31/03/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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5 janvier

5 janvier
– Jour de jeûne strict –

Paramonie de la Théophanie ; saint prophète Michée (IXème s. avant J.C.) ; Saint Théopempte, évêque de Nicomédie, et saint Théonas, mage, martyrs (303) ; sainte Synclétique d’Alexandrie (350) ; saint Phostère ; saint Ménas le Sinaïte, ascète (VIème s.) ; saint Grégoire d’Acrite (vers 820) ; saint Romain de Carpennision, néo-martyr grec à Constantinople (1694) ; saint Syméon de Pskov-Petchersky (1960) ; saints néomartyrs de Russie : Joseph (Bespalov) et avec lui les 37 martyrs (1921) ; martyr Eugène (Domojirov) (1933) ; Serge (Lavrov), prêtre (1934) ; martyr Matthieu (Goussev)(1938).

Saint Théopempte, évêque de Nicomédie, et saint Théonas, mage, martyrs (303

SAINT THÉOPEMPTE
Le saint martyr Théopempte était évêque à l’époque où l’empereur Dioclétien déclencha sa terrible persécution contre les chrétiens (303). Ayant bravement confessé sa foi, le saint prélat fut arrêté et, traduit devant l’empereur, il ne craignit pas de blâmer sa cruelle impiété. Il fut jeté dans une fournaise embrasée, mais la grâce de Dieu l’en garda sain et sauf. Après lui avoir arraché un œil, on lui fit boire de force un poison mortel, préparé par un mage païen nommé Théonas. En constatant que le saint restait invulnérable à ses maléfices, celui-ci se convertit au Christ , condamna la tromperie des magiciens, ces collaborateurs des démons, et, à la suite de Théopempte qui mourut décapité, il reçut la couronne du martyre en étant enterré vivant dans une fosse profonde creusée à cet effet.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 4
Le Jourdain retourna en arrière jadis, / frappé par le manteau d’Elisée, / et les eaux se divisèrent de part en part / après l’assomption d’Elie. / Les flots lui devinrent un ferme chemin / à l’exacte image du Baptême / par lequel nous traversons le cours fluctuant de la vie. / Le Christ se manifeste au Jourdain pour sanctifier les eaux.

Kondakion, ton 4
Descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, / le Seigneur dit à Jean : / Ne crains pas de me baptiser : / je suis venu en effet / sauver Adam le premier Père.

Évangile du jour
(Lc III,1-18)

La quinzième année du règne de Tibère César, lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l’Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l’Abilène, et du temps des souverains sacrificateurs Anne et Caïphe, -la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Et il alla dans tout le pays des environs de Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés, selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d’Ésaïe, le prophète: C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut de Dieu. Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. La foule l’interrogeait, disant: Que devons-nous donc faire? Il leur répondit: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent: Maître, que devons-nous faire? Il leur répondit: N’exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné. Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. Comme le peuple était dans l’attente, et que tous se demandaient en eux-même si Jean n’était pas le Christ, il leur dit à tous: Moi, je vous baptise d’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. C’est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d’autres exhortations.

23 décembre (ancien calendrier)/5 janvier (nouveau)

23 décembre (ancien calendrier)/5 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Saints Théodule, Saturnin, Europe, Gélase, Eunicien, Zotique, Pompius, Agathopode, Basilide et Evariste, les 10 martyrs de Crète (vers 250) ; saint Niphon, évêque de Chypre (IVème s.) ; saint Paul, évêque de Néocésarée (IVème s.) ; saint Sabinien, diacre, martyr à Condat dans le Jura (vers 480) ; saint Asclèpe, évêque de Limoges (VIème s.) ; saint Nhaum d’Ohrid (910) ; saint Théoctiste, archevêque de Novgorod (1310) ; saints néo-martyrs de Russie : Basile (Spassky), prêtre, Macaire (Mironov) et Jonas (Smirnov), moines (1938).

DIX SAINTS MARTYRS DE CRÈTE

Saints Théodule, Saturnin, Europe, Gélase, Eunicien, Zotique, Pompius, Agathopode, Basilide et Evariste, les 10 martyrs de Crète (vers 250)

Ces saints athlètes du Christ, au nombre parfait, signe d’unité, menèrent le bon combat de la foi sous le règne de Dèce (vers 250), et remportèrent ensemble les trophées de la victoire. Ils étaient originaires de différents endroits de l’île de Crète : Théodule, Saturnin, Euporos, Gélase et Eunicien étaient citoyens de Gortyne, la métropole ; Zotique venait de Knossos, Pompios du port de Léda, Agathopous de celui de Panormos ; Basilide était originaire de Cydonia (Chania), et Évariste d’Héraklion. Ils étaient cependant unis comme un seul homme par la charité et la foi au Christ. Livrés par les païens au juge de l’île, on leur fit faire le tour de tous les sanctuaires idolâtres pour les contraindre à sacrifier, sous peine de tortures, mais ce fut bien en vain. Par la suite, ils furent soumis, durant trente jours, à la risée publique. Les passants les couvraient de quolibets, les frappaient du poing, leur jetaient des pierres, leur crachaient au visage. On les traîna même dans le fumier. Mais rien ne pouvait ébranler leur patience et la fermeté de leur foi, de sorte que le juge décida d’en finir avec eux, car le spectacle de leur héroïque endurance était plutôt un encouragement pour les autres chrétiens de l’île. Il ordonna d’abord de leur rompre les membres et, après d’autres cruels tourments, il les fit décapiter, leur procurant ainsi une couronne de gloire éternelle.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire des dix saints martyrs de Crète, ton 3
Honorons la Crète digne de tant d’admiration * qui fit croître les fleurs précieuses, les perles du Christ; * au nombre de dix, les bienheureux Martyrs * ont confondu les myriades puissamment armées des démons; * et ces Témoins du Christ aux âmes bien trempées * ont reçu de lui les couronnes méritées dans le ciel.

Kondakion des dix saints martyrs de Crète, ton 4
Comme l’étoile du matin * la vénérable Passion des Martyrs * nous annonce la splendeur * de celui qu’en la grotte a enfanté * de virginale façon la Mère de Dieu.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc X, 2-12)

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme. Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

4 janvier

4 janvier

Avant-fête de la Théophanie ; Synaxe des 70 apôtres ; Luc et Marc, évangélistes, Cléopas, Zachée, six des sept premiers diacres : Etienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon et Parménas, Achaïcus, Agabus, Amplias, Ananias, Andronique, Apelle, évêque d’Héraclée, Apelle, évêque de Smyrne, Apollos, Aquilas, Archippe, Aristarque, Aristobule, Artémas, Asyncrite, Barnabe, Carpus, Céphas, César, Clément, Codrat, Crescent, Epaphrodite, Epénète, Eraste, Evode, Fortunatus, Gaïus, Hermas, Hermès, Hérodion, Jacques, 1er évêque de Jérusalem, Jason, Justus, Lin, Luc, évêque de Laodicée, Marc, évêque d’Appoloniade, Marc, évêque de Byblos, Narcisse, Olympas, Onésime, Onésiphore, Patrobas, Philémon, Philologue, Phlégon, Pudens, Quartus, Rufus, Silas, Sosipater, Sosthène, Stachys, Sylvain, Tertius, Timothée, Tite, Trophime, Tychique, Urbain et Zénas ; saint Delphin, évêque de Bordeau (403) ; saint Grégoire, évêque de Langres (539) ; saint Ferréol, évêque d’Uzès (581) ; saint Rigobert, évêque de Reims (vers 745) ; sainte Théoctiste, higoumène du monastère de Coucoumios en Sicile (800) ; saint Onuphre de Chios, néo-martyr grec (1818) ; saints Évagre et Élie le diacre, et les moines de Chiomrvimévi ; saint Eustathe I, archevêque de Serbie (vers 1285) ; saint Achille, diacre de la Laure des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint vénérable martyr Zosime et martyr Athanase (III-IVème s.) ; saints hiéromartyrs de Russie : Alexandre, Étienne et Philippe, prêtres (1933), Nicolas, prêtre (1939), Paul, prêtre (1941).

Synaxe des 70 apôtres

SYNAXE DES 70 APÔTRES
Après avoir élu ses douze Apôtres, compagnons de route et disciples privilégiés, auxquels Il réservait ses enseignements les plus élevés, notre Seigneur Jésus-Christ choisit soixante-dix (selon d’autres 72) autres disciples, parmi le grand nombre de ceux qui le suivaient, pour aller au-devant de Lui, sans bourse ni sandales, et préparer sa venue dans toute ville et tout endroit où Il passerait, en accomplissant des miracles et en annonçant que le Royaume de Dieu était tout proche (Lc 10). À ce nombre, symbole de perfection et de multitude (7, nombre parfait, et 10, signe de quantité), s’adjoignirent bien d’autres disciples qui abandonnèrent tout pour suivre le Christ et qui, entre son Ascension au ciel et la Pentecôte, se tenaient dans la chambre haute assidus à la prière. L’Écriture sainte désigne cette Église primitive par un autre nombre évoquant la plénitude : 120 (12, symbole de perfection, multiplié par 10) (voir Act 1, 15). Après l’effusion du Saint-Esprit et la dispersion des Apôtres à travers le monde, d’autres disciples, dont certains n’avaient pas connu le Seigneur pendant son séjour terrestre, se rendirent néanmoins dignes d’être rangés parmi les Apôtres (c’est-à-dire les « envoyés »), car ils contribuèrent grandement à répandre la Bonne Nouvelle par leur parole et versèrent leur sang pour l’édification de la sainte Église.
En se fondant sur les noms des disciples qui nous ont été transmis par l’Écriture sainte, la tradition ecclésiastique célèbre la mémoire de soixante-dix d’entre eux, en évoquant ainsi par analogie les 70 premiers « envoyés » par le Seigneur et la multitude innombrable (symbole du nombre 70) de ceux qui dans la suite des temps, jusqu’à nos jours, furent « envoyés » par le Saint-Esprit pour porter témoignage devant les hommes de la Résurrection du Sauveur .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Prépare-toi, Zabulon ; dispose-toi, Nephtali. Jourdain, arrête-toi, pour accueillir avec des transports de joie le Seigneur qui vient se faire baptiser. Réjouis-toi Adam avec notre première mère ; ne vous cachez plus comme jadis au paradis ; Celui qui vous voyait nus, apparaît pour vous revêtir de votre robe première. Le Christ est apparu, voulant renouveler toute la création.

Tropaire des 70 Apôtres, ton 3
Saints Apôtres, intercédez auprès du Dieu miséricordieux afin qu’Il accorde à nos âmes le pardon des péchés.

Kondakion des 70 Apôtres, ton 2
Fidèles, célébrons divinement le chœur des septante Disciples du Christ; par eux nous avons tous appris en effet le culte de l’indivisible Trinité: ils sont les luminaires de la Foi divine.

Kondakion de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Étant descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, le Seigneur crie à Jean : « Ne crains point de me baptiser, car Je suis venu sauver Adam, le premier père ».

Évangile du jour
(Mc X, 46-52)
Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi! Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle. L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé.

22 décembre (ancien calendrier)/4 janvier (nouveau)

22 décembre (ancien calendrier)/4 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304) ; saints Chrysogone, Evode, Eutychien, sainte Théodotie et les autres compagnons de sainte Anastasie, martyrs en Illyrie (vers 304) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Kiranov) et Théodore (Poroïkov), prêtres (1938).

SAINTE GRANDE-MARTYRE ANASTASIE

Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304)

Sainte Anastasie, portant un nom qui signifie la résurrection, vivait à Rome, au temps où Dioclétien régnait sur l’Empire romain (284-305). Elle était fille d’un riche et illustre païen, nommé Prétexatus ; mais sa pieuse mère, Fausta, après avoir planté en son âme d’enfant les premiers germes de la foi, la confia à un homme vénérable, plein de sagesse et fort versé dans la connaissance des saintes Écritures, Chrysogone, pour qu’il lui enseignât les choses de Dieu. Par la suite, son père la maria contre son gré à un homme exécrable, Publius, qui ne pensait qu’à satisfaire avec elle ses grossières convoitises. L’âme éprise pour l’Époux céleste et pour la virginité qui rend semblable aux anges, la jeune fille réussit à éviter les relations conjugales avec son époux, sous prétexte de maladie. Mais la nuit, elle se revêtait d’humbles habits, comme une femme du peuple et, en compagnie d’une servante, allait visiter les soldats du Christ retenus dans les prisons de l’empereur pour la cause de la Foi. Elle obtenait d’y entrer en offrant l’or sans compter aux gardes, et prodiguait avec amour et dévotion quelques soulagements à ceux qui avaient enduré les supplices pour le Nom du Christ. Elle leur lavait les pieds, nettoyait et bandait leurs plaies encore toutes fraîches, et les encourageait à persévérer jusqu’au terme du combat pour recevoir les palmes de la victoire et de la gloire éternelle. Quand Publius apprit que son épouse l’avait trompé en prétextant la maladie et qu’elle se dégradait en se mêlant à la gent méprisée des martyrs chrétiens, il entra dans une terrible colère et fit enfermer Anastasie dans sa demeure, en lui interdisant tout contact avec le monde.

Grâce à l’entremise d’une vieille femme chrétienne du voisinage, Anastasie réussit pourtant à faire parvenir une lettre à son père spirituel, Chrysogone, qui se trouvait lui aussi en prison sur ordre de l’empereur. Il lui répondit par une lettre pleine de joie et d’espérance, la consolant dans sa détresse et l’exhortant à la persévérance, car emprisonnements, persécutions et souffrances de toutes sortes sont la part des disciples de Celui qui a accepté d’être crucifié pour notre Salut. Comme l’or est éprouvé dans la fournaise, c’est ainsi, par les épreuves, que le Seigneur éprouve la foi et l’amour de ses serviteurs. Réconfortée par ses paroles, la jeune femme supporta avec patience les mauvais traitements de ses geôliers, bien qu’elle fût réduite à la dernière extrémité, car ceux-ci la privaient presque complètement de nourriture. Dans une seconde lettre, Chrysogone renouvela ses forces, lui recommandant de se préparer à tout instant à mourir pour le Christ, afin d’être comptée au nombre des martyrs victorieux. Croissant de jour en jour dans la joie et la fermeté de la foi, sainte Anastasie persévéra ainsi près de trois mois, au terme desquels, son mari ayant péri dans un naufrage au cours d’une expédition vers la Perse, elle recouvra sa liberté. Elle s’empressa alors d’aller rendre visite à Chrysogone, et obtint de lui la permission de distribuer sa fortune en œuvres de bienfaisance pour consacrer désormais sa vie à la visite et au soutien des confesseurs dans leurs prisons.

Dioclétien, en séjour à Aquilée, prescrivit alors de mettre à mort les chrétiens amassés dans les prisons de Rome, et fit comparaître à son tribunal Chrysogone, un des principaux responsables de leur ténacité. Après avoir repoussé avec une méprisante ironie les vaines propositions du souverain, qui lui promettait de le couvrir d’honneurs s’il acceptait de se soumettre, l’héroïque vieillard fut entraîné dans un lieu désert et décapité, puis son corps fut jeté dans les eaux d’un lac voisin. Quelque temps après, à la suite d’une révélation divine, ses saints restes furent retrouvés et dignement ensevelis par les soins d’un saint ascète demeurant dans la région, nommé Zoïle, et de trois jeunes sœurs originaires de Thessalonique : Agapé, Chionée et Irène. Par la suite, conformément à une révélation dont Zoïle avait été gratifiée, les trois jeunes filles, assistées par sainte Anastasie, furent arrêtées, traduites devant Dioclétien à Aquilée et consommèrent avec une intrépide bravoure leur martyre pour le Christ. Quant à Zoïle, il s’endormit dans la paix du Seigneur.

De jour comme de nuit, Anastasie se dépensait sans compter pour ses compagnes et pour tous les confesseurs. Il n’était pas un chrétien qui ne trouvât auprès d’elle quelque réconfort : nourriture, argent, assistance compatissante, paroles brûlantes pour les encourager à la constance et à l’espérance dans les biens célestes, et lorsqu’ils parvenaient au terme de leurs combats, elle assurait à leurs dépouilles une digne et pieuse sépulture. Le tyran donna finalement l’ordre d’exterminer, en une nuit, tous ceux qui étaient encore retenus dans les cachots, en noyant les uns, en jetant les autres au feu, ou en les passant au fil de l’épée. Anastasie, se rendant comme à l’accoutumée à la prison, n’y trouva plus aucun de ses frères, aussi, accablée de douleur, elle s’affaissa tout en larmes devant la porte. Quand des païens de passage la découvrirent ainsi abattue, elle leur répondit, n’ayant plus souci de se cacher, qu’elle était chrétienne et qu’elle pleurait la perte de ses frères. Immédiatement arrêtée comme une femme du commun, elle fut traduite devant Florus, le préfet de l’Illyricum. Apprenant sa haute condition, celui-ci ne la livra pas immédiatement aux bourreaux, mais essaya de la convaincre en l’interrogeant. Le lendemain, Anastasie fut présentée devant Dioclétien. Mais devant l’un et l’autre, toutes ses réponses n’avaient qu’un seul objet : le mépris des biens et des considérations de ce monde, et l’attente impatiente de rejoindre ses compagnons dans le Royaume des cieux. À bout d’arguments, le préfet Florus décida de livrer la jeune veuve au grand prêtre païen du Capitole, Ulpianus, qui la mena dans son palais et lui montra exposés d’un côte quantité de bijoux, de riches toilettes et d’objets précieux, et de l’autre des instruments de supplices, dont la vue seule glaçait d’horreur le plus insensible des païens. Qu’elle accepte de sacrifier aux dieux, et il lui promettait de l’épouser et de la combler de ces richesses, sinon il la soumettrait à la torture. Pendant trois jours, elle fut l’objet des entreprises perfides de trois méchantes femmes qui essayaient de la faire fléchir. Mais, restant constamment en prière, sans manger ni dormir, Anastasie sentait au contraire ses forces se renouveler. Comme Ulpianus se précipitait sur elle pour lui faire outrage, il fut soudain frappé de cécité, et il mourut, après avoir vainement invoqué ses dieux illusoires.

Libérée, Anastasie se rendit à Nicée en Bithynie où, en visitant les prisons, elle rencontra la pieuse veuve Théodote, qui se consacrait elle aussi à l’assistance et au réconfort des confesseurs de la foi. Dioclétien l’avait offerte en mariage au comte de Bithynie, Leucade, pour que l’attrait de la vie mondaine la persuadât d’abandonner le Christ. Après avoir, comme Anastasie, repoussé le moment de s’unir à son époux, Théodote avait profité de son absence pour se consacrer tout entière au soutien des soldats du Christ, en compagnie de ses trois enfants. Apprenant la conduite de son épouse à son retour, Leucade, furieux, la livra au proconsul de Bithynie, Nicétios, pour qu’elle soit châtiée. Irréductible, de même que ses enfants, Théodote s’apprêtait à recevoir la palme du martyre. Son fils aîné, Évode, amené devant les instruments de torture, répondit au tyran : « Tu vois bien que la résolution de notre âme et l’audace de nos paroles, malgré notre jeune âge, nous sont données par le Christ. C’est Lui qui a retiré de nous la crainte humaine, et c’est Lui qui nous revêt maintenant d’une force divine. » Encouragé avec ardeur par sa propre mère à ne pas fléchir, le jeune garçon fut alors livré aux bourreaux et mourut sous les verges. Quant à sa mère, elle fut jetée, en compagnie de ses deux autres fils, dans un brasier en rendant gloire à Dieu qui lui avait permis de gagner ainsi le Ciel avec ses enfants [29 juil.].

Livrée au nouveau préfet d’Illyrie, Lucien, homme avide et sans scrupules, sainte Anastasie refusa de lui céder sa fortune, « car, dit-elle, ce n’est pas aux riches comme toi que mon Dieu m’a commandé de distribuer mes biens, mais aux pauvres, pour leur procurer le salut de l’âme. » Jetée en prison, elle y resta pendant un mois entier, sans prendre aucune nourriture, réconfortée et encouragée par les fréquentes apparitions de sainte Théodote. Quand il la vit sortir rayonnante de force spirituelle, le préfet la livra à d’autres geôliers, plus cruels, pour trente autres jours de réclusion, à l’issue desquels il la condamna à mort. En compagnie d’environ cent trente païens, condamnés pour des crimes de droit commun, et d’un seul chrétien, nommé Eutychien, Anastasie fut embarquée sur un navire, dont on avait percé la coque en maints endroits et qu’on abandonna en pleine mer. Mais, avant que le bateau ne commence à s’enfoncer, sainte Théodote apparut au gouvernail et mena le navire jusqu’à l’île de Palmaria (au large de Naples), où se trouvaient des chrétiens en exil. Devant ce prodige, les compagnons de la sainte embrassèrent à leur tour la foi, pleins de reconnaissance. En apprenant cette nouvelle, le préfet envoya ses troupes dans l’île, fit arrêter près de deux cents chrétiens, et ordonna de tous les décapiter, à la suite d’Anastasie, qui obtint enfin la palme du martyre qu’elle avait procurée à tant d’autres. Ses précieuses reliques, d’abord transportées à Rome où l’on édifia une église en son honneur, furent ensuite transférées à Constantinople, sous le patriarche saint Gennade (vers 470), et déposées dans l’église portant son nom, où elles accomplirent de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire de la sainte grande-martyre, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de la sainte grande-martyre, ton 2
Ceux que frappent les épreuves et l’affliction, * accourant vers ton temple, reçoivent les guérisons * de la grâce divine qui demeure en toi, Anastasie, * car sans cesse pour le monde tu fais sourdre les guérisons.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc IX, 42- X, 1)
Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. Car tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.

3 janvier

3 janvier

Avant-fête de la Théophanie ; Saint Malachie, prophète (vers 450 av. J.-C.) ; saint Anthère, pape de Rome, martyr (236) ; saint Gordien, martyr à Césarée de Cappadoce (304) ; sainte Geneviève, vierge, patronne de Paris (vers 500) ; saint Florent, évêque de Vienne (IVème s.) ; saint Eustrade, abbé à Dijon (VIème s.) ; saint Constant, évêque de Gap (VIème s.) ; sainte Bertille, veuve à Marolles en Flandre (660) ; saint Blimond, moine fondateur de l’abbaye de Leucone (673) ; saint hiéromartyr Basile (Kholmogorov), prêtre (1938).

SAINTE GENEVIÈVE

Sainte Geneviève, vierge, patronne de Paris (vers 500)

Sainte Geneviève, vierge, patronne de Paris (vers 500)

Sainte Geneviève naquit en 422 au village de Nanterre, près de Paris. Elle avait à peine sept ans quand saint Germain d’Auxerre [31 juil.], en route vers l’Angleterre avec saint Loup de Troyes [29 juil.], discernant la faveur de Dieu sur l’enfant, annonça à ses parents qu’elle avait été choisie pour servir au salut d’un grand nombre. Il la bénit et lui remit une pièce de monnaie marquée d’une croix comme signe de sa consécration à Dieu. Dès lors l’enfant s’adonna de plus en plus aux exercices de la piété. Un jour, sa mère, agacée de la voir fréquenter trop souvent l’église, porta la main sur elle, mais elle fut aussitôt frappée par Dieu de cécité. Elle ne recouvra la vue que deux ans plus tard, en se frottant les yeux avec de l’eau que sa fille avait mêlée de ses larmes et marquée du signe de la Croix. Ne trouvant plus d’obstacle de la part des siens, Geneviève fut alors définitivement consacrée au Seigneur par l’évêque de Bourges, Vilicus ; mais elle continua sa vie ascétique dans la maison familiale, car les couvents n’existaient pas encore en Gaule. À la mort de ses parents, elle alla s’installer à Paris, chez sa marraine. Après avoir enduré avec patience une cruelle maladie, elle entreprit de très grandes austérités : priant sans cesse et ne sortant que pour servir les pauvres, elle ne se nourrissait que deux fois par semaine, d’un peu de pain et de fèves. Elle acquit ainsi la maîtrise sur les impulsions de la chair et une grande paix de l’âme, si bien qu’elle supporta avec patience les calomnies et les rumeurs répandues par des jaloux, jusqu’à ce que saint Germain d’Auxerre intervienne pour leur imposer le respect de la servante de Dieu. C’est ainsi que les Parisiens commencèrent à reconnaître sa sainteté et que des jeunes filles se groupèrent autour d’elle pour imiter son genre de vie. La réputation de sainte Geneviève se répandit même jusqu’en Orient, et l’on raconte que des marchands syriens ayant rapporté à saint Syméon le Stylite [1er sept.] les vertus de l’humble vierge de Paris, ce dernier chanta ses louanges et voulut se recommander à ses prières.
Sainte Geneviève avait une grande dévotion pour les saints qui avaient jeté les fondations de l’Église en Gaule. Elle fit construire la première basilique au-dessus de la sépulture de saint Denis de Paris [9 oct.] et inspira aux Parisiens la pieuse habitude d’y venir en pèlerinage, même par les plus mauvais temps. Un jour, elle se rendit à la basilique en pleine tempête, avec un cierge à la main, sans que la flamme ne s’éteigne. De même, elle contribua grandement au développement du culte de saint Martin à Tours, qui devait devenir un des plus grands lieux de pèlerinages d’Occident. Dans ses voyages, elle guérissait les malades et chassait les démons, servant pour tous d’instrument à la providence de Dieu.

Au début de 451, Attila et sa horde sauvage de Huns approchaient dangereusement de Paris, en pillant et ravageant tout sur leur passage. Les habitants de la cité, pris de panique, voulaient s’enfuir, seule Geneviève garda son sang-froid ; elle réunit les femmes dans les églises pour implorer l’assistance de Dieu dans le jeûne, les larmes et la prière, et s’efforça de rendre courage aux hommes. Mais certains s’opposèrent à elle et se préparaient même à la jeter à la Seine, lorsqu’un messager arriva de la part de saint Germain d’Auxerre, confirmant une fois de plus que Dieu avait élu Geneviève comme protectrice de la ville. De fait, conformément aux prédictions de la sainte, Attila se détourna bientôt de Paris, et, après avoir subi une cuisante défaite contre les Francs unis aux Gallo-romains, il s’éloigna.

Le roi des Francs, Childeric, exerça alors pendant une vingtaine d’années son hégémonie sur la région. Bien qu’encore païen, il montrait du respect pour l’Église et, sur les instances de la sainte, consentit à adoucir les peines des prisonniers. Les Francs furent cependant repoussés par les Romains et cherchèrent à regagner l’avantage en retenant le ravitaillement de Paris. La disette menaçait et le peuple perdait de nouveau confiance en Dieu. Geneviève réunit alors une flottille avec de hardis bateliers et, au prix de grands dangers de navigation, elle alla faire provision de grains à Arcis-sur-Aube, puis revint faire une distribution à tous les Parisiens, en privilégiant les plus pauvres.

En 481, Clovis devint roi des Francs et, sous l’influence de son épouse, sainte Clotilde [3 juin], il montrait un grand respect pour la sainte, écoutait ses conseils et n’hésitait pas à modifier sa politique par égard pour les malheureux. Tandis qu’il achevait de conquérir la Gaule, sainte Clotilde resta auprès de Geneviève à Paris, et saint Remi [1er oct.] venait parfois leur rendre visite pour s’entretenir des choses de Dieu. Trois saints veillaient alors sur la France naissante.

Sainte Geneviève parvint ainsi à l’âge de quatre-vingts ans. Elle remit son âme au Seigneur, dans la paix, entourée de l’amour et de la dévotion de tout le peuple. Elle ne cessa pas toutefois de montrer au cours des siècles sa protection sur la ville de Paris et ses habitants. Ses précieuses reliques, déposées dans l’église Sainte-Geneviève, sur la colline appelée depuis du même nom, accomplirent d’innombrables guérisons. Lors des grands périls : guerres, sièges, épidémies, famines, inondations ou incendies, le peuple venait en foule auprès de sa sainte. On faisait alors de grandes processions, la châsse des reliques en tête, et Dieu ne manquait pas de montrer sa bienveillance par des miracles, en réponse aux prières de sainte Geneviève et à la foi du peuple de Paris. Ces reliques furent brûlées pour leur plus grande partie et jetées à la Seine par les révolutionnaires, en 1793 ; mais la sainte ne cesse pas d’être bien vivante pour ceux qui savent l’invoquer avec foi.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 6
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Prépare-toi, Zabulon ; dispose-toi, Nephtali. Jourdain, arrête-toi, pour accueillir avec des transports de joie le Seigneur qui vient se faire baptiser. Réjouis-toi Adam avec notre première mère ; ne vous cachez plus comme jadis au paradis ; Celui qui vous voyait nus, apparaît pour vous revêtir de votre robe première. Le Christ est apparu, voulant renouveler toute la création.

Tropaire de sainte Geneviève, ton 1.
Tes larmes abondantes ont arrosé et fécondé le désert des cœurs stériles, tes prières et tes soupirs ont produit du fruit au centuple. Prie pour ta cité, ô sainte Geneviève, et pour ceux qui vénèrent avec amour ta sainte mémoire.

Kondakion du dimanche, ton 6
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui, le Christ Dieu, qui a fait don de la résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.

Kondakion de sainte Geneviève, ton 2.
Pour l’amour du Seigneur, ô sainte Geneviève, tu as pris en haine le désir de repos, ayant éclairé ton esprit par le jeûne, car tu as vaincu les bêtes avec force. Mais par tes prières tu as écrasé l’agitation des ennemis.

Kondakion de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Étant descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, le Seigneur crie à Jean : « Ne crains point de me baptiser, car Je suis venu sauver Adam, le premier père ».

Évangile du jour
(Mc I,1-8)
Commencement de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète: Voici, j’envoie devant toi mon messager, Qui préparera ton chemin; C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés. Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain. Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il prêchait, disant: Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi, je vous ai baptisés d’eau; lui, il vous baptisera du Saint Esprit.

21 décembre (ancien calendrier)/3 janvier (nouveau)

21 décembre (ancien calendrier)/3 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité

Sainte Julienne et ses compagnons, 500 hommes et 130 femmes, martyrs à Nicomédie (304) ; saint Thémistocle de Myre en Lycie, martyr (251) ; saint Honorat, évêque de Toulouse (IIIème s.) ; saint Pierre, métropolite de Moscou (1326) ; sainte Julienne, princesse de Viazma (1406) ; saint Procope, fol en Christ de Viatka (1628) ; saint Philarète de Kiev (1857)

SAINTE JULIENNE

Sainte Julienne (305)

Sainte Julienne (305)

Sainte Julienne était fille d’un couple de nobles et illustres païens de Nicomédie, sous le règne du cruel Dioclétien (286-305). Ses parents l’avaient fiancée à un certain Éleusios, de rang sénatorial, qui s’en était épris d’un amour ardent et désirait ne pas retarder davantage leur mariage. Mais le cœur de Julienne avait été saisi par l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ, et elle désirait se garder tout entière pure et sans partage pour son Époux céleste, aussi tentait-elle de repousser autant qu’elle le pouvait les avances de son prétendant. Elle déclara d’abord, comme s’il s’agissait d’un caprice de jeune fille mondaine, qu’elle accepterait d’épouser Éleusios seulement s’il devenait préfet de la capitale de la Bithynie. Malgré les difficultés, celui-ci se mit immédiatement en œuvre : il dépensa l’or sans compter, fit jouer ses amis et ses relations à la cour et, quelque temps plus tard, devenu effectivement préfet de Nicomédie, il renouvela sa demande en mariage. Contrainte de se dévoiler, la fiancée du Christ lui dit : « Si tu n’abandonnes pas le culte des idoles et si tu n’adhères pas à la foi des chrétiens, qui procure la vie éternelle, jamais je n’accepterai de m’unir à toi. » Inflexible dans sa résolution, malgré les supplications de ses parents, Julienne fut alors livrée aux autorités, comme disciple de la religion interdite, et traduite devant le tribunal du préfet. Son amant, devenu son juge et son tortionnaire, la fit dévêtir pour la soumettre à de cruels tourments. Flagellée sur tout le corps, elle fut ensuite pendue par les cheveux et eut le cuir chevelu arraché. Le diable lui apparut dans sa prison, sous l’aspect d’un ange de Dieu, pour lui proposer de se soumettre et de sacrifier aux idoles, mais la sainte martyre, armée de la prière, déjoua la ruse du démon, en le frappant et en crachant sur lui avec mépris, et elle trouva ainsi des forces renouvelées pour la suite de ses combats.
Tirée de son cachot pour un nouvel interrogatoire, elle fut menée vers un grand brasier, sur lequel on avait préparé un chaudron plein de plomb bouillonnant pour l’y plonger. Mais la résolution de la jeune fille était inflexible, sa foi inébranlable, son amour du Christ plus ardent que tout feu terrestre, si bien que son âme avait communiqué à son corps une part de l’incorruptibilité promise aux élus dans la vie éternelle. Non seulement elle ne souffrit aucun dommage lorsqu’on la plongea dans le chaudron, mais dès qu’elle le toucha, il se fendit et le plomb se répandit sur les gardes. Devant de tels prodiges, un grand nombre de païens présents, cinq cents hommes et cent trente femmes, glorifièrent la puissance accordée par Dieu aux saints martyrs et confessèrent le Nom du Christ. Par ordre du préfet, ils furent décapités sur-le-champ. La dernière, Julienne eut également la tête tranchée, et son âme partit avec allégresse vers les demeures des saints. Elle était âgée de dix-huit ans, lorsqu’elle célébra ainsi ses noces avec le Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem, car l’Éden est ouvert à tous. Apprête-toi, Ephrata, car, dans la grotte, l’Arbre de Vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel, où pousse le plan divin. Si nous en mangeons, nous vivrons, nous ne mourrons pas comme Adam. Le Christ naît pour relever l’image de Dieu autrefois déchue.

Tropaire de la sainte martyre Julienne, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Pierre de Moscou, ton 4
Terre naguère stérile, réjouis-toi maintenant ; car le Christ a montré en toi un luminaire, brillant fortement dans le monde et guérissant nos infirmités et maladies. Aussi, exulte et réjouis-toi avec confiance ; car le hiérarque du Très-haut accomplit tout cela.

Kondakion de saint Pierre de Moscou, ton 8
Accourons en ce jour avec amour auprès du glorieux et merveilleux thaumaturge de notre terre, te composant, ô théophore, un hyme, car tu as de la hardiesse envers le Seigneur ; délivre-nous des diverses tribulations, afin que nous te chantions : réjouis-toi affermissement de notre cité !

Kondakion de l’avant-fête, ton 3
La Vierge en ce jour s’en vient dans la grotte mettre au monde le Verbe d’avant les siècles. Ô monde, à cette nouvelle, chante et danse ; avec les anges et les pasteurs, glorifie Celui qui a voulu se faire voir petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mc X, 2-12)

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme. Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

2 janvier

2 janvier

Avant-fête de la Théophanie. Saint Sylvestre, pape de Rome (335) ; saint Théogène, évêque de Parios (vers 320) ; saint Aspais de Melun (573) ; saint Théodore, évêque de Marseille (595) ; saint Viance, ermite (674) ; saint Sylvestre des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; sainte Julienne de Mourom (1604) ; saint néomartyr Georges le Géorgien (1770) ; saint Séraphim de Sarov, thaumaturge (trépas 1833 et deuxième invention des reliques en 1991) ; saint martyr Basile (Petrov) (1942).

Saint Séraphim de Sarov, thaumaturge (trépas 1833 et deuxième invention des reliques en 1991)

SAINT SÉRAPHIM DE SAROV
Ce grand témoin de la lumière du Saint-Esprit s’est levé, tel un astre nouveau, sur la terre russe, le 19 juillet 1759, à l’époque où l’esprit des prétendues « Lumières » envahissait l’Europe et la Russie, préparant de loin les temps sombres de l’athéisme et de la persécution. Fils de pieux marchands de la ville de Koursk, il grandit dans la piété et l’amour de l’Église, et reçut dès son jeune âge les faveurs de la Mère de Dieu par une guérison miraculeuse. À dix-sept ans, il quitta le monde, muni de la bénédiction de sa mère, et entra au monastère de Sarov, situé dans le diocèse de Tambov au centre de la Russie, où il devint rapidement un modèle d’obéissance et de vertus monastiques. Avec joie et bonne humeur, il s’acquittait de toutes les tâches les plus astreignantes pour le service des frères, jeûnait pour vaincre les élans de la chair, et gardait jour et nuit son intelligence fixée dans le souvenir de Dieu par la Prière de Jésus. Au bout de quelque temps, il tomba très gravement malade et, malgré la douleur, il refusait l’aide des médecins, demandant uniquement le seul remède qui convient à ceux qui ont tout abandonné pour Dieu : la sainte Communion. Quand on lui apporta le saint viatique, la Très Sainte Mère de Dieu lui apparut, au sein d’une intense lumière, en compagnie des saints Apôtres Pierre et Jean le Théologien, et elle leur dit, en montrant le jeune novice : « Celui-ci est de notre race ! » Peu de temps après, il guérit complètement, et par la suite il fit construire une infirmerie sur l’emplacement de cette apparition.

