19/09/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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2 juin (ancien calendrier) / 15 juin (nouveau)

2 juin (ancien calendrier) / 15 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres

Saint Nicéphore, archevêque de Constantinople, confesseur (828) ; saint Pothin, évêque de Lyon, avec saints Sanctus, diacre, Vétius, Epagathus, Maturus, Ponticus, Biblis, Attale, Alexandre et sainte Blandine, martyrs à Lyon (177) ; saint Majan, évêque (vers 610) ; saint Algise, moine, évangélisateur de la Picardie (670) ; saint Jean le nouveau de Suceava en Moldavie, mégalomartyr (1330-1340).

SAINT HIÉROMARTYR POTHIN, ÉVÊQUE DE LYON

Originaire d’Asie Mineure, saint Pothin avait reçu le ministère de l’Église de Lyon qu’il gouverna en paix pendant de longues années, en la confirmant dans les traditions apostoliques. Il était âgé de plus de quatre-vingt-dix ans lorsque la persécution de Marc Aurèle frappa la métropole de l’Église des Gaules. Malgré son âge et son extrême faiblesse, il fut arrêté avec les autres chrétiens de la ville et porté au tribunal par les soldats, accompagné par des cris variés de la foule. Sous l’action du Saint-Esprit et dans son désir ardent du martyre, il trouva les forces d’un jeune athlète pour confesser sa foi. Comme le gouverneur lui demandait qui était le Dieu des chrétiens, il répondit : « Si tu en es digne, tu le connaîtras ». Il fut alors emmené et traîné sans pitié. On l’outrageait de toutes manières : ceux qui étaient proches le frappaient des mains et des pieds, et ceux qui étaient loin lançaient sur lui tout ce qu’ils trouvaient à portée de main. Il respirait à peine quand il fut jeté en prison et enfermé dans un cachot si étroit qu’on ne pouvait s’y tenir debout ; c’est là qu’après deux jours, il remit son âme au Seigneur. Les autres saints martyrs furent gardés en prison pour être donnés en spectacle à la foule avide de sang, et livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre, à l’occasion des fêtes impériales des Trois Gaules.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Nicéphore, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * une règle de foi pour ton troupeau, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et la richesse par ta pauvreté. * Nicéphore, pontife sacré, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Nicéphore, ton 4
Nicéphore, toi qui depuis le ciel as reçu * de Dieu la couronne de victoire en ce jour, * sauve les fidèles te vénérant comme Pontife et Docteur.

Évangile DU JOUR
(Matth. VIII, 23-27)
Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent: Seigneur, sauve-nous, nous périssons! Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d’étonnement: Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer?

14 juin

14 juin
Carême des saints Apôtres

Saint Élisée, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Méthode, patriarche de Constantinople, confesseur (847) ; saint Mstislav baptisé Georges, prince de Novgorod (1180) ; saint Méthode, higoumène de Pechnocha (XIVème s.) ; saint Élisée de Soumy (XVème-XVIème s.) ; saints Valère et Rufin, martyrs à Bazoche (287) ; saint Éthère, évêque de Vienne (VII°) ; saint Psalmode (ou Sayman), anachorète dans le Limousin (VIIème s.) ; saint Agrice, évêque de Sens (Vème s.)

SAINT PROPHÈTE ÉLISÉE
Le saint prophète Élisée, dont le nom signifie « Dieu est salut », était fils d’un riche cultivateur d’Abel-Mehola dans la vallée du Jourdain. Un jour qu’il labourait avec douze paires de bœufs, le saint prophète Élie [20 juil.] s’approcha et jeta sur lui sa mélote , signifiant par cet acte qu’il l’instituait son disciple et l’héritier de son charisme prophétique. Élisée immola deux bœufs et se servit de leur attelage pour les brûler en sacrifice au Seigneur. Puis, renonçant à tout et sans aller dire adieu aux siens, il suivit Élie et se fit son serviteur dévoué. Quand Élie eut achevé sa mission, Élisée insista pour le suivre jusqu’au lieu où il devait être enlevé au ciel, et il demanda à son maître de lui léguer une double part de son esprit prophétique. Un char de feu apparut, et Élie monta au ciel dans un tourbillon, laissant glisser à terre son manteau. Élisée le prit et revint sur la rive du Jourdain. Il frappa les eaux en invoquant le « Dieu d’Élie », et les eaux se divisèrent d’un côté et de l’autre pour le laisser traverser à pied sec. La congrégation des frères prophètes vint alors se prosterner devant lui, disant : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! » Élisée accomplit son ministère prophétique pendant environ cinquante ans (850-800 av. J.-C.), dans le royaume de Samarie, sous les règnes successifs de Joram, Jéhu, Joachaz et Joas. Il exhortait inlassablement les Israélites : rois, puissants et gens du peuple, à se détourner des dieux étrangers, Baal et Astarté, pour retourner au culte du seul vrai Dieu. Certains prophètes prêchèrent par des paroles et des visions, d’autres par leurs souffrances et leurs tribulations, Élisée, lui, comme son maître, manifesta la véracité de sa prédication par des miracles. L’Esprit de Dieu était en lui « puissance » qui renversait les lois naturelles pour témoigner de la grâce accordée à ceux qui adhèrent au vrai Dieu, et annonçait ainsi, en figure, l’œuvre du Sauveur. Le prophète assainit par du sel les eaux d’une fontaine près de Jéricho, multiplia la réserve d’huile d’une pauvre veuve pour lui permettre de s’acquitter de ses dettes, transforma du potage amer en une soupe délicieuse pour nourrir les frères prophètes, et multipliant vingt pains d’orge, il nourrit plus de cent personnes. Chaque fois qu’il passait à Sumen, l’homme de Dieu était hébergé chez une femme de qualité. Un jour, le fils qu’elle avait obtenu grâce aux prières d’Élisée, vint à mourir. Elle alla en hâte rejoindre le prophète au mont Carmel et le supplia de venir auprès du défunt. Élisée le trouva étendu sur son propre lit et, alors que le miracle aurait pu s’accomplir par sa seule prière, il s’étendit sur l’enfant, mettant sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux, ses mains contre ses mains, et il lui insuffla un souffle de vie. Par cet acte, le prophète figurait l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ qui est descendu du ciel, pour se proportionner à la mesure de l’homme, mort par le péché, et lui insuffler son Esprit de vie éternelle. Par la suite, Élisée engagea la même Sunamite à fuir le royaume d’Israël et à se rendre dans le pays des Philistins, afin d’échapper à une famine qui allait durer sept années. Une autre fois, un des frères prophètes, qui était au travail au bord du Jourdain, laissa tomber le fer de sa hache dans le fleuve. À sa prière, Élisée prit un morceau de bois, le jeta à cet endroit et fit surgir le fer, annonçant ainsi en figure la vertu de la Croix qui relève la nature humaine déchue. Illuminé par la grâce de Dieu, le regard d’Élisée était si pénétrant qu’il dévoilait aux rois d’Israël et à leurs alliés, les plans du roi d’Assyrie. Et chaque fois que celui-ci voulait dresser une embuscade aux Israélites, il les trouvait déjà en place et prêts au combat. Dans Samarie assiégée par les Syriens et aux prises avec la famine, l’homme de Dieu annonça la prochaine délivrance au roi qui était prêt à blasphémer. Le lendemain, on découvrit que l’armée ennemie avait décampé, à la suite d’une vision terrifiante, laissant derrière elle toutes ses réserves et un immense butin. Non content de prophétiser pour les Israélites, le prophète Élisée exerça aussi son ministère envers les païens. Il prédit l’assassinat du roi de Damas, Ben-Hdad II, par son officier Hazaèl et annonça à ce dernier qu’il allait prendre le pouvoir. Une autre fois, il guérit de la lèpre Naaman, le général de l’armée syrienne, en lui ordonnant d’aller se baigner dans le Jourdain, figurant ainsi le salut des païens par le saint baptême. Mais la grâce de Dieu agissait aussi par lui pour châtier le péché. Des enfants insolents s’étant moqués du prophète, il les maudit, et deux ours sortirent du bois et déchirèrent quarante-deux d’entre eux. Comme son serviteur, Ghézi, avait voulu soutirer les présents que Naaman lui avait envoyés en signe de gratitude, il ne put échapper au regard infaillible de son maître et fut atteint de lèpre. Par toutes ces actions d’éclats accomplies par Dieu, par l’entremise de son prophète, le royaume d’Israël fut presque débarrassé du culte de Baal ; mais les Juifs, coupables d’avoir rompu l’unité du royaume, avaient néanmoins besoin de constantes interventions divines, pour se détourner des idoles et du péché, et revenir au culte du vrai Dieu. Le saint prophète Élisée mourut dans un grand âge, après avoir prédit au roi d’Israël, qui était venu à son chevet pleurer sur sa perte, qu’il vaincrait les Syriens. Cette année-là, un mort, qui avait été jeté dans la tombe du prophète au cours d’une attaque des Moabites, reprit vie et se dressa sur ses pieds. C’est pourquoi Sirac le Sage loue le saint prophète en disant : « Et jusque dans la mort son corps prophétisa » (Sir 48,13). Cette sépulture, après avoir été en grand honneur chez les Juifs, fut violée sous Julien l’Apostat (362), mais des fragments des reliques du prophète purent être transférés à Alexandrie et Constantinople, où une église lui était dédiée.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Élisée, ton 4
L’ange dans la chair, le glorieux Elie, * le socle des divins prophètes, * le second précurseur de la venue du Christ, * celui qui envoie du ciel la grâce sur Elisée, * chasse au loin les maladies * et purifie les lépreux; * sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

Tropaire de St Méthode, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * une règle de foi pour ton troupeau, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et par ta pauvreté la richesse. * Méthode, pontife sacré, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de St Méthode, ton 2
Sur terre tu luttas en incorporel * et tu reçus en héritage les cieux, * Méthode, toi qui as affermi dans l’univers * la vénération des images sacrées; * admirable dans les peines et les douleurs, * tu ne cessas de reprendre franchement * ceux qui rejetèrent l’icône du Christ.

Kondakion du St prophète Élisée, ton 2
Prophète de Dieu, tu le devins, * bienheureux Elisée, en recevant * la double grâce vraiment digne de toi, * puisque d’Elie tu as été le compagnon; * sans cesse en faveur de nous tous * intercède avec lui auprès du Christ notre Dieu.

Évangile DU JOUR
(Matth. VII, 21-23)

Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.

1er juin (ancien calendrier) / 14 juin (nouveau)

1er juin (ancien calendrier) / 14 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres

Saint Justin le Philosophe et ses compagnons : Chariton, Charité, Evelpiste, Hiérax, Péon, Valérien et Justin, martyrs à Rome (166) ; saint Reverien, évêque d’Autun (273) ; saint Caprais, abbé du monastère de Lérins (430) ; saint Clair, évêque martyr (IVème s.) ; saint Agapet, médecin, anargyre, des Grottes de Kiev (XIème s.); saint Denis, abbé de Glouchistsa (1437); s14aint Ronan, ermite en Bretagne (VIème s.) ; saint Justin de Tchélié (1979) ; néomartyrs de Russie : hiéromartyr Basile (Preobrajensky), prêtre, Vera (Samsonov), martyre (1940).

SAINT JUSTIN LE PHILOSOPHE

Saint Justin naquit dans les premières années du second siècle à Flavia Néapolis (auj. Naplouse), ville fondée sur le site de la Sichem biblique après la prise de Jérusalem par les Romains. De famille païenne aisée, il reçut une éducation choisie et, nourrissant un ardent désir de la vérité, il fréquenta divers philosophes ; mais il n’en tira que déception en constatant qu’ils ne pouvaient rien lui enseigner de satisfaisant sur Dieu. Finalement, il s’attacha à un platonicien de renom qui sut donner des ailes à son esprit par la réflexion sur les « idées » et sur le monde spirituel évoqué par Platon. Après peu de temps, croyant être devenu sage et espérant voir Dieu immédiatement, comme le lui promettait le philosophe, il se retira dans un lieu voisin de la mer, solitaire et silencieux, pour s’y livrer à la méditation. Comme il se promenait sur le rivage, plongé dans ses réflexions, un vieillard à l’aspect vénérable et majestueux, à la fois doux et grave, apparut devant lui. Ils engagèrent la conversation, et Justin lui fit l’éloge de la philosophie comme étant l’œuvre la plus grande et la plus précieuse, en comparaison de laquelle toutes les autres activités humaines sont négligeables. Le vieillard lui demanda alors comment les philosophes peuvent se faire une idée juste de Dieu, alors qu’ils n’en ont pas l’expérience vécue. Comme Justin répondait que l’intellect peut voir Dieu, l’ancien répliqua qu’il ne reçoit en fait ce pouvoir que lorsqu’il est revêtu de l’Esprit Saint, après s’être préalablement purifié par la pratique de la vertu. Il réfuta aussi la doctrine platonicienne sur l’âme et la réincarnation, et lui montra qu’on ne peut raisonnablement soutenir que le monde soit éternel et incréé : seul Dieu est inengendré et incorruptible, parfaitement un et toujours égal à Lui-même. Quant à l’âme, contrairement à l’opinion de Platon, la vie ne lui appartient pas en propre ; mais c’est parce qu’elle participe à la vie, donnée par Dieu, qu’elle a la vie. Justin, exalté par ces paroles, lui demanda à quels maîtres recourir pour connaître cette vérité ignorée des sages d’antan. Le vieillard lui répondit que cette doctrine est celle de grands hommes, plus anciens que les philosophes, des hommes justes et chers à Dieu, qui parlaient par l’Esprit Saint et rendaient sur l’avenir des oracles maintenant accomplis : on les appelle les prophètes. Remplis de l’Esprit Saint, ils n’ont dit et proclamé que ce qu’ils avaient vu et entendu, et non en recourant à des démonstrations subtiles. Témoins de la vérité, ils ont glorifié le seul Dieu et Père, et ont annoncé, par leurs signes et leurs écrits, le Christ qui vient de Lui. Puis il conclut en disant : « Et toi, avant tout, prie pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, car personne ne peut voir et comprendre Dieu, si Dieu et Son Christ ne lui donnent de comprendre. »

Dès que le vieillard se fut éloigné, un feu s’alluma dans l’âme du jeune philosophe pour ces prophètes et ces sages amis du Christ. Réfléchissant sur les paroles qu’il venait d’entendre, il réalisa que cette doctrine était la seule philosophie, vraie et profitable à l’âme, et décida de se joindre aux disciples du Christ, qu’il admirait depuis longtemps pour leur mépris des tortures et de la mort. Après son baptême, il étudia l’Écriture sainte en Palestine, puis, sans quitter le manteau et la barbe, signes distinctifs des philosophes, il alla enseigner cette « vraie philosophie » des prophètes et des apôtres en Asie Mineure. Vers 136, alors qu’une révolte juive était cruellement réprimée par les Romains en Palestine, il fit la rencontre d’un rabbin réputé, Tryphon, avec lequel il s’entretint pendant deux jours. Justin lui démontra, à l’aide de nombreuses citations des Écritures, que la Loi et tout l’Ancien Testament n’étaient qu’une préparation et une figure, unique et cohérente, du Christ, Fils de Dieu, le vrai Législateur de l’Alliance nouvelle annoncée par les prophètes, qui abroge l’ancienne. Ce sont maintenant les païens convertis qui constituent le vrai Israël spirituel et sont appelés à devenir « dieux » par la grâce du Saint-Esprit.

Continuant ses périples, Justin fit deux séjours prolongés à Rome et s’installa dans une maison, près des Thermes de Timothée, où il enseignait la doctrine de la vérité à ceux qui venaient le trouver. Pour lui, philosophe devenu chrétien, la Parole de Dieu, révélée dans l’Évangile, représente non seulement l’accomplissement des oracles des prophètes, mais elle est aussi la vérité que distinguèrent confusément les sages et les philosophes païens. Reconnaissant à la raison humaine ses droits, il soulignait ses limites et enseignait que c’est le même Verbe de Dieu qui inspira les prophètes et qui se trouve présent, en germe, dans toute connaissance humaine (spermatikos logos). « Tout ce qui est dit de Lui, chez qui que ce soit, cela nous appartient, à nous les chrétiens … Car tous les écrivains n’ont pu voir qu’obscurément la vérité, grâce à la semence du Verbe déposée en eux. Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l’objet même dont la participation et l’imitation procèdent de la grâce qui vient de lui » .
De son école philosophique devenue église, où se réunissaient les amis de la vraie sagesse, Justin luttait aussi pour la confirmation de la vraie foi vis-à-vis des hérétiques, ces loups déguisés en brebis, qui se faisant passer pour chrétiens enseignaient les doctrines les plus insensées . Mais c’est surtout comme « apologiste » du christianisme devant les autorités romaines que Justin s’est illustré. Vers l’an 155, il adressa une première Apologie à l’empereur Antonin le Pieux (138-161), dans laquelle il réfute les grossières calomnies que répandaient les païens au sujet des chrétiens. Ils ne sont, dit-il, ni athées, ni ennemis de l’État, et leur conduite morale est au-dessus de tout reproche, bien supérieure à celle des païens qui se rassasient de débauches. Et, après avoir démontré les concordances entre les intuitions des philosophes et la révélation biblique, il décrit la noblesse et la pureté des assemblées liturgiques, où la vie communautaire, centrée sur l’Eucharistie, se prolonge dans l’entraide et l’assistance aux nécessiteux. « Vous pouvez nous tuez, écrit-il, nous nuire, non ! Notre espérance n’est pas de ce temps présent, aussi nous ne craignons pas vos bourreaux. Nous ne haïssons pas nos accusateurs, mais nous avons pitié d’eux ; nous ne désirons que leur conversion ».

Quelques années plus tard (160), Marc Aurèle, ayant accédé au pouvoir, prit des mesures de répressions contre les chrétiens, sous l’influence de ses amis les philosophes. Une noble romaine, qui s’était convertie au christianisme et avait renoncé à sa vie dissolue sous l’influence d’un certain Ptolémée, tenta d’entraîner son mari, en lui rappelant les châtiments futurs qu’attendent les débauchés. Comme celui-ci refusait de se corriger, elle demanda le divorce. Furieux, son époux fit alors jeter Ptolémée en prison. Après une longue incarcération, celui-ci comparut devant le préfet Urbicus et confessa sa foi. La sentence de mort venait à peine d’être prononcée, qu’un certain Lucius protesta à haute voix contre ce jugement inique et confessa qu’il était lui aussi chrétien. Il fut arrêté, ainsi qu’un autre chrétien, et les trois innocents furent exécutés. À l’occasion de cet événement, Justin, pressentant qu’un sort semblable l’attendait, adressa une seconde Apologie à l’empereur et au Sénat, dans laquelle il répond d’abord à deux objections ironiques des païens, qui demandaient d’une part pourquoi les chrétiens ne se donnent pas eux-mêmes la mort pour aller plus vite vers leur Dieu, et qui disaient d’autre part : si ce Dieu est vraiment tout-puissant, pourquoi laisse-t-il opprimer ses adorateurs ? Justin expliqua que c’est la rage et la jalousie des démons qui est la cause des persécutions contre les chrétiens, et que s’il n’y avait chez eux ni vérité ni vertu, inexplicable serait leur constance dans les tourments. Si Dieu retarde la catastrophe qui doit bouleverser l’univers, ajoute-t-il, c’est à cause de la race des chrétiens, en qui Il voit un motif de conserver le monde. Et il conclut : « Je suis chrétien, je m’en fais gloire et, je l’avoue, tout mon désir est de me faire reconnaître comme tel ».

Justin avait trouvé un adversaire implacable en la personne du philosophe cynique Crescens, homme dépravé et ambitieux qui, constatant les succès du philosophe chrétien et craignant de perdre ses élèves, ne cessait de tramer des intrigues contre lui. C’est probablement à la suite de ses machinations que, vers 165, lors de son second séjour à Rome, Justin fut arrêté, sur l’ordre du préfet Rusticus, l’ancien précepteur de Marc Aurèle, avec six de ses disciples : Chariton, la vierge Charito, Évelpiste, Hiérax, Péon et Libérien.

Dès qu’ils comparurent au tribunal, le préfet s’adressa à Justin : — « Soumets-toi aux dieux et obéis aux empereurs. » — « Personne ne peut être blâmé ou condamné pour avoir obéi aux commandements de notre Seigneur Jésus-Christ », répliqua le Philosophe. Comme Rusticus lui demandait à quelle science il se consacrait, il répondit : « J’ai successivement étudié toutes les sciences. J’ai fini par m’attacher à la doctrine vraie des chrétiens, bien qu’elle déplaise à ceux que l’erreur égare. » Puis il expliqua qu’il n’enseignait rien de lui-même, mais seulement ce que les prophètes inspirés ont annoncé, et qu’il dispensait cette doctrine, librement, à quiconque venait le trouver dans sa demeure. Ses compagnons ayant confessé, chacun à son tour, qu’ils étaient chrétiens, le préfet, se tournant vers Justin, lui demanda s’il espérait gagner le ciel par les supplices qu’il allait lui infliger. Le Philosophe rétorqua: « J’espère recevoir la récompense destinée à ceux qui gardent les commandements du Christ, si je souffre les supplices que tu m’annonces. Tel est notre plus vif désir : souffrir à cause de notre Seigneur Jésus-Christ et être sauvés, ainsi nous nous présenterons assurés et tranquilles au redoutable tribunal de notre Dieu et Sauveur, devant lequel le monde entier doit comparaître. » Les autres martyrs s’écrièrent : « Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles ! » Ils entendirent la sentence de mort en rendant gloire à Dieu puis, après avoir été flagellés, ils consommèrent leur martyre en étant décapités. Quelques fidèles enlevèrent secrètement leurs corps et les ensevelirent en un lieu convenable.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Justin le Philosophe, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Justin de Tchélié, ton 8
La suavité de l’Orthodoxie et le nectar de la sagesse, ô vénérable Père, tu les déversas dans les cœurs des fidèles, telle une richesse inestimable ; par ta vie et ton enseignement, tu te montras comme un livre vivant de l’Esprit, ô Justin le sage en Dieu, prie sans cesse le Verbe divin, afin qu’Il déifie ceux qui t’honorent.

Kondakion de saint Justin le Philosophe, ton 2
Le héraut véritable de la piété, * l’orateur illustre des mystères divins, * Justin le philosophe, acclamons-le * avec des éloges, car il a, * par la force de la sagesse et de la grâce, rendu plus clair * l’exposé de notre foi; * et pour tous il implore la divine rémission.

Kondakion de saint Justin de Tchélié, ton 8
Par les vertus, divino-humainement tu ornas ta vie, tu eus le Dieu-homme pour mesure de tout et tu atteignis par Lui les sommets de la théologie ; te tenant maintenant auprès de Lui pour toute l’éternité, donne-nous la Grâce par tes saintes prières, nous qui t’acclamons ainsi avec foi : réjouis-toi Père sage en Dieu !

Évangile DU JOUR
(Matth. VII, 21-23)

Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.

13 juin

13 juin
Carême des saints Apôtres

Sainte Aquiline, martyre en Phénicie (293) ; sainte Antonina, martyre à Nicée (305) ; saint Triphylle, évêque de Nicosie à Chypre (vers 370) ; saint Prisque, archevêque de Lyon (vers 586) ; saint Rambert, martyr en Bugey (680) ; saint martyr Aventin des Pyrénées (732) ; sainte Anne de Thessalie (826) et son fils saint Jean (IXème s.) ermites ; saint Andronique et saint Sabas de Moscou (XIVème s.) ; sainte Alexandra de Diveevo (1789).

SAINTE AQUILINE
Sainte Aquiline était fille d’un notable de Byblos, en Phénicie, Eutolmios. Elle fut baptisée à l’âge de cinq ans par l’évêque Euthalios, et dès l’âge de dix ans, elle enseignait à ses compagnes comment se détourner des idoles pour adhérer au Christ, avec un tel zèle, qu’elle fut dénoncée par un certain Nicodème au proconsul Volusien, lequel avait été chargé par l’empereur Dioclétien d’appliquer dans cette région ses premiers édits de persécution. Elle confessa sans crainte le Nom du Sauveur devant le magistrat qui, sans pitié pour son jeune âge, ordonna de la frapper de verges et de lui enfoncer dans les oreilles des alènes rougies au feu. Laissée pour morte en dehors de la ville, un ange vint la secourir, et, trompant la surveillance des gardes, elle parvint jusqu’à la chambre à coucher de Volusien. Réveillé en sursaut et pris de terreur, celui-ci appela à l’aide, et accusant la sainte d’avoir user de sortilèges, il la fit décapiter le lendemain. Ses précieuses reliques furent ensuite transférées à Constantinople, dans une église qui lui fut dédiée, près du Forum, où elle jouissait d’une grande vénération.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion, ton 3
Toi que purifièrent les flots de ton sang * et que le diadème des martyrs a couronnée, * le Christ ton époux, Aquiline, t’a donnée * pour la guérison des maladies à qui se trouve dans le besoin * et pour le salut des fidèles qui accourent vers toi, * lui qui est la source de la vie éternelle.
Évangile DU JOUR
(Matth. VII, 15-21)
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.

31 mai (ancien calendrier) / 13 juin (nouveau)

31 mai (ancien calendrier) / 13 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres

Sainte Pétronille, vierge, martyre à Rome (Ier s.) ; saint apôtre Hermas, un des 70 (Ier s.) ; saint Hermias, martyr à Comane en Cappadoce (IIème s.) ; saint Philosophe d’Alexandrie, martyr (IIIème s.) ; saint Silvius, évêque de Toulouse (vers 400) ; saint hiéromartyr Philosophe (Ornatsky), prêtre et ses fils martyrs Boris et Nicolas (1918).

SAINT MARTYR HERMIAS
Le saint et glorieux martyr Hermias était un soldat d’un âge avancé, qui avait passé de longues années dans l’armée romaine, à Comanes dans le Pont. Achevant son service, sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161), il refusa toute solde et confessa sa foi au Christ Dieu. Il fut aussitôt arrêté et traduit devant le gouverneur Sébastien, qui le somma de sacrifier aux faux dieux pour montrer sa loyauté envers l’empereur. Comme Hermias refusait énergiquement, il fut livré à la torture. Les bourreaux lui brisèrent d’abord les mâchoires, puis lui arrachèrent la peau du visage. Il fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, dont il sortit indemne à la stupéfaction de tous. Sébastien décida alors de recourir à un mage, qui confectionna un poison violent à l’intention du saint. Mais lorsqu’il vit qu’Hermias n’en éprouvait aucun mal, il confessa à son tour la puissance divine du Christ et fut décapité sur-le-champ. Hermias fut alors soumis à de nouveaux tourments : on le plongea dans de l’huile bouillante, on lui creva les yeux, puis on le suspendit, la tête en bas, pendant trois jours. Finalement, le soldat du Christ étant sorti victorieux de toutes ces épreuves, il eut la tête tranchée et remporta ainsi la couronne de la victoire dans les cieux.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint, ton 6
Toi qui as combattu de tout cœur pour le Christ, * Hermias, en ta vieillesse tu montras le courage des preux; * avec la puissance du Christ tu fis échec aux intrigues des impies * et, buvant leurs poisons, tu demeuras sauf pour t’écrier: * Avec moi est le Seigneur notre Dieu * et personne à jamais ne peut rien contre moi.
Évangile DU JOUR
(Matth. VII, 15-21)
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.

12 juin

12 juin
Carême des saints Apôtres

Saint Onuphre le Grand, anachorète en Égypte (vers 400) ; saint Pierre du Mont-Athos, ascète (début du IXème s.) ; saint Arsène de Konev (1447) ; saint Onuphre de Pskov (1492) ; saints Bassien et Jonas de Solovski (1561) ; saint Onuphre et Auxence de Vologda (XV-XVIème s.) .

SAINT ONUPHRE L’ÉGYPTIEN

Vers la fin du IVe siècle, saint Paphnuce, qui vivait dans un monastère en Égypte, reçut l’inspiration de s’enfoncer dans le désert profond, afin d’y trouver des hommes de Dieu et de recevoir leur bénédiction. Après quatre jours de marche, ses provisions étant épuisées, il tomba d’inanition. Mais un ange vint le réconforter et le conduisit pendant quatorze jours, sans prendre de nourriture, jusqu’à un homme à l’apparence redoutable. Il était nu et couvert de poil, comme un animal, ne portant autour des reins qu’un pagne fait de branches d’arbres. Il avait l’apparence d’un cadavre, tant sa chair était exténuée par l’ascèse, et ses cheveux, blancs comme la neige, tombaient jusqu’à terre. Il interpella par son nom Paphnuce qui s’était caché, et ayant échangé un saint baiser, il lui raconta l’histoire de sa vie. Il lui relata qu’il était fils du roi de Perse et qu’après sa naissance, obtenue après de longues années de prières, son père avait reçu la révélation de le baptiser sous le nom d’Onuphre et de le conduire aussitôt après dans un monastère d’Égypte, pour le consacrer au service de Dieu. En chemin, une biche l’allaitait, et elle continua de le nourrir de son lait au monastère, jusqu’à l’âge de trois ans. Dans cette communauté exemplaire, l’enfant grandit dans la crainte de Dieu et l’amour de tous ses commandements. Comme il entendait sans cesse vanter les anachorètes, émules du prophète Élie et de saint Jean-Baptiste, qui vivent dans le désert pour Dieu seul, tendus tout entiers vers les biens à venir, et sans aucune consolation humaine, il fut saisi d’un désir insatiable de les imiter. Il quitta finalement de nuit le monastère, et sur la route, son Ange Gardien lui apparut, au sein d’une lumière resplendissante, et lui promit de l’assister jusqu’à la fin de ses jours. Il le guida jusqu’à une grotte où vivait un vieil anachorète d’origine juive, Hermias, qui l’instruisit pendant quelques jours sur le mode de vie des ermites, puis le conduisit jusqu’au lieu de son combat, près d’un palmier et d’une source claire. Par la suite, il lui rendait visite une fois par an, jusqu’à son bienheureux repos.
Saint Onuphre mena en ce lieu, pendant soixante-dix ans, un combat sans répit contre la nature, la faiblesse de la chair et les démons. Il endurait la chaleur torride, le froid de la nuit et de l’hiver, la faim, les maladies, pour obtenir les biens promis par Dieua à ceux qui l’aiment ; mais l’assistance divine ne lui fit jamais défaut, chaque fois que cela lui était nécessaire. Quand ses vêtements furent tombés en lambeaux, le Seigneur lui fit pousser sur tout le corps un poil abondant qui le protégeait des rigueurs du climat, et chaque jour un ange venait lui apporter un pain en nourriture. À la question de Paphnuce sur la sainte Communion, le vieillard répondit que chaque dimanche un ange de Dieu venait apporter à tous les anachorètes la sainte Communion qui les remplissait de consolation spirituelle et d’énergie pour poursuivre leurs combats. « Ayant abandonné tout souci de ce monde pour se confier en Dieu seul, nous ne sentons, lui dit-il, ni faim, ni soif, ni autre affliction. Et lorsque l’un d’entre nous désire avec nostalgie revoir les hommes, les anges le transportent en vision au Paradis, où il se voit si pénétré de lumière divine, qu’il en oublie tous ses labeurs et ses peines, et c’est avec une ardeur accrue qu’il reprend son ascèse. »
Onuphre conduisit ensuite son hôte jusqu’à sa hutte, où ils continuèrent leur entretien jusqu’au soir. Paphnuce vit alors dans la cellule un pain que Dieu avait envoyé pour eux, et après s’être rassasiés, ils passèrent toute la nuit en prière. Au matin, Onuphre révéla à son hôte que Dieu l’avait envoyé pour se charger de sa sépulture, car le temps était venu pour lui de gagner sa patrie céleste. Et il donna à Paphnuce l’ordre de retourner vers les hommes pour leur enseigner le mode de vie des ermites, afin qu’ils puissent les imiter, chacun selon ses forces. Après avoir prié, il s’étendit à terre, son visage resplendit d’une lumière qui n’était pas de ce monde et un parfum remplit l’endroit. Puis des coups de tonnerre retentirent et le ciel s’ouvrit pour faire place à l’armée angélique tout entière qui venait recevoir son âme. Au milieu de ce concert de fête, la voix du Christ se fit entendre, invitant l’âme de son serviteur à gagner la béatitude. Comme Paphnuce versait des larmes abondantes sur le corps du saint ascète, en se demandant comment ouvrir une tombe dans le sol desséché, deux lions apparurent et creusèrent pour lui une fosse, dans laquelle il déposa le corps.
Sur le chemin du retour, il rencontra quatre vieillards qui demeuraient dans une grotte depuis soixante ans, et plus loin, dans un endroit paradisiaque, quatre autres jeunes ascètes. Nobles d’Oxyrynque (à 200 km au sud du Caire), ils avaient renoncé aux études profanes pour apprendre, dans la solitude, la vraie sagesse. Ils vivaient séparés pendant cinq jours, et se retrouvaient le dimanche, pour recevoir la communion d’un ange. Malgré son désir de rester avec eux, Paphnuce dut reprendre sa marche, et finalement il parvint en Égypte, où il témoigna qu’en vérité des hommes de chair peuvent mener en ce monde une vie semblable à celle des anges. Il passa le reste de ses jours de manière agréable à Dieu, et s’endormit en paix pour rejoindre le séjour des justes.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Onuphre, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Onuphre, porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion de St Onuphre, ton 8
En ton cœur ayant reçu la clarté céleste, * vénérable Onuphre, tu es devenu * la demeure de la sainte Trinité; * et, compté parmi les Anges, désormais * tu chantes pour Dieu: Alléluia.

