28/06/2017
Actualités
Page d'accueil > Vivre avec l’Église (page 4)

Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

Souscrire au flux

27 avril

27 avril

Saint Siméon, frère du Seigneur, évêque de Jérusalem et martyr (107) ; saint Euloge l’hospitalier de Thébaïde (IVème s.) ; saint Floribert, évêque de Liège (vers 746) ; saint Étienne, évêque de Vladimir en Volhynie (1094) ; saints néo-martyrs de Russie : Paul (Svetozarov) et Jean (Rojdestvensky), prêtres, Pierre (Yazykov), Nicolas (Malkov), Auxence (Kalachnikov), Serge (Mefodiev) et Anastasie, martyrs (1922), Marie (Nosov), moniale (1938), Jean (Spassky), prêtre (1941).

SAINT SIMÉON, FRÈRE DU SEIGNEUR

Selon la tradition ecclésiastique, saint Syméon était l’un des quatre fils que saint Joseph avait eus d’un premier mariage, c’est pourquoi on l’appelle aussi, selon la coutume juive de cette époque, « frère du Seigneur » . Après le martyre de saint Jacques (62) et la prise de Jérusalem par les armées romaines (70), les chrétiens, qui s’étaient réfugiés à Pella, instituèrent Syméon deuxième évêque de la Mère des Églises. Étant devenu lui-même temple du Saint-Esprit, il détruisit avec un zèle divin les temples des idoles et initia Juifs et païens à la lumière de la connaissance de Dieu, au mépris des dangers et des persécutions.
Pendant la persécution de Trajan (vers 106), alors que, sur l’ordre du consulaire Atticus, on poursuivait non seulement les chrétiens mais aussi tous les descendants de David, certains hérétiques, qu’il avait combattus, dénoncèrent aux Romains le saint hiérarque qui avait passé vingt-six ans (ou vingt-trois) dans l’épiscopat. Il fut tourmenté de diverses manières pendant plusieurs jours, montrant une telle bravoure que le consulaire et ceux qui l’entouraient se demandaient comment ce vieillard de cent vingt ans pouvait supporter de tels tourments. Ils le condamnèrent néanmoins au supplice de la croix, et c’est dans la joie d’imiter son Maître que saint Syméon partit remporter au ciel la couronne de la victoire. Il eut pour successeur Justus, un Juif converti († 111).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Tropaire de saint Siméon, ton 1
Saintement nous acclamons en toi, * pontife Siméon, le parent du Seigneur, * le ferme Témoin qui a détruit l’erreur * et gardé sans faille la foi; * en ce jour célébrant ta mémoire sacrée, * par tes prières nous obtenons * la rémission de nos péchés.
Kondakion de saint Siméon, ton 4
Plus que la Courtisane, Dieu très-bon, j’ai péché, et sur toi je n’ai pas versé mes larmes à flots, mais dans le silence je me prosterne en priant, baisant avec amour tes pieds immaculés; ô Maître, veuille m’accorder, je t’en supplie, pour mes fautes le pardon, Sauveur, délivre-moi du bourbier de mes péchés.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn V, 24-30)
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

14 avril (ancien calendrier)/27 avril (nouveau)

14 avril (ancien calendrier)/27 avril (nouveau)

Saint Martin, pape de Rome, confesseur (655) ; saints Antoine, Jean et Eustache, martyrs en Lituanie (1347) ; saint Ardalion le comédien, martyr (311) ; mille martyrs de Perses et Azat l’eunuque (vers 341) ; saint Prétextat, évêque de Rouen, martyr (586) ; saint Lambert, évêque de Lyon (688) ; saint Démètre du Péloponnèse, néo-martyr grec (1803) ; saint Alexandre (Orlov), confesseur, prêtre (1941).

SAINT MARTIN, PAPE DE ROME

Cette colonne de l’Orthodoxie vécut sous le règne de l’empereur Constans II Pogonat (641-668). Trois mois à peine après avoir été élevé sur le trône pontifical (649), il réunit dans la basilique Saint-Jean du Latran un concile d’une centaine d’évêques, qui condamna l’hérésie monothélite [cf. 21 janv.] et le Typos, édité par l’empereur, dans lequel on confondait la vérité et l’erreur par opportunité politique (octobre 649). Saint Martin, ayant été apocrisiaire du pape Théodore à Constantinople, était bien au fait des intentions de l’empereur et de ses théologiens qui, en proclamant une seule volonté dans le Christ, cherchaient à se rallier de manière détournée les monophysites d’Orient. Dès qu’il apprit la nouvelle, l’empereur envoya en Italie l’exarque Théodore Calliopas avec pour mission d’arrêter le pape. À son arrivée à Rome (juin 653), celui-ci se présenta devant le pontife et l’interrogea sur l’affaire du concile. Saint Martin lui répondit en prononçant l’anathème contre ceux qui oseraient l’accuser de la moindre variation dans la foi des saints Pères. Par crainte du peuple qui était présent, l’exarque répondit avec hypocrisie que la foi de Martin était semblable à la sienne et à celle de tous les chrétiens. Le saint se retira alors, pendant trois jours, dans la basilique du Latran avec tout son clergé. Le lundi matin, Calliopas demanda à perquisitionner dans le palais, sous prétexte d’y trouver des armes. Les soldats se précipitèrent dans la basilique, renversèrent dans un grand tumulte les objets de culte et s’emparèrent du prélat qui souffrait de la goutte. Le mercredi 19 juin 653, ils s’embarquèrent en direction de Constantinople. Pendant ce long et pénible voyage de trois mois, le saint fut privé de toute consolation dans sa maladie et ne pouvait même pas se laver. Aux escales, ses gardes l’empêchaient de descendre et, en le couvrant d’injures, ils s’emparaient des provisions que des prêtres et des fidèles lui avaient apportées.
Lorsqu’ils arrivèrent à Constantinople, le 17 septembre, on laissa la populace l’insulter sur son grabat, puis on le mena dans la prison Prandiara, où il fut gardé au secret pendant quatre-vingt-treize jours. Le 20 décembre, à la suite d’une parodie de jugement à l’Hippodrome, au cours duquel on l’empêcha de s’exprimer sur la foi, il fut condamné à mort, puis on déchira publiquement ses vêtements sacerdotaux et on le traîna à travers la ville jusqu’au prétoire, chargé d’une lourde chaîne au cou. Le vieillard, malade et sous-alimenté, pouvait à peine marcher, mais son visage était radieux de souffrir ainsi par amour du Christ et de la vérité. Transféré dans la prison Diomède, on le hissa, en lui écorchant les jambes, jusqu’à un cachot surélevé, réservé aux condamnés à mort. Le lendemain, le patriarche de Constantinople Paul II, malade et redoutant le jugement de Dieu, obtint de l’empereur la commutation de la sentence de mort en exil. Après la mort de Paul et la nomination de Pyrrhus au patriarcat, le saint resta encore quatre-vingt-cinq jours captif, avant d’être expédié clandestinement à Cherson, en Crimée. Il y souffrit cruellement de la faim et des mauvais traitements que lui infligèrent les barbares, et remit à Dieu son âme apostolique le 16 septembre 655.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn V, 24-30)
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

26 avril

26 avril

Jour de jeûne

Saint Basile, évêque d’Amasée, et sainte Glaphyre, vierge, martyrs (322) ; sainte Exupérance, vierge à Troyes (vers 380) ; saint Phébade, évêque d’Agen (393) ; saint Riquier, abbé fondateur de Celles en Picardie (645) ;saint Étienne, apôtre des Zyrianes (Oural), évêque de Perm (1396) ; saint Joannice de Devitch (XIIIème s. Serbie) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Pankov), prêtre et ses fils martyrs Nicolas et Pierre (1918).

SAINT BASILE, ÉVÊQUE D’AMASÉE
Notre saint Père Basileus accéda au siège épiscopal d’Amasée dans le Pont, au temps de la Grande Persécution de Dioclétien, Maximien et Maximin Daïa. Tant par sa prédication que par son exemple, il montra alors qu’un chrétien doit toujours se tenir prêt à verser son sang pour le Christ ; puis à la fin des répressions sanglantes, il confirma dans la foi les Églises du Pont, participa aux conciles d’Ancyre et de Néocésarée (314), et enseigna à ses fidèles comment se garder des hérétiques.
La conversion de saint Constantin et sa prise du pouvoir en Occident (312) avait semblé annoncer le terme de la persécution quand le diable trouva en Licinius (308-325) l’instrument de son dessein. De médiocre origine, celui-ci s’était acquis par ses talents militaires la maîtrise sur les provinces danubiennes et, après avoir reconnu la souveraineté de Constantin et avoir épousé sa sœur Constantia, il avait été envoyé à Nicomédie pour mettre fin aux cruautés de Maximin Daïa. Mais, après avoir renversé Maximin, il s’empara du pouvoir sur l’Empire d’Orient et, montrant son vrai visage, s’acharna de plus belle contre les disciples du Christ.
Son épouse avait une belle et chaste servante chrétienne, nommée Glaphyre, dont Licinius s’était épris, cherchant à tout prix à assouvir sa passion. Informée par un courtisan, Glaphyre rapporta la chose à Constantia. Pour tromper l’empereur, celle-ci fit répandre la nouvelle que sa servante avait succombé à une soudaine crise d’épilepsie, et elle l’envoya, habillée de vêtements masculins, vers Amasée. Glaphyre y fut recueillie paternellement par saint Basileus, et elle lui fit don d’une importante somme d’argent pour édifier une église. Comme elle avait écrit à sa maîtresse, afin de lui donner des nouvelles et de lui demander son aide pour l’achèvement des constructions, la lettre fut interceptée et parvint à la connaissance de Licinius, qui envoya aussitôt des hommes d’armes à Amasée, avec ordre d’arrêter la jeune femme et l’évêque Basileus. Mais lorsque les soldats parvinrent à Amasée, ils apprirent que Glaphyre avait remis son âme à Dieu quelques jours auparavant. Ils s’emparèrent de Basileus et l’emmenèrent, lié comme une brebis d’abattoir, suivi de deux de ses diacres : Théotime et Parthénios.
Une fois à Nicomédie, saint Basileus eut dans sa prison une révélation lui annonçant le mode de son prochain martyre et le nom de son successeur. Le lendemain matin, il comparut devant Licinius qui, impressionné par sa sérénité et la majesté de son allure, quitta l’audience, en confiant au préfet de Nicomédie le soin d’achever l’interrogatoire. Celui-ci proposa à Basileus de passer sur l’affaire de Glaphyre et non seulement de lui laisser la vie sauve, mais encore de l’honorer du suprême pontificat, à condition qu’il accepte d’honorer les dieux de l’Empire, comme tout bon citoyen romain. Le saint évêque prit alors la parole et, rappelant aux païens toutes les horreurs et les actes ignobles commis par les dieux de la mythologie, il leur montra combien il était insensé d’adorer de tels monstres. Son apologie resta toutefois sans effet sur l’intelligence endurcie par les passions de ses auditeurs et, une nouvelle tentative du préfet ayant échoué, il fut condamné à mort par ordre de l’empereur (322). Laissant éclater sa joie d’être ainsi délivré des liens de cette vie corruptible, Basileus adressa au Seigneur des hymnes d’actions de grâces et intercéda en faveur de son troupeau spirituel. Puis, ayant embrassé ses compagnons, il tendit la nuque, en disant au bourreau : « Fais, mon ami, ce qui t’a été ordonné ! »
Loin d’être apaisé par cette exécution, Licinius ordonna de jeter le corps du saint à la mer ; mais, la nuit suivante, un ange annonça aux compagnons de Basileus que le saint les attendait à Sinope. Lorsqu’ils parvinrent dans cette cité, l’ange leur réapparut et les amena jusqu’à un endroit du rivage où avait échoué la sainte relique. Malgré son séjour dans l’eau, le corps fut trouvé incorrompu et dégageant un merveilleux parfum, la tête attachée au reste du corps avec la trace du glaive légèrement marquée d’une ligne rouge. La précieuse relique fut alors transférée à Amasée, où on la déposa avec honneur dans l’église bâtie par le saint.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn V, 17-24)

Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu’à présent; moi aussi, j’agis. À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

13 avril (ancien calendrier)/26 avril (nouveau)

13 avril (ancien calendrier)/26 avril (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Artémon, prêtre de Laodicée, martyr à Césarée (303) ; saint Crescent, martyr en Lycie, sainte martyre Thomaïs (476)  ; saint Romain, évêque de Metz (489) ; saint Mars, ermite près de Clermont (530) ; sainte vénérable martyre Marie (Testov) (1941).

SAINT MARTYR ARTÉMON

Saint Artémon était un prêtre avancé en âge et respecté de l’Église de Laodicée, en Phrygie. Au temps de la persécution de Dioclétien, il entra un jour, en compagnie de son évêque Sisinios, dans le temple d’Artémis et renversa les idoles. En apprenant cela quelque temps plus tard, lors de son passage dans la ville, le préfet Patricios décida d’exterminer la communauté chrétienne. Mais une grave maladie l’empêcha de réaliser son dessein. Désespérant de la médecine, il envoya un messager auprès de l’évêque pour demander sa prière, promettant, en cas de guérison, de lui offrir une statue d’or. Il recouvra effectivement la santé, grâce à la prière de l’Église, mais resta obstinément dans son impiété. Sur la route du retour vers Césarée, Patricios rencontra Artémon et voulut le contraindre à sacrifier. Le vieillard lui répondit : « J’ai passé seize ans à lire les livres saints au peuple de Dieu, vingt-huit ans comme diacre, et vingt-cinq ans comme prêtre à enseigner la piété. Comment pourrais-je maintenant sacrifier aux idoles ? » Finalement, il feignit d’accepter et se fit conduire au temple d’Asclépios. Il brisa les gigantesques statues qui s’y trouvaient, déclenchant la fureur du préfet. Après lui avoir fait déchirer les chairs, Patricios ordonna de le faire rôtir sur un gril. Une des biches qui avait coutume d’accompagner le saint prit alors une voix humaine pour blâmer la cruauté du magistrat. Un soldat décocha une flèche contre l’animal, mais celle-ci alla percer un auxiliaire du préfet, qui mourut sur le coup. On voulut ensuite jeter le saint dans un chaudron plein de poix bouillante, mais le préfet y tomba lui-même et y trouva lamentablement la mort. Pendant ce temps, près d’une source qui avait jailli miraculeusement, le saint baptisait les païens qui s’étaient convertis devant de telles merveilles. Ayant ainsi glorieusement achevé sa mission, saint Artémon fut ensuite exécuté à Balbine, en Asie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn V, 17-24)

Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu’à présent; moi aussi, j’agis. À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

12 avril (ancien calendrier)/25 avril (ancien)

12 avril (ancien calendrier)/25 avril (ancien)

Mémoire des défunts. Saint Basile, évêque de Parion, confesseur (VIIIème s.) ; saint Zenon, évêque de Vérone (vers 370) ; saint Constantin, évêque de Gap (456) ; saint Florentin, abbé à Arles (553) ; saint Tétrice, évêque d’Auxerre, martyr (707) ; saints vénérables martyrs Ménas, David et Jean (VIIème s.) ; saint Erkembode, évêque de Thérouanne (742) ; sainte Anthouse, vierge (801) ; sainte Athanase, higoumène (860) ; saint Basile, évêque de Riazan (1295).

SAINT BASILE, ÉVÊQUE DE PARION

Saint Basile vécut au temps de la persécution de Léon l’Arménien (813-820) contre les saintes icônes. Élu évêque de Parion, en Hellespont, à cause de ses vertus, il refusa de se soumettre aux pressions des agents de l’empereur et passa tout le reste de sa vie en exil, fuyant de lieu en lieu pour y défendre la tradition des saints Pères. Il mourut en paix et remporta au ciel la couronne des confesseurs de la foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion de saint Basile de Parion, ton 2
Toi qu’illumine la clarté du Très-Haut, * fais descendre la lumière sur qui vénère de tout cœur, * Basile, les peines que tu as subies saintement, * vénérable Père, en pontife et confesseur; * et sans cesse auprès du Christ notre Dieu * veuille intercéder en faveur de nous tous.
Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn III, 16-21)
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu.

24 avril

24 avril

Saint Sabas, chef des milices et 70 guerriers, martyrs à Rome (272) ; saint Alexandre et ses 34 compagnons, martyrs à Lyon (177) ; saints Pasicrate et Valentin, martyrs en Mésie (228) ; saints Eusèbe, Néon, Léonce, Longin et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Cérase, évêque d’Eauze (Vème s.) ; saint Dié, abbé près de Blois (531) ; saint Thomas, fol en Christ (546-560) ; sainte Elizabeth d’Héraclée de Thrace, thaumaturge (VIème s.) ; sainte Beuve (673) ; saint Sabas des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Alexis, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.); saints Élie et Sabas, métropolites et confesseurs de Transylvanie (XVIIème s.) ; saint Joseph, évêque de Maramuréche en Transylvanie (XVIIIème s) ; saint martyr Serge (Arkhanguelsky) (1938) ; saint hiéromartyr Branko (1941, Serbie).

SAINT MARTYR SABAS

Originaire du pays des Goths, saint Sabas servait à Rome dans l’armée impériale, au temps de la persécution de l’empereur Aurélien (270-275), et avait été jugé digne de la dignité de stratilate. Il était cependant chrétien et secourait autant qu’il le pouvait les martyrs qui étaient entassés dans les prisons. Dénoncé comme chrétien, il fut convoqué devant l’empereur et jeta à ses pieds son ceinturon, en confessant le Christ vrai Dieu. Il fut alors suspendu au chevalet et on le brûla avec des torches, avant de le jeter dans un chaudron empli de poix bouillante. Il fut cependant préservé de toute brûlure et ce miracle provoqua la conversion de soixante-dix soldats qui, ayant confessé la vraie Foi, furent aussitôt décapités.

Lors d’un second interrogatoire, saint Sabas confessa le Christ avec d’autant plus d’assurance que le Seigneur lui était apparu auparavant dans son cachot pour l’encourager. Il reçut finalement la couronne du martyre en étant jeté dans le Tibre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn II, 1-11)

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit: Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, -ne sachant d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, -il appela l’époux, et lui dit: Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

11 avril (ancien calendrier)/24 avril (nouveau)

11 avril (ancien calendrier)/24 avril (nouveau)

Saint Antipas, évêque de Pergame, martyr (vers 68) ; saints martyrs Procès et Martinien (vers 67) ; saint Limin, martyr (vers 260) ; saint Pharmute, ermite en Cappadoce (IVème s.) ; saint Airy, abbé à Tours (672) ; sainte Godberte de Noyon (695) ; saint Jean, disciple de saint Grégoire le Décapolite (IXème s.) ; saint Jacques de Jelezny Borok (1442) et saint Jacques, son compagnon d’ascèse (XVème s.) ; saint Barsanuphe, évêque de Tver (1576); saint Callinique de Cernica, évêque de Rimnicu-Vilcea (1867) ; saint hiéromartyr Nicolas Gavarine, prêtre (1938).

SAINT ANTIPAS, Évêque DE PERGAME

Le saint et glorieux martyr Antipas était contemporain des Apôtres et avait été placé par eux à la tête de l’Église de Pergame. Au temps de la persécution de Dométien (vers 83), alors qu’il était très âgé, le saint évêque fut arrêté par les païens, auxquels les démons avaient révélé qu’il ne leur était plus possible d’accepter leurs sacrifices, car la prière d’Antipas les repoussait de la ville. Le saint fut donc traîné devant le gouverneur qui tenta de lui faire renier le Christ, sous prétexte que le culte des idoles était plus ancien et plus respectable que cette religion nouvelle prêchée par des pêcheurs et des gens de rien. Pour toute réponse, saint Antipas rappela au magistrat l’histoire de Caïn qui, bien qu’il fût l’ancêtre du genre humain, n’en reste pas moins abominable et méprisable à cause du meurtre de son frère. De même, les croyances et les cultes helléniques, bien qu’antérieurs dans le temps, n’en sont pas moins méprisables pour ceux qui ont reçu, en ces derniers temps, la révélation de la plénitude de la Vérité.
En entendant ces paroles, le gouverneur et les païens présents éclatèrent de fureur et jetèrent le saint dans un bœuf d’airain rougi au feu. Au cœur de cette fournaise, saint Antipas élevait une ardente prière vers le Seigneur et lui rendait grâce de souffrir pour témoigner que l’amour de Dieu est plus fort que la mort. Il demanda aussi au Christ d’accorder à tous ceux qui invoqueront son nom la délivrance des maladies, en particulier des maux de dents, et à tous ceux qui célébreront avec dévotion sa mémoire annuelle le pardon des péchés et la faveur divine au Jour du Jugement. Ayant obtenu cette faveur, il remit son âme au Seigneur. Son corps fut enseveli dans l’église de Pergame, et un baume aux propriétés thérapeutiques se dégagea de son tombeau pendant de longues années, pour la consolation des chrétiens de la cité et des nombreux pèlerins qui, de toutes parts, venaient le vénérer.
Quelque temps après le martyre de saint Antipas, saint Jean le Théologien témoigna de lui au Nom du Christ dans son Apocalypse, en disant : Écris à l’Ange de l’Église de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants : Je sais où tu habites, là où se trouve le trône de Satan : mais tu es fermement attaché à mon Nom et tu n’as point renié ma foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite (Ap 2, 12-13).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du saint, ton 4
Toi le compagnon des Apôtres, Bienheureux, * toi le joyau des pontifes, le martyr glorifié, * tu as brillé comme un soleil * illuminant le monde entier, * car tu dissipas la sombre nuit privée de Dieu; * c’est pourquoi nous te vénérons, pontife Antipas, * comme véritable hiéromartyr et fameux guérisseur.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn II, 1-11)

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit: Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, -ne sachant d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, -il appela l’époux, et lui dit: Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

23 avril

23 avril
Dimanche de Thomas
Saint Georges le grand-martyr, de Lydda en Palestine, et ses compagnons, saints Anatole, Protoléon, Athanase et Glycère, tous martyrs à Nicomédie (303) (fête reportée après Pâques) ; sainte martyre impératrice Alexandra (303) ; saints Félix, prêtre, Fortunat et Achilée, diacres, martyrs à Lyon (202) ; sainte Pusinne, vierge, moniale à Corbie près d’Amiens (Vème s.) ; saint hiéromartyr Jean (Anserov), prêtre (1940).

Dimanche de Thomas

Saints Térence, Pompée, Africain, Maxime, Zenon, Alexandre, Théodore et leurs 33 compagnons, martyrs à Carthage (249-251) ; saints Jacques, prêtre, Azadan et Audice, diacres, martyrs en Perse (vers 380) ; saint Pallade, évêque d’Auxerre (vers 658) ; saint Grégoire V, Patriarche de Constantinople, néo-martyr grec (1821) ; saints néo-martyrs de Russie : Phlégonte (Ponguilsky), prêtre (1938) ; Démètre (Vdovine), martyr (1942).

LE DIMANCHE DE THOMAS

Nous commémorons ce dimanche l’apparition du Seigneur aux apôtres, après Sa Résurrection, et le toucher de Ses plaies par l’apôtre Thomas. L’apparition du Seigneur ressuscité à l’apôtre Thomas et aux onze autres disciples est fixée le premier jour suivant la semaine pascale, parce que les circonstances de cette apparition constituent une preuve incontestable de la Résurrection du tombeau, « comme de la chambre nuptiale, avec Sa chair immaculée ». Le huitième jour après Pâques, comme achèvement des solennités de la Semaine Lumineuse, constituait depuis les temps anciens une solennité particulière. Le dimanche de Thomas est également appelé « antipâques », ce qui signifie « au lieu de Pâques », parce que l’Église a transféré à ce dimanche une partie des antiques matines pascales, qui furent remplacées par celles de St Jean Damascène que nous célébrons de nos jours. Depuis ce jour commence le cycle des dimanches et des semaines de toute l’année. Selon l’usage de l’Église Russe, on commémore les défunts le mardi suivant le dimanche de Thomas. La raison en est que le typicon autorise de nouveau, la commémoraison des défunts à partir du lundi de Thomas. C’est ainsi que les croyants se rendent sur la tombe de leurs proches pour annoncer la joyeuse nouvelle de la Résurrection du Christ. De là vient l’appellation de ce jour « radonitsa » en russe (radost’ = la joie). La commémoraison des défunts après Pâques remonte aux temps les plus anciens. St Ambroise de Milan, dans l’une de ses homélies dit : « Il est digne et juste, après les solennités pascales que nous avons célébrées, de partager notre joie avec les saints martyrs, et de leur annoncer la joie de la Résurrection du Christ, à eux en tant que participants aux souffrances du Seigneur ». Ces paroles de St Ambroise, bien que se rapportant aux martyrs, peuvent confirmer notre usage de commémorer les défunts après Pâques, eu égard au fait que, dans les temps anciens, on enterrait les défunts parmi les martyrs.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn XX, 19-31)

Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit: La paix soit avec vous! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit: Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru! Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.

10 avril (ancien calendrier)/23 avril (nouveau)

10 avril (ancien calendrier)/23 avril (nouveau)
Dimanche de Thomas

Saints Térence, Pompée, Africain, Maxime, Zenon, Alexandre, Théodore et leurs 33 compagnons, martyrs à Carthage (249-251) ; saints Jacques, prêtre, Azadan et Audice, diacres, martyrs en Perse (vers 380) ; saint Pallade, évêque d’Auxerre (vers 658) ; saint Grégoire V, Patriarche de Constantinople, néo-martyr grec (1821) ; saints néo-martyrs de Russie : Phlégonte (Ponguilsky), prêtre (1938) ; Démètre (Vdovine), martyr (1942).

