29/06/2017
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L’Assemblée des évêques orthodoxes du Royaume-Uni : « La réunion du saint et grand Concile est d’une importance majeure »

« Nous considérons qu’il est d’une importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église ». C’est ce que mentionne le communiqué rédigé par l’Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande. La séance de travail de l’Assemblée a eu lieu le samedi 4 juin à Londres. L’événement a été hébergé, avec la bénédiction de S.E. Mgr Joseph, métropolite orthodoxe roumain de l’Europe occidentale et méridionale, par la paroisse orthodoxe roumaine Saint-Georges dans la capitale britannique. À l’ordre du jour de l’Assemblée figurait entre autres le saint et grand Concile. La séance de travail a été précédée par la divine liturgie. L’office a été célébré par S.E. Mgr Grégoire, archevêque de Thyatire et de Grande-Bretagne (Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Élisée, archevêque de Souroge (Église orthodoxe russe), S.E. Mgr Jean, archevêque de Charioupolis (Archevêché des églises russes en Europe occidentale. Patriarcat œcuménique), S.E. Mgr Athanase de Tropaios, évêque-vicaire de l’archevêché de Thyatire et de Grande-Bretagne, et S.E. Mgr Ignace de Mureş, évêque-vicaire du diocèse d’Espagne et du Portugal (Église orthodoxe roumaine). En ce qui concerne le saint et grand Concile, l’Assemblée des évêques orthodoxes en Grande-Bretagne et en Irlande a publié, sur l’initiative de S.E. Mgr Ignace, le communiqué suivant : « Nous, Assemblée des évêques orthodoxes de Grande-Bretagne et d’Irlande, réunis en la paroisse orthodoxe roumaine de Londres, conformément à nos statuts, avons appris avec profonde inquiétude les évolutions récentes qui mettent en danger la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. Concélébrant aujourd’hui dans l’esprit de l’unité et de l’amour, nous considérons d’importance majeure que tous les efforts soient déployés, de sorte que le saint et grand Concile se réunisse et montre au monde l’unité conciliaire de l’Église. Dans une période d’incertitude, les chrétiens orthodoxes considèrent le saint et grand Concile comme une affirmation vitale d’espoir. Aussi, nous appelons tout le clergé et le peuple orthodoxe de nos diocèses à élever des prières ferventes pour que soient surpassés tous les obstacles et que l’Esprit Saint œuvre de façon que nos Églises-mères se rencontrent dans l’unité du Christ ».

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Communiqué de l’Église orthodoxe de Géorgie sur le saint et grand Concile, avec la liste de ses participants

Synode_GeorgieLe 25 mai 2016, a eu lieu au Patriarcat de Géorgie la séance ordinaire du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie, sous la présidence du Catholicos-patriarche de toute la Géorgie, Sa Saintété et Béatitude Élie II. Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku a été nommé secrétaire de la session. Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie II a prononcé le discours d’ouverture, saluant les membres du Saint-Synode et félicitant le peuple géorgien à l’occasion de la fête de l’Indépendance (…). Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie a voué une attention particulière à l’importance du Saint et Grand Concile orthodoxe en préparation pour le 16 juin de cette année, et a remercié les clercs et laïcs qui ont participé aux sessions des Conférences préparatoires préconciliaires. Ensuite, Sa Saintété et Béatitude le Catholicos-Patriarche Élie II a donné la parole aux évêques membres du Saint-Synode, afin qu’ils expriment leurs opinions au sujet des documents qui seront discutés lors du futur Concile. Le représentant de l’Église orthodoxe de Géorgie au Secrétariat du Saint et Grand Concile, le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni a fait une courte revue des documents du Concile panorthodoxe. Le métropolite Théodore (Tchuadzé) d’Alkhaltsikhe et Tao-Klarjeti a parlé au sujet des documents « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Le Saint-Synode a décidé que deux points du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » devaient être modifiés. Il s’agit notamment, dans la première partie, du point 10 et, dans la deuxième partie intitulée « empêchements au mariage » du point 5 alinéa I.

1) Le point 10 en question dispose : « L’Église n’accepte pas pour ses membres les contrats de cohabitation de même sexe, ni d’ailleurs toute forme de cohabitation différente du mariage. L’Église doit déployer tous ses efforts pastoraux possibles pour que ses membres qui s’engagent dans de telles formes de cohabitation puissent comprendre le véritable sens de la pénitence et de l’amour béni par l’Église ».
Ce point doit être modifié de la façon suivante : « L’Église n’accepte pas l’union sexuelle entre des personnes de même sexe, ainsi que toute autre forme de cohabitation distincte du mariage chrétien et condamne ce péché. L’Église est préoccupée du destin éternel des âmes immortelles des gens qui vivent dans ce péché et déploie tous ses efforts pastoraux afin qu’ils prennent conscience de l’extrême gravité de celui-ci et s’en éloignent au moyen de la véritable pénitence ».

2) Dans la deuxième partie, sous le point 5, alinéa I du document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », il est dit : « Le mariage entre orthodoxes et non-orthodoxes ne peut être béni selon l’acribie canonique (canon 72 du Concile Quinisexte in Trullo). Toutefois, il peut être célébré par condescendance et amour de l’homme à la condition que les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Eglise Orthodoxe ».
Or il est connu de tous qu’aucun Concile ne peut s’opposer, annuler ou changer quelque canon que ce soit d’un Concile reconnu comme œcuménique.

Dans le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », doivent être portées les modifications suivantes :

1) Dans le sous-titre, rédigé comme suit : « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres », doit être enlevée la phrase « et autres », car elle peut être commentée de différentes façons.

2) Le troisième point du chapitre « A » (« La dignité de la personnalité humaine ») du même document, dispose : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large en ce domaine [i.e. la paix, ndt]. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression du fanatisme de toutes parts; par-là elles œuvreront en faveur de la réconciliation des peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, au service de l’homme, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres ».
Selon la décision du Saint-Synode, le texte mentionné doit être exposé dans la rédaction suivante : « La reconnaissance commune de la valeur éminente de la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus large dans le domaine de la paix. Les Églises orthodoxes sont appelées à contribuer à la concertation et à la collaboration interreligieuses et, par ce biais, à la suppression de toute manifestation de fanatisme. Par-là, elles œuvreront en faveur de l’affermissement de l’amitié parmi les peuples et du triomphe des biens que constituent la liberté et la paix dans le monde, pour le bien de tout homme, dans le but de sa purification spirituelle, de sa déification et de l’obtention de la vie éternelle, indépendamment des races et des religions. Il va de soi que cette collaboration exclut tout syncrétisme ainsi que toute tentative d’une religion de s’imposer aux autres, ce qui, naturellement, ne signifie pas la renonciation de la Sainte Église à l’activité missionnaire ».

3) Dans le premier point du chapitre « C » (« De la paix et de la justice ») doit être conservé le texte suivant : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27).
Cependant, la seconde partie du même point, qui dispose : « Car la paix du Christ est le fruit mûr de la récapitulation de toutes choses en Lui; de la valeur et de la grandeur de la personne humaine, en tant qu’image de Dieu; de la manifestation de l’unité organique du genre humain et du monde en Christ; de l’universalité des idéaux de la paix, de la liberté et de la justice sociale; et enfin de la fécondité de l’amour chrétien entre les hommes et les peuples », doit être enlevée.
Toutefois, la dernière partie de ce paragraphe du texte doit être conservée : « La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi ».
Ainsi, le premier point du chapitre II disposera : «L’Église orthodoxe reconnaît et souligne depuis des temps immémoriaux la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation même en Christ est caractérisée comme évangile de paix (Ep 6,15), car le Christ en instaurant la paix par le sang de sa Croix (Col 1,20), est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches (Ep 2,17). Il est devenu notre paix (Ep 2,14). Cette paix qui surpasse toute intelligence (Ph 4,7), est, comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion, plus large et plus essentielle que celle promise par le monde: Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne (Jn 14,27). La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces idéaux chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi.

Pour ce qui concerne le document « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », le métropolite Stéphane (Kalaidjishvili) de Tsageri et Lentekhi a fait son rapport. Les remarques du professeur de dogmatique et de patrologie de l’Académie ecclésiastique et du séminaire de Tbilissi Edisher Chelidzé ont été lues. Elles ont a appelé des divergences d’opinion. Le métropolite Ananie (Japaridze) de Manglisi, le métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, le métropolite Pierre (Tsaava) de Chkondidi; le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi, et le métropolite Jacques (Iakobishvili) de Bodbe ont exprimé leurs positions. Il a été mentionné que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » a été inacceptable dès le début pour les représentants de l’Église orthodoxe de Géorgie, par lesquels il a été signé parce que l’éclaircissement suivant avait été porté dans le texte : « Les Églises orthodoxes de Géorgie et de Bulgarie se sont retirées du Conseil Œcuménique des Églises, la première en 1997 et la seconde en 1998, car elles avaient un avis différent quant à l’œuvre du Conseil Œcuménique des Églises et, de ce fait, elles ne participent pas aux activités interchrétiennes menées par le Conseil Œcuménique des Églises et d’autres organismes interchrétiens ». Le Saint-Synode a décidé que le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » contient des erreurs ecclésiologiques et terminologiques et doit faire l’objet d’un sérieux remaniement.
Si ces modifications ne sont pas prises en compte et incluses dans le texte du document, l’Église géorgienne considèrera qu’il est pour elle impossible de le signer. À l’initiative du métropolite Grégoire (Berbichashvili) de Poti et Khobi, le Saint-Synode a décidé de créer une commission théologique, qui sur toute une série de questions théologiques, présentera ses propositions à l’examen du Saint-Synode. Celui-ci a également écouté le rapport du métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia sur les questions organisationnelles.

Pour chaque question susmentionnée sera publiée prochainement une information plus détaillée.

Le Saint-Synode a constitué la délégation de l’Église orthodoxe de Géorgie au Grand et Saint Concile comme suit :

Le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie Élie II;
Le métropolite Kalistrate (Margalitashvili de Kutaisi et Gaenti;
Le métropolite Daniel (Datuashvili) de Sachkhere et Chiatura;
Le métropolite Anania (Japaridzé) de Manglisi;
Le métropolite Georges (Shalamberidzé) de Tkibuli et Terjola;
L’Abba métropolite David (Makharadzé) de Alaverdi;
Le métropolite Serge (Chekurishvili) de Nekresi;
Le métropolite Joseph (Kikvidzé) de Shemokmedi;
Le métropolite Nicolas (Pachuashvili) de Akhalkalaki et Kumurdo, et d’Amérique du Sud;
Le métropolite Théodore (Chuadze) de Akhaltsikhe et Tao-Klarjeti;
Le métropolite Sabbas (Gigiberia) de Khoni et Samtredia;
Le métropolite Gérasime (Sharashenidzé) de Zugdidi et Tsaishi;
Le métropolite André (Gvazava) de Gori et Ateni;
Le métropolite Stéphane (Kalaijishvili) de Tsageri et Lentekhi;
Le métropolite Shio (Mujiri) de Senaki et Chkhorotsku et d’Australie ;
Le métropolite Jean (Gamrekeli) de Rustavi;
L’archevêque Spiridon (Abuladzé) de Skhalta;
L’archevêque Luc (Lomidzé) de Sagarejo et Ninotsminda;
L’évêque Michel (Gabrichidzé) de Tianeti et Pshav-Khevsureti;
L’évêque Dimitri (Kapanadze) de Khornabuji et Hereti;
L’évêque Damian (Khupenia) de Samtavisi et Kaspi;
L’évêque Grégoire (Katsia) de Tsalka;
L’évêque Dosithée (Bogveradzé) de Belgique et Hollande;
L’évêque Sabbas (Intskirveli) d’Amérique du Nord;
L’évêque Vakhtang (Liparteliani) de Nikortsminda;
Le protopresbytre Georges Zviadadze;
L’archimandrite David Chincharauli;
L’archiprêtre David Sharashenidzé;
L’archiprêtre Kakhaber Gogotishvili;
Le hiéromoine Michel Bregvadzé;
Le moine Anthime (Javakhishvili).

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Communiqué du Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce à ses clercs, moines et fidèles, au sujet du Concile panorthodoxe

« Chers Pères et frères,
Le Christ est ressuscité !
Vous savez sûrement que ce mois, à savoir du 17 au 26 juin, le saint et grand Concile des Églises locales orthodoxes, après une préparation qui a duré de nombreuses années, se réunira en Crète pour délibérer dans le Saint Esprit et manifester l’unité de l’Église orthodoxe, à une époque où la société locale et mondiale est pleine de contradictions et d’antagonismes. Le Saint-Synode permanent de l’Église, qui a reçu les pleins pouvoirs de la hiérarchie de l’Église de Grèce, souhaite vous informer de façon responsable au sujet de cet événement significatif. Par principe, l’organisation ecclésiale est conciliaire et hiérarchique. L’élément conciliaire exprime l’existence de nombreuses personnes rassemblées au nom du Christ, et l’élément hiérarchique manifeste qu’il y a une hiérarchisation parmi eux, en fonction des charismes dont disposent celles-ci. À tous les niveaux (Saint-Synode, diocèses métropolitains, paroisses, monastères) fonctionnent les organisations conciliaire et hiérarchique et c’est ainsi qu’est exprimée la vérité de la foi. Cela apparaît de façon prononcée dans la divine eucharistie, qui exprime le mode de fonctionnement de la structure conciliaire, dans laquelle existent l’évêque, comme président de la synaxe eucharistique et docteur de la vérité, les clercs, les moines et les laïcs avec leurs charismes particuliers. C’est ainsi que fonctionnent aussi les conciles des Églises locales et les conciles panorthodoxes. De cette façon est glorifié le Dieu trinitaire. Durant de nombreuses années les Églises orthodoxes locales ont constaté qu’il était nécessaire que fût convoqué le saint et grand Concile pour régler différents problèmes ecclésiastiques persistants qui préoccupent les Églises locales. L’Église orthodoxe délibère toujours conciliairement pour régler les différents problèmes dogmatiques, ecclésiastiques, canoniques et pastoraux. Durant le premier millénaire du christianisme, des conciles œcuméniques et locaux ont été convoqués. Durant le deuxième millénaire également, des grands conciles ont été convoqués, revêtant un caractère universel et panorthodoxe, les plus importants étant ceux qui furent tenus sous saint Grégoire Palamas ainsi que les conciles des patriarches orientaux qui eurent lieu par la suite. En réalité, « l’Église est considérée comme un concile continu », c’est au demeurant ce que signifie le mot Église. C’est dans ce cheminement pérenne de la conciliarité sans interruption que se situe le le saint et grand Concile des Églises orthodoxes. Les quatorze Églises orthodoxes locales, après les sessions de nombreuses commissions conciliaires préparatoires, ont choisi à l’unanimité d’aborder, au saint et grand Concile, six thèmes, à savoir : 1) « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », 2) « La diaspora orthodoxe », 3) « L’autonomie et la méthode de sa proclamation », 4) « Le sacrement du mariage et ses empêchements », 5) « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui », 6) « Les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien ». Les commissions de toutes les Églises ont préparé les textes, lesquels ont été signés par les primats des Églises orthodoxes et, sous leur forme finale, ont été soumis aux hiérarchies des Églises orthodoxes locales avec la possibilité de proposer des corrections et des ajouts, comme l’impose la structure conciliaire de l’Église. C’est dans ce but qu’a été convoquée récemment la hiérarchie de l’Église de Grèce, les 24 et 25 mai, afin de débattre au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, qui faisaient suite aux suggestions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect pour le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, dans l’unanimité sur la plupart des points et avec une majorité absolue sur d’autres. Elle a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci constituent les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Ces corrections et ces ajouts, qui sont essentiels et sont conformes à l’expérience et la tradition pérennes de l’Église, seront soumis au secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile en Crète et seront soutenus par S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, afin que soient améliorés les textes déjà élaborés par les primats des Églises orthodoxes. Ainsi sera donné au monde contemporain un bon témoignage ecclésial de la foi et de l’unité, conforme à toute la tradition de l’Église. Assurément, il est connu que la hiérarchie de l’Église de Grèce a discuté ces sujets avec responsabilité, calme et en connaissance de cause. Ce qui importe, cependant, est que celle-ci ait gardé son unité. Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes. Étant donné que de l’inquiétude s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile, nous recommandons à tous de s’apaiser, car nous les premiers, hiérarques, avons prononcé la confession de foi lors de notre sacre épiscopal, qui nous enjoint de préserver l’héritage apostolique et patristique que nous avons reçu, et nous veillons sur notre troupeau, pour la gloire de Dieu et de l’Église. Comme on le sait, le saint et grand Concile accomplira ses travaux à partir du jour de la Pentecôte et jusqu’au dimanche de Tous les saints. Cela signifie que les hiérarques et les autres clercs et laïcs qui représenteront l’Église de Grèce à ce concile, comme le feront aussi les autres Églises, s’efforceront d’exprimer l’expérience et la foi du mystère de la Pentecôte et la confession de nos saints, lesquels sont la continuation de la Pentecôte dans l’histoire. Aussi, nous prions le plérôme de notre sainte Église, qui porte le nom du Christ, à prier pour tous, particulièrement pour les évêques, clercs, moines et laïcs qui seront présents au saint et grand Concile, afin qu’ils donnent le bon témoignage de notre foi orthodoxe, et que ce concile avec ses décisions s’avère être un jalon spirituel dans notre vie ecclésiale ».
(Suivent les signatures de l’archevêque d’Athènes Jérôme et de tous les membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce).

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Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire

2P20160603-VSN_4620-1200Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe demande au patriarche Bartholomée de convoquer une réunion préconcilaire panorthodoxe extraordinaire avant le 10 juin afin d’examiner la faisabilité du Concile panorthodoxe dans les délais prévus.

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a pris, au cours de sa session du 3 juin (photographie ci-contre, ndlr), la décision suivante au sujet de la tenue du Concile panorthodoxe :

« Lors de sa session du 3 juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a examiné les problèmes importants qui ont surgi au cours de la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe prévu du 18 au 26 juin 2016, notamment le refus de l’Église orthodoxe de Bulgarie de participer au Concile, si ses dates ne sont pas reportées, ainsi que les sérieuses critiques concernant la préparation du Concile et les projets de documents conciliaires, tant dans l’Église orthodoxe russe que dans nombre d’autres Églises orthodoxes locales.

Rappel : Lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales au Patriarcat de Constantinople du 6 au 9 mars 2014 a été adoptée une décision selon laquelle « le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe sera convoqué par le patriarche œcuménique à Constantinople en 2016, si des circonstances imprévisibles ne l’empêchent pas ». En outre, il a été arrêté que « toutes les décisions, tant lors du déroulement du Concile que lors des étapes préparatoires seraient prises sur la base du consensus ». La réunion des primats des Églises orthodoxes locales, qui s’est tenue du 21 au 28 janvier 2016 au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, a pris la décision selon laquelle « le saint et grand Concile aura lieu du 18 au 27 janvier 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète ». Il fut également décidé de créer un secrétariat panorthodoxe et un comité d’organisation du saint et grand Concile. Les primats des Églises locales ont été d’accord avec la proposition de l’Église orthodoxe russe de publier les projets de documents conciliaires préparés par les conférences et les réunions panorthodoxes préconciliaires, dans le but de leur large discussion. S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a adressé, le Dimanche du Triomphe de l’orthodoxie, un appel aux fidèles « à exprimer leurs points de vue et leur attente quant au saint et grand Concile ». Manifestant sa pleine disposition à collaborer activement à la préparation du Concile, l’Église orthodoxe russe, a nommé sans tarder ses représentants au secrétariat panorthodoxe et au comité d’organisation du Concile (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée, sous le N°01/818 du 26 février 2016), mais le représentant de l’Église orthodoxe russe, malgré les rappels, n’a été invité à participer qu’à partir du 7 juin audit Comité (lettre de S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée à S.S. le patriarche de Moscou Cyrille du 31 mai 2016). En avril 2016, la composition de la délégation de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe a été définie (protocole N°34), ce dont S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée a été informé par une lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille.

Simultanément, pour ce qui concerne les projets de documents conciliaires, des remarques critiques ont commencé à être exprimées peu après leur publication, de la part de l’épiscopat, du clergé et des laïcs de l’Église russe. Au Patriarcat de Moscou, au département des relations ecclésiastiques extérieures et aux autres institutions synodales sont parvenues en grand nombre des lettres de fidèles orthodoxes faisant état de critiques des textes conciliaires et du processus même de préparation du Concile. En réponse au trouble parmi les fidèles, le département des affaires ecclésiastiques extérieures a procédé aux éclaircissements et aux commentaires nécessaires en publiant une déclaration appropriée. Dans le but d’une discussion plus large des projets de documents du Concile, s’est tenue le 19 avril à Moscou, à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon, avec la bénédiction de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, une conférence sur le thème « Le Concile panorthodoxe : points de vue et attentes ». À l’issue de la conférence ont été préparés et transmis pour examen à la Hiérarchie, des corrections aux documents « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Malgré le délai toujours plus proche de la convocation du Concile, il reste une multitude de problèmes non réglés qui mettent en question la possibilité de parvenir à un consensus panorthodoxe lors du Concile. Le règlement du Concile, préparé lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes qui a eu lieu du 21 au 28 janvier de cette année à Chambésy, n’a pas été signé par la délégation du Patriarche d’Antioche. Le projet de document « Le sacrement du mariage et ses empêchements » n’a pas été signé par les délégations des Patriarches d’Antioche et de Géorgie. La suggestion de S.S. le patriarche Cyrille de procéder à une harmonisation panorthodoxe de ces questions dans le cadre des travaux du secrétariat panorthodoxe «suivi par l’examen des propositions élaborées lors de la réunion des primats des Églises orthodoxes locales » (lettre de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée N°01/818 du 26 février 2016), n’a reçu aucun soutien du Patriarcat de Constantinople. Le Secrétariat, pour la période écoulée, ne s’est réuni que deux fois et s’est occupé principalement de questions techniques. La proposition du représentant de l’Église orthodoxe russe de discuter de l’harmonisation des documents dans le cadre du secrétariat panorthodoxe a été déclinée.

Les différends entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem concernant la juridiction ecclésiastique sur le Qatar restent non résolus, et avec eux l’absence de communion eucharistique entre eux, ce qui constitue un obstacle de taille à la participation de l’Église d’Antioche au Concile.

Au cours de la dernière semaine, plusieurs Églises locales orthodoxes ont fait des déclarations officielles, qui mettent en question la possibilité de procéder au saint et grand Concile de l’Église orthodoxe dans les délais indiqués ou celle de parvenir à un consensus au sujet des thèmes fondamentaux de l’ordre du jour du Concile.

Le 25 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie a décidé que, dans les documents du Concile « Le sacrement du mariage et ses empêchements » et «La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », des corrections importantes doivent être apportées, tandis que le document « Relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » « doit faire l’objet d’une refonte majeure ». Il est mentionné que si les modifications proposées « ne sont pas prises en compte et introduites dans le texte du document, l’Église de Géorgie considère impossible de le signer ».  

Le concile des évêques de l’Église orthodoxe serbe qui s’est terminé le 25 mai 2016 a adopté un document consacré à la préparation du Concile panorthodoxe, lequel « exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du grand Concile ». Dans ledit document, communiqué pour information aux primats et aux synodes des Églises orthodoxes locales est posée la question : « Le prochain Concile correspond-il au critère et à la mesure des véritables conciles connus de l’histoire de l’Église orthodoxe… Le Concile exprime-t-il l’unité de l’Église du Christ dans l’Esprit-Saint à la gloire de Dieu le Père ? » Les évêques de l’Église orthodoxe serbe mentionnent les insuffisances du projet du Règlement du Concile, posent des question quant au rôle et au statut des évêques lors du Concile, sur la limitation injustifiée du nombre des participants au Concile ; ils considèrent indispensable d’examiner lors du Concile la question de l’autocéphalie et son mode de proclamation (ce sur quoi l’Église russe a également insisté, avec d’autres Églises) ; ils expriment l’opinion que les projets de documents conciliaires « nécessitent des modifications et des précisions afin de correspondre aux exigences de la vie et de la mission de l’Église », mentionnant particulièrement cette nécessité relativement aux documents « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain » et « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » ; d’autres remarques sont également exprimées.

