26/05/2017
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Archives de catégorie : A la Une

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Le président américain Donald Trump a été accueilli au Saint-Sépulcre par le patriarche de Jérusalem Théophile III

Le lundi 22 mai, le président américain Donald Trump est arrivé à l’aéroport Ben Gourion, où lors de la réception en son honneur, était présent le patriarche de Jérusalem Théophile III. Dans l’après-midi, le patriarche, accompagné de l’archevêque de Hiérapolis Isidore et des archimandrites Matthieu et Polycarpe, du custode de Terre sainte Francesco Patton et du patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Manougian, a accueilli le président dans la cour de la basilique du Saint-Sépulcre. Depuis la cour, le patriarche Théophile, suivi par le père Francesco Patton et du représentant du patriarcat arménien, a conduit le président au Tombeau du Christ et au Golgotha. Ensuite, le président s’est rendu au bureau de la Basilique de la Résurrection, où lui a été offerte une icône de la Nativité par le patriarche Théophile. Le président a exprimé son émotion pour sa visite au monument le plus ancien et le plus saint de la chrétienté et a souhaité la paix pour la région du Moyen Orient et pour le monde entier.

Source (dont photographie) : Romfea

Le patriarche d’Antioche Jean X confirme son soutien à l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

En réponse à l’appel du patriarche de Moscou Cyrille au sujet des projets de loi 4128 et 4511 du parlement ukrainien visant à interdire l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, le patriarche d’Antioche Jean X a envoyé le message suivant :
« Béatissime patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, bien-aimé frère et concélébrant dans le Christ notre Seigneur, nous embrassons avec grande joie Votre Béatitude bien-aimée dans le Seigneur, et dans la profondeur de la douleur qui emplit le cœur de notre peuple et de notre Église, au milieu des tragédies qui se sont abattues sur notre Orient, nous nous adressons à vous en ces jours bénis avec la salutation pascale : le Christ est ressuscité ! Nous avons reçu votre lettre fraternelle № 01/2608 du 16 mai 2017, et voudrions exprimer notre profonde solidarité avec Votre Béatitude et avec tous nos frères se trouvant dans les limites territoriales du Patriarcat de Moscou. Nous condamnons toutes les mesures que ce soit qui peuvent porter atteinte à la souveraineté du peuple ukrainien, et nous condamnons fermement de même toutes les mesures ayant un impact négatif sur l’indépendance, l’authenticité, l’intégrité et la liberté de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. De tels projets de loi limitatifs sont condamnables, du fait qu’ils permettent l’escalade de la tension et visent au changement de l’identité culturelle de toute la société ukrainienne. À cette occasion, nous confirmons à nouveau notre position concernant notre soutien à l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique, reconnue par toutes les Églises autocéphales. C’est une occasion d’appeler à la paix et à l’activité pacificatrice, et aussi d’attirer l’attention des organisations internationales, des États et des citoyens de tous les pays, sur le danger des actes qui n’aspirent pas au développement de l’idée de la tolérance et de la paix, mais cherchent à attiser les conflits et la haine. Embrassant votre Béatitude dans le Seigneur, nous exprimons notre profonde solidarité avec votre position concernant les derniers événements en Ukraine et demandons au Seigneur de vous renforcer et d’accorder à nous tous la paix. Avec amour fraternel et respect,

+Jean X, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient ».

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Accueil des reliques de saint Nicolas à Moscou

Le 21 mai, les reliques de saint Nicolas sont arrivées par vol spécial à l’aéroport de Vnoukovo à Moscou. Elles ont été accueillies ensuite en la cathédrale du Christ Sauveur par le patriarche de Moscou, assisté d’un grand nombre de hiérarques et de prêtres. La cathédrale, qui contient 10.000 personnes, était pleine, et de nombreux fidèles sont restés dehors et dans les rues avoisinantes. Les saintes reliques resteront à la cathédrale jusqu’au 12 juillet, puis partiront le 13 juillet pour Saint-Pétersbourg où elles séjourneront jusqu’au 28 juillet, d’où elles retourneront en Italie. Dans une interview, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a déclaré : « C’est un événement sans précédent par son importance pour notre Église. C’est l’Église russe, précisément, qui dès le XIème siècle, quelques années après que les reliques de saint Nicolas aient été transportées de Myre en Lycie à Bari, a établi la fête en l’honneur de cet événement. Et chaque fois, lors de la fête d’été de saint Nicolas, le 22 mai, nous entendons lors de l’office, les paroles suivantes du tropaire : « Le jour de la solennité lumineuse a commencé, la cité de Bari se réjouit et avec elle tout l’univers est en liesse». C’est ainsi qu’aujourd’hui, toute l’Église orthodoxe russe se réjouit avec la ville italienne de Bari, parce que saint Nicolas visite ce pays où le peuple le vénère et l’aime. À Moscou et dans les autres villes de Russie, une multitude d’églises sont dédiées au saint hiérarque et thaumaturge Nicolas. Saint Nicolas est ce saint qui répond très rapidement aux prières, et de nombreuses personnes, ont été convaincues, de par leur propre expérience, qu’il exauce toutes les demandes, quelles qu’elles soient. C’est précisément pourquoi les fidèles vénèrent le saint hiérarque et thaumaturge Nicolas». On peut visionner ci-dessous le film de l’accueil des reliques à la cathédrale du Christ Sauveur par le patriarche de Moscou Cyrille, les évêques, les prêtres et les fidèles.

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En Moldavie, des orthodoxes ont interrompu le déroulement d’une marche LGBT

Le 21 mai, des fidèles orthodoxes ont empêché les minorités sexuelles de défiler selon le trajet prévu à Chișinău, capitale de la Moldavie. Les fidèles ont bloqué la route sur laquelle s’avançait la marche. La police a évacué les participants de celle-ci en bus. À la marche avaient pris part quelques centaines de personnes, des activistes LGBT de l’ONG « Gender-doc », des représentants de la société civile, des politiciens et des journalistes. Il y avait également du personnel de plusieurs ambassades occidentales. La marche était organisée sans drapeaux arc-en-ciel, sans slogans et pancartes soutenant les minorités sexuelles, les organisateurs ayant déclaré que la marche était dirigée contre la discrimination en général. Les policiers ont accompagné les participants à la marche, entourant la colonne de tous les côtés. À peine les participants avaient-ils parcouru quelques centaines de mètres, moins de la moitié du trajet prévu, que quelques centaines de fidèles ont bloqué la rue. Les orthodoxes sont sortis avec des étendards et des pancartes, entonnant des chants liturgiques. Sur leurs pancartes était écrit « La Moldavie est un pays orthodoxe ! ». « Maman, papa, moi-même, c’est la famille ! », et d’autres slogans en faveur de la famille traditionnelle. Plusieurs centaines de policiers ont séparé les deux groupes. Au bout de quelques minutes, la décision a été prise d’interrompre la marche. Ses participants ont rejoint les bus mis à leur disposition par la police.

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« Une relique de saint Nicolas suscite la ferveur en Russie »

Le Figaro a publié un article, en ligne ici (dont photographie), sur la ferveur en Russie qui entoure l’exposition d’une relique de saint Nicolas, d’abord à Moscou jusqu’au 12 juillet, puis durant deux semaines à Saint-Pétersbourg. Elle retournera ensuite à Bari (Italie).

« Comment faire face à l’omniprésence de la grossièreté et de la vulgarité dans notre société ? »

Le P. Christophe Levalois a publié une tribune sur le site Aleteia intitulée « Comment faire face à l’omniprésence de la grossièreté et de la vulgarité dans notre société ?« .

 » Il est un sujet qu’abordent très rarement les hommes politiques, sinon jamais, qui est absent des débats électoraux, et qui pourtant affecte en profondeur et négativement la société : la grossièreté et la vulgarité, sous toutes leurs formes possibles, ainsi que les conséquences de celles-ci, dont la violence et la pornographie. C’est pourtant aujourd’hui une réalité massive, omniprésente et profondément destructrice.

« Sa bouche est pleine de malédiction,
De tromperie et de violence ;
Il a sous la langue forfait et méfait. »
(Psaume 10 (9) ,7)

La grossièreté gangrène les relations humaines

La grossièreté gangrène les relations humaines. Elle fait partie du paysage sonore quotidien que chacun subit. Elle s’est installée dans le langage à tel point qu’elle n’est guère remarquée, sauf s’il s’agit d’un excès, et semble aller de soi pour le plus grand nombre. Mieux, ou plutôt pire, elle devient posture, voire snobisme, un passage obligé pour faire montre d’un parler supposé vrai et authentique ! (…) »

La suite de ce texte.

La 9e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky Frenkel aura lieu mardi 23 mai

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel donnera mardi 23 mai sa 9e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque. La conférence aura lieu à 19h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005, Paris. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour voir la vidéo de sa 1ère cliquez ICI de sa 2ème conférence LÀ, de sa 3e conférence , de sa 4 conférence, de sa 5e conférence, de sa 6e conférence, de sa 7e conférence, de la 8e.

Recension: Grégoire Palamas, « Traités démonstratifs sur la procession du Saint-Esprit »

