16/01/2017
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Stage de chant liturgique francophone de tradition russe à Loisy (Ver-sur-Launette)

affiche_stageAvec la bénédiction de Monseigneur l’Archevêque Jean de Charioupolis, un stage de chant liturgique francophone de tradition russe est organisé par Wladimir Rehbinder en été 2017 :
Il se tiendra du 23 au 30 juillet 2017 à Loisy (60950 Ver / Launette, à 40 km au nord de Paris).
Il s’adresse d’une part :
1) aux choristes voulant apprendre ou approfondir leur connaissance des 8 tons ainsi que de la structure et de la composition des offices,
et d’autre part :
2) aux personnes qui veulent apprendre à diriger la chorale ou consolider leur savoir-faire.
Les animateurs seront Natacha et Élie Korotkoff de Caen, Cyrille Sollogoub de Paris, Olga Kolessnikow de Nice et Wladimir Rehbinder de Biarritz.
Le prix du stage est de 340€ par personne tout compris en pension complète (réduction à la demande et pour les étudiants).
Pour tout renseignement complémentaire et inscription s’adresser à Wladimir Rehbinder (wladrehb@free.fr), (06 72 27 51 95) ; 17 avenue de L’Ursuya, Bât D, 64100 Bayonne.

L’higoumène Élisée du monastère de Simonos Petras évoque le problème de l’afflux des visiteurs sur le Mont Athos

Les monastères ne peuvent et ne doivent consacrer toutes leurs forces à la seule activité pastorale. Leur mission principale est d’annoncer le Royaume de Dieu. Le plus grand problème pour les moines de la Sainte Montagne est l’afflux massif de pèlerins. C’est ce point de vue que l’higoumène du monastère athonite de Simonos Petras, l’archimandrite Elisée, a exprimé à l’agence Ria.ru. « Il y a encore une voie par laquelle le monde fait irruption aujourd’hui dans la vie des monastères, à savoir l’afflux massif de pèlerins, ce qui influe en grande partie sur la vie de moines… Aujourd’hui, l’afflux de pèlerins est le plus grand problème pour les monastères de la Sainte Montagne », a déclaré l’archimandrite Élisée dans le texte qu’il a préparé pour la XXVème « Conférence de Noël », qui aura lieu du 25 au 27 janvier à Moscou. L’higoumène athonite reconnaît que « la vertu de l’hospitalité a toujours été inhérente au monachisme orthodoxe » et que « de tous temps, les moines ont reçu dans leurs monastères, avec joie et empressement, les laïcs, accomplissant ainsi le commandement de l’amour envers le prochain ». « Néanmoins, les moines s’efforçaient de ne pas changer le principe fondamental du monachisme, de ne pas oublier qu’ils ont renoncé au monde… À notre époque, la situation a changé », constate l’archimandrite Élisée. Aujourd’hui, dit-il, « l’hospitalité commence à être comprise dans un sens altéré, les orientations justes se perdent à l’égard des pèlerins », et « le danger surgit que les monastère se transforment en simples paroisses, et que les hiéromoines commencent à accomplir simplement les obligations des prêtres paroissiaux ». Comme le remarque l’higoumène, « c’est naturellement une consolation de voir une multitude, appartenant aux couches les plus variées de la société, fréquenter régulièrement les monastères ». En même temps, il rappelle que la communauté de son monastère avait été contrainte dans le passé de quitter les Météores, en Grèce centrale, et de s’installer sur l’Athos, précisément en raison de l’afflux des touristes. Les monastères, a déclaré l’archimandrite Elisée, « ne peuvent et ne doivent consacrer toutes leurs forces à la seule activité pastorale », mais « leur principale mission consiste en autre chose : annoncer le Royaume de Dieu, en vivant dans l’ascèse et l’hésychasme ». « Il est extrêmement difficile dе combiner l’un avec l’autre [c’est-à-dire activité pastorale et hésychasme, ndt], et les exceptions sont très rares ». « Le meilleur apport des moines aux laïcs, est leur renoncement au monde, exprimé dans la prière silencieuse et l’aspiration ardente envers Dieu. Nous devons comprendre que les laïcs aspirent à voir au monastère non des moines qui sauraient tout, auraient suivi les derniers événements et seraient prêts à proposer la solution à différents problèmes politiques et sociaux… Les laïcs viennent au monastère afin de se détacher du quotidien et être en contact avec l’éternité, or ils trouvent toute la réalité prosaïque du monde », a conclu l’higoumène de Simonos Petras.

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Recension: Grégoire de Nysse « Réfutation de la profession de foi d’Eunome »

