25/07/2017
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Archives de catégorie : Vivre avec l’Église

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21 avril

21 avril
Vendredi limuneux

Saint Janvier, évêque de Bénévent en Italie et ses compagnons, saints Procule, Sosie et Fauste, diacres, saint Désiderius, lecteur, saints Eutychès et Acuce, tous martyrs en Italie (vers 305) ; saint Théodore de Pergé en Pamphylie, sa mère Philippa, Dioscore, Socrate et Denys (IIème s.) sainte Alexandra, impératrice, et ses serviteurs saints Apollos, Isaac et Codrat, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Maximien, patriarche de Constantinople (434) ; saint Anastase le Sinaïte, moine (VIIIème s.). Saint Alexis de Bortsoumana (1848) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Prigorovsky), prêtre (1918), Nicolas (Pisarevsky), confesseur, prêtre (1933) ; Alexis (Protopopov), prêtre (1938).

SAINT JANVIER, ÉVÊQUE DE BÉNÉVENT

Saint Janvier, évêque de l’Église de Bénévent en Campanie (Italie), fut arrêté avec ses compagnons au temps de la persécution de Dioclétien (vers 305), sur ordre du gouverneur Timothée. Chargés de chaînes, ils furent jetés en prison et soumis à la torture. Saint Janvier fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, d’où il ressortit indemne, préservé par la grâce divine. Craignant que le peuple, enthousiaste devant ce miracle, ne se convertisse en masse, le tyran donna l’ordre de le décapiter sans retard. On raconte que le peuple de Naples se précipita pour le délivrer, mais que le saint les en empêcha en leur promettant que, par le martyre qu’il allait souffrir, il deviendrait pour la suite des siècles le protecteur de la ville. Effectivement le saint martyr, transféré à Naples, est resté au cours des âges le protecteur de la cité, aussi bien pendant des épidémies qu’à l’occasion d’éruptions du Vésuve, dont il arrêta le fleuve de lave avant qu’il ne détruise tout sur son passage. Avec son précieux chef, on garde jusqu’à aujourd’hui dans la cathédrale de Naples une fiole pleine de sang qui, périodiquement, et jusqu’à vingt fois dans l’année, se liquéfie et semble bouillonner, comme s’il était encore tout frais.

Plusieurs années après le martyre de saint Janvier, lorsque la persécution eut cessé et que le christianisme put se répandre avec éclat dans tout l’Empire romain, une pauvre veuve, nommée Maximienne, vint à perdre son fils unique. Comme elle pleurait, inconsolable, devant l’église, elle vit soudain une étoffe, sur laquelle était imprimée l’image du saint martyr, suspendue au-dessus de la porte. Se souvenant de l’exemple de la Sounamite, dont le fils avait été ressuscité par le prophète Élisée (2 Rois 4, 35), elle prit alors l’image sainte et l’appliqua sur le corps inanimé de son fils, tout comme l’avait fait autrefois le prophète en s’étendant sur l’enfant, sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux et ses mains contre ses mains, puis elle pria avec larmes le saint d’intervenir auprès de Dieu pour que son fils lui soit rendu. Et aussitôt, Dieu ressuscita l’enfant par l’intercession de saint Janvier.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurrent

LECTURE DES PROVERBES (XXIII, 15 – XXIV, 5)
Mon fils, si ton cœur est sage, tu réjouiras aussi mon cœur ; et si tes lèvres sont droites, elles converseront avec mes lèvres. Que ton cœur ne porte point envie aux pécheurs ;
mais sois toujours dans la crainte de Dieu.
Car si tu observes ces choses, tu auras des descendants,
et ton espérance ne sera pas trompée.
Écoute, mon fils, et sois sage ;
et maintiens droites les pensées de ton cœur.
Ne sois pas buveur de vin ;
évite les longs banquets et la profusion des viandes.
Car l’ivrogne et le débauché mendieront ;
le paresseux sera revêtu de haillons en lambeaux.
Écoute, mon fils, le père qui t’a engendré,
et ne méprise pas ta mère parce qu’elle a vieilli.
Un père juste élève bien ses enfants,
et la sagesse d’un fils réjouit son âme.
Que ton père et ta mère se réjouissent en toi,
et que celle qui t’a enfanté soit heureuse.
Mon fils, donne-moi ton cœur ; que tes yeux gardent mes voies.
La maison étrangère est comme un tonneau percé ;
il est étroit le puits de l’étranger.
Celui qui les recherche périra bientôt, et tout pécheur sera détruit. Pour qui les gémissements ?
Pour qui le trouble ?
Pour qui les contestations ?
Pour qui les ennuis et les entretiens frivoles ?
Pour qui les repentirs inutiles ?
Pour qui les yeux livides ?
N’est-ce pas pour ceux qui passent leur temps dans l’ivresse
et qui hantent les lieux où l’on boit ?
Ne vous enivrez pas ; mais faites votre société des hommes justes,
et fréquentez-les publiquement.
Car si vos yeux s’arrêtent sur les fioles et les coupes,
plus tard vous marcherez plus nus qu’un pilon à mortier.
L’homme ivre finit par s’étendre comme si un serpent l’avait mordu ; le venin se répand sur lui comme de la dent d’un reptile.
Si tes yeux regardent une femme étrangère,
la langue aussitôt divaguera,
et tu seras gisant comme au sein de la mer,
et comme un pilote au milieu de l’orage.
Et tu diras : On m’a frappé, et je n’en ai pas souffert ;
on s’est joué de moi, et je ne m’en suis pas douté ;
quand viendra l’aurore, pour m’en aller encore chercher des hommes avec qui je puisse me retrouver ?
Mon fils, ne rivalise point avec les méchants,
et ne désire pas être avec eux.
Car leur cœur médite des fraudes,
et leurs lèvres disent des paroles affligeantes.
La sagesse bâtit sa maison ; l’intelligence la dirige ;
avec la doctrine on remplit les celliers de tout ce qu’il y a de riche, de précieux et de bon.
Mieux vaut le sage que le fort,
et un homme de bon sens que de vastes domaines.

20 avril

20 avril
Jeudi radieux
Saint Théodore Trichinas, moine à Constantinople (IVème-Vème s.) ; saint Marcellin, prédicateur et évêque d’ Embrun (374) ; saint Marcien, moine à Auxerre (vers 480) ; saint Grégoire (593) et saint Anastase le Sinaïte (599), patriarches d’Antioche ; saint Anastase, higoumène du Sinaï (685) ; saint Athanase des Météores (1380) ; saint Alexandre d’Ochéven (1479) ; saints moines martyrs du monastère de saint David-Garedja (1616) ; saint Gabriel de Belostok, enfant martyr (1690) ; saint Nicolas Vélimirovitch, évêque d’Ochrid et de Jitcha (1956) ; saint Théodose, confesseur, évêque de Kolomna (1937).

SAINT THÉODORE TRICHINAS

Saint Théodore Trichinas, moine à Constantinople (IVème-Vème s.)

Saint Théodore était issu d’une riche et pieuse famille de Constantinople. Attiré depuis son enfance par la vie angélique, il devint moine dans un des monastères de la capitale, appelé par la suite Monastère du Trichinas. Il s’adonna à une sévère ascèse, revêtu en tout temps d’une seule tunique de crin, qui lui valut son surnom de Trichinas. Ces valeureux combats pour la vertu et sa persévérance dans la prière lui permirent de remporter la victoire contre les embûches des démons, et il acquit en abondance la grâce du Saint-Esprit, de sorte qu’après son bienheureux repos il s’écoula de son tombeau un baume à l’odeur céleste, qui guérissait un grand nombre de maladies de l’âme et du corps.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 23 – XXII, 4)
Celui qui est maître de sa bouche
et de sa langue garde son âme de la tribulation.
L’homme audacieux, arrogant et présomptueux peut être appelé un fléau ;
le vindicatif n’est pas dans la loi.
Les désirs tuent le paresseux ;
car ses mains ne se lèvent pas pour faire quoi que ce soit.
L’impie, durant tout le jour, a des désirs mauvais ;
le juste n’est avare ni de compassion ni de miséricorde.
Les sacrifices des impies sont en abomination au Seigneur ;
car ils les offrent le cœur plein d’iniquité.
Le faux témoin périra ; un homme docile parlera avec réserve.
L’impie compose effrontément son visage ;
mais l’homme droit saura bien discerner ses voies.
Il n’est point de sagesse, point de courage, point de raison chez l’impie.
Le cheval est tout prêt pour le jour du combat ;
mais le secours vient de Dieu.
Une bonne renommée vaut mieux que de grandes richesses ;
la bonne grâce vaut mieux que l’or et l’argent.
Le riche et le pauvre se sont rencontrés ;
c’est le Seigneur qui les a créés tous les deux.
L’homme habile, en voyant le pervers sévèrement châtié, se corrige lui-même ; les imprudents passent outre, et sont punis à leur tour.
La crainte du Seigneur fait naître la sagesse, et les biens, et la gloire, et la vie.

7 avril (ancien calendrier)/20 avril (nouveau)

7 avril (ancien calendrier)/20 avril (nouveau)
Jeudi Radieux

Saint Calliope, martyr en Cilicie (304) ; saint Rufin, diacre, sainte Aquiline et 200 guerriers, martyrs dans le Pont (vers 310) ; saint Georges, évêque de Mytilène, confesseur (vers 820) ; saint Sérapion, moine ; saint Clotaire, moine en Champagne (VIIème s.) ; saint Gibert (ou Gibart), abbé de Luxeuil, martyr (888) ; saint Daniel de Pereyaslav (1540) ; saints néo-martyrs de Russie : Arcade (Dobronravov), prêtre (1933) ; sainte martyre Eudocie (Pavlov) (1939).

SAINT CALLIOPE, MARTYR

Saint Calliope, martyr en Cilicie (304)

Saint Calliope appartenait à une famille sénatoriale de Pergé en Pamphylie. Il fut éduqué dans les vertus chrétiennes par sa mère, Théoclée. Lorsque fut promulgué l’édit de persécution générale de Dioclétien (304), sur les recommandations de celle-ci, il alla se réfugier à Pompéiopolis en Cilicie. Témoin des orgies par lesquelles le préfet Maximin honorait les dieux, le jeune chrétien refusa d’y participer en déclarant : « Je suis chrétien, et c’est par des jeûnes que je fête le Christ ! » Aussitôt arrêté et amené devant le gouverneur, celui-ci lui proposa sa fille en mariage s’il acceptait de sacrifier aux dieux de l’Empire. Calliope répondit : « Sache-le bien, je me suis entièrement donné au Christ Dieu, et je veux présenter à son tribunal ce corps vierge et sans souillure. » Maximin, furieux, menaça de lui faire endurer de longs tourments, puis de le livrer aux flammes. Le saint martyr répliqua : « Ces supplices longs et violents ne feront que rendre ma couronne plus riche et plus précieuse, car il est écrit : Nul ne sera couronné s’il n’a généreusement combattu (2 Tim. 2, 5) ». Il fut frappé avec des lanières garnies de plomb, puis avec des nerfs de bœuf, et on l’étendit ensuite sur une roue qu’on fit tourner au-dessus d’un feu ardent. Mais un ange intervint pour éteindre le brasier et rendre inutiles les efforts des bourreaux. Sur ce, le magistrat fit jeter le valeureux combattant du Christ dans le cachot le plus profond de sa prison.

Apprenant tout ce qui venait d’arriver à son fils, la pieuse Théoclée affranchit tous ses esclaves, distribua ses richesses aux pauvres et à l’Église, puis elle se rendit auprès de Calliope dans la prison. Chargé de fer et épuisé par la torture, celui-ci ne put se lever, mais il la salua en disant : « Mère, soyez la bienvenue. Vous allez être témoin de la Passion du Christ en moi ! » — « Je suis heureuse, répondit-elle, car il m’a été donné de te consacrer au Seigneur comme un trésor de grand prix. » Et toute la nuit, ils veillèrent ensemble, priant et glorifiant Dieu.

De nouveau présenté, au matin, devant le tribunal, Calliope s’exclama : « J’ai hâte de mourir du supplice du Christ mon Maître ! » Le Grand Jeudi, lorsque Théoclée apprit que son fils avait été condamné à la crucifixion, elle donna cinq pièces d’argent aux bourreaux pour qu’il fût attaché à la croix la tête en bas, comme l’Apôtre saint Pierre. Le lendemain, Grand Vendredi, à l’heure précise de la mort vivifiante du Sauveur, le saint martyr rendit son âme à Dieu. Quand on le décrocha de la croix, sa mère se précipita pour étreindre le corps de son fils, elle l’embrassa par trois fois en rendant gloire à Dieu, puis elle remit à son tour son âme à Dieu. Les chrétiens du lieu ensevelirent ensemble les corps de la mère et de son fils, unis pour l’éternité dans l’amour du Christ, plus fort que les liens de la chair.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 23 – XXII, 4)
Celui qui est maître de sa bouche
et de sa langue garde son âme de la tribulation.
L’homme audacieux, arrogant et présomptueux peut être appelé un fléau ;
le vindicatif n’est pas dans la loi.
Les désirs tuent le paresseux ;
car ses mains ne se lèvent pas pour faire quoi que ce soit.
L’impie, durant tout le jour, a des désirs mauvais ;
le juste n’est avare ni de compassion ni de miséricorde.
Les sacrifices des impies sont en abomination au Seigneur ;
car ils les offrent le cœur plein d’iniquité.
Le faux témoin périra ; un homme docile parlera avec réserve.
L’impie compose effrontément son visage ;
mais l’homme droit saura bien discerner ses voies.
Il n’est point de sagesse, point de courage, point de raison chez l’impie.
Le cheval est tout prêt pour le jour du combat ;
mais le secours vient de Dieu.
Une bonne renommée vaut mieux que de grandes richesses ;
la bonne grâce vaut mieux que l’or et l’argent.
Le riche et le pauvre se sont rencontrés ;
c’est le Seigneur qui les a créés tous les deux.
L’homme habile, en voyant le pervers sévèrement châtié, se corrige lui-même ; les imprudents passent outre, et sont punis à leur tour.
La crainte du Seigneur fait naître la sagesse, et les biens, et la gloire, et la vie.

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

MERCREDI LUMINEUX
Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582) ; saints martyrs Jérémie et Archile, prêtre (IIIème s.) ; sainte Platonide, diaconesse à Nisibe en Syrie (308) ; les 120 martyrs anonymes de Perse (344-347) ; saint Vinebaud, évêque de Troyes (vers 623) ; saint Gennard, abbé de Flay près de Beauvais (720) ; saint Méthode, archevêque de Moravie, apôtre des Slaves (885) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre (Joukov) et Prokhore (Mikhaïlov) (1918) ; hiéromartyr Jean (Boïkov), prêtre (1934) ; hiéromartyr Jacques (Boïkov), prêtre (1943) ; moine Sébastien (Fomine), confesseur (1966).

SAINT EUTYQUE, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582)

Notre saint Père Eutyque était originaire d’un village de Phrygie (vers 512). Il fut élevé par son grand-père, skevophylax de l’église d’Augustopolis, puis alla poursuivre ses études à Constantinople. Comprenant cependant que la sagesse de ce monde est devenue folle (cf. 1 Cor 1, 18), il songeait à embrasser la vie monastique. Mais Dieu lui montra qu’Il l’appelait à un autre service pour l’édification de l’Église, et il fut ordonné prêtre à l’âge de trente ans, par le métropolite d’Amasée, qui le destinait à la charge d’évêque de Lazique. Un autre ayant été élu, Eutyque put réaliser son saint projet et se retirer au monastère d’Amasée, dont il devint par la suite higoumène.

L’empereur Justinien (527-565), soucieux d’expurger de l’Église toutes traces de l’hérésie nestorienne, réunit alors (544) un concile local dans le but de condamner, même après leur mort, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, nommés les « Trois Chapitres ». Le métropolite d’Amasée, empêché de se rendre à ce synode pour raison de santé, envoya Eutyque pour l’y représenter. Pendant les sessions, le pieux et savant Eutyque fit l’admiration des Pères par sa connaissance approfondie de l’Écriture sainte et par son habileté à réfuter les arguments des hérétiques. Rappelant l’exemple du roi Josias, qui avait fait déterrer et brûler les ossements des idolâtres (2 Rois 23, 16), il déclara qu’on pouvait anathématiser des morts, afin de protéger l’Église contre l’influence perverse de leur doctrine.

Le patriarche saint Mènas [25 août] le prit en affection et, à la suite d’une révélation divine, il prédit qu’il serait son successeur. Effectivement, dès le décès du patriarche, Eutyque fut désigné par l’empereur pour lui succéder, à la grande joie du peuple. Dès son avènement, le bon pasteur, désirant affermir la paix de l’Église sur les bases d’un concile œcuménique, convainquit le souverain de réunir le Cinquième saint Concile Œcuménique à Constantinople (553). Présidée par saint Eutyque, en présence de cent soixante-cinq Pères, la sainte assemblée confirma la doctrine des quatre Conciles précédents et promulgua quatorze anathématismes condamnant les écrits de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, et anathématisa de plus Origène et Évagre dont les écrits, malgré leur influence considérable dans la doctrine des Pères de l’Église, avaient occasionné à cette époque le réveil d’un dangereux courant origéniste.

Le Concile ayant été clos par une grande concélébration, les Pères se séparèrent et l’Église put jouir de la paix pendant une douzaine d’années. Mais, sur l’instigation du père de l’erreur, certains sophistes attirèrent l’empereur Justinien, toujours désireux de se rallier les monophysites, dans les rets d’une nouvelle doctrine hérétique : l’aphtartodocétisme, selon laquelle le corps du Christ aurait été impassible et incorruptible par nature et le Seigneur n’aurait, par conséquent, enduré les souffrances de la Passion que par un miracle de sa volonté . Réalisant qu’une telle doctrine n’était en fait qu’un monophysisme à peine déguisé, qui remettait en cause la réalité même de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, saint Eutyque s’opposa de toutes ses forces à la doctrine de l’empereur et de ses théologiens de cour. Le 25 janvier 565, alors qu’il célébrait la Liturgie au palais d’Hormisdas, il fut tiré du sanctuaire par les hommes d’armes et enfermé dans un monastère de Chalcédoine. Un tribunal d’évêques complaisants à la volonté du souverain déposa le saint prélat et le condamna à l’exil, sous les prétextes risibles qu’il mangeait des viandes délicates et priait à genoux pendant de longues heures.
Après quelque temps passé dans un monastère de l’île de Prinkipo, le saint fut renvoyé dans son monastère d’Amasée, en remerciant Dieu de l’avoir jugé digne de souffrir pour la cause de la Vérité. Pendant ce séjour à Amasée, il put jouir d’une quiétude bienfaisante et accomplir de nombreux miracles pour les fidèles éprouvés qui venaient demander ses prières.

Au terme d’un exil de douze années, il fut rappelé sur le trône de Constantinople par les co-empereurs Justin II et Tibère (576). Toute la cité, des plus hauts dignitaires au simple peuple, lui réserva un vibrant accueil et, sur le chemin du retour, la foule criait : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur ! » Le saint apaisa alors par sa prière l’épidémie qui ravageait la ville depuis quelque temps et lors de la Liturgie qu’il célébra à Sainte-Sophie, il distribua la sainte Communion à la foule pendant six heures entières.

Au cours de ce second épiscopat, qui dura un peu plus de quatre ans, saint Eutyque confirma son Église dans la vraie foi, appuyant son enseignement par la puissance de ses miracles. Il s’endormit en paix le dimanche de Thomas 582, après avoir prédit à l’empereur Tibère, accouru à son chevet, qu’il le suivrait quatre mois plus tard. Son corps fut inhumé sous l’autel de l’église des Saints-Apôtres, aux côtés des reliques des saints Apôtres André, Luc et Timothée.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion de saint Eutyque, ton 8
Tous ensemble, fidèles, chantons Eutyque * comme grand pontife et suprême pasteur, * comme sage docteur ayant chassé les hérésies, * et de tout cœur disons-le bienheureux, * car il intercède auprès du Christ en faveur de nous tous.

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 3-21)
Faire des choses justes et dire la vérité est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes.
Le cœur de l’audacieux est superbe dans son insolence ;
la lampe des impies est le péché. Amasser des trésors avec une langue trompeuse,
c’est poursuivre des vanités sur les filets de la mort.
La destruction habitera avec les impies,
parce qu’ils ne veulent pas pratiquer la justice.
Devant les hommes tortueux Dieu place des voies tortueuses ;
car Ses œuvres sont droites et pures.
Mieux vaut demeurer dans un carrefour en plein air,
que dans une grande maison bien crépie avec l’iniquité.
Nul homme ne sera miséricordieux pour l’âme des impies.
La punition de l’intempérant rend l’innocent plus réfléchi ;
l’homme sage et intelligent en reçoit une leçon.
Le juste pénètre le cœur des impies,
et les méprise à cause de leur malice.
Celui qui ferme l’oreille au cri du faible criera lui-même,
et nul ne l’écoutera.
Un don secret détourne les colères ;
celui qui épargne les présents excite de violents courroux.
La joie du juste est de faire justice ;
le saint n’est pas pur aux yeux des méchants.
L’homme qui s’égare loin des voies de la justice
se reposera dans l’assemblée des géants.
L’indigent aime la joie; il désire le vin et l’huile en abondance.
Les déréglés sont en abomination aux justes.
Mieux vaut habiter le désert qu’avec une femme bavarde,
irascible et querelleuse.
Un trésor désirable reposera sur la bouche du sage ;
mais les insensés le dévorent.
Les voies de la justice et de la miséricorde conduisent à la vie et à la gloire.

18 avril

18 avril
Mardi Limineux
Icône de N.D. d’Iviron. Saint Jean l’Isaurien, ermite, disciple de saint Grégoire le Décapolite (VIIIème s.) ; saints martyrs Victor, Zotique, Zénon, Akindynos et Sévérien (303) ; saint Côme, évêque de Chalcédoine, et son compagnon d’ascèse saint Auxence, confesseurs (vers 820) ; sainte Aye, moniale dans le Hainaut (vers 714) ; saint Jean de Ioannina, martyr à Constantinople (1526) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyr Bessarion (Selinine), prêtre (1918) ; sainte vénérable martyre Tamara (Satsi) (1942).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Lc XXIV, 12-35)
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé. Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? – Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

SAINT JEAN L’ISAURIEN

Saint Jean l’Isaurien, ermite, disciple de saint Grégoire le Décapolite (VIIIème s.)

Notre vénérable Père Jean était originaire d’Isaurie. Épris depuis sa jeunesse d’un ardent amour pour le Christ, il renonça à toutes les vanités de ce monde pour devenir disciple de saint Grégoire le Décapolite [20 nov.]. Il servit son père spirituel, telle une vivante image du Seigneur, pendant de nombreuses années, de sorte que saint Grégoire se réjouissait et rendait gloire à Dieu d’avoir trouvé en lui un moine exemplaire. Jean prit part aux glorieux combats de son maître pour la défense des saintes icônes pendant la persécution de Léon l’Arménien. Il trouva le repos éternel en 820 et fut inhumé auprès de saint Joseph l’Hymnographe, son ami [3 avr.].

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XIX, 16-25)
Garder les commandements, c’est sauver son âme ;
se négliger en sa voie, c’est courir à sa perte.
Celui qui est miséricordieux envers les pauvres prête à usure au Seigneur ; Dieu le rétribuera selon ce qu’il aura donné.
Corrige ton fils ;
c’est ainsi qu’il sera ton espérance.
Ne sois pas exalté en ton âme jusqu’à l’orgueil.
L’homme malveillant sera puni sévèrement;
s’il nuit à autrui, il nuit aussi à son âme.
Écoute, ô mon fils, les instructions de ton père
pour être sage jusqu’à ta dernière heure.
De nombreuses pensées roulent dans le cœur de l’homme ;
le conseil du Seigneur demeure dans tous les siècles.
La miséricorde est un fruit pour l’homme ;
mieux vaut un mendiant juste qu’un riche trompeur.
La crainte du Seigneur est la vie de l’homme ;
celui qui n’a pas cette crainte habitera des lieux où la doctrine est inconnue. Celui qui cache ses mains sous son manteau,
avec de mauvais desseins, n’aura garde de les porter à sa bouche.
Les coups qui le flagellent rendent l’insensé plus réfléchi ;
mais si l’on reprend le sage, il comprend aussitôt la réprimande.

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)
Mardi Lumineux

Saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; saint martyr Agathopode, diacre, Théodule, lecteur, et leurs compagnons (vers 303) ; saint Publius d’Égypte (IVème s.) ; saint Marc d’Athènes (vers 400) ; saints Théonas, Siméon et Thorbin, reclus en Thébaïde (IV°) ; sainte Théodora, moniale à Thessalonique (892) ; saint Platon le Studite, confesseur (814) ; saint Georges, néo-martyr grec (1801) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Krotenkov), prêtre (1930) ; Nicolas (Simo), prêtre (1931).

SAINT MARTYRS VICTORIN, VICTOR ET LEURS COMPAGNONS

Ces sept glorieux martyrs furent arrêtés comme chrétiens à Corinthe, pendant la persécution de Dèce (249-251), et furent traduits devant le proconsul du Péloponnèse, Tertius. Après avoir subi la flagellation et d’autres tourments avec ses compagnons, Victorin eut l’œil droit arraché, les extrémités des mains et des pieds coupées, puis il fut jeté dans un grand mortier où il eut les membres broyés et remit ainsi son âme à Dieu. Nicéphore, couvert de sang après les coups, fut pendu par les cheveux, se vit rompre les doigts un à un, et, comme les païens voulaient le forcer à boire du vin offert en libation aux idoles, il se jeta de lui-même dans le mortier, où il trouva la mort peu après Victorin.

Claude fut suspendu à une potence, eut les joues arrachées et rendit l’âme quand on lui amputa les mains et les pieds. Diodore gagna la palme du martyre en mourant par le feu, après avoir eut le corps lacéré à coups de lancettes. Sérapion fut, quant à lui, pendu la tête en bas, eut les membres rompus à coups de massues et mourut décapité.

Papias, enfin, eut les mains tranchées, se vit percer le corps avec des pointes aiguisées et fut précipité dans la mer avec une lourde pierre attachée au cou. C’est ainsi qu’ils reçurent tous les sept les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Lc XXIV, 12-35)
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé. Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? – Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XIX, 16-25)
Garder les commandements, c’est sauver son âme ;
se négliger en sa voie, c’est courir à sa perte.
Celui qui est miséricordieux envers les pauvres prête à usure au Seigneur ; Dieu le rétribuera selon ce qu’il aura donné.
Corrige ton fils ;
c’est ainsi qu’il sera ton espérance.
Ne sois pas exalté en ton âme jusqu’à l’orgueil.
L’homme malveillant sera puni sévèrement;
s’il nuit à autrui, il nuit aussi à son âme.
Écoute, ô mon fils, les instructions de ton père
pour être sage jusqu’à ta dernière heure.
De nombreuses pensées roulent dans le cœur de l’homme ;
le conseil du Seigneur demeure dans tous les siècles.
La miséricorde est un fruit pour l’homme ;
mieux vaut un mendiant juste qu’un riche trompeur.
La crainte du Seigneur est la vie de l’homme ;
celui qui n’a pas cette crainte habitera des lieux où la doctrine est inconnue. Celui qui cache ses mains sous son manteau,
avec de mauvais desseins, n’aura garde de les porter à sa bouche.
Les coups qui le flagellent rendent l’insensé plus réfléchi ;
mais si l’on reprend le sage, il comprend aussitôt la réprimande.

17 avril

17 AVRIL
LUNDI LUMINEUX

Saint Siméon, évêque de Perse, avec saints Abdelaûs et Ananias, prêtres, l’eunuque Husdazate, Azate avec leurs 1150 autres compagnons, tous martyrs en Perse (vers 344) ; saint Adrien, martyr (251) ; saint Acace, évêque de Mélitène (vers 435) ; saint Agapit, pape de Rome (536) ; saint Pantagathe, évêque de Vienne (540) ; saint Landry, évêque de Meaux (675) ; saint Wandon, abbé de Fontenelle (756) ; saint Éphrem le majeur de Matskvéra (IXème s, Géorgie) ; saint Zosime, abbé de Solovki (1478) ; saint Macaire, évêque de Corinthe (1805) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Novitsky), confesseur, prêtre (1935), hiéromartyr Théodore (Nedosekine), prêtre (1942).