LE DIMANCHE DE THOMAS

Nous commémorons ce dimanche l’apparition du Seigneur aux apôtres, après Sa Résurrection, et le toucher de Ses plaies par l’apôtre Thomas. L’apparition du Seigneur ressuscité à l’apôtre Thomas et aux onze autres disciples est fixée le premier jour suivant la semaine pascale, parce que les circonstances de cette apparition constituent une preuve incontestable de la Résurrection du tombeau, « comme de la chambre nuptiale, avec Sa chair immaculée ». Le huitième jour après Pâques, comme achèvement des solennités de la Semaine Lumineuse, constituait depuis les temps anciens une solennité particulière. Le dimanche de Thomas est également appelé « antipâques », ce qui signifie « au lieu de Pâques », parce que l’Église a transféré à ce dimanche une partie des antiques matines pascales, qui furent remplacées par celles de St Jean Damascène que nous célébrons de nos jours. Depuis ce jour commence le cycle des dimanches et des semaines de toute l’année. Selon l’usage de l’Église Russe, on commémore les défunts le mardi suivant le dimanche de Thomas. La raison en est que le typicon autorise de nouveau, la commémoraison des défunts à partir du lundi de Thomas. C’est ainsi que les croyants se rendent sur la tombe de leurs proches pour annoncer la joyeuse nouvelle de la Résurrection du Christ. De là vient l’appellation de ce jour « radonitsa » en russe (radost’ = la joie). La commémoraison des défunts après Pâques remonte aux temps les plus anciens. St Ambroise de Milan, dans l’une de ses homélies dit : « Il est digne et juste, après les solennités pascales que nous avons célébrées, de partager notre joie avec les saints martyrs, et de leur annoncer la joie de la Résurrection du Christ, à eux en tant que participants aux souffrances du Seigneur ». Ces paroles de St Ambroise, bien que se rapportant aux martyrs, peuvent confirmer notre usage de commémorer les défunts après Pâques, eu égard au fait que, dans les temps anciens, on enterrait les défunts parmi les martyrs.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn XX, 19-31)

Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit: La paix soit avec vous! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit: Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru! Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.

22 avril

22 avril
Samedi lumineux

Saint Théodore de Sykéon (en Galatie), évêque d’Anastasiopolis (613) ; saints Nathanaël, Luc et Clément, apôtres (Ier s.) ; saints Epipode et Alexandre, martyrs à Lyon (178) ; saint Julien, évêque de Vienne (533) ; saint Léon, évêque de Sens (541);  saint Vital (609-620) ; sainte Opportune (770) ; saint Frou (VIIIème s.) ; saint hiéromartyr Platon, évêque de Banja Luka (1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Eustathe (Malakhovsky), prêtre (1918), Démètre (Vlasenkov) (1942).

SAINT THÉODORE DE SYKÉON

Saint Théodore de Sykéon (en Galatie), évêque d’Anastasiopolis (613)

Notre saint Père Théodore vit le jour sous le règne de Justinien, à la suite de l’union d’un courrier impérial avec une prostituée nommée Marie, dans une auberge du village de Sykéon, situé dans la région d’Ancyre (Galatie). Au moment de sa conception, sa mère vit un grand astre lumineux qui descendait en son sein. Assurée par de saints hommes que l’enfant était appelé à devenir grand aux yeux de Dieu, elle abandonna sa profession infamante pour mener une vie honorable et, l’enfant ayant été baptisé sous le nom de Théodore (« don de Dieu »), elle se soucia de lui donner une bonne éducation. Lorsqu’il eut six ans, elle projeta de le faire entrer au service de l’empereur, mais le grand-martyr saint Georges lui apparut pour lui annoncer que : « l’Empereur des cieux avait besoin de lui. » Envoyé à l’école, Théodore montrait d’excellentes dispositions pour l’étude et savait se faire aimer de ses camarades, sans pour autant participer à leurs facéties. Saisi d’un grand zèle spirituel sous l’influence d’un serviteur pieux et vertueux, il prit l’habitude de ne pas rentrer à la maison à l’heure du déjeuner et de passer tout le jour à jeun. Conduit par saint Georges, qui lui apparaissait sous la forme d’un jeune homme, il se rendait dans une chapelle du grand-martyr, située sur une colline voisine, afin d’y prier et d’y méditer l’Écriture sainte dans le silence. Le soir venu, il visitait les églises et c’est tard dans la nuit qu’il prenait un repas de galettes de froment bouilli. D’autres fois, saint Georges venait le chercher en pleine nuit et, chassant les démons qui se dressaient sur le chemin, il le conduisait jusqu’à la chapelle pour y passer de saintes veilles. Sa mère chercha d’abord à l’en empêcher, mais, à la suite d’une apparition de saint Georges, elle laissa son fils progresser dans ses labeurs ascétiques.
Théodore commença alors à passer de longues périodes dans le silence et la réclusion, devant Dieu seul, et il apprit ainsi à lutter contre les tentations démoniaques. Tout son but était de courir vers le Seigneur dont il était devenu l’imitateur. Il le suivait à la trace, tel un chasseur son gibier, en mortifiant son corps comme s’il lui était devenu étranger. Comme il avait entrepris, avec beaucoup de peine, d’apprendre les psaumes, il supplia Dieu de lui venir en aide et reçut la grâce d’apprendre facilement le Psautier par cœur en quelques jours. Dès qu’il entendait parler d’un homme de Dieu, il se rendait auprès de lui pour s’informer de son genre de vie et recevoir une part de sa grâce. À l’âge de quinze ans, il décida de passer désormais toute sa vie dans l’oratoire de saint Georges. Il se creusa un caveau sous l’autel, où il demeurait en complète réclusion, de la Théophanie au Dimanche des Palmes, ne mangeant quelques fruits que le samedi et le dimanche. Le saint martyr lui accorda le pouvoir de guérir les maladies et de chasser les démons. En s’enfuyant de leurs victimes, ceux-ci s’écriaient : « Malheur à nous, car nous sommes chassés par un nourrisson ! Grand malheur va advenir à notre race du fait de ce fils de prostituée ! »
Pour éviter la bonne renommée, et en vue d’entreprendre de nouvelles ascensions spirituelles, Théodore se creusa une caverne dans la montagne, où il resta inconnu de tous pendant deux ans. Sa mère finit cependant par le découvrir et le ramena à la chapelle de saint Georges, tel un nouveau Job, couvert de plaies dans lesquelles s’étaient logés des vers immondes. Lorsque l’évêque d’Anastasiopolis apprit les exploits accomplis par cet adolescent, il se précipita avec admiration et, sans tenir compte des règles canoniques, il lui conféra tous les ordres sacrés, afin que le peuple de Dieu ne fût pas privé plus longtemps de sa bénédiction.
Théodore accrut dès lors ses mortifications pour se rendre conforme au Christ Grand-Prêtre qui s’est offert à la Passion pour le Salut du monde. Il fit le pèlerinage à pied à Jérusalem, visita les monastères et les anachorètes du désert et, s’arrêtant au monastère de Chozéba, il y reçut le saint Habit monastique. À son retour en Galatie, deux disciples vinrent se joindre à lui dans l’oratoire de saint Georges, pour former un chœur harmonieux et agréable à Dieu. La grâce resplendissait de Théodore comme d’un autre Moïse, et, au moyen de ses prières, de ses jeûnes, de ses veilles et de ses mortifications sans concessions pour la faiblesse de la chair, il guérissait les maladies et mettait en fuite les démons de tous les fidèles qui venaient demander son intercession. Insatisfait pourtant de son ascèse accoutumée, il se fit construire alors une cage de fer très étroite afin d’y passer sa période de réclusion du Grand Carême. Il s’était de plus chargé d’une cuirasse de cinquante livres, s’était attaché au cou une lourde croix de fer et avait fixé à ses mains et à ses pieds des anneaux de métal qu’il garda jusqu’à sa mort. Défiant ainsi la nature, il se tenait dans cette cage, en plein air, debout et immobile jusqu’au soir, en chantant les louanges de Dieu. Les jours de gel, il lui arrivait même d’avoir les pieds collés au plancher par la glace. Une autre fois, par suite de son exposition au soleil, il s’évanouit. Ces exploits, accomplis par pur amour de Dieu, et non par une audace téméraire en vue de recueillir la louange des hommes, contraignirent le Seigneur de multiplier pour lui les dons de sa grâce. Les animaux approchaient paisiblement de la cage pour recevoir de la main de l’ascète quelque friandise, et si les démons essayaient de l’attaquer, ils étaient repoussés par un feu divin qui émanait de sa personne.
Mais le saint n’en était pas pour autant déchargé de la faiblesse de notre nature et, tombant un jour gravement malade, il versait des larmes abondantes, en pensant qu’il n’avait pas encore accompli son repentir et qu’il allait laisser ses disciples sans pasteur. Sur l’intervention des saints Cosme et Damien, il fut guéri et put reprendre avec un zèle renouvelé ses abstinences et la direction spirituelle de son monastère.
La communauté grandissait en effet et nombre de possédés qui avaient été délivrés par saint Théodore demandaient à rester auprès de lui. La chapelle Saint-Georges étant devenue trop petite, on édifia une belle église dédiée au saint Archange Michel, dans laquelle les moines se livraient à la louange divine. Théodore plaça son disciple Philoumène à la tête de la communauté, afin d’échapper aux soucis des affaires temporelles et de rester sans distraction en présence de Dieu. Sa prière thaumaturgique était devenue la providence de toute la région, il faisait pleuvoir en temps de sécheresse, remettait le fleuve dans son cours en temps d’inondation, chassait les sauterelles et autres calamités subies par les récoltes, multipliait la farine en temps de disette et, surtout, il guérissait les malades et les possédés qui passaient des jours entiers dans l’église, dans l’attente de la faveur divine. Pour recevoir les foules qui se précipitaient au monastère, le saint dut alors faire transformer la chapelle qui avait été le théâtre de ses premiers combats en une vaste et somptueuse église, à la construction de laquelle il contribua par de nombreux miracles.
À la mort de l’évêque d’Anastasiopolis, les clercs et les notables allèrent réclamer au métropolite d’Ancyre de désigner Théodore comme évêque. Amené de force à Ancyre, celui-ci fut ordonné malgré lui et il brilla dès lors comme un astre répandant sur son diocèse la grâce de Dieu, tant par ses miracles que par ses aumônes et ses instructions spirituelles. Se faisant tout pour tous, il était le vivant modèle de la perfection chrétienne, et enseignait que celle-ci reste accessible à tous ceux qui le désirent. Accablé cependant par les soucis pastoraux il estimait que la charge épiscopale l’avait fait déchoir de la bienheureuse insouciance monastique, aussi songeait-il à démissionner. Au cours d’un nouveau pèlerinage à Jérusalem, il voulut rester là, dans l’hésychia, mais saint Georges lui apparut pour lui rappeler ses devoirs, tout en lui promettant de l’en délivrer au moment opportun. De retour à Anastasiopolis, encouragé dans sa décision par un saint ascète syrien de passage et voyant que le peuple s’obstinait dans ses mœurs relâchées, il présenta sa démission au métropolite, au bout de onze années d’épiscopat. Mais celui-ci, prétextant qu’il ne pourrait trouver de successeur à un homme si vertueux, refusa d’accéder à sa demande. Théodore fit appel au patriarche saint Cyriaque [27 oct.] et à l’empereur Maurice, auquel le saint avait autrefois prédit l’accès au trône, et il obtint d’eux l’autorisation de se retirer dans son monastère, tout en gardant les insignes de l’épiscopat. Ces derniers l’invitèrent à Constantinople, où il fut reçu avec honneur et accomplit quantité de miracles, chassant les démons et guérissant un des fils de l’empereur atteint d’éléphantiasis.
À son retour au monastère, il décida d’y rester jusqu’à la fin de ses jours dans l’hésychia. En plus des miracles qui jaillissaient de lui comme d’une source intarissable, il se montrait un médecin avisé, conseillait en détail ceux qui approchaient de lui sur les remèdes qu’ils devaient prendre, sur l’opération chirurgicale à entreprendre ou sur les cures à suivre. Mais plus encore, il était le médecin des âmes : à ceux qui lui dévoilaient les maladies cachées dans leur cœur, il prescrivait la pénitence à accomplir, et à ceux qui les lui cachaient, il révélait quels péchés ils avaient commis et par ses réprimandes les exhortait à se laisser traiter. Il réconciliait ceux qui étaient divisés par la haine et exhortait sans relâche à mépriser les biens de cette vie, cause de toutes les divisions entre les chrétiens, pour croître dans la charité fraternelle, lien de la perfection. Il délivrait les pauvres des mains des collecteurs d’impôts et des usuriers, et encourageait tout le monde à l’hospitalité et à l’aumône, par lesquelles on peut obtenir le pardon de ses péchés.
Il prédit que l’empereur Maurice allait être assassiné (602) et remplacé par Phocas. Puis, au cours d’un second séjour dans la capitale, il annonça au patriarche Thomas (607-610) que de grandes calamités allaient s’abattre sur l’Empire. Le patriarche, qui le considérait comme son frère, obligea le saint à prolonger son séjour pendant le Carême. Théodore s’enferma pour sa retraite accoutumée dans un monastère, et il accompagna de ses prières le prélat mourant, avec la promesse qu’ils se reverraient devant le Christ. Après avoir donné à son successeur Serge (610-638) d’utiles conseils spirituels, il retourna à son monastère.
Vers la fin de ses jours, saint Théodore fit un nouveau voyage à Constantinople, sur l’invitation du nouvel empereur, Héraclius (610-641), qui lui demanda de bénir son règne. Sur le chemin du retour vers la Galatie, une foule croissante l’escortait, avec cierges et encensoirs, et chacun demandait à ce que l’homme de Dieu s’arrêtât pour bénir son village, son champ, sa maison ou ses bêtes. Une fois au monastère, la Mère de Dieu lui apparut et lui remit un anneau précieux. Dès lors ses forces diminuèrent et, appartenant tout entier au monde d’en haut, il en oubliait les nourritures d’ici-bas. Tombé malade, il resta pendant treize jours comme hors de lui-même, dans la contemplation des mystères du siècle à venir. Dès qu’il fut revenu à lui, il abandonna sa vie recluse pour participer avec le zèle d’un jeune novice à la vie commune. Il était le premier à l’église et chantait tout l’office, en exhortant ses moines à ne jamais quitter l’église ou délaisser l’office divin, même pour raison de maladie. « Quand nous entrons dans la maison du Seigneur, disait-il, nous montons au ciel, nous y trouvons le Roi céleste entouré de toute sa cour. Il nous est alors permis de nous entretenir avec confiance avec Dieu et de lui demander directement tout ce que nous voulons. »
Une nuit, saint Georges lui apparut et, lui confiant un bâton, il l’invita à l’accompagner pour un long voyage. Le saint célébra tous les offices de la Grande Semaine et les fêtes de Pâques avec grande joie et allégresse, puis, le dimanche du Renouveau, qui coïncidait cette année-là (613) avec la veille de la fête de saint Georges, il dit adieu à ses disciples, les assurant de son intercession auprès de Dieu s’ils prenaient eux-mêmes soin de leur propre salut, et il s’endormit pour la vie éternelle. On le revêtit de ses ornements épiscopaux par-dessus les fers que l’on n’avait pas réussi à défaire et, à l’issue de la vigile de toute la nuit, pendant laquelle les hymnes funéraires s’étaient mêlées aux chants en l’honneur du grand-martyr qui avait assisté le saint dans tous ses combats, on déposa son corps au tombeau.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion du saint, ton 3
Théophore Père, étant monté. * sur le char flamboyant de tes vertus, vers les demeures du ciel tu t’élevas, ange parmi les hommes vivant, * homme aussi parmi les Anges célestes jubilant; * c’est pourquoi tu t’es montré, * par les miracles dont tu fus glorifié, * Théodore, un instrument de choix entre les mains du Seigneur.

LECTURE DES PROVERBES (XXXI, 8-32)
Ouvre la bouche à la parole de Dieu, et rends justice à tous. Ouvre la bouche et juge selon l’équité, et plaide la cause du pauvre et du faible. Une femme forte, qui la trouvera ? Une telle femme a plus de prix que les pierres précieuses. Le cœur de son mari a confiance en elle ; jamais une telle femme n’aura besoin de recourir aux riches dépouilles d’un ennemi. Car elle emploie toute sa vie au bien de son époux. Elle dévide le lin et la laine, et elle fait de ses mains d’utiles travaux. Elle est comme un navire qui arrive de loin chargé de vivres ; elle se lève avant le jour pour donner sa provende à la maison, et leur tâche à ses servantes. Elle a considéré le champ, et l’a acheté ; et, dans cette propriété, elle sème des graines que ses mains ont recueillies. Elle ceint fortement ses reins, et met à l’œuvre toute la force de ses bras. Elle sait par expérience que le travail est bon, et sa lampe ne s’éteint pas de toute la nuit. Elle étend les bras partout où il est utile, et ses mains ne quittent pas le fuseau. Elle a la main ouverte pour le pauvre, et présente un fruit au mendiant. Son mari n’a pas à s’inquiéter des gens de sa maison, quel que soit le lieu où il est retenu ; car elle a vêtu tous ceux qui sont auprès d’elle. Elle a fait pour son mari des manteaux doubles, et pour elle-même des manteaux de fin lin et de pourpre. Son mari est considéré devant les portes de la ville, lorsqu’il siège au conseil avec les anciens de la terre. Elle fait des toiles de fin lin ; elle vend des ceintures aux Chananéens. Elle ouvre la bouche avec prudence et mesure ; elle a mis un frein à sa langue. Elle s’est revêtue de force et de beauté, et goûte une douce joie dans ses derniers jours. Les habitudes de sa maison sont réglées ; elle ne mange point les fruits de la paresse. Elle ouvre la bouche sagement et selon la loi. Elle a élevé ses enfants avec tendresse, et ils se sont enrichis ; et son époux a fait son éloge. Beaucoup de filles ont acquis des richesses, beaucoup ont été vertueuses ; mais toi, tu es au-dessus d’elles, tu les as toutes surpassées. Les grâces sont trompeuses, et la beauté de la femme est vanité ; mais la femme intelligente sera bénie, et celle qui craint le Seigneur sera louée. Donnez-lui les fruits de ses lèvres, et que son époux soit loué aux portes de la ville.

9 avril (ancien calendrier)/22 avril (nouveau)

9 avril (ancien calendrier)/22 avril (nouveau)
Samedi lumineux

Saint Eupsyque, martyr à Césarée de Cappadoce (367) ; saints Héliodore, évêque, Desan et Marjab, prêtres, et leurs 270 compagnons martyrs en Perse (vers 362) ; saint Vadim, archimandrite, martyr en Perse (376) ; saint Liboire, évêque du Mans (IVème s.) ; sainte Waldetrude (ou Waudru), veuve, abbesse de Mons (686) ; saint Hugues, évêque de Rouen (730) ; saints Raphaël et Nicolas et sainte Irène de Mytilène, néo-martyrs grecs (1463) ; saint martyr Gabriel (Fomine) (1942).

SAINT EUPSYQUE

Saint Eupsyque, martyr à Césarée de Cappadoce (367)

Saint Eupsyque menait une vie vertueuse à Césarée de Cappadoce , au temps du règne éphémère mais sanglant de Julien l’Apostat (361-363). Il était marié depuis peu de jours, lorsque l’empereur passa par Césarée en se rendant à Antioche. Il s’étonna d’apprendre que presque tous les habitants étaient chrétiens et que, sous l’influence d’Eupsyque, ils venaient d’abattre le temple de la Fortune, déesse pour laquelle l’Apostat avait une grande dévotion et à qui il offrait chaque jour des sacrifices. Il ordonna alors de décapiter le responsable de cet acte sacrilège et de soumettre ses complices à la torture avant de les envoyer en exil. Une fois l’ordre exécuté et saint Eupsyque ayant été glorifié dans les rangs des martyrs victorieux, le tyran ordonna aux habitants de rebâtir le temple détruit. Mais au lieu d’obéir les chrétiens élevèrent une église dédiée au saint martyr Eupsyque. Huit ans plus tard, saint Basile le Grand y célébra la fête du saint, en convoquant à cette occasion tous les évêques du Pont.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyricon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XXXI, 8-32)
Ouvre la bouche à la parole de Dieu, et rends justice à tous. Ouvre la bouche et juge selon l’équité, et plaide la cause du pauvre et du faible. Une femme forte, qui la trouvera ? Une telle femme a plus de prix que les pierres précieuses. Le cœur de son mari a confiance en elle ; jamais une telle femme n’aura besoin de recourir aux riches dépouilles d’un ennemi. Car elle emploie toute sa vie au bien de son époux. Elle dévide le lin et la laine, et elle fait de ses mains d’utiles travaux. Elle est comme un navire qui arrive de loin chargé de vivres ; elle se lève avant le jour pour donner sa provende à la maison, et leur tâche à ses servantes. Elle a considéré le champ, et l’a acheté ; et, dans cette propriété, elle sème des graines que ses mains ont recueillies. Elle ceint fortement ses reins, et met à l’œuvre toute la force de ses bras. Elle sait par expérience que le travail est bon, et sa lampe ne s’éteint pas de toute la nuit. Elle étend les bras partout où il est utile, et ses mains ne quittent pas le fuseau. Elle a la main ouverte pour le pauvre, et présente un fruit au mendiant. Son mari n’a pas à s’inquiéter des gens de sa maison, quel que soit le lieu où il est retenu ; car elle a vêtu tous ceux qui sont auprès d’elle. Elle a fait pour son mari des manteaux doubles, et pour elle-même des manteaux de fin lin et de pourpre. Son mari est considéré devant les portes de la ville, lorsqu’il siège au conseil avec les anciens de la terre. Elle fait des toiles de fin lin ; elle vend des ceintures aux Chananéens. Elle ouvre la bouche avec prudence et mesure ; elle a mis un frein à sa langue. Elle s’est revêtue de force et de beauté, et goûte une douce joie dans ses derniers jours. Les habitudes de sa maison sont réglées ; elle ne mange point les fruits de la paresse. Elle ouvre la bouche sagement et selon la loi. Elle a élevé ses enfants avec tendresse, et ils se sont enrichis ; et son époux a fait son éloge. Beaucoup de filles ont acquis des richesses, beaucoup ont été vertueuses ; mais toi, tu es au-dessus d’elles, tu les as toutes surpassées. Les grâces sont trompeuses, et la beauté de la femme est vanité ; mais la femme intelligente sera bénie, et celle qui craint le Seigneur sera louée. Donnez-lui les fruits de ses lèvres, et que son époux soit loué aux portes de la ville.

8 avril (ancien calendrier)/21 avril (nouveau)

8 avril (ancien calendrier)/21 avril (nouveau)
Vendredi lumineux

Saints Hérodion, Agabus, Asyncrite, Rufus, Phlégon et Hermès, apôtres (Ier s.) ; saint martyr Pausilippe (138) ; saint Célestin, pape de Rome (432) ; saint Niphont, évêque de Novgorod (1156) ; saint Rufus, reclus des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Jean le navigateur, néo-martyr grec (1669) ; saint hiéromartyr Serge (Rodakovsky), prêtre (1933).

SAINT Hérodion, Agabus, Asyncrite, Rufus, Phlégon et Hermès, apôtres
Saint Hérodion était disciple de saint Pierre et il l’accompagna dans ses voyages missionnaires, puis il fut consacré par lui évêque de la ville d’Hypatie (Nouvelle Patras), en Phtiotide. Comme il annonçait l’Évangile avec témérité et avait accompli nombre de conversions, il fut saisi par les païens, aidés des juifs pour la circonstance, et fut violemment fustigé : les uns le frappant avec des verges, les autres lui brisant les membres à coups de pierres. Saint Hérodion gagna finalement la couronne de la victoire en étant égorgé.

Saint Agabos faisait partie du collège des Soixante-Dix disciples du Seigneur et avait reçu le don de prophétie. Saint Luc rapporte dans les Actes des Apôtres (11, 28) qu’il vint de Jérusalem à Antioche pour visiter les saints Apôtres Paul et Barnabé, et que sous l’inspiration du Saint-Esprit, il leur prédit la grande famine qui ravagea pendant quatre ans l’Empire romain sous le règne de Claude (44-48).

De longues années après, il rendit visite à saint Paul, qui se trouvait dans la maison du diacre Philippe à Césarée et, prenant sa ceinture, il s’en lia les pieds et les mains en disant : « Voici ce que dit l’Esprit Saint : L’homme auquel appartient cette ceinture, les Juifs le lieront comme ceci à Jérusalem, et ils le livreront aux mains des païens » (Act 21, 11). Cette prophétie accomplie, saint Agabos continua de prêcher l’Évangile jusqu’au jour de son bienheureux repos.

Saint Rufus était peut-être le fils de Simon de Cyrène mentionné dans l’Évangile de saint Marc (15, 21). Dans son Épître aux Romains, saint Paul écrit : « Saluez Rufus, cet élu dans Seigneur, et sa mère qui est aussi la mienne » (16, 13). Il devint par la suite évêque de Thèbes, en Grèce.

Asyncrite et Phlégon, mentionnés aussi par saint Paul dans l’Épître aux Romains (16, 11), prêchèrent l’Évangile dans différentes régions du monde et initièrent un grand nombre de païens à la vraie foi . Ils endurèrent toutes sortes de tourments et remportèrent le même jour la couronne du martyre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion des saints apôtres, ton 2
Vénérables apôtres et disciples du Christ, * Hérodion, Asyncrite et Rufus, * avec les illustres Phlégon, Agabus et Hermès * priez sans cesse le Seigneur * d’accorder à ceux qui vous chantent le pardon de leurs péchés.