refutationGrégoire de Nysse, Réfutation de la profession de foi d’Eunome. Texte grec de W. Jaeger (GNO II), introduction et notes de Raymond Winling, traduction de Michel van Parys. Précédée de la Profession de foi d’Eunome. Texte grec de R. P. Vaggione, introduction, traduction et notes de Raymond Winling, « Sources chrétiennes » n° 584, 2016, 334 p.
La Réfutation de la Profession d’Eunome de saint Grégoire de Nysse, écrite en 381, fait suite à ses trois livres Contre Eunome, et vise comme eux à réfuter les erreurs dogmatiques d’Eunome, promoteur avec Aèce de l’anoméisme, un avatar de l’arianisme.
Dans le Contre Eunome, saint Grégoire avait réfuté dans le détail trois traités volumineux d’Eunome intitulés Apologie de l’Apologie. Sa Réfutation de la Profession d’Eunome réfute un livre intitulé Profession de foi, qui est un résumé, en environ 6 pages, de la doctrine d’Eunome rédigé par celui-ci à la demande de l’empereur Théodose, et qui est également publié dans ce nouveau volume de la collection « Sources chrétiennes ». Saint Grégoire y formule ses objections de manière concise, renvoyant pour plus de plus amples développements à ses traités anti-eunomiens précédents.
Eunome est subordinationiste, et à ce titre nie la divinité du Fils et du Saint-Esprit. Il croit que le Père est « le seul et unique vrai Dieu » que désigne saint Matthieu, et que l’essence divine s’identifie avec « l’inengendré » ; il n’y aucune autre personne donc qui partage sa nature et puisse lui être associé (si bien qu’Eunome, comme les Ariens, récuse la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » et ne baptise qu’ « au nom du Père »). Eunome rassemble toutes les expressions de l’Écriture où le Père paraît être « à part » et supérieur à tout autre semblable (« Dieu des dieux », « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs ». Le Fils, « Unique engendré », est inférieur à lui du fait de sa qualité d’engendré, et Dieu (le Père) ne partage pas dans l’engendrement son essence avec lui. Le Fils certes le « Seigneur de gloire » mais comme ayant reçu sa gloire du Père et non comme la partageant avec lui du fait qu’il aurait une même nature que lui. Il est « premier-né de toutes les créatures » et donc se situe au même niveau qu’elles. Il est semblable à Dieu, mais seulement en tant qu’image et sceau de l’activité et de la toute-puissance du Tout-Puissant. Il est le créateur des êtres, mais en tant que tenant de Dieu (le Père) le pouvoir de créer et sans avoir ce pouvoir par essence. Le Saint-Esprit, qu’Eunome appelle généralement « le Paraclet » en voulant le réduire à cette qualité, est venu à l’existence du fait du « Dieu unique », à savoir le Père, par l’entremise du Monogène, auquel il est soumis une fois pour toutes. Il n’est pas compté après le Père ni avec lui, et n’est pas non plus égal au Fils. Il est la première œuvre de celui-ci, et c’est en cela seulement qu’il dépasse toutes ses autres œuvres. Il a toutes les fonctions et les pouvoirs que lui attribuent les Écritures, mais agit sous la direction du Fils qui lui octroie la grâce, ne possédant donc pas cette grâce du fait de sa nature.
Grégoire de Nysse, dans sa réfutation d’Eunome commence par faire valoir que la doctrine chrétienne trouve son fondement dans la Tradition qui remonte jusqu’à l’enseignement du Christ, et ne peut être correctement comprise qu’à l’intérieur de cette Tradition. La méthode d’Eunome qui s’appuie sur des expressions isolées de l’Écriture est insuffisante car non seulement l’Écriture ne peut être correctement comprise que dans le cadre de cette tradition, mais ses expressions ne peuvent être interprétées de manière séparée mais exigent d’être comprises à la lumière de toutes les autres. Cette précision de la conception chrétienne reste utile aujourd’hui pour s’opposer tant au principe protestant de la « sola scriptura » qu’aux diverses sectes qui ne cessent de se référer aux Écritures, mais se montrent incapables de les interpréter correctement, faute de les comprendre dans leur contexte global d’une part, et à la lumière de la tradition, de l’enseignement et de la vie de l’Église d’autre part.
Grégoire note ensuite que le Fils et l’Esprit sont toujours avec le Père et ne peuvent en être dissociés. Cependant, il ne s’agit pas d’une simple association, mais d’une véritable union, reposant sur une unité fondamentale.
Dans la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », « le nom unique posé devant la profession de foi nous signifie clairement l’unité d’essence des personnes que la foi confesse, et les trois appellations ne nous apprennent pas une différence de nature, mais nous font seulement connaître la différence des hypostases. »
« Le seul et unique vrai Dieu » dont parle saint Matthieu ne désigne pas le Père seul, mais aussi le Fils, car le Fils a dit « le Père et moi nous sommes un », le « un » ne signifiant pas seulement une union intime, mais l’unité de la divinité (l’essence ou la nature divine) qu’ils ont en commun.
Grégoire remarque ensuite qu’Eunome comprend mal la notion de consubstantialité. Puis il montre qu’il a tort de nier la pleine divinité du Fils, aucune expression de l’Écriture mise en avant par lui ne permettant une telle réduction. Dans les expressions « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs », le premier terme ne désigne pas le Père et le second le Fils, mais ces expressions qui s’appliquent au Père s’appliquent pareillement au Fils. De même l’expression « Très-Haut dans les cieux » s’applique-t-elle également au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Eunome se trompe en attribuant au Père seul certaines propriétés divines, comme la toute-puissance. En effet, « celui qui a tout ce qui appartient au Père, est un autre lui-même du Père, sauf le fait d’être père, et celui qui a tout ce qui appartient au Fils, manifeste en lui-même le Fils tout entier, sauf le fait d’être Fils. »
Grégoire montre que l’un des arguments de d’Eunome selon lequel  « dans l’acte d’engendrer, [le Père] ne partage pas sa propre substance, et le même n’est pas engendrant et engendré et le même ne devient pas non plus Père et Fils » est confus – comme dans la plupart des hérésies il y a là une confusion de l’essence et des propriétés hypostatiques – et témoigne d’une mauvaise compréhension de l’engendrement, lequel – même au semple niveau humain – n’exclut pas une transmission de la nature.
Grégoire montre ensuite que ce qu’Eunome dit de la puissance créatrice du Père en la lui réservant, vaut en fait aussi pour le Fils, à qui elle appartient pareillement. Il en va de même de la puissance en général, de la royauté ou de la gloire, qui ne sont pas des propriétés hypostatiques du Père mais des attributs communs attachés à l’essence divine.
Quant aux expressions, appliquées au Fils, de « Fils de Dieu », « Monogène » (unique engendré), ou « Premier-né », elles ne signifient pas qu’il se situerait, du fait d’être engendré, en dehors de la nature du Père. Grégoire s’étend longuement à monter le sens du mot « génération », sur lequel Eunome se méprend jusqu’à identifier « l’inengendré » (propriété hypostatique du Père) avec l’essence divine, et à assimiler en conséquence « l’engendré » (propriété hypostatique du Fils) avec quelque chose d’extérieur à cette essence. Il est d’ailleurs dangereux, comme le fait Eunome, de substituer au nom de « Père » le nom d’ « Inengendré », car d’une part cela masque la relation intime (de nature) qui existe entre le Père et le Fils, et d’autre part cela induit de manière perverse chez les lecteurs une assimilation du Fils avec tous les autres êtres engendrés dans le sens de créés.