SAINT SIMÉON, ÉVÊQUE DE PERSE
Lorsque, sous le règne de Sapor (Shâpûr) II (309-378), les chrétiens commencèrent à devenir nombreux et influents en Perse, les mages de la religion mazdéenne, craignant pour leurs privilèges et jaloux de ces succès, les accusèrent auprès du roi des rois de comploter contre lui avec l’empereur romain. En 340, Sapor, ayant besoin d’importantes sommes d’argent pour mener une campagne contre les Romains, fit lever un double impôt sur les chrétiens, en sorte que, forcés par l’indigence et par la cruauté des percepteurs, ceux-ci finissent par renier leur religion. Le bienheureux Siméon Bar Sabbaé, évêque de Séleucie et Ctésiphon, la capitale de l’Empire, et métropolitain de toute l’Église de Perse, refusa de se soumettre à cet édit, et il écrivit au souverain en ces termes : « Jésus est le Roi des rois. Il ne vous est pas possible de nous asservir. Nous sommes des hommes libres, et nous ne serons pas les esclaves des hommes. Notre Dieu est aussi votre Maître. Il est le créateur du soleil et du feu que vous adorez comme dieux. Nous ne pouvons donc pas adorer ses créatures. Il nous a recommandé : Ne portez ni or ni argent dans vos ceintures. Nous n’avons pas d’or à vous fournir, ni d’argent pour vous payer l’impôt. » En recevant cette lettre, le roi s’irrita et, poussé par ses courtisans, il ordonna de passer au fil de l’épée les prêtres et serviteurs de Dieu, de détruire les églises, de livrer les objets sacrés à l’usage profane et de traduire en justice Siméon, comme ayant trahi le royaume de Perse en entretenant des relations avec les Romains.
Tandis que les mages, avec le concours des Juifs, détruisaient les églises, saint Siméon fut capturé, en compagnie de deux de ses prêtres les plus âgés, Abdhaïkla et Hannanie, et fut traîné chargé de chaînes devant Sapor à Karka-de-Lédan, la résidence royale. Parvenu à l’entrée de la salle d’audience, l’évêque ne fit pas le geste ordinaire d’adoration du souverain. Sapor s’en irrita et lui en demanda la raison, alors qu’il s’y soumettait auparavant. « C’est que, jusqu’à présent, je suivais les usages revenant à la majesté royale, sans être sollicité, comme maintenant, de trahir mon Dieu qui est le vrai », répondit le prélat.
Le roi abandonna les chefs d’accusation que les mages proféraient avec haine, pour proposer à l’évêque toute sa faveur s’il adorait le soleil. « Moi je ne t’ai pas adoré, répliqua Siméon, alors que tu es plus excellent que le soleil, car tu possèdes âme et intelligence. Comment pourrais-je adorer le soleil qui est sans âme ? Il n’y a qu’un seul Dieu, Jésus-Christ, mort sur la Croix ! Il est le maître du soleil et le Créateur des hommes. Lorsqu’Il souffrit entre les mains de ses ennemis, le soleil qu’Il a créé prit le deuil, comme un serviteur quand meurt son maître. Mais, le troisième jour, Il est ressuscité dans la gloire du ciel. » Le roi le menaça de faire périr des milliers de chrétiens à cause de son obstination. Siméon répondit : « Si tu verses le sang innocent, comme tu l’annonces, tu en rendras compte au jour du Jugement. Je sais simplement que les victimes régneront grâce à leur mort ; mais leur condamnation sera ta mort. Pour ce qui est de ma vie, prends-la tout de suite, par le genre de mort qui plaira à ta volonté perverse ! »
Sapor le fit ramener en prison, jusqu’au lendemain, dans l’espoir de le voir changer d’opinion. À la porte du palais, se tenait un eunuque âgé, Ustazad, qui avait été précepteur du roi et jouissait de la dignité de maître du palais. Il était chrétien, mais, pendant la persécution, il s’était soumis aux instances du roi et avait adoré le soleil. En voyant l’évêque, il le salua respectueusement, mais Siméon détourna son visage avec répulsion et passa son chemin. Cette attitude fit revenir Ustazad à lui-même, il rentra chez lui en pleurant et changea ses vêtements de cour en habits de deuil. Sapor, apprenant la chose, fit convoquer l’eunuque et lui demanda la raison de son attitude. « J’ai pris le deuil, dit-il, parce que j’ai manqué de loyauté à l’égard de Dieu et de ta majesté. C’est pour te faire plaisir, en effet, et non par conviction que j’ai fait semblant d’adorer le soleil ; aussi est-il doublement juste que je meure : et pour avoir trahi le Christ et pour t’avoir trompé. Je suis chrétien, je ne renierai plus désormais le vrai Dieu ! » Irrité au plus haut point, le monarque ordonna de lui trancher la tête sans retard. Tandis qu’il était sur le chemin du supplice, Ustazad demanda une dernière faveur, au nom du service loyal qu’il avait rendu au roi pendant tant d’années. Et il obtint qu’un héraut proclamât à tout vent que s’il était condamné à mort, ce n’était pas pour avoir commis quelque crime, mais simplement parce qu’il était chrétien. Il périt sous le glaive le Grand Jeudi (341).
Quand Siméon apprit cette nouvelle dans sa prison, il fut tout heureux et rendit gloire au Christ qui relève les morts, convertit les pécheurs et rend l’espérance aux désespérés, et il pria Dieu de hâter l’heure de sa délivrance. Debout toute la nuit du Grand jeudi, les mains levées vers le ciel et le visage ayant l’éclat d’une rose, il priait en ces termes : « Agrée, Seigneur Jésus, qu’en ce jour et à l’heure de ta mort, je sois jugé digne de boire ton calice ! Les fautes de mes pas seront guéries en toi, ô Route de vérité ; les fatigues de mes membres trouveront en toi le repos, ô Christ, Huile de nos onctions sacrées. En toi la tristesse de mon âme disparaît. Tu es la coupe de mon salut ; les larmes de mes yeux seront séchées par toi, ô notre consolation et notre joie ! »
Le lendemain, Grand Vendredi, à la troisième heure, on tira le saint de son cachot pour l’amener devant le roi, qui le somma encore une fois d’adorer le soleil, mais vainement. « Hâte-toi de me condamner, lui dit Siméon, il est temps que je prenne part au festin. La table est prête et ma place est désignée. » En prononçant ces paroles, il se tenait noble, majestueux et le visage radieux, si bien que le souverain ne put s’empêcher de l’admirer ; mais, pressé par les mages et par les notables, il le condamna à périr le jour même par le glaive.
Une centaine d’évêques, prêtres, diacres et moines étaient alors entassés dans les prisons de la ville. Sur l’ordre du roi, le chef des mages leur proposa d’avoir la vie sauve s’ils adoraient le dieu-soleil. Tous répondirent d’une voix forte et unanime : « La mort est peu de chose en comparaison de notre foi. Donner notre vie n’est rien, en regard de notre amour pour le Christ ! » L’ordre fut alors donné de tous les exécuter sous les yeux de Siméon. Mais, loin d’être ébranlé par ce spectacle, le bienheureux les encourageait, comme la mère des frères Maccabées (2 Mac 7), en disant : « Soyez vaillants, frères, confiez-vous à Dieu et soyez sans crainte. Le Seigneur a été mis à mort et Il vit. Quand vous serez morts comme lui, vous vivrez auprès de lui. Maintenant la mort est à l’œuvre, mais sachez-le, bien-aimés, notre mort se changera en vie éternelle, tandis que cette vie se change en mort éternelle pour celui qui renie Dieu. Nous donnons notre sang et lui nous donne son Royaume, avec la joie et le repos. »
Ils ne restaient plus en vie que Siméon et les deux vieux prêtres qui l’accompagnaient. Tandis qu’on dépouillait Hannanie de ses vêtements pour l’attacher, il se mit à trembler à la vue du glaive. Pusaïk , l’intendant de tous les artisans du royaume, homme puissant et respecté, qui se tenait là, s’écria : « Ne tremble pas Hannanie, ne tremble pas ! Lève un peu les yeux et tu verras la lumière du Christ ! » Il fut aussitôt saisi par les gardes et traîné devant le roi offusqué de voir un de ses favoris prendre parti pour les chrétiens. Aux questions de Sapor, Pusaïk répondit : « Oui, je suis chrétien, et je préfère leur mort et je répudie tes honneurs, car cette mort est signe de joie. » Fou de rage, Sapor ordonna qu’on l’exécute de manière particulièrement cruelle. On l’égorgea et on lui arracha la langue au travers du cou, puis on exécuta sa fille qui était, elle aussi, chrétienne.
L’heure de son supplice étant arrivée, saint Siméon pria pour la conversion de ses bourreaux, il demanda au Seigneur de bénir les villes d’Orient qu’Il lui avait confiées et de garder sous sa protection les fidèles jusqu’à la fin de la persécution. Sa tête tomba sous le glaive, conformément à son vœu, le Grand Vendredi, à la neuvième heure. On raconte qu’à ce moment, l’obscurité envahit la terre perse et que les spectateurs furent saisis d’une grande frayeur. Des chrétiens ensevelirent de nuit les corps des bienheureux martyrs et, par la suite, saint Maruthas fit transférer ces reliques dans sa cité épiscopale qui prit le nom de Martyropolis [16 fév.].
Le martyre du catholicos de Perse marqua le début d’une persécution générale. Pendant dix jours, les mages païens, profitant de l’emportement du roi des rois pour assouvir leur haine et satisfaire leurs rancunes personnelles, massacrèrent aveuglément tous les chrétiens qu’ils trouvaient, jusque dans le palais. Lorsque Sapor apprit qu’on avait mis à mort son eunuque préféré, Azat, il en fut tellement affligé qu’il ordonna de faire cesser ce massacre public, pour n’exécuter que les évêques et les prêtres. La persécution continua ainsi, à l’égard des clercs et des moines, pendant près de quarante ans, jusqu’à la mort de Sapor II (379) ; mais elle orna de joyaux incorruptibles la robe nuptiale de l’Église de Perse .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Jn I, 18-28)
Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu’il n’était pas le Christ. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean leur répondit: Moi, je baptise d’eau, mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

4 avril (ancien calendrier)/17 avril (nouveau)

4 avril (ancien calendrier)/17 avril (nouveau)
Lundi lumineux

Saint Joseph l’hymnographe (883) ; saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.) ; sainte martyre Pherboutha, vierge, sa sœur et sa servante (341-343) ; saint Zosime (vers 560) ; saint Joseph le grand souffrant des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Zosime de Vorbozom (vers 1550)  saint néomartyrs de Russie : Benjamin (Kononov) et Nicéphore (Koutchine) (1928) ; hiéromartyr Nicolas, évêque de Velsk, sainte vénérable martyre Marie (Lelianov) (1932) ; saint hiéromartyr Jean (Vetchorko), prêtre (1933) ; saint martyr Jean (Kolesnikov) (1943).

SAINT GEORGES DU MONT MALÉON
Épris de Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Georges s’enfuit pour échapper à un mariage préparé par ses parents. Il revêtit l’Habit angélique et s’adonna dès lors, de toutes ses forces, aux travaux de l’ascèse : le jeûne, les mortifications corporelles, la méditation des saintes Écritures, la prière et les larmes, ainsi qu’à toutes les autres formes de la vertu qui rend semblable à Dieu. Rayonnant ainsi de la présence du Seigneur, il attira à lui quantité d’hommes qui, à son contact, trouvaient la voie du repentir. Il désirait cependant vivre dans l’hésychia et le silence, c’est pourquoi il s’enfuit de nouveau et alla se retirer sur le mont Maléon. Mais des hommes assoiffés de Dieu vinrent l’y rejoindre et l’implorèrent de les diriger dans la science de l’ascèse et de la prière. Il donna à chacun de ses disciples la règle de vie qui convenait à son caractère et à son avancement dans la vertu, et il leur attribua des cellules aux alentours de sa retraite. Les grâces que Dieu accordait à son serviteur et son discernement le rendirent célèbre auprès des grands et même auprès du souverain. Interrogé par eux sur toutes sortes de sujets, il leur adressait des lettres pleines de sève spirituelle et leur dispensait de sages conseils sur la manière d’appliquer l’Évangile dans le gouvernement du peuple, en prenant pour principes la bonté et l’aumône.
Saint Georges prédit trois ans à l’avance son départ de cette terre et prépara ses disciples à vivre sans l’assistance visible de leur père spirituel. Tombé légèrement malade, il rassembla tous les ascètes du mont Maléon, et après les avoir une dernière fois exhortés à ne rien négliger de ce qui plaît à Dieu et conduit l’âme au salut, il remit en paix son âme au Seigneur (dans le courant du ve ou vie siècle).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Jn I, 18-28)
Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître. Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu’il n’était pas le Christ. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean leur répondit: Moi, je baptise d’eau, mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

5 avril

5 avril
GRAND CARÊME

Saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; saint martyr Agathopode, diacre, Théodule, lecteur, et leurs compagnons (vers 303) ; saint Publius d’Égypte (IVème s.) ; saint Marc d’Athènes (vers 400) ; saints Théonas, Siméon et Thorbin, reclus en Thébaïde (IV°) ; sainte Théodora, moniale à Thessalonique (892) ; saint Platon le Studite, confesseur (814) ; saint Georges, néo-martyr grec (1801) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Krotenkov), prêtre (1930) ; Nicolas (Simo), prêtre (1931).

SAINT MARTYRS VICTORIN, VICTOR ET LEURS COMPAGNONS

Ces sept glorieux martyrs furent arrêtés comme chrétiens à Corinthe, pendant la persécution de Dèce (249-251), et furent traduits devant le proconsul du Péloponnèse, Tertius. Après avoir subi la flagellation et d’autres tourments avec ses compagnons, Victorin eut l’œil droit arraché, les extrémités des mains et des pieds coupées, puis il fut jeté dans un grand mortier où il eut les membres broyés et remit ainsi son âme à Dieu. Nicéphore, couvert de sang après les coups, fut pendu par les cheveux, se vit rompre les doigts un à un, et, comme les païens voulaient le forcer à boire du vin offert en libation aux idoles, il se jeta de lui-même dans le mortier, où il trouva la mort peu après Victorin.

Claude fut suspendu à une potence, eut les joues arrachées et rendit l’âme quand on lui amputa les mains et les pieds. Diodore gagna la palme du martyre en mourant par le feu, après avoir eut le corps lacéré à coups de lancettes. Sérapion fut, quant à lui, pendu la tête en bas, eut les membres rompus à coups de massues et mourut décapité.

Papias, enfin, eut les mains tranchées, se vit percer le corps avec des pointes aiguisées et fut précipité dans la mer avec une lourde pierre attachée au cou. C’est ainsi qu’ils reçurent tous les sept les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Martyricon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XII, 8-22)
On loue la bouche d’un homme intelligent ; les esprits vains sont moqués.
Mieux vaut être obscur et utile à soi-même, que se glorifier en manquant de pain. Le juste est compatissant, même pour la vie de ses bestiaux ;
les entrailles des impies sont sans pitié.
Qui travaille à sa terre se rassasiera de pain ;
mais ceux qui poursuivent des vanités sont dépourvus d’intelligence. Celui qui se plaît aux assemblées des buveurs léguera la honte à sa maison. Les désirs des impies sont mauvais ; les racines des hommes pieux sont indestructibles.
Par le péché même de ses lèvres, le pécheur tombe en des filets ;
le juste y échappe, et celui dont l’œil est bon excite l’indulgence ;
celui qui se dispute aux portes irrite les âmes.
L’âme de l’homme sera remplie de biens provenant de sa bouche,
et ses lèvres recevront leur récompense.
Les voies des insensés sont droites à leurs yeux ; le sage écoute les conseils. L’insensé à l’instant même montre sa colère ;
l’homme habile renferme en lui-même l’outrage qu’il a reçu.
Le juste déclare la pleine vérité ; le témoin des méchants est trompeur.
Il en est dont les paroles blessent comme des glaives ;
la langue des sages guérit.
Des lèvres véridiques n’ont point de détours sans leur témoignage ;
le témoin précipité a une langue inique.
La fraude est dans le cœur de celui qui machine le mal ;
ceux qui veulent la paix seront dans la joie.
Rien d’injuste ne plaira au juste ; les impies sont remplis de mal.
Les lèvres trompeuses sont en abomination au Seigneur ;
Il agrée l’homme de bonne foi.

4 avril

4 avril
GRAND CARÊME

Saint Joseph l’hymnographe (883) ; saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.) ; sainte martyre Pherboutha, vierge, sa sœur et sa servante (341-343) ; saint Zosime (vers 560) ; saint Joseph le grand souffrant des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Zosime de Vorbozom (vers 1550)  saint néomartyrs de Russie : Benjamin (Kononov) et Nicéphore (Koutchine) (1928) ; hiéromartyr Nicolas, évêque de Velsk, sainte vénérable martyre Marie (Lelianov) (1932) ; saint hiéromartyr Jean (Vetchorko), prêtre (1933) ; saint martyr Jean (Kolesnikov) (1943).

SAINT GEORGES DU MONT MALÉON

Saint Georges du Mont Maléon dans le Péloponnèse (Vème-VIème s.)

Épris de Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Georges s’enfuit pour échapper à un mariage préparé par ses parents. Il revêtit l’Habit angélique et s’adonna dès lors, de toutes ses forces, aux travaux de l’ascèse : le jeûne, les mortifications corporelles, la méditation des saintes Écritures, la prière et les larmes, ainsi qu’à toutes les autres formes de la vertu qui rend semblable à Dieu. Rayonnant ainsi de la présence du Seigneur, il attira à lui quantité d’hommes qui, à son contact, trouvaient la voie du repentir. Il désirait cependant vivre dans l’hésychia et le silence, c’est pourquoi il s’enfuit de nouveau et alla se retirer sur le mont Maléon. Mais des hommes assoiffés de Dieu vinrent l’y rejoindre et l’implorèrent de les diriger dans la science de l’ascèse et de la prière. Il donna à chacun de ses disciples la règle de vie qui convenait à son caractère et à son avancement dans la vertu, et il leur attribua des cellules aux alentours de sa retraite. Les grâces que Dieu accordait à son serviteur et son discernement le rendirent célèbre auprès des grands et même auprès du souverain. Interrogé par eux sur toutes sortes de sujets, il leur adressait des lettres pleines de sève spirituelle et leur dispensait de sages conseils sur la manière d’appliquer l’Évangile dans le gouvernement du peuple, en prenant pour principes la bonté et l’aumône.

Saint Georges prédit trois ans à l’avance son départ de cette terre et prépara ses disciples à vivre sans l’assistance visible de leur père spirituel. Tombé légèrement malade, il rassembla tous les ascètes du mont Maléon, et après les avoir une dernière fois exhortés à ne rien négliger de ce qui plaît à Dieu et conduit l’âme au salut, il remit en paix son âme au Seigneur (dans le courant du ve ou vie siècle).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Martyrikon du ton occurent
LECTURE DES PROVERBES (XI, 19 – XII, 6)
Un fils juste est né pour la vie ; ce que poursuit l’impie mène à la mort.
Les voies tortueuses sont en abomination au Seigneur ;
mais Il agrée tous ceux qui sont irréprochables dans leurs voies. Celui qui, dans une pensée injuste,
met sa main dans la main d’autrui ne sera point impuni ;
au contraire, qui sème la justice en récoltera le digne salaire.
Tel est un pendant d’oreille au museau d’une truie;
telle est la beauté chez la femme sans sagesse.
Le désir du juste est bon sans réserve ; l’espérance des impies périra. Il en est qui, en distribuant leurs biens, les augmentent ;
il en est qui, même en s’amusant, s’appauvrissent.
Toute âme simple est bénie ;
l’homme irascible n’est pas honoré.
Que celui qui amasse du blé le tienne en réserve pour les peuples ; la bénédiction est sur la tête de celui qui en fait part à autrui.
Celui qui médite le bien cherche une grâce salvatrice ;
celui qui songe au mal le recueillera pour lui-même.
Celui qui se fie en sa richesse tombera ; celui qui s’attache aux choses justes fleurira.
Celui qui ne s’occupe pas de sa propre maison n’aura que le vent pour héritage ; l’insensé sera le serviteur du sage.
Du fruit de la justice naît l’arbre de vie ;
les âmes des pervers seront emportées avant le temps.
Si le juste est difficilement sauvé,
que penser de l’impie et du pécheur ?
Celui qui aime la discipline aime la sagesse ;
celui qui hait les réprimandes est insensé.
Le meilleur est celui qui a trouvé la grâce du Seigneur ;
l’homme pervers tombera dans l’oubli.
L’homme ne tire aucun profit de l’injustice ;
les racines des justes ne seront pas arrachées.
Une femme forte est une couronne pour son mari ;
comme un ver qui ronge le bois, une femme malfaisante perd son mari.
Les pensées des justes sont des sentences ;
les impies n’ont pour se gouverner que la ruse.
Les paroles des impies sont trompeuses ;
la bouche des hommes droits les sauvera.

22 mars (ancien calendrier)/4 avril (nouveau)

22 mars (ancien calendrier)/4 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363) ; sainte Drosis fille du roi Trajan, martyre (Ier-IIème s.) ; Saint Paul-Serge, évêque de Narbonne (IIIème s.) ; saint Isaac de Dalmatie (IVème s.) ; saint Diogène, évêque d’Arras (390) ; saint Avit, ermite en Périgord (518) ; saint Euthyme l’Athonite, néo-martyr grec (1814).

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363)

SAINT BASILE D’ANCYRE
Saint Basile était prêtre de l’Église d’Ancyre, en Galatie, sous l’épiscopat de Marcel, lequel s’était tellement opposé à l’arianisme qu’il en était tombé dans l’hérésie contraire, faisant des trois Personnes divines trois aspects ou modalités de la divinité. Toutefois Basile ne partageait pas ces opinions, et il enseignait avec zèle la vraie foi, conduisant de nombreuses âmes dans la voie droite qui mène à Dieu. Livré à l’empereur Constance, il confessa l’orthodoxie avec une inébranlable fermeté, et fut relâché.

Lorsque Julien l’Apostat prit le pouvoir (360) et commença sa tentative de restauration du paganisme, le vaillant confesseur redoubla d’énergie pour dénoncer la vanité des faux dieux. Accusé d’avoir porté atteinte à l’honneur dû à l’empereur, il répondit qu’il n’entendait obéir qu’au seul Roi du ciel et de la terre. Le proconsul Saturnin le fit alors étendre sur le chevalet, et, pendant qu’on le torturait, le saint adressait à Dieu cette prière : « Seigneur, Dieu de tous les siècles, je te rends grâces de m’avoir jugé digne de marcher dans le chemin des souffrances. En le suivant, je suis sûr d’arriver à la vie et de me trouver en compagnie de ceux que Tu as fait héritiers de tes promesses et qui en jouissent déjà. »

L’empereur, en route pour son expédition contre les Perses (362), s’arrêta alors à Ancyre. On lui présenta Basile qui, après s’être déclaré chrétien, lui prédit que Dieu, dont il avait renversé les autels, allait bientôt le renverser de son trône, et que son corps, resté sans sépulture, allait être foulé aux pieds. Julien offusqué ordonna qu’on lui découpât chaque jour une lanière de peau. Après avoir supporté pendant plusieurs jours ces cruelles incisions, Basile demanda à voir l’empereur. Croyant qu’il était prêt à apostasier, Julien se rendit alors au temple d’Asclépios et fit préparer un sacrifice. Mais, dès qu’il arriva devant lui, Basile, arrachant une languette de chair qu’on venait de lui couper et qui pendait encore à son corps, la jeta au visage de Julien et lui dit : « Tiens, mange ce morceau puisque tu aimes la viande. Et sache que pour moi la mort est un gain : c’est pour Jésus-Christ que je souffre, c’est Lui mon refuge, mon appui et ma vie ! » L’empereur furieux ordonna de lui entailler le corps jusqu’à la profondeur des entrailles. Sous les tourments, le saint priait pour que Dieu lui accordât d’achever sa course en gardant la foi, afin d’être reçu dans son Royaume.

Une fois jeté en prison, le Christ lui rendit visite de nuit et lorsque, le lendemain, le comte Frumentin le fit comparaître à nouveau, en espérant le fléchir avant le départ de l’empereur pour Antioche, il constata avec stupeur que le saint était resté indemne. Mais, craignant l’irritation du tyran plus que la colère de Dieu, le gouverneur ordonna à grands cris de percer son corps de pointes de fer brûlantes. Au sein de la fumée et de l’âcre odeur des chairs brûlées, saint Basile prononça ces paroles : « Jésus, ma lumière, Jésus, mon espérance, je te rends grâces, Dieu de mes pères, de ce que Tu as enfin retiré mon âme de ce séjour de mort. Ne permets pas que je profane le nom sacré que je porte : c’est le tien, Seigneur, conserve-le en moi pur et sans tache. Reçois l’esprit de ton serviteur, il meurt en confessant que Tu es le seul et véritable Dieu. » Et il expira.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé ; les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint hiéromartyr, ton 8
Selon les règles, tu menas ta course à bonne fin, / hiéromartyr Basile, et tu as gardé la foi; / aussi tu méritas la couronne des martyrs / et devins pour l’Église un ferme pilier, / prêchant le Fils consubstantiel au Père et à l’Esprit / et confessant l’indivisible Trinité; / prie-la de nous sauver de tout malheur, / nous tes fidèles, afin que nous puissions te chanter: / Réjouis-toi, Basile, sage-en-Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (XI, 19 – XII, 6)
Un fils juste est né pour la vie ; ce que poursuit l’impie mène à la mort.
Les voies tortueuses sont en abomination au Seigneur ;
mais Il agrée tous ceux qui sont irréprochables dans leurs voies. Celui qui, dans une pensée injuste,
met sa main dans la main d’autrui ne sera point impuni ;
au contraire, qui sème la justice en récoltera le digne salaire.
Tel est un pendant d’oreille au museau d’une truie;
telle est la beauté chez la femme sans sagesse.
Le désir du juste est bon sans réserve ; l’espérance des impies périra. Il en est qui, en distribuant leurs biens, les augmentent ;
il en est qui, même en s’amusant, s’appauvrissent.
Toute âme simple est bénie ;
l’homme irascible n’est pas honoré.
Que celui qui amasse du blé le tienne en réserve pour les peuples ; la bénédiction est sur la tête de celui qui en fait part à autrui.
Celui qui médite le bien cherche une grâce salvatrice ;
celui qui songe au mal le recueillera pour lui-même.
Celui qui se fie en sa richesse tombera ; celui qui s’attache aux choses justes fleurira.
Celui qui ne s’occupe pas de sa propre maison n’aura que le vent pour héritage ; l’insensé sera le serviteur du sage.
Du fruit de la justice naît l’arbre de vie ;
les âmes des pervers seront emportées avant le temps.
Si le juste est difficilement sauvé,
que penser de l’impie et du pécheur ?
Celui qui aime la discipline aime la sagesse ;
celui qui hait les réprimandes est insensé.
Le meilleur est celui qui a trouvé la grâce du Seigneur ;
l’homme pervers tombera dans l’oubli.
L’homme ne tire aucun profit de l’injustice ;
les racines des justes ne seront pas arrachées.
Une femme forte est une couronne pour son mari ;
comme un ver qui ronge le bois, une femme malfaisante perd son mari.
Les pensées des justes sont des sentences ;
les impies n’ont pour se gouverner que la ruse.
Les paroles des impies sont trompeuses ;
la bouche des hommes droits les sauvera.

3 avril

3 avril
GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Nicétas le Confesseur, higoumène du monastère de Médice en Bithynie (824) ; saint Urbice, évêque de Clermont (IIème s.) saints martyrs Elpidophore, Dios, Bythonios et Galycos ; saint Hillyrios ; sainte martyre Théodosie, vierge (308) ; sainte Burgondofare (ou Fare), abbesse de Faremoutiers (657); saint Joseph l’hymnographe (886) ;  saint Paul le Russe, néo-martyr grec (1683), mort par le glaive.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

21 mars (ancien calendrier)/3 avril (nouveau)

21 mars (ancien calendrier) 3 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.) ; saint Birille, évêque de Catane (I-IIème s.) ; saint Lupicin, abbé de Condat (480) ; saint Thomas, patriarche de Constantinople (610) ; saint Séraphim de Vyritsa (1949) ; saint hiéromartyr Vladimir (Vvedensky), prêtre 1931.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

2 avril

2 avril
GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Sainte Marie l’Égytienne. Saint Tite le thaumaturge (IXème s.), saint Amphien, martyr à Césarée de Palestine et son frère saint Edèse, martyr à Alexandrie (vers 306) ; saint Polycarpe d’Alexandrie, martyr (IVème s.) ; saint Urbain, évêque de Langres (vers 375) ; saint Nizier, évêque de Lyon (573) ; saint Georges de Matskvéra (Xème s.).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Marie l’Égyptienne passa quarante-sept ans au désert dans une austère pénitence. Elle y entra vers l’an du Seigneur 475. Or, un abba, nommé Zosime, ayant passé le Jourdain et parcouru un grand désert pour trouver quelque saint père, vit un personnage qui se promenait et dont le corps nu était noir et brûlé par l’ardeur du soleil. C’était Marie l’Égyptienne. Aussitôt, elle prit la fuite et Zosime se mit à courir plus vite après elle. Alors Marie dit à Zosime : « Abba Zosime, pourquoi cours-tu après moi ? Excuse-moi, je ne puis tourner mon visage vers toi, parce que je suis une femme ; et comme je suis nue, donne-moi ton manteau, pour que je puisse te voir sans rougir. » En s’entendant appeler par son nom, il fut saisi : ayant donné son manteau, il se prosterna par terre et la pria de lui accorder sa bénédiction. «C’est bien plutôt à toi, mon père, lui dit-elle, de me bénir, toi qui es orné de la dignité sacerdotale. » Il n’eut pas plutôt entendu qu’elle savait son nom et son ministère, que son admiration s’accrut, et il insistait pour être béni. Mais Marie lui dit : « Béni soit le Dieu rédempteur de nos âmes. » Comme elle priait les mains étendues, Zosime vit qu’elle était élevée de terre d’une coudée. Alors le vieillard se prit à douter si ce n’était pas un esprit qui faisait semblant de prier. Marie lui dit: « Que Dieu te pardonne d’avoir pris une femme pécheresse pour un esprit immonde ! »Alors Zosime la conjura au nom du Seigneur de se faire un devoir de lui raconter sa vie. Elle reprit: « Pardonne-moi, mon père, car si je te raconte ma situation, tu t’enfuiras de moi tout effrayé à la vue d’un serpent. Tes oreilles seront souillées de mes paroles et l’air sali par des ordures. » Comme le vieillard insistait avec force, elle dit: « Mon frère, je suis née en Égypte; à l’âge de douze ans, je vins à Alexandrie, où, pendant dix-sept ans, je me suis livrée publiquement au libertinage. Or, comme les gens de ce pays s’embarquaient pour Jérusalem afin d’y aller adorer la Sainte Croix, je priai les matelots de me laisser partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, j’allai avec les autres jusqu’aux portes de l’église pour adorer la Croix; mais tout à coup, je me sentis repoussée par une main invisible qui m’empêchait d’entrer. J’avançai plusieurs fois jusqu’au seuil de la porte, et à l’instant j’éprouvais la honte d’être repoussée; et cependant tout le monde entrait sans difficulté, et sans rencontrer aucun obstacle. Rentrant alors en moi-même, je pensai que ce que j’endurais avait pour cause l’énormité de mes transgressions. Je commençai à me frapper la poitrine avec les mains, à répandre des larmes très amères, à pousser de profonds soupirs du fond du cœur, et comme je levais la tête, j’aperçus une image de la bienheureuse Vierge Marie. Alors je la priai avec larmes de  m’obtenir le pardon de mes péchés, et de me laisser entrer pour adorer la sainte Croix, promettant de renoncer au monde et de mener à l’avenir une vie pure. Après cette prière, éprouvant une certaine confiance au nom de la bienheureuse Vierge, j’allai encore une fois à la porte de l’église, où je suis entrée sans le moindre obstacle. Quand j’eus adoré la Sainte Croix avec une grande dévotion, quelqu’un me donna trois pièces d’argent avec lesquelles j’achetai trois pains; et j’entendis une voix qui me disait: « Si tu passes le Jourdain, tu seras sauvée. » Je passai donc le Jourdain, et vins en ce désert où je suis restée quarante-sept ans sans avoir vu aucun homme. Or, les trois pains que j’emportai avec moi devinrent à la longueur du temps durs comme les pierres et suffirent à ma nourriture pendant quarante-sept ans ; mais depuis bien du temps mes vêtements se sont disloqués. Pendant dix-sept ans que je passai dans ce désert, je fus tourmentée par les tentations de la chair, mais à présent je les ai toutes vaincues par la grâce de Dieu. Maintenant que je t’ai raconté toutes mes actions, je te prie d’offrir pour moi des prières à Dieu. » Alors le vieillard se prosterna par terre, et bénit le Seigneur dans sa servante. Elle lui dit : « Je te conjure de revenir aux bords du Jourdain le jour de la cène du Seigneur [le jeudi saint], et d’apporter avec toi le Corps de Jésus-Christ: quant à moi je viendrai à ta rencontre et je recevrai de ta main ce Corps sacré; car à partir du jour où je suis venue ici, je n’ai pas reçu la communion du Seigneur». Le vieillard revint donc à son monastère, et, l’année suivante, à l’approche du jour de la cène, il prit le Corps du Seigneur, et vint jusqu’à la rive du Jourdain. Il vit à l’autre bord une femme debout qui fit le signe de la Croix sur les eaux, et vint joindre le vieillard. A sa vue celui-ci fut frappé de surprise et se prosterna humblement à ses pieds : « Garde-toi, lui dit-elle, d’agir ainsi, puisque tu as sur toi les Sacrements du Seigneur, et que tu es orné de la dignité sacerdotale; mais, mon père, je te supplie de daigner revenir vers moi l’an prochain. » Alors après avoir fait le signe de la Croix, elle repassa sur les eaux du Jourdain pour gagner la solitude de son désert. Quant au vieillard, il retourna à son monastère et l’année suivante, il vint à l’endroit où Marie lui avait parlé la première fois, mais il la trouva morte. Il se mit à verser des larmes, et n’osa la toucher, mais il se dit en lui-même : « J’ensevelirais volontiers le corps de cette sainte, je crains cependant que cela ne lui déplaise. » Pendant qu’il y réfléchissait, il vit ces mots gravés sur la terre, auprès de sa tête : «Zosime, enterre le corps de Marie ; rends à la terre sa poussière, et prie pour moi le Seigneur par l’ordre duquel j’ai quitté ce monde le deuxième jour d’avril. » Alors le vieillard acquit la certitude, qu’aussitôt après avoir reçu le sacrement du Seigneur et être rentrée au désert, elle termina sa vie. Ce désert que Zosime eut de la peine à parcourir dans l’espace de trente jours, Marie le parcourut en une heure, après quoi elle alla à Dieu. Comme le vieillard faisait une fosse, mais qu’il n’en pouvait plus, il vit un lion venir à lui avec douceur, et il lui dit : « La sainte femme a commandé d’ensevelir là son corps, mais je ne puis creuser la terre, car je suis vieux et n’ai pas d’instruments : creuse-la donc, toi, afin que nous puissions ensevelir son très saint corps. » Alors le lion commença à creuser la terre et à disposer une fosse convenable: Après l’avoir terminée, le lion s’en retourna doux comme un agneau et le vieillard revint à son désert en glorifiant Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton

Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Kondakion du dimanche, ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour

(Mc X, 32-45)

Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver: Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

SAINT TITE LE THAUMATURGE

Saint Tite le thaumaturge (IXème s.)

