25/09/2017
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« L´Espérance des « serviteurs de Jésus » dans la traversée du désert » par Mgr Silouane

 «Voici Mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom » (Matthieu 12, 18-21)

Cette prophétie résume la vie de ce «serviteur» que Dieu «a choisi» et en qui Son «âme a pris plaisir», le vase d´élection de son «Esprit», Sa Parole «aux nations» leur révélant Son amour et Sa volonté, l’Icône par excellence de fidélité jusqu’à la fin, dans une humilité extrême y un abandon total, en vue de réaliser la merveilleuse providence de Dieu, et de «faire triompher la justice». Ce «serviteur» dont a parlé Isaïe (42, 1-4) n´est autre que Jésus qui, grâce à cette providence, conduit l’homme qui s´est éloigné de la justice, – se laissant être altéré par le péché, aliéné de Dieu, et soustrait à son humanité authentique -, vers la dignité que Dieu lui remet, non seulement pour être l’objet de Son amour et de Sa prédilection, mais aussi pour la beauté de la vertu de sa créature. C´est cette justice-dignité qui a été instaurée par la Croix du Calvaire, confirmée par la pierre roulée de la porte de la tombe, et qui est offerte à jamais à notre monde souffrant en vue d´aller à Sa suite. Aujourd’hui, les «serviteurs de Jésus», qui se trouvent dans la «fournaise de feu» et qui «espèrent en Son nom», traversent le « désert », ce temps qui sépare le moment de l´adoption de cette providence et de sa réalisation dans la vie de chacun d´eux. Ils suivent le chemin inauguré par « ce Serviteur choisi » tout en étant «pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus», portant «ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu», pour que «la vie de Jésus soit aussi manifestée dans leur corps» (2 Cor 4, 8-10; 7; 11). Ces «serviteurs» enrichissent à beaucoup grâce à la lumière de leur foi vivante conjuguée avec le fait de donner la gloire à Dieu de tout leur cœur ; au lieu d’être l’opprobre du monde, ils sont devenus la cause d’une espérance vivante et éternelle dans un monde que se vide d’avoir «espérance en Son nom». En traversant ce désert pour célébrer notre Pâque mystique, notre église antiochienne ne peut sinon continuer de contempler ce mystère en la personne de l’un de ses «serviteurs», qui «ne conteste point, ne crie point, et que personne n’entende sa voix dans les rues», le métropolite Paul d’Alep. Tout en étant toujours investi de sa « mission ecclésiale singulière », et en vertu de la grâce de l´épiscopat qu’il porte, il prie pour ceux qui, comme lui, «espèrent en Son nom», pour qu’ils soient consolés, et aussi pour ceux qui ignorent ce nom pour que leur conscience soit illuminée, afin qu’ils puissent connaître «l’espérance en Son nom». Dans ce temps de gestation de notre espérance, je me remets à vos prières pour pouvoir chanter avec vous l´hymne des «serviteurs de Jésus» : «Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !».

Mgr Silouane, métropolite de Buenos Aires et de toute l’Argentine (Patriarcat d’Antioche)

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Jovan Nikoloski