Évangile DU JOUR
(Matth. VI, 31-34 ; VII, 9-11)
Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.

30 mai (ancien calendrier) /12 juin (nouveau)

30 mai (ancien calendrier) /12 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres

Saint Isaac, abbé en Dalmatie, confesseur (406) ; saint Maugille, ermite en Picardie (vers 685) ; saint Hubert, évêque de Tongres et Maastricht (727) ; saint hiéromartyr Basile de Smolensk, prêtre (1942).

SAINT ISAAC DE DALMATIE

Notre saint Père Isaac était un ermite syrien, qui vivait dans le désert au temps de la persécution menée par l’empereur Valens (364-379) contre les orthodoxes. En 378, alors que ce dernier se préparait à partir en campagne contre les Goths qui, rassemblés en masse sur les rives du Danube, menaçaient Constantinople, saint Isaac, répondant à une motion divine, se présenta devant l’empereur et lui dit : « Majesté, ordonne de rouvrir les églises, et tu rentreras victorieux. » Mais le souverain se détourna dédaigneusement de lui. Le lendemain, l’homme de Dieu se tint de nouveau devant lui et lui réitéra sa demande, mais Valens passa outre. Le troisième jour, Isaac lui barra la route et, agrippant la bride de son cheval, il ne cessa de lui répéter sa requête, tantôt sous forme de supplication, tantôt sur un ton de reproche. Lorsqu’ils parvinrent à une gorge profonde, pleine de ronces, l’empereur excédé donna l’ordre à ses gardes d’y précipiter le saint. Par la grâce de Dieu, Isaac tomba au milieu des ronces comme sur un lit douillet, et deux jeunes gens, radieux et vêtus de blanc, l’en tirèrent sans retard et le transportèrent, sain et sauf, à Constantinople, au milieu de l’agora, devant l’empereur qui venait d’y arriver. Stupéfait, Valens demanda s’il était bien celui qu’il avait fait jeter dans le ravin. Le saint lui répliqua : « Ouvre les églises, et tu reviendras dans la joie. Si tu n’agis pas ainsi, sache qu’après avoir eu la vie sauve en fuyant, tu périras, brûlé par tes ennemis, dans un tas de paille. » Ébranlé par cette révélation, l’empereur n’en resta pas moins entêté, et il chargea deux sénateurs, Satornique et Victor, d’assurer la garde d’Isaac, jusqu’à son retour.

La bataille, livrée près d’Andrinople le 9 août 378, tourna à la déroute pour les troupes impériales. Valens parvint à sortir de la mêlée et alla se cacher, avec son aide de camp, dans un tas de paille. Les barbares qui le pourchassaient l’y découvrirent et y mirent le feu, et c’est ainsi que le tyran périt misérablement, réalisant la prophétie de saint Isaac. Au retour des troupes qui avaient pu échapper au carnage, certains, voulant éprouver Isaac, lui dirent : « Prépares-toi à rendre compte de ta conduite, car l’empereur est de retour. » Mais le saint leur répondit : « Voilà plus de sept jours que l’odeur de ses ossements calcinés m’est parvenue. »

Lorsque Théodose le Grand prit le pouvoir, informé des événements et du rôle joué par le saint moine, il lui rendit la liberté, et proclama sans retard un édit restituant aux orthodoxes l’usage de leurs églises, après quarante ans d’interruption. Isaac déclara que, sa mission étant achevée, il n’avait plus qu’à retourner dans son désert de Syrie. Mais Satornique et Victor le supplièrent avec larmes de rester en ville pour y rétablir la vie monastique, délaissée pendant la persécution arienne. Il finit par céder, à la condition qu’ils lui construisent une cellule, dans un endroit calme et retiré, où il pourrait finir ses jours dans l’hésychia. Les deux sénateurs, devenus ses fils spirituels, rivalisèrent de zèle dans leurs propositions, et il porta finalement son choix sur une petite propriété, offerte par Satornique, située hors de l’enceinte d’alors, dans le quartier de Psamathia (Samatya), près de la porte de Xérolophos. Il s’y installa dans une modeste cellule et commença à y mener la vie angélique d’un anachorète. Chaque matin les deux sénateurs allaient prendre sa bénédiction avant de vaquer à leurs affaires, et un nombre croissant d’hommes pieux venaient lui rendre visite, pour s’entretenir avec lui sur la vraie foi et sur la vie spirituelle. L’empereur Théodose lui-même se rendait fréquemment auprès de l’ermite, afin de recevoir ses conseils et de lui demander d’intercéder auprès de Dieu pour lui et pour l’Empire. Beaucoup de chrétiens l’invitaient chez eux, et, rejetant tout esprit de vaine gloire, le saint sortait parfois pour les visiter.

Des disciples se joignirent peu à peu à lui et l’endroit devint le premier monastère de Constantinople (382). D’autres communautés monastiques, comptant jusqu’à cent cinquante moines, se constituèrent sous son influence, aussi bien à l’intérieur de la ville qu’aux environs, en particulier celle de saint Hypatios, au monastère des Rufinianes [17 juin]. Saint Isaac les visitait tous régulièrement pour entretenir leur zèle spirituel. Bien qu’il n’eût aucune autorité officielle, il était honoré comme un père par tous les moines de la capitale. Par ailleurs, quand il apprenait que des gens manquaient du nécessaire, s’il n’avait rien à leur donner lui-même, il en informait les chrétiens aisés, et ceux-ci leur faisaient parvenir des vivres et des vêtements. Saint Isaac présidait donc, en ce temps-là, non seulement à l’enseignement de la foi et de la vie spirituelle, mais aussi à la charité et aux œuvres de bienfaisance.
Lorsque saint Jean Chrysostome accéda au siège épiscopal de Constantinople (398), constatant qu’un grand nombre de moines circulaient en ville et se rendaient dans les maisons privées, il prit des mesures contre ces abus et leur ordonna de rester dans leurs monastères. Il entreprit aussi de réorganiser les œuvres de charité, en particulier par la fondation d’un grand hôpital, dont il désigna lui-même les responsables. Ces mesures pastorales nécessaires portèrent ombrage à l’activité de saint Isaac et à une grande partie des moines qui se sentirent délaissés. L’archevêque d’Alexandrie, Théophile, s’empressa d’exploiter habilement ce différend et, lorsqu’il arriva à Constantinople, en vue de retourner contre saint Chrysostome les accusations dirigées contre lui, il attira à son parti Isaac et ses moines. C’est ainsi que le vieil ascète prit malheureusement une part active au synode du Chêne, parmi les accusateurs de saint Jean (403). Celui-ci fut alors déposé et condamné à l’exil. Mais cette condamnation suscita de telles réactions que le saint évêque fut bientôt rappelé sur son siège, hélas pour peu de temps.

Saint Isaac ne s’immisça plus dans les affaires ecclésiastiques, et passa ses derniers jours, paisiblement, dans son monastère. Ayant été averti par Dieu de son prochain départ de cette vie, il rassembla ses disciples, leur recommanda de rester fermes dans la vraie foi et désigna Dalmate pour lui succéder, puis il remit son âme à Dieu (406). Il fut pleuré par le peuple tout entier, l’empereur en tête. Après une cérémonie dans la cathédrale, présidée par le patriarche, on organisa un cortège pour aller l’inhumer dans son monastère. Mais Aurélien, un des grands personnages de la cour, qui était un fervent admirateur du saint, posta un fort détachement de soldats sur le chemin. Ceux-ci s’emparèrent de la précieuse dépouille et allèrent la déposer dans la crypte d’une église érigée par Aurélien en l’honneur de saint Étienne, tandis que, contraints de se soumettre à ce pieux coup de force, les moines rentraient à leur monastère, privés de la consolation des reliques de leur père spirituel.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier; * vénérable Père Isaac, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint, ton 8
Toi le fidèle serviteur de Dieu, * enflammé de zèle pour l’Eglise du Christ, * lorsque les temples des orthodoxes étaient fermés par ordre de Valens, * tu saisis les rênes de son cheval et prophétiquement * tu prédis sa défaite et sa mort par le feu; * vénérable Père Isaac, intercède pour nous * qui célébrons ta mémoire sacrée.

Évangile DU JOUR
(Matth. VI, 31-34 ; VII, 9-11)
Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.

11 juin

11 juin
Dimanche de tous les saints. Saint Barthélémy et Saint Barnabé, apôtres (I) ; Saint Barnabé de Vetlouga (1445) ; Saints 222 martyrs de Chine (1900) ; transfert des reliques de Saint Ephrem de Novotorjsk (1572) ; icône de la Mère de Dieu « Il est digne ».

LOUEZ DIEU DANS SES SAINTS !
Les Saints vivent dans le Christ Jésus et le Christ vit en eux. Dans les Saints, Il répète inlassablement, jusqu’à la fin du monde, le mystère unique de Sa mort et de Sa Résurrection, de l’incarnation de Dieu et de la déification de l’homme. Sur les fresques représentant les Martyrs et les Saints militaires – celles de certains réfectoires du Mont Athos notamment – on constate que si les Saints ont des postures, des vêtements et des attributs différents, ils ont à peu près tous le même visage, et ce visage est celui du Christ. Tels sont en effet les Saints: identiques en Christ, mais infiniment divers dans leurs caractères personnels et les conditions dans lesquelles ils ont reproduit l’œuvre du Sauveur, dans un lieu et à un moment donnés. Chez les Saints toutefois cette reproduction de la Passion du Seigneur n’est pas morne répétition. Elle est toujours nouvelle, toujours originale, toujours unique et contribue de manière irremplaçable à l’édification de l’Église des premiers-nés. Le Seigneur Jésus a ouvert la voie, Il a sauvé la nature humaine en mettant à mort dans Son propre corps la mort, mais il faut maintenant que chaque personne participe librement à cette œuvre de salut. Ce qui manque aux tribulations du Christ, écrit Saint Paul, je le complète dans ma chair au profit de Son corps qui est l’Église (Col I, 24). Ces paroles de l’Apôtre ne signifient pas qu’il manque quoi que ce soit à l’œuvre du Christ et à notre Rédemption, mais seulement que chacun d’entre nous doit communier volontairement et de manière personnelle à Sa Passion, pour avoir part à l’héritage des Saints dans la lumière de Dieu (ibid.).
Unis au Christ par la foi et la grâce, les Saints accomplissent les œuvres du Christ (Jn XIV, 12). Habitant en eux par le Saint-Esprit, c’est le Christ Lui-même qui accomplit par eux des miracles, convertit les païens, enseigne les secrets de la science spirituelle, réconcilie les ennemis et donne à leur corps la force d’affronter avec joie les plus horribles tortures ; de sorte que l’Évangile ne cesse d’être écrit jusqu’aujourd’hui par les œuvres évangéliques des Saints. Voilà pourquoi les Saints, proches et lointains, anciens et nouveaux, sont pour nous des guides sûrs nous conduisant au Christ qui habite en eux. Devenez mes imitateurs, tout comme je le suis moi-même du Christ (I Cor XI, 1), nous disent-ils avec saint Paul. Si nous voulons faire resplendir en nous l’image du Christ, nous devons donc souvent tourner nos regards vers les Saints pour avoir des exemples vécus et pratiques de la marche à suivre. Le peintre qui désire faire le portrait d’une personne qu’il ne voit pas devant lui, se sert de reproductions, les regarde attentivement, les compare pour s’en inspirer, de même nous faut-il regarder vers les Saints, lire leurs Vies, les comparer, pour savoir comment progresser dans la vie en Christ.
En lisant assidûment les Vies des Saints, en vivant avec tous les Saints (Eph III, 18), en nous promenant chaque jour dans ce jardin spirituel qu’est le Synaxaire, nous trouverons peu à peu certains Saints qui attirent davantage notre sympathie, notre émotion, notre affection. Ils deviendront pour nous comme des amis intimes à qui nous aimerions confier nos joies et nos peines, à qui nous demanderions plus spécialement le secours de leurs prières, dont nous aimerions souvent relire la Vie, chanter les tropaires et vénérer l’icône. Ces amis intimes seront pour nous une puissante consolation et des guides privilégiés sur la route étroite qui nous mène au Christ (Mt VII, 14). Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et dans ce combat, nous avons avec nous notre Mère, la Toute-Sainte Mère de Dieu, notre Ange Gardien, le Saint dont nous portons le nom et ces quelques amis que nous aurons choisis parmi la grande Assemblée des témoins de l’Agneau. Et si nous trébuchons sous l’effet du péché, ils nous relèveront ; lorsque nous serons tentés par le désespoir, ils nous rappelleront qu’avant nous, et plus que nous, ils ont souffert pour le Christ et goûtent désormais à la joie éternelle. Ainsi, sur le chemin rocailleux de cette vie, ces saints amis nous feront voir un peu de la lumière de la Résurrection. Cherchons donc dans les Vies des Saints ces quelques amis intimes et, avec tous les Saints, marchons vers le Christ.
Dans notre vie spirituelle, nous pouvons communiquer quotidiennement avec les saints de trois façons : en chantant leurs hymnes et leur office liturgique, en vénérant leur icône et en lisant leur Vie dans le Synaxaire. S’il est difficile à ceux qui vivent dans le monde de se rendre chaque jour à l’église pour chanter les louanges des saints, tous les chrétiens peuvent cependant chez eux, seuls ou en famille, chanter le tropaire des Saints du jour, tous peuvent vénérer leur icône, tous peuvent consacrer quelques instants à lire ou à relire leur Vie dans le Synaxaire. Toutefois, la lecture quotidienne de ces résumés des Vies des Saints ne nous sera vraiment profitable que si nous nous approchons d’eux avec les mêmes dispositions que lorsque nous vénérons une icône. Si imparfaites soient-elles, les notices du Synaxaire sont, en effet, dans le domaine du récit ce que sont les icônes dans le domaine de l’image : elles nous rendent le saint présent et peuvent nous apporter autant de grâce que les saintes icônes. Tout dépend de la simplicité de notre cœur. Ainsi, où que nous nous trouvions, quel que soit l’état de notre avancement spirituel, quel que soit notre désir de consacrer notre vie à Dieu, nous trouverons dans le Synaxaire un renouvellement de nos forces et comme un avant-goût de la vie éternelle, où tous les saints danseront avec les anges autour du trône de Dieu en disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur le Dieu Tout-Puissant, Celui qui était, qui est et qui vient ! (Ap IV, 8).
Tropaire du dimanche du 8ème ton
Du haut des cieux, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté les trois jours au Tombeau afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de tous les saints, ton 4
Ornée du sang de Tes martyrs du monde entier comme de pourpre et de lin, Ton Église Te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : étends Ta compassion sur Tes fidèles ; accorde la paix à Ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion de tous les Saints, ton 8
Comme prémices de la nature, le monde entier T’offre, Seigneur, les martyrs théophores, à Toi l’Auteur de la création ; par leurs supplications et les prières de la Mère de Dieu, garde Ton Église dans une paix profonde, ô Très-miséricordieux.

Évangile DU JOUR
(Matth. X, 32-33,37-38 ; XIX, 27-30)
En ce temps-là, Jésus déclara : « En vérité, je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. » Pierre, prenant alors la parole, lui dit : « Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi ; qu’en sera-t-il pour nous ? » Jésus leur répondit : « Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël. Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. »

29 mai (ancien calendrier) / 11 juin (nouveau)

29 mai (ancien calendrier) / 11 juin (nouveau)

Dimanche de tous les saints. Transfert des reliques de sainte Théodosie de Tyr, vierge, martyre à Césarée de Palestine (307-308) ; saint Conon et son fils saint Conon, martyrs à Icône en Asie Mineure (275) ; saint Ortaire, abbé de Landelle (VIème s.) ; sainte Théodosie, vierge, moniale, martyre à Constantinople (745) ; saint Jean, fol en Christ à Oustioug (1494) ; saints martyrs et confesseurs de Russie : Jean (Preobrajensky), diacre et martyr André (Trofimov) (1938) ; saint Luc, archevêque Simferopol, confesseur (1961).

LOUEZ DIEU DANS SES SAINTS !
Les Saints vivent dans le Christ Jésus et le Christ vit en eux. Dans les Saints, Il répète inlassablement, jusqu’à la fin du monde, le mystère unique de Sa mort et de Sa Résurrection, de l’incarnation de Dieu et de la déification de l’homme. Sur les fresques représentant les Martyrs et les Saints militaires – celles de certains réfectoires du Mont Athos notamment – on constate que si les Saints ont des postures, des vêtements et des attributs différents, ils ont à peu près tous le même visage, et ce visage est celui du Christ. Tels sont en effet les Saints: identiques en Christ, mais infiniment divers dans leurs caractères personnels et les conditions dans lesquelles ils ont reproduit l’œuvre du Sauveur, dans un lieu et à un moment donnés. Chez les Saints toutefois cette reproduction de la Passion du Seigneur n’est pas morne répétition. Elle est toujours nouvelle, toujours originale, toujours unique et contribue de manière irremplaçable à l’édification de l’Église des premiers-nés. Le Seigneur Jésus a ouvert la voie, Il a sauvé la nature humaine en mettant à mort dans Son propre corps la mort, mais il faut maintenant que chaque personne participe librement à cette œuvre de salut. Ce qui manque aux tribulations du Christ, écrit Saint Paul, je le complète dans ma chair au profit de Son corps qui est l’Église (Col I, 24). Ces paroles de l’Apôtre ne signifient pas qu’il manque quoi que ce soit à l’œuvre du Christ et à notre Rédemption, mais seulement que chacun d’entre nous doit communier volontairement et de manière personnelle à Sa Passion, pour avoir part à l’héritage des Saints dans la lumière de Dieu (ibid.).
Unis au Christ par la foi et la grâce, les Saints accomplissent les œuvres du Christ (Jn XIV, 12). Habitant en eux par le Saint-Esprit, c’est le Christ Lui-même qui accomplit par eux des miracles, convertit les païens, enseigne les secrets de la science spirituelle, réconcilie les ennemis et donne à leur corps la force d’affronter avec joie les plus horribles tortures ; de sorte que l’Évangile ne cesse d’être écrit jusqu’aujourd’hui par les œuvres évangéliques des Saints. Voilà pourquoi les Saints, proches et lointains, anciens et nouveaux, sont pour nous des guides sûrs nous conduisant au Christ qui habite en eux. Devenez mes imitateurs, tout comme je le suis moi-même du Christ (I Cor XI, 1), nous disent-ils avec saint Paul. Si nous voulons faire resplendir en nous l’image du Christ, nous devons donc souvent tourner nos regards vers les Saints pour avoir des exemples vécus et pratiques de la marche à suivre. Le peintre qui désire faire le portrait d’une personne qu’il ne voit pas devant lui, se sert de reproductions, les regarde attentivement, les compare pour s’en inspirer, de même nous faut-il regarder vers les Saints, lire leurs Vies, les comparer, pour savoir comment progresser dans la vie en Christ.
En lisant assidûment les Vies des Saints, en vivant avec tous les Saints (Eph III, 18), en nous promenant chaque jour dans ce jardin spirituel qu’est le Synaxaire, nous trouverons peu à peu certains Saints qui attirent davantage notre sympathie, notre émotion, notre affection. Ils deviendront pour nous comme des amis intimes à qui nous aimerions confier nos joies et nos peines, à qui nous demanderions plus spécialement le secours de leurs prières, dont nous aimerions souvent relire la Vie, chanter les tropaires et vénérer l’icône. Ces amis intimes seront pour nous une puissante consolation et des guides privilégiés sur la route étroite qui nous mène au Christ (Mt VII, 14). Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et dans ce combat, nous avons avec nous notre Mère, la Toute-Sainte Mère de Dieu, notre Ange Gardien, le Saint dont nous portons le nom et ces quelques amis que nous aurons choisis parmi la grande Assemblée des témoins de l’Agneau. Et si nous trébuchons sous l’effet du péché, ils nous relèveront ; lorsque nous serons tentés par le désespoir, ils nous rappelleront qu’avant nous, et plus que nous, ils ont souffert pour le Christ et goûtent désormais à la joie éternelle. Ainsi, sur le chemin rocailleux de cette vie, ces saints amis nous feront voir un peu de la lumière de la Résurrection. Cherchons donc dans les Vies des Saints ces quelques amis intimes et, avec tous les Saints, marchons vers le Christ.
Dans notre vie spirituelle, nous pouvons communiquer quotidiennement avec les saints de trois façons : en chantant leurs hymnes et leur office liturgique, en vénérant leur icône et en lisant leur Vie dans le Synaxaire. S’il est difficile à ceux qui vivent dans le monde de se rendre chaque jour à l’église pour chanter les louanges des saints, tous les chrétiens peuvent cependant chez eux, seuls ou en famille, chanter le tropaire des Saints du jour, tous peuvent vénérer leur icône, tous peuvent consacrer quelques instants à lire ou à relire leur Vie dans le Synaxaire. Toutefois, la lecture quotidienne de ces résumés des Vies des Saints ne nous sera vraiment profitable que si nous nous approchons d’eux avec les mêmes dispositions que lorsque nous vénérons une icône. Si imparfaites soient-elles, les notices du Synaxaire sont, en effet, dans le domaine du récit ce que sont les icônes dans le domaine de l’image : elles nous rendent le saint présent et peuvent nous apporter autant de grâce que les saintes icônes. Tout dépend de la simplicité de notre cœur. Ainsi, où que nous nous trouvions, quel que soit l’état de notre avancement spirituel, quel que soit notre désir de consacrer notre vie à Dieu, nous trouverons dans le Synaxaire un renouvellement de nos forces et comme un avant-goût de la vie éternelle, où tous les saints danseront avec les anges autour du trône de Dieu en disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur le Dieu Tout-Puissant, Celui qui était, qui est et qui vient ! (Ap IV, 8).

Tropaire du dimanche du 8ème ton
Du haut des cieux, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté les trois jours au Tombeau afin de nous libérer des passions : ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de tous les saints, ton 4
Ornée du sang de Tes martyrs du monde entier comme de pourpre et de lin, Ton Église Te clame par leur intercession, ô Christ Dieu : étends Ta compassion sur Tes fidèles ; accorde la paix à Ton peuple et à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion de tous les Saints, ton 8
Comme prémices de la nature, le monde entier T’offre, Seigneur, les martyrs théophores, à Toi l’Auteur de la création ; par leurs supplications et les prières de la Mère de Dieu, garde Ton Église dans une paix profonde, ô Très-miséricordieux.

Évangile DU JOUR
(Matth. X, 32-33,37-38 ; XIX, 27-30)
En ce temps-là, Jésus déclara : « En vérité, je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. » Pierre, prenant alors la parole, lui dit : « Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi ; qu’en sera-t-il pour nous ? » Jésus leur répondit : « Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l’homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d’Israël. Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. »

10 juin

10 juin

Clôture de la Pentecôte. Saint Alexandre et sainte Antonine, vierge, martyrs à Cadramon (vers 313) ; saint Timothée, évêque de Brousse, martyr (361-363) ; saint Théophane d’Antioche (363) ; saint Alexandre et sainte Pansemnée, ascètes près d’Antioche (369)saint Bassien, évêque de Lodi en Lombardie (409) ; saint Censure, évêque d’Auxerre (486) ; saint Landry, évêque de Paris (656) ; saint Ébremond, ermite au diocèse de Sées (vers 720) ; saint Sylvain, des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Jean, métropolite de Tobolsk (1715) ; saint hiéromartyr Timothée (Oulianov), prêtre (1940).

SAINT ALEXANDRE ET SAINTE ANTONINE, MARTYRS

Sainte Antonine, vierge, martyrs à Cadramon (vers 313)10

Sainte Antonine était une vierge chrétienne menant une vie agréable à Dieu au village de Codramon. Arrêtée sur l’ordre du préfet Festus, qui lui proposa de devenir prêtresse d’Artémis, elle repoussa son offre avec dédain et confessa hardiment le Christ. Le magistrat la fit frapper, puis jeter en prison, privée de nourriture et de boisson. Au bout de trois jours, un coup de tonnerre ébranla la prison et une voix céleste encouragea la sainte au combat, et l’invita à prendre le pain et l’eau qui étaient apparus devant elle. Au matin, elle fut conduite devant le préfet, et en riant, elle lui annonça sa prochaine déchéance. Furieux, Festus la livra aux soldats qui la frappèrent du plat de leurs épées ; la bienheureuse n’en interrompit cependant pas sa prière et renouvela sa prédiction. Le magistrat commanda alors de la conduire dans une maison de prostitution.

À la suite de la vision d’un ange, un soldat de vingt-trois ans, Alexandre, se présenta dans ce lieu de débauche et demanda à être introduit auprès de la vierge, prétextant vouloir profiter de ses charmes. Mais aussitôt seuls, il révéla à Antonine qu’il avait été envoyé par le Seigneur et, la couvrant de son manteau, il lui permit de s’enfuir en trompant la surveillance. Lorsqu’un peu plus tard, quatre soldats envoyés par le préfet, se présentèrent pour abuser de la jeune fille, ils découvrirent avec stupeur Alexandre à sa place. Traduit devant Festus, il confessa qu’il était serviteur du Christ, prêt à mourir pour Lui. Au moment où on l’entraînait pour le supplice, Antonine se présenta au tribunal et fut aussitôt attachée à ses côtés. On leur coupa les extrémités des mains et des pieds et, après leur avoir lacéré les flancs, on les enduisit de poix et on les jeta dans une fosse pleine de matières incandescentes, que les soldats recouvrirent ensuite de terre, afin que les chrétiens ne puissent pas retrouver leurs précieuses reliques. C’est ainsi que ces deux héros de la chasteté parvinrent, triomphants, dans le Royaume de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 42-48)
Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

28 mai (ancien calendrier) / 10 juin (nouveau)

28 mai (ancien calendrier) / 10 juin (nouveau)

Clôture de la Pentecôte. Saint Nicétas, évêque de Chalcédoine, confesseur (IXème s.) ; saint Eutyque, évêque de Mélitène, martyr (Ier s.) ; sainte Héliconide, vierge, martyre à Corinthe (244) ; saint Manvieu, évêque de Bayeux (480) ; saint10 Rigomer, évêque de Meaux (Vème s.) ; saint Germain, évêque de Paris (576) ; saint hiéromartyr Helladios, évêque (VIème-VIIème s.) ; saint Ignace, évêque de Rostov (1288) ; saint Géronte, métropolite de Moscou (1489) ; sainte Hélène de Diveevo (1832) ; saints néomartyrs de Russie : Macaire (Morjov), Denis (Petouchkov), saint hiéromartyr Nicolas (Aristov), diacre, martyrs Ignace (Markov) et Pierre (Ioudine) (1931) ; saint Héraclée (Motiakh), confesseur (1936) ; sainte martyre Hermogèna (Kadomtsev) (1942).

SAINT NICÉTAS

Dans sa jeunesse, Nicétas renonça au monde et se consacra à la vie monastique. En raison de ses vertus, il fut consacré évêque de Chalcédoine et se distingua pas sa charité, aidant toujours les pauvres, les orphelins et les veuves. Sous le règne de l’empereur iconoclaste Léon l’Arménien (813-820), le saint dénonça courageusement l’hérésie et exhorta les fidèles à vénérer les saintes icônes du Christ, la Mère de Dieu, et les saints. Aussi, il eut beaucoup à souffrir de l’empereur impie, subissant des tortures et, finalement, il mourut en exil.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 42-48)
Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.

9 juin

9 juin
Saint Cyrille, archevêque d’Alexandrie (444) ; saints Prime et Félicien, martyrs à Rome (vers 297) ; saint Vincent, diacre, martyr à Agen (IIIème s.) ; sainte Thècle, Marthe, Marie, Mariamne et Ennathe, martyres en Perse (346) ; saint Cyrille, abbé du Lac Blanc (1427) ; saint Alexandre, abbé de Kouchta (1439) ; saint juste Alexis (Metchev) de Moscou (1923).