Le 25 mai 2016 s’est achevée la session du concile des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce, avec pour but, comme cela est communiqué dans sa lettre-encyclique, « de discuter au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, après les propositions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect envers le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, avec unanimité sur la plupart des points et une majorité absolue sur d’autres, a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci soient les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Les corrections et les ajouts qui sont essentiels et qui sont en accord avec l’expérience et la tradition pérennes de l’Église… Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes ». Le texte relève « l’inquiétude qui s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile ».

Le même jour, la Sainte Communauté de la Sainte Montagne de l’Athos, sur la base de la réunion extraordinaire de la synaxe double réunissant les représentants et les higoumènes des vingt monastères de la Sainte Montagne de l’Athos a adressé à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée et aux primats des Églises locales orthodoxes un message, dans lequel il est mentionné que «certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des Saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points ». Les points en question touchent les projets de document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Présentant ces «suggestions, qui ont été le fruit… de réflexions et de prières », les moines du Mont Athos soulignent que la correction des textes préconciliaires est nécessaire, afin que le saint et grand Concile réussisse à « éviter les schismes et les divisions ». 

Le 27 mai 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Antioche a procédé à une déclaration, dans laquelle il est mentionné que les membres du Synode ont « discuté tous les détails et documents du grand Concile orthodoxe », et sont « parvenus à un accord sur une formulation commune de l’attitude de l’Église d’Antioche envers les thèmes portés à l’ordre du jour » et ont « décidé d’adopter toutes les corrections proposées » par une commission désignée précédemment dans ce but, et se sont encore une fois exprimés sur la nécessité « de trouver une solution ecclésiale définitive du conflit avec le Patriarcat de Jérusalem ».

Le 31 mai 2016, le Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople a proposé, en vue de l’étude du problème des relations entre les Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem et de la recherche d’une solution acceptable par les deux parties, de constituer « immédiatement après le saint et grand Concile », « une commission bilatérale formée de représentants des deux Églises concernées, sous la responsabilité coordinatrice du Patriarcat œcuménique ».

À ce sujet, le secrétariat du Saint Synode du Patriarcat d’Antioche, en date du 1er juin 2016, a déclaré que le Patriarcat d’Antioche avait pris connaissance de ladite proposition  « avec chagrin et stupeur » et reconnu que « les efforts fournis depuis plus de trois ans » depuis le début du conflit, n’ont abouti à rien… Cet état des choses est d’autant plus affligeant que ces efforts, accentués en concomitance avec le processus de convocation du saint et grand Concile, avaient aussi pour but d’arriver avant le début du concile à une solution ecclésiale définitive de cette violation, afin qu’il puisse mieux témoigner de l’unité orthodoxe, cette unité qui trouve sa plus haute expression dans la divine liturgie qui va inaugurer ses travaux, le jour même de la Pentecôte. Car une telle inauguration, avec la participation de toutes les Eglises autocéphales, en ce jour, est la meilleure façon d’aborder les problèmes de l’Eglise orthodoxe dans sa catholicité, et d’exprimer l’unanimité orthodoxe les concernant ».

Le 1er juin 2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, lors de sa session au complet « a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète ». Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare a attiré l’attention sur :

1) l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) les désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5)  l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

  1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
    2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année. »

Le 2 juin 2016, S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte, par une lettre, a communiqué cette décision aux primats des Églises orthodoxes locales.

Il a été décidé:

  1. D’approuver les efforts entrepris par le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille et par les représentants du Patriarcat de Moscou, en vue de la participation à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, durant la période qui a suivi le concile des évêques de l’Église orthodoxe russe qui s’est tenu les 2 et 3 février 2016.
  2. De confirmer les propositions de l’Église orthodoxe russe concernant la correction des projets de documents du Concile panorthodoxe « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », formulées sur la base des opinions exprimées par les évêques, clercs, moines et laïcs.
  3. De mentionner que, sur la base des discussions des projets de documents du Concile panorthodoxe par les Églises orthodoxes de Géorgie, de Serbie, de Bulgarie et de Grèce, ainsi que par la Sainte Communauté du Mont Athos, les corrections essentielles présentées, sont en grande partie en accord avec les propositions de l’Église orthodoxe russe. Elles demandent un examen approfondi dans le but de parvenir à un consensus panorthodoxe.
  4. Prenant en compte que les décisions du Concile panorthodoxe ne peuvent être adoptées que sur la base du consensus (Décision de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est tenue du 6 au 9 mars 2014, point 2a), c’est-à-dire par une manifestation de volonté unanime de toutes les Églises orthodoxes autocéphales communément reconnues, mentionner que la non-participation au Concile de ne serait-ce qu’une seule d’entre elles constitue un obstacle insurmontable à l’accomplissement du saint et grand Concile.
  5. De constater que la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare du 1er juin 2016, ainsi que l’incertitude persistante concernant la possibilité de la participation du patriarche d’Antioche au saint et grand Concile, de même que l’absence de consensus préalable sur le projet de règlement du Concile ainsi que sur le document « Le sacrement du mariage et ses empêchements », dénotent que, à l’heure actuelle, alors qu’il reste deux semaines jusqu’à la date fixée pour l’ouverture du Concile, il existe de sérieux problèmes nécessitant des actions orthodoxes communes sans tarder.
  6. Considérer que l’issue de cette situation exceptionnelle pourrait être la tenue d’une conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire pour examiner la situation telle qu’elle a évolué et examiner les corrections proposées par les Églises orthodoxes locales, dans le but de l’élaboration des propositions unanimes.
  7. Reconnaître que la convocation d’une telle conférence, prenant en considération l’étendue du travail et l’importance des questions soulevées, nécessite qu’elle soit réalisée sans tarder, pas plus tard que 10 juin de cette année, afin que, sur la base de la décision qui sera prise en conclusion, les Églises orthodoxes puissent porter un jugement sur la possibilité de tenir le Concile panorthodoxe dans les délais fixés.
  8. Demander au patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille de s’adresser avec la proposition correspondante à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée.
  9. Envoyer sans tarder les propositions susmentionnées de l’Église orthodoxe russe aux primats des Églises orthodoxes locales.

Traduit du russe pour Orthodoxie.com.

Sources :  Patriarcat de Moscou, photographies, vidéo.

 

 

 

 

 

 

L’Église orthodoxe de Bulgarie demande le report du Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris, en date du 1er juin, la décision suivante concernant sa participation au Concile panorthodoxe, publiée sur le site officiel de l’Église orthodoxe de Bulgarie :

« Lors de sa session de ce jour, faisant l’objet du protocole № 12 du 1.06.2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Bulgarie, siégeant au complet, a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète.

Au vu des considérations et motifs suivants :

1) De l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) Des désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) De l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) De la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5) De l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) De la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année.

Source

Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

L’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est réunie en session ordinaire du 14 au 25 mai  et a publié le communiqué suivant au sujet de ses travaux :
« La session ordinaire de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a commencé au monastère du Patriarcat de Peć par la concélébration de la sainte Liturgie épiscopale et l’invocation du Saint Esprit, puis a continué à Prizren par la célébration de la dédicace du bâtiment du séminaire théologique, qui a été reconstruit. Ensuite, les sessions ordinaires de l’Assemblée ont été tenues dans les locaux du Patriarcat, à Belgrade, sous la présidence de S.S. le patriarche de Serbie Irénée. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux de l’Assemblée, à l’exception de l’évêque de Šabac Laurent, qui n’est pas venu pour des raisons justifiées. Le thème le plus important de la session de l’Assemblée était, cette année, la préparation de la participation de l’Église orthodoxe serbe au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué pour le mois de juin de cette année sur l’île de Crète. En ce qui concerne celui-ci, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe a adopté le texte qui exprime sa position de principe relative à toutes les questions essentielles qui seront débattues et décidées lors du Grand Concile. Une autre décision importante de l’Assemblée est de commencer en temps utile, à avoir aussitôt que possible – les préparatifs de la célébration du 800ème anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe (1219-2019), en collaboration avec les autorités de Serbie et de la République serbe de Bosnie et avec toutes les institutions scientifiques et culturelles concernées du peuple serbe. Simultanément, l’Assemblée a pris connaissance avec satisfaction du rapport du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque au sujet du déroulement réussi des préparatifs en vue du millénaire du martyre du roi Jean-Vladimir, roi de Serbie, qui se tiendra en septembre de cette année à Bar et auquel, outre le Patriarche et les évêques de l’Église orthodoxe serbe, seront invités les primats de toutes les Églises orthodoxes ou, le cas échéant, de leurs délégations à haut niveau. À cette occasion est institué l’ordre du saint roi Jean-Vladimir, qui sera décerné aux confesseurs de la foi et de ceux qui ont souffert pour celle-ci. Comme chaque année, l’Assemblée a examiné les questions de l’éducation ecclésiale, ainsi que la mission interne et externe de l’Église. L’archiprêtre Gojko Perović, jusqu’à présent recteur intérimaire du séminaire Saint-Pierre-de-Cetinje à Cetinje, est élu recteur titulaire de celui-ci. Le statut de bibliothèque centrale sur tout le territoire de l’Église orthodoxe serbe est accordé à la Bibliothèque patriarcale de Belgrade. En outre, on constate avec tristesse que, ici et là, il y a des écoles dans lesquels le cours de religion est illégalement discriminé, bien que le tableau général dans ce domaine soit fort satisfaisant. Il est également constaté que les relations de l’Église orthodoxe serbe avec les Églises orthodoxes sœurs sont particulièrement bonnes, tout-à-fait dans l’esprit de la catholicité et de l’unité de l’Église, hormis une triste exception – celle des relations avec le Patriarcat de Roumanie, dont les évêques et les prêtres, depuis plusieurs années déjà, accomplissent des incursions, de façon non canonique et non fraternelle, sur le territoire juridictionnel de l’Église orthodoxe serbe en Serbie orientale, particulièrement dans la région de Timok. Après de nombreux messages et appels, malheureusement sans succès jusqu’à présent, l’Assemblée a appelé à nouveau l’Église roumaine à mettre un terme à cette pratique destructrice de l’Église ; dans le cas contraire, le problème sera porté devant le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Dans la mesure où, après le Concile, une telle activité anti-canonique serait poursuivie, l’Église orthodoxe serbe – avec une sincère douleur, mais par amour pour l’Église – sera contrainte de cesser la communion liturgique et canonique avec l’Église orthodoxe roumaine. Les relations avec les autres Églises et communautés chrétiennes, de même qu’avec la communauté juive et la communauté islamique de Serbie, sont traditionnellement bonnes et correctes, ce qui, malheureusement, ne peut être dit au sujet des cercles extrémistes dans l’Église catholique-romaine en Croatie ainsi qu’en Bosnie et en Herzégovine. Il en est de même des relations avec des cercles similaires dans la communauté islamique de Bosnie et de Herzégovine, ainsi que dans la communauté islamique en Serbie. Les relations de l’Église et de l’État en Serbie se développent dans la bonne volonté et la collaboration, dans les conditions de séparation de l’Église et de l’État. Le soutien de la Direction pour la collaboration avec les Églises et les communautés religieuses auprès du Ministère de la justice est particulièrement important, tant pour l’Église orthodoxe serbe que pour toutes les autres Églises et communautés religieuses traditionnelles. L’Assemblée attend que soit rendu à cet organisme le statut de Ministère des religions. Il est constaté que l’aumônerie de l’Armée de Serbie, ainsi que des forces armées de Bosnie et de Herzégovine, va en se développant. Il y a, malheureusement, des problèmes et des questions non résolues. C’est ainsi que l’Assemblée attend que le processus de restitution des propriétés ecclésiastiques en Serbie injustement confisquées, soit accéléré et complètement achevé. L’Assemblée appelle à nouveau les organes compétents de l’État en Serbie à rendre à l’Église les livres métriques, qui lui ont été enlevés en 1946, soi-disant pour être recopiés. De même, l’Assemblée, pour la énième fois, réaffirme sa position au sujet des restes du grand homme serbe et mondial, Nicolas Tesla, lesquels ne sauraient être un objet d’exposition, mais doivent être dignement inhumés à un endroit convenable près de l’église Saint-Sava de Belgrade, de même que Vuk Karađić et Dosithée Obradović sont inhumés devant la cathédrale de Belgrade. Les membres de l’Assemblée ont constaté que la situation de l’Église orthodoxe serbe dans la région serbe du Sud [le Kosovo, ndt] continue à être particulièrement difficile, bien qu’il y ait des signes d’espoir et des raisons d’être optimiste, tels que le fonctionnement sans entrave du séminaire de Prizren et la reconnaissance des droits de propriété du monastère de Dečani [par la Cour constitutionnelle du Kosovo, ndt]. La situation dans cette région est, malheureusement, chargée de difficultés et de souffrances ; en Croatie, des chauvinistes d’inspiration oustachie se répandent en diatribes contre l’Église orthodoxe et le peuple serbes ; dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, les pressions, voire la discrimination ouverte, sont constantes ; au Monténégro, une loi est en préparation qui non seulement ne reconnaît pas un statut et une identité à l’Église, mais menace celle-ci d’une persécution ouverte, tandis que les autorités du pays déclare l’Église orthodoxe serbe « ennemi numéro 1 » de l’État, apparemment dans l’esprit de sa « détermination démocratique et euro-atlantique » ; en République de Macédoine continuent encore les procès montés contre l’archevêque Jean et l’archevêché d’Ohrid. L’Assemblée a, naturellement, exprimé sa solidarité avec tous les chrétiens, orthodoxes et hétérodoxes, et aussi avec les musulmans, qui souffrent et meurent au Moyen-Orient. De même, l’Assemblée souhaite, dans la prière, la cessation, le plus rapidement possible, de l’affrontement entre frères de même foi et de même sang en Ukraine. Une session commune de l’Assemblée des évêques et du Conseil central pour la construction de l’église-mémorial Saint-Sava de Belgrade a eu lieu et le rapport sur les travaux effectués jusqu’ici pour l’aménagement intérieur de l’édifice a été accepté. Les rapports suivants ont été écoutés et approuvés : ceux du Saint-Synode, du Conseil administratif patriarcal, du Grand tribunal ecclésiastique, de la Fondation caritative « Čovekoljublje », de l’agence de pèlerinages « Dobročinstvo », et d’autres organismes et institutions ecclésiales, de même que les rapports de leurs Éminences les évêques portant sur leur activité pendant la période écoulée. La compétence du Comité concernant Jasenovac [camp de concentration oustachi, ndt] a été étendue à toutes les victimes appartenant à l’Église et au peuple serbes pendant la seconde guerre mondiale. Sur la base de la quasi-totalité des diocèses, il est établi avec regret que la « peste blanche » [les avortements, ndt], qui constitue un péché et un suicide national différé, sévit toujours plus dans le peuple serbe. Aussi, l’Assemblée appelle son peuple fidèle à la pénitence et à revenir à la raison. Le rapport détaillé sur l’incendie qui s’est produit dans l’église Saint-Sava au centre de New York a été écouté avec tristesse. Milivoje Novaković, ex-hiéromoine Maxime, qui a été réduit à l’état laïc, pseudo « chorévêque de Novobrdo et de Panonie », [appartenant au groupe de l’ex-évêque] Artème, est exclu de la communion ecclésiale. L’évêque Mitrophane, jusqu’à maintenant évêque d’Amérique de l’Est, est élu évêque du diocèse vacant du Canada ; l’évêque Irénée, jusqu’à maintenant évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande, est élu évêque d’Amérique orientale ; le protosyncelle Silouane (Mrakić), du monastère de Pustinja (diocèse de Valjevo) est élu évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande. L’archimandrite Cyrille (Bojović), momentanément au service du diocèse de Buenos Aires et d’Amérique du Sud et Centrale, est élu évêque-vicaire, avec le titre de Dioclée, dans le diocèse du Monténégro et du Littoral. L’évêque Jean, jusqu’à présent évêque de Niš, a été relevé de ses fonctions sur sa demande. L’évêque de Ras et Prizren a été élu administrateur du diocèse de Niš, tandis que l’évêque de Zahumije et de Herzégovine Grégoire demeure administrateur du diocèse de Dobrobosna, tandis que l’évêque de Budimlje-Nikšić Joannice reste administrateur du diocèse de Mileševo. Les membres du Saint-Synode pour la nouvelle période sont : l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Žiča Justin, l’évêque de Dalmatie Photius et l’évêque de Ras-Prizren Théodose, les membres remplaçants étant le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque et l’évêque de Šabac Laurent.
Rédigé par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe

Source

Lettre de la Sainte-Communauté du Mont Athos au sujet du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe

Karyès, le 12/25 mai 2016

À sa divine Sainteté,
Notre très respecté Père et Maître le Seigneur Bartholomée,
au Phanar

Très saint Père et Maître,

Nous saluons joyeusement, filialement et avec un profond respect, votre divine Sainteté, dans le Christ ressuscité, par la célèbre acclamation « Le Christ est ressuscité ! »

Selon les institutions de notre lieu sacré, nous nous sommes réunis en synaxe double extraordinaire et nous avons pris pieusement en considération :
1) Votre vénérable lettre patriarcale du 11 mars 2016, par laquelle notre Sainte Communauté a été informée au sujet de la convocation du saint et grand Concile, et ont été communiqués à celle-ci, à titre informatif, les six textes préconciliaires qui seront renvoyés devant le saint et grand Concile ;
2) Votre encyclique patriarcale et synodale du 20 mars de cette année, dans laquelle est mentionné que le Concile panorthodoxe a pour but primordial et de première importance de « manifester que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, unie dans les sacrements, et particulièrement dans la divine eucharistie ainsi que dans la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité », et est porté à notre connaissance que « les textes mis au point au niveau panorthodoxe et soumis au saint et grand Concile sont publiés et mis à disposition de tout fidèle bien disposé dans le but de son information et de sa mise au courant, mais aussi afin qu’il exprime son point de vue sur le saint et grand Concile et ses attentes quant à celui-ci».

Répondant à cette incitation paternelle de votre divine Toute-Sainteté, nous prions instamment, avec tous les pères vivant dans l’ascèse et de façon agréable à Dieu sur la Sainte Montagne, afin que le Seigneur bénisse et couronne de succès l’œuvre élevée du saint et grand Concile, pour le bien de Son Église et manifeste réellement l’unité de notre sainte Église orthodoxe, laquelle est l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Ayant étudié dans ce but et avec l’attention et le soin voulus les textes préconciliaires, nous nous permettons de soumettre respectueusement à votre attention ce qui suit.

Nous respectons et nous vénérons comme il se doit notre Mère la Grande Église du Christ [l’Église de Constantinople, dont dépend le Mont Athos, ndt] et Vous-même, le patriarche oecuménique et notre Père. Nous prions sans cesse pour l’Église primatiale martyre et l’allègement du poids de la croix qu’elle porte depuis des années. Chaque fois que surgissent des questions qui posent problème à la conscience de la sainte Église orthodoxe, nous exprimons nos points de vue et suggestions avec respect et amour, comme le faisaient les pères qui vécurent avant nous.

Nous constatons l’effort efficace et diligent des représentants des très saintes Églises orthodoxes lors des conférences panorthodoxes préconciliaires, en vue de la rédaction des textes préconciliaires concernés, qui ont été publiés sur décision de la synaxe des primats (du 21 au 29 janvier 2016).

Néanmoins, nous pensons que certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points, pour leur évaluation et leur mise en valeur par l’Église.

Le premier point concerne l’ecclésiologie. La formulation « l’Église orthodoxe, étant l’Église une, sainte, catholique et apostolique » a été posée à juste titre comme exergue au début du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », dans le sens et dans l’idée qu’elle exprime l’unicité de Celle-ci. Cependant, le saint et grand Concile, en tant qu’organe conciliaire supérieur aux Conférences pré-concilaires, devrait compléter la formulation du texte concerné et éviter le terme « Église » au sujet des hétérodoxes, utilisant au lieu de celui-ci les termes « religions (dogmata) et confessions chrétiennes ». Ainsi, les hétérodoxes connaîtront très clairement ce que nous pensons à leur sujet en tant que leurs sincères interlocuteurs. Dans cette perspective, il serait plus juste d’introduire la formulation suivante dans l’alinéa 2 du paragraphe 6 : « L’Église orthodoxe connaît (au lieu de reconnaît) l’existence historique des autres confessions chrétiennes… » Dans la suite du texte, le concept d’unité de l’Église nécessite également une clarification. Nous croyons qu’appartiennent à son unité uniquement les membres de l’Église orthodoxe, en tant que Corps du Christ, participant à la « gloire » (la grâce déifiante du Saint-Esprit), pour laquelle a prié le Grand-Prêtre – notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à leur sujet seulement qu’il est dit « qu’ils soient un, comme nous sommes un », selon le commentaire des Pères théophores (S. Athanase le Grand, S. Jean Chrysostome, S. Cyrille d’Alexandrie). Il est utile pour tous, pour la conscience qu’a de lui même le troupeau orthodoxe, mais aussi pour les hétérodoxes, que nous parlions du retour de ceux qui se sont séparés à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, à savoir notre sainte Église orthodoxe, laquelle maintient imperturbablement « le lien indivisible existant entre la véritable foi et la communion sacramentelle », comme cela fut exprimé par les saints Conciles œcuméniques. C’est dans ce sens de son unité que l’Église « a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches », et qu’elle peut dans ce cadre exprimer sa nature apostolique « dans des conditions historiques nouvelles » avec pour but objectif de préparer le terrain à leur retour dans Son unité dans l’Esprit Saint. Concrètement, nous suggérons que la phrase finale de l’article 5 sur « l’unité perdue des chrétiens », soit formulée comme suit : « le retour dans la vérité des chrétiens qui se sont éloignés d’elle ».

Le deuxième point des textes préconciliaires qui devrait subir des modifications, de telle façon que soit fixée la conscience qu’a d’elle-même l’Église à travers les temps, est ce qui se rapporte aux dialogues interchrétiens bi- ou multilatéraux. Le mode de conduite et de cheminement des dialogues théologiques ne satisfait pas l’ensemble du plérôme de l’Église. Quant à notre Sainte Communauté, elle s’est exprimée, de temps à autre et dans différentes circonstances, par des textes officiels s’opposant aux accords théologiques avec les hétérodoxes, et elle a protesté contre les prières communes et autres pratiques liturgiques (baisers liturgiques, etc.), par lesquels est donnée l’image d’une fausse union avec eux, comme cela a été mentionné dans le texte de notre synaxe double du 9/22 avril 1980. Concrètement, dans l’article 18 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », il doit être dit clairement que l’Église orthodoxe ne peut en aucun cas accepter l’unité de l’Église comme un accommodement interconfessionnel ou comme participation à des prières communes et d’autres pratiques liturgiques qui créent la confusion dans la conscience du plérôme orthodoxe. Aussi, nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre vive préoccupation et nos objections fondées quant à la poursuite de la participation des orthodoxes au Conseil oecuménique des Églises.

Troisièmement, en ce qui concerne « le règlement d’organisation et de fonctionnement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe », nous comprenons les difficultés pratiques, aussi nous évitons d’aborder les questions qui se posent au sujet du mode d’organisation et de la participation à titre égal des évêques. En même temps, cependant, dans l’article 22 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », où se pose la question de savoir qui est « le juge désigné et ultime en matière de foi », le texte pourrait être plus clair avec la précision que la tradition ecclésiale reconnaît comme juge ultime dans les questions de foi la conscience du plérôme de l’Église, qu’expriment parfois des personnes individuelles ou des conciles de hiérarques ou le peuple fidèle, et qui est validée par des décisions conciliaires. Nous considérons également qu’il doit être fait référence aussi aux grands conciles de l’Église orthodoxe qui ont eu lieu après le VIIème Concile oecuménique (ceux qui ont été tenus sous le patriarche Photius le Grand en 879, sous saint Grégoire Palamas en 1341-1351, et ceux qui ont invalidé les pseudo-conciles unionistes de Lyon et de Florence). En effet, par la référence à ces conciles, les différences dogmatiques et ecclésiologiques avec les hétérodoxes (sur le Filioque, la grâce créée, la primauté papale, etc.) seraient complètement tirées au clair.

