3 avril (ancien calendrier) /  16 avril (nouveau)
  • Facebook
  • Twitter
  • Email
  • Vkontakte
  • Messanger
  • Telegram
  • WhatsApp
  • Twitter
  • Pinterest

GRAND JEUDI

Mémoire de la Cène mystique

Saint Nicétas le Confesseur, higoumène du monastère de Médice en Bithynie (824); saint Urbice, évêque de Clermont (IIème s.) saints martyrs Elpidophore, Dios, Bythonios et Galycos ; saint Hillyrios ; sainte martyre Théodosie, vierge (308) ; sainte Burgondofare (ou Fare), abbesse de Faremoutiers (657); saint Joseph l’hymnographe (886) ;  saint Paul le Russe, néo-martyr grec (1683), mort par le glaive.

HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR LE GRAND JEUDI

… Mais il est temps enfin de s’approcher de cette table redoutable. Approchons-nous donc tous avec le calme et la vigilance convenables. Qu’on ne voie plus de Judas, plus d’esprits pervers, d’âme empoisonnée affichant des sentiments qu’elle n’a pas. Le Christ est là : c’est Lui qui a préparé cette table, c’est Lui qu’on y reçoit. Ce n’est pas un homme qui fait que ce qui nous est offert soit véritablement le Corps et le Sang de Jésus-Christ, mais c’est ce même Christ qui a été crucifié pour nous (…) Écoutez donc ce qu’Il dit : Lorsque vous offrez votre présent à l’autel, si vous vous souvenez en ce moment que votre frère a quelque chose contre vous, laissez votre offrande à l’autel et allez vous réconcilier avec votre frère, après quoi vous viendrez offrir votre présent. (Matth. V, 23, 24.) Qu’hésitez-vous à pardonner, puisque ce sacrifice a été institué pour la paix avec votre frère? Si donc le but de ce Sacrifice est de vous conserver en paix avec votre frère et que vous ne vouliez pas de cette paix, vous participez en vain au Sacrifice, votre action est rendue inutile. Commencez donc par accomplir ce pourquoi le Sacrifice a été offert et alors vous en recueillerez abondamment les fruits. Le Fils de Dieu est descendu pour réconcilier notre nature avec Son Seigneur, et de plus, pour nous faire participer à Son Nom si nous voulions imiter son action. Écoutez : Bienheureux les pacificateurs, parce qu’ils seront appelés enfants de Dieu. (Matth. V, 9.) Ce qu’a fait le Fils unique de Dieu, faites-le selon votre pouvoir, afin de vous concilier la paix à vous-mêmes en même temps qu’aux autres. C’est pour cela que vous êtes appelés pacifiques, enfants de Dieu, c’est pour cela qu’au temps du sacrifice on ne vous rappelle aucun autre précepte que celui de la réconciliation avec votre frère, pour vous faire comprendre que c’est le plus grand de tous. Je désirerais m’étendre davantage, mais en voilà bien assez pour ceux qui sont attentifs, s’ils veulent s’en souvenir. C’est pourquoi; mes bien-aimés, rappelons-nous toujours ces paroles, et ces saints baisers de paix et cette communion redoutable. Rien n’est plus propre à unir nos âmes et à faire de nous tous un seul corps que cette participation au Corps de notre Sauveur. Confondons-nous donc tous en un seul et même corps, non dans une union charnelle, mais par le lien mutuel de la charité qui réunira nos âmes. Ce sera le moyen de recueillir avec confiance le fruit de ce banquet. Quand même nous aurions pratiqué à l’infini des œuvres de justice, si nous conservons le souvenir des injures, tout cela s’évanouit et ne nous sert de rien; nous n’en pourrons retirer aucun profit pour le salut. Après ces enseignements, laissons toute colère, et la conscience purifiée, approchons-nous avec toute la douceur et l’humilité possibles de la Table du Christ, à qui soient la gloire, l’honneur, le règne, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen !

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint et grand Jeudi, ton 8

Lorsqu’à la Cène, au Lavement des pieds, les glorieux disciples étaient illuminés, Judas l’impie, malade d’avarice, se couvrait de ténèbres et aux juges iniques  il Te livrait, Toi le juste            Juge. Vois donc, toi qui t’attaches aux richesses, comment à cause d’elles il s’est pendu ! Fuis l’âme insatiable qui osa commettre un tel acte contre le Maître. Toi qui es bon envers tous, Seigneur, gloire à Toi.

Kondakion du saint et grand Jeudi, ton 2

Ayant reçu le pain dans Ses mains, le traître les tend en secret pour recevoir le prix de Celui qui a façonné l’homme de Ses propres mains. Il est demeuré incorrigible, lui le serviteur et félon.

ÉPITRE DU JOUR

1 Co XI, 23-32

Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.

ÉVANGILE DU JOUR

(Matth. XXVI, 1-20 ; Jn XIII, 3-17 ; Matth. XXVI, 21-39 ; Lc XXII, 43-45 ; Matth. XXVI, 40 – XXVII, 2)

Lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples: Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié. Alors les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple se réunirent dans la cour du souverain sacrificateur, appelé Caïphe; et ils délibérèrent sur les moyens d’arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir. Mais ils dirent: Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple. Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s’approcha de lui, tenant un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de grand prix; et, pendant qu’il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. Les disciples, voyant cela, s’indignèrent, et dirent: A quoi bon cette perte? On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres. Jésus, s’en étant aperçu, leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait. Alors l’un des douze, appelé Judas Iscariote, alla vers les principaux sacrificateurs, et dit: Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils lui payèrent trente pièces d’argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus. Le premier jour des pains sans levain, les disciples s’adressèrent à Jésus, pour lui dire: Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque? Il répondit: Allez à la ville chez un tel, et vous lui direz: Le maître dit: Mon temps est proche; je ferai chez toi la Pâque avec mes disciples. Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné, et ils préparèrent la Pâque. Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze. Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu’il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait à Dieu, se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. Ensuite il versa de l’eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vint donc à Simon Pierre; et Pierre lui dit: Toi, Seigneur, tu me laves les pieds! Jésus lui répondit: Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. Pierre lui dit: Non, jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit: Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête. Jésus lui dit: Celui qui est lavé n’a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous. Car il connaissait celui qui le livrait; c’est pourquoi il dit: Vous n’êtes pas tous purs. Après qu’il leur eut lavé les pieds, et qu’il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit: Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m’appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres; car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Le soir étant venu, il se mit à table avec les douze. Pendant qu’ils mangeaient, il dit: Je vous le dis en vérité, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire: Est-ce moi, Seigneur? Il répondit: Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est celui qui me livrera. Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût pas né. Judas, qui le livrait, prit la parole et dit: Est-ce moi, Rabbi? Jésus lui répondit: Tu l’as dit. Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant: Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant: Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers. Alors Jésus leur dit: Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. Pierre, prenant la parole, lui dit: Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui répondit: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose. Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu’à la mort; restez ici, et veillez avec moi. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse, Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre: Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi! Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi: Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis. Il les quitta, et, s’éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Puis il alla vers ses disciples, et leur dit: Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! Voici, l’heure est proche, et le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s’approche. Comme il parlait encore, voici, Judas, l’un des douze, arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d’épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe: Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui; saisissez-le. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit: Salut, Rabbi! Et il lui donna le baiser. Jésus lui dit: Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le. Alors ces gens s’avancèrent, mirent la main sur Jésus, et le saisirent. Et voici, un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée; il frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. Alors Jésus lui dit: Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges? Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi? En ce moment, Jésus dit à la foule: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes fussent accomplis. Alors tous les disciples l’abandonnèrent, et prirent la fuite. Ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. Pierre le suivit de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s’assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent: Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien? Qu’est-ce que ces hommes déposent contre toi? Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu’avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d’entendre son blasphème. Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort. Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t’a frappé. Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s’approcha de lui, et dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là, s’étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir. Après l’avoir lié, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur.

SAINT NICÉTAS LE CONFESSEUR

3 avril (ancien calendrier) /  16 avril (nouveau)Notre saint Père Nicétas vit le jour à Césarée de Bithynie, près de Prousse. Sa mère étant décédée huit jours après sa naissance, il fut consacré à Dieu, tel un nouveau Samuel, et mis au service d’une église par son père, Philarète, qui ensuite devint moine. L’évêque de la cité prit avec lui l’enfant pour lui enseigner les saintes lettres et, vers l’âge de douze ans, il l’ordonna lecteur. Méditant avec zèle les livres saints et saisi d’une divine ardeur quand il lisait les paroles du Seigneur exhortant ses disciples à quitter le monde, il décida d’imiter l’exemple de son père et de prendre à son tour sa croix pour suivre le Christ. Il se rendit auprès d’un saint ascète, nommé Étienne, qui demeurait près de la ville dans une grotte, et vécut avec lui pendant quelque temps dans un grand renoncement. Mais l’ermite lui conseilla cependant de se livrer, pour le profit de son âme, aux épreuves de la vie commune. « Tu trouveras là, lui dit-il, l’affliction qui procure la joie et tu pourras acquérir, par les épreuves de la vie cénobitique, le discernement et le progrès dans l’ascension vers Dieu. »

