16/01/2017
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13 novembre

13 novembre
Jour de jeûne

Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople (407) ; saints martyrs Antonin, Nicéphore et Germain, sainte martyre Manathas, à Césarée de Palestine (vers 308) ; saint Mitre, martyr à Aix-en-Provence (vers 300) ; saint Brice, évêque de Tours (444) ; saint Quintien, évêque de Clermont (vers 527) ; saint Amand, évêque de Rennes (IVème s.) ; saint Dalmas, évêque de Rodez (vers 580) ; sainte Maxellende, vierge, martyre à Cambrai (vers 670) ; saint moine et néo-martyr Damascène de Constantinople (1681).

SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Astre radieux dans le firmament des saints, colonne de l’Église et docteur de l’univers, saint Jean vit le jour vers 349 à Antioche, de parents chrétiens : Secundus — qui était général de l’armée stationnée en Syrie — et Anthouse, une femme admirable de foi et de piété. Celle-ci devint veuve alors qu’elle avait à peine vingt ans et, au lieu de se remarier, elle préféra consacrer le reste de sa vie à Dieu et à l’éducation de son fils. Elle inspira à Jean l’amour de la chasteté et planta en lui les semences des vertus. Lui-même témoignait d’ailleurs d’une nature ardente pour la piété et la justice, d’un zèle intrépide et d’un courage inébranlable. Sa mère lui donna une éducation soignée dans les lettres helléniques auprès des meilleurs maîtres, dont le célèbre Libanios. Ses dons pour l’art oratoire étaient tels qu’on pensait faire de lui un brillant avocat en vue d’un service dans la chancellerie impériale, et Libanios désirait l’avoir comme successeur. Mais Jean ne se laissa pas happer par les vanités du monde. Baptisé à l’âge de dix-huit ans, et ordonné lecteur quelque temps après, il se tourna dès lors vers la vraie Philosophie, celle des saints. À partir de son baptême, personne ne l’entendit jamais prononcer ni injure, ni mensonge, ni médisance, ni même se complaire dans la raillerie ou la critique de son prochain. Il se revêtit vraiment du Christ, en s’ornant de la parure des vertus par un combat intense et quotidien. À l’exemple de son ami Basile, avec lequel il partageait le même amour de Dieu, il délaissa toutes relations mondaines pour se retirer dans la maison familiale et y pratiquer l’ascèse. Très sévère envers lui-même, le jeune homme se livrait avec ardeur au jeûne, à la veille et à la prière, sans jamais se permettre aucune distraction. Il restait en permanence seul avec Dieu dans le silence, attentif à repousser les élans de la volupté comme ceux de la colère. Il fit si bien qu’il acquit très tôt la capacité de prier sans distraction et de garder en toute circonstance une intelligence impassible et une douceur inébranlable. Quand, plus tard, il lui arrivait de s’emporter dans ses sermons, c’était toujours pour la correction de ses ouailles et sans jamais perdre la souveraine maîtrise de lui-même. Lorsqu’il parvint à l’âge de vingt-cinq ans, la réputation de sa vertu s’était déjà répandue et l’évêque d’Antioche voulut le faire prêtre, mais l’humble Jean, effrayé par la grandeur redoutable de cette charge, préféra la fuite et, grâce à une sainte ruse, parvint à faire ordonner son ami Basile à sa place .

À la mort de sa mère, il put réaliser le désir qu’il nourrissait depuis longtemps, à savoir de renoncer totalement au monde et d’aller se retirer parmi les moines qui vivaient dans les montagnes aux environs d’Antioche. Il se plaça sous la direction d’un ascète syrien, dans l’obéissance, la pauvreté absolue, le jeûne et la prière. Les moines se levaient chaque jour vers minuit et priaient ensemble jusqu’au lever du soleil, puis chacun rentrait dans sa cellule pour y passer, dans le silence, le reste du jour, occupés à d’humbles travaux ou à la méditation de la sainte Écriture. Pour toute nourriture, ils ne prenaient qu’un peu de pain et de sel, après le coucher du soleil. Ensuite ils s’entretenaient quelques instants de sujets spirituels avant de prendre un léger repos. Au bout de près de quatre ans de ce mode de vie, dans lequel il se montra un modèle pour ses frères, Jean décida de se retirer pour vivre seul à seul avec Dieu dans une grotte du mont Sylpios, dans laquelle il put se livrer aux combats les plus acharnés pour soumettre la chair à l’esprit. Il passa toute cette période sans jamais s’asseoir, même pour dormir, et prenait un peu de repos en se suspendant par les épaules à une corde accrochée au plafond. Tout son temps était consacré à la prière et à la méditation de l’Écriture sainte, dont il tira une connaissance d’une profondeur unique. Il s’exposa cependant à de telles austérités, qu’au bout de deux ans il fut atteint d’une grave maladie des reins et dut retourner à Antioche. Pendant cette brève période de vie monastique, Jean acquit une extraordinaire connaissance des choses divines et, malgré son jeune âge, il commença à enseigner par la rédaction de plusieurs traités sur la vie spirituelle.
Peu après son retour à Antioche (381), il fut ordonné diacre par saint Mélèce [12 fév.], et fut élevé à la prêtrise, quelques années plus tard, par le successeur de ce dernier, Flavien (386). Le peuple accueillit son pasteur avec allégresse et saint Jean assuma pendant douze ans la véritable direction spirituelle de la grande métropole, qui souffrait d’une situation ecclésiastique déplorable depuis de nombreuses années. On raconte qu’au moment de son ordination, certaines personnes virent une colombe blanche se poser sur sa tête et, de fait, la grâce du Saint-Esprit qui, le jour de la Pentecôte, descendit sur les Apôtres sous la forme de langues de feu, habita désormais Jean et donna à sa parole la puissance du feu divin. Son éloquence était si brillante qu’il réunissait la ville entière à chacun de ses sermons dans les différentes églises, et déclenchait un si grand enthousiasme chez ses auditeurs qu’il était souvent interrompu par un tonnerre d’applaudissements. Ses paroles étaient semblables aux eaux abondantes du fleuve qui réjouit la cité de Dieu (Ps 45, 5) ; elles pénétraient profondément dans les cœurs et élevaient les âmes vers Dieu, leur inculquant l’amour de la vertu.

De tous les Pères de l’Église, c’est sans doute saint Jean qui excella le plus dans l’éloquence, c’est pourquoi, de son vivant, on prit bientôt l’habitude de l’appeler CHRYSOSTOME, c’est-à-dire « Bouche d’or ». Sa prédication se fondait surtout sur la sainte Écriture, dont il avait laborieusement savouré le miel dans la solitude. Il aimait en expliquer le sens littéral et montrer l’unité du plan divin qu’elle révèle, en l’appliquant toujours à la vie chrétienne immédiate. Il sondait l’abîme des mystères divins et contemplait la richesse des dogmes, mais il savait montrer que ceux-ci trouvent leur rayonnement dans les vertus évangéliques, en particulier l’aumône, la justice, l’humilité, la pénitence et la componction du cœur fondée sur la confiance en la grandeur infinie de la miséricorde divine. C’est pourquoi on l’a souvent appelé le « Prédicateur de la Miséricorde » et l’« Œil éclairé de la pénitence ». Mais il ne se contentait pas d’assurer le ministère de la prédication, il organisait aussi les œuvres de bienfaisance, dirigeait les cérémonies et les prières, s’occupait de chacun comme de sa propre âme, et arbitrait des affaires publiques, comme il le fit, par exemple, lorsque les statues de l’empereur Théodose furent renversées par le peuple (387). Sans l’intervention du saint, cette révolte aurait entraîné de sanglantes répressions.
En 397, l’archevêque de Constantinople, saint Nectaire [11 oct.], mourut et son siège vacant devint l’objet d’âpres convoitises, en particulier de la part de Théophile, l’archevêque d’Alexandrie qui, jaloux de l’influence grandissante de la ville impériale, voulait y placer un de ses hommes de confiance, Isidore. Cependant la renommée de saint Jean avait largement dépassée les limites de la province d’Antioche et il paraissait comme le seul véritablement digne d’assumer ce ministère. Sous la pression du premier ministre, Eutrope, l’empereur Arcade le désigna comme archevêque et le fit venir à Constantinople, grâce à un stratagème, pour le mettre devant le fait accompli, car on savait bien que son humilité n’aurait jamais accepté une telle charge. Il fut intronisé le 26 février 398 par Théophile, qui lui garda une profonde rancune. Aussitôt devenu évêque, Jean fit briller avec éclat son talent d’orateur et sa sainteté. Il prêchait en tout lieu sans se lasser, réunissant des foules immenses qui l’écoutaient avec enthousiasme. Il témoignait de son amour paternel envers ses fidèles en s’adressant à eux avec familiarité, se réjouissant de leur progrès dans la vertu et versant des larmes lorsque ses leçons restaient sans résultat.

Étranger à une reconnaissance servile envers les grands de la cour, qui avaient soutenu sa nomination, il s’attaqua sans tarder à l’excès de luxe, aux plaisirs et à la piété hypocrite des riches, sans toutefois jamais les accuser nommément. Il montra lui-même l’exemple de la pauvreté évangélique en retranchant tout le luxe attaché à la personne de l’évêque. Il fit vendre des biens de l’archevêché et des objets précieux, pour en distribuer le produit aux pauvres et faire construire des hôpitaux et des hospices pour les étrangers. Il ne possédait rien en propre et s’était déchargé de tous les soucis liés aux réceptions et aux dîners officiels en mangeant toujours seul, juste de quoi soutenir son corps malade et décharné. Il n’acceptait jamais d’invitation, afin de fuir les conversations mondaines, mais pratiquait par contre largement l’hospitalité, visitait lui-même les malades et les prisonniers, assistait les pauvres et les nécessiteux. Pour éviter les jeux et les spectacles corrupteurs des âmes, il organisa des processions et des psalmodies, qui retentissaient dans la ville dès le matin et jusque dans la nuit. On célébrait en effet souvent des vigiles pour que ceux qui travaillaient le jour pussent venir prier dans le calme de la nuit. Jean exhortait d’ailleurs chacun à interrompre son sommeil pour consacrer quelque temps à la prière. C’est alors qu’il composa les prières de la Divine Liturgie que nous célébrons de nos jours . Lorsqu’il célébrait, il voyait souvent descendre du ciel une multitude d’anges qui venaient entourer l’autel. Malgré toutes ses tâches pastorales, sa première occupation restait la contemplation et la méditation de la sainte Écriture. Il s’y absorbait avec une telle intensité, qu’il oubliait souvent de prendre nourriture et repos. Une nuit, son disciple Proclos [20 nov.], qui l’observait en secret dans sa cellule, vit que saint Paul en personne se tenait à ses côtés et lui dictait le commentaire de ses épîtres. Le zèle de Jean pour la vertu s’étendait sur tout son entourage et il s’employa avec énergie à redresser les mœurs du clergé et à faire excommunier certains évêques simoniaques . Par ailleurs, il encourageait et prenait soin des missions auprès des peuples barbares, en particulier des Goths, auxquels il donna une église à Constantinople.

Toute cette activité pastorale pour la réforme des mœurs suscita bientôt de nombreuses oppositions à l’égard du saint évêque, de la part de quelques nobles dévotes et d’évêques mondains, qui exploitèrent tous les prétextes pour le calomnier. Théophile d’Alexandrie profita lui aussi de ces rumeurs et de la protection que saint Jean avait accordée aux Frères Longs et à un groupe d’une cinquantaine de moines, taxés d’origénisme, qui s’étaient enfuis de Nitrie [10 juil.], pour l’accuser et tenter de le faire déposer par le Concile du Chêne, composé uniquement de ses partisans (403). Au lieu de répondre aux accusations grossièrement mensongères et aux intrigues de cour, Jean préféra imiter le Christ, son Maître, qui garda le silence devant ses accusateurs et se livra à la Passion comme une brebis menée à l’abattoir. Il se laissa donc condamner et déposer, et, bien que le peuple fût prêt à se soulever pour défendre son pasteur bien-aimé, il se livra de lui-même aux soldats qui le conduisirent en Bithynie. Mais sitôt le départ du saint, un tremblement de terre se déclencha dans la capitale, suivi d’autres catastrophes qui firent réaliser sa faute à l’impératrice Eudoxie et lui firent rappeler Jean. De retour sur son siège dans l’enthousiasme populaire, Jean n’en était pas pour autant prêt à faire des concessions ni à se laisser aller à des compromis. Il garda une bonne entente avec l’impératrice pendant quelques mois seulement, jusqu’au moment où elle fit inaugurer une statue en son honneur, au milieu de fêtes et de manifestations tumultueuses qui troublèrent les offices de l’église et entraînèrent le blâme de saint Jean. Les intrigants profitèrent de ce retournement de la faveur impériale pour passer une nouvelle fois à l’attaque. Théophile et les siens réussirent à convaincre l’empereur de ne pas assister aux cérémonies de Pâques présidées par Jean (404), prétextant l’illégalité de sa position. Arcade fit alors expulser l’évêque de son église et donna l’ordre de chasser des églises le clergé qui lui était resté fidèle ainsi que les fidèles, au moment même où l’on célébrait les baptêmes, le Samedi Saint, de sorte que le sang coula jusque dans les piscines baptismales. Les troubles se prolongèrent les jours qui suivirent Pâques. Jean restait enfermé dans son palais, étroitement surveillé par les soldats. Finalement, quelques jours après la Pentecôte, malgré les craintes d’Eudoxie de voir se renouveler les catastrophes de son précédent départ, l’empereur se décida à ordonner l’exil de Jean. Celui-ci se livra de lui-même, mais le peuple amassé autour de Sainte-Sophie s’agita. Des bagarres éclatèrent et le feu crépita, détruisant une grande partie de la cathédrale et du palais du Sénat. On ne manqua pas d’en accuser les partisans du saint qui furent poursuivis et persécutés avec haine.

Pendant ce temps, saint Jean subissait toutes les rigueurs d’un âpre bannissement. D’abord conduit à Nicée, il fut emmené jusqu’à Cucuse en Petite Arménie (auj. Göksun), où il souffrit de la rigueur du climat, de la famine, des incursions des barbares et de l’isolement. Mais inébranlable dans son courage et son espérance, il ne cessait de réconforter par une abondante correspondance ceux qui souffraient exil et persécution à cause de lui . Sa situation éveilla l’intérêt du pape de Rome, Innocent, qui essaya de le soutenir, mais sans succès. Comme sa seule présence constituait une condamnation pour ses ennemis, ceux-ci entreprirent de le faire transférer dans un lieu encore plus inhospitalier, Pityonte, sur les bords de la mer Noire, au pied du Caucase. Sans égard pour son âge et ses infirmités, les soldats de son escorte obligeaient le saint évêque à marcher par tous les temps à travers des chemins escarpés. Au bout de trois mois, ils atteignirent la ville de Comane dans le Pont et s’arrêtèrent près d’une chapelle consacrée au martyr local, saint Basilisque [22 mai]. Pendant la nuit, alors que Jean priait malgré son extrême épuisement, le saint martyr lui apparut, en compagnie de saint Lucien d’Antioche [15 oct.], et ils lui dirent : « Bon courage, frère Jean ; demain nous serons réunis ! » Au matin, les soldats voulurent reprendre la route, mais constatant l’état de leur prisonnier, ils rebroussèrent chemin et revinrent à Comane. Le saint prélat demanda des vêtements blancs, communia aux saints Mystères, et après avoir prié pour ceux qui étaient présents, il rendit son âme à Dieu en prononçant ces mots restés célèbres : « Gloire à Dieu pour toutes choses ! » (14 septembre 407).

L’Église de Constantinople souffrit encore pendant bien des années du schisme provoqué par la déposition de saint Jean, car ses disciples, qui le vénéraient comme un martyr , ne reconnaissaient pas les remplaçants installés par l’empereur. La paix revenue et la sainteté de Jean unanimement reconnue, ses précieuses reliques furent triomphalement ramenées à la capitale en 438 .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Chrysostome, ton 8
La grâce de ta bouche, comme un flambeau, a illuminé l’univers, révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part et nous montrant la grandeur de l’humilité. En nous instruisant par tes paroles, ô Jean Chrysostome notre Père, prie le Verbe, le Christ Dieu, de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Jean Chrysostome, ton 6
Tu as reçu des cieux la grâce divine, et de tes lèvres tu as enseigné à tous à adorer le Dieu unique en la Trinité ; ô Jean Chrysostome, vénérable Père bienheureux, nous t’acclamons dignement car tu es notre maître, éclairant pour nous les choses divines.

Évangile du jour
(Lc XII, 2-12)

Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. C’est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu dans la lumière, et ce que vous aurez dit à l’oreille dans les chambres sera prêché sur les toits. Je vous dis, à vous qui êtes mes amis: Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre. Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous? Cependant, aucun d’eux n’est oublié devant Dieu. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux. Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu; mais celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. Et quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui blasphémera contre le Saint Esprit il ne sera point pardonné. Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz; car le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire.

31 octobre (ancien calendrier)/13 novembre (nouveau)

31 octobre (ancien calendrier)/13 novembre (nouveau)
Jour de jeûne

Saints Stachys, Amplias, Urbain, Narcisse, Apelle et Aristobule, apôtres des 70 ; saint Épimaque, martyr en Égypte (vers 250) ; saint Quentin, apôtre d’Amiens, martyr (303) ; sainte Maure (Vème s.) ; saint Feuillan, moine, apôtre de la Belgique (655) ; saints Spyridon et Nicodème des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; les 1000 martyrs de Tbilissi (1227) ; saint Nicolas de Chios, néo-martyr grec (1754) ; saint néo-martyrs de Russie : Jean Kotchourov, prêtre, missionnaire en amérique (1917) ; Léonide (Moltchanov), moine (1918) ; Vsevolod (Smirnov), Alexandre (Vozdvijensky), Serge (Rozanov), Alexis (Sibirsky), Basile (Arkhanguelsky), Pierre (Voïskoboïnikov), Basile (Kolokolov), prêtres, Anatole (Botvinnikov), Euphrosynius (Antonov), moines, et Jacques (Blatov) (1937), Innocent (Mazourine), moine (1938).

Saints Stachys, Amplias, Urbain, Narcisse, Apelle et Aristobule

Ces cinq apôtres faisaient partie des Soixante-Dix Disciples du Seigneur. Stachys, appelé par saint Paul : mon bien-aimé (Rm 16, 9), devint, dit-on, évêque de Byzance à la suite de l’Apôtre André, son fondateur. Il fit construire une église à Argyropolis, située à peu de distance de Byzance, où il réunissait plus de deux mille chrétiens pour les enseigner et célébrer les saints Mystères. Il fit paître le troupeau spirituel du Christ pendant seize ans (38-54), à l’issue desquels il s’endormit dans la paix.

Apelle, que saint Paul nomme le chrétien éprouvé (Rm 16, 10), devint évêque d’Héraclée du Pont. Il gagna le séjour des bienheureux après avoir attiré des foules nombreuses à la foi.

Amplias et Urbain (cf. Rm 16, 8-9) furent également consacrés évêques par saint André. Amplias d’Odyssopolis (en Macédoine) et Urbain de Macédoine. Comme ils prêchaient avec zèle la foi au Dieu unique en trois Personnes, révélé par Jésus-Christ, ils furent mis à mort après avoir supporté d’innombrables souffrances : Amplias par les païens et Urbain par les païens et les Juifs associés.

Narcisse (Rm 16, 10) fut consacré évêque d’Athènes. La prédication de la Vérité lui valut, à lui aussi, les tortures et la glorieuse mort des martyrs.

Aristobule, devenu évêque d’Angleterre, lutta sans relâche pour enseigner la parole vivifiante du salut parmi les barbares. Il s’endormit dans la paix .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Apôtres , ton 3
Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Tropaire du saint martyr Épimaque, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Courant aux quatre coins du monde habité; * vous avez semé la parole, la connaissance de Dieu; * et, moissonnant l’épi qui donne cent fois plus, * vous l’avez porté au Roi de l’univers, bienheureux Apôtres du Christ.

Évangile du jour
(Lc XI, 23-26)

Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va dans des lieux arides, pour chercher du repos. N’en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Alors il s’en va, et il prend sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première.

12 novembre

12 novembre

Saint Jean le Miséricordieux, patriarche d’Alexandrie (VIIIème s.) ; saint Nil l’ascète, du Mont-Sinaï (430) ; saint prophète Achija ; saint Evode, évêque du Puy (IVème s.) ; saint Hésychius, évêque de Vienne (VIème s.) ; saint Paterne, moine, martyr en Normandie (vers 730) ; bienheureux Jean le chevelu, de Rostov (1580) ; saint Nil le Myroblite, du Mont Athos (1651) ; saint Sabas de Nigdi (1726) et saint Nicolas de Marmaras (1732), néo-martyrs grecs ; saints martyrs et confesseurs de Năsăud (Roumanie) : Athanase (Todoran) de Bichigiu, Basile de Mocod, Grégoire de Zagra et Basile de Telciu (1763) ; saints néo-martyrs de Russie : Constantin (Ouspensky), Vladimir (Krasnovsky), Alexandre (Arkhanguelsky), Matthieu (Aloïne), Dimitri (Rozanov), prêtres (1937).

SAINT JEAN LE MISÉRICORDIEUX, PATRIARCHE D’ALEXANDRIE

Saint Jean le Miséricordieux, patriarche d’Alexandrie (VIIIème s.)

Saint Jean était le rejeton d’une illustre famille d’Amathonte à Chypre. Sous la pression de ses parents, il se maria et eut plusieurs enfants qui, par permission de Dieu, moururent en bas âge, en même temps que son épouse. Voyant dans cette douloureuse privation l’occasion de se libérer de tous les soucis du monde, il se consacra complètement à Dieu.

En 610, il fut consacré patriarche de l’Église d’Alexandrie, sous le nom de Jean V. Le jour même, il réunit tout le clergé et le personnel de la riche métropole d’Égypte et les envoya faire le recensement exact de ceux qu’il appelait ses « maîtres », c’est-à-dire les pauvres et les mendiants que Dieu place auprès de nous pour que nous gagnions le Royaume des cieux en pratiquant l’aumône. Comme il en avait été dénombré plus de sept mille cinq cents, saint Jean ordonna qu’on leur fournisse chaque jour la nourriture et le couvert. Il disait souvent à Dieu dans sa prière : « Nous verrons bien, Seigneur, lequel de nous deux sera victorieux dans ce combat : ou Toi en me pourvoyant toujours de ce qui est nécessaire à la charité, ou moi, en ne cessant pas de distribuer tes biens aux pauvres. Car je reconnais n’avoir rien que je ne tienne de ta miséricorde et que c’est elle qui soutient ma vie. » De fait, la miséricorde du saint prélat à l’égard des pauvres était inépuisable ; ses aumônes étaient aussi abondantes que les eaux du Nil, lesquelles recouvrent périodiquement les terres d’Égypte pour les rendre fertiles. C’est pourquoi on le surnomma « le Miséricordieux », à l’image du Christ, son maître, qui est la source de toute miséricorde.

Saint Jean ne pouvait voir un pauvre ou un affligé s’approcher de lui sans pleurer abondamment et sans prendre sur lui sa peine. Il donnait sans compter, en puisant dans le trésor de l’Église. Comme le Christ l’a enseigné (Lc 6, 35), en pratiquant l’aumône, il ne faisait aucune distinction entre les bons et les méchants, les dignes ou les indignes. Un jour, un pauvre qui avait déjà reçu de lui une obole se présenta trois fois de suite en se camouflant sous des déguisements différents. Comme on le faisait remarquer au patriarche, celui-ci ordonna de lui donner le double, en disant : « C’est peut-être Jésus, mon Sauveur, qui vient à dessein de m’éprouver ? » Plus il répandait l’aumône, sans se soucier de la quantité ou de ce que serait le lendemain, plus Dieu multipliait les donations destinées à l’Église ; si bien que le peuple recevait confirmation de la promesse faite par notre Sauveur : Ne vous inquiétez pas pour votre existence de ce que vous aurez à manger ou de ce que vous aurez à boire, ni pour votre corps de ce que vous aurez pour vêtement… Cherchez en premier lieu le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît (Mt 6, 33). Un des clercs chargé des aumônes (d’où le nom d’aumôniers) n’avait remis à un riche dans le besoin qu’un tiers de la véritable fortune que le saint lui avait ordonné de distribuer, jugeant qu’il était déraisonnable de vider le trésor pour une seule personne. Mais il se vit confondu par saint Jean qui lui révéla qu’une noble femme, qui s’était résolue à faire une importante donation à l’Église, n’avait finalement donné que le tiers de la somme prévue.

Lorsqu’en 614 les Perses envahirent la province de Syrie et prirent de manière sanglante la ville de Jérusalem, un grand nombre de réfugiés afflua vers Alexandrie. Saint Jean les reçut comme ses frères, les consola, fit construire des hôpitaux et d’immenses hôtelleries, et il épuisa toutes les ressources de l’Église pour les nourrir et les pourvoir en argent. Il fréta aussi, à destination de la Palestine, des navires chargés de grains et de vivres, et envoya des ouvriers pour reconstruire les églises détruites. Lui-même visitait les malades et les nécessiteux, et leur montrait en sa personne un reflet de la présence du Christ. Lorsqu’on voulait le remercier de ses bienfaits, il interrompait soudain son interlocuteur en disant : « Tais-toi, mon frère, car je n’ai pas encore répandu mon sang pour toi, ainsi que le Seigneur le demande!»

Chaque mercredi et samedi, il se tenait à la porte de son église et attendait qu’on vînt s’adresser à lui, pour trancher les différends et réconcilier les ennemis. Jamais on ne l’entendait prononcer une parole vaine ou condamner qui que ce fût, même devant les preuves les plus évidentes du péché. Il ne voyait en effet que le bien ou les bonnes intentions. Supposant que les pécheurs avaient fait pénitence en secret, il se gardait bien de s’approprier le jugement qui appartient à Dieu seul. Il remerciait ceux qui le calomniaient ou l’injuriaient pour lui avoir rappelé ses propres péchés, et il leur faisait distribuer de plus larges aumônes qu’aux autres.

Pour corriger les pécheurs, les orgueilleux ou les durs de cœur, le saint patriarche s’adressait toujours à eux en s’attribuant à lui-même les péchés qu’il voulait reprendre et en demandant aux coupables de prier pour qu’il se repente. Il exhortait avec patience ses fidèles à l’humilité et au repentir, en leur rappelant les merveilles que Dieu a faites pour nous en créant le monde, en prenant patience devant nos innombrables fautes et en envoyant son propre Fils pour nous sauver. Mais, plus que par la parole, il préférait transmettre l’enseignement de la sainte Écriture par ses propres actes, comme les saints prophètes. Ainsi, un dimanche, alors qu’il célébrait la Divine Liturgie dans la cathédrale, entouré de son clergé et de tout le peuple, le patriarche s’arrêta soudain avant de prononcer les paroles de la consécration, il demanda au diacre de répéter les litanies et envoya chercher un de ses clercs qui lui portait rancune et ne s’était pas présenté à l’église. Lorsque ce dernier arriva, l’évêque se prosterna devant lui avec larmes et lui demanda pardon. Ce n’est qu’après s’être réconcilié avec lui et l’avoir embrassé, qu’il remonta à l’autel et continua la célébration, ayant appliqué à la lettre le précepte du Seigneur (Mt 5, 23).

Bien qu’il eût été marié, saint Jean aimait les moines et les dépassait de beaucoup par l’austérité de sa vie. Il avait réuni près de sa cathédrale deux communautés monastiques dont il assumait l’entretien. En échange, il leur avait demandé d’intercéder pour lui et pour l’Église au cours des offices liturgiques, et de prier pour leur propre salut tout le reste du temps dans leurs cellules, dégagés de tout souci grâce à sa sollicitude. En tant que patriarche, il habitait un riche palais, mais ne possédait rien en propre. Sa cellule était dépourvue de tout confort ; ce qui amena un notable de la ville à lui offrir un jour une luxueuse couverture. La nuit suivante, le saint ne put trouver le repos et ne cessait de se condamner en pensant que tant de pauvres souffraient du froid et de la faim à sa porte, alors que lui s’entourait d’un tel luxe. Le lendemain, il fit vendre la couverture et en distribua le produit. Or, son bienfaiteur vint à la retrouver à l’étalage du marchand. Il la racheta et contraignit Jean à l’accepter. Mais celui-ci la vendit à nouveau pour faire l’aumône. Comme ni l’un ni l’autre ne voulait céder, la couverture passa ainsi un grand nombre de fois entre leurs mains, et devint pour Jean l’occasion de contraindre indirectement ce riche personnage à distribuer une importante fortune aux indigents.

Sa charité et son extrême humilité n’empêchaient pas cependant le saint hiérarque de se montrer ferme à l’égard des hérétiques monophysites. Tout en leur montrant sa charité et répandant pour eux ses bienfaits, il condamnait strictement leurs erreurs et interdisait sévèrement aux orthodoxes toute participation à leur culte et à leurs prières. Lorsque la famine et les épidémies ravagèrent la ville, le saint fut le premier à assister les malades et à enterrer les morts. Il exhortait ses fidèles à prier assidûment pour les défunts, et prenait occasion de ces malheurs pour leur rappeler la fragilité de notre vie et l’urgence qu’il y a pour nous de faire pénitence.

Quelques années après la prise de Jérusalem, Alexandrie se trouva à son tour menacée par les Perses. C’est pourquoi, à la demande du gouverneur d’Égypte, Nicétas, saint Jean retourna à Chypre, où il s’endormit à l’âge de soixante-quatre ans (en 619), en rendant grâce à Dieu de ne rien lui avoir laissé des si grandes richesses dont il avait été constitué l’intendant au profit des pauvres. Un peu avant son trépas, il vit lui apparaître la même noble vierge qu’il avait déjà vue à l’âge de quinze ans. Elle lui avait dit alors être la Miséricorde en personne, qui a incité le Christ à s’incarner pour notre Salut, et lui avait promis de lui ouvrir le Royaume des cieux. Son âme étant partie rejoindre le chœur des saints, le corps de saint Jean fut enterré à Amathonte, dans le tombeau de saint Tikhon [16 juin], dont il avait écrit la Vie. Quelque temps après sa mort, une huile parfumée (myron) coula du corps du saint hiérarque pour la joie et la consolation des fidèles .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean l’Aumônier, ton 8
Vénérable Père, tu as obtenu / le salaire que tu as mérité par ta patience, / car tu fus infatigable dans l’oraison / et tu aimas les pauvres sans jamais te lasser. / Bienheureux pontife, Jean l’Aumônier, / intercède auprès du Christ notre Dieu / pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire de saint Nil, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, / par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, / par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: / vénérable Père, saint Nil, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Jean le Miséricordieux, ton 2
Tu as fait l’aumône de tes biens aux pauvres / et tu as reçu le céleste trésor; / c’est pourquoi nous te glorifions, Père Jean, / célébrant le souvenir de ta charité proverbiale.

Kondakion de saint Nil, ton 8
C’est à la racine que tu as coupé, / bienheureux Nil, par tes oraisons vigilantes / les broussailles rebelles des passions corporelles; / par le crédit que tu possèdes auprès du Seigneur, / délivre-moi de tout péril, afin que je puisse te chanter: / Réjouis-toi, Père acclamé du monde entier.
Évangile du jour
(Lc XI,47-XII,1)

Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie.

30 octobre (ancien calendrier)/12 novembre (nouveau)

30 octobre (ancien calendrier)/12 novembre (nouveau)

Saint Zénobe, évêque d’Egée, et sa sœur sainte Zénobie, martyrs en Cilicie (285) ; saint apôtre Cléopas, des 70 ; saints Tertius, Marc, Justus et Artémas, apôtres des 70 ; saint Eutrope, martyr (250), sainte Anastasie de Thessalonique, martyre (IIIème s.) ; saint Lucain, martyr à Lagny (Vème s.) ; saint Alchas, évêque de Toul (Vème s.) ; saint Étienne Miloutine, roi de Serbie (1320), son frère Dragoutine (1316) et leur mère Hélène (1306) ; saint Iotham Zèdguinidzé le Dévoué, martyr (1465) ; saint Barnabé (Nastić), évêque de Hvosno, confesseur (1964) ;saints néo-martyrs de Russie : Matthieu (Kazarine), diacre (1942).

SAINTS ZÉNOBE ET SA SŒUR ZÉNOBIE

Saint Zénobe, évêque d’Egée, martyr en Cilicie (285)

Saint Zénobe et sa sœur Zénobie étaient originaires d’Aigai, en Cilicie. Élevés par leurs pieux parents dans les solides principes de la foi évangélique, ils distribuèrent, à la mort de ces derniers, leurs biens aux pauvres. Zénobe, qui avait appris la médecine, l’exerça dès lors gratuitement pour tous ceux qui venaient à lui, utilisant moins des remèdes habilement préparés que l’invocation du seul Nom qui puisse sauver dans cette vie et dans l’autre, celui de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Au début de la grande persécution (303), l’empereur impie Dioclétien envoya en Cilicie Lysias, un préfet cruel et implacable, pour persécuter les chrétiens. Ayant entendu parler de la réputation de thaumaturge de Zénobe, que sa charité et sa compassion avaient élevé à la charge d’évêque d’Aigai, Lysias le fit comparaître à son tribunal et tenta de le convaincre de renier le Christ, espérant ainsi entraîner tout son diocèse. Loin de craindre la menace des tortures, Zénobe confessa le Christ et déclara que son seul désir était de mourir pour lui, afin d’acquérir la vie éternelle. Le tyran le fit étendre sur un chevalet et ordonna à ses hommes de lui déchirer tous les membres. Dès qu’elle apprit l’arrestation de son frère, Zénobie accourut vers le lieu du supplice et, à la vue de ce triste spectacle, elle ne put retenir sa colère contre le gouverneur. Celui-ci chercha d’abord à l’adoucir, puis il la menaça de la soumettre à la torture et à la honte publique. Rien ne put toutefois convaincre la jeune fille d’abandonner la foi. On les étendit donc tous les deux sur un lit de fer couvert de charbons ardents. Comme une divine rosée était venue les recouvrir et les avait rendus insensibles à la douleur, ils furent jetés dans un chaudron d’eau bouillante. Enfin, on les emmena hors de la ville, et ils remportèrent la couronne de la victoire en étant décapités.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Zénobe et Zénobie, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Zénobe et Zénobie, ton 8
Honorons par des cantiques divinement inspirés * les Témoins de la vérité, les hérauts de la foi, * Zénobe et Zénobie, ce frère et cette sœur * qui ensemble ont mené leur vie et leur combat * et reçu la couronne incorruptible des Martyrs.

Évangile du jour
(Lc XI, 14-23)
C’est pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts. Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Et, se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez!

11 novembre

11 novembre
Jour de jeûne

Saint Ménas, mégalomartyr en Phrygie (304) ; saint Victor, martyr à Damas (IIème s.) ; saint Vincent de Saragosse, diacre, martyr à Valence (304) ; sainte Stéphanide, martyre en Syrie (IIème s.) ; saint Martin le Miséricordieux, évêque de Tours (397) ; saint Véran, évêque de Vence (449) ; saint Berthuin, évêque fondateur de l’abbaye de Malone en Belgique (698) ;saint Théodore le Studite, confesseur (826); saint Étienne de Detchani (1336) ; saint Maxime, fol en Christ de Moscou (1434) ; saint Martyrios de Zélénets (1603) ; saint néo-martyr Eugène (Vassiliev), prêtre (1937).

SAINT MARTIN LE MISÉRICORDIEUX, ÉVÊQUE DE TOURS

Saint Martin le Miséricordieux, évêque de Tours (397)

Saint Martin le Miséricordieux, évêque de Tours (397)

Fils d’un officier des légions romaines, saint Martin naquit en 316 à Sabaria en Pannonie (Hongrie), où son père était en garnison. Il fut cependant élevé dans la patrie de sa famille, à Pavie (Italie), et il était, selon l’usage en vigueur, destiné lui aussi à servir dans les armes. Dès l’âge de dix ans, bien que ses parents fussent païens, le jeune garçon demanda à être reçu comme catéchumène. Deux ans plus tard, ayant entendu parler des exploits des solitaires d’Orient, il rêvait de partir loin des troubles du monde pour mener la vie monastique, mais il dut se soumettre à la volonté de ses parents et fut enrôlé dans l’armée.
Sa profession ne l’empêchait pourtant pas de pratiquer les saintes vertus évangéliques. À l’âge de dix-huit ans, alors qu’il était en garnison à Amiens en Gaule, il rencontra, un jour d’hiver un pauvre nu et grelottant de froid aux portes de la ville. Voyant que personne n’était touché de compassion à ce spectacle, et bien qu’il n’eût sur lui que son manteau, ayant déjà distribué ce qu’il possédait en aumônes, le serviteur de Dieu saisit son épée, coupa son manteau par le milieu, en donna une partie au pauvre et se revêtit du reste, malgré les railleries de ceux qui l’entouraient. La nuit suivante, il vit le Christ lui apparaître, vêtu de la partie du manteau dont il avait recouvert le pauvre, et il l’entendit dire à la multitude des anges qui l’entouraient : « Martin, encore catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. » Martin fut baptisé peu après cet événement, et voulut aussitôt quitter l’armée pour devenir moine. Il dut cependant céder aux instances de son tribun et resta dans le monde, tout en étant moine au fond de lui-même. Il n’obtint son congé que bien des années après, alors qu’il était devenu officier de la garde impériale (juillet 356). Il se précipita alors à Poitiers, pour s’attacher à la personne du grand saint Hilaire [13 janv.], l’homologue de saint Athanase pour l’Occident, qui, avant d’être envoyé en exil en Phrygie, lui conféra le ministère d’exorciste et lui donna sa bénédiction pour aller vivre seul dans un endroit retiré. Avant de mettre son projet à exécution, Martin partit pour la Pannonie, afin de convertir ses vieux parents. Il amena sa mère à la foi et, trouvant ces régions de l’Illyricum agitées par les séquelles de l’arianisme, il engagea presque seul la lutte contre les hérétiques, en fidèle disciple de son père spirituel Hilaire.