VIE DE ST CYRILLE D’ALEXANDRIE
Après saint Athanase, qui fut le défenseur irréductible de l’homoousios (« consubstantiel »), l’Église d’Alexandrie fut pour l’univers le phare de l’orthodoxie grâce à saint Cyrille, le champion du Théotokos (« Mère de Dieu »), la pierre de touche du dogme de l’Incarnation. Né entre 375 et 380, il fut placé très tôt sous la protection de son oncle Théophile, l’archevêque d’Alexandrie, qui lui assura une formation complète dans la rhétorique et la philosophie, mais surtout dans l’Écriture sainte, qu’il connaissait presque par cœur et dont il savait admirablement user. Vers l’âge de dix-huit ans, il fut envoyé par son oncle au désert de Nitrie, afin d’y compléter sa formation théologique par la science ascétique . De retour à Alexandrie au bout de cinq années (vers 399), il mit sa vaste culture au service de l’Église. Théophile lui confia la charge d’enseignement de l’Écriture sainte et l’intégra dans les rangs du clergé, en le préparant pour la succession. Ayant accompagné le bouillant prélat à Constantinople, il assista au conciliabule du Chêne (403), au cours duquel saint Jean Chrysostome fut injustement condamné. Par la suite, il refusa longtemps d’inscrire le nom de ce dernier dans les diptyques — probablement d’avantage par attachement à la mémoire de son oncle que par une opposition doctrinale au saint hiérarque —, et ce ne fut que sur les instances de saint Isidore de Péluse [4 fév.] et, dit-on, après une vision de la Mère de Dieu ayant à ses côtés saint Jean Chrysostome, qu’il consentit à le réintroduire, et devint même un fervent propagateur de son culte (417). À la mort de Théophile (412), il fut aussitôt consacré archevêque d’Alexandrie, malgré l’opposition violente des partisans de l’archidiacre Timothée. De caractère énergique et doté d’un zèle ardent pour la défense de la vérité, saint Cyrille entreprit de consolider l’unité de son Église, qui se trouvait alors en plein épanouissement, mais qui restait menacée par divers éléments de divisions. Prêchant à son peuple l’amour de la vraie foi, préservée par les saints Pères au prix de tant de luttes contre les hérétiques, il prit des mesures d’autorité contre les schismatiques novatiens, qui attiraient beaucoup d’orthodoxes à leur parti, du fait de leur austérité et de leur rigueur morale. Il fit fermer leurs églises et interdit à leur évêque de remplir ses fonctions. Pour lutter contre les résidus de paganisme et contre les superstitions qui restaient tenaces au sein du peuple, il fit transférer les reliques des saints Cyr et Jean [28 juin], d’Alexandrie au sanctuaire païen à Ménouthis, près de Canope, célèbre par ses oracles inspirés du démon, et prit lui-même la tête de la procession qui dura une semaine entière (414).
Pour chrétienne qu’elle fût, la ville d’Alexandrie comportait encore une importante colonie juive, qui en troublait souvent la paix par des émeutes et des agressions contre les chrétiens. Suite à l’un de ces incidents, l’évêque convoqua les chefs juifs et les réprimanda avec menaces. Pour se venger, ceux-ci, faisant croire à un incendie dans l’église de Saint-Alexandre, ameutèrent de nuit les chrétiens et en massacrèrent un grand nombre. Devant l’inertie du préfet Oreste qui, craignant la puissance grandissante de l’évêque dans les affaires civiles, était plutôt favorable aux Juifs, saint Cyrille les fit tous expulser de la ville et transforma les synagogues en églises. C’est ainsi que la colonie juive d’Alexandrie, fameuse depuis le temps d’Alexandre le Grand, prit fin. Mais ces événements envenimèrent les relations de l’archevêque avec le préfet. Un groupe de cinq cents moines de Nitrie, dévoués à Cyrille, se postèrent un jour sur le passage du magistrat et le traitèrent de païen, et l’un d’eux, Ammonios, saisissant une pierre, la lui jeta à la tête. Il fut aussitôt arrêté et torturé avec une telle violence qu’il en mourut. De nouveaux désordres entraînèrent également le meurtre ignoble d’Hypatie, femme vertueuse, de haute autorité en matière de philosophie et que le monde entier vénérait, par un groupe incontrôlé de chrétiens fanatiques qui, la soupçonnant de s’entremettre entre l’évêque et le préfet Oreste, voulaient empêcher leur réconciliation. Au milieu de ces troubles sanglants, saint Cyrille lutta pour faire respecter la justice et il parvint finalement à assurer l’autorité de l’Église dans tous les domaines de la vie de la cité.
Héritier de la fameuse École d’Alexandrie, et ayant probablement eu des contacts avec Didyme l’Aveugle dans sa jeunesse, le saint évêque consacrait une grande part de son temps à la rédaction d’ouvrages exégétiques, commentant de manière systématique, sur le mode allégorique et moral, tous les détails de l’Ancien Testament, dans lesquels il discernait le « Mystère du Christ manifesté en énigmes ». C’est cette vision du Christ Un, terme de la Loi et des Prophètes, qui commandera toute sa vie, et que la Providence allait bientôt requérir de lui qu’il l’appliquât tant sur le plan théologique que sur celui de l’activité ecclésiastique. En 428, on appela d’Antioche à Constantinople, pour l’élever au siège patriarcal, le prêtre Nestorius, réputé pour son éloquence et pour la vie austère dont il faisait profession. Cette élection fut saluée avec grande joie non seulement par le peuple de la capitale, qui espérait recevoir en lui un nouveau Chrysostome, mais aussi par l’épiscopat universel, Cyrille y compris. Cependant, dès son ordination, Nestorius leva son masque de piété et montra un zèle intempestif pour lutter contre les hérétiques, se déclarant prêt à bouleverser toutes les villes pour les en chasser. Il se rendit bientôt odieux par ses violences et son orgueil, et commença à faire d’imprudentes déclarations au sujet de l’Incarnation. Poussant dans ses dernières conséquences la tradition théologique de l’École d’Antioche — qui se plaisait à distinguer dans les actes du Seigneur ceux qui relevaient de sa nature divine de ceux qui appartenaient à sa nature humaine —, Nestorius entreprenait de donner une explication abstraite et rationaliste de l’Incarnation, sans toutefois disposer des concepts adéquats pour expliquer le mode de l’union des natures. Introduisant une dualité de sujets entre le Verbe de Dieu et le Christ, « homme assumé », il prétendait que l’on devait attribuer soit à l’un soit à l’autre les caractères de la nature divine et de la nature humaine. Il en était amené par conséquent à considérer que le Verbe n’avait pris l’humanité que comme une tente, comme un instrument, et que la Vierge Marie n’était pas la « Mère de Dieu » (Théotokos) — terme que la tradition de l’Église avait depuis longtemps consacré —, mais seulement la « Mère du Christ » (Christotokos). Proclamant que l’on ne peut dire que « Dieu soit né de la Vierge, mais seulement qu’Il s’est uni à celui qui est né et qui est mort », il ne voyait au fond dans le Christ qu’un homme exemplaire, théophore, « divinisé » de manière éminente par ses vertus, dans lequel Dieu habitait de manière semblable à celle dont il inspirait les prophètes et les saints, mais en aucune manière le Dieu-Homme qui est pour les hommes la source du Salut, de la vie et de la grâce de la sanctification. Sans jamais parler lui-même de deux « personnes » dans le Christ, il ne cessait de s’attaquer au Théotokos, et l’un de ses disciples, l’évêque Dorothée, proclama même un jour dans un sermon, en présence de Nestorius : « Si quelqu’un dit que Marie est Théotokos, qu’il soit anathème ! » Cela revenait à anathématiser tous les Pères théophores qui avaient usé de ce terme et les évêques du monde entier qui confessaient la maternité divine. Informé de cette hérésie naissante, saint Cyrille exposa solennellement, dans son homélie pascale de l’année suivante (429), que la Vierge a bel et bien enfanté le Fils de Dieu fait homme et qu’elle doit donc être appelée avec raison Théotokos. Il écrivit à Nestorius une lettre de remontrance fraternelle, pour lui demander d’accepter ce terme, sur lequel repose tout le dogme de notre Salut en Christ. Puis, devant le refus hautain et dédaigneux de Nestorius qui, retournant les accusations contre l’archevêque d’Alexandrie, répandait des calomnies à son égard et prétendait le faire traduire en justice, Cyrille se résolut à prendre les armes pour la défense de la vérité et se déclara « prêt à tout souffrir, jusqu’à la mort, plutôt que d’abandonner la foi » . Il adressa à l’empereur Théodose II, à sa femme et à ses sœurs un traité Sur la vraie foi, et fit parvenir au pape de Rome, Célestin [8 avr.], un dossier sur les erreurs de Nestorius. Le pape réunit un concile à Rome, qui les condamna, et il chargea l’archevêque d’Alexandrie de faire exécuter la sentence prononcée contre l’hérétique s’il refusait de se rétracter dans les dix jours (430). Entre-temps saint Cyrille avait réuni un synode des évêques d’Égypte, qui rédigea un exposé de la doctrine christologique, suivi des douze Anathématismes des propositions de Nestorius, que Cyrille avait adressés à l’hérétique dans sa troisième lettre. Dans ces écrits polémiques contre Nestorius, fidèle à l’enseignement de l’Écriture sainte sur le Verbe fait chair (Jn 1,14) et aux Pères du Concile de Nicée, qui avaient confessé que le même Fils de Dieu, demeurant dans le sein du Père, s’est fait homme, est mort et est ressuscité, saint Cyrille soulignait l’unité du mystère du Christ. Il s’attache à montrer que dès le premier moment de sa conception, le Seigneur a uni définitivement la nature humaine et la nature divine ; et il contemple dans cette mystérieuse « union » (hénôsis) — et non point « conjonction » (synapheia) comme le prétendait Nestorius — l’échange des propriétés naturelles et l’unité d’agir du Sauve,ur qui a ouvert à l’homme la possibilité d’une véritable participation à Dieu, de sa divinisation, dont la Mère de Dieu est le prototype et le modèle . Le Seigneur ayant ainsi inauguré un nouveau mode d’existence, divino-humain, en son Corps : l’Église, c’est de Sa chair, devenue vraiment « chair du Verbe », que nous recevons la vie. Le « Christ Un » de saint Cyrille est donc celui de l’Eucharistie et de l’expérience spirituelle, qu’au prix de longues et pénibles controverses l’Église allait définir dans les générations suivantes. Pendant ce temps Nestorius, appuyé sur l’autorité impériale et par ses amis à la cour, tentait d’imposer ses idées dans la capitale par des menaces, par la corruption, des excommunications et des persécutions envers quiconque osait lui résister. La situation devint telle que le clergé orthodoxe supplia Théodose de réunir un concile œcuménique pour mettre fin au « scandale universel » de l’évêque de Constantinople. Mais par un tour habile ce fut l’hérétique qui obtint du souverain la convocation du Concile, à Éphèse pour la Pentecôte de l’année suivante (431), afin de juger saint Cyrille sur ses Anathématismes, taxés d’hérésie. Cyrille et Nestorius étant parvenus à Éphèse à la tête de suites imposantes, on attendit la venue de l’archevêque Jean d’Antioche et des évêques orientaux, que Nestorius avait acquis à sa cause, non pas sur le rejet du Théotokos, mais en leur envoyant les Anathématismes de Cyrille, qu’ils ne pouvaient lire, tirés de leur contexte, que comme une restauration de l’hérésie apollinariste . Comme Jean et sa suite tardaient, on décida finalement d’ouvrir sans eux la première session, le 22 juin 431. Saint Cyrille la présidait, au titre de remplaçant du pape de Rome, dont les légats avaient eux aussi tardé. Après avoir fait lire le Symbole de Nicée, la lettre de Cyrille à Nestorius et la réponse de ce dernier, les quelques deux cents Pères présents proclamèrent la légitimité du Théotokos et déposèrent Nestorius, qui avait refusé à trois reprises de se présenter. Au sortir de l’église, ils furent accueillis par les ovations d’une foule de fidèles attachés à la vénération de la Mère de Dieu, les femmes brûlant de l’encens sur leur passage.
Dès leur arrivée à Éphèse, cinq jours plus tard, Jean d’Antioche et les siens, offensés de ce qu’on ne les avait pas attendus, se réunirent en concile, au nombre de quarante-trois évêques, et accusant Cyrille d’avoir renouvelé l’hérésie d’Apollinaire, ils prononcèrent sa déposition, sans autre forme de procès, ainsi que celle de Mémnon d’Éphèse. Le Concile Œcuménique se trouva ainsi transformé en une lutte violente et passionnée entre deux partis qui essayaient de s’attirer la protection de l’empereur. Éloigné et mal informé, Théodose, après de vaines tentatives de réconciliation, fit arrêter Cyrille et Mémnon, tout en déclarant Nestorius hérétique, et il ordonna de dissoudre l’assemblée. Le seul résultat du Concile était d’avoir proclamé le bien-fondé du terme Théotokos et d’avoir procédé à la déposition de Nestorius, qui fut renvoyé dans son monastère d’Antioche, puis exilé en Lybie (435), où il mourut lamentablement.
On se trouvait néanmoins devant une nouvelle et cruelle division. Au moment où l’Empire, menacé par les barbares, avait besoin de la plus grande cohésion, on ne voyait alors, sous prétexte d’attachement à la vérité, que querelles, anathèmes mutuels et désordres, qui exposaient la sainteté de l’Église à la raillerie de ses ennemis. Pendant les laborieuses tractations qui suivirent, saint Cyrille, qui avait regagné Alexandrie où le peuple l’avait accueilli triomphalement, manifesta non seulement son orthodoxie, mais aussi son humilité et l’abondance de sa vertu. Renonçant à demander justice des mauvais traitements qu’il avait endurés à Éphèse pendant son emprisonnement, il donna aux Orientaux des explications sur les Anathématismes, qui les avaient si fort touchés, précisant qu’ils ne visaient que les dogmes hérétiques de Nestorius, et il se déclara prêt à les corriger, à condition que Jean et son parti consentent à la condamnation de Nestorius. On parvint finalement à un accord, et les Orientaux envoyèrent à Cyrille une confession de foi, que celui-ci accueillit par une lettre aux accents de jubilation. Dans un esprit de paix, mais sans abandonner sa thèse fondamentale, il faisait de justes concessions à la terminologie traditionnelle d’Antioche, et souscrivait à la distinction qui y était faite des deux natures unies, sans confusion ni mélange, dans l’unique Personne de Jésus-Christ . Cet Acte d’Union (avril 433), quoiqu’il ne fût pas une décision du Concile, est pourtant considéré comme la profession de foi du Troisième Concile Œcuménique et la règle de l’Orthodoxie. Il réfutait à l’avance les propositions hérétiques d’Euthychès et des monophysites, qui se réclameront des écrits de saint Cyrille pour soutenir que la nature humaine du Christ a été comme « absorbée » par la divinité ; et le Concile de Chalcédoine (451) ne fera qu’en reprendre et en préciser les termes essentiels . Une paix fragile étant rétablie, saint Cyrille passa les dernières années de son épiscopat à confirmer l’unité de l’Église et à modérer les excès de ses partisans trop zélés, qui l’accusaient d’avoir trahi leur cause par l’union avec les Orientaux. Aguerri par l’expérience des affaires ecclésiastiques et des passions humaines, il se montra en ces circonstances un modèle de modération et de condescendance pastorale. C’est ainsi qu’il réfuta les écrits de Théodore de Mopsueste, le grand théologien de l’École d’Antioche, qui était mort dans la paix de l’Église (+ 428), mais refusa d’exiger sa condamnation , pour ne pas provoquer à nouveau la sensibilité des Orientaux et mettre en danger l’unité de l’Église. Ayant accompli l’œuvre que Dieu lui avait confiée pour l’édification de Son Église, saint Cyrille s’endormit en paix, le 27 juin 444 , pour rejoindre le chœur des saints Pères et siéger, avec saint Jean Chrysostome, aux côtés de la Mère de Dieu. Il fut aussitôt vénéré comme saint et loué comme le « luminaire de l’univers », « le défenseur invincible de l’Orthodoxie » et le « Sceau des Pères » .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de St Cyrille, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * très-sage Cyrille, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de St Cyrille, ton 6
Tu fis jaillir des sources du Sauveur * l’océan des enseignements théologiques * pour balayer les hérésies * et garder en la tempête ton troupeau sain et sauf, * vénérable Cyrille, Père bienheureux, * docteur universel nous révélant les mystères de Dieu.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 33-41)
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin. Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

27 mai (ancien calendrier) / 9 juin (nouveau)

27 mai (ancien calendrier) / 9 juin (nouveau)

Saint Théraponte, évêque de Sardes, martyr (IIIème s.) ; sainte martyre Théodora, vierge et saint martyr Didyme le soldat, d’Alexandrie (304) ; saint Eutrope, évêque d’Orange (Vème s.) ; saint Hildevert, evêque de Meaux (680) ; saint Basile, petit-fils du roi Bagrat (Géorgie, XIème s.) ; saint Théraponte du Lac Blanc (1426) ; Saint Théraponte de Monza (1597) ; saint Jean le Russe, confesseur en Ca9ppadoce (1730).

SAINT JEAN LE RUSSE

Notre saint Père Jean naquit dans un village de Petite Russie (Ukraine), en 1690, et grandit dans la piété et l’amour des saintes vertus. Parvenu à l’âge adulte au temps de la guerre russo-turque (1710), il fut enrôlé dans l’armée du tsar. Ayant participé à la désastreuse campagne de Put, il fut capturé par les Tatares et vendu comme esclave à un Turc, officier de cavalerie, qui l’emmena dans sa patrie, Prokopion, en Cappadoce. Contrairement à beaucoup de ses compagnons de captivité, qui abjuraient le christianisme, saint Jean résistait aux propositions et aux coups de son maître, en disant qu’aucun tourment ne pourrait le séparer de l’amour du Christ. Il ajoutait : « Tu es maître de mon corps, mais pas de mon âme. Si tu me laisses libre d’accomplir mes devoirs religieux, c’est avec promptitude que j’obéirai à tes ordres. C’est avec plaisir que je reposerai dans ce coin de ton écurie, en pensant au Christ qui a considéré la crèche de Bethléem comme un lit royal. Je supporterai sans murmure tes coups de bâton, comme le Seigneur endura les coups des soldats. Je suis prêt à endurer les plus grands et plus effroyables tourments, si tu veux m’y soumettre, mais je ne renierai jamais le Christ. » Ces paroles pleines de ferveur chrétienne, ainsi que sa conduite chaste et humble, changèrent le cœur et les sentiments de l’officier turc à son égard. Il cessa de le tyranniser et ne l’obligea pas à renier sa foi. Commis au soin des chevaux, Jean habitait un coin sombre de l’écurie, et lorsque son maître sortait dans la bourgade, à cheval, il devait le suivre à pied, comme un esclave. Le bienheureux acceptait cependant avec reconnaissance cette condition avilissante et glorifiait Dieu de l’avoir ainsi délivré de l’apostasie. Sans chaussures, été comme hiver, vêtu de guenilles, et prenant un peu de repos sur la paille ou le fumier, comme le Juste Job, Jean n’en continuait pas moins ses exercices de piété, et il passait des nuits entières, en prière, à genoux sur le parvis de l’église voisine dédiée à saint Georges. Il acceptait sans murmure les insultes et les moqueries des autres esclaves, et se mettait volontiers à leur service.
Ces sacrifices et combats vertueux ne restèrent pas sans effets bénéfiques pour son maître, qui devint le plus riche et le plus respecté des habitants de la ville. Ayant décidé d’entreprendre le pèlerinage à La Mecque, prescrit à tout pieux musulman, ce dernier parvint à la ville sacrée après un long et pénible voyage. Quelques semaines après son départ, sa femme invita parents et amis à un grand dîner, afin que les convives expriment leurs vœux pour l’heureux retour de son époux. Comme Jean entrait dans la salle pour y servir un plantureux riz pilaf, la maîtresse de maison s’exclama : « Comme son maître se serait réjoui, s’il avait été ici pour manger avec nous ce met dont il est si friand ! » Jean, s’étant recueilli quelques instants en une prière silencieuse, demanda à sa maîtresse de lui donner un plat garni de ce pilaf, pour l’envoyer à son maître à La Mecque. Comme tous les convives se gaussaient, la maîtresse de maison lui donna un plat de riz en souriant. Jean se retira alors dans l’écurie et éleva la prière suivante vers Dieu : « Que Celui qui, autrefois, envoya le prophète Habacuc à Babylone pour apporter de la nourriture au prophète Daniel, dans la fosse aux lions (Dn 14, 33sv.], exauce aussi ma prière et fasse parvenir ce plat à mon maître ! » Puis il retourna dans la salle du banquet et annonça que le plat était arrivé à destination. Tout le monde éclata alors de rire, en l’accusant de s’en être gavé en secret. Cependant, quand le maître rentra de voyage, rapportant avec lui ce plat vide orné de ses initiales, et raconta qu’il l’avait trouvé, garni d’un délicieux pilaf, un soir en rentrant dans sa tente, tous les habitants de la maison furent saisis de stupéfaction, et, invoquant Allah, ils commencèrent à témoigner honneur et grand respect à l’esclave chrétien. On lui proposa de lui rendre la liberté et de lui donner une chambre plus digne, mais saint Jean refusa, disant qu’il préférait rester dans le coin sombre de l’écurie, où il pourrait mieux glorifier Dieu. C’est ainsi qu’il vécut pieusement, pendant plusieurs années. Lorsqu’il tomba malade, il demanda qu’un prêtre lui apportât la sainte Communion. Mais le prêtre, craignant de transporter ouvertement la sainte Communion dans la maison d’un musulman, la cacha dans une pomme qu’il offrit au saint. C’est ainsi que saint Jean reçut le viatique de la vie éternelle, et il s’endormit en paix, pour obtenir la glorieuse liberté des enfants de Dieu, le 27 mai 1730.
Trois ans plus tard, un vieux prêtre et d’autres chrétiens virent plusieurs fois dans la nuit une colonne de feu qui descendait du ciel sur le tombeau du saint. Ils ouvrirent la tombe, et trouvèrent son corps intact, exhalant une odeur suave. Ils le transportèrent alors avec grande allégresse dans l’église de Saint-Georges, et le déposèrent dans une châsse, sous l’autel. Dès lors les précieuses reliques accomplirent d’innombrables miracles pour les chrétiens de Cappadoce, et même pour des musulmans. Lors du pillage du village par les troupes d’Osman Pacha, en 1832, les reliques furent jetées au feu par les soldats turcs. Mais elles restèrent inaltérables, et le saint apparut au milieu des flammes, menaçant les soldats impies. Les Turcs effrayés abandonnèrent tout leur butin et s’enfuirent du village. Une autre fois, le saint apparut pour retenir de ses deux mains le toit de l’école grecque qui s’écroulait, et il sauva ainsi les vingt enfants qui se trouvaient à l’intérieur.
Lors de l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure (1922), les chrétiens de Prokopion transportèrent avec eux en Grèce, au village de Nouveau-Prokopion, dans l’île d’Eubée, ces saintes reliques, comme leur plus grand trésor. Saint Jean y est depuis vénéré comme une source inépuisable de guérisons et de bénédictions, pour tous ceux qui l’approche avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de saint Jean le Russe, ton 1
Celui qui t’appela de la terre aux parvis célestes * garda aussi après ta mort ton corps intact, ô bienheureux. * Toi qui fus emmené comme captif en terre étrangère * où tu t’es uni au Christ, ô Jean */* supplie-Le pour qu’Il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Jean le Russe, ton 4
Celui qui fut le servant de l’amour évangélique, * le zélateur de la justice divine, * qui a gardé la pureté de l’âme et du corps * et a confessé la foi du Christ dans les souffrances * le juste Jean proclamons-le bienheureux et vénérons-le aujourd’hui * et édifiés par sa vie, nous lui chantons : * réjouis-toi ô notre intercesseur glorifié par Dieu.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 33-41)
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin. Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.

8 juin

8 juin

Translation des reliques de saint Théodore le stratilate, mégalomartyr (319) ; saint martyr Maximin, évêque d’Aix-en-Provence (Ier s.) ; sainte Calliope, martyre (vers 250) ; sainte Syre de Troyes (IIIème s.) ; saint Éphrem, patriarche d’Antioche (545) ; saint Médard, évêque de Noyon (vers 560) ; saint Zosime de Phénicie (VIème s.) ; saint Godard, évêque de Rouen (VIème s.) ; saint Héracle, évêque de Sens (VIème s.) ; saint Cloud, évêque de Metz (660) ; sainte Eustadiole, abbesse-fondatrice de Moyenmoutier (VIIème s.) saint Théodore, évêque de Souzdal (1023).

TRANSLATION DES RELIQUES DE ST THÉODORE LE STRATILATE

Quelque temps après son glorieux martyre, les reliques de saint Théodore furent transférées d’Héraclée à Euchaneia, où elles furent déposées dans la maison familiale du saint, conformément aux recommandations qu’il avait laissées à son secrétaire, Augaros, avant sa mort. Elles y accomplirent de nombreux miracles, de sorte que la ville prit ensuite le nom de Théodoropolis. C’est cette translation que nous commémorons aujourd’hui.

Saint Anastase le Sinaïte rapporte qu’à Karsat, près de Damas, se trouvait une église dédiée à saint Théodore le Stratilate, que les Sarrasins utilisèrent comme habitation, avec leurs femmes et leurs enfants, quand ils s’emparèrent de Damas. L’un d’eux décocha une flèche sur une fresque représentant le saint, et aussitôt du sang frais coula de son visage. Quelque temps plus tard, tous les Sarrasins qui se trouvaient dans cette église trouvèrent la mort.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de saint Théodore, ton 4
Dans l’armée véritable du Roi des cieux * tu fus un excellent stratège, Théodore, martyr victorieux; * car tu as combattu sagement, avec les armes de la foi, * exterminant les troupes des démons, en athlète vainqueur; * c’est pourquoi nous les fidèles, nous te disons bienheureux.

Kondakion de saint Théodore, ton 6
Ayant armé de courage ta foi * et pris comme lance la parole de Dieu, * tu as transpercé l’ennemi, * Théodore, fameuse gloire des martyrs; * avec eux ne cesse pas * d’intercéder pour nous tous auprès du Christ notre Dieu.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 27-32)

Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.

26 mai (ancien calendrier) / 8 juin (nouveau)

26 mai (ancien calendrier) / 8 juin (nouveau)

Saints Carpe et Alphée, apôtres (Ier s.) ; saint Abercius et sainte Hélène martyrs (Ier s.) ; saint Zacharie, évêque de Vienne, martyr (vers 106); saint Prisque et ses compagnons, martyrs à Auxerre (IIIème s.) ; saint Gondon, ermite en Brie (vers 690) ; saint Jean, moine, confesseur (IXème s.) ; saint Georges le serbe, martyr (1515).

SAINT APÔTRE CARPE

Saint Carpe était disciple de saint Paul, qu’il secondait dans ses missions, en transmettant ses lettres aux Églises qu’il avait fondées (2 Tm 4,13 ). Il convertit lui-même de nombreux païens par sa prédication et devint ensuite évêque de Bérée, en Thrace. Illuminant cette contrée comme un soleil spirituel, il accomplissait quotidiennement quantité de miracles, délivrait les possédés et conduisait des foules au baptême. Ce zèle apostolique lui procura bien des afflictions de la part des idolâtres et des autorités, mais il les supportait toutes avec vaillance, et allait même hardiment au-devant des épreuves. Après avoir ainsi glorifié Dieu pendant sa vie, il s’endormit en paix, et fut glorifié par Lui après sa mort, par les nombreux miracles que ses précieuses reliques accomplissaient envers les fidèles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire du saint apôtre Carpe, ton 3
Saint Apôtre du Seigneur, * intercède auprès du Dieu de miséricorde * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Carpe, ton 4
La sainte Église en tout temps * te possède comme un astre resplendissant, * éclairée par tes nombreux miracles, * saint apôtre Carpe: * sauve les fidèles vénérant ta mémoire sacrée.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 27-32)

Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.

7 juin

7 juin

Saint Théodote d’Ancyre, martyr (303) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Claude, Cyrin et Antonin (304) ; saintes martyres Valérie, Cyriaque et Marie à Césarée de Palestine (284-305) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Sisinius, Cyriaque, Large, Apronien, Saturne, Pappias et Maure, Crescentien, Priscille, Lucine et la princesse Artémie (304-310) ; saint Marcellin, évêque de Monistrol (VIème s.) ; saint Vulphy, martyr en Mésie (vers 643) ; saint Aventin, apôtre des Pyrénées, reclus, martyr (732) ; saint Mériadec, évêque de Vannes (886) ; saint Panaghis (ou Païssios) Bassia, prêtre en Céphalonie (1888) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyr Andronique, archevêque de Perm, Alexandre (Osetrov), Valentin (Belov), Benjamin (Loukanine), Victor (Nikiforov), Alexandre (Makhetov), Paul (Anochkine), Vladimir (Belozerov), Ignace (Yakimov), Michel (Denisov), Nicolas (Onianov), Paul (Sokolov), Alexandre (Preobrajensky), Nicolas (Rojdestvensky), Nicolas (Konioukhov), prêtres, Grégoire (Smirnov), diacre, et martyrs Athanase (Joulanov) et Alexandre (Zouïev) (1918) ; hiéromartyr Pierre (Kouznetsov), prêtre (1919).

SAINT THÉODOTE D’ANCYRE
Chrétien d’Ancyre en Galatie, saint Théodote avait été élevé dans la piété par la sainte vierge et martyre Técuse [18 mai]. S’étant marié, il exerçait avec probité la profession de cabaretier et profitait de toutes les occasions pour pratiquer la charité, indistinctement envers tous, chrétiens et infidèles, à tel point que Dieu lui accorda d’accomplir plusieurs guérisons miraculeuses.

Lorsque, sous la direction du gouverneur Théotècne, la persécution faisait rage à Ancyre (303 ou 311), Théodote, s’étant pourvu d’une ample provision de blé et de vin, avait transformé son auberge en asile où les chrétiens pouvaient trouver des denrées qui n’avaient pas été offertes aux idoles. Au péril de sa vie, il rendait visite aux confesseurs dans leur prison pour les encourager à ne pas faiblir, et allait enterrer les corps des martyrs. C’est ainsi qu’il exhorta au martyre son ami Victor, dont les persécuteurs essayaient de vaincre la résolution par des promesses trompeuses. Animé d’un nouveau courage, Victor souffrit patiemment les supplices, mais fléchissant au dernier moment, alors qu’il parvenait à l’issue du combat, il demanda à réfléchir sur les propositions qu’on lui avait faites. Ramené en prison, il mourut de ses blessures, privé de la couronne de la victoire.

Un autre chrétien, nommé Valens, ayant quant à lui résisté jusqu’à la mort, Théodote recueillit ses reliques, qui avaient été jetées dans l’Halys, et alla les ensevelir au bourg de Malos . Il y rencontra un groupe de chrétiens qu’il avait précédemment délivrés de prison. Dans la joie des retrouvailles, ils décidèrent de partager un repas fraternel et convoquèrent le prêtre de Malos, Fronton, pour y prendre part. Après le repas, Théodote recommanda à Fronton de bâtir en ce lieu paisible une chapelle pour y déposer des reliques de martyrs et, lui donnant son anneau en gage, il promit de lui procurer ces saintes reliques.

De retour à Ancyre, Théodote trouva la ville dans une grande confusion, par suite de l’arrestation de sa tante Técuse et de ses six compagnes. Il resta caché avec d’autres chrétiens, en priant pour la confirmation des saintes dans leurs épreuves, et dès qu’il apprit qu’elles avaient péri noyées sans avoir renié le Seigneur, il rendit grâce à Dieu et changea ses lamentations en larmes de joie. S’étant informé des détails de leur passion, il réfléchit sur le moyen de tromper la surveillance des gardes, pour s’emparer des corps des saintes et leur donner une sépulture chrétienne. Sainte Técuse lui apparut pendant sa prière et, lui rappelant le soin qu’elle avait pris pour l’instruire dans la vie évangélique, elle lui recommanda de ne pas hésiter davantage et de partir en hâte pour accomplir sans crainte cette mission agréable à Dieu. S’enfonçant dans les ténèbres de la nuit, alors qu’une terrible tempête s’était levée, Théodote et ses compagnons parvinrent jusqu’au bord du lac. Les gardes placés là, effrayés par l’apparition du saint martyr Sosandre, armé et entouré de flammes, prirent la fuite avec terreur, et les eaux, soulevées par la tempête, laissèrent apparaître les corps des saintes. Ils purent ainsi les recueillir et allèrent les ensevelir pieusement dans une église connue d’eux seuls.

Dès le lendemain matin, toute la ville fut en émoi en apprenant l’enlèvement des corps des saintes martyres. Sur l’ordre du gouverneur, les soldats arrêtaient tous les chrétiens qu’ils rencontraient pour les soumettre à la question. On arrêta Polychronion, un des compagnons de Théodote, qui perdant courage sous la torture, révéla l’endroit où les corps avaient été enterrés et dénonça Théodote comme responsable de cette entreprise. Théotècne fit aussitôt déterrer les corps, les livra aux flammes, puis il envoya ses hommes à la recherche de Théodote. Restant sourd aux supplications de ses amis, qui le conjuraient de prendre la fuite, Théodote alla se livrer de lui-même au gouverneur, en se confiant en la puissance de la vivifiante Croix.

Lorsqu’il entra dans la salle des interrogatoires, il regarda en souriant le feu et les instruments de torture et, rejetant avec mépris les propositions flatteuses de Théotècne, il tourna en dérision la faiblesse d’une religion qui a besoin de tant d’hommes armés contre un seul soldat de Jésus-Christ. Son discours jeta le gouverneur dans une grande fureur et les prêtresses païennes, qui s’arrachaient les cheveux et déchiraient leurs vêtements, ainsi que la foule, criaient qu’on châtiât l’ennemi des dieux.
Après l’avoir fait flageller, le tyran fit étendre le martyr sur le chevalet et donna licence aux bourreaux de lui déchirer le corps avec des ongles de fer, puis ils versèrent sur ses plaies du vinaigre et y appliquèrent des torches enflammées. Armé d’une endurance surnaturelle par l’invocation du Nom du Christ, le saint répliquait à ses tortionnaires que ces supplices, loin de le vaincre, allaient démontrer avec éclat la puissance que Dieu accorde à ceux qui l’aiment. On lui brisa les dents et les mâchoires à coups de pierres, puis, les bourreaux étant épuisés, on le jeta en prison. Cinq jours après, il fut de nouveau présenté au tribunal et soumis aux mêmes tortures, à l’issue desquelles on l’étendit sur des briques rougies au feu. Comme les supplices restaient sans effet et tournaient plutôt le magistrat en ridicule, Théotècne ordonna de le décapiter et de jeter son corps au feu.

Arrivé au lieu de l’exécution Théodote rendit grâce à Dieu, pria pour qu’Il mît fin à la persécution et accordât la paix à Son Église, puis, se tournant vers les chrétiens présents, il les exhorta à sécher leurs larmes pour remercier le Seigneur de lui avoir accordé d’achever heureusement son combat, et il reçut avec joie le coup de glaive qui lui procura la couronne éternelle. Le bûcher sur lequel on plaça son corps fut soudain entouré d’une lumière si éclatante que les bourreaux ne purent approcher pour entretenir le feu et le corps resta intact.

Ce jour-même, Fronton, le prêtre de Malos, parvenait en ville avec un âne chargé de vin. L’animal s’arrêta épuisé de fatigue près de l’endroit où le corps de saint Théodote était gardé par des soldats. Invité par ces derniers à passer la nuit avec eux, Fronton apprit ce qui s’était passé, il leur proposa de goûter à son vin et, les ayant enivrés, il s’empara du corps du saint martyr, lui passa au doigt l’anneau qu’il lui avait autrefois remis et, le chargea sur son âne. Guidé par un ange, la bête alla tout droit jusqu’au lieu que Théodote avait désigné à Fronton pour y construire une église, et c’est ainsi qu’il accomplit sa promesse de lui fournir des reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodote, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la contemplation divine; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Théodote, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théodote, ton 2
Des pontifes ayant rejoint la dignité, * tu as imité les martyrs victorieux; * c’est pourquoi, Théodote, ayant reçu * double couronne dans le ciel, * tu exultes avec les Anges incorporels, * intercédant pour nos âmes en présence du Christ.

Évangile DU JOUR
(Matth. 5, 20-26)
Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.

25 mai (ancien calendrier) / 7 juin (nouveau)

25 mai (ancien calendrier) / 7 juin (nouveau)

Troisième invention du chef du saint prophète précurseur et baptiste, Jean (vers 850) ; saints Injurieux et Scholastique, en Auvergne (388) ; saint Théraponte, évêque de Chypre, martyr (IVème s.) ; saints Mauxe et Vénérand, martyrs à Evreux (IVème s.) ; saint Léon, abbé de Mantenay (550) ; saint Bède le vénérable, moine de Jarrow (735) saint Dizan, évêque de Saintes (VIIIème s.) ; saint Innocent, archevêque de Chersonèse (1857) ; saints néomartyrs de Russie ; sainte Hélène (Korobkov), moniale (1938) ; saint Taurion (Tolokontsev), moine (1939).

TROISIÈME INVENTION DU CHEF DE ST JEAN BAPTISTE

Le précieux Chef du Précurseur, ayant été de nouveau perdu après son transfert d’Émèse, fut retrouvé par un prêtre, bien des années plus tard, dans un vase d’argent enfoui en terre, en un endroit consacré, situé à Comanes en Cappadoce. De là, il fut transféré en grande pompe à Constantinople, où l’empereur et le patriarche, entourés de tout le peuple, l’accueillirent avec piété et le déposèrent en un lieu saint.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de l’invention du Chef de St Jean Baptiste, ton 4
Tel un trésor divin caché sous terre, le Christ * nous a révélé ton chef, saint Prophète et Précurseur. * Tous ensemble au jour de son Invention, * nous louons, par des cantiques inspirés, * le Sauveur qui nous a délivrés de la tombe par ta divine intercession.
Kondakion de l’invention du Chef de St Jean Baptiste, ton 6
Celui qui dans ce monde fut la colonne lumineuse de Dieu, * le chandelier précurseur du Soleil mystique, * montrant à la terre entière sa tête porteuse de clarté * sanctifie ceux qui se prosternent devant elle avec foi * et qui élèvent la voix pour chanter: * Sauve-nous tous, saint Baptiste du Seigneur notre Dieu.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. V, 20-26)
Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.

6 juin

6 juin

Saint Hilarion le jeune, higoumène à Constantinople (845) ; saintes Archelais, Thècle et Suzanne, vierges martyres (293) ; saint Bessarion, thaumaturge d’Égypte (IV-Vème s.) ; saint Cérase, évêque d’Eauze, martyr (Vème s.) ; saint Claude, évêque de Besançon (699) ; saint Gurval, évêque et confesseur (VIIème s.) ; saint Jonas, évêque de Perm (1470) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint Jonas de Klimets (1534) ; saint Raphaël (Cheïtchenko), confesseur (1957).

