18/08/2017
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Message de Noël du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

Message de Noël du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

 

LA PAIX DE DIEU – CHRIST EST NE !

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (Lc 2,14)  

Nous voici cette année encore devant la fête de la Nativité, fête de l’amour infini de Dieu, car c’est aujourd’hui que dans la ville de David nous est né le Christ Seigneur (Lc 2,11), l’Emmanuel qui signifie Dieu avec nous (Mt 1,23). Ce grand mystère de l’Incarnation du Dieu Logos, caché depuis le commencement des siècles (Jn 1,2), avait été d’abord annoncé par les anges de Dieu dans leur hymne de Noël plein d’amour et de paix (Lc 2,14). Puis se joignirent à eux les bergers et les sages venus d’Orient, rassemblant ainsi le ciel et la terre autour du Dieu-enfant Christ, les anges et les hommes, et tous les peuples de la terre dans le temple du Dieu vivant (2 Co 6,16).

Comment cet événement de la Nativité du Christ, qui constitue selon les saints Pères un miracle plus important que la création du monde elle-même, nous a-t-il été transmis par les saints évangélistes, témoins oculaires et serviteurs de la Parole (Lc 1,2) ? Dans son évangile, l’apôtre Matthieu s’adresse à ses compatriotes juifs dans le but, sur la base des prophéties vétérotestamentaires, de porter témoignage que Jésus de Nazareth est le Christ ou le Messie, l’Oint de Dieu, le Sauveur du monde (Ps 138 ; Is 7,14). C’est pourquoi il commence son évangile par l’ascendance de notre Seigneur Jésus-Christ (Mt 1, 1-17), soulignant ainsi Sa nature authentiquement humaine. Dans cette généalogie, il mentionne les figures centrales de l’Ancien Testament, en distinguant notamment Abraham et le roi David, car c’est à eux que se rattachent la plupart des prophéties sur la venue du Messie, dont l’accomplissement a eu lieu lors de la Nativité du Christ à Bethléem de Judée (Mt 2, 5-6). La première partie de l’évangile de Matthieu nous dit de façon retentissante que Dieu est devenu un homme véritable, pour nous et pour notre salut (Mt 1,2), alors que dans la seconde partie de cette généalogie Matthieu précise que le Messie est le Dieu-homme, que Sa Nativité est surnaturelle, de l‘Esprit Saint et de la Vierge Marie (Mt 1,20). En assumant Lui-même une véritable nature humaine, le Christ est devenu l’un de nous (Jn 1,14), tout en restant ce qu’Il a été depuis l’éternité – le Fils de Dieu et la Seconde Personne de la Sainte Trinité. Ainsi peut-on résumer la Bonne Nouvelle annoncée par l’évangéliste Matthieu sur le salut de tous les peuples par la foi en Jésus-Christ (Ga 2,16).

Le saint apôtre Luc, dans son évangile adressé à son disciple le pieux Théophile (Lc 1,3), puis à toutes les âmes éprises de Dieu, précise le cadre historique de la Nativité du Christ. Par son témoignage apologétique, il désarme tous les sceptiques et les incroyants qui avaient essayé d’annoncer que le Seigneur Christ était une légende et une personne inexistante, en les assurant que le Christ est une personne historique réelle, le Messie. Comme historien, Luc précise que la Nativité du Christ a eu lieu à l’époque de l’empereur romain Auguste qui a régné entre l’an 27 avant le Christ et l’an 14 après le Christ, lors du recensement général de la population accompli alors que Quirinius était gouverneur de Syrie (Lc 2,2), ce qui correspond à des faits historiques non démentis par les sources scientifiques. Prolongeant Matthieu, l’évangéliste Luc n’évoque pas la Nativité du Christ seulement à l’intention des Juifs mais aussi à celle de tous les peuples de la terre (Lc 2, 29-32). Dans sa généalogie, Luc souligne que le Christ est le Sauveur, le Nouvel Adam, le Chef et le fondateur spirituel du Nouvel Israël, du Royaume béni du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Lc 3, 21-23), ce qui met en lumière la dimension liturgique de cette fête.

Mentionnons brièvement, comme point culminant et point final, le témoignage du saint évangéliste Jean le Théologien sur la Nativité du Christ. Ce disciple bien-aimé et apôtre du Christ prolonge Matthieu et Luc, avec son Protévangile. Il y annonce que le Christ est le Fils prééternel de Dieu, le Verbe de Dieu, le Logos à travers Lequel tout a été créé (Jn 1, 1-3) et Qui comme la lumière est venu dans ce monde (Jn 1,5), afin de nous annoncer la nouvelle et éternelle Alliance entre Dieu et l’homme : « Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus-Christ » (Jn 1,17 ; Rm 10,4).

Chers frères et sœurs, tout ce dont les évangélistes ont témoigné, tout ce que les apôtres et les saints Pères ont confirmé, nous aussi nous vous en témoignons aujourd’hui, à Noël, car « Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles » (He 13,8). C’est pourquoi, par souci pastoral et par amour, nous vous convions à prendre tous part à la célébration de Noël, à laisser de côté nos soucis quotidiens, à apporter nos offrandes au Dieu-enfant Christ – de l’or spirituel, de l’encens et de la myrrhe – ce qui signifie foi, espérance et amour – et à aller à la rencontre de Dieu et de nos proches. Saint Jean Chrysostome a appelé Noël, la racine de toutes les fêtes chrétiennes car c’est à Noël que nous ont a été faite la promesse, et de façon mystérieuse et bienfaisante le don par avance, de la Sainte Rencontre, du Baptême, de la Transfiguration mais aussi de la Croix et de la Résurrection du Christ. C’est de là que viennent nos dictons populaires : « Sans Dieu, pas question de franchir le seuil de la maison » et « Il n’y a pas de plus grande fête que Noël », car c’est Noël qui donne l’avant-goût du Mystère de Dieu et du salut de tout le peuple dans l’Eglise du Christ.