Après avoir souffert bien des mauvais traitements, il revint en Italie, à Milan, où il apprit que l’Église des Gaules était également dans le trouble depuis l’exil de saint Hilaire. Aussi décida-t-il de rester sur place, dans une cellule solitaire, pour se livrer, enfin, à la vie contemplative, à laquelle il aspirait depuis tant d’années. Mais, là encore, il se trouva en butte aux ariens et, chassé par l’évêque hérétique de Milan, Auxence, il partit se réfugier dans une petite île de la côte Ligure, Gallinaria.

Dès qu’il reçut la nouvelle que saint Hilaire avait regagné Poitiers, Martin courut le rejoindre et s’installa dans une étroite cellule, à Ligugé, situé à huit kilomètres de la ville. La vie monastique était alors à ses débuts en Gaule et saint Martin en fut presque l’initiateur ; mais son zèle pour les œuvres saintes et pour la prière lui permit d’acquérir rapidement la science des moines les plus expérimentés d’Orient, et d’autres aspirants à la vie angélique ne tardèrent pas à se joindre à lui pour devenir ses disciples.

Au bout d’une dizaine d’années, le siège épiscopal de Tours étant vacant, le clergé et les fidèles de la ville parvinrent, à l’aide d’un stratagème, à arracher le serviteur de Dieu à sa solitude et à le faire consacrer évêque malgré lui (371). Ce changement d’état ne lui fit en rien changer sa manière de vivre : même humilité de l’âme, même pauvreté dans les vêtements et la nourriture. « Il avait toute la dignité d’un évêque, sans abandonner le genre de vie et la vertu d’un moine », écrit son biographe, Sulpice Sévère. Saint Martin renonça même à loger dans la riche demeure épiscopale et s’installa dans une cellule proche de l’église. Mais, comme il était constamment dérangé par les visiteurs dans ses saintes occupations, il se retira dans un ermitage situé dans un lieu désert, à deux milles de la cité. Ce lieu allait devenir le célèbre monastère de Marmoutier. L’évêque habitait une cellule en bois, et les nombreux frères qui vinrent se joindre à lui établirent leurs demeures dans des grottes de la montagne qui surplombait l’endroit. Il y avait là environ quatre-vingts moines qui vivaient dans une parfaite pauvreté évangélique. Ne possédant rien en propre, ils étaient unis par la charité fraternelle, ne travaillant que le temps qui était nécessaire pour subvenir à leurs besoins, car ils consacraient leurs jours et leurs nuits à la prière et à la méditation, sous la direction paternelle de saint Martin.
Épris de solitude, le serviteur de Dieu n’en était pas moins un évêque conscient de sa mission apostolique dans cette Gaule encore partiellement christianisée. Si l’Évangile avait pénétré dans les villes, les campagnes étaient encore livrées aux cultes idolâtres et aux superstitions. Ce fut Martin qui organisa le premier des paroisses rurales dans son diocèse. Il parcourait les campagnes en proclamant le message du Salut, confirmant la vérité de ses paroles par de nombreux miracles et amenant les populations païennes à détruire d’elles-mêmes les temples des idoles pour les remplacer par des églises. La réputation de thaumaturge de l’évêque de Tours s’étendit bien au-delà des limites de son diocèse, si bien qu’on a pu l’appeler « l’Apôtre des campagnes ». Partout où il passait, les miracles abondaient, les malades guérissaient, les morts ressuscitaient, les incrédules trouvaient la foi, comme si le Christ lui-même était présent à nouveau dans la personne du saint évêque.

Sa réputation était si grande que son autorité s’imposait même aux plus hauts personnages. À trois reprises, il se rendit à Trèves, résidence de l’empereur d’Occident, pour intercéder en faveur de son peuple ou pour obtenir de l’empereur Maxime — qui usurpa le pouvoir de 383 à 388 — la grâce pour certains hérétiques du parti de Priscillien qui avaient été condamnés à mort. Le saint prélat gardait à la cour la même attitude noble et assurée qui témoignait partout de sa familiarité avec Dieu, et il ne craignit pas de manifester à l’empereur la prééminence de la dignité épiscopale sur le pouvoir temporel, ce qui provoqua une telle admiration chez l’impératrice qu’elle insista pour le servir à table comme une humble servante. Dans les campagnes auprès des paysans comme à la cour, dans la solitude de son monastère comme dans son évêché, saint Martin montrait toujours une humilité et une charité exemplaires. Persévérant toute sa vie dans le jeûne et la veille, « l’élan de son âme était toujours tourné vers le ciel ». « Jamais Martin n’a laissé passer une heure, un moment sans se livrer à la prière ou sans s’absorber dans la lecture. Que ce soit en lisant ou en s’adonnant à toute autre occupation, il ne cessait de prier Dieu… Jamais personne ne le vit s’irriter, ni s’émouvoir, ni s’affliger, ni rire. Toujours un, toujours le même, le visage resplendissant d’une joie pour ainsi dire céleste, il semblait échapper aux lois de la nature humaine. Dans sa bouche, rien d’autre que le Nom du Christ ; dans son âme, rien que l’amour, la paix et la miséricorde ».
Comme le Christ et tous ses fidèles disciples, le saint dut cependant subir des épreuves de la part de certains de ses collègues dans l’épiscopat, qui étaient jaloux de ses faveurs auprès des grands et parmi le peuple. Martin endura calomnies, mépris, injustes accusations, même de la part de ses proches ; mais jamais il ne se départit de sa sérénité et de sa charité. S’étant rendu un jour, malgré ses quatre-vingt-un ans, dans une de ses paroisses rurales pour en réconcilier les clercs, le saint évêque tomba malade. Il rassembla alors ses disciples et leur annonça sa mort prochaine. Comme ceux-ci se lamentaient et le suppliaient de ne pas les laisser orphelins, Martin leur répondit en se tournant vers le Seigneur : « Seigneur, si je suis encore nécessaire à ton Église, je ne me dérobe point à la peine. Que ta volonté soit faite ! » Refusant tout réconfort, il persévéra jusqu’à la fin dans la prière. Allongé sur un lit de cendre, couvert d’un cilice, il disait : « Il ne convient pas qu’un chrétien meure autrement que sur la cendre. Si je vous laissais un autre exemple, j’aurai péché. » Comme le diable lui apparaissait pour le tenter une dernière fois, le saint le railla, en disant : « Tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne, maudit ! C’est le sein d’Abraham qui va me recevoir. » C’est en prononçant ces paroles qu’il rendit son âme à Dieu. Son visage s’illumina alors comme le visage d’un ange. « Son aspect était tel qu’il semblait se montrer dans la gloire de la résurrection future et dans la nature d’une chair transfigurée ».

Le saint évêque remit son âme à Dieu le 8 novembre 397. Son corps fut aussitôt transféré à Tours, où ses funérailles eurent lieu, le 11 novembre, en présence d’une multitude de fidèles accourus des villes et des campagnes environnantes. Saint Martin fut le premier confesseur (non martyr) objet d’un culte public en Occident. Ses reliques attirèrent à Tours, pendant de nombreux siècles, des foules de pèlerins. Il est considéré comme le saint protecteur de la France.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Ménas, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené / ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Tropaire de saint Théodore, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, / luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, / Théodore, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, / toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. / Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.
Tropaire de saint Martin, ton 4
Brûlant de zèle pour le vrai Dieu, en moine et hiérarque tu l’as servi ; dans le ciel tu as trouvé la couronne des saints et sur terre grande gloire, ô Martin ; pour vêtir un pauvre tu partageas en deux ton manteau, dont tu vis ensuite le Christ revêtu ; dans les campagnes tu portas la lumière de la foi et de tes miracles mainte ville fut témoin. Père célébré dans tout l’univers pour ton zèle de pasteur et ton ardente charité, prie le Christ notre Dieu en faveur de nos âmes.
Kondakion de saint Ménas, ton 4
T’arrachant à l’armée temporelle, / victorieux athlète Ménas, / c’est le compagnon des armées célestes / que fit de toi le Christ notre Dieu, / l’immarcescible couronne des Martyrs.
Kondakion de saint Théodore, ton 8
Ta vie ascétique et angélique, tu l’éclairas / par la splendeur de tes exploits athlétiques; / partageant désormais la demeure des Anges dans le ciel, / bienheureux Père Théodore, avec eux / tu intercèdes sans cesse en faveur de nous tous / auprès du Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Martin, ton 8
En soldat du Christ tu as parcouru l’Occident, où tu défendis la vraie foi contre la doctrine d’Arius ; aux humbles tu prêchas l’Évangile du salut, en toi les misérables ont trouvé leur bienfaiteur, les opprimés un protecteur, les prisonniers un libérateur ; le fait unique d’avoir taillé en deux ton manteau pour vêtir un pauvre sans vêtement t’a rendu célèbre dans le monde entier. C’est pourquoi, vénérant ta mémoire, nous te chantons : Réjouis-toi, Père égal-aux-Apôtres, saint hiérarque Martin !

Évangile du jour
(Lc XI, 42-46)

Mais malheur à vous, pharisiens! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes, et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses. Malheur à vous, pharisiens! Parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. Malheur à vous! Parce que vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas, et sur lesquels on marche sans le savoir. Un des docteurs de la loi prit la parole, et lui dit: Maître, en parlant de la sorte, c’est aussi nous que tu outrages. Et Jésus répondit: Malheur à vous aussi, docteurs de la loi! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous ne touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts.

29 octobre (ancien calendrier)/11 novembre (nouveau)

29 octobre (ancien calendrier)/11 novembre (nouveau)
jour de jeûne

Sainte Anastasie la Romaine, vierge, martyre à Rome (III) ; saint Abramios, reclus, et sa nièce sainte Marie, dans la région d’Edesse (vers 360) ; saint Honorat, évêque de Verceil (397) ; saint Theudère (ou Chef), abbé à Vienne (575) ; saint Bond, ermite à Sens (vers 620) ; sainte Anne de Constantinople (826) ; saint Abraham, archimandrite de Rostov (1073-1077) ; saints martyrs Claude, Astère, Néon et Théonille de Cicilie (285) ; saint Abraham, reclus de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint néo-martyr Athanase de Sparte (1653) ; saint néomartyr Timothée d’Esphigmenou (1820) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Probatov), prêtre, et avec lui Cosmas, Victor (Krasnov), Nahum, Philippe, Jean, Paul, André, Paul, Basile, Alexis, Jean et Agathe, martyrs (1918), Jean (Roudinsky), prêtre (1930), Eugène (Ivachko), prêtre (1937), Anastasia (Lebedev) (1937), Léonide (Mouraviev), prêtre (1941).

SAINTE MARTYRE ANASTASIE LA ROMAINE

Sainte Anastasie la Romaine, vierge, martyre à Rome (III)

Les années 235 à 270 furent particulièrement troublées dans l’Empire romain. Le sang et la violence y régnaient. Les barbares menaçaient l’Empire à l’extérieur, les guerres étaient incessantes. L’empereur Dèce souhaitait rétablir l’ancienne « piété » des Romains, dont le déclin, pensait-il, était à l’origine de la décadence de l’Empire. Aussi décida-t-il de persécuter les chrétiens, dont le sang était versé particulièrement à Rome. Mais, dans une petite ville des environs de la capitale, fonctionnait encore un petit monastère, dont l’higoumène était la moniale Sophie. L’une des novices était Anastasie, qu’elle avait élevée depuis son enfance. En effet, celle-ci, était devenue orpheline alors qu’elle était âgée de trois ans. Ayant atteint l’âge de vingt ans, sa beauté physique et sa pureté ne laissèrent pas indifférents un certain nombre de personnages renommés, qui souhaitaient l’épouser. Cependant, Anastasie avait fermement décidé de renoncer à toutes les consolations terrestres et d’offrir sa vie au Christ. C’est alors que le diable tenta de briser sa détermination par une terrible épreuve. Certains païens la dénoncèrent au gouverneur, l’accusant d’être chrétienne. Elle fut arrêtée et comparut devant le gouverneur qui lui demanda : « Quels sont ton nom, ton origine, et ta religion ?». La sainte répondit : « Je suis la fille d’un citoyen romain, j’appartiens à la religion chrétienne, dans laquelle j’ai été élevée dès mon jeune âge, et mon nom est Anastasie ». Au gouverneur qui s’étonnait de ce nom, la sainte répliqua : « Anastasie signifie résurrection, car le Seigneur m’a ressuscitée pour une nouvelle vie, afin que je puisse te résister et dominer ton père satan ». Le gouverneur commença alors à la persuader « d’abandonner son erreur volontaire, à ne pas fuir les joies de la vie, à adorer les dieux, et se marier ensuite avec un notable ». La sainte lui répondit à son tour : « Mon mari, ma richesse, ma vie et mon honneur, c’est Jésus Christ, dont tu ne me détourneras ni par les paroles, ni par les douleurs ». Le gouverneur, furieux, ordonna aux bourreaux de lui fracasser les membres par le supplice de la roue, mais la sainte resta intacte. Alors, le gouverneur ordonna de lui raboter les côtes et de la brûler avec des torches. Enfin, la sainte fut décapitée. La bienheureuse Sophie, avertie par un ange, vint recueillir ses saintes reliques, lesquelles se trouvent de nos jours au monastère de Grigoriou sur la Sainte Montagne de l’Athos. Cette sainte est distincte de Ste Anastasie la Pharmacolytra, martyrisée sous Dioclétien et célébrée le 22 décembre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte martyre Anastasie, ton 4
Ta brebis Anastasie, ô Jésus, crie d’une voix forte : « Mon époux, c’est Toi que j’aime, c’est pour Te chercher que je combats, c’est avec Toi que je suis crucifiée et ensevelie par Ton baptême. Pour toi, je souffre, afin de régner avec Toi. Pour Toi je meurs, afin de vivre en Toi. Accueille, comme victime sans tache, celle qui par amour est immolée pour Toi. Par son intercession, ô Miséricordieux, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Abramios, ton 8
En toi, Père, s’est conservée sans défaut la divine image. Prenant ta croix, tu as suivi le Christ. Par tes propres œuvres, tu as enseigné à mépriser la chair qui passe et à s’occuper de l’âme, créature immortelle. Aussi, ton âme, ô bienheureux Abramios, se réjouit-elle avec les anges.

Kondakion de la sainte martyre Anastasie, ton 3
Purifiée par les eaux de la virginité, ô bienheureuse, tu fus couronnée par le sang du martyre, Anastasie, et tu accordes à ceux qui sont malades la guérison et à ceux qui s’approchent de toi de tout leur cœur, le salut ; le Christ t’en a donné la puissance, faisant perpétuellement sourdre la grâce.

Kondakion de saint Abramios, ton 3
Tu te manifestas dans la chair comme un ange sur terre, et par le jeûne tu fus planté comme un arbre qui crût vigoureusement par l’eau de la continence. Par le flot de tes larmes tu lavas la souillure ; aussi tu fus un réceptacle divin de l’Esprit, ô Abramios.

Évangile du jour
(Lc XI, 9-13)

Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson? Ou, s’il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent.

28 octobre (ancien calendrier)/10 novembre (nouveau)

28 octobre (ancien calendrier)/10 novembre (nouveau)

Sainte Parascève, martyre (III). Saint Térence et son épouse sainte Néonille, martyrs avec leurs enfants saints Sarbèle, Photos, Théodule, Hiérax, Nitas, Vilos et sainte Eunicée (249-250) ; saint Cyriaque, patriarche de Jérusalem, martyr (363) ; saint Térence, évêque de Metz (vers 500) ; saint Faron, évêque de Meaux (669) ; saint hiéromartyr Néophyte, évêque d’Urbnisi (Géorgie, VIIème s.) ; saint Étienne le Sabbaïte, moine (794) ; saint Nestor l’analphabète des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Arsène, archevêque de Serbie (1266) ; saint Hyacinthe, métropolite en Dobroudja (1372)saint Job, abbé de Potchaev (1651) ; saint Dimitri, métropolite de Rostov (1709) ; saint Arsène de Cappadoce (1924) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Vilensky), prêtre (1918).

SAINT JOB DE POTCHAÏEV

Saint Job, abbé de Potchaev (1651)

Saint Job, dans le monde Jean Jelezo, naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses.
SAINT ARSÈNE DE CAPPADOCE
Saint Arsène naquit vers 1840 dans la Cappadoce chrétienne, patrie des Pères de l’Église, qui, malgré l’oppression turque, gardait au début de ce siècle une surprenante vitalité chrétienne. Devenu moine à l’issue de ses études, il fut envoyé comme prêtre dans son village natal, Pharassa, pour y instruire les enfants abandonnés. Après son pèlerinage à pied en Terre Sainte, pèlerinage qu’il renouvelait tous les dix ans, il reçut le surnom de Hadjiéfendis (« maître-pèlerin »). Humble prêtre de Dieu, il fut pendant toute sa vie le père et l’âme de la population. Non content de leur enseigner les rudiments de la culture hellénique, bannie par les autorités turques, il donnait aux Grecs opprimés un exemple vivant de la grandeur et de la dignité chrétienne. Plus que toute parole ou tout enseignement, il était lui-même présence de Dieu, source abondante de grâce et de guérisons miraculeuses, non seulement pour le peuple grec, mais aussi pour les Turcs. Ne se souciant jamais de connaître l’origine ou la religion des personnes qui se présentaient à lui avec confiance, il cherchait avant tout la prière qui était appropriée à chaque cas. S’il ne la trouvait pas dans l’Euchologe, il prenait un psaume, lisait un passage de l’Évangile ou se contentait même de poser sur la tête du malade l’Évangéliaire. Les miracles du Père Arsène étaient devenus si naturels qu’il n’y avait pas d’autre médecin à Pharassa. Il était pour tous le médecin des âmes et des corps. Ceux qui ne pouvaient se déplacer lui envoyaient des vêtements. Saint Arsène lisait alors la prière adéquate ou l’écrivait sur un morceau de tissu, et la guérison était assurée. Parfois la guérison ne venait que progressivement, pour le profit de ceux qui avaient besoin de s’humilier et de prendre peu à peu conscience du secours de Dieu. Le Père Arsène refusait tous les cadeaux qu’on lui proposait en remerciement de ses bienfaits, en disant : « Notre foi ne se vend pas ! » Et il dissimulait habilement ses vertus, au moyen d’excentricités ou d’accès simulés de colère, afin d’éviter l’estime des hommes et de préserver ainsi sa tranquillité. Quand on admirait son pouvoir de thaumaturge, il répondait sévèrement : « Eh bien ! pensez-vous que je sois un saint ? Mais je ne suis qu’un pécheur pire que vous ! Ne voyez-vous pas que je me mets en colère ? C’est le Christ qui accomplit sous vos yeux les miracles. Moi je n’ai qu’à lever les mains et à Le prier. » De fait, quand il élevait les mains vers Dieu en geste d’intercession, c’était comme si son âme se brisait. On avait l’impression qu’il saisissait le Christ par les pieds et ne le laissait que lorsque sa demande avait été exaucée. Saint Arsène vivait dans une étroite cellule au sol en terre battue, en jeûnant, veillant et priant continuellement. Deux jours par semaine, et souvent davantage, il fermait sa porte pour se livrer à la pure contemplation, revêtu d’un sac et prosterné sur la cendre. Et ces jours-là, ceux qui venaient demander son secours, trouvant la porte close, prenaient un peu de poussière sur le seuil et se trouvaient sûrement guéris. Sévère envers lui-même, le Père Arsène était tout amour et compassion envers ses ouailles, en particulier à l’égard de ceux qui venaient confesser leurs péchés. Plus que par des « pénitences » ou des réprimandes, il guérissait les pécheurs par la charité. Il allait souvent, pieds nus, célébrer des vigiles dans les chapelles isolées. Il n’utilisait pas de monture, pour imiter le Christ qui allait toujours à pied, et aussi par égard pour les animaux. À plusieurs reprises des saints apparurent pour l’assister pendant la Divine Liturgie, et des fidèles purent admirer son visage alors transfiguré par la lumière divine. Doué du charisme de clairvoyance, le Père Arsène prédit bien à l’avance l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure, et il organisa le départ des habitants de Pharassa. Lorsque l’ordre d’expulsion arriva, le 14 août 1924, le vieillard se mit à la tête de son troupeau, tel un autre Moïse, pour un exode de trois cents kilomètres à pied, au milieu des Turcs menaçants. Toujours uni à Dieu, il n’en cessait pas pour autant de répandre la miséricorde divine indistinctement sur les chrétiens et les musulmans. Conformément à ce qu’il avait annoncé à ses fidèles, il ne vécut que quarante jours après leur arrivée sur la terre grecque. Comme il était alité à l’hôpital, un de ses proches voulut écraser un pou qu’il avait décelé sur son corps. Mais le Père Arsène s’écria : « Non, ne le tue pas le pauvre ! Laisse-le manger lui aussi un peu de chair ! N’y en aurait-il donc seulement que pour les vers ? » Puis, se tournant vers ses visiteurs, il leur dit : « L’âme ! l’âme ! soignez-la davantage que la chair qui, elle, ira à la terre et sera mangée par les vers ! » Ce fut son dernier sermon et son testament. Deux jours plus tard, le 10 novembre 1924, il remit en paix son âme à Dieu, avec la confiance du fidèle serviteur. Il était âgé de quatre-vingt-trois ans. Depuis 1970, saint Arsène n’a cessé de témoigner de la familiarité qu’il a acquise auprès de Dieu par quantité d’apparitions et de miracles advenus auprès de ses précieuses reliques, qui sont déposées au couvent de Sourôti, proche de Thessalonique. Son culte a été reconnu par le Patriarcat Œcuménique en 1986.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Térence, sainte Néonille et leurs enfants, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre [Job] très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

Kondakion de saint Étienne le Sabbaïte, ton 4
Ayant planté le paradis des vertus * et l’ayant arrosé sous les flots de tes pleurs, * illustre Père, toi qui as trouvé l’arbre de vie, * sauve de la ruine, par tes prières, ton troupeau; * délivre du péril ceux qui te vénèrent avec ardeur, * car en toi, sage Étienne, nous possédons, * nous les fidèles, un très grand protecteur.

Tropaire de saint Arsène de Cappadoce, ton 3
Ayant bien mené la vie selon Dieu, tu te révélas, Arsène le Théophore, un réceptacle précieux du Paraclet. Et ayant reçu la grâce des miracles, tu dispenses à tous prompt secours: Père bienheureux, prie le Christ notre Dieu d’accorder à nos âmes Sa grande miséricorde.

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4
Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.

Kondakion de saint Arsène de Cappadoce, ton 4
Fleur nouvellement éclose en Cappadoce et réceptacle très précieux de vertus, que saint Arsène soit chanté par moi. Car il vécut dans la chair comme un ange et vit maintenant dans les demeures des saints, avec lesquels il prie sans cesse le Christ de nous accorder la rémission des péchés.

Évangile du jour
(Lc XI, 1-10)

Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples. Il leur dit: Quand vous priez, dites: Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne. Donne-nous chaque jour notre pain quotidien; pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous laisse pas entrer en tentation. Il leur dit encore: Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Ami, prête-moi trois pains,car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir,et si, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, je vous le dis, même s’il ne se levait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.

9 novembre

9 novembre

Saints Onésiphore et Porphyre, martyrs (vers 310) ; saint Ursin, premier évêque de Bourges (vers 300) ; sainte Matrone, moniale à Constantinople (vers 492) ; saint Antoine, martyr en Syrie ; saints Claude, Castor, Symphorien et Nicostrate, martyrs en Pannonie (IVème s.) ; saint Alexandre, martyr à Thessalonique (IVème s.) ; saint Vanne, évêque de Verdun (vers 525) ; saint Jean Colobos (Vème s.) ; sainte Eustolie (610) et sainte Sopatra (vers 625), moniales à Constantinople ; sainte Théoctiste, ermite dans l’île de Mitylène (881) ; saint Onésiphore des Grottes de Kiev (1148) ; saint Nectaire d’Égine, évêque de la Pentapole, thaumaturge (1920) ; saints néo-martyrs de Russie : Parthène, évêque d’Ananievsk, Constantin (Tcherepanov), Démètre (Rousinov), Nesto (Panine), Théodore (Tchitchkanov), Constantin (Nemechaïev), Victor (Klimov), Élie (Rylko), Paul (Anisimov), prêtres, Joseph (Stchensnovitch), diacre et Alexis (Zadvornov), moine (1937).

SAINT NECTAIRE D’ÉGINE

Saint Nectaire d’Égine, évêque de la Pentapole, thaumaturge (1920)

Notre saint Père Nectaire naquit le ler octobre 1846, à Sélybrie , d’un couple de pauvres mais pieux chrétiens : Dèmos et Marie Képhalas. Nommé Anastase au saint baptême, il montra dès son enfance une grande piété et un goût profond pour l’étude. Comme sa mère lui apprenait le Psaume 50, il aimait à répéter le verset : J’enseignerai tes voies aux pécheurs… (Ps 50, 15). Après avoir reçu l’enseignement élémentaire dans sa patrie, il fut envoyé par ses parents à Constantinople afin d’y compléter son éducation, tout en travaillant comme employé dans un magasin. Le jeune garçon restait insensible aux troubles de la vie mondaine et se préoccupait seulement d’édifier en lui, nuit et jour, l’homme intérieur à l’image du Christ, par la prière et la méditation des écrits des saints Pères. À l’âge de vingt ans, il quitta Constantinople pour devenir instituteur dans l’île de Chio. Il y encourageait avec zèle la jeunesse et les villageois à la piété et aux œuvres de la vertu, non seulement par ses paroles, mais surtout par l’exemple même de sa vie d’ascèse et de prière. Désirant depuis longtemps embrasser la vie semblable aux anges, il devint moine sous le nom de Lazare, le 7 novembre 1876, dans le célèbre monastère de Néa-Moni. Ne recherchant que les choses d’en haut, modèle de douceur et d’obéissance, il se fit aimer de tous les frères, et fut ordonné diacre un an après sa profession monastique. Grâce à la générosité d’un pieux habitant de l’île, puis à la protection du patriarche d’Alexandrie, Sophrone, il put parachever ses études à Athènes et obtenir le diplôme de la faculté de Théologie.

En 1885, il gagna Alexandrie, où il fut bientôt ordonné prêtre, puis consacré évêque de la Pentapole (ancien diocèse correspondant à la Libye supérieure). Prédicateur et secrétaire patriarcal, il fut affecté à l’église Saint-Nicolas au Caire, en tant que représentant du patriarche. Malgré ces honneurs, Nectaire ne perdait rien de son humilité et il savait communiquer à son troupeau spirituel le zèle pour les vertus évangéliques. L’amour et l’admiration que nourrissait le peuple à son égard tournèrent pourtant à son désavantage. À l’instigation du diable, certains membres du patriarcat, jaloux de ses succès, le calomnièrent, en disant qu’il cherchait à s’attirer les faveurs du peuple dans le but de s’emparer du trône patriarcal d’Alexandrie. Comme le saint ne cherchait pas à se justifier et mettait sa confiance dans la promesse du Christ qui a dit : Bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de moi… (Mt 5, 11), il fut chassé. Il s’embarqua alors pour Athènes, où il se retrouva seul, ignoré, méprisé, et manquant même du pain quotidien, car il ne savait rien garder pour lui-même et distribuait aux pauvres ses maigres ressources. Abandonnant son projet initial de se retirer au Mont Athos, le doux et humble imitateur de notre Seigneur Jésus-Christ, préféra sacrifier son amour de la retraite au salut de son prochain. Il assuma la charge de prédicateur pendant quelques années (1891-1894), puis fut nommé directeur de l’École Ecclésiastique Rizarios, établissement destiné à la formation des futurs prêtres. Sa profonde connaissance de l’Écriture, des saints Pères et même des sciences profanes, ainsi que son autorité pleine de douceur dans la direction des hommes, lui permirent de donner rapidement à cette institution une haute qualité intellectuelle et morale. Le saint hiérarque se chargeait de la direction et des leçons de Pastorale, mais il n’en cessait pas pour autant de suivre le programme d’ascèse, de méditation et de prière d’un moine, en y ajoutant les fonctions de prédication et la célébration régulière des saints Mystères, au sein de l’école et dans la région d’Athènes.

Le serviteur de Dieu gardait pourtant au fond de son cœur un amour brûlant pour la quiétude et la paix qu’offre la vie dans un monastère, aussi profita-t-il du désir exprimé par un certain nombre de ses filles spirituelles pour se retirer des troubles de la vie mondaine et fonder un monastère féminin dans l’île d’Égine (entre 1904 et 1907), où il s’installa en 1908, après avoir démissionné de la direction de l’école ecclésiastique. Malgré d’innombrables soucis et de multiples difficultés, le saint veillait à y instaurer un type de vie cénobitique dans la fidélité scrupuleuse à l’esprit des saints Pères. Il dépensait sans compter ses forces physiques et spirituelles pour l’installation des bâtiments, pour la célébration des offices et pour la direction spirituelle de chacune de ses disciples. On le voyait souvent travailler au jardin, vêtu d’une misérable soutane, ou même réparer les chaussures des moniales. Et lorsqu’il disparaissait pour de longues heures, on devinait qu’il s’était enfermé dans sa cellule pour élever son intelligence vers Dieu. Bien qu’il eût fui tout contact avec le monde et qu’il réglât strictement les visites dans le couvent, la réputation de ses vertus et des grâces que Dieu lui avait accordées se répandit dans la région, et les fidèles venaient vers lui, attirés comme le métal par l’aimant. Il guérit de nombreux laïcs et des moniales des maux qui les affligeaient, et fit venir la pluie sur l’île qui souffrait de la sécheresse. Il soulageait, consolait, encourageait, se faisait tout pour tous, pouvant tout dans le Christ qui habitait en lui par la grâce du Saint-Esprit. Il était familier des saints et de la Mère de Dieu, et ceux-ci lui apparaissaient fréquemment pendant la Divine Liturgie ou dans sa cellule. Malgré les difficultés de la période qui suivit la Première Guerre mondiale, il interdisait strictement à ses moniales de mettre quoique ce fût en réserve pour leur nourriture, et leur ordonna même de distribuer leurs surplus aux pauvres, en se confiant au jour le jour à la miséricorde de Dieu. En plus de toutes ces tâches, saint Nectaire trouvait le temps de rédiger un grand nombre d’ouvrages de théologie, de morale, d’histoire de l’Église pour la confirmation de l’Église dans la tradition des saints Pères, alors souvent ignorée en Grèce du fait des influences occidentales. Vivant comme un ange dans un corps et faisant briller autour de lui les rayons de la lumière incréée de la grâce, le bienheureux eut encore à souffrir calomnies et injustes accusations sur son monastère, de la part de certains membres de la hiérarchie. Il supporta ces dernières épreuves avec la patience du Christ, sans murmure ni révolte.

C’est alors qu’il fut atteint d’une douloureuse maladie pendant plus d’un an et demi. Il rendait grâce à Dieu de l’éprouver ainsi et s’efforça de garder son mal secret jusqu’aux tout derniers temps qui précédèrent sa mort. Après un dernier pèlerinage auprès d’une icône de la Mère de Dieu, située non loin du monastère, il annonça à ses disciples son prochain départ pour le Ciel. Quelques jours passèrent et il dut être transféré dans un hôpital d’Athènes, où, après cinquante jours de souffrances qu’il supporta avec une patience qui édifiait tous ceux qui l’approchaient, il remit en paix son âme à Dieu, le 8 novembre 1920. Les fidèles d’Égine, ses disciples et tous les chrétiens qui l’avaient approchés pleurèrent la perte du doux et compatissant disciple du Christ, qui, toute sa vie, avait supporté calomnies, persécutions et injustes accusations en prenant pour modèle la divine Passion de son Maître. Mais Dieu lui a rendu gloire et, dès son repos, les miracles ont abondé et abondent quotidiennement jusqu’à ce jour pour ceux qui approchent avec foi de ses reliques ou qui se confient à sa puissante intercession.

Le corps de saint Nectaire resta miraculeusement exempt de corruption pendant plus de vingt ans, dégageant un parfum céleste et délicat. En 1953, lorsqu’il fut finalement décomposé selon les lois de la nature, on procéda à la translation de ses reliques et l’on put alors constater que le même parfum s’en dégageait puissamment. Il n’a pas cessé depuis de réjouir les fidèles qui s’approchent de ces précieux restes, en leur donnant l’assurance qu’il a trouvé accès auprès de Dieu dans la demeure des saints. Son culte a été officiellement reconnu en 1961 et le récit de ses miracles ne cesse d’être écrit chaque jour. Son tombeau, à Égine, est devenu un des pèlerinages les plus fréquentés de Grèce.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des martyrs Onésiphore et Porphyre , ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené / ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de sainte Matrone, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine Image se reflète exactement: / afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; / et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, / pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mort et par-delà; / c’est ainsi que ton esprit se réjouit, / sainte Matrone, avec les Anges dans le ciel.

Tropaire de saint Nectaire d’Égine, ton 1
Fidèles, honorons le fils de la Sélybrie, le protecteur d’Égine, la colonne de l’Orthodoxie, l’ami véritable de la vertu, Nectaire, le serviteur inspiré du Christ apparu en ces derniers temps ; de lui jaillissent toutes sortes de guérisons pour ceux qui chantent avec piété : gloire au Christ qui t’a glorifié, gloire à Celui qui t’a fait thaumaturge, gloire à Celui qui par toi fit des merveilles, gloire à Celui qui par toi accorde à tous la guérison.

Kondakion des martyrs Onésiphore et Porphyre, ton 2
Les Martyrs qui ont mené tous les deux le plus ferme des combats / ont rasé au sol l’arrogance de l’ennemi, / éclairés qu’en leur gloire ils étaient / par la grâce de la Triade incréée; / eux-mêmes, avec les Anges désormais / auprès d’elle sans cesse ils intercèdent pour nous tous.

Kondakion de sainte Matrone, ton 2
Dans les jeûnes ayant fait fondre ton corps, / au milieu des hommes tu demeuras, / Matrone, et consacrée à l’oraison, / tu servis ton Maître divinement; / pour lui, dans le total renoncement, / vénérable Mère, tu menas sainte vie.

Kondakion de saint Nectaire d’Égine, ton 8
L’astre de l’Orthodoxie qui a brillé récemment, le rempart de l’Église nouvellement édifié, chantons-le dans l’allégresse de notre cœur ; glorifié par la puissance de l’Esprit très-saint, il fait sourdre l’inépuisable grâce des guérisons sur ceux qui chantent : réjouis-toi, Père Nectaire.

Évangile du jour
(Lc XI,29-33)
Comme le peuple s’amassait en foule, il se mit à dire: Cette génération est une génération méchante; elle demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération. La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec les hommes de cette génération et les condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon; et voici, il y a ici plus que Salomon. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas; et voici, il y a ici plus que Jonas. Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.

27 octobre (ancien calendrier)/9 novembre (nouveau)

27 octobre (ancien calendrier)/9 novembre (nouveau)

Saint Nestor, compagnon de saint Démètre, martyr à Thessalonique (vers 306) ; saintes Capitoline et Erothéide, martyres en Cappadoce (304) ; saint Marc et ses compagnons, martyrs à Rome (269) ; saint Namace, évêque de Clermont (462) ; saint Didier, évêque d’Auxerre (621) ; saint Nestor le Chroniqueur des Grottes de Kiev (1114) ; saint Dimitri le Nouveau de Basarabovo (XIIIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Tchernoukhine)(1942).