SAINT HILARION LE JEUNE

Notre saint Père Hilarion était originaire de Cappadoce, son père était fournisseur en pain du palais impérial et jouissait d’une position avantageuse. Entré à l’âge de vingt ans au monastère de Xèrokopion à Constantinople, il le quitta bientôt pour le fameux monastère de Dalmate , où il fut tonsuré moine. Humble et amoureux de l’hésychia, il remplit pendant dix ans l’obédience de jardinier, brillant par ses vertus. Comme il avait chassé par sa prière un démon d’un jeune garçon, l’higoumène le fit ordonner prêtre malgré lui ; et, quelque temps après la mort de ce dernier, comme on voulait le nommer higoumène, Hilarion alla se réfugier au monastère des Cathares, en Bithynie . Mais les moines de Dalmate firent appel au patriarche Nicéphore et à l’empereur pour le rappeler au monastère, et il fut nommé par le Synode Permanent higoumène et archimandrite des monastères de la capitale (807).

Il dirigeait paisiblement son troupeau spirituel lorsque, Léon l’Arménien ayant repris la persécution iconoclaste (813), il fut traduit devant le souverain qui essaya de lui faire renoncer à la vénération des saintes icônes. Le saint lui résista en face, le traitant d’athée et de nouvel Apostat. Furieux, Léon le fit soumettre à la torture et jeter en prison. Après une détention prolongée, Hilarion comparut à nouveau devant l’empereur et lui répéta sans crainte les mêmes paroles ; aussi Léon le livra-t-il au patriarche hérétique, Théodote Cassitéras, en espérant que ce dernier parviendrait à vaincre le vaillant confesseur et, avec lui, le puissant parti monastique. Théodote ayant échoué, on enferma Hilarion dans un sombre cachot., sans nourriture, pendant de longs jours. Ses disciples, ayant appris qu’il risquait de mourir de faim, allèrent supplier l’empereur de le relâcher en promettant que leur père spirituel se soumettrait à sa volonté. Léon le fit libérer et lui permit de regagner son monastère ; mais il se rendit bientôt compte qu’il avait été joué et le saint fut enfermé, durant six mois, au monastère de Phoneos, sur le Bosphore, soumis aux mauvais traitements de l’higoumène qui était acquis à la cause de l’empereur. Après une nouvelle comparution devant le tyran, Hilarion fut transféré au monastère de Kyklobion, sur la côte occidentale de la capitale, où il resta deux ans et demi, puis on l’interna à la prison des Numériens près du palais, d’où on le tira pour le reléguer dans la forteresse de Protilion, après l’avoir cruellement flagellé.

À la suite de l’assassinat de Léon l’Arménien dans l’église où il avait inauguré sa persécution en jetant à terre l’icône du Christ, Michel II, prenant le pouvoir, ordonna de libérer les confesseurs (820). Hilarion fut relâché, mais l’entrée de la capitale lui restant interdite, il fut hébergé pendant sept années dans la propriété de campagne d’une pieuse chrétienne, jusqu’au début du règne de Théophile qui, ayant fait rechercher les supérieurs de monastères confesseurs des saintes icônes, les fit comparaître un à un. Comme on lui demandait s’il se soumettait à la volonté impériale, le saint condamna le tyran, le traitant d’impie et de trompeur. On lui infligea cent dix-sept coups de verges, sans pitié pour son âge, puis on le déporta dans l’île d’Aphousia au sud de la Propontide. Le saint s’y creusa une étroite cellule dans un rocher et fit jaillir, par sa prière, une source d’eau fraîche. Il passa là huit ans dans l’hésychia, jusqu’à la mort de Théophile (842). Saint Hilarion fut aussitôt autorisé par l’impératrice Théodora à rentrer à Constantinople et à reprendre la direction de son monastère. Ayant assisté à la restauration triomphale de l’Orthodoxie, il passa trois ans à instruire ses moines des saintes traditions, brillant par la sainteté de sa vie et par ses miracles, puis il remit en paix son âme au Seigneur, à l’âge de soixante-dix ans (845) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * saint Hilarion, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion du saint, ton 1
Dans la fournaise tu ne fus nullement consumé, * Hilarion, magnanime lutteur, * car tu reçus de Dieu la rosée qui te rafraîchit; * c’est pourquoi tu menas dans l’allégresse * en compagnie des saints Moines tes combats surhumains: * avec eux souviens-toi de nous tous.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. IV, 23 – V, 13)

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain. Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

24 mai (ancien calendrier) / 6 juin (nouveau)

24 mai (ancien calendrier) / 6 juin (nouveau)

Saint Siméon le jeune, stylite au Mont Admirable en Syrie (596) ; saint Mélèce le stratélate, avec saints Étienne, Jean, Sérapion l’égyptien, Callinique le mage, Théodore, Fauste et 11208 guerriers, avec des femmes et des enfants, tous martyrs en Galatie (vers 218) ; saint Donatien et son frère, saint Rogatien, martyrs à Nantes (vers 300); saint Vincent de Lérins, moine (445) ; saint Misselin, prêtre à Tarbes (Vème s.) ; saint Nicétas le stylite, moine à Pereslavl (1186).

SAINT SYMÉON DU MONT ADMIRABLE

Saint Siméon le jeune, stylite au Mont Admirable en Syrie (596)

Notre saint Père théophore Syméon naquit à Antioche, en 521, d’un couple de parfumeurs originaires d’Édesse. Sa naissance avait été annoncée à sa mère, sainte Marthe, par une apparition du saint Précurseur, qui donna le nom de l’enfant et prédit qu’il mènerait, à son exemple, une vie d’ascèse. Né sans douleurs, Syméon n’acceptait de prendre que le sein droit de sa mère et refusait de téter quand celle-ci avait mangé de la viande. Dès son baptême, à l’âge de deux ans, il se mit à parler et répéta pendant sept jours : « J’ai un père et je n’en ai point. J’ai une mère et je n’en ai point », annonçant ainsi son parfait détachement des choses terrestres. À l’âge de cinq ans, il échappa miraculeusement à un tremblement de terre (25 mai 526), avec sa mère, alors que son père périssait sous les décombres de leur demeure. Quelque temps après, l’enfant aperçut sur la muraille le Christ entouré d’une foule de justes, qui lui enseigna la voie à suivre pour acquérir la sagesse et échapper au châtiment de Dieu. Un personnage vêtu de blanc lui apparut ensuite et l’invita à le suivre vers une montagne, située à environ treize kilomètres d’Antioche, en direction de Séleucie, où il passa quelques jours seul, en compagnie des bêtes sauvages. L’enfant découvrit ensuite un petit monastère dirigé par le stylite Jean, qui avait été averti de son arrivée par des visions. Celui-ci l’accueillit avec joie, comme élu de Dieu, et le prit aussitôt sous sa direction spirituelle, restant stupéfait des marques de sagesse et de frugalité de cet enfant de six ans, qui n’acceptait de prendre de la nourriture que tous les trois ou sept jours.

Dès le début de sa vie au monastère, Syméon accomplit son premier miracle en guérissant un berger qui, pris d’envie, avait voulu le tuer et avait été puni par le dessèchement de sa main droite. Comme il désirait imiter en tout son père spirituel, après avoir été suffisamment éprouvé dans son intention pendant une année, il se fit dresser une sorte de pilier peu élevé, à côté de la colonne de Jean, et commença ainsi, à l’âge de sept ans, sa carrière de stylite, encouragé par une vision, au cours de laquelle le Christ lui révéla que la station debout sur un pilier serait pour lui semblable à sa Crucifixion et le moyen d’imiter sa Passion salutaire. « Resplendissant comme le soleil d’une conduite angélique accomplie, et rempli de charismes divins, l’enfant, écrit son biographe, se dérobait tout entier aux choses de la terre et c’était vers le ciel qu’il dirigeait l’ascension de son âme ». Il ajoutait sans cesse de nouveaux labeurs à son combat contre la nature : quand Jean chantait trente psaumes pendant sa prière nocturne, Syméon en chantait cinquante ou quatre-vingts. Il veillait toutes les nuits, allant jusqu’à réciter entièrement le Psautier, et passait le jour à glorifier Dieu, restant étranger à toute nourriture. Ses austérités provoquèrent même les remontrances de l’higoumène, qui lui dit : « Il ne te reste donc plus qu’à prendre un glaive et à te détruire ! » Il lui reprocha de plus de ne pas laisser les autres moines se reposer par ses psalmodies ininterrompues, et lui recommanda de se contenter de l’imiter. Syméon répondit à son maître, en usant des paroles de l’Écriture, que sans condamner les autres, il avait quant à lui besoin de telles austérités pour ne pas laisser son intellect s’alourdir dans l’attachement à la matière.

L’enfant-stylite montrait l’ardeur d’un guerrier éprouvé dans la lutte contre les démons, dont les attaques alternaient avec des visions célestes qui venaient le fortifier : entre autres celle d’un patriarche qui vint l’oindre de parfum pour repousser tous les assauts des démons. Un jour un formidable ouragan, suscité par le diable, arracha la loge où se tenait le saint sur sa colonne. Mais, au matin, les moines trouvèrent Syméon ferme sur son pilier, le visage resplendissant comme celui d’un ange. Peu avant de perdre ses premières dents, l’enfant avait déjà acquis le pouvoir de délivrer les possédés et d’accomplir des guérisons. Il exhortait les moines, avec la sagesse d’un ancien, à dominer leurs passions par la garde de leurs sens et de leur intellect, et leur traça même une règle de vie cénobitique fondée sur la sainte Écriture. Il disait : « La fierté du moine c’est la tempérance. La fierté du moine, c’est de chanter continuellement les psaumes et de prier sans cesse. La fierté du moine c’est l’obéissance, car par elle le Seigneur a vaincu la mort en se faisant obéissant jusqu’à la mort sur la Croix… ».

Sa renommée d’ascète et de thaumaturge se répandit rapidement dans la contrée et suscita la visite du patriarche d’Antioche, saint Éphrem [527-545, cf. 7 mars], et celle de foules nombreuses, qui accouraient pour recevoir la bénédiction des deux stylites. Aux ascèses et privations volontaires qu’il infligeait à sa chair, Syméon ajoutait une charité sans mesure, de sorte que si quelqu’un se présentait à lui dépourvu de vêtements, il se dépouillait complètement des siens, même en hiver, et endurait le froid pendant des mois, réchauffé par la seule grâce divine. Pendant une année entière, il se tint accroupi, si bien que ses genoux se soudèrent entre eux et ses cuisses et ses jarrets se gangrenèrent en dégageant une odeur fétide. Alertés par cette puanteur, les moines envoyèrent quérir un médecin que Syméon repoussa, et c’est par une intervention divine qu’il fut guéri. En guise d’action de grâces, il resta à genoux pendant de nombreux jours.
Un jour de Pentecôte, le Saint-Esprit descendit sur le saint, et le remplit de sagesse et de science, si bien qu’il commença à composer des discours sur la vie spirituelle, destinés aux moines et aux laïcs , conformément à la parole : C’est dans la bouche des enfants, des nourrissons, que Tu as mis une louange (Ps 8,3).

Devenu luminaire du Saint-Esprit, à l’âge de treize ans (533), après six années passées sur sa stèle, Syméon, désireux d’imiter les célestes ascensions de son glorieux prédécesseur Syméon Stylite l’Ancien , se fit dresser une colonne de plus de douze mètres de haut, considérablement plus élevée que celle de son père spirituel, lequel se plaignait de ne plus pouvoir apercevoir le visage de son disciple. Une fois la colonne érigée, alors que Syméon était sur le point d’y monter, l’archevêque d’Antioche et l’évêque de Séleucie vinrent en visite au monastère et l’ordonnèrent diacre . Puis, en procession, ils l’escortèrent, avec hymnes et prières, jusqu’à la colonne, où il devait passer huit années, tout entier tendu vers le ciel.

Après le décès de son père spirituel, dont il avait été averti par une révélation divine, la direction de la communauté échut à Syméon, jusqu’à la fin de ses jours. Mais il n’en relâchait en rien ses combats ascétiques et ne se laissait pas distraire de sa prière continuelle par les soucis de la gestion du monastère. Au contraire, il entreprit de nouvelles et extraordinaires austérités. Enfermé dans un abri de peau, sans lumière et sans aération, il se tenait en prière depuis le coucher du soleil jusqu’à l’aube et, suspendu de la main gauche, il se frappait la poitrine de la main droite, en mouillant de ses larmes son vêtement de poil. Il chantait tout le Psautier, accompagné par des voix angéliques, puis récitait le Livre de la Sagesse et l’Évangile, et terminait ses prières, au lever du soleil, pour prendre un bref repos, après avoir encensé l’endroit sans qu’il lui soit nécessaire d’allumer son encensoir. Il alla même jusqu’à se priver complètement de sommeil pendant trente jours et trente nuits, priant Dieu de le débarrasser de cette tyrannie de la nature. Mais, à la fin de ce temps, une voix céleste lui ordonna : « Il te faut dormir un peu ! » Ces progrès dans sa tension vers Dieu, provoquèrent des attaques redoublées de la part des démons, qui cherchaient à le jeter bas de sa colonne ; mais le saint, assisté de trois anges, les repoussait avec énergie. Dieu lui montrait alors avec plus d’éclat sa faveur, par des visions et des miracles, et même par la résurrection d’un mort ; et finalement le Christ lui apparut pour lui accorder le pouvoir de chasser tout esprit impur. Les anges se retirèrent alors, pour laisser le saint, seul intendant de la grâce divine en faveur des foules de malades et de possédés qui accouraient vers lui pour implorer leur guérison. Syméon agissait en tout comme le Seigneur pendant sa vie terrestre : il commandait de la voix avec autorité aux démons, restaurait, corrigeait, édifiait les âmes et les corps, afin que par lui Dieu régnât parmi les hommes. Il guérissait les malades, soit par sa parole, soit par l’imposition des mains ou de sa baguette d’amandier, soit par l’attouchement de la frange de ses vêtements ou encore par le simple contact avec de la poussière ou de l’huile bénites par lui, ou même par une lampe allumée en son honneur ou la simple invocation de son nom.

Au cours de l’une de ses visions, il fut averti de la prochaine prise d’Antioche par Chosroès, roi des Perses (juin 540). Cette prophétie s’étant réalisée, et la ville ayant été incendiée, ses habitants massacrés ou envoyés en exil, les barbares se répandirent dans la campagne, dévastant le pays. Lorsqu’ils arrivèrent en vue du monastère, la prière de Syméon suffit à les éloigner. Mais la crainte de nouveaux massacres effraya tellement les moines que tous abandonnèrent le monastère, malgré les objurgations du saint. Lorsque les Perses arrivèrent au monastère, deux anges, que Dieu avait envoyés pour protéger Syméon, les mirent en fuite, et trois jours plus tard, les moines purent regagner les lieux. Saint Syméon libéra alors un grand nombre de prisonniers qui avaient invoqué son nom dans leur détresse, et parmi eux un moine qui l’avait abandonné lors du siège de la ville.

Sa renommée s’étant répandue dans tout le pays, il ne pouvait jouir de la quiétude qu’il recherchait, aussi, à l’âge de vingt ans (541), il décida de quitter sa colonne pour gagner l’endroit désert, dépourvu de tout chemin et foisonnant de bêtes sauvages, où il avait passé quelque temps, enfant, au début de sa carrière. Dans une vision, le Christ lui désigna au sommet de la montagne, qui s’appellera désormais le Mont Admirable, un rocher que la gloire divine avait recouvert. Tandis que Syméon faisait l’ascension du rocher, sur lequel il allait se tenir comme sur une colonne naturelle, la communauté des moines abandonna le monastère du bas pour le suivre et elle s’établit dans un baraquement provisoire, privé de tout confort. Dès le lendemain de son installation, les foules, ayant trouvé le monastère désert, découvrirent la nouvelle retraite du saint et, se frayant un chemin dans la forêt, elles vinrent lui présenter leurs malades. Rempli de tristesse, mais ne pouvant refuser de mettre sa prière au service du peuple de Dieu souffrant, Syméon continua d’accomplir miracles et guérisons. Lorsqu’une terrible peste fondit sur l’Empire byzantin, frappant en particulier Constantinople et Antioche (542), seuls ceux qui invoquèrent le secours du saint stylite se trouvèrent épargnés par le fléau. Après cela, un tremblement de terre, qui avait été annoncé par le saint, ébranla la cité d’Antioche (551). Pendant de nombreux jours, les habitants épouvantés priaient jour et nuit, et se rendaient au Mont Admirable pour supplier l’homme de Dieu d’intercéder en leur faveur. Effectivement les prières de saint Syméon mirent fin à la calamité.

Comme des milliers de pèlerins, de possédés et de malades se rendaient auprès du saint, dans cet endroit désert et privé d’eau, le Seigneur avisa Syméon qu’Il allait pourvoir à leurs besoins. Un ange apparut et traça sur le sol le plan d’un vaste monastère et d’une église, à l’endroit même occupé par le stylite, et une nuée lumineuse recouvrit le Mont Admirable. Peu après un grand nombre d’hommes, venus d’Isaurie, ayant été guéris par Syméon, commencèrent la construction. Ils furent remplacés par d’autres groupes qui se succédaient, de sorte que l’édifice progressait rapidement, sans être une gêne pour les moines qui continuaient de vaquer à l’œuvre de Dieu. Le saint fit amener de l’eau en abondance et, grâce à sa prière, les citernes ne s’épuisaient jamais. Au centre de l’ensemble constitué par l’église, dédiée à la Sainte-Trinité, et les bâtiments monastiques en forme de croix, on dressa une nouvelle colonne pour le saint . Le 4 juin 551, saint Syméon descendit de l’éperon rocheux sur lequel il se tenait depuis dix ans et, placé par ses moines sur un trône, tenant sur sa poitrine les saints Évangiles, il fit le tour du monastère pour bénir tous les bâtiments, précédé de sa mère, sainte Marthe, qui portait la croix et chantait l’alléluia. Puis les moines le saisirent de leurs mains, comme un vase sacré, se prosternèrent devant lui et le déposèrent sur la plate-forme de la nouvelle colonne, que le Christ, apparaissant dans toute sa gloire, venait de bénir. Du haut de cette colonne, où il vit un jour une échelle qui parvenait à la porte du ciel, le saint ne cessait pas néanmoins de veiller au bon ordre de la communauté. Selon l’ordre formel de Syméon, les moines devaient s’abstenir d’utiliser les denrées apportées en offrandes par les pèlerins, et ils allaient travailler dans les jardins du monastère du bas pour subvenir à leurs besoins et à ceux des foules de visiteurs. Le manque de nourriture suscita un jour les murmures et la révolte de certains moines, incités par un certain Angoulas, qui ne manquait aucune occasion de diffamer le saint sous prétexte de sa trop grande générosité. Le diable, impuissant à s’attaquer à sa propre personne, éprouvait ainsi saint Syméon, qui, néanmoins, ne se départissait pas de sa mansuétude envers les rebelles. Il leur rappela que Dieu n’abandonne jamais ses serviteurs et, à sa prière, les réserves du monastère se remplirent de grains, sans s’épuiser, pendant trois ans. À la communauté de ses disciples se joignirent des Ibères, et ils eurent dès lors leur propre communauté au Mont Admirable, qui entretenait des relations suivies avec la Géorgie, où l’on vénérait fort saint Syméon .
En 557, à la suite d’une vision redoutable, Syméon annonça de grands tremblements de terre, et il fit chanter pendant soixante jours à ses moines des tropaires de sa composition pour apaiser le courroux de Dieu. Conformément à sa prédiction, le séisme frappa durement Constantinople et Nicée, détruisit Nicomédie et Reggio de Calabre, ne faisant que des dégâts mineurs à Antioche, grâce à la protection du saint. Mais peu après que ce fléau eut été écarté, une épidémie, prédite aussi par saint Syméon, vint frapper Antioche. Grâce aux prières du bienheureux, une partie de la cité fut épargnée, mais la calamité parvint en revanche au Mont Admirable où quelques moines moururent. Parmi les victimes se trouvait Conon, un disciple très aimé du saint, que Syméon ressuscita.

Malgré l’insistance des foules, qui désiraient recevoir la sainte communion de ce Père théophore, dont les miracles étaient la garantie de l’orthodoxie, Syméon refusa de recevoir la prêtrise, jusqu’au jour où, à l’âge de trente-trois ans (554), obéissant à une voix céleste, il accepta d’être ordonné par l’évêque Denys de Séleucie, qui était monté le trouver au sommet de sa colonne. Il continua alors d’enseigner la vraie foi et de lutter contre les hérésies et les superstitions, répandues non seulement dans le peuple, mais aussi parmi les hauts personnages d’Antioche.

L’homme de Dieu assista par ses prières les armées alliées des Byzantins, qui étaient parties en campagne contre Almoudanos, prince sarrasin, vassal de Chosroès, qui persécutait de manière sanguinaire les chrétiens. Il prédit l’élévation au trône de Justin II (565), et à Jean le Scholastique sa consécration comme patriarche œcuménique. À Antioche, il annonça la mort du patriarche Domnin et prédit qu’il serait remplacé par Anastase (559). Après la réalisation de la prédiction le concernant, l’empereur Justin montra beaucoup d’admiration pour le saint stylite, et il resta constamment en rapport avec lui pour lui demander conseil. Il lui écrivit notamment pour l’informer que sa fille était possédée du démon, et le saint lui répondit qu’il pouvait remercier Dieu, car elle serait guérie dès réception de sa lettre. L’empereur étant tombé malade, fit appel à un charlatan juif. Averti en vision, saint Syméon écrivit au patriarche de signifier à l’empereur qu’il devait renoncer à de telles pratiques provoquant la colère divine. Mais le souverain, trompé par cet imposteur, n’obéit pas et, quelque temps plus tard, conformément à ce qui avait été révélé à Syméon, Justin perdit la raison. Sur le point de mourir, il laissa Tibère II comme successeur (578).

Après avoir été pendant de longues années une vivante réalisation des paroles du Seigneur : Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes (Jn 14,12), saint Syméon, sentant son séjour terrestre s’achever, prophétisa devant deux de ses moines le discrédit dans lequel devait tomber le monastère après sa mort, à cause des intrigues d’Angoulas. Puis il leur révéla que, depuis sa jeunesse, il avait obtenu de Dieu la grâce de se priver entièrement de nourriture, et que chaque dimanche, après la Liturgie, un ange lui apportait un aliment mystérieux . Puis il adressa ses ultimes recommandations spirituelles à ses disciples et remit paisiblement son âme à Dieu, à l’âge de soixante et onze ans (24 mai 592), pour gagner le séjour des anges qu’il avait si bien imités sur la terre .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire du saint, ton 1
Colonne de patience, tu imitas les Pères de jadis: * dans ses souffrances Job, dans ses épreuves Joseph; * tu menas la vie des Anges incorporels en ton corps, * vénérable Père Siméon; * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il accorde à nos âmes le salut.

Kondakion du saint, ton 2
Recherchant les choses d’en-haut * et détaché de celles d’ici-bas, * de ta colonne ayant fait un autre ciel, * par elle tu as resplendi de l’éclat de tes miracles, Père saint, * et sans cesse auprès du Christ notre Dieu * tu intercèdes en faveur de nous tous.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. IV, 25 – V, 13)

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain. Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

5 juin

5 juin
Jour du Saint-Esprit
Saint Dorothée, évêque de Tyr, martyr (vers 362) ; saints Marcien, Nicandre, Apollonius, Léonide, Arius, Gorgius, Sélénias, Irénée et Pambo, martyrs à Alexandrie (305-311) ; saint Allyre, évêque de Clermont (385) ; saint Dorothée, moine de Gaza (VIème s.) ; saint Théodore le thaumaturge (VIème s.) ; saint Anoub de Scété (Vème s.) ; saint Boniface, apôtre de la Germanie, évêque de Mayence, martyr (754) ; saint Constantin, métropolite de Kiev (1159) ; saint Théodore de Novgorod, prince (1233) ; saint Pierre de Koritcha, en Serbie (1275) ; translation des reliques de saint Igor, prince de Tchernigov et de Kiev (1150) ; saints néomartyrs de Russie : Michel (Botiakov), prêtre (1941) ; Nicolas (Riourikov), prêtre (1943).

SAINT DOROTHÉE, ÉVÊQUE DE TYR

Évêque de Tyr, en Phénicie, au temps de la persécution de Dioclétien (vers 304), saint Dorothée avait acquis une vaste et profonde connaissance des saintes Écritures et des traditions qui circulaient en ce temps sur la vie des prophètes et des apôtres. Contraint de s’enfuir, il se réfugia à Odyssopolis (Varna) sur la mer Noire, jusqu’à la fin de la persécution de Licinius (320). De retour à Tyr, il gouverna en paix son Église pendant de longues années. Lorsque Julien l’Apostat commença à persécuter les chrétiens de manière insidieuse (361), le vieil évêque, âgé de cent sept ans, gagna de nouveau Odyssopolis, où il fut arrêté par les envoyés du tyran et soumis à de cruels supplices, sans respect pour son âge. Il mourut dans les tourments et rejoignit ainsi le chœur des saints.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. XVIII, 10-20)

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)
Jour du Saint-Esprit

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831) ; sainte Marie de Cléopas (Ier s.) ; saint Didier, évêque de Langres, martyr avec plusieurs compagnons (407) ; saint Syagre, évêque de Nice (787) ; ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saint Damien (ou Démétré) de Garedja, roi de Géorgie (1157) ; sainte Euphrosynie, abbesse à Polotsk (1173) ; saint Païssios de Galitch (1460)

SAINT MICHEL, ÉVÊQUE DE SYNADE

Originaire de Synades en Phrygie, saint Michel quitta de bonne heure sa patrie pour Constantinople, où il se lia d’amitié spirituelle avec saint Théophylacte [8 mars], alors secrétaire de saint Taraise [25 fév.]. Les deux jeunes gens montraient une si grande unité de sentiments qu’on ne croyait voir en eux qu’un seul Homme nouveau. Lorsque saint Taraise, ayant revêtu l’Habit monastique, fut élevé à la dignité patriarcale, les deux amis devinrent moines à leur tour dans le monastère qu’il avait fondé sur le Bosphore. Rivalisant dans les combats ascétiques, ils progressèrent rapidement dans la vertu, qu’ils relevaient par le glorieux ornement de l’humilité et de la gaieté permanente de l’âme.

Taraise, informé de leurs hauts-faits, les nomma skevophylax de la Grande Église et, peu après, il parvint à leur faire accepter, à contrecœur, la consécration épiscopale : Théophylacte comme métropolite de Nicomédie et Michel pour devenir le pasteur de sa patrie, Synades (vers 784). Proclamant droitement la parole de la vérité, tant par ses enseignements que par sa vie, doux, patient et miséricordieux, ayant vaincu la colère, ce bon pasteur fit ériger églises et monastères, et fonda des hospices et des établissements de bienfaisance pour venir en aide aux malades, aux déshérités et aux étrangers. Il assista au Second Concile de Nicée (787), où il y soutint la doctrine orthodoxe sur la vénération des saintes icônes, puis de retour dans son diocèse, il reprit paisiblement son œuvre pastorale.

En 806, année où le patriarche saint Nicéphore [2 juin] succéda au défunt saint Taraise, saint Michel fut mis à la tête d’une ambassade envoyée par l’empereur Nicéphore (802-811) auprès du calife Haroun-al-Raschid, au cours de laquelle il fit preuve de toutes ses qualités d’homme de paix et de conciliation. À l’automne 811, il fut envoyé à Rome, comme légat du patriarche Nicéphore, afin de présenter au pape ses lettres synodiques et de s’assurer de son soutien quant à la vénération des saintes icônes. L’année suivante, il fut reçu par Charlemagne à Aix-la-Chapelle et obtint un traité de paix.
Lorsque, après deux années de règne, le nouvel empereur, Léon V l’Arménien (813-820), dévoila ses sombres desseins et renouvela la persécution contre les saintes icônes, saint Michel se rangea aussitôt parmi les défenseurs de la vraie foi, réunis autour du patriarche Nicéphore : Euthyme de Sardes [26 déc.], Joseph de Thessalonique [14 juil.], Émilien de Cyzique [8 août], Théophylacte de Nicomédie et bien d’autres, clercs, moines et laïcs, qui se tenaient prêts à verser leur sang pour la piété. Ils se présentèrent devant le souverain et tentèrent de le faire revenir à la raison, tant par des arguments tirés des saints Pères, qu’en lui rappelant le soutien que leur assurait l’Église de Rome. Mais ce fut en vain et, aveuglé de fureur, le tyran les fit arrêter et envoyer en exil, loin les uns des autres, avec interdiction de correspondre. Saint Michel fut alors relégué à Eudocias, en Phrygie, où il resta plus de dix ans, souffrant tous les mauvais traitements avec actions de grâces et priant pour ses persécuteurs. Il n’en cessait pas pour autant de défendre la foi orthodoxe et de venir en aide aux malheureux, et il maintenait inchangé son programme de vie ascétique et de prière nocturne. Il accomplit là de nombreux miracles, guérissant par sa prière les hommes comme les animaux domestiques, et par le miel de ses paroles, il réussit à adoucir et à convertir les habitants rudes et grossiers de cette région retirée.

L’empereur, ayant appris que l’exil tournait pour le saint à un surcroît de gloire, ordonna de le transférer dans des régions plus éloignées. Errant ainsi de lieu en lieu, l’homme de Dieu parvint à une contrée infestée d’une multitude de rats qui ravageaient les récoltes. Il expliqua aux habitants que ce fléau avait été envoyé par Dieu en châtiment de leurs péchés, et il leur ordonna de jeûner pendant trois jours et de se repentir. Ce délai écoulé, il les invita à se rendre, tous ensemble, dans les champs. Pendant que le peuple clamait le Kyrie eleison, le saint se tenait à genoux et intercédait pour eux, les mains et les yeux tournés vers le ciel. Aussitôt, un tremblement de terre secoua la région et toutes les bestioles périrent.

Passant en un autre lieu, Eurantisia, les habitants le supplièrent de prier Dieu pour qu’il les délivre des sauterelles, en nombre infini, qui ruinaient toutes leurs cultures ainsi que leurs arbres fruitiers, et les menaçaient de disette. Le saint passa la nuit en prière et, au petit matin, il prit la tête d’une procession, à laquelle participait tout le peuple de la contrée, en chantant le Kyrie eleison. Les sauterelles se groupèrent alors en un nuage dense et sombre, qui s’éleva dans les airs et disparut.
Le saint continua ses périples, répandant la miséricorde de Dieu sur les hommes et sur leurs cultures. Finalement, après avoir passé quelque temps en prison à Constantinople, il fut de nouveau exilé sur les rives du lac de Nicomédie, là où d’autres confesseurs de la foi attendaient que le bon plaisir de l’empereur Michel le Bègue leur permît de rejoindre leurs diocèses ou leurs monastères. Âgé de plus de quatre-vingts ans, épuisé par les épreuves, saint Michel n’en continuait pas moins de prier pour l’empereur, pour la paix de l’Église, pour le salut du monde et pour l’abondance des fruits de la terre. Le lundi de Pentecôte 826, au sortir d’un repas où il avait convié saint Théodore Stoudite, son ami de longue date, avec lequel il n’avait pas cessé d’entretenir une correspondance pendant son exil, le saint prélat, saisi d’un malaise, fut contraint de s’aliter. Le lendemain, Théodore le trouva en proie à d’atroces souffrances et, le troisième jour, mercredi de la Pentecôte, saint Michel, ayant perdu l’usage de la parole, remit son dernier soupir en présence de son ami et compagnon de lutte, après quarante ans d’épiscopat. Son corps étendu sans vie avait, écrit Théodore , l’aspect d’un ange et resplendissait des reflets de la lumière divine, que tant d’années de prière et de contemplation y avait imprimés.

La relique de son précieux chef, offerte en présent à la Grande Lavra de saint Athanase au Mont Athos par l’empereur Basile II et son frère Constantin VIII (978), y reste vénérée jusqu’à nos jours, et elle continue d’accomplir de nombreux miracles pour préserver les cultures des animaux nuisibles, tant celles du monastère que des régions où elle est envoyée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. XVIII, 10-20)

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

4 juin

04 juin

PENTECÔTE

EXTRAITS DE L’HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR LA PENTECÔTE

1. Qu’elles sont excellentes, mes très-chers frères, et au-dessus de toute expression, les grâces dont nous comble aujourd’hui un Dieu plein de bonté ! Ainsi réjouissons-nous tous, et, dans les transports de notre joie, rendons hommage à notre divin Maître, puisque ce jour nous ramène une fête solennelle qui rassemble tout le peuple. Comme, dans la nature les saisons se succèdent les unes aux autres, de même, dans l’Eglise, les fêtes qui se remplacent nous occupent successivement des différents mystères. Après avoir célébré la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa passion, sa résurrection, son ascension glorieuse, nous sommes enfin arrivés aujourd’hui au comble de tous les biens, à la principale de toutes les fêtes, au fruit des promesses du Fils de Dieu
Si je m’en vais, dit-il, je vous enverrai le Consolateur, et je ne vous laisserai pas orphelins. (Jean, XVl, 7. ) Voyez-vous l’attention de ce divin Maître et sa bonté infinie ! Avant ces jours, il s’est élevé au ciel, il est remonté sur son trône royal, et a repris sa place à la droite de son Père; aujourd’hui il fait descendre pour nous l’Esprit-Saint, et nous envoie avec lui du ciel des biens sans nombre.