L’expression « le Seigneur m’a créé principe de ses voies en vue de ses œuvres » (Prov 8, 22) se réfère à la nature humaine du Christ et non à sa personne. Et quand saint Jean dit que le Verbe était dans le principe (Jn 1, 1), on comprend que « le Verbe qui est dans le principe ne peut pas être séparé du principe dans lequel il est, et qu’il ne peut jamais commencer ni cesser d’être dans le principe […] Car il est vraiment unique le principe dans lequel nous contemplons, sans les séparer, le Verbe uni en tout au Père ».
Grégoire dénonce ensuite le caractère pernicieux des formulations équivoque d’Eunome, dont « le discours ressemble à un pain contenant beaucoup de sable » car « il mélange aux saines doctrines des opinions hérétiques, rendant immangeable même ce qui est nourrissant à cause du sable qui y est mêlé ». Par exemple Eunome affirme que la parole qu’il attribue du Père « je ne donnerai pas ma gloire à une autre » (Is 42, 8) a en vue le Fils, alors qu’elle a en vue l’Adversaire, le diable ; par ailleurs Eunome ne vois pas que l’auteur de cette parole est le Fils, car c’est lui « qui a parlé par les prophètes » (He 1, 1).
Alors qu’Eunome voit dans l’obéissance du Christ mentionnée dans l’Écriture un signe de sa sujétion au Père et de son infériorité par rapport à lui, Grégoire montre qu’elle se rapporte seulement à sa kénose volontaire, dans le cadre de son économie salvatrice, mais non à sa nature : « En effet, lorsqu’il est venu pour accomplir le mystère de la croix, celui qui s’est abaissé jusqu’à la condition d’un esclave et qui s’est humilié en prenant la ressemblance et la figure d’un homme, reconnu comme homme dans l’humilité de la nature humaine, c’est alors qu’il devint obéissant, lui qui a pris sur lui nos faiblesses et qui a porté nos maladies, qui a guéri la désobéissance des hommes par sa propre obéissance, afin de guérir par ses plaies notre blessure et afin d’anéantir par sa propre mort la mort commune des hommes ; c’est alors qu’il devint obéissant à cause de nous, comme il est devenu péché et malédiction à cause de son bienveillant dessein en notre faveur. Il n’était pas cela par nature, mais il l’est devenu par amour des hommes. »
Tandis qu’Eunome met en avant le rôle de médiateur du Christ pour le faire apparaître comme un être intermédiaire entre Dieu et l’homme, inférieur à Dieu donc, Grégoire monte que cette notion loin d’exclure la divinité du Christ l’inclut, et que dans cette fonction de médiateur le Christ, Dieu par nature, vise, en la nature humaine qu’il a assumée, à rendre les hommes participants de la nature divine ; loin donc d’inférioriser la nature du Christ, elle élève au contraire la nature humaine : «  La nature humaine s’était révoltée jadis à cause de la malice de l’Adversaire et elle était asservie au péché et elle était devenue étrangère à la vie véritable. Après cela, le Seigneur de la créature rappelle sa créature et il devient homme tout en étant Dieu. Il était tout entier Dieu et il devint tout entier homme. Et ainsi, la nature humaine fut intimement unie à Dieu, l’homme qui est dans le Christ opérant la médiation ; et grâce à nos prémices qui ont été assumées, toute la pâte a été intimement unie à Dieu par sa puissance. »
Eunome n’admet entre le Fils le Père qu’une simple ressemblance, ce qui n’autorise pas à considérer le Fils comme Dieu. Grégoire montre alors qu’il existe différents types de ressemblance, et que selon l’une d’entre elle – qui s’applique au Fils – « il n’y a pas de différence de nature entre ceux qui se ressemblent, et le caractère général et la forme impliquent communion ».
Grégoire continue à redresser les interprétations d’Eunome concernant d’autres formules de l’Écriture, comme « image » ou « sceau de l’énergie du Tout-Puissant ».
Puis il s’en prend à d’autre aberrations dogmatiques des ariens, comme l’affirmation que « ce n’est pas l’homme entier qui a été sauvé par le Christ, mais la moitié de l’homme, à savoir le corps ».
Après avoir démontré contre Eunome la divinité du Fils, Grégoire complète son traité en démontrant la divinité de l’Esprit Saint qu’Eunome conteste également.
Eunome cherche à identifier l’Esprit à la qualité de « Paraclet » pour mieux le séparer du Fils et du Père, mais Grégoire montre qu’elle appartient également à ceux-ci, car là encore ce n’est pas une propriété hypostatique, mais une qualité qui se rattache à la nature divine commune. Il en va de même de la Vérité lorsque l’Esprit Saint est appelé « Esprit de vérité ».
Contre Eunome qui affirme que l’esprit est l’un des êtres venus à l’existence par le Fils et est condamné à une soumission éternelle, Grégoire démontre par plusieurs arguments qu’il est par nature égal au Père et au Fils, et supérieur par essence à tous les êtres créés.
Le dernier chapitre est un bel exposé sur les opérations de l’Esprit, qui montre que la théologie des énergies divines, était déjà bien présente et élaborée chez saint Grégoire de Nysse. L’argument de base de Grégoire est que, l’énergie se rapportant à la nature (l’énergie est une opération d’une puissance de la nature), si l’Esprit a la même énergie que le Père et le Fils, il a aussi la même nature qu’eux : « Eunome dit que le Saint-Esprit “accomplit toute énergie et tout enseignement”. Quelle énergie ? S’agit-il de cette énergie qui, selon la parole du Seigneur, est celle du Père et du Fils, lui qui opère jusqu’à ce jour a le salut humain, ou s’agit-il d’une autre énergie que celle-là ? Car si telle est l’énergie de l’Esprit, il aura évidemment la même puissance et la même nature que le Père, et il n’y aura pas lieu d’affirmer à son sujet qu’il est d’une autre nature que Dieu. Car de même que si quelque chose opère les effets du feu, c’est-à-dire illumine et chauffe de la même manière, cela est évidemment du feu, de même aussi, si l’Esprit fait les œuvres du Père, on doit évidemment attester qu’il possède la même nature que lui. Mais si l’Esprit opère quelque chose d’autre que notre salut et s’il s’avère qu’il déploie son activité dans un but contraire, il sera démontré par là qu’il possède une autre nature et une autre essence. Mais le Verbe lui-même confirme par son témoignage que l’Esprit vivifie, tout comme le Père et le Fils. Il résulte donc de l’identité de leurs énergies que l’Esprit n’est pas du tout étranger à la nature du Père et du Fils. »
Ces quelques aperçus montrent l’intérêt théologique de ce traité de saint Grégoire de Nysse dont les démonstrations sont précisées et complétées dans les trois gros volumes de son Contre Eunome.
Cette réfutation de l’arianisme garde un intérêt actuel, car un nombre non négligeable de chrétiens en Occident (catholiques, et surtout protestants) ne croient plus en la divinité du Christ. Dans sa catéchèse du 20 juin 2007, le pape Benoît VI visait le néo-arianisme de certains théologiens catholiques. et Laurent Gagnebin, doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, présente ainsi la foi du protestantisme libéral : « À propos de la divinité du Christ, le protestantisme libéral dit qu’elle se trouve dans la perfection de l’humanité de Jésus. Parce que Jésus a été l’homme parfait, on salue en lui quelque chose qui nous vient de Dieu.» Une formule qu’Eunome n’aurait pas désavouée.