SAINTE MARTYRE CAPITOLINE

Saintes Capitoline et Erothéide, martyres en Cappadoce (304) miniature du Ménologe de Basile II de la bibliothèque apostolique vaticane

Sainte Capitoline était originaire d’une noble et riche famille de Césarée en Cappadoce, dont était également issu saint Firmilien. Éprise d’un amour ardent pour le Christ et méprisant tous les biens de cette terre, elle distribua ses richesses aux pauvres, affranchit ses esclaves et ne craignit pas de se présenter bravement devant le gouverneur Zilikinthos qui, sur l’ordre de l’empereur Dioclétien (303), pourchassait les chrétiens. Comme le magistrat voulait épargner l’outrage des tortures publiques à une si noble femme, celle-ci lui répondit qu’il n’y avait pas d’honneur plus grand pour sa famille que d’avoir produit des martyrs, des prédicateurs de la foi et des maîtres de la divine sagesse, tel Firmilien. On l’enferma alors dans un cachot où, le lendemain, on lui trancha la tête. La fidèle servante de Capitoline, Érothéïs, voyant comment sa maîtresse était traitée, se précipita sur le gouverneur et le frappa au visage. Aussitôt appréhendée, elle fut violemment fustigée, mais, par la grâce du Christ, elle resta indemne. Finalement, elle reçut la couronne de la victoire en ayant la tête tranchée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Nestor, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Kondakion du saint martyr Nestor, ton 2
Ayant mené le bon combat, tu as acquis * désormais la gloire immortelle, * toi qui devins un excellent soldat du Seigneur * par les prières du martyr Démètre; * avec lui, sage Nestor, à présent * ne cesse pas d’intercéder pour nous tous.
Évangile du jour
(Lc X, 22-24)
Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Et, se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

8 novembre

8 novembre

Synaxe de l’archistratège Michel et des autres Puissances incorporelles : Gabriel, Raphaël, Uriel, Jégudiel (ou Jéhudiel), Salathiel (ou Sealtiel) et Barachiel ; saint Maur, évêque de Verdun (383) ; saint Clair, prêtre, ermite près de Marmoutier (396) ; saint martyr Ni’meh le Nouveau, de Syrie (1470) ; sainte Marthe, princesse de Pskov (1300).

SYNAXE DE L’ARCHISTRATÈGE MICHEL ET DES AUTRES PUISSANCES INCORPORELLES

De toute éternité Dieu est Lumière : la seule véritable Lumière éternelle, immatérielle, infinie et absolument incompréhensible. Sa nature reste cachée dans un secret inaccessible, mais ses trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit jouissent d’une communion inexprimable d’amour. Il est bon et principe de toute bonté et de tout amour, c’est pourquoi il ne s’est pas contenté de sa propre contemplation, mais, dans la surabondance de sa bonté, Il a voulu qu’un autre participât à sa lumière, c’est pourquoi Il a tiré le monde du non-être à l’existence. Avant de créer le monde visible, Dieu a amené à l’existence par son Verbe et perfectionné en sainteté par son Saint-Esprit, la nature angélique, faisant des Puissances célestes et incorporelles ses serviteurs zélés et ardents comme un feu immatériel. Ils sont des lumières secondes , qui reçoivent par la grâce du Saint-Esprit les illuminations de la Lumière première et sans principe, et la participation à son immortalité. Fidèles images de l’essence divine, les saints anges sont de nature spirituelle. Dépourvus de la pesanteur du corps, ils sont toujours en mouvement, libres et raisonnables. Ils voient Dieu dans la mesure où ils peuvent l’atteindre et trouvent dans sa contemplation leur nourriture, leur stabilité et la raison même de leur existence. Bien qu’ils soient libres de toutes affections du corps, ils ne sont pourtant pas impassibles comme Dieu, car ils ont été créés par un changement (le passage du non-être à l’être). Ainsi sont-ils difficilement portés au mal, mais non à l’abri de son atteinte. C’est la raison pour laquelle ils doivent faire usage de la souveraine liberté que Dieu leur a accordée pour persévérer dans le bien et progresser dans la contemplation des mystères divins, sous peine d’être entraînés irrémédiablement vers le mal et l’éloignement de Dieu. En outre, ils ne peuvent compter, comme l’être humain, sur le repentir, car ils sont dépourvus de corps.
Sans corps, les anges ne sont pourtant pas totalement immatériels : en effet seul Dieu est véritablement sans matière et incorporel, car impassible et au-delà de tout mouvement. Ils sont par conséquent circonscrits dans le temps et l’espace. Lorsqu’ils sont dans le ciel, ils ne sont pas sur la terre et, envoyés par Dieu sur la terre, ils ne demeurent plus au ciel. Leur nature subtile les fait échapper aux limitations que sont pour nous les murs, les portes et les sceaux, lorsqu’ils sont envoyés par Dieu en mission auprès des hommes et que pour cela, ils empruntent une forme corporelle nous permettant de les voir. De même, leur légèreté et leur extrême rapidité de mouvement leur permettent de traverser l’espace presque instantanément ou de deviner les pensées des hommes, ce qui nous fait croire qu’ils sont dotés de l’omniscience divine. Mais, comme êtres créés, ils ne sont ni doués d’omniscience, ni susceptibles de se trouver en deux endroits simultanément. S’ils prophétisent, c’est par grâce et par ordre divin, non en raison de leur propre vertu.
Dieu les a faits ses serviteurs et Il les envoie (« ange » signifie « envoyé ») veiller sur la terre. Ils président aux peuples, aux nations et aux Églises , et ils servent les desseins de la Providence à l’égard du genre humain. Dieu a placé invisiblement auprès de chacun d’entre nous, personnellement, un Ange Gardien, qui veille constamment sur nous, sans cesser d’être auprès de Dieu. Il nous suggère le bien par la voix de notre conscience, nous aide à éviter les pièges du diable et attise en nous le feu salutaire du repentir lorsque nous avons péché .
Seul le Créateur connaît le genre et les limites de la nature angélique. Elle est une par rapport à Dieu, mais innombrable par rapport à nous. Un fleuve de feu coulait devant Lui ; mille milliers Le servaient, et des myriades de myriades se tenaient devant Lui, nous annonce le prophète Daniel (Dn 7, 10). Nous ne pouvons pas les dénombrer, c’est pourquoi la sainte Tradition a coutume de les ranger en neuf ordres divisés en trois triades . La première disposition hiérarchique est celle qui est toujours auprès de Dieu et qui lui est immédiatement unie, sans intermédiaire. Elle comporte les Séraphins (Is 6, 2), dont le nom en hébreu signifie : « brûlants ». En effet, leur mouvement éternel et stable autour des réalités divines leur donne le pouvoir d’élever leurs subordonnés vers Dieu en animant en eux la chaleur purificatrice et lumineuse de la vertu. Les seconds, de même rang mais de fonction distincte, sont les Chérubins (Ex 25, 18, Ez 1 ; 10, 2), dont le nom évoque la plénitude de la connaissance qu’ils ont de Dieu. On dit qu’ils sont couverts d’yeux (Ez 1, 18, Ap 4, 8), en signe de leur aptitude à contempler la lumière divine. Les troisièmes sont les Trônes, sur lesquels Dieu trouve un repos impassible. La seconde triade, intermédiaire, transmet avec bonté et ordre les décrets de la Providence et élève les esprits de rang inférieur vers l’imitation de Dieu. Elle se compose des Dominations, des Vertus et des Puissances. La troisième triade achève la hiérarchie céleste. Elle comporte les Principautés, les Archanges et les Anges . C’est par ces derniers que Dieu nous communique les décrets de sa Providence et, comme ils sont les plus proches de nous, c’est eux qu’Il envoie sous une forme corporelle, lorsqu’Il le veut.
Dans le plan divin, l’homme, en la personne d’Adam, devait être le dixième ordre de cette hiérarchie et avait pour vocation d’amener la création à sa perfection (Lc 15, 1-10). Comme il déchut et se trouva soumis à la mort, le Christ s’est précipité du haut des cieux pour le tirer de l’enfer. Traversant les degrés de la hiérarchie angélique, Il prit un corps et releva par sa Résurrection la nature humaine, bien au-delà du rang où elle se trouvait à l’origine, en la faisant asseoir à la droite de Dieu, au-dessus des Chérubins et des Séraphins.
Bien avant cela, au moment où Dieu créa le monde invisible, la plénitude innombrable de la hiérarchie céleste jouissait de la lumière de Dieu et menait une ronde sacrée, simple et incessante, en chantant d’une voix forte : Saint, Saint, Saint est le Seigneur Sabaoth (i.e. « des Armées »), le ciel et la terre sont remplis de sa gloire (Is 6, 3). Mais Lucifer, l’esprit céleste qui tenait alors le premier rang, celui qui était le plus proche de Dieu et qui était tout irradié de sa lumière, vint à tirer orgueil des privilèges qu’il avait reçus et voulut s’assimiler au Très-Haut. Il se dit : Je monterai dans les cieux ; au-dessus des étoiles de Dieu j’élèverai mon trône ; je monterai sur le sommet des nues ; je serai assimilé au Très-Haut (Is 14, 14). Il n’était pas mauvais par nature, mais c’est par orgueil qu’il se révolta contre son Créateur. C’est lui qui, le premier, rejeta le bien et choisit le mal, se détournant de la lumière pour sombrer dans les ténèbres de la privation de Dieu. Aussitôt ces paroles prononcées, il chut de son rang élevé et fut précipité dans le gouffre de l’enfer. Comme il avait déchiré les cieux, il entraîna dans sa chute une multitude d’anges de tous les ordres et se fit leur chef. Leur nombre était si grand, qu’à la vue de ce spectacle lamentable, l’Archange Michel, chef des milices célestes — qui par son humilité et sa sage soumission à son Créateur, était puissamment affermi dans la lumière — s’élança vers la brèche, rassembla les anges restés fidèles et s’écria : Soyons attentifs ! Autrement dit : « Prenons garde, soyons vigilants, nous les êtres crées qui avons le privilège de nous tenir devant Dieu. Reconnaissons notre état de serviteurs. Prenons soin de nous connaître nous-mêmes et voyons quelle est la chute de ceux qui ont voulu s’égaler à Dieu ! » C’est en mémoire de cette Synaxe , c’est-à-dire de cette réunion des chœurs angéliques sous la direction du saint Archange Michel, dans la vigilance, la concorde et l’unité, que, de tradition très ancienne, les saints Pères ont institué la fête d’aujourd’hui.
MICHEL — dont le nom signifie « qui est comme Dieu » — le très glorieux et très lumineux Prince des Puissances célestes et incorporelles, apparaît souvent dans la sainte Écriture. C’est lui que Dieu envoie auprès des hommes pour leur annoncer les décrets de sa Justice. C’est lui qui, le premier, est apparu au Patriarche Abraham (Gn 12) et à sa servante Agar dans le désert, pour leur annoncer la naissance d’Ismaël (Gn 16). Il fut envoyé auprès de Lot pour le sauver de Sodome, vouée par Dieu à la destruction (Gn 19). Lorsque Dieu ordonna à Abraham de sacrifier son fils Isaac, afin d’éprouver son obéissance, ce fut Michel qui intervint au dernier moment pour retenir sa main (Gn 22). Il apparut encore au Patriarche Jacob, et lutta avec lui toute une nuit pour lui manifester son nouveau nom : Israël (Gn 32, 23-32). C’est lui qui se tenait au-devant du peuple d’Israël lorsqu’il sortit d’Égypte, et le conduisait le jour, sous forme de nuée, et la nuit, sous l’aspect d’une lueur (Ex 13, 21). Il fut envoyé aussi au-devant du devin Balaam, en route vers Balaq roi de Moab pour maudire le peuple d’Israël, et lui barra le passage en se tenant devant sa mule, une épée nue à la main (Nb 22, 22). Quand Josué se tenait devant les murs de Jéricho, attendant un signe de Dieu pour assiéger la ville, Michel lui apparut, tenant à nouveau une épée. Comme il craignait que ce ne fût une ruse du Malin, qui sait se transformer en Ange de lumière, Josué lui demanda : Es-tu des nôtres ou de nos adversaires ? Michel répondit : C’est comme chef de l’armée du Seigneur que je viens maintenant, et il lui ordonna de vénérer le lieu qu’il venait de sanctifier par sa présence (Jos 5, 13). Sous les Juges, l’Archange Michel vint réconforter Gédéon et l’envoya délivrer Israël de l’oppression des Madianites (Jug 6, 11). Quand David, contrairement à l’ordre divin, eut fait recenser le peuple, Michel fut envoyé par Dieu pour être l’instrument de sa colère. En un jour, il ravagea par son épée plus de soixante-dix mille hommes et il se tenait prêt à détruire Jérusalem, lorsque, ému par le repentir de David, le Seigneur l’arrêta et lui ordonna de remettre son épée au fourreau (1 Chron 21). Il se révéla plusieurs fois au prophète Élie pour le consoler dans ses tribulations et l’envoyer en mission (1 Rois 19, 5 ; 2 Rois 1, 15). Lors de l’invasion du roi des Assyriens, Sénnacharib, Michel abattit en une nuit cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp des envahisseurs (2 Rois 19, 35). C’est lui encore qui descendit du ciel et se tint au milieu de la fournaise ardente, à Babylone, avec les trois jeunes gens, en chantant avec eux les louanges du Seigneur (Dn 3, 92), et qui ferma la gueule des lions dans la fosse où avait été jeté le prophète Daniel (Dn 6, 23).
Les interventions salutaires du saint Archange Michel sont en fait innombrables, aussi bien sous l’Ancienne Alliance qu’après la venue du Christ. C’est lui qui délivra les Apôtres de prison (Act 5, 19), qui fut envoyé à l’Apôtre Philippe pour baptiser l’eunuque de la reine d’Éthiopie (Act 8, 26), qui apparut au centurion Corneille et lui demanda d’aller quérir saint Pierre pour le baptiser (Act 10). C’est lui encore qui libéra Pierre de prison (Act 12) et frappa le roi Hérode qui voulait se faire passer pour un dieu (idem). Il apparut à saint Paul pour le réconforter dans ses épreuves, et fut pour l’Évangéliste saint Jean l’interprète des secrets de Dieu concernant la fin des temps (Ap). C’est en effet Michel qui engagera alors l’ultime combat contre l’Antéchrist et le diable, et qui les précipitera éternellement dans l’enfer (Ap 12, 7). Et, lors du Jugement dernier, il se tiendra, une balance à la main, pour peser nos actes. La tradition de l’Église a gardé la mémoire de nombreux autres miracles de l’Archange Michel, comme, par exemple, celui accompli à Colosses en Phrygie [6 sept.].
En Dieu, la justice ne peut être séparée de la miséricorde : La miséricorde et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont embrassées, chante le Psalmiste (Ps 84, 11). C’est pourquoi, on ne peut commémorer Michel, l’Ange de la Justice, sans lui associer GABRIEL , l’Ange de la Miséricorde, celui qui se tient en présence de Dieu (Lc 1, 19). Il est envoyé par Dieu aux hommes pour leur annoncer les merveilles de son amour et de sa bienveillance en vue de leur Salut. Il donna au prophète Daniel l’interprétation de la vision énigmatique qu’il avait eue concernant la fin des royaumes des Mèdes et des Perses (Dn 8, 16), et lui annonça, une autre fois, que le Christ, le Sauveur du monde, devait venir quatre cent quarante-neuf ans plus tard (Dn 9, 24). Il fut aussi envoyé auprès de la femme de Manoé au temps des Juges, pour lui annoncer la naissance prochaine de Samson. Et quand, tout à sa joie, Manoé voulut le retenir pour lui offrir un banquet, Gabriel lui répondit qu’il ne se nourrissait pas de tels mets et lui recommanda d’exprimer son action de grâces en offrant un holocauste au Seigneur. Comme il lui demandait son nom, Gabriel répondit : Pourquoi me demandes-tu mon nom ? C’est un mystère. Et il disparut de leurs yeux dans la fumée du sacrifice (Jug 13). De tout temps, il fut le messager des naissances miraculeuses à partir d’un sein flétri ou stérile. C’est lui qui apparut à Joachim et Anne pour leur annoncer la naissance de la Mère de Dieu, et à Zacharie et Élisabeth, pour celle du saint Précurseur (Lc 1). Il nourrit de la manne céleste la Mère de Dieu pendant douze ans, dans le Temple [21 nov.], et fut envoyé par Dieu auprès d’elle pour lui transmettre la bonne nouvelle, attendue depuis l’origine du monde, c’est-à-dire qu’elle allait donner naissance au Sauveur par l’opération du Saint-Esprit. Il vint rassurer Joseph en songe, lorsque celui-ci était assailli de doutes quant à la virginité de la Mère de Dieu (Mt 1, 20). Lors de la naissance de notre Seigneur, il conduisit les bergers vers la grotte de Bethléem, pour qu’ils puissent l’adorer. Il prévint Joseph des desseins meurtriers qu’Hérode fomentait et lui conseilla de prendre l’enfant et sa mère, et de les emmener en Égypte. Lorsque le danger fut passé, il lui apparut à nouveau en songe pour lui ordonner de revenir. Lors de la sainte nuit de la Résurrection du Christ, Gabriel descendit des cieux, revêtu d’une robe blanche, étincelante de la lumière divine, repoussa la pierre qui fermait le tombeau et s’assit dessus. Lorsque les femmes Myrophores arrivèrent sur les lieux, il les rassura en leur disant : Ne craignez pas. Je sais que c’est Jésus, le Crucifié, que vous cherchez. Il n’est pas ici : il est ressuscité, comme il l’avait dit (Mt 28, 5).
Ainsi, depuis l’origine du monde jusqu’à la Résurrection du Christ et jusqu’à la fin des temps, le saint Archange Gabriel est-il le messager envoyé par Dieu pour annoncer aux hommes les merveilles de sa miséricorde en la Personne du Seigneur Jésus-Christ .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 6
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du tombeau, cherchant Ton corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire des saints Archanges, ton 4
Chefs des armées célestes, nous vous supplions sans cesse, indignes que nous sommes, de nous protéger par vos prières à l’ombre des ailes de votre immatérielle gloire, et de nous sauvegarder, nous qui nous prosternons instamment et vous clamons : délivrez-nous des malheurs, vous les commandant des puissances d’en-haut.

Kondakion des saints Archanges, ton 2
Archistratèges de Dieu, serviteurs de la gloire Divine, chefs des anges et guides des hommes, demandez ce qui nous est utile et la grande miséricorde, comme Archistratèges des incorporels.

Kondakion du dimanche, ton 6
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui, le Christ Dieu, qui a fait don de la résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

Évangile du jour
(Lc X, 16-21)

Le Seigneur dit : celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

26 octobre (ancien calendrier)/8 novembre (nouveau)

26 octobre (ancien calendrier)/8 novembre (nouveau)

Saint Démètre de Thessalonique, grand-martyr, myroblite (vers 306) ; commémoraison du grand tremblement de terre, à Constantinople (en 740) ; saint martyr Loup (306) ; saint Amand, évêque de Strasbourg (346) ; saint Quodvultdeus, évêque de Carthage (454) ; saint Rustique, évêque de Narbonne (462) ; saint Aptone, évêque d’Angoulême (566) ; saint Alor, évêque de Quimper (VIème s.) ; sainte Gibitrude, moniale à Faremoutiers-en-Brie (VIIème s.) ; saint Sigebaud, évêque de Metz (741); saint Athanase de Médikon, en Bithynie (814) ; saint Théophile de la Laure des Grottes, évêque de Novgorod (1482) ; saint Joasaph, moine au Mont-Athos, néo-martyr grec (1536).

SAINT DÉMÈTRE DE THESSALONIQUE

Saint Démètre de Thessalonique, grand-martyr, myroblite (vers 306)

Saint Démètre (Dimitrios) vivait à Thessalonique sous le règne de Maximien Galère (vers 306). Il descendait de l’une des plus nobles familles de la province de Macédoine, et était admiré de tous, non seulement pour la noblesse de son origine et la grâce de son apparence physique, mais aussi pour sa vertu, sa sagesse et sa bonté, qui le rendaient supérieur aux vieillards. Expert en l’art militaire, malgré son jeune âge, il avait été nommé par Galère — alors césar de l’Empire d’Orient — général des armées de Thessalie et proconsul pour l’Hellade. Mais ces honneurs ne parvinrent pas à lui faire perdre le sens des réalités les plus essentielles. Le cœur touché par la foi et comptant pour rien toute la gloire de ce monde, Démètre passait le plus clair de son temps à enseigner et à interpréter publiquement la parole de Dieu. Sa parole était si convaincante et sa vie — toute de justice, de paix et d’amour pour ses frères — en était une telle application pratique, qu’un grand nombre de païens s’étaient convertis, malgré la persécution lancée par l’empereur contre les chrétiens.

Après avoir remporté de brillantes victoires contre les Scythes, sur le chemin du retour, Galère s’arrêta à Thessalonique pour se faire acclamer par la foule et offrir des sacrifices d’action de grâces aux idoles. Certains païens de la ville, jaloux des succès de Démètre, profitèrent de la présence de l’empereur pour le dénoncer comme chrétien. L’étonnement du tyran se changea en violente colère lorsqu’il apprit que Démètre ne se contentait pas de partager la foi des disciples du Christ, mais qu’il la propageait avec succès, tirant profit de sa place dans les assemblées officielles. Après avoir fait comparaître le saint, qui confessa sa foi sans hésitation, Galère le fit enfermer dans un cachot malsain situé dans les sous-sols d’un bain qui se trouvait à proximité du palais. Lorsque Démètre pénétra dans sa cellule, un scorpion approcha de son pied, se préparant à le piquer mortellement. Mais, d’un simple signe de croix, le saint le fit disparaître. Laissé seul dans l’obscurité, l’humidité et les odeurs nauséabondes, Démètre n’y prêtait aucune attention, car il était rempli de joie à la pensée de bientôt communier pleinement à la Passion salutaire du Seigneur. Sa seule tristesse était de devoir attendre la fin des festivités organisées en l’honneur de l’empereur, pour subir le martyre.

Ainsi que le voulait la coutume, Galère avait organisé dans l’amphithéâtre de Thessalonique des jeux et des combats de gladiateurs. Il avait amené avec lui un géant de la tribu des Vandales, à la force herculéenne, nommé Lyaios. Celui-ci était si fort et d’une telle dextérité dans le combat singulier que personne ne pouvait lui résister. Nestor, un jeune chrétien de la ville, voyant le vain orgueil que tirait l’empereur des victoires de son champion, décida de lui montrer que c’est au Christ seul qu’appartient la vraie puissance. Il courut donc vers le bain où était enfermé Démètre et lui demanda l’assistance de sa prière pour aller affronter le géant. Le martyr fit le signe de la Croix sur le front et le cœur du jeune garçon, et l’envoya vers Lyaios, tel David au-devant de Goliath (cf. 1 Sam 17). Nestor arriva à l’amphithéâtre au moment où les hérauts annonçaient l’invitation de l’empereur à affronter le géant. Il s’avança alors devant la tribune où siégeait Galère, et jeta sa tunique à terre en criant : « Dieu de Démètre, viens à mon aide ! » Dès le premier engagement, alors que le géant se ruait sur le frêle garçon, celui-ci s’esquiva et le perça mortellement au cœur avec son poignard. Tous furent saisis de stupeur à la vue de ce prodige et se demandaient comment l’invincible barbare était tombé si facilement sous les coups d’un adolescent. En fait le jeune chrétien, ne se confiant ni en sa force ni en ses armes, avait mis toute son espérance dans le Seigneur, le « Maître du combat », Lui qui livre leurs ennemis aux mains de ses fidèles. Au lieu de se soumettre devant ce signe éclatant de la puissance souveraine de Dieu, l’empereur fut pris d’une violente colère, et ordonna de saisir Nestor sur-le-champ et d’aller lui trancher la tête en dehors de la ville. Comme il avait entendu le jeune garçon invoquer le Dieu de Démètre, Galère soupçonna ce dernier d’avoir usé de quelque sortilège ; il donna donc l’ordre à ses soldats d’aller le transpercer de leurs lances au fond de son cachot, sans autre forme de procès. Quelques chrétiens, qui étaient présents lors de l’exécution de saint Démètre, attendirent le départ des soldats pour ensevelir son corps avec dévotion.

Lupus, le serviteur de saint Démètre, était lui aussi présent. Avant qu’on ensevelisse le corps du martyr, il lui retira sa tunique baignée de sang et mit à son doigt la bague royale qu’il portait. Par l’intermédiaire de ces deux trophées, Lupus accomplit ensuite un grand nombre de miracles et de guérisons. Lorsque Galère l’apprit, il envoya aussitôt ses soldats trancher la tête du fidèle serviteur [23 août].
Ayant remporté la couronne de la victoire des bienheureux athlètes de la foi, saint Démètre se tient désormais avec assurance dans la Cour céleste et, depuis mille six cent ans, il n’a cessé de manifester sa bienveillante protection sur la ville Thessalonique, qui le vénère comme son saint patron . Il l’a protégée des assauts des barbares, notamment lors du siège de la ville par l’immense armée réunie par le khan des Avares, qui s’était allié de nombreuses tribus slaves, en automne 586 (ou 597). Alors que les défenseurs étaient restés en petit nombre, à cause d’une récente épidémie, le saint apparut sur les murailles et leur rendit courage, de sorte qu’ils purent résister aux assauts répétés et aux machines de siège. Le septième jour, comme les barbares se préparaient à une offensive générale et décisive, saint Démètre surgit au milieu de leur camp, monté sur un cheval blanc, à la tête d’une puissante armée qui mit les ennemis en déroute, sans que les habitants n’aient eu besoin d’engager le combat.

Quelques années plus tard (vers 615), les Slaves (Sclavènes, Sklavenoi) qui s’étaient installés en Macédoine, tentèrent un nouvel assaut de Thessalonique, mais le saint martyr fit de nouveau son apparition, rayonnant de la gloire qu’il possède auprès de Dieu, aussi bien sur les murailles qu’au milieu des multiples embarcations des barbares qui se préparaient à investir la ville par la mer. Il sema une telle confusion que les bateaux se fracassèrent les uns contre les autres, et que leurs occupants, voulant s’agripper aux autres embarcations, les firent chavirer. En essayant d’échapper à la noyade, les barbares finirent par s’entretuer, de sorte que la mer devint rouge de leur sang. Constatant qu’ils ne pourraient venir à bout de la ville protégée par le saint martyr, deux ans plus tard, les Slaves s’allièrent de nouveau au khan des Avares et aux Bulgares pour tenter une incursion soudaine et massive (617). Les habitants se précipitèrent vers les remparts pour préparer le siège, encouragés par leur évêque, Jean, auquel saint Démètre était apparu. Alors que les barbares approchaient leurs tours et leurs catapultes des murailles, un chrétien prit une petite pierre sur laquelle il écrivit : « Au nom de Dieu et de saint Démètre ». Au moment où il la lançait contre les ennemis, la pierre heurta un énorme projectile qui venait d’être lâché par une catapulte. Sous le choc, ce dernier repartit en arrière, et alla écraser la catapulte et ses desservants. À la suite de ce miracle, l’après-midi, un tremblement de terre ébranla les remparts, donnant aux barbares l’impression qu’ils s’écroulaient. Ils se ruèrent donc à l’assaut, mais se heurtèrent aux murailles, qui étaient bien restées debout, et aux habitants dont le courage avait été réanimé par leur évêque. Ce ne fut pourtant qu’au terme de trente-trois jours de siège et de tractations que, finalement, les barbares se retirèrent.

Grâce à la protection de son saint patron, Thessalonique échappa ainsi à cinq sièges des Slaves et des Avares ; et c’est aussi à son intercession que l’on attribue la libération de la ville du joug turc, en 1912. À de multiples reprises, saint Démètre a protégé sa cité des tremblements de terre, des épidémies et des famines ; et les malades que l’on venait déposer dans une annexe de la basilique, transformée en hôpital, se trouvaient guéris par l’intervention du saint qui leur apparaissait en songe. Les miracles, accomplis par l’intervention directe de saint Démètre ou par son myron , sont si nombreux que celui qui voudrait les dénombrer ressemblerait à l’insensé qui désire compter les grains de sable au bord de la mer.
La célèbre basilique Saint-Démètre fut construite au Ve siècle sur l’emplacement du tombeau du saint par le préfet de l’Illyricum, Léonce, qui avait été miraculeusement guéri d’une maladie (412-413). Incendiée au VIIe siècle, elle subit divers remaniements et fut transformée en mosquée sous le sultan Bajazet (1493). Rendue au culte chrétien en 1912, un grand incendie la ravagea en 1917, faisant disparaître la somptueuse décoration de marbres multicolores et le plus grand nombre de ses mosaïques. Aujourd’hui restaurée, elle est redevenue le centre du culte de saint Démètre, surtout depuis la restitution d’une partie de ses reliques (1978/1980), qui avaient été emmenées en Italie vers le XIIème siècle.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 6
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du tombeau, cherchant Ton corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire du saint grand-martyr Démètre, ton 3
Au milieu des dangers, le monde entier * a trouvé en toi un puissant défenseur * pour mettre en fuite, victorieux Athlète, les païens; * toi qui as abattu l’arrogance de Lyéos * et sur le stade encouragé saint Nestor, * aussi grand-martyr Démètre prie le Christ notre Dieu d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion du saint grand-martyr Démètre, ton 2
Sous les flots de ton sang, Démètre, * empourpra son Eglise le Seigneur * qui t’a donné l’invincible pouvoir * et garde saine et sauve la ville dont tu es le ferme appui.

Kondakion du dimanche, ton 6
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui, le Christ Dieu, qui a fait don de la résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

Évangile du jour
(Lc XVI, 19-31)
Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.

7 novembre

7 novembre

Les 33 martyrs de Mélitène : saints Hiéron, Nicandre, Hésychius, Athanase, Marnas, Barachus, Valère, Xanthe, Théodule, Callimaque, Eugène, Théodoque, Epiphane, Maximien, Claudien, Théophile, Dorothée, Theodote, Anicet, Eutychès, Hilarion et leurs compagnons (IIIème s.) ; saint Lazare, ascète au Mont Galèse, thaumaturge (1054) ; saints Auctus et Taurion et sainte Thessalonicée, martyrs en Macédoine ; saint Zosime, higoumène de Vorbozomsk ; saint Amarant, martyr à Albi (IIIème s.); saint Ruf, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Baudin, évêque de Tours (VIème s.) ; saint Agmer, évêque de Senlis (VIIème s.) ; saint Florent, évêque de Strasbourg (vers 660) ; saint Willibrord, archevêque d’Utrecht (739) ; saints néo-martyrs de Russie : Cyrille, métropolite de Kazan, Alexandre (Kourmychsky), Michel (Goussev), Alexandre (Krylov), Nicolas (Romanovsky), Alexis (Moltchanov), Paul (Borissoglebsky), Basile (Krasnov), Paulin (Staropolev), prêtres, Jean (Mochkov) et Benjamin (Vladimirsky), diacres, Nicolas (Philipov), Élisabeth (Sidirov) (1937), Serge, archevêque d’Eletsk, Nicolas (Troïtsky), prêtre et Georges (Yourneve) (1937).

SAINT HIÉRON

Les 33 martyrs de Mélitène (3e siècle)

Saint Hiéron était originaire de Tyane (Cappadoce). Il vivait simplement et paisiblement du travail des champs sous le règne tyrannique de Dioclétien et Maximien (vers 290). Non contents de persécuter les chrétiens, ces deux despotes faisaient enrôler de force dans leur armée tous les hommes valides et vigoureux, pour les faire servir à leur soif de conquête. Hiéron était réputé dans toute la région de Cappadoce pour sa force et sa vaillance, c’est pourquoi le gouverneur Lysias décida de le ranger dans ses troupes. Il envoya deux soldats l’arrêter, un jour où il travaillait aux champs. En les voyant, Hiéron comprit immédiatement la raison de leur venue, et que l’enrôlement ne signifiait pas seulement affronter les risques de la vie militaire, mais surtout qu’il l’obligerait à renier sa foi au Christ pour sacrifier à l’empereur, considéré comme un dieu par les Romains. Saisissant sa bêche par le manche, il se rua sur les soldats et les mit en fuite en leur causant de sérieuses blessures. Ils revinrent un peu plus tard avec des renforts et trouvèrent le saint réfugié dans une grotte avec dix-huit parents et amis. Pour éviter un combat sanglant, Hiéron accepta, sur les instances de son frère Cyriaque, de se livrer aux soldats et d’être conduit auprès du gouverneur à Mélitène.

Le soir venu, un ange apparut au saint et lui annonça qu’il se dirigeait non vers des combats pour un royaume terrestre, mais vers l’ultime et glorieux combat, lequel lui ouvrirait les portes du Royaume éternel. Le lendemain matin, tout à sa joie, le saint annonça à ses parents, qui avaient été arrêtés avec lui, que Dieu lui avait révélé le mystère préparé par sa Providence et que désormais le chemin de la captivité se confondait pour lui avec celui qui conduit au Ciel. Parvenu à Mélitène, il fut emprisonné avec trente-trois autres chrétiens. Dès lors, il passa son temps à les confirmer dans la foi et à les encourager à offrir leur vie à Dieu comme un sacrifice de louange.

Le saint martyr comparut devant le gouverneur qui l’accusa d’orgueil pour avoir résisté aux ordres de l’empereur et méprisé les idoles. Lorsqu’on lui apprit, en outre, que c’était Hiéron qui avait mis en fuite les soldats à coups de bâton, le tyran, au lieu d’admirer son courage, ordonna qu’on le soumît à la torture et qu’on lui tranchât la main. Après avoir supporté ces supplices avec allégresse, il fut jeté à nouveau en prison, dans l’attente d’un second interrogatoire. Un de ses compagnons de captivité, Victor — qui lui était apparenté — fit venir en cachette le geôlier et, par crainte des tortures et des tourments qui l’attendaient, lui proposa de lui céder son champ en échange de son évasion. Lorsque le soldat du Christ Hiéron apprit la fuite de Victor, il fondit en larmes, se lamentant sur le triste sort de son compagnon qui, pour sauver sa vie éphémère, venait de se priver de la vie éternelle et des délices sans fin réservées aux élus, pour se condamner aux flammes de l’enfer. Pressentant que l’exécution ne tarderait pas, il fit venir ses parents, qui avaient été relâchés, pour leur confier ses dernières volontés. Il demanda à sa sœur Théotimie de se charger de la célébration annuelle de sa mémoire et lui fit promettre de remettre la relique de sa main à sa pauvre mère aveugle, en guise de consolation dans sa détresse.

Le quatrième jour, il comparut à nouveau devant Lysias avec ses compagnons. Le gouverneur les fit frapper au moyen de verges, mais sans rien obtenir d’autre qu’une confession plus ardente de leur foi, aussi donna-t-il l’ordre de les décapiter. En marchant vers le lieu de leur supplice, les martyrs chantaient le long psaume des fidèles serviteurs de Dieu : Bienheureux ceux qui sont irréprochables dans la voie, qui marchent selon la Loi du Seigneur (Ps 118).

Quelque temps après l’exécution, les parents du saint demandèrent à acheter ses reliques. Le gouverneur avide profita de l’occasion pour demander la contrepartie de leur poids en or. Il accepta aussi que l’on bâtît une église en l’honneur de saint Hiéron sur les lieux de son martyre .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, / ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité pour le combat qu’ils ont mené; / animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Tropaire de saint Lazare, ton 8
Dans tes prières de toute la nuit, / tu as fait pleuvoir sur ta colonne les flots de tes pleurs / et dans tes profonds gémissements, / tu as fait produire à tes peines cent fois plus; / en pasteur, tu accordes à qui t’approche le pardon; / vénérable Père Lazare, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Porteur de brillante clarté, / le chœur des Martyrs, se levant en esprit, / a projeté sur l’Église / en ce jour les rayons de ses merveilles; / célébrant leur sainte mémoire, Sauveur, / nous te demandons de nous sauver, par leurs prières, de tout danger, / dans ta divine miséricorde et ton amour pour les hommes.

Kondakion de saint Lazare, ton 8
Tes peines dépassant la nature et tes exploits / ont fait l’admiration des Anges mêmes te voyant; / c’est pourquoi tu as reçu la couronne donnée par Dieu. / Grâce au crédit que tu possèdes auprès du Seigneur, / sauve-nous de tout péril, afin que nous puissions te chanter: / Réjouis-toi, très-sage Père et bon Pasteur.

Évangile du jour
(Lc VIII, 16-21)

Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l’aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

6 novembre

6 novembre

Saint Paul le Confesseur, archevêque de Constantinople (350) ; saint Melaine, évêque de Rennes (530) ; saint Léonard, ermite dans le Limousin (VIème s.) ; sainte Galle, vierge à Valence (VIème s.) ; saint Protais, évêque de Lausanne (VIIème s.) ; saint Luc de Taormine, moine (IXème) ; saint Barlaam de Khoutyn (1192) ; saint Luc, économe des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Germain, archevêque de Kazan (1567) ; saint Barlaam de Keret (XVIème s.) saints néo-martyrs de Russie : Nicétas, évêque d’Orekhovo-Zouïevsk, Anatole (Berjitsky), Arsène (Troïtzky), Nicolas (Dvoritsky), Nicolas (Protasov), Constantin (Lioubomoudrov), prêtres, Varlaam (Nikolsky), Gabriel (Vladimirov) et Gabriel (Moura), moines, Nina (Chouvalov) et Séraphime (Gorchkov), moniales (1937), Basile (Krylov), prêtre (1938).

