30/04/2017
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10 février

10 février
Jour de jeûne
Saint Charalampe le thaumaturge, hiéromartyr, et ses compagnons : saints Porphyre, Baptos et trois autres martyrs à Magnésie en Asie Mineure (202) ; sainte Galina (IIIème s.) ; saintes Ennathe et Valentine et saint Paul, martyrs (308) ; saint Trojan, évêque de Saintes (533) ; sainte Scholastique, sœur de saint Benoît de Nursie (543) ; saint Prothade, évêque de Besançon (624) ; sainte Austreberte, abbesse en Normandie (704) ; sainte Anne, princesse de Novgorod (1056) ; saint Prochore des Grottes de Kiev (1107) ; saint Longin de Koriajemka (Vologda) (1540) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Groudinsky) et Valérien (Novitzky), prêtres (1930).

SAINT CHARLAMPE

Saint Charalampe le thaumaturge, hiéromartyr (+202)

Le saint et glorieux martyr Charalampe vivait sous le règne de l’empereur Septime Sévère (194-211) et sous le gouvernement de Lucien, dans la ville de Magnésie du Méandre, près d’Éphèse. Il était âgé de cent sept ans et exerçait depuis longtemps le ministère sacerdotal pour les chrétiens de la ville, leur enseignant avec zèle comment suivre la voie de la vérité et prêchant à tous la foi au Christ, sans craindre la menace des païens. Dénoncé comme dangereux agitateur et présenté au tribunal de Lucien, il répondit aux menaces du gouverneur en disant : « Tu connais bien mal ce qui est pour moi avantageux et salutaire. Rien ne m’est plus agréable que les tortures pour le Christ. Applique donc au plus vite à mon vieux corps les tortures que tu jugeras les plus intolérables, afin que tu apprennes quelle est la puissance invincible de mon Christ. » Les bourreaux le dépouillèrent alors de sa robe sacerdotale, puis lui lacérèrent la chair au moyen d’ongles de fer, sans pouvoir lui faire échapper un seul cri de douleur. Il leur disait au contraire : « Je vous remercie, mes frères, car en écorchant ce corps vieilli, vous renouvelez mon âme et la préparez à la béatitude éternelle ! »
En voyant combien vaillamment ce vieillard supportait la torture, le gouverneur Lucien, au lieu de se repentir et de rendre gloire à Dieu, fut pris d’une fureur sauvage ; il se précipita sur le saint et entreprit de lui arracher la peau de ses propres mains. Mais, soudain, par une intervention divine, celles-ci furent tranchées et restèrent accrochées, inertes, au corps du martyr. Pris de pitié en entendant les cris et les supplications du tyran, saint Charalampos se mit en prière et obtint sa guérison . Devant un tel miracle et cette démonstration de l’amour des chrétiens pour leurs ennemis, les bourreaux Porphyre et Baptos (ou Dauctos) renoncèrent au culte des idoles et crurent au Christ Dieu. Trois femmes de l’assistance se précipitèrent à leur suite et, sans crainte, proclamèrent aussi leur foi .
Aussitôt guéri, le gouverneur reconnaissant fut baptisé par le saint et un grand nombre des habitants de la province d’Asie furent gagnés au Christ. Quand l’empereur Sévère apprit que les habitants de Magnésie et de sa région abandonnaient les idoles et recevaient le saint baptême de ce vieux prêtre qu’il avait condamné à mort, que par sa prière les aveugles recouvraient la vue et les infirmes marchaient, il fut pris d’un grand trouble et envoya aussitôt trois cents soldats avec ordre de transpercer le corps du saint de clous, puis de l’amener ainsi enchaîné de Magnésie à Antioche de Pisidie, où il résidait. Sur le chemin, comme les soldats maltraitaient sans pitié le vieillard, le cheval sur lequel ils l’avaient monté prit soudain une voix humaine et condamna l’empereur comme ennemi de Dieu et ses soldats comme serviteurs du diable. Saisis d’une grande terreur, les hommes d’armes continuèrent leur route sans faire de mal au saint.
Aussitôt qu’on lui présenta le vénérable vieillard, l’empereur ordonna de lui enfoncer une longue broche dans la poitrine et de le jeter dans un brasier allumé à cette intention. Mais Charalampe resta insensible à la souffrance et le feu s’éteignit à son contact. Surpris, le souverain lui demanda qu’est ce qui le rendait ainsi invulnérable. Il répondit : « La puissance du Christ ! » Sévère voulut alors le mettre à l’épreuve et lui présenta un homme qui était possédé du démon depuis trente-cinq ans. D’une seule parole, le saint chassa l’esprit impur. Il lui soumit ensuite un jeune homme mort qu’on se préparait à ensevelir. Après avoir adressé une fervente prière à Dieu, saint Charalampe le releva de sa couche en lui tendant la main, comme s’il s’agissait d’un dormeur, à la grande admiration de l’empereur. Le préfet Crispus s’écria alors : « Mets cet homme à mort sans plus tarder, ô Roi, car c’est par sorcellerie qu’il accomplit ces prodiges. »
L’empereur, revenant à sa haine furieuse, somma le saint de sacrifier aux idoles ; et, devant son refus, il donna l’ordre de lui broyer la mâchoire avec des pierres et de lui brûler la barbe. Mais, par une nouvelle intervention de Dieu, la flamme des torches se retourna soudain contre les bourreaux et un tremblement de terre ébranla le lieu où ils se trouvaient. L’empereur, soulevé de son trône, se trouva suspendu en l’air et fut fouetté pendant un long moment par des anges invisibles. Lorsque la fille de Sévère, nommée Galinée, apprit ce qui arrivait, elle alla supplier le saint martyr avec larmes de délivrer son père, en confessant le Christ Tout-Puissant. Après avoir été délivré de ces tourments, l’empereur resta quelque temps dans l’admiration de la puissance de Dieu, mais il revint ensuite à sa folie idolâtre et fit appliquer de cruelles tortures au saint qu’il avait gardé prisonnier, malgré les remontrances de sa fille qui lui rappelait vainement les bienfaits de Dieu dont il avait bénéficié. La colère du tyran se tourna alors contre sa propre fille et il la menaça de mort si elle ne sacrifiait pas aux idoles. Galinée, feignant de se soumettre, entra dans le temple, où elle jeta les statues à terre et les réduisit en morceaux. Sévère fit fondre de nouvelles statues, mais sa fille les brisa de nouveau, en rendant le tyran ridicule devant le peuple.
Sévère essaya alors une dernière fois de soumettre par la torture le responsable d’une conversion si éclatante, Charalampe. Mais, inébranlable comme le diamant, le saint résistait à toutes les entreprises des bourreaux et brillait aux yeux de tous de l’éclat radieux de la grâce. Il accueillit avec joie la sentence de mort et, une fois rendu au lieu de l’exécution, il leva les yeux et les mains vers le ciel, remercia Dieu de l’avoir amené jusqu’au terme de son combat et Lui demanda pour tous ceux qui Le prieront en son nom, célébreront sa mémoire ou vénéreront ses reliques, le salut de l’âme, la santé du corps et l’abondance de tous les biens en cette vie et dans l’autre. Une voix se fit alors entendre du ciel : « Viens, Charalampe, vaillant lutteur, pour prendre part à la joie et à la splendeur des martyrs et des saints prêtres ! » Sa tête tomba sous le glaive le 10 février . La bienheureuse Galinée ensevelit son précieux corps.
Le crâne de saint Charalampe est conservé au monastère de Saint-Étienne des Météores. Les fragments de ses saintes reliques, dispersés en de nombreux endroits de Grèce et d’ailleurs, accomplissent chaque jour quantité de miracles, et ont rendu saint Charalampe, le plus âgé de tous les saints martyrs, particulièrement cher au peuple grec .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Charalampe, ton 4
Tu fus l’inébranlable pilier; * pour l’Église du Christ * en toi, Charalampe, l’univers * trouve une lampe sans cesse allumée; * sur le monde, par le témoignage du martyre, tu as brillé, * dissipant les ténèbres des faux-dieux; * grâce au crédit que tu possèdes auprès de lui, * Bienheureux, prie le Christ * d’accorder à nos âmes le salut.

Kondakion de saint Charalampe, ton 4
Comme un trésor de grand prix * l’Eglise possède ton chef, * victorieux Athlète du Christ, * hiéromartyr Charalampe; * c’est pourquoi elle exulte, en glorifiant le Créateur.

Évangile du jour
(Mc. XI, 23-26)
Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

28 janvier (ancien calendrier)/10 février (nouveau)

28 janvier (ancien calendrier)/10 février (nouveau)
Jour de jeûne
Saint Éphrem le Syrien (373) ; saint Pallade, ermite en Syrie (IVème s.) ; saint Jacques l’ascète, ermite en Palestine (VIème s.) ; saint Jean, abbé de Réomé, ermite dans l’Auxois (539) ; saint Isaac le Syrien, évêque de Ninive (VIIème s.) ; saint Ephrem de Novotorjok (1053) ; saint Éphrem, évêque de Pereyaslav (vers 1098) ; saint Théodose de Totma (1568) ; saints néomartyrs de Russie : Théodore (Bogoyavlensky), confesseur, prêtre (1933), Ignace, évêque de Skopino, Vladimir (Pichtchouline), prêtre et Bartholomée (Ratnykh), moine, Olga (Evdokimov) (1938), Léonce (Stasevitch), confesseur, moine (1972).

SAINT ÉPHREM LE SYRIEN
Cet astre radieux de l’Église s’est levé en Orient, dans la lointaine ville de Nisibe (Mésopotamie), vers 306. Tout jeune encore, il fut chassé de la maison familiale par son père — qui était prêtre païen — à cause de sa sympathie pour la religion chrétienne. Il fut alors recueilli par le saint évêque Jacques [13 janv.], qui l’instruisit dans l’amour des vertus et l’application constante à la méditation de la parole de Dieu. L’étude de l’Écriture sainte alluma en lui une flamme qui lui fit mépriser les biens et les soucis de ce monde pour élever son âme vers la jouissance des biens célestes. Sa foi et sa confiance en Dieu, inébranlables comme le mont Sion, le portèrent à embrasser un admirable mode de vie. Il avait une pureté du corps et de l’âme qui dépassait les limites de la nature humaine et qui lui faisait gouverner en roi tous les mouvements de son âme, en ne laissant pas une seule pensée mauvaise surgir à l’horizon de son esprit. À la fin de sa vie, il reconnaissait n’avoir jamais dit de mal de personne et n’avoir jamais laissé échapper de sa bouche une seule parole inconsidérée.

Dépouillé de tout, comme les apôtres, luttant de jour contre la faim et de nuit contre le sommeil, et revêtant ses actions comme ses paroles de la sainte humilité du Christ, il reçut de Dieu le don de la componction et des larmes continuelles à un degré tel qu’il occupe dans le chœur des saints la place privilégiée de « maître de la componction ». Par un miracle, connu seulement de ceux qui s’offrent tout entier en holocauste au Seigneur, ses yeux avaient été transformés en deux sources intarissables de larmes. Pendant des années, pas un moment du jour ou de la nuit, ces eaux lumineuses, purificatrices et porteuses de sanctification, ce « second baptême des larmes », ne cessèrent de couler de ses yeux, faisant de son visage un miroir très pur où se reflétait la présence de Dieu. Il pleurait continuellement sur ses péchés ou sur les péchés des autres hommes, et parfois, quand il passait à la méditation des merveilles que Dieu a faites pour nous, ces pleurs se transformaient en larmes de joie. Tel un cercle merveilleux, dont on ne peut pas discerner le commencement ou la fin, les gémissements faisaient naître en lui les larmes ; les larmes, la prière ; la prière, la prédication, laquelle était elle-même interrompue par de nouvelles lamentations. En lisant ses admirables discours sur la componction ou ses descriptions si réalistes du Jugement Dernier, même les cœurs les plus endurcis ne peuvent rester insensibles. Pour de nombreuses générations jusqu’à aujourd’hui, la lecture de saint Éphrem a fait couler bien des larmes, ouvrant aux pécheurs la voie du repentir et de la conversion.

Quelque temps après son baptême, vers l’âge de vingt ans, Éphrem se retira au désert, fuyant le trouble de la ville pour s’entretenir dans la quiétude avec Dieu et vivre en compagnie des anges. Il passait de lieu en lieu, libre de tout attache, allant là où le conduisait le Saint-Esprit, pour son profit et celui de ses frères. C’est ainsi qu’il se rendit dans la ville d’Édesse pour un pèlerinage et à la recherche d’un saint homme avec lequel il pourrait mener la vie monastique. Rencontrant sur son chemin une femme de mauvaise vie, il feignit d’accepter ses propositions et, lui disant de le suivre, il la conduisit vers la place publique, au lieu de chercher quelque endroit retiré et propice au péché. La prostituée lui fit remarquer : « Pourquoi m’amènes-tu là ? N’as-tu pas honte de t’exposer aux regards des hommes ? » Le saint répondit : « Malheureuse, tu crains le regard des hommes, pourquoi ne crains-tu pas le regard de Dieu qui voit tout et qui jugera au dernier jour nos actions et nos pensées les plus secrètes ? » Saisie de crainte, la femme se repentit et se laissa conduire vers un lieu favorable à son salut.

Au bout de quelques années à Édesse, saint Éphrem retourna vivre au désert. Comme il avait entendu vanter les vertus de saint Basile le Grand, Dieu lui révéla dans une vision que l’évêque de Césarée était semblable à une colonne de feu qui unissait la terre au ciel. Sans tarder, Éphrem partit alors pour la Cappadoce. Il arriva à Césarée le jour de la Théophanie, et entra dans l’église au moment même où l’on célébrait la Divine Liturgie. Bien qu’il ne comprît pas le grec, il fut saisi d’admiration en voyant le grand évêque prêcher, car il voyait une colombe blanche posée sur son épaule, qui lui murmurait à l’oreille des paroles inspirées. C’est cette même colombe qui révéla à saint Basile la présence dans la foule de l’humble ascète syrien. Il envoya des acolytes le chercher, s’entretint avec lui quelques instants dans le fond du sanctuaire et, répondant à sa requête, il obtint de Dieu qu’Éphrem se mît soudain à parler grec, comme s’il connaissait cette langue depuis son enfance. Puis il l’ordonna diacre, et le laissa partir vers sa patrie.

C’est alors que commença une longue série de guerres entre les Romains et les Perses (de 338 à 387), et des persécutions implacables furent lancées dans tout le royaume contre les chrétiens, considérés comme les alliés des Romains. Apprenant dans son désert les souffrances de ses frères, saint Éphrem retourna alors à Nisibe pour leur venir en aide par ses œuvres et ses paroles. Dès son enfance, il avait eu la révélation de la vocation à laquelle Dieu l’appelait, en voyant en vision une vigne abondante pousser de sa bouche et remplir toute la terre. Tous les oiseaux du ciel venaient s’y poser et se rassasiaient de ses fruits, et plus ils grappillaient plus celle-ci se remplissait de raisins. La grâce du Saint-Esprit le remplissait avec une telle profusion que, lorsqu’il s’adressait au peuple, sa langue n’avait pas le temps de proférer les pensées célestes que Dieu lui inspirait, et il semblait comme pris de bégaiement. C’est pourquoi il adressa à Dieu cette prière peu commune, en disant : « Retiens, Seigneur, les flots de ta grâce ! »

Lorsqu’il n’était pas occupé à l’enseignement pour confirmer la foi contre les païens et les hérétiques, il se mettait humblement au service de tous, en véritable diacre, imitant le Christ devenu pour nous « serviteur ». C’est ainsi que, par humilité, il refusa toujours l’élévation au sacerdoce. Ses vertus, sa prière, les fruits de ses contemplations et de sa méditation, toute la grâce que Dieu lui donnait, il ne les gardait pas pour lui-même, mais il en ornait l’Église, Épouse du Christ, comme d’une couronne d’or sertie de pierreries. Lorsqu’on assiégea Nisibe, en 338, ce fut grâce à sa prière et à celle de saint Jacques [13 janv.] que la cité fut délivrée. Mais, après les guerres successives, elle fut finalement livrée au cruel souverain des Perses, en 363. Refusant de vivre sous la domination païenne, saint Éphrem et beaucoup d’autres chrétiens partirent alors pour Édesse. Il passa là les dix dernières années de sa vie, et continua l’œuvre amorcée dans l’école exégétique fondée à Nisibe par saint Jacques, en enseignant à l’École d’Édesse, appelée dès lors « École des Perses ». Il rédigea alors la plus grande partie de ses ouvrages admirables, où sa connaissance de Dieu et des saints dogmes revêt la splendide parure d’une langue poétique incomparable. On dit qu’il composa en syriaque plus de trois millions de vers : commentaires de la plupart des livres de l’Écriture sainte, traités contre les hérésies, hymnes sur le Paradis, sur la Virginité, sur la Foi, sur les grands mystères du Sauveur et des fêtes de l’année . Une grande partie de ces hymnes est entrée dans la composition des livres liturgiques de l’Église de langue syriaque, d’où son surnom de « Lyre du Saint-Esprit » et de « Docteur de l’univers ». D’autres traités, très nombreux, nous ont été transmis sous son nom en grec sous son nom. Ils portent davantage sur la componction, l’ascèse et les vertus monastiques.

Après avoir organisé les secours dans la cité, lors de la famine de 372, saint Éphrem remit son âme à Dieu l’année suivante (373), entouré d’un grand nombre de moines et d’ascètes qui étaient sortis de leurs monastères, de leur désert, de leur grotte, pour assister à ses derniers moments. Il leur laissa un Testament émouvant, plein d’humilité et de componction, dans lequel il demande instamment à tous ceux qui l’aiment de ne pas l’honorer par des funérailles brillantes, mais de déposer son corps dans la fosse réservée aux étrangers, en lui offrant, en guise de fleurs et d’aromates, le soutien de leurs prières.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Éphrem, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Ephrem, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion, de saint Éphrem, ton 2
Méditant sans cesse sur l’heure du jugement, * tu versais des larmes amères, toi l’ami du silence et de la paix; * tes œuvres, vénérable Père, ont fait de toi * un maître d’action, un docteur universel: * par toi les négligents sont éveillés au repentir.

Évangile du jour
(Mc XI, 23-26)
Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

9 février

9 février

Clôture de la sainte Rencontre. Saint Nicéphore d’Antioche, martyr (vers 257) ; saints Marcel, évêque de Sicile, Philagre, évêque de Chypre et Pancrace, évêque de Taormine, martyrs (Ier s.) ; sainte Apolline, vierge, martyre à Alexandrie (249) ; saint Braque, ermite (576) ; saint Aubert, évêque de Senlis (vers 685) ; saint Ansbert, évêque et confesseur (695) ; saint Pierre Damascène, moine hésychaste (XIIème s.) ; saint Pancrace des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Nicéphore (1557) et saint Gennade (vers 1516) de Vageozero ; saints néomartyrs de Russie : Basile (Izmaïlov), prêtre (1930) ; Jean (Friazinov), prêtre (1938).

SAINT NICÉPHORE D’ANTIOCHE

Saint Nicéphore d’Antioche, martyr (vers 257)

Dans la ville d’Antioche de Syrie vivaient, sous le règne de Valérien et de Galien (253-260), un prêtre, nommé Sapricius, et un simple chrétien, Nicéphore, qui étaient liés d’une si forte amitié qu’on eût dit qu’ils n’avaient qu’une seule âme, qu’un seul cœur, qu’une seule volonté. Il advint pourtant que, par la malice du démon, cette amitié se changeât en une haine implacable. Après quelque temps Nicéphore, revenant à lui-même et réalisant que rien n’est plus précieux aux yeux du Seigneur que la charité mutuelle et la réconciliation de ceux qui ont été séparés par la haine du diable, envoya à plusieurs reprises des amis vers Sapricius, afin de lui demander de lui pardonner pour l’amour du Christ. Mais à chaque fois, ces émissaires de la paix se heurtèrent au cœur endurci du prêtre qui, transgressant le commandement du Seigneur, continuait d’offrir le saint Sacrifice sans se réconcilier avec son frère (cf. Mt 5, 23). L’humble Nicéphore décida alors d’aller en personne se jeter aux pieds de l’impitoyable Sapricius, dans l’espoir de l’attendrir. Mais celui-ci passa son chemin, sans même jeter un regard sur son ami prosterné.

Sur ces entrefaites, la persécution contre les chrétiens s’étant ranimée, Sapricius fut arrêté et traduit devant le tribunal du proconsul. Il confessa avec fermeté qu’il était prêtre chrétien et qu’il préférait la mort plutôt que de sacrifier aux faux dieux. Comme il restait inébranlable sous la torture, il fut condamné à être décapité. Tandis qu’on le conduisait vers le supplice, Nicéphore, inquiet de voir son ami sacrifier ainsi vainement sa vie au nom du Christ alors qu’il était séparé de son frère, vint se jeter devant lui en criant : « Martyr du Christ, pardonne-moi les fautes pour lesquelles tu es fâché contre moi ! » Froid et insensible comme la pierre, Sapricius continua son chemin. Nicéphore, sans se décourager, alla l’attendre à un autre endroit et renouvela sa demande sous les quolibets des soldats de l’escorte, mais sans plus de succès. Il répéta encore une fois sa démarche quand le cortège arriva sur les lieux de l’exécution, en versant un flot abondant de larmes, mais il ne trouva pour réponse que la colère et les injures du martyr.
Au moment même, où le bourreau tenait le glaive levé et où la couronne inflétrissable du martyre s’apprêtait à descendre du ciel, Dieu retira sa grâce de l’indigne Sapricius qui se tourna soudain vers le bourreau et lui demanda : « Pourquoi donc veux-tu me couper la tête ? » — « Parce que tu refuses de te soumettre aux ordres de l’empereur et d’adorer les idoles. » Nicéphore s’écria en pleurs : « Non, mon frère bien-aimé, ne fais pas cela ! Ne perds pas une couronne que tu as préparée par tant de souffrances, en reniant ainsi le Seigneur ! » Mais celui qui était resté si opiniâtrement sourd aux propositions de paix de son ami ne l’écouta pas davantage et resta obstiné dans sa résolution. Nicéphore se tourna alors vers le bourreau, en s’écriant : « Je suis chrétien. Je crois en notre Seigneur Jésus-Christ que celui-ci vient de renier. Laissez-le aller et faites-moi mourir à sa place ! »

On rapporta la chose au gouverneur qui ordonna de relâcher Sapricius et d’exécuter Nicéphore à sa place. Celui-ci posa joyeusement sa tête sur le billot et offrit sa vie, à l’imitation du Christ, pour celui qui avait perdu, à cause de son orgueil et de sa dureté de cœur, la récompense de tous ses combats. En partant au ciel pour recevoir la couronne de gloire, saint Nicéphore laissa aux chrétiens l’illustration vivante de ces paroles prononcées par l’Esprit Saint : Quand je livrerais mon corps au flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien (1 Cor 13, 3). Et Si vous ne pardonnez pas aux autres les offenses que vous en avez reçues, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus les fautes que vous commettez… Car on se servira pour vous de la même mesure dont vous vous serez servie envers les autres (Mt 6, 14; 7, 2).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc XI, 11-23)

Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze. Le lendemain, après qu’ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; et, s’en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l’entendirent. Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait: N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Les principaux sacrificateurs et les scribes, l’ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville. Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son coeur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir.

27 janvier (ancien calendrier)/9 février (nouveau)

27 janvier (ancien calendrier)/9 février (nouveau)

Translation des reliques de saint Jean Chrysostome (en 438) ; saint Julien, premier évêque du Mans (vers 250) ; Saintes Maure et Britta, vierges (IVème s.) ; Sainte Dévote, vierge et martyre, patronne de la principauté de Monaco ( 304) saint Maur, abbé du monastère du Val Benoît (vers 550) ; saint Loup (ou Leu), évêque de Chalon-sur-Saône (vers 610) ; Saint Marius, abbé de Bodon (v. 650) ; saint Dimitrios, martyr à Constantinople (1784).

Saint Jean Chrysostome

TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Après le décès de notre saint et glorieux Père Jean Chrysostome, survenu au cours de son exil à Comane en Cappadoce, son corps fut déposé avec ceux des saints martyrs Basilisque et Lucien, comme ces derniers le lui avaient révélé en songe. Un an plus tard (408), l’empereur Arcade et sa femme Eudoxie, qui avait été la responsable de l’exil du saint, trouvèrent la mort, et Théodose le Jeune prit la succession. Peu à peu on restaura sur leurs sièges les partisans du saint, qui avaient été exilés ; mais certains évêques malveillants, menés par Théophile d’Alexandrie, continuaient à poursuivre sa mémoire de leur haine. La division dura jusqu’à l’élection de saint Proclos sur le trône de Constantinople, en 434 [20 nov.]. La quatrième année de son épiscopat, celui-ci parvint à convaincre l’empereur de faire transférer solennellement les reliques du saint de Comane à Constantinople (438). Mais notre saint Père Jean, vivant par la grâce du Saint-Esprit et toujours soucieux d’inculquer au souverain le repentir et l’humilité, refusa de laisser déplacer son corps. Tous les efforts des soldats et des envoyés de l’empereur restaient vains. Le cercueil était comme scellé au sol. L’empereur Théodose, comprenant le message qui lui était ainsi adressé, écrivit une lettre à saint Jean, lui demandant humblement pardon pour la persécution menée contre lui par son père et le suppliant d’accepter de retourner dans la ville impériale pour réjouir le cœur de tous ceux qui l’attendaient depuis tant d’années. Aussitôt la lettre posée sur la poitrine du saint, le cercueil se laissa déplacer sans aucune peine et il fut transporté en grande pompe jusqu’à Constantinople.

Quand le cortège parvint à Chalcédoine, le peuple couvrit le bras de mer qui sépare cette ville de la capitale de tant de vaisseaux ornementés et de flambeaux qu’il semblait avoir été transformé en terre ferme. Mais, pendant la traversée, une tempête soudaine dispersa la flotte et le navire impérial, où avait été déposée la précieuse relique, alla s’échouer tout près de la propriété d’une veuve, nommée Callitrope, dont l’impératrice Eudoxie avait voulu injustement s’emparer, et qui avait été l’occasion du dernier exil du saint. Le champ fut alors rendu à la veuve et la mer se calma aussitôt.
L’empereur Théodose vint en personne à la rencontre du saint, suivi de tout le Sénat. Il se prosterna à terre et, posant le visage sur la châsse, il le supplia de pardonner les péchés commis contre lui et contre ses partisans. On transporta d’abord la sainte relique dans l’église de l’Apôtre Thomas dans le quartier d’Amantios, où elle fit cesser le tremblement qui agitait depuis vingt années le tombeau d’Eudoxie. Puis elle fut transférée à Sainte-Irène, où l’on installa le saint sur le trône épiscopal, tandis que le peuple en liesse criait : « Rentre en possession de ton trône, ô Saint ! » Finalement, le cortège se rendit aux Saints-Apôtres, le lieu de sépulture des empereurs et des patriarches, et lorsqu’on le plaça, là aussi, sur le trône, la voix du saint se fit entendre, disant : « Paix à tous ! » On déposa ensuite la relique sous l’autel et, pendant la Divine Liturgie qui fut alors célébrée, de nombreux miracles s’accomplirent. Depuis, les reliques de saint Jean Chrysostome, dispersées dans le monde, ne cessent de manifester sa présence paternelle et bienfaisante.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Chrysostome, ton 8
Resplendissante de clarté, * la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers, * révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part * et nous montrant la grandeur de l’humilité. * Père saint dont la parole nous instruit, * Jean Chrysostome, intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Jean Chrysostome, ton 1
La sainte Eglise se réjouit en esprit * du transfert de tes reliques, saint Jean; * les conservant comme un trésor de grand prix, * sans cesse elle accorde à ceux qui te chantent, * par tes prières, la grâce des guérisons, * bienheureux Chrysostome.

Évangile du jour
(Mc XI, 11-23)

Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze. Le lendemain, après qu’ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; et, s’en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l’entendirent. Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait: N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Les principaux sacrificateurs et les scribes, l’ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville. Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son coeur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir.

8 février

8 février
Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur ;  saint et grand martyr Théodore le Stratilate (319) ; saint prophète Zacharie (vers 520 avant Jésus-Christ) ; saint Ery, évêque de Verdun (591) ; saint Jacut, abbé de Landoac (VIème) ; saint Paul, évêque de Verdun (647) ; saint Sava II, archevêque de Serbie (1269) ; saints néomartyrs de Russie : Syméon (Koulgavets), André (Dobrynine), Serge (Lioubomoudrov) et Pierre (Markov), prêtres (1938), Alexandre (Abissov), prêtre (1942) ; saint hiéromartyr Alexandre, prêtre (1942).

SAINT THÉODORE LE STRATILATE

Saint et grand martyr Théodore le Stratilate (319)

Le saint et grand-martyr Théodore était originaire d’Euchaïta , petite localité située non loin d’Amasée. Sa bravoure et ses qualités oratoires lui avaient fait gagner l’estime de l’empereur Licinius (vers 320) qui l’avait nommé général et gouverneur de la cité d’Héraclée . Dès qu’il entra en charge, Théodore révéla sans crainte qu’il était chrétien et convertit par ses paroles enflammées une grande partie de la ville à la vraie foi. On raconte même qu’il confirma la vérité de sa prédication en tuant un dragon qui effrayait les habitants de la région. En réponse à la convocation de l’empereur, qui avait été mis au courant de la conduite inattendue de son favori, Théodore invita Licinius à venir lui-même lui rendre visite à Héraclée, avec ses idoles d’or et d’argent. Encouragé par une vision nocturne qui lui annonçait que le temps était venu pour lui de témoigner par son sang de son amour du Christ, il accueillit l’empereur avec faste. Celui-ci, admirant le bon ordre de la cité, proposa au gouverneur de montrer sa piété envers les dieux en leur offrant un sacrifice. Théodore acquiesça et demanda seulement de prendre les idoles chez lui pendant la nuit, afin de les adorer avant le sacrifice public. Il prit donc les statues d’or amenées par l’empereur et passa la nuit à les réduire en morceaux et, au petit matin, il distribua l’or aux pauvres. Le moment du sacrifice étant arrivé, un centurion alla rapporter affolé à l’empereur, qu’il avait vu un pauvre porter la tête d’or d’une statue d’Artémis. Dès qu’il fut revenu de sa stupeur, le souverain en fureur fit étendre le saint sur le chevalet et ordonna de lui infliger sept cents coups de nerf de bœuf sur le dos, cinquante au ventre et de lui frapper la nuque avec des boules de plomb. Ensuite on l’écorcha et, après avoir passé des torches sur ses plaies, on les racla à l’aide de débris de céramiques. Pendant ces supplices, le saint martyr répétait seulement : « Gloire à Toi, mon Dieu ! »

Jeté en prison et laissé sept jours sans nourriture, il fut ensuite cloué sur une croix en-dehors de la ville. Les soldats sans pitié lui enfoncèrent dans le membre viril une tringle de fer qui lui perça les entrailles, et des enfants s’amusèrent à lui lancer des flèches qui lui crevèrent les yeux. Patient dans les tourments et longanime envers ses bourreaux, à l’exemple de son divin Maître, Théodore restait inébranlable dans sa prière et encourageait son serviteur Varus à consigner par écrit tous les détails de son martyre.

Comme on l’avait laissé suspendu à la croix pendant la nuit, un ange de Dieu vint le détacher, le guérit de toutes ses blessures et l’encouragea à persévérer jusqu’au terme de son combat. Quand, au matin, deux soldats vinrent pour détacher son cadavre, le découvrant avec stupeur indemne, ils se convertirent au Christ, entraînant avec eux tout le reste de la cohorte et, par la suite, les soldats qui avaient été envoyés pour les châtier.

Réalisant que, devant tant de merveilles, la ville en émoi risquait de se soulever, Licinius envoya d’autres soldats avec l’ordre d’exécuter sans retard Théodore, cause de tous ces désordres. Des chrétiens voulurent s’interposer, mais le saint martyr, sentant que l’heure était venue de consommer son union avec le Christ, les arrêta et se présenta paisiblement devant les bourreaux. Après s’être revêtu du signe de la Croix vivifiante, il inclina la tête et reçut d’un coup de glaive la couronne de la gloire.
Conformément à ses instructions, les chrétiens portèrent en cortège triomphal sa sainte relique dans sa maison familiale, à Euchaïta. C’est là qu’il accomplit de nombreux miracles au cours des siècles, au point que par la suite la ville prit le nom de Théodoroupolis.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Théodore ton 4
Dans l’armée véritable du Roi des cieux * tu fus un excellent stratège, Théodore, martyr victorieux: * car, tu as combattu sagement, avec les armes de la foi, * exterminant les troupes des démons, en athlète vainqueur; * c’est pourquoi nous les fidèles, nous te disons bienheureux.

Tropaire du prophète, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Zacharie, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théodore, ton 6
Ayant armé de courage ta foi * et pris comme lance la parole de Dieu, * tu as transpercé l’ennemi, * Théodore, fameuse gloire des martyrs; * avec eux ne cesse pas * d’intercéder pour nous tous auprès du Christ notre Dieu.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc X, 46-52)

Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi! Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle. L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé.

26 janvier (ancien calendrier)/8 février (nouveau)

26 janvier (ancien calendrier)/8 février (nouveau)

Saint Xénophon, son épouse, sainte Marie, et leurs fils Arcade et Jean (VIème s.) ; saint Sévérien, évêque de Mende (IIIème s.) ; saints Ananias, prêtre, Pierre, gardien de prison et sept guerriers, martyrs (vers 300) ; saint Siméon l’Ancien, abbé en Syrie (vers 390) ; sainte Paule veuve romaine, disciple de saint Jérôme 404)saint Auxile, évêque de Fréjus (Vème s.) ; saint Xénophon de Robéika (1262) ; Translation des reliques de saint Théodore le Stoudite et de saint Joseph, évêque de Thessalonique (844) ; saint Ausile, évêque de Fréjus, martyr (vers 483) ; saint David IV le Restaurateur, roi d’Ibérie et d’Abkhasie (1125) ; saint martyr Jean (Popov) (1938).

Saint Xénophon, son épouse, sainte Marie, et leurs fils Arcade et Jean (VIème s.)

SAINT XÉNOPHON ET SAINTE MARIE
Saint Xénophon était un riche et honoré sénateur de Constantinople, sous le règne de Justinien (527-565). De sa vertueuse épouse, Marie, il eut deux fils, Arcade et Jean, auxquels il donna une excellente éducation et, quand ils en eurent atteint l’âge, il les envoya poursuivre leurs études de droit à la fameuse école de Béryte (Beyrouth). Au bout de quelque temps, il tomba gravement malade et rappela ses deux fils à la capitale, afin de leur transmettre ses dernières recommandations ; mais il revint à la santé, et les deux jeunes gens prirent joyeusement la route du retour. Le navire sur lequel ils s’étaient embarqués fut alors pris dans une terrible tempête, il fut fracassé par les flots, et les deux frères, séparés l’un de l’autre, furent sauvés par la grâce de Dieu.

En échouant sur le rivage, près de Tyr, Jean rendit grâce au Seigneur et, prenant alors conscience de la vanité de toute chose en cette vie terrestre, il devint moine dans un monastère de la région. Rejeté lui aussi sur le rivage, à quelque distance de là, Arcade mêla ses larmes à la joie d’avoir eu la vie sauve, en pensant que son frère avait probablement péri dans les flots. Mais la nuit même, il vit en songe Jean souriant, qui le rassura et lui recommanda d’embrasser lui aussi la vie monastique que leur père leur avait enseignée à honorer par-dessus tout. Il se rendit à Jérusalem, vénéra les Lieux saints et rencontra en chemin un vénérable vieillard qui, voyant sa peine, lui dit : « Ne sois pas triste, mon enfant, ton frère est vivant. Il est devenu moine et tu reverras tes parents qui, eux aussi, embrasseront la vie angélique. » Puis le vieillard l’emmena à la laure de Souka, fondée par saint Chariton [28 sept.], et l’installa dans la cellule où il avait lui-même passé cinquante années, en le laissant vivre seul, dans le jeûne et la prière, pendant une année.
Deux ans plus tard, comme il n’avait reçu aucune nouvelle de ses enfants, Xénophon envoya un de ses serviteurs à Béryte. Ne les trouvant pas, celui-ci prit la route d’Athènes, et un soir, comme il s’était arrêté dans une auberge, il reconnut un des serviteurs des deux garçons sous un habit monastique. Celui-ci lui raconta le naufrage et lui dit qu’il était devenu moine, pensant que ses deux maîtres avaient péri noyés. Lorsque Marie apprit la nouvelle, elle retint sa douleur pour rendre gloire à Dieu qui donne et retire ses bienfaits selon son bon plaisir. Le soir venu, quand Xénophon rentra au foyer, apprenant le retour de son serviteur et pensant qu’il était porteur d’un message, il demanda à voir la lettre de ses fils. Marie éclata alors en larmes, en lui révélant qu’ils avaient péri dans un naufrage. Ce fut alors au tour de Xénophon de montrer sa foi et sa fermeté d’âme. Il dit à son épouse : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni ! » (Jb 1, 21). Revêtant l’un et l’autre le cilice, ils passèrent toute la nuit en prière et, au petit matin, ils virent en songe leurs deux fils se tenir devant le Christ, la tête ornée d’une couronne d’or et de pierres précieuses. Puis ils partirent en pèlerinage vers les Lieux saints. Arrivés à Jérusalem, ils rencontrèrent le père spirituel d’Arcade, qui leur révéla que leurs fils étaient bien vivants et qu’ils allaient bientôt les voir, au retour de leur visite aux monastères du Jourdain.

Entre temps, par un merveilleux effet de la Providence, Jean et Arcade se retrouvèrent au Golgotha, en rendant visite au saint vieillard. Deux jours plus tard leurs parents arrivèrent de leur pèlerinage, vénérèrent le Saint Sépulcre et se rendirent auprès de l’Ancien, pour lui rappeler sa promesse. Remarquant la bonne tenue, la discrétion et le charme des deux disciples qui servaient le repas, sans reconnaître leurs enfants tant ils avaient été transformés par les labeurs de l’ascèse, Xénophon et Marie demandèrent d’où venaient ces deux jeunes gens d’apparence si distinguée. Arcade révéla alors son origine à ses parents qui éclatèrent en larmes de joie et décidèrent sans retard de consacrer eux aussi leur vie à Dieu dans l’ordre angélique. Les deux frères quittèrent leurs parents et suivirent l’Ancien dans le désert, Xénophon revêtit l’Habit monastique et s’enfonça dans la solitude, après avoir distribué tous ses biens et avoir placé son épouse dans un couvent de la ville. Les uns et les autres parvinrent à un degré élevé dans la vertu et reçurent de Dieu le don de clairvoyance et le pouvoir d’accomplir des miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Xénophon et Marie, ton 4
Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Kondakion des saints Xénophon et Marie, ton 4
Echappés à l’océan de cette vie, * le juste Xénophon et sa femme se réjouissent dans les cieux, * magnifiant le Christ en compagnie de leurs enfants.

Évangile du jour
(Mc X, 46-52)
Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi! Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle. L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé.

7 février

7 février

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur ; Saint Parthénios, évêque de Lampsaque (IVème s.) ; saint Luc d’Hellade, ascète (953) ; les 1003 Martyrs de Nicomédie (303) ; saint Trésain, prêtre à Mareuil-sur-Mame (550) ; saint Georges de Crète, néo-martyr (1866) ; saints néomartyrs de Russie : Alexandre (Talyzine), prêtre (1938) ; Alexis (Troïtzky), prêtre (1942).

SAINT PARTHÉNIOS, ÉVÊQUE DE LAMPSAQUE

Saint Parthénios, évêque de Lampsaque (IVème s.)

Saint Parthénios vécut sous le règne de saint Constantin le Grand. Il était fils d’un diacre de Mélitopolis (Hellespont), nommé Christodule. Bien qu’il fût dépourvu d’éducation, il suivait avec attention les lectures de l’Écriture sainte faites dans l’église et s’efforçait depuis sa jeunesse de les mettre en pratique. C’est ainsi qu’exerçant la profession de pêcheur, il vendait ses poissons pour en distribuer le produit aux pauvres, sans rien garder pour lui. Sa charité le rendit célèbre dans la région et l’évêque de Mélitopolis, Philète, l’ordonna prêtre contre son gré, en lui donnant comme mission de parcourir le diocèse pour y visiter les chrétiens. La grâce de Dieu fructifia alors abondamment en lui par quantité de miracles et de guérisons. Rencontrant un jour sur sa route un homme qui avait eu l’œil arraché par un coup de corne d’un taureau, il le remit en place et le guérit. Une autre fois, il guérit d’un seul signe de croix une femme atteinte d’un cancer incurable. Une autre fois encore, un chien enragé se précipita sur lui, et d’un simple souffle, le saint l’abattit roide mort.

Devant tant de preuves de la faveur divine, le métropolite de Cyzique, Ascale, le consacra évêque de la ville de Lampsaque qui était encore plongée dans l’idolâtrie. Par ses jeûnes, ses prières, ses paroles inspirées et l’exemple de sa conduite évangélique le saint réussit à convertir la cité. Après une visite à la cour de saint Constantin, il obtint l’autorisation de détruire les temples païens et reçut l’argent nécessaire à la construction d’une église. L’édifice une fois terminé, comme on avait entrepris de transporter une grande pierre devant servir à couvrir l’autel, à l’instigation du démon jaloux, les bœufs qui tiraient le char s’emportèrent soudain et le conducteur périt écrasé sous les roues. Le saint adressa aussitôt une fervente prière au Seigneur et la victime reprit vie.

