24/10/2017
Actualités
Page d'accueil > Résultats de la recherche : Pèlerinage en Terre Sainte

Résultats de la recherche : Pèlerinage en Terre Sainte

Pèlerinage en Terre Sainte du 26 octobre au 5 novembre

L’exarchat du Patriarcat oecuménique (Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe) organise à nouveau à l’automne 2017 un pèlerinage en Terre Sainte. Il aura lieu du 26 octobre au 5 novembre et permettra aux participants de découvrir les principaux lieux saints où s’est déroulé le mystère de notre salut et de participer à de nombreuses célébrations liturgiques à Nazareth, Bethléem et Jérusalem. Ce pèlerinage aura lieu avec la bénédiction de l’archevêque Jean de Charioupolis, qui en a confié l’organisation et la préparation, comme les années précédentes, au père Yannick Provost.Vous trouverez ci dessous de nombreuses photos des années précédentes 2011, 2012, 2013, 2014 et une sélection inédites de photos de 2016. . Le programme détaillé et les conditions d’inscription peuvent être téléchargés ici.

Pèlerinage en Terre Sainte 2015

L’archevêché des églises orthodoxes russes organise à nouveau à l’automne 2015 un pèlerinage en Terre Sainte. Il aura lieu du 19 au 29 octobre et permettra aux participants de découvrir les principaux lieux saints où s’est déroulé le mystère de notre salut et de participer à de nombreuses célébrations liturgiques à Nazareth, Bethléem et Jérusalem.
Ce pèlerinage sera conduit par l’évêque Jean de Charioupolis, l’organisation et la préparation ont été confiés comme les années précédentes au père Yannick Provost.
Vous trouverez ci dessous une sélection inédites de photos de 2014.
Le programme détaillé et les conditions d’inscription peuvent être téléchargés ICI.

Pèlerinage en Terre Sainte 2015

L’archevêché des églises orthodoxes russes organise à nouveau à l’automne 2015 un pèlerinage en Terre Sainte. Il aura lieu du 19 au 29 octobre et permettra aux participants de découvrir les principaux lieux saints où s’est déroulé le mystère de notre salut et de participer à de nombreuses célébrations liturgiques à Nazareth, Bethléem et Jérusalem.
Ce pèlerinage sera conduit par l’évêque Jean de Charioupolis, l’organisation et la préparation ont été confiés comme les années précédentes au père Yannick Provost.
Vous trouverez ci dessous une sélection inédites de photos de 2014.  L’album de photographie de 2011 est disponible depuis cette page, celui de 2012 ICI.

Le programme détaillé et les conditions d’inscription peuvent être téléchargés ICI.

Pèlerinage en Terre Sainte 2013

groupe jeruLe pèlerinage organisé chaque année par l'Archevêché des églises de tradition russe en Europe occidentale vient de se terminer. Un groupe de 15 personnes accompagné et guidé par le père Yannick Provost est parti le 18 octobre de Paris. Les deux premières journées ont été consacrées à la visite des sites de Galilée (Mont Thabor, Capharnaüm, lac de Tibériade, Cana, Nazareth…). Ensuite les pèlerins sont aller prier au puits de Jacob, puis sur le lieu du baptême du Christ au Jourdain et à Jéricho. Les trois journées suivantes ont été consacrées à la visite de la Judée, commencée avec la célébration de la liturgie à la grotte de la Nativité (Bethléem, Hébron, les monastères du désert de Judée) et à une première visite à Jérusalem où le groupe a été reçu par le patriarche Théophile III le 23 octobre (photo).  Les trois derniers jours, les participants ont pu visiter Jérusalem et les environs proches. Le point culminant du pèlerinage a été la participation à la liturgie (durant la nuit du samedi 26 au dimanche 27) à l'église de l'Anastasis (Saint-Sépulcre) à Jérusalem. La liturgie était présidée par Mgr Dimitri, archevêque de Lydda, entouré de trois évêques qui accompagnaient des pèlerins (un du patriarcat oecuménique et deux de Russie). Plus d'un millier de pèlerins venus de Chypre, de Russie, d'Ukraine, de Roumanie participaient à cette liturgie.

Lire la suite »

Compte rendu du pèlerinage en Terre Sainte (29 octobre – 6 novembre)

Un compte rendu, agrémenté de photographies, de chaque journée du pèlerinage en Terre Sainte, qui s’est déroulé du 29 octobre au 6 novembre, vient d’être mis en ligne. Ce sont les notes envoyées chaque soir par le père Syméon aux frères et sœurs du monastère Saint-Silouane: 29 octobre, 30 octobre, 31 octobre, 1er novembre, 2 novembre, 3 novembre, 4 novembre, 5 novembre, 6 novembre.

Un pèlerinage en Terre Sainte des séminaristes du Séminaire orthodoxe russe en France

Les séminaristes du Séminaire orthodoxe russe en France ont effectué un pèlerinage en Terre Sainte lors de la semaine radieuse. En ligne: le compte-rendu (1 et 2), plusieurs albums de photographies et un film réalisé par un des séminaristes, Alexey Vozniuk.

Une délégation de la Métropole roumaine en pèlerinage en Terre sainte

Imagephp
Une délégation de la Métropole roumaine d’Europe occidentale et
méridionale est actuellement en pèlerinage en Terre sainte. Le 31 octobre,
Mgr Silouane, Mgr Marc et Mgr Thimothée ont été reçus par le patriarche
de Jérusalem Théophile III. Les trois évêques  ont célébré la divine liturgie dans
l’église de la Résurrection (Saint Sépulcre). Le pèlerinage se terminera demain.

Source (information et photographie): Basilica. Sur la photographie, de gauche à droite: Mgr Thimothée, Mgr Silouane, Mgr Marc.

Pèlerinage
 orthodoxe 
en Terre 
Sainte du 
3 au
13
 avril 
2016

L’Exarchat des paroisses  orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale du Patriarcat oecuménique organise à nouveau au printemps 2016 un pèlerinage en Terre Sainte. Il aura lieu du 3 au 13 avril et permettra aux participants de découvrir les principaux lieux saints où s’est déroulé le mystère de notre salut et de participer à de nombreuses célébrations liturgiques à Jérusalem, Bethléem et Nazareth où ils pourront célébrer à la fête de l’Annonciation.
L’organisation et la préparation ont été confiés comme les années précédentes au père Yannick Provost. Pour lire le programme complet, cliquez ICI.
L’album de photographie de 2011 est disponible depuis cette page, celui de 2012 ICI, de 2013 ICI et enfin les photos de 2014.

Le pèlerinage apostolique du patriarche oecuménique en Terre Sainte

article_18177_64260Sur le site de l'Archevêché des paroisses russes en Europe occidentale ont été mis en ligne des comptes rendus du voyage du pèlerinage du patriarche oecuménique en Terre Sainte: premier jour, deuxième jour, troisième jour, quatrième jour, cinquième jour et la déclaration commune du pape François et du patriarche Bartholomée.

Source de la photographie (le pape François, le patriarche Bartholomée, l'archevêque Job): Amen

Pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte 2012

Un nouveau pèlerinage a eu lieu cette année du 28 octobre au 7 novembre. Un groupe de 21 pèlerins a participé à ce voyage avec la bénédiction de l'archevêque Gabriel de Comane, sous la direction spirituelle de l'archimandrite Syméon et organisé par le père Yannick Provost. Le groupe a visité les principaux lieux saints de Jérusalem, Bethléem, les monastères du désert de Judée, Nazareth, le lac de Tibériade. Lors des visites, l'Evangile a été lu sur les lieux où se sont déroulés les principaux événements de le vie du Christ, suivis du chant des tropaires correspondants et d'une brêve homélie. Les prêtres et fidèles présents ont pu participer à quatre liturgies célébrées à la grotte de la Nativité à Bethléem, au Golgotha dans l'église de la Résurrection (Anastasis), au catholicon de l'Anastasis et à la cathédrale de l'Annonciation à Nazareth où la liturgie a été célébrée entièrement en français à l'occasion de la fête de saint Jacques, le frère du Seigneur. En plus d'une visite aussi complète que possible des principaux sites chrétiens de la région, marqués soit par le passage et la prédication du Seigneur, soit par des éléments marquants de l’histoire de l’Église ancienne en Palestine, ce pèlerinage a été l'occasion de rencontrer et de mieux connaître les communautés orthodoxes locales. Le conseil de l’archevêché avait émis en décembre 2010 le souhait de voir rénovés les pèlerinages diocésains en Terre Sainte, tels qu’ils étaient organisés, dans les années 1950-1990, sous la conduite d’abord de l’évêque Méthode de Campanie, puis de l’évêque Romain de Keramon, de bienheureuse mémoire. Mgr Gabriel de Comane avait l’an passé accompagné 54 pèlerins en Terre Sainte. Ce pèlerinage devrait être organisé à nouveau en 2013. Pour visualiser l'album de photographies de ce voyage, cliquez ICI !

Premier pèlerinage de malvoyants et malentendants en Terre Sainte

Le 10 mai est arrivé en Terre Sainte un groupe de pèlerins malvoyants et malentendants avec, à leur tête, Serge Sirotkine, dirigeant de la Société de soutien social des aveugles et sourds muets « Elvira ». Le prêtre en charge du groupe est le père Léon Archakian, clerc du diocèse de Moscou. Ce pèlerinage unique a été organisé avec la participation de la Mission ecclésiastique russe de Jérusalem.  Le 11 mai, les pèlerins, accompagnés par l’assistant du chef de la Mission, l’higoumène Théophane, ont rendu visite au patriarche de Jérusalem Théophile III. Dans son allocution, le patriarche a mentionné que « le problème de l’époque actuelle est que souvent les hommes, alors qu’ils possèdent la vue corporelle, sont aveugles spirituellement…. Aussi, c’est celui dont les yeux spirituels sont ouverts et non obscurcis qui voit bien réellement ».

 

Lire la suite »

Pèlerinage diocésain en Terre Sainte

Pyannick_jerusalem L'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale organise un pèlerinage en Terre Sainte du 21 au 31 octobre 2011. Afin de finaliser la préparation de ce voyage, le père Yannick Provost, responsable de l'organisation de ce pèlerinage s'est rendu a Jérusalem du 18 au 24 aout. Le patriarche Théophile III l'a recu longuement (photographie ci-contre) le vendredi 19 août et l'a assuré du plein soutien de l'Église de Jérusalem pour ce pèlerinage et ceux à venir. Des célébrations liturgiques sont prévues dans les principaux lieux saints de Palestine. Le groupe se composera de 55 personnes sous la direction de l'archevêque Gabriel de Comane accompagée de 5 prêtres et d'un diacre. Ce projet a rencontré un grand succès, puisque les inscriptions ont été closes en quelques semaines. Ce sera le premier pèlerinage diocésain depuis plusieurs années. Il devrait désormais avoir lieu d'une manière régulière.

Pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte

Bethléem L’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale a décidé l’organiser un pèlerinage en Terre Sainte du 21 au 31 octobre 2011, et que chaque année un pèlerinage puisse avoir lieu. Mgr Gabriel va conduire personnellement ce premier pèlerinage qui proposera une visite aussi complète que possible des principaux sites chrétiens de la région, marqués soit par le passage et la prédication du Seigneur, soit par des éléments marquants de l’histoire de l’Eglise ancienne en Palestine. De nombreuses célébrations liturgiques auront lieu tout au long de ce séjour : à Jérusalem, à Bethléem, à Nazareth, au Mont-Thabor…

Lire la suite »

Témoignage : « De la Terre Sainte à Liège en passant par la Bretagne : notre chemin vers l’Église »

Nous vous invitons à lire le témoignage d’Anne et Nicolas Van Cranenbroeck sur leur cheminement spirituel. Cet article a été publié dans Nadejda/Espérance (bulletin de la paroisse Saints Alexandre Nevsky et Séraphin de Sarov de Liège (N° 28, janvier-février-mars 2017).

crismatioh

Ntre chrismation en l’église orthodoxe de Quimper (Bretagne) par le Père Yannick Provost.

« C’est le dimanche 28 août 2016 que nous avons été chrismés, Anne et moi, par le Père Yannick (Provost), recteur de la paroisse orthodoxe de Quimper (Bretagne) faisant partie de l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Ce fut l’aboutissement, pour moi, Nicolas, d’un long chemin remontant à mon enfance et qui m’a fait découvrir, étape par étape et avec la grâce de l’Esprit Saint, l’église orthodoxe.

C’est enfant que j’ai été pour la première fois en vacances avec mes parents et mon jeune frère dans le village voisin du monastère (catholique) bénédictin de Chevetogne. C’est là que j’ai visité avec admiration l’église byzantine avec ses merveilleuses fresques et ses icônes. C’est aussi à Chevetogne que mes parents m’ont offert ma première icône (que je conserve précieusement).

Nos familles respectives, à Anne et à moi, nous ont offert comme cadeau de naissance une Foi catholique vivante. Depuis notre mariage, le 29 mai 1982, nous avons essayé de continuer à la vivre de notre mieux, entourés des vivants et des défunts. Lors de la Révolution française, mes ancêtres paternels ont caché un prêtre. Ma famille maternelle a quitté Reims au début du XXème siècle pour revenir en Belgique afin de pouvoir continuer à élever les enfants dans la Foi. L’un de ces sept enfants est devenu Père Jésuite. Anne a eu la grâce d’avoir un oncle moine à l’abbaye trappiste Notre-Dame d’Orval.

Adolescent, j’ai pris conscience de la situation dramatique des chrétiens d’URSS et des pays communistes d’Europe de l’Est grâce la lecture des Cahiers du Samizdat, du mensuel Catacombes (dont le rédacteur en chef était Sergiu Grossu), du bulletin d’informations de l’Aide à l’église en Détresse (AED), association catholique internationale animée par le Père Werenfried van Straaten, et par les publications du Foyer Oriental Chrétien de Bruxelles. De la lecture à l’action, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que j’ai signé des pétitions, envoyé des lettres et même manifesté devant l’ambassade d’URSS à Bruxelles avec Maman (je me souviens même des agents qui nous photographiaient avec des téléobjectifs depuis l’ambassade).

En même temps, j’ai écouté, parfois durant des soirées entières, les premiers 33 tours des chants liturgiques russes du monastère de Chevetogne.

Puis ce fut la rencontre avec l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne. À la fin de mes études secondaires, j’avais écrit un article élogieux dans la revue étudiante sur le livre Soljenitsyne, le croyant – lettres, discours, témoignages d’André Martin (1973) que j’avais lu sur les conseils de mes parents et fort apprécié. Dans l’édition suivante de la revue étudiante, un professeur, fortement influencé par l’idéologie marxiste, écrivait un article en réponse critiquant mes propos. Il y affirmait qu’Alexandre Soljenitsyne était un authentique communiste qui cherchait avant tout par ses écrits à réformer le socialisme. Piqué au vif par cette attaque à laquelle je ne m’attendais pas, j’ai alors décidé de lire les ouvrages du Prix Nobel de Littérature de l’année 1970. J’y ai découvert non seulement un grand homme mais aussi un grand chrétien orthodoxe. Alexandre Soljenitsyne m’a aussi fait palper ce que l’on appelle « l’âme russe ». C’est Alexandre Soljenitsyne, lors d’une émission de télévision Apostrophes avec Bernard Pivot, qui m’a appris ce qu’était le repentir orthodoxe : celui-ci repose sur la prise de conscience dans tout son être de son état de pécheur et sur la nécessité du retournement (metanoia) qui en découle pour revenir sans cesse dans la plus grande humilité à Dieu.

Le film d’Andreï Tarkovski consacré à Andreï Roublev (1966) m’a fasciné (je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai ensuite revu, au cinéma ou en vidéo) et m’a ouvert un grand nombre d’autres portes grâce aux autres films de ce grand réalisateur russe. C’est lui également qui m’a confirmé l’importance du repentir pour un chrétien orthodoxe. C’est aussi le premier film que nous avons été voir ensemble, Anne et moi, lorsque nous étions fiancés.

Mes parents, catholiques pratiquants, m’ont toujours encouragé dans cette découverte de l’Orthodoxie. C’est grâce à eux que j’ai pu lire (et relire) les Récits d’un pèlerin russe. Et de là, je suis parti à la recherche de la Philocalie (l’Amour de la Beauté). La Prière de Jésus m’est alors devenue familière.

À la fin de l’année 2011, Maman (veuve depuis 1995) entend une présentation sur RCF (radio catholique française diffusée notamment en Belgique francophone) d’un nouveau livre consacré au monastère des sœurs orthodoxes de Solan dans le Gard (sud de la France) : Le Monastère de Solan – Une aventure agroécologique. Connaissant mon grand intérêt et mon engagement pour la protection de la nature et la sauvegarde de la création depuis 1973 mais aussi ma grande sensibilité pour l’Orthodoxie, Maman s’empresse de me signaler la sortie de presse de ce livre. Je l’achète immédiatement et je le lis et le relis.

Peu de temps après, je parle avec enthousiasme de ce livre à un collègue orthodoxe qui me dit avoir déjà été à Solan. En mars 2012, il me propose de nous rendre à deux à Solan en passant par le monastère (orthodoxe) de Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, fondé par le Père Placide (Deseille), moine du monastère de Simonos Petra (Sainte Montagne de l’Athos). C’est alors que ma découverte de l’Orthodoxie s’est amplifiée et que ma vision du monachisme catholique actuel s’est ouverte sur une tradition infiniment plus ancienne et plus authentique (celle des Pères de l’église et des Pères du Désert). À Solan, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Père Placide et de me procurer ses nombreux petits fascicules que j’ai lus et relus.

Le soleil que je voyais alors comme catholique était certes le soleil mais il était voilé et sa chaleur était amoindrie. Je commençais à percevoir que le soleil était en réalité plus lumineux et plus chaud que ce que je ressentais alors.

Puis, ce fut le grand cadeau de la Mère de Dieu et d’Anne : ce sont elles qui m’ont permis d’aller huit jours en pèlerinage à la Saint Montagne de l’Athos avec mon collègue orthodoxe et un autre collège catholique. Ce pèlerinage m’a profondément bouleversé (retourné au sens de la metanoia). L’église orthodoxe devenait de plus en plus tangible. N’ayant pas emporté de rasoir, j’ai laissé pousser ma barbe (je la porte toujours aujourd’hui). Je n’avais pas non plus emmené mon appareil photographique, préférant tout conserver en mon cœur, comme la Mère de Dieu.

Depuis ma première visite à Solan, Anne et moi avons pu correspondre par la voie postale (les sœurs n’utilisent en effet pas internet) avec la révérende Mère Hypandia, l’higoumène de cette belle communauté, et la spiritualité orthodoxe est encore devenue plus enthousiasmante, notamment grâce aux livres qu’elle m’avait conseillé de lire. Grand lecteur, d’autres nombreux beaux et bons livres m’ont permis de progresser dans la connaissance de l’Orthodoxie. Et internet m’a ouvert de nombreuses portes et fenêtres (et plus spécifiquement le site internet www.orthodoxie.com que je consulte chaque jour).