LECTURE DES PROVERBES (XXIII, 15 – XXIV, 5)
Mon fils, si ton cœur est sage, tu réjouiras aussi mon cœur ; et si tes lèvres sont droites, elles converseront avec mes lèvres. Que ton cœur ne porte point envie aux pécheurs ;
mais sois toujours dans la crainte de Dieu.
Car si tu observes ces choses, tu auras des descendants,
et ton espérance ne sera pas trompée.
Écoute, mon fils, et sois sage ;
et maintiens droites les pensées de ton cœur.
Ne sois pas buveur de vin ;
évite les longs banquets et la profusion des viandes.
Car l’ivrogne et le débauché mendieront ;
le paresseux sera revêtu de haillons en lambeaux.
Écoute, mon fils, le père qui t’a engendré,
et ne méprise pas ta mère parce qu’elle a vieilli.
Un père juste élève bien ses enfants,
et la sagesse d’un fils réjouit son âme.
Que ton père et ta mère se réjouissent en toi,
et que celle qui t’a enfanté soit heureuse.
Mon fils, donne-moi ton cœur ; que tes yeux gardent mes voies.
La maison étrangère est comme un tonneau percé ;
il est étroit le puits de l’étranger.
Celui qui les recherche périra bientôt, et tout pécheur sera détruit. Pour qui les gémissements ?
Pour qui le trouble ?
Pour qui les contestations ?
Pour qui les ennuis et les entretiens frivoles ?
Pour qui les repentirs inutiles ?
Pour qui les yeux livides ?
N’est-ce pas pour ceux qui passent leur temps dans l’ivresse
et qui hantent les lieux où l’on boit ?
Ne vous enivrez pas ; mais faites votre société des hommes justes,
et fréquentez-les publiquement.
Car si vos yeux s’arrêtent sur les fioles et les coupes,
plus tard vous marcherez plus nus qu’un pilon à mortier.
L’homme ivre finit par s’étendre comme si un serpent l’avait mordu ; le venin se répand sur lui comme de la dent d’un reptile.
Si tes yeux regardent une femme étrangère,
la langue aussitôt divaguera,
et tu seras gisant comme au sein de la mer,
et comme un pilote au milieu de l’orage.
Et tu diras : On m’a frappé, et je n’en ai pas souffert ;
on s’est joué de moi, et je ne m’en suis pas douté ;
quand viendra l’aurore, pour m’en aller encore chercher des hommes avec qui je puisse me retrouver ?
Mon fils, ne rivalise point avec les méchants,
et ne désire pas être avec eux.
Car leur cœur médite des fraudes,
et leurs lèvres disent des paroles affligeantes.
La sagesse bâtit sa maison ; l’intelligence la dirige ;
avec la doctrine on remplit les celliers de tout ce qu’il y a de riche, de précieux et de bon.
Mieux vaut le sage que le fort,
et un homme de bon sens que de vastes domaines.

21 avril

21 avril
Vendredi limuneux

Saint Janvier, évêque de Bénévent en Italie et ses compagnons, saints Procule, Sosie et Fauste, diacres, saint Désiderius, lecteur, saints Eutychès et Acuce, tous martyrs en Italie (vers 305) ; saint Théodore de Pergé en Pamphylie, sa mère Philippa, Dioscore, Socrate et Denys (IIème s.) sainte Alexandra, impératrice, et ses serviteurs saints Apollos, Isaac et Codrat, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Maximien, patriarche de Constantinople (434) ; saint Anastase le Sinaïte, moine (VIIIème s.). Saint Alexis de Bortsoumana (1848) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Prigorovsky), prêtre (1918), Nicolas (Pisarevsky), confesseur, prêtre (1933) ; Alexis (Protopopov), prêtre (1938).

SAINT JANVIER, ÉVÊQUE DE BÉNÉVENT

Saint Janvier, évêque de l’Église de Bénévent en Campanie (Italie), fut arrêté avec ses compagnons au temps de la persécution de Dioclétien (vers 305), sur ordre du gouverneur Timothée. Chargés de chaînes, ils furent jetés en prison et soumis à la torture. Saint Janvier fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, d’où il ressortit indemne, préservé par la grâce divine. Craignant que le peuple, enthousiaste devant ce miracle, ne se convertisse en masse, le tyran donna l’ordre de le décapiter sans retard. On raconte que le peuple de Naples se précipita pour le délivrer, mais que le saint les en empêcha en leur promettant que, par le martyre qu’il allait souffrir, il deviendrait pour la suite des siècles le protecteur de la ville. Effectivement le saint martyr, transféré à Naples, est resté au cours des âges le protecteur de la cité, aussi bien pendant des épidémies qu’à l’occasion d’éruptions du Vésuve, dont il arrêta le fleuve de lave avant qu’il ne détruise tout sur son passage. Avec son précieux chef, on garde jusqu’à aujourd’hui dans la cathédrale de Naples une fiole pleine de sang qui, périodiquement, et jusqu’à vingt fois dans l’année, se liquéfie et semble bouillonner, comme s’il était encore tout frais.

Plusieurs années après le martyre de saint Janvier, lorsque la persécution eut cessé et que le christianisme put se répandre avec éclat dans tout l’Empire romain, une pauvre veuve, nommée Maximienne, vint à perdre son fils unique. Comme elle pleurait, inconsolable, devant l’église, elle vit soudain une étoffe, sur laquelle était imprimée l’image du saint martyr, suspendue au-dessus de la porte. Se souvenant de l’exemple de la Sounamite, dont le fils avait été ressuscité par le prophète Élisée (2 Rois 4, 35), elle prit alors l’image sainte et l’appliqua sur le corps inanimé de son fils, tout comme l’avait fait autrefois le prophète en s’étendant sur l’enfant, sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux et ses mains contre ses mains, puis elle pria avec larmes le saint d’intervenir auprès de Dieu pour que son fils lui soit rendu. Et aussitôt, Dieu ressuscita l’enfant par l’intercession de saint Janvier.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurrent

LECTURE DES PROVERBES (XXIII, 15 – XXIV, 5)
Mon fils, si ton cœur est sage, tu réjouiras aussi mon cœur ; et si tes lèvres sont droites, elles converseront avec mes lèvres. Que ton cœur ne porte point envie aux pécheurs ;
mais sois toujours dans la crainte de Dieu.
Car si tu observes ces choses, tu auras des descendants,
et ton espérance ne sera pas trompée.
Écoute, mon fils, et sois sage ;
et maintiens droites les pensées de ton cœur.
Ne sois pas buveur de vin ;
évite les longs banquets et la profusion des viandes.
Car l’ivrogne et le débauché mendieront ;
le paresseux sera revêtu de haillons en lambeaux.
Écoute, mon fils, le père qui t’a engendré,
et ne méprise pas ta mère parce qu’elle a vieilli.
Un père juste élève bien ses enfants,
et la sagesse d’un fils réjouit son âme.
Que ton père et ta mère se réjouissent en toi,
et que celle qui t’a enfanté soit heureuse.
Mon fils, donne-moi ton cœur ; que tes yeux gardent mes voies.
La maison étrangère est comme un tonneau percé ;
il est étroit le puits de l’étranger.
Celui qui les recherche périra bientôt, et tout pécheur sera détruit. Pour qui les gémissements ?
Pour qui le trouble ?
Pour qui les contestations ?
Pour qui les ennuis et les entretiens frivoles ?
Pour qui les repentirs inutiles ?
Pour qui les yeux livides ?
N’est-ce pas pour ceux qui passent leur temps dans l’ivresse
et qui hantent les lieux où l’on boit ?
Ne vous enivrez pas ; mais faites votre société des hommes justes,
et fréquentez-les publiquement.
Car si vos yeux s’arrêtent sur les fioles et les coupes,
plus tard vous marcherez plus nus qu’un pilon à mortier.
L’homme ivre finit par s’étendre comme si un serpent l’avait mordu ; le venin se répand sur lui comme de la dent d’un reptile.
Si tes yeux regardent une femme étrangère,
la langue aussitôt divaguera,
et tu seras gisant comme au sein de la mer,
et comme un pilote au milieu de l’orage.
Et tu diras : On m’a frappé, et je n’en ai pas souffert ;
on s’est joué de moi, et je ne m’en suis pas douté ;
quand viendra l’aurore, pour m’en aller encore chercher des hommes avec qui je puisse me retrouver ?
Mon fils, ne rivalise point avec les méchants,
et ne désire pas être avec eux.
Car leur cœur médite des fraudes,
et leurs lèvres disent des paroles affligeantes.
La sagesse bâtit sa maison ; l’intelligence la dirige ;
avec la doctrine on remplit les celliers de tout ce qu’il y a de riche, de précieux et de bon.
Mieux vaut le sage que le fort,
et un homme de bon sens que de vastes domaines.

20 avril

20 avril
Jeudi radieux
Saint Théodore Trichinas, moine à Constantinople (IVème-Vème s.) ; saint Marcellin, prédicateur et évêque d’ Embrun (374) ; saint Marcien, moine à Auxerre (vers 480) ; saint Grégoire (593) et saint Anastase le Sinaïte (599), patriarches d’Antioche ; saint Anastase, higoumène du Sinaï (685) ; saint Athanase des Météores (1380) ; saint Alexandre d’Ochéven (1479) ; saints moines martyrs du monastère de saint David-Garedja (1616) ; saint Gabriel de Belostok, enfant martyr (1690) ; saint Nicolas Vélimirovitch, évêque d’Ochrid et de Jitcha (1956) ; saint Théodose, confesseur, évêque de Kolomna (1937).

SAINT THÉODORE TRICHINAS

Saint Théodore Trichinas, moine à Constantinople (IVème-Vème s.)

Saint Théodore était issu d’une riche et pieuse famille de Constantinople. Attiré depuis son enfance par la vie angélique, il devint moine dans un des monastères de la capitale, appelé par la suite Monastère du Trichinas. Il s’adonna à une sévère ascèse, revêtu en tout temps d’une seule tunique de crin, qui lui valut son surnom de Trichinas. Ces valeureux combats pour la vertu et sa persévérance dans la prière lui permirent de remporter la victoire contre les embûches des démons, et il acquit en abondance la grâce du Saint-Esprit, de sorte qu’après son bienheureux repos il s’écoula de son tombeau un baume à l’odeur céleste, qui guérissait un grand nombre de maladies de l’âme et du corps.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 23 – XXII, 4)
Celui qui est maître de sa bouche
et de sa langue garde son âme de la tribulation.
L’homme audacieux, arrogant et présomptueux peut être appelé un fléau ;
le vindicatif n’est pas dans la loi.
Les désirs tuent le paresseux ;
car ses mains ne se lèvent pas pour faire quoi que ce soit.
L’impie, durant tout le jour, a des désirs mauvais ;
le juste n’est avare ni de compassion ni de miséricorde.
Les sacrifices des impies sont en abomination au Seigneur ;
car ils les offrent le cœur plein d’iniquité.
Le faux témoin périra ; un homme docile parlera avec réserve.
L’impie compose effrontément son visage ;
mais l’homme droit saura bien discerner ses voies.
Il n’est point de sagesse, point de courage, point de raison chez l’impie.
Le cheval est tout prêt pour le jour du combat ;
mais le secours vient de Dieu.
Une bonne renommée vaut mieux que de grandes richesses ;
la bonne grâce vaut mieux que l’or et l’argent.
Le riche et le pauvre se sont rencontrés ;
c’est le Seigneur qui les a créés tous les deux.
L’homme habile, en voyant le pervers sévèrement châtié, se corrige lui-même ; les imprudents passent outre, et sont punis à leur tour.
La crainte du Seigneur fait naître la sagesse, et les biens, et la gloire, et la vie.

7 avril (ancien calendrier)/20 avril (nouveau)

7 avril (ancien calendrier)/20 avril (nouveau)
Jeudi Radieux

Saint Calliope, martyr en Cilicie (304) ; saint Rufin, diacre, sainte Aquiline et 200 guerriers, martyrs dans le Pont (vers 310) ; saint Georges, évêque de Mytilène, confesseur (vers 820) ; saint Sérapion, moine ; saint Clotaire, moine en Champagne (VIIème s.) ; saint Gibert (ou Gibart), abbé de Luxeuil, martyr (888) ; saint Daniel de Pereyaslav (1540) ; saints néo-martyrs de Russie : Arcade (Dobronravov), prêtre (1933) ; sainte martyre Eudocie (Pavlov) (1939).

SAINT CALLIOPE, MARTYR

Saint Calliope, martyr en Cilicie (304)

Saint Calliope appartenait à une famille sénatoriale de Pergé en Pamphylie. Il fut éduqué dans les vertus chrétiennes par sa mère, Théoclée. Lorsque fut promulgué l’édit de persécution générale de Dioclétien (304), sur les recommandations de celle-ci, il alla se réfugier à Pompéiopolis en Cilicie. Témoin des orgies par lesquelles le préfet Maximin honorait les dieux, le jeune chrétien refusa d’y participer en déclarant : « Je suis chrétien, et c’est par des jeûnes que je fête le Christ ! » Aussitôt arrêté et amené devant le gouverneur, celui-ci lui proposa sa fille en mariage s’il acceptait de sacrifier aux dieux de l’Empire. Calliope répondit : « Sache-le bien, je me suis entièrement donné au Christ Dieu, et je veux présenter à son tribunal ce corps vierge et sans souillure. » Maximin, furieux, menaça de lui faire endurer de longs tourments, puis de le livrer aux flammes. Le saint martyr répliqua : « Ces supplices longs et violents ne feront que rendre ma couronne plus riche et plus précieuse, car il est écrit : Nul ne sera couronné s’il n’a généreusement combattu (2 Tim. 2, 5) ». Il fut frappé avec des lanières garnies de plomb, puis avec des nerfs de bœuf, et on l’étendit ensuite sur une roue qu’on fit tourner au-dessus d’un feu ardent. Mais un ange intervint pour éteindre le brasier et rendre inutiles les efforts des bourreaux. Sur ce, le magistrat fit jeter le valeureux combattant du Christ dans le cachot le plus profond de sa prison.

Apprenant tout ce qui venait d’arriver à son fils, la pieuse Théoclée affranchit tous ses esclaves, distribua ses richesses aux pauvres et à l’Église, puis elle se rendit auprès de Calliope dans la prison. Chargé de fer et épuisé par la torture, celui-ci ne put se lever, mais il la salua en disant : « Mère, soyez la bienvenue. Vous allez être témoin de la Passion du Christ en moi ! » — « Je suis heureuse, répondit-elle, car il m’a été donné de te consacrer au Seigneur comme un trésor de grand prix. » Et toute la nuit, ils veillèrent ensemble, priant et glorifiant Dieu.

De nouveau présenté, au matin, devant le tribunal, Calliope s’exclama : « J’ai hâte de mourir du supplice du Christ mon Maître ! » Le Grand Jeudi, lorsque Théoclée apprit que son fils avait été condamné à la crucifixion, elle donna cinq pièces d’argent aux bourreaux pour qu’il fût attaché à la croix la tête en bas, comme l’Apôtre saint Pierre. Le lendemain, Grand Vendredi, à l’heure précise de la mort vivifiante du Sauveur, le saint martyr rendit son âme à Dieu. Quand on le décrocha de la croix, sa mère se précipita pour étreindre le corps de son fils, elle l’embrassa par trois fois en rendant gloire à Dieu, puis elle remit à son tour son âme à Dieu. Les chrétiens du lieu ensevelirent ensemble les corps de la mère et de son fils, unis pour l’éternité dans l’amour du Christ, plus fort que les liens de la chair.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 23 – XXII, 4)
Celui qui est maître de sa bouche
et de sa langue garde son âme de la tribulation.
L’homme audacieux, arrogant et présomptueux peut être appelé un fléau ;
le vindicatif n’est pas dans la loi.
Les désirs tuent le paresseux ;
car ses mains ne se lèvent pas pour faire quoi que ce soit.
L’impie, durant tout le jour, a des désirs mauvais ;
le juste n’est avare ni de compassion ni de miséricorde.
Les sacrifices des impies sont en abomination au Seigneur ;
car ils les offrent le cœur plein d’iniquité.
Le faux témoin périra ; un homme docile parlera avec réserve.
L’impie compose effrontément son visage ;
mais l’homme droit saura bien discerner ses voies.
Il n’est point de sagesse, point de courage, point de raison chez l’impie.
Le cheval est tout prêt pour le jour du combat ;
mais le secours vient de Dieu.
Une bonne renommée vaut mieux que de grandes richesses ;
la bonne grâce vaut mieux que l’or et l’argent.
Le riche et le pauvre se sont rencontrés ;
c’est le Seigneur qui les a créés tous les deux.
L’homme habile, en voyant le pervers sévèrement châtié, se corrige lui-même ; les imprudents passent outre, et sont punis à leur tour.
La crainte du Seigneur fait naître la sagesse, et les biens, et la gloire, et la vie.

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

MERCREDI LUMINEUX
Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582) ; saints martyrs Jérémie et Archile, prêtre (IIIème s.) ; sainte Platonide, diaconesse à Nisibe en Syrie (308) ; les 120 martyrs anonymes de Perse (344-347) ; saint Vinebaud, évêque de Troyes (vers 623) ; saint Gennard, abbé de Flay près de Beauvais (720) ; saint Méthode, archevêque de Moravie, apôtre des Slaves (885) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre (Joukov) et Prokhore (Mikhaïlov) (1918) ; hiéromartyr Jean (Boïkov), prêtre (1934) ; hiéromartyr Jacques (Boïkov), prêtre (1943) ; moine Sébastien (Fomine), confesseur (1966).

SAINT EUTYQUE, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582)

Notre saint Père Eutyque était originaire d’un village de Phrygie (vers 512). Il fut élevé par son grand-père, skevophylax de l’église d’Augustopolis, puis alla poursuivre ses études à Constantinople. Comprenant cependant que la sagesse de ce monde est devenue folle (cf. 1 Cor 1, 18), il songeait à embrasser la vie monastique. Mais Dieu lui montra qu’Il l’appelait à un autre service pour l’édification de l’Église, et il fut ordonné prêtre à l’âge de trente ans, par le métropolite d’Amasée, qui le destinait à la charge d’évêque de Lazique. Un autre ayant été élu, Eutyque put réaliser son saint projet et se retirer au monastère d’Amasée, dont il devint par la suite higoumène.

L’empereur Justinien (527-565), soucieux d’expurger de l’Église toutes traces de l’hérésie nestorienne, réunit alors (544) un concile local dans le but de condamner, même après leur mort, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, nommés les « Trois Chapitres ». Le métropolite d’Amasée, empêché de se rendre à ce synode pour raison de santé, envoya Eutyque pour l’y représenter. Pendant les sessions, le pieux et savant Eutyque fit l’admiration des Pères par sa connaissance approfondie de l’Écriture sainte et par son habileté à réfuter les arguments des hérétiques. Rappelant l’exemple du roi Josias, qui avait fait déterrer et brûler les ossements des idolâtres (2 Rois 23, 16), il déclara qu’on pouvait anathématiser des morts, afin de protéger l’Église contre l’influence perverse de leur doctrine.

Le patriarche saint Mènas [25 août] le prit en affection et, à la suite d’une révélation divine, il prédit qu’il serait son successeur. Effectivement, dès le décès du patriarche, Eutyque fut désigné par l’empereur pour lui succéder, à la grande joie du peuple. Dès son avènement, le bon pasteur, désirant affermir la paix de l’Église sur les bases d’un concile œcuménique, convainquit le souverain de réunir le Cinquième saint Concile Œcuménique à Constantinople (553). Présidée par saint Eutyque, en présence de cent soixante-cinq Pères, la sainte assemblée confirma la doctrine des quatre Conciles précédents et promulgua quatorze anathématismes condamnant les écrits de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, et anathématisa de plus Origène et Évagre dont les écrits, malgré leur influence considérable dans la doctrine des Pères de l’Église, avaient occasionné à cette époque le réveil d’un dangereux courant origéniste.

Le Concile ayant été clos par une grande concélébration, les Pères se séparèrent et l’Église put jouir de la paix pendant une douzaine d’années. Mais, sur l’instigation du père de l’erreur, certains sophistes attirèrent l’empereur Justinien, toujours désireux de se rallier les monophysites, dans les rets d’une nouvelle doctrine hérétique : l’aphtartodocétisme, selon laquelle le corps du Christ aurait été impassible et incorruptible par nature et le Seigneur n’aurait, par conséquent, enduré les souffrances de la Passion que par un miracle de sa volonté . Réalisant qu’une telle doctrine n’était en fait qu’un monophysisme à peine déguisé, qui remettait en cause la réalité même de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, saint Eutyque s’opposa de toutes ses forces à la doctrine de l’empereur et de ses théologiens de cour. Le 25 janvier 565, alors qu’il célébrait la Liturgie au palais d’Hormisdas, il fut tiré du sanctuaire par les hommes d’armes et enfermé dans un monastère de Chalcédoine. Un tribunal d’évêques complaisants à la volonté du souverain déposa le saint prélat et le condamna à l’exil, sous les prétextes risibles qu’il mangeait des viandes délicates et priait à genoux pendant de longues heures.
Après quelque temps passé dans un monastère de l’île de Prinkipo, le saint fut renvoyé dans son monastère d’Amasée, en remerciant Dieu de l’avoir jugé digne de souffrir pour la cause de la Vérité. Pendant ce séjour à Amasée, il put jouir d’une quiétude bienfaisante et accomplir de nombreux miracles pour les fidèles éprouvés qui venaient demander ses prières.

Au terme d’un exil de douze années, il fut rappelé sur le trône de Constantinople par les co-empereurs Justin II et Tibère (576). Toute la cité, des plus hauts dignitaires au simple peuple, lui réserva un vibrant accueil et, sur le chemin du retour, la foule criait : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur ! » Le saint apaisa alors par sa prière l’épidémie qui ravageait la ville depuis quelque temps et lors de la Liturgie qu’il célébra à Sainte-Sophie, il distribua la sainte Communion à la foule pendant six heures entières.

Au cours de ce second épiscopat, qui dura un peu plus de quatre ans, saint Eutyque confirma son Église dans la vraie foi, appuyant son enseignement par la puissance de ses miracles. Il s’endormit en paix le dimanche de Thomas 582, après avoir prédit à l’empereur Tibère, accouru à son chevet, qu’il le suivrait quatre mois plus tard. Son corps fut inhumé sous l’autel de l’église des Saints-Apôtres, aux côtés des reliques des saints Apôtres André, Luc et Timothée.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion de saint Eutyque, ton 8
Tous ensemble, fidèles, chantons Eutyque * comme grand pontife et suprême pasteur, * comme sage docteur ayant chassé les hérésies, * et de tout cœur disons-le bienheureux, * car il intercède auprès du Christ en faveur de nous tous.

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 3-21)
Faire des choses justes et dire la vérité est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes.
Le cœur de l’audacieux est superbe dans son insolence ;
la lampe des impies est le péché. Amasser des trésors avec une langue trompeuse,
c’est poursuivre des vanités sur les filets de la mort.
La destruction habitera avec les impies,
parce qu’ils ne veulent pas pratiquer la justice.
Devant les hommes tortueux Dieu place des voies tortueuses ;
car Ses œuvres sont droites et pures.
Mieux vaut demeurer dans un carrefour en plein air,
que dans une grande maison bien crépie avec l’iniquité.
Nul homme ne sera miséricordieux pour l’âme des impies.
La punition de l’intempérant rend l’innocent plus réfléchi ;
l’homme sage et intelligent en reçoit une leçon.
Le juste pénètre le cœur des impies,
et les méprise à cause de leur malice.
Celui qui ferme l’oreille au cri du faible criera lui-même,
et nul ne l’écoutera.
Un don secret détourne les colères ;
celui qui épargne les présents excite de violents courroux.
La joie du juste est de faire justice ;
le saint n’est pas pur aux yeux des méchants.
L’homme qui s’égare loin des voies de la justice
se reposera dans l’assemblée des géants.
L’indigent aime la joie; il désire le vin et l’huile en abondance.
Les déréglés sont en abomination aux justes.
Mieux vaut habiter le désert qu’avec une femme bavarde,
irascible et querelleuse.
Un trésor désirable reposera sur la bouche du sage ;
mais les insensés le dévorent.
Les voies de la justice et de la miséricorde conduisent à la vie et à la gloire.

18 avril

18 avril
Mardi Limineux
Icône de N.D. d’Iviron. Saint Jean l’Isaurien, ermite, disciple de saint Grégoire le Décapolite (VIIIème s.) ; saints martyrs Victor, Zotique, Zénon, Akindynos et Sévérien (303) ; saint Côme, évêque de Chalcédoine, et son compagnon d’ascèse saint Auxence, confesseurs (vers 820) ; sainte Aye, moniale dans le Hainaut (vers 714) ; saint Jean de Ioannina, martyr à Constantinople (1526) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyr Bessarion (Selinine), prêtre (1918) ; sainte vénérable martyre Tamara (Satsi) (1942).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Lc XXIV, 12-35)
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé. Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? – Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

SAINT JEAN L’ISAURIEN

Saint Jean l’Isaurien, ermite, disciple de saint Grégoire le Décapolite (VIIIème s.)

Notre vénérable Père Jean était originaire d’Isaurie. Épris depuis sa jeunesse d’un ardent amour pour le Christ, il renonça à toutes les vanités de ce monde pour devenir disciple de saint Grégoire le Décapolite [20 nov.]. Il servit son père spirituel, telle une vivante image du Seigneur, pendant de nombreuses années, de sorte que saint Grégoire se réjouissait et rendait gloire à Dieu d’avoir trouvé en lui un moine exemplaire. Jean prit part aux glorieux combats de son maître pour la défense des saintes icônes pendant la persécution de Léon l’Arménien. Il trouva le repos éternel en 820 et fut inhumé auprès de saint Joseph l’Hymnographe, son ami [3 avr.].

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XIX, 16-25)
Garder les commandements, c’est sauver son âme ;
se négliger en sa voie, c’est courir à sa perte.
Celui qui est miséricordieux envers les pauvres prête à usure au Seigneur ; Dieu le rétribuera selon ce qu’il aura donné.
Corrige ton fils ;
c’est ainsi qu’il sera ton espérance.
Ne sois pas exalté en ton âme jusqu’à l’orgueil.
L’homme malveillant sera puni sévèrement;
s’il nuit à autrui, il nuit aussi à son âme.
Écoute, ô mon fils, les instructions de ton père
pour être sage jusqu’à ta dernière heure.
De nombreuses pensées roulent dans le cœur de l’homme ;
le conseil du Seigneur demeure dans tous les siècles.
La miséricorde est un fruit pour l’homme ;
mieux vaut un mendiant juste qu’un riche trompeur.
La crainte du Seigneur est la vie de l’homme ;
celui qui n’a pas cette crainte habitera des lieux où la doctrine est inconnue. Celui qui cache ses mains sous son manteau,
avec de mauvais desseins, n’aura garde de les porter à sa bouche.
Les coups qui le flagellent rendent l’insensé plus réfléchi ;
mais si l’on reprend le sage, il comprend aussitôt la réprimande.

