27/07/2017
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Communiqué du diocèse de France et d'Europe occidentale de l'Eglise orthodoxe serbe

Communiqué du diocèse de
France et d’Europe occidentale de l’Eglise orthodoxe serbe à propos du verdict
de 18 mois de prison pour l’archevêque d’Ohrid et métropolite de Skopje Mgr
Iovann

 La Cour d’appel de Bitola (République de Macédoine) a confirmé le verdict par lequel l’archevêque d’Ohrid Iovann est condamné à 18 mois de prison pour « provocation à la haine religieuse et raciale et célébration dans l’appartement privé». Le 11 janvier 2004, la police de la République de Macédoine, sans ordre et de manière complètement illégale est entrée dans l’appartement de l’archevêque Iovann. A ce moment là, l’archevêque célébrait la liturgie, avec l’évêque Marko, les prêtres, moines et fidèles. La police a arrêté l’archevêque et le clergé, et le tribunal a intenté un procès contre l’archevêque Iovann pour « provocation à la haine religieuse et raciale, ainsi que pour célébration illicite ». L’archevêque a passé 20 jours en prison.

Le tribunal de première instance a condamné l’archevêque à 18 mois de prison et le 22 juin 2005 la Cour d’appel a refusé la plainte de l’archevêque et confirmé la décision du tribunal de première instance. L’archevêque, n’ayant plus droit d’appel, attend l’exécution du verdict, c’est-à-dire 18 mois d’emprisonnement.

C’est l’épilogue du drame en République de Macédoine qui dure depuis mai 2002, c’est-à-dire quand l’archevêque Iovann a accepté le traité, qui a été réalisé dans la ville de Niš (Serbie et Monténégro), entre l’Eglise orthodoxe macédonienne et l’Eglise orthodoxe serbe. Etant le seul évêque du synode de l’Eglise macédonienne à avoir accepté le traité de l’union canonique avec l’Eglise orthodoxe, une persécution et un pogrom se sont déchaînés contre lui et contre tous ceux qui l’ont soutenu, tandis que les autres évêques ont retiré leurs signatures.

La même année, il a été arrêté dans son siège épiscopal à Veles (République de Macédoine). Mis en prison, un procès a été intenté contre lui pour « malversations financières ». L’archevêque Iovann a été expulsé de son diocèse et exposé au lynchage médiatique. Jusqu’à alors considéré par tous comme un évêque exemplaire, théologien exceptionnel et éminent dignitaire ecclésiastique, il est devenu une personne traquée. Il a été accusé de vol et de trahison, mais aussi d’être un espion serbe et grec travaillant contre les intérêts de son peuple. D’un seul coup, il est devenu « le plus grand traître de son peuple ».

Son éminence l’archevêque d’Ohrid Mgr Iovann est né à Bitola en 1966. Il a terminé ses études de théologie à Belgrade en 1995 et a poursuivi ses études de troisième cycle à l’Université de Thessalonique sous la direction du métropolite de Pergame, Jean Zizioulas, avec pour thème : « L’unité de l’Eglise et les problèmes ecclésiaux contemporains ». Il a été élu évêque le 19 juillet 1998.

Avec la décision de l’Assemblée de l’Eglise orthodoxe serbe du 25 décembre 2003, le métropolite de Veles Iovann a été nommé exarque de tous les diocèses sur le territoire de la République de Macédoine.

Ont été également élus deux évêques : Mgr Joachim, avec le titre d’évêque de Polog et Kumanovo et Mgr Marko, évêque de Velika. Ces trois évêques, étant les seuls reconnus par toutes les autres Eglise locales, ont constitué le synode de l’archevêché d’Ohrid nouvellement rétablit, à qui lui fut accordé le tomos de l’autonomie par l’Assemblée de l’Eglise serbe, le 24 mai 2005.

Mais sous la pression du synode de la soi-disante Eglise orthodoxe macédonienne, le pouvoir judiciaire et la police ont systématiquement empiété sur les droits civils élémentaires des membres de l’archevêché renouvelée: la pratique religieuse et la célébration du culte. Le pouvoir exécutif de la République de Macédoine a refusé l’enregistrement officiel de l’Archevêché d’Ohrid en tant que communauté religieuse. Le monastère consacré à saint Jean Chrysostome a été détruit et les célébrations des membres de l’archevêché ont été rendues impossibles.

Le dernier procès, aussi bien que la dernière condamnation font partie de la persécution qui est systématiquement menée contre l’archevêque Iovann depuis le jour où il a accepté l’unité canonique avec l’Eglise orthodoxe serbe.

C’est la seule raison pour laquelle le pouvoir judiciaire dans cette ancienne république yougoslave fait la guerre contre l’archevêque Iovann.

Le diocèse de France et d’Europe occidentale de l’Eglise serbe, à la tête duquel se trouve Mgr Luka, est stupéfait par la violation des droits de l’homme et de la liberté religieuse élémentaire en République de Macédoine ainsi que par le comportement inhumain et non civilisé envers l’archevêque d’Ohrid Mgr Iovann et les autres évêques, le clergé et les fidèles de l’archevêché d’Ohrid.

Nous sommes très inquiets pour la vie même de l’archevêque ainsi que pour les vies de tous ceux qui collaborent avec lui et qui partagent sa conscience ecclésiale.

Nous prions tous les chrétiens et tout le peuple de bonne volonté, ainsi que toutes les institutions, pour la protection des droits de l’homme et de la liberté religieuse dans le monde entier, et en particulier dans les Balkans, de faire de son mieux pour empêcher l’exécution d’un tel verdict scandaleux.

Avant tout, nous prions fraternellement tous les évêques et tout le peuple fidèle en Macédoine de ne pas continuer avec des polémiques déplacées et surtout de ne pas commencer une guerre fratricide, mais plutôt de trouver une force spirituelle pour réaliser l’unité ecclésiale dans la foi de l’Eglise, Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Diocèse de France et d’Europe occidentale de l’Eglise orthodoxe serbe

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Jovan Nikoloski