SAINT PAUL LE CONFESSEUR

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Saint Paul le Confesseur, archevêque de Constantinople (350)

Saint Paul naquit à Thessalonique à l’aube du IVe siècle. Lors du premier Concile de Nicée, il était encore tout adolescent, mais il fut peu de temps après rangé parmi les clercs de l’Église de Constantinople. Il se signalait par la pureté de sa vie, sa douceur et son enseignement irréprochable de la foi orthodoxe. C’est pourquoi il fut ordonné diacre, puis prêtre, par l’archevêque Alexandre [30 août], alors qu’il était encore jeune. Aimé de tous les fidèles de la capitale, il fut consacré archevêque, en 340, à la mort d’Alexandre qui l’avait désigné comme son successeur. Son élection déchaîna cependant la haine des ariens qui le calomnièrent auprès de l’empereur Constance, qui se trouvait alors à Antioche. Lorsqu’il apprit la consécration du jeune orthodoxe, il revint furieux dans la capitale et réunit un concile d’évêques ariens, qui déposa Paul et le remplaça par l’évêque de Nicomédie, Eusèbe : un des chefs de file de l’hérésie.

L’arianisme semblait alors pouvoir triompher définitivement puisque l’empereur et l’archevêque de Constantinople en étaient d’ardents partisans. Dès son installation, Eusèbe commença à traquer avec acharnement les défenseurs du concile de Nicée. Mais Dieu n’abandonna pas son Église : Eusèbe mourut après une année, et les orthodoxes de la capitale rappelèrent Paul, qui s’était réfugié à Rome, auprès du pape Jules, et où il avait retrouvé saint Athanase d’Alexandrie, lui aussi exilé pour le Nom du Christ. Au moment de reprendre son siège, le saint confesseur se trouva mêlé à de nouveaux troubles populaires, car les ariens avaient élu et ordonné un successeur à Eusèbe : l’hérétique Macédonius, qui joignait le blasphème contre la divinité du Saint-Esprit à l’erreur d’Arius quant à la divinité du Verbe. Informé de la situation, l’empereur Constance donna, d’Antioche, l’ordre à Hermogène, le chef militaire de la Thrace, d’entrer avec ses troupes dans la capitale et d’en chasser Paul par la force. Le peuple s’ameuta, des combats sanglants éclatèrent partout dans les rues, faisant de nombreuses victimes, et Hermogène lui-même fut victime de la vindicte populaire. Les émeutiers le tuèrent, traînèrent son corps à travers la ville et brûlèrent sa demeure. Paul put donc être rétabli sur son siège, mais pour peu de temps, car l’empereur furieux arriva en force à Byzance, en chassa saint Paul, qui alla chercher refuge à Rome, et il déchaîna aussi sa colère sur Macédonius, l’accusant d’avoir été la cause de tous ces troubles.

En Occident, Paul obtint le soutien de l’empereur Constant qui résidait à Trèves et, grâce aux lettres de réprimandes que le pape adressa aux évêques orientaux pour leur attitude envers sa personne et à l’égard de saint Athanase, il put, au bout de quelque temps, regagner son siège au milieu de l’allégresse populaire. Mais Constance, ne pouvant trouver de repos dans sa lutte contre les orthodoxes, chargea bientôt le préfet Philippe d’expulser Paul et de replacer Macédonius sur le siège de la reine des villes, sans toutefois réitérer les troubles qu’avait occasionné l’intervention d’Hermogène. C’est pourquoi Philippe usa d’un stratagème pour attirer saint Paul vers l’établissement de bains et, sous prétexte de lui rendre les honneurs, il le fit enlever en secret et exiler à Thessalonique, d’où le malheureux évêque se rendit de nouveau à Rome.

En 347, à l’issue du concile de Sardique, Athanase et Paul purent reprendre possession de leurs sièges. Pendant environ trois ans, l’Église de Constantinople connut, autour de son pasteur légitime, la paix et la sécurité de l’Orthodoxie. Mais ce répit fut de courte durée, car, en 350, le comte Magnence se souleva contre l’empereur orthodoxe d’Occident, Constant, et fut proclamé empereur par ses troupes. Ses prétentions à l’empire universel obligèrent Constance à engager une guerre contre lui et, après de dures campagnes, l’empereur hérétique s’empara de Lyon et reconstitua à son profit l’unité de l’Empire. L’équilibre qu’avait procuré jusque-là la présence d’un empereur orthodoxe en Occident était désormais rompu et Constance put déchaîner librement ses persécutions contre les défenseurs de la divinité du Fils de Dieu. Il fit arrêter saint Paul et le fit conduire, chargé de lourdes chaînes, à Singar d’abord, puis à Émèse, et enfin à Cucuse dans la lointaine Arménie. C’est là qu’un jour où le saint évêque célébrait la Divine Liturgie, les ariens se ruèrent dans l’église et l’étranglèrent au moyen de son omophorion (entre 351 et 357).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Paul le Confesseur, ton 3
La confession de la divine foi / a fait de toi pour l’Eglise un autre Paul / par le zèle de pontife que tu manifestas; / avec celui d’Abel et de Zacharie / vers le Seigneur crie justice ton propre sang. / Père vénérable, prie le Christ notre Dieu / de nous accorder la grande miséricorde.

Kondakion de saint Paul le Confesseur, ton 2
Ayant fait briller sur terre comme un astre la lumière des cieux, / tu éclaires à présent l’Eglise universelle; / tu luttas pour elle, bienheureux Paul, donnant ta vie, / et comme celui d’Abel et de Zacharie / ton sang crie de la terre, appelant le Seigneur.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc XI, 23-26)

Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va dans des lieux arides, pour chercher du repos. N’en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Alors il s’en va, et il prend sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première.

24 octobre (ancien calendrier)/6 novembre (nouveau)

24 octobre (ancien calendrier)/6 novembre (nouveau)

Icône de la Très-Sainte Mère de Dieu “Joie des Affligés” ; Saint Aréthas, roi, et ses compagnons, martyrs en Ethiopie (523) ; saint Senoch, hiéromoine à Tiffauges (576) ; sainte Synclétique et ses deux filles, martyres (VIème s.) ; saint Magloire (ou Maelor), évêque de Dol (vers 575) ; saint Martin de Vertou, abbé (601) ; saint Regnobert, évêque de Bayeux (VIIème s.) ; saint Aréthas (XIIème s.), saint Sisoès (XIIIème s.) et saint Théophile (XIIIème s.), reclus des Grottes de Kiev ; saint Athanase, patriarche de Constantinople (vers 1315) ; saints néo-martyrs de Russie : Laurent, évêque de Balakhna ; Alexis (Porfiriev), prêtre, et Alexis Neidgardt, ( 1918) ; Nicolas Nikolski et Jean Smirnov, prêtres (1937), et de Pierre Bogorodski, prêtre (1938) ; saint Georges, confesseur (1959).

SAINT MARTYR ARÉTHAS

Sous le règne de l’empereur de Byzance Justin (518-527), le saint roi Élesbaan régnait à Axoum sur le royaume d’Éthiopie. Le royaume voisin des Homérites (Himyar), en Arabie Heureuse , était, quant à lui, aux mains d’un homme cruel et belliqueux, Dhû Nowas, converti au judaïsme sous le nom de Youssouf, qui ne cessait d’assaillir le royaume chrétien d’Éthiopie. À la suite de brillantes victoires, Élesbaan était parvenu à le soumettre, à pénétrer dans son royaume et à le contraindre à payer tribut (518). Toutefois, après quelque temps, Dhû-Nowas réussit à lever une puissante armée et il attaqua les villes chrétiennes de son royaume, afin d’en exterminer tous ceux qui refuseraient de renier le Christ et de piétiner la sainte et vivifiante Croix.

Saint Aréthas, roi, et ses compagnons, martyrs en Ethiopie (523)

Le roi impie se dirigea ensuite vers la ville de Najran (dans le Yémen du Nord), cité riche et fortement peuplée, qui était chrétienne depuis le règne de Constance, fils de saint Constantin le Grand (337-360). À la tête de la cité et de sa région, siégeait un sage et vénérable vieillard à la barbe blanche, Aréthas, dont la vertu était renommée et respectée par tous. Après avoir disposé ses douze mille hommes pour le siège, Dhû-Nowas se mit à provoquer les défenseurs de la ville du bas des remparts, leur criant mille menaces et leur promettant de tous les passer au fil de l’épée, s’ils ne se livraient pas et ne reniaient pas leur foi. À sa grande déception, il vit que ses menaces n’avaient pour effet que de renforcer l’ardeur des chrétiens à répandre leur sang pour le Christ. Craignant alors un siège qui pouvait lui coûter des pertes importantes, il décida de changer de tactique et employa la ruse. À force de flatteries et de promesses mensongères, le fourbe parvint à décider les notables de le laisser pénétrer avec une petite escorte dans la ville, pour une visite protocolaire, en tant que souverain de la région. On lui ouvrit donc les portes, plein de confiance en ses promesses et en la protection de Dieu. Affable et souriant, Dhû-Nowas montra une amabilité qui lui était peu coutumière, et loua fort la ville pour la richesse de ses monuments, sa prospérité et la concorde de ses habitants. En s’en allant, il invita les chefs du peuple et les notables à venir, le lendemain, visiter son camp. Lorsqu’au matin, on ouvrit les portes pour en laisser sortir les notables, à la tête desquels se trouvait saint Aréthas, Dhû-Nowas donna l’ordre de tous les capturer. Profitant de l’émotion et de la confusion qui avaient gagné les habitants de la cité, ses soldats y pénétrèrent, s’en emparèrent en un clin d’œil et la pillèrent. Le tyran s’en prit d’abord au saint évêque Paul, mort deux années auparavant. Il se fit ouvrir son tombeau et donna l’ordre de jeter au feu ses saintes reliques, qui étaient vénérées avec ferveur par les habitants. Il fit ensuite brûler vifs tous les prêtres, clercs, moines et moniales de la ville, au nombre de quatre cent soixante-dix-sept. Puis ce furent cent vingt-sept pieux laïcs qui offrirent leur vie au Christ en ayant la tête tranchée. Dhû-Nowas fit aussi comparaître devant lui une riche et noble veuve, qu’il essaya de convaincre par des promesses, puis par les menaces d’effrayants supplices. Voyant sa mère insultée par le tyran et maltraitée par ses soldats, la fille de cette noble femme se précipita vers Dhû-Nowas et lui cracha au visage. Plein de rage, celui-ci fit décapiter sur-le-champ la fillette âgée de douze ans et, comble de cruauté, il contraignit sa mère à boire une coupe de son sang avant d’avoir à son tour la tête tranchée.

Le lendemain, le tyran, siégeant sur un trône élevé, fit comparaître devant lui saint Aréthas et ses trois cent quarante compagnons. Aréthas était si vieux et tellement affligé par les malheurs qui s’abattaient sur ses concitoyens qu’on dut le porter jusqu’au lieu du jugement. Malgré sa vieillesse, il montra devant le roi une assurance et une bravoure dignes de la fougue d’un jeune guerrier. Avec douceur et sérénité, il encourageait ses compagnons à parvenir à la perfection par le martyre et à participer avec allégresse à la Passion du Seigneur, pour avoir part à la jouissance éternelle de sa gloire. En entendant ses exhortations, le peuple versait d’abondantes larmes tout en assurant le saint, d’une voix unanime, que la charité qui les avait unis dans cette vie passagère resterait indissoluble jusque dans la mort, et que tous étaient prêts à recevoir avec lui la couronne du martyre. Devant leur inébranlable résolution, le roi abandonna toute autre tentative de les faire renier leur foi et ordonna de les décapiter près du fleuve. Après une dernière prière, les martyrs échangèrent un saint baiser, comme les prêtres qui se préparent à célébrer le saint sacrifice. Aréthas eut le premier la tête tranchée. Les autres martyrs s’oignirent pieusement le front avec son sang, et s’offrirent avec joie à la mort.

Une femme, accompagnée de son enfant de trois ans, se rendit sur les lieux quelques instants après l’exécution, afin de s’oindre elle aussi de quelques gouttes du sang des martyrs. Les soldats se saisirent d’elle et la présentèrent au tyran. Aussitôt, celui-ci donna l’ordre de la brûler vive. Tel un jeune oiseau privé de sa mère, l’enfant criait de détresse. Touché par la beauté et la charme du petit garçon, le roi le prit sur ses genoux et tenta de le consoler. Son étonnement fut grand cependant lorsque après avoir demandé à l’enfant ce qu’il désirait le plus, il l’entendit répondre en bredouillant qu’il désirait partager avec sa mère le martyre. — « Mais qu’est-ce que le martyre ? » lui demanda-t-il. — « C’est mourir pour le Christ, afin de revivre à nouveau. » — « Sais-tu seulement qui est ce Christ ? » — « Viens à l’église et je te le montrerai », répliqua l’enfant plein d’assurance. Rien ne pouvait parvenir à ébranler la décision de ce bambin plus sage que beaucoup de vieillards en ce monde. Et lorsqu’il vit que l’on jetait sa mère au feu, il se dégagea d’un seul coup des bras du roi, courut vers le brasier et pénétra sans hésiter dans les flammes pour la rejoindre et être, avec elle, uni au Christ.

Le bruit de ces massacres parvint jusqu’aux oreilles de l’empereur Justin à Constantinople. Celui-ci écrivit au patriarche d’Alexandrie, Astérios, le pressant de décider le roi d’Éthiopie Élesbaan à lancer une expédition de représailles contre le cruel Dhû-Nowas. Astérios réunit les moines de Nitrie et des autres déserts, qui célébrèrent des vigiles et jeûnèrent pour la réussite de l’expédition et la libération des chrétiens. Élesbaan craignait cependant de ne pouvoir vaincre et désirait recevoir un signe de Dieu. Il se rendit alors chez un ermite réputé de son royaume, pour solliciter ses prières et ses conseils. Le saint homme l’assura que, par les prières et les larmes de l’empereur Justin, du patriarche d’Alexandrie et de ses moines, ainsi que des siennes, Dieu livrerait l’impie entre ses mains. Il en avait une telle certitude qu’il commanda à Élesbaan de ne prendre que vingt jours de vivres pour ses troupes.

L’armée chrétienne combattit vaillamment et, avec l’aide de Dieu, reconquit rapidement la ville de Najran et la région d’Himyar (525). Devenu instrument de la colère de Dieu à l’égard des juifs et des ennemis des chrétiens, le roi Élesbaan installa un évêque dans la ville , il fit édifier de nouvelles églises avec la fortune que saint Aréthas avait laissée, puis il retourna en paix dans son royaume.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Aréthas, t. 1
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi * laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; * guéris toutes nos douleurs, * Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Kondakion du saint martyr Aréthas, t. 4
Elle nous apporte la joie, * la lumineuse fête des Martyrs, en ce jour; * la célébrant, nous glorifions le Seigneur qui trône dans les cieux.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc X, 1-15)
Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Partez; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord: Que la paix soit sur cette maison! Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera; car l’ouvrier mérite son salaire. N’allez pas de maison en maison. Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s’est approché de vous. Mais dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez dans ses rues, et dites: Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de Dieu s’est approché. Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là. Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts.

4 novembre

4 novembre
Jour de jeûne

Saint Joannice le Grand, ermite au Mont-Olympe (846) ; saint Nicandre, évêque de Myre, et saint Hermias, martyrs (Ier s.) ; saint Mercure des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Nicandre, higoumène de Gorodensk (XVIème s.) ; saint Procule, évêque d’Autun, martyr (vers 720) ; saint Amand, évêque de Rodez (IVème) ; bienheureux Simon de Yourevetsk, fol en Christ (1586) ; saint Paul, métropolite de Tobolsk (1770) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Vinogradov), confesseur, prêtre (1931), moniale Eugénie (Lyssova) (1935), Alexandre (Petropavlovsky), prêtre (1937), Izmaïl (Vasilevsky), prêtre (1941).

SAINT JOANNICE LE GRAND

Saint Joannice le Grand, ermite au Mont-Olympe (846)

Notre saint Père Joannice naquit en 754 (ou 762) à Marycate, au nord du lac Apollonias, en Bithynie. Ses parents étaient paysans et ils le chargèrent, dès l’âge de sept ans, de la garde des porcs. Pieux de nature, Joannice fut néanmoins entraîné à adhérer, avec sa famille, à l’hérésie des « briseurs d’images ». À l’âge de dix-neuf ans, il fut enrôlé dans la garde impériale. De forte constitution et de caractère hardi, il s’illustra par de nombreuses actions d’éclat dans les combats. Au bout de dix-sept ans de service, au retour d’une campagne victorieuse, il passa à proximité du fameux centre monastique du Mont Olympe de Bithynie, et rencontra là un vieil ascète qui le convainquit de son erreur à propos des saintes icônes. Le jeune homme se repentit aussitôt, vénéra avec foi l’icône du Christ et décida d’embrasser une vie d’ascèse et de pénitence (788).

En 795, les Bulgares idolâtres envahirent la Thrace. L’empereur Constantin VI rassembla une forte armée pour leur résister, mais il fut lamentablement vaincu lors de la bataille de Markellai. Joannice montra alors un héroïsme exceptionnel. Il sauva la vie de l’empereur et tua en combat singulier un barbare, permettant ainsi la retraite de l’armée byzantine. L’empereur voulut lui témoigner sa reconnaissance en le faisant entrer à son service personnel ; mais le spectacle des massacres et des horreurs de la guerre avait fait comprendre à Joannice la vanité de cette vie, et il demanda pour toute faveur au souverain la permission de se retirer de l’armée, après vingt-quatre ans de loyaux services, pour mener désormais la guerre invisible dans les rangs de la milice angélique.

Il se rendit d’abord au monastère des Agaures, près de Prousse. Mais l’higoumène Grégoire, constatant son manque d’instruction, lui recommanda d’aller d’abord recevoir une formation dans les lettres ecclésiastiques et les rudiments de l’ascèse au sein d’un coenobium, avant de se joindre à des moines plus expérimentés. Après un court séjour au monastère de Télaos près d’Atroa, il fut reçu au monastère d’Antidion, situé dans un endroit plus retiré, où, pendant deux ans, il se montra un modèle pour tous les autres moines dans le renoncement à sa volonté propre, et la lutte contre l’amour des plaisirs et les tentations de toutes sortes. Étant dépourvu de toute éducation, il y fut initié aux rudiments des lettres ecclésiastiques et apprit par cœur trente psaumes. Désirant toutefois mener une vie plus solitaire, Joannice demanda à se retirer, seul avec Dieu, sur le mont Korakocéphalos (« tête de corbeau ») qui surplombait le monastère d’Antidion. Il y resta une semaine entière, sans prendre de nourriture, suppliant seulement Dieu de lui faire rencontrer un père spirituel apte à le guider sur la voie de la perfection. Le septième jour, il rencontra deux ermites doués du don de clairvoyance. Ils lui révélèrent son avenir et lui donnèrent une tunique de poils et une croix, en l’assurant qu’elles lui seraient d’un grand secours dans les combats qu’il allait mener contre les esprits des ténèbres.

Dès lors, saint Joannice commença sa vie solitaire. Il s’installa d’abord sur le mont Trichalika, situé près de Prousse et du monastère des Agaures. Mais la renommée de ses vertus n’ayant pas tardé à s’étendre dans la région, il dut s’enfuir vers une retraite plus solitaire. Il s’établit alors dans une grotte perdue au fond d’une forêt profonde, près du village d’Hellespontos, situé dans le district de Pandèmos, où il n’était connu que d’un berger qui lui apportait une fois par mois de l’eau et du pain. Trois ans plus tard, il retrouva un de ses compagnons d’armes, Antoine, qui avait lui aussi renoncé au monde. Ils se retirèrent ensemble dans les sauvages solitudes des monts Kondouria, près de Myre en Lycie. Sur le chemin, Joannice rencontra une jeune vierge qui, victime des tentations du démon, avait décidé de retourner dans le monde. Il s’approcha d’elle et lui demanda de poser sa main sur sa nuque en lui disant : « Par la puissance de Jésus-Christ, que la tentation qui t’assaille tombe sur moi ! » Alors que la jeune fille rentrait apaisée dans son monastère, le saint se retira dans une grotte en proie à d’effroyables assauts du démon de la fornication.

Trois ans plus tard, comme Antoine était retourné au monastère des Agaures, Joannice partit pour de nouvelles solitudes dans les montagnes de Cilicie, où il demeura sept ans. En 807, à la suite d’une vision, il regagna le monastère d’Éristè à Pandèmos où, après avoir informé l’higoumène Étienne de sa révélation, il reçut dès le lendemain le saint Habit angélique. Il était alors âgé de cinquante-quatre ans et avait déjà passé douze années dans la vie érémitique. Continuant ses périples, il resta un an dans une grotte de Kritama, près de la rivière Gorgytès, attaché à une lourde chaîne. Au bout de trois années de retraite, il rendit visite à un saint Ancien, Georges, qui vivait à Chélidon, dans la montagne d’Alsos en Lydie, et sur le chemin il tua par sa prière un redoutable dragon qui vivait dans la rivière, en le frappant de sa chaîne. Il passa trois années avec Georges, qui lui apprit le reste des psaumes et acheva sa formation monastique.

En 810, Dieu lui fit savoir dans une vision qu’il était désormais temps pour lui de quitter les solitudes et de travailler au salut des âmes. Après être passé au monastère d’Antidion, il regagna les Agaures et s’installa de nouveau sur le mont Trichalika, en compagnie de trois moines — dont Eustrate, auquel le saint prédit son glorieux avenir comme higoumène des Agaures — et il commença à manifester ses dons de clairvoyance et de pouvoir sur les animaux, comme jadis Adam au Paradis. Recevant de nombreux visiteurs, il guérissait les malades, consolait les âmes troublées, redressait les pécheurs et les hérétiques iconoclastes, les conduisant dans la voie de la vérité et de la vertu. Il se faisait tout pour tous, sans pourtant jamais perdre la quiétude et l’impassibilité que Dieu lui avait accordées en récompense de ses labeurs. Saint Joannice brillait particulièrement par le don de prophétie. Il prédit, entre autres, la défaite et la mort de l’empereur Nicéphore dans la guerre contre les Bulgares (811), la chute de Michel Ier Rangabé (813) et la prise de pouvoir par Léon V l’Arménien (813-820), ainsi que la terrible persécution que ce dernier allait déclencher contre les orthodoxes.

De retour au mont Alsos en Lydie, au début du règne de Léon l’Arménien, le saint fut empoisonné par un mage du nom de Gouria. Mais la nuit suivante, saint Eustathe apparut en songe à Joannice et lui donna un morceau de bois à manger, lequel le guérit aussitôt. Pour témoigner sa reconnaissance, saint Joannice fit construire en ce lieu une église et un monastère dédié au saint martyr, qui allait compter plus de soixante-dix moines, au bout de quelques années. Une autre fois, il vit apparaître en songe une source miraculeuse et entendit une voix lui ordonner de bâtir à cet endroit une chapelle en l’honneur de la Mère de Dieu ainsi qu’un monastère. Le saint se mit aussitôt à l’œuvre, aidant les ouvriers par ses miracles. Il fit aussi disparaître à plusieurs reprises des serpents qui avaient envahi l’endroit, à l’aide de la verge de métal surmontée d’une croix qu’il tenait toujours en main. Il fonda un troisième monastère, dédié aux saints Apôtres Pierre et Paul. Puis, après avoir organisé la vie monastique de ces trois établissements, il retourna dans la solitude pour converser seul à seul avec Dieu, dans un endroit connu seulement d’Eustrate.

Pendant la persécution de Léon l’Arménien, le saint recevait de nombreux visiteurs dans son ermitage. Il consolait et affermissait dans la foi orthodoxe moines et laïcs par sa parole inspirée et ses miracles. Un jour, alors qu’Eustrate était entré discrètement dans sa cellule, il découvrit le saint suspendu en l’air à deux coudées au-dessus du sol, l’âme transportée dans les délices du monde à venir. Alors que la persécution faisait rage, l’homme de Dieu regagna le mont Trichalika, et il ne sortit qu’une fois pour se rendre en Thrace et délivrer miraculeusement des prisonniers chrétiens qui étaient aux mains des Bulgares. Sa renommée était désormais répandue dans tout l’Orient et aucun pieux chrétien ne passait dans la région sans venir prendre sa bénédiction. En 824, un groupe d’une centaine de personnalités ecclésiastiques les plus illustres du temps — parmi lesquels se trouvaient les métropolites de Chalcédoine et de Nicée, saint Théodore Stoudite et Clément le Notaire — lui rendirent visite et lui demandèrent de leur révéler quelle est la plus grande des vertus. Joannice répondit : « C’est l’humilité, car c’est par humilité que le Verbe de Dieu s’est anéanti lui-même et a accepté de prendre la forme d’esclave (Phil 2, 6), pour nous délivrer de la mort dans laquelle était tombé notre premier père Adam par orgueil. » Il renvoya ensuite ses hôtes, sans manquer de prédire l’avenir de certains d’entre eux sous forme énigmatique. Une autre fois, après avoir reçu la visite de saint Pierre d’Atroa, il eut la révélation du prochain décès de ce grand confesseur de l’Orthodoxie et décrivit la scène à ses disciples (837). Il reçut également la visite de saint Euthyme le Jeune, dont il éprouva l’humilité en l’accusant faussement de meurtre. Comme Joannice s’était rendu un jour au monastère du Grand-Champ pour y vénérer la tombe de saint Théophane le Confesseur, sur le chemin du retour, il s’arrêta au monastère situé sur l’île de Thasios, au nord du lac Apollonias, où l’higoumène, saint Daniel, l’accueillit chaleureusement comme un nouveau prophète, et à la requête des moines, Joannice chassa un grand serpent qui effrayait les habitants de la contrée. Il se retira ensuite, avec Daniel, dans les grottes de Toparchée, pour y mener la vie hésychaste. Mordu par un serpent, il fut miraculeusement préservé indemne, et après quarante jours, il retourna au mont Trikalika.

Un jour, un moine, qui doutait des miracles accomplis par saint Joannice, vint le trouver. L’homme de Dieu l’accueillit avec charité et lui offrit à manger avec d’autres visiteurs. Pendant le repas, un ours surgit soudain, semant la panique parmi les convives. Le saint l’appela doucement, et la bête vint se prosterner à ses pieds. Il lui ordonna ensuite de faire de même devant chacun des invités, puis il leur dit : « Quand ils furent créés, les animaux respectaient l’homme qui est créé à l’image de Dieu, et ils ne lui inspiraient aucune crainte. C’est parce que nous avons transgressé les commandements de Dieu que maintenant nous en avons peur. Si nous aimons le Seigneur Jésus et gardons ses commandements, aucune bête ne pourra nous faire de mal. » Les convives se retirèrent édifiés, sans oser désormais mettre en doute les miracles du saint.
Pendant la guerre contre les Arabes (838), on vint rapporter au saint Vieillard l’horrible condition des prisonniers chrétiens d’Amorium en Phrygie. Joannice versa des larmes de compassion en entendant ce récit et, la nuit suivante, il apparut aux prisonniers et les délivra miraculeusement de leurs chaînes.

Harassé par sa célébrité, le saint retourna, avec Eustrate, dans la région déserte du mont Korakocéphalos, et ils s’installèrent dans des cellules séparées. Alors que l’empereur Théophile persécutait violemment l’Église et en particulier les moines défenseurs des saintes icônes, Dieu manifesta la puissance de la vraie foi en accomplissant de nouveaux miracles par l’intermédiaire du saint ermite. Comme sur les dernières années de sa vie, l’empereur commençait à douter de la justesse de ses convictions (841), il envoya deux grands dignitaires auprès de saint Joannice, afin de recevoir ses conseils. Le bienheureux Vieillard fut catégorique : « Celui qui ne rend pas l’honneur qui leur est dû aux images du Christ, de la Mère de Dieu et des saints, ne pourra pas être reçu dans le Royaume des cieux, même s’il a mené une vie sans reproche. De même que ceux qui méprisent ton image, ô empereur, sont sévèrement châtiés, de même, ceux qui se moquent de l’image du Christ, seront-ils jetés dans le feu éternel. » On raconte que, l’année suivante, Théophile, allongé sur son lit de mort, fit apporter une icône du Christ et la baisa avec larmes avant d’expirer. Son épouse Théodora fit immédiatement consacrer saint Méthode patriarche de Constantinople, conformément à la prophétie de saint Joannice, et elle rétablit définitivement le culte des saintes icônes (842).Au cours des années suivantes, le patriarche s’employa à remettre de l’ordre dans l’Église, sans toutefois user d’une sévérité excessive à l’égard des prêtres et des évêques qui étaient tombés dans l’hérésie et qui acceptaient de faire pénitence. Cette attitude déplut à certains hiérarques et moines, parmi lesquels se trouvaient les moines du Stoudion ; mais saint Joannice soutint de son autorité la position indulgente de saint Méthode.
Certains moines, envieux de la notoriété de saint Joannice, mirent un jour le feu à sa cellule. Les distinguant sans difficulté dans la foule de ceux qui assistaient impuissants à l’incendie, le saint se dirigea vers eux, leur parla avec bienveillance et leur offrit même un repas avec les quelques vivres qu’il avait pu sauver du sinistre. Certains se repentirent devant cette marque de charité, mais le moine Épiphane resta implacable. Désormais âgé de quatre-vingt-douze ans et aspirant au repos, l’homme de Dieu vit dans cet événement un signe divin et, renonçant à rebâtir son ermitage, il regagna le monastère d’Antidion, là même où il avait fait ses débuts dans la vie angélique cinquante-deux ans auparavant, en traversant de manière invisible la foule des visiteurs. Il s’y endormit dans le Seigneur le 4 novembre 846, après avoir prédit au patriarche saint Méthode, venu à son chevet, qu’il le rejoindrait huit mois plus tard. Au moment de sa mort, les moines du Mont Olympe purent voir une colonne de feu s’élever de la terre au ciel. Une grande foule de moines et de fidèles venus de toute part assista à ses funérailles et, par la suite, ses saintes reliques continuèrent d’accomplirent de nombreux miracles. Il est loué dans le Synodikon de l’Orthodoxie, parmi les grands confesseurs et qualifié de « grand prophète».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Joannice, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, / par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, / par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: / vénérable Père Joannice, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Joannice, ton 8
Tu parus sur la terre comme un astre resplendissant, / éclairant ceux qui gisaient dans les ténèbres des passions, / en habile médecin de ceux qu’afflige la maladie; / toi qui as reçu le don des guérisons, / accorde cette grâce aux fidèles t’en priant, / afin que nous puissions te dire à haute voix: / Réjouis-toi, Joannice, Père saint.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc XI,9-13)

Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson? Ou, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent.

22 octobre(ancien calendrier)/4 novembre (nouveau)

22 octobre(ancien calendrier)/4 novembre (nouveau)
Jour de jeûne

Fête de l’icône miraculeuse de N.D de Kazan ; Saint Aberce, évêque d’Hiérapolis, thaumaturge, égal aux apôtres (vers 167) ; les sept « dormants » d’Ephèse : Maximilien, Jamblique, Martinien, Jean, Denis, Exacustodien (Constantine) et Antonin (vers 208 ; 408-450) ; saint Alexandre, évêque, saint Héraclius, soldat, saintes Anne, Elisabeth, Théodotie et Glycérie, martyrs (II-IIIème s.) ; saint Mellon, évêque de Rouen (vers 300) ; saint Népotien, évêque de Clermont (388) ; saint Vallier, archidiacre à Langres, martyr (IVème s.) ; saint Léothade, évêque d’Auch (718) ; saints néo-martyrs de Russie : Séraphim, évêque d’Ouglitch et avec lui Vladimir (Sobolev), Alexandre (Andreev), Basile (Bogoïavlensky), Alexandre (Lebedev), prêtres, Germain (Poliansky) et Ménas (Chelaïev) (1937) ; Nicolas (Bogoslovsky), Nicolas (Ouchakov), prêtres et Grégoire (Vorobiev), moine (1937).

COMMÉMORATION DE L’ICÔNE DE N.D. DE KAZAN

L’icône de la Mère de Dieu de Kazan est l’une des plus vénérées en Russie et est apparue à Kazan en 1579. La date de sa fête, le 22 octobre selon l’ancien calendrier, a été fixée au XVIIème siècle, en mémoire de la libération de Moscou et, par voie de conséquence, de la Russie, de l’invasion polonaise et ce le 22 novembre 1612. En 1579, une fillette du nom de Matrone, dont la maison familiale avait brûlé au cours de l’incendie de Kazan, vit en songe l’icône de la Mère de Dieu et entendit une voix qui lui ordonnait de chercher la sainte icône, dissimulée dans les cendres de la maison sinistrée. La sainte icône fut trouvée enveloppée dans un vieux tissu sous le poêle, où elle avait probablement été enterrée du temps de l’invasion des Tatares à Kazan. On amena solennellement l’icône à l’église paroissiale, dont le recteur était St Hermogène, le futur patriarche qui périt au temps des troubles. En ces jours difficiles où Moscou était occupée par les Polonais, le saint patriarche Hermogène, se trouvant sous surveillance, réussit à faire acheminer secrètement un appel à Nijni-Novgorod : « Écrivez à Kazan au métropolite Éphrem qu’il envoie aux boyards et à l’armée cosaque un message, afin qu’ils défendent fermement la Foi, qu’ils mettent fin au pillage, qu’ils gardent l’esprit fraternel et que comme ils l’ont promis ils donnent leur vie pour la maison de la Mère de Dieu (i.e. la Russie) et pour la Foi. Écrivez à toutes les villes… Parlez partout en mon nom ». Les habitants de Novgorod répondirent à l’appel du patriarche. A l’armée dirigée par le prince Dimitri Pojarsky se joignirent les régiments de Cosaques qui avaient apporté avec eux une copie de l’icône miraculeuse de Kazan. Dans le froid de l’automne, l’armée russe se précipita à l’assaut de Moscou qui était occupée par les Polonais. Le jeûne de trois jours et la prière fervente devant l’icône de la Mère de Dieu de Kazan firent que le Seigneur eut miséricorde de son peuple. Dans le Kremlin assiégé par les armées russes se trouvait l’archevêque Arsène d’Élassona qui était venu de Grèce et était tombé malade du fait du choc et des émotions. La nuit, la cellule du hiérarque se remplit soudain de lumière et il vit St Serge de Radonège qui lui dit : « Arsène, nos prières ont été entendues ; par l’intercession de la Mère de Dieu le jugement de Dieu à l’encontre de la patrie est changé en miséricorde. Demain, Moscou sera dans les mains de ceux qui l’assiègent et la Russie sera sauvée ». La confirmation de la véracité de cette prophétie fut en quelque sorte la guérison de l’archevêque. Le jour suivant, le 22 octobre 1612, les armées russes remportèrent la victoire et prirent Kitaï-Gorod, et deux jours après, le Kremlin. Le dimanche 25 octobre, les escadrons russes entrèrent au Kremlin solennellement, portant l’icône de Kazan. En mémoire de la libération de Moscou fut instituée la fête en l’honneur de l’icône de Kazan le 22 octobre.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’icône de N.D. de Kazan, ton 4
Toi qui nous protèges de tout cœur, Mère du Seigneur tout puissant, intercède auprès de ton Fils, le Christ notre Dieu en faveur de nous tous, et fais que nous trouvions le salut, nous qui accourons sous ta puissante protection. Dame souveraine, protège-nous tous, nous qui, dans le malheur l’affliction, la maladie et sous le poids de tant de péchés, avec tendresse te prions devant ton icône immaculée, avec larmes, le cœur contrit, fais reposer notre irréversible espérance sur toi: accorde-nous la délivrance de tout mal, et tout ce qui nous est utile et sauve-nous, Vierge Mère de Dieu, car tu es pour tes serviteurs la divine protection.

Tropaire de saint Aberce, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, pontife Aberce, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Abercius, ton 8
Comme grand pontife, comme égal aux Apôtres, Aberce, * te glorifie l’entière Eglise des croyants; * Bienheureux, par tes prières garde-la * invincible, inébranlable et à l’abri de toute erreur, * Père dont nous admirons les miracles si nombreux.

Kondakion de l’icône de N.D. de Kazan, ton 8
Accourons, fidèles, vers ce havre de sérénité, la protection de la Vierge, son aide empressée, le prompt salut qu’elle nous offre avec ardeur. Hâtons-nous vers la prière, empressons-nous vers le repentir, car la très Sainte Mère de Dieu fait jaillir sur nous la miséricorde qui ne tarit pas, avec prévenance, elle vient à notre secours, elle délivre de grands malheurs et d’immenses calamités ses serviteurs qui bien lui plaisent et cultivent la crainte de Dieu.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc IX, 44-50)

Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu’ils n’en eussent pas le sens; et ils craignaient de l’interroger à ce sujet. Or, une pensée leur vint à l’esprit, savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Jésus, voyant la pensée de leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, et leur dit: Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. Jean prit la parole, et dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, lui répondit Jésus; car qui n’est pas contre vous est pour vous.