Consacré à Dieu depuis sa plus tendre enfance, notre saint Père Tite devint moine dans un monastère de la région de Constantinople, probablement au temps de la persécution iconoclaste. La splendeur de ses vertus, son obéissance absolue et son humilité sans feinte lui firent dépasser en peu de temps, non seulement les frères de son monastère mais tous les moines de ce temps. Il devint par la suite higoumène, et usa envers les brebis du Christ d’une grande douceur et d’une affectueuse bienveillance, transmettant à ses moines la joie et l’amour de Dieu qui brûlaient en lui. Sa pureté angélique le rendit digne d’accomplir un grand nombre de miracles qui lui valurent le surnom de thaumaturge. Lorsqu’il eut accompli dignement sa course, il s’endormit en paix, laissant en héritage à ses disciples sa sainte vie, comme icône vivante de la plénitude des vertus évangéliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, vénérables moines et justes, vous qui avez achevé le bon combat et gardé la foi, nous vous supplions, vous qui avez accès auprès du Sauveur priez-Le, Lui qui est bon, de sauver nos âmes.

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

20 mars (ancien calendrier)/2 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Sainte Marie l’Égyptienne  Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Marie l’Égyptienne passa quarante-sept ans au désert dans une austère pénitence. Elle y entra vers l’an du Seigneur 475. Or, un abba, nommé Zosime, ayant passé le Jourdain et parcouru un grand désert pour trouver quelque saint père, vit un personnage qui se promenait et dont le corps nu était noir et brûlé par l’ardeur du soleil. C’était Marie l’Égyptienne. Aussitôt, elle prit la fuite et Zosime se mit à courir plus vite après elle. Alors Marie dit à Zosime : « Abba Zosime, pourquoi cours-tu après moi ? Excuse-moi, je ne puis tourner mon visage vers toi, parce que je suis une femme ; et comme je suis nue, donne-moi ton manteau, pour que je puisse te voir sans rougir. » En s’entendant appeler par son nom, il fut saisi : ayant donné son manteau, il se prosterna par terre et la pria de lui accorder sa bénédiction. «C’est bien plutôt à toi, mon père, lui dit-elle, de me bénir, toi qui es orné de la dignité sacerdotale. » Il n’eut pas plutôt entendu qu’elle savait son nom et son ministère, que son admiration s’accrut, et il insistait pour être béni. Mais Marie lui dit : « Béni soit le Dieu rédempteur de nos âmes. » Comme elle priait les mains étendues, Zosime vit qu’elle était élevée de terre d’une coudée. Alors le vieillard se prit à douter si ce n’était pas un esprit qui faisait semblant de prier. Marie lui dit: « Que Dieu te pardonne d’avoir pris une femme pécheresse pour un esprit immonde ! »Alors Zosime la conjura au nom du Seigneur de se faire un devoir de lui raconter sa vie. Elle reprit: « Pardonne-moi, mon père, car si je te raconte ma situation, tu t’enfuiras de moi tout effrayé à la vue d’un serpent. Tes oreilles seront souillées de mes paroles et l’air sali par des ordures. » Comme le vieillard insistait avec force, elle dit: « Mon frère, je suis née en Égypte; à l’âge de douze ans, je vins à Alexandrie, où, pendant dix-sept ans, je me suis livrée publiquement au libertinage. Or, comme les gens de ce pays s’embarquaient pour Jérusalem afin d’y aller adorer la Sainte Croix, je priai les matelots de me laisser partir avec eux. Arrivée à Jérusalem, j’allai avec les autres jusqu’aux portes de l’église pour adorer la Croix; mais tout à coup, je me sentis repoussée par une main invisible qui m’empêchait d’entrer. J’avançai plusieurs fois jusqu’au seuil de la porte, et à l’instant j’éprouvais la honte d’être repoussée; et cependant tout le monde entrait sans difficulté, et sans rencontrer aucun obstacle. Rentrant alors en moi-même, je pensai que ce que j’endurais avait pour cause l’énormité de mes transgressions. Je commençai à me frapper la poitrine avec les mains, à répandre des larmes très amères, à pousser de profonds soupirs du fond du cœur, et comme je levais la tête, j’aperçus une image de la bienheureuse Vierge Marie. Alors je la priai avec larmes de  m’obtenir le pardon de mes péchés, et de me laisser entrer pour adorer la sainte Croix, promettant de renoncer au monde et de mener à l’avenir une vie pure. Après cette prière, éprouvant une certaine confiance au nom de la bienheureuse Vierge, j’allai encore une fois à la porte de l’église, où je suis entrée sans le moindre obstacle. Quand j’eus adoré la Sainte Croix avec une grande dévotion, quelqu’un me donna trois pièces d’argent avec lesquelles j’achetai trois pains; et j’entendis une voix qui me disait: « Si tu passes le Jourdain, tu seras sauvée. » Je passai donc le Jourdain, et vins en ce désert où je suis restée quarante-sept ans sans avoir vu aucun homme. Or, les trois pains que j’emportai avec moi devinrent à la longueur du temps durs comme les pierres et suffirent à ma nourriture pendant quarante-sept ans ; mais depuis bien du temps mes vêtements se sont disloqués. Pendant dix-sept ans que je passai dans ce désert, je fus tourmentée par les tentations de la chair, mais à présent je les ai toutes vaincues par la grâce de Dieu. Maintenant que je t’ai raconté toutes mes actions, je te prie d’offrir pour moi des prières à Dieu. » Alors le vieillard se prosterna par terre, et bénit le Seigneur dans sa servante. Elle lui dit : « Je te conjure de revenir aux bords du Jourdain le jour de la cène du Seigneur [le jeudi saint], et d’apporter avec toi le Corps de Jésus-Christ: quant à moi je viendrai à ta rencontre et je recevrai de ta main ce Corps sacré; car à partir du jour où je suis venue ici, je n’ai pas reçu la communion du Seigneur». Le vieillard revint donc à son monastère, et, l’année suivante, à l’approche du jour de la cène, il prit le Corps du Seigneur, et vint jusqu’à la rive du Jourdain. Il vit à l’autre bord une femme debout qui fit le signe de la Croix sur les eaux, et vint joindre le vieillard. A sa vue celui-ci fut frappé de surprise et se prosterna humblement à ses pieds : « Garde-toi, lui dit-elle, d’agir ainsi, puisque tu as sur toi les Sacrements du Seigneur, et que tu es orné de la dignité sacerdotale; mais, mon père, je te supplie de daigner revenir vers moi l’an prochain. » Alors après avoir fait le signe de la Croix, elle repassa sur les eaux du Jourdain pour gagner la solitude de son désert. Quant au vieillard, il retourna à son monastère et l’année suivante, il vint à l’endroit où Marie lui avait parlé la première fois, mais il la trouva morte. Il se mit à verser des larmes, et n’osa la toucher, mais il se dit en lui-même : « J’ensevelirais volontiers le corps de cette sainte, je crains cependant que cela ne lui déplaise. » Pendant qu’il y réfléchissait, il vit ces mots gravés sur la terre, auprès de sa tête : «Zosime, enterre le corps de Marie ; rends à la terre sa poussière, et prie pour moi le Seigneur par l’ordre duquel j’ai quitté ce monde le deuxième jour d’avril. » Alors le vieillard acquit la certitude, qu’aussitôt après avoir reçu le sacrement du Seigneur et être rentrée au désert, elle termina sa vie. Ce désert que Zosime eut de la peine à parcourir dans l’espace de trente jours, Marie le parcourut en une heure, après quoi elle alla à Dieu. Comme le vieillard faisait une fosse, mais qu’il n’en pouvait plus, il vit un lion venir à lui avec douceur, et il lui dit : « La sainte femme a commandé d’ensevelir là son corps, mais je ne puis creuser la terre, car je suis vieux et n’ai pas d’instruments : creuse-la donc, toi, afin que nous puissions ensevelir son très saint corps. » Alors le lion commença à creuser la terre et à disposer une fosse convenable: Après l’avoir terminée, le lion s’en retourna doux comme un agneau et le vieillard revint à son désert en glorifiant Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 8ème ton

Des hauteurs, Tu es descendu, ô Miséricordieux ! Tu as accepté d’être enseveli trois jours afin de nous libérer des passions : ô notre vie et notre résurrection, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Kondakion du dimanche, ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as relevé les morts et ressuscité Adam ; Ève aussi exulte en Ta Résurrection, et les confins du monde célèbrent Ton réveil d’entre les morts, ô Très-miséricordieux !

Évangile du jour

(Mc X, 32-45)

Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce qui devait lui arriver: Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? Accorde-nous, lui dirent-ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n’en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs.

SAINTS MARTYRS DU MONASTÈRE DE SAINT SABBAS

Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796)

En l’an 796, les Sarrasins affrontèrent en une guerre sanglante les tribus bédouines disséminées en Palestine, avec pour conséquence que les uns et les autres pillèrent sans pitié les villages et les villes des chrétiens. C’est ainsi qu’ils mirent à sac la ville d’Éleuthéropolis, en la laissant vide d’habitants, et razzièrent Gaza, Ascalon et d’autres cités. Nombre d’habitants des campagnes s’étaient réfugiés à Jérusalem, dont on s’empressa de renforcer les fortifications, si bien, qu’avec l’aide de Dieu, les barbares purent être repoussés. Battant en retraite, ceux-ci tournèrent leur rage contre les monastères de cette région et s’abattirent comme un nuage de sauterelles sur la laure de Saint-Chariton, pillèrent les villages alentour, puis ils se dirigèrent vers la prestigieuse laure de Saint-Sabas, qui résista cependant à leurs assauts.

Plusieurs mois passèrent sous la menace constante d’une incursion de ces loups du désert et, nuit et jour, les moines suppliaient Dieu de leur faire miséricorde, en s’exhortant mutuellement à endurer toute épreuve, et même la mort, sans quitter le lieu de leur renoncement, conformément aux engagements pris lors de leur profession monastique. Ils disaient : « Comment ceux qui ont quitté le monde une fois pour toute, pour suivre le Christ qui a dit : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps (Mt 10, 28), retourneraient-ils dans le monde par une crainte humaine ? Notre seul rempart c’est le Christ, et notre cuirasse pour repousser les traits des ennemis, le Saint-Esprit, avec le bouclier de la foi et les anges qui se tiennent invisiblement autour de nous pour nous garder. Ce n’est pas par amour de la vie que nous sommes venus habiter ce désert implacable. Pour nous vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phil 1, 21). »

Le diable rassembla alors une soixantaine de barbares, que la crainte d’une expédition byzantine avait dispersés dans le désert, et il les envoya à l’assaut de la laure (13 mars 797). Quelques moines s’avancèrent au-devant de la troupe hurlante avec des paroles de paix, en leur rappelant l’hospitalité et l’assistance que le monastère offrait sans distinction aux chrétiens et aux Sarrasins. Pour toute réponse, les barbares exigèrent qu’on leur livrât l’or du monastère. Comme les pères répondaient qu’ils ne possédaient pas même le nécessaire pour leur nourriture et leur vêtement, les Sarrasins bandèrent leurs arcs et blessèrent de leurs flèches environ trente pères. Puis, après avoir pillé ce qu’ils trouvaient à proximité, ils mirent le feu aux cellules. Voyant alors une troupe s’avancer au loin, ils se retirèrent ; mais, six jours après, pendant la vigile du dimanche, on annonça qu’ayant réuni d’autres bandes éparses, ils s’avançaient, en grand nombre cette fois, vers la laure. Ils s’abattirent avec fureur sur les moines, égorgeant les uns comme des animaux de boucherie, écrasant la tête des autres à coups de pierres et poursuivant ceux qui avaient pris la fuite jusque dans le creux des rochers. Comme ils approchaient d’une de ces cavernes, où ils avaient deviné une présence humaine, un des cinq moines qui s’y étaient réfugiés sortit généreusement et s’offrait à la cruauté des barbares pour sauver ses frères.

Ils rassemblèrent ensuite le reste de la communauté sur le parvis de l’église, exigeant toujours qu’on leur livrât les trésors et qu’on leur désignât les supérieurs. Comme les pères gardaient le silence, ils les enfermèrent dans le souterrain que saint Sabas utilisait jadis pour passer de sa cellule à l’église, et les enfumèrent. Dix-huit moines périrent alors asphyxiés, et les pillards tirèrent les autres à l’extérieur pour les piétiner et les couvrir de coups avant de saccager l’église et les cellules. Ils se retirèrent finalement, en laissant derrière eux vingt victimes et de nombreux blessés (19 mars 797). Quelque temps plus tard, la colère divine décima par une épidémie de peste tous les barbares coupables de cet attentat contre les serviteurs de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, vénérables moines et justes, vous qui avez achevé le bon combat et gardé la foi, nous vous supplions, vous qui avez accès auprès du Sauveur priez-Le, Lui qui est bon, de sauver nos âmes.

Tropaire des défunts, ton 2
Souviens-Toi, Seigneur, de Tes serviteurs, Toi qui es bon, et pardonne-leur tous les péchés commis durant leur vie ; car nul n’est sans péché, si ce n’est Toi, qui peut donner le repos même aux trépassés.

Kondakion des défunts, ton 8
Avec les saints, ô Christ, accorde le repos aux âmes de Tes serviteurs, là où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni soupirs, mais la vie sans fin.

Kondakion des saints martyrs de Saint-Sabbas, ton 4
Bienheureux Pères, vous avez dédaigné / la jouissance des biens terrestres et des trésors corruptibles, / vous avez choisi de vivre au désert, / méprisant les charmes de ce monde et les délices qui ne durent qu’un temps; / c’est pourquoi vous avez mérité le royaume des cieux, / où vous exultez avec les chœurs des Moines et des Martyrs; / vénérant votre mémoire sacrée, / nous vous chantons avec ardeur: / de tout mal délivrez-nous, Pères saints.

Évangile du jour
(Jn V, 24-30)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j’entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

1er avril

1er avril
GRAND CARÊME

Sainte Marie l’Égyptienne, ascète (522) ; saint juste Achaz (716 avant J.-C.) ; saints martyrs Gérontios et Basilide saint Macaire, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (840) ; saint Valéry, abbé-fondateur de Leuconay (619) ; saint Beherond, évêque d’Amiens (640) ; saint Leucone, évêque de Troyes (656) ; saint Dodolin, évêque de Vienne (VIIème s.) ; saint Abraham le Bulgare, thaumaturge à Vladimir (1229) ; saint Géronte des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Euthyme, archimandrite à Souzdal, thaumaturge (1404) saint Barsanuphe d’Optino 1913).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

Sainte Marie l’Égyptienne, ascète (522)

Notre sainte Mère Marie était native d’Égypte. Dès l’âge de douze ans, elle quitta ses parents pour se rendre à Alexandrie, où elle vécut pendant dix-sept ans dans la débauche et le plus grand dérèglement. Subsistant au moyen d’aumônes et du tissage du lin, elle livrait néanmoins son corps à tout homme, sans y être poussée par la misère, comme tant d’autres pauvres femmes, mais comme si elle était brûlée par le feu d’un désir que rien ne pouvait assouvir. Un jour, voyant une foule de Libyens et d’Égyptiens se diriger vers le port, elle les suivit et s’embarqua avec eux pour Jérusalem, offrant son corps pour payer le prix de la traversée. Quand ils parvinrent à la Ville sainte, elle suivit la foule qui se pressait vers la basilique de la Résurrection, le jour de l’Exaltation de la Croix. Mais, lorsqu’elle arriva sur le seuil de l’église, une force invisible l’empêcha d’y entrer, malgré ses efforts réitérés, alors que les autres pèlerins franchissaient aisément la porte. Restée seule dans un coin du narthex, elle commença à réaliser que c’était l’impureté de sa vie qui l’empêchait d’approcher le saint Bois. Elle répandit des larmes abondantes et se frappa la poitrine et, voyant une icône de la Mère de Dieu, elle lui adressa cette prière : « Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, toi qui es pure d’âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t’inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide. Permets-moi l’entrée de l’église pour me prosterner devant sa Croix. Et dès que j’aurai vu la Croix, je te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras. »

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l’église, où elle vénéra avec ferveur la sainte Croix. Puis, revenue vers l’icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu’elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d’en haut : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. »

En sortant de l’église, elle acheta trois pains avec l’aumône reçue d’un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l’église de saint Jean-Baptiste. Après s’être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux saints Mystères, mangea la moitié de l’un des pains et s’endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans y rencontrer personne, ni homme ni animal.

Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d’herbes et de racines sauvages. Mais, plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c’est en se jetant à terre qu’elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive (Ez 33, 11), elle déracina de son cœur toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir charnel en une flamme d’amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l’implacable désert.

Après tant d’années, un saint vieillard, nommé Zosime [4 avr.], qui, selon la tradition instaurée par saint Euthyme [20 janv.], s’était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu’aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s’enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu’elle n’avait jamais vu, lui révéla qu’elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité. Sur les instances du moine, ravi d’avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l’année suivante, le Grand Jeudi, avec la sainte Communion sur les bords du Jourdain.

Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l’autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit : « Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix ta servante, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 29). Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l’année suivante à l’endroit de leur première rencontre.

Lorsque l’année fut écoulée, Zosime trouva à l’endroit convenu le corps de la sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l’orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la sainte, qui disait : « Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l’humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le 1er du mois d’avril, la nuit même de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir reçu la sainte Communion. » Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la sainte, Zosime fut étonné de constater qu’elle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s’approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l’ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cœur. De pécheresse invétérée, sainte Marie est devenue pour quantité d’âmes accablées sous le poids du péché, une source d’espérance et un modèle de conversion. C’est pourquoi les saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu’à la dernière heure le repentir pourra les ramener vers Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8
En toi, vénérable Mère, la divine image se reflète exactement; * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme, qui vit jusqu’en la mon et par delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * sainte Marie, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3
Celle qui d’abord s’adonna au vice et aux passions * par la pénitence devient en ce jour une épouse du Christ, * émule des Anges par son genre de vie, * destructrice des démons par les armes de la croix; * et c’est pourquoi tu apparus, ô Marie, * comme une épouse glorieuse au royaume des cieux.

LECTURE DES PROVERBES (X, 31 – XI, 12)
La bouche du juste distille la sagesse ; la langue des impies périra. Les lèvres du juste distillent la grâce ; la bouche des impies, la perversité. Les balances fausses sont en abomination au Seigneur ; le poids juste Lui est agréable. Où est l’orgueil, il y aura confusion ; la bouche des humbles s’exerce à la sagesse. Le juste en mourant laisse des regrets ; la mort des impies cause l’indifférence ou la joie. L’équité trace des voies irréprochables ; l’impiété trébuche contre l’injustice. L’équité des hommes droits les sauve ; les pervers sont pris dans leur propre perdition. L’espérance des justes ne meurt pas avec eux ; l’orgueil des impies ne leur survit point. Le juste échappe aux chasseurs d’hommes ; à sa place, l’impie leur est livré. La bouche de l’impie tend un piège aux citoyens ; l’intelligence du juste les guide dans la bonne voie. Grâce aux justes, une cité prospère ; au contraire, elle est renversée par la bouche des impies. L’insensé se joue des citoyens ; un homme prudent ramène le calme.

19 mars (ancien calendrier)/1er avril (nouveau)

19 mars (ancien calendrier)/1er avril (nouveau)

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Chrysanthe et son épouse sainte Daria, avec leurs compagnons : saint Claude, sainte Hilarie son épouse, leurs fils saints Jason et Maur ainsi que saints Diodore, prêtre, et Marien, diacre, tous martyrs à Rome (283) ; saint Panchaire, martyr à Nicomédie (vers 302) ; saint Léonce, évêque de Saintes (640) ; saint Mansuet, évêque en Bretagne (Vème s.) ; sainte Bassa, moniale de Pskov-Petchersky (1473) ; saint Innocent de Vologda (1521) ; saint Dimitri le tourneur, néo-martyr grec (1564) ; saint Syméon de Daïbabé (Serbie, 1941) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Blinov), confesseur, Matrone (Alexeïev), moniale et martyre (1938)

SAINT CHRYSANTHE ET SON ÉPOUSE DARIA

Chrysanthe était fils d’un homme illustre d’Alexandrie, le sénateur Polémios, qui alla s’installer avec lui à Rome au temps de l’empereur Numérien (283-284). Ayant achevé ses études élémentaires Chrysanthe commença à étudier la philosophie ; mais, restant insatisfait de ce qu’il y trouvait, il découvrit avec émerveillement l’Évangile, le livre de la Sagesse personnifiée. Guidé par la Providence, il trouva bientôt le guide qu’il cherchait en la personne du prêtre Carpophore qui se cachait dans une caverne, à cause de la persécution. Il fut initié par lui aux mystères de la Foi et reçut la nouvelle naissance par le saint baptême. De retour en ville sept jours après, il commença à prêcher le Christ au grand dam de ses parents. Polémios essaya d’abord de lui faire changer d’avis par les promesses des plaisirs et des richesses ; puis, ayant échoué, il l’enferma dans un sombre cachot, en espérant vaincre sa volonté par la faim.

Comme il voyait son fils renforcé par le jeûne et la retraite, sur le conseil d’un ami, il l’installa dans une salle magnifiquement ornée et envoya des jeunes filles, pour le vaincre par leurs baisers et leurs cajoleries. Mais, Chrysanthe restait insensible à leurs charmes, en invoquant Dieu à son secours et en se rappelant l’exemple de la chasteté du patriarche Joseph (cf. Gn 39). Et, chaque fois que les impudiques jeunes filles approchaient, elles étaient accablées d’un lourd sommeil. On recommanda alors à Polémios une jeune et belle vierge, originaire d’Athènes et habile dans la philosophie, nommée Daria. On la présenta à Chrysanthe parée de magnifiques atours, et elle tenta de le prendre au filet de ses discours enjôleurs. Chrysanthe lui répondit en lui présentant la perspective de la mort et du Jugement dernier ; puis, comme elle essayait de lui rappeler l’honneur dû aux dieux, le vrai philosophe réfuta sans difficulté ses arguments en lui montrant qu’il n’y a rien de plus contraire à la raison que d’adorer les éléments, la terre, l’eau et le feu, en leur donnant des formes humaines. À l’audition de ces paroles, Daria s’éprit, elle aussi, de la vraie sagesse, et ils décidèrent de simuler un mariage, afin de pouvoir vivre dans la virginité jusqu’à la mort et de se préparer à de chastes noces dans le Ciel. Puis ils se mirent à prêcher avec ferveur à la jeunesse de Rome, entraînant nombre de jeunes gens et de jeunes filles à garder pour Dieu la virginité.

Les païens s’en alarmèrent et les dénoncèrent au préfet Célerinus qui ordonna leur arrestation et livra Chrysanthe au tribun Claude. Conduit devant le temple de Jupiter, il refusa de sacrifier et fut lié avec des nerfs de bœufs trempés dans l’eau, de sorte qu’en séchant ils pénètrent lentement jusqu’aux os. Mais Dieu le délivra et le fit miraculeusement échapper à d’autres supplices imaginés par ses oppresseurs. On le jeta dans un cachot, et celui-ci resplendit de lumière divine. On le soumit aux verges, et elles devinrent douces comme des plumes qui le caressaient. Claude reconnut alors la puissance de Dieu avec toute sa famille : son épouse Hilaria, et ses fils Jason et Maur, ainsi que les soldats qui étaient sous ses ordres, et il demanda au saint de les instruire. Ils se préparèrent au baptême en rendant grâces à Dieu et se déclarèrent prêts à souffrir toutes sortes de tourments pour son Nom.

En apprenant cette nouvelle, Numérien furieux ordonna de jeter Claude à la mer avec une pierre au cou, et de décapiter ses fils et ses soldats. Des chrétiens déposèrent les corps des saints martyrs dans un endroit souterrain près de la voie Salaria, où Hilaria s’installa pour entretenir des veilleuses et prier devant leurs tombeaux. Des soldats étant venus pour l’arrêter, elle leur demanda d’aller prier une dernière fois devant les tombes des saints martyrs et elle y rendit son âme au Seigneur. Ses servantes l’ensevelirent en ce lieu et y construisirent par la suite une petite église.

Craignant que les conversions ne se multiplient, l’empereur fit enfermer Chrysanthe dans la terrible prison Mamertine, infecte et pleine d’immondices, et envoya Daria dans une maison de débauche. Mais le Seigneur visita une fois de plus ses saints, Il entoura Chrysanthe d’une lumière et d’un parfum indicibles, et envoya un lion pour protéger Daria des assauts des hommes dépravés. La sainte empêcha la bête de dévorer le premier d’entre eux et, faisant appel à sa raison avec douceur, elle réussit à le convertir au Christ, pendant que le lion montait la garde à la porte. D’autres hommes furent amenés par le lion, et ils se convertirent eux aussi en entendant les paroles de Daria. Après cela, comme Célerinus avait fait mettre le feu à l’entrée, Daria renvoya l’animal dans la nature et se tint prête pour son ultime combat.
Chrysanthe et Daria furent soumis à de nouveaux supplices, mais sans aucun résultat. On les jeta finalement dans une fosse qu’on recouvrit de pierres et de terre. C’est ainsi qu’ils accomplirent leur martyre et rejoignirent le Royaume des cieux. L’année suivante, comme des chrétiens se réunissaient sur les lieux pour célébrer la mémoire de leur naissance au ciel, Numérien ordonna de boucher l’entrée de la grotte dans laquelle ils s’étaient réunis pour assister à la Divine Liturgie célébrée par le prêtre Diodore et le diacre Marien. Ils reçurent tous la sainte Communion pendant que les soldats remplissaient d’en haut l’endroit de terre, et ils rejoignirent ainsi dans la joie Chrysanthe, Daria et leurs compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saints Chrysanthe et Daria, ton 1
Vénérons le couple unanime des Martyrs, / Chrysanthe, fleur de pureté, et la vénérable Daria ; / unis chastement par la foi, / ils communièrent ensemble au Verbe divin; / selon les règles ils ont lutté pour lui / et sauvent désormais les fidèles chantant: / Gloire à celui qui vous donna ce pouvoir, / gloire à celui qui vous a couronnés, / gloire à celui qui opère en tous, par vos prières, le salut.

Kondakion de saints Chrysanthe et Daria, ton 1
En abondance exhalant comme un lis d’or, / victorieux Chrysanthe, le parfum de la foi, / tu entraînas vers la connaissance du salut / ta compagne de lutte, Daria; / ensemble ayant repoussé l’auteur du mal, le serpent, / comme il est juste, vous avez accédé / aux pures noces du royaume des cieux.