En août 2015, Anne et moi sommes partis passer quelques jours à Uzès dans le Gard, à proximité du saint monastère de Solan. Nous avons participé à la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création organisée depuis plus de deux décennies par les sœurs de Solan et l’association des Amis de Solan (dont nous faisons partie, Anne et moi). Cette association a pour objectif d’aider les sœurs dans leur démarche agroécologique et son président n’est autre que Pierre Rabhi, agriculteur bio, essayiste et poète français d’origine algérienne. La démarche de Solan m’a alors permis de découvrir, sur le terrain, l’engagement pris en 1989 par sa sainteté Dimitrios Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople, en faveur de la Sauvegarde de la Création. C’est lui en effet, mû par l’Esprit Saint, qui a institué la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création le 1er septembre de chaque année, premier jour du nouvel an ecclésial (tout un programme). Et c’est seulement en 2015 que le Pape François a proposé aux catholiques de s’associer à l’église orthodoxe pour prier ensemble durant cette journée. Pour moi qui était et reste engagé en matière de protection de la nature et de sauvegarde de la création, la position précoce de l’église orthodoxe dans ce domaine m’a ouvert les yeux et le cœur sur sa solidité théologique, basée sur les saintes écritures tout autant que sur les Pères de l’église et sur les nombreux saints qui ont montré, durant leur vie, qu’il était possible de retrouver, sur terre, la création d’origine, celle qui existait avant la chute.

En décembre 2015, nous nous rendons, Anne et moi, dans une grande librairie catholique de Bruxelles pour y admirer l’exposition des sœurs orthodoxes du monastère Sainte-élisabeth de Minsk en Biélorussie. Nous les avions écoutées à plusieurs reprises lors de concerts en Belgique et connaissions leur remarquable engagement, à la fois spirituel et social. En échangeant avec une sœur parlant français sur mes lectures orthodoxes, celle-ci m’a demandé de manière très directe : « Mais pourquoi n’êtes-vous pas orthodoxe ? » Je lui ai répondu que l’Esprit Saint saurait bien m’indiquer le moment de ce choix car je ne voulais en aucun cas forcer mon épouse à me suivre.

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Durant l’année 2015, grâce au site internet www.orthodoxie.com, j’apprends l’organisation par l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale d’un pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte en octobre de la même année. En prenant connaissance du programme, j’en ai aussitôt parlé à Anne en ces termes : « Regarde ce beau programme : nous sommes à présent pensionnés et si nous devons faire un jour ce pèlerinage, je pense que ce sera celui-ci. Mais serons-nous acceptés en tant que catholiques ? » La réponse du Père Yannick (Provost), organisateur et guide, ne s’est pas fait attendre : nous étions non seulement acceptés mais aussi fraternellement accueillis. Par suite des tensions sévissant à Jérusalem, le pèlerinage a été reporté de l’automne 2015 au printemps 2016, en plein Carême orthodoxe. C’est ce pèlerinage qui nous a ouvert les yeux du cœur et de l’âme : c’est en Terre Sainte, là où le Christ a vécu, que nous avons compris que l’église orthodoxe était réellement l’église indivise, celle qui a été fondée par le Christ sur ses apôtres, sur leurs successeurs et sur le peuple de Dieu. Les prières et la fraternité des pèlerins tout autant que celles des nombreux chrétiens orthodoxes rencontrés (dont des évêques, des prêtres, des moines, des moniales et de pieux fidèles) nous ont assurément menés sur ce chemin de vérité.

Au retour du vol Tel Aviv-Paris, au moment de nous séparer, plusieurs pèlerins ont été surpris d’apprendre que nous étions catholiques. Nous nous étions en effet faits tout petits, dans un profond respect mutuel.

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Ce pèlerinage en Terre Sainte [1] restera l’un des moments les plus forts de notre vie. La présence du Père Yannick et de son épouse Anastasia, du Père Stephen (Headley), recteur de la paroisse de Vézelay, et de Monseigneur Jean de Charioupolis a contribué à ce retournement vécu en couple.

De retour en Belgique, nous avons été invités par une amie orthodoxe à participer à la Divine Liturgie du jour de Pâques célébrée par Monseigneur Jean de Charioupolis en l’église des Saints-Côme-et-Damien à Ixelles (Bruxelles) : nous avons vécu la fête des fêtes comme l’aboutissement de notre pèlerinage (lequel, rappelons-le, a eu lieu en partie en Carême).

Anne et moi n’avons ensuite pas dû nous parler beaucoup : l’illumination reçue en Terre Sainte était totalement partagée. Cependant, jamais je n’aurais voulu forcer Anne à me suivre dans la demande d’entrée en communion de l’église. Après avoir accepté il y a 34 ans de m’épouser et après avoir mis au monde nos deux enfants, Marie et François, Anne m’a fait un nouveau et magnifique cadeau en me proposant de demander notre entrée à deux dans la communion de l’église.

Lors de notre chrismation par le Père Yannick, nous étions entourés des paroissiens de Quimper, de notre fils François (notre fille Marie et son mari Jean-Michel n’avaient pu nous rejoindre) mais aussi de tous les pèlerins bretons de Terre Sainte. La « bonne odeur de l’Esprit Saint » s’est alors emparée de tout notre être et le soleil est enfin devenu brillant et chaud.

Nous avons choisi pour commencer notre vie de « bébés orthodoxes » (nous avons en effet beaucoup à découvrir et c’est une grande grâce) de nous insérer dans la paroisse russe de Liège. Et, cadeau du ciel, c’est Monseigneur Jean de Charioupolis qui est devenu de ce fait notre Archevêque. Merci au Père Guy (Fontaine) et au Père Alexandre (Galaka) mais aussi à tous les paroissiens de nous accueillir et de nous aider à poursuivre notre chemin qui mène à Dieu.

Merci aussi  à toutes celles et tous ceux qui nous ont conduits vers Dieu depuis notre Baptême : c’est dans le face à face qui suivra notre naissance au ciel que nous saurons tout ce que nous leur devons.

Nicolas Van Cranenbroeck

En la fête de saint Nicolas, le 6 décembre 2016″

[1] Monique De Vaere-Descamps en a parlé dans son article intitulé « Quelques jours en terre sainte – Pèlerinage organisé par notre archevêché » publié dans Nadejda/Espérance N° 26, juillet-août-septembre 2016, pp. 21 à 23.

Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique: le patriarche de la solidarité

Marianne Ejdersten,directrice de la Communication du Conseil œcuménique des Églises, s’est entretenue avec le patriarche Bartolomée. Vous trouverez ci-dessous l’interview complète.

Il a été surnommé le «patriarche vert», car cela fait au moins 20 ans qu’il aborde les questions environnementales préoccupantes depuis au moins vingt ans dans son rôle de responsable religieux. En 2008, le magazine Time a classé Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique, parmi les 100 personnes les plus influentes du monde pour «avoir défini l’écologie comme une responsabilité spirituelle».

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, chef spirituel suprême du monde chrétien orthodoxe et personnalité transnationale d’importance mondiale, joue un rôle de plus en plus essentiel. Il a déployé des efforts considérables pour organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète cette année. De plus, il continue à promouvoir la liberté religieuse et les droits humains, à œuvrer pour la tolérance entre les différentes religions du monde, et à travailler en faveur de la paix internationale et de la protection de l’environnement. Il est cité, à juste titre, parmi les plus grands visionnaires, artisans de la paix et tisseur de liens au monde, et comme apôtre de l’amour, de la paix et de la réconciliation.

Archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique depuis 25 ans

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople, a accordé un entretien spécial au centre de presse du Conseil œcuménique des Églises (COE). La discussion s’est déroulée en partie au Patriarcat œcuménique d’Istanbul, début décembre, lorsque le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, s’est entretenu avec le patriarche Bartholomée. La rencontre coïncidait avec la célébration de ses 25 ans en tant qu’archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique.

Nous nous retrouvons chez lui, dans son bureau, une pièce accueillante aux couleurs vives, remplie de livres et d’icônes. Cette pièce raconte la vie de Sa Toute-Sainteté. Il nous accueille chaleureusement, nous propose du café et des gâteaux, nous mettant tout de suite à l’aise.

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier est né en 1940 sous le nom de Dimítrios Arkhontónis, sur l’île d’Imbros (aujourd’hui Gökçeada, en Turquie). En octobre 1991, il a été élu 270earchevêque de l’Église fondée il y a 2000 ans par Saint André, et a reçu le titre d’archevêque de Constantinople, nouvelle Rome et patriarche œcuménique.

Q: Votre Toute-Sainteté participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis de nombreuses années, en tant que membre de la Commission de Foi et constitution, mais aussi en tant qu’ancien élève de l’Institut de Bossey. Quels sont les événements du mouvement œcuménique qui vous ont le plus marqué, personnellement?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Il est vrai que je participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis le tout début de mon ministère. J’ai ensuite été membre de son Comité central et de son Comité exécutif, membre de la Commission de Foi et constitution pendant 15 ans, et vice-président de cette même Commission pendant huit ans (1975-1983). J’occupais d’ailleurs ce dernier poste au moment de l’élaboration du document Baptême, Eucharistie, Ministère sur lequel l’influence orthodoxe a été importante. En tant que représentant ou chef de la délégation du Patriarcat œcuménique, j’ai également participé à trois assemblées générales du COE: à Uppsala (1968), à Vancouver (1983) et à Canberra (1991).»

«Lors de mes études de premier cycle, j’avais déjà rencontré l’Église catholique romaine à Rome et à Munich, mais également les Églises protestantes et plus généralement, le mouvement œcuménique à Bossey, avec de très grands théologiens comme Nikos Nissiotis. Je dois d’ailleurs cette formation à mon vénérable prédécesseur, le patriarche œcuménique Athénagoras Ier qui a ouvert les esprits et les cœurs des jeunes séminaristes et ecclésiastiques du Phanar aux relations et au dialogue inter-chrétiens.»

«Transformer les ténèbres en lumière»

Q: Notre monde évolue rapidement. Nous traversons des moments difficiles, mais le croyant sait que le Seigneur est présent et actif dans le monde. Aujourd’hui, quel est le plus grand défi pour une vie de foi et pour la proclamation de l’Évangile?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Nous traversons en effet une période difficile, et même sombre, où il est complexe de déceler la présence du Christ au milieu des troubles qui agitent notre monde. Nous sommes témoins de douleurs et de souffrance, mais aussi souvent d’incertitude et d’hostilité, tout autour de nous. Pour un chrétien, il est tentant de juger et de condamner le mal évident qui règne dans la société et dans le monde. Pourtant, ce serait une réaction simpliste et contre-productive. Pour nous, chrétiens, le défi consiste à ne pas perdre de vue le Christ afin de transformer les ténèbres en lumière, le désespoir en espoir, et la souffrance en réconciliation.»

«Je me souviens de la prédication de feu le métropolite Méliton de Chalcédoine, le jour de mon ordination au diaconat, il y a 55 ans: « ne quittez jamais des yeux le Seigneur transfiguré, a-t-il dit, transmettez toujours cette lumière qui ne faiblit jamais pour personne. » Voilà ce que nous devons faire lorsque nous proclamons l’Évangile aujourd’hui. Sommes-nous si perturbés par les troubles et l’agitation qui nous entourent que nous prenons peur et perdons de vue notre approche spirituelle? Discernons-nous le visage du Christ chez nos frères et sœurs, lorsque nous voyons des centaines de milliers de personnes persécutées et poussées à chercher refuge parmi nous? Ou choisissons-nous de construire des murs de défense, des murs qui excluent, des murs qui font de l’autre une menace?»

«Les étrangers accueillis à notre table?»

Q: La crise des migrants semble préoccuper l’Europe et durera de nombreuses années. Mais elle a également créé un clivage au sein des Églises entre celles qui s’inquiètent des menaces pour leur identité, et celles qui sont plus accueillantes. À une époque qui met l’accent sur la diversité, comment Votre Toute-Sainteté voit-elle évoluer le projet d’unité? Quel espoir percevez-vous?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Dans l’Église orthodoxe, la conception théologique de Dieu est une image de Dieu comme rencontre et communion, comme hospitalité et inclusion. C’est pourquoi l’icône traditionnelle du Dieu-Trinité est une représentation de trois étrangers sous la forme d’anges accueillis par Abraham sous le chêne de Mamré, comme le décrit le chapitre 18 de la Genèse. Il ne les a pas vus comme un danger ou une menace pour ses habitudes ou ses biens. Au contraire, il a spontanément et ouvertement partagé avec eux son amitié et sa nourriture.»

«C’est en récompense de cette hospitalité désintéressée qu’Abraham se vit promettre ce qui semblait impossible, à savoir la multiplication de cette semence d’amour pendant des générations, malgré la stérilité (littéralement) de sa femme. Avons-nous tort d’espérer que notre volonté de dialogue et de coopération entre peuples aux convictions religieuses différentes et variées permette également la coexistence, apparemment impossible, de l’humanité entière dans un monde en paix? Combien d’étrangers seront accueillis à notre table?»

«Dans un document officiel intitulé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe qui s’est déroulé en Crète, en juin 2016, a écrit: « l’Église orthodoxe pense qu’il est de son devoir d’encourager tout ce qui est mis réellement au service de la paix et qui ouvre la voie vers la justice, la fraternité, la véritable liberté et l’amour mutuel entre tous les enfants de l’unique Père céleste, ainsi qu’entre tous les peuples qui constituent une seule famille humaine. Elle compatit à tous ceux qui, dans différentes parties du monde, sont privés des biens de la paix et de la justice. »»

«Ouvrir l’horizon sur un monde diversifié»

Q: Votre Toute-Sainteté a organisé le Saint et Grand Concile en juin. Quel a été le plus important résultat de cet événement pour l’Église orthodoxe et pour l’ensemble du mouvement œcuménique?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «En effet, ce fut une grande bénédiction d’avoir l’honneur d’organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète (juin 2016), avec l’accord de Leurs Béatitudes les primats des Églises orthodoxes autocéphales. Ce grand événement historique a démontré l’identité conciliaire de l’Église orthodoxe et a souligné l’âpre lutte menée pour préserver cette identité au-delà des intérêts nationalistes.»

«À ce sujet, j’exprime ma profonde satisfaction devant le fait que le Saint et Grand Concile ait décidé de maintenir l’ouverture œcuménique et les dialogues bilatéraux de l’Église orthodoxe, car l’inverse aurait représenté un retour en arrière et un repli sur soi en ces temps difficiles et troubles. Ce n’est pas le dialogue qui menace notre identité, mais au contraire le rejet du dialogue et l’auto-enfermement stérile. C’est précisément la raison pour laquelle nous avons toujours encouragé le dialogue interreligieux avec le judaïsme et l’islam qui permet d’obtenir des résultats tangibles pour la réconciliation mondiale et pour cette cause sacrée qu’est la paix.»

«Ce rassemblement sans précédent de nombreuses Églises en Crète « a ouvert notre horizon sur le monde contemporain diversifié et multiforme [et] a souligné que notre responsabilité dans l’espace et le temps est toujours dans la perspective de l’éternité. » (Message final.) Comme le précise l’encyclique officielle du Saint et Grand Conseil, l’Église « témoigne dans le dialogue ».»

«Acquérir un cœur compatissant»

Q: Votre Toute-Sainteté pense-t-elle que la peur soit l’outil le plus dissuasif contre la pollution de l’environnement?

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a écrit: «nous ne devrions pas être obligés de modifier nos comportements envers l’environnement à cause de la peur de catastrophes imminentes dues aux changements climatiques. Nous devrions plutôt le faire car nous reconnaissons l’harmonie du cosmos et la beauté originelle qui existe dans le monde. Nous devons apprendre à sensibiliser nos communautés et à adopter des comportements plus respectueux envers la nature. Nous devons acquérir un cœur compatissant, ce que Saint Isaac le Syrien, un mystique du VIIe siècle, appelait «un cœur qui brûle d’amour pour l’ensemble de la création: pour les humains, les oiseaux et les bêtes, pour toutes les créatures de Dieu ».»

Bartholomée Ier a organisé huit symposiums internationaux et interreligieux, ainsi que de nombreux séminaires et sommets pour résoudre les problèmes écologiques des rivières et mers du monde. Ses initiatives lui ont valu le titre de «patriarche vert» ainsi que plusieurs prix environnementaux importants. À présent, l’Accord de Paris a été signé, et les Églises se sont engagées à œuvrer pour la justice climatique.

Q: Comment envisagez-vous l’avenir du travail œcuménique pour l’environnement? Quelle est la vision de Votre Toute-Sainteté concernant la voix du christianisme dans la transition nécessaire vers un avenir durable?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Je suis ravi que l’Accord de Paris ait été signé par un très grand nombre de pays. En effet, j’ai participé aux premières étapes des préparations de la COP 21, à l’invitation du gouvernement français. Dans ce cadre, j’ai accompagné le président Hollande aux Philippines et j’ai participé à un sommet interdisciplinaire à Paris avant la Conférence des Parties en décembre 2015. D’un côté, la 22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de Marrakech mérite d’être célébrée. Mais d’un autre côté, elle nous rappelle malheureusement que 197 pays viennent seulement de ratifier une convention adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992.»

«Vingt-deux ans, c’est une période beaucoup trop longue pour répondre à la crise environnementale, notamment lorsque l’on sait qu’elle entretient des liens étroits avec la pauvreté, les migrations et les troubles à l’échelle mondiale. Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le profit? Combien de vies sommes-nous prêts à sacrifier pour un gain matériel ou financier? Et à quel prix renoncerions-nous à la survie de la création de Dieu? Vingt-deux ans plus tard, il est plus que temps pour nous tous de voir les visages des êtres humains qui subissent les conséquences de nos péchés écologiques.»

«De plus, comme je l’ai souvent rappelé, « nous sommes tous dans le même bateau ». Les changements climatiques ne concernent pas une nation, une race ou une religion en particulier. Nous ne pouvons répondre aux exigences et à l’ampleur des changements climatiques que lorsque nous assumons ensemble nos responsabilités de croyants et de citoyens.»

«Promouvoir l’unité chrétienne»

Q: Nous lisons également le texte d’une «lettre encyclique du patriarche œcuménique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs du Conseil œcuménique des Églises» de 1952. Que signifie cette lettre aujourd’hui pour l’Église orthodoxe?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Cette lettre encyclique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs a été écrite en 1952, c’est-à-dire lors des premières étapes, les plus fondamentales, de la création du Conseil œcuménique des Églises, avec le souhait d’encourager les Églises orthodoxes à participer aux activités du COE alors que la méfiance et l’hésitation régnaient, ce qu’elle a réussi à faire lors de la Troisième Assemblée du COE à New Delhi (1961). Elle est rédigée dans le même esprit que les récentes décisions du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. L’Église orthodoxe ne met pas en avant un aspect de sa foi aux dépens d’un autre. Elle cherche toujours à maintenir l’équilibre sacré, mais fragile, entre la foi et la constitution, la doctrine et la discipline, la croyance et les actions.»