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)
Mardi Lumineux

Saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; saint martyr Agathopode, diacre, Théodule, lecteur, et leurs compagnons (vers 303) ; saint Publius d’Égypte (IVème s.) ; saint Marc d’Athènes (vers 400) ; saints Théonas, Siméon et Thorbin, reclus en Thébaïde (IV°) ; sainte Théodora, moniale à Thessalonique (892) ; saint Platon le Studite, confesseur (814) ; saint Georges, néo-martyr grec (1801) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Krotenkov), prêtre (1930) ; Nicolas (Simo), prêtre (1931).

SAINT MARTYRS VICTORIN, VICTOR ET LEURS COMPAGNONS

Ces sept glorieux martyrs furent arrêtés comme chrétiens à Corinthe, pendant la persécution de Dèce (249-251), et furent traduits devant le proconsul du Péloponnèse, Tertius. Après avoir subi la flagellation et d’autres tourments avec ses compagnons, Victorin eut l’œil droit arraché, les extrémités des mains et des pieds coupées, puis il fut jeté dans un grand mortier où il eut les membres broyés et remit ainsi son âme à Dieu. Nicéphore, couvert de sang après les coups, fut pendu par les cheveux, se vit rompre les doigts un à un, et, comme les païens voulaient le forcer à boire du vin offert en libation aux idoles, il se jeta de lui-même dans le mortier, où il trouva la mort peu après Victorin.

Claude fut suspendu à une potence, eut les joues arrachées et rendit l’âme quand on lui amputa les mains et les pieds. Diodore gagna la palme du martyre en mourant par le feu, après avoir eut le corps lacéré à coups de lancettes. Sérapion fut, quant à lui, pendu la tête en bas, eut les membres rompus à coups de massues et mourut décapité.

Papias, enfin, eut les mains tranchées, se vit percer le corps avec des pointes aiguisées et fut précipité dans la mer avec une lourde pierre attachée au cou. C’est ainsi qu’ils reçurent tous les sept les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Lc XXIV, 12-35)
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé. Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? – Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XIX, 16-25)
Garder les commandements, c’est sauver son âme ;
se négliger en sa voie, c’est courir à sa perte.
Celui qui est miséricordieux envers les pauvres prête à usure au Seigneur ; Dieu le rétribuera selon ce qu’il aura donné.
Corrige ton fils ;
c’est ainsi qu’il sera ton espérance.
Ne sois pas exalté en ton âme jusqu’à l’orgueil.
L’homme malveillant sera puni sévèrement;
s’il nuit à autrui, il nuit aussi à son âme.
Écoute, ô mon fils, les instructions de ton père
pour être sage jusqu’à ta dernière heure.
De nombreuses pensées roulent dans le cœur de l’homme ;
le conseil du Seigneur demeure dans tous les siècles.
La miséricorde est un fruit pour l’homme ;
mieux vaut un mendiant juste qu’un riche trompeur.
La crainte du Seigneur est la vie de l’homme ;
celui qui n’a pas cette crainte habitera des lieux où la doctrine est inconnue. Celui qui cache ses mains sous son manteau,
avec de mauvais desseins, n’aura garde de les porter à sa bouche.
Les coups qui le flagellent rendent l’insensé plus réfléchi ;
mais si l’on reprend le sage, il comprend aussitôt la réprimande.

17 avril

17 AVRIL
LUNDI LUMINEUX

Saint Siméon, évêque de Perse, avec saints Abdelaûs et Ananias, prêtres, l’eunuque Husdazate, Azate avec leurs 1150 autres compagnons, tous martyrs en Perse (vers 344) ; saint Adrien, martyr (251) ; saint Acace, évêque de Mélitène (vers 435) ; saint Agapit, pape de Rome (536) ; saint Pantagathe, évêque de Vienne (540) ; saint Landry, évêque de Meaux (675) ; saint Wandon, abbé de Fontenelle (756) ; saint Éphrem le majeur de Matskvéra (IXème s, Géorgie) ; saint Zosime, abbé de Solovki (1478) ; saint Macaire, évêque de Corinthe (1805) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Novitsky), confesseur, prêtre (1935), hiéromartyr Théodore (Nedosekine), prêtre (1942).

SAINT SIMÉON, ÉVÊQUE DE PERSE
Lorsque, sous le règne de Sapor (Shâpûr) II (309-378), les chrétiens commencèrent à devenir nombreux et influents en Perse, les mages de la religion mazdéenne, craignant pour leurs privilèges et jaloux de ces succès, les accusèrent auprès du roi des rois de comploter contre lui avec l’empereur romain. En 340, Sapor, ayant besoin d’importantes sommes d’argent pour mener une campagne contre les Romains, fit lever un double impôt sur les chrétiens, en sorte que, forcés par l’indigence et par la cruauté des percepteurs, ceux-ci finissent par renier leur religion. Le bienheureux Siméon Bar Sabbaé, évêque de Séleucie et Ctésiphon, la capitale de l’Empire, et métropolitain de toute l’Église de Perse, refusa de se soumettre à cet édit, et il écrivit au souverain en ces termes : « Jésus est le Roi des rois. Il ne vous est pas possible de nous asservir. Nous sommes des hommes libres, et nous ne serons pas les esclaves des hommes. Notre Dieu est aussi votre Maître. Il est le créateur du soleil et du feu que vous adorez comme dieux. Nous ne pouvons donc pas adorer ses créatures. Il nous a recommandé : Ne portez ni or ni argent dans vos ceintures. Nous n’avons pas d’or à vous fournir, ni d’argent pour vous payer l’impôt. » En recevant cette lettre, le roi s’irrita et, poussé par ses courtisans, il ordonna de passer au fil de l’épée les prêtres et serviteurs de Dieu, de détruire les églises, de livrer les objets sacrés à l’usage profane et de traduire en justice Siméon, comme ayant trahi le royaume de Perse en entretenant des relations avec les Romains.
Tandis que les mages, avec le concours des Juifs, détruisaient les églises, saint Siméon fut capturé, en compagnie de deux de ses prêtres les plus âgés, Abdhaïkla et Hannanie, et fut traîné chargé de chaînes devant Sapor à Karka-de-Lédan, la résidence royale. Parvenu à l’entrée de la salle d’audience, l’évêque ne fit pas le geste ordinaire d’adoration du souverain. Sapor s’en irrita et lui en demanda la raison, alors qu’il s’y soumettait auparavant. « C’est que, jusqu’à présent, je suivais les usages revenant à la majesté royale, sans être sollicité, comme maintenant, de trahir mon Dieu qui est le vrai », répondit le prélat.
Le roi abandonna les chefs d’accusation que les mages proféraient avec haine, pour proposer à l’évêque toute sa faveur s’il adorait le soleil. « Moi je ne t’ai pas adoré, répliqua Siméon, alors que tu es plus excellent que le soleil, car tu possèdes âme et intelligence. Comment pourrais-je adorer le soleil qui est sans âme ? Il n’y a qu’un seul Dieu, Jésus-Christ, mort sur la Croix ! Il est le maître du soleil et le Créateur des hommes. Lorsqu’Il souffrit entre les mains de ses ennemis, le soleil qu’Il a créé prit le deuil, comme un serviteur quand meurt son maître. Mais, le troisième jour, Il est ressuscité dans la gloire du ciel. » Le roi le menaça de faire périr des milliers de chrétiens à cause de son obstination. Siméon répondit : « Si tu verses le sang innocent, comme tu l’annonces, tu en rendras compte au jour du Jugement. Je sais simplement que les victimes régneront grâce à leur mort ; mais leur condamnation sera ta mort. Pour ce qui est de ma vie, prends-la tout de suite, par le genre de mort qui plaira à ta volonté perverse ! »
Sapor le fit ramener en prison, jusqu’au lendemain, dans l’espoir de le voir changer d’opinion. À la porte du palais, se tenait un eunuque âgé, Ustazad, qui avait été précepteur du roi et jouissait de la dignité de maître du palais. Il était chrétien, mais, pendant la persécution, il s’était soumis aux instances du roi et avait adoré le soleil. En voyant l’évêque, il le salua respectueusement, mais Siméon détourna son visage avec répulsion et passa son chemin. Cette attitude fit revenir Ustazad à lui-même, il rentra chez lui en pleurant et changea ses vêtements de cour en habits de deuil. Sapor, apprenant la chose, fit convoquer l’eunuque et lui demanda la raison de son attitude. « J’ai pris le deuil, dit-il, parce que j’ai manqué de loyauté à l’égard de Dieu et de ta majesté. C’est pour te faire plaisir, en effet, et non par conviction que j’ai fait semblant d’adorer le soleil ; aussi est-il doublement juste que je meure : et pour avoir trahi le Christ et pour t’avoir trompé. Je suis chrétien, je ne renierai plus désormais le vrai Dieu ! » Irrité au plus haut point, le monarque ordonna de lui trancher la tête sans retard. Tandis qu’il était sur le chemin du supplice, Ustazad demanda une dernière faveur, au nom du service loyal qu’il avait rendu au roi pendant tant d’années. Et il obtint qu’un héraut proclamât à tout vent que s’il était condamné à mort, ce n’était pas pour avoir commis quelque crime, mais simplement parce qu’il était chrétien. Il périt sous le glaive le Grand Jeudi (341).
Quand Siméon apprit cette nouvelle dans sa prison, il fut tout heureux et rendit gloire au Christ qui relève les morts, convertit les pécheurs et rend l’espérance aux désespérés, et il pria Dieu de hâter l’heure de sa délivrance. Debout toute la nuit du Grand jeudi, les mains levées vers le ciel et le visage ayant l’éclat d’une rose, il priait en ces termes : « Agrée, Seigneur Jésus, qu’en ce jour et à l’heure de ta mort, je sois jugé digne de boire ton calice ! Les fautes de mes pas seront guéries en toi, ô Route de vérité ; les fatigues de mes membres trouveront en toi le repos, ô Christ, Huile de nos onctions sacrées. En toi la tristesse de mon âme disparaît. Tu es la coupe de mon salut ; les larmes de mes yeux seront séchées par toi, ô notre consolation et notre joie ! »
Le lendemain, Grand Vendredi, à la troisième heure, on tira le saint de son cachot pour l’amener devant le roi, qui le somma encore une fois d’adorer le soleil, mais vainement. « Hâte-toi de me condamner, lui dit Siméon, il est temps que je prenne part au festin. La table est prête et ma place est désignée. » En prononçant ces paroles, il se tenait noble, majestueux et le visage radieux, si bien que le souverain ne put s’empêcher de l’admirer ; mais, pressé par les mages et par les notables, il le condamna à périr le jour même par le glaive.
Une centaine d’évêques, prêtres, diacres et moines étaient alors entassés dans les prisons de la ville. Sur l’ordre du roi, le chef des mages leur proposa d’avoir la vie sauve s’ils adoraient le dieu-soleil. Tous répondirent d’une voix forte et unanime : « La mort est peu de chose en comparaison de notre foi. Donner notre vie n’est rien, en regard de notre amour pour le Christ ! » L’ordre fut alors donné de tous les exécuter sous les yeux de Siméon. Mais, loin d’être ébranlé par ce spectacle, le bienheureux les encourageait, comme la mère des frères Maccabées (2 Mac 7), en disant : « Soyez vaillants, frères, confiez-vous à Dieu et soyez sans crainte. Le Seigneur a été mis à mort et Il vit. Quand vous serez morts comme lui, vous vivrez auprès de lui. Maintenant la mort est à l’œuvre, mais sachez-le, bien-aimés, notre mort se changera en vie éternelle, tandis que cette vie se change en mort éternelle pour celui qui renie Dieu. Nous donnons notre sang et lui nous donne son Royaume, avec la joie et le repos. »
Ils ne restaient plus en vie que Siméon et les deux vieux prêtres qui l’accompagnaient. Tandis qu’on dépouillait Hannanie de ses vêtements pour l’attacher, il se mit à trembler à la vue du glaive. Pusaïk , l’intendant de tous les artisans du royaume, homme puissant et respecté, qui se tenait là, s’écria : « Ne tremble pas Hannanie, ne tremble pas ! Lève un peu les yeux et tu verras la lumière du Christ ! » Il fut aussitôt saisi par les gardes et traîné devant le roi offusqué de voir un de ses favoris prendre parti pour les chrétiens. Aux questions de Sapor, Pusaïk répondit : « Oui, je suis chrétien, et je préfère leur mort et je répudie tes honneurs, car cette mort est signe de joie. » Fou de rage, Sapor ordonna qu’on l’exécute de manière particulièrement cruelle. On l’égorgea et on lui arracha la langue au travers du cou, puis on exécuta sa fille qui était, elle aussi, chrétienne.
L’heure de son supplice étant arrivée, saint Siméon pria pour la conversion de ses bourreaux, il demanda au Seigneur de bénir les villes d’Orient qu’Il lui avait confiées et de garder sous sa protection les fidèles jusqu’à la fin de la persécution. Sa tête tomba sous le glaive, conformément à son vœu, le Grand Vendredi, à la neuvième heure. On raconte qu’à ce moment, l’obscurité envahit la terre perse et que les spectateurs furent saisis d’une grande frayeur. Des chrétiens ensevelirent de nuit les corps des bienheureux martyrs et, par la suite, saint Maruthas fit transférer ces reliques dans sa cité épiscopale qui prit le nom de Martyropolis [16 fév.].
Le martyre du catholicos de Perse marqua le début d’une persécution générale. Pendant dix jours, les mages païens, profitant de l’emportement du roi des rois pour assouvir leur haine et satisfaire leurs rancunes personnelles, massacrèrent aveuglément tous les chrétiens qu’ils trouvaient, jusque dans le palais. Lorsque Sapor apprit qu’on avait mis à mort son eunuque préféré, Azat, il en fut tellement affligé qu’il ordonna de faire cesser ce massacre public, pour n’exécuter que les évêques et les prêtres. La persécution continua ainsi, à l’égard des clercs et des moines, pendant près de quarante ans, jusqu’à la mort de Sapor II (379) ; mais elle orna de joyaux incorruptibles la robe nuptiale de l’Église de Perse .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Jn I, 18-28)
Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu’il n’était pas le Christ. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean leur répondit: Moi, je baptise d’eau, mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

4 avril (ancien calendrier)/17 avril (nouveau)

4 avril (ancien calendrier)/17 avril (nouveau)
Lundi lumineux

Saint Joseph l’hymnographe (883) ; saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.) ; sainte martyre Pherboutha, vierge, sa sœur et sa servante (341-343) ; saint Zosime (vers 560) ; saint Joseph le grand souffrant des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Zosime de Vorbozom (vers 1550)  saint néomartyrs de Russie : Benjamin (Kononov) et Nicéphore (Koutchine) (1928) ; hiéromartyr Nicolas, évêque de Velsk, sainte vénérable martyre Marie (Lelianov) (1932) ; saint hiéromartyr Jean (Vetchorko), prêtre (1933) ; saint martyr Jean (Kolesnikov) (1943).

SAINT GEORGES DU MONT MALÉON
Épris de Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Georges s’enfuit pour échapper à un mariage préparé par ses parents. Il revêtit l’Habit angélique et s’adonna dès lors, de toutes ses forces, aux travaux de l’ascèse : le jeûne, les mortifications corporelles, la méditation des saintes Écritures, la prière et les larmes, ainsi qu’à toutes les autres formes de la vertu qui rend semblable à Dieu. Rayonnant ainsi de la présence du Seigneur, il attira à lui quantité d’hommes qui, à son contact, trouvaient la voie du repentir. Il désirait cependant vivre dans l’hésychia et le silence, c’est pourquoi il s’enfuit de nouveau et alla se retirer sur le mont Maléon. Mais des hommes assoiffés de Dieu vinrent l’y rejoindre et l’implorèrent de les diriger dans la science de l’ascèse et de la prière. Il donna à chacun de ses disciples la règle de vie qui convenait à son caractère et à son avancement dans la vertu, et il leur attribua des cellules aux alentours de sa retraite. Les grâces que Dieu accordait à son serviteur et son discernement le rendirent célèbre auprès des grands et même auprès du souverain. Interrogé par eux sur toutes sortes de sujets, il leur adressait des lettres pleines de sève spirituelle et leur dispensait de sages conseils sur la manière d’appliquer l’Évangile dans le gouvernement du peuple, en prenant pour principes la bonté et l’aumône.
Saint Georges prédit trois ans à l’avance son départ de cette terre et prépara ses disciples à vivre sans l’assistance visible de leur père spirituel. Tombé légèrement malade, il rassembla tous les ascètes du mont Maléon, et après les avoir une dernière fois exhortés à ne rien négliger de ce qui plaît à Dieu et conduit l’âme au salut, il remit en paix son âme au Seigneur (dans le courant du ve ou vie siècle).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Jn I, 18-28)
Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu’il n’était pas le Christ. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean leur répondit: Moi, je baptise d’eau, mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

5 avril

5 avril
GRAND CARÊME

Saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; saint martyr Agathopode, diacre, Théodule, lecteur, et leurs compagnons (vers 303) ; saint Publius d’Égypte (IVème s.) ; saint Marc d’Athènes (vers 400) ; saints Théonas, Siméon et Thorbin, reclus en Thébaïde (IV°) ; sainte Théodora, moniale à Thessalonique (892) ; saint Platon le Studite, confesseur (814) ; saint Georges, néo-martyr grec (1801) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Krotenkov), prêtre (1930) ; Nicolas (Simo), prêtre (1931).

SAINT MARTYRS VICTORIN, VICTOR ET LEURS COMPAGNONS

Ces sept glorieux martyrs furent arrêtés comme chrétiens à Corinthe, pendant la persécution de Dèce (249-251), et furent traduits devant le proconsul du Péloponnèse, Tertius. Après avoir subi la flagellation et d’autres tourments avec ses compagnons, Victorin eut l’œil droit arraché, les extrémités des mains et des pieds coupées, puis il fut jeté dans un grand mortier où il eut les membres broyés et remit ainsi son âme à Dieu. Nicéphore, couvert de sang après les coups, fut pendu par les cheveux, se vit rompre les doigts un à un, et, comme les païens voulaient le forcer à boire du vin offert en libation aux idoles, il se jeta de lui-même dans le mortier, où il trouva la mort peu après Victorin.

Claude fut suspendu à une potence, eut les joues arrachées et rendit l’âme quand on lui amputa les mains et les pieds. Diodore gagna la palme du martyre en mourant par le feu, après avoir eut le corps lacéré à coups de lancettes. Sérapion fut, quant à lui, pendu la tête en bas, eut les membres rompus à coups de massues et mourut décapité.

Papias, enfin, eut les mains tranchées, se vit percer le corps avec des pointes aiguisées et fut précipité dans la mer avec une lourde pierre attachée au cou. C’est ainsi qu’ils reçurent tous les sept les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Martyricon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XII, 8-22)
On loue la bouche d’un homme intelligent ; les esprits vains sont moqués.
Mieux vaut être obscur et utile à soi-même, que se glorifier en manquant de pain. Le juste est compatissant, même pour la vie de ses bestiaux ;
les entrailles des impies sont sans pitié.
Qui travaille à sa terre se rassasiera de pain ;
mais ceux qui poursuivent des vanités sont dépourvus d’intelligence. Celui qui se plaît aux assemblées des buveurs léguera la honte à sa maison. Les désirs des impies sont mauvais ; les racines des hommes pieux sont indestructibles.
Par le péché même de ses lèvres, le pécheur tombe en des filets ;
le juste y échappe, et celui dont l’œil est bon excite l’indulgence ;
celui qui se dispute aux portes irrite les âmes.
L’âme de l’homme sera remplie de biens provenant de sa bouche,
et ses lèvres recevront leur récompense.
Les voies des insensés sont droites à leurs yeux ; le sage écoute les conseils. L’insensé à l’instant même montre sa colère ;
l’homme habile renferme en lui-même l’outrage qu’il a reçu.
Le juste déclare la pleine vérité ; le témoin des méchants est trompeur.
Il en est dont les paroles blessent comme des glaives ;
la langue des sages guérit.
Des lèvres véridiques n’ont point de détours sans leur témoignage ;
le témoin précipité a une langue inique.
La fraude est dans le cœur de celui qui machine le mal ;
ceux qui veulent la paix seront dans la joie.
Rien d’injuste ne plaira au juste ; les impies sont remplis de mal.
Les lèvres trompeuses sont en abomination au Seigneur ;
Il agrée l’homme de bonne foi.

4 avril

4 avril
GRAND CARÊME

Saint Joseph l’hymnographe (883) ; saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.) ; sainte martyre Pherboutha, vierge, sa sœur et sa servante (341-343) ; saint Zosime (vers 560) ; saint Joseph le grand souffrant des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Zosime de Vorbozom (vers 1550)  saint néomartyrs de Russie : Benjamin (Kononov) et Nicéphore (Koutchine) (1928) ; hiéromartyr Nicolas, évêque de Velsk, sainte vénérable martyre Marie (Lelianov) (1932) ; saint hiéromartyr Jean (Vetchorko), prêtre (1933) ; saint martyr Jean (Kolesnikov) (1943).

SAINT GEORGES DU MONT MALÉON

Saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.)

Épris de Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Georges s’enfuit pour échapper à un mariage préparé par ses parents. Il revêtit l’Habit angélique et s’adonna dès lors, de toutes ses forces, aux travaux de l’ascèse : le jeûne, les mortifications corporelles, la méditation des saintes Écritures, la prière et les larmes, ainsi qu’à toutes les autres formes de la vertu qui rend semblable à Dieu. Rayonnant ainsi de la présence du Seigneur, il attira à lui quantité d’hommes qui, à son contact, trouvaient la voie du repentir. Il désirait cependant vivre dans l’hésychia et le silence, c’est pourquoi il s’enfuit de nouveau et alla se retirer sur le mont Maléon. Mais des hommes assoiffés de Dieu vinrent l’y rejoindre et l’implorèrent de les diriger dans la science de l’ascèse et de la prière. Il donna à chacun de ses disciples la règle de vie qui convenait à son caractère et à son avancement dans la vertu, et il leur attribua des cellules aux alentours de sa retraite. Les grâces que Dieu accordait à son serviteur et son discernement le rendirent célèbre auprès des grands et même auprès du souverain. Interrogé par eux sur toutes sortes de sujets, il leur adressait des lettres pleines de sève spirituelle et leur dispensait de sages conseils sur la manière d’appliquer l’Évangile dans le gouvernement du peuple, en prenant pour principes la bonté et l’aumône.

Saint Georges prédit trois ans à l’avance son départ de cette terre et prépara ses disciples à vivre sans l’assistance visible de leur père spirituel. Tombé légèrement malade, il rassembla tous les ascètes du mont Maléon, et après les avoir une dernière fois exhortés à ne rien négliger de ce qui plaît à Dieu et conduit l’âme au salut, il remit en paix son âme au Seigneur (dans le courant du ve ou vie siècle).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Martyrikon du ton occurent
LECTURE DES PROVERBES (XI, 19 – XII, 6)
Un fils juste est né pour la vie ; ce que poursuit l’impie mène à la mort.
Les voies tortueuses sont en abomination au Seigneur ;
mais Il agrée tous ceux qui sont irréprochables dans leurs voies. Celui qui, dans une pensée injuste,
met sa main dans la main d’autrui ne sera point impuni ;
au contraire, qui sème la justice en récoltera le digne salaire.
Tel est un pendant d’oreille au museau d’une truie;
telle est la beauté chez la femme sans sagesse.
Le désir du juste est bon sans réserve ; l’espérance des impies périra. Il en est qui, en distribuant leurs biens, les augmentent ;
il en est qui, même en s’amusant, s’appauvrissent.
Toute âme simple est bénie ;
l’homme irascible n’est pas honoré.
Que celui qui amasse du blé le tienne en réserve pour les peuples ; la bénédiction est sur la tête de celui qui en fait part à autrui.
Celui qui médite le bien cherche une grâce salvatrice ;
celui qui songe au mal le recueillera pour lui-même.
Celui qui se fie en sa richesse tombera ; celui qui s’attache aux choses justes fleurira.
Celui qui ne s’occupe pas de sa propre maison n’aura que le vent pour héritage ; l’insensé sera le serviteur du sage.
Du fruit de la justice naît l’arbre de vie ;
les âmes des pervers seront emportées avant le temps.
Si le juste est difficilement sauvé,
que penser de l’impie et du pécheur ?
Celui qui aime la discipline aime la sagesse ;
celui qui hait les réprimandes est insensé.
Le meilleur est celui qui a trouvé la grâce du Seigneur ;
l’homme pervers tombera dans l’oubli.
L’homme ne tire aucun profit de l’injustice ;
les racines des justes ne seront pas arrachées.
Une femme forte est une couronne pour son mari ;
comme un ver qui ronge le bois, une femme malfaisante perd son mari.
Les pensées des justes sont des sentences ;
les impies n’ont pour se gouverner que la ruse.
Les paroles des impies sont trompeuses ;
la bouche des hommes droits les sauvera.

22 mars (ancien calendrier)/4 avril (nouveau)

22 mars (ancien calendrier)/4 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363) ; sainte Drosis fille du roi Trajan, martyre (Ier-IIème s.) ; Saint Paul-Serge, évêque de Narbonne (IIIème s.) ; saint Isaac de Dalmatie (IVème s.) ; saint Diogène, évêque d’Arras (390) ; saint Avit, ermite en Périgord (518) ; saint Euthyme l’Athonite, néo-martyr grec (1814).

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363)

SAINT BASILE D’ANCYRE
Saint Basile était prêtre de l’Église d’Ancyre, en Galatie, sous l’épiscopat de Marcel, lequel s’était tellement opposé à l’arianisme qu’il en était tombé dans l’hérésie contraire, faisant des trois Personnes divines trois aspects ou modalités de la divinité. Toutefois Basile ne partageait pas ces opinions, et il enseignait avec zèle la vraie foi, conduisant de nombreuses âmes dans la voie droite qui mène à Dieu. Livré à l’empereur Constance, il confessa l’orthodoxie avec une inébranlable fermeté, et fut relâché.