LECTURE DES PROVERBES (X, 31 – XI, 12)
La bouche du juste distille la sagesse ; la langue des impies périra. Les lèvres du juste distillent la grâce ; la bouche des impies, la perversité. Les balances fausses sont en abomination au Seigneur ; le poids juste Lui est agréable. Où est l’orgueil, il y aura confusion ; la bouche des humbles s’exerce à la sagesse. Le juste en mourant laisse des regrets ; la mort des impies cause l’indifférence ou la joie. L’équité trace des voies irréprochables ; l’impiété trébuche contre l’injustice. L’équité des hommes droits les sauve ; les pervers sont pris dans leur propre perdition. L’espérance des justes ne meurt pas avec eux ; l’orgueil des impies ne leur survit point. Le juste échappe aux chasseurs d’hommes ; à sa place, l’impie leur est livré. La bouche de l’impie tend un piège aux citoyens ; l’intelligence du juste les guide dans la bonne voie. Grâce aux justes, une cité prospère ; au contraire, elle est renversée par la bouche des impies. L’insensé se joue des citoyens ; un homme prudent ramène le calme.

31 mars

31 mars
GRAND CARÊME

Saint Hypace, évêque de Gangres, martyr (vers 326) ; saint Apolonios d’Égypte (IVème s.) ; saint Hypace, moine médecin des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Jonas, métropolite de Moscou (1461) ; saint Innocent (Veniaminov), métropolite de Moscou, apôtre de l’Amérique du Nord et de la Sibérie (1879) ; saint hiéromartyr Jean (Blioumovitch), prêtre (1938).

SAINT HYPACE, ÉVÊQUE DE GANGRES

Saint Hypace, évêque de Gangres, martyr (vers 326)

Saint Hypace était évêque de Gangres (auj. Çankiri), important évêché de Paphlagonie, au nord de l’Asie Mineure, au temps de saint Constantin le Grand. Il prit part au Concile de Nicée (325) et ramena par la suite nombre d’hérétiques à la vraie foi par son enseignement et ses écrits inspirés. Il éleva dans tout son diocèse des églises, dans lesquelles il plaçait des prêtres formés par lui, et fit construire des hospices et autres établissements de bienfaisance dans sa cité. Lorsqu’il voyageait pour ses tournées pastorales, il se déplaçait monté sur un âne, à l’imitation du Christ, accompagné seulement de deux moines. Son mode de vie était tout semblable à celui de saint Jean-Baptiste et, malgré ses responsabilités de pasteur, il vivait dans l’hésychia, comme un moine, et aimait à se retirer dans quelque grotte pour y prier ou y méditer l’Écriture sainte. C’est de ces méditations dans la solitude qu’il tirait la substance de ses écrits, en particulier un commentaire des Proverbes de Salomon, adressé à l’une de ses nobles disciples, Gaïenne, qu’il parvint ainsi à incliner à la générosité. Après la lecture du livre, celle-ci subit une telle transformation qu’elle distribua tous ses biens en faveur des œuvres de l’Église.

En pasteur accompli, Hypace se souciait non seulement de l’édification des âmes, mais il venait aussi en aide à ses ouailles dans leurs difficultés matérielles, grâce à la puissance de Dieu qui habitait en lui. C’est ainsi qu’il délivra la contrée des taupes qui ravageaient les récoltes. Sa renommée de thaumaturge étant parvenue jusqu’à l’empereur Constance (352-360), celui-ci fit convoquer Hypace à Constantinople et lui demanda de le débarrasser d’un dragon redoutable qui s’était installé devant la porte du trésor impérial et en interdisait l’entrée. Dès que l’évêque se présenta devant le monstre, il lui enfonça dans la gueule son bâton surmonté d’une croix et, invoquant le Nom de notre Seigneur Jésus-Christ, il le traîna jusqu’au forum et le jeta sur le bûcher qu’il y avait fait préparer. En signe de reconnaissance, Constance fit graver l’image du saint sur la porte du trésor et exempta Gangres des impôts annuels qui écrasaient les pauvres (le xylelaion) ; mais il n’en abandonna pas pour autant ses sympathies pour l’hérésie arienne.
Sur le chemin du retour, Hypace fut pris dans une embuscade préparée, dans le défilé de Luziana, par des schismatiques novatiens qui lui portaient une haine implacable. Ils tombèrent sur lui et le frappèrent à coups de pierres, de bâtons et d’épées. Laissé à demi-mort le saint trouva assez de force pour prononcer les paroles du premier martyr : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Act 7, 60). Une femme se rua alors sur lui et, d’un coup de pierre, elle le frappa mortellement à la tempe. De peur qu’on ne les prît, les criminels cachèrent le corps dans un tas de paille et s’enfuirent. Quelque temps plus tard, le propriétaire du champ étant venu prendre de la paille pour ses animaux, eut la surprise de voir, accompagnée de mélodies angéliques, une lumière surnaturelle recouvrir l’endroit où se trouvait le corps. Les habitants de Gangres prévenus, vinrent procéder en grande pompe au transfert de cette sainte dépouille et, aussitôt après, la meurtrière, qui avait été possédée du démon à la suite de son forfait, fut guérie. Le tombeau de saint Hypace resta dans la suite des temps une source de miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de St Hypace, évêque de Gangres, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie / et sur leur trône devenu leur successeur, / tu as trouvé dans la pratique des vertus / la voie qui mène à la divine contemplation; / c’est pourquoi, dispensant la parole de vérité, / tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; / Hypace, pontife et martyr, / intercède auprès du Christ notre Dieu, / pour qu’il sauve nos âmes.

LECTURE DES PROVERBES (X, 1-22)
Le fils sage réjouit son père ; le fils insensé est le chagrin de sa mère. Les trésors ne serviront de rien aux pervers ;
mais l’équité délivrera de la mort.
Le Seigneur ne laissera pas mourir de faim l’âme du juste ; mais Il détruira la vie des impies. L’indigence abaisse l’homme ; mais des mains fortes enrichissent. Le fils bien enseigné sera sage,
et il se fera servir par l’insensé.
Le fils prudent n’a point à souffrir de la grande chaleur ;
mais le fils pervers est un épi consumé par le vent pendant la moisson. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
mais des deuils imprévus couvrent la tête des impies.
La mémoire des justes a la louange pour elle ;
mais le nom des impies s’éteint.
Le sage recueille les commandements en son cœur ;
mais l’homme aux lèvres indiscrètes prend des détours et trébuche. Celui qui marche en sa simplicité, marche avec confiance ;
celui qui se détourne dans ses voies sera découvert.
Celui qui approuve d’un regard rusé
prépare toute sorte de chagrins aux hommes ;
mais celui qui réprimande avec franchise est un pacificateur.
Il y a une source de vie dans la main du juste ;
mais la perdition est cachée dans la bouche des impies.
La haine suscite la discorde ;
l’amitié protège tous ceux qui n’aiment point les querelles.
Celui dont les lèvres professent la sagesse
frappe d’une verge l’homme privé de sens.
Les sages cachent leur science ;
mais la bouche du téméraire le conduit à la confusion.
La fortune des riches est leur forteresse,
et la pauvreté est pour les impies le brisement du cœur.
Les œuvres des justes donnent la vie ;
mais les fruits des impies sont autant de péchés.
L’instruction garde droites les voies de la vie;
mais l’instruction superficielle égare.
Les lèvres justes couvrent la haine ;
mais ceux qui se répandent en injures sont des plus insensés.
Par la multitude des paroles, tu n’éviteras pas le péché1 ;
par la discrétion des lèvres, tu seras sage.
La langue du juste est de l’argent pur ;
mais le cœur de l’impie est sans valeur.
Les lèvres des justes savent des vérités sublimes ;
les insensés meurent dans l’indigence.
La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
elle l’enrichit, et il ne s’y joindra aucune tristesse de cœur.

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)

18 mars (ancien calendrier)/31 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386) ; saints Trophime et Eucarpe, martyrs à Nicomédie (vers 300) ; saint Aninas, hiéromoine ; saint Léobard, reclus à Marmoutier (593) ; saint Tétric, évêque d’Auxerre (709) ; saint Mérole, évêque du Mans (vers 785) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Rozanov), prêtre ; Nathalie (Balkanova), moniale (1938).

SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386)

Notre saint Père Cyrille naquit probablement à Jérusalem, vers 315, de parents pieux et orthodoxes. Il fut ordonné prêtre par l’archevêque saint Maxime qui le chargea de la formation des catéchumènes. Homme de paix, humble et doux, plus préoccupé de l’édification des fidèles que des interminables controverses doctrinales qui déchiraient l’Église après le Concile de Nicée, il évitait d’employer le mot « consubstantiel » (homoousios) , mais partageait pleinement la foi orthodoxe. Cette réserve fit croire aux ariens qu’il était de leur parti et, lorsqu’à la mort de Maxime (347), il fut élu par le peuple pour lui succéder, Acace, le métropolite arien de Césarée de Palestine, dont dépendait alors Jérusalem , agréa l’élection et l’ordonna évêque. Mais il dut bientôt reconnaître amèrement sa méprise , car le nouvel évêque enseignait clairement la doctrine orthodoxe sur la divinité du Fils et Verbe de Dieu en expliquant le Symbole de foi aux catéchumènes dans ses Catéchèses baptismales . Tel le Bon Pasteur, il gouverna avec sagesse la Ville sainte qui, grâce aux constructions entreprises par saint Constantin le Grand, retrouvait une nouvelle gloire et attirait un grand nombre de pèlerins venus de toutes les extrémités du monde chrétien.

En 351, saint Cyrille fut témoin comme tous les habitants de l’apparition merveilleuse d’une immense Croix lumineuse dans le ciel, du Golgotha au Mont des Oliviers, et il écrivit à l’empereur Constance pour l’en informer . Il contribua aussi à l’organisation des fêtes et des processions dans les Lieux saints, qui deviendront le fondement de maintes fêtes générales de l’Église. Quelques années après, il présenta au métropolite de Césarée une requête, dans laquelle il demandait la reconnaissance des privilèges apostoliques de Jérusalem, que les Pères du Concile de Nicée avaient reconnus, mais sans les définir exactement. Cette revendication déclencha la haine d’Acace qui, sous prétexte qu’en temps de famine Cyrille avait vendu des vases sacrés et des ornements liturgiques de la basilique de la Résurrection pour nourrir les pauvres, le convoqua à son tribunal ecclésiastique, en vue de le condamner. Comme Cyrille ne se rendait pas à ses convocations réitérées, il le déposa et le fit expulser par la force de Jérusalem, en mettant à sa place un arien. Saint Cyrille fit appel, demandant que l’affaire soit soumise à une autorité ecclésiastique supérieure. En attendant, il trouva refuge à Tarse, en Cilicie, auprès de l’évêque Silvain. En dépit des menaces d’Acace, celui-ci l’accueillit fraternellement et lui demanda de prêcher au peuple qui l’écoutait avec enthousiasme, comme un homme vraiment apostolique. Le concile réuni à Séleucie en 359 lui rendit justice et déposa Acace. Mais la sentence n’eut pas le temps d’être mise à exécution, car le métropolite de Césarée, se précipitant à Constantinople, fit pression auprès de l’empereur Constance pour qu’il annule la décision du concile, et il fit confirmer la déposition de Cyrille par un conciliabule d’évêques ariens (360).
Lorsque, peu après, Julien l’Apostat prit le pouvoir, saint Cyrille put profiter des mesures de tolérance religieuse prises par l’empereur afin de préparer sa restauration du paganisme, et il rejoignit son siège avec tous les autres évêques exilés au temps de Constance. Mais ce ne fut que pour affronter de nouvelles tribulations. Incités par l’empereur, les païens de Gaza se soulevèrent alors contre les chrétiens, en faisant de nombreuses victimes, puis ils détruisirent le monastère de saint Hilarion [21 oct.] et dispersèrent ses moines. Comme l’Apostat voulait démontrer la fausseté des prophéties du Christ concernant la ruine définitive du Temple de Jérusalem (cf. Mt 24, 2), détruit par les Romains sous Tite, il permit aux Juifs de le reconstruire. Mais, conformément à la prédiction de saint Cyrille, les travaux furent bientôt arrêtés par un terrible tremblement de terre, qui renversa même les fondations de l’ancien Temple, et un feu, sortant des fondements, consuma certains ouvriers, en mutila d’autres, laissant à tous les marques les plus visibles de la colère divine.

Après la disparition de Julien (363), le calme étant rétabli, Cyrille put reprendre son œuvre pastorale et, à la mort d’Acace, il fit élire son neveu comme métropolite de Césarée. Mais, par leurs intrigues, les ariens convainquirent l’empereur Valens (364-378) de déposer le saint évêque de Jérusalem et de le condamner à un nouvel exil, ainsi que tous les autres évêques bannis sous Constance (367). À la mort de Valens, saint Cyrille put regagner son diocèse, au bout de douze ans d’absence, mais il eut la douleur de découvrir que certains orthodoxes, influencés par les calomnies des ariens, refusaient de le reconnaître comme leur évêque légitime et de communier avec lui. C’est pour cette raison que le Concile d’Antioche (379) envoya saint Grégoire de Nysse [10 janv.], pour rétablir la paix dans le diocèse de Jérusalem. Ayant échoué, celui-ci se retira découragé et plein de tristesse, laissant saint Cyrille affronter seul, avec foi et espérance, les divisions dans la Maison de Dieu. Il prit part au IIe Concile Œcuménique (381) réuni par l’empereur Théodose, et contribua à la condamnation définitive de l’arianisme et de ses diverses variantes. Au terme de ses sessions, le Concile reconnut solennellement les combats de l’évêque de Jérusalem pour la cause de l’Orthodoxie. De retour dans sa cité saint Cyrille put jouir pour peu de temps de la paix qu’il avait restaurée au prix de tant de labeurs, et il s’endormit en 386, après trente-cinq ans d’épiscopat, dont seize se passèrent en exil.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Cyrille, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi / pour ton troupeau une règle de foi, / un modèle de douceur, / un maître de tempérance; / c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation / et par ta pauvreté la richesse. / Cyrille, pontife sacré, / prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Cyrille, ton 1
Ta langue, sous la divine inspiration, / illumina les peuples, Père saint, / leur enseignant le culte de l’unique Trinité / indivise par nature, mais distinguée en trois personnes; / c’est pourquoi nous fêtons dans l’allégresse ta mémoire sacrée, / en te désignant comme intercesseur auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (X, 1-22)
Le fils sage réjouit son père ; le fils insensé est le chagrin de sa mère. Les trésors ne serviront de rien aux pervers ;
mais l’équité délivrera de la mort.
Le Seigneur ne laissera pas mourir de faim l’âme du juste ; mais Il détruira la vie des impies. L’indigence abaisse l’homme ; mais des mains fortes enrichissent. Le fils bien enseigné sera sage,
et il se fera servir par l’insensé.
Le fils prudent n’a point à souffrir de la grande chaleur ;
mais le fils pervers est un épi consumé par le vent pendant la moisson. La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
mais des deuils imprévus couvrent la tête des impies.
La mémoire des justes a la louange pour elle ;
mais le nom des impies s’éteint.
Le sage recueille les commandements en son cœur ;
mais l’homme aux lèvres indiscrètes prend des détours et trébuche. Celui qui marche en sa simplicité, marche avec confiance ;
celui qui se détourne dans ses voies sera découvert.
Celui qui approuve d’un regard rusé
prépare toute sorte de chagrins aux hommes ;
mais celui qui réprimande avec franchise est un pacificateur.
Il y a une source de vie dans la main du juste ;
mais la perdition est cachée dans la bouche des impies.
La haine suscite la discorde ;
l’amitié protège tous ceux qui n’aiment point les querelles.
Celui dont les lèvres professent la sagesse
frappe d’une verge l’homme privé de sens.
Les sages cachent leur science ;
mais la bouche du téméraire le conduit à la confusion.
La fortune des riches est leur forteresse,
et la pauvreté est pour les impies le brisement du cœur.
Les œuvres des justes donnent la vie ;
mais les fruits des impies sont autant de péchés.
L’instruction garde droites les voies de la vie;
mais l’instruction superficielle égare.
Les lèvres justes couvrent la haine ;
mais ceux qui se répandent en injures sont des plus insensés.
Par la multitude des paroles, tu n’éviteras pas le péché1 ;
par la discrétion des lèvres, tu seras sage.
La langue du juste est de l’argent pur ;
mais le cœur de l’impie est sans valeur.
Les lèvres des justes savent des vérités sublimes ;
les insensés meurent dans l’indigence.
La bénédiction du Seigneur est sur la tête du juste ;
elle l’enrichit, et il ne s’y joindra aucune tristesse de cœur.

30 mars

30 mars
GRAND CARÊME

Saint Jean Climaque, abbé du Mont Sinaï (VIIème s.) ; saints apôtres Sosthène, Apollos, Céphas, César, Épaphrodite (Ier s.) ; saint Joad, prophète ; sainte Eubulie, mère de saint Pantéleimon (vers 303) ; saint Rieul, évêque de Senlis (IIIème s.) ; saint Mamertin, abbé à Auxerre (462) ; saint Jean, ascète en Arménie (VIème s.) ; saint Zosime, évêque de Syracuse (vers 662) ; saint Sophrone, évêque d’Irkoutsk (1771).

SAINT JEAN CLIMAQUE

Saint Jean Climaque, abbé du Mont Sinaï (VIIème s.)

Cet homme divin naquit vraisemblablement vers la fin du VIe siècle ; mais on ignore tout de sa patrie et de ses origines, car dès le début de son renoncement, il prit grand soin de vivre en étranger. « L’exil volontaire, écrit-il, est la séparation de toute chose pour rendre notre pensée inséparable de Dieu » (III, 3). On sait seulement que, dès l’âge de seize ans, après avoir acquis une solide formation intellectuelle, il renonça à tous les attraits de cette vie de vanité, par amour de Dieu, et se rendit au Mont Sinaï, au pied de cette montagne sainte où Dieu avait autrefois révélé sa gloire à Moïse, et il s’offrit d’un cœur ardent au Seigneur comme un holocauste d’agréable odeur.

Repoussant dès son entrée dans le stade de la vertu toute confiance en lui-même et toute complaisance par une humilité sans feinte, il se soumit corps et âme à un ancien, nommé Martyrios, qui demeurait dans une cellule non loin du monastère, et s’engagea, libre de tout souci, dans l’ascension de cette échelle spirituelle (klimax) au sommet de laquelle Dieu se tenait et l’engageait à ajouter « jour après jour, feu sur feu, ferveur sur ferveur, désir sur désir et zèle sur zèle » (I, 46). Il regardait son pasteur comme l’icône vivante du Christ (cf. IV, 29) et, convaincu que celui-ci devrait rendre compte pour lui devant Dieu (IV, 55), il n’avait qu’un seul souci : celui de rejeter sa volonté propre et de « renoncer à tout discernement par plénitude de discernement » (IV, 3), de sorte qu’il n’y avait aucun intervalle de temps entre les ordres que Martyrios lui donnait, même apparemment sans raison, et l’obéissance de son disciple. Malgré cette parfaite soumission, Martyrios le garda néanmoins quatre ans dans l’état de novice et ne le tonsura qu’à l’âge de vingt ans, après avoir éprouvé son humilité. Un des moines présents ce jour-là, nommé Stratège, prédit que ce nouveau moine était appelé à devenir un jour un des grands luminaires du monde. Lorsque, par la suite, Martyrios et son disciple rendirent visite à Jean le Sabaïte, un des plus fameux ascètes de ce temps, celui-ci, négligeant l’Ancien, alla laver les pieds de Jean. Après leur départ, il déclara qu’il ne connaissait pas ce jeune moine, mais que, sous l’inspiration du Saint-Esprit, il avait lavé les pieds à l’higoumène du Sinaï. La même prophétie fut confirmée par le grand Anastase le Sinaïte [21 av,], chez lequel ils s’étaient également rendus.

Malgré sa jeunesse, Jean montrait la maturité d’un vieillard et un grand discernement. C’est ainsi qu’un jour, alors qu’il avait été envoyé dans le monde pour une mission et se trouvait à table avec des séculiers, il préféra céder un peu à la vaine gloire, en mangeant fort peu, plutôt qu’à la gourmandise ; car de deux maux, il vaut mieux préférer celui qui est le moins dangereux pour les nouveaux venus dans la vie monastique (XXVI, 53).

Il passa ainsi dix-neuf ans dans la bienheureuse insouciance que procure l’obéissance, débarrassé de tout combat par la prière de son père spirituel et naviguant sans danger, comme en dormant, vers le port de l’impassibilité (cf. IV, 3). À la mort de Martyrios, il résolut de poursuivre dans la solitude son ascension, genre de vie qui ne convient qu’au petit nombre de ceux qui, affermis sur la pierre de l’humilité, s’éloignent des hommes afin de n’être pas un moment privés de la suavité de Dieu (XXVII, 29). Il ne s’était pas engagé dans cette voie pleine d’embûches en se confiant à son propre jugement, mais sur les recommandations d’un saint vieillard, Georges Arsilaïte, qui l’avait instruit du genre de vie propre aux hésychastes. Il choisit comme terrain d’exercice un lieu solitaire, appelé Thola (aujourd’hui Wadi el-Tlah), situé à cinq milles du grand monastère, où d’autres ermites demeuraient non loin les uns des autres. Il y resta pendant quarante ans, consumé par un amour de Dieu sans cesse croissant, sans souci pour sa propre chair, libre de tout contact avec les hommes, n’ayant pour seule occupation que la prière sans relâche et la vigilance sur son cœur, en vue de « circonscrire l’incorporel dans une demeure corporelle » (XXVII, 7), tel un ange revêtu d’un corps.
Il mangeait de tout ce que permet la profession monastique, mais en très petite quantité, domptant ainsi la tyrannie de la chair sans offrir de prétexte à la vaine gloire. Par la solitude et la retraite, il avait mis à mort la fournaise du désir d’accumuler, qui, sous prétexte de charité et d’hospitalité, entraîne les moines négligents à la gourmandise, la porte de toutes les passions (XIV, 38), et à l’amour de l’argent, fille du manque de foi et adoration des idoles (XVI, 2). De l’acédie, cette mort de l’âme qui assaille en particulier les hésychastes (XIII, 4), et du relâchement, il triomphait par le souvenir de la mort (XVII, 6) ; et par la méditation des biens promis il brisait le lien de la tristesse. Il ne connaissait qu’une seule tristesse : cette « affliction qui procure la joie » et nous fait courir avec ardeur sur le chemin du repentir (VII), et qui purifie l’âme de toutes ses souillures.

Que lui restait-il pour parvenir à l’impassibilité (apatheia) ? La colère, il l’avait vaincue depuis longtemps par le glaive de l’obéissance. La vaine gloire, cette épine à trois pointes, qui se tient toujours dressée contre les combattants de la piété, et qui se mêle à toutes les vertus comme une sangsue (XXI, 5), il l’avait étouffée par la réclusion et plus encore par le silence. Et, pour prix de ses labeurs, qu’il assaisonnait toujours du blâme de soi, le Seigneur lui avait accordé la reine des vertus, la sainte et précieuse humilité : « cette grâce ineffable dans l’âme, ce trésor, dont le nom n’est connu que par ceux qui l’ont appris par expérience, et qui porte le Nom de Dieu Lui-même (Mt 11, 29) » (XXV, 3).

Comme sa cellule était trop proche des autres, il se retirait souvent dans une grotte éloignée, au pied de la montagne, et il en faisait l’antichambre du ciel par ses gémissements et les larmes qui coulaient de ses yeux, comme une source abondante, sans effort, et transfiguraient son corps en une robe nuptiale (VII, 8, 44). Par l’effet de cette bienheureuse affliction et de ces larmes continuelles, il vivait chaque jour comme une fête (VII, 41) et gardait la prière perpétuelle dans son cœur devenu semblable à une forteresse inviolable aux assauts des pensées. Il lui arrivait parfois d’être ravi en esprit au milieu des chœurs angéliques, sans savoir s’il était en son corps ou hors de son corps, et avec grande liberté il demandait alors à Dieu de l’instruire sur les mystères de la théologie (XXVII, 48). Lorsqu’il sortait de la fournaise de la prière, il se sentait tantôt purifié comme par le feu, tantôt tout resplendissant de lumière (XXVIII, 54). Quant au sommeil, il ne lui accordait que la mesure nécessaire pour garder son esprit vigilant dans la prière et, avant de s’endormir, il priait longtemps ou écrivait sur des tablettes le fruit de ses méditations des Écritures inspirées.

Malgré le grand soin qu’il prit, pendant toutes ces années, de garder ses vertus cachées aux yeux des hommes, lorsque Dieu jugea que le temps était venu pour lui de transmettre aux autres la lumière qu’il avait acquise pour l’édification de l’Église, Il porta vers Jean un jeune moine, nommé Moïse, qui, grâce à l’intervention des autres ascètes, parvint à fléchir la résistance de l’homme de Dieu et à se faire admettre comme son disciple. Un jour que Moïse était allé chercher au loin de la terre pour leur petit jardin et qu’il s’était allongé sous un gros rocher pour la sieste, Jean reçut dans sa cellule la révélation que son disciple était en danger. Il saisit aussitôt l’arme de la prière, et quand Moïse revint, le soir venu, il lui raconta que dans son sommeil il avait soudain entendu la voix de son Ancien l’appeler, au moment même où le rocher se détachait et menaçait de l’écraser.

La prière de Jean avait aussi le pouvoir de guérir les blessures visibles et invisibles. C’est ainsi qu’il délivra un moine du démon de la luxure qui l’avait poussé au découragement. Une autre fois, il fit tomber la pluie. Mais c’était surtout par le charisme de l’enseignement spirituel que Dieu manifestait en lui sa grâce. Se fondant sur son expérience personnelle, il instruisait libéralement tous ceux qui venaient le trouver, sur les embûches qui guettent les moines dans leur combat contre leurs passions et contre le Prince de ce monde. Cet enseignement spirituel suscita toutefois la jalousie de certains, qui répandirent alors contre lui des calomnies, le traitant de bavard et de vaniteux. Bien qu’il eût la conscience en paix, Jean ne chercha pas à se justifier et, pour enlever tout prétexte à ceux qui en cherchaient un, il arrêta pendant une année entière le flot de ses enseignements, convaincu qu’il valait mieux porter un léger préjudice aux amis du bien plutôt que d’exacerber le ressentiment des méchants. Tous les habitants du désert furent édifiés par son silence et par cette preuve d’humilité, et ce ne fut que sur les instances de ses propres calomniateurs repentants qu’il accepta de recevoir à nouveau des visiteurs.

Comblé de toutes les vertus de l’action et de la contemplation, et parvenu au sommet de l’échelle sainte par la victoire sur toutes les passions du vieil homme, Jean rayonnait comme un astre sur la péninsule du Sinaï et était admiré par tous les moines. Il ne s’en estimait pas moins encore un débutant et, avide de recueillir des exemples de conduite évangélique, il entreprit un voyage dans divers monastères d’Égypte. Il visita en particulier un grand monastère cénobitique, dans la région d’Alexandrie, un véritable « ciel terrestre », qui était dirigé par un admirable pasteur doté d’un infaillible discernement. Cette communauté était unie dans le Seigneur par une telle charité, exempte de toute familiarité et de toute parole vaine, que les moines avaient à peine besoin des avertissements de leur supérieur et, de leur propre mouvement, ils s’excitaient mutuellement à une vigilance toute divine. De toutes leurs vertus, la plus admirable, selon Jean, étaient qu’ils s’exerçaient surtout à ne blesser en rien la conscience d’un frère (IV, 15-17). Il fut aussi fort édifié par la visite d’une dépendance de ce monastère, nommée « la Prison », où vivaient, dans une ascèse extrême et dans les démonstrations les plus extraordinaires de repentir, des moines qui avaient gravement péché et qui s’efforçaient de gagner par leurs labeurs le pardon de Dieu. Loin de lui paraître dure et intolérable cette prison était au contraire pour le saint le modèle de la vie monastique. « L’âme en effet qui a perdu sa confiance première, qui a brisé le sceau de sa pureté et s’est laissée ravir les trésors de la grâce, qui est devenue étrangère aux consolations divines, qui a violé son alliance avec le Seigneur, et qui est blessée et transportée de chagrin au souvenir de tout cela, cette âme, dis-je, non seulement se soumettra volontiers à tous ces labeurs, mais sera fermement résolue à se donner pieusement la mort par l’ascèse, si du moins il lui reste encore une étincelle d’amour et de crainte du Seigneur » (V, 24).

Lorsque le saint eut accompli ces quarante années de séjour au désert, tel un autre Moïse, il fut chargé par Dieu de prendre la tête de ce nouvel Israël et devint higoumène du monastère (vers 650) , au pied de la Montagne sainte. On raconte que, le jour de son intronisation, six cents pèlerins étaient présents et, pendant que tous étaient assis pour le repas, on put voir le prophète Moïse lui-même, vêtu d’une tunique blanche, allant et venant, et donnant des ordres avec autorité aux cuisiniers, aux économes, aux cellériers et autres domestiques.

Ayant pénétré dans la nuée mystique de la contemplation, ce nouveau Moïse y avait été initié aux secrets de la Loi spirituelle et, redescendant de la montagne, impassible, le visage glorifié par la grâce, il put devenir pour tous le Pasteur, le médecin et le maître spirituel qui, portant en lui-même le livre écrit par Dieu, n’avait pas besoin d’autres livres pour enseigner à ses moines la « science des sciences ».
L’higoumène de Raïthou (auj. El-Thor), nommé lui aussi Jean, ayant été informé de la merveilleuse manière de vivre des moines du Sinaï, écrivit à Jean pour lui demander d’exposer, de manière méthodique et brièvement, ce qui est nécessaire à ceux qui ont embrassé la vie angélique pour obtenir le salut. Celui qui ne savait pas contredire grava alors, du stylet de sa propre expérience, les « Tables de la Loi spirituelle » . Il présenta son traité comme une Échelle de trente degrés, que Jacob, c’est-à-dire « celui qui a supplanté les passions », contempla tandis qu’il reposait sur la couche de l’ascèse (cf. Gn 28, 12). Dans cette Somme orthodoxe de la vie spirituelle , qui reste à travers les siècles, tant pour les moines que pour les laïcs, le guide par excellence de la vie évangélique, saint Jean n’institue pas des règles, mais, à partir de recommandations pratiques, de détails judicieusement choisis, d’aphorismes ou d’énigmes souvent pleins d’humour, il initie l’âme au combat spirituel et au discernement des pensées. Sa parole est brève, dense et effilée, et elle pénètre, tel un glaive, jusqu’au profond de l’âme, tranchant sans compromis toute complaisance de soi et poursuivant jusque dans leurs racines l’ascèse hypocrite et l’égoïsme. Semblable à celle de saint Grégoire [25 janv.] dans le domaine théologique, cette parole est l’Évangile mis en pratique, et elle conduit sûrement ceux qui s’en imprègnent par une lecture assidue, jusqu’à la porte du Ciel où le Christ nous attend.

