18/08/2017
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Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine a dirigé une procession de 35.000 fidèles à la vallée de Josaphat, dans le centre-ouest de l’Ukraine, sur le lieu d’une apparition de la Mère de Dieu

35.000 fidèles avec, à leur tête, le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre, ont effectué une procession sur le lieu de l’apparition de la très sainte Mère de Dieu, dans la région de Vinnitsa, dans le centre-ouest de l’Ukraine. Douze évêques accompagnaient le primat et les fidèles: les métropolites Jonathan de Toultchine et Bratslav, Antoine de Khmetnitsky et de Starokonstantinov, Syméon de Vinnitsa et de Bar, Agapit de Moguilev-Podolsk et Chargorod, Vladimir de Potchaïev, Alexandre de Pereyaslav-Khmelnitsky et Vichneva, les archevêques Pantéléimon de Boutchan et Pantéléimon d’Ouman et de Zvenigorod et les évêques Barsanuphe de Borodiansk, Benjamin de Fastov et Khotyn, ainsi que des prêtres de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. La procession de ces milliers de personnes a commencé en l’église du grand-martyr Dimitri de Thessalonique du village Goltchentsy, après l’office d’intercession, la bénédiction des icônes et de la grande croix, près de l’église.

Les participants de la procession ont prié pour la paix en Ukraine, beaucoup portaient des croix, afin de les placer dans la vallée. « Des prières particulières pour l’Ukraine ont été élevées par le métropolite Onuphre dans la vallée de Josaphat pendant la divine liturgie que le primat a célébrée avec les évêques et le clergé. Le métropolite Onuphre a prononcé l’homélie, qui concernait la confession de la foi, la protection de la Mère de Dieu et la nécessité de porter la croix de sa vie » est-il dit dans le communiqué officiel. À l’issue de la liturgie, le métropolite Onuphre a souhaité bonne fête aux participants. Les métropolites Syméon et Agapit ont également prononcé une allocution, ainsi que les représentants des autorités locales. La vallée de Josaphat, « la vallée des croix », est un lieu saint de la région ukrainienne de Podolié, connu comme le lieu de l’apparition de la Mère de Dieu à un habitant pauvre du village de Golintchentsy, le berger Jacques Mysik. En 1923, il vit, au-dessus d’une source, la Mère de Dieu avec l’Enfant-Dieu et, à sa question : « Que devons-nous faire ? », il entendit la réponse : « Placez des croix, glorifiez le Christ ». Le jour même les habitants du village fixèrent la première croix et, au bout de deux mois, tout l’emplacement autour de la source fut couvert de croix : on les apportait des villages voisins, mais aussi du Kouban, de la région d’Odessa, de Bessarabie, du Donbass, de l’Extrême orient russe et du Baïkal. Des cas de guérisons dans la vallée de Josaphat ont attiré à cet endroit encore plus de gens. En 1923 sont venus plus de 1,5 millions de fidèles en cinq mois. Les autorités soviétiques ont scié les croix à plusieurs reprises, espérant ainsi arrêter l’afflux des pèlerins. 9 prêtres et 18 laïcs furent traduits en justice. Jacques Mysik périt en martyr dans les casemates souterraines de Vinnitsa. La renaissance de la vallée de Josaphat a commencé en l’an 2000. Actuellement, il y a sur ce territoire plus de dix mille croix. On peut visionner ici la procession, les croix et la prédication du métropolite Onuphre (en ukrainien).

Sources : Pravlife, Uoj (photographies)

L’archevêque d’Athènes Jérôme : « Le peuple grec a été et sera toujours orthodoxe »

La ville de Thèbes a fêté solennellement, en présence du président de la République hellénique Prokopis Pavlopoulos, la fête de la Dormition de la Mère de Dieu. Cette année, l’église de Thèbes dédiée à la Mère de Dieu, dite « Megali Panaghia », fêtait son 150ème anniversaire. Dans son homélie, l’archevêque d’Athènes Jérôme, qui présidait la divine liturgie, a déclaré que « ce peuple a été et sera toujours orthodoxe », rappelant que les Grecs, non seulement maintenant, mais à travers les siècles, accouraient à l’église lors de chaque difficulté de leur vie pour vénérer les saintes icônes et demander l’aide de la toute sainte Mère de Dieu afin de faire face aux difficultés de leurs vies. L’archevêque a également fêté le cinquantenaire de son accession au sacerdoce. À l’issue de la liturgie, le métropolite de Thèbes Georges a remis au président de la République Prokopis Pavlopoulos la plus haute distinction de son diocèse.

Source (dont photographie): Amen

Des incendies de forêt mettent en danger deux monastères dans les environs d’Athènes

Des incendies de forêt se sont déclenchés dimanche après-midi, lesquels ont mis en danger deux monastères à Kalamo, dans l’Attique. Selon les informations de l’agence Romfea.gr, il s’agit du couvent féminin de la Transfiguration, métochion du monastère de Pendeli, et du monastère masculin Saint-Syméon-le-Nouveau-Théologien. Dans un premier temps, le couvent de la Transfiguration a été évacué. Selon les dernières informations, celui-ci a échappé par miracle à l’incendie, toute la forêt aux alentours ayant entièrement brûlé. Les sept moniales sont finalement revenues dans leur monastère, qui n’est plus en danger. Le monastère Saint-Syméon-le-Nouveau-Théologien n’a quant à lui pas échappé entièrement au danger, des foyers d’incendie ayant repris. Les moines n’ont pas été touchés. Néanmoins, l’atelier d’iconographie a été entièrement dévoré par les flammes. Le couvent féminin dédié à l’icône de la Mère de Dieu « Axion estin », dans le village de Varnavas, n’est actuellement pas en danger, mais les moniales sont inquiètes.

Sources : Romfea (1, dont photographie), traduit du grec pour Orthodoxie.com

Les reliques de la grande-martyre et reine Khétévane séjourneront en Géorgie

Les reliques de la reine Khétévane reviendront en Géorgie pour six mois. Elles se trouvent actuellement en Inde. Le ministère de la Culture et de la Conservation des monuments ainsi que le ministère des Affaires étrangères de Géorgie assureront le transport des saintes reliques de la reine Khétévane dans les diverses régions de Géorgie, ainsi que l’organisation d’expositions, de conférences internationales, où seront traitées les questions liées aux recherches et à la conservation du patrimoine relatif à la reine Khétévane.

Selon les informations du ministère géorgien de la culture, outre le Musée national, les fragments des reliques de la reine-martyre seront amenés à l’église de la Sainte-Trinité et dans tous les diocèses de Géorgie, et tous les fidèles pourront effectuer des pèlerinages. Il convient de mentionner que l’Agence nationale de conservation du patrimoine culturel a financé la restauration du panneau qui se trouve au monastère de Graça à Lisbonne, représentant le martyre de la reine Tamara. Le panneau d’une largeur de 12 mètres et d’une hauteur de 3 mètres, est réalisé dans le style traditionnel d’art portugais, peint en bleu sur des plaques de faïence émaillées. Sur ce panneau est représenté le voyage de la reine Khétévane en Perse, son martyre, et ensuite la remise des reliques au roi Téimouraz par les moines augustins. À la conférence prévue seront présents des représentants du Portugal.

Selon les sources historiques, la reine de Kakhétie a été emmenée en captivité à l’époque de la campagne du chah Abbas en 1613. La reine refusa de changer de religion, raison pour laquelle elle fut punie de la peine de mort en 1624 dans la ville de Chiraz. Les missionnaires portugais, qui assistaient au martyre de la reine, exhumèrent secrètement ses restes et les apportèrent au monastère des Augustins à Ispahan. Plus tard, les missionnaires apportèrent des parties du corps de la reine Khétévane en Géorgie. Ils étaient gardés en l’église d’Alaverdi jusqu’en 1723, puis disparurent. Outre la Géorgie et la Russie, des reliques de la reine Khétévane furent amenées aussi à Goa, ainsi qu’au Vatican et en Belgique. Le monastère de Goa a été détruit au début du XIXème siècle. À diverses époques, des expéditions scientifiques ont recherché les saintes reliques de la reine Khétévane en Inde. En 2013, le périodique « Archeology » publia l’information selon laquelle il était établi que les os retrouvés dans les ruines de l’église se trouvant à Goa, appartenaient à la reine Khétévane (cf. ici un article sur l’étude génétique). Selon leurs informations, l’analyse ADN des os de la main, retrouvés dans un sarcophage en pierre, a montré que, selon une grande probabilité, les os ne sont pas liés à l’Inde, mais sont d’origine géorgienne. Suite à de longues négociations avec la partie indienne, a été prise la décision de la venue temporaire des saintes reliques de la reine en Géorgie.

Sources : Pravlife et icône de sainte Khétévane : Pravoslavie

Les vieux-croyants unis à l’Église orthodoxe russe (« edinovertsy ») : hier, aujourd’hui et demain

Au XVIIème siècle, des fidèles se sont séparés de l’Église orthodoxe russe en raison de la réforme liturgique introduite par le patriarche Nikon (+1681) et ont fondé le mouvement des « vieux-croyants » qui s’est séparé de l’Église officielle et existe encore de nos jours, dirigé par le métropolite Corneille. Toutefois, certains d’entre eux se sont réunis au XVIIIème siècle à l’Église orthodoxe russe, tout en gardant leurs rites anciens. Ce mouvement, qui subsiste encore de nos jours, est désigné en russe par le terme « edinovérié », littéralement « partageant la même foi ». Les membres de ce mouvement sont appelés « edinovertsy » Nous publions ci-dessous un article de Vladimir Basenkov, paru sur le site Pravoslavie.ru sur l’histoire de cette communauté, sa vie présente et les perspectives d’avenir que lui prête l’auteur de l’article.

Les vieux-croyants edinovertsy constituent un phénomène intéressant et profond dans l’Église russe, dont on n’a pas encore entièrement saisi le sens jusqu’à nos jours. C’est une sorte de pont entre la Russie et l’État russe, depuis Pierre le Grand jusqu’à maintenant. Prêtons attention à la définition de l’edinovérié donnée par le hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de ces vieux-croyants unis à l’Église russe : « Opposé au au schisme, l’edinovérié est l’ensemble des paroisses de l’Église russe, unies avec celle-ci dans la foi, mais différentes par rapport à elle quant au rite. L’edinovérié est une section du vieux-ritualisme, acceptée dans la communion de l’Église de Russie sur la base de l’unité de la foi … L’edinovérié est le vieux-ritualisme réconcilié avec l’Église russe et universelle ». Le « vieux-ritualisme », il est important de prêter attention à ce terme. Ce ne serait pas un péché de qualifier les membres de l’edinovérié de « vieux-croyants » si l’on s’adresse à un large public. Oui, ce sont des paroisses dans lesquelles est maintenu l’ordo liturgique en vigueur jusqu’aux réformes du patriarche Nikon. Les membres de l’edinovérié sont des vieux-croyants qui sont dans l’Église, dans sa plénitude.

On considère habituellement que ce mouvement remonte à 1800. Le 27 octobre de cette année-là, les conditions auxquelles les vieux-croyants pouvaient être reçus dans la communion de l’Église orthodoxe russe, avec les remarques du métropolite de Moscou Platon (Levchine), ont été confirmées par l’empereur Paul Ier. Toutefois, ces règles contenaient une série de restrictions, dans le but d’éviter que les orthodoxes passent à l’edinovérié. Par exemple, le paroissien d’une église orthodoxe habituelle ne pouvait communier chez le prêtre appartenant à l’edinovérié qu’en cas de danger de mort. Il convient de mentionner que du côté du Saint-Synode, l’edinovérié était conçue comme un projet missionnaire et que le métropolite Platon considérait les vieux-croyants comme « se trouvant dans l’erreur par ignorance ». Et naturellement, il escomptait que dans un certain temps, les paroisses d’ancien rite fusionneraient complètement avec l’Église, passant même au rite nouveau. Toutefois, les choses ne se produisirent pas ainsi. Les vieux-croyants qui s’étaient prononcés volontairement pour l’unité, comprenaient le préjudice que comportait le fait de se trouver en dehors de la communion eucharistique avec l’Église-mère. Les offices selon les livres vieux-ritualistes et l’observance indéfectible de l’ancien mode de vie paroissial russe, à l’église, dans la famille et la vie personnelle, constituaient pour « les zélateurs de l’ancienne piété » un monolithe avec les dogmes. Sous le règne de l’empereur Nicolas Ier, les positions de l’edinovérié se renforcèrent de façon significative. Hélas, non sans immixtion administrative et pression sur les représentants des factions des vieux-croyants. Il est erroné d’accuser les membres habituels de l’edinovérié des méthodes violentes de « libération » des églises et des monastères appartenant aux vieux-croyants (schismatiques). L’approche administrative, bureaucratique et militaire du gouvernement pour « la guérison du schisme » en est responsable. Les monastères vieux-croyants dans les régions d’Irgiz, de Tchernigov, Nijni-Novgorod et d’autres endroits de l’empire sont passés à l’edinovérié. Des paroisses de ce dernier mouvement sont apparues à Moscou, aux cimetières Rogojsky et Preobrajensky, dans les centres vieux-croyants. À la fin du règne de Nicolas Ier, il y avait 179 paroisses de l’edinovérié, 200.000 personnes déclaraient y appartenir.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les membres de l’edinovérié s’adressèrent au Saint-Synode avec une série de demandes concernant non seulement des modifications de points individuels des règles de 1800, mais proposant la révision radicale des relations du gouvernement envers les vieux-croyants et les membres de l’edinovérié. Il y avait là aussi des propositions de création d’une Église commune de vieux rite, et des demandes de révision des règles de 1800, ainsi que la demande d’obtenir un évêque de rite ancien. La majeure partie de toutes les questions fondamentales sont restées sans suite, à l’exception de quelques corrections portant sur des points secondaires. Toutefois, en 100 ans, l’edinovérié s’était déjà transformée en une force certaine, avec ses principes et ses traditions, ses positions actives et son souhait de voir ses membres devenir des membres à part entière de l’Église, ce qui, si l’on veut être honnête, ne se ressentait pas encore complètement. Indubitablement, le premier quart du XXème siècle est une période florissante pour l’edinovérié et cette époque est liée indissociablement au nom du hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de rite ancien qui fut une personnalité infatigable au service du vieux-ritualisme orthodoxe. En ces années fut activement discutée la question de l’épiscopat pour les membres de l’edinovérié, lesquels eurent une série de congrès diocésains, puis trois congrès pan-russes. À la même époque ont été nommés d’abord un seul, puis plusieurs évêques pour le rite ancien. Les membres de l’edinovérié n’étaient plus alors « un projet missionnaire », mais ils appartenaient au plérôme de l’Église.

Les troubles révolutionnaires contraignirent le patriarche Tikhon à nommer des évêques de l’ancien rite dans les diocèses ordinaires de l’Église russe, et il fut par la suite convaincu de leur zèle, de leur courage, de leur pratique pastorale et de leur disposition à donner leur vie pour le Christ. En 1927 a eu lieu le congrès des membres de l’edinovérié, au cours duquel, entre autres questions, a été discutée la nécessité de constituer de nouveaux diocèses pour les tenants de l’ancien rite. En outre, le congrès s’est prononcé négativement au sujet du schisme de « l’Église vivante ». Et bientôt, en 1929, le Saint-Synode leva les malédictions sur les anciens rites. Malheureusement, les circonstances dans le pays ont amené à ce que les paroisses de rite ancien fusionnent avec les autres orthodoxes.