Au bout de huit années de noviciat, il fut tonsuré moine sous le nom de Séraphim («flamboyant »), nom qui excitait encore davantage son zèle pour imiter ces serviteurs de Dieu incorporels et brûlants d’amour. Ordonné diacre, il passait les nuits entières en prière avant de célébrer la Divine Liturgie ; et, progressant sans cesse dans les saintes vertus, le Seigneur lui accordait en retour de nombreuses visions, extases et consolations spirituelles. Prudemment dirigé par ses Anciens, il ne tirait cependant aucune vaine gloire de ces faveurs divines. Elles lui étaient au contraire l’occasion de s’enfoncer dans l’humilité et le blâme de soi, et de rechercher davantage la solitude.
Peu de temps après son ordination sacerdotale et la mort de son père spirituel, il obtint la permission de se retirer en solitaire, dans la forêt profonde, à 6-7 kilomètres du monastère, et de bâtir une petite cabane en bois entourée d’un jardinet, sur une colline qu’il nomma la « Sainte Montagne ». Il y restait toute la semaine, ne rentrant au monastère que les dimanches et les jours de fêtes, et passait tout son temps dans la prière, la lecture et les labeurs corporels agréables à Dieu. Chacune de ces activités lui était une occasion d’élever sa pensée aux choses de Dieu. Il ne connaissait rien de profane ni de charnel, et supportait avec patience les rigueurs de l’hiver et les assauts des insectes l’été, heureux de partager ainsi les souffrances du Seigneur pour la purification de son âme. Il portait continuellement un gros évangile attaché sur son dos, comme le « fardeau du Christ », et il se rendait dans les endroits de la forêt, auxquels il avait donné les noms de lieux saints : Bethléem, le Jourdain, le Thabor, le Golgotha, afin d’y lire les péricopes correspondantes. Il vivait ainsi intensément chaque jour, la vie même et la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ. La méditation continuelle de la Sainte Écriture ne lui donnait pas seulement la connaissance de la vérité, mais elle lui procurait aussi la pureté de l’âme et la componction du cœur, de sorte qu’en plus de la récitation des offices divins aux temps fixés et de ses mille prosternations quotidiennes, il pouvait prier sans relâche, l’intelligence plongée dans son cœur. Il se nourrissait d’abord du pain fourni par le monastère, puis des seuls produits de son jardin ; mais il se privait bien souvent de sa pitance pour la distribuer aux animaux qui aimaient venir près de sa cabane, en particulier à un ours énorme, devenu aussi docile qu’un chat.

En voyant ce mode de vie si agréable à Dieu et si proche de celui des êtres incorporels, l’ennemi séculaire du genre humain, le diable, excité de jalousie, déclencha contre l’ascète du Christ ses attaques accoutumées : pensées d’orgueil, vacarmes, apparitions effrayantes, etc. ; mais le vaillant guerrier repoussait tous ses assauts par la prière et le signe de la Croix. Comme la guerre des pensées se faisait plus pressante, le saint décida d’entreprendre un combat digne des hauts-faits des stylites de jadis : il passa mille jours et mille nuits, debout ou à genoux sur un rocher, en répétant sans cesse la prière du Publicain : Ô Dieu, sois propice au pécheur que je suis ! (Lc 18, 13). C’est ainsi qu’il fut définitivement délivré du combat des pensées. Mais le diable ne s’en tenait pas encore pour vaincu, il envoya contre lui trois brigands qui, furieux de ne pas trouver sur le pauvre moine l’argent qu’ils espéraient, le frappèrent à coups de bâtons et avec le revers de sa hache, et le laissèrent à demi-mort, tout ensanglanté et les os rompus. Bien que de forte constitution, le doux Séraphim ne chercha pas à se défendre et s’offrit aux coups dans la pensée qu’il participait ainsi aux souffrances du Seigneur. Malgré son état lamentable, il réussit à se traîner jusqu’au monastère où, après cinq mois de souffrances, il fut miraculeusement guéri par une apparition de la Mère de Dieu, en tout point semblable à celle advenue lorsqu’il était novice. Il resta cependant voûté jusqu’à la fin de ses jours et ne se déplaçait plus que péniblement, appuyé sur un bâton.

Cette infirmité lui permit de gravir un nouveau degré de l’échelle dressée pour lui vers le ciel et d’entreprendre, de 1807 à 1810, le combat du silence dans la solitude. Aussitôt rétabli, il regagna son « désert » et, ne pouvant plus retourner régulièrement au monastère, il cessa aussi de recevoir ou d’adresser la parole à qui que ce soit. Chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un dans la forêt, il se prosternait profondément à terre devant lui, sans un mot, jusqu’à ce que celui-ci s’éloigne. Il pouvait garder ainsi son intelligence fixée en Dieu, sans interruption ni distraction. Entre temps l’higoumène du monastère mourut, et certains moines commencèrent à montrer une animosité marquée à l’égard du saint ermite, l’accusant de se séparer de la communion de l’Église.
Finalement, on lui donna l’ordre de regagner le monastère. Séraphim se soumit sans aucune opposition et s’installa dans une étroite cellule, où il commença un nouveau stade de sa vie ascétique : la réclusion. Dans le vestibule, il avait fait placer son cercueil, dans lequel il aimait prier, et dans sa cellule, où personne n’entrait jamais, il n’avait qu’un sac de pierres pour couche, un tronc d’arbre pour siège et une icône de la « Vierge de tendresse », appelée par lui « la Joie de toutes les joies », devant laquelle brûlait en permanence une veilleuse. Il vivait ainsi dans le silence complet, augmentant ses austérités, lisant et commentant pour lui-même chaque semaine tout le Nouveau Testament, priant sans cesse, le cœur en veille, et ayant les anges et les saints comme seuls témoins de ses fréquentes extases et ravissements de l’intelligence dans les demeures célestes.

Au bout de cinq ans de réclusion, il ouvrit sa porte, laissant entrer ceux qui voulaient le voir, mais sans rompre cependant son silence, même pour les visiteurs les plus importants. Puis, en 1825, l’heure d’abandonner la vie hésychaste lui ayant été révélée par la Mère de Dieu, il commença à faire profiter les autres hommes des fruits de son expérience : les moines d’abord, qu’il exhortait à l’observance des règles monastiques et au zèle dans l’œuvre de Dieu, puis les laïcs, en nombre rapidement croissant. Après avoir communié volontairement à la Passion du Seigneur pendant quarante-sept ans de vie ascétique, en passant successivement par les états de cénobite, d’hésychaste, de stylite et de reclus, ce petit vieillard habillé de blanc, tout courbé sur son bâton, se tournait vers les hommes, rempli de la grâce et de la lumière du Saint-Esprit, afin de s’acquitter du ministère supérieur de la paternité spirituelle (startchestvo et de devenir pour tout le peuple russe un véritable « apôtre », témoin et prédicateur de la Résurrection. Sa porte restait ouverte à tous jusqu’à la nuit. Il saluait ses visiteurs avec gaieté, en leur disant : « Ma Joie, le Christ est ressuscité ! » Il montrait une tendresse toute particulière envers les pécheurs qui venaient vers lui repentants, comme le fils prodigue vers son Père (Lc 11). Sa douceur surnaturelle convertissait les cœurs les plus durs, son humilité abaissait les plus fiers et leur faisait verser des larmes comme des enfants. Pour les aristocrates comme pour les hommes du peuple, la cellule du « pauvre Séraphim » était semblable à l’antichambre du ciel. Une conversation avec lui, ou une simple bénédiction, devenait un véritable entretien avec Dieu, qui pouvait changer radicalement l’orientation de leur vie. Grâce à son don de clairvoyance, il perçait les secrets des cœurs et les révélait aux pénitents qui n’osaient pas les avouer, il répondait à des lettres sans avoir besoin de les ouvrir, et savait donner à chacun le conseil, la consolation, l’encouragement ou la réprimande qui convenait. Complètement abandonné à la volonté de Dieu, il leur disait, sans examen, la première parole que Dieu lui révélait, et tombait toujours juste. Sa charité — c’est-à-dire l’amour de Dieu en lui — consolait tous, pardonnait tout, recouvrait tous.
Il accomplissait un grand nombre de guérisons miraculeuses, en oignant les malades avec l’huile de la veilleuse qui brûlait dans sa cellule ou en leur faisant boire de l’eau de la source, appelée par la suite « la source du Père Séraphim », située à peu de distance du monastère, dans son « désert proche », où il aimait passer ses après-midi. On lui adressait tant de demandes de prières, pour les vivants et pour les défunts, qu’il lui était impossible de commémorer tous les noms ; aussi allumait-il pour chacun un cierge dans sa cellule surchauffée et constamment illuminée de centaines de flammes, comme autant d’âmes vivantes. Dieu lui accorda aussi le charisme de la prophétie, et il prédit des événements à venir, tant pour des individus que pour tout le pays, comme la guerre de Crimée, la famine et la terrible épreuve qui devait ravager l’Église et le peuple russes un siècle plus tard ; mais il cachait ses prophéties derrière des paroles énigmatiques, qu’on ne comprenait qu’après la réalisation des événements.

Un soir de novembre 1831, le riche propriétaire Nicolas Motovilov, qui avait été récemment guéri par l’homme de Dieu et était devenu son ardent disciple, lui demanda : « Quelle est le but de la vie chrétienne ? » Le père Séraphim lui répondit : « C’est l’acquisition du Saint-Esprit, que l’on obtient par les œuvres saintes recommandées par l’Église, et surtout par la prière. » Comme son interlocuteur le pressait de questions pour savoir plus précisément qu’est-ce que la grâce du Saint-Esprit, le starets le prit soudain dans ses bras, le regarda fixement — son visage était devenu plus brillant que le soleil en plein midi —, et il lui dit avec autorité : « Regardez-moi, Ami de Dieu, ne craignez pas. J’ai demandé au Seigneur de tout mon cœur de vous rendre digne de voir de vos yeux corporels la descente du Saint-Esprit. Et voilà ! Vous êtes devenu, comme moi, tout lumineux. Vous avez été aussi rempli de la grâce du Saint-Esprit, sinon il vous serait impossible de me voir ainsi dans cette lumière. Que ressentez-vous ? » Motovilov répondit : « Un calme, une paix indicible. Mon cœur est rempli d’une joie inexprimable. — « Et encore ? » — « Une chaleur et un parfum, tels que je n’en ai jamais ressentis. » — « Ce parfum est la bonne odeur du Saint-Esprit, répondit le saint, et cette chaleur n’est pas extérieure, puisque nous sommes en plein hiver et que toute la forêt autour de nous est couverte de neige, mais elle est en nous, conformément à la parole du Seigneur qui a dit : Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous (Lc 17, 21). » Cet entretien dura encore longtemps et, à la fin, saint Séraphim demanda à son disciple de le rédiger par écrit et de le transmettre au monde entier. Le manuscrit de Motovilov ne fut retrouvé que bien plus tard, en 1903, à la veille de la canonisation du saint, et il a connu depuis une diffusion considérable . C’est le message ultime de lumière et d’espérance que le prophète de Sarov laissait à la Russie et à l’Église tout entière. Dans ses instructions, il disait aussi souvent : « Ma Joie, acquiers l’esprit de paix, et alors des âmes par milliers seront sauvées autour de toi. » Cette paix intérieure, qu’il avait acquise au prix de tant de labeurs, se répandait autour de lui comme joie et lumière ; c’est pourquoi saint Séraphim ne laissa pas à la postérité un enseignement très développé, mais plutôt un modèle de vie.
Alors qu’il n’était encore que diacre, la fondatrice du couvent de Divéyevo, situé à quelques kilomètres de Sarov, avait confié au père Séraphim la direction spirituelle de sa communauté naissante. Pendant toute sa vie, il montra une attention paternelle pour ses filles spirituelles. La communauté grandit rapidement, malgré les difficultés économiques. Saint Séraphim l’organisa selon un mode strictement cénobitique, avec la sentence : « En tout temps, ayez les mains au travail et les lèvres à la prière. » Sur l’ordre de la Mère de Dieu, il fonda un second couvent, dit du « Moulin », avec ses filles les plus chères, auxquelles il donna une règle de vie centrée sur la Prière de Jésus. Malheureusement, après la mort du starets, Satan suscita un moine envieux et intrigant, qui s’efforça par tous les moyens de ruiner la réputation et l’œuvre du saint. Il fit fermer le Moulin et occasionna de nombreuses tribulations aux religieuses.
Un jour, quelque temps avant la fin de son séjour terrestre, Séraphim fit venir une moniale de Divéyevo et lui annonça, en la couvrant de son manteau : « Nous allons avoir la visite de la Mère de Dieu. » Le moment venu, il la releva et un bruit semblable à celui d’un vent violent dans la forêt se fit entendre, suivi par des hymnes de l’église ; la porte s’ouvrit d’elle-même, et la cellule fut soudain inondée de lumière et d’un parfum très suave. Le saint tomba à genoux, et la Mère de Dieu apparut, précédée de deux anges, de saint Jean-Baptiste et de saint Jean le Théologien, et suivie de douze saintes vierges martyres. La moniale tomba à terre, croyant perdre la vie, alors que le père Séraphim se tenait debout et s’entretenait tendrement avec la Reine du Ciel, comme un ami. La Toute-Sainte lui promit de toujours prendre soin des sœurs de Divéyevo, et en disparaissant elle lui dit : « Mon bien-aimé, bientôt tu seras avec nous ! » Quand ils se retrouvèrent seuls, le starets confessa à la moniale que c’était la douzième apparition divine que le Seigneur lui accordait.

Parvenu à l’âge de soixante-dix ans, souffrant cruellement des suites de ses blessures, mais sans rien relâcher de son activité, saint Séraphim parlait de plus en plus souvent de sa mort prochaine, avec joie et le visage rayonnant. Le 1er janvier 1833, après avoir communié, il vénéra toutes les icônes de l’église, en allumant devant chacune un cierge, et bénit tous les frères en disant : « Faites votre salut ! Veillez ! Des couronnes vous sont préparées ! » Puis, après avoir visité son tombeau, il s’enferma dans sa cellule et rendit son âme à Dieu la nuit même, à genoux, en chantant les hymnes de Pâques. Tout le peuple des environs se rassembla pour ses funérailles.

Par la suite, l’homme de Dieu continua de visiter et de secourir ses enfants spirituels par de nombreuses apparitions et guérisons, et la dévotion du peuple ne cessa de grandir, malgré les oppositions. Finalement, la canonisation de saint Séraphim, le 19 juillet 1903, en présence de la famille impériale, de nombreux évêques et d’une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes, venues de toutes les régions de la Russie, marqua son triomphe. Ce fut une dernière manifestation de l’unité du peuple russe et de la gloire de l’Église avant la grande épreuve. Ses précieuses reliques, portées en procession au-dessus de la foule, accomplirent alors de nombreux miracles. En 1926, les bolcheviques les confisquèrent et l’on perdit leurs traces. De manière providentielle, ces précieuses reliques furent retrouvées, en 1991, dans les réserves du Musée de l’Athéisme de Saint-Pétersbourg. Ayant été dûment authentifiées, elles furent solennellement transférées au monastère de Divéyevo, au terme d’une procession triomphale et émouvante à travers les grandes villes de Russie. Cet événement inaugura en quelque sorte la renaissance de la vie religieuse en Russie .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Prépare-toi, Zabulon ; dispose-toi, Nephtali. Jourdain, arrête-toi, pour accueillir avec des transports de joie le Seigneur qui vient se faire baptiser. Réjouis-toi Adam avec notre première mère ; ne vous cachez plus comme jadis au paradis ; Celui qui vous voyait nus, apparaît pour vous revêtir de votre robe première. Le Christ est apparu, voulant renouveler toute la création.

Tropaire de saint Séraphim, ton 4
Dès ta jeunesse, tu as aimé le Christ, ô Bienheureux, et désirant ardemment ne servir que Lui seul, dans la prière continuelle et dans les labeurs, tu as vécu en ascète au désert ; par l’humble componction de ton cœur ayant obtenu l’amour du Christ, tu es apparu comme l’élu bien-aimé de la Mère de Dieu. C’est pourquoi nous t’implorons : sauve-nous par tes prières, notre saint Père Séraphim !

Kondakion de saint Séraphim, ton 2
Ayant abandonné la beauté du monde et tout ce qui est en lui corruptible, ô Père saint, tu as été reçu dans le monastère de Sarov ; là, en vivant à la manière des anges, tu es devenu pour beaucoup un chemin de salut. C’est pourquoi le Christ t’a glorifié, ô Père saint, et t’a comblé du don de guérison et des miracles. Aussi te chantons-nous : réjouis-toi, notre saint Père Séraphim !

Kondakion de l’avant-fête de la Théophanie, ton 4
Étant descendu en ce jour dans les flots du Jourdain, le Seigneur crie à Jean : « Ne crains point de me baptiser, car Je suis venu sauver Adam, le premier père ».

Évangile du jour
(Mt III,1-11)
En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il dit: C’est ici la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain. Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.

20 décembre (ancien calendrier)/2 janvier (nouveau)

20 décembre (ancien calendrier)/2 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité

Samedi avant la Nativité. Avant-fête de la Nativité. Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, hiéromartyr (107) ; saint Philogone, évêque d’Antioche (323) ; saint Ursanne, abbé-fondateur de Saint-Ursanne en Suisse (vers 620) ; saint Daniel, archevêque de Serbie (1338) ; saint Ignace, archimandrite des Grottes de Kiev (1435); saint Jean le tailleur, néo-martyr grec à Constantinople (1650) ; saint Antoine, archevêque de Voronej (1846) ; saint Jean de Cronstadt (1908)

SAINT IGNACE LE THÉOPHORE

Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, hiéromartyr (107)

Disciple des apôtres, père des évêques, combattant audacieux qui s’est élancé au premier rang de la cohorte des martyrs victorieux, saint Ignace a remporté une triple couronne et brille maintenant d’un éclat flamboyant au firmament des amis de Dieu. Conformément à son nom de feu (ignis en latin), l’amour du Christ brûlait à tel point en son cœur qu’il fut surnommé le Théophore, le « porteur-de-Dieu », terme qu’il n’hésitait pas à s’appliquer lui-même d’ailleurs, sans vantardise, car tous les chrétiens, depuis leur baptême, sont devenus christophores (« porteurs-du-Christ ») et ont été revêtus de l’Esprit Saint (hagiophores, pneumatophores, disent encore les saints Pères).

Dans sa jeunesse, Ignace avait, dit-on, connu les apôtres, et avait été initié aux mystères plus profonds de la foi par saint Jean l’Évangéliste, en compagnie de saint Polycarpe. Il succéda ensuite à Évode, comme second évêque d’Antioche, la capitale de la Syrie et la ville la plus importante de tout l’Orient, dont le siège épiscopal avait été fondé par l’Apôtre saint Pierre. Pendant la persécution de Domitien (8l-96), saint Ignace encouragea de nombreux confesseurs à mépriser les tourments et les épreuves de quelques instants pour gagner la vie éternelle. Il les visitait dans leur prison, les réconfortait et leur communiquait l’empressement qu’il éprouvait lui-même pour être définitivement uni au Christ en imitant sa mort. Malgré tout, il ne fut pas arrêté, et lorsque les poursuites furent interrompues, l’intrépide évêque resta affligé de ne pas avoir été appelé par Dieu à devenir un vrai disciple, consommé dans la perfection.

Pendant les années de paix qui suivirent, les apôtres ayant désormais disparu, l’évêque d’Antioche s’employa à donner à l’Église les fondements de son organisation et à montrer comment la grâce, descendue sur les apôtres le jour de la Pentecôte, demeure et se prolonge dans le ministère épiscopal. D’Antioche la Grande, sa voix autorisée se faisait entendre dans toutes les Églises — alors petites communautés locales — pour les exhorter à vivre dans l’unité et la charité autour de l’évêque, image terrestre du seul Évêque véritable et Grand Prêtre, Jésus-Christ. Unis par la foi inébranlable dans le Sauveur crucifié et ressuscité, et par la concorde qui vient de la charité et de leur commune espérance, les fidèles doivent se réunir autour de leur évêque et du collège des prêtres et des diacres, aussi souvent qu’ils le peuvent — particulièrement le dimanche, jour du Seigneur —, pour célébrer ensemble la sainte Eucharistie, « rompant le même pain, qui est remède d’immortalité, et antidote pour ne pas mourir, afin de vivre pour toujours en Jésus-Christ », « Là où est l’évêque, disait-il encore, là est Jésus-Christ, là est l’Église catholique (i.e. universelle) », l’assurance de la vie éternelle, le gage de la communion à Dieu. C’est pourquoi il n’y a qu’une seule assemblée eucharistique légitime : celle qui est accomplie par l’Église, dans l’unité de la foi autour de l’évêque ou de son représentant. Une fois la synaxe terminée, les chrétiens se doivent de manifester dans leur vie, dans leur conduite, ensemble et vis-à-vis du monde extérieur, dans leurs sentiments et leurs pensées, le même accord harmonieux que les cordes bien ajustées d’une lyre, de manière à chanter « d’une seule voix par Jésus-Christ un hymne de louange au Père ». « Soyez unis à l’évêque, recommande-t-il aux Éphésiens, comme l’Église l’est à Jésus-Christ, et Jésus-Christ au Père, afin que toutes choses soient en accord dans l’unité ». Il les engage à fuir, outre la haine et les querelles, les divisions de toutes sortes, « comme les principes de tous les maux ». Affermis ainsi dans la concorde et l’amour mutuel, la Vérité demeurera en eux, et l’Église, telle une citadelle céleste, restera pure et inaccessible à la contamination de l’hérésie. À la suite de saint Paul, saint Ignace énonçait ainsi les principes inchangés et inaltérables sur la nature de l’Église, l’institution de l’évêque, le rôle de l’assemblée eucharistique, les rapports entre l’Église locale et l’Église universelle, toutes choses qui font dire de la sainte Église : Toute la gloire de la fille du Roi vient du dedans. Elle est ornée de franges d’or, parée de couleurs variées (Ps 44, 15).

Après être monté sur le trône (98), Trajan laissa tout d’abord les chrétiens en paix, trop occupé qu’il était à mener la guerre contre les barbares. Mais, à la suite de ses victoires sur les Scythes et les Daces, il décida de soumettre tous les sujets de l’Empire au culte des idoles et de l’empereur, sous peine de mort. Vers l’an 113 (ou 117), il partit en campagne en direction de l’Arménie et de la Parthie. En chemin, il fit halte quelque temps dans la brillante ville d’Antioche, déclenchant à cette occasion une persécution locale contre les chrétiens en vue. Sentant que le moment tant attendu était enfin arrivé, saint Ignace se présenta alors de lui-même devant l’empereur et répondit hardiment à ses questions. Il confessa le Dieu Créateur et Ami des hommes et son Fils Unique Jésus-Christ, et ne craignit pas de tourner en dérision la superstition de ce puissant souverain qui faisait invoquer des êtres illusoires pour protéger ses armées. Irrité, Trajan lui demanda :
— « Tu es donc disciple du Crucifié sous Ponce Pilate ? »
— « Je suis le disciple de Celui qui a cloué mon péché sur la Croix, et a piétiné le diable et ses intrigues », répliqua le saint.
— « Pourquoi t’appelle-t-on Théophore ? »
— « Parce que je porte en moi le Christ vivant ! »
— « Que celui qui porte le Crucifié soit donc mené à Rome chargé de chaînes afin d’y être livré en pâture aux lions pour le divertissement du peuple », ordonna l’empereur.
Rempli de joie, le serviteur de Dieu baisa avec chaleur les lourdes chaînes dont on le chargeait, en les appelant « mes très précieuses perles spirituelles », liens tellement désirés et qui devaient lui procurer la plénitude de la vie en Christ, à l’exemple de saint Paul et tant de glorieux martyrs. Puis, ayant dit adieu à son Église en exhortant ses fils à changer leurs larmes en cantiques d’allégresse, il partit à pied, en compagnie d’autres prisonniers, escorté par une escouade de dix soldats cruels et implacables, véritables « léopards » écrit-il, qui l’accablaient de mauvais traitements, avec pour seul résultat d’ajouter à sa joie et à son empressement. Partis d’Antioche, ils parvinrent à grand-peine, tantôt par mer tantôt à pied, jusqu’à Smyrne, où Ignace fut accueilli avec une profonde émotion par son condisciple saint Polycarpe, évêque de la ville, à la tête de toute sa communauté. Il reçut là aussi des envoyés des Églises de la province d’Asie : l’évêque d’Éphèse, Onésime ; celui de Magnésie, Dèmas, et celui de Tralles, Polybes. Tout en leur délivrant ses ultimes enseignements, et en les exhortant à imiter la douceur et l’humilité de notre Seigneur Jésus-Christ dans les persécutions, devant les injures et les moqueries des païens, il leur insuffla sa joie et son désir de trouver au plus vite la perfection du martyre. Si bien qu’ils ne lui firent pas leurs adieux comme à un condamné à mort, mais ils le saluèrent comme un athlète déjà triomphant, comme un voyageur en partance vers le Ciel. De là, saint Ignace adressa d’admirables lettres aux chrétiens des Églises d’Asie Mineure, pour les confirmer dans la foi, pour les engager à se garder des hérésies en restant unis autour de l’évêque et du collège des prêtres en une seule assemblée eucharistique, et pour leur communiquer son brûlant enthousiasme.

Ayant appris que les fidèles de Rome voulaient tenter de le délivrer au moment de son exécution, il leur adressa une lettre pour refréner leur zèle inopportun et les supplier de ne pas intervenir. « C’est maintenant que je commence à être un disciple … Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit au-dedans de moi : “Viens vers le Père” ». L’amour du Christ bouillonnait à tel point en lui, qu’il lui inspira alors ces paroles de feu : « Pardonnez-moi, Frères, ne m’empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Permettez-moi d’être un imitateur de la passion de mon Dieu … Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je serai moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ ». Devenir, à l’image du Christ, vrai pain eucharistique, et célébrer par l’offrande de lui-même la véritable et parfaite Liturgie, tel était le seul désir du saint hiérarque.
De Smyrne, le cortège se rendit à Troas, où Ignace apprit avec joie que la persécution avait cessé à Antioche. Il écrivit alors aux Églises d’envoyer des représentants pour se réjouir avec ses enfants spirituels, et confia à Polycarpe le soin de son Église. Il aurait voulu envoyer d’autres lettres aux Églises, mais un ordre subit d’embarquement l’obligea à quitter Troas pour se rendre à Néapolis en Macédoine. De là, il passa par Philippes avant de s’embarquer à Dyrrachium pour l’Italie. Ayant atteint Rome, après de longues et pénibles étapes, il fut accueilli par les fidèles de la capitale dans une ambiance où les larmes de tristesse et d’angoisse se mêlaient à la joie de recevoir cet astre venu d’Orient, qui avait parcouru le monde pour venir se coucher à l’Occident. Lorsque le moment de l’exécution arriva, saint Ignace entra dans l’arène comme s’il s’avançait vers le saint autel pour célébrer son ultime Liturgie, devant ses fidèles mêlés aux païens sur les gradins du Colisée. Désormais pleinement évêque et disciple du Grand Prêtre de notre Salut, Jésus, à la fois prêtre et victime, il s’offrit avec complaisance aux lions voraces, qui se précipitèrent sur lui et le dévorèrent en quelques instants, ne laissant, selon son désir, que ses plus gros ossements. Ces précieux restes furent récupérés avec dévotion par les fidèles et furent ramenés en grande pompe vers Antioche, salués sur leur passage par les chrétiens, comme si le pasteur rentrait vivant et triomphant à son bercail.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem, car l’Éden est ouvert à tous. Apprête-toi, Ephrata, car, dans la grotte, l’Arbre de Vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel, où pousse le plan divin. Si nous en mangeons, nous vivrons, nous ne mourrons pas comme Adam. Le Christ naît pour relever l’image de Dieu autrefois déchue.

Tropaire de saint Ignace le Théophore, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Ignace, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion de saint Ignace le Théophore, ton 3
Le splendide jour de tes brillants combats * nous annonce déjà la Naissance virginale du Christ; * dans ta soif de jouir de son amour, * tu n’eus de cesse d’être broyé par les fauves comme froment; * c’est pourquoi, martyr Ignace, tu reçus * l’illustre nom de Théophore.

Kondakion de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Élu de Dieu depuis ta jeunesse, et ayant miraculeusement reçu de Lui dans l’enfance le don d’apprendre, tu fus glorieusement appelé à la prêtrise dans une vision durant le sommeil, et tu devins un merveilleux pasteur de l’Église du Christ, ô Père Jean, éponyme de la grâce, prie le Christ Dieu afin que nous soyons tous avec toi dans le Royaume divin.

Kondakion de l’avant-fête, ton 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc XIII, 18-29)

Le Seigneur dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

1er janvier

1er janvier

Circoncision selon la chair de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Saint Basile le Grand, archevêque de Césarée en Cappadoce (379) ; saint martyr Basile d’Ancyre (vers 362) ; sainte Émilie, mère de saint Basile le Grand (IVème s.) ; saint Grégoire, évêque de Nazianze, père de saint Grégoire le Théologien (374) ; saint Basile, évêque d’Aix-en-Provence (494) ; saint Félix, évêque de Bourges (580); saint Oyend, abbé du monastère de Condat dans le Jura (vers 510) saint Clair, abbé de Vienne (vers 660) ; saint Frodobert (ou Frobert), abbé-fondateur de Moutier-la-Celle, près de Troyes (673) ; saint Pierre du Péloponnèse, néo-martyr grec (1776) ; saints néo-martyrs de Russie : Jérémie (Leonov), moine (1918) ; Platon, évêque de Revel et avec lui Michel (Bleïvé) et Nicolas (Blejanitsky), prêtres (1919), Alexandre, archevêque de Samar, et avec lui Jean (Smirnov), Alexandre (Ivanov), Jean (Souldine), Alexandre (Organov), Vyatcheslav (Invantov), Basile (Vitievsky) et Jacques (Alferov), prêtres (1938).

LA CIRCONCISION DE NOTRE SEIGNEUR

Circoncision selon la chair de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Chri

Huit jours après la naissance du Sauveur, ses parents le firent circoncire (Lc 2, 21), conformément à l’ordre donné par Dieu à Abraham au moment où Il lui promit d’établir une alliance éternelle avec lui et toute sa descendance : Et voici mon alliance qui sera observée entre Moi et vous : c’est-à-dire ta race après toi (…) quand ils auront huit jours tous vos mâles seront circoncis de génération en génération (Gn 17, 10-12). Celui-là même qui, par amour des hommes, a accepté de revêtir la nature humaine qu’il a créée, a poussé la compassion jusqu’à assumer celle-ci dans son état déchu et corrompu, sans toutefois se soumettre au péché. Par le retranchement de ce morceau de peau morte, symbole de la mortalité des hommes pécheurs, Lui, le Pur, le sans-péché, acceptait de recevoir le signe de la réconciliation qu’en tant que Dieu et Auteur de la Loi Il avait Lui-même instituée. Dès son arrivée sur la terre, Il se soumet humblement au précepte de la Loi, montrant ainsi que les figures obscures trouvent en lui leur accomplissement. Les quelques gouttes de sang qu’Il verse en ce jour sont le prélude du sang qu’Il va bientôt verser sur la Croix pour laver les péchés du monde et nous délivrer de notre condamnation ; c’est pourquoi, avec la circoncision du Seigneur, c’est en fait le mystère complet de notre Rédemption que nous commémorons.
Aujourd’hui, par la circoncision du Second Adam, prend fin la circoncision charnelle de l’ancienne Alliance, et la Nouvelle et véritable Alliance, marquée par une circoncision spirituelle, est inaugurée par son sang. Le baptême chrétien constitue cette véritable circoncision spirituelle, ce signe de l’appartenance au peuple nouveau, non plus par le retranchement d’un morceau de peau morte, mais par l’affranchissement de la mort elle-même accomplie par la communion à la mort et à la Résurrection vivifiantes du Seigneur. Pour cette raison, saint Paul et les Apôtres se sont opposés avec énergie à ceux qui voulaient contraindre les convertis venus du paganisme à se faire circoncire (Act 15, 5-30 ; 1 Cor 7, 18-19 ; Gal 2, 6 et 6, 15). C’est en Lui (le Christ), dit-il, que vous avez été circoncis d’une circoncision qui n’est pas de main d’homme (…) telle est la circoncision du Christ : ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts (Col 2, 1 1-12).
En effet dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision, mais seulement la foi opérant par la charité (Gal 5, 6). En mettant un terme au précepte de l’Ancienne Alliance par sa propre circoncision, le Christ nous appelait donc à la circoncision du cœur, au renouvellement spirituel, qu’Il avait déjà annoncé par ses prophètes (Jr 4, 4 ; Rm 2, 25-29).
C’est également sous forme de prophétie que Dieu avait ordonné à Abraham de pratiquer la circoncision de la chair une fois accomplis les sept premiers jours de la vie de l’enfant, symbole de l’ensemble du déroulement du temps (Gn 1). Le huitième jour figurait donc le passage au-delà du temps de ce monde de mort vers la vie éternelle, qui nous a été ouvert par la Résurrection du Seigneur le « huitième » jour de la semaine, lequel est également le premier et unique jour de la vie sans fin et sans changement. En étant circoncis le huitième jour après sa naissance, le Christ nous annonçait donc sa Résurrection et notre délivrance finale.
Conformément à l’usage, Joseph, en ce jour, donna à l’enfant le nom que l’Ange de Dieu lui avait indiqué à (Mt 1, 21 ; Lc 1, 31) : Jésus, c’est-à-dire Sauveur. Par ce seul nom était ainsi révélée sa mission sur la terre, ce pourquoi le Dieu éternel et Créateur s’est fait homme. Le nom de Jésus résume et exprime tout le mystère de notre Salut. Plus qu’un mot conventionnel, il rend mystérieusement présente la Personne elle-même du Sauveur, dans toute sa puissance triomphante. Ainsi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame de Jésus-Christ qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil 2, 9-11). Comme le montre d’innombrables exemples dans la sainte Écriture (Act 3, 6 ; 4, 7, 10, 30 ; 10, 43 ; 16, 18 ; 19, 13, etc.) et dans les Vies des saints, c’est par le Nom de Jésus invoqué avec foi que les miracles s’accomplissent, que les démons et les forces de la mort prennent la fuite, comme brûlés par le feu de sa divinité, conformément à sa promesse : Et tout ce que vous demanderez en mon Nom, je le ferai… (Jn 14, 13). C’est pourquoi, les chrétiens orthodoxes, témoins de ce Nom qui procure la Vie (Jn 20, 31), se doivent de tout faire au nom de Jésus : Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par Lui grâce au Père (Col 3, 17). En répétant sans cesse, en toutes circonstances et à chaque respiration la sainte prière : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur ! » ce sera la Personne même de notre Seigneur qui habitera nos pensées, qui inspirera notre conduite, qui purifiera nos passions et qui, trouvant peu à peu une demeure stable dans notre cœur, fera alors resplendir en nous la Lumière divine de sa Face. La commémoration de la Circoncision, le huitième jour après la Nativité, est donc aussi la fête du saint Nom de Jésus et de la prière qui nous procure la grâce de son Esprit Saint.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Basile, ton 1
Par toute la terre ton message s’est répandu * et ta parole fut reçue dans tout l’univers; * par elle tu as enseigné les divines vérités, * expliqué la nature des êtres et redressé la conduite des humains; * Père saint, Pontife au nom royal, * prie le Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes.

Tropaire de la Circoncision, ton 1
Sans changement tu assumas la condition humaine, * étant Dieu par nature, Seigneur compatissant; * pour accomplir le précepte de la Loi, * tu as voulu subir la circoncision de la chair * afin de dissiper les ténèbres et d’arracher le voile où s’enveloppent nos passions. * Gloire à ton immense bonté, * gloire à ta miséricorde, ô Verbe de Dieu, * gloire à l’ineffable tendresse qui t’a fait descendre jusqu’à nous.

Kondakion de la Circoncision, ton 3
Le Seigneur de l’univers * daigne subir la circoncision * et retranche, dans sa bonté, * les fautes qui couvraient l’humanité; * en ce jour il donne au monde le salut. * Au plus haut des cieux se réjouit le pontife du Créateur, * l’initiateur des divins mystères, saint Basile le Grand, * qui porte la lumière du Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Basile, ton 4
Pour l’Église tu t’es montré comme inébranlable fondement, * faisant part à tout mortel de l’inscrutable Seigneurie * et la marquant du sceau de tes enseignements, vénérable Basile, révélateur du ciel.

Évangile du jour
(Lc II,20-21, 40-52)

Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé. Le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, nom qu’avait indiqué l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qu’ordonnait la loi du Seigneur, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. Puis, quand les jours furent écoulés, et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s’en aperçurent pas. Croyant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Mais, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses. Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur. Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

19 décembre (ancien calendrier) 1er janvier (nouveau)

19 décembre (ancien calendrier) 1er janvier (nouveau)
Carême de la Nativité

Dimanche des Pères de l’Ancien Testament. Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Boniface, martyr en Cilicie (290) ; saints Élie, Probus et Ares, martyrs égyptiens (308) ; sainte Prothasie, vierge, martyre à Senlis (282) ;  saints Polyeucte et Timothée, diacres, martyrs (IVème s.) ; saint Boniface le Miséricordieux, évêque de Florence (VIème s.) ; saint Grégoire, évêque d’Auxerre (530) ; saint Grégentios, évêque de Safar (552) ; saint Adjut (ou Avit), abbé près d’Orléans ; saint Ribier, abbé de Saint Oyend (VIIIème s.) ; saint Élie des Grottes de Kiev (1188).