Parvenu à un âge avancé, le bienheureux Jean désigna son frère Georges, qui lui aussi avait embrassé la vie hésychaste dès le début de son renoncement, pour lui succéder à la tête du monastère. Lorsqu’il fut sur le point de mourir (entre 650 et 680), Georges lui dit : « Ainsi tu m’abandonnes et tu pars ! Pourtant, j’ai prié pour que tu m’envoies vers le Seigneur en premier, car sans toi il n’est pas en mon pouvoir de paître cette communauté. » Mais Jean le rassura et lui dit : « Ne t’afflige pas et ne te fais pas de souci. Si je trouve grâce devant Dieu, je ne te laisserai même pas achever une année après moi. » Effectivement, dix mois après le repos de Jean, Georges partit à son tour vers le Seigneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Climaque, ton 8
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le désert stérile, / par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, / par tes miracles étonnants tu devins un phare éclairant le monde entier: / vénérable Père, saint Jean, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Jean Climaque, ton 1
Toi qui nous offres comme impérissables fruits / les enseignements de ton livre, Père saint, / tu adoucis les cœurs des fidèles s’en approchant / avec sobriété, bienheureux Jean; / il est vraiment l’échelle conduisant / de terre vers l’immortelle gloire des cieux / les âmes de ceux qui te vénèrent fidèlement.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes IX, 12-18)
Mon fils, si tu es sage, tu le seras pour toi-même et tes proches ; mais si tu deviens mauvais, toi seul en recueilleras des maux. Celui qui s’appuie sur des mensonges tente de gouverner les vents ou de poursuivre les oiseaux dans leur vol, car il a quitté les voies qui mènent à sa vigne ;
il a égaré la charrue de son labourage ;
il marche au travers d’un désert aride, d’une terre où l’on meurt de soif ; il recueille de ses mains la stérilité.
La femme insensée et hardie, qui ne connaît pas la pudeur,
en viendra à manquer d’un morceau de pain.
Elle est assise devant la porte de sa maison,
sur un siège apparent dans la rue,
appelant les passants qui vont droit leur chemin disant :
que le plus insensé d’entre vous se détourne vers moi ;
et à ceux qui manquent de sagesse, je m’adresse, en leur disant :
Goûtez avec joie des pains que je recèle,
et de l’eau douce à la dérobée.
Or il ne sait pas que des géants mêmes périssent auprès d’elle,
et qu’il met le pied sur la trappe de l’enfer ;
mais hâte-toi, point de retard en ce lieu ;
n’arrête pas ton regard sur elle.

17 mars (ancien calendrier)/30 mars (nouveau)

17 mars (ancien calendrier)/30 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Alexis de Rome, l’homme de Dieu (411)

 ; saint Marin, martyr ; saint Patrick (ou Patrice), évêque, apôtre de l’Irlande (461) ; saint Agricole, évêque de Chalon-sur-Saône (580) ; sainte Gertrude, vierge, abbesse de Nivelles-en-Brabant (659) ; saint Théostéricte, higoumène du monastère du Pélécète en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Macaire, abbé de Kaliazine, thaumaturge (1483) ; saint Gabriel le mineur, moine et martyr (Géorgie, 1802) ; saint néo-martyrs de Russie : Alexandre (Polivanov), prêtre (1919), Victor (Kiranov), prêtre (1942).

SAINT ALEXIS L’HOMME DE DIEU

Saint Alexis naquit à Rome, au temps de l’empereur Arcade (395-408), d’un noble et pieux sénateur nommé Euphimien et de son épouse Aglaïs, au terme de longues années d’une pénible stérilité. Il reçut la meilleure éducation et, quand il parvint à maturité, ses parents organisèrent son mariage avec une jeune fille en vue de la noblesse romaine. La nuit même des noces, au moment de rejoindre son épouse dans la chambre nuptiale, Alexis, qui n’était épris que de la sainte et parfaite virginité, lui murmura quelques mots à l’oreille, lui remit son anneau et s’enfuit secrètement. S’étant embarqué sur un navire en se confiant à la Providence, il parvint jusqu’à Laodicée et, de là, il se joignit à une caravane de marchands qui allait à Édesse, en Mésopotamie. Il s’y arrêta dans une église consacrée à la Mère de Dieu et y demeura dix-sept ans dans le narthex, couvert de vêtements pauvres et déchirés, et nourri par la charité des fidèles qui venaient à l’église pour prier. Entre-temps, son père avait envoyé des serviteurs dans toutes les directions à sa recherche, tandis que sa mère, revêtue d’un cilice, demeurait prostrée et inconsolable, et que son épouse, imitant l’amour de la tourterelle pour son époux, guettait l’arrivée de quelque nouvelle. Quelques-uns des envoyés d’Euphimien parvinrent jusqu’à Édesse, ils passèrent devant Alexis et lui donnèrent l’aumône, bien loin de soupçonner qu’il s’agissait de leur noble maître, tant son corps avait été transformé par l’ascèse et les mauvais traitements qu’il supportait avec action de grâces par amour de Dieu.

Au terme de cette longue ascèse menée en secret, la Mère de Dieu apparut un jour au sacristain de l’église, en lui demandant d’y faire entrer l’« Homme de Dieu ». Se voyant découvert et désormais exposé aux honneurs des hommes, Alexis prit de nouveau la fuite et s’embarqua sur un navire en direction de Tarse ; mais les vents contraires, ou plutôt la Providence divine, poussèrent le navire jusqu’au port de Rome. Le saint se soumit à ce signe divin et se dirigea sans retard vers la maison familiale, où il demanda l’aumône, comme un mendiant, à son père qui sortait. Sans reconnaître son fils bien-aimé, Euphimien, qui avait encore plus de propension qu’auparavant pour la charité depuis cette perte douloureuse, ordonna à ses serviteurs de fournir un abri à ce pauvre homme et de le nourrir des restes de sa table aussi longtemps qu’il le voudrait. L’Homme de Dieu demeura encore dix-sept années à la porte de la maison paternelle en subissant, sans un mot de protestation, et même avec plaisir, les outrages et les moqueries des valets. Quant il sentit que le jour de son départ de cette terre approchait, il demanda qu’on lui apporte du papier et de l’encre, et c’est la plume à la main, en rédigeant toute l’histoire de sa vie, qu’il s’endormit pour rejoindre les demeures éternelles.

Le même jour, comme on célébrait la Liturgie dans la basilique Saint-Pierre, sous la présidence du pape et en présence de l’empereur Honorius (395-423) et d’une grande foule, une voix se fit entendre de l’autel, qui clamait : « Cherchez l’Homme de Dieu : il priera pour la ville et pour vous tous. Car déjà il sort du corps ! » Comme toute la foule s’était mise en prière, la voix se fit entendre de nouveau pour révéler qu’il se trouvait dans la demeure d’Euphimien. Lorsque l’imposant cortège, avec l’empereur et le pape en tête, parvint à la maison, le serviteur qui subvenait à ses besoins révéla que le mendiant qui se tenait depuis tant d’années à la porte, distribuait sa nourriture aux plus pauvres que lui et ne se nourrissait que le dimanche d’un peu de pain et d’eau, en restant imperturbable et même joyeux quand les autres serviteurs le couvraient d’outrages. On se rendit à sa cabane et on le trouva déjà mort, tenant un papier en main. Lorsqu’on le lut en public, tous restèrent muets de stupéfaction devant la manière admirable dont ce serviteur de Dieu avait combattu contre la nature pour obtenir les biens qui sont au-dessus de la nature. L’empereur et le patriarche, voyant les larmes et les lamentations des parents du saint, leur conseillèrent de se réjouir plutôt et d’exulter pour avoir donné le jour à un tel saint qui allait régner avec le Christ pour l’éternité. La foule s’empressait autour du lit mortuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds entendaient, les muets glorifiaient Dieu à haute voix, les esprits mauvais s’enfuyaient, le tout dans un tel tumulte que le cortège funèbre ne pouvait avancer. L’empereur fit alors jeter des pièces d’or, dans l’espoir que la foule se détournerait du cercueil pour les ramasser. Mais il n’en fut rien, et le peuple méprisa l’or corruptible pour recevoir la grâce incorruptible en touchant le corps du saint. Finalement, il fut déposé dans la basilique de saint Boniface dans un cercueil rehaussé d’or et de pierres précieuses, d’où se répandait avec profusion un baume délicieusement parfumé qui guérissait toutes sortes de maladies.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Alexis, ton 4
T’élevant sur les vertus et purifiant ton esprit, / tu as atteint l’objet suprême de ton désir; / l’absence de passions fut la parure de ta vie, / étonnante fut l’ascèse que d’un cœur pur tu embrassas; / demeurant dans la prière tel un ange incorporel, / comme soleil tu as brillé / sur le monde, bienheureux Alexis.

Kondakion de saint Alexis, ton 4
Célébrant en ce jour avec foi / la sainte fête du bienheureux Alexis, / chantons-lui: Réjouis-toi, pur joyau des Moines saints.

LECTURE DES PROVERBES (IX, 12-18)
Mon fils, si tu es sage, tu le seras pour toi-même et tes proches ; mais si tu deviens mauvais, toi seul en recueilleras des maux. Celui qui s’appuie sur des mensonges tente de gouverner les vents ou de poursuivre les oiseaux dans leur vol, car il a quitté les voies qui mènent à sa vigne ;
il a égaré la charrue de son labourage ;
il marche au travers d’un désert aride, d’une terre où l’on meurt de soif ; il recueille de ses mains la stérilité.
La femme insensée et hardie, qui ne connaît pas la pudeur,
en viendra à manquer d’un morceau de pain.
Elle est assise devant la porte de sa maison,
sur un siège apparent dans la rue,
appelant les passants qui vont droit leur chemin disant :
que le plus insensé d’entre vous se détourne vers moi ;
et à ceux qui manquent de sagesse, je m’adresse, en leur disant :
Goûtez avec joie des pains que je recèle,
et de l’eau douce à la dérobée.
Or il ne sait pas que des géants mêmes périssent auprès d’elle,
et qu’il met le pied sur la trappe de l’enfer ;
mais hâte-toi, point de retard en ce lieu ;
n’arrête pas ton regard sur elle.

29 mars

29 mars
GRAND CARÊME

Saint Marc évêque d’Aréthuse en Syrie et saint Cyrille, diacre à Héliopolis, et leurs compagnons, martyrs (vers 364) ; saint Jean l’ermite (IVème s.) ; saint Diadoque, évêque de Photicée (Vème s.) ; )  saint Firmin, évêque de Viviers (VIème s.) ; saints Aule, Eumaque et Longin, évêques de Viviers (VIIème s.) ; saint Eustathe, évêque en Bithynie, confesseur (IXème s.) ; saints Marc et Jonas de Pskov (1480) ; saint Michel (Viktorov), confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARC ÉVÊQUE D’ARÉTHUSE

Saint Marc évêque d’Aréthuse (vers 364)

Notre saint Père Marc fut consacré évêque de la ville d’Aréthuse (auj. Er Restan), en Syrie, sous le règne de saint Constantin le Grand. Poussé par un zèle divin, il s’illustra alors dans la lutte contre l’idolâtrie et démolit de ses propres mains un temple païen, construisant à sa place une église. Pendant les années troublées qui suivirent le Concile de Nicée, il se laissa entraîner dans les rangs des évêques semi-ariens qui, sans renier la divinité du Verbe, n’admettaient pas l’introduction du terme « consubstantiel » (homoousios) dans le Symbole de foi. Il assista aux conciles de Sardique (343) et de Sirmium (351), et rédigea même un formulaire de foi, qui cherchait à concilier les partis opposés, afin de restaurer l’unité de l’Église (359). Mais il réalisa bientôt son erreur et rejoignit sans ambiguïté les rangs des orthodoxes, peu de temps avant que Julien l’Apostat prenne le pouvoir et commence sa politique de restauration violente du paganisme (361). En apprenant ce retournement de la situation les païens d’Aréthuse, qui gardaient une rancune tenace à l’égard de l’évêque, tentèrent de s’emparer de lui. Sans reconnaissance pour Marc, qui lui avait jadis sauvé la vie au moment de l’assassinat de ses parents, Julien avait accordé toute sa bienveillance aux idolâtres dans cette affaire, et il les laissa perquisitionner dans toute la région à la recherche de l’évêque qui avait fui pour ne pas s’exposer sans nécessité à la persécution. Mais quand il apprit qu’on avait arrêté à sa place d’autres chrétiens et qu’on les soumettait à la torture, il alla se livrer de lui-même aux païens. Dès qu’ils le virent, ceux-ci se jetèrent sauvagement sur le vieillard, sans égard pour ses cheveux blancs, et, le dénudant, ils le couvrirent de coups. Puis ils le jetèrent dans un égout infect et le livrèrent à des enfants qui le percèrent de leurs poinçons à écrire. Par la suite on lui enduisit le corps de saumure et de miel et, l’enfermant dans une corbeille qu’on suspendit en plein air, on l’exposa à l’ardeur du soleil et aux dards des guêpes et des abeilles. Malgré ces tourments, Marc restait inflexible dans sa confession de foi et refusait tout compromis avec les païens qui voulaient lui arracher au moins la promesse de rebâtir à ses frais le temple qu’il avait détruit. Le saint refusa de leur accorder quoi que ce soit, disant qu’une simple obole serait, dans ce cas, équivalente au reniement de la foi tout entière. Et il se moquait de leur bassesse et de leurs soucis terrestres, alors qu’il se trouvait, lui, élevé au ciel par les tourments qu’ils lui infligeaient. Vaincus, finalement les païens le relâchèrent et un certain nombre d’entre eux, édifié par son endurance et par ses discours, se convertit au Christ. Saint Marc mourut en paix en 364, et remporta le trophée des confesseurs du Christ. À la même époque, Cyrille, diacre à Héliopolis de Phénicie, qui avait lui aussi détruit de nombreuses idoles au temps de saint Constantin, fut arrêté par les païens. Ils lui ouvrirent le ventre, dispersèrent ses entrailles sur le sol et mangèrent son foie cru. Les coupables de cette infamie furent par la suite l’objet de la vengeance divine : les uns perdirent toutes leurs dents, les autres eurent la langue atteinte de putréfaction et d’autres perdirent la vue. À Ascalon et Gaza, villes de Palestine, où l’idolâtrie était tenace, les idolâtres s’emparèrent de clercs et de femmes consacrées à Dieu. Ils leur arrachèrent les entrailles et remplirent leur ventre d’orge, puis ils les livrèrent en pâture aux porcs. À Sébaste, ils ouvrirent la châsse contenant les reliques du saint Précurseur Jean le Baptiste et les jetèrent au feu, puis ils dispersèrent les cendres à tout vent. Malgré toutes ces atrocités, les païens ne parvinrent pas à restaurer le culte des idoles et, dans sa grande majorité, le peuple restait indifférent à leurs tentatives, à tel point que, quand Julien voulut organiser une grande fête à Antioche en l’honneur d’Apollon, il eut la surprise de se retrouver seul avec ses courtisans dans le temple vide, pendant qu’en ville on se moquait de lui.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Marc, évêque d’Aréthuse et des autres martyrs, ton 8
Ayant mortifié par le renoncement / l’ardeur et l’élan de leurs passions, / les Martyrs du Christ ont reçu le pouvoir / de chasser toute langueur et toute maladie / et de faire des miracles, vivant après leur mort. / Ô merveille étonnante! De simples ossements / deviennent une source de guérison. / Glorifions l’unique sagesse du Dieu créateur.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 32, – IX, 11)
Maintenant donc, mon fils, écoute-moi.
Heureux l’homme qui m’écoutera,
et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes
et gardant le seuil de ma demeure.
Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme,
et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse a édifié pour elle une maison,
et elle l’a appuyée sur sept colonnes.
Elle a égorgé ses victimes ;
elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table.
Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ;
et à ceux qui manquent de sens elle a dit:
Venez, mangez de mon pain ;
buvez du vin que j’ai mêlé pour vous.
Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ;
cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir.
Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ;
celui qui blâme l’impie se moque de lui-même.
Ne réprimande pas le méchant,
de peur qu’il ne te haïsse ;
mais corrige le sage, et il t’aimera.
Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ;
avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse,
et le conseil des saints est l’intelligence ;
car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit.
Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

16 mars (ancien calendrier)/29 mars (nouveau)

16 mars (ancien calendrier)/29 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Sabin, martyr en Égypte (IVème s.) ; saint Aristobule, évêque de Grande-Bretagne (Ier s.) ; saint hiéromartyr Alexandre, pape de Rome (119) ; saint Nicandre, martyr (IVème s.) ; saints hiéromartyr Trophime et Thalus de Laodicée (300) ; saint martyr Julien d’Anazarbus (305) ; saint Papas, martyr à Larandes en Lycaonie (vers 310) ; saint Aninas, ermite syrien, thaumaturge ; saint Christodule de Patmos (1093) ; saint Pimène, fol en Christ, apôtre du Daghestan, et son compagnon saint Antoine le Meskhe (XIIIème s) ; saint Sérapion, archevêque de Novgorod (1516).

SAINT SABIN D’ÉGYPTE

Saint Sabin, martyr en Égypte (IVème s.)

Issu d’une des principales familles d’Hermopolis sur le Nil, saint Sabin s’était rendu célèbre par son activité en faveur du christianisme, c’est pourquoi, dès le déclenchement de la grande persécution de Dioclétien (303), il fut recherché par les hommes de l’empereur. Il s’était réfugié avec six autres chrétiens, dans une petite cabane à quelque distance de la cité, où ils persévéraient dans le jeûne et la prière. Dénoncés par un mendiant à qui Sabin avait fait l’aumône, ils furent amenés, chargés d’entraves, auprès du gouverneur Arien, en-dehors de la ville. Celui-ci, constatant l’audace du saint, le fit cruellement flageller jusqu’au sang, dans l’espoir de le faire céder. Comme il gardait le silence malgré les questions du gouverneur, un des hommes déclara que Sabin avait perdu l’esprit. Le martyr lui répondit alors : « Il n’en est rien, j’ai toute ma raison, et c’est bien pour cela que je me refuse à abandonner le Christ pour sacrifier aux démons ! » Comme la troupe devait traverser le fleuve pour entrer dans la ville, les eaux en furent soudain violemment agitées, comme par une tempête, et le bateau sur lequel se trouvaient le gouverneur et Sabin échappa de justesse au naufrage. Aussi, dès qu’ils furent parvenus à destination, Arien fit-il comparaître le saint à son tribunal en l’accusant d’avoir employé des artifices magiques pour échapper à la justice. Il le fit étendre à terre, les membres attachés à quatre piquets, et lui fit passer sur tout le corps des torches enflammées. Mais le saint n’en cessait pas pour autant de confesser que le Christ était sa seule espérance et exhortait le gouverneur à ne pas tarder davantage pour le livrer à la mort qui allait être pour lui l’entrée dans la vie éternelle. La sentence ayant été finalement prononcée, il fut embarqué sur un bateau jusqu’au milieu du fleuve et fut précipité dans les flots avec une lourde pierre attachée aux pieds, après avoir prédit dans une dernière prière que son corps serait retrouvé trois jours plus tard. En effet, trois jours après, des chrétiens retrouvèrent son corps sur la berge et l’ensevelirent dignement avec la pierre qui avait servi à son supplice.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Sabin, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Sabin, ton 2
Divine plante, immarcescible fleur, / rameau porteur de nombreux fruits, / théophore Sabin, remplis de ta joie / les fidèles vénérant ta mémoire sacrée / et sans cesse intercède pour nous tous auprès de Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 32, – IX, 11)
Maintenant donc, mon fils, écoute-moi.
Heureux l’homme qui m’écoutera,
et le mortel qui gardera mes voies, veillant le jour à mes portes
et gardant le seuil de ma demeure.
Car mes portes sont des portes de vie, et en elles réside la volonté du Seigneur. Ceux qui pèchent contre moi outragent leur âme,
et ceux qui me haïssent aiment la mort.
La Sagesse a édifié pour elle une maison,
et elle l’a appuyée sur sept colonnes.
Elle a égorgé ses victimes ;
elle a mêlé son vin dans un cratère et a dressé sa table.
Elle a envoyé ses serviteurs, conviant à boire autour de son cratère, disant : Que l’insensé vienne à moi ;
et à ceux qui manquent de sens elle a dit:
Venez, mangez de mon pain ;
buvez du vin que j’ai mêlé pour vous.
Abandonnez la folie, pour régner dans l’éternité ;
cherchez la sagesse, et dirigez votre intelligence vers le savoir.
Celui qui veut instruire les méchants n’y gagnera que de la honte ;
celui qui blâme l’impie se moque de lui-même.
Ne réprimande pas le méchant,
de peur qu’il ne te haïsse ;
mais corrige le sage, et il t’aimera.
Donne au sage une occasion d’apprendre, et il sera plus sage ;
avertis le juste, et il s’instruira de plus en plus.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse,
et le conseil des saints est l’intelligence ;
car connaître la loi, c’est l’œuvre d’un bon esprit.
Et de cette manière tu vivras longtemps, et des années s’ajouteront à ta vie.

28 mars

28 mars
GRAND CARÊME

Saint Hilarion le jeune, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (vers 754) ; saints Jonas et Barachise (330) ; sainte Gundelinde, abbesse de Bas-Moutier en Alsace (750) ; saint Étienne, thaumaturge, abbé du monastère de Triglium, confesseur (815) ; saint martyr Boïan de Bulgarie (vers 830) ; saint Eustrate, moine et martyr des Grottes de Kiev (1097) ; saint Hilarion de Gdov (1476) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Postinikov), confesseur, prêtre (1931), hiéromartyre Basile (Malinine), prêtre (1938), martyr Jean (Tchernov) (1939).

SAINT HILARION LE JEUNE

Saint Hilarion le jeune, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (vers 754)

Ayant pris sur lui le joug du Christ dès son enfance, saint Hilarion se purifia de toutes les passions par l’ascèse et la prière continuelle. Il était si compatissant envers les pauvres, qu’il lui arrivait souvent de leur donner son seul vêtement et de continuer, nu, sa route. Humble, affable et d’humeur toujours enjouée, il fut placé à la tête du monastère du Pélécète, au Mont Olympe de Bithynie, au temps de la persécution iconoclaste. Son expérience de la contemplation de l’image du Christ déposée en lui, lui permit de confesser avec audace le bien-fondé de la vénération des saintes icônes et de supporter maintes persécutions de la part des tyrans (vers 754). En récompense de tous ces combats pour la vertu et la vérité, Dieu lui accorda la gloire éternelle et fit jaillir de son tombeau quantité de miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: / afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; / et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, / pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; / c’est ainsi que ton esprit se réjouit, / saint Hilarion, avec les Anges dans le ciel.
Kondakion de saint Hilarion, ton 4

Au Seigneur tu as consacré ta vie, Bienheureux, et tu fus vraiment un excellent prêtre du Christ; après d’innombrables et pénibles efforts, joyeusement tu es passé vers les demeures du ciel et maintenant tu fais jaillir sur nous des flots de guérisons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

27 mars

27 mars
GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Grégoire Palamas. Sainte Matrone, martyre à Thessalonique (IIIème-IVème s.) ; saint Jean l’Égyptien, ermite en Thébaïde (395) ; saints Manuel et Théodose, martyrs (304) ; saint Dominique, évêque de Cambrai (vers 545) ; saint Védulphe, évêque d’Arras (580).

L’ENSEIGNEMENT DE ST GRÉGOIRE PALAMAS

À l’époque de St Grégoire Palamas, un moine originaire de Calabre, Barlaam (1290-1348), s’était acquis une brillante renommée dans les milieux intellectuels de la capitale, grâce à son habilité pour les spéculations abstraites. Il aimait particulièrement commenter les écrits mystiques de saint Denys l’Aréopagite, mais il en donnait une interprétation purement philosophique, ne faisant de la connaissance de Dieu que l’objet de froids raisonnements et non le fruit d’une expérience vécue. Ayant fait la connaissance de quelques moines simples à Thessalonique, ce délicat humaniste avait été scandalisé par leurs méthodes de prière et par la place qu’ils laissaient à l’élément sensible dans la vie spirituelle. Il prit cette occasion pour calomnier les moines et les accuser d’hérésie messalienne auprès du Synode permanent de Constantinople (1337). Les hésychastes firent alors appel à St Grégoire qui rédigea plusieurs traités, dans lesquels il répondait aux accusations de Barlaam en situant la spiritualité monastique dans une vaste synthèse théologique. Il y montrait que l’ascèse et la prière sont l’aboutissement de tout le mystère de la Rédemption et qu’elles sont le moyen offert à chacun pour faire éclore la grâce déposée en lui au baptême. Il défendait aussi le bien-fondé des méthodes utilisées par les hésychastes pour fixer l’intelligence dans le cœur, car, depuis l’Incarnation, c’est dans nos corps sanctifiés par les sacrements et greffés par l’Eucharistie au Corps du Christ que nous devons rechercher la grâce de l’Esprit. Cette grâce est la gloire de Dieu elle-même qui, jaillissant du corps du Christ le jour de la Transfiguration, a frappé les disciples de stupeur (cf. Mt XVII) et qui, lorsqu’elle resplendit dans notre cœur purifié de ses passions, nous unit vraiment à Dieu, nous illumine, nous déifie et nous donne un gage de la gloire qui brillera aussi sur le corps des saints après la Résurrection générale. En affirmant ainsi la pleine réalité de la déification, Grégoire ne niait pourtant pas que Dieu soit absolument transcendant et inconnaissable dans Son essence. À la suite des saints Pères, mais de manière plus nette, il distingue en Dieu l’essence imparticipable et les énergies éternelles, créatrices et providentielles, par lesquelles le Seigneur fait participer les êtres créés à Son Être, à Sa vie et à Sa lumière, sans toutefois n’introduire aucune division dans l’unité de la Nature divine. Pour saint Grégoire, Dieu n’est donc pas le concept des philosophes, mais il est Amour, Personne vivante et feu dévorant, comme l’enseigne l’Écriture, et Il fait tout pour nous déifier. D’abord reconnues par les autorités de l’Athos en 1340, les réfutations du saint furent ensuite adoptées par l’Église, qui condamna Barlaam — et avec lui l’humanisme philosophique qui devait bientôt animer la Renaissance européenne — au cours de deux conciles réunis à Sainte-Sophie, en 1341.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 2
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de St Grégoire Palamas, ton 8
Flambeau de l’Orthodoxie, soutien et docteur de l’Église, modèle des moines, défenseur invincibles des théologiens, ô Grégoire thaumaturge, fierté de Thessalonique, prédicateur de la Grâce, intercède toujours pour le salut de nos âmes.

Kondakion de St Grégoire Palamas, ton 8
Instrument sacré et divin de la Sagesse, porte-voix lumineux de la théologie, nous te chantons d’une seule voix, Grégoire aux paroles divines ; mais toi qui es intelligence devant la Première Intelligence, conduis vers Elle notre intelligence, pour que nous te clamions : réjouis-toi, ô père, prédicateur de la Grâce.

Kondakion du triode, ton 4
Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, le jugement est proche ; hâtons-nous donc de jeûner, apportons les pleurs de componction avec des œuvres de miséricorde et disons : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, mais Toi, le Créateur de toutes choses, pardonne-nous, afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Évangile du jour
(Mc II, 1-12)

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison,
et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d’eux: Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil.

14 mars (ancien calendrier)/27 mars (nouveau)

14 mars (ancien calendrier)/27 mars (nouveau)

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Saint Grégoire Palamas. Saint Benoît de Nursie, patriarche des moines d’Occident (550) ; saint Euschimon, évêque de Lampsaque, confesseur (IXème s.) ; saint Rostislav-Michel, prince (1167); saint Théognoste, métropolite de Kiev (1353).

L’ENSEIGNEMENT DE ST GRÉGOIRE PALAMAS

Saint Grégoire Palamas.

À l’époque de St Grégoire Palamas, un moine originaire de Calabre, Barlaam (1290-1348), s’était acquis une brillante renommée dans les milieux intellectuels de la capitale, grâce à son habilité pour les spéculations abstraites. Il aimait particulièrement commenter les écrits mystiques de saint Denys l’Aréopagite, mais il en donnait une interprétation purement philosophique, ne faisant de la connaissance de Dieu que l’objet de froids raisonnements et non le fruit d’une expérience vécue. Ayant fait la connaissance de quelques moines simples à Thessalonique, ce délicat humaniste avait été scandalisé par leurs méthodes de prière et par la place qu’ils laissaient à l’élément sensible dans la vie spirituelle. Il prit cette occasion pour calomnier les moines et les accuser d’hérésie messalienne auprès du Synode permanent de Constantinople (1337). Les hésychastes firent alors appel à St Grégoire qui rédigea plusieurs traités, dans lesquels il répondait aux accusations de Barlaam en situant la spiritualité monastique dans une vaste synthèse théologique. Il y montrait que l’ascèse et la prière sont l’aboutissement de tout le mystère de la Rédemption et qu’elles sont le moyen offert à chacun pour faire éclore la grâce déposée en lui au baptême. Il défendait aussi le bien-fondé des méthodes utilisées par les hésychastes pour fixer l’intelligence dans le cœur, car, depuis l’Incarnation, c’est dans nos corps sanctifiés par les sacrements et greffés par l’Eucharistie au Corps du Christ que nous devons rechercher la grâce de l’Esprit. Cette grâce est la gloire de Dieu elle-même qui, jaillissant du corps du Christ le jour de la Transfiguration, a frappé les disciples de stupeur (cf. Mt XVII) et qui, lorsqu’elle resplendit dans notre cœur purifié de ses passions, nous unit vraiment à Dieu, nous illumine, nous déifie et nous donne un gage de la gloire qui brillera aussi sur le corps des saints après la Résurrection générale. En affirmant ainsi la pleine réalité de la déification, Grégoire ne niait pourtant pas que Dieu soit absolument transcendant et inconnaissable dans Son essence. À la suite des saints Pères, mais de manière plus nette, il distingue en Dieu l’essence imparticipable et les énergies éternelles, créatrices et providentielles, par lesquelles le Seigneur fait participer les êtres créés à Son Être, à Sa vie et à Sa lumière, sans toutefois n’introduire aucune division dans l’unité de la Nature divine. Pour saint Grégoire, Dieu n’est donc pas le concept des philosophes, mais il est Amour, Personne vivante et feu dévorant, comme l’enseigne l’Écriture, et Il fait tout pour nous déifier. D’abord reconnues par les autorités de l’Athos en 1340, les réfutations du saint furent ensuite adoptées par l’Église, qui condamna Barlaam — et avec lui l’humanisme philosophique qui devait bientôt animer la Renaissance européenne — au cours de deux conciles réunis à Sainte-Sophie, en 1341.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, ton 2
Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de St Grégoire Palamas, ton 8
Flambeau de l’Orthodoxie, soutien et docteur de l’Église, modèle des moines, défenseur invincibles des théologiens, ô Grégoire thaumaturge, fierté de Thessalonique, prédicateur de la Grâce, intercède toujours pour le salut de nos âmes.