Saint Parthénios était le père aimant et la providence de sa cité. Il guérissait sans faillir toutes les maladies, si bien qu’à leur grand dam les médecins étaient réduits au chômage. De même que les ténèbres sont dissipées par la lumière, à sa seule approche, les démons prenaient la fuite. Un jour, comme il expulsait avec autorité le démon d’un pauvre homme, le mauvais esprit le supplia, en disant : « Donne-moi un lieu où je pourrai demeurer dans l’attente du redoutable Jugement ou laisse-moi au moins entrer dans les porcs (cf. Mt 8, 31). » — « Pas du tout, répondit le saint, mais c’est un autre homme que je t’offre si tu sors de ce malheureux ». — « Quel est cet homme ? » — « C’est moi ! Viens et habite en moi ! » À ces mots, l’esprit malin s’enfuit, comme brûlé par le feu, en criant : « Comment pourrais-je entrer dans la maison de Dieu ? Ô, grande est la puissance des chrétiens ! »

Saint Parthénios se rendit un jour à Héraclée, la métropole de Thrace, où il trouva l’évêque gravement malade. Dieu lui révéla que l’avarice était la véritable cause de ce mal. « Lève-toi, dit-il au patient, car ce n’est pas d’une maladie corporelle dont tu souffres, mais c’est une maladie de l’âme qui t’afflige. Restitue aux pauvres les biens que tu as détournés et tu recouvreras la santé. » L’évêque, réalisant sa faute, offrit tous ses biens à Parthénios pour qu’il en fît la distribution aux indigents. « Non, reprit l’homme de Dieu, mais c’est à toi, puisque Dieu t’en donne la force, de rendre aux pauvres ce qui leur revient. » Le métropolite se fit alors transporter dans l’église dédiée à sainte Glycérie [13 mai], patronne de la cité, et il y distribua tous ses biens aux nécessiteux qu’on avait rassemblés. Trois jours plus tard, il recouvrait la santé.
Pendant son séjour à Héraclée, saint Parthénios guérit d’autres malades, il bénit champs et cultures en prédisant exactement combien ils devaient produire et, au moment de saluer le métropolite, il lui prédit sa mort prochaine et désigna celui qui devait être son successeur. Puis il retourna dans sa cité de Lampsaque, où il remit peu de temps après son âme à Dieu, laissant en héritage à son peuple le parfum de ses miracles et l’exemple de sa sainte conduite. Dès qu’ils apprirent la nouvelle, tous les évêques de la région vinrent en hâte à ses funérailles pour lui rendre honneur et élever vers Dieu de ferventes actions de grâces.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Parthénios, ton 4
Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Kondakion de saint Parthénios, ton 3
La divine grâce des miracles, tu l’as reçue, * saint pontife Parthénios, thaumaturge porteur-de-Dieu, * pour guérir toute souffrance des fidèles, Père saint, * et mettre en fuite les esprits du mal; * c’est pourquoi nous te chantons * comme suprême initié de la grâce de Dieu.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Kondakion du dimanche, 3ème ton
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance !

Évangile du jour
(Matth. XV, 21-28)

Jésus, étant parti de là, se retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria: Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples s’approchèrent, et lui dirent avec insistance: Renvoie-la, car elle crie derrière nous. Il répondit: Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui, disant: Seigneur, secours-moi! Il répondit: Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus lui dit: Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

25 janvier (ancien calendrier)/7 février (nouveau)

25 janvier (ancien calendrier)/7 février (nouveau)

Synaxe des saints néomartyrs et confesseurs de Russie ; Saint Grégoire le Théologien, archevêque de Constantinople (389) ; sainte Félicité et ses sept fils : Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial (vers 164) ; saint Publius, abbé de Zeugma en Syrie (vers 380) ; saint Mar, chantre en Syrie (vers 430) ; saint Racho, évêque d’Autun (vers 660) ; saint Prix, évêque de Clermont, et saint Amarin, abbé, martyrs (676) ; saint Moïse, archevêque de Novgorod (1362) saint Auxence de Constantinople, néo-martyr grec (1720) ; saint Anatole l’Ancien, d’Optino (1894) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir, métropolite de Kiev (1918) ; Pierre, archevêque de Voronège (1929) ; Basile, évêque de Priloutsk (1930) ; Étienne (Gratchev), prêtre, Boris, martyr (Zavarine) (1938).

SAINTE GRÉGOIRE LE THÉOLOGIEN
Saint Grégoire, cet homme à l’âme céleste et à la bouche sanctifiée par le feu du Saint-Esprit, a pénétré si profondément dans les mystères de Dieu qu’entre tous les Pères il a été jugé digne du titre de « Théologien », comme Jean, le Disciple Bien-aimé : c’est-à-dire non celui qui fait profession d’enseigner les dogmes, mais celui qui, après s’être purifié, a été uni à Dieu par la grâce et qui se tourne ensuite vers le peuple, tel Moïse, pour lui transmettre les oracles divins et lui communiquer la lumière. Comme saint Basile et saint Jean Chrysostome, sa vie dépasse largement les limites d’une simple biographie et se présente plutôt à nous comme un prototype de la sainteté chrétienne, et ses œuvres immortelles, insurpassables en beauté et en profondeur, constituent le plus digne ornement de l’Épouse du Verbe de Dieu.

Son père, saint Grégoire l’Ancien [1er janv.], homme sage et vertueux, s’était d’abord égaré dans la secte des hypsistariens ; puis, converti grâce à la patience et à la prière de son épouse sainte Nonne [5 août], il devint évêque de Nazianze, la petite ville de Cappadoce proche de leur propriété familiale d’Arianze. Alors qu’ils étaient restés longtemps sans progéniture, Dieu leur accorda successivement trois enfants : sainte Gorgonie [23 fév.], saint Grégoire et saint Césaire [25 fév.]. Après la naissance de Gorgonie, sainte Nonne avait instamment prié le Seigneur de lui accorder un fils, en Lui promettant de le Lui consacrer. Dieu répondit à sa prière en lui montrant dans un songe la figure de l’enfant qui allait naître et en lui imposant son nom. Dès la naissance de Grégoire (329), sa mère prit soin de cultiver en lui les semences des saintes vertus, de sorte que l’enfant montra bientôt la sagesse des vieillards, un grand attrait pour l’étude et une attirance irrésistible vers la contemplation et la prière. Une nuit, il vit en songe deux jeunes vierges pures lui apparaître, vêtues de blanc et le visage chastement couvert d’un voile. Elles le caressèrent doucement, en lui disant qu’elles étaient l’une la pureté et l’autre la chasteté, compagnes de notre Seigneur Jésus-Christ et amies de ceux qui renoncent au mariage pour mener une vie céleste. « Elles m’exhortèrent d’unir mon cœur et mon esprit au leur, afin que m’ayant rempli de l’éclat de la virginité, elles puissent me présenter devant la lumière de la Sainte-Trinité », dit-il dans un poème autobiographique . Il prit dès lors la résolution de consacrer sa vie à Dieu dans la virginité et s’éloigna de tout plaisir et divertissement de ce monde. Poussé par l’amour de la science, il partit avec son frère Césaire pour étudier la rhétorique à Césarée de Cappadoce, où il fit connaissance de saint Basile, puis il se rendit à Césarée de Palestine et à Alexandrie, où il laissa son frère pour s’embarquer vers l’illustre Athènes qui gardait encore sa renommée de capitale de l’éloquence et de la philosophie.

Mais le navire sur lequel il s’était embarqué fut pris, pendant près de vingt jours, dans une effroyable tempête. À genoux à la proue, le visage battu par le vent et les vagues, Grégoire, qui selon l’usage du temps n’avait pas encore reçu le baptême et qui redoutait d’être privé pour toujours de l’eau sainte qui nous purifie et nous rend aptes à recevoir la grâce de la divinisation, tendait les mains vers le ciel et suppliait Dieu avec larmes. Soudain, au moment même où il rappelait son engagement de servir Dieu toute sa vie, la tempête s’apaisa, les païens, qui avaient joint leurs prières aux siennes, se convertirent, et le navire parvint sans encombre à Athènes. Grégoire s’y lia avec saint Basile d’une indéfectible amitié appelée à devenir le modèle de l’amitié chrétienne [1er janv.]. Tout leur était commun : l’amour du savoir, le talent oratoire, la profondeur de la réflexion, et surtout la pureté des mœurs, la recherche de la perfection et la tension de tout leur être vers Dieu, qui leur faisaient dépasser leurs condisciples et même leurs maîtres, les rendaient aimables à tous et attiraient irrésistiblement à eux les hommes qui recherchaient sincèrement la vérité. Si bien que lorsque Basile décida de regagner sa patrie, jugeant avoir acquis là suffisamment de connaissances, leurs compagnons parvinrent à retenir Grégoire pendant quelque temps et firent de lui leur maître. Parvenant enfin à se libérer de cette affection inopportune, saint Grégoire retourna en Cappadoce, en 358, âgé de vingt-huit ans, et reçut le saint baptême. Il n’était désormais plus question pour lui de regarder vers les sciences et la beauté du langage. De tout l’élan de son cœur, il n’aspirait plus à vivre que pour Dieu seul, et contempler dès ici-bas son Royaume et sa gloire, en dégageant son intellect de tout attachement au monde. Jusqu’à la fin de ses jours, il soumit son corps à une stricte ascèse, malgré les maladies fréquentes, qui entravaient ses activités mais qu’il supportait avec joie. Il versait des larmes abondantes quand il élevait sa prière vers Dieu ou quand il se plongeait dans l’Écriture sainte pour s’y remplir de la parole de Dieu ; et il mit dès lors la brillante éloquence qu’il avait acquise au cours de ses études au service du Verbe incarné. Mais, plus que tout, il désirait pouvoir s’adonner sans trouble à la contemplation, dans le silence et loin du monde. C’est pourquoi il rejoignit en hâte saint Basile dans sa retraite de la vallée de l’Iris, afin d’y mener ensemble une vie semblable à celle des anges, conformément aux projets qu’ils avaient conçus pendant leur séjour à Athènes. Ils pénétraient ensemble, comme une seule âme, dans les mystères de Dieu, ils étaient transportés ensemble en de célestes contemplations, préfigurations de la joie et de la concorde des élus dans le Royaume de Dieu, et ils recevaient ainsi du Seigneur une connaissance incomparable sur le mystère de l’homme et de sa nature, et sur l’art de purifier l’âme de ses passions. C’est pourquoi, malgré leur jeune âge et le peu d’années passées dans la vie monastique, ils purent rédiger de concert les Règles monastiques, qui restent la charte de fondation du monachisme orthodoxe.

Cette vie toute céleste dura cependant peu de temps, car Grégoire fut bientôt rappelé par son père vieillissant pour prendre soin de lui et se charger à sa place de la direction de l’Église de Nazianze, malheureusement divisée à la suite du concile hérétique de Rimini (359). Aussitôt sur place, Grégoire tenta en vain de réconcilier ceux qui s’étaient séparés de la communion de son père, tout en s’efforçant d’accorder sa vie spirituelle et cette vie active. Malgré sa crainte mêlée de respect pour le sacerdoce et sa préférence pour la contemplation, il fut ordonné prêtre contre son gré par son père, qui espérait donner ainsi plus de force à sa prédication et désirait le préparer à la succession. Surpris par cette ordination comme par une « tyrannie », Grégoire s’enfuit alors dans le Pont, afin d’y adoucir sa douleur en compagnie de son cher Basile. Beaucoup blâmèrent alors et blâment encore le saint, l’accusant de lâcheté ou de faiblesse de caractère. Mais là n’est pas la vérité. Comment douter de l’équilibre psychologique et de la force d’âme d’un esprit si puissant, qui avait acquis dès sa jeunesse la bienheureuse impassibilité et la maîtrise sur toutes les puissances de son âme ? Il convient plutôt de voir en saint Grégoire un exemple frappant de la délicatesse extrême et de la sensibilité qu’acquièrent les saints en s’approchant de Dieu. Comme il l’expliqua lui-même dans son Discours apologétique, il n’avait pas fui alors le sacerdoce par crainte mais par une conscience aiguë de la redoutable responsabilité du pasteur d’âmes et, surtout, parce qu’il préférait s’unir à Dieu, et par là même à tous les hommes, dans la contemplation. « Rien ne me semblait préférable, dit-il, que de fermer la porte des sens, de sortir de la chair et du monde, de se rassembler en soi-même, ne gardant plus contact avec les choses humaines en dehors d’une absolue nécessité, de s’entretenir avec soi-même et avec Dieu, pour vivre au-dessus des réalités visibles, de manière à porter sur soi les reflets divins sans altérations ni mélanges avec les formes fugitives d’ici-bas ; devenir vraiment et devenant constamment vrai miroir immaculé de Dieu et des choses divines, en ajoutant lumière à la lumière et en substituant la netteté à la confusion, en jouissant dès maintenant par l’espérance des biens de la vie future, pour accompagner les anges dans leur ronde, en restant sur terre après avoir quitté la terre et avoir été élevé par l’Esprit. Si l’un de vous est possédé par ce désir, il sait ce que je veux dire et il me pardonnera ce que j’ai alors éprouvé » .

Mais, au bout de trois mois, sur les recommandations de saint Basile et craignant de désobéir à la volonté de Dieu, il retourna à Nazianze, et s’employa avec ardeur à ramener la concorde parmi les orthodoxes et à assister ses parents dans leur grande vieillesse. Pendant dix ans, il fut pour Nazianze le modèle du pasteur : humble disciple du Seigneur, ministre de sa parole et de sa grâce, règle de foi et image vivante de la perfection évangélique. Lorsque, en 361, l’empereur Julien, dont saint Grégoire avait prédit l’apostasie quand ils étaient condisciples à Athènes, commença sa tentative de restauration du paganisme, en interdisant aux enfants chrétiens l’accès à l’enseignement des Belles Lettres, saint Grégoire répliqua par la rédaction de brillants discours et de sublimes poèmes, dans lesquels il exposait les mystères de la foi avec une perfection littéraire et une richesse d’images et de vocabulaire qui dépassent les œuvres des grands auteurs de l’Antiquité. Avec saint Grégoire et les autres Pères de l’Église de cette époque, la culture hellénique n’est pas seulement convertie au christianisme, mais elle est définitivement dépassée et elle laisse la place à une culture proprement chrétienne orthodoxe, qui utilise le meilleur des productions de l’Antiquité en le transfigurant.

En 370, saint Grégoire et son père collaborèrent efficacement à l’élection de saint Basile sur le siège de Césarée et à sa reconnaissance comme chef du parti orthodoxe. Plus libre que Basile, exposé de toutes parts et obligé de maintenir une certaine réserve, Grégoire proclama alors ouvertement la divinité du Saint-Esprit contre les hérétiques macédoniens et résista audacieusement à la persécution de l’empereur Valens. Les deux amis avaient acquis un tel prestige dans le peuple que l’empereur n’osa pas s’en prendre à eux, et ils furent les seuls orthodoxes à échapper alors au bannissement.

En 372, malgré le désir de Grégoire, approuvé par Basile, de se retirer des charges pastorales dès la mort de ses parents, il fut ordonné par son ami évêque de la bourgade insignifiante de Sasimes, située aux confins de la Cappadoce et de la Cappadoce Seconde, province créée par Valens pour contrecarrer les activités de l’évêque de Césarée. En dépit de son affection pour Basile et de son souci du bien de l’Église, saint Grégoire n’accepta pas cette charge et s’enfuit dans la montagne, espérant trouver en Dieu quelque consolation à ses tribulations. Sur les instances de son père, il accepta de retourner à Nazianze et assura le gouvernement de cette Église, en tant qu’évêque remplaçant, jusqu’au décès du vieillard âgé de près de cent ans. Après la mort de son père (374), suivie de peu par celle de sainte Nonne, Grégoire céda une fois de plus aux supplications des fidèles et accepta de rester en place jusqu’à l’élection d’un nouvel évêque, malgré l’état d’extrême faiblesse dans lequel l’avaient placé la maladie, les austérités et les combats pour la foi. Mais, s’apercevant bientôt que les citoyens, désireux de le garder auprès d’eux, retardaient l’élection, il s’enfuit de nouveau, en secret, vers Séleucie, la métropole de l’Isaurie (375), où il se retira dans le monastère de Sainte-Thècle, en pensant y trouver enfin la paix. Là encore, il dut soutenir le bon combat de la foi contre les ariens, implacables à semer partout le trouble. Au début de l’année 379, à quelques jours d’intervalles, l’Église se revêtit d’un vêtement de deuil à la mort du phare de l’orthodoxie, saint Basile, mais elle le changea bientôt en tunique d’allégresse, lors de la disparition de Valens l’hérétique et de la promotion de Théodose le Grand, fidèle défenseur de la foi de Nicée. Tous les regards orthodoxes se tournaient avec espoir vers Grégoire, comme le plus digne représentant de la foi et son plus brillant prédicateur.

Les fidèles de Constantinople, la capitale impériale qui se trouvait depuis plus de quarante ans aux mains des hérétiques, demandèrent alors au saint évêque de Nazianze de venir à leur secours. De nouveau arraché aux délices de la contemplation divine par le souci de la sauvegarde de l’Église, il arriva à Constantinople, en portant avec lui la force irrésistible de sa parole et la puissance de ses miracles. Il y fut reçu dans une demeure appartenant à des parents , où le peuple orthodoxe commença bientôt à se rassembler en nombre croissant pour écouter avec enthousiasme ses prédications, de sorte que la demeure fut bientôt transformée en église, sous le nom d’Anastasie (« Résurrection ») : parce que la foi qui était morte à Constantinople y était comme ressuscitée grâce à la parole de saint Grégoire.

Seul contre la multitude des hérétiques et des sectes diverses, le saint captivait son auditoire par son éloquence et tranchait les sophismes et les arguments de la sagesse charnelle grâce à l’épée de la parole de Dieu. Dans une série de cinq discours, qui lui valurent le titre de « Théologien », après avoir montré qu’il ne convient pas d’aborder la discussion sur les mystères de Dieu comme une chose commune, mais seulement en son temps et après avoir été convenablement purifié, il expose de manière définitive l’incompréhensibilité de l’Essence divine, la divinité du Fils et celle du Saint-Esprit . Plus que tous les autres Pères, saint Grégoire excelle à exposer en des expressions brèves et antinomiques les plus grands mystères de la foi. Ces définitions sont si parfaites que, dans la suite des siècles, les théologiens les plus illustres consacrèrent des traités entiers à les commenter, et elles sont si belles qu’un grand nombre d’entre elles a été utilisé par nos mélodes dans la composition des hymnes liturgiques des grandes fêtes de l’année . Lues et apprises par cœur, comme l’Écriture sainte, les œuvres de saint Grégoire sont une icône : elles transportent au ciel et initient aux mystères ineffables. Sa langue est si parfaite qu’elle rend inutile toute autre parole et conduit naturellement l’amant du Verbe à la prière silencieuse.
D’une rigueur inflexible en ce qui concerne la foi, saint Grégoire était plein de douceur dans son comportement à l’égard des personnes, pécheurs ou égarés. Il corrigeait les mœurs en montrant l’exemple de la conduite chrétienne par sa vie retirée de toute mondanité, par son austérité et par sa patience dans les épreuves et les maladies, si bien qu’un grand nombre de ceux qui avaient écouté ses discours se convertissaient complètement en le voyant vivre. Ses succès attirèrent cependant rapidement de vives oppositions de la part des sectes, et des envieux répandirent contre lui d’infâmes calomnies, sans parvenir toutefois à vaincre sa patience et sa douceur à l’égard de ses ennemis. La nuit de Pâques 379, des hérétiques, disciples d’Apollinaire, qu’il avait brillamment réfutés, se précipitèrent dans l’église Sainte-Anastasie, semèrent la panique dans l’assistance et tentèrent de lapider le saint, mais ils ne parvinrent pas à lui porter le coup mortel que celui-ci aurait pourtant désiré pour achever sa course en recevant la palme du martyre.

À la suite de cette épreuve, il fut de surcroît traduit en justice, comme un criminel, mais il en sortit victorieux et exhorta ensuite ses amis au pardon. L’attitude si modérée, la charité, l’équité de ce parfait disciple de Jésus-Christ attirèrent finalement contre lui l’hostilité des deux partis : les hérétiques pleins de haine et les orthodoxes trop zélés.

Alors que, grâce à ses combats, l’hérésie semblait reculer, le diable le soumit à de nouvelles épreuves en la personne d’un philosophe cynique, originaire d’Alexandrie, nommé Maxime. Celui-ci, cachant d’abord son fourbe dessein, s’attira l’estime de Grégoire ; mais il se révéla bientôt en se faisant élire irrégulièrement évêque de Constantinople et en semant le trouble et le scandale dans l’Église. Saint Grégoire, doux et résigné, était prêt à abandonner son trône pour ne pas s’opposer à l’imposteur par la lutte et la haine, mais le peuple se souleva spontanément contre Maxime et supplia son pasteur de ne pas l’abandonner aux loups qui menaçaient le troupeau du Christ, en disant : « Si tu nous quittes, ô Père, sache que tu emporteras avec toi la Sainte Trinité. » Le saint se laissa convaincre et fit appel à l’empereur Théodose, alors en résidence à Thessalonique. Celui-ci rejeta l’usurpateur et entra peu de temps après triomphant à Constantinople, après sa victoire sur les barbares (24 novembre 380). Dès le lendemain, il fit expulser les ariens des églises qu’ils occupaient et imposa l’élection de saint Grégoire comme évêque de la ville impériale. Ce dernier, brûlant toujours du désir de la retraite, refusa d’abord, mais il dut finalement se rendre à l’insistance du peuple enthousiaste. Toutefois, comme il était normalement évêque d’un autre siège, son transfert à Constantinople devait être ratifié par un concile ; c’est pourquoi Théodose réunit l’année suivante (381) le Second Concile Œcuménique qui, après avoir unanimement reconnu l’élection de Grégoire, condamna l’hérésie des pneumatomaques (macédoniens), et marqua le terme de l’arianisme et la victoire définitive de l’Orthodoxie.
La joie occasionnée par ce triomphe fut cependant bientôt interrompue par la mort du président du synode, saint Mélèce, l’illustre évêque d’Antioche [12 fév.]. Grégoire fut alors chargé de diriger les sessions au cours desquelles on devait décider de la succession de ce siège divisé depuis de nombreuses années par le schisme entre les orthodoxes : les uns partisans de Mélèce et les autres de Paulin. Comme il avait été convenu que le survivant serait reconnu par tous comme le seul évêque, saint Grégoire prit le parti de Paulin, mais il se heurta aussitôt à l’opposition haineuse et aux conspirations des évêques orientaux. Ceux-ci allèrent même jusqu’à soudoyer un jeune hérétique pour l’assassiner ; mais au moment de se précipiter sur le saint, le malfaiteur s’arrêta net et se jeta en pleurs à ses pieds, confessant son mauvais dessein. Grégoire le releva, l’embrassa tendrement et lui demanda de se consacrer désormais à Dieu, après avoir renoncé à l’hérésie. D’autres évêques, partisans de Paulin, s’en prirent à Grégoire, en l’accusant d’avoir été transféré de Sasimes à Constantinople contrairement aux saints Canons . Harassé par tant de querelles sournoises et le cœur déchiré de voir l’Église du Christ ainsi divisée, lui qui n’avait jamais recherché ni honneurs ni pouvoir, il déclara à l’assemblée que son plus grand désir était de contribuer à la paix et que si le fait d’occuper le siège de Constantinople était une cause de division, il était tout prêt à être jeté à la mer, comme Jonas, pour apaiser cette tempête, à condition que la foi orthodoxe restât sauve. Et, sur ces mots, il quitta l’assemblée ; puis il se rendit au palais, où il supplia l’empereur d’accepter sa démission et lui demanda de se charger lui-même, par son autorité, de rétablir l’unité et la concorde dans l’Église. Dans un dernier et émouvant discours, il fit ses adieux à sa chère église de l’Anastasie, sa gloire et sa couronne, à Sainte-Sophie et aux autres églises de la cité impériale qu’il avait restaurée dans la vraie foi et dans la pureté des mœurs, la préparant pour une gloire millénaire. Il salua son clergé, les moines, les vierges, les pauvres et même les hérétiques, qu’il exhorta encore à la conversion ; puis il dit adieu à l’Orient et à l’Occident, unis désormais dans la paix, aux Anges Gardiens de son Église et à la Trinité Sainte, aux soins de laquelle il remit son troupeau . Il quitta alors Constantinople, laissant saint Nectaire comme successeur [11 oct.], et retourna quelque temps à Nazianze, où il s’efforça de faire nommer à sa place un évêque titulaire. Après l’élection de son cousin Eulalios, il se retira définitivement dans sa propriété d’Arianze où, épuisé par la maladie et tant d’activités qu’il n’avait pas désirées, il passa les dernières années de sa vie dans le silence et la solitude. Mais, tel un guetteur fidèle à son poste, il ne cessait pourtant de veiller de loin sur la pureté de la foi. Il adressait des lettres dogmatiques pour réfuter les hérésies naissantes, ou exhortait saint Nectaire et les autres évêques orthodoxes à plus de justice, envoyait à ses enfants spirituels de sages conseils pour atteindre la perfection et rédigeait d’admirables poèmes en grec archaïque. C’est ainsi que, le cœur brisé et humilié mais l’intelligence constamment fixée dans la contemplation des mystères insondables de la Sainte Trinité, ce fidèle serviteur, devenu malgré lui combattant, rendit en paix son âme au Seigneur (390) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire des Nouveaux Martyrs, ton 4
O fleurs du pré spirituel de la Russie, qui avez surgi admirablement au temps des amères persécutions, Nouveaux Martyrs et Confesseurs innombrables, vous qui avez souffert la passion : pontifes, souverains et pasteurs, moines et laïcs, hommes, femmes et enfants, vous qui avez apporté au Christ le bon fruit de votre patience, priez-Le comme votre divin Semeur afin qu’Il libère Son peuple des athées et des hommes mauvais, afin que s’affermisse l’Église Russe par votre sang et vos souffrances pour le salut de nos âmes.

Tropaire de saint Grégoire le Théologien, ton 1
Ta flûte pastorale de Théologien * l’emporta sur les trompettes des rhéteurs; * toi qui scrutais les profondeurs de l’Esprit, * tu as atteint la sublimité du langage par surcroît. * Intercède, saint Grégoire, auprès du Christ notre Dieu * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Grégoire le Théologien, ton 3
De ta langue de Théologien * ayant effacé les compositions des rhéteurs, * illustre Grégoire, tu revêtis l’Eglise de l’orthodoxie, * cette tunique tissée par le ciel; * la portant, elle s’écrie maintenant * avec nous, tes enfants: * Réjouis-toi, sublime esprit, sommet de la théologie.

Kondakion des martyrs et confesseurs de Russie, ton 2
O Nouveaux Martyrs qui avez parcouru le chemin terrestre en confessant le Christ, par vos souffrances vous avez acquis de la hardiesse, priez Celui qui vous a fortifiés, afin qu’à l’heure où l’épreuve viendra sur nous, nous recevions le divin don du courage. Vous êtes un exemple pour ceux qui vénèrent votre exploit, car ni l’affliction, ni le tourment, ni la mort, n’ont pu vous séparer de l’amour de Dieu.

Kondakion du dimanche, 3ème ton
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance !

Évangile du jour
(Lc XVIII, 35-43)

Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin, et mendiait. Entendant la foule passer, il demanda ce que c’était. On lui dit: C’est Jésus de Nazareth qui passe. Et il cria: Jésus, Fils de David, aie pitié de moi! Ceux qui marchaient devant le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort: Fils de David, aie pitié de moi! Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le lui amène; et, quand il se fut approché, il lui demanda: Que veux-tu que je te fasse? Il répondit: Seigneur, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Recouvre la vue; ta foi t’a sauvé. A l’instant il recouvra la vue, et suivit Jésus, en glorifiant Dieu. Tout le peuple, voyant cela, loua Dieu.

6 février

6 février

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur ; Saint Bucole, évêque de Smyrne (vers 100) ; saint Antolien, martyr en Auvergne (v. 265) ; saintes Dorothée, Christine et Callista, et saint Théophile, martyrs à Césarée en Cappadoce (vers 288-300) ; saint Julien d’Emèse en Phénicie, martyr (312) ; sainte Fausta, saints Evilase et Maxime, martyrs à Cyzique (entre 305 et 311) ; saintes martyres Marthe et Marie en Égypte ; saint Barsanuphe le Grand et son disciple saint Jean, anachorètes à Gaza (vers 540) ; saint Vaast (Gaston), évêque d’Arras et de Cambrai (539) ; saint Constantien, abbé de Javron (570) ; saint Amand, évangélisateur de la Belgique, évêque de Tongres-Maestricht (684) ; saint Photius, patriarche de Constantinople, confesseur (893) ; saint Arsène d’Ikaltho (1127) ; saints néomartyrs de Russie : Démètre (Rojdestvensky), prêtre, Anatole (Rojdestvensky), moine, Basile (Nadejdine), prêtre (1930), Alexandre (Telemakov), prêtre (1938).

SAINT BUCOLE DE SMYRNE
S’étant appliqué dès sa jeunesse à se purifier des passions et des souillures du monde, notre saint Père Boucole devint une digne demeure du Saint-Esprit ; aussi, quand le saint Apôtre Jean le Théologien fonda l’Église de Smyrne, le laissa-t-il à sa suite comme évêque de cette grande ville d’Asie Mineure. Guidé par la grâce, le saint hiérarque éclairait par son enseignement et par son exemple les païens qui se trouvaient dans les ténèbres de l’ignorance. Il les rendait fils de la lumière par le saint baptême et les délivrait des démons par la puissance de sa prière. Quand il sentit que le moment était venu pour lui d’aller rejoindre le Seigneur, il ordonna saint Polycarpe [23 fév.] comme successeur, en lui confiant le soin de ses brebis spirituelles, et s’endormit en paix. Lorsqu’on ensevelit son corps, Dieu fit pousser de son tombeau un arbre qui procura pendant des siècles quantité de guérisons à ceux qui s’en approchaient avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Bucole, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, pontife Bucole, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Lc XVI, 10-15)

Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. Jésus leur dit: Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.

24 janvier (ancien calendrier)/6 février (nouveau)

24 janvier (ancien calendrier)/6 février (nouveau)

Sainte Xénia de Rome (Vème s.) ; saint Babylas d’Antioche et ses disciples saints Timothée et Agapios, martyrs en Sicile (IIIème s.) ; Saint Savinien, martyr à Rilly, près de Troyes en Champagne (275) ; saint Macédonius, ermite syrien (vers 420) ; Saint Léobard, reclus à Marmoutier (593) saint Gérasime de Perm (1441) ; saint Jean, martyr à Kazan (1529) saint Bertrand, abbé à saint Quentin (VIIème s.) ; saint Néophyte le Reclus de Chypre, ascète (XIIème s.) ; sainte bienheureuse Xenia de Saint-Pétersbourg (vers 1803) ; saint martyr Nicolas (Tsikoura) (1918).

Sainte bienheureuse Xenia de Saint-Pétersbourg (vers 1803)

SAINTE XÉNIA DE SAINT-PÉTERSBOURG
Xénia Grigorievna Pétrova était mariée à un brillant colonel de l’armée impériale, également chantre à la cour, et menait une vie mondaine et aisée au sein de l’aristocratie de la capitale. Le décès subit de son époux, alors qu’elle n’avait que vingt-six ans, la plongea dans un profond désarroi et lui fit réaliser la vanité de tout attachement terrestre. Elle entreprit dès lors de se libérer de tout ce qui la retenait à la terre, pour se mettre en marche vers le Royaume des cieux par la voie la plus étroite et la plus difficile : celle de la folie pour le Christ. Son comportement changea complètement, et en la voyant distribuer ses biens en dons et en aumônes, ses proches crurent que son deuil lui avait fait perdre la tête. Elle avait revêtu le costume militaire de son mari et ne répondait que lorsqu’on s’adressait à elle avec le nom du défunt. Sans gîte, pieds nus et bientôt revêtue, été comme hiver, des mêmes haillons bariolés, elle allait par les rues des quartiers pauvres, en s’offrant avec douceur et résignation — à l’image du Christ en sa Passion — aux moqueries et aux mauvaises farces des garnements. Elle n’acceptait l’aumône de ceux qui la prenaient en pitié que pour la redistribuer immédiatement aux pauvres, ne mangeait que de temps à autre, quand elle rendait visite à quelque famille de sa connaissance, et allait passer ses nuits dans un champ, à l’extérieur de la ville, où elle restait à genoux en prière jusqu’au lever du soleil.
Les habitants pieux remarquèrent peu à peu que sa conduite étrange cachait une vie sainte, que ses paroles énigmatiques et figurées n’étaient pas sans sagesse et qu’elles voilaient souvent la prédication d’événements à venir. La bénédiction de Dieu semblait l’accompagner partout où elle allait. Quand elle entrait dans une boutique, la recette de la journée croissait notablement ; quand un cocher la prenait dans sa voiture, il trouvait un grand nombre de clients ; quand elle embrassait un enfant malade, il recouvrait bientôt la santé. La compassion qu’on lui portait se transforma bientôt en une vénération générale dans toute la ville, dont elle devint le véritable ange protecteur. Après avoir porté la croix de la folie volontaire par amour du Christ pendant quarante-cinq ans, sainte Xénia s’endormit dans le Seigneur à l’âge de soixante et onze ans (entre 1794 et 1806).
Sa tombe fut immédiatement l’objet d’une vénération croissante et devint un véritable lieu de pèlerinage. Miracles, guérisons, prophéties, apparitions de la sainte n’ont pas cessé depuis près de deux siècles auprès de cette tombe source de vie et de bénédictions. Le peuple s’y presse en foule pour recevoir le secours très puissant des prières de la sainte, considérée comme patronne de la cité, et chacun emporte un peu de terre de son tombeau et de l’huile de la veilleuse qui y brûle en permanence .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Xénia de Rome, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * sainte Xénia, avec les Anges dans le ciel.

Tropaire de sainte Xénia de Saint-Pétersbourg, ton 4
Rejetant les vanités du monde terrestre,* tu as pris la croix d’une vie sans logis dans l’errance,* tu n’as pas craint les afflictions, les privations, et la dérision des gens,* mais tu as connu l’amour du Christ, * dont maintenant tu te délectes dans les deux*, ô bienheureuse Xénia sage en Dieu,* prie pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Xénia de Rome, ton 2
Célébrant ton mémorial admirable, Xénie, * nous qui te vénérons de tout cœur, * nous chantons le Christ qui te donna le pouvoir des guérisons; * intercède sans cesse auprès de lui pour nous tous.

Kondakion de sainte Xénia de Saint-Pétersbourg, ton 3
Séjournant sur terre comme une étrangère,* mais aspirant à la patrie céleste* folle aux yeux des insensés et des incroyants*, tu as été reconnue très sage et sainte par les fidèles,* et tu as été couronnée par Dieu de gloire et d’honneur,* ô vaillante Xénia sage en Dieu,* c’est pourquoi nous te clamons:* réjouis-toi, car après ton voyage sur terre tu résides dans la demeure paternelle.

Évangile du jour
(Lc XVI, 10-15)

Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. Jésus leur dit: Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu.

5 février

5 février

Dimanche du Pharisien et du Publicain, après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur. Sainte Agathe, martyre à Catane (251) ; sainte martyre Théodulie et martyrs Hellade, Macaire et Évagre (vers 304) et martyrs saint Théodose, archevêque de Tchernigov (1696) ; saint Avit, évêque de Vienne (525) ; saint Voue, reclus à Soissons (vers 700) ; saint Antoine d’Athènes, néo-martyr grec (1774).

SAINTE AGATHE

Sainte Agathe, martyre à Catane (251

Sainte Agathe, une des plus illustres martyres d’Occident, était issue d’une noble et riche famille de Catane en Sicile. Depuis son plus jeune âge, elle s’était appliquée à rehausser sa rare beauté par l’ornement plus précieux de la vraie foi et des saintes vertus, en se consacrant tout entière au Seigneur. Au temps de la persécution de Dèce (251), alors qu’elle n’était âgée que de quinze ans, elle fut arrêtée sur l’ordre du préfet Quintien et traduite devant son tribunal. Séduit par sa beauté et avide de s’accaparer ses richesses, celui-ci chercha à faire d’elle son épouse et, pour la convaincre, il la livra à une femme de mauvaise vie, Aphrodise, qui pendant un mois entier essaya vainement de la faire céder. Mais, fondée sur le roc inébranlable de la foi, la jeune fille restait imperturbable devant les promesses et les attraits des plaisirs mondains. Comme Aphrodise s’était avouée vaincue, en disant qu’il serait plus facile de changer la nature du fer ou de la pierre que la résolution de cette jeune vierge, Quintien la fit convoquer et l’interrogea sur son origine. « Si tu es de noble condition, dit-il, pourquoi te comportes-tu comme une esclave ? » — « C’est que je suis servante du Christ, reprit Agathe, et tout serviteur du Christ est vraiment la plus libre de toutes les créatures, car il acquiert par sa grâce la maîtrise de soi. » Comme elle continuait de se moquer des dieux qu’on voulait lui faire adorer, le préfet la fit frapper au visage et jeter en prison, en attendant de décider à quels supplices il la livrerait.

Le lendemain, lors du second interrogatoire, la sainte, sommée de sacrifier pour avoir la vie sauve, répondit que c’est le Christ, Fils du Dieu vivant, qui est notre seul salut. Étendue sur le chevalet, elle fut alors flagellée et, tandis qu’on lui labourait le corps avec des crochets de fer et qu’on lui passait des torches sur ses plaies, elle s’écriait : « Ces tortures que tu m’infliges sont pour moi l’occasion d’une grande joie, car, de même qu’on ne range pas le grain dans le silo avant de l’avoir débarrassé de sa balle en le battant sur l’aire, de même pour mon âme, il ne lui sera pas possible d’atteindre la gloire de l’éternelle béatitude si elle n’est pas séparée de mon corps par les tourments. » Le tyran furieux lui fit alors couper les seins et ordonna de la jeter dans son cachot en ne lui procurant aucun soin. Mais, en pleine nuit, le saint Apôtre Pierre lui apparut, précédé de son Ange Gardien, au milieu d’une brillante lumière, et il la guérit complètement de toutes ses blessures.
Le quatrième jour, Quintien fit comparaître de nouveau Agathe devant lui et, sans s’émouvoir de sa guérison miraculeuse, il ordonna de dépouiller la sainte de ses vêtements, et de la rouler sur des fragments de pots cassés et sur des charbons ardents répandus sur le sol. Un tremblement de terre ébranla soudain toute la région et fit s’écrouler une partie du palais. Le peuple de Catane effrayé courut vers le prétoire et menaça le préfet de le faire brûler avec le reste de son palais, s’il ne relâchait pas la sainte martyre, cause de cette vengeance divine. On interrompit le supplice et la sainte fut remise en prison. Elle y pria le Seigneur, qui lui avait donné la grâce de la constance dans les tourments, de lui accorder désormais de voir la gloire de sa Face, et elle rendit son âme.

Aussitôt qu’ils apprirent la nouvelle, les habitants de la cité se précipitèrent vers la prison avec myrrhe et aromates, et procédèrent à ses funérailles. Au moment où ils plaçaient son corps dans un tombeau de porphyre, l’Ange Gardien de la sainte apparut dans la ville, sous la forme d’un brillant jeune homme escorté d’une centaine d’enfants vêtus de blanc, et il vint placer sur le tombeau une plaque de marbre sur laquelle était gravée l’inscription suivante : « Âme sainte, dévouée. Honneur de Dieu. Protection de la patrie. » Puis il disparut.

Comme l’inique Quintien avait entrepris de s’emparer des biens de sainte Agathe, il fut renversé en chemin par ses chevaux et disparut, englouti dans les eaux du fleuve. L’année suivante, au jour anniversaire de la mort de la sainte, l’Etna entra en irruption et une coulée de lave menaça de réduire en cendres la ville de Catane. Les païens eux-mêmes se précipitèrent alors avec les chrétiens vers le tombeau de la sainte, ils prirent le voile qui le recouvrait et le placèrent, tel un bouclier, face au fleuve de feu, qui s’arrêta sur-le-champ. Le même miracle s’est répété bien des fois dans la suite des siècles, c’est pourquoi sainte Agathe est vénérée avec ferveur comme la protectrice de la ville de Catane, et son culte s’est largement répandu tant en Occident qu’en Orient.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de sainte Agathe, ton 4
Ta brebis Agathe, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de sainte Agathe, ton 4
Que l’Église se pare en ce jour * de la glorieuse pourpre teinte dans le sang * de l’excellente Martyre, en s’écriant: * Gloire de Catane, sainte Agathe, réjouis-toi.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc X, 23-32)

Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu. Pierre se mit à lui dire; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi. Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte.

23 janvier (ancien calendrier/5 février (nouveau)

23 janvier (ancien calendrier/5 février (nouveau)
Dimanche du Pharisien et du Publicain. Synaxe des saints néomartyrs de Russie, Saints Clément, évêque d’Ancyre et Agathange, martyrs (312) ; saint Mausime le Syrien, prêtre (IVème s.) ; saint Salaman le silencieux, ermite en Palestine (vers 400) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Maimboeuf, martyr à Besançon (vers 480) ; mémoire du VIème Concile œcuménique (680-681) ; saint Denis de l’Olympe (1541) ; saint Gennade de Kostroma (1565) ; saints néomartyrs de Russie : Séraphim (Boulachov), moine, Eudocie (Kouzminov) et Catherine (Tcherkassov), Militsa (Kouvchinov), martyre (1938).

