25/09/2017
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Sur le site du monastère Sretensky de Moscou, le hiéromoine Job (Goumerov) explique l’origine du sapin de Noël et aussi sa propagation en Russie

L’apparition de l’usage du sapin de Noël lors de la fête de la Nativité du Christ est lié, selon la tradition, au nom de saint Boniface, apôtre de la Germanie (+ 5 juin 754). En prêchant parmi les païens et en leur faisant le récit de la Nativité du Christ, il abattit le chêne dédié au dieu du tonnerre, Thor, afin de montrer aux païens la vulnérabilité de leurs dieux. En tombant, le chêne, renversa quelques autres arbres, mais seul le sapin résista. Boniface appela le sapin « arbre du Christ enfant ». De toute évidence, on commença alors à installer des sapins lors de la fête de la Nativité du Christ, mais sans ornements. Le sapin lui-même, élancé, beau, dégageant une odeur agréable, était un ornement pour la maison. L’usage d’y fixer des décorations est apparu après la Réforme dans les pays protestants.

En Russie, l’institution du sapin de Noël remonte, apparemment, à l’époque de Pierre le Grand. L’Église orthodoxe fêtait alors le nouvel an le 1er septembre, en mémoire de la victoire remportée par l’empereur Constantin le Grand contre Maxence en 312. En 1342, sous le métropolite Théognoste de Kiev, il fut décidé de faire débuter l’année ecclésiale, mais aussi civile, le 1er septembre, ce qui fut entériné par le concile de 1505. La célébration de la nouvelle année civile et de la nouvelle année religieuse fut étroitement liée. L’année 1700 fut célébrée deux fois en Russie. D’abord le 1er septembre, puis, le 20 décembre 1699, Pierre le Grand adopta le décret « sur la célébration de l’année nouvelle ». Il ordonna de transférer le début de l’année du 1er septembre au 1er janvier 1700. En même temps, Pierre le Grand ordonna d’orner ce jour les maisons de « branches de pin, de sapin et de genévriers, à l’exemple de ceux exposés dans la « Galerie marchande » (« Gostiny Dvor ») de Saint-Pétersbourg. Pour marquer la joie, il est obligatoire de se souhaiter les uns les autres « bonne année ». Sur la Grande place étaient organisés des feux d’artifice. L’usage introduit par Pierre le Grand s’établit avec difficulté. Encore au début du XIXème siècle, on ne voyait des sapins que dans les maisons des Allemands pétersbourgeois. Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que l’usage des sapins ornés se répandit en Russie (…) Avec le début des persécutions contre l’orthodoxie, le sapin de Noël tomba en disgrâce. Il était dangereux d’en avoir un chez soi. Mais, le 28 décembre 1935, dans le journal « Pravda », un article parut sous le titre « Organisons un bel arbre de Noël pour les enfants à l’occasion du nouvel an ! » L’auteur était le secrétaire du Comité central du Parti communiste de l’URSS, P.P. Postychev. À partir de janvier 1933, il fut second secrétaire du Comité central d’Ukraine et reçut pour objectif « de satisfaire le plan d’approvisionnement de blé ». Postychev, avec Molotov, fut l’organisateur de la famine qui frappa 3,5 à 4 millions de personnes en Ukraine (dont 100.000 enfants). Deux ans après, il apporta un soin particulier à ce que les enfants fêtent joyeusement la nouvelle année : « À l’époque prérévolutionnaire, la bourgeoisie et les représentants de celle-ci dressaient un sapin de Noël pour leurs enfants à l’occasion de la nouvelle année. Les enfants des ouvriers regardaient avec envie, par la fenêtre, les sapins avec des lumières colorées et les enfants des riches faire la fête autour de ceux-ci. Pourquoi, dans les écoles, des orphelinats, des crèches, des clubs pour enfants, les palais des pionniers, les enfants des classes laborieuses du pays soviétique sont-ils privés de ce magnifique plaisir ? (…) Aussi, allons à la rencontre joyeuse du nouvel an pour les enfants, installons un beau sapin soviétique dans toutes les villes et tous les kolkhozes ! » C’était la période dite « du quinquennat sans Dieu » (1932-1937) [période à l’issue de laquelle la religion devait être définitivement éradiquée, ndt.]. On organisa alors des rites pour les nouvelles fêtes, afin d’abroger entièrement les fêtes orthodoxes. Au lieu de l’étoile de Bethléem, ce fut l’étoile rouge qui fut fixée au sommet des sapins. Des décennies ont passé. Des millions d’enfants voient à nouveau sur l’arbre de Noël orné, l’étoile de Bethléem. Et en dessous, l’Enfant-Dieu, qui est né afin que cesse pour nous la nuit spirituelle.

Source : Pravoslavie.ru

 

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Jovan Nikoloski