«C’est pourquoi, dans son document concernant « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », le Saint et Grand Concile affirme sa conviction que l’Église orthodoxe « croit fermement, dans sa conscience ecclésiale profonde, qu’elle occupe une place prépondérante pour la promotion de l’unité chrétienne dans le monde d’aujourd’hui. » De plus, les Églises et évêques assemblés reconnaissent que cet engagement « émane du sentiment de responsabilité et de la conviction que la compréhension mutuelle et la collaboration sont essentielles pour ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ ».»

«Contribution de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix»

Q: D’après Votre Toute-Sainteté, quel défi majeur le Conseil œcuménique des Églises doit-il relever? Comment le COE peut-il continuer à être utile pour les Églises membres et l’ensemble du mouvement œcuménique? Et que peut nous enseigner votre Église dans le cadre du Pèlerinage de justice et de paix?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Le Conseil œcuménique des Églises a été fondé sur la proclamation de l’unité des confessions chrétiennes dans leur foi trinitaire tout en affirmant les différences de ses Églises membres. Il est donc important de maintenir et d’équilibrer ces deux pôles: reconnaître les principes essentiels de la foi chrétienne, tout en respectant les enseignements fondamentaux et les traditions particulières de chaque Église. Il est toujours tentant, mais aussi dangereux, de conserver un aspect de ces pôles tout en reprochant aux défenseurs de l’autre d’entraver le processus de réconciliation.»

«Au cours du Saint et Grand Concile, les Églises et les hiérarques ont échangé, parfois avec fougue, mais toujours de manière constructive, sur le travail important du Conseil œcuménique des Églises, et en particulier de la Commission de Foi et constitution. Le document sur « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » souligne l’engagement des Églises orthodoxes pour promouvoir l’unité chrétienne tout en contribuant « par tous les moyens dont elles disposent à la promotion de la coexistence pacifique et de la coopération portant sur les principaux enjeux socio­politiques ».»

«Le mouvement œcuménique n’est pas un « rajustement interconfessionnel » mais nous permet de respecter notre obligation d’unité chrétienne sans nous éloigner « de la vraie foi de l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». C’est pourquoi, ce même document du Concile conclut: « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est important que nous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essayions de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui. » Cela pourrait être la contribution unique et précieuse de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix.»

«Insuffler l’Esprit de Dieu»

Q: Pouvez-vous décrire le mouvement œcuménique en utilisant des termes qui parlent à la jeune génération?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Votre question contient les prémisses et la promesse de ma réponse. Le mouvement œcuménique n’est pas une allégeance idéologique ou un engagement social. Ce n’est pas une conviction politique ou du militantisme international. C’est un mouvement, et ça doit le rester. Cela signifie qu’il doit toujours être animé et dynamisé par le souffle de l’Esprit de Dieu qui doit brûler dans nos cœurs et dans nos vies. C’est cet Esprit qui réunit tous les aspects de la vie des Églises et leur donne un sens. Ainsi, c’est ce même Esprit qui explique notre engagement envers les principes et traditions de notre religion, et qui illumine notre capacité à « discerner les esprits de notre époque » et notre responsabilité de porter le témoignage de l’Évangile de manière prophétique.»

«Paradoxalement, nous ne voulons pas conseiller la jeune génération ou lui faire la morale. Sur de nombreux aspects, les jeunes ont plus à apprendre à l’ancienne génération sur l’ouverture, la douceur, le pardon et la générosité. Je recommanderais peut-être à la jeune génération de rester fidèle à elle-même malgré les forces et les efforts importants déployés pour discriminer et diviser.»

«Le mouvement œcuménique conserve une utilité dans notre monde si nous revenons aux principes fondamentaux de l’Évangile: aimer son prochain, nourrir ceux qui ont faim et accueillir l’étranger.»

Source

Un pèlerinage orthodoxe à la sainte Tunique du Christ à Argenteuil, lundi 28 mars

Ste_TuniqueLa ville d’Argenteuil, en banlieue de Paris (95) possède depuis Charlemagne une insigne relique du Christ, sa sainte Tunique (qui était un vêtement de dessous : une sorte de T-shirt long), offerte  probablement à l’empereur d’Occident par l’impératrice Irène de Constantinople, et vénérée depuis 12 siècles par les rois de France, le clergé et le peuple chrétien de ce pays. Lors de la Révolution française, qui détruisit une grande partie des reliques  que possédait l’Église de France ainsi que de nombreux sanctuaires, la relique fut cachée par le curé, puis découpée en petits morceaux, qui furent enterrés, pour éviter sa destruction. On les déterra après la Révolution et, beaucoup plus tard, en1892, on s’efforça de la reconstituer en cousant les morceaux sur un tissu de support.
Cette relique est d’un intérêt exceptionnel, parce qu’elle est la « tunique sans couture », tirée au sort par les soldats, dont parle saint Jean (Jn 19/17-24) et qu’elle est maculée du précieux sang du Christ (c’est le même sang humain que l’on retrouve sur le linceul de Turin (appelé à tort « Saint Suaire ») et sur le Suaire d’Orviedo).

Elle est habituellement  roulée dans un reliquaire, qui se trouve dans le transept droit de la basilique (reconstruite sous le Second Empire), mais  n’est pratiquement pas visible. Les ostensions publiques de la relique se font normalement tous les 50 ans. La dernière eut lieu en 1984 ; la prochaine aurait dû  se faire en 2034. Mais, comme le pape de Rome François a  proclamé 2016 « Année de la  Miséricorde », l’évêque de Pontoise, dont dépend Argenteuil, a décidé qu’il y aurait une ostension exceptionnelle de la sainte Tunique en 2016, du 25 mars (vendredi Saint en calendrier grégorien) au dimanche 10 avril (2ème dimanche après Pâques  en calendrier grégorien). Les orthodoxes qui sont en calendrier julien seront, eux, au milieu du Carême.
Lors de son ostension, la Tunique est déployée et exposée sur un « mannequin » dans un énorme reliquaire doré et vitré : il sera déposé devant l’ancien autel, dans le sanctuaire. Ce qui est exceptionnel pour cette ostension, c’est que la relique aura été « restaurée » (pour la 1ère fois depuis 1892), c’est-à-dire que les petits morceaux de la tunique vont être recousus sur un nouveau tissu, robuste et neutre (l’ancien tissu se détériorait et endommageait  la tunique).

Le métropolite Joseph a décidé d’organiser un pèlerinage de la Métropole roumaine  à la sainte Tunique le lundi 28 mars, qui sera férié, car le lundi de Pâques est férié  en France. Nous célèbrerons à 17h des vêpres adaptées à la circonstance (avec des chants de Semaine sainte), présidées par Mgr Joseph (tout sera en français). Ces vêpres auront lieu devant le nouvel autel : seul le métropolite pourra s’approcher de la relique pour l’encenser, au moment du Lucernaire.

Il faut bien noter que ces vêpres sont différentes de l’ostension elle-même, qui aura lieu de façon continue tous les jours de10h à 22h : les fidèles (de toutes confessions) devront suivre un itinéraire imposé pour pouvoir passer devant le reliquaire de la sainte Tunique, sans pouvoir vraiment s’y arrêter : pour prier, il faudra aller un peu plus loin. Il y aura une grande foule (ils attendent 150 000 personnes). Ceux qui viendront au pèlerinage devront, pour pouvoir vénérer la relique, venir beaucoup plus tôt ou rester beaucoup plus tard. En principe, l’ostension sera suspendue pendant les messes : il est probable qu’il en sera aussi ainsi pour nos vêpres.
Il serait bien de vous signaler au service des pèlerinages, pour que nous puissions indiquer à nos frères  un ordre de  grandeur du nombre de pèlerins : ils nous en sauraient gré.

Voici les moyens d’accès à Argenteuil :
– voiture possible, mais probablement avec des problèmes de parking : prendre les  A86 puis A15, et
sortir à « Argenteuil centre »
– train : ligne J, à la gare Saint-Lazare, avec arrêt à  « Argenteuil » (à 10 mn de Paris)

Pour tout renseignement complémentaire, d’ordre logistique, contacter le service des pèlerinages: diacre Bogdan  (pelerin@mitropolia.eu) ou  le P. Noël Tanazacq: noel.tanazacq@yahoo.fr (06 03 90 91 07).

Interview de l’archevêque de Beroun Joachim (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie)

L’archevêque de Beroun Joachim évoque, dans cette interview au site Pravoslavie.ru l’organisation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, ses difficultés, sa coopération avec les autres Églises orthodoxes, et le danger des schismes.

– Monseigneur, vous parlez magnifiquement russe, où l’avez-vous appris ?

– J’ai vécu sept ans à la laure de la Trinité Saint-Serge et, auparavant, je venais souvent à Kiev, voici comment j’ai appris la langue. Mais maintenant, je l’ai presque oubliée, parce qu’il y a déjà dix ans que je suis revenu en Tchéquie et j’ai peu de contacts en langue russe. Récemment, je suis venu à Kiev sur l’invitation de S.B. le métropolite Onuphre – nous entretenons des relations amicales depuis de nombreuses années et, bien sûr, cette invitation a été pour moi une grande joie. Mgr Onuphre est connu et aimé partout. C’est assurément une grande miséricorde de Dieu pour l’Ukraine que ce soit précisément lui qui préside cette Église.

– Comment l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie existe-t-elle dans des conditions de division de ce qui fut un seul pays et aussi avec deux langues ?

Archevêque de Beroun Joachim

– Avec les Slovaques, nous nous comprenons, les langues sont proches, à l’instar de l’ukrainien et du russe. Et lorsque la Tchécoslovaquie s’est désintégrée, on a dû convoquer une assemblée pan-ecclésiale et changer les statuts, afin que nous puissions vivre dans les conditions de deux États. Conformément aux statuts de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, sa juridiction s’étend à deux États indépendants : la Tchéquie et la Slovaquie. Son primat peut être élu comme archevêque de Prague ou comme archevêque de Prešov. Il en résulte que le titre complet du primat de notre Église est « archevêque de Prague, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie » ou « archevêque de Prešov, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie”. Le métropolite nous unit. Mais dans chaque État, pour ce qui concerne les relations avec le gouvernement, l’Église a son représentant : pour la Tchéquie, l’archevêque de Prague, pour la Slovaquie, l’archevêque de Prešov, et l’un des deux est le métropolite de toute notre Église. Il y a aujourd’hui quatre diocèses dans cette Église : ceux de Prague, Prešov, Olomouc-Brno et Michalovce. Les évêques diocésains et vicaires sont tous membres du Saint-Synode. Il y a environ 50.000 orthodoxes slovaques. En Tchéquie, il y a environ 20.000 orthodoxes tchèques, ainsi que 100.000 orthodoxes ukrainiens et russes. Et c’est aussi grâce à eux que nous vivons à un bon « niveau ecclésial ». Les Ukrainiens aident beaucoup la Tchéquie. Non seulement matériellement, mais ils enseignent aussi. Ces gens viennent d’Ukraine et nous apprennent comment vivre comme il le faut dans l’Église, parce qu’ils sont originaires d’un pays avec une culture orthodoxe plus traditionnelle. Notre Église est jeune, immature dans beaucoup de domaines de la vie ecclésiale : il n’y a pas de monastères anciens, il n’y a pas de pères spirituels, il n’y a pas de startsy. Aussi, il est très important pour nous que viennent ici des Russes et des Ukrainiens. On peut dire qu’ils constituent la majorité de nos paroissiens.

– On considère que la Tchéquie est l’un des pays les plus athées. Pourquoi ?

– C’est une question difficile. Les Tchèques ont reçu le christianisme à l’époque de l’œuvre missionnaire des saints égaux aux apôtres Cyrille et Méthode. Après la mort de saint Méthode, tous ses disciples ont été emprisonnés, puis chassés de Moravie. Beaucoup d’entre eux sont partis chez le Tsar Boris dans les Balkans. Les Tchèques et les Moraves se sont trouvés sous l’influence de la mission occidentale qu’ils n’ont pas reçue en fait dans leurs cœurs. Et aujourd’hui, leur majorité considère que le christianisme est le catholicisme-romain. C’est là le problème. Ils ne comprennent pas que jusque là leur foi était orthodoxe. Les Tchèques et les Moraves reçoivent la foi comme quelque chose à quoi ils ont été contraints. Je pense que c’est là la raison pour laquelle ils n’acceptent pas le christianisme. Notre devoir est de faire revenir les Tchèques à leurs racines, à la foi de leurs ancêtres. J’étais moi-même avant catholique-romain, de la même façon que la majorité des prêtres et des fidèles tchèques étaient auparavant athées, catholiques et protestants. Et lorsque nous commençons à lire, à rechercher la vérité, alors nous trouvons l’Orthodoxie.

– Monseigneur, comment êtes-vous venu à l’Orthodoxie ?

– Au temps de mes études au collège, je lisais Dostoïevski. Dans « Les frères Karamazov », j’était très intéressé par le staretz Zosime. J’ai commencé à lire sur la foi, Dieu, le monachisme et je suis devenu orthodoxe. J’étais alors âgé de 19 ans. Et durant mes études à l’université – j’ai étudié à la faculté de mathématiques et de biologie – j’ai commencé les cours par correspondance de l’Université orthodoxe. J’ai voyagé en Grèce, en Serbie, en Roumanie, et ai pu vénérer de grands lieux saints. Lors des cours de deuxième année, je suis allé en Russie pendant un mois et j’ai fait des pèlerinages dans les lieux saints du pays.

– Comment votre entourage, votre famille, ont-ils accueilli votre décision ?

– Au début, ce fut un choc pour mes parents. Chez nous, on considère l’Orthodoxie comme une religion russe. Mais ensuite, mon frère et mon père sont également devenus orthodoxes. Ma mère est demeurée protestante, mais respecte notre foi. Même lorsque j’étais novice à la Laure de la Trinité Saint-Serge, elle venait me rendre visite. Elle s’est immergée dans la source miraculeuse, mais a refusé de vénérer les icônes. Pour un Tchèque, naturellement, cela n’est pas habituel que d’être orthodoxe. Mais je pense, que si nous nous occupons de missions, le peuple comprendra, avec le temps, que l’Orthodoxie est la foi de nos ancêtres, la foi de l’ancienne Moravie, des saints égaux-aux-apôtres Cyrille et Méthode et de nombreux autres grands saints, glorifiés dans notre Terre.

– Parlez-nous un peu sur les saints qui sont vénérés en Tchéquie.

– Pour nous, tout comme pour les Russes et les Ukrainiens, les saints les plus proches sont Cyrille et Méthodes, nos docteurs slaves, ainsi que leurs saints disciples – les cinq disciples Gorazd, Clément, Nahum, Angélar, et Sabbas. Bien sûr, il y a aussi le saint prince Rostislav qui invita Cyrille et Méthode. Nous vénérons aussi saint Jean le Tchèque. Issu de l’aristocratie, d’origine croate et premier ermite tchèque. St Jean vivait en ermite dans une grotte située dans la forêt tchèque à 30 kilomètres de Prague. Il est intéressant de mentionner qu’il rencontra dans la forêt le prince Bořivoj Ier, époux de sainte Ludmila de Bohême. Dans la grotte, où saint Jean vivait dans l’ascèse, nous célébrons désormais chaque année la Liturgie. Cette grotte est très belle et se trouve sous une église catholique. Les catholiques nous la prêtent chaque année le jour de la mémoire du saint. Naturellement, il y a aussi saint Wenceslas, prince de la Terre tchèque et sainte Ludmila, sa grand-mère. Les reliques de saint Wenceslas reposent en la cathédrale catholique-romaine Saint-Vit. Son chef (comme celui de sainte Ludmila) est séparé du reste des reliques et es conservé dans la même église. Dans l’ancienne basilique de Saint-Georges, sont gardées les reliques de la sainte martyre et princesse Ludmila. À l’occasion de sa fête, nous chantons l’acathiste devant ses reliques, et ensuite, nous célébrons la Liturgie de la fête dans nos églises. À ce sujet, il y a à Prague en tout huit paroisses orthodoxes. Continuons notre liste par saint Procope de Sazava, le fondateur et l’higoumène du monastère de Sazava, qui voulait réintroduire la liturgie et les rites orientaux. Il y a encore le saint tchèque très vénéré, le hiéromartyr Gorazd, évêque de Tchéquie et de Moravie-Silésie. C’est un néomartyr du XXème s. Il était auparavant prêtre catholique, mais s’est converti à l’Orthodoxie et fut sacré évêque en Serbie. Devenu évêque orthodoxe, il était à la tête de notre diocèse autonome (nous étions alors sous la juridiction serbe, et ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que nous sommes passés sous la juridiction du Patriarcat de Moscou et nous avons reçu plus tard l’autocéphalie). Et, comme les Ukrainiens, nous vénérons saint Alexis le carpatho-russe et le hiéromartyr Maxime de Gorlitz.

– Et comment se porte la vie monastique ?

– C’est une question très difficile. Nous n’avons pas de pères spirituels et de startsy expérimentés, capables de créer un monastère. Et s’il n’y a pas de pères spirituels, les novices vont alors dans des monastères plus traditionnels, ils partent… À l’heure actuelle, les monastères suivants sont actifs : le monastère masculin de la Transfiguration du Seigneur à Těšov, où vivent trois moines ; le monastère féminin Saint-Wenceslas-et-sainte-Ludmila à Lodenica. Formellement, il y a d’autres monastères, mais sans communautés. Nous avons aussi nos moines sur le Mont Athos et en Grèce. Nous espérons que tout en vivant actuellement dans des monastères traditionnels sous une bonne direction spirituelle, ils reviendront dans quelques années et pourrons fonder un monastère chez nous.

– Et quelle est l’attitude de la jeunesse envers l’orthodoxie ?

– Je pense que nous avons une activité missionnaire très faible. En Tchéquie, actuellement, la majorité des orthodoxes sont ukrainiens et russes, et la part principale de notre énergie est absorbée dans le soin pastoral de ces paroissiens. Même à Prague, où il y a huit paroisses, nous ne célébrons et prêchons en tchèque que dans une seule église. Certains Tchèques comprennent le slavon d’Église, mais pour la plupart d’entre eux, il est étranger et incompréhensible. Lorsqu’un Tchèque entre dans une église où l’on célèbre en slavon et on prêche en russe, il pense, naturellement, que c’est une église russe, et il s’en va. Aussi, nous nous efforçons souvent d’alterner les ecténies : l’une en slavon et l’autre, en tchèque. Il nous faut encore beaucoup travailler dans le domaine missionnaire. Nous n’imprimons aussi que de peu de livres en langue tchèque. Je le dis ouvertement : le travail missionnaire est faible dans les Terres tchèques. En Slovaquie, la situation dans ce domaine est de beaucoup meilleure, parce qu’ils ont une faculté de théologie d’un niveau élevé, un séminaire, où il y a des professeurs expérimentés. L’édition y est également développée.

– Comment comptez-vous développer le travail missionnaire ?