Le quatrième et, selon nous, dernier point, concerne l’esprit du texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le texte se distingue par une sensibilité spirituelle ; cependant, nous pensons, en tant qu’athonites et héritiers de la tradition ascétique hésychaste, qu’il serait complété de la façon la plus approprié (de préférence dans le paragraphe 6,13) par une référence pleinement développée à l’anthropologie et à la cosmologie orthodoxes correspondantes, telle qu’elle ont été formulées principalement par saint Grégoire Palamas. Concrètement, le texte peut être complété de la façon suivante : « Dieu peut se révéler à l’homme par la communion immédiate avec Lui, lorsque ce dernier met en pratique l’ascèse selon le Christ et aspire à Lui continuellement par la prière noétique. Le but de cette spiritualité rigoureuse et mystagogique est la déification, c’est-à-dire l’expérience personnelle de la lumière divine de la Transfiguration par celui qui prie. La condition indispensable pour cela est que la perfection personnelle, la communion avec Dieu et Sa révélation ne peuvent être atteintes que dans le cadre de l’Église. Tout le combat spirituel est réalisé seulement par la grâce de Dieu et non indépendamment d’elle (comme c’est le cas par l’application de diverses techniques rencontrées dans différents courants mystiques anciens et contemporains, ou par le développement autonome de l’intellection et de la connaissance humaines). Dans ce cadre, la place principale est occupée par la distinction entre l’essence et les énergies incréées de Dieu. Dieu ne reste pas inaccessible à l’homme, mais entre en relation directe et personnelle avec lui par Ses énergies incréées. Ainsi, l’homme participe à la vie divine et devient dieu selon la grâce. L’énergie de Dieu n’est pas une quelconque puissance ou surpuissance ; elle est le Dieu vivant personnel et trinitaire, qui devient accessible et participable pour l’homme, et qui entre dans l’histoire et sa vie afin que celui-ci « devienne participant à la nature divine », portant « l’image » et cheminant vers « la ressemblance » par l’ascèse, la vie vertueuse et l’impassibilité (apatheia). Par cette voie susmentionnée de la déification, la paix selon le Christ entre dans l’homme – la « paix qui vient d’en-haut », laquelle doit être distinguée de la notion de paix de ce monde, qui est recherchée par des initiatives et des manifestations inter-religieuses.

Très saint Père et Maître, estimant profondément les labeurs de ceux qui ont travaillé lors des conférences préconciliaires, nous pouvons dire en conclusion que les textes préconciliaires nécessitent certaines améliorations, afin d’exprimer la conviction universelle de notre sainte Église orthodoxe. Nous soumettons cette demande filiale afin, qu’entre autres, vous preniez en compte nos suggestions, que nous exposons avec circonspection, attention et prière, et pour que le Saint et Grand Concile « constitue une expression authentique de la tradition canonique et de la praxis ecclésiastique pérenne pour le fonctionnement du système conciliaire » de l’Église. Alors se produira une grande joie dans les cieux et sur terre, et seront évités les séparations et les schismes éventuels, tandis que le plérôme de l’Église « d’une seule bouche et d’un seul cœur » glorifiera le Dieu très-saint dans la Trinité, l’espoir et le salut du monde entier.

Cela dit, élevant de tout cœur des prières ardentes au Seigneur ressuscité pour votre divine Toute-Sainteté et pour le succès du saint et grand Concile maintenant convoqué, nous vous adressons notre plus profond respect et notre dévouement filial.

Tous les représentants et supérieurs des 20 monastères sacrés et vénérables monastères de la Sainte Montagne de l’Athos, réunis en synaxe double extraordinaire

Copie : aux Églises orthodoxes autocéphales et aux 20 monastères du Mont Athos

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Assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce au sujet du Concile panorthodoxe

L’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce a commencé ses travaux le 24 mai, sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. Avant l’assemblée a été célébrée la liturgie en l’église du monastère des Saints-archanges de Petraki, à Athènes, par le métropolite de Karpenission Georges. Ensuite a été célébré l’office pour le début des travaux de la hiérarchie, puis a été dressée la liste des hiérarques présents, les absents – excusés – étant les métropolites Anthime de Thessalonique, Hiérothée de Lemnos et Saint-Eustrate, et Jacques de Mytilène, Éressos et Plomarion. La Commission de la Presse a été constituée des métropolites Hiérothée de Naupacte et Chrysostome de Saint-Blaise et de Patras. L’archevêque d’Athènes Jérôme a ensuite remercié les hiérarques pour leur venue à l’assemblée. Au sujet du saint et grand Concile de l’Église, qui est convoqué du 17 au 26 juin de cette année en Crète, l’archevêque a mentionné que « nous sommes appelés à servir un grand événement ecclésial historique, qui présuppose et exige l’illumination du Saint-Esprit, notre voix désintéressée et notre témoignage sacrificiel ». Appelant les hiérarques à prier fortement de telle façon que leur message unisse, éclaire et renforce le peuple fidèle qui attend aujourd’hui les conclusions et les décisions de l’assemblée, le primat a déclaré que durant ces deux jours de l’Assemblée, les hiérarques auraient la possibilité de discuter de façon exhaustive tous les paramètres du saint et grand synode. Poursuivant son allocution, l’archevêque a souligné à ce sujet : « J’aimerais vous demander que nous nous mouvions dans un esprit d’amour en Christ et de respect pour chaque opinion différente, la position dominante étant celle de la majorité. Nous avons le devoir d’aboutir à des propositions concrètes, prises le cas échéant à la majorité, afin de faciliter la tenue du secrétariat préparatoire panorthodoxe, mais aussi pour clarifier toute ombre, doute et perplexité ». Et de conclure ainsi son allocution : « Le Concile de Crète est un événement ecclésial historique et en même temps décisif. Le monde entier attend de nous le témoignage de notre unité. Le calice commun, le corps et le sang de notre Seigneur, sera toujours ce que nous unit ou qui nous sépare. Il n’y a pas de place pour des négociations en ce qui concerne les questions dogmatiques. Notre Église est une, sainte, catholique et apostolique et la nécessité est impérative quant à son témoignage missionnaire, son positionnement contemporain relativement aux problèmes de notre époque ainsi que la poursuite de son œuvre sanctifiante pour notre salut à tous. Il n’y a pas de place pour les aspirations personnelles et les revendications égoïstes anti-ecclésiales. Les défis des temps nous veulent unis. Les schismes et les factions sont l’œuvre du malin qui veut nous éloigner du calice commun. Laissons la grâce de Dieu couvrir nos propres lacunes, qui sont nombreuses. Que soient grandes et puissantes notre prière, notre foi, notre confiance dans l’illumination du Saint Esprit, Lui qui guide, malgré nos péchés, l’œuvre de l’Église du Christ depuis deux millénaires. Les époques que nous vivons se prêtent plus que jamais aux égoïsmes et aux ambitions. Ne le permettons pas et que notre prière principale soit la parole de l’archange : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte ! » Ensuite, conformément à l’ordre du jour, le métropolite d’Élis Germain a lu son rapport sur « les remarques de leurs Éminences les métropolites concernant les textes du saint et grand Concile ». Le métropolite Germain a préalablement fait une présentation détaillée de la préparation du saint et grand Concile et des actions spécifiques du Saint-Synode permanent de l’Église de Grèce pour mettre en œuvre les décisions nécessaires à la préparation de la participation de l’Église de Grèce aux travaux du saint et grand Concile. Il a ensuite abordé les sujets de la présente réunion de la hiérarchie, lesquels sont constitués par les propositions du Saint-Synode permanent présentées au vote, ainsi que le mode de scrutin. Après la pause a eu lieu une discussion approfondie sur ledit rapport. Les travaux de la hiérarchie se poursuivront jusqu’au 25 mai.

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Réflexions de l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) au sujet du Concile panorthodoxe

À l’occasion de la sortie d’un volume sur le Concile panorthodoxe, contenant la traduction en serbe des projets de textes préconciliaires, ainsi que des articles de différents théologiens de l’Église orthodoxe serbe, l’évêque de Bačka Irénée a publié le communiqué suivant.
« Le Christ est ressuscité !
J’adresse mes salutations à tous dans la joie de la Résurrection, tout en réfléchissant sur le saint et grand Concile durant les jours de la plus joyeuse des fêtes chrétiennes, qui emplit tout de sens universel. Il s’agit du message évangélique du salut de tous et de tout en Christ, qui contient en lui de façon concise l’annonce de l’unité conciliaire de l’Église. En même temps, au moment de la session en Assemblée de la hiérarchie de notre Église locale, je pense qu’il faut, par principe, que nous nous réjouissions tous du futur Concile panorthodoxe. On peut parfois lire et entendre dans les média – et aussi de la bouche des pasteurs et des théologiens de l’Église – que la tradition et la pratique de la convocation des Conciles dans l’Église orthodoxe, ou bien encore en Orient, est interrompue déjà depuis longtemps et que douze siècles se sont passés sans que nous ayons de conciles généraux (!). Historiquement, cela est inexact ! Notre Église est par nature conciliaire (catholique, universelle, englobant tout). Sa conciliarité (catholicité) ontologique, se manifeste historiquement en tant que synodalité, elle s’exprime précisément par les conciles. Avant tout, chacune de nos assemblées lors de la Liturgie est une Assemblée de toute l’Église « en un seul lieu », et sa réunion en un seul corps, en un Esprit divin (ἐπὶ τὸ αὐτό). Chaque Église locale (évêché, diocèse) est une Église dans sa plénitude, qui est en communion avec toutes les autres Églises de Dieu dans le monde. Il en résulte que sans communion conciliaire, l’unité de l’Église, en général, n’existe pas, pas même un instant. Les conciles locaux ou régionaux sont convoqués lorsqu’il en existe le besoin. Notre Église locale, en règle générale, tient un concile au moins une fois par an, et si nécessaire plus souvent. D’autres Églises locales tiennent aussi des conciles – les unes plus souvent, et les autres plus rarement. Qui plus est, lorsque des circonstances historiques importantes l’exigent, c’est-à-dire non à des intervalles réguliers, des grands conciles, exceptionnels, dans la Grâce, de toutes les Églises de Dieu dans le monde, sont convoqués. Ce sont les conciles généraux de l’Église qui s’appellent habituellement Conciles œcuméniques. Par conséquent, il n’est pas exact d’affirmer que dans l’Église orthodoxe, durant de longs siècles, il n’y a pas eu de conciles. Il est seulement exact qu’à l’époque plus récente, durant les siècles plus récents, nous n’avons pas eu de conciles panorthodoxes ou généraux. Cela peut se comprendre dans le contexte des événements historiques. Dans les temps plus anciens, seule la Russie était un pays orthodoxe libre, tandis que dans tous les autres, nous nous trouvions sous un asservissement qui a duré pendant des siècles. Sans les conditions de liberté et de paix, et sans bons moyens de communication entre les chrétiens orthodoxes dispersés dans « l’univers », dans le monde, il n’était pas possible de convoquer des grands conciles. À l’époque plus récente, alors qu’avaient déjà commencé les préparatifs pour un tel concile, au début du XXème siècle, la réunion au monastère athonite de Vatopédi [en 1930 ndt], a été particulièrement importante. À celle-ci, outre les représentants des autres Églises orthodoxes, les évêques de l’Église orthodoxe serbe ont prit une participation active, et le rôle du saint évêque Nicolas y a été immense. Plus tard, les plans pour que le nouveau concile général se tienne à Niš, à l’occasion du 1600ème anniversaire du premier concile œcuménique, ou à Jérusalem ou encore ailleurs, sont « tombés à l’eau », et la convocation du concile a été reportée sine die, principalement en raison des conditions prévalant dans l’Église russe à l’époque soviétique et, plus tard, en raison de conditions similaires dans la majorité des Églises locales, au temps des communistes et de leur pouvoir. Maintenant est venu le moment auquel l’Église peut organiser son concile, bien que les conditions, aujourd’hui aussi, ne soient pas idéales. Il n’y a pas, à vrai dire, de terreur politique et de persécutions grossières dans la majorité des pays orthodoxes, mais dans certains de ceux-ci il existe néanmoins des difficultés dans la vie de l’Église en raison des affrontements armés et, au Moyen Orient, des persécutions par des musulmans fanatiques. C’est la raison pour laquelle le Concile n’a pu être tenu à Constantinople, comme cela avait été prévu au départ. Nous sommes témoins que, sur la base des nouvelles médiatiques, il y a encore des actes terroristes à Ankara et à Constantinople. Les difficultés et les souffrances sont énormes en Syrie, en Irak, dans tout le Moyen Orient, où il y a aujourd’hui également beaucoup de chrétiens orthodoxes, mais aussi des chrétiens séparés de l’Église orthodoxe, qui lui sont toutefois proches et apparentés spirituellement. Les circonstances idéales, au demeurant, n’existent pas et nous ne pouvons les attendre. Mais les besoins et les défis existent et, pour cette raison, il a été décidé d’accélérer les préparatifs. Personnellement, s’il n’est pas immodeste de ma part que je le dise, je considère ce qui suit : si les préparatifs avaient duré deux ou trois ans de plus, le futur Concile serait plus réussi. Je le dis avec une certaine dose de hardiesse, peut-être non justifiée, car je participe depuis longtemps déjà au préparatifs conciliaires au nom de notre Église, avec le métropolite du Monténégro et du Littéral Mgr Amphiloque, et ce non pas comme un observateur qui suit tout ce qui se passe, mais de façon active, de l’intérieur. C’est ainsi que je considère que nous aurions pu avoir alors quelques thèmes importants à l’ordre du jour encore, tout d’abord la question de l’autocéphalie. Il en est de même pour la préparation des textes qui seront traités et soumis à la discussion au Concile et au sujet desquels des décisions seront prises. Cette préparation aurait pu être plus réussie parce certains des textes sont anciens de plusieurs décennies et la période préparatoire n’était pas suffisante pour qu’ils soient revus plus sérieusement et approfondis en fonction des défis spirituels actuels. Nous devons croire que notre manque tout humain de préparation, ou notre préparation insuffisante, ou encore nos désaccords sur certaines questions (il y en a), voire même les relations perturbées entre certaines Églises autocéphales, ne seront pas déterminants, mais que l’Esprit Saint élèvera tout cela depuis les espaces terrestres jusqu’à la cime des espaces célestes. Il édifie le Corps de l’Église et peut, par Son amour étendu et qui englobe tout, l’amour qui est du Père, et qui nous est accordé par le Fils et que nous vivons justement dans l’Esprit Saint, tout vivifier, transfigurer, manifester comme une fidèle icône du royaume de Dieu, malgré tout ce qui est humain et imparfait. Car le Concile est avant tout la Pentecôte, l’Esprit Saint avec nous. Sa force triomphera malgré toutes nos faiblesses et nos défauts. C’est la condition sine qua non préconciliaire, conciliaire et postconciliaire. Au demeurant, les Conciles sont convoqués dans ce but à travers toute l’histoire de l’Église. Ce ne sont pas des conférences ou des symposiums, mais des conciles qui résolvent les questions vitales de la vie de l’Église, en premier lieu, celles qui concernent l’unité de l’Église, à savoir une communion pleine et sans obstacle entre les Églises. C’est pourquoi je crois que la future réunion de toutes les Églises orthodoxes « ensemble et dans l’unanimité » témoignera l’unité entre nous. J’espère qu’elle présentera en outre un témoignage qui peut, à mon sens, être utile également aux chrétiens qui appartiennent à l’Église catholique-romaine, de même qu’aux chrétiens qui appartiennent aux communautés de la Réforme, aux Églises protestantes. En quoi vois-je cela ? De premier abord, il s’avérera que l’unité de l’Église est possible et réelle sans les excès et l’unilatéralité de la doctrine de la primauté de l’évêque de Rome sous la forme qu’elle a développée durant le deuxième millénaire de l’histoire chrétienne, c’est-à-dire sans l’absolutisation du primat romain, sans interprétation de la primauté d’honneur comme une primauté de pouvoir. Donc, que l’on ne peut justifier la nécessité de l’unité par une hypertrophie malsaine de la primauté. Car celle-ci a existé également durant les premiers siècles, mais elle était alors fondée sur l’amour, le service et le sacrifice. De même, les communautés issues de la Réforme, en rejetant le modèle d’unité romain, ont perdu l’unité entre elles, et, en même temps, l’unité avec l’Orient orthodoxe et l’Occident catholique. Il se peut que notre saint et grand Concile soit un témoignage utile, à eux, à tous, voire à nous-mêmes – un témoignage de l’unité de l’Église, et l’indicateur d’un équilibre indispensable entre primauté et conciliarité, primauté conçue comme sacrifice et comme service à l’unité de l’Église, et acceptation conciliaire et dans la Grâce de cette unité par les autres Églises. Peut-être serons-nous en mesure de montrer ce qu’est l’équilibre divino-humain, selon le Saint-Esprit et selon la sainte Trinité, dans l’existence et la vie de l’Église, un bon modèle de l’unité, qui est recherché parmi les Églises, bien qu’il ait été donné en fait à l’Église dès les temps apostoliques et a existé jusqu’au grand schisme entre Orient et Occident à la fin du premier millénaire. Or, l’Église orthodoxe le garde fidèlement aujourd’hui également. Tous les textes dans le présent volume, malgré leurs imperfections, sont précisément une tentative de présenter de tels efforts, et le recueil même est le fruit du souhait et du travail communs de tous les contributeurs qui ont participé à sa publication afin de témoigner ce qui nous a été donné dès le début et à jamais, la véritable catholicité et l’unité établie par Dieu de l’Église du Christ. Nous offrons les fruits de cette œuvre modeste à l’amour de toute la plénitude chrétienne de notre Église locale, ainsi qu’à tous les gens de bonne volonté. À Novi Sad, le 3/16 mai 2016 ».

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Décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie rejetant plusieurs points du document préconciliaire sur les relations avec le reste du monde chrétien

« Aujourd’hui, en date du 21 avril 2016, le Saint-Synode, sous la présidence de S.S. le patriarche de Bulgarie Néophyte a procédé à sa session ordinaire, au cours de laquelle ont été discutés les questions et les documents concernant le prochain Concile panorthodoxe, qui est prévu en Crète du 16 au 27 juin de cette année. À la session étaient présents les évêques synodaux ; Callinique de Vratchane, Joannice de Sliven, Grégoire de Velikotrnovo, Gabriel de Lovetch, Nicolas de Plovdiv, Ambroise de Dorostol, Jean de Varna et de Velikipreslav, Séraphin de Nevrokop et Nahum de Roussé. Les évêques synodaux suivants étaient absents : Dométien de Vidine, Joseph des États-Unis, du Canada et d’Australie, Ignace de Pleven, Galaction de Starozagorsk, Antoine d’Europe occidentale et centrale. Le Saint-Synode a examiné la lettre du métropolite de Lovetch Gabriel, avec en annexe les signatures des prêtres du diocèse de Lovetch concernant le texte intitulé « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », faisant partie des documents prévus pour examen lors du saint et grand Concile des Églises orthodoxes, qui se déroulera en Crète entre le 16 et le 27 juin de cette année. De même, le Saint-Synode a examiné la lettre du métropolite de Plovdiv Nicolas, avec en annexe les signatures des prêtres du diocèse de Plovdiv, en soutien de l’opinion exprimée par le diocèse de Lovetch au sujet du document susmentionné. Après un vote, le Saint-Synode a décidé à l’unanimité :

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Messages de Pâques

La-Résurrection1Messages de Pâques en français: du patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée, du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, du patriarche Irénée de Serbie, du métropolite Tikhon (Église orthodoxe en Amérique), du métropolite Stéphane de Tallinn et de toute l’Estonie, du métropolite Emmanuel, du métropolite Athénagoras de Belgique, exarque des Pays-Bas et du Luxembourg, de l’archevêque Jean, de Mgr Nestor de Chersonèse, du métropolite Joseph.

Icône de la Résurrection ci-contre: blog “Icône et tradition”

Déclaration conjointe du pape François, du patriarche Bartholomée et de l’archevêque Jérôme sur l’île de Lesbos aujourd’hui

Le pape François, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier et l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Mgr Jérôme se sont rencontrés aujourd’hui à l’île de Lesbos pour rencontre les réfugiés qui s’y trouvent et pour les soutenir. A cette occasion, une déclaration conjointe a signé. Nous vous invitons à la lire ci-dessous .

« Nous, pape François, patriarche oecuménique Bartholomée et archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, nous nous sommes rencontrés sur l’île grecque de Lesbos afin de montrer notre profonde préoccupation face à la condition tragique des nombreux réfugiés, des migrants et des demandeurs d’asile qui sont venus en Europe en fuyant des situations de conflit et, dans beaucoup de cas, des menaces à leur survie. L’opinion mondiale ne peut pas ignorer la gigantesque crise humanitaire créée par la propagation de la violence et du conflit armé, par la persécution et le déplacement de minorités religieuses et ethniques ainsi que par le déracinement des familles de leurs maisons, en violation de leur dignité humaine ainsi que de leurs droits humains fondamentaux et de leurs libertés.

La tragédie de la migration et du déplacement forcés affecte des millions de personnes, et c’est fondamentalement une crise d’humanité, qui appelle une réponse de solidarité, de compassion, de générosité et un engagement de ressources immédiat et pratique. De Lesbos, nous appelons la communauté internationale à répondre avec courage en affrontant cette crise humanitaire massive et ses causes sous-jacentes, par des initiatives diplomatiques, politiques et de charité ainsi que par des efforts de coopération, à la fois au Moyen-Orient et en Europe.
En tant que dirigeants de nos Églises respectives, nous sommes unis dans notre désir de paix et dans notre sollicitude pour promouvoir la résolution des conflits à travers le dialogue et la réconciliation. En reconnaissant les efforts déjà en cours pour apporter de l’aide et des soins aux réfugiés, aux migrants et aux demandeurs l’asile, nous appelons tous les dirigeants politiques à utiliser tous les moyens afin d’assurer que les individus et les communautés, y compris les chrétiens, restent dans leurs pays et jouissent du droit fondamental à vivre en paix et en sécurité. Un large consensus international et un programme d’assistance sont d’une nécessité urgente pour soutenir le droit, pour défendre les droits humains fondamentaux dans cette situation
insoutenable, pour protéger les minorités, pour combattre la traite et le trafic humains, pour éliminer les routes qui ne sont pas sûres, telles que celles à travers la mer Égée et toute la Méditerranée, et pour développer des procédures de réinstallation sûre. De cette manière, nous serons en mesure d’assister ces pays directement engagés à pourvoir aux besoins de si nombreux de nos frères et soeurs souffrants. À titre particulier, nous exprimons notre solidarité avec le peuple grec, qui, malgré ses propres difficultés économiques, a répondu avec générosité à cette crise.
Ensemble, nous plaidons solennellement pour une fin de la guerre et de la violence au Moyen-Orient, pour une paix juste et durable et pour le retour honorable de ceux qui ont été contraints à abandonner leurs maisons. Nous demandons aux communautés religieuses d’accroître leurs efforts pour recevoir, pour assister et pour protéger les réfugiés de toutes les confessions ; et que les services d’assistance religieux et civils travaillent à coordonner leurs initiatives. Car, tant que le besoin perdure, nous exhortons tous les pays à étendre l’asile temporaire, à offrir le statut de réfugié à ceux qui sont éligibles, à accroître leurs efforts d’assistance et à travailler avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté en vue d’une fin rapide des conflits en cours.
L’Europe affronte aujourd’hui l’une de ses plus sérieuses crises humanitaires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour répondre à ce grave défi, nous appelons tous les disciples du Christ à se souvenir des paroles du Seigneur, sur lesquelles nous serons jugés un jour : « Car, j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi… Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 35-36.40).
Pour notre part, obéissant à la volonté de notre Seigneur Jésus Christ, nous nous engageons fermement et sans réserve à intensifier nos efforts pour promouvoir la pleine unité de tous les chrétiens. Nous réaffirmons notre conviction qu’il « appartient à la réconciliation (entre les chrétiens) de favoriser la justice sociale, dans et entre tous les peuples… Nous voulons ensemble contribuer à ce que les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile soient accueillis dignement en Europe » (Charte oecuménique, 2001). En défendant les droits humains fondamentaux des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants, et de toutes les personnes marginalisées dans nos sociétés, nous visons à accomplir la mission de service des Églises en faveur du monde.
Notre rencontre d’aujourd’hui est destinée à aider à apporter courage et espérance à ceux qui cherchent un refuge ainsi qu’à tous ceux qui les accueillent et les assistent. Nous exhortons la communauté internationale à faire de la protection des vies humaines une priorité et à soutenir à tous les niveaux les politiques d’inclusion qui s’étendent à toutes les communautés religieuses. La terrible situation de tous ceux qui sont affectés par la présente crise humanitaire, y compris beaucoup de nos frères et sœurs chrétiens, appelle notre prière constante.
Ile de Lesbos, le 16 avril 2016″

Le discours de Catherine Vieu-Charier lors de l’inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov (Paris 15e) le 31 mars

P1160070Hier, a eu lieu l’inauguration de la rue Mère Marie Skobtsov à Paris dans le 15e arrondissement (l’exposé des motifs de cette attribution). De nombreuses personnalités étaient présentes (certaines sont citées dans l’en-tête du discours qui suit), quelques unes sont intervenues. Catherine Vieu-Charier, maire adjointe de la capitale, chargée de toutes les questions relatives à la mémoire et au monde combattant, qui représentait la maire de Paris, Anne Hidalgo, a prononcé un discours (photographie: lors de son discours). Pour prendre connaissance du texte de celui-ci, cliquez ici.

Encyclique patriarcale et synodale au sujet de la convocation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe

+ Bartholomée,
Par la Grâce de Dieu archevêque de Constantinople,
la Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique
À tout le plérôme de l’Église
La grâce et la paix de Dieu soient avec vous !

Notre sainte Église orthodoxe, qui est ornée « comme de velours et de lin fin» par le sang de ses martyrs, les larmes de ses vénérables pères et les combats et sacrifices de ses confesseurs de sa foi, célèbre aujourd’hui sa fête onomastique. Après une période d’un siècle d’âpres combats, c’est à juste titre et avec raison que ce jour a été appelé et désigné comme « dimanche de l’orthodoxie », puisque la vérité a brillé et a triomphé du mensonge, par la vénération des icônes sacrées, comme portant la présence personnelle et la grâce divine du Fils et Verbe de Dieu incarné et de Ses saints. De cette manière a été reconnu et prêché encore une fois que « Le Verbe est devenu chair et a habité parmi nous» (Jean I, 14), honorant ainsi et sanctifiant la création matérielle et notre corps, pour que nous devenions « participants à la nature divine » (cf. II Pierre 1,4), participants à la grâce et la vie divines. Dans cette grande et salvatrice vérité, qui a été attaquée par ceux qui refusaient la vénération des saintes icônes, la voie de la victoire de la vérité sur le mensonge a été, dans ce cas également, celle suivie par l’Église depuis son début et pendant tout le cheminement de son histoire. Celle-ci n’était autre que celle de la conciliarité. La distinction entre la vérité et le mensonge, l’orthodoxie et l’hérésie, n’est pas toujours discernable. Les hérétiques croyaient et croient qu’ils possèdent la vérité, et il y aura toujours ceux qui caractériseront « d’hérétiques » ceux qui ne sont pas d’accord avec leurs vues. L’Église orthodoxe, dans ce cas, ne reconnaît qu’une seule et unique autorité : le concile de ses évêques canoniques. Sans décision conciliaire, la distinction entre orthodoxie et hérésie n’est pas possible. Tous les dogmes de l’Église et les saints canons portent le sceau de la conciliarité. L’Église orthodoxe est l’Église de la conciliarité. L’Église orthodoxe a souligné dès son début ce principe ecclésiologique, et elle l’applique fidèlement au niveau local. Cela a été en vigueur durant de nombreux siècles, au niveau universel et panorthodoxe également, mais a été interrompu en raison des circonstances historiques pendant longtemps. Aujourd’hui, nous nous trouvons dans l’agréable position d’annoncer officiellement depuis ce trône sacré et œcuménique que, par la grâce de Dieu, avec l’accord de tous les primats des très saintes Églises orthodoxes, sera réalisé l’événement décidé depuis plus de cinquante ans, le saint et grand Concile et toute l’Église orthodoxe, et ce sur l’île de Crète, du 18 au 27 juin de cette année. Ses travaux commenceront par une divine liturgie panorthodoxe en la sainte église Saint-Ménas d’Héraklion, le jour grand et insigne de la Pentecôte, et se poursuivront à l’Académie orthodoxe de Crète à Kolymvari, près de La Canée. Ce saint et grand Concile sera présidé par Notre Humilité entouré des autres primats des Églises orthodoxes ; les autres hiérarques participeront comme membres du concile par les délégations de toutes ces Églises. Le but premier de ce concile panorthodoxe est d’enseigner que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, unie dans les sacrements, et en particulier dans la divine eucharistie et la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité. C’est pourquoi le concile a été préparé depuis un longue période de temps, par une série de commissions préparatoires et de consultations préconcilaires, de telle façon que les textes de ses décisions soient inspirés d’unanimité et que leur message soit transmis « d’une seule bouche et d’un seul cœur ». Les thèmes dont s’occupera le saint et grand Concile, définis déjà de façon panorthodoxe lors de la décision de sa convocation, concernent principalement les problèmes de structure intérieure et de vie de l’Église orthodoxe, qui nécessitent une résolution immédiate. En outre, il y a les questions concernant les relations de l’orthodoxie avec le reste du monde chrétien et la mission de l’Église à notre époque. Nous savons, bien entendu, que le monde attend d’entendre la voix de l’Église orthodoxe au sujet de nombreux problèmes urgents qui préoccupent l’homme contemporain. Mais il a été jugé nécessaire que l’Église orthodoxe règle en premier lieu ses problèmes internes avant de parler ou de s’adresser au monde, ce qu’elle n’a pas cessé de considérer comme son devoir. Le fait que, après tant de siècles, l’orthodoxie exprime sa conciliarité sur un niveau mondial, constitue le premier pas, décisif, dont on attend, par la grâce de Dieu, qu’il mène à la convocation, Dieu voulant, d’autres conciles panorthodoxes.

Chers frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur,

Les grands événements historiques sont dirigés par la grâce de Dieu. C’est Lui qui, en définitive, est le Maître de l’histoire. Nous semons et peinons, mais Celui qui fait croître est Dieu (cf. I Cor. 3,8). Le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe constitue réellement un événement historique et c’est en Dieu uniquement que nous plaçons sa réussite. Aussi, nous appelons les  fidèles orthodoxes, clercs et laïcs, à la prière au Dieu trinitaire pour qu’Il couronne par Ses bénédictions cet événement, afin que par celui-ci Son Église soit édifiée et que soit glorifié Son très saint Nom. Les temps sont critiques et l’unité de l’Église a pour devoir de constituer un exemple d’unité pour l’humanité déchirée par des divisions et les conflits. Le succès du saint et grand Concile est l’affaire de tous les membres de l’Église qui sont appelés à montrer leur intérêt envers lui. Déjà, les textes qui ont reçu un accord panorthodoxe et qui ont été soumis au saint et grand Concile sont publiés et sont mis à la disposition de chaque fidèle bien intentionné pour qu’il en soit informé et tenu au courant, mais aussi pour exprimer son opinion et ses attentes quant au saint et grand Concile. Annonçant cela à tout le plérôme de l’Église orthodoxe dans tout l’univers en cette fête insigne, nous souhaitons que le Seigneur accorde à Son Église et à nous tous Sa grâce en abondance et Sa bénédiction, et qu’Il donne au monde entier «  la paix en tout temps, de toute manière! » (2 Thess. 3,16).

Le 20 mars de l’année du Seigneur 2016

† Bartholomée, archevêque de Constantinople
Votre fervent suppliant devant le Seigneur

† Métropolite Jean de Pergame

† Métropolite Isaïe de Denver

† Métropolite Alexis d’Atlanta

† Métropolite Jacques des Îles des Princes

† Métropolite Joseph de Prikonisos

† Métropolite Méliton de Philadelphie

† Métropolite Emmanuel de France

† Métropolite Nicétas des Dardanelles

† Métropolite Nicolas de Detroit

† Métropolite Germain de San Francisco

† Métropolite Maxime de Selymbria

† Métropolite Amphiloque d’Adrianopolis

Source: Patriarcat oecuménique

Tribune: « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946 »

10_Mars_1946Une tribune intitulée « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946 » est diffusée en plusieurs langues à l’occasion du 70e anniversaire du synode de Lviv, en Ukraine, le 10 mars 1946. Le premier paragraphe explique les circonstances historiques:

 » Le 10 mars 1946, à Lviv, l’Eglise orthodoxe de Russie a intégré de force l’Église grecque-catholique ukrainienne en son sein sous la pression du pouvoir soviétique. Au moment où les participants au synode votèrent les 8 et 9 mars pour la « réunification » de leur Église au Patriarcat de Moscou tous les évêques grecs catholiques ukrainiens se trouvaient en prison sous les verrous. Les 216 prêtres et 19 laïcs réunis à la cathédrale Saint-Georges de Lviv par le NKVD, ancêtre du KGB, étaient à la merci d’un « groupe d’initiative » conduit par deux évêques orthodoxes Antony Pelvetsky et Myhailo Melnyk et par un prêtre orthodoxe Gavril Kostelnyk. Les archives révèlent que c’est Staline lui-même qui décida de l’élimination de cette Église grecque-catholique ukrainienne en février 1945 douze jours après la conférence de Yalta tenue en compagnie de Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt. »

La suite de la tribune:

 » Les historiens et théologiens sérieux n’émettent aucun doute sur le fait que le synode de Lviv des 8-10 mars 1946 de L’Église grecque-catholique ukrainienne ne fut qu’un simulacre. Bohdan Bociurkiw, qui fut professeur d’histoire à l’université Carleton d’Ottawa, a écrit une somme à ce sujet qui n’a jamais été contredite. Le pape Benoît XVI a parlé en 2006 d’un « pseudo-synode » ayant « porté gravement atteinte à l’unité ecclésiale ». Nicolas Lossky, théologien orthodoxe français membre du patriarcat de Moscou, a reconnu lui aussi qu’il s’agissait d’un simulacre. A cause de sa suppression en 1946 et jusqu’en 1989, l’Église grecque-catholique, forte de plus de 5 millions de membres en Ukraine, devint de facto, la principale victime mais aussi la principale force d’opposition au régime soviétique à l’intérieur des frontières de l’URSS.  Aussi nous appelons les autorités orthodoxes actuelles, en Russie, en Ukraine et ailleurs, à reconnaître la nullité des décisions tragiques du concile de Lviv.

L’Église orthodoxe de Russie dans son ensemble ne peut pas être tenue responsable de décisions prises par des autorités ecclésiastiques manipulées ou terrorisés par le NKVD-KGB. Cependant nous, chrétiens orthodoxes, vivant 70 ans après les événements, nous nous sentons responsables du silence coupable qui entoure la destruction de cette Église par le régime soviétique avec la participation du patriarcat de Moscou. Nous savons que des millions de chrétiens orthodoxes dans le monde condamnent fermement les persécutions anti-religieuses du gouvernement soviétique et de Joseph Djougachvili en particulier. Aussi, en ce jour commémoratif du 10 mars 1946, et à la veille du dimanche 13 mars 2016, dimanche du Pardon dans le calendrier liturgique orthodoxe, nous assurons l’Église grecque-catholique ukrainienne de notre solidarité, de notre prière pour toutes les victimes innocentes de cette Église, qui furent emprisonnées, torturées, déportées et assassinées par le gouvernement soviétique avec la complicité du patriarcat de Moscou.

Nous leur demandons humblement pardon pour toutes les injustices dont ils ont été victimes sous couvert de l’autorité de l’Église orthodoxe, et nous nous inclinons devant les martyrs de cette Église grecque-catholique ukrainienne. « 

Pour lire la totalité de la tribune (avec les notes et tous les signataires): cliquez sur ce lien (mise à jour le 10 mars).

Parmi les cosignataires : les pères Georges KovalenkoAndré Doudtchenko, Michel Evdokimov, Michael Plekon, Christophe Levalois, André Louth, la poétesse et universitaire russe Olga Sedakova, l’historien Antoine Arjakovsky, les philosophes Bertrand Vergely et Constantin Sigov, le président de l’Acer-Mjo Cyrille Sollogoub, l’écrivain américain Jim Forest, l’universitaire Daniel Struve, et d’autres.

En complément: le film d’Antoine Arjakovsky (en anglais, version russe) sur le synode du 10 mars 1946 (dont la photographie ci-dessus est extraite). Par ailleurs, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat de Moscou) a appelé « de ses vœux les « efforts communs des orthodoxes et des gréco-catholiques » ukrainiens pour dépasser une hostilité historique » dans l’Osservatore Romano du 4 mars dernier (édition française du 10 mars, p.1 et 4).

Ajout: la tribune en anglais (1), en ukrainien (1), en russe, en polonais (1), en italien (1), en roumain, en allemand (1), en espagnol, en vietnamien, en taïwanais, en portugais, en arabe, en néerlandais, en hongrois, en slovaque.

Les réactions au sein de l’Église grecque-catholique d’Ukraine sont très reconnaissantes. Ainsi le père et professeur Bogdan Prach, recteur de l’Université catholique d’Ukraine à Lviv y voit un signe très positif porteur d’un grand espoir pour l’avenir (entretien en polonais). L’ancien dissident soviétique Myroslav Marynovytch (condamné à 10 ans de Goulag en 1977), vice-recteur de l’Université catholique d’Ukraine, fondateur d’Amnesty International en Ukraine, a remercié publiquement sur son blog pour les « paroles de vérité et de compassion » de la tribune.

Déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Déclaration commune

du pape François

et du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

  1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.

Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

  1. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.

Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

  1. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).
  1. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».
  1. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn17, 21).
  1. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !
  1. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
  1. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
  1. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
  1. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.

Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

  1. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.

Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

  1. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).
  1. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).
  1. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
  1. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
  1. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
  1. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
  1. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).
  1. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
  1. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
  1. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu(cf. Gn 4, 10).

Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.

Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

  1. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

 

  1. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez lalumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.
  1. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.

Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

  1. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
  1. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
  1. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
  1. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
  1. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !

Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

  1. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !
Kirill

Patriarche de Moscou

et de toutes la RussieFrançois

Évêque de Rome,

Pape de l’Eglise catholique

Discours d’ouverture au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe du patriarche Cyrille

sobor

Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe 2-3 février

Le site Internet du département des relations extérieures de l’Église orthodoxe russe en mis en ligne, en plusieurs parties, les points les plus importants du discours d’ouverture du patriarche Cyrille au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe qui s’est tenu du 2 au 3 février à Moscou.

1. Le patriarche Cyrille : La tentative d’évincer le christianisme du Proche Orient est une tragédie historique lourde de conséquences pour le monde entier1 :
« Se targuant d’agir au nom de la religion ou de différentes idéologies, les terroristes aspirent à semer la peur et l’hostilité dans les cœurs, à engendrer la haine interreligieuse et interethnique. Nous avons tous en mémoire ces tragédies humaines qui déchirent le cœur : l’explosion de l’avion russe au-dessus du Sinaï, la série d’attentats à Paris, l’attaque contre le collège universitaire de Garissa au Kenya, les meurtres en masse de Baga (Nigéria), et ce ne sont que quelques-uns des méfaits accomplis par les terroristes ces derniers mois. La communauté internationale est appelée à arrêter la terreur et, notamment, à rétablir une paix juste en Syrie, montrant ainsi l’exemple à tous les pays du Proche Orient où coule actuellement le sang » a dit notamment le primat de l’Église russe.

« C’est avec une douleur particulière que nous pensons aux chrétiens d’Irak, de Lybie, de Syrie et d’autres pays du Proche Orient. Beaucoup d’entre eux refusent de quitter leurs églises, leurs monastères, leurs villages chrétiens, même sous menace de mort, et nous parlons à nouveau des martyrs » a souligné le patriarche Cyrille.

« Ces derniers temps, les hommes politiques ont commencé à reconnaître que les tueries massives, les expulsions, les prises d’otage de chrétiens dans la région sont un véritable génocide suivant des critères religieux. La tentative d’évincer le christianisme du Proche Orient est une tragédie historique, lourde de conséquences pour le monde entier » affirme le patriarche.

« Prions pour que le Seigneur Tout-puissant affermisse nos frères en Christ, et donne la sagesse aux dirigeants dont dépend l’établissement de la paix au Proche Orient, afin que dans les meilleurs délais, malgré les intérêts particuliers, ils prennent les décisions qui s’imposent » a déclaré le primat de l’Église russe.

2. Le patriarche Cyrille : Nous ne disons pas du Concile panorthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique :
« Nous croyons que l’Église du Christ est une, sainte, catholique et apostolique, comme il est dit clairement dans le Symbole de foi. L’Église est une par nature, a rappelé Sa Sainteté. L’existence de nombreuses Églises autocéphales est une forme d’existence historique de l’Église, la mieux adaptée à l’accomplissement de sa mission de salut. Nous savons aussi que la prise de décisions concernant le Plérôme de l’Église, a toujours exigé la participation si ce n’est de tous les hiérarques orthodoxes, du moins de représentants de chaque Église locale. En ce sens, les Conciles œcuméniques et certains aussi conciles d’importance panorthodoxe sont l’expression visible de l’unité de l’Église, de son essence conciliaire, le reflet de sa conscience d’être le Corps du Christ (cf. Rom 12, 5).

En même temps, souligne le patriarche, la réception des actes de tel ou tel concile par le plérôme de l’Église a toujours été progressive et, « comme le montre l’histoire ecclésiastique, aucun concile n’a pu imposer à l’Église ses décisions si elles ont été rejetées par le peuple de Dieu, s’il n’y a pas eu de réception des décrets conciliaires par l’ensemble de l’Église. » C’est pourquoi aucun concile œcuménique n’est devenu tel par le simple fait de sa convocation : son importance réelle ne devenait évidente qu’après un certain temps, parfois très long, a constaté le primat de l’Église orthodoxe russe.

« Nous ne disons pas du prochain grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qu’il s’agit d’un concile œcuménique, a poursuivi le patriarche Cyrille. A la différence des anciens conciles œcuméniques, il n’est pas appelé à résoudre des questions doctrinales, car elles sont résolues depuis longtemps et n’exigent aucune révision. Il n’est pas non plus appelé à introduire quelque innovation liturgique dans la vie de l’Église, dans sa structure canonique. Néanmoins, il peut, s’il est préparé comme il se doit, être un facteur important d’affermissement de l’unité et de la coopération entre Églises, et permettre de préciser les réponses que l’Église orthodoxe donne aux questions de la modernité sur la base de sa tradition multiséculaire. »

Le patriarche a aussi souligné que ce Concile ne serait véritablement panorthodoxe que si des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues par tous y prenaient part.

Se tournant vers l’histoire, il a constaté que durant presque un millénaire, la réunion des Églises locales en concile avait été compliquée. Durant de nombreux siècles, en effet, tous les patriarcats antiques avaient subi la domination musulmane. Les circonstances du XX siècle n’ont pas non plus favorisé l’intensification des contacts entre Églises : il suffit de se rappeler les guerres des Balkans, la Première Guerre mondiale, la révolution russe qui entraîna une violente persécution contre l’Église, la chute de l’Empire ottoman, la déportation des chrétiens d’Asie mineure et, enfin, la Seconde Guerre mondiale.

Néanmoins, dès 1923, l’Église de Constantinople a convoqué à Istanbul un congrès interorthodoxe, puis, en 1930, une commission interorthodoxe préparatoire, qui s’est réunie au monastère de Vatopédi sur le Mont Athos. « Ces premières tentatives de collaboration panorthodoxe ont été un échec, a remarqué le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Certaines Églises locales n’y ont pas pris part, l’Église orthodoxe russe, en était empêchée par les circonstances. Les travaux du congrès interorthodoxe d’Istanbul s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat réformateur de déni de la tradition. Pour cette raison, ses décisions n’ont été reconnues de personne, en dehors des décisions sur le nouveau calendrier, adoptées par certaines Églises au prix de regrettables schismes. »

Le patriarche a aussi rappelé que l’Église de Constantinople n’a pas été seule à proposer des initiatives panorthodoxes. Ainsi, à l’initiative du Patriarcat de Moscou, une conférence des chefs et des représentants des Églises orthodoxes locales s’est déroulée à Moscou en 1948, à l’occasion du 500eanniversaire de l’autocéphalie de l’Église russe. Cependant ses décisions n’ont pas été adoptées par les Églises locales qui ont considéré que seul le patriarche de Constantinople pouvait convoquer une réunion panorthodoxe.

La préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe n’a réellement démarré qu’en 1961, lors de la première conférence panorthodoxe, qui a eu lieu sur l’île de Rhodes, en Grèce, a constaté Sa Sainteté. Un catalogue d’une centaine de thèmes a été rédigé, des thèmes que l’on se proposait de préparer pour les présenter à l’examen du futur Concile. Un peu plus tard, en 1968, à la quatrième conférence panorthodoxe de Genève, il a été décidé de poursuivre la préparation du Concile dans le cadre de conférences panorthodoxes préconciliaires, et de commissions préparatoires interorthodoxes précédant la convocation des conférences. Ce format s’est conservé jusqu’à aujourd’hui.

A la conférence de Rhodes de 1961, il a été proposé à toutes les Églises locales d’exprimer leur opinion sur les thèmes approuvés. S’agissant de la participation de l’Église orthodoxe russe à l’élaboration de ces thèmes, le patriarche Cyrille a montré qu’elle s’y été employée avec le plus grand sérieux. En 1963, le Saint Synode a créé une Commission spéciale présidée par le métropolite Nicodème de Leningrad, de bienheureuse mémoire, dont faisait partie les meilleurs théologiens de l’Église orthodoxe russe, hiérarques, clercs et laïcs. En cinq ans, cette Commission a accompli un immense travail, préparant des projets de documents sur tous les thèmes du catalogue sans exception. « Ce n’est pas exagérer que d’affirmer que l’Église russe a apporté une contribution sans précédent à la préparation du Concile panorthodoxe et n’était pas seulement prête à sa tenue, mais proposait également sur tous les thèmes des projets concrets, réfléchis, de documents conciliaires, résultat du travail des meilleurs théologiens de notre Église » a souligné le patriarche Cyrille.

Cependant, en 1971, plusieurs Églises locales ont insisté sur la réduction de l’agenda du Concile. La première conférence préconciliaire panorthodoxe, en 1976, a donc réduit la liste des thèmes à dix. Leur étude s’est poursuivie dans le cadre des commissions préparatoires interorthodoxes, ainsi que pendant la seconde, puis la troisième conférence préconciliaire panorthodoxe de 1982 et 1986.

« Dans les années 1990, ce travail a été interrompu pour longtemps, a constaté le patriarche. La raison en a été l’instauration par le Patriarcat de Constantinople, en 1996, de la dite Église orthodoxe autonome d’Estonie sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, avec l’intention d’un faire un acteur à part entière du processus préconciliaire, ce que notre Église a catégoriquement refusé. » Les perspectives de reprise de la préparation du Concile ne sont apparues qu’en 2008. Lors de la rencontre des primats des Églises orthodoxes locales, il a été décidé que seuls des représentants des Églises autocéphales, et non des Églises autonomes, au nombre desquelles l’Église de Constantinople compte sa structure en Estonie, participeraient à la préparation conciliaire. « Les représentants des Églises autonomes, aujourd’hui encore, ne participent au processus préconciliaire que dans le cadre des délégations de leurs Églises-mères » a raconté le patriarche Cyrille.