3 novembre

3 novembre

Saints martyrs Acepismas, évêque, Joseph, prêtre et Aïthala, diacre (IVème s.) ; Dédicacе de l’église Saint-Georges à Lydda (IVème s.) ; saints martyrs Attique, Agape, Eudocie, Catérie, Istucarie, Pactovie, Nictopolion et leurs compagnons (vers 320) ; saint Papoul, prêtre à Toulouse, martyr (vers 300) ; saint Acepismas (IVème s.) ; sainte Snandulie (IVème s.) ; saint Hormizd le Confesseur (Perse, Vème s.) ; saint Pirmin, évêque évangélisateur des pays germaniques (753) ; saint Hubert, évêque de Maestricht (727) ; saint Gwenhael, abbé de Landevenec (vers 550) ; saints Achéric et Guillaume, moines dans les Vosges (IXème s.) ; saint Georges de Néapolis, prêtre, néo-martyr grec (1797) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Dinariev), prêtre et Paul (Parfenov) (1918) ; Basile (Arkhangelsky), Pierre (Orlenkov), Basile (Pokrovsky), Alexandre (Zverev), Vladimir (Pisarev), Serge (Kedrov), Nicolas (Piatnitsky), Vincent (Smirnov), Jean (Kesarisky), Pierre (Kosminkov), Alexandre (Parousnikov), Paul (Andreev), Cosmas (Petritchenko), prêtres et Syméon (Kretchkov), diacre (1937) ; Eudocie (Safronov) (1938) ; Serge (Stanislavlev), diacre (1942).

VIE DES SAINTS MARTYRS ACEPSIMAS, JOSEPH ET AÏTHALA

La trente septième année de la sauvage persécution déclenchée par le roi de Perse Sapor II (378-379), les chefs des mages se virent attribuer le pouvoir de torturer tous les chrétiens qu’ils trouveraient et de les faire périr s’ils s’obstinaient dans la confession de leur foi. On arrêta alors Acepsimas, l’évêque de la ville de Pakâ et de la région d’Henaitâ. C’était un vénérable vieillard de quatre-vingts ans, qui montrait aux païens le chemin de la Vie par sa parole et son exemple. Il jeûnait et priait sans cesse, et versait chaque jour des larmes en abondance. Arrivé à Arbèle et interrogé par le chef des mages, le saint évêque ne chercha à se disculper d’aucune des accusations que l’on portait contre lui. « Je prêche effectivement le Dieu unique et Ami des hommes, afin que ceux-ci fassent pénitence, qu’ils délaissent les chemins de perdition et adorent le Créateur et non les créatures comme des dieux. » Le mage le fit flageller sans pitié pour son âge et le jeta dans un sombre cachot. Vers la même époque, on arrêta aussi le prêtre Joseph de Bêt-Katôbâ. C’était un vieillard de soixante-dix ans, modèle du prêtre et zélé pour la foi comme aux premiers temps de sa conversion. Le diacre Aïthala de la région de Bêt-Nuhadré fut également arrêté. Il avait soixante ans, mais gardait encore le verbe tranchant ; il brûlait de l’amour de Dieu et aimait le Christ au point de n’attendre que de souffrir pour Lui afin de vivre en Lui. Ils furent enchaînés et conduits à Arbèle pour être traduits devant le même chef des mages. Celui-ci les menaça de mort sous prétexte qu’ils abusaient le peuple par leur magie (i.e. les saints Mystères). Joseph répondit à cette accusation : « Nous ne sommes pas des sorciers, nous enseignons aux hommes la Vérité, afin qu’ils délaissent les idoles sans vie pour reconnaître le Dieu vivant. » Le mage lui répliqua que la vérité ne pouvait se trouver que du côté du roi, des grands et des riches de ce monde, non chez ces pauvres et vils chrétiens. Joseph lui rétorqua : « Dieu méprise l’orgueil, la grandeur et la richesse de ce monde. Nous sommes certes pauvres, mais c’est volontairement. Nous donnons aux nécessiteux tout ce que nous gagnons à la sueur de notre front, alors que vous, vous les volez. La richesse est éphémère ; elle passe avec cette vie, c’est pourquoi nous n’y attachons pas notre cœur afin de mériter la gloire de l’autre monde. » L’assurance du vénérable prêtre irrita le chef des mages qui le fit écarteler par dix hommes et frapper avec des branches de grenadier couvertes d’épines. Alors que tout son corps baignait dans le sang, le saint martyr leva les yeux au ciel et dit : « Je te rends grâce, Christ, Fils de Dieu, de m’avoir jugé digne de ce second baptême qui me purifie de tous mes péchés. » On fit ensuite venir Aithala. Le mage lui enjoignit : « Adore le soleil, bois du sang, prends femme, obéis aux ordres du roi et tu échapperas ainsi aux tortures et à la mort qui t’attendent. » Aithala répondit :« Mieux vaut mourir pour vivre, que vivre pour mourir éternellement. Notre Maître nous a enseigné à aimer la Vie que, dans votre ignorance, vous appelez mort, et de haïr la mort que vous appelez vie. Tu adores le soleil car tu es aveugle et ne vois pas la vraie lumière qui s’est levée sur le monde et a été annoncée jusqu’aux confins de la terre. » On soumit immédiatement l’audacieux confesseur à la torture puis on le flagella jusqu’à ce que ses articulations se disloquent. Il fut ensuite jeté dans le cachot où se trouvaient déjà les deux autres confesseurs. Après cinq jours, on soumit les trois vieillards à des supplices encore plus cruels, sans toutefois pouvoir ébranler leur résolution. Lorsqu’ils furent ramenés en prison, ils ressemblaient plus à des cadavres qu’à des hommes vivants, et leur état empira encore après les privations, le froid et l’humidité d’un séjour de trois mois au cachot. Comme le roi venait à passer dans la province, on fit sortir les détenus pour les soumettre a un nouvel interrogatoire qui avait été confié au maître des mages de tout l’Orient. Celui-ci feignit d’avoir pitié de leurs cheveux blancs et les exhorta à obéir au roi pour échapper à la mort. Mais le bienheureux Acepsimas lui répondit : « Garde toi de changer d’attitude à notre endroit. Ne te fais pas d’illusion, jamais nous n’obéirons au roi. Donne tes ordres, que ce soit pour la mort ou pour la torture ; éprouve notre vieillesse avec les supplices qui te plairont. Notre patience en Celui qui nous fortifie est inlassable. C’est à travers nos épreuves que la Vérité que nous proclamons sera le plus clairement manifestée. Nos corps t’appartiennent, mais nos âmes sont à Dieu. Fais donc vite ce que tu as à faire. » Après l’avoir frappé avec rage, les bourreaux l’écartelèrent entre quatre pieux plantés en terre. Mais le saint, restant comme étranger à son propre corps, priait les yeux tournés vers le ciel. Il mourut sous les coups sans que ses bourreaux ne s’en aperçussent, si bien qu’ils continuèrent longtemps à s’acharner sur son corps mort. Le bienheureux Joseph comparut ensuite et fut soumis à d’atroces mais inutiles tortures, et, le croyant mort, ses tortionnaires finirent par le jeter dehors. Lorsque Aïthala fut amené devant le juge, il n’avait rien perdu de son assurance devant les souffrances de ses compagnons et il s’écria : « Je persévère dans la Vérité et je n’écouterai pas le roi, l’ennemi de tout ce qui est grand et beau. Tes tourments ne m’effrayent en aucune façon, homme cynique et impuissant ! Si tu disposes de nouveaux bourreaux, amène-les pour affermir mon âme et fortifier mon corps. ». Comme il voyait que les supplices ne faisaient que renforcer l’ardeur des martyrs, le chef des mages imagina une façon d’outrager par eux le Corps du Christ, et ordonna que les deux confesseurs, Joseph et Aïthala, fussent lapidés par tous les chrétiens, hommes et femmes, que l’on pourrait trouver dans la région. La plupart d’entre eux, effrayés de verser un sang innocent, allèrent se cacher dans les montagnes. Avant de procéder à l’exécution, on proposa aux saints de feindre d’avoir renié en buvant du jus de raisin à la place du sang et en mangeant de la viande qui n’avait pas été offerte en sacrifice aux idoles. Mais ils s’exclamèrent : « Dieu nous garde de souiller nos cheveux blancs et de dissimuler notre foi ou la vérité pour complaire à des hommes fourbes ! Nous nous garderons bien d’accepter la vie de vos mains. Votre puissance a brisé notre corps, mais vous ne pouvez pas arracher à notre âme son espérance indéfectible en la Résurrection qui nous est promise, alors que vous vous préparez pleurs et grincements de dents pour l’éternité. » L’impie répliqua avec sarcasme : « Et quelle récompense me donnerez-vous lorsque vous serez en ce lieu ? » Les bienheureux lui répondirent : « Dans l’autre monde, personne ne rendra le bien pour le mal. Mais dans ce monde, nous prions pour toi conformément à ce que nous a ordonné le Seigneur, en disant : Bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous persécutent (Mt V, 44). Nous le prions pour que tu te convertisses à Dieu, qu’Il ait pitié de toi et que tu reconnaisses qu’il n’en est pas d’autre en dehors de Lui. » Devant la magnanimité des martyrs, la rage du chef des mages ne connut plus de bornes. Il leur fit subir de nouvelles tortures et ordonna qu’ils fussent lapidés par les chrétiens qui avaient été arrêtés en foule. Ce fut d’abord le tour de Joseph. Les pierres pleuvaient, le sang du martyr se répandait à terre. Il fut bientôt enseveli sous un tas de pierres, mais comme il ne mourait pas, un soldat lui fracassa la tête avec une grosse pierre. Quelques jours plus tard, Aïthala fut conduit dans un bourg de la région, où l’on rassembla de force les chrétiens sur la place centrale pour les contraindre à jeter des pierres sur le vieillard. Il mourut ainsi lui aussi recouvert d’un monceau de pierres. Les jours suivants, un myrte poussa soudainement à l’endroit de l’exécution et, pendant cinq ans, les habitants de la région y trouvèrent la guérison de toutes sortes de maux. Le martyre des saints Acepsimas, Joseph et Aïthala marqua la fin de la grande persécution qui avait commencé quarante ans auparavant avec l’exécution de saint Syméon et de ses compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Тropaires des saints martyrs, ton 4
Tes martyrs, Seigneur, par leur combat, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Georges, ton 4
Libérateur des captifs, toi qui assures aux pauvres ta protection, en qui les malades trouvent aussi leur médecin et les princes, leur défenseur, saint Georges, victorieux et grand martyr, intercède auprès du Christ notre Dieu pour le Salut de nos âmes.

Kondakion du saint martyr, ton 2
Initié aux mystères divins, tu fus offert en agréable sacrifice, Martyr bienheureux; du Christ tu as bu le calice vaillamment; avec tes compagnons de lutte, Acepsimas, sans cesse tu intercèdes en faveur de nous tous.

Kondakion de saint Georges, ton 8
Ayant trouvé refuge en ton invincible protection, assurés de ton prompt secours, nous supplions le Christ de nous délivrer des pièges de l’ennemi, de tout malheur et des multiples dangers, nous les fidèles qui te célébrons, afin que nous puissions chanter à haute voix: Réjouis-toi, saint Georges, victorieux martyr.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc XI,1-10)
Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples. Il leur dit: Quand vous priez, dites: Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne. Donne-nous chaque jour notre pain quotidien; pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous induis pas en tentation. Il leur dit encore: Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir, et si, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, je vous le dis, même s’il ne se levait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.

21 octobre (ancien calendrier)/3 novembre (nouveau)

21 octobre (ancien calendrier)/3 novembre (nouveau)

Saint Hilarion le Grand, ascète en Palestine (371) ; saints Dasius, Gaïus et Zotique, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Viateur, diacre de saint Juste de Lyon, ermite en Égypte (vers 390) ; sainte Céline, mère de saint Rémi de Reims (Vème) ; sainte Céline, vierge, disciple de sainte Geneviève de Paris (vers 480) ; saint Walfroy, moine, stylite en Ardennes (595) ; sainte Ursule et ses 11000 compagnes, martyres à Cologne (IVème) ; saint Mauront, évêque de Marseille (800) ; saint Hilarion des Grottes de Kiev (XIème) ; saint Hilarion de Pskov (1476) ; saints Théophile et Jacques, fondateurs de la skite de la dormition de la Mère de Dieu à Omoutsk (vers 1412) ; saint Philothée du Mont Athos (XIVème s.) ; saint Jean de Monembasia, néomartyr grec (1773), saints Sophrone, Bessarion et Opréa, confesseurs, néomartyrs roumains (XVIIIème s.) ; saint Jean, prêtre confesseur de Galeș et saint Moïse de Sibiu, néomartyrs roumains (XVIIIème) ; saint Hilarion de Moglène (1164) ; saints néo-martyrs de Russie : Paulin, archevêque de Mogilev et ses compagnons : Arcade, évêque d’Ekaterinbourg ; Nicandre (Tchernelevsky) et Anatole (Levitsky), prêtres, et Cyprien (Annikov) ; Damien, archevêque de Koursk, Constantin (Tchekalov), Serge (Smirnov), Basile (Nikolsky), Théodore (Belayev), Vladimir (Vvedensky), Basile (Kozyrev) et son frère Jean, Nicolas (Raevsky), Alexandre (Bogoyavlensky), Démètre (Troitsky), Constantin Tchekalov, Alexis Moskvine, prêtres, Serge (Kazansky), archidiacre et Jean (Melnitsky), diacre, Sophrone (Nesmeyanov) et Néophyte (Osipov), moines (1937), Pélagie (Testov), moniale (1944).

SAINT HILARION DE PALESTINE
Saint Hilarion naquit en Palestine, en 293, dans le village de Thabatha, non loin de Gaza. Ses parents païens l’envoyèrent apprendre les lettres profanes à Alexandrie, ce qui fut pour lui l’occasion d’entrer en contact avec les chrétiens et de découvrir la doctrine sublime de l’Évangile, qui a rendu folle la sagesse du monde. Ayant entendu parler de saint Antoine [17 janv.], dont la renommée brillait dans toute l’Égypte, Hilarion se mit en route pour le désert, afin de lui rendre visite. En découvrant la vie angélique que menait Antoine, il décida de rester à ses côtés, avec les autres disciples du Père des moines. Mais, comme les foules accouraient pour recevoir sa bénédiction, l’empêchant de vaquer à la prière silencieuse, saint Antoine décida de partir vers les âpres solitudes du désert intérieur. Après avoir donné à Hilarion sa tunique de crin et son manteau de peau, il envoya le jeune garçon, âgé alors de quinze ans, pratiquer l’ascèse avec quelques compagnons dans le désert situé près de Maïouma, dans la région de Gaza.

Avec toute l’audace que lui donnait sa confiance absolue en son père spirituel, Hilarion partit engager la lutte contre les démons habitant cette effroyable solitude, qui n’était traversée, de temps à autre, que par des bandes de brigands. Il entreprit là de réduire son corps en servitude et d’éteindre les ardeurs de la jeunesse par un jeûne sévère. Il ne se nourrissait que de quinze figues par jour, après le coucher du soleil. Pendant la journée, il priait et chantait sans cesse les psaumes en labourant le sol aride, uniquement pour que la fatigue du travail s’ajoutât à celle du jeûne, car cette terre ne produisait rien qui pût se vendre et entraîner la tentation de la cupidité. Le démon, ainsi attaqué dans sa propre demeure par un adolescent, passa à l’assaut, comme il l’avait fait pour saint Antoine. Il apparut à Hilarion sous forme de bêtes sauvages, qui tentaient de l’effrayer par des bruits terrifiants. Mais toutes ces menées s’avéraient inutiles, car le jeune homme repoussait ses assauts par le signe de la Croix et prenait lui-même l’initiative du combat en raillant l’impuissance du Malin.

De l’âge de seize ans jusqu’à l’âge de vingt ans, Hilarion n’eut d’autre abri qu’une cabane de joncs et d’herbes poussant dans les marécages. S’étant ensuite construit une cellule, si basse qu’elle ressemblait davantage à un sépulcre qu’à une habitation, il couchait sur la terre battue, et ne se lavait et ne se coupait les cheveux qu’une fois par an, le jour de Pâques. Il ne lava jamais le sac de peau que lui avait donné saint Antoine, et il ne changeait sa tunique que lorsqu’elle tombait en lambeaux. Il avait appris toute l’Écriture sainte par cœur, et la récitait à haute voix en se tenant debout avec crainte, comme si Dieu était présent devant ses yeux. De l’âge de vingt et un ans à vingt-sept ans, il ne mangea chaque jour et pendant trois ans, qu’un peu de lentilles détrempées dans de l’eau froide ; les trois autres années, il se contenta de pain saupoudré de sel. De vingt-sept à trente ans, il vécut d’herbes sauvages ; de trente à trente-cinq ans, de six onces (environ 150 gr.) de pain d’orge et d’un peu d’herbes cuites sans huile. Atteint alors d’une maladie et sa vue ayant baissée, il ajouta un peu d’huile à son menu et garda le même régime jusqu’à l’âge de soixante-trois ans. Voyant son corps s’affaiblir et pensant que sa mort était proche, il ne mangea plus de pain jusqu’à la fin de ses jours, redoublant ainsi de ferveur, comme un jeune novice, à l’âge où d’autres ont coutume de diminuer leurs austérités. Il persévéra dans cette manière de vivre jusqu’à son bienheureux repos, ne mangeant qu’après le coucher du soleil et ne rompant jamais son jeûne, ni aux jours de fêtes, ni même au cours de ses plus graves maladies.

Ces travaux surhumains, que saint Hilarion entreprit par amour de Dieu, ouvrirent non seulement son cœur à la contemplation des mystères célestes, mais la grâce divine recouvrit aussi son corps et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles pour la consolation des fidèles. Il guérit des malades et délivra un grand nombre de possédés, si bien que, âgé de vingt-deux ans seulement, sa réputation s’était déjà répandue dans toute la Palestine, et même jusqu’en Égypte et en Syrie. On accourait vers lui en foule, et nombreux étaient ceux qui lui demandaient d’embrasser la vie angélique à ses côtés car, jusqu’alors, la vie monastique n’était pas encore apparue en Palestine ni en Syrie. C’est ainsi qu’Hilarion devint pour ces régions, ce que saint Antoine était pour l’Égypte. Il restait d’ailleurs en relation épistolaire avec le grand Antoine qui, lorsqu’on lui amenait des malades venus de ces régions, leur disait : « Pourquoi venir de si loin, alors que vous avez là-bas mon fils Hilarion ? » Ceux qui embrassèrent la vie solitaire et s’installèrent dans des cellules autour de saint Hilarion atteignirent bientôt le nombre de deux mille, tous le reconnaissant comme Père et guide. Une fois l’an, à l’époque des vendanges, Hilarion rendait visite à ses monastères, leur apportant alors leur subsistance pour l’année. Cette visite annuelle était également pour lui, l’occasion de rassembler la foule de ses disciples pour leur prodiguer son enseignement sur la purification de l’âme.

Comme l’armée des frères rangés sous sa direction, et la multitude des malades et des fidèles qui accouraient sans cesse de toutes parts vers sa retraite ne lui laissaient plus un instant de répit pour vaquer à la contemplation dans le silence, c’était en pleurant qu’il se souvenait de ses premières années passées dans l’ascèse, inconnu de tous. Ayant atteint l’âge de soixante-trois ans, il parvint, à force de larmes, à faire accepter son départ à ses disciples. Mais le jour venu, plus de dix mille personnes voulurent le suivre partout où il se rendrait, pour ne pas être privées de la grâce qui lui était attachée. Il parvint toutefois à les persuader de s’en retourner et ne prit avec lui que quarante disciples capables de supporter de longs voyages à pied en jeûnant tout le jour. Comme il avait appris la mort de saint Antoine, Hilarion se dirigea vers l’Égypte, pour vénérer les lieux qui avaient été sanctifiés par le séjour du saint. Et c’est en versant d’abondantes larmes qu’il se prosterna devant tous les lieux et les objets qu’avait touchés le Père des moines. Au sortir du désert de saint Antoine, Hilarion partit en quête de solitude. Mais où qu’il se rendît, du désert à Alexandrie, il répandait autour de lui la grâce, les miracles et les guérisons, si bien qu’on accourait vers lui en foule et que sa renommée le devançait partout, sans jamais lui laisser de repos.

Au cours des trois années (360-363) pendant lesquelles s’exerça la tyrannie de Julien l’Apostat, le monastère de saint Hilarion, près de Gaza, fut détruit et les moines dispersés. C’est pourquoi le saint décida de se réfugier en Libye. De là, il fit voile pour la Sicile, pensant trouver la solitude dans ces régions où il était inconnu. Mais, contraint par sa compassion et son amour des hommes, il chassa les démons, guérit les malades et attira de nouveau les foules à lui. Il s’enfuit une nouvelle fois et se rendit dans un bourg de Dalmatie, région encore habitée par les barbares. Là encore, la grâce qui émanait de sa personne ne put rester cachée : il mit à mort une bête monstrueuse qui effrayait les habitants, et put ainsi les convertir au christianisme. Voulant échapper aux honneurs, il prit la fuite de nuit et s’embarqua sur un vaisseau marchand pour l’île de Chypre. À peine fut-il arrivé sur l’île, que les possédés, pris de panique, se mirent à crier qu’Hilarion, le serviteur de Jésus-Christ, était venu dans l’île pour les en chasser. Il lui fallut donc trouver une autre retraite. Il se rendit alors dans un endroit inhabité de l’île et s’installa dans une grotte inaccessible, située au sommet d’une montagne escarpée. Il y demeura cinq ans, visité seulement de temps à autre par son fidèle disciple Hésychios, qui venait lui donner des nouvelles de Palestine. Parvenu à l’âge de quatre-vingts ans, le corps grandement affaibli par ses austérités soutenues, saint Hilarion fit ses préparatifs pour quitter cette vie périssable, puis il rassembla autour de lui les quelques fidèles qui avaient pu atteindre sa demeure. Tandis qu’il était étendu, au seuil de la mort, il gardait les yeux ouverts et disait : « Sors mon âme, que crains-tu ? Sors, de quoi as-tu peur ? Tu as servi Jésus-Christ près de soixante-dix ans et tu crains la mort ? » En achevant ces paroles, il rendit son âme à Dieu et fut immédiatement enterré par ses disciples, conformément à ses instructions, afin de ne pas recevoir les honneurs d’une sépulture due aux saints. Quelque temps après, Hésychios vint prendre le corps de saint Hilarion et le transporta en Palestine, pour qu’il soit vénéré par la foule de ses disciples.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père Hilarion, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Hilarion, ton 3
Comme un astre sans déclin, du mystique Soleil * tous ensemble nous, * t’acclamons par des hymnes en ce jour: * sur ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’ignorance tu as brillé, * faisant monter vers la hauteur divine les fidèles s’écriant: * Réjouis-toi, Père Hilarion, en qui les moines ont un appui.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc IX, 23-27)

Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il se détruisait ou se perdait lui-même? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu.

2 novembre

2 novembre

Saints Akindynos, Pégase, Aphtonius, Elpidiphore et Anempodiste et leurs compagnons, martyrs en Perse (vers 345) ; saints Attique, Agapios, Eudoxe, Marin, Océan, Eustrate, Captérios et leurs compagnons, martyrs à Sébaste (vers 320) ; saint Marcien de Cyrix, ermite (IVème s.) ; saint Domnin, premier évêque de Grenoble (386) ; saint Ambroise, abbé d’Agaune (520) ; saint Domnus, évêque de Vienne (657) ; saint Georges, évêque de Vienne (vers 670) ; saint Vulgan, ermite dans le Pas-de-Calais (VIIème s.) ; saints martyrs de Russie : Constantin (Yourganov) et Ananie (Aristov), prêtres, 1918.

SAINTS AKINDYNOS, PÉGASE, APHTONIUS, ELPIDIPHORE ET ANEMPODISTE

Saints Akindynos, Pégase, Aphtonius, Elpidiphore et Anempodiste et leurs compagnons, martyrs en Perse (vers 345)

Saints Akindynos, Pégase, Aphtonius, Elpidiphore et Anempodiste et leurs compagnons, martyrs en Perse (vers 345)

Ces saints martyrs étaient dignitaires de la cour du roi de Perse Sapor II (309-379). Lorsque le roi déclencha sa sanglante persécution contre les chrétiens, Akindynos, Pégase et Anempodiste, tout brûlants de zèle pour la vraie foi, trouvèrent refuge dans une demeure privée d’où ils exhortèrent les chrétiens à demeurer fermes dans la confession du Christ Sauveur, sans tenir compte des risques qu’ils encouraient. Ils furent arrêtés et amenés devant Sapor pour être interrogés, après avoir été cruellement flagellés. Comme le roi blasphémait le Nom du Christ, les saints le frappèrent de mutisme et de surdité par leur prière. Pris de pitié, ils l’en délivrèrent, mais le tyran resta toutefois insensible à ce signe de la puissance accordée par Dieu aux chrétiens. Il les fit étendre sur des lits de fer brûlants, puis ordonna de les plonger dans des chaudrons remplis de plomb fondu. Comme les saints martyrs en étaient sortis indemnes, un des soldats, nommé Aphtonios, embrassa la foi chrétienne. Il fut décapité sur-le-champ, sans autre forme de procès. Les saints confesseurs furent alors soumis à de nouveaux supplices, qui n’eurent pour tout résultat que de conduire à la foi Elpidéphore, un membre important du Sénat, et sept mille autres Perses. Ils eurent tous la tête tranchée après avoir reçu la nouvelle naissance par le saint baptême. Quant à Akindynos, Pégase et Anempodiste, ils furent jetés dans une fosse pullulant de toutes sortes d’animaux sauvages ; mais préservés de nouveau par la grâce divine, ils conduisirent la propre mère du roi à la vraie foi. C’est en sa compagnie qu’ils reçurent la couronne du martyre avec vingt-huit autres de leurs compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 2
Bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, / victorieux Athlètes du Seigneur, / et saintes sont les demeures qui ont reçu votre esprit, / puisque dans l’arène / vous avez triomphé de l’ennemi / en proclamant avec courage le Christ: / obtenez-nous de sa bonté / par vos prières le salut de nos âmes.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Reflétant par sa quintuple splendeur / la beauté resplendissante de la sainte Trinité, / la divine phalange des Martyrs / émoussa les terribles flèches des tyrans; / elle fait jaillir désormais en abondance / la grâce ne connaissant nul obstacle et protégeant de tout danger / ceux qui, dans l’espérance et l’amour, / s’approchent divinement, par eux, / du Créateur de l’univers, le Christ notre Dieu.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc X,22-24)

Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Et, se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

20 octobre (ancien calendrier)/2 novembre (nouveau)

20 octobre(ancien calendrier)/2 novembre (nouveau)

Saint Artème, grand-martyr à Antioche (362) ; saint Caprais, martyr à Agen (303); saint Sonnace, évêque de Reims (VIIème s.) ; saint Artème de Verkolsk, enfant (1545) ; transfert des reliques de saint Gérasime le nouveau, ascète dans l’île de Céphalonie (1579) ; sainte Matrone de Chio (XVème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas Lioubomoudrov, prêtre (1918) ; Jean Rodionov, archiprêtre ; Nicolas Figourov, Jean Gantchev, Léonide Nikolski, Alexandre Orlov, Zosime Pepenine, Jean Retchkine, Jean Talyzine, prêtres, Michel Isaev et Pierre Kravets, diacres, Paul Botcharov (1937).

SAINT GRAND-MARTYR ARTÈME

Saint Artème, grand-martyr à Antioche (362)

Le saint et glorieux martyr du Christ Artème vécut sous le règne de Constantin le Grand. De noble famille, il jouissait des faveurs de l’empereur, qui lui attribua les dignités de patrice et de duc augustal (gouverneur militaire) d’Alexandrie et de toute l’Égypte (vers 330). Mais ces honneurs ne lui firent pas perdre sa foi et son souci de répandre partout la Bonne Nouvelle du salut. À la mort de Constantin (337), l’Empire fut partagé entre ses trois fils. Constance, qui hérita de toute la partie orientale de l’Empire (de l’Illyricum à la Perse, la Palestine et l’Égypte), s’installa à Constantinople. Ayant appris que les reliques de l’Apôtre André se trouvaient à Patras (Péloponnèse) et celle de saint Luc à Thèbes (Béotie), il confia à saint Artème le soin de les transférer dans la ville impériale et de les déposer dans l’église des Saints-Apôtres.
Quelque temps après, Constance dut se rendre à Antioche avec son armée pour y combattre contre les Perses. Profitant de cette diversion, son cousin Julien s’empara de l’Empire d’Occident, que Constance avait annexé en 351, et voulut se faire proclamer empereur à sa place. Constance se mit aussitôt en route pour rétablir la situation, mais il mourut sur le chemin du retour, en Cilicie, n’ayant que le temps de recevoir le saint Baptême. Julien devint alors seul empereur (360), et il entreprit aussitôt de restaurer les anciens cultes païens, dont il croyait avoir été divinement institué nouveau prophète. Il envoya en tout lieu des édits ordonnant la restauration du culte des idoles dans les temples qui avaient été transformés en églises sous Constantin. Il interdit aux maîtres et rhéteurs chrétiens d’enseigner librement, et il fit asperger d’eau lustrale les marchés, afin de contraindre les habitants à ne manger que des aliments consacrés aux idoles, si bien que dans plusieurs endroits de l’Empire on vit fleurir à nouveau les palmes du martyre.

Julien l’Apostat s’installa à Antioche, afin de pouvoir continuer la guerre contre les Perses, et il demanda à tous les gouverneurs des provinces de venir le rejoindre avec leurs troupes. L’ordre parvint à Artème qui, fidèle aux autorités selon les recommandations de l’Écriture (Rm 13, 1-2), leva son armée et partit d’Alexandrie pour Antioche. À l’issue de ce long voyage, ils arrivèrent dans cette ville, où fut prononcé pour la première fois le nom de « chrétiens » (Act 11, 26), au moment où l’empereur faisait comparaître devant lui deux prêtres, Eugène et Macaire, pour les contraindre à renier leur foi et à se soumettre au culte insensé des dieux de l’empereur. Mais ceux-ci répliquaient bravement à tous les sophismes de Julien en proclamant la divine doctrine de la Rédemption. À court d’arguments, l’Apostat donna l’ordre de leur infliger cinq cents coups de verges. Révolté devant ce spectacle, Artème s’avança vers l’empereur et lui déclara : « Toutes tes machinations contre les chrétiens, que te suggère le diable, sont vaines et inutiles car, par la Croix du Christ, la puissance orgueilleuse des démons a été vaincue. Les dieux que tu adores sous le nom d’Hermès ou d’Apollon n’ont d’autre réalité que le bois ou le métal fondu de leurs statues inanimées. » La surprise de l’empereur se changea en fureur lorsqu’il apprit que celui qui s’adressait à lui avec une telle assurance était Artème le duc d’Égypte, qu’il soupçonnait d’avoir été l’instigateur de la mort de son frère Gaïus Constantin, césar pour l’Orient, lequel avait été assassiné sous les ordres de l’empereur Constance. Il commanda donc d’arrêter sur-le-champ Artème, de lui arracher les insignes de sa charge et de le faire comparaître devant lui le lendemain, afin que son audace soit châtiée. Sans aucun respect pour sa dignité, les soldats le ligotèrent et, après l’avoir roué de coups de fouet, ils le jetèrent en prison, tout meurtri, avec Eugène et Macaire. Plein de joie, Artème élevait sa prière vers Dieu en lui disant : « Je te remercie, Seigneur, de m’avoir rendu digne d’être soumis à la torture pour ton amour et d’être compté dans le chœur de tes saints. » Le lendemain, Eugène et Macaire furent envoyés en exil vers les régions hostiles de l’Arabie, où ils furent décapités quelque temps après (le 20 décembre) .
L’empereur se fit amener Artème et lui promit d’abord tous les honneurs dus aux familiers du souverain, et même la charge de grand prêtre de ses dieux, s’il acceptait d’abandonner la croyance de ceux qu’il nommait les « Galiléens ». De telles propositions ne pouvaient faire aucun effet sur le saint qui, avec le Christ, était déjà mort au monde et à ses illusions. Il lui sembla également inutile de faire une longue apologie du christianisme devant Julien qui avait reçu, dans sa jeunesse, une éducation chrétienne. Il se contenta de se disculper des accusations mensongères sur son rôle dans la mort de Gaïus, et d’affirmer à l’Apostat que rien au monde ne pourrait lui faire abandonner le roc de la foi. Il ne restait donc plus au despote impuissant qu’à exprimer sa rage par la torture. Il fit percer le corps du saint au moyen de broches rougies au feu. Mais à sa grande déception, pas un cri ni même un gémissement ne sortit de la bouche d’Artème. Le soir venu, le Christ lui apparut dans son cachot et le guérit de ses blessures. Réconforté par cette vision, Artème demeura quinze jours sans manger ni boire, debout, occupé jour et nuit à la prière et à la contemplation des mystères célestes.
Pendant ce temps, Julien s’était rendu à Daphni, aux environs d’Antioche, d’où il avait fait transférer les reliques de saint Babylas [4 sept.] dans un cimetière de la ville, en vue d’édifier à l’endroit de sa sépulture une statue en or d’Apollon et un temple consacré à son culte. Mais, une nuit, alors que les prêtres s’affairaient en sacrifices et prières instantes pour que le prétendu dieu daigne ouvrir sa bouche de bois et de métal pour proclamer son oracle, un feu descendit du ciel et ravagea entièrement le temple et la statue, sans que personne ne puisse l’éteindre. Rejetant la responsabilité sur les chrétiens, Julien fit alors fermer les églises qui avaient été récemment bâties, et il intensifia ses persécutions dans tout l’Empire. À Samarie (Sébaste), il ordonna de jeter au feu les reliques des prophètes Élisée et Jean-Baptiste. Dans la ville de Césarée de Philippe, il fit renverser la statue du Christ qui avait été confectionnée par l’Hémorroïse . Il donna également l’ordre de laisser les Juifs reconstruire leur temple à Jérusalem (lequel avait été détruit en l’an 70) avec les fonds de l’État, afin de manifester la tromperie des prophéties du Christ sur la fin du culte de l’ancienne Loi. Partout les chrétiens étaient persécutés avec une cruauté inouïe. C’est alors que Julien fit sortir Artème de sa prison, décidé à mettre fin à ses jours et à son influence sur le peuple. Après avoir fait couper en deux un gros rocher qui se trouvait près du théâtre, il fit étendre le saint sur l’une des parties et ordonna de laisser retomber sur son corps l’autre moitié. Lorsque la pierre s’affaissa, tous purent entendre le bruit des os qui se brisaient. On laissa ainsi le saint martyr jusqu’au lendemain, pensant qu’il avait rendu l’âme. Mais quel ne fut pas l’étonnement du tyran, lorsqu’on souleva la pierre et qu’il vit cet homme dont les os étaient broyés, les entrailles répandues à terre et les yeux arrachés, continuer à se moquer des faux dieux et à se glorifier dans la Croix du Christ. Loin de se convertir devant ce prodige, Julien ordonna de le décapiter. Artème accueillit avec joie cette sentence, et éleva ses mains vers le ciel pour rendre grâce à Dieu et prier pour le salut de l’Église. Il se rendit seul jusqu’au lieu de l’exécution, se prosterna trois fois vers l’Orient, puis il présenta avec joie sa nuque au glaive du bourreau. Une pieuse et noble dame acquit par la suite le corps du saint martyr et le fit transporter à Constantinople où, pendant des siècles, il fut vénéré avec ferveur par les fidèles et accomplit d’innombrables guérisons .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint grand-martyr, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint grand-martyr, ton 2
Tous ensemble, acclamons par des hymnes, comme il se doit, * le porteur de couronne, le Témoin de la foi, * Artème, le sublime martyr, * l’abondante source de merveilleuses guérisons, * car auprès du Seigneur il intercède pour nous tous.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc IX, 18-22)
Un jour que Jésus priait à l’écart, ayant avec lui ses disciples, il leur posa cette question: Qui dit-on que je suis? Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres, Élie; les autres, qu’un des anciens prophètes est ressuscité. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne. Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.

1er novembre

1er novembre

Saints anargyres et thaumaturges Côme et Damien et leur mère sainte Théodote (IIIème s.) ; saint Bénigne de Dijon, apôtre de la Bourgogne (178) ; saint Austremoine, premier évêque de Clermont (vers 300) ; saints hiéromartyrs Jean, évêque, et Jacques, prêtre, qui ont souffert en Perse (vers 345) ; saintes martyres Cyrienne et Julienne de Cicilie (305-311) ; saint Marcel, évêque de Paris (IVème s.) ; saint Vigor, évêque de Bayeux (538) ; saint martyr Herménégilde le Goth (586) ; saint Lézin, évêque d’Anger (VIème s.) ; saints martyrs Césaire, Dacios, Sabinien, Aggripa, Sabbas, Adrien et Thomas (VIIème s.) ; saint Génès, évêque de Lyon (678) ; saint Césaire, évêque de Clermont (VIIème s.) ; saint David, ascète dans l’île d’Eubée (1589) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Smirnov) et Théodore (Remizov), prêtres (1918), Alexandre (Chalaya) et Démètre (Ovetchkine), prêtres, Elisabeth (Samovsky) (1937), Pierre (Ignatov) (1941).