– De toute évidence, il faut en premier lieu améliorer l’enseignement orthodoxe en République tchèque, développer la faculté de théologie avec un séminaire, où seraient éduqués nos prêtres, il faut une école orthodoxe. À l’université Charles de Prague, il y a une cathèdre d’Orthodoxie, mais sans séminaire. Le plus important pour nous est d’éduquer, développer le clergé orthodoxe. Et après, les clercs travailleront dans les paroisses. Il faut également développer les monastères qui, nous l’espérons, deviendront des écoles liturgiques et spirituelles. Nous prévoyons d’organiser une maison d’édition en Tchéquie, traduire et imprimer des livres. Actuellement, grâce au soutien de l’État, nous avons des moyens financiers, mais il manque de spécialistes qualifiés. Nous espérons nous développer dans cette direction. L’Église orthodoxe russe nous aide beaucoup, elle accueille nos étudiants tant dans l’école d’iconographie, de chant liturgique, que dans les facultés de théologie et les séminaires. Dans la seule Laure de la Trinité Saint-Serge, combien de nos gens ont étudié ! Gratuitement. Et pour nous cela constitue un grand soutien. Actuellement, nos jeunes étudient également à l’Académie ecclésiastique de Kiev. En parlant de la mission, il faut évoquer saint Gorazd. Il a fait beaucoup. À l’issue de la Première guerre mondiale, il a constitué chez nous l’Église orthodoxe. Après sa mort en martyr, en 1942, on n’a jamais eu un tel évêque missionnaire, on le ressent.

– Pouvez-vous nous donner plus de détails sur l’activité de ce saint hiéromartyr ?

– Le saint hiéromartyr Gorazd a construit et restauré des églises, et il était aidé en cela par le prêtre de Russie subcarpathique André Kolomatsky qui, précédemment, avait érigé un grand nombre d’églises dans cette région. St Gorazd avait traduit les offices en langue tchèque, expliquait, commentait l’Évangile et les saints Pères, enseignait à comprendre et à chanter la Liturgie, et grâce à cela, beaucoup de gens se sont convertis du catholicisme à l’orthodoxie. C’est un travail très difficile ! En vingt ans, il a réussi à faire ce que l’on a pas fait les 70 années suivantes. Nous ressentons que nous vivions grâce à ses labeurs.

– Y a-t-il certains projets communs avec l’Église d’Ukraine ?

– Je sais qu’il a une collaboration étroite entre les évêques slovaques et l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ce sont les camps pour les jeunes orthodoxes, les échanges interuniversitaires : on vient d’Ukraine pour étudier à Prešov et le contraire. La situation en Tchéquie est plus compliquée, les distances sont plus lointaines des deux côtés. Aussi, il n’est pas facile d’établir une étroite collaboration. Mais nous sommes des peuples slaves, des Églises slaves, et nous devons nous soutenir ensemble. Dans notre collaboration fraternelle avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, le soutien mutuel dans la lutte contre le schisme est important. Il est très important que le peuple ukrainien comprenne l’importance du schisme.

– En quoi voyez-vous le danger du schisme en particulier ?

– S’il y a un schisme, il n’y a plus de catholicité, il n’y a plus la bénédiction de Dieu. Cela, on le ressent fortement en Ukraine. Des problèmes semblables ont surgi chez nous, en Tchéquie, malheureusement. Il y a des clercs qui pensent à l’Église et qui sont capables de se sacrifier pour elle, pour la catholicité. Mais il y a aussi ceux qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes, et qui sacrifient l’Église pour leur propre confort. C’est le schisme. Bien sûr, dans le schisme, il n’y a aucune grâce, il n’y a que la politique et l’orgueil. Et nous, en Tchéquie, sommes très heureux du fait que l’Église d’Ukraine soit présidée par S.B. Mgr Onuphre. À notre époque, il est très important qu’à la tête d’une Église se trouve un saint homme. Et nous savons tout que le métropolite Onuphre est un homme de sainte vie. Et pour l’Ukraine, je le répète, c’est une grande grâce qu’il soit à la tête de l’Église. Cela témoigne du fait que cette Église a la grâce du Seigneur. Je demande que les Ukrainiens prient pour nous, pour la Tchéquie, pour que l’Église orthodoxe soit préservée des scandales et des épreuves. Le pire est le schisme interne. Si les ennemis sont extérieurs, il n’est pas difficile de lutter contre eux. Si l’Église est détruite par des ennemis de l’intérieur, cela est particulièrement dangereux : ils détruisent non seulement l’Église, mais aussi le peuple. Cela est évident en Ukraine. Comme l’a dit le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille : « Tout le malheur vient du schisme ». S’il n’y avait pas de schisme ecclésial, ces conflits n’auraient pas eu lieu. À Prague, il y a de nombreux Ukrainiens et Russes, mais, Dieu soit loué, ils sont tous ensemble comme une seule famille. On sent que ces gens se considèrent comme les héritiers de la Russie de Kiev, une partie d’un grand peuple.

– Ce que vous dites est juste. Il est important que ces paroles viennent de vous et soient entendues, parce que c’est un point de vue extérieur.

– Lorsque je participais aux solennités de saint Vladimir à Kiev, j’ai regardé à la télévision vos nouvelles, j’ai entendu la prédication d’un célèbre schismatique : il ne parlait que de politique. Était-ce une homélie festive ? Il n’y avait que de la politique, de l’orgueil, de la saleté… Et qu’a dit en ce jour le métropolite Onuphre ? Tous ont entendu sa prédication lors desdites solennités. C’est un saint homme qui déborde de pardon, d’amour et d’humilité. J’ai vécu en Russie sept ans comme étranger, mais je me sentais à la maison. Je n’ai jamais ressenti que je me trouvais dans un pays étranger. Peut-être parce qu’en Russie, il y a de nombreuses nations différentes et tous sont habitués à vivre ensemble et en bons termes. Aussi, si un Russe ou un Ukrainien considère les étrangers avec amour, pourquoi ne peuvent-il, entre eux, avoir une attitude mutuelle fraternelle ? Cela, je ne puis le comprendre. Et encore cette chose importante : depuis le début du conflit en Ukraine, il y a déjà plus d’un an, on lit une prière pour l’Ukraine dans toutes les églises de Tchéquie.

– Un très grand merci. Votre soutien est très important pour nous.

– Les solennités en l’honneur de saint Vladimir à Kiev ont montré l’unité des Églises canoniques, le triomphe de l’Orthodoxie, ce que ne peuvent faire les schismatiques. On peut observer cela lors de toutes nos fêtes communes. Cette année, à Kiev, ont été invités seulement les représentants des Églises orthodoxes slaves, et c’était une fête joyeuse et conciliaire. Qui concélèbre avec les schismatiques ? Seulement les schismatiques d’autres pays. Là, il n’y a pas de grâce, seulement l’orgueil. Cela ressort clairement de leurs discours et de leurs actes. Ils ne font preuve que de nationalisme. Le schisme est le péché le plus terrible. Et ce qui se passe en Ukraine est leur faute. Ils ont préparé le terrain pour ces troubles. Le défunt métropolite de Kiev Vladimir avait la possibilité de s’emparer de la cathédrale Saint-Vladimir [ entre les mains des schismatiques, ndt] et d’autres églises. Mais il a dit : « Non ! » Cet homme débordait d’amour et de pardon. Il voulait cheminer sur la voie de la souffrance et de l’amour, ce qu’il a fait. C’est la voie chrétienne.

Source

Une parcelle des reliques de sainte Odile est offerte à la paroisse orthodoxe russe de Strasbourg

Sainte_odile

Le 22 février 2012, la paroisse stavropégiale du Patriarcat de Moscou Tous-les-Saints, à Strasbourg, a accueilli solennellement l’icône de sainte Odile, patronne de l’Alsace. L’icône a été peinte au couvent de Sainte Elisabeth à Minsk, dans la tradition de l’iconographie orthodoxe, spécialement pour la communauté orthodoxe russe de Strasbourg. Une parcelle des reliques de la sainte, offerte par les sœurs de ce couvent, a été montée sur l’icône. L’office d’intercession devant celle-ci a été célébré par le recteur de la paroisse, l’higoumène Philippe (Riabykh), le recteur de la paroisse francophone Saint-Grégoire-Palamas-et-Sainte-Attalie, le prêtre Daniel Esclain (diocèse de Chersonèse), et le prêtre Eugène Makouchine de la paroisse Tous-les-Saints. L’office a été célébré en slavon et en français. Avant l’office, l’higoumène Philippe s’est adressé par les mots suivants aux paroissiens : « Aujourd’hui, nous éprouvons une grande joie. Nous accueillons en notre paroisse la sainte protectrice de l’Alsace. Elle vécut à la limite des VIIème et VIIIème siècles. Par ses prières et ses labeurs, le christianisme orthodoxe et le monachisme féminin se sont affermis sur cette terre. Nous croyons et nous espérons qu’en priant devant sa sainte icône et ses reliques, nous recevrons l’aide non seulement dans notre vie spirituelle, mais aussi pour la construction d’une église orthodoxe à Strasbourg (…) La vénération des saints orthodoxes locaux, qui ont brillé en Occident jusqu’à la séparation des Églises au XIème siècle a une grande signification pour la renaissance de la sainte orthodoxie dans cette partie de l’Europe et pour le témoignage dans la société locale sur les sources spirituelles pures de la vie vertueuse ».

Lire la suite »

Pèlerinage du Sinaï à Jérusalem

La Métropole grecque orthodoxe de France organise au mois de décembre de cette année, un pèlerinage en Terre Sainte. Il débutera au Mont Sinaï par la fête du monastère de Sainte Catherine (suivant l'ancien calendrier) et se poursuivra à Jérusalem sur les traces du christianisme antique. Les principales villes et sites bibliques feront l'objet d'une attention particulière. La date limite de l'inscription est le 30 septembre 2011. Pour télécharger le programme du pèlerinage, cliquez ICI !

Recension : « Miracles de la sainte Ceinture, » Éditions du Saint et Grand Monastère de Vatopaidi, Mont-Athos

Sainte_ceinture
Miracles de la sainte Ceinture
, Éditions du Saint et Grand Monastère de Vatopaidi, Mont-Athos, 2007, 175 p. (en grec).
Parmi les nombreuses reliques que s’honore de posséder le Grand et Saint Monastère de Vatopaidi au Mont-Athos, la plus précieuse est sans aucun doute la Ceinture de la Mère de Dieu, qui est la seule relique de sa vie terrestre qui ait été préservée. Selon une ancienne tradition, cette Ceinture aurait été tissée en poils de chameau par la Mère de Dieu elle-même, et après sa Dormition, lors de son transfert dans les Cieux, elle l’aurait donnée à l’apôtre Thomas. La relique aurait ensuite été conservée par deux pauvres femmes pieuses de Jérusalem qui avaient servi la Mère de Dieu au cours de sa vie terrestre, puis aurait été transmise au sein de leur famille de génération en génération jusqu’à qu’elle entre en possession des empereurs de Constantinople.
Elle échut d’abord à l’empereur Arcade, fils de Théodose le Grand (395-408) qui la transféra à Constantinople. Quelques années plus tard, l’impératrice Pulchérie fit construire, non loin de Sainte-Sophie, l’église des Chalkoprateia et y déposa la précieuse Ceinture. Sans que l’on sache pourquoi ni comment, la relique se retrouva ensuite dans l’évêché de Zèla, proche d’Amasée dans le Pont, et fut transférée de nouveau à Constantinople sous le règne de l’empereur Justinien (527-565), dans la même église des Chalkoprateia.

Lire la suite »

2 juillet (ancien calendrier) / 15 juillet (nouveau)

2 juillet (ancien calendrier) / 15 juillet (nouveau)

Déposition de la précieuse robe de notre Souveraine, la Très-Sainte Mère de Dieu, en l’église des Blachernes à Constantinople ; saint Juvénal, patriarche de Jérusalem (vers 458) ; saints Processe et Martinien, martyrs à Rome (Ier s.) ; saint Libérat, abbé, avec les six moines de son monastère (484) ; saint Colomban de Luxeuil (615) ; sainte Ménégonde, recluse à Tours (570) ; saint Jéroche, moine à Faremoutiers (VIIème s.) ; saint Photius, métropolite de Kiev (1431) ; saint Étienne le Grand, prince de Moldavie (1504).

DÉPOSITION DE LA PRÉCIEUSE ROBE DE LA TRES SAINTE MÈRE DE DIEU

Déposition de la précieuse robe de notre Souveraine, la Très-Sainte Mère de Dieu, en l’église des Blachernes à Constantinople

Au temps de l’empereur Léon Ier et de son épouse Vérine (457-474), deux frères de haute noblesse, Galbios et Candide, qui venaient de renoncer à l’hérésie arienne, décidèrent d’entreprendre un pèlerinage en Terre Sainte. Parvenus en Galilée, ils firent halte dans la maison d’une vieille femme, nommée Anne, juive de naissance mais pieuse et vertueuse, qui passait nuit et jour en prière, à l’imitation d’Anne la fille de Phanuel (cf. Lc 2, 36). Ayant remarqué que des chrétiens apportaient cierges et encens dans la partie la plus intérieure de cette maison, et qu’un grand nombre de malades et d’infirmes y passaient la nuit, les nobles pèlerins demandèrent à leur hôtesse de leur en dévoiler la raison. Anne, témoignant que la grâce de Dieu accomplissait là d’innombrables miracles, prétexta d’abord qu’il s’agissait d’une ancienne coutume transmise par ses ancêtres. Comme ils la suppliaient de leur en dire plus, elle leur révéla finalement que la Robe de la Mère de Dieu se trouvait là, léguée par la Toute-Sainte, au moment de sa Dormition, à l’une de ses deux servantes juives, et qui avait été transmise de génération en génération, toujours secrètement gardée par une vierge. Versant des larmes d’émotion Galbios et Candide demandèrent à passer toute la nuit dans cette pièce pour y faire une vigile de prière. Profitant du sommeil des malades présents, ils prirent les mesures du coffret de bois qui contenait le saint habit, et de là ils partirent pour Jérusalem, en promettant de revenir saluer leur hôtesse sur le chemin du retour. Ayant vénéré les sanctuaires de la Ville sainte, ils firent confectionner une boîte semblable ; et, de retour chez la pieuse juive, ils trouvèrent le moyen de subtiliser le coffret contenant la sainte relique et de le remplacer par la boîte vide, qu’ils avaient recouverte d’une riche couverture tissée d’or.Parvenus à Constantinople, ils déposèrent ce trésor inestimable dans un lieu nommé les Blachernes, situé dans la partie nord-ouest de la ville, à l’extérieur des murs, où ils firent construire une église dédiée aux saints Apôtres Pierre et Marc, afin de garder la chose secrète . Mais ils ne purent cacher longtemps ce trésor, à cause des nombreux miracles qui s’accomplissaient dans l’église. Ayant révélé à l’empereur qu’ils avaient ramené ce précieux trophée de leur pèlerinage, pour la protection de la cité, celui-ci, plein de joie, fit construire une chapelle, où l’on déposa le coffret contenant la sainte Robe ou Maphorion (Voile) de la Mère de Dieu. Par la suite ce coffret fut remplacé par un écrin (Aghia Soros) d’or et d’argent rehaussé de pierres précieuses. La sainte Robe était, dit-on, tissée de laine fragile, de couleur unie et d’une seule pièce ; et, alors que la pourpre impériale dans laquelle elle avait été enveloppée s’était rapidement corrompue, celle-ci resta intacte au fil des temps, manifestant ainsi clairement le miracle de la Virginité perpétuelle de la Mère de Dieu.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la déposition de la Robe de la Très sainte Mère de Dieu, ton 8
Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, * à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée * la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé * échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, * car en toi la nature et le temps sont renouvelés; * c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie * et d’accorder à nos âmes la grâce du salut.

Kondakion de la déposition de la Robe de la Très sainte Mère de Dieu, ton 4
Comme voile d’immortalité, * Vierge comblée de grâce par Dieu, * tu as donné aux croyants * le Vêtement avec lequel * tu couvrais ton corps sacré, * divine protection des mortels; * avec amour nous célébrons comme fête sa Déposition * et nous chantons avec foi: * Réjouis-toi, ô Vierge, fierté des chrétiens.

Évangile DU JOUR
(Matth. IX, 18-26)

Tandis qu’il leur adressait ces paroles, voici, un chef arriva, se prosterna devant lui, et dit: Ma fille est morte il y a un instant; mais viens, impose-lui les mains, et elle vivra. Jésus se leva, et le suivit avec ses disciples. Et voici, une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans s’approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement. Car elle disait en elle-même: Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie. Jésus se retourna, et dit, en la voyant: Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. Et cette femme fut guérie à l’heure même. Lorsque Jésus fut arrivé à la maison du chef, et qu’il vit les joueurs de flûte et la foule bruyante, il leur dit: Retirez-vous; car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Quand la foule eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva. Le bruit s’en répandit dans toute la contrée.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

31 décembre (ancien calendrier)/13 janvier (nouveau)

31 décembre (ancien calendrier)/13 janvier (nouveau)

Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439)

 Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439) ; saint Savinien, premier évêque de Sens, et saint Potentien, martyrs (300) ; sainte Colombe, vierge, martyre à Sens (274) ; saint hiéromartyr Dosithée, métropolite de Zagreb (1945) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Bérézine), prêtre (1937), Pierre (Troïtsky) (1938).

SAINTE MELANIE LA ROMAINE
Au moment où l’Église prenait rang parmi les institutions officielles de l’Empire romain, certaines dames de la haute aristocratie de Rome, conquises par les récits des exploits ascétiques des moines d’Égypte et par les exhortations enflammées de saint Jérôme , renoncèrent aux vanités du monde pour embrasser la voie étroite qui mène au Royaume des cieux. Saintes Asella, Fabiola, Marcelle, sainte Paule et sa fille Eustochium, sainte Mélanie l’Ancienne et sa petite-fille, Mélanie la Jeune que nous célébrons aujourd’hui , ont toutes abandonné richesses, gloire et vie délicate pour se consacrer aux œuvres de bienfaisance et aux travaux de l’ascèse, soit à Rome même, soit en Terre Sainte.