Kondakion de St Grégoire Palamas, ton 8
Instrument sacré et divin de la Sagesse, porte-voix lumineux de la théologie, nous te chantons d’une seule voix, Grégoire aux paroles divines ; mais toi qui es intelligence devant la Première Intelligence, conduis vers Elle notre intelligence, pour que nous te clamions : réjouis-toi, ô père, prédicateur de la Grâce.

Kondakion du triode, ton 4
Maintenant est venu le temps de nous mettre à l’œuvre, le jugement est proche ; hâtons-nous donc de jeûner, apportons les pleurs de componction avec des œuvres de miséricorde et disons : nos péchés sont plus nombreux que les grains de sable de la mer, mais Toi, le Créateur de toutes choses, pardonne-nous, afin que nous recevions les couronnes incorruptibles.

Évangile du jour
(Mc II, 1-12)

Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison,
et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d’eux: Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil.

26 mars

26 mars
GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Clôture de la Fête de l’Annonciation. Synaxe de l’archange Gabriel ; saint hiéromartyr Irénée, évêque de Sirmium (304) ; les 26 martyrs Goths dont saints Bathuse et Véréka, prêtres, Arpyla, moine, Abippas, Hagias, Ryas, Hégathrax, Hiscoès, Silas, Sigétzas, Souerilas, Souemblas, Guimblas, Therthas, Philgas , Anna, Allas, Baride, Manéa, Virco, Animais et un autre martyr anonyme (370) ; saint Malc de Syrie (IVème s.) ; saint Basile le jeune, ermite à Constantinople (952) ; saint Sicaire, évêque de Lyon (vers 435) ; néomartyr Georges de Sofia, brûlé vif à Andrinople (1437), martyre Parscève (Kontchev) (1939).

SYNAXE DE L’ARCHANGE GABRIEL

L’archange Gabriel

En ce jour, comme il est de coutume après les grandes fêtes du Seigneur, nous célébrons celui qui a été envoyé par Dieu auprès de la Très Sainte Vierge pour être le messager de la Bonne Nouvelle. Depuis l’origine, et tout au long de l’histoire de notre salut, ce prince des Puissances incorporelles fut pour nous, hommes, l’Ange de la miséricorde et de la bienveillance divines. Être de feu, dégagé de toute altération et consacré en permanence à la contemplation de la gloire divine, l’Archange Gabriel a été désigné par le Seigneur comme serviteur chargé d’un ministère et envoyé en service pour ceux qui doivent hériter le salut (Hb 1, 14). Selon saint Proclos de Constantinople, son nom, qui peut être interprété comme « Dieu et homme », le vouait à annoncer tous les mystères qui ont concouru à la préparation de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Le sommet et le terme de sa mission fut donc le : Réjouis-Toi ! qu’il annonça à la Mère de Dieu et qui est devenu la formule de louange et d’action de grâces de tous ceux qui ont, grâce à lui, hérité le Salut et s’efforcent d’imiter sur la terre le mode de vie des anges.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’archange Gabriel, ton 4
Archistratège des célestes armées, / malgré notre indignité nous te prions / de nous protéger par tes prières et nous garder / à l’ombre des ailes de ta gloire immatérielle, / nous qui nous prosternons devant toi et te supplions instamment: / délivre-nous de tout danger, / grand Prince des Puissances d’en-haut.

Tropaire de l’Annonciation, ton 4
Aujourd’hui, c’est l’aurore de notre salut, / où se manifeste le mystère éternel: / le Fils de Dieu devient fils de la Vierge / et Gabriel annonce cette grâce. / Avec l’Ange disons donc à la Mère de Dieu: / Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Kondakion de l’archange Gabriel, ton 2
Archistratège de Dieu, serviteur de sa gloire, / guide des mortels et chef des Anges, obtiens-nous / ce qui est utile à nos âmes et la grande miséricorde.

Évangile du jour
(Mc I, 35-44)

Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, Jésus se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ; et, quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent: Tous te cherchent. Il leur répondit: Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi; car c’est pour cela que je suis sorti. Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les démons. Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié. Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations, et lui dit: Garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage.

13 mars (ancien calendrier)/26 mars (nouveau)

13 mars (ancien calendrier)/26 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Translation des reliques de saint Nicéphore, patriarche de Constantinople (en 842); saints Africain, Publius et Térence, martyrs (IIIème s.); sainte Christine, martyre en Perse (IVème s.) saint Pient, évêque de Poitiers (vers 564) ; saint Vincent, moine à Magny (VIIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Popov), prêtre (1919) ; Grégoire (Pospelov), prêtre (1921), Michel (Okolovitch), prêtre (1938).

TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT NICÉPHORE LE CONFESSEUR

Saint Nicéphore, patriarche de Constantinople (842)

Lorsque saint Méthode [14 juin] monta sur le trône épiscopal de Constantinople après la déposition du patriarche hérétique Jean (842), il s’adressa sans tarder à l’empereur Michel et à sa mère, l’impératrice régente Théodora [11 fév.], en leur disant qu’il n’était pas juste de laisser en exil le corps du saint patriarche Nicéphore qui, ayant vaillamment confessé le dogme orthodoxe sur la vénération des saintes icônes, était mort loin de son troupeau spirituel après quatorze ans d’un âpre exil. La souveraine ayant acquiescé à cette proposition, saint Méthode suivit les envoyés impériaux en compagnie d’un grand nombre de prêtres et de moines jusqu’au monastère de Saint-Théodore, où le saint avait été enseveli dix-neuf ans plus tôt. Ils trouvèrent les précieuses reliques intactes et les déposèrent sur un navire impérial, qu’ils escortèrent solennellement au chant d’hymnes spirituelles. Lorsque le navire parvint en vue du port, l’empereur et tout le Sénat vinrent à sa rencontre, tenant à la main des cierges allumés, et ils vénérèrent pieusement les saintes reliques, puis, les portant sur leurs épaules, ils les amenèrent à la Grande Église (Sainte-Sophie), où l’on célébra une veille de toute la nuit en l’honneur du patriarche. À l’issue de cette cérémonie, on transporta le corps de saint Nicéphore, avec la même pompe, jusqu’à l’église des Saints-Apôtres, pour l’y déposer en compagnie des empereurs et de ses saints prédécesseurs.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des défunts, ton 2
Apôtres, martyrs et prophètes, hiérarques, sages et justes, qui avez mené le bon combat, qui avez gardé la foi, qui êtes libres auprès du Sauveur, nous vous prions, suppliez Le pour nous de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Nicéphore, ton 1
Le chœur des Patriarches célèbre par des chants et des louanges ta mémoire sacrée, illustre Nicéphore, car il a reçu ton âme passée de terre vers le ciel. En ce jour la sainte Eglise, magnifiant le Christ, glorifie le seul Ami des hommes, notre Roi.

Évangile du jour
(Mc I, 35-44)

Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche; et Il leur répondit: Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi; car c’est pour cela que je suis sorti. Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les démons. Un lépreux vint à lui; et, se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant: Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié. Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations, et lui dit: Garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage.

25 mars

25 mars
GRAND CARÊME
Dispense de poisson

Annonciation A la très sainte Mère de Dieu et toujours vierge MariE.
Saint Tykhon, patriarche de Moscou (1925) ; Saint Justin de Tchélié (1979).

ANNONCIATION À LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU

’LAnnonciation

En ce jour qui suit de peu l’équinoxe de printemps, alors que l’obscurité de la nuit, ayant atteint le terme de son extension, commence à céder la place à la lumière, l’Église célèbre la conception de notre Seigneur Jésus-Christ et la descente, en ce monde obscurci par les ténèbres, du Soleil de Justice, qui a retourné le mouvement du temps et de l’histoire et, d’une descente vers la mort, en a fait une remontée vers le printemps définitif de l’éternité.

Racine et principe de toutes les autres fêtes du Seigneur, par lesquelles nous commémorons chaque année notre Rédemption, cette fête de l’Annonciation doit toujours être célébrée à la même date, car, selon une ancienne tradition, c’est au mois de mars que le monde fut créé par Dieu et c’est le 25 mars précisément qu’Adam, trompé par la promesse du serpent et voulant se faire dieu, transgressa le commandement divin et fut exilé du Paradis . Il convenait donc que la guérison de notre nature s’accomplisse, telle une seconde création, par les mêmes moyens et en ces mêmes jours qui ont été ceux de notre chute. Et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par la désobéissance d’Ève, au printemps du monde, il convenait qu’il en fût délivré au mois de mars par l’obéissance de la Vierge. Développant magnifiquement cette doctrine des correspondances dans l’Économie de la Rédemption, saint Irénée de Lyon écrit à ce propos :

« De même que celle-là (Ève) avait été séduite par le discours d’un ange, de manière à se soustraire à Dieu en transgressant sa parole, de même celle-ci (Marie) fut instruite de la Bonne Nouvelle par le discours d’un ange, de manière à porter Dieu en obéissant à sa parole. Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que de la vierge Ève la Vierge Marie devienne l’avocate. De même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une vierge».

Après notre chute, Dieu, prenant patience dans sa miséricorde infinie, avait peu à peu préparé l’humanité, de génération en génération, par des événements heureux et malheureux, à la réalisation du Grand Mystère qu’Il tenait caché avant tous les siècles dans son Conseil trinitaire : l’Incarnation du Verbe. Alors qu’Il savait, bien à l’avance, qu’elle allait être la faute de l’homme et ses tragiques conséquences, c’est en ayant en vue le terme de ce mystère qu’Il avait pourtant créé la nature humaine, afin de s’y préparer une Mère qui, par la beauté de son âme immaculée, relevée de l’ornement de toutes les vertus, attira sur elle les regards du Tout-Puissant et devint la chambre nuptiale du Verbe, le réceptacle de Celui qui contient tout, le Palais du Roi du Ciel et le terme du dessein divin.

Six mois après la conception miraculeuse de celui qui devait être en toutes choses le Précurseur du Sauveur (Lc 1, 17), Gabriel, l’Ange de la miséricorde [8 nov.], fut envoyé par le Seigneur à Nazareth en Galilée, auprès de la Vierge Marie qui, au sortir du Temple, avait été fiancée au juste et chaste Joseph, pour qu’il fût le gardien de sa virginité . Surgissant soudain dans la maison sous une apparence humaine, un bâton à la main, l’Ange salua celle qui devait devenir la consolation des larmes d’Ève , en disant : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! » (Lc 1, 28). Devant cette étrange apparition, la Vierge laissa tomber son fuseau et, toute troublée par ces paroles de l’incorporel, elle se demandait si cette annonce de joie n’était pas, comme pour Ève, une nouvelle tromperie de celui qui sait se transformer en ange de lumière (2 Cor 11, 14). Mais l’Ange la rassura et lui dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, ne t’étonne pas de mon étrange aspect et de ces paroles de joie, alors que, trompée jadis par le serpent, ta nature a été condamnée à la douleur et aux gémissements, car moi, c’est la vraie joie que je suis venu t’annoncer et la délivrance de la malédiction de la première mère (cf. Gn 3, 16). Voici que tu concevras et enfanteras un fils, en accomplissement de la prédiction du prophète Isaïe qui disait : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils (Is 7, 14) ! Et tu l’appelleras du nom de Jésus, — ce qui signifie Sauveur — Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut (Lc 1, 30). »

À ces paroles inouïes, la Vierge s’exclama : « Comment cela serait-il possible, puisque je ne connais point d’homme ? » Elle ne mettait pas là en doute la parole divine par manque de foi, comme Zacharie qui avait été pour cela puni de mutisme (Lc 1, 20), mais elle se demandait comment ce mystère pourrait bien se réaliser en elle, sans l’union nuptiale, devenue la loi de la reproduction du genre humain soumis à la corruption. Comprenant ses doutes, l’Ange ne la blâma pas, mais il lui expliqua le mode nouveau de cette naissance : « L’Esprit Saint viendra sur toi, qui a été comblée de grâce en préparation de sa venue, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. » Puis, rappelant qu’Élisabeth, celle qu’on appelait « la stérile », venait de concevoir un fils dans sa vieillesse, il lui montra ainsi que là où Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu , et il lui confirma que par sa venue en elle le Saint-Esprit allait accomplir un miracle plus grand encore que la création du monde. Abaissant les cieux, le Roi de l’univers, Celui qui contient tout, allait s’anéantir lui-même (Phil 2, 7) par une ineffable condescendance, afin de demeurer en son sein, de s’y mêler en une union sans confusion à la nature humaine, et de se revêtir de sa chair, teinte en son sang virginal, comme une pourpre royale. Inclinant alors humblement son regard à terre et adhérant de toute sa volonté au dessein divin, la Vierge répondit : Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole !

Par ces paroles, elle acceptait — et avec elle la nature humaine tout entière — la venue en elle de la puissance divine transmise par les paroles de l’Ange . C’est à cet instant même que s’accomplit la conception du Sauveur. Le Fils de Dieu devient Fils de l’Homme : une seule Personne en deux natures. Dieu se revêt de l’humanité et la Vierge devient en toute vérité Mère de Dieu (Théotokos), afin que, grâce à cet échange des propriétés naturelles, les hommes, délivrés de la corruption, puissent devenir fils de Dieu par la grâce.

L’accomplissement de ce mystère de l’Incarnation, caché même à la connaissance des anges, ne fut donc pas seulement l’œuvre du Père, dans sa complaisance, du Fils qui descendit des cieux, et de l’Esprit qui recouvrit la Vierge de son ombre ; mais le Seigneur attendait que celle qu’il avait choisie entre toutes les femmes y prenne aussi une part active par son acquiescement libre et volontaire, de sorte que la Rédemption du genre humain fût l’œuvre commune de la volonté de Dieu et de la foi de l’homme. Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l’humanité au dessein divin que s’est accompli ce Grand Mystère préparé depuis l’origine du monde, que « Dieu devient homme pour que l’homme soit déifié en Lui » , et que la Vierge, Épouse inépousée, est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens.

Autrefois entrevue en figures par les prophètes comme le Buisson non-consumé (Ex 3, 14), comme la Montagne non-entaillée (Dn 2), comme la Porte scellée par laquelle Dieu seul devait passer (Ez 44, 2), la Mère de Dieu est l’Échelle vivante (Gn 28, 10-17) par laquelle Dieu est descendu et qui permet aux hommes de monter au Ciel. Elle a ouvert au genre humain un nouveau mode d’existence : la virginité, grâce à laquelle le corps de tout homme, à sa suite, est appelé à devenir temple de Dieu (1 Cor 3, 16 ; 6, 19).

La création entière, soumise jadis à la corruption par la faute de l’homme, était elle aussi dans l’attente de ce « Oui ! » de la Vierge, qui annonçait le début de sa délivrance. C’est pourquoi le ciel et la terre réunis, forment aujourd’hui un chœur de fête avec les fils d’Adam, pour rendre gloire à Dieu en honorant la conception de sa Mère inépousée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de l’Annonciation, ton 4
Aujourd’hui, c’est l’aurore de notre salut, / où se manifeste le mystère éternel: / le Fils de Dieu devient fils de la Vierge / et Gabriel annonce cette grâce. / Avec l’Ange disons donc à la Mère de Dieu: / Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Kondakion de l’Annonciation, ton 8
Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, / toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine! / Vers toi montent nos louanges, nos chants d’action de grâce. / De ton bras puissant dresse autour de nous le plus solide des remparts, / sauve-nous de tout danger, hâte-toi de secourir / les fidèles qui te chantent: / Réjouis-toi, Épouse inépousée.

Évangile du jour
(Lc I, 24-38)

Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant: C’est la grâce que le Seigneur m’a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes. Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme? L’ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole! Et l’ange la quitta.

12 mars (ancien calendrier)/25 mars (nouveau)

12 mars (ancien calendrier)/25 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818) ; saint Paul-Aurélien, premier évêque de Saint-Pol-de-Léon en Bretagne (573) ; saint Grégoire le Grand, dit le Dialogue, pape de Rome, auteur de la Liturgie des saints Dons présanctifiés (604) ; saint Syméon le Nouveau Théologien (1021) ; saint Phinès le juste (vers 1500 av. J.-C.) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Derjavine), confesseur (1933), Jean (Plekhanov), Constantin (Sokolov), prêtres, Vladimir (Volkov), moine (1938), Serge (Skvortsov), prêtre (1943).

SAINT THÉOPHANE LE CONFESSEUR

Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818)

Notre saint Père Théophane naquit à Constantinople en 759, sous le règne de l’empereur iconoclaste Constantin Copronyme (741-775), au sein d’une noble et opulente famille. Élevé par sa mère, il avait été fiancé dès l’âge de douze ans à une riche héritière, nommée Mégalo. Au bout de huit années de fiançailles, quand vint le jour des noces, dès qu’ils se retrouvèrent seuls, le soir venu, Théophane révéla à son épouse qu’il avait toujours désiré embrasser la vie monastique, et il la convainquit de vivre ensemble dans la continence, comme frère et sœur. Ils menèrent ainsi ce glorieux combat de la virginité au sein du mariage pendant deux années, malgré les pressions du père de Mégalo. Finalement, celui-ci obtint de l’empereur Léon IV (775-780) que Théophane fût nommé gouverneur de Cyzique, chargé de surveiller la construction de la forteresse, avec l’espoir que les soucis de cette charge le détourneraient de ses aspirations ascétiques. Mais le résultat fut tout autre, car le pieux magistrat profitait de tous ses moments libres pour visiter les ascètes de la région. L’un d’eux, nommé Grégoire, tempéra son désir de renoncer au monde en lui conseillant de persévérer encore dans son mode de vie. Au cours d’un voyage à Constantinople, il reçut la dignité de spatharios, mais rien ne pouvait le détourner de sa soif de Dieu. Aussi, dès la mort de l’empereur et de son beau-père, il obtint son congé de l’impératrice régente, Irène, et, après avoir libéré ses serviteurs et distribué ses richesses, il conduisit son épouse dans un monastère de l’archipel des Princes. Il ne devait plus la revoir dans cette vie, mais il lui écrivait pour l’encourager à persévérer dans les devoirs de sa profession. Quant à lui, il devint moine au monastère de Polychronion au mont Sigriane, près de Cyzique. De là, il passa une brève période dans une propriété de famille située dans l’île de Calonymos (Propontide). Les candidats à la vie monastique accoururent bientôt, mais Théophane, renonçant à les diriger, confia la direction de la communauté à un moine expérimenté venu d’un autre monastère et alla vivre en ermite à proximité pendant environ six années, en exerçant le travail de copiste. Lorsque l’higoumène du monastère vint à mourir, les frères lui demandèrent unanimement de prendre la succession. Craignant de perdre la grâce de la sainte hésychia, le saint retourna au mont Sigriane, où il acquit une propriété nommée le Grand-Champ (Megas Agros), dans laquelle il fonda un monastère qui devint par la suite un des plus prestigieux centres spirituels de l’époque. Revêtu de l’armure des preux combattants du Seigneur : le jeûne mesuré qui dessèche les ardeurs de la chair, la veille qui rend l’esprit pénétrant au milieu de la nuit et les larmes qui purifient le cœur, il était pour tous une image vivante de la parfaite observance monastique. Une fois de plus des disciples se rassemblèrent autour de lui et il dut assumer leur direction. D’une douceur avenante, il savait s’entretenir d’égal à égal avec les plus simples comme avec les plus lettrés, et il leur enseignait avec autorité, mais sans violence, les saints dogmes et l’art de la maîtrise des passions. Pour compléter son expérience, il entreprit alors un voyage dans les monastères de Bithynie et de l’Hellespont. En plus de ses labeurs spirituels et de ses devoirs de pasteur, il travailla aussi à la rédaction d’une vaste Chronographie, qui reste un des meilleurs documents pour la connaissance de l’histoire byzantine. Devenu vase d’élection de la grâce, il couvrait tous ceux qui se présentaient au monastère de la charité même de Dieu, et lors d’une terrible disette il ordonna à son économe de distribuer toutes les réserves aux indigents. Par la grâce de Dieu celles-ci se remplirent de nouveau.

En 787, il fut convoqué au Concile de Nicée, réuni pour la défense du culte des saintes images. Il apparut dans cette assemblée dans un simple et pauvre appareil, mais étonna tous les assistants par sa profonde connaissance de la tradition des saints Pères. Rentré à son monastère, il fut atteint de la très cruelle maladie de la pierre et de coliques néphrétiques, qui l’obligèrent à rester constamment alité. Ces épreuves, acceptées avec patience, se transformaient pour lui en de saintes ascensions vers le Royaume des cieux.

Lorsque l’empereur impie Léon V l’Arménien reprit la persécution contre les saintes images (815), averti de la réputation de confesseur acquise par l’higoumène du Grand-Champ, il convoqua Théophane à Constantinople, sous prétexte de demander ses prières à la veille de sa campagne contre les Bulgares. Les soldats envoyés pour quérir l’homme de Dieu, le saisirent de force, malgré son infirmité, et incendièrent le monastère. Une fois rendu à la capitale, Théophane refusa de voir l’empereur hérétique en face, ce qui déclencha la fureur du tyran qui le fit incarcérer au monastère des Saints Serge-et-Bacchus, où le futur patriarche hérétique, Léon le Grammairien, essaya de le faire céder. Mais le saint réfutait avec éclat tous ses arguments. Il resta, pendant deux ans, enfermé dans un sombre cachot du palais d’Éleuthère ; puis l’empereur, constatant qu’il demeurait inflexible dans sa confession de la vraie foi, ordonna de l’exiler dans l’île de Samothrace. Le saint confesseur ne put survivre qu’une vingtaine de jours aux peines de ce voyage, et il remit son âme au Seigneur le 12 mars 817 (818). Son tombeau devint immédiatement une source de guérisons pour les habitants de Samothrace. En 822, ses disciples vinrent prendre son corps pour le transférer au monastère du Grand-Champ. Saint Théodore Stoudite, dont saint Théophane avait été le parrain de profession monastique et qui lui portait une vive admiration, prononça à cette occasion un discours en son honneur. Il est acclamé parmi les saints confesseurs dans le Synodikon de l’Orthodoxie, lu dans les églises le Premier Dimanche du Grand Carême.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théophane, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, / luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, / sage Théophane, pour les saintes images tu as combattu; / toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, / intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théophane, ton 2
Du ciel ayant reçu la divine révélation, / tu t’empressas de quitter le tumulte d’ici-bas; / en moine, vénérable Père, ayant vécu, / tu reçus le pouvoir des miracles et le don de prophétie, / toi qui te privas de ton épouse et de tes biens.

LECTURE DES PROVERBES (VI, 20, VII,1)

Ô mon fils, garde les lois de ton père,
et ne rejette pas les préceptes de ta mère. Tiens-les toujours attachés à ton âme ;
mets-les comme un collier autour de ton cou.
Partout où tu iras, porte-les, et qu’ils soient avec toi ;
et quand tu dormiras, qu’ils te gardent,
afin qu’à ton réveil ils s’entretiennent avec toi.
Les commandements de la loi sont une lampe, une lumière ;
c’est la voie de vie, c’est la correction et la discipline,
qui te garderont de la femme mariée et des artifices de la langue étrangère. Que la convoitise de sa beauté ne triomphe pas de toi ;
ne te laisse pas prendre par tes yeux, ni ravir par ses paupières.
Car la courtisane ne coûte que le prix d’un pain ;
la femme mariée prend les âmes des hommes qui ont tant de prix.
Qui cachera du feu dans son sein sans brûler sa tunique ?
Qui marchera sur des charbons ardents sans se brûler les pieds ?
Tel est celui qui a commerce avec la femme mariée ;
il ne sera point disculpé, non plus que celui qui l’aura touchée.
Il n’est pas étonnant qu’un voleur se cache dans la grange ;
car il vole pour rassasier son âme affamée ;
et s’il est pris, il rendra au centuple ;
et, dût-il donner tout ce qu’il possède,
il se sauvera lui-même mais l’adultère,
à cause de l’indigence de son cœur, a causé la perte de son âme ;
il supportera les hontes et les douleurs,
et son opprobre ne sera point effacé dans les siècles des siècles.
Car l’âme de l’époux est pleine de jalousie ;
il ne l’épargnera pas le jour du Jugement.
Nul, au prix d’une rançon, n’éteindra sa haine,
et il n’est point de dons si nombreux qui puissent l’apaiser.
Mon fils, garde mes paroles, et renferme mes préceptes en toi-même.

11 mars (ancien calendrier)/24 mars (nouveau)

11 mars (ancien calendrier)/24 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem (638 ou 639) ; saint Pionius, prêtre, et quinze compagnons, martyrs à Smyrne (250) ; saints Trophime et Thaïe, martyrs à Laodicée (vers 300) ; saint Vigile, évêque d’Auxerre, martyr (689) ; saint Vindicien, évêque de Cambrai (712) ; saint Sophrone, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Euthyme, archevêque de Novgorod (1458) ; saint Sophrone, évêque de Vratchane (Bulgarie, 1813) ; saints néomartyrs de Russie :saint Patrick (Petrov), moine et confesseur (1933) ; saint Basile (Malakhov), confesseur, prêtre (1937).

SAINT SOPHRONE DE JÉRUSALEM

Saint Sophrone, patriarche de Jérusalem (638 ou 639)

Notre saint Père Sophrone naquit à Damas, la patrie des mélodes, vers 550. Doué de rares aptitudes intellectuelles et d’un grand talent poétique, il y fit ses études et obtint le titre de « sophiste » . Demeurant insatisfait par les sciences et désirant une plus haute perfection, il entreprit un pèlerinage en Palestine, en vue de vénérer les Lieux saints et de s’entretenir avec les ascètes vivant dans les monastères et dans les déserts. Il parvint au monastère fondé par saint Théodose [11 janv.] et y trouva là l’homme selon son cœur, Jean Moschos. Compatriote de Sophrone et de peu plus âgé que lui, celui-ci y était devenu moine et, par sa grande austérité de vie, il avait acquis, en plus de la connaissance de la philosophie et des sciences « du dehors », une admirable sagesse spirituelle. Il devint pour Sophrone, qui était resté dans l’état de laïc, non seulement le frère et le compagnon mais encore le maître et le père spirituel. Unis par cette sainte amitié, les deux serviteurs de Dieu décidèrent de se rendre à Alexandrie (578), afin d’y acquérir une formation philosophique plus complète auprès des savants qui s’y trouvaient, mais surtout pour y rencontrer des saints ascètes, « philosophes du Saint-Esprit ». Rendant visite un jour à l’un d’eux, le vénérable vieillard leur dit : « Fuyez, mes enfants, parce que le temps approche ! Habitez dans une cellule, où vous voudrez. Vivez dans la sobriété et dans la quiétude (hésychia), en priant sans cesse ; et j’ai l’espoir que Dieu vous enverra sa connaissance pour illuminer vos esprits… » . Ces paroles furent décisives pour inciter Sophrone à abandonner définitivement la vaine recherche de la sagesse humaine, et les deux amis entreprirent dès lors de vivre en étrangers et pèlerins à la recherche de la Jérusalem d’En-Haut, en recueillant partout où ils passeraient les enseignements et les traditions des saints Pères.

De retour en Palestine, Sophrone fit sa profession monastique au monastère de Saint-Théodose, et ils repartirent bientôt pour le Mont Sinaï, qui était alors illustré par de grands luminaires de la science ascétique comme saint Jean Climaque [30 mars]. Au bout de dix ans, ils reprirent leur vie errante à travers les déserts d’Égypte et de Palestine, pour y cueillir les fleurs de leur Pré Spirituel. Sous la menace de l’invasion perse (vers 603), ils passèrent en Phénicie, visitèrent Antioche et les déserts monastiques de Syrie, Tarse (Cilicie) et Séleucie, puis ils revinrent en Égypte et restèrent plusieurs années à Alexandrie pour venir en aide, par leur éloquence et leur science théologique, au patriarche saint Euloge [13 fév.] et à son successeur saint Jean le Miséricordieux [12 nov.] dans la lutte contre les monophysites. Ils réussirent à décupler le nombre des églises appartenant aux orthodoxes à Alexandrie et ramenèrent également beaucoup de villages et de monastères dans le sein de l’Église. Pendant ces tournées missionnaires, ils ne manquaient pas de rassembler d’autres récits édifiants qui nous donnent une vivante image de la vie religieuse de cette époque. Atteint d’une maladie des yeux, saint Sophrone en fut miraculeusement guéri par l’intervention des saints Anargyres Cyr et Jean [31 janv.]. En signe de reconnaissance, il rédigea un grand recueil de leurs miracles, dans lequel il montre que c’est seulement dans la communion de l’Église que l’on peut trouver la grâce. Au cours de l’une de leurs visites, ils rencontrèrent un Ancien qui leur dit : « Rien d’autre dans l’Église n’a causé les schismes et les hérésies, sinon le fait que nous n’aimons pas pleinement Dieu et notre prochain » .