Grégoire Palamas, Traités démonstratifs sur la procession du Saint-Esprit. Traduction du grec et annotation par Yvan Koenig, introduction de Jean-Claude Larchet, collection « Patrimoines », Éditions du Cerf, Paris, 2017, 200 p.
Les deux Traités démonstratifs (encore connus sous le nom de Traités apodictiques) sur la procession du Saint-Esprit, figurent parmi les toutes premières œuvres de saint Grégoire Palamas (1296-1359), et sont en tout cas ses pre­miers écrits théologiques. Grégoire était alors âgé de trente-huit ans et résidait à l’ermitage de Saint-Sabbas au Mont-Athos.
Rédigés au cours du premier semestre de 1334, ils sont dirigés contre la doctrine latine du Filioque. En même temps qu’ils réfutent cette dernière, ils consti­tuent une apologie de la foi orthodoxe. Le titre complet du pre­mier est : Premier traité apodictique, démontrant que l’Esprit Saint ne procède pas du Fils, mais seulement du Père ; celui du second : Second traité sur la procession du Saint-Esprit, prouvant qu’Il ne provient pas du Fils, et contre les citations de la divine Écriture proposées aujourd’hui par les Latins pour se défendre.
Les circonstances de leur rédaction sont les suivantes. En 1333, deux théologiens domini­cains – l’italien François de Camerino, évêque de Chersonèse et l’anglais Richard, évêque du Bosphore – avaient été envoyés par le pape à Constantinople pour relancer les discussions théologiques sur la question de la procession du Saint-Esprit, dans le cadre d’une nou­velle tentative d’union des Églises dont le pape et l’empereur Andronic III avaient pris conjointement l’initiative. Le théologien Barlaam avait été missionné par le Grand Domestique Jean Cantacuzène et l’empereur Andronic III pour être le représentant des Orientaux dans les débats qui se tinrent à Constantinople de la fin de l’année de l’année 1333 jusqu’en juin 1335.
Grégoire Palamas fut informé par ses amis de Thessalonique du développement des discussions et aussi du contenu des traités antilatins que Barlaam avait rédigés au cours de celles-ci. Deux points lui parurent problématiques: premièrement l’interprétation donnée par Barlaam de l’expression de Grégoire de Nazianze « Principe issu du Principe » appliquée au Fils, qui lui paraissait favorable au Filioque ; deuxièmement, l’affirmation par Barlaam, sur la base d’une mauvaise compréhension de l’apophatisme de Denys l’Aréopagite, de l’impossibilité de recourir en théologie au raisonnement apodictique (démonstratif et probant), ce qui ramenait les discussions sur la procession du Saint-Esprit à la relativité du raisonnement dialectique et les rendait finalement vaines.
Ces deux conceptions erronées de Barlaam comportaient aux yeux de Palamas le risque de déboucher sur un compromis d’union avec les Latins qui se ferait en faveur de leurs positions sur le Filioque.
Ce n’est qu’indirectement (en faisant lui-même usage de la démonstration) que Grégoire Palamas s’oppose dans ses deux traité aux positions méthodologiques de Barlaam, et c’est sur la question dogmatique qu’il se concentre essentiellement. L’idée du P. Jean Meyendorff – qui détermine une grande partie de son interprétation de l’œuvre de saint Grégoire Palamas – selon laquelle ce dernier se serait déjà ici opposé à l’humanisme byzantin ne concerne en réalité qu’un point secondaire.
Grégoire Palamas réexamine en fait de manière critique la plupart des arguments en faveur du Filioque qui ont été présentés au XIIIe et au XIVe siècle par les Latins et leurs partisans, lors de discussions qui visaient en particulier à faire reconnaître par les orthodoxes l’expression « par le Fils », utilisée par certains Pères, comme un équivalent de l’expression « et du Fils » (Filioque), ou du moins comme compatible avec celle-ci.
Ses critiques, s’adressent aux Latins mais aussi aux « latinophrones », c’est-à-dire aux théologiens byzantins « pensant à la manière latine » et disposés à faire un compromis avec les Latins. Beaucoup d’arguments latinophrones (c’est-à-dire conforme à la pensée des Latins) visés par Palamas sont des arguments qui ont été développés dans les siècles précédents, notamment dans les deux traités sur la procession du Saint-Esprit – Lettre pneumatologique à Théodore II et Lettre à Jacques de Bulgarie – de Nicéphore Blemmydès (1198-1269), et surtout dans les Titres de Jean Bekkos, patriarche de Constantinople de 1275 à 1282, dont Grégoire Palamas a élaboré une réfutation à la même époque qu’il a rédigé les Traités démonstratifs: Contre Jean Bekkos).
Après la triste expérience du concile d’union de Lyon en 1274, les or­thodoxes se montraient sans aucun doute extrêmement méfiants à l’égard des tenta­tives unionistes dont l’initiative était périodique­ment prise par le pouvoir pour des raisons essentiellement poli­tiques et où celui-ci semblait, pour aboutir, prêt à favoriser tous les compromis dogmatiques quitte à brader la foi orthodoxe. Une dé­marche (qui n’avait pu aboutir en raison de la guerre civile) venait d’être faite récemment (1323-1327) auprès du Pape Jean XXII par Andronic II qui s’inquiétait de l’avancée des Turcs en Asie Mi­neure et souhaitait s’assurer l’appui de l’Occident. Dans le même temps, les Latins exerçaient à Constantinople une influence de plus en plus marquée. C’est à l’initiative d’Andronic III qui venait, en 1332, de for­mer une ligue avec Venise et les Hospitaliers de Rhodes, qu’avaient été entreprises les dernières négociations de 1333-1335 destinées à établir l’union des Églises. La vigoureuse condamnation du patriarche Jean Bekkos et des latinophrones par le concile des Blachernes réuni en 1285 (soit seulement cinquante ans auparavant) par le patriarche Grégoire de Chypre, avait sans aucun doute rendu les orthodoxes vigilants et par­ticulièrement exigeants en ce qui concerne question de la procession du Saint-Esprit qui apparaissait comme le principal point de divergence entre les deux Églises.
Les Traités démonstratifs semblent donc avoir été écrits pour dé­fendre la foi orthodoxe et réfuter la doctrine latine du Filioque à un moment où l’on avait tout lieu de craindre que, pour mener à bien des visées poli­tiques, l’empereur et le théologien Barlaam qu’il avait missionné pour mener les discussions fassent des concessions aux positions latines et réalisent à la hâte une union où la foi orthodoxe se trouverait sacrifiée. Cette idée est partagée par un spécialiste catholique de Palamas, R. E. Sinkewicz : « il apparaît que Palamas a réagi aux nouvelles de discussions renouvelées avec les Latins et a écrit aussi­tôt un ex­posé de la foi orthodoxe sur le sujet, afin de repousser par avance toute possibilité de compromis doctrinal. »
Les Traités ont une forme polémique très mar­quée ; ils attaquent les Latins d’emblée, de front, et en permanence, et ils se présentent moins comme une proposition de dialogue que comme une vigoureuse réfutation de la doctrine la­tine du Filioque – aussi bien dans sa forme classique que dans ses développements récents – corrélative d’une ferme apologie de la foi ortho­doxe. Pour saint Grégoire Palamas comme pour tous les Pères qui ont défendu la doctrine orthodoxe de la procession du Saint-Esprit, la doctrine latine du Filioque ne peut faire l’objet d’aucun com­promis et même d’aucune négociation : le Filioque est une ajout illicite au Credo, qui contredit la foi de l’Église et paraît définiti­vement incompatible avec les enseignements du Christ, des Apôtres, des Pères et des Conciles.
L’ardeur mise par saint Grégoire Palamas dans les deux Traités démonstratifs à réfuter la doctrine latine du Filioque jusque dans ses développements les plus subtils et à défendre corrélativement la foi orthodoxe sur la procession du Saint-Esprit tient à la particulière importance qu’il reconnaît à cette question.
Sa position ferme s’oppose à la position conciliante que mon­traient les représentants de la tendance latinophrone qui, voyant dans l’union des Églises une tâche urgente qui devait aboutir coûte que coûte, minimisait l’importance de cette divergence et allait même jusqu’au relativisme dogmatique. Barlaam témoigne d’une telle attitude dans le discours qu’il a tenu à Avignon en 1339, en tant qu’ambassadeur de l’empereur, devant le pape Benoît XII pour lui présenter un nouveau plan d’union : l’union des Églises, affirmait-il, pouvait être réalisée sur la base d’une foi commune en la Trinité, chacune des deux Églises pouvant, en ce qui concerne la procession du Saint-Esprit, conserver sa propre doctrine, les théo­logiens des deux bords pouvant, s’ils le souhaitaient, poursuivre leurs discussions. Mais l’importance du Filioque était minimisée par les Latins eux-mêmes qui traditionnel­lement attribuaient la sé­paration des Églises plus à des raisons ecclésiologiques (en parti­culier le re­fus de reconnaître l’autorité suprême du pape de Rome) qu’à des raisons dogmatiques et considéraient les Orientaux comme schis­matiques, mais point comme hérétiques. Saint Grégoire Palamas lui-même note dans son Prologue que les Latins affirment que leur pensée est la même quant au fond et ne diffère qu’en ce qui con­cerne l’expression.
Face à ces points de vue des Latins et des latinophrones, saint Grégoire Palamas fait remarquer que l’ajout du Filioque au Credo paraît produire un changement minime, mais « apporte en réalité les bases de grands maux et beaucoup de dan­gereuses absurdités et de choses étrangères à la piété », montrant que, « en ce qui concerne Dieu, même la moindre chose ne saurait être petite »: une nouveauté qui concerne le Principe de toutes choses ne peut en effet qu’entraîner de nombreuses erreurs au su­jet de tout ce qui en dépend.
Pour saint Grégoire Palamas, la différence des deux conceptions est loin de ne correspondre qu’à une différence d’expression et, comme on dirait aujourd’hui, de « sensibilité » : les deux doctrines sont bel et bien fondamentalement contradictoires et donc, selon le principe logique élémentaire de non-contradiction, ne peuvent être toutes les deux vraies; elles ne sont donc ni complémentaires ni compatibles, mais exclusives l’une de l’autre: si l’une est vraie, l’autre est nécessairement fausse. Le Filioque est une hérésie comparable et semblable à toutes les hérésies du passé, comme celles des ariens, des apollinaristes, des eunoméens ou des macédoniens… Sa gravité se manifeste non seulement sur le plan dog­ma­tique, mais encore sur les plans ecclésiologique et spirituel (les trois plans étant indissolublement liés): il implique une rupture de communion et empêche le rétablissement de celle-ci. Confesser que le Saint-Esprit ne procède pas du Père seul, c’est, selon Grégoire, carrément s’exclure de Dieu et de la Sainte Trinité. On voit très clairement ici que Grégoire, loin de considérer la question du Filioque comme secondaire, y voit, plutôt que dans des raisons politiques ou autres, la principale source de la rupture de communion et de la séparation des Églises orthodoxes d’Orient et de l’Église de Rome et le princi­pal obstacle au rétablissement de cette communion et à la ré-union des Églises. « Jamais, dit-il aux Latins, nous ne vous accepterons en communion aussi longtemps que vous direz que l’Esprit est aussi du Fils (Filioque) ».
Selon Grégoire, la première étape de la démarche à suivre pour rétablir la communion et l’unité entre les Églises est que les Latins retirent le Filioque du Credo puisque celle formule y a manifeste­ment été ajoutée. Mais cela ne suffira pas: encore faut-il que la théologie latine s’accorde avec la foi orthodoxe dont témoigne « l’accord éclatant des Pères théophores ». Il propose donc que s’engagent des discussions théologiques en vue de retrouver un tel accord, et même de traiter de cette question au sein d’un concile, en prenant pour exemple les Pères qui, à propos d’autres questions controversées comme celle des deux natures, opérations et volontés du Christ, sont finalement retournés « à la paix com­mune dans la piété ». Grégoire rappelle avec émotion et nostalgie qu’il y avait autrefois un accord entre l’Église d’Orient et l’Église de Rome, et il considère que cet accord devrait pouvoir être retrouvé si cette dernière acceptait seulement de faire retour à l’ancienne foi commune définie par les grands conciles œcuméniques et par les Pères.

Les deux Traités démonstratifs de saint Grégoire Palamas avaient déjà été traduits en français par Emmanuel Ponsoye sous le titre Traités apodictiques sur la procession du Saint-Esprit (Éditions de l’Ancre, Paris-Suresnes, 1995). Yvan Koenig en propose ici une traduction nouvelle, nettement améliorée, et annotée par ses soins. L’introduction, qui occupe près de la moitié du volume, présente les circonstances et le contexte de la rédaction des traités et analyse ceux-ci dans le détail, étape par étape, pour en rendre la lecture plus aisée. Elle actualise et corrige sur certains points (en particulier la position de Palamas par rapport à Barlaam et à Grégoire de Chypre) l’introduction de la première édition.

Jean-Claude Larchet

En quelques jours, plus de 300.000 signatures ont été récoltées en Ukraine contre le nouveau projet de loi visant à interdire l’existence de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine

Le parlement ukrainien examinera le 18 mai deux projets de lois sur le statut des organisations religieuses, le premier d’entre eux permettant de facto d’interdire l’existence de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, tandis que le second légalise le fait, pour les schismatiques, de s’emparer des églises canoniques. Le premier document, le projet de loi N°4511, intitulé « Sur le statut particulier des organisations religieuses, dont le centre dirigeant se trouve dans un État qui est reconnu par le parlement ukrainien comme État agresseur » dispose que de telles organisations religieuses ne pourront nommer des métropolites et des évêques qu’en accord avec les organes du pouvoir. Un autre alinéa précise qu’il sera possible d’interdire une confession si ses représentants collaborent avec des centres religieux situés dans l’État agresseur. Il n’est pas dit dans le projet de loi de quelle confession il s’agit, mais tous les critères qui y sont décrits ne se rapportent qu’à une seule d’entre elle, à savoir l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou. L’un des auteurs de l’initiative, le député du « Front populaire », Dmitri Tymtchouk, a confirmé que le document concerne précisément l’Église orthodoxe d’Ukraine. « Dans tout le pays, les églises restent des points d’agitation contre la structure de l’État ukrainien. La littérature anti-ukrainienne est vendue même dans le centre de la capitale, à la Laure des Grottes de Kiev », a-t-il déclaré. À la direction principale d’expertise du Parlement ukrainien, le projet de loi a été critiqué et il a été recommandé de rejeter le projet comme étant contraire à la Constitution et aux lois en vigueur dans le pays. Le second projet de loi, sous le numéro 4128, propose de légaliser de facto le fait de s’emparer des églises. Par ce document est précisé le nombre minimal de représentants d’une communauté religieuse en fonction duquel peut être décidé la soumission aux centres religieux en fonction en Ukraine. Le métropolite du diocèse de Zaporojié de l’Église d’Ukraine, Mgr Luc, dans une lettre ouverte a vivement critiqué les projets de loi et leurs auteurs. « Aujourd’hui, les serviteurs du diable, qui proclament la « dé-communisation » ont dépassé leurs maîtres, les « néo-démocrates ». Utilisant leurs méthodes de pression sur l’Église, ils proposent d’adopter de nouveaux projets de lois, destinés à la destruction de la vie de prière de notre Église-Mère, de sa structure administrative et ecclésiale établie durant des siècles », a-t-il déclaré. Le département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a signalé pour sa part, qu’en quelques jours, 300.000 fidèles ukrainiens ont signé un appel aux députés leur demandant de ne pas adopter les projets de loi № 4128 et № 4511. « Les Ukrainiens appellent à cesser l’arbitraire législatif et à mettre fin à la discrimination envers l’Église orthodoxe d’Ukraine ainsi que d’autres organisations religieuses en Ukraine » est-il dit dans le communiqué. Le 18 mai, jour de l’examen des deux projets de loi, les fidèles feront célébrer devant les escaliers du parlement un office d’intercession afin que les députés reviennent à la raison.

Sources: Pravoslavie, Pravlife (dont photographie)

Un groupe musulman prie devant la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, exigeant la reconversion de celle-ci en mosquée

Une foule importante s’est rassemblée à l’extérieur de Sainte-Sophie à Constantinople dans la matinée du 13 mai, pour exiger sa reconversion en mosquée, selon le journal Hurriyet Daily News (dont photographie). Le 29 mai marque le 564ème anniversaire de la conversion de la basilique en mosquée en 1453 par les Ottomans, qui s’étaient récemment emparés de la ville. Le groupe, organisé par l’association de la Jeunesse d’Anatolie (AGD) s’est réuni à 4h du matin dans la rue, devant la basilique Sainte-Sophie, pour lire ses prières du matin et pour demander sous le slogan « Brisez les chaînes, ouvrez Sainte-Sophie » que « le musée soit reconverti en mosquée ». L’AGD considère avoir pour mission les paroles du défunt leader Necmettin Erbakan « La vie est la foi et le jihad ». Ils se dressent fermement contre tout ce qui n’est pas musulman dans la société turque. Depuis 2013, le parti « Justice et développement », qui est au pouvoir en Turquie, discute de la conversion du musée en mosquée en activité. Le président Recep Tayyip Erdoğan, qui a parlé de la période de l’Empire byzantin comme « d’un sombre chapitre » de l’histoire, a annoncé publiquement qu’il lirait les prières musulmanes à Sainte-Sophie le jour du Vendredi saint de cette année. Il prétend également que l’ordre de Kemal Ataturk de transformer la basilique en une mosquée était un faux. Bien qu’en définitive le président n’ait pas lu les prières, le mouvement appelant à transformer à nouveau la basilique Sainte-Sophie en mosquée gagne du terrain, comme on le voit avec la prière en groupe utilisée comme manifestation le 13 mai. La foule a été dispersée après avoir achevé ses prières.