Car, je vous le demande, parmi toutes les grâces qui opèrent notre salut, en est-il une seule qui ne nous soit dispensée par ce divin Esprit? par lui nous sommes affranchis de la servitude, appelés à la liberté, honorés d’une adoption divine; nous sommes formés de nouveau , pour ainsi dire; nous déposons le fardeau pesant et odieux de nos péchés. C’est par l’Esprit-Saint que nous voyons des assemblées de prêtres, que nous avons des ordres de docteurs. De cette source découlent les révélations, les remèdes salutaires de nos âmes; enfin de là viennent tous les avantages qui décorent l’Eglise du Seigneur. Aussi saint Paul s’écrie-t-il : C’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun ses dons suivant qu’il lui plaît. (I Cor. XII, 2.) Il dit suivant qu’il lui plaît, et non suivant qu’on le lui ordonne. Il dit encore distribuant et non distribué, c’est-à-dire agissant de son autorité propre et non par une autorité étrangère à laquelle il obéisse. En un mot, saint Paul attribue à l’Esprit-Saint la même puissance qui, d’après son témoignage, convient au Père; et comme il dit de celui-ci : C’est Dieu qui opère toutes choses dans tous les hommes (I Cor. XII, 6) ; il dit de l’Esprit-Saint : C’est un seul même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant ses dons à chacun suivant qu’il lui plaît. Ne voyez-vous pas dans l’Esprit-Saint une puissance parfaite , égale à celle du Père? Des êtres qui ont une même nature, ont sans doute une même autorité; des êtres qui ont une dignité pareille, doivent avoir la même puissance. C’est par l’Esprit-Saint que nous avons trouvé la délivrance de nos péchés; c’est par lui que nous avons été lavés de toutes nos taches; c’est par l’efficacité de sa présence et en participant à la grâce, que nous sommes devenus anges, d’hommes que nous étions. Ce n’est pas que notre nature ait été changée; mais ce qui est beaucoup plus admirable, quoique conservant la nature humaine nous montrons en nous une vie angélique. Tel est le pouvoir de l’Esprit-Saint; et comme le feu ordinaire fait un vase solide d’une molle argile, de même le feu de l’Esprit divin, lorsqu’il trouve une âme bien préparée, quoique plus molle que l’argile, il la rend plus ferme que l’airain; et celui qui, peu auparavant, était souillé de la lie du péché, il le rend tout à coup plus brillant que le soleil. C’est ce que nous apprend le bienheureux Paul, lorsqu’il s’écrie : Ne vous y trompez pas; ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les ambitieux, ni les avares, ni les voleurs, ni les hommes adonnés au vin, ni les ravisseurs du bien d’autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. (I Cor. VI, 9 et 10.) Après avoir parcouru presque toutes les espèces de vices et montré que tous ceux qui sont sujets à ces désordres, ne sont pas faits pour le royaume céleste, il ajoute aussitôt : C’est là ce que furent autrefois quelques-uns de vous; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés….. Comment et de quelle manière ? Dites-nous-le, grand apôtre ; c’est là ce que nous cherchons: Au nom, dit-il, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. Voyez-vous, mes très-chers frères, la puissance de l’Esprit-Saint? Voyez-vous comme le divin Esprit a fait disparaître tous les vices, et a élevé tout à coup à des honneurs suprêmes ceux que le péché avait dégradés?

2. Qui pourrait donc assez déplorer les blasphèmes de ces hommes qui entreprennent d’attaquer la divinité de l’Esprit-Saint, et qui, comme des furieux, ne pouvant être détournés d’une erreur coupable par la grandeur de ses bienfaits, osent agir contre leur propre salut, dépouillent un Dieu, autant qu’il est en leur pouvoir, de la majesté divine, et le font descendre à la condition de simple créature? Je leur dirais volontiers: Pourquoi, je vous prie, déclarez-vous une telle guerre à la divinité de l’Esprit-Saint, ou plutôt à votre propre salut? Pourquoi ne daignez-vous point vous rappeler ces paroles du Sauveur à ses disciples: Allez, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit? (Matth. XXVI, 19.) Ne voyez-vous pas une dignité pareille? ne voyez-vous pas une ressemblance parfaite? ne voyez-vous pas une Trinité indivisible? une des trois personnes offre-t-elle quelque différence, quelque changement, ou quelque diminution? osez-vous ajouter vos commandements aux commandements du divin Maître? ne savez-vous pas que parmi les hommes celui qui porterait l’audace jusqu’à entreprendre d’ajouter ou de retrancher quelques mots aux dépêches du prince, qui cependant a la même origine et la même nature que nous, subirait le dernier supplice, sans que rien pût le sauver de la punition? Si donc on a tant à craindre de la part d’un homme, quel pardon peuvent espérer des hommes qui entreprennent d’altérer les paroles du Sauveur commun, et qui refusent d’écouter le digne organe du Fils de Dieu dont il annonce les oracles, saint Paul, qui leur crie d’une voix éclatante: L’œil n’a pas vu, l’oreille n’a pas entendu, l’esprit de l’homme n’a pas conçu ce que Dieu prépare pour ceux qui l’aiment ? (I Cor. II, 9.) Mais si (270) l’œil n’a pas vu, si l’oreille n’a pas entendu, si l’esprit de l’homme ne peut concevoir ce que Dieu prépare pour ceux qui l’aiment, d’où pouvons-nous, bienheureux Paul, en avoir la connaissance? Attendez un moment, et vous allez entendre cet apôtre qui s’explique en termes clairs: Mais Dieu, dit-il, nous l’a révélé par son Esprit. Et il ne s’arrête point là; mais afin de montrer la grande puissance de cet Esprit divin, et qu’il est de même nature que le Père et le Fils, il continue: Parce que l’Esprit pénètre tout, et même les profondeurs de Dieu. Ensuite, voulant nous instruire plus exactement encore par des exemples humains, il ajoute : Car qui des hommes connaît ce qui est en l’homme, sinon l’esprit de l’homme, qui est en lui ? Ainsi nul ne connaît ce qui est en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Voyez-vous une doctrine parfaite ? Comme il n’est pas possible, dit-il, qu’un autre connaisse ce qui est dans la pensée d’un homme, si ce n’est lui-même; ainsi personne ne connaît les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu; ce qui est la plus forte preuve, la preuve la plus propre à établir la divinité de l’Esprit-Saint. Dans l’exemple qu’apporte saint Paul, il semble dire: Il n’est pas possible qu’un homme ignore jamais ce qui est dans sa pensée. Eh bien ! dit-il, l’Esprit-Saint connaît aussi parfaitement les choses de Dieu. N’est-il donc pas clair que dans ce passage le bienheureux apôtre confond ceux qui, prévenus eux-mêmes contre leur propre salut, déclarent la guerre à la divinité de l’Esprit-Saint, et, le dépouillant, autant qu’il est en eux, de la dignité de Seigneur et de Maître, le rabaissent à la simple condition des êtres créés et mortels? Mais si, par un vain esprit de dispute, ces hommes combattent ouvertement les paroles de là divine Ecriture, nous, du moins, qui regardons les dogmes sacrés qu’elle renferme comme des oracles venus d’en-haut, renvoyons à Dieu la gloire qui lui est due, et montrons en nous, avec la droiture de la foi, l’exactitude de la vérité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Jn. VII, 37-52 ; VIII, 12)

Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria: Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète. D’autres disaient: C’est le Christ. Et d’autres disaient: Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir? Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule. Quelques-uns d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui. Ainsi les huissiers retournèrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Et ceux-ci leur dirent: Pourquoi ne l’avez-vous pas amené? Les huissiers répondirent: Jamais homme n’a parlé comme cet homme. Les pharisiens leur répliquèrent: Est-ce que vous aussi, vous avez été séduits? Y a-t-il quelqu’un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui? Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits! Nicodème, qui était venu de nuit vers Jésus, et qui était l’un d’entre eux, leur dit: Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu’on l’entende et qu’on sache ce qu’il a fait? Ils lui répondirent: Es-tu aussi Galiléen? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

22 mai (ancien calendrier) / 4 juin (nouveau)

22 mai (ancien calendrier) / 4 juin (nouveau)

PENTECÔTE

EXTRAITS DE L’HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR LA PENTECÔTE

1. Qu’elles sont excellentes, mes très-chers frères, et au-dessus de toute expression, les grâces dont nous comble aujourd’hui un Dieu plein de bonté ! Ainsi réjouissons-nous tous, et, dans les transports de notre joie, rendons hommage à notre divin Maître, puisque ce jour nous ramène une fête solennelle qui rassemble tout le peuple. Comme, dans la nature les saisons se succèdent les unes aux autres, de même, dans l’Eglise, les fêtes qui se remplacent nous occupent successivement des différents mystères. Après avoir célébré la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa passion, sa résurrection, son ascension glorieuse, nous sommes enfin arrivés aujourd’hui au comble de tous les biens, à la principale de toutes les fêtes, au fruit des promesses du Fils de Dieu
Si je m’en vais, dit-il, je vous enverrai le Consolateur, et je ne vous laisserai pas orphelins. (Jean, XVl, 7. ) Voyez-vous l’attention de ce divin Maître et sa bonté infinie ! Avant ces jours, il s’est élevé au ciel, il est remonté sur son trône royal, et a repris sa place à la droite de son Père; aujourd’hui il fait descendre pour nous l’Esprit-Saint, et nous envoie avec lui du ciel des biens sans nombre.

Car, je vous le demande, parmi toutes les grâces qui opèrent notre salut, en est-il une seule qui ne nous soit dispensée par ce divin Esprit? par lui nous sommes affranchis de la servitude, appelés à la liberté, honorés d’une adoption divine; nous sommes formés de nouveau , pour ainsi dire; nous déposons le fardeau pesant et odieux de nos péchés. C’est par l’Esprit-Saint que nous voyons des assemblées de prêtres, que nous avons des ordres de docteurs. De cette source découlent les révélations, les remèdes salutaires de nos âmes; enfin de là viennent tous les avantages qui décorent l’Eglise du Seigneur. Aussi saint Paul s’écrie-t-il : C’est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant à chacun ses dons suivant qu’il lui plaît. (I Cor. XII, 2.) Il dit suivant qu’il lui plaît, et non suivant qu’on le lui ordonne. Il dit encore distribuant et non distribué, c’est-à-dire agissant de son autorité propre et non par une autorité étrangère à laquelle il obéisse. En un mot, saint Paul attribue à l’Esprit-Saint la même puissance qui, d’après son témoignage, convient au Père; et comme il dit de celui-ci : C’est Dieu qui opère toutes choses dans tous les hommes (I Cor. XII, 6) ; il dit de l’Esprit-Saint : C’est un seul même Esprit qui opère toutes ces choses, distribuant ses dons à chacun suivant qu’il lui plaît. Ne voyez-vous pas dans l’Esprit-Saint une puissance parfaite , égale à celle du Père? Des êtres qui ont une même nature, ont sans doute une même autorité; des êtres qui ont une dignité pareille, doivent avoir la même puissance. C’est par l’Esprit-Saint que nous avons trouvé la délivrance de nos péchés; c’est par lui que nous avons été lavés de toutes nos taches; c’est par l’efficacité de sa présence et en participant à la grâce, que nous sommes devenus anges, d’hommes que nous étions. Ce n’est pas que notre nature ait été changée; mais ce qui est beaucoup plus admirable, quoique conservant la nature humaine nous montrons en nous une vie angélique. Tel est le pouvoir de l’Esprit-Saint; et comme le feu ordinaire fait un vase solide d’une molle argile, de même le feu de l’Esprit divin, lorsqu’il trouve une âme bien préparée, quoique plus molle que l’argile, il la rend plus ferme que l’airain; et celui qui, peu auparavant, était souillé de la lie du péché, il le rend tout à coup plus brillant que le soleil. C’est ce que nous apprend le bienheureux Paul, lorsqu’il s’écrie : Ne vous y trompez pas; ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les impudiques, ni les abominables, ni les ambitieux, ni les avares, ni les voleurs, ni les hommes adonnés au vin, ni les ravisseurs du bien d’autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. (I Cor. VI, 9 et 10.) Après avoir parcouru presque toutes les espèces de vices et montré que tous ceux qui sont sujets à ces désordres, ne sont pas faits pour le royaume céleste, il ajoute aussitôt : C’est là ce que furent autrefois quelques-uns de vous; mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés….. Comment et de quelle manière ? Dites-nous-le, grand apôtre ; c’est là ce que nous cherchons: Au nom, dit-il, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu. Voyez-vous, mes très-chers frères, la puissance de l’Esprit-Saint? Voyez-vous comme le divin Esprit a fait disparaître tous les vices, et a élevé tout à coup à des honneurs suprêmes ceux que le péché avait dégradés?

2. Qui pourrait donc assez déplorer les blasphèmes de ces hommes qui entreprennent d’attaquer la divinité de l’Esprit-Saint, et qui, comme des furieux, ne pouvant être détournés d’une erreur coupable par la grandeur de ses bienfaits, osent agir contre leur propre salut, dépouillent un Dieu, autant qu’il est en leur pouvoir, de la majesté divine, et le font descendre à la condition de simple créature? Je leur dirais volontiers: Pourquoi, je vous prie, déclarez-vous une telle guerre à la divinité de l’Esprit-Saint, ou plutôt à votre propre salut? Pourquoi ne daignez-vous point vous rappeler ces paroles du Sauveur à ses disciples: Allez, enseignez toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit? (Matth. XXVI, 19.) Ne voyez-vous pas une dignité pareille? ne voyez-vous pas une ressemblance parfaite? ne voyez-vous pas une Trinité indivisible? une des trois personnes offre-t-elle quelque différence, quelque changement, ou quelque diminution? osez-vous ajouter vos commandements aux commandements du divin Maître? ne savez-vous pas que parmi les hommes celui qui porterait l’audace jusqu’à entreprendre d’ajouter ou de retrancher quelques mots aux dépêches du prince, qui cependant a la même origine et la même nature que nous, subirait le dernier supplice, sans que rien pût le sauver de la punition? Si donc on a tant à craindre de la part d’un homme, quel pardon peuvent espérer des hommes qui entreprennent d’altérer les paroles du Sauveur commun, et qui refusent d’écouter le digne organe du Fils de Dieu dont il annonce les oracles, saint Paul, qui leur crie d’une voix éclatante: L’œil n’a pas vu, l’oreille n’a pas entendu, l’esprit de l’homme n’a pas conçu ce que Dieu prépare pour ceux qui l’aiment ? (I Cor. II, 9.) Mais si (270) l’œil n’a pas vu, si l’oreille n’a pas entendu, si l’esprit de l’homme ne peut concevoir ce que Dieu prépare pour ceux qui l’aiment, d’où pouvons-nous, bienheureux Paul, en avoir la connaissance? Attendez un moment, et vous allez entendre cet apôtre qui s’explique en termes clairs: Mais Dieu, dit-il, nous l’a révélé par son Esprit. Et il ne s’arrête point là; mais afin de montrer la grande puissance de cet Esprit divin, et qu’il est de même nature que le Père et le Fils, il continue: Parce que l’Esprit pénètre tout, et même les profondeurs de Dieu. Ensuite, voulant nous instruire plus exactement encore par des exemples humains, il ajoute : Car qui des hommes connaît ce qui est en l’homme, sinon l’esprit de l’homme, qui est en lui ? Ainsi nul ne connaît ce qui est en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Voyez-vous une doctrine parfaite ? Comme il n’est pas possible, dit-il, qu’un autre connaisse ce qui est dans la pensée d’un homme, si ce n’est lui-même; ainsi personne ne connaît les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu; ce qui est la plus forte preuve, la preuve la plus propre à établir la divinité de l’Esprit-Saint. Dans l’exemple qu’apporte saint Paul, il semble dire: Il n’est pas possible qu’un homme ignore jamais ce qui est dans sa pensée. Eh bien ! dit-il, l’Esprit-Saint connaît aussi parfaitement les choses de Dieu. N’est-il donc pas clair que dans ce passage le bienheureux apôtre confond ceux qui, prévenus eux-mêmes contre leur propre salut, déclarent la guerre à la divinité de l’Esprit-Saint, et, le dépouillant, autant qu’il est en eux, de la dignité de Seigneur et de Maître, le rabaissent à la simple condition des êtres créés et mortels? Mais si, par un vain esprit de dispute, ces hommes combattent ouvertement les paroles de là divine Ecriture, nous, du moins, qui regardons les dogmes sacrés qu’elle renferme comme des oracles venus d’en-haut, renvoyons à Dieu la gloire qui lui est due, et montrons en nous, avec la droiture de la foi, l’exactitude de la vérité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Jn. VII, 37-52 ; VIII, 12)

Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria: Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète. D’autres disaient: C’est le Christ. Et d’autres disaient: Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir? Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule. Quelques-uns d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui. Ainsi les huissiers retournèrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Et ceux-ci leur dirent: Pourquoi ne l’avez-vous pas amené? Les huissiers répondirent: Jamais homme n’a parlé comme cet homme. Les pharisiens leur répliquèrent: Est-ce que vous aussi, vous avez été séduits? Y a-t-il quelqu’un des chefs ou des pharisiens qui ait cru en lui? Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits! Nicodème, qui était venu de nuit vers Jésus, et qui était l’un d’entre eux, leur dit: Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu’on l’entende et qu’on sache ce qu’il a fait? Ils lui répondirent: Es-tu aussi Galiléen? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.

3 juin

3 juin

Commémoration des défunts. Saint Lucillien, sainte Paule, vierge, et les 4 enfants saints Claude, Hypatios, Paul et Denis, martyrs à Nicomédie (270-275) ; sainte Clotilde, reine des Francs (545) ; saint Liphard, ermite à Meung-sur-Loire (vers 565) ; saint Hilaire, évêque de Carcassonne (VIème s.) ; saint Genès, évêque de Clermont (662) ; saints néomartyrs de Russie : Cyprien (Nelidov), moine (1934) ; Michel (Markov), prêtre (1938).

SAINTE CLOTILDE, REINE DES FRANCS

Sainte Clotilde était fille de Chilpéric, qui partageait avec ses deux frères le royaume des Burgondes, du Jura à la Durance. Elle naquit vers 475, au moment où, après l’effondrement de l’Empire romain, les peuples barbares : Burgondes, Wisigoths, Francs et Alamans, rivalisaient pour se partager la Gaule. Orthodoxe par sa mère, alors que tous les autres souverains burgondes étaient acquis à l’arianisme, elle dut s’exiler après l’assassinat de ses parents par son oncle, et vécut dans la piété à Genève. La jeune et belle princesse ayant été remarquée par des ambassadeurs de Clovis, roi des Francs, ce dernier la demanda en mariage, pour sceller l’alliance de son peuple avec les Burgondes (vers 492). Par sa douceur et l’exemple de sa conduite vertueuse, la reine acquit un grand ascendant sur Clovis, qui accepta de faire baptiser leur enfant malade, lequel guérit grâce aux prières de sa mère. Mais Clovis continua, quant à lui, de rester sourd aux exhortations de son épouse ; jusqu’au jour où, devant affronter les Alamans à Tolbiac, au-delà du Rhin (496), effrayé par la supériorité de l’adversaire, il invoqua le « Dieu de Clotilde » et lui promit d’accepter le baptême s’il lui donnait la victoire. Les Francs ayant triomphé, le roi tint sa promesse et, après avoir suivi l’enseignement catéchétique prodigué par saint Vaast [6 fév.], il fut baptisé par saint Remi, évêque de Reims [1er oct.], le jour de Noël 496. Ce baptême de Clovis et, avec lui, de plus de trois mille nobles et soldats francs, ouvrit la voie à la conversion de son peuple, destiné à devenir une nation chrétienne à l’avenir plein de promesse.

Par la suite la reine Clotilde continua d’inspirer au souverain la mansuétude à l’égard de ses ennemis et le respect des institutions de l’Église. Elle fit construire à Paris, leur capitale, une basilique dédiée aux Saints Apôtres (aujourd’hui Sainte-Geneviève), dans laquelle on ensevelit les restes de sainte Geneviève [3 janv.], que Clotilde vénérait avec une grande ferveur.

À la mort de Clovis, la reine, âgée d’à peine quarante ans, se retira à Tours, auprès de la basilique de saint Martin [11 nov.], dont elle encouragea également le culte, et elle passa le reste de ses jours dans les œuvres de piété agréables à Dieu. Disposant d’une immense fortune, elle répandit ses bienfaits sur un grand nombre d’églises et de monastères. Saint Grégoire de Tours écrit à son sujet : « Elle était considérée en ces temps non pas comme une reine, mais comme une servante personnelle de Dieu… Elle ne se laissa pas séduire par la puissance du royaume de ses fils, ni par les richesses, ni par l’ambition du siècle, mais elle arriva à la grâce par l’humilité » . Elle donna tant qu’à sa mort, elle n’avait, dit-on, plus rien à distribuer.

Cruellement frappée par la perte de son fils aîné Clodomir, dans la guerre contre les Burgondes, elle recueillit ses trois jeunes enfants à Tours. Lorsque ses deux autres fils, Clotaire et Childebert, lui demandèrent de leur envoyer les orphelins à Paris pour les élever sur le trône, elle obtempéra sans méfiance, mais elle apprit peu après avec horreur qu’ils avaient été cruellement assassinés par leurs oncles, le plus jeune d’entre eux, Clodoald, ayant réussi à se réfugier dans un monastère . À la même époque, elle perdit aussi sa fille, qui avait été donnée en mariage au cruel et violent roi des Wisigoths Amalaric. Privée dès lors de toute consolation terrestre, Clotilde dédia toute sa vie à la vénération de saint Martin. Lorsque ses deux fils entrèrent en guerre, en 534, elle se précipita sur la tombe du saint pour implorer son intercession, et une tempête vint miraculeusement séparer les deux armées, incitant les deux frères à se réconcilier.

Sentant sa fin prochaine, sainte Clotilde convoqua auprès d’elle Clotaire et Childebert, et elle les exhorta à mener une vie conforme à la charité chrétienne, puis, leur ayant prédit des événements à venir, elle remit en paix son âme à Dieu, le 3 juin 545, en confessant la Sainte Trinité.

Modèle des veuves et des souveraines chrétiennes, sainte Clotilde a été vénérée comme la fondatrice et la protectrice de la monarchie française. D’après une légende, sur la révélation d’un ange, elle arma Clovis pour le combat d’un écu orné de trois fleurs de lis — symbole de la Sainte Trinité — qui devint l’emblème des rois de France.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du samedi des défunts, ton 8
Ô Toi qui, dans Ta profonde sagesse disposes toutes choses avec amour des hommes et distribues à chacun ce qui lui convient, ô seul Auteur de la création, donne le repos, Seigneur, aux âmes de Tes serviteurs. Car en Toi ils ont placé leur espérance, Toi le Créateur, l’Artisan de la création et notre Dieu.

Kondakion des défunts, ton 8
Fais reposer avec les Saints, ô Christ, les âmes de tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur ni tristesse, ni gémissements, mais la vie éternelle.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

21 mai (ancien calendrier) / 3 juin (nouveau)

21 mai (ancien calendrier) / 3 juin (nouveau)

Commémoration des défunts. Icône de la Mère de Dieu de Vladimir. Saints Constantin, empereur (337) et sa mère, sainte Hélène (327), égaux aux apôtres ; saint Hospice, ermite à Nice (VIème s.) ; saint Constantin, prince de Mourom (1129), et ses fils, saints Michel et Théodore, thaumaturges ; saint Cassien le grec, d’Ouglitch (1504).

SAINTS CONSTANTIN ET HÉLÈNE

Saint Constantin le Grand, le premier empereur chrétien, devenu par la grâce de Dieu « Apôtre du Seigneur parmi les rois », était fils du brillant général Constance Chlore et de sainte Hélène. Il naquit à Nissa (Niš) (vers 280) et grandit sur les champs de batailles, apprenant de son père non seulement l’art de la guerre, mais aussi le sage gouvernement de ses sujets et la clémence à l’égard des chrétiens.

Peu après sa proclamation (286), Dioclétien devant gouverner un empire trop grand, menacé de toutes parts par les barbares et troublé par d’incessants complots, confia à son ami Maximien le gouvernement de l’Occident et, quelques années plus tard (293), il plaça deux césars comme auxiliaires des deux augustes : Maximien Galère en Orient et Constance Chlore en Occident, avec juridiction sur la Grande-Bretagne, la Gaule et l’Espagne. Afin de s’assurer la fidélité de ce dernier, il l’obligea à répudier sainte Hélène pour épouser la fille de Maximien, et il garda de plus le jeune Constantin en otage à Nicomédie, sa capitale. Constantin passa donc son adolescence parmi les mœurs païennes, à la cour de Dioclétien puis de Galère, où il se distingua par son allure majestueuse et sa vaillance dans les combats, mais surtout par sa droiture morale et sa bonté, qui lui attiraient la sympathie de tous ceux qui l’approchaient. Il resplendissait par les vertus vraiment royales de la chasteté et de la mansuétude, qui l’élevaient au-dessus des intrigues et des bassesses coutumières aux milieux de cour. Mais ces qualités suscitèrent aussi des jalousies, en particulier de l’empereur Galère, qui l’envoyait constamment dans des campagnes périlleuses, d’où Constantin sortait chaque fois victorieux et en tirait un surcroît de gloire.

Après la démission de Dioclétien et de Maximien, les deux césars, Galère et Constance Chlore, furent élevés à la dignité d’auguste. Instruit des complots tramés contre son fils, Constance, malade et vieillissant, demanda que Constantin vienne le visiter. Échappant de justesse aux hommes envoyés pour le retenir, Constantin se précipita en Grande-Bretagne, où il eut la joie de revoir son père qui lui confia la succession de l’empire d’Occident, et lui recommanda d’aider et de protéger les chrétiens violemment persécutés depuis les édits de Dioclétien. Constance Chlore trouva peu après la mort à York, et Constantin fut aussitôt proclamé empereur par l’armée (25 juillet 306). Mais, entre temps, Galère, qui se considérait comme le premier empereur, avait désigné deux césars : Maximin Daïa pour l’Orient et Sévère pour l’Occident, avec Rome pour capitale. À la mort de Constance Chlore, il éleva Sévère à la dignité d’auguste ; mais ce dernier fut renversé par une révolte du peuple, suscitée par la garde prétorienne, et remplacé par Maxence, le fils de Maximien, qui fit bientôt régner à Rome une tyrannie sanguinaire et pleine de débauches. Maxence conclut un accord avec Constantin, auquel il laissait le pouvoir sur les régions les plus occidentales, avec Arles pour capitale. Constantin, respectant ces conditions, gouverna la part qui lui était échue avec justice et bonté ; il était aimé du peuple et redouté des Germains ainsi que des autres tribus barbares. Mais cette situation dura peu de temps, car Maxence entra bientôt en friction avec son père qu’il avait associé au pouvoir. Maximien se réfugia dans le royaume de Constantin et tenta aussitôt de s’emparer du pouvoir grâce à la complicité de sa fille Fausta, la seconde épouse de Constantin, femme fourbe et intrigante, qui fut par la suite la cause de bien des malheurs pour le pieux empereur. Le complot fut dévoilé et Maximien mit fin à ses jours (310).

Galère, informé des événements qui troublaient l’empire d’Occident, et avide d’accaparer tous les pouvoirs, désigna alors Licinius comme césar d’Occident et marcha vers Rome avec une puissante armée. Vaincu par Maxence, il battit en retraite et se retourna contre Constantin. Mais ce dernier lui infligea une défaite complète, et Galère périt lamentablement, après avoir promulgué un édit modérant la persécution générale qui faisait rage en Orient (311). Maximin Daïa, païen fanatique et persécuteur acharné des chrétiens, prit alors le titre d’auguste de l’empire d’Orient, et Maxence, resté seul à Rome, entreprit une campagne contre Constantin, en vue de s’arroger la totalité de l’empire d’Occident. Appelé au secours par les Romains qui souffraient de la tyrannie de Maxence, Constantin réunit ses troupes, passa les Alpes (septembre 312) et, conquérant aisément les villes d’Italie du Nord, il parvint jusqu’aux environs de Rome, où Maxence avait concentré des forces bien plus considérables.

Monté sur une hauteur, Constantin considérait avec perplexité la supériorité de ses adversaires lorsque, en plein midi, apparut dans le ciel une immense croix, constituée d’étoiles, autour de laquelle étaient écrits ces mots en grec : « Par ce signe tu vaincras ». La nuit suivante, le Christ lui-même apparut à l’empereur, et Il lui commanda de confectionner une croix semblable à celle qu’il avait contemplée dans sa vision et de la placer comme étendard à la tête de son armée. Le signe de la victoire resplendit alors de nouveau dans le ciel, et Constantin crut de toute son âme que Jésus-Christ est le seul vrai Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui donne la victoire aux rois et guide toute chose vers la fin qu’Il a prévue avant l’origine du monde. Dès le lever du jour, il fit confectionner ce labarum et donna l’ordre de le placer à la tête de ses troupes, à la place des aigles impériales, comme « signe de victoire sur la mort et trophée d’immortalité ». Il était constitué d’une longue pique dorée qui se terminait en forme de croix, et qui était surmontée d’une couronne d’or et de pierres précieuses, au centre de laquelle on distinguait le symbole du Sauveur (le chrisme constitué des deux premières lettres du nom du Christ). À la partie transversale de la croix était suspendue une étoffe de pourpre rehaussée de pierreries, qui renvoyait des éclats comme les rayons du soleil. Lors de la bataille décisive du pont Milvius, le 28 octobre 312, ce fut la Croix qui remporta la victoire. Maxence, en prenant la fuite, s’engagea sur le pont de bateaux qu’il avait fait construire, mais ce dernier s’effondra à son passage et le tyran périt englouti, avec tous ses officiers, comme autrefois Pharaon et ses cavaliers dans la mer Rouge (Ex 15).

Rendant grâce à Dieu pour cette victoire qui inaugurait une nouvelle ère de l’histoire humaine, Constantin fit une entrée triomphale dans Rome, qui le saluait comme son libérateur, son sauveur et son bienfaiteur. Il fit aussitôt élever le signe de la Croix sur les principaux monuments de la ville et l’on érigea une statue de l’empereur tenant en main la croix, comme signe de victoire et emblème de son autorité reçue du Christ. Dès lors, Constantin commença à se faire instruire sur la doctrine chrétienne et s’adonna assidûment à la lecture des Livres saints. Il fit restituer tous les biens confisqués par Maxence, rappela les exilés, libéra les captifs et fit rechercher les reliques des martyrs victimes de la Grande Persécution. À l’occasion de cette victoire sur Maxence, la religion chrétienne, si longtemps honnie et persécutée, pouvait désormais sortir de l’ombre et jouir de la protection du souverain. Tout en restant distincte du pouvoir politique, l’Église était désormais en mesure d’inspirer les gouvernants et de transformer en profondeur la vie des hommes et des états, pour leur inspirer les principes évangéliques. Quelques mois après, saint Constantin rencontra Licinius à Milan (313), et les deux empereurs, qui se partageaient dès lors le monde, signèrent un Édit mettant fin à la persécution et donnant licence aux chrétiens de pratiquer librement leur religion dans tout l’Empire. Constantin fut alors proclamé auguste suprême et l’on célébra le mariage de Constantia, sa sœur, et de Licinius.

Illuminé par la grâce de Dieu, le saint empereur n’accorda pas seulement la liberté générale, mais il encouragea aussi le développement du culte chrétien. Il accorda des subventions pour construire des églises et orner dignement les tombeaux des martyrs, restitua les biens des confesseurs et des martyrs confisqués par l’État et les fit attribuer à l’Église lorsque ces derniers n’avaient pas laissé d’héritiers. Il rendait honneur aux évêques qu’il recevait à sa table et il assistait aux conciles locaux pour faire régner la paix et la concorde.

Alors que la lumière de la vérité brillait ainsi en Occident, les ténèbres de l’idolâtrie et de la tyrannie continuaient d’être entretenues en Orient par Maximin Daïa qui déclara la guerre à Licinius. Celui-ci le vainquit en Thrace (30 avril 313) et, devenu maître de l’empire d’Orient, il intensifia la persécution. Il imposa des restrictions aux évêques , ferma des églises, exila les chrétiens en vue et confisqua leurs biens, et il fit cruellement châtier tous ceux qui venaient en aide aux détenus. Il imposa aux dignitaires d’offrir des sacrifices et fit régner l’injustice et la violence dans tous les domaines de l’administration. Apprenant ces mesures tyranniques prises en Orient contre les chrétiens, saint Constantin leva une puissante armée, guidée par le signe de la croix victorieuse, et, à la faveur d’une campagne contre les barbares en Pannonie, il pénétra sur le territoire de Licinius (322). Après une première défaite à Andrinople, le tyran se replia à Byzance puis fut définitivement vaincu à la bataille de Chrysopolis (18 septembre 324). Constantin triomphant, au nom du Christ et de la Vérité, s’employa dès lors à offrir l’Empire romain réunifié en présent au Roi des rois, et tel un nouvel Apôtre il fit proclamer jusqu’aux extrémités de l’Orient et de l’Occident, de la Mésopotamie à la Grande-Bretagne, la foi au Dieu unique et en son Fils incarné pour notre Salut. Usant de mansuétude envers les prisonniers de l’armée ennemie, il fit aussitôt appliquer en Orient les mêmes mesures en faveur de l’Église que celles qu’il avait décrétées auparavant en Occident. Dans un édit proclamé dans tout l’Empire, il déclarait que Dieu seul devait être considéré comme la cause de ses victoires et qu’il avait été choisi par la Providence pour se mettre au service du bien et de la vérité. Il plaça de nouveaux magistrats dans les provinces, auxquels il interdit d’offrir des sacrifices païens, et envoya dans toutes les contrées soumises à son autorité des lettres condamnant l’idolâtrie et exhortant à la conversion. Il incitait tous ses sujets à suivre son exemple, mais sans contraindre personne. L’Empire, régi par un seul empereur, présentait alors une image du Royaume de Dieu déjà présent sur la terre, où tous les hommes réconciliés pouvaient jouir de la paix et élever vers Dieu de continuelles hymnes d’actions de grâces.