Saint Clément, évêque d’Ancyre, martyr (312)

SAINT CLÉMENT D’ANCYRE
L’illustre et bienheureux martyr du Christ Clément était originaire de la ville d’Ancyre en Galatie. Il était fils d’un père païen et d’une mère chrétienne, Euphrosynie, qui avant de mourir lui prophétisa qu’il devait endurer de longues et cruelles souffrances pour le Seigneur. Adopté par une sainte et pieuse femme, nommée Sophia, il grandit en toute piété, distribuant les biens de la maison aux enfants pauvres et leur enseignant les rudiments de la foi. Dès l’âge de douze ans, il jeûnait et priait comme les moines, aussi fut-il bientôt ordonné diacre, puis prêtre, avant d’être élevé à la charge d’évêque de la ville, à l’âge de seulement vingt ans. Il gouvernait néanmoins son troupeau spirituel avec la science et la sagesse d’un vieillard, consacrant son plus grand soin aux enfants pauvres et aux orphelins, dont il baptisa un grand nombre. En apprenant tout le bien accompli par le jeune prélat, le vicaire impérial de la cité le fit arrêter et, après l’avoir interrogé, il le soumit à la flagellation. Comme Clément résistait sans trembler, en disant : « Plus tu affligeras ma chair de tourments, plus mon âme en tirera profit », on lui brisa la mâchoire à coups de pierres, mais le saint en retirait encore plus de joie de souffrir ainsi à l’imitation du Christ.

Le gouverneur, resté impuissant devant la vaillance du martyr, l’envoya à Rome auprès de l’empereur Dioclétien. Quand saint Clément comparut devant le terrible souverain, celui-ci fit étaler devant lui d’un côté des objets précieux et de l’autre des instruments de tortures. Mais, contrairement à son attente, le saint lui répondit : « Tous ces vases précieux que tu me présentes me donnent à penser combien plus glorieux sont les biens éternels du Paradis, et ces instruments de supplice me font craindre davantage les châtiments éternels réservés en enfer à ceux qui auront renié le Seigneur. »
Soumis au supplice de la roue, il eut les chairs réduites en lambeaux, mais se trouva miraculeusement guéri, entraînant la conversion d’un grand nombre de païens qui s’écrièrent : « Oui, grand est le Dieu des chrétiens ! » Ils furent aussitôt jetés en prison. La nuit même, un ange leur apparut en leur apportant la sainte Eucharistie, et saint Clément eut le temps de les faire communier avant leur exécution. Quant à lui, livré à de nouvelles tortures dans tous ses membres, flagellé jusqu’à l’os et brûlé avec des torches, il résistait comme si ces souffrances étaient endurées par un autre que lui.

Le tyran l’envoya alors à Nicomédie, en espérant que le gouverneur de cette ville saurait le soumettre. Un des païens convertis, qui avait échappé au massacre, Agathange (« le bon ange »), s’échappa alors de la prison et s’embarqua en cachette sur le même navire, avec le désir de partager les souffrances de son père en Christ. Dès lors, Clément et Agathange restèrent compagnons inséparables dans toutes les tribulations. Quand ils n’étaient pas soumis à la torture, ils mataient leurs corps par le jeûne et par les veilles, et recevaient en retour une nourriture céleste. Aussitôt parvenus à Nicomédie, ils furent interrogés et torturés, puis jetés en prison, où des anges vinrent les visiter. Cette céleste apparition entraîna la conversion des autres détenus qui furent délivrés par la prière des saints. Après les avoir livrés aux fauves sans résultat, on leur enfonça des broches incandescentes du doigt jusqu’à l’aisselle. Le peuple présent, admirant leur constance dans la douleur, se révolta alors contre le cruel tyran. Celui-ci fit sortir les martyrs de la cité et les fit dévaler du haut d’une haute montagne, enfermés dans des sacs ; mais des anges de Dieu vinrent à nouveau à leur secours et ils retournèrent sains et saufs en ville, guérissant en chemin deux paralytiques aveugles. Le gouverneur de Nicomédie, craignant un soulèvement populaire en leur faveur, envoya alors les deux soldats du Christ à Ancyre, la patrie de Clément, où ils subirent de nouveaux et redoutables supplices.

Comme ils sortaient encore victorieux de ces épreuves, on décida de les transférer à Amisos en Hélénopont (auj. Samsum). Mais les enfants autrefois baptisés par saint Clément voulurent absolument le suivre. Les soldats parvinrent avec peine à les arracher à lui et les décapitèrent sans pitié. Soumis à de nouveaux supplices, les deux saints reçurent la visite du Christ dans leur geôle, qui guérit leurs blessures et les encouragea à persévérer jusqu’à la fin. Le gouverneur d’Amisos, Dométien, reconnaissant lui aussi son impuissance, les fit transférer à Tarse auprès du co-empereur Maximien. Sur la route, ils firent jaillir de l’eau pour désaltérer les soldats de leur escorte et les malades qui approchaient d’eux pour toucher leurs plaies, recouvraient aussitôt la santé. À Tarse, ils sortirent indemnes d’une fournaise ardente, comme les Jeunes Gens à Babylone ; puis, comme on les avait traînés à terre dans toute la ville, ils attirèrent l’admiration et la conversion d’un grand nombre de païens. Nouveaux emprisonnements, nouveaux interrogatoires et nouveaux supplices, mais sans faillir les athlètes de la foi restaient aussi inébranlables que le diamant mis à l’épreuve des coups et du feu. Ces tribulations durèrent jusqu’à ce que soient accomplies les vingt-huit années de témoignage pour le Christ, dont Clément avait reçu la prédiction dans une vision.
Renvoyés à Ancyre après de longues années d’incarcération et comparaissant devant un neuvième tyran, ils furent encore torturés et Agathange eut la tête tranchée, alors qu’on jetait de nouveau Clément dans un cachot obscur. Le jour de la Théophanie, sa mère adoptive, Sophia, trouva le moyen de se glisser dans la prison avec d’autres fidèles. Ils obtinrent de ses gardiens de pouvoir l’emmener jusqu’à l’église où, revêtu d’ornements tout blancs, il célébra la vigile nocturne et distribua à tous la sainte communion, avant de retourner de son plein gré dans son cachot. Quelques jours plus tard, le 23 janvier 296, comme saint Clément célébrait de nouveau le saint sacrifice dans l’église, les soldats païens surgirent soudain et le décapitèrent au moment où il inclinait la tête au-dessus de l’autel. Le saint évêque devint ainsi, à l’imitation du Christ, la victime du sacrifice. Les deux diacres qui l’assistaient furent aussi exécutés, et la pieuse Sophia alla ensevelir les trois corps non loin de là, dans un lieu nommé Krypton.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr ton 4
Comme sarment de vénérable sainteté, * comme hampe du combat pour la foi, * comme fleur sacrée, tu as poussé, * comme fruit délicieux donné par Dieu aux croyants. * Compagnon de lutte des Martyrs * siégeant avec les saints Pontifes, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr, ton 4
De la vigne du Christ * tu fus le vénérable sarment * et dans tes multiples combats, très illustre Clément, * avec tes compagnons de lutte tu proclamais: * C’est toi, ô Christ, l’allégresse des Martyrs.

Évangile du jour
(Mc X, 23-32)
Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu. Pierre se mit à lui dire; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi. Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte.

4 février

4 février

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur. Saint Isidore de Péluse, moine (vers 449) ; saint hiéromartyr Abraham, évêque d’Arbela (344-347), saint Hiadore, martyr (IIIème s.) ; saint Aventin, prêtre et ermite à Troyes (538), saint Aventin, évêque de Chartres (528) ; saint Vincent, évêque de Troyes (546) ; saint Évagre, prince de Tsikhédidi et compagnon de saint Chio des Grottes (Mrvimévi) (VIème s.) ; saint Nicolas le Studite, confesseur (868) ; saint Georges, Prince de Vladimir (1238) ; saint Cyrille de Novoyezero (1532) ; saints Abraham et Coprios de Vologda (XVème s.) ; saint Joseph d’Alep, néo-martyr grec (1686) ; saints néomartyrs de Russie : saints hiéromartyrs Méthode, évêque de Petropavlovsk (1921), Eustathe (Sokolski), Jean (Artobolevski), Alexandre (Minervine), Serge (Soloviev), Jean (Alechkovski), Alexandre (Sokolov), Nicolas (Kandaourov), Alexis Kniajesksy, Nicolas (Golychev), Alexis (Charov), Alexandre (Pokrovsky), Arcade (Lobtsov), Boris (Nazarov), Michel (Rybine), Nicolas (Pospelov), Alexis (Lebedev), André (Bednov), Démètre (Kedrolivansky), Jean (Tikhomirov), Pierre (Sokolov), prêtres, Séraphim (Vavilov) et Théodose (Bobkov), moines (1938) et Raphaëla (Vichniakov), Anne (Ephremov), Marie (Vinogradov). Catherine (Dekaline), martyr Jean Chouvalov, Basile (Ivanov), Démètre (Ilinsky), Théodore (Palchkov) et Démètre (Kazamatsky) (1938).

Saint Isidore de Péluse, moine (vers 449)

SAINT ISIDORE DE PÉLUSE
Saint Isidore, né vers 360, était originaire d’une noble et illustre famille d’Alexandrie apparentée à celle du patriarche Théophile et de son neveu saint Cyrille [9 juin] . Il reçut une excellente éducation, profane et sacrée, dans les écoles de cette métropole de la sagesse antique, et il s’attacha avec zèle à suivre la doctrine des Pères qui l’avaient précédé, en particulier de saint Jean Chrysostome, dont il est considéré comme l’un des principaux disciples.
Il enseigna d’abord, pour quelque temps, la rhétorique à l’est du Delta du Nil ; mais son amour de Dieu lui fit rapidement renoncer aux vains attraits de cette vie passagère et il se retira au désert de Nitrie. Après une année de vie ascétique, son souci de l’édification de l’Église le convainquit de retourner à Péluse, où il fut ordonné prêtre par l’évêque Ammonios qui lui confia la charge de l’enseignement des fidèles et des catéchumènes. Son talent oratoire et sa connaissance approfondie de l’Écriture sainte, qu’il avait acquise dans l’hésychia, firent de lui un maître renommé dans toute l’Égypte, et de nombreux juifs et païens se convertirent après l’avoir entendu prêcher. Mais lorsqu’un certain Eusèbe fut élu comme nouvel évêque de Péluse (413), il imposa une telle pression sur l’Église qu’Isidore décida de « fuir » de nouveau vers le Désert. Il se retira alors dans un monastère, près d’Aphnaion, où il passa le reste de ses jours en reclus. Il ne portait qu’un vêtement de poil très rude et ne vivait, à l’exemple de saint Jean-Baptiste, que d’herbes et de feuilles.
Regardé comme le modèle vivant de la vertu et de la science, et placé sur la montagne comme un luminaire qui diffuse partout sa lumière, saint Isidore dispensa son enseignement avec autorité pendant de longues années, sans crainte des persécutions et de la haine des hommes à l’esprit charnel, par l’entremise d’innombrables lettres concises et profondes, dont plus de deux mille nous sont conservées. En réponse à ses correspondants de toutes origines, il résolvait avec pénétration spirituelle les difficultés de l’Écriture sainte, réfutait les interprétations erronées des juifs, exposait clairement les mystères de la Sainte Trinité et de l’Incarnation de notre Seigneur, confondant ainsi les hérétiques ariens, nestoriens, sabelliens et autres propagateurs de divisions. Il louait en de lyriques accents la grandeur du sacerdoce et blâmait les évêques, les prêtres, les diacres et les moines qui avaient une conduite indigne de leur vocation. Sans considération pour la puissance humaine, il adressait aussi ses remontrances aux magistrats, aux gouvernants et à l’empereur Théodose II (408-450) lui-même, pour leur rappeler leurs devoirs envers le peuple de Dieu et la sainte Église. Il pourchassait partout le vice, inspirait l’amour de la justice et de la vertu, jugeait et tranchait avec autorité les affaires de ce monde, tout en restant hors du monde.
Comme saint Cyrille, devenu archevêque d’Alexandrie, s’était laissé entraîné à la suite de son oncle, le trop fougueux Théophile, et refusait de commémorer le nom de saint Jean Chrysostome dans les diptyques pendant la Divine Liturgie, saint Isidore lui écrivit en lui rappelant avec force que Dieu lui-même nous a enseigné à ne pas nous fier aux rumeurs et à nos préjugés pour porter un jugement équitable . À la suite de cette lettre et d’une révélation divine, saint Cyrille, changeant humblement d’attitude, rétablit non seulement le nom du saint archevêque de Constantinople dans les diptyques, mais devint aussi l’un des plus fervents propagateurs de son culte. Quelques années plus tard (433), constatant que saint Cyrille mettait trop d’âpreté dans sa dispute contre l’archevêque d’Antioche, Jean, après la condamnation de Nestorius par le Concile d’Éphèse, Isidore lui écrivit de nouveau pour l’exhorter à faire de raisonnables concessions au profit de la paix, en disant : « Comme votre père, puisque vous voulez bien me donner ce nom, ou plutôt comme votre fils, je vous conjure de mettre un terme à cette dissension, de peur que vous ne reportiez votre opiniâtreté au sujet de l’injure qui vous a été faite à l’Église vivante, y suscitant ainsi une éternelle division sous prétexte de piété » .
Cette autorité, semblable au zèle des anciens prophètes, admise par des hommes de Dieu tel saint Cyrille, lui suscita cependant de nombreux tourments . Mais saint Isidore restait impassible au sein des tribulations comme devant les grands problèmes qui agitaient alors l’Église, car il avait la conviction que c’est par la souffrance et la croix que nous acquérons la vie éternelle et que l’Église prépare sa gloire future. C’est dans de telles dispositions qu’il accueillit la mort, comme une libératrice et comme le couronnement de ses longs combats (entre 435 et 440).
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Isidore de Péluse, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * saint Isidore, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de saint Isidore de Péluse, ton 4
En toi, l’Église a trouvé un autre astre du matin, ô très glorieux ; éclairée par l’éclat de tes paroles, elle t’acclame : réjouis-toi, très bienheureux et sage en Dieu, Isidore.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc X, 17-27)

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu.

22 janvier (ancien calendrier)/4 février (nouveau)

22 janvier (ancien calendrier)/4 février (nouveau)

Saint Timothée, apôtre (96) ; saint Anastase le Perse, moine, martyr (628) ; saint Oulph, martyr à Troyes (IIIème s.) ; saint Blidran, évêque de Vienne (v. 679) ; saints Manuel, Georges, Pierre et Léonce, évêques, Sionios, Gabriel, Jean, Léon, Parode et leurs 377 compagnons, martyrs (vers 817) ; saint Anastase, diacre de la Laure des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; saint Joseph le Crétois (1511) ; saint Macaire de Bélev, thaumaturge (1623) ; saints hiéromartyrs Jean (Ouspensky) et Euthyme (Tikhonravov), prêtres (1936).

SAINT APÔTRE TIMOTHÉE

Saint Timothée, apôtre (96)

Saint Timothée était originaire de Lystres, ville romaine de la province de Lycaonie (Asie Mineure). Né de père païen et d’une mère juive nommée Eunice, il avait été élevé dans la piété et l’amour des saintes Écritures par celle-ci et par sa grand-mère Loïs . Lors d’un premier séjour dans la ville (45), le grand Apôtre saint Paul avait converti les deux femmes, et lorsqu’il revint quelques années plus tard (vers 50), il trouva le jeune Timothée plein de ferveur et d’admiration pour les combats et les souffrances qu’il avait endurés au Nom du Christ. Sur la recommandation des frères de Lystres et d’Iconium, Paul le baptisa, lui imposa les mains et fit de lui le compagnon de ses labeurs et son disciple préféré. Il l’appelle : mon enfant bien-aimé (1 et 2 Tm, 1) et témoigne de lui aux Églises, en disant : « C’est comme un fils auprès de son père qu’il a servi avec moi la cause de l’Évangile » (Phil 2, 22). Quoique le précepte de la Loi eût été aboli par la grâce, l’Apôtre circoncit son jeune disciple, afin qu’il puisse prêcher aux Juifs dans leurs synagogues aussi bien qu’aux païens sur l’agora. Doux, réservé, modèle d’obéissance et d’humilité, saint Timothée montrait cependant un zèle infatigable pour la prédication, comme un bon soldat de Jésus-Christ (2 Tm 2, 3). Il fut le représentant de l’Apôtre et l’instrument énergique de la grâce dans le gouvernement des Églises de Dieu, pour la correction des mœurs et la conservation du bon dépôt (2 Tm 1, 14).
D’Iconium Timothée parcourut avec Paul la Phrygie et la Galatie, l’assistant en tout lieu dans la prédication et la prière. Puis, à la suite d’une vision céleste, ils passèrent en Macédoine, évangélisèrent Thessalonique et Bérée, où Timothée demeura avec Silas (Sylvain), tandis que Paul se rendait à Athènes. Il rejoignit bientôt l’Apôtre, en lui apportant la triste nouvelle de la résistance furieuse des Juifs de Thessalonique, puis il retourna dans cette ville, afin d’affermir et de conforter les fidèles dans la foi (1 Thes 3, 1-5). Lorsqu’il eut accompli cette mission, il se hâta de rejoindre Paul à Corinthe pour travailler avec lui à la conversion de la cité.
Après être resté avec son maître un an et demi à Éphèse, la métropole de l’Asie, il fut envoyé de nouveau à Corinthe pour rappeler aux fidèles les principes de la vie évangélique. Comme les Corinthiens restaient rebelles aux exhortations de son disciple, saint Paul décida l’envoi de Tite, prit Timothée avec lui pour une nouvelle mission en Macédoine, rédigea avec sa collaboration sa seconde Lettre aux Corinthiens et vint avec lui en personne travailler à la correction et à l’édification des fidèles.
Lorsque saint Paul entreprit son dernier voyage vers Jérusalem, afin d’y porter les fruits de la collecte recueillie dans toutes les Églises pour venir en aide aux chrétiens de la Ville sainte (Act 20), Timothée se trouvait encore parmi ses compagnons de voyage. Il assista à son arrestation (Act 22sv), le suivit à Césarée et à Rome pendant sa première captivité. Mais, de là, Paul l’envoya en mission auprès de l’Église de Philippes (Phil 2, 19-24). Il vint le rejoindre en Orient, une fois délivré, et le plaça finalement à la tête de l’Église d’Éphèse, en lui recommandant d’organiser le culte et la vie chrétienne, de combattre les faux docteurs, de choisir avec discernement les membres de la hiérarchie ecclésiastique et de mener en tout temps le troupeau du Christ dans la paix, la concorde et la vérité (1 Tm). Dans une seconde Lettre, envoyée par l’Apôtre prisonnier à Rome et attendant la mort, Paul invite son fidèle disciple à venir le rejoindre pour l’assister dans ses derniers moments (2 Tm 4, 8). Timothée fut alors arrêté, mais bientôt remis en liberté (Hb 13, 23). Il retourna dans son diocèse après la mort de l’Apôtre.

On rapporte qu’il rencontra à Éphèse saint Jean le Théologien, qu’il reçut de lui un surcroît de grâce et d’illumination spirituelle et qu’une fois l’Apôtre Bien-aimé exilé à Patmos, il gouverna l’Église, en rassemblant en lui-même l’esprit de saint Jean et celui de saint Paul. Un jour, sous le règne de Domitien (ou Nerva, vers 97-98), comme les païens de la cité se préparaient à célébrer une de ces fêtes ignobles en l’honneur de Dionysos, qui se terminaient toujours par des orgies et des meurtres, saint Timothée tenta de s’interposer et de les faire revenir à la raison. Mais ces gens, devenus semblables à des bêtes furieuses, se jetèrent alors sur lui et le rouèrent de coups. Ses disciples parvinrent de justesse à le tirer de la mêlée et le transportèrent à demi-mort sur une hauteur voisine, où il remit bientôt son âme à Dieu.

Le corps de saint Timothée fut enseveli non loin du tombeau de saint Jean et, bien longtemps après, en 356, ses précieux restes furent transférés solennellement à Constantinople par saint Artémios [20 oct.], avec ceux de saint André et de saint Luc, pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtres. Ils accomplirent là de nombreux miracles, jusqu’à ce que les Croisés latins les dérobent, lors du pillage de la ville en 1204.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Apôtre, ton 4
Maître en douceur, sobre en tout * et comme prêtre revêtu de noble conscience, * tu as puisé au Vase d’élection * les ineffables vérités; * tu as gardé la foi et comme lui * mené ta course à bonne fin; * saint apôtre Timothée, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Tropaire du martyr ton 4
Ton Martyr Anastase, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de l’Apôtre, ton 1
Nous tous, les fidèles, chantons saint Timothée, * le disciple et compagnon de voyages de saint Paul; * avec lui glorifions également * Anastase surgi de la Perse comme un astre brillant, * car il éloigne les maladies et les passions * de nos âmes et de nos corps.

Évangile du jour
(Lc X, 1-15)

Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Partez; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord: Que la paix soit sur cette maison! Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera; car l’ouvrier mérite son salaire. N’allez pas de maison en maison. Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s’est approché de vous. Mais dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez dans ses rues, et dites: Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de Dieu s’est approché. Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là. Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts.

21 janvier (ancien calendrier)/3 février (nouveau)

21 janvier (ancien calendrier)/3 février (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Maxime le Confesseur (662) ; saints Eugène, Candide, Valérien et Aquilas, martyrs à Trébizonde en Asie Mineure (IIIème s.) saint Néophyte, martyr à Nicée (vers 305) ; sainte Agnès, vierge, martyre à Rome (vers 304) ; saint Anastase, compagnon de saint Maxime le Confesseur, martyr (662) ; saint Patrocle, martyr à Troyes (273) ; saint Aptat, évêque de Metz (vers 691) ; saint Maxime le Grec, (1556) ; saint Élie (Berezovsky), prêtre (1938).

SAINT MAXIME LE CONFESSEUR

Saint Maxime naquit en 580, au sein d’une illustre famille de Constantinople . Doué d’une intelligence exceptionnelle et de rares capacités pour les hautes spéculations philosophiques, il fit de brillantes études et entra dans la carrière politique. À son avènement au trône, en 610, l’empereur Héraclius, discernant sa valeur et appréciant ses vertus chrétiennes, mit Maxime à la tête de sa chancellerie (protasékretis). Honneurs, pouvoir et richesses ne pouvaient cependant éteindre en lui le désir, qu’il entretenait secrètement depuis sa jeunesse, de mener une vie conforme à la vraie philosophie. Au bout de seulement trois ans, il abandonna sa charge et les vaines distinctions du monde, et devint moine au monastère de la Mère de Dieu de Chrysopolis, près de Constantinople. Admirablement préparé au combat spirituel par la méditation de l’Écriture sainte et l’étude des Pères de l’Église, il progressa rapidement sur l’échelle des vertus, qui conduit à la bienheureuse impassibilité. Il maîtrisait avec science les élans de la convoitise par l’ascèse, l’irritation par la douceur et, libérant ainsi son âme de la tyrannie des passions, il nourrissait son intelligence par la prière, en s’élevant paisiblement vers les hauteurs de la contemplation. Dans le silence de sa cellule, penché sur l’abîme de son cœur, il considérait en lui-même le grand Mystère de notre Salut selon lequel, poussé par son amour infini des hommes, le Verbe de Dieu condescendit à s’unir à notre nature, séparée de Dieu et divisée contre elle-même par l’amour égoïste de soi, afin de la ramener à l’unité, de faire régner entre les hommes l’union harmonieuse de la charité fraternelle, et de leur ouvrir la voie de l’union avec Dieu, car Dieu est amour (1 Jn 4, 16).

Après avoir passé ainsi une dizaine d’années dans l’hésychia, il s’installa, avec son disciple Anastase, dans le petit monastère de Saint-Georges à Cyzique, où il commença à rédiger ses premières œuvres : des traites ascétiques sur la lutte contre les passions, la prière, l’impassibilité et la sainte charité. Mais, en 626, l’offensive conjuguée des Avars et des Perses sur Constantinople, qui allait être repoussée grâce à l’intervention miraculeuse de la Mère de Dieu , contraignit les moines à se disperser. Un nouveau mode de vie s’ouvrait pour saint Maxime : l’errance pour la cause de la vérité. Il lui fallait désormais porter témoignage de la charité divine, par sa conduite et ses écrits, dans un monde byzantin au bord de la catastrophe à la suite des invasions perses. Il séjourna quelque temps en Crète, où il commença le combat pour la foi orthodoxe en affrontant des théologiens monophysites, passa ensuite à Chypre et parvint finalement à Carthage, en 632, où il fit connaissance et se rangea sous la direction spirituelle de saint Sophrone [11 mars], grand connaisseur de la tradition monastique et théologien renommé pour son orthodoxie, qui séjournait au monastère d’Eukrata avec d’autres moines réfugiés de Palestine après la prise de Jérusalem par les Perses.

Pendant cette période (626-634), avant de s’engager dans la lutte pour la foi, saint Maxime put approfondir, comme nul autre avant lui, la doctrine de la divinisation, en exposant les fondements philosophiques et théologiques de la spiritualité orthodoxe. En de profonds et difficiles traités sur les passages obscurs de l’Écriture sainte, sur les difficultés de saint Denys l’Aréopagite et saint Grégoire le Théologien, et sur la Divine Liturgie, il dresse une grandiose synthèse théologique selon laquelle l’homme, placé par Dieu dans le monde pour être le prêtre d’une liturgie cosmique, est appelé à rassembler les raisons (logoi) de tous les êtres pour les offrir au Verbe divin, leur Principe, en un dialogue de libre amour ; de sorte qu’en accomplissant le dessein pour lequel il a été créé, son union à Dieu, il amène aussi l’univers entier à sa perfection dans le Christ, le Dieu-homme .

Depuis son accession au trône, Héraclius s’était efforcé de réorganiser l’Empire ébranlé et de préparer la contre-offensive contre les Perses par une série de réformes administratives et militaires, et surtout de rétablir l’unité des chrétiens, pour éviter que les monophysites ne se tournent vers les Perses ou vers les Arabes. Le patriarche de Constantinople, Serge, chargé par l’empereur de trouver à cette fin une formule dogmatique de compromis, susceptible de satisfaire les monophysites sans renier le Concile de Chalcédoine, proposa la doctrine du monoénergisme, selon laquelle la nature humaine du Christ serait restée passive et neutre, son énergie propre ayant été absorbée par l’énergie du Verbe de Dieu. En fait, il ne s’agissait que d’un monophysisme à peine déguisé, où l’on remplaçait le terme « nature » par celui d’« énergie ». En 630, l’empereur nomma Cyrus de Fasis patriarche d’Alexandrie, avec la mission de réaliser l’union avec les monophysites, particulièrement nombreux en Égypte. Aussitôt l’union signée (633), alors que dans les tavernes d’Alexandrie le peuple se vantait d’avoir gagné les chalcédoniens à la cause monophysite, saint Sophrone éleva seul la voix pour défendre les deux natures du Christ. Il se rendit à Alexandrie auprès de Cyrus qui, voulant éviter une lutte ouverte, le renvoya vers Serge, à Constantinople. Après de longues discussions sans résultat réel, Sophrone se vit interdire de soulever davantage le débat sur les natures et les énergies. Il regagna la Palestine, où il fut accueilli par le peuple comme le soutien de l’Orthodoxie et fut élu patriarche de Jérusalem, au moment même où les Arabes envahissaient le pays et commençaient une série de conquêtes qui allaient plus que jamais mettre l’Empire en péril. Sitôt élu, saint Sophrone publia une Lettre encyclique, dans laquelle il précisait que chaque nature ayant son énergie propre, une est la Personne du Christ mais deux sont ses natures et ses opérations (énergies).

Pendant ce temps, resté à Carthage, saint Maxime entrait discrètement dans la lutte dogmatique pour soutenir son père spirituel et, sans s’opposer à l’interdiction de parler des deux énergies, il montrait avec finesse que « Le Christ opère humainement ce qui est divin, par ses miracles, et divinement ce qui est humain, dans sa Passion vivifiante » . Mais quand, en 638, Héraclius publia un édit (l’Ecthésis) confirmant l’interdiction de parler des deux énergies et imposant à tous de confesser une seule volonté dans le Christ (monothélisme), le moine dut sortir de sa réserve et passer désormais à la confession publique de la vérité. Car, saint Sophrone étant mort la même année, Maxime était alors regardé par tous comme le porte-parole le plus autorisé de l’Orthodoxie. Comme à l’époque de saint Athanase ou de saint Basile, le soutien de la vraie foi dépendit alors d’un seul homme.

Dans une abondante correspondance, adressée au pape de Rome, au souverain et aux personnages influents de l’Empire, et dans des traités d’une profondeur inégalée, Maxime le Sage montra que le Verbe de Dieu, par un amour et un respect infinis pour sa créature, a assumé la nature humaine dans toute son intégrité, sans rien altérer de sa liberté. Libre de reculer devant la Passion, Il s’est soumis volontairement, en tant qu’homme, à la volonté et au dessein divin, nous ouvrant ainsi la voie du Salut (Mt 26, 39) par la soumission et l’obéissance. Parfaitement unie à l’absolue liberté de Dieu dans la Personne du Christ, la liberté humaine s’est trouvée ainsi restaurée dans son mouvement naturel vers l’union avec Dieu et avec les autres hommes par la charité. Ce que l’expérience de la prière et de la contemplation lui avait permis d’entrevoir, Maxime pouvait désormais l’exposer, en fondant la doctrine de la divinisation de l’homme sur la théologie de l’Incarnation. Nul autre Père de l’Église n’avait jusque-là poussé aussi loin l’examen de la liberté humaine et de son union avec Dieu, dans la Personne du Christ comme chez les saints. Avec saint Maxime, la doctrine orthodoxe de l’Incarnation trouve son exposé le plus complet ; il ne restera, quelque temps après, à saint Jean Damascène qu’à la présenter de manière plus accessible, pour la livrer aux générations à venir comme une tradition immuable.

Serge de Constantinople mourut en 638 et le nouveau patriarche, Pyrrhus, se fit le promoteur ardent de la nouvelle hérésie. Cependant, malgré les pressions, une grande partie des chrétiens résistait a l’application du décret impérial et, un peu avant de mourir (en 641), Héraclius dut reconnaître l’échec de sa politique religieuse. Pyrrhus, tombé en disgrâce au moment de la succession, s’enfuit en Afrique et affronta saint Maxime à Carthage, dans une dispute publique sur la Personne du Christ (645). Exposant le Mystère du Salut avec une argumentation d’une rigueur infaillible, le saint moine réussit à faire reconnaître ses erreurs au patriarche qui proposa finalement d’aller en personne à Rome pour jeter l’anathème sur le monothélisme devant le tombeau des Apôtres. Toutefois, peu de temps après, il retourna à son vomissement (2 Pi 2, 22) et s’enfuit à Ravenne. Le pape Théodore l’excommunia aussitôt et condamna pour hérésie son successeur sur le trône de Constantinople, Paul. En réaction contre cette intervention du pape et craignant qu’une rupture ouverte avec Rome n’aggravât la situation politique, devenue plus que jamais précaire à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes, l’empereur Constant II (641-668) publia le Typos (648) qui interdisait à tout chrétien, sous peine de châtiment sévère, de discuter des deux natures et des deux volontés. On commença alors à poursuivre et à persécuter les orthodoxes, surtout les moines et les amis de saint Maxime. Celui-ci rejoignit à Rome le nouveau pape, Martin Ier [13 avr.], qui était fermement décidé à soutenir la vraie foi, et il fut l’inspirateur du concile du Latran (649) qui condamna le monothélisme et rejeta l’édit impérial. Irrité au plus haut point par cette résistance, l’empereur envoya alors un exarque à Rome à la tête d’une armée (653). Ils arrêtèrent le pape malade et impotent, et le conduisirent au prix de mille sévices à Constantinople, où il fut jugé comme un criminel, outragé publiquement et de là fut conduit en exil à Cherson, où il mourut dans la situation la plus lamentable, en septembre 655.

Quant à saint Maxime, il avait été arrêté, un peu avant Martin, avec son fidèle disciple Anastase et un autre Anastase, apocrisiaire (légat) du pape [20 sept.]. Il attendit en prison de longs mois avant de comparaître devant le tribunal qui avait si odieusement condamné le saint prélat. On voulait présenter le jugement du chef de l’Orthodoxie comme un procès politique, aussi l’accusa-t-on de s’être élevé contre le pouvoir impérial et d’avoir favorisé la conquête de l’Égypte et de l’Afrique par les Arabes, puis on l’accusa d’avoir semé la division dans l’Église par sa doctrine. Fixé en Dieu et avec charité pour ses ennemis, le saint répondait avec un calme impassible aux calomnies et, se défendant de confesser aucune doctrine particulière, il se déclara prêt à rompre la communion avec tous les patriarcats et même à mourir, plutôt que de jeter le trouble dans sa conscience en trahissant la foi. Condamné à l’exil, il fut conduit à Byzie (Thrace), son disciple Anastase à Perbéris et l’autre Anastase à Mésembria, dans le dénuement le plus complet, mais sans perdre leur joie de souffrir ainsi pour le Nom du Seigneur dans l’attente de la résurrection.

Ayant appris au cours de son procès que le nouveau pape, Eugène Ier, était prêt à accepter une formule de compromis qui supposait une troisième énergie dans le Christ, saint Maxime écrivit une lettre dogmatique, grâce à laquelle le peuple de Rome se révolta et poussa le pape à se passer de l’accord impérial pour se faire consacrer. Comprenant alors qu’il ne pourrait pas soumettre les orthodoxes avant d’avoir gagné Maxime, l’empereur envoya vers lui l’évêque Théodose et deux habiles courtisans. Les souffrances de l’exil et le long séjour en prison n’avaient en rien fait perdre au saint confesseur la maîtrise de lui-même. Il repoussa sans peine tous leurs arguments, exposa de nouveau la doctrine orthodoxe et termina en exhortant avec larmes l’empereur et le patriarche à se repentir et à revenir à la vraie foi. Pour toute réponse, les envoyés du souverain se jetèrent sur lui comme des bêtes sauvages, l’accablèrent d’injures et le couvrirent de crachats.

Transféré à Perbéris, saint Maxime resta six ans enfermé avec Anastase, jusqu’à leur nouveau procès, en 662, devant le patriarche de Constantinople et son synode. On lui demanda : « De quelle Église es-tu donc : de Constantinople ? de Rome ? d’Antioche ? d’Alexandrie ? de Jérusalem ? Car voici que toutes sont unies à nous. » Le Confesseur répondit : « L’Église catholique, c’est la droite et salutaire confession de la foi dans le Dieu de l’univers. » Menacé de la peine capitale, il répliqua : « Que ce que Dieu a déterminé avant tous les siècles trouve en moi le terme qui lui rende la gloire qu’Il a avant tous les siècles ! » Après les avoir maudits et injuriés, les membres du tribunal ecclésiastique les livrèrent, lui et ses compagnons, au préfet de la ville, qui les condamna à la flagellation et leur fit couper les organes de leur confession : la langue et la main droite. Ils furent promenés à travers la ville tout ensanglantés, puis le préfet les fit incarcérer dans des forteresses séparées, à Lazique, dans le lointain Caucase. C’est là que, le 13 août 662, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, saint Maxime fut définitivement uni au Verbe de Dieu, qu’Il avait tant aimé et dont il avait imité la Passion vivifiante par la confession de foi et le martyre. On raconte que chaque nuit trois lampes, symbole de la sainte Trinité, s’allumaient d’elles-mêmes au-dessus de son tombeau. La relique de sa main droite est vénérée au monastère de Saint-Paul au Mont Athos.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Maxime, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * saint Maxime, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Maxime, ton 8
L’ami de la Trinité, Maxime le Grand * qui enseigna clairement la divine foi * pour glorifier le Christ en deux natures, deux volontés, deux énergies, * vénérons-le comme il se doit, * fidèles, par des cantiques en lui disant: * Réjouis-toi, prédicateur de la foi.

Évangile du jour
(Mc X, 11-16)
Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

3 février

3 février

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur. Saint Siméon (ou Syméon) le juste et sainte Anne la prophétesse ; saint Azarias, prophète (Xème s. av. J.-C.) ; saints martyrs Papias, Diodore et Claudien (250) ; saints Adrien et Eubule, martyrs à Césarée (vers 308) ; saint Blaise, martyr à Césarée (316) ; saint Léone, prêtre (IVème s.) ; saint Anatole, confesseur à Salins dans le Jura (IVème s. ou Vème s.) ; saint Lupicin, évêque de Lyon (Vème s.) ; sainte Radegonde, Martyre à Chaumont dans la Haute-Marne (Vème s.) ; saint Théodore, évêque de Marseille (595) saint Philippe, évêque de Vienne (VIème s.) sainte Berlinde, moniale en Belgique (702) ; saint Anschaire, évêque de Hambourg et de Brême (865) ; saint Romain, prince d’Ouglitch (1285) ; saint Syméon, évêque de Polotsk et Tver (1289) ; saints Stamatios, Jean et Nicolas, néo-martyrs grecs à Chios(1822) ; saint Nicolas, apôtre du Japon, égal aux apôtres (1912), saints néomartyrs de Russie : Jean (Tomilov), Timothée (Izotov), Adrien (Troïtzky), Basile (Zalessky), prêtres, Vladimir (Zagreba), moine et Michel (Agaïev), martyr.

SAINT SYMÉON LE THÉODOQUE

Saint Siméon (ou Syméon) le juste

Selon une tradition rapportée par d’anciens chroniqueurs, le juste et saint vieillard Syméon, originaire d’Égypte, aurait été choisi, au temps du pharaon Ptolémée Philadelphe (285-246 avant J.-C.), parmi les soixante-dix sages hébreux chargés de la traduction en grec de la Bible hébraïque, pour traduire le livre du prophète Isaïe. Lorsqu’il parvint au fameux passage où le prophète annonce la naissance virginale du Christ, en disant : « Voici, la Vierge est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Is 7, 14), tout embarrassé, il prit un canif pour gratter le mot vierge et le remplacer par celui de jeune femme. Mais à ce moment un ange de Dieu lui apparut et l’empêcha de modifier le texte sacré, en lui expliquant que ce qui lui semblait impossible était en fait une prophétie sur la venue en ce monde du Fils de Dieu. Et, pour confirmer ses dires, il lui promit qu’il ne verrait pas la mort tant qu’il n’aurait pas vu et touché le Messie né de la Vierge. Lorsque, après de très longues années, le Christ fut amené par la Très Sainte Mère de Dieu dans le Temple de Jérusalem, l’Esprit de Dieu révéla au vieillard Syméon que le temps de la réalisation de la promesse était arrivé. Il accourut au Temple et, prenant l’Enfant dans ses bras, il put dire à Dieu de tout son cœur : « Maintenant, ô Maître souverain, Tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole, car mes yeux ont vu ton Salut… » (Lc 2, 29). Effectivement, il s’endormit en paix, quelques jours plus tard. Ses reliques étaient vénérées à Constantinople, dans l’église Saint-Jacques, construite au temps de l’empereur Justin.
La prophétesse sainte Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, était alors âgée de quatre-vingt-quatre ans. Après la mort prématurée de son époux, elle avait passé toute sa vie dans le Temple, dans l’espérance de l’avènement du Sauveur. Si le vieillard Syméon était la figure vivante du vieil Israël, de l’Ancienne Alliance, qui attendait la venue du Messie pour disparaître et laisser la place à la lumière et à la vérité de l’Évangile, sainte Anne représentait, quant à elle, le modèle des saintes veuves, des vierges et des moines, qui se détachent de tout souci du monde pour demeurer en permanence dans le Temple du Seigneur, en offrant leurs jeûnes, leurs hymnes et leurs prières, dans l’attente ardente de la venue du Sauveur. Et quand, comme Anne et Syméon, ils auront vu des yeux de leur cœur et touché par leurs sens spirituels le Christ venu habiter en eux, ils annonceront alors à tous les hommes, avec joie et assurance, que le Sauveur ne cesse de venir en ce monde : Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël son peuple (Lc 2, 32).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Kondakion de saint Syméon, ton 4
Prenant dans ses bras le Christ, le Créateur et Seigneur, le vieillard implore aujourd’hui d’être délivré des liens de cette vie corruptible.

Évangile du jour
(Mc X, 11-16)

Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

2 février

2 février

La sainte rencontre de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ (chandeleur, hypapante, ou présentation au temple). saint Jourdain de Trébizonde, néo-martyr grec (1650) ; saint Gabriel, moine à Constantinople, néo-martyr grec (1676).