Source: Pravoslavie

Une Journée de l’orthodoxie à Paris le 5 juin

Sous le thème « Vivre sa foi aujourd’hui », l’Assemblée des évêques orthodoxes de France organise le lundi 5 juin une Journée de l’orthodoxie en France, ouverte à tous les jeunes, aux mouvements de jeunesse orthodoxe et bien au-delà à tous les fidèles orthodoxes de la région parisienne et de France. Au programme de cette journée à la fois festive, conviviale et studieuse, sous le patronage et la participation des évêques orthodoxes de France : 1) Une divine liturgie à 9h45 concélébrée à la cathédrale Saint-Étienne (7 rue Georges Bizet, 75016 Paris) et chantée par trois chorales, suivie d’un café croissant dans les jardins de la cathédrale, 2) Un buffet déjeunatoire à 13h au Centre spirituel russe au 1 Quai Branly 75007 Paris, suivi par 3) Une table ronde à trois voix à 14h animée par Carol Saba, responsable de la communication de l’AEOF, avec la participation du diacre Marc Andronikoff, de Daniel Lossky et de Bertrand Vergely. Un échange questions/réponses suivra les interventions. Enfin, 4) à 16h30, un concert de musique liturgique clôturera cette Journée de l’orthodoxie 2017. Pour toute information complémentaire : Carol Saba, responsable de la communication de l’AEOF, courriel: contact@aeof.fr. Affiche ci-dessous.

Un stage de chant liturgique en français en août

Avec la bénédiction de Mgr Luka, évêque du diocèse d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe serbe, un stage de chant liturgique en français est organisé du jeudi 10 août à 19h (dîner) au vendredi 18 août après le petit déjeuner. Il portera cette année sur l’étude de formules mélodiques et harmoniques en tons slaves et grégoriens, d’après (entre autres) des adaptations, harmonisations et compositions de M. Kovalevsky. Un temps sera consacré à la préparation des offices de La Dormition qui sera célébrée sur place.

Direction & organisation : Diane Lorans-Nény et Anahit Fontana avec l’aide d’Elsa Le Strat. Courriel : stagedechant@gmail.com . Hébergement : en chambre ou en camping. Accueil Monfortain, Notre Dame de la Gardiolle, 30170 Conqueyrac. Site-web. Tarif : 330,64 €, hébergement et repas tout compris.

« Quelle spiritualité pour demain selon Nicolas Berdiaev ? », un colloque en juillet au centre Sainte-Croix

Du 20 au 23 juillet, le centre Sainte-Croix, en Dordogne, organise un colloque sur le thème : « Quelle spiritualité pour demain selon Nicolas Berdiaev ? ». Parmi les intervenants : le P. Philippe Dautais, Bertrand Vergely, Igor Sollogoub, Jean-Marie Gourvil. Pour toute information, dont la présentation du colloque et du programme, voir cette page.

Photographie: Nicolas Berdiaev (source: Wikimedia)

Une thèse de doctorat en ecclésiologie orthodoxe soutenue en Sorbonne

Une thèse de doctorat sera soutenue samedi 20 mai en Sorbonne par le P. Amphilochios (Thomas) Miltos sur le thème: « Collégialité catholique et synodalité orthodoxe. Recherches sur l’ecclésiologie du Concile Vatican II, ses sources, sa réception et son rôle dans le dialogue entre les Églises. »

Présentation: La synodalité paraît aujourd’hui un thème très actuel, tant pour le dialogue théologique bilatéral entre les Églises catholique et orthodoxe, qu’à l’intérieur de chaque Église. Le pontificat du pape François a mis l’accent sur la synodalité et l’Église orthodoxe vient de réaliser son grand et saint Concile (Crète, juin 2016). Cette étude a tenté de confronter les notions de collégialité épiscopale et de synodalité épiscopale, en vue d’une compréhension commune, entre catholiques et orthodoxes, de la place des évêques au sein de l’Église entière. Partant du constat que la synodalité épiscopale, comme l’entendent les orthodoxes, ne coïncide pas avec la doctrine de la collégialité épiscopale comme elle a été formulée au concile Vatican II, le présent travail s’est penché sur les fondements de cette dernière, afin de rechercher comment la tradition commune originelle des deux Églises conçoit la synodalité épiscopale. Le retour aux sources communes, à savoir bibliques, patristiques et dogmatiques, est proposé comme base d’une entente sur les questions du ministère épiscopal et de la synodalité des évêques.

Dans un entretien, l’évêque de Irénée de Bačka (Eglise orthodoxe serbe) aborde la question du Concile de Crète, du nationalisme dans l’Église, de l’Église orthodoxe en Ukraine et de l’archiprêtre Gabriel Kostelnik (+1948)

Au cours de son récent séjour en Serbie, le métropolite de Zaporojié et Mélitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine) a rencontré l’évêque de Bačka Irénée (à gauche sur la photographie, ndlr) et lui a posé un certain nombre de questions. Nous reproduisons ci-dessous, in extenso, l’entretien :

– Métropolite Luc : « Comme on le sait, alors que vous participiez au Concile panorthodoxe, vous n’avez pas signé certains de ses documents. À ce sujet, je voudrais entendre votre point de vue personnel, et ce d’autant plus qu’en Ukraine, les disputes ne cessent pas entre ceux qui rejettent en bloc le Concile et ceux qui soutiennent l’idée de sa tenue et les décisions prises.

– Évêque Irénée : Beaucoup de choses dites par moi à ce sujet en serbe n’ont pas encore été publiées. Comme on le sait, nous sommes ici [en Serbie] voisins des Grecs. Nous avons de profonds liens historiques et autres avec les Grecs, un grand nombre de nos évêques parlent ou comprennent le grec. Depuis mon enfance, j’ai appris la langue grecque [ancienne] et j’ai enseigné le Nouveau Testament et la langue grecque à la Faculté de théologie de l’Université de Belgrade. Nous avons notre milieu distinct, particulier. Je connais beaucoup d’évêques grecs et je suis ami avec un grand nombre d’entre eux, aussi j’ai été très triste lorsque que l’on a commencé à dire que « les Serbes nous ont trahis, sont passés chez les Russes ». Je suis contre de telles affirmations, parce que dans l’Église, il n’y a pas de Russes, de Serbes ou de Grecs. Il y a ceux qui sont orthodoxes et ceux qui ne le sont pas, ou bien tu es dans l’Église, ou tu es contre l’Église, tertium non datur. Si je connais beaucoup de Grecs, si j’ai des relations fraternelles avec eux, cela signifie seulement qu’ils doivent avoir la même attitude envers les Russes, les Ukrainiens, les Géorgiens. L’apôtre Paul dit encore que pour l’Église, il n’y a ni Grec ni Juif. Sinon, cela est pour moi le démembrement, la division artificielle de l’orthodoxie entre Grecs et Slaves, Russes. Cela non seulement ne me plait pas, mais dans l’essence, c’est quelque part hérétique. C’est une approche hérétique.

– Qui fait cela ?

– Ce sont différents journalistes. Pour ce qui me concerne, je n’ai reçu aucun ordre, aucun souhait d’où que ce soit. J’ai seulement ma responsabilité, comme théologien, comme un homme qui s’est occupé de cela toute sa vie, dans la mesure de ses possibilités et capacités, et j’analyse tout ce qui s’est produit : tous les courants, toute la préparation du Concile et j’en tire des conclusions pour ma conscience. C’est la question de ma foi, de ma conscience, et non la question des Serbes, des Russes ou des Grecs, de qui que ce soit. À Genève, j’ai participé à toutes les rencontres liées à la préparation du Concile, j’ai étudié tous les textes avec les autres. Je n’ai jamais été contre le Concile. Lorsque ont commencé tous ces commérages, cela m’était répugnant à un point indicible. Et c’est en grec, et non en serbe, que je me suis alors empressé de publier, afin que cela soit clair à tous, pourquoi je n’ai pas signé. J’en suis venu à cette conclusion, selon ma conscience.

– Votre point de vue au sujet de ce qui suit est très important : certains émissaires des autorités de notre pays rencontrent les représentants [du Patriarcat] de Constantinople afin que ces derniers fassent des pas dans la direction du rapprochement avec les schismatiques [ukrainiens].

– Une fois, alors que je parlais avec le patriarche œcuménique, je lui ai dit : « Soutenir Denissenko [le « patriarche » schismatique de Kiev, ndt], ce sera un nouveau schisme, cette fois non entre l’Orient et l’Occident, mais en Orient. Personne n’a besoin de cela. Ceux qui ont intérêt à cela, ce sont des forces qui n’ont rien de commun avec le christianisme ». Je l’ai fait honnêtement, je l’ai dit en face. Je regrette le fait que les représentants des séparatistes ecclésiastiques ukrainiens aient été reçus au Phanar, et aussi que des représentants du pouvoir politique y soient venus pour des discussions semblables, certains d’entre eux n’étant pas même orthodoxes. Bien sûr, dans cela, ils voient les intérêts de l’État. Nous faisons face à la même chose au Monténégro. On s’efforce de faire de l’Église l’instrument de la politique, afin qu’elle serve les intérêts de l’État et non ses buts véritables. Je ne pense pas que le patriarche Bartholomée s’engagera dans quelques concessions.

– Nous, en Ukraine, ressentons cela très douloureusement, particulièrement notre troupeau. Il nous est indispensable de parler plus du Christ aux gens, d’autant plus au moment où, dans les médias officiels, on répand des mensonges sur nous. Nos fidèles s’intéressent à la position de Constantinople, à laquelle se réfèrent constamment les schismatiques, d’autant plus que le patriarche Bartholomée aurait soi-disant occupé la position du pape au Concile.

– Ce n’est pas vrai. Il s’est conduit dans le cadre de ses pouvoirs et, plus que tout autre, au Patriarcat œcuménique, il a voulu faire un Concile selon tous les critères et normes. La question de l’unité de l’orthodoxie est plus importante que les plans du pouvoir que ce soit l’ukrainien ou tout autre pouvoir éphémère. Tout est éphémère, seule l’Église est éternelle. Qui aurait pu penser que nous vivrions jusqu’au monde post-soviétique ? Nul parmi eux [les communistes, ndt] n’aurait pu y penser, ils pensaient qu’il seraient là encore trois ou quatre siècles. C’est Dieu qui dirige l’histoire, l’Esprit Saint. En ce sens, tout cela est éphémère et on ne sait jamais ce qui arrivera. Les miracles se produisent de notre vie également, et après il y en aura encore. En ce sens, il faut simplement résister, confesser la foi. Nous devons rester conséquents dans nos positions ecclésiales, ecclésiales seulement et aucunes autres, non celles des partis, non des positions politiques. L’Église n’a jamais été contre l’État. Certains dirigeants ne pourront jamais le comprendre, parce qu’en fait, ils sont tous des athées, ce sont les mêmes qui étaient là à l’époque soviétique.

– On commence à parler chez nous, activement, qu’il faut passer de l’alphabet cyrillique à l’alphabet latin. Changer la forme de la langue.

– La même chose se produit chez nous au Monténégro. L’alphabet cyrillique y a été interdit, on ne peut écrire qu’en caractères latins. Je perçois tout cela comme une conséquence de la position suicidaire du pouvoir. Que recevront-ils si, en se coupant de leurs racines orthodoxes, ils deviennent partie du monde occidental ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui le monde occidental ? C’est un athéisme qui est pire que l’athéisme soviétique, malheureusement. À l’époque soviétique le pouvoir avait fait de l’idée athée une idéologie, ils luttaient contre la religion. Or aujourd’hui, en Occident, toute religion est une imbécillité, elle n’intéresse personne, il n’y a que le plaisir. Particulièrement dans les cercles dirigeants du monde, raison pour laquelle le monde musulman est plus fort qu’eux. Pensez seulement au fait qu’en France il y a plus de gens dans les mosquées que dans les églises !

– Il y a un refroidissement dans la jeunesse envers le savoir, la vie. On leur dit quelque chose, ils le croient, il y a une certaine absence du souhait d’analyser, de comprendre quelque chose. Comment enseigner à penser ? Que faut-il faire pour cela ?

– Nous avons le même problème. Mais nous devons défendre l’orthodoxie, bien sûr avec patience et amour, avec respect envers la liberté de conscience de chaque homme. Mais nous ne devons jamais céder. Il faut suivre les traditions de l’Église. De nombreux efforts sont nécessaires au salut. Que Dieu nous donne de la patience. Comme on le disait à l’époque byzantine, les nuages les plus menaçants passent. Aussi difficiles et lourdes que puissent être les difficultés pour nous, ces nuages passeront. Il faut attendre, peut-être ne vivrons-nous pas jusque-là, d’autres y parviendront, mais le mot définitif sera celui du Christ, et non de l’Antichrist. Si certains n’y croient pas, c’est leur problème.

– On entend maintenant de la bouche des politiciens [ukrainiens] : « Vous êtes un ennemi, vous êtes la cinquième colonne, vous êtes un curé moscovite ». Certains l’endurent très difficilement.

– Le plus important est de comprendre que ces gens ne s’intéressent à l’Église que comme un instrument, celui de leurs plans. Il en est ainsi dans le monde entier. Il faut, avec sagesse, ne s’identifier avec aucun d’entre eux. Même avec ceux qui disent qu’ils sont orthodoxes. Il est vrai qu’il y en a de tels, mais quoi qu’il en soit, il faut avoir sa position, sa liberté. Nul ne doit dire qu’un orthodoxe appartient à l’une ou l’autre orientation politique, à un parti. À aucun ! Nous n’appartenons qu’à une seule orientation, celle du Christ !

– Monseigneur, excusez-nous, nous prenons beaucoup de votre temps.

– Non, j’en suis très content. Et je dirai encore quelque chose pour ce qui concerne le Concile [de Crète]. J’ai participé à sa préparation, j’ai suivi chacun de ses pas, j’ai parfois tenté d’aider certaines formulations de compromis, de décisions communes, etc. Mes frères évêques, qui ont eu la même préoccupation que moi dans cette œuvre, savaient que je comprends le grecs, que je bénéficiais d’une certaine confiance des Slaves et pouvais leur expliquer quelque chose. Il y a eu des discussions sur l’octroi de l’autocéphalie et de l’autonomie. En fin de compte, nous sommes arrivés à la décision que l’octroi de l’autocéphalie n’est pas le problème d’une Église locale, ni de Constantinople, mais une question panorthodoxe, et nous sommes parvenus à une conclusion, à un résumé sur la base de l’expérience commune de l’orthodoxie durant des siècles. Et la formule finale était que l’octroi de l’autocéphalie ne peut se produire sans la volonté de l’une des Églises locales, personne ne peut dire qu’il veut devenir autocéphale. S’il y a la bénédiction que l’Église-Mère – l’une ou l’autre des Églises locales – déclare pour des considérations spirituelles, non étatiques, non politiques, non idéologiques ou d’autres encore, être d’accord, alors un diocèse ou un autre devient Église autocéphale. Ce n’est pas une décision finale, c’est une proposition à la conscience panorthodoxe. Cela est communiqué à toutes les Églises autocéphales. Si toutes sont d’accord sur le fait que cela est utile dans le sens de la croissance de tout l’organisme divino-humain de l’Église, alors commence l’examen panorthodoxe de cette question. En bref : la première condition est l’accord de l’Église-mère, la seconde démarche, l’accord panorthodoxe, et la troisième la proclamation. Pour ce qui concerne celle-ci, les idées diffèrent. Au début, Constantinople disait que le seul accord du patriarche œcuménique était suffisant, avec la publication d’un tomos, la proclamation etc. Oui, c’était le cas avant, dans les temps anciens. Mais les choses sont autres maintenant. Il y a de nouvelles Églises autocéphales, plus tardives, en plus des patriarcats anciens. Cela reste une question non résolue, qui nécessite un examen. En général, il est nécessaire lors d’un concile de discuter des problèmes importants, non pas théoriques, mais de ceux qui concernent l’unité de l’Église. Toutes les questions du schisme, du nationalisme, de l’obscurantisme, doivent absolument être résolus au niveau conciliaire. Le principe du consensus, de l’unanimité, est important. Et le fait même que le concile actuel ait eu lieu sans la participation de certaines Églises constitue un problème sérieux. Celles-ci disent qu’elles n’ont pas participé en raison de leurs considérations stratégiques, et cela est juste, cela signifie qu’elles avaient des considérations de principe.

– Pour nous, la guerre au Sud-Est de notre partie constitue une grande douleur. Ma maison a été détruite, nous vivions non loin de l’aéroport. Mes anciens paroissiens sont morts sous les bombardements, tandis que d’autres refusent de me parler, m’accusant de trahison, parce que je suis resté sur le territoire de l’Ukraine.

– Oui, cela est horrible quand se produit une guerre civile, lorsque les frères sont en guerre. Nous avons vécu sera à la charnière du siècle présent. Cela arrange les forces anti-orthodoxes – et c’est pour cela qu’elles l’organisent et l’attisent –, elles veulent une seule chose : démembrer et piller le pays, et faire de l’Église orthodoxe une organisation politique obéissante, du type d’une organisation séparatiste avec à sa tête Denissenko. Ce sont des gens sans morale.
– Monseigneur, il est tellement intéressant de parler avec vous…
– Merci. Je veux également vous demander quelque chose. Avez-vous quelque document au sujet de Gabriel Kostelnik [ancien prêtre uniate revenu à l’orthodoxie après la Seconde Guerre mondiale, il présida le Concile de Lvov en 1946 et fut assassiné en 1948, ndt]. Il a fait beaucoup au Concile de Lvov, il a abandonné l’uniatisme, est devenu prêtre de l’Église orthodoxe. Je suis allé sur sa tombe, nous avons prié pour son âme, alors que Mgr Augustin était encore évêque du lieu. Je considère moi-même qu’il est digne de la canonisation. Mgr Augustin m’a dit également qu’il fallait tout analyser, à savoir quelles étaient les immixtions du KGB. Parfois, il y avait des intérêts parallèles. Ils [les communistes, ndt] ne voulaient pas d’uniates, nous non plus. Mais cela ne signifie pas que le père Gabriel Kostelnik était leur laquais. Mon idée est qu’il faut procéder à la canonisation simultanément en Ukraine et en Serbie. Il a vécu là-bas et ici [le père Gabriel Kostelnik est né en Voïvodine, ndt]. Le lien vivant se conservera s’il y a canonisation en même temps dans les deux pays.
– Je vous remercie chaleureusement, Monseigneur, pour cette discussion si substantielle et intéressante. J’espère et demanderai à Dieu et à Votre Éminence de nous rencontrer à nous. Nous demandons vos prières pour notre Église avec, à sa tête, son primat le béatissime métropolite Onuphre.
– Nous, Serbes, plus que qui que ce soit, partageons votre douleur, c’est la raison pour laquelle, en priant pour notre peuple très éprouvé, nous prions aussi pour nos frères ukrainiens. À la tête de votre Église se trouve un hiérarque très sage, un exemple à imiter dans sa fidélité à l’Église-mère et ses canons. Que Dieu lui donne force et santé !
– Le Christ est ressuscité !
– En vérité, Il est ressuscité !

Source (dont photographie): Hram.zp.ua

Vidéo de la 8e conférence des Mardis de l’héritage hébraïque avec le père Alexandre Winogradsky – 9 mai

Le père Alexandre Winogradsky Frenkel a donné le mardi 9 mai sa 8e conférence dans le cadre du cycle consacré à l’héritage hébraïque.

Extrait de la vidéo :

La vidéo dans son intégralité :

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Accueil solennel des reliques de sainte Hélène à Athènes

Dans le cadre des festivités à l’occasion des 80 ans de l’organisation « Apostoliki Diakonia », la maison d’édition et l’institution missionnaire de l’Église orthodoxe de Grèce, les reliques de la sainte impératrice Hélène, actuellement à Venise, seront exposées à la vénération des fidèles à Athènes du 14 mai au 15 juin 2017. Ces saintes reliques avaient été transférées à Venise en 1211, après avoir été enlevées de l’église des Saints-Apôtres à Constantinople suite à la IVème croisade. Les reliques de la sainte, avec un fragment de la Croix du Seigneur conservé également à Venise, sont arrivés à Athènes dimanche soir par vol spécial. Elles ont été accueillies par l’archevêque d’Athènes Jérôme en l’église Sainte-Barbara, située dans la commune qui porte le nom de la sainte, Aghia Varvara, dans la banlieue ouest d’Athènes. L’archevêque a célébré une doxologie, en présence de plusieurs métropolites de l’Église orthodoxe de Grèce, du président de la République hellénique, Prokopis Pavlopoulos, de membres du gouvernement, du parlement, des forces armées, des partis politiques, et du corps diplomatique. Les offices des matines, de la sainte Liturgie, et des Vêpres auront lieu chaque jour pendant la présence des reliques. Des vigiles nocturnes sont également prévues. Un site internet  avec tous les détails a été mis en place, lequel comprend également une page en français. Les reliques demeureront dans l’église Sainte-Barbara jusqu’au 15 juin 2017. Des milliers de fidèles y sont attendus. On peut visionner ci-dessous l’accueil des reliques :

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Le patriarche de Roumanie Daniel a présidé la canonisation des saints de Putna (vidéo)

Le dimanche 14 mai a eu lieu la canonisation des saints de Putna (Roumanie)  : le métropolite Jacob de Putna (Moldavie, 1719-1778), les saints moines Sila, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria de Putna (XVIIIème s.). La liturgie était présidée par le patriarche de Roumanie Daniel, assisté de dix-huit hiérarques de l’Église orthodoxe roumaine, de plusieurs prêtres et diacres, devant une assistance nombreuse. À l’issue de la divine liturgie a eu lieu la proclamation solennelle de la canonisation des saints de Putna. On peut visionner ici l’intégralité de la liturgie et la lecture du tomos de canonisation par l’évêque de Huşi Corneille.

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«Le mystère et le sens théologique des icônes de la Résurrection», une interview de Jean-Claude Larchet dans l’hebdomadaire de l’Église roumaine « Lumina de Duminica »

« Lumina de Duminică », version hebdomadaire du quotidien de l’Église roumaine  « Ziarul Lumina » a publié hier, dimanche 14 mai, une nouvelle interview de Jean-Claude Larchet sur les icônes de la Résurrection. On en trouvera ici la version roumaine et ci-dessous la version française.

Le mystère et le sens théologique des icônes de la Résurrection

Interview de Jean-Claude Larchet par Ionuţ Aurelian Marinescu

  1. Pourquoi au sein de l’Orthodoxie l’icône de la Résurrection du Christ présente-t-elle la descente de Notre Seigneur aux Enfers et non pas Sa sortie du tombeau ?

Il y a eu un débat à ce sujet: le célèbre iconographe et iconologue Léonide Ouspensky a consacré un article spécial à cette question à cause de son caractère problématique.
En fait la vraie icône de la résurrection est la seconde, qui représente les femmes myrophores devant le tombeau vide, avec un ange qui leur annonce la Résurrection. C’est d’ailleurs la plus ancienne: le plus ancien exemplaire qu’on en connaît date du IIIe siècle, tandis que le plus ancien exemplaire de l’icône de la Descente aux enfers ne date que du VIe.
Il est paradoxal que l’icône relative à la plus grande de Ses fêtes (et au plus grand événement de Son Économie salvatrice – car « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Co 15, 17) – le Christ ne soit pas représenté, alors qu’Il est représenté sur toutes les autres icônes des fêtes qui célèbrent les autres étapes de cette Économie.
Le Christ ressuscité n’apparaît pas pour plusieurs raisons:
1) en signe du caractère inouï de l’événement;
2) parce que les quatre Évangiles ne fournissent aucune explication du mode de la résurrection et que les icônes sont toujours fidèles au récit évangélique; la Tradition reste également muette à ce sujet;
3) du fait que le corps ressuscité n’est pas immédiatement perceptible: Marie de Magdala ne reconnaît pas le Christ près du tombeau avant qu’Il ne Se révèle à elle (Jn 20, 14-16) ; les disciples à Emmaüs ne l’identifient pas non plus: « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Lc 24, 16); même les anges ne le perçoivent pas, comme le dit un stichère des matines du ton 5 : « Tes anges incorporels ne perçurent pas Ta résurrection »).

  1. Quels sens théologiques doit donner le chrétien orthodoxe aux éléments iconographiques mis ensemble dans la représentation de la Résurrection de Notre Seigneur?

1) La Descente aux enfers est un fait très important. C’est le point le plus bas de la kénose du Fils de Dieu. C’est une étape majeure de Son Économie salvatrice, puisqu’il fait bénéficier tous les justes de l’Ancien Testament (autrement dit de tous les siècles qui ont précédé Son incarnation) du salut qu’Il a acquis à toute l’humanité, les libérant du pouvoir du diable, du péché et de la mort, et donnant aussi à tous les hommes qui ont vécu avant Sa venue parmi nous de pouvoir ressusciter.
Alors que l’icône des myrophores devant le tombeau vide est factuelle, l’icône de la Descente aux enfers présente surtout les effets spirituels de cette dernière. Elle a une forte dimension symbolique.
a) Le Christ est représenté avec Son corps, alors que les textes liturgiques nous disent qu’Il est descendu aux enfers avec Son âme tandis que Son corps reposait dans le tombeau (voir la Liturgie de saint Jean Chrysostome: « Dans le tombeau avec Ton corps, dans les enfers avec Ton âme, en tant que Dieu, au paradis avec le Larron, et sur le trône aussi Tu étais avec le Père et l’Esprit, ô Christ, Toi qui emplis tout et qu’aucun lieu ne peut contenir »).
b) L’enfer est représenté par un espace noir (qui signifie « les ténèbres extérieures », un monde imperméable à la Lumière divine). Ses portes sont à terre, croisées, foulées aux pieds par le Christ; des clés, des verrous ouverts, des chaînes déployées, y sont répartis, tout cela signifiant que le Christ a ouvert les portes de l’Hadès qui étaient jusqu’alors verrouillées pour en faire sortir ceux qui y étaient enfermés, qu’il a libérés de leurs chaînes ceux qu’il retenait captifs. Sur certains icônes, on voit à terre, les mains et les pieds liés, un homme qui représente le diable désormais réduit à l’impuissance.
c) L’icône représente en son centre Adam et Ève qui sont tirés par le Christ de leurs tombeaux comme si le Christ les ressuscitait. Or Il ne les ressuscite pas; Il les libère de l’Hadès et l’icône annonce leur résurrection future, en même temps que celui de tous les autres hommes (car ils sont, en tant que premiers parents, les racines de toute l’humanité).
Les Évangiles ne mentionnent pas la descente du Christ aux enfers (de même qu’ils ne mentionnent pas les modalités de Sa résurrection), mais saint Pierre y fait deux allusions (Ac 2, 24-32; 1 P 3, 19), et les services liturgiques du Grand Samedi en parlent beaucoup.

2) L’icône des myrophores devant le tombeau vide est riche de contenu: le fait que le Christ ne soit pas représenté montre que Sa Résurrection fait l’objet de notre foi, ce que souligne d’ailleurs fortement aussi l’épisode de Thomas: « parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20, 29). Un autre enseignement de cette icône est que ce sont les femmes qui se rendent les premières au tombeau, et que c’est à elles et non aux disciples qu’est annoncée en premier la Résurrection (une belle expression de la valorisation des femmes par le christianisme et du fait qu’elles surpassent souvent les hommes en piété!). À leur tête Marie de Magdala, la pécheresse repentie. Un autre enseignement fort, qui coïncide avec plusieurs enseignements des Évangiles (Lc 15, 7 ; Mt 21, 31-32)!

  1. Quels repères iconographiques soulignent la divinité de Jésus-Christ dans la représentation de la Résurrection du Christ?

Dans l’icône des femmes myrophores devant le tombeau vide, la présence du Christ qui a vaincu la mort par la toute-puissance de Sa divinité, est paradoxalement signifiée par son absence. C’est une représentation que l’on peut qualifier d’apophatique.
Dans l’icône de la descente aux enfers, la divinité du Christ est affirmée par la mandorle ou le triple cercle et leur rayonnement lumineux (souligné aussi par le vêtement blanc ou doré du Christ), mais aussi par le dynamisme de Sa posture et la force de Son geste lorsqu’il tire Adam et Ève de leurs tombeaux.

  1. Comment peut l’icône peut-elle aider celui qui est faible dans la foi et comment peut-elle être correctement comprise par quelqu’un qui ne la pratique pas?

Les icônes expriment par des images les récits des Évangiles ou d’écrits apocryphes reçus par l’Église (comme dans l’icône de la Dormition, qui suit le récit du Protoévangile de Jacques). De même que les Saintes Écritures, elles n’agissent pas de façon magique, automatique, mais supposent un minimum d’adhésion de celui qui les aborde. Comme dans toutes les réalités ecclésiales dans lesquelles la grâce se transmet, vaut le principe de la synergie cher à la spiritualité orthodoxe (la grâce n’agit qu’à proportion de la réceptivité de l’homme, de manière à préserver sa liberté). Il est clair en particulier que l’icône des myrophores devant le tombeau vide fait appel à notre foi, comme le tombeau vide lui-même a fait appel à la foi des femmes myrophores puis des apôtres. Néanmoins, parfois une grâce est donnée sans que l’homme fasse quelque chose pour la recevoir. Certains hommes reçoivent des révélations (ou du moins des signes divins) non parce qu’ils en sont dignes, mais de manière gratuite, parce que Dieu juge que c’est la façon la plus appropriée de les convaincre ou de réorienter leur vie. Les non-croyants bénéficient de plus de miracles que les croyants (les premiers chrétiens s’en étonnaient déjà), parce que, comme l’expliquent saint Jean Chrysostome et saint Jean Cassien, chez les croyants la foi rend les signes inutiles. Sans aller jusque-là, l’icône bénéficie d’un pouvoir particulier, celui de l’image, qui est supérieur, pour emporter la conviction, à celui des concepts et des mots. Ceux-ci nous mettent en face d’une idée, tandis que l’image nous met en face d’une réalité.
On dit souvent que les fresques qui couvrent l’intérieur (et parfois, comme en Roumanie, l’extérieur) des églises, ont été conçues comme des catéchismes à l’intention des enfants et des illettrés. Mais elles sont pour tous un complément des Saintes Écritures qui nous donne, d’une autre façon qu’elles, un certain accès à la Révélation. Par son cadre, par sa perspective inversée, l’icône est une interface dont le contenu va vers le spectateur et en même temps l’entraîne à l’intérieur d’elle-même. Autrement dit toute icône établit une communion. Le mode de représentation propre à l’icône (si celle-ci est conforme à la tradition) permet à celui qui la regarde de transcender la dimension naturelle de la réalité représentée et lui donne accès à la dimension surnaturelle dont elle est porteuse. Elle n’est pas une représentation simplement humaine, mais une représentation divino-humaine. Même si la dimension divine ne peut être exprimée que par des moyens symboliques, elle se manifeste néanmoins avec une certaine force, qui touche à un certain degré toute personne qui la regarde avec respect. L’icône transmet une grâce: au niveau le plus élémentaire elle interpelle, à un niveau moyen elle appelle, au niveau supérieur elle révèle et unit dans une communion spirituelle.

Podcast audio, “Orthodoxie” (France-Culture) : saint Jean Chrysostome

Ci-dessous: le podcast audio de l’émission Orthodoxie sur France-Culture du 14 mai consacrée à saint Jean Chrysostome. Invité: Alain Durel pour son ouvrage sur saint Jean Chrysostome. Présentation: « La vie de Jean, prêtre à Antioche, surnommé « Bouche d’or » ; Jean, archevêque de Constantinople ; Jean dénonce tous les désordres et les excès de luxe ; les deux exils et la mort ; l’office de la divine liturgie de saint Jean Chrysostome, pilier de la liturgie orthodoxe. »

15ème anniversaire de l’exhumation des reliques de saint Amphiloque à la Laure de Potchaïev (Ukraine)

Le 15ème anniversaire de l’exhumation des reliques incorrompues et de la canonisation de saint Amphiloque, thaumaturge de Potchaïev, a été fêté à la Laure de la Dormition de Potchaïev le 12 mai. La liturgie solennelle en la cathédrale de la Transfiguration de la Laure, de même que les vigiles, la veille au soir, ont été présidées par le métropolite de Khoust et Vinogradov Marc. Il était assisté par le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge, le métropolite de Vinnitsa et Bar Syméon, le métropolite de Tchernigov et Novgorod-Serversky Ambroise, le supérieur de la Laure de Potchaïev Vladimir, l’archevêque de Boutcha Pantéléimon, l’archevêque de Vladimir-Volynsky et Kovel Vladimir, l’évêque de Choumsk et le clergé de la Laure. L’office festif s’est déroulé devant la châsse contenant les reliques de saint Amphiloque de Potchaïev, placé au centre de la cathédrale. Les chants étaient assurés par le chœur de la Laure et les étudiants du séminaire de Potchaïev. À la fin de l’office, la châsse a été transportée en procession dans l’église de la grotte, le lieu de son séjour habituel. Les reliques étaient accompagnées par les hiérarques et les prêtres ainsi que des milliers de fidèles, pélerins et paroissiens. Saint Amphiloque de Potchaïev (Golovatiouk, XXème s.) était higoumène du grand habit à la Laure de Potchaïev. Il avait le don des miracles et de clairvoyance. Arrivé à à la Laure à l’âge de 31 ans, il devint moine alors qu’il était âgé de 38 ans. Il accomplit diverses obédiences, comme celles d’infirmier et de chiropraticien. En 1962, il s’opposa à la fermeture, par les autorités soviétiques, de la cathédrale de la Trinité de la Laure, raison pour laquelle il fut interné dans un hôpital psychiatrique. Après en avoir été libéré, il revint dans son village natale de Malaïa Ilovitsa (région de Ternopol), vivant chez son neveu. Là, il célébrait des offices d’intercession et guérissait les malades. Sur l’incitation des autorités locales, il fut battu à mort par un parent. Agonisant, il fut transporté à la Laure, où il reçut le grand habit monastique. Il recouvra la santé et revint dans son village natal. Jusqu’à la fin de ses jours, il priait, recevait les malades. Décédé à l’âge de 77 ans, il a été canonisé le 12 mai 2002. On peut visionner ici une vidéo avec des extraits de l’office qui a eu lieu le 12 mai 2017 (extraits de l’acathiste au saint, de la liturgie).

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Bertrand Vergely : « Berdiaeff » – lundi 15 mai

Bertrand Vergely nous parlera le lundi 15 mai de Berdiaeff dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ». La conférence aura lieu  à partir de 19h30 (ouverture des portes à 19h00), dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour consulter les dates et les thèmes des prochaines conférences, cliquez ICI !

Recension: Métropolite Hilarion Alfeyev, « Image de l’Invisible. L’art dans l’Église orthodoxe »

Métropolite Hilarion Alfeyev, Image de l’Invisible. L’art dans l’Église orthodoxe, Éditions Sainte-Geneviève, Épinay-sous-Sénard, 2017, 371 p.
Ce livre de Mgr Hilarion Alfeyev (métropolite de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou) est le troisième volume d’une série présentant divers aspects de l’Église orthodoxe. Les deux premiers volumes (L’Orthodoxie, vol. I, Histoire et structures canoniques de l’Église orthodoxe et L’Orthodoxie, vol. II, La doctrine de l’Église orthodoxe), ont été publiés respectivement en 2009 et 2012 aux Éditions du Cerf. Il était prévu que les volumes suivants y paraissent aussi, mais la nouvelle direction ayant drastiquement réduit la publication de livres orthodoxes, l’auteur a dû migrer chez un autre éditeur, lequel en l’occurrence a fait un beau travail de présentation, proche de l’édition originale publiée à Moscou par le monastère de Sretenski.
Comme l’indique son sous-titre, l’ouvrage traite de « l’art dans l’Église orthodoxe » et comporte trois parties: 1) L’architecture des églises orthodoxes; 2) L’iconographie orthodoxe; 3) La musique liturgique.
Ces études se présentent moins comme des réflexions ou des commentaires spirituels que comme des articles d’encyclopédie, qui présentent à chaque fois un historique et un descriptif de la question, illustré par une abondante iconographie marginale en noir et blanc, et pour une part en couleur dans un cahier central.
L’ouvrage est bien documenté, Mgr Hilarion s’appuyant sur sa vaste culture personnelle, mais aussi sur les travaux préparatoires d’une équipe de documentalistes qui œuvre pour certains de ses ouvrages. On apprécie aussi le caractère pédagogique de l’exposé. Tout cela fait de cet ouvrage un excellent manuel d’initiation à ce que l’on peut appeler « l’art liturgique » orthodoxe (car en fait les trois formes d’art abordées trouvent leur expression et leur finalité dans la liturgie). Ce travail s’intègre à l’œuvre pastorale considérable que Mgr Hilarion, animé par des capacités et une force de travail hors pair, développe depuis de nombreuses années parallèlement à ses activités « diplomatiques » officielles, et qui se traduit aussi par une multitude de traductions patristiques, de publications de livres et d’articles, de conférences, et de documentaires filmés pour la télévision.
Les parties consacrées à l’architecture et à l’art abordent des thèmes déjà abondamment étudiés ailleurs, mais l’auteur en propose une synthèse historique et doctrinale qui les situent dans la perspective ecclésiale orthodoxe et qui est particulièrement utile dans le cadre d’une initiation ou d’une révision de notions déjà acquises.
L’exposé de Mgr Hilarion se révèle particulièrement précieux dans la troisième partie, consacrée à la musique, sur laquelle on trouve dans la littérature moins de documents que sur l’architecture et l’iconographie. L’auteur fait bénéficier le lecteur de sa grande compétence en la matière puisque, avant de devenir moine et de s’élever dans la hiérarchie ecclésiastique, il mena pendant une quinzaine d’années des études musicales au plus haut niveau.
Dans la liste des grands compositeurs de musique liturgique et religieuse qu’il présente (et qui comporte entre autres les noms de Lvov, Lomakine, Glinka, Bortnianski, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Katalsi, Arkhangelski, Tchesnokov, Rachmaninov, Gretchaninov, Troubatchev et Sviridov) il faudrait – ce que sa modestie l’empêchait de faire – ajouter son nom, car il est, dans le domaine de la musique liturgique et religieuse polyphonique, l’auteur d’une œuvre déjà considérable et d’une qualité qui égale celle des plus grands compositeurs. Parmi ses œuvres liturgiques les plus connues (dont existent des enregistrements sur CD diffusés en Russie, et divers enregistrement vidéo), on peut citer: « La Divine Liturgie » et « Les Vigiles », à quoi l’on peut ajouter, parmi les œuvres non liturgiques mais d’inspiration religieuse: « La Passion selon saint Matthieu », un « Oratorio de Noël », un « Stabat Mater », et diverses compostions réunies dans un CD intitulé « Lumière passée et future ».
L’intérêt du Métropolite Hilarion pour le chant polyphonique russe moderne ne le conduit pas à dévaloriser le chant traditionnel znammeny (dont il a fortement soutenu la renaissance en Russie), ni a ignorer les formes musicales des autres Églises locales qui sont également présentées dans ce volume. À noter qu’il garde même une certaine distance critique par rapport au chant polyphonique sophistiqué qui reste très présent dans les grandes églises (qui emploient de manière aberrante des chœurs professionnels dont certains membres sont non croyants), puisque de même que le P. Georges Florovsky parlait d’une « captivité de Babylone » à propos de la théologie russe du XIXe et du début du XXe siècle, Mgr Hilarion déplore avec raison que « les normes esthétiques de la “captivité italienne” (c’est-à-dire des XVIIIe-XIXe siècles) continuent à dominer le répertoire des chorales ».
La partie du livre consacrée à la musique se termine par un chapitre original et intéressant sur les cloches qui, comme le note l’auteur dans son introduction, produisent « la seule forme de musique instrumentale non seulement universellement admise par l’Église orthodoxe, mais faisant partie intégrante de sa liturgie ».

Jean-Claude Larchet

Les reliques de saint Mardaire (Uskoković, +1935) ont été trouvées partiellement incorrompues

Avec la bénédiction de l’évêque Longin de la Nouvelle-Gračanica et du Midwest (l’un des diocèses de l’Église orthodoxe serbe aux État-Unis), les reliques de saint Mardaire (Uskoković) ont été exhumées le 5 mai en l’église Saint-Sava du monastère de Libertyville, (Illinois), où elles reposaient depuis leur inhumation en décembre 1935. L’exhumation, réalisée en vue des cérémonies de glorification panorthodoxe du saint qui se tiendront du 14 au 16 juillet 2017, a révélé que les reliques sont partiellement incorrompues, ce qu’a confirmé le père Nicolas Kostur, qui préside le sous-comité liturgique de la glorification de saint Mardaire. Le 4 mai 2017, après la Liturgie et un acathiste au saint célébrés par l’évêque Longin, la pierre tombale a été enlevée, révélant que le cercueil se trouvait dans un caveau en ciment, qui a été ouvert le dimanche suivant. Pendant l’exhumation, « Le Christ est ressuscité » et d’autres hymnes de Pâques, ainsi que le tropaire de saint Mardaire, ont été chantés selon les mélodies serbes et russes. Le cercueil a été fissuré tandis qu’on le dégageait, laissant échapper un doux parfum qui se dissipa rapidement. En inspectant soigneusement les reliques, le père Nicolas Kostur a découvert que les mains du saint étaient entièrement intactes, avec la peau et les ongles. En ôtant soigneusement les vêtements dans lesquels le saint avait été inhumé, il s’est avéré que les reliques étaient intactes à partir des genoux. Les cheveux et la barbe du saint sont souples comme si le saint avait été enterré hier. Le reste des reliques a été ensuite été lavé avec de l’eau chaude et du vin blanc, puis ointes avec un parfum, et placées ensuite dans un stikharion, en attendant d’être revêtues de tous les ornements liturgiques pour la cérémonie de glorification au mois de juillet. St Mardaire, évêque de l’Église serbe en Amérique a accompli un immense travail missionnaire en Amérique et a fondé le monastère Saint-Sava, où il a été inhumé le 12 décembre 1935. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe a introduit son nom au calendrier le 29 mai 2015.

Source

Pour la préparation du 16e Congrès orthodoxe en Europe occidentale

Une journée de réflexion est organisée à Paris le samedi 20 mai pour la préparation du 16e Congrès orthodoxe en Europe occidentale qui aura lieu en 2018 (photographie: le XVe Congrès). Présentation:

« En vue de faire avancer la préparation du 16e Congrès orthodoxe, nous vous proposons de participer à une journée de prière et de réflexion le samedi 20 mai prochain, dans les locaux de l’Institut Saint Serge (93, rue de Crimée 75019 Paris). L’objet de cette rencontre, ouverte à tous, est de dégager le thème et les attentes du prochain congrès. Si vous êtes intéressé, mais qu’il ne vous est pas possible de venir, n’hésitez pas à nous faire connaître vos attentes.

Programme (sous réserve d’éventuelles modifications ultérieures) :
8h30 : divine liturgie
10h30 : conférence-débat autour de la question : « Quels sont les défis contemporains pour devenir une personne en communion grâce à la communauté ecclésiale ? », par le père Jean Gueit
12h30 : Pause-déjeuner (nous proposons à chacun d’apporter un pique-nique à partager)
14h00 : ateliers de réflexions ».

Source: Fraternité orthodoxe en Europe occidentale

Photographie : le XVe Congrès à Bordeaux en 2015.

Les chrétiens orthodoxes en Europe centrale et orientale sont en faveur d’un rôle fort de la Russie dans la géopolitique et la religion

Environ un quart de siècle après la fin de l’ère soviétique, la Russie conserve une influence substantielle dans un grand nombre de parties de l’Europe centrale et orientale. La Russie est largement considérée par les chrétiens orthodoxes de cette région comme un important contrepoids aux influences occidentales et comme une protectrice globale des populations orthodoxes et des Russes ethniques, selon un nouveau rapport du Pew Research Center concernant 18 pays en Europe centrale et orientale. Dans pratiquement tous les pays majoritairement orthodoxes, objets du rapport, la majorité ou un grand nombre sont d’accord pour affirmer qu’une Russie forte est nécessaire pour équilibrer l’influence de l’Occident et qu’elle a une obligation de protéger les chrétiens orthodoxes et les Russes ethniques hors de leurs frontières. Ce sentiment domine même dans trois pays majoritairement orthodoxes faisant l’objet du rapport et qui sont membres de l’Union Européenne : la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie. Mais le sentiment pro-russe a tendance à être le plus fort dans les Républiques ex-soviétiques qui sont majoritairement orthodoxes et ne font pas partie de l’Union Européenne, y compris l’Arménie, la Biélorussie et la Moldavie. Le soutien en faveur du rôle géopolitique et religieux de la Russie est nettement plus faible en Ukraine, un pays à majorité orthodoxe qui est toujours engagé dans un conflit avec les séparatistes pro-russes dans la partie Est du pays, après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. En outre, dans les pays à majorité catholique ou avec une diversité de religions en Europe centrale ou orientale, tels que la Pologne et la Hongrie, on est beaucoup moins enclin à soutenir le rôle fort de la Russie. À l’exception de l’Ukraine, le soutien pour le rôle de la Russie est répandu à travers tous les autres pays à majorité orthodoxe dans lesquels le Pew Research Center a enquêté. Par exemple, sept personnes sur dix, voire plus, en Grèce (70%), Biélorussie (76%), Serbie (80%), l’Arménie (83%) et la Russie elle-même (85%) sont d’accord, complètement ou en grande partie, avec cette affirmation : « Une Russie forte est nécessaire pour équilibrer l’influence de l’Occident ». D’autres analystes montrent que les gens qui sont d’accord sur le fait qu’il existe un conflit entre les valeurs occidentales et les valeurs traditionnelles de leur propre pays sont plus enclins que les autres à dire qu’une Russie forte est nécessaire pour équilibrer l’influence de l’Occident. Il y a également un point de vue qui domine parmi les chrétiens orthodoxes selon lequel la Russie a une obligation de protéger au niveau international les populations orthodoxes. Dans chaque pays à majorité orthodoxe objet de l’enquête, à l’exception de l’Ukraine, la plupart disent qu’ils sont en accord avec la déclaration selon laquelle la « Russie a une obligation de protéger les chrétiens orthodoxes hors de ses frontières ». La majorité de chaque population orthodoxe concernée par l’enquête dans les pays autres que l’Ukraine dit aussi que la Russie a une obligation de protéger les Russes ethniques dans le monde entier. La Russie est également perçue comme le siège de l’autorité religieuse orthodoxe. Parmi les chrétiens orthodoxes, le patriarche de Moscou, qui est le chef de l’Église orthodoxe russe, est plus largement perçu comme une plus haute autorité de l’orthodoxie que le patriarche de Constantinople, malgré le statut de celui-ci de « premier parmi les égaux », les leaders orthodoxes. En fait, dans chaque pays avec une population orthodoxe significative mais qui ne dispose pas d’une Église nationale auto-administrée, les gens sont bien plus enclins à dire qu’ils considèrent le patriarche de Moscou comme la plus grande autorité dans l’orthodoxie. Ce n’est pas une surprise si la majorité en Russie (qui a sa propre Église nationale) considère également le patriarche de Moscou comme l’autorité orthodoxe la plus haute. Dans quatre des six pays étudiés qui disposent de leur Église autocéphale, à savoir la Géorgie, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie, la plus grande partie des gens disent qu’ils perçoivent le chef de leur Église nationale comme la plus haute autorité orthodoxe. Il n’y a qu’en Grèce où la majorité voit dans le patriarche de Constantinople la plus haute autorité dans l’Église orthodoxe. Nonobstant le sentiment pro-russe, les chrétiens orthodoxes sont largement d’accord avec les autres Européens du Centre et de l’Est de l’Europe sur le fait que leurs pays devraient avoir des relations étroites avec les États-Unis et les autres puissances occidentales. La majorité ou la plupart des gens le disent dans chaque pays étudié. Cela est même vrai dans les pays qui sont en faveur d’une Russie forte. Par exemple, une majorité d’adultes en Arménie (66%), Grèce (62%) et Serbie (61%) disent qu’il est de l’intérêt de leur pays de travailler étroitement avec les États-Unis et les autres puissances occidentales. Cela dit, les sentiments étaient partagés lorsque le Pew Research Center a demandé aux gens dans les ex-républiques soviétiques s’il était plus important pour leur pays d’avoir des « liens forts » avec l’Union Européenne ou avec la Russie. La question n’a pas été posée aux Russes, mais dans trois des cinq pays à majorité orthodoxe où cela a été demandé, l’Arménie, la Biélorussie et la Moldavie, la majorité ou la plupart ont dit qu’il était plus important d’être allié avec la Russie, tandis que la Géorgie est très divisée à ce sujet. Dans les anciennes républiques soviétiques étudiées qui n’ont pas une majorité orthodoxe, les adultes sont plus enclins à dire qu’il est plus important d’avoir des liens forts avec l’Union européenne plutôt qu’avec la Russie.

Source (avec tableaux détaillés)

Un concert de l’ensemble Harmonie géorgienne pour son 10e anniversaire et la parution d’un nouveau CD, le 21 mai

Le dimanche 21 mai, à partir de 15h30, l’ensemble Harmonie géorgienne donnera un concert dans l’église Saint-Jean-Baptiste à Leuville-sur-Orge, à l’occasion de son 10e anniversaire et de la parution d’un nouveau CD. Libre participation aux frais.

« La lumière de leur foi a surmonté l’obscurité du régime athée » déclare le patriarche de Daniel au sujet des martyrs et confesseurs de l’époque communiste en Roumanie

Le message suivant a été adressé par le patriarche de Roumanie Daniel à l’occasion de la conférence « Espoir dans la foi », organisée par le pénitencier de Ploieşti en collaboration avec le Patriarcat de Roumanie, au centre social et pastoral « La Sainte Croix », à Caraiman, Buşteni, dans le district de Prahova le 10 mai 2017 : « La Conférence « Espoir dans la foi », organisée au pénitencier de Ploieşti en collaboration avec le Patriarcat de Roumanie, au centre social et pastoral « La Sainte Croix », à Caraiman, Buşteni, souhaite mettre en évidence la nécessité d’exprimer de la gratitude envers le sacrifice des témoins de l’Orthodoxie dans les prisons communistes de Roumanie. Le thème de cette conférence s’inscrit dans la ligne des manifestations thématiques de l’année 2017, qui a été déclarée par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine « année solennelle des saintes icônes, des iconographes et des peintres ecclésiastiques ainsi qu’année commémorative du patriarche Justinien et des défenseurs de l’Orthodoxie à l’époque communiste dans tout le Patriarcat de Roumanie. La commémoration des défenseurs de l’Orthodoxie à l’époque communiste est un devoir moral à l’égard de nos ancêtres qui, en des temps hostiles à l’Église et à la religion en général, ont témoigné leur foi dans le Christ crucifié et ressuscité au prix de la perte de leur liberté, voire encore de leur vie. Aussi, la commémoration des confesseurs de l’Orthodoxie dans les prisons communistes est « un témoignage important de ce que signifie la puissance du sacrifice chrétien en Roumanie à une époque où l’on s’efforçait, de toutes façons façons et par tous les moyens, de faire disparaître le Sauveur Jésus-Christ des âmes et de la vie des hommes » (patriarche de Roumanie Théoctiste). La multitude des confesseurs et des martyrs de la foi de l’époque du régime communiste nous incite constamment à ne pas oublier la grandeur de leur souffrance pour garder une foi vivante et la dignité du peuple chrétien roumain, à une époque de terreur et de persécutions, alors que les puissances diaboliques de l’enfer se sont manifestées par la haine et la violence de ceux qui ont torturé et tourmenté à l’égard des détenus des prisons communistes. La lumière des martyrs doit être commémorée avec gratitude et vénération, car elle est une source de force spirituelle dans la vie et dans la mission de l’Église aujourd’hui. Aussi, nous apprenons de ces confesseurs et martyrs de l’époque du régime communiste que leur amour pour le Christ est plus fort que la peur des souffrances et de la mort et que confesser le Christ au prix de sa vie est un sacrifice ou une offrande de soi dans lequel on perçoit l’amour sacrificiel du Christ crucifié et ressuscité, qui souffre avec le martyr et qui le renforce au moment des tortures. « Par les sacrifices des fils de la chrétienté roumaine, le Christ Lui-même, a surmonté le pouvoir de l’incroyance et de l’obscurité » (Patriarche Théoctiste). C’est en ce sens que l’apôtre Paul dit: « Qui nous séparera de l’amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée? Selon qu’il est écrit: C’est à cause de Toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés » (Rom. 8, 35-37), c’est-à-dire Jésus-Christ. Nous réitérons que dans les rangs des confesseurs et des martyrs de la foi de l’époque du régime communiste, avec le patriarche Justinien, il y a de nombreux hiérarques, professeurs de théologie, étudiants, moines, intellectuels chrétiens qui occupent la place d’honneur, mais avant tout, plus de 1800 prêtres orthodoxes qui ont été arrêtés et ont subi des interrogatoires, envoyés aux travaux forcés au canal Danube–Mer Noire, pour le courage de leur confession et la défense de l’Orthodoxie. Prions le Seigneur Jésus-Christ ressuscité des morts afin qu’Il bénisse les organisateurs et les participants lors des travaux de la conférence « Espoir dans la foi », et je les félicite pour la commémoration des défenseurs et des confesseurs de la foi droite qui, par leur vie et leur sacrifice, ne sont pas pour nous seulement des maîtres et des exemples lumineux, mais aussi des intercesseurs et des soutiens lorsque nous nous efforçons de suivre le Christ dans des situations difficiles pour recevoir le salut et la vie éternelle dans le Royaume de la Très sainte Trinité ».

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Le métropolite Hilarion est intervenu au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Le 11er mai 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté un exposé lors de l’assemblée plénière du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés, à Washington.

Présentant le métropolite Hilarion, le président de l’association évangélique Billy Graham, F. Graham, a mentionné sa visité en Russie, fin 2015, expliquant que l’idée de ce sommet pour la défense des chrétiens persécutés lui était venue à Moscou, pendant son entretien avec le président du DREE.

Le métropolite Hilarion a salué les participants du sommet au nom de l’Église orthodoxe russe. Il a remercié l’Association Billy Graham et son président Franklin Graham d’avoir organisé un forum de cette ampleur, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’épouvantable tragédie des chrétiens persécutés dans le monde d’aujourd’hui.

Le hiérarque orthodoxe a rappelé que les persécutions contre les disciples du Christ ne sont pas un phénomène nouveau. « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte d’infamie à cause de Moi », disait le Seigneur Jésus Christ (Mt 5, 10). Le thème des persécutions est un des leitmotivs de sa prédication, revenant sans cesse dans ses entretiens avec les apôtres. « L’apôtre Pierre dit : « Très chers, ne jugez pas étrange l’incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous survenait quelque chose d’étrange. Mais, dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. Heureux, si vous êtes outragés pour le nom du Christ, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous. Que nul de vous n’ait à souffrir comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme délateur, mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas honte, qu’il glorifie Dieu de porter ce nom » (I P 4, 12-16).

L’Église a été persécutée partout durant les trois premiers siècles de son existence, a souligné le métropolite Hilarion. Durant les siècles suivants, les chrétiens ont aussi été soumis à de nombreuses persécutions, sous différentes formes. « Il n’y a pas un siècle dans l’histoire du christianisme où nous n’ayons pas été persécutés, dans une partie du monde ou dans l’autre », a témoigné l’hiérarque.

Poursuivant la même idée, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rappelé que le XX siècle avait posé avec plus que jamais d’acuité la question du prix que les chrétiens devaient payer pour leur foi. Ainsi, la série de révolutions qui a bouleversé tant d’états en Europe, en Asie et en Amérique latine, a provoqué une puissante vague de violences contre les chrétiens. En Turquie, le début du XX siècle a été marqué par une extermination massive des Arméniens, des Assyriens et des représentants d’autres peuples chrétiens. L’état des Jeunes Turcs a lancé un génocide contre la population chrétienne de l’Empire ottoman, qui s’est poursuivi après la chute de l’empire. Les exécutions, particulièrement cruelles, les assassinats, les déportations massives ont touché plus d’un million de personnes. Dans l’Allemagne d’Hitler et dans l’Espagne républicaine des années 30, les chrétiens de différentes confessions ont fait l’objet de persécutions plus ou moins violentes. Les persécutions contre l’Église catholique ont été particulièrement cruelles et sanglantes au Mexique dans les années 1920. Au milieu du XX siècle, la « révolution culturelle » chinoise a entraîné des répressions massives contre le clergé chrétien.

« Cette année, la Russie et les autres pays de ‘l’espace post-soviétique’ commémorent le centenaire de la révolution d’octobre 1917, point de départ d’une époque de cruelles persécutions contre l’Église orthodoxe russe, a rappelé le président du DREE. Le pouvoir, en la personne de Lénine et de Staline, a initié des répressions d’une ampleur sans précédent contre son propre peuple ; des dizaines de millions de personnes ont été victimes de ces répressions. » Durant ces années, a constaté le métropolite, l’Église s’est enrichie d’une multitude de saints qui, selon le mot de l’apôtre, « se sont laissés torturés afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent l’épreuve des dérisions et des fouets, et même celles des chaînes et de la prison » (Heb 11, 35-36). »

« Au XX siècle, les nouveaux martyrs et confesseurs russes n’étaient pas mis à mort à cause d’actes concrets, à cause de transgressions, de violations de la loi ou de crimes. Ils étaient systématiquement éliminés parce qu’ils croyaient en Jésus Christ, Dieu et Sauveur, a souligné Mgr Hilarion. Les églises chrétiennes étaient dynamitées pour la seule raison qu’elles étaient chrétiennes. Les icônes étaient brûlées parce qu’elles représentaient le Christ. »

Elle est longue, la triste liste des pays où les chrétiens ont été l’objet de persécutions au XX siècle, a constaté l’archipasteur. Le début du XXI siècle s’ouvre sur une nouvelle vague de persécutions de grande envergure contre les chrétiens dans différentes parties du monde. »

« Les chrétiens souffrent surtout aujourd’hui dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique, a raconté le métropolite. Depuis près de deux mille ans, les chrétiens vivent dans ces régions. Aujourd’hui, ils entravent la voie d’intérêts politiques ou économiques pour des forces qui ne répugnent pas à employer des terroristes pour atteindre leurs buts, faisant de ces terroristes des combattants pour la liberté et la démocratie. L’ampleur des persécutions contre les chrétiens est obstinément tue dans les médias et au sein de la communauté internationale. »

Mgr Hilarion a cité plusieurs exemples illustrant la détresse des chrétiens dans différents pays du Proche-Orient. Si près d’un million et demi de chrétiens vivaient en Irak avant 2003, ils ne sont plus aujourd’hui que 150 à 250 000, selon les estimations, la plus grande partie de cette population ayant dû quitter le pays après le début du soi-disant « printemps arabe ». En Lybie, le « printemps arabe » a entraîné la quasi-disparition des chrétiens. Les autorités actuelles du pays déclarent ouvertement qu’elles ne souhaitent pas que les chrétiens y restent.

En Égypte, après la venue au pouvoir des « Frères-musulmans », les assassinats de chrétiens et les incendies d’églises étaient devenus systématiques. La population chrétienne a commencé à quitter le pays. Depuis l’arrivée au pouvoir d’As-Sissi, la situation s’est améliorée, mais des explosions meurtrières ont toujours lieu dans les églises d’Égypte, et des dizaines de personnes tombent victimes des bombes des terroristes.

Dans les régions de Syrie tombées aux mains des terroristes pendant la guerre, les chrétiens ont été exterminés sans pitié. Le monde n’aurait sans doute rien su de ces tragédies si les terroristes eux-mêmes n’avaient partagé sur internet les scènes atroces de ces exécutions contre les chrétiens. Ceux des chrétiens qui sont restés en vie sont soumis à des tortures et à différentes humiliations.

Le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a constaté : « Nous partageons la position de Leurs Saintetés les Patriarches Jean X (Église orthodoxe d’Antioche) et Ephrem II (Église syro-jacobite), formulée récemment dans un message commun à l’occasion de l’anniversaire de l’enlèvement de deux hiérarques, les métropolites Paul d’Alep et Jean Ibrahim. Ce message témoigne que les chrétiens d’Orient sont désireux de rester sur la terre de leurs ancêtres, que les discours du « monde civilisé » sur la démocratie ne doivent pas distraire des véritables problèmes de la population syrienne et de la nécessité de cesser la guerre, qu’il est aussi nécessaire d’arrêter de financer les groupements terroristes, donnant plutôt du pain aux affamés ». Il faut entendre cette voix et la faire entendre aux grands de ce monde, parce qu’elle exprime l’opinion des chrétiens de Syrie, a souligné l’hiérarque.

Le génocide des chrétiens se poursuit aujourd’hui sous les yeux du monde civilisé, a témoigné le métropolite Hilarion. Jusqu’à une date récente, l’Occident se taisait, les hommes politiques et les médias gardant obstinément le silence sur ce thème. « Aujourd’hui, ce ‘complot du silence’ a été brisé, on commence à parler des persécutions contre les chrétiens au plus haut niveau international. Mais beaucoup de ceux qui évoquent ce thème, aujourd’hui encore, s’efforce de le détourner : « Ne parlons pas des chrétiens, parlons plutôt des minorités ». Ils appellent ainsi à taire le problème, détournant la conversation dans le domaine des discours politiquement corrects sur la tolérance envers n’importe quelle minorité, notamment sexuelle, ou autre » a constaté Mgr Hilarion.

Le président du DREE a aussi rappelé que le monde était peu au courant du génocide des chrétiens en Afrique. Pourtant, au Nigéria et dans les pays limitrophes, les terroristes du groupe « Boko Haram » et les tribus nomades tuent les chrétiens par villages entiers. Rien qu’au Nigéria, les extrémistes ont détruit 900 églises ces derniers temps. Les autorités du Soudan du Nord jettent des bombes sur les chrétiens et les soumettent à des discriminations permanentes. Les attaques contre les chrétiens se poursuivent en Somalie et en Tanzanie.

« Nos frères et sœurs sont aussi soumis à de multiples souffrances et persécutions dans les pays d’Asie, en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Inde, en Birmanie » a continué le métropolite Hilarion.

L’archipasteur a constaté que l’Église orthodoxe russe avait été l’une des premières à parler publiquement des persécutions contre les chrétiens à une époque où tout le monde se taisait. Le Patriarcat de Moscou a exprimé ses inquiétudes quant au sort de la population chrétienne du Proche-Orient et en Afrique dès le début des évènements du printemps arabe.

En novembre 2011, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’était rendu en Syrie et au Liban pour une visite irénique dont l’objet était, notamment, d’entretenir les liens fraternels entre les Églises chrétiennes dans le contexte d’un conflit pressenti.

Durant les années qui ont suivi, l’Église orthodoxe russe s’est efforcée et continue à s’efforcer d’entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les droits des chrétiens persécutés, a témoigné le métropolite Hilarion de Volokolamsk. Aucune rencontre de Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie et du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou avec les hommes politiques étrangers ne se passe sans que soit évoquée la situation des communautés chrétiennes du Proche-Orient et d’Afrique. La hiérarchie et les représentants de l’Église orthodoxe russe participent activement aux forums internationaux et interreligieux consacrés à la situation au Proche-Orient.

Mgr Hilarion a aussi évoqué le rôle du dialogue interreligieux dans l’aide aux chrétiens persécutés. Le 12 février 2016, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le Pape François de Rome se sont rencontrés à La Havane. « Les primats des deux plus grandes Églises chrétiennes ont témoigné de ce que les deux parties comprenaient que la situation dans le monde exigeait des mesures urgentes et, comme il est écrit dans la déclaration commune signée à La Havane, des actions coordonnées » a constaté Mgr Hilarion.

L’Église orthodoxe russe défend aussi les droits des chrétiens persécutés dans le dialogue qu’elle mène avec les autres religions, a poursuivi le métropolite.

« Les manifestations d’agression à l’encontre des chrétiens dans le monde contemporaine, en dehors des violences physiques, prennent souvent la forme de la négation du droit des gens à exprimer publiquement leur foi, à en suivre les valeurs, à porter ouvertement des symboles religieux, a poursuivi le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Nous constatons avec affliction et inquiétude le processus de déchristianisation de l’espace public de l’Ancien et du Nouveau monde, historiquement pourtant les bastions les plus importants de la civilisation chrétienne. Les églises et les communautés chrétiennes sont regardées comme des reliquats de l’ancien temps et non comme des acteurs de plein droit des processus sociaux. »

L’archipasteur a rappelé que, dans la société contemporaine, des phénomènes qui contredisent les commandements évangéliques sont de plus en plus souvent considérés comme normaux. La volonté de nombreux états de légaliser la pratique de l’euthanasie suscite de sérieuses inquiétudes. Dans certains pays (Pays-Bas, Belgique, Canada, Luxembourg), le patient est autorisé par la loi à mettre fin à ses jours. Récemment, en Italie, une nouvelle discussion sur la possibilité de l’euthanasie a suscité de vifs débats. Dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, les médias et le système éducatif font la promotion d’une idéologie favorable aux minorités sexuelles et à la propagande d’un mode de vie homosexuel.

L’Église orthodoxe russe proclame la sainteté de la vie humaine dès l’instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, elle confesse les idéaux évangéliques du mariage et de la famille, a souligné le métropolite de Volokolamsk, rappelant : « La position de notre Église est une position de principe. La société doit préserver les valeurs traditionnelles, apprendre à observer un équilibre entre les droits et les libertés de l’homme, d’une part, et la responsabilité pour le bien-être moral de la personne, de l’autre. Il est triste que la réalisation des droits de l’homme soit de plus en plus souvent synonyme de permissivité et de débauche morale. Cette tendance est une impasse pour le développement social ».

L’hiérarque de l’Église orthodoxe russe a appelé les représentants des différentes confessions chrétiennes à ne pas rester indifférents devant les souffrances de leurs frères et sœurs persécutés. « Aujourd’hui, plus que jamais, les chrétiens doivent être solidaires et intercéder pour ceux qui souffrent, pour les persécutés qui glorifient le Christ par leurs prouesses » a souligné le président du DREE.
« Cette solidarité interchrétienne doit être plus importante au niveau pratique que les divergences entre confessions chrétiennes qui se sont accumulées depuis des siècles. Ces divergences continueront à nous diviser, mais elles ne doivent pas être un obstacle à des actions concertées pour la défense des chrétiens persécutés, indépendamment de la confession à laquelle ils appartiennent » a déclaré l’archipasteur.

Par ailleurs, selon le président du DREE, la coopération interreligieuse revêt aujourd’hui une importance particulière. « Le terrorisme est un défi commun aux chrétiens, aux musulmans et aux représentants d’autres traditions religieuses. Il faut que tous en aient clairement conscience. La bombe du terroriste ne choisit pas qui sera touché par ses éclats : ses victimes seront des hommes de différentes appartenances religieuses » a dit le métropolite.

On peut, a-t-il poursuivi, citer beaucoup d’exemples de construction d’un climat social de paix et d’harmonie interreligieux. Les chrétiens et les musulmans vivent en bon voisinage au Liban et en Jordanie. L’Égypte a choisi la voie du dialogue interreligieux et de l’éradication de l’extrémisme. Il y a aussi l’expérience séculaire de coopération interreligieuse qui est celle de la Russie, où les chrétiens, les musulmans, les juifs et les bouddhistes non seulement ne sont pas en conflit, mais se réunissent dans le cadre du Conseil interreligieux de Russie pour résoudre les problèmes de l’actualité, pour élaborer ensemble une position commune et défendre les valeurs morales et spirituelles.

« Aujourd’hui, le rôle d’une instruction religieuse de qualité devient de plus en plus important, estime le métropolite Hilarion. Le succès des terroristes tient notamment au fait que, dans beaucoup de pays du monde, le niveau de connaissances religieuses est extrêmement bas. Les gens rejoignent les terroristes parce qu’ils ne connaissent pas la vérité ni sur l’islam, ni sur le christianisme. Les idéologues de la terreur affirment à leurs adeptes que les chrétiens sont les suppôts des colonisateurs étrangers, les ennemis de l’islam et qu’il n’y a pas d’autre moyen de défendre l’islam que d’éliminer les chrétiens. Des âmes fragiles se laissent influencer par cette idéologie. »

« Ensemble, nous pouvons faire beaucoup, a souligné le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Le monde entier prête aujourd’hui attention à notre sommet. Les confessions chrétiennes doivent témoigner d’une seule voix de notre solidarité avec nos frères et sœurs persécutés, appeler la communauté internationale à intensifier la lutter contre l’extrémisme, le terrorisme et la christianophobie. »

Les travaux du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés se poursuivront jusqu’au 13 mai. Le forum est organisé par l’Association évangélique Billy Graham et rassemblé 800 participants venus de plus de 135 pays.

Les orthodoxes participent au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Du 10 mai au 13 mai 2017, Washington, capitale des États-Unis accueillait un Sommet mondial des leaders chrétiens pour la défense des chrétiens persécutés. Il est organisé par l’Association évangélique Billy Graham. Des représentants de différentes confessions chrétiennes, venus de plus de 135 pays, sont rassemblés à cette occasion. La rencontre est suscitée par la situation des chrétiens persécutés au Proche Orient, en Afrique et dans d’autres régions du monde, situation sans précédent dans l’histoire récente, rappelant les persécutions endurées par les chrétiens durant les premiers siècles et celles orchestrées par les états athées au XX siècle. Des méfaits d’une telle envergure ne pouvaient laisser indifférente la communauté chrétienne. Le sommet pour la défense des chrétiens persécutés veut être un espace de discussion de ce problème, afin d’améliorer la situation. Des délégations des Églises orthodoxes locales participent aussi au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés. Ces délégations sont présidées par Sa Béatitude l’archevêque Tikhon de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada (Église orthodoxe en Amérique), l’archevêque Dimitri d’Amérique (Patriarcat de Constantinople), l’archevêque Joseph de New-York, métropolite de toute l’Amérique du Nord (Patriarcat d’Antioche).

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Le jour de la victoire, les noms de 14 000 militaires de la seconde guerre mondiale ont été commémorés au monastère de Valaam

Le 9 mai 2017, jour de la victoire en Russie, 14.000 militaires de la seconde guerre mondiale ont été commémorés nommément au monastère de la Transfiguration à Valaam. « Il y a quelques années, a été ouvert sur le site du monastère une adresse spéciale pour les lettres demandant la commémoration des soldats de la seconde guerre mondiale. Plus de 4000 lettres venues du monde orthodoxe entier ont été reçues et dans chacune, des noms, des faits, des commentaires » a annoncé le service de presse du monastère. Un synodique (liste des noms destinés à être commémorés à la Liturgie ou aux offices de requiem) de tous « ceux qui ont œuvré pour la victoire, qui ont donné leur vie sur le champ de bataille, qui ont succombé aux blessures ou à la faim, qui ont été torturés ou tués en captivité et dans les camps de travail forcé » a été constitué au monastère. 14.087 noms figurent dans ce synodique. Cette liste est lue entièrement le jour de la victoire. Parmi les noms commémorés se trouvent les défenseurs de Moscou et Leningrad, ceux qui sont tombés près de Rjev [ville de la région de Tver, les pertes de l’armée soviétique y sont évaluées à 2 millions de personnes. La ville fut entièrement rasée, passant de 40.000 à 248 habitants, ndt], lors de la bataille de Koursk, de Berlin et durant les jours de mai 1945. Il y a également parmi ces noms ceux de 36 soldats qui ont succombé à leurs blessures et sont enterrés à Valaam. Il s’agit de soldats de la 168ème division de fusiliers constituée en automne 1939 à Tcherepovets. Les moines ont érigé une stèle avec les noms des combattants de la division, et au cimetière dit « de l’higoumène » a été érigée une croix-mémorial avec les noms des militaires invalides morts de 1950 à 1984 dans la maison pour invalides mise en place à Valaam par le régime soviétique.

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La Chambre des députés de Roumanie vote à une majorité écrasante la définition constitutionnelle du mariage comme étant celui d’un homme et d’une femme

La Chambre des députés de Roumanie, chambre basse du Parlement roumain, a voté à une majorité écrasante en faveur de l’amendement de la Constitution nationale, définissant explicitement le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Son vote, par 232 voix sur 270, incluait également le renforcement des droits parentaux. Ce vote a eu lieu suite à la récolte de 3,1 millions de signatures sur l’initiative du mouvement « Coalition pour la famille », alors que seulement 500.000 signatures sont requises pour soumettre un projet législatif au parlement. « C’est un moment historique » a déclaré Mihai Gheorghiu, l’un des leaders de cette initiative, laquelle était soutenue par l’Église. « C’est une manifestation de solidarité sans précédent. Trois millions de Roumains ont signé l’amendement proposé », a-t-il ajouté. L’amendement concerné modifie l’article 48,1 de la Constitution roumaine qui dispose dans sa nouvelle rédaction : « La famille est fondée sur le mariage librement consenti entre un homme et une femme, leur pleine égalité et le droit et le devoir des parents d’assurer l’éducation et l’instruction des enfants ». La Cour constitutionnelle de Roumanie a approuvé la proposition législative de révision de la Constitution initiée par la Coalition pour la Famille le 20 juillet 2016, mentionnant que celle-ci était conforme à toutes les exigences constitutionnelles. L’initiative a trouvé un large soutien auprès de l’Église orthodoxe roumaine, les Églises catholique-romaine et évangélique, de même que des groupes juridiques internationaux comme ADF International, Liberty Counsel et European Center for Law and Justice. Toutefois, afin que l’amendement soit entériné, il faut encore l’approbation du Sénat. Si celui-ci se prononce en faveur de l’amendement, un référendum aura lieu automatiquement le dernier dimanche de la période de trente jours suivant le vote sénatorial.

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Félicitations du patriarche Cyrille à Emmanuel Macron, vainqueur des élections présidentielles en France

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a adressé une lettre de félicitations à Emmanuel Macron, élu président de la République française.

Monsieur Emmanuel MACRON, président élu de la République française

Monsieur,

Recevez mes cordiales félicitations à la suite de votre victoire aux élections présidentielles de la République française.

Vos compatriotes ont placé en vous leurs espérances, aspirant au renforcement de la stabilité sociale et économique, à la préservation des traditions culturelles historiques. Aujourd’hui, les gens ont particulièrement besoin de se sentir protégés des manifestations d’extrémisme et de terrorisme.

J’espère que le gouvernement continuera à développer sous votre direction le dialogue interculturel et interreligieux au nom de la consolidation de la paix et de la concorde dans la société. Je tiens à vous assurer que l’Église orthodoxe russe est toujours ouverte à la coopération dans ce domaine.

Vous souhaitant une bonne santé et que Dieu vous aide et vous accorde le succès dans vos fonctions au service de la France et de son peuple, je vous assure, Monsieur, de ma respectueuse considération.

+CYRILLE,

PATRIARCHE DE MOSCOU ET DE TOUTE LA RUSSIE

Lettre de félicitations au nouveau président de la République française de Mgr Emmanuel, président de l’AEOF

Monsieur le Président,

Au nom de l’Assemblée des évêques de France que j’ai l’honneur de présider, j’ai le plaisir de vous présenter mes plus chaleureuses félicitations à l’occasion de votre récente élection aux plus hautes fonctions de l’État français.

Après une campagne électorale marquée par une profonde polarisation de la société, l’heure est à l’unité et à l’espoir. En effet, il ne sert en rien d’agiter le drapeau rouge de la peur et de la haine pour fédérer un peuple. La confiance que la majorité des Français vous a donnée est un appel au relèvement économique du pays, à sa sécurité contre le terrorisme et à sa cohésion.

Vous avez parlé d’amour à la fin de votre discours au soir de votre élection. Ce message résonne tout particulièrement dans le christianisme comme un appel à l’unité, à la suite de l’apôtre Paul. L’Église orthodoxe en France n’est pas très importante démographiquement, mais son rayonnement spirituel et culturel en a fait un acteur essentiel de la scène religieuse de ce pays. Aussi, c’est dans le contexte de la laïcité que notre Église a pu trouver en France une terre d’accueil pour les nombreux exilés et immigrés qui y ont trouvé refuge depuis plus d’une centaine d’années, tout en étendant la sollicitude au service de tous les fidèles orthodoxes de ce pays. Plus qu’une religion des diasporas, l’orthodoxie en France s’est affranchie aujourd’hui des pressions étatiques, des enfermements communautaires, des pesanteurs sociologiques pour revenir à l’essence de la foi. C’est la raison pour laquelle notre Église, désireuse d’être active sur le plan cultuel et en renfort de la société civile, est attachée à la séparation des pouvoirs.

Vous renouvelant mes plus chaleureuses félicitations à l’occasion de votre élection à la présidence de la République et dans l’attente de pouvoir vous présenter en personne notre communauté, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, mes plus cordiales salutations.

+ Le Métropolite Emmanuel, de France

Président de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France

Les chrétiens orthodoxes des États-Unis commémorent les 25 ans des œuvres philanthropiques de l’agence humanitaire officielle (IOCC) de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques aux États-Unis

Cette année, les chrétiens orthodoxes aux États-Unis commémoreront les 25 ans de de l’ « International Orthodox Christian Charities » (IOCC), agence humanitaire officielle de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis. Cette agence a été constituée en 1992 par la Conférence permanente des évêques orthodoxes canoniques des Amériques (SCOBA) qui a précédé l’Assemblée actuelle. Ses fondateurs laïcs étaient Charles R. Ajalat, Andrew A. Athens, et John G. Rangos Sr. L’IOCC est également reconnaissante au soutien fidèles des membres honoraires du Conseil d’administration Georges M. Marcus et le défunt George J. Farha qui ont tous deux joué un rôle essentiel dans son expansion pendant les 25 dernières années. L’IOCC a uni les efforts des chrétiens orthodoxes en réponse au bouleversement historique causé par la dissolution de l’Union soviétique et les guerres dans l’ex-Yougoslavie, lesquelles ont déplacé 2,5 millions de personnes. Depuis lors, l’IOCC a fourni plus de 600 millions de dollars en assistance humanitaire aux personnes vulnérables dans plus de 60 pays. Les programmes en cours incluent l’aide humanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie et les réfugiés fuyant la guerre civile dans ce pays ; le soutien au peuple grec affecté par la crise économique prolongée ; des projets éducatifs, sanitaires et d’irrigation en Éthiopie, Tanzanie, Ouganda et dans le monde entier. L’IOCC entretient l’un des réseaux de distribution d’aide humanitaire les plus importants en Syrie, où son programme a pour objectif de fournir de l’eau potable, de la nourriture, des médicaments, un soutien psychologique et d’autres formes d’assistance à des millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et celles cherchant refuge dans les pays voisins. Au cours de son existence, l’IOCC a également répondu aux crises des réfugiés en Éthiopie du Sud et en Irak. Il a fourni du soutien et de l’aide médicale aux familles réfugiées avec des enfants handicapés en Jordanie, a offert des cours d’anglais et d’informatique aux réfugiés au Liban afin de les aider à trouver un emploi. Aux États-Unis, l’équipe des situations d’urgence de l’IOCC a formé le clergé et les laïcs orthodoxes bénévoles à soutenir les efforts de secours, lesquels se sont montrés actifs après l’ouragan Katrina et les innombrables tornades, inondations et désastres dus aux intempéries à travers le pays. Outre les situations d’urgences et l’aide aux réfugiés, l’IOCC soutient également les projets de développement à long terme. En Grèce, où l’on estime maintenant qu’un tiers de la population vit au-dessous du seuil de la pauvreté, l’IOCC fournit de l’aide alimentaire et des fournitures scolaires à 5000 familles grecques en difficulté et travaille à stimuler l’agriculture dans le nord du pays afin de créer des emplois pour 2000 cultivateurs. Dans les Balkans occidentaux, l’IOCC a assisté plus d’un million et demi de personnes par l’aide au retour des réfugiés, à l’agriculture et la production alimentaire, au développement communautaire, à l’éducation et au développement économique. Le programme de micro-crédits en Bosnie-Herzégovine, qui a commencé en 2002, a fait l’objet d’un investissement de 22 millions de Dollars dans 13.000 prêts pour micro-entreprises avec un taux moyen de remboursement mensuel de 99%. Mark D. Stavropoulos, président du Conseil d’Administration a commenté le 25ème anniversaire de l’Agence : « Cela a été mon grand privilège de servir aux côtés des membres du Conseil, du personnel dévoué de l’IOCC à travers le monde, de nos partenaires exceptionnels de l’Église orthodoxe, de nos organisations partenaires, afin d’aider ceux qui sont dans le besoin. Nous prenons soin de sélectionner des projets qui sont aptes à avoir le plus long impact possible parmi le grand nombre de bénéficiaires. Et bien que nos programmes soient conçus pour aider les autres, nos bénéficiaires apportent en retour à l’équipe entière de l’IOCC un amour sans bornes, de l’espérance, et la sagesse qui fait que nous restons humbles dans notre travail ».

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Jovan Nikoloski