Le peuple serbe est un peuple de Noël, une partie du peuple de Dieu, de tout le peuple chrétien. Il est aussi le peuple de saint Sava, le peuple du saint prince Lazare du Kosovo et de tous les autres martyrs et néo-martyrs qui ont souffert en des temps de malheur, comme l’enfant de Bethléem (Lc 2,16), pour la vérité et la justice divines. Nous nous souvenons de leurs sacrifices et les prions de nous mentionner dans leurs saintes prières dans la Bethléem céleste, afin de nous rendre dignes de nos saints ancêtres, comme le disait le patriarche Paul de bienheureuse mémoire.

Noël nous révèle le but et le sens de notre existence terrestre. Dans le langage des saints Pères, Dieu est devenu homme afin que nous les hommes soyons divinisés, afin que nous devenions des « dieux par la grâce » en imprégnant notre être de la plénitude de la bénédiction divine. Il ne s’agit pas d’un maximalisme chrétien, ni d’une utopie anthropologique, mais de la réalité de la vie en Christ, une réalité spirituelle qui est un don de Dieu. Ne permettons donc pas que quoi que ce soit en ce monde, qui « gît au pouvoir du mauvais » (1 Jn 5,19), nous sépare de l’amour de Dieu, révélé en Jésus-Christ, notre Seigneur (Rm 8,35) ! La plénitude de cet amour est dans la Nativité du Christ. C’est pourquoi Noël est vraiment « le jour que le Seigneur a fait pour qu’il soit notre bonheur et notre joie » (Ps 118,24).

Noël nous montre aussi la sainteté de la vie humaine. Cette fête nous convie à la divinisation, non à la destruction, au service de la vie, non seulement biologique mais aussi éternelle, et non à la servitude de la mort. Le saint starets Silouane l’Athonite s’est efforcé au cours de sa vie, à n’écraser ni ver de terre, ni fourmi, ni fleur, ni le moindre brin d’herbe. Toute vie a été donnée par Dieu, en particulier celle de l’être humain qui est en Christ l’icône du Dieu Vivant (2 Co 4,4). Noël nous fortifie en nous rappelant la bénédiction biblique : « Soyez féconds, multipliez, emplissez…la terre ! » (Gn 1,22). Que Dieu permette que cette bénédiction devienne le critère de vie du peuple serbe et de tous les peuples sur terre, car c’est ainsi que l’enfer du fratricide et de l’infanticide serait remplacé par la paix céleste et la plénitude de la vie. Qu’à partir de cette fête de Noël, revive la Serbie et que nos familles soient pleines de joie et des jeux d’enfants ! Le saint Evangile nous rappelle précisément que si nous ne changeons pas et ne devenons pas aussi ingénus que les enfants, nous n’entrerons pas dans le Royaume céleste (Mt 18,3). C’est pourquoi Noël est aussi la fête de nos enfants, la fête de la jeunesse et de l’avenir éternel.

En ces jours bénis de Noël, prions le Seigneur, Roi de paix (He 7,2), pour que s’éteignent les hostilités entre les peuples, pour que Ses enfants à travers le monde soient sauvés et pour qu’Il soit miséricordieux avec nous tous. Que cette fête de Noël ramène à la communauté tous ceux qui se sont éloignés de quelque façon que ce soit de l’Eglise du Dieu Vivant ! Que disparaissent les hérésies et les schismes, afin que tous les hommes, avec crainte de Dieu, foi et amour, accèdent à l’unité et à la vie de l’Eglise, une, sainte, conciliaire et apostolique ! C’est à cette unité que le Seigneur Lui-même a appelé dans Sa prière            comme premier prêtre en disant : « Que tous soient un » (Jn 17,21).

Nous saluons dans ce message de  Noël tous nos enfants spirituels dans la patrie et dans la diaspora et les appelons à vivre ensemble dans un amour fraternel, dans l’amour de Dieu. Nous prions tout particulièrement pour le Kosovo et la Métochie crucifiés, notre berceau spirituel et national, que le grand Njegoš a appelé « lieu de jugement terrible ». Tant qu’il y aura des Serbes, il y aura aussi le Kosovo ! Le Kosovo est l’âme des Serbes ! C’est pourquoi le Kosovo-Métochie restera notre terre, car c’est là que se trouvent notre Golgotha et notre Jérusalem. Que Dieu, seul Ami-des-hommes, donne la paix et la bénédiction à Son peuple et, selon les mots de Silouane l’Athonite, accorde à tous les peuples de la terre de Le reconnaître dans l’Esprit Saint, dans la lumière miraculeuse de Noël !

La paix de Dieu – Christ est né ! En vérité, Il est né !

Bénie soit la nouvelle année 2017 !

  Au patriarcat serbe, à Belgrade – Noël 2016.

Le patriarche serbe IRENEE, avec tous les évêques de l’Eglise orthodoxe serbe et Mgr Luka, évêque d’Europe occidentale

 

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Jovan Nikoloski