Née en 383, Valéria Mélania dut épouser contre son gré un de ses proches parents, Pinien, alors qu’elle avait à peine quatorze ans. Sitôt la cérémonie des noces achevée, elle proposa à son jeune époux de vivre dans la continence ; celui-ci résista un peu et proposa d’assurer d’abord leur postérité en ayant deux enfants et de renoncer ensuite ensemble au monde. Il leur naquit d’abord une fille, qu’ils consacrèrent à Dieu immédiatement. Tout en gardant les apparences de la vie mondaine d’une riche aristocrate, la jeune Mélanie commençait pourtant à porter une tunique de crin sous ses robes de soie et à mener en secret une vie de mortification. En 403, elle mit prématurément au monde un fils qui mourut peu après, et elle n’échappa elle-même à la mort qu’après avoir fait jurer à son époux de ne pas différer davantage son désir. Sa grand-mère, Mélanie l’Ancienne, était revenue d’Orient l’année précédente, au bout de trente-sept ans d’absence, pour la soutenir et encourager sa sainte résolution. Finalement libérés de toute attache à la suite de la mort de leur fille et du père de Pinien les deux époux quittèrent leur somptueuse demeure pour se retirer dans une de leurs propriétés des environs de Rome et se consacrer aux soins des voyageurs et au secours des malades et des prisonniers. Mélanie confectionna elle-même une grossière tunique pour Pinien, et, méditant l’exemple de Celui qui, de riche qu’Il était en sa divinité, s’est fait pauvre et a assumé notre nature misérable afin de l’enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8, 9), elle s’employa à liquider son immense fortune, car Pinien et elle avaient vu en rêve qu’il leur faudrait franchir un mur élevé avant de passer par une porte étroite pour parvenir au Royaume des cieux. Mais la tâche n’était pas si aisée : leurs propriétés s’étendaient dans tout l’Empire, de la Bretagne à l’Afrique et de l’Espagne à l’Italie, et leurs demeures étaient si splendides que seul l’empereur pouvait en être l’acquéreur. La distribution de telles richesses remettait en question l’économie même de l’État, et certains de leurs parents, membres influents du Sénat, faisaient tout pour les empêcher de réaliser leur projet. Toutefois, grâce à l’intervention de l’impératrice, Mélanie commença par affranchir huit mille de ses esclaves, en donnant à chacun trois pièces d’or, puis, par l’intermédiaire d’hommes de confiance, elle fit couler des flots d’or d’Occident en Orient : églises et monastères furent fondés un peu partout ; or, pierreries, vaisselles et tissus précieux furent consacrés au service divin ; des territoires entiers furent cédés à l’Église ou le produit de leur vente distribué en aumônes. Les Goths d’Alaric ayant pris Rome en 410 et semant partout la terreur en Italie, les deux époux passèrent en Sicile avec soixante vierges et trente moines, puis de là à Thagaste en Afrique du Nord, où ils achevèrent la liquidation de leurs biens en fondant des monastères et en portant secours aux victimes de l’invasion barbare.

Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi (Mt 19, 21). Contrairement au jeune homme riche de l’Évangile, Mélanie se dépouilla avec joie de tout pour suivre le Seigneur. Dès lors libérée, elle s’engagea dans l’arène de l’ascèse. Âgée d’à peine trente ans, l’amour de Dieu brûlait si fort en elle qu’elle se soumit à une discipline digne des plus rudes combattants du désert, sans s’accorder aucun accommodement sous prétexte des habitudes délicates acquises depuis sa jeunesse. Elle portait toujours sur elle un cilice et, après un entraînement progressif, elle passa toute sa vie dans le jeûne complet cinq jours par semaine, ne prenant une sobre réfection que le samedi et le dimanche. Ce n’est que sur les instances de sa mère, Albine, qui l’accompagnait partout, qu’elle consentit à prendre un peu d’huile les trois jours qui suivent la fête de Pâques. Elle trouvait ses délices dans la méditation de l’Écriture, des Vies des saints et des œuvres des Pères de l’Église, qu’elle lisait en latin et en grec. Après un bref repos de deux heures, elle veillait en prière la nuit entière, et enseignait aux vierges qui l’avaient suivie à joindre la veille et l’attente ardente de l’Époux à la chasteté. Malgré son désir croissant de ne vivre que pour Dieu et de consacrer tout son temps à la prière sans distraction, elle ne pouvait se retirer dans la solitude à cause de ses nombreuses obligations, aussi trouva-t-elle la solution en consacrant ses journées à la charité et à la direction de ses disciples, et en réservant ses nuits à Dieu seul, enfermée dans une sorte de coffre, où elle ne pouvait même pas s’allonger. Aux assauts du démon de la vaine gloire, elle répliquait avec une méprisante ironie, mais cultivait envers tous les hommes un tel esprit de douceur qu’à la veille de sa mort, elle pouvait dire qu’elle ne s’était jamais endormie avec une pensée de rancune.

Au bout de sept ans en Afrique, elle partit pour un pèlerinage en Terre Sainte avec sa mère et son époux, devenu son frère spirituel, en s’arrêtant à Alexandrie pour rendre visite à saint Cyrille et à l’ancien Nestèros, qui les encouragea par sa parole prophétique. À Jérusalem, elle passait toutes ses journées dans la basilique de la Résurrection et, quand on fermait les portes au coucher du soleil, elle se rendait au Golgotha pour y passer la nuit. Après un nouveau voyage en Égypte, auprès des saints solitaires des déserts de Nitrie, elle s’installa sur le Mont des Oliviers dans une petite cellule en planches, que sa mère avait faite construire en son absence. Elle y demeura pendant quatorze ans (417-431). Chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, elle s’y enfermait, revêtue d’un cilice et couchant sur la cendre, et n’y recevait que sa mère, Pinien et sa jeune cousine Paule, fille de sainte Paule. Cette stricte réclusion ne l’empêchait pas pour autant de porter son attention sur la vie de l’Église. Elle nourrissait un zèle ardent pour la foi orthodoxe et s’opposa avec force aux partisans de Pélage qui donnait une trop grande part au libre-arbitre de l’homme. En cela, elle suivait l’enseignement de saint Jérôme, rencontré à Bethléem, et celui de saint Augustin, qui lui portait une grande admiration et lui avait dédié son ouvrage : Sur la grâce du Christ et le péché originel (418).

À la mort de sa mère, en 431, Mélanie sortit de sa réclusion et fonda sur le Mont des Oliviers un monastère suivant les usages liturgiques de Rome, qui fut bientôt peuplé de quatre-vingt-dix vierges, grâce à la diligence de Pinien qui, de son côté, était à la tête d’une communauté d’une trentaine de frères. Dans son extrême humilité, la sainte refusa d’en assurer la direction. Elle nomma une autre supérieure et se contenta de délivrer aux sœurs un enseignement spirituel, tant par ses paroles que par l’exemple de sa conduite. À l’exemple du Seigneur, elle se faisait la servante de toutes, venait soulager en secret les sœurs malades et prenait sur elle les besognes les plus répugnantes. Elle leur enseignait à sanctifier leur âme et leur corps par la sainte virginité, leur recommandait sans relâche d’user de la sainte violence recommandée par le Seigneur (Mt 11,12) pour renoncer à leur volonté propre et fonder le temple spirituel des vertus sur l’obéissance. En prenant des exemples dans les Vies des Pères, elle les exhortait à la persévérance dans le combat spirituel, à la vigilance contre les pièges du Malin, au zèle et à la concentration de l’intelligence dans la prière nocturne, et surtout à la charité. « Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité, disait-elle. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l’humilité et la charité. » Son frère spirituel Pinien mourut à son tour en 432. Elle le fit ensevelir avec Albine, près de la grotte où le Christ avait prédit à ses disciples la ruine de Jérusalem, et demeura là pendant quatre ans, dans une cellule sans ouverture, complètement isolée du monde ; puis elle chargea son disciple et biographe, le prêtre Gérontios, d’installer au lieu de l’Ascension du Seigneur, un monastère d’hommes, dont elle assura aussi la direction spirituelle — cas exceptionnel dans l’histoire de l’Église.
Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle, le puissant Volusien, qui était resté attardé dans le paganisme. En arrivant, elle le trouva gravement malade et réussit, avec l’aide du saint patriarche Proclos [20 nov.], à le décider de recevoir le saint Baptême avant de mourir. Ayant trouvé la capitale agitée par les querelles concernant la doctrine hérétique de Nestorius , la sainte fit campagne pour le dogme orthodoxe avant de regagner en hâte son monastère du Mont des Oliviers. L’année suivante, l’impératrice Eudocie entreprit un pèlerinage en Terre Sainte sur les recommandations de sainte Mélanie, avec qui elle avait sympathisé à Constantinople et qu’elle considérait comme sa mère spirituelle. Outre son enseignement et le spectacle édifiant de sa communauté, la souveraine sollicita ses conseils avisés pour les nombreuses fondations et riches donations qu’elle fit alors aux églises et aux monastères.
Dieu accordait sans retard à sa servante les guérisons qu’elle lui demandait ; mais, avertie des pièges du démon de la vaine gloire, Mélanie donnait toujours à ceux qui venaient solliciter son intercession soit de l’huile tirée des veilleuses placées au-dessus des tombeaux des martyrs, soit quelque objet ayant appartenu à un saint personnage, de sorte qu’on ne crût pas que la guérison était due à sa propre vertu.
Après avoir mené une telle course, constamment tendue en avant à la poursuite de l’Époux céleste, sainte Mélanie n’avait plus qu’un seul désir : être déliée de cette vie pour être avec le Christ (Phil 1, 23). Tombée malade en fêtant la Nativité à Bethléem (439), elle rassembla ses religieuses dès son retour à Jérusalem pour leur délivrer son testament spirituel. Elle les assura qu’elle serait toujours invisiblement présente parmi elles, à condition qu’elles restent fidèles à ses prescriptions et qu’elles gardent avec crainte de Dieu leurs lampes allumées, telles des vierges sages (Mt 25, 13), dans l’attente de la venue du Seigneur. Au bout de six jours de maladie, elle fit ses dernières recommandations aux moines et désigna Gérontios comme supérieur et Père spirituel des deux communautés, puis elle s’endormit doucement, avec une joie confiante, en prononçant ces paroles : « Comme il a plu au Seigneur, voilà ce qui est advenu » (Jb 1, 21). Des moines, venus des monastères, des déserts et de toutes les extrémités de la Palestine, célébrèrent une vigile de toute la nuit et, au moment de l’ensevelir, au petit matin, les uns et les autres la recouvrirent de vêtements, ceintures, cuculles et de maints autres objets qu’ils avaient reçus en bénédiction de la part de saints personnages. Le monastère de sainte Mélanie fut détruit en 614, lors de l’invasion perse, mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mc XI, 23-26)

Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir. Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

31 décembre

31 décembre

Clôture de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439) ; saint Savinien, premier évêque de Sens, et saint Potentien, martyrs (300) ; sainte Colombe, vierge, martyre à Sens (274) ; saint hiéromartyr Dosithée, métropolite de Zagreb (1945) ; saints néo-martyrs de Russie : Michel (Bérézine), prêtre (1937), Pierre (Troïtsky) (1938).

Sainte Mélanie la Romaine, moniale à Jérusalem (439)

SAINTE MELANIE LA ROMAINE
Au moment où l’Église prenait rang parmi les institutions officielles de l’Empire romain, certaines dames de la haute aristocratie de Rome, conquises par les récits des exploits ascétiques des moines d’Égypte et par les exhortations enflammées de saint Jérôme , renoncèrent aux vanités du monde pour embrasser la voie étroite qui mène au Royaume des cieux. Saintes Asella, Fabiola, Marcelle, sainte Paule et sa fille Eustochium, sainte Mélanie l’Ancienne et sa petite-fille, Mélanie la Jeune que nous célébrons aujourd’hui , ont toutes abandonné richesses, gloire et vie délicate pour se consacrer aux œuvres de bienfaisance et aux travaux de l’ascèse, soit à Rome même, soit en Terre Sainte.

Née en 383, Valéria Mélania dut épouser contre son gré un de ses proches parents, Pinien, alors qu’elle avait à peine quatorze ans. Sitôt la cérémonie des noces achevée, elle proposa à son jeune époux de vivre dans la continence ; celui-ci résista un peu et proposa d’assurer d’abord leur postérité en ayant deux enfants et de renoncer ensuite ensemble au monde. Il leur naquit d’abord une fille, qu’ils consacrèrent à Dieu immédiatement. Tout en gardant les apparences de la vie mondaine d’une riche aristocrate, la jeune Mélanie commençait pourtant à porter une tunique de crin sous ses robes de soie et à mener en secret une vie de mortification. En 403, elle mit prématurément au monde un fils qui mourut peu après, et elle n’échappa elle-même à la mort qu’après avoir fait jurer à son époux de ne pas différer davantage son désir. Sa grand-mère, Mélanie l’Ancienne, était revenue d’Orient l’année précédente, au bout de trente-sept ans d’absence, pour la soutenir et encourager sa sainte résolution. Finalement libérés de toute attache à la suite de la mort de leur fille et du père de Pinien les deux époux quittèrent leur somptueuse demeure pour se retirer dans une de leurs propriétés des environs de Rome et se consacrer aux soins des voyageurs et au secours des malades et des prisonniers. Mélanie confectionna elle-même une grossière tunique pour Pinien, et, méditant l’exemple de Celui qui, de riche qu’Il était en sa divinité, s’est fait pauvre et a assumé notre nature misérable afin de l’enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Cor 8, 9), elle s’employa à liquider son immense fortune, car Pinien et elle avaient vu en rêve qu’il leur faudrait franchir un mur élevé avant de passer par une porte étroite pour parvenir au Royaume des cieux. Mais la tâche n’était pas si aisée : leurs propriétés s’étendaient dans tout l’Empire, de la Bretagne à l’Afrique et de l’Espagne à l’Italie, et leurs demeures étaient si splendides que seul l’empereur pouvait en être l’acquéreur. La distribution de telles richesses remettait en question l’économie même de l’État, et certains de leurs parents, membres influents du Sénat, faisaient tout pour les empêcher de réaliser leur projet. Toutefois, grâce à l’intervention de l’impératrice, Mélanie commença par affranchir huit mille de ses esclaves, en donnant à chacun trois pièces d’or, puis, par l’intermédiaire d’hommes de confiance, elle fit couler des flots d’or d’Occident en Orient : églises et monastères furent fondés un peu partout ; or, pierreries, vaisselles et tissus précieux furent consacrés au service divin ; des territoires entiers furent cédés à l’Église ou le produit de leur vente distribué en aumônes. Les Goths d’Alaric ayant pris Rome en 410 et semant partout la terreur en Italie, les deux époux passèrent en Sicile avec soixante vierges et trente moines, puis de là à Thagaste en Afrique du Nord, où ils achevèrent la liquidation de leurs biens en fondant des monastères et en portant secours aux victimes de l’invasion barbare.

Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi (Mt 19, 21). Contrairement au jeune homme riche de l’Évangile, Mélanie se dépouilla avec joie de tout pour suivre le Seigneur. Dès lors libérée, elle s’engagea dans l’arène de l’ascèse. Âgée d’à peine trente ans, l’amour de Dieu brûlait si fort en elle qu’elle se soumit à une discipline digne des plus rudes combattants du désert, sans s’accorder aucun accommodement sous prétexte des habitudes délicates acquises depuis sa jeunesse. Elle portait toujours sur elle un cilice et, après un entraînement progressif, elle passa toute sa vie dans le jeûne complet cinq jours par semaine, ne prenant une sobre réfection que le samedi et le dimanche. Ce n’est que sur les instances de sa mère, Albine, qui l’accompagnait partout, qu’elle consentit à prendre un peu d’huile les trois jours qui suivent la fête de Pâques. Elle trouvait ses délices dans la méditation de l’Écriture, des Vies des saints et des œuvres des Pères de l’Église, qu’elle lisait en latin et en grec. Après un bref repos de deux heures, elle veillait en prière la nuit entière, et enseignait aux vierges qui l’avaient suivie à joindre la veille et l’attente ardente de l’Époux à la chasteté. Malgré son désir croissant de ne vivre que pour Dieu et de consacrer tout son temps à la prière sans distraction, elle ne pouvait se retirer dans la solitude à cause de ses nombreuses obligations, aussi trouva-t-elle la solution en consacrant ses journées à la charité et à la direction de ses disciples, et en réservant ses nuits à Dieu seul, enfermée dans une sorte de coffre, où elle ne pouvait même pas s’allonger. Aux assauts du démon de la vaine gloire, elle répliquait avec une méprisante ironie, mais cultivait envers tous les hommes un tel esprit de douceur qu’à la veille de sa mort, elle pouvait dire qu’elle ne s’était jamais endormie avec une pensée de rancune.

Au bout de sept ans en Afrique, elle partit pour un pèlerinage en Terre Sainte avec sa mère et son époux, devenu son frère spirituel, en s’arrêtant à Alexandrie pour rendre visite à saint Cyrille et à l’ancien Nestèros, qui les encouragea par sa parole prophétique. À Jérusalem, elle passait toutes ses journées dans la basilique de la Résurrection et, quand on fermait les portes au coucher du soleil, elle se rendait au Golgotha pour y passer la nuit. Après un nouveau voyage en Égypte, auprès des saints solitaires des déserts de Nitrie, elle s’installa sur le Mont des Oliviers dans une petite cellule en planches, que sa mère avait faite construire en son absence. Elle y demeura pendant quatorze ans (417-431). Chaque Carême, de la Théophanie à Pâques, elle s’y enfermait, revêtue d’un cilice et couchant sur la cendre, et n’y recevait que sa mère, Pinien et sa jeune cousine Paule, fille de sainte Paule. Cette stricte réclusion ne l’empêchait pas pour autant de porter son attention sur la vie de l’Église. Elle nourrissait un zèle ardent pour la foi orthodoxe et s’opposa avec force aux partisans de Pélage qui donnait une trop grande part au libre-arbitre de l’homme. En cela, elle suivait l’enseignement de saint Jérôme, rencontré à Bethléem, et celui de saint Augustin, qui lui portait une grande admiration et lui avait dédié son ouvrage : Sur la grâce du Christ et le péché originel (418).