À ce nouvel Empire chrétien, qui devait durer mille ans , il convenait de donner une capitale, mieux placée que Rome géographiquement et exempte des souvenirs de l’idolâtrie et de la tyrannie. Inspiré par un signe divin, le pieux empereur fixa son choix sur la petite ville de Byzance, qui occupait une position charnière entre l’Orient et l’Occident. Guidé par un ange, il marqua lui-même les limites de la nouvelle ville, et donna l’ordre au maître d’œuvre, Euphrata, de n’épargner aucune dépense pour la doter de monuments et de voies publiques dépassant en gloire et magnificence toutes les autres villes du monde. Lors de la fondation de la cité, le 8 novembre 324, Byzance reçut le nom de Constantinople et de Nouvelle Rome, et elle fut dédiée par la suite à la Mère de Dieu. Au centre du palais, on dressa une immense croix ornée de pierres précieuses, et sur le forum, on plaça au sommet d’une colonne de porphyre la statue de Constantin, dans laquelle était placée de saintes reliques, et au pied de la colonne furent déposées les corbeilles ayant servi au miracle de la multiplication des pains. Les travaux furent menés en grande hâte et, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du règne de l’empereur (11 août 330), on célébra avec faste l’inauguration de la nouvelle capitale.

Aussitôt après sa victoire sur Licinius, le premier souci de saint Constantin fut de rétablir et de confirmer l’unité de l’Église, gravement menacée par l’hérésie d’Arius, qui, d’Égypte, s’était répandue dans différentes contrées, à la faveur d’un décret de Licinius interdisant la réunion des synodes locaux. Après avoir envoyé, par l’intermédiaire d’Osius de Cordoue, des lettres d’exhortations à l’archevêque d’Alexandrie, Alexandre, et à Arius, dans lesquelles il exprimait sa souffrance devant la division, l’empereur convoqua tous les évêques de l’univers à Nicée, pour le premier grand et saint Concile Œcuménique (325). Cette première assemblée des évêques venus de toutes les extrémités du monde était une parfaite expression de la plénitude de l’Église et de l’unité de l’Empire chrétien. L’empereur y siégeait au milieu des évêques, rayonnant dans un vêtement de pierreries. Il ouvrit les sessions en adressant une action de grâces à Dieu pour cette réunion, et il exhorta les participants à la paix et à résoudre les divisions semées par le démon dans la Maison de Dieu. Il participa lui-même aux débats et, par sa douceur et sa pondération, réussit à réconcilier les opposants. On procéda alors à la condamnation d’Arius et de ses partisans , et l’on résolut de célébrer Pâques partout à la même date, en signe d’unité de la foi. Pour conclure les sessions du Concile, saint Constantin convia tous les Pères, à l’occasion du vingtième anniversaire de son règne, à un grand banquet, qui fut une somptueuse préfiguration du Royaume de Dieu, puis il les renvoya en paix dans leurs diocèses, munis de riches présents.

L’année suivante (326), l’impératrice Hélène, qui venait d’être baptisée, entreprit un pèlerinage en Palestine , au cours duquel on découvrit l’emplacement du Calvaire et, grâce à une révélation miraculeuse, la Croix du Seigneur enfouie sous terre [14 sept.]. Saint Constantin ordonna alors d’ériger à cet endroit une somptueuse basilique dédiée à la Résurrection, laquelle fut inaugurée en 335, à l’occasion du trentième anniversaire de son règne. Sainte Hélène visita aussi d’autres Lieux saints et fit construire des basiliques à Bethléem et au Mont des Oliviers ; elle délivra les captifs et répandit de larges aumônes dans tout l’Orient. On rapporte qu’elle nourrissait une telle admiration pour les vierges consacrées, qu’elle réunit toutes les femmes consacrées à Dieu, et qu’elle les servit à table, comme une servante, se privant elle-même de nourriture . À l’issue de ce pèlerinage, elle rendit pieusement son âme à Dieu, à l’âge de quatre-vingts ans. Ses funérailles eurent lieu à Constantinople ; par la suite, son corps fut transféré à Rome.

La sécurité des frontières ayant été assurée par un habile jeu d’alliances, et les barbares ayant transformé leurs glaives en instruments agricoles (Is 2, 4), le pieux souverain put passer en paix le reste de son règne et s’occuper d’affermir les fondements et les institutions du nouvel Empire chrétien. Il encouragea par tous les moyens l’expansion du christianisme et transforma aussi en profondeur les lois romaines, en vue de les soumettre à l’esprit de charité et de mansuétude de l’Évangile. Dès son élévation au pouvoir, il avait décrété que le dimanche serait jour chômé dans tout l’Empire, il avait aboli la peine de mort par crucifixion, avait interdit les combats de gladiateurs et sévèrement châtié les rapts et les attentats à la pudeur. Par la suite, il encouragea l’institution de la famille, comme base de l’édifice social, en limitant le divorce, en condamnant l’adultère et en légiférant sur les droits d’héritage. Il fit également lever les lois jadis promulguées contre ceux qui restaient sans progéniture, afin d’encourager le monachisme qui connaissait alors un grand essor, et accorda de larges dons aux vierges consacrées, qu’il respectait jusqu’à l’adoration. Lorsque le siège de l’administration fut définitivement transféré à Constantinople (330), l’empereur y interdit la célébration des fêtes païennes et empêcha l’accès des païens aux charges de l’État. Se considérant comme l’« évêque des choses extérieures » , il apparaissait dans tout son gouvernement comme une image vivante de Dieu, qui répand généreusement ses bienfaits sur tous. Il distribuait abondamment les aumônes à tous ceux qui étaient dans le besoin, chrétiens ou non, soutenait les veuves et se faisait le père des orphelins. Il protégeait les pauvres contre les exactions des puissants, et il favorisa la prospérité de ses sujets en allégeant d’un quart l’impôt annuel et en faisant réviser l’évaluation des propriétés pour la répartition des charges fiscales.

Calme, paisible et maître des passions qui tourmentent en général les puissants, il s’était fait représenter sur les monnaies debout, le regard tourné vers le ciel, affirmant ainsi que le souverain doit être un homme de prière et un intercesseur pour la paix et la concorde de son royaume. Dans son palais, il s’était réservé une salle, où chaque jour il s’isolait pour prier et méditer les saintes Écritures, et il passait souvent ses nuits à rédiger des discours, dans lesquels il exhortait le peuple à l’amour de la vérité et de la vertu. Apprenant un jour que quelqu’un avait jeté une pierre sur une de ses effigies, l’empereur, à qui on avait demandé de châtier le coupable, se passa la main sur le visage en souriant et dit : « Je ne sens aucune plaie et suis en pleine santé », et il laissa l’homme repartir librement. Quiconque l’approchait pour obtenir une grâce était sûr d’être satisfait, de sorte que l’on pouvait croire en ces temps, que Dieu régnait véritablement parmi les hommes.

Peu après le trentième anniversaire du règne, célébré par des fêtes grandioses (335), le roi de Perse, Sapor (Shâpûr) II, déclencha une persécution contre les chrétiens de son royaume, puis, rompant son alliance avec Constantin, il envahit l’Arménie. Le pieux empereur leva alors une puissante armée pour partir à la défense des chrétiens, et décida de participer en personne à la campagne. Mais il tomba malade à Hélénopolis et fut transporté en hâte jusqu’aux environs de Nicomédie, où il reçut le saint baptême, que par respect il avait retardé depuis tant d’années. Refusant de revêtir de nouveau la pourpre impériale, il rendit son âme au Roi du ciel et de la terre, le jour de la Pentecôte 337, encore vêtu de la tunique blanche des néophytes. Après avoir prononcé une prière d’action de grâces, ses derniers mots furent : « Maintenant je sais que je suis vraiment bienheureux, maintenant je sais que je suis devenu digne de la vie éternelle, maintenant je sais que je participe à la Lumière divine ». Son corps fut aussitôt transporté à Constantinople, où après de somptueuses funérailles en présence de tout le peuple, il fut déposé dans l’église des Saints-Apôtres, au milieu des sarcophages vides des douze Disciples du Seigneur. Celui qui, converti par une révélation semblable à celle de saint Paul, Apôtre des Nations, avait soumis par son œuvre colossale l’Empire romain à la doctrine du Christ, fut ainsi glorifié au-delà de tous les autres empereurs et c’est à juste titre qu’il est vénéré depuis comme Égal-aux-Apôtres .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du samedi des défunts, ton 8
Ô Toi qui, dans Ta profonde sagesse disposes toutes choses avec amour des hommes et distribues à chacun ce qui lui convient, ô seul Auteur de la création, donne le repos, Seigneur, aux âmes de Tes serviteurs. Car en Toi ils ont placé leur espérance, Toi le Créateur, l’Artisan de la création et notre Dieu.

Kondakion des défunts, ton 8
Fais reposer avec les Saints, ô Christ, les âmes de tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur ni tristesse, ni gémissements, mais la vie éternelle.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

2 juin

2 juin
Jour de jeûne

Clôture de l’Ascension. Saint Nicéphore, archevêque de Constantinople, confesseur (828) ; saint Pothin, évêque de Lyon, avec saints Sanctus, diacre, Vétius, Epagathus, Maturus, Ponticus, Biblis, Attale, Alexandre et sainte Blandine, martyrs à Lyon (177) ; saint Majan, évêque (vers 610) ; saint Algise, moine, évangélisateur de la Picardie (670) ; saint Jean le nouveau de Suceava en Moldavie, mégalomartyr (1330-1340).

SAINT HIÉROMARTYR POTHIN, ÉVÊQUE DE LYON

Originaire d’Asie Mineure, saint Pothin avait reçu le ministère de l’Église de Lyon qu’il gouverna en paix pendant de longues années, en la confirmant dans les traditions apostoliques. Il était âgé de plus de quatre-vingt-dix ans lorsque la persécution de Marc Aurèle frappa la métropole de l’Église des Gaules. Malgré son âge et son extrême faiblesse, il fut arrêté avec les autres chrétiens de la ville et porté au tribunal par les soldats, accompagné par des cris variés de la foule. Sous l’action du Saint-Esprit et dans son désir ardent du martyre, il trouva les forces d’un jeune athlète pour confesser sa foi. Comme le gouverneur lui demandait qui était le Dieu des chrétiens, il répondit : « Si tu en es digne, tu le connaîtras ». Il fut alors emmené et traîné sans pitié. On l’outrageait de toutes manières : ceux qui étaient proches le frappaient des mains et des pieds, et ceux qui étaient loin lançaient sur lui tout ce qu’ils trouvaient à portée de main. Il respirait à peine quand il fut jeté en prison et enfermé dans un cachot si étroit qu’on ne pouvait s’y tenir debout ; c’est là qu’après deux jours, il remit son âme au Seigneur. Les autres saints martyrs furent gardés en prison pour être donnés en spectacle à la foule avide de sang, et livrés aux bêtes dans l’amphithéâtre, à l’occasion des fêtes impériales des Trois Gaules.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVII, 18-26)
Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, – moi en eux, et toi en moi, -afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a point connu; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux.

20 mai (ancien calendrier) / 2 juin (nouveau)

20 mai (ancien calendrier) / 2 juin (nouveau)
Jour de jeûne

Clôture de l’Ascension. Saints Thallalée, Alexandre et Astère, martyrs en Phénicie (vers 284) ; saint Asclas, martyr en Égypte (vers 287) ; saint Baudile, martyr à Nîmes (IIIème s.) ; saint Zebulon, époux de sainte Suzanna, et père de sainte Nino, apôtre de la Géorgie (IVème s.) ; saint Hilaire, évêque de Toulouse (IVème s.) ; saint Austregisille (ou Austrille), évêque de Bourges (624) ; saint Amalbert, moine à Beauvais (VIIème s.) ; invention des reliques de saint Alexis, métropolite de Moscou ; saint prince Dovmont, Timothée au baptême, de Pskov (1299).

SAINT THALLALÉE

Saint Thallalée était issu d’une famille chrétienne de la Phénicie du Liban ; son père était dit-on, évêque de la région . Instruit dans la crainte de Dieu et l’amour de la vertu, et mû de tendre compassion envers les hommes souffrants, il avait appris l’art médical et l’exerçait, depuis sa jeunesse, gratuitement envers les malades de toute condition . Il allait lui-même recueillir les impotents et, les portant sur ses épaules, il les ramenait dans la demeure familiale qu’il avait transformée en un asile, où il prenait soin d’eux avec amour. Il ne faisait aucune différence entre chrétiens et païens, et ne demandait, pour tout salaire, à ces derniers que de croire en Jésus-Christ, le seul Médecin des âmes et des corps.

Sous le règne de Numérien (283-284), alors qu’il n’avait encore que dix-huit ans (ou plutôt vingt-quatre), ayant reçu du Seigneur la même grâce que celle accordée aux apôtres, Thallalée parcourait villes et villages et proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissant les malades, purifiant les lépreux et expulsant les démons par le signe de la vivifiante Croix. Parvenu à la ville d’Aigai sur le littoral, il y convertit un grand nombre de païens. À la suite d’une dénonciation, il fut arrêté par les soldats, alors qu’il se trouvait caché dans le tronc d’un olivier, et ramené à Aigai pour y comparaître devant le tribunal du gouverneur Théodore. Comme le saint répondait avec audace aux questions du gouverneur, celui-ci ordonna de lui percer les chevilles, puis d’y passer une corde et de le suspendre la tête en bas. Mais, soudain aveuglés par une puissance divine, les soldats percèrent et suspendirent à sa place un morceau de bois. Furieux et croyant qu’ils se moquaient de lui, Théodore les fit châtier et donna l’ordre de fustiger Thallalée. Cependant le saint martyr restait inébranlable sous les coups, comme s’il ne ressentait aucun mal, tant son amour de Dieu l’élevait au-dessus des souffrances corporelles.

Changeant alors de tactique, le magistrat lui demanda s’il guérissait les malades au moyen d’artifices magiques ou par la puissances des dieux. Prenant à témoin ceux qui avaient profité de ses bienfaits, Thallalée répondit que seul le Nom du Christ et la puissance de la Croix peuvent guérir tous les maux, car le Fils de Dieu, par compassion pour notre nature, est venu parmi nous et s’est fait homme afin de nous délivrer de la mort et de la corruption, et, au moment de monter au ciel, Il a transmis cette grâce à ses apôtres et à leurs successeurs. Constatant que le peuple écoutait avec plaisir les paroles du saint, Théodore se précipita sur lui avec fureur, mais ses bras furent soudain paralysés. Loin d’être attendri par ce châtiment, il livra Thallalée à d’horribles tortures. Réconforté par le Christ, présent en lui invisiblement, le saint endura avec joie les ongles de fer et les flammes, clamant qu’il préférait mourir en gardant la piété, plutôt que d’acheter une vie périssable au prix de l’apostasie, et qu’il estimait de son devoir de sacrifier sa vie pour Celui qui a offert la sienne pour notre salut.

On l’abandonna alors sur une barque en pleine mer ; mais, dès que Thallalée éleva sa prière, la mer se calma et il fut conduit tranquillement jusqu’au rivage. Aussitôt saisi par les soldats, il fut ramené à Aigai et traîné de nouveau au tribunal, où s’était rassemblée une grande foule. Les médecins de la ville, jaloux de ses succès, poussaient le gouverneur à en finir au plus vite, si bien que celui-ci ordonna de le clouer sur une planche et de lui verser sur le corps du goudron brûlant, puis de le livrer au bûcher. D’abord ému et transpirant, comme un athlète qui mesure ses forces avant le combat, mais aussitôt raffermi par la grâce de Dieu, Thallalée proclama qu’il comptait les tortures comme une joie et un titre de gloire. Il fut alors jeté aux lions, mais les fauves vinrent jouer autour de lui en frétillant de la queue. Finalement, comme les supplices ne tournaient qu’à un surcroît de trophées pour le saint, Théodore le fit décapiter . Mais cette fin glorieuse amena d’autres assistants à la foi. Outre le soldat Alexandre et le porteur de bois Astérios qui, convertis lors du premier interrogatoire du saint, furent aussitôt décapités, le maître de Thallalée en l’art médical et d’autres citoyens : Stéronas, Philegrios, Timothée, Théodulie, Macaria et bien d’autres se convertirent et témoignèrent vaillamment de leur foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVII, 18-26)
Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, – moi en eux, et toi en moi, -afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a point connu; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux.

1er juin

1er juin

Saint Justin le Philosophe et ses compagnons : Chariton, Charité, Evelpiste, Hiérax, Péon, Valérien et Justin, martyrs à Rome (166) ; saint Reverien, évêque d’Autun (273) ; saint Caprais, abbé du monastère de Lérins (430) ; saint Clair, évêque martyr (IVème s.) ; saint Ronan, ermite en Bretagne (VIème s.) ; saint Agapet, médecin, anargyre, des Grottes de Kiev (XIème s.); saint Denis, abbé de Glouchistsa (1437 ); néomartyrs de Russie : hiéromartyr Basile (Preobrajensky), prêtre, Vera (Samsonov), martyre (1940).

SAINT JUSTIN LE PHILOSOPHE

Saint Justin le Philosophe

Saint Justin naquit dans les premières années du second siècle à Flavia Néapolis (auj. Naplouse), ville fondée sur le site de la Sichem biblique après la prise de Jérusalem par les Romains. De famille païenne aisée, il reçut une éducation choisie et, nourrissant un ardent désir de la vérité, il fréquenta divers philosophes ; mais il n’en tira que déception en constatant qu’ils ne pouvaient rien lui enseigner de satisfaisant sur Dieu. Finalement, il s’attacha à un platonicien de renom qui sut donner des ailes à son esprit par la réflexion sur les « idées » et sur le monde spirituel évoqué par Platon. Après peu de temps, croyant être devenu sage et espérant voir Dieu immédiatement, comme le lui promettait le philosophe, il se retira dans un lieu voisin de la mer, solitaire et silencieux, pour s’y livrer à la méditation. Comme il se promenait sur le rivage, plongé dans ses réflexions, un vieillard à l’aspect vénérable et majestueux, à la fois doux et grave, apparut devant lui. Ils engagèrent la conversation, et Justin lui fit l’éloge de la philosophie comme étant l’œuvre la plus grande et la plus précieuse, en comparaison de laquelle toutes les autres activités humaines sont négligeables. Le vieillard lui demanda alors comment les philosophes peuvent se faire une idée juste de Dieu, alors qu’ils n’en ont pas l’expérience vécue. Comme Justin répondait que l’intellect peut voir Dieu, l’ancien répliqua qu’il ne reçoit en fait ce pouvoir que lorsqu’il est revêtu de l’Esprit Saint, après s’être préalablement purifié par la pratique de la vertu. Il réfuta aussi la doctrine platonicienne sur l’âme et la réincarnation, et lui montra qu’on ne peut raisonnablement soutenir que le monde soit éternel et incréé : seul Dieu est inengendré et incorruptible, parfaitement un et toujours égal à Lui-même. Quant à l’âme, contrairement à l’opinion de Platon, la vie ne lui appartient pas en propre ; mais c’est parce qu’elle participe à la vie, donnée par Dieu, qu’elle a la vie. Justin, exalté par ces paroles, lui demanda à quels maîtres recourir pour connaître cette vérité ignorée des sages d’antan. Le vieillard lui répondit que cette doctrine est celle de grands hommes, plus anciens que les philosophes, des hommes justes et chers à Dieu, qui parlaient par l’Esprit Saint et rendaient sur l’avenir des oracles maintenant accomplis : on les appelle les prophètes. Remplis de l’Esprit Saint, ils n’ont dit et proclamé que ce qu’ils avaient vu et entendu, et non en recourant à des démonstrations subtiles. Témoins de la vérité, ils ont glorifié le seul Dieu et Père, et ont annoncé, par leurs signes et leurs écrits, le Christ qui vient de Lui. Puis il conclut en disant : « Et toi, avant tout, prie pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, car personne ne peut voir et comprendre Dieu, si Dieu et Son Christ ne lui donnent de comprendre. »

Dès que le vieillard se fut éloigné, un feu s’alluma dans l’âme du jeune philosophe pour ces prophètes et ces sages amis du Christ. Réfléchissant sur les paroles qu’il venait d’entendre, il réalisa que cette doctrine était la seule philosophie, vraie et profitable à l’âme, et décida de se joindre aux disciples du Christ, qu’il admirait depuis longtemps pour leur mépris des tortures et de la mort. Après son baptême, il étudia l’Écriture sainte en Palestine, puis, sans quitter le manteau et la barbe, signes distinctifs des philosophes, il alla enseigner cette « vraie philosophie » des prophètes et des apôtres en Asie Mineure. Vers 136, alors qu’une révolte juive était cruellement réprimée par les Romains en Palestine, il fit la rencontre d’un rabbin réputé, Tryphon, avec lequel il s’entretint pendant deux jours. Justin lui démontra, à l’aide de nombreuses citations des Écritures, que la Loi et tout l’Ancien Testament n’étaient qu’une préparation et une figure, unique et cohérente, du Christ, Fils de Dieu, le vrai Législateur de l’Alliance nouvelle annoncée par les prophètes, qui abroge l’ancienne. Ce sont maintenant les païens convertis qui constituent le vrai Israël spirituel et sont appelés à devenir « dieux » par la grâce du Saint-Esprit.

Continuant ses périples, Justin fit deux séjours prolongés à Rome et s’installa dans une maison, près des Thermes de Timothée, où il enseignait la doctrine de la vérité à ceux qui venaient le trouver. Pour lui, philosophe devenu chrétien, la Parole de Dieu, révélée dans l’Évangile, représente non seulement l’accomplissement des oracles des prophètes, mais elle est aussi la vérité que distinguèrent confusément les sages et les philosophes païens. Reconnaissant à la raison humaine ses droits, il soulignait ses limites et enseignait que c’est le même Verbe de Dieu qui inspira les prophètes et qui se trouve présent, en germe, dans toute connaissance humaine (spermatikos logos). « Tout ce qui est dit de Lui, chez qui que ce soit, cela nous appartient, à nous les chrétiens … Car tous les écrivains n’ont pu voir qu’obscurément la vérité, grâce à la semence du Verbe déposée en eux. Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l’objet même dont la participation et l’imitation procèdent de la grâce qui vient de lui » .
De son école philosophique devenue église, où se réunissaient les amis de la vraie sagesse, Justin luttait aussi pour la confirmation de la vraie foi vis-à-vis des hérétiques, ces loups déguisés en brebis, qui se faisant passer pour chrétiens enseignaient les doctrines les plus insensées . Mais c’est surtout comme « apologiste » du christianisme devant les autorités romaines que Justin s’est illustré. Vers l’an 155, il adressa une première Apologie à l’empereur Antonin le Pieux (138-161), dans laquelle il réfute les grossières calomnies que répandaient les païens au sujet des chrétiens. Ils ne sont, dit-il, ni athées, ni ennemis de l’État, et leur conduite morale est au-dessus de tout reproche, bien supérieure à celle des païens qui se rassasient de débauches. Et, après avoir démontré les concordances entre les intuitions des philosophes et la révélation biblique, il décrit la noblesse et la pureté des assemblées liturgiques, où la vie communautaire, centrée sur l’Eucharistie, se prolonge dans l’entraide et l’assistance aux nécessiteux. « Vous pouvez nous tuez, écrit-il, nous nuire, non ! Notre espérance n’est pas de ce temps présent, aussi nous ne craignons pas vos bourreaux. Nous ne haïssons pas nos accusateurs, mais nous avons pitié d’eux ; nous ne désirons que leur conversion ».

Quelques années plus tard (160), Marc Aurèle, ayant accédé au pouvoir, prit des mesures de répressions contre les chrétiens, sous l’influence de ses amis les philosophes. Une noble romaine, qui s’était convertie au christianisme et avait renoncé à sa vie dissolue sous l’influence d’un certain Ptolémée, tenta d’entraîner son mari, en lui rappelant les châtiments futurs qu’attendent les débauchés. Comme celui-ci refusait de se corriger, elle demanda le divorce. Furieux, son époux fit alors jeter Ptolémée en prison. Après une longue incarcération, celui-ci comparut devant le préfet Urbicus et confessa sa foi. La sentence de mort venait à peine d’être prononcée, qu’un certain Lucius protesta à haute voix contre ce jugement inique et confessa qu’il était lui aussi chrétien. Il fut arrêté, ainsi qu’un autre chrétien, et les trois innocents furent exécutés. À l’occasion de cet événement, Justin, pressentant qu’un sort semblable l’attendait, adressa une seconde Apologie à l’empereur et au Sénat, dans laquelle il répond d’abord à deux objections ironiques des païens, qui demandaient d’une part pourquoi les chrétiens ne se donnent pas eux-mêmes la mort pour aller plus vite vers leur Dieu, et qui disaient d’autre part : si ce Dieu est vraiment tout-puissant, pourquoi laisse-t-il opprimer ses adorateurs ? Justin expliqua que c’est la rage et la jalousie des démons qui est la cause des persécutions contre les chrétiens, et que s’il n’y avait chez eux ni vérité ni vertu, inexplicable serait leur constance dans les tourments. Si Dieu retarde la catastrophe qui doit bouleverser l’univers, ajoute-t-il, c’est à cause de la race des chrétiens, en qui Il voit un motif de conserver le monde. Et il conclut : « Je suis chrétien, je m’en fais gloire et, je l’avoue, tout mon désir est de me faire reconnaître comme tel ».

Justin avait trouvé un adversaire implacable en la personne du philosophe cynique Crescens, homme dépravé et ambitieux qui, constatant les succès du philosophe chrétien et craignant de perdre ses élèves, ne cessait de tramer des intrigues contre lui. C’est probablement à la suite de ses machinations que, vers 165, lors de son second séjour à Rome, Justin fut arrêté, sur l’ordre du préfet Rusticus, l’ancien précepteur de Marc Aurèle, avec six de ses disciples : Chariton, la vierge Charito, Évelpiste, Hiérax, Péon et Libérien.

Dès qu’ils comparurent au tribunal, le préfet s’adressa à Justin : — « Soumets-toi aux dieux et obéis aux empereurs. » — « Personne ne peut être blâmé ou condamné pour avoir obéi aux commandements de notre Seigneur Jésus-Christ », répliqua le Philosophe. Comme Rusticus lui demandait à quelle science il se consacrait, il répondit : « J’ai successivement étudié toutes les sciences. J’ai fini par m’attacher à la doctrine vraie des chrétiens, bien qu’elle déplaise à ceux que l’erreur égare. » Puis il expliqua qu’il n’enseignait rien de lui-même, mais seulement ce que les prophètes inspirés ont annoncé, et qu’il dispensait cette doctrine, librement, à quiconque venait le trouver dans sa demeure. Ses compagnons ayant confessé, chacun à son tour, qu’ils étaient chrétiens, le préfet, se tournant vers Justin, lui demanda s’il espérait gagner le ciel par les supplices qu’il allait lui infliger. Le Philosophe rétorqua: « J’espère recevoir la récompense destinée à ceux qui gardent les commandements du Christ, si je souffre les supplices que tu m’annonces. Tel est notre plus vif désir : souffrir à cause de notre Seigneur Jésus-Christ et être sauvés, ainsi nous nous présenterons assurés et tranquilles au redoutable tribunal de notre Dieu et Sauveur, devant lequel le monde entier doit comparaître. » Les autres martyrs s’écrièrent : « Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles ! » Ils entendirent la sentence de mort en rendant gloire à Dieu puis, après avoir été flagellés, ils consommèrent leur martyre en étant décapités. Quelques fidèles enlevèrent secrètement leurs corps et les ensevelirent en un lieu convenable.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire de saint Justin et des autres martyrs, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Justin, ton 2
Le héraut véritable de la piété, * l’orateur illustre des mystères divins, * Justin le philosophe, acclamons-le * avec des éloges, car il a, * par la force de la sagesse et de la grâce, rendu plus clair * l’exposé de notre foi; * et pour tous il implore la divine rémission.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 23-33)

En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous; car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. Ses disciples lui dirent: Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne t’interroge; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. Jésus leur répondit: Vous croyez maintenant. Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.

19 (ancien calendrier) / 1er mai (nouveau)

19 mai (ancien calendrier) / 1er mai (nouveau)

Saints Patrice, évêque de Prousse en Bithynie, avec ses compagnons : Acace, Ménandre et Polyène, prêtres, tous martyrs en Bithynie (vers 100) ; saint Adolphe, évêque de Cambrai (728) ; saint Kalouf, égyptien, martyr (284-303) ; saint Hudulfe, évêque d’Arras (728) ; saint Jean, évêque de Gothie (790) ; saint Dimitri Donskoï, prince de Moscou (1389) ; sainte grande-princesse Eudocie, Euphrosyne dans le monachisme (1407) ; saint Corneille de Paléostrov (vers 1420) ; saint Jean, prince, Ignace dans le monachisme, de Vologda (1523) ; saint Corneille, thaumaturge de Komel (1537) ; saint Serge de Choukhtom (1609) ; saints néomartyrs de Russie : Matthieu (Voznesensky), prêtre (1919) ; Victor (Karakouline), prêtre (1937) ; Onuphre, archevêque de Koursk, Antoine, évêque de Belgorod, Mitrophane (Vilguelmsky), Alexandre (Erochov), Michel (Deïneka), Hippolyte (Krasnovsky), Nicolas (Sadovsky), Basile (Ivanov), Nicolas (Koulakov), Maxime (Bogdanov), Alexandre (Saoulsky), Paul (Briantsev), Paul (Popov), Georges (Bogoyavlensky), prêtres et martyr Michel (Voznesensky) (1938) ; Valentin (Loukianov), moine et martyr (1940).

SAINT PATRICE ÉVÊQUE DE PROUSSE

Saint Patrice, évêque de Prousse en Bithynie, avec ses compagnons

Saint Patrice était évêque de Prousse en Bithynie, au temps où le proconsul Jules tentait d’y faire régner le culte insensé des idoles. Comme le magistrat s’était rendu auprès des sources d’eaux chaudes, situées à quelque distance de la cité, pour y sacrifier aux dieux-médecins, Asclépios et son épouse Hygieia, il y fit convoquer Patrice et tenta de lui faire reconnaître que les vertus thérapeutiques de ces eaux étaient dues à la providence des dieux. Le saint évêque lui répondit que Dieu, qui créa le monde par amour des hommes, a produit aussi le feu et l’eau, afin que rien ne leur manquât pour préparer ici-bas la jouissance des biens éternels. Mais, prévoyant que ceux-ci allaient faillir à leur vocation, de même qu’Il sépara la lumière des ténèbres, Il sépara aussi le feu et l’eau qui sont à la surface de la terre, du feu de la géhenne et de l’eau glacée du Tartare qui se trouvent sous terre, en préparation des châtiments éternels qu’y éprouveront les impies après la résurrection, et dans lesquels sont châtiés dès maintenant les faux dieux des païens. Après avoir mentionné le témoignage du saint martyr Pione [11 mars], Patrice ajouta qu’il avait été lui-même témoin de ce feu qui jaillit de la terre, lors d’une éruption de l’Etna, appelé par les Anciens : « la gueule de l’enfer ». L’évêque de Naples, Étienne, avait alors organisé une procession et les prières des chrétiens avaient pu arrêter la coulée de lave qui menaçait la ville.

Irrité par ces propos, Jules ordonna de jeter le saint dans les eaux chaudes, pour voir s’il allait être préservé par son Dieu. Lorsqu’il y fut précipité l’eau bouillante éclaboussa les soldats qui furent cruellement brûlés, alors que Patrice restait indemne et nageait dans les eaux comme dans un bain. Le proconsul l’en fit tirer et ordonna de le décapiter. Le saint, élevant les mains vers le ciel dans une ultime prière, rendit grâce au Seigneur qui avait créé ces sources d’eaux chaudes pour le salut et la guérison des justes mais pour le châtiment des impies ; puis, ayant prononcé l’Amen, il s’agenouilla et eut la tête tranchée, en compagnie de trois autres saints confesseurs : Acace, Ménandre et Polyen.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 3
Le quadrille gardé-par-Dieu de ses ministres sacrés en présence des ennemis a prêché la Tirade incréée: c’est Patrice, le saint pasteur, Acace, Ménandre et Polyène avec lui; ils ont reçu la gloire méritée par leur combat.
Kondakion du saint, ton 8
Comme un trésor sacré l’Église du Christ, ayant reçu * ton corps, Patrice, te chante dans l’allégresse: * Par tes prières le monde entier est gardé en profonde paix * invinciblement à l’abri de toute hérésie.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 23-33)

En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous; car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. Ses disciples lui dirent: Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne t’interroge; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. Jésus leur répondit: Vous croyez maintenant. Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.

