22/08/2017
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Homélie de l’évêque Tikhon de Yegorevsk, prononcée à l’occasion de la première liturgie devant la nouvelle église des néomartyrs et confesseurs de Russie, le jour de l’abdication du tsar-martyr Nicolas II

Homélie de l’évêque Tikhon de Yegorevsk, prononcée à l’occasion de la première liturgie devant la nouvelle église des néomartyrs et confesseurs de Russie, le jour de l’abdication du tsar-martyr Nicolas II

Nous publions ci-après in extenso l’homélie de l’évêque Tikhon de Yegorevsk, supérieur du monastère Sretensky, prononcée le 15 mars, à l’occasion de la première liturgie devant la nouvelle église des néomartyrs et confesseurs de Russie : « Nous savons que ce jour est particulier. C’est le jour où la Reine du Ciel, nous a donné le signe de Son icône « Souveraine » et a pris de façon providentielle le sceptre du pouvoir sur notre Patrie, sur la Russie, lequel est tombé des mains du dernier représentant de la dynastie tricentenaire, le saint martyr Nicolas II. Lorsque nous avons commencé à ériger cette église, nous avons prié afin que le Seigneur nous bénisse pour achever ce travail précisément ce jour, le centenaire du commencement des événements les plus tragiques, peut-être, qu’ait connu notre Patrie. C’est le commencement de ce chemin des épreuves que, par la miséricorde de Dieu, notre peuple a surmonté, ces épreuves qui ne l’ont pas brisé et qui ont amené au Christ, à la victoire de la Résurrection du Christ, les descendants de beaucoup de ceux qui, à un certain moment, avaient apostasié. L’église est dédiée à la Résurrection du Christ qui triomphe de tout, et aux fidèles disciples du Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire Ses saints Néomartyrs et Confesseurs. Le Seigneur a accompli le souhait de notre cœur. Et voici qu’aujourd’hui, en cette date anniversaire, importante au moins par le fait que nous réfléchissons à la voie parcourue par notre pays et notre peuple, nous prêtons l’oreille aux leçons que nous devons tirer et nous comprenons le principal : tout se trouve dans les mains de Dieu seulement. Le Seigneur fait descendre aux enfers et en fait remonter. C’est ce qui s’est produit aussi avec notre Patrie, descendue aux enfers et remontée vers la Résurrection du Christ, la résurrection de la vie en Dieu pour des millions de nos compatriotes. Les leçons de Dieu sont parfois très lourdes. Les leçons de Dieu résident encore dans le fait que l’insouciance, la pusillanimité, l’infidélité des hommes sont supportées longtemps par Lui, mais arrive ensuite la minute lors de laquelle les plus insouciants et leurs descendants doivent expier par une épreuve amère, mais salvatrice. Nous commémorons aujourd’hui les saints Néomartyrs, mais nous ne savons pas combien il y a eu de martyrs de l’ombre, qui à un certain moment ont renié l’Église et la foi, mais grâce aux épreuves et la voie du martyre sont revenus au Christ, peut-être durant les dernières minutes. Ils sont revenus et ont découvert le sens et le but de toute leur vie, l’union avec Dieu, l’union avec le Christ. Cela s’est produit de la même façon que sur le Golgotha avec le larron : se trouvant sur la croix, il a fait au dernier moment ce qui lui était possible, il prononça de tout cœur seulement quelques mots : « Souviens-Toi de moi, Seigneur, dans Ton Royaume ». Il n’a eu dans sa vie aucun labeur spirituel, aucune piété toute sa vie durant. Seulement les péchés d’abandon, de trahison, de lâcheté et de tromperie, selon l’expression de l’empereur Nicolas Alexandrovitch. C’est la même chose que, probablement, de nombreux compatriotes pouvaient dire d’eux-mêmes : ils étaient coupables de trahison, de lâcheté et de tromperie. À l’égard de l’Église, du Seigneur, il s’agissait de la voie historique de la Russie orthodoxe, la voie qu’ils connaissaient, mais qu’ils ont négligée. Ce sont des leçons pratiques pour nous tous. Nous fêtons la gloire des saints Néomartyrs, vilipendés et rejetés par ce siècle, ridiculisés et torturés par leurs contemporains. Notre mémoire, c’est comme une sorte d’icône, ici sur terre, de ce qui se produit dans le Royaume céleste. Notre mémoire, n’est qu’un petit éclat de la gloire que ces hommes ont dans le Royaume des cieux. Ils étaient peu nombreux, mais ils avaient précisément raison, ils ont choisi précisément la véritable voie, parce qu’ils ont choisie la Voie, la Vérité et la Vie – le Christ. Malgré cela, il semblait que tout, autour d’eux, leur criait : « Quittez-Le ! Laissez-Le – et vous vivrez ». Et eux disaient autre chose : « Cherchons Dieu, et notre âme vivra » (cf. Ps. 68,33). C’est une haute leçon spirituelle. Mais il y a aussi une leçon pratique. Elle ne vient pas des saints Pères, ni des grands ascètes, elle nous est enseignée par des contemporains, qui regardaient les événements depuis l’extérieur, en 1917. L’un d’entre eux n’était pas orthodoxe, je ne sais même pas s’il était chrétien, il s’agit de l’ambassadeur de France à Petrograd, Maurice Paléologue, qui disait : « C’est étonnant, je ne connais pas d’autre peuple plus influençable que le peuple russe ». Ces gens qui saluaient le renversement de l’autocratie, convaincus de la justesse de leurs actes, s’écriaient avec enthousiasme : « Hourra ! » (c’est le mot séculier pour « Hosanna »), de même qu’ils persuadaient tous et eux-mêmes qu’enfin tout changerait, que viendraient les gens les plus dignes, que commencerait le royaume du bonheur et de la justice. Quelques mois après, les mêmes personnes étaient horrifiés et pleuraient avec des larmes de sang, parce que le pays qu’ils avaient remis eux-mêmes à ceux qui étaient les plus dignes et qui avaient été élus, s’effondrait. Vers l’été 1917 déjà, il n’y avait pratiquement plus de Russie, voilà ce qu’en ont fait ceux qui avaient frénétiquement brigué le pouvoir, qui affirmaient avec suffisance et croyaient fermement qu’ils savaient comment faire mieux. Il s’est avéré que diriger l’État russe était plus que difficile. Le pays s’effondrait et tombait dans les mains de l’antichrist, de ses précurseurs. Qui a transmis la Russie et son peuple  aux mains de ces précurseurs ? – Ceux qui aimaient infiniment la Russie, comme ils le disaient. Et il faut dire qu’ils ne mentaient pas. Tous ces acteurs du complot ignoble – et les militaires, et les aristocrates, et les membres de la douma, et l’intelligentsia, et le peuple, criaient partout : nous faisons cela pour la Russie ! Nous sommes prêts à mourir pour elle ! Et, par la suite, ils ont prouvé leur amour parfois par leur mort même, dans l’armée blanche. Mais voici qu’en définitive ce sont précisément ces gens qui aimaient infiniment la Russie qui ont livré le pays aux mains de cet homme qui a déclaré : « Mes bons messieurs, je crache sur la Russie ! » Ces mots appartiennent à celui dont le corps gît encore aujourd’hui sur la Place Rouge. Voici ce qu’ont fait, avec grand amour pour la Patrie, ceux que l’on qualifiait alors d’espoir et de meilleurs hommes du pays. Ces leçons doivent s’imprimer dans notre esprit et dans notre cœur. Nous ne pouvons permettre à nouveau quelque chose de semblable. Maintenant, Dieu merci, les conditions préalables à pareille chose sont absentes. Mais, en un clin d’œil tout peut changer si les membres de l’Église du Christ ne le sont qu’en apparence. C’est alors que l’Esprit de Dieu les quittera. Et aujourd’hui, en ce soir magnifique, remarquable, de la Table du Seigneur, prions afin que le Seigneur ne nous laisse pas entrer en tentation, qu’Il nous délivre du malin, qu’Il nous préserve, nous le petit troupeau de Son Église. Afin que dans cette église en l’honneur des Néomartyrs, souhaitée et construite par nous tous, nous puissions durant de nombreuses années célébrer la Table du Seigneur. Afin que vos enfants et vos petits-enfants la célèbrent ici. Je voudrais vous remercier tous, au nom de toute la fraternité de notre monastère, pour la prière d’aujourd’hui. Je voudrais remercier la fraternité de notre monastère elle-même pour ses labeurs, pour la construction et l’aménagement de cette église. Je voudrais exprimer des paroles de reconnaissance à tous les constructeurs, architectes, aux remarquables artistes, aux ingénieurs. Je vous remercie vous tous pour avoir pu nous permettre, par vos labeurs et vos prières, de célébrer un office aussi extraordinaire. Probablement, ce n’est pas un hasard. Le premier office, ici au Monastère Sretensky, le jour de la fête de la Rencontre du Seigneur, en 1994, s’est produit également dans la rue, nous nous en rappelons. De même, le premier office devant la nouvelle église, se déroule, non pas à dessein, mais comme les choses l’ont voulu, en plein air, dans la grande église du monde Divin, dans lequel nous vivons tous. Je voudrais remercier également le chœur et tous les étudiants, puis encore une fois, tous nos paroissiens. Que Dieu vous aide, vous renforce dans la foi, et que la Reine du Ciel vous protège. Amen ».

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Jovan Nikoloski