LES PÈRES DE L’ANCIEN TESTAMENT

Dans l’office des Pères sont glorifiés les saints de l’Ancien Testament, de la race desquels est issu, selon la chair, notre Seigneur. C’est pour cette raison qu’est lu ce dimanche l’évangile de la « généalogie » de Jésus-Christ. Par la même occasion sont également commémorés tous les saints vétéro-testamentaires qui vécurent dans la foi du Sauveur qui devait venir. Ceux-ci sont énumérés dans la lecture de l’épître de ce jour. L’office des Pères contient de nombreuses expressions profondes et belles, comme par exemple : « Que la Loi se réjouisse et fasse chœur avec les prophètes et les enfants (c’est-à-dire les trois enfants de la fournaise de Babylone) et qu’en ce jour elle exulte par avance pour la divine venue du Seigneur ; Abraham aussi se réjouit, car il voit le Seigneur prendre Sa chair de sa propre semence », « Le prophète, fermant jadis la bouche des fauves dans la fosse, montra divinement que, grâce à la venue du Christ, le monde passerait de la bestiale férocité à la paix divine» ou encore « L’ensemble des enseignements de la Loi révèle la Nativité du Christ dans la chair, manifestant que ceux qui annoncèrent la Grâce avant la Loi, avaient vécu au-dessus de la Loi par la foi ». Le tropaire du dimanche des Pères est dédié uniquement aux trois enfants et au prophète Daniel parce que : 1°) ils sont les pères les plus proches de la venue du Christ et 2°) la foi atteint son sommet en eux, comme en témoigne le début du tropaire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton

La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!

Tropaire des saints Pères, ton 2

Qu’ils sont grandioses les exploits de la foi ! Par elle, les trois jeunes gens ont exulté dans la source des flammes comme auprès d’une source d’eau reposante, et l’on vit le prophète Daniel paître les lions comme des brebis. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints Pères, ton 1

Réjouis-toi Bethléem, Ephrata prépare-toi, voici que l’Agnelle s’empresse d’enfanter le suprême Pasteur qu’elle porte dans son sein ; en la voyant, les pères théophores sont dans l’allégresse, chantant avec les pasteurs la Vierge qui allaite.

Évangile du jour

(Mt I,1-25)

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar Pharès et Zara; Pharès engendra Esrom; Esrom engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon; Salmon engendra Boaz de Rahab; Boaz engendra Obed de Ruth; Obed engendra Isaï; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abia; Abia engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ézéchias; Ézéchias engendra Manassé; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliakim; Éliakim engendra Azor; Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim; Achim engendra Éliud; Éliud engendra Éléazar; Éléazar engendra Matthan; Matthan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ. Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint Esprit; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. Joseph s’étant réveillé fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Saint Boniface, martyr en Cilicie (290) ; saints Élie, Probus et Ares, martyrs égyptiens (308) ; sainte Prothasie, vierge, martyre à Senlis (282) ; saints Polyeucte et Timothée, diacres, martyrs (IVème s.) ; saint Boniface le Miséricordieux, évêque de Florence (VIème s.) ; saint Grégoire, évêque d’Auxerre (530) ; saint Grégentios, évêque de Safar (552) ; saint Adjut (ou Avit), abbé près d’Orléans ; saint Ribier, abbé de Saint Oyend (VIIIème s.) ; saint Élie des Grottes de Kiev (1188).

SAINT MARTYR BONIFACE

Saint Boniface, martyr en Cilicie (290)

Saint Boniface était esclave au service d’une riche dame romaine, nommée Aglaïs, fille du proconsul de la capitale, au temps de l’empereur Dioclétien (284-305). Intendant chargé de la gestion de la grande fortune de sa maîtresse, il menait une vie de débauche, conforme aux mœurs dissolues des Romains de cette époque. Tout adonné à l’ivrognerie et à la fornication, il était tombé dans le péché avec Aglaïs, et semblait ne pas en éprouver de remords. Mais il était toutefois bon et généreux, pratiquait avec largesse l’hospitalité pour les étrangers et distribuait avec compassion de nombreuses aumônes aux pauvres.

Au bout de quelques années d’une telle conduite, Aglaïs, tourmentée par les reproches de sa conscience et par la crainte d’avoir à rendre un jour compte à Dieu de ses péchés, entendit dire par des chrétiens que celui qui sert et honore les reliques des saints martyrs bénéficiera de leur intercession auprès de Dieu et obtiendra le pardon de ses péchés. Remplie d’espérance, elle convoqua alors Boniface et le chargea de se rendre en Asie Mineure, là où les chrétiens souffraient la persécution, pour acquérir à prix d’argent des saintes reliques et les ramener à Rome. Encore insensible aux choses de Dieu, son serviteur et amant reprit en se moquant : « Et si je te ramène mon propre corps en guise de relique, m’honoreras-tu comme un saint ? » — « Le temps n’est plus à la plaisanterie, reprit Aglaïs sur un ton de reproche. Secoue ton ivresse et hâte-toi de faire tes préparatifs pour ce voyage, car, moi la pécheresse, j’attends avec impatience ton retour pour obtenir de Dieu le pardon. »

Parvenu à Tarse, en Cilicie, à la tête d’une nombreuse escorte qui emportait avec elle une grande quantité d’or et tout ce qui est nécessaire pour embaumer et transporter avec éclat les restes des saints, Boniface se rendit sur-le-champ à l’amphithéâtre, où il assista avec stupeur aux tourments d’une vingtaine de martyrs. L’un avait les membres écartelés entre quatre poteaux, l’autre était suspendu la tête en bas, sur d’autres les bourreaux s’acharnaient à coups de fouets ou leur déchiraient les côtes avec des crochets de fer. Mais tous restaient imperturbables et montraient une telle constance que le courtisan débauché sentit son cœur fondre en lui. Il tomba en pleurs à leurs pieds, baisa avec respects leurs liens et, après avoir demandé l’assistance de leurs prières, il déclara publiquement que lui aussi était désormais disciple du Christ. Traduit devant le tribunal du gouverneur, il repoussa avec dégoût le culte des idoles et confessa hardiment le Sauveur. Puis il fut ramené vers le cirque où, grâce à la prière des saints, il endura toutes sortes de supplices avec l’impassibilité de quelqu’un qui est déjà comme sorti du corps et étranger au monde. On lui enfonça des roseaux effilés sous les ongles, on lui fit couler du plomb fondu dans la bouche, on le plongea dans un chaudron rempli de goudron bouillant, mais il resta invincible dans tous ces supplices. Le lendemain, l’athlète du Christ reçut avec joie l’annonce de la sentence de mort. S’étant revêtu du signe de la Croix, il adressa au Seigneur, avant d’être décapité, une fervente prière pour l’affermissement du peuple chrétien affligé et pour que sa mort lui procure la rémission de ses péchés et l’entrée dans la joie éternelle.

Ses compagnons de voyage, pensant tout d’abord que, selon son habitude, Boniface devait se trouver dans quelque taverne ou autre lieu de débauche, commencèrent à s’inquiéter de son absence prolongée, et ils partirent à sa recherche. Ils rencontrèrent en ville le frère du bourreau, qui leur apprit que, la veille, on avait exécuté un Romain qui semblait répondre au signalement de leur compagnon. Quoiqu’il leur semblât impossible que le martyr en question fût Boniface, ce ripailleur, ils se précipitèrent à l’amphithéâtre et trouvèrent avec stupéfaction son saint corps qu’ils achetèrent pour cinquante livres d’or et qu’ils transportèrent avec grands honneurs à Rome.

Un ange du Seigneur apparut alors à Aglaïs et lui dit : « Lève-toi pour aller au-devant de celui qui était ton serviteur et ton compagnon de débauche, et qui maintenant est devenu notre frère. Reçois-le comme ton maître, car, grâce à lui, tous tes péchés vont être remis ». Au comble de la joie, elle rassembla un brillant cortège pour accueillir, conformément à sa prophétie involontaire, le corps de saint Boniface à quelque distance de Rome. Par la suite, elle fit édifier en ce lieu une belle et vaste église en son honneur, où se sont accomplis de nombreux miracles au cours des siècles. Quant à elle, renonçant au monde et à ses vains honneurs, elle distribua sa fortune aux pauvres et s’adonna dès lors à l’ascèse et à la prière, tant et si bien qu’elle acquit le pouvoir de faire des miracles. Elle s’endormit, treize années plus tard, dans la paix du Seigneur, avec l’assurance que les souillures de sa vie passée avaient été effacées grâce à l’intercession de saint Boniface.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Boniface, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr Boniface, ton 4
Tu as voulu t’offrir toi-même en victime sans défaut * à celui qui pour toi va naître d’une Vierge immaculée, * saint martyr Boniface couronné dans le ciel.

Évangile du jour
(Mc IX, 33-41)

Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de l’interroger. Ils arrivèrent à Capernaüm. Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et l’ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé. Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous. Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.

31 décembre

31 décembre

Clôture de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439) ; saint Savinien, premier évêque de Sens, et saint Potentien, martyrs (300) ; sainte Colombe, vierge, martyre à Sens (274) ; saint hiéromartyr Dosithée, métropolite de Zagreb (1945) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Bérézine), prêtre (1937), Pierre (Troïtsky) (1938).

Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439)

SAINTE MELANIE LA ROMAINE
Au moment où l’Église prenait rang parmi les institutions officielles de l’Empire romain, certaines dames de la haute aristocratie de Rome, conquises par les récits des exploits ascétiques des moines d’Égypte et par les exhortations enflammées de saint Jérôme , renoncèrent aux vanités du monde pour embrasser la voie étroite qui mène au Royaume des cieux. Saintes Asella, Fabiola, Marcelle, sainte Paule et sa fille Eustochium, sainte Mélanie l’Ancienne et sa petite-fille, Mélanie la Jeune que nous célébrons aujourd’hui , ont toutes abandonné richesses, gloire et vie délicate pour se consacrer aux œuvres de bienfaisance et aux travaux de l’ascèse, soit à Rome même, soit en Terre Sainte.

Née en 383, Valéria Mélania dut épouser contre son gré un de ses proches parents, Pinien, alors qu’elle avait à peine quatorze ans. Sitôt la cérémonie des noces achevée, elle proposa à son jeune époux de vivre dans la continence ; celui-ci résista un peu et proposa d’assurer d’abord leur postérité en ayant deux enfants et de renoncer ensuite ensemble au monde. Il leur naquit d’abord une fille, qu’ils consacrèrent à Dieu immédiatement. Tout en gardant les apparences de la vie mondaine d’une riche aristocrate, la jeune Mélanie commençait pourtant à porter une tunique de crin sous ses robes de soie et à mener en secret une vie de mortification. En 403, elle mit prématurément au monde un fils qui mourut peu après, et elle n’échappa elle-même à la mort qu’après avoir fait jurer à son époux de ne pas différer davantage son désir. Sa grand-mère, Mélanie l’Ancienne, était revenue d’Orient l’année précédente, au bout de trente-sept ans d’absence, pour la soutenir et encourager sa sainte résolution. Finalement libérés de toute attache à la suite de la mort de leur fille et du père de Pinien les deux époux quittèrent leur somptueuse demeure pour se retirer dans une de leurs propriétés des environs de Rome et se consacrer aux soins des voyageurs et au secours des malades et des prisonniers. Mélanie confectionna elle-même une grossière tunique pour Pinien, et, méditant l’exemple de Celui qui, de riche qu’Il était en sa divinité, s’est fait pauvre et a assumé notre nature misérable afin de l’enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8, 9), elle s’employa à liquider son immense fortune, car Pinien et elle avaient vu en rêve qu’il leur faudrait franchir un mur élevé avant de passer par une porte étroite pour parvenir au Royaume des cieux. Mais la tâche n’était pas si aisée : leurs propriétés s’étendaient dans tout l’Empire, de la Bretagne à l’Afrique et de l’Espagne à l’Italie, et leurs demeures étaient si splendides que seul l’empereur pouvait en être l’acquéreur. La distribution de telles richesses remettait en question l’économie même de l’État, et certains de leurs parents, membres influents du Sénat, faisaient tout pour les empêcher de réaliser leur projet. Toutefois, grâce à l’intervention de l’impératrice, Mélanie commença par affranchir huit mille de ses esclaves, en donnant à chacun trois pièces d’or, puis, par l’intermédiaire d’hommes de confiance, elle fit couler des flots d’or d’Occident en Orient : églises et monastères furent fondés un peu partout ; or, pierreries, vaisselles et tissus précieux furent consacrés au service divin ; des territoires entiers furent cédés à l’Église ou le produit de leur vente distribué en aumônes. Les Goths d’Alaric ayant pris Rome en 410 et semant partout la terreur en Italie, les deux époux passèrent en Sicile avec soixante vierges et trente moines, puis de là à Thagaste en Afrique du Nord, où ils achevèrent la liquidation de leurs biens en fondant des monastères et en portant secours aux victimes de l’invasion barbare.

Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi (Mt 19, 21). Contrairement au jeune homme riche de l’Évangile, Mélanie se dépouilla avec joie de tout pour suivre le Seigneur. Dès lors libérée, elle s’engagea dans l’arène de l’ascèse. Âgée d’à peine trente ans, l’amour de Dieu brûlait si fort en elle qu’elle se soumit à une discipline digne des plus rudes combattants du désert, sans s’accorder aucun accommodement sous prétexte des habitudes délicates acquises depuis sa jeunesse. Elle portait toujours sur elle un cilice et, après un entraînement progressif, elle passa toute sa vie dans le jeûne complet cinq jours par semaine, ne prenant une sobre réfection que le samedi et le dimanche. Ce n’est que sur les instances de sa mère, Albine, qui l’accompagnait partout, qu’elle consentit à prendre un peu d’huile les trois jours qui suivent la fête de Pâques. Elle trouvait ses délices dans la méditation de l’Écriture, des Vies des saints et des œuvres des Pères de l’Église, qu’elle lisait en latin et en grec. Après un bref repos de deux heures, elle veillait en prière la nuit entière, et enseignait aux vierges qui l’avaient suivie à joindre la veille et l’attente ardente de l’Époux à la chasteté. Malgré son désir croissant de ne vivre que pour Dieu et de consacrer tout son temps à la prière sans distraction, elle ne pouvait se retirer dans la solitude à cause de ses nombreuses obligations, aussi trouva-t-elle la solution en consacrant ses journées à la charité et à la direction de ses disciples, et en réservant ses nuits à Dieu seul, enfermée dans une sorte de coffre, où elle ne pouvait même pas s’allonger. Aux assauts du démon de la vaine gloire, elle répliquait avec une méprisante ironie, mais cultivait envers tous les hommes un tel esprit de douceur qu’à la veille de sa mort, elle pouvait dire qu’elle ne s’était jamais endormie avec une pensée de rancune.

Au bout de sept ans en Afrique, elle partit pour un pèlerinage en Terre Sainte avec sa mère et son époux, devenu son frère spirituel, en s’arrêtant à Alexandrie pour rendre visite à saint Cyrille et à l’ancien Nestèros, qui les encouragea par sa parole prophétique. À Jérusalem, elle passait toutes ses journées dans la basilique de la Résurrection et, quand on fermait les portes au coucher du soleil, elle se rendait au Golgotha pour y passer la nuit. Après un nouveau voyage en Égypte, auprès des saints solitaires des déserts de Nitrie, elle s’installa sur le Mont des Oliviers dans une petite cellule en planches, que sa mère avait faite construire en son absence. Elle y demeura pendant quatorze ans (417-431). Chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, elle s’y enfermait, revêtue d’un cilice et couchant sur la cendre, et n’y recevait que sa mère, Pinien et sa jeune cousine Paule, fille de sainte Paule. Cette stricte réclusion ne l’empêchait pas pour autant de porter son attention sur la vie de l’Église. Elle nourrissait un zèle ardent pour la foi orthodoxe et s’opposa avec force aux partisans de Pélage qui donnait une trop grande part au libre-arbitre de l’homme. En cela, elle suivait l’enseignement de saint Jérôme, rencontré à Bethléem, et celui de saint Augustin, qui lui portait une grande admiration et lui avait dédié son ouvrage : Sur la grâce du Christ et le péché originel (418).

À la mort de sa mère, en 431, Mélanie sortit de sa réclusion et fonda sur le Mont des Oliviers un monastère suivant les usages liturgiques de Rome, qui fut bientôt peuplé de quatre-vingt-dix vierges, grâce à la diligence de Pinien qui, de son côté, était à la tête d’une communauté d’une trentaine de frères. Dans son extrême humilité, la sainte refusa d’en assurer la direction. Elle nomma une autre supérieure et se contenta de délivrer aux sœurs un enseignement spirituel, tant par ses paroles que par l’exemple de sa conduite. À l’exemple du Seigneur, elle se faisait la servante de toutes, venait soulager en secret les sœurs malades et prenait sur elle les besognes les plus répugnantes. Elle leur enseignait à sanctifier leur âme et leur corps par la sainte virginité, leur recommandait sans relâche d’user de la sainte violence recommandée par le Seigneur (Mt 11,12) pour renoncer à leur volonté propre et fonder le temple spirituel des vertus sur l’obéissance. En prenant des exemples dans les Vies des Pères, elle les exhortait à la persévérance dans le combat spirituel, à la vigilance contre les pièges du Malin, au zèle et à la concentration de l’intelligence dans la prière nocturne, et surtout à la charité. « Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité, disait-elle. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l’humilité et la charité. » Son frère spirituel Pinien mourut à son tour en 432. Elle le fit ensevelir avec Albine, près de la grotte où le Christ avait prédit à ses disciples la ruine de Jérusalem, et demeura là pendant quatre ans, dans une cellule sans ouverture, complètement isolée du monde ; puis elle chargea son disciple et biographe, le prêtre Gérontios, d’installer au lieu de l’Ascension du Seigneur, un monastère d’hommes, dont elle assura aussi la direction spirituelle — cas exceptionnel dans l’histoire de l’Église.
Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle, le puissant Volusien, qui était resté attardé dans le paganisme. En arrivant, elle le trouva gravement malade et réussit, avec l’aide du saint patriarche Proclos [20 nov.], à le décider de recevoir le saint Baptême avant de mourir. Ayant trouvé la capitale agitée par les querelles concernant la doctrine hérétique de Nestorius , la sainte fit campagne pour le dogme orthodoxe avant de regagner en hâte son monastère du Mont des Oliviers. L’année suivante, l’impératrice Eudocie entreprit un pèlerinage en Terre Sainte sur les recommandations de sainte Mélanie, avec qui elle avait sympathisé à Constantinople et qu’elle considérait comme sa mère spirituelle. Outre son enseignement et le spectacle édifiant de sa communauté, la souveraine sollicita ses conseils avisés pour les nombreuses fondations et riches donations qu’elle fit alors aux églises et aux monastères.
Dieu accordait sans retard à sa servante les guérisons qu’elle lui demandait ; mais, avertie des pièges du démon de la vaine gloire, Mélanie donnait toujours à ceux qui venaient solliciter son intercession soit de l’huile tirée des veilleuses placées au-dessus des tombeaux des martyrs, soit quelque objet ayant appartenu à un saint personnage, de sorte qu’on ne crût pas que la guérison était due à sa propre vertu.
Après avoir mené une telle course, constamment tendue en avant à la poursuite de l’Époux céleste, sainte Mélanie n’avait plus qu’un seul désir : être déliée de cette vie pour être avec le Christ (Phil 1, 23). Tombée malade en fêtant la Nativité à Bethléem (439), elle rassembla ses religieuses dès son retour à Jérusalem pour leur délivrer son testament spirituel. Elle les assura qu’elle serait toujours invisiblement présente parmi elles, à condition qu’elles restent fidèles à ses prescriptions et qu’elles gardent avec crainte de Dieu leurs lampes allumées, telles des vierges sages (Mt 25, 13), dans l’attente de la venue du Seigneur. Au bout de six jours de maladie, elle fit ses dernières recommandations aux moines et désigna Gérontios comme supérieur et Père spirituel des deux communautés, puis elle s’endormit doucement, avec une joie confiante, en prononçant ces paroles : « Comme il a plu au Seigneur, voilà ce qui est advenu » (Jb 1, 21). Des moines, venus des monastères, des déserts et de toutes les extrémités de la Palestine, célébrèrent une vigile de toute la nuit et, au moment de l’ensevelir, au petit matin, les uns et les autres la recouvrirent de vêtements, ceintures, cuculles et de maints autres objets qu’ils avaient reçus en bénédiction de la part de saints personnages. Le monastère de sainte Mélanie fut détruit en 614, lors de l’invasion perse, mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mc X,17-27)

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu.

18 décembre (ancien calendrier)/31 décembre (nouveau)

18 décembre (ancien calendrier)/31 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Samedi avant la Nativité. Samedi avant la Nativité. Saint Sébastien et ses compagnons de martyre à Rome : saint Nicostrate et son épouse sainte Zoé, saint Castor, saint Tranquilinus, prêtre, ses fils : saints Marcellin et Marc, diacres, saint Claude, gardien des prisons, son fils saint Symphorien, son frère saint Victorin, et saints Tiburce et Castule (vers 287) ; saint Gatien, évêque de Tours (304) ; saint Modeste, archevêque de Jérusalem (vers 634) ; saint Flavit, ermite à Sens (VIème s.) ; saint Désiré, moine à Fontenelle (vers 700) ; saint Florus, évêque d’Amasie dans l’Hélénopont (VIIème s.) ; saint Michel le Syncelle, confesseur (vers 845) ; St Sébastien de Sokhot (vers 1500) ; saint Daniel, ermite de Voronets (1496) ; saint Siméon de Verkhoturye (1642) ; saints néo-martyrs de Russie : Victor (Matveev) (1937) ; Thaddée, archevêque de Tver, Nicolas, archevêque de Veliki-Oustioug, Élie (Benemansky), Jean (Mironsky), Vladimir (Preobrajensky) et Nicolas (Kobranov), prêtres (1937) ; Serge (Astakhanov), diacre et Vera (Truks) (1942).

SAINT SÉBASTIEN

Saint Sébastien (vers 287)

Le glorieux martyr du Christ Sébastien naquit à Narbonne au sein d’une illustre famille romaine et fut élevé à Milan. Ses grandes qualités l’amenèrent à devenir un des favoris de l’empereur Carin (vers 283), qui le nomma commandant de la première cohorte prétorienne. Malgré les honneurs et la frivolité de la vie de cour, Sébastien était en secret disciple du Christ, et il profitait de ses privilèges pour rendre visite aux chrétiens enfermés dans les prisons, afin de les réconforter et de les encourager à mener jusqu’au bout le combat de la foi. Un grand nombre de martyrs lui furent ainsi redevables de ne pas avoir faibli devant les supplices.

Deux jeunes chrétiens romains de haute condition, Marc et Marcellin, avaient été arrêtés sur l’ordre du préfet Chromace et avaient été soumis à toutes sortes de tortures, avant d’être finalement condamnés à mort. Pendant tout le mois qui précéda le jour prévu pour l’exécution, les deux saints combattants du Seigneur furent soumis à une épreuve plus redoutable encore : les larmes et les supplications de leurs jeunes épouses et de leurs parents qui les suppliaient de ne pas les abandonner. Il s’en fut de peu que l’amour pour leurs proches et les liens de la chair ne fissent céder ceux qui avaient si vaillamment résisté à la torture. Mais Sébastien se présenta à temps dans leur cachot. Il déjoua cette ruse du diable et les encouragea à supporter la peine de quelques instants pour obtenir la gloire et la joie éternelles avec tous les saints. Il réussit même à convertir leurs parents païens, Tranquilinus et Marcia, en les guérissant d’une maladie. La parole et le zèle apostolique du saint général amenèrent aussi à la foi le greffier Nicostrate et sa femme Zoé, qui entraînèrent à leur tour leur ami Claude, haut fonctionnaire de la cour, et bien d’autres païens qu’ils rassemblèrent dans leur maison pour recevoir l’enseignement de Sébastien, scellé par le saint baptême que leur conféra le prêtre Polycarpe, en tout soixante-huit personnes.

Lorsque le jour prévu pour l’exécution de Marc et Marcellin arriva, leur père Tranquilinus se présenta devant le préfet, lui révéla sa conversion et prononça des paroles si convaincantes que Chromace, l’écoutant avec attention, eut le cœur attendri et adhéra à son tour à la foi. Le lendemain, devant Sébastien et Polycarpe, il renversa avec zèle et conviction toutes les idoles qui se trouvaient dans sa maison. Son fils Tiburce, impressionné par la conversion de son père, restait pourtant indécis et n’osait pas encore renoncer à ses superstitions. Il proposa aux saints un marché, et leur promit de les suivre et de détruire ses idoles si son père guérissait d’une maladie qui l’engourdissait et le menaçait de complète paralysie. Chromace, oubliant son mal, n’avait mis aucune condition à sa conversion, aussi reprocha-t-il à Tiburce ses doutes et voulut-il l’empêcher de persévérer dans sa proposition. Mais une lumière venue du ciel l’enveloppa soudain et l’on entendit une voix dire : « Bienheureux es-tu, car tu as cru au Christ, qui maintenant m’envoie pour te guérir. » Tiburce, stupéfait devant cette guérison miraculeuse, alla se jeter aux pieds des saints martyrs pour leur demander pardon, et il reçut bientôt le saint baptême en même temps que son père et toute leur maisonnée.

Plein de joie à la nouvelle de ces conversions, l’archevêque de Rome, Gaius (283-296), vint embrasser les nouveaux frères et leur annonça qu’un autre préfet, chargé de les mettre à mort, allait bientôt être nommé. Aussi leur recommanda-t-il de se répartir en deux groupes : les uns, avec Sébastien à leur tête, restant à Rome pour s’offrir à la mort pour le Christ, et les autres, avec Polycarpe, devant aller chercher refuge au loin. Les uns et les autres rivalisaient pour rester avec Sébastien, persuadés que le martyre est la voie royale pour parvenir au Royaume de Dieu. Finalement, ils se soumirent aux ordres du prélat, excepté le jeune Tiburce qui obtint de se joindre à ceux qui restaient. Marc et Marcellin furent alors ordonnés diacres, leur père Tranquilinus élevé au sacerdoce, et Sébastien fut institué le chef de cette cohorte de martyrs. Ils cessèrent dès lors toute activité profane et attendirent dans la ville que l’on vienne les arrêter, en persévérant nuit et jour dans le jeûne, la prière et les cantiques d’action de grâces. Beaucoup se présentaient à eux et étaient guéris des maux qui affligeaient leurs âmes ou leurs corps.

La première victime du groupe fut la bienheureuse Zoé. Arrêtée alors qu’elle se rendait à l’église, elle fut suspendue la tête en bas et mourut asphyxiée par une fumée nauséabonde, et son corps fut ensuite jeté dans le Tibre. Vint ensuite le tour de Tranquilinus qui, après avoir été lapidé, fut noyé dans le fleuve. Nicostrate et Claude, qui étaient partis à la recherche des corps de leurs compagnons, furent eux aussi arrêtés sur les bords du Tibre. On les mena devant le nouveau préfet, puis devant l’empereur qui les fit exécuter à coups de verges et jeter à l’eau. Tiburce, quant à lui, dénoncé par un faux chrétien, fut placé sur des charbons ardents et, après une belle apologie de la Foi, il mourut décapité. Castule, qui cachait les saints dans sa demeure, fut enterré vivant, et les deux frères Marc et Marcellin, après avoir supporté avec joie diverses tortures, moururent le côté percé de lances.

Saint Sébastien restait le dernier de tous, impatient de rejoindre lui aussi le Seigneur dans la Terre des Vivants. Traduit devant l’empereur, il témoigna de la Vérité avec un calme majestueux et rétorqua au souverain, qui l’accusait de s’opposer à son pouvoir, qu’il avait toujours prié pour le salut de l’Empire. La sentence de mort ayant été prononcée, il se rendit jusqu’au lieu de l’exécution, accompagné d’une grande foule. Attaché à un poteau, il fut livré comme cible à une troupe d’archers. Le corps percé de flèches « comme un hérisson de ses piquants », on le laissa pour mort, baignant dans son sang, mais il fut recueilli par une dame chrétienne. Providentiellement guéri, saint Sébastien alla se présenter à nouveau devant le tyran qui, saisi de stupeur en le voyant apparaître, ordonna de l’emmener au cirque. Après l’avoir assommé à coups de massue, les bourreaux mirent son corps en lambeaux devant le peuple déchaîné, puis allèrent le jeter dans la décharge publique, pour que les chrétiens ne puissent le vénérer.

Le soir même de cette exécution, une pieuse chrétienne de Rome reçut dans une vision l’ordre de récupérer le corps de saint Sébastien. Elle l’ensevelit dans une crypte (catacombe), au-dessus de laquelle une église fut bâtie en son honneur, lorsque saint Constantin le Grand eut rétabli la paix. C’est auprès de ce tombeau qu’eurent lieu pendant de longs siècles quantité de miracles par l’intercession du saint martyr.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur ont reçu de toi, * notre Dieu, la couronne d’immortalité pour le combat qu’ils ont mené; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Daniel de Voronets, ton 8
Ayant mené sur terre la vie des anges, tu t’es fait un exemple pour tes disciples ; par la prière, le jeûne continuel et les veilles, tu t’es rendu digne d’être établi dans la demeure des justes, saint et vénérable Daniel révérant Dieu, splendeur des ermites et gloire des moines.

Évangile du jour
(Mc IX, 10-16)

Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

30 décembre

30 décembre

Après-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint apôtre Timon, des 70 ; Sainte Anysie, martyre à Thessalonique (304) ; saint Philétère, martyr à Nicomédie (311) ; saint Zotique le nourricier des orphelins, prêtre (IVème s.) ; saint Perpet, évêque de Tours (494) ; sainte Théodora de Césarée (VIIIème s.), sainte Théodora de Constantinople (940) ; saint Macaire, métropolite de Moscou (1563) ; saint néo-martyr Gédéon (Grèce, 1818) ; sainte Marie (Danilov), martyre (1946).

SAINTE ANYSIE DE THESSALONIQUE

Sainte Anysie, martyre à Thessalonique (304)

Sainte Anysie était la fille d’illustres et très riches notables de Thessalonique convertis à la foi chrétienne, qui lui inspirèrent dès son enfance l’amour des vertus et de la sagesse. Devenue orpheline de père et de mère lorsqu’elle parvint au seuil de l’adolescence, loin de se laisser attirer par l’attrait des plaisirs, son âme brûlant d’amour sous l’action du feu que le Christ est venu jeter sur la terre (Lc 12, 49), elle s’élança à la rencontre de son Époux céleste en se débarrassant de tout ce qui pouvait la rattacher à la terre. Elle affranchit ses nombreux esclaves en leur cédant de fortes sommes d’argent pour s’établir, et distribua propriétés, champs, troupeaux et tout son héritage, comme un négociant avisé qui vend tous ses biens pour acquérir la perle de grand prix, le Royaume des cieux (cf. Mt 13, 46). Elle se dépouilla de ses parures et de ses riches vêtements pour revêtir des effets communs et grossiers et parcourait ainsi la ville, visitant les malades, portant secours aux veuves et aux orphelins, procurant nourriture et vêtements aux pauvres. Mais sa prédilection allait aux victimes des persécutions. Au mépris du danger, elle visitait dans leurs prisons ceux qui souffraient faim, soif, blessures et mauvais traitements de toutes sortes par amour du Christ. Elle baisait leurs plaies, comme si elles étaient les marques mêmes de la Passion salutaire de notre Sauveur, et leur procurait soins et consolation.

Ayant ainsi tout abandonné, et n’ayant plus que son corps mortel qui la rattachait à la terre, Anysie n’avait dès lors pour désir que de parvenir elle aussi à la perfection en mourant pour le Christ. Une telle décision ne devant venir que de Dieu, elle ne s’exposa pas témérairement au danger, mais alla plutôt se retirer dans une étroite cellule pour consacrer ses jours et ses nuits au jeûne, aux larmes, à la prière continuelle et s’élever au-dessus de la condition mortelle, en plaçant la pratique des saintes vertus comme support de sa contemplation.

À la vue de tels combats, le diable, grinçant des dents, essaya d’effrayer la sainte par toutes sortes de stratagèmes pour la persuader d’abandonner sa cellule, mais il se heurta à sa résolution plus ferme que celle des plus valeureux guerriers. Il lança alors contre elle les flèches de l’ennui, de la torpeur, du relâchement du corps et de la maladie ; mais la jeune fille, s’armant du signe de la Croix, le mit en déroute par le fouet de la prière.

Lorsque la persécution de Dioclétien faisait rage (305), sainte Anysie, ayant atteint la plénitude des vertus et étant fermement établie dans la contemplation, trouva l’assurance d’adresser au Christ une prière instante pour devenir à son tour participante de sa mort vivifiante. Cette supplique fut entendue. Un jour, comme elle se rendait à l’église, elle fut abordée par un écuyer du tyran et interrogée avec rudesse. Sans aucune hésitation, elle se déclara alors servante de Jésus-Christ. Saisie par le rustre et traînée à terre jusqu’au temple des idoles pour sacrifier, pour toute réponse, elle lui cracha avec mépris au visage. Au comble de la fureur, l’homme dégaina son épée et transperça le flanc de la sainte qui rendit avec joie son âme au Seigneur pour trouver les délices éternelles dans la chambre nuptiale du Ciel. De pieux chrétiens purent récupérer son corps et l’ensevelirent un peu en dehors de la ville, dans un endroit où l’on construisit une église en son honneur, une fois la persécution terminée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de sainte Mélanie (fête anticipée) t. 4
L’âme éclairée par les rayons * de celui que la Vierge fit briller pour nous, * tu rayonnas par tes vertus, * car ayant distribué ton périssable trésor sur terre, * tu amassas les richesses des cieux * et dans l’ascèse resplendis brillamment; * c’est pourquoi, Mélanie, nous t’honorons de tout cœur.

Évangile du jour
(Mc X,11-16)

Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

16 décembre/29 décembre

16 décembre/29 décembre
Carême de la Nativité
Saint Aggée, prophète (VIème s. av. J.-C.) ; saint Marin, martyr à Rome (IIIème s.) ; sainte Théophano, impératrice de Constantinople (893-894) ; saint Adon, évêque de Vienne (875) ; sainte Sophie de Souzdal (1542) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir (Alexeev), prêtre (1918) ; Arcadius, évêque de Bejetsk, Élie (Tcheredeev), Paul (Favoritov), Théodose (Boldyrev), Vladimir (Damaskine), Alexandre (Kolokolov), Pierre (Zinoviev), prêtres, Macaire (Smirnov) (1937), moine.

SAINT PROPHÈTE AGÉE

Saint Aggée, prophète (VIème s. av. J.-C.)

Lorsque le roi des Perses Cyrus s’empara du royaume de Babylone (539 av. J.-C.), Dieu l’incita à renvoyer les Juifs, tenus captifs depuis la prise de Jérusalem (586), pour reconstruire le Temple sous la direction de Zorobabel, gouverneur de Juda, et de Josué le grand prêtre (Livre d’Esdras). Dès qu’ils furent de retour dans la Ville sainte, les rescapés restaurèrent le culte, selon les préceptes de la Loi, et commencèrent les travaux. Mais, bientôt découragés par l’opposition et les menaces des populations païennes environnantes, ils interrompirent leur ouvrage jusqu’au règne de Darius Ier (521-486). Les saints prophètes Aggée et Zacharie [8 fév.] furent alors suscités par Dieu pour réveiller leur énergie.

Originaire de la tribu sacerdotale de Lévi, Aggée était né à Babylone et avait accompagné les premiers Juifs de retour à Jérusalem. Sous l’inspiration de Dieu, il s’adressa à Zorobabel, à Josué et à tout le peuple (entre le mois d’août et le mois de décembre 520) et leur annonça que la sécheresse dont ils souffraient avait été envoyée par le Seigneur afin de les punir d’avoir abandonné la reconstruction du Temple. Par la bouche de son prophète, Dieu prédit qu’Il demeurera avec toute sa gloire et sa splendeur dans cette demeure, symbole du Temple spirituel et éternel, c’est-à-dire l’Église, le Corps du Christ.

Incitant les Juifs à reprendre le travail, c’est aussi aux rescapés de la Nouvelle Alliance, aux chrétiens, que s’adresse le prophète : Montez à la montagne, dit-il, rapportez du bois et réédifiez la Demeure : j’y mettrai ma complaisance et j’y manifesterai ma gloire (Ag 1, 8). Mais au lieu de pierres, de poutres et de clous, c’est eux-mêmes : leur conscience, leur âme, leur esprit et leur cœur, qu’ils doivent faire entrer comme pierres vivantes dans l’édification du temple spirituel de l’Église (1 Pierre 2, 5).

Après avoir prophétisé les bouleversements de l’univers qui précéderont l’établissement définitif de la gloire de Dieu dans son Temple restauré en disant : Encore un très court délai et j’ébranlerai le ciel et la terre, la mer et le sol ferme. J’ébranlerai toutes les nations, alors afflueront les trésors de toutes les nations et j’emplirai ce Temple de gloire (Ag 2, 6-7), le saint Prophète Aggée s’adresse à Zorobabel, figure du Messie à venir, pour lui dire, au nom de Dieu, qu’en lui le Père s’est complu, se servant de lui pour récapituler toutes choses célestes et terrestres, et faisant de lui comme un « sceau » pour les marquer de son image.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint prophète, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète saint Aggée, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Évangile du jour
(Mc VIII, 22-26)
On amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda, et dit: J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N’entre pas au village.

29 décembre

29 décembre
Après-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Les saints Innocents : 14000 enfants massacrés par Hérode à Bethléem (Ier s.) ; saint Trophime, premier évêque d’Arles (vers 250) ; saint Marcel, abbé du monastère des Acémètes (485) ; saint Evroult, abbé à Bayeux (vers 596) ; saint Florent, évêque de Bourges (664) ; saint Albert, abbé de Gambron (VIIème s.) ; saint Thaddée, confesseur (818) ; saints Marc le fossoyeur, Théophile et Jean des Grottes de Kiev (XIème-XIIème s.) ; saint Théophile d’Omoutch (XVème s.) ; saint Basilisque de Sibérie (1824) ; saint Laurent de Tchernigov (1950) ; saints néo-martyrs de Russie : Théodose (Belensky) (1938) ; Nathalie (Vasiliev), Nathanlie (Silouanov), Eudocie (Goussev), Anne (Borovsky), Matrone (Navolokine), Barbara (Dereviaguine), Anne (Popov), Eudocie (Nazine), Euphrosynie (Denisov), Agrippine (Kiselev) et Nathalie (Soundoukov) (1942).