L’adolescent se rendit donc au monastère du Médikion, récemment fondé au Mont Olympe de Bithynie par saint Nicéphore [4 mai]. Son obéissance exemplaire, son amour sans bornes pour son père spirituel, sa tempérance et sa patience le firent aimer de tous les frères et, cinq ans plus tard, il fut ordonné prêtre par le patriarche saint Taraise [25 fév.]. Dès son retour au monastère, saint Nicéphore, sans renoncer officiellement à son titre d’higoumène, lui confia de fait la direction de la communauté qui comptait près de cent moines, en collaboration avec un moine renommé du monastère des Symboles, Athanase, qu’il avait chargé du temporel. Le zèle pour la vertu de ces saints hommes fit du Médikion un modèle pour tous les autres monastères du temps et un véritable ciel terrestre, où jamais on entendait une seule parole vaine. Saint Nicétas était pour les frères une image vivante de toutes les vertus et il les dirigeait avec une rigueur mêlée d’une humilité pleine de douceur. Par la grâce de Dieu, qu’il avait à demeure en lui, il prédisait l’avenir et guérissait nombre de malades qui se présentaient au monastère. Mais, au bout de quelque temps, il se vit privé successivement d’Athanase et de son père spirituel, Nicéphore, et dut accepter, sous la pression des moines et du patriarche Nicéphore Ier [2 juin], la charge d’higoumène.

En ce temps-là, Léon V l’Arménien (815), ayant renouvelé la persécution contre les défenseurs des saintes icônes, convoqua à Constantinople les higoumènes les plus en vue, dans l’espoir de les attirer à son parti et de gagner ainsi par eux l’ensemble du peuple resté fidèle à l’Orthodoxie. Comme le souverain invoquait la prescription du Seigneur de prier en esprit et en vérité (Jn 4, 22) pour justifier le rejet des saintes icônes, Nicétas lui répliqua audacieusement que ceux qui, comme lui, agissent ainsi, renient la réalité de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Voyant que ses arguments restaient vains et craignant la réputation de sainteté de l’higoumène du Médikion, le tyran décida de passer à la violence. Il fit jeter le saint dans un cachot, dont la seule odeur était insupportable, et le livra aux outrages et aux injures de ses envoyés, qui venaient régulièrement l’interroger.

La présence des confesseurs dans la capitale représentant une menace pour l’application de ses desseins, Léon envoya Nicétas et ses compagnons à pied, en plein hiver, au fort de Massalaia, en Asie Mineure et, sitôt parvenus à destination, il les fit revenir à Constantinople. Il leur annonça alors qu’il leur suffirait de communier une seule fois avec Théodote (815-821), lequel avait été substitué au patriarche saint Nicéphore envoyé en exil, car celui-ci possédait, prétendait-il, des icônes chez lui et les « vénérait », mais sans les « adorer ». Épuisés par un long emprisonnement et trompés par les paroles hypocrites de l’empereur, les confesseurs acceptèrent de communier avec l’intrus et convainquirent Nicétas de les imiter (Pâques 815).

Aussitôt après cet événement, le saint, brûlé de remords, s’enfuit d’abord vers l’île de Proconnèse (mer de Marmara), en vue de faire pénitence dans un lieu retiré ; puis, pensant à l’influence néfaste qu’avait eu dans l’opinion du peuple cette communion avec les hérétiques, il revint à Constantinople et se rétracta sur la place publique, en se frappant la poitrine et se condamnant pour cette faute commise par respect humain (818) . Il fut aussitôt arrêté et interné dans l’île Sainte-Glycérie, au cap Akritas, où il fut soumis pendant six années aux persécutions d’un certain Anthime, qu’on avait surnommé Caïphe à cause de son attitude cruelle envers le disciple du Christ. Enfermé dans un cachot sans lumière, nourri de quelques morceaux de pain moisi et d’eau croupie, saint Nicétas endurait avec patience ces souffrances, décidé à tout supporter jusqu’à la mort pour effacer sa faute et préserver la foi orthodoxe. Mais si son corps était oppressé de toutes manières, son âme, elle, s’élevait librement dans les hauteurs de la contemplation et Dieu lui accordait d’accomplir des miracles en faveur de ses amis en danger.