SAINTS ANARGYRES ET THAUMATURGES CÔME ET DAMIEN

Frères selon la chair, saint Côme et saint Damien étaient originaires de la province d’Asie (région d’Éphèse). Leur père, un noble païen, embrassa la foi chrétienne quelque temps après leur naissance, mais sa mort prématurée laissa les deux enfants aux seuls soins de leur pieuse mère, Théodote. Chrétienne depuis son enfance, celle-ci s’appliqua à élever ses deux fils dans la piété, s’efforçant de les inciter à imiter ses vertus. Côme et Damien furent instruits dans les diverses sciences du temps, toutefois ils abandonnèrent bientôt ces vaines connaissances pour s’adonner à l’art médical. À l’image des apôtres que le Christ envoya en mission (Mt 10), ils reçurent le pouvoir de chasser les esprits impurs et de guérir toutes sortes de maladies, sans autre remède que la prière. Ayant reçu gratuitement la grâce du Saint-Esprit, ces nouveaux apôtres soignaient sans distinction les riches comme les pauvres, les étrangers comme leurs proches, sans jamais demander quoi que ce soit en contrepartie. Leur charité était telle, qu’ils prodiguaient également leurs bienfaits aux animaux. Bien que versés dans la science médicale, ils n’utilisaient en guise de remède, de bistouri ou d’emplâtre que le Nom vivifiant du Christ, joignant à la guérison la prédication de l’Évangile du Salut, si bien que c’était le Christ-Médecin lui-même qui continuait en eux son œuvre et guérissait les âmes et les corps. On accourait de tous les horizons vers leur demeure, et chacun y trouvait guérison et réconfort à la mesure de sa foi.

Saint Damien, le plus jeune des deux frères, s’endormit le premier en paix, suivi quelque temps plus tard par son frère Côme. Par la suite, des multitudes de chrétiens ne cessèrent d’affluer vers l’église qui avait été bâtie à l’emplacement de leur tombeau, au lieu-dit Féréman. Pour les malades qu’on amenait là et qu’on laissait séjourner plusieurs jours dans l’église au milieu des prières et des supplications, les précieuses reliques et l’icône des saints devenaient source abondante de guérison ou bien réconfort pour supporter avec patience et espérance la maladie que Dieu avait permise pour le salut de son âme.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire des saints anargyres, ton 8
Saints anargyres et thaumaturges Côme et Damien, prenez soin de nos infirmités. Gratuitement vous avez reçu, gratuitement donnez-nous.

Kondakion des saints anargyres, ton 2
Ayant reçu la grâce des guérisons, déployez la santé sur ceux qui en ont besoin, illustres médecins thaumaturges, renversez aussi par votre visite l’audace des ennemis, guérissant le monde par vos miracles.

Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc XVI,19-31)

Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.

19 octobre(ancien calendrier)/1er novembre(nouveau)

19 octobre(ancien calendrier)/1er novembre(nouveau)

Saint Joël, prophète ; saint Varus, martyr en Égypte avec six ascètes (vers 307) ; sainte Cléopatre, qui recueillit le corps de saint Varus, (319) et son fils saint Jean ; saint Sadok, évêque de Séleucie en Perse, martyrisé avec 128 compagnons (342) ; saint Véran, évêque de Cavaillon (590) ; saint Aquilin, évêque d’Evreux (vers 690) ; saint Loup, évêque de Soissons (vers 540) ; saint Jean de Ryla, fondateur du monastère de Ryla en Bulgarie (946) ; saint Jean de Cronstadt (1908) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Pokrovsky) (1937).

LE SAINT PROPHÈTE JOËL

Le saint prophète Joël était originaire de la tribu de Roubim et fils de Petuel. Il prophétisa dans le royaume de Juda, et surtout à Jérusalem, à une date difficile à déterminer. Au début de sa prophétie, Dieu annonce à son peuple les terribles châtiments, symbolisés par l’invasion des sauterelles et la sécheresse, qui vont précéder le « Jour du Seigneur », c’est-à-dire le Jour où le Seigneur reviendra pour juger la terre. Dieu lance de telles menaces pour exhorter le peuple au vrai repentir : « Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des larmes et des lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements et revenez vers le Seigneur votre Dieu, car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en pitié. Il se repent des maux qu’il inflige » (Jl 2, l2-13). Au-delà de ces menaces, le prophète nous fait entrevoir la perspective de la restauration future, le retour de la faveur divine qui répandra le Saint-Esprit sur toute chose : « Et il arrivera après cela que je répandrai mon Esprit sur toute chair. Et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards verront des songes et vos jeunes gens auront des visions » (Jl 3, 1). C’est cette époque bénie qui s’est ouverte lors de la Pentecôte et qui connaîtra sa plénitude au jour de la seconde Venue du Christ.

Saint Jean de Cronstadt (1908)

SAINT JEAN DE CRONSTADT
Notre père saint Jean de Cronstadt le Thaumaturge naquit le 19 octobre 1829 dans un village du grand nord de la Russie. Dès sa plus tendre enfance, son père l’amenait constamment à l’église, développant en lui l’amour de l’office divin. Ses parents vivant dans de difficiles conditions matérielles, l’enfant fit tôt connaissance avec la pauvreté, le chagrin, les larmes et les souffrances. Cette situation le rendit concentré en lui-même, pensif, et en même temps lui communiqua une compassion profonde envers les pauvres. A l’âge de six ans, Jean commença à apprendre à lire et à écrire. Mais, au début, il éprouvait beaucoup de peine dans l’apprentissage, ce qui le poussait à recourir à la prière ardente, afin que le Seigneur l’aidât. C’est ainsi qu’après l’une de ces prières, la nuit, l’enfant fut ébranlé de tout son être : « Un rideau tomba de devant mes yeux, comme si mon esprit s’était ouvert », dira-t-il plus tard. Depuis ce moment, il commença à étudier brillamment et il termina parmi les premiers le séminaire ecclésiastique d’Arkhangelsk. Alors qu’il étudiait à l’Académie, il pensa de prime abord à se consacrer au travail missionnaire en Sibérie ou en Chine. Toutefois, il se vit une fois en rêve en train de servir comme prêtre à la cathédrale Saint-André à Cronstadt, qu’il n’avait jamais vue. En 1855, il acheva ses études à l’Académie, et il lui fut proposé de se marier à la fille de l’archiprêtre de la cathédrale de Cronstadt, Élisabeth, ainsi que d’être ordonné prêtre pour servir dans cette église. Se souvenant de son songe, il accepta la proposition. Le 12 décembre 1855, il fut ordonné prêtre. Lorsqu’il entra dans la cathédrale, il fut saisi de crainte : c’était exactement l’édifice qu’il avait vu en songe. Le premier jour de son mariage, il dit à sa femme : « Il y a beaucoup de familles heureuses… Allons, toi et moi, consacrons notre vie à Dieu », et ils vécurent dans la chasteté jusqu’à la fin de leur vie. Dissimulant cela aux yeux des hommes, il vécut dans l’ascèse, la prière incessante et le jeûne, célébrant quotidiennement la Divine Liturgie. Dès qu’il fit connaissance de son troupeau, le père Jean comprit qu’il avait une œuvre pastorale à accomplir, qui ne serait en rien inférieure à celle qu’il aurait menée dans les contrées païennes. L’absence de foi, les sectes, l’indifférence se manifestaient fortement dans cette ville où étaient envoyés en exil les mauvais sujets de la capitale. Il y avait en outre un grand nombre de manœuvres qui travaillaient au port, vivant dans des masures et sombrant dans l’ivrognerie. C’est envers ces gens méprisés de tous que le saint, empli de l’amour du Christ, tourna son regard. Chaque jour, il commença à leur rendre visite dans leurs tristes conditions de vie, leur parlant, les consolant, s’occupant des malades, leur distribuant tout ce qu’il possédait, revenant même souvent chez lui avec une partie seulement de ses vêtements, voire sans bottes. C’est à ces gens méprisés que le saint rendait l’image du Christ qu’ils avaient perdue et c’est à eux que se révéla en premier la sainteté du père Jean, pour être ensuite connue de toute la Russie. C’est en ces termes qu’a décrit un artisan la visite que lui fit le père Jean : « J’avais alors 22-23 ans… Alors que je revins une fois, éméché, à la maison, je vis un jeune prêtre qui était assis, qui tenait dans ses bras mon jeune fils, lui disant quelque chose tendrement. L’enfant écoutait sérieusement. Il me sembla alors que le père était semblable au Christ dans le tableau « la bénédiction des enfants »… Je voulais crier, mais les yeux du père Jean, pleins de tendresse et de sérieux, m’arrêtèrent. Je me sentis honteux… Il regardait directement dans l’âme… Il commença à parler. Il dit que le paradis se trouvait dans cette chambrette, car là où sont les enfants, tout est toujours chaleureux, merveilleux, et qu’il ne fallait pas transformer ce paradis en cabaret. Il ne m’accusait pas, non, il justifiait tout, mais je n’avais rien pour me justifier… Il partit et je me tus… Ma femme me regarda… Et depuis ce jour, je suis devenu un homme ». Ce labeur pastoral inhabituel attira sur le jeune prêtre la moquerie et même des attaques de tous côtés, voire même de la part de l’administration diocésaine… Rapidement, la renommée de ses miracles s’étendit à toute la Russie. Les malades les plus graves, alors que la médecine était impuissante, recevaient la guérison par la prière et l’imposition des mains du saint. Les aveugles recouvraient la vue, la pluie tombait lors de la sécheresse. La journée du saint était organisée ainsi : le matin, il se levait à trois heures et se préparait à la célébration de la Sainte Liturgie. A quatre heures, il se rendait à la cathédrale pour les matines, durant lesquelles il lisait toujours le canon. Avant la Liturgie, il confessait les fidèles. La cathédrale qui pouvait contenir 5000 personnes était toujours pleine. La Liturgie s’achevait à midi. Durant la Liturgie, des larmes coulaient de ses yeux, et il était clair que le saint vivait toute l’histoire de notre salut. Durant l’office, on lui donnait les lettres et les télégrammes avec des noms à commémorer. Après l’office, il partait à Saint-Pétersbourg où d’innombrables malades lui demandaient de les visiter. Il ne revenait chez lui jamais avant minuit. Le saint recevait des sommes énormes pour la bienfaisance, qu’il distribuait immédiatement, nourrissant quotidiennement des milliers d’indigents. A Cronstadt, il créa une gigantesque « maison du labeur », avec une école, une église, des ateliers, un foyer d’accueil. Il fonda également un monastère dans son village natal, et un couvent féminin à Saint-Pétersbourg où il fut enterré. Durant la seconde période de sa vie, alors qu’il devint connu de toute la Russie, il dut cesser d’enseigner le catéchisme au lycée classique de la ville, où il enseigna durant vingt-cinq ans, donnant une grande importance à la vie des Saints. « Tu n’as pas enseigné » lui dira-t-on, « une scolastique sèche aux enfants… Tu as implanté dans leurs âmes la semence de la Parole éternelle et vivifiante de Dieu ». La renommée du saint parvint jusqu’à la Famille Impériale. Il assista aux derniers moments du Tsar Alexandre III et au baptême du Tsarévitch-martyr Alexis. Malgré toutes ses occupations, le saint tenait encore un journal, dans lequel il exposait ses pensées spirituelles, qui constituèrent le célèbre livre « Ma vie en Christ ». Les homélies du saint ont été également éditées et constituent également une source d’enseignements. A la veille des événements révolutionnaires, le saint mit en garde le peuple russe contre ce qui allait inévitablement se passer. Dans les dernières années de sa vie, le saint fit face à la maladie, en disant : « Je rends grâces à mon Seigneur de m’avoir envoyé des souffrances pour purifier mon âme pécheresse ». Le 10 décembre 1908, rassemblant toutes ses forces, le père Jean célébra sa dernière Liturgie à la cathédrale de Cronstadt. Le 20 décembre, il se reposa dans le Seigneur, continuant après son trépas d’accomplir de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire du saint prophète Joël, ton 1
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Joël, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire du saint martyr Varus, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion du du saint martyr Varus, ton 4
Ayant marché à la suite du Christ, * tu en bus le calice, Varus; * tu as reçu la couronne des martyrs * et tu exultes avec les Anges désormais; * pour nos âmes ne cesse pas de prier le Seigneur.

Kondakion de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc VIII, 5-15)
Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce qu’elle n’avait point d’humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines: les épines crûrent avec elle, et l’étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. Il répondit: Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent point. Voici ce que signifie cette parabole: La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur cœur la parole, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés. Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation. Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.

31 octobre

31 octobre

Saints Stachys, Amplias, Urbain, Narcisse, Apelle et Aristobule, apôtres ; saint Epimaque, martyr en Égypte (vers 250) ; saint Quentin, apôtre d’Amiens, martyr (303) ; sainte Maure (Vème s.) ; saint Feuillan, moine, apôtre de la Belgique (655) ; saints Spyridon et Nicodème des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; les 1000 martyrs de Tbilissi (1227) ; saint Nicolas de Chios, néo-martyr grec (1754) ; saint néo-martyrs de Russie : Jean Kotchourov, prêtre, missionnaire en amérique (1917) ; Léonide (Moltchanov), moine (1918) ; Vsevolod (Smirnov), Alexandre (Vozdvijensky), Serge (Rozanov), Alexis (Sibirsky), Basile (Arkhanguelsky), Pierre (Voïskoboïnikov), Basile (Kolokolov), prêtres, Anatole (Botvinnikov), Euphrosynius (Antonov), moines, et Jacques (Blatov) (1937), Innocent (Mazourine), moine (1938).

Saints Stachys, Amplias, Urbain, Narcisse, Apelle et Aristobule

Ces cinq apôtres faisaient partie des Soixante-Dix Disciples du Seigneur. Stachys, appelé par saint Paul : mon bien-aimé (Rm 16, 9), devint, dit-on, évêque de Byzance à la suite de l’Apôtre André, son fondateur. Il fit construire une église à Argyropolis, située à peu de distance de Byzance, où il réunissait plus de deux mille chrétiens pour les enseigner et célébrer les saints Mystères. Il fit paître le troupeau spirituel du Christ pendant seize ans (38-54), à l’issue desquels il s’endormit dans la paix.

Apelle, que saint Paul nomme le chrétien éprouvé (Rm 16, 10), devint évêque d’Héraclée du Pont. Il gagna le séjour des bienheureux après avoir attiré des foules nombreuses à la foi .

Amplias et Urbain (cf. Rm 16, 8-9) furent également consacrés évêques par saint André. Amplias d’Odyssopolis (en Macédoine) et Urbain de Macédoine. Comme ils prêchaient avec zèle la foi au Dieu unique en trois Personnes, révélé par Jésus-Christ, ils furent mis à mort après avoir supporté d’innombrables souffrances : Amplias par les païens et Urbain par les païens et les Juifs associés.

Narcisse (Rm 16, 10) fut consacré évêque d’Athènes. La prédication de la Vérité lui valut, à lui aussi, les tortures et la glorieuse mort des martyrs.

Aristobule, devenu évêque d’Angleterre, lutta sans relâche pour enseigner la parole vivifiante du salut parmi les barbares. Il s’endormit dans la paix .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Apôtres , ton 3
Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Tropaire du saint martyr Épimaque, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Courant aux quatre coins du monde habité; * vous avez semé la parole, la connaissance de Dieu; * et, moissonnant l’épi qui donne cent fois plus, * vous l’avez porté au Roi de l’univers, bienheureux Apôtres du Christ.

Évangile du jour
(Lc VII,2-10)

Après avoir achevé tous ces discours devant le peuple qui l’écoutait, Jésus entra dans Capernaüm. Un centenier avait un serviteur auquel il était très attaché, et qui se trouvait malade, sur le point de mourir. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur. Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d’instantes supplications, disant: Il mérite que tu lui accordes cela; car il aime notre nation, et c’est lui qui a bâti notre synagogue. Jésus, étant allé avec eux, n’était guère éloigné de la maison, quand le centenier envoya des amis pour lui dire: Seigneur, ne prends pas tant de peine; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d’aller en personne vers toi. Mais dis un mot, et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l’un: Va! et il va; à l’autre: Viens! et il vient; et à mon serviteur: Fais cela! et il le fait. Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade.

18 octobre (ancien calendrier)/31 octobre (nouveau)

18 octobre (ancien calendrier)/31 octobre (nouveau)

Saint Luc, évangéliste (I) ; saint Marin l’ancien, martyr en Cilicie (IV) ; saint Julien, moine au Mont Sinaï (IV) ; saint Just, enfant, martyr à Beauvais (287) saint Joseph, abbé de Volotsk (1515) ; sainte grande-martyre Chryssa (1795) ; saint Pierre de Cétigné au Monténégro (1830) ; saints néo-martyrs de Russie Serge Bajanov et André Voskresenski, Nicolas (Sokolov) et Serge Goussev, prêtres, Elisabeth (Krymov) (1937).

SAINT APÔTRE LUC

Saint Luc, évangéliste (I)

Saint Luc était originaire de la ville d’Antioche, probablement d’une famille païenne. Adonné depuis sa jeunesse à la recherche de la sagesse et à l’étude des sciences et des arts, il voyagea à travers le monde pour étancher sa soif de connaissances. Il excellait en particulier dans la science médicale et dans l’art de la peinture. Outre la langue grecque, qu’il maniait admirablement comme en témoigne son Évangile, il connaissait aussi l’hébreu et l’araméen.

Une tradition ecclésiastique rapporte qu’il était compté parmi les Soixante-Dix Disciples envoyés par le Seigneur Jésus-Christ, deux par deux, pour annoncer devant Lui le salut de villes en villages. Lors de la Passion vivifiante, Luc se trouvait à Jérusalem et, au matin de Pâques, il cheminait avec Cléopas [30 oct.] vers le village d’Emmaüs, triste et désemparé par la perte du Maître. Mais cette tristesse se mua en une joie ineffable, quand le Christ, qui leur était apparu sans qu’ils puissent le reconnaître, leur révéla, à la fraction du pain, qu’Il était bel et bien ressuscité (Lc 24, 35). Après la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, Luc resta quelque temps à Jérusalem avec les autres apôtres, puis il retourna à Antioche, où se trouvaient déjà quelques disciples. Certains rapportent que, s’arrêtant à Sébaste (Samarie) pour y prêcher la Bonne Nouvelle, il obtint la relique de la main droite du saint Précurseur, qu’il transféra comme un précieux trophée dans sa patrie. Ce serait donc à Antioche qu’il aurait rencontré saint Paul, au cours du second voyage missionnaire de ce dernier (vers 50), et de là il l’aurait accompagné en Grèce pour y proclamer la bonne nouvelle du salut.

Une autre tradition rapporte que Luc n’a pas connu le Seigneur durant son séjour terrestre, et qu’il rencontra saint Paul à Thèbes, en Béotie, sous le règne de Claude (vers 42), alors qu’il était en train de dispenser ses soins aux malades. Les paroles de feu de l’Apôtre le convainquirent de la Vérité, qu’il avait cherchée vainement dans la sagesse humaine depuis tant d’années. Abandonnant aussitôt et sans hésitation tous ses biens, il renonça à la médecine des corps, pour devenir à la suite de Paul, médecin des âmes.
L’Apôtre des Gentils, qu’il accompagna alors dans ses missions, de Troas à Philippes, le laissa dans cette ville, en vue d’y consolider la communauté ecclésiale naissante. Luc resta plusieurs années en Macédoine, et quand Paul visita de nouveau Philippes, lors de son troisième voyage (58), il envoya Luc à Corinthe pour y recevoir la collecte rassemblée par les fidèles au profit des pauvres de Jérusalem. Ils se rendirent ensemble dans la Ville sainte, confirmant en chemin les Églises. Quand Paul fut arrêté et transféré à Césarée de Palestine, Luc ne l’abandonna pas, endurant avec lui toutes les difficultés d’un voyage dont il rapporte les péripéties à la fin des Actes des Apôtres (27-28). Il le suivit même jusqu’à Rome où l’Apôtre devait comparaître devant le tribunal de César.

C’est à Rome que Luc rédigea, sous la direction de Paul, son Évangile et les Actes des Apôtres dédiés à Théophile, gouverneur d’Achaïe, qui s’était converti au christianisme. Ajoutant des détails qu’on ne trouve pas dans les deux premiers Évangiles, il raconte la vie du Sauveur, en soulignant particulièrement sa miséricorde et sa compassion envers l’humanité pécheresse, qu’Il est venu visiter comme un Médecin. Dans les Actes des Apôtres, après avoir rapporté les événements qui marquèrent la fondation de l’Église à Jérusalem, Luc souligne particulièrement les œuvres apostoliques de son maître, saint Paul, celui qui, plus que tous les autres apôtres, avait travaillé à la diffusion de la parole évangélique.

Après deux années d’emprisonnement à Rome, Paul fut relâché, et il reprit aussitôt ses courses apostoliques, suivi de son fidèle disciple Luc. Mais, peu après, Néron déclencha sa furieuse persécution contre les chrétiens de Rome (64). Paul, au risque de sa vie, se rendit pour la seconde fois dans la capitale, afin d’y confirmer les fidèles. C’est là qu’il fut arrêté et mis aux fers, dans des conditions bien plus pénibles que la première fois. Luc resta inébranlablement fidèle à son maître alors que d’autres l’avaient abandonné (2 Tim 4, 11). Il est probable qu’il assista à son martyre, sans en laisser toutefois le témoignage écrit.

Après la mort glorieuse de l’Apôtre des Nations, Luc prit le chemin du retour, en prêchant la Bonne Nouvelle en Italie, en Dalmatie et en Macédoine, puis de là il passa en Achaïe. On raconte que, dans sa vieillesse, il se rendit aussi en Égypte, pour y évangéliser les païens au prix de nombreuses tribulations. Il serait même parvenu dans la lointaine Thébaïde, et aurait ordonné saint Abilios second évêque d’Alexandrie.

De retour en Grèce, Luc devint évêque de Thèbes en Béotie. Il ordonna prêtres et diacres, fonda des églises et guérit par sa prière les malades d’âme et de corps. C’est là qu’à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, il fut arrêté par les idolâtres. Après avoir été écorché vif, il mourut, dit-on, en étant suspendu en croix à un olivier. De nombreux miracles s’accomplirent par la suite, grâce à un liquide miraculeux qui suintait de son tombeau, lequel guérissait en particulier les maladies des yeux de ceux qui s’en oignaient avec foi.

De longues années après, le 3 mars 357, l’empereur Constance, fils de saint Constantin le Grand, envoya saint Artémios, duc d’Égypte [20 oct.], à Thèbes, pour procéder au transfert des reliques du saint Apôtre Luc dans l’église des Saints-Apôtres à Constantinople, et les déposer sous l’autel, avec celles des Apôtres André et Timothée.

La tradition de l’Église rapporte en outre que saint Luc fut le premier à peindre des icônes, et qu’il exécuta une image de la Mère de Dieu, du vivant de celle-ci. La Toute-Sainte accueillit avec joie cette représentation et dit : « Que la grâce de Celui qui a été enfanté par moi soit en elle ! » Par la suite, saint Luc peignit d’autres images de la Toute-Sainte et des Apôtres. Il transmit ainsi à l’Église la pieuse et sainte tradition de la vénération des icônes du Christ et de ses saints, c’est pourquoi il est honoré comme le patron des iconographes.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Luc, ton 3
Saint apôtre et évangéliste Luc, * intercède auprès du Dieu de miséricorde * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Luc, ton 4
Disciple du Verbe divin, * tu as illuminé la terre entière avec saint Paul * et chassé les ténèbres en écrivant l’Évangile du Christ.

Évangile du jour
(Lc X,16-21)

Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

30 octobre

30 octobre
Jour de jeûne

Saint Zénobe, évêque d’Egée, et sa sœur sainte Zénobie, martyrs en Cilicie (285) ; saint apôtre Cléopas, des 70 ; saints Tertius, Marc, Justus et Artémas, apôtres des 70 ; saint Eutrope, martyr (250), sainte Anastasie de Thessalonique, martyre (IIIème s.) ; saint Lucain, martyr à Lagny (Vème s.) ; saint Alchas, évêque de Toul (Vème s.) ; saint Étienne Miloutine, roi de Serbie (1320), son frère Dragoutine (1316) et leur mère Hélène (1306) ; saint Iotham Zèdguinidzé le Dévoué, martyr (1465) ; saints néo-martyrs de Russie : Matthieu (Kazarine), diacre (1942).

SAINTS ZÉNOBE ET SA SŒUR ZÉNOBIE

Saint Zénobe, évêque d’Egée, martyr en Cilicie (285)

Saint Zénobe et sa sœur Zénobie étaient originaires d’Aigai, en Cilicie. Élevés par leurs pieux parents dans les solides principes de la foi évangélique, ils distribuèrent, à la mort de ces derniers, leurs biens aux pauvres. Zénobe, qui avait appris la médecine, l’exerça dès lors gratuitement pour tous ceux qui venaient à lui, utilisant moins des remèdes habilement préparés que l’invocation du seul Nom qui puisse sauver dans cette vie et dans l’autre, celui de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Au début de la grande persécution (303), l’empereur impie Dioclétien envoya en Cilicie Lysias, un préfet cruel et implacable, pour persécuter les chrétiens. Ayant entendu parler de la réputation de thaumaturge de Zénobe, que sa charité et sa compassion avaient élevé à la charge d’évêque d’Aigai, Lysias le fit comparaître à son tribunal et tenta de le convaincre de renier le Christ, espérant ainsi entraîner tout son diocèse. Loin de craindre la menace des tortures, Zénobe confessa le Christ et déclara que son seul désir était de mourir pour lui, afin d’acquérir la vie éternelle. Le tyran le fit étendre sur un chevalet et ordonna à ses hommes de lui déchirer tous les membres. Dès qu’elle apprit l’arrestation de son frère, Zénobie accourut vers le lieu du supplice et, à la vue de ce triste spectacle, elle ne put retenir sa colère contre le gouverneur. Celui-ci chercha d’abord à l’adoucir, puis il la menaça de la soumettre à la torture et à la honte publique. Rien ne put toutefois convaincre la jeune fille d’abandonner la foi. On les étendit donc tous les deux sur un lit de fer couvert de charbons ardents. Comme une divine rosée était venue les recouvrir et les avait rendus insensibles à la douleur, ils furent jetés dans un chaudron d’eau bouillante. Enfin, on les emmena hors de la ville, et ils remportèrent la couronne de la victoire en étant décapités.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Zénobe et Zénobie, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Zénobe et Zénobie, ton 8
Honorons par des cantiques divinement inspirés * les Témoins de la vérité, les hérauts de la foi, * Zénobe et Zénobie, ce frère et cette sœur * qui ensemble ont mené leur vie et leur combat * et reçu la couronne incorruptible des Martyrs.

Évangile du jour
(Lc X,1-15)
Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Partez; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord: Que la paix soit sur cette maison! Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera; car l’ouvrier mérite son salaire. N’allez pas de maison en maison. Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s’est approché de vous. Mais dans quelque ville que vous entriez, et où l’on ne vous recevra pas, allez dans ses rues, et dites: Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de Dieu s’est approché. Je vous dis qu’en ce jour Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville-là. Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts.

17 octobre (ancien calendrier)/30 octobre (nouveau)

17 octobre (ancien calendrier)/30 octobre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Osée, prophète; saint André de Crète, moine, martyr (767) ; saints Côme et Damien, anargyres, martyrs en Arabie avec leurs frères saints Léonce, Anthime et Eutrope (vers 303) ; saint Florent, évêque d’Orange (VIème s.) ; saint Béraire, évêque du Mans (vers 680) ; saint Loup, évêque d’Angers (VII) ; saint Baudoin, archidiacre, martyr à Laon (vers 680) ; sainte Anstrude (ou Austrude), abbesse à Laon (VIIème s.) ; transfert des reliques de saint Lazare, l’ami du Christ, de Chypre à Constantinople (898) ; saint Joseph, catholicos de Géorgie (1770) ; saints néo-martyrs de Russie : Néophyte (Lioubimov) еt Anatole (Ivanovsk) prêtres, saints martyrs Jacinthe (Pitatelev) et Calliste (Oparine), moines, (1918), et Alexandre, archevêque de Semipalatinsk (1937).

Saint PROPHÈTE OSÉE

Saint Osée, prophète

Le saint prophète Osée, fils de Béeri, était de la tribu d’Isachar. Il vécut sous le règne de Jéroboam, fils de Joas, et de ses successeurs, rois du royaume schismatique d’Israël (ou de Samarie, vers 734 av. J.-C.). Comme d’autres prophètes, Osée ne fut pas seulement par ses paroles l’interprète des messages de Dieu à son peuple, mais c’est par sa vie même qu’il révéla les mystères du dessein de Dieu. Le Seigneur lui commanda en effet d’épouser une femme se livrant à la prostitution, qui lui serait infidèle comme le peuple d’Israël était infidèle à la divine Alliance en se livrant aux cultes idolâtres. En des accents déchirants, Osée exprime dans sa prophétie l’amour déçu du Seigneur et les menaces des terribles châtiments qui attendent le peuple adultère : l’invasion étrangère et l’exil. Cependant Dieu ne châtie que pour sauver, il aime trop le peuple qu’il s’est choisi pour donner cours à toute l’ardeur de sa colère (Os 11, 9). Dieu conduira à nouveau son peuple dans le désert (c’est-à-dire l’exil) comme au temps de la sortie d’Égypte (Os 2,16), afin de le séduire et de parler à son cœur, et pour que, dans le repentir et les larmes, l’épouse retourne pour toujours vers son divin Époux et jouisse éternellement de sa paix, de sa tendresse et de son amour. Alors Dieu dira à l’Église : « Tu es mon peuple », et elle répondra : « Mon Dieu ! » (Os 2, 20sv). Cette réconciliation de Dieu avec son peuple ne sera vraiment réalisée que lorsque le Christ viendra, comme l’atteste Osée, libérer les hommes du pouvoir de la mort et lorsque l’on pourra s’écrier dans la lumière du matin de Pâques : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? » (Os 13, 14 et 1 Cor 15, 55). Ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Osée s’endormit en paix et fut enterré dans la terre de ses pères. Il ressemblait, dit-on, à Joachim, le père de la Mère de Dieu, et plus encore à Joseph, son mari selon la Loi.

Tropaire du saint prophète Osée, ton 2
Célébrant la mémoire de ton prophète, Seigneur, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire de saint André de Crète, ton 4
T’exerçant dans la montagne aux combats ascétiques, * tu brisas l’assaut des ennemis spirituels avec l’armure de la Croix; * de même sur le stade tu luttas vaillamment * pour abattre l’empereur copronyme grâce au glaive de la foi; * pour l’un et l’autre de ces exploits * tu fus couronné par Dieu doublement, * bienheureux André, saint moine et martyr.

Kondakion de saint André de Crète, ton 3
En ce jour la cité reine fête brillamment * ta mémoire porteuse de clarté; * elle invite à l’allégresse toute ville et tout pays, * car ton corps aux multiples combats, * elle jubile de le posséder comme un immense trésor, * saint martyr André, luminaire de l’orthodoxie.
Évangile du jour
(Lc IX, 12-18)

Comme le jour commençait à baisser, les douze s’approchèrent, et lui dirent: Renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres; car nous sommes ici dans un lieu désert. Jésus leur dit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent: Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n’allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple. Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples: Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

29 octobre

29 octobre
Sainte Anastasie la Romaine, vierge, martyre à Rome (III) ; saint Abramios, reclus, et sa nièce sainte Marie, dans la région d’Edesse (vers 360) ; saint Honorat, évêque de Verceil (397) ; saint Theudère (ou Chef), abbé à Vienne (575) ; saint Bond, ermite à Sens (vers 620) ; sainte Anne de Constantinople (826) ; saint Abraham, archimandrite de Rostov (1073-1077) ; saints martyrs Claude, Astère, Néon et Théonille de Cicilie (285) ; saint Abraham, reclus de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint néo-martyr Athanase de Sparte (1653) ; saint néomartyr Timothée d’Esphigmenou (1820) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Probatov), prêtre, et avec lui Cosmas, Victor (Krasnov), Nahum, Philippe, Jean, Paul, André, Paul, Basile, Alexis, Jean et Agathe, martyrs (1918), Jean (Roudinsky), prêtre (1930), Eugène (Ivachko), prêtre (1937), Anastasia (Lebedev) (1937), Léonide (Mouraviev), prêtre (1941).

SAINTE MARTYRE ANASTASIE LA ROMAINE

Sainte Anastasie la Romaine, vierge, martyre à Rome (III)

Les années 235 à 270 furent particulièrement troublées dans l’Empire romain. Le sang et la violence y régnaient. Les barbares menaçaient l’Empire à l’extérieur, les guerres étaient incessantes. L’empereur Dèce souhaitait rétablir l’ancienne « piété » des Romains, dont le déclin, pensait-il, était à l’origine de la décadence de l’Empire. Aussi décida-t-il de persécuter les chrétiens, dont le sang était versé particulièrement à Rome. Mais, dans une petite ville des environs de la capitale, fonctionnait encore un petit monastère, dont l’higoumène était la moniale Sophie. L’une des novices était Anastasie, qu’elle avait élevée depuis son enfance. En effet, celle-ci, était devenue orpheline alors qu’elle était âgée de trois ans. Ayant atteint l’âge de vingt ans, sa beauté physique et sa pureté ne laissèrent pas indifférents un certain nombre de personnages renommés, qui souhaitaient l’épouser. Cependant, Anastasie avait fermement décidé de renoncer à toutes les consolations terrestres et d’offrir sa vie au Christ. C’est alors que le diable tenta de briser sa détermination par une terrible épreuve. Certains païens la dénoncèrent au gouverneur, l’accusant d’être chrétienne. Elle fut arrêtée et comparut devant le gouverneur qui lui demanda : « Quels sont ton nom, ton origine, et ta religion ?». La sainte répondit : « Je suis la fille d’un citoyen romain, j’appartiens à la religion chrétienne, dans laquelle j’ai été élevée dès mon jeune âge, et mon nom est Anastasie ». Au gouverneur qui s’étonnait de ce nom, la sainte répliqua : « Anastasie signifie résurrection, car le Seigneur m’a ressuscitée pour une nouvelle vie, afin que je puisse te résister et dominer ton père satan ». Le gouverneur commença alors à la persuader « d’abandonner son erreur volontaire, à ne pas fuir les joies de la vie, à adorer les dieux, et se marier ensuite avec un notable ». La sainte lui répondit à son tour : « Mon mari, ma richesse, ma vie et mon honneur, c’est Jésus Christ, dont tu ne me détourneras ni par les paroles, ni par les douleurs ». Le gouverneur, furieux, ordonna aux bourreaux de lui fracasser les membres par le supplice de la roue, mais la sainte resta intacte. Alors, le gouverneur ordonna de lui raboter les côtes et de la brûler avec des torches. Enfin, la sainte fut décapitée. La bienheureuse Sophie, avertie par un ange, vint recueillir ses saintes reliques, lesquelles se trouvent de nos jours au monastère de Grigoriou sur la Sainte Montagne de l’Athos. Cette sainte est distincte de Ste Anastasie la Pharmacolytra, martyrisée sous Dioclétien et célébrée le 22 décembre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte martyre Anastasie, ton 4
Ta brebis Anastasie, ô Jésus, crie d’une voix forte : « Mon époux, c’est Toi que j’aime, c’est pour Te chercher que je combats, c’est avec Toi que je suis crucifiée et ensevelie par Ton baptême. Pour toi, je souffre, afin de régner avec Toi. Pour Toi je meurs, afin de vivre en Toi. Accueille, comme victime sans tache, celle qui par amour est immolée pour Toi. Par son intercession, ô Miséricordieux, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Abramios, ton 8
En toi, Père, s’est conservée sans défaut la divine image. Prenant ta croix, tu as suivi le Christ. Par tes propres œuvres, tu as enseigné à mépriser la chair qui passe et à s’occuper de l’âme, créature immortelle. Aussi, ton âme, ô bienheureux Abramios, se réjouit-elle avec les anges.

Kondakion de la sainte martyre Anastasie, ton 3
Purifiée par les eaux de la virginité, ô bienheureuse, tu fus couronnée par le sang du martyre, Anastasie, et tu accordes à ceux qui sont malades la guérison et à ceux qui s’approchent de toi de tout leur cœur, le salut ; le Christ t’en a donné la puissance, faisant perpétuellement sourdre la grâce.

Kondakion de saint Abramios, ton 3
Tu te manifestas dans la chair comme un ange sur terre, et par le jeûne tu fus planté comme un arbre qui crût vigoureusement par l’eau de la continence. Par le flot de tes larmes tu lavas la souillure ; aussi tu fus un réceptacle divin de l’Esprit, ô Abramios.