LES SAINTS INNOCENTS

Les saints Innocents : 14000 enfants massacrés par Hérode à Bethléem (Ier s.)

Constatant qu’il avait été joué par les Mages, auxquels il avait recommandé de venir lui révéler le lieu où se trouvait l’Enfant-Roi qu’ils étaient venus adorer conduits par l’étoile, pour soi-disant aller lui aussi l’adorer, le roi Hérode (37-4 av. J.-C.), en fureur, ordonna à ses soldats de massacrer tous les enfants mâles de la bourgade de Bethléem et de la région environnante âgés de moins de deux ans. Il craignait tant ce rival, annoncé par des signes si extraordinaires et adoré par de hauts personnages venus de loin, qu’il préférait faire injustement mettre à mort d’innocentes victimes plutôt que de le laisser échapper ; c’est pourquoi il ordonna d’exécuter les enfants nés depuis la première apparition de l’étoile, selon le récit des Mages, jusqu’à ce jour. C’est ainsi qu’en ce jour, si sombre pour les mères de la tribu de Benjamin, fut réalisée la prophétie de Jérémie : Une voix a été entendue à Rama (c’est-à-dire sur le territoire de la tribu de Benjamin) des pleurs et des grandes lamentations ; c’est Rachel pleurant ses enfants, et elle n’a pas voulu être consolée, car ils ne sont plus (Mt 2, 18). En effet, c’est à Bethléem que se trouve le tombeau de Rachel, qui semblait alors se relever pour joindre sa lamentation à celle des mères de ces victimes du tyran, morts pour le Christ et à la place du Christ, prémices et fleurs des martyrs.

Le cruel roi s’était élevé en vain contre la volonté de Dieu en répandant tant de sang innocent, car Joseph, prévenu en songe par un ange, prit avec lui l’Enfant et sa mère et s’enfuit en Égypte avant le début du massacre. Ce fut là l’un des derniers crimes d’Hérode. Alors qu’il machinait l’assassinat de son fils Antipater, qui avait comploté contre lui, le vieux roi fut atteint d’un mal si étrange que tout le monde y vit un châtiment de Dieu. Un feu intérieur le dévorait lentement, ses entrailles et ses chairs entraient en putréfaction, comme s’il s’agissait d’un cadavre vivant, et faisaient naître des vers répugnants. C’est ainsi qu’il partit pour la damnation éternelle, non sans avoir répandu la terreur jusqu’à son dernier souffle, en faisant torturer tous ses opposants et en obtenant l’exécution de son fils Antipater.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Tropaire des saints Innocents, ton 1
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi * laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; * guéris toutes nos douleurs, * Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Tropaire de saint Marcel, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * bienheureux Marcel, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion des saints Innocents, ton 4
L’étoile envoie les Mages vers l’Enfant, * Hérode mande en vain une expédition injuste, * pensant tuer celui qui repose dans la crèche en nouveau-né.

Évangile du jour
(Mt II, 13-23)

Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J’ai appelé mon fils hors d’Égypte. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus. Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s’y rendre; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée, et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen.

28 décembre

28 décembre
Après-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Les 20000 martyrs brûlés à Nicomédie dont : saints Glycère, prêtre, Théophile, diacre, Zenon, Dorothée, Migdoine, Mardoine, Indes, Gorgon, Pierre, Euthyme, saintes Agathe, Domna, Théophilie et tous leurs compagnons (303) ; saint Nicanor, apôtre des 70 ; saint Antoine, moine à Lérins (525) saint Simon le Myroblite, fondateur du monastère de Simonos Petras (XIIIème s.) ; saint Ignace de Yaroslav (1591) ; saint Corneille de Krypets (1903) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicodème, évêque de Belgorod et Arcadius (Rechetnikov), diacre (1918), Alexandre (Dagaïev), prêtre (1920), Théoctiste (Khoperskov), Léonide (Viktorov), Nicolas (Rodimov), prêtres (1937), Aréthas (Nasonov) et Alexandre (Tsitseronov), prêtres (1938).

Les 20000 martyrs brûlés à Nicomédie dont : saints Glycère, prêtre, Théophile, diacre, Zenon, Dorothée, Migdoine, Mardoine, Indes, Gorgon, Pierre, Euthyme, saintes Agathe, Domna, Théophilie et tous leurs compagnons (303)

VINGT MILLE MARTYRS DE NICOMÉDIE
Lorsque l’empereur Maximien Galère rentra victorieux de sa guerre contre les Éthiopiens (304) , il décida d’offrir dans tout l’Empire des sacrifices pour remercier les dieux. Parvenu à Nicomédie avec ses trophées, il ordonna de rassembler tous les habitants de la région pour qu’ils rendent hommage aux dieux de l’Empire, sous peine de mettre à mort quiconque refuserait de se soumettre. Après avoir fait exécuter certains chrétiens, que leurs charges dans l’administration locale où leurs dignités à la cour rendaient particulièrement dangereux, le tyran envoya ses hommes, ivres de sang, dans les quartiers de la ville pour débusquer et mettre à mort dans de redoutables supplices tous les fidèles qui pouvaient se cacher. Chaque jour le nombre des victimes croissait, en rendant au Christ bon témoignage avant de partir vers la demeure éternelle des saints. Comme on approchait alors de la célébration de la Nativité, de perfides païens vinrent rapporter à l’empereur que l’évêque de Nicomédie, Anthime [3 sept.], l’âme de la résistance, avait rassemblé les chrétiens en grande foule dans l’église principale de la ville. Saisissant l’occasion, Maximien fit encercler le bâtiment par ses troupes, de sorte que personne ne puisse s’échapper ; puis, ayant fait accumuler tout autour de l’église une grande quantité de bois et de branchages et ayant installé devant la porte un autel des idoles, il fit clamer par ses hérauts aux chrétiens qui se trouvaient à l’intérieur en prière, que tous ceux qui voulaient avoir la vie sauve pouvaient sortir et sacrifier aux dieux. Le diacre Agapios s’élança alors vers l’ambon, saisi par un zèle divin plus brûlant que toute flamme de ce monde, et s’écria : « Souvenez-vous, mes frères, combien de fois nous avons admiré et nous avons célébré ces Trois Jeunes Gens qui, jetés dans la fournaise de Babylone, invitaient toute la création à chanter la gloire de Dieu, et comment le Verbe Créateur descendit alors sous une apparence corporelle pour les secourir et les rendre invulnérables, en les entourant d’une fraîcheur de brise et de rosée (Dn 3, 25-26). Le temps est venu pour nous maintenant de les imiter. Offrons-nous donc à cette mort temporaire pour l’amour de notre Maître, afin de régner avec Lui dans l’éternité ! » Toute l’assemblée répondit alors d’une seule voix aux envoyés de Maximien : « Nous croyons au Christ Dieu et c’est pour Lui que nous livrons notre vie ! »

Pendant que les soldats commençaient à mettre le feu à l’immense bûcher, saint Anthime fit rassembler par ses diacres tous ceux qui n’étaient encore que catéchumènes, il les baptisa, les oignit du saint Myron et célébra la Divine Liturgie, à l’issue de laquelle tous les assistants communièrent au Corps et au Sang de notre Seigneur Jésus-Christ. Armés d’une force divine et étroitement unis comme en un seul corps par le Christ qui habitait en eux, les saints martyrs n’éprouvèrent aucune crainte en voyant les flammes s’élever de toutes parts et l’épaisse fumée commencer à remplir l’église. Ils chantèrent avec allégresse à l’unisson le cantique des Trois Jeunes Gens : Vous toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur : chantez-Le et exaltez-Le éternellement (Dn 3, 34sv.), jusqu’à ce que les derniers d’entre eux rendissent l’âme en suffoquant.

L’édifice fut la proie des flammes pendant cinq jours. Quand on put enfin approcher des ruines fumantes, chacun put constater que le lieu était entouré d’une lumière éclatante et qu’au lieu de l’âcre odeur de la chair carbonisée, il était imprégné d’un suave et merveilleux parfum. Les saints qui furent alors glorifiés étaient, dit-on, au nombre de vingt mille. Saint Anthime, quant à lui, échappa par miracle à l’incendie, afin de conduire par son enseignement un grand nombre d’âmes au salut et à la nouvelle naissance par le saint Baptême, avant de consommer à son tour son union au Christ par le martyre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Tropaire des martyrs de Nicomédie, ton 2
Bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, * victorieux Athlètes du Seigneur, * et saintes sont les demeures qui abritent vos esprits, * puisque vous avez triomphé de l’Ennemi dans l’arène * en proclamant avec courage le Christ: * obtenez-nous de sa bonté * par vos prières le salut de nos âmes.

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.
Évangile du jour
(Lc X, 19-21)

Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

15 décembre (ancien calendrier)/28 décembre (nouveau)

15 décembre (ancien calendrier)/28 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, sa mère sainte Anthie et saint Corèbe, éparque, martyrs (IIème s.) ; saint martyr Eleuthère le Cubiculaire (IVème s.) ; saint Parde, ermite (VIème s.) ; saint Paul, moine au Mont Latros (955) ; saint Etienne, archevêque de Souroge en Crimée, confesseur (787) ; saint Mesmin, moine près d’Orléans (VIème s.) ; saint Tryphon de Petchenga apôtre de la Laponie (1583) ; saints néo-martyrs de Russie : Hilarion, archevêque de Vereïsk (1929) ; Alexandre (Rojdestvensky), Basile (Vinogradov), Victorin (Dobronravov), prêtres (1937).

Saint Éleuthere

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, (IIème s.)

Le glorieux martyr du Christ Éleuthère, éponyme de la liberté, vit le jour à Rome au cours du second siècle . Laissé très tôt orphelin de père, il fut élevé dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes vertus par sa pieuse mère, Anthie (Évanthie), qui avait reçu la sainte foi des disciples de l’Apôtre saint Paul. Confié à l’évêque de Rome, Anicet (155-166), pour son éducation, le jeune garçon manifesta de telles qualités qu’il franchit rapidement tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique. Ordonné diacre à quinze ans et prêtre à dix-sept ans, il fut consacré par le pape évêque d’Illyrie à l’âge de vingt ans . Malgré sa jeunesse, il n’en avait pas moins atteint, par sa foi et son zèle ardent, l’état d’un homme mûr dans la connaissance de Dieu, à la mesure de la taille du Christ possédée dans sa plénitude (Éph 4, 13), et il parvenait à convertir un grand nombre de païens au moyen de sa parole, confirmée par de nombreux miracles.

Sa renommée grandissante et la nouvelle de ses succès parvinrent jusqu’aux oreilles de l’empereur qui, inquiet de la force croissante de l’Église, envoya un de ses généraux, Félix, à Avlona en Épire, pour arrêter le saint évêque. Voyant l’aspect rayonnant de ce jeune pasteur au milieu de ses brebis et charmé par la douceur de son enseignement, le rude soldat abandonna à son tour les vanités de ce monde, crut au Christ et aux promesses de la vie éternelle, se fit baptiser et se présenta, en compagnie du saint, devant le tyran, impatient de trouver la perfection en versant son sang. Interrogé par le souverain, le vaillant Éleuthère resta aussi insensible à ses flatteries qu’à ses menaces et, confessant le Christ vrai Dieu, il lui assura que les tortures ne sont que jeux d’enfants pour ceux qui ont revêtu la Croix, et que la mort pour le Christ est pour eux délices, réjouissance et promesse d’une gloire éternelle. D’abord jeté sur un lit de bronze incandescent, puis étendu sur un gril et recouvert d’huile bouillante et de diverses autres matières brûlantes, il demeura indemne, comme rafraîchi par la grâce. Et, sans rien perdre de sa liberté de parole, il blâma le tyran qui persécutait les paisibles brebis du Christ comme un loup d’Arabie (Hab 1, 8). Sur le conseil du préfet de la ville, Coremmon (ou Corembon), homme cruel et à l’imagination fertile en matière de torture, on confectionna un four muni de broches pointues aux deux extrémités pour y précipiter le vaillant athlète de la foi. Mais, comme Éleuthère élevait alors une ardente prière pour la conversion de ses ennemis, le féroce Coremmon, soudain illuminé par le Saint-Esprit, prit la défense du saint, confessa le Sauveur et pénétra avec hardiesse dans le fourneau qu’il avait fait chauffer pour l’évêque. Préservé lui aussi par la grâce, il fut ensuite décapité.

Saint Éleuthère, décidément inaccessible au feu des supplices, fut enfermé dans un sombre cachot, où une colombe venait régulièrement lui apporter de la nourriture. Attaché ensuite derrière des chevaux sauvages lancés au galop, il fut délivré par l’intervention d’un ange et alla se réfugier sur les hauteurs d’une montagne voisine. Il y vécut seul, paisiblement, pendant quelque temps, en compagnie des bêtes sauvages qui, au moment où il chantait l’office divin, s’arrêtaient, pleines de respect, et adressaient avec lui par leur silence un cantique de louange au Dieu de l’univers. Découvert par des chasseurs, il fut de nouveau arrêté et, en chemin vers Rome, il convertit ses gardiens ainsi qu’un grand nombre d’autres païens, qu’il régénéra par le saint baptême avant de comparaître devant le tyran. Il fut jeté aux lions dans l’amphithéâtre à l’occasion d’une fête, mais les fauves les plus redoutables vinrent jouer à ses pieds comme d’inoffensifs chatons. Finalement, saint Éleuthère trouva la délivrance de cette vie passagère et fut couronné en ayant la tête tranchée. Le glaive venait à peine de s’abattre que sa mère, Anthie, se précipita vers le corps immolé de son fils et l’étreignit avec amour, en le glorifiant d’avoir si vaillamment combattu pour le Seigneur. Les bourreaux se ruèrent alors sur elle, et mêlèrent son sang à celui de saint Éleuthère. Selon la tradition populaire, saint Éleuthère est invoqué par les femmes enceintes pour obtenir une heureuse délivrance .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Éleuthère, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Nous te célébrons, vénérable Père, tous en chœur, * splendeur des Evêques et modèle des victorieux Athlètes; * pontife et martyr Éleuthère, nous t’en prions, * délivre des multiples dangers * ceux qui célèbrent ta mémoire de tout cœur * et sans cesse intercède en faveur de nous tous.

Évangile du jour
(Mc VIII, 11-21)

Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l’autre bord. Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit cette recommandation: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas de pains. Jésus, l’ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n’avez pas de pains? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas? Et n’avez-vous point de mémoire? Quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés? Douze, lui répondirent-ils. Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées? Sept, répondirent-ils. Et il leur dit: Ne comprenez-vous pas encore?

27 décembre

27 décembre
Dimanche après la Nativité ; Mémoire de saint Joseph le Fiancé, du saint prophète et roi David, et de saint Jacques, le frère du Seigneur ; saint Étienne (ou Stéphane), premier diacre et premier martyr (vers 34) ; saint Théodore « le marqué », confesseur, frère de saint Théophane l’hymnographe (vers 840) ; saint Théodore, archevêque de Constantinople (vers 686) ; saints néo-martyrs de Russie : Tikhon, archevêque de Voronège (1919), Antonina (Brianskikh) (1937).

SAINT JOSEPH LE FIANCÉ, SAINT PROPHÈTE DAVID ET SAINT JACQUES

David, le roi-prophète, était le dernier des huit fils de Jessé, qui demeurait à Bethléem vers l’an 1000 avant notre Seigneur . Jeune berger à la chevelure rousse, au beau regard et à la tournure svelte et agile, il se distinguait par sa piété, sa sagesse, son humilité et sa grande douceur, que ne contredisait pas sa bravoure dans les combats. Suite à la désobéissance du roi Saül, Dieu se détourna de ce dernier et envoya le Prophète Samuel pour oindre en secret l’humble David, comme roi d’Israël, en lui promettant sa bienveillance sur lui et sur sa descendance pour toujours. Dès lors, l’esprit de Dieu s’écarta de Saül, le livrant périodiquement à de violentes crises de délire, et vint reposer sur le jeune pâtre. Appelé au chevet du roi, il calmait ses terreurs par les douces mélodies qu’il lui chantait au son de sa lyre, et il gagna ainsi sa faveur. Lorsque les Philistins déclarèrent la guerre à Israël, David s’avança seul, sans équipement de guerre, accompagné par la raillerie des uns et par la stupeur des autres, pour relever le défi lancé par le géant Goliath et se mesurer en combat singulier avec celui qui avait la réputation d’être invincible. Courant vers son adversaire, en ne se confiant en rien d’autre que dans le Nom du Seigneur, il l’abattit de la première pierre qu’il lui jeta au front au moyen de sa fronde. Devenu officier à la suite de ce succès, il remportait victoire sur victoire et acquit une telle renommée dans le peuple que le roi, saisi d’une furieuse jalousie, chercha à plusieurs reprises à faire disparaître celui-là même qu’il avait pourtant fait son favori et à qui il avait accordé sa fille en mariage. Il l’envoyait dans les campagnes les plus risquées, pour qu’il mourût au combat, mais chaque fois David revenait vainqueur, couvert d’un surcroît de gloire, ce qui augmentait d’autant la haine de Saül. Grâce à l’assistance de Jonathan, le fils de Saül, qui l’aimait comme son propre frère, David put échapper aux entreprises meurtrières du roi et s’enfuit de la cour. Ne pouvant trouver refuge chez les Philistins, il commença à mener une vie errante à la tête d’une troupe d’environ six cents hommes, membres de sa famille et gens opprimés par le tyran. Partout où ils allaient, ils étaient poursuivis par Saül et ses soldats, qui mettaient à mort quiconque venait en aide aux fugitifs ; mais Dieu intervenait à chaque fois pour les secourir. À deux reprises, David se trouva dans la possibilité d’abattre son ennemi, mais il l’épargna par grandeur d’âme et par respect pour celui qu’il considérait humblement comme l’oint du Seigneur et comme le souverain légitime.
Craignant de nouveaux emportements de Saül, David et sa troupe trouvèrent finalement asile à Gad, chez le roi des Philistins Akish, et menèrent la guerre contre les tribus nomades de la contrée. Quand une nouvelle guerre éclata entre les Philistins et Israël, on l’écarta du conflit et il partit lutter contre les Amalécites. À son retour, après la grande défaite d’Israël à Gelboé, David se lamenta à grands cris sur la mort de son cher ami Jonathan et pleura sincèrement la perte de Saül, composant en leur honneur une émouvante élégie. Sur ordre de Dieu, il monta alors à Hébron et fut reconnu comme roi par la tribu de Juda, alors qu’Ishbaal, fils de Saül, était institué souverain des autres tribus par Abner, le chef de l’armée. Une guerre intestine éclata entre les deux royaumes et, au bout de sept ans, le royaume du Nord s’étant soumis, David put être reconnu comme roi unique sur tout le peuple d’Israël et installa sa capitale à Jérusalem, qu’il avait gagnée sur les Jébuséens.
Après de nouvelles victoires sur les Philistins et autres tribus païennes, l’élu de Dieu étendit les limites de son royaume de l’Euphrate (Est) à la Méditerranée (Ouest) et du Liban (Nord) au désert d’Arabie (Sud). Puis, dans un grand concert de musique, de chants de joie et d’hymnes d’action de grâces, il fit transporter l’Arche d’Alliance à Jérusalem, devenue dès lors non seulement la capitale du royaume terrestre d’Israël, mais aussi le centre spirituel du peuple élu, la ville sainte où Dieu fait reposer sa gloire, l’image et la figure prophétique de la Jérusalem céleste qui descendra des cieux à la fin des temps (Ap 21). David avait fait serment au Seigneur de ne pas s’accorder de repos tant qu’il n’aurait pas trouvé un lieu de séjour et un tabernacle pour le Dieu de Jacob (Ps 131, 5). Aussi, voyant dans cette procession la réalisation de son vœu, il fut saisi d’une telle joie que, comme en extase, il prit la tête du cortège en chantant et en dansant de toutes ses forces, sans en éprouver de honte. Par la suite, il organisa avec soin le déroulement des sacrifices et des cérémonies liturgiques, pour que tout s’accomplisse avec ordre et dignité, et il répartit les rôles respectifs des prêtres et des lévites consacrés au service du Seigneur. Le roi lui-même, inspiré par l’Esprit Saint, composa un grand nombre de psaumes pour louer Dieu et servir dans le culte. Ces psaumes de David, qui constituent la base de notre Psautier, expriment en des accents inimitables toutes les attitudes de l’homme devant Dieu et offrent de ce fait la matière première de la prière de l’Église, tant privée que publique.
Modèle de vertu dans ses actions et de sagesse dans ses paroles, David fut le plus glorieux des rois d’Israël et figura par avance le Messie, Jésus-Christ, nommé justement le fils de David — c’est-à-dire issu de sa lignée selon la chair — qui viendra réaliser par sa Résurrection les promesses faites par Dieu au roi-prophète (Act 13, 32). C’est ainsi que le nom même de David est devenu synonyme du Sauveur attendu pour instaurer sur la terre un royaume spirituel qui n’est pas de ce monde (Jn 18, 36) : Moi dit le Seigneur, je serai pour eux un Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux (Éz 34, 23).
Malgré cette élection divine et toutes ses vertus, le roi David ne parvint pas pourtant au plein accomplissement de son désir : l’édification du Temple, où la gloire de Dieu puisse demeurer pour toujours sur la terre, car une telle œuvre sainte devait être accomplie par quelqu’un qui n’eût pas souillé ses mains en versant le sang et en combattant à la guerre. Ce sublime honneur fut réservé à son fils Salomon, le sage d’entre les sages, qui hérita du royaume pacifié par son père et put consacrer tous ses efforts à la construction de la maison de Dieu. Quant à David, il ne put que préparer et rassembler tous les matériaux nécessaires.
Comblé de faveurs, David n’avait pas cependant la perfection de son descendant, Jésus. Étant homme, il était soumis aux passions et tomba dans le péché. Quoiqu’il eût déjà vingt épouses, sa convoitise n’en était pas pour autant assouvie. Apercevant un jour la belle Bethsabée, il s’éprit d’elle à tel point qu’il n’hésita pas à envoyer son mari, Urie le Hittite, à une mort certaine en donnant l’ordre de le placer en première ligne lors du siège de Rabba, afin de se débarrasser de lui. Une fois le deuil légal accompli, il épousa Bethsabée et obtint d’elle un fils, qui mourut peu de temps après, frappé par la colère divine. Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (Éz 33, 11), n’abandonna pas son élu dans le gouffre de la perdition, et Il lui envoya le prophète Nathan qui, par un habile détour, fit réaliser au roi l’horreur de son péché. Aveuglé par son désir coupable, il avait été conduit jusqu’au meurtre ; mais dès que sa conscience fut réveillée par la réprimande du prophète, il reconnut avec humilité son péché devant Dieu et montra un si parfait repentir que le psaume qu’il entonna alors : Aie pitié de moi ô Dieu dans ta grande miséricorde, en ton immense compassion efface mon iniquité… (Ps 50) est devenu pour tous les pécheurs le modèle de la prière qu’ils doivent élever vers le Seigneur pour implorer son pardon. Exaucé par Dieu, il obtint un nouveau fils de Bethsabée, Salomon, mais il eut à souffrir vers la fin de sa vie de la révolte de son autre fils, Absalon, qui essaya de s’emparer du pouvoir et contraignit le roi à prendre la fuite, comme au temps de sa jeunesse. Finalement le rebelle mourut au combat, tué par Joab, le général de David ; mais, au lieu de se réjouir de cette victoire, le roi, dont le cœur ignorait la rancune, s’effondra en larmes, en se lamentant sur la mort de celui qu’il n’avait jamais cessé de considérer comme son fils.
Après avoir rétabli la paix entre les tribus d’Israël et de Juda qui se disputaient ses faveurs, David fit sacrer Salomon comme successeur, lui recommandant de garder la piété et d’achever la construction du Temple. Puis, rendant grâce à Dieu pour toutes les actions d’éclat qu’Il avait réalisées par sa main, il exhorta l’assemblée du peuple à louer le Nom du Seigneur, et il s’endormit en paix dans sa cité de Jérusalem, âgé de soixante-dix ans. Il avait régné quarante ans : sept ans à Hébron sur Juda et trente-trois ans à Jérusalem sur les douze tribus d’Israël.

JOSEPH, qui fut assez saint et juste pour devenir le témoin et le serviteur du grand mystère de l’Incarnation, était de la tribu royale de Juda et de la maison de David. Fils de Jacob (Mt 1, 16) et gendre d’Élie , il exerçait la modeste profession de charpentier à Nazareth et avait obtenu d’un premier mariage quatre fils : Jacques, José, Jude et Simon (ou Syméon), et trois filles : Esther, Marthe et Salomé, femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean . Devenu veuf et ayant atteint le seuil de la vieillesse, il fut choisi sur un signe divin par le grand prêtre pour devenir le protecteur et le gardien de la virginité de la Toute-Sainte, au sortir du Temple où elle avait demeuré jusqu’à l’âge de douze ans, et parut ainsi aux yeux de tous comme son époux légitime.
Or, pendant le temps de leurs fiançailles, la Sainte Vierge conçut par l’opération du Saint-Esprit, et quand elle revint à Nazareth après son séjour de trois mois auprès d’Élisabeth, les premiers signes de la maternité se révélèrent en elle, laissant le juste et pieux Joseph dans une anxiété inexprimable : comment la Vierge consacrée au Seigneur pouvait-elle être coupable de secrètes relations ? Sa rigueur morale exigeait qu’il la répudiât, mais, homme juste et compatissant, il ne voulait pas livrer la jeune fille à l’opprobre publique ; aussi, se réfugiant dans la prière, forma-t-il le dessein de la renvoyer en secret. Mais un ange du Seigneur lui apparut alors en songe, le rassura en lui apprenant que cette conception était l’œuvre du Saint-Esprit et lui prescrivit de devenir le père adoptif de l’enfant, chargé de sa protection et de son éducation.
Joseph prit Marie chez lui, on célébra les noces ; mais le Juste garda secret le grand mystère auquel il avait été initié, jusqu’au moment où ils durent partir pour se faire recenser à Bethléem. Joseph fut un des premiers témoins de la merveille des merveilles : la naissance du Dieu incarné et il reçut le privilège, réservé au père, de donner à l’enfant son nom : JESUS. Après la visite des Mages et des Bergers, l’ange du Seigneur le visita de nouveau pendant son sommeil, lui recommandant de prendre sur l’heure Marie et l’Enfant, et de fuir en Égypte pour échapper aux desseins meurtriers d’Hérode. De retour à Nazareth, une fois le danger écarté, il reprit sa profession de charpentier et l’enseigna, ainsi que tout son savoir sur les préceptes de la Loi, à Jésus, le Verbe Créateur et Législateur, qui s’était fait faible et ignorant pour nous relever et nous initier à la vraie connaissance.
Les années de l’enfance de notre Seigneur se passèrent ainsi dans l’effacement, la paix, le recueillement, le travail quotidien et l’obéissance à ses parents terrestres, sous la protection de Joseph, le silencieux gardien des mystères, et de la Mère de Dieu qui gardait et méditait pour nous en son cœur les merveilles de l’Incarnation de Dieu. Parvenu au seuil de la vie publique du Seigneur Jésus, Joseph, ayant accompli sa mission dans l’humilité et le dévouement, remit son âme à Dieu en présence de Jésus et de Marie. D’après la légende, il aurait alors prononcé ces paroles : « Les douleurs et les craintes de la mort m’environnent, mais mon âme a retrouvé le calme dès que j’ai entendu ta voix, Jésus mon défenseur, Jésus mon sauveur, Jésus mon refuge, Jésus dont le Nom est doux à ma bouche et au cœur de tous ceux qui t’aiment » .

Saint JACQUES le Juste, fils de Joseph et frère de Jésus, est commémoré séparément le 23 octobre. Il est associé aujourd’hui à David, l’illustre ancêtre du Christ, et à Joseph, son père adoptif, pour compléter le tableau de sa parenté, en évoquant aussi sa descendance spirituelle, car saint Jacques devint le premier évêque de Jérusalem, la mère des Églises .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Tropaire de saint Joseph, ton 2
Annonce, Joseph, les merveilles à David l’ancêtre de Dieu : tu as vu la Vierge enfanter ; tu as glorifié avec les bergers ; tu as adoré avec les mages ; tu as été averti par l’Ange. Prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Joseph, saint Jacques et du saint prophète David, ton 3
Le saint roi David est comblé d’allégresse en ce jour et Joseph offre sa louange avec Jacques; ayant reçu la couronne par la parenté avec le Christ, ils se réjouissent et chantent Celui qui sur terre est né ineffablement et s’écrient : Sauve, Miséricordieux, ceux qui célèbrent Ton nom.

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.
Évangile du jour
(Mt II,13-23)
Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J’ai appelé mon fils hors d’Égypte. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus. Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s’y rendre; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée, et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen.

14 décembre (ancien calendrier)/27 décembre (nouveau)

14 décembre (ancien calendrier)/27 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; saints Philémon, Apollonius, Arien et Théoctiste, martyrs en Égypte (287) ; saint Nicaise, évêque de Reims, sa soeur, sainte Eutropie, et deux compagnons, martyrs à Reims (407) ; saint Lupicin, évêque de Vienne (IVème s.) ; saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers, hymnographe (610) ; saint hiéromartyr Nicolas (Kovalev), prêtre (1937).

LES ANCÊTRES DU SEIGNEUR

Les Ancêtres du Seigneur

La préparation la plus importante pour la Nativité du Christ est constituée par les offices des deux derniers dimanches précédant cette fête, qui sont consacrés à la mémoire des ancêtres du Sauveur selon la chair et, en général, à tous les justes de l’Ancien Testament qui attendaient la venue de Celui-ci. L’un de ces dimanches est appelé celui des « ancêtres » et l’autre, celui des « pères ». En fait, le premier a reçu son appellation (en grec « Πропатόрων ») parce qu’il précède le second (« Παтέрων »), mais tous deux célèbrent, sans différence, tous les justes de l’Ancien Testament. Certains des « ancêtres » font l’objet de louanges particulières, par exemple : « Honorons Adam le premier, couronné d’honneur par la main du Créateur » ; « Le Dieu et Seigneur de l’univers agréa les dons offerts par Abel avec une âme pleine de noblesse » ; « Enoch, ayant été agréable au Seigneur fut enlevé en gloire, étant plus fort que la mort ». Le sens de la fête est exprimé de la façon la plus concise dans son tropaire, qui mentionne trois traits distinctifs chez les ancêtres du Seigneur, qui se trouvent en dépendance les uns des autres : 1) leur foi, 2) le fait que par eux le Christ s’est « fiancé » à l’Eglise des païens ; Il a, en quelque sorte, rassemblé des païens pour les appeler à Son Eglise (nombre des ancêtres du Seigneur n’appartenaient pas au peuple élu), et 3), le fait que de leur semence provenait la Très Sainte Vierge Marie qui, cependant, enfanta elle-même le Christ sans semence. Les mélodies du dimanche des saints ancêtres sont plus tristes que joyeuses (par exemple le 2ème ton utilisé pour le tropaire). Ceci reflète la langueur avec laquelle on attendait la venue du Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire des saints Ancêtres, ton 2
Par la foi tu as justifié les Ancêtres, en épousant d’avance par eux l’Eglise de la gentilité. Ces saints sont fiers, dans la gloire, car de leur lignée devait naître un fruit glorieux, celle qui t’a engendré virginalement. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints Ancêtres, ton 6
Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré l’image faite de main d’homme, mais fortifiés par l’Essence indescriptible, dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. Hâte-Toi, ô Miséricordieux, viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon Ta volonté.

Évangile du jour
(Lc XIV, 16-24)

Le Seigneur dit: Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. À l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés: Venez, car tout est déjà prêt. Mais tous unanimement se mirent à s’excuser. Le premier lui dit: J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis aller. Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le serviteur dit: Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

26 décembre

26 décembre
Après-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus. Synaxe de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie ; saint Euthyme, évêque de Sardes, martyr (vers 840) ; saint Constantin de Sinnade, confesseur (IXème s.) ; saint Evariste, moine à Constantinople (897) ; saint Nicodème de Tismana (1406) saint Constantin le Russe, néo-martyr grec (1742) ; saints néo-martyrs de Russie : Isaac (Bobrakov), moine (1938) ; Alexandre (Volkov) et Démètre (Tchistoserdov), prêtres (1918) ; Nicolas (Tarbeev), Michel (Tcheltsov), Nicolas (Zalessky), prêtres et Michel (Smirnov), diacre (1930) ; Léonide, évêque de Mariisk, Alexandre (Krylov), prêtre, Basile (Mazourenko), moine, Anthousa (Sysoïev) et Macaire (Sapykine) (1937), Grégoire (Serbarinov), prêtre, Augusta (Zachtchouk) et Marie (Latkionov), Agrippina (Lesine) (1938.

SYNAXE DE LA MERE DE DIEU

Synaxe de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie

Après avoir offert hier avec les anges, les Mages et les Bergers notre adoration au Dieu fait homme et né petit-enfant pour notre Salut, il convient de rendre hommage aujourd’hui à sa Mère, la toute sainte Vierge Marie. L’Église nous la présente auprès de son enfant dans la grotte, à la fois comme l’instrument choisi et préparé par Dieu dans toutes les générations pour l’accomplissement du grand mystère de son Incarnation, et aussi comme la nouvelle Ève, la première et la plus éminente représentante du genre humain renouvelé.

Comment l’entendement humain pourrait-il saisir la manière inouïe que Dieu a choisie pour paraître parmi les hommes ? Le Fils unique de Dieu, né du Père éternellement sans écoulement ni division, est conçu dans le sein de la Vierge, sans le concours d’un homme, par l’opération du Saint-Esprit, et se soumet volontairement aux lois de la naissance et de la croissance en les renouvelant. Sans sortir de sa nature, sans cesser de demeurer dans le sein du Père, Jésus prend sur lui la nature humaine et devient fils unique de la Vierge, tissant dans ses chastes entrailles la tunique de pourpre de son corps. Deux naissances : l’une divine et éternelle, l’autre humaine et soumise au temps ; mais un seul Fils, le Verbe de Dieu fait homme. Une seule Personne naît d’elle, le Dieu-homme (Théanthropos) : sans mère selon sa nature divine et sans père selon sa nature humaine. Il unit si étroitement ce qui était séparé par un gouffre infranchissable que, sans se confondre, les propriétés de la nature divine et celles de la nature humaine s’échangent en Lui de manière ineffable. Tout comme lorsqu’on plonge dans le feu une pièce de fer, le feu reçoit du fer la solidité et le fer acquiert la chaleur et la lumière du feu, de même ici, la Divinité souffre volontairement la faiblesse de la chair et l’humanité est revêtue de la gloire de Dieu ; de sorte qu’on peut célébrer en toute vérité la Toute-Sainte comme vraiment MÈRE de DIEU (Théotokos) . « Ce terme résume tout le mystère de l’Économie, écrit saint Jean Damascène, car si la Mère est Théotokos, c’est que son Fils est sûrement Dieu et sûrement homme ». Le petit enfant couché dans la crèche, n’est pas en effet un simple homme appelé à recevoir par la suite la grâce divine en récompense de ses vertus, comme les saints, ou comme les prophètes, un élu de Dieu, ou encore un homme divinisé (théophore); mais il est véritablement le Verbe de Dieu, la seconde Personne de la Sainte Trinité, qui a pris sur Lui l’humanité pour la renouveler, pour la recréer et restaurer en Lui-même l’image de Dieu, ternie et déformée par le péché.

Paradis spirituel du Second Adam, Temple de la Divinité, Pont qui relie la terre au Ciel, Échelle par laquelle Dieu descend sur la terre et l’homme remonte au Ciel, la Mère de Dieu est devenue plus vénérable que les chérubins, les séraphins et toutes les puissances célestes ; en abritant le Christ son sein est apparu « plus vaste que le ciel », car il est désormais le Trône de Dieu. Grâce à elle, l’homme est élevé plus haut que les anges, et la gloire de la Divinité resplendit désormais dans le corps.

Devant un tel mystère, l’esprit humain, pris de vertige, préfère se prosterner dans le silence et la foi, « car là où Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu » . Avec Joseph, le Silencieux, éclairé par l’étrange lumière qui brillait dans les ténèbres de la grotte, il contemple la Toute-Sainte assise, paisible et radieuse auprès de l’Enfant qu’elle avait elle-même emmailloté et déposé dans la crèche. Aucune trace en elle des douleurs de l’enfantement et de l’abattement qui le suit chez les autres femmes : il convenait en effet que celle qui, vierge dans son âme et dans son corps, n’a pas conçu dans le plaisir, n’enfantât pas non plus dans la douleur. Vierge avant la conception, vierge dans l’enfantement et vierge à jamais après la naissance du Sauveur, elle annonçait ainsi aux femmes la joie et la délivrance de la malédiction portée sur Ève, la première mère, le jour de la transgression (Gn 3, 16).

Un nouveau mode d’existence s’ouvre donc aujourd’hui pour la nature humaine : car de même que Dieu a choisi la virginité pour naître corporellement en ce monde, de même c’est par la virginité qu’Il veut apparaître et grandir de manière spirituelle dans l’âme de chaque chrétien qui suivra dans sa vie le modèle de la conduite de la Mère de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de la Synaxe de la Mère de Dieu, ton 6
Celui que le Père engendre avant l’aurore sans mère dans le ciel * sans père s’incarne de toi sur la terre en ce jour; * un astre en donne aux Mages la bonne nouvelle, * tandis que les Anges en compagnie des Bergers * chantent ton pur enfantement, * Vierge comblée de grâce par Dieu.

