19 janvier (ancien calendrier) / 1er février (nouveau)

Dimanche du Pharisien et du Publicain

Saint Macaire le Grand, d’Égypte (390-391) ; saint Marc, archevêque d’Éphèse (1444) ; sainte martyre Euphrasie, vierge (303) ; saint Macaire d’Alexandrie (395) ; saint Conteste, évêque de Bayeux (513) ; saint Laumer, abbé dans le Perche (593) ; saint Rémi, évêque de Rouen (772) ; saint Arsène, archevêque de Corfou (VIIIème s.) ; saint Théodore, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Macaire le jeûneur, Laure des grottes de Kiev (XIII-XIVème s., invention des reliques de saint Sabbas de Storojevsk (1652) ; saint Euthyme, confesseur en Géorgie (XXème s.), saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre (Skipetrov), prêtre (1918) ; Nicolas (Vostorgov), prêtre (1930), Théodore (Goussev) (1940).

SAINT MACAIRE LE GRAND

19 janvier

Saint Macaire le Grand naquit en l’an 300 dans un village du Delta du Nil, Jijbêr, et exerça d’abord la profession de chamelier. Obéissant à un appel de Dieu, il se retira seul dans une cellule de son village pour y vaquer à la vie ascétique et à la prière. Comme les habitants du lieu voulaient le faire prêtre, il s’enfuit dans un autre village. Une jeune fille, qui s’était trouvée enceinte, accusa, pour se justifier, l’anachorète de lui avoir fait violence. On s’empara alors de Macaire et on le promena dans les rues, des casseroles au cou, en l’accablant de coups et d’injures. Le saint ne dit rien pour se défendre et accepta même de travailler davantage pour subvenir aux besoins de la femme et de l’enfant envoyés par la Providence. Lorsque son innocence fut finalement reconnue, tout le village, saisi d’admiration, voulut venir lui demander pardon. Mais Macaire s’enfuit, pour échapper à la vaine gloire, et se rendit au désert de Scété (auj. Waddi-Natroun), région aride et inhospitalière qu’il connaissait pour y avoir exploité le nitre. Il était alors âgé de trente ans et s’adonna avec un zèle irrésistible à tous les travaux de l’ascèse. Il ne se nourrissait qu’une fois par semaine d’un peu de pain et d’eau, dormait assis contre le mur de sa cellule quelques brefs instants et persévérait constamment dans le silence, dans la garde de l’esprit de toute pensée étrangère et dans la prière intérieure. Qu’il mangeât ou qu’il jeûnât, son corps avait toujours un aspect émacié, comme s’il échappait aux lois de la matière, car disait-il : « Le corps de celui qui est sans cesse occupé à purifier son âme est consumé par la crainte de Dieu comme le tison est brûlé par le feu. »

Il était si détaché des biens de ce monde que lorsqu’il surprit, un jour, un voleur en train de lui dérober le peu d’objets qu’il avait dans sa cellule, il l’aida à les charger sur son chameau. Jour et nuit, il restait assis dans sa cellule, les mains occupées à tresser des feuilles de palmier, l’âme contrite au souvenir de ses péchés et l’esprit transporté au ciel. Il ne se répandait pas en de longues prières, mais, tendant les mains vers le ciel, il disait en tout temps : « Seigneur, comme Tu le veux et Tu le sais, aie pitié de moi ! » Quelqu’un lui demanda un jour comment progresser dans la voie du salut. Le saint l’envoya au cimetière injurier les morts puis leur adresser des louanges, et il lui dit à son retour : « Vois-tu, les cadavres ne t’ont rien répondu. De même, toi aussi, si tu veux être sauvé, deviens comme mort, ne comptant pour rien le mépris des hommes ou leurs louanges.»

Furieux de se voir ainsi attaqués de front dans leur séjour, les démons l’assaillaient de toutes leurs forces, mais le saint les repoussait avec mépris. Un de ces esprits impurs lui confessa : « Tout ce que tu fais, je le fais aussi : tu jeûnes, moi je ne mange pas du tout ; tu veilles, moi je ne dors pas. Tu l’emportes seulement sur un point : par ton humilité. À cause d’elle, je ne puis rien contre toi. » Par ces combats, Macaire devint ainsi expert dans la connaissance des différentes sortes de démons. Il disait qu’ils se divisent en deux catégories principales : celle des esprits qui nous incitent aux passions, comme la colère ou la convoitise, et l’autre, plus redoutable, qui égare les hommes par l’illusion spirituelle, le blasphème et les hérésies.