FÊTE DE LA RENCONTRE DE NOTRE SEIGNEUR

Lorsque les quarante jours prescrits par la Loi de Moïse pour la purification de la mère d’un nouveau-né furent accomplis (cf. Lv XII, 2-4), la Toute Sainte Mère de Dieu et saint Joseph amenèrent l’Enfant Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, car tout garçon premier-né, appartenant de droit au Seigneur (Ex XIII, 15), devait Lui être consacré au Temple et être, en quelque sorte, échangé contre l’offrande en sacrifice d’un agneau d’un an ou, pour les familles pauvres, d’un couple de tourterelles et de deux colombes (Lv XII, 8). Le Seigneur du ciel et de la terre, et le Législateur de son peuple Israël, Lui qui n’est pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir (Mt V, 17), ayant pris sur Lui notre nature mortelle depuis la désobéissance, la restaure dès sa venue au monde en se faisant obéissant à tous les préceptes de la Loi. Source de toutes les richesses et de toutes les grâces, Il se fait le plus humble et le plus pauvre d’entre nous. Il se soumet à la Loi qu’Il nous a donnée et que, nous hommes, n’avons cessé de transgresser, nous montrant ainsi que l’obéissance est la voie de la réconciliation avec Dieu. Bien que ni Lui ni sa Mère immaculée n’eussent besoin de purification, après avoir soumis sa chair à la circoncision le huitième jour, Il attendit encore à Bethléem l’écoulement de la durée légale afin de présenter dans le Temple de Sa gloire ce corps qu’Il a assumé pour devenir le nouveau Temple parfait de Sa divinité. Lui, le Dieu inaccessible et incompréhensible accepte d’être échangé contre l’offrande des pauvres : les colombes et les tourterelles, symboles de la pureté, de la paix et de l’innocence que le Sauveur Ami des hommes est venu nous apporter.

Parvenus dans le Temple, ils furent accueillis, dit-on, par le grand prêtre Zacharie, le père de saint Jean le Précurseur, qui plaça de manière inattendue la Mère de Dieu dans l’emplacement réservé aux vierges. À ce moment-là arriva dans le Temple un homme du nom de Syméon. Juste et pieux observateur de tous les commandements de Dieu, il avait attendu depuis de longues années la réalisation de la prophétie que l’Esprit Saint lui avait inspirée : c’est-à-dire qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ Seigneur. Ce vieillard, qui figurait l’attente d’Israël, tendit alors ses bras, les mains couvertes des plis de son manteau, pour recevoir le Sauveur comme sur un trône de chérubins. Il bénit Dieu et dit : « Maintenant, ô Maître Souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole, car mes yeux ont vu Ton salut » (Lc II, 9). L’Alliance d’Israël, devenue caduque à l’apparition du Christ, et la Loi obscure demandaient par lui à se retirer devant la lumière de la grâce. Ce vieillard, voyant et touchant le Sauveur qui avait été annoncé et préparé par les Justes et les Prophètes depuis tant de siècles, pouvait demander à Dieu en toute confiance d’être désormais délivré des liens de la chair et de la corruption pour laisser la place à la jeunesse éternelle de l’Église. Il annonçait ainsi solennellement l’abolissement des figures et prononçait l’ultime prophétie concernant le Sauveur, en prédisant à sa Mère que sa Passion et sa vivifiante Résurrection seraient un signe de contradiction, et qu’elles amèneraient la chute des impies et le relèvement de ceux qui croiront en Lui.

Une femme nommée Anne, de la tribu d’Aser, — qui était fort avancée en âge et était connue de tous ceux qui fréquentaient le Temple : car, restée veuve après sept ans de mariage, elle y servait Dieu continuellement en attendant la venue du Messie dans le jeûne et la prière — s’avança alors elle aussi vers l’Enfant et se mit à louer Dieu, annonçant à tous la délivrance d’Israël.

En entendant de telles révélations et furieux de voir Marie placée parmi les vierges par le grand prêtre, les pharisiens présents dans le Temple allèrent rapporter les faits au roi Hérode. Celui-ci comprit que cet enfant devait être le nouveau roi dont lui avaient parlé les Mages qui avaient suivi l’étoile depuis l’Orient, et il envoya aussitôt des soldats pour Le tuer. Mais prévenus à temps, Joseph et Marie s’enfuirent alors de la cité et allèrent se réfugier en Égypte, guidés par un ange de Dieu. Ce n’est que deux ans plus tard, rapporte la tradition, qu’ils retournèrent à Nazareth en Galilée. Et l’Enfant-Dieu grandit alors paisiblement, en attendant le moment propice pour commencer son ministère public.

Cette fête de la sainte Rencontre du Seigneur, appelée aussi Purification de la Mère de Dieu (ou Chandeleur) en Occident, était connue dès le IVe siècle à Jérusalem — où elle était célébrée le 14 février afin de coïncider avec le quarantième jour depuis la Nativité qui était alors célébrée le 6 janvier. Elle a été introduite à Constantinople par l’empereur Justinien, en 542, et a été alors rangée parmi les fêtes du Seigneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Lc II, 22-40)

Quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur. Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait été divinement averti par le Saint Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit: Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, Salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple. Son père et sa mère étaient dans l’admiration des choses qu’on disait de lui. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité. Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. Étant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qu’ordonnait la loi du Seigneur, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

20 janvier (ancien calendrier)/2 février (nouveau)

20 janvier (ancien calendrier)/2 février (nouveau)

Saint Euthyme le Grand, abbé en Palestine (473) ; saints Innas, Pinnas et Rimmas, martyrs Goths en Scythie (I-IIème s.) ; saints Bassos, Eusèbe, Euthychès et Basilide, martyrs à Rome (303) ; saint Euthyme et saint Laurent (XIII-XIVème s.), reclus des Grottes de Kiev ; saint Euthyme de Sianjemsk (vers 1465) ; Saint Minase, abbé de Condat (496) ; saint néomartyr Zacharie de Patras (1782) ; saint hiéromartyr Paul (Dobromyslov), prêtre (1940).

SAINT EUTHYME LE GRAND

Saint Euthyme le Grand, abbé en Palestine (473)

Comme saint Antoine pour l’Égypte, notre saint Père Euthyme fut, quelques années plus tard, le fondateur et le père du grand mouvement monastique qui allait remplir le désert de Palestine. Accordé par Dieu à ses parents, longtemps restés sans enfants, comme fruit de leurs prières, il naquit en 378 à Mélitène, en Petite Arménie, en signe précurseur de la période de joie et de paix qui allait bientôt s’ouvrir pour l’Église, troublée depuis quarante ans par la persécution arienne . Ayant perdu son père à l’âge de trois ans, sa mère le confia à l’évêque Eutréios qui, discernant la faveur de Dieu sur l’enfant, le baptisa et le consacra aussitôt lecteur de son église. Élevé au sein de la maison épiscopale dans la vertu, la tempérance et l’application aux saintes Écritures, Euthyme apprit très tôt à accomplir l’office divin aux temps fixés, avec crainte de Dieu, et à prier d’un cœur non distrait. Il ne sortait guère que pour rendre visite aux moines des alentours et, à chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, il s’enfonçait dans le désert pour y vivre dans le silence et la solitude, à l’imitation du prophète Élie et de saint Jean le Baptiste. Brillant ainsi de telles vertus, il fut ordonné prêtre dès l’âge de dix-neuf ans et nommé aussitôt supérieur de tous les monastères du diocèse. Il s’acquitta de cette charge pendant une dizaine d’années, puis voyant dans ces honneurs un obstacle à la vertu, il s’enfuit vers Jérusalem, avec le désir d’imiter la conduite de notre Seigneur Jésus-Christ au désert. Il s’établit un peu en dehors de la laure de Pharan, fondée plus d’un siècle plus tôt par saint Chariton [28 sept.], dans une cellule de solitaire où, libéré de tout autre souci que de plaire à Dieu par les prières et par les jeûnes, il s’occupait à tresser des rameaux de palmier, afin de n’être à la charge de personne. Il se lia alors d’une si étroite amitié spirituelle avec son voisin Théoctiste [3 sept.] que l’un et l’autre avaient tout en commun, pensée et manière de vivre, comme s’ils n’étaient qu’une âme en deux corps. Euthyme l’emportait cependant par la douceur et l’humilité, c’est pourquoi Dieu lui accordait plus manifestement sa faveur et lui donnait l’initiative en toute chose.

Comme les deux ascètes allaient chaque année passer tout le Carême dans le grand désert de Koutila, vers la mer Morte, ils furent un jour conduits par Dieu, jusqu’à une grotte admirable, située sur le flanc d’un précipice, qu’ils élurent aussitôt comme demeure et qu’ils transformèrent en église de Dieu par la vertu sanctifiante de leurs hymnes et de leurs prières. Après avoir passé quelque temps inconnus de tous et ne vivant que des herbes qui poussaient là, ils furent découverts par des bergers des environs. Dès lors les habitants du village le plus proche se firent un honneur de pourvoir à la subsistance de ces hommes de Dieu, et des moines de Pharan commencèrent à les visiter et à se joindre à eux en nombre croissant.

Comme Euthyme désirait rester libre de tout attachement, et le lieu étant trop exigu pour y mener la vie érémitique d’une laure, il fonda au pied de la falaise un coenobium dirigé par Théoctiste. Quant à lui, il demeurait en solitaire toute la semaine dans la grotte transformée en oratoire et assurait la direction spirituelle et l’enseignement des frères, le samedi et le dimanche, quand tous se réunissaient pour la vigile et la Divine Liturgie.

Le vénérable Euthyme progressait ainsi sans cesse dans la conversation intime avec Dieu, et il acquit en retour le pouvoir d’accomplir des miracles. Un jour de l’an 420, le chef d’une tribu de bédouins, nommé Aspebet (« le maître de la cavalerie ») qui, lors de la persécution en Perse avait aidé des chrétiens à trouver refuge dans l’Empire, vint trouver le saint à la suite d’une vision et lui présenta son fils malade. Euthyme guérit l’enfant d’un signe de croix. Les barbares, émerveillés à la vue du miracle, se jetèrent alors à ses pieds en lui demandant de leur enseigner la doctrine qui donne à l’homme la victoire sur la mort et de les illuminer par le saint Baptême. Certains d’entre eux se joignirent aux disciples d’Euthyme, et leur chef, ayant reçu le nom de Pierre, se fit ardent missionnaire auprès des groupes de bédouins essaimés en Palestine.

Cette guérison rendit le nom d’Euthyme célèbre dans tout le pays. Les malades accouraient de partout en foule, en troublant fort sa retraite, aussi décida-t-il de s’enfuir, malgré les instances de Théoctiste et des autres frères, vers le désert plus profond de Rouba, à l’emplacement de l’ancienne forteresse juive de Massada, en compagnie du seul Dométien , originaire lui aussi de Mélitène. Il passa ainsi quelques années dans divers endroits où, ses miracles ayant attiré de nouveaux disciples, il fonda des monastères. Puis il retourna à proximité de saint Théoctiste et s’installa avec Dométien dans une grotte située sur une petite colline, au milieu d’une vaste plaine désertique (le Sahel). Au bout de peu de temps, Pierre lui amena une foule de Sarrasins qui demandaient le baptême. Ces loups du désert ayant été transformés en troupeau spirituel du Christ, ils ne voulurent plus quitter le saint et installèrent leur campement permanent à proximité, campement qui devint par la suite un évêché avec Pierre pour pasteur. Euthyme continuait à envoyer à Théoctiste ceux qui voulaient vivre sous sa direction, jusqu’au moment où Dieu lui ordonna, dans une vision, de commencer à recevoir lui-même des disciples et de fonder une laure, organisée sur le modèle de Pharan. Les ermites y vivaient dans l’hésychia toute la semaine, non plus dans des grottes mais dans des cellules construites par Pierre et les Sarrasins, et se réunissaient pour la vigile dominicale autour de leur prêtre et père spirituel dans l’église consacrée, en 428, par l’archevêque saint Juvénal. Lorsque saint Euthyme célébrait la Divine Liturgie un feu venu du ciel se déployait au-dessus de l’autel et les recouvrait, lui et son diacre Dométien, comme un voile. L’œil de l’intelligence illuminé par la grâce divine, il pouvait distinguer clairement ceux qui s’approchaient dignement de la sainte Communion et ceux qui, l’âme chargée de péchés, communiaient pour leur condamnation. Il discernait aussi les secrets des cœurs et prophétisait l’avenir.
Malgré la grande pauvreté de la laure, le saint se montrait hospitalier et généreux envers tous ceux qui s’y présentaient. Un jour, il fit, par sa prière, se remplir de pains le cellier vide, en quantité suffisante pour nourrir quatre cents pèlerins venus d’Arménie rendre visite à leur compatriote, et pendant trois mois la réserve ne désemplit pas. Aux nombreux miracles qu’il accomplissait, l’homme de Dieu joignait toujours un enseignement sur l’obéissance, sur la persévérance dans la condition où Dieu nous a placée et sur le repentir, si bien que la grâce qu’il déversait sur ses disciples et sur le peuple était toujours pour leur édification et leur progrès dans la vertu.

Saint Euthyme était en tout un modèle parfait de conduite évangélique et, dans les temps troublés qui s’écoulèrent entre le concile d’Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451), il fut pour les fidèles un critère sûr de vérité et une colonne d’orthodoxie. Il envoya des disciples à l’un et l’autre des conciles, et ceux-ci y jouèrent un rôle notable. À l’issue du concile de Chalcédoine, un imposteur, Théodose, réussit à s’emparer pendant vingt mois du trône de Jérusalem et à entraîner dans le parti monophysite une grande partie des moines de Palestine, pour qui la subtile terminologie théologique du concile était peu compréhensible. Euthyme et ses disciples restèrent seuls à soutenir la foi orthodoxe, malgré toutes les menaces et les accusations de nestorianisme qu’on leur lançait. Comme saint Antoine jadis, l’éclat de la sainteté d’Euthyme était la preuve de la vérité de sa doctrine ; aussi, peu à peu, les moines les plus éminents se rangèrent-ils derrière lui. L’impératrice Eudocie [13 août], veuve de Théodose II, qui était établie en Palestine, s’était elle aussi laissée attirer par les opposants au concile. Mais frappée par les malheurs advenus à sa famille lors de la prise de Rome, elle réalisa son égarement et, cherchant à rentrer dans la communion de l’Église, elle envoya des émissaires auprès de saint Syméon le Stylite, près d’Antioche [1er sept.]. Celui-ci l’exhorta à revenir en hâte à l’Orthodoxie et lui fit dire : « Pourquoi chercher au loin à puiser l’eau, alors que tu as près de toi la source. Tu as l’homme de Dieu Euthyme, suis ses enseignements et tu seras sauvée ! » Eudocie se fit alors construire une tour près de la laure et y reçut les instructions d’Euthyme, comme si elles sortaient de la bouche même de Dieu. Elle prit ensuite fermement la défense de la foi et couvrit la Palestine de généreuses donations : églises, monastères et hospices.
Le vénérable ascète, chargé de jours mais animé de toute la ferveur que donne l’Esprit Saint, guidait vers le Royaume des cieux quantité de disciples, parmi lesquels on compte les plus grandes figures monastiques de l’époque : saints Sabas [5 déc.], Cyriaque [29 sept.], Gérasime [4 mars], et nombre d’évêques. À l’âge de quatre-vingt-dix ans, il descendit visiter Théoctiste, juste à temps pour assister à ses derniers moments, célébrer ses funérailles et désigner un nouvel higoumène. Dieu lui accorda aussi de connaître à l’avance la date de sa mort, mais il n’en dit rien jusqu’au jour où, selon sa coutume et malgré son grand âge, il devait partir passer le Carême au désert. Pendant la vigile de saint Antoine, il réunit ses disciples et leur délivra son ultime enseignement : « Gardez toujours, comme principe et comme fin de toute bonne activité, la charité sincère, qui est le lien de la perfection (Col 3, 14). Toute vertu se fortifie par la charité et l’humilité, avec l’aide de l’expérience, du temps et de la grâce. Mais la charité l’emporte sur l’humilité, car c’est par charité que le Verbe de Dieu s’est humilié en se faisant pareil à nous. » Il leur recommanda aussi de rendre grâce à Dieu en tout temps pour les avoir retirés de la confusion du monde et les avoir placés dans cette condition sainte, à l’imitation des anges. Puis il leur fit élire son successeur, leur annonça la mort prochaine de Dométien et la transformation de la laure en cœnobium (482). Il leur indiqua l’endroit où devaient être construits l’église et les bâtiments, les exhorta à ne pas négliger l’hospitalité, à consoler et stimuler les frères éprouvés par les tentations et à accomplir avec dévotion tous les services divins. Après être demeuré pendant trois jours seul dans le sanctuaire, il s’endormit en paix, le 20 janvier 473, le visage serein et tout blanc, plus angélique que terrestre. Il fut suivi, sept jours plus tard, par Dométien, son fidèle disciple depuis cinquante ans, qui avait fait le vœu de quitter cette vie une semaine après son Ancien. Une foule immense de moines, de clercs et de laïcs se rassembla pour les funérailles de ce Père du Désert. Des miracles s’accomplirent alors en grand nombre et continuèrent longtemps de s’accomplir sur son tombeau, creusé à l’emplacement de sa grotte. Toute l’Église commença aussitôt à vénérer saint Euthyme comme un de ses Pères parmi les plus éminents, car, ayant mené toute sa vie dans la solitude, il n’avait néanmoins jamais cessé d’être le soutien de la foi, le missionnaire, le législateur de la vie communautaire et l’économe de la grâce de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Euthyme, ton 4
Réjouis-toi, stérile désert, * rayonne d’allégresse, toi qui n’as pas connu les douleurs, * car l’homme des désirs spirituels * a multiplié tes enfants, * les faisant croître dans la foi, * les nourrissant de tempérance pour la perfection des vertus. * Christ notre Dieu, par ses prières pacifie notre vie.

Kondakion de saint Euthyme, ton 8
En ton auguste naissance la création trouva la joie, * en ta divine mémoire elle évoque le bonheur, * vénérable Père, de tes miracles nombreux * auxquels nous te prions de nous faire participer d’abondante façon * en purifiant nos âmes de la souillure du péché, * afin que nous puissions chanter: Alleluia.

Évangile du jour
(Mc X, 2-12)

Les pharisiens abordèrent Jésus ; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme. Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

1er février

1er février

Avant-fête de la Rencontre du Seigneur ; saint martyr Tryphon (250), saints martyrs Saturus, Saturnin, Secondus, Revocat, Perpétue et Félicité (202-203), saint Eubert évêque de Tournai (294) ; saint Pierre de Galatie (429), saint Paul, évêque de Trois-Châteaux (IVème s.) ; saint Torquat, évêque de Viviers (IVème s.) ; saint Bendimien, ermite en Bithynie (vers 512) ; sainte Brigitte de Kildare (524), illuminatrice de l’Irlande ; saint Chartier, prêtre du Berry (VIIème s.) ; saint Agrève, évêque du Puy en Auvergne (VIème s.) ; sainte Galle, vierge à Valence (VIème s.) ; saint Ours, prêtre à Aoste (VIème s.) ; saint Précore Vailly-sur-Aisne, ermitee (VIème s.) saint Séver, évêque d’Avranches (VIIème s.)saint néomartyr Nicolas Mezentsev, prêtre (1938).

VIE DU SAINT MARTYR TRYPHON

Ce glorieux martyr du Christ était originaire de la ville de Lampsaque, en Hellespont. Ses parents, modestes mais pieux, lui inspirèrent dès son plus jeune âge l’amour des saintes vertus évangéliques, de sorte qu’il obtint très tôt de Dieu la grâce de guérir les hommes et les animaux de leurs maladies, et de chasser les esprits impurs, tout en restant dans l’humble condition de gardien d’oies.

Au temps du règne de l’empereur Gordien (238-244), un démon furieux prit possession de la fille du souverain, sans que ni les médecins ni les mages ne puissent rien faire pour elle. Le démon s’écria un jour : « Seul Tryphon a la force de me déloger ! » Gordien envoya aussitôt des émissaires dans tout l’Empire à la recherche de ce guérisseur. L’ayant trouvé en train de garder paisiblement ses oies, ils emmenèrent à Rome le jeune garçon de dix-sept ans. Dès son arrivée, Tryphon expulsa le démon par la puissance de sa prière, et le fit apparaître aux habitants de la ville sous la forme d’un chien noir et répugnant, afin qu’il confesse qu’instrument de Satan, le père de tout mal, il n’avait, lui et les siens, aucun pouvoir contre les chrétiens. L’empereur reconnaissant couvrit Tryphon de présents que le saint distribua aux pauvres sur le chemin du retour vers sa patrie. Il reprit en paix ses activités, répandant autour de lui miracles et bénédictions divines, jusqu’au temps de la persécution de Dèce (250).

Le saint fut alors dénoncé au préfet de l’Orient, Akylin, comme un dangereux promoteur du christianisme. Il se livra de lui-même aux soldats qui avaient été envoyés pour l’arrêter, et se présenta radieux à Nicée, devant le tribunal, méprisant avec assurance les flatteries du préfet comme ses menaces. Il fut d’abord attaché au poteau de torture et frappé pendant trois heures à coups d’épées de bois, qui servaient à l’exercice des soldats. Comme il semblait rester étranger à la souffrance, le tyran le fit ensuite attacher derrière son cheval et l’obligea à courir pieds nus sur les chemins rocailleux et verglacés. Puis, de retour à Nicée, comme il refusait d’adorer l’image de l’empereur, on lui planta des clous dans les pieds et on le traîna ainsi au milieu de la ville. Mais l’amour du Christ transformait les souffrances du jeune martyr en de divines délices , et le spectacle de ces tortures n’avait pour tout résultat que de provoquer l’admiration de la foule. Les soldats s’acharnaient à lui déboîter les membres, à le frapper de verges et à lui brûler tout le corps avec des torches, mais le saint endurait tout avec joie, en priant pour ses bourreaux. Soudain, une couronne de fleurs, ornée de pierres précieuses, descendit du ciel pour se poser sur sa tête. Akylin, impuissant et ridicule, ordonna alors de le décapiter en-dehors de la ville. Mais, avant même que le bourreau n’abatte son glaive meurtrier, le saint martyr rendit son âme à Dieu. Les chrétiens de Nicée se précipitèrent pour honorer sa précieuse dépouille, mais le saint leur apparut pour leur révéler que sa place était dans sa patrie. C’est donc à Lampsaque qu’il fut enseveli et qu’il accomplit de nombreux miracles au cours des siècles. Il est invoqué pour la protection des jardins et des cultures contre les sauterelles, les reptiles et toutes sortes d’autres bestioles nuisibles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 1
Du haut du ciel se penchant vers la terre, le chœur céleste voit porter au temple comme un enfant nouveau-né par une Mère virginale le premier-né de toute la création et dans l’allégresse les Anges chantent l’hymne d’avant-fête avec nous.

Tropaire du saint martyr, ton 4
Ton Martyr Tryphon, Seigneur, pour le combat qu’il a mené a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; animé de ta force, il a terrassé les tyrans et réduit à l’impuissance l’audace des démons; par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr, ton 8
Fortifié par la Trinité, tu fis disparaître le culte des dieux multiples, glorieux Tryphon, vénérable dans le Seigneur; ayant vaincu les tyrans grâce au Christ Sauveur, tu as reçu la couronne des Témoins et le pouvoir des guérisons, comme invincible martyr.

Kondakion de l’avant-fête, ton 6
Le Verbe étant invisiblement avec le Père, est maintenant visible dans la chair ; Né ineffablement de la Vierge, il est remis dans les bras du vieillard Syméon. Prosternons-nous devant Lui, notre vrai Dieu.

Évangile du jour
(Mc IX, 42 – X,1)
Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. Car tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.

19 janvier (ancien calendrier)/1er février (nouveau)

19 janvier (ancien calendrier)/1er février (nouveau)

Saint Macaire le Grand, d’Égypte (390-391) ; saint Marc, archevêque d’Éphèse (1444) ; sainte martyre Euphrasie, vierge (303) ; saint Macaire d’Alexandrie (395) ; saint Contest, évêque de Bayeux (513) ; saint Laumer, abbé dans le Perche (593) ; saint Rémi, évêque de Rouen (772) ; saint Arsène, archevêque de Corfou (VIIIème s.) ; saint Euthyme, confesseur en Géorgie (XXème s.) ; saint Théodore, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Macaire le jeûneur, Laure des grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; invention des reliques de saint Sabbas de Zvenigorod (1652) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Skipetrov), prêtre (1918) ; Nicolas (Vostorgov), prêtre (1930), Théodore (Goussev) (1940).

SAINT MACAIRE LE GRAND

Saint Macaire le Grand, d’Égypte (390-391

Saint Macaire le Grand naquit en l’an 300 dans un village du Delta du Nil, Jijbêr, et exerça d’abord la profession de chamelier. Obéissant à un appel de Dieu, il se retira seul dans une cellule de son village pour y vaquer à la vie ascétique et à la prière. Comme les habitants du lieu voulaient le faire prêtre, il s’enfuit dans un autre village. Une jeune fille, qui s’était trouvée enceinte, accusa, pour se justifier, l’anachorète de lui avoir fait violence. On s’empara alors de Macaire et on le promena dans les rues, des casseroles au cou, en l’accablant de coups et d’injures. Le saint ne dit rien pour se défendre et accepta même de travailler davantage pour subvenir aux besoins de la femme et de l’enfant envoyés par la Providence. Lorsque son innocence fut finalement reconnue, tout le village, saisi d’admiration, voulut venir lui demander pardon. Mais Macaire s’enfuit, pour échapper à la vaine gloire, et se rendit au désert de Scété (auj. Waddi-Natroun), région aride et inhospitalière qu’il connaissait pour y avoir exploité le nitre. Il était alors âgé de trente ans et s’adonna avec un zèle irrésistible à tous les travaux de l’ascèse. Il ne se nourrissait qu’une fois par semaine d’un peu de pain et d’eau, dormait assis contre le mur de sa cellule quelques brefs instants et persévérait constamment dans le silence, dans la garde de l’esprit de toute pensée étrangère et dans la prière intérieure. Qu’il mangeât ou qu’il jeûnât, son corps avait toujours un aspect émacié, comme s’il échappait aux lois de la matière, car disait-il : « Le corps de celui qui est sans cesse occupé à purifier son âme est consumé par la crainte de Dieu comme le tison est brûlé par le feu. »

Il était si détaché des biens de ce monde que lorsqu’il surprit, un jour, un voleur en train de lui dérober le peu d’objets qu’il avait dans sa cellule, il l’aida à les charger sur son chameau. Jour et nuit, il restait assis dans sa cellule, les mains occupées à tresser des feuilles de palmier, l’âme contrite au souvenir de ses péchés et l’esprit transporté au ciel. Il ne se répandait pas en de longues prières, mais, tendant les mains vers le ciel, il disait en tout temps : « Seigneur, comme Tu le veux et Tu le sais, aie pitié de moi ! » Quelqu’un lui demanda un jour comment progresser dans la voie du salut. Le saint l’envoya au cimetière injurier les morts puis leur adresser des louanges, et il lui dit à son retour : « Vois-tu, les cadavres ne t’ont rien répondu. De même, toi aussi, si tu veux être sauvé, deviens comme mort, ne comptant pour rien le mépris des hommes ou leurs louanges. »

Furieux de se voir ainsi attaqués de front dans leur séjour, les démons l’assaillaient de toutes leurs forces, mais le saint les repoussait avec mépris. Un de ces esprits impurs lui confessa : « Tout ce que tu fais, je le fais aussi : tu jeûnes, moi je ne mange pas du tout ; tu veilles, moi je ne dors pas. Tu l’emportes seulement sur un point : par ton humilité. À cause d’elle, je ne puis rien contre toi. » Par ces combats, Macaire devint ainsi expert dans la connaissance des différentes sortes de démons. Il disait qu’ils se divisent en deux catégories principales : celle des esprits qui nous incitent aux passions, comme la colère ou la convoitise, et l’autre, plus redoutable, qui égare les hommes par l’illusion spirituelle, le blasphème et les hérésies.

La renommée des vertus de saint Macaire fut bientôt connue dans toute l’Égypte, et de nombreux visiteurs commencèrent à affluer vers le désert de Scété. Le saint accueillait avec joie et simplicité tous ceux qui venaient à lui, sans juger personne, et prodiguait à chacun ce qui lui convenait : parole d’édification ou prière. Pour honorer ses hôtes, il leur offrait un peu de vin et buvait avec eux ; mais, une fois seul, il restait sans boire d’eau autant de jours qu’il avait bu de coupes de vin. On disait de lui qu’il était comme un « dieu terrestre » car, de même que Dieu protège le monde par sa providence, de même abba Macaire cachait les fautes qu’il voyait comme ne les voyant pas et couvrait tous les hommes de son amour. Sa charité extrême le poussait à prier avec larmes même pour les damnés. Un jour, comme il marchait dans le désert, il trouva le crâne d’un prêtre des idoles, qui prenant la parole lui dit : « Chaque fois que tu prends en pitié ceux qui sont dans les tourments, nous qui sommes plongés dans le feu, le dos de l’un collé à celui de l’autre, nous recevons quelque soulagement en pouvant voir un peu la face de nos compagnons de malheur. »

Saint Macaire rendit visite à saint Antoine le Grand qui apprécia fort ses vertus et fit de lui un de ses disciples et héritiers spirituels . De retour à Scété, il commença à accepter des disciples en nombre croissant, c’est pourquoi il est considéré à juste titre comme le fondateur de cet illustre centre du monachisme orthodoxe. Parmi ses premiers disciples, on compte des astres brillants dans le firmament spirituel comme les abbas Moïse [28 août], Sisoès [6 juil.], Isaïe [3 juil.], Aïus, Zacharie [24 mars] et d’autres grands lutteurs. Chacun vivait dans une cellule séparée, occupé toute la semaine à un travail manuel suffisant pour lui assurer de quoi vivre et, le cas échéant, de quoi faire l’aumône ; mais surtout utile pour lutter contre l’ennui (acédie) et garder l’esprit vigilant. Les moines de Scété s’adonnaient en effet à de grandes austérités dans le seul but de garder leur intelligence constamment fixée en Dieu par la prière pure, et ils alimentaient leur contemplation en récitant par cœur les psaumes et de longs passages de l’Écriture sainte. Lorsqu’ils eurent bâti une église, ils se réunissaient tous, le samedi soir, pour célébrer la vigile nocturne et communier aux saints Mystères. Au matin, après la Divine Liturgie, ils partageaient un repas fraternel, qui était pour beaucoup d’entre eux le seul repas de la semaine, et conversaient librement, en interrogeant les plus avisés pour l’édification de leur âme. Puis chacun repartait vers sa cellule, en emportant les feuilles de palmier nécessaires au travail de la semaine.

Comme le nombre des disciples et des visiteurs croissait sans cesse, saint Macaire changea à plusieurs reprises de résidence. Il vivait loin des autres cellules, avec seulement deux compagnons à proximité, et avait aménagé une galerie souterraine qui menait de sa cellule à une grotte éloignée, de sorte qu’il pouvait s’isoler à l’insu de tous, pour garder son esprit sans distractions, lorsque les visites se faisaient trop fréquentes.

Au début, chaque fois qu’il désirait participer à la Divine Liturgie, le saint devait se rendre à pied à Nitrie, à plus de quarante milles de là, dans le désert brûlant. L’effort était trop grand pour ses disciples, aussi, sur les instances de saint Antoine, accepta-t-il de recevoir l’ordination sacerdotale, à l’âge de quarante ans. Le Saint-Esprit lui accorda alors en abondance les charismes de guérisons, de prophétie et de discernement des pensées. À deux reprises il ressuscita un mort : la première fois pour faire éclater innocence d’un malheureux injustement accusé d’assassinat, et la seconde pour démontrer à un hérétique la vérité de la foi en la résurrection des corps. Attirés par la réputation de saint Macaire et de ses disciples et par la prédication enthousiaste de saint Athanase en faveur du monachisme, des hommes venaient à Scété de toutes les parties de l’Égypte et des contrées éloignées de l’Empire pour y embrasser la vie angélique. Le désert devint une véritable ville, si bien qu’à la fin du siècle on comptait à Scété quatre églises, où les ascètes se réunissaient par centaines chaque dimanche.
En 374, l’arien Lucius s’empara du siège épiscopal d’Alexandrie et raviva la persécution contre les orthodoxes. Il s’attaqua en premier lieu aux moines les plus influents et fit déporter dans une île du Delta du Nil les deux Macaire et d’autres saints moines. Leur exil tourna cependant à l’avantage de l’Église, car ces confesseurs convertirent les païens du lieu et, bientôt rappelés grâce aux protestations indignées du peuple, ils rentrèrent dans leur désert avec une gloire accrue. Saint Macaire, sentant sa fin prochaine, rendit une dernière fois visite à ses disciples de Nitrie. En guise de testament spirituel, il leur déclara, les larmes aux yeux : « Pleurons, frères, et que nos yeux répandent sans cesse des larmes, avant que nous allions là où nos larmes brûleront nos corps. » Quelque temps plus tard, le « père spirituel du désert » remit en paix son âme au Seigneur, âgé de quatre-vingt-dix ans. Après avoir subi diverses translations lors de la conquête musulmane, ses précieuses reliques furent ramenées au monastère copte (784) qui porte son nom, édifié sur les lieux que le saint avait sanctifiés par sa présence.

On attribue traditionnellement à saint Macaire le Grand un ensemble d’admirables homélies spirituelles, dans lesquelles le saint évoque, à l’aide de splendides images empruntées au monde naturel, les effets variés de la grâce de Dieu en nous. Après avoir adhéré au Seigneur par la foi et s’être consacré à Lui par le renoncement, nous devons, dit-il, « cultiver la terre de notre cœur » , c’est-à-dire forcer notre nature rebelle dans la pratique de toutes les saintes vertus évangéliques, et principalement dans l’assiduité à la prière. Voyant alors notre bonne volonté, le Christ nous donnera la force d’accomplir tous ses commandements, ou plutôt Il les accomplira Lui-même en nous par l’énergie du Saint-Esprit. Progressant ainsi de vertu en vertu et de gloire en gloire vers la plénitude, notre esprit sera intimement mêlé au feu de l’Esprit Saint, il deviendra « tout œil, toute lumière » , et acquerra les propriétés de Dieu. Lors de la résurrection générale, le feu de l’Esprit Saint, caché dans le cœur des saints, débordera sur leur corps et les fera resplendir pour l’éternité de la lumière de Dieu. Pour saint Macaire, la vie chrétienne a pour seul but d’acquérir, dès ici-bas, l’expérience de l’Esprit Saint, de subir cette belle transformation qui nous donnera une « sensibilité spirituelle », par laquelle nous pourrons « goûter » la présence de Dieu à chaque instant de notre vie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Macaire, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Macaire porteur de Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Tropaire de saint Marc d’Éphèse, ton 8
Guide de l’Orthodoxie, combattant contre les innovations, fondement de l’Orthodoxie, luminaire de l’Église, sceau inspiré des docteurs, ô Marc, qui est toute sagesse, tu as illuminés tous les hommes par tes écris, lyre spirituelle, prie le Christ Dieu de sauveur nos âmes.

Kondakion de saint Macaire, ton 4
En sa maison le Seigneur t’a placé * comme un astre de tempérance, un astre non errant, * illuminant de ta clarté * les confins de l’univers, * Père des Pères, Macaire bienheureux.

Kondakion de saint Marc d’Éphèse, ton 8
Tu as reçu dans ton cœur les écrits sages en Dieu des théologiens, comme un véritable héraut de Dieu, tu as annoncé la procession de l’Esprit Saint, comme elle doit être, et tu as scellé le Symbole très saint, aussi nous te chantons : réjouis-toi, ô Marc le héraut de Dieu !

Évangile du jour
(Mc IX, 42 – X,1)

Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. Car tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.

31 janvier

31 janvier
Saints Cyr et Jean, anargyres, martyrs à Alexandrie avec sainte Athanasie et ses filles, saintes Théodotie, Théoctiste et Eudoxie (311) ; saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; sainte Tryphène, martyre à Cyzique dans l’Hellespont ; saint Gaud, évêque d’Evreux (491); saint Pouange, moine à Troyes (VIème s.) ; sainte Ulphe, ermite près d’Amiens (VIIIème s.) ; saint Bobin (ou Bocin), évêque de Troyes (vers 766); saint Nicétas, évêque de Novgorod (1108) ; saint Élie Ardounis, néo-martyr grec (1686).

Saints Cyr et Jean, anargyres

Saints Cyr et Jean, anargyres, martyrs à Alexandrie (311)

Saint Cyr était un pieux chrétien d’Alexandrie, qui exerçait la profession de médecin et guérissait en même temps beaucoup d’âmes en les conduisant au Christ. Il disait à ceux qui venaient le trouver : « Si vous voulez ne pas tomber malades, gardez-vous du péché. Car la maladie est le plus souvent une conséquence du péché. » Loin de se fier à la science médicale et aux remèdes, il guérissait les corps par la prière et ramenait à la vie les âmes égarées dans l’idolâtrie en leur prêchant la parole de Dieu. Constatant les succès qu’il remportait, des païens le dénoncèrent au gouverneur de la ville, homme dur et cruel, qui avait été chargé par l’empereur Dioclétien de pourchasser les chrétiens (vers 303). Sur le point d’être arrêté, Cyr réussit à s’enfuir et parvint jusqu’aux confins de l’Arabie, où il devint moine et acquit une grande notoriété par les nombreuses guérisons qu’il accomplissait avec le seul signe de la Croix.
La réputation de Cyr parvint jusqu’à Jean, soldat d’illustre naissance originaire d’Édesse, qui décida alors d’abandonner l’armée terrestre pour entrer dans la milice du Roi céleste. Renonçant à toute richesse et gloire de ce monde, il se rendit à Jérusalem, puis retrouva Cyr en Égypte où il devint son disciple et collaborateur, tant dans la pratique des vertus que dans les miracles. Comme la persécution s’étendait, ils apprirent que le gouverneur de Syrie, Syrianos, avait fait arrêter une chrétienne de Canope, Athanasie, et ses trois filles : Théoctiste, Théodote et Eudoxie, âgées respectivement de quinze ans, treize ans et onze ans. Les saints, craignant que la faiblesse de la nature féminine et le jeune âge des trois fillettes ne les fassent renier le Christ devant la torture, décidèrent de se rendre à Canope pour les encourager. Ils parvinrent à se glisser dans la prison, mais furent découverts et conduits sans retard devant Syrianos. Celui-ci, pensant que le spectacle de leurs tourments allait faire fléchir les quatre femmes, décida de soumettre Cyr et Jean à la torture devant elles. Mais les deux athlètes restaient inébranlables et communiquèrent aux saintes martyres leur mâle bravoure, si bien qu’elles endurèrent elles aussi la torture sans fléchir. Le gouverneur donna alors l’ordre de les décapiter, et tous marchèrent ensemble d’un pas assuré vers le lieu de l’exécution. Des chrétiens vinrent recueillir leurs corps et les déposèrent dans l’église Saint-Marc à Alexandrie.
Au ve siècle, saint Cyrille d’Alexandrie [9 juin], voulant faire disparaître le culte idolâtre d’Isis à Ménouthis (Aboukir), y fit transférer les reliques de saints Cyr et Jean [28 juin]. Les miracles et les guérisons se multiplièrent, et ce sanctuaire devint un des plus illustres lieux de pèlerinage du monde chrétien. Au viie siècle, saint Sophrone de Jérusalem [11 mars] fut guéri d’une maladie des yeux par une apparition des deux saints : Cyr lui guérit un œil avec le signe de la Croix, et peu après Jean lui rendit complètement la vue en lui baisant l’autre œil. En signe de reconnaissance, saint Sophrone écrivit une longue relation de leurs miracles. Saints Cyr et Jean sont toujours invoqués efficacement par les chrétiens orthodoxes parmi les saints anargyres.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 2ème ton
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire des saints martyrs, ton 5
Tu nous as donné comme invincible rempart * les miracles de tes saints Martyrs: * par leurs prières, ô Christ notre Dieu, * ruine les complots des païens, * affermis le règne de la foi, * dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Kondakion, des saints martyrs, ton 3
De la divine grâce ayant reçu * le don des miracles, saints Martyrs, * vous faites sans cesse merveille en retranchant nos passions * par votre opération invisible, * Cyr et Jean, vous les thaumaturges

Kondakion du dimanche, 2ème ton
Sauveur tout-puissant, Tu es ressuscité du tombeau : l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur et les morts ressuscitent. A cette vue, la création se réjouit avec Toi; Adam partage l’allégresse, et le monde, ô mon Sauveur, ne cesse de Te louer !

Évangile du jour
(Lc XVIII,35-43)
Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin, et mendiait. Entendant la foule passer, il demanda ce que c’était. On lui dit: C’est Jésus de Nazareth qui passe. Et il cria: Jésus, Fils de David, aie pitié de moi! Ceux qui marchaient devant le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort: Fils de David, aie pitié de moi! Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le lui amène; et, quand il se fut approché, il lui demanda: Que veux-tu que je te fasse? Il répondit: Seigneur, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Recouvre la vue; ta foi t’a sauvé. À l’instant il recouvra la vue, et suivit Jésus, en glorifiant Dieu. Tout le peuple, voyant cela, loua Dieu.

18 janvier (ancien calendrier)/31 janvier (nouveau)

18 janvier (ancien calendrier)/31 janvier (nouveau)

, archevêques d’Alexandrie ; saint Marcien de Cyr (vers 388) ; Saint Vénérand, évêque de Clermont en Auvergne (423) ;saint Volusien, évêque de Tours (498) ; saint Desle, moine fondateur du monastère de Lure dans les Vosges (vers 625) ; saints Cyrille et Marie, moine et moniale du grand habit, parents de saint Serge de Radonège (vers 1337) ; saint Athanase de Siandemsk (1550) ; saint Athanase de Novolok (XVI-XVIIème s.) ; saints néomartyrs de Russie : Michel (Kargopolov) prêtre (1919), Eugène (Isadsky), prêtre (1930), Vladimir (Zoubkovitch), Nicolas (Krasovsky), Serge (Lebedev), Alexandre (Roussinov), prêtres (1938).