Évangile du jour
(Mt II,13-23)

Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J’ai appelé mon fils hors d’Égypte. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète: On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus. Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode, son père, il craignit de s’y rendre; et, divinement averti en songe, il se retira dans le territoire de la Galilée, et vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen.

13 décembre (ancien calendrier)/26 décembre (nouveau)

Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304)

Carême de la Nativité

Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304) ; saint Aubert (ou Albert), évêque de Cambrai et d’Arras (vers 668) ; saint Josse, prêtre à Saint-Omer (669) ; sainte Odile, abbesse en Alsace (vers 720) ; saint Arcadius de Novy Torg (XIème s.) ; saint Mardaire, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint hiéromartyr Gabriel, patriarche de Serbie (1659) ; saint Dosithée, métropolite de Moldavie (1693) ; saint Germain d’Alaska (1836) et des premiers martyrs de l’Église Orthodoxe en Amérique, saint Juvénal (1796) et saint Pierre l’Aléoute (1815).

Saints martyrs Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste

À l’époque de l’implacable persécution lancée par l’empereur Dioclétien (vers 305), la terreur régnait et le sang coulait à flots, jusque dans les régions les plus extrêmes de l’Empire. Où qu’ils se trouvassent, les chrétiens de toutes conditions devaient alors choisir entre l’apostasie ou le martyre. Dans la ville de Satala, en Arménie, vivait alors un brillant aristocrate, Eustrate, conseiller de rang ducal et chef des notaires impériaux de la cité, qui jusque-là avait pu garder secrète son appartenance à l’Église. Devant les glorieux combats des confesseurs de la foi, il fut saisi lui aussi du désir d’obtenir la couronne inflétrissable des martyrs ; mais il craignait encore la perspective des supplices : peut-être n’aurait-il pas le courage de les endurer et reculerait-il ? Pour savoir si la volonté de Dieu était bien qu’il s’avançât au combat, il confia sa ceinture, signe de sa dignité, à l’un de ses serviteurs, en lui recommandant d’aller la poser sur l’autel de l’église et de lui dire si la première personne qui allait entrer dans la sanctuaire pour la prendre serait bien le vénérable prêtre Auxence. Comme il en fut ainsi, encouragé par ce signe et ne craignant plus ceux qui ne peuvent tuer que le corps (Mt 10, 28), il invita ses amis et ses proches à venir partager sa joie dans un grand banquet, au cours duquel il leur annonça qu’il allait bientôt recevoir un trésor inaltérable.

Le lendemain, comme le duc Lysias faisait comparaître les prisonniers chrétiens à son tribunal, au centre de la ville, Eustrate s’avança soudain, se déclara chrétien et demanda à être associé à leur sort D’abord stupéfait, le magistrat le fit dépouiller des signes de sa charge et le fit fustiger à nu, avant de le soumettre à l’interrogatoire. Puis, suspendu en l’air par des cordes au-dessus d’un brasier, il fut à nouveau sauvagement frappé. Tout en restant aussi indifférent à la douleur que si c’était le corps d’un autre qui était supplicié, il s’adressa à Lysias, en le remerciant de lui procurer une telle joie et dit : « Maintenant je sais que je suis le temple de Dieu et que le Saint-Esprit habite en moi ! » Et malgré le sel et le vinaigre répandus sur ses plaies, il se trouva miraculeusement guéri le soir même. Devant la constance du martyr et l’assistance qui lui était accordée par la grâce divine, un de ses concitoyens et subordonnés, l’officier Eugène, s’élança à son tour vers le juge, et demanda à combattre avec Eustrate et les autres confesseurs.

Au petit matin, on fit sortir les prisonniers de leur cachot pour les emmener à pied vers Nicopolis et, avec une cruelle ironie, Lysias tint à honorer le rang d’Eustrate en le chaussant de sandales couvertes de gros clous pointus. Après deux jours de marche épuisante, comme le cortège passait dans la ville natale de saint Eustrate, Arauraka, un certain Mardaire le reconnut en se penchant à la fenêtre. Admiratif devant son renoncement à toute gloire et plaisir de ce monde, et encouragé au combat par sa propre épouse, il se décida à se livrer lui aussi aux soldats et rejoignit avec empressement les glorieux disciples du Christ, après avoir dit adieu à ses deux enfants et avoir confié le soin de sa famille à un généreux ami.

Le prêtre Auxence comparut le premier devant Lysias. À la suite d’une audience expéditive, on l’emmena dans une forêt profonde et retirée, où il eut la tête tranchée, et son corps fut abandonné en pâture aux bêtes sauvages. Mais, grâce à Dieu, de pieux chrétiens vinrent un peu plus tard récupérer ses précieux restes et découvrirent sa tête dissimulée dans un fourré, grâce à l’intervention d’une corneille.

Après Auxence, le juge convoqua Mardaire ; mais, à toutes ses questions, il ne put obtenir que la réponse laconique : « Je suis chrétien ! » Il lui fit alors percer les chevilles et le fit pendre la tête en bas, en donnant l’ordre à ses hommes de le frapper jusqu’à la mort au moyen de broches en métal brûlant. Un peu avant de rendre l’âme, Mardaire prononça cette prière que l’Église Orthodoxe répète quotidiennement :
« Maître Dieu, Père Tout-Puissant, Seigneur Jésus-Christ, Fils unique et Saint-Esprit, Une seule Divinité, Une seule Puissance, aie pitié de moi pécheur ; et par les jugements que tu connais, sauve-moi, ton indigne serviteur, car tu es béni pour les siècles des siècles Amen ».

Amené à son tour devant le tyran qui était plein de haine furieuse, à cause de son assurance et de son ton résolu, Eugène eut la langue et les mains coupées, puis, le reste de ses membres ayant été brisé à coups de bâton, il remit son âme à Dieu au milieu des tourments. Ces exécutions achevées, Lysias se rendit auprès de ses troupes pour assister à leurs exercices d’entraînement. Oreste, une jeune recrue, solide et de belle allure, qu’il avait remarqué pour sa prestance, laissa apparaître, en lançant le javelot, la petite croix en or, qu’il portait à son cou. Interrogé par le duc, le jeune homme confessa sans hésiter qu’il était lui aussi disciple du Christ. Il fut arrêté sur-le-champ et envoyé avec Eustrate auprès du gouverneur de Sébaste, Agricolaos, car Lysias craignait la réaction possible des trop nombreux chrétiens de Nicopolis.
Parvenus à Sébaste après cinq jours de marche, Eustrate fut présenté devant le gouverneur qui désirait entamer avec lui la discussion. Grâce à sa vaste érudition, le noble serviteur de Dieu n’eut pas de mal à lui démontrer l’ineptie des cultes païens et la vanité de la philosophie hellénique. Puis, dans un langage concis et plein d’autorité, il lui retraça comment Dieu s’est penché avec bienveillance sur les hommes depuis l’origine des temps, afin de les combler de sa grâce en la Personne de Jésus-Christ. Réfractaire à tous ces arguments, Agricolaos lui rappela qu’il devait soumission absolue aux ordres de l’empereur et que, refusant d’adorer les dieux de l’État, il méritait la mort. Il ne fit pourtant pas mettre immédiatement la sentence à exécution ; mais, pour rendre sa fin plus pénible, il fit alors amener Oreste et ordonna de l’étendre sur un lit de fer incandescent. D’abord hésitant devant l’horreur du supplice, mais bientôt encouragé au combat par Eustrate, le jeune homme s’élança avec fougue, en s’écriant : « Seigneur, je remets mon âme entre tes mains ! »

De retour dans son cachot pour sa dernière nuit en ce monde, Eustrate reçut la visite clandestine de l’évêque de Sébaste, saint Blaise [11 fév.], qui lui promit d’exécuter ses dernières volontés et de rassembler les reliques des cinq compagnons à Arauraka. Après une nuit passée en prière et en de célestes entretiens, l’évêque célébra la Divine Liturgie. Au moment de la communion, une lumière aveuglante envahit soudain la cellule, et une voix venue du ciel s’adressa à Eustrate, en disant : « Tu as bien combattu, viens maintenant recevoir la couronne ! » Prosterné à terre, le saint adressa à son tour à Dieu une ardente prière pour recevoir le courage nécessaire dans la dernière épreuve. Puis il se releva, marcha résolument vers la fournaise déjà brûlante, la bénit de la main et y pénétra, en élevant vers le Seigneur un cantique d’action de grâces, comme les trois enfants à Babylone (cf. Dn 3).

Pendant de nombreux siècles, et jusqu’à nos jours, les Cinq glorieux Martyrs n’ont pas cessé d’accomplir des miracles pour la consolation des chrétiens, par l’intermédiaire de leurs reliques, de leurs icônes, ou même par leur présence corporelle. On rapporte, par exemple, que dans l’île de Chio, lors d’un hiver très rigoureux, personne d’autre qu’un pieux prêtre n’avait pu se rendre pour leur fête dans la petite église isolée dédiée aux Cinq Martyrs. Décidé néanmoins à célébrer seul l’office, ce prêtre vit brusquement apparaître cinq personnages en tout identiques à l’icône des saints. Ils prirent place dans les chœurs, et chantèrent d’une voix claire tous les hymnes de la fête. Parvenus au moment de la lecture des Actes de leur martyre, le jeune Oreste installa le livre sur un lutrin au centre de l’église et se mit à lire. Mais quand il arriva à la description de ses propres hésitations devant la fournaise ardente, il modifia légèrement le texte et dit : « …et il sourit » (emidiase), au lieu de « …et il eut peur » (ediliase). Eustrate l’interrompit alors sur un ton sévère, en disant : « Lis donc exactement comme cela est arrivé ! » Rouge de confusion, Oreste reprit et lut : « …et il eut peur ». Une fois la vigile achevée, les saints refermèrent les livres, éteignirent les cierges et disparurent aussi mystérieusement qu’ils étaient venus.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité, * pour le combat qu’ils ont mené ;* animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de la sainte vierge et martyre Lucie, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * en ton baptême je suis ensevelie; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion du saint martyr Eustrate , ton 2
Saint Martyr, tu apparus comme un flambeau resplendissant * pour ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’erreur; * avec la foi comme une lance dans ta main, * tu n’as pas craint l’audace des ennemis, * Eustrate, plus éloquent que les habiles rhéteurs.

Évangile du jour
(Lc XIII, 18-29)

Le Seigneur dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

25 décembre

25 décembre

LA NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

L’adoration des Mages, fresque, Cappadoce – XIIe siècle

Quand, à l’apogée de son règne, César Auguste (30 av. J.-C. à 14 après J.-C.), le premier empereur romain, après avoir soumis tous les peuples du monde connu sous une seule autorité, décida de procéder à un vaste recensement de ses sujets, il devint sans le vouloir le docile instrument de la réalisation du dessein de Dieu. Rassemblant en effet dans l’unité et l’harmonie de son immense empire tant de peuples aux mœurs et aux langues si variées, il les préparait à recevoir la révélation du Dieu unique en trois Personnes et ouvrait ainsi la voie à la proclamation universelle de l’Évangile, selon la promesse divine : Je te donnerai les nations en héritage (Ps II, 8) ; si bien que ce premier recensement devint l’annonce prophétique de l’inscription des élus dans le Livre de vie (cf. Phil IV, 3 ; Ap XXI, 27) et de la disparition du polythéisme. Par ailleurs, le décret de l’empereur, parvenu en Palestine alors que Quirinus était gouverneur de la province de Syrie, permit la réalisation de la prophétie selon laquelle le Messie devait naître de la lignée de Juda, à Bethléem, la patrie du roi David (Mi V, 1). Car Joseph, qui se trouvait alors avec Marie à Nazareth en Galilée, dut prendre la route pour se faire inscrire dans la patrie de ses pères, Bethléem, malgré l’état avancé de la grossesse de celle qui passait aux yeux de tous pour son épouse. Quand ils parvinrent à destination, ceux qui étaient comme eux venus de toutes parts pour le recensement étaient en si grand nombre qu’ils ne purent trouver à se loger dans l’hôtellerie et furent contraints de se réfugier pour la nuit, un peu en-dehors du bourg, dans une grotte qui servait d’étable pour les animaux. Marie sentit alors que le moment de sa délivrance était venu. Joseph l’installa comme il put dans la paille, auprès de l’âne et du bœuf qu’ils avaient trouvés là, puis il sortit en hâte pour aller quérir une sage-femme. Or, sur le chemin, il constata que la nature s’arrêtait soudain, comme saisie de stupeur : les oiseaux restaient immobiles, suspendus en l’air en plein vol, les hommes et les bêtes étaient figés dans leur mouvement, le cours des eaux s’était lui aussi interrompu. Ce flux incessant du mouvement qui mène toute chose de la naissance à la mort et l’enferme dans la vanité (Ps XXXVIII, 6-7 ; 102, 15 ; Eccl . XL, 6) était comme tenu en arrêt, car en cet instant l’Éternel pénétrait au cœur du temps. Le Dieu d’avant les siècles se faisait enfant nouveau-né. Une nouvelle dimension du temps et de l’histoire était inaugurée. Après cette interruption fugitive du temps, tout reprit bientôt son cours normal, Joseph trouva une sage-femme qui descendait de la montagne et l’amena vers la grotte, lui rapportant qui était celle qui devait enfanter. Instruit auparavant par un ange que la Vierge avait conçu le Sauveur par l’opération du Saint-Esprit (Mt I, 21), Joseph contemplait et adorait en silence ce petit enfant couché dans la paille comme le Messie attendu et annoncé par ses pères depuis tant de générations. Quoi de plus stupéfiant en effet que ce spectacle et comment l’exprimer par des paroles ? Le Dieu Tout Puissant et Créateur du monde se fait créature humble et fragile, Il devient petit enfant étranger et sans toit, sans pour cela cesser d’être Dieu infini. Le Verbe divin s’appesantit de la chair et revêt notre humanité pour s’en faire un ornement royal. Celui que l’univers entier ne peut contenir, qui est assis impassiblement sur son trône céleste et que glorifie sans cesse la cour innombrable des puissances angéliques, se laisse contenir dans une grotte étroite et obscure, objet du mépris de tous. Lui qui est de condition divine S’humilie, S’anéantit Lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes (Phil II, 7), afin de relever par son humilité ceux qui étaient tombés. Il se fait pauvre pour nous enrichir par Sa pauvreté (II Cor VIII, 9). L’intangible accepte d’être enveloppé de langes pour délier nos péchés et pour couvrir de gloire divine ceux qui étaient dans la honte. Le Fils Unique de Dieu, Celui qui est de toute éternité dans le sein du Père, devient Fils de l’homme et fils de la Vierge sans cesser d’être Dieu, afin de devenir le premier-né d’un grand nombre de frères (Rm VIII, 29), accordant aux hommes la dignité de fils adoptifs de Dieu (Jn I, 11 ; Lc VI, 35 ; Gal IV, 4-7, etc.). Il est couché dans une crèche et contemplé par l’âne et le bœuf, accomplissant ainsi les prophéties qui annonçaient : Entre deux animaux Tu seras connu (Hab III, 2 lxx), Le bœuf connaît Celui qui l’a créé et l’âne la mangeoire de son Seigneur (Is I, 3 lxx). Dans cette scène, on pouvait contempler, disent les saints Pères, une image de l’Église : la crèche est le calice contenant Celui qui se fait chair aujourd’hui et se donne en nourriture pour la vie du monde, la Vierge est à la fois son trône et l’autel du sacrifice, la grotte, un temple ; les anges, Joseph et les bergers, servent de diacres et d’acolytes, et le Seigneur Lui-même est le Grand Prêtre qui célèbre cette Divine Liturgie. Ce prodige extraordinaire, accompli aujourd’hui dans l’humble grotte de Bethléem, est l’accomplissement de tous les oracles accordés aux prophètes d’Israël, l’aboutissement de tant de siècles d’une patiente préparation de l’humanité depuis David, Abraham, Noé et Adam. En ce jour, en ces temps qui sont les derniers, Dieu nous envoie son Fils unique, par qui Il a fait tous les siècles (Hb I, 2) et révèle ainsi au monde le Grand Mystère de notre Salut, enveloppé de silence et tenu secret dans le conseil ineffable des trois Personnes de la Sainte Trinité, avant même la création du monde (Rm XVI, 25 ; I Cor II, 7 ; Éph III, 5, 10 ; Col I, 26). C’est pour voir luire ce jour, que le soleil, la voûte du ciel, la surface de la terre et tous les êtres ont été créés. Mystère étrange, incompréhensible, insaisissable à toute pensée humaine et même à l’intelligence des anges : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous (Jn I, 14). Lui, qui est Dieu par nature, prend sur lui notre humanité, l’assume dans le sein de la Vierge, s’en revêt comme d’un vêtement pour nous faire communier à sa divinité. Dieu et homme, une seule Personne, Jésus-Christ, « connue en deux natures » qui sont unies en Lui « sans mélange, sans division et sans séparation » (définition du Concile de Chalcédoine). Dieu se fait homme aujourd’hui dans la grotte de Bethléem, « pour que l’homme devienne Dieu ». Telle est la fin et le but ultime pour lequel Dieu a fait sortir toutes choses du néant et les a amenées à l’existence : pour que le Verbe, la Seconde Personne de la Sainte Trinité, descende jusqu’à nous, prenne sur lui notre humanité vieillie et déformée par le péché, pour qu’Il guérisse nos blessures par Ses souffrances, pour qu’Il purifie son image souillée, pour qu’Il nous rénove en Lui (Éph II, 15), nous relève du gouffre de la mort où nous étions tombé et nous fasse monter dans les hauteurs, plus haut que toutes les puissances célestes, jusqu’à nous faire siéger avec Lui en Dieu (Éph II, 6 ; Ap III, 21). Jésus-Christ, le Sauveur, l’Emmanuel — Dieu avec nous (Is VII, 14 ; Mt I, 23) — naît en ce jour comme un fragile nourrisson sur qui les anges se penchent avec admiration. La Lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn I, 9) luit dans l’obscurité d’une pauvre étable, et le temps de la mort et de la corruption touche à sa fin. Salomon n’a plus aucune raison de se lamenter en s’écriant : Rien de nouveau sous le soleil (Eccl I, 9), car ce petit enfant est le second Adam qui vient inaugurer une nouvelle création, un homme nouveau (Éph II, 15 ; IV, 24), prémices de notre nature restaurée et déifiée. Désormais, en suivant le Christ, en obéissant à Ses commandements, en souffrant avec Lui pour ressusciter par Lui, les hommes sont appelés à jouir de l’immortalité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mt II,1-12)

Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent: À Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète: Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple. Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait. Puis il les envoya à Bethléhem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer. Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta. Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

12 décembre (ancien calendrier)/25 décembre (nouveau)

12 décembre (ancien calendrier)?25 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Saint Spyridon, évêque de Trimythonte à Chypre, thaumaturge (vers 348) ; saint Alexandre, évêque de Jérusalem, martyr (251) ; saint Synésius, martyr à Rome (270) ; sainte Abre, vierge, fille de saint Hilaire de Poitiers (360) ; saint Corentin, évêque de Quimper (vers 490) ; saint Théraponte de Monza (1597).

Saint Spyridon, évêque de Trimythonte à Chypre, thaumaturge (vers 348)

Saint SPYRIDON
Notre saint Père Spyridon vivait dans l’île de Chypre, à l’aurore du ive siècle, et exerçait paisiblement la simple profession de berger. De mœurs rustiques et peu cultivé, il n’avait pourtant pas son pareil quant à l’amour de son prochain, quant à la douceur, à la délicatesse, à l’aumône, à l’hospitalité et à la pratique de toutes les vertus. Tel le Patriarche Abraham, il accueillait avec empressement dans sa demeure tout homme qui s’y présentait, et lui témoignait la même sollicitude que si c’était le Christ lui-même qui était venu lui rendre visite. Il n’y avait pas non plus de pauvre ou d’indigent qui ne trouvât chez lui quelque secours. Spyridon déposait son argent dans un coffre qu’il laissait toujours ouvert, à la disposition de tous, et jamais il ne se souciait de savoir s’il était plein ou vide, ou si ceux qui y puisaient étaient dignes ou indignes de ses bienfaits. Vivant de manière chaste et pieuse dans le mariage, il obtint de Dieu une fille, Irène, mais, au bout de quelques années, son épouse décéda. Alors dégagé des soucis de la chair, Spyridon ne se préoccupa plus que de progresser dans la vertu et de s’enrichir des dons éternels de la grâce.

Il acquit ainsi, sans le vouloir, une grande notoriété dans l’île et, à la mort de l’évêque de la petite ville de Trimithonte, près de Salamine, les fidèles le désignèrent unanimement pour prendre sa place et devenir ainsi le pasteur du troupeau spirituel du Christ. Malgré cette dignité, l’humble berger n’abandonna rien de son mode de vie : il portait les mêmes pauvres vêtements, se déplaçait toujours à pied, aidait aux travaux des champs et continuait, comme auparavant, à garder son troupeau. Une nuit, des maraudeurs pénétrèrent dans sa bergerie pour dérober des brebis ; mais lorsqu’ils voulurent sortir avec leur butin, ils se sentirent comme liés et cloués sur place par une force invisible. Quand Spyridon les découvrit, au petit matin, ils lui confessèrent, pleins de honte, leur forfait. Pris de compassion, le saint dénoua les liens invisibles qui les immobilisaient et les exhorta à vivre désormais honnêtement. Mais il ne les laissa pas repartir sans leur faire don de deux moutons, en leur disant, avec le sourire, que c’était en compensation de leur peine pendant cette veillée nocturne.

Rigoureux envers lui-même, saint Spyridon manifestait toujours de la compassion pour ses frères et une grande condescendance à l’égard de leurs faiblesses. Pour soulager quelque voyageur, par exemple, il n’hésitait pas à rompre le jeûne. Comme le Christ, le Bon Pasteur, il était toujours prêt à donner sa vie pour ses brebis spirituelles, afin de les mener paître dans les pâturages de la grâce. Par sa douceur, son humilité et sa simplicité, il acquit une telle faveur auprès de Dieu, qu’il accomplit d’innombrables miracles pour le salut et la consolation de son Église. Lorsque l’île de Chypre fut affligée d’une terrible sécheresse, laissant présager les affres de la famine, saint Spyridon ouvrit les cieux grâce à sa prière, et il obtint de Dieu une pluie bienfaisante qui allait rendre à la terre sa fécondité. Comme certains riches avaient engrangé de grandes quantités de grains pour profiter de la pénurie et les revendre à des prix exorbitants, l’ardent évêque fit s’effondrer leurs réserves par sa prière et distribua équitablement aux habitants les produits de la terre, délivrant ainsi l’île de la disette. Une autre fois, tel Moïse dans le désert (Nb 21, 8), il changea un serpent en or pour venir en aide à un pauvre homme. Puis, le secours opéré, il fit revenir le reptile à son état naturel, afin que la faveur divine ne devînt pas occasion d’avarice. Il était toujours prompt à se porter au secours des infortunés, aussi un jour où il s’était mis en route pour aller délivrer un condamné à mort, il arrêta le cours d’un torrent tumultueux, qui lui barrait le passage, et traversa son lit à pied sec.

Vivant dans le Christ par les saintes vertus et le Christ agissant en lui par le Saint-Esprit, Spyridon acquit aussi le pouvoir sur la mort elle-même. Un jour, à la prière d’une pauvre femme barbare, il ramena à la vie le cadavre de son enfant, qu’elle avait déposé à ses pieds. Quand sa propre fille, Irène, vint à mourir, sans avoir eu le temps de révéler à une personne qui lui avait confié sa fortune l’endroit où elle l’avait cachée, le saint évêque se pencha au-dessus du tombeau et interrogea la défunte, qui répondit aussitôt en indiquant où se trouvait le trésor. Ayant obtenu un tel miracle de Dieu, Spyridon repoussa pourtant tout souci de consolation humaine pour lui-même, et il ne demanda pas au Seigneur de ressusciter sa fille bien-aimée. Sa vertu était si lumineuse qu’elle perçait comme l’éclair le secret des consciences, et poussait les pécheurs à venir confesser leurs fautes et à commencer une vie de repentir. Telle cette femme qui, à l’exemple de la pécheresse de l’Évangile, se jeta aux pieds de l’homme de Dieu qui avait posé sur elle son regard compatissant, et les baigna de ses larmes en confessant ses péchés. Spyridon se pencha alors pour la relever et lui dit : « Tes péchés te sont pardonnés » (Lc 7, 48), comme si le Sauveur lui-même parlait par sa bouche. Puis il la renvoya en paix, en se réjouissant tel le bon pasteur qui, ayant retrouvé la brebis égarée, convoque ses amis et voisins en disant : Réjouissez-vous avec moi car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue (Lc 15, 6).

Ignorant selon le savoir humain, mais riche des dons de clairvoyance et de prophétie, l’évêque de Trimithonte avait également une connaissance profonde des saintes Écritures, grâce à laquelle il confondit un jour un évêque vaniteux qui voulait faire preuve d’éloquence en changeant certains mots de l’Évangile, trop communs à son goût.
Lorsque le saint empereur Constantin le Grand convoqua le Premier Concile Œcuménique (325) pour réfuter l’hérésie impie d’Arius, Spyridon se rendit lui aussi à Nicée dans son simple appareil de pâtre, afin de témoigner de la Vérité aux côtés des saints évêques et confesseurs, et des plus illustres personnalités du temps. Pendant les débats, un philosophe arien, enflé de vain orgueil, lança un défi aux Orthodoxes pour se mesurer avec eux dans une discussion sur la Sainte Trinité. L’humble berger de Chypre s’avança alors et, à la stupeur générale, il confondit les raisonnements spécieux et la dialectique subtile de son adversaire par la simplicité et l’autorité de ses paroles inspirées par le Saint-Esprit. Pour appuyer ses dires par un signe éclatant, il fit le signe de la Croix sur une brique qu’il tenait en main, et à l’invocation des Personnes de la Sainte Trinité, les éléments dont elles était constituée : le feu, l’eau et la glaise se séparèrent et retournèrent à leur état initial. Désarmé, le philosophe se laissa convaincre, embrassa sincèrement la foi des Pères, et exhorta les autres disciples d’Arius à abandonner à leur tour les sentiers trompeurs de la sagesse humaine pour trouver dans l’Église les sources d’Eau Vive et la puissance de l’Esprit.

Après la mort de Constantin, son fils Constance, qui avait hérité la partie orientale de l’Empire, montra de la sympathie pour l’arianisme. De séjour à Antioche, il tomba gravement malade et, malgré les efforts des médecins, on désespérait de le voir survivre. À la suite d’une vision dont fut gratifié l’empereur, saint Spyridon fut convoqué au palais, en compagnie de son disciple saint Triphyllios [12 juin]. À peine parvenu au chevet du souverain, le saint homme le guérit de sa maladie et l’engagea à préserver la santé de son âme par la fidélité à l’enseignement orthodoxe et par la miséricorde envers ses sujets. Chargé d’or et de présents, Spyridon s’empressa de distribuer, dès son retour, toutes ces richesses aux habitants de Chypre

Détaché des choses de la terre et tout absorbé par l’attente des biens éternels, saint Spyridon célébrait la Divine Liturgie et les offices de l’Église comme s’il se trouvait déjà devant le trône de Dieu, en compagnie des anges et des saints. Un jour, alors qu’il célébrait dans une église isolée et négligée par les fidèles, et qu’il se retournait vers le peuple absent en disant : « Paix à tous ! » son disciple entendit les voix d’une foule d’anges répondre : « Et à ton esprit ! », puis les Puissances célestes continuèrent d’accompagner le service divin de leurs mélodies.

À l’issue d’une longue vie, menée avec l’assistance constante du Saint-Esprit, saint Spyridon remit paisiblement son âme à Dieu, le 12 décembre 348, à l’âge de soixante dix-huit ans, après avoir eu le temps d’encourager une dernière fois ses proches à suivre le Christ et à se soumettre à son joug doux et léger. Son saint corps devint une source inépuisable de miracles et de guérisons pour les fidèles de Chypre, jusqu’au viie siècle, où, sous la menace de l’invasion arabe, on le transféra à Constantinople, dans une église située près de Sainte-Sophie. Après la prise de la ville par les Turcs, la précieuse relique fut transportée clandestinement à Corfou (1456), où elle est gardée depuis, miraculeusement incorrompue. Elle y a accompli tant de miracles pour les particuliers comme pour l’ensemble de la population — délivrant notamment l’île d’une épidémie de choléra et de l’invasion étrangère —, que saint Spyridon est vénéré comme le premier protecteur de Corfou.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Spyridon, ton 1
Tu fus le champion du Premier des Conciles * et le thaumaturge, Père théophore Spyridon; * tu as parlé avec une morte ensevelie, * tu as changé en or un serpent; * quand tu chantais tes saintes oraisons, * les Anges célébraient avec toi, Pontife saint. * Gloire à celui qui t’a glorifié, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère par toi la guérison en tous!

Kondakion de saint Spyridon, ton 4
Ravi par l’amour du Christ, Pontife saint, * élevant aussi ton âme sur les ailes de l’Esprit, * tu atteignis par une pure contemplation * la perfection dans tes œuvres * et tu devins toi-même l’autel * pour implorer du Seigneur * la divine clarté en faveur de nous tous.
Évangile du jour
(Lc XXI, 37 –XXII,8)
Pendant le jour, Jésus enseignait dans le temple, et il allait passer la nuit à la montagne appelée montagne des Oliviers. Et tout le peuple, dès le matin, se rendait vers lui dans le temple pour l’écouter. La fête des pains sans levain, appelée la Pâque, approchait. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens de faire mourir Jésus; car ils craignaient le peuple. Or, Satan entra dans Judas, surnommé Iscariot, qui était du nombre des douze. Et Judas alla s’entendre avec les principaux sacrificateurs et les chefs des gardes, sur la manière de le leur livrer. Ils furent dans la joie, et ils convinrent de lui donner de l’argent. Après s’être engagé, il cherchait une occasion favorable pour leur livrer Jésus à l’insu de la foule. Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant: Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

24 décembre

24 décembre
Paramonie de la Nativité – Jeûne strict

Sainte Eugénie, martyre à Rome avec ses parents : saint Philippe et sainte Claudia et ses serviteurs saints Protos et Hyacinthe (vers 262) ; saint Nicolas, moine (IXème s.) ; saint Delphin, évêque de Bordeaux (404) ; saint Nicolas, moine près de Constantinople (IXème s.) ; saint Ahmet le Calligraphe, néo-martyr (1682) ; saints néo-martyrs de Russie : Innocent (Beda) (1928), Serge (Metchev), prêtre (1942).

SAINTE MARTYRE EUGÉNIE

Sainte Eugénie, martyre à Rome (vers 262)

La sainte et glorieuse martyre Eugénie vit le jour à Rome, sous le règne de Commode (180-192), au sein d’une noble et riche famille de magistrats. Son père, Philippe, païen nourrissant de bonnes dispositions envers les chrétiens, ayant été nommé par l’empereur préfet d’Alexandrie, se rendit vers la capitale de l’Égypte avec toute sa famille, et il y confia Eugénie aux meilleurs maîtres. Au cours de ses études, la jeune fille vint à fréquenter les Épîtres de saint Paul, dans lesquelles elle lut de telles paroles : Où est-il le sage ? Où est-il l’homme cultivé ? Où est-il le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-Il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu (c’est-à-dire dans ses œuvres). C’est par la folie de la prédication qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants … Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et païens, c’est le Christ, puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Cor 1, 20-25). Devant de telles paroles de feu comment persévérer davantage dans l’étude de la stérile philosophie et des vaines occupations de ce monde ? Le cœur désormais épris d’amour pour la vraie Sagesse — le Verbe de Dieu incarné et crucifié par amour des hommes — Eugénie décida de ne pas attendre davantage pour devenir chrétienne. À la faveur de la nuit, elle s’enfuit de la demeure familiale en compagnie de deux eunuques, Protas et Hyacinthe, ses fidèles serviteurs, qui, eux aussi, avaient décidé d’embrasser la Foi, et tous trois se rendirent un peu en-dehors de la ville, vers l’église de fortune où les chrétiens avaient coutume de tenir leurs assemblées de prières. On leur recommanda d’aller se réfugier dans une communauté proche, prélude des futurs monastères, où des hommes décidés à se consacrer à la virginité et aux combats de l’ascèse vivaient en commun. Parmi eux brillait en particulier un saint évêque, Hélénos, qui avait acquis une grande renommée en pénétrant sans dommage dans une fournaise embrasée, afin de confondre un mage païen. Eugénie coupa ses cheveux, revêtit des effets masculins et se présenta à Hélénos, en se faisant passer pour un eunuque, nommé Eugène, venu de Rome avec ses deux compagnons. L’évêque, à qui Dieu avait révélé en vision la vérité, les reçut avec joie et, après les avoir baptisés en secret, il les confia au supérieur de la communauté, Eutropios, qui les rangea parmi les autres moines. Ils montraient tous les trois un zèle exemplaire, et Eugénie, en particulier, triomphant de la faiblesse de la nature féminine par la fermeté et la ferveur de son amour de Dieu, faisait l’admiration des moines les plus éprouvés, si bien, qu’après seulement trois années de vie ascétique, elle fut désignée par les frères pour succéder à l’higoumène défunt. Avec soumission et crainte de Dieu, elle accepta à la condition de devenir le serviteur de tous, comme le recommande le Seigneur (Mc 9, 35). C’est ainsi qu’en plus de la gestion de la communauté et de la direction des âmes, elle assumait les tâches et les services les plus vils : transport de l’eau, nettoyage, coupe du bois, etc. Sa cellule était la plus exiguë et la plus misérable et, de jour comme de nuit, elle sacrifiait toutes ses forces pour l’amour de Dieu et le service des frères.

Une noble et illustre femme d’Alexandrie, Mélanthia, ayant entendu vanter les vertus admirables et les miracles accomplis par l’higoumène Eugène, l’implora de venir la visiter pour la délivrer de la maladie qui la tourmentait cruellement depuis de longues années. Cédant finalement à ses instances, Eugénie se rendit chez elle et la guérit en l’oignant d’huile sainte. Mais le démon jaloux saisit cette occasion pour insinuer dans le cœur de Mélanthia une passion coupable pour le jeune et beau moine. Feignant une nouvelle maladie, elle obtint qu’Eugène la visitât une seconde fois et essaya alors de l’entraîner au péché. Sans révéler son secret, Eugène la repoussa avec autorité, en lui rappelant le vœu sacré que les moines font de garder inviolée pour le Seigneur la virginité de leur corps et de leur âme, puis elle s’enfuit. Cet échec déchaînant chez la méchante femme un profond désir de vengeance, elle proclama partout que l’higoumène Eugène s’était rendu chez elle et l’avait déshonorée. Cette rumeur parvint jusqu’au préfet Philippe qui, n’osant pas mettre en doute la parole d’une personne de si haut rang, convoqua sans plus attendre Eugénie et ses moines. Chargée de chaînes et honteusement accusée, Eugénie se résolut à découvrir toute la vérité, afin de ne pas laisser au diable l’occasion de dénigrer le saint Habit monastique. En déchirant sa tunique devant l’assistance ébahie, elle révéla qu’elle était une femme cachée sous une identité masculine afin de pouvoir mener un combat plus glorieux pour la vertu et, se tournant vers Philippe, elle confessa qu’elle était Eugénie, sa fille, que depuis si longtemps il croyait perdue.

Dans la joie de ces retrouvailles et l’admiration pour les merveilles accomplies par Dieu, Philippe, sa femme Claudia et leurs deux autres enfants, Abitas et Serge, embrassèrent la foi chrétienne et reçurent le saint Baptême, en compagnie d’un grand nombre de païens alors présents. Philippe fut même bientôt consacré évêque et gouverna dès lors la grande ville selon les commandements évangéliques, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre spirituel. Un an plus tard, dénoncé à l’empereur par des païens envieux, il fut démis de sa charge de préfet et remplacé par le cruel Térence, qui le fit assassiner alors qu’il était en prière dans son église.
Après les funérailles, Eugénie, Claudia, Protas et Hyacinthe retournèrent à Rome et se consacrèrent au jeûne et à la prière dans la demeure familiale. Basilla, une jeune fille de haute naissance, qui désirait devenir chrétienne mais était tenue enfermée par son père, réussit à communiquer par lettre avec Eugénie. Elle reçut de la sainte la catéchèse nécessaire, puis, baptisée en secret par l’évêque de Rome, elle se lia d’une étroite amitié avec Eugénie, car elle partageait avec elle le même amour pour la virginité. Mais une de ses servantes alla la dénoncer à son prétendant, Pompée qui, pris de rage à cette nouvelle, la livra à l’empereur ennemi des chrétiens et obtint sa décapitation.

On arrêta ensuite Protas et Hyacinthe, en voulant les contraindre de sacrifier à Jupiter. Comme ils avaient opposé un ferme refus, ils eurent également la tête tranchée. Puis, après comparution devant le préfet de la ville, on amena Eugénie au temple de Diane pour l’obliger à sacrifier, sous menace de mort. Mais, à la prière de la sainte, les idoles se fracassèrent à terre et le temple lui-même fut dangereusement ébranlé, à la grande frayeur des assistants. Le tyran ordonna alors de la jeter dans le Tibre, d’où elle fut miraculeusement sauvée de la noyade. Après diverses autres épreuves, elle fut finalement décapitée dans son cachot, le 25 décembre, naissant à la vie céleste et éternelle le jour où le Christ immortel s’est fait homme terrestre et mortel pour nous rendre immortels.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Jadis fut inscrite à Bethléem, * avec le vénérable Joseph * issu de la semence de David, * Marie porteuse d’un fruit non semé. * Le temps de sa délivrance approchait * et point de place à l’hôtellerie; * mais pour la Reine la grotte devint * le plus charmant des palais: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Kondakion de la Sainte, ton 4
De ce monde fuyant la gloire qui ne dure qu’un temps, * tu gardas sans tache la noblesse de ta vie, * illustre martyre Eugénie.