31 mai

31 mai

Jour de jeûne

Sainte Pétronille, vierge, martyre à Rome (Ier s.) ; saint apôtre Hermas, un des 70 (Ier s.) ; saint Hermias, martyr à Comane en Cappadoce (IIème s.) ; saint Philosophe d’Alexandrie, martyr (IIIème s.) ; saint Silvius, évêque de Toulouse (vers 400) ; saint hiéromartyr Philosophe (Ornatsky), prêtre et ses fils martyrs Boris et Nicolas (1918).

SAINT MARTYR HERMIAS
Le saint et glorieux martyr Hermias était un soldat d’un âge avancé, qui avait passé de longues années dans l’armée romaine, à Comanes dans le Pont. Achevant son service, sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161), il refusa toute solde et confessa sa foi au Christ Dieu. Il fut aussitôt arrêté et traduit devant le gouverneur Sébastien, qui le somma de sacrifier aux faux dieux pour montrer sa loyauté envers l’empereur. Comme Hermias refusait énergiquement, il fut livré à la torture. Les bourreaux lui brisèrent d’abord les mâchoires, puis lui arrachèrent la peau du visage. Il fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, dont il sortit indemne à la stupéfaction de tous. Sébastien décida alors de recourir à un mage, qui confectionna un poison violent à l’intention du saint. Mais lorsqu’il vit qu’Hermias n’en éprouvait aucun mal, il confessa à son tour la puissance divine du Christ et fut décapité sur-le-champ. Hermias fut alors soumis à de nouveaux tourments : on le plongea dans de l’huile bouillante, on lui creva les yeux, puis on le suspendit, la tête en bas, pendant trois jours. Finalement, le soldat du Christ étant sorti victorieux de toutes ces épreuves, il eut la tête tranchée et remporta ainsi la couronne de la victoire dans les cieux.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire du saint martyr Hermias, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr Hermias, ton 6
Toi qui as combattu de tout cœur pour le Christ, * Hermias, en ta vieillesse tu montras le courage des preux; * avec la puissance du Christ tu fis échec aux intrigues des impies * et, buvant leurs poisons, tu demeuras sauf pour t’écrier: * Avec moi est le Seigneur notre Dieu * et personne à jamais ne peut rien contre moi.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 15-23)
Tout ce que le Père a est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père. Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux: Que signifie ce qu’il nous dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez? et: Parce que je vais au Père? Ils disaient donc: Que signifie ce qu’il dit: Encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle. Jésus, connut qu’ils voulaient l’interroger, leur dit: Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j’ai dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom.

18 mai (ancien calendrier) / 31 mai (nouveau)

18 mai (ancien calendrier) / 31 mai (nouveau)
Jour de jeûne

Mémoire des Pères des sept Conciles œcuméniques. Saint Théodote et les 7 vierges : saintes Alexandra, Técuse, Claudia, Phaïne, Euphrasie, Matrone et Juliette, tous martyrs à Ancyre (303) ; saints Pierre, André, Paul, saintes Denise et Christine, martyrs à Athènes (249-251); saints Héraclius, Paulin et Félicissime, martyrs, en Ombrie (303) ; saints martyrs Isaac, Syméon et Bachiésus, martyrs en Perse (IVème s.) ; saints David et Tarichani, les deux frères géorgiens (693) ; saint Macaire, apôtre de l’Altaï (1847) ; saints néomartyrs de Russie : Michel (Vinogradov), confesseur, prêtre (1932) ; Basile (Krylov), prêtre (1942).

SAINTS PIERRE, ANDRÉ, PAUL, DENISE ET CHRISTINE

Au temps de la persécution de Dèce, Pierre, un jeune chrétien de Lampsaque (Hellespont) au cœur généreux et à la foi ardente, fut arrêté et traduit devant le gouverneur d’Abidos . Comme celui-ci le sommait de sacrifier à Aphrodite (Vénus), Pierre répondit offusqué que jamais il n’adorerait une vile prostituée, car l’adoration et la louange doivent être adressées au seul vrai Dieu. À ces paroles, le magistrat le fit étendre sur une roue et attacher avec des chaînes. Des pièces de bois furent disposées tout autour, de sorte que, dans le mouvement de la roue, elles devaient heurter les membres du saint et lui briser les os. Plus la torture était cruelle, plus l’athlète du Christ montrait de courage et, avec un sourire de pitié pour ses persécuteurs, il rendait grâce au Christ qui lui accordait une telle endurance. Se voyant vaincu par la patience du martyr, le gouverneur le fit finalement décapiter. Il se rendit ensuite à Troas, accompagné d’une brillante escorte . On lui amena trois chrétiens : André, Paul et Nicomaque. Nicomaque se confessa à haute voix chrétien avec une téméraire assurance, mais il ne put résister à la torture et renia. À peine eut-il sacrifié qu’abandonné par Dieu, il devint la proie du démon et, pris d’une crise furieuse, il rendit l’âme misérablement. Dans l’assistance, une jeune fille de seize ans, Denise, s’écria alors : « Ah misérable ! comment pour une heure de vie, as-tu pu attirer sur toi les peines éternelles que nul ne peut décrire ? » Aussitôt interpellée et conduite devant le gouverneur, elle se déclara chrétienne et, se montrant inflexible devant les menaces, elle fut livrée à deux jeunes débauchés. Alors que depuis de longues heures, ces derniers essayaient de triompher de sa pudeur, l’Ange Gardien de la jeune vierge apparut, sous la forme d’un être resplendissant qui terrassa les impudents de terreur et, se jetant aux pieds de la sainte, ils la supplièrent d’intercéder pour eux. Au matin, la foule rassemblée devant le palais, et excitée par les prêtres d’Artémis (Diane), réclama à grands cris qu’on lui livrât André et Paul. Comme ils refusaient de sacrifier à la déesse, ils furent frappés de verges, puis livrés au peuple pour être lapidés. Avertie par le tumulte, Denise s’échappa de sa prison, se précipita jusqu’au lieu de l’exécution et se jeta en larmes sur les corps expirants des martyrs, en disant : « Afin de pouvoir vivre avec vous dans le ciel, je veux mourir avec vous sur la terre ! » Arrachée de force à ses compagnons, sur l’ordre du tyran qui ne voulait pas satisfaire son vœu, elle fut conduite en un autre lieu pour y être décapitée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Kondakion du saint martyr Théodote d’Ancyre, ton 2
Tu as bien mené le combat des souffrances, ô Théodote, avec tes compagnons de martyre, et vous avez reçu les couronnes d’honneur avec les vénérables vierges martyres ; aussi, priez le Christ Dieu sans cesse pour nous.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 15-23)
Tout ce que le Père a est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père. Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux: Que signifie ce qu’il nous dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez? et: Parce que je vais au Père? Ils disaient donc: Que signifie ce qu’il dit: Encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle. Jésus, connut qu’ils voulaient l’interroger, leur dit: Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j’ai dit: Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie. En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom.

30 mai

30 mai

Saint Isaac, abbé en Dalmatie, confesseur (406) ; saint Maugille, ermite en Picardie (vers 685) ; saint Hubert, évêque de Tongres et Maastricht (727) ; saint hiéromartyr Basile de Smolensk, prêtre (1942).

SAINT ISAAC DE DALMATIE

Notre saint Père Isaac était un ermite syrien, qui vivait dans le désert au temps de la persécution menée par l’empereur Valens (364-379) contre les orthodoxes. En 378, alors que ce dernier se préparait à partir en campagne contre les Goths qui, rassemblés en masse sur les rives du Danube, menaçaient Constantinople, saint Isaac, répondant à une motion divine, se présenta devant l’empereur et lui dit : « Majesté, ordonne de rouvrir les églises, et tu rentreras victorieux. » Mais le souverain se détourna dédaigneusement de lui. Le lendemain, l’homme de Dieu se tint de nouveau devant lui et lui réitéra sa demande, mais Valens passa outre. Le troisième jour, Isaac lui barra la route et, agrippant la bride de son cheval, il ne cessa de lui répéter sa requête, tantôt sous forme de supplication, tantôt sur un ton de reproche. Lorsqu’ils parvinrent à une gorge profonde, pleine de ronces, l’empereur excédé donna l’ordre à ses gardes d’y précipiter le saint. Par la grâce de Dieu, Isaac tomba au milieu des ronces comme sur un lit douillet, et deux jeunes gens, radieux et vêtus de blanc, l’en tirèrent sans retard et le transportèrent, sain et sauf, à Constantinople, au milieu de l’agora, devant l’empereur qui venait d’y arriver. Stupéfait, Valens demanda s’il était bien celui qu’il avait fait jeter dans le ravin. Le saint lui répliqua : « Ouvre les églises, et tu reviendras dans la joie. Si tu n’agis pas ainsi, sache qu’après avoir eu la vie sauve en fuyant, tu périras, brûlé par tes ennemis, dans un tas de paille. » Ébranlé par cette révélation, l’empereur n’en resta pas moins entêté, et il chargea deux sénateurs, Satornique et Victor, d’assurer la garde d’Isaac, jusqu’à son retour.

La bataille, livrée près d’Andrinople le 9 août 378, tourna à la déroute pour les troupes impériales. Valens parvint à sortir de la mêlée et alla se cacher, avec son aide de camp, dans un tas de paille. Les barbares qui le pourchassaient l’y découvrirent et y mirent le feu, et c’est ainsi que le tyran périt misérablement, réalisant la prophétie de saint Isaac. Au retour des troupes qui avaient pu échapper au carnage, certains, voulant éprouver Isaac, lui dirent : « Prépares-toi à rendre compte de ta conduite, car l’empereur est de retour. » Mais le saint leur répondit : « Voilà plus de sept jours que l’odeur de ses ossements calcinés m’est parvenue. »

Lorsque Théodose le Grand prit le pouvoir, informé des événements et du rôle joué par le saint moine, il lui rendit la liberté, et proclama sans retard un édit restituant aux orthodoxes l’usage de leurs églises, après quarante ans d’interruption. Isaac déclara que, sa mission étant achevée, il n’avait plus qu’à retourner dans son désert de Syrie. Mais Satornique et Victor le supplièrent avec larmes de rester en ville pour y rétablir la vie monastique, délaissée pendant la persécution arienne. Il finit par céder, à la condition qu’ils lui construisent une cellule, dans un endroit calme et retiré, où il pourrait finir ses jours dans l’hésychia. Les deux sénateurs, devenus ses fils spirituels, rivalisèrent de zèle dans leurs propositions, et il porta finalement son choix sur une petite propriété, offerte par Satornique, située hors de l’enceinte d’alors, dans le quartier de Psamathia (Samatya), près de la porte de Xérolophos. Il s’y installa dans une modeste cellule et commença à y mener la vie angélique d’un anachorète. Chaque matin les deux sénateurs allaient prendre sa bénédiction avant de vaquer à leurs affaires, et un nombre croissant d’hommes pieux venaient lui rendre visite, pour s’entretenir avec lui sur la vraie foi et sur la vie spirituelle. L’empereur Théodose lui-même se rendait fréquemment auprès de l’ermite, afin de recevoir ses conseils et de lui demander d’intercéder auprès de Dieu pour lui et pour l’Empire. Beaucoup de chrétiens l’invitaient chez eux, et, rejetant tout esprit de vaine gloire, le saint sortait parfois pour les visiter.

Des disciples se joignirent peu à peu à lui et l’endroit devint le premier monastère de Constantinople (382). D’autres communautés monastiques, comptant jusqu’à cent cinquante moines, se constituèrent sous son influence, aussi bien à l’intérieur de la ville qu’aux environs, en particulier celle de saint Hypatios, au monastère des Rufinianes [17 juin]. Saint Isaac les visitait tous régulièrement pour entretenir leur zèle spirituel. Bien qu’il n’eût aucune autorité officielle, il était honoré comme un père par tous les moines de la capitale. Par ailleurs, quand il apprenait que des gens manquaient du nécessaire, s’il n’avait rien à leur donner lui-même, il en informait les chrétiens aisés, et ceux-ci leur faisaient parvenir des vivres et des vêtements. Saint Isaac présidait donc, en ce temps-là, non seulement à l’enseignement de la foi et de la vie spirituelle, mais aussi à la charité et aux œuvres de bienfaisance.
Lorsque saint Jean Chrysostome accéda au siège épiscopal de Constantinople (398), constatant qu’un grand nombre de moines circulaient en ville et se rendaient dans les maisons privées, il prit des mesures contre ces abus et leur ordonna de rester dans leurs monastères. Il entreprit aussi de réorganiser les œuvres de charité, en particulier par la fondation d’un grand hôpital, dont il désigna lui-même les responsables. Ces mesures pastorales nécessaires portèrent ombrage à l’activité de saint Isaac et à une grande partie des moines qui se sentirent délaissés. L’archevêque d’Alexandrie, Théophile, s’empressa d’exploiter habilement ce différend et, lorsqu’il arriva à Constantinople, en vue de retourner contre saint Chrysostome les accusations dirigées contre lui, il attira à son parti Isaac et ses moines. C’est ainsi que le vieil ascète prit malheureusement une part active au synode du Chêne, parmi les accusateurs de saint Jean (403). Celui-ci fut alors déposé et condamné à l’exil. Mais cette condamnation suscita de telles réactions que le saint évêque fut bientôt rappelé sur son siège, hélas pour peu de temps.

Saint Isaac ne s’immisça plus dans les affaires ecclésiastiques, et passa ses derniers jours, paisiblement, dans son monastère. Ayant été averti par Dieu de son prochain départ de cette vie, il rassembla ses disciples, leur recommanda de rester fermes dans la vraie foi et désigna Dalmate pour lui succéder, puis il remit son âme à Dieu (406). Il fut pleuré par le peuple tout entier, l’empereur en tête. Après une cérémonie dans la cathédrale, présidée par le patriarche, on organisa un cortège pour aller l’inhumer dans son monastère. Mais Aurélien, un des grands personnages de la cour, qui était un fervent admirateur du saint, posta un fort détachement de soldats sur le chemin. Ceux-ci s’emparèrent de la précieuse dépouille et allèrent la déposer dans la crypte d’une église érigée par Aurélien en l’honneur de saint Étienne, tandis que, contraints de se soumettre à ce pieux coup de force, les moines rentraient à leur monastère, privés de la consolation des reliques de leur père spirituel.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire du saint, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier; * vénérable Père Isaac, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint, ton 8
Toi le fidèle serviteur de Dieu, * enflammé de zèle pour l’Eglise du Christ, * lorsque les temples des orthodoxes étaient fermés par ordre de Valens, * tu saisis les rênes de son cheval et prophétiquement * tu prédis sa défaite et sa mort par le feu; * vénérable Père Isaac, intercède pour nous * qui célébrons ta mémoire sacrée.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 2-13)

Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l’heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous. Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande: Où vas-tu? Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement: en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.

17 mai (ancien calendrier) / 30 mai (nouveau)

17 mai (ancien calendrier) / 30 mai (nouveau)

Saint Andronique, apôtre, et son épouse sainte Junia (Ier s.) ; saint Tropez, martyr (Ier s.) ; saints Solocane, Panphamer et Pamphylon, guerriers, martyrs à Chalcédoine (305) ; saint Étienne, patriarche de Constantinople (893) ; sainte Eudocie, princesse de Moscou, Euphrosynie dans le monachisme (1407) ; saints Nectaire (1550) et Théophane (1544) des Météores ; saint Nicolas le jeune de Metsovo (Epire), néo-martyr grec (1617).

SAINTS APÔTRES ANDRONIQUE ET JUNIA

Mentionnés par saint Paul dans son Épître aux Romains (16, 7), qui les nomme ses parents et les loue comme illustres parmi les apôtres, saint Andronique et son épouse Junia, Juifs de naissance, s’étaient convertis au christianisme à Jérusalem. Ils devinrent ensuite les disciples et collaborateurs de l’Apôtre des Nations et subirent avec lui la captivité. Morts au monde et à ses attachements corruptibles, ils avaient fait de leur union conjugale un lien spirituel qui les faisait se tourner vers tous les hommes pour leur communiquer la ferveur de leur amour de Dieu. C’est ainsi qu’ils amenèrent de nombreux païens à la foi, renversèrent des temples idolâtres et guérirent des maladies par la puissance du Saint-Esprit. Vers l’an 58, ils furent arrêtés et emmenés à Rome, où ils subirent, semble-t-il, le martyre, afin de gagner les couronnes de la gloire incorruptible.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire des saints apôtres, ton 3
Saints Apôtres du Seigneur, * intercédez auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion des saints apôtres, ton 2
Tel un astre de lumière faisant briller sur les nations * la claire connaissance de Dieu, * acclamons saint Andronique, l’apôtre du Christ, * tout comme Junie, qui peina pour l’évangile avec lui, * leur disant: auprès du Christ notre Dieu * sans cesse intercédez en faveur de nous tous.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVI, 2-13)

Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l’heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous. Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande: Où vas-tu? Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur. Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement: en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.

29 mai

29 mai

Transfert des reliques de sainte Théodosie de Tyr, vierge, martyre à Césarée de Palestine (307-308) ; saint Conon et son fils saint Conon, martyrs à Icône en Asie Mineure (275) ; saint Ortaire, abbé de Landelle (VIème s.) ; sainte Théodosie, vierge, moniale, martyre à Constantinople (745) ; saint Jean, fol en Christ à Oustioug (1494) ; saints martyrs et confesseurs de Russie : Jean (Preobrajensky), diacre et martyr André (Trofimov) (1938) ; saint Luc, archevêque Simferopol, confesseur (1961).

SAINTE VIERGE ET MARTYRE THÉODOSIE
La cinquième année de la Grande Persécution de Dioclétien (307) à Césarée de Palestine, le dimanche de Pâques, Théodosie, une jeune vierge consacrée, d’à peine dix-huit ans, originaire de Tyr, s’approcha des prisonniers qui avaient confessé le Nom du Christ et attendaient enchaînés de comparaître devant le juge, et elle leur demanda de se souvenir d’elle lorsqu’ils auront atteint le Royaume des cieux. Aussitôt des soldats se saisirent de la jeune fille et la conduisirent devant le gouverneur Urbain. Celui-ci, rempli de colère et de rage, lui ordonna de sacrifier. Comme elle refusait, elle fut cruellement torturée aux côtés, aux seins et aux entrailles, les supplices laissant apparaître ses os mêmes. La sainte souffrait cependant en silence, et cette attitude surnaturelle excitait encore plus la rage du magistrat. Comme il l’exhortait une fois encore à sacrifier, jetant sur lui un regard aigu et prolongé, Théodosie lui dit en souriant, avec un visage resplendissant : « Homme, pourquoi t’égares-tu ? Ne sais-tu pas que maintenant j’agis conformément à mes prières, puisque j’ai été jugée digne de participer au sort des martyrs du Christ ? » Se voyant devenir la risée du public, Urbain, incapable de la vaincre par de plus grands tourments, ordonna de la jeter à la mer ; puis il se tourna vers les confesseurs qui avaient été encouragés par la résistance de la jeune fille, et les condamna tous aux implacables mines de cuivre de Phaeno.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.
Tropaire de la sainte, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XIV, 27 – XV,7)
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez. Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi; mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici. Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

16 mai (ancien calendrier) / 29 mai (nouveau)

16 mai (ancien calendrier) / 29 mai (nouveau)

Saint Théodore le Sanctifié (ou le Consacré), disciple de saint Pacôme en Égypte (368) ; saints Guy, Modeste et Crescence (env. 303) ; saint Pélerin, premier évêque d’Auxerre, martyr (304) ; saint Abda et Abdiésius, évêques, et de nombreux autres martyrs en Perse (env. 418) ; saint Fort, évêque de Bordeaux, martyr ; bienheureuse vierge Musa de Rome (Vème s.) ; saint Fale (ou Fidole), moine à Troyes (vers 540) ; saint Brendan le voyageur, abbé irlandais fondateur de plusieurs monastères (583) ; saint Eman, prêtre, martyr à Chartres (VIème s.) ; saint Germier, évêque de Toulouse (VIème s.) ; saint Honoré, évêque d’Amiens (600) ; les 44 saints moines massacrés par les Perses à la Laure de Saint-Sabas (614) ; saint Georges II, évêque de Méthylène (IXème s.) ; saints Cassien (1537) et Laurent (1548) de Komel ; saint martyr Voukachine (Serbie, 1943).

SAINT THÉODORE LE SANCTIFIÉ
Né dans une famille de notables chrétiens en Haute Égypte, saint Théodore mena dès son enfance une vie pieuse. À l’âge de douze ans, voyant le festin préparé par sa famille à l’occasion de la fête de la Théophanie, il fut touché de componction et se dit : « Si tu jouis de ces aliments, tu n’obtiendras pas la vie éternelle. » Dès lors, il jeûna tous les jours jusqu’au soir et s’abstint de tout aliment recherché. Deux ans plus tard, il fut reçu au monastère de Latopolis, où il mena la vie anachorétique auprès de quelques vieux moines ; puis, ayant entendu vanter la sagesse de saint Pacôme, il se rendit avec une brûlante ardeur à Tabennêsis (vers 328). Dès son arrivée au monastère, le jeune Théodore s’efforça d’imiter en tout notre Père Pacôme, qu’il regardait comme la présence visible de Dieu. Il veillait à garder rigoureusement la pureté du cœur, un langage mesuré et agréable et une obéissance inconditionnée jusqu’à la mort. Ses admirables progrès dans les vertus lui permirent de devenir, malgré son jeune âge, le réconfort et le modèle de nombreux frères. La première année de son séjour, comme il se levait un jour pour prier, sa cellule fut soudain illuminée et deux anges éblouissants lui apparurent. Effrayé, Théodore sortit précipitamment et grimpa sur le toit ; mais les anges vinrent le rassurer et lui remirent prophétiquement un grand nombre de clés.

Une autre fois, sa mère vint lui rendre visite, mais Théodore refusa de la voir, par crainte de se voir reprocher au jour du Jugement cette transgression du commandement prescrivant à ceux qui veulent obtenir la perfection de renoncer pour toujours à leurs parents, et il dit : « Je n’ai pas de mère et rien en ce monde, car il passe. » Lorsque saint Pacôme le réprimandait à tort pour l’éprouver, Théodore n’essayait pas de se justifier, mais il s’attribuait la faute et disait : « Il faut que je pleure jusqu’à ce que le Seigneur redresse mon cœur et que je mérite d’obéir à ses ordres. »

Un jour, un frère ayant été réprimandé par saint Pacôme, se préparait à quitter le monastère. Théodore vint alors à lui et feignant d’avoir pris une résolution semblable, il put rendre courage au frère et le sauver de la perdition. Une autre fois, ayant interrogé un moine ancien, et l’ayant trouvé incapable de renoncer à son attachement pour sa famille, il fit semblant de vouloir quitter un tel monastère, où l’on faisait si peu de cas de la parole évangélique (Lc 14, 26), et il put ainsi le corriger.

Quand il eut trente ans, un dimanche soir, saint Pacôme, ayant réuni les frères pour sa catéchèse habituelle, céda soudain la parole à Théodore. Obéissant, celui-ci commença à parler selon ce que le Seigneur lui inspirait, et saint Pacôme se tenait debout avec les autres moines pour l’écouter. Certains anciens s’irritèrent pourtant de cette élévation d’un plus jeune qu’eux et quittèrent l’assemblée. À l’issue de la synaxe, Pacôme déclara qu’ils s’étaient rendus étrangers à la miséricorde de Dieu et que s’ils ne se repentaient pas de ce mouvement d’orgueil, il leur serait difficile d’accéder à la vie éternelle. Après cela, il établit Théodore économe du monastère de Tabennêsis (vers 336) et fit de lui son adjoint dans l’administration de la Koinonia. Éprouvé dans l’humilité et dépouillé de toute volonté propre, Théodore ne changea rien à son attitude de disciple et progressa en édifiant les frères, car sa parole était remplie de grâce et sa charité couvrait toutes les faiblesses. Chaque jour, après son travail, il se rendait à Pabau afin d’écouter la catéchèse de Pacôme, puis il revenait à Tabennêsis pour la répéter à ses moines.

Ayant ensuite reçu de saint Pacôme l’ordre de visiter les monastères de la Koinonia, il était toujours accueilli par les frères avec grande joie, car Dieu lui avait accordé le charisme de la consolation, et Pacôme disait de lui : « Théodore et moi accomplissons le même service en l’honneur de Dieu, et il a pouvoir de commander en qualité de père et maître. » C’est pourquoi, après quelque temps, il le retira de Tabennêsis pour l’associer à la direction spirituelle de toute la congrégation. C’était lui qui recevait les nouveaux moines dans tous les monastères et qui expulsait les récalcitrants. Lorsqu’il corrigeait un frère, il s’astreignait à accomplir la même pénitence, craignant d’être condamné par Dieu pour ne pas avoir accompli lui-même ce qu’il ordonnait aux autres.

Une fois, saint Pacôme étant tombé malade, les frères vinrent trouver Théodore pour lui demander de prendre la succession dans le cas où le Père mourrait. Quand Pacôme se fut rétabli, il demanda compte à chacun de ses pensées. Théodore confessa que, sous la pression des frères, il avait acquiescé à leur proposition de lui succéder. Pacôme lui retira alors toute autorité sur les moines et le relégua dans un endroit solitaire, où il versa beaucoup de larmes à cause de son péché d’orgueil. Après des années de pénitence et peu de temps avant de mourir, Pachôme le rétablit dans ses fonctions, déclarant aux frères que cette épreuve avait fait progresser Théodore sept fois plus que ses ascèses antérieures, à cause de l’humble repentir qu’il avait montré.

Après la mort de saint Pacôme (346), Théodore, qui l’avait enseveli dans un endroit secret, fut envoyé à Alexandrie pour affaires. Il rendit visite à saint Antoine le Grand, qui témoigna de son admiration pour Pacôme et la vie cénobitique, et l’envoya à saint Athanase avec une lettre de recommandation. C’est à Alexandrie qu’il apprit la mort de Pétronios et, de retour en Thébaïde, il se soumit avec humilité et ferveur à saint Horsièse. Il était devant lui comme une brebis, ayant déraciné de son cœur toute pensée de pouvoir, bien qu’aux yeux de beaucoup il fût le plus digne de succéder à saint Pacôme. Voyant que de nombreux frères avaient recours à lui, et voulant éviter toute rivalité, il obtint d’être envoyé au monastère de Pachnoum, pour y diriger la boulangerie.

Lorsque le supérieur du monastère de Monchôsis (Thmousons), Apollonios, se fut révolté, prétendant rendre son monastère indépendant, Horsièse se retira et désigna Théodore pour lui succéder à la tête de la Koinonia. Théodore réunit aussitôt les frères et les exhorta, avec force larmes, à maintenir la tradition instituée par saint Pacôme et à garder l’unité de leur sainte assemblée. Puis il visita avec soin les monastères, changea tous les supérieurs et distribua de nouvelles charges. Se souvenant pourtant de la pénitence imposée jadis par Pacôme pour sa pensée concernant la succession, il ne s’estimait pas le supérieur des monastères, mais seulement remplaçant et serviteur d’abba Horsièse ; et chaque fois qu’il voulait prendre une décision, il allait d’abord en demander l’autorisation à Horsièse qui s’était retiré à Chenoboskion. Il était au milieu des frères un modèle d’humilité, tant dans l’habillement que dans la parole et dans tout son comportement, malgré sa renommée qui s’était étendue à toute l’Égypte, et les nombreuses guérisons qu’il accomplissait.

Grâce à sa diligence, il parvint à restaurer le bon ordre et à réanimer le zèle des moines. Il s’entretenait avec chacun, les exhortant à résister avec courage à l’assaut des pensées, et corrigeait les négligents avec patience, en priant ardemment pour leur correction. Aux monastères fondés par saint Pacôme, il ajouta ceux de Kaïor et Ouï dans la région d’Hermoupolis et un autre près d’Hermonthis, ainsi que deux monastères féminins.
Vers 363, saint Athanase, exilé, vint rendre visite à la Koinonia, dont il admira l’ordre et les règlements, aptes à procurer la paix à tant d’âmes. Théodore lui dit : « Cette faveur de Dieu nous appartient grâce à notre Père Pacôme. Mais quand nous te voyons, c’est comme le Christ que nous te voyons. »
Par la suite Théodore réussit à faire revenir Horsièse à Pabau et le servit en qualité de second, et ils alternaient pour visiter les monastères. Toutefois les préoccupations matérielles ayant considérablement augmenté du fait de l’accroissement du nombre des frères, Théodore se désolait de voir les moines abandonner la rigueur et la simplicité de vie instituées par saint Pacôme. Il se mortifiait pour qu’ils fassent pénitence et il allait passer de longues nuits de prière sur le tombeau de saint Pacôme, connu de lui seul.

Après la Pâque 368, Théodore tomba malade. Horsièse supplia le Seigneur de mourir le premier et de laisser Théodore, dont la Koinonia avait un si grand besoin. Mais tel n’était pas la volonté de Dieu et, après avoir confessé qu’il n’avait jamais rien fait sans obéissance, Théodore s’endormit très paisiblement, le 27 avril. Tous les frères poussèrent alors une grande clameur et s’écrièrent : « Nous sommes devenus orphelins, car c’est en effet notre juste Père Pacôme qui est mort aujourd’hui (en sa personne) ! » Après les funérailles, saint Horsièse alla déposer son corps aux côtés du tombeau secret de saint Pacôme. Aussitôt qu’il apprit la nouvelle, saint Athanase écrivit aux frères que Théodore ne cessait d’être parmi eux, puisqu’ils formaient un seul homme avec abba Horsièse, et il les exhorta à ne pas pleurer celui qui était désormais parvenu au séjour des bienheureux.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire du saint, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Théodore porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les malades et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion du saint, ton 2
Comme palmier tu as poussé dans la maison du Seigneur * et tu lui as offert les fruits des vertus * par l’excellence de tes labeurs ascétiques, * Père Théodore; c’est pourquoi * te voilà bienheureux maintenant * que tu occupes le rang des Incorporels.

Kondakion de l’Ascension, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XIV, 27 – XV,7)
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez. Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi; mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici. Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

15 mai (ancien calendrier) / 28 mai (nouveau)

15 mai (ancien calendrier) / 28 mai (nouveau)

7ème dimanche de Pâques. Après-fête de l’Ascension et dimanche des Saints Pères du 1er Concile Œcuménique (325). Saint Pacôme le Grand, fondateur du cénobitisme en Haute-Égypte (348) ; saint hiéromartyr Euphrase, évêque, patron d’Ajaccio (Ier s.) ; saints Cassius, Victorin, Maxime et leurs compagnons, martyrs en Auvergne (260) ; saint Achille, évêque de Larissa en Thessalie (vers 330) ; saints Barbare, guerrier, Callimaque et Denis, martyrs à Méthone (361) ; saint Rhétice, évêque d’Autun (IVème s.) ; saint Primaël, ermite au diocèse de Quimper (vers 450) ; saint Franchy, ermite dans le Nivernais (VIIème s.) ; saint Isaïe, évêque de Rostov, thaumaturge (1090) ; saint Isaïe des Grottes de Kiev (1115) ; saint Pacôme de Nerekhta (1384) ; saint Euphrosynius de Pskov et son disciple Sérapion (1481) ; saint Dimitri, tsarévitch d’Ouglitch et de Moscou, enfant assassiné (1591).

SAINT PACÔME LE GRAND
Notre bienheureux Père Pacôme naquit de parents païens en Haute Égypte, vers 292, mais dès son enfance il ressentit une vive répulsion à l’égard du culte idolâtre et montra un penchant naturel pour le bien. Enrôlé de force dans l’armée lors de la campagne de Maximin-Daïa contre Licinius (312), il fut ému par l’attitude charitable des chrétiens de Thèbes envers les conscrits, que l’on traînait sans ménagement vers leur garnison comme des prisonniers. Bientôt libéré, il fut baptisé au village de Schenesèt et, la nuit suivante, il vit une rosée descendre du ciel et se répandre sur sa tête, puis elle se condensa dans sa main droite et devint du miel qui s’écoula sur toute la terre. Il commença aussitôt à mener une vie ascétique, en se guidant selon sa conscience, et à servir les habitants du lieu, surtout lors d’une épidémie de peste. Au bout de trois ans, incommodé par la fréquentation des séculiers et mû désormais par un violent amour pour Dieu seul, il devint disciple d’un saint vieillard, rude et austère, qui vivait en reclus en dehors du village : saint Palamon [12 août].