La renommée des vertus de saint Macaire fut bientôt connue dans toute l’Égypte, et de nombreux visiteurs commencèrent à affluer vers le désert de Scété. Le saint accueillait avec joie et simplicité tous ceux qui venaient à lui, sans juger personne, et prodiguait à chacun ce qui lui convenait : parole d’édification ou prière. Pour honorer ses hôtes, il leur offrait un peu de vin et buvait avec eux ; mais, une fois seul, il restait sans boire d’eau autant de jours qu’il avait bu de coupes de vin. On disait de lui qu’il était comme un « dieu terrestre » car, de même que Dieu protège le monde par sa providence, de même abba Macaire cachait les fautes qu’il voyait comme ne les voyant pas et couvrait tous les hommes de son amour. Sa charité extrême le poussait à prier avec larmes même pour les damnés. Un jour, comme il marchait dans le désert, il trouva le crâne d’un prêtre des idoles, qui prenant la parole lui dit : « Chaque fois que tu prends en pitié ceux qui sont dans les tourments, nous qui sommes plongés dans le feu, le dos de l’un collé à celui de l’autre, nous recevons quelque soulagement en pouvant voir un peu la face de nos compagnons de malheur. »

Saint Macaire rendit visite à saint Antoine le Grand qui apprécia fort ses vertus et fit de lui un de ses disciples et héritiers spirituels . De retour à Scété, il commença à accepter des disciples en nombre croissant, c’est pourquoi il est considéré à juste titre comme le fondateur de cet illustre centre du monachisme orthodoxe. Parmi ses premiers disciples, on compte des astres brillants dans le firmament spirituel comme les abbas Moïse [28 août], Sisoès [6 juil.], Isaïe [3 juil.], Aïus, Zacharie [24 mars] et d’autres grands lutteurs. Chacun vivait dans une cellule séparée, occupé toute la semaine à un travail manuel suffisant pour lui assurer de quoi vivre et, le cas échéant, de quoi faire l’aumône ; mais surtout utile pour lutter contre l’ennui (acédie) et garder l’esprit vigilant. Les moines de Scété s’adonnaient en effet à de grandes austérités dans le seul but de garder leur intelligence constamment fixée en Dieu par la prière pure, et ils alimentaient leur contemplation en récitant par cœur les psaumes et de longs passages de l’Écriture sainte. Lorsqu’ils eurent bâti une église, ils se réunissaient tous, le samedi soir, pour célébrer la vigile nocturne et communier aux saints Mystères. Au matin, après la Divine Liturgie, ils partageaient un repas fraternel, qui était pour beaucoup d’entre eux le seul repas de la semaine, et conversaient librement, en interrogeant les plus avisés pour l’édification de leur âme. Puis chacun repartait vers sa cellule, en emportant les feuilles de palmier nécessaires au travail de la semaine.

Comme le nombre des disciples et des visiteurs croissait sans cesse, saint Macaire changea à plusieurs reprises de résidence. Il vivait loin des autres cellules, avec seulement deux compagnons à proximité, et avait aménagé une galerie souterraine qui menait de sa cellule à une grotte éloignée, de sorte qu’il pouvait s’isoler à l’insu de tous, pour garder son esprit sans distractions, lorsque les visites se faisaient trop fréquentes.

Au début, chaque fois qu’il désirait participer à la Divine Liturgie, le saint devait se rendre à pied à Nitrie, à plus de quarante milles de là, dans le désert brûlant. L’effort était trop grand pour ses disciples, aussi, sur les instances de saint Antoine, accepta-t-il de recevoir l’ordination sacerdotale, à l’âge de quarante ans. Le Saint-Esprit lui accorda alors en abondance les charismes de guérisons, de prophétie et de discernement des pensées. À deux reprises il ressuscita un mort : la première fois pour faire éclater innocence d’un malheureux injustement accusé d’assassinat, et la seconde pour démontrer à un hérétique la vérité de la foi en la résurrection des corps. Attirés par la réputation de saint Macaire et de ses disciples et par la prédication enthousiaste de saint Athanase en faveur du monachisme, des hommes venaient à Scété de toutes les parties de l’Égypte et des contrées éloignées de l’Empire pour y embrasser la vie angélique. Le désert devint une véritable ville, si bien qu’à la fin du siècle on comptait à Scété quatre églises, où les ascètes se réunissaient par centaines chaque dimanche.