En 614, la nouvelle leur parvint que Jérusalem était tombée entre les mains des Perses, au prix de sanglants massacres et de pillages sans limites, et que le patriarche Zacharie [21 fév.] avait été emmené en exil avec la précieuse Croix. Les derniers temps semblaient arrivés et la recommandation de fuir ce monde, qu’ils avaient reçue au début de leur vie monastique, se faisait d’autant plus pressante que l’invasion perse menaçait maintenant l’Égypte. Saint Jean le Miséricordieux alla se réfugier à Chypre, sa patrie, où il mourut en 620, et les deux moines philosophes se rendirent à Rome, en s’arrêtant en route à Samos et à Chypre pour y rencontrer des hommes de Dieu. Pendant ce séjour à Rome, Jean, sentant sa fin prochaine, se mit à rédiger avec l’aide de Sophrone le compte-rendu des entretiens spirituels qu’ils avaient rassemblés depuis des années. Puis il quitta le tumulte de cette vie pour passer à la quiétude éternelle (619), en recommandant à son frère et fils spirituel d’aller déposer son corps au monastère du Sinaï. Imitant Joseph qui emporta le corps du patriarche Jacob d’Égypte dans la terre de leurs pères (Gn 50), Sophrone s’embarqua avec douze condisciples. Mais, ayant appris qu’il était impossible d’accéder au Sinaï à cause des incursions arabes, ils allèrent inhumer le corps au monastère de Saint-Théodose, où Sophrone s’installa pour y achever la rédaction du Pré Spirituel et d’autres œuvres, comme les Vies de saint Jean le Miséricordieux et de sainte Marie l’Égyptienne [1er avr.].

Vers 627, Sophrone dut fuir de nouveau, cette fois-ci sous la menace de la conquête arabe, et il alla se réfugier avec d’autres moines en Afrique du Nord. C’est là que saint Maxime le Confesseur [21 janv.], fuyant pour sa part son monastère de Chrysopolis devant l’invasion perse qui approchait de Constantinople, se joignit à eux, dans le monastère de fortune qu’ils avaient fondé, et se lia d’une profonde amitié spirituelle avec Sophrone qu’il appelle : « Mon seigneur béni, mon père et maître… » . C’est à son école que saint Maxime, le grand docteur de la Personne du Christ, qui jusque-là avait exercé surtout la profondeur de son esprit pour réfuter les doctrines origénistes, comprit que tout le mystère de la divinisation de l’homme et la réalité de notre salut résident dans la relation des deux natures, divine et humaine, en l’unique Personne du Verbe incarné, et qu’il forgea les armes nécessaires pour engager la lutte contre une nouvelle forme de l’hérésie monophysite : le monothélisme , imaginée par l’empereur Héraclius et le patriarche de Constantinople Serge dans l’espoir de rallier l’Égypte dissidente.

En 633, Sophrone retourna en Égypte, malgré son âge avancé, afin de lutter sur place pour la vraie foi. Refusant tout compromis sous prétexte d’obtenir une unité politique de l’Empire menacé de toutes parts par les Perses et les Arabes, il enseignait qu’il faut confesser deux opérations naturelles du Christ, et non pas une, puisqu’Il est à la fois Dieu et homme. Comme le patriarche Cyrus demeurait obstinément dans son hérésie, Sophrone se rendit alors à Constantinople pour se jeter aux pieds du patriarche Serge, en le suppliant de revenir au dogme confessé par le saint Concile de Chalcédoine, car la formule dogmatique de compromis qu’il avait proposée, sans réaliser l’union espérée, faisait dire aux hérétiques : « Ce n’est pas nous qui communions avec Chalcédoine, mais plutôt Chalcédoine avec nous ! » Serge feignit de résoudre l’affaire, en interdisant de parler ni d’une, ni de deux opérations dans le Christ ; mais celle-ci devait rebondir quelques années plus tard, au temps de la confession de saint Maxime.

Lorsqu’à l’issue de cette mission, Sophrone revint à Jérusalem qui, restaurée grâce aux efforts de saint Modeste [16 déc.], était en deuil de son patriarche, les habitants, les clercs et les moines unanimes le contraignirent à accepter cette charge, « à cause de l’intégrité de sa foi ». Soumis à la volonté de Dieu, le vieillard entreprit de soutenir la foi de son peuple, menacée par les hérésies, et de raviver son espérance ébranlée par les invasions, dans des sermons et des hymnes liturgiques où la beauté poétique se met au service de la profondeur des dogmes. Dès son élection, il rédigea, selon l’usage, une Lettre synodique qu’il envoya aux patriarches de Rome et de Constantinople, pour leur proposer la communion de leurs Églises respectives dans la même foi. Cet admirable document est un exposé complet de la doctrine de l’Église sur la Personne du Christ. Le saint patriarche y confesse un seul et même Christ, Fils unique de Dieu, qui opère les œuvres de chaque nature, divine et humaine, conformément aux propriétés respectives de celles-ci. C’est le même Christ qui, sans confusion ou mélange (comme le supposent les monophysites) et sans séparation (comme l’impliquent les nestoriens), opère en tant que Dieu les miracles, et qui souffre en tant qu’homme, nous ouvrant ainsi, à nous autres hommes, la possibilité d’être unis en Lui à Dieu par la grâce du Saint-Esprit.
Saint Sophrone, dont toute la vie avait été placée sous le signe de la proximité des derniers temps, accédait au siège de Jérusalem au moment de la levée inattendue de l’Islam qui, unifiant les tribus arabes, s’abattait sur l’Empire chrétien en saccageant villes et campagnes. Damas fut prise peu de temps après son élection (637), et quelques mois plus tard, au début de 638, c’est la Ville Sainte elle-même qui tombait aux mains des envahisseurs. Le saint patriarche, presque nonagénaire, obtint du calife Omar qu’il y entrât en pèlerin et non en conquérant, et qu’il garantît la sauvegarde des sanctuaires chrétiens. Accablé par les fatigues de la confession de foi et par l’affliction de voir la cité sainte aux mains des infidèles, saint Sophrone se retira une dernière fois, pour rejoindre la Jérusalem d’En-Haut, la Ville de la Paix, qui ne connaît ni trouble ni variation, le 11 mars 638 (ou 639).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Sophrone, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi / pour ton troupeau une règle de foi, / un modèle de douceur, / un maître de tempérance; / c’est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l’exaltation / et par ta pauvreté la richesse. / Sophrone, pontife sacré, / prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.
Tropaire de saint Sophrone, ton 8
Toi qui as lutté avec un zèle divin / et dont la bouche a répandu les véritables enseignements, / toi qui as affermi l’Église par l’excellence de ton gouvernement / et l’as confiée à la communauté monastique des lieux saints, / vénérable Sophrone, patriarche de Jérusalem, / tu as publié de sages discours pour notre instruction, / et c’est à leur clarté que nous te chantons: / Réjouis-toi, brillante gloire de la vraie foi.

LECTURE DES PROVERBES (VI, 3-20)

Fais, ô mon fils, ce que je te recommande, et veille à te sauver ;
à cause de ton ami, tu t’es mis entre les mains des méchants ;
hâte-toi de t’affranchir, et stimule l’ami pour qui tu as répondu.
N’accorde point de sommeil à tes yeux, ni d’assoupissement à tes paupières, pour te sauver comme un daim des filets, et comme un oiseau du piège. Va voir la fourmi, ô paresseux ;
regarde, et sois envieux de ses voies, et deviens plus sage qu’elle. Car elle n’a ni laboureurs, ni maîtres,
ni personne qui la contraigne.
Cependant elle prépare l’été sa nourriture, et en fait d’abondants magasins au temps de la moisson. Ou bien encore va voir l’abeille,
et apprends comme elle est industrieuse,
et comme son industrie est digne de nos respects ; car les rois et les infirmes usent, pour leur santé, des fruits de son labeur. Or elle est glorieuse et désirée de tous, et, si chétive qu’elle soit,
on l’honore, parce qu’elle apprécie la sagesse.
Jusques à quand, ô paresseux, resteras-tu couché ? Quand sortiras-tu de ton sommeil ?
Tu dors un moment, un moment tu t’assieds,
tu t’assoupis un peu, tu te tiens un moment les bras croisés,
et cependant arrivent sur toi la pauvreté comme un dangereux voyageur, et le besoin comme un bon coureur.
Mais si tu es actif, ta moisson te sera comme une source,
et l’indigence s’enfuira comme mauvais coureur.
L’homme insensé et pervers chemine en une voie qui n’est point bonne. Mais il approuve de l’œil, il fait signe du pied,
il enseigne par le mouvement de ses doigts.
Son cœur pervers pense à mal ;
en tout temps un tel homme porte le trouble dans la cité.
À cause de cela, soudain arrivera sa perte ;
ce sera une chute, une ruine sans remède.
Il se réjouit de toutes les choses que hait le Seigneur ;
aussi sera-t-il brisé à cause de l’impureté de son âme.
Son œil est superbe, sa langue inique ;
sa main verse le sang du juste ;
et son cœur roule de mauvais desseins,
et ses pieds courent vers le mal.
Témoin injuste, il fomente des faussetés,
et soulève des discordes entre frères.
Ô mon fils, garde les lois de ton père,
et ne rejette pas les préceptes de ta mère.

23 mars

23 mars
GRAND CARÊME

Saint Nicon, hiéromartyr, et ses 199 disciples martyrs en Sicile (251) ; saint Eusèbe, évêque de Valence (vers 600) ; saint Nicon abbé des Grottes de Kiev (1088) ; saint Basile le juste de Mangazée (1600) saint Luc de Mytilène, néo-martyr grec (1802) ; saints néo-martyrs de Russie : Macaire (Kvitkine), prêtre (1931) ; Élie (Viatline), moine, Anastasie (Bobkov), moniale et Barbara (Konkine), Alexis (Skorobogatov), martyr (1938), Serge (Srebriansky), moine, confesseur (1948).

SAINT NICON ET SES 199 DISICIPLES
Notre saint Père Nicon naquit dans la région de Naples, au cours du IIIe siècle, d’un père païen et d’une mère chrétienne. Engagé dans l’armée, il se trouva un jour dans une situation périlleuse. Se souvenant alors des enseignements de sa pieuse mère sur les promesses de la vie éternelle, il s’écria : « Seigneur Jésus-Christ, viens à mon aide ! » Puis, s’armant du signe de la Croix comme d’une arme invincible, il s’élança au combat, d’où il sortit victorieux et couvert de gloire. De retour dans sa patrie, il rendit visite à sa mère, lui raconta les événements et lui fit part de son projet d’aller se faire baptiser en Orient, aux sources de la Foi.

Débarquant dans l’île de Chio, il s’isola sur une montagne, où il demeura dans le jeûne, la veille et la prière pendant une semaine entière, afin de se préparer au baptême. Un ange de Dieu lui apparut alors et, lui remettant un bâton, il lui donna l’ordre de se rendre sur le rivage. Il y trouva un navire qui le mena jusqu’au mont Ganos, en Thrace , où il rencontra l’évêque Théodore de Cyzique, qui s’était retiré pour mener la vie érémitique dans une grotte, sur les flancs de la montagne. Celui-ci, ayant été informé à l’avance par Dieu de sa venue, le prit avec lui dans sa retraite, lui enseigna les fondements de la foi et le baptisa au Nom de la Sainte Trinité. Nicon décida de rester dans cet endroit où la Providence l’avait conduit, afin d’imiter en tout point la manière de vivre angélique de son père spirituel. Au bout de trois années, Théodore l’ordonna prêtre ; et, quand vint pour lui le temps d’être rappelé à Dieu, il lui remit la direction des cent quatre-vingt-dix disciples qui s’étaient rassemblés autour de lui .

La persécution de Dèce (251), qui avait éclaté en Orient, obligea Nicon et ses compagnons à prendre la mer. Après avoir fait escale quelque temps à Mytilène, ils abordèrent en Italie, où Nicon put revoir sa mère mourante et procéder à ses funérailles. Pendant ce bref séjour dans sa patrie, Nicon conféra le baptême à neuf de ses concitoyens qui, abandonnant leurs familles, décidèrent de se joindre à sa communauté. Les deux cents moines se rendirent ensuite en Sicile et s’installèrent sur le mont Taormina, dans les ruines d’un ancien établissement thermal. Mais ils ne purent jouir que peu de temps de la paix de cette retraite, car le préfet païen de Sicile, Quintien , ayant appris la présence des saints ascètes, les fit arrêter et traduire à son tribunal. Comme les disciples de Nicon, encouragés par les paroles de feu de leur père spirituel, avaient refusé d’une seule voix de renier le Christ et leur sainte profession, le préfet les fit flageller à coups de nerfs de bœuf, puis il ordonna de les décapiter et de jeter leurs corps dans la fournaise des thermes, qui avait été rallumée pour la circonstance. Le tour de saint Nicon étant venu, il fut étendu, les quatre membres écartelés, et des soldats le brûlèrent avec des torches. Ils l’attachèrent ensuite derrière un attelage de bœufs qui alla le jeter dans un profond ravin, d’où on le sortit encore vivant pour lui fracasser la mâchoire à coups de pierres, lui couper la langue et finalement le décapiter. Les précieuses reliques de saint Nicon et de ses compagnons furent retrouvées par la suite par l’évêque de Messine, Théodose, qui fit construire un sanctuaire en leur honneur.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr, ton 4
Dieu de nos Pères, / dont la clémence agit toujours envers nous, / n’éloigne pas de nous ta miséricorde, / mais par leurs supplications / gouverne notre vie dans la paix.

LECTURE DES PROVERBES (V, 15 – VI,3)
Bois des eaux de tes vases et des sources de ton puits.
Prends garde que chez toi les eaux ne débordent de ta fontaine,
et que tes eaux ne s’écoulent dans les places publiques.
Possède-les seul, et que nul étranger n’y ait part.
Que l’eau de ta fontaine soit vraiment à toi,
et réjouis-toi en la femme de ta jeunesse.
Qu’elle soit pour toi comme la biche bien-aimée,
comme le faon de tes grâces ;
qu’elle soit considérée comme ton bien propre,
qu’elle t’assiste en toutes circonstances ;
car, ravi de son amour, tu vivras longtemps.
Garde-toi de l’intimité avec une étrangère ;
ne te laisse pas enlacer dans les bras d’une femme qui n’est point la tienne. Car les voies de l’homme sont devant les yeux du Seigneur,
et Il observe tous ses sentiers.
Les iniquités pourchassent l’homme,
et chacun est étreint par les chaînes de son péché.
Un tel homme meurt comme ceux qui n’ont point de discipline,
et il a été renversé dans la plénitude de ses jours ; et sa folie l’a perdu. Mon fils, si tu t’engages pour un ami, tu livres ta main à un ennemi ;
car les lèvres de l’homme sont pour lui un filet très fort,
et il est pris par les lèvres de sa propre bouche.
Fais, ô mon fils, ce que je te recommande, et veille à te sauver ;
à cause de ton ami, tu t’es mis entre les mains des méchants ;
hâte-toi de t’affranchir, et stimule l’ami pour qui tu as répondu.

10 mars (ancien calendrier)/23 mars (nouveau)

10 mars (ancien calendrier)/23 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Codrat, avec saints Denis, Cyprien, Anect, Paul, Crescent, un autre Denis, Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion, Papias et Léonide, tous martyrs à Corinthe avec de nombreux compagnons (258) ; sainte Anastasie, recluse à Scété (567) ; saint Droctové, abbé de Saint-Germain-des-Prés, disciple de saint Germain de Paris (580) ; saint Émilien, confesseur (675) ; saint Jean de Khakhouli (X-XIème s.) ; saint Michel d’Agrapha en Thessalie, néo-martyr grec (1544) ; saint hiéromartyr Démètre (Legeïdo), prêtre (1938).

SAINTS CODRAT

Saint Codrat, avec saints Denis, Cyprien, Anect, Paul, Crescent, un autre Denis, Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion, Papias et Léonide, tous martyrs à Corinthe avec de nombreux compagnons (258)

Laissé orphelin alors qu’il était encore un nouveau-né, saint Codrat fut nourri par une nuée qui descendait du ciel et lui procurait tout ce qui lui était nécessaire. Il vécut ainsi dans la solitude, à l’imitation du saint Précurseur, en n’ayant d’autre souci que de plaire à Dieu, jusqu’à l’âge de vingt ans. Établi à Corinthe au temps de la persécution de Dèce (249-251) et de Valérien (253-259), pour y étudier la médecine, il se lia d’amitié spirituelle avec d’autres jeunes chrétiens qui souhaitaient se consacrer au Seigneur. Arrêtés par ordre du proconsul Tertius, ils furent soumis à la flagellation et à d’autres terribles supplices après une noble apologie de leur espérance. Puis on les attacha derrière des chevaux et on les traîna à travers les rues, jusqu’à l’extérieur de la ville où ils furent décapités. Une fontaine d’eau vive, qui avait la propriété de guérir toutes sortes d’infirmités, jaillit sur le lieu de leur martyre, où l’on construisit par la suite une église pour abriter leurs reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Codrat, ton 1
Célébrons par des chants mélodieux / le chœur des six athlètes victorieux / Codrat, Paul, Anecte et Denys / avec Crescent et Cyprien, / car en présence de la sainte Trinité / sans cesse ils intercèdent pour nos âmes.

Kondakion de saint Codrat, ton 4
Martyrs de Corinthe ayant lutté vaillamment, / comme lampe à six lumière vous avez lui / pour éclairer de vos miracles l’entière Église du Christ.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes V, 15 – VI,3)
Bois des eaux de tes vases et des sources de ton puits.
Prends garde que chez toi les eaux ne débordent de ta fontaine,
et que tes eaux ne s’écoulent dans les places publiques.
Possède-les seul, et que nul étranger n’y ait part.
Que l’eau de ta fontaine soit vraiment à toi,
et réjouis-toi en la femme de ta jeunesse.
Qu’elle soit pour toi comme la biche bien-aimée,
comme le faon de tes grâces ;
qu’elle soit considérée comme ton bien propre,
qu’elle t’assiste en toutes circonstances ;
car, ravi de son amour, tu vivras longtemps.
Garde-toi de l’intimité avec une étrangère ;
ne te laisse pas enlacer dans les bras d’une femme qui n’est point la tienne. Car les voies de l’homme sont devant les yeux du Seigneur,
et Il observe tous ses sentiers.
Les iniquités pourchassent l’homme,
et chacun est étreint par les chaînes de son péché.
Un tel homme meurt comme ceux qui n’ont point de discipline,
et il a été renversé dans la plénitude de ses jours ; et sa folie l’a perdu. Mon fils, si tu t’engages pour un ami, tu livres ta main à un ennemi ;
car les lèvres de l’homme sont pour lui un filet très fort,
et il est pris par les lèvres de sa propre bouche.
Fais, ô mon fils, ce que je te recommande, et veille à te sauver ;
à cause de ton ami, tu t’es mis entre les mains des méchants ;
hâte-toi de t’affranchir, et stimule l’ami pour qui tu as répondu.

22 mars

22 mars
GRAND CARÊME

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363) ; sainte Drosis fille du roi Trajan, martyre (Ier-IIème s.) ; Saint Paul-Serge, évêque de Narbonne (IIIème s.) ; saint Isaac de Dalmatie (IVème s.) ; saint Diogène, évêque d’Arras (390) ; saint Avit, ermite en Périgord (518) ; saint Euthyme l’Athonite, néo-martyr grec (1814).

SAINT BASILE D’ANCYRE

Saint Basile, prêtre à Ancyre, martyr (362-363)

Saint Basile était prêtre de l’Église d’Ancyre, en Galatie, sous l’épiscopat de Marcel, lequel s’était tellement opposé à l’arianisme qu’il en était tombé dans l’hérésie contraire, faisant des trois Personnes divines trois aspects ou modalités de la divinité. Toutefois Basile ne partageait pas ces opinions, et il enseignait avec zèle la vraie foi, conduisant de nombreuses âmes dans la voie droite qui mène à Dieu. Livré à l’empereur Constance, il confessa l’orthodoxie avec une inébranlable fermeté, et fut relâché.

Lorsque Julien l’Apostat prit le pouvoir (360) et commença sa tentative de restauration du paganisme, le vaillant confesseur redoubla d’énergie pour dénoncer la vanité des faux dieux. Accusé d’avoir porté atteinte à l’honneur dû à l’empereur, il répondit qu’il n’entendait obéir qu’au seul Roi du ciel et de la terre. Le proconsul Saturnin le fit alors étendre sur le chevalet, et, pendant qu’on le torturait, le saint adressait à Dieu cette prière : « Seigneur, Dieu de tous les siècles, je te rends grâces de m’avoir jugé digne de marcher dans le chemin des souffrances. En le suivant, je suis sûr d’arriver à la vie et de me trouver en compagnie de ceux que Tu as fait héritiers de tes promesses et qui en jouissent déjà. »

L’empereur, en route pour son expédition contre les Perses (362), s’arrêta alors à Ancyre. On lui présenta Basile qui, après s’être déclaré chrétien, lui prédit que Dieu, dont il avait renversé les autels, allait bientôt le renverser de son trône, et que son corps, resté sans sépulture, allait être foulé aux pieds. Julien offusqué ordonna qu’on lui découpât chaque jour une lanière de peau. Après avoir supporté pendant plusieurs jours ces cruelles incisions, Basile demanda à voir l’empereur. Croyant qu’il était prêt à apostasier, Julien se rendit alors au temple d’Asclépios et fit préparer un sacrifice. Mais, dès qu’il arriva devant lui, Basile, arrachant une languette de chair qu’on venait de lui couper et qui pendait encore à son corps, la jeta au visage de Julien et lui dit : « Tiens, mange ce morceau puisque tu aimes la viande. Et sache que pour moi la mort est un gain : c’est pour Jésus-Christ que je souffre, c’est Lui mon refuge, mon appui et ma vie ! » L’empereur furieux ordonna de lui entailler le corps jusqu’à la profondeur des entrailles. Sous les tourments, le saint priait pour que Dieu lui accordât d’achever sa course en gardant la foi, afin d’être reçu dans son Royaume.

Une fois jeté en prison, le Christ lui rendit visite de nuit et lorsque, le lendemain, le comte Frumentin le fit comparaître à nouveau, en espérant le fléchir avant le départ de l’empereur pour Antioche, il constata avec stupeur que le saint était resté indemne. Mais, craignant l’irritation du tyran plus que la colère de Dieu, le gouverneur ordonna à grands cris de percer son corps de pointes de fer brûlantes. Au sein de la fumée et de l’âcre odeur des chairs brûlées, saint Basile prononça ces paroles : « Jésus, ma lumière, Jésus, mon espérance, je te rends grâces, Dieu de mes pères, de ce que Tu as enfin retiré mon âme de ce séjour de mort. Ne permets pas que je profane le nom sacré que je porte : c’est le tien, Seigneur, conserve-le en moi pur et sans tache. Reçois l’esprit de ton serviteur, il meurt en confessant que Tu es le seul et véritable Dieu. » Et il expira.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiéromartyr, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé ; les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint hiéromartyr, ton 8
Selon les règles, tu menas ta course à bonne fin, / hiéromartyr Basile, et tu as gardé la foi; / aussi tu méritas la couronne des martyrs / et devins pour l’Église un ferme pilier, / prêchant le Fils consubstantiel au Père et à l’Esprit / et confessant l’indivisible Trinité; / prie-la de nous sauver de tout malheur, / nous tes fidèles, afin que nous puissions te chanter: / Réjouis-toi, Basile, sage-en-Dieu.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes V, 1-15)
Mon fils, sois attentif à ma sagesse, et prête l’oreille à mes discours, afin de conserver ta pensée pure.
C’est la sagesse de mes lèvres qui te fait cette recommandation :
ne t’attache point à la femme trompeuse. Car le miel découle des lèvres de la femme débauchée qui, pour un temps, charmera ton palais.
Mais après tu la trouveras plus amère que le fiel,
et plus aiguë qu’un glaive à double tranchant. Car les pieds de la folie conduisent ceux qui l’aiment à l’enfer,
en compagnie de la mort, et ses traces sont sans appui.
Elle ne chemine point dans les voies de vie;
mais ses sentiers sont glissants et difficiles à suivre.
Maintenant donc, ô mon fils, écoute-moi, et ne rends point vaines mes paroles. Fais que ta voie soit loin d’elle ; ne t’approche pas des portes de sa demeure. De peur qu’elle ne livre ta vie à des étrangers, et tes biens à des gens sans pitié ; de peur que des étrangers ne se rassasient de tes richesses, et que le fruit de tes labeurs ne s’en aille dans la maison d’autrui ; et tu te repentirais à ton dernier jour,
quand les chairs de ton corps seraient consumées,
et tu dirais : Pourquoi ai-je haï la discipline, et pourquoi mon cœur a-t-il éludé les réprimandes ?
Je n’ai point écouté la voix de celui qui me corrigeait et m’enseignait, et je ne lui ai point prêté l’oreille.
J’ai failli être en butte à tous les maux,
au milieu de l’assemblée et de la communauté.
Bois des eaux de tes vases et des sources de ton puits.

20 mars

20 mars

GRAND CARÊME
Dispense d’huile et de vin

Les 20 Pères martyrs des Sarrasins au monastère de Saint-Sabas dont Jean, Serge et Patrice (796) ; sainte martyre Photine la Samaritaine et ses fils Victor, et José, martyrs ; saintes martyres Anatolie, Phota, Photis, Parascève, Cyriaque, Domnine et martyr Sébastien (vers 70) ; saintes Alexandra, Claudia, Euphrasie, Matrone, Julienne, Euphémie et Théodosie, martyres en Cappadoce (310) ; saint Urbice, évêque de Metz (vers 420) ; saint Tétrice, évêque de Langres (572) ; saint Nicétas, archevêque d’Apollonias en Bithynie, confesseur (VIIIème s.) ; saint Wulfran, évêque de Sens, ermite à Fontenelle (720) ; saint Bénigne, abbé de Flay et Fontenelle (723) ; saint Rémi, évêque de Strasbourg (783) ; saint Euphrosyne de Novgorod (1612); saint Myron le Crétois, néomartyr grec (1793) ; saint hiéromartyr Basile (Sokolov), diacre (1938).

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Évangile du jour
(Jn I, 43-51)
Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

9 mars (ancien calendrier)/22 mars (nouveau)

9 mars (ancien calendrier)/22 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
(dispense d’huile et de vin)

Les 40 saints martyrs de Sébaste

Les 40 saints martyrs de Sébaste  : Acace, Aetius, Alexandre, Angius, Athanase, Candide, Claude, Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikos, Elie, Eunique, Eutychès, Flavius, Gaïus, Gorgon, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Léonce, Lésimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoctémon, Prisque, Quirin, Sacerdos, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthe et Augias (vers 320); saint Urpasien, martyr à Nicomédie (vers 295) ; saint Césaire, frère de saint Grégoire le Théologien (369) ; saint Taraise ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyrs Michel (Maslov), Alexis (Smirnov), Démètre (Glivenko), Serge (Lebedev), Serge (Tsvetkov), prêtres et Nicolas (Goriounov), diacre, Joasaph (Chakhov), moine, Nathalie (Oulianov) et Alexandra (Samoïlov), moniales (1938).

SAINTS QUARANTE MARTYRS DE SÉBASTE
Lorsque le cruel Licinius (308-323), qui avait été associé au pouvoir par saint Constantin, jeta le masque de la dissimulation et rompit avec lui, il publia des édits contre les chrétiens et envoya dans toutes ses provinces des magistrats chargés d’exécuter ses ordres, en mettant à mort dans de terribles supplices ceux d’entre eux qui ne voulaient pas se soumettre. Le gouverneur désigné pour la Cappadoce et la Petite Arménie, Agricolaos , était l’un des plus zélés exécutants des édits de persécution et il avait convoqué dans la ville de Sébaste où il résidait, la douzième légion impériale, dite fulminante (Legio XII fulminata), dirigée par le duc Lysias. Quarante soldats de cette légion, hommes jeunes, braves et appréciés pour leurs services, refusèrent alors de sacrifier aux idoles de l’Empire et se déclarèrent chrétiens. Originaires de différentes contrées, mais unis comme un seul homme nouveau par la foi et la charité, ils se présentèrent un à un devant le gouverneur, comme des athlètes qui se font inscrire au jour du combat, et déclinèrent leur véritable identité, en disant : « Je suis chrétien ! » Agricolaos essaya d’abord de les gagner par la douceur, en vantant leurs actions d’éclat et en leur promettant avantages et faveurs de la part de l’empereur s’ils se soumettaient à son ordre. Les saints lui répondirent par la voix de l’un d’entre eux : « Si nous avons vaillamment combattu, comme tu le dis, pour l’empereur de la terre, avec combien plus d’ardeur nous faut-il maintenant engager le combat par amour pour le Souverain de l’univers. Car il n’y a pour nous qu’une vie : la mort pour le Christ. » Jetés en prison dans l’attente d’une nouvelle comparution, les valeureux combattants de la piété tombèrent à genoux, en priant le Seigneur de les garder dans la vraie foi et de les fortifier dans le combat. Comme ils passaient la nuit en chantant des Psaumes, le Christ leur apparut et leur dit : « Vous avez bien commencé, mais la couronne ne sera accordée qu’à celui qui persévérera jusqu’au bout ! »
Le lendemain matin, le gouverneur les fit comparaître de nouveau et recommença ses flatteries, mais l’un des saints martyrs, Candide, dénonça ouvertement sa douceur hypocrite, déclenchant ainsi la colère du tyran. Toutefois, ne pouvant rien contre eux tant que leur général, le duc Lysias, ne les avait pas jugés, Agricolaos les fit remettre en prison. Au bout de sept jours, Lysias étant arrivé à Sébaste, on les conduisit devant lui. En chemin, Quirion encourageait ses compagnons en leur disant : « Nous avons trois ennemis : le diable, Lysias et le gouverneur. Que peuvent-ils contre nous qui sommes quarante soldats de Jésus-Christ ? » Quand il les vit si fermes et si résolus, Lysias ordonna aux autres soldats de leur briser les dents à coups de pierres. Mais dès que ces derniers se précipitèrent, ils furent aveuglés par une puissance divine et, dans la confusion, ils se frappaient les uns les autres. Lysias, pris de colère, saisit alors une pierre et voulut la lancer sur les saints, mais celle-ci alla frapper le gouverneur en le blessant grièvement. On les remit en prison pour la nuit, en attendant de prendre une décision sur le genre de supplice qu’il fallait leur appliquer.

Rassemblant les ressources de son imagination perverse, le gouverneur ordonna de les dépouiller de leurs vêtements et de les laisser nus sur le lac gelé, qui se trouvait à peu de distance de la ville, afin qu’ils périssent dans d’horribles souffrances causées par le froid. Pour compléter le supplice, il imagina de présenter sous leurs yeux, comme ultime tentation, le remède à leurs peines, et fit préparer sur le bord du lac un bain d’eau chaude, afin que celui qui abandonnerait le combat, vaincu par la rigueur du froid, y trouvât de quoi se soulager.

