ancêtres du Seigneur, qui se trouvent en dépendance les uns des autres : 1) leur foi, 2) le fait que par eux le Christ s’est « fiancé » à l’Eglise des païens ; Il a, en quelque sorte, rassemblé des païens pour les appeler à Son Eglise (nombre des ancêtres du Seigneur n’appartenaient pas au peuple élu), et 3), le fait que de leur semence provenait la Très Sainte Vierge Marie qui, cependant, enfanta elle-même le Christ sans semence. Les mélodies du dimanche des saints ancêtres sont plus tristes que joyeuses (par exemple le 2ème ton utilisé pour le tropaire). Ceci reflète la langueur avec laquelle on attendait la venue du Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-Né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire des saints Ancêtres, ton 2
Par la foi tu as justifié les Ancêtres, en épousant d’avance par eux l’Eglise de la gentilité. Ces saints sont fiers, dans la gloire, car de leur lignée devait naître un fruit glorieux, celle qui t’a engendré virginalement. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints Ancêtres, ton 6
Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré l’image faite de main d’homme, mais fortifiés par l’Essence indescriptible, dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. Hâte-Toi, ô Miséricordieux, viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon Ta volonté.

Évangile du jour
(Lc XIV,16-24)

Le Seigneur dit: Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. À l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés: Venez, car tout est déjà prêt. Mais tous unanimement se mirent à s’excuser. Le premier lui dit: J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis aller. Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le serviteur dit: Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Vingt-Huitième Semaine après la Pentecôte
Galates 5:22-6:2; Luke 10:19-21

Je te remercie, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. Voici le jugement sur la sagesse et l’intelligence humaines. Nous pouvons voir cela se produire. La révélation est désormais sous nos yeux dans l’Écriture Divine, et les intelligents la lisent, mais ne la comprennent pas. On ne peut que s’émerveiller: c’est écrit simplement, mais pour eux tout semble différent de ce qui est écrit, ils sont comme aveuglés. Les enfants voient et comprennent, mais pour les autres ce qui est révélé est caché. Il a plu au Père céleste de l’établir ainsi, par conséquent il n’est pas nécessaire d’en débattre.

Si ce qui était une nécessité vitale n’avait pas été révélé à tous, alors les intelligents pourraient encore faire des objections, mais cela a été révélé-venez prenez en votre part-c’est pourquoi cela a été révélé.

Devenez seulement un petit enfant. « Comment-moi? » dites-vous, « pas question! » Eh bien, comme vous le souhaitez; restez sages et intelligents, ne comprenant, cependant, rien d’une nécessité vitale et ne contenant pas [cette révélation] dans votre tête, errant au milieu des fantômes et des illusions nées de l’ostentation votre intelligence, et vous maintenant dans une cécité totale, selon laquelle vous pensez que vous pouvez voir, mais vous êtes aveugles, et ne pouvez pas voir au loin »(cf. 2 P. 1:9), c’est-à-dire que vous voyez quelque chose, comme à travers une brume épaisse.

Mais cela ne vous montre pas le vrai chemin et ne vous conduis pas au but, mais ne fait que vous garder dans le cercle vicieux de l’auto-illusion. Sauve-nous, ô Seigneur, d’un tel état terrible!…

Version française Claude Lopez-Ginisty

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Jovan Nikoloski