Jean-Claude Larchet

Près de 100.000 habitants de Saint Pétersbourg se sont prononcés contre la restitution à l’Église orthodoxe russe de la cathédrale Saint-Isaac

Plus de 98.000 de Saint-Pétersbourgeois ont signé une pétition contre la restitution à l’Église orthodoxe russe de la célèbre cathédrale Saint-Isaac. Selon une directive municipale en date du 30 décembre 2016, l’église doit être restituée avant le 1er mars 2017, pour une période fixée à 49 ans. Les auteurs de la pétition demandent aux autorités « de ne pas permettre le transfert à l’Église orthodoxe russe des cathédrales Saint-Isaac et Saint-Sauveur-Sur-le-Sang (église érigée en mémoire de l’assassinat du Tsar Alexandre II en 1881) ». Selon eux « le transfert à l’Église orthodoxe russe des monuments-musées, qui sont des cartes de visite de Saint-Pétersbourg, mènera à la limitation des visites par les touristes. Il y a des craintes qui ne sont pas sans fondement, que les efforts de l’Église orthodoxe russe seront insuffisants pour procéder aux restaurations à grande échelle de ces objets uniques du patrimoine culturel, voire même à leur conservation dans leur état actuel ». Les auteurs de la pétition considèrent en outre que la composante culturelle de la cathédrale Saint-Isaac, disparaîtra complètement, étant donné que, selon eux, il est peu probable que l’on continue à y organiser des excursions, des expositions et des concerts de musique classique. Or, comme l’a communiqué aux journalistes le secrétaire de presse du gouverneur de Saint-Pétersbourg, A. Kibitov, la cathédrale Saint-Isaac sera transmise à l’Église russe, mais conservera sa fonction de musée conformément à l’accord conclu entre le gouverneur G. Poltavtchenko et le patriarche Cyrille. De son côté, le président du Département des relations entre l’Église et la société du diocèse de Saint-Pétersbourg, l’archiprêtre Alexandre Péline, a rappelé que l’architecte de la cathédrale, Auguste de Montferrand, a fait figurer sur la frise du monument les paroles tirées de la sainte Écriture : « Ma maison sera appelée maison de prière ». « La décision (de transférer la cathédrale à l’Église orthodoxe russe)… sera une décision juste. Il n’y en a aucune autre. Un magasin doit être un magasin, un hôpital, un hôpital, un musée, un musée, une église, une église… » a-t-il déclaré. Quant à V. Legoïda, président du Département des relations de l’Église orthodoxe russe avec la société et les médias, il a déclaré à son tour : « Le transfert se produit non seulement en conformité avec notre législation, mais avec le doit international : en entrant au Conseil de l’Europe en 1996, la Fédération russe s’est engagée à transférer aux organisations religieuses les objets à but religieux. C’est une obligation internationale ». V. Legoïda a rappelé en outre que l’UNESCO ne s’est jamais opposée à ce que les objets se trouvant sous sa protection soient administrés par des organisations religieuses. À titre d’exemple, on peut citer l’ensemble architectural de la Laure de la Trinité Saint-Serge, ainsi que les monastères de Novodievitchi et Solovki ». « Quant à ceux qui expriment des craintes que l’Église ne puisse faire face à ses engagements, je voudrais leur rappeler… que les exemples mentionnés de remarquable coopération entre l’Église et les musées, à l’heure actuelle, montrent que nous pouvons faire face » a ajouté V. Legoïda, appelant au dialogue constructif tous ceux qui ne sont pas indifférents au sort de la cathédrale Saint-Isaac. Cette cathédrale fut construite de 1818 à 1858, selon les projets de l’architecte français Auguste Ricard de Montferrand. Sa hauteur est de plus de 100 mètres et sa surface intérieure dépasse 4000 m2. Fermée en 1928 par les bolcheviques, la cathédrale fut transformée en 1931 en musée de l’athéisme jusqu’en 1937, où elle devint un musée d’histoire et de l’art. En 2012, sa propriété a été transférée à la municipalité de Saint-Pétersbourg. Trois ans plus tard, le diocèse de Saint-Pétersbourg de l’Église orthodoxe russe s’est adressé aux autorités municipales pour disposer du lieu de culte, mais il se vit alors opposer une fin de non-recevoir.

Source : 1, 2 et 3

Le rapport de Mgr Athénagoras de Belgique sur «La cohésion sociale et le phénomène de la peur. La mission des dirigeants et la contribution de l’Eglise. L’Etat de droit»

Pour lire le rapport  de Mgr Athénagoras de Belgique (Patriarcat de Constantinople) lors du Ve Forum européen catholique-orthodoxe, qui s’est tenu à Paris du 9 au 12 janvier, cliquez ICI !

Podcast audio: “Orthodoxie” (France-Culture), “Livres”

510_pc140450L’émission Orthodoxie sur France-Culture (podcast audio ci-dessous) du 8 janvier avait pour thème: “Livres”. Elle présentait deux ouvrages récemment parus: La royauté et le sacré du P. Christophe Levalois, aux éditions du Cerf, et Ils sont pleins de vin doux de François Orfeuil aux éditions Saint-Léger. Présentation: “La royauté et le sacré : le rapport entre ces deux notions ; le sacré comme contenu du pouvoir royal ; le sens pour notre époque d’un livre sur la royauté. Ils sont pleins de vin doux : le vin et la vigne, deux notions très présentes dans l’Ancien et le Nouveau Testament ; le vin, sang de l’eucharistie ; un poème de Venance Fortunat (6e siècle). La royauté, le sacré, le vin et la vigne comme symboles.”

Message final du Ve Forum européen catholique-orthodoxe

Le Ve Forum s’est déroulé à Paris, la capitale française, sur invitation de l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. Les travaux ont ensuite été guidés par les deux co-présidents du Forum, le métropolite Gennade de Sassime du Patriarcat œcuménique, et, au nom de la présidence du CCEE, par le cardinal Péter Erdő, archevêque d’Esztergom-Budapest.
message_final_5eforum cathedrale-grecqueOutre les riches sessions de travail, les participants ont eu la possibilité de rencontrer et de prier avec les communautés locales respectives : le 10 janvier à la cathédrale Saint-Stéphane de la métropole grecque de France pour une prière œcuménique (une doxologie) accueillie par le métropolite Emmanuel de France (Patriarcat œcuménique), président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et le 11 janvier à la cathédral de Notre-Dame pour une prière à l’occasion de l’exposition de la Couronne d’épines, guidée par Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris. Au cours de la rencontre, les participants ont pu apprécier le chaleureux accueil du nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura. Le patriarche œcuménique Bartholoméé a envoyé un message de salutations et de bénédictions patriarcales, souhaitant le succès, des résultats constructifs et la continuation du Forum. Le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, Italie, était également présent comme nouveau président élu du CCEE. Le 1er Forum Européen orthodoxe-catholique-a eu lieu en 2008 (11-14 décembre) à Trente, en Italie, sur le sujet La famille: un bien pour l’humanité; le 2ème Forum a eu lieu en 2010 (18-22 octobre) sur l’Ile de Rhodes, en Grèce, sur le sujet : Rapports Église-État ; le 3ème Forum s’est déroulé à Lisbonne, au Portugal en 2012 (5-8 juin) sur le thème : La crise économique et la pauvreté. Défis pour l’Europe d’aujourd’hui ; et le 4ème Forum a eu lieu à Minsk, en Biélorussie en 2014 (2-6 juin) sur le sujet : Religion et diversité culturelle : les défis pour les églises chrétiennes en Europe. Les rapports de ces forums ont été publiés en quatre volumes par la maison d’édition Editrice Dehoniane dans la collection Oggi e Domani.