Dès qu’ils entendirent la sentence, les saints rivalisèrent à qui se dépouillerait le premier de ses vêtements, disant : « En déposant ces vêtements, rejetons aussi le vieil homme ! Puisque par la tromperie du Serpent, nous avons revêtu jadis les tuniques de peau, dépouillons-nous aujourd’hui pour obtenir le Paradis que nous avons perdu ! Que rendre au Seigneur pour ce qu’Il a souffert pour notre salut ? Les soldats l’ont autrefois mis à nu, dépouillons-nous maintenant de nos vêtements pour que tout l’ordre militaire obtienne le pardon ! Le froid est rigoureux, mais le Paradis est doux ! Prenons donc patience pour un court instant, afin d’être réchauffés dans le sein d’Abraham. Achetons la joie éternelle au prix d’une courte nuit de tourments ! Puisque de toute manière ce corps corruptible doit mourir, acceptons maintenant de mourir volontairement afin de vivre éternellement ! Reçois, Seigneur, cet holocauste que le froid et non le feu va consumer ! » C’est en s’encourageant ainsi mutuellement que les quarante saints s’avancèrent comme un seul homme sur la glace, sans autre lien que leur propre volonté, et pendant toute la nuit ils endurèrent la morsure cruelle du vent, particulièrement glacial en cette région, en priant le Seigneur pour que, comme ils étaient entrés quarante dans le combat, ils en sortent quarante victorieux, sans qu’il en manquât un seul à ce nombre sacré, symbole de plénitude. Comme la nuit avançait et que leurs corps commençaient à se durcir et leur sang à ralentir sa circulation en leur provoquant une insupportable souffrance au cœur, l’un d’entre eux, vaincu par la douleur, quitta le lac et se précipita vers le bain surchauffé. Mais la soudaine différence de température le fit mourir presque aussitôt, privé de la couronne de la victoire. Les trente-neuf autres, navrés de la perte de leur compagnon, redoublèrent leur prière, et soudain une grande clarté vint percer le ciel et s’arrêta au-dessus du lac en réchauffant les saints martyrs, et des anges descendirent pour poser sur leurs têtes trente-neuf couronnes resplendissantes. Devant cette merveille, un des gardes, nommé Aglaïos, qui se réchauffait près du bain, eut soudain la conscience illuminée par la foi. Constatant qu’une quarantième couronne restait suspendue en l’air, semblant attendre que quelqu’un vînt compléter le nombre des élus, il réveilla ses compagnons d’armes, leur jeta ses vêtements et il s’avança avec empressement sur la glace pour rejoindre les martyrs, criant que lui aussi était chrétien.

Lorsque, le lendemain matin, Agricolaos apprit l’événement, il ordonna de tirer les saints hors du lac et de les achever en leur rompant les jambes, puis d’aller jeter leurs corps au feu afin qu’il ne restât aucune trace de leur glorieux combat. Comme on les traînait vers l’ultime supplice, les glorieux martyrs chantaient : Nous avons passé par le feu et par l’eau, mais Tu nous en as tirés, Seigneur, pour nous procurer le rafraîchissement ! (Ps 65, 12). Après avoir exécuté leur besogne, les bourreaux chargèrent les corps des saints sur un chariot pour les conduire au bûcher. Ils s’aperçurent alors que le plus jeune d’entre eux, Méliton, était encore vivant et le laissèrent, dans l’espoir de le convaincre finalement à renier sa foi. Mais sa mère, qui avait assisté au spectacle, vint prendre son enfant dans ses bras et le déposa elle-même sur le chariot avec les autres corps, en lui disant : « Ne reste pas privé de la couronne, ô mon cher fils, rejoins tes compagnons pour jouir de cette lumière éternelle qui dissipera mon affliction. » Et, sans répandre une larme, elle accompagna le chariot jusqu’au bûcher, le visage rempli de joie.

Suivant les ordres du gouverneur, les soldats dispersèrent les cendres des martyrs et jetèrent leurs ossements dans le fleuve ; mais, au bout de trois jours, les saints apparurent en vision à l’évêque de Sébaste, Pierre , et lui indiquèrent l’endroit du fleuve où ils étaient retenus pour être vénérés par les fidèles. Par la suite les reliques des Quarante Martyrs furent distribuées dans de nombreux lieux, et leur culte se répandit, principalement grâce à la famille de saint Basile, qui leur portait une grande dévotion .

La nuit qui précéda leur martyre, les saints dictèrent leur Testament, sous forme d’exhortation, à un jeune esclave, Eunoïcos, qui fut témoin de leurs combats et put échapper aux persécuteurs. Il transmit cet admirable texte à la postérité et prit soin, par la suite, du sanctuaire où étaient déposées leurs reliques. C’est dans ce Testament qu’on peut trouver les noms des Quarante martyrs : Acace, Aétios, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (ou Claude), Cyrille, Dométien, Domnos, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychios, Flavios, Gaïos, Gorgonios et un autre du même nom, Hélien, Héraclius, Hésychios, Jean, Khoudion, (Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoktimon, Priscos, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinios, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias. L’un d’entre eux ayant fait défaut, Aglaïos, le soldat, vint le remplacer pour compléter leur nombre sacré .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Quarante martyrs, ton 1
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi / laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; / guéris toutes nos douleurs, / Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Kondakion des saints Quarante martyrs, ton 6
Ayant laissé à ce monde toute armée, / vous vous êtes attachés au Maître des cieux, / vous les Quarante Martyrs, / car étant passés par le feu et par l’eau, / vous avez reçu, Bienheureux, / la gloire céleste et les couronnes méritées.

Évangile du jour
(Matth. XX, 1-16)
Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit: Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? Ils lui répondirent: C’est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent : supporté la fatigue du jour et la chaleur. Il répondit à l’un d’eux: Mon ami, je ne te fais pas tort; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

7 mars (ancien calendrier) 20 mars (nouveau)

7 mars (ancien calendrier) 20 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
dispense d’huile et de vin

Saints Basile, Éphrem, Capiton, Eugène, Euthère, Elpide et Agathodore, évêques de Chersonèse, martyrs (IVème s.) ; saint Paul le simple, ermite en Égypte (vers 340) ; saint Éphrem, patriarche d’Alexandrie (546) ; saint Émilien, moine en Italie (VIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyr Nicolas (Rozov), prêtre (1930), Nil (Tioutioukine), moine, Matrone (Grochev), Marie (Grochev), Eudocie (Sinitzyne), Catherine (Konstantinov), Antonine (Novikov), Nadejda (Krouglov), Xénia (Petroukine) et Anne (Gorokov) (1938).

DIMANCHE DE L’ORTHODOXIE

Ce premier Dimanche de Carême, nous faisons mémoire du rétablissement des Saintes Icônes advenu sous le règne de Michel, empereur de Constantinople, et de sa mère Théodora, d’éternelle mémoire, et sous le pontificat du Saint Patriarche et Confesseur Méthode.

Lorsque Léon l’Isaurien, d’artisan et d’ânier qu’il était, prit le sceptre de l’empire, par concession de Dieu, le Patriarche Germain, qui tenait alors le gouvernail de l’Eglise, fut aussitôt appelé par lui pour s’entendre dire : « A ce qui me semble, Monseigneur, les Saintes Images ne diffèrent en rien des idoles ; ordonne donc qu’elles soient rapidement enlevées. Si elles représentent vraiment les Saints, qu’elles soient mises plus haut, afin que les pécheurs que nous sommes ne les souillent pas constamment de leurs baisers. » Le Patriarche, cherchant à détourner l’empereur d’une telle aversion, lui dit : « Sire, ne te fâche pas, mais qui entendons-nous parler contre les Saintes « Icônes »? quelqu’un qui porte le nom de « Conon »! » Et lui : « Oui, c’est ainsi que j’étais appelé, quand j’étais enfant. » Comme le Patriarche ne se laissait pas convaincre de se ranger à l’avis de l’empereur, celui-ci l’exila et mit à sa place Anastase, qui partageait ses idées. Et c’est ainsi que fut déclarée la guerre contre les Saintes Icônes. On dit que les premiers à lui inspirer cette aversion furent des juifs, qui lui prédirent grâce a une sorcière son accession au trône, alors qu’il était pauvre et qu’avec eux il pratiquait pour vivre le métier d’ânier. Lorsqu’il eut fini de vivre et si mal, Constantin Copronyme, ce lionceau encore plus cruel issu de lui, devint l’héritier de son pouvoir et plus encore de sa rage contre les Saintes Icônes. Mais qu’est-il besoin de dire les faits et gestes de cet impie? Sinon que, lui étant mort de façon encore plus honteuse, son fils [Léon IV] né de la Khazare s’assit sur le trône. Et, après que lui-même eut achevé sa méchante vie, Irène et Constantin devinrent les héritiers du pouvoir. Ceux-ci, guidés par le très-Saint Patriarche Taraise, réunirent lle septième Concile et l’Eglise du Christ accueillit à nouveau les Saintes Icônes. Lorsqu’il eurent déposé la royauté, il y eut Nicéphore le Logothète, puis son fils Stavrakios et, après lui, Michel Rangabè, qui vénérèrent les Saintes Images. A Michel succéda le féroce Léon l’Arménien : perfidement corrompu par un moine impie, un reclus, il déclencha la seconde lutte contre les Icônes, et de nouveau l’Eglise de Dieu se trouva sans ornement. Michel d’Amorium lui succéda, puis son fils Théophile qui laissèrent les autres au second plan dans la fureur contre les Icônes. Ce Théophile livra beaucoup de Pères à d’horribles peines et châtiments à cause des images sacrées. Après douze ans de règne, il fut pris de dysenterie et faillit perdre la vie : sa bouche S’ouvrit de façon exagérée, au point de laisser paraître ses entrailles. L’auguste Théodora fut très fâchée de ce qui arrivait- à peine endormie, elle eut la vision de la Sainte Mère de Dieu, tenant dans ses bras le Dieu d’avant les siècles et entourée d’Anges resplendissants, qui blâmaient et châtiaient Théophile son époux. Lorsque le songe la quitta, Théophile, s’éveillant un moment, s’écria : « Malheur à moi, je suis puni à cause des Saintes Icônes! » Aussitôt l’impératrice posa sur lui l’Icône de la Mère de Dieu, en la priant avec des larmes. Alors Théophile, malgré ses dispositions, vit quelqu’un des assistants qui portait un encolpion : il saisit la médaille et la baisa, et aussitôt cette bouche qui n’avait cessé de braire contre les Icônes et ce larynx qui bâillait sans mesure reprirent leur forme initiale ; alors il fit cesser toute contrainte et violence, confessant qu’il était bon de vénérer les Saintes Icônes et de leur rendre un culte. L’impératrice, ayant sorti de ses coffres les Saintes et vénérables Icônes, disposa Théophile à les baiser et vénérer de toute son âme. Peu après, Théophile mourut. Théodora, ayant rappelé tous ceux qui étaient en exil ou en prison, ordonna d’assurer leur liberté et elle fit renverser du trône patriarcal Jean, dit aussi lannis, plus chef de sorciers et de démons que Patriarche. Il fut remplacé, par le Confesseur du Christ Méthode, qui avait beaucoup souffert précédemment : on l’avait même enfermé vivant dans un tombeau.

Sur ces entrefaites, Joannice le Grand, qui pratiquait l’ascèse dans les montagnes de l’Olympe, eut une sainte visite, en la personne du grand ascète Arsakios. « Dieu m’a envoyé vers toi, dit-il, afin que nous nous rendions chez un très Saint Moine, Isaïe, reclus de Nicomédie, et que nous apprenions ce qui est agréable à Dieu et ce qui convient à son Eglise. S’étant donc rendus chez le Vénérable Isaie, ils entendirent de lui : « Ainsi parle le Seigneur : Voici qu’approche la fin des ennemis de Ma représentation en Image ; allez donc chez l’impératrice Théodora et chez le Patriarche Méthode, et dites-leur de calmer tous les impies, afin de pouvoir m’offrir le Sacrifice avec les Anges, en vénérant Mon Image et celle de Ma Croix. » Ayant oui cela, ils gagnèrent aussitôt Constantinople et rapportèrent au Patriarche Méthode et à tous les élus ce qui leur avait été dit. S’étant rassemblés, ils allèrent chez l’impératrice pour la convaincre ; mais ils découvrirent que ses parents lui avaient inculqué en tout la piété et l’amour de Dieu. Et aussitôt l’impératrice, détachant l’image de la Mère de Dieu qu’elle portait suspendue à son cou, à la vue de tous la baisa en disant : « Si quelqu’un ne vénère et ne baise les Icônes avec amour, non de façon idolâtre mais en relation avec leurs archétypes, qu’il soit anathème! » Et ils éprouvèrent une grande joie. A son tour, elle leur demanda de faire une prière pour son époux Théophile. Voyant sa foi, ils se laissèrent persuadés, malgré leur réluctance. Le Patriarche Méthode rassembla tout le peuple, tout le Clergé et les Evêques dans la grande Eglise de Dieu. Parmi eux furent choisis : les moines de l’Olympe Joannice et Arsakios, Naukratios et ses disciples Théodore Studite, le Grand et Saint Théophane et Théodore, ces confesseurs « marqués », le syncelle Michel l’Hagiopolite, et beaucoup d’autres ; ils célébrèrent devant Dieu une intercession de toute la nuit pour Théophile, tous priant avec larmes et de manière instante. Et ils firent ces [pannykhides] pendant toute la première semaine du Carême, l’impératrice Théodora y prenant part elle-même, avec les femmes et le reste du Peuple.

Sur ces entrefaites, l’impératrice Théodora, à l’aube du vendredi, eut un songe, et il lui sembla se trouver près de la colonne de la Croix et que des gens passaient avec tumulte le long de la voie, portant divers instruments de supplice ; au milieu d’eux, on amenait un prisonnier, l’empereur Théophile, les mains liées derrière le dos. L’ayant reconnu, elle suivit elle aussi ceux qui l’emmenaient. Lorsqu’ils arrivèrent à la Porte de bronze, elle vit un homme à l’aspect surnaturel, assis devant l’Icône du Christ, et Théophile se tint en sa présence. Comme l’impératrice, lui touchant les pieds, implorait pour l’empereur, celui-ci, ouvrant la bouche, lui dit : « Grande est ta foi, ô femme ; sache qu’en vertu de tes larmes et de ta foi, et aussi de la prière et intercession de mes serviteurs et de mes Prêtres, j’accorde le pardon à Théophile, ton mari.» Puis il dit à ceux qui l’emmenaient. « Déliez-le et rendez-le à sa femme. » Celle-ci, l’ayant reçu, s’en alla dans la joie et l’allégresse ; et aussitôt le songe s’arrêta. Telle fut la vision de l’impératrice Théodora. Alors le Patriarche Méthode (Icône ci-contre), après les prières et intercession qu’on avait faites pour lui, prit une charte neuve, où il inscrivit les noms de tous les empereurs hérétiques, y compris celui de Théophile, et il déposa le tout au bas de l’Autel. Et le vendredi, il vit lui-même un Ange effrayant entrer dans la grande Eglise et s’approcher de lui pour lui dire : «Evêque, ta prière a été exaucée, et l’empereur Théophile a obtenu son pardon ; dorénavant n’importune plus le Seigneur à son sujet! » Pour se rendre compte de la véracité de sa vision, il descendit de son siège, il prit la charte et, l’ayant déroulée, il trouva, ô merveille, que le nom de Théophile avait été effacé, par jugement divin. Apprenant cela, l’impératrice exulta grandement et demanda au Patriarche que tout le peuple se rassemble, avec les Croix vénérables et les Images sacrées, dans la grande Eglise, afin que lui soit rendue l’ornement des Saintes Icônes et que soit connu de tous le prodige nouveau. Alors, tous, ou peu s’en faut, affluèrent dans l’Eglise avec des cierges, et l’impératrice vint avec son fils. On y fit une Litie avec les Saintes Icônes, les vénérables Reliques de la Croix et le Saint Evangile, puis on sortit jusqu’au lieu dit [de la borne] milliaire, en chantant le Kyrie eleison. Au retour de la procession, on célébra la Divine Liturgie dans la grande Eglise : les Saintes et vénérables Icônes furent élevées à nouveau sur les colonnes par de Saints hommes choisis ; ceux qui avaient pratiqué la piété et le Culte Orthodoxe furent l’objet de louanges, ceux qui n’avaient pas accepté la vénération des Saintes Icônes furent excommuniés et livrés à l’anathème. Et les Saints Confesseurs décidèrent que dorénavant on célébrerait chaque année cette fête sacrée, afin qu’on ne retombât plus jamais dans une telle impiété.

O Christ, inaltérable Icône du Père, par les prières de Tes Saints Confesseurs, aie pitié de nous. Amen.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Tropaire du 1er dimanche de Carême, ton 2
Nous vénérons Ta très pure Image, Toi qui es bon, en implorant le pardon de nos fautes, ô Christ Dieu. Car Tu as bien voulu, dans Ta chair, monter sur la Croix, afin de délivrer ceux que Tu as créés, de la servitude de l’ennemi. Aussi, Te rendant grâce, nous Te crions : Tu as tout rempli de joie Sauveur, en venant sauver le monde.

Kondakion du 1er dimanche de Carême, ton 8
Le Verbe incirconscriptible du Père, fut circonscrit en s’incarnant de Toi, ô Mère de Dieu. Restaurant sous son ancien aspect l’image souillée, Il la mêla à la Divine beauté. Mais confessant le salut, nous le représentons en actes et en paroles.

Évangile du jour
(Jn I, 43-51)
Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude. D’où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. Jésus lui répondit: Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme.

21 mars

21 mars
GRAND CARÊME

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.) ; saint Birille, évêque de Catane (I-IIème s.) ; saint Lupicin, abbé de Condat (480) ; saint Thomas, patriarche de Constantinople (610) ; saint Séraphim de Vyritsa (1949) ; saint hiéromartyr Vladimir (Vvedensky), prêtre 1931.

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.)

SAINT JACQUES, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR
Notre saint Père Jacques avait entrepris, dès son plus jeune âge, de mener la vie ascétique, afin de se présenter devant Dieu comme un pur réceptacle de sa grâce. Il entra au monastère du Stoudion et devint fils spirituel de saint Théodore [11 nov.], lequel lui inspira son ardent amour de Dieu et son zèle pour la foi orthodoxe. Brillant donc de toutes sortes de vertus, il fut élevé à la charge épiscopale, et souffrit les persécutions et l’exil en défendant le bien-fondé de la vénération des saintes icônes. Après avoir enduré, avec la constance des martyrs d’antan, la faim, la soif et les mauvais traitements des agents de l’Empereur hérétique, il remit son âme à Dieu et remporta la couronne incorruptible des vaillants confesseurs de l’Orthodoxie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint hiérarque, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, / luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, / vénérable Jacques, pour les saintes images tu as combattu; / toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, / intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

LECTURE DES PROVERBES (III, 34 – IV, 22)
Le Seigneur résiste aux orgueilleux ;
mais Il donne Sa grâce aux humbles.
Les sages auront la gloire pour héritage ;
tandis que les impies exalteront leur propre ignominie.
Écoutez, enfants, l’enseignement d’un père,
et soyez attentifs à connaître la sagesse.
Car je vous fais un cadeau précieux ; ne délaissez point ma loi.
J’ai été un fils docile à mon père, et cher aux yeux de ma mère.
Ils m’ont instruit, disant que nos discours soient fixés dans ton cœur ; garde nos préceptes ; ne les oublie pas.
Ne méprise pas les paroles de ma bouche.
Ne les abandonne point, et elles s’attacheront à toi ;
aime-les, et elles te garderont.
Entoure-les de palissades, et elles t’exalteront ;
honore-les, afin qu’elles t’embrassent ;
afin qu’elles mettent sur ta tête une couronne de grâces,
et te couvrent d’une couronne de délices.
Écoute, mon fils, et recueille mes paroles,
et les années de ta vie se multiplieront,
autant que se multiplieront les voies de ta vie.
Car je t’enseignerai les voies de la sagesse,
et je te ferai cheminer dans les droits sentiers.
Si tu marches, rien n’entravera tes pas ;
si tu cours, tu ne sentiras point la fatigue.
Retiens mes instructions, ne les néglige point ;
mais garde-les en toi-même toute ta vie.
Ne va pas sur la voie des impies ;
ne porte point envie aux voies des pervers.
N’approche pas du lieu où ils dresseront leur camp ;
éloigne-toi d’eux ; hâte-toi de passer outre.
Car ils ne s’endormiront pas qu’ils n’aient fait quelque mal ; le sommeil leur est enlevé, et ils ne se reposent pas. Car ils se nourrissent du pain de l’impiété,
et s’enivrent du vin des pécheurs.
Les voies des justes brillent comme la lumière ; ils marchent, et ils sont illuminés jusqu’à ce que le jour se lève.
Mais les voies des impies sont impures ;
ils ne savent pas comment ils trébuchent.
Mon fils, sois attentif à ma voix, et prête l’oreille à mes paroles ;
et pour que les sources de vie ne te manquent pas, garde-les en ton cœur. Car elles sont la vie de ceux qui les trouvent, et la santé de leur chair.

8 mars (ancien calendrier) 21 mars (nouveau)

8 mars (ancien calendrier) 21 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Théophilacte, évêque de Nicomédie, confesseur (842-845) ; saint Hermès, apôtre (Ier s.) ; saint Dométien (363) ; saint Théodoret, prêtre d’Antioche (vers 363) ; saint Paul de Plousias en Bithynie, confesseur (IXème s.) ; saints Lazare (1391) et Athanase de Mourom (XVème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Znamensky), prêtre (1923), Vladimir (Ouchkov) (1942).

SAINT THÉOPHYLACTE DE NICOMÉDIE

Saint Théophilacte, évêque de Nicomédie, confesseur (842-845)

D’origine modeste, notre saint Père Théophylacte (né vers 765) quitta sa patrie, encore jeune, pour se rendre à Constantinople, où il entra au service de saint Taraise [25 fév.], alors que ce dernier était encore protasécrètis. Lorsque Taraise fut élevé, par la volonté de Dieu, sur le trône patriarcal (784), Théophylacte devint moine dans le monastère que Taraise avait fondé sur la rive gauche du Bosphore, en compagnie de saint Michel, le futur évêque de Synnades [23 mai]. Les deux amis spirituels rivalisaient dans les combats ascétiques, méditant nuit et jour la parole de Dieu et repoussant tout plaisir ou satisfaction de la chair. Un jour d’été, alors que tous les moines étaient accablés par les ardeurs de la soif, ils ouvrirent en grand la citerne du monastère et laissèrent l’eau se répandre à terre, sans en boire une goutte. Ils affinèrent ainsi à tel point la lourdeur de la chair que la grâce de Dieu vint habiter en leur âme et se répandait aussi sur leur corps, faisant des deux saints des images vivantes de la vertu. Saint Taraise, ne voulant pas laisser cacher sous le boisseau la lumière de ses deux disciples, les éleva contre leur gré à la dignité épiscopale : saint Michel comme métropolite de Synnades, en Phrygie, et saint Théophylacte pour l’illustre cité de Nicomédie en Bithynie.

Le nouveau pasteur, imitant l’œuvre accomplie par son père spirituel à Constantinople, ne se contenta pas d’enseigner la vraie foi et de montrer en sa personne le modèle de la conduite évangélique, mais il entreprit aussi avec diligence toute une série d’œuvres de bienfaisance. Comme saint Basile autrefois à Césarée, il fonda à Nicomédie une véritable cité de la charité : il fit construire des maisons à deux étages avec tout ce qui était nécessaire pour l’accueil et le soin des malades, organisa un hôpital avec médecins et infirmiers, dans lequel on se préoccupait aussi bien de la guérison de l’âme que de celle du corps, et il fit édifier à proximité une église dédiée aux saints Anargyres Cosme et Damien. Père des orphelins et protecteur des veuves, il se penchait avec compassion sur les besoins de toutes ses brebis spirituelles. À l’exemple de saint Taraise, il avait fait établir des registres mentionnant les noms de tous les indigents de la cité, afin de leur distribuer une aumône mensuelle. Chaque semaine, à l’issue d’une vigile nocturne, il offrait un bain chaud aux malades de ses hôpitaux et, ceint d’un linge comme le Christ, il allait lui-même essuyer leurs plaies.

Saint Théophylacte gouverna son Église dans la paix jusqu’au jour où une nouvelle persécution contre les saintes icônes fut suscitée à l’instigation du nouvel empereur Léon V l’Arménien (813-820). Dans tout l’Empire, on recommençait à détruire les icônes et à pourchasser les moines, en les soumettant aux pires avanies. En 815, le saint patriarche Nicéphore [2 juin] rassembla dans la capitale une foule de moines, d’higoumènes et d’évêques orthodoxes, parmi lesquels se trouvaient saints Euthyme de Sardes [26 déc.], Émilien de Cyzique [8 août], Joseph de Thessalonique [14 juil.], Eudoce d’Amorium, Michel de Synnades et notre Père Théophylacte. Sans craindre la colère de l’empereur, ils se présentèrent, tel un seul homme, unis par leur foi inébranlable, et lui démontrèrent le bien-fondé de la vénération des saintes icônes. Mais tous leurs efforts se heurtèrent à la mauvaise volonté du souverain et de ses théologiens de cour. En entendant leurs arguments, Léon entra dans une violente colère et ordonna de déposer le patriarche et d’exiler en différents endroits ces vaillants confesseurs. Après avoir eu la barbe arrachée et avoir été cruellement frappé, saint Théophylacte fut envoyé dans la forteresse de Strobilos, dans le thème des Cibyrrhéotes. Il y demeura pendant presque trente ans, sans pouvoir profiter de l’amnistie accordée par l’empereur Michel II lors de son avènement (820), et supporta patiemment tous les mauvais traitements en continuant de prendre soin à distance de son Église. Assidu aux longues prières de nuit pour le salut du peuple et la confirmation de l’Orthodoxie, il entretenait une vaste correspondance dans laquelle il exhortait les uns à renoncer aux avantages matériels et aux vains honneurs que procuraient les iconoclastes pour revenir à la vraie foi et prendre leur croix, et encourageait les autres à tenir bon jusqu’à la mort au moment de la confession. Dans une de ses lettres, saint Théodore Stoudite l’appelle son père : « La colonne de la vérité, le fondement de l’Orthodoxie, le gardien de la piété et le soutien de l’Église » . Malgré sa situation d’exilé, Théophylacte s’informait des besoins des pauvres et des éprouvés, afin de leur venir en aide. Quiconque l’approchait pour jouir du miel de ses paroles en était transformé et le quittait, oubliant son affliction et rendant grâce à Dieu.

Ajoutant au martyre non sanglant de la confession de la Foi celui d’une longue maladie qu’il endurait sans murmure, saint Théophylacte rendit son âme au Seigneur vers l’an 840. Lorsque la pieuse impératrice Théodora entreprit de restaurer l’Orthodoxie et de rappeler d’exil les confesseurs (843), le patriarche saint Méthode fit ramener les reliques de saint Théophylacte à Nicomédie, où elles furent déposées dans l’église Saints Cosme-et-Damien, et son nom fut placé parmi les confesseurs de la foi dans le Synodikon de l’Orthodoxie.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théophylacte, ton 6
Tu menas une vie cachée, Bienheureux, / mais à tous les hommes le Christ te montra / en te plaçant comme un flambeau / annonçant la divine clarté / et te remit les tables des enseignements spirituels: / par eux, Théophylacte, nous t’en prions, éclaire-nous.

Kondakion de saint Théophylacte, ton 2
De ta lumière tu éclairas l’univers, / pontife Théophylacte, comme un flambeau; / proclamant le Verbe consubstantiel au Père et à l’Esprit, / tu fis resplendir l’assemblée des saints Pères / et te montras un serviteur de la divine Trinité; / en sa présence, intercède sans cesse pour nous.

LECTURE DES PROVERBES (III, 34 – IV, 22)
Le Seigneur résiste aux orgueilleux ;
mais Il donne Sa grâce aux humbles.
Les sages auront la gloire pour héritage ;
tandis que les impies exalteront leur propre ignominie.
Écoutez, enfants, l’enseignement d’un père,
et soyez attentifs à connaître la sagesse.
Car je vous fais un cadeau précieux ; ne délaissez point ma loi.
J’ai été un fils docile à mon père, et cher aux yeux de ma mère.
Ils m’ont instruit, disant que nos discours soient fixés dans ton cœur ; garde nos préceptes ; ne les oublie pas.
Ne méprise pas les paroles de ma bouche.
Ne les abandonne point, et elles s’attacheront à toi ;
aime-les, et elles te garderont.
Entoure-les de palissades, et elles t’exalteront ;
honore-les, afin qu’elles t’embrassent ;
afin qu’elles mettent sur ta tête une couronne de grâces,
et te couvrent d’une couronne de délices.
Écoute, mon fils, et recueille mes paroles,
et les années de ta vie se multiplieront,
autant que se multiplieront les voies de ta vie.
Car je t’enseignerai les voies de la sagesse,
et je te ferai cheminer dans les droits sentiers.
Si tu marches, rien n’entravera tes pas ;
si tu cours, tu ne sentiras point la fatigue.
Retiens mes instructions, ne les néglige point ;
mais garde-les en toi-même toute ta vie.
Ne va pas sur la voie des impies ;
ne porte point envie aux voies des pervers.
N’approche pas du lieu où ils dresseront leur camp ;
éloigne-toi d’eux ; hâte-toi de passer outre.
Car ils ne s’endormiront pas qu’ils n’aient fait quelque mal ; le sommeil leur est enlevé, et ils ne se reposent pas. Car ils se nourrissent du pain de l’impiété,
et s’enivrent du vin des pécheurs.
Les voies des justes brillent comme la lumière ; ils marchent, et ils sont illuminés jusqu’à ce que le jour se lève.
Mais les voies des impies sont impures ;
ils ne savent pas comment ils trébuchent.
Mon fils, sois attentif à ma voix, et prête l’oreille à mes paroles ;
et pour que les sources de vie ne te manquent pas, garde-les en ton cœur. Car elles sont la vie de ceux qui les trouvent, et la santé de leur chair.

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Jovan Nikoloski