À la mort de sa mère, en 431, Mélanie sortit de sa réclusion et fonda sur le Mont des Oliviers un monastère suivant les usages liturgiques de Rome, qui fut bientôt peuplé de quatre-vingt-dix vierges, grâce à la diligence de Pinien qui, de son côté, était à la tête d’une communauté d’une trentaine de frères. Dans son extrême humilité, la sainte refusa d’en assurer la direction. Elle nomma une autre supérieure et se contenta de délivrer aux sœurs un enseignement spirituel, tant par ses paroles que par l’exemple de sa conduite. À l’exemple du Seigneur, elle se faisait la servante de toutes, venait soulager en secret les sœurs malades et prenait sur elle les besognes les plus répugnantes. Elle leur enseignait à sanctifier leur âme et leur corps par la sainte virginité, leur recommandait sans relâche d’user de la sainte violence recommandée par le Seigneur (Mt 11,12) pour renoncer à leur volonté propre et fonder le temple spirituel des vertus sur l’obéissance. En prenant des exemples dans les Vies des Pères, elle les exhortait à la persévérance dans le combat spirituel, à la vigilance contre les pièges du Malin, au zèle et à la concentration de l’intelligence dans la prière nocturne, et surtout à la charité. « Toutes vertus et toutes ascèses sont vaines sans la charité, disait-elle. Le diable peut aisément imiter toutes nos vertus, il est vaincu seulement par l’humilité et la charité. » Son frère spirituel Pinien mourut à son tour en 432. Elle le fit ensevelir avec Albine, près de la grotte où le Christ avait prédit à ses disciples la ruine de Jérusalem, et demeura là pendant quatre ans, dans une cellule sans ouverture, complètement isolée du monde ; puis elle chargea son disciple et biographe, le prêtre Gérontios, d’installer au lieu de l’Ascension du Seigneur, un monastère d’hommes, dont elle assura aussi la direction spirituelle — cas exceptionnel dans l’histoire de l’Église.
Vers la fin de 436, elle se rendit à Constantinople à la demande de son oncle, le puissant Volusien, qui était resté attardé dans le paganisme. En arrivant, elle le trouva gravement malade et réussit, avec l’aide du saint patriarche Proclos [20 nov.], à le décider de recevoir le saint Baptême avant de mourir. Ayant trouvé la capitale agitée par les querelles concernant la doctrine hérétique de Nestorius , la sainte fit campagne pour le dogme orthodoxe avant de regagner en hâte son monastère du Mont des Oliviers. L’année suivante, l’impératrice Eudocie entreprit un pèlerinage en Terre Sainte sur les recommandations de sainte Mélanie, avec qui elle avait sympathisé à Constantinople et qu’elle considérait comme sa mère spirituelle. Outre son enseignement et le spectacle édifiant de sa communauté, la souveraine sollicita ses conseils avisés pour les nombreuses fondations et riches donations qu’elle fit alors aux églises et aux monastères.
Dieu accordait sans retard à sa servante les guérisons qu’elle lui demandait ; mais, avertie des pièges du démon de la vaine gloire, Mélanie donnait toujours à ceux qui venaient solliciter son intercession soit de l’huile tirée des veilleuses placées au-dessus des tombeaux des martyrs, soit quelque objet ayant appartenu à un saint personnage, de sorte qu’on ne crût pas que la guérison était due à sa propre vertu.
Après avoir mené une telle course, constamment tendue en avant à la poursuite de l’Époux céleste, sainte Mélanie n’avait plus qu’un seul désir : être déliée de cette vie pour être avec le Christ (Phil 1, 23). Tombée malade en fêtant la Nativité à Bethléem (439), elle rassembla ses religieuses dès son retour à Jérusalem pour leur délivrer son testament spirituel. Elle les assura qu’elle serait toujours invisiblement présente parmi elles, à condition qu’elles restent fidèles à ses prescriptions et qu’elles gardent avec crainte de Dieu leurs lampes allumées, telles des vierges sages (Mt 25, 13), dans l’attente de la venue du Seigneur. Au bout de six jours de maladie, elle fit ses dernières recommandations aux moines et désigna Gérontios comme supérieur et Père spirituel des deux communautés, puis elle s’endormit doucement, avec une joie confiante, en prononçant ces paroles : « Comme il a plu au Seigneur, voilà ce qui est advenu » (Jb 1, 21). Des moines, venus des monastères, des déserts et de toutes les extrémités de la Palestine, célébrèrent une vigile de toute la nuit et, au moment de l’ensevelir, au petit matin, les uns et les autres la recouvrirent de vêtements, ceintures, cuculles et de maints autres objets qu’ils avaient reçus en bénédiction de la part de saints personnages. Le monastère de sainte Mélanie fut détruit en 614, lors de l’invasion perse, mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Nativité, ton 4
Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; en elle, en effet, les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à T’adorer, Soleil de justice, et à reconnaître en Toi l’Orient descendu du ciel, Seigneur gloire à Toi !

Kondakion de la Nativité, ton 3
La Vierge, en ce jour, met au monde Celui qui surpasse toute essence créée et la terre offre une grotte à l’Inaccessible ; les anges chantent Sa gloire avec les pasteurs, et les mages cheminent avec l’étoile ; car pour nous est né petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mc X,17-27)

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu.

Communiqué de l’Assemblée des évêques orthodoxes de Suisse (AEOS) – jeudi 10 novembre

Le jeudi 10 novembre, à l’initiative du métropolite Jérémie de Suisse, président de l’Assemblée, s’est réuni pour la quatrième fois, au Centre orthodoxe du Patriarcat oecuménique à Chambésy « l’Assemblée des évêques orthodoxes de Suisse » (AEOS), en présence du métropolite Ignace (Patriarcat d’Antioche), de l’évêque Nestor (Patriarcat de Moscou), de l’évêque André (Patriarcat de Serbie), du métropolite Joseph (Patriarcat de Roumanie) et de l’évêque Makarios (Patriarcat Œcuménique). L’archevêque Michel (E.R.H.F) s’est excusé, étant en voyage pour un pèlerinage en Terre Sainte. L’AEOS a poursuivi ses travaux, en ouvrant la nouvelle période après le saint et grand concile de l’Église orthodoxe, et a étudié des questions actuelles. L’AEOS a aussi examiné le projet de la soumission aux autorités civiles du Canton de Vaud d’une demande pour la reconnaissance des paroisses et communautés orthodoxes dans ce canton. L’AEOS a reconfirmé sa volonté de travailler ensemble et de manifester l’unité de l’Église orthodoxe en Suisse. L’AEOS a exprimé le souhait de refaire une rencontre avec la CES (Conférence des évêques suisses – catholiques) durant l’année 2017.
Cette Assemblée a été créée sur décision prise par la IVe Conférence préconciliaire panorthodoxe, réunie à Chambésy (Genève) en juin 2009. Cette quatrième rencontre de l’AEOS s’est déroulée dans un climat d’unité, de fraternité et de bonne entente.

Recension: Saint Nicolas Vélimirovitch, « Vie de saint Sava »

SavaSaint Nicolas Vélimirovitch, Vie de saint Sava, 2e édition revue et corrigée, traduction par Lioubomir Mihailovitch, introduction par Jean-Claude Larchet, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2016, 198 pages.
Il y a de nombreuses années, les éditions L’Age d’Homme avaient publié simultanément deux traductions différentes de La Vie de saint Sava de saint Nicolas Vélimirovitch. Alors qu’elles sont épuisées depuis longtemps, la meilleure d’entre elles vient d’être reprise dans la collecion « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » dans une 2e édition revue, corrigée et légèrement augmentée par les soins de Lioubomir Mihailovitch.
Le talent exceptionnel d’orateur et d’écrivain de l’évêque Nicolas, qui lui a valu le surnom de « Chrysostome serbe », se manifeste de manière particulièrement brillante dans cette Vie somptueuse, consacrée à celui qui, par un destin exceptionnel ménagé par la Providence divine, joua un rôle primordial pour développer le monachisme au Mont-Athos et dans les Balkans, et surtout pour donner à l’Église serbe ses premières et plus solides fondations, contribuant aussi considérablement à son rayonnement dans le monde orthodoxe. Grand organisateur de la vie ecclésiale en général et monastique en particulier, saint Sava ne fut pas seulement un héritier de sang royal mettant toute sa fortune au service de l’Église, devenant ainsi le prototype en Serbie d’une longue lignée de saints rois et princes faisant de même avant, souvent, de couronner spirituellement leur existence terrestre par le choix de la vie monastique. Il fut aussi un très grand spirituel, héritier de la tradition hésychaste, qui constitue un modèle pour l’Orthodoxie universelle.
Débutant comme un conte merveilleux (« Il y a fort longtemps, vivait un jeune prince. Il était exceptionnellement intelligent, riche et beau… »), écrite dans un style lyrique très poétique et empreinte d’une profonde spiritualité, cette Vie se lit de bout en bout comme un roman passionnant.
Fils du roi de Serbie Nemanja, le prince Rastko (1174-1235), pourvu de tous les dons et de tous les biens de ce monde, renonça au brillant avenir auquel il était promis dans le monde et s’enfuit du palais paternel à l’âge de dix-sept ans pour devenir moine au Mont-Athos sous le nom de Sava. Mettant à profit l’autorité que lui conférait sa prestigieuse ascendance ainsi que les nombreux dons que lui faisait parvenir sa famille, il s’activa très tôt à développer le monastère de Vatopaidi, qui l’avait accueilli, et à soutenir d’autres monastères dans le besoin. Dix ans plus tard, son père, le roi Nemanja qui avait de son côté œuvré avec succès à l’unification de la Serbie jusqu’à en faire l’un des plus puissants royaumes d’Europe centrale, renonça au pouvoir et aux privilèges de son état pour embrasser la vie monastique sous le nom de Syméon, s’installant quelques mois au monastère de Studenica avant de rejoindre son fils au monastère de Vatopaidi ; il était alors âgé de quatre-vingt quatre ans. Tous deux se mirent à restaurer le monastère de Chilandar, dépendance de Vatopaidi alors abandonnée, acquirent son indépendance auprès de leur parent l’empereur de Byzance, et en firent l’un des plus beaux et des plus grands monastères de l’Athos. Après avoir mené une vie monastique courte mais exemplaire, Syméon s’endormit dans le Seigneur, âgé de quatre vingt-sept ans ; le myrrhon qui s’écoula depuis lors de ses reliques témoignant visiblement de sa sainteté. Sava de son côté n’était pas seulement un bâtisseur : il menait une vie ascétique particulièrement exigeante et aimait à se retirer dans l’hésychastère (appelé Mislionica) qu’il fit construire près de Karyès à l’intention des moines de Chilandar qui souhaitaient mener une vie plus isolée et plus austère. C’est contre son gré qu’il dut continuer à participer à la gestion du monastère de Chilandar et qu’il dut œuvrer à régler les conflits qui opposèrent ses frères Stéphane et Vukan à la suite de l’abdication de leur père. Il fut ensuite appelé par son frère Stéphane, devenu roi, à développer l’Église serbe. Il devint d’abord higoumène du monastère de Studenica, près duquel il bâtit un hésychastère semblable à celui qu’il avait fondé sur la Sainte Montagne et dans lequel il avait également l’habitude de se retirer pour se consacrer entièrement à la prière. Puis il construisit le monastère de Žiča, avant de retourner au Mont-Athos. Face à deux forces qui menaçaient la religion du peuple serbe – à l’extérieur la pression des Latins partis à la conquête de l’Orient, à l’intérieur celle de l’hérésie bogomile (une résurgence du messalianisme) qui se développait dangereusement –Sava ressentit la nécessité de fonder une Église serbe indépendante et forte. Il obtint de l’empereur et du patriarche de Constantinople qu’un archevêque y fût nommé (il fut lui-même désigné, contre son gré, pour remplir cette fonction), puis que fussent créés des diocèses sur le territoire du royaume, et enfin que l’Église serbe devînt autocéphale, ce qui fut accordé en 1219. Il fut consacré primat de l’Église serbe au monastère de Žiča tandis que le même jour son frère Stéphane était solennellement intronisé roi de Serbie. Stéphane devait malheureusement mourir en 1228, et Sava eut fort à faire pour empêcher que le royaume ne fût disloqué par les rivalités qui opposaient ses neveux. Il réussit à sauvegarder ce que son père et son frère avaient réalisé, et entreprit alors un long pèlerinage en Terre Sainte et dans tout le Moyen-Orient. C’est au retour de ce pèlerinage, en 1235, alors qu’il traversait la Bulgarie et s’apprêtait à rentrer en Serbie, qu’il tomba malade et mourut. Il fut vénéré immédiatement comme un saint. Durant sa vie monastique, non seulement il avait toujours mené une vie irréprochable et gardé la même règle de vie austère dans toutes les circonstances, mais il avait manifesté de nombreux charismes et accompli beaucoup de miracles. Son tombeau, au monastère de Mileševa fut l’objet d’une grande vénération de la part non seulement du peuple orthodoxe des Balkans, mais de la population musulmane elle-même, et cela pendant trois siècles et demi, avant qu’un pacha moins éclairé et tolérant que ses prédécesseurs n’en prenne ombrage et n’ordonne, en 1595, de brûler le corps du saint. Le souhait qu’avait toujours eu saint Sava de mourir en martyr pour le Christ se réalisa ainsi après sa mort.
La Vie de saint Sava par l’évêque Nicolas est un chef-d’œuvre littéraire, qui se lit avec beaucoup de plaisir et d’émotion. C’est en même temps un récit historique qui nous instruit sur la situation politique et religieuse de l’époque, et sur l’édification du royaume et de l’Église de Serbie. C’est aussi et surtout une œuvre spirituelle qui évoque de manière détaillée le mode de vie monastique (en particulier au Mont-Athos, saint Sava ayant transposé en Serbie le typikon liturgique et la règle monastique athonites) et qui présente l’exemple édifiant d’un homme qui sut renoncer à tout ce que les hommes recherchent généralement dans ce monde – la richesse, le pouvoir et la gloire – pour consacrer toute sa vie à Dieu.

Jean-Claude Larchet

NB : La librairie de L’Âge d’Homme sise à Paris rue Férou ayant été fermée suite à la vente des locaux, c’est le dépôt de la maison d’édition, sis à Levier dans le département du Doubs, qui gère désormais les commandes, qui peuvent toujours être faites par le site internet de la maison d’édition. Commander les livres directement à la maison d’édition permet de la soutenir en lui évitant le prélèvement de 60% du prix du livre pratiqué par les diffuseurs et distibuteurs extérieurs.

Le président roumain a visité le monastère orthodoxe russe du Mont des Oliviers à Jérusalem

Le mercredi 9 mars, le chef de la Mission ecclésiastique de l’Église russe hors-frontières à Jérusalem, l’archimandrite Romain (Krasovsky), et l’higoumène Moïsseïa avec les moniales du couvent de l’Ascension du Sauveur sur le Mont des Oliviers, ont accueilli, à la porte principale du couvent, le président roumain Klaus-Werner Iohannis, en visite officielle en Israël. Pendant la partie de sa visite consacrée aux pèlerinages, le président roumain a visité les lieux saints, dont le Mont des Oliviers. L’archimandrite Romain a salué le président, lui souhaitant toute l’aide de Dieu dans son service au peuple orthodoxe roumain. Ensuite, aux chants du tropaire de l’Ascension du Seigneur, le président Iohannis a vénéré les saintes reliques de l’église, où est enterré l’archimandrite Antonin (Kapoustine), fondateur de la mission ecclésiastique russe en Terre Sainte, et la chapelle Saint-Jean Baptiste. Le président a ensuite émis le souhait de monter en haut du clocher, puis il s’est entretenu avec les moniales, dont certaines sont roumaines. Après un échange de cadeaux, le président roumain a pris congé de l’archimandrite Romain et de l’higoumène Moïseïa, pour effectuer la prochaine étape de son pèlerinage en Terre Sainte.

Source

Le patriarche Théophile de Jérusalem reçoit le métropolite Barsonuphe de Saransk et de Mordovie, chancelier du Patriarcat de Moscou

VisitejerusalemLe site officiel du département des relations extérieure de l'Église orthodoxe russe nous informe que le chancelier du Patriarcat de Moscou, Mgr Barsonuphe, métropolite de Saransk et de Mordovie est arrivé le 17 octobre en pèlerinage en Terre Sainte. Accompagné d’un groupe de pèlerins, Mgr Barsonuphe a visité le Patriarcat de Jérusalem, où il a été reçu par Sa Béatitude le patriarche Théophile de Jérusalem et de toute la Palestine. Au cours de l’entretien, le primat de l’Église orthodoxe de Jérusalem a transmis ses cordiales salutations au patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. S’adressant aux pèlerins russes, le patriarche Théophile a remarqué que la visite de la ville et de la Terre Sainte était une source particulière de grâce et de bénédictions car cette terre était imprégnée du sang de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, crucifié et ressuscité. Après avoir vénéré le Saint Sépulcre, le métropolite Barsonuphe a également visité la Mission russe, dont il a rencontré le responsable, l’archimandrite Isidore (Minaev) ainsi que les clercs.

Source: site officiel du département des relations extérieures.

Un communiqué du conseil de l’Archevêché des églises russes en Europe occidentale

Le 28 septembre, le conseil de l'Archevêché des églises russes en Europe occidentale s'est réuni et a publié un communiqué. Au sommaire: le 150e anniversaire de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris; le pèlerinage en Terre sainte; l'assemblée pastorale du 11 novembre prochain; des nouvelles des paroisses et du clergé; la situation de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice.

Le « Feuillet de l’exarchat » n°30 (décembre 2010)

Le Feuillet de l'exarchat n°30 (décembre 2010) est proposé en français et en anglais. Au sommaire: un compte rendu de l'assemblée pastorale annuelle de l'Archevêché, l'intervention du père Christophe d'Aloisio sur  "La communion eucharistique dans nos paroisses" et celle de Cyrille Sollogoub, président de l'Acer-Mjo, intitulée "Approches de la mission de l'Eglise dans nos paroisses", le compte rendu d'un pélerinage en Terre Sainte, une présentation de la communauté Sainte Bega, saint Mungo et saint-Herbert au Royaume-Uni.

Rencontre du patriarche de Jérusalem Théophile avec le métropolite Vladimir d’Ukraine

Le métropolite Vladimir (Sabodan) d'Ukraine est actuellement en pèlerinage en Terre sainte jusqu'à demain. Il a rencontré le patriarche de Jérusalem, Théophile III, le 3 avril. Dans la nuit du 3 au 4, il a présidé la liturgie dans la basilique de la Résurrection (Saint Sépulcre). Hier, il a célébré la liturgie dans l'église de l'Archange Gabriel à Nazareth, laquelle est édifiée sur le lieu de l'Annonciation.

Un important groupe de pèlerins de l’Eglise orthodoxe ukrainienne à Jérusalem

Une importante délégation de l’Église orthodoxe ukrainienne (autonome au sein du Patriarcat de Moscou), conduite par son primat, le métropolite Vladimir, a entamé le 25 septembre un pèlerinage en Terre sainte. Le groupe comprend 14 évêques, 100 prêtres et 800 laïcs. Le 26 septembre, ils ont été reçus par le patriarche Théophile de Jérusalem. Étaient aussi présents à cette réception le métropolite Vladimir de Chisinau et de Moldavie avec un groupe de 200 autres pèlerins venus de Russie, d’Ukraine et de Moldavie. Pour la fête de l’Exaltation de la Croix, le 27 septembre, le patriarche Théophile et le métropolite Vladimir ont concélébré la divine liturgie dans l’église de la Résurrection du Christ (Saint Sépulcre) à Jérusalem.

Source: Eglise russe, Eglise orthodoxe ukrainienne (1)

Recension : Mgr Nicolas Velimirovic, «Vie de saint Sava»

Vie_de_saint_sava_1
Mgr Nicolas Velimirovitch : Vie de saint Sava,  traduit de l’original anglais par Ljubomir
Mihailovic. Coédition L’Age d’Homme/Diocèse serbe d’Europe occidentale, Paris,
2001, 158 pages.
La très belle Vie de saint Sava rédigée en anglais
par l’évêque Nicolas Velimirovitch (1880-1956) auquel son talent d’orateur et
d’écrivain a valu le surnom de « Chrysostome serbe », a été publiée
par les éditions L’Age d’Homme la même année dans deux traductions
différentes : l’une, due à Hélène Pignot, dans la collection « La
Lumière du Thabor », l’autre, meilleure selon nous, due à Ljubomir
Mihailovic, dans une coédition avec le Diocèse orthodoxe serbe d’Europe
occidentale.