À la mort de Léon V (820), la paix étant revenue, Nicétas fut libéré, mais il ne rentra pas au Médikion. Se jugeant en effet indigne de reprendre la direction du monastère après sa chute, et décidé à offrir sa vie, si ce n’était par le martyre du sang tout au moins par celui de la conscience, il passa de lieu en lieu dans les îles proches de Constantinople, vivant seul avec Dieu et offrant l’assistance de ses prières pour la consolation des malades et des affligés. Finalement, il s’installa dans un petit domaine sur la Corne d’Or, en face de Constantinople, où il mena une vie angélique plus qu’humaine. Au bout de quelques mois, exténué par les souffrances de l’emprisonnement et par ces nouvelles austérités, il tomba gravement malade et rendit son âme à Dieu, le 3 avril 824. Un grand nombre de moines et de confesseurs de l’Orthodoxie assistèrent à ses funérailles, parmi lesquels saint Joseph de Thessalonique [14 juin], et ils accompagnèrent son corps en procession jusqu’au monastère du Médikion, où il fut déposé aux côtés de saint Nicéphore.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

La suite de l’article est réservée aux abonnés d’Orthodoxie.com!

Pour accéder à un nombre illimité d’articles complets, veuillez :

  • Facebook
  • Twitter
  • Email
  • Vkontakte
  • Messanger
  • Telegram
  • WhatsApp
  • Twitter
  • Pinterest

À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

Lettre d’informations

Ne manquez pas les mises à jour importantes. S'inscrire à notre lettre d'informations gratuite.

Divider

Articles populaires

Lettre du patriarche œcuménique Bartholomée aux primats des Églises orthodoxes locales au sujet d... À la Une 173159

Nous publions ci-dessous le communiqué du Patriarcat œcuménique, suivi de la lettre du Patriarche Bartholomée adressée aux primats des Églises orth...

20 mai (ancien calendrier) / 2 juin (nouveau) Vivre avec l'Église 108513

20 mai (ancien calendrier) / 2 juin (nouveau) Saints Thallalée, Alexandre et Astère, martyrs en Phénicie (vers 284) ; saint Asclas, martyr en Égypt...

2 juin Vivre avec l'Église 108511

Saint Nicéphore, archevêque de Constantinople, confesseur (828) ; saint Pothin, évêque de Lyon, avec saints Sanctus, diacre, Vétius, Epagathus, Mat...

Les paroisses dans la juridiction du Patriarcat d’Antioche rouvrent leurs portes le 7 juin Actualités 173147

C'est par un communiqué que le métropolite Ignace du Patriarcat d'Antioche annonce la reprise des offices célébrés dans les paroisse da sa juridict...

19 mai (ancien calendrier) / 1er juin (nouveau) Vivre avec l'Église 108474

19 mai (ancien calendrier) / 1er juin (nouveau) Saints Patrice, évêque de Prousse en Bithynie, avec ses compagnons : Acace, Ménandre et Polyène, pr...

1er juin Vivre avec l'Église 108472

1er juin Saint Justin le Philosophe et ses compagnons : Chariton, Charité, Evelpiste, Hiérax, Péon, Valérien et Justin, martyrs à Rome (166) ; sain...

31 mai Vivre avec l'Église 69348

7e dimanche de Pâques. Après-fête de l’Ascension et dimanche des Saints Pères du 1er Concile Œcuménique (325). Sainte Pétronille, vierge, martyre à...

Le programme académique 2020-2021 de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge À la Une 173127

Le livret 2020-2021 qui présente l’offre de cursus, de colloques et de formations en théologie orthodoxe de l’Institut Saint-Serge est ...

« Orthodoxie » (France-Culture): « Le visage intérieur » Écouter 173124

Ci-dessous : le podcast audio de l’émission Orthodoxie sur France-Culture du 24 mai intitulée « Le visage intérieur » (rediffusion de l’émiss...

Le documentaire « Saint Mardaire – évêque sans adresse permanente » À la Une 173115

« Saint Mardaire – évêque sans adresse permanente » est un documentaire sur saint Mardaire (Uskoković) (1889-1935), premier évêque du premier...

Une église orthodoxe de Shanghai transformée en librairie Actualités 173109

Sur les murs de l’église de Saint-Nicolas, vous ne verrez pas d’iconographie traditionnelle, mais des étagères en acier pour les livres...

17 mai (ancien calendrier) / 30 mai (nouveau) Vivre avec l'Église 105424

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR Tropaire de la fête, ton 4 Tu t’es élevé dans la gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promes...