Évangile du jour
(Lc IX,49-56.)

Jean prit la parole, et dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, lui répondit Jésus; car qui n’est pas contre vous est pour vous. Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem. Il envoya devant lui des messagers, qui se mirent en route et entrèrent dans un bourg des Samaritains, pour lui préparer un logement. Mais on ne le reçut pas, parce qu’il se dirigeait sur Jérusalem. Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume? Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver. Et ils allèrent dans un autre bourg.

16 octobre (ancien calendrier)/29 octobre (nouveau)

16 octobre (ancien calendrier)/29 octobre (nouveau)

Saint Longin le Centurion qui était près de la croix du Christ, martyr en Cappadoce; saint Longin des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Longin de Yarenga (1544) ; saint Dulcide, évêque d’Agen (Vème s.) ; saint Bercaire, abbé près de Reims, martyr (685) ; saint Ambroise, évêque de Cahors (vers 750) ; saint Maimboeuf, évêque d’Angers (VIIème s.) ; saint Mommolin, évêque de Noyon (685) ; apparition de l’archange saint Michel au Mont Tombe, le Mont saint Michel (VIIIème s.) ; saint Gall, illuminateur de la Suisse (630) ; néo-martyrs de Russie : Georges (Troïtsky), confesseur et prêtre (1937) ; Eugène (Elkhovski), prêtre (1937) ; Alexis (Nikonov), prêtre (1938) et Jean Zasedatielev, prêtre (1942).

SAINT LONGIN

Saint Longin le Centurion qui était près de la croix du Christ, martyr en Cappadoce

Saint Longin vécut sous le règne de l’empereur Tibère (15-34 ap. J.-C.). Il était originaire de Cappadoce et servait dans l’armée romaine comme centurion sous les ordres de Pilate, le gouverneur de la Judée. C’est à lui et à ses hommes que l’on commanda d’exécuter la sainte Passion de notre Sauveur Jésus-Christ et de garder le tombeau, de crainte que les disciples ne viennent dérober son corps et fassent croire à sa résurrection. C’est ainsi que Longin fut le témoin de tous les miracles étonnants qui accompagnèrent la Passion du Seigneur : le tremblement de terre, l’obscurcissement du soleil, le déchirement du voile du Temple, les rochers qui se fendirent, les tombeaux qui s’ouvrirent et les corps de nombreux saints des temps anciens qui ressuscitèrent et se montrèrent à tous. En voyant ces prodiges, les yeux du cœur du centurion s’ouvrirent et il s’écria d’une voix forte : « Vraiment, il était fils de Dieu ! » (Mt 27, 54 ; Mc 15, 39). Lorsque, le troisième jour, les gardes du tombeau furent témoins de l’apparition de l’ange aux saintes femmes, ils furent pris d’une grande terreur et restèrent comme morts. Quelques-uns d’entre eux allèrent rapporter ces événements aux grands prêtres. Ceux-ci se rassemblèrent avec les anciens et, ayant délibéré, ils décidèrent de donner à Longin et ses hommes une forte somme d’argent, pour qu’ils fassent courir le bruit que les disciples étaient venus de nuit dérober le corps pendant que les gardes dormaient. Mais, désormais illuminés par la lumière de la foi en la Résurrection, Longin et deux de ses soldats refusèrent cet argent. Le centurion abandonna alors sa charge et quitta l’armée pour se rendre dans sa patrie, la Cappadoce, afin d’y propager la Bonne Nouvelle à l’imitation des Apôtres. Apprenant cela, Pilate, incité par l’argent et les cadeaux des Juifs avides de vengeance, écrivit à l’empereur Tibère pour dénoncer Longin.

Par un effet de la Providence, les hommes envoyés par Tibère en Cappadoce à la recherche de l’ex-centurion, s’arrêtèrent sans le savoir dans la maison où celui-ci s’était réfugié. Ils y demandèrent l’hospitalité, et sollicitèrent quelques renseignements sur Longin qu’ils n’avaient jamais vu. C’est le saint lui-même qui les reçut avec toute l’attention dont font preuve les disciples du Christ à l’égard de l’étranger. Au cours de la conversation, ils lui révélèrent le but de leur voyage. À cette nouvelle, Longin éprouva une immense joie et fit preuve d’une délicatesse encore plus grande envers ses hôtes. Il les installa confortablement, puis, en toute sérénité, il prépara son tombeau et ce qui était nécessaire à ses funérailles. Il alla ensuite chercher ses deux compagnons, qui avaient fui avec lui la Palestine, et les décida à s’offrir de concert au martyre. Puis il revint vers ses hôtes et leur révéla qu’il était Longin, celui qu’ils recherchaient pour l’exécuter. Les envoyés de l’empereur demeurèrent tout interdits devant la hardiesse du saint et ressentirent un profond chagrin à l’idée de devoir accomplir leur sombre besogne envers celui qui leur avait offert une telle hospitalité. Mais c’est Longin lui-même qui les implora de ne pas tarder davantage à les réunir, lui et ses compagnons, à leur Seigneur et Maître. La mort dans l’âme, les hommes décapitèrent les trois disciples du Christ et envoyèrent le chef de Longin à Jérusalem, afin que Pilate et les Juifs soient assurés de son exécution. La tête du saint fut ensuite jetée dans une fosse à fumier qui se trouvait aux abords de Jérusalem.

De nombreuses années plus tard, une noble et riche dame de Cappadoce, qui avait perdu l’usage de la vue, se rendit en pèlerinage dans la Ville sainte, en compagnie de son fils unique, afin d’y prier pour sa guérison. Mais, à leur arrivée à Jérusalem, son fils vint à mourir, ajoutant une détresse supplémentaire au malheur de la pauvre femme. Saint Longin lui apparut alors en songe et lui révéla l’endroit où était enfouie sa tête, en lui promettant que la guérison lui serait accordée par cette précieuse relique. Après avoir cherché avec empressement, la pieuse femme trouva le chef du saint martyr et recouvra la vue par la grâce divine qui émanait de la précieuse relique. Ce ne fut pas seulement ses yeux corporels qui s’ouvrirent, car Dieu lui accorda aussi de voir des yeux de son âme son fils qui se tenait aux côtés de saint Longin dans la demeure des bienheureux. Réconfortée et pleine de reconnaissance envers le Seigneur, qui sait rendre au centuple à ceux qu’il éprouve, elle déposa la relique du saint martyr et le corps de son fils dans une châsse qu’elle ramena en Cappadoce et qu’elle plaça, par la suite, dans une église qu’elle fit construire en l’honneur de saint Longin.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Longin le Centurion, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Longin le Centurion, ton 4
Faisant mémoire en ce jour * de l’illustre martyr Longin, * l’Eglise exulte de joie * et, jubilante, s’écrie: * Ô Christ, tu es ma force, ma puissance, mon soutien.

Évangile du jour
(Lc IX, 7-11)

Hérode le tétrarque entendit parler de tout ce qui se passait, et il ne savait que penser. Car les uns disaient que Jean était ressuscité des morts; d’autres, qu’Élie était apparu; et d’autres, qu’un des anciens prophètes était ressuscité. Mais Hérode disait: J’ai fait décapiter Jean; qui donc est celui-ci, dont j’entends dire de telles choses? Et il cherchait à le voir. Les apôtres, étant de retour, racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit avec lui, et se retira à l’écart, du côté d’une ville appelée Bethsaïda. Les foules, l’ayant su, le suivirent. Jésus les accueillit, et il leur parlait du royaume de Dieu; il guérit aussi ceux qui avaient besoin d’être guéris.

28 octobre

28 octobre
Jour de jeûne

Sainte Parascève, martyre (III). Saint Térence et son épouse sainte Néonille, martyrs avec leurs enfants saints Sarbèle, Photos, Théodule, Hiérax, Nitas, Vilos et sainte Eunicée (249-250) ; saint Cyriaque, patriarche de Jérusalem, martyr (363) ; saint Térence, évêque de Metz (520) ; saint Faron, évêque de Meaux (669) ; saint hiéromartyr Néophyte, évêque d’Urbnisi (Géorgie, VIIème s.) ; saint Étienne le Sabbaïte, moine (794) ; saint Nestor l’analphabète des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Arsène, archevêque de Serbie (1266) ; saint Hyacinthe, métropolite en Dobroudja (1372) ;saint Job, abbé de Potchaev (1651) ; saint Dimitri, métropolite de Rostov (1709)  ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Vilensky), prêtre (1918).

SAINT TÉRENCE, SAINTE NÉONILLE ET LEURS ENFANTS

Cette sainte famille vivait dans la piété et l’amour mutuel, à une époque et dans un lieu qui ne nous sont pas connus. Livrés au tribunal du gouverneur païen, ils confessèrent tous, d’une seule voix, le Christ vrai Dieu et se moquèrent des idoles. On les soumit immédiatement à la torture, en versant du vinaigre et du sel sur leurs plaies pour les rendre plus douloureuses. Mais les saints martyrs endurèrent les tourments sans broncher, s’encourageant mutuellement par leur silence à persévérer jusqu’à la fin. À plusieurs reprises, un ange envoyé par Dieu les guérit miraculeusement et les protégea contre les fauves. En voyant qu’ils résistaient à tous les tourments, les païens leur tranchèrent finalement la tête, leur offrant ainsi la couronne de la victoire.
SAINT JOB DE POTCHAÏEV
Saint Job, dans le monde Jean Jelezo, naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Térence, sainte Néonille et leurs enfants, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre [Job] très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

Kondakion de saint Étienne le Sabbaïte, ton 4
Ayant planté le paradis des vertus * et l’ayant arrosé sous les flots de tes pleurs, * illustre Père, toi qui as trouvé l’arbre de vie, * sauve de la ruine, par tes prières, ton troupeau; * délivre du péril ceux qui te vénèrent avec ardeur, * car en toi, sage Etienne, nous possédons, * nous les fidèles, un très grand protecteur.

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4
Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.
Évangile du jour
(Lc IX, 44-50)
Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu’ils n’en eussent pas le sens; et ils craignaient de l’interroger à ce sujet. Or, une pensée leur vint à l’esprit, savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Jésus, voyant la pensée de leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, et leur dit: Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. Jean prit la parole, et dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, lui répondit Jésus; car qui n’est pas contre vous est pour vous.

15 octobre (ancien calendrier)/28 octobre (nouveau)

15 octobre (ancien calendrier)/28 octobre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Lucien, prêtre à Antioche, martyr à Nicomédie (312) ; saint Barsès, évêque d’Édesse, confesseur (378) ; saint Sabin, évêque à Chypre (Vème s.) ; saint Antioche, évêque de Lyon (vers 500) ; saint Cannat, évêque de Marseille (VIème s.) ; saint Léonard, abbé près du Mans (575) ; saint Savin, évêque de Catane (760) ; saint Euthyme de Thessalonique (898) ; saint Jean, évêque de Souzdal (1373) ; saint Lucien, hiéromartyr des Grottes de Kiev (1243) ; saints néomartyrs de Russie : Athanase, évêque de Kovrov, confesseur (1962) ; Syméon (Konioukhov), prêtre (1918) ; Démètre (Kassatkine) (1942).

SAINT MARTYR LUCIEN

Saint Lucien, prêtre à Antioche, martyr à Nicomédie (312)

Saint Lucien vécut au temps de la Grande Persécution (304-312). Originaire d’Antioche, il quitta sa patrie à la mort de ses parents en abandonnant tous ses biens aux pauvres. Il se rendit alors à Édesse pour recevoir l’enseignement spirituel d’un maître réputé, nommé Macaire. Après avoir reçu le saint baptême, il demeura plusieurs années à Édesse, en observant une ascèse très rigoureuse. Il n’avait pour compagnons que le jeûne, les veilles et les larmes. Son maître lui inspira un grand amour pour la méditation des saintes Écritures, de sorte qu’il passait toutes ses nuits sans presque dormir, tant la lecture et la prière le mettaient en présence des réalités célestes et éternelles. Son admirable vertu lui valut d’être rappelé à Antioche, pour y devenir prêtre. Il y fonda la fameuse « École des Exégètes », où, sous sa conduite, ses disciples apprenaient à interpréter l’Écriture sainte selon son sens littéral, et où, grâce à sa connaissance de l’hébreu, il corrigea les livres qui avaient été altérés par les hérétiques. Apprenant l’étendue de la science que possédait Lucien et combien grande était son influence, l’empereur Maximin Daïa le fit arrêter et transférer à Nicomédie, où il séjournait. En arrivant dans la ville, Lucien employa tout son zèle à encourager les chrétiens qui, par peur des supplices, apostasiaient en grand nombre. Il leur montra par des citations de l’Écriture que les châtiments éternels qui attendent les apostats sont bien plus terribles que les brèves tortures inventées par les païens. Sa parole était si convaincante, que tous se repentirent de leur lâcheté et se tinrent prêts avec impatience pour le combat du martyre. Le saint prêtre avait un tel rayonnement qu’il suffisait souvent à ses interlocuteurs de regarder son visage où brillait la grâce du Saint-Esprit, pour être convaincus de la vérité de sa parole. Craignant d’être, lui aussi, victime de ce charme, l’empereur le fit comparaître à son tribunal après avoir pris soin de placer un voile entre lui-même et le saint. Comme aucun argument ne parvenait à ébranler la résolution de Lucien, l’empereur le fit soumettre à la torture, et ordonna qu’on le laissât mourir de faim et de soif dans son cachot.
Comme la fête de la Théophanie approchait, un grand nombre des disciples de Lucien vinrent d’Antioche et d’autres villes pour le voir une dernière fois et recevoir sa bénédiction. Arrivés le jour de la fête, les disciples qui avaient réussi à parvenir jusqu’à son cachot avec le pain et le vin nécessaires à la célébration des saints Mystères le conjurèrent d’offrir encore une fois pour eux le saint Sacrifice. En l’absence d’autel consacré selon les lois de l’Église, Lucien célébra la Divine Liturgie sur sa propre poitrine : l’autel le plus digne de Dieu, puisque c’est à son image que l’homme a été créé. Les jours passaient, et le saint semblait rester insensible à la faim et à la soif. Pour rendre son supplice encore plus insupportable, les païens installèrent devant lui une table pleine de viandes et de mets qui avaient été offerts aux idoles. Mais Lucien les rejeta avec mépris, et chaque fois qu’on lui proposait de céder, il répondait : « Je suis chrétien ! » La troisième fois, il rendit doucement son âme à Dieu après cette réponse (7 janvier 312). L’empereur donna alors l’ordre de jeter son corps à la mer, mais un dauphin le recueillit sur son dos et le ramena sur le rivage, près de Drépanon (Bithynie), le lieu de naissance de sainte Hélène [21 mai], permettant ainsi aux fidèles de l’ensevelir dignement et de communier à la grâce qui se dégageait de ses saintes reliques. Par la suite, saint Constantin le Grand fonda auprès du martyrium de saint Lucien, une nouvelle cité, nommée Hélénopolis, où une grande église lui fut dédiée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Lucien, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr Lucien, ton 2
Dans l’ascèse tu brillas tout d’abord * et par le martyre ensuite resplendis: * aussi, tel un astre resplendissant, * nous te glorifions par nos cantiques, Lucien. * Intercède sans cesse auprès de Dieu pour nous tous.

Évangile du jour
(Lc VIII, 22-25)

Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit: Passons de l’autre côté du lac. Et ils partirent. Pendant qu’ils naviguaient, Jésus s’endormit. Un tourbillon fondit sur le lac, la barque se remplissait d’eau, et ils étaient en péril. Ils s’approchèrent et le réveillèrent, en disant: Maître, maître, nous périssons! S’étant réveillé, il menaça le vent et les flots, qui s’apaisèrent, et le calme revint. Puis il leur dit: Où est votre foi? Saisis de frayeur et d’étonnement, ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l’eau, et à qui ils obéissent?

27 octobre

27 octobre

Saint Nestor, compagnon de saint Démètre, martyr à Thessalonique (vers 306) ; saintes Capitoline et Erothéide, martyres en Cappadoce (304) ; saint Marc et ses compagnons, martyrs à Rome (269) ; saint Namace, évêque de Clermont (462) ; saint Didier, évêque d’Auxerre (621) ; saint Nestor le Chroniqueur des Grottes de Kiev (1114) ; saint Dimitri le Nouveau de Basarabovo (XIIIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Tchernoukhine) (1942).

SAINTE MARTYRE CAPITOLINE

Saintes Capitoline et Erothéide, martyres en Cappadoce (304) miniature du Ménologe de Basile II de la bibliothèque apostolique vaticane

Sainte Capitoline était originaire d’une noble et riche famille de Césarée en Cappadoce, dont était également issu saint Firmilien. Éprise d’un amour ardent pour le Christ et méprisant tous les biens de cette terre, elle distribua ses richesses aux pauvres, affranchit ses esclaves et ne craignit pas de se présenter bravement devant le gouverneur Zilikinthos qui, sur l’ordre de l’empereur Dioclétien (303), pourchassait les chrétiens. Comme le magistrat voulait épargner l’outrage des tortures publiques à une si noble femme, celle-ci lui répondit qu’il n’y avait pas d’honneur plus grand pour sa famille que d’avoir produit des martyrs, des prédicateurs de la foi et des maîtres de la divine sagesse, tel Firmilien. On l’enferma alors dans un cachot où, le lendemain, on lui trancha la tête. La fidèle servante de Capitoline, Érothéïs, voyant comment sa maîtresse était traitée, se précipita sur le gouverneur et le frappa au visage. Aussitôt appréhendée, elle fut violemment fustigée, mais, par la grâce du Christ, elle resta indemne. Finalement, elle reçut la couronne de la victoire en ayant la tête tranchée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Nestor, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Kondakion du saint martyr Nestor, ton 2
Ayant mené le bon combat, tu as acquis * désormais la gloire immortelle, * toi qui devins un excellent soldat du Seigneur * par les prières du martyr Démètre; * avec lui, sage Nestor, à présent * ne cesse pas d’intercéder pour nous tous.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc IX,23-27)
Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il se détruisait ou se perdait lui-même? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu.

14 octobre (ancien calendrier)/27 octobre (nouveau)

14 octobre (ancien calendrier)/27 octobre (nouveau)

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68) ; saint Sylvain, prêtre à Gaza, (IVème s.) ; saint Céleste, évêque de Metz (vers 300) ; sainte Menehould, vierge en Lorraine (Vème s.) ; sainte Angadrème, abbesse, patronne de Beauvais (vers 695) ; sainte Parascève de Serbie (XIème s.) ; Saint Nicolas Sviatocha, prince de Tchernigov, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1143) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Lektorsky), prêtre (1921) ; Ambroise, évêque de Kamenets-Podolsky, confesseur (1932), Pierre (Lebedev), prêtre (1937) ; Maximilien (Martchenko), moine (1938).

SAINTS MARTYRS NAZAIRE, GERVAIS, PROTAIS ET CELSE

Saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse (54-68) – miniature du Ménologe de Basile II de bibliothèque apostolique vaticane

Issu d’une riche et noble famille, saint Nazaire vivait à Rome, sous le règne de l’empereur Néron (entre 54 et 68). Son père, Africanus, et sa mère, Perpétue, avaient été conduits à la foi par le saint Apôtre Pierre, et Nazaire fut baptisé par le premier évêque de Rome, saint Lin.

Lorsqu’il eut atteint l’âge de vingt ans, il quitta Rome pour parcourir les villes d’Italie, afin d’y répandre la Bonne Nouvelle. Il amena ainsi de nombreux païens à la connaissance de la Vérité et les baptisa. Dix ans plus tard, comme il passait dans la ville de Plaisance, il fit la connaissance de saint Gervais et de saint Protais, qui étaient en prison sur l’ordre du gouverneur Anulinus et dont la réputation de thaumaturges et d’audacieux apôtres du Christ s’était répandue dans toute l’Italie. Ils s’embrassèrent d’un saint baiser et s’exhortèrent mutuellement au martyre. Mais le gouverneur, ayant appris la présence de Nazaire, le fit interpeller, puis flageller, et ensuite il le chassa de la ville.

Le saint se dirigea alors vers la Gaule. Lorsqu’il arriva dans la ville de Cimiez, près de Nice, sa parole de feu attira une grande partie de la population à la foi. C’est alors que la femme d’un notable de la cité s’approcha de lui avec son enfant âgé de trois ans. Elle le déposa aux pieds du saint en disant : « Prends avec toi cet enfant. Qu’il te suive où que tu ailles, afin qu’il soit jugé digne de paraître auprès du trône du Christ. » Nazaire reçut le bambin avec action de grâces, le baptisa sous le nom de Celse, et partit avec lui pour répandre le saint Évangile dans d’autres régions de la Gaule. Saisis par le gouverneur Deinobaus, qui l’interrogea sur son identité et celle de l’enfant, Nazaire lui répondit : « Je suis Romain de naissance, mais je suis chrétien et adore le Crucifié. » Le cruel magistrat s’empara alors de Celse et le frappa sans pitié, mais le jeune enfant balbutia avec la sagesse d’un vieillard : « Le Dieu que j’adore te jugera pour cela, ô injuste juge. » Nazaire et Celse purent toutefois s’échapper grâce à l’appui de la femme du gouverneur, qui avait eu à leur sujet une vision redoutable. Ils se dirigèrent vers Trèves, en proclamant partout le Christ et en se moquant des idoles, ce qui leur valut d’être à nouveau arrêtés.

Conduits à Rome, sur l’ordre de l’empereur Néron, ils furent jetés dans un lac après avoir été interrogés. Mais ils réchappèrent à la noyade, et purent continuer leur mission de ville en ville jusqu’à Milan, où ils y retrouvèrent saint Gervais et saint Protais, qui se préparaient à affronter l’épreuve finale du martyre. Tous étaient remplis de joie à la perspective de rejoindre le Seigneur en communiant à sa Passion, et le jeune Celse n’était pas moins que les autres prêt à endurer toutes sortes de supplices pour l’amour du Christ. Ils marchèrent donc tous les quatre vers le lieu de l’exécution, le visage aussi rayonnant que s’ils se rendaient à un banquet, et moururent décapités en rendant grâce à Dieu. Celse avait alors neuf ans et sept mois.

Les reliques des saints Gervais et Protais furent miraculeusement retrouvées par saint Ambroise, et lors de leur transfert solennel dans la basilique principale de Milan, le 19 juin 386, un aveugle recouvra la vue et les démons qui habitaient deux possédés se mirent à crier que les saints leur infligeaient des peines intolérables. Quelques années après (395), saint Ambroise procéda à la translation des corps des saints Nazaire et Celse, qui étaient ensevelis dans un jardin hors de la ville.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Nazaire, Gervais, Protais et Celse, ton 1
Célébrons la quadruple gloire des Témoins du Christ, * fidèles, chantons Nazaire et Protais, * acclamons par des hymnes Celse et Gervais, * car ils ont combattu jusqu’à mourir décapités; * ayant reçu la couronne d’immortalité, * ils intercèdent pour notre salut.
ÉVANGILE DU JOUR
(Lc VIII, 1-3)

Ensuite, Jésus allait de ville en ville et de village en village, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les douze étaient avec de lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies: Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens.

26 octobre

26 octobre

Saint Démètre de Thessalonique, grand-martyr, myroblite (vers 306) ; commé-moraison du grand tremblement de terre, à Constantinople (en 740) ; saint martyr Loup (306) ; saint Amand, évêque de Strasbourg (346) ; saint Quodvultdeus, évêque de Carthage (454) ; saint Rustique, évêque de Narbonne (462) ; saint Aptone, évêque d’Angoulême (566) ; saint Alor, évêque de Quimper (VIème s.) ; sainte Gibitrude, moniale à Faremoutiers-en-Brie (VIIème s.) ; saint Sigebaud, évêque de Metz (741); saint Athanase de Médikon, en Bithynie (814) ; saint Théophile de la Laure des Grottes, évêque de Novgorod (1482) ; saint Joasaph, moine au Mont-Athos, néo-martyr grec (1536)

SAINT DÉMÈTRE DE THESSALONIQUE

Saint Démètre de Thessalonique, grand-martyr, myroblite (vers 306)

Saint Démètre (Dimitrios) vivait à Thessalonique sous le règne de Maximien Galère (vers 306). Il descendait de l’une des plus nobles familles de la province de Macédoine, et était admiré de tous, non seulement pour la noblesse de son origine et la grâce de son apparence physique, mais aussi pour sa vertu, sa sagesse et sa bonté, qui le rendaient supérieur aux vieillards. Expert en l’art militaire, malgré son jeune âge, il avait été nommé par Galère — alors césar de l’Empire d’Orient — général des armées de Thessalie et proconsul pour l’Hellade. Mais ces honneurs ne parvinrent pas à lui faire perdre le sens des réalités les plus essentielles. Le cœur touché par la foi et comptant pour rien toute la gloire de ce monde, Démètre passait le plus clair de son temps à enseigner et à interpréter publiquement la parole de Dieu. Sa parole était si convaincante et sa vie — toute de justice, de paix et d’amour pour ses frères — en était une telle application pratique, qu’un grand nombre de païens s’étaient convertis, malgré la persécution lancée par l’empereur contre les chrétiens.

Après avoir remporté de brillantes victoires contre les Scythes, sur le chemin du retour, Galère s’arrêta à Thessalonique pour se faire acclamer par la foule et offrir des sacrifices d’action de grâces aux idoles. Certains païens de la ville, jaloux des succès de Démètre, profitèrent de la présence de l’empereur pour le dénoncer comme chrétien. L’étonnement du tyran se changea en violente colère lorsqu’il apprit que Démètre ne se contentait pas de partager la foi des disciples du Christ, mais qu’il la propageait avec succès, tirant profit de sa place dans les assemblées officielles. Après avoir fait comparaître le saint, qui confessa sa foi sans hésitation, Galère le fit enfermer dans un cachot malsain situé dans les sous-sols d’un bain qui se trouvait à proximité du palais. Lorsque Démètre pénétra dans sa cellule, un scorpion approcha de son pied, se préparant à le piquer mortellement. Mais, d’un simple signe de croix, le saint le fit disparaître. Laissé seul dans l’obscurité, l’humidité et les odeurs nauséabondes, Démètre n’y prêtait aucune attention, car il était rempli de joie à la pensée de bientôt communier pleinement à la Passion salutaire du Seigneur. Sa seule tristesse était de devoir attendre la fin des festivités organisées en l’honneur de l’empereur, pour subir le martyre.

Ainsi que le voulait la coutume, Galère avait organisé dans l’amphithéâtre de Thessalonique des jeux et des combats de gladiateurs. Il avait amené avec lui un géant de la tribu des Vandales, à la force herculéenne, nommé Lyaios. Celui-ci était si fort et d’une telle dextérité dans le combat singulier que personne ne pouvait lui résister. Nestor, un jeune chrétien de la ville, voyant le vain orgueil que tirait l’empereur des victoires de son champion, décida de lui montrer que c’est au Christ seul qu’appartient la vraie puissance. Il courut donc vers le bain où était enfermé Démètre et lui demanda l’assistance de sa prière pour aller affronter le géant. Le martyr fit le signe de la Croix sur le front et le cœur du jeune garçon, et l’envoya vers Lyaios, tel David au-devant de Goliath (cf. 1 Sam 17). Nestor arriva à l’amphithéâtre au moment où les hérauts annonçaient l’invitation de l’empereur à affronter le géant. Il s’avança alors devant la tribune où siégeait Galère, et jeta sa tunique à terre en criant : « Dieu de Démètre, viens à mon aide ! » Dès le premier engagement, alors que le géant se ruait sur le frêle garçon, celui-ci s’esquiva et le perça mortellement au cœur avec son poignard. Tous furent saisis de stupeur à la vue de ce prodige et se demandaient comment l’invincible barbare était tombé si facilement sous les coups d’un adolescent. En fait le jeune chrétien, ne se confiant ni en sa force ni en ses armes, avait mis toute son espérance dans le Seigneur, le « Maître du combat », Lui qui livre leurs ennemis aux mains de ses fidèles. Au lieu de se soumettre devant ce signe éclatant de la puissance souveraine de Dieu, l’empereur fut pris d’une violente colère, et ordonna de saisir Nestor sur-le-champ et d’aller lui trancher la tête en dehors de la ville. Comme il avait entendu le jeune garçon invoquer le Dieu de Démètre, Galère soupçonna ce dernier d’avoir usé de quelque sortilège ; il donna donc l’ordre à ses soldats d’aller le transpercer de leurs lances au fond de son cachot, sans autre forme de procès. Quelques chrétiens, qui étaient présents lors de l’exécution de saint Démètre, attendirent le départ des soldats pour ensevelir son corps avec dévotion.

Lupus, le serviteur de saint Démètre, était lui aussi présent. Avant qu’on ensevelisse le corps du martyr, il lui retira sa tunique baignée de sang et mit à son doigt la bague royale qu’il portait. Par l’intermédiaire de ces deux trophées, Lupus accomplit ensuite un grand nombre de miracles et de guérisons. Lorsque Galère l’apprit, il envoya aussitôt ses soldats trancher la tête du fidèle serviteur [23 août].
Ayant remporté la couronne de la victoire des bienheureux athlètes de la foi, saint Démètre se tient désormais avec assurance dans la Cour céleste et, depuis mille six cent ans, il n’a cessé de manifester sa bienveillante protection sur la ville Thessalonique, qui le vénère comme son saint patron . Il l’a protégée des assauts des barbares, notamment lors du siège de la ville par l’immense armée réunie par le khan des Avares, qui s’était allié de nombreuses tribus slaves, en automne 586 (ou 597). Alors que les défenseurs étaient restés en petit nombre, à cause d’une récente épidémie, le saint apparut sur les murailles et leur rendit courage, de sorte qu’ils purent résister aux assauts répétés et aux machines de siège. Le septième jour, comme les barbares se préparaient à une offensive générale et décisive, saint Démètre surgit au milieu de leur camp, monté sur un cheval blanc, à la tête d’une puissante armée qui mit les ennemis en déroute, sans que les habitants n’aient eu besoin d’engager le combat.

Quelques années plus tard (vers 615), les Slaves (Sclavènes, Sklavenoi) qui s’étaient installés en Macédoine, tentèrent un nouvel assaut de Thessalonique, mais le saint martyr fit de nouveau son apparition, rayonnant de la gloire qu’il possède auprès de Dieu, aussi bien sur les murailles qu’au milieu des multiples embarcations des barbares qui se préparaient à investir la ville par la mer. Il sema une telle confusion que les bateaux se fracassèrent les uns contre les autres, et que leurs occupants, voulant s’agripper aux autres embarcations, les firent chavirer. En essayant d’échapper à la noyade, les barbares finirent par s’entretuer, de sorte que la mer devint rouge de leur sang. Constatant qu’ils ne pourraient venir à bout de la ville protégée par le saint martyr, deux ans plus tard, les Slaves s’allièrent de nouveau au khan des Avares et aux Bulgares pour tenter une incursion soudaine et massive (617). Les habitants se précipitèrent vers les remparts pour préparer le siège, encouragés par leur évêque, Jean, auquel saint Démètre était apparu. Alors que les barbares approchaient leurs tours et leurs catapultes des murailles, un chrétien prit une petite pierre sur laquelle il écrivit : « Au nom de Dieu et de saint Démètre ». Au moment où il la lançait contre les ennemis, la pierre heurta un énorme projectile qui venait d’être lâché par une catapulte. Sous le choc, ce dernier repartit en arrière, et alla écraser la catapulte et ses desservants. À la suite de ce miracle, l’après-midi, un tremblement de terre ébranla les remparts, donnant aux barbares l’impression qu’ils s’écroulaient. Ils se ruèrent donc à l’assaut, mais se heurtèrent aux murailles, qui étaient bien restées debout, et aux habitants dont le courage avait été réanimé par leur évêque. Ce ne fut pourtant qu’au terme de trente-trois jours de siège et de tractations que, finalement, les barbares se retirèrent.

Grâce à la protection de son saint patron, Thessalonique échappa ainsi à cinq sièges des Slaves et des Avares ; et c’est aussi à son intercession que l’on attribue la libération de la ville du joug turc, en 1912. À de multiples reprises, saint Démètre a protégé sa cité des tremblements de terre, des épidémies et des famines ; et les malades que l’on venait déposer dans une annexe de la basilique, transformée en hôpital, se trouvaient guéris par l’intervention du saint qui leur apparaissait en songe. Les miracles, accomplis par l’intervention directe de saint Démètre ou par son myron , sont si nombreux que celui qui voudrait les dénombrer ressemblerait à l’insensé qui désire compter les grains de sable au bord de la mer.
La célèbre basilique Saint-Démètre fut construite au Ve siècle sur l’emplacement du tombeau du saint par le préfet de l’Illyricum, Léonce, qui avait été miraculeusement guéri d’une maladie (412-413). Incendiée au VIIe siècle, elle subit divers remaniements et fut transformée en mosquée sous le sultan Bajazet (1493). Rendue au culte chrétien en 1912, un grand incendie la ravagea en 1917, faisant disparaître la somptueuse décoration de marbres multicolores et le plus grand nombre de ses mosaïques. Aujourd’hui restaurée, elle est redevenue le centre du culte de saint Démètre, surtout depuis la restitution d’une partie de ses reliques (1978/1980), qui avaient été emmenées en Italie vers le XIIème siècle.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint grand-martyr Démètre, ton 3
Au milieu des dangers, le monde entier * a trouvé en toi un puissant défenseur * pour mettre en fuite, victorieux Athlète, les païens; * toi qui as abattu l’arrogance de Lyéos * et sur le stade encouragé saint Nestor, * aussi grand-martyr Démètre prie le Christ notre Dieu d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion du saint grand-martyr Démètre, ton 2
Sous les flots de ton sang, Démètre, * empourpra son Eglise le Seigneur * qui t’a donné l’invincible pouvoir * et garde saine et sauve la ville dont tu es le ferme appui.

Évangile du jour
(Lc IX, 18-22)

Un jour que Jésus priait à l’écart, ayant avec lui ses disciples, il leur posa cette question: Qui dit-on que je suis? Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres, Élie; les autres, qu’un des anciens prophètes est ressuscité. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne. Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour.

13 octobre (ancien calendrier)/26 octobre (nouveau)

13 octobre (ancien calendrier)/26 octobre (nouveau)

Saint Carpe, évêque de Thyatire, saint Papyle, diacre, saint Agathodore et sainte Agathonique, martyrs à Pergame (251) ; saint Florent, martyr à Thessalonique (vers 310) ; saint Benjamin, diacre, martyr en Perse (vers 424) ; saint Nicétas, moine à Constantinople, confesseur (vers 838) ; saint Benjamin des Grottes de Kiev (XIV) ; saint Mélèce, patriarche d’Alexandrie (1601)  sainte Chrysie, néo-martyre (1795) ; saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie, translation des reliques(2004) ; saints Néomartyrs de Russie : Innocent (Kikine) et Nicolas (Ermolov) (1937), prêtres.

Saint Carpe, ÉvÊque de Thyatire, saint Papyle, diacre, saint Agathodore et sainte Agathonique, martyrs à Pergame

Saint Carpe, évêque de Thyatire, saint Papyle, diacre, saint Agathodore et sainte Agathonique, martyrs à Pergame (251)

Ces saints martyrs vécurent sous l’empereur Dèce (vers 250) et le proconsul d’Orient Valérien. Carpe était le fils d’un prêtre des idoles. Il crut au Christ, fut baptisé et devint quelque temps plus tard évêque de l’Église de Pergame, fondée par saint Jean le Théologien. Papyle était originaire de Thyatire (auj. Akhisar). Catéchisé et baptisé par Carpe, il fut ordonné diacre et demeura avec son évêque et père spirituel à Pergame pour y répandre la parole de Dieu. Comme Carpe et Papyle n’avaient pas voulut obéir à l’édit de l’empereur, qui commandait de livrer aux autorités les vases et les vêtements sacrés, ils furent arrêtés et emmenés devant le proconsul Valérien. Ils confessèrent sans crainte le Seigneur, et se déclarèrent prêts à endurer toutes les souffrances plutôt que de renier le Christ pour adorer des idoles inanimées. Le magistrat, emporté par la colère devant leur assurance, les fit attacher derrière des chevaux et les força à courir devant son char, de Thyatire à Sardes, villes éloignées d’environ soixante kilomètres. Parvenus à Sardes, les saints martyrs furent attachés au chevalet et écorchés vif au moyen d’ongles de fer. Comme Carpe restait souriant sous les supplices, le gouverneur étonné lui en demanda la raison. Le saint lui répondit : « J’ai vu la gloire du Seigneur et je me suis réjoui ! »

Agathodore, serviteur de Carpe, et qui avait suivi son maître, reçut alors d’un ange la certitude intérieure que le temps était venu pour lui aussi de confesser le Christ Dieu par son sang. Il s’avança donc devant les bourreaux et proclama publiquement sa foi. Ces derniers s’emparèrent aussitôt de lui, ils l’étendirent sur le chevalet avec les deux autres martyrs, et le frappèrent de verges avec une telle violence qu’il en mourut.

Papyle fut attaché à quatre pieux très hauts, qu’on dressa avant de le livrer à la lapidation. Comme, par protection divine, il était sorti indemne de cette épreuve, il comparut de nouveau devant le gouverneur en compagnie de Carpe. Après les avoir traînés sur le dos dans les ronces, on leur en frappa ensuite le ventre, avant de les jeter en pâture aux fauves dans l’amphithéâtre. Mais là — ô miracle ! — un lion prit une voix humaine pour reprocher leur cruauté aux tortionnaires des saints martyrs du Christ. Ceux-ci, se bouchant les oreilles pour ne pas reconnaître ce que même les animaux sans raison confessaient, clouèrent des sandales de fer aux pieds des saints et les précipitèrent dans une fournaise ardente. Avant d’expirer sous la morsure des flammes crépitantes, Carpe s’écria : « Sois béni, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui as daigné me faire, moi pécheur, participant de ton héritage ! »
Au moment où il rendait son âme à Dieu, une voix de femme se fit entendre : « Moi aussi j’ai aperçu le glorieux festin, et je veux m’y asseoir pour y prendre part ! » Malgré les vaines tentatives de ses proches, qui lui rappelaient ses devoirs envers son jeune enfant, cette jeune femme, nommée Agathonique, rejetant la faiblesse naturelle de son sexe, se précipita dans les flammes en s’écriant : « Seigneur, secours-moi, car j’ai fui vers toi ! » Puis son âme partit vers les demeures célestes, pour jouir de la fraîcheur de la rosée divine avec ses compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Carpe, Papyle, Agathodore et Agathonique, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Carpe, Papyle, Agathodore et Agathonique, ton 4
Sur terre le Seigneur nous a donné * comme un trésor de grand prix * et comme source faisant jaillir des flots de guérisons * vos reliques sacrées: * elles soignent les maladies et toutes sortes de maux * et procurent à nos âmes la grâce abondamment; * c’est pourquoi nous célébrons votre fête, Carpe et Papyle, d’un même chœur.

Évangile du jour
(Lc VII, 36-50)

Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum,
et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum. Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse. Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il. Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus? Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé. Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds. Tu n’as point versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés. Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés? Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t’a sauvée, va en paix.

25 octobre

25 octobre

Saints Marcien et Martyrios, martyrs à Constantinople (vers 355) ; sainte Tabitha ressuscitée par l’apôtre saint Pierre (Ier s.) saints Martyrios, diacre, et Martyrios, reclus, des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint Front, évêque de Périgueux (IIème s.) ; saints Crépin et Crépinien, cordonniers, martyrs à Soissons (vers 285) ; saint Hilaire (ou Chélyj), évêque de Mende (535) ; saint Rufinien, évêque de Bayeux (Vème s.) ; saint Loup, évêque de Bayeux (Vème s.) ; saint Gouesnou, évêque de Léon en Bretagne (675).

SAINT MARCIEN ET MARTYRIOS

Saints Marcien et Martyrios vécurent à Constantinople sous le règne de l’empereur arien Constance (337-361). De noble origine et admirés de tous pour leur savoir, la douceur de leurs mœurs et leur piété, ils devinrent secrétaires de l’archevêque Paul le Confesseur, qui devait mourir assassiné par les ariens en Arménie, où il avait été exilé (6 novembre 344). Ne craignant ni l’exil ni la mort, Marcien et Martyrios continuèrent à proclamer la foi orthodoxe devant le peuple. « Le Fils de Dieu est consubstantiel au Père, et Dieu par nature. » Ces mots étaient pour eux plus précieux que la vie, et ils les revêtaient comme une cuirasse contre les assauts des démons et des hérétiques. Ils furent tués par le glaive et enterrés près de la porte appelée Mélandissia. Après le retour de la paix dans l’Église, saint Jean Chrysostome fit bâtir une église en leur honneur sur les lieux de leur sépulture.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 4ème ton
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire des saint martyrs Marcien et Martyrios, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saint martyrs Marcien et Martyrios, ton 4
Ayant mené, dès la jeunesse, le bon combat, * Marcien et Martyrius, vous avez renversé Arius le félon, * sans faille conservant la vraie foi, * suivant l’enseignement de votre maître, saint Paul; * avec lui vous avez trouvé la vie, comme champions de la sainte Trinité.

Kondakion du dimanche, 4ème ton
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Évangile du jour
(Lc VIII,5-15)
Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce qu’elle n’avait point d’humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines: les épines crûrent avec elle, et l’étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. Il répondit: Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent point. Voici ce que signifie cette parabole: La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur cœur la parole, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés. Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation. Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.

12 octobre (ancien calendrier)/25 octobre (nouveau)

12 octobre (ancien calendrier)/25 octobre (nouveau)
Mémoire des Pères du VIIème Concile œcuménique. Saints martyrs Probus, Tarachus et Andronique de Cilicie (303) ; saint Dismas, le bon larron (I) ; saints Juventin et Maxime, soldats, martyrs à Antioche de Syrie (363) ; sainte Domnine, martyre en Cilicie (303) ; saint Martin de Tour (397) ; saint Cosmas de Maïouma, l’hymnographe (vers 787) ; saint Amphiloque, abbé de Glouchitsa (1452) ; sainte Herlinde (vers 745) et sainte Relinde (vers 750), abbesses à Maaseik sur la Meuse ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Letnikov), confesseur (1930) ; Laurent (Levtchenko), moine (1937) ; Alexandre (Pozdeevsky), prêtre (1940) ; saint Nicolas, métropolite d’Alma-Ata, confesseur (1955).

MÉMOIRE DES PÈRES DU VIIème CONCILE ŒCUMÉNIQUE
Le Septième Concile Œcuménique se réunit dans la basilique Sainte-Sophie, du 24 septembre au 13 octobre 787. Sous la présidence du patriarche saint Taraise, après avoir entendu la lecture de nombreux témoignages patristiques, les Pères du Concile jetèrent l’anathème sur les hérétiques, qui depuis près de cinquante ans interdisaient aux chrétiens de vénérer les icônes du Christ et de Ses saints sous prétexte d’idolâtrie. Ils mirent ainsi fin à la première période de l’iconoclasme, qui devait cependant reprendre vigueur quelques années plus tard, sous Léon V l’Arménien (813-820), et n’être définitivement réglée qu’en 843, grâce à l’impératrice Théodora et au patriarche saint Méthode. Les saints Pères anathématisèrent les patriarches hérétiques, réfutèrent le prétendu concile œcuménique, réuni sur l’initiative de Constantin V (754), et proclamèrent la mémoire éternelle des défenseurs de l’Orthodoxie : Lors de la septième et dernière session du Concile, les Pères donnèrent une définition de la vénération des saintes icônes, défendant ainsi la réalité même de l’Incarnation du Fils de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaires des Pères du VIIème Concile Œcuménique, ton 8
Infiniment glorifié es-Tu, Christ notre Dieu, car Tu as établi nos Pères comme des astres sur terre. Par eux, Tu nous as amenés vers la vraie foi. Très miséricordieux, gloire à Toi !

Kondakion du dimanche, ton 4
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Kondakion des Pères du VIIème Concile Œcuménique, ton 6
Celui qui du Père a brillé ineffablement, est né d’une femme, étant double selon la nature. Le voyant, nous ne nions pas la représentation de la forme, mais la dessinant pieusement, nous la vénérons fidèlement. Pour cela, l’Église, gardant la véritable foi, embrasse l’icône de l’incarnation du Christ.

Évangile du jour
(Jn XVII, 1-13)
Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire.Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous. Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

24 octobre

24 octobre

Icône de la Très-Sainte Mère de Dieu “Joie des Affligés” ; Saint Aréthas, roi, et ses compagnons, martyrs en Ethiopie (523) ; saint Senoch, hiéromoine à Tiffauges (576) ; sainte Synclétique et ses deux filles, martyres (VIème s.) ; saint Magloire (ou Maelor), évêque de Dol (vers 575) ; saint Martin de Vertou, abbé (601) ; saint Regnobert, évêque de Bayeux (VIIème s.) ; saint Aréthas (XIIème s.), saint Sisoès (XIIIème s.) et saint Théophile (XIIIème s.), reclus des Grottes de Kiev ; saint Athanase, patriarche de Constantinople (vers 1315) ; saints néo-martyrs de Russie : Laurent, évêque de Balakhna ; Alexis (Porfiriev), prêtre, et Alexis Neidgardt, ( 1918) ; Nicolas Nikolski et Jean Smirnov, prêtres (1937), et de Pierre Bogorodski, prêtre (1938). saint Georges, confesseur (1959).

SAINT MARTYR ARÉTHAS

Saint Aréthas, roi, et ses compagnons, martyrs en Ethiopie (523)

Sous le règne de l’empereur de Byzance Justin (518-527), le saint roi Élesbaan régnait à Axoum sur le royaume d’Éthiopie. Le royaume voisin des Homérites (Himyar), en Arabie Heureuse , était, quant à lui, aux mains d’un homme cruel et belliqueux, Dhû Nowas, converti au judaïsme sous le nom de Youssouf, qui ne cessait d’assaillir le royaume chrétien d’Éthiopie. À la suite de brillantes victoires, Élesbaan était parvenu à le soumettre, à pénétrer dans son royaume et à le contraindre à payer tribut (518). Toutefois, après quelque temps, Dhû-Nowas réussit à lever une puissante armée et il attaqua les villes chrétiennes de son royaume, afin d’en exterminer tous ceux qui refuseraient de renier le Christ et de piétiner la sainte et vivifiante Croix.

Le roi impie se dirigea ensuite vers la ville de Najran (dans le Yémen du Nord), cité riche et fortement peuplée, qui était chrétienne depuis le règne de Constance, fils de saint Constantin le Grand (337-360). À la tête de la cité et de sa région, siégeait un sage et vénérable vieillard à la barbe blanche, Aréthas, dont la vertu était renommée et respectée par tous. Après avoir disposé ses douze mille hommes pour le siège, Dhû-Nowas se mit à provoquer les défenseurs de la ville du bas des remparts, leur criant mille menaces et leur promettant de tous les passer au fil de l’épée, s’ils ne se livraient pas et ne reniaient pas leur foi. À sa grande déception, il vit que ses menaces n’avaient pour effet que de renforcer l’ardeur des chrétiens à répandre leur sang pour le Christ. Craignant alors un siège qui pouvait lui coûter des pertes importantes, il décida de changer de tactique et employa la ruse. À force de flatteries et de promesses mensongères, le fourbe parvint à décider les notables de le laisser pénétrer avec une petite escorte dans la ville, pour une visite protocolaire, en tant que souverain de la région. On lui ouvrit donc les portes, plein de confiance en ses promesses et en la protection de Dieu. Affable et souriant, Dhû-Nowas montra une amabilité qui lui était peu coutumière, et loua fort la ville pour la richesse de ses monuments, sa prospérité et la concorde de ses habitants. En s’en allant, il invita les chefs du peuple et les notables à venir, le lendemain, visiter son camp. Lorsqu’au matin, on ouvrit les portes pour en laisser sortir les notables, à la tête desquels se trouvait saint Aréthas, Dhû-Nowas donna l’ordre de tous les capturer. Profitant de l’émotion et de la confusion qui avaient gagné les habitants de la cité, ses soldats y pénétrèrent, s’en emparèrent en un clin d’œil et la pillèrent. Le tyran s’en prit d’abord au saint évêque Paul, mort deux années auparavant. Il se fit ouvrir son tombeau et donna l’ordre de jeter au feu ses saintes reliques, qui étaient vénérées avec ferveur par les habitants. Il fit ensuite brûler vifs tous les prêtres, clercs, moines et moniales de la ville, au nombre de quatre cent soixante-dix-sept. Puis ce furent cent vingt-sept pieux laïcs qui offrirent leur vie au Christ en ayant la tête tranchée. Dhû-Nowas fit aussi comparaître devant lui une riche et noble veuve, qu’il essaya de convaincre par des promesses, puis par les menaces d’effrayants supplices. Voyant sa mère insultée par le tyran et maltraitée par ses soldats, la fille de cette noble femme se précipita vers Dhû-Nowas et lui cracha au visage. Plein de rage, celui-ci fit décapiter sur-le-champ la fillette âgée de douze ans et, comble de cruauté, il contraignit sa mère à boire une coupe de son sang avant d’avoir à son tour la tête tranchée.

Le lendemain, le tyran, siégeant sur un trône élevé, fit comparaître devant lui saint Aréthas et ses trois cent quarante compagnons. Aréthas était si vieux et tellement affligé par les malheurs qui s’abattaient sur ses concitoyens qu’on dut le porter jusqu’au lieu du jugement. Malgré sa vieillesse, il montra devant le roi une assurance et une bravoure dignes de la fougue d’un jeune guerrier. Avec douceur et sérénité, il encourageait ses compagnons à parvenir à la perfection par le martyre et à participer avec allégresse à la Passion du Seigneur, pour avoir part à la jouissance éternelle de sa gloire. En entendant ses exhortations, le peuple versait d’abondantes larmes tout en assurant le saint, d’une voix unanime, que la charité qui les avait unis dans cette vie passagère resterait indissoluble jusque dans la mort, et que tous étaient prêts à recevoir avec lui la couronne du martyre. Devant leur inébranlable résolution, le roi abandonna toute autre tentative de les faire renier leur foi et ordonna de les décapiter près du fleuve. Après une dernière prière, les martyrs échangèrent un saint baiser, comme les prêtres qui se préparent à célébrer le saint sacrifice. Aréthas eut le premier la tête tranchée. Les autres martyrs s’oignirent pieusement le front avec son sang, et s’offrirent avec joie à la mort.

Une femme, accompagnée de son enfant de trois ans, se rendit sur les lieux quelques instants après l’exécution, afin de s’oindre elle aussi de quelques gouttes du sang des martyrs. Les soldats se saisirent d’elle et la présentèrent au tyran. Aussitôt, celui-ci donna l’ordre de la brûler vive. Tel un jeune oiseau privé de sa mère, l’enfant criait de détresse. Touché par la beauté et la charme du petit garçon, le roi le prit sur ses genoux et tenta de le consoler. Son étonnement fut grand cependant lorsque après avoir demandé à l’enfant ce qu’il désirait le plus, il l’entendit répondre en bredouillant qu’il désirait partager avec sa mère le martyre. — « Mais qu’est-ce que le martyre ? » lui demanda-t-il. — « C’est mourir pour le Christ, afin de revivre à nouveau. » — « Sais-tu seulement qui est ce Christ ? » — « Viens à l’église et je te le montrerai », répliqua l’enfant plein d’assurance. Rien ne pouvait parvenir à ébranler la décision de ce bambin plus sage que beaucoup de vieillards en ce monde. Et lorsqu’il vit que l’on jetait sa mère au feu, il se dégagea d’un seul coup des bras du roi, courut vers le brasier et pénétra sans hésiter dans les flammes pour la rejoindre et être, avec elle, uni au Christ.

Le bruit de ces massacres parvint jusqu’aux oreilles de l’empereur Justin à Constantinople. Celui-ci écrivit au patriarche d’Alexandrie, Astérios, le pressant de décider le roi d’Éthiopie Élesbaan à lancer une expédition de représailles contre le cruel Dhû-Nowas. Astérios réunit les moines de Nitrie et des autres déserts, qui célébrèrent des vigiles et jeûnèrent pour la réussite de l’expédition et la libération des chrétiens. Élesbaan craignait cependant de ne pouvoir vaincre et désirait recevoir un signe de Dieu. Il se rendit alors chez un ermite réputé de son royaume, pour solliciter ses prières et ses conseils. Le saint homme l’assura que, par les prières et les larmes de l’empereur Justin, du patriarche d’Alexandrie et de ses moines, ainsi que des siennes, Dieu livrerait l’impie entre ses mains. Il en avait une telle certitude qu’il commanda à Élesbaan de ne prendre que vingt jours de vivres pour ses troupes.

L’armée chrétienne combattit vaillamment et, avec l’aide de Dieu, reconquit rapidement la ville de Najran et la région d’Himyar (525). Devenu instrument de la colère de Dieu à l’égard des juifs et des ennemis des chrétiens, le roi Élesbaan installa un évêque dans la ville , il fit édifier de nouvelles églises avec la fortune que saint Aréthas avait laissée, puis il retourna en paix dans son royaume.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Aréthas, t. 1
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi * laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; * guéris toutes nos douleurs, * Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Kondakion du saint martyr Aréthas, t. 4
Elle nous apporte la joie, * la lumineuse fête des Martyrs, en ce jour; * la célébrant, nous glorifions le Seigneur qui trône dans les cieux.

Évangile du jour
(Lc VI,1-10)
Il arriva, un jour de sabbat appelé second-premier, que Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat? Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de proposition, en mangea, et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu’il ne soit permis qu’aux sacrificateurs de les manger? Et il leur dit: Le Fils de l’homme est maître même du sabbat. Il arriva, un autre jour de sabbat, que Jésus entra dans la synagogue, et qu’il enseignait. Il s’y trouvait un homme dont la main droite était sèche. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus, pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat: c’était afin d’avoir sujet de l’accuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l’homme qui avait la main sèche: Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Il se leva, et se tint debout. Et Jésus leur dit: Je vous demande s’il est permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer. Alors, promenant ses regards sur eux tous, il dit à l’homme: Étends ta main. Il le fit, et sa main fut guérie.

11 octobre (ancien calendrier)/24 octobre (nouveau)

11 octobre (ancien calendrier)/24 octobre (nouveau)

Saint Philippe, apôtre, l’un des 7 premiers diacres, saintes Zénaïde et Philonille, martyres en Cilicie (I), saint Théophane “le marqué”, évêque de Nicée, confesseur, hymnographe (vers 850), saints Nicaise, évêque de Rouen, Cerin, prêtre, Scubicule, diacre et sainte Pience, martyrs en Gaule (III), saint Germain, évêque de Besançon, martyr (372), saint Firmin, évêque d’Uzès (VI), saint Grat, évêque d’Oloron (VI), saint Ansilion, moine (VII), saint Agilbert, évêque de Paris (VII), sainte Julienne, abbesse de Pavilly en Normandie (vers 750), saint Théophane le jeûneur de la Laure des Grottes de Kiev (XII), saint Philothée Kokkinos, patriarche de Constantinople (1379), saint Léon d’Optino (1841), Synaxe des Pères d’Optino, saints hiéromartyrs de Russie Philarète (Velikanov) et Alexandre (Grivsky), prêtres (1918).

SAINT APÔTRE PHILIPPE
Saint Philippe naquit à Césarée de Palestine. Il eut de son mariage quatre filles, qui se consacrèrent à Dieu en préservant leur virginité et qui furent gratifiées du don de prophétie (Act 21, 8). II fut ordonné diacre par les Apôtres en même temps qu’Étienne (Act 6), afin d’aider au service des tables et aux œuvres de miséricorde. Lorsque la communauté apostolique se dispersa pour proclamer l’Évangile, Philippe répandit dans toute la Samarie la Bonne Nouvelle du salut. C’est lui qui baptisa Simon le mage, lequel avait feint hypocritement la conversion, en espérant tirer de l’argent des dons du Saint-Esprit (Act 8). C’est lui encore que le Seigneur envoya sur le chemin, allant de Jérusalem à Gaza, pour donner à l’eunuque ministre de Candace, la reine d’Éthiopie, la clé des mystères contenus dans la prophétie d’Isaïe, à propos du sacrifice du serviteur de Dieu (Is 53, 7). Après l’avoir baptisé, Philippe fut enlevé par l’Esprit du Seigneur, pour continuer sa prédication. D’Azot, il évangélisa toutes les villes par lesquelles il passa, jusqu’à Césarée ; puis il se rendit en Asie Mineure, dans la région de Tralles en Lydie. C’est là qu’il s’endormit en paix, après avoir amené un grand nombre de païens à la connaissance de Dieu et y avoir fait construire une église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint apôtre Philippe, ton 3
Saint apôtre Philippe, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Tropaire de saint Théophane le marqué, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * Théophane, pour les saintes images tu as combattu; * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, * intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théophane le marqué, ton 6
Celui qui du Père a brillé ineffablement, est né d’une femme, étant double selon la nature. Le voyant, nous ne nions pas la représentation de la forme, mais la dessinant pieusement, nous la vénérons fidèlement. Pour cela, l’Eglise, gardant la véritable foi, embrasse l’icône de l’incarnation du Christ.

Kondakion du saint apôtre Philippe, ton 4
Devenu, Philippe, l’imitateur du Maître, pour lui * tu servis comme diacre ses Apôtres sacrés; * c’est pourquoi nous tous, les fidèles, nous te disons bienheureux.

Kondakion de saint Théophane le marqué, ton 4
Pour l’Église tu t’es montré * comme un autre soleil, * car tu l’as illuminée * de tes clairs enseignements, * vénérable Théophane, pontife du Christ notre Dieu.

Évangile du jour
(Lc V, 27-32)

Après cela, Jésus sortit, et il vit un publicain, nommé Lévi, assis au lieu des péages. Il lui dit: Suis-moi. Et, laissant tout, il se leva, et le suivit. Lévi lui donna un grand festin dans sa maison, et beaucoup de publicains et d’autres personnes étaient à table avec eux. Les pharisiens et les scribes murmurèrent, et dirent à ses disciples: Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise vie? Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs.

23 octobre

23 octobre
Saint Jacques, frère du Seigneur, apôtre, Ier évêque de Jérusalem (vers 63) ; saint Jacques de Novgorod (vers 1540) ; saint Ignace, patriarche de Constantinople (877) ; saint Romain, évêque de Rouen (vers 640) ; saint Gratien d’Amiens, martyr ; saint Amon, évêque de Toul (IVème s.) ; sainte Syre, abbesse à Châlons-sur-Marne (640) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Agafonikov), Vladimir (Ambartsoumov), Alexandre (Soloviev), Nicolas (Arkhangelsky), Émilien (Gontcharov), Sozont (Rechetilov), prêtres (1937), Euphrosyne (Timofeev), moniale (1942)

SAINT JACQUES, FRÈRE DU SEIGNEUR

Saint Jacques était l’un des fils issus du premier mariage de Joseph, le divin fiancé. Dieu le bénit dès le sein de sa mère et, à cause de son éminente justice, tous ceux de sa race l’appelaient « le Juste » et Oblias, ce qui signifie en hébreu « rempart du peuple » et « justice ». Dès son enfance, Jacques vécut dans l’ascèse la plus stricte. Il ne buvait ni vin, ni boisson fermentée. À l’imitation de saint Jean le Précurseur, il ne mangeait rien de ce qui avait souffle de vie. Le rasoir ne passa jamais sur sa tête, comme le recommande la Loi à ceux qui se consacrent à Dieu (cf. Nb 6, 5). Il ne prenait jamais de bain et ne s’oignait pas d’huile, préférant le soin de l’âme à celui du corps .

Après l’Ascension de notre Seigneur, les Apôtres, unanimes, choisirent Jacques le Juste comme premier évêque de Jérusalem. Accompli dans toutes les vertus de la vie active et de la contemplation, il pénétrait dans le sanctuaire de la Nouvelle Alliance — non pas une fois par an, comme le grand prêtre des Juifs —, mais chaque jour afin d’y célébrer les saints Mystères. Vêtu de lin, il entrait seul dans le Temple, et se tenait de longues heures à genoux, intercédant pour le peuple et le salut du monde, de sorte que ses genoux étaient devenus aussi durs que la pierre. C’est lui qui présidait au conseil des Anciens et qui, lors des discussions survenues à Antioche sur la nécessité de circoncire les païens qui embrassaient la foi, demanda qu’on ne les tourmentât pas avec les préceptes de l’ancienne Loi, mais qu’on leur imposât seulement de s’abstenir des viandes immolées aux idoles et de la fornication (cf. Act 15, 20). Il composa également la Lettre qui porte son nom dans le canon des Écritures. Dans celle-ci, il corrige ceux qui considéraient Dieu comme la cause des maux. Dieu, en effet ne tente personne, dit-il, mais chacun est tenté par sa propre convoitise qui le pousse et le séduit (Jac 1, 14). Il y exhorte aussi les chrétiens à ne pas se contenter de confesser leur foi dans le Christ, mais à la faire resplendir par les œuvres de la vertu. Car de même que sans le souffle de vie le corps est mort, ainsi la foi sans les œuvres est morte (Jac 2, 26). Il ajoute de nombreuses autres recommandations pour mener une vie agréable à Dieu et obtenir la sagesse d’en haut, nous apprenant à reconnaître en tout le don de Dieu : Tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d’en haut et descendent du Père des lumières, qui ne connaît ni variations, ni obscurcissement passager (Jac 1, 16). C’est également saint Jacques qui composa la Divine Liturgie conservée sous son nom, source de toutes les Liturgies de l’Église Orthodoxe .

Vers l’an 62, alors que la Judée était dans le désordre et l’anarchie après la mort du gouverneur Festus, les Juifs, qui avaient échoué dans leur tentative de mettre Paul à mort (Act 25-26), s’en prirent à Jacques, dont la réputation de juste parmi le peuple donnait forte créance à sa prédication. Beaucoup de personnes, et même des chefs du peuple, avaient déjà embrassé la foi, aussi les scribes et les pharisiens craignaient-ils que tout le monde ne reconnaisse bientôt en Jésus, le Christ Sauveur. Ils se présentèrent donc à l’évêque de Jérusalem, louèrent perfidement sa vertu et sa justice, et lui dirent : « Nous t’en prions, toi qui es juste et ne fais pas acception des personnes, persuade le peuple, qui va bientôt se réunir pour la Pâque, de ne pas s’égarer sur la personne de Jésus. Tiens-toi donc sur le pinacle du Temple, afin que tous puissent te voir et que de là-haut tes paroles soient entendues de tout le peuple juif et des païens, qui sont accourus en foule pour la fête. » Lorsqu’il fut monté au sommet du Temple, les scribes et les pharisiens lui crièrent d’en bas : « Juste en qui nous devons avoir confiance, puisque le peuple se trompe en suivant Jésus le Crucifié, annonce-nous qui est ce Jésus. » Jacques répondit alors à voix forte : « Pourquoi m’interrogez-vous sur le Fils de l’homme ? Il est assis maintenant au ciel à la droite de la Grande Puissance, et il reviendra sur les nuées du ciel pour juger l’univers avec justice. » Nombreux furent ceux qui, convaincus par le témoignage de Jacques, s’écrièrent : « Hosanna au Fils de David ! » Mais les scribes et les pharisiens grinçaient les dents de rage en disant : « Ô ! même le Juste a été égaré. » Se ruant alors jusqu’au pinacle du Temple, ils jetèrent en bas le Juste, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe : Enlevons le Juste, parce qu’il nous est insupportable (Is 3, 10). Malgré la hauteur, Jacques ne mourut pas en tombant, aussi les Juifs se mirent-ils à le lapider. S’étant retourné, le saint se mit à genoux et cria vers Dieu, à l’exemple du Christ et de saint Étienne (cf. Lc 23, 34 ; Act 7, 59-60) : « Je t’en prie, Seigneur Dieu Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Tandis qu’il priait ainsi pour ses bourreaux, l’un d’entre eux, devenu furieux en voyant la charité inébranlable du Juste, prit le bâton avec lequel il foulait les étoffes et lui en frappa la tête. C’est ainsi que Jacques le Juste rendit témoignage au Christ Sauveur. On l’enterra sur les lieux mêmes, près du Temple . Jacques jouissait d’une telle admiration et la renommée de sa vertu était si grande, que même les Juifs les plus raisonnables virent dans son martyre la cause immédiate du siège et de la ruine de Jérusalem en l’an 70 .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jacques, frère du Seigneur, ton 4
En disciple du Seigneur, * tu as reçu l’Evangile du Christ; * tu as acquis le prestige des martyrs * et, comme frère de Dieu, tu lui parles librement; * comme pontife, tu es capable d’intercéder: * prie donc le Christ notre Dieu * d’accorder à nos âmes le salut.

Kondakion de saint Jacques, frère du Seigneur, ton 4
Le Fils unique du Père, le Verbe notre Dieu, * en ces derniers jours descendu jusqu’à nous, * saint Jacques, a fait de toi le premier * pasteur et docteur de Jérusalem, * le fidèle dispensateur des mystères spirituels, * saint Apôtre, c’est pourquoi * tous ensemble nous voulons te vénérer.

Évangile du jour
(Mt XIII, 53-58)

Lorsque Jésus eut achevé ces paraboles, il partit de là. S’étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

10 octobre (ancien calendrier)/23 octobre (nouveau)

10 octobre (ancien calendrier)/23 octobre (nouveau)

Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310), saint martyr Théoctène (III-IV), saint Bassien, moine à Constantinople (V), saint Clair, évêque de Nantes (IV), sainte Telchide, abbesse de Jouarre (vers 670), saint Ghislain, moine près de Mons en Belgique (VII), saint Théophile, confesseur à Nicée (VIII), saint Amphiloque, évêque de Vladimir (1122) ; mémoire des vingt-six moines de Zographou martyrisés par les Latins (1284) ; saint André, fol en Christ de Totma (1673), saint Ambroise d’Optino (1891).

SAINT EULAMPE ET SA SŒUR EULAMPIE

Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310)

Saint Eulampe et sa sœur sainte Eulampée, martyrs à Nicomédie (310)

Eulampe et sa sœur Eulampie vivaient à Nicomédie sous l’empereur Dioclétien et le gouverneur Maxime (vers 303). Ils s’étaient réfugiés dans les montagnes proches de la ville pour échapper aux persécutions menées alors contre les chrétiens. Un jour où ses compagnons l’avaient envoyé pour acheter du pain en ville, Eulampe vit les édits impériaux que l’on venait d’afficher sur les murs, lesquels ordonnaient la persécution des chrétiens. Alors qu’il était en train de les lire, il fut saisi par les païens et conduit devant les autorités. Interrogé par l’empereur, il confessa courageusement sa foi dans le Christ. À l’issue de cet interrogatoire, il sembla que le saint se laissait convaincre et acceptait de sacrifier aux idoles. On le mena donc au temple. Tandis qu’il s’avançait comme pour sacrifier, il commanda à la statue d’Arès (Mars) de tomber, et aussitôt l’idole impuissante s’affaissa et se brisa sur le sol. Les païens, furieux de se voir ainsi ridiculisés, s’acharnèrent sur le vaillant athlète du Christ. Pendant qu’on le suppliciait, sa sœur Eulampie vint le prier d’intercéder pour elle, afin qu’elle puisse être jugée digne d’obtenir avec lui la palme du martyre. Dieu exauça sa prière et, après l’avoir frappé au visage, les soldats l’empoignèrent pour la jeter dans un chaudron rempli d’eau bouillante. D’abord hésitante, la sainte pénétra dans l’eau bouillonnante, sur l’invitation de son frère qui y avait été plongé auparavant. Mais l’eau se refroidit soudain à son contact, de sorte que les deux saints se tenaient debout dans le chaudron, pleins d’allégresse. Le tyran les en fit sortir, et il ordonna d’aveugler Eulampe et de suspendre sa sœur par les cheveux. Puis, ayant fait allumer une fournaise plus ardente que celle de Babylone, il y fit précipiter les saints martyrs. Mais, ô miracle ! les flammes formèrent un orbe de fraîcheur qui préserva les saints intacts de la morsure du feu, ils chantaient et glorifiaient le Seigneur comme jadis les Trois Jeunes Gens. Restant insensible devant ce miracle, le tyran ordonna alors de les décapiter. Avant que le glaive ne s’abatte sur sa nuque, sainte Eulampie remit sans trouble son âme à Dieu. Devant ces signes éclatants de la puissance invincible de la foi, deux cents païens crurent eux aussi au Christ. Ils furent tous décapités peu après, et partirent rejoindre Eulampe et d’Eulampie dans le chœur des saints.

SAINT AMBROISE D’OPTINO

Saint Ambroise d’Optino (1891

Saint Ambroise (Alexandre Grenkov), la figure la plus marquante des startsi (“anciens”) du monastère d’Optino, naquit en 1812 dans un village du gouvernement de Tambov. Après avoir été éduqué dans les lettres saintes par son grand-père, prêtre de village, il fit de brillantes études au séminaire, sans toutefois avoir l’intention de devenir prêtre ou moine. Vers la fin de celles-ci, il fut atteint d’une grave maladie et émit le vœu de se retirer au monastère s’il guérissait. Une fois rétabli, il remit à plus tard la réalisation de sa promesse, et s’engagea comme répétiteur dans une famille seigneuriale, puis il fut professeur de grec au petit séminaire de Lipetsk. Après quatre années d’indécision, il demanda conseil à un ermite renommé, Hilarion, qui lui dit : « Va à Optino, on a besoin de toi là-bas ! » Le jeune homme se rendit alors à l’Ermitage d’Optino. Tonsuré moine en 1842, sous le nom d’Ambroise, il fut ordonné prêtre trois ans plus tard. Comme il connaissait bien les langues anciennes, Ambroise devint également un des plus étroits collaborateurs du staretz Macaire pour la préparation de ses éditions. La fréquentation des écrits patristiques et leur application dans la vie quotidienne par les fréquents entretiens avec son père spirituel, lui procurèrent la meilleure préparation pour une éventuelle succession. Mais, là encore, la Providence intervint violemment dans sa vie : il fut bientôt atteint d’une si grave maladie, qu’après avoir échappé de peu à la mort, il fut dégagé de toute obligation monastique, et dut rester alité, sans pouvoir célébrer la Divine Liturgie, pendant presque tout le reste de sa vie. La maladie lui permit de comprendre par expérience que la puissance de Dieu se révèle dans notre faiblesse (2 Cor 12, 9). Il collabora alors à la traduction russe de l’Échelle de saint Jean Climaque et des œuvres de St Isaac le Syrien. Le staretz Macaire commença à lui envoyer des frères du monastère pour qu’il leur dispense ses conseils spirituels, puis il lui donna sa bénédiction pour recevoir les laïcs, à l’hôtellerie du monastère. Par l’action de la grâce et son perpétuel attachement à la prière intérieure, il avait acquis une extraordinaire perspicacité pour pénétrer les secrets des consciences, et une légère allusion ou quelques mots lui étaient suffisants pour révéler à ses visiteurs la solution de leurs problèmes. À la mort du starets Macaire, en 1860, Ambroise fut dès lors appelé à l’exercice d’un ministère de direction spirituelle qui s’étendit bientôt à la Russie tout entière. Riches et pauvres, gens instruits et ignorants, hommes du peuple, aristocrates ou intellectuels en vue, tous venaient vers cet homme alité comme vers un nouveau prophète, afin de recevoir un conseil, une consolation dans leur peine, une parole de salut qui allait diriger toute leur vie, une exhortation au repentir ou une simple bénédiction. Malgré sa faible constitution et ses maladies continuelles, saint Ambroise les accueillait tous avec bonne humeur, et savait adapter son comportement et ses paroles à chacun en particulier, de sorte qu’après un entretien avec le starets d’Optino, la vie de beaucoup de ses visiteurs changeait complètement. Le starets Ambroise entreprit, pendant les dix dernières années de sa vie, la fondation et l’organisation d’un couvent de moniales à Chamordino, situé à environ 15 km d’Optino. Grâce à la sollicitude du starets et à ses soins paternels, le monastère abrita en peu de temps plus de mille moniales. Aux bâtiments conventuels, il ajouta un asile, une école, un hôpital et un hospice pour les femmes âgées, de sorte que l’endroit devint une véritable cité de la charité. Le saint passa tout l’été de 1891 à Chamordino, afin de régler les affaires du monastère et d’en organiser la vie. Finalement, il tomba malade, au début de l’automne et rendit son âme à Dieu le 10 octobre 1891.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Eulampe et sa sœur Eulampie, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire des Pères d’Optino, ton 1
Persistant dans les prières incessantes, entourant d’amour les bons et les mauvais, vénérables anciens d’Optino, vous avez servi Dieu et le prochain ; par les vigiles, les larmes et les jeûnes vous avez reçu le don de toutes sortes de miracles. Gloire à Celui qui nous a donné de tels intercesseurs, gloire à Celui qui vous a glorifiés, gloire à Dieu merveilleux dans Ses saints !

Kondakion de saint Eulampe et sa sœur Eulampie, t. 3
Vénérons les nobles martyrs Eulampe et Eulampie, * frère et sœur selon la chair; * car ils ont discrédité les stratagèmes des tyrans * par la puissance du Crucifié; * ils sont la gloire des Martyrs en même temps que leur fierté.

Kondakion des Pères d’Optino, ton 8
Vous qui vous êtes détournés de la vanité du monde et qui avez trouvé un trésor par votre vie pure, vous n’avez pas délaissé les pécheurs vivant dans le monde ; mais comme guide de ceux qui errent, délivrez-nous, nous aussi de la vanité mondaine, afin que nous nous écriions : réjouissez-vous anciens sages en Dieu.

Évangile du jour
(Lc VII,31-35)

À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils? Ils ressemblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n’avez pas pleuré. Car Jean Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites: Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

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Jovan Nikoloski