29/04/2017
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Réflexions de l’archiprêtre Vsevolod Tchapline sur la rencontre du patriarche de Moscou Cyrille et du pape François

Réflexions de l’archiprêtre Vsevolod Tchapline sur la rencontre du patriarche de Moscou Cyrille et du pape François

Sous le titre « Une conciliarité de couloirs », l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, ancien président du département synodal de l’Église orthodoxe russe pour les rapports entre Église et société, a critiqué sur son blog l’absence de conciliarité dans l’Église orthodoxe russe relativement à la rédaction de la récente déclaration commune du patriarche Cyrille et du pape François :

« Le métropolite Hilarion a déclaré que, dans l’Église russe, deux hommes seulement étaient au courant de la préparation et du contenu de la déclaration du patriarche et du pape. Ces deux hommes, et seulement eux, pouvaient apporter des corrections au document. « La déclaration », dit le métropolite, « a été préparée dans un cadre de stricte confidentialité. Du côté de l’Église russe, c’est moi-même qui ai participé à la préparation du texte, du côté de l’Église catholique-romaine, le cardinal Koch. Même mes plus proches collaborateurs au département des relations ecclésiastiques extérieures, qui s’occupent de la thématique catholique, et ce jusqu’aux derniers jours, ne savaient rien ni sur le texte de la déclaration, ni sur la rencontre qui se préparait. Les véritables auteurs de la déclaration sont le patriarche et le pape. C’est précisément leur vision de la situation qui se trouvait à la base du texte. Dès le début de l’automne, le patriarche a partagé avec moi les idées de base, concernant la thématique de la déclaration. Ensuite, j’ai rencontré le pape François et j’ai parlé du contenu général du document avec lui. Ensuite, le texte a été fixé par écrit, il a été ajusté, à plusieurs reprises, et par le patriarche et – par l’intermédiaire du cardinal Koch – avec le pape ». La question se pose : comment cela s’accorde-t-il avec le 34è canon des saints Apôtres, où il est dit que le premier évêque d’une région ne doit rien faire « sans l’avis de tous » ? Et comment cela s’accorde-t-il avec les statuts de l’Église orthodoxe russe, où il est affirmé que le patriarche dirige l’Église « avec le Saint-Synode » (et non pas avec un seul de ses membres) ? Entre autres, les relations du patriarche et du Synode sont déterminées par le 34ème canon susmentionné, comme il est dit dans un texte critique (cf.). avec lequel je ne suis pas d’accord, sur de nombreux points, notamment lorsqu’il affirme que notre patriarche n’aurait soi-disant pas le droit de parler avec le pape sur un pied d’égalité. Au demeurant, sur le site « Pravoslavie.ru » a été publiée une évaluation très critique du projet de document du Concile panorthodoxe sur les relations « avec le reste du monde chrétien » par le métropolite de Limassol Athanase (Église de Chypre). Merci à Mgr Tikhon [recteur du monastère Sretensky de Moscou, lequel a publié ledit article] pour ce pas courageux – la publication de ce texte. Je suis convaincu qu’il faut obtenir la discussion dans l’Église russe du projet du document sur les relations avec hétérodoxes. Il est possible et il est nécessaire de mener une discussion sous n’importe quelle forme – avec la participation des autorités ecclésiastiques ou sans elle. À ce sujet, est-ce que notre commission inter-conciliaire se réunira – ne serait-ce qu’une fois – avant le Concile panorthodoxe ?

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Jovan Nikoloski