Kondakion de l’avant-fête, t. 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a bien voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc II,1-20)
En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:
c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

23 décembre

23 décembre
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Saints Théodule, Saturnin, Europe, Gélase, Eunicien, Zotique, Pompius, Agathopode, Basilide et Evariste, les 10 martyrs de Crète (vers 250) ; saint Niphon, évêque de Chypre (IVème s.) ; saint Paul, évêque de Néocésarée (IVème s.) ; saint Sabinien, diacre, martyr à Condat dans le Jura (vers 480) ; saint Asclèpe, évêque de Limoges (VIème s.) ; saint Nhaum d’Ohrid (910) ; saint Théoctiste, archevêque de Novgorod (1310) ; saints néo-martyrs de Russie : Basile (Spassky), prêtre, Macaire (Mironov) et Jonas (Smirnov), moines (1938).

DIX SAINTS MARTYRS DE CRÈTE

Saints Théodule, Saturnin, Europe, Gélase, Eunicien, Zotique, Pompius, Agathopode, Basilide et Evariste, les 10 martyrs de Crète (vers 250)

Ces saints athlètes du Christ, au nombre parfait, signe d’unité, menèrent le bon combat de la foi sous le règne de Dèce (vers 250), et remportèrent ensemble les trophées de la victoire. Ils étaient originaires de différents endroits de l’île de Crète : Théodule, Saturnin, Euporos, Gélase et Eunicien étaient citoyens de Gortyne, la métropole ; Zotique venait de Knossos, Pompios du port de Léda, Agathopous de celui de Panormos ; Basilide était originaire de Cydonia (Chania), et Évariste d’Héraklion. Ils étaient cependant unis comme un seul homme par la charité et la foi au Christ. Livrés par les païens au juge de l’île, on leur fit faire le tour de tous les sanctuaires idolâtres pour les contraindre à sacrifier, sous peine de tortures, mais ce fut bien en vain. Par la suite, ils furent soumis, durant trente jours, à la risée publique. Les passants les couvraient de quolibets, les frappaient du poing, leur jetaient des pierres, leur crachaient au visage. On les traîna même dans le fumier. Mais rien ne pouvait ébranler leur patience et la fermeté de leur foi, de sorte que le juge décida d’en finir avec eux, car le spectacle de leur héroïque endurance était plutôt un encouragement pour les autres chrétiens de l’île. Il ordonna d’abord de leur rompre les membres et, après d’autres cruels tourments, il les fit décapiter, leur procurant ainsi une couronne de gloire éternelle.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire des dix saints martyrs de Crète, ton 3
Honorons la Crète digne de tant d’admiration * qui fit croître les fleurs précieuses, les perles du Christ; * au nombre de dix, les bienheureux Martyrs * ont confondu les myriades puissamment armées des démons; * et ces Témoins du Christ aux âmes bien trempées * ont reçu de lui les couronnes méritées dans le ciel.

Kondakion des dix saints martyrs de Crète, ton 4
Comme l’étoile du matin * la vénérable Passion des Martyrs * nous annonce la splendeur * de celui qu’en la grotte a enfanté * de virginale façon la Mère de Dieu.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc VIII, 30-34)

Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre lui répondit: Tu es le Christ. Jésus leur recommanda sévèrement de ne dire cela de lui à personne. Alors il commença à leur apprendre qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât trois jours après. Il leur disait ces choses ouvertement. Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.

10 décembre (ancien calendrier)/23 décembre (nouveau)

10 décembre (ancien calendrier)/23 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité
Saints Ménas, Hermogène et Eugraphe, martyrs à Alexandrie (vers 313) ; saint Gémellus, martyr paphlagonien (vers 361) ; saint Édibe, évêque de Soissons (462) ; saint Sindulphe, évêque de Vienne (VIIème s.) ; saint Hildemar, évêque de Beauvais (vers 850) ; saint Gausbert, évêque de Cahors (906) ; saint Thomas, moine en Bythinie (Xème s.) ; saint Jean Brancovitch, roi de Serbie (1503) et ses parents Étienne (1459) et Angélina (1520) ; saint Joasaph, évêque de Belgorod (1754) ; saints néo-martyrs de Russie : Jacques (Chestakov) et Alexandre (Chkliaiev), prêtres ; Eugraphe (Pletnev), prêtre et Michel (Pletnev) (1918) ; Anatole (Pravdolioubov), Alexandre (Touberovsky), Eugène (Kharkov), Constantin (Bajanov), Nicolas (Karasev), prêtres, et avec eux Pierre (Grichine), Eusèbe (Triakhov), Michel (Yakounkine), Dorothée (Klimachev), Laurent (Kogtev), Grégoire (Berdenev), martyrs, Alexandra (Oustioukhine) et Tatienne (Egorova), martyres, Michel (Kobozev), prêtre, Serge (Sorokine), moine (1937) ; Nicolas (Rozov) et Alexis (Vvedensky), prêtres (1938) ; saintes Annes (Ivachkine) et Tatienne (Biakirev), confesseurs (1948) ; sainte Thècle (Makouchev), confesseur (1954) ; sainte Anne (Stoliarov), moniale et confesseur (1958).

Saints Ménas, Hermogène et Eugraphe, martyrs

Saints Ménas, Hermogène et Eugraphe, martyrs à Alexandrie (vers 313)

Saints Ménas, Hermogène et Eugraphe, martyrs à Alexandrie (vers 313)

Pendant le bref règne sur l’empire d’Orient du cruel Maximin Daïa (308-313) , la ville d’Alexandrie se trouva troublée par des dissensions politiques et par les succès croissants que remportaient les prédicateurs de l’Évangile sur les vains adorateurs des idoles. Une ambassade ayant été envoyée auprès de Maximin pour demander son intervention, le souverain désigna l’un de ses conseillers, Mènas, pour réconcilier les partis adverses. Homme noble et cultivé, originaire d’Athènes, Mènas avait été surnommé le Callikélados (« le Mélodieux ») , à cause de sa brillante éloquence ; mais son maître ignorait que depuis de longues années il était converti au christianisme en secret et attendait un signe de Dieu pour révéler sa foi, de peur de se soumettre inutilement à une mort prématurée. Parvenu en Égypte, il n’eut pas de mal à rétablir la bonne entente et la paix entre les citoyens, grâce à sa parole pleine de sagesse et à l’autorité qu’il tenait de l’empereur ; mais, loin d’empêcher la diffusion de l’Évangile, il l’encouragea et s’en montra le défenseur le plus ardent. Dédaignant les artifices des discours et de la sagesse mondaine, il préférait proclamer le message du Salut aux païens et confirmer les chrétiens dans leur foi, en montrant par de nombreux miracles que le Christ habitait en lui avec puissance. Il lui suffisait de poser la main sur les malades qui venaient à lui et de les marquer du signe de la Croix, pour qu’aussitôt ils recouvrent la santé en glorifiant Dieu. Devant tant de prodiges, les habitants d’Alexandrie, capitale du paganisme, renonçaient en foule à la tromperie des idoles, renversaient leurs temples et accouraient vers le saint, pour s’abreuver à l’eau vive de son enseignement.

Lorsque l’empereur apprit que la métropole de l’Égypte risquait d’être ainsi tout entière convertie au christianisme par l’action de celui qu’il avait envoyé comme son homme de confiance, il craignit que tout cela ne cachât qu’un complot et que Mènas se préparât à lui usurper le pouvoir. Il décida donc de le démettre de ses fonctions et envoya à Alexandrie un autre magistrat, Hermogène, pour y rétablir son autorité et convaincre Mènas d’abandonner la foi chrétienne sous peine, en cas de refus, de le faire mourir dans de nombreux tourments. Hermogène était également originaire d’Athènes. Bon et droit, il croyait de bonne foi, dans son ignorance du Christ, servir la justice en défendant les intérêts de l’empereur. Il entra dans la ville accompagné d’une puissante escorte et, après avoir fait mettre Mènas en prison, il le fit comparaître en jugement dans l’amphithéâtre. À toutes les questions d’Hermogène, Mènas répondait avec calme et assurance. Il affirma sa fidélité au souverain en tout ce qui ne contrariait pas sa foi dans le Dieu unique en trois Personnes et dans son Fils incarné pour notre Salut. Il raconta comment il s’était converti et combien Dieu n’avait depuis cessé de faire par son intermédiaire quantité de miracles. Le peuple, assemblé là, était saisi d’admiration en entendant le saint proclamer la puissance du Christ et repousser avec tant d’autorité le culte des faux dieux ; et nombreux étaient ceux qui prenaient la parole pour témoigner de tel miracle ou tel signe accompli par Mènas, si bien que le tumulte grandissait et que la session risquait de tourner à l’émeute en faveur des chrétiens. Le préfet mit alors fin à la séance et ordonna de remettre au lendemain la suite du jugement.

Dès le lever du jour, on se réunit de nouveau dans l’amphithéâtre. Hermogène fit comparaître le martyr en plaçant devant lui toute la série des instruments de torture, espérant ainsi le convaincre de renier le Christ par peur de tels supplices. Mais ni les paroles, ni le spectacle de ces redoutables engins ne pouvaient ébranler le serviteur de Dieu. On lui arracha la plante des pieds, en arrosant le sol alentour de son sang ; mais, malgré la douleur, le saint gardait un visage radieux et chantait des hymnes d’actions de grâces. Encouragé par les applaudissements de la foule enthousiaste, il endura avec la même constance qu’on lui crève les yeux et qu’on lui arrache la langue. L’issue de ses combats semblait arrivée, le martyr gisait sur le sol comme mort, aussi Hermogène donna-t-il l’ordre de le rejeter dans son cachot, pour le livrer en pâture aux fauves, le lendemain. Pendant la nuit, le Seigneur Jésus-Christ apparut en personne à Mènas et le guérit de toutes ses blessures.

Le jour venu, Hermogène, se repentant de sa cruauté, décida de rassembler de nouveau la foule dans l’amphithéâtre pour rendre hommage à l’héroïsme de celui qu’il croyait déjà mort. Quelle ne fut pas sa stupéfaction en voyant saint Mènas se présenter sain et sauf au milieu de la piste, entouré de deux anges à l’aspect lumineux, envoyés par Dieu pour lui servir de gardes du corps. Il reconnut alors la puissance de la foi des chrétiens, plus forte que la mort et que tout pouvoir de ce monde, et il se convertit, acclamé par le peuple. Il reçut peu après le saint baptême, en compagnie d’un grand nombre d’habitants d’Alexandrie, et, huit jours plus tard, il fut même choisi, sous la recommandation de saint Mènas, comme évêque de la grande ville égyptienne par une assemblée de treize évêques qui se trouvaient là pour soutenir le combat des martyrs. Aussitôt en charge, Hermogène commença par montrer en lui-même à ses ouailles le modèle de la conduite évangélique : il distribua ses grandes richesses aux pauvres, renversa les autels des idoles et transforma leurs temples en églises de Dieu. Il prêchait sans relâche la parole de la vérité, visitait les malades et compatissait à la détresse de tous les affligés, comme le Christ lui-même.

L’empereur ne tarda pas cependant à apprendre ces nouvelles et, pris de fureur, il décida de laisser toute autre affaire pour se rendre en personne à Alexandrie, avec une nombreuse armée, afin de châtier ces dangereux rebelles. Après un jugement qui tourna plutôt à la confusion de l’empereur, grâce à la belle apologie que firent les martyrs, Maximin ordonna aux bourreaux de couper les bras et les jambes d’Hermogène et de les jeter dans une fournaise placée devant lui, puis de le transpercer à coups de lances et de répandre à terre ses entrailles, avant de jeter son corps dans le fleuve. Se tournant ensuite vers Mènas, le responsable de toute l’affaire, il craignit d’être tourné en ridicule par un nouveau miracle du saint ou de provoquer un soulèvement populaire en l’exécutant en public, aussi donna-t-il l’ordre de l’enfermer dans un cachot obscur et de le pendre par les bras au plafond, en lui attachant une lourde pierre aux pieds, de manière à trouver une mort lente, sans aucune consolation humaine. Mais par une nouvelle intervention divine, les deux saints furent délivrés et se présentèrent ensemble devant le tyran, salués par les acclamations de la foule qui criait : « Oui, il n’y a qu’un seul vrai Dieu : le Christ ! » Devant ce spectacle merveilleux, un certain Eugraphe, secrétaire de saint Mènas, le cœur plein d’une divine audace, sauta sur la piste et, faisant le signe de la Croix, il se déclara chrétien et demanda l’honneur de mourir pour le Seigneur. Maximin, au comble de l’irritation devant l’héroïsme du jeune homme et ses paroles de reproche, saisit l’épée d’un de ses gardes du corps et le tua de ses propres mains. Puis, sans plus tarder, il fit décapiter Mènas et Hermogène.

L’empereur avait fait enfermé les reliques des saints martyrs dans un coffre de fer qu’on avait jeté à la mer. Mais, le coffre surnagea et, au bout de vingt jours de traversée, il parvint en vue de Chalcédoine, sa présence étant signalée par une colonne de lumière. Par la suite, les reliques tombèrent dans l’oubli, et ce n’est qu’après de longs siècles (Xe s.), qu’elles se signalèrent par un grand nombre de miracles manifestant que le Saint-Esprit habite pour toujours dans le corps des saints .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Conception de la Mère de Dieu, ton 4
En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, * car Dieu exauce la prière d’Anne et de Joachim: * il leur promet clairement la naissance inespérée * de la divine enfant qui doit à son tour * enfanter l’Infini dans la chair des mortels, * celui même qui ordonne à l’Ange de lui crier: * Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tropaire des martyrs, ton 8
Ayant mortifié par le renoncement * l’ardeur et l’élan de leurs passions, * les Martyrs du Christ ont reçu le pouvoir * de chasser toute langueur et toute maladie * et de faire des miracles, vivant après leur mort. * Ô merveille étonnante, de simples ossements * deviennent une source de guérisons. * Glorifions l’unique sagesse du Dieu créateur.

Kondakion des martyrs, ton 4
T’arrachant à l’armée temporelle, * il te rendit cohéritier * des trésors incorruptibles * avec tes compagnons de lutte, Ménas, * le Seigneur qui t’accorde l’immarcescible couronne dans les cieux.

Évangile du jour
(Lc XXI,5-7, 10-11, 20-24)
Comme quelques-uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l’ornement du temple, Jésus dit: Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Ils lui demandèrent: Maître, quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver? Jésus répondit: Prenez garde que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront en mon nom, disant: C’est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas. Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement. Mais ce ne sera pas encore la fin.
Alors il leur dit: Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.
Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n’entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple.Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis.

22 décembre

22 décembre
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304) ; saints Chrysogone, Evode, Eutychien, sainte Théodotie et les autres compagnons de sainte Anastasie, martyrs en Illyrie (vers 304) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Kiranov) et Théodore (Poroïkov), prêtres (1938).

SAINTE GRANDE-MARTYRE ANASTASIE

Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304)

Sainte Anastasie, portant un nom qui signifie la résurrection, vivait à Rome, au temps où Dioclétien régnait sur l’Empire romain (284-305). Elle était fille d’un riche et illustre païen, nommé Prétexatus ; mais sa pieuse mère, Fausta, après avoir planté en son âme d’enfant les premiers germes de la foi, la confia à un homme vénérable, plein de sagesse et fort versé dans la connaissance des saintes Écritures, Chrysogone, pour qu’il lui enseignât les choses de Dieu. Par la suite, son père la maria contre son gré à un homme exécrable, Publius, qui ne pensait qu’à satisfaire avec elle ses grossières convoitises. L’âme éprise pour l’Époux céleste et pour la virginité qui rend semblable aux anges, la jeune fille réussit à éviter les relations conjugales avec son époux, sous prétexte de maladie. Mais la nuit, elle se revêtait d’humbles habits, comme une femme du peuple et, en compagnie d’une servante, allait visiter les soldats du Christ retenus dans les prisons de l’empereur pour la cause de la Foi. Elle obtenait d’y entrer en offrant l’or sans compter aux gardes, et prodiguait avec amour et dévotion quelques soulagements à ceux qui avaient enduré les supplices pour le Nom du Christ. Elle leur lavait les pieds, nettoyait et bandait leurs plaies encore toutes fraîches, et les encourageait à persévérer jusqu’au terme du combat pour recevoir les palmes de la victoire et de la gloire éternelle. Quand Publius apprit que son épouse l’avait trompé en prétextant la maladie et qu’elle se dégradait en se mêlant à la gent méprisée des martyrs chrétiens, il entra dans une terrible colère et fit enfermer Anastasie dans sa demeure, en lui interdisant tout contact avec le monde.

Grâce à l’entremise d’une vieille femme chrétienne du voisinage, Anastasie réussit pourtant à faire parvenir une lettre à son père spirituel, Chrysogone, qui se trouvait lui aussi en prison sur ordre de l’empereur. Il lui répondit par une lettre pleine de joie et d’espérance, la consolant dans sa détresse et l’exhortant à la persévérance, car emprisonnements, persécutions et souffrances de toutes sortes sont la part des disciples de Celui qui a accepté d’être crucifié pour notre Salut. Comme l’or est éprouvé dans la fournaise, c’est ainsi, par les épreuves, que le Seigneur éprouve la foi et l’amour de ses serviteurs. Réconfortée par ses paroles, la jeune femme supporta avec patience les mauvais traitements de ses geôliers, bien qu’elle fût réduite à la dernière extrémité, car ceux-ci la privaient presque complètement de nourriture. Dans une seconde lettre, Chrysogone renouvela ses forces, lui recommandant de se préparer à tout instant à mourir pour le Christ, afin d’être comptée au nombre des martyrs victorieux. Croissant de jour en jour dans la joie et la fermeté de la foi, sainte Anastasie persévéra ainsi près de trois mois, au terme desquels, son mari ayant péri dans un naufrage au cours d’une expédition vers la Perse, elle recouvra sa liberté. Elle s’empressa alors d’aller rendre visite à Chrysogone, et obtint de lui la permission de distribuer sa fortune en œuvres de bienfaisance pour consacrer désormais sa vie à la visite et au soutien des confesseurs dans leurs prisons.

Dioclétien, en séjour à Aquilée, prescrivit alors de mettre à mort les chrétiens amassés dans les prisons de Rome, et fit comparaître à son tribunal Chrysogone, un des principaux responsables de leur ténacité. Après avoir repoussé avec une méprisante ironie les vaines propositions du souverain, qui lui promettait de le couvrir d’honneurs s’il acceptait de se soumettre, l’héroïque vieillard fut entraîné dans un lieu désert et décapité, puis son corps fut jeté dans les eaux d’un lac voisin. Quelque temps après, à la suite d’une révélation divine, ses saints restes furent retrouvés et dignement ensevelis par les soins d’un saint ascète demeurant dans la région, nommé Zoïle, et de trois jeunes sœurs originaires de Thessalonique : Agapé, Chionée et Irène. Par la suite, conformément à une révélation dont Zoïle avait été gratifiée, les trois jeunes filles, assistées par sainte Anastasie, furent arrêtées, traduites devant Dioclétien à Aquilée et consommèrent avec une intrépide bravoure leur martyre pour le Christ. Quant à Zoïle, il s’endormit dans la paix du Seigneur.

De jour comme de nuit, Anastasie se dépensait sans compter pour ses compagnes et pour tous les confesseurs. Il n’était pas un chrétien qui ne trouvât auprès d’elle quelque réconfort : nourriture, argent, assistance compatissante, paroles brûlantes pour les encourager à la constance et à l’espérance dans les biens célestes, et lorsqu’ils parvenaient au terme de leurs combats, elle assurait à leurs dépouilles une digne et pieuse sépulture. Le tyran donna finalement l’ordre d’exterminer, en une nuit, tous ceux qui étaient encore retenus dans les cachots, en noyant les uns, en jetant les autres au feu, ou en les passant au fil de l’épée. Anastasie, se rendant comme à l’accoutumée à la prison, n’y trouva plus aucun de ses frères, aussi, accablée de douleur, elle s’affaissa tout en larmes devant la porte. Quand des païens de passage la découvrirent ainsi abattue, elle leur répondit, n’ayant plus souci de se cacher, qu’elle était chrétienne et qu’elle pleurait la perte de ses frères. Immédiatement arrêtée comme une femme du commun, elle fut traduite devant Florus, le préfet de l’Illyricum. Apprenant sa haute condition, celui-ci ne la livra pas immédiatement aux bourreaux, mais essaya de la convaincre en l’interrogeant. Le lendemain, Anastasie fut présentée devant Dioclétien. Mais devant l’un et l’autre, toutes ses réponses n’avaient qu’un seul objet : le mépris des biens et des considérations de ce monde, et l’attente impatiente de rejoindre ses compagnons dans le Royaume des cieux. À bout d’arguments, le préfet Florus décida de livrer la jeune veuve au grand prêtre païen du Capitole, Ulpianus, qui la mena dans son palais et lui montra exposés d’un côte quantité de bijoux, de riches toilettes et d’objets précieux, et de l’autre des instruments de supplices, dont la vue seule glaçait d’horreur le plus insensible des païens. Qu’elle accepte de sacrifier aux dieux, et il lui promettait de l’épouser et de la combler de ces richesses, sinon il la soumettrait à la torture. Pendant trois jours, elle fut l’objet des entreprises perfides de trois méchantes femmes qui essayaient de la faire fléchir. Mais, restant constamment en prière, sans manger ni dormir, Anastasie sentait au contraire ses forces se renouveler. Comme Ulpianus se précipitait sur elle pour lui faire outrage, il fut soudain frappé de cécité, et il mourut, après avoir vainement invoqué ses dieux illusoires.

Libérée, Anastasie se rendit à Nicée en Bithynie où, en visitant les prisons, elle rencontra la pieuse veuve Théodote, qui se consacrait elle aussi à l’assistance et au réconfort des confesseurs de la foi. Dioclétien l’avait offerte en mariage au comte de Bithynie, Leucade, pour que l’attrait de la vie mondaine la persuadât d’abandonner le Christ. Après avoir, comme Anastasie, repoussé le moment de s’unir à son époux, Théodote avait profité de son absence pour se consacrer tout entière au soutien des soldats du Christ, en compagnie de ses trois enfants. Apprenant la conduite de son épouse à son retour, Leucade, furieux, la livra au proconsul de Bithynie, Nicétios, pour qu’elle soit châtiée. Irréductible, de même que ses enfants, Théodote s’apprêtait à recevoir la palme du martyre. Son fils aîné, Évode, amené devant les instruments de torture, répondit au tyran : « Tu vois bien que la résolution de notre âme et l’audace de nos paroles, malgré notre jeune âge, nous sont données par le Christ. C’est Lui qui a retiré de nous la crainte humaine, et c’est Lui qui nous revêt maintenant d’une force divine. » Encouragé avec ardeur par sa propre mère à ne pas fléchir, le jeune garçon fut alors livré aux bourreaux et mourut sous les verges. Quant à sa mère, elle fut jetée, en compagnie de ses deux autres fils, dans un brasier en rendant gloire à Dieu qui lui avait permis de gagner ainsi le Ciel avec ses enfants [29 juil.].

Livrée au nouveau préfet d’Illyrie, Lucien, homme avide et sans scrupules, sainte Anastasie refusa de lui céder sa fortune, « car, dit-elle, ce n’est pas aux riches comme toi que mon Dieu m’a commandé de distribuer mes biens, mais aux pauvres, pour leur procurer le salut de l’âme. » Jetée en prison, elle y resta pendant un mois entier, sans prendre aucune nourriture, réconfortée et encouragée par les fréquentes apparitions de sainte Théodote. Quand il la vit sortir rayonnante de force spirituelle, le préfet la livra à d’autres geôliers, plus cruels, pour trente autres jours de réclusion, à l’issue desquels il la condamna à mort. En compagnie d’environ cent trente païens, condamnés pour des crimes de droit commun, et d’un seul chrétien, nommé Eutychien, Anastasie fut embarquée sur un navire, dont on avait percé la coque en maints endroits et qu’on abandonna en pleine mer. Mais, avant que le bateau ne commence à s’enfoncer, sainte Théodote apparut au gouvernail et mena le navire jusqu’à l’île de Palmaria (au large de Naples), où se trouvaient des chrétiens en exil. Devant ce prodige, les compagnons de la sainte embrassèrent à leur tour la foi, pleins de reconnaissance. En apprenant cette nouvelle, le préfet envoya ses troupes dans l’île, fit arrêter près de deux cents chrétiens, et ordonna de tous les décapiter, à la suite d’Anastasie, qui obtint enfin la palme du martyre qu’elle avait procurée à tant d’autres. Ses précieuses reliques, d’abord transportées à Rome où l’on édifia une église en son honneur, furent ensuite transférées à Constantinople, sous le patriarche saint Gennade (vers 470), et déposées dans l’église portant son nom, où elles accomplirent de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire de la sainte grande-martyre, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de la sainte grande-martyre, ton 2
Ceux que frappent les épreuves et l’affliction, * accourant vers ton temple, reçoivent les guérisons * de la grâce divine qui demeure en toi, Anastasie, * car sans cesse pour le monde tu fais sourdre les guérisons.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc VIII, 22-26)
Ils se rendirent à Bethsaïda; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose.
Il regarda, et dit: J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N’entre pas au village.

9 décembre (ancien calendrier)/22 décembre (nouveau)

9 décembre (ancien calendrier)/22 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité
Conception de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie par sainte Anne. Commémoration de la dédicace de l’église de la Résurrection à Jérusalem ; sainte Anne, prophétesse, mère du prophète Samuel (XIème s. av. J.-C.) ; sainte Valérie, vierge, martyre à Limoges (IIIème s.) ; Saint Nectaire, apôtre de l’Auvergne avec Baudime et Auditeur (III-IVème s.) ; saint Sophrone, archevêque de Chypre (VIème s.) ; sainte Balde, abbesse de Jouarre (VIIème s.) ; saint Étienne « le nouveau luminaire » de Constantinople (912) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir (Vinogradov), prêtre (1919) ; Vladimir (Djourinsky), prêtre et Euphrosyne (Djourinsky) (1920) ; Basile (Yagodine) et Alexandre (Bouravtsev), prêtres (1937).

Conception de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie par sainte Anne

CONCEPTION DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU
elon le dessein éternel de Dieu, qui voulait se préparer une demeure très pure pour s’incarner et résider parmi les hommes, Joachim et Anne avaient été empêchés d’engendrer une progéniture. Parvenus tous deux à un âge avancé et restés stériles, comme la nature humaine courbée et desséchée sous le poids du péché et de la mort, ils ne cessaient cependant de supplier Dieu de les délivrer de leur opprobre. Le temps de la préparation voulue par le Seigneur étant accompli, Il envoya l’Archange Gabriel à Joachim, retiré sur une montagne, et à Anne, pleurant son malheur dans son jardin, pour leur annoncer qu’allaient bientôt s’accomplir par eux les prophéties de jadis, et qu’une enfant leur naîtrait, destinée à devenir la véritable Arche de la nouvelle Alliance, l’Échelle divine, le Buisson non consumé, la Montagne non entaillée, le Temple vivant où allait habiter le Verbe de Dieu. En ce jour, par la conception de sainte Anne, c’est la stérilité de toute la nature humaine, séparée de Dieu par la mort, qui prend fin, et par l’enfantement surnaturel de celle qui était restée stérile jusqu’à l’âge où les femmes ne peuvent plus porter de fruit, Dieu annonçait et confirmait le miracle plus étonnant de la conception sans semence et de l’enfantement immaculé du Christ dans le sein de la Très Sainte Vierge et Mère de Dieu. Bien qu’elle fût née par une intervention miraculeuse de Dieu, la sainte Vierge Marie fut cependant conçue par l’union de l’homme et de la femme, selon les lois de notre nature humaine déchue et soumise à la mort et à la corruption depuis le péché d’Adam (Gn 3, 16). Vase d’élection, Écrin précieux préparé par Dieu depuis l’origine des siècles, elle est certes la représentante la plus pure et la plus parfaite de l’humanité, mais elle n’a pas été toutefois mise à part de notre héritage commun et des conséquences du péché de nos premiers parents. Tout comme il convenait que le Christ, en son Incarnation, se rendît semblable aux hommes en tout hormis le péché, afin de les délivrer de la mort par sa mort volontaire (cf. Hb 2, 14), de même il fallait que sa Mère, dans le sein de laquelle le Verbe de Dieu allait s’unir à la nature humaine, fût en tout point semblable à nous, soumise à la mort et à la corruption, de peur que le Salut et la Rédemption ne nous concernent pas pleinement, nous tous fils d’Adam. La Mère de Dieu a été élue et choisie entre toutes les femmes, non pas de manière arbitraire, mais parce que Dieu vit à l’avance qu’elle saurait préserver et garder parfaitement sa pureté pour être digne de Le recevoir. Conçue et née comme nous tous, elle a été jugée digne de devenir la Mère du Fils de Dieu selon la chair et notre mère à tous selon l’esprit d’adoption. Tendre et compatissante, elle peut ainsi intercéder pour nous auprès de son Fils, pour qu’il nous prenne en pitié. Tout comme le Seigneur Jésus-Christ fut le fruit de sa virginité, la sainte Mère de Dieu fut, quant à elle, le fruit de la chasteté de Joachim et Anne. Et c’est en suivant cette voie de la pureté que nous aussi, moines et chastes couples chrétiens, feront naître et grandir en nous le Christ Sauveur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Conception de la Mère de Dieu, ton 4
En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, * car Dieu exauce la prière d’Anne et de Joachim: * il leur promet clairement la naissance inespérée * de la divine enfant qui doit à son tour * enfanter l’Infini dans la chair des mortels, * celui même qui ordonne à l’Ange de lui crier: * Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tropaire de la dédicace, ton 4
Comme tu as orné de splendeur * le céleste firmament, * sur terre aussi tu pares de beauté * la sainte demeure de ta gloire, Seigneur. * Pour les siècles des siècles affermis-la * et par les prières de la Mère de Dieu * agrée les incessantes supplications * qu’en ce temple nous faisons monter jusqu’à toi, * Seigneur, notre vie et l’universelle résurrection.

Kondakion de la dédicace, ton 2
Renouvelle en nos cœurs la consécration de l’Esprit, * l’illumination du Baptême au fond de nous * qui célébrons la dédicace de ce temple, ta maison, * qu’il t’a plu de fonder en ton nom, * seul Seigneur glorifié au milieu de tes Saints.

Kondakion de la dédicace, ton 4
L’univers célèbre en ce jour * la Conception d’Anne survenue par divine volonté: * elle conçoit en effet * celle qui à son tour concevra * de manière ineffable le Verbe de Dieu.

Évangile du jour
(Lc VIII,16-21)
Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ou ne la met sous un lit; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver; mais ils ne purent l’aborder, à cause de la foule. On lui dit: Ta mère et tes frères sont dehors, et ils désirent te voir. Mais il répondit: Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

21 décembre

21 décembre
Carême de la Nativité

Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Sainte Julienne et ses compagnons, 500 hommes et 130 femmes, martyrs à Nicomédie (304) ; saint Thémistocle de Myre en Lycie, martyr (251) ; saint Honorat, évêque de Toulouse (IIIème s.) ; saint Pierre, métropolite de Moscou (1326) ; sainte Julienne, princesse de Viazma (1406) ; saint Procope, fol en Christ de Viatka (1628) ; saint Philarète de Kiev (1857)

SAINTE MARTYRE JULIENNE

Sainte Julienne martyre à Nicomédie (304)

Sainte Julienne était fille d’un couple de nobles et illustres païens de Nicomédie, sous le règne du cruel Dioclétien (286-305). Ses parents l’avaient fiancée à un certain Éleusios, de rang sénatorial, qui s’en était épris d’un amour ardent et désirait ne pas retarder davantage leur mariage. Mais le cœur de Julienne avait été saisi par l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ, et elle désirait se garder tout entière pure et sans partage pour son Époux céleste, aussi tentait-elle de repousser autant qu’elle le pouvait les avances de son prétendant. Elle déclara d’abord, comme s’il s’agissait d’un caprice de jeune fille mondaine, qu’elle accepterait d’épouser Éleusios seulement s’il devenait préfet de la capitale de la Bithynie. Malgré les difficultés, celui-ci se mit immédiatement en œuvre : il dépensa l’or sans compter, fit jouer ses amis et ses relations à la cour et, quelque temps plus tard, devenu effectivement préfet de Nicomédie, il renouvela sa demande en mariage. Contrainte de se dévoiler, la fiancée du Christ lui dit : « Si tu n’abandonnes pas le culte des idoles et si tu n’adhères pas à la foi des chrétiens, qui procure la vie éternelle, jamais je n’accepterai de m’unir à toi. » Inflexible dans sa résolution, malgré les supplications de ses parents, Julienne fut alors livrée aux autorités, comme disciple de la religion interdite, et traduite devant le tribunal du préfet. Son amant, devenu son juge et son tortionnaire, la fit dévêtir pour la soumettre à de cruels tourments. Flagellée sur tout le corps, elle fut ensuite pendue par les cheveux et eut le cuir chevelu arraché. Le diable lui apparut dans sa prison, sous l’aspect d’un ange de Dieu, pour lui proposer de se soumettre et de sacrifier aux idoles, mais la sainte martyre, armée de la prière, déjoua la ruse du démon, en le frappant et en crachant sur lui avec mépris, et elle trouva ainsi des forces renouvelées pour la suite de ses combats.

Tirée de son cachot pour un nouvel interrogatoire, elle fut menée vers un grand brasier, sur lequel on avait préparé un chaudron plein de plomb bouillonnant pour l’y plonger. Mais la résolution de la jeune fille était inflexible, sa foi inébranlable, son amour du Christ plus ardent que tout feu terrestre, si bien que son âme avait communiqué à son corps une part de l’incorruptibilité promise aux élus dans la vie éternelle. Non seulement elle ne souffrit aucun dommage lorsqu’on la plongea dans le chaudron, mais dès qu’elle le toucha, il se fendit et le plomb se répandit sur les gardes. Devant de tels prodiges, un grand nombre de païens présents, cinq cents hommes et cent trente femmes, glorifièrent la puissance accordée par Dieu aux saints martyrs et confessèrent le Nom du Christ. Par ordre du préfet, ils furent décapités sur-le-champ. La dernière, Julienne eut également la tête tranchée, et son âme partit avec allégresse vers les demeures des saints. Elle était âgée de dix-huit ans, lorsqu’elle célébra ainsi ses noces avec le Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire de la sainte martyre Julienne, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc VIII, 11-21)
Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l’autre bord. Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit cette recommandation: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas de pains. Jésus, l’ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n’avez pas de pains? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas? Et n’avez-vous point de mémoire? Quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés? Douze, lui répondirent-ils. Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées? Sept, répondirent-ils. Et il leur dit: Ne comprenez-vous pas encore?

8 décembre (ancien calendrier)/21 décembre (nouveau)

8 décembre (ancien calendrier)/21 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité
Avant-fête de la conception de la Très-Sainte Mère de Dieu par sainte Anne (usage grec). Saint Patapios de Thèbes, ascète (VIIIème s.) ; saints Sosthène, Apollos, Céphas, Tychique, Epaphrodite, César et Onésiphore, apôtres ; sainte Amphise, martyre à Rome (Vème s.) ; saint Sophrone, archevêque de Chypre (VIème s.) ; Saint Budoc, évêque de Dol en Bretagne (VIème s.) ; saint Valens évêque d’Avignon et sainte Cazarie (VIème s.) ; saint Romaric, abbé-fondateur de Remiremont (653) ; saint Cyrille de Tchelmogory (1378) ; saint hiéromartyr Serge (Orlov), prêtre (1937).

SAINT PATAPIOS

Saint Patapios de Thèbes, ascète (VIIIème s.)

Né à Thèbes en Égypte, au sein d’une famille pieuse, saint Patapios, le cœur embrasé par le désir de la perfection, décida de quitter parents, richesses et tout lien qui le retenait à ce monde pour demeurer au désert et y converser sans cesse avec Dieu. Après de longues années de solitude, son désir d’échapper à la gloire des hommes ne put empêcher sa renommée de s’étendre comme l’éclat d’une lampe brillante. Devant l’affluence des visiteurs qui venaient le détourner de sa contemplation, il décida de partir et alla s’installer à Constantinople, près de l’église des Blachernes où, étranger et perdu dans la masse de la population bigarrée de la capitale, il put continuer et accroître ses travaux spirituels à l’abri des vaines louanges. Joignant avec science la contemplation à la pratique des vertus, il devint comme un ange revêtu d’un corps. À l’égal des puissances célestes, il ne cessait pas, de jour comme de nuit, de louer le Seigneur et, en retour, Dieu lui accorda la grâce d’accomplir des miracles. Par l’invocation du Nom du Christ, il rendit la vue à un aveugle de naissance qui s’était jeté à ses pieds avec foi. Une autre fois, il guérit un homme dont le corps était horriblement gonflé par un œdème, en le marquant du signe vivifiant de la Croix et en l’oignant avec l’huile d’une veilleuse de l’église. Il chassa aussi les démons qui s’étaient emparés d’un pauvre jeune homme, avec la même autorité que notre Seigneur. C’était, en effet, dans la mesure où il observait les commandements de notre Seigneur Jésus-Christ et croissait aussi bien en vertu que dans la contemplation, que le saint recevait de Dieu la capacité d’accomplir les mêmes miracles que nous voyons rapportés dans le saint Évangile, attirant ainsi, malgré lui, les foules.