Lire la suite »

Le patriarche de Jérusalem Théophile III en visite à Rome

Le site catholique Zenit nous informe que le patriarche de Jérusalem Théophile III sera reçu par le pape François le 23 octobre 2017, au Vatican. Le patriarche sera en effet à Rome du 22 au 25 octobre, accompagné d’une délégation de trois personnes : l’archevêque Aristarque, chef du secrétariat du patriarcat, l’archidiacre Marc, ainsi que Rami Moghrabi et Nader Elias Moghrabi. Il s’agira de la troisième rencontre entre le pape et Téophile III, après celle qui a eu lieu lors du pèlerinage du pape François en Terre Sainte, en mai 2014 et après celle de l’invocation pour la paix, avec les présidents israélien et palestinien, dans les Jardins du Vatican, le 8 mai de la même année. Théophile III rencontrera aussi le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les Etats. La délégation orthodoxe s’entretiendra par ailleurs avec le cardinal Kurt Koch, président du dicastère pour l’unité des chrétiens, et avec le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

16 octobre

16 octobre
Saint Longin le Centurion qui était près de la croix du Christ, martyr en Cappadoce; saint Longin des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Longin de Yarenga (1544) ; saint Dulcide, évêque d’Agen (Vème s.) ; saint Bercaire, abbé près de Reims, martyr (685) ; saint Ambroise, évêque de Cahors (vers 750) ; saint Maimboeuf, évêque d’Angers (VIIème s.) ; saint Mommolin, évêque de Noyon (685) ; apparition de l’archange saint Michel au Mont Tombe, le Mont saint Michel (VIIIème s.) ; saint Gall, illuminateur de la Suisse (630) ; néo-martyrs de Russie : Georges (Troïtsky), confesseur et prêtre (1937) ; Eugène (Elkhovski), prêtre (1937) ; Alexis (Nikonov), prêtre (1938) et Jean Zasedatielev, prêtre (1942).

SAINT LONGIN

Saint Longin le Centurion qui était près de la croix du Christ, martyr en Cappadoce

Saint Longin vécut sous le règne de l’empereur Tibère (15-34 ap. J.-C.). Il était originaire de Cappadoce et servait dans l’armée romaine comme centurion sous les ordres de Pilate, le gouverneur de la Judée. C’est à lui et à ses hommes que l’on commanda d’exécuter la sainte Passion de notre Sauveur Jésus-Christ et de garder le tombeau, de crainte que les disciples ne viennent dérober son corps et fassent croire à sa résurrection. C’est ainsi que Longin fut le témoin de tous les miracles étonnants qui accompagnèrent la Passion du Seigneur : le tremblement de terre, l’obscurcissement du soleil, le déchirement du voile du Temple, les rochers qui se fendirent, les tombeaux qui s’ouvrirent et les corps de nombreux saints des temps anciens qui ressuscitèrent et se montrèrent à tous. En voyant ces prodiges, les yeux du cœur du centurion s’ouvrirent et il s’écria d’une voix forte : « Vraiment, il était fils de Dieu ! » (Mt 27, 54 ; Mc 15, 39). Lorsque, le troisième jour, les gardes du tombeau furent témoins de l’apparition de l’ange aux saintes femmes, ils furent pris d’une grande terreur et restèrent comme morts. Quelques-uns d’entre eux allèrent rapporter ces événements aux grands prêtres. Ceux-ci se rassemblèrent avec les anciens et, ayant délibéré, ils décidèrent de donner à Longin et ses hommes une forte somme d’argent, pour qu’ils fassent courir le bruit que les disciples étaient venus de nuit dérober le corps pendant que les gardes dormaient. Mais, désormais illuminés par la lumière de la foi en la Résurrection, Longin et deux de ses soldats refusèrent cet argent. Le centurion abandonna alors sa charge et quitta l’armée pour se rendre dans sa patrie, la Cappadoce, afin d’y propager la Bonne Nouvelle à l’imitation des Apôtres. Apprenant cela, Pilate, incité par l’argent et les cadeaux des Juifs avides de vengeance, écrivit à l’empereur Tibère pour dénoncer Longin.

Par un effet de la Providence, les hommes envoyés par Tibère en Cappadoce à la recherche de l’ex-centurion, s’arrêtèrent sans le savoir dans la maison où celui-ci s’était réfugié. Ils y demandèrent l’hospitalité, et sollicitèrent quelques renseignements sur Longin qu’ils n’avaient jamais vu. C’est le saint lui-même qui les reçut avec toute l’attention dont font preuve les disciples du Christ à l’égard de l’étranger. Au cours de la conversation, ils lui révélèrent le but de leur voyage. À cette nouvelle, Longin éprouva une immense joie et fit preuve d’une délicatesse encore plus grande envers ses hôtes. Il les installa confortablement, puis, en toute sérénité, il prépara son tombeau et ce qui était nécessaire à ses funérailles. Il alla ensuite chercher ses deux compagnons, qui avaient fui avec lui la Palestine, et les décida à s’offrir de concert au martyre. Puis il revint vers ses hôtes et leur révéla qu’il était Longin, celui qu’ils recherchaient pour l’exécuter. Les envoyés de l’empereur demeurèrent tout interdits devant la hardiesse du saint et ressentirent un profond chagrin à l’idée de devoir accomplir leur sombre besogne envers celui qui leur avait offert une telle hospitalité. Mais c’est Longin lui-même qui les implora de ne pas tarder davantage à les réunir, lui et ses compagnons, à leur Seigneur et Maître. La mort dans l’âme, les hommes décapitèrent les trois disciples du Christ et envoyèrent le chef de Longin à Jérusalem, afin que Pilate et les Juifs soient assurés de son exécution. La tête du saint fut ensuite jetée dans une fosse à fumier qui se trouvait aux abords de Jérusalem.

De nombreuses années plus tard, une noble et riche dame de Cappadoce, qui avait perdu l’usage de la vue, se rendit en pèlerinage dans la Ville sainte, en compagnie de son fils unique, afin d’y prier pour sa guérison. Mais, à leur arrivée à Jérusalem, son fils vint à mourir, ajoutant une détresse supplémentaire au malheur de la pauvre femme. Saint Longin lui apparut alors en songe et lui révéla l’endroit où était enfouie sa tête, en lui promettant que la guérison lui serait accordée par cette précieuse relique. Après avoir cherché avec empressement, la pieuse femme trouva le chef du saint martyr et recouvra la vue par la grâce divine qui émanait de la précieuse relique. Ce ne fut pas seulement ses yeux corporels qui s’ouvrirent, car Dieu lui accorda aussi de voir des yeux de son âme son fils qui se tenait aux côtés de saint Longin dans la demeure des bienheureux. Réconfortée et pleine de reconnaissance envers le Seigneur, qui sait rendre au centuple à ceux qu’il éprouve, elle déposa la relique du saint martyr et le corps de son fils dans une châsse qu’elle ramena en Cappadoce et qu’elle plaça, par la suite, dans une église qu’elle fit construire en l’honneur de saint Longin.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Longin le Centurion, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Longin le Centurion, ton 4
Faisant mémoire en ce jour * de l’illustre martyr Longin, * l’Eglise exulte de joie * et, jubilante, s’écrie: * Ô Christ, tu es ma force, ma puissance, mon soutien.

ÉPITRE DU JOUR

Phil. II, 12-16

Mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent ; car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Faites toutes choses sans murmures ni hésitations, afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole de vie ; et je pourrai me glorifier, au jour de Christ, de n’avoir pas couru en vain ni travaillé en vain.

 

ÉVANGILE DU JOUR

Lc VI, 24-30

Jésus déclara : Malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes ! Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes ! Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent. Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre encore ta tunique.

Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s’en empare.

14 septembre (ancien calendrier) / 27 septembre (nouveau)

14 septembre (ancien calendrier) / 27 septembre (nouveau)
Jour de jeûne

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX
Dormition de St Jean Chrysostome (407)

L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Alors que saint Constantin le Grand s’apprêtait à marcher sur Rome pour s’opposer à son rival, Maxence,— lequel possédait des forces bien supérieures aux siennes — il vit, en plein midi, le signe de la vivifiante Croix apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entourée de l’inscription : Par ce signe, tu vaincras. Il fit immédiatement orner ses étendards du signe de la Croix, et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d’assurer le triomphe du christianisme. Après la victoire de l’Orthodoxie au Premier Concile Œcuménique, l’empereur nourrissait le désir de faire construire un grandiose édifice en action de grâces. C’est alors que sa mère, sainte Hélène, âgée d’environ quatre-vingts ans, entreprit un pèlerinage à Jérusalem (326), pour y vénérer les saints Lieux, avec l’espoir d’y retrouver le saint Sépulcre et la Croix. En effet, lors de la destruction de la ville sous Hadrien (135), le lieu où notre Seigneur fut crucifié et enseveli, avait été comblé sous une masse de terre et l’on avait bâti au-dessus un temple païen avec une statue d’Aphrodite, de sorte qu’avec le temps le véritable caractère sacré de cet endroit avait été oublié. Parvenue à Jérusalem, sainte Hélène s’adressa à l’évêque saint Macaire [16 août] et, grâce aux informations fournies par un écrit, qu’un Juif des régions orientales tenait de ses pères, on retrouva la grotte de la Résurrection. Sur ordre de l’empereur, le lieu fut déblayé en hâte, et l’on découvrit près de là, trois croix et un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin portant ces mots : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs (Jn 19, 19-20), ainsi que les trois clous qui avaient fixé sur la croix le corps vivifiant du Sauveur. Toutefois, les croix étaient brisées et leurs morceaux éparpillés, il était donc impossible de distinguer la Croix du Christ des deux croix auxquelles avaient été suspendus les deux larrons. La guérison d’une femme mourante à l’approche du saint Bois, permit à saint Macaire de reconnaître le précieux Bois, car les deux autres croix n’opérèrent aucun miracle. L’impératrice et toute sa cour se prosternèrent devant la sainte Croix et la baisèrent avec piété. Mais le peuple, rassemblé en grand nombre sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce ou, pour le moins, voir de loin l’instrument de notre Rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le saint évêque monta alors sur l’ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l’éleva bien haut à la vue de tous, tandis que la foule s’écriait : Kyrie eleison ! Le même geste fut répété solennellement par le patriarche saint Zacharie [21 fév.], quand, à la suite des brillantes victoires de l’empereur Héraclius, la sainte Croix, qui avait été dérobée par les Perses lors du pillage de la Ville sainte (614), revint à Jérusalem (631). Les saints Pères ont institué de procéder, chaque année, dans toutes les églises, à l’exaltation solennelle de la Précieuse Croix, non seulement pour commémorer ces deux événements symboliques de la victoire du christianisme, mais aussi pour manifester que la Croix, instrument de honte et de condamnation dans le monde ancien, est devenue notre fierté et le signe de la gloire divine du Christ, manifestée par la lumière de sa Résurrection. Réitérant aujourd’hui, le geste du saint évêque de Jérusalem et élevant la Croix dans les quatre directions de l’espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens confessent que le Christ, élevé sur la Croix, a réconcilié toutes choses et a uni, dans son Corps, les extrémités de la création : la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, afin que nous puissions avoir accès, par Lui, auprès du Père (Éph 3, 18 ; Col 1, 20). La sainte Croix était, dit-on, faite de trois sortes de bois : cyprès, pin et cèdre, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe (Is 60, 13). Ses innombrables fragments, répandus dans tout le monde chrétien, ont la propriété de rester sans altération, et communiquent aux fidèles qui les vénèrent avec foi la grâce de la Résurrection.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Épitre du jour
(I Cor. I, 18-24)

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

Évangile du jour
(Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35)
En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

1 Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

 

Lettre pastorale de Jean X, patriarche d’Antioche: « La grâce nous grandit, le service nous élève, l’amour nous unit »

Par la grâce de Dieu, Jean X patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, à tous les bien-aimés dans le Seigneur Jésus les fidèles, clercs et laïcs du Saint Siège d’Antioche

« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés »
(Galates 1 : 3-4)

Bien-aimés,

Vous n’êtes pas sans vous souvenir que j’ai adopté cette phrase « La grâce nous grandit, le service nous élève, l’amour nous unit » comme devise du service patriarcal qui m’a été confié par le Saint-Esprit, à travers l’élection de mes frères les évêques du Saint Synode antiochien. En choisissant cette devise j’ai voulu insister sur le fait que nous sommes conviés, en tant qu’Église déployée dans tout l’espace antiochien, à acquérir la grâce et la traduire en service du Corps du Christ, selon le charisme de chacun de nous, dans un climat d’amour qui est le seul « lien de la perfection », selon l’enseignement de l’Apôtre. Nous avons essayé ensemble, durant les dernières années, de mettre en pratique cette devise, souvent avec succès, mais nous avons parfois rencontré des obstacles. Nous continuerons cependant dans la même voie pour que l’Église d’Antioche, cette épouse du Christ nous apparaisse « sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Éphésiens 5: 27). C’est pour cela que je m’adresse à vous, rendus membres responsables de l’Église du Christ par votre Baptême et l’onction du sacrement de la chrismation, pour vous informer des affaires de votre Église afin de vous en souvenir dans vos prières, et de les considérer comme faisant partie intégrante de vos préoccupations.