Lorsque Julien l’Apostat prit le pouvoir (360) et commença sa tentative de restauration du paganisme, le vaillant confesseur redoubla d’énergie pour dénoncer la vanité des faux dieux. Accusé d’avoir porté atteinte à l’honneur dû à l’empereur, il répondit qu’il n’entendait obéir qu’au seul Roi du ciel et de la terre. Le proconsul Saturnin le fit alors étendre sur le chevalet, et, pendant qu’on le torturait, le saint adressait à Dieu cette prière : « Seigneur, Dieu de tous les siècles, je te rends grâces de m’avoir jugé digne de marcher dans le chemin des souffrances. En le suivant, je suis sûr d’arriver à la vie et de me trouver en compagnie de ceux que Tu as fait héritiers de tes promesses et qui en jouissent déjà. »

L’empereur, en route pour son expédition contre les Perses (362), s’arrêta alors à Ancyre. On lui présenta Basile qui, après s’être déclaré chrétien, lui prédit que Dieu, dont il avait renversé les autels, allait bientôt le renverser de son trône, et que son corps, resté sans sépulture, allait être foulé aux pieds. Julien offusqué ordonna qu’on lui découpât chaque jour une lanière de peau. Après avoir supporté pendant plusieurs jours ces cruelles incisions, Basile demanda à voir l’empereur. Croyant qu’il était prêt à apostasier, Julien se rendit alors au temple d’Asclépios et fit préparer un sacrifice. Mais, dès qu’il arriva devant lui, Basile, arrachant une languette de chair qu’on venait de lui couper et qui pendait encore à son corps, la jeta au visage de Julien et lui dit : « Tiens, mange ce morceau puisque tu aimes la viande. Et sache que pour moi la mort est un gain : c’est pour Jésus-Christ que je souffre, c’est Lui mon refuge, mon appui et ma vie ! » L’empereur furieux ordonna de lui entailler le corps jusqu’à la profondeur des entrailles. Sous les tourments, le saint priait pour que Dieu lui accordât d’achever sa course en gardant la foi, afin d’être reçu dans son Royaume.

Une fois jeté en prison, le Christ lui rendit visite de nuit et lorsque, le lendemain, le comte Frumentin le fit comparaître à nouveau, en espérant le fléchir avant le départ de l’empereur pour Antioche, il constata avec stupeur que le saint était resté indemne. Mais, craignant l’irritation du tyran plus que la colère de Dieu, le gouverneur ordonna à grands cris de percer son corps de pointes de fer brûlantes. Au sein de la fumée et de l’âcre odeur des chairs brûlées, saint Basile prononça ces paroles : « Jésus, ma lumière, Jésus, mon espérance, je te rends grâces, Dieu de mes pères, de ce que Tu as enfin retiré mon âme de ce séjour de mort. Ne permets pas que je profane le nom sacré que je porte : c’est le tien, Seigneur, conserve-le en moi pur et sans tache. Reçois l’esprit de ton serviteur, il meurt en confessant que Tu es le seul et véritable Dieu. » Et il expira.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé ; les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint hiéromartyr, ton 8
Selon les règles, tu menas ta course à bonne fin, / hiéromartyr Basile, et tu as gardé la foi; / aussi tu méritas la couronne des martyrs / et devins pour l’Église un ferme pilier, / prêchant le Fils consubstantiel au Père et à l’Esprit / et confessant l’indivisible Trinité; / prie-la de nous sauver de tout malheur, / nous tes fidèles, afin que nous puissions te chanter: / Réjouis-toi, Basile, sage-en-Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (XI, 19 – XII, 6)
Un fils juste est né pour la vie ; ce que poursuit l’impie mène à la mort.
Les voies tortueuses sont en abomination au Seigneur ;
mais Il agrée tous ceux qui sont irréprochables dans leurs voies. Celui qui, dans une pensée injuste,
met sa main dans la main d’autrui ne sera point impuni ;
au contraire, qui sème la justice en récoltera le digne salaire.
Tel est un pendant d’oreille au museau d’une truie;
telle est la beauté chez la femme sans sagesse.
Le désir du juste est bon sans réserve ; l’espérance des impies périra. Il en est qui, en distribuant leurs biens, les augmentent ;
il en est qui, même en s’amusant, s’appauvrissent.
Toute âme simple est bénie ;
l’homme irascible n’est pas honoré.
Que celui qui amasse du blé le tienne en réserve pour les peuples ; la bénédiction est sur la tête de celui qui en fait part à autrui.
Celui qui médite le bien cherche une grâce salvatrice ;
celui qui songe au mal le recueillera pour lui-même.
Celui qui se fie en sa richesse tombera ; celui qui s’attache aux choses justes fleurira.
Celui qui ne s’occupe pas de sa propre maison n’aura que le vent pour héritage ; l’insensé sera le serviteur du sage.
Du fruit de la justice naît l’arbre de vie ;
les âmes des pervers seront emportées avant le temps.
Si le juste est difficilement sauvé,
que penser de l’impie et du pécheur ?
Celui qui aime la discipline aime la sagesse ;
celui qui hait les réprimandes est insensé.
Le meilleur est celui qui a trouvé la grâce du Seigneur ;
l’homme pervers tombera dans l’oubli.
L’homme ne tire aucun profit de l’injustice ;
les racines des justes ne seront pas arrachées.
Une femme forte est une couronne pour son mari ;
comme un ver qui ronge le bois, une femme malfaisante perd son mari.
Les pensées des justes sont des sentences ;
les impies n’ont pour se gouverner que la ruse.
Les paroles des impies sont trompeuses ;
la bouche des hommes droits les sauvera.

3 avril

3 avril
GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Nicétas le Confesseur, higoumène du monastère de Médice en Bithynie (824) ; saint Urbice, évêque de Clermont (IIème s.) saints martyrs Elpidophore, Dios, Bythonios et Galycos ; saint Hillyrios ; sainte martyre Théodosie, vierge (308) ; sainte Burgondofare (ou Fare), abbesse de Faremoutiers (657); saint Joseph l’hymnographe (886) ;  saint Paul le Russe, néo-martyr grec (1683), mort par le glaive.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

21 mars (ancien calendrier)/3 avril (nouveau)

21 mars (ancien calendrier) 3 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.) ; saint Birille, évêque de Catane (I-IIème s.) ; saint Lupicin, abbé de Condat (480) ; saint Thomas, patriarche de Constantinople (610) ; saint Séraphim de Vyritsa (1949) ; saint hiéromartyr Vladimir (Vvedensky), prêtre 1931.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

2 avril

2 avril
GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Sainte Marie l’Égytienne. Saint Tite le thaumaturge (IXème s.), saint Amphien, martyr à Césarée de Palestine et son frère saint Edèse, martyr à Alexandrie (vers 306) ; saint Polycarpe d’Alexandrie, martyr (IVème s.) ; saint Urbain, évêque de Langres (vers 375) ; saint Nizier, évêque de Lyon (573) ; saint Georges de Matskvéra (Xème s.).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Marie l’Égyptienne passa quarante-sept ans au désert dans une austère pénitence. Elle y entra vers l’an du Seigneur 475. Or, un abba, nommé Zosime, ayant passé le Jourdain et parcouru un grand désert pour trouver quelque saint père, vit un personnage qui se promenait et dont le corps nu était noir et brûlé par l’ardeur du soleil. C’était Marie l’Égyptienne. Aussitôt, elle prit la fuite et Zosime se mit à courir plus vite après elle. Alors Marie dit à Zosime : « Abba Zosime, pourquoi cours-tu après moi ? Excuse-moi, je ne puis tourner mon visage vers toi, parce que je suis une femme ; et comme je suis nue, donne-moi ton manteau, pour que je puisse te voir sans rougir. » En s’entendant appeler par son nom, il fut saisi : ayant donné son manteau, il se prosterna par terre et la pria de lui accorder sa bénédiction. «C’est bien plutôt à toi, mon père, lui dit-elle, de me bénir, toi qui es orné de la dignité sacerdotale. » Il n’eut pas plutôt entendu qu’elle savait son nom et son ministère, que son admiration s’accrut, et il insistait pour être béni. Mais Marie lui dit : « Béni soit le Dieu rédempteur de nos âmes. » Comme elle priait les mains étendues, Zosime vit qu’elle était élevée de terre d’une coudée. Alors le vieillard se prit à douter si ce n’était pas un esprit qui faisait semblant de prier. Marie lui dit: « Que Dieu te pardonne d’avoir pris une femme pécheresse pour un esprit immonde ! »Alors Zosime la conjura au nom du Seigneur de se faire un devoir de lui raconter sa vie. Elle reprit: « Pardonne-moi, mon père, car si je te raconte ma situation, tu t’enfuiras de moi tout effrayé à la vue d’un serpent. Tes oreilles seront souillées de mes paroles et l’air sali par des ordures. » Comme le vieillard insistait avec force, elle dit: « Mon frère, je suis née en Égypte; à l’âge de douze ans, je vins à Alexandrie, où, pendant dix-sept ans, je me suis livrée publiquement au libertinage. Or, comme les gens de ce pays s’embarquaient pour Jérusalem afin d’y aller adorer la Sainte Croix, je priai les matelots de me laisser partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, j’allai avec les autres jusqu’aux portes de l’église pour adorer la Croix; mais tout à coup, je me sentis repoussée par une main invisible qui m’empêchait d’entrer. J’avançai plusieurs fois jusqu’au seuil de la porte, et à l’instant j’éprouvais la honte d’être repoussée; et cependant tout le monde entrait sans difficulté, et sans rencontrer aucun obstacle. Rentrant alors en moi-même, je pensai que ce que j’endurais avait pour cause l’énormité de mes transgressions. Je commençai à me frapper la poitrine avec les mains, à répandre des larmes très amères, à pousser de profonds soupirs du fond du cœur, et comme je levais la tête, j’aperçus une image de la bienheureuse Vierge Marie. Alors je la priai avec larmes de  m’obtenir le pardon de mes péchés, et de me laisser entrer pour adorer la sainte Croix, promettant de renoncer au monde et de mener à l’avenir une vie pure. Après cette prière, éprouvant une certaine confiance au nom de la bienheureuse Vierge, j’allai encore une fois à la porte de l’église, où je suis entrée sans le moindre obstacle. Quand j’eus adoré la Sainte Croix avec une grande dévotion, quelqu’un me donna trois pièces d’argent avec lesquelles j’achetai trois pains; et j’entendis une voix qui me disait: « Si tu passes le Jourdain, tu seras sauvée. » Je passai donc le Jourdain, et vins en ce désert où je suis restée quarante-sept ans sans avoir vu aucun homme. Or, les trois pains que j’emportai avec moi devinrent à la longueur du temps durs comme les pierres et suffirent à ma nourriture pendant quarante-sept ans ; mais depuis bien du temps mes vêtements se sont disloqués. Pendant dix-sept ans que je passai dans ce désert, je fus tourmentée par les tentations de la chair, mais à présent je les ai toutes vaincues par la grâce de Dieu. Maintenant que je t’ai raconté toutes mes actions, je te prie d’offrir pour moi des prières à Dieu. » Alors le vieillard se prosterna par terre, et bénit le Seigneur dans sa servante. Elle lui dit : « Je te conjure de revenir aux bords du Jourdain le jour de la cène du Seigneur [le jeudi saint], et d’apporter avec toi le Corps de Jésus-Christ: quant à moi je viendrai à ta rencontre et je recevrai de ta main ce Corps sacré; car à partir du jour où je suis venue ici, je n’ai pas reçu la communion du Seigneur». Le vieillard revint donc à son monastère, et, l’année suivante, à l’approche du jour de la cène, il prit le Corps du Seigneur, et vint jusqu’à la rive du Jourdain. Il vit à l’autre bord une femme debout qui fit le signe de la Croix sur les eaux, et vint joindre le vieillard. A sa vue celui-ci fut frappé de surprise et se prosterna humblement à ses pieds : « Garde-toi, lui dit-elle, d’agir ainsi, puisque tu as sur toi les Sacrements du Seigneur, et que tu es orné de la dignité sacerdotale; mais, mon père, je te supplie de daigner revenir vers moi l’an prochain. » Alors après avoir fait le signe de la Croix, elle repassa sur les eaux du Jourdain pour gagner la solitude de son désert. Quant au vieillard, il retourna à son monastère et l’année suivante, il vint à l’endroit où Marie lui avait parlé la première fois, mais il la trouva morte. Il se mit à verser des larmes, et n’osa la toucher, mais il se dit en lui-même : « J’ensevelirais volontiers le corps de cette sainte, je crains cependant que cela ne lui déplaise. » Pendant qu’il y réfléchissait, il vit ces mots gravés sur la terre, auprès de sa tête : «Zosime, enterre le corps de Marie ; rends à la terre sa poussière, et prie pour moi le Seigneur par l’ordre duquel j’ai quitté ce monde le deuxième jour d’avril. » Alors le vieillard acquit la certitude, qu’aussitôt après avoir reçu le sacrement du Seigneur et être rentrée au désert, elle termina sa vie. Ce désert que Zosime eut de la peine à parcourir dans l’espace de trente jours, Marie le parcourut en une heure, après quoi elle alla à Dieu. Comme le vieillard faisait une fosse, mais qu’il n’en pouvait plus, il vit un lion venir à lui avec douceur, et il lui dit : « La sainte femme a commandé d’ensevelir là son corps, mais je ne puis creuser la terre, car je suis vieux et n’ai pas d’instruments : creuse-la donc, toi, afin que nous puissions ensevelir son très saint corps. » Alors le lion commença à creuser la terre et à disposer une fosse convenable: Après l’avoir terminée, le lion s’en retourna doux comme un agneau et le vieillard revint à son désert en glorifiant Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton

Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Kondakion du dimanche, ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour

(Mc X, 32-45)

Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver: Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

SAINT TITE LE THAUMATURGE

Saint Tite le thaumaturge (IXème s.)

Consacré à Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Tite devint moine dans un monastère de la région de Constantinople, probablement au temps de la persécution iconoclaste. La splendeur de ses vertus, son obéissance absolue et son humilité sans feinte lui firent dépasser en peu de temps, non seulement les frères de son monastère mais tous les moines de ce temps. Il devint par la suite higoumène, et usa envers les brebis du Christ d’une grande douceur et d’une affectueuse bienveillance, transmettant à ses moines la joie et l’amour de Dieu qui brûlaient en lui. Sa pureté angélique le rendit digne d’accomplir un grand nombre de miracles qui lui valurent le surnom de thaumaturge. Lorsqu’il eut accompli dignement sa course, il s’endormit en paix, laissant en héritage à ses disciples sa sainte vie, comme icône vivante de la plénitude des vertus évangéliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, vénérables moines et justes, vous qui avez achevé le bon combat et gardé la foi, nous vous supplions, vous qui avez accès auprès du Sauveur priez-Le, Lui qui est bon, de sauver nos âmes.

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Sainte Marie l’Égyptienne  Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Marie l’Égyptienne passa quarante-sept ans au désert dans une austère pénitence. Elle y entra vers l’an du Seigneur 475. Or, un abba, nommé Zosime, ayant passé le Jourdain et parcouru un grand désert pour trouver quelque saint père, vit un personnage qui se promenait et dont le corps nu était noir et brûlé par l’ardeur du soleil. C’était Marie l’Égyptienne. Aussitôt, elle prit la fuite et Zosime se mit à courir plus vite après elle. Alors Marie dit à Zosime : « Abba Zosime, pourquoi cours-tu après moi ? Excuse-moi, je ne puis tourner mon visage vers toi, parce que je suis une femme ; et comme je suis nue, donne-moi ton manteau, pour que je puisse te voir sans rougir. » En s’entendant appeler par son nom, il fut saisi : ayant donné son manteau, il se prosterna par terre et la pria de lui accorder sa bénédiction. «C’est bien plutôt à toi, mon père, lui dit-elle, de me bénir, toi qui es orné de la dignité sacerdotale. » Il n’eut pas plutôt entendu qu’elle savait son nom et son ministère, que son admiration s’accrut, et il insistait pour être béni. Mais Marie lui dit : « Béni soit le Dieu rédempteur de nos âmes. » Comme elle priait les mains étendues, Zosime vit qu’elle était élevée de terre d’une coudée. Alors le vieillard se prit à douter si ce n’était pas un esprit qui faisait semblant de prier. Marie lui dit: « Que Dieu te pardonne d’avoir pris une femme pécheresse pour un esprit immonde ! »Alors Zosime la conjura au nom du Seigneur de se faire un devoir de lui raconter sa vie. Elle reprit: « Pardonne-moi, mon père, car si je te raconte ma situation, tu t’enfuiras de moi tout effrayé à la vue d’un serpent. Tes oreilles seront souillées de mes paroles et l’air sali par des ordures. » Comme le vieillard insistait avec force, elle dit: « Mon frère, je suis née en Égypte; à l’âge de douze ans, je vins à Alexandrie, où, pendant dix-sept ans, je me suis livrée publiquement au libertinage. Or, comme les gens de ce pays s’embarquaient pour Jérusalem afin d’y aller adorer la Sainte Croix, je priai les matelots de me laisser partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, j’allai avec les autres jusqu’aux portes de l’église pour adorer la Croix; mais tout à coup, je me sentis repoussée par une main invisible qui m’empêchait d’entrer. J’avançai plusieurs fois jusqu’au seuil de la porte, et à l’instant j’éprouvais la honte d’être repoussée; et cependant tout le monde entrait sans difficulté, et sans rencontrer aucun obstacle. Rentrant alors en moi-même, je pensai que ce que j’endurais avait pour cause l’énormité de mes transgressions. Je commençai à me frapper la poitrine avec les mains, à répandre des larmes très amères, à pousser de profonds soupirs du fond du cœur, et comme je levais la tête, j’aperçus une image de la bienheureuse Vierge Marie. Alors je la priai avec larmes de  m’obtenir le pardon de mes péchés, et de me laisser entrer pour adorer la sainte Croix, promettant de renoncer au monde et de mener à l’avenir une vie pure. Après cette prière, éprouvant une certaine confiance au nom de la bienheureuse Vierge, j’allai encore une fois à la porte de l’église, où je suis entrée sans le moindre obstacle. Quand j’eus adoré la Sainte Croix avec une grande dévotion, quelqu’un me donna trois pièces d’argent avec lesquelles j’achetai trois pains; et j’entendis une voix qui me disait: « Si tu passes le Jourdain, tu seras sauvée. » Je passai donc le Jourdain, et vins en ce désert où je suis restée quarante-sept ans sans avoir vu aucun homme. Or, les trois pains que j’emportai avec moi devinrent à la longueur du temps durs comme les pierres et suffirent à ma nourriture pendant quarante-sept ans ; mais depuis bien du temps mes vêtements se sont disloqués. Pendant dix-sept ans que je passai dans ce désert, je fus tourmentée par les tentations de la chair, mais à présent je les ai toutes vaincues par la grâce de Dieu. Maintenant que je t’ai raconté toutes mes actions, je te prie d’offrir pour moi des prières à Dieu. » Alors le vieillard se prosterna par terre, et bénit le Seigneur dans sa servante. Elle lui dit : « Je te conjure de revenir aux bords du Jourdain le jour de la cène du Seigneur [le jeudi saint], et d’apporter avec toi le Corps de Jésus-Christ: quant à moi je viendrai à ta rencontre et je recevrai de ta main ce Corps sacré; car à partir du jour où je suis venue ici, je n’ai pas reçu la communion du Seigneur». Le vieillard revint donc à son monastère, et, l’année suivante, à l’approche du jour de la cène, il prit le Corps du Seigneur, et vint jusqu’à la rive du Jourdain. Il vit à l’autre bord une femme debout qui fit le signe de la Croix sur les eaux, et vint joindre le vieillard. A sa vue celui-ci fut frappé de surprise et se prosterna humblement à ses pieds : « Garde-toi, lui dit-elle, d’agir ainsi, puisque tu as sur toi les Sacrements du Seigneur, et que tu es orné de la dignité sacerdotale; mais, mon père, je te supplie de daigner revenir vers moi l’an prochain. » Alors après avoir fait le signe de la Croix, elle repassa sur les eaux du Jourdain pour gagner la solitude de son désert. Quant au vieillard, il retourna à son monastère et l’année suivante, il vint à l’endroit où Marie lui avait parlé la première fois, mais il la trouva morte. Il se mit à verser des larmes, et n’osa la toucher, mais il se dit en lui-même : « J’ensevelirais volontiers le corps de cette sainte, je crains cependant que cela ne lui déplaise. » Pendant qu’il y réfléchissait, il vit ces mots gravés sur la terre, auprès de sa tête : «Zosime, enterre le corps de Marie ; rends à la terre sa poussière, et prie pour moi le Seigneur par l’ordre duquel j’ai quitté ce monde le deuxième jour d’avril. » Alors le vieillard acquit la certitude, qu’aussitôt après avoir reçu le sacrement du Seigneur et être rentrée au désert, elle termina sa vie. Ce désert que Zosime eut de la peine à parcourir dans l’espace de trente jours, Marie le parcourut en une heure, après quoi elle alla à Dieu. Comme le vieillard faisait une fosse, mais qu’il n’en pouvait plus, il vit un lion venir à lui avec douceur, et il lui dit : « La sainte femme a commandé d’ensevelir là son corps, mais je ne puis creuser la terre, car je suis vieux et n’ai pas d’instruments : creuse-la donc, toi, afin que nous puissions ensevelir son très saint corps. » Alors le lion commença à creuser la terre et à disposer une fosse convenable: Après l’avoir terminée, le lion s’en retourna doux comme un agneau et le vieillard revint à son désert en glorifiant Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton

Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Kondakion du dimanche, ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour

(Mc X, 32-45)

Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver: Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

SAINTS MARTYRS DU MONASTÈRE DE SAINT SABBAS

Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796)

En l’an 796, les Sarrasins affrontèrent en une guerre sanglante les tribus bédouines disséminées en Palestine, avec pour conséquence que les uns et les autres pillèrent sans pitié les villages et les villes des chrétiens. C’est ainsi qu’ils mirent à sac la ville d’Éleuthéropolis, en la laissant vide d’habitants, et razzièrent Gaza, Ascalon et d’autres cités. Nombre d’habitants des campagnes s’étaient réfugiés à Jérusalem, dont on s’empressa de renforcer les fortifications, si bien, qu’avec l’aide de Dieu, les barbares purent être repoussés. Battant en retraite, ceux-ci tournèrent leur rage contre les monastères de cette région et s’abattirent comme un nuage de sauterelles sur la laure de Saint-Chariton, pillèrent les villages alentour, puis ils se dirigèrent vers la prestigieuse laure de Saint-Sabas, qui résista cependant à leurs assauts.

Plusieurs mois passèrent sous la menace constante d’une incursion de ces loups du désert et, nuit et jour, les moines suppliaient Dieu de leur faire miséricorde, en s’exhortant mutuellement à endurer toute épreuve, et même la mort, sans quitter le lieu de leur renoncement, conformément aux engagements pris lors de leur profession monastique. Ils disaient : « Comment ceux qui ont quitté le monde une fois pour toute, pour suivre le Christ qui a dit : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps (Mt 10, 28), retourneraient-ils dans le monde par une crainte humaine ? Notre seul rempart c’est le Christ, et notre cuirasse pour repousser les traits des ennemis, le Saint-Esprit, avec le bouclier de la foi et les anges qui se tiennent invisiblement autour de nous pour nous garder. Ce n’est pas par amour de la vie que nous sommes venus habiter ce désert implacable. Pour nous vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phil 1, 21). »

Le diable rassembla alors une soixantaine de barbares, que la crainte d’une expédition byzantine avait dispersés dans le désert, et il les envoya à l’assaut de la laure (13 mars 797). Quelques moines s’avancèrent au-devant de la troupe hurlante avec des paroles de paix, en leur rappelant l’hospitalité et l’assistance que le monastère offrait sans distinction aux chrétiens et aux Sarrasins. Pour toute réponse, les barbares exigèrent qu’on leur livrât l’or du monastère. Comme les pères répondaient qu’ils ne possédaient pas même le nécessaire pour leur nourriture et leur vêtement, les Sarrasins bandèrent leurs arcs et blessèrent de leurs flèches environ trente pères. Puis, après avoir pillé ce qu’ils trouvaient à proximité, ils mirent le feu aux cellules. Voyant alors une troupe s’avancer au loin, ils se retirèrent ; mais, six jours après, pendant la vigile du dimanche, on annonça qu’ayant réuni d’autres bandes éparses, ils s’avançaient, en grand nombre cette fois, vers la laure. Ils s’abattirent avec fureur sur les moines, égorgeant les uns comme des animaux de boucherie, écrasant la tête des autres à coups de pierres et poursuivant ceux qui avaient pris la fuite jusque dans le creux des rochers. Comme ils approchaient d’une de ces cavernes, où ils avaient deviné une présence humaine, un des cinq moines qui s’y étaient réfugiés sortit généreusement et s’offrait à la cruauté des barbares pour sauver ses frères.

Ils rassemblèrent ensuite le reste de la communauté sur le parvis de l’église, exigeant toujours qu’on leur livrât les trésors et qu’on leur désignât les supérieurs. Comme les pères gardaient le silence, ils les enfermèrent dans le souterrain que saint Sabas utilisait jadis pour passer de sa cellule à l’église, et les enfumèrent. Dix-huit moines périrent alors asphyxiés, et les pillards tirèrent les autres à l’extérieur pour les piétiner et les couvrir de coups avant de saccager l’église et les cellules. Ils se retirèrent finalement, en laissant derrière eux vingt victimes et de nombreux blessés (19 mars 797). Quelque temps plus tard, la colère divine décima par une épidémie de peste tous les barbares coupables de cet attentat contre les serviteurs de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, vénérables moines et justes, vous qui avez achevé le bon combat et gardé la foi, nous vous supplions, vous qui avez accès auprès du Sauveur priez-Le, Lui qui est bon, de sauver nos âmes.