Après avoir ainsi édifié l’Église par sa présence et affermi de nombreuses âmes dans la foi par ses miracles, ce glorieux serviteur de Dieu s’endormit en paix, entouré des moines et des ascètes des environs, qui pleuraient la perte d’un si grand trésor, mais se réjouissaient aussi de son entrée dans la gloire éternelle. Son corps fut enseveli dans l’église du Monastère des Égyptiens, situé à proximité de son ermitage.

Bien longtemps après, en 1904, la précieuse relique de saint Patapios fut découverte tout entière, à l’occasion de travaux effectués dans l’église d’un petit monastère situé sur les hauteurs de Loutraki (mont Gérania), près de Corinthe. Ce monastère a été depuis dédié au saint, et de nombreux miracles ne cessent de s’y accomplir.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Patapios, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * bienheureux Père, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de saint Patapios, ton 3
En toi, Père saint et temple de l’Esprit, * les peuples ont trouvé la maison du médecin: * ils s’empressent d’accourir vers toi * pour te demander la guérison des maladies * et la rémission des péchés commis en cette vie, * vénérable Père, protecteur de ceux qu’afflige le malheur.

Évangile du jour
(Lc XX,27-44)
Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, s’approchèrent, et posèrent à Jésus cette question: Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu’un meurt, ayant une femme sans avoir d’enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants. Le second et le troisième épousèrent la veuve; il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Enfin, la femme mourut aussi. À la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle donc la femme? Car les sept l’ont eue pour femme. Jésus leur répondit: Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris; mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges, et qu’ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. Que les morts ressuscitent, c’est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob.
Or, Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants. Quelques-uns des scribes, prenant la parole, dirent: Maître, tu as bien parlé. Et ils n’osaient plus lui faire aucune question. Jésus leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David? David lui-même dit dans le livre des Psaumes: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David donc l’appelle Seigneur; comment est-il son fils?

20 décembre

20 décembre
Carême de la Nativité

Dimanche des Pères de l’Ancien Testament. Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, hiéromartyr (107) ; saint Philogone, évêque d’Antioche (323) ; saint Ursanne, abbé-fondateur de Saint-Ursanne en Suisse (vers 620) ; saint Daniel, archevêque de Serbie (1338) ; saint Ignace, archimandrite des Grottes de Kiev (1435); saint Jean le tailleur, néo-martyr grec à Constantinople (1650) ; saint Antoine, archevêque de Voronej (1846) ; saint Jean de Cronstadt (1908)

LES PÈRES DE L’ANCIEN TESTAMENT

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Les Pères de l’Ancien Testament

Dans l’office des Pères sont glorifiés les saints de l’Ancien Testament, de la race desquels est issu, selon la chair, notre Seigneur. C’est pour cette raison qu’est lu ce dimanche l’évangile de la « généalogie » de Jésus-Christ. Par la même occasion sont également commémorés tous les saints vétéro-testamentaires qui vécurent dans la foi du Sauveur qui devait venir. Ceux-ci sont énumérés dans la lecture de l’épître de ce jour. L’office des Pères contient de nombreuses expressions profondes et belles, comme par exemple : « Que la Loi se réjouisse et fasse chœur avec les prophètes et les enfants (c’est-à-dire les trois enfants de la fournaise de Babylone) et qu’en ce jour elle exulte par avance pour la divine venue du Seigneur ; Abraham aussi se réjouit, car il voit le Seigneur prendre Sa chair de sa propre semence », « Le prophète, fermant jadis la bouche des fauves dans la fosse, montra divinement que, grâce à la venue du Christ, le monde passerait de la bestiale férocité à la paix divine» ou encore « L’ensemble des enseignements de la Loi révèle la Nativité du Christ dans la chair, manifestant que ceux qui annoncèrent la Grâce avant la Loi, avaient vécu au-dessus de la Loi par la foi ». Le tropaire du dimanche des Pères est dédié uniquement aux trois enfants et au prophète Daniel parce que : 1°) ils sont les pères les plus proches de la venue du Christ et 2°) la foi atteint son sommet en eux, comme en témoigne le début du tropaire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »
Tropaire des saints Pères, ton 2
Qu’ils sont grandioses les exploits de la foi ! Par elle, les trois jeunes gens ont exulté dans la source des flammes comme auprès d’une source d’eau reposante, et l’on vit le prophète Daniel paître les lions comme des brebis. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem, car l’Éden est ouvert à tous. Apprête-toi, Ephrata, car, dans la grotte, l’Arbre de Vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel, où pousse le plan divin. Si nous en mangeons, nous vivrons, nous ne mourrons pas comme Adam. Le Christ naît pour relever l’image de Dieu autrefois déchue.

Kondakion des saints Pères, ton 1
Réjouis-toi Bethléem, Ephrata prépare-toi, voici que l’Agnelle s’empresse d’enfanter le suprême Pasteur qu’elle porte dans son sein ; en la voyant, les pères théophores sont dans l’allégresse, chantant avec les pasteurs la Vierge qui allaite.

Évangile du jour
(Mt I,1-25)

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar Pharès et Zara; Pharès engendra Esrom; Esrom engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon; Salmon engendra Boaz de Rahab; Boaz engendra Obed de Ruth; Obed engendra Isaï; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abia; Abia engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendra Joatham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ézéchias; Ézéchias engendra Manassé; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salathiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliakim; Éliakim engendra Azor; Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim; Achim engendra Éliud; Éliud engendra Éléazar; Éléazar engendra Matthan; Matthan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ. Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ. Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint Esprit; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. Joseph s’étant réveillé fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

7 décembre (ancien calendrier)/20 décembre (nouveau)

7 décembre (ancien calendrier)/20 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité – Dispense de poisson

Saint Ambroise, évêque de Milan (397) ; les 62 prêtres et les 300 fidèles martyrisés à Carthage par les Vandales ariens (477) ; Saint Gerbold, évêque de Bayeux (v. 690) ; saint Paul l’Obéissant, ermite à Chypre ; saint Nil du Lac Stolben (1554) ; saint Antoine de Siya (1556) ; saint Jean le jeûneur des Grottes de Kiev (XIIème s.) ; saint Athénodore, martyr en Mésopotamie (vers 304) ; transfert de la relique de la sainte martyre Philothée la Nouvelle, de Tirnovo à Curtea de Arges (XVème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Galkovsky), Andronique (Barsoukov), (1917), moines ; Antoine (Popov), prêtre (1918) ; Serge (Golochtchanov), Michel (Ouspensky), Serge (Ouspensky), prêtres, Nicéphore (Litvinov), diacre, Galaction (Ourbanovitch-Novikov) et Gourias (Samoïlov), moines, Jean (Demidov) (1937) ; Pierre (Krestov) et Basile (Mirojine), prêtres (1941).

SAINT AMBROISE, ÉVÊQUE DE MILAN

Saint Ambroise, évêque de Milan (397

Flambeau rayonnant de la lumière incréée, cet illustre Père, dont le nom évoque l’immortalité divine , était issu d’une noble et puissante famille romaine convertie au christianisme. Il naquit à Trèves, en 339, où son père exerçait l’importante charge de préfet du prétoire pour la province des Gaules. À la mort de ce dernier, sa mère retourna à Rome avec ses trois enfants, encore en bas âge : Ambroise, Marcelline et Satyre, qui allaient être tous trois honorés comme saints. Encore au berceau, des abeilles vinrent voltiger un jour autour du petit Ambroise. Elles pénétrèrent dans sa bouche, puis s’élevèrent vers le ciel, en présage de son éloquence céleste. Confié aux meilleurs maîtres, il montra par la suite de grandes capacités pour les sciences, et faisait en particulier l’admiration de tous par ses dons oratoires. À l’issue de ses études de droit, il fut bientôt désigné par l’empereur Valentinien Ier († 375) comme gouverneur de la province de Ligurie-Émilie, ayant pour capitale Milan (370). Le préfet Probus lui dit alors, sans savoir qu’il prononçait une prophétie : « Va et gouverne plutôt en évêque qu’en juge », voulant par là l’exhorter à la compassion et à la miséricorde. De fait, le jeune homme s’acquit bien vite l’attachement et la reconnaissance du peuple, par sa sagesse et ses vertus.

À cette époque, malgré de longues années de luttes depuis le Concile de Nicée (325), l’hérésie arienne était encore tenace et divisait cruellement l’Église, surtout en Orient où elle avait trouvé le soutien du nouvel empereur Valens (364-378). À la mort de l’évêque arien de Milan (373), Auxence, une assemblée se tint dans la cathédrale pour procéder à l’élection du nouvel évêque, mais le peuple était si divisé entre les deux partis, orthodoxe et arien, qu’il était impossible de parvenir à un accord. On fit alors appel à Ambroise pour intervenir et calmer le tumulte. Les paroles du gouverneur, sa douceur, sa persuasion, son esprit de paix firent une telle impression que tous les fidèles reprirent soudain d’une seule voix l’exclamation d’un enfant qui s’était écrié : « Ambroise évêque ! » Surpris, puis effrayé, Ambroise objecta qu’il n’était encore que catéchumène — car la coutume était alors répandue de retarder le baptême pour ne pas le souiller par des péchés ultérieurs — et il se réfugia dans son palais, suivi par la foule qui répétait sans cesse ce même cri. La nuit venue, il tenta de s’enfuir à cheval, mais il perdit son chemin et, au petit matin, se retrouva à son point de départ. Il essaya ensuite d’échapper à ces honneurs en écrivant à l’empereur, mais celui-ci, d’habitude indifférent aux affaires ecclésiastiques, soutint avec admiration l’élection d’Ambroise. Finalement résigné à se soumettre à la volonté de Dieu, ce rhéteur et administrateur de trente-cinq ans fut ordonné évêque, huit jours après son baptême, à la satisfaction des deux partis (7 décembre 374).

Dès lors Ambroise se consacra complètement à son ministère céleste et renonça à tous biens, richesses et plaisirs. Il distribua son argent aux pauvres et fit don de ses vastes propriétés à l’Église. Ne gardant rien pour lui, il passait presque toute la semaine dans le jeûne le plus strict, consacrait ses nuits à la prière et à la méditation des Écritures et des saints Pères, alors que pendant le jour il s’occupait des affaires de l’Église et de la direction de son troupeau spirituel. Sous la direction du prêtre Simplicien, il acquit une profonde connaissance de la philosophie et des Pères grecs (en particulier Origène) et s’engagea avec fougue dans la défense de l’Orthodoxie, à la grande confusion des ariens qui avaient agréé à l’élection de ce magistrat modéré, espérant en faire leur instrument. Infatigable dans ses écrits aussi bien que dans ses sermons, l’évêque de Milan se montra pendant vingt-cinq ans le champion de l’Orthodoxie en Occident, après saint Hilaire [13 janv.], et fit de son siège, qui était devenu depuis 381 la résidence de l’empereur d’Occident, la métropole où se décidaient toutes les affaires ecclésiastiques des diocèses d’Italie, de Pannonie, de Dacie et de Macédoine. S’opposant fermement à l’impératrice Justine et à l’entourage du jeune héritier, Valentinien II, qui étaient gagnés à l’hérésie, Ambroise parvint à s’assurer la confiance et l’intérêt de l’empereur d’Occident, Gratien (375-383), grâce auquel il put faire réunir le concile de Sirmium (juillet 378) et faire décréter des lois proscrivant l’arianisme. À la mort de Valens (379), l’empire d’Orient passa aux mains du pieux Théodose [17 janv.], qui avait pour le saint évêque une affection pleine de respect. Profondément orthodoxe, le nouvel empereur fit réunir le Second Concile Œcuménique à Constantinople, en juillet 381, tandis que Gratien, conseillé par Ambroise, convoquait le concile d’Aquilée, qui scella la fin de l’arianisme en Occident. Mais cette amitié avec les princes ne faisait pas perdre à saint Ambroise le sens de l’indépendance de l’Église à l’égard du pouvoir civil. Pressé par sa mère, Justine, le jeune Valentinien II intima un jour au prélat l’ordre de livrer son église. « Allez dire à votre maître, répondit Ambroise aux envoyés de l’empereur, qu’un évêque ne livrera jamais le temple de Dieu ! » Il s’enferma alors dans l’église, entouré du peuple décidé à mourir avec lui ; et, du Dimanche des Palmes au Jeudi Saint, ils résistèrent ainsi aux troupes qui avaient investi l’église, en n’ayant pour armes que la prédication enflammée de leur pasteur, et le chant des psaumes et des hymnes.

Quelques années plus tard, Théodose, alors au faîte de sa gloire, fit réprimer avec une cruauté inutile une émeute qui s’était déclenchée à Thessalonique, et plus de sept mille personnes furent alors massacrées (390). La nouvelle parvint jusqu’à Milan et, lorsque l’empereur en visite dans la métropole italienne se présenta à la porte de la cathédrale pour assister à la Divine Liturgie, le saint évêque, interprète du courroux divin, ne craignit pas de lui en interdire l’entrée et de l’excommunier pendant plus de huit mois. Respectueux envers la discipline de l’Église, le souverain, devant lequel tremblait l’univers, se retira alors en pleurant dans son palais et se soumit avec humilité à la pénitence publique. Le jour de la Nativité, il se présenta à l’église, se prosterna jusqu’à terre aux pieds d’Ambroise, baignant le sol de ses larmes et suppliant d’être à nouveau jugé digne de la participation aux saints Mystères. Après avoir obtenu le pardon de l’évêque, au moment de la communion, il pénétra dans le sanctuaire pour communier avec les clercs, comme c’était la coutume à Constantinople. Mais le serviteur de Dieu Ambroise se tourna vers lui et l’humilia publiquement une nouvelle fois en le repoussant et lui disant : « Sors d’ici et demeure à ta place parmi les laïcs, car la pourpre n’institue pas des prêtres, mais des empereurs ! » Sans répliquer, Théodose se retira alors et se rangea parmi les pénitents, tant son respect pour Ambroise était grand. De retour à Constantinople, jamais plus il n’osa entrer dans le sanctuaire pour communier.

Familier des princes et des grands de ce monde, Ambroise portait aussi une attention toute paternelle pour le moindre de ses fidèles. Lorsqu’un pécheur venait vers lui pour se confesser, il le prenait dans ses bras et le baignait de ses larmes. Défenseur ardent de la foi, il détourna aussi un grand nombre de païens des ténèbres et les initia au mystère du christianisme, tant par ses sermons publics que par ses entretiens privés. Le plus célèbre de ses disciples fut saint Augustin [28 août] qui, grâce à l’évêque de Milan, put se détourner du manichéisme et entrer définitivement dans l’Église qu’il allait si brillamment servir. C’est grâce à lui encore que la reine de la tribu germanique des Macromans reçut le saint Baptême et attira son peuple à la sainte et vraie foi.

Malgré ses multiples activités, ce grand pasteur trouva cependant le temps de composer de nombreux ouvrages, principalement exégétiques et moraux, dans lesquels il manifeste une vaste culture, tant sacrée que profane, et qui contribuèrent grandement à la diffusion de la doctrine des Pères grecs dans le monde latin. Outre son œuvre oratoire, Ambroise enrichit aussi l’Église par de magnifiques hymnes liturgiques, destinées à être chantées par le peuple en deux chœurs antiphonés, qui furent un des plus riches éléments de la liturgie latine pendant de longs siècles.
Saint Ambroise s’endormit dans la paix du Christ, à l’aube du Samedi Saint, le 4 avril 397, deux ans après son impérial ami et disciple Théodose, dont il avait prononcé l’éloge funèbre. Son corps repose jusqu’à aujourd’hui dans la basilique de Milan.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 4
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire de saint Ambroise, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, Pontife Ambroise, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Ambroise, ton 4
Possédant les paroles de vie, * tu abreuves la foi des croyants, * sage Père, et dans la grâce * tu leur fais produire constamment du fruit; * tu submerges les hérésies * et fais jaillir la grâce des guérisons; * de tes flots tu purifies * la souillure des passions, * saint pontife Ambroise, initiateur des mystères sacrés.

Kondakion du dimanche, ton 4
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Évangile du jour
(Lc XVII, 12-19)
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent: Jésus, maître, aie pitié de nous! Dès qu’il les eut vus, il leur dit: Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent guéris. L’un deux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces. C’était un Samaritain. Jésus, prenant la parole, dit: Les dix n’ont-ils pas été guéris? Et les neuf autres, où sont-ils? Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu? Puis il lui dit: Lève-toi, va; ta foi t’a sauvé.

19 décembre

19 décembre
Carême de la Nativité

Samedi avant la Nativité ; Saint Boniface, martyr en Cilicie (290) ; saints Élie, Probus et Ares, martyrs égyptiens (308) ; sainte Prothasie, vierge, martyre à Senlis (282) ; saints Polyeucte et Timothée, diacres, martyrs (IVème s.) ; saint Boniface le Miséricordieux, évêque de Florence (VIème s.) ; saint Grégoire, évêque d’Auxerre (530) ; saint Grégentios, évêque de Safar (552) ; saint Adjut (ou Avit), abbé près d’Orléans ; saint Ribier, abbé de Saint Oyend (VIIIème s.) ; saint Élie des Grottes de Kiev (1188).

SAINT MARTYR BONIFACE

Saint Boniface, martyr en Cilicie (290)

Saint Boniface était esclave au service d’une riche dame romaine, nommée Aglaïs, fille du proconsul de la capitale, au temps de l’empereur Dioclétien (284-305). Intendant chargé de la gestion de la grande fortune de sa maîtresse, il menait une vie de débauche, conforme aux mœurs dissolues des Romains de cette époque. Tout adonné à l’ivrognerie et à la fornication, il était tombé dans le péché avec Aglaïs, et semblait ne pas en éprouver de remords. Mais il était toutefois bon et généreux, pratiquait avec largesse l’hospitalité pour les étrangers et distribuait avec compassion de nombreuses aumônes aux pauvres.

Au bout de quelques années d’une telle conduite, Aglaïs, tourmentée par les reproches de sa conscience et par la crainte d’avoir à rendre un jour compte à Dieu de ses péchés, entendit dire par des chrétiens que celui qui sert et honore les reliques des saints martyrs bénéficiera de leur intercession auprès de Dieu et obtiendra le pardon de ses péchés. Remplie d’espérance, elle convoqua alors Boniface et le chargea de se rendre en Asie Mineure, là où les chrétiens souffraient la persécution, pour acquérir à prix d’argent des saintes reliques et les ramener à Rome. Encore insensible aux choses de Dieu, son serviteur et amant reprit en se moquant : « Et si je te ramène mon propre corps en guise de relique, m’honoreras-tu comme un saint ? » — « Le temps n’est plus à la plaisanterie, reprit Aglaïs sur un ton de reproche. Secoue ton ivresse et hâte-toi de faire tes préparatifs pour ce voyage, car, moi la pécheresse, j’attends avec impatience ton retour pour obtenir de Dieu le pardon. »

Parvenu à Tarse, en Cilicie, à la tête d’une nombreuse escorte qui emportait avec elle une grande quantité d’or et tout ce qui est nécessaire pour embaumer et transporter avec éclat les restes des saints, Boniface se rendit sur-le-champ à l’amphithéâtre, où il assista avec stupeur aux tourments d’une vingtaine de martyrs. L’un avait les membres écartelés entre quatre poteaux, l’autre était suspendu la tête en bas, sur d’autres les bourreaux s’acharnaient à coups de fouets ou leur déchiraient les côtes avec des crochets de fer. Mais tous restaient imperturbables et montraient une telle constance que le courtisan débauché sentit son cœur fondre en lui. Il tomba en pleurs à leurs pieds, baisa avec respects leurs liens et, après avoir demandé l’assistance de leurs prières, il déclara publiquement que lui aussi était désormais disciple du Christ. Traduit devant le tribunal du gouverneur, il repoussa avec dégoût le culte des idoles et confessa hardiment le Sauveur. Puis il fut ramené vers le cirque où, grâce à la prière des saints, il endura toutes sortes de supplices avec l’impassibilité de quelqu’un qui est déjà comme sorti du corps et étranger au monde. On lui enfonça des roseaux effilés sous les ongles, on lui fit couler du plomb fondu dans la bouche, on le plongea dans un chaudron rempli de goudron bouillant, mais il resta invincible dans tous ces supplices. Le lendemain, l’athlète du Christ reçut avec joie l’annonce de la sentence de mort. S’étant revêtu du signe de la Croix, il adressa au Seigneur, avant d’être décapité, une fervente prière pour l’affermissement du peuple chrétien affligé et pour que sa mort lui procure la rémission de ses péchés et l’entrée dans la joie éternelle.

Ses compagnons de voyage, pensant tout d’abord que, selon son habitude, Boniface devait se trouver dans quelque taverne ou autre lieu de débauche, commencèrent à s’inquiéter de son absence prolongée, et ils partirent à sa recherche. Ils rencontrèrent en ville le frère du bourreau, qui leur apprit que, la veille, on avait exécuté un Romain qui semblait répondre au signalement de leur compagnon. Quoiqu’il leur semblât impossible que le martyr en question fût Boniface, ce ripailleur, ils se précipitèrent à l’amphithéâtre et trouvèrent avec stupéfaction son saint corps qu’ils achetèrent pour cinquante livres d’or et qu’ils transportèrent avec grands honneurs à Rome.

Un ange du Seigneur apparut alors à Aglaïs et lui dit : « Lève-toi pour aller au-devant de celui qui était ton serviteur et ton compagnon de débauche, et qui maintenant est devenu notre frère. Reçois-le comme ton maître, car, grâce à lui, tous tes péchés vont être remis ». Au comble de la joie, elle rassembla un brillant cortège pour accueillir, conformément à sa prophétie involontaire, le corps de saint Boniface à quelque distance de Rome. Par la suite, elle fit édifier en ce lieu une belle et vaste église en son honneur, où se sont accomplis de nombreux miracles au cours des siècles. Quant à elle, renonçant au monde et à ses vains honneurs, elle distribua sa fortune aux pauvres et s’adonna dès lors à l’ascèse et à la prière, tant et si bien qu’elle acquit le pouvoir de faire des miracles. Elle s’endormit, treize années plus tard, dans la paix du Seigneur, avec l’assurance que les souillures de sa vie passée avaient été effacées grâce à l’intercession de saint Boniface.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr Boniface, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr Boniface, ton 4
Tu as voulu t’offrir toi-même en victime sans défaut * à celui qui pour toi va naître d’une Vierge immaculée, * saint martyr Boniface couronné dans le ciel.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc XIII,18-29)

Il dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

6 décembre(ancien calendrier)/19 décembre (nouveau)

6 décembre(ancien calendrier)/19 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité – dispense de poisson

Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie, thaumaturge (vers 345) ; sainte Gertrude, veuve, abbesse de Hamay (près de Douai) (649) ; saint Nicolas Caramos, néo-martyr grec à Smyrne (1657).

SAINT NICOLAS, ARCHEVÊQUE DE MYRE EN LYCIE

Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie, thaumaturge (vers 345)

Émule des apôtres et fervent imitateur de notre Seigneur Jésus-Christ, colonne vivante de l’Église par son zèle à défendre la foi et modèle des saints hiérarques par son soin pastoral, notre saint Père Nicolas s’est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l’injustice et de tous ceux qui, jusqu’à aujourd’hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du IIIe siècle, dans une famille chrétienne longtemps privée de progéniture. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l’observance des institutions de l’Église, en s’abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu’au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné prêtre par son oncle, l’archevêque Nicolas. Veilles, jeûnes, prières étaient des vertus dans lesquelles le jeune clerc excellait depuis longtemps ; mais, lorsque, à la mort de ses parents, il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l’aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mt 6, 3). C’est ainsi qu’il sauva de l’infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d’or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d’éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait. En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s’était embarqué.
À son retour, au milieu de l’allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme évêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l’intervention d’un ange de Dieu auprès des évêques réunis en synode pour l’élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur n’en cessa pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi ; et, la paix de l’Église ayant été proclamée lors de l’avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L’hérésie impie d’Arius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser le saint Corps du Christ, mais elle trouva encore saint Nicolas au premier rang des champions de l’Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le Premier Concile Œcuménique de Nicée, en 325.

Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d’un bateau chargé de blé, l’homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l’empereur saint Constantin et au perfide préfet Avlavios. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le saint, devinrent moines. À de nombreuses reprises encore, tant pendant sa vie qu’après sa mort, saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger les navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, c’est pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs. C’est ainsi qu’il apparut un jour à la barre d’un navire en perdition dans une tempête et le conduisit à bon port, ou qu’une autre fois, il vint au secours d’un voyageur passé par-dessus bord et qui, au cri de : « Saint Nicolas, viens à mon secours ! », se retrouva soudain dans sa demeure entouré des siens ébahis.

Pendant de longues années, le saint évêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l’Ami des hommes et le Bon Pasteur ; il n’y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d’injustice qu’il ne redressât, pas de discorde qu’il n’apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l’atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Lorsque, après tant de bienfaits, il s’endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux (entre 345 et 352), les hommes se lamentèrent d’avoir perdu leur pasteur et leur providence, mais les anges et les saints exultèrent de joie en recevant parmi eux le doux Nicolas. Ses saintes reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l’honneur du saint, où elles recevaient chaque année l’hommage d’un grand nombre de pèlerins, et son culte se diffusa à Constantinople et dans tout l’Empire. Le diable, ne pouvant toutefois supporter cette gloire posthume, prit un jour la forme d’une pauvre vieille femme qui, sous prétexte de ne pouvoir entreprendre une si longue traversée, confia à des pèlerins en partance pour Myre une jarre d’huile destinée à alimenter les veilleuses qui brûlaient perpétuellement devant le tombeau du saint. Mais au cours du voyage, saint Nicolas apparut au capitaine du navire et lui donna l’ordre de jeter cette huile magique à la mer. Aussitôt fait, la surface des eaux s’embrasa dans un grand remous, suscitant l’effroi des passagers qui rendirent grâce à Dieu d’avoir, par l’intermédiaire de son saint, sauvé le sanctuaire.

En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s’emparèrent des saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du Sud [9 mai], un grand nombre de miracles s’accomplissant partout où elles passaient. C’est là que, depuis, elles sont vénérées.
Saint Nicolas est, avec saint Georges, l’un des saints les plus chers au peuple chrétien, tant en Orient qu’en Occident. Innombrables sont les églises qui lui sont consacrées, les fidèles ou les lieux qui ont pris son nom. Particulièrement révéré par le peuple russe comme protecteur des récoltes, il est considéré en Occident comme le patron des enfants et des écoliers, car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants hachés menu par un cruel boucher qui voulait les mêler à son pâté.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Nicolas, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * pour ton troupeau une règle de foi, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation * et par ta pauvreté la richesse. * Père saint, Pontife Nicolas, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Nicolas, ton 3
À Myre, saint Évêque, tu t’es montré * comme le ministre du sacrifice divin; * car, accomplissant l’Évangile du Christ, * tu donnas ta vie pour tes brebis * et sauvas les innocents de la mort; * dès lors tu fus sanctifié, comme grand Pontife de la grâce de Dieu.

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc VI, 17-23)

Il descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

5 décembre (ancien calendrier)/18 décembre (nouveau)

5 décembre (ancien calendrier)/18 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Sabas le Sanctifié, abbé en Palestine (532) ; saint Anastase, martyr ; saint Diogène, martyr ; saint Bassus, évêque de Nice, martyr (vers 250) ; saint Cyrion et son fils Zacharie (IVème s.) ; saint Siran (ou Cyran), abbé-fondateur de Meobecq (657) ; saints moines et confesseurs de l’Athos : Cosmas le prôtos et ses compagnons (XIIIème s.) ; saint Gourias, évêque de Kazan (1563) ; saint Nectaire de Karyès et de son père spirituel Philothée (XVIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Élie (Tcheveroukhine), prêtre (1932) ; Gennade (Letiouk) (1941), moine ; Serge (Pravdolioubov), prêtre (1950).

SAINT SABAS LE SANCTIFIÉ

Saint Sabas le Sanctifié, abbé en Palestine (532

Notre saint Père théophore Sabas, l’ange dans la chair et le civilisateur du désert de Palestine, vit le jour dans le petit bourg de Moutalaska (auj. Talas) en Cappadoce, en 439. Dès l’âge de huit ans, ayant compris la vanité de toutes choses en ce monde et le cœur brûlant d’amour pour Dieu, il entra au monastère des Flavianes, situé non loin de là. Malgré les tentatives de sa famille pour le faire revenir en arrière, il persévéra et fut initié rapidement à toutes les observances monastiques, en particulier à la tempérance et à la récitation par cœur du Psautier. Un jour, comme il travaillait au jardin, l’envie lui vint de manger une pomme. Mais, il venait à peine de la détacher de l’arbre, qu’il domina avec énergie la tentation de la gourmandise en se disant : « Beau à voir et bon à manger était le fruit qui me donna la mort par l’entremise d’Adam. Adam préféra ce qui apparaissait délectable à ses yeux charnels, et il fit plus de cas de la satisfaction de son ventre que des jouissances spirituelles. N’allons donc pas, dans la torpeur du sommeil spirituel nous éloigner des splendeurs de la tempérance. » Jetant la pomme à terre et la foulant aux pieds, il remporta la victoire sur la convoitise et, jusqu’à sa mort, il ne mangea plus jamais de pomme. L’enfant était si résolu et avait atteint une telle maturité qu’il s’adonnait aux labeurs du jeûne et de la veille comme les ascètes les plus expérimentés, et dépassait tous ses compagnons par l’humilité, l’obéissance et la maîtrise de soi. Après avoir passé dix ans dans ce monastère, il obtint de son supérieur la bénédiction de se rendre à Jérusalem (456). Attiré par la renommée du vénérable Euthyme [20 janv.], Sabas le supplia avec larmes d’être compté parmi ses disciples ; mais le saint vieillard l’envoya d’abord au monastère de saint Théoctiste [3 sept.], car il n’avait pas coutume de recevoir des jeunes gens encore imberbes parmi les rudes anachorètes du désert. Modèle de renoncement à sa volonté et d’humilité, Sabas consacrait, sous la direction de Théoctiste, tout le jour au service des frères et passait ses nuits à glorifier Dieu. Il était si parfait dans toutes les vertus que saint Euthyme le nommait : « L’enfant-vieillard ».

À la mort de saint Théoctiste (469), il obtint la permission de se retirer dans une grotte située à quelque distance du coenobium. Il y passait les cinq jours de la semaine sans prendre aucune nourriture, à prier sans cesse en tressant des feuilles de palmiers pour occuper son corps, et revenait au monastère pour participer à la Liturgie et au repas des frères, le samedi et le dimanche. Pendant le Grand Carême (du 14 janvier au Dimanche des Palmes), saint Euthyme avait coutume de l’emmener avec lui au désert de Rouba, pour s’y exercer aux plus hautes vertus, s’entretenant avec Dieu dans le silence et l’absence de toute consolation humaine. Il parvint ainsi à la mesure des grands athlètes de la foi et, après le décès de saint Euthyme (473), il se retira définitivement dans ces solitudes implacables pour affronter en combat singulier Satan et ses serviteurs, en n’ayant pour toutes armes que le signe de la Croix et l’invocation du saint Nom de Jésus.

Après quatre années passées dans le désert, il fut guidé par un ange vers une grotte perchée au-dessus d’un ravin sur la rive gauche du Cédron. Il y passa cinq ans (478-483) dans la contemplation ; puis, assuré par Dieu que le temps était venu, il commença à accepter des disciples. Il procurait à chacun une cellule dans une des nombreuses cavernes des alentours et leur enseignait par l’expérience l’art de la vie solitaire. Comme ses disciples avaient bientôt atteint le nombre de soixante-dix, à la prière du saint, Dieu fit jaillir pour leur consolation une source d’eau vive dans le ravin. Pour leurs offices liturgiques communs, les frères se réunissaient dans une vaste grotte en forme d’église, qui avait été découverte par saint Sabas guidé par une colonne de feu. La Laure grandissait sans cesse, cent cinquante solitaires s’y étaient rassemblés, et un grand nombre de pèlerins y affluait sans cesse pour y entendre des paroles de salut et offrir des dons, grâce auxquels les moines pouvaient satisfaire tous leurs besoins, sans être obligés de se mêler aux soucis et aux tumultes du monde. Malgré son désir d’échapper au sacerdoce, l’humble Sabas fut cependant contraint d’accepter l’ordination sacerdotale, à l’âge de cinquante-trois ans, pour assurer le bon ordre de son troupeau spirituel.

Le grand nombre de ses disciples ne l’empêchait pas néanmoins de persévérer dans l’amour de la retraite et, chaque année, fidèle à la coutume de son père en Dieu Euthyme, il se retirait dans le désert profond pour le Grand Carême. C’est au cours d’une de ces retraites qu’il s’installa sur une colline infestée de démons, nommée Castellion et, après l’avoir purifiée par sa prière, il y fonda un nouveau monastère cénobitique réservé à des moines déjà éprouvés (492). Pour ceux qui venaient de renoncer au monde, il fonda un troisième établissement, au nord de la Laure, afin qu’ils y soient formés à la vie ascétique et à la récitation du Psautier (493). Il ne laissait en effet demeurer en solitaires que les moines expérimentés, ayant acquis le discernement et la vigilance sur leurs pensées, ainsi qu’un cœur humble et un renoncement parfait à leur volonté propre. Quant aux jeunes encore imberbes, il les envoyait se former au coenobium de saint Théodose [11 janv.].

À cette époque, comme la nombreuse population monastique de Palestine était troublée par les machinations des hérétiques monophysites opposés au Concile de Chalcédoine, le patriarche de Jérusalem, Salluste, nomma saint Théodose et saint Sabas archimandrites et exarques de tous les monastères dépendants de la Ville sainte (494) : Théodose pour les cénobites et Sabas pour les anachorètes et les moines demeurant en cellule dans les laures. Ce redoutable ennemi des démons était plein de douceur et d’effacement à l’égard des hommes. C’est ainsi que, lorsque par deux fois certains de ses moines se révoltèrent (490 et 503), le saint vieillard se retira de lui-même, sans chercher à se justifier ou à imposer son autorité, et il n’accepta de reprendre sa charge que sur les instances du patriarche. Ayant appris que les soixante moines, qui avaient fait défection pour se retirer dans une laure abandonnée, qui fut appelée la « Nouvelle Laure » (507), manquaient de tout, il obtint du patriarche une somme d’or qu’il vint lui-même leur apporter, et il les aida à construire une église et à organiser leur monastère, avec leur propre higoumène.

Ayant acquis la bienheureuse impassibilité et inébranlablement fixé en Dieu, saint Sabas pacifiait les animaux sauvages, guérissait les malades et, par sa prière, attirait des pluies bienfaisantes sur la région tourmentée par la sécheresse et la famine. Il fonda d’autres monastères, de sorte que, outre sa fonction d’exarque des solitaires, il était le père spirituel de sept communautés. Ce civilisateur du désert guidait avec sagesse ses légions de combattants spirituels et s’efforçait de les maintenir dans l’unité de la foi. En 512, il fut envoyé, avec d’autres moines, à Constantinople, auprès de l’empereur Anastase (491-518), qui était favorable au parti monophysite, pour soutenir la foi orthodoxe et obtenir des allégements fiscaux en faveur de l’Église de Jérusalem. Ce pauvre et humble ermite aux vêtements en haillons, d’abord repoussé par les gardes du palais comme un mendiant, fit sur l’empereur une forte impression et, pendant son long séjour dans la capitale, le souverain aimait à le convoquer auprès de lui pour profiter de ses enseignements. De retour en Palestine, il dut lutter avec acharnement contre les entreprises du patriarche hérétique d’Antioche, Sévère. En 516, après avoir de nouveau attiré l’empereur dans les filets de l’erreur, Sévère parvint à faire expulser saint Élie [20 juil.] du siège de Jérusalem ; mais, à l’instigation de Sabas et de Théodose, les moines se rassemblèrent au nombre de plus de six mille pour convaincre son successeur, Jean, de lutter pour la défense du Concile de Chalcédoine. Comme à la suite de cette manifestation, l’empereur se préparait à user de la force, Sabas lui envoya, au nom de tous les moines de la Terre Sainte, une audacieuse pétition. Anastase mourut la même année (518) et, grâce à Dieu, la foi fut confirmée par le nouveau souverain, Justin Ier (518-527), qui ordonna de placer le Concile de Chalcédoine dans les saints diptyques. Saint Sabas fut alors envoyé à Scythopolis et Césarée pour annoncer en personne la victoire, au milieu de l’allégresse générale.

En 531, à la suite d’une sanglante révolte des Samaritains, le saint vieillard fut de nouveau envoyé à Constantinople, auprès du pieux Justinien (527-565), afin d’obtenir son aide et sa protection. En retour, il prophétisa à l’empereur la reconquête de Rome et de l’Afrique, ainsi que la victoire définitive sur le monophysisme, le nestorianisme et l’origénisme, qui devait faire la gloire de son règne.

Accueilli avec joie à Jérusalem, cet infatigable serviteur de Dieu, trouva encore le temps de fonder le monastère dit de Jérémie, avant de se retirer enfin à la Grande Laure. Âgé de quatre-vingt-quatorze ans, il tomba malade et s’endormit paisiblement dans le Seigneur, le dimanche 5 décembre 532, laissant la succession à saint Mélitas [3 janv.]. Son corps, miraculeusement conservé exempt de corruption, fut d’abord déposé dans la Laure, en présence d’une foule immense de moines et de laïcs. Transféré à Venise au temps des Croisades, il a été récemment restitué à son monastère (26 octobre 1965).

