21/07/2017
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Le nouveau patriarche russe appelle à une coopération sans immixtion entre l’Eglise et l’Etat

Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Cyrille appelle l'Église et l'État à rechercher l'harmonie dans leurs relations et, sans s'immiscer
dans les affaires internes à l'autre partie, à se respecter et à coopérer pour
le bien des hommes.
Dans son discours prononcé lors de la réception officielle donnée
lundi au Kremlin, à l'initiative du président russe Dimitri Medvedev, pour célébrer
l'élection du nouveau patriarche en présence des évêques ayant participé au
concile local, le chef de l'Église orthodoxe russe a rappelé que le modèle
idéal des relations entre l'Église et l'État a été défini, depuis l'époque
byzantine, par la « symphonie » des relations entre l'Église et les
autorités civiles.

« La symphonie suppose une union harmonieuse des intérêts
et une répartition des responsabilités », a-t-il précisé, ajoutant que les
caractéristiques d'une telle symphonie ont été fixées dans la tradition
canonique de l'Église orthodoxe.Toutefois, selon le patriarche Cyrille, il ne pouvait être
question d'aucune symphonie dans ces relations à l'époque des persécutions de l'Eglise
orthodoxe russe par l'Etat et de la suppression du patriarcat. « Dans les circonstances nouvelles où nous nous
trouvons, nous reconnaissons qu'il est impossible de mettre en œuvre cet idéal,
qui date du premier millénaire, cependant, en tant qu' Église, nous
reconnaissons qu'il est indispensable, au moment de construire un modèle des
relations Église-État, que nos pensées et nos actions soient guidées par l'esprit
de la symphonie », a déclaré le patriarche. Il a rappelé que la Russie est un État démocratique et que les
principes inscrits dans la
Constitution de la Fédération de Russie sont acceptés de tous.
« C'est pourquoi c'est l'esprit de la symphonie, et non la lettre, qui doit
se réaliser dans ce cadre juridique, et sur la base des textes constitutionnels
existants. Ceci ouvre des perspectives remarquables pour le développement des
relations entre l'Église et l'État, de façon à ce que ni l'État, ni l'Église ne
s'immisce dans les affaires de l'autre partie, qu'ils respectent leurs
positions respectives concernant ces affaires internes, et en même temps, qu'ils
entreprennent la construction d'un vaste système d'interactions, de dialogue et
de coopération », a souligné le nouveau patriarche.

Selon lui, il s'agit avant tout de l'interaction entre l'Église
et l'État dans les domaines qui relèvent de la vie intérieure et spirituelle, de
la morale et de la conception du monde. Si les appels de l'Église au bien, à la
pureté, à la sainteté sont entendus, alors l'Église et l'État pourront
conjointement aider l'homme contemporain à faire face aux défis, aux crises et
aux problèmes du monde actuel, a ajouté le patriarche Cyrille. « L'État se préoccupe de ce qui est terrestre, et l'Église,
de ce qui est céleste. On ne peut pas imaginer le ciel sans la terre, ni la
terre sans le ciel. La terre et le ciel représentent l'harmonie de l'existence,
de la création de Dieu », a dit le patriarche, exprimant son espoir que l'union
du divin et du terrestre, des efforts de l'Église et de ceux de l'État, visera
à l'épanouissement spirituel et matériel des hommes.

La réception officielle organisée dans la salle Andreevski du
Kremlin a accueilli 249 évêques de l'Église russe et d'autres Églises
orthodoxes.

Source: agence Interfax (traduit du russe pour Orthodoxie.com par L.D.-V.)

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Jovan Nikoloski