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Kondakion des saints martyrs de Saint-Sabbas, ton 4
Bienheureux Pères, vous avez dédaigné / la jouissance des biens terrestres et des trésors corruptibles, / vous avez choisi de vivre au désert, / méprisant les charmes de ce monde et les délices qui ne durent qu’un temps; / c’est pourquoi vous avez mérité le royaume des cieux, / où vous exultez avec les chœurs des Moines et des Martyrs; / vénérant votre mémoire sacrée, / nous vous chantons avec ardeur: / de tout mal délivrez-nous, Pères saints.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

1er avril

1er avril
GRAND CARÊME

Sainte Marie l’Égyptienne, ascète (522) ; saint juste Achaz (716 avant J.-C.) ; saints martyrs Gérontios et Basilide saint Macaire, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (840) ; saint Valéry, abbé-fondateur de Leuconay (619) ; saint Beherond, évêque d’Amiens (640) ; saint Leucone, évêque de Troyes (656) ; saint Dodolin, évêque de Vienne (VIIème s.) ; saint Abraham le Bulgare, thaumaturge à Vladimir (1229) ; saint Géronte des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Euthyme, archimandrite à Souzdal, thaumaturge (1404) saint Barsanuphe d’Optino 1913).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Sainte Marie l’Égyptienne, ascète (522)

Notre sainte Mère Marie était native d’Égypte. Dès l’âge de douze ans, elle quitta ses parents pour se rendre à Alexandrie, où elle vécut pendant dix-sept ans dans la débauche et le plus grand dérèglement. Subsistant au moyen d’aumônes et du tissage du lin, elle livrait néanmoins son corps à tout homme, sans y être poussée par la misère, comme tant d’autres pauvres femmes, mais comme si elle était brûlée par le feu d’un désir que rien ne pouvait assouvir. Un jour, voyant une foule de Libyens et d’Égyptiens se diriger vers le port, elle les suivit et s’embarqua avec eux pour Jérusalem, offrant son corps pour payer le prix de la traversée. Quand ils parvinrent à la Ville sainte, elle suivit la foule qui se pressait vers la basilique de la Résurrection, le jour de l’Exaltation de la Croix. Mais, lorsqu’elle arriva sur le seuil de l’église, une force invisible l’empêcha d’y entrer, malgré ses efforts réitérés, alors que les autres pèlerins franchissaient aisément la porte. Restée seule dans un coin du narthex, elle commença à réaliser que c’était l’impureté de sa vie qui l’empêchait d’approcher le saint Bois. Elle répandit des larmes abondantes et se frappa la poitrine et, voyant une icône de la Mère de Dieu, elle lui adressa cette prière : « Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, toi qui es pure d’âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t’inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide. Permets-moi l’entrée de l’église pour me prosterner devant sa Croix. Et dès que j’aurai vu la Croix, je te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras. »

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l’église, où elle vénéra avec ferveur la sainte Croix. Puis, revenue vers l’icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu’elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d’en haut : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. »

En sortant de l’église, elle acheta trois pains avec l’aumône reçue d’un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l’église de saint Jean-Baptiste. Après s’être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux saints Mystères, mangea la moitié de l’un des pains et s’endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans y rencontrer personne, ni homme ni animal.

Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d’herbes et de racines sauvages. Mais, plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c’est en se jetant à terre qu’elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive (Ez 33, 11), elle déracina de son cœur toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir charnel en une flamme d’amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l’implacable désert.

Après tant d’années, un saint vieillard, nommé Zosime [4 avr.], qui, selon la tradition instaurée par saint Euthyme [20 janv.], s’était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu’aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s’enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu’elle n’avait jamais vu, lui révéla qu’elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité. Sur les instances du moine, ravi d’avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l’année suivante, le Grand Jeudi, avec la sainte Communion sur les bords du Jourdain.

Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l’autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit : « Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix ta servante, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 29). Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l’année suivante à l’endroit de leur première rencontre.

Lorsque l’année fut écoulée, Zosime trouva à l’endroit convenu le corps de la sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l’orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la sainte, qui disait : « Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l’humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le 1er du mois d’avril, la nuit même de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir reçu la sainte Communion. » Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la sainte, Zosime fut étonné de constater qu’elle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s’approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l’ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cœur. De pécheresse invétérée, sainte Marie est devenue pour quantité d’âmes accablées sous le poids du péché, une source d’espérance et un modèle de conversion. C’est pourquoi les saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu’à la dernière heure le repentir pourra les ramener vers Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine image se reflète exactement; * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mon et par delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * sainte Marie, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3
Celle qui d’abord s’adonna au vice et aux passions * par la pénitence devient en ce jour une épouse du Christ, * émule des Anges par son genre de vie, * destructrice des démons par les armes de la croix; * et c’est pourquoi tu apparus, ô Marie, * comme une épouse glorieuse au royaume des cieux.

LECTURE DES PROVERBES (X, 31 – XI, 12)
La bouche du juste distille la sagesse ; la langue des impies périra. Les lèvres du juste distillent la grâce ; la bouche des impies, la perversité. Les balances fausses sont en abomination au Seigneur ; le poids juste Lui est agréable. Où est l’orgueil, il y aura confusion ; la bouche des humbles s’exerce à la sagesse. Le juste en mourant laisse des regrets ; la mort des impies cause l’indifférence ou la joie. L’équité trace des voies irréprochables ; l’impiété trébuche contre l’injustice. L’équité des hommes droits les sauve ; les pervers sont pris dans leur propre perdition. L’espérance des justes ne meurt pas avec eux ; l’orgueil des impies ne leur survit point. Le juste échappe aux chasseurs d’hommes ; à sa place, l’impie leur est livré. La bouche de l’impie tend un piège aux citoyens ; l’intelligence du juste les guide dans la bonne voie. Grâce aux justes, une cité prospère ; au contraire, elle est renversée par la bouche des impies. L’insensé se joue des citoyens ; un homme prudent ramène le calme.

19 mars (ancien calendrier)/1er avril (nouveau)

19 mars (ancien calendrier)/1er avril (nouveau)

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Chrysanthe et son épouse sainte Daria, avec leurs compagnons : saint Claude, sainte Hilarie son épouse, leurs fils saints Jason et Maur ainsi que saints Diodore, prêtre, et Marien, diacre, tous martyrs à Rome (283) ; saint Panchaire, martyr à Nicomédie (vers 302) ; saint Léonce, évêque de Saintes (640) ; saint Mansuet, évêque en Bretagne (Vème s.) ; sainte Bassa, moniale de Pskov-Petchersky (1473) ; saint Innocent de Vologda (1521) ; saint Dimitri le tourneur, néo-martyr grec (1564) ; saint Syméon de Daïbabé (Serbie, 1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Blinov), confesseur, Matrone (Alexeïev), moniale et martyre (1938)

SAINT CHRYSANTHE ET SON ÉPOUSE DARIA

Chrysanthe était fils d’un homme illustre d’Alexandrie, le sénateur Polémios, qui alla s’installer avec lui à Rome au temps de l’empereur Numérien (283-284). Ayant achevé ses études élémentaires Chrysanthe commença à étudier la philosophie ; mais, restant insatisfait de ce qu’il y trouvait, il découvrit avec émerveillement l’Évangile, le livre de la Sagesse personnifiée. Guidé par la Providence, il trouva bientôt le guide qu’il cherchait en la personne du prêtre Carpophore qui se cachait dans une caverne, à cause de la persécution. Il fut initié par lui aux mystères de la Foi et reçut la nouvelle naissance par le saint baptême. De retour en ville sept jours après, il commença à prêcher le Christ au grand dam de ses parents. Polémios essaya d’abord de lui faire changer d’avis par les promesses des plaisirs et des richesses ; puis, ayant échoué, il l’enferma dans un sombre cachot, en espérant vaincre sa volonté par la faim.

Comme il voyait son fils renforcé par le jeûne et la retraite, sur le conseil d’un ami, il l’installa dans une salle magnifiquement ornée et envoya des jeunes filles, pour le vaincre par leurs baisers et leurs cajoleries. Mais, Chrysanthe restait insensible à leurs charmes, en invoquant Dieu à son secours et en se rappelant l’exemple de la chasteté du patriarche Joseph (cf. Gn 39). Et, chaque fois que les impudiques jeunes filles approchaient, elles étaient accablées d’un lourd sommeil. On recommanda alors à Polémios une jeune et belle vierge, originaire d’Athènes et habile dans la philosophie, nommée Daria. On la présenta à Chrysanthe parée de magnifiques atours, et elle tenta de le prendre au filet de ses discours enjôleurs. Chrysanthe lui répondit en lui présentant la perspective de la mort et du Jugement dernier ; puis, comme elle essayait de lui rappeler l’honneur dû aux dieux, le vrai philosophe réfuta sans difficulté ses arguments en lui montrant qu’il n’y a rien de plus contraire à la raison que d’adorer les éléments, la terre, l’eau et le feu, en leur donnant des formes humaines. À l’audition de ces paroles, Daria s’éprit, elle aussi, de la vraie sagesse, et ils décidèrent de simuler un mariage, afin de pouvoir vivre dans la virginité jusqu’à la mort et de se préparer à de chastes noces dans le Ciel. Puis ils se mirent à prêcher avec ferveur à la jeunesse de Rome, entraînant nombre de jeunes gens et de jeunes filles à garder pour Dieu la virginité.

Les païens s’en alarmèrent et les dénoncèrent au préfet Célerinus qui ordonna leur arrestation et livra Chrysanthe au tribun Claude. Conduit devant le temple de Jupiter, il refusa de sacrifier et fut lié avec des nerfs de bœufs trempés dans l’eau, de sorte qu’en séchant ils pénètrent lentement jusqu’aux os. Mais Dieu le délivra et le fit miraculeusement échapper à d’autres supplices imaginés par ses oppresseurs. On le jeta dans un cachot, et celui-ci resplendit de lumière divine. On le soumit aux verges, et elles devinrent douces comme des plumes qui le caressaient. Claude reconnut alors la puissance de Dieu avec toute sa famille : son épouse Hilaria, et ses fils Jason et Maur, ainsi que les soldats qui étaient sous ses ordres, et il demanda au saint de les instruire. Ils se préparèrent au baptême en rendant grâces à Dieu et se déclarèrent prêts à souffrir toutes sortes de tourments pour son Nom.

En apprenant cette nouvelle, Numérien furieux ordonna de jeter Claude à la mer avec une pierre au cou, et de décapiter ses fils et ses soldats. Des chrétiens déposèrent les corps des saints martyrs dans un endroit souterrain près de la voie Salaria, où Hilaria s’installa pour entretenir des veilleuses et prier devant leurs tombeaux. Des soldats étant venus pour l’arrêter, elle leur demanda d’aller prier une dernière fois devant les tombes des saints martyrs et elle y rendit son âme au Seigneur. Ses servantes l’ensevelirent en ce lieu et y construisirent par la suite une petite église.

Craignant que les conversions ne se multiplient, l’empereur fit enfermer Chrysanthe dans la terrible prison Mamertine, infecte et pleine d’immondices, et envoya Daria dans une maison de débauche. Mais le Seigneur visita une fois de plus ses saints, Il entoura Chrysanthe d’une lumière et d’un parfum indicibles, et envoya un lion pour protéger Daria des assauts des hommes dépravés. La sainte empêcha la bête de dévorer le premier d’entre eux et, faisant appel à sa raison avec douceur, elle réussit à le convertir au Christ, pendant que le lion montait la garde à la porte. D’autres hommes furent amenés par le lion, et ils se convertirent eux aussi en entendant les paroles de Daria. Après cela, comme Célerinus avait fait mettre le feu à l’entrée, Daria renvoya l’animal dans la nature et se tint prête pour son ultime combat.
Chrysanthe et Daria furent soumis à de nouveaux supplices, mais sans aucun résultat. On les jeta finalement dans une fosse qu’on recouvrit de pierres et de terre. C’est ainsi qu’ils accomplirent leur martyre et rejoignirent le Royaume des cieux. L’année suivante, comme des chrétiens se réunissaient sur les lieux pour célébrer la mémoire de leur naissance au ciel, Numérien ordonna de boucher l’entrée de la grotte dans laquelle ils s’étaient réunis pour assister à la Divine Liturgie célébrée par le prêtre Diodore et le diacre Marien. Ils reçurent tous la sainte Communion pendant que les soldats remplissaient d’en haut l’endroit de terre, et ils rejoignirent ainsi dans la joie Chrysanthe, Daria et leurs compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saints Chrysanthe et Daria, ton 1
Vénérons le couple unanime des Martyrs, / Chrysanthe, fleur de pureté, et la vénérable Daria ; / unis chastement par la foi, / ils communièrent ensemble au Verbe divin; / selon les règles ils ont lutté pour lui / et sauvent désormais les fidèles chantant: / Gloire à celui qui vous donna ce pouvoir, / gloire à celui qui vous a couronnés, / gloire à celui qui opère en tous, par vos prières, le salut.

Kondakion de saints Chrysanthe et Daria, ton 1
En abondance exhalant comme un lis d’or, / victorieux Chrysanthe, le parfum de la foi, / tu entraînas vers la connaissance du salut / ta compagne de lutte, Daria; / ensemble ayant repoussé l’auteur du mal, le serpent, / comme il est juste, vous avez accédé / aux pures noces du royaume des cieux.

LECTURE DES PROVERBES (X, 31 – XI, 12)
La bouche du juste distille la sagesse ; la langue des impies périra. Les lèvres du juste distillent la grâce ; la bouche des impies, la perversité. Les balances fausses sont en abomination au Seigneur ; le poids juste Lui est agréable. Où est l’orgueil, il y aura confusion ; la bouche des humbles s’exerce à la sagesse. Le juste en mourant laisse des regrets ; la mort des impies cause l’indifférence ou la joie. L’équité trace des voies irréprochables ; l’impiété trébuche contre l’injustice. L’équité des hommes droits les sauve ; les pervers sont pris dans leur propre perdition. L’espérance des justes ne meurt pas avec eux ; l’orgueil des impies ne leur survit point. Le juste échappe aux chasseurs d’hommes ; à sa place, l’impie leur est livré. La bouche de l’impie tend un piège aux citoyens ; l’intelligence du juste les guide dans la bonne voie. Grâce aux justes, une cité prospère ; au contraire, elle est renversée par la bouche des impies. L’insensé se joue des citoyens ; un homme prudent ramène le calme.

31 mars

31 mars
GRAND CARÊME

Saint Hypace, évêque de Gangres, martyr (vers 326) ; saint Apolonios d’Égypte (IVème s.) ; saint Hypace, moine médecin des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Jonas, métropolite de Moscou (1461) ; saint Innocent (Veniaminov), métropolite de Moscou, apôtre de l’Amérique du Nord et de la Sibérie (1879) ; saint hiéromartyr Jean (Blioumovitch), prêtre (1938).

SAINT HYPACE, ÉVÊQUE DE GANGRES

Saint Hypace, évêque de Gangres, martyr (vers 326)

Saint Hypace était évêque de Gangres (auj. Çankiri), important évêché de Paphlagonie, au nord de l’Asie Mineure, au temps de saint Constantin le Grand. Il prit part au Concile de Nicée (325) et ramena par la suite nombre d’hérétiques à la vraie foi par son enseignement et ses écrits inspirés. Il éleva dans tout son diocèse des églises, dans lesquelles il plaçait des prêtres formés par lui, et fit construire des hospices et autres établissements de bienfaisance dans sa cité. Lorsqu’il voyageait pour ses tournées pastorales, il se déplaçait monté sur un âne, à l’imitation du Christ, accompagné seulement de deux moines. Son mode de vie était tout semblable à celui de saint Jean-Baptiste et, malgré ses responsabilités de pasteur, il vivait dans l’hésychia, comme un moine, et aimait à se retirer dans quelque grotte pour y prier ou y méditer l’Écriture sainte. C’est de ces méditations dans la solitude qu’il tirait la substance de ses écrits, en particulier un commentaire des Proverbes de Salomon, adressé à l’une de ses nobles disciples, Gaïenne, qu’il parvint ainsi à incliner à la générosité. Après la lecture du livre, celle-ci subit une telle transformation qu’elle distribua tous ses biens en faveur des œuvres de l’Église.

En pasteur accompli, Hypace se souciait non seulement de l’édification des âmes, mais il venait aussi en aide à ses ouailles dans leurs difficultés matérielles, grâce à la puissance de Dieu qui habitait en lui. C’est ainsi qu’il délivra la contrée des taupes qui ravageaient les récoltes. Sa renommée de thaumaturge étant parvenue jusqu’à l’empereur Constance (352-360), celui-ci fit convoquer Hypace à Constantinople et lui demanda de le débarrasser d’un dragon redoutable qui s’était installé devant la porte du trésor impérial et en interdisait l’entrée. Dès que l’évêque se présenta devant le monstre, il lui enfonça dans la gueule son bâton surmonté d’une croix et, invoquant le Nom de notre Seigneur Jésus-Christ, il le traîna jusqu’au forum et le jeta sur le bûcher qu’il y avait fait préparer. En signe de reconnaissance, Constance fit graver l’image du saint sur la porte du trésor et exempta Gangres des impôts annuels qui écrasaient les pauvres (le xylelaion) ; mais il n’en abandonna pas pour autant ses sympathies pour l’hérésie arienne.
Sur le chemin du retour, Hypace fut pris dans une embuscade préparée, dans le défilé de Luziana, par des schismatiques novatiens qui lui portaient une haine implacable. Ils tombèrent sur lui et le frappèrent à coups de pierres, de bâtons et d’épées. Laissé à demi-mort le saint trouva assez de force pour prononcer les paroles du premier martyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Act 7, 60). Une femme se rua alors sur lui et, d’un coup de pierre, elle le frappa mortellement à la tempe. De peur qu’on ne les prît, les criminels cachèrent le corps dans un tas de paille et s’enfuirent. Quelque temps plus tard, le propriétaire du champ étant venu prendre de la paille pour ses animaux, eut la surprise de voir, accompagnée de mélodies angéliques, une lumière surnaturelle recouvrir l’endroit où se trouvait le corps. Les habitants de Gangres prévenus, vinrent procéder en grande pompe au transfert de cette sainte dépouille et, aussitôt après, la meurtrière, qui avait été possédée du démon à la suite de son forfait, fut guérie. Le tombeau de saint Hypace resta dans la suite des temps une source de miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Hypace, évêque de Gangres, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie / et sur leur trône devenu leur successeur, / tu as trouvé dans la pratique des vertus / la voie qui mène à la divine contemplation; / c’est pourquoi, dispensant la parole de vérité, / tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; / Hypace, pontife et martyr, / intercède auprès du Christ notre Dieu, / pour qu’il sauve nos âmes.

LECTURE DES PROVERBES (X, 1-22)
Le fils sage réjouit son père ; le fils insensé est le chagrin de sa mère. Les trésors ne serviront de rien aux pervers ;
mais l’équité délivrera de la mort.
Le Seigneur ne laissera pas mourir de faim l’âme du juste ; mais Il détruira la vie des impies. L’indigence abaisse l’homme ; mais des mains fortes enrichissent. Le fils bien enseigné sera sage,
et il se fera servir par l’insensé.
Le fils prudent n’a point à souffrir de la grande chaleur ;
mais le fils pervers est un épi consumé par le vent pendant la moisson. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
mais des deuils imprévus couvrent la tête des impies.
La mémoire des justes a la louange pour elle ;
mais le nom des impies s’éteint.
Le sage recueille les commandements en son cœur ;
mais l’homme aux lèvres indiscrètes prend des détours et trébuche. Celui qui marche en sa simplicité, marche avec confiance ;
celui qui se détourne dans ses voies sera découvert.
Celui qui approuve d’un regard rusé
prépare toute sorte de chagrins aux hommes ;
mais celui qui réprimande avec franchise est un pacificateur.
Il y a une source de vie dans la main du juste ;
mais la perdition est cachée dans la bouche des impies.
La haine suscite la discorde ;
l’amitié protège tous ceux qui n’aiment point les querelles.
Celui dont les lèvres professent la sagesse
frappe d’une verge l’homme privé de sens.
Les sages cachent leur science ;
mais la bouche du téméraire le conduit à la confusion.
La fortune des riches est leur forteresse,
et la pauvreté est pour les impies le brisement du cœur.
Les œuvres des justes donnent la vie ;
mais les fruits des impies sont autant de péchés.
L’instruction garde droites les voies de la vie;
mais l’instruction superficielle égare.
Les lèvres justes couvrent la haine ;
mais ceux qui se répandent en injures sont des plus insensés.
Par la multitude des paroles, tu n’éviteras pas le péché1 ;
par la discrétion des lèvres, tu seras sage.
La langue du juste est de l’argent pur ;
mais le cœur de l’impie est sans valeur.
Les lèvres des justes savent des vérités sublimes ;
les insensés meurent dans l’indigence.
La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
elle l’enrichit, et il ne s’y joindra aucune tristesse de cœur.

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386) ; saints Trophime et Eucarpe, martyrs à Nicomédie (vers 300) ; saint Aninas, hiéromoine ; saint Léobard, reclus à Marmoutier (593) ; saint Tétric, évêque d’Auxerre (709) ; saint Mérole, évêque du Mans (vers 785) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Rozanov), prêtre ; Nathalie (Balkanova), moniale (1938).

SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386)

Notre saint Père Cyrille naquit probablement à Jérusalem, vers 315, de parents pieux et orthodoxes. Il fut ordonné prêtre par l’archevêque saint Maxime qui le chargea de la formation des catéchumènes. Homme de paix, humble et doux, plus préoccupé de l’édification des fidèles que des interminables controverses doctrinales qui déchiraient l’Église après le Concile de Nicée, il évitait d’employer le mot « consubstantiel » (homoousios) , mais partageait pleinement la foi orthodoxe. Cette réserve fit croire aux ariens qu’il était de leur parti et, lorsqu’à la mort de Maxime (347), il fut élu par le peuple pour lui succéder, Acace, le métropolite arien de Césarée de Palestine, dont dépendait alors Jérusalem , agréa l’élection et l’ordonna évêque. Mais il dut bientôt reconnaître amèrement sa méprise , car le nouvel évêque enseignait clairement la doctrine orthodoxe sur la divinité du Fils et Verbe de Dieu en expliquant le Symbole de foi aux catéchumènes dans ses Catéchèses baptismales . Tel le Bon Pasteur, il gouverna avec sagesse la Ville sainte qui, grâce aux constructions entreprises par saint Constantin le Grand, retrouvait une nouvelle gloire et attirait un grand nombre de pèlerins venus de toutes les extrémités du monde chrétien.

En 351, saint Cyrille fut témoin comme tous les habitants de l’apparition merveilleuse d’une immense Croix lumineuse dans le ciel, du Golgotha au Mont des Oliviers, et il écrivit à l’empereur Constance pour l’en informer . Il contribua aussi à l’organisation des fêtes et des processions dans les Lieux saints, qui deviendront le fondement de maintes fêtes générales de l’Église. Quelques années après, il présenta au métropolite de Césarée une requête, dans laquelle il demandait la reconnaissance des privilèges apostoliques de Jérusalem, que les Pères du Concile de Nicée avaient reconnus, mais sans les définir exactement. Cette revendication déclencha la haine d’Acace qui, sous prétexte qu’en temps de famine Cyrille avait vendu des vases sacrés et des ornements liturgiques de la basilique de la Résurrection pour nourrir les pauvres, le convoqua à son tribunal ecclésiastique, en vue de le condamner. Comme Cyrille ne se rendait pas à ses convocations réitérées, il le déposa et le fit expulser par la force de Jérusalem, en mettant à sa place un arien. Saint Cyrille fit appel, demandant que l’affaire soit soumise à une autorité ecclésiastique supérieure. En attendant, il trouva refuge à Tarse, en Cilicie, auprès de l’évêque Silvain. En dépit des menaces d’Acace, celui-ci l’accueillit fraternellement et lui demanda de prêcher au peuple qui l’écoutait avec enthousiasme, comme un homme vraiment apostolique. Le concile réuni à Séleucie en 359 lui rendit justice et déposa Acace. Mais la sentence n’eut pas le temps d’être mise à exécution, car le métropolite de Césarée, se précipitant à Constantinople, fit pression auprès de l’empereur Constance pour qu’il annule la décision du concile, et il fit confirmer la déposition de Cyrille par un conciliabule d’évêques ariens (360).
Lorsque, peu après, Julien l’Apostat prit le pouvoir, saint Cyrille put profiter des mesures de tolérance religieuse prises par l’empereur afin de préparer sa restauration du paganisme, et il rejoignit son siège avec tous les autres évêques exilés au temps de Constance. Mais ce ne fut que pour affronter de nouvelles tribulations. Incités par l’empereur, les païens de Gaza se soulevèrent alors contre les chrétiens, en faisant de nombreuses victimes, puis ils détruisirent le monastère de saint Hilarion [21 oct.] et dispersèrent ses moines. Comme l’Apostat voulait démontrer la fausseté des prophéties du Christ concernant la ruine définitive du Temple de Jérusalem (cf. Mt 24, 2), détruit par les Romains sous Tite, il permit aux Juifs de le reconstruire. Mais, conformément à la prédiction de saint Cyrille, les travaux furent bientôt arrêtés par un terrible tremblement de terre, qui renversa même les fondations de l’ancien Temple, et un feu, sortant des fondements, consuma certains ouvriers, en mutila d’autres, laissant à tous les marques les plus visibles de la colère divine.