Le Forum catholique-orthodoxe est né de la volonté d’aborder des questions anthropologiques et pastorales dont l’importance est cruciale pour le présent et le futur de l’humanité en Europe et dans le monde entier, dans le but de contribuer à définir des positions communes sur les questions sociales, politiques, morales et économiques. Le Forum ne vise donc pas à aborder des questions doctrinales, qui font l’objet d’autres rencontres qui se tiennent à des niveaux différents. En effet, le Forum ne remplace aucunement le travail de la Commission mixte internationale de dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe qui est en cours depuis 1980. A la fin de travaux, les participant ont écrit un message commun.

Le message, en quatorze points, développe certaines questions traités durant la rencontre : la dignité humaine et la liberté religieuse; l’intolérance religieuse, la discrimination et la persécution; le fondamentalisme et le terrorisme aujourd’hui; la cohésion sociale et le phénomène de la peur dans l’État de droit en regardant à la mission des dirigeants et à la contribution de l’Église ; l’engagement des Églises dans la gestion des conflits et dans la promotion du bien commun et de la solidarité ; et enfin la proclamation de Jésus-Christ comme réponse à la menace tant du fondamentalisme que du terrorisme. Pour lire le message sous format PDF, cliquez ICI :

Les photographies sont disponibles sur cette page !

Vidéo – Bertrand Vergely : « Denys l’Aréopagite » – lundi 2 janvier

Bertrand Vergely nous a parlé le 2 janvier de saint Denys l’Aréopagite dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ».

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

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« Il faut enterrer Lénine, mais le principal est de ne pas causer de préjudice » déclare l’évêque de Iegorievsk Tikhon (Chevnoukov)

Le chef du Conseil patriarcal pour la culture et supérieur du monastère Sretensky de Moscou, l’évêque de Iegorievsk Tikhon considère que le corps de Lénine doit être enterré, mais que toutefois cette question doit être réglée par les autorités. « La Place Rouge, ce n’est pas un cimetière, ce n’est pas le lieu pour un tel genre d’inhumation, mais cette question sera réglée par les gens qui sont attitrés à prendre la décision, après, naturellement, avoir écouté toutes les opinions. Et cette décision, bien sûr, concernera une multitude de facteurs. Le plus important, dans le cas présent, est de ne pas causer de préjudice », a déclaré l’évêque dans une interview à Interfax religion. Le fait que les restes momifiés de Lénine seront transférés ailleurs est pour lui indubitable. « Mais quand cela se produira, cela doit être décidé par ceux qui ont la responsabilité pour que cette décision évidente ne donne pas lieu à certaines conséquences non justifiées par la rapidité de la décision». « Nous dirons qu’il faut le faire, mais pousser des cris pour qu’il faille le faire à cette seconde ou demain, nous ne le ferons pas. Nous ferons connaître notre opinion, qui est partagée par nombre de gens. Mais ensuite, que le décident les gens qui portent la responsabilité de la paix civile dans le pays », a déclaré le hiérarque.

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Une assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce aura lieu au mois de mars 2017

Le Saint-Synode de l’Église de Grèce s’est réuni le 11 janvier 2017 sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. En application de la décision de l’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce en date du 24 novembre 2016, le Saint-Synode a entériné le texte destiné à l’information du clergé et du peuple au sujet des décisions du Saint et Grand Synode de Crète, qui sera publié dans le feuillet intitulé « Pros ton lao » (« Au peuple »). Le Saint-Synode a décidé que l’Assemblée extraordinaire des évêques l’Église de Grèce sera convoquée les 8 et 9 mars 2017. Au cours de ses travaux, les métropolites suivants présenteront des rapports : Mgr Daniel de Kaisariani, Vyron et Hymettos (rapport sur l’éducation ecclésiastique), Mgr Éphem d’Hydras, Spetsès et Égine (rapport sur l’enseignement religieux) et Mgr Chrysostome de Messinia (rapport sur le cheminement du dialogue avec les catholiques romains). Le Saint-Synode a désigné ensuite le métropolite de Dimitrias et Almyros pour prononcer l’homélie du dimanche de l’orthodoxie (le 5 mars 2017) en la cathédrale d’Athènes.

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En raison des fortes chutes de neige, les communications sont interrompues sur le Mont Athos

Depuis cinq jours ont lieu des chutes de neige incessantes sur le Mont Athos. En raison de la mauvaise visibilité, la desserte maritime du Mont Athos est interrompue. La route entre le centre administratif de Karyès et le port de Daphni est couverte de neige. La hauteur de neige est de 1.50 mètres, pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres en certains endroits. Il n’y a pas eu de chutes de neige semblables depuis 1995. En raison de ces conditions météorologiques, les moines des autres monastères n’ont pu se rendre, comme le veut l’usage, aux fêtes patronales des monastères de Konstamonitou (qui commémore le proto-martyr et archidiacre Étienne) et Simonos Petras (qui commémore saint Simon). On peut visionner ci-dessous un film de la TV orthodoxe serbe « Hram » montrant le monastère athonite de Chilendari sous la neige.

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Statistiques de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Le 29 décembre 2016, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a fait son rapport annuel devant les membres du Saint-Synode de cette Église. Il a notamment souligné qu’au cours de l’année concernée, 200 nouveaux moines et moniales ont prononcé leurs vœux, et 3 nouveaux monastères ont été fondés. Le métropolite a présenté la statistique suivante présentant l’évolution de l’Église orthodoxe d’Ukraine au cours des trois dernières années :

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Le patriarche de Roumanie Daniel : « L’eau de la fête du Baptême du Seigneur permet aussi de rafraîchir dans notre conscience le fait que nous sommes baptisés, que nous sommes chrétiens »

Les prêtres exerçant leur ministère à la cathédrale patriarcale de Bucarest ont rendu visite, le 5 janvier 2017, au patriarche de Roumanie Daniel et ont procédé à la bénédiction des locaux de la Résidence patriarcale. Dans son homélie, le patriarche roumain a souligné l’importance et la signification de l’eau sainte (bénie lors de la veille et le jour même de la Théophanie) dans la vie du chrétien. « Nous vous remercions pour être venus avec l’eau sainte, avec « l’aghiasma », à la Résidence patriarcale, comme un signe de conservation de la tradition, mais aussi comme une occasion de renouvellement et de sanctification de la vie. L’eau de la fête du Baptême du Seigneur permet aussi de rafraîchir dans notre conscience le fait que nous sommes baptisés, que nous sommes chrétiens. Le baptême du Seigneur a eu lieu pour que soient offertes de solides bases au baptême des hommes qui croient dans le Seigneur Christ. Le Baptême, au nom et dans la présence de la Très Sainte Trinité signifie la croissance spirituelle dans la vie éternelle qui commence en ce monde » a déclaré le patriarche. En même temps, le primat a mis en évidence le rôle de la bénédiction des maisons et la présence de l’Église dans la vie des fidèles. « La bénédiction des maisons est un signe de joie, de bénédiction, de protection, par lequel chaque maison devient une icône de la grande Église dans laquelle se rassemblent les fidèles. Dans notre tradition roumaine, dans le salon, sur le mur situé à l’Est se trouvent de nombreuses icônes pour montrer que nous n’oublions pas l’Église, mais que nous avons reçu l’Église dans nos maisons », a conclu le patriarche.