SAINT ATHANASE LE GRAND, ARCHEVÊQUE D’ALEXANDRIE

Né à Alexandrie en 296, il manifesta, dès son enfance, un penchant pour la vie spirituelle. Il fut diacre auprès de l’archevêque Alexandre et l’accompagna à Nicée, au Ier Concile œcuménique, en 325. Lors de ce Concile, Athanase se rendit célèbre par son érudition, sa dévotion et son zèle à défendre l’Orthodoxie. Il contribua fortement à repousser l’hérésie arienne et à consolider l’Orthodoxie. Il rédigea le Symbole de Foi qui fut adopté lors du Concile. À la mort d’Alexandre, Athanase fut élu archevêque d’Alexandrie. Il demeura dans sa dignité archiépiscopale pendant plus de quarante ans, bien qu’il n’occupât pas le trône d’archevêque tout au long de cette période. Il fut persécuté par des hérétiques durant la quasi-totalité de sa vie, notamment par les empereurs Constance, Julien et Valens, par l’évêque Eusèbe de Nicomédie et quelques autres, ainsi que par l’hérétique Arius et ses partisans. Il fut contraint par ses persécuteurs à se cacher dans un puits, dans une tombe, dans des demeures privées et des ermitages. À deux reprises, il fut contraint de s’enfuir à Rome. Ce n’est qu’à la veille de sa mort qu’il connut une période de paix, en bon pasteur au milieu de son troupeau qui l’aimait vraiment. Il y a peu de saints qui aient été aussi outrageusement calomniés et aussi férocement persécutés que saint Athanase. Mais sa grande âme a tout enduré patiemment par amour du Christ et a fini par émerger triomphante de ce tous ces combats terribles et interminables. Athanase se rendait souvent auprès de saint Antoine, qu’il respectait comme son père spirituel, afin de lui demander conseil, réconfort et soutien moral. Cet homme, qui avait contribuer à formuler la plus grande vérité, a dû endurer beaucoup au nom de cette vérité, jusqu’à ce que le Seigneur l’accueille en Son royaume, comme Son serviteur fidèle, en 373. Le même jour, la Sainte Eglise joint à la mémoire de Saint Athanase, celle de son successeur sur le trône épiscopal d’Alexandrie, l’ardent Saint Cyrille (412-444). Tout comme le premier avait brillé, seul contre tous, dans la défense de la divinité du Verbe de Dieu, celui-ci dépensa ses forces pour le soutien du Dogme de l’Incarnation, contre l’impie Nestorius. Il montra que le Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, confessé par Athanase, a vraiment pris sur lui la nature humaine, qu’Il l’a assumée en sa propre Personne pour la faire communier à Sa nature divine. De sorte qu’avec Athanase et Cyrille, nous pouvons proclamer notre foi en Jésus-Christ, Fils unique et Verbe du Père, l’Un de la Trinité, devenu homme sans changement, connu, aimé et adoré en deux natures, divine et humaine, par qui et en qui nous avons accès auprès du Père, par la Grâce du Saint-Esprit.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 2ème ton
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire des saints hiérarques Athanase et Cyrille d’Alexandrie, ton 3
Par vos œuvres d’Orthodoxie vous avez brillé, éteignant toute fausse doctrine, vous fûtes des vainqueurs, portant les trophées, enrichissant tous par la piété, ornant majestueusement l’Eglise, et vous avez trouvé en toute justice le Christ Dieu, qui par vos prières nous donne la grande miséricorde.

Kondakion des saints hiérarques Athanase et Cyrille d’Alexandrie, ton 4
Hiérarques sublimes de la foi, vaillants défenseurs de l’Eglise du Christ, protégez tous ceux qui chantent pour lui: Sauve, ô Dieu compatissant, les fidèles qui t’honorent, Seigneur.

Kondakion du dimanche, 2ème ton
Sauveur tout-puissant, Tu es ressuscité du tombeau : l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur et les morts ressuscitent. A cette vue, la création se réjouit avec Toi; Adam partage l’allégresse, et le monde, ô mon Sauveur, ne cesse de Te louer !

Évangile du jour
(Lc XVIII, 18-27)
Un chef interrogea Jésus, et dit: Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui répondit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère. J’ai, dit-il, observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, ayant entendu cela, lui dit: Il te manque encore une chose: vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis, viens, et suis-moi. Lorsqu’il entendit ces paroles, il devint tout triste; car il était très riche. Jésus, voyant qu’il était devenu tout triste, dit: Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Car il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Ceux qui l’écoutaient dirent: Et qui peut être sauvé? Jésus répondit: Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.

30 janvier

30 janvier
Synaxe des saints Hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome ; saint Hippolyte de Rome, martyr avec ses compagnons saints Censorin et Sabin, sainte Chrysie, vierge, et 20 autres martyrs (IIIème s.) ; sainte Martine, vierge et martyre à Rome (226) ; saint Zenon, disciple de saint Basile le Grand (Vème s.) ; sainte Bathilde, reine de France, épouse de Clovis II (680) ; sainte Aldegonde, vierge à Maubeuge (684) ; saint Théophile le Nouveau, martyr (784) ; saint Pierre, roi de Bulgarie (967) ; saint Zenon le jeûneur, des Grottes de Kiev (XIVème s.) sainte bienheureuse Pélagie de Diveevo (1884) ; saint Théodore de Mytilène, néomartyr (1784) ; saints néomartyrs de Russie : Vladimir (Khrichtchenovitch), prêtre (1933) et Étienne (Nalivaïko), martyr (1945).

Synaxe des saints Hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Saints hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Sous le règne de l’empereur Alexis Comnène (1081-1118), une querelle vint à diviser à Constantinople les hommes instruits dans les choses de la foi et zélés pour la vertu, au sujet des trois saints hiérarques et éminents Pères de l’Église : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Les uns disaient préférer saint Basile aux deux autres, car il a su expliquer les mystères de la nature comme aucun autre et il s’est élevé au rang des anges par ses vertus. Organisateur du monachisme, chef de l’Église entière pour lutter contre l’hérésie, pasteur austère et exigeant quant à la pureté des mœurs, il n’y avait en lui rien de bas ni de terrestre. C’est pourquoi il était, disaient-ils, supérieur à saint Chrysostome qui, par nature, était plus facilement porté à pardonner aux pécheurs
D’autres, prenant le parti de l’illustre archevêque de Constantinople, rétorquaient que saint Chrysostome n’avait été en rien moins zélé que saint Basile pour combattre les vices, porter les pécheurs au repentir et élever tout le peuple à la perfection évangélique. Insurpassable par son éloquence, ce pasteur à la « bouche d’or » a arrosé l’Église d’un véritable fleuve de discours, dans lesquels il a interprété la parole de Dieu et a montré comment l’appliquer dans la vie courante, avec une maîtrise supérieure aux deux autres saints Docteurs.
Un troisième groupe soutenait que saint Grégoire le Théologien leur était supérieur, à cause de la majesté, de la pureté et de la profondeur de son langage. Maîtrisant en souverain toute la sagesse et toute l’éloquence helléniques, il avait atteint, disaient-ils, un tel degré dans la contemplation de Dieu que personne comme lui n’a su exprimer si parfaitement le dogme de la Sainte Trinité.
Chacun défendant ainsi l’un des Pères contre les deux autres, la querelle gagna bientôt tout le peuple chrétien de la capitale et, loin de favoriser la dévotion pour les saints, il n’en sortait que troubles, discordes et disputes sans fin entre les trois partis. C’est alors qu’une nuit les trois saints hiérarques apparurent en songe à saint Jean Mauropos, métropolite d’Euchaïta [5 oct.], d’abord séparément puis tous les trois ensemble. Et, d’une seule voix, ils lui dirent : « Comme tu le vois, nous sommes tous les trois auprès de Dieu et aucune discorde ou rivalité ne nous séparent. Chacun d’entre nous, selon les circonstances et selon l’inspiration qu’il avait reçue du Saint-Esprit, a écrit et enseigné ce qui convenait pour le salut des hommes. Il n’y a ni premier, ni second, ni troisième entre nous ; et si tu invoques l’un de nous aussitôt les deux autres sont présents avec lui. Aussi ordonne à ceux qui se disputent de ne pas créer de divisions dans l’Église à cause de nous, car lorsque nous étions en vie tous nos efforts ont été consacrés à rétablir l’unité et la concorde dans le monde. Puis réunis en une fête nos trois mémoires et composes-en l’office en y insérant les hymnes dédiées à chacun d’entre nous, selon l’art et la science que Dieu t’a donnés, et transmets-le aux chrétiens en leur ordonnant de le célébrer chaque année. S’ils nous honorent ainsi, comme étant un auprès de Dieu et en Dieu, nous leur promettons d’intercéder dans notre commune prière pour leur salut. » Sur ces mots, les saints furent enlevés au ciel dans une lumière indicible, en s’adressant l’un à l’autre par leurs noms.
Saint Jean rassembla alors sans retard le peuple et lui communiqua cette révélation. Comme il était respecté de tous pour sa vertu et admiré pour la force de son éloquence, les trois partis firent la paix et tout le monde l’exhorta à se mettre sans retard à la composition de l’office de la fête commune. Avec un fin discernement, il choisit de consacrer le trentième jour de janvier à cette célébration, comme pour sceller ce mois pendant lequel on commémore séparément chacun des trois hiérarques .
Comme l’évoquent de nombreux tropaires de cet office magnifique, les trois Hiérarques, « trinité terrestre », distincts par leurs personnes mais unis par la grâce de Dieu, nous ont enseigné, tant par leurs écrits que par leur vie, à adorer et à glorifier la Sainte Trinité, le Dieu unique en trois Personnes. Ces trois luminaires de l’Église ont répandu par toute la terre la lumière de la vraie foi, au mépris des dangers et des persécutions, et ils nous ont laissé, à nous leurs descendants, ce saint héritage par lequel nous pouvons atteindre aussi la béatitude suprême et la vie éternelle en présence de Dieu, avec tous les saints.
En clôturant le mois de janvier, pendant lequel nous célébrons la mémoire de tant de glorieux hiérarques, confesseurs et ascètes, par la fête commune des trois grands Hiérarques, l’Église récapitule en quelque sorte la mémoire de tous les saints qui ont témoigné de la foi orthodoxe par leurs écrits et par leur vie. Avec cette fête, c’est tout le ministère d’enseignement, d’illumination de l’intelligence et des cœurs des fidèles par la parole, que nous honorons. La fête des trois Hiérarques est donc en définitive la commémoration de tous les Pères de l’Église, de tous ces modèles de la perfection évangélique que le Saint-Esprit a suscité d’époque en époque et de lieu en lieu, pour être de nouveaux prophètes et de nouveaux apôtres, les guides des âmes vers le Ciel, les consolateurs du peuple et des colonnes de prière incandescentes qui soutiennent l’Église et la confirment dans la vérité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Hiérarques, ton 1
Aux trois immenses luminaires du triple Soleil divin, * qui ont embrasé le monde sous les rayons de leurs divins enseignements, * aux fleuves mellifères de la Sagesse, qui ont irrigué * sous les flots de la divine connaissance l’entière création: * Basile le Grand, Grégoire le Théologien * et l’illustre Jean au verbe d’or, * nous tous, les amants de leurs paroles, réunis, * chantons des hymnes en leur honneur, * car ils ne cessent d’intercéder pour nous * auprès de la sainte Trinité.

Kondakion, des saints Hiérarques, ton 2
Seigneur, tu as offert le repos, la jouissance de tes biens * aux prédicateurs sacrés du message divin, l’élite des Docteurs; * à tout holocauste, en effet, * c’est leurs peines et leurs épreuves que tu as préférées, * toi qui seul procures la gloire à tes Saints.

Évangile du jour
(Matth. V, 14-19)

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

17 janvier (ancien calendrier)/30 janvier (nouveau)

17 janvier (ancien calendrier)/30 janvier (nouveau)

Saint Antoine le Grand, moine en Égypte (356) ; saint Genou, évêque de Cahors (vers 250) ; sainte Yolaine, martyre (363) ; Saint Marcel, évêque de Die (510) ; saint Sulpice, évêque de Bourges (647) ; saint Richmir, abbé fondateur du monastère de Saint-Rigomer-des-Bois (vers 715) ; saint Antoine de Dymsk (1224) ; saint Antoine du Lac Noir (XVIème s.) ; saint néomartyr Georges de Ioannina (1838) ; saints néomartyrs de Russie : Victor (Evropeïtsev), prêtre (1931) et Paul (Ouspensky), prêtre (1938).

SAINT ANTOINE LE GRAND

Saint Antoine le Grand, moine en Égypte (356)

Saint Antoine, la première fleur du désert, naquit vers l’an 251, dans le petit village de Coma (auj. Qîmân al-Ariâs dans la région de Al-Ouasta) dans la vallée du Nil. Ses parents, nobles et riches chrétiens, l’élevèrent dans la foi et la crainte de Dieu. Ils se chargèrent eux-mêmes de l’éducation du jeune garçon, car Antoine ne souhaitait pas se mêler aux jeux turbulents des autres enfants et n’éprouvait que mépris pour les sciences profanes. Il ne sortait de la maison que pour se rendre à l’église, où il suivait avec attention la lecture des livres sacrés et le récit des exploits des saints.
Vers l’âge de vingt ans, la mort de ses parents le laissa à la tête du patrimoine familial et seul responsable de l’éducation de sa jeune sœur. Un jour, comme il se rendait à l’église en méditant sur la vie paisible et dégagée de tout souci des Apôtres et des premiers chrétiens, il entendit la lecture de ces paroles de l’Évangile : Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi (Mt 19, 21). Convaincu qu’elles n’avaient été dites que pour lui, il alla partager sans retard toutes les terres qu’il possédait entre ses voisins, vendit ses meubles et en distribua le prix aux pauvres, ne gardant que le nécessaire pour établir sa sœur. Une autre fois, après avoir entendu lire les paroles : Ne soyez pas en souci du lendemain (Mt 6, 34), il décida de renoncer définitivement au monde, distribua le reste de ses biens, confia sa sœur à des personnes vertueuses et quitta sa maison pour embrasser la vie ascétique.
En ce temps-là, il n’existait pas encore de monastères organisés. On ne trouvait que quelques hommes vivant en solitaires non loin de leur village, dans le jeûne et la prière. Un de ces anciens demeurait non loin de là. Antoine se proposa donc de l’imiter. Il s’installa lui aussi dans un lieu isolé, où, l’esprit libre de toute préoccupation et de tout souvenir de sa vie passée, il travaillait de ses mains, distribuait ses surplus aux pauvres, méditait les livres saints et s’efforçait de garder imperturbable la prière en son cœur. Semblable à une abeille industrieuse, chaque fois qu’il entendait louer la vertu de quelque solitaire, il se rendait auprès de lui, observait l’humilité des uns, la mortification, l’assiduité à la prière ou à la méditation des autres et, une fois rentré dans sa cellule, il s’efforçait de rassembler en lui-même toutes ces vertus.
Le démon, envieux de toutes les bonnes actions des hommes, ne pouvant souffrir de voir une telle ardeur en un si jeune homme, décida de partir en guerre contre lui. Il lui suggéra d’abord le souvenir des biens qu’il avait quittés, de sa sœur qu’il avait abandonnée et de tous les plaisirs de sa vie passée. Puis il lui représenta de manière épouvantable les difficultés de la vie ascétique, la faiblesse de son corps, le long combat qu’il aurait à soutenir pendant des années et tout un nuage épais de pensées diverses. Comme Antoine résistait à ces assauts par la fermeté de sa foi, la patience et la prière continuelle, le Malin passa à l’attaque sur un autre front. Il lui présenta à l’esprit des pensées d’impureté et excita ses sens juvéniles par quantité de suggestions obscènes. Et, voyant qu’il tenait bon, il prit de nuit l’apparence d’une femme qui l’invitait au péché par des gestes effrontés. Mais le vaillant soldat du Christ repoussa Satan par le souvenir des peines de l’enfer. Le démon excédé lui apparut alors sous l’aspect d’un enfant hideux et sombre et, se présentant comme l’esprit de la fornication, il reconnut avoir été vaincu par lui. Devant cette apparition aussi ridicule, Antoine le repoussa avec dédain, en chantant : Le Seigneur est mon secours, et je mépriserai tous mes ennemis (Ps 117, 7). Il était en effet convaincu que ce n’était pas lui-même qui avait remporté cette première victoire, mais la grâce de Dieu qui était en lui (1 Cor 15, 10). Sagement averti par les saintes Écritures des diverses machinations des démons, il ne se laissait pas endormir dans une trompeuse sécurité ; mais, toujours sur ses gardes, il travaillait avec encore plus de soin à réduire son corps en servitude, de peur que, victorieux dans un combat, il ne se trouvât vaincu dans un autre. Ayant désormais affermi sa résolution par une sainte habitude, il n’éprouvait plus de peine à passer souvent la nuit entière en prière, ne mangeait qu’un peu de pain et de sel, de deux jours en deux jours, et se refusait toute consolation humaine. Oubliant le temps déjà passé dans ce genre de vie et sans cesse tendu plus avant (Phil 3, 14), il considérait chaque jour comme le début de son ascèse et faisait sienne les paroles du prophète Élie : Le Seigneur est vivant, en présence duquel je me tiens aujourd’hui (3 Rg 18, 15 LXX).
C’est ainsi qu’il passa à l’offensive et se choisit pour retraite un des anciens sépulcres creusés par les païens. Ne pouvant souffrir cette provocation, Satan vint l’assaillir de nuit avec toute une troupe de démons. Ils l’accablèrent de tant de coups qu’ils le laissèrent à terre, couvert de plaies. Quand l’ami chargé de son ravitaillement le découvrit ainsi à demi-mort, il le transporta en hâte à l’église du village. Mais aussitôt qu’il eût repris ses sens, Antoine supplia son ami de le transporter de nouveau dans le sépulcre. Incapable de se tenir debout, il priait allongé et défiait audacieusement les démons. Ceux-ci pénétrèrent en foule dans le tombeau, en prenant l’apparence de toutes sortes de bêtes sauvages et de reptiles. Le preux guerrier était assailli de tous côtés, mais il les repoussait en leur criant avec force : « Si vous aviez quelque pouvoir, un de vous suffirait pour m’abattre ; mais comme le Seigneur vous a enlevé votre force, vous essayez de m’épouvanter par votre nombre. Le signe de votre faiblesse est bien que vous en êtes réduits à prendre la forme d’animaux dépourvus de raison. Si vous avez quelque pouvoir contre moi, allez, ne tardez pas davantage, attaquez ! Si vous ne pouvez rien, inutile alors de vous agiter ainsi. Le signe de la Croix et la foi me sont un rempart inexpugnable ! » Les démons, impuissants, en étaient réduits à grincer des dents de rage. Finalement, le Seigneur Jésus-Christ vint à son secours. Le toit de la demeure sembla s’ouvrir, et un rayon de lumière descendit sur Antoine, mit en fuite les esprits des ténèbres et le soulagea de ses peines. Antoine demanda alors : « Où étais-Tu, Seigneur ? Pourquoi n’as-Tu pas fait cesser plus tôt ce combat ? » Le Christ lui répondit : « J’étais là, à tes côtés. Mais je voulais être spectateur de ton combat. Puisque tu as résisté avec tant de courage, Je serai désormais toujours ton défenseur et Je rendrai ton nom célèbre par toute la terre. »
Antoine, alors âgé de trente-cinq ans (286), se trouva animé d’un surcroît de ferveur après ces combats et décida de s’enfoncer seul dans le désert. Il parvint sur la rive orientale du Nil, trouva sur la montagne un vieux fort abandonné et, après avoir chassé les reptiles qui l’habitaient, il s’y installa dans la plus complète solitude, en y interdisant l’entrée à quiconque. Il passa ainsi vingt années dans cette retraite, où, de six mois en six mois, un ami venait lui jeter du pain par-dessus la muraille. Nombreux étaient cependant ceux qui, attirés par sa réputation, venaient jusque-là. Ils restaient au-dehors, en entendant à l’intérieur un grand tumulte et les voix des démons vociférant contre celui qui était venu habiter leur demeure avec une si grande témérité. Un jour, dans l’excès de leur ferveur, ses admirateurs forcèrent la porte et virent Antoine leur apparaître, éclatant comme au sortir d’un sanctuaire mystique. Son aspect corporel était resté le même, malgré vingt ans de jeûnes et de luttes contre les démons, et son âme avait acquis un état de pureté, semblable à celui d’Adam avant la chute.
Il accepta dès lors de recevoir des disciples en nombre sans cesse grandissant, et fonda pour eux deux monastères (vers 306) : l’un à l’est du Nil, à Pispir (auj. Deir el-Mimoun), l’autre sur la rive gauche, non loin d’Arsinoé. Le cœur apaisé et l’intelligence inébranlablement fixée en Dieu, saint Antoine avait le pouvoir de réconcilier les ennemis par sa seule présence, de faire régner autour de lui la charité entre les hommes et de guérir les malades par sa prière. Inspiré par le Saint-Esprit, il instruisait ses moines dans la science spirituelle. Il leur recommandait de ne jamais se laisser décourager par les épreuves ou de se relâcher de leur première ferveur, mais au contraire de la faire croître de jour en jour, comme s’ils ne faisaient que commencer, en méditant ces paroles de l’Apôtre : Je meurs tous les jours (1 Cor 15, 31). Il disait :

Efforçons-nous de ne rien posséder que ce que nous emporterons avec nous dans le tombeau : à savoir la charité, la douceur, la justice, etc. La vertu, c’est-à-dire le Royaume des cieux, n’a besoin que de notre volonté, car elle se trouve en nous-mêmes. Elle ne consiste en rien d’autre, en effet, qu’à conserver la partie spirituelle de notre âme dans la pureté et la beauté dans lesquelles elle a été créée. Si nous demeurons tels que nous avons été faits, nous sommes dans la vertu.
En gardant avec vigilance notre cœur contre la souillure des mauvaises pensées, contre l’excitation des plaisirs et contre l’emportement de la colère, nous pourrons résister aux assauts des démons qui nous entourent et entreprennent tout dans le but d’empêcher les chrétiens de monter au Ciel et d’occuper les places d’où ils ont été chassés à cause de leur orgueil et de leur révolte. C’est seulement au prix d’une ascèse soutenue et de beaucoup de prière que nous pourrons recevoir du Saint-Esprit le charisme du discernement des esprits, afin de déjouer leurs ruses. Ils nous attaquent d’abord par les mauvaises pensées, puis, si nous les avons repoussés par la foi, le jeûne et la prière, ils reviennent à l’assaut par des imaginations diverses, dans l’espoir de nous effrayer. Derechef repoussés par la puissance du Christ, ils essaient alors de nous tromper en feignant de prédire les événements à venir, chose dont Dieu seul est capable, mais qu’ils parviennent à imiter grâce à l’agilité de leur nature incorporelle. S’ils nous trouvent encore inébranlables, alors leur prince lui-même, Satan, apparaît dans tout son faste, entouré d’une trompeuse lumière, image du feu qui lui est préparé pour l’éternité, et il nous suggère visions, révélations, exploits ascétiques et toutes sortes d’embûches, afin de nous faire tomber dans l’orgueil et l’illusion. Ne vous effrayez pas de toutes ces attaques. Ayant perdu leur puissance depuis l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ et ne pouvant demeurer en repos, ils en sont réduits à nous menacer par des paroles, des bruits et de vaines apparitions S’ils avaient quelque pouvoir, ils n’auraient pas besoin de déployer une telle pompe et auraient depuis longtemps arrêté l’accroissement et le progrès des chrétiens. C’est Dieu seul que nous devons craindre et, loin d’avoir de l’appréhension, nous ne devons avoir à l’égard des démons que du mépris. Car ils ne redoutent rien plus que le jeûne des moines, leur humilité, leur patience, leur amour pour Dieu et pour leurs frères. S’il vous vient quelque apparition, ne vous laissez pas troubler mais demandez à celui qui se présente : Qui es-tu ? et d’où viens-tu ? Si cette vision est sainte, elle dissipera aussitôt vos doutes et changera votre crainte en joie ; si elle est du diable, celui-ci prendra immédiatement la fuite en voyant votre fermeté. Toutes ces épreuves vous sont en fait profitables : supprimez la tentation, et personne ne sera sauvé .

Sous l’influence de saint Antoine, « le désert devint comme une cité de moines qui avaient renoncé au monde pour devenir citoyens de la cité céleste » . Tous ces monastères étaient semblables à des temples, où des hommes, unis en une douce harmonie par le but unique qu’ils se proposaient, passaient leur vie à chanter des psaumes, à méditer les saintes Écritures, à jeûner, à prier dans la joie et l’espérance des biens futurs .
En ce temps-là, Maximin Daïa ayant rallumé en Égypte le feu de la persécution, faisait couler à flot le sang dans la ville d’Alexandrie (308). Antoine, brûlant du désir d’accéder lui aussi à la perfection du martyre, se rendit à Alexandrie et s’exposa hardiment au danger pour se mettre au service des confesseurs, les visiter dans leurs prisons et dans les mines, et les exhorter à soutenir jusqu’au bout le bon combat. Malgré son ardent désir de partager leur sort, Dieu le garda pour d’autres combats ; il ne fut pas arrêté et retourna dans son monastère, où il continua son martyre non-sanglant de la conscience, en redoublant ses austérités.
Quoique restant reclus, il continuait d’accomplir des miracles et les visiteurs ne cessaient d’affluer. C’est pourquoi il décida de se retirer seul dans un désert plus profond. Il se joignit à une caravane de Bédouins et parvint jusqu’à la région montagneuse de Quolzoûm , situé vers la mer Rouge dans le désert, à trois jours de marche du Nil, où il s’installa après avoir été confirmé par une révélation de Dieu. Comme les bêtes sauvages venaient troubler l’eau de la source qui coulait là, le saint les en chassa délicatement au seul son de sa voix. Il cultivait un petit jardin pour sa subsistance et, excepté quelques rares visites de ses disciples, il pouvait s’adonner sans relâche à la contemplation et au combat contre les démons furieux. L’assurance que lui donnait sa familiarité avec le Seigneur rendait son esprit inébranlable comme la montagne de Sion, de sorte que les démons s’enfuyaient et que les bêtes sauvages vivaient en paix avec lui.
Au bout de plusieurs années, Antoine, désormais âgé, consentit à retourner visiter ses disciples à Pispir. En chemin, il fit jaillir de l’eau dans le désert pour abreuver ses compagnons de route accablés par la soif. Grande fut la joie à l’arrivée de l’homme de Dieu, et tous les moines trouvèrent dans sa visite l’occasion de renouveler leur ardeur dans les combats de la vertu. Une grande foule le suivit lorsqu’il regagna sa montagne : les uns demandaient la guérison des maladies du corps, d’autres venaient pour recevoir réconfort et instruction de l’âme. Le saint donnait à tous selon leur besoin, comme Dieu Lui-même. Il ne rompait le silence qu’après avoir reçu une inspiration du Saint-Esprit, et il parlait alors en employant les paroles de la Sainte Écriture, comme s’il en était lui-même l’auteur. Il pouvait dire avec confiance : « Moi, je ne crains plus Dieu, mais je l’aime. Car l’amour parfait chasse la crainte » . C’est pourquoi, dans ses enseignements, il insistait surtout sur la charité fraternelle et la purification du cœur. Il disait encore : « C’est du prochain que dépendant la vie et la mort. En effet, si nous gagnons notre frère, c’est Dieu que nous gagnons ; mais si nous sommes pour notre frère occasion de péché, c’est contre le Christ que nous péchons » . Père plein de compassion, il savait relâcher en temps opportun l’ascèse de ses disciples par quelque divertissement, et il leur transmettait la leçon, qu’il avait lui-même reçue d’un ange, d’alterner avec science la prière pure, la psalmodie et le travail manuel afin de lutter contre l’ennui (acédie) . Il considérait comme siennes les souffrances de ceux qui venaient le trouver et priait pour chacun. Quand Dieu accomplissait par lui une guérison, il rendait grâce, et quand Il la lui refusait, il rendait grâce aussi et exhortait ces malheureux à rester dans l’espérance.
Un jour, pendant sa prière, saint Antoine fut ravi en esprit et il se sentit comme élevé corporellement dans les airs par des anges qui éloignèrent de lui la horde de démons qui voulaient examiner impudemment sa conduite depuis sa naissance. Son visage dégageait un tel éclat de pureté et tous les mouvements de son corps révélaient si bien l’état impassible de son âme, qu’il répandait autour de lui comme un orbe de paix, de joie et de douceur. Sans qu’il ait besoin de se faire connaître, tous ceux qui le voyaient étaient irrésistiblement attirés vers lui. Il pouvait lire dans leur cœur comme à livre ouvert et, tel un habile médecin, il leur donnait toujours le remède approprié. C’est ainsi que l’Égypte entière le tenait pour son père et son médecin, les personnes les plus haut placées venaient jusqu’à son lointain désert pour s’entretenir avec lui ou seulement pour recevoir sa bénédiction. L’empereur Constantin le Grand lui-même, ainsi que ses fils, lui écrivirent comme à un père, en exprimant le souhait de recevoir une réponse.
Détaché de tous ces honneurs et l’intelligence sans cesse tournée vers la présence de Dieu en lui, Antoine avait été pourtant instruit par Dieu, comme par surcroît, de toute la science nécessaire à confondre la sagesse de ce monde. Des philosophes païens, enflés d’orgueil par leur prétendue science, vinrent avec mépris rendre visite à cet illettré dont toute l’Égypte parlait. En peu de mots, l’homme de Dieu confondit leur assurance. Il leur exposa comment la sagesse de ce monde a été rendue folle par la folie de la Croix, leur démontra l’insanité de leurs mythes qui abaissent Dieu à la ressemblance d’animaux ou d’objets fabriqués, alors que la doctrine du Christ élève l’homme à la communion avec la nature divine, et leur fit reconnaître qu’ils essayaient vainement d’atteindre par les discours et les raisonnements ce que les chrétiens connaissent par la foi et la puissance de l’expérience vécue. Il scella enfin sa victoire en délivrant des possédés par la puissance du Christ et congédia ses visiteurs tout penauds.
Saint Antoine avait un grand respect pour les clercs et les responsables de l’Église. Il était certes étranger à toute affaire ecclésiastique, mais il n’en soutenait pas moins vigoureusement la foi orthodoxe, gravement en péril en ces temps de troubles. Comme les ariens d’Alexandrie avaient répandu la rumeur selon laquelle l’illustre ermite partageait leur doctrine insensée, le saint n’hésita pas à sortir de sa retraite et à se rendre dans la bruyante capitale pour proclamer clairement, devant toute la population accourue pour le voir, sa foi en la divinité du Fils et Verbe de Dieu, son adhésion inébranlable à la doctrine du Concile de Nicée et son indéfectible soutien à saint Athanase (338).
Quand il parvint à l’âge de cent cinq ans, Antoine partit, selon sa coutume, rendre visite aux moines installés dans la montagne plus avancée et leur annonça avec joie que Dieu allait bientôt le rappeler vers sa véritable patrie. Il les exhorta à persévérer tous les jours dans les travaux de l’ascèse, comme si la mort était toute proche, à imiter l’exemple des saints, et à préserver avec soin la tradition des Pères inspirés de Dieu en évitant toute relation avec les hérétiques. Puis, il se retira dans le désert profond, servi par deux disciples : Macaire [19 janv.] et Amatas. Au moment de mourir, il leur recommanda de ne pas transporter son corps en Égypte, de peur qu’il ne fût embaumé, conformément aux coutumes païennes encore en vigueur, et leur ordonna de l’enterrer dans un endroit inconnu de tous. Il légua une partie de ses vêtements aux deux grands confesseurs de l’Orthodoxie : saint Athanase et saint Sérapion de Thmuis [7 fév.], et sa tunique de poil à ses deux plus proches disciples, pour que ceux-ci, en portant ces vêtements, soient couverts de sa protection invisible. Puis il étendit les pieds et, le visage comblé de joie, comme si des amis venaient à sa rencontre, il remit paisiblement son âme à Dieu, le 17 janvier 356. La réputation du Père des moines s’étendit aux extrémités de toute la terre et, depuis des siècles, sa biographie, écrite avec amour par saint Athanase d’Alexandrie peu après la mort du saint (357), offre aux âmes éprises de Dieu un parfait modèle de la voie à suivre pour parvenir à la perfection de la vie chrétienne .
Le corps de saint Antoine fut, dit-on, découvert à la suite d’une révélation, en 561, et transféré à Alexandrie. Vers 635, sous la menace de l’invasion arabe, on le transporta à Constantinople et, vers 1070, selon le témoignage de la tradition occidentale, un seigneur du Dauphiné apporta une partie de ses reliques en France (Saint-Antoine en Dauphiné), où elles devinrent l’objet d’un célèbre pèlerinage.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Antoine, ton 4
Imitant par ta vie le zèle d’Elie * et suivant le droit chemin du Baptiste, * vénérable Père Antoine, tu peuplas le désert * et par tes prières affermis l’univers; * prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Antoine, ton 2
Le tumulte de ce monde, tu l’as chassé loin de toi * pour mener une vie conforme à la paix, * imitant le Baptiste par tous les moyens; * c’est pourquoi, Père des Pères, avec lui, * vénérable Antoine, nous te glorifions.

Évangile du jour
(Lc VI, 17-23)

Il descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

29 janvier

29 janvier

Translation des reliques de saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, martyr (107) ; saint Sarbèle et sainte Barbée, martyrs à Edesse (vers 110) ; saints Romain, Jacques, Philothée, Julien, Habib, Parigore et Hypéréchios, martyrs à Samosate (297) ; saints Sylvain, évêque d’Emèse, Luc, diacre, et Mocias, lecteur, martyrs en Phénicie (312) ; sainte Savine (313) ; saint Sulpice Sévère, ami et biographe de saint Martin de Tours (vers 410) ; saint Gildas le Sage, abbé de Rhuys en Bretagne (570) ; saint Sulpice Sévère, évêque de Bourges (591) ; saint Laurent, évêque de Tourov (1194) ; saints Gérasime (1467), Pitrim (1455) et Jonas (1470), évêques de Perm ; saint Dimitrios de Chios, néo-martyr grec (1802) ; saints néomartyrs de Russie : Jean (Granitov) et Léonce (Klimenko), prêtres, Constantin (Zverev), diacre et les cinq martyrs avec eux (1920).

Translation des reliques de saint Ignace le Théophore

Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, martyr (107)

Après qu’il fut devenu, selon son désir, un « pur froment de Dieu », broyé sous la dent des fauves dans l’amphithéâtre de Rome, il ne resta plus de saint Ignace que les ossements les plus importants. Des fidèles recueillirent avec dévotion ces précieuses reliques et les transférèrent à Antioche, où elles furent accueillies par les chrétiens en liesse et devinrent une source de miracles et de consolation spirituelle.

Saints Romain, Jacques, Philothée, Julien, Habib, Parigore et HypérÉchios, martyrs à Samosate

Durant sa campagne contre les Perses, l’empereur Maximien Galère s’arrêta dans la célèbre cité de Samosate, en Mésopotamie (307-308). Ayant appris qu’il y avait là des chrétiens, il organisa une grande cérémonie au temple de la Fortune, obligeant tous les habitants, sous peine de mort, à prendre part au culte public. Hyperéchios et Philothée refusèrent de se rendre à la célébration idolâtre et se cachèrent dans l’oratoire aménagé dans la demeure du premier. Cinq autres jeunes concitoyens vinrent bientôt les rejoindre et, après avoir été catéchisés par le prêtre Jacques, ils furent baptisés. Tous persévéraient ainsi dans les hymnes et la prière, quand un envoyé de l’empereur surgit, en portant l’ordre d’arrestation d’Hyperéchios et Philothée. Arrêtés, jetés en prison et torturés à plusieurs reprises, les saints confesseurs restaient inébranlables. La nouvelle se répandit dans la ville, et les notables envoyèrent une ambassade pour intercéder en leur faveur auprès du souverain. Maximien irrité donna alors l’ordre d’en finir sans plus tarder et condamna les sept martyrs à être crucifiés en dehors de la cité. Après l’exécution leurs corps furent jetés dans l’Euphrate, mais un pieux chrétien réussit à les récupérer et les ensevelit dignement.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Ignace, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Ignace, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion, de saint Ignace, ton 4
S’étant levé de l’Orient * et ayant répandu la clarté * de ses enseignements * sur l’entière création, * saint Ignace porteur- de-Dieu fut orné du martyre.

Évangile du jour
(Mc IX, 33-41)
Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé. Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.

16 janvier (ancien calendrier)/29 janvier (nouveau)

16 janvier (ancien calendrier)/29 janvier (nouveau)

Vénération de la précieuse chaîne de l’apôtre Pierre ; saint Danacte, lecteur, martyr en Illyrie (IIème s.) ; Speusippe, Éleussippe, Méleussippe, et de leur grand-mère Néonille (161-180) ; saint Maxime de Totma, fol en Christ (1650) ; saint Honorat, évêque d’Arles (429) ; saint Fursy, abbé fondateur de Lagny (650) ; saint Trivier, solitaire à Thérouanne (550) ; saint Ferjus, évêque de Grenoble, martyr (659) ; saint néomartyr Damascène (1771) ; saint hiéromartyr Jean (Pettaï), prêtre (1919).

VÉNÉRATION DE LA PRÉCIEUSE CHAÎNE DE L’APÔTRE PIERRE

Vers l’an 43, le roi de Judée et de Samarie, Hérode Agrippa Ier , voyant les progrès de la prédication des Apôtres, fut pris de folie sanguinaire contre les chrétiens et fit périr par le glaive saint Jacques, le frère de Jean [30 avr.]. Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit aussi arrêter saint Pierre, le chef des Apôtres, et le fit jeter en prison, jusqu’au moment de l’offrir en oblation pour le plaisir du peuple, après la Pâque. De peur de le voir s’enfuir, on avait chargé l’Apôtre de deux lourdes chaînes attachées aux deux soldats qui montaient la garde à ses côtés, et des sentinelles avaient été postées à toutes les issues de la prison. Mais, la nuit même, grâce aux prières de l’Église, Dieu envoya auprès de lui un ange resplendissant qui remplit le cachot de lumière en apparaissant. Il secoua l’Apôtre endormi pour le faire lever, et aussitôt les chaînes tombèrent de ses mains. Sans trop comprendre ce qui se passait et se croyant encore endormi, Pierre mit sa ceinture, chaussa ses sandales et, guidé par l’ange, il franchit sans encombre tous les postes de garde. Quand ils parvinrent enfin en pleine ville, l’ange, ayant accompli sa mission, quitta Pierre qui, sortant de sa torpeur, rendit grâce à Dieu. Il courut alors vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où les chrétiens assemblés le reçurent avec grande joie (Act 12, 1 -19).
Ces chaînes tombées des mains du saint Apôtre furent ensuite recueillies par de pieux chrétiens et transmises de génération en génération, jusqu’à ce qu’elles fussent transférées par l’empereur byzantin à Constantinople et déposées dans l’église Saint-Pierre, près de Sainte-Sophie, où elles accomplirent pendant des siècles quantité de miracles et de guérisons .
Il n’y a rien d’étonnant à ce que non seulement les ossements des saints opèrent des miracles, mais aussi leurs vêtements ou les objets qu’ils ont touchés. L’Écriture sainte rapporte que la grâce de Dieu accomplissait de tels miracles par l’entremise de l’Apôtre saint Paul, et qu’il suffisait aux habitants d’Éphèse d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps, pour que la maladie les quitte et que les esprits mauvais soient mis en déroute (Act l9, 11-12). La grâce incréée, qui remplit l’âme purifiée des saints, déborde, en effet, sur leur corps, du corps sur leurs vêtements et de leurs vêtements même sur leur ombre, pour accomplir des prodiges. C’est ainsi que les Actes des Apôtres rapportent encore, à propos de saint Pierre, qu’une multitude d’hommes et de femmes allaient jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposaient à terre, de sorte que l’ombre du saint les couvrant à son passage, leur procurait ainsi la guérison, ou tout au moins la force de demeurer dans l’espérance (Act 5, 15). C’est ainsi que l’Église Orthodoxe a hérité la pieuse coutume de ne pas vénérer seulement le corps des saints, devenu porteur de la grâce, mais aussi leurs vêtements, leurs objets familiers ou les instruments par lesquels ils ont souffert pour le Seigneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Pierre, ton 4
Sans quitter Rome tu es venu jusqu’à nous * par les chaînes précieuses que tu portas; * et, nous prosternant devant elles dans la foi, * nous te prions de nous procurer par ta divine intercession la grâce du salut.

Kondakion de saint Pierre, ton 2
Le Christ, ce rocher qui glorifia * splendidement la Pierre de la foi, * nous invite à fêter ensemble le Coryphée * pour la merveille de sa précieuse chaîne, afin de nous donner * le pardon de nos fautes.

Évangile du jour
(Mc IX, 33-41)
Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé. Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.

28 janvier

28 janvier
Saint Éphrem le Syrien (373) ; saint Pallade, ermite en Syrie (IVème s.) ; saint Jacques l’ascète, ermite en Palestine (VIème s.) ; saint Jean, abbé de Réomé, ermite dans l’Auxois (539) ; saint Isaac le Syrien, évêque de Ninive (VIIème s.) ; saint Ephrem de Novotorjok (1053) ; saint Éphrem, évêque de Pereyaslav (vers 1098) ; saint Théodose de Totma (1568) ; saints néomartyrs de Russie : Théodore (Bogoyavlensky), confesseur, prêtre (1933), Ignace, évêque de Skopino, Vladimir (Pichtchouline), prêtre et Bartholomée (Ratnykh), moine, Olga (Evdokimov) (1938), Léonce (Stasevitch), confesseur, moine (1972).