Le primat de l’Église russe a poursuivi en rappelant que le processus de préparation du Concile s’était poursuivi en commissions préparatoires et, en 2009, à la quatrième conférence préconciliaire panorthodoxe. « En mars 2014, j’ai participé à la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui a eu lieu à Istanbul. Il a été décidé de convoquer le Concile panorthodoxe pour 2016, « si des circonstances imprévues ne l’empêche pas » a déclaré Sa Sainteté.

Il était prévu que durant le temps réduit qui resterait, les efforts de tous les participants du processus préconciliaire s’intensifient. Pour cette raison, la synaxe a créé une Commission interorthodoxe spéciale, qui est parvenu à réviser trois projets de documents conciliaires. Ces textes, revus en commun lors de la cinquième Conférence préconciliaire panorthodoxe d’octobre dernier, concernent l’importance du jeûne, les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien, la proclamation de l’autonomie ecclésiale.

Dans le cadre du processus préconciliaire, il a aussi été discuté du thème de l’autocéphalie et du mode de sa proclamation.

La synaxe des primats des Églises orthodoxes locales qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 21 au 28 janvier 2016 a notamment examiné le projet de document conciliaire « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », « le Sacrement du mariage et ses empêchements », ainsi que d’autres thèmes.

3. Le projet de document du Concile panorthodoxe affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël, des saints Pierre et Paul et de la Dormition

Parlant aux participants du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de la préparation du Concile panorthodoxe, Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’est arrêtée aux projets de documents du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe préparés dans le cadre du processus préconciliaire.

Parmi eux, le document « L’importance du jeûne et de son observance aujourd’hui », sur lequel se sont entendus les participants de la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, à Chambésy, en janvier 2016, en dehors des représentants des Églises d’Antioche et de Géorgie.

Comme le remarquait le patriarche Cyrille, dans ce document, qui se présente comme une description détaillée de la doctrine générale et communément admise dans l’Église sur le jeûne, le sens spirituel du Carême est développé, tandis que les modalités de son observance dans les conditions actuelles sont énoncées concrètement. « Malgré les rumeurs répandues par les ennemis de l’Église sur une soi-disant annulation des règles du jeûne ou sur leur réduction, le projet de document prescrit clairement d’observer tous les jeûnes institués par l’Église sans exception » a souligné le primat de l’Église orthodoxe russe.

Bien plus, constate le patriarche, ce document affirme pour la première fois le caractère obligatoire des jeûnes de Noël des saints Pierre et Paul et de la Dormition qui, contrairement au jeûne de la sainte Quarantaine, ne sont pas mentionnés dans les canons antiques.

4. Le patriarche Cyrille : Il n’est pas question d’union de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes

Le prochain Concile panorthodoxe se penchera sur le projet de document « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », adopté à Chambésy par la V Conférence préconciliaire panorthodoxe des 10-17 octobre 2015. C’est ce qu’a annoncé le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie dans son rapport au Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à Moscou.

Poursuivant son récit sur la préparation du Concile panorthodoxe, le primat de l’Église orthodoxe russe a constaté que ce projet de document avait été composé sur la base de deux textes élaborés durant les années 1980, dont l’un était consacré au mouvement dit œcuménique, et l’autre principalement aux dialogues bilatéraux de l’Église orthodoxe avec les communautés hétérodoxes. « Les changements qui se sont produits ces dernières décennies dans de nombreuses dénominations protestantes ont rendu nécessaire une sérieuse révision de ces documents, a constaté le primat de l’Église russe. Beaucoup de ces communautés, sous l’influence d’idéologies laïcistes, se sont engagées sur la voie du réexamen non seulement de leur doctrine, mais même des bases de la morale chrétienne. »

Ceci a incité l’Église orthodoxe à revoir ses rapports avec ces communautés, a rappelé Sa Sainteté.

« Notre critique a été prise en compte pendant la révision de ce document » a souligné le patriarche Cyrille, remarquant que les points essentiels du texte reprennent les principales positions énoncées en 2000 par le Concile épiscopal jubilaire dans le document « Principes fondamentaux des relations de l’Église orthodoxe russe avec l’hétérodoxie ». Ainsi, dans le projet de document du Concile panorthodoxe, il est dit clairement que les relations de l’Église orthodoxe avec les églises hétérodoxes « doivent se fonder sur une clarification, le plus rapidement et le plus objectivement possible, de toute la question de l’ecclésiologie et, plus particulièrement de l’enseignement général que celles-ci professent sur les sacrements, la grâce, le sacerdoce et la succession apostolique. » Il est constaté que si l’Église orthodoxe participe aux travaux du Conseil œcuménique des Églises, elle « n’accepte absolument pas l’idée de l’égalité des confessions et ne peut concevoir l’unité de l’Église comme un compromis interconfessionnel. »

« Bien entendu, il n’est pas question d’union de l’Église orthodoxe avec les hétérodoxes dans le document » a constaté Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie.

5. Le patriarche Cyrille : Le document « La mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain » est sans doute le plus actuel de tous ceux à l’ordre du jour du Concile panorthodoxe

La synaxe des primats des Eglises orthodoxes locales, qui s’est achevée il y a quelques jours à Chambésy (Suisse), avec la participation de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, est parvenue à retravailler le projet de document conciliaire « La mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain », adopté à l’unanimité.

Le patriarche Cyrille est revenu sur ce document dans son rapport au Concile épiscopal de l’Eglise orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à la salle des Concile de l’église du Christ Sauveur de Moscou. L’adoption du document a été précédée d’une longue délibération, s’accompagnant parfois d’âpres discussions pendant les différentes rencontres préconciliaires. Ce document est plusieurs fois revenu à l’examen du Saint Synode de l’Eglise russe et de la Commission synodale théologique et biblique.

« Il n’est pas étonnant que ce document ait demandé un travail aussi intensif et aussi long, car c’est là que l’Eglise orthodoxe donne son avis concerté sur les processus compliqués et particulièrement alarmants que l’on constate dans la vie sociale, économique, politique et morale de la société actuelle » a souligné le patriarche, rappelant que le texte ne donne la préférence à aucune des conceptions politiques existantes, ne confirme pas la supériorité d’un modèle économique sur un autre. « L’Eglise, accomplissant sa mission de salut, rappelle une fois encore au monde que la racine de pratiquement tous les défis et tous les problèmes de la société contemporaine réside dans l’oubli de la loi de Dieu, dans la perte des repères moraux, dans une conception altérée de la liberté, de la dignité de l’homme et de la justice. »

C’est ce qui rend ce document sans doute le plus actuel de tous ceux inclus à l’ordre du jour du saint et grand Concile, estime le patriarche Cyrille. Il remarque également que l’Eglise orthodoxe russe a pu apporter une contribution particulièrement importante à ce projet, car un grand nombre des questions sociales soulevées par le document avaient déjà été abordées dans les « Principes de la conception sociale de l’Eglise orthodoxe russe » et dans d’autres documents.

6. Le patriarche Cyrille : la reconnaissance unilatérale du schisme en Ukraine aurait des conséquences catastrophiques pour l’unité de l’Église orthodoxe
Il serait souhaitable que le Concile panorthodoxe entérine la nécessité du consensus de toutes les Églises, excluant toute entreprise unilatérale, dans l’octroi de l’autocéphalie, compte tenu, notamment, des agissements anti-canoniques de certaines structures ecclésiastiques aux États-Unis et au Canada, dépendant de la juridiction du Patriarcat de Constantinople. Ce qu’a déclaré le Patriarche Cyrille dans son rapport à la séance du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, qui se déroule actuellement à Moscou.

Sa Sainteté a rappelé notamment qu’ignorant délibérément le primat canonique de l’Église orthodoxe ukrainienne, Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, les hiérarques des susdites structures se sont rendus plusieurs fois en Ukraine durant l’année écoulée, affirmant ouvertement leur soutien aux schismatiques, leur promettant la reconnaissance en tant qu’Église autocéphale, assurant par ailleurs qu’ils agissaient, soi-disant, au nom de Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de Constantinople.

« Et bien que Sa Sainteté nous ait assuré à plusieurs reprises qu’elle ne soutenait pas ces initiatives, les déclarations de certains de ses hiérarques, s’ajoutant aux appels réguliers des leaders du schisme au Patriarche de Constantinople l’invitant à s’immiscer directement dans la situation ecclésiastique en Ukraine, donnaient l’impression que semblable intervention n’était effectivement pas exclue après le Concile, a constaté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Ce n’est qu’après qu’à la synaxe des primats des Églises orthodoxes Sa Sainteté le patriarche Bartholomée a promis que ni pendant, ni après le Concile panorthodoxe ne seraient entrepris aucun effort pour légaliser le schisme en Ukraine ou pour accorder unilatéralement l’autocéphalie à qui que ce soit, que nous avons accepté de reporter l’examen du thème de l’autocéphalie et de ne pas le porter à l’ordre du jour du prochain saint et grand Concile. »

Le primat de l’Église orthodoxe russe s’est dit certain que la promesse faite par Sa Sainteté le patriarche Bartholomée « a notamment pour origine sa profonde compréhension des circonstances : les conséquences catastrophiques pour l’unité de l’Église orthodoxe qu’entraînerait obligatoirement la reconnaissance unilatérale du schisme, dévalorisait aussi bien le Concile que toutes les décisions qui y seront prises. »

Le patriarche Cyrille a qualifié de très importante la participation personnelle à la synaxe des primats des Églises orthodoxes locales, qui s’est déroulée du 21 au 28 janvier à Chambésy, de Sa Béatitude le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, dans le cadre de la délégation de l’Église orthodoxe russe.

« La rencontre et les nombreux entretiens que nous y avons eu, ont démontré une fois encore le souci profond qu’ont les Primats des Églises orthodoxes locales et leur épiscopat de la situation en Ukraine, des actes de violence contre l’Église canonique de la part des structures schismatiques et des hommes politiques qui les soutiennent » a constaté le patriarche. De nombreux Primats avaient déjà déclaré leur soutien à l’Église orthodoxe ukrainienne et à son ministère pacificateur dans les difficiles conditions du conflit civil. Depuis, au nom de tous les primats, Sa Sainteté le patriarche Bartholomée a déclaré : « Nous reconnaissons tous le métropolite Onuphre comme l’unique chef canonique de l’orthodoxie en Ukraine. »

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Déclaration du service de communication du DREE suite à l’adoption d’une « Conception œcuménique » par le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne

Le Concile des évêques de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne a adopté une « Conception œcuménique de l’EGCU, qui entre en vigueur le 23 février 2016.

L’aspect positif de cette conception est de reconnaître les résultats du dialogue orthodoxe-catholique, en particulier les positions du document de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), qui condamne les tentatives effectuées par Rome dans l’histoire de soumettre les chrétiens d’Orient au moyen de l’uniatisme, par exemple par l’union de Brest de 1596. Le nouveau document de l’EGCU reconnaît clairement que « Le trône apostolique romain percevait la réunion de Brest plutôt dans des catégories de soumission que de communion », et donne une appréciation négative du phénomène de l’uniatisme comme moyen de réunion des Eglises sur des bases théologiques erronées.

Cette déclaration des hiérarques gréco-catholiques aurait pu être un facteur très prometteur dans la perspective des relations entre l’EGCU et l’Eglise orthodoxe, tout spécialement en Ukraine, si elle ne s’accompagnait pas de toute une série d’affirmations historiquement irrecevables.

Ainsi, la « Conception œcuménique » affirme que « L’EGCU s’est formée à la suite de la séparation de l’Eglise de Moscou de la métropole de Kiev au XV – XVI siècles… Dans les conditions d’une crise intérieure, de l’affaiblissement du centre patriarcal de Constantinople et des défis posés par la réforme protestante et le catholicisme post-tridentin, la hiérarchie de l’Eglise de Kiev a pris la décision de rétablir la communion eucharistique avec l’évêque de Rome ».

Or, il est bien connu que l’Union de Florence de 1439, acceptée par Constantinople, n’a reçu aucun soutien de la Rus’. C’est précisément pour cette raison que le métropolite Isidore de Kiev a été obligé de s’enfuir en Occident. L’EGCU n’est apparue en réalité qu’à la fin du XVI siècle à la suite d’une intrigue politique. A l’origine conçue comme un compromis politique, l’union de Brest a été répandue par la force par les autorités de la République des Deux Nations, rencontrant une puissante opposition de la part des croyants orthodoxes.

Ayant formellement condamné l’union comme méthode de réunion des Eglises, la direction de l’EGCU s’efforce en même temps de lui donner une auréole, recourant à cet effet à des distorsions de la vérité historique. L’identification de l’EGCU à la métropole de Kiev, sans cesse reprise dans la « Conception œcuménique », ne peut être qualifiée autrement que de grossière fraude. La direction gréco-catholique essaie ainsi de présenter l’EGCU comme la seule héritière légitime de l’antique métropole de Kiev et, en même temps, d’établir une division artificielle entre Kiev et Moscou. Ceci se manifeste clairement dans l’affirmation suivante : « A compter de la fin du XVIII siècle, sur les territoires revenus à l’Empire russe, puis à l’URSS, il a été procédé à une éradication délibérée de l’Eglise de Kiev par la réunification forcée de ses fidèles à l’orthodoxie russe. L’EGCU condamne résolument ses pratiques de « l’uniatisme orthodoxe » et d’autres qui lui sont semblables. »

La thèse d’une éradication délibérée par la Russie de « l’Eglise de Kiev » est parfaitement absurde, puisque l’Eglise de Kiev fait partie intégrante de l’Eglise orthodoxe russe. La direction de l’Empire russe ne s’est pas donné pour objectif la destruction de l’Eglise gréco-catholique. En même temps, dans la mesure où sur les territoires traditionnellement orthodoxes d’Autriche-Hongrie et de Pologne, l’uniatisme était implantée par les autorités catholiques en ayant recours à la force, après la réunion de ces territoires à la Russie, une grande partie du peuple et du clergé a tout naturellement souhaité revenir à l’Orthodoxie, ce dont témoigne, par exemple, le Concile de Polotsk en 1839.

Certes, les autorités russes d’alors, favorisant ce processus, ont pu laisser passer des abus. S’il convient de condamner toute manifestation de violence dans les questions de foi, il est inacceptable de recourir à des substitutions de concepts comme se le permettent les auteurs de la « Conception œcuménique », dénonçant le sincère désir de revenir de l’union à l’Eglise orthodoxe comme de « l’uniatisme orthodoxe ».

Regrettant que les relations de l’EGCU et de l’Eglise orthodoxe russe soient assombries par un lourd passé historique, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore, les auteurs du document se réfèrent pourtant uniquement aux évènements de 1839, 1871 et 1946, lorsque les gréco-catholiques ont été réunis à l’Eglise orthodoxe. Ils s’abstiennent de faire mention des persécutions orchestrées par la République des Deux Nations contre les orthodoxes refusant d’accepter l’union, ou les cruautés des gréco-catholiques de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne en Ukraine occidentale et en Biélorussie pendant la Seconde guerre mondiale. Avec cette approche de l’histoire, une seule des parties est présentée comme victime, comme Eglise-martyre.

Bien que le document affirme que « l’EGCU exprime sa volonté de chercher avec les frères orthodoxes des chemins de règlement des incompréhensions historiques », ses dirigeants, en contradiction avec cette thèse, continuent à insister sur la reconnaissance du statut patriarcal de l’EGCU. Pourtant, la question d’un patriarcat gréco-catholique en Ukraine, annoncé unilatéralement en 2002, est l’un des principaux obstacles au dialogue entre orthodoxes et gréco-catholiques. Comme on sait, la hiérarchie des Eglises orthodoxes locales a exprimé à Rome son opinion défavorable sur la reconnaissance de l’EGCU comme patriarcat, montrant quelles seraient les conséquences négatives qu’entraînerait cette reconnaissance pour la situation religieuse en Ukraine et le dialogue orthodoxe-catholique en général. Continuer à insister sur le soutien des « tentatives séculaires » de l’EGCU à « achever le processus de formation de sa structure jusqu’au niveau patriarcal » signifie bloquer dès le départ tout progrès dans le règlement des problèmes entre orthodoxes et gréco-catholiques.

Un autre obstacle au dialogue est la reconnaissance par l’EGCU des « églises orthodoxes en Ukraine » comme s’il n’existait pas qu’une seule Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe. « La conception œcuménique » laisse entendre que pour les dirigeants de l’EGCU, l’Eglise orthodoxe ukrainienne et les communautés schismatiques ont un statut identique « d’héritiers de l’Eglise de Kiev issue du baptême de Vladimir ».

Cette approche trouve son expression dans la pratique, lorsque les hiérarques de l’EGCU se permettent de participer à des offices communs avec des schismatiques, reconnaissant ainsi publiquement la validité de leurs sacrements (notamment du baptême et du sacerdoce), invitant des représentants du clergé schismatique dans leurs établissements d’enseignement, selon eux « pour une meilleure connaissance de l’Orthodoxie ». Ils effectuent avec ce clergé des visites communes à l’étranger où ils prononcent des déclarations à caractère politique. Ce soutien des gréco-catholiques aux schismatiques porte atteinte à l’unité chrétienne alors même que les Eglises orthodoxe et catholique recherchent de nouvelles voies de coopération.

La hiérarchie de l’Eglise russe a souvent attiré l’attention des dirigeants de l’EGCU sur la nécessité de respecter la structure canonique de l’Eglise orthodoxe, comme l’une des principales conditions au développement des relations entre les Eglises. Cependant, dans la pratique, les rapports étroits entre les hiérarques gréco-catholiques et les schismatiques, ainsi que les positions, maintenant fixées dans un document officiel, témoignent de ce que la direction de l’EGCU a l’intention de continuer à ignorer l’opinion des orthodoxes. Il reste à se demander comment, suivant une telle approche, les dirigeants de l’EGCU croient possible de parvenir à une quelconque avancée dans le dialogue avec l’Orthodoxie canonique.

Une autre affirmation suscite aussi l’étonnement : les auteurs du document assurent que dans les années 1990, « l’EGCU a établi un dialogue fructueux, bien qu’informel et non officiel avec les évêques et les théologiens de l’Eglise de Constantinople… dont l’objet était d’étudier comment rétablir la pleine communion avec l’Eglise mère de Constantinople. » Faisant partie de l’Eglise catholique et confessant la doctrine catholique, l’EGCU ne peut entreprendre par elle-même aucun dialogue pour la restauration de sa pleine communion avec l’Eglise de Constantinople en dehors du dialogue qui s’effectue dans le cadre de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique romaine. C’est la Commission mixte qui a les pleins pouvoirs pour discuter des problèmes théologiques existant entre orthodoxes et catholiques et chercher les moyens de les résoudre. Par ailleurs, le dialogue bilatéral entre l’EGCU et les représentants du Patriarcat de Constantinople, contournant l’Eglise orthodoxe ukrainienne, ne peut susciter que la méfiance et approfondir les contradictions qui exigent depuis déjà longtemps d’être résolues.

« La Conception œcuménique » de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne est un document contradictoire, posant de nombreuses questions aux orthodoxes. Déclarant leur volonté de développer le dialogue avec l’Eglise orthodoxe, les dirigeants de l’EGCU ne se montrent pas prêts à une analyse sérieuse du passé historique ni à une évaluation responsable de la situation ecclésiale en Ukraine actuellement. Le document montre que l’EGCU attend de l’Eglise orthodoxe qu’elle vienne elle-même à sa rencontre, tandis que l’Eglise gréco-catholique ne croit pas nécessaire d’entreprendre quoi que ce soit pour une vraie résolution des problèmes existants.

Malheureusement, les actions de l’EGCU en Ukraine aujourd’hui non seulement ne favorisent pas le rapprochement entre orthodoxes et catholiques, mais aggravent les divisions déjà existantes, encourageant le schisme et continuant à porter le trouble dans les esprits des gens. Ainsi se manifeste la nature de l’uniatisme qui, depuis ses origines, dit la déclaration de Balamand, « a créé une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes, mais aussi pour les catholiques ».

Le patriarche Cyrille de Moscou : « L’Église orthodoxe russe n’a pas l’intention de renoncer au calendrier julien »

L’Église orthodoxe russe n’a pas l’intention de renoncer à utiliser le calendrier julien et de passer au nouveau calendrier (le grégorien). Cette question du calendrier est retirée de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe. C’est ce qu’a communiqué aux journalistes le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille à l’issue de son séjour à Chambésy. « Si l’on parle du contenu [du Concile], il est bien sûr très important que la question du calendrier ait été retirée de l’ordre du jour. Cela inquiétait beaucoup de nos fidèles, des bruits inexacts ont circulé, selon lesquels nous pouvons passer au nouveau calendrier », a déclaré le patriarche, qui a précisé : « La question du calendrier a été ôtée [de l’ordre du jour] à l’unanimité, parce que de nombreuses Églises, comme on le sait, suivent le calendrier julien, et certaines autres, le grégorien ». « Et afin de laisser à chaque Église la possibilité d’agir conformément à son calendrier, il a été décidé que la question du calendrier ne sera pas examinée », a déclaré le patriarche Cyrille.

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Déclarations du patriarche Cyrille de Moscou au sujet du Concile panorthodoxe

« Le Concile n’aura pas lieu à Istanbul. La position de l’Église russe [à ce sujet] a été adoptée. Nous avons proposé le Mont Athos ou Rhodes, ou encore un autre lieu, mais le patriarche de Constantinople à proposé la Crète » a déclaré aux journalistes le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, à l’issue de son séjour à Chambésy (Suisse), où s’est déroulée la rencontre des primats des Églises orthodoxes, dédiée à la préparation du Concile panorthodoxe. Comme l’a mentionné le patriarche Cyrille, cette île grecque se trouve sous la juridiction du patriarche de Constantinople, et ce lieu est proposé en raison « des conditions qui y sont les plus favorables : il y a une salle prévue pour 400 personnes, un lieu d’hébergement et des conférences de différentes sortes se passent en Crète, dont des conférences théologiques ». « Nous connaissons bien cet endroit et, naturellement, nous sommes d’accord pour la tenue du Concile en Crète », a déclaré le patriarche Cyrille. À son tour, le chef du service de presse patriarcal, le prêtre Alexandre Volkov a précisé, dans sa discussion avec le correspondant de l’agence « Interfax-Religion », que le Concile commencera le 19 juin, jour de la Pentecôte [selon le calendrier orthodoxe, ndt]. Le patriarche a annoncé que le Concile n’examinera pas le sujet lié au schisme en Ukraine, ainsi que le passage de toutes les Églises orthodoxes à un seul calendrier. Tous les documents qui ont été approuvés par les chefs des Églises orthodoxes et qui devront être discutés lors du Concile, seront publiés très prochainement. « Notre Église a insisté pour qu’il n’y ait aucun embargo sur ces documents, mais pour que les gens puissent en avoir connaissance, parce que beaucoup de points de vue critiques sur le Concile à venir se sont précisément formés en raison du vide d’information. Les gens ne savaient rien sur le Concile », a expliqué le primat. En outre, celui-ci attend « un bon document concernant la mission de l’orthodoxie dans le monde contemporain », ainsi qu’un document au sujet du mariage, de la famille et des empêchements au mariage. À la question concernant ce qu’il attentait du prochain Concile, le patriarche Cyrille a répondu : « Une plus grand consolidation encore du monde orthodoxe. Je sais que la question ukrainienne [i.e. la question de l’Église d’Ukraine, ndt] ne sera pas examinée, que la question de la possibilité d’accorder l’autocéphalie (à l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, selon l’agence Interfax) ou la légalisation du schisme, et cela été confirmé publiquement par le patriarche Bartholomée ».