Extrêmement peu de choses nous sont connues sur la vie des communautés de rite ancien pendant la période soviétique. Au début des années 1990 et jusqu’à nos jours, à partir des trois paroisses qui avaient survécu sur l’espace post-soviétique, leur nombre a atteint maintenant une quarantaine. Les paroisses se développent principalement au détriment d’une migration des paroissiens conservateurs de l’Église orthodoxe russe, attirés par l’histoire et la culture russes. Il y a également des passages à l’edinovérié de familles de vieux-croyants, voire même de communautés entières. Chaque année, lors des « Conférences internationales de Noël » à Moscou, une section est consacrée au rite ancien dans l’Église orthodoxe russe, au sein de laquelle, en règle générale, se réunissent des représentants de la majorité des communautés de l’espace post-soviétique (et parfois de l’étranger lointain, par exemple des États-Unis). Les prêtres et les fidèles orthodoxes qui suivent les offices selon le nouveau rite ne restent pas indifférents à de tels événements. En outre, des représentants des vieux-croyants sont souvent les hôtes, voire les conférenciers lors de ces manifestations. La section des « Conférences de Noël » consacrée au vieux-ritualisme, tenue en janvier 2017, a rassemblé un assez grand nombre de représentants des paroisses suivant l’ancien rite au sein du Patriarcat de Moscou, dont de nouvelles paroisses, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour les « préceptes des saints temps anciens ». La question a été soulevée de la nomination d’un évêque pour l’edinovérié, ce qui n’existe pas actuellement…

Et maintenant que résultera-t-il de tout cela ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui l’edinovérié, le rite ancien de l’Église orthodoxe russe, et pourquoi nous faut-il tout cela ? Il convient de répondre ouvertement à ces questions, dans le but de montrer aux gens qui l’ignorent toute la valeur d’un tel mouvement au sein de l’Église. De nos jours, l’edinovérié, de même qu’il y a 200 ans, se présente comme l’ensemble des paroisses de l’Église orthodoxe russe où est maintenu l’office antérieur au schisme des vieux-croyants et l’ancienne piété russe. Il s’agit naturellement du même christianisme, mais qui élève la barre des exigences spirituelles et morales pour chacun. Les offices, dans ces paroisses, sont célébrés sans raccourcissement ; les chants, les icônes et toute l’atmosphère de prière dénotent une certaine concentration, stricte, ascétique, qui donnent à l’office un caractère quasi-monastique. Les paroisses de l’edinovérié sont des communautés réelles et non pas seulement juridiques, étant donné que tous les paroissiens se connaissent, ont des contacts et s’aident mutuellement. Il y a une aspiration consciente à un certain idéal de vie chrétienne. Cela fonctionne, bien sûr, comme pour toutes les personnes, peut-être de différentes façons, mais la présence d’une aspiration se manifeste. L’edinovérié permet à l’homme de se détacher réellement de la vanité mondaine, de se plonger dans une ambiance forte de prière, d’avoir un regard sur la foi orthodoxe à travers le prisme d’une grande sévérité envers lui-même, d’aspirer à s’élever spirituellement. Dans une paroisse de l’edinovérié, l’homme ressent une définition vivante de la communauté, ce qui n’est pas sans importance de nos jours. Dans les communautés sont intégrées des familles entières, les enfants grandissent dans une tradition chrétienne intégrale. Indubitablement, cette expérience spirituelle, conservée par les membres de l’edinovérié, est utile de nos jours à tous les enfants de l’Église orthodoxe russe. Cela ne signifie aucunement qu’il soit nécessaire que les paroisses doivent passer du jour au lendemain à l’ancien ordo de l’office. Les rites, cela va de soi, sont salvifiques de façon égale, du fait qu’un développement et certains changements sont inévitables dans l’Église. Mais ce trésor d’énergie spirituelle qui a été conservé soigneusement au cours de nombreux siècles, doit devenir l’héritage de tous les chrétiens et tous peuvent utiliser cette expérience. Certains sont attirés par le chant, d’autres y voient mieux la structure pratique de la communauté, pour d’autres encore deviennent compréhensibles les éléments essentiels de la vie du chrétien, éprouvés par l’expérience d’un grand nombre de générations. L’edinovérié, née dans des circonstances complexes, après un siècle et demi de persécutions contre les partisans de « l’Église du temps jadis » est parvenu un siècle après à obtenir son égalité en droit dans l’Église orthodoxe. Il a mérité le respect au XXème siècle, où avec tous les chrétiens, il a éprouvé la violence des persécutions. Il semblait avoir péri, mais, renaissant comme un phénix de ses cendres, il accomplit son ministère silencieusement, se relevant graduellement, se préparant à décoller, et montrer à la Russie le triomphe de l’esprit russe.

On peut visionner ici  un film documentaire (en russe) sur les vieux-croyants et l’edinovérié, notamment des extraits de la célébration du métropolite Hilarion (Alfeyev) selon l’ancien rite.

Source (dont photographie) : Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

À l’occasion du carême de la Dormition, 19 conseils spirituels du patriarche de Roumanie Daniel ont été publiés sur le site Basilica

À l’occasion du carême de la Dormition, qui a commencé le 1er août et qui se termine le 15 août selon le nouveau calendrier (respectivement le 14 août et le 28 août avec l’ancien) le site Basilica présente 19 conseils du patriarche de Roumanie au sujet du jeûne, que l’on trouvera ci-dessous :

1. S’il est accompagné d’œuvres plaisant à Dieu, le carême fait de celui qui jeûne une lumière parmi les hommes et un vase d’élection de la gloire Divine.
2. Nous jeûnons parce que nous aimons le Seigneur Christ et nous souhaitons nous nourrir davantage de la parole de l’Évangile, des paroles de l’Écriture, des paroles que nous entendons lors des offices et renforcer notre prière afin de croître spirituellement.
3. La nourriture la plus importante au moment du carême est l’amour miséricordieux du Christ, que nous cherchons par la prière.
4. Le carême est aussi le signe du désir de l’homme croyant de se libérer de l’avidité envers les choses matérielles et éphémères pour s’unir par la prière plus intensivement avec le Dieu qui est illimité et non éphémère, la Source de vie et de la joie éternelle.
5. Par le pardon est cultivée l’humilité et la liberté intérieure de l’homme qui désire vivre dans l’amour miséricordieux de Dieu.
6. Le véritable jeûne a pour but l’élévation de l’homme au-dessus des biens matériels ou terrestres, afin de recevoir les biens spirituels célestes, pour s’unir, par la prière et la Communion eucharistique plus fréquente avec le Dieu céleste, la Source de vie et de la joie éternelle dans le royaume des cieux.
7. Le pardon est le bon commencement de la période du carême.
8. Le carême n’est pas seulement physique, mais aussi spirituel, à savoir le jeûne des yeux, de la bouche, du cœur.
9. Nul ne peut entrer dans le carême, qui est une lutte spirituelle pour la purification des péchés et l’illumination de l’âme, sans pardonner.
10. Le jeûne soutient la prière du fidèle qui considère sa relation avec Dieu comme le centre, la lumière et la nourriture de son âme.
11. Si quelqu’un jeûne, mais ne prie pas, il ne peut recueillir la lumière spirituelle dans l’âme.
12. Le véritable jeûne produit le changement de la façon d’être de l’homme, le pasage de l’avidité ou de l’amour passionnel des choses matérielles à l’amour des choses spirituelles, pour cultiver plus intensément la prière ou la communion d’amour avec le Dieu immatériel, illimité et inéphémère.
13. Le cœur ou l’âme de l’homme qui jeûne obtient la liberté de s’enrichir constamment dans l’amour infini et éternel de Dieu.
14. Le jeûne soutient la prière tandis que le jeûne sans celle-ci n’est pas une œuvre spirituelle.
14. L’homme spirituel, qui prie et qui jeûne, illuminé de la grâce du Christ, acquiert la pensée et le regard spirituels, il met à profit les paroles spirituelles et accomplit des œuvres spirituelles par lesquels il est semblable aux saints de Dieu.
15. Le jeûne est un état spirituel de sacrifice ou d’offrande de celui qui jeûne, un état cultivé de façon libre et selon la force de chacun.
16. Nul ne peut lutter avec les esprits mauvais et les passions sombres, égoïstes, s’il n’a acquis au préalable la lumière de la grâce divine par le jeûne et la prière.
17. Le jeûne est une œuvre spirituelle qui plaît à Dieu lorsqu’elle est pratiquée par amour pour Lui. Aussi, il ne faut pas que nous jeûnions pour être loués ou admirés des hommes pour la rigueur et longueur du jeûne que nous pratiquons.
18. Nous souhaitons nous nourrir de Son amour bien plus que de Ses dons matériels, limités et éphémères. Aussi, au temps du carême, la quantité de nourriture matérielle diminue, tandis que la nourriture spirituelle s’accroît. Nous lisons plus la sainte Écriture, nous prions plus, nous nous confessons plus souvent, nous libérant d’un passé pesant, et nous communions plus souvent.

Source : Basilica, traduit du roumain pour Orthodoxie.com

Panoramas interactifs des églises d’Estonie du Patriarcat de Moscou

Des panoramas sphériques interactifs des églises relevant de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou sont disponibles sur le site de cette Église. Ce projet a été réalisé avec l’aide financière du concours international « Initiative orthodoxe ». Les 33 édifices de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou et du couvent féminin de la Dormition de Pühtitsa sont présentés sous leur aspect extérieur et intérieur. Il y a également des vues aériennes des édifices et de leurs environs. Hormis les photos, il y a des descriptions des églises avec leur historique. On peut accéder à ce site ici (dont photographie).

Source : Pravoslavie

Le primat des vieux-croyants ne pense pas qu’il soit possible de mettre fin au schisme avec le Patriarcat de Moscou

Le primat des vieux-croyants, le métropolite Corneille, pense qu’il est impossible pour les vieux-croyants de se réunir au Patriarcat de Moscou, tout en mentionnant que les relations entre les deux Églises sont actuellement paisibles. « Les plaies du schisme sont trop profondes. Nous sommes très différents quant à notre façon d’être, nos rites, notre esprit. Nous ne serons jamais en mesure d’accepter leurs rites, et il est improbable qu’ils souhaiteront eux-mêmes revenir à l’ancienne foi dans un avenir proche » a déclaré le primat dans une interview récente. De son côté, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président de la commission chargée des paroisses de rite ancien et de la coopération avec la communauté des vieux-croyants, croit que la guérison du schisme est encore lointaine, tout en ayant pris une position légèrement plus optimiste lors d’une présentation de livre au mois de juin dernier, lorsqu’il avait déclaré : « L’Église a toujours dit que la division qui se produisit au XVIIème siècle n’est pas une chose avec laquelle nous devons nous concilier, mais que nous devons nous efforcer de surmonter ». Outre les bonnes relations entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou, le primat des vieux-croyants a remercié le gouvernement pour l’égalité de traitement envers les deux Églises. « Je suis membre du Conseil présidentiel pour la coopération avec les associations religieuses. Cela signifie que le gouvernement reconnaît les vieux-croyants comme égaux aux autres confessions traditionnelles » a-t-il déclaré. Le métropolite Corneille est également certains que les relations de bon voisinage qui ont été développées entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou permettent que « les gens ne soient pas aigris les uns contre les autres, vivent en paix et aident la société à combattre l’alcoolisme, la drogue et l’avortement ». Le président Vladimir Poutine a rendu visite au centre spirituel des vieux-croyants le 31 mai, ce qui a été qualifié par le métropolite Corneille, comme « un jalon historique… Nous n’aurions pu rêver de tsars ou secrétaires généraux [soviétiques] venant à notre centre spirituel autrefois », a-t-il ajouté. « Nous sommes reconnaissants aux autorités pour leur soutien. Nous pouvons dire que nous avons maintenant de bonnes relations avec l’État, qui donnent déjà de bons fruits. Pour cela, nous sommes très reconnaissants à Dieu et au gouvernement » a conclu le primat des vieux-croyants.

Source (dont photographie du métropolite Corneille) : Orthodox Christianity

Nomination du directeur du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe de Paris

Plusieurs média russes annoncent que le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré l’automne dernier au 1 Quai Branly à Paris, sera dirigé par un diplomate de carrière – Leonid Kadychev. Leonid Kadychev occupait auparavant le poste de directeur adjoint du département européen du ministère russe des Affaires étrangères et a récemment terminé sa mission à Paris en tant que ministre-conseiller de l’ambassade de Russie. Le choix d’un diplomate professionnel pour diriger cette institution qui réunit sur le même territoire une église orthodoxe, des salles d’expositions, un amphithéâtre de conférence et des espaces pour les activités éducatives diverses, s’explique par le fait que le Centre est la propriété de l’administration présidentielle russe. Conformément à son statut juridique, c’est une partie intégrante de l’ambassade de Russie en France.

Sources : 1 et 2

Liturgie solennelle à Tirana à l’occasion du 25ème anniversaire de la nomination de l’archevêque Anastase à la tête de l’Église orthodoxe d’Albanie

La renaissance canonique de l’Église orthodoxe d’Albanie retient deux dates importantes : le 24 juin, qui est la date la plus importante et marque le jour où S.B. Anastase a été élu par le Patriarcat de Constantinople comme archevêque de l’Église d’Albanie, laquelle avait été détruite par l’athéisme, et le 2 août, jour où le nouvel archevêque s’est présenté devant son troupeau de l’église de l’Annonciation lors de l’office de son intronisation. Il y a exactement 25 ans, ces deux événements ont donné lieu au commencement de ce que l’on peut appeler un miracle : la renaissance de l’Église autocéphale d’Albanie de ses ruines, processus qui continue jusqu’à présent. Lors de cet anniversaire important, tous les membres de l’Église orthodoxe d’Albanie ressentent de la gratitude envers la personne qui a rendu possible ce miracle, qui a prié et soutenu l’Église même en ses moments les plus difficiles, c’est-à-dire l’archevêque de Tirana, Durrës et de toute l’Albanie, Mgr Anastase.

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Source (dont photographie) : Église orthodoxe d’Albanie

Commémoration en Serbie des victimes de l’opération « Tempête » menée par les troupes croates en 1995

Le 4 août, le jour de la commémoraison des victimes de l’opération « Tempête », menée par les troupes croates contre la population serbe de Croatie, a été commémoré à Veternik, près de Novi Sad (Voïvodine). Au cours de cette opération, qui a eu lieu du 4 au 7 août 1995, 2000 Serbes ont été tués et 200.000 ont été chassés de leurs foyers ancestraux. L’office de requiem était présidé cette année par le patriarche de Serbie Irénée. Assistaient à l’office Mgr Irénée de Bačka, évêque diocésain, le président de la République de Serbie Alexandre Vučić, le président de la République serbe de Bosnie Milorad Dodik, la première ministre de Serbie Ana Brnabić, des ministres, ainsi que des réfugiés serbes de Croatie, des membres des familles des tués et disparus, ainsi que de nombreux fidèles.

Source (de la photographie) : Église orthodoxe serbe

La vénération de saint Séraphin de Sarov dans l’Église orthodoxe roumaine

Le site orthodoxe russe Pravoslavie.ru a publié récemment un article de Ionuț-Daniel Barbu sur la vénération de saint Séraphin de Sarov en Roumanie, que nous reproduisons ci-après.

Saint Séraphin est connu et vénéré en Roumanie. Quatorze livres sur le saint ont été publiés en langue roumaine. Treize d’entre eux ont été traduits du russe, de l’anglais, du français et du grec. La traduction la plus connue est celle de l’archimandrite anglais Lazare (Moore) : « Saint Séraphin de Sarov, une biographie spirituelle ». Il existe un site internet roumain dédié à saint Séraphin où l’on peut lire des articles récemment écrits à son sujet. Ces derniers temps, en Roumanie, sont créés des monastères, des skites, des paroisses et des institutions caritatives portant le nom de saint Séraphin, par exemple le couvent féminin d’Eșanca, près de Iași. Dans le célèbre monastère de Sihăstria Putnei, il y a des fragments de reliques de ce saint russe, tout comme dans d’autres skites et paroisses roumaines. Saint Séraphin a été représenté sur des fresques, pour la première fois, au monastère bucarestois de la Sainte-Trinité de Radu Vodă, à l’époque du patriarche de Roumanie Justinien (Marina, 1948-1977), qui entretenait des relations étroites avec le Patriarcat de Moscou et qui a rendu visite à l’Église orthodoxe russe à plusieurs reprises. Actuellement, les fidèles roumains connaissent la vie et l’enseignement du saint, et certains d’entre eux témoignent des miracles dont ils ont eux-mêmes été l’objet. La vie et les enseignements du saint sont entrés dans la tradition orthodoxe roumaine non pas par des monographies publiées, mais par des copies diffusées parmi les fidèles (à l’époque communiste) qui les lisaient avec grande admiration. Ces copies dactylographiées étaient des traductions à partir du russe ou du français et étaient entrées secrètement en Roumanie à partir des années cinquante du XXème siècle.

Mais c’est en Bessarabie que les fidèles roumains ont commencé à connaître le saint. Entre 1908 et 1914, le diocèse de Chişinău et Khotinsk [faisant alors partie de l’Empire russe] avait à sa tête le hiéromartyr Séraphin (Tchitchagov, 1856-1937). Peu avant, il avait constitué le recueil le plus complet de documents concernant saint Séraphin, publié alors sous le titre de « Chronique du monastère de Séraphino-Diveyevo » (disponible en français). Le hiéromartyr Séraphin œuvra activement à la canonisation du saint. Il avait donc une grande vénération pour le saint et utilisait souvent, dans son travail pastoral parmi les Roumains vivant en Bessarabie, des enseignements et des exemples de sa vie. Les émigrés politiques qui avaient fui la Russie et s’étaient réfugiés en Roumanie ont également participé à la diffusion de la vénération du saint. Ainsi, en 1930, quelques émigrés russes qui avaient trouvé refuge à Piatra Neamț avaient apporté avec eux une icône de saint Séraphin. Elle avait été peinte en Russie au XIXème siècle. On peut voir sur celle-ci des traces de balles du temps des persécutions athées en Russie. Plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, les soldats roumains cantonnés en Bessarabie et en Ukraine ont découvert saint Séraphin et en ont parlé de retour dans leur patrie. Ainsi, l’archimandrite Dositej (Morariu, 1913-1990) a amené d’Ukraine en Roumanie le livre « La vie de saint Séraphin de Sarov » et l’a traduit en 1944. Par la suite, sur la base de ce livre, il a écrit sa thèse de premier cycle « Saint Séraphin de Sarov : vie, ascèse, et enseignements », qu’il a défendue en 1947 à la faculté orthodoxe de Sibiu. Mais en raison de la situation politique difficile, il ne put alors la publier. Ce travail n’a été publié qu’en 2004, après la mort de l’archimandrite Dosithée († 1990), par l’archimandrite et prédicateur roumain Joannice Bălan aux éditions du monastère roumain de Sihăstria. En 1943, le métropolite de Rostov Nicolas a été déporté en Roumanie et, avec lui, son père spirituel, un ancien moine d’Optino, le hiéromoine Jean (Kouliguine). Le fondateur de la revue « Floarea de Foc » (« Le Buisson ardent ») et du mouvement religieux du même nom, Sandu (Tudor), et son groupe a rencontré le père Jean au monastère de Cernica. Ce monastère est glorifié par les labeurs du saint hiérarque Callinique de Râmnicu (1767-1868) et du saint archimandrite Georges (Ardeleanu, 1730-1806), des acètes et des rénovateurs de la tradition hésychaste en Roumanie aux XVIIIème-XIXème siècles, et des contemporains de saint Séraphin. Le père Jean est devenu le père spirituel de Sandu (Tudor) et du cercles d’intellectuels, de prêtres, de moines et de laïcs, qui s’étaient formés autour de lui, pour lesquels la vie spirituelle, la théologie, le lien de l’homme avec Dieu et le but de la déification sont devenus ce qu’il y a de plus important dans la vie. Le moine russe a traduit leurs recherches intellectuelles en actes, leur enseignant la prière continuelle de Jésus, la prière du cœur. Par son propre exemple, il témoignait de la prière de Jésus, dont il avait appris la pratique chez les startsy d’Optino. Le staretz roumain Sofian (Bogiu, 1912-2002), qui a connu de près ce prêtre russe, a écrit dans ses mémoires qu’il avait beaucoup appris auprès du hiéromoine Jean (Kouligiuine) sur l’hésychasme en Russie, qui était présent non seulement dans les monastères, mais aussi chez les laïcs dans ce pays.

Lors des réunions du mouvement « Le Buisson ardent », il était normal d’évoquer la vie et des labeurs spirituels du saint au nom « brûlant » (étymologie de Séraphin), qui avait commencé ses instructions spirituelles par les mots : « Dieu est un feu qui réchauffe et enflamme les cœurs et les entrailles ». Plus tard, également sous le régime communiste, des témoignages sur la vie et l’enseignement de saint Séraphin ont pu venir depuis l’occident, notamment par des étudiants roumains qui étudiaient la théologie dans les universités européennes, principalement en France. C’est précisément là que l’émigration russe a laissé des traces importantes, influençant la vie et la théologie orthodoxes en occident. L’un de ces étudiants fut l’actuel patriarche de Roumanie lui-même. Dans le cadre de la thèse qu’il défendit en 1979 à l’Université de Strasbourg, il mentionne à plusieurs reprises l’enseignement de saint Séraphin. La vénération du saint de Sarov dans l’Église orthodoxe roumaine est également exprimée sous une forme poétique. C’est ainsi que saint Jean (Jacques) le Nouveau Chozébite (1913-1960) a dédié, en 1957, de profonds vers spirituels intitulés « Larmes devant l’icône de saint Séraphin » : « Saint Séraphin, ange terrestre, abaisse son regard depuis les hauteurs sur ceux qui souffrent ! Regarde comme gémit ton peuple, oppressé par les tyrans, et comment errent beaucoup de tes enfants devenus orphelins. Il n’y a pas aujourd’hui de route vers Sarov et Diveevo, et l’obscurité règne dans ta clairière. Et des pauvres orphelins, comme des abeilles de « l’ours » [jeu de mots avec URSS], se sont dispersés dans des pays étrangers et la source s’est tarie. Des « bêtes » qui parlent ont ravagé ton jardin, et les malades ne peuvent plus boire de ton eau. Réapprivoise « l’ours », en lui versant ta grâce ; libère ton peuple de l’esclavage du mal. De la Sarov céleste, verse de ta source l’eau de la foi sainte sur ceux qui languissent en prison. Illumine vers le bien les pauvres abeilles dispersées de leur communauté, afin qu’elles reconnaissent leur reine. Donne-nous Petit Père, de ta joie céleste et fais revenir avec amour enflammé ceux qui ont dévié. Et à ceux qui sont dans les tourments, donne de voir la gloire de Jérusalem, ô vénérable Séraphin. Affermis le pasteur [l’évêque] pour œuvrer ensemble avec sa sainte assemblée [des prêtres] au salut du peuple tourmenté. Et comme tu étais la source de la paix ici, sur terre, ainsi intercède aujourd’hui sans cesse pour la paix du monde ! » [le texte original roumain est disponible ici].

Cette tradition de la vénération de saint Séraphin de Sarov, instaurée en Roumanie dès le début du siècle passé, a donné ses fruits à la fin du XXème et début du XXIème siècle. Après 1990, les fidèles roumains ont commencé à faire des pèlerinages à Diveevo, des nouvelles traductions de la vie du saint sont parues, des églises ont été érigées en son honneur. Le saint staretz de Sarov demeure en Roumanie, et les prêtres, moines et fidèles l’aiment beaucoup. Les commentaires des pèlerins roumains qui ont visité le monastère de Diveevo et vénéré ses saintes reliques sont élogieux. On ressent à Diveevo le zèle apostolique tel qu’il était aux débuts du christianisme. Dans ce monastère et ses skites vivent des centaines de sœurs, ce qui est rare aujourd’hui lorsque s’est affaiblie l’aspiration au monachisme. « Si tu souhaites devenir moine, deviens comme le feu » a dit le grand staretz roumain Arsène (Boca, 1910-1989), que l’on compare à saint Séraphin. Le monastère de Diveevo est vivant, comme le Buisson ardent, héritant cette flamme de la foi de son père spirituel, dont le nom monastique, Séraphin, signifie « enflammé ». Les prêtres qui officient au monastère, les moniales lors des offices et es obédiences, les églises resplendissant de pureté, les fleurs qui poussent partout, les jardins luxuriants et ombragés et particulièrement les merveilleuses tombes des moniales qui sont parties vers le Seigneur, témoignent continuellement de la joie de servir le Créateur. Et bien sûr, marcher dans le canal [autour du monastère, dans lequel la Mère de Dieu était apparu], est quelque chose d’extraordinaire. Parcourant dans le silence cette voie de la Mère de Dieu, tandis que personne ne se hâte. Au canal, il semble que le temps n’existe plus et qu’il n’y est plus nécessaire de dire quoi que ce soit. Ici, on peut comprendre à quel point est précieux le silence, une vertu qui est si absente du monde contemporain bruyant.

Source (dont icône de saint Séraphin) : Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com.

Le président de la République de Moldavie a visité le monastère Saint-Pantéléimon sur le Mont Athos

Le président moldave Igor Dodon a été accueilli au son des cloches au monastère Saint-Pantéléimon par l’higoumène, l’archimandrite Euloge, qui tenait l’Évangile dans ses mains, conformément au protocole athonite de réception des chefs d’État. Après les salutations d’usage, les hôtes et les moines se sont rendus au catholicon du monastère, dédié à saint Pantéléimon. Un court office d’intercession pour le président a suivi. Dans son allocution, l’higoumène a mentionné les liens séculaires existant entre les souverains moldaves et le monastère Saint-Pantéléimon, ainsi que leur participation dans la vie du monastère en tant que donateurs. Comme l’a dit l’higoumène, la mémoire du hospodar Scarlat Kallimachis, qui a fait renaître le monastère au début du XIXème siècle et qui pour cela a été puni par les Turcs en 1821, est vénérée au monastère. L’higoumène a ensuite évoqué le rôle de saint Païssy Veltitchkovsky dans le domaine des liens spirituels et culturels slavo-moldaves et la renaissance du monachisme russe et moldave sur le Mont Athos, en Moldavo-Valachie et en Russie. « Parmi les ascètes athonites, une place particulière revient à saint Païssy Velitchkovsky, dont l’héritage spirituel très riche constitue une partie inaliénable de l’héritage spirituel des peuples moldave, russe et des autres peuples orthodoxes », a déclaré l’higoumène du monastère Saint-Pantéléimon.

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Le président a rappelé que plus de 98% de la population moldave était orthodoxe. « Notre foi est ce sur quoi repose notre statut d’État, et nous sommes tenus à la garder et la préserver. Aussi, il est très important de renouveler nos liens historiques avec l’Athos en tant que centre de l’orthodoxie universelle et des traditions du monachisme orthodoxe ». Dans des propos tenus au site « Roussky Afon » (« L’Athos russe »), le président a déclaré qu’il était préférable de séjourner deux jours sur la Sainte-Montagne, dans un environnement où l’âme se repose, que vingt jours de repos à la mer, car un lieu empli de grâce comme l’Athos n’existe nulle part ailleurs au monde. Au monastère Saint-Pantéléimon, le président a assisté aux vigiles nocturnes de la fête du prophète Élie, célébrée selon l’ancien calendrier le 2 août. Le même jour, le président s’est rendu à Karyès, à la Sainte-Communauté du Mont Athos, où il a été accueilli par le protépistate, le père Gervasios d’Iviron. Celui-ci lui a souhaité un bon séjour sur la Sainte-Montagne. Dans sa réponse, le président a rappelé que le Mont Athos et la Moldavie étaient liés depuis des siècles par des liens étroits.

Sources : Pravoslavie (dont photographie), Romfea

Rediffusion: “Orthodoxie” (France-Culture), « Constantinople 1453 et l’Église »

Le 9 juillet (première partie) et le 23 juillet (2e partie), a été rediffusée l’émission  Orthodoxie sur France-Culture ayant pour titre “Constantinople 1453 et l’Église”. Les invités étaient Vincent Déroche, directeur de recherche au CNRS, et Nicolas Vatin, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EPHE. Présentation: « La genèse et le contenu de l’ouvrage qui vient de paraître sur la chute de Constantinople en 1453 – L’institution de l’Église dans l’Empire byzantin – Le contexte ecclésiastique pendant les dernières années de l’Empire – La question de l’Union avec l’Occident, le concile unioniste de Ferrare-Florence (1438-1439) et les débats à ce sujet dans la société byzantine – Deux personnages emblématiques : Bessarion et Isidore de Kiev. L’Église de Constantinople au moment de la chute  (1453) – Gennadios Scholarios, premier patriarche sous domination ottomane – Le nouveau pouvoir et l’Église – La vie de l’Église pendant la période ottomane. »

Le podcast de la première partie est en ligne ici, celui de la seconde partie là.

Des disciples de saint Païssios construisent sur le Mont Athos une église qui lui sera dédiée

Une nouvelle église est actuellement en construction dans la kalyve [petit ermitage] de la Résurrection à Kapsala, sur le Mont Athos. Le projet a été entrepris par le père Euthyme et sa communauté. Celui-ci est un enfant spirituel de saint Païssios et de l’Ancien Isaac, lequel était lui-même disciple du saint. Les travaux ont commencé en juillet 2016 et il est prévu qu’ils soient achevés dans quelques mois. La communauté espère que la consécration de la nouvelle église aura lieu entre le milieu de l’automne de cette année et juin 2018. Le père Euthyme a contribué à la biographie de saint Païssios rédigée par l’Ancien Isaac et qui est disponible en français. L’Ancien Isaac reçut le grand habit monastique de saint Païssios, avec nom de saint Isaac le Syrien. Avec la bénédiction du saint, il constitua la communauté de la kalyve de la Résurrection.

Source (dont photographie de l’église en construction) : Orthodox Christianity

Le patriarche de Jérusalem dénonce la décision du tribunal israélien concernant la vente de terrains appartenant au patriarcat

Le Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem dénonce la décision du tribunal israélien reconnaissant légale la vente de terrains appartenant à l’Église à des compagnies israéliennes qui veulent élargir leur présence dans l’ancienne ville de Jérusalem. Dans une annonce au journal palestinien « Al Quds » paru mardi, le patriarche de Jérusalem affirme que le contrat concerné a été conclu de façon illégale, sous la supervision de son prédécesseur, lequel a été révoqué pour cette raison. La décision du tribunal ouvre la possibilité à ce qu’un bail de 99 ans portant sur des biens du patriarcat dans la vieille ville soit concédé à « Ateret Cohanim », un groupe associé aux colons israéliens de Cisjordanie. Le patriarche déclare qu’il « produira tous les efforts juridiques et financiers possibles pour faire invalider le contrat ». La plupart des chrétiens orthodoxes de Jérusalem sont palestiniens et refusent de vendre des terrains aux Juifs.

Source (dont photographie) : Romfea, traduit du grec pour Orthodoxie.com

Des orthodoxes protestent à Moscou, avec le soutien de l’higoumène du monastère athonite de Saint-Pantéléimon, contre un film déshonorant le tsar-martyr Nicolas II

Les activistes orthodoxes du mouvement « Quarante fois quarante » [allusion au nombre d’églises à Moscou dans l’ancienne Russie ndt] ont protesté vendredi dernier contre le nouveau film « Mathilde », près de la Douma, du bureau du procureur et du ministère de la Culture. Le film traite de façon calomnieuse de la jeunesse du tsar-martyr Nicolas II. « Aujourd’hui, des fidèles orthodoxes ont protesté avec des pancartes contre le film ‘Mathilde’ devant les principaux bâtiments publics, le ministère de la Culture, la Douma, l’administration présidentielle, le bureau du procureur, les studios du réalisateur Alexis Outchitel à Saint-Pétersbourg et du Fond du cinéma à Moscou » a déclaré un représentant du mouvement. Le coordinateur de celui-ci, André Kormoukhine, avait annoncé plus tôt que des piquets de protestation étaient prévus devant les agences ayant autorité pour prendre une décision au sujet du film. Celui-ci est dédié à l’histoire de la vie de la ballerine Mathilde Kschessinska, qui était en relation avec le futur tsar et martyr Nicolas II. Le rôle principal est joué par l’actrice polonaise Mikhalina Olshansky, et celui du tsarévitch, le futur tsar, par un Allemand, Lars Eidinger. Beaucoup pensent que le film n’est pas historiquement exact, altérant la vérité sur le pieux et saint empereur. On pouvait lire sur les pancartes « Ne touchez pas au tsar russe ! », « L’orthodoxie a bâti la Russie, ‘Mathilde’ la détruit… », « Vladimir Vladimirovitch [Poutine], protège la Russie ! » et un autre encore, citait le verset biblique « Ne touchez pas à mes oints » (Ps. 104,15). « Les piquets de protestation ont eu lieu pour exprimer l’opinion du peuple qui, pour quelque raison, veut rester en marge de la controverse sur ‘Mathilde’. Chaque participant a fait son propre poster et a écrit qu’il ce qu’il voulait transmettre à ceux qui décident. « Nous ne sommes pas contre Alexei Outchitel ; nous sommes contre un film blasphématoire qui insulte le saint tsar, l’histoire russe, et les sensibilités des fidèles orthodoxes par son contenu », ont déclaré les activistes. L’action contre le film a été également rejointe par la députée Natalia Poklonskaïa, bien connue pour sa grande vénération du martyr impérial Nicolas II et sa famille. Elle a rassemblé 100’000 appels et signatures des citoyens qui s’opposent au film et s’est adressée au procureur général ainsi qu’aux ministères de l’Intérieur et de la Culture. Selon elle, 37 députés de la Douma, dont son vice-président, ont également signé une demande pour prendre des mesures afin de prévenir « les insultes aux sensibilités religieuses des croyants et la profanation des saints orthodoxes ». Bien que « Mathilde » ait causé un scandale parmi les fidèles, le président du département synodal pour l’Église et la société et les médias, Vladimir Legoïda, pense que c’est une erreur d’organiser une collecte de signatures contre le film. Répondant à l’appel du métropolite de Khanty-Mansiysk et Sourgout Paul qui, le 18 juin, avait appelé à collecter les signatures dans son diocèse contre le film, V. Legoïda a écrit sur sa page Facebook : « Je peux comprendre que beaucoup n’aiment pas l’idée du réalisateur… Cependant, je considère que la récolte centralisée de signatures dans les paroisses du diocèse afin d’interdire le film est une erreur ».

La grande-duchesse Maria Vladimirovna, chef de la maison des Romanov, a déclaré qu’elle était indignée par la sortie prochaine du film « Mathilde » mais, en même temps, elle pense qu’il est vain de l’interdire, comme d’autres films, car cela ne fait qu’attirer une attention excessive. « Son altesse impériale la grande duchesse Maria Vladimirovna, chef de la maison impériale russe des Romanov, est déçue par le fait que, lors du centenaire des événements tragiques de la révolution de 1917 et à la veille du centenaire de l’assassinat du tsar, soit prévue la sortie du film représentant l’empereur Nicolas II, l’impératrice Alexandra Feodorovna et toute une série d’autres figures historiques sous un jour complètement altéré, comme des gens immoraux et mentalement déséquilibrés » a déclaré Alexandre Zakatov, directeur de la chancellerie de la maison impériale. Le réalisateur de « Mathilde », Alexei Outchitel a déclaré de son côté que rien dans le film ne devrait offenser les chrétiens orthodoxes. « Il n’y a rien là qui peut heurter la sensibilité des croyants. Il n’y a pas là de vulgarité », a-t-il dit, tandis que la maison impériale considère qu’il connaissait très bien les réactions qu’il y aurait à son film. Contrairement à V. Legoïda, l’higoumène du monastère athonite de Saint-Pantéléimon et sa communauté soutiennent N. Poklonskaïa et sa tentative d’interdire le film : « Nous vous supportons de tout cœur et partageons votre attitude sur ce projet qui déshonore la mémoire des saints martyrs impériaux ». Répondant à la demande de la députée de faire une déclaration concernant le film, le père Euloge a qualifié le film de « délibérément provocant », soulignant qu’il déclenche « l’hostilité chez tout homme qui a du respect pour l’histoire de la patrie et qui a préservé tout son sens moral ». Mentionnant que la mémoire des martyrs impériaux est célébrée avec respect et amour sur la Sainte-Montagne, l’higoumène écrit que le fait qu’un tel film paraisse dans un pays orthodoxe « est profondément affligeant et déprimant ». « Nous ne pouvons qualifier ce film autrement qu’un mépris à l’égard de la sensibilité des fidèles », écrit le père Euloge au nom de sa communauté monastique.

Le métropolite Hilarion (Alfeev) avait dit précédemment à A. Outchitel qu’il n’aimait pas son film, le qualifiant de « vulgarité ». Il avait également dit qu’il ferait connaître publiquement son opinion. A. Outchitel a déclaré de son côté qu’il respectait le métropolite et son évaluation et l’a remercié pour son honnêteté. L’évêque Tikhon (Chevnoukov), higoumène du monastère Sretensky et chef du Conseil patriarcal pour la culture a appelé le film une « falsification éhontée » et une « diffamation », déclarant qu’il appartient au genre de fantaisie. Dans une interview à « Rossiskaïa Gazeta », il demande : « Pourquoi font-ils croire au spectateur en l’historicité de scènes déchirantes inventées par eux ‘de triangle amoureux’ dans lesquelles Nicolas, avant et après le mariage est déchiré entre Mathilde et Alexandra ? » ajoutant « Que cela est-il ? La vision de l’auteur ? Non, c’est une calomnie contre des personnes réelles », manifestant ainsi son désaccord profond avec le réalisateur. Tandis que le film décrit une relation durable avec la ballerine, même après le mariage de Nicolas avec Alexandra, A. Zakatov, représentant de la maison impériale, mentionne que sur la base des journaux intimes de Nicolas II, de ses correspondances avec Alexandra, des mémoires de Mathilde Kschessinska, et de plusieurs autres sources authentiques et dignes de foi, il est connu que la relation concernée a cessé en 1894, lorsque la décision a été prise que le tsarévitch se marierait à la future impératrice Alexandra. Selon Zakatov, la relation qui a duré de 1892 à 1894 est utilisée comme un tremplin pour des « fantaisies sans fondement, aptes à nuire au bon renom de la sainte famille martyre et de Mathilde Kschessinka dans l’opinion publique ». La première du film est prévue pour le 6 octobre au théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg, tandis que sa projection générale est programmée fin octobre ».

Source (dont photographie) : Orthodox Christianity

Le patriarche Daniel exhorte à la prière, la discipline et l’union de l’Église orthodoxe roumaine

Le patriarche de Roumanie Daniel a publié le communiqué suivant en date du 28 juillet :
« Les 27 et 28 juillet 2017 a eu lieu, en la résidence patriarcale de Bucarest, une séance de travail de la commission chargée des statuts et règlements de l’Église orthodoxe roumaine, présidée par le patriarche de Roumanie. Ont été étudiées les dispositions statutaires et réglementaires concernant la discipline du clergé de tous les rangs : diaconal, presbytéral et épiscopal. Dans ce sens, il a été constaté que le statut d’organisation et de fonctionnement de l’Église orthodoxe roumaine, de même que le règlement des autorités canoniques disciplinaires et des tribunaux ecclésiastiques, doivent être complétés et amendés pour ce qui concerne les procédures de saisine du tribunal, d’enquête et de jugements des écarts canoniques et administratifs des hiérarques. À cet égard ont été présentées également les législations ecclésiastiques de certaines Églises orthodoxes sœurs dans ce domaine particulier. Les propositions de la commission des statuts et des règlements en vue de compléter et d’expliciter les dispositions statutaires et réglementaires actuelles seront présentées pour analyse et approbation au Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine, les 17 et 18 août 2017, dates auxquelles est déjà convoqué aussi le Synode permanent. Préoccupée par les troubles et la douleur que produisent dans l’Église les accusations portées contre le clergé en raison de certaines déviations de la morale chrétienne, la commission des statuts et des règlements, sur la base des saints canons et la pratique d’autres Églises orthodoxes sœurs, a souligné les lignes directrices suivantes : 1) La discipline ecclésiastique concernant les serviteur de l’Église est une nécessité et une obligation pour tous les clercs : diacres, prêtres et hiérarques, 2) Les sanctions ou les peines appliquées aux clercs de tout rang pour différents écarts ont pour but de rétablir la discipline ecclésiale, ainsi que de mener au repentir et à la correction de ceux qui ont péché, dans une optique du pardon des péchés et de l’obtention du salut, sous la direction du confesseur, 3) La correction spirituelle des clercs qui ont commis des déviations graves, comme celle de tous les pécheurs en général, nécessite beaucoup de prière, de jeûne, de repentir et de conseils spirituels. En tant que patriarche de l’Église orthodoxe roumaine, avec beaucoup de douleur dans l’âme, nous demandons pardon à tous les les fidèles pour le trouble produit par les accusations publiques contre les clercs ayant accompli certains écarts de la morale chrétienne. Étant donné que dans quelques jours commencera la période du carême de la Dormition de la Mère de Dieu (1-14 août), lorsque chaque chrétien orthodoxe prie plus et pense plus à ses propres péchés ou fautes, demandant, par la confession, le pardon du confesseur pour recevoir plus souvent la sainte eucharistie, il y a une grande nécessité de prier Dieu aussi pour le renouvellement de la vie spirituelle des clercs de notre Église de tout rang (diacres, prêtres, hiérarques), ainsi que pour celui de la vie des moines et des laïcs. Prions la Mère de notre Seigneur Jésus-Christ, le pasteur et le gardien de nos âmes (I Pierre 2,25), pour qu’elle illumine et aide par ses prières tous les serviteurs de l’Église du Christ et tous ses fidèles, pour croître dans une vie pure et sainte, dans les œuvres de miséricorde envers ceux qui se trouvent dans le besoin et les difficultés, afin d’atteindre la paix, la joie et la bénédiction du Seigneur, dans la famille, la paroisse et la société » † Daniel, patriarche de l’Église orthodoxe roumaine.

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Célébration du baptême de la Rous’ sur la colline de saint Vladimir à Kiev

Depuis le jour de sa construction en 1853, il y a déjà 164 ans, la statue de bronze du prince Vladimir, fixée sur un socle de 16 mètre de hauteur, s’élève au-dessus du Dniepr. Les années difficiles de l’athéisme ont épargné ce monument unique, sans y toucher. De nos jours, les couples, après leur mariage, y apportent des fleurs, et les jeunes diplômés des écoles, selon une tradition qui s’est constituée depuis des années, viennent à l’aurore devant ce monument. Chaque année, la veille de la mémoire du baptême de la Rous’, l’Église orthodoxe russe y célèbre un office d’intercession solennel suivi d’une procession. Des milliers de Kiéviens et de fidèles venus de toutes les régions d’Ukraine se sont rassemblés, cette année également, devant la statue du saint prince Vladimir. Tôt dans la matinée du 27 juillet, veille de la mémoire du saint et du 1029ème anniversaire du baptême de la Rous’, des flots de pèlerins se sont pressés dans les allées étroites de la colline de saint Vladimir, avec des icônes, des croix, au chant des hymnes spirituels. Les moines et moniales, les laïcs, le clergé, les étudiants et les élèves des écoles ecclésiastiques, se sont ensuite rassemblés en carré sur la place du monument. Devant celui-ci étaient placées onze icônes miraculeuses de la Mère de Dieu, apportées en procession depuis les différentes régions d’Ukraine, dont six se sont révélées miraculeuses récemment : l’icône dite « Abaisse ton regard sur l’humilité de tes serviteurs », celles de Boyani (qui pleure), Radomychl (dite d’Iviron), Kiev-Bari, « Sauveur non faite de main d’homme », Vladimir-Desiatinnaya, et cinq anciennes icônes de la Mère de Dieu : de Zimnee, Potchaïev, Kasperovo et Akhtyrka. Devant les icônes se tenait l’épiscopat de l’Église orthodoxe d’Ukraine avec à sa tête le métropolite de Kiev Onuphre, les représentants des Églises locales, les hôtes. L’office d’intercession a commencé, au cours duquel a été prononcée la prière suivante : « Accorde, Seigneur, à Ton héritage la paix et le calme, afin que Ton Église sainte, que Tu as choisie pour être Ta demeure, ne soit ni affaiblie ni ébranlée… Toi qui nous a donné le commandement de T’aimer, notre Dieu, et d’aimer notre prochain, fais que la haine et l’hostilité et les autres iniquités cessent, que règne le véritable amour dans nos cœurs… Que soit glorifié Ton nom trois fois saint, exauce-nous et aie pitié de nous. ». À l’issue de l’office d’intercession, le métropolite Onuphre s’est adressé au clergé et au peuple par ces paroles : « À vous tous, chers évêques, pères, frères et sœurs, je vous adresse de tout cœur mes vœux à l’occasion de cette grande fête en l’honneur de notre illuminateur et baptiste, le saint grand-prince égal aux apôtres Vladimir. Celui-ci est notre père spirituel, qui a régénéré les peuples de notre terre sur les fonts baptismaux, a transformé notre peuple, qui était agressif, belliqueux, et violent, en un peuple bon, empli d’amour envers Dieu et le prochain. Et nous prions aujourd’hui notre saint protecteur, afin que par ses saintes prières et son intercession devant le trône de Dieu, il demande au Créateur qu’Il nous aide à préserver notre héritage inestimable de la foi orthodoxe, sainte et pure, que le prince Vladimir a apportée jadis sur notre terre pour tous les peuples. Afin que nous soyons l’ornement de la terre pour le monde entier, que nous vivions dans l’amour envers Dieu et les uns avec les autres, que nous nous supportions mutuellement, que nous aspirions à vivre selon les saintes lois inscrites dans le saint Évangile qu’a apporté sur notre terre le saint prince Vladimir. Par ses saintes prières, que le Seigneur nous garde et nous protège tous. Amen ». Après l’office, un fleuve humain de milliers de personnes se sont rendues en procession, avec des croix, des étendards et les icônes miraculeuses, jusqu’à la laure des Grottes de Kiev. 

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On peut visionner ci-dessous des extraits de l’office d’intercession devant le monument de saint Vladimir et de la procession.

Source (dont photographie) : Pravoslavie

Reprise de l’ “Histoire de la littérature grecque chrétienne, des origines à 451” (Les Belles Lettres)

Le tome III de l’Histoire de la littérature grecque chrétienne, des origines à 451, aux éditions Les Belles Lettres, est en librairie depuis le mois dernier.

“Ce tome couvre toute la production littéraire du IIIe siècle. L’exégèse, l’historiographie, la pastorale, mais également les spéculations théologiques et la polémique religieuse, y occupent une place essentielle. Parmi les auteurs les plus importants ici présentés figurent Clément d’Alexandrie, Origène, Hippolyte de Rome (ainsi que le corpus attaché à son nom), Méthode d’Olympe et Eusèbe de Césarée, qui, dans la diversité de leurs écrits, ont donné non seulement à la pensée, mais aussi à la littérature chrétienne ses premières lettres de noblesse.”

Source (dont photographie) et présentation de la série : Les Belles Lettres – le blog

 

« Le triste sort des églises de Famagouste »

Le quotidien libanais L’Orient-Le jour a publié sur son site internet un reportage, avec un diaporama, sur la situation des églises chrétiennes à Famagouste, situé dans la partie nord de l’île de Chypre, occupée par l’armée turque. « Entre l’invasion ottomane au XVIe siècle et celle de l’armée turque en 1974, la grande majorité des édifices religieux chrétiens ont été détruits, transformés en mosquées ou tout simplement abandonnés. »

« Le sort de l’église Saint-Georges des Grecs (photographie ci-dessus, ndlr), deuxième plus grande église de Famagouste, n’a pas été meilleur. C’était la cathédrale grecque-orthodoxe de la ville ; elle a été construite dans le style d’une église latine, avec une large nef centrale, au XIVe siècle. Durant le siège ottoman, elle a été une cible privilégiée des assiégeants à cause de sa hauteur. Les impacts des projectiles sur ce qui reste de l’édifice sont toujours bien visibles. En outre, l’abside aurait été utilisée comme galerie de tir. Ce qui reste de l’église est toutefois impressionnant. Malgré les destructions, on est toujours sous l’envoûtement d’une grandeur passée qui s’impose au visiteur. »

Suite et intégralité de l’article (dont photographie) : L’Orient-Le jour

En Russie, le pourcentage des athées est tombé de 26 à 13% en trois ans

Le pourcentage des Russes s’identifiant comme athées est tombé de 26 à 13% durant les trois dernières années, tandis que celui de ceux qui se considèrent comme «religieux» est passé de 35 à 53%, selon une nouvelle recherche du Centre analytique «Levada» de Moscou. L’enquête a été menée du 23 au 26 juin sur un échantillonnage de 1600 personnes, de milieux urbains et ruraux, âgées de 18 ans et plus, dans 137 localités des 46 régions que compte la Russie. Le christianisme reste la religion prédominante en Russie, et la vaste majorité des Russes – 92 à 93% éprouve du respect et est bienveillante envers les chrétiens orthodoxes dans le pays. 1% seulement a exprimé une antipathie envers les chrétiens orthodoxes. Ces résultats ne sont que légèrement différents de ceux de décembre 2013. Pour ce qui concerne les catholiques-romains, 74% des sondés ont répondu qu’ils avaient du respect et de la bienveillance envers eux, 5% seulement déclarant qu’ils éprouvaient un sentiment d’hostilité ou de crainte à leur égard. Seuls 13% des Russes ont répondu qu’ils avaient un sentiment d’hostilité ou de crainte à l’égard des musulmans.

Le pourcentage de ceux qui se considèrent «religieux» s’est accru de 35 à 53%, tandis que 9% seulement se considèrent «très religieux» et 33% «pas très religieux».

Le pourcentage d’athées s’est réduit de moitié, de 26 à 13% durant les trois dernières années. Néanmoins, la croissance en nombre de croyants n’est pas nécessairement accompagnée par une foi profonde ou un sentiment d’importance attribué à la religion. Le nombre de ceux qui adhèrent aux restrictions du Grand Carême a décliné d’une fois et demie à deux fois durant les années récentes, avec 73% qui répondent qu’ils n’ont pas changé leur régime alimentaire durant le Grand Carême de cette année. 9% ont répondu qu’ils jeûnaient durant la Semaine Sainte, 15% jeûnaient partiellement, et seuls 2% ont répondu qu’ils se sont efforcés d’observer le Carême dans son intégralité.

Pour ce qui concerne l’influence de l’Église orthodoxe dans les affaires de l’État, 28% pensent que l’Église devrait avoir de l’influence, tandis que 58% y sont opposés, mais 39% pensent que le niveau actuel de l’influence de l’Église est exactement ce qu’il doit être, tandis que 7% seulement considèrent qu’elle a trop d’influence, et 16% qu’elle en a légèrement trop.

Source (dont photographie) : Orthodox Christianity

Compte rendu de la 64e Semaine d’études liturgiques Saint-Serge (26-29 juin 2017)

Le compte rendu de la 64e Semaine d’études liturgiques Saint-Serge (26-29 juin 2017) est en ligne ici. “La soixante-quatrième Semaine d’études liturgiques s’est tenue dans les locaux de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris, du 26 au 29 juin 2017. Rassemblant environ 60 personnes, ce colloque scientifique et œcuménique a totalisé 30 exposés, répartis en 12 sections thématiques, préparés et prononcés par des orateurs originaires de plus de 10 pays différents (Europe, mais aussi Afrique, Proche-Orient et Asie).”

Le métropolite Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le patriotisme ne peut fournir l’occasion à la haine »

À la veille de la fête du baptême de la Russie, le métropolite Antoine (Pakanitch), chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a donné l’interview suivante sur les festivités qui auront lieu en cette occasion et les processions qui se dérouleront en Ukraine, ainsi que sur la situation religieuse dans le pays. Rappelons que l’an passé avait eu lieu une procession pan-ukrainienne pour la paix. Un film de cet événement est disponible, avec sous-titres français ici .

– Monseigneur, dans quelques jours, l’Ukraine fêtera le Jour du baptême de la Rous’. Pourriez-vous nous présenter le programme et les particularités de la présente fête.

– Pour le peuple ukrainien, c’est une grande fête. L’Église orthodoxe d’Ukraine qui a initié la tenue du Jour du baptême de la Rous’ au niveau de l’État, fête toujours largement ce jour. Et, c’est maintenant traditionnel, la veille, le 27 juillet, nous célébrons un office d’intercession au pied du monument du saint prince Vladimir, où se réunissent les évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le clergé, les fidèles et un grand nombre de pèlerins. Depuis « Vladimiskaïa Gorka » (« la colline de Vladimir » à Kiev), nous nous dirigeons en procession à la laure des Grottes de Kiev. La particularité de la célébration de cette année est que nous prierons devant les icônes miraculeuses de la très sainte Mère de Dieu qui se sont avérées miraculeuses à l’époque récente et qui ont été glorifiées par l’Église orthodoxe d’Ukraine durant les 25 dernières années. Il convient de souligner que 2017 est une année particulière pour notre Église. Nous fêtons le 25ème anniversaire du Concile de Kharkov, au cours duquel furent prises des décisions vitales quant à l’existence de l’Église orthodoxe d’Ukraine contemporaine. Il y fut confirmé que l’Église se développe conciliairement, sur la base des règles canoniques. La canonicité de l’Église devient évidente par la vie des gens, et particulièrement par la canonisation des saints qui ont vécu sur le territoire de l’Ukraine. En un quart de siècle a été glorifié un grand nombre de saintes icônes qui se trouvent dans différentes régions de notre pays. Par les prières des fidèles orthodoxes, la très sainte Mère de Dieu manifeste Sa miséricorde envers le peuple ukrainien. La particularité de la procession cette année est que ces saintes icônes seront apportées à Kiev. Durant ces jours, des offices d’intercession auront lieu devant les icônes miraculeuses dans pratiquement chaque centre diocésain de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que des processions. Ensuite, toutes ces saintes icônes seront amenées à Kiev, et elles se trouveront à la tête de la procession. Encore une particularité qui n’est pas moindre quant à la célébration de cette année : plusieurs groupes de pèlerins de différentes Églises orthodoxes locales ont annoncé leur participation aux solennités. Cette année aura lieu une prière spéciale pour l’Ukraine de tous les fidèles orthodoxes qui ont à cœur le sort de notre peuple et de l’Église d’Ukraine.

– L’an dernier, à l’occasion de la célébration du Jour du baptême de la Russie, il y a eu beaucoup d’épreuves : on n’a pas laissé la procession se dérouler sereinement dans la capitale, on a tenté d’attribuer une coloration politique à la procession. Prenant tout cela en compte, y aura-t-il cette année une procession aussi massive durant de nombreux jours, ou vous limiterez-vous seulement à la capitale ?

– Les icônes miraculeuses voyagent déjà en Ukraine. Ainsi, au cours du mois se déroulent des processions dans différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Considérant que ces saintes icônes se trouvent dans différents endroits du pays et que les fidèles n’ont pas toujours la possibilité de venir et de prier devant telle ou telle icône, il a été décidé de fixer l’itinéraire de telle façon que les fidèles de notre Église vivant dans l’ouest du pays puissent vénérer les icônes se trouvant à l’est, et inversement. Lors de la fête du baptême de la Rous’, comme cela a déjà été dit, les icônes séjourneront à Kiev, et nous prierons ensemble devant elles pour la paix et l’unité de notre Église et de notre peuple.

– Considérant les provocations autour des célébrations de l’an passé, comment les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Ukraine peuvent-ils se défendre eux-mêmes et leur foi dans ces conditions ?

– La vie actuelle est très politisée et, malheureusement, il y a des forces qui voudraient que l’Église orthodoxe d’Ukraine vive de cette façon politisée. Mais l’Église a été fondée par notre Seigneur Jésus-Christ dans un seul but : pour que l’homme puisse arriver auprès de Dieu. L’Église se préoccupe de l’âme immortelle de l’homme. Oui, nous vivons dans une situation historique concrète. Nous aimons notre Patrie, nous souffrons pour elle. Mais l’homme croyant se différencie de l’incroyant par le fait, comme le disent les saints Pères, que séjournant sur terre, il reste citoyen du ciel. C’est là la corrélation du terrestre et du céleste, de l’éphémère et de l’éternel et c’est la mesure qui reflète la foi de l’homme. Oui, c’est difficile de vivre lorsqu’à un moment tout autour de nous est empli d’agression, de haine, d’intolérance. Et il dépend du croyant de préserver sa paix intérieure ou non. Le croyant n’a pas le droit de répondre à l’agression par l’agression. Autrement, nous ne différerons en rien des incroyants. Le Seigneur a dit qu’il y a un seul signe qui différencie les chrétiens des autres, c’est l’amour. Si entre nous, nous avons l’amour, nous sommes alors chrétiens. Il semble parfois que les forces humaines touchent à leur fin après avoir subi tant de haine, de calomnies qui se concentrent maintenant sur notre Église. Mais par l’humilité, l’amour et la prière, le Seigneur donne Son soutien. Je crois qu’Il raisonnera et fera revenir au sein de l’Église ceux qui ne veulent pas voir dans l’Église ce qu’elle est, l’Église. Autrement, elle se transforme tout simplement en une sorte d’organisation publique qui ne sera en rien différente des autres institutions politiques. Mais l’Église est hors du temps, elle est destinée à se trouver au-dessus des conflits de l’instant, elle est créée par Dieu afin que l’homme ait l’espoir du salut.

– Il y a maintenant de très nombreuses spéculations au sujet de l’union spirituelle qui existe entre l’Église orthodoxe d’Ukraine et l’Église orthodoxe russe, et on n’hésite pas à qualifier l’Église canonique de « bras droit de Moscou », « Église-agresseur », en oubliant que l’Église orthodoxe d’Ukraine est depuis longtemps autonome dans toutes ses décisions.

– Premièrement, effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine est une Église indépendante dans son administration, avec les droits d’une large autonomie. Nous sommes liés au Patriarcat de Moscou par une union spirituelle, eucharistique, et par le Patriarcat de Moscou, nous sommes réunis avec l’orthodoxie mondiale. Notre Église est reconnue dans le monde orthodoxe entier. Les autres structures schismatiques ne sont pas reconnues par l’Église orthodoxe canonique. C’est un fait que l’on dissimule, pour certaines raisons, à nos citoyens. Et souvent, malheureusement, les médias passent sous silence ou altèrent grossièrement la situation dans le domaine religieux en Ukraine. Personne, pour certaines raisons, ne dit qu’il existe en Ukraine une Église locale, l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui tire son origine du baptême de la Rous’. Ces structures qui se sont détachées du corps de l’Église orthodoxe d’Ukraine, « échauffent » consciemment la situation de confrontation dans la société, créant ainsi un esprit de haine et de nationalisme qui n’est pas inhérent à notre peuple. Le patriotisme, c’est tout à fait autre chose. Notre patriotisme ne peut fournir l’occasion à la haine. Notre Église est celle de toute l’Ukraine et non celle de l’une de ses régions individuelles, et c’est en cela que réside sa grandeur. Bien que, malheureusement, il soit très difficile d’expliquer cela à ceux qui ne veulent pas comprendre. Tout cela mène aux divisions et aux agressions, et il s’ensuit que plus de quarante églises nous ont été dérobées durant les trois dernières années. Mais, d’autre part, la situation a montré que l’on ne trompe pas les gens qui ont l’esprit d’Église et on ne les effraie pas non plus : dans les villages où l’on s’est emparé de nos églises, en grande partie à l’aide de personnes armées, on construit déjà de nouvelles églises dépendant de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Aussi, si nous maintenons notre fidélité à l’orthodoxie canonique, le Seigneur ne nous abandonnera pas.

– Dans les médias ukrainiens, on n’entend rien sur l’immense travail social accompli maintenant par l’Église.

– L’Église orthodoxe d’Ukraine, c’est l’Église de son peuple, son peuple ukrainien. Et la douleur du peuple est la douleur de toute l’Église, comme le dit l’apôtre Paul, lorsqu’un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. Il en est ainsi avec nous, si le peuple de l’Est de l’Ukraine souffre, c’est toute la société ukrainienne qui souffre avec lui. Nous ne pouvons rester à l’écart des problèmes. Oui, nous ne participons pas dans quelques manipulations politiques, mais l’Église ressent cette douleur. La majorité des personnes déplacées sont des paroissiens de notre Église et nous les soutenons de toutes les manières. Lorsqu’ils sont contraints à quitter leurs foyers, nous cherchons pour eux des logements et du travail, nous organisons des vacances pour les enfants, et nous le faisons jusqu’à maintenant. Nous restaurons des hôpitaux, nous achetons des médicaments pour les militaires. Toutes les informations à ce sujet se trouvent sur le site officiel de notre Église. Mais beaucoup, tout simplement, ne veulent pas le savoir. Si l’on récapitule tout ce que fait l’Église orthodoxe d’Ukraine, dont l’aide humanitaire et financière aux gens qui se trouvent dans les zones de conflits armés, il est probable qu’aucune organisation en fait autant. Nous avons également libéré 15 jeunes militaires ukrainiens qui étaient prisonniers, et de cela, personne ne parle. Tout cela est passé sous silence. Il faut comprendre que, d’un côté comme de l’autre, vivent des Ukrainiens. Ils doivent penser comment nourrir les enfants et comment survivre. Cela est terrible lorsque l’on amène le corps d’un soldat tué dans un village pour l’y enterrer. Et c’est particulièrement horrible lorsque ce sont des enfants, coupables en rien, des civils, qui meurent. C’est notre douleur. Nous devons tout faire pour que cette guerre s’achève le plus vite possible. Nous sommes un seul peuple, ukrainien, indépendamment de l’endroit où nous vivons : à l’est ou à l’ouest, au sud ou au nord. Nous devons construire tout notre avenir comme un seul peuple, prenant en compte nos particularités, les particularités de différentes régions.

– Il y a maintenant beaucoup de discussions et de bruits sur la réunion des Églises [d’Ukraine], à quel point cela est-il maintenant actuel et qu’est-il nécessaire de faire afin que cette réunion se produise sur des bases canoniques ?

– Le schisme est la douleur de chaque homme croyant, c’est une situation qui n’est pas naturelle. Et l’Église orthodoxe d’Ukraine a fait et continue à faire tout ce qu’elle peut afin de donner la possibilité aux gens qui, pour quelques raisons que ce soit, se sont trouvés en dehors des limites de l’Église canonique, d’entrer dans la sphère pleine de grâce où le Seigneur agit par les sacrements ecclésiaux. Malheureusement, la situation des dernières années témoigne que beaucoup parlent de la réunion des Églises en Ukraine, mais les structures non canoniques font tout pour que cette unité ne se réalise pas. C’est précisément dans ces structures non canoniques que se créent des attitudes agressives à l’égard de notre Église. Afin que les gens s’écoutent mutuellement, des relations humaines élémentaires sont nécessaires, des discussions constructives. Mais lorsque l’autre partie non seulement veut voir en vous un ennemi, mais déclare ceci partout sans appel, crée des mythes et calomnie ouvertement, il est très difficile de se mettre d’accord sur quelque chose. Tout accord préconise avant tout la confiance. Les paroles creuses ne fournissent aucune base pour surmonter le schisme. En outre, le temps est nécessaire, afin que l’agression se calme et qu’apparaissent des actes réels.

– Mais alors comment peut-on s’unir avec ceux qui s’emparent de nos églises ? Actuellement, la preuve que le « Patriarcat de Kiev » souhaite la réunion, doit être, à tout le moins, qu’il renonce à ces églises dont ils se sont emparés ces dernières années.

– Le devoir de l’homme au cours de sa vie terrestre est de rester un homme dans toute situation. Mais un homme dans ce sens élevé, avec celui que Dieu nous a créés, comme Son image et Sa ressemblance. Et en ceux qui nous proches et ceux qui nous sont éloignés, nous devons voir le reflet divin, mais malheureusement, certains, le plus souvent, voient dans le prochain non pas une aide, mais un obstacle au salut. Et même parfois, il le voit à travers le viseur de sa mitraillette. Il faut le regarder à travers le prisme de l’Évangile. Où est donc notre amour et notre patience chrétienne ? Ils viennent par la prière, mais une prière absolument sincère venant d’un cœur contrit. Un homme juste a dit une fois que l’homme ne devient véritablement croyant que lorsqu’il a appris à pleurer devant Dieu. Le cœur doit pleurer devant le chagrin dont nous sommes très souvent la cause nous-mêmes. Dieu attend de nous le repentir sincère et la prière.

– Et pour terminer notre conversation, parlons de quelque chose d’agréable. Dimanche, le jour de la fête de saint Antoine de la laure des Grottes, fondateur du monachisme en Russie, c’est votre fête onomastique et votre anniversaire. Des représentants des Églises locales viennent vous en féliciter. Qu’attendez-vous de cette fête ?

– Vous savez, dans ma vie, je n’ai jamais fêté mon anniversaire dans le sens reçu généralement. Autant que je me rappelle, moi-même, mon frère et ma sœur fêtions notre anniversaire à l’église. Ce jour-là, nous nous confessions et nous communions toujours. Et seulement après, nos parents nous souhaitaient bonne fête. Et c’était tout. Mais maintenant, alors que j’arrive à l’âge de 50 ans, de nombreux amis m’ont dit qu’ils voulaient venir me souhaiter une bonne fête et prier ensemble. On sait que viendront les représentants des Églises d’Antioche, de Jérusalem, de Bulgarie, de Chypre, de Grèce et de Pologne. Il y aura également des hôtes de Biélorussie, Russie, Moldavie, Macédoine, Tchéquie, Slovaquie, etc. Mais ce n’est pas une manifestation diplomatique. Ces amis viennent avant tout, pour célébrer la sainte eucharistie, témoigner notre unité et prier ensemble pour la paix en Ukraine et dans l’Église.

Source (dont photographie): Pravlife

Un colloque en décembre à Paris sur le thème: “La réception du Concile de Moscou (1917-2017) : comment vivre et partager la conciliarité ecclésiale ?”

Les 8, 9 et 10 décembre prochains, un colloque aura lieu à Paris, organisé par l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge avec l’Institut d’études œcuméniques de l’Université de Fribourg (Suisse), l’Acer-Mjo et la revue Contacts, sur le thème: “La réception du Concile de Moscou (1917-2017) : comment vivre et partager la conciliarité ecclésiale ?”. Pour d’autres informations, voir l’affiche ci-dessous.

Le gouvernement hongrois fait une donation de 1.7 million de dollars pour la restauration des églises au Liban

Le gouvernement hongrois fait une donation de 1.7 million de dollars pour aider la restauration des églises chrétiennes du Liban. Cette donation ira au fond de restauration de 31 églises et constitue une partie des efforts du gouvernement hongrois pour soutenir la communauté chrétienne du Liban, afin qu’elle puisse continuer à vivre dans son propre pays et aide à préserver l’identité et la présence chrétiennes au Moyen Orient. Outre son apport au projet, la Hongrie sera également engagée dans la coordination de la restauration des églises. Selon le site Hungarian Free Press, le projet sera supervisé par l’ambassade de Hongrie à Beyrouth, ainsi que par des membres de l’Université catholique Pázmány Péter et des spécialistes de l’Université du Saint-Esprit de Kaslikot.

Le gouvernement hongrois donne également des fonds pour la restauration des lieux de culte en Hongrie. Un total de 100 millions de florints (environ 381.000 dollars US) ont été alloués à la restauration d’une église orthodoxe à Budapest et 2,4 milliards de florints (environ 9 millions de dollars US) ont été engagés pour le soutien aux édifices du Patriarcat de Moscou en Hongrie. Le journal conservateur « Magyar Nemzet » a suggéré que le soutien gouvernemental à l’Église orthodoxe russe provient de l’alliance politique avec le président russe Vladimir Poutine, lequel suit de près le sort des communautés orthodoxes hors de Russie.

La Hongrie a manifesté son désir de soutenir les chrétiens du Moyen Orient, et elle est le premier pays du monde à avoir créé un bureau gouvernemental destiné à soutenir les chrétiens persécutés de la région. En janvier, le gouvernement hongrois a annoncé qu’il souhaitait que son pays devienne un « point central et un support » pour les groupes qui assistent les chrétiens persécutés pour leur foi.

L’annonce a été faite pendant une conférence internationale à Budapest, où les principaux groupes de défense s’étaient rassemblés pour discuter de la persécution des chrétiens à travers le globe. Bence Rétvári, le secrétaire d’État aux Ressources humaines, a dit aux délégués qui assistaient à l’événement qu’il y a « plus de chrétiens persécutés aujourd’hui dans le monde que du temps de l’empereur romain Néron ». Il a ajouté que les dirigeants religieux au Moyen Orient ont appelé à aider les chrétiens persécutés dans la région en leur fournissant de l’aide humanitaire « plutôt que les prendre chez eux ». « Lorsque j’ai voyagé en Irak, j’ai également rencontré de nombreux dirigeants religieux. Tous demandent que nous n’aidions pas les Irakiens et les persécutés à venir en Europe. Nous devrions plutôt aider les habitants à recommencer leur vie [dans le pays] », a-t-il déclaré. Pendant la conférence, Rétvári a également annoncé que la Hongrie lancerait une exposition itinérante à travers l’Europe sur les persécutions des chrétiens.

Source (dont photographie) : Pravmir

L’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) : « Je suis certain que le dialogue sur Stepinac continuera »

Dans une interview au quotidien belgradois « Politika » datée du 20 juillet, l’évêque de Bačka Irénée s’est exprimé sur les suites du dialogue de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate au sujet de la canonisation par l’Église catholique-romaine du cardinal Stepinac. Nous publions ci-après in extenso l’interview de l’évêque Irénée, précédée du commentaire de « Politika ».

Le communiqué commun de la Commission mixte  qui a examiné la personne et les actes d’Aloïs Stepinac a provoqué différents commentaires. Ce document, publié après la sixième, à savoir la dernière, session au Vatican, est interprété dans une partie de l’opinion publique comme une complaisance des représentants de l’Église orthodoxe serbe [à l’égard de la partie croate], car en sont éludées les formulations qui feraient ressortir pourquoi la canonisation d’Aloïs Stepinac est inadmissible pour la partie serbe. Le détail le plus controversé est que le communiqué commun a été publié dans deux versions. Dans « la rédaction croate », il est mentionné que Stepinac « a vécu et exercé son ministère lors d’une période historique particulièrement difficile », tandis que dans la traduction serbe de l’original en italien, cette période est appelée « particulièrement problématique ». Dans la version du communiqué de la Conférence des évêques croates, Stepinac est « un éminent pasteur catholique », tandis que dans le communiqué publié par l’Église orthodoxe serbe, celui-ci est « un important pasteur catholique ». L’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe, membre de la Commission mixte, s’est entretenu avec « Politika » de la façon dont s’est déroulée la dernière session au Vatican et sur ce que l’on peut attendre à l’avenir sur le sujet.

– Les médias croates affirment que le texte du communiqué final a été composé par le père Bernard Ardura, président du président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Cela est-il exact ou le texte a-t-il été mis au point par les représentants des deux Églises ?

– Comme le dit le titre même du texte dont il est question, le Communiqué est commun. Les deux parties, comme cela est la règle, ont participé à sa rédaction. Naturellement, le modérateur, le père Bernard Ardura a apporté une contribution significative. Au demeurant, je considère – c’est ce que vous avez dit quelque part – que le texte est équilibré, qu’aucune des parties, ni nous, ni nos interlocuteurs de l’Église catholique-romaine de Croatie, ne peut affirmer que dans le Communiqué, dans son esprit ou dans sa lettre, la position des uns ou des autres est prédominante. Nous n’avions pas de telles ambitions. Il est suffisant que ce qui suit ait été mentionné : « On en est arrivé à la conclusion que les différents événements, interventions, silences et prises de position sont toujours l’objets d’interprétations différentes. Dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations qu’ont données en substance les catholiques croates et orthodoxes serbes restent toujours différentes [dans le texte original italien « divergentes », ndt]». Les affabulations subséquentes sur l’auteur du texte, ensuite la tentative de changer le sens du communiqué commun par une traduction erronée tendancieuse, pour ne pas dire une falsification, une fausse interprétation comme on le dirait à Zagreb, et les pronostics basés sur de telles interprétations, ont pour but d’encourager les apologètes croates de la canonisation, voire peut-être d’influencer le Vatican. Dans ma conception, tout cela est à courte durée, pour ne pas dire insensé. Bien sûr, pour ce qui concerne la responsabilité envers notre partie de la Commission et nos collègues de Croatie, envers les thèmes dont nous nous sommes occupés durant les douze mois écoulés, ce que certains font à Zagreb par leurs commentaires n’est pas correct. En outre, je ne peux affirmer que le contenu de leur triomphalisme et de leurs pronostics est égal au contenu et à la durée d’un ballon gonflable d’enfant, mais je peux affirmer que les arguments de la partie serbe de la Commission étaient fondés sur des documents et des faits irréfutables, quoi qu’en écrivent ou disent certains à Zagreb.

– Quels sont les arguments qui ont été communiqués par les représentants de l’Église orthodoxe serbe et les historiens serbes sur le rôle controversé d’Aloïs Stepinac durant la Seconde Guerre mondiale et sont-ils suffisants, si l’on prend en compte le fait que le Vatican n’a pas permis l’ouverture de ses archives sur Stepinac ?

– Du point de vue orthodoxe, et je crois du point de vue chrétien en général, nous tous absolument dans notre partie de la Commission, évêques et historiens experts, avons agi de façon responsable et selon notre conscience, sans haine ni parti pris. Les arguments que nous avons présentés, tant historiques que théologiques, sont selon nous plus que suffisants. Par ailleurs, nous comprenons l’intérêt justifié de notre opinion publique et des médias quant aux preuves et arguments que nous avons présentés. Mais il est nécessaire qu’il soit clair pour notre opinion publique et nos médias qu’exposer notre argumentation maintenant serait contre-productif.

– Pourquoi cela serait-il contre-productif, alors que le dialogue est terminé ?

– Parce que nous respectons l’accord selon lequel, jusqu’à l’achèvement du processus, le contenu des discussions ne sera pas publié, et le processus n’est pas terminé, mais dure toujours ! Lorsque viendra le temps, tout le matériel de la Commission sera publié et accessible. L’immixtion médiatique dans toute cette affaire ne peut provoquer que la confusion. Mais néanmoins, si nos partenaires croates au dialogue continuent à publier, parfois fort unilatéralement, le contenu des discussions avant le temps, ce que, malheureusement, certains d’entres eux ont commencé à faire, nous devrons aussi réagir de façon appropriée.

-Donc, l’Église orthodoxe serbe attend la suite des discussions entre les deux Églises ?

– Sur un plan général, l’Église orthodoxe serbe ne vit pas dans une réalité parallèle, ni dans l’isolation par rapport à l’orthodoxie universelle et au monde chrétien dans son intégralité. Nous sommes témoins du dialogue vivant, et dans de nombreux domaines, fructueux, de l’Église orthodoxe avec le catholicisme-romain à différents niveaux, du local jusqu’à l’universel. En septembre prochain, par exemple, se tiendra la session suivante des délégations pour le dialogue théologique officiel entre les deux Églises, auquel participent trente théologiens de toutes les Églises orthodoxes locales et trente théologiens de toute l’Église catholique-romaine. Ce dialogue a pour fonction l’examen des questions clés de l’enseignement sur la sainte Trinité et sur l’Église. Par conséquent, le dialogue des deux Églises n’est pas et ne peut être achevé. Lorsqu’il est question en particulier de la question de Stepinac et du rôle de celui-ci, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale, je considère qu’il doit être, dans un cadre institutionnel ou un autre, poursuivi, élargi et approfondi. J’espère qu’il en sera ainsi.

– Le Vatican canonisera-t-il Aloïs Stepinac, ou pensez-vous que le pape François s’en abstiendra, du fait que cela porterait atteinte aux relations non seulement des deux Églises, mais aussi de la Serbie et de la Croatie, ainsi que de la Serbie et du Saint-Siège ?

– Si Stepinac sera « proclamé saint », c’est-à-dire canonisé, je ne le sais pas, de même qu’actuellement nul autre ne le sait. La décision est du ressort du pape François. Ce que pense de cela notre Église, et donc moi personnellement, cela est clair d’après les lettres officielles de notre Église au pape et de la décision étonnante de celui-ci, partant du rejet de la possibilité de la canonisation de Stepinac par l’Église orthodoxe serbe, que celle-ci soit reportée, et que la problématique qui la concerne soit examinée de façon responsable dans le dialogue des évêques et historiens serbes et croates dans le cadre de la Commission mixte. Rappelons qu’en Europe et dans le monde, il existe aussi des catholiques-romains, même un certain nombre de catholiques croates, qui pour des raisons de principe morales s’opposent à cette canonisation, ce qui est en général ignoré chez nous. Les documents d’archives et la littérature scientifique sur ce thème sont pratiquement inépuisables et le délai d’un an est trop court. En outre, cela vaut la peine d’attendre également l’ouverture de toutes les archives vaticanes et autres jusqu’à maintenant fermées. Aussi, je suis certain que le dialogue commencé sera poursuivi, soit sous la forme de la prolongation du mandat de la Commission, soit sous une autre forme. Quoi qu’il en soit, nous verrons. Dans ce cas, il ne faudrait pas que ce soit les relations entre États ou entre nations qui soient décisives. C’est la vérité historique qui compte et seule la vérité. Personne d’autre et rien d’autre !

Source : Église orthodoxe serbe

Pour la huitième fois consécutive est organisé en Bulgarie le pèlerinage intitulé « Le thaumaturge de Rila »

Avec la bénédiction du patriarche de Bulgarie Néophyte est organisé, pour la huitième fois consécutive le pèlerinage intitulé « Le thaumaturge de Rila » [c’est-à-dire saint Jean de Rila], au cours duquel les fidèles se rendront à pied depuis Sofia jusqu’au monastère de Rila. Les organisateurs sont la Faculté de théologie « Saint-Clément-d’Ohrid » de Sofia, la municipalité de Sofia et l’église « Sainte-Sophie-Sagesse-de-Dieu ». Le pèlerinage commencera le 1er août depuis l’église Sainte-Sophie de la capitale, avec à la tête de la procession une croix et l’étendard de saint Jean de Rila. La procession fera une halte à l’église-rotonde Saint-Georges-le-Victorieux à Sofia d’où, en 1469, les reliques de saint Jean ont été transférées au monastère de Rila. Le pèlerinage s’achève le 6 août, lorsque les pèlerins participeront à la divine liturgie de la Transfiguration au monastère de Rila. Le parcours depuis Rila jusqu’au monastère de Rila passe par trois montagnes, Vitocha, Rila et Vérila. Le dirigeant du groupe et l’initiateur du projet est le professeur Pavel Pavlov. Comme cela se produit depuis deux ans, les pèlerins qui partent de Sofia le 1er août se réuniront à un autre groupe qui part de Veliko Tarnovo à la fin du mois de juillet. Celui-ci se rendra depuis Veliko Tarnovo à Nikopol, puis du monastère de Tchérepichki à Sofia. À Nicopol, les pèlerins assisteront aux vigiles à l’occasion de la fête de saint Pantéléimon, des « sept saints » [saints Cyrille et Méthode et leurs disciples Clément, Nahum, Gorazd, Sava et Angelar, ndt] et de la dormition de saint Clément d’Ohrid. Ce groupe rejoindra celui de Sofia et ils partiront ensemble au monastère de Rila. Cette année, pour la première fois, il y aura aussi un groupe parallèle qui parcourra le trajet en bicyclette. Les organisateurs espèrent que cela aussi deviendra une tradition et qu’il sera ainsi offert une alternative pour ceux qui veulent effectuer ce pèlerinage. Le trajet de Sophie jusqu’au monastère de Rila constitue une partie seulement du parcours effectué par les reliques de saint Jean en 1469, décrit par Vladislav le Grammairien [1456-1479 ; moine, chroniqueur, historien et théologien, ndt]. La route suivie était alors Veliko Tarnovo, Nikopol, Vratsa, les gorges d’Iskar, Sofia, le monastère de Rila. Le but des organisateurs est qu’en 2019, à l’occasion du 550ème anniversaire du transfert des reliques de saint Jean de Rila, tous les pèlerins empruntent cette route, de Veliko Tarnovo au monastère de Rila.

Source (dont photographie) : Patriarcat de Bulgarie, traduit du bulgare pour Orthodoxie.com

Le département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine appelle le ministère ukrainien de la Culture à cesser la discrimination envers l’Église canonique

Le 13 juillet, le ministère ukrainien de la Culture a diffusé une déclaration dans laquelle il accuse de métropolite de Lougansk et d’Altchevsk Mitrophane (Yourtchouk) d’une prétendue collaboration avec le pouvoir de la soi-disant « République populaire de Lougansk », se référant à une interview de A. Litsoïev, qui remonte au 30 avril 2016. Relativement à cela, le département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine communique ce qui suit :

1. Les accusations publiées par le ministère ukrainien de la Culture dans sa déclaration dirigée contre le métropolite de Lougansk et Altchevsk Mitrophane, sont sans fondement et n’entrent pas dans les compétences de son domaine. En fait, le ministère de la Culture a dépassé les limites de ses attributions et a commencé à remplir des fonctions qui ne lui reviennent pas. Le métropolite Mitrophane rejette catégoriquement toutes les accusations à son égard et déclare que l’information présentée dans l’interview de A. Litsoïev est mensongère. Nous estimons que cette déclaration est une provocation ayant pour but de discréditer l’Église orthodoxe d’Ukraine et, personnellement, le métropolite Mitrophane.
2. L’Église orthodoxe d’Ukraine est actuellement présente là, où est absent le pouvoir ukrainien. Sur les territoires qui ne sont pas sous le contrôle des autorités ukrainiennes continuent à vivre des gens qui sont citoyens ukrainiens. L’Église orthodoxe d’Ukraine, en la personne de son épiscopat et de son clergé est restée avec nos gens sur place, dans les conditions complexes où ils vivent. Nos prêtres sont restés fidèles à l’Église orthodoxe d’Ukraine, dont le centre se trouve à Kiev.
3. La mission de l’Église dans les circonstances des conflits et guerres est de réconcilier les parties. Déjà du temps de la Russie kiévienne, le métropolite de Kiev a souvent accompli cette mission de médiation et a réconcilié les princes entre eux. Il est évident que l’Église est appelée aujourd’hui aussi à accomplir une telle mission pacificatrice, en redoublant les efforts tant pour la réconciliation que pour l’allègement des souffrances de la population.
4. L’Église orthodoxe d’Ukraine est la seule organisation religieuse qui participe à la libération des prisonniers. Tant les parents des prisonniers que les représentants des organes compétents de l’État continuent à s’adresser à nous pour les aider dans cette question. En ce moment, grâce aux efforts de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ont été libérés plus de quinze prisonniers ukrainiens. Aussi, de telles déclarations, des provocations par la voie de l’information et des accusations sans fondement du ministère de la Culture contre l’Église orthodoxe d’Ukraine mettent en danger la possibilité de nos futurs efforts destinés à aider la libération des prisonniers.
5. La référence du ministère de la Culture à l’information provenant de sources non vérifiées, à savoir une interview datant d’un an de l’un des représentants de la « République populaire de Lougansk » témoigne de l’incompétence et de l’absence de professionnalisme des fonctionnaires du ministère de la Culture. On a l’impression que le ministère a confiance dans l’information provenant des sources de la quasi-république non reconnue. Or, le ministère ukrainien de la Culture, en tant qu’organe de l’État doit se référer à une information fiable provenant de sources vérifiées.
6. Le droit canon de l’Église orthodoxe ne prévoit pas de normes selon lesquelles on peut invoquer la responsabilité disciplinaire canonique pour l’expression de points de vue et opinions personnels. Au demeurant, un tel droit est garanti par la Constitution de l’Ukraine (art. 34) et une série d’actes juridiques normatifs, dont la « Déclaration universelle des droits de l’homme » (article 19), la « Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales » (article 10).
7. La déclaration mentionnée du ministère de la Culture peut témoigner de la tentative de fournir une base aux provocations à venir contre l’Église orthodoxe d’Ukraine, ce que nous observons souvent ces dernières années. En particulier, ces jours-ci, le Comité chargé des questions de culture et de spiritualité au Parlement ukrainien a recommandé d’adopter encore un projet de loi anti-ecclésial sous le N°5309, selon lequel il est proposé d’enlever son appellation à l’Église orthodoxe d’Ukraine. Cela donne une raison de considérer la déclaration scandaleuse du ministère de la Culture comme une préparation de l’opinion publique à cette mesure. Nous sommes convaincus que toute tentative de déclarer l’Église orthodoxe d’Ukraine « ennemie du peuple », lui enlever son appellation, la mettre hors la loi, peut avoir une influence négative sur la stabilité de la société ukrainienne et amener à des conséquences imprévisibles. C’est précisément pourquoi nous appelons le ministère ukrainien de la Culture :
– à ne pas procéder à des abus de pourvoir et à agir dans les limites de ses attributions définies par la loi
– à ne pas provoquer l’hostilité entre Ukrainiens sur une base religieuse
– à cesser la discrimination de la plus grande Église du pays, qui représente des millions de fidèles orthodoxes, citoyens de l’Ukraine.

Source (dont illustration) : Pravlife

En Syrie, une église a été dédiée à saint Païssios du Mont Athos

Une nouvelle église, dédiée à l’Ancien Païssios, a été consacrée en Syrie le 11 juillet, à la veille de la fête du saint. L’église est située au monastère de la Source-Vivifiante-de-la-Mère-de-Dieu, dans la province syrienne de Lattaquié. Pendant  l’office du soir a eu lieu la tonsure monastique d’un novice, qui a reçu le nom de Païssios, laquelle a été célébrée par le métropolite de Laodicée Jean. La consécration de l’église était célébrée par le protosyncelle Alexis et l’higoumène du monastère de la Source-Vivifiante, le père Michel (Yakub). Saint Païssios a été canonisé récemment, en 2015, mais il y a déjà un certain nombre d’églises qui lui sont dédiées dans différents pays orthodoxes. Une autre église, dans la ville syrienne de Jaramana a été consacrée par le patriarche d’Antioche Jean X en l’honneur du saint, le 13 février de cette année. En Grèce, à Patras, une chapelle dédiée au saint avait été construite dans la cour de l’église Saint-Nicolas et ce même avant sa canonisation officielle, qui a été annoncée un jour après l’ouverture de l’édifice. L’église des saints Arsène de Cappadoce et Païssios  a été ouverte à Ekale, près de Limassol, à Chypre, en février 2015, et il est prévu qu’une autre église dédiée au saint serait construite à La Canée, en Crète. Les militaires de la petite ville grecque d’Ambelonas (Thessalie) ont démarré la construction d’une église dédiée au saint en octobre 2015. Une autre église à Patras a été consacrée au saint en mars 2016. La première église russe dédiée au saint est en cours de construction en Crimée, tandis qu’une aile de l’église Saint-Vladimir dans le district de Mitino, dans le nord-ouest de Moscou, a été consacrée au saint. En outre, la première pierre d’une église en l’honneur du saint a été bénie le 2 octobre 2016 à Sloutsk, en Biélorussie centrale.

Source: Orthodox Christianity. Photographie : Romfea

Le 125ème anniversaire du christianisme orthodoxe à Chicago sera célébré le 30 septembre 2017

Proclamant l’année 2017 comme celle du « 125ème anniversaire du christianisme orthodoxe dans le grand Chicago », les évêques diocésains de la région ont approuvé la célébration historique de l’événement pour le 30 septembre de cette année. Parrainé par « l’association du clergé chrétien orthodoxe du Grand Chicago », la commémoration inclura la célébration d’une liturgie épiscopale panorthodoxe, suivie par un banquet. La présidence de l’événement est assumée par l’archevêque Nicolas Dahdal, recteur de l’église Saint-Georges du Patriarcat d’Antioche à Cicero (Illinois). L’évêque Paul du diocèse du Midwest de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) et d’autres hiérarques de Chicago, avec tout le clergé de la région, concélébreront la liturgie. L’évêque Irénée, du diocèse orthodoxe serbe d’Amérique orientale, sera chargé de l’homélie. Les chants seront assurés par le chœur panorthodoxe du « Grand Chicago ». La présence orthodoxe à Chicago a commencé à la fin des années 1800 par l’établissement d’une « communauté gréco-slave », qui incluait des émigrants venus particulièrement de Sparte et de Corfou, du Monténégro et de Herzégovine, ainsi que des Carpatho-russes et des Galiciens de ce qui était alors l’empire austro-hongrois. Après s’être adressés aux centres ecclésiastiques de leurs patries respectives, des prêtres ont été envoyés en 1892 pour desservir les fidèles du diocèse orthodoxe russe d’Alaska. Cela fut à l’origine de l’église Saint-Vladimir, aujourd’hui cathédrale de la Sainte-Trinité de l’OCA, de la cathédrale grecque orthodoxe de l’Annonciation et de la cathédrale orthodoxe serbe de la Résurrection. Il y a aujourd’hui environ 80 paroisses orthodoxes dans la région du Grand Chicago. Un comité panorthodoxe représentant vingt paroisses travaille à l’organisation de cet événement.

Source (dont illustration): OCA, traduit de l’anglais pour Orthodoxie.com

L’Église orthodoxe roumaine commémore le sixième anniversaire tu trépas du père Arsène Papacioc, un grand staretz contemporain

Le père Arsène Papacioc, un grand spirituel roumain, est décédé le 19 juillet 2011. Il est mort au sein de la communauté monastique qu’il guidait spirituellement depuis 35 ans, à savoir le monastère de Sainte-Marie à Techirghiol. Né en 1914 dans le village de Miseleanu, dans le district de Ialomița, le père Arsène Papacioc a terminé l’école des Arts et Métiers de Bucarest. En 1950 eut lieu sa tonsure monastique au monastère Antim de Bucarest, puis son ordination sacerdotale le 26 septembre de la même année. En été 1958, il fut arrêté par les autorités communistes pour avoir appartenu au cercle spirituel « Le buisson ardent » . Il est passé ensuite par plusieurs prisons : Brașov, Jilava et Aiud. Il fut gracié en 1964 après d’interminables enquêtes et tortures. Après être sorti de prison, il fut nommé prêtre à Ardeal, tandis que pendant un certain temps, il fut higoumène du monastère de Cozia. Depuis 1976, il faisait partie de la communauté du monastère « Sainte-Marie » de Techirghiol. Il s’est endormi dans le Seigneur le 19 juillet, à l’âge de 96 ans, et a été inhumé dans la cour du monastère, près de la fontaine Saint-Pantéléimon. Selon les paroles du patriarche Daniel, « le père Arsène était plus un guérisseur des âmes blessées par le péché qu’un juge des pécheurs. Il alliait harmonieusement la bonté miséricordieuse et l’exhortation au redressement spirituel. Il était toujours un homme de la paix et de la joie spirituelles ». L’une de ses devises était « l’humilité t’élèvera jusqu’au ciel ».

Source (dont photographie): Basilica (traduit du roumain pour Orthodoxie.com)

Vient de paraître: “Les 12 grandes fêtes de Notre Seigneur et de la Mère de Dieu”

Les 12 grandes fêtes de Notre Seigneur et de la Mère de Dieu, monastère du Buisson Ardent, éditions Parole et Silence, 2017.

Les moniales de la Résurrection, au monastère du Buisson Ardent, ont une vive conscience de l’immense richesse du patrimoine liturgique de l’Église byzantine, et particulièrement des douze grandes fêtes de l’année liturgique. Elles ont voulu mettre à la disposition de tous, en un recueil très accessible, la traduction de ces textes qu’elles utilisent pour leurs célébrations. Cette traduction a été améliorée par leurs soins au cours des 50 dernières années, depuis qu’elles célèbrent en français tous ces offices. Il ne s’agit donc pas d’une traduction savante, mais de textes qui ont été polis par l’usage et la prière d’une communauté monastique. Cela est perceptible dans la simplicité de la langue qui reste cependant fidèle au grec et à la richesse théologique de ces textes fondamentaux pour notre foi.
Cette traduction peut être très utile pour les paroisses orthodoxes lors de la célébration des grandes fêtes et pour tous les fidèles orthodoxes qui trouveront dans la méditation de ces textes si riches une véritable nourriture spirituelle. Ce livre peut être aussi l’occasion pour des chrétiens non orthodoxes de se familiariser aisément avec un patrimoine patristique élaboré avant le Xe siècle et que la liturgie nous rend vivant sous forme poétique.
Le livre est complété par un encart comportant des reproductions des icônes de ces fêtes. On peut regretter que les explications de ces icônes soient regroupées en fin de volume et non en vis-à-vis des reproductions. Un lexique permet aussi de mieux comprendre les termes liturgiques.

P. Nicolas Cernokrak

Selon les informations de la BBC, de magnifiques monastères géorgiens situés en territoire turc sont en ruines

La BBC a dédié un article aux monastères médiévaux géorgiens qui se trouvent maintenant sur le territoire du pays voisin, la Turquie. L’article est intitulé « Le royaume géorgien oublié de Turquie » et explique que les différends entre les gouvernements des deux États ont fait que les merveilles architecturales sombrent dans l’oubli. « Région accidentée et éloignée, où des roches implacables cèdent la place aux oasis vertes, le nord-est de la Turquie abrite de magnifiques monastères géorgiens de la principauté médiévale de Tao-Klarjeti, un ancien État féodal dirigé par la famille royale des Bagration » est-il dit dans l’article. Les auteurs de celui-ci, Katie Nadworny et Emma Harper, expliquent que le Tao-Klarjeti fut naguère une partie du Royaume uni de Géorgie qui était prospère aux XIIème et XIIIème siècles. Or, les incursions répétées du conquérant turco-mongol Tamerlan, à la fin du XIVème siècle a conduit à la disparition du royaume et, au milieu du XVIème siècle, le Tao-Klarjeti est passé sous la domination ottomane, ce qui a eu pour effet que la région est devenue une partie de la Turquie moderne. « Pendant l’âge d’or du royaume, le Tao-Klarjeti était le centre de la vie monastique, dirigé par l’Église orthodoxe de Géorgie. De nos jours, des restes frappants de l’influence spirituelle de la principauté restent dissimulés dans de petits villages turcs parmi les montagnes Kaçkar près de la frontière turco-géorgienne », est-il dit encore dans cet article. Les auteurs disent que le monastère d’Oshki (963-973) dans la province d’Erzurum, l’un des sites orthodoxes géorgiens les plus grandioses est en danger, parce que ce monastère étendu, en forme de croix, est maintenant pratiquement sans toit, bien que le ciel ouvert souligne la splendeur du dôme central. « Des désaccords entre les gouvernements turc et géorgien sur la façon d’agir relativement aux restaurations ont laissé le monastère dans un état d’oubli, et la majesté d’Oshki est livrée aux éléments, tombant lentement en ruines ». L’article dit que l’église Ishan près du village d’Arpacık, mentionné pour la première fois dans un manuscrit géorgien de 951, a souffert un sort pire que la négligence : une restauration aléatoire. « L’extérieure en pierre sablée montre l’âge du bâtiment, tandis que les pierres larges, lisses et carrées, dont certaines d’un blanc clinquant et d’autres d’un rose vif ont un aspect plus moderne que médiéval. Couronné d’un toit neuf en tuiles rouges, inégal, et bordant un site archéologique excavé négligemment, l’église révèle l’approche désordonnée de la conservation des monuments qui prévaut dans cette région ». Concernant l’église Dörtkilise, dans la ville de Yusufeli, les fresques des saints chrétiens orthodoxes ont disparu avec le temps et les murs blancs en dessous de celles-ci ont été profanés par des graffitis. « En outre, le plancher incliné couvert de débris donne crédit aux propos selon lesquels l’église aurait été très récemment encore utilisée comme une grange ». Les auteurs soulignent que, si un plan de conservation cohérent n’est pas mis en place, le sort de ces merveilles architecturales restera incertain.

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Plus de 60.000 personnes ont participé à Ekaterinbourg à la procession dédiée à la mémoire de la famille impériale russe

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, lorsque l’on commémore l’assassinat de la sainte famille impériale, a eu lieu la procession habituelle à Ekaterinbourg. Celle-ci se déroule sur une distance d’environ 20 kilomètres, depuis le lieu de l’assassinat jusqu’au lieu où ont été cachés les restes de la famille impériale. C’est là que se trouve aujourd’hui un monastère dédié à ces saints martyrs. La procession a commencé immédiatement à l’issue de la divine liturgie, laquelle était présidée par le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre. Il était assisté par les hiérarques suivants : le métropolite de Tachkent et de Verkhotourié Cyrille, l’évêque de Rybinsk et Danilov Benjamin, l’évêque de Nijny Tagil et Serov Innocent, l’évêque d’Isilkoul et Roussko-Polyansky Théodose, l’évêque de Kamensky et Alapaïevsk Méthode, et Eugène de l’Oural central, vicaire du diocèse d’Ekaterinbourg. Vers 3h du matin, après la liturgie, les fidèles ont commencé la procession, dans la prière, sur le trajet du transport des dépouilles mortelles de la famille impériale en 1918. Les évêques se trouvaient à la tête de la procession. Selon les calculs provisoires, plus de 60.000 personnes y ont participé, soit le même nombre que l’an passé. Mais il convient de mentionner que le nombre de communiants, par rapport à l’an passé, a été multiplié par deux, leur nombre s’élevant cette fois à environ 7000 personnes. La procession était accompagnée tout au long du trajet par 25 groupes mobiles du Service caritatif orthodoxe, fournissant toute aide nécessaire aux pèlerins. Il y avait dans ce groupe des prêtres, des bénévoles, ainsi que des représentants de la fraternité de la Sainte-Dormition du diocèse d’Ekaterinbourg. Les bénévoles du Fonds « Nika » distribuaient des bouteilles d’eau, tandis que des aides-soignantes accordaient les premiers soins. Vers 7h du matin, la colonne des pèlerins avec, à sa tête, le clergé, a atteint le monastère des saints martyrs impériaux à Ganina Yama. La communauté monastique a accueilli le clergé et les pèlerins au son des cloches. Lors de leur arrivée à la mine N°7, où les régicides tentèrent de cacher les preuves de leur crime, a eu lieu un office d’intercession. C’est alors que l’évêque diocésain d’Ekaterinbourg, le métropolite Cyrille s’est adressé aux pèlerins : « La procession est passée non seulement par les rues de la ville, les champs et les forêts. Mais elle a principalement touché nos âmes. Y aurait-il maintenant un seul homme qui resterait indifférent au jour présent, à l’office et à la procession, qui constitue notre façon de nous repentir et de manifester notre amour envers le Tsar et notre patrie, la sainte Russie. Nous vous remercions tous, chers frères et sœurs, et nous espérons que chaque année, lorsque le Seigneur nous accordera Sa miséricorde, nous continuerons à venir en procession à ce lieu saint ». Le métropolite de Tachkent et d’Ouzbekistan Vincent, qui est également venu au monastère en procession, a souhaité une bonne fête aux pèlerins et les a félicités pour avoir achevé un chemin si pénible physiquement, mais plein de grâce pour l’âme. « Je voudrais tous vous féliciter pour avoir été dignes, par la grâce de Dieu et les prières des saints martyrs impériaux, d’accomplir ce chemin de croix et d’arriver à l’endroit de la profanation des restes de la famille impériale » a déclaré Mgr Vincent. « Chacun de nous, qui vient avec piété et crainte de Dieu, avec amour, ressent la sainteté de ce lieu ». Les pèlerins ne se sont pas empressés de quitter le monastère à l’issue de la procession. Nombreux sont ceux qui ont trouvé la force de participer à la divine liturgie, qui commençait à 9h du matin. Quant à ceux qui étaient épuisés, ils se sont reposés sur les belvédères, les pelouses et les bancs. Le médecin et l’infirmier du monastère ont aidé ceux qui avaient des problèmes de santé. Une ambulance était sur place, ainsi que la voiture des pompiers. Heureusement aucun événement grave ne s’est produit. Les principaux visiteurs du poste de secours médical étaient des gens qui « avaient mal » aux pieds. On peut visionner un reportage télévisé sur l’événement avec des extraits de la liturgie, des interviews et des vues de la procession, et ici une vidéo entièrement consacrée à la procession elle-même. Les pèlerins chantent « Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu aie pitié de nous pécheurs ».

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L’Église orthodoxe serbe glorifie saint Mardaire (Uskoković) à Libertyville, près de Chicago

La célébration festive de la glorification liturgique de saint Mardaire de Libertyville a eu lieu le week-end passé du 14-16 juillet dans différentes églises et monastères serbes, cette célébration culminant par la Liturgie de canonisation au monastère de saint Sava à Libertyville, près de Chicago, où reposent ses reliques incorrompues. Les célébrations étaient présidées par le patriarche Irénée de Serbie qui est parti de Serbie le 13 juillet, déclarant à cette occasion : « nous anticipons joyeusement la célébration à venir de la canonisation de saint Mardaire à Libertyville, le premier évêque orthodoxe serbe d’Amérique et du Canada, et nous partageons ce grand jubilé spirituel de notre Église avec nos enfants spirituels en Amérique ». Alors qu’il se rendait à Libertyville, le patriarche s’est arrêté à New York pour visiter le site de la cathédrale Saint-Sava qui a avait été détruite par un incendie après les célébrations pascales en 2016. Il y a rencontré l’archevêque Dimitri (Archidiocèse grec des États-Unis) et l’évêque Irénée d’Amérique orientale (Église orthodoxe serbe), lequel l’a informé brièvement sur les plans de reconstruction. Arrivé à Chicago le 14 juillet, le patriarche y a été accueilli par l’évêque Longin de la Nouvelle Gračanica et de l’Amérique du Midwest et le clergé de la cathédrale de la Sainte-Résurrection, où ont eu lieu les vêpres, suivies par un symposium sur « La vie et l’époque de saint Mardaire ». Parmi les points forts du symposium, outre les différentes communications sur la vie et les œuvres du saint, dont le discours d’ouverture du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, intitulé « Saint Mardaire : « Dieu est merveilleux dans Ses saints », il convient de mentionner la première présentation du nouveau film sur la vie de saint Mardaire produit par le monastère d’Ostrog. Les évêques suivants des différentes Église autocéphales ont rejoint ensuite le patriarche Irénée : le métropolite Tikhon (Église orthodoxe d’Amérique, OCA), l’archevêque Nicodème du Donetsk nord et de Starobelsky (Église orthodoxe d’Ukraine), l’archevêque Pierre de Chicago et d’Amérique centrale et l’évêque de Seattle Théodose (Église russe hors-frontières), le métropolite de Vani et Baghdati Antoine et le métropolite d’Amérique Sava (Église orthodoxe de Géorgie), le métropolite des Amériques Nicolas (Église orthodoxe de Roumanie) et encore d’autres hiérarques, ainsi que des prêtres, moines et fidèles. Le week-end a continué le samedi avec la Liturgie patriarcale célébrée au monastère de la Nouvelle Gračanica, à Third Lake, dans la banlieue de Chicago. Dans son homélie, le patriarche Irénée a mentionné « la personnalité exceptionnelle » de saint Mardaire, soulignant qu’il était grand devant Dieu et l’Église orthodoxe, vivant la vie des saints apôtres et d’autres grands saints, imitant ainsi le Seigneur. Le patriarche a ajouté que comme saint dans la ressemblance de Dieu, saint Mardaire appartient à toutes les Églises orthodoxes et non pas seulement à l’Église serbe. « Bien que nous soyons dispersés, il y a un pouvoir qui nous garde dans une unité d’esprit et de sang, c’est notre communauté, notre Église. Et celle-ci a envoyé ici un saint commun en la personne de saint Mardaire qui a accompli un labeur apostolique ici, pour prendre soin de vous… Prenez soin de votre foi, frères et sœurs, car les trésors de ce monde vont et viennent, mais la seule richesse qui demeure est la foi dans le Seigneur, la vie dans Son Église et l’œuvre pour le Christ. C’est un trésor… Gloire au Seigneur qui nous a donné un saint qui a vécu dans ce pays et qui attirera beaucoup de gens à l’Église » a conclu le patriarche. Les fidèles sont revenus ensuite au monastère de saint Sava pour les vigiles de canonisation en l’honneur de saint Mardaire, l’office étant chanté par le chœur du Séminaire Saint-Vladimir. Le jour suivant a eu lieu la Liturgie de canonisation. Pendant la sainte Liturgie, le métropolite Amphiloque a prononcé une homélie dans laquelle il a lu des extraits du message pascal de saint Mardaire en 1935, qui révèle la vie intérieure du saint. Le métropolite a commencé son homélie par les paroles « Le Christ est ressuscité ! », puis il a évoqué brièvement la vie du saint, et notamment le fait que celui-ci était tombé gravement malade alors qu’il servait en Amérique, mais il avait prié le Seigneur de prolonger sa vie pour qu’il puisse continuer son ministère. Passant au message pascal de saint Mardaire, le métropolite en a lu les paroles suivantes : « … Des profondeurs de mon âme, je Te crie « Christ est ressuscité ! » Le saint racontait dans son message les grandes souffrances qu’il avait éprouvées avec ses poumons en hémorragie pendant trois jours, ce qui l’aida à acquérir un esprit et une sagesse plus grande que celle dont il disposait précédemment. S’adressant aux fidèles, le saint a déclaré : « Je confesse maintenant devant vous que je ne désire qu’une seule chose, à savoir de vous renforcer dans votre foi en Dieu qui fut, qui est et qui sera, que les gens croient en Lui ou non ». Saint Mardaire continue son message en rappelant que les médecins étaient certains qu’il mourrait bientôt de la tuberculeuse, et que son clergé s’était rassemblé de toute l’Amérique et du Canada pour lui faire ses adieux. On lui donna la sainte Communion, et durant la nuit il murmurait des prières au Christ. « Je sentais la présence pleine de grâce du Christ » disait-il, « je priais : « Seigneur Jésus-Christ mon Dieu, cela ne me dérange pas de mourir, cela ne me dérange pas de quitter ce monde. Cela ne me dérange pas de quitter ce monde, je suis préparé à fermer mes yeux fatigués, et à me ternir devant Ton juste Jugement, croyant que Ta vie et Ta miséricorde paternelles me pardonneront si durant ma vie terrestre, je n’ai pas avancé en toute chose selon les lois de Dieu. Si je n’ai pas été suffisamment zélé dans la grande responsabilité du ministère épiscopal que Tu m’as conféré par l’Église. Tu me pardonneras, je le sais car Ton amour paternel est sans limite… Je ne crains pas de mourir, et vraiment, je m’en réjouis… sachant qu’en Christ, la mort est devenu un passage vers le Royaume éternel ». Des centaines de fidèles ont communié lors de la sainte Liturgie qui était suivie d’une procession des fidèles et de tous les enfants autour du monastère, avec des bannières, le chœur et les reliques de saint Mardaire. Lors du banquet qui a suivi la Liturgie dominicale, le patriarche Irénée a exhorté les fidèles à suivre la voie de la vie de saint Mardaire, les appelant tous à l’amour et la paix, et de partager leur culture et surtout le trésor de la foi orthodoxe qui unit tous les fidèles orthodoxes.

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Posted by Saint Sava Monastery on Sunday, 16 July 2017

Vidéo de la 13e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky – 6 juillet

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel a donné le mardi 6 juillet sa 13e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque.

La conférence dans son intégralité :

L’archiprêtre Victor Potapov, recteur de la paroisse de Washington de l’Église orthodoxe russe hors-frontières : « Je crois que la réunification de l’Église russe a été le résultat des prières de saint Jean de Changhaï »

L’archiprêtre Victor Potapov est né en 1948 dans un camp pour personnes déplacées en Allemagne de l’ouest. En 1951, sa famille s’est installée aux États-Unis. Entre autres activités, il a dirigé pendant trente ans l’émission orthodoxe de la radio « La Voix de l’Amérique » à destination de la Russie. Il est recteur de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Washington (Église orthodoxe russe hors-frontières) et a donné récemment l’interview suivante, que nos publions in extenso :

– « Ce qui est grand est vu à distance » dit-on. Que pouvez-vous dire sur la Russie aujourd’hui ?

– Nous suivons ici de près la vie ecclésiale en Russie, peut-être pas aussi attentivement qu’il le faudrait, mais nous devons nous occuper de nos propres affaires en Amérique. Nous nous occupons non seulement des Russes, mais aussi des Américains qui se convertissent à notre foi. Nous éprouvons de la peine pour la Russie, nous sommes chagrinés par les tendances négatives russophobes en Occident, particulièrement aux États-Unis. Je suis convaincu qu’il est difficile pour les gens de s’y retrouver dans la vie religieuse de la Russie. Les journalistes occidentaux font ressortir surtout les événements négatifs. Les phénomènes négatifs ont toujours été et le seront toujours, les hommes sont les hommes, et l’Église n’est pas constituée seulement de saints, mais aussi de pécheurs. On attire l’attention pour le mal et on ne remarque pas ce qui est positif dans la vie ecclésiale de la Russie. Ce qui se passe en Russie me réjouit, je ne parle pas seulement de l’extérieur : la construction de nouvelles églises etc., mais avant tout de l’aspiration des gens à la vie liturgique. Maintenant, plus d’un million de personnes [chiffre du jour de l’interview, ndt] ont vénéré les reliques de saint Nicolas. Les gens ont fait la queue pendant sept ou huit heures pour vénérer pendant une ou deux secondes les saintes reliques, prier. Cela est parlant quant à la faim spirituelle du peuple, les gens aspirent à recevoir de la nourriture spirituelle.

– Il est triste que cela soit plus d’une fois l’objet de moqueries.

– Par Facebook, des connaissances m’ont envoyé une vidéo où les correspondants du Washington Post font des commentaires ironiques et profèrent des railleries. Par exemple : les Moscovites sont prêts à attendre des heures pour vénérer les reliques de saint Nicolas, connu en Occident comme « Santa Claus ». On demande ironiquement, pourquoi ? Et eux de répondre : ils le font afin d’être en bonne santé, de passer avec succès les examens. Cela vient d’une approche superficielle, d’où l’incompréhension de ce qui se passe dans la vie ecclésiale en Russie.

– De votre avis, pourquoi certains médias russes parlement également de façon sceptique de la vie orthodoxe ?

– La nature est pécheresse chez l’homme : il est bien plus facile de discuter des choses scandaleuses, de mentionner quelque chose de mauvais, que d’avoir une discussion spirituelle, d’éprouver de la componction pour ses chutes. Comme il est dit dans l’Évangile : «Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » Il n’y a là rien de nouveau.

– Sur les sites orthodoxes, on demande aux fidèles : quelle attitude avoir envers la critique de l’Église ? Les supporter sans y prêter attention ?

– Certains prêtres en Russie ont le courage de dire : allons, renonçons au confort, aux automobiles de luxe, attirons les gens à la vie religieuse par l’exemple personnel, et non pas seulement par les paroles. Parfois, il vaut la peine de réfléchir : dans les critiques, les condamnations, y-a-t-il là des vérités ? Quant à nous, membres du clergé, il nous faut donner moins d’occasions à la critique et être effectivement à la hauteur.

– Encore une question douloureuse pour tous les orthodoxes, l’Ukraine…

– Nous vivons dans notre chair ce qui se passe en Ukraine, la moitié de nos paroissiens sont ukrainiens, je suis moi-même à moitié ukrainien, ma femme, Matouchka Maria est la petite-fille de Michel Rozdianko. Nous prions à chaque Liturgie pour la paix en Ukraine. Il y a une division ecclésiale artificielle, la haine est semée. Nous éprouvons de la peine pour S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. Assurément, ce n’est pas facile pour lui, il est un ascète, un spirituel authentique et s’efforce énormément de préserver la paix. Il répète à chaque occasion : le Christ doit être à la première place, et tout le reste, à la seconde. Nous continuons aussi à commémorer le patriarche Cyrille, nous prions pour le renforcement de la foi et pour l’Église en Russie et en Ukraine.

– Le dixième anniversaire de la réunification de nos Églises a été commémoré récemment : que pouvez-vous dire de cet événement ?

– Je me réjouis qu’il y a dix ans, les primats du Patriarcat de Moscou et de l’Église orthodoxe russe hors-frontières ont acquis le discernement spirituel pour surmonter la division entre les deux branches de l’Église, aller vers le rétablissement de l’unité eucharistique. Le patriarche Alexis II et le métropolite Laur d’Amérique orientale et de New York (Chkourla, 1928-2008), maintenant tous deux décédés, ont signé l’Acte de communion canonique, remédiant à la division, pendant presque quatre-vingt-dix ans, de l’Église orthodoxe russe. Il est remarquable que les deux hiérarques soient nés hors des frontières de la Russie. La patrie du patriarche, comme on le sait, était l’Estonie, tandis que le métropolite est né dans les Carpates. Malgré cela, c’est précisément eux que le Seigneur a choisis, car le patriarche et le métropolite, probablement, ont mieux compris et ressenti le caractère anormal de la situation et la nécessité d’y remédier.

– Quels points positifs voyez-vous à cela ?

– Cette mesure bénie a bénéficié à l’Église. Elle donne la possibilité à la célébration commune sans obstacle, nous sommes maintenant une seule Église, nous communions ensemble, nous célébrons ensemble. Des prêtres de Russie viennent chez nous, que nous recevons avec joie et fraternellement. Par exemple, le métropolite Hilarion de Volokolamsk est venu célébrer chez nous. Nous allons en Russie et nous y sommes également reçus avec amour. C’est ainsi que lors de la célébration du dixième anniversaire de la réunification, nous étions à Moscou, au monastère Sretensky. Nous avons commémoré cet événement important par une conférence dans l’auditorium du séminaire Sretensky. Ma conférence était intitulée « Saint Jean de Changaï, l’unificateur ». Le saint de Dieu a toujours aspiré à l’union des deux Églises, et il considérant l’Église orthodoxe russe à l’étranger comme une partie indissociable de l’Église russe.

– Vous étiez l’un des participants à ce Concile au cours duquel a été prise cette décision capitale. Pourriez-vous nous raconter comment tout cela s’est-il passé ?

– En mai 2006, à San Francisco, a eu lieu le IVème Concile de la diaspora de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, au cours duquel a été résolu la question de la réunification. Je crois profondément que celle-ci s’est produite par les prières de saint Jean de Changhaï. Les débats au Concile ont été très difficiles, tous les participants ne se sont pas prononcés pour l’union. Les interventions ont été nombreuses, et après quelques heures l’esprit optimiste du début, pour moi comme pour beaucoup d’autres délégués, a cédé la place aux doutes : il semblait qu’il serait impossible de parvenir à une décision unanime. À un certain moment, il a été proposé de rédiger une résolution sur la question de la communion eucharistique avec le Patriarcat de Moscou. L’archiprêtre Alexandre Lebedev, secrétaire du Concile, recteur de l’église de la Transfiguration à Los Angeles, m’a dit que l’élaboration et la rédaction de la résolution se déroulaient péniblement et se trouvaient même dans une sorte d’impasse. Il a alors été décidé d’interrompre le travail, puis de se rendre à la cathédrale auprès des reliques de saint Jean de Changhaï et demander l’aide du saint de Dieu. Sur la châsse contenant les reliques a été posée le brouillon des variantes de la résolution et le nom de tous les délégués du Concile. La prière ardente établit en nous la certitude que tout se terminera comme ce sera agréable à Dieu. Après l’office d’intercession au saint, le travail sur la résolution se passa « comme sur des roulettes ». De façon inattendue, le métropolite Laur proposa de voter non sur le texte entier de la résolution, mais paragraphe par paragraphe. À la majorité des voix, les délégués adoptèrent la décision de la réunification. Je sentais que saint Jean de Changhaï était avec nous ! Et en 2007 s’est produit l’événement historique important, la signature de l’Acte du rétablissement de l’unité eucharistique.

– Parmi vos paroissiens il y a un certain nombre de jeunes, comment parvenez-vous a intéresser les enfants à l’Église, aux Etats-Unis.

– Nos parents, à nous enfants d’émigrés, nous enseignaient constamment l’importance de garder la foi orthodoxe, notre caractère russe, la langue. Malheureusement, on y parvient non sans difficultés. On s’adapte facilement à la culture américaine. Les jeunes parents qui sont arrivés récemment aux États-Unis, alors qu’ils n’étaient pas encore pratiquants en Russie, veulent attirer leurs enfants à la foi orthodoxe, à la langue russe. C’est ainsi qu’à l’ombre du clocher de l’église russe, sur le territoire de la paroisse orthodoxe, les enfants communient à la foi, à l’amour de Dieu, entendent la langue russe, participent aux différentes manifestations. Le plus important est d’inculquer l’amour envers la patrie historique, les racines spirituelles. Aider à apprécier la patrie historique, le rôle de l’Église orthodoxe dans la formation de la Russie elle-même.

– Vous voulez parler, probablement, de la vie paroissiale ?

– Nous nous efforçons de faire tout cela et autre chose, par exemple, par l’organisation des scouts. Notre équipe de scouts se réunit auprès de la paroisse deux fois par mois. Et chaque été, les enfants se reposent dans un camp qui dure deux semaines, dans un endroit pittoresque de Virginie. Les enfants montent eux-mêmes les tentes, construisent une iconostase en branches, installent les icônes. L’un de nos prêtres célèbre là-bas la Liturgie, organise en plein air des homélies avec les enfants. Il y a eu des cas de baptêmes au camp, dans l’étang. Nous, prêtres, vivons aussi dans des tentes à ce moment.

– Chez vous, on enseigne même aux jeunes paroissiens à danser…

– Il y a le groupe de danse « Matriochki ». Ce sont nos paroissiennes qui s’en occupent, elles enseignent les danses populaires russes, ensuite elles organisent des concerts dans de beaux costumes populaires. Ce n’est pas seulement le goût pour les danses qui unit les garçons et les fillettes, mais aussi l’amour envers la culture populaire russe, et le fait qu’ils peuvent faire connaissance, discuter, être des amis.

– Votre paroisse est-elle bilingue ?

– Nous célébrons deux Liturgies le dimanche – en anglais et en slavon. Parmi les paroissiens, il y a des Américains, des Roumains, des Serbes, même des Chinois. Après le premier office, les fidèles anglophones vont au réfectoire pour le petit-déjeuner, après le second, tous au déjeuner. Tous les repas sont organisés par nos paroissiens. Il y a une école du dimanche en russe, l’autre en anglais. Le catéchisme y est enseigné. C’est ainsi que nous nous faisons nos efforts pour garder nos enfants dans la foi et la culture orthodoxes.

Source

Vient de paraître : “Renouveau patristique et œcuménisme”

Présentation : “Les éditions Beauchesne viennent de faire paraître un livre intitulé Renouveau patristique et œcuménisme, sous la direction de Marie-Anne Vannier.

Les Pères de l’Église sont le trésor de l’Église indivise et ils ont toujours permis d’opérer un discernement dans les dialogues œcuméniques. Aujourd’hui, alors que le renouveau des études patristiques est réel, tant sur le plan de l’édition critique, des traductions que des commentaires, sans oublier la redécouverte de textes d’Origène, d’Augustin, de Chromace d’Aquilée…, les Pères peuvent avoir un rôle accru dans le dialogue œcuménique, comme le montre, par exemple, le document de la Commission mixte orthodoxe-catholique sur Le mystère de l’Église et de l’eucharistie à la lumière de la sainte Trinité. Ils permettent de reprendre ensemble le commentaire de l’Écriture, les grandes questions théologiques…, d’où leur actualité.

Œuvre de patrologues engagés dans le dialogue œcuménique, cet ouvrage aborde un certain nombre de questions actuelles, comme l’ecclésiologie de communion et ouvre les voies de l’unité.”

Source (et table des matières) : Séminaire orthodoxe russe

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Jovan Nikoloski