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Fête de la Théophanie en Albanie

Le site officiel de l’Église orthodoxe d’Albanie a publié de nombreuses photos sur la fête de la Théophanie dans les principales villes du pays. On peut visionner ci-dessous un film sur la fête en la cathédrale de Tirana, avec le chant du tropaire de la Théophanie, puis quelques extraits de la liturgie célébrée par l’archevêque Anastase, primat de l’Église orthodoxe d’Albanie, et de la bénédiction des eaux. D’autres vidéos présentent la bénédiction des eaux à Durrës, Fier, Korçë, Vlorë, Gjon et Berat.

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« Flash mobs » et chants populaires de Noël (« koliadki ») dans différentes villes d’Ukraine

Les fidèles de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont procédé à des « flash mobs » et chanté des « koliadki » (chants populaires de Noël) pendant les jours de fêtes. Les « koliadki », les hymnes au Christ Sauveur, ont résonné dans les paroisses, les rues et les lieux publics d’Ukraine. Le 8 janvier a commencé le « marathon » des chants de Noël dans le diocèse de Lvov de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Les fidèles exécutent les chants dans les églises, et se rendent d’une paroisse à l’autre. La « flash mob » a été ouverte par le chœur de l’église Saints-Pierre-et-Paul de la ville de Jovkva, dans la région de Lvov. À Odessa, le chœur des jeunes du diocèse a chanté les « koliadki » dans les tramways qui circulaient dans la ville le soir du 8 janvier. Des jeunes garçons et filles ont voyagé dans cinq wagons peints aux couleurs de fête, annonçant joyeusement la bonne nouvelle de la Nativité dans les rues de la ville. À la fin du voyage, tous les participants se sont rassemblés près de la crèche sur la place Starosennaïa, où ils ont chanté le tropaire et le kondakion de la Nativité. À Zaporojié, près de 40 personnes ont participé à la « flash mob » au centre commercial. Les prêtres et leurs familles et leurs enfants, les paroissiens et le chœur de la cathédrale de la Protection de la Mère de Dieu ont chanté quelques « koliadki ». À la fin des chants, les participants on chanté « ad multos annos » à tous les spectateurs, aux habitants de la ville et du pays. Dans le village de Bogoroditchnoïé, les enfants de l’école du dimanche de la skite de la Laure de Sviatogorsk ont chanté devant les moniales et les paroissiens les stichères de Noël et les « koliadki », le jour de Noël, le 7 janvier selon l’ancien calendrier. Plusieurs petits films de ces manifestations peuvent être visionnés sur le site ci-dessous.

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Vème Forum européen des orthodoxes et catholiques, à Paris, au sujet de « L’Europe dans la crainte de la menace du terrorisme fondamentaliste et la valeur de la personne et la liberté religieuse »

conferce_evequesDu 9 au 12 janvier 2017 a lieu à Paris le Vème Forum des Églises orthodoxes en Europe et du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe de l’Église catholique-romaine (CCEE). Le thème traité est « L’Europe dans la crainte de la menace du terrorisme fondamentaliste et la valeur de la personne et la liberté religieuse ». Le Forum est une initiative du CCEE et du Patriarcat œcuménique avec le consentement des Églises orthodoxes qui sont actives en Europe. L’hôte de la conférence est l’archevêché catholique de Paris. Le programme complet se trouve sur le site du CCEE avec la liste des participants.

Sources : 1 et 2

La Commission spéciale de la Sainte Communauté du Mont Athos demande que soient apportées des modifications au texte du Concile de Crète intitulé « les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

Faisant suite à la décision de la Synaxe double du Mont Athos réunie le 23 septembre 2016 qui a créé une Commission de la Sainte Communauté chargée d’examiner les documents officiels finaux du Concile de Crète, celle-ci a remis ses conclusions, qui ont fait l’objet d’une circulaire destinée à chacun des higoumènes des vingt monastères du Mont Athos. La Commission était constituée du hiéromoine Chrysostome du monastère de Koutloumousiou, de l’archimandrite Joseph, higoumène du monastère de Xiropotamou, de l’archimandrite Élisée, higoumène du monastère de Simonos Petras, de l’archimandrite Tykhon, higoumène du monastère de Stavronikita, et du hiéromoine Luc, du monastère de Grigoriou. Nous publions sous format PDF in extenso le texte de la circulaire, qui vient d’être rendue publique dans les médias grecs.

Vidéo – Bertrand Vergely : « La Samaritaine » – lundi 12 décembre

Bertrand Vergely nous a parlé le 12 décembre 2016 du “la Samaritaine” dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ».

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

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Radio (“Orthodoxie”, France Culture): “Livres”

510_pc140450L’émission de radio “Orthodoxie” sur France-Culture, du dimanche 8 janvier à partir de 8h07 heures sera consacrée à deux livres récemment parus: La royauté et le sacré du P. Christophe Levalois, aux éditions du Cerf, et Ils sont pleins de vin doux de François Orfeuil aux éditions Saint-Léger. Présentation: “La royauté et le sacré : le rapport entre ces deux notions ; le sacré comme contenu du pouvoir royal ; le sens pour notre époque d’un livre sur la royauté. Ils sont pleins de vin doux : le vin et la vigne, deux notions très présentes dans l’Ancien et le Nouveau Testament ; le vin, sang de l’eucharistie ; un poème de Venance Fortunat (6e siècle). La royauté, le sacré, le vin et la vigne comme symboles.”

Message de Noël du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

 

LA PAIX DE DIEU – CHRIST EST NE !

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (Lc 2,14)  

Nous voici cette année encore devant la fête de la Nativité, fête de l’amour infini de Dieu, car c’est aujourd’hui que dans la ville de David nous est né le Christ Seigneur (Lc 2,11), l’Emmanuel qui signifie Dieu avec nous (Mt 1,23). Ce grand mystère de l’Incarnation du Dieu Logos, caché depuis le commencement des siècles (Jn 1,2), avait été d’abord annoncé par les anges de Dieu dans leur hymne de Noël plein d’amour et de paix (Lc 2,14). Puis se joignirent à eux les bergers et les sages venus d’Orient, rassemblant ainsi le ciel et la terre autour du Dieu-enfant Christ, les anges et les hommes, et tous les peuples de la terre dans le temple du Dieu vivant (2 Co 6,16).