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Message du patriarche Irénée de Serbie à la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy

« Votre Toute-Sainteté, très-respecté et bien-aimé président de cette vénérable assemblée, vos Saintetés et vos Béatitudes, vos Éminences et Excellences frères hiérarques, réunis à cette haute et sainte assemblée, révérends pères, chers frères et sœurs,
Nous exprimons notre gratitude à Dieu qui nous a rendus dignes de la grande grâce d’être les participants de l’assemblée panorthodoxe ici, au Centre du Patriarcat œcuménique, lequel nous est cher, à Chambésy. Ladite Assemblée a pour but l’œuvre agréable à Dieu de définir et confirmer à l’unanimité le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe orientale, préparé et attendu depuis longtemps.

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Le patriarche Daniel : « Le futur Concile panorthodoxe représente un événement historique important pour le développement pratique de la synodalité au niveau panorthodoxe »

Message du patriarche Daniel de Roumanie, prononcé à l’ouverture de la synaxe des primats des Églises orthodoxes, le 22 janvier à Chambésy :

Votre Sainteté,
Vos Béatitudes,
Vos Éminences,
Vos Excellences,
Chers frères en Christ,

Tout d’abord, nous rendons grâces à Dieu pour cet événement béni qui nous permet d’exprimer notre co-responsabilité pour la vie de l’orthodoxie entière et de travailler ensemble pour la réunion du futur saint et grand Concile orthodoxe. Nous sommes reconnaissants à S.S. le Patriarche œcuménique Bartholomée pour nous avoir invités à cette synaxe des primats des Églises orthodoxe, tenue au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, en Suisse. En outre, nous apprécions les travaux accomplis par les représentants des Églises orthodoxes pendant les dernières réunions de la commission spéciale pour la préparation des documents du saint et grand Concile et pendant le cinquième conférence pré-synodale, même s’il y a encore certains aspects, concernant la forme finale des documents, qui nécessitent d’être clarifiés ou résolus. Le rapport introductoire du patriarche œcuménique nous montre que la préparation finale du saint et grand Concile orthodoxe représente une tâche difficile, mais non impossible si nous demandons l’aide de Dieu et si nous travaillons ensemble avec grande responsabilité. Le monde entier a déjà été informé de la réunion du saint et grand Concile orthodoxe au mois de juin 2016. Par ailleurs, il y a certains théologiens, moines et laïcs orthodoxes qui considèrent le Concile panorthodoxe n’est pas nécessaire pour le moment, ou qu’il n’a pas été suffisamment préparé (même si plus de 50 années ont été consacrées à sa préparation). Afin de souligner la nécessité de la réunion du futur saint et grand Concile, nous devons nous rappeler que la synodalité (la conciliarité) représente la règle canonique (la norme) de la vie ecclésiale dans toutes les Églises orthodoxes autocéphales. Aujourd’hui, cependant, la synodalité doit aussi devenir une règle pour l’orthodoxie universelle, par des rencontres synodales périodiques (tous les cinq, sept ou dix ans). De ce point de vue, le futur grand et saint Concile ne doit pas être considéré comme un événement eschatologique (qui précède la fin du monde), mais plutôt un événement historique important pour le développement pratique de la synodalité à un niveau panorthodoxe. Plus précisément, le futur Concile panorthodoxe doit être suivi, par étapes successives, d’autres Synodes panorthodoxes, afin de discuter les questions sur lesquelles un consensus n’a pas encore été atteint, ou encore concernant les problèmes actuels de la vie de l’Église ou de la société, tels que la vie de famille, la vie paroissiale et monastique confrontées au phénomène de sécularisation ; les problèmes des migrations massives, causées avant tout par les conflits armés ou les crises économiques ; la solidarité avec les chrétiens persécutés aujourd’hui dans le monde, et d’autres thèmes majeurs relatifs à la mission pastorale et sociale de l’Église dans le monde. Aussi, nous devons avoir une vision pastorale dynamique sur la synodalité, qui se manifeste dans des étapes successives ou périodiques tous les cinq, sept ou dix ans, pour le bien de l’orthodoxie entière. + Daniel, patriarche de Roumanie.

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Homélie du patriarche oecuménique Bartholomée lors de la liturgie célébrées par les primats des Églises orthodoxes réunis à Chambésy

Lors de la divine liturgie célébrée  le 24 janvier  dernier par les primats des Églises orthodoxes en l’église Saint-Paul à Chambésy, près de Genève, le patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé l’homélie suivante :

« Chers frères dans le Christ,
Pendant des décennies, le Centre orthodoxe de Chambésy, sous la direction de feu le métropolite Damaskinos Papandreou de bienheureuse mémoire et aujourd’hui de son Éminence le métropolite Jérémie de Suisse, secrétaire de la préparation du saint et grand Concile a œuvré pour que d’une manière plus précise nous établissions la place et la vocation de l’orthodoxie dans le monde, reconnaissant l’évolution de notre paysage ecclésial et des transformations sociales. Ce temps de préparation était long. Il était néanmoins nécessaire pour permettre le déploiement d’une conscience synodale et catholique dans le cadre des fermentations panorthodoxes. Ces travaux servent déjà de lumière pour la vie de notre Église et constituent une source d’enrichissement spirituel.

Nous sommes aujourd’hui au carrefour de l’histoire. Car les immenses difficultés que rencontrent nos contemporains, exigent une responsabilité qui dépasse nos institutions ecclésiales. Le Christ est au centre de l’histoire. Le Christ est au cœur de la vie. Il chemine dans le temps. Il passe à côté de nous, comme à Jéricho à côté de l’aveugle. Selon la lecture évangélique de ce jour, l’entendons-nous, lui et sa foule ? Le voyons- nous, absorbés que nous sommes dans notre pauvreté et dans notre mendicité? Selon le commentaire de saint Éphrem le Syrien, «Quand Notre Seigneur vit que les yeux de son cœur étaient bien ouverts, et les yeux de son corps aveugles, il éclaira les yeux du corps, comme ceux du cœur, pour que, lorsque l’aveugle voudrait encore accourir à lui, il vît clairement son Sauveur. »

L’avènement du saint et grand Concile servira à porter le témoignage de l’unité de l’Église orthodoxe. Sa convocation, marquera une étape décisive dans la vie de notre Église. Le Concile ne se limite pas à l’événement en tant que tel, mais il doit être compris comme un processus englobant, qui se déploie aussi bien dans le passé que dans le futur. Nous sommes donc déterminés à proclamer le message de l’orthodoxie. Nous reconnaissons que l’unique manière de sortir des tentations confessionnelles isolationnistes passe par le dialogue dans un échange constant avec « l’autre », qu’il soit notre prochain, la société, les autres religions, ou encore la création tout entière. Car l’orthodoxie est une culture du dialogue à travers laquelle Dieu parle au monde. Dieu est identique à la Parole, comme nous le dit saint Jean le Théologien : « Au commencement était le Verbe, le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu» (Jn 1, 1). Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος καί ὁ Λόγος ἦν πρός τόν Θεόν, καί Θεός ἦν ὁ Λόγος.

Il est aussi de notre devoir, à la fois d’entendre et de dire cette parole de Dieu : en faveur des chrétiens persécutés, et des minorités qui à travers le monde sont en danger ; en faveur de ces centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre et souffrent le déracinement ; en faveur de ces personnes les plus vulnérables, laissées pour compte ; en faveur des victimes du terrorisme et des fondamentalismes, qui utilisent et abusent de la religion pour des raisons politiques. Notre espoir est que ce Concile serve de catalyseur pour l’humanité tout entière, grâce à la force d’unité dont il sera porteur entre les Églises orthodoxes.
Aujourd’hui, nous posons un jalon historique. Et nous confions à la prière d’un plus grand nombre l’avènement du saint et grand Concile. Nous sommes attachés à la continuité théologique de notre foi en Jésus-Christ qui s’exprime à la fois par l’enseignement de l’Église apostolique et par celui des Pères de l’Église. Si notre tradition est riche et bien vivante, elle doit trouver les mots qui parlent aux défis de notre époque. Ce fut, en effet, l’intuition prophétique de notre prédécesseur le patriarche oecuménique Athénagoras lorsqu’il confia à Olivier Clément : « Le grand concile que nous préparons permettra au peuple de notre Église de mieux vivre sa foi. Il s’efforcera non seulement d’adapter à l’homme d’aujourd’hui notre tradition, mais de rendre à celle-ci sa force d’inspiration et de renouveau. Par là, il fera œuvre œcuménique. Le renouveau est inséparable du partage et de l’unité».

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Déclarations de l’Église orthodoxe russe au sujet de la dernière session de la commission spéciale inter-orthodoxe de préparation du Concile de l’Église orthodoxe

Lors de sa session du 24 décembre, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a écouté le rapport du métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures au sujet la dernière session de commission spéciale inter-orthodoxe de préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe. Ce rapport a fait l’objet du procès-verbal N°92 ci dessous :

« Rappel : La commission spéciale inter-orthodoxe a été constituée sur la proposition de S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée avec l’accord des primats des Église orthodoxes locales dans le but d’élaborer le projet de règlement des travaux du Concile panorthodoxe. Du 16 au 18 décembre 2015, à Athènes, a eu lieu la session de cette commission, à laquelle, avec la bénédiction de S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, a participé la délégation de l’Église orthodoxe russe, constituée du métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures, du vice-président dudit département, l’archiprêtre Nicolas Balachov et du traducteur, le prêtre Anatole Tchouriakov. Le troisième jour de la séance, les travaux d’établissement du projet de règlement ont été interrompus, étant donné qu’un consensus n’avait pas été atteint. Au cours de son voyage, le métropolite Hilarion a rencontré S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. Des questions de portée panorthodoxe ont alors été discutées.

[Le Saint-Synode] a décidé de :

1. Prendre acte du rapport
2. Approuver la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe lors de la séance de la commission spéciale inter-orthodoxe
3. Constater que la discussion concernant le règlement du Concile panorthodoxe s’est heurtée à des difficultés que l’on n’a pas réussi à surmonter
4. D’exprimer sa préoccupation relativement au fait que, dans le cadre de la correspondance entre les primats des Églises orthodoxes de Constantinople et de Russie, on ne parvient pas à atteindre un accord sur des questions importantes de préparation du Concile panorthodoxe ».

Par ailleurs, dans une interview publiée par l’agence Interfax le 25 décembre, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a déclaré : « La possibilité même du déroulement du Concile panorthodoxe appelle des doutes, alors que certaines Église orthodoxes font face à des conflits non résolus, et que le primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie n’est pas reconnu dans son statut par plusieurs Églises orthodoxes, sans parler encore de la situation politique générale extrêmement instable dans le monde ». En même temps, le hiérarque a souligné que l’Église russe a toujours participé et continue à contribuer de la façon la plus active au processus préconciliaire, « malgré les difficultés évidentes dans la préparation du Concile panorthodoxe ». « Pour ce qui concerne les délais de sa convocation, je présume qu’il est prématuré d’en parler » a déclaré encore le hiérarque. En 2014, les primats des Églises orthodoxes avaient pris la décision de la convocation du Concile panorthodoxe en 2016 à Istanbul, sous réserve toutefois « que des circonstances imprévues y fassent obstacle ». « On avait estimé qu’il serait possible durant les deux années restantes de corriger et, dans certains cas, de rédiger à nouveau, une partie importante des projets de documents du Concile, dont beaucoup sont surannés, étant donné qu’ils ont été élaborés il y a trente ans », a expliqué le métropolite. Celui-ci a précisé que la révision des documents s’est mise en place extrêmement lentement, « et il en a résulté que, de huit thèmes que l’on proposait de soumettre au Concile, seuls trois ont pu être mis au point dans leur intégralité, tandis que les travaux concernant les autres thèmes sont restés inachevés ». « Jusqu’à présent, parmi les Églises locales, il n’y a pas de concept unique quant aux règles selon lesquelles le Concile panorthodoxe doit réaliser son travail, quel doit être son règlement. La commission spéciale panorthodoxe, qui s’est réunie tout récemment pour discuter ces questions, a été contrainte d’interrompre ses travaux, étant donné que l’on n’avait pas réussi à atteindre un consensus. Jusqu’à maintenant, beaucoup de questions concernant la préparation du Concile sont restées sans réponse, lesquelles avaient été soulevées, à plusieurs reprises l’an passé, par S.S. le patriarche Cyrille dans des lettres à S.S. le patriarche de Constantinople Bartholomée » a conclu le métropolite Hilarion.

Sources : 1 et  2

Réunion du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe du 24 décembre 2015

Durant sa réunion du 24 décembre 2015, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a pris plusieurs décisions concernant sa politique extérieure.

Le Patriarche Cyrille a fait le bilan des célébrations du millénaire du trépas de saint Vladimir. Des cérémonies avaient réuni à Moscou du 26 au 28 juillet des dizaines d’hiérarques de l’Église orthodoxe russe, ainsi que de nombreuses délégations des Églises orthodoxes locales. Le millénaire de la naissance au ciel de saint Vladimir a également été fêté aux États-Unis, en Pologne, au Kazakhstan, où s’est déroulée une conférence scientifique, en Ukraine, en Biélorussie et dans les diocèses de l’Église orthodoxe russe.

Les membres du Synode ont ensuite entendu le rapport du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, sur les réunions de la Commission interorthodoxe spéciale, fondée à l’initiative du Patriarche Bartholomée de Constantinople avec l’accord des Primats des Églises orthodoxes locales, afin d’élaborer un projet de Règlement des travaux du Concile panorthodoxe.

A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriache Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le métropolite Hilarion a présidé une délégation de l’Église orthodoxe russe afin de participer à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale à Athènes, du 16 au 18 décembre. Au 3e jour de la réunion, les travaux ont été interrompus, aucun consensus n’ayant pu être atteint.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la réunion de la Commission interorthodoxe spéciale, et constaté que les discussions autour du Règlement du Concile panorthodoxe achoppaient à des difficultés qu’il n’a pas été possible de surmonter. Le Synode s’est dit préoccupé du fait que dans leur correspondance, les Primats des Églises orthodoxes de Constantinople et de Russie ne sont pas parvenus à trouver un accord sur plusieurs questions importantes relatives à la préparation du Concile panorthodoxe.

Pendant sa réunion du 22 octobre 2015 (procès-verbal n°71), le Saint Synode avait confié à la Commission synodale biblique et théologique l’examen du projet de document sur le Règlement, en tenant compte des discussions ayant eu lieu lors de la V Conférence préconciliaire panorthodoxe. La Commission devait présenter ses conclusions à la prochaine séance du Saint Synode.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et de président de la Commission synodale biblique et théologique a également communiqué les résultats de l’examen du document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », étudié pendant la V Conférence préconciliaire panorthodoxe, qui a eu lieu du 10 au 17 octobre 2015 à Chambésy (Suisse). Il a aussi présenté les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour perfectionner ce document.

Pendant sa séance du 24 décembre, le Synode a déclaré approuver les propositions de la Commission synodale biblique et théologique pour le document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Pour le Synode, le consensus sur les points litigieux du document est une condition nécessaire à son approbation préalable dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe.

Le Saint Synode a ensuite entendu un rapport sur la réunion à Sofia de la Commission mixte des Églises orthodoxes russe et bulgare sur la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev), qui s’est tenue les 3 et 4 décembre 2015. Il a été décidé de poser la question de la canonisation de l’archevêque Séraphin (Sobolev) lors du prochain Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe.

Ce Concile aura lieu à Moscou les 2-3 février 2016.

Le Synode a également nommé le métropolite Hilarion de Volokolamsk représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil interreligieux de Russie.

Ensuite, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a présenté un rapport sur le V Congrès mondial des expatriés russes, auquel ont participé 400 personnes venues de près de 100 pays. Le Patriarche Cyrille a assisté le 5 novembre à l’inauguration du forum. Plusieurs hiérarques et clercs de l’Église orthodoxe russe accomplissant leur ministère à l’étranger y participaient. Le forum s’est intéressé à la préservation de l’espace spirituel de la Rus’ historique, au soutien et à la défense des droits et des intérêts des expatriés, à la consolidation de leurs liens avec la Patrie.

Le Synode considère comme important de poursuivre la collaboration de l’Église orthodoxe russe avec les États auxquels s’étend sa juridiction canonique afin de renforcer les liens spirituels et culturels avec la diaspora.

Enfin, les membres du Synode ont décidé de changer la dénomination du Séminaire orthodoxe de Paris, fondé en 2008. Depuis sa fondation, le fonctionnement de cet établissement, où les étudiants sont logés, suivis spirituels et suivent quelques cours, tout en poursuivant leurs études dans d’autres établissements d’enseignement français, diffère essentiellement de celui des séminaires de l’Église orthodoxe russe. Suivant les résultats de l’inspection du séminaire de Paris, le Comité pédagogique a proposé de renommer cet établissement, qui devient Centre de formation spirituel Sainte-Geneviève au diocèse de Chersonèse, tout en conservant le droit d’utiliser le terme de « séminaire » sur le territoire français et dans les pays où ce terme peut être appliqué aux établissements de ce type.

La nouvelle paroisse Saint-Séraphin, à Mongeron (France) est incorporée au diocèse de Chersonèse. A sa demande, l’archiprêtre Igor Vyjanov, recteur de l’église Saint-André de Naples est libéré de ses fonctions en Italie et se met à la disposition du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

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Messages pour la fête de la Nativité

noelCliquez sur les liens suivants pour lire les messages en français pour la fête de la Nativité: du patriarche oecuménique Bartholomée, du patriarche Jean X d’Antioche, du métropolite Tikhon de l’Église orthodoxe en Amérique, du métropolite Stéphane de Tallinn et de toute l’Estonie, du métropolite Emmanuel pour l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, du métropolite Joseph, de l’évêque Jean de Charioupolis.

Source de l’icône de la Nativité (Novgorod, fin XVe): Pages orthodoxes

Lettre de la Sainte Communauté du Mont Athos au ministre grec de la Justice et aux parlementaires au sujet du projet de loi gouvernemental sur « le pacte de cohabitation » légalisant le mariage homosexuel

« Monsieur le Ministre,
Par notre présente lettre portant le sceau de la Sainte Communauté, nous avons l’honneur de vous présenter les vœux de celle-ci à l’occasion des prochaines fêtes de la Nativité du Christ et de la nouvelle année. Ayant été informés de l’initiative du gouvernement concernant la légalisation du pacte de cohabitation, avec pour but annoncé l’égalité et la défense des libertés personnelles, nous souhaitons vous faire part de l’inquiétude de la Sainte Montagne au sujet de la déviation imminente (au surplus par la loi) des principes et des valeurs qui constituent l’identité et les racines de la tradition orthodoxe et de notre civilisation. En tant que chrétiens orthodoxes, nous respectons profondément les choix personnels de chaque personne et le droit de celle-ci de se placer dans ou hors de l’Église, car nous croyons que nul n’a le droit de violer le bien donné par Dieu de la liberté de l’individu. Il est cependant clair qu’il est clairement étranger aux mœurs de notre peuple et particulièrement provocant pour la société hellénique, de laisser penser que le « couple homosexuel » puisse être considéré comme famille, avec toutes les conséquences juridiques et sociales qui en découlent, comme l’adoption d’enfants, etc. Nous vous prions instamment de tenir compte de ce qui précède, comme d’une voix de détresse et de sincère intérêt pour le cheminement de ce pays, de son sort, que le peuple hellénique a confié à votre gouvernement, et de ne pas procéder au vote du projet de loi concerné et ce à la veille de la grande fête de la Nativité du Christ. Peut-être que son retrait provisoire donnerait le temps nécessaire à une consultation approfondie et permettrait que s’exprime adéquatement la volonté de l’honorable peuple hellénique sur des questions aussi sérieuses que l’institution de la famille. La présente demande instante est adressée par les pères de la Sainte Montagne à tous les partis et tous les députés du Parlement hellénique, en attendant d’eux qu’ils contribuent à la mesure de leurs possibilités au retrait temporaire de cette législation « urgente ». Cela dit, nous souhaitons unanimement que le Dieu incarné vous accorde paix et calme, ainsi qu’aide et forces dans votre travail, nous restons respectueusement vôtres ».

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Le patriarche de Roumanie Daniel : « L’occultisme contemporain est une réaction confuse à une crise spirituelle »

À l’occasion de la 27ème conférence panorthodoxe sur les hérésies et les systèmes para-religieux, qui s’est tenue à Corinthe du 2 au 4 novembre, le patriarche de Roumanie Daniel a envoyé le message suivant :

« Nous adressons notre salut fraternel à S.E. Mgr Denis, métropolite de Corinthe, qui accueille cette rencontre, et nous bénissons avec amour paternel tous les participants à la 27ème conférence panorthodoxe, qui a pour thème « Aspects de l’occultisme contemporain ». Nous voudrions également adresser nos sincères félicitations aux organisateurs de cette rencontre inter-orthodoxe qui a pour but de présenter et d’étudier les questions pastorales liées au prosélytisme accompli aujourd’hui par certains courants occultistes. De telles conférences inter-orthodoxes sont nécessaires dans le contexte du monde contemporain, parce que dans une société de contrastes forts, de désaccords profonds, de relativisme individualiste, les valeurs spirituelles chrétiennes sont de plus en plus contestées ou ignorées, ce qui appelle l’Église à un nouveau travail pastoral. L’action missionnaire et pastorale de l’Église doit être vivante, dynamique et pertinente pour les hommes de nos jours, afin de pouvoir contrer les influences négatives des tendances occultistes contemporaines, qui sont des signes clairs d’une crise spirituelle des temps modernes, et non une solution pour la crise. L’orientation idéologique de la société capitaliste sécularisée essaye, de plus en plus, de s’imposer dans la conscience de chaque personne, promouvant une vue sur le monde et la vie, qui est nouvelle, individualiste et matérialiste, remettant en question les valeurs chrétiennes traditionnelles, refusant toute forme de religion institutionnalisée au profit d’une spiritualité individuelle, d’une spiritualité de l’ego auto-suffisant. Dans ce vide profond de vie spirituelle dans la société post-moderne, causé par le sécularisme, l’offre occultiste et celle des pratiques orientales devient particulièrement tentante pour l’homme contemporain. Différentes orientations sont proposées à celui-ci, depuis l’astrologie jusqu’au satanisme, depuis la ré-actualisation des anciennes techniques et les méthodes de la mantique chinoise, jusqu’aux nouvelles voies de la mystique hindoue et bouddhiste, c’est-à-dire un réseau de méthodes spirituelles destinées à « se tourner vers l’intérieur », au repli sur soi, à la découverte de soi, afin de changer le système de valeurs réelles, en modifiant la conscience individuelle. Le slogan souvent utilisé par les nouvelles psychologies, avec un caractère prétendument thérapeutique, à savoir « le retour au soi », ou « l’auto-réalisation », mène malheureusement à l’acceptation des expériences occultes. Ainsi, la psychologie en est venue à être associée à certaines techniques et pratiques occultes orientales, tandis que la magie et la sorcellerie ne sont pas seulement devenues des sujets de discussions académiques, mais sont aussi promues dans les médias comme des solutions immédiates aux problèmes de l’homme contemporain. En réalité, ces solutions occultes, syncrétistes et confuses amplifient encore plus la crise spirituelle et ne la résoudront pas. Dans une telle situation et un tel contexte, l’Église orthodoxe, qui est « la colonne et l’affermissement de la vérité » (I Tim. 3,15), doit intensifier son ministère pastoral et social par la prière et l’action, par l’information et l’aide à ses membres, afin qu’ils puissent défendre et vivre la foi orthodoxe. Dans une société sécularisée, les offres de quelques pseudo-spiritualités sont si nombreuses et excitantes que l’Église doit être dynamique et pragmatique en intensifiant la vie liturgique et ses activités pastorales et caritatives. Cela est possible si l’Église communique plus intensément la lumière de l’Évangile du Christ d’une façon appropriée pour l’homme d’aujourd’hui, qui souffre spirituellement en raison de son horizon restreint à l’existence terrestre et matérielle, dépourvue de transcendance. Nous prions les saints qui ont défendu la véritable foi, et particulièrement saint Paul, l’apôtre des nations et le fondateur de l’Église de Corinthe, afin qu’il illumine tous les participants aux travaux de cette conférence inter-orthodoxe pour tirer des conclusions utiles pour l’Église du Christ dans son activité pastorale et missionnaire aujourd’hui.

Avec notre bénédiction et notre amour dans le Christ notre Seigneur, + Daniel, patriarche de Roumanie. »

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Réunion du Saint-Synode de l’Eglise russe du 22 octobre 2015

Au cours de sa réunion, qui a eu lieu le 22 octobre 2015, sous la présidence de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a examiné différentes questions relatives aux relations extérieures.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté son rapport sur la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire qui s’est déroulée à Chambésy (Suisse) du 10 au 17 octobre. A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou, le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait présidé la délégation de l’Église orthodoxe russe, qui se composait également de l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne, de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, de l’archimandrite Irénée (Steenberg), clerc du diocèse d’Amérique de l’Ouest et le prêtre Anatole Tchouriakov, interprète.

Cette conférence avait été convoquée conformément à une décision de la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales, réunis à Istanbul les 6-9 mars 2014, afin d’examiner le projet de document, « L’autonomie et son mode de proclamation », élaboré pendant les séances de la Commission préparatoire interorthodoxe de 2009. La conférence devait aussi étudier les résultats des travaux de la Commission interorthodoxe spéciale pour la révision des documents du Concile panorthodoxe, dont les réunions avaient eu lieu à Chambésy du 30 septembre au 3 octobre 2014, du 16 au 20 février et du 30 mars au 2 avril 2015.

Le projet de document du Concile panorthodoxe « L’autonomie et le mode de sa proclamation », ainsi que les documents révisés « L’importance du jeûne et de son observance aujourd’hui », ainsi que « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » ont été approuvés.

Le document « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres » a été renommé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Conformément à un décret du Saint Synode en date du 13 juillet 2015 (procès-verbal n°52), la délégation de l’Église orthodoxe russe a présenté à la conférence des amendements au texte sur des questions de principe. Le consensus étant impossible sur plusieurs positions essentielles, le projet de document révisé par la conférence panorthodoxe préconciliaire n’a pas été signé par les chefs des délégations des Églises orthodoxe russe et géorgienne.

La position de la délégation de l’Église orthodoxe russe à la V Conférence panorthodoxe préconciliaire a été approuvée par le Saint Synode. La Commission synodale biblique et théologique est chargée de poursuivre l’étude du projet de document « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », en tenant compte des discussions l’ayant entouré lors de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire. Elle devra présenter ses conclusions lors de la prochaine réunion du Synode.

Le Synode a exprimé sa profonde préoccupation devant l’absence de projet de décision conciliaire sur le thème de « la Diaspora orthodoxe », ainsi que devant l’absence de consensus sur le contenu des projets de document du Concile panorthodoxe « La question du calendrier » et « Les empêchements au mariage », en cours d’élaboration depuis plusieurs décennies. Les membres du Saint Synode ont reconnu l’importance du consensus panorthodoxe sur le projet de document « L’autocéphalie dans l’Église orthodoxe et le mode de sa proclamation ». Ils ont approuvé son introduction à l’agenda du Concile panorthodoxe.

Le Concile s’est également penché sur le dialogue entre l’Église orthodoxe russe et l’Église assyrienne de l’Orient. Conformément aux accords du 28 mai 2014, lors de la rencontre de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et le Catholicos-Patriarche Mar Dinkha IV, pendant la visite du Primat de l’Église assyrienne en Russie, une réunion de travail avait eu lieu le 21 juillet à Moscou sur le dialogue entre l’Église orthodoxe russe et l’Église assyrienne de l’Orient. Les propositions pour la formation d’une Commission de dialogue bilatéral avaient été formulées. Les thèmes principaux des travaux de la Commission seront : les consultations théologiques communes, le développement de la coopération dans le domaine académique, la lutte contre les manifestations de christianophobie, la coopération dans le domaine de l’information et du ministère caritatif de l’Église.

L’archevêque Marc d’Egorievsk, administrateur des diocèses de Vienne et d’Autriche et de Hongrie, chef de la Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger est relevé de ses fonctions à ces postes et devient métropolite de Riazan et de Mikhaïlovsk.

Les diocèses de Vienne et d’Autriche et de Hongrie seront administrés par l’évêque Tikhon de Podolsk, vicaire du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

La Direction des établissements du Patriarcat de Moscou à l’étranger est confiée à l’archimandrite Antoine (Sevriouk), secrétaire de l’administration des paroisses du Patriarcat de Moscou en Italie, recteur de l’église Sainte-Catherine de Rome. Le Saint-Synode l’a élu évêque de Bogorodsk, vicaire du Patriarche de Moscou et de toute la Russie, lui confiant la responsabilité pastorale des paroisses du Patriarcat ed Moscou en Italie.

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Fin des travaux de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire – 16 octobre 2015

Les réunions de la Cinquième Conférence panorthodoxe préconciliaire se sont achevées le 16 octobre 2015 au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople de Chambésy (Suisse). A la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, la délégation de l’Église orthodoxe russe se composait du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, de l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne (Église russe hors-frontières), de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, de l’archimandrite Irénée (Steenberg), clerc du diocèse d’Amérique de l’Ouest (Église russe hors-frontières) et du prêtre Anatole Tchouriakov (interprète).

Les séances étaient présidées par le métropolite Jean de Pergame (Patriarcat de Constantinople). Une partie des réunions avaient lieu sous la présidence du métropolite Emmanuel de France (Patriarcat de Constantinople).

Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie avait adressé un message à l’assemblée.

Au cours des travaux de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire, le projet de document du Saint grand Concile de l’Église orthodoxe « L’autonomie et le mode de sa proclamation » élaboré en 2009 par la Commission préparatoire interorthodoxe a été approuvé. Les participants de la conférence ont également examiné les projets de documents du Concile panorthodoxe révisés par la Commission interorthodoxe spéciale lors des réunions d’octobre 2014, février et mars-avril 2015. En tenant compte des amendements présentés par les délégations des Églises orthodoxes locales, les documents « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « l’Importance du jeûne et de son observance aujourd’hui » ont été approuvés par la conférence panorthodoxe.

Le document « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres » a été renommé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le consensus n’ayant pas été atteint sur plusieurs positions de principe, le document n’a pas été signé par les chefs des délégations des Églises orthodoxe russe et géorgienne.

Ont participé aux travaux de la Conférence des délégations des Patriarcats de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Moscou, de Géorgie, de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie et des Églises de Chypre, de Grèce, d’Albanie, de Pologne et des Terres tchèques et de Slovaquie.

Le Secrétariat de la Conférence panorthodoxe préconciliaire était assuré par le métropolite Jérémie de Suisse, l’archidiacre John Chryssavgis, V. Phidas et K. Delikostandis (Patriarcat de Constantinople).

Message du patriarche Bartholomée pour le début du nouvel an ecclésiastique et la journée de prière pour la sauvegarde de la Création

bartholomewLes traductions française, anglaise et russe du message du patriarche œcuménique Bartholomée pour le nouvel an ecclésiastique et la journée de prière pour la sauvegarde de la Création (1er septembre) sont en ligne sur cette page.

Déclaration du bureau de presse du Patriarcat de Roumanie : « Le partenariat civil constitue l’antichambre du mariage homosexuel »

En date du 11 mai, le bureau de presse du Patriarcat de Roumanie a publié le communiqué suivant :

« Dans le contexte du réexamen, pour la troisième fois au cours de ces dernières années, d’une proposition de loi concernant la réglementation du partenariat civil, qui a été repoussée à une large majorité parlementaire chaque fois, le Patriarcat de Roumanie réitère sa position constante quant à cette question :

La réponse de la société et des autorités publiques aux tentatives actuelles de saper la famille traditionnelle doit tenir compte de la continuité de celle-ci dans l’histoire comme un don du Dieu-créateur pour l’humanité et comme un bienfait pour la vie d’un peuple. Aussi, le Patriarcat de Roumanie attire l’attention sur le fait que partenariat civil cherche à affaiblir la famille traditionnelle ou se substituer à elle et représente une atteinte à son identité. L’atteinte aux valeurs de la famille traditionnelle par la création d’une alternative à celle-ci met en danger la famille naturelle comme fondement de la société humaine. Aussi, la famille traditionnelle a le droit et le devoir de protéger sa propre identité, sa dignité et sa continuité. Dans les temps les plus anciens, le peuple roumain a hérité et cultivé un respect particulier pour la famille, nommée « église domestique », croyant que celle-ci est une institution et une bénédiction de Dieu. Ce respect pour la famille s’est concrétisé dans le souci d’une vie harmonieuse et fidèle, d’assistance réciproque des époux, de la mise au monde des enfants et de leur éducation responsable. Toutes ces valeurs sont restées durant des siècles les caractéristiques fondamentales de la société roumaine. Aussi, l’Église ne bénit que la famille traditionnelle. Le Patriarcat de Roumanie souligne le fait que la Constitution roumaine (art. 48) et le Code civil (art. 258) reflètent la réalité selon laquelle la famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme, sur leur égalité et sur les droits et les devoirs d’assurer l’éducation et l’instruction des enfants. Le Patriarcat considère que ces actes normatifs doivent être respectés et appliqués, et non amoindris par une institution nouvelle, sans aucune tradition, mais prétendant aux droits découlant du mariage. Aucun engagement international de la Roumanie n’oblige l’État roumain à légiférer sur les relations hors du mariage d’un homme et d’une femme. L’expérience d’autres États montre que ces partenariats civils ne sont que l’antichambre de l’acceptation du mariage entre personnes de même sexe. La famille n’est pas seulement un ensemble de droits des époux reconnus par l’État, mais aussi une valeur sociale qui soutient la vie et la continuité d’un peuple. Aussi, l’atteinte à la famille traditionnelle ne peut qu’être défavorable au bien commun de la société. Du fait que, dans le texte de l’initiative, il est fait mention de « l’éducation et de l’instruction des enfants qui se trouvent à charge » de personnes qui ont conclu un contrat de partenariat civil, nous considérons que, dans le contexte susmentionné, l’adoption de l’initiative concernant le partenariat civil aura des effets négatifs pour ce qui concerne l’éducation et le développement sains des enfants. Les enfants risquent d’être privés, contre leur volonté, de l’affection maternelle ou paternelle, fait qui produira des effets néfastes à long terme, par la substitution de celle-ci par d’autres types d’affection (deux mères, deux pères, etc). Pour toutes ces raisons, le Patriarcat de Roumanie sollicite la Chambre des députés, en tant qu’instance décisionnelle, de repousser une nouvelle fois la proposition législative concernant la réglementation de partenariat civil, qui constitue une atteinte aux valeurs permanentes de la famille et de son identité ».

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Le patriarche de Moscou Cyrille a adressé ses condoléances à l’occasion de la catastrophe aérienne dans le sud de la France

Le patriarche de Moscou Cyrille a adressé ses condoléances au roi d’Espagne Philippe VI et à la chancelière de l’Allemagne fédérale Angela Merkel à l’occasion de la mort des passagers et de l’équipage de l’avion de la compagnie allemande qui s’est écrasé dans les Alpes. « Recevez mes profondes condoléances au sujet de la tragédie qui a frappé votre pays : la chute de l’avion à bord duquel il y avait non seulement les passagers adultes et les membres de l’équipage, mais aussi des enfants » a déclaré le patriarche dans son message au roi d’Espagne. Le primat de l’Église orthodoxe russe, mentionnant qu’il élevait des prières pour la consolation de ceux qui ont perdu des parents et des proches lors de la catastrophe aérienne, a souhaité à Sa Majesté royale et au peuple espagnol la force et le courage pour surmonter cette lourde épreuve. Dans son adresse à la chancelière allemande, le patriarche Cyrille a déclaré : « J’ai appris avec tristesse la chute de l’avion de la compagnie aérienne Germanwings dans les Alpes. La tragédie a emporté la vie des passagers de l’avion et des membres de l’équipage, dont des enfants, parmi lesquels une partie importante est constituée de citoyens de la République fédérale d’Allemagne. Je vous prie d’accepter mes sincères condoléances ». « Je prie doublement le très miséricordieux Seigneur afin qu’Il accorde aux parents et proches des défunts la consolation et la force de surmonter cette perte. En ces jours de deuil, je souhaite à Votre Excellence et à tout le peuple allemand, du courage et la force d’âme » est-il encore dit dans le message de condoléance du primat de l’Église orthodoxe russe.

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Document de la conférence des évêques de l’Église orthodoxe russe sur « La participation des fidèles à l’eucharistie »

Du 2 au 3 février s’est réunie la conférences des évêques de l’Église orthodoxe russe en la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. 259 évêques y ont participé avec, à leur tête, le patriarche de Moscou Cyrille. Plusieurs documents ont été approuvés, dont celui que nous publions in extenso ci-après, intitulé « De la participation des fidèles à l’eucharistie ». Ce document donne des directives aux archipasteurs, pasteurs et laïcs de l’Église orthodoxe russe au sujet des différents problèmes liés à la communion et à la préparation à celle-ci.

De la participation des fidèles à l’eucharistie
L’eucharistie est le principal mystère de l’Église, institué par le Seigneur Jésus-Christ à la veille de Ses souffrances salvatrices, de Sa mort sur la Croix et de Sa résurrection. La participation à l’eucharistie et la communion au corps et au sang du Christ constituent un commandement du Sauveur qui, par Ses disciples, a dit à tous les chrétiens : «Prenez, mangez, ceci est mon corps» et «Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de la Nouvelle Alliance » (Matth. 26, 26-28). L’Église même est le corps du Christ et, pour cette raison, le mystère du corps et du sang du Christ manifeste de façon visible la nature mystique de l’Église, créant la communauté ecclésiale.
La vie spirituelle du chrétien orthodoxe est impensable sans la communion aux saints mystères. En communiant aux saints dons, les fidèles sont sanctifiés par la force de l’Esprit Saint et sont unis avec le Christ Sauveur et les uns avec les autres, constituant ainsi le corps unique du Christ.
Le mystère de l’eucharistie nécessite une préparation particulière. Dans l’Église, le temps même, qu’il s’agisse de celui de la vie humaine ou de l’histoire de toute l’humanité, est l’attente et la préparation à la rencontre avec le Christ, tandis que tout le rythme de la vie liturgique constitue l’attente et la préparation de la divine liturgie et par conséquent de la communion, raison pour laquelle elle est célébrée.

I.
La pratique de la communion et la préparation à celle-ci a changé et a revêtu différentes formes dans l’histoire de l’Eglise.
À l’époque apostolique déjà, la tradition s’est établie dans l’Église de célébrer l’eucharistie chaque dimanche (et si possible, plus souvent ; par exemple le jour de la mémoire des martyrs), afin que les chrétiens puissent demeurer continuellement en communion avec le Christ et aussi les uns avec les autres (cf. par exemple, I Cor. 10, 16-17 ; Actes 2, 46 et 20,7). Tous les membres de la communauté locale participaient à l’eucharistie hebdomadaire et communiaient, tandis que le refus de participer à l’eucharistie sans motifs suffisants était exposé à la réprobation : « Tous les fidèles qui restent dans l’église et entendent les Écritures, mais ne restent pas à la prière et à la sainte communion, doivent être excommuniés, comme causant du désordre dans l’Église » (9ème canon apostolique). La pratique primitive chrétienne de la communion à chaque divine liturgie reste l’idéal pour notre époque aussi, ladite pratique constituant une partie de la tradition de l’Église.
En même temps, la croissance quantitative de l’Église au IIIème et particulièrement au IVème siècle a abouti à des changements, y compris dans la vie liturgique. Avec l’augmentation du nombre de jours dédiés à la mémoire des martyrs et des fêtes, les assemblées eucharistiques ont eu lieu toujours plus souvent, et la présence de chaque chrétien à celles-ci a commencé à être considérée par beaucoup comme souhaitable, mais non obligatoire, de même que la participation à la communion. L’Église a opposé à cela la norme canonique suivante : « Ceux qui viennent à l’église et écoutent la lecture des saints livres, mais ne veulent pas prendre part à la prière liturgique avec le peuple ou, par une sorte d’indiscipline, se détournent de la communion à la sainte eucharistie, qu’ils soient exclus de l’Église, jusqu’à ce que, s’étant confessés et ayant produit des fruits de repentir et demandé le pardon, ils aient ainsi obtenu celui-ci » (2ème canon du concile d’Antioche).
Néanmoins, l’idéal élevé d’être prêt en permanence à recevoir les saints mystères s’est avéré difficilement réalisable pour de nombreux chrétiens. Aussi, déjà dans les œuvres des saints Pères du IVème siècle, on trouve des témoignages au sujet de la coexistence de pratiques différentes concernant le rythme de la communion. C’est ainsi que saint Basile le Grand parle de la communion quatre fois dans la semaine comme d’une norme : « Communier même tous les jours et participer au saint Corps et au précieux Sang du Christ est chose bonne et profitable, car Lui-même dit clairement : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle (…) Nous, cependant, nous communions quatre fois par semaine : le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi, et aussi les autres jours, si l’on y fait mémoire de quelque saint » (Lettre 93).
Moins d’un demi-siècle plus tard, saint Jean Chrysostome remarque que beaucoup – dont des moines et moniales – se sont mis à communier une ou deux fois par an : « Beaucoup, en toute une année, ne participent qu’une fois à ce sacrifice; d’autres, deux fois; d’autres, plusieurs fois. Je m’adresse donc à tous, non seulement à ceux qui sont présents ici, mais encore à ceux qui demeurent dans le désert ; car ceux-ci [également] communient une fois par an, et ce n’est pas rare qu’ils le fassent une fois en deux ans. Quoi donc ? Qui approuverons-nous ? Ceux qui [communient] une fois [l’an], ceux qui communient souvent, ou ceux qui [communient] rarement? Ni les uns, ni les autres, ni les troisièmes, mais ceux-là seuls qui communient avec un cœur pur et une vie irréprochable. Que ces derniers s’approchent toujours [des saints mystères] ; quant à ceux qui ne sont pas tels [ils ne doivent pas communier], pas même une fois [dans l’année] » (Homélie sur l’épître aux Hébreux, 17,4).
Au IVème siècle a été fixée définitivement la norme qui s’était constituée, à l’époque pré-nicéenne, du jeûne eucharistique obligatoire, à savoir l’abstinence totale de nourriture et boisson le jour de la communion jusqu’à la réception des saints mystères du Christ : « Que le saint Mystère de l’autel ne soit accompli que par des hommes à jeun » (41ème canon du Concile de Carthage ; confirmé par le 29ème canon In Trullo). Cependant, à la limite des IVème et Vème siècles, certains chrétiens lièrent la communion non seulement à l’observance de l’abstinence eucharistique avant la Liturgie, mais aussi, selon le témoignage de saint Jean Chrysostome, avec le temps du grand carême. Le saint hiérarque appelle à une communion plus fréquente : « Dites-moi, lorsque vous participez à la communion une fois par an, pensez-vous que quarante jours vous suffisent pour purifier les péchés de toute cette période? Et même encore, à peine une semaine se sera-t-elle écoulée que vous vous livrerez à vos anciens excès! Or, si après quarante jours à peine de convalescence d’une longue maladie, vous vous permettiez sans mesure tous les aliments qui engendrent les maladies, ne perdriez-vous pas votre peine et vos efforts passés? Car si [la santé] physique est réglée ainsi, d’autant plus [la santé] morale ! ( …) Vous accordez quarante jours, peut-être même moins, à la santé de votre âme, et vous croyez avoir apaisé votre Dieu ! (…) Je parle ainsi, non pour vous interdire d’approcher [les saints mystères] une fois par an, mais plutôt parce que je souhaiterais que vous vous en approchiez toujours » (Homélie sur l’épître aux Hébreux, 17,4).
Dans le milieu monastique de Byzance, vers les XIème et XIIème siècles s’est établie la tradition de ne communier qu’après une préparation comprenant le jeûne, l’examen de sa conscience devant le père spirituel du monastère, la récitation d’une règle particulière de prières avant la communion. Cette règle est née et a commencé à se développer précisément à cette époque. C’est vers cette tradition qu’ont commencé à s’orienter également les pieux laïcs, étant donné que la spiritualité monastique, dans l’orthodoxie, a toujours été reçue comme un idéal. Cette tradition est représentée sous sa forme la plus stricte, par exemple, dans les rubriques du Typicon russe (chapitre 32) qui, à la différence du Typicon grec, mentionne le jeûne obligatoire d’une semaine avant la communion.
En 1699, dans la rédaction du liturgicon [služebnik] russe a été incluse une rubrique intitulée « Avis didactique ». Celle-ci comprend aussi, entre autres, une indication sur le délai obligatoire de préparation à la sainte communion, à savoir que, durant les quatre carêmes, tous ceux qui le souhaitent peuvent communier, tandis qu’en dehors de ces périodes il convient de jeûner sept jours, ledit délai pouvant être réduit : « Si donc, en dehors des quatre carêmes habituels, on souhaite s’approcher de la sainte communion, que l’on jeûne sept jours auparavant ; en cas de nécessité, que l’on ne jeûne que trois jours, ou un seul jour ».
En pratique, cette approche extrêmement stricte envers la préparation à la sainte communion, qui avait des côtés spirituels positifs, a néanmoins amené au fait que certains chrétiens ne communiaient pas pendant longtemps, en se référant à la nécessité d’une préparation digne. Contre une telle pratique de communion peu fréquente était dirigée, en partie, la norme de la communion obligatoire de tous les chrétiens de l’Empire russe, au moins une fois par an, contenue dans le « Règlement spirituel » : « Chaque chrétien doit communier souvent à la sainte eucharistie, ne serait-ce qu’une fois par an. Celle-ci constitue notre action de grâces la plus belle envers Dieu pour tant de choses accomplies pour notre salut par la mort du Sauveur… Aussi, si un quelconque chrétien montre qu’il s’éloigne fort de la sainte communion, il manifeste ainsi qu’il n’est pas dans le corps du Christ, c’est-à-dire qu’il ne participe pas à l’Église ».
Au XIXème et début du XXème siècle, les gens pieux aspiraient à communier au moins lors des quatre carêmes. Beaucoup de saints de cette époque, parmi lesquels saint Théophane le Reclus, saint Jean de Cronstadt et d’autres saints appelaient à s’approcher des saints mystères encore plus souvent. Selon les paroles de saint Théophane, « le rythme [de la communion] à raison d’une ou deux fois par mois, est le plus raisonnable», bien qu’on «ne puisse rien dire de désapprobateur» de la communion plus fréquente . Chaque fidèle peut se diriger par les paroles suivantes de ce saint : « Communiez aux saints mystères plus souvent, selon ce que le père spirituel l’autorise, mais efforcez-vous seulement de vous en approcher avec la préparation convenable et, encore plus, avec crainte et tremblement, afin, qu’en s’y habituant, on ne s’en approche pas avec indifférence» .
L’exploit de la confession de la foi de l’Église pendant les années de persécutions du XXème siècle a incité de nombreux prêtres et fidèles à repenser la pratique qui existait précédemment de la communion peu fréquente. Entre autres, en 1931, le Synode patriarcal provisoire, dans son décret du 13 mai, a décidé de «Reconnaître recevable le souhait concernant la possibilité de la communion fréquente des chrétiens orthodoxes et, pour ceux qui sont le plus avancés parmi eux, la communion chaque dimanche».
Actuellement, de nombreux orthodoxes communient bien plus souvent que la majorité des chrétiens dans la Russie prérévolutionnaire. Néanmoins, la pratique de la communion fréquente ne peut être étendue automatiquement à tous les fidèles sans exception, étant donné que la fréquence de la communion dépend directement de l’état spirituel et moral de l’homme afin que, selon les paroles de St Jean Chrysostome, les fidèles s’approchent des saints Mystères « avec une conscience pure, autant que cela nous soit possible » (Contre les Juifs, Discours III, 4).

II.