1- Nous rendons en tant qu’Église grâce à Dieu qui nous a donné « un esprit de force, d’amour et de sagesse » (2 Timothée 1: 7) pour Lui porter témoignage dans les circonstances difficiles que vit notre monde et en particulier nos pays, qui nous ont causé beaucoup de souffrances du fait des guerres des autres sur notre terre, lesquelles non seulement ont détruit la pierre mais ont tué les humains et les ont jeté sur les chemins de l’exil.
2- Nous avons constaté avec consternation que les forces du mal se sont prises à notre Église, en kidnappant notre frère Boulos (Yazigi), métropolite d’Alep depuis plus de 4 ans. Ce qui nous consterne davantage est que malgré de nombreux et continuels contacts avec les organismes internationaux et régionaux, nous sommes restés sans aucune nouvelle de lui. Nous vous invitons à joindre vos prières aux nôtres afin que Dieu nous le rende ainsi qu’à son peuple d’Alep sain et sauf. Nous prions aussi pour son compagnon de captivité, l’évêque Youhanna et pour tous les kidnappés, prêtres et laïcs, et nous implorons Dieu de les soutenir et demandons au monde civilisé de se souvenir de leur tragédie et d’agir en vue de leur libération afin de les rendre à ceux qui les aiment.
3- Nous avons souffert avec vous de l’absurdité des guerres qui ont assailli notre Orient et nos pays avec tout ce qui les a accompagnées de violence, de terreur, de destructions, de ravages, de déplacements de populations, de pauvreté, de faim et de peur de l’avenir. Ces guerres ne servent que les intérêts des puissants de ce monde. Nous avons multiplié nos efforts pour susciter des initiatives afin de fortifier notre présence sur notre terre et la rendre plus efficace, et pour alléger la dureté des circonstances que nous vivons. Nous agissons avec les hommes de bonne volonté pour subvenir aux besoins vitaux de notre peuple et garantir l’avenir de nos jeunes en leur assurant une vie dans l’honneur et la sécurité dans leurs pays. À ce propos, nous avons approché nombre d’instances sur la scène internationale leur demandant d’agir pour arrêter cette guerre destructrice en Syrie et assurer l’unité du pays. Nous avons aussi porté partout le souci du Liban et de son peuple, afin que s’affermisse le travail constitutionnel et institutionnel qui s’y fait, s’accroisse son développement et se maintienne son haut degré d’évolution.
4- Vu ces circonstances difficiles, nous avons fait de l’aide aux nécessiteux la première de nos priorités, et nous continuons à lui donner grande importance dans notre travail quotidien. À travers les institutions patriarcales et les évêchés nous veillons à activer le service de la charité et lui trouver des organes nouveaux plus flexibles encourageant la solidarité entre les fils d’un même corps pour qu’il ne reste parmi nous un seul nécessiteux ou quelqu’un qui ressent qu’il est exclu du cœur des fidèles dans l’Église du Christ. Nous rendons grâces à Dieu pour l’unité antiochienne qui s’est manifestée durant cette crise par des paroisses et des évêchés en Syrie et au Liban qui ont pris en charge les déplacés et ont œuvré dans l’amour à alléger leurs souffrances. De même les diocèses d’outremer ont mis tous leurs moyens au service de ceux qui les ont rejoints et offrent leur support au travail d’entraide fourni par l’Église de nos pays.
5- Vu que le monde est devenu un grand village, nous avons consacré aux problèmes de l’information et de la communication une part importante de notre travail. Le « Centre Orthodoxe Antiochien d’information » a vu le jour, ainsi que la « Voix de la Grâce » sur les ondes. Nous avons aussi augmenté notre présence sur le net et les réseaux sociaux, afin de mieux transmettre la Bonne Nouvelle qui reste le but ultime de toute information chrétienne. Des fidèles de l’ensemble du Patriarcat d’Antioche se sont investis dans ces initiatives et travaillent à augmenter leur succès et leur utilité. À cet effet, je ne peux ne pas mentionner les possibilités qu’offrent à notre travail d’évangélisation les moyens modernes de communication. Si nous savons bien les utiliser et à bon escient, ils deviennent des outils efficaces et probants pour promouvoir le travail pastoral et notre témoignage de la joie de la Résurrection et de la beauté du Christianisme. Mais il nous faut éviter de les utiliser comme plateforme pour étaler nos doléances et des critiques destructives ainsi qu’un lieu de calomnie et d’insultes.
6- Nous avons œuvré à renforcer l’unité antiochienne en la rendant plus efficace. Nous avons veillé à ce que le témoignage du Christ ressuscité et vainqueur de la mort soit le même partout dans l’espace antiochien et tout l’Orient, dans cette région où Dieu nous a voulu, justement pour y témoigner. Pour cela, nous avons augmenté nos rencontres avec nos frères des autres Églises chrétiennes, auxquelles nous sommes unis dans une unité de vie et de devenir, et nous avons encouragé le travail commun entre les fidèles.
7- Nous avons aussi amplifié le travail avec nos frères musulmans, avec qui nous partageons les mêmes patries et le même devenir, afin de promouvoir une culture de paix, de fraternité et de convivialité, et de nous opposer ensemble à ceux qui utilisent la religion pour susciter des conflits et des guerres.
8- Nous avons consolidé la coopération avec les Églises Orthodoxes à travers le monde. À cet effet, nous avons effectué des visites iréniques à nombre de patriarcats, et un pèlerinage à la Sainte Montagne de l’Athos où nous avons demandé la prière de ses moines pour notre peuple, et nous avons placé ses souffrances et son devenir entre les mains de la Toute Sainte Vierge Marie, Protectrice de la Montagne et Médiatrice auprès du Sauveur. Des délégations de notre Église ont participé à toutes les rencontres panorthodoxes pour consolider l’unité entre les Églises et assurer un témoignage orthodoxe commun dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons consacré de grands efforts et beaucoup de ressources en vue de préparer le grand Concile orthodoxe en Crète durant l’été 2016 que le monde orthodoxe attendait de ses vœux, mais nous n’avons pu y participer pour les raisons dont nous vous avions alors informées. La violation du patriarcat de Jérusalem du territoire canonique antiochien, dans l’Emirat de Qatar, nous a beaucoup préoccupé et nous avons présenté plusieurs propositions iréniques pour éviter la rupture de communion entre les deux Sièges apostoliques. Mais toutes nos initiatives ont été repoussées par l’attitude intransigeante du patriarcat de Jérusalem. Et nos divers contacts avec les autorités religieuses et politiques concernées sont restés sans effet.
9- Après la mise à la retraite de certains de nos vieux évêques et le décès d’autres, nous avons dû, ces dernières années, renouveler le corps épiscopal antiochien par de jeunes évêques cultivés et d’expérience. Le choix des nouveaux évêques a exprimé clairement l’unité antiochienne parce que tous ont été élus à d’autres évêchés que ceux dont ils venaient. Le Saint Synode a basé ces choix sur les exigences de l’Évangile, les Canons de l’Église et les Statuts du Siège d’Antioche sans tenir compte d’une quelconque considération politique, nationale ou raciale. Nous sommes heureux de vous annoncer que ces frères évêques sont en train de continuer dans leurs nouveaux diocèses le travail entrepris par leurs prédécesseurs, et que les fidèles leur apportent aide et soutien.
10- L’élection de ces frères s’est accompagnée par l’activation du travail synodal. Nous sommes une seule Église, non une fédération de diocèses limitrophes sans réelle rencontre. Le Saint Synode est le lieu de notre rencontre où chaque évêque communique l’esprit de l’Église qu’il préside, et où le témoignage de l’ensemble des diocèses modèle l’esprit de la seule Église d’Antioche. L’évêque est élu par le Synode et il se réunit en Synode où il contrôle et est contrôlé. Et c’est le Synode qui le juge s’il enfreint le donné de la foi. C’est là le dépôt reçu des Apôtres qui ont stipulé que « les évêques de chaque nation doivent reconnaitre leur primat et le considérer comme leur chef, et ne rien faire d’importance sans son avis, mais que chacun d’entre eux ne s’occupe que de ce qui concerne son diocèse et les campagnes en dépendant. Et le premier ne doit rien faire sans l’avis de tous. Ainsi régnera par le Seigneur la concorde dans l’Esprit Saint, et sera glorifié le Père, le Fils et le Saint Esprit » (Canon apostolique 34).
11- Le même esprit élaboré par l’Église entière doit être appliqué par tous, clercs et laïcs, comme nous exhorte l’Apôtre, à tenir « tous un même langage » (1 Corinthiens 1: 10), c’est à dire en d’autres termes à travers notre enracinement dans l’illumination spirituelle et l’effort d’acquisition de la grâce et de sa mise en pratique dans un enseignement orthodoxe et des actions de service et d’amour fraternel.
12- Nous traduisons aussi ce même esprit à travers notre unité et notre coopération qui nous permettent d’accomplir le souhait de Notre Seigneur de nous aimer comme Il aime Son Père. L’unité et la coopération sont des conditions indispensables pour soutenir notre existence et diminuer l’émigration des ressources humaines que connaissent nos pays et notre Église. À ce propos, nous avons œuvré et ne cessons de le faire à affermir la coopération avec nos frères dans les pays de la diaspora, ces apôtres de l’esprit antiochien et de sa tradition envers le monde entier, qui ont tenu à conserver, dans leurs nouveaux pays, leur engagement chrétien et y ont bâti leurs églises en même temps que leurs maisons. Leurs liens profonds avec l’Église d’Antioche nous donnent des forces et nous encouragent réciproquement. Nous ne cessons de voir en eux le souffle apostolique de l’Église d’Antioche qui s’ouvre au monde pour l’évangéliser, et s’enrichit de l’apport de ses fidèles d’autres pays et d’autres continents. Le langage commun d’Antioche s’exprime maintenant dans de nombreuses langues mondiales, et il continuera d’appeler à l’enracinement dans la Tradition et à une ouverture sur le monde d’aujourd’hui, traduisant notre fidélité au Seigneur qui nous enjoint de faire parvenir Sa Bonne Nouvelle et Sa Paix aux confins du monde.
13- Œuvrer à avoir un même esprit s’accomplira par notre effort incessant à résoudre les différends qui se mettent au travers de notre route, par la consultation et l’entente, ainsi que le recours à l’avis de la communauté en vue d’arriver à un consensus et à l’unité au sein même de nos différends. La vie de l’Église est basée sur la concertation et non la négociation, la complémentarité et non l’antagonisme, une franche confrontation et non un affrontement destructeur, le pardon de l’autre et non le laisser s’engluer dans ses fautes, sur la franchise et non sur un jugement d’intentions, et enfin sur le sacrifice et le don de soi et non la répartition de gains et d’intérêts.
14- Pour cela, il nous faut adopter cette spiritualité dans nos relations pour renforcer notre unité, cette unité qui débute par le rassemblement des membres de chaque paroisse autour de leur pasteur et leur coopération pour son développement dans une transparence totale. Cette unité se vit aussi au niveau du diocèse où les fidèles se doivent de participer avec leur évêque et sous sa présidence à l’embrigadement de toutes les compétences spirituelles et matérielles qui s’y trouvent et leur développement dans un esprit de coopération et de communion. Cette unité trouve son apogée au niveau du Saint Synode dans son travail commun pour le bien de l’Église d’Antioche, pour renforcer son unité et activer son témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Tout ce qui précède évoque une spiritualité qui a été la base sur laquelle ont été fondés nos statuts approuvés au début des années 70 du siècle passé, et qui stipulent la formation d’un conseil pour chaque paroisse, d’un congrès pour chaque diocèse groupant les représentants des prêtres, des moines et des laïcs et qui élit un conseil du diocèse. Ces statuts stipulent aussi la convocation d’un Congrès Général du Siège d’Antioche qui a été convoqué en 2014.
De nombreuses circonstances ont empêché, ici et là, l’entière formation de ces divers organismes prévus au Règlement intérieur de notre Patriarcat, ce qui a réduit la participation efficace des fils de l’Église dans la direction de leurs paroisses et de leurs diocèses. Ce manque a amené beaucoup à se plaindre de cette situation, ou à former des organes équivalents pour exprimer leurs opinions. C’est pourquoi il nous faut, en tant qu’Église, dépasser les différends autour des statuts qui durent depuis le milieu du siècle passé, et nous soucier d’affermir notre unité et unifier notre parole par la formation des organes prévus et d’appliquer enfin les décisions du dernier Congrès antiochien. Nos statuts ont été établis il y a près de cinquante ans, et il ne fait de doute qu’ils doivent être amendés et complétés pour se mettre au diapason du renouveau que nous voulons tous pour notre Siège d’Antioche. Cependant, notre engagement à mettre maintenant en pratique les statuts actuels est un gage de notre sincérité, tout en prenant le soin de noter les expériences utiles à leur amendement plus tard, car les lois sont établies pour éviter que la communauté soit sujette aux sautes d’humeur et à l’individualisme.
15- Nous avons concrétisé ce même esprit qui nous unit dans un « même langage » dans notre approche des problèmes humains qui ont confronté la conscience de notre Église dans nos patries et outremer. Nous avons œuvré partout à défendre l’intérêt de l’homme, de tout homme et celui de l’humanité entière. Nous avons toujours veillé à ne pas adopter des approches politiques utilisant le langage des gens de ce monde, et de ne pas imposer à nos ouailles des options politiques définies. Mais nous les avons toujours orienté à baptiser leur esprit politique à l’aune de la vérité de l’Évangile et de la charité chrétienne qui a pour mission de se donner et de sauver tous les hommes.

Je vous ai écrit ce qui précède pour vous dire ma joie de ce que nous avons réalisé ensemble et mon intention de multiplier les efforts dans l’amour afin de compléter « l’édification du Corps du Christ » pour parvenir « à la mesure de la stature parfaite du Christ » (Éphésiens 4: 13). Je rends grâces à Dieu qui nous a donné des pasteurs aimant leur Église, plaçant ses intérêts et son unité au-dessus de tout, emplis de la foi qui témoigne de la joie de la Résurrection et œuvrant, chacun selon les charismes et les talents qui lui ont été donnés, au renouveau de l’Église.

Bien-aimés,

Je sais que le monde d’aujourd’hui attend de nous une « parole de vie », et que l’homme d’aujourd’hui a besoin de guérison que seul le témoignage de ceux qui ont ressuscité des morts avec leur Seigneur peut lui donner. C’est ainsi qu’ont agi nos Pères avant nous, quand ils ont transmis notre Tradition vivante dans la langue de leur temps. Et c’est ce que nous devons faire aussi aujourd’hui. C’est pourquoi je vous invite :
1- À approfondir la connaissance des sciences de ce siècle pour lui transmettre la nouvelle éternelle dans une langue nouvelle qui l’interpelle.
2- À travailler ensemble pour évangéliser les membres de notre communauté, surtout ceux qui s’en sont éloignés influencés par une sécularisation galopante.
3- À transmettre à ceux de nos jeunes qui ne se marient plus à l’église et dont certains ne baptisent plus leurs enfants le sens du sacrement de l’amour et celui de la communauté.
4- À dépasser les apparences extérieures de la piété pour rendre notre réflexion théologique capable en profondeur d’éveiller le monde à la réalité de notre Dieu qui est un Dieu vivant et vivifiant, un Dieu de liberté et d’amour qui nous aime d’un grand amour et qui veut que nous devenions des dieux par adoption.
5- À coopérer avec l’agir divin pour transformer le monde en église et la terre en ciel.
6- À rendre compte de la présence de Dieu partout et en tout ce que nous faisons afin que le monde sache que nous sommes les disciples du Maître.
7- À étendre l’Autel en dehors de l’église là où se trouvent les pauvres, les déplacés, ceux qui vivent dans le désespoir et la tristesse et qui ont besoin de notre sollicitude et de notre amour pour les sauver de la mort.
8- À ne pas nous suffire des prières, mais faire de notre présence dans l’histoire une prière quotidienne qui sauve le monde et l’histoire.
9- À nous éloigner des procédés du monde et les empêcher d’envahir notre vie ecclésiale. À ne pas nous créer des ennemis pour les rendre responsables de notre angoisse, car le Christ ne connaît pas l’inimitié, mais nous a commandé de nous aimer les uns les autres.
10- À purifier nos cœurs pour qu’ils deviennent un terreau fertile à l’éclosion de la Parole de Dieu et à porter des fruits, et pour qu’ils ne se dessèchent et ne soient étouffés par les ronces.
11- À témoigner de notre familiarité avec Jésus et la joie de l’Évangile qui emplit nos cœurs, transforme notre vie et nous libère de toute tristesse, souci et solitude.
12- À adopter tous le même langage, et combattre tout différend et parti pris qui nous séparent, pour que nous soyons « parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment… avec les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus-Christ, afin que tous ensemble d’une seule bouche (nous) glorifions le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1: 10 et Romains 15 5-6).

Bien-aimés,

Vous êtes les gardiens de la foi que nous ont transmise vos pères et vos aïeuls et que nous ont léguée les saints. Vous êtes responsables de témoigner du Christ ressuscité là où vous êtes. Faites en sorte que le Christ soit toujours au milieu de l’Église. Conviez-le par la prière à ne pas abandonner la barque de l’Église au milieu de la tempête. Ayez confiance qu’Il aura pitié de nous comme Il l’a fait avec la foule au désert. Soyez sûrs qu’Il est avec nous et ressent notre douleur, notre faim, notre soif et notre tristesse. Il ne nous délaissera pas même si nous traversons un désert, loin de Lui. Tournez-vous vers Lui, Bien-aimés, et vous Le trouverez avec vous, et ainsi vous aurez le même esprit et le même langage, et ils seront compris par tous.

Aimez beaucoup et comprenez que notre responsabilité en tant que pasteurs et la vôtre en tant que croyants sont d’affirmer que seul le Christ est maître de Son Église, » afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine’(1 Corinthiens 1: 17).

Que la bénédiction du Seigneur soit avec vous tous.

Publié par le Patriarcat à Damas
En la fête de la Dormition de la Mère de Dieu, 2017

Jean X
Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient

 

14 septembre

14 septembre

Jour de jeûne

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Dormition de St Jean Chrysostome (407)

L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX[1]

Alors que saint Constantin le Grand s’apprêtait à marcher sur Rome pour s’opposer à son rival, Maxence,— lequel possédait des forces bien supérieures aux siennes — il vit, en plein midi, le signe de la vivifiante Croix apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entourée de l’inscription : Par ce signe, tu vaincras. Il fit immédiatement orner ses étendards du signe de la Croix, et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d’assurer le triomphe du christianisme[2]. Après la victoire de l’Orthodoxie au Premier Concile Œcuménique, l’empereur nourrissait le désir de faire construire un grandiose édifice en action de grâces. C’est alors que sa mère, sainte Hélène, âgée d’environ quatre-vingts ans, entreprit un pèlerinage à Jérusalem (326), pour y vénérer les saints Lieux, avec l’espoir d’y retrouver le saint Sépulcre et la Croix. En effet, lors de la destruction de la ville sous Hadrien (135), le lieu où notre Seigneur fut crucifié et enseveli, avait été comblé sous une masse de terre et l’on avait bâti au-dessus un temple païen avec une statue d’Aphrodite, de sorte qu’avec le temps le véritable caractère sacré de cet endroit avait été oublié. Parvenue à Jérusalem, sainte Hélène s’adressa à l’évêque saint Macaire [16 août] et, grâce aux informations fournies par un écrit, qu’un Juif des régions orientales tenait de ses pères, on retrouva la grotte de la Résurrection. Sur ordre de l’empereur, le lieu fut déblayé en hâte, et l’on découvrit près de là, trois croix et un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin portant ces mots : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs (Jn 19, 19-20), ainsi que les trois clous qui avaient fixé sur la croix le corps vivifiant du Sauveur. Toutefois, les croix étaient brisées et leurs morceaux éparpillés, il était donc impossible de distinguer la Croix du Christ des deux croix auxquelles avaient été suspendus les deux larrons. La guérison d’une femme mourante à l’approche du saint Bois, permit à saint Macaire de reconnaître le précieux Bois, car les deux autres croix n’opérèrent aucun miracle. L’impératrice et toute sa cour se prosternèrent devant la sainte Croix et la baisèrent avec piété. Mais le peuple, rassemblé en grand nombre sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce ou, pour le moins, voir de loin l’instrument de notre Rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le saint évêque monta alors sur l’ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l’éleva bien haut à la vue de tous, tandis que la foule s’écriait : Kyrie eleison ! Le même geste fut répété solennellement par le patriarche saint Zacharie [21 fév.], quand, à la suite des brillantes victoires de l’empereur Héraclius, la sainte Croix, qui avait été dérobée par les Perses lors du pillage de la Ville sainte (614), revint à Jérusalem (631). Les saints Pères ont institué de procéder, chaque année, dans toutes les églises, à l’exaltation solennelle de la Précieuse Croix, non seulement pour commémorer ces deux événements symboliques de la victoire du christianisme, mais aussi pour manifester que la Croix, instrument de honte et de condamnation dans le monde ancien, est devenue notre fierté et le signe de la gloire divine du Christ, manifestée par la lumière de sa Résurrection. Réitérant aujourd’hui, le geste du saint évêque de Jérusalem et élevant la Croix dans les quatre directions de l’espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens confessent que le Christ, élevé sur la Croix, a réconcilié toutes choses et a uni, dans son Corps, les extrémités de la création : la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, afin que nous puissions avoir accès, par Lui, auprès du Père (Éph 3, 18 ; Col 1, 20). La sainte Croix était, dit-on, faite de trois sortes de bois : cyprès, pin et cèdre, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe (Is 60, 13). Ses innombrables fragments, répandus dans tout le monde chrétien, ont la propriété de rester sans altération, et communiquent aux fidèles qui les vénèrent avec foi la grâce de la Résurrection.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1

Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

 Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4

Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉPITRE du jour

(I Cor. I, 18-24)

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

Évangile du jour

(Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35)

En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

[2] L’autre évènement qui détermina la vénération de la Croix comme signe glorieux, associé à la lumière divine, fut l’apparition de la Croix lumineuse à Jérusalem (en 350), qui est commémorée le 7 mai.

Fêtes au couvent russe du Mont des Oliviers à Jérusalem en l’honneur du bicentenaire de la naissance de l’archimandrite Antonin Kapoustine

Des festivités ont eu lieu au couvent du Mont des Oliviers, qui relève de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’archimandrite Antonin Kapoustine. L’archimandrite Antonin Kapoustine, l’une des plus grandes personnalités ayant œuvré en Terre Sainte, qui fut chef de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem et grâce aux labeurs duquel a été créé un héritage unique de l’Église orthodoxe russe, appelé maintenant « Palestine russe », est né le 25 août 1817. La décision de fêter ce jubilé a été prise en novembre 2016 au cours des réunions communes des hiérarques du Patriarcat de Moscou et de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, à laquelle prirent part l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc, l’évêque de l’administration du Patriarcat de Moscou pour les institutions à l’étranger, Mgr Antoine de Zvenigorod, le chef de la Mission de l’Église russe hors-frontières l’archimandrite Romain (Krasovsky), le chef de la Mission du Patriarcat de Moscou l’archimandrite Alexandre (Elisov), et d’autres personnalités officielles. Le 24 août, la veille de la mémoire de l’archimandrite Antonin, a été célébré l’office des vêpres au couvent du Mont des Oliviers, présidé par le métropolite d’Amérique orientale et de New York Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières. Concélébraient avec lui le métropolite de Kazan et du Tatarstan Théophane, représentant officiel du patriarche de Moscou Cyrille pour ces festivités, le métropolite de Ternopol et de Kremenets Serge, l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc, les chefs des deux Missions, des prêtres venus en pèlerinage. Le 25 août, le métropolite Hilarion, assisté des métropolites Théophane et Serge, de l’archevêque Marc et du clergé, a célébré la divine liturgie. Au moment de la petite entrée, la moniale Barbara (Novikov) a été élevée au rang d’higoumène du couvent du Mont des Oliviers. À l’issue de l’office, le métropolite Hilarion a remis à mère Barbara le bâton d’higoumène. Ensuite a eu lieu la partie solennelle de la fête, au cours de laquelle le primat a remis aux participants des festivités la médaille frappée spécialement pour le jubilé. Enfin a eu lieu une réception pendant laquelle a eu lieu la présentation du volume « L’archimandrite Antonin Kapoustine, prédications, et ses traductions effectuées à Kiev », dans lequel sont publiées des prédications qui étaient jusqu’à présent inconnues, ainsi que ses traductions des homélies de saint Jean Chrysostome sur l’Évangile selon saint Jean. Après la présentation a eu lieu la projection du nouveau film documentaire du réalisateur Alexandre Slobodski « L’archimandrite Antonin Kapoustine, bâtisseur de la Palestine russe » et une exposition de documents d’archives liés au père Antonin.

Source (dont photographie): Église russe hors frontières

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski