20/08/2017
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Recension : Hilarion Alfeyev, Le “Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe”

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Hilarion Alfeyev, Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe, Paris, Cerf, 2007, 328 p.

Dans ce nouveau livre qu’il est venu présenter récemment à Paris, Mgr Hilarion Alfeyev se penche sur la controverse qui prit naissance en 1909 au monastère russe de Saint Panteleïmon au Mont-Athos, puis s’étendit en Russie dans les décennies suivantes, entre les « onomatodoxes » (adorateurs du Nom de Dieu) qui affirmaient que « le Nom de Dieu est Dieu lui-même », et les « onomatomaques », qui s’opposaient à une telle affirmation qu’ils jugeaient idolâtrique. La controverse elle-même prit fin en 1931 par une intervention autoritaire et tragique de l’État communiste. Ce ne fut pas seulement une querelle de moines car elle provoqua l’intervention de plusieurs patriarches et de plusieurs évêques (dont le célèbre Antoine Khrapovitsky) et le problème de fond qu’elle posait suscita l’intérêt de philosophes, de théologiens connus comme Nicolas Berdiaev, le P. Paul Florensky, le P. Serge Boulgakov ou l’Archimandite Sophrony, et il reste aujourd’hui encore débattu en Russie.

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Recension : Hilarion Alfeyev, Le "Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe"

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Hilarion Alfeyev, Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe, Paris, Cerf, 2007, 328 p.

Dans ce nouveau livre qu’il est venu présenter récemment à Paris, Mgr Hilarion Alfeyev se penche sur la controverse qui prit naissance en 1909 au monastère russe de Saint Panteleïmon au Mont-Athos, puis s’étendit en Russie dans les décennies suivantes, entre les « onomatodoxes » (adorateurs du Nom de Dieu) qui affirmaient que « le Nom de Dieu est Dieu lui-même », et les « onomatomaques », qui s’opposaient à une telle affirmation qu’ils jugeaient idolâtrique. La controverse elle-même prit fin en 1931 par une intervention autoritaire et tragique de l’État communiste. Ce ne fut pas seulement une querelle de moines car elle provoqua l’intervention de plusieurs patriarches et de plusieurs évêques (dont le célèbre Antoine Khrapovitsky) et le problème de fond qu’elle posait suscita l’intérêt de philosophes, de théologiens connus comme Nicolas Berdiaev, le P. Paul Florensky, le P. Serge Boulgakov ou l’Archimandite Sophrony, et il reste aujourd’hui encore débattu en Russie.

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5 août (ancien calendrier) / 18 août (nouveau)

5 août (ancien calendrier) / 18 août (nouveau)

Carême de la Dormition

Avant-Fête de la Transfiguration de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362) ; saints Anter (236) et saint Fabien, papes de Rome, martyrs (250) ; saint Ponce, martyr de Cimiez (257) ; saint Yon, martyr en Ile-de-France (IIIème s.)  ; saint Memmie, évêque de Châlons-en-Champagne (IIIème s.) ; saints Cantide, Cantidien et Soleb, martyrs en Égypte (IVème s.) ; sainte Nonne, mère de saint Grégoire le Théologien (374) ; saint Cassien, évêque d’Autun (IVème s.) ; saint Venance, évêque de Viviers (544) ; saint Viâtre, ermite en Sologne (VIème s.) ; saint Abel, archevêque de Reims (770) ; saint néomartyr Christos de Prévéza (1668) ; saint Jean de Chozeba, moine (1960) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Étienne Khitrov, prêtre (1918) ; martyres Eudocie Cheïkov, Daria Oulybina, Daria Timaguine et Marie Neizvestny (1919) ; Simon, évêque d’Oufa (1921) ; Jean Smirnov, diacre (1939).

SAINT MARTYR EUSIGNE D’ANTIOCHE [1]

Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362)
Fresque du monastère Ravanica, Serbie (14e siècle)

Le saint et glorieux martyr Eusigne demeurait à Antioche. Âgé de cent dix ans, il avait servi pendant plus de soixante années dans l’armée, sous Constance Chlore, saint Constantin, Constance et Julien l’Apostat (361). Un jour, deux païens lui demandèrent de les départager dans une querelle, mais celui que le vénérable vieillard avait déclaré coupable alla le dénoncer à l’empereur Julien, sous prétexte qu’il ne se contentait pas d’adorer le Crucifié, mais qu’il s’arrogeait de plus le pouvoir judiciaire, privilège de l’empereur. Julien le fit aussitôt convoquer et lui demanda avec colère qui lui avait permis de se comporter en rival de son pouvoir. Comme le saint lui répliquait que la véritable cause de ce jugement était sa religion, Julien ordonna aux secrétaires de cesser l’enregistrement de ses déclarations et il le menaça de le faire exécuter comme un brigand. Mais lui rappelant ses longues années de service auprès de ses prédécesseurs, Eusigne le pria d’être soumis à un jugement régulier. Le lendemain, comme l’empereur devait se rendre à Césarée de Cappadoce en vue d’y recruter des troupes pour sa campagne en Perse, il fit emmener le vieillard. Eustochios, diacre de l’Église d’Antioche et parent du saint, suivit le cortège en secret et parvint à approcher le prisonnier qui le pria d’engager un secrétaire pour consigner par écrit les Actes de son procès, afin que les chrétiens puissent en tirer profit. Eustochios lui promit qu’il se chargerait lui-même de cette tâche, serait-ce au péril de sa vie. Dès qu’il parvint à Césarée, Julien fit comparaître Eusigne qui, malgré son âge, rayonnait d’une telle force physique et spirituelle, que tous les assistants en restèrent admiratifs. Le souverain lui montra les instruments de torture exposés et lui commanda de sacrifier à Zeus. Eusigne lui répondit : « Que le diable se contente de t’avoir arraché à la vie éternelle pour te vouer aux tourments éternels de l’enfer ! Quant à moi, je ne sacrifierai pas aux idoles. » Sur l’ordre de l’empereur, il fut alors étendu sur le chevalet et les bourreaux, après lui avoir écorché la peau, lui passèrent des torches enflammées sur le corps. Alors que l’âcre odeur des chairs brûlées remplissait l’endroit, l’empereur renouvela sa demande. Eusigne répliqua à l’Apostat en lui reprochant de se montrer indigne successeur de son illustre parent, saint Constantin le Grand, qu’il avait servi et à la suite duquel il s’était lui-même converti. Et le vétéran raconta comment Constantin, ayant été pris par des Perses qui voulaient le sacrifier à leurs dieux, il était intervenu et l’avait sauvé par l’assistance du Christ, et comment il s’était converti à la suite de ce miracle . À l’audition de ce récit, de nombreux soldats présents se montrèrent disposés à croire au Christ. C’est pourquoi Julien ordonna d’en finir au plus vite et de décapiter le vénérable Eusigne, dont les funérailles furent célébrées, dit-on, par saint Basile le Grand. Aussitôt après l’exécution, l’empereur Julien partit en campagne contre les Perses, au cours de laquelle il trouva la mort. On rapporte qu’au moment de rendre son âme misérable, il se serait écrié : « Tu as vaincu, Nazaréen ! »

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

Allons à la rencontre du Christ transfiguré, fidèles, célébrant dans la joie l’Avant-fête, et disons: de la divine allégresse voici qu’approche le jour, car le Seigneur gravit la montagne du Thabor pour rayonner de sa divine splendeur.

Tropaire du saint martyr Eusigne, ton 4

Toi que remplissait la foi du Christ, tu possédas en tes vieux jours la jeunesse de l’esprit, glorieux martyr Eusigne, c’est pourquoi tu confondis avec courage l’Apostat en confessant le Verbe, suprême Dieu; et dans la nuée des Témoins, tu as reçu la gloire des martyrs.

 Kondakion de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

En ce jour par la divine Transfiguration le genre humain tout entier divinement resplendit, s’écriant plein de joie: Le Christ se transfigure, sauvant le monde entier.

 

Kondakion du saint martyr Eusigne, ton 8

En ce jour l’Eglise honore le Témoin de la foi et le champion de la sainte Trinité, glorifiant Eusigne en ses divins exploits et sans cesse s’écriant: Par ses prières garde tes serviteurs, ô Dieu de bonté.

 

Évangile du jour

(Matth. XXIV, 27-33, 42-51)

Comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles. Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur, qui dise en lui-même: Mon maître tarde à venir, s’il se met à battre ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites: c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

27 juillet (ancien calendrier) / 9 août (nouveau)

27 juillet (ancien calendrier) / 9 août (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305) ; sainte Anthuse, martyrisée pour les saintes Icônes avec 90 moniales en Paphlagonie (VIIIème s.) ; saint Désiré, évêque de Besançon (414) ; saint Ours, évêque de Troyes (vers 426) ; saint Éthère, évêque d’Auxerre (571) ; saints Ours et Leubais, ermites et abbés en Touraine (VIème s.) ; saint Clément, évêque d’Ohrid, diciple de saint Naum (vers 893) ; saint Clément, égal-aux-apôtres, évêque d’Ohrid (916) ; saint Nahum, Sabbas, Gorazd et Angelar, disciples de saints Cyrille et Méthode (Xème s.) ; saint Nicolas, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Joasaph, métropolite de Moscou (1555) ; saint Germain de l’Alaska (1837) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ambroise, évêque de Sarapoul, Platon Gornykh et Pantéléimon Bogoyavlensky, prêtres (1918) ; Jean Soloviev, prêtre (1941).

SAINT PANTÉLÉIMON[1]

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305)
Fresque à Nerezi – Skopje (1164)

Le saint et glorieux martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d’un sénateur païen, Eustorgios, et d’une chrétienne, Euboulée, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l’art médical, au point que l’empereur Maximien Galère, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel. Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché saint Hermolaos [26 juil.], le saint prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l’invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu’un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement. Le cœur exultant de joie à l’audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi. Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d’éprouver la vérité des promesses d’Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l’enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le saint baptême. Il resta ensuite auprès du saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu’il était resté au palais, occupé par la guérison d’un homme proche de l’empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n’en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu’il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l’aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l’homme retrouva l’usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l’âme, car il reconnut que le Christ l’avait guéri. Il fut baptisé par saint Hermolaos, en compagnie d’Eustorgios, qui s’endormit en paix peu après.

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s’adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies . Les autres médecins de Nicomédie se mirent à nourrir à son égard des sentiments de jalousie, et comme il avait soigné un chrétien qui venait d’être torturé par ordre de l’empereur, ils saisirent l’occasion pour aller le dénoncer à Maximien. Ayant écouté avec tristesse leur plainte contre son protégé, l’empereur fit convoquer l’ex-aveugle et l’interrogea sur le moyen qu’avait employé Pantoléon pour lui rendre la vue. Tel l’aveugle-né de l’Évangile, l’homme répondit avec simplicité qu’il l’avait guéri en invoquant le Nom du Christ et que ce miracle lui avait procuré la vraie lumière, celle de la foi. Furieux, l’empereur le fit aussitôt décapiter et envoya ses hommes quérir Pantoléon. Lorsque le saint fut devant lui, il lui reprocha d’avoir trahi sa confiance, et l’accusa de faire injure à Asclépios et aux autres dieux par sa foi au Christ, un homme qui était mort crucifié. Le saint lui répondit que la foi et la piété envers le vrai Dieu sont supérieures à toutes les richesses et à tous les honneurs de ce monde de vanité, et pour appuyer ses dires il proposa à Maximien de le mettre à l’épreuve. On amena donc un paralytique, sur lequel les prêtres païens firent d’abord leurs incantations, saluées par les moqueries du saint. Leurs efforts étant restés sans effet, Pantoléon fit monter vers Dieu sa prière et prenant le paralytique par la main, il le releva au Nom du Christ. De nombreux païens, voyant l’homme marcher en exultant de joie, crurent alors au vrai Dieu, tandis que les prêtres païens pressaient l’empereur de mettre à mort ce dangereux rival. Comme Maximien lui rappelait les tortures infligées quelque temps auparavant à saint Anthime [3 sept.], Pantoléon répliqua que si un vieillard avait montré un tel courage, à plus forte raison, les jeunes devaient se montrer vaillants dans l’épreuve. Ni flatteries ni menaces ne pouvant le résoudre, le tyran le livra à la torture. Attaché à un poteau, on lui lacéra les flancs avec des ongles de fer, puis on lui passa des torches enflammées sur les plaies. Mais le Christ, apparaissant au saint martyr sous les traits de son père spirituel saint Hermolaos, lui dit : « Ne crains rien, mon enfant, car je suis avec toi, et je te porterai secours en tout ce que tu souffriras pour moi. » Aussitôt les torches s’éteignirent et les plaies du saint se trouvèrent guéries. Par la suite, qu’il soit plongé dans du plomb fondu ou jeté à la mer chargé d’une lourde pierre, dans toutes les épreuves, le Seigneur l’accompagnait et le gardait indemne. Il fut ensuite livré aux fauves, mais là encore, le Christ le protégea, et les bêtes vinrent se rouler à ses pieds en le léchant tendrement comme l’auraient fait des animaux domestiques. Restant, quant à lui, plus sauvage que les animaux sans raison, l’empereur ordonna de lier le saint à une roue garnie de lames tranchantes, qu’on ferait dévaler d’un lieu élevé devant toute la ville réunie. De nouveau le Seigneur intervint miraculeusement : Il délivra son serviteur de ses liens et la roue écrasa sur son passage un grand nombre d’infidèles.

Comme Maximien lui demandait de qui il tenait cette puissance et comment il avait été amené à la foi chrétienne, Pantoléon indiqua l’endroit où se cachait Hermolaos, car Dieu lui avait révélé que le temps était venu, pour lui et son maître, de le confesser et de trouver la perfection dans le martyre. Après la mort glorieuse de saint Hermolaos et de ses compagnons, le tyran fit de nouveau comparaître Pantoléon et, prétendant que les martyrs s’étaient soumis, il tenta de le convaincre de sacrifier. Pour toute réponse, le bienheureux demanda à les voir. Comme le souverain répondait qu’il les avait envoyés en mission dans une autre ville, Pantoléon répliqua : « Tu as dit la vérité malgré toi, ô menteur, car ils sont maintenant dans la Jérusalem céleste ! » Constatant qu’il ne pourrait pas vaincre sa résolution, Maximien ordonna alors de le décapiter et de brûler son corps. Le saint parvint avec allégresse au lieu de l’exécution, en dehors de la ville, mais au moment où le bourreau brandissait son glaive, celui-ci fondit comme la cire sous l’action du feu. Devant ce miracle, les soldats présents confessèrent le Nom du Christ. Pantoléon les exhorta cependant à accomplir leur besogne, et il éleva une dernière prière. Une voix céleste lui répondit : « Serviteur fidèle, ton désir va maintenant être comblé, les portes du Ciel te sont ouvertes, ta couronne est préparée. Tu seras désormais le refuge des désespérés, le secours des éprouvés, le médecin des malades et la terreur des démons, c’est pourquoi ton nom ne sera plus Pantoléon, mais Pantéléimon . Il inclina la nuque et, quand sa tête tomba, du lait coula de son cou, son corps devint blanc comme neige, et l’olivier desséché auquel il avait été attaché reverdit soudain et donna des fruits en abondance. Les soldats, à qui on avait donné l’ordre de brûler la dépouille du saint, la remirent à des fidèles qui l’ensevelirent pieusement dans la propriété d’Amantios le Scholastique, et ils allèrent proclamer la Bonne Nouvelle en d’autres lieux. Depuis, les reliques de saint Pantéléimon n’ont cessé de procurer la guérison et la grâce du Christ, le seul Médecin des âmes et des corps, à tous ceux qui s’en approchent avec piété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de St Pantéléimon, ton 3

Victorieux martyr et guérisseur Pantéléimon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion  de St Pantéléimon, ton 5

Imitateur de la suprême Compassion, ayant reçu le pouvoir des guérisons, Athlète vainqueur et Témoin du Christ notre Dieu, par tes prières guéris nos spirituelles maladies, écartant les pierres d’achoppement qu’en tout temps met l’ennemi sous les pas de ceux qui ne cessent de chanter: Seigneur, accorde-nous ton salut.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XXI, 28-32)

Que vous en semble? Un homme avait deux fils; et, s’adressant au premier, il dit: Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. Il répondit: Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit: Je veux bien, seigneur. Et il n’alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père? Ils répondirent: Le premier. Et Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

26 juillet (ancien calendrier) / 7 août (nouveau)

26 juillet (ancien calendrier) / 7 août (nouveau)

Saints Hermolaos, Hermippe et Hermocrate, prêtres à Nicomédie, martyrs (305) ; sainte Parascève de Rome, vierge, martyre (138-161) ; sainte Pompée, reine d’Armorique (Vème s.) et sainte Sève, vierge (VIème s.) ; saint Moïse le hongrois des Grottes de Kiev (1043) ; saint hiéromartyr Serge Strelnikov, prêtre (1937).

 SAINT HERMOLAOS[1]

Saints Hermolaos, prêtresà Nicomédie, martyr (305

Ces saints et glorieux martyrs étaient prêtres à Nicomédie au temps de la persécution de Maximien Galère. S’étant cachés dans une maison, ils avaient pu échapper à la mort lorsque le tyran fit brûler dans leur église vingt mille chrétiens, le jour de la Nativité [28 déc.], et ils continuèrent par la suite leur œuvre apostolique. Quand saint Pantéléimon fut arrêté et comparut devant l’empereur [27 juil.], ce dernier lui demanda qui l’avait instruit dans la foi chrétienne. Le saint, ne sachant pas mentir, répondit que le prêtre Hermolaos était son maître et père spirituel. Des soldats furent aussitôt envoyés à la recherche du saint prêtre qu’ils arrêtèrent en compagnie de saints Hermippe et Hermocrate. Traduits devant le tribunal, ils confessèrent que le Christ est le seul Dieu véritable, incarné pour notre Salut, et se moquèrent des idoles sans vie et de tous ceux qui les adoraient. Un tremblement de terre ayant alors ébranlé la ville, l’empereur fit observer aux saints que c’était un signe de la colère des dieux. Mais ils lui répliquèrent: « Comment des statues qui se sont écroulées pourraient-elles être des dieux ? » En effet, on vint aussitôt avertir le tyran que les idoles s’étaient effondrées sous l’effet du séisme. Au comble de la fureur, Maximien fit ramener saint Pantéléimon en prison, et ordonna de décapiter sur-le-champ Hermolaos et ses compagnons. C’est ainsi qu’ils remportèrent la couronne de la victoire, devançant de peu leur disciple dans les demeures célestes.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire des saints martyrs, ton 3

En fidèles prêtres de celui qui vous procura les biens supérieurs, vous avez parcouru joyeusement la voie du témoignage, saints martyrs Hermippe, Hermocrate et Hermolaus, vous les colonnes soutenant l’Eglise du Christ, sans cesse priez-le, tous les trois, de nous accorder la grâce du salut.

Tropaire de sainte Parascève, ton 1

Ayant rendu ton zèle conforme à ton nom, tu as reçu en héritage la promptitude de la foi, Parascève, martyre victorieuse et bien-nommée; c’est pourquoi tu répands les guérisons et tu intercèdes pour nos âmes.

Kondakion de St Hermolaos, ton 4

Comme prêtre ayant vécu pieusement, tu as reçu la couronne du martyre également, tu as éteint les holocaustes, des faux-adieux et guidé en bon pasteur les ouailles du Christ, tu as compté parmi tes disciples saint Pantéléïmon, et nous, par des hymnes te vénérant, nous chantons: de tout mal, Hermolaos, par tes prières délivre-nous.

Kondakion de Ste Parascève, ton 8

Venez, fidèles, chantons d’une même voix une hymne à Parascève pour ses nobles exploits; sur le monde elle brille par ses miracles, en effet, elle qui dissipa les ténèbres de l’erreur et procure abondante grâce aux fidèles s’écriant: Réjouis-toi, martyre aux multiples combats.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XXI, 23-27)

Et il leur répondit: Il est vrai que vous boirez ma coupe; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé. Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 juillet (ancien calendrier) / 2 août (nouveau)

20 juillet (ancien calendrier) / 2 août (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Élie, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Rorice, évêque de Limoges (507) ; sainte Sévère, abbesse (vers 680) ; saint Abraham de Galitch (1375) ; sainte Salomé de Jérusalem, martyre (XIIIème s.) ; saint Élie le juste de Géorgie, martyr (1907) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Slovtsov (1918), Alexandre Arkhangelsky, Georges Nikitine, Jean Stebline-Kamensky, Serge Gortinsky et Théodore Yakovlev, prêtres, moines Tikhon Kretchkov, Georges Pojarov, Cyrille Viaznikov et martyr Euthyme Gebenchtchikov et Pierre Viaznikov (1930) ; Alexis Znamensky, prêtre (1938) ; moine Théodore Abrosimov (1941).

 

Saint Prophète Élie[1]

Le saint et grand prophète Élie, cet ange dans la chair qui reçut de Dieu le pouvoir d’ouvrir et de fermer les cieux, était originaire de Theshbé en Galaad (auj. Listib au sud du wadi Yabis) . On raconte qu’au moment de sa naissance, son père vit des hommes vêtus de blanc l’envelopper de langes de feu et, lui attribuant son nom, ils lui donnèrent à manger une flamme, symbole du zèle divin qui allait le dévorer pendant toute sa vie. Dès son enfance, il observait rigoureusement tous les commandements de la Loi et se tenait en permanence devant Dieu par une virginité impassible, un jeûne permanent et une prière ardente, qui rendirent son âme comme le feu et firent de lui le modèle de la vie monastique.

Achab ayant accédé au trône du royaume du Nord, qui avait fait schisme depuis Jéroboam, porta à son comble l’impiété et la dépravation de ses prédécesseurs. Encouragé par sa femme, l’exécrable Jézabel, il persécutait les prophètes et tous les hommes qui restaient fidèles à Dieu, et s’adonnait au culte des faux dieux : Baal et Astarté. Le prophète Élie se rendit alors auprès du roi et lui déclara : « Il vit le Seigneur, Dieu des Armées, le Dieu d’Israël, devant lequel je me tiens aujourd’hui ! Non, il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est par une parole de ma bouche ! » À la parole du prophète, une terrible sécheresse s’abattit alors, comme une fièvre, sur la terre : tout fut desséché, dévasté, brûlé. Hommes, femmes, enfants, animaux domestiques et bêtes sauvages, tous mouraient faute de nourriture, les sources tarissaient, les plantes se flétrissaient, et rien n’échappait au fléau que Dieu avait permis, dans l’espoir que la famine porterait le peuple d’Israël au repentir et à la conversion.

Sur ordre de Dieu, le prophète, qui était vêtu d’une peau de mouton et d’un pagne de cuir, quitta le royaume d’Israël et se rendit au torrent de Chorrath (Kerrith), situé au-delà du Jourdain . Il s’abreuvait de l’eau du torrent et le Seigneur lui envoyait des corbeaux — animaux considérés comme impurs par les Juifs et réputés pour leur cruauté envers leur progéniture — pour lui apporter du pain au matin et de la viande le soir, incitant ainsi son prophète à la miséricorde envers le peuple souffrant . Quand le torrent vint à se tarir lui aussi, Dieu envoya son serviteur à Sarepta de Sidon, lui faisant observer au long de la route les effets désastreux de la sécheresse pour l’inviter, encore une fois, à la compassion. Il parvint chez une pauvre veuve païenne, qui était en train de ramasser du bois en vue de faire cuire du pain pour elle et son fils. Malgré la nécessité extrême dans laquelle elle se trouvait, elle mit avant toutes choses les devoirs de l’hospitalité, et dès que le prophète le lui demanda, elle prépara à son intention une galette, avec la farine et l’huile qui lui restait. Elle reçut sans retard la récompense de son hospitalité : à la parole du prophète sa jarre de farine et sa cruche d’huile ne désemplirent pas, jusqu’à ce que la pluie revînt. Élie était hébergé chez cette veuve depuis quelques jours, quand son fils vint à mourir. Comme la femme, dans sa douleur, accusait l’homme de Dieu d’avoir apporté le malheur sur sa maison, Élie prit l’enfant, le monta à l’étage où il demeurait et, après avoir soufflé à trois reprises sur le corps inanimé en invoquant à grands cris le Seigneur, il rendit le jeune garçon vivant à sa mère, prophétisant ainsi la résurrection des morts. La sécheresse affligeait la contrée depuis plus de trois ans, et une grande partie de la population avait déjà été décimée ; mais Dieu, respectant le serment de son prophète, ne voulait pas montrer sa miséricorde avant qu’Élie n’eût compris qu’Il ne désire pas la mort des pécheurs mais qu’ils se convertissent (cf. Éz 33, 11). Il envoya alors le prophète auprès du roi Achab, pour lui annoncer que le fléau allait bientôt cesser. Élie apparut devant le roi stupéfait de voir venir à lui, librement, celui qu’il avait fait rechercher partout, et il l’invita à rassembler tout le peuple d’Israël sur le mont Carmel, pour être témoin de sa confrontation avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bois sacrés entretenus par l’infâme Jézabel. Une fois cette grande assemblée réunie, Élie dit au peuple : « Jusques à quand boiterez-vous sur les deux jarrets ? Si le Seigneur est Dieu, allez à sa suite ! Si c’est Baal, allez à lui ! » Il prescrivit d’apprêter deux taureaux pour le sacrifice et de les placer sur le bûcher, mais sans allumer de feu, et il laissa les faux prophètes sacrifier les premiers. Ceux-ci invoquèrent à grands cris le dieu Baal, en se lacérant, de l’aube jusqu’au soir, mais en vain. Élie se moquait d’eux, les encourageant à crier plus fort, de peur que leur dieu ne fût endormi ou occupé à quelque autre affaire. Le soir venu, le prophète érigea un autel avec douze pierres, représentant les douze tribus d’Israël, creusa un large fossé autour de l’autel, sur lequel il avait placé le taureau dûment dépecé, et il ordonna de verser, à trois reprises, de l’eau en abondance sur la victime, de manière à ce qu’elle remplisse le fossé en débordant. Puis il poussa un grand cri vers le ciel, invoquant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Aussitôt un feu tomba du ciel et dévora l’holocauste, le bois et l’eau. Le peuple entier tomba alors la face contre terre en criant : « Vraiment le Seigneur est le seul Dieu ! » Sur l’ordre d’Élie, on s’empara des faux prophètes, et l’homme de Dieu les égorgea de ses propres mains au torrent de Kisson. Il annonça ensuite à Achab que la sécheresse allait bientôt cesser, puis monta au sommet du Carmel et, se penchant vers la terre, la tête entre les genoux et l’intelligence rassemblée dans son cœur, il se mit en prière. À sept reprises, il envoya son serviteur observer l’horizon, en direction de la mer, et la septième fois un petit nuage apparut, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba en abondance, répandant sur la terre la bénédiction céleste. Quand la reine Jézabel apprit le massacre de ses prophètes, elle entra dans une terrible colère et jura de se venger. Élie, qui n’avait pas craint la foule des faux prophètes, fut abandonné par la grâce de Dieu et, gagné par la pusillanimité, il s’enfuit à Bersabée dans la terre de Juda. Épuisé par sa marche dans le désert, il s’assit à l’ombre d’un arbre et demanda à Dieu de reprendre sa vie. Un ange du Seigneur lui apparut alors, et lui présenta une galette de pain et une cruche d’eau. Revigoré par cette assistance divine, il put marcher quarante jours dans le désert, jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb . Il entra dans le creux du rocher où Moïse s’était jadis caché, et Dieu lui adressa, de nuit, la parole. Élie répondit : « Je suis rempli de zèle jaloux pour le Seigneur tout-puissant, car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, abattu tes autels et tué tes prophètes ; et je suis resté tout seul et ils cherchent à m’enlever la vie. » Dieu lui ordonna de sortir et de se tenir sur la montagne pour le voir. Il y eut alors un violent ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Après le feu, on perçut le bruit d’une brise légère. Dès qu’il l’entendit, Élie se voila la face de son manteau et se tint sous la grotte, car Dieu était dans la brise légère . Le Seigneur lui affirma que, loin d’être le seul juste, sept mille autres Israélites n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal, et Il lui ordonna de s’en retourner par le même chemin conférer l’onction royale à Hazaèl, comme roi de Syrie, et à Jéhu, comme roi d’Israël, puis d’oindre Élisée pour successeur. Ayant trouvé Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs, Élie jeta sur lui son manteau et fit de lui son disciple [14 juin]. Le roi Achab continuait cependant à commettre des actes d’impiété, et il s’était accaparé la vigne de Nabot d’Yizréel, en le faisant mourir sur le conseil de Jézabel. Le prophète Élie, qui était resté dans le silence pendant quelque temps, fut envoyé par le Seigneur à Samarie et dit au roi : « À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi, et les prostituées se vautreront dans ton sang. » Il ajouta que le malheur allait s’abattre sur toute la maison d’Achab et que les chiens dévoreraient le corps de Jézabel sur l’avant-mur d’Yizréel. À ces mots, le roi fut saisi de componction : il déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac et observa un jeûne. Le Seigneur regarda avec faveur son repentir et annonça par son prophète qu’Il ne donnerait libre cours à sa colère que sous le règne de son fils. Achab mourut peu après, et son fils Ochozias, homme superstitieux, prit le pouvoir. Étant tombé malade, il envoya des messagers en quête d’un oracle auprès de Baal Zéboud à Éqron (Akkaron). Le prophète Élie se présenta devant les messagers, annonçant que le roi ne se relèverait pas. Quand ils transmirent ce message, en donnant la description du prophète, le roi, comprenant qu’il s’agissait d’Élie, envoya une troupe de cinquante hommes pour l’arrêter. Mais à deux reprises, sur l’injonction du prophète, un feu descendit du ciel et dévora les soldats. Le troisième officier, l’ayant supplié de l’épargner, Élie obtempéra et se rendit auprès du roi, lui annonçant de vive voix qu’il allait périr, parce qu’il avait eu recours aux faux dieux. Ochozias mourut effectivement peu de jours après, et son frère Joram devint roi d’Israël. Pendant les douze années de son règne, il fit supprimer le culte de Baal, mais ne mit pas fin au péché de Jéroboam, qui avait provoqué le schisme dans le peuple de Dieu et avait encouragé l’idolâtrie. C’est pourquoi Dieu fit venir le malheur sur sa maison et réalisa la prophétie prononcée par Élie au temps d’Achab : Jéhu s’empara du pouvoir, à la suite d’une conspiration contre Joram et, entrant dans la ville d’Yizréel, il fit mettre à mort Jézabel en la précipitant du haut d’une fenêtre. Son sang éclaboussa le mur et les chiens dévorèrent son corps avant qu’on n’ait pu l’ensevelir. Au bout de quinze ans de ministère prophétique, ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Élie se rendit de Galgal à Béthel, accompagné d’Élisée qui refusait de quitter son maître. De là, ils se rendirent à Jéricho. Arrivé sur la rive du Jourdain, Élie prit son manteau de peau de mouton, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent pour les laisser passer à pied sec. Élisée lui ayant demandé de recevoir double part de son esprit prophétique, Élie répondit : « Si tu me vois pendant que je serai enlevé au ciel, il en sera ainsi pour toi. »  Alors qu’ils marchaient ainsi dans le désert en devisant, un char de feu tiré par des chevaux flamboyants apparut entre eux. Élie monta dans le char et fut emporté comme au ciel , dans un tourbillon, tandis qu’Élisée criait : « Père, père, char d’Israël et son attelage ! » Il saisit le manteau du prophète, qui était tombé sur lui, et frappant les eaux à deux reprises, il put traverser le Jourdain, salué par les fils des prophètes qui criaient : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! »   En étant ainsi enlevé dans les hauteurs avec son corps, le prophète Élie préfigurait l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, et par l’envoi de son manteau sur son disciple, il annonçait la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte. Représentant éminent de l’ordre prophétique et parvenu par son zèle au sommet de la vertu, Élie fut jugé digne de voir, face à face, la gloire du Dieu incarné, en compagnie de Moïse et des trois Apôtres, le jour de la Transfiguration (cf. Mt 17), qui annonçait le Second Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. En descendant du Thabor, les disciples demandèrent au Seigneur si Élie devait venir avant la résurrection des morts pour rétablir toutes choses, comme l’enseignent les prophètes (Mal  3, 23). Le Christ leur répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu, mais l’ont traité à leur guise », en faisant allusion à saint Jean-Baptiste qui était venu préparer sa venue, avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1, 17). De même que Jean fut le Précurseur du premier avènement dans la chair du Fils de Dieu, ainsi Élie sera, croit-on, le précurseur de son second et glorieux Avènement, à la fin des temps .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Élie , ton 4

L’ange dans la chair, le glorieux Élie, le socle des prophètes divins, le second précurseur de la venue du Christ, celui qui du ciel envoie la grâce sur Elisée, chasse au loin les maladies et purifie les lépreux; sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

Kondakion du prophète Élie, ton 2

Prophète au nom sublime, saint Elie, toi qui vis d’avance les hauts faits de notre Dieu et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

Évangile DU JOUR

(Lc IV, 22-30)

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

27 juillet

27 juillet

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305) ; sainte Anthuse, martyrisée pour les saintes Icônes avec 90 moniales en Paphlagonie (VIIIème s.) ; saint Désiré, évêque de Besançon (414) ; saint Ours, évêque de Troyes (vers 426) ; saint Éthère, évêque d’Auxerre (571) ; saints Ours et Leubais, ermites et abbés en Touraine (VIème s.) ; saint Clément, évêque d’Ohrid, diciple de saint Naum (vers 893) ; saint Clément, égal-aux-apôtres, évêque d’Ohrid (916) ; saint Nahum, Sabbas, Gorazd et Angelar, disciples de saints Cyrille et Méthode (Xème s.) ; saint Nicolas, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Joasaph, métropolite de Moscou (1555) ; saint Germain de l’Alaska (1837) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ambroise, évêque de Sarapoul, Platon Gornykh et Pantéléimon Bogoyavlensky, prêtres (1918) ; Jean Soloviev, prêtre (1941).

 

SAINT PANTÉLÉIMON[1]

Le saint et glorieux martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d’un sénateur païen, Eustorgios, et d’une chrétienne, Euboulée, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l’art médical, au point que l’empereur Maximien Galère, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel. Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché saint Hermolaos [26 juil.], le saint prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l’invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu’un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement. Le cœur exultant de joie à l’audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi. Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d’éprouver la vérité des promesses d’Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l’enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le saint baptême. Il resta ensuite auprès du saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu’il était resté au palais, occupé par la guérison d’un homme proche de l’empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n’en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu’il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l’aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l’homme retrouva l’usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l’âme, car il reconnut que le Christ l’avait guéri. Il fut baptisé par saint Hermolaos, en compagnie d’Eustorgios, qui s’endormit en paix peu après.

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s’adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies . Les autres médecins de Nicomédie se mirent à nourrir à son égard des sentiments de jalousie, et comme il avait soigné un chrétien qui venait d’être torturé par ordre de l’empereur, ils saisirent l’occasion pour aller le dénoncer à Maximien. Ayant écouté avec tristesse leur plainte contre son protégé, l’empereur fit convoquer l’ex-aveugle et l’interrogea sur le moyen qu’avait employé Pantoléon pour lui rendre la vue. Tel l’aveugle-né de l’Évangile, l’homme répondit avec simplicité qu’il l’avait guéri en invoquant le Nom du Christ et que ce miracle lui avait procuré la vraie lumière, celle de la foi. Furieux, l’empereur le fit aussitôt décapiter et envoya ses hommes quérir Pantoléon. Lorsque le saint fut devant lui, il lui reprocha d’avoir trahi sa confiance, et l’accusa de faire injure à Asclépios et aux autres dieux par sa foi au Christ, un homme qui était mort crucifié. Le saint lui répondit que la foi et la piété envers le vrai Dieu sont supérieures à toutes les richesses et à tous les honneurs de ce monde de vanité, et pour appuyer ses dires il proposa à Maximien de le mettre à l’épreuve. On amena donc un paralytique, sur lequel les prêtres païens firent d’abord leurs incantations, saluées par les moqueries du saint. Leurs efforts étant restés sans effet, Pantoléon fit monter vers Dieu sa prière et prenant le paralytique par la main, il le releva au Nom du Christ. De nombreux païens, voyant l’homme marcher en exultant de joie, crurent alors au vrai Dieu, tandis que les prêtres païens pressaient l’empereur de mettre à mort ce dangereux rival. Comme Maximien lui rappelait les tortures infligées quelque temps auparavant à saint Anthime [3 sept.], Pantoléon répliqua que si un vieillard avait montré un tel courage, à plus forte raison, les jeunes devaient se montrer vaillants dans l’épreuve. Ni flatteries ni menaces ne pouvant le résoudre, le tyran le livra à la torture. Attaché à un poteau, on lui lacéra les flancs avec des ongles de fer, puis on lui passa des torches enflammées sur les plaies. Mais le Christ, apparaissant au saint martyr sous les traits de son père spirituel saint Hermolaos, lui dit : « Ne crains rien, mon enfant, car je suis avec toi, et je te porterai secours en tout ce que tu souffriras pour moi. » Aussitôt les torches s’éteignirent et les plaies du saint se trouvèrent guéries. Par la suite, qu’il soit plongé dans du plomb fondu ou jeté à la mer chargé d’une lourde pierre, dans toutes les épreuves, le Seigneur l’accompagnait et le gardait indemne. Il fut ensuite livré aux fauves, mais là encore, le Christ le protégea, et les bêtes vinrent se rouler à ses pieds en le léchant tendrement comme l’auraient fait des animaux domestiques. Restant, quant à lui, plus sauvage que les animaux sans raison, l’empereur ordonna de lier le saint à une roue garnie de lames tranchantes, qu’on ferait dévaler d’un lieu élevé devant toute la ville réunie. De nouveau le Seigneur intervint miraculeusement : Il délivra son serviteur de ses liens et la roue écrasa sur son passage un grand nombre d’infidèles.

Comme Maximien lui demandait de qui il tenait cette puissance et comment il avait été amené à la foi chrétienne, Pantoléon indiqua l’endroit où se cachait Hermolaos, car Dieu lui avait révélé que le temps était venu, pour lui et son maître, de le confesser et de trouver la perfection dans le martyre. Après la mort glorieuse de saint Hermolaos et de ses compagnons, le tyran fit de nouveau comparaître Pantoléon et, prétendant que les martyrs s’étaient soumis, il tenta de le convaincre de sacrifier. Pour toute réponse, le bienheureux demanda à les voir. Comme le souverain répondait qu’il les avait envoyés en mission dans une autre ville, Pantoléon répliqua : « Tu as dit la vérité malgré toi, ô menteur, car ils sont maintenant dans la Jérusalem céleste ! » Constatant qu’il ne pourrait pas vaincre sa résolution, Maximien ordonna alors de le décapiter et de brûler son corps. Le saint parvint avec allégresse au lieu de l’exécution, en dehors de la ville, mais au moment où le bourreau brandissait son glaive, celui-ci fondit comme la cire sous l’action du feu. Devant ce miracle, les soldats présents confessèrent le Nom du Christ. Pantoléon les exhorta cependant à accomplir leur besogne, et il éleva une dernière prière. Une voix céleste lui répondit : « Serviteur fidèle, ton désir va maintenant être comblé, les portes du Ciel te sont ouvertes, ta couronne est préparée. Tu seras désormais le refuge des désespérés, le secours des éprouvés, le médecin des malades et la terreur des démons, c’est pourquoi ton nom ne sera plus Pantoléon, mais Pantéléimon . Il inclina la nuque et, quand sa tête tomba, du lait coula de son cou, son corps devint blanc comme neige, et l’olivier desséché auquel il avait été attaché reverdit soudain et donna des fruits en abondance. Les soldats, à qui on avait donné l’ordre de brûler la dépouille du saint, la remirent à des fidèles qui l’ensevelirent pieusement dans la propriété d’Amantios le Scholastique, et ils allèrent proclamer la Bonne Nouvelle en d’autres lieux. Depuis, les reliques de saint Pantéléimon n’ont cessé de procurer la guérison et la grâce du Christ, le seul Médecin des âmes et des corps, à tous ceux qui s’en approchent avec piété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de St Pantéléimon, ton 3

Victorieux martyr et guérisseur Pantéléimon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion  de St Pantéléimon, ton 5

Imitateur de la suprême Compassion, ayant reçu le pouvoir des guérisons, Athlète vainqueur et Témoin du Christ notre Dieu, par tes prières guéris nos spirituelles maladies, écartant les pierres d’achoppement qu’en tout temps met l’ennemi sous les pas de ceux qui ne cessent de chanter: Seigneur, accorde-nous ton salut.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 24-28)
Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme? Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 juillet

20 juillet

 Saint Élie, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Rorice, évêque de Limoges (507) ; sainte Sévère, abbesse (vers 680) ; saint Abraham de Galitch (1375) ; sainte Salomé de Jérusalem, martyre (XIIIème s.) ; saint Élie le juste de Géorgie, martyr (1907) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Slovtsov (1918), Alexandre Arkhangelsky, Georges Nikitine, Jean Stebline-Kamensky, Serge Gortinsky et Théodore Yakovlev, prêtres, moines Tikhon Kretchkov, Georges Pojarov, Cyrille Viaznikov et martyr Euthyme Gebenchtchikov et Pierre Viaznikov (1930) ; Alexis Znamensky, prêtre (1938) ; moine Théodore Abrosimov (1941).

 

SAINTE ProphÈte Élie[1]

Le saint et grand prophète Élie, cet ange dans la chair qui reçut de Dieu le pouvoir d’ouvrir et de fermer les cieux, était originaire de Theshbé en Galaad (auj. Listib au sud du wadi Yabis) . On raconte qu’au moment de sa naissance, son père vit des hommes vêtus de blanc l’envelopper de langes de feu et, lui attribuant son nom, ils lui donnèrent à manger une flamme, symbole du zèle divin qui allait le dévorer pendant toute sa vie. Dès son enfance, il observait rigoureusement tous les commandements de la Loi et se tenait en permanence devant Dieu par une virginité impassible, un jeûne permanent et une prière ardente, qui rendirent son âme comme le feu et firent de lui le modèle de la vie monastique.

Achab ayant accédé au trône du royaume du Nord, qui avait fait schisme depuis Jéroboam, porta à son comble l’impiété et la dépravation de ses prédécesseurs. Encouragé par sa femme, l’exécrable Jézabel, il persécutait les prophètes et tous les hommes qui restaient fidèles à Dieu, et s’adonnait au culte des faux dieux : Baal et Astarté. Le prophète Élie se rendit alors auprès du roi et lui déclara : « Il vit le Seigneur, Dieu des Armées, le Dieu d’Israël, devant lequel je me tiens aujourd’hui ! Non, il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est par une parole de ma bouche ! » À la parole du prophète, une terrible sécheresse s’abattit alors, comme une fièvre, sur la terre : tout fut desséché, dévasté, brûlé. Hommes, femmes, enfants, animaux domestiques et bêtes sauvages, tous mouraient faute de nourriture, les sources tarissaient, les plantes se flétrissaient, et rien n’échappait au fléau que Dieu avait permis, dans l’espoir que la famine porterait le peuple d’Israël au repentir et à la conversion.

Sur ordre de Dieu, le prophète, qui était vêtu d’une peau de mouton et d’un pagne de cuir, quitta le royaume d’Israël et se rendit au torrent de Chorrath (Kerrith), situé au-delà du Jourdain . Il s’abreuvait de l’eau du torrent et le Seigneur lui envoyait des corbeaux — animaux considérés comme impurs par les Juifs et réputés pour leur cruauté envers leur progéniture — pour lui apporter du pain au matin et de la viande le soir, incitant ainsi son prophète à la miséricorde envers le peuple souffrant . Quand le torrent vint à se tarir lui aussi, Dieu envoya son serviteur à Sarepta de Sidon, lui faisant observer au long de la route les effets désastreux de la sécheresse pour l’inviter, encore une fois, à la compassion. Il parvint chez une pauvre veuve païenne, qui était en train de ramasser du bois en vue de faire cuire du pain pour elle et son fils. Malgré la nécessité extrême dans laquelle elle se trouvait, elle mit avant toutes choses les devoirs de l’hospitalité, et dès que le prophète le lui demanda, elle prépara à son intention une galette, avec la farine et l’huile qui lui restait. Elle reçut sans retard la récompense de son hospitalité : à la parole du prophète sa jarre de farine et sa cruche d’huile ne désemplirent pas, jusqu’à ce que la pluie revînt. Élie était hébergé chez cette veuve depuis quelques jours, quand son fils vint à mourir. Comme la femme, dans sa douleur, accusait l’homme de Dieu d’avoir apporté le malheur sur sa maison, Élie prit l’enfant, le monta à l’étage où il demeurait et, après avoir soufflé à trois reprises sur le corps inanimé en invoquant à grands cris le Seigneur, il rendit le jeune garçon vivant à sa mère, prophétisant ainsi la résurrection des morts.

La sécheresse affligeait la contrée depuis plus de trois ans, et une grande partie de la population avait déjà été décimée ; mais Dieu, respectant le serment de son prophète, ne voulait pas montrer sa miséricorde avant qu’Élie n’eût compris qu’Il ne désire pas la mort des pécheurs mais qu’ils se convertissent (cf. Éz 33, 11). Il envoya alors le prophète auprès du roi Achab, pour lui annoncer que le fléau allait bientôt cesser. Élie apparut devant le roi stupéfait de voir venir à lui, librement, celui qu’il avait fait rechercher partout, et il l’invita à rassembler tout le peuple d’Israël sur le mont Carmel, pour être témoin de sa confrontation avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bois sacrés entretenus par l’infâme Jézabel. Une fois cette grande assemblée réunie, Élie dit au peuple : « Jusques à quand boiterez-vous sur les deux jarrets ? Si le Seigneur est Dieu, allez à sa suite ! Si c’est Baal, allez à lui ! » Il prescrivit d’apprêter deux taureaux pour le sacrifice et de les placer sur le bûcher, mais sans allumer de feu, et il laissa les faux prophètes sacrifier les premiers. Ceux-ci invoquèrent à grands cris le dieu Baal, en se lacérant, de l’aube jusqu’au soir, mais en vain. Élie se moquait d’eux, les encourageant à crier plus fort, de peur que leur dieu ne fût endormi ou occupé à quelque autre affaire. Le soir venu, le prophète érigea un autel avec douze pierres, représentant les douze tribus d’Israël, creusa un large fossé autour de l’autel, sur lequel il avait placé le taureau dûment dépecé, et il ordonna de verser, à trois reprises, de l’eau en abondance sur la victime, de manière à ce qu’elle remplisse le fossé en débordant. Puis il poussa un grand cri vers le ciel, invoquant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Aussitôt un feu tomba du ciel et dévora l’holocauste, le bois et l’eau. Le peuple entier tomba alors la face contre terre en criant : « Vraiment le Seigneur est le seul Dieu ! » Sur l’ordre d’Élie, on s’empara des faux prophètes, et l’homme de Dieu les égorgea de ses propres mains au torrent de Kisson. Il annonça ensuite à Achab que la sécheresse allait bientôt cesser, puis monta au sommet du Carmel et, se penchant vers la terre, la tête entre les genoux et l’intelligence rassemblée dans son cœur, il se mit en prière. À sept reprises, il envoya son serviteur observer l’horizon, en direction de la mer, et la septième fois un petit nuage apparut, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba en abondance, répandant sur la terre la bénédiction céleste.

Quand la reine Jézabel apprit le massacre de ses prophètes, elle entra dans une terrible colère et jura de se venger. Élie, qui n’avait pas craint la foule des faux prophètes, fut abandonné par la grâce de Dieu et, gagné par la pusillanimité, il s’enfuit à Bersabée dans la terre de Juda. Épuisé par sa marche dans le désert, il s’assit à l’ombre d’un arbre et demanda à Dieu de reprendre sa vie. Un ange du Seigneur lui apparut alors, et lui présenta une galette de pain et une cruche d’eau. Revigoré par cette assistance divine, il put marcher quarante jours dans le désert, jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb . Il entra dans le creux du rocher où Moïse s’était jadis caché, et Dieu lui adressa, de nuit, la parole. Élie répondit : « Je suis rempli de zèle jaloux pour le Seigneur tout-puissant, car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, abattu tes autels et tué tes prophètes ; et je suis resté tout seul et ils cherchent à m’enlever la vie. » Dieu lui ordonna de sortir et de se tenir sur la montagne pour le voir. Il y eut alors un violent ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Après le feu, on perçut le bruit d’une brise légère. Dès qu’il l’entendit, Élie se voila la face de son manteau et se tint sous la grotte, car Dieu était dans la brise légère . Le Seigneur lui affirma que, loin d’être le seul juste, sept mille autres Israélites n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal, et Il lui ordonna de s’en retourner par le même chemin conférer l’onction royale à Hazaèl, comme roi de Syrie, et à Jéhu, comme roi d’Israël, puis d’oindre Élisée pour successeur. Ayant trouvé Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs, Élie jeta sur lui son manteau et fit de lui son disciple [14 juin].

Le roi Achab continuait cependant à commettre des actes d’impiété, et il s’était accaparé la vigne de Nabot d’Yizréel, en le faisant mourir sur le conseil de Jézabel. Le prophète Élie, qui était resté dans le silence pendant quelque temps, fut envoyé par le Seigneur à Samarie et dit au roi : « À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi, et les prostituées se vautreront dans ton sang. » Il ajouta que le malheur allait s’abattre sur toute la maison d’Achab et que les chiens dévoreraient le corps de Jézabel sur l’avant-mur d’Yizréel. À ces mots, le roi fut saisi de componction : il déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac et observa un jeûne. Le Seigneur regarda avec faveur son repentir et annonça par son prophète qu’Il ne donnerait libre cours à sa colère que sous le règne de son fils.

Achab mourut peu après, et son fils Ochozias, homme superstitieux, prit le pouvoir. Étant tombé malade, il envoya des messagers en quête d’un oracle auprès de Baal Zéboud à Éqron (Akkaron). Le prophète Élie se présenta devant les messagers, annonçant que le roi ne se relèverait pas. Quand ils transmirent ce message, en donnant la description du prophète, le roi, comprenant qu’il s’agissait d’Élie, envoya une troupe de cinquante hommes pour l’arrêter. Mais à deux reprises, sur l’injonction du prophète, un feu descendit du ciel et dévora les soldats. Le troisième officier, l’ayant supplié de l’épargner, Élie obtempéra et se rendit auprès du roi, lui annonçant de vive voix qu’il allait périr, parce qu’il avait eu recours aux faux dieux. Ochozias mourut effectivement peu de jours après, et son frère Joram devint roi d’Israël. Pendant les douze années de son règne, il fit supprimer le culte de Baal, mais ne mit pas fin au péché de Jéroboam, qui avait provoqué le schisme dans le peuple de Dieu et avait encouragé l’idolâtrie. C’est pourquoi Dieu fit venir le malheur sur sa maison et réalisa la prophétie prononcée par Élie au temps d’Achab : Jéhu s’empara du pouvoir, à la suite d’une conspiration contre Joram et, entrant dans la ville d’Yizréel, il fit mettre à mort Jézabel en la précipitant du haut d’une fenêtre. Son sang éclaboussa le mur et les chiens dévorèrent son corps avant qu’on n’ait pu l’ensevelir.

Au bout de quinze ans de ministère prophétique, ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Élie se rendit de Galgal à Béthel, accompagné d’Élisée qui refusait de quitter son maître. De là, ils se rendirent à Jéricho. Arrivé sur la rive du Jourdain, Élie prit son manteau de peau de mouton, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent pour les laisser passer à pied sec. Élisée lui ayant demandé de recevoir double part de son esprit prophétique, Élie répondit : « Si tu me vois pendant que je serai enlevé au ciel, il en sera ainsi pour toi. »  Alors qu’ils marchaient ainsi dans le désert en devisant, un char de feu tiré par des chevaux flamboyants apparut entre eux. Élie monta dans le char et fut emporté comme au ciel , dans un tourbillon, tandis qu’Élisée criait : « Père, père, char d’Israël et son attelage ! » Il saisit le manteau du prophète, qui était tombé sur lui, et frappant les eaux à deux reprises, il put traverser le Jourdain, salué par les fils des prophètes qui criaient : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! »

En étant ainsi enlevé dans les hauteurs avec son corps, le prophète Élie préfigurait l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, et par l’envoi de son manteau sur son disciple, il annonçait la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte .

Représentant éminent de l’ordre prophétique et parvenu par son zèle au sommet de la vertu, Élie fut jugé digne de voir, face à face, la gloire du Dieu incarné, en compagnie de Moïse et des trois Apôtres, le jour de la Transfiguration (cf. Mt 17), qui annonçait le Second Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. En descendant du Thabor, les disciples demandèrent au Seigneur si Élie devait venir avant la résurrection des morts pour rétablir toutes choses, comme l’enseignent les prophètes (Mal  3, 23). Le Christ leur répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu, mais l’ont traité à leur guise », en faisant allusion à saint Jean-Baptiste qui était venu préparer sa venue, avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1, 17). De même que Jean fut le Précurseur du premier avènement dans la chair du Fils de Dieu, ainsi Élie sera, croit-on, le précurseur de son second et glorieux Avènement, à la fin des temps .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du prophète Élie , ton 4

L’ange dans la chair, le glorieux Élie, le socle des prophètes divins, le second précurseur de la venue du Christ, celui qui du ciel envoie la grâce sur Elisée, chasse au loin les maladies et purifie les lépreux; sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

 

Kondakion du prophète Élie, ton 2

Prophète au nom sublime, saint Elie, toi qui vis d’avance les hauts faits de notre Dieu et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

 

 

Évangile DU JOUR

(Lc IV, 22-30)

 

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Manuel, Sabel et Ismaël, martyrs à Constantinople (362) ; saint Isaure et ses compagnons : saints Basile, Innocent, Félix, Hermias et Pérégrin, martyrs en Macédoine (vers 300) ; saint Antide, évêque de Besançon, martyr (411) ; saint Hypatios, higoumène du monastère de Rufinianes en Chalcédoine (446) ; saint Avit, abbé de Micy (vers 530) ; saint Hervé, abbé en Bretagne (568) ; saint Vérédème, évêque d’Avignon (720) ; saint Chalva le nouveau, prince d’Akhaltsikhé, martyr (1227) ; saint néomartyrs de Russie : Aberce Severovostokov, prêtre (1918) ; Maxime Popov, moine, confesseur (1934) ; martyre Pélagie Balakirev (1943).

SAINTS MARTYRS MANUEL, SABEL ET ISMAËL

Ces glorieux martyrs étaient trois frères d’une noble famille perse. Instruits par leur mère dans la doctrine chrétienne et confiés à un prêtre, Eunoïkos, pour leur éducation, ils menaient une vie pieuse. Ils n’en étaient pas moins honorés à la cour du roi Batanus, si bien que, lorsque Julien l’Apostat envoya en Perse des propositions de paix (362), le roi les choisit pour se rendre à Constantinople comme ambassadeurs.
Ils furent reçus avec de grands égards et Julien les invita à se joindre à lui et à sa cour, pour aller assister, près de Chalcédoine, à des fêtes somptueuses, au cours desquelles devaient être offerts des sacrifices aux dieux. Tous prirent part au sacrifice, exceptés les trois jeunes ambassadeurs perses qui, se détournant avec mépris de cette démonstration d’impiété, s’étaient retirés dans un coin, pour prier Dieu avec larmes d’accorder la lumière de sa connaissance à ceux qui gisaient dans les ténèbres. Comme un chambellan était venu les sommer de participer au sacrifice, ils répondirent que leur mission était de négocier la paix entre les deux royaumes et aucunement de donner leur caution à l’Apostat en reniant leur foi. Informé de cette résistance inattendue de la part de Perses, Julien les fit emprisonner sur-le-champ et, le lendemain, ils comparurent devant lui. Il essaya d’abord de les convaincre par des flatteries, vantant le culte du feu et du soleil en faveur chez les Perses mazdéens. Mais les trois jeunes gens répondirent, par l’entremise d’un traducteur, qu’ils étaient disciples de Jésus-Christ et que, pour rien au monde, ils n’accepteraient de retourner au culte insensé de leurs ancêtres en se détournant du Créateur pour adorer les créatures. Furieux, Julien les fit fustiger par quatre soldats, puis, après les avoir fait clouer par les mains à un poteau, il ordonna qu’on leur lacérât le corps avec des ongles de fer. L’esprit fixé sur la Passion du Christ, les saints martyrs priaient le Seigneur de leur faire endurer la souffrance avec patience, et aussitôt, un ange apparut pour guérir leurs plaies et les revigorer. Quand ils se présentèrent de nouveau devant le tyran, ils déclarèrent qu’ils étaient prêts à endurer toute torture comme joie et délice. Julien prit alors Sabel et Ismaël à part et essaya de les attirer en accusant leur frère ; mais, ayant œuvré en vain, il les renvoya aux bourreaux pour qu’ils leur brûlent les côtes avec des torches. Ne ressentant aucun mal, tant leur joie était grande de participer à la Passion du Christ, les saints continuèrent de proclamer à haute voix la puissance du Sauveur. L’empereur se tourna alors vers Manuel, mais le saint, refusant même de prêter la moindre attention à ses menaces, lui dit : « Pourquoi te donnes-tu ainsi de la peine, insensé ? Inutile d’essayer de nous séparer, nous sommes tous les trois unis par la foi en la Sainte Trinité, et ce que l’un d’entre nous déclare est la conviction inébranlable des deux autres. Rien ne pourra nous faire changer. Nous n’échangerons pas les biens éternels pour ce qui est vain et transitoire ! » Réalisant qu’il n’obtiendrait rien et qu’il risquait de provoquer de nombreuses conversions parmi les siens, Julien ordonna de lui brûler les aisselles, puis de le lier fortement avec des roseaux et de le percer de flèches. Il prescrivit ensuite à ses bourreaux d’enfoncer des clous dans le crâne et les omoplates des trois martyrs, puis de leur enfiler des roseaux sous les ongles, avant de les décapiter et de jeter finalement leurs corps au feu. On les conduisit alors à l’extérieur de la ville de Constantinople, dans un lieu escarpé, situé à l’est du mur de Constantin, et, après avoir élevé vers le Christ une prière d’action de grâces, à laquelle répondit une voix céleste, ils furent exécutés. Dès qu’ils rendirent leur dernier soupir, la terre s’ouvrit et garda leur corps pendant deux jours, à l’abri des recherches des païens ; puis ils réapparurent miraculeusement et les chrétiens qui attendaient sur place purent les ensevelir dignement. Par la suite, une église fut érigée au-dessus de leur tombeau, dans laquelle les saints accomplissaient de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 3
La sizaine et le trio des saints martyrs ont mis en fuite les phalanges ennemies: ce sont Isaure, Félix et Pérégrin, Basile, Hermias et Innocent, avec Ismaël, le bienheureux Sabel et l’illustre Manuel; ayant témoigné pour le Seigneur, ils ont reçu la récompense des vainqueurs.

Kondakion, ton 2
Immolés pour votre foi dans le Christ, ayant bu son calice, Bienheureux, à terre vous avez abattu l’audace des Perses et leur culte du feu; en nombre égal à celui de la sainte Trinité, vous intercédez en sa présence pour nous tous.

Évangile DU JOUR
(Matth. XII, 1-8)
En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat. Mais Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls? Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables? Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.

14 juin (ancien calendrier) / 27 juin (nouveau)

14 juin (ancien calendrier) / 27 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Élisée, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Méthode, patriarche de Constantinople, confesseur (847) ; saint Mstislav baptisé Georges, prince de Novgorod (1180) ; saint Méthode, higoumène de Pechnocha (XIVème s.) ; saint Élisée de Soumy (XVème-XVIème s.) ; saints Valère et Rufin, martyrs à Bazoche (287) ; saint Éthère, évêque de Vienne (VII°) ; saint Psalmode (ou Sayman), anachorète dans le Limousin (VIIème s.) ; saint Agrice, évêque de Sens (Vème s.)

SAINT PROPHÈTE ÉLISÉE
Le saint prophète Élisée, dont le nom signifie « Dieu est salut », était fils d’un riche cultivateur d’Abel-Mehola dans la vallée du Jourdain. Un jour qu’il labourait avec douze paires de bœufs, le saint prophète Élie [20 juil.] s’approcha et jeta sur lui sa mélote , signifiant par cet acte qu’il l’instituait son disciple et l’héritier de son charisme prophétique. Élisée immola deux bœufs et se servit de leur attelage pour les brûler en sacrifice au Seigneur. Puis, renonçant à tout et sans aller dire adieu aux siens, il suivit Élie et se fit son serviteur dévoué. Quand Élie eut achevé sa mission, Élisée insista pour le suivre jusqu’au lieu où il devait être enlevé au ciel, et il demanda à son maître de lui léguer une double part de son esprit prophétique. Un char de feu apparut, et Élie monta au ciel dans un tourbillon, laissant glisser à terre son manteau. Élisée le prit et revint sur la rive du Jourdain. Il frappa les eaux en invoquant le « Dieu d’Élie », et les eaux se divisèrent d’un côté et de l’autre pour le laisser traverser à pied sec. La congrégation des frères prophètes vint alors se prosterner devant lui, disant : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! » Élisée accomplit son ministère prophétique pendant environ cinquante ans (850-800 av. J.-C.), dans le royaume de Samarie, sous les règnes successifs de Joram, Jéhu, Joachaz et Joas. Il exhortait inlassablement les Israélites : rois, puissants et gens du peuple, à se détourner des dieux étrangers, Baal et Astarté, pour retourner au culte du seul vrai Dieu. Certains prophètes prêchèrent par des paroles et des visions, d’autres par leurs souffrances et leurs tribulations, Élisée, lui, comme son maître, manifesta la véracité de sa prédication par des miracles. L’Esprit de Dieu était en lui « puissance » qui renversait les lois naturelles pour témoigner de la grâce accordée à ceux qui adhèrent au vrai Dieu, et annonçait ainsi, en figure, l’œuvre du Sauveur. Le prophète assainit par du sel les eaux d’une fontaine près de Jéricho, multiplia la réserve d’huile d’une pauvre veuve pour lui permettre de s’acquitter de ses dettes, transforma du potage amer en une soupe délicieuse pour nourrir les frères prophètes, et multipliant vingt pains d’orge, il nourrit plus de cent personnes. Chaque fois qu’il passait à Sumen, l’homme de Dieu était hébergé chez une femme de qualité. Un jour, le fils qu’elle avait obtenu grâce aux prières d’Élisée, vint à mourir. Elle alla en hâte rejoindre le prophète au mont Carmel et le supplia de venir auprès du défunt. Élisée le trouva étendu sur son propre lit et, alors que le miracle aurait pu s’accomplir par sa seule prière, il s’étendit sur l’enfant, mettant sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux, ses mains contre ses mains, et il lui insuffla un souffle de vie. Par cet acte, le prophète figurait l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ qui est descendu du ciel, pour se proportionner à la mesure de l’homme, mort par le péché, et lui insuffler son Esprit de vie éternelle. Par la suite, Élisée engagea la même Sunamite à fuir le royaume d’Israël et à se rendre dans le pays des Philistins, afin d’échapper à une famine qui allait durer sept années. Une autre fois, un des frères prophètes, qui était au travail au bord du Jourdain, laissa tomber le fer de sa hache dans le fleuve. À sa prière, Élisée prit un morceau de bois, le jeta à cet endroit et fit surgir le fer, annonçant ainsi en figure la vertu de la Croix qui relève la nature humaine déchue. Illuminé par la grâce de Dieu, le regard d’Élisée était si pénétrant qu’il dévoilait aux rois d’Israël et à leurs alliés, les plans du roi d’Assyrie. Et chaque fois que celui-ci voulait dresser une embuscade aux Israélites, il les trouvait déjà en place et prêts au combat. Dans Samarie assiégée par les Syriens et aux prises avec la famine, l’homme de Dieu annonça la prochaine délivrance au roi qui était prêt à blasphémer. Le lendemain, on découvrit que l’armée ennemie avait décampé, à la suite d’une vision terrifiante, laissant derrière elle toutes ses réserves et un immense butin. Non content de prophétiser pour les Israélites, le prophète Élisée exerça aussi son ministère envers les païens. Il prédit l’assassinat du roi de Damas, Ben-Hdad II, par son officier Hazaèl et annonça à ce dernier qu’il allait prendre le pouvoir. Une autre fois, il guérit de la lèpre Naaman, le général de l’armée syrienne, en lui ordonnant d’aller se baigner dans le Jourdain, figurant ainsi le salut des païens par le saint baptême. Mais la grâce de Dieu agissait aussi par lui pour châtier le péché. Des enfants insolents s’étant moqués du prophète, il les maudit, et deux ours sortirent du bois et déchirèrent quarante-deux d’entre eux. Comme son serviteur, Ghézi, avait voulu soutirer les présents que Naaman lui avait envoyés en signe de gratitude, il ne put échapper au regard infaillible de son maître et fut atteint de lèpre. Par toutes ces actions d’éclats accomplies par Dieu, par l’entremise de son prophète, le royaume d’Israël fut presque débarrassé du culte de Baal ; mais les Juifs, coupables d’avoir rompu l’unité du royaume, avaient néanmoins besoin de constantes interventions divines, pour se détourner des idoles et du péché, et revenir au culte du vrai Dieu. Le saint prophète Élisée mourut dans un grand âge, après avoir prédit au roi d’Israël, qui était venu à son chevet pleurer sur sa perte, qu’il vaincrait les Syriens. Cette année-là, un mort, qui avait été jeté dans la tombe du prophète au cours d’une attaque des Moabites, reprit vie et se dressa sur ses pieds. C’est pourquoi Sirac le Sage loue le saint prophète en disant : « Et jusque dans la mort son corps prophétisa » (Sir 48,13). Cette sépulture, après avoir été en grand honneur chez les Juifs, fut violée sous Julien l’Apostat (362), mais des fragments des reliques du prophète purent être transférés à Alexandrie et Constantinople, où une église lui était dédiée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Élisée, ton 4
L’ange dans la chair, le glorieux Élie, * le socle des divins prophètes, * le second précurseur de la venue du Christ, * celui qui envoie du ciel la grâce sur Elisée, * chasse au loin les maladies * et purifie les lépreux; * sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

Tropaire de St Méthode, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * une règle de foi pour ton troupeau, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et par ta pauvreté la richesse. * Méthode, pontife sacré, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de St Méthode, ton 2
Sur terre tu luttas en incorporel * et tu reçus en héritage les cieux, * Méthode, toi qui as affermi dans l’univers * la vénération des images sacrées; * admirable dans les peines et les douleurs, * tu ne cessas de reprendre franchement * ceux qui rejetèrent l’icône du Christ.

Kondakion du St prophète Élisée, ton 2
Prophète de Dieu, tu le devins, * bienheureux Élisée, en recevant * la double grâce vraiment digne de toi, * puisque d’Elie tu as été le compagnon; * sans cesse en faveur de nous tous * intercède avec lui auprès du Christ notre Dieu.

Évangile DU JOUR
(Matth. XI, 16-20)
À qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses oeuvres. Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.

24 mai (ancien calendrier) / 6 juin (nouveau)

24 mai (ancien calendrier) / 6 juin (nouveau)

Saint Siméon le jeune, stylite au Mont Admirable en Syrie (596) ; saint Mélèce le stratélate, avec saints Étienne, Jean, Sérapion l’égyptien, Callinique le mage, Théodore, Fauste et 11208 guerriers, avec des femmes et des enfants, tous martyrs en Galatie (vers 218) ; saint Donatien et son frère, saint Rogatien, martyrs à Nantes (vers 300); saint Vincent de Lérins, moine (445) ; saint Misselin, prêtre à Tarbes (Vème s.) ; saint Nicétas le stylite, moine à Pereslavl (1186).

SAINT SYMÉON DU MONT ADMIRABLE

Saint Siméon le jeune, stylite au Mont Admirable en Syrie (596)

Notre saint Père théophore Syméon naquit à Antioche, en 521, d’un couple de parfumeurs originaires d’Édesse. Sa naissance avait été annoncée à sa mère, sainte Marthe, par une apparition du saint Précurseur, qui donna le nom de l’enfant et prédit qu’il mènerait, à son exemple, une vie d’ascèse. Né sans douleurs, Syméon n’acceptait de prendre que le sein droit de sa mère et refusait de téter quand celle-ci avait mangé de la viande. Dès son baptême, à l’âge de deux ans, il se mit à parler et répéta pendant sept jours : « J’ai un père et je n’en ai point. J’ai une mère et je n’en ai point », annonçant ainsi son parfait détachement des choses terrestres. À l’âge de cinq ans, il échappa miraculeusement à un tremblement de terre (25 mai 526), avec sa mère, alors que son père périssait sous les décombres de leur demeure. Quelque temps après, l’enfant aperçut sur la muraille le Christ entouré d’une foule de justes, qui lui enseigna la voie à suivre pour acquérir la sagesse et échapper au châtiment de Dieu. Un personnage vêtu de blanc lui apparut ensuite et l’invita à le suivre vers une montagne, située à environ treize kilomètres d’Antioche, en direction de Séleucie, où il passa quelques jours seul, en compagnie des bêtes sauvages. L’enfant découvrit ensuite un petit monastère dirigé par le stylite Jean, qui avait été averti de son arrivée par des visions. Celui-ci l’accueillit avec joie, comme élu de Dieu, et le prit aussitôt sous sa direction spirituelle, restant stupéfait des marques de sagesse et de frugalité de cet enfant de six ans, qui n’acceptait de prendre de la nourriture que tous les trois ou sept jours.

Dès le début de sa vie au monastère, Syméon accomplit son premier miracle en guérissant un berger qui, pris d’envie, avait voulu le tuer et avait été puni par le dessèchement de sa main droite. Comme il désirait imiter en tout son père spirituel, après avoir été suffisamment éprouvé dans son intention pendant une année, il se fit dresser une sorte de pilier peu élevé, à côté de la colonne de Jean, et commença ainsi, à l’âge de sept ans, sa carrière de stylite, encouragé par une vision, au cours de laquelle le Christ lui révéla que la station debout sur un pilier serait pour lui semblable à sa Crucifixion et le moyen d’imiter sa Passion salutaire. « Resplendissant comme le soleil d’une conduite angélique accomplie, et rempli de charismes divins, l’enfant, écrit son biographe, se dérobait tout entier aux choses de la terre et c’était vers le ciel qu’il dirigeait l’ascension de son âme ». Il ajoutait sans cesse de nouveaux labeurs à son combat contre la nature : quand Jean chantait trente psaumes pendant sa prière nocturne, Syméon en chantait cinquante ou quatre-vingts. Il veillait toutes les nuits, allant jusqu’à réciter entièrement le Psautier, et passait le jour à glorifier Dieu, restant étranger à toute nourriture. Ses austérités provoquèrent même les remontrances de l’higoumène, qui lui dit : « Il ne te reste donc plus qu’à prendre un glaive et à te détruire ! » Il lui reprocha de plus de ne pas laisser les autres moines se reposer par ses psalmodies ininterrompues, et lui recommanda de se contenter de l’imiter. Syméon répondit à son maître, en usant des paroles de l’Écriture, que sans condamner les autres, il avait quant à lui besoin de telles austérités pour ne pas laisser son intellect s’alourdir dans l’attachement à la matière.

L’enfant-stylite montrait l’ardeur d’un guerrier éprouvé dans la lutte contre les démons, dont les attaques alternaient avec des visions célestes qui venaient le fortifier : entre autres celle d’un patriarche qui vint l’oindre de parfum pour repousser tous les assauts des démons. Un jour un formidable ouragan, suscité par le diable, arracha la loge où se tenait le saint sur sa colonne. Mais, au matin, les moines trouvèrent Syméon ferme sur son pilier, le visage resplendissant comme celui d’un ange. Peu avant de perdre ses premières dents, l’enfant avait déjà acquis le pouvoir de délivrer les possédés et d’accomplir des guérisons. Il exhortait les moines, avec la sagesse d’un ancien, à dominer leurs passions par la garde de leurs sens et de leur intellect, et leur traça même une règle de vie cénobitique fondée sur la sainte Écriture. Il disait : « La fierté du moine c’est la tempérance. La fierté du moine, c’est de chanter continuellement les psaumes et de prier sans cesse. La fierté du moine c’est l’obéissance, car par elle le Seigneur a vaincu la mort en se faisant obéissant jusqu’à la mort sur la Croix… ».

Sa renommée d’ascète et de thaumaturge se répandit rapidement dans la contrée et suscita la visite du patriarche d’Antioche, saint Éphrem [527-545, cf. 7 mars], et celle de foules nombreuses, qui accouraient pour recevoir la bénédiction des deux stylites. Aux ascèses et privations volontaires qu’il infligeait à sa chair, Syméon ajoutait une charité sans mesure, de sorte que si quelqu’un se présentait à lui dépourvu de vêtements, il se dépouillait complètement des siens, même en hiver, et endurait le froid pendant des mois, réchauffé par la seule grâce divine. Pendant une année entière, il se tint accroupi, si bien que ses genoux se soudèrent entre eux et ses cuisses et ses jarrets se gangrenèrent en dégageant une odeur fétide. Alertés par cette puanteur, les moines envoyèrent quérir un médecin que Syméon repoussa, et c’est par une intervention divine qu’il fut guéri. En guise d’action de grâces, il resta à genoux pendant de nombreux jours.
Un jour de Pentecôte, le Saint-Esprit descendit sur le saint, et le remplit de sagesse et de science, si bien qu’il commença à composer des discours sur la vie spirituelle, destinés aux moines et aux laïcs , conformément à la parole : C’est dans la bouche des enfants, des nourrissons, que Tu as mis une louange (Ps 8,3).

Devenu luminaire du Saint-Esprit, à l’âge de treize ans (533), après six années passées sur sa stèle, Syméon, désireux d’imiter les célestes ascensions de son glorieux prédécesseur Syméon Stylite l’Ancien , se fit dresser une colonne de plus de douze mètres de haut, considérablement plus élevée que celle de son père spirituel, lequel se plaignait de ne plus pouvoir apercevoir le visage de son disciple. Une fois la colonne érigée, alors que Syméon était sur le point d’y monter, l’archevêque d’Antioche et l’évêque de Séleucie vinrent en visite au monastère et l’ordonnèrent diacre . Puis, en procession, ils l’escortèrent, avec hymnes et prières, jusqu’à la colonne, où il devait passer huit années, tout entier tendu vers le ciel.

Après le décès de son père spirituel, dont il avait été averti par une révélation divine, la direction de la communauté échut à Syméon, jusqu’à la fin de ses jours. Mais il n’en relâchait en rien ses combats ascétiques et ne se laissait pas distraire de sa prière continuelle par les soucis de la gestion du monastère. Au contraire, il entreprit de nouvelles et extraordinaires austérités. Enfermé dans un abri de peau, sans lumière et sans aération, il se tenait en prière depuis le coucher du soleil jusqu’à l’aube et, suspendu de la main gauche, il se frappait la poitrine de la main droite, en mouillant de ses larmes son vêtement de poil. Il chantait tout le Psautier, accompagné par des voix angéliques, puis récitait le Livre de la Sagesse et l’Évangile, et terminait ses prières, au lever du soleil, pour prendre un bref repos, après avoir encensé l’endroit sans qu’il lui soit nécessaire d’allumer son encensoir. Il alla même jusqu’à se priver complètement de sommeil pendant trente jours et trente nuits, priant Dieu de le débarrasser de cette tyrannie de la nature. Mais, à la fin de ce temps, une voix céleste lui ordonna : « Il te faut dormir un peu ! » Ces progrès dans sa tension vers Dieu, provoquèrent des attaques redoublées de la part des démons, qui cherchaient à le jeter bas de sa colonne ; mais le saint, assisté de trois anges, les repoussait avec énergie. Dieu lui montrait alors avec plus d’éclat sa faveur, par des visions et des miracles, et même par la résurrection d’un mort ; et finalement le Christ lui apparut pour lui accorder le pouvoir de chasser tout esprit impur. Les anges se retirèrent alors, pour laisser le saint, seul intendant de la grâce divine en faveur des foules de malades et de possédés qui accouraient vers lui pour implorer leur guérison. Syméon agissait en tout comme le Seigneur pendant sa vie terrestre : il commandait de la voix avec autorité aux démons, restaurait, corrigeait, édifiait les âmes et les corps, afin que par lui Dieu régnât parmi les hommes. Il guérissait les malades, soit par sa parole, soit par l’imposition des mains ou de sa baguette d’amandier, soit par l’attouchement de la frange de ses vêtements ou encore par le simple contact avec de la poussière ou de l’huile bénites par lui, ou même par une lampe allumée en son honneur ou la simple invocation de son nom.