Après la disparition de Julien (363), le calme étant rétabli, Cyrille put reprendre son œuvre pastorale et, à la mort d’Acace, il fit élire son neveu comme métropolite de Césarée. Mais, par leurs intrigues, les ariens convainquirent l’empereur Valens (364-378) de déposer le saint évêque de Jérusalem et de le condamner à un nouvel exil, ainsi que tous les autres évêques bannis sous Constance (367). À la mort de Valens, saint Cyrille put regagner son diocèse, au bout de douze ans d’absence, mais il eut la douleur de découvrir que certains orthodoxes, influencés par les calomnies des ariens, refusaient de le reconnaître comme leur évêque légitime et de communier avec lui. C’est pour cette raison que le Concile d’Antioche (379) envoya saint Grégoire de Nysse [10 janv.], pour rétablir la paix dans le diocèse de Jérusalem. Ayant échoué, celui-ci se retira découragé et plein de tristesse, laissant saint Cyrille affronter seul, avec foi et espérance, les divisions dans la Maison de Dieu. Il prit part au IIe Concile Œcuménique (381) réuni par l’empereur Théodose, et contribua à la condamnation définitive de l’arianisme et de ses diverses variantes. Au terme de ses sessions, le Concile reconnut solennellement les combats de l’évêque de Jérusalem pour la cause de l’Orthodoxie. De retour dans sa cité saint Cyrille put jouir pour peu de temps de la paix qu’il avait restaurée au prix de tant de labeurs, et il s’endormit en 386, après trente-cinq ans d’épiscopat, dont seize se passèrent en exil.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyrille, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi / pour ton troupeau une règle de foi, / un modèle de douceur, / un maître de tempérance; / c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation / et par ta pauvreté la richesse. / Cyrille, pontife sacré, / prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Cyrille, ton 1
Ta langue, sous la divine inspiration, / illumina les peuples, Père saint, / leur enseignant le culte de l’unique Trinité / indivise par nature, mais distinguée en trois personnes; / c’est pourquoi nous fêtons dans l’allégresse ta mémoire sacrée, / en te désignant comme intercesseur auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (X, 1-22)
Le fils sage réjouit son père ; le fils insensé est le chagrin de sa mère. Les trésors ne serviront de rien aux pervers ;
mais l’équité délivrera de la mort.
Le Seigneur ne laissera pas mourir de faim l’âme du juste ; mais Il détruira la vie des impies. L’indigence abaisse l’homme ; mais des mains fortes enrichissent. Le fils bien enseigné sera sage,
et il se fera servir par l’insensé.
Le fils prudent n’a point à souffrir de la grande chaleur ;
mais le fils pervers est un épi consumé par le vent pendant la moisson. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
mais des deuils imprévus couvrent la tête des impies.
La mémoire des justes a la louange pour elle ;
mais le nom des impies s’éteint.
Le sage recueille les commandements en son cœur ;
mais l’homme aux lèvres indiscrètes prend des détours et trébuche. Celui qui marche en sa simplicité, marche avec confiance ;
celui qui se détourne dans ses voies sera découvert.
Celui qui approuve d’un regard rusé
prépare toute sorte de chagrins aux hommes ;
mais celui qui réprimande avec franchise est un pacificateur.
Il y a une source de vie dans la main du juste ;
mais la perdition est cachée dans la bouche des impies.
La haine suscite la discorde ;
l’amitié protège tous ceux qui n’aiment point les querelles.
Celui dont les lèvres professent la sagesse
frappe d’une verge l’homme privé de sens.
Les sages cachent leur science ;
mais la bouche du téméraire le conduit à la confusion.
La fortune des riches est leur forteresse,
et la pauvreté est pour les impies le brisement du cœur.
Les œuvres des justes donnent la vie ;
mais les fruits des impies sont autant de péchés.
L’instruction garde droites les voies de la vie;
mais l’instruction superficielle égare.
Les lèvres justes couvrent la haine ;
mais ceux qui se répandent en injures sont des plus insensés.
Par la multitude des paroles, tu n’éviteras pas le péché1 ;
par la discrétion des lèvres, tu seras sage.
La langue du juste est de l’argent pur ;
mais le cœur de l’impie est sans valeur.
Les lèvres des justes savent des vérités sublimes ;
les insensés meurent dans l’indigence.
La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
elle l’enrichit, et il ne s’y joindra aucune tristesse de cœur.

30 mars

30 mars
GRAND CARÊME

Saint Jean Climaque, abbé du Mont Sinaï (VIIème s.) ; saints apôtres Sosthène, Apollos, Céphas, César, Épaphrodite (Ier s.) ; saint Joad, prophète ; sainte Eubulie, mère de saint Pantéleimon (vers 303) ; saint Rieul, évêque de Senlis (IIIème s.) ; saint Mamertin, abbé à Auxerre (462) ; saint Jean, ascète en Arménie (VIème s.) ; saint Zosime, évêque de Syracuse (vers 662) ; saint Sophrone, évêque d’Irkoutsk (1771).

SAINT JEAN CLIMAQUE

Saint Jean Climaque, abbé du Mont Sinaï (VIIème s.)

Cet homme divin naquit vraisemblablement vers la fin du VIe siècle ; mais on ignore tout de sa patrie et de ses origines, car dès le début de son renoncement, il prit grand soin de vivre en étranger. « L’exil volontaire, écrit-il, est la séparation de toute chose pour rendre notre pensée inséparable de Dieu » (III, 3). On sait seulement que, dès l’âge de seize ans, après avoir acquis une solide formation intellectuelle, il renonça à tous les attraits de cette vie de vanité, par amour de Dieu, et se rendit au Mont Sinaï, au pied de cette montagne sainte où Dieu avait autrefois révélé sa gloire à Moïse, et il s’offrit d’un cœur ardent au Seigneur comme un holocauste d’agréable odeur.

Repoussant dès son entrée dans le stade de la vertu toute confiance en lui-même et toute complaisance par une humilité sans feinte, il se soumit corps et âme à un ancien, nommé Martyrios, qui demeurait dans une cellule non loin du monastère, et s’engagea, libre de tout souci, dans l’ascension de cette échelle spirituelle (klimax) au sommet de laquelle Dieu se tenait et l’engageait à ajouter « jour après jour, feu sur feu, ferveur sur ferveur, désir sur désir et zèle sur zèle » (I, 46). Il regardait son pasteur comme l’icône vivante du Christ (cf. IV, 29) et, convaincu que celui-ci devrait rendre compte pour lui devant Dieu (IV, 55), il n’avait qu’un seul souci : celui de rejeter sa volonté propre et de « renoncer à tout discernement par plénitude de discernement » (IV, 3), de sorte qu’il n’y avait aucun intervalle de temps entre les ordres que Martyrios lui donnait, même apparemment sans raison, et l’obéissance de son disciple. Malgré cette parfaite soumission, Martyrios le garda néanmoins quatre ans dans l’état de novice et ne le tonsura qu’à l’âge de vingt ans, après avoir éprouvé son humilité. Un des moines présents ce jour-là, nommé Stratège, prédit que ce nouveau moine était appelé à devenir un jour un des grands luminaires du monde. Lorsque, par la suite, Martyrios et son disciple rendirent visite à Jean le Sabaïte, un des plus fameux ascètes de ce temps, celui-ci, négligeant l’Ancien, alla laver les pieds de Jean. Après leur départ, il déclara qu’il ne connaissait pas ce jeune moine, mais que, sous l’inspiration du Saint-Esprit, il avait lavé les pieds à l’higoumène du Sinaï. La même prophétie fut confirmée par le grand Anastase le Sinaïte [21 av,], chez lequel ils s’étaient également rendus.

Malgré sa jeunesse, Jean montrait la maturité d’un vieillard et un grand discernement. C’est ainsi qu’un jour, alors qu’il avait été envoyé dans le monde pour une mission et se trouvait à table avec des séculiers, il préféra céder un peu à la vaine gloire, en mangeant fort peu, plutôt qu’à la gourmandise ; car de deux maux, il vaut mieux préférer celui qui est le moins dangereux pour les nouveaux venus dans la vie monastique (XXVI, 53).

Il passa ainsi dix-neuf ans dans la bienheureuse insouciance que procure l’obéissance, débarrassé de tout combat par la prière de son père spirituel et naviguant sans danger, comme en dormant, vers le port de l’impassibilité (cf. IV, 3). À la mort de Martyrios, il résolut de poursuivre dans la solitude son ascension, genre de vie qui ne convient qu’au petit nombre de ceux qui, affermis sur la pierre de l’humilité, s’éloignent des hommes afin de n’être pas un moment privés de la suavité de Dieu (XXVII, 29). Il ne s’était pas engagé dans cette voie pleine d’embûches en se confiant à son propre jugement, mais sur les recommandations d’un saint vieillard, Georges Arsilaïte, qui l’avait instruit du genre de vie propre aux hésychastes. Il choisit comme terrain d’exercice un lieu solitaire, appelé Thola (aujourd’hui Wadi el-Tlah), situé à cinq milles du grand monastère, où d’autres ermites demeuraient non loin les uns des autres. Il y resta pendant quarante ans, consumé par un amour de Dieu sans cesse croissant, sans souci pour sa propre chair, libre de tout contact avec les hommes, n’ayant pour seule occupation que la prière sans relâche et la vigilance sur son cœur, en vue de « circonscrire l’incorporel dans une demeure corporelle » (XXVII, 7), tel un ange revêtu d’un corps.
Il mangeait de tout ce que permet la profession monastique, mais en très petite quantité, domptant ainsi la tyrannie de la chair sans offrir de prétexte à la vaine gloire. Par la solitude et la retraite, il avait mis à mort la fournaise du désir d’accumuler, qui, sous prétexte de charité et d’hospitalité, entraîne les moines négligents à la gourmandise, la porte de toutes les passions (XIV, 38), et à l’amour de l’argent, fille du manque de foi et adoration des idoles (XVI, 2). De l’acédie, cette mort de l’âme qui assaille en particulier les hésychastes (XIII, 4), et du relâchement, il triomphait par le souvenir de la mort (XVII, 6) ; et par la méditation des biens promis il brisait le lien de la tristesse. Il ne connaissait qu’une seule tristesse : cette « affliction qui procure la joie » et nous fait courir avec ardeur sur le chemin du repentir (VII), et qui purifie l’âme de toutes ses souillures.

Que lui restait-il pour parvenir à l’impassibilité (apatheia) ? La colère, il l’avait vaincue depuis longtemps par le glaive de l’obéissance. La vaine gloire, cette épine à trois pointes, qui se tient toujours dressée contre les combattants de la piété, et qui se mêle à toutes les vertus comme une sangsue (XXI, 5), il l’avait étouffée par la réclusion et plus encore par le silence. Et, pour prix de ses labeurs, qu’il assaisonnait toujours du blâme de soi, le Seigneur lui avait accordé la reine des vertus, la sainte et précieuse humilité : « cette grâce ineffable dans l’âme, ce trésor, dont le nom n’est connu que par ceux qui l’ont appris par expérience, et qui porte le Nom de Dieu Lui-même (Mt 11, 29) » (XXV, 3).

Comme sa cellule était trop proche des autres, il se retirait souvent dans une grotte éloignée, au pied de la montagne, et il en faisait l’antichambre du ciel par ses gémissements et les larmes qui coulaient de ses yeux, comme une source abondante, sans effort, et transfiguraient son corps en une robe nuptiale (VII, 8, 44). Par l’effet de cette bienheureuse affliction et de ces larmes continuelles, il vivait chaque jour comme une fête (VII, 41) et gardait la prière perpétuelle dans son cœur devenu semblable à une forteresse inviolable aux assauts des pensées. Il lui arrivait parfois d’être ravi en esprit au milieu des chœurs angéliques, sans savoir s’il était en son corps ou hors de son corps, et avec grande liberté il demandait alors à Dieu de l’instruire sur les mystères de la théologie (XXVII, 48). Lorsqu’il sortait de la fournaise de la prière, il se sentait tantôt purifié comme par le feu, tantôt tout resplendissant de lumière (XXVIII, 54). Quant au sommeil, il ne lui accordait que la mesure nécessaire pour garder son esprit vigilant dans la prière et, avant de s’endormir, il priait longtemps ou écrivait sur des tablettes le fruit de ses méditations des Écritures inspirées.

Malgré le grand soin qu’il prit, pendant toutes ces années, de garder ses vertus cachées aux yeux des hommes, lorsque Dieu jugea que le temps était venu pour lui de transmettre aux autres la lumière qu’il avait acquise pour l’édification de l’Église, Il porta vers Jean un jeune moine, nommé Moïse, qui, grâce à l’intervention des autres ascètes, parvint à fléchir la résistance de l’homme de Dieu et à se faire admettre comme son disciple. Un jour que Moïse était allé chercher au loin de la terre pour leur petit jardin et qu’il s’était allongé sous un gros rocher pour la sieste, Jean reçut dans sa cellule la révélation que son disciple était en danger. Il saisit aussitôt l’arme de la prière, et quand Moïse revint, le soir venu, il lui raconta que dans son sommeil il avait soudain entendu la voix de son Ancien l’appeler, au moment même où le rocher se détachait et menaçait de l’écraser.

La prière de Jean avait aussi le pouvoir de guérir les blessures visibles et invisibles. C’est ainsi qu’il délivra un moine du démon de la luxure qui l’avait poussé au découragement. Une autre fois, il fit tomber la pluie. Mais c’était surtout par le charisme de l’enseignement spirituel que Dieu manifestait en lui sa grâce. Se fondant sur son expérience personnelle, il instruisait libéralement tous ceux qui venaient le trouver, sur les embûches qui guettent les moines dans leur combat contre leurs passions et contre le Prince de ce monde. Cet enseignement spirituel suscita toutefois la jalousie de certains, qui répandirent alors contre lui des calomnies, le traitant de bavard et de vaniteux. Bien qu’il eût la conscience en paix, Jean ne chercha pas à se justifier et, pour enlever tout prétexte à ceux qui en cherchaient un, il arrêta pendant une année entière le flot de ses enseignements, convaincu qu’il valait mieux porter un léger préjudice aux amis du bien plutôt que d’exacerber le ressentiment des méchants. Tous les habitants du désert furent édifiés par son silence et par cette preuve d’humilité, et ce ne fut que sur les instances de ses propres calomniateurs repentants qu’il accepta de recevoir à nouveau des visiteurs.

Comblé de toutes les vertus de l’action et de la contemplation, et parvenu au sommet de l’échelle sainte par la victoire sur toutes les passions du vieil homme, Jean rayonnait comme un astre sur la péninsule du Sinaï et était admiré par tous les moines. Il ne s’en estimait pas moins encore un débutant et, avide de recueillir des exemples de conduite évangélique, il entreprit un voyage dans divers monastères d’Égypte. Il visita en particulier un grand monastère cénobitique, dans la région d’Alexandrie, un véritable « ciel terrestre », qui était dirigé par un admirable pasteur doté d’un infaillible discernement. Cette communauté était unie dans le Seigneur par une telle charité, exempte de toute familiarité et de toute parole vaine, que les moines avaient à peine besoin des avertissements de leur supérieur et, de leur propre mouvement, ils s’excitaient mutuellement à une vigilance toute divine. De toutes leurs vertus, la plus admirable, selon Jean, étaient qu’ils s’exerçaient surtout à ne blesser en rien la conscience d’un frère (IV, 15-17). Il fut aussi fort édifié par la visite d’une dépendance de ce monastère, nommée « la Prison », où vivaient, dans une ascèse extrême et dans les démonstrations les plus extraordinaires de repentir, des moines qui avaient gravement péché et qui s’efforçaient de gagner par leurs labeurs le pardon de Dieu. Loin de lui paraître dure et intolérable cette prison était au contraire pour le saint le modèle de la vie monastique. « L’âme en effet qui a perdu sa confiance première, qui a brisé le sceau de sa pureté et s’est laissée ravir les trésors de la grâce, qui est devenue étrangère aux consolations divines, qui a violé son alliance avec le Seigneur, et qui est blessée et transportée de chagrin au souvenir de tout cela, cette âme, dis-je, non seulement se soumettra volontiers à tous ces labeurs, mais sera fermement résolue à se donner pieusement la mort par l’ascèse, si du moins il lui reste encore une étincelle d’amour et de crainte du Seigneur » (V, 24).

Lorsque le saint eut accompli ces quarante années de séjour au désert, tel un autre Moïse, il fut chargé par Dieu de prendre la tête de ce nouvel Israël et devint higoumène du monastère (vers 650) , au pied de la Montagne sainte. On raconte que, le jour de son intronisation, six cents pèlerins étaient présents et, pendant que tous étaient assis pour le repas, on put voir le prophète Moïse lui-même, vêtu d’une tunique blanche, allant et venant, et donnant des ordres avec autorité aux cuisiniers, aux économes, aux cellériers et autres domestiques.

Ayant pénétré dans la nuée mystique de la contemplation, ce nouveau Moïse y avait été initié aux secrets de la Loi spirituelle et, redescendant de la montagne, impassible, le visage glorifié par la grâce, il put devenir pour tous le Pasteur, le médecin et le maître spirituel qui, portant en lui-même le livre écrit par Dieu, n’avait pas besoin d’autres livres pour enseigner à ses moines la « science des sciences ».
L’higoumène de Raïthou (auj. El-Thor), nommé lui aussi Jean, ayant été informé de la merveilleuse manière de vivre des moines du Sinaï, écrivit à Jean pour lui demander d’exposer, de manière méthodique et brièvement, ce qui est nécessaire à ceux qui ont embrassé la vie angélique pour obtenir le salut. Celui qui ne savait pas contredire grava alors, du stylet de sa propre expérience, les « Tables de la Loi spirituelle » . Il présenta son traité comme une Échelle de trente degrés, que Jacob, c’est-à-dire « celui qui a supplanté les passions », contempla tandis qu’il reposait sur la couche de l’ascèse (cf. Gn 28, 12). Dans cette Somme orthodoxe de la vie spirituelle , qui reste à travers les siècles, tant pour les moines que pour les laïcs, le guide par excellence de la vie évangélique, saint Jean n’institue pas des règles, mais, à partir de recommandations pratiques, de détails judicieusement choisis, d’aphorismes ou d’énigmes souvent pleins d’humour, il initie l’âme au combat spirituel et au discernement des pensées. Sa parole est brève, dense et effilée, et elle pénètre, tel un glaive, jusqu’au profond de l’âme, tranchant sans compromis toute complaisance de soi et poursuivant jusque dans leurs racines l’ascèse hypocrite et l’égoïsme. Semblable à celle de saint Grégoire [25 janv.] dans le domaine théologique, cette parole est l’Évangile mis en pratique, et elle conduit sûrement ceux qui s’en imprègnent par une lecture assidue, jusqu’à la porte du Ciel où le Christ nous attend.

Parvenu à un âge avancé, le bienheureux Jean désigna son frère Georges, qui lui aussi avait embrassé la vie hésychaste dès le début de son renoncement, pour lui succéder à la tête du monastère. Lorsqu’il fut sur le point de mourir (entre 650 et 680), Georges lui dit : « Ainsi tu m’abandonnes et tu pars ! Pourtant, j’ai prié pour que tu m’envoies vers le Seigneur en premier, car sans toi il n’est pas en mon pouvoir de paître cette communauté. » Mais Jean le rassura et lui dit : « Ne t’afflige pas et ne te fais pas de souci. Si je trouve grâce devant Dieu, je ne te laisserai même pas achever une année après moi. » Effectivement, dix mois après le repos de Jean, Georges partit à son tour vers le Seigneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Climaque, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, / par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, / par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: / vénérable Père, saint Jean, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Jean Climaque, ton 1
Toi qui nous offres comme impérissables fruits / les enseignements de ton livre, Père saint, / tu adoucis les cœurs des fidèles s’en approchant / avec sobriété, bienheureux Jean; / il est vraiment l’échelle conduisant / de terre vers l’immortelle gloire des cieux / les âmes de ceux qui te vénèrent fidèlement.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes IX, 12-18)
Mon fils, si tu es sage, tu le seras pour toi-même et tes proches ; mais si tu deviens mauvais, toi seul en recueilleras des maux. Celui qui s’appuie sur des mensonges tente de gouverner les vents ou de poursuivre les oiseaux dans leur vol, car il a quitté les voies qui mènent à sa vigne ;
il a égaré la charrue de son labourage ;
il marche au travers d’un désert aride, d’une terre où l’on meurt de soif ; il recueille de ses mains la stérilité.
La femme insensée et hardie, qui ne connaît pas la pudeur,
en viendra à manquer d’un morceau de pain.
Elle est assise devant la porte de sa maison,
sur un siège apparent dans la rue,
appelant les passants qui vont droit leur chemin disant :
que le plus insensé d’entre vous se détourne vers moi ;
et à ceux qui manquent de sagesse, je m’adresse, en leur disant :
Goûtez avec joie des pains que je recèle,
et de l’eau douce à la dérobée.
Or il ne sait pas que des géants mêmes périssent auprès d’elle,
et qu’il met le pied sur la trappe de l’enfer ;
mais hâte-toi, point de retard en ce lieu ;
n’arrête pas ton regard sur elle.

17 mars (ancien calendrier)/30 mars (nouveau)

17 mars (ancien calendrier)/30 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Alexis de Rome, l’homme de Dieu (411)

 ; saint Marin, martyr ; saint Patrick (ou Patrice), évêque, apôtre de l’Irlande (461) ; saint Agricole, évêque de Chalon-sur-Saône (580) ; sainte Gertrude, vierge, abbesse de Nivelles-en-Brabant (659) ; saint Théostéricte, higoumène du monastère du Pélécète en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Macaire, abbé de Kaliazine, thaumaturge (1483) ; saint Gabriel le mineur, moine et martyr (Géorgie, 1802) ; saint néo-martyrs de Russie : Alexandre (Polivanov), prêtre (1919), Victor (Kiranov), prêtre (1942).

SAINT ALEXIS L’HOMME DE DIEU

Saint Alexis naquit à Rome, au temps de l’empereur Arcade (395-408), d’un noble et pieux sénateur nommé Euphimien et de son épouse Aglaïs, au terme de longues années d’une pénible stérilité. Il reçut la meilleure éducation et, quand il parvint à maturité, ses parents organisèrent son mariage avec une jeune fille en vue de la noblesse romaine. La nuit même des noces, au moment de rejoindre son épouse dans la chambre nuptiale, Alexis, qui n’était épris que de la sainte et parfaite virginité, lui murmura quelques mots à l’oreille, lui remit son anneau et s’enfuit secrètement. S’étant embarqué sur un navire en se confiant à la Providence, il parvint jusqu’à Laodicée et, de là, il se joignit à une caravane de marchands qui allait à Édesse, en Mésopotamie. Il s’y arrêta dans une église consacrée à la Mère de Dieu et y demeura dix-sept ans dans le narthex, couvert de vêtements pauvres et déchirés, et nourri par la charité des fidèles qui venaient à l’église pour prier. Entre-temps, son père avait envoyé des serviteurs dans toutes les directions à sa recherche, tandis que sa mère, revêtue d’un cilice, demeurait prostrée et inconsolable, et que son épouse, imitant l’amour de la tourterelle pour son époux, guettait l’arrivée de quelque nouvelle. Quelques-uns des envoyés d’Euphimien parvinrent jusqu’à Édesse, ils passèrent devant Alexis et lui donnèrent l’aumône, bien loin de soupçonner qu’il s’agissait de leur noble maître, tant son corps avait été transformé par l’ascèse et les mauvais traitements qu’il supportait avec action de grâces par amour de Dieu.

Au terme de cette longue ascèse menée en secret, la Mère de Dieu apparut un jour au sacristain de l’église, en lui demandant d’y faire entrer l’« Homme de Dieu ». Se voyant découvert et désormais exposé aux honneurs des hommes, Alexis prit de nouveau la fuite et s’embarqua sur un navire en direction de Tarse ; mais les vents contraires, ou plutôt la Providence divine, poussèrent le navire jusqu’au port de Rome. Le saint se soumit à ce signe divin et se dirigea sans retard vers la maison familiale, où il demanda l’aumône, comme un mendiant, à son père qui sortait. Sans reconnaître son fils bien-aimé, Euphimien, qui avait encore plus de propension qu’auparavant pour la charité depuis cette perte douloureuse, ordonna à ses serviteurs de fournir un abri à ce pauvre homme et de le nourrir des restes de sa table aussi longtemps qu’il le voudrait. L’Homme de Dieu demeura encore dix-sept années à la porte de la maison paternelle en subissant, sans un mot de protestation, et même avec plaisir, les outrages et les moqueries des valets. Quant il sentit que le jour de son départ de cette terre approchait, il demanda qu’on lui apporte du papier et de l’encre, et c’est la plume à la main, en rédigeant toute l’histoire de sa vie, qu’il s’endormit pour rejoindre les demeures éternelles.

Le même jour, comme on célébrait la Liturgie dans la basilique Saint-Pierre, sous la présidence du pape et en présence de l’empereur Honorius (395-423) et d’une grande foule, une voix se fit entendre de l’autel, qui clamait : « Cherchez l’Homme de Dieu : il priera pour la ville et pour vous tous. Car déjà il sort du corps ! » Comme toute la foule s’était mise en prière, la voix se fit entendre de nouveau pour révéler qu’il se trouvait dans la demeure d’Euphimien. Lorsque l’imposant cortège, avec l’empereur et le pape en tête, parvint à la maison, le serviteur qui subvenait à ses besoins révéla que le mendiant qui se tenait depuis tant d’années à la porte, distribuait sa nourriture aux plus pauvres que lui et ne se nourrissait que le dimanche d’un peu de pain et d’eau, en restant imperturbable et même joyeux quand les autres serviteurs le couvraient d’outrages. On se rendit à sa cabane et on le trouva déjà mort, tenant un papier en main. Lorsqu’on le lut en public, tous restèrent muets de stupéfaction devant la manière admirable dont ce serviteur de Dieu avait combattu contre la nature pour obtenir les biens qui sont au-dessus de la nature. L’empereur et le patriarche, voyant les larmes et les lamentations des parents du saint, leur conseillèrent de se réjouir plutôt et d’exulter pour avoir donné le jour à un tel saint qui allait régner avec le Christ pour l’éternité. La foule s’empressait autour du lit mortuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds entendaient, les muets glorifiaient Dieu à haute voix, les esprits mauvais s’enfuyaient, le tout dans un tel tumulte que le cortège funèbre ne pouvait avancer. L’empereur fit alors jeter des pièces d’or, dans l’espoir que la foule se détournerait du cercueil pour les ramasser. Mais il n’en fut rien, et le peuple méprisa l’or corruptible pour recevoir la grâce incorruptible en touchant le corps du saint. Finalement, il fut déposé dans la basilique de saint Boniface dans un cercueil rehaussé d’or et de pierres précieuses, d’où se répandait avec profusion un baume délicieusement parfumé qui guérissait toutes sortes de maladies.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Alexis, ton 4
T’élevant sur les vertus et purifiant ton esprit, / tu as atteint l’objet suprême de ton désir; / l’absence de passions fut la parure de ta vie, / étonnante fut l’ascèse que d’un cœur pur tu embrassas; / demeurant dans la prière tel un ange incorporel, / comme soleil tu as brillé / sur le monde, bienheureux Alexis.