Après l’avoir rudement éprouvé, celui-ci le revêtit de l’Habit monastique et lui enseigna à veiller comme il le faisait lui-même, la moitié de la nuit, et souvent la nuit entière, en récitant des passages de l’Écriture sainte, à jeûner tous les jours jusqu’au soir en été, et à ne manger en hiver qu’un jour sur deux ou trois, sans jamais consommer ni huile, ni vin, ni mets cuits. Leur office liturgique consistait en cinquante groupes de psaumes conclus par une prière pendant la nuit, et soixante pendant la journée, sans compter le perpétuel souvenir de Dieu qu’ils entretenaient dans leur esprit et dans leur cœur, selon la recommandation de l’Apôtre (2 Th 5, 17).
Pour subvenir à leurs besoins, et surtout au soin des pauvres, ils tressaient des objets en fil, en poil ou en fibre de palmier, et travaillaient même pendant la nuit, en récitant la parole de Dieu, afin de lutter contre le sommeil. Si, malgré le travail manuel, le sommeil les accablait, ils se levaient et allaient transporter du sable dans des paniers, d’un endroit du désert à l’autre. Un jour de Pâques, Pacôme versa un peu d’huile sur le sel écrasé qui était leur nourriture habituelle. Palamon se frappant le visage, se mit alors à pleurer et dit : « Hier, mon Seigneur a été crucifié, et moi je mangerais aujourd’hui de l’huile ! »

Pacôme supportait non seulement de bon gré la rigoureuse discipline du vieillard, mais il s’appliquait surtout à garder son cœur pur par une stricte vigilance sur ses pensées, dépensant toutes les ressources de son esprit à apprendre par cœur les paroles de Dieu afin de les faire siennes. Il avait coutume de s’éloigner dans le désert pour prier ou de se tenir debout, la nuit entière, dans les tombeaux, en tendant les mains vers le ciel comme s’il était crucifié, et versant tant de sueur que le sol en devenait boueux à ses pieds. Pendant ces prières nocturnes, les démons s’acharnaient contre lui et l’attaquaient ouvertement, mais l’homme de Dieu les couvrait de confusion en louant Dieu et en se moquant de leurs vains artifices. Comme leurs attaques se faisaient plus pressantes, il affligea davantage son corps et demanda à Dieu de lui retirer le sommeil jusqu’à ce qu’il remporte définitivement la victoire. Il fut exaucé, et acquit dès lors une telle faveur auprès de Dieu, que son corps jouissait déjà en partie de l’incorruptibilité promise aux élus : il pouvait marcher sans danger sur les serpents et les scorpions, et traverser le Nil au milieu des crocodiles.

Au bout de quatre ans de luttes, la vision de la rosée céleste se renouvela, mais il attendit encore trois années avant de s’éloigner seul dans le désert. Lorsqu’il parvint à un lieu nommé Tabennêsis, sur la rive nord-est du Nil, il entendit une voix céleste qui lui ordonnait d’y rester pour y fonder un monastère. Ayant obtenu l’autorisation de Palamon, juste avant son décès, Pacôme s’y installa et s’adonna seul à de grandes ascèses, jusqu’à ce que son frère aîné, Jean, vînt le rejoindre. Mettant tout en commun, ils vivaient dans un grand renoncement et distribuaient aux pauvres le fruit de leur travail, en ne gardant que le strict nécessaire pour vivre : deux pains et un peu de sel par jour. À la fin de leur veille quotidienne, ils prenaient un peu de repos, assis, sans s’appuyer le dos au mur. Pendant le jour, ils s’exposaient aux ardeurs du soleil, gardant en esprit la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ et les épreuves des martyrs.

Un jour, un ange de Dieu apparut à Pacôme pendant sa vigile et lui dit à trois reprises : « Pacôme, la volonté de Dieu est que tu serves la race des hommes, pour les réconcilier avec Lui. » Dès lors, des hommes des villages environnants se rassemblèrent autour de lui pour mener ensemble la vie ascétique : chacun vivait séparément, comme il l’entendait, et fournissait sa part pour les besoins matériels de la communauté. Pacôme se mettait humblement à leur service, préparait la nourriture qu’ils désiraient, recevait les hôtes et servait les frères quand ils étaient souffrants, alors qu’il se contentait pour lui-même de pain et de sel en tout temps. Ces hommes rudes ne lui montraient cependant aucun respect, ils méprisaient son humilité et se moquaient même de lui. L’homme de Dieu prit patience pendant cinq ans, jusqu’au jour où, après en avoir reçu l’ordre de Dieu au cours d’une nuit de prière, il leur imposa une règle de vie commune et chassa avec autorité tous ceux qui ne voulaient pas s’y conformer . De nouveaux candidats à la vie monastique s’étant présentés, Pacôme, après les avoir suffisamment éprouvés, leur imposa de vivre « selon les Écritures », en mettant tout en commun, dans une parfaite égalité, à l’imitation de la communauté apostolique (cf. Act 2). Se mettant à leur service comme auparavant, il leur enseignait à porter leur croix pour suivre le Christ et à n’avoir d’autre souci que de repasser dans leur esprit les paroles du Seigneur. On rapporte qu’un ange, vêtu en moine, lui montra le modèle de leur habit et lui remit une tablette sur laquelle était inscrite la règle de la communauté. Elle prescrivait de donner à manger et à boire à chacun en fonction de sa constitution et de son travail, sans empêcher ceux qui voulaient pratiquer davantage l’ascèse. Ils devaient vivre dans des cellules séparées, regroupées en « maisons » , selon leurs affinités ou leurs occupations, et se réunir trois fois par jour pour adresser à Dieu douze groupes de psaumes et de prières. Comme Pacôme objectait que cela ne faisait pas beaucoup de prières, l’ange répondit : « Tout ce que je prescris c’est pour être sûr que même les petits pourront observer la règle sans découragement. Quant aux parfaits, ils n’ont pas besoin de loi, puisque dans leur cellule, ils consacrent leur vie entière à la contemplation de Dieu » .

Lorsque les frères atteignirent le nombre de cent, Pacôme leur bâtit une église dans le monastère ; et, le dimanche, il invitait un prêtre du village à venir célébrer la divine Liturgie, car il refusait qu’aucun des moines ne soit ordonné clerc, de crainte que la vaine gloire et la jalousie ne viennent rompre leur belle harmonie. Peu après sa consécration comme archevêque d’Alexandrie, saint Athanase rendit visite au monastère de Tabennêsis (329), mais Pacôme, ayant appris qu’on voulait l’ordonner prêtre, se cacha jusqu’au départ du prélat.

La communauté, appelée par lui Koinonia , devenant nombreuse, Pacôme désigna des frères affermis dans la vertu pour l’assister : l’un comme administrateur du service matériel, avec un second, d’autres comme responsables des « maisons » ; d’autres encore étaient chargés du soin des malades, de la réception des hôtes ou de la vente à l’extérieur des produits fabriqués au monastère. Trois fois par semaine, saint Pacôme instruisait lui-même l’ensemble de la communauté, en interprétant les Écritures et, aux deux jours de jeûnes, les chefs des maisons faisaient à leur tour une catéchèse destinée à leurs moines respectifs.

La sœur de Pacôme, Marie, étant elle aussi venue le rejoindre, le saint lui fit construire un monastère, dans le village, où de nombreuses sœurs se rassemblèrent pour y mener une vie toute semblable à celle des moines, guidées par un vieillard grave et avisé, nommé Pierre.

Le saint recevait avec circonspection les candidats qui se présentaient et n’acceptait qu’un petit nombre de ceux qui avaient mené auparavant une vie impure ou avaient un caractère revêche, de peur qu’ils n’entraînassent les autres frères dans la perdition. Mais pour ceux d’entre eux qu’il acceptait, il luttait avec eux jour et nuit, afin de les tirer de l’asservissement aux passions. Lorsqu’il trouvait des moines rétifs, il essayait de les corriger et priait instamment pour eux, en ajoutant à ses jeûnes, ses veilles et ses macérations, afin qu’ils se repentissent et apprennent le mystère de la vie monastique et la paix que l’on tire de l’obéissance. S’ils persistaient néanmoins à contredire, il les renvoyait de la communauté, pour ne pas empêcher les autres frères de croître dans la crainte de Dieu. Une année, il renvoya ainsi jusqu’à cent moines, sur les trois cents que comportait la communauté.

Grâce à son don de clairvoyance, saint Pacôme devinait les fautes et les pensées perverses des frères, et il savait les guérir avant qu’ils ne commettent le péché. Bien qu’il guérît des malades et délivrât des possédés, tant parmi les frères que parmi les séculiers qui se pressaient au monastère, il s’en remettait en tout à la volonté de Dieu et ne se fâchait jamais quand le Seigneur n’exauçait pas sa prière. Il enseignait que supérieures aux guérisons corporelles sont les guérisons spirituelles des âmes qui, de l’erreur ou de la négligence, parviennent à la connaissance du vrai Dieu et au repentir. Il ne demandait jamais à Dieu de recevoir des visions, car elles peuvent être une voie d’illusion, et disait : « Si tu vois un homme pur et humble, c’est une grande vision. Quoi de plus grand en effet que de voir Dieu invisible dans un homme visible, temple de Dieu. »

Même lorsqu’il était accablé par la maladie, le bienheureux refusait de se faire servir ou de s’accorder un quelconque soulagement. Il n’acceptait qu’un seul remède : le Nom du Seigneur, et enseignait aux malades par son exemple à supporter avec patience et actions de grâces leurs maux, afin de remporter une double couronne : celle de l’ascèse et de la patience dans les épreuves. Dans les maladies des frères, il savait discerner infailliblement celles qui étaient provoquées par les démons ou par un effet de leurs passions, et il leur enseignait à les vaincre par la bonne résolution de l’âme. Mais lorsqu’il s’agissait de véritables faiblesses du corps, il venait alors lui-même servir les malades et n’hésitait pas à donner à certains de la viande en nourriture, en dépit de l’usage monastique.

Le nombre des frères ne cessant de croître, Pacôme alla fonder, à la suite d’une vision, un autre monastère, à Pabau (en copte : Phbôou), un peu en aval du Nil (environ 3 km de Tabennêsis). Il le fit construire très vaste et l’organisa de la même manière que Tabennêsis. Lorsque Pabau fut peuplé, le supérieur d’un monastère appelé Chenoboskion (Senesêt) demanda au saint de placer sa communauté sous sa juridiction, avec les mêmes règles de vie. Pacôme s’y rendit avec quelques frères qu’il laissa là pour y instruire les moines sur la discipline de la Koinonia. Il fit de même pour le monastère de Monchôsis (Thmousons) ; puis, à la suite d’une nouvelle vision, il alla fonder un nouveau monastère à Tsè (Tasé). À la requête de l’évêque de Panopolis (Smin), il en fonda un autre dans cette région, peinant lui-même avec les frères pour la construction des bâtiments. Peu après, un notable, Pétronios, [23 oct.] offrit le monastère qu’il avait fondé à Thbéou (Tébeu), dans la région de Diospolis. Saint Pacôme mit un certain Apollonios à la tête du monastère, et fit de Pétronios le supérieur d’une autre fondation : Tsmine (Tsménai), proche de Panopolis. Enfin, après une nouvelle vision, il fonda un très grand monastère à Phnoum (Pichnoum), loin au sud, dans le désert de Snê. Cette vaste congrégation de neuf monastères et deux couvents féminins, comptait trois mille moines durant la vie de saint Pacôme et jusqu’à sept mille par la suite. Tous y vivaient dans l’harmonie et la fidélité aux lois instituées par l’homme de Dieu. Chez eux il n’y avait aucun souci pour les affaires du monde et ils étaient constamment transportés au ciel, à cause de leur hésychia et de leur genre de vie semblable à celle des anges. Le saint visitait fréquemment les uns et les autres, pour les instruire de la Parole de Dieu, corriger les égarements et encourager les frères à persévérer dans leurs combats. Il résidait habituellement au monastère de Pabau, où il vivait comme un simple moine, membre d’une « maison » et soumis à la discipline commune ; car, inébranlablement affermi sur le roc de l’humilité, il n’avait jamais eu la pensée qu’il était chef ou père des moines, mais seulement leur serviteur. En visite un jour à Tabennêsis, il s’assit pour le travail manuel et se laissa instruire par un enfant-moine qui lui reprochait de ne pas travailler correctement.

L’économe du grand monastère de Pabau était chargé de superviser l’administration matérielle de la Koinonia : il recueillait les objets fabriqués dans les monastères et les desservait dans tous leurs besoins. Deux fois l’an, les frères se réunissaient à Pabau, pour célébrer la fête de Pâques tous ensemble et, au mois d’août, après la récolte, les intendants remettaient leurs comptes, et l’on procédait à la nomination de nouveaux responsables. Lorsque Pacôme n’avait pas le loisir de se rendre dans un monastère, il envoyait son disciple le plus cher, Théodore [16 mai], ou adressait une lettre à l’économe, écrite dans un langage secret, que lui seul pouvait comprendre. Il avait toujours le visage grave et triste, car Dieu lui avait accordé de contempler en vision les tourments éternels réservés aux pécheurs et aux moines indignes de leur profession, et c’est pourquoi, chaque fois qu’il prenait la parole, il avertissait ses disciples sur le Jugement à venir. Un jour, un moine négligent vint à mourir. Le saint ordonna avec autorité de ne chanter ni office de funérailles ni d’offrir de sacrifice en sa mémoire, et il fit brûler ses vêtements, laissant tous les frères dans l’effroi pour leur correction. Pendant une famine, l’homme de Dieu resta à jeun et dit : « Moi non plus je ne mangerai pas aussi longtemps que mes frères auront faim et ne trouveront pas de pain à manger », appliquant ainsi la parole de l’Apôtre: Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui (1 Cor 12, 26).
La réputation de saint Pacôme s’étant répandue dans toute l’Égypte, il advint que certains mirent en doute son charisme de clairvoyance et ses révélations. Convoqué à Latopolis (en 345) devant une assemblée d’évêques qui le questionnèrent à ce sujet, Pacôme répondit que le Seigneur ne lui accordait pas constamment une telle grâce du discernement et de la clairvoyance des cœurs, mais seulement quand Il le voulait, pour l’édification de la Koinonia et le salut des âmes, dans la mesure de sa propre soumission à la volonté de Dieu. Il fut innocenté et, rendant grâce à Dieu, déclara, à propos de cette épreuve et du nouvel exil de saint Athanase : « Il nous faut soutenir toutes sortes d’épreuves, car cela ne nuit pas. »

Vers Pâques 346, une épidémie de peste se déclara dans la Koinonia et extermina plus de cent frères parmi les plus éminents. Le saint fut atteint à son tour, mais refusa tout traitement particulier. Bien que son corps fût affaibli à l’extrême, ses yeux étaient flamboyants. Il passa les premiers jours de la Grande Semaine à prier le Seigneur pour que l’unité de la Koinonia ne soit pas rompue après sa mort. Puis, réunissant les frères, il les prit à témoin que, durant toute sa vie, il ne leur avait rien caché et avait vécu comme l’un d’entre eux, se conduisant envers tous comme un serviteur et comme une nourrice qui réchauffe ses enfants. Il ajouta que les règles et traditions qu’il avait instituées pour eux sous l’inspiration du Seigneur, étaient la seule voie pour obtenir le repos de l’âme et le salut éternel. Vers la Pentecôte, il désigna Pétronios, qui avait été lui aussi atteint par la maladie, comme successeur, puis ordonna aux frères de cesser leurs larmes, car l’ordre lui était venu du Seigneur d’aller rejoindre le séjour des Pères. Il ordonna avec grande sévérité à Théodore d’aller ensevelir son corps dans un endroit secret, afin qu’on ne lui offrît pas de culte, et l’exhorta à prendre soin des frères négligents. Il remit son âme apostolique à Dieu le 9 mai 346, à l’âge de cinquante-quatre ans. À ce moment, l’endroit fut agité d’un tremblement de terre, un parfum céleste se dégagea, et plusieurs anciens virent des troupes d’anges escorter l’âme du saint jusqu’au lieu de son repos.

Lorsque saint Antoine le Grand apprit le décès de saint Pacôme, dans son désert lointain, il le loua comme un nouvel apôtre et fit les plus grands éloges de la vie cénobitique dont il avait été le fondateur. Répliquant à ceux qui lui disaient qu’il avait atteint une plus grande gloire dans la vie érémitique, il répondit que c’était par nécessité qu’il avait embrassé la vie solitaire, car il n’y avait pas alors de coenobium, et il ajouta : « Dans le Royaume des cieux, nous nous verrons l’un et l’autre, nous verrons tous les Pères et surtout notre Maître et notre Dieu Jésus-Christ. »

Après le décès de saint Pacôme, Pétronios gouverna la Koinonia seulement quelques jours, avant de remettre lui aussi son âme à Dieu. Abba Horsièse [15 juin] fut alors désigné pour veiller au respect des traditions et assurer, à l’exemple de Pacôme, le ministère de la parole. Mais, à la suite de la révolte d’Apollonios, supérieur du monastère de Monchôsis, Horsièse démissionna et désigna Théodore comme supérieur à sa place. Après la disparition des premiers disciples de saint Pacôme, les monastères de la Koinonia se développèrent grandement, tant en nombre qu’en biens matériels, mais cet éclat fut de courte durée et, après avoir été victimes de la décadence, ils furent ensuite emportés par les invasions des barbares. Les institutions, les règles écrites et surtout l’esprit du cénobitisme, dont Pacôme avait été le fondateur, furent néanmoins légués à l’Église comme la voie parfaite d’imitation de la communauté apostolique et comme une échelle dressée vers le Royaume des cieux .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire des Saints Pères, ton 8
Infiniment glorifié es-Tu, Christ notre Dieu, car Tu as établi nos Père comme des luminaires sur terre. Par eux, Tu nous as amenés vers la vraie foi. Très miséricordieux, gloire à Toi !

Kondakion des Saints Pères, ton 8
La prédication des Apôtres et les dogmes des Pères ont donné à l’Église la foi une ; portant la tunique de la vérité, tissée par la théologie qui vient d’en haut, elle confirme et glorifie le grand mystère de la piété.

Kondakion de la fête, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVII, 1-13)

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous. Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

28 mai

28 mai

7ème dimanche de Pâques. Après-fête de l’Ascension et dimanche des Saints Pères du 1er Concile Œcuménique (325). Saint Eutyque, évêque de Mélitène, martyr (Ier s.) ; sainte Héliconide, vierge, martyre à Corinthe (244) ; saint Manvieu, évêque de Bayeux (480) ; saint Rigomer, évêque de Meaux (Vème s.) ; saint Germain, évêque de Paris (576) ; saint hiéromartyr Helladios, évêque (VIème-VIIème s.) ; saint Nicétas, évêque de Chalcédoine, confesseur (IXème s.) ; saint Ignace, évêque de Rostov (1288) ; saint Géronte, métropolite de Moscou (1489) ; sainte Hélène de Diveevo (1832) ; saints néomartyrs de Russie : Macaire (Morjov), Denis (Petouchkov), saint hiéromartyr Nicolas (Aristov), diacre, martyrs Ignace (Markov) et Pierre (Ioudine) (1931) ; saint Héraclée (Motiakh), confesseur (1936) ; sainte martyre Hermogèna (Kadomtsev) (1942).

28SAINT EUTYQUE
Saint Eutyque se livra volontairement aux persécuteurs et, crachant avec mépris sur les idoles, il confessa notre Seigneur Jésus-Christ comme seul vrai Dieu. Il fut soumis à de nombreux supplices, qu’il endura par la grâce du Christ qui demeurait en lui. Finalement, il fut jeté à la mer et trouva ainsi la fin glorieuse qu’il avait souhaitée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de l’Ascension, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire des Saints Pères, ton 8
Infiniment glorifié es-Tu, Christ notre Dieu, car Tu as établi nos Père comme des luminaires sur terre. Par eux, Tu nous as amenés vers la vraie foi. Très miséricordieux, gloire à Toi !

Kondakion des Saints Pères, ton 8
La prédication des Apôtres et les dogmes des Pères ont donné à l’Église la foi une ; portant la tunique de la vérité, tissée par la théologie qui vient d’en haut, elle confirme et glorifie le grand mystère de la piété.

Kondakion de la fête, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XVII, 1-13)

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous. Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

27 mai

27 mai

Saint Théraponte, évêque de Sardes, martyr (IIIème s.) ; sainte martyre Théodora, vierge et saint martyr Didyme le soldat, d’Alexandrie (304) ; saint Eutrope, évêque d’Orange (Vème s.) ; saint Hildevert, evêque de Meaux (680) ; saint Basile, petit-fils du roi Bagrat (Géorgie, XIème s.) ; saint Théraponte du Lac Blanc (1426) ; Saint Théraponte de Monza (1597) ; saint Jean le Russe, confesseur en Cappadoce (1730).

SAINT JEAN LE RUSSE

Notre saint Père Jean naquit dans un village de Petite Russie (Ukraine), en 1690, et grandit dans la piété et l’amour des saintes vertus. Parvenu à l’âge adulte au temps de la guerre russo-turque (1710), il fut enrôlé dans l’armée du tsar. Ayant participé à la désastreuse campagne de Put, il fut capturé par les Tatares et vendu comme esclave à un Turc, officier de cavalerie, qui l’emmena dans sa patrie, Prokopion, en Cappadoce. Contrairement à beaucoup de ses compagnons de captivité, qui abjuraient le christianisme, saint Jean résistait aux propositions et aux coups de son maître, en disant qu’aucun tourment ne pourrait le séparer de l’amour du Christ. Il ajoutait : « Tu es maître de mon corps, mais pas de mon âme. Si tu me laisses libre d’accomplir mes devoirs religieux, c’est avec promptitude que j’obéirai à tes ordres. C’est avec plaisir que je reposerai dans ce coin de ton écurie, en pensant au Christ qui a considéré la crèche de Bethléem comme un lit royal. Je supporterai sans murmure tes coups de bâton, comme le Seigneur endura les coups des soldats. Je suis prêt à endurer les plus grands et plus effroyables tourments, si tu veux m’y soumettre, mais je ne renierai jamais le Christ. » Ces paroles pleines de ferveur chrétienne, ainsi que sa conduite chaste et humble, changèrent le cœur et les sentiments de l’officier turc à son égard. Il cessa de le tyranniser et ne l’obligea pas à renier sa foi. Commis au soin des chevaux, Jean habitait un coin sombre de l’écurie, et lorsque son maître sortait dans la bourgade, à cheval, il devait le suivre à pied, comme un esclave. Le bienheureux acceptait cependant avec reconnaissance cette condition avilissante et glorifiait Dieu de l’avoir ainsi délivré de l’apostasie. Sans chaussures, été comme hiver, vêtu de guenilles, et prenant un peu de repos sur la paille ou le fumier, comme le Juste Job, Jean n’en continuait pas moins ses exercices de piété, et il passait des nuits entières, en prière, à genoux sur le parvis de l’église voisine dédiée à saint Georges. Il acceptait sans murmure les insultes et les moqueries des autres esclaves, et se mettait volontiers à leur service.
Ces sacrifices et combats vertueux ne restèrent pas sans effets bénéfiques pour son maître, qui devint le plus riche et le plus respecté des habitants de la ville. Ayant décidé d’entreprendre le pèlerinage à La Mecque, prescrit à tout pieux musulman, ce dernier parvint à la ville sacrée après un long et pénible voyage. Quelques semaines après son départ, sa femme invita parents et amis à un grand dîner, afin que les convives expriment leurs vœux pour l’heureux retour de son époux. Comme Jean entrait dans la salle pour y servir un plantureux riz pilaf, la maîtresse de maison s’exclama : « Comme son maître se serait réjoui, s’il avait été ici pour manger avec nous ce met dont il est si friand ! » Jean, s’étant recueilli quelques instants en une prière silencieuse, demanda à sa maîtresse de lui donner un plat garni de ce pilaf, pour l’envoyer à son maître à La Mecque. Comme tous les convives se gaussaient, la maîtresse de maison lui donna un plat de riz en souriant. Jean se retira alors dans l’écurie et éleva la prière suivante vers Dieu : « Que Celui qui, autrefois, envoya le prophète Habacuc à Babylone pour apporter de la nourriture au prophète Daniel, dans la fosse aux lions (Dn 14, 33sv.], exauce aussi ma prière et fasse parvenir ce plat à mon maître ! » Puis il retourna dans la salle du banquet et annonça que le plat était arrivé à destination. Tout le monde éclata alors de rire, en l’accusant de s’en être gavé en secret. Cependant, quand le maître rentra de voyage, rapportant avec lui ce plat vide orné de ses initiales, et raconta qu’il l’avait trouvé, garni d’un délicieux pilaf, un soir en rentrant dans sa tente, tous les habitants de la maison furent saisis de stupéfaction, et, invoquant Allah, ils commencèrent à témoigner honneur et grand respect à l’esclave chrétien. On lui proposa de lui rendre la liberté et de lui donner une chambre plus digne, mais saint Jean refusa, disant qu’il préférait rester dans le coin sombre de l’écurie, où il pourrait mieux glorifier Dieu. C’est ainsi qu’il vécut pieusement, pendant plusieurs années. Lorsqu’il tomba malade, il demanda qu’un prêtre lui apportât la sainte Communion. Mais le prêtre, craignant de transporter ouvertement la sainte Communion dans la maison d’un musulman, la cacha dans une pomme qu’il offrit au saint. C’est ainsi que saint Jean reçut le viatique de la vie éternelle, et il s’endormit en paix, pour obtenir la glorieuse liberté des enfants de Dieu, le 27 mai 1730.
Trois ans plus tard, un vieux prêtre et d’autres chrétiens virent plusieurs fois dans la nuit une colonne de feu qui descendait du ciel sur le tombeau du saint. Ils ouvrirent la tombe, et trouvèrent son corps intact, exhalant une odeur suave. Ils le transportèrent alors avec grande allégresse dans l’église de Saint-Georges, et le déposèrent dans une châsse, sous l’autel. Dès lors les précieuses reliques accomplirent d’innombrables miracles pour les chrétiens de Cappadoce, et même pour des musulmans. Lors du pillage du village par les troupes d’Osman Pacha, en 1832, les reliques furent jetées au feu par les soldats turcs. Mais elles restèrent inaltérables, et le saint apparut au milieu des flammes, menaçant les soldats impies. Les Turcs effrayés abandonnèrent tout leur butin et s’enfuirent du village. Une autre fois, le saint apparut pour retenir de ses deux mains le toit de l’école grecque qui s’écroulait, et il sauva ainsi les vingt enfants qui se trouvaient à l’intérieur.
Lors de l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure (1922), les chrétiens de Prokopion transportèrent avec eux en Grèce, au village de Nouveau-Prokopion, dans l’île d’Eubée, ces saintes reliques, comme leur plus grand trésor. Saint Jean y est depuis vénéré comme une source inépuisable de guérisons et de bénédictions, pour tous ceux qui l’approche avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire de saint Jean le Russe, ton 1
Celui qui t’appela de la terre aux parvis célestes * garda aussi après ta mort ton corps intact, ô bienheureux. * Toi qui fus emmené comme captif en terre étrangère * où tu t’es uni au Christ, ô Jean */* supplie-Le pour qu’Il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Jean le Russe, ton 4
Celui qui fut le servant de l’amour évangélique, * le zélateur de la justice divine, * qui a gardé la pureté de l’âme et du corps * et a confessé la foi du Christ dans les souffrances * le juste Jean proclamons-le bienheureux et vénérons-le aujourd’hui * et édifiés par sa vie, nous lui chantons : * réjouis-toi ô notre intercesseur glorifié par Dieu.

Kondakion de la fête, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XIV, 10-21)

Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.

14 mai (ancien calendrier) / 27 mai (nouveau)

14 mai (ancien calendrier) / 27 mai (nouveau)

Saint Isidore de Chios, martyr (251) ; saint Maxime, martyr (250) ; saint Pons, martyr à Cimiez (257) ; saint Théraponte, évêque de Chypre et martyr (IVème) ; saint Aproncule, évêque de Langres, puis de Clermont (488) ; saint Sérapion le Sindonite (Vème s.) ; saint Gall, évêque de Clermont (551) ; saint Erembert, évêque de Toulouse (vers 672) ;saint Léonce, patriarche de Jérusalem (1174) ; saint Nicétas (Nikita), reclus des grottes de Kiev, évêque de Novgorod (XIIème s.) ; saint Isidore, fol en Christ de Rostov (1474) saint hiéromartyr Pierre (Rojdestvine), prêtre (1939).

SAINT ISIDORE DE CHIO

Originaire d’Alexandrie, saint Isidore était lieutenant dans l’armée romaine, sous le règne de Dèce (vers 250). Parvenu dans l’île de Chio avec la flotte commandée par un certain Numérius, il fut dénoncé comme chrétien par le centurion Julius. Amené devant l’amiral, il déclara fièrement qu’il adorait le seul Jésus-Christ, vrai Dieu devenu homme pour notre salut. Numérius le fit alors étendre sur le sol, attaché à quatre piquets, et ordonna à ses hommes de le fustiger à coups de nerfs de bœuf. On le jeta ensuite dans une fournaise, d’où il sortit indemne. Son père, un idolâtre endurci, arrivé sur ces entrefaites d’Égypte, demanda à se charger lui-même d’Isidore pour le soumettre. Comme ses arguments étaient restés sans effet, changeant le lien de la nature en une haine implacable, il fit attacher son fils derrière des chevaux sauvages, et après avoir été traîné à terre sur une longue distance, le saint athlète du Christ eut la tête tranchée .

Son corps fut jeté dans un ravin, pour être dévoré par les charognards. Mais une pieuse femme, Myrope, réussissant à tromper la surveillance des gardes, s’empara de la sainte dépouille pour l’ensevelir dignement. Arrêtée et torturée, elle reçut dans sa prison la vision de saint Isidore, au sein d’une lumière éblouissante, entouré d’un chœur angélique qui chantait le Trisagion. Il lui dit : « Paix à toi ! Voici que tu vas recevoir la couronne que Dieu t’a réservée. » À ces mots, sainte Myrope remit son âme à Dieu et le cachot se remplit de parfum. Elle fut ensuite ensevelie aux côtés de saint Isidore, qui fut bientôt vénéré comme le patron de l’île de Chio et, dans tout le bassin méditerranéen, comme protecteur des marins.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire de saint Isidore, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.
Kоndakion de saint Isidore, ton 4
Pour l’univers tu t’es montré * un sublime timonier * et par tes prières auprès de Dieu * tu guides notre route vers lui; * en toi nous chantons, Isidore, un illustre martyr.

Kondakion de la fête, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile DU JOUR
(Jn XIV, 10-21)

Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi; croyez du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.

26 mai

26 mai
Jour de jeûne

Troisième invention du chef du saint prophète précurseur et baptiste, Jean (vers 850) (reportée) ;Saints Carpe et Alphée, apôtres (Ier s.) ; saint Abercius et sainte Hélène martyrs (Ier s.) ; saint Zacharie, évêque de Vienne, martyr (vers 106) ; saint Prisque et ses compagnons, martyrs à Auxerre (IIIème s.) ; saint Gondon, ermite en Brie (vers 690) ; saint Jean, moine, confesseur (IXème s.) ; saint Georges le serbe, martyr (1515).

TROISIÈME INVENTION DU CHEF DE ST JEAN BAPTISTE


Troisième invention du chef du saint prophète précurseur et baptiste, Jean

Le précieux Chef du Précurseur, ayant été de nouveau perdu après son transfert d’Émèse, fut retrouvé par un prêtre, bien des années plus tard, dans un vase d’argent enfoui en terre, en un endroit consacré, situé à Comanes en Cappadoce. De là, il fut transféré en grande pompe à Constantinople, où l’empereur et le patriarche, entourés de tout le peuple, l’accueillirent avec piété et le déposèrent en un lieu saint.

SAINT APÔTRE CARPE

Saint Carpe était disciple de saint Paul, qu’il secondait dans ses missions, en transmettant ses lettres aux Églises qu’il avait fondées (2 Tm 4,13 ). Il convertit lui-même de nombreux païens par sa prédication et devint ensuite évêque de Bérée, en Thrace. Illuminant cette contrée comme un soleil spirituel, il accomplissait quotidiennement quantité de miracles, délivrait les possédés et conduisait des foules au baptême. Ce zèle apostolique lui procura bien des afflictions de la part des idolâtres et des autorités, mais il les supportait toutes avec vaillance, et allait même hardiment au-devant des épreuves. Après avoir ainsi glorifié Dieu pendant sa vie, il s’endormit en paix, et fut glorifié par Lui après sa mort, par les nombreux miracles que ses précieuses reliques accomplissaient envers les fidèles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 4
Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse de l’Esprit Saint, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde.

Tropaire de l’invention du Chef de St Jean Baptiste, ton 4
Tel un trésor divin caché sous terre, le Christ * nous a révélé ton chef, saint Prophète et Précurseur. * Tous ensemble au jour de son Invention, * nous louons, par des cantiques inspirés, * le Sauveur qui nous a délivrés de la tombe par ta divine intercession.

Kondakion de l’invention du Chef de St Jean Baptiste, ton 6
Celui qui dans ce monde fut la colonne lumineuse de Dieu, * le chandelier précurseur du Soleil mystique, * montrant à la terre entière sa tête porteuse de clarté * sanctifie ceux qui se prosternent devant elle avec foi * et qui élèvent la voix pour chanter: * Sauve-nous tous, saint Baptiste du Seigneur notre Dieu.

Kondakion de la fête, ton 6
Ayant accompli Ton dessein de Salut pour nous, et uni ce qui est sur terre à ce qui est aux cieux, Tu T’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, sans nullement T’éloigner, mais en demeurant inséparable et clamant à ceux qui T’aiment : Je suis avec vous et personne ne prévaudra contre vous.

Évangile du jour
(Matth. XI, 2-15)

Jean, ayant entendu parler dans sa prison des œuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre? Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? un roseau agité par le vent? Mais, qu’êtes-vous allés voir? un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. Car c’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, Pour préparer ton chemin devant toi. Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en s’emparent. Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean; et, si vous voulez le comprendre, c’est lui qui est l’Élie qui devait venir.
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

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Jovan Nikoloski