Saint Éphrem le Syrien (373)

SAINT ÉPHREM LE SYRIEN
Cet astre radieux de l’Église s’est levé en Orient, dans la lointaine ville de Nisibe (Mésopotamie), vers 306. Tout jeune encore, il fut chassé de la maison familiale par son père — qui était prêtre païen — à cause de sa sympathie pour la religion chrétienne. Il fut alors recueilli par le saint évêque Jacques [13 janv.], qui l’instruisit dans l’amour des vertus et l’application constante à la méditation de la parole de Dieu. L’étude de l’Écriture sainte alluma en lui une flamme qui lui fit mépriser les biens et les soucis de ce monde pour élever son âme vers la jouissance des biens célestes. Sa foi et sa confiance en Dieu, inébranlables comme le mont Sion, le portèrent à embrasser un admirable mode de vie. Il avait une pureté du corps et de l’âme qui dépassait les limites de la nature humaine et qui lui faisait gouverner en roi tous les mouvements de son âme, en ne laissant pas une seule pensée mauvaise surgir à l’horizon de son esprit. À la fin de sa vie, il reconnaissait n’avoir jamais dit de mal de personne et n’avoir jamais laissé échapper de sa bouche une seule parole inconsidérée.
Dépouillé de tout, comme les apôtres, luttant de jour contre la faim et de nuit contre le sommeil, et revêtant ses actions comme ses paroles de la sainte humilité du Christ, il reçut de Dieu le don de la componction et des larmes continuelles à un degré tel qu’il occupe dans le chœur des saints la place privilégiée de « maître de la componction ». Par un miracle, connu seulement de ceux qui s’offrent tout entier en holocauste au Seigneur, ses yeux avaient été transformés en deux sources intarissables de larmes. Pendant des années, pas un moment du jour ou de la nuit, ces eaux lumineuses, purificatrices et porteuses de sanctification, ce « second baptême des larmes », ne cessèrent de couler de ses yeux, faisant de son visage un miroir très pur où se reflétait la présence de Dieu. Il pleurait continuellement sur ses péchés ou sur les péchés des autres hommes, et parfois, quand il passait à la méditation des merveilles que Dieu a faites pour nous, ces pleurs se transformaient en larmes de joie. Tel un cercle merveilleux, dont on ne peut pas discerner le commencement ou la fin, les gémissements faisaient naître en lui les larmes ; les larmes, la prière ; la prière, la prédication, laquelle était elle-même interrompue par de nouvelles lamentations. En lisant ses admirables discours sur la componction ou ses descriptions si réalistes du Jugement Dernier, même les cœurs les plus endurcis ne peuvent rester insensibles. Pour de nombreuses générations jusqu’à aujourd’hui, la lecture de saint Éphrem a fait couler bien des larmes, ouvrant aux pécheurs la voie du repentir et de la conversion.
Quelque temps après son baptême, vers l’âge de vingt ans, Éphrem se retira au désert, fuyant le trouble de la ville pour s’entretenir dans la quiétude avec Dieu et vivre en compagnie des anges. Il passait de lieu en lieu, libre de tout attache, allant là où le conduisait le Saint-Esprit, pour son profit et celui de ses frères. C’est ainsi qu’il se rendit dans la ville d’Édesse pour un pèlerinage et à la recherche d’un saint homme avec lequel il pourrait mener la vie monastique. Rencontrant sur son chemin une femme de mauvaise vie, il feignit d’accepter ses propositions et, lui disant de le suivre, il la conduisit vers la place publique, au lieu de chercher quelque endroit retiré et propice au péché. La prostituée lui fit remarquer : « Pourquoi m’amènes-tu là ? N’as-tu pas honte de t’exposer aux regards des hommes ? » Le saint répondit : « Malheureuse, tu crains le regard des hommes, pourquoi ne crains-tu pas le regard de Dieu qui voit tout et qui jugera au dernier jour nos actions et nos pensées les plus secrètes ? » Saisie de crainte, la femme se repentit et se laissa conduire vers un lieu favorable à son salut.
Au bout de quelques années à Édesse, saint Éphrem retourna vivre au désert. Comme il avait entendu vanter les vertus de saint Basile le Grand, Dieu lui révéla dans une vision que l’évêque de Césarée était semblable à une colonne de feu qui unissait la terre au ciel. Sans tarder, Éphrem partit alors pour la Cappadoce. Il arriva à Césarée le jour de la Théophanie, et entra dans l’église au moment même où l’on célébrait la Divine Liturgie. Bien qu’il ne comprît pas le grec, il fut saisi d’admiration en voyant le grand évêque prêcher, car il voyait une colombe blanche posée sur son épaule, qui lui murmurait à l’oreille des paroles inspirées. C’est cette même colombe qui révéla à saint Basile la présence dans la foule de l’humble ascète syrien. Il envoya des acolytes le chercher, s’entretint avec lui quelques instants dans le fond du sanctuaire et, répondant à sa requête, il obtint de Dieu qu’Éphrem se mît soudain à parler grec, comme s’il connaissait cette langue depuis son enfance. Puis il l’ordonna diacre, et le laissa partir vers sa patrie.
C’est alors que commença une longue série de guerres entre les Romains et les Perses (de 338 à 387), et des persécutions implacables furent lancées dans tout le royaume contre les chrétiens, considérés comme les alliés des Romains. Apprenant dans son désert les souffrances de ses frères, saint Éphrem retourna alors à Nisibe pour leur venir en aide par ses œuvres et ses paroles. Dès son enfance, il avait eu la révélation de la vocation à laquelle Dieu l’appelait, en voyant en vision une vigne abondante pousser de sa bouche et remplir toute la terre. Tous les oiseaux du ciel venaient s’y poser et se rassasiaient de ses fruits, et plus ils grappillaient plus celle-ci se remplissait de raisins. La grâce du Saint-Esprit le remplissait avec une telle profusion que, lorsqu’il s’adressait au peuple, sa langue n’avait pas le temps de proférer les pensées célestes que Dieu lui inspirait, et il semblait comme pris de bégaiement. C’est pourquoi il adressa à Dieu cette prière peu commune, en disant : « Retiens, Seigneur, les flots de ta grâce ! »
Lorsqu’il n’était pas occupé à l’enseignement pour confirmer la foi contre les païens et les hérétiques, il se mettait humblement au service de tous, en véritable diacre, imitant le Christ devenu pour nous « serviteur ». C’est ainsi que, par humilité, il refusa toujours l’élévation au sacerdoce. Ses vertus, sa prière, les fruits de ses contemplations et de sa méditation, toute la grâce que Dieu lui donnait, il ne les gardait pas pour lui-même, mais il en ornait l’Église, Épouse du Christ, comme d’une couronne d’or sertie de pierreries. Lorsqu’on assiégea Nisibe, en 338, ce fut grâce à sa prière et à celle de saint Jacques [13 janv.] que la cité fut délivrée. Mais, après les guerres successives, elle fut finalement livrée au cruel souverain des Perses, en 363. Refusant de vivre sous la domination païenne, saint Éphrem et beaucoup d’autres chrétiens partirent alors pour Édesse. Il passa là les dix dernières années de sa vie, et continua l’œuvre amorcée dans l’école exégétique fondée à Nisibe par saint Jacques, en enseignant à l’École d’Édesse, appelée dès lors « École des Perses ». Il rédigea alors la plus grande partie de ses ouvrages admirables, où sa connaissance de Dieu et des saints dogmes revêt la splendide parure d’une langue poétique incomparable. On dit qu’il composa en syriaque plus de trois millions de vers : commentaires de la plupart des livres de l’Écriture sainte, traités contre les hérésies, hymnes sur le Paradis, sur la Virginité, sur la Foi, sur les grands mystères du Sauveur et des fêtes de l’année . Une grande partie de ces hymnes est entrée dans la composition des livres liturgiques de l’Église de langue syriaque, d’où son surnom de « Lyre du Saint-Esprit » et de « Docteur de l’univers ». D’autres traités, très nombreux, nous ont été transmis sous son nom en grec sous son nom. Ils portent davantage sur la componction, l’ascèse et les vertus monastiques.
Après avoir organisé les secours dans la cité, lors de la famine de 372, saint Éphrem remit son âme à Dieu l’année suivante (373), entouré d’un grand nombre de moines et d’ascètes qui étaient sortis de leurs monastères, de leur désert, de leur grotte, pour assister à ses derniers moments. Il leur laissa un Testament émouvant, plein d’humilité et de componction, dans lequel il demande instamment à tous ceux qui l’aiment de ne pas l’honorer par des funérailles brillantes, mais de déposer son corps dans la fosse réservée aux étrangers, en lui offrant, en guise de fleurs et d’aromates, le soutien de leurs prières.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Éphrem, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Ephrem, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion, de saint Éphrem, ton 2
Méditant sans cesse sur l’heure du jugement, * tu versais des larmes amères, toi l’ami du silence et de la paix; * tes œuvres, vénérable Père, ont fait de toi * un maître d’action, un docteur universel: * par toi les négligents sont éveillés au repentir.

Évangile du jour
(Mc IX, 10-16.)
Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts. Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c’est que ressusciter des morts. Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement? Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé? Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui. Lorsqu’ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux. Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.

15 janvier (ancien calendrier)/28 janvier (nouveau)

15 janvier (ancien calendrier)/28 janvier (nouveau)

Saint Paul de Thèbes, ermite (341) ; saint Jean le Calybite (Vème s.) ; saint Pansophos, martyr à Alexandrie (vers 240-251) ; saint Maur, abbé près d’Angers, disciple de saint Benoît (584) ; Saint Ablebert, évêque de Cambrai et d’Arras (645) ; saint Bonet, évêque de Clermont (71O) ; sainte Tarcice, vierge à Rodez (vers 600) ; saint Malard, évêque de Chartres (vers 660) ; Saint Éloi de Lérins (VIème s.) ; saints Procore de Ptchina (Xème s.) et Gabriel de Lesnovo (XIème s.) ; saint Gérasime, patriarche d’Alexandrie (1714) ; saint hiéromartyr Michel (Samsonov), prêtre (1942).

SAINT PAUL DE THÈBES

Saint Paul de Thèbes, ermite (341)

Au temps où l’empereur Dèce (vers 250) faisait répandre à flots le sang des martyrs dans toutes les régions de l’Empire romain, vivait en Basse Thébaïde un jeune homme pieux, savant et orné de toutes sortes de vertus, que la mort de ses parents avait laissé à la tête d’une grande fortune. Pour échapper à la tempête de la persécution, il se retira dans une maison de campagne ; mais, bientôt, l’époux de sa sœur, désirant accaparer pour lui seul tout l’héritage familial, conçut le projet de livrer le jeune chrétien aux persécuteurs. Pris de crainte, Paul s’enfuit alors dans le désert, abandonnant ainsi tous ses biens derrière lui.
Après une longue marche, il parvint un jour au pied d’une montagne et découvrit une caverne merveilleusement située, cachée à la vue de tous, qui avait autrefois servi de repère à des faux-monnayeurs. Un vaste palmier y offrait ses fruits et son ombrage, et une source, l’eau claire nécessaire à la vie. Il s’installa donc dans ce petit paradis offert par Dieu, et y passa toute sa vie dans le silence et la prière.
Au bout de longues années (342), il vint à la pensée de saint Antoine le Grand, alors âgé de quatre-vingt-dix ans, que nul autre que lui n’avait mené sur la terre une vie si parfaitement consacrée à Dieu. La nuit suivante, il fut averti en songe qu’un autre ermite menait cette vie céleste, plus parfaitement que lui, dans un autre désert, et avait atteint l’âge de cent treize ans. Le vénérable vieillard prit sans retard son bâton et se mit en marche droit devant lui, en s’abandonnant à la Providence pour lui montrer la route. Il rencontra sur son chemin plusieurs animaux monstrueux, suscités par le démon, qui, réduits à l’impuissance par le signe de la Croix, lui indiquèrent la direction à suivre. Une louve le conduisit finalement jusqu’à la grotte, et il parvint, à force de prières et de supplications, à convaincre Paul d’ouvrir la porte.
Les deux vieillards échangèrent alors un saint baiser, se saluant tous les deux par leurs propres noms. Ils rendirent grâce à Dieu d’avoir permis cette rencontre et, s’étant assis, Paul, qui n’avait pas parlé aux hommes depuis quatre-vingt-dix ans, demanda à Antoine comment allait le monde, si l’idolâtrie et la persécution y régnaient toujours. Au cours de l’entretien un corbeau vint soudain voleter au-dessus d’eux et posa à leurs pieds un pain frais tout entier. Paul dit à son visiteur : « Admire la bonté de Dieu. Voilà soixante-dix ans que Dieu m’envoie par ce corbeau, chaque jour, une moitié de pain pour ma nourriture, et, aujourd’hui, à ton arrivée, le Seigneur a doublé la ration. » Après avoir pris cette réfection céleste avec actions de grâces, ils passèrent la nuit entière en prière. Le jour venu, Paul confia à Antoine qu’il connaissait depuis longtemps son séjour dans le désert, et que le Seigneur l’avait envoyé maintenant vers lui pour rendre à la terre son pauvre corps de terre, car l’heure de la fin de ses combats approchait.
Antoine, fondant en larmes, le supplia de ne pas l’abandonner ainsi et de prier le Seigneur, pour qu’il le prenne avec lui. Saint Paul lui demanda alors d’aller chercher dans son monastère le manteau que saint Athanase d’Alexandrie lui avait donné, afin de l’ensevelir. Le vieillard de quatre-vingt-dix ans retrouva les forces de sa jeunesse pour faire avec diligence, en un jour, ce voyage, brûlant du désir de revoir Paul et craignant qu’il ne rendît l’âme pendant son absence. Le lendemain matin, il était encore en chemin, lorsqu’il vit l’âme de saint Paul s’élever dans le ciel au milieu des chœurs des anges, des prophètes et des apôtres. Il s’écria : « Paul, pourquoi m’abandonnes-tu ? T’ayant connu si tard, faut-il que tu me quittes si tôt ? » Il courut jusqu’à la caverne, où il trouva saint Paul immobile, comme en prière. Il l’enveloppa dans le manteau du grand confesseur de l’Orthodoxie, chanta pour lui les hymnes des funérailles et, aidé providentiellement par deux lions qui vinrent creuser une fosse avec leurs griffes, il déposa avec dévotion le corps du premier ermite dans la terre, en attente de la résurrection. Afin de ne pas être privé de la grâce qui avait rempli le saint pendant son existence terrestre, Antoine emporta avec lui la tunique que Paul avait confectionnée de ses mains avec les feuilles du palmier, et il la revêtait aux grandes solennités de Pâques et de la Pentecôte.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Paul de Thèbes, ton 4
Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Tropaire de saint Jean le Calybite, ton 4
Ardemment dès l’enfance ayant aimé le Seigneur, * tu quittas le monde et ses plaisirs et dans l’ascèse te distinguas; * tu fixas ta cabane devant le seuil de tes parents * et les pièges des démons, tu les brisas, bienheureux Jean; * c’est pourquoi le Christ t’a justement glorifié.

Kondakion de saint Paul de Thèbes, ton 4
Fidèles, célébrons le divin Paul, * ce flambeau éclairant le monde par la hauteur de ses vertus, * et chantons au Christ: Tu es l’allégresse des Moines saints.

Kondakion, de saint Jean le Calybite, ton 2
Chérissant la pauvreté pour imiter le Christ, * tu laissas les richesses de tes parents * et, prenant dans tes mains son Évangile divin, * à sa suite, saint Jean, tu marchas, * sans cesse auprès de lui intercédant pour nous tous.
Lc XX,19-26
Évangile du jour
(Mc IX, 10-16)

Les disciples retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c’est que ressusciter des morts. Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement? Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé? Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui. Lorsqu’ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux. Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.

27 janvier

27 janvier
Jour de jeûne
Translation des reliques de saint Jean Chrysostome (en 438) ; saint Julien, premier évêque du Mans (vers 250) ; Saintes Maure et Britta, vierges (IVème s.) ; Sainte Dévote, vierge et martyre, patronne de la principauté de Monaco ( 304) saint Maur, abbé du monastère du Val Benoît (vers 550) ; saint Loup (ou Leu), évêque de Chalon-sur-Saône (vers 610) ; Saint Marius, abbé de Bodon (v. 650) ; saint Dimitrios, martyr à Constantinople (1784).

Saint Jean Chrysostome

TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Après le décès de notre saint et glorieux Père Jean Chrysostome, survenu au cours de son exil à Comane en Cappadoce, son corps fut déposé avec ceux des saints martyrs Basilisque et Lucien, comme ces derniers le lui avaient révélé en songe. Un an plus tard (408), l’empereur Arcade et sa femme Eudoxie, qui avait été la responsable de l’exil du saint, trouvèrent la mort, et Théodose le Jeune prit la succession. Peu à peu on restaura sur leurs sièges les partisans du saint, qui avaient été exilés ; mais certains évêques malveillants, menés par Théophile d’Alexandrie, continuaient à poursuivre sa mémoire de leur haine. La division dura jusqu’à l’élection de saint Proclos sur le trône de Constantinople, en 434 [20 nov.]. La quatrième année de son épiscopat, celui-ci parvint à convaincre l’empereur de faire transférer solennellement les reliques du saint de Comane à Constantinople (438). Mais notre saint Père Jean, vivant par la grâce du Saint-Esprit et toujours soucieux d’inculquer au souverain le repentir et l’humilité, refusa de laisser déplacer son corps. Tous les efforts des soldats et des envoyés de l’empereur restaient vains. Le cercueil était comme scellé au sol. L’empereur Théodose, comprenant le message qui lui était ainsi adressé, écrivit une lettre à saint Jean, lui demandant humblement pardon pour la persécution menée contre lui par son père et le suppliant d’accepter de retourner dans la ville impériale pour réjouir le cœur de tous ceux qui l’attendaient depuis tant d’années. Aussitôt la lettre posée sur la poitrine du saint, le cercueil se laissa déplacer sans aucune peine et il fut transporté en grande pompe jusqu’à Constantinople.

Quand le cortège parvint à Chalcédoine, le peuple couvrit le bras de mer qui sépare cette ville de la capitale de tant de vaisseaux ornementés et de flambeaux qu’il semblait avoir été transformé en terre ferme. Mais, pendant la traversée, une tempête soudaine dispersa la flotte et le navire impérial, où avait été déposée la précieuse relique, alla s’échouer tout près de la propriété d’une veuve, nommée Callitrope, dont l’impératrice Eudoxie avait voulu injustement s’emparer, et qui avait été l’occasion du dernier exil du saint. Le champ fut alors rendu à la veuve et la mer se calma aussitôt.
L’empereur Théodose vint en personne à la rencontre du saint, suivi de tout le Sénat. Il se prosterna à terre et, posant le visage sur la châsse, il le supplia de pardonner les péchés commis contre lui et contre ses partisans. On transporta d’abord la sainte relique dans l’église de l’Apôtre Thomas dans le quartier d’Amantios, où elle fit cesser le tremblement qui agitait depuis vingt années le tombeau d’Eudoxie. Puis elle fut transférée à Sainte-Irène, où l’on installa le saint sur le trône épiscopal, tandis que le peuple en liesse criait : « Rentre en possession de ton trône, ô Saint ! » Finalement, le cortège se rendit aux Saints-Apôtres, le lieu de sépulture des empereurs et des patriarches, et lorsqu’on le plaça, là aussi, sur le trône, la voix du saint se fit entendre, disant : « Paix à tous ! » On déposa ensuite la relique sous l’autel et, pendant la Divine Liturgie qui fut alors célébrée, de nombreux miracles s’accomplirent. Depuis, les reliques de saint Jean Chrysostome, dispersées dans le monde, ne cessent de manifester sa présence paternelle et bienfaisante.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Chrysostome, ton 8
Resplendissante de clarté, * la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers, * révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part * et nous montrant la grandeur de l’humilité. * Père saint dont la parole nous instruit, * Jean Chrysostome, intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Jean Chrysostome, ton 1
La sainte Eglise se réjouit en esprit * du transfert de tes reliques, saint Jean; * les conservant comme un trésor de grand prix, * sans cesse elle accorde à ceux qui te chantent, * par tes prières, la grâce des guérisons, * bienheureux Chrysostome.

Évangile du jour
(Mc VIII,30-34)

Alors il commença à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât trois jours après. Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

14 janvier (ancien calendrier)/27 janvier (nouveau)

14 janvier (ancien calendrier)/27 janvier (nouveau)
Jour de jeûne
Clôture de la fête de la Théophanie ; Les saints Pères martyrs au Mont Sinaï et à Raïthou, dont : Isaïe, Sabas, Moïse et son disciple Moïse, Jérémie, Paul, Adam, Serge, Domne, Proclus, Hypatios, Isaac, Macaire, Marc, Benjamin, Eusèbe, Élie et leurs compagnons (IVème-Vème s.) ; saint Joseph d’Aila (IVème s.) .) ; sainte Nina (ou Nino), égale aux apôtres, apôtre de la Géorgie (335) ; saint Théodule, moine au Mont Sinai (Vème s.) ; sainte Néosnadie, vierge en Poitou (Vème s.) ; Saint Euphrasius, évêque de Clermont-Ferrand (v. 515) ; saint Firmin, évêque dans le Gévaudan (Vème s.) ; saint Étienne, fondateur du monastère de Chenolakkos en Bithynie (VIIIème s.) ; ; saint Sabas (ou Sava), premier archevêque de Serbie (1236) ; saint Jean (Kevroletine), confesseur (1961).

Sainte Nina (ou Nino), égale aux apôtres, apôtre de la Géorgie (335)

SAINTE NINA DE GÉORGIE
Elle était apparentée à saint Georges le Mégalomartyr et à Juvénal, patriarche de Jérusalem. Après que ses parents, nobles de Cappadoce, furent tous deux devenus moines, elle fut éduquée sous la surveillance du patriarche Juvénal. Ayant entendu parler du peuple géorgien, la jeune Nina avait, dès son jeune âge, exprimé le souhait de se rendre en Géorgie et de faire baptiser les Géorgiens. La Très Sainte Mère de Dieu lui apparut et lui promit qu’elle l’amènerait dans ce pays. Et lorsque le Seigneur lui ouvrit la voie, la jeune Nina se rendit aussitôt en Géorgie, où elle acquit, en peu de temps, une grande affection populaire. Elle réussit à faire baptiser Mirian, roi de Géorgie, son épouse Nana et leur fils Bakar, qui secondèrent ensuite avec beaucoup de Zèle Nina, dans son œuvre missionnaire. Nina réussit, durant son existence, à parcourir toute la Géorgie et à amener toute la population à la foi chrétienne, et ceci durant une persécution féroce des chrétiens ordonnée par l’empereur Dioclétien. Après avoir déployé beaucoup d’efforts, elle entra dans la paix du Seigneur en 335. Sainte Nina accomplit beaucoup de miracles aussi bien dans sa vie terrestre qu’après son trépas.

Saint Sabas (ou Sava), premier archevêque de Serbie (1236)

SAINT SABAS (SAVA), ARCHEVÊQUE DE SERBIE
St Sabas naquit en 1169. Ses parents, le grand prince Étienne Némania et son épouse Anne avaient déjà quelques enfants, mais prièrent ardemment, alors qu’ils étaient déjà âgés, afin d’obtenir encore un enfant. Le fruit de leurs prières fut un fils, auquel ils donnèrent le nom de Rastko (diminutif de Rostislav). Lorsqu’il eut 17 ans, son père Etienne Némania le fit venir auprès de lui, dans l’intention de le marier à une princesse voisine. Mais, au même moment, Rastko rencontra quelques moines athonites, serbes et russes, qui séjournaient au palais. Rastko passa toute la nuit dans une conversation avec l’un de ces moines russes, qui avait une grande expérience spirituelle, et, lors de cet entretien mûrit sa décision : quitter le monde et devenir moine. Sachant que ses parents n’accepteraient jamais telle décision, il quitta secrètement le palais, et se rendit sur la Ste Montagne de l’Athos, afin de devenir novice au Rossikon, le monastère russe. Cependant, il y fut rejoint par des envoyés du prince Etienne Némania, qui avaient reçu l’ordre de ramener Rastko, de gré ou de force, chez ses parents. L’higoumène du Rossikon rencontra les émissaires et leur promit une entrevue avec Rastko le jour suivant. Or, la nuit même, celui-ci prononça ses vœux monastiques et reçut le nom de Sabas. Le matin suivant, les émissaires s’approchèrent de la tour du monastère, ils virent sur le balcon le jeune prince revêtu de l’habit monastique, qui leur jeta son vêtement princier en signe de renoncement au monde. Après un certain temps, le moine Sabas s’installa au monastère grec de Vatopédi, où il vécut douze années, apprit le grec à la perfection, ainsi que les usages et les canons de l’Église Orthodoxe. Entre temps, son père accepta le saint mode de vie de son fils et devint moine lui-même avec le nom de Syméon. Au bout d’un certain temps, les saints Syméon et Sabas fondèrent un nouveau monastère athonite, serbe, le monastère de Chilandar, qui devint par la suite l’un des principaux foyers de la piété serbe. St Syméon mourut peu après, et de ses reliques s’épancha un baume parfumé et miraculeux. C’est à cette époque que des luttes intestines éclatèrent en Serbie entre les frères de St Sabbas. Ces luttes sanglantes durèrent quatre ans jusqu’à ce qu’ils demandent au saint de venir chez eux et de rétablir la paix dans le pays. St Sabas décida de revenir dans sa patrie et prit avec lui les reliques de son père. Devant les reliques, sous l’influence des enseignements spirituels de St Sabas, les frères jusqu’alors ennemis se réconcilièrent. La Terre serbe retrouva la paix. Après cela, on ressentit la nécessité d’un centre destiné au travail spirituel dans le pays, et St Sabas, avec son frère Étienne, commença à faire construire le monastère de Jitcha. Toutefois, lorsque son frère promit de recevoir la couronne royale des mains du pape de Rome, afin que le roi de Hongrie renonce à envahir la Serbie, St Sabas ne voulut point participer à l’apostasie de son frère et revint au Mont Athos, où il passa son temps dans le silence et la prière pour son peuple. En 1219, St Sabas se rendit à Nicée, où se trouvait alors la capitale de l’Empire Byzantin et où résidait le patriarche de Constantinople. Le saint fit part à l’empereur et au patriarche des dangers d’établir dans ce pays un archevêché indépendant de Constantinople. L’empereur et le patriarche donnèrent leur accord, à la condition que Sabas lui-même devienne archevêque. Ayant reçu le sacre épiscopal, St Sabas revint en Serbie et reçut dans l’Orthodoxie son frère qui était devenu catholique-romain. Ensuite, il le couronna roi de Serbie. Pendant quatorze années, St Sabas parcourut toutes les villes et cités de Serbie, y instituant des évêques, ordonnant des prêtres, faisant construire des monastères et des églises. St Sabas fit beaucoup pour éradiquer l’hérésie des bogomiles, semblable à celles des albigeois. En 1235, le saint, après avoir laissé la cathèdre archiépiscopale à son successeur et ancien disciple St Arsène, partit vénérer les lieux saints de Palestine. À son retour, il se sentit malade, et dans la capitale bulgare de Tarnovo, le jour de la clôture de la fête de la Théophanie, après avoir communié aux Saints Mystères et prononcé les mots « Gloire à Dieu pour tout », il trépassa. Ses reliques furent transportées ensuite au monastère de Milechevo en Serbie. En 1595, le vizir turc Sinan-Pacha ordonna de faire transférer les reliques à Belgrade, afin de les faire brûler. Sur l’emplacement où le corps du saint fut brûlé, une cathédrale a été récemment érigée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire de Sainte Nina de Géorgie, ton 4
Servante de la Parole Divine, imitant dans la prédication apostolique André le premier-appelé et les autres apôtres, illuminatrice de l’Ibérie, lyre de l’Esprit Saint, sainte Nina égale-aux-apôtres, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Tropaire de la saint Sabas de Serbie, ton 3
Voie menant à la vie, tu fus un guide, un primat et un maître ; étant venu le premier, hiérarque Sabas, tu illuminas ta patrie et tu la régénéras par l’Esprit Saint, tel un olivier, tu as planté dans le paradis spirituel tes enfants très sanctifiés. Aussi, comme partageant le trône des apôtres et des hiérarques, nous te vénérons et prions : prie le Christ Dieu de nous accorder grande miséricorde.

Kondakion de Sainte Nina de Géorgie, ton 2
Venez tous en ce jour, chantons l’élue du Christ égale-aux-apôtres, la prédicatrice de la parole de Dieu, la sage annonciatrice de la bonne nouvelle, qui a mené le peuple de Carthalinie sur la voie de la vie et de la vérité, la disciple de la Mère de Dieu, notre secours fervent et notre garde qui veille sans cesse, Nina la digne de louanges.

Kondakion de Saint Sabas de Serbie, ton 8
Comme un grand primat et un émule des apôtres, l’Église et ton peuple te glorifient, ô saint, mais comme ayant accès au Christ Dieu, sauve-nous de tout malheur par tes prières, afin que nous t’acclamions : réjouis-toi Sabas, ô sage en Dieu.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc VIII, 30-34)
Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne. Alors il commença à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât trois jours après. Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! Car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

26 janvier

26 janvier
Saint Xénophon, son épouse, sainte Marie, et leurs fils Arcade et Jean (VIème s.) ; saint Sévérien, évêque de Mende (IIIème s.) ; saints Ananias, prêtre, Pierre, gardien de prison et sept guerriers, martyrs (vers 300) ; saint Siméon l’Ancien, abbé en Syrie (vers 390) ; sainte Paule veuve romaine, disciple de saint Jérôme 404)saint Auxile, évêque de Fréjus (Vème s.) ; saint Xénophon de Robéika (1262) ; Translation des reliques de saint Théodore le Stoudite et de saint Joseph, évêque de Thessalonique (844) ; saint Ausile, évêque de Fréjus, martyr (vers 483) ; saint David IV le Restaurateur, roi d’Ibérie et d’Abkhasie (1125) ; saint martyr Jean (Popov) (1938).

Saint Xénophon, son épouse, sainte Marie, et leurs fils Arcade et Jean (VIème s.)

SAINT XÉNOPHON ET SAINTE MARIE
Xénophon était un riche et honoré sénateur de Constantinople, sous le règne de Justinien (527-565). De sa vertueuse épouse, Marie, il eut deux fils, Arcade et Jean, auxquels il donna une excellente éducation et, quand ils en eurent atteint l’âge, il les envoya poursuivre leurs études de droit à la fameuse école de Béryte (Beyrouth). Au bout de quelque temps, il tomba gravement malade et rappela ses deux fils à la capitale, afin de leur transmettre ses dernières recommandations ; mais il revint à la santé, et les deux jeunes gens prirent joyeusement la route du retour. Le navire sur lequel ils s’étaient embarqués fut alors pris dans une terrible tempête, il fut fracassé par les flots, et les deux frères, séparés l’un de l’autre, furent sauvés par la grâce de Dieu.
En échouant sur le rivage, près de Tyr, Jean rendit grâce au Seigneur et, prenant alors conscience de la vanité de toute chose en cette vie terrestre, il devint moine dans un monastère de la région. Rejeté lui aussi sur le rivage, à quelque distance de là, Arcade mêla ses larmes à la joie d’avoir eu la vie sauve, en pensant que son frère avait probablement péri dans les flots. Mais la nuit même, il vit en songe Jean souriant, qui le rassura et lui recommanda d’embrasser lui aussi la vie monastique que leur père leur avait enseignée à honorer par-dessus tout. Il se rendit à Jérusalem, vénéra les Lieux saints et rencontra en chemin un vénérable vieillard qui, voyant sa peine, lui dit : « Ne sois pas triste, mon enfant, ton frère est vivant. Il est devenu moine et tu reverras tes parents qui, eux aussi, embrasseront la vie angélique. » Puis le vieillard l’emmena à la laure de Souka, fondée par saint Chariton [28 sept.], et l’installa dans la cellule où il avait lui-même passé cinquante années, en le laissant vivre seul, dans le jeûne et la prière, pendant une année.
Deux ans plus tard, comme il n’avait reçu aucune nouvelle de ses enfants, Xénophon envoya un de ses serviteurs à Béryte. Ne les trouvant pas, celui-ci prit la route d’Athènes, et un soir, comme il s’était arrêté dans une auberge, il reconnut un des serviteurs des deux garçons sous un habit monastique. Celui-ci lui raconta le naufrage et lui dit qu’il était devenu moine, pensant que ses deux maîtres avaient péri noyés. Lorsque Marie apprit la nouvelle, elle retint sa douleur pour rendre gloire à Dieu qui donne et retire ses bienfaits selon son bon plaisir. Le soir venu, quand Xénophon rentra au foyer, apprenant le retour de son serviteur et pensant qu’il était porteur d’un message, il demanda à voir la lettre de ses fils. Marie éclata alors en larmes, en lui révélant qu’ils avaient péri dans un naufrage. Ce fut alors au tour de Xénophon de montrer sa foi et sa fermeté d’âme. Il dit à son épouse : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni ! » (Jb 1, 21). Revêtant l’un et l’autre le cilice, ils passèrent toute la nuit en prière et, au petit matin, ils virent en songe leurs deux fils se tenir devant le Christ, la tête ornée d’une couronne d’or et de pierres précieuses. Puis ils partirent en pèlerinage vers les Lieux saints. Arrivés à Jérusalem, ils rencontrèrent le père spirituel d’Arcade, qui leur révéla que leurs fils étaient bien vivants et qu’ils allaient bientôt les voir, au retour de leur visite aux monastères du Jourdain.
Entre temps, par un merveilleux effet de la Providence, Jean et Arcade se retrouvèrent au Golgotha, en rendant visite au saint vieillard. Deux jours plus tard leurs parents arrivèrent de leur pèlerinage, vénérèrent le Saint Sépulcre et se rendirent auprès de l’Ancien, pour lui rappeler sa promesse. Remarquant la bonne tenue, la discrétion et le charme des deux disciples qui servaient le repas, sans reconnaître leurs enfants tant ils avaient été transformés par les labeurs de l’ascèse, Xénophon et Marie demandèrent d’où venaient ces deux jeunes gens d’apparence si distinguée. Arcade révéla alors son origine à ses parents qui éclatèrent en larmes de joie et décidèrent sans retard de consacrer eux aussi leur vie à Dieu dans l’ordre angélique. Les deux frères quittèrent leurs parents et suivirent l’Ancien dans le désert, Xénophon revêtit l’Habit monastique et s’enfonça dans la solitude, après avoir distribué tous ses biens et avoir placé son épouse dans un couvent de la ville. Les uns et les autres parvinrent à un degré élevé dans la vertu et reçurent de Dieu le don de clairvoyance et le pouvoir d’accomplir des miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Xénophon et Marie, ton 4
Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Kondakion des saints Xénophon et Marie, ton 4
Echappés à l’océan de cette vie, * le juste Xénophon et sa femme se réjouissent dans les cieux, * magnifiant le Christ en compagnie de leurs enfants.

Évangile du jour
(Mc VIII,22-26)
Ils se rendirent à Bethsaïda; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda, et dit: J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N’entre pas au village.

13 janvier (ancien calendrier)/26 janvier (nouveau)

13 janvier (ancien calendrier)/26 janvier (nouveau)

Saints Hermile et Stratonique, martyrs à Belgrade (vers 315) ; saint Hilaire, évêque de Poitiers (368); saint Pierre, martyr (309-310) ; saint Jacques, évêque de Nisibe (350) ; saint Vivence, prêtre (400) ; sainte Césarie, abbesse en Arles (540) ; Saint Longis abbé de la Boisselière dans le Maine (v. 653) ; saint Irénarque, reclus de Rostov (1616) ; saint Éléazare d’Anzersk (1656) ; sainte Eupraxie de Tabenne (393).

SAINT HILAIRE DE POITIERS

Saint Hilaire, évêque de Poitiers (368)

Fils d’un illustre patricien de la région de Poitiers (né vers 320), saint Hilaire fut élevé dans le paganisme ; mais son âme inquiète, sentant la nécessité d’un Dieu unique et éternel, restait insatisfaite de tous les systèmes de pensée et opinions qu’on lui proposait. Au cours de ses recherches et de ses lectures, il reçut les premières lueurs de la Vérité en lisant dans l’Ancien Testament le témoignage que Dieu se rend à lui-même : Je suis celui qui suis (Ex 3, 14) . Il progressa encore dans la connaissance de Dieu, en reconnaissant que la beauté des créatures nous rend visible la beauté incompréhensible et combien plus élevée du Créateur. Mais ce n’est qu’en apprenant que le Verbe et Fils Unique de Dieu s’est fait chair pour nous libérer de la mort et que « par le Verbe fait chair, la chair peut monter jusqu’à Dieu le Verbe » que, parvenu au terme de sa recherche et débordant d’allégresse, il embrassa la doctrine de la Sainte Trinité et reçut la nouvelle naissance par le saint Baptême. Brûlant d’enthousiasme, il prêchait sans relâche la vraie foi, exhortait les païens à devenir chrétiens et les chrétiens à devenir des saints. Il convertit aussi son épouse, qui consentit à ne plus l’aimer que comme une fille spirituelle quand il devint prêtre, et persuada sa fille de préférer le mariage mystique avec le Christ à l’union terrestre.
Vers 350, lorsque l’évêque de Poitiers vint à mourir, les fidèles le choisirent unanimement comme père et pasteur. Il menait son troupeau dans la vertu et la vraie foi avec un zèle inlassable. Quand l’empereur arien Constance prétendit imposer l’hérésie en Occident, Hilaire se dressa pour la défense de la vérité. Se concertant avec d’autres évêques, il excommunia ceux qui avaient accepté la déposition de saint Athanase et se rendit auprès de l’empereur, afin de lui témoigner de l’attachement de la Gaule au Concile de Nicée. À la suite du Concile de Béziers (356), au cours duquel Hilaire avait ardemment défendu l’orthodoxie, le tyran punit son audace par le bannissement au fond de l’Asie Mineure, en Phrygie. « On peut bien exiler les évêques, déclara le saint, mais peut-on exiler la vérité ? » Dans son exil, il travailla activement, non seulement à la confirmation de la foi en Occident, par ses traités et sa correspondance, mais aussi à la réconciliation des Orientaux douloureusement divisés. Dans son magistral traité Sur la Trinité , composé entre 356 et 359, il a le premier fait entrer dans la langue latine les subtilités et les délicatesses de la pensée grecque. De tous les Pères latins, saint Hilaire est certainement celui dont la pensée est la plus proche de celle des Pères grecs.

Il se rendit au concile de Séleucie (359) et demanda d’affronter publiquement les évêques hérétiques. Les ariens, effrayés de son influence, ne purent échapper à cette confrontation qu’en demandant à l’empereur son retour en Gaule. C’est ainsi que, grâce aux hérétiques d’Orient, Hilaire put regagner Poitiers, où la population lui réserva un accueil triomphal, et il s’empressa de réparer les ravages causés par l’arianisme dans son diocèse et dans toute la Gaule, en usant d’indulgence et de miséricorde pour réconcilier avec l’Église ceux qui étaient tombés dans l’hérésie. Il alla même jusqu’à Milan combattre l’évêque arien, Auxence, mais les hérétiques parvinrent à l’en chasser. De retour à Poitiers, la paix revenue, le saint guida avec sagesse son troupeau spirituel sur les voies du Salut, en répandant en abondance la grâce de Dieu. Un jour, une femme vint se jeter en larmes à ses pieds, en tenant dans ses bras son enfant mort sans baptême. L’évêque, pris de compassion, se prosterna alors en prière, et bientôt l’enfant ouvrit les yeux et revint à la vie. De temps à autre, saint Hilaire aimait à passer quelques jours au monastère de son disciple saint Martin [11 nov.], à Ligugé. Il adoptait alors le mode de vie des moines et leur ascèse, s’associait à leurs prières et les nourrissait du pain de sa doctrine.
Il s’endormit en paix le 13 janvier 368. Peu avant son trépas, une lumière éblouissante avait rempli sa chambre, puis elle diminua progressivement et disparut à l’instant même de sa mort. Un des plus grands Pères de l’Église latine, saint Hilaire a été justement appelé l’« Athanase de l’Occident ». Il a été particulièrement en honneur en France, où de nombreuses églises lui sont dédiées et où quantité de lieux portent son nom.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire de saint Hilaire, ton 3
Comme un des piliers de l’Orthodoxie tu soutins dans l’Église, l’enseignement d’Athanase, le champion de la vraie foi : proclamant toi aussi, le fils consubstantiel du père, de l’arianisme tu as préservé l’Occident. Intercède saint Hilaire, auprès de notre Dieu pour qu’Il accorde à nos âmes la grâce du salut.

Tropaires des saints martyrs ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Hilaire, ton 3
Sans ménager tes peines et la sueur de ton front, tu extirpas de ton domaine les ronces de l’hérésie ; et comme un gai laboureur, Hilaire, joyeusement en bonne terre tu as semé, au souffle de l’Esprit, la semence de la vraie foi: arrosée par l’eau vive du Verbe de même nature que le Père divin, elle a nourri les adorateurs de l’indivisible Trinité.