La Laure de Saint-Sabas, devenue par la suite monastère cénobitique, a tenu une place de premier plan dans l’histoire du monachisme et de l’Église de Palestine. Un grand nombre de saints y ont fleuri : Jean Damascène [4 déc.], Cosmas de Maïouma [14 oct.], Étienne [28 oct.], André de Crète [4 juil.], etc. C’est là que s’est développé et fixé le Typikon qui règle encore nos offices liturgiques, et qu’a été rédigée une partie importante de nos hymnes.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Sabas, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, * par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, * par tes miracles éclatants tu devins un phare éclairant le monde entier: * vénérable Père, saint Sabbas, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Sabas, ton 8
Comme dès l’enfance, bienheureux Sabbas, tu t’es offert, * en ta vertu, comme une offrande immaculée * à ce Dieu qui te connaissait bien avant ta naissance, * tu devins le pur joyau des saints Moines, * digne de louange comme citoyen du désert. * C’est pourquoi je te crie dans l’allégresse: * Réjouis-toi, Père vénérable et digne de nos chants.

Évangile du jour
(Lc XX,19-26)

Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent à mettre la main sur lui à l’heure même, mais ils craignirent le peuple. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Ils se mirent à observer Jésus; et ils envoyèrent des gens qui feignaient d’être justes, pour lui tendre des pièges et saisir de lui quelque parole, afin de le livrer au magistrat et à l’autorité du gouverneur. Ces gens lui posèrent cette question: Maître, nous savons que tu parles et enseignes droitement, et que tu ne regardes pas à l’apparence, mais que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Nous est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit: Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription? De César, répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.

17 décembre

17 décembre
Carême de la Nativité

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.) ; saint Maxenceul, abbé-fondateur de Cunault (555) ; sainte Begga, veuve, abbesse de Andenne-sur-Meuse (693) ; saint Briach, abbé à Guingamp en Bretagne (vers 630) ; saint Judicaël, roi de Bretagne (658) ; ; saint Etienne le Confesseur (Xème s.) ; saint Denis, évêque d’Egine, thaumaturge (1622) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Savelov), Nicolas (Beltioukov) et Serge (Florinsky), prêtres (1918) ; Pierre (Pokrovsky) et Jean (Zemliany), prêtres (1937)

SAINT PROPHÈTE DANIEL ET LES TROIS ADOLESCENTS

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.)

Lorsque le roi de Babylone Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem (597 av. J.-C.), il emmena dans son lointain royaume Joiakim, le roi de Juda, avec une partie des notables de la ville et emporta aussi les objets sacrés du Temple de Dieu. Daniel, alors âgé de huit ans seulement, fut pris avec ses trois compagnons, tous de race royale et de belle apparence, pour être instruits par le chef des eunuques dans la science des Chaldéens et entrer au service du souverain. On leur imposa des noms nouveaux : Daniel fut appelé Baltassar, Ananias Sirac, Misaël Misac, et Azarias Abdénago. Vivant au milieu des païens, Daniel observait néanmoins avec rigueur toutes les prescriptions de la Loi. Il refusait de goûter aux mets de la table royale qu’on lui offrait et, fortifiés par le jeûne et la prière, lui et ses compagnons paraissaient plus vigoureux et avaient meilleure mine que tous les autres enfants de la cour, alors qu’ils ne prenaient que de l’eau et des légumes. Dieu leur donna aussi sagesse et science dans une telle mesure qu’ils dépassaient tous les sages du royaume. Quant à Daniel, il reçut de surcroît le don de discerner les songes et les visions.

Au bout de trois ans, le roi Nabuchodonosor eut un songe qui troubla fort son esprit. Comme ses sages et ses devins se trouvaient incapables de deviner quel avait été ce songe, il donna l’ordre de tous les passer au fil de l’épée, y compris les jeunes Israélites. Mais, en réponse à la prière instante de ses serviteurs, Dieu révéla à Daniel le songe du roi et son interprétation. La statue brillante que Nabuchodonosor avait vu se dresser devant lui était une allégorie des temps à venir. Sa tête d’or représentait le royaume des Chaldéens, les mains et la poitrine en argent figuraient le royaume des Mèdes et des Perses qui devait lui succéder, le ventre et les cuisses de bronze, le royaume hellénique d’Alexandre le Grand, et ses jambes de fer, l’empire des Romains. La pierre qu’il avait vue se détacher de la montagne sans qu’une main ne l’eût touchée et qui réduisit en poussière cette grande statue des empires païens, était la figure de notre Seigneur Jésus-Christ, incarné à la fin des temps, pour fonder un royaume spirituel et éternel, que rien ne viendra plus détruire : la sainte Église. Rendant gloire au Dieu de Daniel, le roi conféra au jeune garçon la charge de gouverneur de Babylonie et le nomma supérieur de tous les sages du royaume. Néanmoins Daniel obtint du souverain l’autorisation de demeurer à sa cour, et il fit assigner ses trois jeunes compagnons aux affaires de la province de Babylonie. Son prestige grandit encore auprès du prince et du peuple lorsqu’il confondit habilement deux vieillards lubriques qui avaient injustement accusé de fornication la belle Suzanne, parce qu’elle s’était refusée à leurs avances.
La dix-huitième année de son règne, Nabuchodonosor fit dresser une statue d’or à son effigie et manda à tous les satrapes, gouverneurs, conseillers et magistrats de son royaume de l’adorer en se prosternant jusqu’à terre quand retentiraient les instruments de musique. Malgré les menaces du redoutable tyran, les trois Jeunes Gens ne se soumirent pas à cet ordre impie et restèrent fidèles à l’adoration du seul vrai Dieu. Certains magistrats chaldéens, jaloux de leur haute dignité, saisirent cette occasion pour les dénoncer auprès de Nabuchodonosor. Frémissant de colère en apprenant que ses protégés avaient enfreint ses ordres, le roi fit chauffer la fournaise sept fois plus que de coutume et ordonna d’y jeter les trois Jeunes Gens. Au nom de tout le peuple hébreu, Ananias, Azarias et Misaël y adressèrent à Dieu une prière pleine d’humilité, confessant les fautes de leurs pères et reconnaissant qu’il était juste et équitable qu’ils eussent ainsi à souffrir l’exil, les mauvais traitements de ce roi impie et finalement le supplice du feu. Comme les serviteurs qui s’employaient à attiser le brasier étaient brûlés par la chaleur insupportable qui s’en dégageait, un ange descendit dans la fournaise et repoussa la flamme au-dehors, enrobant les saints enfants de brise et de rosée. Dansant alors de joie dans le feu autour de l’ange, ils changèrent leur supplication en hymne d’action de grâces. Après avoir d’abord invoqué le nom trois fois saint du Seigneur, ils invitèrent tous les ordres de la création à se joindre à eux pour chanter et exalter le Seigneur dans tous les siècles : les anges, les cieux, les éléments, les saisons, la terre, la mer et les montagnes, les animaux et les fils des hommes, jusqu’aux âmes des justes décédés. Ayant fait le tour de la création entière, ils se nommèrent eux-mêmes, comme les plus petits et les plus humbles, en s’écriant : Louons, bénissons et adorons le Seigneur ; chantons-le et exaltons-le dans tous les siècles, car il nous a délivrés de l’enfer, il nous a sauvés des mains de la mort, il nous a arrachés à la fournaise de flamme ardente (Dn 3) . Ils rassemblaient ainsi toutes choses dans leur danse autour du Verbe de Dieu, mystérieusement figuré par l’ange descendu dans le feu, sous forme humaine, pour les sauver. Nabuchodonosor lui-même le vit en se penchant sur la fournaise et le reconnut, préfigurant ainsi la conversion des païens : « Voici que je vois, dit-il, quatre hommes déliés se promener au milieu du feu. Ils n’ont pas le moindre mal, et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu » (Dn 3, 25). Il fit sortir les jeunes gens et constata, avec tous ses gens de cour, que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur eux et n’avait même pas laissé la moindre odeur. Le roi glorifia alors le Seigneur, rétablit Ananias, Azarias et Misaël dans leurs dignités et ordonna de mettre à mort quiconque oserait désormais blasphémer contre le Dieu d’Israël.

La même année, Nabuchodonosor eut un autre songe effrayant, que seul Daniel put interpréter sous l’inspiration du Saint-Esprit, et qui se réalisa seulement douze mois plus tard. Comme le souverain s’était enflé d’orgueil devant la splendeur de sa puissance, Dieu le châtia aussitôt et l’abattit, comme l’arbre qu’il avait vu en songe. Il devint fou et la royauté lui fut retirée. Chassé de la compagnie des hommes, il erra en plein air parmi les bêtes des champs, jusqu’à ce qu’il se soit humilié, qu’il ait confessé sa faute et qu’il ait prié le Seigneur. Il fut alors rétabli dans sa royauté pour sept années.

Après la mort de Nabuchodonosor (562 av. J.-C.) et les désordres qui la suivirent, la royauté passa finalement à Balthazar (Belshazar) (548-539). Donnant un jour un grand festin, celui-ci fit boire ses invités dans les vases sacrés dérobés dans le Temple de Jérusalem. Comme on offrait d’ignobles libations aux faux dieux, une main d’homme apparut soudain et traça du doigt sur le mur une inscription énigmatique qui laissa le roi et ses convives dans l’effroi. Daniel fut, de nouveau, le seul à pouvoir la déchiffrer et à révéler ainsi à Balthazar la fin toute proche de son règne. La nuit même, le roi chaldéen fut assassiné, et Darius le Mède prit le pouvoir (Dn 6, 1) .

Le captif Daniel, plus sage et plus illustre que tous les puissants des Mèdes et des Perses, fut établi par le nouveau souverain chef de tous les satrapes de l’empire. Tant d’honneurs attirèrent la jalousie des grands qui essayaient de trouver contre lui un motif de plainte. Connaissant sa piété, ils poussèrent le roi à émettre un édit interdisant d’adresser une prière à quiconque, dieu ou homme, si ce n’est au roi, pendant une période de trente jours, sous peine de mort. Inébranlable dans son amour de Dieu et sa fidélité à la Loi, Daniel ne cessa de s’acquitter de sa prière, en se tournant trois fois par jour vers Jérusalem, sans même chercher à se dissimuler. Tout en admirant sa piété, Darius, la mort dans l’âme, fut contraint de faire appliquer ses propres décrets, quand on lui dénonça son ministre, et il le fit jeter dans la fosse aux lions. Mais, là encore, Dieu envoya son ange qui arrêta l’élan des fauves. Quand, au petit matin, le roi, angoissé et tourmenté par le remords, fit soulever la dalle de pierre qui fermait la fosse, il eut la surprise de voir Daniel assis au milieu des bêtes féroces qui gambadaient joyeusement autour de lui en remuant la queue et venaient se faire caresser la crinière, comme si elles voulaient se soumettre à un nouvel Adam. Darius fit sortir le prophète, le rétablit dans sa charge et fit dévorer à sa place ses calomniateurs par les lions.
Pendant son séjour à Babylone, Daniel ne craignit pas de dénoncer au roi la tromperie des idoles et de confondre habilement l’imposture des prêtres de Bel, qui se rendaient de nuit par un souterrain auprès de la statue pour manger les offrandes qu’on y avait déposées et faire ainsi croire que l’idole était vivante. Il mit également à mort un dragon, que les habitants de Babylone vénéraient comme un dieu, sans se servir d’aucune arme, pour manifester combien ridicule était leur culte d’un animal sans raison. Mais les Chaldéens, pris de rage, exigèrent du roi qu’il châtiât son protégé. Jeté pour la seconde fois dans la fosse aux lions, Daniel en fut préservé et reçut la visite du Prophète Habacuc [2 déc.], transporté miraculeusement de Judée, en un clin d’œil, par un ange, pour lui offrir un repas et manifester avec éclat la faveur que Dieu témoignait à son fidèle serviteur.

Interprète des songes et des visions, Daniel reçut aussi de Dieu des révélations sur les derniers temps. La première année du règne de Balthazar, il vit apparaître quatre énormes bêtes, figurant les grands royaumes païens qui dévorèrent l’humanité. La première, semblable à un lion avec des ailes d’aigle, représentait l’empire de Babylone ; la seconde, semblable à un ours, celui des Mèdes ; derrière elle venait un léopard, symbole de l’empire perse qui fut bientôt supplanté par la quatrième bête, munie de dix cornes : les royaumes grecs d’Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.) et de ses successeurs . Confirmé plus tard par l’Apocalypse de saint Jean, le livre du Prophète Daniel donnait ainsi de manière voilée une prédiction sur la fin des temps. En effet, quand l’iniquité aura atteint son comble sur la terre et que, des dix royaumes symboliques issus de la civilisation gréco-romaine, révolutions, guerres et dissensions auront fait régner la confusion sur l’humanité, alors s’élèvera l’Antéchrist, l’homme qui récapitulera en lui toute la malice de Satan et qui, par ses paroles de mensonge et ses faux prodiges, se fera adorer comme Dieu. Transporté en vision à cette époque de la consommation de toute chose, Daniel vit s’avancer le trône de Dieu, semblable à une flamme de feu, et Dieu le Père, sous l’aspect de l’Ancien des Jours, vêtu de blanc et étincelant de lumière, y était assis pour examiner le livre de la conscience de chacun et passer le monde en Jugement. Après avoir mené l’ultime combat contre l’Antéchrist et l’avoir précipité dans le feu qui ne s’éteint pas, le Fils de l’homme, figure de notre Seigneur Jésus-Christ, fut conduit devant le trône du Père, porté par des anges, pour recevoir de Dieu principauté, puissance, gloire et royauté éternelle sur tous les peuples, tribus et langues, dans les cieux, sur la terre et sous la terre. Ainsi sera manifesté à l’univers entier qu’Il est le Seigneur, le Fils de Dieu, le Premier-né de Dieu avant toute créature, et qu’Il a restauré notre nature humaine corrompue, en devenant le premier-né d’entre les morts et en révélant en son Corps les prémices de notre résurrection et de notre gloire éternelle (Dn 7).

Au cours de visions ultérieures, Dieu précisa à Daniel d’autres détails sur les temps à venir, en particulier à propos du règne tyrannique d’Antiochus Épiphane (175-164), lui-même figure prophétique de l’Antéchrist, qui fera cesser les sacrifices et le culte du Seigneur et placera l’abomination de la désolation dans le temple même de Dieu (Dn 9, 27). Instruit par l’Archange Gabriel, Daniel prédit que le peuple devait regagner Jérusalem après sept semaines d’années, c’est-à-dire après quarante-neuf ans . Il annonça aussi qu’Esdras, Josué et Zorobabel ramèneraient le peuple de l’exil et restaureraient le culte de Dieu à Jérusalem (Esd 3, 8), en signe de la restauration définitive de toute l’humanité par le vrai Messie, le Christ, soixante-deux semaines d’années plus tard, soit quatre cent trente-quatre ans.

La troisième année de Cyrus, Daniel, l’homme des prédilections divines , qui jeûnait depuis trois semaines, fut jugé digne de la vision du Verbe lui-même sous l’apparence d’un homme vêtu de lin, les reins ceints d’or pur, son corps avait l’apparence de la chrysolite, son visage, l’aspect de l’éclair, ses yeux étaient comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l’éclat du bronze poli le son de ses paroles comme la rumeur d’une multitude (Dn 10, 6). Frappé de stupeur, le Prophète tomba la face contre terre, et il aurait rendu l’âme si l’Ange du Seigneur ne l’avait alors réconforté et fortifié, avant de lui préciser ce qui devait arriver dans la suite des temps : les guerres entre les successeurs d’Alexandre et la persécution d’Antiochus Épiphane, figures de l’ultime épreuve des justes inscrits au Livre de la vie lors de l’apparition de l’Antéchrist. Plus clairement qu’à tous les autres prophètes, Dieu révéla à Daniel qu’en ce dernier Jour, ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et la honte éternelles (Dn 12, 2), et que les justes brilleront dans leur corps comme le soleil paraît dans sa gloire. Comme le Prophète voulait savoir à quelle date tout cela devait arriver, le Seigneur lui répondit : « Va, Daniel, car clos et scellés sont ces discours jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce qu’un grand nombre soit choisi, blanchi et purifié par le feu (…) Et toi, va, prends ton repos et tu ressusciteras pour obtenir ton héritage à la fin des jours » (Dn 13, 9-13). Effectivement, le saint Prophète mourut en paix, âgé de quatre-vingts ans, deux ans après le retour de son peuple dans la terre de ses Pères (vers 534-530). Les trois Jeunes Gens s’endormirent aussi paisiblement et, selon la tradition, ils furent avec Daniel au nombre des justes qui ressuscitèrent lors de la crucifixion du Christ (cf. Mt 27, 52-53) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des trois Jeunes Gens, ton 2
Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. * Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des trois Jeunes Gens, ton 6
Jeunes Gens trois fois heureux, vous n’avez pas vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’ineffable présence de Dieu, * vous l’avez glorifié dans la fournaise de feu; * vous tenant irrésistible au milieu de la flamme, * vous avez invoqué le vrai Dieu: * Hâte-toi de venir à notre aide, Seigneur, * en ta miséricorde et ton amour, car tout ce que tu veux, tu le fais.

Évangile du jour
(Lc XI,47-XII,1)

Le Seigneur dit : Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie.

4 décembre (ancien calendrier)/17décembre (nouveau)

4 décembre (ancien calendrier)/17décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Sainte Barbara (ou Barbe), mégalomartyre à Nicomédie, et sa compagne, sainte Julienne, martyre (vers 305) ; saint Jean Damascène moine, confesseur (vers 749) ; sainte Berthoare, abbesse en Savoie (614) ; Saint Cyran, abbé au diocèse de Bourges (657) ; sainte Ada (ou Adrehilde ou Adnette), abbesse près du Mans (VIIème s.) ; saint Jean, évêque de Polybote en Phrygie (VIIIème s.) ; sainte Gennade, archevêque de Novgorod (1505) ; saint Séraphin, évêque de Phanarion, néomartyr grec (1601) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Sabourov) ; Jean (Piankov) ; Alexandre (Posokhine) et Nicolas (Iakhontov), prêtres, Basile (Kachine), diacre et avec eux 10 martyrs (1918) ; Démètre (Nevedomsky), prêtre, Anastasie (Titov), moniale, Catherine (Arsk) et Cyre (Obolensky) (1937).

SAINTE GRANDE-MARTYRE BARBARA

Sainte Barbara (ou Barbe), mégalomartyre à Nicomédie, martyre (vers 305

Fille d’un riche païen d’Héliopolis , nommé Dioscore, sainte Barbara vivait sous le règne de l’empereur Dioclétien (284-305). Jaloux de sa remarquable beauté, Dioscore, sur le point de partir pour un lointain voyage, fit enfermer sa fille au sommet d’une tour élevée de son palais, afin qu’aucun homme ne la vît. Il avait pris soin de la combler de tous les biens et de lui donner une éducation raffinée, mais il n’avait pu empêcher la jeune fille d’exercer sa fine intelligence de manière conforme à l’image de Dieu déposée en chaque homme. D’elle-même, en contemplant le reflet de la présence de Dieu dans la nature, elle était parvenue à la connaissance du Dieu Un dans la Trinité et, se détournant des vanités, elle ne sentait son cœur s’émouvoir que pour le Christ, l’Époux céleste. Dioscore avait fait entreprendre la construction d’un bain au pied de la tour et avait ordonné de n’y percer que deux fenêtres. En regardant la construction pendant l’absence de son père, Barbara commanda aux ouvriers d’ouvrir une troisième fenêtre, pour que la salle soit éclairée par une triple lumière, symbole de la triple lumière du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qui illumine tout homme venant en ce monde. Lorsque Dioscore rentra de voyage avec des propositions d’un riche mariage, il s’opposa au refus de la jeune fille, qui désirait consacrer au Christ sa virginité. L’étonnement du méchant homme se changea en une violente colère lorsqu’il apprit l’ouverture de la troisième fenêtre sur l’ordre de sa fille. Comme il lui en demandait la raison, Barbara fit devant lui le signe de la Croix et, lui montrant ses trois doigts réunis, elle lui dit : « Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c’est par cette unique lumière que toute la création est illuminée, et c’est par ce signe que les hommes sont sauvés ». Ne contenant plus sa fureur, Dioscore saisit son épée et voulut lui trancher la tête ; mais, heureusement, la jeune vierge s’échappa et se réfugia dans la montagne, où un rocher se fendit miraculeusement pour l’abriter.

À la suite d’une dénonciation, son père finit par la découvrir. Il s’empara d’elle et la livra au gouverneur de la province, devant lequel la sainte confessa ardemment le Christ et manifesta son mépris pour les idoles. Elle fut alors cruellement frappée, sa chair fut déchirée au moyen d’objets acérés, ses côtés brûlés et sa tête meurtrie par de grosses pierres, de sorte que, jetée dans un sombre cachot, son corps n’était plus qu’une plaie sanglante. La nuit venue, le Seigneur Jésus-Christ lui apparut entouré d’une radieuse lumière et, après avoir guéri toutes ses plaies, Il lui promit de l’assister jusqu’à la fin dans son combat. Le lendemain, Barbara comparut une seconde fois devant le magistrat, stupéfait de la voir si soudainement rétablie. Après l’avoir soumis à de nouveaux supplices, le gouverneur ordonna de la dépouiller de ses vêtements et de la livrer nue à la risée publique. Mais le Seigneur ne laissa pas les regards impudiques outrager la pureté de sa vierge, et un globe de feu descendit soudain du ciel, recouvrant la jeune martyre d’un vêtement de lumière.

Devant le spectacle de l’endurance de la sainte et des miracles par lesquels Dieu manifestait sa faveur, une jeune femme du nom de Julienne se déclara elle aussi chrétienne et résolue à partager le sort de Barbara. Les soldats se saisirent d’elle aussitôt et lui firent subir les mêmes supplices que sa compagne. Le tyran décida finalement de faire décapiter les deux jeunes filles. Lorsque la sentence fut proclamée, Dioscore — qui avait assisté impitoyable à toutes les tortures de sa fille — proposa au gouverneur de lui trancher la tête de ses propres mains. Une fois rendues au sommet de la montagne où devait avoir lieu l’exécution, Julienne et Barbara offrirent en même temps leurs âmes au Seigneur : la première décapitée par un bourreau et la seconde par celui-là même qui lui avait donné le jour. Mais la vengeance divine ne tarda pas, car sur le chemin du retour, le cruel Dioscore fut réduit en cendres par un coup de foudre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Barbara, ton 8
Honorons de nos hymnes sainte Barbara: * elle a rompu les filets de l’ennemi * et comme un oiseau elle s’en est échappée * par le secours et la protection de la Croix.

Tropaire de saint Jean Damascène, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, * ô docte saint Jean, tu nous as tous illuminés par tes enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de sainte Barbara, ton 4
Celui qu’en trois personnes nous chantons dans la foi, * tu l’as suivi, sainte martyre Barbara, * éteignant l’ardeur du culte des faux-dieux; * au milieu de l’arène luttant vaillamment, * tu n’as pas craint les menaces des tyrans, * mais tu ne cessais de chanter à pleine voix: * J’adore l’unique Dieu, la sainte Trinité.

Kondakion de saint Jean Damascène, ton 2
Ton corps, tu l’as dompté dans l’ascèse par de pénibles labeurs * pour monter à tire-d’aile vers les célestes hauteurs; * c’est là que te furent données les divines mélodies * que tu as transcrites, Père saint, pour les amis du Seigneur.

Évangile du jour
(Lc XX, 9-18)
Jésus se mit ensuite à dire au peuple cette parabole: Un homme planta une vigne, l’afferma à des vignerons, et quitta pour longtemps le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour qu’ils lui donnent une part du produit de la vigne. Les vignerons le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya encore un autre serviteur; ils le battirent, l’outragèrent, et le renvoyèrent à vide. Il en envoya encore un troisième; ils le blessèrent, et le chassèrent. Le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J’enverrai mon fils bien-aimé; peut-être auront-ils pour lui du respect. Mais, quand les vignerons le virent, ils raisonnèrent entre eux, et dirent: Voici l’héritier; tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. Et ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, que leur fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. Lorsqu’ils eurent entendu cela, ils dirent: A Dieu ne plaise! Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit: Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle? Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

16 décembre

16 décembre
Carême de la Nativité
Saint Aggée, prophète (VIème s. av. J.-C.) ; saint Marin, martyr à Rome (IIIème s.) ; sainte Théophano, impératrice de Constantinople (893-894) ; saint Adon, évêque de Vienne (875) ; sainte Sophie de Souzdal (1542) ; saints néo-martyrs de Russie : Vladimir (Alexeev), prêtre (1918) ; Arcadius, évêque de Bejetsk, Élie (Tcheredeev), Paul (Favoritov), Théodose (Boldyrev), Vladimir (Damaskine), Alexandre (Kolokolov), Pierre (Zinoviev), prêtres, Macaire (Smirnov) (1937), moine.

SAINT PROPHÈTE AGÉE

Saint Aggée, prophète (VIème s. av. J.-C.)

Lorsque le roi des Perses Cyrus s’empara du royaume de Babylone (539 av. J.-C.), Dieu l’incita à renvoyer les Juifs, tenus captifs depuis la prise de Jérusalem (586), pour reconstruire le Temple sous la direction de Zorobabel, gouverneur de Juda, et de Josué le grand prêtre (Livre d’Esdras). Dès qu’ils furent de retour dans la Ville sainte, les rescapés restaurèrent le culte, selon les préceptes de la Loi, et commencèrent les travaux. Mais, bientôt découragés par l’opposition et les menaces des populations païennes environnantes, ils interrompirent leur ouvrage jusqu’au règne de Darius Ier (521-486). Les saints prophètes Aggée et Zacharie [8 fév.] furent alors suscités par Dieu pour réveiller leur énergie.

Originaire de la tribu sacerdotale de Lévi, Aggée était né à Babylone et avait accompagné les premiers Juifs de retour à Jérusalem. Sous l’inspiration de Dieu, il s’adressa à Zorobabel, à Josué et à tout le peuple (entre le mois d’août et le mois de décembre 520) et leur annonça que la sécheresse dont ils souffraient avait été envoyée par le Seigneur afin de les punir d’avoir abandonné la reconstruction du Temple. Par la bouche de son prophète, Dieu prédit qu’Il demeurera avec toute sa gloire et sa splendeur dans cette demeure, symbole du Temple spirituel et éternel, c’est-à-dire l’Église, le Corps du Christ.

Incitant les Juifs à reprendre le travail, c’est aussi aux rescapés de la Nouvelle Alliance, aux chrétiens, que s’adresse le prophète : Montez à la montagne, dit-il, rapportez du bois et réédifiez la Demeure : j’y mettrai ma complaisance et j’y manifesterai ma gloire (Ag 1, 8). Mais au lieu de pierres, de poutres et de clous, c’est eux-mêmes : leur conscience, leur âme, leur esprit et leur cœur, qu’ils doivent faire entrer comme pierres vivantes dans l’édification du temple spirituel de l’Église (1 Pierre 2, 5).

Après avoir prophétisé les bouleversements de l’univers qui précéderont l’établissement définitif de la gloire de Dieu dans son Temple restauré en disant : Encore un très court délai et j’ébranlerai le ciel et la terre, la mer et le sol ferme. J’ébranlerai toutes les nations, alors afflueront les trésors de toutes les nations et j’emplirai ce Temple de gloire (Ag 2, 6-7), le saint Prophète Aggée s’adresse à Zorobabel, figure du Messie à venir, pour lui dire, au nom de Dieu, qu’en lui le Père s’est complu, se servant de lui pour récapituler toutes choses célestes et terrestres, et faisant de lui comme un « sceau » pour les marquer de son image.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint prophète, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète saint Aggée, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Évangile du jour
(Lc XXI,5-7,10-11,20-24)
Comme quelques-uns parlaient des belles pierres et des offrandes qui faisaient l’ornement du temple, Jésus dit: Les jours viendront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit renversée. Ils lui demandèrent: Maître, quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver? Jésus répondit: Prenez garde que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront en mon nom, disant: C’est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas. Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement. Mais ce ne sera pas encore la fin.
Alors il leur dit: Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.
Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n’entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple.Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplies.

3 décembre (ancien calendrier)/16 décembre (nouveau)

3 décembre (ancien calendrier)/16 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Sophonie, prophète (VIIème s. av. J.-C.) ; saint Théodore, archevêque d’Alexandrie, martyr (606) ; saint Théodule, moine à Edesse (vers 440) ; saint Jean l’Hésychaste, évêque de Colonie en Arménie (558) ; saint Anthème, évêque de Poitiers (VIIIème s.) ; sainte Attalia, première abbesse de Saint-Etienne à Strasbourg (741) ; saint Sabbas de Zvenigorod (1407) ; saint Angélis de Chios, néo-martyr grec (1813)  saint Georges de Cernica (Roumanie, 1806) ; saints néo-martyrs de Russie : André (Kosovsky), prêtre (1920) ; Nicolas (Erchov), prêtre (1937) ; Georges (Sedov), confesseur (1960).

LE SAINT PROPHÈTE SOPHONIE

Saint Sophonie, prophète (VIIème s. av. J.-C.)

Sophonie, fils de Kouchi de la tribu de Syméon, est le neuvième des Petits Prophètes. Il vécut à Jérusalem au début du règne du roi Josias (640-609 av. J.-C.), avant que ce dernier ne commence son œuvre de restauration religieuse du royaume de Juda. En effet, amputé d’une partie de son territoire à la suite de l’invasion assyrienne de Sennachérib (700) et profondément perturbé par les règnes impies de Manassé et d’Amon, le royaume de Juda vivait une période d’idolâtrie et d’impiété. Envoyé par Dieu, le prophète, dont le nom signifie « celui que le Seigneur protège » ou « le poste de veille du Seigneur », a proclamé la proximité du Jour du Seigneur, Jour terrible et redoutable de la colère de Dieu tournée contre les nations idolâtres et contre Jérusalem, si elle persistait à ne pas se repentir. Tous les impies seront exterminés par le feu de l’apparition de Dieu et, sur la montagne sainte, le reste d’Israël ― c’est-à-dire les humbles et les doux de cœur qui ont mis leur confiance dans le Nom du Seigneur ― seront restaurés et exulteront de joie avec tous ceux qui, venus des nations païennes, croiront au Christ et invoqueront le Nom de Dieu. Alors le Seigneur Dieu habitera dans la nouvelle Sion, dans l’Église, fille de Jérusalem. Il rassemblera les élus dans son amour et dans sa joie, et tous célébreront une fête éternelle.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du saint prophète, ton 2
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Sophonie, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du saint prophète, ton 4
Prophète Sophonie, tu t’es montré * tout rayonnant des clartés de l’Esprit saint; * tu as annoncé la venue du Seigneur, * disant à la fille de Sion: * Réjouis-toi, Jérusalem, * car voici que ton Roi * s’avance vers toi pour te sauver.

Évangile du jour
(Lc XX, 1-8)
Un de ces jours-là, comme Jésus enseignait le peuple dans le temple et qu’il annonçait la bonne nouvelle, les principaux sacrificateurs et les scribes, avec les anciens, survinrent, et lui dirent: Dis-nous, par quelle autorité fais-tu ces choses, ou qui est celui qui t’a donné cette autorité? Il leur répondit: Je vous adresserai aussi une question. Dites-moi, le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes? Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux: Si nous répondons: Du ciel, il dira: Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui? Et si nous répondons: Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète. Alors ils répondirent qu’ils ne savaient d’où il venait. Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses.

15 décembre

15 décembre
Carême de la Nativité

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, sa mère sainte Anthie et saint Corèbe, éparque, martyrs (IIème s.) ; saint martyr Eleuthère le Cubiculaire (IVème s.) ; saint Parde, ermite (VIème s.) ; saint Paul, moine au Mont Latros (955) ; saint Etienne, archevêque de Souroge en Crimée, confesseur (787) ; saint Mesmin, moine près d’Orléans (VIème s.) ; saint Tryphon de Petchenga apôtre de la Laponie (1583) ; saints néo-martyrs de Russie : Hilarion, archevêque de Vereïsk (1929) ; Alexandre (Rojdestvensky), Basile (Vinogradov), Victorin (Dobronravov), prêtres (1937).

Saint Éleuthere

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, (IIème s.)

Le glorieux martyr du Christ Éleuthère, éponyme de la liberté, vit le jour à Rome au cours du second siècle . Laissé très tôt orphelin de père, il fut élevé dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes vertus par sa pieuse mère, Anthie (Évanthie), qui avait reçu la sainte foi des disciples de l’Apôtre saint Paul. Confié à l’évêque de Rome, Anicet (155-166), pour son éducation, le jeune garçon manifesta de telles qualités qu’il franchit rapidement tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique. Ordonné diacre à quinze ans et prêtre à dix-sept ans, il fut consacré par le pape évêque d’Illyrie à l’âge de vingt ans . Malgré sa jeunesse, il n’en avait pas moins atteint, par sa foi et son zèle ardent, l’état d’un homme mûr dans la connaissance de Dieu, à la mesure de la taille du Christ possédée dans sa plénitude (Éph 4, 13), et il parvenait à convertir un grand nombre de païens au moyen de sa parole, confirmée par de nombreux miracles.

Sa renommée grandissante et la nouvelle de ses succès parvinrent jusqu’aux oreilles de l’empereur qui, inquiet de la force croissante de l’Église, envoya un de ses généraux, Félix, à Avlona en Épire, pour arrêter le saint évêque. Voyant l’aspect rayonnant de ce jeune pasteur au milieu de ses brebis et charmé par la douceur de son enseignement, le rude soldat abandonna à son tour les vanités de ce monde, crut au Christ et aux promesses de la vie éternelle, se fit baptiser et se présenta, en compagnie du saint, devant le tyran, impatient de trouver la perfection en versant son sang. Interrogé par le souverain, le vaillant Éleuthère resta aussi insensible à ses flatteries qu’à ses menaces et, confessant le Christ vrai Dieu, il lui assura que les tortures ne sont que jeux d’enfants pour ceux qui ont revêtu la Croix, et que la mort pour le Christ est pour eux délices, réjouissance et promesse d’une gloire éternelle. D’abord jeté sur un lit de bronze incandescent, puis étendu sur un gril et recouvert d’huile bouillante et de diverses autres matières brûlantes, il demeura indemne, comme rafraîchi par la grâce. Et, sans rien perdre de sa liberté de parole, il blâma le tyran qui persécutait les paisibles brebis du Christ comme un loup d’Arabie (Hab 1, 8). Sur le conseil du préfet de la ville, Coremmon (ou Corembon), homme cruel et à l’imagination fertile en matière de torture, on confectionna un four muni de broches pointues aux deux extrémités pour y précipiter le vaillant athlète de la foi. Mais, comme Éleuthère élevait alors une ardente prière pour la conversion de ses ennemis, le féroce Coremmon, soudain illuminé par le Saint-Esprit, prit la défense du saint, confessa le Sauveur et pénétra avec hardiesse dans le fourneau qu’il avait fait chauffer pour l’évêque. Préservé lui aussi par la grâce, il fut ensuite décapité.

Saint Éleuthère, décidément inaccessible au feu des supplices, fut enfermé dans un sombre cachot, où une colombe venait régulièrement lui apporter de la nourriture. Attaché ensuite derrière des chevaux sauvages lancés au galop, il fut délivré par l’intervention d’un ange et alla se réfugier sur les hauteurs d’une montagne voisine. Il y vécut seul, paisiblement, pendant quelque temps, en compagnie des bêtes sauvages qui, au moment où il chantait l’office divin, s’arrêtaient, pleines de respect, et adressaient avec lui par leur silence un cantique de louange au Dieu de l’univers. Découvert par des chasseurs, il fut de nouveau arrêté et, en chemin vers Rome, il convertit ses gardiens ainsi qu’un grand nombre d’autres païens, qu’il régénéra par le saint baptême avant de comparaître devant le tyran. Il fut jeté aux lions dans l’amphithéâtre à l’occasion d’une fête, mais les fauves les plus redoutables vinrent jouer à ses pieds comme d’inoffensifs chatons. Finalement, saint Éleuthère trouva la délivrance de cette vie passagère et fut couronné en ayant la tête tranchée. Le glaive venait à peine de s’abattre que sa mère, Anthie, se précipita vers le corps immolé de son fils et l’étreignit avec amour, en le glorifiant d’avoir si vaillamment combattu pour le Seigneur. Les bourreaux se ruèrent alors sur elle, et mêlèrent son sang à celui de saint Éleuthère. Selon la tradition populaire, saint Éleuthère est invoqué par les femmes enceintes pour obtenir une heureuse délivrance .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Éleuthère, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Nous te célébrons, vénérable Père, tous en chœur, * splendeur des Evêques et modèle des victorieux Athlètes; * pontife et martyr Éleuthère, nous t’en prions, * délivre des multiples dangers * ceux qui célèbrent ta mémoire de tout cœur * et sans cesse intercède en faveur de nous tous.

Évangile du jour
(Lc XXI,12-19)

Mais, avant tout cela, on mettra la main sur vous, et l’on vous persécutera; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous mènera devant des rois et devant des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous arrivera pour que vous serviez de témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit de ne pas préméditer votre défense; car je vous donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ou contredire. Vous serez livrés même par vos parents, par vos frères, par vos proches et par vos amis, et ils feront mourir plusieurs d’entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête; par votre persévérance vous sauverez vos âmes.

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Jovan Nikoloski