En 374, l’arien Lucius s’empara du siège épiscopal d’Alexandrie et raviva la persécution contre les orthodoxes. Il s’attaqua en premier lieu aux moines les plus influents et fit déporter dans une île du Delta du Nil les deux Macaire et d’autres saints moines. Leur exil tourna cependant à l’avantage de l’Église, car ces confesseurs convertirent les païens du lieu et, bientôt rappelés grâce aux protestations indignées du peuple, ils rentrèrent dans leur désert avec une gloire accrue. Saint Macaire, sentant sa fin prochaine, rendit une dernière fois visite à ses disciples de Nitrie. En guise de testament spirituel, il leur déclara, les larmes aux yeux : « Pleurons, frères, et que nos yeux répandent sans cesse des larmes, avant que nous allions là où nos larmes brûleront nos corps. » Quelque temps plus tard, le « père spirituel du désert » remit en paix son âme au Seigneur, âgé de quatre-vingt-dix ans. Après avoir subi diverses translations lors de la conquête musulmane, ses précieuses reliques furent ramenées au monastère copte (784) qui porte son nom, édifié sur les lieux que le saint avait sanctifiés par sa présence.

On attribue traditionnellement à saint Macaire le Grand un ensemble d’admirables homélies spirituelles, dans lesquelles le saint évoque, à l’aide de splendides images empruntées au monde naturel, les effets variés de la grâce de Dieu en nous. Après avoir adhéré au Seigneur par la foi et s’être consacré à Lui par le renoncement, nous devons, dit-il, « cultiver la terre de notre cœur » , c’est-à-dire forcer notre nature rebelle dans la pratique de toutes les saintes vertus évangéliques, et principalement dans l’assiduité à la prière. Voyant alors notre bonne volonté, le Christ nous donnera la force d’accomplir tous ses commandements, ou plutôt Il les accomplira Lui-même en nous par l’énergie du Saint-Esprit. Progressant ainsi de vertu en vertu et de gloire en gloire vers la plénitude, notre esprit sera intimement mêlé au feu de l’Esprit Saint, il deviendra « tout œil, toute lumière » , et acquerra les propriétés de Dieu. Lors de la résurrection générale, le feu de l’Esprit Saint, caché dans le cœur des saints, débordera sur leur corps et les fera resplendir pour l’éternité de la lumière de Dieu. Pour saint Macaire, la vie chrétienne a pour seul but d’acquérir, dès ici-bas, l’expérience de l’Esprit Saint, de subir cette belle transformation qui nous donnera une « sensibilité spirituelle », par laquelle nous pourrons « goûter » la présence de Dieu à chaque instant de notre vie.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton

La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la Vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de Vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique Ami des hommes!

Kondakion du dimanche du pharisien et du publicain, ton 4

Fuyons la jactance du pharisien et apprenons du publicain la sublimité d’un langage humble, criant dans le repentir : « Sauveur du monde, purifie Tes serviteurs ».

ÉPITRE DU JOUR

II Tim. III, 10-15

Mon enfant Timothée, tu m’as suivi dans mon enseignement, dans ma conduite et mes projets, dans la foi, la patience, dans l’amour du prochain et la constance, dans les persécutions et les souffrances qui me furent infligées à Antioche, à Iconium et à Lystres. Quelles persécutions n’ai-je pas eu à subir! Et de toutes le Seigneur m’a délivré. D’ailleurs, tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés ; tandis que les méchants et les imposteurs feront toujours plus de progrès dans le mal, séduisant les autres et s’égarant eux-mêmes tout à la fois. Mais toi, demeure ferme dans ce que tu as appris et dont tu as acquis la certitude, puisque tu sais de qui tu le tiens et que depuis l’enfance tu connais les saintes Écritures : elles sont à même de te procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus.

ÉVANGILE DU JOUR

Lc. XVIII, 10-14 Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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