Kondakion des saints martyrs, ton 2
De ce monde ayant fui la confusion, * vous êtes passés vers la sereine condition, * couronnés pour votre sang de Témoins * et pour vos efforts ascétiques; * aussi vous partagez la demeure des Moines et des Martyrs.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc VIII, 22-26)
Ils se rendirent à Bethsaïda; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda, et dit: J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N’entre pas au village.

25 janvier

25 janvier

Saint Grégoire le Théologien, archevêque de Constantinople (389) ; sainte Félicité et ses sept fils : Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial (vers 164) ; saint Publius, abbé de Zeugma en Syrie (vers 380) ; saint Mar, chantre en Syrie (vers 430) ; saint Racho, évêque d’Autun (vers 660) ; saint Prix, évêque de Clermont, et saint Amarin, abbé, martyrs (676) ; saint Moïse, archevêque de Novgorod (1362) saint Auxence de Constantinople, néo-martyr grec (1720) ; saint Anatole l’Ancien, d’Optino (1894) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir, métropolite de Kiev (1918) ; Pierre, archevêque de Voronège (1929) ; Basile, évêque de Priloutsk (1930) ; Étienne (Gratchev), prêtre, Boris, martyr (Zavarine) (1938).

SAINTE GRÉGOIRE LE THÉOLOGIEN
Saint Grégoire, cet homme à l’âme céleste et à la bouche sanctifiée par le feu du Saint-Esprit, a pénétré si profondément dans les mystères de Dieu qu’entre tous les Pères il a été jugé digne du titre de « Théologien », comme Jean, le Disciple Bien-aimé : c’est-à-dire non celui qui fait profession d’enseigner les dogmes, mais celui qui, après s’être purifié, a été uni à Dieu par la grâce et qui se tourne ensuite vers le peuple, tel Moïse, pour lui transmettre les oracles divins et lui communiquer la lumière. Comme saint Basile et saint Jean Chrysostome, sa vie dépasse largement les limites d’une simple biographie et se présente plutôt à nous comme un prototype de la sainteté chrétienne, et ses œuvres immortelles, insurpassables en beauté et en profondeur, constituent le plus digne ornement de l’Épouse du Verbe de Dieu.
Son père, saint Grégoire l’Ancien [1er janv.], homme sage et vertueux, s’était d’abord égaré dans la secte des hypsistariens ; puis, converti grâce à la patience et à la prière de son épouse sainte Nonne [5 août], il devint évêque de Nazianze, la petite ville de Cappadoce proche de leur propriété familiale d’Arianze. Alors qu’ils étaient restés longtemps sans progéniture, Dieu leur accorda successivement trois enfants : sainte Gorgonie [23 fév.], saint Grégoire et saint Césaire [25 fév.]. Après la naissance de Gorgonie, sainte Nonne avait instamment prié le Seigneur de lui accorder un fils, en Lui promettant de le Lui consacrer. Dieu répondit à sa prière en lui montrant dans un songe la figure de l’enfant qui allait naître et en lui imposant son nom. Dès la naissance de Grégoire (329), sa mère prit soin de cultiver en lui les semences des saintes vertus, de sorte que l’enfant montra bientôt la sagesse des vieillards, un grand attrait pour l’étude et une attirance irrésistible vers la contemplation et la prière. Une nuit, il vit en songe deux jeunes vierges pures lui apparaître, vêtues de blanc et le visage chastement couvert d’un voile. Elles le caressèrent doucement, en lui disant qu’elles étaient l’une la pureté et l’autre la chasteté, compagnes de notre Seigneur Jésus-Christ et amies de ceux qui renoncent au mariage pour mener une vie céleste. « Elles m’exhortèrent d’unir mon cœur et mon esprit au leur, afin que m’ayant rempli de l’éclat de la virginité, elles puissent me présenter devant la lumière de la Sainte-Trinité », dit-il dans un poème autobiographique . Il prit dès lors la résolution de consacrer sa vie à Dieu dans la virginité et s’éloigna de tout plaisir et divertissement de ce monde. Poussé par l’amour de la science, il partit avec son frère Césaire pour étudier la rhétorique à Césarée de Cappadoce, où il fit connaissance de saint Basile, puis il se rendit à Césarée de Palestine et à Alexandrie, où il laissa son frère pour s’embarquer vers l’illustre Athènes qui gardait encore sa renommée de capitale de l’éloquence et de la philosophie.
Mais le navire sur lequel il s’était embarqué fut pris, pendant près de vingt jours, dans une effroyable tempête. À genoux à la proue, le visage battu par le vent et les vagues, Grégoire, qui selon l’usage du temps n’avait pas encore reçu le baptême et qui redoutait d’être privé pour toujours de l’eau sainte qui nous purifie et nous rend aptes à recevoir la grâce de la divinisation, tendait les mains vers le ciel et suppliait Dieu avec larmes. Soudain, au moment même où il rappelait son engagement de servir Dieu toute sa vie, la tempête s’apaisa, les païens, qui avaient joint leurs prières aux siennes, se convertirent, et le navire parvint sans encombre à Athènes. Grégoire s’y lia avec saint Basile d’une indéfectible amitié appelée à devenir le modèle de l’amitié chrétienne [1er janv.]. Tout leur était commun : l’amour du savoir, le talent oratoire, la profondeur de la réflexion, et surtout la pureté des mœurs, la recherche de la perfection et la tension de tout leur être vers Dieu, qui leur faisaient dépasser leurs condisciples et même leurs maîtres, les rendaient aimables à tous et attiraient irrésistiblement à eux les hommes qui recherchaient sincèrement la vérité. Si bien que lorsque Basile décida de regagner sa patrie, jugeant avoir acquis là suffisamment de connaissances, leurs compagnons parvinrent à retenir Grégoire pendant quelque temps et firent de lui leur maître. Parvenant enfin à se libérer de cette affection inopportune, saint Grégoire retourna en Cappadoce, en 358, âgé de vingt-huit ans, et reçut le saint baptême. Il n’était désormais plus question pour lui de regarder vers les sciences et la beauté du langage. De tout l’élan de son cœur, il n’aspirait plus à vivre que pour Dieu seul, et contempler dès ici-bas son Royaume et sa gloire, en dégageant son intellect de tout attachement au monde. Jusqu’à la fin de ses jours, il soumit son corps à une stricte ascèse, malgré les maladies fréquentes, qui entravaient ses activités mais qu’il supportait avec joie. Il versait des larmes abondantes quand il élevait sa prière vers Dieu ou quand il se plongeait dans l’Écriture sainte pour s’y remplir de la parole de Dieu ; et il mit dès lors la brillante éloquence qu’il avait acquise au cours de ses études au service du Verbe incarné. Mais, plus que tout, il désirait pouvoir s’adonner sans trouble à la contemplation, dans le silence et loin du monde. C’est pourquoi il rejoignit en hâte saint Basile dans sa retraite de la vallée de l’Iris, afin d’y mener ensemble une vie semblable à celle des anges, conformément aux projets qu’ils avaient conçus pendant leur séjour à Athènes. Ils pénétraient ensemble, comme une seule âme, dans les mystères de Dieu, ils étaient transportés ensemble en de célestes contemplations, préfigurations de la joie et de la concorde des élus dans le Royaume de Dieu, et ils recevaient ainsi du Seigneur une connaissance incomparable sur le mystère de l’homme et de sa nature, et sur l’art de purifier l’âme de ses passions. C’est pourquoi, malgré leur jeune âge et le peu d’années passées dans la vie monastique, ils purent rédiger de concert les Règles monastiques, qui restent la charte de fondation du monachisme orthodoxe.
Cette vie toute céleste dura cependant peu de temps, car Grégoire fut bientôt rappelé par son père vieillissant pour prendre soin de lui et se charger à sa place de la direction de l’Église de Nazianze, malheureusement divisée à la suite du concile hérétique de Rimini (359). Aussitôt sur place, Grégoire tenta en vain de réconcilier ceux qui s’étaient séparés de la communion de son père, tout en s’efforçant d’accorder sa vie spirituelle et cette vie active. Malgré sa crainte mêlée de respect pour le sacerdoce et sa préférence pour la contemplation, il fut ordonné prêtre contre son gré par son père, qui espérait donner ainsi plus de force à sa prédication et désirait le préparer à la succession. Surpris par cette ordination comme par une « tyrannie », Grégoire s’enfuit alors dans le Pont, afin d’y adoucir sa douleur en compagnie de son cher Basile. Beaucoup blâmèrent alors et blâment encore le saint, l’accusant de lâcheté ou de faiblesse de caractère. Mais là n’est pas la vérité. Comment douter de l’équilibre psychologique et de la force d’âme d’un esprit si puissant, qui avait acquis dès sa jeunesse la bienheureuse impassibilité et la maîtrise sur toutes les puissances de son âme ? Il convient plutôt de voir en saint Grégoire un exemple frappant de la délicatesse extrême et de la sensibilité qu’acquièrent les saints en s’approchant de Dieu. Comme il l’expliqua lui-même dans son Discours apologétique, il n’avait pas fui alors le sacerdoce par crainte mais par une conscience aiguë de la redoutable responsabilité du pasteur d’âmes et, surtout, parce qu’il préférait s’unir à Dieu, et par là même à tous les hommes, dans la contemplation. « Rien ne me semblait préférable, dit-il, que de fermer la porte des sens, de sortir de la chair et du monde, de se rassembler en soi-même, ne gardant plus contact avec les choses humaines en dehors d’une absolue nécessité, de s’entretenir avec soi-même et avec Dieu, pour vivre au-dessus des réalités visibles, de manière à porter sur soi les reflets divins sans altérations ni mélanges avec les formes fugitives d’ici-bas ; devenir vraiment et devenant constamment vrai miroir immaculé de Dieu et des choses divines, en ajoutant lumière à la lumière et en substituant la netteté à la confusion, en jouissant dès maintenant par l’espérance des biens de la vie future, pour accompagner les anges dans leur ronde, en restant sur terre après avoir quitté la terre et avoir été élevé par l’Esprit. Si l’un de vous est possédé par ce désir, il sait ce que je veux dire et il me pardonnera ce que j’ai alors éprouvé » .
Mais, au bout de trois mois, sur les recommandations de saint Basile et craignant de désobéir à la volonté de Dieu, il retourna à Nazianze, et s’employa avec ardeur à ramener la concorde parmi les orthodoxes et à assister ses parents dans leur grande vieillesse. Pendant dix ans, il fut pour Nazianze le modèle du pasteur : humble disciple du Seigneur, ministre de sa parole et de sa grâce, règle de foi et image vivante de la perfection évangélique. Lorsque, en 361, l’empereur Julien, dont saint Grégoire avait prédit l’apostasie quand ils étaient condisciples à Athènes, commença sa tentative de restauration du paganisme, en interdisant aux enfants chrétiens l’accès à l’enseignement des Belles Lettres, saint Grégoire répliqua par la rédaction de brillants discours et de sublimes poèmes, dans lesquels il exposait les mystères de la foi avec une perfection littéraire et une richesse d’images et de vocabulaire qui dépassent les œuvres des grands auteurs de l’Antiquité. Avec saint Grégoire et les autres Pères de l’Église de cette époque, la culture hellénique n’est pas seulement convertie au christianisme, mais elle est définitivement dépassée et elle laisse la place à une culture proprement chrétienne orthodoxe, qui utilise le meilleur des productions de l’Antiquité en le transfigurant.
En 370, saint Grégoire et son père collaborèrent efficacement à l’élection de saint Basile sur le siège de Césarée et à sa reconnaissance comme chef du parti orthodoxe. Plus libre que Basile, exposé de toutes parts et obligé de maintenir une certaine réserve, Grégoire proclama alors ouvertement la divinité du Saint-Esprit contre les hérétiques macédoniens et résista audacieusement à la persécution de l’empereur Valens. Les deux amis avaient acquis un tel prestige dans le peuple que l’empereur n’osa pas s’en prendre à eux, et ils furent les seuls orthodoxes à échapper alors au bannissement.
En 372, malgré le désir de Grégoire, approuvé par Basile, de se retirer des charges pastorales dès la mort de ses parents, il fut ordonné par son ami évêque de la bourgade insignifiante de Sasimes, située aux confins de la Cappadoce et de la Cappadoce Seconde, province créée par Valens pour contrecarrer les activités de l’évêque de Césarée. En dépit de son affection pour Basile et de son souci du bien de l’Église, saint Grégoire n’accepta pas cette charge et s’enfuit dans la montagne, espérant trouver en Dieu quelque consolation à ses tribulations. Sur les instances de son père, il accepta de retourner à Nazianze et assura le gouvernement de cette Église, en tant qu’évêque remplaçant, jusqu’au décès du vieillard âgé de près de cent ans. Après la mort de son père (374), suivie de peu par celle de sainte Nonne, Grégoire céda une fois de plus aux supplications des fidèles et accepta de rester en place jusqu’à l’élection d’un nouvel évêque, malgré l’état d’extrême faiblesse dans lequel l’avaient placé la maladie, les austérités et les combats pour la foi. Mais, s’apercevant bientôt que les citoyens, désireux de le garder auprès d’eux, retardaient l’élection, il s’enfuit de nouveau, en secret, vers Séleucie, la métropole de l’Isaurie (375), où il se retira dans le monastère de Sainte-Thècle, en pensant y trouver enfin la paix. Là encore, il dut soutenir le bon combat de la foi contre les ariens, implacables à semer partout le trouble. Au début de l’année 379, à quelques jours d’intervalles, l’Église se revêtit d’un vêtement de deuil à la mort du phare de l’orthodoxie, saint Basile, mais elle le changea bientôt en tunique d’allégresse, lors de la disparition de Valens l’hérétique et de la promotion de Théodose le Grand, fidèle défenseur de la foi de Nicée. Tous les regards orthodoxes se tournaient avec espoir vers Grégoire, comme le plus digne représentant de la foi et son plus brillant prédicateur.
Les fidèles de Constantinople, la capitale impériale qui se trouvait depuis plus de quarante ans aux mains des hérétiques, demandèrent alors au saint évêque de Nazianze de venir à leur secours. De nouveau arraché aux délices de la contemplation divine par le souci de la sauvegarde de l’Église, il arriva à Constantinople, en portant avec lui la force irrésistible de sa parole et la puissance de ses miracles. Il y fut reçu dans une demeure appartenant à des parents , où le peuple orthodoxe commença bientôt à se rassembler en nombre croissant pour écouter avec enthousiasme ses prédications, de sorte que la demeure fut bientôt transformée en église, sous le nom d’Anastasie (« Résurrection ») : parce que la foi qui était morte à Constantinople y était comme ressuscitée grâce à la parole de saint Grégoire.
Seul contre la multitude des hérétiques et des sectes diverses, le saint captivait son auditoire par son éloquence et tranchait les sophismes et les arguments de la sagesse charnelle grâce à l’épée de la parole de Dieu. Dans une série de cinq discours, qui lui valurent le titre de « Théologien », après avoir montré qu’il ne convient pas d’aborder la discussion sur les mystères de Dieu comme une chose commune, mais seulement en son temps et après avoir été convenablement purifié, il expose de manière définitive l’incompréhensibilité de l’Essence divine, la divinité du Fils et celle du Saint-Esprit . Plus que tous les autres Pères, saint Grégoire excelle à exposer en des expressions brèves et antinomiques les plus grands mystères de la foi. Ces définitions sont si parfaites que, dans la suite des siècles, les théologiens les plus illustres consacrèrent des traités entiers à les commenter, et elles sont si belles qu’un grand nombre d’entre elles a été utilisé par nos mélodes dans la composition des hymnes liturgiques des grandes fêtes de l’année . Lues et apprises par cœur, comme l’Écriture sainte, les œuvres de saint Grégoire sont une icône : elles transportent au ciel et initient aux mystères ineffables. Sa langue est si parfaite qu’elle rend inutile toute autre parole et conduit naturellement l’amant du Verbe à la prière silencieuse.
D’une rigueur inflexible en ce qui concerne la foi, saint Grégoire était plein de douceur dans son comportement à l’égard des personnes, pécheurs ou égarés. Il corrigeait les mœurs en montrant l’exemple de la conduite chrétienne par sa vie retirée de toute mondanité, par son austérité et par sa patience dans les épreuves et les maladies, si bien qu’un grand nombre de ceux qui avaient écouté ses discours se convertissaient complètement en le voyant vivre. Ses succès attirèrent cependant rapidement de vives oppositions de la part des sectes, et des envieux répandirent contre lui d’infâmes calomnies, sans parvenir toutefois à vaincre sa patience et sa douceur à l’égard de ses ennemis. La nuit de Pâques 379, des hérétiques, disciples d’Apollinaire, qu’il avait brillamment réfutés, se précipitèrent dans l’église Sainte-Anastasie, semèrent la panique dans l’assistance et tentèrent de lapider le saint, mais ils ne parvinrent pas à lui porter le coup mortel que celui-ci aurait pourtant désiré pour achever sa course en recevant la palme du martyre.
À la suite de cette épreuve, il fut de surcroît traduit en justice, comme un criminel, mais il en sortit victorieux et exhorta ensuite ses amis au pardon. L’attitude si modérée, la charité, l’équité de ce parfait disciple de Jésus-Christ attirèrent finalement contre lui l’hostilité des deux partis : les hérétiques pleins de haine et les orthodoxes trop zélés.
Alors que, grâce à ses combats, l’hérésie semblait reculer, le diable le soumit à de nouvelles épreuves en la personne d’un philosophe cynique, originaire d’Alexandrie, nommé Maxime. Celui-ci, cachant d’abord son fourbe dessein, s’attira l’estime de Grégoire ; mais il se révéla bientôt en se faisant élire irrégulièrement évêque de Constantinople et en semant le trouble et le scandale dans l’Église. Saint Grégoire, doux et résigné, était prêt à abandonner son trône pour ne pas s’opposer à l’imposteur par la lutte et la haine, mais le peuple se souleva spontanément contre Maxime et supplia son pasteur de ne pas l’abandonner aux loups qui menaçaient le troupeau du Christ, en disant : « Si tu nous quittes, ô Père, sache que tu emporteras avec toi la Sainte Trinité. » Le saint se laissa convaincre et fit appel à l’empereur Théodose, alors en résidence à Thessalonique. Celui-ci rejeta l’usurpateur et entra peu de temps après triomphant à Constantinople, après sa victoire sur les barbares (24 novembre 380). Dès le lendemain, il fit expulser les ariens des églises qu’ils occupaient et imposa l’élection de saint Grégoire comme évêque de la ville impériale. Ce dernier, brûlant toujours du désir de la retraite, refusa d’abord, mais il dut finalement se rendre à l’insistance du peuple enthousiaste. Toutefois, comme il était normalement évêque d’un autre siège, son transfert à Constantinople devait être ratifié par un concile ; c’est pourquoi Théodose réunit l’année suivante (381) le Second Concile Œcuménique qui, après avoir unanimement reconnu l’élection de Grégoire, condamna l’hérésie des pneumatomaques (macédoniens), et marqua le terme de l’arianisme et la victoire définitive de l’Orthodoxie.
La joie occasionnée par ce triomphe fut cependant bientôt interrompue par la mort du président du synode, saint Mélèce, l’illustre évêque d’Antioche [12 fév.]. Grégoire fut alors chargé de diriger les sessions au cours desquelles on devait décider de la succession de ce siège divisé depuis de nombreuses années par le schisme entre les orthodoxes : les uns partisans de Mélèce et les autres de Paulin. Comme il avait été convenu que le survivant serait reconnu par tous comme le seul évêque, saint Grégoire prit le parti de Paulin, mais il se heurta aussitôt à l’opposition haineuse et aux conspirations des évêques orientaux. Ceux-ci allèrent même jusqu’à soudoyer un jeune hérétique pour l’assassiner ; mais au moment de se précipiter sur le saint, le malfaiteur s’arrêta net et se jeta en pleurs à ses pieds, confessant son mauvais dessein. Grégoire le releva, l’embrassa tendrement et lui demanda de se consacrer désormais à Dieu, après avoir renoncé à l’hérésie. D’autres évêques, partisans de Paulin, s’en prirent à Grégoire, en l’accusant d’avoir été transféré de Sasimes à Constantinople contrairement aux saints Canons . Harassé par tant de querelles sournoises et le cœur déchiré de voir l’Église du Christ ainsi divisée, lui qui n’avait jamais recherché ni honneurs ni pouvoir, il déclara à l’assemblée que son plus grand désir était de contribuer à la paix et que si le fait d’occuper le siège de Constantinople était une cause de division, il était tout prêt à être jeté à la mer, comme Jonas, pour apaiser cette tempête, à condition que la foi orthodoxe restât sauve. Et, sur ces mots, il quitta l’assemblée ; puis il se rendit au palais, où il supplia l’empereur d’accepter sa démission et lui demanda de se charger lui-même, par son autorité, de rétablir l’unité et la concorde dans l’Église. Dans un dernier et émouvant discours, il fit ses adieux à sa chère église de l’Anastasie, sa gloire et sa couronne, à Sainte-Sophie et aux autres églises de la cité impériale qu’il avait restaurée dans la vraie foi et dans la pureté des mœurs, la préparant pour une gloire millénaire. Il salua son clergé, les moines, les vierges, les pauvres et même les hérétiques, qu’il exhorta encore à la conversion ; puis il dit adieu à l’Orient et à l’Occident, unis désormais dans la paix, aux Anges Gardiens de son Église et à la Trinité Sainte, aux soins de laquelle il remit son troupeau . Il quitta alors Constantinople, laissant saint Nectaire comme successeur [11 oct.], et retourna quelque temps à Nazianze, où il s’efforça de faire nommer à sa place un évêque titulaire. Après l’élection de son cousin Eulalios, il se retira définitivement dans sa propriété d’Arianze où, épuisé par la maladie et tant d’activités qu’il n’avait pas désirées, il passa les dernières années de sa vie dans le silence et la solitude. Mais, tel un guetteur fidèle à son poste, il ne cessait pourtant de veiller de loin sur la pureté de la foi. Il adressait des lettres dogmatiques pour réfuter les hérésies naissantes, ou exhortait saint Nectaire et les autres évêques orthodoxes à plus de justice, envoyait à ses enfants spirituels de sages conseils pour atteindre la perfection et rédigeait d’admirables poèmes en grec archaïque. C’est ainsi que, le cœur brisé et humilié mais l’intelligence constamment fixée dans la contemplation des mystères insondables de la Sainte Trinité, ce fidèle serviteur, devenu malgré lui combattant, rendit en paix son âme au Seigneur (390) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Grégoire le Théologien, ton 1
Ta flûte pastorale de Théologien * l’emporta sur les trompettes des rhéteurs; * toi qui scrutais les profondeurs de l’Esprit, * tu as atteint la sublimité du langage par surcroît. * Intercède, saint Grégoire, auprès du Christ notre Dieu * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Grégoire le Théologien, ton 3
De ta langue de Théologien * ayant effacé les compositions des rhéteurs, * illustre Grégoire, tu revêtis l’Eglise de l’orthodoxie, * cette tunique tissée par le ciel; * la portant, elle s’écrie maintenant * avec nous, tes enfants: * Réjouis-toi, sublime esprit, sommet de la théologie.
Évangile du jour
(Mc VIII,11-21)

Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l’autre bord. Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit cette recommandation: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas de pains. Jésus, l’ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n’avez pas de pains? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas? Et n’avez-vous point de mémoire? Quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés? Douze, lui répondirent-ils. Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées? Sept, répondirent-ils. Et il leur dit: Ne comprenez-vous pas encore?

12 janvier (ancien calendrier)/25 janvier (nouveau)

12 janvier (ancien calendrier)/25 janvier (nouveau)

Sainte martyre Tatienne et ses compagnons, martyrs à Rome (226–235) ; saint Merce, martyr en Afrique (vers 305) ; saint martyr Pierre d’Abessala (310)  sainte Eupraxie de Tabenne (393) ; sainte Césarie, abbesse en Arles (540) ; saint Martinien du Lac Blanc (1483).

LA SAINTE MARTYRE TATIENNE

Sainte martyre Tatienne , Rome (226–235)

Sainte Tatienne était fille d’un riche et illustre romain, qui occupa trois fois la charge de consul. Devenue diaconesse de l’Église de Rome, elle fut dénoncée comme chrétienne sous le règne d’Alexandre Sévère (222-235). Comparaissant devant le souverain, elle confessa bravement le Nom du Christ et, lorsqu’on la conduisit dans le temple, elle renversa à terre les vaines idoles par le seul pouvoir de sa prière. Les soldats se précipitèrent alors sur elle avec fureur, la frappèrent au visage, lui déchirèrent les joues avec des crochets de fer. Puis, après l’avoir suspendue à une potence, ils lui labourèrent le corps avec des ongles et des peignes de fer, l’outragèrent en lui tondant la chevelure et la jetèrent dans une fournaise ardente. Comme elle restait indemne, ils la livrèrent aux fauves qui n’osèrent pas l’approcher. Finalement, on lui offrit le trophée de la victoire en lui tranchant la tête.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire de la sainte martyre Tatienne, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, s’écrie de toute la force de sa voix : c’est toi que j’aime, divin Époux, c’est toi que je cherche en luttant ; avec toi crucifiée, en ton baptême je suis ensevelie ; pour toi je souffre, afin de régner avec toi ; pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi ; reçois comme victime sans défaut celle qui par amour s’immole pour toi. Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de la sainte martyre Tatienne, ton 4
En tes luttes brillamment tu resplendis, victorieuse martyre, toute couverte de ton sang et comme charmante colombe tu gagnas le ciel à tire-d’aile ; Tatienne, intercède sans cesse pour les fidèles qui te glorifient.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc VIII, 11-21)

Aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples, et se rendit dans la contrée de Dalmanutha. Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l’autre bord. Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit cette recommandation: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas de pains. Jésus, l’ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n’avez pas de pains? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas? Et n’avez-vous point de mémoire? Quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés? Douze, lui répondirent-ils. Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées? Sept, répondirent-ils. Et il leur dit: Ne comprenez-vous pas encore?

11 janvier (ancien calendrier)/24 janvier (nouveau)

11 janvier (ancien calendrier)/24 janvier (nouveau)

Saint Théodose le Grand, le Cénobiarque (529) ; saint Michel de Klopsk (vers 1453-1456) ; saint Théodose d’Antioche (vers 412) ; saints néomartyrs de Russie : Nicolas (Matsievsky), Théodore (Antinpine) et Vladimir (Fokine), prêtres (1919) ; Vladimir (Khirasko), confesseur, prêtre (1932).

SAINT THÉODOSE LE CÉNOBIARQUE

Saint Théodose le Grand, le Cénobiarque (529)

Saint Théodose, chef et pilote de ceux qui menaient la vie communautaire en Palestine (cénobiarque = « chef des cénobites ») et astre brillant pour l’éternité dans le firmament spirituel, naquit vers 423 dans le village de Garissos, en Cappadoce, de parents pieux et craignant Dieu, qui lui inspirèrent l’amour des saintes vertus et de l’application aux saintes Écritures. Devenu lecteur dès son jeune âge, il aimait à méditer sur l’histoire d’Abraham, le modèle de tous ceux qui s’exilent par amour du Seigneur (Gn 12), et sur les paroles de l’Évangile qui recommandent de quitter parents, biens et amis pour hériter la vie éternelle (Mt 19, 29). L’âme brûlante d’une divine ardeur, il décida un jour d’appliquer ces préceptes et prit la route de Jérusalem. Passant dans la région d’Antioche, il alla prendre la bénédiction de l’illustre saint Syméon le Stylite. L’Ancien le salua de loin, en disant : « Théodose, homme de Dieu, sois le bienvenu ! » Il le fit monter en haut de sa colonne, l’embrassa tendrement et lui prédit qu’il deviendrait le pasteur d’un immense troupeau de brebis spirituelles.

Parvenu à Jérusalem, après avoir vénéré les Lieux saints, Théodose se demanda comment il pouvait commencer dans la vie ascétique. Certes, il désirait mener la vie solitaire, mais averti des dangers d’entrer dans la lutte contre les ennemis invisibles sans avoir été préalablement exercé au combat par un maître expérimenté, il se mit à la recherche d’un tel guide et le trouva en la personne d’un ancien originaire de Cappadoce, nommé Longin, qui brillait de toutes sortes de vertus parmi les moines consacrés au service de la basilique de la Résurrection (les Spoudaioi). Une fois instruit, par l’obéissance, à ne faire, comme le Christ, que la volonté de Dieu le Père et à discerner avec science le bien et le mal, il s’installa seul dans une église située sur le chemin de Bethléem. Lorsque la riche et pieuse fondatrice de cette église voulut le mettre à la tête d’une communauté de moines, il se retira dans une grotte située sur une colline déserte, où, disait-on, les Mages avaient logé après avoir vénéré l’Enfant-Dieu. Tendu avec ardeur vers le ciel et oubliant tout ce qui est de la terre, Théodose y purifiait son âme par la mortification sans relâche des plaisirs de la chair, par la station debout durant toute la nuit, soutenu par des cordes qu’il avait suspendues au plafond, par la psalmodie et la prière incessantes. Il demeura trente ans sans manger un morceau de pain, en ne se nourrissant que de dattes, de fèves et de quelques herbes qui poussaient autour de la grotte. La renommée de ses combats et de la vie divine qui brillait en lui attira bientôt vers la grotte de nombreux disciples. Il n’en reçut d’abord que six, puis douze, et enfin il accepta tous ceux que Dieu lui envoyait.
En premier lieu, il leur enseignait à tenir toujours devant leurs yeux la pensée de la mort, comme fondement de la vie en Christ. Un jour, il leur fit creuser un vaste sépulcre et leur dit : « Voici votre tombeau, qui de vous veut l’inaugurer ? » Un prêtre, nommé Basile, tomba à genoux et demanda au saint sa bénédiction pour partir le premier vers le Seigneur. Théodose ordonna alors de célébrer les offices de commémoration du troisième, du neuvième et du quarantième jour, comme c’est la coutume jusqu’à nos jours pour les défunts. Sitôt venu le quarantième jour, Basile expira, et pendant les quarante jours suivants Théodose le vit se tenir spirituellement au milieu des frères pendant la psalmodie. Une veille de Pâques, les frères, manquant de toute nourriture et même de pain pour célébrer la Divine Liturgie, s’agitaient inquiets. Théodose, recueilli en lui-même dans un endroit isolé, leur recommanda de ne mettre leur espérance qu’en Dieu. De fait, la nuit venue, deux mulets arrivèrent à la porte du monastère, chargés de provisions qui durèrent jusqu’à la Pentecôte.

La grotte devint vite trop étroite pour le nombre grandissant de disciples, et de riches amis, prêts à contribuer à toutes les dépenses, pressaient le saint de choisir un emplacement convenable pour édifier un grand monastère, conformément à la prophétie de saint Syméon. D’abord hésitant, de peur de perdre les fruits de la vie solitaire, Théodose parvint à la conclusion qu’avec l’aide de Dieu, il pourrait garder son âme dans une paix imperturbable, tout en menant un grand nombre d’hommes sur la voie du Salut. Il prit donc un encensoir, l’emplit de charbon et s’avança droit devant lui, en priant Dieu d’allumer Lui-même l’encens lorsqu’il parviendrait à l’endroit convenable. Le Seigneur accorda ce signe à son serviteur dans un lieu situé à environ 7 km de Bethléem. On y construisit bientôt de vastes bâtiments pour les moines, avec des ateliers et tout ce qui est nécessaire pour les libérer des distractions causées par les relations avec le monde extérieur. À cette cité évangélique étaient jointes plusieurs annexes : une hôtellerie pour les moines étrangers, une autre pour recevoir les pauvres et les indigents, un hôpital pour les malades, un hospice pour les moines âgés et un asile pour les aliénés. Œil pour les aveugles, pied pour les boiteux, toit pour les sans-abri, vêtement pour ceux qui étaient nus, le saint se faisait tout pour tous ; il prenait soin lui-même des plaies les plus repoussantes et embrassait tendrement les lépreux. Les indigents accouraient en si grand nombre au monastère, en ces temps de disette, qu’on nourrissait jusqu’à cent personnes par jour. Pour subvenir à de tels besoins, Dieu intervenait fréquemment par des miracles et multipliait le pain et les vivres.
La communauté était composée de plus de quatre cents moines de nationalités différentes. C’est pourquoi le saint avait fait construire quatre églises dans l’enceinte du monastère : une où l’on célébrait la louange de Dieu en grec, l’autre en syriaque, une autre en arménien, et la quatrième était réservée aux aliénés et aux possédés. Sept fois le jour, les hymnes s’élevaient vers le ciel en un accord harmonieux de diverses langues, et tous se réunissaient dans l’église des Grecs, après la lecture de l’Évangile, pour célébrer en commun la sainte Eucharistie. Père de tous, Théodose prenait soin de chacun et montrait, par sa conduite et ses enseignements, une vivante image du Christ. À la mort de Gérontios, le supérieur du monastère fondé par sainte Mélanie [31 déc.], il fut nommé par le patriarche archimandrite et chef de tous les moines vivant en communautés, alors que saint Sabas [5 déc.] était placé à la tête des ermites et de ceux qui vivaient dans les laures. Les deux saints étaient unis par une grande charité, ils se rencontraient souvent pour s’entretenir de sujets spirituels et luttèrent de concert contre les hérétiques.
En ce temps-là (513), l’Église était en effet troublée par l’empereur Anastase, qui avait pris la défense des monophysites, ennemis du Concile de Chalcédoine. Il déposa le patriarche de Jérusalem Élie [20 janv.], lui substitua un hérétique et tenta d’attirer à lui tous les moines éminents de Palestine, en particulier saint Sabas et saint Théodose. Si, par humilité, saint Théodose se laissait vaincre et contrarier en toute chose, il se montrait toutefois intraitable en ce qui concernait Dieu et les saints dogmes de l’Église. Il rassembla tous les habitants des déserts, leur déclara que le temps était venu pour le doux de se changer en guerrier (Jl 3, 11), et écrivit au souverain une lettre, où il annonçait la ferme décision des moines de rester fidèles jusqu’au sang à la doctrine des saints Conciles Œcuméniques. Impressionné par ce courage, Anastase relâcha pour un peu de temps ses persécutions, mais les reprit bientôt de plus belle. Théodose se rendit alors à la basilique de la Résurrection et, du haut de l’ambon, s’écria : « Si quelqu’un refuse d’accepter les quatre saints Conciles au même titre que les quatre saints Évangiles, qu’il soit anathème ! » Puis, à la tête d’une armée de moines, il parcourut la ville en confirmant le peuple dans la foi par sa parole et ses miracles. Envoyé en exil sur ordre de l’empereur, il put regagner son monastère, deux ans plus tard, lors de l’avènement de Justin Ier, qui était favorable à l’Orthodoxie (518).

Une fois la paix rétablie, le bienheureux continua de répandre la bénédiction de Dieu sur les hommes : il remplit un grenier entier en bénissant un grain de blé, guérit des maladies incurables, rendit fécondes des femmes stériles, chassa des nuées de sauterelles, fit venir la pluie, délivra des voyageurs en danger et annonça sept ans à l’avance le séisme qui détruisit la ville d’Antioche (526). Mais ne comptant pour rien tant de grâces, il se tendait sans cesse vers Dieu, en s’enfonçant dans l’abîme de l’humilité. Voyant un jour deux de ses disciples qui se disputaient, l’homme de Dieu se jeta à leurs pieds et refusa de se relever tant qu’ils ne se furent pas réconciliés. Une autre fois, comme il avait interdit la communion à un moine responsable d’une faute grave, celui-ci répliqua en faisant la même défense au saint. Théodose obéit, et ne se présenta à la communion que lorsque le moine se fût rétracté.
Affligé, vers la fin de ses jours, d’une longue et douloureuse maladie, il supportait tout, comme Job, avec action de grâces, refusait de prier Dieu d’en être délivré et ne relâchait en rien sa règle d’ascèse et de prière. Un peu avant son trépas, il exhorta ses moines à la persévérance dans les épreuves et leur promit de toujours intercéder au ciel pour son monastère. Puis, après avoir rassemblé tous les higoumènes de Palestine, il les bénit et remit son âme à Dieu. Il était âgé de 105 ans (529). Ses funérailles furent célébrées avec tous les honneurs possibles par le patriarche, en présence d’une foule immense de moines et de laïcs. On ensevelit son corps dans la première grotte où il avait demeuré, et peu de temps après les miracles commencèrent à y abonder. De toutes les vertus de saint Théodose, trois restèrent à ses disciples comme un vivant héritage : une stricte ascèse jusqu’à la mort, accompagnée d’une foi inébranlable ; la miséricorde envers les pauvres et les malades, et l’assiduité continuelle à la prière et à la louange de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 1
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire de saint Théodose, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Théodose, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Théodose, ton 8
Planté dans les parvis de ton Seigneur, * tu fis croître les agréables fleurs de tes brillantes vertus * et tu multiplias le nombre de tes enfants dans le désert, * les abreuvant aux flots de tes larmes, pasteur des divines bergeries; * c’est pourquoi nous te chantons: Réjouis-toi, Père Théodose.
Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Matth. IV, 12-17)

Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée. Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète: Le peuple de Zabulon et de Nephthali, De la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain, Et de la Galilée des Gentils, ce peuple, assis dans les ténèbres, A vu une grande lumière; Et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort La lumière s’est levée. Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.

23 janvier

23 janvier

Saints Clément, évêque d’Ancyre et Agathange, martyrs (312) ; saint Mausime le Syrien, prêtre (IVème s.) ; saint Salaman le silencieux, ermite en Palestine (vers 400) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Maimboeuf, martyr à Besançon (vers 480) ; mémoire du VIème Concile œcuménique (680-681) ; saint Denis de l’Olympe (1541) ; saint Gennade de Kostroma (1565) ; saints néomartyrs de Russie : Séraphim (Boulachov), moine, Eudocie (Kouzminov) et Catherine (Tcherkassov), Militsa (Kouvchinov), martyre (1938).

Saint Clément, évêque d’Ancyre, martyr (312)

SAINT CLÉMENT D’ANCYRE
L’illustre et bienheureux martyr du Christ Clément était originaire de la ville d’Ancyre en Galatie. Il était fils d’un père païen et d’une mère chrétienne, Euphrosynie, qui avant de mourir lui prophétisa qu’il devait endurer de longues et cruelles souffrances pour le Seigneur. Adopté par une sainte et pieuse femme, nommée Sophia, il grandit en toute piété, distribuant les biens de la maison aux enfants pauvres et leur enseignant les rudiments de la foi. Dès l’âge de douze ans, il jeûnait et priait comme les moines, aussi fut-il bientôt ordonné diacre, puis prêtre, avant d’être élevé à la charge d’évêque de la ville, à l’âge de seulement vingt ans. Il gouvernait néanmoins son troupeau spirituel avec la science et la sagesse d’un vieillard, consacrant son plus grand soin aux enfants pauvres et aux orphelins, dont il baptisa un grand nombre. En apprenant tout le bien accompli par le jeune prélat, le vicaire impérial de la cité le fit arrêter et, après l’avoir interrogé, il le soumit à la flagellation. Comme Clément résistait sans trembler, en disant : « Plus tu affligeras ma chair de tourments, plus mon âme en tirera profit », on lui brisa la mâchoire à coups de pierres, mais le saint en retirait encore plus de joie de souffrir ainsi à l’imitation du Christ.
Le gouverneur, resté impuissant devant la vaillance du martyr, l’envoya à Rome auprès de l’empereur Dioclétien. Quand saint Clément comparut devant le terrible souverain, celui-ci fit étaler devant lui d’un côté des objets précieux et de l’autre des instruments de tortures. Mais, contrairement à son attente, le saint lui répondit : « Tous ces vases précieux que tu me présentes me donnent à penser combien plus glorieux sont les biens éternels du Paradis, et ces instruments de supplice me font craindre davantage les châtiments éternels réservés en enfer à ceux qui auront renié le Seigneur. »
Soumis au supplice de la roue, il eut les chairs réduites en lambeaux, mais se trouva miraculeusement guéri, entraînant la conversion d’un grand nombre de païens qui s’écrièrent : « Oui, grand est le Dieu des chrétiens ! » Ils furent aussitôt jetés en prison. La nuit même, un ange leur apparut en leur apportant la sainte Eucharistie, et saint Clément eut le temps de les faire communier avant leur exécution. Quant à lui, livré à de nouvelles tortures dans tous ses membres, flagellé jusqu’à l’os et brûlé avec des torches, il résistait comme si ces souffrances étaient endurées par un autre que lui.
Le tyran l’envoya alors à Nicomédie, en espérant que le gouverneur de cette ville saurait le soumettre. Un des païens convertis, qui avait échappé au massacre, Agathange (« le bon ange »), s’échappa alors de la prison et s’embarqua en cachette sur le même navire, avec le désir de partager les souffrances de son père en Christ. Dès lors, Clément et Agathange restèrent compagnons inséparables dans toutes les tribulations. Quand ils n’étaient pas soumis à la torture, ils mataient leurs corps par le jeûne et par les veilles, et recevaient en retour une nourriture céleste. Aussitôt parvenus à Nicomédie, ils furent interrogés et torturés, puis jetés en prison, où des anges vinrent les visiter. Cette céleste apparition entraîna la conversion des autres détenus qui furent délivrés par la prière des saints. Après les avoir livrés aux fauves sans résultat, on leur enfonça des broches incandescentes du doigt jusqu’à l’aisselle. Le peuple présent, admirant leur constance dans la douleur, se révolta alors contre le cruel tyran. Celui-ci fit sortir les martyrs de la cité et les fit dévaler du haut d’une haute montagne, enfermés dans des sacs ; mais des anges de Dieu vinrent à nouveau à leur secours et ils retournèrent sains et saufs en ville, guérissant en chemin deux paralytiques aveugles. Le gouverneur de Nicomédie, craignant un soulèvement populaire en leur faveur, envoya alors les deux soldats du Christ à Ancyre, la patrie de Clément, où ils subirent de nouveaux et redoutables supplices.
Comme ils sortaient encore victorieux de ces épreuves, on décida de les transférer à Amisos en Hélénopont (auj. Samsum). Mais les enfants autrefois baptisés par saint Clément voulurent absolument le suivre. Les soldats parvinrent avec peine à les arracher à lui et les décapitèrent sans pitié. Soumis à de nouveaux supplices, les deux saints reçurent la visite du Christ dans leur geôle, qui guérit leurs blessures et les encouragea à persévérer jusqu’à la fin. Le gouverneur d’Amisos, Dométien, reconnaissant lui aussi son impuissance, les fit transférer à Tarse auprès du co-empereur Maximien. Sur la route, ils firent jaillir de l’eau pour désaltérer les soldats de leur escorte et les malades qui approchaient d’eux pour toucher leurs plaies, recouvraient aussitôt la santé. À Tarse, ils sortirent indemnes d’une fournaise ardente, comme les Jeunes Gens à Babylone ; puis, comme on les avait traînés à terre dans toute la ville, ils attirèrent l’admiration et la conversion d’un grand nombre de païens. Nouveaux emprisonnements, nouveaux interrogatoires et nouveaux supplices, mais sans faillir les athlètes de la foi restaient aussi inébranlables que le diamant mis à l’épreuve des coups et du feu. Ces tribulations durèrent jusqu’à ce que soient accomplies les vingt-huit années de témoignage pour le Christ, dont Clément avait reçu la prédiction dans une vision.
Renvoyés à Ancyre après de longues années d’incarcération et comparaissant devant un neuvième tyran, ils furent encore torturés et Agathange eut la tête tranchée, alors qu’on jetait de nouveau Clément dans un cachot obscur. Le jour de la Théophanie, sa mère adoptive, Sophia, trouva le moyen de se glisser dans la prison avec d’autres fidèles. Ils obtinrent de ses gardiens de pouvoir l’emmener jusqu’à l’église où, revêtu d’ornements tout blancs, il célébra la vigile nocturne et distribua à tous la sainte communion, avant de retourner de son plein gré dans son cachot. Quelques jours plus tard, le 23 janvier 296, comme saint Clément célébrait de nouveau le saint sacrifice dans l’église, les soldats païens surgirent soudain et le décapitèrent au moment où il inclinait la tête au-dessus de l’autel. Le saint évêque devint ainsi, à l’imitation du Christ, la victime du sacrifice. Les deux diacres qui l’assistaient furent aussi exécutés, et la pieuse Sophia alla ensevelir les trois corps non loin de là, dans un lieu nommé Krypton.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr ton 4
Comme sarment de vénérable sainteté, * comme hampe du combat pour la foi, * comme fleur sacrée, tu as poussé, * comme fruit délicieux donné par Dieu aux croyants. * Compagnon de lutte des Martyrs * siégeant avec les saints Pontifes, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr, ton 4
De la vigne du Christ * tu fus le vénérable sarment * et dans tes multiples combats, très illustre Clément, * avec tes compagnons de lutte tu proclamais: * C’est toi, ô Christ, l’allégresse des Martyrs.

Évangile du jour
(Lc XIII,18-29)
Il dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

10 janvier (ancien calendrier)/23 janvier (nouveau)

10 janvier (ancien calendrier)/23 janvier (nouveau)

Dimanche après la Théophanie ;  (395) ; sainte Floride, vierge, martyre à Dijon (vers 180) ; saint Dométien, évêque de Mélitène (601) ; saint Marcien, prêtre à Constantinople (Vème s.) ; sainte Théosébie, sœur de saint Grégoire de Nysse, diaconesse (385) ; saint Pétrone, évêque de Die (vers 463); sainte Sethride, vierge, abbesse à Faremoutier-en-Brie (vers 660) saint Paul d’Obnora (1429) ; saint Macaire de Pisma (XIVème s.) ; saint Antipas de Valaam (1882) ; saint Théophane le Reclus, évêque de Tambov (1894) ; saints néomartyrs de Russie : Zénobe (Soutormine), prêtre (1920) ; Pierre (Ouspensky), prêtre (1930) ; Anatole, métropolite d’Odessa (1938).

SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE

Quatrième fils de saint Basile l’Ancien et de sainte Emmélie [1er janv.], et frère cadet de sainte Macrine [19 juil.] et de saint Basile le Grand, saint Grégoire naquit vers 331 à Césarée de Cappadoce. Élevé dans le climat de vertu et de piété créé par tant de saints, il ne partit pas, comme Basile, dans les grands centres de la culture hellénique pour suivre les leçons de maîtres illustres, mais reçut son éducation profane de son père qui était maître de rhétorique ; ce qui ne l’empêcha pas d’assimiler de vastes connaissances philosophiques, littéraires et scientifiques et de devenir un des plus grands artisans de la conversion de la culture antique au christianisme. Baptisé assez jeune et ordonné lecteur, il se destinait à la carrière ecclésiastique quand, changeant brutalement son projet, il s’engagea dans la vie mondaine, devint professeur de rhétorique et épousa la jeune et pieuse Théosébie. Les remontrances de sa sœur Macrine, qui avait décidé sa mère et ses frères à embrasser la vie monastique, et celles de saint Grégoire le Théologien, le décidèrent finalement à rejoindre pour quelque temps ce dernier et saint Basile dans leur retraite d’Annésis, sur les rives de l’Iris. Il put faire là l’expérience des joies de la vie solitaire, du silence, de la libération des soins de la terre, des méditations approfondies sur les mystères de la Sainte Écriture et des saints dogmes, de l’envolée vers Dieu de l’esprit en prière. Basile, qui avait commencé à organiser la vie des moines de Cappadoce en publiant le début de ses Règles, le chargea bientôt d’écrire un traité complémentaire sur la Virginité et la perfection chrétienne. Quel éloge plus admirable et plus fervent de la virginité ne pouvait-il être fait que par celui qui se lamentait de s’être laissé prendre dans les filets de la vie commune et d’être ainsi séparé comme par un gouffre de la gloire de ce mode de vie qui rend l’homme semblable aux anges et le fait participer dès cette vie à l’incorruptibilité divine ?
Devenu archevêque de Césarée en 370, saint Basile regroupa autour de lui des amis sûrs pour résister aux persécutions de Valens contre les orthodoxes défenseurs de la doctrine du Concile de Nicée, et fit élire Grégoire, malgré sa résistance, comme évêque de la modeste cité de Nysse (vers 372). Peu fait pour l’administration et les finesses des affaires ecclésiastiques, trop humble et candide pour résister aux méchants et aux intrigants, il fut rapidement victime des machinations des ariens qui, l’accusant d’ordination irrégulière et d’avoir détourné à son profit les biens de son église, réunirent pendant son absence un concile et obtinrent du préfet Démosthène, ennemi déclaré des orthodoxes, sa déposition et son exil (376). Muet et résigné comme une brebis que l’on mène à l’abattoir (Is 53, 7), le saint évêque se laissa ainsi chasser. Il ne put regagner son siège et rentrer triomphalement à Nysse que deux ans plus tard, à la mort de Valens (378). Mais il ne put alors jouir de la paix que bien peu de temps. Au début de 379, la mort de saint Basile, qu’il avait toujours considéré davantage comme son père selon Dieu que comme son frère selon la chair, fit de lui l’héritier et le successeur du grand hiérarque et champion de l’Orthodoxie. Lui, le philosophe, l’homme doux et réservé, s’engagea alors avec fougue dans la lutte dogmatique et imposa rapidement à tous son autorité, grâce à la profondeur de sa réflexion théologique et à la puissance de son éloquence. Il participa au concile d’Antioche, réuni pour régler le schisme qui divisait cette Église depuis plus de cinquante ans, et parvint à faire triompher la cause de saint Mélèce [12 fév.]. Il partit ensuite en mission pour réorganiser l’Église du Pont et d’Arménie et y fit élire son frère Pierre comme évêque de Sébaste [9 janv.]. Il rédigea aussi une série d’ouvrages polémiques contre l’arien extrémiste Eunome pour défendre l’incompréhensibilité de la nature divine, et contre Apollinaire pour montrer que le Christ a bel et bien assumé l’homme complet, âme et corps. Et surtout, il prit part en 381 au saint et grand second Concile Œcuménique de Constantinople, au cours duquel il confondit les raisonnements des hérétiques ariens et pneumatomaques, et fit triompher la doctrine orthodoxe sur la Sainte Trinité, pour laquelle Basile avait lutté toute sa vie. Alors salué par les Pères comme la « colonne de l’Orthodoxie » et considéré comme le digne successeur de saint Athanase et de saint Basile, Grégoire assista ensuite à tous les conciles et assemblées ecclésiastiques, et fut envoyé en mission en Arabie et en Palestine pour régler les troubles qui divisaient ces Églises. À son retour à Constantinople, l’empereur Théodose le prit comme conseiller spirituel et le chargea de prononcer les oraisons funèbres de son épouse Placilla et de sa fille Pulchérie (385).
Vers 386, la paix de l’Église étant désormais assurée, et comme il se trouvait délivré de toute attache avec le monde à la suite du décès de sainte Théosébie — qui, depuis de longues années, d’épouse était devenue sa sœur et sa compagne spirituelle — et du départ pour Milan de l’empereur avec sa cour, saint Grégoire put enfin se consacrer pleinement à la vie spirituelle et à la direction des monastères fondés par saint Basile. Tout comme il avait poursuivi l’œuvre dogmatique et ecclésiastique de son frère, et avait complété certains de ses ouvrages exégétiques et théologiques, Grégoire paracheva l’œuvre monastique dont saint Basile avait été le fondateur, l’organisateur et le législateur, en rédigeant des traités mystiques d’une profondeur et d’une beauté croissant à mesure des années (Homélies sur le Cantique des cantiques, Vie de Moïse, Institution Chrétienne). On trouve là un exposé grandiose et audacieux de la doctrine spirituelle orthodoxe, la théologie mystique par excellence, mise en pratique dans le monachisme, et que Grégoire exprime dans les termes et les catégories éprouvés par les controverses dogmatiques.

Selon saint Grégoire, l’homme a été créé à l’image de Dieu, comme un reflet de ses perfections et tout spécialement de sa souveraine liberté. Tombé dans la corruption et revêtu des « tuniques de peaux » de la mortalité et des passions par un mauvais usage de cette liberté, il n’a pu être restauré dans sa condition première, entrer de nouveau en communion avec Dieu, et recouvrer sa dignité de prêtre et de roi de la création que par l’Incarnation du Christ. Adhérant par le baptême au Corps du Christ et faisant croître sans cesse la présence en lui du Seigneur, dans son âme par les saintes vertus et dans son corps par les sacrements, il peut désormais progresser à l’infini dans une union sans confusion avec le Dieu infini, en entraînant avec lui le genre humain et l’univers entier, qu’il transforme en Église. « Ainsi dans l’éternité du siècle sans fin, celui qui court vers Toi devient toujours plus grand et plus haut que lui-même, augmentant toujours par l’accroissement des grâces (…) ; mais comme ce qui est recherché ne comporte pas en soi de limite, le terme de ce qui est trouvé devient pour ceux qui montent le point de départ de la découverte de biens plus élevés. Et celui qui monte ne s’arrête jamais d’aller de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin ».

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire de saint Grégoire de Nysse, ton 4
Dieu de nos Pères, * dont la clémence agit toujours envers nous, * n’éloigne pas de nous ta miséricorde, * mais par leurs supplications * gouverne notre vie dans la paix.

Tropaire de saint Théophane le Reclus, ton 8
Maître de l’Orthodoxie, docteur de la piété et de la pureté, ascète de Vycha, saint hiérarque Théophane sage en Dieu, tu as par tes écrits commenté la parole de Dieu et tu montras à tous les fidèles la voie du salut ; prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Grégoire de Nysse, ton 1
De ton âme tenant le regard éveillé, * au monde tu fus révélé comme un pasteur vigilant; * grâce au bâton de ta sagesse, Pontife bienheureux, * tu éloignas les hérésies comme des loups, * gardant ainsi sans dommage ton troupeau, * Grégoire, vénérable docteur.

Kondakion de saint Théophane le Reclus, ton 4
Éponyme de la Théophanie, ô saint hiérarque Théophane, tu illuminas par tes enseignements la multitude des fidèles, et tu te tiens maintenant avec les Anges devant le Trône de la sainte Trinité ; prie incessamment pour nous tous !

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Matth. IV, 1-11)

Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.
Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

22 janvier

22 janvier
Jour de jeûne

Saint Timothée, apôtre (96) ; saint Anastase le Perse, moine, martyr (628) ; saint Oulph, martyr à Troyes (IIIème s.) ; saint Blidran, évêque de Vienne (v. 679) ; saints Manuel, Georges, Pierre et Léonce, évêques, Sionios, Gabriel, Jean, Léon, Parode et leurs 377 compagnons, martyrs (vers 817) ; saint Anastase, diacre de la Laure des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; saint Joseph le Crétois (1511) ; saint Macaire de Bélev, thaumaturge (1623) ; saints hiéromartyrs Jean (Ouspensky) et Euthyme (Tikhonravov), prêtres (1936).

SAINT APÔTRE TIMOTHÉE

Saint Timothée, apôtre (96)

Saint Timothée était originaire de Lystres, ville romaine de la province de Lycaonie (Asie Mineure). Né de père païen et d’une mère juive nommée Eunice, il avait été élevé dans la piété et l’amour des saintes Écritures par celle-ci et par sa grand-mère Loïs . Lors d’un premier séjour dans la ville (45), le grand Apôtre saint Paul avait converti les deux femmes, et lorsqu’il revint quelques années plus tard (vers 50), il trouva le jeune Timothée plein de ferveur et d’admiration pour les combats et les souffrances qu’il avait endurés au Nom du Christ. Sur la recommandation des frères de Lystres et d’Iconium, Paul le baptisa, lui imposa les mains et fit de lui le compagnon de ses labeurs et son disciple préféré. Il l’appelle : mon enfant bien-aimé (1 et 2 Tm, 1) et témoigne de lui aux Églises, en disant : « C’est comme un fils auprès de son père qu’il a servi avec moi la cause de l’Évangile » (Phil 2, 22). Quoique le précepte de la Loi eût été aboli par la grâce, l’Apôtre circoncit son jeune disciple, afin qu’il puisse prêcher aux Juifs dans leurs synagogues aussi bien qu’aux païens sur l’agora. Doux, réservé, modèle d’obéissance et d’humilité, saint Timothée montrait cependant un zèle infatigable pour la prédication, comme un bon soldat de Jésus-Christ (2 Tm 2, 3). Il fut le représentant de l’Apôtre et l’instrument énergique de la grâce dans le gouvernement des Églises de Dieu, pour la correction des mœurs et la conservation du bon dépôt (2 Tm 1, 14).
D’Iconium Timothée parcourut avec Paul la Phrygie et la Galatie, l’assistant en tout lieu dans la prédication et la prière. Puis, à la suite d’une vision céleste, ils passèrent en Macédoine, évangélisèrent Thessalonique et Bérée, où Timothée demeura avec Silas (Sylvain), tandis que Paul se rendait à Athènes. Il rejoignit bientôt l’Apôtre, en lui apportant la triste nouvelle de la résistance furieuse des Juifs de Thessalonique, puis il retourna dans cette ville, afin d’affermir et de conforter les fidèles dans la foi (1 Thes 3, 1-5). Lorsqu’il eut accompli cette mission, il se hâta de rejoindre Paul à Corinthe pour travailler avec lui à la conversion de la cité.
Après être resté avec son maître un an et demi à Éphèse, la métropole de l’Asie, il fut envoyé de nouveau à Corinthe pour rappeler aux fidèles les principes de la vie évangélique. Comme les Corinthiens restaient rebelles aux exhortations de son disciple, saint Paul décida l’envoi de Tite, prit Timothée avec lui pour une nouvelle mission en Macédoine, rédigea avec sa collaboration sa seconde Lettre aux Corinthiens et vint avec lui en personne travailler à la correction et à l’édification des fidèles.
Lorsque saint Paul entreprit son dernier voyage vers Jérusalem, afin d’y porter les fruits de la collecte recueillie dans toutes les Églises pour venir en aide aux chrétiens de la Ville sainte (Act 20), Timothée se trouvait encore parmi ses compagnons de voyage. Il assista à son arrestation (Act 22sv), le suivit à Césarée et à Rome pendant sa première captivité. Mais, de là, Paul l’envoya en mission auprès de l’Église de Philippes (Phil 2, 19-24). Il vint le rejoindre en Orient, une fois délivré, et le plaça finalement à la tête de l’Église d’Éphèse, en lui recommandant d’organiser le culte et la vie chrétienne, de combattre les faux docteurs, de choisir avec discernement les membres de la hiérarchie ecclésiastique et de mener en tout temps le troupeau du Christ dans la paix, la concorde et la vérité (1 Tm). Dans une seconde Lettre, envoyée par l’Apôtre prisonnier à Rome et attendant la mort, Paul invite son fidèle disciple à venir le rejoindre pour l’assister dans ses derniers moments (2 Tm 4, 8). Timothée fut alors arrêté, mais bientôt remis en liberté (Hb 13, 23). Il retourna dans son diocèse après la mort de l’Apôtre.
On rapporte qu’il rencontra à Éphèse saint Jean le Théologien, qu’il reçut de lui un surcroît de grâce et d’illumination spirituelle et qu’une fois l’Apôtre Bien-aimé exilé à Patmos, il gouverna l’Église, en rassemblant en lui-même l’esprit de saint Jean et celui de saint Paul. Un jour, sous le règne de Domitien (ou Nerva, vers 97-98), comme les païens de la cité se préparaient à célébrer une de ces fêtes ignobles en l’honneur de Dionysos, qui se terminaient toujours par des orgies et des meurtres, saint Timothée tenta de s’interposer et de les faire revenir à la raison. Mais ces gens, devenus semblables à des bêtes furieuses, se jetèrent alors sur lui et le rouèrent de coups. Ses disciples parvinrent de justesse à le tirer de la mêlée et le transportèrent à demi-mort sur une hauteur voisine, où il remit bientôt son âme à Dieu.
Le corps de saint Timothée fut enseveli non loin du tombeau de saint Jean et, bien longtemps après, en 356, ses précieux restes furent transférés solennellement à Constantinople par saint Artémios [20 oct.], avec ceux de saint André et de saint Luc, pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtres. Ils accomplirent là de nombreux miracles, jusqu’à ce que les Croisés latins les dérobent, lors du pillage de la ville en 1204.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Apôtre, ton 4
Maître en douceur, sobre en tout * et comme prêtre revêtu de noble conscience, * tu as puisé au Vase d’élection * les ineffables vérités; * tu as gardé la foi et comme lui * mené ta course à bonne fin; * saint apôtre Timothée, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Tropaire du martyr ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de l’Apôtre, ton 1
Nous tous, les fidèles, chantons saint Timothée, * le disciple et compagnon de voyages de saint Paul; * avec lui glorifions également * Anastase surgi de la Perse comme un astre brillant, * car il éloigne les maladies et les passions * de nos âmes et de nos corps.

Évangile du jour
(Lc XXI,37-XXII,8)
Pendant le jour, Jésus enseignait dans le temple, et il allait passer la nuit à la montagne appelée montagne des Oliviers. Et tout le peuple, dès le matin, se rendait vers lui dans le temple pour l’écouter. La fête des pains sans levain, appelée la Pâque, approchait. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens de faire mourir Jésus; car ils craignaient le peuple. Or, Satan entra dans Judas, surnommé Iscariot, qui était du nombre des douze. Et Judas alla s’entendre avec les principaux sacrificateurs et les chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer. Ils furent dans la joie, et ils convinrent de lui donner de l’argent. Après s’être engagé, il cherchait une occasion favorable pour leur livrer Jésus à l’insu de la foule. Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant: Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

9 janvier (ancien calendrier)/22 janvier (nouveau)

9 janvier (ancien calendrier)/22 janvier (nouveau)
Jour de jeûne
Samedi après la Théophanie ; saint martyr Polyeucte (259) ; saint Pierre, évêque de Sébaste en Arménie (IVème s.) ; sainte Paschasie, vierge, martyre à Dijon (vers 180) ; saint Vaneng, moine à Fécamp (688) ; saint Mauront, abbé de Saint-Florent-le-Vieil (700) saint Eustrate le thaumaturge (IXème s.) ; saint Jonas, fondateur du monastère de la Sainte-Trinité à Kiev (1902) ; saint hiéromartyr Paul (Nikolsky), prêtre (1943).

Saint martyr Polyeucte (259)

LE SAINT MARTYR POLYEUCTE
Au commencement de la persécution de Dèce (249-251), Polyeucte et Néarque, deux officiers, grecs d’origine, de la douzième légion romaine, alors stationnée à Mélitène en Arménie, étaient liés par une tendre et profonde amitié. Néarque s’était converti au christianisme, tandis que Polyeucte était encore adonné au culte des idoles malgré ses nombreuses vertus. Lorsqu’on publia le premier édit de persécution, obligeant tous les militaires à sacrifier publiquement pour montrer leur fidélité au culte officiel de l’empereur, Néarque fit part à Polyeucte avec chagrin que cet édit allait bientôt les séparer à tout jamais. Polyeucte, déjà instruit en partie de la religion de Jésus-Christ par ses entretiens avec son ami, lui répondit le visage plein de joie : « Non, nous ne serons pas séparés, car la nuit dernière, le Christ que tu adores m’est apparu en vision, il m’a revêtu d’une chasuble lumineuse après m’avoir défait de mon vêtement militaire, et m’a fait présent d’un cheval ailé. » Il venait de comprendre qu’il s’agissait de la prédiction figurée de son prochain transfert au ciel, parmi la glorieuse cohorte des martyrs victorieux. Chrétien, il l’était déjà depuis longtemps par l’intention et la bonne disposition de l’âme ; il ne lui en manquait que le nom et que le sceau divin par le saint baptême. L’un et l’autre s’encouragèrent alors mutuellement à mépriser les biens et les joies périssables de cette terre pour obtenir la béatitude céleste. Lorsque Néarque apprit à Polyeucte que le martyre peut suppléer le baptême et toute autre cérémonie pour nous enrôler dans l’armée du Christ et faire vivre le Maître en nous, celui-ci, ne brûlant plus désormais que du désir d’être martyrisé, lui dit : « Mon esprit ne pense plus qu’aux choses du Ciel, j’ai devant les yeux de mon âme le Christ, et sa splendeur illumine mon visage. Convenons donc de souffrir ensemble le martyre, sortons et allons lire l’édit de l’empereur. » Une fois arrivé devant l’inscription, le brave Polyeucte l’arracha aux yeux de la foule étonnée et, se précipitant au milieu d’une procession païenne, il brisa en morceaux les idoles que portaient les prêtres.
Immédiatement arrêté et traduit devant le tribunal, Polyeucte fut condamné, comme sacrilège, à souffrir quantité de tourments. Rien ne pouvait le faire cesser de se déclarer chrétien. Après les bourreaux, qui las de le frapper avaient vainement essayé de le convaincre, son beau-père Félix, le gouverneur de la province, s’efforça de le faire fléchir en lui rappelant le souvenir de son épouse et de ses enfants. « Quelle femme ? Quels enfants ? reprit-il ; ma pensée n’est plus là, elle ne se tourne désormais que vers les biens célestes et incorruptibles. Quant à ta fille, si elle consent à me suivre elle sera bienheureuse, si non elle ira à la perdition avec ceux que vous appelez vos dieux. »
Son épouse Pauline s’avança alors en larmes : « Quelle démence s’est emparée de toi ? lui dit-elle. Qui t’a trompé au point de te pousser à briser nos douze dieux ? » — « Si moi seul j’ai vaincu tes douze dieux, répondit Polyeucte, il n’y a donc plus de moyen pour toi de trouver de dieu ici-bas. Il ne te reste plus, ô Pauline, qu’à venir avec moi adorer le vrai Dieu et qu’à te hâter d’échanger cette vie passagère contre la vie céleste et éternelle. » En constatant que l’athlète du Christ triomphait même de l’affection pour les siens et entraînait ainsi de nombreux idolâtres à se convertir, les juges prononcèrent la sentence de mort.
Polyeucte marcha vers le lieu du supplice avec joie, le visage rayonnant, comme s’il allait vers sa libération, en donnant des paroles d’encouragement aux chrétiens qui l’accompagnaient. À la vue de Néarque, il le salua en lui rappelant la promesse qu’ils s’étaient faite l’un à l’autre. Puis, tendant bravement la nuque sous le glaive, il consomma son martyre en étant baptisé dans son propre sang. Les plus zélés d’entre les chrétiens enlevèrent son corps et l’ensevelirent à Mélitène, alors que Néarque recueillait son sang dans un linge et le transportait, l’année suivante, dans la ville des Cananéotes.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Tropaire du saint martyr Polyeucte, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Tropaire de saint Philippe de Moscou, ton 8
Successeur des primats de Moscou, colonne de l’Orthodoxie, défenseur de la vérité, nouveau confesseur, saint hiérarque Philippe, tu as donné ta vie pour ton troupeau. Aussi, ayant la liberté auprès du Christ, prie pour les Chrétiens orthodoxes, pour la cité et les hommes qui vénèrent dignement ta sainte mémoire.

Kondakion du saint martyr Polyeucte ton 4
Le Maître, inclinant sa tête au Jourdain, * broya les têtes des dragons; * et la tête du Martyr victorieux, * lorsqu’elle fut retranchée, * couvrit de honte le perfide Séducteur.

Kondakion de saint Philippe de Moscou, ton 3
Louons le maître de l’Orthodoxie et l’annonciateur de la vérité, le zélateur à la bouche d’or, le luminaire de la Russie, Philippe le très-sage, qui, a rassasié spirituellement ses enfants par la nourriture de ses paroles. Par la langue, il adressait des louanges, par les lèvres, il élevait des hymnes, comme initié aux mystères de la Grâce de Dieu.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc XIII, 1-8)
Lorsque Jésus sortit du temple, un de ses disciples lui dit: Maître, regarde quelles pierres, et quelles constructions! Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s’assit sur la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André lui firent en particulier cette question: Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s’accomplir? Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs.

21 janvier

21 janvier

Saint Maxime le Confesseur (662) ; saints Eugène, Candide, Valérien et Aquilas, martyrs à Trébizonde en Asie Mineure (IIIème s.) saint Néophyte, martyr à Nicée (vers 305) ; sainte Agnès, vierge, martyre à Rome (vers 304) ; saint Anastase, compagnon de saint Maxime le Confesseur, martyr (662) ; saint Patrocle, martyr à Troyes (273) ; saint Aptat, évêque de Metz (vers 691) ; saint Maxime le Grec, (1556) ; saint Élie (Berezovsky), prêtre (1938).

SAINT MAXIME LE CONFESSEUR

Saint Maxime le Confesseur (662)

Saint Maxime naquit en 580, au sein d’une illustre famille de Constantinople . Doué d’une intelligence exceptionnelle et de rares capacités pour les hautes spéculations philosophiques, il fit de brillantes études et entra dans la carrière politique. À son avènement au trône, en 610, l’empereur Héraclius, discernant sa valeur et appréciant ses vertus chrétiennes, mit Maxime à la tête de sa chancellerie (protasékretis). Honneurs, pouvoir et richesses ne pouvaient cependant éteindre en lui le désir, qu’il entretenait secrètement depuis sa jeunesse, de mener une vie conforme à la vraie philosophie. Au bout de seulement trois ans, il abandonna sa charge et les vaines distinctions du monde, et devint moine au monastère de la Mère de Dieu de Chrysopolis, près de Constantinople. Admirablement préparé au combat spirituel par la méditation de l’Écriture sainte et l’étude des Pères de l’Église, il progressa rapidement sur l’échelle des vertus, qui conduit à la bienheureuse impassibilité. Il maîtrisait avec science les élans de la convoitise par l’ascèse, l’irritation par la douceur et, libérant ainsi son âme de la tyrannie des passions, il nourrissait son intelligence par la prière, en s’élevant paisiblement vers les hauteurs de la contemplation. Dans le silence de sa cellule, penché sur l’abîme de son cœur, il considérait en lui-même le grand Mystère de notre Salut selon lequel, poussé par son amour infini des hommes, le Verbe de Dieu condescendit à s’unir à notre nature, séparée de Dieu et divisée contre elle-même par l’amour égoïste de soi, afin de la ramener à l’unité, de faire régner entre les hommes l’union harmonieuse de la charité fraternelle, et de leur ouvrir la voie de l’union avec Dieu, car Dieu est amour (1 Jn 4, 16).
Après avoir passé ainsi une dizaine d’années dans l’hésychia, il s’installa, avec son disciple Anastase, dans le petit monastère de Saint-Georges à Cyzique, où il commença à rédiger ses premières œuvres : des traites ascétiques sur la lutte contre les passions, la prière, l’impassibilité et la sainte charité. Mais, en 626, l’offensive conjuguée des Avars et des Perses sur Constantinople, qui allait être repoussée grâce à l’intervention miraculeuse de la Mère de Dieu , contraignit les moines à se disperser. Un nouveau mode de vie s’ouvrait pour saint Maxime : l’errance pour la cause de la vérité. Il lui fallait désormais porter témoignage de la charité divine, par sa conduite et ses écrits, dans un monde byzantin au bord de la catastrophe à la suite des invasions perses. Il séjourna quelque temps en Crète, où il commença le combat pour la foi orthodoxe en affrontant des théologiens monophysites, passa ensuite à Chypre et parvint finalement à Carthage, en 632, où il fit connaissance et se rangea sous la direction spirituelle de saint Sophrone [11 mars], grand connaisseur de la tradition monastique et théologien renommé pour son orthodoxie, qui séjournait au monastère d’Eukrata avec d’autres moines réfugiés de Palestine après la prise de Jérusalem par les Perses.
Pendant cette période (626-634), avant de s’engager dans la lutte pour la foi, saint Maxime put approfondir, comme nul autre avant lui, la doctrine de la divinisation, en exposant les fondements philosophiques et théologiques de la spiritualité orthodoxe. En de profonds et difficiles traités sur les passages obscurs de l’Écriture sainte, sur les difficultés de saint Denys l’Aréopagite et saint Grégoire le Théologien, et sur la Divine Liturgie, il dresse une grandiose synthèse théologique selon laquelle l’homme, placé par Dieu dans le monde pour être le prêtre d’une liturgie cosmique, est appelé à rassembler les raisons (logoi) de tous les êtres pour les offrir au Verbe divin, leur Principe, en un dialogue de libre amour ; de sorte qu’en accomplissant le dessein pour lequel il a été créé, son union à Dieu, il amène aussi l’univers entier à sa perfection dans le Christ, le Dieu-homme .
Depuis son accession au trône, Héraclius s’était efforcé de réorganiser l’Empire ébranlé et de préparer la contre-offensive contre les Perses par une série de réformes administratives et militaires, et surtout de rétablir l’unité des chrétiens, pour éviter que les monophysites ne se tournent vers les Perses ou vers les Arabes. Le patriarche de Constantinople, Serge, chargé par l’empereur de trouver à cette fin une formule dogmatique de compromis, susceptible de satisfaire les monophysites sans renier le Concile de Chalcédoine, proposa la doctrine du monoénergisme, selon laquelle la nature humaine du Christ serait restée passive et neutre, son énergie propre ayant été absorbée par l’énergie du Verbe de Dieu. En fait, il ne s’agissait que d’un monophysisme à peine déguisé, où l’on remplaçait le terme « nature » par celui d’« énergie ». En 630, l’empereur nomma Cyrus de Fasis patriarche d’Alexandrie, avec la mission de réaliser l’union avec les monophysites, particulièrement nombreux en Égypte. Aussitôt l’union signée (633), alors que dans les tavernes d’Alexandrie le peuple se vantait d’avoir gagné les chalcédoniens à la cause monophysite, saint Sophrone éleva seul la voix pour défendre les deux natures du Christ. Il se rendit à Alexandrie auprès de Cyrus qui, voulant éviter une lutte ouverte, le renvoya vers Serge, à Constantinople. Après de longues discussions sans résultat réel, Sophrone se vit interdire de soulever davantage le débat sur les natures et les énergies. Il regagna la Palestine, où il fut accueilli par le peuple comme le soutien de l’Orthodoxie et fut élu patriarche de Jérusalem, au moment même où les Arabes envahissaient le pays et commençaient une série de conquêtes qui allaient plus que jamais mettre l’Empire en péril. Sitôt élu, saint Sophrone publia une Lettre encyclique, dans laquelle il précisait que chaque nature ayant son énergie propre, une est la Personne du Christ mais deux sont ses natures et ses opérations (énergies).
Pendant ce temps, resté à Carthage, saint Maxime entrait discrètement dans la lutte dogmatique pour soutenir son père spirituel et, sans s’opposer à l’interdiction de parler des deux énergies, il montrait avec finesse que « Le Christ opère humainement ce qui est divin, par ses miracles, et divinement ce qui est humain, dans sa Passion vivifiante » . Mais quand, en 638, Héraclius publia un édit (l’Ecthésis) confirmant l’interdiction de parler des deux énergies et imposant à tous de confesser une seule volonté dans le Christ (monothélisme), le moine dut sortir de sa réserve et passer désormais à la confession publique de la vérité. Car, saint Sophrone étant mort la même année, Maxime était alors regardé par tous comme le porte-parole le plus autorisé de l’Orthodoxie. Comme à l’époque de saint Athanase ou de saint Basile, le soutien de la vraie foi dépendit alors d’un seul homme.
Dans une abondante correspondance, adressée au pape de Rome, au souverain et aux personnages influents de l’Empire, et dans des traités d’une profondeur inégalée, Maxime le Sage montra que le Verbe de Dieu, par un amour et un respect infinis pour sa créature, a assumé la nature humaine dans toute son intégrité, sans rien altérer de sa liberté. Libre de reculer devant la Passion, Il s’est soumis volontairement, en tant qu’homme, à la volonté et au dessein divin, nous ouvrant ainsi la voie du Salut (Mt 26, 39) par la soumission et l’obéissance. Parfaitement unie à l’absolue liberté de Dieu dans la Personne du Christ, la liberté humaine s’est trouvée ainsi restaurée dans son mouvement naturel vers l’union avec Dieu et avec les autres hommes par la charité. Ce que l’expérience de la prière et de la contemplation lui avait permis d’entrevoir, Maxime pouvait désormais l’exposer, en fondant la doctrine de la divinisation de l’homme sur la théologie de l’Incarnation. Nul autre Père de l’Église n’avait jusque-là poussé aussi loin l’examen de la liberté humaine et de son union avec Dieu, dans la Personne du Christ comme chez les saints. Avec saint Maxime, la doctrine orthodoxe de l’Incarnation trouve son exposé le plus complet ; il ne restera, quelque temps après, à saint Jean Damascène qu’à la présenter de manière plus accessible, pour la livrer aux générations à venir comme une tradition immuable.
Serge de Constantinople mourut en 638 et le nouveau patriarche, Pyrrhus, se fit le promoteur ardent de la nouvelle hérésie. Cependant, malgré les pressions, une grande partie des chrétiens résistait a l’application du décret impérial et, un peu avant de mourir (en 641), Héraclius dut reconnaître l’échec de sa politique religieuse. Pyrrhus, tombé en disgrâce au moment de la succession, s’enfuit en Afrique et affronta saint Maxime à Carthage, dans une dispute publique sur la Personne du Christ (645). Exposant le Mystère du Salut avec une argumentation d’une rigueur infaillible, le saint moine réussit à faire reconnaître ses erreurs au patriarche qui proposa finalement d’aller en personne à Rome pour jeter l’anathème sur le monothélisme devant le tombeau des Apôtres. Toutefois, peu de temps après, il retourna à son vomissement (2 Pi 2, 22) et s’enfuit à Ravenne. Le pape Théodore l’excommunia aussitôt et condamna pour hérésie son successeur sur le trône de Constantinople, Paul. En réaction contre cette intervention du pape et craignant qu’une rupture ouverte avec Rome n’aggravât la situation politique, devenue plus que jamais précaire à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes, l’empereur Constant II (641-668) publia le Typos (648) qui interdisait à tout chrétien, sous peine de châtiment sévère, de discuter des deux natures et des deux volontés. On commença alors à poursuivre et à persécuter les orthodoxes, surtout les moines et les amis de saint Maxime. Celui-ci rejoignit à Rome le nouveau pape, Martin Ier [13 avr.], qui était fermement décidé à soutenir la vraie foi, et il fut l’inspirateur du concile du Latran (649) qui condamna le monothélisme et rejeta l’édit impérial. Irrité au plus haut point par cette résistance, l’empereur envoya alors un exarque à Rome à la tête d’une armée (653). Ils arrêtèrent le pape malade et impotent, et le conduisirent au prix de mille sévices à Constantinople, où il fut jugé comme un criminel, outragé publiquement et de là fut conduit en exil à Cherson, où il mourut dans la situation la plus lamentable, en septembre 655.
Quant à saint Maxime, il avait été arrêté, un peu avant Martin, avec son fidèle disciple Anastase et un autre Anastase, apocrisiaire (légat) du pape [20 sept.]. Il attendit en prison de longs mois avant de comparaître devant le tribunal qui avait si odieusement condamné le saint prélat. On voulait présenter le jugement du chef de l’Orthodoxie comme un procès politique, aussi l’accusa-t-on de s’être élevé contre le pouvoir impérial et d’avoir favorisé la conquête de l’Égypte et de l’Afrique par les Arabes, puis on l’accusa d’avoir semé la division dans l’Église par sa doctrine. Fixé en Dieu et avec charité pour ses ennemis, le saint répondait avec un calme impassible aux calomnies et, se défendant de confesser aucune doctrine particulière, il se déclara prêt à rompre la communion avec tous les patriarcats et même à mourir, plutôt que de jeter le trouble dans sa conscience en trahissant la foi. Condamné à l’exil, il fut conduit à Byzie (Thrace), son disciple Anastase à Perbéris et l’autre Anastase à Mésembria, dans le dénuement le plus complet, mais sans perdre leur joie de souffrir ainsi pour le Nom du Seigneur dans l’attente de la résurrection.
Ayant appris au cours de son procès que le nouveau pape, Eugène Ier, était prêt à accepter une formule de compromis qui supposait une troisième énergie dans le Christ, saint Maxime écrivit une lettre dogmatique, grâce à laquelle le peuple de Rome se révolta et poussa le pape à se passer de l’accord impérial pour se faire consacrer. Comprenant alors qu’il ne pourrait pas soumettre les orthodoxes avant d’avoir gagné Maxime, l’empereur envoya vers lui l’évêque Théodose et deux habiles courtisans. Les souffrances de l’exil et le long séjour en prison n’avaient en rien fait perdre au saint confesseur la maîtrise de lui-même. Il repoussa sans peine tous leurs arguments, exposa de nouveau la doctrine orthodoxe et termina en exhortant avec larmes l’empereur et le patriarche à se repentir et à revenir à la vraie foi. Pour toute réponse, les envoyés du souverain se jetèrent sur lui comme des bêtes sauvages, l’accablèrent d’injures et le couvrirent de crachats.
Transféré à Perbéris, saint Maxime resta six ans enfermé avec Anastase, jusqu’à leur nouveau procès, en 662, devant le patriarche de Constantinople et son synode. On lui demanda : « De quelle Église es-tu donc : de Constantinople ? de Rome ? d’Antioche ? d’Alexandrie ? de Jérusalem ? Car voici que toutes sont unies à nous. » Le Confesseur répondit : « L’Église catholique, c’est la droite et salutaire confession de la foi dans le Dieu de l’univers. » Menacé de la peine capitale, il répliqua : « Que ce que Dieu a déterminé avant tous les siècles trouve en moi le terme qui lui rende la gloire qu’Il a avant tous les siècles ! » Après les avoir maudits et injuriés, les membres du tribunal ecclésiastique les livrèrent, lui et ses compagnons, au préfet de la ville, qui les condamna à la flagellation et leur fit couper les organes de leur confession : la langue et la main droite. Ils furent promenés à travers la ville tout ensanglantés, puis le préfet les fit incarcérer dans des forteresses séparées, à Lazique, dans le lointain Caucase. C’est là que, le 13 août 662, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, saint Maxime fut définitivement uni au Verbe de Dieu, qu’Il avait tant aimé et dont il avait imité la Passion vivifiante par la confession de foi et le martyre. On raconte que chaque nuit trois lampes, symbole de la sainte Trinité, s’allumaient d’elles-mêmes au-dessus de son tombeau. La relique de sa main droite est vénérée au monastère de Saint-Paul au Mont Athos.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Maxime, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * saint Maxime, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Maxime, ton 8
L’ami de la Trinité, Maxime le Grand * qui enseigna clairement la divine foi * pour glorifier le Christ en deux natures, deux volontés, deux énergies, * vénérons-le comme il se doit, * fidèles, par des cantiques en lui disant: * Réjouis-toi, prédicateur de la foi.

Évangile du jour
(Lc XXI,28-33)
Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche. Et il leur dit une comparaison: Voyez le figuier, et tous les arbres. Dès qu’ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

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Jovan Nikoloski