Au cours de l’une de ses visions, il fut averti de la prochaine prise d’Antioche par Chosroès, roi des Perses (juin 540). Cette prophétie s’étant réalisée, et la ville ayant été incendiée, ses habitants massacrés ou envoyés en exil, les barbares se répandirent dans la campagne, dévastant le pays. Lorsqu’ils arrivèrent en vue du monastère, la prière de Syméon suffit à les éloigner. Mais la crainte de nouveaux massacres effraya tellement les moines que tous abandonnèrent le monastère, malgré les objurgations du saint. Lorsque les Perses arrivèrent au monastère, deux anges, que Dieu avait envoyés pour protéger Syméon, les mirent en fuite, et trois jours plus tard, les moines purent regagner les lieux. Saint Syméon libéra alors un grand nombre de prisonniers qui avaient invoqué son nom dans leur détresse, et parmi eux un moine qui l’avait abandonné lors du siège de la ville.

Sa renommée s’étant répandue dans tout le pays, il ne pouvait jouir de la quiétude qu’il recherchait, aussi, à l’âge de vingt ans (541), il décida de quitter sa colonne pour gagner l’endroit désert, dépourvu de tout chemin et foisonnant de bêtes sauvages, où il avait passé quelque temps, enfant, au début de sa carrière. Dans une vision, le Christ lui désigna au sommet de la montagne, qui s’appellera désormais le Mont Admirable, un rocher que la gloire divine avait recouvert. Tandis que Syméon faisait l’ascension du rocher, sur lequel il allait se tenir comme sur une colonne naturelle, la communauté des moines abandonna le monastère du bas pour le suivre et elle s’établit dans un baraquement provisoire, privé de tout confort. Dès le lendemain de son installation, les foules, ayant trouvé le monastère désert, découvrirent la nouvelle retraite du saint et, se frayant un chemin dans la forêt, elles vinrent lui présenter leurs malades. Rempli de tristesse, mais ne pouvant refuser de mettre sa prière au service du peuple de Dieu souffrant, Syméon continua d’accomplir miracles et guérisons. Lorsqu’une terrible peste fondit sur l’Empire byzantin, frappant en particulier Constantinople et Antioche (542), seuls ceux qui invoquèrent le secours du saint stylite se trouvèrent épargnés par le fléau. Après cela, un tremblement de terre, qui avait été annoncé par le saint, ébranla la cité d’Antioche (551). Pendant de nombreux jours, les habitants épouvantés priaient jour et nuit, et se rendaient au Mont Admirable pour supplier l’homme de Dieu d’intercéder en leur faveur. Effectivement les prières de saint Syméon mirent fin à la calamité.

Comme des milliers de pèlerins, de possédés et de malades se rendaient auprès du saint, dans cet endroit désert et privé d’eau, le Seigneur avisa Syméon qu’Il allait pourvoir à leurs besoins. Un ange apparut et traça sur le sol le plan d’un vaste monastère et d’une église, à l’endroit même occupé par le stylite, et une nuée lumineuse recouvrit le Mont Admirable. Peu après un grand nombre d’hommes, venus d’Isaurie, ayant été guéris par Syméon, commencèrent la construction. Ils furent remplacés par d’autres groupes qui se succédaient, de sorte que l’édifice progressait rapidement, sans être une gêne pour les moines qui continuaient de vaquer à l’œuvre de Dieu. Le saint fit amener de l’eau en abondance et, grâce à sa prière, les citernes ne s’épuisaient jamais. Au centre de l’ensemble constitué par l’église, dédiée à la Sainte-Trinité, et les bâtiments monastiques en forme de croix, on dressa une nouvelle colonne pour le saint . Le 4 juin 551, saint Syméon descendit de l’éperon rocheux sur lequel il se tenait depuis dix ans et, placé par ses moines sur un trône, tenant sur sa poitrine les saints Évangiles, il fit le tour du monastère pour bénir tous les bâtiments, précédé de sa mère, sainte Marthe, qui portait la croix et chantait l’alléluia. Puis les moines le saisirent de leurs mains, comme un vase sacré, se prosternèrent devant lui et le déposèrent sur la plate-forme de la nouvelle colonne, que le Christ, apparaissant dans toute sa gloire, venait de bénir. Du haut de cette colonne, où il vit un jour une échelle qui parvenait à la porte du ciel, le saint ne cessait pas néanmoins de veiller au bon ordre de la communauté. Selon l’ordre formel de Syméon, les moines devaient s’abstenir d’utiliser les denrées apportées en offrandes par les pèlerins, et ils allaient travailler dans les jardins du monastère du bas pour subvenir à leurs besoins et à ceux des foules de visiteurs. Le manque de nourriture suscita un jour les murmures et la révolte de certains moines, incités par un certain Angoulas, qui ne manquait aucune occasion de diffamer le saint sous prétexte de sa trop grande générosité. Le diable, impuissant à s’attaquer à sa propre personne, éprouvait ainsi saint Syméon, qui, néanmoins, ne se départissait pas de sa mansuétude envers les rebelles. Il leur rappela que Dieu n’abandonne jamais ses serviteurs et, à sa prière, les réserves du monastère se remplirent de grains, sans s’épuiser, pendant trois ans. À la communauté de ses disciples se joignirent des Ibères, et ils eurent dès lors leur propre communauté au Mont Admirable, qui entretenait des relations suivies avec la Géorgie, où l’on vénérait fort saint Syméon .
En 557, à la suite d’une vision redoutable, Syméon annonça de grands tremblements de terre, et il fit chanter pendant soixante jours à ses moines des tropaires de sa composition pour apaiser le courroux de Dieu. Conformément à sa prédiction, le séisme frappa durement Constantinople et Nicée, détruisit Nicomédie et Reggio de Calabre, ne faisant que des dégâts mineurs à Antioche, grâce à la protection du saint. Mais peu après que ce fléau eut été écarté, une épidémie, prédite aussi par saint Syméon, vint frapper Antioche. Grâce aux prières du bienheureux, une partie de la cité fut épargnée, mais la calamité parvint en revanche au Mont Admirable où quelques moines moururent. Parmi les victimes se trouvait Conon, un disciple très aimé du saint, que Syméon ressuscita.

Malgré l’insistance des foules, qui désiraient recevoir la sainte communion de ce Père théophore, dont les miracles étaient la garantie de l’orthodoxie, Syméon refusa de recevoir la prêtrise, jusqu’au jour où, à l’âge de trente-trois ans (554), obéissant à une voix céleste, il accepta d’être ordonné par l’évêque Denys de Séleucie, qui était monté le trouver au sommet de sa colonne. Il continua alors d’enseigner la vraie foi et de lutter contre les hérésies et les superstitions, répandues non seulement dans le peuple, mais aussi parmi les hauts personnages d’Antioche.

L’homme de Dieu assista par ses prières les armées alliées des Byzantins, qui étaient parties en campagne contre Almoudanos, prince sarrasin, vassal de Chosroès, qui persécutait de manière sanguinaire les chrétiens. Il prédit l’élévation au trône de Justin II (565), et à Jean le Scholastique sa consécration comme patriarche œcuménique. À Antioche, il annonça la mort du patriarche Domnin et prédit qu’il serait remplacé par Anastase (559). Après la réalisation de la prédiction le concernant, l’empereur Justin montra beaucoup d’admiration pour le saint stylite, et il resta constamment en rapport avec lui pour lui demander conseil. Il lui écrivit notamment pour l’informer que sa fille était possédée du démon, et le saint lui répondit qu’il pouvait remercier Dieu, car elle serait guérie dès réception de sa lettre. L’empereur étant tombé malade, fit appel à un charlatan juif. Averti en vision, saint Syméon écrivit au patriarche de signifier à l’empereur qu’il devait renoncer à de telles pratiques provoquant la colère divine. Mais le souverain, trompé par cet imposteur, n’obéit pas et, quelque temps plus tard, conformément à ce qui avait été révélé à Syméon, Justin perdit la raison. Sur le point de mourir, il laissa Tibère II comme successeur (578).

Après avoir été pendant de longues années une vivante réalisation des paroles du Seigneur : Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes (Jn 14,12), saint Syméon, sentant son séjour terrestre s’achever, prophétisa devant deux de ses moines le discrédit dans lequel devait tomber le monastère après sa mort, à cause des intrigues d’Angoulas. Puis il leur révéla que, depuis sa jeunesse, il avait obtenu de Dieu la grâce de se priver entièrement de nourriture, et que chaque dimanche, après la Liturgie, un ange lui apportait un aliment mystérieux . Puis il adressa ses ultimes recommandations spirituelles à ses disciples et remit paisiblement son âme à Dieu, à l’âge de soixante et onze ans (24 mai 592), pour gagner le séjour des anges qu’il avait si bien imités sur la terre .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire du saint, ton 1
Colonne de patience, tu imitas les Pères de jadis: * dans ses souffrances Job, dans ses épreuves Joseph; * tu menas la vie des Anges incorporels en ton corps, * vénérable Père Siméon; * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il accorde à nos âmes le salut.

Kondakion du saint, ton 2
Recherchant les choses d’en-haut * et détaché de celles d’ici-bas, * de ta colonne ayant fait un autre ciel, * par elle tu as resplendi de l’éclat de tes miracles, Père saint, * et sans cesse auprès du Christ notre Dieu * tu intercèdes en faveur de nous tous.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. IV, 25 – V, 13)

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain. Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)
Jour du Saint-Esprit

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831) ; sainte Marie de Cléopas (Ier s.) ; saint Didier, évêque de Langres, martyr avec plusieurs compagnons (407) ; saint Syagre, évêque de Nice (787) ; ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saint Damien (ou Démétré) de Garedja, roi de Géorgie (1157) ; sainte Euphrosynie, abbesse à Polotsk (1173) ; saint Païssios de Galitch (1460)

SAINT MICHEL, ÉVÊQUE DE SYNADE

Originaire de Synades en Phrygie, saint Michel quitta de bonne heure sa patrie pour Constantinople, où il se lia d’amitié spirituelle avec saint Théophylacte [8 mars], alors secrétaire de saint Taraise [25 fév.]. Les deux jeunes gens montraient une si grande unité de sentiments qu’on ne croyait voir en eux qu’un seul Homme nouveau. Lorsque saint Taraise, ayant revêtu l’Habit monastique, fut élevé à la dignité patriarcale, les deux amis devinrent moines à leur tour dans le monastère qu’il avait fondé sur le Bosphore. Rivalisant dans les combats ascétiques, ils progressèrent rapidement dans la vertu, qu’ils relevaient par le glorieux ornement de l’humilité et de la gaieté permanente de l’âme.

Taraise, informé de leurs hauts-faits, les nomma skevophylax de la Grande Église et, peu après, il parvint à leur faire accepter, à contrecœur, la consécration épiscopale : Théophylacte comme métropolite de Nicomédie et Michel pour devenir le pasteur de sa patrie, Synades (vers 784). Proclamant droitement la parole de la vérité, tant par ses enseignements que par sa vie, doux, patient et miséricordieux, ayant vaincu la colère, ce bon pasteur fit ériger églises et monastères, et fonda des hospices et des établissements de bienfaisance pour venir en aide aux malades, aux déshérités et aux étrangers. Il assista au Second Concile de Nicée (787), où il y soutint la doctrine orthodoxe sur la vénération des saintes icônes, puis de retour dans son diocèse, il reprit paisiblement son œuvre pastorale.

En 806, année où le patriarche saint Nicéphore [2 juin] succéda au défunt saint Taraise, saint Michel fut mis à la tête d’une ambassade envoyée par l’empereur Nicéphore (802-811) auprès du calife Haroun-al-Raschid, au cours de laquelle il fit preuve de toutes ses qualités d’homme de paix et de conciliation. À l’automne 811, il fut envoyé à Rome, comme légat du patriarche Nicéphore, afin de présenter au pape ses lettres synodiques et de s’assurer de son soutien quant à la vénération des saintes icônes. L’année suivante, il fut reçu par Charlemagne à Aix-la-Chapelle et obtint un traité de paix.
Lorsque, après deux années de règne, le nouvel empereur, Léon V l’Arménien (813-820), dévoila ses sombres desseins et renouvela la persécution contre les saintes icônes, saint Michel se rangea aussitôt parmi les défenseurs de la vraie foi, réunis autour du patriarche Nicéphore : Euthyme de Sardes [26 déc.], Joseph de Thessalonique [14 juil.], Émilien de Cyzique [8 août], Théophylacte de Nicomédie et bien d’autres, clercs, moines et laïcs, qui se tenaient prêts à verser leur sang pour la piété. Ils se présentèrent devant le souverain et tentèrent de le faire revenir à la raison, tant par des arguments tirés des saints Pères, qu’en lui rappelant le soutien que leur assurait l’Église de Rome. Mais ce fut en vain et, aveuglé de fureur, le tyran les fit arrêter et envoyer en exil, loin les uns des autres, avec interdiction de correspondre. Saint Michel fut alors relégué à Eudocias, en Phrygie, où il resta plus de dix ans, souffrant tous les mauvais traitements avec actions de grâces et priant pour ses persécuteurs. Il n’en cessait pas pour autant de défendre la foi orthodoxe et de venir en aide aux malheureux, et il maintenait inchangé son programme de vie ascétique et de prière nocturne. Il accomplit là de nombreux miracles, guérissant par sa prière les hommes comme les animaux domestiques, et par le miel de ses paroles, il réussit à adoucir et à convertir les habitants rudes et grossiers de cette région retirée.

L’empereur, ayant appris que l’exil tournait pour le saint à un surcroît de gloire, ordonna de le transférer dans des régions plus éloignées. Errant ainsi de lieu en lieu, l’homme de Dieu parvint à une contrée infestée d’une multitude de rats qui ravageaient les récoltes. Il expliqua aux habitants que ce fléau avait été envoyé par Dieu en châtiment de leurs péchés, et il leur ordonna de jeûner pendant trois jours et de se repentir. Ce délai écoulé, il les invita à se rendre, tous ensemble, dans les champs. Pendant que le peuple clamait le Kyrie eleison, le saint se tenait à genoux et intercédait pour eux, les mains et les yeux tournés vers le ciel. Aussitôt, un tremblement de terre secoua la région et toutes les bestioles périrent.

Passant en un autre lieu, Eurantisia, les habitants le supplièrent de prier Dieu pour qu’il les délivre des sauterelles, en nombre infini, qui ruinaient toutes leurs cultures ainsi que leurs arbres fruitiers, et les menaçaient de disette. Le saint passa la nuit en prière et, au petit matin, il prit la tête d’une procession, à laquelle participait tout le peuple de la contrée, en chantant le Kyrie eleison. Les sauterelles se groupèrent alors en un nuage dense et sombre, qui s’éleva dans les airs et disparut.
Le saint continua ses périples, répandant la miséricorde de Dieu sur les hommes et sur leurs cultures. Finalement, après avoir passé quelque temps en prison à Constantinople, il fut de nouveau exilé sur les rives du lac de Nicomédie, là où d’autres confesseurs de la foi attendaient que le bon plaisir de l’empereur Michel le Bègue leur permît de rejoindre leurs diocèses ou leurs monastères. Âgé de plus de quatre-vingts ans, épuisé par les épreuves, saint Michel n’en continuait pas moins de prier pour l’empereur, pour la paix de l’Église, pour le salut du monde et pour l’abondance des fruits de la terre. Le lundi de Pentecôte 826, au sortir d’un repas où il avait convié saint Théodore Stoudite, son ami de longue date, avec lequel il n’avait pas cessé d’entretenir une correspondance pendant son exil, le saint prélat, saisi d’un malaise, fut contraint de s’aliter. Le lendemain, Théodore le trouva en proie à d’atroces souffrances et, le troisième jour, mercredi de la Pentecôte, saint Michel, ayant perdu l’usage de la parole, remit son dernier soupir en présence de son ami et compagnon de lutte, après quarante ans d’épiscopat. Son corps étendu sans vie avait, écrit Théodore , l’aspect d’un ange et resplendissait des reflets de la lumière divine, que tant d’années de prière et de contemplation y avait imprimés.

La relique de son précieux chef, offerte en présent à la Grande Lavra de saint Athanase au Mont Athos par l’empereur Basile II et son frère Constantin VIII (978), y reste vénérée jusqu’à nos jours, et elle continue d’accomplir de nombreux miracles pour préserver les cultures des animaux nuisibles, tant celles du monastère que des régions où elle est envoyée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. XVIII, 10-20)

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

25 avril (ancien calendrier)/8 mai (nouveau)

25 avril (ancien calendrier)/8 mai (nouveau)

DIMANCHE DE THOMAS

Saint apôtre et évangéliste Marc (63). saint Phébade, évêque d’Agen (vers 393) ; saint Rustique, évêque de Lyon (501). Saint Clarence, évêque de Vienne (vers 620) ; Saint Sylvestre d’Obnora (1379). Saint Basile de Poiana Marului (1767, Roumanie). Saint hiéromartyr Serge (Rokhletsov), prêtre (1938).

LE DIMANCHE DE THOMAS

Nous commémorons ce dimanche l’apparition du Seigneur aux apôtres, après Sa Résurrection, et le toucher de Ses plaies par l’apôtre Thomas. L’apparition du Seigneur ressuscité à l’apôtre Thomas et aux onze autres disciples est fixée le premier jour suivant la semaine pascale, parce que les circonstances de cette apparition constituent une preuve incontestable de la Résurrection du tombeau, « comme de la chambre nuptiale, avec Sa chair immaculée ». Le huitième jour après Pâques, comme achèvement des solennités de la Semaine Lumineuse, constituait depuis les temps anciens une solennité particulière. Le dimanche de Thomas est également appelé « antipâques », ce qui signifie « au lieu de Pâques », parce que l’Église a transféré à ce dimanche une partie des antiques matines pascales, qui furent remplacées par celles de St Jean Damascène que nous célébrons de nos jours. Depuis ce jour commence le cycle des dimanches et des semaines de toute l’année. Selon l’usage de l’Église Russe, on commémore les défunts le mardi suivant le dimanche de Thomas. La raison en est que le typicon autorise de nouveau, la commémoraison des défunts à partir du lundi de Thomas. C’est ainsi que les croyants se rendent sur la tombe de leurs proches pour annoncer la joyeuse nouvelle de la Résurrection du Christ. De là vient l’appellation de ce jour « radonitsa » en russe (radost’ = la joie). La commémoraison des défunts après Pâques remonte aux temps les plus anciens. St Ambroise de Milan, dans l’une de ses homélies dit : « Il est digne et juste, après les solennités pascales que nous avons célébrées, de partager notre joie avec les saints martyrs, et de leur annoncer la joie de la Résurrection du Christ, à eux en tant que participants aux souffrances du Seigneur ». Ces paroles de St Ambroise, bien que se rapportant aux martyrs, peuvent confirmer notre usage de commémorer les défunts après Pâques, eu égard au fait que, dans les temps anciens, on enterrait les défunts parmi les martyrs.

VIE DU SAINT APÔTRE MARC

Saint apôtre et évangéliste Marc (63)

Le saint et glorieux Apôtre Marc, appelé aussi Jean, était fils d’une pieuse femme de Jérusalem, Marie, qui offrait sa maison aux disciples des Apôtres pour leurs réunions de prières. Saint Pierre s’y rendait souvent et prit en affection le jeune Marc qu’il instruisit dans la foi et qu’il baptisa, le considérant comme son fils (1 Pierre V, 13). Il était aussi cousin du saint Apôtre Barnabé (cf. Col IV, 10), et celui-ci le prit avec lui lorsqu’il partit pour Antioche en compagnie de saint Paul (Act XII, 24 ). Pendant ces voyages d’évangélisation, Marc assistait humblement les deux prédicateurs, pourvoyant à leurs besoins matériels et assimilant leur enseignement. Parvenu à Pergé de Pamphylie, Marc fut saisi de crainte devant les difficultés de la mission, et se sépara de Paul et Barnabé pour retourner à Jérusalem (Act 13, 13). Saint Paul semble avoir été froissé de cette séparation, aussi, quand ils le retrouvèrent à Antioche, il se refusa à emmener : celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n’avait pas été à l’œuvre avec eux (Act XV, 37). La discussion s’échauffa et Barnabé décida de s’embarquer pour Chypre avec Marc, alors que Paul partait avec Silas pour évangéliser la Syrie et la Cilicie (52). Dix ans plus tard, on retrouve saint Marc à Rome, en compagnie d’Aristarque et de Jésus le Juste, pour assister Paul dans sa captivité (Col IV, 10). De là, il partit avec la bénédiction du grand Apôtre pour visiter les chrétiens de Colosses. Lors de sa seconde captivité, Paul écrivant à Timothée, lui recommande d’amener Marc avec lui : « Car il m’est précieux pour le ministère », assure-t-il (2 Tm IV, 11). C’est aussi vers l’an 65 que Marc retrouva saint Pierre à Rome, au moment où les deux Coryphées allaient subir leur martyre. L’éclat de l’enseignement de saint Pierre avait tellement brillé dans l’esprit des nouveaux convertis de Rome qu’ils supplièrent Marc de mettre par écrit cette doctrine divine. Confirmé par une révélation, et avec l’accord de Pierre, il se mit à l’œuvre et rédigea de manière brève, simple et pleine de vie un résumé des actes et des paroles du Sauveur, conforme à la prédication du Coryphée des Apôtres. Sans se préoccuper de la présentation littéraire, ni de répondre à toutes les questions que pouvaient se poser les fidèles, il écrivit tout ce qui est utile au Salut et à la connaissance du Fils de Dieu fait homme, et rien de plus. Une fois cette œuvre achevée, saint Pierre l’envoya en Égypte pour y porter la Bonne Nouvelle. Pendant la traversée, le navire fut pris dans une tempête que Marc apaisa par sa prière, et il put faire escale dans l’île de Pittyouse, en face de la Cilicie, où il fut reçu par un notable nommé Bassos, qui avait été converti par saint Pierre à Antioche, et, grâce à son appui, il gagna à la vraie foi la plupart des habitants de l’île. Lorsqu’il aborda à Alexandrie, la sandale de Marc, usée par la marche, s’étant rompue, il la donna à raccommoder à un savetier nommé Anien. Celui-ci, frappé par l’éclat extraordinaire qui se dégageait du visage de l’Apôtre, laissa échapper son aiguille et se perça le doigt, en s’écriant : « Un seul Dieu ! » Saint Marc le guérit de sa blessure et saisit cette occasion pour l’instruire sur la vérité du seul Dieu devenu homme pour notre Salut. Anien écouta avec attention ces paroles de vie et, après avoir fait baptiser toute sa maisonnée, il quitta sa profession et tout attachement au monde pour devenir le plus étroit collaborateur de l’Apôtre. Dans cette immense cité, métropole du paganisme et de la culture hellénique, la parole de l’Apôtre, simple et dépourvue des ornements futiles de la rhétorique, retentissait comme un tonnerre, et ses miracles confirmaient ses paroles. Devant le spectacle des guérisons accomplies par la puissance de Dieu, jusqu’à trois cents païens en un seul jour demandèrent à recevoir le saint baptême. La semence évangélique commençant donc à germer, Marc organisa les premières institutions liturgiques de l’Église d’Égypte, ordonna Anien évêque d’Alexandrie avec pour le seconder trois prêtres : Milée, Sabin et Cerdon, sept diacres et onze autres clercs de rang inférieur.. D’Alexandrie, il se rendit à Mendession et y délivra du démon un enfant aveugle. Les parents de l’enfant, au comble de la joie, lui offrirent une forte somme d’argent, mais Marc la refusa, en disant que la grâce de Dieu ne s’échange pas pour de l’argent, et il leur recommanda de le distribuer en aumônes. Un nombre considérable de païens s’étant convertis à la suite de ce miracle, Marc fonda dans cette cité une église et ordonna un évêque, des prêtres et des diacres, puis il continua son voyage vers Cyrène de la Pentapole. Il alla ensuite évangéliser la Libye, où il convertit un grand nombre. De là, saint Marc passa en Marmarique. Une nuit, le Seigneur lui apparut en vision et lui ordonna de retourner à Alexandrie pour y achever sa mission. Malgré les pleurs et les supplications des nouveaux convertis qui voulaient retenir leur père et sauveur, l’Apôtre, confirmé par une nouvelle vision lui annonçant qu’il devrait sceller sa mission par la gloire du martyre, s’embarqua pour Alexandrie, où il put admirer les progrès de l’évangélisation pendant ses deux années d’absence. Toutefois les païens et les Juifs ne pouvaient supporter les succès remportés par le disciple du Christ et, grinçant des dents, ils cherchaient une occasion de le perdre. Une année où la célébration de Pâques coïncidait avec la fête du dieu Sérapis — fête que les païens d’Alexandrie avaient coutume de célébrer par d’ignobles dérèglements — ils se précipitèrent sur le saint, au moment où il célébrait la Divine Liturgie et le traînèrent jusqu’à l’amphithéâtre, où se trouvait le gouverneur, en l’accusant de pratiques magiques. Aux accusations pleines de haine, l’Apôtre répondit calmement et exposa, comme à son habitude, en peu de mots, la sublime doctrine du Salut. Déconcerté et ne pouvant rien objecter à ses arguments, le gouverneur se tourna vers la foule, demandant ce qu’il devait faire de Marc. Les uns criaient de le brûler devant le temple de Sérapis, les autres de le lapider. Finalement, sur l’ordre du magistrat, il fut étendu à terre, les membres écartelés, et fut cruellement fustigé. Puis la populace, s’emparant du corps meurtri du saint, le traîna durant tout le jour dans les rues de la ville, en arrosant les pierres et la terre de son sang. Le soir venu, on l’enferma en prison, où, vers minuit, un ange vint le réconforter. Au matin du samedi 4 avril, les bourreaux l’attachèrent à une corde et le traînèrent, comme la veille, jusqu’à un lieu nommé Boucole, où il trouva la mort. Il était âgé de cinquante-sept ans. Par la suite, on édifia une église au-dessus du tombeau du saint Apôtre à Boucole, qui devint le haut lieu de la piété des chrétiens d’Alexandrie. En 828, le corps de saint Marc fut transporté à Venise, dans la fameuse basilique qui lui est dédiée, mais son crâne resta en Égypte.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 3ème ton

Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire du saint apôtre et évangéliste Marc, ton 3

Ô saint apôtre et évangéliste Marc, prie le Dieu miséricordieux, afin qu’Il accorde le pardon des péchés à nos âmes.

Kondakion du saint apôtre et évangéliste Marc, ton 2

D’en haut ayant reçu la grâce de l’Esprit, tu as rompu les mailles des rhéteurs,  illustre apôtre Marc, et tu as pris  toutes les nations dans tes filets pour les mener à ton Maître en prêchant l’Évangile divin.

Kondakion du paralytique, ton 3

Par Ta divine sollicitude, Seigneur, relève mon âme cruellement paralysée par toutes sortes de péchés et d’actions insensées, de même que jadis Tu as relevé le paralytique, afin que sauvé, je Te clame : ô Christ miséricordieux, gloire à Ta Puissance.

Évangile DU JOUR

(Jn VI, 56-69)

Le Seigneur dit : celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. C’est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n’en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement. Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm. Plusieurs de ses disciples, après l’avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l’écouter? Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il? Et si vous voyez le Fils de l’homme monter où il était auparavant?… C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait. Et il ajouta: C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père. Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu.

« La bienheureuse Matrone est plus populaire que n’importe quel homme politique du monde », a déclaré le patriarche de Moscou Cyrille

À l’occasion du 65ème anniversaire du trépas de la bienheureuse Matrone de Moscou, le patriarche Cyrille a célébré la Liturgie au monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Moscou, où reposent les reliques de la sainte. « Auprès de qui, parmi les grands, les puissants, les hommes glorieux, vient autant de monde qu’auprès de la vieille femme aveugle Matrone, qui a passé toute sa vie alitée ? Aucun des dirigeants dans le monde ne bénéficie de ce pèlerinage quotidien, nul ne fait la queue la nuit pour vénérer leur tombe ! » a déclaré le patriarche après la Liturgie. Dans le meilleur des cas, a poursuivi le primat, on garde de la gratitude envers l’un ou l’autre des personnalités remarquables. « Mais on ne vient pas la nuit sur leur tombe, parce qu’il n’y a pas de lien réel avec de tels héros, tandis que l’on garde avec les saints un lien réel, les saints sont présents dans notre vie », a-t-il ajouté. Sainte Matrona est née en 1885 dans la province de Toula. Elle n’était pas simplement aveugle de naissance, elle n’avait pas d’yeux du tout, mais elle avait dès son jeune âge le don de vue spirituelle. Depuis ses jeunes années, elle percevait non seulement les péchés des hommes, mais aussi leurs crimes et même leurs pensées. Elle ressentait l’approche du danger, elle prévoyait les catastrophes naturelles et les malheurs qui frappaient la société. Par ses prières, les gens recevaient la guérison des maladies et la consolation de leurs afflictions. En 1925, sainte Matrone s’installa à Moscou, où elle resta jusqu’à la fin de ses jours. Le 2 mai 1952, elle décéda. Avant sa mort, elle dit : « Venez tous, tous, chez moi, racontez, comme à une personne vivante, vos afflictions, je vous verrai et vous entendrai, je vous aiderai ». Sainte Matrone avait prophétisé qu’après sa mort, il y aurait peu de gens qui viendraient sur sa tombe mais que, de nombreuses années après, elle serait connue et des foules viendraient lui demander son aide dans les peines et lui demanderaient son intercession. C’est ce qui s’est produit : une file ininterrompue de personnes souffrantes qui viennent lui demander son aide. Les reliques de la sainte ont été retrouvées le 8 mars 1998 au cimetière de Saint-Daniel à Moscou. Le 1er mai 1998, la tombe avec ses reliques fut transférées au monastère de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu à Moscou. En 2004, elle a été canonisée.

Source

21 avril (ancien calendrier)/4 mai (nouveau)

21 avril (ancien calendrier)/4 mai (nouveau)

Saint Janvier, évêque de Bénévent en Italie et ses compagnons, saints Procule, Sosie et Fauste, diacres, saint Désiderius, lecteur, saints Eutychès et Acuce, tous martyrs en Italie (vers 305) ; saint Théodore de Pergé en Pamphylie, sa mère Philippa, Dioscore, Socrate et Denys (IIème s.) sainte Alexandra, impératrice, et ses serviteurs saints Apollos, Isaac et Codrat, martyrs à Nicomédie (303) ; saint Maximien, patriarche de Constantinople (434) ; saint Anastase le Sinaïte, moine (VIIIème s.). Saint Alexis de Bortsoumana (1848) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Prigorovsky), prêtre (1918), Nicolas (Pisarevsky), confesseur, prêtre (1933) ; Alexis (Protopopov), prêtre (1938).

SAINT JANVIER, ÉVÊQUE DE BÉNÉVENT

Saint Janvier, évêque de l’Église de Bénévent en Campanie (Italie), fut arrêté avec ses compagnons au temps de la persécution de Dioclétien (vers 305), sur ordre du gouverneur Timothée. Chargés de chaînes, ils furent jetés en prison et soumis à la torture. Saint Janvier fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, d’où il ressortit indemne, préservé par la grâce divine. Craignant que le peuple, enthousiaste devant ce miracle, ne se convertisse en masse, le tyran donna l’ordre de le décapiter sans retard. On raconte que le peuple de Naples se précipita pour le délivrer, mais que le saint les en empêcha en leur promettant que, par le martyre qu’il allait souffrir, il deviendrait pour la suite des siècles le protecteur de la ville. Effectivement le saint martyr, transféré à Naples, est resté au cours des âges le protecteur de la cité, aussi bien pendant des épidémies qu’à l’occasion d’éruptions du Vésuve, dont il arrêta le fleuve de lave avant qu’il ne détruise tout sur son passage. Avec son précieux chef, on garde jusqu’à aujourd’hui dans la cathédrale de Naples une fiole pleine de sang qui, périodiquement, et jusqu’à vingt fois dans l’année, se liquéfie et semble bouillonner, comme s’il était encore tout frais.

Plusieurs années après le martyre de saint Janvier, lorsque la persécution eut cessé et que le christianisme put se répandre avec éclat dans tout l’Empire romain, une pauvre veuve, nommée Maximienne, vint à perdre son fils unique. Comme elle pleurait, inconsolable, devant l’église, elle vit soudain une étoffe, sur laquelle était imprimée l’image du saint martyr, suspendue au-dessus de la porte. Se souvenant de l’exemple de la Sounamite, dont le fils avait été ressuscité par le prophète Élisée (2 Rois 4, 35), elle prit alors l’image sainte et l’appliqua sur le corps inanimé de son fils, tout comme l’avait fait autrefois le prophète en s’étendant sur l’enfant, sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux et ses mains contre ses mains, puis elle pria avec larmes le saint d’intervenir auprès de Dieu pour que son fils lui soit rendu. Et aussitôt, Dieu ressuscita l’enfant par l’intercession de saint Janvier.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la fête, ton 2

Le noble Joseph, ayant descendu de la Croix Ton Corps immaculé, L’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et Le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais Tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde Grande Miséricorde.

Tropaire de la Résurrection du 2ème ton

Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire des Myrrhophores, ton 2

Près du tombeau l’ange apparut aux saintes femmes myrrhophores et clama : La myrrhe convient aux mortels, mais le Christ est étranger à la corruption. Aussi annoncez : Le Seigneur est ressuscité et Il accorde au monde la grande miséricorde.

Kondakion des saints, ton 3

Vous fûtes ornés de l’onction sacrée et du martyr du sang, glorieux Janvier et Théodore, et vous brillez partout dans les hauteurs, exultant ; abaissez votre regard sur nous qui venons à votre église et qui nous y acclamons sans cesse : gardez-nous tous, priant le Dieu ami des hommes.

Kondakion des femmes myrophores, ton 2

Tu as dis aux myrophores : « Réjouissez-vous ! » et par Ta Résurrection, ô Christ Dieu, Tu as mis fin aux lamentations d’Ève, notre première mère. A Tes Apôtres, Tu as ordonné de proclamer : le Sauveur est ressuscité du Tombeau.

Évangile DU JOUR

(Jn VI, 40-44)

La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour. Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu’il avait dit: Je suis le pain qui est descendu du ciel. Et ils disaient: N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel? Jésus leur répondit: Ne murmurez pas entre vous. Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et je le ressusciterai au dernier jour.

18 avril (ancien calendrier)/1er mai (nouveau)

18 avril (ancien calendrier)/1er mai (nouveau)

Saint Jean l’Isaurien, ermite, disciple de saint Grégoire le Décapolite (VIIIème s.) ; saints martyrs Victor, Zotique, Zénon, Akindynos et Sévérien (303) ; saint Côme, évêque de Chalcédoine, et son compagnon d’ascèse saint Auxence, confesseurs (vers 820) ; sainte Aye, moniale dans le Hainaut (vers 714) ; saint Jean de Ioannina, martyr à Constantinople (1526) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyr Bessarion (Selinine), prêtre (1918) ; sainte vénérable martyre Tamara (Satsi) (1942).

SAINT JEAN L’ISAURIEN

Notre vénérable Père Jean était originaire d’Isaurie. Épris depuis sa jeunesse d’un ardent amour pour le Christ, il renonça à toutes les vanités de ce monde pour devenir disciple de saint Grégoire le Décapolite. Il servit son père spirituel, telle une vivante image du Seigneur, pendant de nombreuses années, de sorte que saint Grégoire se réjouissait et rendait gloire à Dieu d’avoir trouvé en lui un moine exemplaire. Jean prit part aux glorieux combats de son maître pour la défense des saintes icônes pendant la persécution de Léon l’Arménien. Il trouva le repos éternel en 820 et fut inhumé auprès de saint Joseph l’Hymnographe, son ami.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 2ème ton

Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de la fête, ton 2

Le noble Joseph, ayant descendu de la Croix Ton Corps immaculé, L’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et Le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais Tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde Grande Miséricorde.

Tropaire des Myrrhophores, ton 2

Près du tombeau l’ange apparut aux saintes femmes myrrhophores et clama : La myrrhe convient aux mortels, mais le Christ est étranger à la corruption. Aussi annoncez : Le Seigneur est ressuscité et Il accorde au monde la grande miséricorde.

Kondakion des femmes myrophores, ton 2

Tu as dis aux myrophores : « Réjouissez-vous ! » et par Ta Résurrection, ô Christ Dieu, Tu as mis fin aux lamentations d’Ève, notre première mère. A Tes Apôtres, Tu as ordonné de proclamer : le Sauveur est ressuscité du Tombeau.

Évangile DU JOUR

(Jn IV, 46-54)

Jésus retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi, dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit. Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. Jésus fit encore ce second miracle lorsqu’il fut venu de Judée en Galilée.

11 avril (ancien calendrier)/24 avril (nouveau)

11 avril (ancien calendrier)/24 avril (nouveau)

Saint Antipas, évêque de Pergame, martyr (vers 68) ; saints martyrs Procès et Martinien (vers 67) ; saint Limin, martyr (vers 260) ; saint Pharmute, ermite en Cappadoce (IVème s.) ; saint Airy, abbé à Tours (672) ; sainte Godberte de Noyon (695) ; saint Jean, disciple de saint Grégoire le Décapolite (IXème s.) ; saint Jacques de Jelezny Borok (1442) et saint Jacques, son compagnon d’ascèse (XVème s.) ; saint Barsanuphe, évêque de Tver (1576); saint Callinique de Cernica, évêque de Rimnicu-Vilcea (1867) ; saint hiéromartyr Nicolas Gavarine, prêtre (1938).

SAINT ANTIPAS, Évêque DE PERGAME

Le saint et glorieux martyr Antipas était contemporain des Apôtres et avait été placé par eux à la tête de l’Église de Pergame. Au temps de la persécution de Dométien (vers 83), alors qu’il était très âgé, le saint évêque fut arrêté par les païens, auxquels les démons avaient révélé qu’il ne leur était plus possible d’accepter leurs sacrifices, car la prière d’Antipas les repoussait de la ville. Le saint fut donc traîné devant le gouverneur qui tenta de lui faire renier le Christ, sous prétexte que le culte des idoles était plus ancien et plus respectable que cette religion nouvelle prêchée par des pêcheurs et des gens de rien. Pour toute réponse, saint Antipas rappela au magistrat l’histoire de Caïn qui, bien qu’il fût l’ancêtre du genre humain, n’en reste pas moins abominable et méprisable à cause du meurtre de son frère. De même, les croyances et les cultes helléniques, bien qu’antérieurs dans le temps, n’en sont pas moins méprisables pour ceux qui ont reçu, en ces derniers temps, la révélation de la plénitude de la Vérité.
En entendant ces paroles, le gouverneur et les païens présents éclatèrent de fureur et jetèrent le saint dans un bœuf d’airain rougi au feu. Au cœur de cette fournaise, saint Antipas élevait une ardente prière vers le Seigneur et lui rendait grâce de souffrir pour témoigner que l’amour de Dieu est plus fort que la mort. Il demanda aussi au Christ d’accorder à tous ceux qui invoqueront son nom la délivrance des maladies, en particulier des maux de dents, et à tous ceux qui célébreront avec dévotion sa mémoire annuelle le pardon des péchés et la faveur divine au Jour du Jugement. Ayant obtenu cette faveur, il remit son âme au Seigneur. Son corps fut enseveli dans l’église de Pergame, et un baume aux propriétés thérapeutiques se dégagea de son tombeau pendant de longues années, pour la consolation des chrétiens de la cité et des nombreux pèlerins qui, de toutes parts, venaient le vénérer.
Quelque temps après le martyre de saint Antipas, saint Jean le Théologien témoigna de lui au Nom du Christ dans son Apocalypse, en disant : Écris à l’Ange de l’Église de Pergame : Voici ce que dit Celui qui a le glaive aigu à deux tranchants : Je sais où tu habites, là où se trouve le trône de Satan : mais tu es fermement attaché à mon Nom et tu n’as point renié ma foi, même en ces jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, où Satan habite (Ap 2, 12-13).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Tropaire du dimanche de Thomas, ton 7
Le sépulcre étant scellé, Toi qui es la Vie, ô Christ Dieu, Tu t’es levé du tombeau, et les portes étant fermées, Toi, la Résurrection de tous, Tu t’es présenté devant Tes disciples, par eux renouvelant en nous un esprit droit, dans Ta grande miséricorde.
Kondakion du saint, ton 4
Toi le compagnon des Apôtres, Bienheureux, * toi le joyau des pontifes, le martyr glorifié, * tu as brillé comme un soleil * illuminant le monde entier, * car tu dissipas la sombre nuit privée de Dieu; * c’est pourquoi nous te vénérons, pontife Antipas, * comme véritable hiéromartyr et fameux guérisseur.

Kondakion du dimanche de Thomas, ton 8
Voulant s’assurer de Ta Résurrection, Thomas scruta de sa droite curieuse Ton côté vivifiant, ô Christ Dieu ; aussi, lorsque Tu entras, les portes étant fermées, il Te clama avec les autres apôtres : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Évangile DU JOUR
(Jn II, 1-11)

Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit: Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, -ne sachant d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, -il appela l’époux, et lui dit: Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)

5 avril (ancien calendrier)/18 avril (nouveau)
Mardi Lumineux

Saints Victorin, Victor, Nicéphore, Claude, Diodore, Sérapion et Papias, martyrs à Corinthe (251) ; saint martyr Agathopode, diacre, Théodule, lecteur, et leurs compagnons (vers 303) ; saint Publius d’Égypte (IVème s.) ; saint Marc d’Athènes (vers 400) ; saints Théonas, Siméon et Thorbin, reclus en Thébaïde (IV°) ; sainte Théodora, moniale à Thessalonique (892) ; saint Platon le Studite, confesseur (814) ; saint Georges, néo-martyr grec (1801) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexis (Krotenkov), prêtre (1930) ; Nicolas (Simo), prêtre (1931).

SAINT MARTYRS VICTORIN, VICTOR ET LEURS COMPAGNONS

Ces sept glorieux martyrs furent arrêtés comme chrétiens à Corinthe, pendant la persécution de Dèce (249-251), et furent traduits devant le proconsul du Péloponnèse, Tertius. Après avoir subi la flagellation et d’autres tourments avec ses compagnons, Victorin eut l’œil droit arraché, les extrémités des mains et des pieds coupées, puis il fut jeté dans un grand mortier où il eut les membres broyés et remit ainsi son âme à Dieu. Nicéphore, couvert de sang après les coups, fut pendu par les cheveux, se vit rompre les doigts un à un, et, comme les païens voulaient le forcer à boire du vin offert en libation aux idoles, il se jeta de lui-même dans le mortier, où il trouva la mort peu après Victorin.

Claude fut suspendu à une potence, eut les joues arrachées et rendit l’âme quand on lui amputa les mains et les pieds. Diodore gagna la palme du martyre en mourant par le feu, après avoir eut le corps lacéré à coups de lancettes. Sérapion fut, quant à lui, pendu la tête en bas, eut les membres rompus à coups de massues et mourut décapité.

Papias, enfin, eut les mains tranchées, se vit percer le corps avec des pointes aiguisées et fut précipité dans la mer avec une lourde pierre attachée au cou. C’est ainsi qu’ils reçurent tous les sept les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.

Kondakion de Pâques, ton 8
Bien que tu sois descendu, ô Immortel, dans le Tombeau, Tu as cependant détruit la puissance de l’enfer et Tu es ressuscité en vainqueur, ô Christ Dieu. Aux femmes myrophores Tu as annoncé : Réjouissez-vous, et à Tes apôtres Tu as donné la paix, Toi qui accordes à ceux qui sont tombés la Résurrection.

Évangile DU JOUR
(Lc XXIV, 12-35)
Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé. Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha, et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes? L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci? – Quoi? leur dit-il. -Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. Alors Jésus leur dit: O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant: Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Martyrikon du ton occurent

LECTURE DES PROVERBES (XIX, 16-25)
Garder les commandements, c’est sauver son âme ;
se négliger en sa voie, c’est courir à sa perte.
Celui qui est miséricordieux envers les pauvres prête à usure au Seigneur ; Dieu le rétribuera selon ce qu’il aura donné.
Corrige ton fils ;
c’est ainsi qu’il sera ton espérance.
Ne sois pas exalté en ton âme jusqu’à l’orgueil.
L’homme malveillant sera puni sévèrement;
s’il nuit à autrui, il nuit aussi à son âme.
Écoute, ô mon fils, les instructions de ton père
pour être sage jusqu’à ta dernière heure.
De nombreuses pensées roulent dans le cœur de l’homme ;
le conseil du Seigneur demeure dans tous les siècles.
La miséricorde est un fruit pour l’homme ;
mieux vaut un mendiant juste qu’un riche trompeur.
La crainte du Seigneur est la vie de l’homme ;
celui qui n’a pas cette crainte habitera des lieux où la doctrine est inconnue. Celui qui cache ses mains sous son manteau,
avec de mauvais desseins, n’aura garde de les porter à sa bouche.
Les coups qui le flagellent rendent l’insensé plus réfléchi ;
mais si l’on reprend le sage, il comprend aussitôt la réprimande.

12 mars (ancien calendrier)/25 mars (nouveau)

12 mars (ancien calendrier)/25 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818) ; saint Paul-Aurélien, premier évêque de Saint-Pol-de-Léon en Bretagne (573) ; saint Grégoire le Grand, dit le Dialogue, pape de Rome, auteur de la Liturgie des saints Dons présanctifiés (604) ; saint Syméon le Nouveau Théologien (1021) ; saint Phinès le juste (vers 1500 av. J.-C.) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Derjavine), confesseur (1933), Jean (Plekhanov), Constantin (Sokolov), prêtres, Vladimir (Volkov), moine (1938), Serge (Skvortsov), prêtre (1943).

SAINT THÉOPHANE LE CONFESSEUR

Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818)

Notre saint Père Théophane naquit à Constantinople en 759, sous le règne de l’empereur iconoclaste Constantin Copronyme (741-775), au sein d’une noble et opulente famille. Élevé par sa mère, il avait été fiancé dès l’âge de douze ans à une riche héritière, nommée Mégalo. Au bout de huit années de fiançailles, quand vint le jour des noces, dès qu’ils se retrouvèrent seuls, le soir venu, Théophane révéla à son épouse qu’il avait toujours désiré embrasser la vie monastique, et il la convainquit de vivre ensemble dans la continence, comme frère et sœur. Ils menèrent ainsi ce glorieux combat de la virginité au sein du mariage pendant deux années, malgré les pressions du père de Mégalo. Finalement, celui-ci obtint de l’empereur Léon IV (775-780) que Théophane fût nommé gouverneur de Cyzique, chargé de surveiller la construction de la forteresse, avec l’espoir que les soucis de cette charge le détourneraient de ses aspirations ascétiques. Mais le résultat fut tout autre, car le pieux magistrat profitait de tous ses moments libres pour visiter les ascètes de la région. L’un d’eux, nommé Grégoire, tempéra son désir de renoncer au monde en lui conseillant de persévérer encore dans son mode de vie. Au cours d’un voyage à Constantinople, il reçut la dignité de spatharios, mais rien ne pouvait le détourner de sa soif de Dieu. Aussi, dès la mort de l’empereur et de son beau-père, il obtint son congé de l’impératrice régente, Irène, et, après avoir libéré ses serviteurs et distribué ses richesses, il conduisit son épouse dans un monastère de l’archipel des Princes. Il ne devait plus la revoir dans cette vie, mais il lui écrivait pour l’encourager à persévérer dans les devoirs de sa profession. Quant à lui, il devint moine au monastère de Polychronion au mont Sigriane, près de Cyzique. De là, il passa une brève période dans une propriété de famille située dans l’île de Calonymos (Propontide). Les candidats à la vie monastique accoururent bientôt, mais Théophane, renonçant à les diriger, confia la direction de la communauté à un moine expérimenté venu d’un autre monastère et alla vivre en ermite à proximité pendant environ six années, en exerçant le travail de copiste. Lorsque l’higoumène du monastère vint à mourir, les frères lui demandèrent unanimement de prendre la succession. Craignant de perdre la grâce de la sainte hésychia, le saint retourna au mont Sigriane, où il acquit une propriété nommée le Grand-Champ (Megas Agros), dans laquelle il fonda un monastère qui devint par la suite un des plus prestigieux centres spirituels de l’époque. Revêtu de l’armure des preux combattants du Seigneur : le jeûne mesuré qui dessèche les ardeurs de la chair, la veille qui rend l’esprit pénétrant au milieu de la nuit et les larmes qui purifient le cœur, il était pour tous une image vivante de la parfaite observance monastique. Une fois de plus des disciples se rassemblèrent autour de lui et il dut assumer leur direction. D’une douceur avenante, il savait s’entretenir d’égal à égal avec les plus simples comme avec les plus lettrés, et il leur enseignait avec autorité, mais sans violence, les saints dogmes et l’art de la maîtrise des passions. Pour compléter son expérience, il entreprit alors un voyage dans les monastères de Bithynie et de l’Hellespont. En plus de ses labeurs spirituels et de ses devoirs de pasteur, il travailla aussi à la rédaction d’une vaste Chronographie, qui reste un des meilleurs documents pour la connaissance de l’histoire byzantine. Devenu vase d’élection de la grâce, il couvrait tous ceux qui se présentaient au monastère de la charité même de Dieu, et lors d’une terrible disette il ordonna à son économe de distribuer toutes les réserves aux indigents. Par la grâce de Dieu celles-ci se remplirent de nouveau.

En 787, il fut convoqué au Concile de Nicée, réuni pour la défense du culte des saintes images. Il apparut dans cette assemblée dans un simple et pauvre appareil, mais étonna tous les assistants par sa profonde connaissance de la tradition des saints Pères. Rentré à son monastère, il fut atteint de la très cruelle maladie de la pierre et de coliques néphrétiques, qui l’obligèrent à rester constamment alité. Ces épreuves, acceptées avec patience, se transformaient pour lui en de saintes ascensions vers le Royaume des cieux.

Lorsque l’empereur impie Léon V l’Arménien reprit la persécution contre les saintes images (815), averti de la réputation de confesseur acquise par l’higoumène du Grand-Champ, il convoqua Théophane à Constantinople, sous prétexte de demander ses prières à la veille de sa campagne contre les Bulgares. Les soldats envoyés pour quérir l’homme de Dieu, le saisirent de force, malgré son infirmité, et incendièrent le monastère. Une fois rendu à la capitale, Théophane refusa de voir l’empereur hérétique en face, ce qui déclencha la fureur du tyran qui le fit incarcérer au monastère des Saints Serge-et-Bacchus, où le futur patriarche hérétique, Léon le Grammairien, essaya de le faire céder. Mais le saint réfutait avec éclat tous ses arguments. Il resta, pendant deux ans, enfermé dans un sombre cachot du palais d’Éleuthère ; puis l’empereur, constatant qu’il demeurait inflexible dans sa confession de la vraie foi, ordonna de l’exiler dans l’île de Samothrace. Le saint confesseur ne put survivre qu’une vingtaine de jours aux peines de ce voyage, et il remit son âme au Seigneur le 12 mars 817 (818). Son tombeau devint immédiatement une source de guérisons pour les habitants de Samothrace. En 822, ses disciples vinrent prendre son corps pour le transférer au monastère du Grand-Champ. Saint Théodore Stoudite, dont saint Théophane avait été le parrain de profession monastique et qui lui portait une vive admiration, prononça à cette occasion un discours en son honneur. Il est acclamé parmi les saints confesseurs dans le Synodikon de l’Orthodoxie, lu dans les églises le Premier Dimanche du Grand Carême.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théophane, ton 8
Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, / luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, / sage Théophane, pour les saintes images tu as combattu; / toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, / intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théophane, ton 2
Du ciel ayant reçu la divine révélation, / tu t’empressas de quitter le tumulte d’ici-bas; / en moine, vénérable Père, ayant vécu, / tu reçus le pouvoir des miracles et le don de prophétie, / toi qui te privas de ton épouse et de tes biens.

LECTURE DES PROVERBES (VI, 20, VII,1)

Ô mon fils, garde les lois de ton père,
et ne rejette pas les préceptes de ta mère. Tiens-les toujours attachés à ton âme ;
mets-les comme un collier autour de ton cou.
Partout où tu iras, porte-les, et qu’ils soient avec toi ;
et quand tu dormiras, qu’ils te gardent,
afin qu’à ton réveil ils s’entretiennent avec toi.
Les commandements de la loi sont une lampe, une lumière ;
c’est la voie de vie, c’est la correction et la discipline,
qui te garderont de la femme mariée et des artifices de la langue étrangère. Que la convoitise de sa beauté ne triomphe pas de toi ;
ne te laisse pas prendre par tes yeux, ni ravir par ses paupières.
Car la courtisane ne coûte que le prix d’un pain ;
la femme mariée prend les âmes des hommes qui ont tant de prix.
Qui cachera du feu dans son sein sans brûler sa tunique ?
Qui marchera sur des charbons ardents sans se brûler les pieds ?
Tel est celui qui a commerce avec la femme mariée ;
il ne sera point disculpé, non plus que celui qui l’aura touchée.
Il n’est pas étonnant qu’un voleur se cache dans la grange ;
car il vole pour rassasier son âme affamée ;
et s’il est pris, il rendra au centuple ;
et, dût-il donner tout ce qu’il possède,
il se sauvera lui-même mais l’adultère,
à cause de l’indigence de son cœur, a causé la perte de son âme ;
il supportera les hontes et les douleurs,
et son opprobre ne sera point effacé dans les siècles des siècles.
Car l’âme de l’époux est pleine de jalousie ;
il ne l’épargnera pas le jour du Jugement.
Nul, au prix d’une rançon, n’éteindra sa haine,
et il n’est point de dons si nombreux qui puissent l’apaiser.
Mon fils, garde mes paroles, et renferme mes préceptes en toi-même.

9 mars (ancien calendrier)/22 mars (nouveau)

9 mars (ancien calendrier)/22 mars (nouveau)
GRAND CARÊME
(dispense d’huile et de vin)

Les 40 saints martyrs de Sébaste

Les 40 saints martyrs de Sébaste  : Acace, Aetius, Alexandre, Angius, Athanase, Candide, Claude, Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikos, Elie, Eunique, Eutychès, Flavius, Gaïus, Gorgon, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Léonce, Lésimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoctémon, Prisque, Quirin, Sacerdos, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthe et Augias (vers 320); saint Urpasien, martyr à Nicomédie (vers 295) ; saint Césaire, frère de saint Grégoire le Théologien (369) ; saint Taraise ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyrs Michel (Maslov), Alexis (Smirnov), Démètre (Glivenko), Serge (Lebedev), Serge (Tsvetkov), prêtres et Nicolas (Goriounov), diacre, Joasaph (Chakhov), moine, Nathalie (Oulianov) et Alexandra (Samoïlov), moniales (1938).

SAINTS QUARANTE MARTYRS DE SÉBASTE
Lorsque le cruel Licinius (308-323), qui avait été associé au pouvoir par saint Constantin, jeta le masque de la dissimulation et rompit avec lui, il publia des édits contre les chrétiens et envoya dans toutes ses provinces des magistrats chargés d’exécuter ses ordres, en mettant à mort dans de terribles supplices ceux d’entre eux qui ne voulaient pas se soumettre. Le gouverneur désigné pour la Cappadoce et la Petite Arménie, Agricolaos , était l’un des plus zélés exécutants des édits de persécution et il avait convoqué dans la ville de Sébaste où il résidait, la douzième légion impériale, dite fulminante (Legio XII fulminata), dirigée par le duc Lysias. Quarante soldats de cette légion, hommes jeunes, braves et appréciés pour leurs services, refusèrent alors de sacrifier aux idoles de l’Empire et se déclarèrent chrétiens. Originaires de différentes contrées, mais unis comme un seul homme nouveau par la foi et la charité, ils se présentèrent un à un devant le gouverneur, comme des athlètes qui se font inscrire au jour du combat, et déclinèrent leur véritable identité, en disant : « Je suis chrétien ! » Agricolaos essaya d’abord de les gagner par la douceur, en vantant leurs actions d’éclat et en leur promettant avantages et faveurs de la part de l’empereur s’ils se soumettaient à son ordre. Les saints lui répondirent par la voix de l’un d’entre eux : « Si nous avons vaillamment combattu, comme tu le dis, pour l’empereur de la terre, avec combien plus d’ardeur nous faut-il maintenant engager le combat par amour pour le Souverain de l’univers. Car il n’y a pour nous qu’une vie : la mort pour le Christ. » Jetés en prison dans l’attente d’une nouvelle comparution, les valeureux combattants de la piété tombèrent à genoux, en priant le Seigneur de les garder dans la vraie foi et de les fortifier dans le combat. Comme ils passaient la nuit en chantant des Psaumes, le Christ leur apparut et leur dit : « Vous avez bien commencé, mais la couronne ne sera accordée qu’à celui qui persévérera jusqu’au bout ! »
Le lendemain matin, le gouverneur les fit comparaître de nouveau et recommença ses flatteries, mais l’un des saints martyrs, Candide, dénonça ouvertement sa douceur hypocrite, déclenchant ainsi la colère du tyran. Toutefois, ne pouvant rien contre eux tant que leur général, le duc Lysias, ne les avait pas jugés, Agricolaos les fit remettre en prison. Au bout de sept jours, Lysias étant arrivé à Sébaste, on les conduisit devant lui. En chemin, Quirion encourageait ses compagnons en leur disant : « Nous avons trois ennemis : le diable, Lysias et le gouverneur. Que peuvent-ils contre nous qui sommes quarante soldats de Jésus-Christ ? » Quand il les vit si fermes et si résolus, Lysias ordonna aux autres soldats de leur briser les dents à coups de pierres. Mais dès que ces derniers se précipitèrent, ils furent aveuglés par une puissance divine et, dans la confusion, ils se frappaient les uns les autres. Lysias, pris de colère, saisit alors une pierre et voulut la lancer sur les saints, mais celle-ci alla frapper le gouverneur en le blessant grièvement. On les remit en prison pour la nuit, en attendant de prendre une décision sur le genre de supplice qu’il fallait leur appliquer.

Rassemblant les ressources de son imagination perverse, le gouverneur ordonna de les dépouiller de leurs vêtements et de les laisser nus sur le lac gelé, qui se trouvait à peu de distance de la ville, afin qu’ils périssent dans d’horribles souffrances causées par le froid. Pour compléter le supplice, il imagina de présenter sous leurs yeux, comme ultime tentation, le remède à leurs peines, et fit préparer sur le bord du lac un bain d’eau chaude, afin que celui qui abandonnerait le combat, vaincu par la rigueur du froid, y trouvât de quoi se soulager.

Dès qu’ils entendirent la sentence, les saints rivalisèrent à qui se dépouillerait le premier de ses vêtements, disant : « En déposant ces vêtements, rejetons aussi le vieil homme ! Puisque par la tromperie du Serpent, nous avons revêtu jadis les tuniques de peau, dépouillons-nous aujourd’hui pour obtenir le Paradis que nous avons perdu ! Que rendre au Seigneur pour ce qu’Il a souffert pour notre salut ? Les soldats l’ont autrefois mis à nu, dépouillons-nous maintenant de nos vêtements pour que tout l’ordre militaire obtienne le pardon ! Le froid est rigoureux, mais le Paradis est doux ! Prenons donc patience pour un court instant, afin d’être réchauffés dans le sein d’Abraham. Achetons la joie éternelle au prix d’une courte nuit de tourments ! Puisque de toute manière ce corps corruptible doit mourir, acceptons maintenant de mourir volontairement afin de vivre éternellement ! Reçois, Seigneur, cet holocauste que le froid et non le feu va consumer ! » C’est en s’encourageant ainsi mutuellement que les quarante saints s’avancèrent comme un seul homme sur la glace, sans autre lien que leur propre volonté, et pendant toute la nuit ils endurèrent la morsure cruelle du vent, particulièrement glacial en cette région, en priant le Seigneur pour que, comme ils étaient entrés quarante dans le combat, ils en sortent quarante victorieux, sans qu’il en manquât un seul à ce nombre sacré, symbole de plénitude. Comme la nuit avançait et que leurs corps commençaient à se durcir et leur sang à ralentir sa circulation en leur provoquant une insupportable souffrance au cœur, l’un d’entre eux, vaincu par la douleur, quitta le lac et se précipita vers le bain surchauffé. Mais la soudaine différence de température le fit mourir presque aussitôt, privé de la couronne de la victoire. Les trente-neuf autres, navrés de la perte de leur compagnon, redoublèrent leur prière, et soudain une grande clarté vint percer le ciel et s’arrêta au-dessus du lac en réchauffant les saints martyrs, et des anges descendirent pour poser sur leurs têtes trente-neuf couronnes resplendissantes. Devant cette merveille, un des gardes, nommé Aglaïos, qui se réchauffait près du bain, eut soudain la conscience illuminée par la foi. Constatant qu’une quarantième couronne restait suspendue en l’air, semblant attendre que quelqu’un vînt compléter le nombre des élus, il réveilla ses compagnons d’armes, leur jeta ses vêtements et il s’avança avec empressement sur la glace pour rejoindre les martyrs, criant que lui aussi était chrétien.

Lorsque, le lendemain matin, Agricolaos apprit l’événement, il ordonna de tirer les saints hors du lac et de les achever en leur rompant les jambes, puis d’aller jeter leurs corps au feu afin qu’il ne restât aucune trace de leur glorieux combat. Comme on les traînait vers l’ultime supplice, les glorieux martyrs chantaient : Nous avons passé par le feu et par l’eau, mais Tu nous en as tirés, Seigneur, pour nous procurer le rafraîchissement ! (Ps 65, 12). Après avoir exécuté leur besogne, les bourreaux chargèrent les corps des saints sur un chariot pour les conduire au bûcher. Ils s’aperçurent alors que le plus jeune d’entre eux, Méliton, était encore vivant et le laissèrent, dans l’espoir de le convaincre finalement à renier sa foi. Mais sa mère, qui avait assisté au spectacle, vint prendre son enfant dans ses bras et le déposa elle-même sur le chariot avec les autres corps, en lui disant : « Ne reste pas privé de la couronne, ô mon cher fils, rejoins tes compagnons pour jouir de cette lumière éternelle qui dissipera mon affliction. » Et, sans répandre une larme, elle accompagna le chariot jusqu’au bûcher, le visage rempli de joie.

Suivant les ordres du gouverneur, les soldats dispersèrent les cendres des martyrs et jetèrent leurs ossements dans le fleuve ; mais, au bout de trois jours, les saints apparurent en vision à l’évêque de Sébaste, Pierre , et lui indiquèrent l’endroit du fleuve où ils étaient retenus pour être vénérés par les fidèles. Par la suite les reliques des Quarante Martyrs furent distribuées dans de nombreux lieux, et leur culte se répandit, principalement grâce à la famille de saint Basile, qui leur portait une grande dévotion .

La nuit qui précéda leur martyre, les saints dictèrent leur Testament, sous forme d’exhortation, à un jeune esclave, Eunoïcos, qui fut témoin de leurs combats et put échapper aux persécuteurs. Il transmit cet admirable texte à la postérité et prit soin, par la suite, du sanctuaire où étaient déposées leurs reliques. C’est dans ce Testament qu’on peut trouver les noms des Quarante martyrs : Acace, Aétios, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (ou Claude), Cyrille, Dométien, Domnos, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychios, Flavios, Gaïos, Gorgonios et un autre du même nom, Hélien, Héraclius, Hésychios, Jean, Khoudion, (Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoktimon, Priscos, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinios, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias. L’un d’entre eux ayant fait défaut, Aglaïos, le soldat, vint le remplacer pour compléter leur nombre sacré .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Quarante martyrs, ton 1
Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi / laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; / guéris toutes nos douleurs, / Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Kondakion des saints Quarante martyrs, ton 6
Ayant laissé à ce monde toute armée, / vous vous êtes attachés au Maître des cieux, / vous les Quarante Martyrs, / car étant passés par le feu et par l’eau, / vous avez reçu, Bienheureux, / la gloire céleste et les couronnes méritées.

Évangile du jour
(Matth. XX, 1-16)
Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit: Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? Ils lui répondirent: C’est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant: Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent : supporté la fatigue du jour et la chaleur. Il répondit à l’un d’eux: Mon ami, je ne te fais pas tort; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers.

23 février (ancien calendrier)/7 mars (nouveau)

23 février (ancien calendrier)/7 mars (nouveau)
Abstinence de viande
Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, hiéromartyr (167) ; saints Jean, Moïse, Antiochus et Antonin, Zébinas, Polychrone, Moïse et Damien, ermites près de Cyr en Syrie (Vème s.) ; saint Alexandre, fondateur du monastère des Acémètes (vers 430); saint Véterin (ou Véturin), moine et prédicateur en Anjou (IVème s.) ; saint Polycarpe de Briansk (1620) ; invention des reliques de la sainte bienheureuse Matrone de Moscou (1998) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyrs Alexis (Nikolsky), Nicolas (Dmitrov), Michel (Rajkine), prêtres et Serge (Borodavkine), martyr (1938).

SAINT POLYCARPE DE SMYRNE

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne, hiéromartyr (167)

Le glorieux Polycarpe, qui fut, d’après son disciple saint Irénée de Lyon : « Disciple des Apôtres et vécut avec beaucoup de ceux qui avaient vu le Seigneur » , naquit à Éphèse, au temps de l’empereur Vespasien (vers l’an 80). Avant de consommer leur martyre, ses saints parents confièrent leur enfant à une pieuse et noble femme, Callista, qui l’éleva dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes vertus. Mû de compassion, l’enfant appliquait si bien les préceptes de l’aumône qu’il vida les réserves de sa mère adoptive pour les distribuer aux pauvres. Et comme celles-ci s’étaient de nouveau miraculeusement remplies, Callista changea son nom de Pancrace pour celui de Polycarpe (c’est-à-dire « fruit abondant »).

Parvenu à maturité, il devint disciple de saint Jean le Théologien, qui proclamait alors la Bonne Nouvelle dans la province d’Asie, en compagnie de saint Boucole [6 fév.] et de saint Ignace le Théophore [20 déc.]. S’imprégnant de son enseignement et de tout ce qui pouvait rappeler la vie du Seigneur, Polycarpe partagea avec empressement toutes les tribulations du Disciple Bien-Aimé, jusqu’à son exil à Patmos. Saint Jean ordonna alors Boucole évêque de la grande et illustre cité de Smyrne, et il lui confia Polycarpe comme aide et compagnon de travaux. Parvenu à Smyrne, Polycarpe fut ordonné prêtre et chargé du soin des orphelins ; jusqu’au jour où, prévoyant sa mort prochaine, saint Boucole désigna l’humble Polycarpe pour lui succéder.

Devenu, par la volonté de Dieu et de son père spirituel, pasteur de l’Église de Smyrne, Polycarpe s’acquitta dès lors de sa tâche en imitant parfaitement la conduite de ses pères, et répétant avec fidélité leurs paroles et celles qu’ils avaient recueillies de la bouche même du Seigneur. De son exil à Patmos, saint Jean adressait ses éloges à l’Ange de l’Église de Smyrne et l’encourageait à rester fidèle jusqu’à la mort pour recevoir la couronne de la vie éternelle (Ap 2, 10). Revêtu de la grâce divine, Polycarpe accomplit de nombreux miracles : il éteignit par sa prière un incendie qui menaçait la contrée depuis sept jours, fit tomber une pluie bienfaisante au terme d’une longue sécheresse, délivra des possédés et guérit des malades, de sorte que, grâce à lui, les païens se convertissaient en grand nombre.

Quand, vers le début de l’épiscopat de Polycarpe (vers 113-117), saint Ignace fut condamné à mort et envoyé enchaîné à Rome pour être livré aux bêtes, il passa par Smyrne et fut heureux d’embrasser une dernière fois le saint évêque. Parvenu à Troas, il lui adressa une lettre pour le remercier de son hospitalité, lui remit le soin de l’Église d’Antioche et lui transmit des conseils divinement inspirés sur les devoirs du pasteur : « Je glorifie le Seigneur de m’avoir jugé digne de contempler ton visage irréprochable. Justifie ta dignité épiscopale par une entière sollicitude de chair et d’esprit. Préoccupe-toi de l’union au-dessus de laquelle il n’y a rien de meilleur. Supporte avec patience tous les frères comme le Seigneur te supporte toi-même… Porte les infirmités de tous, comme un athlète accompli. Le temps présent te réclame pour obtenir Dieu, comme le pilote attend le vent et comme l’homme battu par la tempête attend le port, pour obtenir Dieu… » .

Par la suite, saint Polycarpe écrivit aux chrétiens de Philippes pour les féliciter d’avoir accueilli Ignace et les martyrs : « …les images de la véritable charité que vous avez escortées comme il convenait de le faire, eux qui étaient enchaînés de ces liens dignes des saints, qui sont les diadèmes de ceux qui ont été vraiment choisis par Dieu ». Il les exhorte à persévérer dans cette patience qu’ils ont vue chez les martyrs et il leur expose les principes de vie d’une communauté chrétienne amie de la charité : « La foi est notre mère à tous, elle est source de l’espérance et elle est précédée de l’amour pour Dieu, pour le Christ et pour le prochain. Celui qui demeure en ces vertus a accompli les commandements de la Justice, car celui qui a la charité est loin de tout péché ».

Il dirigea ainsi, de manière tout apostolique, son Église pendant plus de cinquante ans. Vers 160, alors qu’il était un vieillard chargé de jours, il fit un voyage à Rome pour s’entretenir avec le pape Anicet du différend qui séparait Rome des Églises d’Asie sur la date de Pâques, et pour prendre la défense de la vraie foi contre les hérésies. Le rayonnement de sa sainteté et son enseignement y provoquèrent la conversion d’un grand nombre d’âmes qui s’étaient laissées séduire par les hérétiques Marcion et Valentin. Au moment de quitter Rome, le pape lui céda, par déférence, la présidence de la synaxe eucharistique et, après avoir échangé un saint baiser, ils se quittèrent en paix, dans le respect mutuel des différences légitimes entre les Églises locales.

Peu de temps après son retour à Smyrne (165), une très violente persécution, déclenchée par le proconsul Stratus Quadratus bouleversa toutes les Églises d’Asie. C’est alors qu’à la suite d’un groupe de douze martyrs originaires de Philadelphie, saint Polycarpe, âgé de quatre-vingt-six ans, trouva une mort glorieuse, le Grand Samedi (23 février 167), de manière semblable à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ .
Tandis que les valeureux martyrs du Christ subissaient toutes sortes de supplices pour être finalement livrés en pâture aux bêtes, le très vénérable Polycarpe, conservait sa sérénité ordinaire et voulait même rester en ville, pour ne pas abandonner son troupeau spirituel. Mais, sur les instances de ses compagnons, qui le suppliaient de ne pas s’exposer prématurément à la mort, il se retira dans une petite propriété située non loin de la cité et, nuit et jour, il priait pour tous les hommes et pour les Églises du monde entier. Trois jours avant son arrestation, comme il se tenait ainsi en prière, il eut une vision, dans laquelle son oreiller prit feu et fut consumé. Se tournant vers ses compagnons, il leur annonça calmement qu’il devrait bientôt donner sa vie pour le Christ par le feu.

À peine avait-il atteint un nouveau refuge que les hommes d’armes, qui avaient appris où il se trouvait en torturant un jeune esclave, firent irruption dans la demeure. Refusant de prendre la fuite, l’évêque les accueillit avec un visage radieux et très doux, et il les invita à prendre un copieux repas, en leur demandant seulement de lui laisser un moment pour prier. Ils y consentirent et, pendant deux heures pleines, le vieillard se tint debout, rempli de la grâce de Dieu, faisant mémoire de tous les hommes qu’il avait connus, petits ou grands, ainsi que de l’Église répandue par toute la terre. L’heure étant venue de partir, les soldats, saisis d’une grande crainte et se repentant d’avoir à accomplir cette tâche, le firent monter sur un âne pour le conduire à Smyrne. L’intendant de la police, nommé justement Hérode, vint au-devant de lui et le fit monter dans sa voiture pour essayer de le persuader de sauver sa vie en sacrifiant à César. Comme il avait peiné en vain, il le fit jeter sur la route en le couvrant d’injures. Blessé à la jambe, le vieillard n’en continua pas moins allègrement le chemin à pied. Quand il entra dans le stade rempli d’une foule hurlante et avide de sang, une voix divine se fit entendre des seuls chrétiens au sein du tumulte. Elle disait : « Courage, Polycarpe, et agis en homme ! » Le proconsul l’exhorta à renier le Christ en disant : « Aie pitié de ton grand âge », et les autres choses que les persécuteurs ont coutume de dire en ces circonstances. « Jure par la fortune de César et dis : À bas les athées ! » lui criait-il. Promenant alors son regard sur la foule des païens qui garnissaient l’amphithéâtre, Polycarpe répondit en soupirant : « Oui, certes. À bas les athées ! » Comme on le sommait de maudire le Christ, il répondit : « Il y a quatre-vingt-six ans que je Le sers, et Il ne m’a fait aucun mal. Comment pourrais-je blasphémer mon Roi qui m’a sauvé? »

Le proconsul dit : « J’ai des bêtes, et je te livrerai à elles, si tu ne changes pas d’avis ». Polycarpe répondit : « Appelle-les, car pour nous il est impossible de changer d’avis pour passer du meilleur au pire ; tandis qu’il est bon de changer pour passer du mal à la justice ». — « Je te ferai brûler par le feu, puisque tu méprises les bêtes », dit le juge. Polycarpe, plein de force et de joie, répondit : « Tu me menaces d’un feu qui brûle un moment et peu de temps après s’éteint, car tu ignores le feu du jugement à venir et du supplice éternel, réservé aux impies. Mais pourquoi tarder ? Va, fais ce que tu veux. »

Le héraut ayant proclamé trois fois que Polycarpe s’était déclaré chrétien, la foule en furie réclama de lâcher contre lui un lion. Mais, comme les combats de bêtes étaient alors terminés, ils crièrent : « Que Polycarpe soit brûlé vif ! » En un instant, les païens et les juifs pêle-mêle allèrent ramasser dans les ateliers et dans les bains des alentours du bois et des fagots. Quand le bûcher fut prêt au milieu du stade, Polycarpe déposa lui-même tous ses vêtements, aussi calmement que s’il célébrait le saint sacrifice, et voulut se déchausser : chose qu’il ne faisait jamais, car les fidèles s’empressaient toujours pour lui baiser les pieds. Comme on voulait le clouer sur le bûcher, il dit : « Laissez-moi ainsi, Celui qui me donne la force de supporter le feu, me donnera aussi de rester immobile sur le bûcher. » Déposé sur le bois comme une victime de choix préparée pour l’holocauste, il leva les yeux au ciel et, dans une ultime prière, rendit grâce à Dieu de l’avoir jugé digne de prendre part, avec tous les saints martyrs, au calice du Christ, pour la résurrection et la vie éternelle dans l’incorruptibilité de l’Esprit Saint.

Quand il eut prononcé son Amen, les bourreaux allumèrent le feu. Une grande flamme s’éleva ; mais, ô merveille, le feu prit soudain l’apparence d’une voûte, à la manière d’une voile de navire gonflée par le vent, qui entourait comme d’un rempart le corps du martyr. Polycarpe se tenait au milieu, non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit ou comme de l’or ou de l’argent brillant dans la fournaise, en dégageant un parfum d’encens ou d’autres précieux aromates. Comme les impies voyaient que le corps du saint ne pouvait se consumer, ils ordonnèrent au bourreau de l’achever au moyen de son glaive. Le sang jaillit alors en telle quantité qu’il éteignit la fournaise, en laissant la foule stupéfaite.

Les précieux restes du saint martyr furent incinérés à l’instigation des juifs, mais les fidèles purent néanmoins recueillir quelques ossements qu’ils déposèrent dans un lieu convenable, où ils se réunissaient chaque année pour célébrer, dans la joie, le jour de sa naissance au ciel. Le glorieux martyre de saint Polycarpe scella, mais pour un temps seulement, la persécution contre les chrétiens.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Polycarpe de Smyrne, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Polycarpe, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Polycarpe de Smyrne, ton 1
Polycarpe, toi qui offris * tes fruits spirituels au Seigneur, * tu t’es montré, par tes divines vertus, * digne de lui, Pontife bienheureux; * et nous que tes paroles ont illuminés, * nous chantons en ce jour * ta mémoire d’être louée, * en glorifiant notre Dieu.
Évangile du jour
(Lc XIX, 29-40, XXII, 7-39)

Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne appelée montagne des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en disant: Allez au village qui est en face; quand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu’un vous demande: Pourquoi le détachez-vous? vous lui répondrez: Le Seigneur en a besoin. Ceux qui étaient envoyés allèrent, et trouvèrent les choses comme Jésus leur avait dit. Comme ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent: Pourquoi détachez-vous l’ânon? Ils répondirent: Le Seigneur en a besoin. Et ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et firent monter Jésus. Quand il fut en marche, les gens étendirent leurs vêtements sur le chemin. Et lorsque déjà il approchait de Jérusalem, vers la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus. Ils disaient: Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur! Paix dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts! Quelques pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus: Maître, reprends tes disciples. Et il répondit: Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront! Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant: Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions. Ils lui dirent: Où veux-tu que nous la préparions? Il leur répondit: Voici, quand vous serez entrés dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau; suivez-le dans la maison où il entrera, et vous direz au maître de la maison: Le maître te dit: Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples? Et il vous montrera une grande chambre haute, meublée: c’est là que vous préparerez la Pâque. Ils partirent, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit; et ils préparèrent la Pâque. L’heure étant venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit: J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit: Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. Cependant voici, la main de celui qui me livre est avec moi à cette table. Le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est déterminé. Mais malheur à l’homme par qui il est livré! Et ils commencèrent à se demander les uns aux autres qui était celui d’entre eux qui ferait cela. Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation: lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand? Jésus leur dit: Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est à table? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d’Israël. Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. Et Jésus dit: Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies nié trois fois de me connaître. Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien. Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée. Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s’accomplisse en moi: Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d’arriver. Ils dirent: Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit: Cela suffit. Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent.

“L’après Crète” par Assaad Elias Kattan (Centre d’études religieuses, Université de Münster)

L’institution « Eglise orthodoxe » va demeurer dans l’état d’inertie qui était le sien avant le concile de Crète qui s’est tenu récemment, si les responsables ecclésiastiques ne s’activent pas à tirer les leçons des fautes qu’ils ont commises dans le passé, et ce en forgeant une vision d’avenir « commune » destinée à surmonter les cassures qui frappent les Orthodoxes et à prendre des mesures audacieuses pour aviver leur vie ecclésiale. Certains diront peut-être que nous exagérons. Pourtant, les événements de ces derniers mois ont montré, d’une manière incontestable, que les Orthodoxes sont encore toujours en-deçà, plus de quinze ans après leur entrée dans le troisième millénaire, de l’esprit conciliaire dont ils ne cessent de s’enorgueillir. Ils sont, sans doute aucun, en-deçà de l’esprit conciliaire que l’Eglise catholique a manifesté pendant le concile de Vatican II, ce concile qui a changé le visage du catholicisme et l’a poussé en avant sur la voie de sa transformation en une Eglise qui est sérieusement en intelligence avec la situation de l’homme contemporain, ses préoccupations et ses aspirations.
A peine le concile de Crète venait-il de s’achever, que les milieux de l’Eglise constantinopolitaine se mirent à l’afficher comme un « succès » éclatant. Ce faisant, ils passent sous silence le fait qu’au moins la moitié du monde orthodoxe n’était pas représentée en Crète, et que les délégations participantes, exception faite des Eglises de Roumanie et de Serbie, ont un caractère essentiellement grec, et adhèrent à la tradition hellénophone, non seulement comme un universalisme culturel – c’est le cas de tous les Orthodoxes –, mais comme le fondement d’un nationalisme hypertrophié et maladif. Certes, le traitement du chancre nationaliste qui aujourd’hui déchire le monde orthodoxe ne se fera pas en le remplaçant par un autre, russe, roumain, serbe ou arabe, non moins maladif et pléthorique, mais bien en critiquant et en brisant le penchant nationaliste et en retournant à l’esprit de l’Evangile. C’est ce que de grands théologiens ne cessent de répéter depuis soixante-cinq ans. Mais l’autre malheur qui ravage notre Eglise, c’est l’énorme cassure, absolument sans précédent, entre l’autorité ecclésiastique et la pensée théologique, au point qu’il semble à l’observateur que l’Eglise orthodoxe se compose d’agrégats fragmentés, à savoir une autorité ecclésiastique qui se considère comme « l’Eglise », d’un peuple en grande partie indifférent, et d’une troupe de théologiens qui le plus souvent se trouve en plein désarroi entre l’autoritarisme des chefs et le désintérêt du peuple.
Certes, l’Eglise de Constantinople s’emploie à présenter le concile de Crète comme une grande réalisation qui contribue à renforcer l’image que les milieux de cette Eglise s’efforce de forger ces derniers temps, en particulier en ce qui concerne le rôle du patriarche de Constantinople : pour notre part, notre propos n’est pas ici de discuter de ce rôle, de son étendue et de son cadre. C’est là une question que les Orthodoxes se doivent d’examiner « ensemble » et de lui trouver une formule acceptable, loin de toute concurrence, prise de bec et vocifération. Tel n’est donc pas ici le problème. Le problème réside dans le mépris de l’intelligence humaine lorsque le concile de Crète est présenté comme une « réalisation » et « un succès », alors que tout un chacun connaît l’inconsistance des documents qu’il a publiés et le style hautain qui a dominé le message qu’il a adressé au « monde ». Tout le monde se rend compte que ce qui a été présenté comme une « ouverture » aux autres Eglises et aux autres religions n’était rien d’autre qu’une tentative pour arrondir les angles, et cela alors que les pères conciliaires se heurtèrent, premièrement, à leur division sur les grandes questions qui touchent à la modernité, à la mondialisation et à la relation à l’autre, et, deuxièmement, au manque du temps nécessaire pour lancer le chantier d’un authentique dialogue sur ces questions. L’évêque Calliste (Ware), qui était présent en Crète, a reconnu que la tâche des pères conciliaires se limitait, la plupart du temps, à entériner des documents qui laissaient à désirer, préparés à l’avance, à l’exception de légères modifications, dont quelques-unes sont peut-être à propos, mais qui ne désaltèrent pas des millions d’Orthodoxes assoiffés d’une parole de vie.
Mais qu’en est-il de l’après Crète ? L’importance de tout concile, quelles que soient les fautes et les failles qui accompagnèrent sa tenue, réside dans la capacité des Eglises orthodoxes à l’ « assimiler » de manière positive. Cette assimilation ne signifie pas l’acceptation des documents du concile dans leur forme actuelle. En effet, l’expérience historique nous enseigne que la réception des grands conciles était un processus fécond comportant souvent la critique, l’interrogation et le remaniement, voire même l’accord sur une nouvelle formulation. Il se peut que certains s’attendent à ce que l’Eglise de Constantinople, qui est le parrain du concile et son propagateur, s’empresse à transmettre ses travaux et ses documents à toutes les Eglises orthodoxes, en leur demandant de les étudier et de les entériner. Il convient de rappeler ici que ceci ne s’applique pas seulement aux Eglises qui ont boycotté le concile, mais encore celles qui y étaient également représentées, étant donné que l’entreprise de réception n’est pas limitée à une délégation, mais concerne l’ensemble du corps ecclésial, et surtout le peuple croyant. Mais qui a dit que ce rôle devait être limité à l’Eglise de Constantinople ? Et qu’en serait-il si cette Eglise ne s’empressait pas ou tardait à le remplir ? Et qui a dit que le traitement du malaise existant dans le monde orthodoxe se limite à « assimiler » les travaux et les documents du concile de Crète ? La blessure qui fissure le corps de l’Eglise orthodoxe n’est-elle pas bien plus profonde que ce qui fut dit en Crète ? Ce qui n’y a pas été dit, ou ce que les pères conciliaires se contentèrent de survoler rapidement, n’est-il pas bien ô combien plus important que ce qu’ils ont déclaré et consigné par écrit ? Eh bien oui ! L’avenir de l’Eglise orthodoxe est plus important que le concile de Crète. Et les défis qu’elle affronte dépassent les textes qui y ont été entérinés. Et les grandes questions qui mettent toute notre identité orthodoxe à l’épreuve, elles n’ont aucunement été abordées sur l’île grecque. Où a-t-il été question de ce qu’il y a d’immuable et de mouvant dans la tradition ? Où a-t-il été question du rôle des charismes dans l’Eglise, y compris le monachisme, et le rôle des femmes ? Où a-t-il été question de la liturgie et de sa réforme ? Où a-t-il été question de l’éducation théologique ? Où a-t-il été question de la réhabilitation du diaconat ? Où a-t-il été question des relations entre l’autorité ecclésiastique et la politique après la chute de Constantinople et l’effacement du monde byzantin ? Où a-t-il été question de la position face à la modernité et ses défis, et en particulier la liberté de l’individu et de la pensée, ainsi que des réalisations dans le domaine des sciences humaines ? L’importance du concile de Crète ne réside ni dans sa tenue ni dans ses documents, mais en ce qu’elle nous indique la profondeur de la crise qui aujourd’hui meurtrit notre Eglise. La responsabilité de la sortie de cette crise n’incombe pas uniquement à l’Eglise de Constantinople ; ce n’est pas non plus la responsabilité de la seule Eglise russe, ni d’ailleurs celle de la seule Eglise roumaine et qu’on voudrait la voir porter, à savoir jouer un rôle « conciliateur » entre Istanbul et Moscou, selon le vœu de l’évêque Calliste (Ware). C’est véritablement la responsabilité commune de tous les Orthodoxes et la responsabilité de tous ceux que l’Esprit du Seigneur a appelés à jouer un rôle positif en aidant notre belle Eglise à sortir de son inhibition et de sa régression.
Sur cette base, notre Eglise antiochienne est appelée elle aussi à dépasser le retrait « inéluctable » qui a découlé de son boycott du concile de Crète, et cela malgré la légitimité de sa position et la sincérité de son interrogation critique à l’endroit de ce concile. Et ce dépassement ne sera effectif qu’en élaborant un plan d’avenir, dont nous devons dès à présent dessiner les grandes lignes. Inutile de dire que ce plan exige, de prime abord, que nous rassemblions les ressources intellectuelles dans cette Eglise, y compris théologiques et juridiques, et celles spécialisées dans les sciences humaines, et qu’en bénéficie tout un chacun selon le charisme qui lui a été prodigué, ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent malgré les promesses qui ont été faites à plus d’une reprise sur l’importance d’aviver les charismes dans l’aire antiochienne. Il va de soi que ce plan doit comporter une vision claire sur la manière de surmonter le complexe du concile de Crète et d’œuvrer à sa diffusion en établissant des canaux de communication avec toutes les Eglises orthodoxes. Mais ce qui est plus important que le concile de Crète en soi, c’est de préparer un futur concile qui incitera les Eglises orthodoxes à affronter les grandes questions en apportant un témoignage vivant et unique de l’Evangile de Jésus crucifié et ressuscité d’entre les morts, ce qui n’est quasiment pas le cas aujourd’hui. Ne méritons-nous pas, nous Antiochiens, d’être les pionniers de cette vision, nous qui fûmes les premiers à critiquer le concile de Crète à juste titre et à en indiquer les défauts ? Ne convient-il pas que nous nous inspirions de notre glorieux héritage sans invoquer notre petit nombre et des guerres et des malheurs qui nous ont fait souffrir ces dernières années ? L’Evangile de Jésus, qui a jailli en notre sein, ne nous incite-t-il point à tirer notre force de notre faiblesse et de nous transformer en une ruche bourdonnante afin que nous disions aux Orthodoxes ce qui doit être dit, et d’indiquer ce qui doit être fait ?
Que celui qui a des oreilles entende, et que celui qui en est dépourvu ne s’en prenne qu’à lui-même…

(Al-Nour, Beyrouth, vol. 6, 2016 Traduction de l’arabe par Marcel Pirard)

11 février (ancien calendrier)/24 février (nouveau)

11 février (ancien calendrier)/24 février (nouveau)

Saint Blaise, évêque de Sébaste, martyr (vers 316) ; sainte Théodora, impératrice de Constantinople (vers 867) ; saint Simplice, évêque de Vienne (Vème s.) ; saint Séverin, abbé à Agaune (508) ; saint Désiré, évêque de Clermont (vers 602) saint Gaudin, évêque de Soissons (700) ; saint Grégoire II, pape de Rome, confesseur (731) ; sainte Théodora, impératrice de Constantinople (vers 867) ; saint Vsevolod, prince de Pskov, baptisé Gabriel (1138) ; saint Dimitri de Vologda (1392) ; saint Georges le Serbe martyr à Sofia (1515).

SAINT BLAISE

Saint Blaise, évêque de Sébaste, martyr (vers 316)

Originaire de la province d’Arménie et médecin de profession, saint Blaise menait une vie semblable au juste Job : intègre et droit, craignant Dieu et se gardant de tout mal. Comme il avait gagné par ces vertus l’affection de tous ses concitoyens, il fut élu évêque de la ville de Sébaste. Au temps de la Grande Persécution, il confessa hardiment la Foi et encouragea les saints martyrs à mener jusqu’au bout le bon combat. Il rendit visite à saint Eustrate dans son cachot avant son glorieux martyre et célébra pour lui la Divine Liturgie, puis il se chargea de recueillir les précieuses reliques des Cinq Martyrs pour les transmettre à la vénération du peuple chrétien [13 déc.]. Au bout de quelque temps, il se retira sur une montagne des environs, nommée Argée, et s’enferma dans une grotte, afin d’y élever vers Dieu des prières pures, exemptes de toute distraction. Attirées par la bonne odeur de ses vertus, comme vers un nouvel Adam, les bêtes sauvages venaient vers lui et attendaient paisiblement à l’entrée de la grotte qu’il eût achevé sa prière pour recevoir sa bénédiction ou la guérison de leurs maux.

Sous le règne de l’empereur Licinius (vers 316), Agricolaos, gouverneur de Cappadoce, vint à Sébaste en vue d’y arrêter les chrétiens. Comme il avait projeté de livrer les condamnés aux bêtes féroces dans l’amphithéâtre, il envoya ses gens dans la montagne pour les capturer vivantes. Arrivés à proximité de la caverne du saint, les soldats eurent la surprise de trouver là un grand nombre de lions, de tigres, d’ours, de loups et d’autres fauves qui lui tenaient paisiblement compagnie. Ils en informèrent aussitôt le gouverneur qui leur donna l’ordre d’arrêter Blaise. Le saint ermite les reçut avec affabilité, en leur annonçant qu’il avait été prévenu de leur venue par une vision, et il les suivit sans opposer la moindre résistance. Sur le chemin, de nombreux païens se convertirent au Christ en voyant la paix et l’ineffable douceur qui se dégageaient de sa personne, et à son passage, les malades, hommes et bêtes, recouvraient la santé. Une femme en larmes lui présenta alors son enfant qui était sur le point de mourir d’étouffement après avoir avalé une arête de poisson. Le saint plongea sa main dans la gorge de l’enfant et pria le Seigneur de le délivrer, lui et tous ceux qui, souffrant d’un tel mal dans la suite des temps, invoqueront son intercession, et l’enfant fut aussitôt rendu à sa mère en pleine santé.

Parvenu à Sébaste et traduit devant le tribunal, Blaise répondit avec hardiesse aux questions d’Agricolaos, en condamnant la vanité du culte des idoles sans vie. Il endura avec joie les coups de verges, puis fut jeté en prison. Après avoir été soumis à de nouveaux supplices, en déclarant au gouverneur : « Je ne crains pas tes tortures, car je regarde vers les biens futurs », il fut de nouveau jeté tout sanglant dans son cachot. Sept femmes pieuses le suivirent, en ramassant les gouttes de sang qui coulaient à terre, pour s’en oindre le visage comme du plus précieux parfum. Elles furent immédiatement arrêtées et présentées au gouverneur qui les menaça des plus cruels tourments si elles refusaient de sacrifier aux idoles. Feignant d’acquiescer, elles demandèrent qu’on apportât les statues au bord du lac — ce même lac qui devint un peu plus tard le théâtre du glorieux combat des Quarante Martyrs [9 mars] —, afin qu’elles puissent les laver avant de leur offrir un digne sacrifice. Dès qu’on leur apporta les statues, elles les jetèrent au fond du lac. En apprenant cette nouvelle, Agricolaos entra dans une terrible fureur et fit préparer un grand brasier, avec du plomb fondu et des peignes de fer, et il leur demanda de choisir entre ces tortures et de riches parures qu’il avait fait exposer à proximité. Une des femmes, mère de deux jeunes enfants, se précipita et jeta les parures au feu, encouragée par ses enfants qui lui criaient : « Ne nous abandonnes pas ! Comme tu nous as nourris de ton lait maternel, laisse-nous te suivre pour hériter du Royaume des cieux ! » Le tyran fit alors attacher les saintes femmes à des poteaux et ordonna de leur déchirer le corps au moyen des peignes de fer. Puis, comme elles restaient miraculeusement indemnes, même après avoir été jetées dans les flammes, elles eurent la tête tranchée, en adressant de ferventes actions de grâces à Dieu et à son serviteur Blaise .

Les efforts d’Agricolaos pour ébranler la résolution de saint Blaise étant restés vains, il le condamna à être noyé dans le lac. Quand le bourreau l’amena sur la rive, le saint martyr fit le signe de la Croix et se mit à marcher sur les eaux, à l’imitation du Seigneur. Parvenu au milieu du lac, il invita les païens à venir le rejoindre, s’ils croyaient pouvoir se confier en leurs dieux. Soixante-huit d’entre eux s’avancèrent et périrent aussitôt noyés, tandis qu’un ange lumineux apparaissait et invitait le saint à regagner la berge pour recevoir la couronne de gloire.
Condamné à être décapité avec les deux audacieux enfants, saint Blaise, resplendissant de la lumière divine, éleva sa prière en faveur de tous ceux qui imploreront son secours dans les maladies et les épreuves. Le Seigneur lui apparut alors dans toute sa gloire, en disant : « J’ai entendu ta prière et je t’accorde ce que tu me demandes. » Les corps des saints martyrs, pieusement ensevelis après leur exécution, devinrent par la suite une source de bénédictions pour tous ceux qui se réunissaient chaque année sur ces lieux afin d’y célébrer leur mémoire. Saint Blaise est un des saints guérisseurs les plus vénérés, tant en Orient qu’en Occident.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Blaise, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Blaise, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Blaise, ton 2
Toi la fleur immarcescible, le divin rejeton, * le fertile sarment de cette vigne qu’est le Christ, * saint Blaise, veuille combler de ta joie * les fidèles célébrant ta mémoire, Porteur-de-Dieu, * et intercède sans cesse pour nous tous auprès de lui.

Évangile du jour
(Mc XIII, 24-31)

Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire. Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

10 février (ancien calendrier)/23 février (nouveau)

10 février (ancien calendrier)/23 février (nouveau)

Saint Charalampe le thaumaturge, hiéromartyr, et ses compagnons : saints Porphyre, Baptos et trois autres martyrs à Magnésie en Asie Mineure (202) ; sainte Galina (IIIème s.) ; saintes Ennathe et Valentine et saint Paul, martyrs (308) ; saint Trojan, évêque de Saintes (533) ; sainte Scholastique, sœur de saint Benoît de Nursie (543) ; saint Prothade, évêque de Besançon (624) ; sainte Austreberte, abbesse en Normandie (704) ; sainte Anne, princesse de Novgorod (1056) ; saint Prochore des Grottes de Kiev (1107) ; saint Longin de Koriajemka (Vologda) (1540) ; saints néomartyrs de Russie : Pierre (Groudinsky) et Valérien (Novitzky), prêtres (1930).

SAINT CHARALAMPE

Le saint et glorieux martyr Charalampe vivait sous le règne de l’empereur Septime Sévère (194-211) et sous le gouvernement de Lucien, dans la ville de Magnésie du Méandre, près d’Éphèse. Il était âgé de cent sept ans et exerçait depuis longtemps le ministère sacerdotal pour les chrétiens de la ville, leur enseignant avec zèle comment suivre la voie de la vérité et prêchant à tous la foi au Christ, sans craindre la menace des païens. Dénoncé comme dangereux agitateur et présenté au tribunal de Lucien, il répondit aux menaces du gouverneur en disant : « Tu connais bien mal ce qui est pour moi avantageux et salutaire. Rien ne m’est plus agréable que les tortures pour le Christ. Applique donc au plus vite à mon vieux corps les tortures que tu jugeras les plus intolérables, afin que tu apprennes quelle est la puissance invincible de mon Christ. » Les bourreaux le dépouillèrent alors de sa robe sacerdotale, puis lui lacérèrent la chair au moyen d’ongles de fer, sans pouvoir lui faire échapper un seul cri de douleur. Il leur disait au contraire : « Je vous remercie, mes frères, car en écorchant ce corps vieilli, vous renouvelez mon âme et la préparez à la béatitude éternelle ! »

En voyant combien vaillamment ce vieillard supportait la torture, le gouverneur Lucien, au lieu de se repentir et de rendre gloire à Dieu, fut pris d’une fureur sauvage ; il se précipita sur le saint et entreprit de lui arracher la peau de ses propres mains. Mais, soudain, par une intervention divine, celles-ci furent tranchées et restèrent accrochées, inertes, au corps du martyr. Pris de pitié en entendant les cris et les supplications du tyran, saint Charalampos se mit en prière et obtint sa guérison . Devant un tel miracle et cette démonstration de l’amour des chrétiens pour leurs ennemis, les bourreaux Porphyre et Baptos (ou Dauctos) renoncèrent au culte des idoles et crurent au Christ Dieu. Trois femmes de l’assistance se précipitèrent à leur suite et, sans crainte, proclamèrent aussi leur foi .
Aussitôt guéri, le gouverneur reconnaissant fut baptisé par le saint et un grand nombre des habitants de la province d’Asie furent gagnés au Christ. Quand l’empereur Sévère apprit que les habitants de Magnésie et de sa région abandonnaient les idoles et recevaient le saint baptême de ce vieux prêtre qu’il avait condamné à mort, que par sa prière les aveugles recouvraient la vue et les infirmes marchaient, il fut pris d’un grand trouble et envoya aussitôt trois cents soldats avec ordre de transpercer le corps du saint de clous, puis de l’amener ainsi enchaîné de Magnésie à Antioche de Pisidie, où il résidait. Sur le chemin, comme les soldats maltraitaient sans pitié le vieillard, le cheval sur lequel ils l’avaient monté prit soudain une voix humaine et condamna l’empereur comme ennemi de Dieu et ses soldats comme serviteurs du diable. Saisis d’une grande terreur, les hommes d’armes continuèrent leur route sans faire de mal au saint.

Aussitôt qu’on lui présenta le vénérable vieillard, l’empereur ordonna de lui enfoncer une longue broche dans la poitrine et de le jeter dans un brasier allumé à cette intention. Mais Charalampe resta insensible à la souffrance et le feu s’éteignit à son contact. Surpris, le souverain lui demanda qu’est ce qui le rendait ainsi invulnérable. Il répondit : « La puissance du Christ ! » Sévère voulut alors le mettre à l’épreuve et lui présenta un homme qui était possédé du démon depuis trente-cinq ans. D’une seule parole, le saint chassa l’esprit impur. Il lui soumit ensuite un jeune homme mort qu’on se préparait à ensevelir. Après avoir adressé une fervente prière à Dieu, saint Charalampe le releva de sa couche en lui tendant la main, comme s’il s’agissait d’un dormeur, à la grande admiration de l’empereur. Le préfet Crispus s’écria alors : « Mets cet homme à mort sans plus tarder, ô Roi, car c’est par sorcellerie qu’il accomplit ces prodiges. »

L’empereur, revenant à sa haine furieuse, somma le saint de sacrifier aux idoles ; et, devant son refus, il donna l’ordre de lui broyer la mâchoire avec des pierres et de lui brûler la barbe. Mais, par une nouvelle intervention de Dieu, la flamme des torches se retourna soudain contre les bourreaux et un tremblement de terre ébranla le lieu où ils se trouvaient. L’empereur, soulevé de son trône, se trouva suspendu en l’air et fut fouetté pendant un long moment par des anges invisibles. Lorsque la fille de Sévère, nommée Galinée, apprit ce qui arrivait, elle alla supplier le saint martyr avec larmes de délivrer son père, en confessant le Christ Tout-Puissant. Après avoir été délivré de ces tourments, l’empereur resta quelque temps dans l’admiration de la puissance de Dieu, mais il revint ensuite à sa folie idolâtre et fit appliquer de cruelles tortures au saint qu’il avait gardé prisonnier, malgré les remontrances de sa fille qui lui rappelait vainement les bienfaits de Dieu dont il avait bénéficié. La colère du tyran se tourna alors contre sa propre fille et il la menaça de mort si elle ne sacrifiait pas aux idoles. Galinée, feignant de se soumettre, entra dans le temple, où elle jeta les statues à terre et les réduisit en morceaux. Sévère fit fondre de nouvelles statues, mais sa fille les brisa de nouveau, en rendant le tyran ridicule devant le peuple.

Sévère essaya alors une dernière fois de soumettre par la torture le responsable d’une conversion si éclatante, Charalampe. Mais, inébranlable comme le diamant, le saint résistait à toutes les entreprises des bourreaux et brillait aux yeux de tous de l’éclat radieux de la grâce. Il accueillit avec joie la sentence de mort et, une fois rendu au lieu de l’exécution, il leva les yeux et les mains vers le ciel, remercia Dieu de l’avoir amené jusqu’au terme de son combat et Lui demanda pour tous ceux qui Le prieront en son nom, célébreront sa mémoire ou vénéreront ses reliques, le salut de l’âme, la santé du corps et l’abondance de tous les biens en cette vie et dans l’autre. Une voix se fit alors entendre du ciel : « Viens, Charalampe, vaillant lutteur, pour prendre part à la joie et à la splendeur des martyrs et des saints prêtres ! » Sa tête tomba sous le glaive le 10 février . La bienheureuse Galinée ensevelit son précieux corps.

Le crâne de saint Charalampe est conservé au monastère de Saint-Étienne des Météores. Les fragments de ses saintes reliques, dispersés en de nombreux endroits de Grèce et d’ailleurs, accomplissent chaque jour quantité de miracles, et ont rendu saint Charalampe, le plus âgé de tous les saints martyrs, particulièrement cher au peuple grec .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Charalampe, ton 4
Tu fus l’inébranlable pilier; * pour l’Église du Christ * en toi, Charalampe, l’univers * trouve une lampe sans cesse allumée; * sur le monde, par le témoignage du martyre, tu as brillé, * dissipant les ténèbres des faux-dieux; * grâce au crédit que tu possèdes auprès de lui, * Bienheureux, prie le Christ * d’accorder à nos âmes le salut.

Kondakion de saint Charalampe, ton 4
Comme un trésor de grand prix * l’Église possède ton chef, * victorieux Athlète du Christ, * hiéromartyr Charalampe; * c’est pourquoi elle exulte, en glorifiant le Créateur.

Évangile du jour
(Mc. XIII, 14-23)

Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être, -que celui qui lit fasse attention, -alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes; que celui qui sera sur le toit ne descende pas et n’entre pas pour prendre quelque chose dans sa maison; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Priez pour que ces choses n’arrivent pas en hiver. Car la détresse, en ces jours, sera telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis. Si quelqu’un vous dit alors: “Le Christ est ici”, ou: “Il est là”, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s’il était possible. Soyez sur vos gardes: je vous ai tout annoncé d’avance.

4 février (ancien calendrier)/17 février (nouveau)

4 février (ancien calendrier)/17 février (nouveau)
Jour de jeûne

Après-fête de la sainte rencontre de notre Seigneur. Saint Isidore de Péluse, moine (vers 449) ; saint hiéromartyr Abraham, évêque d’Arbela (344-347), saint Hiadore, martyr (IIIème s.) ; saint Aventin, prêtre et ermite à Troyes (538), saint Aventin, évêque de Chartres (528) ; saint Vincent, évêque de Troyes (546) ; saint Évagre, prince de Tsikhédidi et compagnon de saint Chio des Grottes (Mrvimévi) (VIème s.) ; saint Nicolas le Studite, confesseur (868) ; saint Georges, Prince de Vladimir (1238) ; saint Cyrille de Novoyezero (1532) ; saints Abraham et Coprios de Vologda (XVème s.) ; saint Joseph d’Alep, néo-martyr grec (1686) ; saints néomartyrs de Russie : saints hiéromartyrs Méthode, évêque de Petropavlovsk (1921), Eustathe (Sokolski), Jean (Artobolevski), Alexandre (Minervine), Serge (Soloviev), Jean (Alechkovski), Alexandre (Sokolov), Nicolas (Kandaourov), Alexis Kniajesksy, Nicolas (Golychev), Alexis (Charov), Alexandre (Pokrovsky), Arcade (Lobtsov), Boris (Nazarov), Michel (Rybine), Nicolas (Pospelov), Alexis (Lebedev), André (Bednov), Démètre (Kedrolivansky), Jean (Tikhomirov), Pierre (Sokolov), prêtres, Séraphim (Vavilov) et Théodose (Bobkov), moines (1938) et Raphaëla (Vichniakov), Anne (Ephremov), Marie (Vinogradov). Catherine (Dekaline), martyr Jean Chouvalov, Basile (Ivanov), Démètre (Ilinsky), Théodore (Palchkov) et Démètre (Kazamatsky) (1938).

SAINT ISIDORE DE PÉLUSE

Saint Isidore de Péluse, moine (vers 449)

Saint Isidore, né vers 360, était originaire d’une noble et illustre famille d’Alexandrie apparentée à celle du patriarche Théophile et de son neveu saint Cyrille [9 juin] . Il reçut une excellente éducation, profane et sacrée, dans les écoles de cette métropole de la sagesse antique, et il s’attacha avec zèle à suivre la doctrine des Pères qui l’avaient précédé, en particulier de saint Jean Chrysostome, dont il est considéré comme l’un des principaux disciples.

Il enseigna d’abord, pour quelque temps, la rhétorique à l’est du Delta du Nil ; mais son amour de Dieu lui fit rapidement renoncer aux vains attraits de cette vie passagère et il se retira au désert de Nitrie. Après une année de vie ascétique, son souci de l’édification de l’Église le convainquit de retourner à Péluse, où il fut ordonné prêtre par l’évêque Ammonios qui lui confia la charge de l’enseignement des fidèles et des catéchumènes. Son talent oratoire et sa connaissance approfondie de l’Écriture sainte, qu’il avait acquise dans l’hésychia, firent de lui un maître renommé dans toute l’Égypte, et de nombreux juifs et païens se convertirent après l’avoir entendu prêcher. Mais lorsqu’un certain Eusèbe fut élu comme nouvel évêque de Péluse (413), il imposa une telle pression sur l’Église qu’Isidore décida de « fuir » de nouveau vers le Désert. Il se retira alors dans un monastère, près d’Aphnaion, où il passa le reste de ses jours en reclus. Il ne portait qu’un vêtement de poil très rude et ne vivait, à l’exemple de saint Jean-Baptiste, que d’herbes et de feuilles.

Regardé comme le modèle vivant de la vertu et de la science, et placé sur la montagne comme un luminaire qui diffuse partout sa lumière, saint Isidore dispensa son enseignement avec autorité pendant de longues années, sans crainte des persécutions et de la haine des hommes à l’esprit charnel, par l’entremise d’innombrables lettres concises et profondes, dont plus de deux mille nous sont conservées. En réponse à ses correspondants de toutes origines, il résolvait avec pénétration spirituelle les difficultés de l’Écriture sainte, réfutait les interprétations erronées des juifs, exposait clairement les mystères de la Sainte Trinité et de l’Incarnation de notre Seigneur, confondant ainsi les hérétiques ariens, nestoriens, sabelliens et autres propagateurs de divisions. Il louait en de lyriques accents la grandeur du sacerdoce et blâmait les évêques, les prêtres, les diacres et les moines qui avaient une conduite indigne de leur vocation. Sans considération pour la puissance humaine, il adressait aussi ses remontrances aux magistrats, aux gouvernants et à l’empereur Théodose II (408-450) lui-même, pour leur rappeler leurs devoirs envers le peuple de Dieu et la sainte Église. Il pourchassait partout le vice, inspirait l’amour de la justice et de la vertu, jugeait et tranchait avec autorité les affaires de ce monde, tout en restant hors du monde.

Comme saint Cyrille, devenu archevêque d’Alexandrie, s’était laissé entraîné à la suite de son oncle, le trop fougueux Théophile, et refusait de commémorer le nom de saint Jean Chrysostome dans les diptyques pendant la Divine Liturgie, saint Isidore lui écrivit en lui rappelant avec force que Dieu lui-même nous a enseigné à ne pas nous fier aux rumeurs et à nos préjugés pour porter un jugement équitable . À la suite de cette lettre et d’une révélation divine, saint Cyrille, changeant humblement d’attitude, rétablit non seulement le nom du saint archevêque de Constantinople dans les diptyques, mais devint aussi l’un des plus fervents propagateurs de son culte. Quelques années plus tard (433), constatant que saint Cyrille mettait trop d’âpreté dans sa dispute contre l’archevêque d’Antioche, Jean, après la condamnation de Nestorius par le Concile d’Éphèse, Isidore lui écrivit de nouveau pour l’exhorter à faire de raisonnables concessions au profit de la paix, en disant : « Comme votre père, puisque vous voulez bien me donner ce nom, ou plutôt comme votre fils, je vous conjure de mettre un terme à cette dissension, de peur que vous ne reportiez votre opiniâtreté au sujet de l’injure qui vous a été faite à l’Église vivante, y suscitant ainsi une éternelle division sous prétexte de piété » .
Cette autorité, semblable au zèle des anciens prophètes, admise par des hommes de Dieu tel saint Cyrille, lui suscita cependant de nombreux tourments . Mais saint Isidore restait impassible au sein des tribulations comme devant les grands problèmes qui agitaient alors l’Église, car il avait la conviction que c’est par la souffrance et la croix que nous acquérons la vie éternelle et que l’Église prépare sa gloire future. C’est dans de telles dispositions qu’il accueillit la mort, comme une libératrice et comme le couronnement de ses longs combats (entre 435 et 440).

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte Rencontre, ton 1
Réjouis-toi, ô Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, illuminant ceux qui sont dans les ténèbres. Sois aussi dans l’allégresse, juste vieillard, qui as reçu sur tes bras Celui qui libère nos âmes et nous donne la Résurrection.

Tropaire de saint Isidore de Péluse, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * saint Isidore, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de saint Isidore de Péluse, ton 4
En toi, l’Église a trouvé un autre astre du matin, ô très glorieux ; éclairée par l’éclat de tes paroles, elle t’acclame : réjouis-toi, très bienheureux et sage en Dieu, Isidore.

Kondakion de la fête de la Ste Rencontre, ton 1
O Toi qui as sanctifié par Ta naissance le sein virginal et qui as béni, comme il le fallait, les bras de Siméon, Tu es venu, Christ Dieu, nous sauver en ce jour. Dans ses guerres, donne la paix à Ta cité et affermis les chrétiens orthodoxes que Tu as aimés, Toi seul Ami des hommes.

Évangile du jour
(Mc XII, 28-37)

Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s’approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements? Jésus répondit: Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur; et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu’il n’y en a point d’autre que lui, et que l’aimer de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit: Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n’osa plus lui proposer des questions. Jésus, continuant à enseigner dans le temple, dit: Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David? David lui-même, animé par l’Esprit Saint, a dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David lui-même l’appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? Et une grande foule l’écoutait avec plaisir.

1er février (ancien calendrier)/14février (nouveau)

1er février (ancien calendrier)/14février (nouveau)

Avant-fête de la Rencontre du Seigneur ; saint martyr Tryphon (250), saints martyrs Saturus, Saturnin, Secondus, Revocat, Perpétue et Félicité (202-203), saint Eubert évêque de Tournai (294) ; saint Pierre de Galatie (429), saint Paul, évêque de Trois-Châteaux (IVème s.) ; saint Torquat, évêque de Viviers (IVème s.) ; saint Bendimien, ermite en Bithynie (vers 512) ; sainte Brigitte de Kildare (524), illuminatrice de l’Irlande ; saint Chartier, prêtre du Berry (VIIème s.) ; saint Agrève, évêque du Puy en Auvergne (VIème s.) ; sainte Galle, vierge à Valence (VIème s.) ; saint Ours, prêtre à Aoste (VIème s.) ; saint Précore Vailly-sur-Aisne, ermitee (VIème s.) saint Séver, évêque d’Avranches (VIIème s.)saint néomartyr Nicolas Mezentsev, prêtre (1938).

VIE DU SAINT MARTYR TRYPHON

Ce glorieux martyr du Christ était originaire de la ville de Lampsaque, en Hellespont. Ses parents, modestes mais pieux, lui inspirèrent dès son plus jeune âge l’amour des saintes vertus évangéliques, de sorte qu’il obtint très tôt de Dieu la grâce de guérir les hommes et les animaux de leurs maladies, et de chasser les esprits impurs, tout en restant dans l’humble condition de gardien d’oies.

Au temps du règne de l’empereur Gordien (238-244), un démon furieux prit possession de la fille du souverain, sans que ni les médecins ni les mages ne puissent rien faire pour elle. Le démon s’écria un jour : « Seul Tryphon a la force de me déloger ! » Gordien envoya aussitôt des émissaires dans tout l’Empire à la recherche de ce guérisseur. L’ayant trouvé en train de garder paisiblement ses oies, ils emmenèrent à Rome le jeune garçon de dix-sept ans. Dès son arrivée, Tryphon expulsa le démon par la puissance de sa prière, et le fit apparaître aux habitants de la ville sous la forme d’un chien noir et répugnant, afin qu’il confesse qu’instrument de Satan, le père de tout mal, il n’avait, lui et les siens, aucun pouvoir contre les chrétiens. L’empereur reconnaissant couvrit Tryphon de présents que le saint distribua aux pauvres sur le chemin du retour vers sa patrie. Il reprit en paix ses activités, répandant autour de lui miracles et bénédictions divines, jusqu’au temps de la persécution de Dèce (250).

Le saint fut alors dénoncé au préfet de l’Orient, Akylin, comme un dangereux promoteur du christianisme. Il se livra de lui-même aux soldats qui avaient été envoyés pour l’arrêter, et se présenta radieux à Nicée, devant le tribunal, méprisant avec assurance les flatteries du préfet comme ses menaces. Il fut d’abord attaché au poteau de torture et frappé pendant trois heures à coups d’épées de bois, qui servaient à l’exercice des soldats. Comme il semblait rester étranger à la souffrance, le tyran le fit ensuite attacher derrière son cheval et l’obligea à courir pieds nus sur les chemins rocailleux et verglacés. Puis, de retour à Nicée, comme il refusait d’adorer l’image de l’empereur, on lui planta des clous dans les pieds et on le traîna ainsi au milieu de la ville. Mais l’amour du Christ transformait les souffrances du jeune martyr en de divines délices , et le spectacle de ces tortures n’avait pour tout résultat que de provoquer l’admiration de la foule. Les soldats s’acharnaient à lui déboîter les membres, à le frapper de verges et à lui brûler tout le corps avec des torches, mais le saint endurait tout avec joie, en priant pour ses bourreaux. Soudain, une couronne de fleurs, ornée de pierres précieuses, descendit du ciel pour se poser sur sa tête. Akylin, impuissant et ridicule, ordonna alors de le décapiter en-dehors de la ville. Mais, avant même que le bourreau n’abatte son glaive meurtrier, le saint martyr rendit son âme à Dieu. Les chrétiens de Nicée se précipitèrent pour honorer sa précieuse dépouille, mais le saint leur apparut pour leur révéler que sa place était dans sa patrie. C’est donc à Lampsaque qu’il fut enseveli et qu’il accomplit de nombreux miracles au cours des siècles. Il est invoqué pour la protection des jardins et des cultures contre les sauterelles, les reptiles et toutes sortes d’autres bestioles nuisibles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire de l’avant-fête, ton 1
Du haut du ciel se penchant vers la terre, le chœur céleste voit porter au temple comme un enfant nouveau-né par une Mère virginale le premier-né de toute la création et dans l’allégresse les Anges chantent l’hymne d’avant-fête avec nous.

Tropaire du saint martyr, ton 4
Ton Martyr Tryphon, Seigneur, pour le combat qu’il a mené a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; animé de ta force, il a terrassé les tyrans et réduit à l’impuissance l’audace des démons; par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion du saint martyr, ton 8
Fortifié par la Trinité, tu fis disparaître le culte des dieux multiples, glorieux Tryphon, vénérable dans le Seigneur; ayant vaincu les tyrans grâce au Christ Sauveur, tu as reçu la couronne des Témoins et le pouvoir des guérisons, comme invincible martyr.

Kondakion de l’avant-fête, ton 6
Le Verbe étant invisiblement avec le Père, est maintenant visible dans la chair ; Né ineffablement de la Vierge, il est remis dans les bras du vieillard Syméon. Prosternons-nous devant Lui, notre vrai Dieu.

Kondakion du dimanche, 4ème ton
Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.

Évangile du jour
(Mc IX, 42 – X,1)
Jésus, étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Et voici, un homme riche, appelé Zachée, chef des publicains, cherchait à voir qui était Jésus; mais il ne pouvait y parvenir, à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut en avant, et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit: Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie. Voyant cela, tous murmuraient, et disaient: Il est allé loger chez un homme pécheur. Mais Zachée, se tenant devant le Seigneur, lui dit: Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. Jésus lui dit: Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

30 janvier (ancien calendrier)/12 février (nouveau)

30 janvier (ancien calendrier)/12 février (nouveau)
Jour de jeûne

Synaxe des saints Hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome ; saint Hippolyte de Rome, martyr avec ses compagnons saints Censorin et Sabin, sainte Chrysie, vierge, et 20 autres martyrs (IIIème s.) ; sainte Martine, vierge et martyre à Rome (226) ; saint Zenon, disciple de saint Basile le Grand (Vème s.) ; sainte Bathilde, reine de France, épouse de Clovis II (680) ; sainte Aldegonde, vierge à Maubeuge (684) ; saint Théophile le Nouveau, martyr (784) ; saint Pierre, roi de Bulgarie (967) ; saint Zenon le jeûneur, des Grottes de Kiev (XIVème s.) sainte bienheureuse Pélagie de Diveevo (1884) ; saint Théodore de Mytilène, néomartyr (1784) ; saints néomartyrs de Russie : Vladimir (Khrichtchenovitch), prêtre (1933) et Étienne (Nalivaïko), martyr (1945).

Synaxe des saints Hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Saints hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome

Sous le règne de l’empereur Alexis Comnène (1081-1118), une querelle vint à diviser à Constantinople les hommes instruits dans les choses de la foi et zélés pour la vertu, au sujet des trois saints hiérarques et éminents Pères de l’Église : Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome. Les uns disaient préférer saint Basile aux deux autres, car il a su expliquer les mystères de la nature comme aucun autre et il s’est élevé au rang des anges par ses vertus. Organisateur du monachisme, chef de l’Église entière pour lutter contre l’hérésie, pasteur austère et exigeant quant à la pureté des mœurs, il n’y avait en lui rien de bas ni de terrestre. C’est pourquoi il était, disaient-ils, supérieur à saint Chrysostome qui, par nature, était plus facilement porté à pardonner aux pécheurs
D’autres, prenant le parti de l’illustre archevêque de Constantinople, rétorquaient que saint Chrysostome n’avait été en rien moins zélé que saint Basile pour combattre les vices, porter les pécheurs au repentir et élever tout le peuple à la perfection évangélique. Insurpassable par son éloquence, ce pasteur à la « bouche d’or » a arrosé l’Église d’un véritable fleuve de discours, dans lesquels il a interprété la parole de Dieu et a montré comment l’appliquer dans la vie courante, avec une maîtrise supérieure aux deux autres saints Docteurs.
Un troisième groupe soutenait que saint Grégoire le Théologien leur était supérieur, à cause de la majesté, de la pureté et de la profondeur de son langage. Maîtrisant en souverain toute la sagesse et toute l’éloquence helléniques, il avait atteint, disaient-ils, un tel degré dans la contemplation de Dieu que personne comme lui n’a su exprimer si parfaitement le dogme de la Sainte Trinité.
Chacun défendant ainsi l’un des Pères contre les deux autres, la querelle gagna bientôt tout le peuple chrétien de la capitale et, loin de favoriser la dévotion pour les saints, il n’en sortait que troubles, discordes et disputes sans fin entre les trois partis. C’est alors qu’une nuit les trois saints hiérarques apparurent en songe à saint Jean Mauropos, métropolite d’Euchaïta [5 oct.], d’abord séparément puis tous les trois ensemble. Et, d’une seule voix, ils lui dirent : « Comme tu le vois, nous sommes tous les trois auprès de Dieu et aucune discorde ou rivalité ne nous séparent. Chacun d’entre nous, selon les circonstances et selon l’inspiration qu’il avait reçue du Saint-Esprit, a écrit et enseigné ce qui convenait pour le salut des hommes. Il n’y a ni premier, ni second, ni troisième entre nous ; et si tu invoques l’un de nous aussitôt les deux autres sont présents avec lui. Aussi ordonne à ceux qui se disputent de ne pas créer de divisions dans l’Église à cause de nous, car lorsque nous étions en vie tous nos efforts ont été consacrés à rétablir l’unité et la concorde dans le monde. Puis réunis en une fête nos trois mémoires et composes-en l’office en y insérant les hymnes dédiées à chacun d’entre nous, selon l’art et la science que Dieu t’a donnés, et transmets-le aux chrétiens en leur ordonnant de le célébrer chaque année. S’ils nous honorent ainsi, comme étant un auprès de Dieu et en Dieu, nous leur promettons d’intercéder dans notre commune prière pour leur salut. » Sur ces mots, les saints furent enlevés au ciel dans une lumière indicible, en s’adressant l’un à l’autre par leurs noms.
Saint Jean rassembla alors sans retard le peuple et lui communiqua cette révélation. Comme il était respecté de tous pour sa vertu et admiré pour la force de son éloquence, les trois partis firent la paix et tout le monde l’exhorta à se mettre sans retard à la composition de l’office de la fête commune. Avec un fin discernement, il choisit de consacrer le trentième jour de janvier à cette célébration, comme pour sceller ce mois pendant lequel on commémore séparément chacun des trois hiérarques .
Comme l’évoquent de nombreux tropaires de cet office magnifique, les trois Hiérarques, « trinité terrestre », distincts par leurs personnes mais unis par la grâce de Dieu, nous ont enseigné, tant par leurs écrits que par leur vie, à adorer et à glorifier la Sainte Trinité, le Dieu unique en trois Personnes. Ces trois luminaires de l’Église ont répandu par toute la terre la lumière de la vraie foi, au mépris des dangers et des persécutions, et ils nous ont laissé, à nous leurs descendants, ce saint héritage par lequel nous pouvons atteindre aussi la béatitude suprême et la vie éternelle en présence de Dieu, avec tous les saints.
En clôturant le mois de janvier, pendant lequel nous célébrons la mémoire de tant de glorieux hiérarques, confesseurs et ascètes, par la fête commune des trois grands Hiérarques, l’Église récapitule en quelque sorte la mémoire de tous les saints qui ont témoigné de la foi orthodoxe par leurs écrits et par leur vie. Avec cette fête, c’est tout le ministère d’enseignement, d’illumination de l’intelligence et des cœurs des fidèles par la parole, que nous honorons. La fête des trois Hiérarques est donc en définitive la commémoration de tous les Pères de l’Église, de tous ces modèles de la perfection évangélique que le Saint-Esprit a suscité d’époque en époque et de lieu en lieu, pour être de nouveaux prophètes et de nouveaux apôtres, les guides des âmes vers le Ciel, les consolateurs du peuple et des colonnes de prière incandescentes qui soutiennent l’Église et la confirment dans la vérité.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints Hiérarques, ton 1
Aux trois immenses luminaires du triple Soleil divin, * qui ont embrasé le monde sous les rayons de leurs divins enseignements, * aux fleuves mellifères de la Sagesse, qui ont irrigué * sous les flots de la divine connaissance l’entière création: * Basile le Grand, Grégoire le Théologien * et l’illustre Jean au verbe d’or, * nous tous, les amants de leurs paroles, réunis, * chantons des hymnes en leur honneur, * car ils ne cessent d’intercéder pour nous * auprès de la sainte Trinité.

Kondakion, des saints Hiérarques, ton 2
Seigneur, tu as offert le repos, la jouissance de tes biens * aux prédicateurs sacrés du message divin, l’élite des Docteurs; * à tout holocauste, en effet, * c’est leurs peines et leurs épreuves que tu as préférées, * toi qui seul procures la gloire à tes Saints.

Évangile du jour
(Matth. V, 14-19)

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

27 janvier (ancien calendrier)/9 février (nouveau)

27 janvier (ancien calendrier)/9 février (nouveau)

Translation des reliques de saint Jean Chrysostome (en 438) ; saint Julien, premier évêque du Mans (vers 250) ; Saintes Maure et Britta, vierges (IVème s.) ; Sainte Dévote, vierge et martyre, patronne de la principauté de Monaco ( 304) saint Maur, abbé du monastère du Val Benoît (vers 550) ; saint Loup (ou Leu), évêque de Chalon-sur-Saône (vers 610) ; Saint Marius, abbé de Bodon (v. 650) ; saint Dimitrios, martyr à Constantinople (1784).

Saint Jean Chrysostome

TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Après le décès de notre saint et glorieux Père Jean Chrysostome, survenu au cours de son exil à Comane en Cappadoce, son corps fut déposé avec ceux des saints martyrs Basilisque et Lucien, comme ces derniers le lui avaient révélé en songe. Un an plus tard (408), l’empereur Arcade et sa femme Eudoxie, qui avait été la responsable de l’exil du saint, trouvèrent la mort, et Théodose le Jeune prit la succession. Peu à peu on restaura sur leurs sièges les partisans du saint, qui avaient été exilés ; mais certains évêques malveillants, menés par Théophile d’Alexandrie, continuaient à poursuivre sa mémoire de leur haine. La division dura jusqu’à l’élection de saint Proclos sur le trône de Constantinople, en 434 [20 nov.]. La quatrième année de son épiscopat, celui-ci parvint à convaincre l’empereur de faire transférer solennellement les reliques du saint de Comane à Constantinople (438). Mais notre saint Père Jean, vivant par la grâce du Saint-Esprit et toujours soucieux d’inculquer au souverain le repentir et l’humilité, refusa de laisser déplacer son corps. Tous les efforts des soldats et des envoyés de l’empereur restaient vains. Le cercueil était comme scellé au sol. L’empereur Théodose, comprenant le message qui lui était ainsi adressé, écrivit une lettre à saint Jean, lui demandant humblement pardon pour la persécution menée contre lui par son père et le suppliant d’accepter de retourner dans la ville impériale pour réjouir le cœur de tous ceux qui l’attendaient depuis tant d’années. Aussitôt la lettre posée sur la poitrine du saint, le cercueil se laissa déplacer sans aucune peine et il fut transporté en grande pompe jusqu’à Constantinople.

Quand le cortège parvint à Chalcédoine, le peuple couvrit le bras de mer qui sépare cette ville de la capitale de tant de vaisseaux ornementés et de flambeaux qu’il semblait avoir été transformé en terre ferme. Mais, pendant la traversée, une tempête soudaine dispersa la flotte et le navire impérial, où avait été déposée la précieuse relique, alla s’échouer tout près de la propriété d’une veuve, nommée Callitrope, dont l’impératrice Eudoxie avait voulu injustement s’emparer, et qui avait été l’occasion du dernier exil du saint. Le champ fut alors rendu à la veuve et la mer se calma aussitôt.
L’empereur Théodose vint en personne à la rencontre du saint, suivi de tout le Sénat. Il se prosterna à terre et, posant le visage sur la châsse, il le supplia de pardonner les péchés commis contre lui et contre ses partisans. On transporta d’abord la sainte relique dans l’église de l’Apôtre Thomas dans le quartier d’Amantios, où elle fit cesser le tremblement qui agitait depuis vingt années le tombeau d’Eudoxie. Puis elle fut transférée à Sainte-Irène, où l’on installa le saint sur le trône épiscopal, tandis que le peuple en liesse criait : « Rentre en possession de ton trône, ô Saint ! » Finalement, le cortège se rendit aux Saints-Apôtres, le lieu de sépulture des empereurs et des patriarches, et lorsqu’on le plaça, là aussi, sur le trône, la voix du saint se fit entendre, disant : « Paix à tous ! » On déposa ensuite la relique sous l’autel et, pendant la Divine Liturgie qui fut alors célébrée, de nombreux miracles s’accomplirent. Depuis, les reliques de saint Jean Chrysostome, dispersées dans le monde, ne cessent de manifester sa présence paternelle et bienfaisante.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Jean Chrysostome, ton 8
Resplendissante de clarté, * la grâce de ta bouche a brillé sur l’univers, * révélant au monde des trésors où l’avarice n’a point de part * et nous montrant la grandeur de l’humilité. * Père saint dont la parole nous instruit, * Jean Chrysostome, intercède auprès du Verbe, le Christ notre Dieu, * pour le salut de nos âmes.

Kondakion de saint Jean Chrysostome, ton 1
La sainte Eglise se réjouit en esprit * du transfert de tes reliques, saint Jean; * les conservant comme un trésor de grand prix, * sans cesse elle accorde à ceux qui te chantent, * par tes prières, la grâce des guérisons, * bienheureux Chrysostome.

Évangile du jour
(Mc XI, 11-23)

Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze. Le lendemain, après qu’ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; et, s’en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l’entendirent. Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait: N’est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Les principaux sacrificateurs et les scribes, l’ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville. Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son coeur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir.

23 janvier (ancien calendrier/5 février (nouveau)

23 janvier (ancien calendrier/5 février (nouveau)
Dimanche du Pharisien et du Publicain. Synaxe des saints néomartyrs de Russie, Saints Clément, évêque d’Ancyre et Agathange, martyrs (312) ; saint Mausime le Syrien, prêtre (IVème s.) ; saint Salaman le silencieux, ermite en Palestine (vers 400) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Maimboeuf, martyr à Besançon (vers 480) ; mémoire du VIème Concile œcuménique (680-681) ; saint Denis de l’Olympe (1541) ; saint Gennade de Kostroma (1565) ; saints néomartyrs de Russie : Séraphim (Boulachov), moine, Eudocie (Kouzminov) et Catherine (Tcherkassov), Militsa (Kouvchinov), martyre (1938).

Saint Clément, évêque d’Ancyre, martyr (312)

SAINT CLÉMENT D’ANCYRE
L’illustre et bienheureux martyr du Christ Clément était originaire de la ville d’Ancyre en Galatie. Il était fils d’un père païen et d’une mère chrétienne, Euphrosynie, qui avant de mourir lui prophétisa qu’il devait endurer de longues et cruelles souffrances pour le Seigneur. Adopté par une sainte et pieuse femme, nommée Sophia, il grandit en toute piété, distribuant les biens de la maison aux enfants pauvres et leur enseignant les rudiments de la foi. Dès l’âge de douze ans, il jeûnait et priait comme les moines, aussi fut-il bientôt ordonné diacre, puis prêtre, avant d’être élevé à la charge d’évêque de la ville, à l’âge de seulement vingt ans. Il gouvernait néanmoins son troupeau spirituel avec la science et la sagesse d’un vieillard, consacrant son plus grand soin aux enfants pauvres et aux orphelins, dont il baptisa un grand nombre. En apprenant tout le bien accompli par le jeune prélat, le vicaire impérial de la cité le fit arrêter et, après l’avoir interrogé, il le soumit à la flagellation. Comme Clément résistait sans trembler, en disant : « Plus tu affligeras ma chair de tourments, plus mon âme en tirera profit », on lui brisa la mâchoire à coups de pierres, mais le saint en retirait encore plus de joie de souffrir ainsi à l’imitation du Christ.

Le gouverneur, resté impuissant devant la vaillance du martyr, l’envoya à Rome auprès de l’empereur Dioclétien. Quand saint Clément comparut devant le terrible souverain, celui-ci fit étaler devant lui d’un côté des objets précieux et de l’autre des instruments de tortures. Mais, contrairement à son attente, le saint lui répondit : « Tous ces vases précieux que tu me présentes me donnent à penser combien plus glorieux sont les biens éternels du Paradis, et ces instruments de supplice me font craindre davantage les châtiments éternels réservés en enfer à ceux qui auront renié le Seigneur. »
Soumis au supplice de la roue, il eut les chairs réduites en lambeaux, mais se trouva miraculeusement guéri, entraînant la conversion d’un grand nombre de païens qui s’écrièrent : « Oui, grand est le Dieu des chrétiens ! » Ils furent aussitôt jetés en prison. La nuit même, un ange leur apparut en leur apportant la sainte Eucharistie, et saint Clément eut le temps de les faire communier avant leur exécution. Quant à lui, livré à de nouvelles tortures dans tous ses membres, flagellé jusqu’à l’os et brûlé avec des torches, il résistait comme si ces souffrances étaient endurées par un autre que lui.

Le tyran l’envoya alors à Nicomédie, en espérant que le gouverneur de cette ville saurait le soumettre. Un des païens convertis, qui avait échappé au massacre, Agathange (« le bon ange »), s’échappa alors de la prison et s’embarqua en cachette sur le même navire, avec le désir de partager les souffrances de son père en Christ. Dès lors, Clément et Agathange restèrent compagnons inséparables dans toutes les tribulations. Quand ils n’étaient pas soumis à la torture, ils mataient leurs corps par le jeûne et par les veilles, et recevaient en retour une nourriture céleste. Aussitôt parvenus à Nicomédie, ils furent interrogés et torturés, puis jetés en prison, où des anges vinrent les visiter. Cette céleste apparition entraîna la conversion des autres détenus qui furent délivrés par la prière des saints. Après les avoir livrés aux fauves sans résultat, on leur enfonça des broches incandescentes du doigt jusqu’à l’aisselle. Le peuple présent, admirant leur constance dans la douleur, se révolta alors contre le cruel tyran. Celui-ci fit sortir les martyrs de la cité et les fit dévaler du haut d’une haute montagne, enfermés dans des sacs ; mais des anges de Dieu vinrent à nouveau à leur secours et ils retournèrent sains et saufs en ville, guérissant en chemin deux paralytiques aveugles. Le gouverneur de Nicomédie, craignant un soulèvement populaire en leur faveur, envoya alors les deux soldats du Christ à Ancyre, la patrie de Clément, où ils subirent de nouveaux et redoutables supplices.

Comme ils sortaient encore victorieux de ces épreuves, on décida de les transférer à Amisos en Hélénopont (auj. Samsum). Mais les enfants autrefois baptisés par saint Clément voulurent absolument le suivre. Les soldats parvinrent avec peine à les arracher à lui et les décapitèrent sans pitié. Soumis à de nouveaux supplices, les deux saints reçurent la visite du Christ dans leur geôle, qui guérit leurs blessures et les encouragea à persévérer jusqu’à la fin. Le gouverneur d’Amisos, Dométien, reconnaissant lui aussi son impuissance, les fit transférer à Tarse auprès du co-empereur Maximien. Sur la route, ils firent jaillir de l’eau pour désaltérer les soldats de leur escorte et les malades qui approchaient d’eux pour toucher leurs plaies, recouvraient aussitôt la santé. À Tarse, ils sortirent indemnes d’une fournaise ardente, comme les Jeunes Gens à Babylone ; puis, comme on les avait traînés à terre dans toute la ville, ils attirèrent l’admiration et la conversion d’un grand nombre de païens. Nouveaux emprisonnements, nouveaux interrogatoires et nouveaux supplices, mais sans faillir les athlètes de la foi restaient aussi inébranlables que le diamant mis à l’épreuve des coups et du feu. Ces tribulations durèrent jusqu’à ce que soient accomplies les vingt-huit années de témoignage pour le Christ, dont Clément avait reçu la prédiction dans une vision.
Renvoyés à Ancyre après de longues années d’incarcération et comparaissant devant un neuvième tyran, ils furent encore torturés et Agathange eut la tête tranchée, alors qu’on jetait de nouveau Clément dans un cachot obscur. Le jour de la Théophanie, sa mère adoptive, Sophia, trouva le moyen de se glisser dans la prison avec d’autres fidèles. Ils obtinrent de ses gardiens de pouvoir l’emmener jusqu’à l’église où, revêtu d’ornements tout blancs, il célébra la vigile nocturne et distribua à tous la sainte communion, avant de retourner de son plein gré dans son cachot. Quelques jours plus tard, le 23 janvier 296, comme saint Clément célébrait de nouveau le saint sacrifice dans l’église, les soldats païens surgirent soudain et le décapitèrent au moment où il inclinait la tête au-dessus de l’autel. Le saint évêque devint ainsi, à l’imitation du Christ, la victime du sacrifice. Les deux diacres qui l’assistaient furent aussi exécutés, et la pieuse Sophia alla ensevelir les trois corps non loin de là, dans un lieu nommé Krypton.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr ton 4
Comme sarment de vénérable sainteté, * comme hampe du combat pour la foi, * comme fleur sacrée, tu as poussé, * comme fruit délicieux donné par Dieu aux croyants. * Compagnon de lutte des Martyrs * siégeant avec les saints Pontifes, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr, ton 4
De la vigne du Christ * tu fus le vénérable sarment * et dans tes multiples combats, très illustre Clément, * avec tes compagnons de lutte tu proclamais: * C’est toi, ô Christ, l’allégresse des Martyrs.

Évangile du jour
(Mc X, 23-32)
Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres; Et qui peut être sauvé? Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car tout est possible à Dieu. Pierre se mit à lui dire; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi. Jésus répondit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers. Ils étaient en chemin pour monter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte.

24 décembre (ancien calendrier)/6 janvier (nouveau)

24 décembre (ancien calendrier)/6 janvier (nouveau)
Paramonie de la Nativité – Jeûne strict

Sainte Eugénie, martyre à Rome avec ses parents : saint Philippe et sainte Claudia et ses serviteurs saints Protos et Hyacinthe (vers 262) ; saint Nicolas, moine (IXème s.) ; saint Delphin, évêque de Bordeaux (404) ; saint Nicolas, moine près de Constantinople (IXème s.) ;saint Ahmet le Calligraphe, néo-martyr (1682) ; saints néo-martyrs de Russie : Innocent (Beda) (1928), Serge (Metchev), prêtre (1942).

SAINTE MARTYRE EUGÉNIE

Sainte Eugénie, martyre à Rome (vers 262)

La sainte et glorieuse martyre Eugénie vit le jour à Rome, sous le règne de Commode (180-192), au sein d’une noble et riche famille de magistrats. Son père, Philippe, païen nourrissant de bonnes dispositions envers les chrétiens, ayant été nommé par l’empereur préfet d’Alexandrie, se rendit vers la capitale de l’Égypte avec toute sa famille, et il y confia Eugénie aux meilleurs maîtres. Au cours de ses études, la jeune fille vint à fréquenter les Épîtres de saint Paul, dans lesquelles elle lut de telles paroles : Où est-il le sage ? Où est-il l’homme cultivé ? Où est-il le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-Il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu (c’est-à-dire dans ses œuvres). C’est par la folie de la prédication qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants … Nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et païens, c’est le Christ, puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Cor 1, 20-25). Devant de telles paroles de feu comment persévérer davantage dans l’étude de la stérile philosophie et des vaines occupations de ce monde ? Le cœur désormais épris d’amour pour la vraie Sagesse — le Verbe de Dieu incarné et crucifié par amour des hommes — Eugénie décida de ne pas attendre davantage pour devenir chrétienne. À la faveur de la nuit, elle s’enfuit de la demeure familiale en compagnie de deux eunuques, Protas et Hyacinthe, ses fidèles serviteurs, qui, eux aussi, avaient décidé d’embrasser la Foi, et tous trois se rendirent un peu en-dehors de la ville, vers l’église de fortune où les chrétiens avaient coutume de tenir leurs assemblées de prières. On leur recommanda d’aller se réfugier dans une communauté proche, prélude des futurs monastères, où des hommes décidés à se consacrer à la virginité et aux combats de l’ascèse vivaient en commun. Parmi eux brillait en particulier un saint évêque, Hélénos, qui avait acquis une grande renommée en pénétrant sans dommage dans une fournaise embrasée, afin de confondre un mage païen. Eugénie coupa ses cheveux, revêtit des effets masculins et se présenta à Hélénos, en se faisant passer pour un eunuque, nommé Eugène, venu de Rome avec ses deux compagnons. L’évêque, à qui Dieu avait révélé en vision la vérité, les reçut avec joie et, après les avoir baptisés en secret, il les confia au supérieur de la communauté, Eutropios, qui les rangea parmi les autres moines. Ils montraient tous les trois un zèle exemplaire, et Eugénie, en particulier, triomphant de la faiblesse de la nature féminine par la fermeté et la ferveur de son amour de Dieu, faisait l’admiration des moines les plus éprouvés, si bien, qu’après seulement trois années de vie ascétique, elle fut désignée par les frères pour succéder à l’higoumène défunt. Avec soumission et crainte de Dieu, elle accepta à la condition de devenir le serviteur de tous, comme le recommande le Seigneur (Mc 9, 35). C’est ainsi qu’en plus de la gestion de la communauté et de la direction des âmes, elle assumait les tâches et les services les plus vils : transport de l’eau, nettoyage, coupe du bois, etc. Sa cellule était la plus exiguë et la plus misérable et, de jour comme de nuit, elle sacrifiait toutes ses forces pour l’amour de Dieu et le service des frères.

Une noble et illustre femme d’Alexandrie, Mélanthia, ayant entendu vanter les vertus admirables et les miracles accomplis par l’higoumène Eugène, l’implora de venir la visiter pour la délivrer de la maladie qui la tourmentait cruellement depuis de longues années. Cédant finalement à ses instances, Eugénie se rendit chez elle et la guérit en l’oignant d’huile sainte. Mais le démon jaloux saisit cette occasion pour insinuer dans le cœur de Mélanthia une passion coupable pour le jeune et beau moine. Feignant une nouvelle maladie, elle obtint qu’Eugène la visitât une seconde fois et essaya alors de l’entraîner au péché. Sans révéler son secret, Eugène la repoussa avec autorité, en lui rappelant le vœu sacré que les moines font de garder inviolée pour le Seigneur la virginité de leur corps et de leur âme, puis elle s’enfuit. Cet échec déchaînant chez la méchante femme un profond désir de vengeance, elle proclama partout que l’higoumène Eugène s’était rendu chez elle et l’avait déshonorée. Cette rumeur parvint jusqu’au préfet Philippe qui, n’osant pas mettre en doute la parole d’une personne de si haut rang, convoqua sans plus attendre Eugénie et ses moines. Chargée de chaînes et honteusement accusée, Eugénie se résolut à découvrir toute la vérité, afin de ne pas laisser au diable l’occasion de dénigrer le saint Habit monastique. En déchirant sa tunique devant l’assistance ébahie, elle révéla qu’elle était une femme cachée sous une identité masculine afin de pouvoir mener un combat plus glorieux pour la vertu et, se tournant vers Philippe, elle confessa qu’elle était Eugénie, sa fille, que depuis si longtemps il croyait perdue.

Dans la joie de ces retrouvailles et l’admiration pour les merveilles accomplies par Dieu, Philippe, sa femme Claudia et leurs deux autres enfants, Abitas et Serge, embrassèrent la foi chrétienne et reçurent le saint Baptême, en compagnie d’un grand nombre de païens alors présents. Philippe fut même bientôt consacré évêque et gouverna dès lors la grande ville selon les commandements évangéliques, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre spirituel. Un an plus tard, dénoncé à l’empereur par des païens envieux, il fut démis de sa charge de préfet et remplacé par le cruel Térence, qui le fit assassiner alors qu’il était en prière dans son église.
Après les funérailles, Eugénie, Claudia, Protas et Hyacinthe retournèrent à Rome et se consacrèrent au jeûne et à la prière dans la demeure familiale. Basilla, une jeune fille de haute naissance, qui désirait devenir chrétienne mais était tenue enfermée par son père, réussit à communiquer par lettre avec Eugénie. Elle reçut de la sainte la catéchèse nécessaire, puis, baptisée en secret par l’évêque de Rome, elle se lia d’une étroite amitié avec Eugénie, car elle partageait avec elle le même amour pour la virginité. Mais une de ses servantes alla la dénoncer à son prétendant, Pompée qui, pris de rage à cette nouvelle, la livra à l’empereur ennemi des chrétiens et obtint sa décapitation.

On arrêta ensuite Protas et Hyacinthe, en voulant les contraindre de sacrifier à Jupiter. Comme ils avaient opposé un ferme refus, ils eurent également la tête tranchée. Puis, après comparution devant le préfet de la ville, on amena Eugénie au temple de Diane pour l’obliger à sacrifier, sous menace de mort. Mais, à la prière de la sainte, les idoles se fracassèrent à terre et le temple lui-même fut dangereusement ébranlé, à la grande frayeur des assistants. Le tyran ordonna alors de la jeter dans le Tibre, d’où elle fut miraculeusement sauvée de la noyade. Après diverses autres épreuves, elle fut finalement décapitée dans son cachot, le 25 décembre, naissant à la vie céleste et éternelle le jour où le Christ immortel s’est fait homme terrestre et mortel pour nous rendre immortels.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Jadis fut inscrite à Bethléem, * avec le vénérable Joseph * issu de la semence de David, * Marie porteuse d’un fruit non semé. * Le temps de sa délivrance approchait * et point de place à l’hôtellerie; * mais pour la Reine la grotte devint * le plus charmant des palais: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Kondakion de la Sainte, ton 4
De ce monde fuyant la gloire qui ne dure qu’un temps, * tu gardas sans tache la noblesse de ta vie, * illustre martyre Eugénie.

Kondakion de l’avant-fête, t. 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a bien voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc II,1-20)
En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:
c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

Message de Noël du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Eminents évêques, vénérables pères, moines et moniales aimant Dieu, chers frères et sœurs !
En cette Sainte nuit, je vous salue de tout cœur et je vous présente mes vœux à l’occasion de la grande fête de la Nativité du Christ, fête de la réalisation des antiques promesses de salut du genre humain, fête de l’indicible amour que porte le Créateur à Sa création, fête de la venue au monde du Fils de Dieu, le Messie.
Les pères de l’Eglise ont réfléchi au cours des siècles passés au mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui, comme jadis, nous prêtons une oreille attentive aux paroles des prières et des chants qui résonnent dans nos églises, nous écoutons pieusement les textes des Saintes Ecritures qui nous relatent ce glorieux évènement et nous ne cessons pas de nous émerveiller de ce miracle divin.
Réfléchissant à la Nativité du Christ, Syméon le Nouveau Théologien a écrit : « En venant dans ce monde Dieu a fait une l’Essence divine et l’essence humaine afin que l’homme se divinise. La Sainte Trinité s’est mystérieusement incorporée en cet homme divinisé de par Sa grâce » (Syméon, homélie 10). Saint Isaac le Syrien nous dit : « Voilà que Dieu s’est revêtu de la nature de l’humanité afin que l’humanité puisse se revêtir de la Nature divine » (Hymne de la Nativité du Christ).
Imprégnés de ces sages paroles questionnons nous : comment pouvons-nous nous orner nous-mêmes de cette Essence divine ? Comment pouvons-nous devenir vraiment à l’image de Dieu ce à quoi l’homme est appelé depuis la création du monde ? Quelles doivent être nos vies pour que « le Christ soit formé en nous » (Ga, 4, 19) ? La réponse est simple : observons les commandements du Sauveur. Reprenant l’apôtre Paul, je m’adresse à vous, mes chers : « Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ » (Ga, 6, 2). Pénétrez-vous d’amour et vous trouverez ainsi la paix de l’âme et la quiétude. Soyez magnanimes à l’égard de tous et la joie remplira vos cœurs, une joie dont personne ne pourra vous départir. « C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! » (Lc 21, 19), vous gagnerez ainsi la vie éternelle.
Nous chrétiens, ne devons pas nous limiter à exhorter les autres à s’inspirer de nobles idéaux éthiques, il nous faut nous-mêmes nous en tenir à ces idéaux dans notre quotidien qui doit en premier lieu être placé au service de nos prochains. Ainsi, de par la Miséricorde divine, nous récolterons les authentiques fruits de l’Esprit : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23).
« Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (He 10, 24). En réussissant à surmonter les conflits et les divisions, nous portons au monde la prédication la plus convaincante de la Nativité et nous témoignons par nos actes de l’extraordinaire beauté et de la force spirituelle que porte la foi orthodoxe.
Nous voilà en 2017 ! Cent ans nous séparent des évènements qui ont transformé d’une manière radicale la vie de la Russie, ce grand pays multiethnique qui a été précipité dans la démence de la guerre civile, les enfants se sont alors dressés contre leurs parents, les frères se sont combattus. Les pertes et les malheurs qui ont par la suite frappé notre peuple ont été pour beaucoup prédéterminés par la destruction des structures de l’Etat et les persécutions de la religion. La société en a été profondément divisée.
C’est avec piété et douleur que nous évoquons l’exploit des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise russe. Nous croyons que ce sont leurs prières qui ont fait que Dieu n’a pas abandonné notre peuple et lui a donné les forces d’accomplir d’admirables exploits dans le labeur et dans les combats, de remporter la victoire dans la plus terrible de toutes les guerres, de reconstruire le pays et de réussir des réalisations qui suscitent l’admiration.
Nous remercions Dieu pour le miracle qui s’est produit aux yeux du monde entier, la renaissance de la foi et de la piété de notre peuple, la renaissance des lieux sacrés qui avaient été détruits, pour les églises et les monastères qui ont été édifiés ; leur existence même est un signe des profonds changements qui surviennent dans le cœur des hommes.
Ces dernières décennies ont été marquées par de graves difficultés, par de grandes épreuves. Ces phénomènes sont de nature provisoire et nous n’avons donc pas à les redouter. L’expérience acquise au cours du siècle passé nous a beaucoup appris et doit nous aider à éviter bien des choses.
Cheminons sans crainte dans la voie du salut car Dieu est avec nous. Renforçons-nous dans la foi car Dieu est avec nous. Pénétrons-nous d’espoir car Dieu est avec nous. Faisons le bien et raffermissons-nous dans l’amour car Dieu est avec nous.
C’est en Dieu que nous plaçons toutes nos attentes car « Il est un rocher éternellement » (Is 26,4) et, selon l’apôtre Pierre « car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Que la lumière du Christ éclaire toujours notre cheminement terrestre et que cette voie nous amène dans le Royaume céleste que Dieu réserve à ceux qui L’aiment.
Je séjourne aujourd’hui avec vous tous qui habitez dans divers pays, villes et bourgades et qui constituez l’unique Eglise du Christ dans la joie spirituelle, je prie pour que chacun d’entre vous aie la santé spirituelle et corporelle, pour que la paix règne dans vos foyers, pour que votre labeur soit fructueux. Que le Seigneur et Sauveur incarné à Bethléem donne à chacun d’entre nous la faculté de sentir dans nos cœurs avec une intensité nouvelle Sa présence dans nos vies. Amen.

+ Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie,
Moscou, Noël 2016/2017

Jeudi 22 Décembre 2016

21 décembre (ancien calendrier)/3 janvier (nouveau)

21 décembre (ancien calendrier)/3 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité

Sainte Julienne et ses compagnons, 500 hommes et 130 femmes, martyrs à Nicomédie (304) ; saint Thémistocle de Myre en Lycie, martyr (251) ; saint Honorat, évêque de Toulouse (IIIème s.) ; saint Pierre, métropolite de Moscou (1326) ; sainte Julienne, princesse de Viazma (1406) ; saint Procope, fol en Christ de Viatka (1628) ; saint Philarète de Kiev (1857)

SAINTE JULIENNE

Sainte Julienne (305)

Sainte Julienne (305)

Sainte Julienne était fille d’un couple de nobles et illustres païens de Nicomédie, sous le règne du cruel Dioclétien (286-305). Ses parents l’avaient fiancée à un certain Éleusios, de rang sénatorial, qui s’en était épris d’un amour ardent et désirait ne pas retarder davantage leur mariage. Mais le cœur de Julienne avait été saisi par l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ, et elle désirait se garder tout entière pure et sans partage pour son Époux céleste, aussi tentait-elle de repousser autant qu’elle le pouvait les avances de son prétendant. Elle déclara d’abord, comme s’il s’agissait d’un caprice de jeune fille mondaine, qu’elle accepterait d’épouser Éleusios seulement s’il devenait préfet de la capitale de la Bithynie. Malgré les difficultés, celui-ci se mit immédiatement en œuvre : il dépensa l’or sans compter, fit jouer ses amis et ses relations à la cour et, quelque temps plus tard, devenu effectivement préfet de Nicomédie, il renouvela sa demande en mariage. Contrainte de se dévoiler, la fiancée du Christ lui dit : « Si tu n’abandonnes pas le culte des idoles et si tu n’adhères pas à la foi des chrétiens, qui procure la vie éternelle, jamais je n’accepterai de m’unir à toi. » Inflexible dans sa résolution, malgré les supplications de ses parents, Julienne fut alors livrée aux autorités, comme disciple de la religion interdite, et traduite devant le tribunal du préfet. Son amant, devenu son juge et son tortionnaire, la fit dévêtir pour la soumettre à de cruels tourments. Flagellée sur tout le corps, elle fut ensuite pendue par les cheveux et eut le cuir chevelu arraché. Le diable lui apparut dans sa prison, sous l’aspect d’un ange de Dieu, pour lui proposer de se soumettre et de sacrifier aux idoles, mais la sainte martyre, armée de la prière, déjoua la ruse du démon, en le frappant et en crachant sur lui avec mépris, et elle trouva ainsi des forces renouvelées pour la suite de ses combats.
Tirée de son cachot pour un nouvel interrogatoire, elle fut menée vers un grand brasier, sur lequel on avait préparé un chaudron plein de plomb bouillonnant pour l’y plonger. Mais la résolution de la jeune fille était inflexible, sa foi inébranlable, son amour du Christ plus ardent que tout feu terrestre, si bien que son âme avait communiqué à son corps une part de l’incorruptibilité promise aux élus dans la vie éternelle. Non seulement elle ne souffrit aucun dommage lorsqu’on la plongea dans le chaudron, mais dès qu’elle le toucha, il se fendit et le plomb se répandit sur les gardes. Devant de tels prodiges, un grand nombre de païens présents, cinq cents hommes et cent trente femmes, glorifièrent la puissance accordée par Dieu aux saints martyrs et confessèrent le Nom du Christ. Par ordre du préfet, ils furent décapités sur-le-champ. La dernière, Julienne eut également la tête tranchée, et son âme partit avec allégresse vers les demeures des saints. Elle était âgée de dix-huit ans, lorsqu’elle célébra ainsi ses noces avec le Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem, car l’Éden est ouvert à tous. Apprête-toi, Ephrata, car, dans la grotte, l’Arbre de Vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel, où pousse le plan divin. Si nous en mangeons, nous vivrons, nous ne mourrons pas comme Adam. Le Christ naît pour relever l’image de Dieu autrefois déchue.

Tropaire de la sainte martyre Julienne, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Tropaire de saint Pierre de Moscou, ton 4
Terre naguère stérile, réjouis-toi maintenant ; car le Christ a montré en toi un luminaire, brillant fortement dans le monde et guérissant nos infirmités et maladies. Aussi, exulte et réjouis-toi avec confiance ; car le hiérarque du Très-haut accomplit tout cela.

Kondakion de saint Pierre de Moscou, ton 8
Accourons en ce jour avec amour auprès du glorieux et merveilleux thaumaturge de notre terre, te composant, ô théophore, un hyme, car tu as de la hardiesse envers le Seigneur ; délivre-nous des diverses tribulations, afin que nous te chantions : réjouis-toi affermissement de notre cité !

Kondakion de l’avant-fête, ton 3
La Vierge en ce jour s’en vient dans la grotte mettre au monde le Verbe d’avant les siècles. Ô monde, à cette nouvelle, chante et danse ; avec les anges et les pasteurs, glorifie Celui qui a voulu se faire voir petit enfant, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Mc X, 2-12)

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme. Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte. Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

20 décembre (ancien calendrier)/2 janvier (nouveau)

20 décembre (ancien calendrier)/2 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité

Samedi avant la Nativité. Avant-fête de la Nativité. Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, hiéromartyr (107) ; saint Philogone, évêque d’Antioche (323) ; saint Ursanne, abbé-fondateur de Saint-Ursanne en Suisse (vers 620) ; saint Daniel, archevêque de Serbie (1338) ; saint Ignace, archimandrite des Grottes de Kiev (1435); saint Jean le tailleur, néo-martyr grec à Constantinople (1650) ; saint Antoine, archevêque de Voronej (1846) ; saint Jean de Cronstadt (1908)

SAINT IGNACE LE THÉOPHORE

Saint Ignace le Théophore, évêque d’Antioche, hiéromartyr (107)

Disciple des apôtres, père des évêques, combattant audacieux qui s’est élancé au premier rang de la cohorte des martyrs victorieux, saint Ignace a remporté une triple couronne et brille maintenant d’un éclat flamboyant au firmament des amis de Dieu. Conformément à son nom de feu (ignis en latin), l’amour du Christ brûlait à tel point en son cœur qu’il fut surnommé le Théophore, le « porteur-de-Dieu », terme qu’il n’hésitait pas à s’appliquer lui-même d’ailleurs, sans vantardise, car tous les chrétiens, depuis leur baptême, sont devenus christophores (« porteurs-du-Christ ») et ont été revêtus de l’Esprit Saint (hagiophores, pneumatophores, disent encore les saints Pères).

Dans sa jeunesse, Ignace avait, dit-on, connu les apôtres, et avait été initié aux mystères plus profonds de la foi par saint Jean l’Évangéliste, en compagnie de saint Polycarpe. Il succéda ensuite à Évode, comme second évêque d’Antioche, la capitale de la Syrie et la ville la plus importante de tout l’Orient, dont le siège épiscopal avait été fondé par l’Apôtre saint Pierre. Pendant la persécution de Domitien (8l-96), saint Ignace encouragea de nombreux confesseurs à mépriser les tourments et les épreuves de quelques instants pour gagner la vie éternelle. Il les visitait dans leur prison, les réconfortait et leur communiquait l’empressement qu’il éprouvait lui-même pour être définitivement uni au Christ en imitant sa mort. Malgré tout, il ne fut pas arrêté, et lorsque les poursuites furent interrompues, l’intrépide évêque resta affligé de ne pas avoir été appelé par Dieu à devenir un vrai disciple, consommé dans la perfection.

Pendant les années de paix qui suivirent, les apôtres ayant désormais disparu, l’évêque d’Antioche s’employa à donner à l’Église les fondements de son organisation et à montrer comment la grâce, descendue sur les apôtres le jour de la Pentecôte, demeure et se prolonge dans le ministère épiscopal. D’Antioche la Grande, sa voix autorisée se faisait entendre dans toutes les Églises — alors petites communautés locales — pour les exhorter à vivre dans l’unité et la charité autour de l’évêque, image terrestre du seul Évêque véritable et Grand Prêtre, Jésus-Christ. Unis par la foi inébranlable dans le Sauveur crucifié et ressuscité, et par la concorde qui vient de la charité et de leur commune espérance, les fidèles doivent se réunir autour de leur évêque et du collège des prêtres et des diacres, aussi souvent qu’ils le peuvent — particulièrement le dimanche, jour du Seigneur —, pour célébrer ensemble la sainte Eucharistie, « rompant le même pain, qui est remède d’immortalité, et antidote pour ne pas mourir, afin de vivre pour toujours en Jésus-Christ », « Là où est l’évêque, disait-il encore, là est Jésus-Christ, là est l’Église catholique (i.e. universelle) », l’assurance de la vie éternelle, le gage de la communion à Dieu. C’est pourquoi il n’y a qu’une seule assemblée eucharistique légitime : celle qui est accomplie par l’Église, dans l’unité de la foi autour de l’évêque ou de son représentant. Une fois la synaxe terminée, les chrétiens se doivent de manifester dans leur vie, dans leur conduite, ensemble et vis-à-vis du monde extérieur, dans leurs sentiments et leurs pensées, le même accord harmonieux que les cordes bien ajustées d’une lyre, de manière à chanter « d’une seule voix par Jésus-Christ un hymne de louange au Père ». « Soyez unis à l’évêque, recommande-t-il aux Éphésiens, comme l’Église l’est à Jésus-Christ, et Jésus-Christ au Père, afin que toutes choses soient en accord dans l’unité ». Il les engage à fuir, outre la haine et les querelles, les divisions de toutes sortes, « comme les principes de tous les maux ». Affermis ainsi dans la concorde et l’amour mutuel, la Vérité demeurera en eux, et l’Église, telle une citadelle céleste, restera pure et inaccessible à la contamination de l’hérésie. À la suite de saint Paul, saint Ignace énonçait ainsi les principes inchangés et inaltérables sur la nature de l’Église, l’institution de l’évêque, le rôle de l’assemblée eucharistique, les rapports entre l’Église locale et l’Église universelle, toutes choses qui font dire de la sainte Église : Toute la gloire de la fille du Roi vient du dedans. Elle est ornée de franges d’or, parée de couleurs variées (Ps 44, 15).

Après être monté sur le trône (98), Trajan laissa tout d’abord les chrétiens en paix, trop occupé qu’il était à mener la guerre contre les barbares. Mais, à la suite de ses victoires sur les Scythes et les Daces, il décida de soumettre tous les sujets de l’Empire au culte des idoles et de l’empereur, sous peine de mort. Vers l’an 113 (ou 117), il partit en campagne en direction de l’Arménie et de la Parthie. En chemin, il fit halte quelque temps dans la brillante ville d’Antioche, déclenchant à cette occasion une persécution locale contre les chrétiens en vue. Sentant que le moment tant attendu était enfin arrivé, saint Ignace se présenta alors de lui-même devant l’empereur et répondit hardiment à ses questions. Il confessa le Dieu Créateur et Ami des hommes et son Fils Unique Jésus-Christ, et ne craignit pas de tourner en dérision la superstition de ce puissant souverain qui faisait invoquer des êtres illusoires pour protéger ses armées. Irrité, Trajan lui demanda :
— « Tu es donc disciple du Crucifié sous Ponce Pilate ? »
— « Je suis le disciple de Celui qui a cloué mon péché sur la Croix, et a piétiné le diable et ses intrigues », répliqua le saint.
— « Pourquoi t’appelle-t-on Théophore ? »
— « Parce que je porte en moi le Christ vivant ! »
— « Que celui qui porte le Crucifié soit donc mené à Rome chargé de chaînes afin d’y être livré en pâture aux lions pour le divertissement du peuple », ordonna l’empereur.
Rempli de joie, le serviteur de Dieu baisa avec chaleur les lourdes chaînes dont on le chargeait, en les appelant « mes très précieuses perles spirituelles », liens tellement désirés et qui devaient lui procurer la plénitude de la vie en Christ, à l’exemple de saint Paul et tant de glorieux martyrs. Puis, ayant dit adieu à son Église en exhortant ses fils à changer leurs larmes en cantiques d’allégresse, il partit à pied, en compagnie d’autres prisonniers, escorté par une escouade de dix soldats cruels et implacables, véritables « léopards » écrit-il, qui l’accablaient de mauvais traitements, avec pour seul résultat d’ajouter à sa joie et à son empressement. Partis d’Antioche, ils parvinrent à grand-peine, tantôt par mer tantôt à pied, jusqu’à Smyrne, où Ignace fut accueilli avec une profonde émotion par son condisciple saint Polycarpe, évêque de la ville, à la tête de toute sa communauté. Il reçut là aussi des envoyés des Églises de la province d’Asie : l’évêque d’Éphèse, Onésime ; celui de Magnésie, Dèmas, et celui de Tralles, Polybes. Tout en leur délivrant ses ultimes enseignements, et en les exhortant à imiter la douceur et l’humilité de notre Seigneur Jésus-Christ dans les persécutions, devant les injures et les moqueries des païens, il leur insuffla sa joie et son désir de trouver au plus vite la perfection du martyre. Si bien qu’ils ne lui firent pas leurs adieux comme à un condamné à mort, mais ils le saluèrent comme un athlète déjà triomphant, comme un voyageur en partance vers le Ciel. De là, saint Ignace adressa d’admirables lettres aux chrétiens des Églises d’Asie Mineure, pour les confirmer dans la foi, pour les engager à se garder des hérésies en restant unis autour de l’évêque et du collège des prêtres en une seule assemblée eucharistique, et pour leur communiquer son brûlant enthousiasme.

Ayant appris que les fidèles de Rome voulaient tenter de le délivrer au moment de son exécution, il leur adressa une lettre pour refréner leur zèle inopportun et les supplier de ne pas intervenir. « C’est maintenant que je commence à être un disciple … Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit au-dedans de moi : “Viens vers le Père” ». L’amour du Christ bouillonnait à tel point en lui, qu’il lui inspira alors ces paroles de feu : « Pardonnez-moi, Frères, ne m’empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Permettez-moi d’être un imitateur de la passion de mon Dieu … Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je serai moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ ». Devenir, à l’image du Christ, vrai pain eucharistique, et célébrer par l’offrande de lui-même la véritable et parfaite Liturgie, tel était le seul désir du saint hiérarque.
De Smyrne, le cortège se rendit à Troas, où Ignace apprit avec joie que la persécution avait cessé à Antioche. Il écrivit alors aux Églises d’envoyer des représentants pour se réjouir avec ses enfants spirituels, et confia à Polycarpe le soin de son Église. Il aurait voulu envoyer d’autres lettres aux Églises, mais un ordre subit d’embarquement l’obligea à quitter Troas pour se rendre à Néapolis en Macédoine. De là, il passa par Philippes avant de s’embarquer à Dyrrachium pour l’Italie. Ayant atteint Rome, après de longues et pénibles étapes, il fut accueilli par les fidèles de la capitale dans une ambiance où les larmes de tristesse et d’angoisse se mêlaient à la joie de recevoir cet astre venu d’Orient, qui avait parcouru le monde pour venir se coucher à l’Occident. Lorsque le moment de l’exécution arriva, saint Ignace entra dans l’arène comme s’il s’avançait vers le saint autel pour célébrer son ultime Liturgie, devant ses fidèles mêlés aux païens sur les gradins du Colisée. Désormais pleinement évêque et disciple du Grand Prêtre de notre Salut, Jésus, à la fois prêtre et victime, il s’offrit avec complaisance aux lions voraces, qui se précipitèrent sur lui et le dévorèrent en quelques instants, ne laissant, selon son désir, que ses plus gros ossements. Ces précieux restes furent récupérés avec dévotion par les fidèles et furent ramenés en grande pompe vers Antioche, salués sur leur passage par les chrétiens, comme si le pasteur rentrait vivant et triomphant à son bercail.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem, car l’Éden est ouvert à tous. Apprête-toi, Ephrata, car, dans la grotte, l’Arbre de Vie a fleuri de la Vierge. Son sein est devenu un paradis spirituel, où pousse le plan divin. Si nous en mangeons, nous vivrons, nous ne mourrons pas comme Adam. Le Christ naît pour relever l’image de Dieu autrefois déchue.

Tropaire de saint Ignace le Théophore, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Ignace, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Tropaire de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion de saint Ignace le Théophore, ton 3
Le splendide jour de tes brillants combats * nous annonce déjà la Naissance virginale du Christ; * dans ta soif de jouir de son amour, * tu n’eus de cesse d’être broyé par les fauves comme froment; * c’est pourquoi, martyr Ignace, tu reçus * l’illustre nom de Théophore.

Kondakion de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Élu de Dieu depuis ta jeunesse, et ayant miraculeusement reçu de Lui dans l’enfance le don d’apprendre, tu fus glorieusement appelé à la prêtrise dans une vision durant le sommeil, et tu devins un merveilleux pasteur de l’Église du Christ, ô Père Jean, éponyme de la grâce, prie le Christ Dieu afin que nous soyons tous avec toi dans le Royaume divin.

Kondakion de l’avant-fête, ton 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter * ineffablement en une grotte le Verbe d’avant les siècles. * Terre entière, à cette nouvelle chante et danse, * glorifie avec les Anges et les Bergers * celui qui a voulu devenir * un enfant nouveau-né, le Dieu d’avant les siècles.

Évangile du jour
(Lc XIII, 18-29)

Le Seigneur dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

18 décembre (ancien calendrier)/31 décembre (nouveau)

18 décembre (ancien calendrier)/31 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Samedi avant la Nativité. Samedi avant la Nativité. Saint Sébastien et ses compagnons de martyre à Rome : saint Nicostrate et son épouse sainte Zoé, saint Castor, saint Tranquilinus, prêtre, ses fils : saints Marcellin et Marc, diacres, saint Claude, gardien des prisons, son fils saint Symphorien, son frère saint Victorin, et saints Tiburce et Castule (vers 287) ; saint Gatien, évêque de Tours (304) ; saint Modeste, archevêque de Jérusalem (vers 634) ; saint Flavit, ermite à Sens (VIème s.) ; saint Désiré, moine à Fontenelle (vers 700) ; saint Florus, évêque d’Amasie dans l’Hélénopont (VIIème s.) ; saint Michel le Syncelle, confesseur (vers 845) ; St Sébastien de Sokhot (vers 1500) ; saint Daniel, ermite de Voronets (1496) ; saint Siméon de Verkhoturye (1642) ; saints néo-martyrs de Russie : Victor (Matveev) (1937) ; Thaddée, archevêque de Tver, Nicolas, archevêque de Veliki-Oustioug, Élie (Benemansky), Jean (Mironsky), Vladimir (Preobrajensky) et Nicolas (Kobranov), prêtres (1937) ; Serge (Astakhanov), diacre et Vera (Truks) (1942).

SAINT SÉBASTIEN

Saint Sébastien (vers 287)

Le glorieux martyr du Christ Sébastien naquit à Narbonne au sein d’une illustre famille romaine et fut élevé à Milan. Ses grandes qualités l’amenèrent à devenir un des favoris de l’empereur Carin (vers 283), qui le nomma commandant de la première cohorte prétorienne. Malgré les honneurs et la frivolité de la vie de cour, Sébastien était en secret disciple du Christ, et il profitait de ses privilèges pour rendre visite aux chrétiens enfermés dans les prisons, afin de les réconforter et de les encourager à mener jusqu’au bout le combat de la foi. Un grand nombre de martyrs lui furent ainsi redevables de ne pas avoir faibli devant les supplices.

Deux jeunes chrétiens romains de haute condition, Marc et Marcellin, avaient été arrêtés sur l’ordre du préfet Chromace et avaient été soumis à toutes sortes de tortures, avant d’être finalement condamnés à mort. Pendant tout le mois qui précéda le jour prévu pour l’exécution, les deux saints combattants du Seigneur furent soumis à une épreuve plus redoutable encore : les larmes et les supplications de leurs jeunes épouses et de leurs parents qui les suppliaient de ne pas les abandonner. Il s’en fut de peu que l’amour pour leurs proches et les liens de la chair ne fissent céder ceux qui avaient si vaillamment résisté à la torture. Mais Sébastien se présenta à temps dans leur cachot. Il déjoua cette ruse du diable et les encouragea à supporter la peine de quelques instants pour obtenir la gloire et la joie éternelles avec tous les saints. Il réussit même à convertir leurs parents païens, Tranquilinus et Marcia, en les guérissant d’une maladie. La parole et le zèle apostolique du saint général amenèrent aussi à la foi le greffier Nicostrate et sa femme Zoé, qui entraînèrent à leur tour leur ami Claude, haut fonctionnaire de la cour, et bien d’autres païens qu’ils rassemblèrent dans leur maison pour recevoir l’enseignement de Sébastien, scellé par le saint baptême que leur conféra le prêtre Polycarpe, en tout soixante-huit personnes.

Lorsque le jour prévu pour l’exécution de Marc et Marcellin arriva, leur père Tranquilinus se présenta devant le préfet, lui révéla sa conversion et prononça des paroles si convaincantes que Chromace, l’écoutant avec attention, eut le cœur attendri et adhéra à son tour à la foi. Le lendemain, devant Sébastien et Polycarpe, il renversa avec zèle et conviction toutes les idoles qui se trouvaient dans sa maison. Son fils Tiburce, impressionné par la conversion de son père, restait pourtant indécis et n’osait pas encore renoncer à ses superstitions. Il proposa aux saints un marché, et leur promit de les suivre et de détruire ses idoles si son père guérissait d’une maladie qui l’engourdissait et le menaçait de complète paralysie. Chromace, oubliant son mal, n’avait mis aucune condition à sa conversion, aussi reprocha-t-il à Tiburce ses doutes et voulut-il l’empêcher de persévérer dans sa proposition. Mais une lumière venue du ciel l’enveloppa soudain et l’on entendit une voix dire : « Bienheureux es-tu, car tu as cru au Christ, qui maintenant m’envoie pour te guérir. » Tiburce, stupéfait devant cette guérison miraculeuse, alla se jeter aux pieds des saints martyrs pour leur demander pardon, et il reçut bientôt le saint baptême en même temps que son père et toute leur maisonnée.

Plein de joie à la nouvelle de ces conversions, l’archevêque de Rome, Gaius (283-296), vint embrasser les nouveaux frères et leur annonça qu’un autre préfet, chargé de les mettre à mort, allait bientôt être nommé. Aussi leur recommanda-t-il de se répartir en deux groupes : les uns, avec Sébastien à leur tête, restant à Rome pour s’offrir à la mort pour le Christ, et les autres, avec Polycarpe, devant aller chercher refuge au loin. Les uns et les autres rivalisaient pour rester avec Sébastien, persuadés que le martyre est la voie royale pour parvenir au Royaume de Dieu. Finalement, ils se soumirent aux ordres du prélat, excepté le jeune Tiburce qui obtint de se joindre à ceux qui restaient. Marc et Marcellin furent alors ordonnés diacres, leur père Tranquilinus élevé au sacerdoce, et Sébastien fut institué le chef de cette cohorte de martyrs. Ils cessèrent dès lors toute activité profane et attendirent dans la ville que l’on vienne les arrêter, en persévérant nuit et jour dans le jeûne, la prière et les cantiques d’action de grâces. Beaucoup se présentaient à eux et étaient guéris des maux qui affligeaient leurs âmes ou leurs corps.

La première victime du groupe fut la bienheureuse Zoé. Arrêtée alors qu’elle se rendait à l’église, elle fut suspendue la tête en bas et mourut asphyxiée par une fumée nauséabonde, et son corps fut ensuite jeté dans le Tibre. Vint ensuite le tour de Tranquilinus qui, après avoir été lapidé, fut noyé dans le fleuve. Nicostrate et Claude, qui étaient partis à la recherche des corps de leurs compagnons, furent eux aussi arrêtés sur les bords du Tibre. On les mena devant le nouveau préfet, puis devant l’empereur qui les fit exécuter à coups de verges et jeter à l’eau. Tiburce, quant à lui, dénoncé par un faux chrétien, fut placé sur des charbons ardents et, après une belle apologie de la Foi, il mourut décapité. Castule, qui cachait les saints dans sa demeure, fut enterré vivant, et les deux frères Marc et Marcellin, après avoir supporté avec joie diverses tortures, moururent le côté percé de lances.

Saint Sébastien restait le dernier de tous, impatient de rejoindre lui aussi le Seigneur dans la Terre des Vivants. Traduit devant l’empereur, il témoigna de la Vérité avec un calme majestueux et rétorqua au souverain, qui l’accusait de s’opposer à son pouvoir, qu’il avait toujours prié pour le salut de l’Empire. La sentence de mort ayant été prononcée, il se rendit jusqu’au lieu de l’exécution, accompagné d’une grande foule. Attaché à un poteau, il fut livré comme cible à une troupe d’archers. Le corps percé de flèches « comme un hérisson de ses piquants », on le laissa pour mort, baignant dans son sang, mais il fut recueilli par une dame chrétienne. Providentiellement guéri, saint Sébastien alla se présenter à nouveau devant le tyran qui, saisi de stupeur en le voyant apparaître, ordonna de l’emmener au cirque. Après l’avoir assommé à coups de massue, les bourreaux mirent son corps en lambeaux devant le peuple déchaîné, puis allèrent le jeter dans la décharge publique, pour que les chrétiens ne puissent le vénérer.

Le soir même de cette exécution, une pieuse chrétienne de Rome reçut dans une vision l’ordre de récupérer le corps de saint Sébastien. Elle l’ensevelit dans une crypte (catacombe), au-dessus de laquelle une église fut bâtie en son honneur, lorsque saint Constantin le Grand eut rétabli la paix. C’est auprès de ce tombeau qu’eurent lieu pendant de longs siècles quantité de miracles par l’intercession du saint martyr.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur ont reçu de toi, * notre Dieu, la couronne d’immortalité pour le combat qu’ils ont mené; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Daniel de Voronets, ton 8
Ayant mené sur terre la vie des anges, tu t’es fait un exemple pour tes disciples ; par la prière, le jeûne continuel et les veilles, tu t’es rendu digne d’être établi dans la demeure des justes, saint et vénérable Daniel révérant Dieu, splendeur des ermites et gloire des moines.

Évangile du jour
(Mc IX, 10-16)

Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

17 décembre (ancien calendrier)/30 décembre (nouveau)

17 décembre (ancien calendrier)/30 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.) ; saint Maxenceul, abbé-fondateur de Cunault (555) ; sainte Begga, veuve, abbesse de Andenne-sur-Meuse (693) ; saint Briach, abbé à Guingamp en Bretagne (vers 630) ; saint Judicaël, roi de Bretagne (658) ; ; saint Etienne le Confesseur (Xème s.) ; saint Denis, évêque d’Egine, thaumaturge (1622) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Savelov), Nicolas (Beltioukov) et Serge (Florinsky), prêtres (1918) ; Pierre (Pokrovsky) et Jean (Zemliany), prêtres (1937)

SAINT PROPHÈTE DANIEL ET LES TROIS ADOLESCENTS

Saint Daniel, prophète, et les trois adolescents : saints Ananias, Azarias et Misaël, captifs à Babylone (VIIème av. J.-C.)

Lorsque le roi de Babylone Nabuchodonosor s’empara de Jérusalem (597 av. J.-C.), il emmena dans son lointain royaume Joiakim, le roi de Juda, avec une partie des notables de la ville et emporta aussi les objets sacrés du Temple de Dieu. Daniel, alors âgé de huit ans seulement, fut pris avec ses trois compagnons, tous de race royale et de belle apparence, pour être instruits par le chef des eunuques dans la science des Chaldéens et entrer au service du souverain. On leur imposa des noms nouveaux : Daniel fut appelé Baltassar, Ananias Sirac, Misaël Misac, et Azarias Abdénago. Vivant au milieu des païens, Daniel observait néanmoins avec rigueur toutes les prescriptions de la Loi. Il refusait de goûter aux mets de la table royale qu’on lui offrait et, fortifiés par le jeûne et la prière, lui et ses compagnons paraissaient plus vigoureux et avaient meilleure mine que tous les autres enfants de la cour, alors qu’ils ne prenaient que de l’eau et des légumes. Dieu leur donna aussi sagesse et science dans une telle mesure qu’ils dépassaient tous les sages du royaume. Quant à Daniel, il reçut de surcroît le don de discerner les songes et les visions.

Au bout de trois ans, le roi Nabuchodonosor eut un songe qui troubla fort son esprit. Comme ses sages et ses devins se trouvaient incapables de deviner quel avait été ce songe, il donna l’ordre de tous les passer au fil de l’épée, y compris les jeunes Israélites. Mais, en réponse à la prière instante de ses serviteurs, Dieu révéla à Daniel le songe du roi et son interprétation. La statue brillante que Nabuchodonosor avait vu se dresser devant lui était une allégorie des temps à venir. Sa tête d’or représentait le royaume des Chaldéens, les mains et la poitrine en argent figuraient le royaume des Mèdes et des Perses qui devait lui succéder, le ventre et les cuisses de bronze, le royaume hellénique d’Alexandre le Grand, et ses jambes de fer, l’empire des Romains. La pierre qu’il avait vue se détacher de la montagne sans qu’une main ne l’eût touchée et qui réduisit en poussière cette grande statue des empires païens, était la figure de notre Seigneur Jésus-Christ, incarné à la fin des temps, pour fonder un royaume spirituel et éternel, que rien ne viendra plus détruire : la sainte Église. Rendant gloire au Dieu de Daniel, le roi conféra au jeune garçon la charge de gouverneur de Babylonie et le nomma supérieur de tous les sages du royaume. Néanmoins Daniel obtint du souverain l’autorisation de demeurer à sa cour, et il fit assigner ses trois jeunes compagnons aux affaires de la province de Babylonie. Son prestige grandit encore auprès du prince et du peuple lorsqu’il confondit habilement deux vieillards lubriques qui avaient injustement accusé de fornication la belle Suzanne, parce qu’elle s’était refusée à leurs avances.
La dix-huitième année de son règne, Nabuchodonosor fit dresser une statue d’or à son effigie et manda à tous les satrapes, gouverneurs, conseillers et magistrats de son royaume de l’adorer en se prosternant jusqu’à terre quand retentiraient les instruments de musique. Malgré les menaces du redoutable tyran, les trois Jeunes Gens ne se soumirent pas à cet ordre impie et restèrent fidèles à l’adoration du seul vrai Dieu. Certains magistrats chaldéens, jaloux de leur haute dignité, saisirent cette occasion pour les dénoncer auprès de Nabuchodonosor. Frémissant de colère en apprenant que ses protégés avaient enfreint ses ordres, le roi fit chauffer la fournaise sept fois plus que de coutume et ordonna d’y jeter les trois Jeunes Gens. Au nom de tout le peuple hébreu, Ananias, Azarias et Misaël y adressèrent à Dieu une prière pleine d’humilité, confessant les fautes de leurs pères et reconnaissant qu’il était juste et équitable qu’ils eussent ainsi à souffrir l’exil, les mauvais traitements de ce roi impie et finalement le supplice du feu. Comme les serviteurs qui s’employaient à attiser le brasier étaient brûlés par la chaleur insupportable qui s’en dégageait, un ange descendit dans la fournaise et repoussa la flamme au-dehors, enrobant les saints enfants de brise et de rosée. Dansant alors de joie dans le feu autour de l’ange, ils changèrent leur supplication en hymne d’action de grâces. Après avoir d’abord invoqué le nom trois fois saint du Seigneur, ils invitèrent tous les ordres de la création à se joindre à eux pour chanter et exalter le Seigneur dans tous les siècles : les anges, les cieux, les éléments, les saisons, la terre, la mer et les montagnes, les animaux et les fils des hommes, jusqu’aux âmes des justes décédés. Ayant fait le tour de la création entière, ils se nommèrent eux-mêmes, comme les plus petits et les plus humbles, en s’écriant : Louons, bénissons et adorons le Seigneur ; chantons-le et exaltons-le dans tous les siècles, car il nous a délivrés de l’enfer, il nous a sauvés des mains de la mort, il nous a arrachés à la fournaise de flamme ardente (Dn 3) . Ils rassemblaient ainsi toutes choses dans leur danse autour du Verbe de Dieu, mystérieusement figuré par l’ange descendu dans le feu, sous forme humaine, pour les sauver. Nabuchodonosor lui-même le vit en se penchant sur la fournaise et le reconnut, préfigurant ainsi la conversion des païens : « Voici que je vois, dit-il, quatre hommes déliés se promener au milieu du feu. Ils n’ont pas le moindre mal, et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu » (Dn 3, 25). Il fit sortir les jeunes gens et constata, avec tous ses gens de cour, que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur eux et n’avait même pas laissé la moindre odeur. Le roi glorifia alors le Seigneur, rétablit Ananias, Azarias et Misaël dans leurs dignités et ordonna de mettre à mort quiconque oserait désormais blasphémer contre le Dieu d’Israël.

La même année, Nabuchodonosor eut un autre songe effrayant, que seul Daniel put interpréter sous l’inspiration du Saint-Esprit, et qui se réalisa seulement douze mois plus tard. Comme le souverain s’était enflé d’orgueil devant la splendeur de sa puissance, Dieu le châtia aussitôt et l’abattit, comme l’arbre qu’il avait vu en songe. Il devint fou et la royauté lui fut retirée. Chassé de la compagnie des hommes, il erra en plein air parmi les bêtes des champs, jusqu’à ce qu’il se soit humilié, qu’il ait confessé sa faute et qu’il ait prié le Seigneur. Il fut alors rétabli dans sa royauté pour sept années.

Après la mort de Nabuchodonosor (562 av. J.-C.) et les désordres qui la suivirent, la royauté passa finalement à Balthazar (Belshazar) (548-539). Donnant un jour un grand festin, celui-ci fit boire ses invités dans les vases sacrés dérobés dans le Temple de Jérusalem. Comme on offrait d’ignobles libations aux faux dieux, une main d’homme apparut soudain et traça du doigt sur le mur une inscription énigmatique qui laissa le roi et ses convives dans l’effroi. Daniel fut, de nouveau, le seul à pouvoir la déchiffrer et à révéler ainsi à Balthazar la fin toute proche de son règne. La nuit même, le roi chaldéen fut assassiné, et Darius le Mède prit le pouvoir (Dn 6, 1) .

Le captif Daniel, plus sage et plus illustre que tous les puissants des Mèdes et des Perses, fut établi par le nouveau souverain chef de tous les satrapes de l’empire. Tant d’honneurs attirèrent la jalousie des grands qui essayaient de trouver contre lui un motif de plainte. Connaissant sa piété, ils poussèrent le roi à émettre un édit interdisant d’adresser une prière à quiconque, dieu ou homme, si ce n’est au roi, pendant une période de trente jours, sous peine de mort. Inébranlable dans son amour de Dieu et sa fidélité à la Loi, Daniel ne cessa de s’acquitter de sa prière, en se tournant trois fois par jour vers Jérusalem, sans même chercher à se dissimuler. Tout en admirant sa piété, Darius, la mort dans l’âme, fut contraint de faire appliquer ses propres décrets, quand on lui dénonça son ministre, et il le fit jeter dans la fosse aux lions. Mais, là encore, Dieu envoya son ange qui arrêta l’élan des fauves. Quand, au petit matin, le roi, angoissé et tourmenté par le remords, fit soulever la dalle de pierre qui fermait la fosse, il eut la surprise de voir Daniel assis au milieu des bêtes féroces qui gambadaient joyeusement autour de lui en remuant la queue et venaient se faire caresser la crinière, comme si elles voulaient se soumettre à un nouvel Adam. Darius fit sortir le prophète, le rétablit dans sa charge et fit dévorer à sa place ses calomniateurs par les lions.
Pendant son séjour à Babylone, Daniel ne craignit pas de dénoncer au roi la tromperie des idoles et de confondre habilement l’imposture des prêtres de Bel, qui se rendaient de nuit par un souterrain auprès de la statue pour manger les offrandes qu’on y avait déposées et faire ainsi croire que l’idole était vivante. Il mit également à mort un dragon, que les habitants de Babylone vénéraient comme un dieu, sans se servir d’aucune arme, pour manifester combien ridicule était leur culte d’un animal sans raison. Mais les Chaldéens, pris de rage, exigèrent du roi qu’il châtiât son protégé. Jeté pour la seconde fois dans la fosse aux lions, Daniel en fut préservé et reçut la visite du Prophète Habacuc [2 déc.], transporté miraculeusement de Judée, en un clin d’œil, par un ange, pour lui offrir un repas et manifester avec éclat la faveur que Dieu témoignait à son fidèle serviteur.

Interprète des songes et des visions, Daniel reçut aussi de Dieu des révélations sur les derniers temps. La première année du règne de Balthazar, il vit apparaître quatre énormes bêtes, figurant les grands royaumes païens qui dévorèrent l’humanité. La première, semblable à un lion avec des ailes d’aigle, représentait l’empire de Babylone ; la seconde, semblable à un ours, celui des Mèdes ; derrière elle venait un léopard, symbole de l’empire perse qui fut bientôt supplanté par la quatrième bête, munie de dix cornes : les royaumes grecs d’Alexandre le Grand (336-323 av. J.-C.) et de ses successeurs . Confirmé plus tard par l’Apocalypse de saint Jean, le livre du Prophète Daniel donnait ainsi de manière voilée une prédiction sur la fin des temps. En effet, quand l’iniquité aura atteint son comble sur la terre et que, des dix royaumes symboliques issus de la civilisation gréco-romaine, révolutions, guerres et dissensions auront fait régner la confusion sur l’humanité, alors s’élèvera l’Antéchrist, l’homme qui récapitulera en lui toute la malice de Satan et qui, par ses paroles de mensonge et ses faux prodiges, se fera adorer comme Dieu. Transporté en vision à cette époque de la consommation de toute chose, Daniel vit s’avancer le trône de Dieu, semblable à une flamme de feu, et Dieu le Père, sous l’aspect de l’Ancien des Jours, vêtu de blanc et étincelant de lumière, y était assis pour examiner le livre de la conscience de chacun et passer le monde en Jugement. Après avoir mené l’ultime combat contre l’Antéchrist et l’avoir précipité dans le feu qui ne s’éteint pas, le Fils de l’homme, figure de notre Seigneur Jésus-Christ, fut conduit devant le trône du Père, porté par des anges, pour recevoir de Dieu principauté, puissance, gloire et royauté éternelle sur tous les peuples, tribus et langues, dans les cieux, sur la terre et sous la terre. Ainsi sera manifesté à l’univers entier qu’Il est le Seigneur, le Fils de Dieu, le Premier-né de Dieu avant toute créature, et qu’Il a restauré notre nature humaine corrompue, en devenant le premier-né d’entre les morts et en révélant en son Corps les prémices de notre résurrection et de notre gloire éternelle (Dn 7).

Au cours de visions ultérieures, Dieu précisa à Daniel d’autres détails sur les temps à venir, en particulier à propos du règne tyrannique d’Antiochus Épiphane (175-164), lui-même figure prophétique de l’Antéchrist, qui fera cesser les sacrifices et le culte du Seigneur et placera l’abomination de la désolation dans le temple même de Dieu (Dn 9, 27). Instruit par l’Archange Gabriel, Daniel prédit que le peuple devait regagner Jérusalem après sept semaines d’années, c’est-à-dire après quarante-neuf ans . Il annonça aussi qu’Esdras, Josué et Zorobabel ramèneraient le peuple de l’exil et restaureraient le culte de Dieu à Jérusalem (Esd 3, 8), en signe de la restauration définitive de toute l’humanité par le vrai Messie, le Christ, soixante-deux semaines d’années plus tard, soit quatre cent trente-quatre ans.

La troisième année de Cyrus, Daniel, l’homme des prédilections divines , qui jeûnait depuis trois semaines, fut jugé digne de la vision du Verbe lui-même sous l’apparence d’un homme vêtu de lin, les reins ceints d’or pur, son corps avait l’apparence de la chrysolite, son visage, l’aspect de l’éclair, ses yeux étaient comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes comme l’éclat du bronze poli le son de ses paroles comme la rumeur d’une multitude (Dn 10, 6). Frappé de stupeur, le Prophète tomba la face contre terre, et il aurait rendu l’âme si l’Ange du Seigneur ne l’avait alors réconforté et fortifié, avant de lui préciser ce qui devait arriver dans la suite des temps : les guerres entre les successeurs d’Alexandre et la persécution d’Antiochus Épiphane, figures de l’ultime épreuve des justes inscrits au Livre de la vie lors de l’apparition de l’Antéchrist. Plus clairement qu’à tous les autres prophètes, Dieu révéla à Daniel qu’en ce dernier Jour, ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre et la honte éternelles (Dn 12, 2), et que les justes brilleront dans leur corps comme le soleil paraît dans sa gloire. Comme le Prophète voulait savoir à quelle date tout cela devait arriver, le Seigneur lui répondit : « Va, Daniel, car clos et scellés sont ces discours jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce qu’un grand nombre soit choisi, blanchi et purifié par le feu (…) Et toi, va, prends ton repos et tu ressusciteras pour obtenir ton héritage à la fin des jours » (Dn 13, 9-13). Effectivement, le saint Prophète mourut en paix, âgé de quatre-vingts ans, deux ans après le retour de son peuple dans la terre de ses Pères (vers 534-530). Les trois Jeunes Gens s’endormirent aussi paisiblement et, selon la tradition, ils furent avec Daniel au nombre des justes qui ressuscitèrent lors de la crucifixion du Christ (cf. Mt 27, 52-53) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des trois Jeunes Gens, ton 2
Combien sont sublimes les entreprises de la foi! * Les trois Jeunes Gens exultaient dans la fournaise comme dans les eaux du repos; * et le prophète Daniel dans la fosse avec les lions * semblait le pâtre du troupeau. * Par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des trois Jeunes Gens, ton 6
Jeunes Gens trois fois heureux, vous n’avez pas vénéré * l’image faite de main d’homme, * mais fortifiés par l’ineffable présence de Dieu, * vous l’avez glorifié dans la fournaise de feu; * vous tenant irrésistible au milieu de la flamme, * vous avez invoqué le vrai Dieu: * Hâte-toi de venir à notre aide, Seigneur, * en ta miséricorde et ton amour, car tout ce que tu veux, tu le fais.

Kondakion du saint prophète Daniel, ton 3
Purifié par l’Esprit, ton cœur pur est devenu le réceptacle d’une très lumineuse prophétie ; tu vois comme présent ce qui est éloigné, jeté dans la fosse tu a apaisé les lions ; aussi nous te vénérons bienheureux prophète, glorieux Daniel.

Évangile du jour
(Lc XI,47-XII,1)

Le Seigneur dit : Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple; oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie.

15 décembre (ancien calendrier)/28 décembre (nouveau)

15 décembre (ancien calendrier)/28 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, sa mère sainte Anthie et saint Corèbe, éparque, martyrs (IIème s.) ; saint martyr Eleuthère le Cubiculaire (IVème s.) ; saint Parde, ermite (VIème s.) ; saint Paul, moine au Mont Latros (955) ; saint Etienne, archevêque de Souroge en Crimée, confesseur (787) ; saint Mesmin, moine près d’Orléans (VIème s.) ; saint Tryphon de Petchenga apôtre de la Laponie (1583) ; saints néo-martyrs de Russie : Hilarion, archevêque de Vereïsk (1929) ; Alexandre (Rojdestvensky), Basile (Vinogradov), Victorin (Dobronravov), prêtres (1937).

Saint Éleuthere

Saint Eleuthère, évêque d’Illyrie, (IIème s.)

Le glorieux martyr du Christ Éleuthère, éponyme de la liberté, vit le jour à Rome au cours du second siècle . Laissé très tôt orphelin de père, il fut élevé dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes vertus par sa pieuse mère, Anthie (Évanthie), qui avait reçu la sainte foi des disciples de l’Apôtre saint Paul. Confié à l’évêque de Rome, Anicet (155-166), pour son éducation, le jeune garçon manifesta de telles qualités qu’il franchit rapidement tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique. Ordonné diacre à quinze ans et prêtre à dix-sept ans, il fut consacré par le pape évêque d’Illyrie à l’âge de vingt ans . Malgré sa jeunesse, il n’en avait pas moins atteint, par sa foi et son zèle ardent, l’état d’un homme mûr dans la connaissance de Dieu, à la mesure de la taille du Christ possédée dans sa plénitude (Éph 4, 13), et il parvenait à convertir un grand nombre de païens au moyen de sa parole, confirmée par de nombreux miracles.

Sa renommée grandissante et la nouvelle de ses succès parvinrent jusqu’aux oreilles de l’empereur qui, inquiet de la force croissante de l’Église, envoya un de ses généraux, Félix, à Avlona en Épire, pour arrêter le saint évêque. Voyant l’aspect rayonnant de ce jeune pasteur au milieu de ses brebis et charmé par la douceur de son enseignement, le rude soldat abandonna à son tour les vanités de ce monde, crut au Christ et aux promesses de la vie éternelle, se fit baptiser et se présenta, en compagnie du saint, devant le tyran, impatient de trouver la perfection en versant son sang. Interrogé par le souverain, le vaillant Éleuthère resta aussi insensible à ses flatteries qu’à ses menaces et, confessant le Christ vrai Dieu, il lui assura que les tortures ne sont que jeux d’enfants pour ceux qui ont revêtu la Croix, et que la mort pour le Christ est pour eux délices, réjouissance et promesse d’une gloire éternelle. D’abord jeté sur un lit de bronze incandescent, puis étendu sur un gril et recouvert d’huile bouillante et de diverses autres matières brûlantes, il demeura indemne, comme rafraîchi par la grâce. Et, sans rien perdre de sa liberté de parole, il blâma le tyran qui persécutait les paisibles brebis du Christ comme un loup d’Arabie (Hab 1, 8). Sur le conseil du préfet de la ville, Coremmon (ou Corembon), homme cruel et à l’imagination fertile en matière de torture, on confectionna un four muni de broches pointues aux deux extrémités pour y précipiter le vaillant athlète de la foi. Mais, comme Éleuthère élevait alors une ardente prière pour la conversion de ses ennemis, le féroce Coremmon, soudain illuminé par le Saint-Esprit, prit la défense du saint, confessa le Sauveur et pénétra avec hardiesse dans le fourneau qu’il avait fait chauffer pour l’évêque. Préservé lui aussi par la grâce, il fut ensuite décapité.

Saint Éleuthère, décidément inaccessible au feu des supplices, fut enfermé dans un sombre cachot, où une colombe venait régulièrement lui apporter de la nourriture. Attaché ensuite derrière des chevaux sauvages lancés au galop, il fut délivré par l’intervention d’un ange et alla se réfugier sur les hauteurs d’une montagne voisine. Il y vécut seul, paisiblement, pendant quelque temps, en compagnie des bêtes sauvages qui, au moment où il chantait l’office divin, s’arrêtaient, pleines de respect, et adressaient avec lui par leur silence un cantique de louange au Dieu de l’univers. Découvert par des chasseurs, il fut de nouveau arrêté et, en chemin vers Rome, il convertit ses gardiens ainsi qu’un grand nombre d’autres païens, qu’il régénéra par le saint baptême avant de comparaître devant le tyran. Il fut jeté aux lions dans l’amphithéâtre à l’occasion d’une fête, mais les fauves les plus redoutables vinrent jouer à ses pieds comme d’inoffensifs chatons. Finalement, saint Éleuthère trouva la délivrance de cette vie passagère et fut couronné en ayant la tête tranchée. Le glaive venait à peine de s’abattre que sa mère, Anthie, se précipita vers le corps immolé de son fils et l’étreignit avec amour, en le glorifiant d’avoir si vaillamment combattu pour le Seigneur. Les bourreaux se ruèrent alors sur elle, et mêlèrent son sang à celui de saint Éleuthère. Selon la tradition populaire, saint Éleuthère est invoqué par les femmes enceintes pour obtenir une heureuse délivrance .
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Éleuthère, martyr et pontife inspiré, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion des saints martyrs, ton 4
Nous te célébrons, vénérable Père, tous en chœur, * splendeur des Evêques et modèle des victorieux Athlètes; * pontife et martyr Éleuthère, nous t’en prions, * délivre des multiples dangers * ceux qui célèbrent ta mémoire de tout cœur * et sans cesse intercède en faveur de nous tous.

Évangile du jour
(Mc VIII, 11-21)

Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta dans la barque, pour passer sur l’autre bord. Les disciples avaient oublié de prendre des pains; ils n’en avaient qu’un seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit cette recommandation: Gardez-vous avec soin du levain des pharisiens et du levain d’Hérode. Les disciples raisonnaient entre eux, et disaient: C’est parce que nous n’avons pas de pains. Jésus, l’ayant connu, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n’avez pas de pains? Etes-vous encore sans intelligence, et ne comprenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n’entendez-vous pas? Et n’avez-vous point de mémoire? Quand j’ai rompu les cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de paniers pleins de morceaux avez-vous emportés? Douze, lui répondirent-ils. Et quand j’ai rompu les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées? Sept, répondirent-ils. Et il leur dit: Ne comprenez-vous pas encore?

14 décembre (ancien calendrier)/27 décembre (nouveau)

14 décembre (ancien calendrier)/27 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité

Saints Thyrse, Leucius et Callinique, martyrs à Césarée de Bithynie (251) ; saints Philémon, Apollonius, Arien et Théoctiste, martyrs en Égypte (287) ; saint Nicaise, évêque de Reims, sa soeur, sainte Eutropie, et deux compagnons, martyrs à Reims (407) ; saint Lupicin, évêque de Vienne (IVème s.) ; saint Venance Fortunat, évêque de Poitiers, hymnographe (610) ; saint hiéromartyr Nicolas (Kovalev), prêtre (1937).

LES ANCÊTRES DU SEIGNEUR

Les Ancêtres du Seigneur

La préparation la plus importante pour la Nativité du Christ est constituée par les offices des deux derniers dimanches précédant cette fête, qui sont consacrés à la mémoire des ancêtres du Sauveur selon la chair et, en général, à tous les justes de l’Ancien Testament qui attendaient la venue de Celui-ci. L’un de ces dimanches est appelé celui des « ancêtres » et l’autre, celui des « pères ». En fait, le premier a reçu son appellation (en grec « Πропатόрων ») parce qu’il précède le second (« Παтέрων »), mais tous deux célèbrent, sans différence, tous les justes de l’Ancien Testament. Certains des « ancêtres » font l’objet de louanges particulières, par exemple : « Honorons Adam le premier, couronné d’honneur par la main du Créateur » ; « Le Dieu et Seigneur de l’univers agréa les dons offerts par Abel avec une âme pleine de noblesse » ; « Enoch, ayant été agréable au Seigneur fut enlevé en gloire, étant plus fort que la mort ». Le sens de la fête est exprimé de la façon la plus concise dans son tropaire, qui mentionne trois traits distinctifs chez les ancêtres du Seigneur, qui se trouvent en dépendance les uns des autres : 1) leur foi, 2) le fait que par eux le Christ s’est « fiancé » à l’Eglise des païens ; Il a, en quelque sorte, rassemblé des païens pour les appeler à Son Eglise (nombre des ancêtres du Seigneur n’appartenaient pas au peuple élu), et 3), le fait que de leur semence provenait la Très Sainte Vierge Marie qui, cependant, enfanta elle-même le Christ sans semence. Les mélodies du dimanche des saints ancêtres sont plus tristes que joyeuses (par exemple le 2ème ton utilisé pour le tropaire). Ceci reflète la langueur avec laquelle on attendait la venue du Christ.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire des saints Ancêtres, ton 2
Par la foi tu as justifié les Ancêtres, en épousant d’avance par eux l’Eglise de la gentilité. Ces saints sont fiers, dans la gloire, car de leur lignée devait naître un fruit glorieux, celle qui t’a engendré virginalement. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints Ancêtres, ton 6
Jeunes gens trois fois heureux, vous n’avez point vénéré l’image faite de main d’homme, mais fortifiés par l’Essence indescriptible, dans la fournaise de feu vous fûtes glorifiés, vous trois fois bienheureux. Dans la flamme de feu irrésistible vous tenant, vous avez invoqué Dieu. Hâte-Toi, ô Miséricordieux, viens vite, plein de pitié, à notre aide, car Tu le peux selon Ta volonté.

Évangile du jour
(Lc XIV, 16-24)

Le Seigneur dit: Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. À l’heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés: Venez, car tout est déjà prêt. Mais tous unanimement se mirent à s’excuser. Le premier lui dit: J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis aller. Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le serviteur dit: Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.

13 décembre (ancien calendrier)/26 décembre (nouveau)

Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304)

Carême de la Nativité

Saints Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, martyrs en Arménie (302) ; sainte Lucie, martyre à Syracuse (304) ; saint Aubert (ou Albert), évêque de Cambrai et d’Arras (vers 668) ; saint Josse, prêtre à Saint-Omer (669) ; sainte Odile, abbesse en Alsace (vers 720) ; saint Arcadius de Novy Torg (XIème s.) ; saint Mardaire, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint hiéromartyr Gabriel, patriarche de Serbie (1659) ; saint Dosithée, métropolite de Moldavie (1693) ; saint Germain d’Alaska (1836) et des premiers martyrs de l’Église Orthodoxe en Amérique, saint Juvénal (1796) et saint Pierre l’Aléoute (1815).

Saints martyrs Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste

À l’époque de l’implacable persécution lancée par l’empereur Dioclétien (vers 305), la terreur régnait et le sang coulait à flots, jusque dans les régions les plus extrêmes de l’Empire. Où qu’ils se trouvassent, les chrétiens de toutes conditions devaient alors choisir entre l’apostasie ou le martyre. Dans la ville de Satala, en Arménie, vivait alors un brillant aristocrate, Eustrate, conseiller de rang ducal et chef des notaires impériaux de la cité, qui jusque-là avait pu garder secrète son appartenance à l’Église. Devant les glorieux combats des confesseurs de la foi, il fut saisi lui aussi du désir d’obtenir la couronne inflétrissable des martyrs ; mais il craignait encore la perspective des supplices : peut-être n’aurait-il pas le courage de les endurer et reculerait-il ? Pour savoir si la volonté de Dieu était bien qu’il s’avançât au combat, il confia sa ceinture, signe de sa dignité, à l’un de ses serviteurs, en lui recommandant d’aller la poser sur l’autel de l’église et de lui dire si la première personne qui allait entrer dans la sanctuaire pour la prendre serait bien le vénérable prêtre Auxence. Comme il en fut ainsi, encouragé par ce signe et ne craignant plus ceux qui ne peuvent tuer que le corps (Mt 10, 28), il invita ses amis et ses proches à venir partager sa joie dans un grand banquet, au cours duquel il leur annonça qu’il allait bientôt recevoir un trésor inaltérable.

Le lendemain, comme le duc Lysias faisait comparaître les prisonniers chrétiens à son tribunal, au centre de la ville, Eustrate s’avança soudain, se déclara chrétien et demanda à être associé à leur sort D’abord stupéfait, le magistrat le fit dépouiller des signes de sa charge et le fit fustiger à nu, avant de le soumettre à l’interrogatoire. Puis, suspendu en l’air par des cordes au-dessus d’un brasier, il fut à nouveau sauvagement frappé. Tout en restant aussi indifférent à la douleur que si c’était le corps d’un autre qui était supplicié, il s’adressa à Lysias, en le remerciant de lui procurer une telle joie et dit : « Maintenant je sais que je suis le temple de Dieu et que le Saint-Esprit habite en moi ! » Et malgré le sel et le vinaigre répandus sur ses plaies, il se trouva miraculeusement guéri le soir même. Devant la constance du martyr et l’assistance qui lui était accordée par la grâce divine, un de ses concitoyens et subordonnés, l’officier Eugène, s’élança à son tour vers le juge, et demanda à combattre avec Eustrate et les autres confesseurs.

Au petit matin, on fit sortir les prisonniers de leur cachot pour les emmener à pied vers Nicopolis et, avec une cruelle ironie, Lysias tint à honorer le rang d’Eustrate en le chaussant de sandales couvertes de gros clous pointus. Après deux jours de marche épuisante, comme le cortège passait dans la ville natale de saint Eustrate, Arauraka, un certain Mardaire le reconnut en se penchant à la fenêtre. Admiratif devant son renoncement à toute gloire et plaisir de ce monde, et encouragé au combat par sa propre épouse, il se décida à se livrer lui aussi aux soldats et rejoignit avec empressement les glorieux disciples du Christ, après avoir dit adieu à ses deux enfants et avoir confié le soin de sa famille à un généreux ami.

Le prêtre Auxence comparut le premier devant Lysias. À la suite d’une audience expéditive, on l’emmena dans une forêt profonde et retirée, où il eut la tête tranchée, et son corps fut abandonné en pâture aux bêtes sauvages. Mais, grâce à Dieu, de pieux chrétiens vinrent un peu plus tard récupérer ses précieux restes et découvrirent sa tête dissimulée dans un fourré, grâce à l’intervention d’une corneille.

Après Auxence, le juge convoqua Mardaire ; mais, à toutes ses questions, il ne put obtenir que la réponse laconique : « Je suis chrétien ! » Il lui fit alors percer les chevilles et le fit pendre la tête en bas, en donnant l’ordre à ses hommes de le frapper jusqu’à la mort au moyen de broches en métal brûlant. Un peu avant de rendre l’âme, Mardaire prononça cette prière que l’Église Orthodoxe répète quotidiennement :
« Maître Dieu, Père Tout-Puissant, Seigneur Jésus-Christ, Fils unique et Saint-Esprit, Une seule Divinité, Une seule Puissance, aie pitié de moi pécheur ; et par les jugements que tu connais, sauve-moi, ton indigne serviteur, car tu es béni pour les siècles des siècles Amen ».

Amené à son tour devant le tyran qui était plein de haine furieuse, à cause de son assurance et de son ton résolu, Eugène eut la langue et les mains coupées, puis, le reste de ses membres ayant été brisé à coups de bâton, il remit son âme à Dieu au milieu des tourments. Ces exécutions achevées, Lysias se rendit auprès de ses troupes pour assister à leurs exercices d’entraînement. Oreste, une jeune recrue, solide et de belle allure, qu’il avait remarqué pour sa prestance, laissa apparaître, en lançant le javelot, la petite croix en or, qu’il portait à son cou. Interrogé par le duc, le jeune homme confessa sans hésiter qu’il était lui aussi disciple du Christ. Il fut arrêté sur-le-champ et envoyé avec Eustrate auprès du gouverneur de Sébaste, Agricolaos, car Lysias craignait la réaction possible des trop nombreux chrétiens de Nicopolis.
Parvenus à Sébaste après cinq jours de marche, Eustrate fut présenté devant le gouverneur qui désirait entamer avec lui la discussion. Grâce à sa vaste érudition, le noble serviteur de Dieu n’eut pas de mal à lui démontrer l’ineptie des cultes païens et la vanité de la philosophie hellénique. Puis, dans un langage concis et plein d’autorité, il lui retraça comment Dieu s’est penché avec bienveillance sur les hommes depuis l’origine des temps, afin de les combler de sa grâce en la Personne de Jésus-Christ. Réfractaire à tous ces arguments, Agricolaos lui rappela qu’il devait soumission absolue aux ordres de l’empereur et que, refusant d’adorer les dieux de l’État, il méritait la mort. Il ne fit pourtant pas mettre immédiatement la sentence à exécution ; mais, pour rendre sa fin plus pénible, il fit alors amener Oreste et ordonna de l’étendre sur un lit de fer incandescent. D’abord hésitant devant l’horreur du supplice, mais bientôt encouragé au combat par Eustrate, le jeune homme s’élança avec fougue, en s’écriant : « Seigneur, je remets mon âme entre tes mains ! »

De retour dans son cachot pour sa dernière nuit en ce monde, Eustrate reçut la visite clandestine de l’évêque de Sébaste, saint Blaise [11 fév.], qui lui promit d’exécuter ses dernières volontés et de rassembler les reliques des cinq compagnons à Arauraka. Après une nuit passée en prière et en de célestes entretiens, l’évêque célébra la Divine Liturgie. Au moment de la communion, une lumière aveuglante envahit soudain la cellule, et une voix venue du ciel s’adressa à Eustrate, en disant : « Tu as bien combattu, viens maintenant recevoir la couronne ! » Prosterné à terre, le saint adressa à son tour à Dieu une ardente prière pour recevoir le courage nécessaire dans la dernière épreuve. Puis il se releva, marcha résolument vers la fournaise déjà brûlante, la bénit de la main et y pénétra, en élevant vers le Seigneur un cantique d’action de grâces, comme les trois enfants à Babylone (cf. Dn 3).

Pendant de nombreux siècles, et jusqu’à nos jours, les Cinq glorieux Martyrs n’ont pas cessé d’accomplir des miracles pour la consolation des chrétiens, par l’intermédiaire de leurs reliques, de leurs icônes, ou même par leur présence corporelle. On rapporte, par exemple, que dans l’île de Chio, lors d’un hiver très rigoureux, personne d’autre qu’un pieux prêtre n’avait pu se rendre pour leur fête dans la petite église isolée dédiée aux Cinq Martyrs. Décidé néanmoins à célébrer seul l’office, ce prêtre vit brusquement apparaître cinq personnages en tout identiques à l’icône des saints. Ils prirent place dans les chœurs, et chantèrent d’une voix claire tous les hymnes de la fête. Parvenus au moment de la lecture des Actes de leur martyre, le jeune Oreste installa le livre sur un lutrin au centre de l’église et se mit à lire. Mais quand il arriva à la description de ses propres hésitations devant la fournaise ardente, il modifia légèrement le texte et dit : « …et il sourit » (emidiase), au lieu de « …et il eut peur » (ediliase). Eustrate l’interrompit alors sur un ton sévère, en disant : « Lis donc exactement comme cela est arrivé ! » Rouge de confusion, Oreste reprit et lut : « …et il eut peur ». Une fois la vigile achevée, les saints refermèrent les livres, éteignirent les cierges et disparurent aussi mystérieusement qu’ils étaient venus.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Auxence, Eustrate, Eugène, Mardaire et Oreste, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité, * pour le combat qu’ils ont mené ;* animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de la sainte vierge et martyre Lucie, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * en ton baptême je suis ensevelie; * pour toi je souffre, afin de régner avec toi; * pour toi je meurs, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion du saint martyr Eustrate , ton 2
Saint Martyr, tu apparus comme un flambeau resplendissant * pour ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’erreur; * avec la foi comme une lance dans ta main, * tu n’as pas craint l’audace des ennemis, * Eustrate, plus éloquent que les habiles rhéteurs.

Évangile du jour
(Lc XIII, 18-29)

Le Seigneur dit encore: A quoi le royaume de Dieu est-il semblable, et à quoi le comparerai-je? Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin; il pousse, devient un arbre, et les oiseaux du ciel habitent dans ses branches. Il dit encore: A quoi comparerai-je le royaume de Dieu? Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. Quelqu’un lui dit: Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. C’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il en viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.

8 décembre (ancien calendrier)/21 décembre (nouveau)

8 décembre (ancien calendrier)/21 décembre (nouveau)

Carême de la Nativité
Avant-fête de la conception de la Très-Sainte Mère de Dieu par sainte Anne (usage grec). Saint Patapios de Thèbes, ascète (VIIIème s.) ; saints Sosthène, Apollos, Céphas, Tychique, Epaphrodite, César et Onésiphore, apôtres ; sainte Amphise, martyre à Rome (Vème s.) ; saint Sophrone, archevêque de Chypre (VIème s.) ; Saint Budoc, évêque de Dol en Bretagne (VIème s.) ; saint Valens évêque d’Avignon et sainte Cazarie (VIème s.) ; saint Romaric, abbé-fondateur de Remiremont (653) ; saint Cyrille de Tchelmogory (1378) ; saint hiéromartyr Serge (Orlov), prêtre (1937).

SAINT PATAPIOS

Saint Patapios de Thèbes, ascète (VIIIème s.)

Né à Thèbes en Égypte, au sein d’une famille pieuse, saint Patapios, le cœur embrasé par le désir de la perfection, décida de quitter parents, richesses et tout lien qui le retenait à ce monde pour demeurer au désert et y converser sans cesse avec Dieu. Après de longues années de solitude, son désir d’échapper à la gloire des hommes ne put empêcher sa renommée de s’étendre comme l’éclat d’une lampe brillante. Devant l’affluence des visiteurs qui venaient le détourner de sa contemplation, il décida de partir et alla s’installer à Constantinople, près de l’église des Blachernes où, étranger et perdu dans la masse de la population bigarrée de la capitale, il put continuer et accroître ses travaux spirituels à l’abri des vaines louanges. Joignant avec science la contemplation à la pratique des vertus, il devint comme un ange revêtu d’un corps. À l’égal des puissances célestes, il ne cessait pas, de jour comme de nuit, de louer le Seigneur et, en retour, Dieu lui accorda la grâce d’accomplir des miracles. Par l’invocation du Nom du Christ, il rendit la vue à un aveugle de naissance qui s’était jeté à ses pieds avec foi. Une autre fois, il guérit un homme dont le corps était horriblement gonflé par un œdème, en le marquant du signe vivifiant de la Croix et en l’oignant avec l’huile d’une veilleuse de l’église. Il chassa aussi les démons qui s’étaient emparés d’un pauvre jeune homme, avec la même autorité que notre Seigneur. C’était, en effet, dans la mesure où il observait les commandements de notre Seigneur Jésus-Christ et croissait aussi bien en vertu que dans la contemplation, que le saint recevait de Dieu la capacité d’accomplir les mêmes miracles que nous voyons rapportés dans le saint Évangile, attirant ainsi, malgré lui, les foules.

Après avoir ainsi édifié l’Église par sa présence et affermi de nombreuses âmes dans la foi par ses miracles, ce glorieux serviteur de Dieu s’endormit en paix, entouré des moines et des ascètes des environs, qui pleuraient la perte d’un si grand trésor, mais se réjouissaient aussi de son entrée dans la gloire éternelle. Son corps fut enseveli dans l’église du Monastère des Égyptiens, situé à proximité de son ermitage.

Bien longtemps après, en 1904, la précieuse relique de saint Patapios fut découverte tout entière, à l’occasion de travaux effectués dans l’église d’un petit monastère situé sur les hauteurs de Loutraki (mont Gérania), près de Corinthe. Ce monastère a été depuis dédié au saint, et de nombreux miracles ne cessent de s’y accomplir.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Patapios, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * bienheureux Père, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion de saint Patapios, ton 3
En toi, Père saint et temple de l’Esprit, * les peuples ont trouvé la maison du médecin: * ils s’empressent d’accourir vers toi * pour te demander la guérison des maladies * et la rémission des péchés commis en cette vie, * vénérable Père, protecteur de ceux qu’afflige le malheur.

Évangile du jour
(Lc XX,27-44)
Quelques-uns des sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, s’approchèrent, et posèrent à Jésus cette question: Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu’un meurt, ayant une femme sans avoir d’enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans enfants. Le second et le troisième épousèrent la veuve; il en fut de même des sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Enfin, la femme mourut aussi. À la résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle donc la femme? Car les sept l’ont eue pour femme. Jésus leur répondit: Les enfants de ce siècle prennent des femmes et des maris; mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges, et qu’ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection. Que les morts ressuscitent, c’est ce que Moïse a fait connaître quand, à propos du buisson, il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob.
Or, Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous sont vivants. Quelques-uns des scribes, prenant la parole, dirent: Maître, tu as bien parlé. Et ils n’osaient plus lui faire aucune question. Jésus leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David? David lui-même dit dans le livre des Psaumes: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David donc l’appelle Seigneur; comment est-il son fils?

30 novembre (ancien calendrier)/13 décembre (nouveau)

30 novembre (ancien calendrier)/13 décembre (nouveau)
Carême de la Nativité – dispense de poisson

Saint André, le premier appelé parmi les apôtres, martyr (62) ; saint Frumence, évêque d’Ethiopie (vers 380) ; saint Tugduald (ou Tudwal), évêque de Tréguier (VIème s.) ; saint Vakhtang Gorgassali, roi de Géorgie (502) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Tchestnov), prêtre (1937).

SAINT APÔTRE ANDRÉ LE PREMIER-APPELÉ

Saint André, le premier appelé parmi les apôtres, martyr (62)

André, le glorieux apôtre du Christ, était le frère du saint Apôtre Pierre et était originaire de la ville de Bethsaïde (auj. al-Tell), située sur la rive nord-est du lac de Tibériade. À la différence de son frère qui était marié, il avait préféré garder la virginité et habitait dans la maison de Pierre à Capharnaüm. Les deux frères exerçaient ensemble la profession de pêcheurs et observaient tous les préceptes de la Loi avec piété. Quand S. Jean le Précurseur parcourut la Judée et les régions du Jourdain pour répandre son message de pénitence, André accourut vers lui, abandonna tout ce qui le retenait au monde et devint son disciple. Un jour, après avoir baptisé Jésus, Jean s’entretenait avec André et un autre disciple et, leur montrant Jésus qui passait non loin de là, il leur dit : « Voici l’Agneau de Dieu ! » (Jn I, 35). À cette parole du Précurseur, ils suivirent Jésus pour le connaître davantage. Le Christ se retourna alors vers eux et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent avec respect : « Maître, où demeures-tu ? » — « Venez et voyez », dit Jésus. Ils se rendirent donc avec lui dans la demeure où il séjournait comme un étranger et l’interrogèrent tout le reste du jour. Ils ne concevaient pas encore que celui-ci fût le Sauveur et le Fils de Dieu, ni même ne voulaient devenir ses disciples, mais ils ressentaient pour lui une indicible attirance. De cet entretien, André retira la conviction que ce Jésus était le Messie attendu depuis tant de siècles par son peuple, le Sauveur du monde. Ne retenant pas sa joie, il se précipita chez son frère Simon et lui cria : « Nous avons trouvé le Messie ! » (Jn 1, 41), puis il le conduisit auprès de Jésus. André fut le premier à reconnaître le Christ et à l’annoncer à celui qui devait devenir le Coryphée du chœur des apôtres, c’est pourquoi il reçut le surnom de « Premier-appelé » . Par la suite, André suivit le Seigneur partout où il allait, afin de s’abreuver au fleuve d’eaux vives de ses paroles. Il était présent lors de la multiplication des pains (Jn 6) et vint intercéder auprès du Seigneur, pour qu’il nourrisse aussi d’aliment terrestre ces cinq mille hommes. André était lié d’amitié avec saint Philippe, qui était originaire comme lui de Béthsaïde. Lorsque certains Hellènes demandèrent à Philippe à voir Jésus, Philippe alla le rapporter à André, qui jouissait d’une plus grande familiarité auprès du Maître (Jn 12, 20). Après les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean, témoins des révélations les plus sublimes sur la divinité du Seigneur Jésus, venait donc saint André, pour exercer non pas une autorité, mais une certaine priorité sur les autres disciples. Le Premier-appelé fut témoin des événements qui accompagnèrent la Passion salvatrice du Christ et assista avec les autres Apôtres à ses apparitions après sa Résurrection. Lors de la Pentecôte, il reçut la plénitude de la grâce du Saint-Esprit et se vit attribuer par le sort l’évangélisation des côtes de la mer Noire, de la Bithynie, de la Thrace et de la Grèce (Macédoine, Thessalie et Achaïe). Il se rendit d’abord à Amisos (auj. Samsum) sur le littoral de la mer Noire et y convertit un grand nombre de juifs, puis guérit par la puissance de Dieu ceux qui souffraient de diverses maladies. Après avoir poursuivi sa mission à Trébizonde et Lazique, il retourna pour Pâques à Jérusalem. De là, il partit avec S. Jean le Théologien pour Éphèse et évangélisa quelque temps les régions occidentales de l’Asie Mineure. En remontant vers la Propontide et prêchant dans les villes de Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, Héraclée du Pont et Amastris, il dut affronter les idolâtres et les sophistes aux raisonnements trompeurs, mais il confondit les uns et les autres par sa sagesse et par ses miracles. Parvenu à Sinope, il délivra par sa prière l’Apôtre Matthias de ses chaînes, mais il fut capturé à son tour par les païens en furie et souffrit de nombreux tourments : jeté à terre, frappé de toutes parts, il eut même un doigt arraché à coup de dents. Dans toutes ses épreuves, saint André ne cherchait ni à fuir ni à se défendre, mais endurait tout avec patience en imitant son Maître, l’Agneau de Dieu, venu sur terre pour souffrir et ôter les péchés du monde. Au spectacle de sa constance, de sa longanimité pour ses bourreaux et devant les nombreux miracles qu’il accomplissait, les habitants de Sinope se repentirent, lui demandèrent pardon et reçurent le saint baptême.André poursuivit sa prédication dans les villes de Néocésarée et de Samosate, puis se rendit une nouvelle fois à Jérusalem pour le concile qui réunit les apôtres au sujet de la réception des païens dans l’Église (Act 15, 6). Après la fête de Pâques, il accompagna quelque temps Matthias et Thaddée jusqu’aux confins de la Mésopotamie, puis partit évangéliser les régions barbares à l’orient de la mer Noire, au sud de la Russie actuelle. Puis il redescendit vers la Thrace et illumina les cœurs des habitants de la petite ville de Byzance par sa prédication. Il y fonda une église dédiée à la Mère de Dieu et y laissa Stachys [31 oct.], un des soixante-dix Disciples, comme évêque. Par la suite, il poursuivit son infatigable périple en Thrace, Macédoine et Thessalie, et parvint enfin à la ville de Patras, dans le Péloponnèse. Le saint Apôtre y convertit la propre épouse du proconsul romain, Maximilla, en la guérissant d’une maladie incurable. Il répandit ses bienfaits sur les autres habitants et constitua rapidement une large communauté de disciples du Christ. Pendant l’absence du proconsul Égéatus, il convertit aussi son frère et remplaçant, Stratoclès. À son retour, Égéatus entra dans une grande colère en constatant que le christianisme avait progressé jusque dans sa propre maison, et il fit arrêter l’Apôtre. Quelques jours après, la sentence fut prononcée sans jugement, et saint André fut attaché par des cordes à une croix et non cloué, de manière à prolonger son supplice. Après avoir retenu ses amis, qui voulaient le délivrer, André bénit une dernière fois ses fidèles et remit son âme à Dieu au bout de trois jours. Le proconsul trouva bientôt une mort brutale en châtiment de son iniquité, et le nouvel évêque, Stratoclès, après avoir distribué sa fortune aux pauvres, édifia son évêché sur les lieux mêmes du martyre de l’Apôtre. De nombreuses années après, le 3 mars 357, les précieuses reliques du saint furent transférées de Patras à Constantinople et furent déposées avec celles de saint Luc et de saint Thaddée dans l’église des Saints-Apôtres. Cinq cents ans après, elles revinrent à Patras, envoyées par l’empereur Basile Ier le Macédonien (867-886), puis devant la menace de l’invasion turque dans le Péloponnèse, elles furent offertes au pape de Rome Pie II par le despote de Morée Thomas Paléologue, en 1460. Le crâne du saint fut finalement restitué à Patras, le 26 septembre 1964, pour la joie et la consolation des fidèles orthodoxes. Selon la tradition slave, saint André aurait poussé sa mission jusqu’en Russie. Dans la tradition occidentale, saint André est vénéré comme le patron de l’Écosse, où l’on comptait au Moyen Âge plus de huit cents églises dédiées au Premier-appelé.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire du saint Apôtre André, ton 4
Premier-appelé parmi les apôtres et frère du Coryphée, prie le Maître de tous d’accorder la paix à l’univers et à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion du saint Apôtre André, ton 2
L’éponyme de la vaillance, le premier appelé, le héraut de Dieu, qui suivit le Coryphée de l’Église, le frère de Pierre, acclamons-le, car il nous répète ce que jadis il dit à celui-ci: venez, nous avons trouvé Celui que nous souhaitons.

Kondakion du dimanche, 3ème ton
Aujourd’hui, ô Miséricordieux, Tu es ressuscité du tombeau et Tu nous ramènes des portes de la mort. Aujourd’hui, Adam exulte, Ève se réjouit. Tous ensemble, prophètes et patriarches, ne cessent de chanter la force divine de Ta puissance !

Évangile du jour
(Lc XIII, 10-17)

Jésus enseignait dans une des synagogues, le jour du sabbat. Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser. Lorsqu’il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit: Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il lui imposa les mains. A l’instant elle se redressa, et glorifia Dieu. Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sabbat, dit à la foule: Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. Hypocrites! lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son boeuf ou son âne, pour le mener boire? Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat? Tandis qu’il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient confus, et la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu’il faisait.

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Jovan Nikoloski