Comment cet événement de la Nativité du Christ, qui constitue selon les saints Pères un miracle plus important que la création du monde elle-même, nous a-t-il été transmis par les saints évangélistes, témoins oculaires et serviteurs de la Parole (Lc 1,2) ? Dans son évangile, l’apôtre Matthieu s’adresse à ses compatriotes juifs dans le but, sur la base des prophéties vétérotestamentaires, de porter témoignage que Jésus de Nazareth est le Christ ou le Messie, l’Oint de Dieu, le Sauveur du monde (Ps 138 ; Is 7,14). C’est pourquoi il commence son évangile par l’ascendance de notre Seigneur Jésus-Christ (Mt 1, 1-17), soulignant ainsi Sa nature authentiquement humaine. Dans cette généalogie, il mentionne les figures centrales de l’Ancien Testament, en distinguant notamment Abraham et le roi David, car c’est à eux que se rattachent la plupart des prophéties sur la venue du Messie, dont l’accomplissement a eu lieu lors de la Nativité du Christ à Bethléem de Judée (Mt 2, 5-6). La première partie de l’évangile de Matthieu nous dit de façon retentissante que Dieu est devenu un homme véritable, pour nous et pour notre salut (Mt 1,2), alors que dans la seconde partie de cette généalogie Matthieu précise que le Messie est le Dieu-homme, que Sa Nativité est surnaturelle, de l‘Esprit Saint et de la Vierge Marie (Mt 1,20). En assumant Lui-même une véritable nature humaine, le Christ est devenu l’un de nous (Jn 1,14), tout en restant ce qu’Il a été depuis l’éternité – le Fils de Dieu et la Seconde Personne de la Sainte Trinité. Ainsi peut-on résumer la Bonne Nouvelle annoncée par l’évangéliste Matthieu sur le salut de tous les peuples par la foi en Jésus-Christ (Ga 2,16).

Le saint apôtre Luc, dans son évangile adressé à son disciple le pieux Théophile (Lc 1,3), puis à toutes les âmes éprises de Dieu, précise le cadre historique de la Nativité du Christ. Par son témoignage apologétique, il désarme tous les sceptiques et les incroyants qui avaient essayé d’annoncer que le Seigneur Christ était une légende et une personne inexistante, en les assurant que le Christ est une personne historique réelle, le Messie. Comme historien, Luc précise que la Nativité du Christ a eu lieu à l’époque de l’empereur romain Auguste qui a régné entre l’an 27 avant le Christ et l’an 14 après le Christ, lors du recensement général de la population accompli alors que Quirinius était gouverneur de Syrie (Lc 2,2), ce qui correspond à des faits historiques non démentis par les sources scientifiques. Prolongeant Matthieu, l’évangéliste Luc n’évoque pas la Nativité du Christ seulement à l’intention des Juifs mais aussi à celle de tous les peuples de la terre (Lc 2, 29-32). Dans sa généalogie, Luc souligne que le Christ est le Sauveur, le Nouvel Adam, le Chef et le fondateur spirituel du Nouvel Israël, du Royaume béni du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Lc 3, 21-23), ce qui met en lumière la dimension liturgique de cette fête.

Mentionnons brièvement, comme point culminant et point final, le témoignage du saint évangéliste Jean le Théologien sur la Nativité du Christ. Ce disciple bien-aimé et apôtre du Christ prolonge Matthieu et Luc, avec son Protévangile. Il y annonce que le Christ est le Fils prééternel de Dieu, le Verbe de Dieu, le Logos à travers Lequel tout a été créé (Jn 1, 1-3) et Qui comme la lumière est venu dans ce monde (Jn 1,5), afin de nous annoncer la nouvelle et éternelle Alliance entre Dieu et l’homme : « Car la Loi fut donnée par l’entremise de Moïse, la grâce et la vérité advinrent par l’entremise de Jésus-Christ » (Jn 1,17 ; Rm 10,4).

Chers frères et sœurs, tout ce dont les évangélistes ont témoigné, tout ce que les apôtres et les saints Pères ont confirmé, nous aussi nous vous en témoignons aujourd’hui, à Noël, car « Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles » (He 13,8). C’est pourquoi, par souci pastoral et par amour, nous vous convions à prendre tous part à la célébration de Noël, à laisser de côté nos soucis quotidiens, à apporter nos offrandes au Dieu-enfant Christ – de l’or spirituel, de l’encens et de la myrrhe – ce qui signifie foi, espérance et amour – et à aller à la rencontre de Dieu et de nos proches. Saint Jean Chrysostome a appelé Noël, la racine de toutes les fêtes chrétiennes car c’est à Noël que nous ont a été faite la promesse, et de façon mystérieuse et bienfaisante le don par avance, de la Sainte Rencontre, du Baptême, de la Transfiguration mais aussi de la Croix et de la Résurrection du Christ. C’est de là que viennent nos dictons populaires : « Sans Dieu, pas question de franchir le seuil de la maison » et « Il n’y a pas de plus grande fête que Noël », car c’est Noël qui donne l’avant-goût du Mystère de Dieu et du salut de tout le peuple dans l’Eglise du Christ.

Le peuple serbe est un peuple de Noël, une partie du peuple de Dieu, de tout le peuple chrétien. Il est aussi le peuple de saint Sava, le peuple du saint prince Lazare du Kosovo et de tous les autres martyrs et néo-martyrs qui ont souffert en des temps de malheur, comme l’enfant de Bethléem (Lc 2,16), pour la vérité et la justice divines. Nous nous souvenons de leurs sacrifices et les prions de nous mentionner dans leurs saintes prières dans la Bethléem céleste, afin de nous rendre dignes de nos saints ancêtres, comme le disait le patriarche Paul de bienheureuse mémoire.

Noël nous révèle le but et le sens de notre existence terrestre. Dans le langage des saints Pères, Dieu est devenu homme afin que nous les hommes soyons divinisés, afin que nous devenions des « dieux par la grâce » en imprégnant notre être de la plénitude de la bénédiction divine. Il ne s’agit pas d’un maximalisme chrétien, ni d’une utopie anthropologique, mais de la réalité de la vie en Christ, une réalité spirituelle qui est un don de Dieu. Ne permettons donc pas que quoi que ce soit en ce monde, qui « gît au pouvoir du mauvais » (1 Jn 5,19), nous sépare de l’amour de Dieu, révélé en Jésus-Christ, notre Seigneur (Rm 8,35) ! La plénitude de cet amour est dans la Nativité du Christ. C’est pourquoi Noël est vraiment « le jour que le Seigneur a fait pour qu’il soit notre bonheur et notre joie » (Ps 118,24).