Les exigences de la préparation à la sainte communion sont définies pour chaque fidèle par les dispositions et les normes ecclésiales, qui sont appliquées par le père spirituel, en tenant compte de la régularité de la communion aux saints mystères, de l’état spirituel, moral et corporel, des circonstances extérieures de la vie telles que, par exemple, celles de la profession, la surcharge due au souci des autres.
Le père spirituel du fidèle est le prêtre chez lequel il se confesse de façon régulière, qui connaît les circonstances de sa vie et son état spirituel. Néanmoins, les fidèles peuvent se confesser chez d’autres prêtres dans le cas d’impossibilité de se confesser à leur père spirituel. S’il n’en a pas, le fidèle doit s’adresser avec ses questions concernant la communion au prêtre de l’église où il souhaite communier.
À l’instar du père spirituel, qui se dirige par les dispositions et les normes ecclésiales et qui, sur leur base, guide le chrétien, le fidèle qui va communier doit, à son tour, avoir conscience que le but de la préparation n’est pas l’accomplissement extérieur de conditions formelles, mais l’acquisition d’un état de repentir pour son âme, le pardon des offenses et la réconciliation avec le prochain, l’union avec le Christ dans les saints mystères. La prière et le jeûne sont appelés à aider celui qui se prépare à la communion et à l’acquisition de cet état intérieur.
En se rappelant des paroles du Sauveur fustigeant ceux qui imposent aux hommes des fardeaux pesants et insupportables (cf. Matth. 23,4), les pères spirituels doivent prendre conscience qu’une sévérité injustifiée, de même qu’une condescendance exagérée peuvent constituer un obstacle à l’union de l’homme avec le Christ Sauveur, lui causer un préjudice spirituel.
La préparation des moines et moniales à la participation au mystère de l’eucharistie est réalisée conformément au Règlement [de l’Église orthodoxe russe] concernant les monastères et le monachisme ainsi qu’aux règles internes des monastères.
1. La pratique du jeûne préparatoire est réglementée par la tradition ascétique de l’Église. Le jeûne, sous la forme d’abstinence de nourriture grasse et de l’éloignement des distractions, accompagné par la prière ardente et le repentir, précède traditionnellement la communion aux saints mystères. La durée et la mesure du jeûne peuvent être différents en fonction de l’état intérieur du chrétien, et aussi des circonstances objectives de sa vie. En partie, en cas de maladies aiguës ou chroniques, exigeant un régime alimentaire particulier, et pour les femmes qui sont enceintes ou allaitent, le jeûne peut être abrégé, allégé ou abrogé. Cela concerne aussi les chrétiens qui, provisoirement ou de façon permanente séjournent dans des foyers ou institutions civils qui offrent la même nourriture pour tous (unités militaires, hôpitaux, internats, écoles spéciales, lieux de détention).
La pratique qui s’est constituée de nos jours, selon laquelle celui qui communie quelques fois dans l’année jeûne trois jours avant la communion, correspond pleinement à la tradition de l’Église. Il convient également de reconnaître comme acceptable la pratique selon laquelle celui qui communie chaque semaine ou quelques fois par mois et qui, ce faisant, observe également les jeûnes et carêmes d’un ou plusieurs jours indiqués par le Typicon, s’approche du saint calice sans jeûne complémentaire, ou en observant un jeûne d’une journée ou encore en jeûnant le soir, la veille de la communion. La décision à ce sujet doit être prise avec la bénédiction du père spirituel. Les exigences de préparation à la sainte communion adressées aux laïcs qui communient souvent concernent également les clercs.
La Semaine lumineuse, celle qui suit la fête de Pâques, constitue un cas particulier pour ce qui concerne la pratique de la préparation à la sainte communion. La norme canonique ancienne sur la participation obligatoire de tous les fidèles à l’eucharistie du dimanche, a été étendue, au VIIème siècle, à la divine liturgie célébrée tous les jours au cours de la Semaine lumineuse : « Depuis le saint jour de la résurrection du Christ notre Dieu jusqu’au Nouveau Dimanche , les fidèles doivent fréquenter toute la semaine les saintes églises, se réjouissant dans le Christ et chantant des psaumes et des cantiques et des chants spirituels, s’appliquant à la lecture des saintes Écritures et faisant leurs délices de la communion aux saints mystères; en effet, nous serons ainsi ressuscités et exaltés avec le Christ » (66ème canon du Concile In Trullo). Il ressort clairement de ce canon que les laïcs sont appelés à communier aux liturgies de la Semaine lumineuse. Étant donné que lors de la Semaine lumineuse, le Typicon ne prévoit pas de jeûne et que ladite semaine est précédée des sept semaines du grand carême et de la Semaine sainte, il convient de reconnaître conforme à la tradition canonique la pratique qui s’est constituée dans de nombreuses paroisses de l’Église orthodoxe russe, selon laquelle les chrétiens qui ont observé le grand carême s’approchent de la sainte communion pendant la Semaine lumineuse, limitant le jeûne à ne pas prendre de nourriture après minuit. Une pratique analogique peut être étendue à la période qui s’étend de la Nativité du Christ jusqu’à la Théophanie. Celui qui se prépare à la communion en ces jours doit, avec une attention particulière, se garder de la consommation immodérée de nourriture et de boisson.

2. Il convient de différencier le jeûne eucharistique dans le sens strict, du jeûne de préparation. Il s’agit dans le premier cas de l’abstinence totale de nourriture et de boisson, à partir de minuit jusqu’à la sainte communion. Ce jeûne est canoniquement obligatoire (cf. le 41ème canon de Carthage cité plus haut). Toutefois, l’exigence de ce jeûne eucharistique n’est pas appliquée aux nourrissons, ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies soudaines ou chroniques, nécessitant la prise systématique de médicaments ou de nourriture (comme par exemple en cas de diabète), et aux mourants. En outre, cette exigence, à la discrétion du père spirituel, peut être atténuée en ce qui concerne les femmes enceintes ou allaitant.

Le droit canon prescrit de s’abstenir des relations conjugales lors de la période de préparation à la sainte communion. Le 5è canon de Timothée d’Alexandrie parle de l’abstinence à la veille de la communion.

L’Église appelle les chrétiens exposés à la nocive habitude du tabagisme d’y renoncer. À ceux qui n’ont pas encore la force de le faire, il appartient de s’abstenir de fumer depuis minuit et, ci cela est possible, depuis le soir, la veille de la communion.

Étant donné que la liturgie des dons présanctifiés est réunie aux vêpres, sa célébration le soir est une norme découlant du Typicon (au demeurant, en pratique, cette liturgie est habituellement célébrée le matin). Conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 28 novembre 1968, « lors de la célébration de la divine liturgie des dons présanctifiés le soir, l’abstinence de nourriture et de boisson pour les communiants ne doit pas être inférieure à six heures, étant toutefois entendu que l’abstinence avant la communion, depuis minuit, au commencement de la journée concernée, est fort louable, et qu’elle peut être observée par ceux qui en ont la force physique ».

Il convient aussi de s’orienter vers une abstinence non inférieure à six heures lors de la préparation à la communion pour la divine liturgie célébrée la nuit (par exemple, pour les fêtes de Pâques ou de la Nativité du Christ).

3. La préparation à la communion consiste non seulement à renoncer à une nourriture définie, mais aussi à une assistance plus fréquente aux offices, ainsi qu’à l’accomplissement de la règle de prière.
Une partie intégrante de la préparation dans la prière à la réception des saints dons, est constituée par l’office de la sainte communion, composé du canon correspondant et des prières. La règle de prière comprend habituellement les canons au Sauveur, à la Mère de Dieu, à l’Ange gardien et encore d’autres prières (cf. « Règle pour ceux qui se préparent à célébrer et ceux qui veulent communier aux saints mystères divins du corps et du sang de notre Seigneur Jésus-Christ », dans le « Psautier complet » . Pendant la Semaine lumineuse, la règle de prière est constituée du canon pascal, ainsi que du canon et des prières de la sainte communion. La règle personnelle de prière doit être accomplie hors de l’office ecclésial, qui présuppose toujours une prière universelle. Une attention pastorale particulière est requise à l’égard des gens dont le cheminement spirituel ne fait que commencer et qui ne sont pas encore habitués à de longues règles de prières, ainsi qu’à l’égard des enfants et des malades. Le « Psautier complet » propose la possibilité de remplacer les canons et les acathistes par la prière de Jésus et les métanies. Dans l’esprit de cette indication, avec la bénédiction du père spirituel, la règle susmentionnée peut être remplacée par d’autres prières.
Étant donné que la liturgie est l’apogée du cercle liturgique entier, la présence aux offices qui la précèdent, en premier lieu les vêpres et les matines (ou les vigiles) constitue une partie importante de la préparation à la réception du saint corps et du saint sang du Christ.
Dans le cas où la personne était absente à l’office du soir la veille de la communion, ou si elle n’a pas accompli la règle de prière dans son intégralité, le père spirituel ou le confesseur doit inciter celle-ci à une préparation minutieuse à la communion, tout prenant en compte les circonstances de sa vie et les causes valables possibles.
En se préparant à la réception des saints mystères du Christ lors de la divine liturgie, les enfants de l’Église doivent venir à l’église au début de l’office. L’arrivée en retard à la divine liturgie constitue une négligence envers le mystère du Corps et du sang du Christ, particulièrement lorsque les fidèles arrivent à l’église après les lectures de l’épitre et de l’Évangile. En cas d’un tel retard, le confesseur ou le père spirituel peut prendre la décision de ne pas permettre à la personne de communier. Une exception peut être faite pour les personnes aux capacités physiques restreintes, les mères qui allaitent, les enfants en bas âge et les adultes qui les accompagnent.
À l’issue de la divine liturgie, le chrétien doit écouter ou lire les prières d’actions de grâces après la sainte communion. Le chrétien doit faire tous les efforts pour que, après avoir rendu grâces au Seigneur dans la prière pour le don reçu, il garde celui-ci dans la paix et la piété, l’amour envers Dieu et le prochain.
Eu égard au lien indissociable entre la communion et la divine liturgie, le clergé ne doit pas tolérer la pratique en vigueur dans certaines églises, consistant à interdire aux fidèles de communier les jours des fêtes de Pâques, de la Nativité du Christ, de la Théophanie, les samedis des défunts [pendant le Grand Carême] et le jour des défunts, le mardi de la deuxième semaine pascale.

III.
Celui qui se prépare à la sainte communion accomplit un examen de sa conscience, ce qui suppose un repentir sincère des péchés commis et leur révélation devant le prêtre lors du mystère de la pénitence. Dans des conditions où beaucoup de ceux qui viennent dans les églises ne sont pas encore suffisamment enracinés dans la vie ecclésiale, moyennant quoi ils ne comprennent pas, parfois, la signification du mystère de l’eucharistie ou n’ont pas conscience des conséquences morales et canoniques de leurs péchés, la confession permet au confesseur de juger de la possibilité de permettre à celui qui se repent d’accéder aux saints mystères du Christ.
Dans des cas individuels, conformément à la pratique qui s’est créée dans de nombreuses paroisses, le père spirituel peut bénir le laïc pour communier au corps et au sang du Christ plusieurs fois au cours de la semaine (par exemple, durant la Semaine sainte et la Semaine lumineuse) sans confession préalable avant chaque communion, sauf dans la situation où celui qui souhaite communier ressent la nécessité de se confesser.
Lorsqu’ils accordent la bénédiction correspondante, les pères spirituels doivent particulièrement se rappeler de leur grande responsabilité envers les âmes des ouailles, qui leur est confiée dans le mystère du sacerdoce.
Dans certaines paroisses se produit une longue attente jusqu’au commencement de la communion des laïcs. La raison en est la longue communion du clergé lors d’offices concélébrés ou les confessions effectuées après le chant de communion. Un tel état de fait doit être considéré comme non souhaitable. Le mystère de la pénitence doit être effectué si possible en dehors de la divine liturgie, afin de ne pas priver celui qui confesse et celui qui se confesse de la pleine participation à la prière eucharistique commune. La confession des fidèles par un prêtre au moment de la lecture de l’Évangile et du canon eucharistique est inacceptable. Il est souhaitable de procéder à la confession de préférence la veille au soir ou avant le commencement de la liturgie. En outre, il est important d’instituer des jours et des horaires fixes dans les paroisses dans lesquelles un prêtre est sans faute présent pour rencontrer ceux qui souhaitent parler à un pasteur.

IV.
Il n’est pas permis de communier dans un état d’emportement, de colère, de péchés non confessés ou d’offenses non pardonnées. Ceux qui osent s’approcher des dons eucharistiques dans une telle situation s’exposent eux-mêmes au jugement de Dieu, selon les paroles de l’apôtre : « Celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts » (1 Cor. 11, 29-30).
En cas de péchés graves, l’application des canons relative à l’excommunication pour de longues périodes (supérieures à un an) ne peut être pratiquée qu’avec la bénédiction de l’évêque diocésain. En cas d’utilisation abusive de sanctions par le prêtre, la question peut être transmise pour examen au tribunal ecclésiastique.
Les canons interdisent aux femmes en période menstruelle de communier (2ème canon de saint Denys d’Alexandrie, 7ème canon de Timothée d’Alexandrie). Exception peut être faite en cas de danger mortel, et aussi lorsque la perte de sang continue pendant une longue période, en raison d’une maladie chronique ou soudaine.
V.
Comme cela est mentionné dans « Les bases de la conception sociale de l’Église orthodoxe russe » (ch. X,2) et dans les décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 28 décembre 1998, l’Église insiste sur la nécessité du mariage religieux, tout en ne privant pas de la communion aux saints mystères les époux vivant en union matrimoniale [civile], conclue en acceptant tous les droits et obligations légales en découlant et qui est reconnue en tant que mariage juridiquement valide, mais qui pour quelques raisons n’a pas été sanctifiée par l’office religieux. Cette mesure d’économie ecclésiale, qui s’appuie sur les paroles du saint apôtre Paul (1 Cor. 7,14) et le 72ème canon du Concile In Trullo, a pour but de faciliter la l participation à la vie de l’Église pour les chrétiens orthodoxes qui se sont mariés avant de participer de façon consciente aux mystères de l’Église. À la différence de la cohabitation lascive, qui constitue un empêchement à la communion, une telle union aux yeux de l’Église se présente comme un mariage légal (à l’exception des cas de « mariages » permis légalement tels que, par exemple, l’union entre parents proches ou la cohabitation de personnes de même sexe reconnus dans certains pays, lesquels sont inacceptables du point de vue de l’Église). Cependant, le devoir des pasteurs est de rappeler aux fidèles de la nécessité non seulement de la conclusion d’un mariage juridiquement valable, mais de la sanctification de celui-ci dans le cadre de l’acte sacré ecclésial.
Doivent être soumis à un examen individuel les cas où des personnes vivent ensemble depuis longtemps, ont souvent des enfants communs, mais ne sont mariés ni ecclésialement ni civilement, l’une des parties à cette cohabitation ne souhaitant ni l’une, ni l’autre forme de mariage. De telles cohabitations sont peccamineuses et leur propagation dans le monde constitue une opposition au dessein divin concernant l’homme, dangereuse pour l’institution du mariage, et elles ne peuvent recevoir aucune reconnaissance de la part de l’Église. Cela dit, le père spirituel, connaissant les circonstances de la vie de la personne concrète, par condescendance à la faiblesse humaine, peut, dans des cas exceptionnels, permettre la communion à la partie qui est consciente du caractère peccamineux d’une telle cohabitation et aspire à conclure un mariage légal. Le concubin à cause duquel le mariage n’est pas conclu, n’est pas admis à la communion. Si ne serait-ce que l’un des deux concubins se trouve marié par ailleurs, les deux parties ne peuvent être admises à la communion sans régularisation canonique de la situation et l’accomplissement d’une nécessaire pénitence.
VI.
La préparation des enfants à la sainte communion a ses spécificités. Sa durée et son contenu sont définis par les parents après avoir consulté le père spirituel et doivent prendre en compte l’âge, l’état de santé et le degré d’ecclésialisation de l’enfant.
Il est nécessaire que les parents qui amènent régulièrement leurs enfants au saint calice, ce qui est bien en soi, s’efforcent à communier avec eux (si cela est impossible que les deux parents communient en même temps, que l’un des deux parents le fassent à tour de rôle). La pratique selon laquelle les parents font communier les enfants, mais s’approchent eux même rarement de la sainte communion, constitue un obstacle au renforcement, dans la conscience des enfant, de la nécessité de participer à la table eucharistique.
La première confession avant la communion, conformément au 18ème canon de Timothée d’Alexandrie, a lieu lorsque l’enfant atteint l’âge de dix ans, mais dans la tradition de l’Église orthodoxe russe, la première confession, en règle générale, s’effectue dès l’âge de sept ans. Ce faisant, l’âge de la première confession et aussi la fréquence de la confession pour l’enfant âgé de sept à dix ans doit être déterminée, dans le cas de la communion chaque dimanche, conjointement par le père spirituel et les parents, en tenant compte des particularités individuelles et du développement de l’enfant, ainsi que de sa compréhension de la vie ecclésiale.
Pour les enfants jusqu’à trois ans, le jeûne eucharistique n’est pas obligatoire. Selon la tradition, dès qu’ils ont atteint l’âge de trois ans, on apprend graduellement aux enfants dans les familles orthodoxes à s’abstenir de nourriture et de boisson avant la communion aux saints mystères. Vers l’âge de sept ans, l’enfant doit s’habituer à communier strictement à jeun. Dès cet âge, on doit apprendre à l’enfant à lire les prières préparatoires à la sainte communion, dont le contenu et l’étendue sont définis par les parents en fonction de l’âge, du développement spirituel et intellectuel de l’enfant.
Les parrains doivent prendre une pleine participation à l’éducation des enfants dans la piété, les incitant notamment à communier régulièrement aux saints mystères du Christ et aidant les parents à les amener au saint calice.

* * *
L’eucharistie est le mystère central de l’Église. La communion régulière est nécessaire à l’homme pour son salut, conformément aux paroles de notre Seigneur Jésus-Christ : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour » (Jn. 6, 53-54).

Source ; Photographie : OrthPhoto.net

Message du patriarche de Roumanie Daniel à l’occasion du congrès international de théologie à Bucarest

À l’occasion du congrès international de théologie qui s’est tenu du 5 au 8 octobre au centre Dumitru Stăniloae à Bucarest, sur le thème « Le sens et l’importance du saint mystère de la confession et de la communion dans la théologie, la spiritualité et la mission orthodoxe contemporaines », le patriarche a adressé le message suivant :

« Le congrès international de théologie sur le thème « le sens et l’importance des saints mystères de la confession et de la communion dans la théologie, la spiritualité et la mission orthodoxe contemporaines. » organisé par le Patriarcat de Roumanie en collaboration avec la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » de l’Université de Bucarest et avec le généreux soutien du secrétariat d’État pour les cultes, représente un événement significatif dans le cadre des manifestations dédiées à l’année consacrée à l’eucharistie (à la sainte confession et à la sainte communion). Ce congrès, comme événement de collaboration académique et de communion spirituelle constitue une occasion particulière pour les hiérarques, les prêtres et les professeurs, spécialistes de Roumanie et d’autres pays de donner un témoignage édifiant sur la signification de la sainte confession et de la sainte eucharistie dans la vie et la mission de l’Église dans le monde d’aujourd’hui.

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Adresse du patriarche de Moscou Cyrille aux participants du Xème Congrès des délégués aux droits des enfants en Fédération de Russie

Adresse du patriarche de Moscou Cyrille aux participants du Xème congrès des délégués aux droits des enfants en Fédération de Russie

« Chers participants et hôtes du congrès, chers frères et sœurs,

Je vous salue tous chaleureusement, vous qui êtes rassemblés en la salle des assemblées ecclésiales de la cathédrale du Saint-Sauveur pour participer aux travaux du Xème congrès des délégués aux droits des enfants en Fédération de Russie. Le thème même de la rencontre d’aujourd’hui est « La formation de la politique de l’État dans le domaine de l’éducation des enfants – la tâche prioritaire de la famille, de la société et de l’État », témoigne du fait que dans ce domaine se sont accumulés un nombre significatif de problèmes, et l’on ne peut espérer leur résolution réussie qu’à la condition d’efforts conjugués. La question de l’éducation des enfants et de la jeunesse est toujours actuelle, car sans cela est impossible la succession des générations, la transmission des connaissance de base et des normes spirituelles et morales, la préservation des traditions religieuses et culturelles. En fin de compte, l’avenir de la civilisation humaine dépend directement de notre mode d’éducation aujourd’hui. Malheureusement, il convient de constater que de nombreux points de repère de la vie, tels qu’ils sont répandus maintenant dans la conscience de la société et imposés activement aux jeunes gens, entre autres par la culture de masse avec l’aide des médias et d’internet, exercent une influence négative sur leurs âmes immatures. La propagande de la cruauté, de la violence de la permissivité, le culte du confort et de la consommation, de la désagrégation sociale et de l’injustice, tout cela et de nombreux autres phénomènes négatifs sont perçus d’une façon particulièrement aiguë par la génération montante. N’ayant pas appris le véritable amour et l’amitié, la compassion et la miséricorde, n’ayant pas les habitudes d’adaptation sociale et de réalisation créatrice, de tels enfants et adolescents se trouvent souvent privés de la véritable joie de vivre. Manifestant sa préoccupation pastorale quant au destin des jeunes gens, l’Église orthodoxe russe s’efforce d’emplir leur vie d’un véritable sens. L’Église attribue une attention particulière à l’état spirituel et moral de la génération montante, soulignant immuablement que le travail avec les enfants doit être prioritaire et intégré. L’Église est prête à continuer à l’avenir de développer le dialogue et la collaboration avec les représentants des autorités fédérales et régionales, les enseignants, les psychologues et les organisations publiques dans le domaine de l’éducation des enfants et de la jeunesse. J’espère que le présent congrès apportera une contribution importante dans la discussion d’un sujet si important pour notre pays, et que les documents finaux qu’il adoptera trouveront une application pratique. De tout cœur, je vous souhaite de la force, l’aide de Dieu et le succès des présents travaux ».

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Communiqué final de la treizième réunion de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique

« La XIIIème réunion de la Commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique a été tenue du 15 au 23 septembre 2014 en Jordanie, à Amman, une ville avec une longue histoire liée aux racines du christianisme. La réunion était hébergée généreusement et fraternellement par S.B. Théophile III, Patriarche de Jérusalem. Vingt-trois membres catholiques étaient présents, quelques-uns ne purent assister. Toutes les Églises orthodoxes, à l’exception du Patriarcat de Bulgarie, étaient représentées, à savoir le Patriarcat Œcuménique, le Patriarcat d’Alexandrie, le Patriarcat d’Antioche, le Patriarcat de Jérusalem, le Patriarcat de Moscou, le Patriarcat de Serbie, le Patriarcat de Roumanie, le Patriarcat de Géorgie, l’Église de Chypre, l’Église de Grèce, l’Église de Pologne, l’Église de Pologne, l’Église d’Albanie et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie. La Commission a travaillé sous la direction de ses deux co-présidents, le Cardinal Kurt Koch et le Métropolite Jean de Pergame, assistés par deux co-secrétaires, le métropolite Gennade de Sassime (Patriarcat Œcuménique) et Mgr André Palmieri (Conseil Pontifical pour l’Unité des Chrétiens). Lors de l’ouverture de la session plénière tenue le mercredi 17 septembre à al-Makhtas, le lieu du baptême de Jésus-Christ, la Commission a été chaleureusement accueillie par son hôte, S.B. le Patriarche Théophile III, qui a souligné :  

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 La Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine ».

Source : Amen.gr

Encyclique patriarcale pour le nouvel an ecclésiastique

Nous vous invitons à lire l'encyclique du patiarche oecuménique Bartholomée pour le nouvel an ecclésiastique. Le 1er septembre est, pour l'Eglise, le premier jour du nouvel an. Vous pouvez également trouver l'explication de l'origine de cette fête à cette page.

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Jovan Nikoloski