Kondakion de saint Alexis, ton 4
Célébrant en ce jour avec foi / la sainte fête du bienheureux Alexis, / chantons-lui: Réjouis-toi, pur joyau des Moines saints.

LECTURE DES PROVERBES (IX, 12-18)
Mon fils, si tu es sage, tu le seras pour toi-même et tes proches ; mais si tu deviens mauvais, toi seul en recueilleras des maux. Celui qui s’appuie sur des mensonges tente de gouverner les vents ou de poursuivre les oiseaux dans leur vol, car il a quitté les voies qui mènent à sa vigne ;
il a égaré la charrue de son labourage ;
il marche au travers d’un désert aride, d’une terre où l’on meurt de soif ; il recueille de ses mains la stérilité.
La femme insensée et hardie, qui ne connaît pas la pudeur,
en viendra à manquer d’un morceau de pain.
Elle est assise devant la porte de sa maison,
sur un siège apparent dans la rue,
appelant les passants qui vont droit leur chemin disant :
que le plus insensé d’entre vous se détourne vers moi ;
et à ceux qui manquent de sagesse, je m’adresse, en leur disant :
Goûtez avec joie des pains que je recèle,
et de l’eau douce à la dérobée.
Or il ne sait pas que des géants mêmes périssent auprès d’elle,
et qu’il met le pied sur la trappe de l’enfer ;
mais hâte-toi, point de retard en ce lieu ;
n’arrête pas ton regard sur elle.

29 mars

29 mars
GRAND CARÊME

Saint Marc évêque d’Aréthuse en Syrie et saint Cyrille, diacre à Héliopolis, et leurs compagnons, martyrs (vers 364) ; saint Jean l’ermite (IVème s.) ; saint Diadoque, évêque de Photicée (Vème s.) ; )  saint Firmin, évêque de Viviers (VIème s.) ; saints Aule, Eumaque et Longin, évêques de Viviers (VIIème s.) ; saint Eustathe, évêque en Bithynie, confesseur (IXème s.) ; saints Marc et Jonas de Pskov (1480) ; saint Michel (Viktorov), confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARC ÉVÊQUE D’ARÉTHUSE

Saint Marc évêque d’Aréthuse (vers 364)

Notre saint Père Marc fut consacré évêque de la ville d’Aréthuse (auj. Er Restan), en Syrie, sous le règne de saint Constantin le Grand. Poussé par un zèle divin, il s’illustra alors dans la lutte contre l’idolâtrie et démolit de ses propres mains un temple païen, construisant à sa place une église. Pendant les années troublées qui suivirent le Concile de Nicée, il se laissa entraîner dans les rangs des évêques semi-ariens qui, sans renier la divinité du Verbe, n’admettaient pas l’introduction du terme « consubstantiel » (homoousios) dans le Symbole de foi. Il assista aux conciles de Sardique (343) et de Sirmium (351), et rédigea même un formulaire de foi, qui cherchait à concilier les partis opposés, afin de restaurer l’unité de l’Église (359). Mais il réalisa bientôt son erreur et rejoignit sans ambiguïté les rangs des orthodoxes, peu de temps avant que Julien l’Apostat prenne le pouvoir et commence sa politique de restauration violente du paganisme (361). En apprenant ce retournement de la situation les païens d’Aréthuse, qui gardaient une rancune tenace à l’égard de l’évêque, tentèrent de s’emparer de lui. Sans reconnaissance pour Marc, qui lui avait jadis sauvé la vie au moment de l’assassinat de ses parents, Julien avait accordé toute sa bienveillance aux idolâtres dans cette affaire, et il les laissa perquisitionner dans toute la région à la recherche de l’évêque qui avait fui pour ne pas s’exposer sans nécessité à la persécution. Mais quand il apprit qu’on avait arrêté à sa place d’autres chrétiens et qu’on les soumettait à la torture, il alla se livrer de lui-même aux païens. Dès qu’ils le virent, ceux-ci se jetèrent sauvagement sur le vieillard, sans égard pour ses cheveux blancs, et, le dénudant, ils le couvrirent de coups. Puis ils le jetèrent dans un égout infect et le livrèrent à des enfants qui le percèrent de leurs poinçons à écrire. Par la suite on lui enduisit le corps de saumure et de miel et, l’enfermant dans une corbeille qu’on suspendit en plein air, on l’exposa à l’ardeur du soleil et aux dards des guêpes et des abeilles. Malgré ces tourments, Marc restait inflexible dans sa confession de foi et refusait tout compromis avec les païens qui voulaient lui arracher au moins la promesse de rebâtir à ses frais le temple qu’il avait détruit. Le saint refusa de leur accorder quoi que ce soit, disant qu’une simple obole serait, dans ce cas, équivalente au reniement de la foi tout entière. Et il se moquait de leur bassesse et de leurs soucis terrestres, alors qu’il se trouvait, lui, élevé au ciel par les tourments qu’ils lui infligeaient. Vaincus, finalement les païens le relâchèrent et un certain nombre d’entre eux, édifié par son endurance et par ses discours, se convertit au Christ. Saint Marc mourut en paix en 364, et remporta le trophée des confesseurs du Christ. À la même époque, Cyrille, diacre à Héliopolis de Phénicie, qui avait lui aussi détruit de nombreuses idoles au temps de saint Constantin, fut arrêté par les païens. Ils lui ouvrirent le ventre, dispersèrent ses entrailles sur le sol et mangèrent son foie cru. Les coupables de cette infamie furent par la suite l’objet de la vengeance divine : les uns perdirent toutes leurs dents, les autres eurent la langue atteinte de putréfaction et d’autres perdirent la vue. À Ascalon et Gaza, villes de Palestine, où l’idolâtrie était tenace, les idolâtres s’emparèrent de clercs et de femmes consacrées à Dieu. Ils leur arrachèrent les entrailles et remplirent leur ventre d’orge, puis ils les livrèrent en pâture aux porcs. À Sébaste, ils ouvrirent la châsse contenant les reliques du saint Précurseur Jean le Baptiste et les jetèrent au feu, puis ils dispersèrent les cendres à tout vent. Malgré toutes ces atrocités, les païens ne parvinrent pas à restaurer le culte des idoles et, dans sa grande majorité, le peuple restait indifférent à leurs tentatives, à tel point que, quand Julien voulut organiser une grande fête à Antioche en l’honneur d’Apollon, il eut la surprise de se retrouver seul avec ses courtisans dans le temple vide, pendant qu’en ville on se moquait de lui.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Marc, évêque d’Aréthuse et des autres martyrs, ton 8
Ayant mortifié par le renoncement / l’ardeur et l’élan de leurs passions, / les Martyrs du Christ ont reçu le pouvoir / de chasser toute langueur et toute maladie / et de faire des miracles, vivant après leur mort. / Ô merveille étonnante! De simples ossements / deviennent une source de guérison. / Glorifions l’unique sagesse du Dieu créateur.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 32, – IX, 11)
Maintenant donc, mon fils, écoute-moi.
Heureux l’homme qui m’écoutera,
et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes
et gardant le seuil de ma demeure.
Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme,
et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse a édifié pour elle une maison,
et elle l’a appuyée sur sept colonnes.
Elle a égorgé ses victimes ;
elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table.
Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ;
et à ceux qui manquent de sens elle a dit:
Venez, mangez de mon pain ;
buvez du vin que j’ai mêlé pour vous.
Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ;
cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir.
Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ;
celui qui blâme l’impie se moque de lui-même.
Ne réprimande pas le méchant,
de peur qu’il ne te haïsse ;
mais corrige le sage, et il t’aimera.
Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ;
avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse,
et le conseil des saints est l’intelligence ;
car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit.
Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

16 mars (ancien calendrier)/29 mars (nouveau)

16 mars (ancien calendrier)/29 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Sabin, martyr en Égypte (IVème s.) ; saint Aristobule, évêque de Grande-Bretagne (Ier s.) ; saint hiéromartyr Alexandre, pape de Rome (119) ; saint Nicandre, martyr (IVème s.) ; saints hiéromartyr Trophime et Thalus de Laodicée (300) ; saint martyr Julien d’Anazarbus (305) ; saint Papas, martyr à Larandes en Lycaonie (vers 310) ; saint Aninas, ermite syrien, thaumaturge ; saint Christodule de Patmos (1093) ; saint Pimène, fol en Christ, apôtre du Daghestan, et son compagnon saint Antoine le Meskhe (XIIIème s) ; saint Sérapion, archevêque de Novgorod (1516).

SAINT SABIN D’ÉGYPTE

Saint Sabin, martyr en Égypte (IVème s.)

Issu d’une des principales familles d’Hermopolis sur le Nil, saint Sabin s’était rendu célèbre par son activité en faveur du christianisme, c’est pourquoi, dès le déclenchement de la grande persécution de Dioclétien (303), il fut recherché par les hommes de l’empereur. Il s’était réfugié avec six autres chrétiens, dans une petite cabane à quelque distance de la cité, où ils persévéraient dans le jeûne et la prière. Dénoncés par un mendiant à qui Sabin avait fait l’aumône, ils furent amenés, chargés d’entraves, auprès du gouverneur Arien, en-dehors de la ville. Celui-ci, constatant l’audace du saint, le fit cruellement flageller jusqu’au sang, dans l’espoir de le faire céder. Comme il gardait le silence malgré les questions du gouverneur, un des hommes déclara que Sabin avait perdu l’esprit. Le martyr lui répondit alors : « Il n’en est rien, j’ai toute ma raison, et c’est bien pour cela que je me refuse à abandonner le Christ pour sacrifier aux démons ! » Comme la troupe devait traverser le fleuve pour entrer dans la ville, les eaux en furent soudain violemment agitées, comme par une tempête, et le bateau sur lequel se trouvaient le gouverneur et Sabin échappa de justesse au naufrage. Aussi, dès qu’ils furent parvenus à destination, Arien fit-il comparaître le saint à son tribunal en l’accusant d’avoir employé des artifices magiques pour échapper à la justice. Il le fit étendre à terre, les membres attachés à quatre piquets, et lui fit passer sur tout le corps des torches enflammées. Mais le saint n’en cessait pas pour autant de confesser que le Christ était sa seule espérance et exhortait le gouverneur à ne pas tarder davantage pour le livrer à la mort qui allait être pour lui l’entrée dans la vie éternelle. La sentence ayant été finalement prononcée, il fut embarqué sur un bateau jusqu’au milieu du fleuve et fut précipité dans les flots avec une lourde pierre attachée aux pieds, après avoir prédit dans une dernière prière que son corps serait retrouvé trois jours plus tard. En effet, trois jours après, des chrétiens retrouvèrent son corps sur la berge et l’ensevelirent dignement avec la pierre qui avait servi à son supplice.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Sabin, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Sabin, ton 2
Divine plante, immarcescible fleur, / rameau porteur de nombreux fruits, / théophore Sabin, remplis de ta joie / les fidèles vénérant ta mémoire sacrée / et sans cesse intercède pour nous tous auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 32, – IX, 11)
Maintenant donc, mon fils, écoute-moi.
Heureux l’homme qui m’écoutera,
et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes
et gardant le seuil de ma demeure.
Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme,
et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse a édifié pour elle une maison,
et elle l’a appuyée sur sept colonnes.
Elle a égorgé ses victimes ;
elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table.
Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ;
et à ceux qui manquent de sens elle a dit:
Venez, mangez de mon pain ;
buvez du vin que j’ai mêlé pour vous.
Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ;
cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir.
Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ;
celui qui blâme l’impie se moque de lui-même.
Ne réprimande pas le méchant,
de peur qu’il ne te haïsse ;
mais corrige le sage, et il t’aimera.
Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ;
avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse,
et le conseil des saints est l’intelligence ;
car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit.
Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

28 mars

28 mars
GRAND CARÊME

Saint Hilarion le jeune, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (vers 754) ; saints Jonas et Barachise (330) ; sainte Gundelinde, abbesse de Bas-Moutier en Alsace (750) ; saint Étienne, thaumaturge, abbé du monastère de Triglium, confesseur (815) ; saint martyr Boïan de Bulgarie (vers 830) ; saint Eustrate, moine et martyr des Grottes de Kiev (1097) ; saint Hilarion de Gdov (1476) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Postinikov), confesseur, prêtre (1931), hiéromartyre Basile (Malinine), prêtre (1938), martyr Jean (Tchernov) (1939).

SAINT HILARION LE JEUNE

Saint Hilarion le jeune, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (vers 754)

Ayant pris sur lui le joug du Christ dès son enfance, saint Hilarion se purifia de toutes les passions par l’ascèse et la prière continuelle. Il était si compatissant envers les pauvres, qu’il lui arrivait souvent de leur donner son seul vêtement et de continuer, nu, sa route. Humble, affable et d’humeur toujours enjouée, il fut placé à la tête du monastère du Pélécète, au Mont Olympe de Bithynie, au temps de la persécution iconoclaste. Son expérience de la contemplation de l’image du Christ déposée en lui, lui permit de confesser avec audace le bien-fondé de la vénération des saintes icônes et de supporter maintes persécutions de la part des tyrans (vers 754). En récompense de tous ces combats pour la vertu et la vérité, Dieu lui accorda la gloire éternelle et fit jaillir de son tombeau quantité de miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: / afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; / et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, / pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; / c’est ainsi que ton esprit se réjouit, / saint Hilarion, avec les Anges dans le ciel.
Kondakion de saint Hilarion, ton 4

Au Seigneur tu as consacré ta vie, Bienheureux, et tu fus vraiment un excellent prêtre du Christ; après d’innombrables et pénibles efforts, joyeusement tu es passé vers les demeures du ciel et maintenant tu fais jaillir sur nous des flots de guérisons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

27 mars

27 mars
GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Grégoire Palamas. Sainte Matrone, martyre à Thessalonique (IIIème-IVème s.) ; saint Jean l’Égyptien, ermite en Thébaïde (395) ; saints Manuel et Théodose, martyrs (304) ; saint Dominique, évêque de Cambrai (vers 545) ; saint Védulphe, évêque d’Arras (580).

L’ENSEIGNEMENT DE ST GRÉGOIRE PALAMAS

À l’époque de St Grégoire Palamas, un moine originaire de Calabre, Barlaam (1290-1348), s’était acquis une brillante renommée dans les milieux intellectuels de la capitale, grâce à son habilité pour les spéculations abstraites. Il aimait particulièrement commenter les écrits mystiques de saint Denys l’Aréopagite, mais il en donnait une interprétation purement philosophique, ne faisant de la connaissance de Dieu que l’objet de froids raisonnements et non le fruit d’une expérience vécue. Ayant fait la connaissance de quelques moines simples à Thessalonique, ce délicat humaniste avait été scandalisé par leurs méthodes de prière et par la place qu’ils laissaient à l’élément sensible dans la vie spirituelle. Il prit cette occasion pour calomnier les moines et les accuser d’hérésie messalienne auprès du Synode permanent de Constantinople (1337). Les hésychastes firent alors appel à St Grégoire qui rédigea plusieurs traités, dans lesquels il répondait aux accusations de Barlaam en situant la spiritualité monastique dans une vaste synthèse théologique. Il y montrait que l’ascèse et la prière sont l’aboutissement de tout le mystère de la Rédemption et qu’elles sont le moyen offert à chacun pour faire éclore la grâce déposée en lui au baptême. Il défendait aussi le bien-fondé des méthodes utilisées par les hésychastes pour fixer l’intelligence dans le cœur, car, depuis l’Incarnation, c’est dans nos corps sanctifiés par les sacrements et greffés par l’Eucharistie au Corps du Christ que nous devons rechercher la grâce de l’Esprit. Cette grâce est la gloire de Dieu elle-même qui, jaillissant du corps du Christ le jour de la Transfiguration, a frappé les disciples de stupeur (cf. Mt XVII) et qui, lorsqu’elle resplendit dans notre cœur purifié de ses passions, nous unit vraiment à Dieu, nous illumine, nous déifie et nous donne un gage de la gloire qui brillera aussi sur le corps des saints après la Résurrection générale. En affirmant ainsi la pleine réalité de la déification, Grégoire ne niait pourtant pas que Dieu soit absolument transcendant et inconnaissable dans Son essence. À la suite des saints Pères, mais de manière plus nette, il distingue en Dieu l’essence imparticipable et les énergies éternelles, créatrices et providentielles, par lesquelles le Seigneur fait participer les êtres créés à Son Être, à Sa vie et à Sa lumière, sans toutefois n’introduire aucune division dans l’unité de la Nature divine. Pour saint Grégoire, Dieu n’est donc pas le concept des philosophes, mais il est Amour, Personne vivante et feu dévorant, comme l’enseigne l’Écriture, et Il fait tout pour nous déifier. D’abord reconnues par les autorités de l’Athos en 1340, les réfutations du saint furent ensuite adoptées par l’Église, qui condamna Barlaam — et avec lui l’humanisme philosophique qui devait bientôt animer la Renaissance européenne — au cours de deux conciles réunis à Sainte-Sophie, en 1341.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 2
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de St Grégoire Palamas, ton 8
Flambeau de l’Orthodoxie, soutien et docteur de l’Église, modèle des moines, défenseur invincibles des théologiens, ô Grégoire thaumaturge, fierté de Thessalonique, prédicateur de la Grâce, intercède toujours pour le salut de nos âmes.

Kondakion de St Grégoire Palamas, ton 8
Instrument sacré et divin de la Sagesse, porte-voix lumineux de la théologie, nous te chantons d’une seule voix, Grégoire aux paroles divines ; mais toi qui es intelligence devant la Première Intelligence, conduis vers Elle notre intelligence, pour que nous te clamions : réjouis-toi, ô père, prédicateur de la Grâce.

Kondakion du triode, ton 4
Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, le jugement est proche ; hâtons-nous donc de jeûner, apportons les pleurs de componction avec des œuvres de miséricorde et disons : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, mais Toi, le Créateur de toutes choses, pardonne-nous, afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Évangile du jour
(Mc II, 1-12)

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison,
et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d’eux: Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil.

14 mars (ancien calendrier)/27 mars (nouveau)

14 mars (ancien calendrier)/27 mars (nouveau)

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Grégoire Palamas. Saint Benoît de Nursie, patriarche des moines d’Occident (550) ; saint Euschimon, évêque de Lampsaque, confesseur (IXème s.) ; saint Rostislav-Michel, prince (1167); saint Théognoste, métropolite de Kiev (1353).

L’ENSEIGNEMENT DE ST GRÉGOIRE PALAMAS

Saint Grégoire Palamas.

À l’époque de St Grégoire Palamas, un moine originaire de Calabre, Barlaam (1290-1348), s’était acquis une brillante renommée dans les milieux intellectuels de la capitale, grâce à son habilité pour les spéculations abstraites. Il aimait particulièrement commenter les écrits mystiques de saint Denys l’Aréopagite, mais il en donnait une interprétation purement philosophique, ne faisant de la connaissance de Dieu que l’objet de froids raisonnements et non le fruit d’une expérience vécue. Ayant fait la connaissance de quelques moines simples à Thessalonique, ce délicat humaniste avait été scandalisé par leurs méthodes de prière et par la place qu’ils laissaient à l’élément sensible dans la vie spirituelle. Il prit cette occasion pour calomnier les moines et les accuser d’hérésie messalienne auprès du Synode permanent de Constantinople (1337). Les hésychastes firent alors appel à St Grégoire qui rédigea plusieurs traités, dans lesquels il répondait aux accusations de Barlaam en situant la spiritualité monastique dans une vaste synthèse théologique. Il y montrait que l’ascèse et la prière sont l’aboutissement de tout le mystère de la Rédemption et qu’elles sont le moyen offert à chacun pour faire éclore la grâce déposée en lui au baptême. Il défendait aussi le bien-fondé des méthodes utilisées par les hésychastes pour fixer l’intelligence dans le cœur, car, depuis l’Incarnation, c’est dans nos corps sanctifiés par les sacrements et greffés par l’Eucharistie au Corps du Christ que nous devons rechercher la grâce de l’Esprit. Cette grâce est la gloire de Dieu elle-même qui, jaillissant du corps du Christ le jour de la Transfiguration, a frappé les disciples de stupeur (cf. Mt XVII) et qui, lorsqu’elle resplendit dans notre cœur purifié de ses passions, nous unit vraiment à Dieu, nous illumine, nous déifie et nous donne un gage de la gloire qui brillera aussi sur le corps des saints après la Résurrection générale. En affirmant ainsi la pleine réalité de la déification, Grégoire ne niait pourtant pas que Dieu soit absolument transcendant et inconnaissable dans Son essence. À la suite des saints Pères, mais de manière plus nette, il distingue en Dieu l’essence imparticipable et les énergies éternelles, créatrices et providentielles, par lesquelles le Seigneur fait participer les êtres créés à Son Être, à Sa vie et à Sa lumière, sans toutefois n’introduire aucune division dans l’unité de la Nature divine. Pour saint Grégoire, Dieu n’est donc pas le concept des philosophes, mais il est Amour, Personne vivante et feu dévorant, comme l’enseigne l’Écriture, et Il fait tout pour nous déifier. D’abord reconnues par les autorités de l’Athos en 1340, les réfutations du saint furent ensuite adoptées par l’Église, qui condamna Barlaam — et avec lui l’humanisme philosophique qui devait bientôt animer la Renaissance européenne — au cours de deux conciles réunis à Sainte-Sophie, en 1341.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 2
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de St Grégoire Palamas, ton 8
Flambeau de l’Orthodoxie, soutien et docteur de l’Église, modèle des moines, défenseur invincibles des théologiens, ô Grégoire thaumaturge, fierté de Thessalonique, prédicateur de la Grâce, intercède toujours pour le salut de nos âmes.

Kondakion de St Grégoire Palamas, ton 8
Instrument sacré et divin de la Sagesse, porte-voix lumineux de la théologie, nous te chantons d’une seule voix, Grégoire aux paroles divines ; mais toi qui es intelligence devant la Première Intelligence, conduis vers Elle notre intelligence, pour que nous te clamions : réjouis-toi, ô père, prédicateur de la Grâce.

Kondakion du triode, ton 4
Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, le jugement est proche ; hâtons-nous donc de jeûner, apportons les pleurs de componction avec des œuvres de miséricorde et disons : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, mais Toi, le Créateur de toutes choses, pardonne-nous, afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Évangile du jour
(Mc II, 1-12)

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison,
et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d’eux: Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil.

26 mars

26 mars
GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Clôture de la Fête de l’Annonciation. Synaxe de l’archange Gabriel ; saint hiéromartyr Irénée, évêque de Sirmium (304) ; les 26 martyrs Goths dont saints Bathuse et Véréka, prêtres, Arpyla, moine, Abippas, Hagias, Ryas, Hégathrax, Hiscoès, Silas, Sigétzas, Souerilas, Souemblas, Guimblas, Therthas, Philgas , Anna, Allas, Baride, Manéa, Virco, Animais et un autre martyr anonyme (370) ; saint Malc de Syrie (IVème s.) ; saint Basile le jeune, ermite à Constantinople (952) ; saint Sicaire, évêque de Lyon (vers 435) ; néomartyr Georges de Sofia, brûlé vif à Andrinople (1437), martyre Parscève (Kontchev) (1939).

SYNAXE DE L’ARCHANGE GABRIEL

L’archange Gabriel

En ce jour, comme il est de coutume après les grandes fêtes du Seigneur, nous célébrons celui qui a été envoyé par Dieu auprès de la Très Sainte Vierge pour être le messager de la Bonne Nouvelle. Depuis l’origine, et tout au long de l’histoire de notre salut, ce prince des Puissances incorporelles fut pour nous, hommes, l’Ange de la miséricorde et de la bienveillance divines. Être de feu, dégagé de toute altération et consacré en permanence à la contemplation de la gloire divine, l’Archange Gabriel a été désigné par le Seigneur comme serviteur chargé d’un ministère et envoyé en service pour ceux qui doivent hériter le salut (Hb 1, 14). Selon saint Proclos de Constantinople, son nom, qui peut être interprété comme « Dieu et homme », le vouait à annoncer tous les mystères qui ont concouru à la préparation de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Le sommet et le terme de sa mission fut donc le : Réjouis-Toi ! qu’il annonça à la Mère de Dieu et qui est devenu la formule de louange et d’action de grâces de tous ceux qui ont, grâce à lui, hérité le Salut et s’efforcent d’imiter sur la terre le mode de vie des anges.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’archange Gabriel, ton 4
Archistratège des célestes armées, / malgré notre indignité nous te prions / de nous protéger par tes prières et nous garder / à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle, / nous qui nous prosternons devant toi et te supplions instamment: / délivre-nous de tout danger, / grand Prince des Puissances d’en-haut.

Tropaire de l’Annonciation, ton 4
Aujourd’hui, c’est l’aurore de notre salut, / où se manifeste le mystère éternel: / le Fils de Dieu devient fils de la Vierge / et Gabriel annonce cette grâce. / Avec l’Ange disons donc à la Mère de Dieu: / Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Kondakion de l’archange Gabriel, ton 2
Archistratège de Dieu, serviteur de sa gloire, / guide des mortels et chef des Anges, obtiens-nous / ce qui est utile à nos âmes et la grande miséricorde.

Évangile du jour
(Mc I, 35-44)

Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, Jésus se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ; et, quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent: Tous te cherchent. Il leur répondit: Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi; car c’est pour cela que je suis sorti. Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les démons. Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié. Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations, et lui dit: Garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage.

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski