21/07/2017
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Résultats de la recherche : Potchaïev

15ème anniversaire de l’exhumation des reliques de saint Amphiloque à la Laure de Potchaïev (Ukraine)

Le 15ème anniversaire de l’exhumation des reliques incorrompues et de la canonisation de saint Amphiloque, thaumaturge de Potchaïev, a été fêté à la Laure de la Dormition de Potchaïev le 12 mai. La liturgie solennelle en la cathédrale de la Transfiguration de la Laure, de même que les vigiles, la veille au soir, ont été présidées par le métropolite de Khoust et Vinogradov Marc. Il était assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Vinnitsa et Bar Syméon, le métropolite de Tchernigov et Novgorod-Serversky Ambroise, le supérieur de la Laure de Potchaïev Vladimir, l’archevêque de Boutcha Pantéléimon, l’archevêque de Vladimir-Volynsky et Kovel Vladimir, l’évêque de Choumsk et le clergé de la Laure. L’office festif s’est déroulé devant la châsse contenant les reliques de saint Amphiloque de Potchaïev, placé au centre de la cathédrale. Les chants étaient assurés par le chœur de la Laure et les étudiants du séminaire de Potchaïev. À la fin de l’office, la châsse a été transportée en procession dans l’église de la grotte, le lieu de son séjour habituel. Les reliques étaient accompagnées par les hiérarques et les prêtres ainsi que des milliers de fidèles, pélerins et paroissiens. Saint Amphiloque de Potchaïev (Golovatiouk, XXème s.) était higoumène du grand habit à la Laure de Potchaïev. Il avait le don des miracles et de clairvoyance. Arrivé à à la Laure à l’âge de 31 ans, il devint moine alors qu’il était âgé de 38 ans. Il accomplit diverses obédiences, comme celles d’infirmier et de chiropraticien. En 1962, il s’opposa à la fermeture, par les autorités soviétiques, de la cathédrale de la Trinité de la Laure, raison pour laquelle il fut interné dans un hôpital psychiatrique. Après en avoir été libéré, il revint dans son village natale de Malaïa Ilovitsa (région de Ternopol), vivant chez son neveu. Là, il célébrait des offices d’intercession et guérissait les malades. Sur l’incitation des autorités locales, il fut battu à mort par un parent. Agonisant, il fut transporté à la Laure, où il reçut le grand habit monastique. Il recouvra la santé et revint dans son village natal. Jusqu’à la fin de ses jours, il priait, recevait les malades. Décédé à l’âge de 77 ans, il a été canonisé le 12 mai 2002. On peut visionner ici une vidéo avec des extraits de l’office qui a eu lieu le 12 mai 2017 (extraits de l’acathiste au saint, de la liturgie).

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Interview du supérieur de la Laure de Potchaïev (Ukraine) au sujet du Grand Carême à la Laure et du monachisme

Le supérieur de la Laure de Potchaïev, le métropolite Vladimir (Moroz) a donné une interview au site de l’Église orthodoxe d’Ukraine, au sujet du Grand Carême à la Laure et, en général, de la vie monastique, que nous reproduisons intégralement ci-dessous :

Votre Éminence, vous êtes à la tête de la Laure de Potchaïev depuis de nombreuses années, vous êtes son supérieur et vous avez fait beaucoup pendant ces années : la cathédrale de la Transfiguration, un monument unique, a été construite, ainsi qu’une hôtellerie moderne et un réfectoire magnifique pour les pèlerins, des travaux énormes de restauration et d’intendance ont été accomplis. La communauté monastique travaille sans cesse et célèbre de longs offices, dont des vigiles nocturnes, elle reçoit chaque jour de nombreux pèlerins. Ce faisant, comment observez-vous les carêmes, particulièrement le Grand Carême, qui se déroule actuellement ?

– Je ferais remarquer que le supérieur en titre de la Laure de Potchaïev, son archimandrite, est le métropolite Onuphre. Je ne suis que son remplaçant et son vicaire. Maintenant, pour ce qui concerne le carême. Il va de soi que nous, à l’instar de tous les chrétiens orthodoxes, avons une attitude responsable envers le jeûne, comprenant que celui-ci, et d’autant plus le repentir et la prière, sont les trois bonnes œuvres qui, de façon spécifique, corrigent notre âme. L’Église du Christ nous prépare tous à ce temps. Et nous allons à sa rencontre avec tremblement, parce qu’ils nous conduit à la Semaine de la Passion et à la Résurrection de notre Sauveur et Seigneur, la Pâque du Christ. Nous sommes conscients que nous ne vivons pas dans une ascèse comparable à celle de nos prédécesseurs : les ermites, les jeûneurs, tels que Zosime qui a rencontré dans le désert du Jourdain sainte Marie l’Égyptienne, ou Job de Potchaïev, qui passait le Grand Carême sous terre, dans une grotte. Néanmoins, chez nous, à la Laure, nous avons nos traditions du Grand Carême. 

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Les étudiants de l’Académie ecclésiastique de Kiev et du Séminaire de Potchaïev ont rencontré l’archimandrite Gabriel (Bunge), supérieur d’une skite orthodoxe en Suisse

L’archimandrite Gabriel (Bunge), théologien et patrologue, supérieur de la skite de la Sainte-Croix à Roveredo (Tessin), a rencontré les étudiants du séminaire de Potchaïev et de l’Académie ecclésiastique de Kiev. Le père Gabriel a fait part aux étudiants de son expérience spirituelle et a répondu à de nombreuses questions. La rencontre au Séminaire de Potchaïev a eu lieu le 20 octobre en présence du métropolite de Ternopol et de Kremenets Serge, des enseignants et des étudiants du séminaire, des moines de la Laure de Potchaïev, ainsi que de l’archimandrite Ambroise (Makar) qui accompagnait le père Gabriel. Celui-ci a répondu aux questions des relations actuelles avec l’Église catholique-romaine, des différences des pratiques spirituelles des catholiques-romains et des orthodoxes, des défis contemporains de l’Orthodoxie dans le monde. Il a également évoqué son cheminement dans l’Orthodoxie et les livres qu’il a édités, notamment au sujet de son analyse des œuvres d’Évagre le Pontique, et a donné des enseignements sur les études et sur la vie spirituelle. À l’issue de la rencontre, le métropolite Serge a remercié l’archimandrite Gabriel pour sa visite et, résumant les discussions, a souligné que l’étude de l’héritage des saints Pères ne devait pas se limiter à la théorie, mais s’incarner dans la pratique et la vie quotidienne. Dans sa discussion avec les étudiants et les enseignants des écoles ecclésiastiques de Kiev, le 23 octobre, l’archimandrite Gabriel a évoqué son cheminement et son ministère, et a répondu aux questions concernant le schisme de 1054, la théologie, la vie spirituelle. Le premier pro-recteur de l’Académie et du Séminaire ecclésiastiques de Kiev, le métropolite Antoine (Pakanitch) a remercié le père Gabriel pour sa visite des écoles ecclésiastiques et a souligné l’importance de la rencontre pour le futur ministère pastoral des étudiants, puis a souhaité l’aide de Dieu au père Gabriel pour son œuvre spirituelle. Ces rencontres ont eu lieu dans le cadre du pèlerinage de l’archimandrite Gabriel en Ukraine (18-24 octobre). Le premier jour, celui-ci a visité la Laure des Grottes de Kiev et a participé à deux rencontres, avec les moines du monastère et aussi avec le clergé et les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le 19 octobre, le père Gabriel a rencontré le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite Onuphre ainsi que le chancelier de cette Église, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine, puis il a répondu aux questions du site « Pravoslavnaïa Jizn ». Le programme du séjour du père Gabriel en Ukraine comprenait également des voyages aux lieux saints de Potchaïev et de Bucovine.

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20.000 pèlerins sont arrivés à la Laure de la Dormition à Potchaïev (Ukraine)

La procession, qui a commencé à Kamenets-Podolski est arrivée à la Laure de la Dormition à Potchaïev le 25 août. La distance est d’environ 200 kilomètres. 20.000 personnes sont entrées à la Laure, au son des cloches. Un espace pour se reposer et un repas ont été offerts à tous les participants à la procession. Selon le service de presse de la Laure, le pèlerin le plus jeune était âgé de 26 jours, tandis que le plus âgé avait 81 ans. Ce pèlerinage, depuis Kamenets-Podolski jusqu’à la Laure de Potchaïev, pour y assister à la fête de la Dormition, que l’Église orthodoxe russe fête le 28 août selon l’ancien calendrier, a lieu chaque année. Cette tradition remonte à presque 200 ans.

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À la Laure de Potchaïev, des milliers de fidèles ont rejoint la procession pan-ukrainienne « pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine »

Dans la matinée du 9 juin, immédiatement après l’office d’intercession en la cathédrale de la Dormition, la procession pan-ukrainienne est partie de la Laure de Potchaïev. La marche pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine est présidée par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Potchaïev Vladimir, supérieur de la Laure, l’évêque de Shuya Séraphim, recteur du séminaire de Potchaïev. La procession pan-ukrainienne pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine se déroule du 3 au 27 juillet avec la bénédiction du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Le clergé, les moines et des milliers de pèlerins marchent et prient pour la paix et le calme dans l’État ukrainien. Pendant la marche sont lus des acathistes au Seigneur Jésus-Christ, à la Très sainte Mère de Dieu et aux saints. Accompagnés par l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Potchaïev, les marcheurs suivent l’itinéraire suivant : Potchaïev – Kremenets – Mejretchié – Slavouta – Cheptekovka – Polonnoyé – Romanov – Tchoudnov – Korostychev – Stavichtché – Sitniaki – Makarov – Kolonchtchina – Dmitrovka – Kiev (église Saint-Théodose-de-Tchernigov) – Kiev (Vladimirskaïa Gorka). Le premier jour, les fidèles font une marche de 17 kilomètres et s’arrêtent au monastère de la Théophanie à Kremenets. Il y a six jours, la procession a démarré dans l’Est du pays. Le 3 juillet, les fidèles, qui sont partis de la Laure de la Dormition à Sviatogorsk, ont déjà traversé la région de Donetsk et continuent leur route pour Kharkov, dans la direction de la capitale de l’Ukraine. Le 27 juillet, jour du Baptême de la Russie, les deux processions se rejoindront à la Laure des Grottes de Kiev. La procession pan-ukrainienne se terminera par un office d’intercession au parc Vladimirskaïa Gorka à Kiev.

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Les moines de la laure de Potchaïev (Ukraine) s’expriment au sujet du Concile panorthodoxe

La communauté monastique de la Laure de Potchaïev est solidaire avec l’opinion du clergé et des moines qui ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour corriger les projets de documents préparés pour le Concile panorthodoxe de 2016. C’est ce qui ressort du message publié sur le site officiel du monastère. C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien qui soulève le plus de questions et de remarques », soulignent les moines de la laure de Potchaïev. Ceux-ci assurent les paroissiens et les pèlerins de leur attachement aux dogmes de l’Église « qui ne nécessitent aucune sorte de changement ». Les moines appellent les fidèles à la prière ardente pour la préservation et le renforcement de tous les enfants de l’Église du Christ dans la pureté de la foi orthodoxe. Ci-après le texte complet du message :

« Appel des communautés du monastère de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev et de la skite du Saint-Esprit, dépendant de la laure, au sujet du futur Concile panorthodoxe.

Bien-aimés pères, frères et sœurs dans le Christ,

Du 16 au 27 juin 2016 se réunira sur l’île de Crète le Concile panorthodoxe qui, malheureusement, ne sera pas annulé. Les documents suivants y seront examinés :

– L’autonomie et la manière de la proclamer
– L’importance du jeûne et son importance aujourd’hui
– Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien
– La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain
– La diaspora orthodoxe
– Le sacrement du mariage et ses empêchements

C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien « qui soulève le plus de questions et de remarques. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, la Sainte-Communauté du Mont Athos, le diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre) ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour modifier ledit document et ce de façon très argumentée et solide du point de vue théologique. Les moines de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev partagent la préoccupation de leurs confrères moines, des évêques, prêtres, des pieux laïcs, qui sont soucieux de leur salut et du destin de l’Église du Christ. Nous sommes reconnaissants à ceux qui se sont donné de la peine et ont exprimé leurs remarques et suggestions pour la correction des documents concernés. La communauté de la Laure de Potchaïev est solidaire et en accord avec l’opinion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, de la Sainte-Communauté du Mont Athos, du diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre). Pour nous, l’opinion exprimée par Mgr Benjamin, métropolite de Vladivostok et de Primorsk, dans sa lettre aux participants à la conférence « Concile panorthodoxe : points de vue et attentes », qui s’est déroulée le 19 avril 2016 à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, est également très importante. Quant à nous, nous souhaitons assurer les paroissiens et les pèlerins de notre Laure que, espérant en la miséricorde divine, la protection et l’intercession de la reine des cieux, et affermis par les prières et les exemples de nos Pères qui vécurent dans l’ascèse, Job et Amphiloque, thaumaturges de Potchaïev, et fixant les exploits de nos maîtres qui subirent les plus violentes persécutions et outrages à l’époque de l’athéisme, les moines de la Montagne de Potchaïev feront à l’avenir également tout ce qui est possible afin que le peuple fidèle reçoivent dans les églises du monastère la grâce divine dans les sacrements de la sainte Église orthodoxe qui a été fondée par le Christ Sauveur Lui-même, dont les dogmes ont été fixés par les saints Pères et les décisions des sept Conciles œcuméniques et n’ont besoin d’aucun changement. La vérité divine est parfaite et immuable. Et le Sauveur du monde nous a confié de la garder et de la proclamer, et non de « la mettre au point ». Nous croyons fermement que le notre Seigneur Jésus-Christ gardera Son Église inébranlable et invincible « et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matth. 16,18). Nous appelons le pieux peuple à élever ses prières ardentes, afin que le Seigneur très-miséricordieux continue à nous renforcer dans la pureté de la foi orthodoxe, dans laquelle seulement est possible le salut éternel ».

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Des milliers de fidèles se sont rendus à la laure de Potchaïev (Ukraine) pour la fête de saint Job

Le 19 mai, jour de la mémoire de saint Job de Potchaïev (+1651), a eu lieu la liturgie solennelle en la cathédrale de la Dormition de la laure de Potchaïev. L’office était présidé par le chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Potchaïev Vladimir, supérieur de la Laure, l’archevêque de Gorodnitsky Alexandre, et l’évêque de Manhattan Nicolas (Église orthodoxe russe hors-frontières), ainsi que les nombreux prêtres du monastère et d’autres endroits, et un grand nombre de fidèles, parmi lesquels se trouvaient les membres du chœur synodal de jeunes de la cathédrale orthodoxe russe hors-frontières de New York. On peut visionner ici des extraits des vêpres, des matines, de la liturgie et ici la procession autour de la laure, avec les reliques de saint Job de Potchaïev.

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Le Conseil régional de Ternopol demande au président Porochenko que la laure de Potchaïev soit à nouveau considérée comme domaine national, afin de permettre aux schismatiques et aux uniates d’y célébrer

Le Conseil régional de Ternopol s’est adressé au président ukrainien Porochenko et au cabinet des ministres d’Ukraine afin de rendre à la laure de Potchaïev le statut de domaine national. Les 54 députés présents dans la salle ont voté pour cette proposition. Les députés du Conseil régional de Ternopol demandent d’annuler la décision prise en 2003 sur « l’exclusion du domaine national historique et architectural des bâtiments de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev » et de transmettre ceux-ci à la propriété de l’État dans le but de donner à l’avenir aux représentants des autres Églises [i.e. les groupes schismatiques et les uniates, ndt] la possibilité d’y célébrer les offices. « Nous voulons rendre à la propriété de l’État ce lieu saint, et ensuite, par un concours ouvert pour le droit d’utiliser certains édifices, de donner la possibilité à d’autres Églises, dont l’Église gréco-catholique, d’y célébrer des offices d’intercession et des offices », a déclaré le député du Conseil régional de Ternopol du parti UKROP, André Tsyboulsky. Rappelons que la Laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev est le plus grand lieu saint orthodoxe d’Ukraine après la laure des Grottes de Kiev. Depuis 1997, la Laure dispose du statut stavropégiaque, c’est-à-dire qu’elle dépend directement du Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine. En 2003, le cabinet des ministres d’Ukraine l’a laissé la laure de Potchaïev à la disposition gratuite de l’Église orthodoxe d’Ukraine, tout en restant néanmoins la propriété de l’État.

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Lettre ouverte du métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, au sujet de la tentative du « Patriarcat de Kiev » de s’emparer de la Laure des Grottes de Kiev

Comme nous l’avons mentionné ici la mairie de Kiev récolte des signatures pour transférer la propriété de la laure des Grottes de Kiev, qui dépend actuellement de l’Église orthodoxe canonique en Ukraine, à une entité schismatique dite « Patriarcat de Kiev ». Le métropolite Vladimir, supérieur de la laure de Potchaïev, a publié une lettre ouverte, que nous reproduisons ci-après :

« Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, notre peuple ukrainien passe par une période très complexe de son histoire. Des hommes continuent à mourir dans ce pays, des enfants restent orphelins, une grande quantité de nos concitoyens sont restés sans toit. L’effusion de sang n’a pas cessé jusqu’à maintenant dans l’est de l’Ukraine. Néanmoins, on a l’impression qu’ici aussi, dans les parties centrale et occidentale de notre patrie très éprouvée, l’instabilité, la discorde sur la base religieuse, est nécessaire à certains. On sait que l’on peut, par des négociations et certains compromis, mettre un terme aux actions militaires motivées par des facteurs politiques. Mais, lorsque le frère se dresse contre son frère en raison de convictions religieuses, il est extrêmement difficile de mettre fin à la haine. Elle peut durer pendant des générations, et elle reste présente à jamais dans la mémoire populaire. Aujourd’hui, si l’on regarde tout ce qui se produit au Moyen Orient, si l’on se souvient des événements qui ont eu lieu il n’y a pas si longtemps en Serbie et au Kosovo, nous pouvons affirmer avec certitude qu’il n’y a rien de plus terrible que la guerre religieuse ou interconfessionnelle. L’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, à la paix et l’intégrité territoriale de notre État. Nous souhaitons à tous ceux qui vivent en Ukraine et dans le monde, la paix et la prospérité. Aucun représentant de l’Église orthodoxe d’Ukraine n’est jamais entré dans l’église d’une autre confession pour s’en emparer. Nous savons que, comme l’a dit saint Jean Chrysostome, « il faut convaincre non par la force des armes, mais par celle des mots ». Aussi, les actes de certains représentants individuels de certaines confessions religieuses, qui se conduisent de la façon la plus agressive à l’égard de notre Église, nous paraissent étranges et incompréhensibles. S’appelant chrétiens, ils n’hésitent pas à piller et à s’emparer de ce qui appartient à autrui. Qui plus est, ils emploient la force à l’égard des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine et répandent le mensonge. Il est clair que tout cela n’a rien de commun avec le Christ, car le « père du mensonge est le diable » (Jn 8,44). S’il n’était question précédemment que d’églises isolées [dont ils se sont emparés par la force, ndt], ces gens parlent aujourd’hui du saint des saints de notre peuple – la laure des Grottes de Kiev. Ils ont déjà commencé la récolte des signatures pour retirer celle-ci à l’Église canonique et la donner aux schismatiques. Je répète à nouveau que de telles « initiatives » sont des provocations dans le but d’inciter à la haine interconfessionnelle. De tels événements ont toujours des conséquences affligeantes. Par ailleurs, transmettre le berceau du monachisme orthodoxe de la Rous’ – la laure des Grottes de Kiev – aux schismatiques, cela signifie la fermer au reste du monde orthodoxe. Tout le monde sait très bien aujourd’hui qu’aucune Église orthodoxe du monde ne reconnaît la soi-disant « Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ». C’est-à-dire qu’aucune Église orthodoxe ne reconnaît cette dernière comme dépositaire de la grâce et canonique. Cela signifie que les gens qui se trouvent derrière ces « signatures » veulent détacher l’Ukraine du monde civilisé et agissent de telle façon que les représentants des autres Églises orthodoxes ne viendront plus ici, et que notre État acquerra la triste gloire d’être persécuteur des chrétiens. Un véritable patriote ne fera jamais cela ! Rappelons que le saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, a choisi la foi orthodoxe afin d’introduire le jeune État kievien dans la communauté des peuples européens. Il s’appuya sur le caractère universel de l’orthodoxie, sur son origine non de ce monde et sur la vérité divine. Le prince voulait que la Rous’ de Kiev cessât d’être retranchée du monde entier, qu’elle ne soit pas marginale et sauvage. C’est précisément pourquoi il arrêta son choix déterminant sur la foi qui unirait son État avec les autres parties du monde développé. Aujourd’hui, ceux qui réclament que l’on cède la laure des Grottes de Kiev aux schismatiques, souhaitent précipiter notre Ukraine dans une guerre civile, l’arracher à la communauté des Églises orthodoxes et la transformer en un pays sauvage et non civilisé. Faire cela veut dire aller contre son histoire, contre son peuple, contre son État. Aussi, je vous appelle tous, chers frères et sœurs, à renforcer vos prières afin que le Seigneur ne permette pas cette iniquité. Quant aux hommes d’État qui sont soucieux de leur pays, je les appelle à ne pas admettre de telles provocations, dirigées sur l’augmentation des agressions et la montée de l’hostilité dans notre société.
Que la bénédiction divine soit avec vous tous !
+ Vladimir, métropolite de Potchaïev, vicaire de la laure de la sainte Dormition de Potchaïev

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Plus de 5000 pèlerins ont participé à la procession en l’honneur de l’icône de la Mère de Dieu de Potchaïev en Ukraine occidentale

Le 2 août, jour de la fête du prophète Élie, a eu lieu la procession traditionnelle avec l’icône de la Mère de Dieu, depuis le village d’Orlia (région de Ternopol) jusqu’à la laure de la Dormition de Potchaïev. Cette année, plus de 5000 pèlerins avec, à leur tête, le supérieur du monastère, le métropolite de Potchaïev Vladimir et les moines de la Laure, ont parcouru le chemin par lequel, il y a 418 ans, l’icône miraculeuse est arrivée au monastère. La distance est de 15 kilomètres. À la fin de la procession, un office d’intercession a été célébré à la laure, suivi d’un repas pour tous les pèlerins. L’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Potchaïev est le principal objet saint de la laure de la Dormition. En 1559, le métropolite grec Néophyte, passant par la Volhynie, a rendu visite à une dame de l’aristocratie, Anna Goïskaïa, qui vivait à Orlia, dans la région de Potchaïev. Le métropolite lui laissa, en bénédiction, une icône de la très sainte Mère de Dieu, qu’il avait amenée de Constantinople. L’icône resta pendant quarante ans chez cette personne. Après avoir prié devant cette icône, son frère, Philippe Kozinsky, aveugle de naissance, recouvra la vue, et elle décida d’offrir cette icône, avec de riches dons, aux moines de Potchaïev. Un certain temps après, l’héritier d’Anna Goïskaïa, le calviniste André Firlej, prit l’icône, qu’il garda chez lui pendant vingt ans. En 1644, l’icône revint à la Laure. La tradition lie le retour de l’icône au fait que l’épouse d’André était devenue possédée et, sur le conseil de saint Job de Potchaïev, elle la rendit au monastère pour être guérie. Vers 1721, le monastère, avec l’icône, passa sous la domination des uniates. En 1773, les visages du Christ et de la Mère de Dieu furent couronnés. Les deux couronnes, en or massif, furent envoyées par le pape Clément XIV. En 1831, le monastère et l’icône furent rendus aux orthodoxes, et le monastère reçut le statut de Laure. Actuellement, l’icône se trouve dans l’église de la Dormition de la laure de Potchaïev, et l’office de l’acathiste est lu quotidiennement devant elle.

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Appel du conseil de la laure de la Dormition de Potchaïev aux autorités ukrainiennes

Le conseil spirituel de la laure de la Dormition de Potchaïev avec, à sa tête son supérieur, ont adressé un appel au président ukrainien, au président des services de sécurités ukrainiens et au chef du ministère de l’Intérieur d’Ukraine. Il leur demande de vérifier l’information qui est parvenu à la laure, au sujet de la préparation d’une provocation de grande échelle contre le monastère, à savoir qu’un groupe schismatique veut s’approprier les édifices et les biens de la laure de Potchaïev. Il est planifié l’arrivée sur le territoire du monastère des armes à feu qui devraient ensuite être utilisées pour s’emparer de la laure. En outre, cette opération est prévue à l’aide d’une grande quantité d’individus amenés en autobus à un moment fixé, ce groupe étant renforcé par des sections armées d’organisations publiques qui doivent provoquer le conflit, entre autres par des affrontements violents ». Il est rappelé dans le document que de tels actes à l’encontre des citoyens et des biens ayant une importance économique, conformément au code pénal ukrainien, sont désignés comme un vol et constituent un délit. Qui plus est, le complexe des bâtiments de la laure de Potchaïev est un monument architectural d’importance nationale, considéré comme un lieu saint pour les orthodoxes. La réalisation d’une provocation contre la laure mènera à une discorde interconfessionnelle et sera l’occasion d’une nouvelle déstabilisation de la situation dans le pays avec des conséquences imprévisibles, est-il encore dit dans l’appel. Il est enfin demandé aux fonctionnaires de vérifier les faits exposés et de prendre les mesures appropriées pour parer aux provocations sur le territoire de la laure de la Dormition de Potchaïev.

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Le supérieur de la laure de Potchaïev lance un appel aux fidèles en raison de menaces pesant sur le monastère

Le supérieur de la laure de Potchaïev, le métropolite Vladimir (Moroz), a lancé un appel aux fidèles pour leur demander de renforcer leurs prières pour le monastère, en raison d’une provocation à grande échelle qui se prépare actuellement. « Des nouvelles épreuves nous attendent. Une provocation à grande échelle se prépare contre la laure de la Dormition, à Potchaïev », est-il dit dans la déclaration du supérieur, placée sur le site internet de la laure. Comme l’a mentionné le métropolite, l’Église orthodoxe d’Ukraine vit des temps d’épreuves difficiles : « On entend au sujet de celle-ci des flots de mensonges et contrevérités, on s’empare des églises canoniques par la tromperie ou par la force ». Le métropolite Vladimir a promis de donner des informations sur le développement des événements sur le site officiel la laure de Potchaïev, ajoutant qu’à l’avenir « il est possible que l’on doive rechercher l’information sur la situation de notre monastère auprès d’autres sources ». « Nous croyons que le Seigneur, cette fois encore, éloignera de nous le danger. Le principal est de placer en toutes choses notre confiance en Sa bonté et ne pas renoncer à la foi orthodoxe lors des épreuves » est-il encore dit dans l’appel.

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Les députés du Conseil général de Ternopol ont voté le transfert de propriété de la laure de Potchaïev à l’État ukrainien

Les députés du Conseil général de Ternopol ont voté le transfert de la propriété de la Laure de Potchaïev à l’État ukrainien. Cela s’est produit le Jeudi saint et la laure n’en a été informée que par les médias. Les députés ont donné leur soutien, lors de leur session, à l’appel au Premier ministre ukrainien Yatseniouk, selon les médias ukrainiens, et se sont adressés au cabinet des ministres en exigeant que la propriété du lieu saint soit enlevée à l’Église orthodoxe d’Ukraine. La Laure n’a été informée du projet de transformation des bâtiments conventuels et des églises du complexe monastique en bien domanial que par les médias. Le métropolite de Potchaïev, supérieur de la laure de la Dormition, Mgr Vladimir, a commenté les faits dans le périodique ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui ») : « Le Jeudi Saint, la Sainte Église commémore la Dernière Cène et la trahison de Juda qui, pour 30 deniers a trahi le Christ sauveur. Ces événements se sont produits il y a vingt siècles. Le temps passe, mais les personnes et les actes restent les mêmes. En 2015, le Jeudi saint, il s’est produit quelque chose de semblable. Les députés du Conseil régional, qui se considèrent chrétiens, ont adoptés des lois qui ne sont pas chrétiennes. Ils veulent faire de la Laure de Potchaïev (le centre spirituel des chrétiens orthodoxes) un musée historique. Afin que le monastère ne soit pas dirigé par son supérieur et sa communauté monastique, comme ceux qui l’ont fondé en 1240, mais par un directeur et des guides ». « Ce n’est pas la première année que nous avons ce problème. Après que l’Ukraine ait acquis l’indépendance et qu’un dégel ait eu lieu dans les relations entre l’État et l’Église, les présidents et d’autres officiels ont promulgué des lois sur le retour à l’Église de ce qui avait été soustrait par le régime totalitaire soviétique. En 2002, les députés de Ternopol ont obtenu la création d’un bien domanial, malgré les ordonnances et les assurances précédentes des présidents et ont « casé » notre monastère dans le cadre du bien domanial historique et architectural de Kremenets-Potchaïev. En 2003, suite à la pétition de la communauté monastique, le Cabinet des ministres, par son ordonnance, a sorti les constructions historiques de la Laure du domaine de l’État, et les a transmises à son propriétaire légitime, l’Église orthodoxe d’Ukraine, en la personne des moines de Potchaïev. Tout cela a été scellé par l’accord de location gratuite entre la Laure de Potchaïev et l’Administration d’État et ce pour un délai de 49 ans, jusqu’au 1er janvier 2052. Il convient de mentionner que, depuis les années 1960, la Laure payait un loyer à l’État. Le 3 juillet 2014, le parlement régional de Ternopol fut remis en vigueur et a pris l’initiative de demander au Premier ministre d’annuler l’accord et de rendre aux constructions le statut de domaine de l’État. Leur demande est alors restée sans réponse. Et voici que presqu’une année après, le 9 avril 2015, pendant la Semaine Sainte, alors que l’Église du Christ commémore les derniers jours de la vie terrestre du Christ Sauveur, les députés ont repris leur ancien projet ».

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L’icône de la Mère de Dieu de Potchaiev au Canada

Du 22 septembre au 11 octobre l'icône de la Mère de Dieu de Potchaiev sera au Canada (notamment à Montréal, Toronto, Ottawa, Vancouver, Edmonton, Calgary, Regina, Winnipeg). Son itinéraire est détaillé sur cette page. Elle se trouvera dans la cathédrale de l'Annonciation à Ottawa lors de la consécration épiscopale de l'archimandrite Irénée (Rochon).

L’évêque diocésain de l’Église orthodoxe d’Ukraine a prié devant l’église scellée à Kolomyïa

L’évêque d’Ivano-Frankiv et Kolomyïa Tykhon a procédé, le 18 juin, à la récitation de l’hymne acathiste à saint Job de Potchaïev devant l’église de Kolomyïa, dont les portes ont été scellées par les autorités ukrainiennes. L’évêque était assisté par les prêtres de l’église et du diocèse, rassemblés pour soutenir les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine qui, pour la troisième semaine consécutive, sont contraints à prier devant les portes fermées de leur église. L’évêque Tikhon s’est adressé avec des paroles de soutien aux paroissiens faisant face à ces difficultés. Comme l’a souligné le hiérarque, les chrétiens, à l’instar des apôtres, doivent suivre le Christ sans tarder, prier et avoir une foi et une espérance fermes dans le Seigneur. Le 4 juillet, le jour de la Pentecôte, treize prêtres uniates avaient tenté de s’emparer de l’église, suite à quoi, celle-ci a été scellée « jusqu’à la régularisation du problème dans le cadre de la législation ». Les autorités locales effectuent des tentatives d’inspection inopinées, injustifiées, de l’édifice. De leur côté les clercs uniates organisent auprès de l’église des offices d’intercession à caractère de meetings. Les fidèles de l’église continuent à se tenir dans la prière devant l’église. Les fidèles déclarent qu’ils continueront leur action jusqu’à ce que leurs droits constitutionnels soient rétablis et les portes de l’église ouvertes à nouveau.

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Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a décidé de créer sa représentation auprès des Institutions européennes et a pris un certain nombre d’autres décisions

Au cours de sa dernière session, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a examiné les projets de loi du gouvernement ukrainien dirigés contre l’Église, les problèmes de refus d’enregistrement des statuts locaux de l’Église d’Ukraine, la création d’une représentation auprès des Institutions européennes, ainsi que de l’élection d’un nouvel évêque et recteur du séminaire de Volhynie. La séance solennelle du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, sous la présidence du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre a eu lieu le 27 mai 2017, au monastère de la Protection de la Mère de Dieu dans la ville de Kharkov. La séance a eu lieu dans le bâtiment historique, où s’est déroulé, les 27 et 28 mai 1992 le Concile de Kharkov [аu cours duquel, le métropolite Philarète Denissenko avait été destitué et remplacé par le métropolite Vladimir Sabodan, et la fidélité au Patriarcat de Moscou, réaffirmée ndt]. La présente séance du Saint-Synode coïncidait avec l’anniversaire de cet événement capital de l’histoire de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Avant le début des travaux, les membres du Saint-Synode ont récité une prière pour le repos de l’âme des hiérarques du Concile de Kharkov décédés depuis. Les hiérarques ont souligné la signification du Concile de Kharkov de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que l’actualité et l’importance des décisions qui y avaient été prises. Les membres du Synode ont mentionné le courage et la fermeté des membres de ce Concile pour préserver la conciliarité et la canonicité de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et se sont également adressés, par un message, à l’épiscopat, au clergé, aux moines et moniales ainsi qu’aux fidèles. Procédant à l’examen des initiatives législatives orientées contre l’Église et soumises au parlement en février et avril 2016, les membres du Saint-Synode ont constaté que l’adoption des projets législatifs №4128 et №4511 peuvent amener à l’animosité religieuse, la discrimination, la violation de la liberté de conscience et de religion. Les participants à la séance ont exprimé leur inquiétude au sujet de possibles conséquences négatives dans la société ukrainienne si les projets législatifs en question étaient adoptés, et ont appelé les députés à ne pas adopter les lois dirigées contre l’Église et l’État. Les membres du Synode ont remercié l’épiscopat, le clergé, les moines et moniales ainsi que les fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine pour leur position chrétienne active, exprimée le 18 mai 2017, lorsqu’ils ont prié ensemble devant le parlement et dans de nombreuses villes et églises dans tout le pays. Après avoir écouté l’information donnée par S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre sur la situation qui s’est créée après le refus d’enregistrement des statuts des communautés de l’Église orthodoxe d’Ukraine, les participants à la séance ont constaté l’immixtion du Ministère de la culture de l’Ukraine dans le fonctionnement des administrations d’État régionales, dans le but de bloquer l’enregistrement des statuts des dites communautés. Les hiérarques ont souligné l’inadmissibilité d’une telle immixtion, et ont exprimé leur préoccupation à cette occasion, et ont appelé les représentants des organes de l’État à cesser leurs actes illégaux à l’égard de l’Église orthodoxe d’Ukraine. En raison de la nécessité de faire connaître les positions de l’Église orthodoxe d’Ukraine sur leurs conceptions religieuses, sociales et politiques, le Saint-Synode a décidé de créer une Représentation de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des Institutions européennes. Le président de la Représentation est nommé en la personne de l’archimandrite Victor (Kotsaba), clerc du diocèse de Kiev. Celui-ci est également élu évêque de Barychevka, vicaire du diocèse métropolitain de Kiev. Les membres du Saint-Synode ont également pris la décision de libérer l’archiprêtre Rustik Kapauz des fonctions de recteur du séminaire de Volhynie, et de nommer à sa place l’archimandrite Eumène (Mikhaïlevsky), de la Laure de la Dormition de Potchaïev. Le Synode a en outre nommé le hiéromoine Théodose (Mintenko) supérieur du monastère de la Nativité de la Mère de Dieu dans le diocèse de Chepetovo. Les protocoles de la séance ont été signés par S.B. le métropolite Onuphre, par les membres permanents du Synode : Agathange, métropolite d’Odessa et Izmaïlsk, Lazare, métropolite de Simféropol et de Crimée, Marc, métropolite de Hust et Vinogradov, Hilarion, métropolite de Donetsk et Marioupol, Théodore, métropolite de Kamenetsk-Podolsk et Gorodok, Théodore, Paul, métropolite de Vychgorod et Tchernobyl et supérieur de la Laure des Grottes de Kiev, Métrophane, métropolite de Lougansk et d’Altchevsk, Antoine, métropolite de Borispol et Brovary, secrétaire du Saint-Synode et chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine ; et les membres temporaires du Saint-Synode : Pitirim, métropolite de Nikolaïevsk et Otchakov, Pantéléimon, archevêque de Rovenky et Sverdlovsk, Nicolas, évêque de Kremetschug et Lubny.

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6 mai (ancien calendrier)/19 mai (nouveau)

6 mai (ancien calendrier)/19 mai (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Job le Juste, prophète ; saints martyrs Barbare, Bacchus, Callimaque et Denis (vers 362) ; saint martyr Barbare, l’ancien bandit ; sainte Avoye (ou Aurée), vierge, martyre à Paris (IIIème s.) ; saint Germain de la Mer, évêque et martyr (480) ; saint Hatta, abbé de Saint-Vaast, à Arras (699) ; transfert des reliques de saint Sava, premier évêque de Serbie (1236) ; saint Michée de Radonège (1385) ; saint Job de Potchaïev (XVIIème s.)

SAINT JOB

Bien longtemps avant la venue du Christ et la proclamation par Lui des promesses de la vie éternelle, vivait dans le pays d’Ausitide, aux confins de l’Idumée et de l’Arabie , un homme intègre et droit, qui craignait Dieu et se gardait de tout mal, nommé Job. Il était le plus fortuné de tous les fils de l’Orient et possédait quantité de troupeaux et de serviteurs, mais mettait ces richesses au service de Dieu. Un jour, Satan se présenta devant Dieu, en revenant de flâner sur la terre, où il avait cherché qui dévorer et entraîner dans sa déchéance. Comme Dieu lui montrait Job, en exemple d’un serviteur juste et droit, le diable répondit avec une ironie malveillante, qu’il était facile à ce riche de rester fidèle à Dieu. Répondant à cette provocation, le Seigneur remit tous les biens de Job en son pouvoir. Quelque temps après, des messagers vinrent annoncer au patriarche la perte de ses troupeaux et la mort violente de tous ses fils et de ses filles. Job déchira ses vêtements et se rasa la tête en signe de deuil, puis il se prosterna à terre et prononça ces paroles mémorables : « Nu je suis sorti du sein maternel, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni ! » (1, 21).

Dieu montra alors à Satan que son serviteur Job avait conservé sa foi dans le malheur, mais le diable ne s’avoua pas vaincu pour autant et dit : « Touche à ses os et à sa chair, et je te jure qu’il te maudira en face ». Bien qu’Il ne soit pas l’auteur du mal et qu’Il ne désire point la souffrance, Dieu permit donc que son serviteur fût affligé d’un ulcère, des pieds à la tête, afin d’éprouver sa vertu. Le riche et puissant patriarche, mis au rebut par tous, prit un tesson de poterie pour gratter ses plaies et il s’assit sur un tas de fumier, en dehors de la ville. À sa femme qui l’engageait à maudire Dieu, il répondit : « Tu parles comme une insensée. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! » (2, 10).

La nouvelle de l’infortune de Job parvint jusqu’à trois de ses amis, sages et nobles de villes d’Orient : Éliphaz de Téman, Bildad de Shuah et Sophar de Naamat. Ils vinrent pour le consoler, mais en le voyant sur son fumier, ils éclatèrent en sanglots et, pendant sept jours, ne purent prononcer une seule parole. Finalement ce fut Job qui prit la parole, pour maudire le jour de sa naissance et souhaiter la mort, qui marquera la fin de ses maux . À cette plainte du juste souffrant, Éliphaz opposa le commun argument de la raison humaine pour expliquer les afflictions : Le malheur et la souffrance sont envoyés par Dieu en châtiment des péchés commis au préalable. Que Job n’avance donc pas l’intégrité de sa conduite pour se justifier devant Dieu, mais qu’il confesse ses péchés et qu’il se repente, pour obtenir le pardon et recouvrer santé et prospérité. S’il se révolte contre son sort, il n’en tirera qu’un surcroît de maux. L’homme, ajouta le sage, naît pour la souffrance, et les péchés et les injustices que nous commettons doivent de toute manière être châtiés en cette vie. Au lieu de consoler Job, ces paroles le troublèrent et ravivèrent sa souffrance. Il reprocha à ses amis leur dureté à son égard — car ceux qui ne sont pas éprouvés ne peuvent comprendre qu’elle est la souffrance de l’innocent soumis à la tribulation — et il confirma son innocence. Sans se révolter contre Dieu ni demander à être délivré de ses maux, Job exprimait seulement le souhait d’en voir la fin par la mort, sa seule consolation serait alors de ne s’être jamais opposé à la parole de Dieu (6, 10).

Bildad l’interrompit, pour reprendre le même argument que son compagnon, et évoquer une loi générale et abstraite sur la rétribution des actes mauvais, qui toutefois ne s’appliquait pas au cas de Job : Dieu est absolument juste, Job ne doit donc pas protester de son innocence, mais implorer sa miséricorde. Job lui répondit que, certes, on peut admettre que les malheurs qui nous adviennent sont châtiments de nos péchés, mais de toute manière quel être créé pourrait être trouvé foncièrement juste devant le Dieu Tout-Puissant ? Même l’homme qui, comme lui, ne voit en lui-même rien à se reprocher, ne peut prétendre se justifier, et se voit donc livré aux tribulations comme l’inique. Et il ajouta, en s’adressant à Dieu : « Tu sais bien que je n’ai pas commis d’iniquité. Mais qui peut échapper à tes mains ? Cesse donc de me fixer, pour me permettre un peu de joie, avant que je ne m’en aille sans retour au pays des ténèbres et de l’ombre épaisse, où jamais la lumière ne pénètre, où l’on ne voit pas la vie des humains » (10 ; 7, 20-22).

Il apparut dès lors à Job qu’il ne pouvait guère escompter sur la compréhension de ses amis, qui prétendaient se faire les défenseurs de la justice divine par des accusations mensongères à son sujet ; et, prenant sa chair entre ses dents et sa vie en ses main (13, 14), il interrogea Dieu avec angoisse : « Combien de fautes et de péchés ai-je commis ? Dis-moi quelles ont été mes transgressions et mes péchés. Pourquoi caches-tu ta face ? » (13, 22-24). Après une nouvelle intervention d’Éliphaz, l’accusant de s’élever contre la Providence, Job, voyant que ses amis devenaient ses persécuteurs, s’écria : « Pitié, pitié pour moi, ô vous mes amis ! Car c’est la main de Dieu qui m’a frappé. Pourquoi vous acharner sur moi comme Dieu Lui-même ? » (19, 21). Puis, interrompant sa plainte, il confessa son espérance qui était celle, encore confuse, de tous les justes de l’Ancien Testament : « Je sais moi, que mon Rédempteur est vivant, que Lui, le dernier, se lèvera de la poussière. Après mon éveil, il me dressera près de lui et, de ma chair, je verrai Dieu » (19, 25-26) .

Insensibles et implacables dans leur zèle à défendre leur conception de la justice divine, les trois sages revinrent une fois de plus à la charge contre le juste, en ne se contentant plus de généralités, mais en énumérant, cette fois dans le détail, les fautes que Job avait dû commettre au temps de sa prospérité pour encourir un tel châtiment. Gardant toutefois, envers et contre tous, le bon témoignage de sa conscience, Job demanda à comparaître devant Dieu pour être jugé, convaincu que sa cause triompherait et que c’est de Dieu seul qu’il tirerait sa consolation (23, 4-7). Puis, dans un admirable discours, il confessa que si la sagesse de Dieu dans la création est inaccessible à la connaissance humaine, il n’est pas possible de connaître les motifs de l’affliction du juste ; mais celui-ci n’en cessera pas cependant d’aimer Dieu et de se confier en Lui (28, 28). Il poursuivit par une longue apologie de sa conduite et proclama qu’il était prêt à rendre compte de toutes ses actions et à porter publiquement l’acte d’accusation qu’on rédigerait contre lui.

Comme les trois sages se taisaient, à bout d’arguments, Élihu, qui s’était tenu jusque-là sur la réserve, à cause de son jeune âge, s’enflamma de colère contre Job, qui prétendait avoir raison contre Dieu et ajoutait ainsi la rébellion à son péché. Élihu s’étant tu, Dieu prit la parole au sein de la tempête, comme Il l’avait fait jadis au sommet du Sinaï, pour mettre un terme au débat. Dans un discours grandiose sur les mystères de la création et le gouvernement de la Providence, qui soumet même les monstres et les catastrophes naturelles à son dessein bienveillant, Dieu donna à son serviteur Job la clé de l’énigme que la sagesse humaine n’avait pas été capable de résoudre. Ces épreuves ne lui avaient pas été envoyées comme châtiment d’une faute, mais par un dessein gratuit et insondable, afin de manifester sa justice : « Ne rejette pas mon juste jugement. Penses-tu donc que j’ai agi autrement que pour manifester ta justice ? » (40, 8 LXX). Réalisant que ses tribulations elles-mêmes avaient été une révélation du Dieu « incompréhensible, insondable et inaccessible », Job déclara finalement : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi, plein de confusion, je me consume et me considère comme terre et cendre » (42, 5). Cet aveu d’une extrême humilité fut pour Job le couronnement de sa vertu et lui ouvrit l’accès à la vraie connaissance de Dieu, laquelle n’est autre que « la sensation de son incompréhensibilité » (S Grégoire de Nysse). Triomphant de l’épreuve, il fut comblé de bénédictions dès que, sur l’ordre de Dieu, il eut intercédé pour obtenir le pardon du péché commis par ses amis à son égard. Le Seigneur restaura sa fortune, Il lui donna le double de tout ce qu’il possédait auparavant et lui accorda une nombreuse descendance. Job vécut encore cent quarante ans et mourut, chargé de jours, à l’âge de deux cent quarante ans.
Le livre de Job occupe dans la sainte Écriture une place toute particulière et fut de tout temps la grande consolation des serviteurs de Dieu soumis à l’épreuve.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 4ème ton
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Tropaire du saint prophète, ton 1
De Job voyant la richesse en vertus, * l’ennemi des justes essaya de l’en spolier: * ayant fait brèche dans l’enceinte de son corps, * il ne put lui ravir le trésor de l’esprit, * car il trouva si bien protégée * l’âme de cet homme irréprochable; * quant à moi, il m’a dépouillé et réduit en captivité; * mais, accourant avant ma fin, délivre-moi * de ses perfides pièges, Sauveur, et sauve-moi.

Kondakion du saint prophète, ton 8
Illustre et véritable serviteur de Dieu, * tu t’es montré sincère, juste et pieux, * irréprochable et plein de sainteté; * par ta patience tu as instruit le monde entier, * toi qui eus tant à souffrir, vénérable Job; * c’est pourquoi tous ensemble nous célébrons ton souvenir.

Kondakion de la Samaritaine, ton 8
Par sa foi, la Samaritaine, venue au puits vit en Toi l’eau de la Sagesse ; s’en étant abondamment abreuvée, elle reçut en héritage le Royaume d’en haut, elle qui est toujours digne de louanges.

Évangile DU JOUR
(Jn X, 17-28)

Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre: tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. Il y eut de nouveau, à cause de ces paroles, division parmi les Juifs. Plusieurs d’entre eux disaient: Il a un démon, il est fou; pourquoi l’écoutez-vous? D’autres disaient: Ce ne sont pas les paroles d’un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles? On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent: Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. Jésus leur répondit: Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.

29 avril(ancien calendrier)/12 mai(nouveau)

29 avril(ancien calendrier)/12 mai(nouveau)

Les 9 Martyrs de Cyzique : saints Théognide, Rufus, Théostique, Antipater Artème, Magnus, Théodote, Thaumase et Philémon (IIIème s.) ; saints Diodore et Rhodopien, martyrs (305) ; saint Memmon thaumaturge ; sainte Rictrude de Douai (688) ; saint Basile évêque d’Ostrog au Monténégro (XVIème s.) ; saint Nectaire d’Optino (1928) ; saint Amphiloque de Potchaïev (1970).

LES NEUFS MARTYRS DE CYZIQUE

Les 9 Martyrs de Cyzique : saints Théognide, Rufus, Théostique, Antipater Artème, Magnus, Théodote, Thaumase et Philémon (IIIème s.)

Les 9 Martyrs de Cyzique : saints Théognide, Rufus, Théostique, Antipater Artème, Magnus, Théodote, Thaumase et Philémon (IIIème s.)

Ces saints et glorieux martyrs, originaires de différents endroits, furent arrêtés dans la ville de Cyzique (auj. Balikhisar), sur la côte sud de la mer de Marmara, en temps de persécution. Interrogés sur leur foi, ils répondirent avec bravoure en se moquant des superstitions idolâtres. Ils furent alors soumis à différents supplices, mais ils préférèrent s’offrir eux-mêmes, tel un sacrifice vivant, au vrai Dieu en étant décapités, plutôt que de se soumettre au culte des idoles. C’est pourquoi ils devinrent, après leur mort, médecins invisibles qui guérissaient les maux de ceux qui approchaient avec foi de leur tombeau.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8

Au milieu de la fête, abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété,  car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive.  Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à toi.

Kоndakion des saints martyrs, ton 2 

Le chœur des neuf Martyrs si fermes et lumineux, * confesseurs de la divinité au triple soleil, * à bon droit devant le tribunal lui chantait: * En agréable sacrifice nous t’offrons * nos âmes, nos corps, notre sang, * Dieu de tendresse, Seigneur, * afin que de tes chœurs célestes nous puissions faire partie.

Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4

Au milieu de la fête prescrite par la loi,  Créateur et Maître de toutes choses,  Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de toi :  Venez puiser l’eau de l’immortalité.  Aussi nous prosternons-nous devant toi et disons-nous avec foi : Accorde-nous ta compassion, ô Christ Dieu, car Tu es la source de notre vie.

Évangile DU JOUR

(Jn VIII, 21-30)

Jésus leur dit encore: Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais. Sur quoi les Juifs dirent: Se tuera-t-il lui-même, puisqu’il dit: Vous ne pouvez venir où je vais? Et il leur dit: Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés. Qui es-tu? lui dirent-ils. Jésus leur répondit: Ce que je vous dis dès le commencement. J’ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous; mais celui qui m’a envoyé est vrai, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis au monde. Ils ne comprirent point qu’il leur parlait du Père. Jésus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. Comme Jésus parlait ainsi, plusieurs crurent en lui.

6 mai

6 mai
VENDREDI LUMINEUX
Icône de la Mère de Dieu de la Source Vivifiante ; saint Job le Juste, prophète ; saints martyrs Barbare, Bacchus, Callimaque et Denis (vers 362) ; saint martyr Barbare, l’ancien bandit ; sainte Avoye (ou Aurée), vierge, martyre à Paris (IIIème s.) ; saint Germain de la Mer, évêque et martyr (480) ; saint Hatta, abbé de Saint-Vaast, à Arras (699) ; transfert des reliques de saint Sava, premier évêque de Serbie (1236) ; saint Michée de Radonège (1385) ; saint Job de Potchaïev (XVIIème s.)

SAINT JOB

saint Job le Juste, prophète

Bien longtemps avant la venue du Christ et la proclamation par Lui des promesses de la vie éternelle, vivait dans le pays d’Ausitide, aux confins de l’Idumée et de l’Arabie , un homme intègre et droit, qui craignait Dieu et se gardait de tout mal, nommé Job. Il était le plus fortuné de tous les fils de l’Orient et possédait quantité de troupeaux et de serviteurs, mais mettait ces richesses au service de Dieu. Un jour, Satan se présenta devant Dieu, en revenant de flâner sur la terre, où il avait cherché qui dévorer et entraîner dans sa déchéance. Comme Dieu lui montrait Job, en exemple d’un serviteur juste et droit, le diable répondit avec une ironie malveillante, qu’il était facile à ce riche de rester fidèle à Dieu. Répondant à cette provocation, le Seigneur remit tous les biens de Job en son pouvoir. Quelque temps après, des messagers vinrent annoncer au patriarche la perte de ses troupeaux et la mort violente de tous ses fils et de ses filles. Job déchira ses vêtements et se rasa la tête en signe de deuil, puis il se prosterna à terre et prononça ces paroles mémorables : « Nu je suis sorti du sein maternel, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le Nom du Seigneur soit béni ! » (1, 21).

Dieu montra alors à Satan que son serviteur Job avait conservé sa foi dans le malheur, mais le diable ne s’avoua pas vaincu pour autant et dit : « Touche à ses os et à sa chair, et je te jure qu’il te maudira en face ». Bien qu’Il ne soit pas l’auteur du mal et qu’Il ne désire point la souffrance, Dieu permit donc que son serviteur fût affligé d’un ulcère, des pieds à la tête, afin d’éprouver sa vertu. Le riche et puissant patriarche, mis au rebut par tous, prit un tesson de poterie pour gratter ses plaies et il s’assit sur un tas de fumier, en dehors de la ville. À sa femme qui l’engageait à maudire Dieu, il répondit : « Tu parles comme une insensée. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ! » (2, 10).

La nouvelle de l’infortune de Job parvint jusqu’à trois de ses amis, sages et nobles de villes d’Orient : Éliphaz de Téman, Bildad de Shuah et Sophar de Naamat. Ils vinrent pour le consoler, mais en le voyant sur son fumier, ils éclatèrent en sanglots et, pendant sept jours, ne purent prononcer une seule parole. Finalement ce fut Job qui prit la parole, pour maudire le jour de sa naissance et souhaiter la mort, qui marquera la fin de ses maux . À cette plainte du juste souffrant, Éliphaz opposa le commun argument de la raison humaine pour expliquer les afflictions : Le malheur et la souffrance sont envoyés par Dieu en châtiment des péchés commis au préalable. Que Job n’avance donc pas l’intégrité de sa conduite pour se justifier devant Dieu, mais qu’il confesse ses péchés et qu’il se repente, pour obtenir le pardon et recouvrer santé et prospérité. S’il se révolte contre son sort, il n’en tirera qu’un surcroît de maux. L’homme, ajouta le sage, naît pour la souffrance, et les péchés et les injustices que nous commettons doivent de toute manière être châtiés en cette vie. Au lieu de consoler Job, ces paroles le troublèrent et ravivèrent sa souffrance. Il reprocha à ses amis leur dureté à son égard — car ceux qui ne sont pas éprouvés ne peuvent comprendre qu’elle est la souffrance de l’innocent soumis à la tribulation — et il confirma son innocence. Sans se révolter contre Dieu ni demander à être délivré de ses maux, Job exprimait seulement le souhait d’en voir la fin par la mort, sa seule consolation serait alors de ne s’être jamais opposé à la parole de Dieu (6, 10).

Bildad l’interrompit, pour reprendre le même argument que son compagnon, et évoquer une loi générale et abstraite sur la rétribution des actes mauvais, qui toutefois ne s’appliquait pas au cas de Job : Dieu est absolument juste, Job ne doit donc pas protester de son innocence, mais implorer sa miséricorde. Job lui répondit que, certes, on peut admettre que les malheurs qui nous adviennent sont châtiments de nos péchés, mais de toute manière quel être créé pourrait être trouvé foncièrement juste devant le Dieu Tout-Puissant ? Même l’homme qui, comme lui, ne voit en lui-même rien à se reprocher, ne peut prétendre se justifier, et se voit donc livré aux tribulations comme l’inique. Et il ajouta, en s’adressant à Dieu : « Tu sais bien que je n’ai pas commis d’iniquité. Mais qui peut échapper à tes mains ? Cesse donc de me fixer, pour me permettre un peu de joie, avant que je ne m’en aille sans retour au pays des ténèbres et de l’ombre épaisse, où jamais la lumière ne pénètre, où l’on ne voit pas la vie des humains » (10 ; 7, 20-22).

Il apparut dès lors à Job qu’il ne pouvait guère escompter sur la compréhension de ses amis, qui prétendaient se faire les défenseurs de la justice divine par des accusations mensongères à son sujet ; et, prenant sa chair entre ses dents et sa vie en ses main (13, 14), il interrogea Dieu avec angoisse : « Combien de fautes et de péchés ai-je commis ? Dis-moi quelles ont été mes transgressions et mes péchés. Pourquoi caches-tu ta face ? » (13, 22-24). Après une nouvelle intervention d’Éliphaz, l’accusant de s’élever contre la Providence, Job, voyant que ses amis devenaient ses persécuteurs, s’écria : « Pitié, pitié pour moi, ô vous mes amis ! Car c’est la main de Dieu qui m’a frappé. Pourquoi vous acharner sur moi comme Dieu Lui-même ? » (19, 21). Puis, interrompant sa plainte, il confessa son espérance qui était celle, encore confuse, de tous les justes de l’Ancien Testament : « Je sais moi, que mon Rédempteur est vivant, que Lui, le dernier, se lèvera de la poussière. Après mon éveil, il me dressera près de lui et, de ma chair, je verrai Dieu » (19, 25-26) .

Insensibles et implacables dans leur zèle à défendre leur conception de la justice divine, les trois sages revinrent une fois de plus à la charge contre le juste, en ne se contentant plus de généralités, mais en énumérant, cette fois dans le détail, les fautes que Job avait dû commettre au temps de sa prospérité pour encourir un tel châtiment. Gardant toutefois, envers et contre tous, le bon témoignage de sa conscience, Job demanda à comparaître devant Dieu pour être jugé, convaincu que sa cause triompherait et que c’est de Dieu seul qu’il tirerait sa consolation (23, 4-7). Puis, dans un admirable discours, il confessa que si la sagesse de Dieu dans la création est inaccessible à la connaissance humaine, il n’est pas possible de connaître les motifs de l’affliction du juste ; mais celui-ci n’en cessera pas cependant d’aimer Dieu et de se confier en Lui (28, 28). Il poursuivit par une longue apologie de sa conduite et proclama qu’il était prêt à rendre compte de toutes ses actions et à porter publiquement l’acte d’accusation qu’on rédigerait contre lui.

Comme les trois sages se taisaient, à bout d’arguments, Élihu, qui s’était tenu jusque-là sur la réserve, à cause de son jeune âge, s’enflamma de colère contre Job, qui prétendait avoir raison contre Dieu et ajoutait ainsi la rébellion à son péché. Élihu s’étant tu, Dieu prit la parole au sein de la tempête, comme Il l’avait fait jadis au sommet du Sinaï, pour mettre un terme au débat. Dans un discours grandiose sur les mystères de la création et le gouvernement de la Providence, qui soumet même les monstres et les catastrophes naturelles à son dessein bienveillant, Dieu donna à son serviteur Job la clé de l’énigme que la sagesse humaine n’avait pas été capable de résoudre. Ces épreuves ne lui avaient pas été envoyées comme châtiment d’une faute, mais par un dessein gratuit et insondable, afin de manifester sa justice : « Ne rejette pas mon juste jugement. Penses-tu donc que j’ai agi autrement que pour manifester ta justice ? » (40, 8 LXX). Réalisant que ses tribulations elles-mêmes avaient été une révélation du Dieu « incompréhensible, insondable et inaccessible », Job déclara finalement : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi, plein de confusion, je me consume et me considère comme terre et cendre » (42, 5). Cet aveu d’une extrême humilité fut pour Job le couronnement de sa vertu et lui ouvrit l’accès à la vraie connaissance de Dieu, laquelle n’est autre que « la sensation de son incompréhensibilité » (S Grégoire de Nysse). Triomphant de l’épreuve, il fut comblé de bénédictions dès que, sur l’ordre de Dieu, il eut intercédé pour obtenir le pardon du péché commis par ses amis à son égard. Le Seigneur restaura sa fortune, Il lui donna le double de tout ce qu’il possédait auparavant et lui accorda une nombreuse descendance. Job vécut encore cent quarante ans et mourut, chargé de jours, à l’âge de deux cent quarante ans .
Le livre de Job occupe dans la sainte Écriture une place toute particulière et fut de tout temps la grande consolation des serviteurs de Dieu soumis à l’épreuve.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 2ème ton

Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire de la fête, ton 2

Le noble Joseph, ayant descendu de la Croix Ton Corps immaculé, L’enveloppa d’un linceul blanc avec des aromates et Le coucha avec soin dans un tombeau neuf ; mais Tu es ressuscité le troisième jour, Seigneur, faisant au monde Grande Miséricorde.

Tropaire des Myrrhophores, ton 2

Près du tombeau l’ange apparut aux saintes femmes myrrhophores et clama : La myrrhe convient aux mortels, mais le Christ est étranger à la corruption. Aussi annoncez : Le Seigneur est ressuscité et Il accorde au monde la grande miséricorde.

Tropaire du saint prophète, ton 1

De Job voyant la richesse en vertus, * l’ennemi des justes essaya de l’en spolier: * ayant fait brèche dans l’enceinte de son corps, * il ne put lui ravir le trésor de l’esprit, * car il trouva si bien protégée * l’âme de cet homme irréprochable; * quant à moi, il m’a dépouillé et réduit en captivité; * mais, accourant avant ma fin, délivre-moi * de ses perfides pièges, Sauveur, et sauve-moi.

Kondakion du saint prophète, ton 8

Illustre et véritable serviteur de Dieu, * tu t’es montré sincère, juste et pieux, * irréprochable et plein de sainteté; * par ta patience tu as instruit le monde entier, * toi qui eus tant à souffrir, vénérable Job; * c’est pourquoi tous ensemble nous célébrons ton souvenir.

Kondakion des femmes myrophores, ton 2

Tu as dis aux myrophores : « Réjouissez-vous ! » et par Ta Résurrection, ô Christ Dieu, Tu as mis fin aux lamentations d’Ève, notre première mère. A Tes Apôtres, Tu as ordonné de proclamer : le Sauveur est ressuscité du Tombeau.

Évangile DU JOUR

(Jn XV, 17 – XVI,2)

Le Seigneur dit : ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. Si je n’étais pas venu et que je ne leur eusses point parlé, ils n’auraient pas de péché; mais maintenant ils n’ont aucune excuse de leur péché. Celui qui me hait, hait aussi mon Père. Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père. Mais cela est arrivé afin que s’accomplît la parole qui est écrite dans leur loi: Ils m’ont haï sans cause. Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu.

Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste »

Dans une interview au site internet ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui »), le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, évoque le bilan de l’année 2016, la prière telle qu’elle doit être, le moyen d’évacuer la haine, les intrigues autour de l’Église, les attentes de l’année 2017 et ses souhaits pour la nouvelle année ».

– L’année 2016 touche à sa fin. Comment était-elle pour vous, Votre Béatitude, et pour l’Église ? Qu’y a-t-il eu de mémorable et qu’est-ce qui a été le plus affligeant ?

– L’année passée a été pleine de joies et d’inquiétudes pour l’Église orthodoxe d’Ukraine. Bien sûr, le plus affligeant que tout est que le sang continue à couler en Ukraine, que les gens ne peuvent se réconcilier les uns avec les autres. Néanmoins, la procession qui a eu lieu dans notre terre ukrainienne du 9 au 27 juillet a été une consolation. Elle est partie de l’Est, de la Laure de Sviatogorsk (région de Donetsk), et de l’Ouest, de la Laure de Potchaïev (région de Ternopol), et ces deux cortèges, dans la prière, se sont réunis dans la capitale ukrainienne. Nous avons prié pour toute l’Ukraine, pour l’Église, pour les autorités, pour le simple peuple, et nous avons demandé à Dieu Sa bénédiction. Nous avons demandé et demandons à Dieu ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, nous faibles hommes, à savoir parvenir à la paix pleine de grâce, et nous croyons que le Seigneur nous exaucera.

– Aujourd’hui, il y a de nombreuses intrigues autour de l’Église. Comment cela influence-t-il sa vie intérieure ?

– Effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui dans l’affliction et les épreuves. Mais le Seigneur ne nous a pas promis une vie différente. Il a dit à Ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn. XVI, 33). L’histoire de l’Église regorge de persécutions, vexations, oppressions et autres épreuves que le Seigneur a permises à l’égard de Ses disciples pour leur croissance et leur renforcement spirituels. Bien sûr, nos tribulations, comparées à celles que l’Église du Christ a subies pendant les trois premiers siècles de son existence, ce n’est rien. Les membres de l’Église étaient alors simplement anéantis physiquement, tandis qu’aujourd’hui on ne fait que nous invectiver et nous accuser injustement. Ce sont de petites épreuves pour notre amour et notre patience. Gloire à Dieu pour tout.

– Votre Béatitude, est-il possible d’éteindre le conflit au Donbass dans un proche avenir ?

– L’Église nous dit qu’aucun problème terrestre ne peut être équivalent à la valeur de la vie d’un seul individu ; celle-ci, sur la balance de la Justice divine, est plus précieuse que tous les problèmes. À ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de régler les problèmes terrestres par la guerre, nous rappelons avec amour qu’il existe pour n’importe quel problème une voie pacifique de règlement. L’homme a le don de la parole, à l’aide de laquelle on peut atteindre la compréhension. C’est précisément par ces méthodes que l’Église appelle à résoudre tous les problèmes terrestres et elle prie pour que la paix règne en Ukraine. L’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner mutuellement, d’arrêter de s’entretuer. Telle fut aussi la position de notre Église en d’autres temps, lorsqu’il y avait des guerres semblables, lorsque nos princes se dressaient les uns contre les autres. En ces temps, notre Église appelait également au pardon mutuel, c’est la raison pour laquelle on la haïssait, on chassait des monastères les moines, les évêques. Ensuite, les puissants de ce monde ont commencé à comprendre que l’Église a raison, ils corrigeaient leurs fautes et se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra dans la situation présente. Tous doivent s’humilier : les forts et les faibles, les simples gens et ceux qui détiennent le pouvoir, les riches et les pauvres, il faut à tous rechercher la voie de la paix pour régler les problèmes terrestres. Recherchons l’humilité, repentons-nous de nos péchés, et alors le Seigneur rendra la paix à l’Ukraine et nous bénira tous.

– Que pouvez-vous conseiller à un homme, qui ne peut pas pardonner une offense mortelle, qui éprouve une haine tenace ? Comme se dominer ?

– La haine entre les hommes naît de l’orgueil. Nous devons lutter contre l’orgueil à l’aide de l’humilité. L’humilité est la vertu primordiale que Dieu nous enseigne. Elle ne constitue pas une faiblesse, comme le considèrent certains. L’humilité chrétienne est une évaluation critique de sa propre personne, c’est la capacité de l’homme de trouver sa place dans ce monde vaste, divers. Lorsque l’homme peut s’évaluer lui-même correctement, lorsqu’il trouve sa place dans cette vie, il peut alors se soumettre à la volonté Divine. Et lorsque l’homme adopte des positions justes dans ce monde à son propre égard, à celui du prochain et de toute la création, il devient apte à voir la bonté et l’amour de Dieu et à se soumettre à la volonté de Dieu. Celle-ci, dans la langue spirituelle, s’exprime par un seul mot : l’humilité. Par l’humilité dans l’âme, l’homme acquiert l’amour spirituel et la paix intérieure.

– Il vous est advenu de prendre la direction de l’Église à un moment charnière de l’histoire de l’Ukraine. Avez-vous un saint ou une prière qui vous sont chers et auquel, ou par laquelle, vous vous adressez lors du moment difficile ?

– Chaque saint aidera, chaque prière sera forte, si l’homme tourne son visage vers Dieu. L’homme sait alors que Dieu l’aide toujours, s’il Le recherche, s’il L’honore, s’il s’efforce de Lui être agréable. Si l’homme se tourne vers Dieu, Il lui donne tout ce qu’il lui faut pour la vie terrestre et la vie éternelle, et Il l’aide lors du moment difficile.

– Votre Béatitude, vous êtes un grand homme de prière, vous vous efforcez de vous faire remarquer le moins possible, vous aimez la solitude. Et soudain vous vous êtes retrouvé chef de l’Église. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ? Celui-ci était-il joyeux ou était-ce là une source d’anxiété ?

– Je ne prétends pas être un homme de prière, je veux seulement apprendre la prière, et jusqu’à maintenant je n’ai pas de quoi me vanter. En ce qui concerne mon élection, je l’ai reçue comme une croix que le Seigneur a posée sur mes épaules pécheresses. J’ai pensé sur la façon de me comporter afin d’accomplir dignement cette obédience, afin de ne pas m’éloigner de Dieu, de Ses commandements. Ce n’est qu’avec Lui et par Sa grâce que l’homme peut supporter les charges et les épreuves qui lui sont assignées. Les règles de cette vie sont semblables pour tous, tant pour le laïc, que pour le simple moine, que pour le métropolite. La différence est qu’au métropolite, il sera plus demandé. C’est ce à quoi j’ai pensé.

– Qui a joué le rôle le plus important dans votre vie ? Qui, pour vous, est un exemple de vie ?

– Pour moi personnellement, l’exemple d’un tel service de Dieu et de l’Église sont saint Nicolas, saint Basile le Grand, saint Dimitri de Rostov qui, par leur prédication et leur exemple personnel d’humilité et de miséricorde chrétiennes, ont acquis la grâce de Dieu. L’homme porte en lui l’image de Dieu, par laquelle Il l’a orné. Il y a dans chacun de nous deux personnes : le nouveau et l’ancien. Le nouveau aspire à vivre selon l’Évangile, tandis que l’ancien qui consiste du vice, nous incline vers le péché. Ces deux hommes, le nouveau et l’ancien, luttent continuellement l’un contre l’autre, c’est une véritable guerre. Si nous commençons à pécher, nous renforçons notre vieil homme, et lorsque celui-ci commence à vaincre l’homme nouveau, nous devons agressifs et mauvais. Tous les saints ont trouvé en eux les forces pour se dresser contre le vieil homme, raison pour laquelle je m’incline devant la mémoire de saint Onuphre le Grand, mon protecteur céleste, et les saints moines de la Laure des Grottes de Kiev, saint Serge de Radonège, saint Job de Potchaïev. Chaque saint, envers lequel, j’ai moi-même, pécheur, une quelconque relation, constitue un digne exemple à imiter. Il nous montre comment revenir à l’image de Dieu qui est en nous et à la préserver. Lorsque nous prions, nous invoquons sur nous la grâce du Très saint Esprit, qui nous transfigure, qui fait revenir en nous la paix perdue, qui remet tout en place dans notre vie. La prière aide l’homme à comprendre Dieu correctement. Si l’homme prie avec un cœur ouvert, avec repentir et humilité, Dieu le console souvent par la joie, et le sentiment de bonheur.

– Comment voyez-vous l’année prochaine 2017 et le futur immédiat de l’Ukraine et de la paix ? Y a-t-il des raisons d’être pessimiste ou êtes-vous optimiste ?

– Je suis optimiste, le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste. Les chrétiens ne doivent être tristes que de leurs péchés. Si l’homme commence à confier sa personne à Dieu, il commence alors à bâtir sa vie sur les lois divines, il purifie de plus en plus son âme du péché, il voit Dieu plus clairement, et l’avenir ne lui semble pas sombre et bouché. À l’issue des tunnels les plus sombres du désespoir, le chrétien voit Dieu.

– Votre Béatitude, donnez, je vous en prie, des recommandations à nos lecteurs pour la nouvelle année.

– Je voudrais souhaiter à tous et à moi-même les miséricordes du Seigneur, le pardon de nos péchés ainsi que la bénédiction de Dieu, afin que chacun de nous porte dignement sa croix terrestre et soit rendu digne de devenir héritier du Royaume céleste. Préservez votre foi, et plus que tout gardez la prière, elle est l’aide donnée à l’homme pour qu’il surmonte toutes les difficultés qu’il rencontre sur la voie de la vie terrestre. La prière donne à l’homme le sentiment de la vérité, car il est vraiment difficile de la connaître par le seul intellect. Il y a dans la vie beaucoup d’exemples de personnes qui disposent d’une instruction théologique supérieure mais qui, n’ayant pas la prière, « déraillent ». Mais il y a des gens simples qui ont la prière, et qui ressentent clairement où est la vérité, où est la tromperie. La prière, précisément, permet de percevoir la vérité, la compréhension de ce qui est lumière et ce qui est ténèbres, ce qui est bien et ce qui est mauvais. Et que le Seigneur nous donne à tous d’accomplir la prière dans notre vie quotidienne.

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Session du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à New York

Le jeudi 8 décembre, la session ordinaire du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a été ouverte en la résidence synodale à New York par son primat le métropolite Hilarion. Ont participé à la session l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc, l’archevêque de San Francisco et d’Amérique de l’Ouest Cyrille, l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel, l’archevêque de Chicago et d’Amérique centrale Pierre, l’évêque de Manhattan Nicolas et l’évêque de Sacramento Irénée. L’archimandrite Romain (Krasovsky), chef de la Mission de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à Jérusalem, a exposé en détails la vie des couvents russes de l’Ascension sur le Mont des Oliviers et de Sainte-Marie-Madeleine à Gethsémani, ainsi que de la laure Saint-Chariton-le-Confesseur. Il a également évoqué les préparatifs, au Mont des Olivers, des fêtes dédiées au 200ème anniversaire de la naissance de l’archimandrite Antonin (Kapoustine), ainsi que les bonnes relations entre les deux parties de la Mission orthodoxe russe à Jérusalem, grâce au travail commun de leurs chefs. Les archipasteurs ont évoqué la situation dans le diocèse de Grande-Bretagne, où les fresques de la cathédrale de la Dormition à Londres sont actuellement peintes par les meilleurs iconographes sous la direction d’un professeur de l’école iconographique de l’Académie ecclésiastique de Moscou. Les fresques seront terminées en automne de l’an prochain, et il est prévu alors de procéder à la grande consécration de l’église, qui sera alors dédiée à la Nativité de la Mère de Dieu [les deux églises orthodoxes russes de Londres, celles du Patriarcat de Moscou et de l’Église russe hors-frontières étant actuellement dédiées à la même fête, i.e. la Dormition, ndt). Après avoir écouté le rapport de l’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne, le Synode des Evêques a donné satisfaction à la requête de celui-ci demandant d’être libéré de la charge du diocèse de Grande-Bretagne. Les paroisses concernées seront désormais rattachées directement au président du Synode des évêques. L’archiprêtre André Sommer, vice-président du Département synodal de la jeunesse, a fait un rapport sur le chœur synodal des jeunes, créé l’an passé, lequel a effectué un pèlerinage en mai de cette année aux lieux saints de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ce chœur a participé aux offices aux Laures de Kiev et de Potchaïev, au monastère de l’Ascension à Bantcheny (diocèse de Tchernovtsy et Bucovine), au monastère de la Protection de la Mère de Dieu et dans les autres églises de la capitale ukrainienne. Sur l’initiative du Département synodal de la jeunesse a été organisé le programme « la tirelire scolaire », par laquelle les élèves des écoles paroissiales russes en Amérique du nord ont récolté plus de 10’000 dollars pour l’orphelinat du monastère de l’Ascension à Bantcheny. Outre le pèlerinage en Ukraine, le chœur des jeunes a donné des concerts et a participé aux offices à la cathédrale synodale à New York, ainsi que dans les églises Saint-Séraphim à Sea-Cliff et de la Protection de la Mère de Dieu à Glen Cove, dans l’État de New York. L’archiprêtre André Sommer a mentionné que l’an prochain marquera le dixième anniversaire du rétablissement de la communion dans l’Église orthodoxe russe, et que les programmes et projets du Département de la jeunesse ont beaucoup contribué au renforcement de cette unité. L’archiprêtre a ensuite évoqué l’œuvre sociale dudit Département, a présenté le plan d’activité pour l’an prochain, et a répondu aux questions des évêques présents à la Session. Le Synode des évêques a décidé que la prochaine Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières aurait lieu du 9 au 15 juin 2017. Une commission destinée à sa préparation sera constituée de l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel, de l’archevêque de Chicago et d’Amérique centrale Pierre et de l’évêque de Manhattan Nicolas. Le Synode des évêques a également examiné la question du centenaire de la révolution russe. À ce sujet, le Synode des évêques s’adressera au clergé et aux fidèles par un message particulier et a donné sa bénédiction pour commémorer dans la prière, en 2017, « toutes les victimes innocentes au temps des malheurs, qui ont été tuées, ont souffert et été torturées, qui ont péri en exil et en prison d’une mort terrible, eux dont Toi seul, Seigneur, connais les noms ». Cette commémoration aura lieu dans toutes églises relevant de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le samedi de l’abstinence de viande, les samedis des défunts du Grand Carême et le samedi de saint Dimitri. Un décret sera envoyé à ce sujet à tous les évêques diocésains. Le deuxième jour de la session, le Synode des évêques a examiné un rapport sur le projet de location de certaines parties du bâtiment du Synode à New York ainsi que sur la rénovation de celui-ci. Le Synode des évêques a confié au Comité synodal des traductions de revoir la traduction anglaise de l’office à saint Jonas, évêque de Hankou [Mandchourie, +1925]. Le comité devra présenter un rapport à ce sujet lors de la prochaine session du Synode. Ensuite, le Synode a pris une série de décisions administratives et a approuvé un projet de lettre de félicitations au président Trump nouvellement élu. Enfin, le métropolite Hilarion de New York et d’Amérique orientale a remercié ses frères dans l’épiscopat pour leur amour, leur sagesse et le zèle dans leur activité. La prochaine session du Synode aura lieu en février 2017.

Source : 1 et 2

L’évêque Athanase (Jevtić), évêque émérite de Zachumlie et Herzégovine (Église orthodoxe serbe), a visité la Slovaquie orientale

L’évêque Athanase (Jevtić), évêque émérite de Zachumlie et Herzégovine, a visité la Slovaquie orientale du 26 au 30 novembre 2016, se rendant sur les pas de saint Justin (Popović), qui a séjourné dans cette région entre 1929 et 1930, afin de développer la mission de l’Église orthodoxe serbe auprès des populations qui revenaient de l’uniatisme à l’orthodoxie. Le but principal de la visite de Mgr Athanase était la célébration du 90ème anniversaire du retour à l’orthodoxie des habitants du village d’Osadné, après l’union d’Užgorod qui dura 200 ans. C’est dans ce village que Mgr Athanase a concélébré la sainte liturgie avec le primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, le métropolite Rastislav. Dans le sous-sol de l’église, l’évêque Athanase a célébré un court office de requiem devant l’ossuaire qui abrite les restes de 1025 soldats morts pendant la Première guerre mondiale. L’évêque a visité également de nombreuses églises, dans lesquelles il a prêché et vénéré les saintes icônes et reliques de Slovaquie. Entre autres, il a rendu visite à la skite du défunt higoumène Ignace (Čokina), lequel connaissait probablement saint Justin, puisqu’il a séjourné un certain temps au monastère Saint-Job-de-Potchaïev à Ladomirovo, que le saint mentionne dans ses notes sur son voyage dans ces régions. L’higoumène Ignace vécut une sainte vie et est vénéré dans le peuple, ce qui fait que son nom sera prochainement introduit dans le calendrier des saints de l’Église orthodoxe. Mgr Athanase a également visité l’église de ce monastère, aujourd’hui église paroissiale. Avant la seconde guerre mondiale, le monastère disposait d’une imprimerie où furent édités de nombreux livres à contenu spirituel et liturgique, qui étaient diffusés dans toute l’émigration russe. De là, après la guerre, les moines sont partis à Munich, puis à l’actuel monastère de Jordanville aux États-Unis. Non loin de Ladomirovo naquit le métropolite Laure (Škurla, +2008), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières. Ensuite, Mgr Athanase a célébré la sainte liturgie en la chapelle Saint-Jean-le-Théologien du séminaire de Prešov, où il a fait une conférence sur saint Justin. Le 30 novembre 2016, il a prononcé une autre conférence à la Faculté de théologie orthodoxe de la même ville, sur le thème « Le Christ, Terre des vivants ».

Source

28 octobre (ancien calendrier)/10 novembre (nouveau)

28 octobre (ancien calendrier)/10 novembre (nouveau)

Sainte Parascève, martyre (III). Saint Térence et son épouse sainte Néonille, martyrs avec leurs enfants saints Sarbèle, Photos, Théodule, Hiérax, Nitas, Vilos et sainte Eunicée (249-250) ; saint Cyriaque, patriarche de Jérusalem, martyr (363) ; saint Térence, évêque de Metz (vers 500) ; saint Faron, évêque de Meaux (669) ; saint hiéromartyr Néophyte, évêque d’Urbnisi (Géorgie, VIIème s.) ; saint Étienne le Sabbaïte, moine (794) ; saint Nestor l’analphabète des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Arsène, archevêque de Serbie (1266) ; saint Hyacinthe, métropolite en Dobroudja (1372)saint Job, abbé de Potchaev (1651) ; saint Dimitri, métropolite de Rostov (1709) ; saint Arsène de Cappadoce (1924) ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Vilensky), prêtre (1918).

SAINT JOB DE POTCHAÏEV

Saint Job, abbé de Potchaev (1651)

Saint Job, dans le monde Jean Jelezo, naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses.
SAINT ARSÈNE DE CAPPADOCE
Saint Arsène naquit vers 1840 dans la Cappadoce chrétienne, patrie des Pères de l’Église, qui, malgré l’oppression turque, gardait au début de ce siècle une surprenante vitalité chrétienne. Devenu moine à l’issue de ses études, il fut envoyé comme prêtre dans son village natal, Pharassa, pour y instruire les enfants abandonnés. Après son pèlerinage à pied en Terre Sainte, pèlerinage qu’il renouvelait tous les dix ans, il reçut le surnom de Hadjiéfendis (« maître-pèlerin »). Humble prêtre de Dieu, il fut pendant toute sa vie le père et l’âme de la population. Non content de leur enseigner les rudiments de la culture hellénique, bannie par les autorités turques, il donnait aux Grecs opprimés un exemple vivant de la grandeur et de la dignité chrétienne. Plus que toute parole ou tout enseignement, il était lui-même présence de Dieu, source abondante de grâce et de guérisons miraculeuses, non seulement pour le peuple grec, mais aussi pour les Turcs. Ne se souciant jamais de connaître l’origine ou la religion des personnes qui se présentaient à lui avec confiance, il cherchait avant tout la prière qui était appropriée à chaque cas. S’il ne la trouvait pas dans l’Euchologe, il prenait un psaume, lisait un passage de l’Évangile ou se contentait même de poser sur la tête du malade l’Évangéliaire. Les miracles du Père Arsène étaient devenus si naturels qu’il n’y avait pas d’autre médecin à Pharassa. Il était pour tous le médecin des âmes et des corps. Ceux qui ne pouvaient se déplacer lui envoyaient des vêtements. Saint Arsène lisait alors la prière adéquate ou l’écrivait sur un morceau de tissu, et la guérison était assurée. Parfois la guérison ne venait que progressivement, pour le profit de ceux qui avaient besoin de s’humilier et de prendre peu à peu conscience du secours de Dieu. Le Père Arsène refusait tous les cadeaux qu’on lui proposait en remerciement de ses bienfaits, en disant : « Notre foi ne se vend pas ! » Et il dissimulait habilement ses vertus, au moyen d’excentricités ou d’accès simulés de colère, afin d’éviter l’estime des hommes et de préserver ainsi sa tranquillité. Quand on admirait son pouvoir de thaumaturge, il répondait sévèrement : « Eh bien ! pensez-vous que je sois un saint ? Mais je ne suis qu’un pécheur pire que vous ! Ne voyez-vous pas que je me mets en colère ? C’est le Christ qui accomplit sous vos yeux les miracles. Moi je n’ai qu’à lever les mains et à Le prier. » De fait, quand il élevait les mains vers Dieu en geste d’intercession, c’était comme si son âme se brisait. On avait l’impression qu’il saisissait le Christ par les pieds et ne le laissait que lorsque sa demande avait été exaucée. Saint Arsène vivait dans une étroite cellule au sol en terre battue, en jeûnant, veillant et priant continuellement. Deux jours par semaine, et souvent davantage, il fermait sa porte pour se livrer à la pure contemplation, revêtu d’un sac et prosterné sur la cendre. Et ces jours-là, ceux qui venaient demander son secours, trouvant la porte close, prenaient un peu de poussière sur le seuil et se trouvaient sûrement guéris. Sévère envers lui-même, le Père Arsène était tout amour et compassion envers ses ouailles, en particulier à l’égard de ceux qui venaient confesser leurs péchés. Plus que par des « pénitences » ou des réprimandes, il guérissait les pécheurs par la charité. Il allait souvent, pieds nus, célébrer des vigiles dans les chapelles isolées. Il n’utilisait pas de monture, pour imiter le Christ qui allait toujours à pied, et aussi par égard pour les animaux. À plusieurs reprises des saints apparurent pour l’assister pendant la Divine Liturgie, et des fidèles purent admirer son visage alors transfiguré par la lumière divine. Doué du charisme de clairvoyance, le Père Arsène prédit bien à l’avance l’expulsion des Grecs d’Asie Mineure, et il organisa le départ des habitants de Pharassa. Lorsque l’ordre d’expulsion arriva, le 14 août 1924, le vieillard se mit à la tête de son troupeau, tel un autre Moïse, pour un exode de trois cents kilomètres à pied, au milieu des Turcs menaçants. Toujours uni à Dieu, il n’en cessait pas pour autant de répandre la miséricorde divine indistinctement sur les chrétiens et les musulmans. Conformément à ce qu’il avait annoncé à ses fidèles, il ne vécut que quarante jours après leur arrivée sur la terre grecque. Comme il était alité à l’hôpital, un de ses proches voulut écraser un pou qu’il avait décelé sur son corps. Mais le Père Arsène s’écria : « Non, ne le tue pas le pauvre ! Laisse-le manger lui aussi un peu de chair ! N’y en aurait-il donc seulement que pour les vers ? » Puis, se tournant vers ses visiteurs, il leur dit : « L’âme ! l’âme ! soignez-la davantage que la chair qui, elle, ira à la terre et sera mangée par les vers ! » Ce fut son dernier sermon et son testament. Deux jours plus tard, le 10 novembre 1924, il remit en paix son âme à Dieu, avec la confiance du fidèle serviteur. Il était âgé de quatre-vingt-trois ans. Depuis 1970, saint Arsène n’a cessé de témoigner de la familiarité qu’il a acquise auprès de Dieu par quantité d’apparitions et de miracles advenus auprès de ses précieuses reliques, qui sont déposées au couvent de Sourôti, proche de Thessalonique. Son culte a été reconnu par le Patriarcat Œcuménique en 1986.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Térence, sainte Néonille et leurs enfants, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre [Job] très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

Kondakion de saint Étienne le Sabbaïte, ton 4
Ayant planté le paradis des vertus * et l’ayant arrosé sous les flots de tes pleurs, * illustre Père, toi qui as trouvé l’arbre de vie, * sauve de la ruine, par tes prières, ton troupeau; * délivre du péril ceux qui te vénèrent avec ardeur, * car en toi, sage Étienne, nous possédons, * nous les fidèles, un très grand protecteur.

Tropaire de saint Arsène de Cappadoce, ton 3
Ayant bien mené la vie selon Dieu, tu te révélas, Arsène le Théophore, un réceptacle précieux du Paraclet. Et ayant reçu la grâce des miracles, tu dispenses à tous prompt secours: Père bienheureux, prie le Christ notre Dieu d’accorder à nos âmes Sa grande miséricorde.

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4
Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.

Kondakion de saint Arsène de Cappadoce, ton 4
Fleur nouvellement éclose en Cappadoce et réceptacle très précieux de vertus, que saint Arsène soit chanté par moi. Car il vécut dans la chair comme un ange et vit maintenant dans les demeures des saints, avec lesquels il prie sans cesse le Christ de nous accorder la rémission des péchés.

Évangile du jour
(Lc XI, 1-10)

Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples. Il leur dit: Quand vous priez, dites: Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne. Donne-nous chaque jour notre pain quotidien; pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous laisse pas entrer en tentation. Il leur dit encore: Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Ami, prête-moi trois pains,car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir,et si, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, je vous le dis, même s’il ne se levait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. Et moi, je vous dis: Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.

À Moscou a été inaugurée une exposition dédiée à la procession pan-ukrainienne pour la paix

L’exposition de photos « Deux ailes d’une seule prière » est consacrée à la Procession pan-ukrainienne pour la paix, l’amour et la prière pour l’Ukraine, a été inaugurée à Moscou, dans le cadre du VIIème festival international des médias orthodoxes « Foi et Parole ». Plus de 300 photos reflétant toutes les étapes de la procession dans la prière, ont été exposées dans l’une des salles de la cathédrale du Saint-Sauveur à Moscou. L’exposition est construite de telle façon que le visiteur parcourt le chemin depuis la Laure de Sviatogorsk dans l’Est de l’Ukraine, et la Laure de Potchaïev dans l’Est jusqu’au cœur de l’Ukraine orthodoxe, la Laure des Grottes de Kiev. Le premier visiteur de l’exposition a été le patriarche de Moscou Cyrille. Les explications lui ont été donné par le rédacteur en chef du journal « Foma – Ukraine », collaborateur du Département de l’information et de l’instruction, le protodiacre Alexandre Karpenko. Le patriarche a exprimé son admiration envers les participants de la Procession qui a eu lieu en juillet 2016 comme un « haut-fait spirituel ». « Je considère que la procession à Kiev a été une grande miséricorde, le signe de la bienveillance Divine envers l’Église orthodoxe d’Ukraine, le peuple ukrainien, et le témoignage de ce que doit être la mission de l’Église dans notre monde divisé par ses contradictions », a déclaré le patriarche après sa visite de l’exposition. Des centaines de représentants des clubs de presse et des rédactions régionaux de Russie, Ukraine, Biélorussie, Kazakhstan, des Pays baltes ont visité l’exposition. Toutes les photos ont été réalisées par le photographe d’art Serge Ryjkov.

Source

28 octobre

28 octobre
Jour de jeûne

Sainte Parascève, martyre (III). Saint Térence et son épouse sainte Néonille, martyrs avec leurs enfants saints Sarbèle, Photos, Théodule, Hiérax, Nitas, Vilos et sainte Eunicée (249-250) ; saint Cyriaque, patriarche de Jérusalem, martyr (363) ; saint Térence, évêque de Metz (520) ; saint Faron, évêque de Meaux (669) ; saint hiéromartyr Néophyte, évêque d’Urbnisi (Géorgie, VIIème s.) ; saint Étienne le Sabbaïte, moine (794) ; saint Nestor l’analphabète des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Arsène, archevêque de Serbie (1266) ; saint Hyacinthe, métropolite en Dobroudja (1372) ;saint Job, abbé de Potchaev (1651) ; saint Dimitri, métropolite de Rostov (1709)  ; saints néo-martyrs de Russie : Jean (Vilensky), prêtre (1918).

SAINT TÉRENCE, SAINTE NÉONILLE ET LEURS ENFANTS

Cette sainte famille vivait dans la piété et l’amour mutuel, à une époque et dans un lieu qui ne nous sont pas connus. Livrés au tribunal du gouverneur païen, ils confessèrent tous, d’une seule voix, le Christ vrai Dieu et se moquèrent des idoles. On les soumit immédiatement à la torture, en versant du vinaigre et du sel sur leurs plaies pour les rendre plus douloureuses. Mais les saints martyrs endurèrent les tourments sans broncher, s’encourageant mutuellement par leur silence à persévérer jusqu’à la fin. À plusieurs reprises, un ange envoyé par Dieu les guérit miraculeusement et les protégea contre les fauves. En voyant qu’ils résistaient à tous les tourments, les païens leur tranchèrent finalement la tête, leur offrant ainsi la couronne de la victoire.
SAINT JOB DE POTCHAÏEV
Saint Job, dans le monde Jean Jelezo, naquit dans une famille pieuse de Pokutcha, en Galicie, vers 1550. Ayant manifesté de l’ardeur pour les œuvres de la piété dès sa plus tendre enfance, il quitta le domicile familial à l’âge de neuf ans, et entra au monastère de la Transfiguration à Ugornitsky dans les Carpathes. Le jeune garçon faisait preuve d’une grande humilité et d’un total renoncement à sa volonté propre, aussi reçut-il la tonsure monastique dès l’âge de douze ans. Tout le temps libre dont il disposait était consacré à la prière et à la lecture d’ouvrages utiles à l’âme. L’austérité de son ascèse et sa ferveur pour la prière furent bientôt réputées dans tout l’Ouest de la Russie. Quelques années plus tard, le défenseur de l’Orthodoxie, Constantin Constantinovitch, prince d’Ostrog, désirant fonder un monastère dédié à l’Exaltation de la Sainte Croix à Duben, en vue de protéger le peuple contre le prosélytisme des jésuites et des Polonais, fit appel à Job, qui venait d’être ordonné prêtre pour assurer l’higouménat. Le saint resta vingt-deux ans à la tête de cette communauté, où les moines vivaient dans toute sa rigueur la tradition ascétique orthodoxe. Mais, brûlant du désir de mener la vie d’un simple moine, il s’enfuit un jour secrètement et entra à la laure peu connue de Potchaev, dans le diocèse de Volynie. Là encore, ses vertus ne purent rester cachées, et les moines lui demandèrent bientôt d’accepter la charge d’higoumène. Ayant accepté malgré son désir de demeurer dans l’hésychia, il instaura un régime de vie cénobitique, fit construire une église de pierre et éleva le monastère à une grande prospérité matérielle et spirituelle. Il prit aussi une part active à la lutte contre l’uniatisme, en manifestant que la plénitude de la sainteté se trouve au sein de l’Église Orthodoxe. Vers la fin de sa vie, après avoir reçu le Grand Habit angélique sous le nom de Jean, il nomma son successeur et alla mener, avec la plus grande austérité, la vie de reclus dans une grotte souterraine totalement obscure. Il s’endormit dans le Seigneur le 28 octobre 1651, âgé de presque cent ans. Huit ans plus tard, en 1659, ses reliques furent trouvées intactes, et elles n’ont cessé d’accomplir depuis quantité de guérisons miraculeuses.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Térence, sainte Néonille et leurs enfants, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Job de Potchaïev, ton 4
Ayant atteint la longanimité de l’ancêtre [Job] très-éprouvé, et imité la tempérance du Baptiste, émule de leur zèle divin, tu as été digne de prendre leurs noms, et tu fus le prédicateur intrépide de la foi véritable ; aussi tu as amené la multitude des moines au Christ, et tu as affermi tous les hommes dans l’Orthodoxie, Job notre père vénérable, prie pour sauver nos âmes.

Kondakion de saint Étienne le Sabbaïte, ton 4
Ayant planté le paradis des vertus * et l’ayant arrosé sous les flots de tes pleurs, * illustre Père, toi qui as trouvé l’arbre de vie, * sauve de la ruine, par tes prières, ton troupeau; * délivre du péril ceux qui te vénèrent avec ardeur, * car en toi, sage Etienne, nous possédons, * nous les fidèles, un très grand protecteur.

Kondakion de saint Job de Potchaïev, ton 4
Tu fus une colonne de la foi véritable, un zélateur des commandements évangéliques, le pourfendeur de l’orgueil, et le maître et le défenseur des humbles ; aussi demande pour ceux qui t’exaltent la rémission des péchés, et de préserver ton monastère, Job notre père, semblable à celui qui fut très éprouvé.
Évangile du jour
(Lc IX, 44-50)
Pour vous, écoutez bien ceci: Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole; elle était voilée pour eux, afin qu’ils n’en eussent pas le sens; et ils craignaient de l’interroger à ce sujet. Or, une pensée leur vint à l’esprit, savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Jésus, voyant la pensée de leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, et leur dit: Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. Jean prit la parole, et dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, lui répondit Jésus; car qui n’est pas contre vous est pour vous.

28 août (ancien calendrier) 10 septembre (nouveau)

28 août (ancien calendrier) 10 septembre (nouveau)

Saint Moïse l’Éthopien (vers 400) ; sainte prophétesse Anne, fille de Phanuel (I) : sainte Chouchanik (Suzanne), princesse martyre de Géorgie (V) ; saint martyr Julien de Brioude en Auvergne (III) ; synaxe des saints de la Laure des grottes de Kiev (grottes lointaines) ; saint Amphiloque de Vladimir en Volhynie (1122) ; saint Sabbas de Krypets (1495) ; invention des reliques de saint Job de Potchaïev (1659) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Bourdine), prêtre (1918) ; Serge (Zaïtsev), Laurent (Nikitine), Séraphim (Kouzmine), Théodose (Alexandrov), Léonce (Kariaguine), Étienne, Georges (Timofeev), Hilarion (Pravdine), Jean (Sretensky) et Serge (Galine), moines de Kazan (1918) ; Alexandre (Medvedev), diacre (1918) ; Nicolas (Gueorguievsky), prêtre (1931) ; Basile (Sokolsky) (1937).

VIE DE SAINT MOÏSE L’ÉTHIOPIEN
Le bienheureux Moïse était éthiopien de race et avait l’âme aussi noire que la peau. Il était esclave au service d’un magistrat, qui le chassa à cause des vols et des mauvaises actions qu’il avait commises. Il devint alors chef d’une bande de brigands qui ne reculaient devant aucun moyen — fût-ce le meurtre — pour accomplir leurs larcins. Cependant, à l’occasion d’un accident qui lui survint, la conscience de Moïse se réveilla. Touché par l’amour du Christ, il prit en haine le péché ainsi que sa vie passée, et résolut de montrer un ardent repentir. Après avoir été baptisé, il se retira aussitôt au désert de Scété, dans un lieu solitaire et dépourvu de consolation humaine, au point qu’il n’avait même pas un peu d’eau pour réconforter son corps desséché par le soleil et par les labeurs de l’ascèse.

Un jour, quatre brigands se jetèrent sur lui alors qu’il était assis dans sa cellule. Moïse, qui était doté d’une force prodigieuse, les ligota et les portant sur son dos comme un sac de paille, il les amena à l’église, en disant : « Il ne m’est pas permis de faire du mal à quiconque. Qu’ordonnez-vous pour ces gens-là ? » Apprenant qu’il était Moïse, le célèbre chef de bande, les quatre hommes se dirent que si un tel scélérat en était venu à servir Dieu, le salut n’était pas loin d’eux aussi, et ils devinrent moines.

Malgré son repentir et ses combats ascétiques, Moïse continuait cependant à être assailli par l’habitude des passions, cette seconde nature, qui était si profondément enracinée en lui qu’il dut mener pendant dix ans un combat implacable contre le démon de la fornication. Un jour, alors qu’il était près de céder au désespoir et d’abandonner la lutte, il rendit visite au grand abba Isidore, le prêtre de Scété. Comme il lui racontait ses épreuves, l’Ancien lui dit qu’il ne fallait pas s’étonner d’avoir à affronter de si violents combats, car le pécheur endurci est semblable au chien de boucherie, qui a coutume de ronger les os, et qui ne peut renoncer à cette habitude que lorsqu’on cesse de l’entretenir et qu’on ferme la boucherie. De même, il ne suffira pas au pécheur de cesser de commettre le péché, il lui faudra aussi chasser la mauvaise habitude par la bonne habitude de la vertu, en mortifiant sa chair pendant de longues années. Le démon, désespéré de se voir ainsi sans matière pour allumer les désirs impurs dans le cœur, abandonnera la lutte. De retour dans sa cellule, Moïse se livra à de grandes austérités : il ne mangeait que douze onces de pain sec, épuisait son corps par le travail et faisait cinquante séries de prières par jour. Mais il avait beau macérer ainsi sa chair, il restait tout embrasé, particulièrement dans les rêves. Il alla donc de nouveau prendre conseil d’un autre grand vieillard, qui lui recommanda d’ajouter à la sobriété corporelle celle de l’intelligence, en la purifiant par les veilles. Moïse associa dès lors à ses jeûnes, les veilles quotidiennes la nuit entière : pendant six ans, il se tint debout toutes les nuits au milieu de sa cellule, priant sans fermer l’œil. Comme les pensées continuaient de l’assaillir, il compléta l’édification en lui de l’homme nouveau par un amour ardent pour ses frères. La nuit, il se rendait dans les cellules des vieux anachorètes qui n’avaient plus la force d’aller chercher de l’eau, et il allait remplir leurs jarres au puits qui se trouvait à plusieurs milles de là.

Le démon, furieux de se voir ainsi vaincu de toutes parts par le serviteur de Dieu, l’assaillit une nuit, alors qu’il était penché au-dessus du puits, et lui donna un violent coup de massue sur les reins. Le lendemain, un frère, qui était venu puiser de l’eau, le trouva gisant là à demi mort et alla en informer abba Isidore. Transporté à l’église, Moïse ne recouvra ses forces qu’au bout d’une année. Isidore l’engagea à cesser de provoquer les démons au combat, car il y une mesure en tout, mais le vaillant soldat du Christ lui répondit : « Il m’est impossible de cesser, tant que les imaginations suggérées par les démons me troubleront. » L’Ancien lui annonça qu’il serait désormais délivré des rêves, et que cette épreuve avait été permise par Dieu pour qu’il ne se vante pas d’avoir surmonté la passion par ses propres forces. Moïse retourna donc dans sa cellule, et au bout de deux mois, il revint voir Isidore auquel il déclara ne plus éprouver aucun trouble. En plus de la grâce de l’impassibilité, Dieu lui accorda le pouvoir contre les démons, et transforma son caractère violent en une charité et une douceur sans pareille.

Un jour, un frère ayant commis une faute à Scété, les Pères se rassemblèrent pour le juger et invitèrent abba Moïse à se joindre à eux ; mais celui-ci refusa de se rendre à cette assemblée. Comme tout le monde l’attendait, et qu’on avait l’habitude de ne point commencer une synaxe avant que tous les ascètes fussent réunis, le prêtre l’envoya chercher. Moïse se leva, prit une corbeille percée, la remplit de sable et se rendit au conseil. Les moines sortis à sa rencontre lui demandèrent : « Qu’est-ce que ceci, Père ? » L’Ancien leur répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger la faute d’un autre ! » Entendant cela, les Pères se repentirent, ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent.

Un frère s’était rendu à Scété pour visiter les Anciens, et il voulut d’abord voir l’illustre abba Arsène, mais celui-ci n’accepta pas de le recevoir. Il alla ensuite chez abba Moïse qui l’accueillit avec joie et prévenance. Troublé par cette différence d’attitude, il pria Dieu et lui demanda comment il se faisait que l’un des Anciens fuyait les hommes à cause de son Nom et que l’autre les recevait à bras ouverts pour la même raison. Il lui fut alors montré deux grandes barques sur un fleuve, et il vit abba Arsène et l’Esprit de Dieu naviguant sur l’une en toute paix, et sur l’autre abba Moïse et les anges de Dieu qui le nourrissaient de gâteaux de miel.

Ayant acquis une grande faveur auprès de Dieu et devenu prêtre, abba Moïse convertit par l’exemple de ses vertus soixante-dix de ses anciens compagnons de brigandage, qui devinrent ses disciples. Il leur enseignait à se débarrasser des passions par les combats de l’ascèse et à demeurer dans leur cellule, comme s’ils étaient au tombeau, morts à tout homme. Il disait : « Reste assis dans ta cellule, et ta cellule t’enseignera toutes choses (Jn 14,26) ». Quand on lui demandait ce que signifie mourir à tout homme, il répondait : « Mourir à son prochain, c’est porter tes fautes et ne te soucier de personne pour savoir s’il est bon ou mauvais. Si nous sommes attentifs à voir nos fautes, nous ne verrons pas celles de notre prochain. Car c’est folie pour l’homme qui a un mort chez lui, de le laisser là et de partir pleurer celui du voisin ». Quand on lui demandait à quoi servent toutes les mortifications auxquelles s’astreignent les moines, ces jeûnes et ces veilles pendant toute une vie, il répondait : « Ils rendent l’âme humble. Car, si l’âme se donne tout ce mal, Dieu la prendra en pitié ».

Abba Moïse était âgé de soixante-quinze ans quand on annonça que les barbares Maziques allaient assaillir Scété (407). Tous les moines s’apprêtaient à prendre la fuite, sauf abba Moïse. Les frères lui ayant demandé pourquoi il restait ainsi, paisible, il leur répliqua : « J’attends ce jour depuis tellement d’années, afin que s’accomplisse la parole du Seigneur Jésus-Christ qui a dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Mt 26, 52) ». Édifiés par cette réponse, les frères déclarèrent : « Nous non plus nous ne fuirons pas, mais nous resterons pour mourir avec toi. » L’Ancien leur dit : « Cela n’est pas mon affaire. Que chacun juge ses propres actes et fasse selon ce que le Seigneur l’éclairera. » Les barbares saccagèrent le fameux centre monastique de Scété, tuant sans merci tous ceux qu’ils trouvaient. Quand ils arrivèrent à la cellule d’abba Moïse et de ses sept disciples, un des moines put se cacher derrière un tas de cordes et, quand ils massacrèrent les saints Pères, il vit sept couronnes descendre du ciel pour reposer au-dessus de leurs corps.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Moïse porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les maladies et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Repoussant les visages des noirs démons, * tu resplendis comme un soleil illuminant * nos âmes qui te vénèrent, Moïse bienheureux.

Évangile du jour
(Matth. XX, 29-34)

Lorsqu’ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus. Et voici, deux aveugles, assis au bord du chemin, entendirent que Jésus passait, et crièrent: Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David! La foule les reprenait, pour les faire taire; mais ils crièrent plus fort: Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David! Jésus s’arrêta, les appela, et dit: Que voulez-vous que je vous fasse? Ils lui dirent: Seigneur, que nos yeux s’ouvrent. Ému de compassion, Jésus toucha leurs yeux; et aussitôt ils recouvrèrent la vue, et le suivirent.

Décès de l’archimandrite Jérémie (Alekhine), higoumène du monastère athonite de Saint-Pantéléimon

Le 4 août 2016 (22 juillet de l’ancien calendrier), le jour de la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Potchaïev, est décédé l’higoumène du monastère athonite russe Saint-Pantéléimon, à l’âge de 101 ans. Le père Jérémie est décédé à 14h, avec toute sa conscience, paisiblement et sans douleur. Immédiatement après son trépas a été célébré l’office de requiem, en présence de tous les moines du monastère. Ensuite a commencé la lecture continue de l’Évangile et ce jusqu’à l’office des funérailles, qui aura lieu le 5 août, après la célébration de la Liturgie des défunts. La communauté du monastère demande les prières de tous les chrétiens orthodoxes pour le repos de l’âme du serviteur de Dieu défunt, l’archimandrite du grand habit Jérémie. La vie du père Jérémie (dans le monde Jacques Alekhine) a été remplie d’afflictions et de persécutions pour la foi. Il est né le 9/22 octobre 1915 dans la Province de l’Armée du Don dans une pieuse famille cosaque. Avec l’arrivée au pouvoir des bolcheviques et le commencement des persécutions antireligieuses, toute la famille a fait l’objet de répressions. Avec ses parents et d’autres membres de sa familles, il a été exilé en Oural par le pouvoir soviétique. Là, il perdit ses parents. S’étant enfui du camp, le futur staretz erra pendant quelques années et arriva à pied sur sa terre natale, en Ukraine. Ayant réussi à trouver un travail de débardeur dans une usine métallurgique à Marioupol, il refusa d’apostasier la foi et d’entrer au parti communiste, déclarant ouvertement qu’il était chrétien orthodoxe. C’est pourquoi il fut à nouveau menacé d’arrestation. Avec l’arrivée des Allemands en 1941, il fut déporté aux travaux forcés en Allemagne. Pendant quatre années, il dut supporter les outrages, la faim, et les conditions inhumaines de vie. Malgré les souffrances et les afflictions subies, il ne s’endurcit pas, gardant inébranlablement dans son cœur la foi dans le Christ. Et lorsqu’il fut libéré en 1945, à la question de l’officier soviétique sur ses projets futurs, il répondit qu’il voulait passer le reste de sa vie dans le service du Seigneur. Toutefois, il ne parvint pas à devenir prêtre immédiatement après son retour. Aussi, il dut travailler comme un simple ouvrier à la fabrique de pain à Lougansk. Durant cette période, il fit face à de nouvelles épreuves et même des persécutions pour la foi, mais cela ne brisa pas sa détermination. Au contraire, la nouvelle vague de persécutions sous Khrouchtchev l’incita à prendre la décision de quitter définitivement le monde et de consacrer entièrement sa vie au service de Dieu. Ainsi, en 1956, à l’âge de 41 ans, il entra au séminaire ecclésiastique d’Odessa. En même temps, il était novice au monastère de la Dormition de la même ville. Le 17 janvier 1957, il prononça ses vœux monastiques avec le nom de Jérémie. La même année, le 25 janvier, il fut ordonné diacre puis, le 27 janvier 1958, prêtre. À cette époque, le père spirituel du hiéromoine Jérémie fut l’ascète renommé, ancien moine de la skite de la Nouvelle Thébaïde du Mont Athos, l’higoumène du grand habit Koukcha (Velitchko, +1964), maintenant canonisé. À Odessa également, le père Jérémie fut proche d’un confesseur et détenu des camps staliniens, l’archimandrite du grand habit Pimène (Père Malachie Tichkevitch +1984), qui jusqu’à son arrestation en 1937, servait à Tchernigov et était compagnon d’ascèse de l’archimandrite du grand habit Laurent (Proskoura, +1950). Ces startsy et confesseurs de la foi laissèrent une trace indélébile sur l’âme du père Jérémie, influençant son être spirituel durant tout le reste de sa vie. Ayant appris, en 1960, que quelques moines du monastère de Pskov-Petchersky seraient envoyés au monastère athonite de Saint-Pantéléimon, le père Jérémie, sur le conseil de son guide spirituel, le père Koukcha, demanda de les rejoindre. Mais entrer sur l’Athos à cette époque était extrêmement compliqué. Le père Jérémie dut attendre la permission pendant 14 ans. C’est ainsi qu’en 1974 le patriarche de Constantinople Dimitri, sur six candidats originaires d’URSS, le choisit et lui donna le droit de se rendre sur le Mont Athos. Obtenant ainsi une miséricorde Divine dont il ne rêvait même plus, il resta sur la Sainte Montagne jusqu’à la fin de sa vie. Dès son arrivée en cette période décadente pour le monastère Saint-Pantéléimon, le père Jérémie travailla à sa renaissance. En 1975, il fut élevé au rang d’archimandrite et le 10 avril 1976, il fut élu adjoint de l’higoumène par la communauté du monastère. Le 5 juin 1979, il fut élu higoumène du monastère Saint-Pantéléimon, et son élection fut confirmée par le patriarche de Constantinople Dimitri. Son intronisation solennelle eut lieu le 9 juin de la même année. En 2006, selon la tradition athonite, le père Jérémie reçut le grand habit monastique. Le 17 octobre 2003, au cours de sa visite au monastère Saint-Pantéléimon, le patriarche Bartholomée lui accorda le droit de porter la croix pectorale patriarcale.

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Réaction du Service de communication du DREE aux déclarations de l’Église greco-catholique d’Ukraine

Un évènement sans précédent sur le plan spirituel et national s’est achevé le 27 juillet 2016 à Kiev : il s’agit de la Marche nationale ukrainienne de paix, d’amour et de prière en Ukraine, organisée à l’initiative de l’Église orthodoxe ukrainienne. Selon différentes estimations, plus de 80 000 fidèles orthodoxes ont pris part à cette procession dans la prière, partant en même temps de la Laure de la Dormition de Potchaïev à l’Ouest et de la Laure de la Dormition de Sviatogorsk, à l’Est, afin de se joindre le jour de la célébration du Baptême de la Rus’ et de la fête de saint Vladimir aux nombreux habitants de Kiev à la Laure de la Dormition des Grottes pour assister à la Divine liturgie.

Marchant des centaines et des milliers de kilomètres, rencontrant sur leur route de nombreuses difficultés à cause du conflit civil qui se poursuit dans le pays, les fidèles ont avancé en priant à la rencontre les uns des autres, afin de demander ensemble au Seigneur et à la Sainte Mère de Dieu la fin de la guerre civile, le triomphe de l’amour, de la paix, du bien et de la concorde interconfessionnelle pour la terre d’Ukraine durement éprouvée.

Cependant, même cette bonne œuvre, appelée à surmonter les divisions dans la société ukrainienne, a suscité des attaques cyniques et d’injustes accusations de la part de la direction de l’Église gréco-catholique ukrainienne, qui a utilisé cet évènement pour lancer de nouvelles accusations hargneuses et cyniques à l’adresse de l’Église canonique orthodoxe ukrainienne. L’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, a donné le 24 juillet une interview au Département d’information de l’EGCU, dans laquelle il déclarait que la Marche nationale était une action politique pro-russe. « Le Patriarcat de Moscou », selon l’archevêque, « est souvent utilisé comme instrument entre les mains de l’agresseur ». Le chef de l’EGCU compare la marche à « un bouclier vivant de civils » et prévient que « si des slogans anti-ukrainiens et des provocations se font entendre parmi les participants de cette procession, ce sera la fin du Patriarcat de Moscou en Ukraine ». L’archevêque ne craint pas d’affirmer que parmi le clergé du Patriarcat de Moscou, « il y a beaucoup de cas de conduite incompatible avec le nom de citoyen de l’Ukraine, et les Services de sécurité ukrainiens doivent s’occuper d’eux ».

Ces déclarations du chef de l’EGCU, indignes non seulement d’un archevêque, mais plus généralement d’un chrétien, visent à attiser les discordes entre confessions, et sont prononcées dans le style des dénonciations politiques ; elles ne peuvent pas ne pas susciter l’indignation et le dégoût dans les cœurs des fidèles orthodoxes. L’uniatisme, implanté par le feu et par le glaive durant de nombreux siècles, démontre encore une fois aujourd’hui son hostilité envers l’Orthodoxie. Encore et encore, malgré les accords atteints au prix de tant d’efforts au plus haut niveau entre les Églises orthodoxe et catholique, l’union apparaît comme une force semant l’inimitié et la haine, empêchant systématiquement et de façon conséquente la réconciliation entre l’Orient et l’Occident.

Le 19 juillet, le site officiel de l’EGCU a publié une interview de l’ancien chef de cette église, le cardinal Lubomyr Husar, qui a accusé la Hiérarchie de l’Église orthodoxe ukrainienne de manquer de sincérité et de poursuivre des objectifs politiques : « Ces processions sont annoncées et organisées par l’Église orthodoxe ukrainienne… Tout cela a l’air d’une vile ruse. C’est du cynisme, tout ce qu’il y a de pire. »

Ces déclarations respirant la haine démontrent à l’évidence que l’Orthodoxie canonique reste toujours la cible des violentes attaques des leaders uniates. Durant des siècles, les uniates ont tenté d’en finir avec l’Orthodoxie, avec l’aide des autorités civiles lorsque c’était possible, ou au moyen de différentes insinuations, fraudes et tromperies. Aujourd’hui, par leurs déclarations politisées, les dirigeants grecs-catholiques tentent encore une fois de mettre orthodoxes et catholiques dans l’impasse, d’empêcher la normalisation des relations et du développement du dialogue en Ukraine. Il est clair que les dirigeants de l’EGCU ne sont pas disposés à poursuivre aucune espèce de dialogue constructif avec l’Orthodoxie canonique afin de parvenir à la paix et à la compréhension mutuelle. Toute initiative de l’Église orthodoxe ukrainienne, même une initiative aussi noble que la Marche nationale, ne suscite chez les gréco-catholiques que de furieuses attaques.

La nature même de l’uniatisme, tel qu’il est apparu au XVI siècle pour des raisons politiques, transparaît ainsi avec toute son évidence dans les actions des gréco-catholiques. Comme le remarque le document de la Commission spéciale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine « L’uniatisme, méthode d’union du passé, et la recherche actuelle de la pleine communion » (Balamand, 1993), les « initiatives (uniatistes) ont conduit à l’union de certaines communautés avec le Siège de Rome et ont entraîné, comme conséquence, la rupture de la communion avec leurs Églises-mères d’Orient. Cela se produisit non sans l’intervention d’intérêts extra-ecclésiaux. Ainsi sont nées des Églises orientales catholiques et s’est créée une situation qui est devenue source de conflit et de souffrances d’abord pour les orthodoxes mais aussi pour les catholiques. » Le principe de division et de conflit, présent dès l’origine dans l’union, a été une source de souffrances pour de nombreuses personnes et établit un mur empêchant d’atteindre à une compréhension entre orthodoxes et catholiques.

Dans la Déclaration commune du Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et du Pape François de Rome, signée à La Havane le 12 février 2016, à côté d’une reconnaissance du fait que « la méthode de l’«uniatisme» du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité », contient un appel à la réconciliation et à trouver des formes ce coexistence acceptables entre orthodoxes et gréco-catholiques (art. 25). Cependant, la direction de l’EGCU non seulement n’a pas entendu cet appel, mais, en attaquant la Déclaration commune et ses auteurs, le Pape François et le Patriarche Cyrille, continue à approfondir la division dans la société ukrainienne et à assombrir les relations entre orthodoxes et catholiques.

Compte tenu de la rhétorique agressive sans précédent de l’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, et du cardinal Lubomyr Husar à l’encontre de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique et du Patriarcat de Moscou en général, le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou considère comme une affaire de première urgence de revenir sur le thème des conséquences canoniques et pastorales de l’uniatisme dans le cadre de la prochaine séance plénière de la Commission mixte pour le dialogue orthodoxe-catholique, prévue du 15 au 22 septembre 2016 à Chieti (Italie). Peut-on dialoguer avec l’église catholique romaine sur d’autres questions théologiques alors que le thème de l’uniatisme continue à rester une plaie sanglante, et que les leaders de l’uniatisme ne cessent pas de recourir à une rhétorique blasphématoire et politisée ? Le dialogue sur la question des conséquences canoniques et pastorales de l’union, violemment interrompu par la faute des gréco-catholiques, doit être rétabli au plus tôt.

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Plus de 80.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev

IMG_2804-1024x683Selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 fidèles ont participé à la procession pan-ukrainienne dans les rues centrales de Kiev, le 27 juillet 2016. À l’issue de l’office d’intercession sur la « Vladimirskaya Gorka », le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe, avec l’épiscopat et le clergé a présidé la procession des milliers de fidèles avec les icônes et les reliques miraculeuses de la laure des Grottes de Kiev. Rappelons que la veille, les participants à la procession pan-ukrainienne pour la paix, venus de l’ouest et de l’est du pays, étaient arrivés à Kiev. Des dizaines de milliers de fidèles ont parcouru des centaines de kilomètres. Les pèlerins sont partis le 3 juillet de la laure de Sviatogorsk, dans l’Est, et le 9 juillet de la laure de Potchaïev, dans l’Ouest. Le 27 juillet, les différentes processions se sont jointes sur la place de l’Europe à Kiev et ont terminé leur marche à la laure de Kiev. Sur la place Vladimirskaïa Gorka, des habitants de Kiev et des fidèles de tous les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine se sont joints à la procession. Celle-ci s’étendait sur une longueur de trois kilomètres, et une largeur de vingt mètres. La surface totale était donc d’au moins 60.000 m2. Par conséquent, selon les évaluations minimales, de 80.000 à 100.000 personnes ont participé à la procession. Au cours de celle-ci le métropolite Onuphre avec tout le clergé et le peuple a célébré, rue Grouchevsky,  un office de requiem pour le repos de l’âme de tous ceux qui sont morts à cet endroit lors des événements tragiques de février 2014. La procession pan-ukrainienne pour la paix était accompagnée des icônes miraculeuses, dont les principales étaient celle de la Mère de Dieu de Sviatogorsk pour l’est de l’Ukraine et celle de Potchaïev, pour l’ouest. On peut visionner ici une vidéo de la procession.

Source (dont photographie): News.Church.ua

Un film vidéo sur la vie quotidienne des participants à la procession pan-ukrainienne pour la paix

243078.pLa chaîne TV ukrainienne « INTER » a diffusé un court reportage sur la procession orthodoxe pan-ukrainienne pour la paix intitulé « le plus vieux et le plus jeune participant à la procession pan-ukrainienne ». Après une introduction (en ukrainien), le plus vieux participant, âgée de 72 ans, et la plus jeune participante, une fillette de 11 ans, accompagnée par sa grand-mère, sont interviewés (en russe). Ils ont déjà parcouru à pied 500 kilomètres depuis la laure de Sviatogorsk, dans l’est de l’Ukraine, et il leur reste encore 200 kilomètres jusqu’à Kiev. On voit la vie quotidienne des pèlerins, qui reçoivent la nourriture de la paroisse locale et sont logés dans les écoles, chez les particuliers, et encore dans les églises. Le film peut être visionné ici.

Source (dont photographie): Pravoslavie

Message du métropolite de Kiev Onuphre à l’occasion de la procession pan-ukrainienne

« Très révérends archipasteurs et pasteurs,
Révérends moines et moniales, chers frères et sœurs,

Dans la vie de chaque chrétien surgissent des moments durant lesquels il doit se rappeler qu’il n’est pas simplement un homme croyant, mais une part de l’Église orthodoxe – le corps du Christ. Et le destin de l’Église et du pays dépendent de chacun de nous. L’histoire pluriséculaire de notre terre compte un grand nombre de pages tragiques. Nos compatriotes ont dû subir une multitude d’épreuves, et le plus grand malheur a toujours été la guerre. Et dans les temps les plus difficiles, les hommes se sont unis dans la prière commune à Dieu et la très sainte Mère de Dieu pour demander leur aide. Et nous savons combien de fois, alors qu’il semblait que tout espoir de salut s’était éteint, la Mère de Dieu a préservé nos villes et nos villages de la ruine. La force de la prière de nos compatriotes a maintes fois protégé notre Église également, ainsi que notre terre. Maintenant, c’est de nous qu’une telle prière est nécessaire. Avec grande affliction dans le cœur, nous vivons actuellement une nouvelle tragédie – le conflit armé se poursuit dans l’Est de l’Ukraine, le sang innocent de nos compatriotes est versé. La chose la plus grande que peut accomplir notre Église est d’appeler à la paix et de renforcer les prières afin que soit accordée la paix à notre terre ukrainienne, ce que nous faisons depuis le début des hostilités. Mais, malgré la mission pacificatrice de notre Église, on s’efforce de la rendre détestable aux yeux de la population ukrainienne. Aujourd’hui, sur ce territoire de l’Ukraine qui est en paix, s’enflamme la guerre interconfessionnelle, différentes provocations ont lieu, dirigées contre le clergé et les fidèles en particulier et contre l’Église orthodoxe d’Ukraine dans sa globalité. En même temps, des cas fréquents nous sont connus, lorsque la force réunie de la prière des fidèles a accompli des miracles. Aussi, avec notre bénédiction, une procession pan-ukrainienne organisée par les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine aura lieu, avec la prière pour l’Ukraine, et qui commencera le 9 juillet dans l’Ouest de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Potchaïev, et le 3 juillet dans l’Est de l’Ukraine, depuis la laure de la Dormition de Sviatogorsk. Le 27 juillet, la veille de la fête du Baptême de la Russie de Kiev et de la mémoire du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, ces processions se rejoindront à Kiev au parc Vladimirskaya Gorka et se dirigeront ensemble à la Laure des Grottes de Kiev, où seront célébrés les offices solennels. Les processions seront accompagnées par les icônes miraculeuses de la Mère de Dieu de Potchaïev et de Sviatogorsk et d’autres saintes icônes et reliques. Cette procession qui commencera simultanément depuis l’ouest et l’est, traversera tout notre État. Elle unira l’Ukraine, car l’Église orthodoxe a toujours été et est une telle force qui réunit tous les hommes de notre pays. La procession n’est pas simplement notre labeur spirituel. C’est l’action consciente, volontaire de chaque âme chrétienne qui suit les commandements évangéliques en actes. Aussi, regarder simplement la procession est insuffisant. C’est le temps de manifester sa conscience chrétienne. Que celui qui peut faire cette procession pendant un long laps de temps, qu’il le fasse. Qui peut le faire seulement dans sa localité, qu’il le fasse. Nourrir les pèlerins, cela constitue également votre participation dans cette grande œuvre. Lorsque le Seigneur a demandé le repentir aux habitants de Ninive, ceux-ci lui ont obéi et ont détourné leur cœur du mal et de la violence. Ils ont renoncé à la nourriture et à l’eau, et pour cet exploit, le Seigneur a eu pitié d’eux. Nous croyons que la Mère de Dieu qui, tant de fois a défendu notre terre, se trouve aujourd’hui aussi, en larmes, près du trône de Son fils et prie pour nous. Nous devons aussi, en rejetant la colère, la haine, la méchanceté, et en nous armant de l’amour et du pardon, renforcer notre labeur de prière : afin que cessent de couler les larmes des mères, afin que les enfants ne restent pas orphelins, que le femmes ne deviennent pas veuves, afin que la jeunesse ne devienne pas invalide, afin que nos villes et villages ne soient pas détruits, et les maisons, désertées. C’est précisément le but de la procession pan-ukrainienne, la marche de la paix, de l’amour et de la prière pour l’Ukraine. J’implore la bénédiction de Dieu sur tous les participants de la Procession, et je leur souhaite l’aide du Tout-Puissant dans cette œuvre agréable à Dieu, + Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine ».

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Le patriarche de Serbie condamne les agissements des schismatiques en Ukraine

Le patriarche de Serbie Irénée a adressé des lettres au patriarche de Moscou Cyrille et au métropolite de Kiev Onuphre, dans lesquelles il a exprimé son soutien aux fidèles de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine et a condamné les schismatiques du soi-disant « Patriarcat de Kiev » : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits », est-il dit dans la Sainte Écriture (Matth. 7,16). Le mal peut se déguiser avec les vêtements de la foi, de la lumière et de la vérité, mais ses fruits : le mensonge, la division et la haine envers le prochain le dénoncent immanquablement. Les schismatiques du soi-disant « Patriarcat de Kiev » sont rejetés depuis longtemps par les Églises orthodoxes et ne sont orthodoxes que de nom. Tant leur mépris des normes de la morale chrétienne, que leur empressement à haïr, mentir et verser le sang, en témoignent », a souligné dans sa lettre le primat de l’Église orthodoxe serbe. Celui-ci a rappelé que les orthodoxes serbes prient pour le clergé et les fidèles éprouvés de la paroisse de la Dormition du village de Ptitchia dans la région de Rovno. « Nous élevons nos prières pour ceux qui sont devenus les victimes des violences et des abus flagrants dans ce village ; des membres du clergé qui ont été battus pour le nom du Christ et pour nos malheureux confrères qui déjà depuis plusieurs jours souffrent de la faim et de la soif dans leur propre église, à qui on ne permet pas même l’aide médicale nécessaire. Que le Seigneur leur donne la force de confesser le Christ et de passer avec courage toutes les épreuves qu’ils endurent pour Lui », est-il dit dans le message au métropolite Onuphre. « C’est une inquiétude non moindre que provoque la récente tentative d’enlever la laure des Grottes de Kiev à l’Église canonique. Pour le monde orthodoxe entier, les laures de Kiev et de Potchaïev sont de très grands lieux saints, et nous avons appris avec indignation l’intention [de l’État ukrainien, ndt] de les transmettre aux schismatiques, qui ne sont reconnus par aucune des saintes Églises orthodoxes » a poursuivi le primat de l’Église orthodoxe serbe. « Nous prions pour que le Seigneur renforce la sainte Église orthodoxe d’Ukraine dans son haut-fait de confession du Christ et qu’Il accorde les forces pour s’opposer à la violence et la haine, par l’amour et la longanimité en Christ ! » a conclu le patriarche Irénée.

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L’Église orthodoxe de Bulgarie s’est adressée au président ukrainien Porochenko pour lui demander de protéger l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

L’Église orthodoxe bulgare a demandé au président ukrainien Porochenko de défendre les lieux saints de l’Église orthodoxe d’Ukraine contre les prétentions du groupe schismatique « Patriarcat de Kiev ». Nous publions ci-dessous la lettre du patriarche de Bulgarie Néophyte :

« Monsieur le Président,

L’Église orthodoxe bulgare, qui se trouve en communion fraternelle avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, observe attentivement et avec angoisse le développement de la situation dans le domaine religieux en République d’Ukraine. Les faits de violation des droits des fidèles chrétiens de la seule Église orthodoxe canonique en Ukraine provoquent une sérieuse inquiétude. Il est avant tout question de la saisie par la force des lieux de culte de l’Église orthodoxe d’Ukraine. À cet égard, l’information concernant les tentatives d’enlever à l’Église canonique deux lieux saints de toute l’Église universelle – la Laure de la Dormition à Potchaïev et la Laure des Grottes de Kiev connue dans le monde entier – pour les livrer à la soi-disant « Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev » reconnue par aucune Église orthodoxe locale, est particulièrement préoccupante. À ce sujet, l’Église orthodoxe de Bulgarie déclare sa position catégorique selon laquelle la réalisation d’un tel scenario peut non seulement déstabiliser la situation en Ukraine, mais aussi rendre impossible la visite des lieux saints susmentionnés par l’épiscopat, le clergé et les fidèles orthodoxes des autres pays, étant donné que nous n’avons pas de communion eucharistique et dans la prière avec les structures religieuses passées au schisme. Monsieur le Président, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare s’adresse à vous avec la demande d’entreprendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les droits de l’Église orthodoxe d’Ukraine et ne pas permettre la saisie de leurs églises et aussi pour la protéger contre toutes les formes de violence.

Avec respect,

Le président du Saint-Synode

+ Néophyte, patriarche de Bulgarie »

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La laure des Grottes de Kiev demande aux fidèles de signer deux pétitions pour la défense du monastère

Le supérieur et la fraternité de la laure des Grottes de Kiev demandent aux fidèles ukrainiens de signer deux pétitions pour la défense du monastère. Les deux pétitions appellent les fidèles à donner leur voix pour le maintien de l’ancien monastère dans l’obédience de l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique. « Presque simultanément, avec un petit intervalle, ont été lancés deux appels, deux pétitions. Aussi, nous demandons à tous ceux qui ne sont pas indifférents, à voter sur les deux pétitions électroniques pour le maintien de la laure de la Dormition des Grottes de Kiev dans le sein de l’Église orthodoxe d’Ukraine, la seule Église orthodoxe canonique en Ukraine, reconnue dans tout le monde orthodoxe » est-il dit dans l’appel. La première pétition a été enregistrée sur le site de l’Administration municipale de Kiev par Serge Krioukov. Elle a reçu immédiatement le soutien des orthodoxes et a recueilli en vingt-quatre heures plus de 7000 signatures [actuellement, 13.000 signatures ont été recueillies, ndt] alors que 10.000 sont nécessaires pour être examinées par le conseil municipal de Kiev. Une demi-heure après a été enregistrée une deuxième pétition, par Basile Volga. L’auteur du message appelle « à ne pas permettre le passage de la laure des Grottes de Kiev à la juridiction de Philarète (Denissenko) ». « Comme on le sait, Philarète n’est pas prêtre et n’a aucun droit d’assurer la direction ecclésiastique au nom de l’Église orthodoxe universelle, parce qu’il a été anathématisé par toutes les Églises orthodoxes du monde. Permettre de transmettre la laure des Grottes de Kiev à « l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev » signifie priver non seulement les habitants de Kiev, mais aussi tous les Ukrainiens de la possibilité de célébrer la liturgie dans le plus grand lieu saint chrétien de l’Ukraine. Car dès que viendraient à la laure des gens privés du droit apostolique de célébrer les sacrements, les chrétiens orthodoxes perdraient la possibilité de communier en ce lieu sacré. En outre, l’immixtion dans la vie de la communauté ecclésiale de notre ville amènera immanquablement à la croissance de la tension interconfessionnelle et à l’escalade de la violence », est-il mentionné dans la pétition. Actuellement, cette pétition a été soutenue par environ 2000 personnes. Le recueil de signatures pour la conservation de la laure des Grottes de Kiev au sein de l’Église canonique a été la réaction des chrétiens orthodoxes à la pétition qui a été acceptée pour examen par le conseil municipal de Kiev le 9 décembre. Les auteurs de cette dernière pétition ont accusé le clergé de l’Église orthodoxe d’Ukraine d’être « anti-ukrainienne, mercantile, adoptant parfois une position hostile à l’Ukraine » et ont appelé les députés à contribuer au transfert de la laure aux schismatiques. Le supérieur et la fraternité de la laure de Kiev considèrent l’initiative en question comme une provocation destinées à la déstabilisation de la vie religieuse dans le pays. Les supérieurs des laures de Potchaïev et de Sviatogorsk se sont prononcés contre le transfert de la laure des Grottes de Kiev aux schismatiques.

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Le séminaire annuel organisé par le diocèse d’Allemagne de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à Munich aura cette année pour thème le monachisme

Cette année, le séminaire annuel se déroulera auprès de la cathédrale du diocèse d’Allemagne de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à Munich, du 24 au 26 décembre, et sera consacré au monastère Saint-Job de Potchaïev, qui se trouve dans la même ville et qui fête son 70ème anniversaire. C’est précisément dans ce monastère qu’est née la tradition des séminaires annuels. En relation avec cet anniversaire, le thème central sera « Le monachisme ». L’archevêque d’Allemagne Marc fera une conférence à ce sujet. D’autres conférenciers invités évoqueront les traditions du monachisme ainsi que le monachisme contemporain. Depuis plus de trente ans, ce séminaire a lieu chaque année à Munich. Cette rencontre permet d’assister aux offices quotidiens et d’avoir un contact vivant avec les pasteurs. Dans le cadre du séminaire, les portes du monastère Saint-Job seront ouvertes à tous les participants. La moitié de la première journée du séminaire permettra à ceux-ci de visiter le monastère. Les moines accompagneront les participants dans les ateliers et feront visiter les éditions et la fabrique de cierges. Les conférences ont lieu en russe avec traduction en allemand.

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28 août (ancien calendrier)/10 septembre(nouveau)

28 août (ancien calendrier)/10 septembre(nouveau)

Saint Moïse l’Éthopien (vers 400) ; sainte prophétesse Anne, fille de Phanuel (I) : sainte Chouchanik (Suzanne), princesse martyre de Géorgie (V) ; saint martyr Julien de Brioude en Auvergne (III) ; synaxe des saints de la Laure des grottes de Kiev (grottes lointaines) ; saint Amphiloque de Vladimir en Volhynie (1122) ; saint Sabbas de Krypets (1495) ; invention des reliques de saint Job de Potchaïev (1659) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Bourdine), prêtre (1918) ; Serge (Zaïtsev), Laurent (Nikitine), Séraphim (Kouzmine), Théodose (Alexandrov), Léonce (Kariaguine), Étienne, Georges (Timofeev), Hilarion (Pravdine), Jean (Sretensky) et Serge (Galine), moines de Kazan (1918) ; Alexandre (Medvedev), diacre (1918) ; Nicolas (Gueorguievsky), prêtre (1931) ; Basile (Sokolsky) (1937).

moiseVIE DE SAINT MOÏSE L’ÉTHIOPIEN
Le bienheureux Moïse était éthiopien de race et avait l’âme aussi noire que la peau. Il était esclave au service d’un magistrat, qui le chassa à cause des vols et des mauvaises actions qu’il avait commises. Il devint alors chef d’une bande de brigands qui ne reculaient devant aucun moyen — fût-ce le meurtre — pour accomplir leurs larcins. Cependant, à l’occasion d’un accident qui lui survint, la conscience de Moïse se réveilla. Touché par l’amour du Christ, il prit en haine le péché ainsi que sa vie passée, et résolut de montrer un ardent repentir. Après avoir été baptisé, il se retira aussitôt au désert de Scété, dans un lieu solitaire et dépourvu de consolation humaine, au point qu’il n’avait même pas un peu d’eau pour réconforter son corps desséché par le soleil et par les labeurs de l’ascèse.

Un jour, quatre brigands se jetèrent sur lui alors qu’il était assis dans sa cellule. Moïse, qui était doté d’une force prodigieuse, les ligota et les portant sur son dos comme un sac de paille, il les amena à l’église, en disant : « Il ne m’est pas permis de faire du mal à quiconque. Qu’ordonnez-vous pour ces gens-là ? » Apprenant qu’il était Moïse, le célèbre chef de bande, les quatre hommes se dirent que si un tel scélérat en était venu à servir Dieu, le salut n’était pas loin d’eux aussi, et ils devinrent moines.

Malgré son repentir et ses combats ascétiques, Moïse continuait cependant à être assailli par l’habitude des passions, cette seconde nature, qui était si profondément enracinée en lui qu’il dut mener pendant dix ans un combat implacable contre le démon de la fornication. Un jour, alors qu’il était près de céder au désespoir et d’abandonner la lutte, il rendit visite au grand abba Isidore, le prêtre de Scété. Comme il lui racontait ses épreuves, l’Ancien lui dit qu’il ne fallait pas s’étonner d’avoir à affronter de si violents combats, car le pécheur endurci est semblable au chien de boucherie, qui a coutume de ronger les os, et qui ne peut renoncer à cette habitude que lorsqu’on cesse de l’entretenir et qu’on ferme la boucherie. De même, il ne suffira pas au pécheur de cesser de commettre le péché, il lui faudra aussi chasser la mauvaise habitude par la bonne habitude de la vertu, en mortifiant sa chair pendant de longues années. Le démon, désespéré de se voir ainsi sans matière pour allumer les désirs impurs dans le cœur, abandonnera la lutte. De retour dans sa cellule, Moïse se livra à de grandes austérités : il ne mangeait que douze onces de pain sec, épuisait son corps par le travail et faisait cinquante séries de prières par jour. Mais il avait beau macérer ainsi sa chair, il restait tout embrasé, particulièrement dans les rêves. Il alla donc de nouveau prendre conseil d’un autre grand vieillard, qui lui recommanda d’ajouter à la sobriété corporelle celle de l’intelligence, en la purifiant par les veilles. Moïse associa dès lors à ses jeûnes, les veilles quotidiennes la nuit entière : pendant six ans, il se tint debout toutes les nuits au milieu de sa cellule, priant sans fermer l’œil. Comme les pensées continuaient de l’assaillir, il compléta l’édification en lui de l’homme nouveau par un amour ardent pour ses frères. La nuit, il se rendait dans les cellules des vieux anachorètes qui n’avaient plus la force d’aller chercher de l’eau, et il allait remplir leurs jarres au puits qui se trouvait à plusieurs milles de là.

Le démon, furieux de se voir ainsi vaincu de toutes parts par le serviteur de Dieu, l’assaillit une nuit, alors qu’il était penché au-dessus du puits, et lui donna un violent coup de massue sur les reins. Le lendemain, un frère, qui était venu puiser de l’eau, le trouva gisant là à demi mort et alla en informer abba Isidore. Transporté à l’église, Moïse ne recouvra ses forces qu’au bout d’une année. Isidore l’engagea à cesser de provoquer les démons au combat, car il y une mesure en tout, mais le vaillant soldat du Christ lui répondit : « Il m’est impossible de cesser, tant que les imaginations suggérées par les démons me troubleront. » L’Ancien lui annonça qu’il serait désormais délivré des rêves, et que cette épreuve avait été permise par Dieu pour qu’il ne se vante pas d’avoir surmonté la passion par ses propres forces. Moïse retourna donc dans sa cellule, et au bout de deux mois, il revint voir Isidore auquel il déclara ne plus éprouver aucun trouble. En plus de la grâce de l’impassibilité, Dieu lui accorda le pouvoir contre les démons, et transforma son caractère violent en une charité et une douceur sans pareille.

Un jour, un frère ayant commis une faute à Scété, les Pères se rassemblèrent pour le juger et invitèrent abba Moïse à se joindre à eux ; mais celui-ci refusa de se rendre à cette assemblée. Comme tout le monde l’attendait, et qu’on avait l’habitude de ne point commencer une synaxe avant que tous les ascètes fussent réunis, le prêtre l’envoya chercher. Moïse se leva, prit une corbeille percée, la remplit de sable et se rendit au conseil. Les moines sortis à sa rencontre lui demandèrent : « Qu’est-ce que ceci, Père ? » L’Ancien leur répondit : « Mes péchés s’écoulent derrière moi et je ne les vois pas, et je viens aujourd’hui pour juger la faute d’un autre ! » Entendant cela, les Pères se repentirent, ne dirent rien au frère fautif et lui pardonnèrent.

Un frère s’était rendu à Scété pour visiter les Anciens, et il voulut d’abord voir l’illustre abba Arsène, mais celui-ci n’accepta pas de le recevoir. Il alla ensuite chez abba Moïse qui l’accueillit avec joie et prévenance. Troublé par cette différence d’attitude, il pria Dieu et lui demanda comment il se faisait que l’un des Anciens fuyait les hommes à cause de son Nom et que l’autre les recevait à bras ouverts pour la même raison. Il lui fut alors montré deux grandes barques sur un fleuve, et il vit abba Arsène et l’Esprit de Dieu naviguant sur l’une en toute paix, et sur l’autre abba Moïse et les anges de Dieu qui le nourrissaient de gâteaux de miel.

Ayant acquis une grande faveur auprès de Dieu et devenu prêtre, abba Moïse convertit par l’exemple de ses vertus soixante-dix de ses anciens compagnons de brigandage, qui devinrent ses disciples. Il leur enseignait à se débarrasser des passions par les combats de l’ascèse et à demeurer dans leur cellule, comme s’ils étaient au tombeau, morts à tout homme. Il disait : « Reste assis dans ta cellule, et ta cellule t’enseignera toutes choses (Jn 14,26) ». Quand on lui demandait ce que signifie mourir à tout homme, il répondait : « Mourir à son prochain, c’est porter tes fautes et ne te soucier de personne pour savoir s’il est bon ou mauvais. Si nous sommes attentifs à voir nos fautes, nous ne verrons pas celles de notre prochain. Car c’est folie pour l’homme qui a un mort chez lui, de le laisser là et de partir pleurer celui du voisin ». Quand on lui demandait à quoi servent toutes les mortifications auxquelles s’astreignent les moines, ces jeûnes et ces veilles pendant toute une vie, il répondait : « Ils rendent l’âme humble. Car, si l’âme se donne tout ce mal, Dieu la prendra en pitié ».

Abba Moïse était âgé de soixante-quinze ans quand on annonça que les barbares Maziques allaient assaillir Scété (407). Tous les moines s’apprêtaient à prendre la fuite, sauf abba Moïse. Les frères lui ayant demandé pourquoi il restait ainsi, paisible, il leur répliqua : « J’attends ce jour depuis tellement d’années, afin que s’accomplisse la parole du Seigneur Jésus-Christ qui a dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Mt 26, 52) ». Édifiés par cette réponse, les frères déclarèrent : « Nous non plus nous ne fuirons pas, mais nous resterons pour mourir avec toi. » L’Ancien leur dit : « Cela n’est pas mon affaire. Que chacun juge ses propres actes et fasse selon ce que le Seigneur l’éclairera. » Les barbares saccagèrent le fameux centre monastique de Scété, tuant sans merci tous ceux qu’ils trouvaient. Quand ils arrivèrent à la cellule d’abba Moïse et de ses sept disciples, un des moines put se cacher derrière un tas de cordes et, quand ils massacrèrent les saints Pères, il vit sept couronnes descendre du ciel pour reposer au-dessus de leurs corps.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Le désert fut ta cité, dans la chair tu fus un Ange, * tes miracles te signalèrent, Père Moïse porteur-de-Dieu; * par le jeûne, les veilles et l’oraison * tu as reçu les charismes du ciel * pour guérir les maladies et les âmes des fidèles qui accourent vers toi. * Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, * gloire à celui qui t’a couronné, * gloire à celui qui opère en tous, par tes prières, le salut.

Kondakion de saint Moïse l’Éthiopien, ton 1
Repoussant les visages des noirs démons, * tu resplendis comme un soleil illuminant * nos âmes qui te vénèrent, Moïse bienheureux.

ÉVANGILE DU JOUR
(Mc VI, 30-45)

Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit: Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans une barque, pour aller à l’écart dans un lieu désert. Beaucoup de gens les virent s’en aller et les reconnurent, et de toutes les villes on accourut à pied et on les devança au lieu où ils se rendaient. Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. Comme l’heure était déjà avancée, ses disciples s’approchèrent de lui, et dirent: Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée; renvoie-les, afin qu’ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pour s’acheter de quoi manger. Jésus leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donnerions-nous à manger? Et il leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s’en assurèrent, et répondirent: Cinq, et deux poissons. Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte, et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins de morceaux de pain et de ce qui restait des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule.

Interview du métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, accordée à « l’Union des journalistes orthodoxes » au sujet de la guerre au Donbass

Monseigneur Onuphre, une pression sans précédent est exercée actuellement sur l’Église orthodoxe d’Ukraine. Contrairement aux autres Églises, vous ne soutenez pas l’opération « anti-terroriste » dans l’est de l’Ukraine. Pour cette raison, en partie, les médias déversent sans retenue des flots d’immondices contre vous et l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec pour but de semer la discorde entre l’Église et la société ukrainienne. La partie adverse a su utiliser tout cela sous des slogans spécieux sur l’amour envers le pays. En Ukraine, elle s’empare massivement d’églises en province, on est même arrivé à ce que des appels à soustraire la laure des Grottes de Kiev, ou encore la laure de Potchaïev, à l’Église orthodoxe d’Ukraine, pour les transmettre à des Églises plus « patriotiques » soient formulés depuis la tribune du Parlement ukrainien ! Néanmoins, vous restez sur une position assez difficile pour ce qui concerne la question du conflit militaire au Donbass. Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi ne vous engagez-vous pas sur la voie du compris avec le pouvoir, en prenant en compte qu’aujourd’hui l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve dans une situation complexe ?

– Pour répondre à cette question, il faut d’abord faire un détour par l’histoire. Lorsque notre Sauveur, le Fils de Dieu, est venu sur terre et a pris notre nature humaine, le peuple juif attendait de Lui qu’Il serait cette personnalité, ce héros qui organiserait ou bâtirait, ou rétablirait le royaume d’Israël. Mais cela ne s’est pas produit. Et lorsque l’on questionnait le Christ à ce sujet, Il répondait que le Royaume qu’Il prêchait n’était pas de ce monde. Le Sauveur a accompli beaucoup de miracles. Entre autres, lorsqu’Il a ressuscité le juste Lazare, nombreux ont été ceux qui ont cru en Lui. C’est alors que s’est réuni le sanhédrin, les grand-prêtres, les pharisiens. Ils ont décidé que si les gens continuaient à suivre Jésus, les Romains viendraient tous les détruire. C’est-à-dire qu’ils considéraient que les miracles du Seigneur n’étaient pas des actes patriotiques. Et lorsqu’ils jugèrent le Sauveur, ils l’accusèrent d’être l’ennemi de César, l’empereur romain. On peut résumer ce qui a été dit ainsi : on a accusé notre Sauveur de ne pas être patriote, de ne pas soutenir les idées politiques dominantes à cette époque où Il vivait. Mais qui peut dire qu’il en est ainsi ? Le Sauveur est venu recevoir tous les hommes, les délivrer du péché. Mais on Lui a collé une telle étiquette [c’est-à-dire de « non patriote »]. Pour ce qui nous concerne, nous sommes l’Église du Christ. Nous sommes l’Église canonique qui est fondée sur les enseignements que le Christ et les apôtres nous ont donnés. Et de tout temps de l’existence de notre Église, nous avons toujours été accusés de ne pas être patriotes. Bien que je ne voie pas et n’est jamais vu plus de patriotes que dans notre Église.

Excusez-moi, en quoi ce patriotisme s’exprime-t-il ?
– Le patriotisme s’exprime ainsi : si je suis patriote, je veux le bien de mon pays, je veux le bien du peuple entier. Comment recevoir ce bien ? Qui accorde ce bien ? C’est le Seigneur ! C’est Lui qui accorde le bien, ce n’est pas nous ! Et il en est ainsi avec chacun : si je sers Dieu fidèlement, si j’accomplis les règles divines, les canons, les commandements, je suis patriote, le meilleur patriote, parce que par moi, pécheur, qui m’efforce d’accomplir ces commandements, descend la bénédiction de Dieu sur tout notre pays, notre peuple. Si je ne le fais pas, je vis alors contre les lois divines, et je pourrais me rompre la poitrine en me frappant avec le poing en affirmant que je suis un grand patriote, tout en nuisant à moi-même, à mon peuple et mon pays. Parce que la grâce de Dieu n’est pas distribuée sur terre par un canal qui vit dans le péché. Ainsi, notre Église a été et est toujours patriote, mais notre patriotisme est exprimé en appelant les hommes à vivre avec Dieu, à être en paix avec Lui. Et c’est en cela que nous trouvons le bonheur et c’est par cela que nous implorons la grâce de Dieu sur notre terre, sur notre peuple. Si maintenant nous parlons concrètement de la guerre qui fait rage dans l’Est du pays, je voudrais mettre l’accent sur l’essence de cette guerre. Il s’agit d’une guerre civile. J’en parle, non par des informations de deuxième main, mais par ce que je sais personnellement, par les évêques qui servent là-bas, par mes connaissances. Par exemple, le père de famille sert dans la Garde nationale, tandis que le fils se trouve du côté des rebelles. Chez de nombreux amis, un frère se trouve d’un côté, tandis que l’autre se trouve de l’autre. Beaucoup de mes amis qui vivent à Kiev et sont originaires de Donetsk disent que leurs amis se sont retrouvés de l’autre côté. Ceux qui vivent ici, sont d’un côté, ceux qui sont restés, sont de l’autre. Bien sûr, lorsque se produit un conflit armé, comme par exemple, la guerre civile après la révolution de 1917, des meurtriers, des pillards et d’autres types de criminels et tout ce que vous voulez, apparaissent. Il en est ainsi dans la guerre fratricide actuelle, avec sa violence. Mais cette situation est créée non par ceux qui s’affrontent, mais par ceux qui sont la cause de cette guerre. C’est une guerre fratricide. Aussi, l’Église, de même qu’après la révolution de 1917, appelle maintenant à la réconciliation mutuelle, au pardon mutuel. C’est ainsi que nous pourrons garder l’intégrité de notre État, l’Ukraine. C’est ainsi que nous donnerons la possibilité à notre peuple de se développer, d’améliorer d’une certaine façon la situation matérielle. Ce ne sera pas sur la base de la guerre et du sang, raison pour laquelle l’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner, de cesser de s’entretuer. C’est la position de notre Église, non pas à partir de ce jour, mais depuis 1917. Au demeurant, elle a adopté cette position en d’autres temps également. C’était le cas lors des guerres où nos princes se révoltèrent sous le saint prince Vladimir et tuaient les frères, comme le fit Sviatopolk [l’assassin des saints Boris et Gleb, ndt] et ensuite d’autres. C’est la raison pour laquelle on persécutait les moines, les évêques, c’est la raison pour laquelle on nous haïssait, mais on comprenait ensuite que nous avions raison, et les parties en conflit se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra aussi dans la situation actuelle.

Voulez-vous dire que lors de la guerre civile, après 1917, l’Église n’a soutenu aucun des deux côtés ?
– Aucun et ce malgré le fait que le pouvoir (soviétique) avait besoin du soutien de l’Église. Il y eut alors des prêtres, des évêques qui sont passés du côté du pouvoir, ce sont les fameux « rénovateurs » [c’est-à-dire « l’Église » schismatique dite « rénovée », ndt]. Ceux-ci ont commencé à proposer leurs services [au régime soviétique, ndt], disant qu’ils feraient ce qu’on leur demandera, etc. Et ils ont tous disparu, ils étaient haïs par ceux-là mêmes qui les utilisaient, parce que personne n’aime les traitres. Et aujourd’hui, nous avons, dans certains endroits, des évêques et des prêtres « politisés » qui veulent aussi nager dans le courant de la ligne politique. Et ils applaudissent à tout, mais ce n’est pas honnête, ce n’est pas juste !

– Cela se produit-il aussi dans l’Église orthodoxe d’Ukraine ?
– Je pense qu’il y a de telles personnes chez nous également. Et ce n’est pas correct, c’est malhonnête. Pour de telles actions, il faut répondre, il faut répondre au Seigneur. Comment puis-je consoler une mère qui vient chez moi ? Il y a beaucoup de mères qui viennent, dont les fils ont été tués pendant la guerre, soit dans l’armée ukrainienne, soit de l’autre côté. Et nous ne pouvons, je ne peux pas prouver quelque chose à une telle mère ou la consoler, vous savez… je n’ai pas d’argument qui puisse l’apaiser. Lui dire que son fils est mort pour une raison ou une autre, qu’il est mort pour l’intégrité de l’Ukraine là-bas, au cours de la guerre. Je ne peux pas : elle n’a besoin de rien de pareil – c’est son fils qu’il lui faut. Nous vivons au milieu de gens habituels, simples. Je respecte le pouvoir, j’aime le pouvoir. Il est établi par Dieu. Mais Dieu établit le pouvoir afin qu’il accomplisse la volonté de Dieu. Afin qu’il confirme et bâtisse la paix, et non la guerre. Donc j’aime et respecte le pouvoir, mais je demande qu’il fasse tout ce qui est possible pour faire cesser la guerre. Je m’engage dans le compromis et je fais des concessions que lorsque cela ne contredit pas la Loi divine. Mais j’accepte le compris et fais des concessions là où je le peux. Mais pour ce qui concerne les canons, et la vie de l’Église est dirigée par eux dans notre pays depuis plus de mille ans, et dans l’histoire plus de deux mille ans, l’Église n’a jamais cédé et ne cédera jamais. Si j’agis ainsi, si je m’engage sur la voie du compromis, je cesse d’être dans l’Église. L’Église continuera d’être, mais c’est moi qui sera hors de celle-ci et cela je ne le veux pas, je veux être dans l’Église.

Encore une question qui me trouble personnellement et, je le sais, beaucoup d’autres personnes aussi. Pourquoi Dieu permet-Il la guerre ? Il est dit dans l’Évangile que tout se produit selon la volonté de Dieu, sans laquelle même un cheveu ne tombe de la tête. Il en résulte que Dieu regarde l’homme, Il regarde tout ce qui se produit, et ce depuis le ciel, au-dessus de nous. Il voit comme un projectile tombe sur une maison d’habitation et déchire un jeune enfant. Il est compliqué pour moi de comprendre et d’accepter cela.
– Il est dit dans le saint Évangile : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » sans la volonté de Dieu. Cela concerne les gens qui vivent selon la volonté de Dieu. Quant à ceux qui vivent sans elle, ils arrachent eux-mêmes les cheveux de leur tête. J’explique cela autrement : le péché a pour propriété de se répandre sur la descendance de l’homme qui pèche. La vertu a aussi pour propriété de se répandre sur la descendance de celui qui vit vertueusement. Et il est dit dans la sainte Écriture que si l’homme fait le bien, la bénédiction divine se répand sur des milliers de descendants de cet homme. S’il fait du mal, les conséquences du mal se répandent jusqu’à la troisième, la quatrième génération. C’est-à-dire que si je pèche, mon fils, mon petit-fils et mon arrière petit-fils peuvent en souffrir. Et pour la guerre, ce n’est pas Dieu qui en est coupable, mais l’homme. Celui-ci est doté par Dieu du libre arbitre. Et si les gens veulent faire la guerre, ils n’écoutent pas Dieu. Et pourquoi les enfants sont-ils tués ? Des suites de la guerre, d’un obus qui tombe, ce sont ceux qui font la guerre qui en sont responsables et non Dieu. Dieu ne veut pas que qui que ce soit périsse, que des enfants soient tués. Cela est permis par ceux qui pèchent.

Mais Il peut l’arrêter…
– Il peut l’arrêter, mais il se produit alors une atteinte à la liberté de l’homme. Ces gens deviennent alors comme des animaux, parce que la liberté de la volonté est une propriété de la ressemblance de Dieu qui se trouve en l’homme. Qu’est-ce que porter en soi la ressemblance ? Cela signifie être capable de jouir du bonheur, de la paix, de la joie. Si cette image ne se trouve pas dans l’homme, il ne peut éprouver cela et il devient comme un animal qui mange, qui dort, qui mange à nouveau, qui au bout de quelques années meurt et puis c’est la fin. Tandis que l’image de Dieu donne à l’homme la possibilité de jouir des biens que le Seigneur a en Lui et Il donne par cette image aux hommes la possibilité de rester ici et d’éprouver la continuation de cette jouissance dans l’éternité. Aussi Dieu, n’ôte pas à l’homme cette propriété. Il ne dit pas : vous voulez la guerre, alors je vous enlève le libre arbitre, et si vous ne la voulez pas, je le donne. Serait-ce équitable ? Même l’homme chez lequel Dieu aurait enlevé cette liberté, pourrait dire ensuite, lors du Jugement dernier : que fais-Tu, Seigneur, j’aurais pu ne pas aller à la guerre, je n’y serais pas allé et je n’aurais tué personne, mais Tu ne m’en as pas donné la possibilité. Or Dieu donne à l’homme la possibilité de réaliser cette image, Il veut que nous la réalisions selon Sa volonté, dans le bien et non le mal. Aussi, ce n’est pas Dieu qui est responsable de la guerre, mais les hommes. Et ce sont ceux qui font la guerre qui sont responsables de la mort des enfants, et non Dieu.

Probablement ce sont ceux qui se trouvent des deux côtés sur la ligne de front qui sont dans la situation la plus difficile. Que pouvez-vous leur souhaiter, que pouvez-vous leur dire ?
– Je veux leur dire qu’ils ne sont pas les plus pécheurs, comme le pensent certains, parce qu’ils souffrent de la guerre. Je parle des gens simples, qui n’ont aucune relation avec la guerre, mais non de ceux qui la font, je parle des civils. Ils ne sont pas les plus pécheurs. Comme le Seigneur a dit jadis au sujet de la tour qui est tombée sur les hommes et les tua : ces hommes n’étaient pas les plus pécheurs, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous également. Et par eux, le Seigneur nous montre que si nous ne vivons pas selon la volonté de Dieu, la même chose nous attend. « L’épée vous exterminera », telle est la parole biblique. Lorsque les Juifs vivaient avec Dieu, il y avait le bien-être, la terre donnait des fruits, les enfants de développaient, il y avait tout, c’était le bonheur. Ils commencèrent à délaisser Dieu, ce fut la famine, la guerre, le glaive. Il les écrase, et ils se repentent à nouveau et ils vivent bien. Et cela s’est répété de nombreuses fois et se répète avec nous sur une échelle mondiale. Nous ne vivons avec Dieu, nous faisons la guerre à nous-mêmes, nous en sommes coupables. Nous nous repentons, nous revenons vers Dieu et tout s’arrête, de nouveau ce sera une vie bonne, belle, paisible. Et à tous ces gens qui souffrent, je souhaite la bénédiction divine afin qu’ils prennent courage. Et le Seigneur ne les abandonnera pas. Le principal est qu’ils vivent avec Dieu, le Seigneur ne se détournera pas d’eux. Ils endureront tout.

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À l’occasion du millénaire du trépas du grand-prince Vladimir égal-aux-apôtres, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a rédigé un message au peuple ukrainien, au sujet de la guerre et de la résolution du problème ecclésial dans le pays

« En 2015 est commémoré le millénaire du trépas du saint grand-prince et égal-aux-apôtres Vladimir. À cette occasion, des solennités auront lieu en Ukraine, tant au niveau ecclésial que gouvernemental. Celles-ci sont appelées à témoigner de la signification de l’héritage du saint gouvernant pour nous, ses descendants, auxquels il a été donné de vivre au turbulent XXème siècle. En 988, le prince Vladimir a fait un choix décisif en faveur du christianisme oriental. Il a adopté lui-même la foi du Christ et a initié le baptême de ses compatriotes. Le baptême a non seulement changé de façon fondamentale la vision du monde du prince Vladimir et sa vie personnelle, mais a eu une influence cruciale sur la vie de toute l’ancienne société russe. C’est précisément du temps du saint prince Vladimir que naquit la culture chrétienne orthodoxe originale et nationale qui, au cours des siècles, a défini la voie historique du peuple ukrainien. 

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Au nom des membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine,
+ Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

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Le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge (Église orthodoxe d’Ukraine) a rencontré les représentants de l’OSCE

Le 28 mai a eu lieu la rencontre du métropolite de Ternopol et Kremenets Serge avec les représentants de la mission spéciale de monitoring de l’OSCE en Ukraine, Marco Kirschbaum et Leszek Kotsik. Aux discussions a pris part le défenseur des droits de l’homme, membre de l’association « Forpost », Oleg Denissov. Les participants de la rencontre ont discuté les questions du respect des droits de l’homme en Ukraine, notamment en ce qui concerne les provocations à l’encontre des communautés de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge a exprimé son inquiétude au sujet des églises dont se sont emparés les schismatiques dans les villages de Boutine, Novostav et aussi des tentatives de plus en plus fréquentes des mêmes groupes dans les villages de Bachouki, Kolosov et Kouliki, dans le district de Kremenets de la région de Ternopol (Ukraine occidentale). Les deux parties ont examiné les appels du pouvoir et de personnes privées, visant à désinformer et à discréditer, lesquels accusent sans fondement la Laure de la Dormition de Potchaïev de propagande anti-ukrainienne et de soutien au séparatisme. Les observateurs étrangers ont reçu des matériaux et des documents prouvant les faits de violations des droits des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine et ont pu également écouter les représentants des paroisses qui ont été les victimes directes des actions provocatrices et des attaques. Il s’agit notamment des cas, lorsque les groupes susmentionnés se sont emparés des églises de l’Église orthodoxe d’Ukraine sur les territoires des provinces de Ternopol, Volhynie et Rovno. En même temps, le cas de l’église du village d’Ougrinov, en Volhynie, dont se sont également emparés les schismatiques, a été examiné. Actuellement, en raison de l’inaction des autorités civiles, le recteur de la paroisse de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’archiprêtre Rostislav Sapojnik est menacé, entre autres, de se voir privé de son logement, malgré ses deux enfants mineurs. Avec le concours de l’entrepreneur, député au conseil provincial de Volhynie, A. Tourako, l’église concernée a été enlevée à ses propriétaires légitimes, suite à quoi le recteur a été obligé de célébrer les offices, avec ses paroissiens, dans sa maison. Rappelons que toutes ces paroisses sont situées en Ukraine occidentale, non touchée par les hostilités.

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Jovan Nikoloski