Noël nous montre aussi la sainteté de la vie humaine. Cette fête nous convie à la divinisation, non à la destruction, au service de la vie, non seulement biologique mais aussi éternelle, et non à la servitude de la mort. Le saint starets Silouane l’Athonite s’est efforcé au cours de sa vie, à n’écraser ni ver de terre, ni fourmi, ni fleur, ni le moindre brin d’herbe. Toute vie a été donnée par Dieu, en particulier celle de l’être humain qui est en Christ l’icône du Dieu Vivant (2 Co 4,4). Noël nous fortifie en nous rappelant la bénédiction biblique : « Soyez féconds, multipliez, emplissez…la terre ! » (Gn 1,22). Que Dieu permette que cette bénédiction devienne le critère de vie du peuple serbe et de tous les peuples sur terre, car c’est ainsi que l’enfer du fratricide et de l’infanticide serait remplacé par la paix céleste et la plénitude de la vie. Qu’à partir de cette fête de Noël, revive la Serbie et que nos familles soient pleines de joie et des jeux d’enfants ! Le saint Evangile nous rappelle précisément que si nous ne changeons pas et ne devenons pas aussi ingénus que les enfants, nous n’entrerons pas dans le Royaume céleste (Mt 18,3). C’est pourquoi Noël est aussi la fête de nos enfants, la fête de la jeunesse et de l’avenir éternel.

En ces jours bénis de Noël, prions le Seigneur, Roi de paix (He 7,2), pour que s’éteignent les hostilités entre les peuples, pour que Ses enfants à travers le monde soient sauvés et pour qu’Il soit miséricordieux avec nous tous. Que cette fête de Noël ramène à la communauté tous ceux qui se sont éloignés de quelque façon que ce soit de l’Eglise du Dieu Vivant ! Que disparaissent les hérésies et les schismes, afin que tous les hommes, avec crainte de Dieu, foi et amour, accèdent à l’unité et à la vie de l’Eglise, une, sainte, conciliaire et apostolique ! C’est à cette unité que le Seigneur Lui-même a appelé dans Sa prière            comme premier prêtre en disant : « Que tous soient un » (Jn 17,21).

Nous saluons dans ce message de  Noël tous nos enfants spirituels dans la patrie et dans la diaspora et les appelons à vivre ensemble dans un amour fraternel, dans l’amour de Dieu. Nous prions tout particulièrement pour le Kosovo et la Métochie crucifiés, notre berceau spirituel et national, que le grand Njegoš a appelé « lieu de jugement terrible ». Tant qu’il y aura des Serbes, il y aura aussi le Kosovo ! Le Kosovo est l’âme des Serbes ! C’est pourquoi le Kosovo-Métochie restera notre terre, car c’est là que se trouvent notre Golgotha et notre Jérusalem. Que Dieu, seul Ami-des-hommes, donne la paix et la bénédiction à Son peuple et, selon les mots de Silouane l’Athonite, accorde à tous les peuples de la terre de Le reconnaître dans l’Esprit Saint, dans la lumière miraculeuse de Noël !

La paix de Dieu – Christ est né ! En vérité, Il est né !

Bénie soit la nouvelle année 2017 !

  Au patriarcat serbe, à Belgrade – Noël 2016.

Le patriarche serbe IRENEE, avec tous les évêques de l’Eglise orthodoxe serbe et Mgr Luka, évêque d’Europe occidentale

 

Bertrand Vergely : « Siméon le Nouveau Théologien » – lundi 9 janvier

Bertrand Vergely nous parlera le 9 janvier de saint Siméon le Nouveau Théologien dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ». La conférence aura lieu, à partir de 19h30 (ouverture des portes à 19h00), dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour consulter les dates et les thèmes des prochaines conférences, cliquez ICI !

L’Église orthodoxe russe révélera les conclusions de l’expertise des restes présumés de la famille impériale durant le second trimestre 2017

Le supérieur du monastère Sretensky de Moscou, l’évêque de Iegorievsk Tikhon (Chevnoukov) a donné des indications sur le moment auquel seront publiées les conclusions des expertises de l’Église concernant les restes présumés de la famille impériale russe retrouvés à Ekaterinbourg. « Nous espérons, compte tenu de l’ampleur du travail et de la longueur du rapport, que nous pourrons, vers la fin du second trimestre de cette année, présenter les conclusions : celles des enquêteurs seront soumises au comité d’investigation, et les nôtres, à la future Assemblée des évêques de L’Église orthodoxe russe » a déclaré à l’Agence Interfax l’évêque Tikhon, qui fait partie de la Commission ecclésiale pour l’étude des résultats des investigations sur « les restes d’Ekaterinbourg ». En ce qui concerne leur reconnaissance ou non en tant que saintes reliques, « les conclusions définitives seront tirées uniquement par l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe », a précisé l’évêque Tikhon. « Un travail intensif est en cours. Il s’agit d’expertises génétiques, qui sont effectuées dans les meilleurs laboratoires du monde. Une expertise de grande dimension et très intéressante s’achève, avec des données nouvelles, dont je ne peux actuellement parler », a ajouté Mgr Tikhon. « C’est une expertise historique, à laquelle participent nos grands historiens spécialistes des archives, ainsi que des experts criminologiques ». L’évêque Tikhon a qualifié la nouvelle équipe de chercheurs de « très professionnelle ». « Ils ont déjà découvert beaucoup de choses intéressantes, d’une importance certaine. Mais, puisque le dossier n’est pas encore clos, nous n’avons pas le droit de diffuser les détails de l’enquête » a-t-il ajouté.

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Message de Noël du patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie

Eminents évêques, vénérables pères, moines et moniales aimant Dieu, chers frères et sœurs !
En cette Sainte nuit, je vous salue de tout cœur et je vous présente mes vœux à l’occasion de la grande fête de la Nativité du Christ, fête de la réalisation des antiques promesses de salut du genre humain, fête de l’indicible amour que porte le Créateur à Sa création, fête de la venue au monde du Fils de Dieu, le Messie.
Les pères de l’Eglise ont réfléchi au cours des siècles passés au mystère de l’Incarnation. Aujourd’hui, comme jadis, nous prêtons une oreille attentive aux paroles des prières et des chants qui résonnent dans nos églises, nous écoutons pieusement les textes des Saintes Ecritures qui nous relatent ce glorieux évènement et nous ne cessons pas de nous émerveiller de ce miracle divin.
Réfléchissant à la Nativité du Christ, Syméon le Nouveau Théologien a écrit : « En venant dans ce monde Dieu a fait une l’Essence divine et l’essence humaine afin que l’homme se divinise. La Sainte Trinité s’est mystérieusement incorporée en cet homme divinisé de par Sa grâce » (Syméon, homélie 10). Saint Isaac le Syrien nous dit : « Voilà que Dieu s’est revêtu de la nature de l’humanité afin que l’humanité puisse se revêtir de la Nature divine » (Hymne de la Nativité du Christ).
Imprégnés de ces sages paroles questionnons nous : comment pouvons-nous nous orner nous-mêmes de cette Essence divine ? Comment pouvons-nous devenir vraiment à l’image de Dieu ce à quoi l’homme est appelé depuis la création du monde ? Quelles doivent être nos vies pour que « le Christ soit formé en nous » (Ga, 4, 19) ? La réponse est simple : observons les commandements du Sauveur. Reprenant l’apôtre Paul, je m’adresse à vous, mes chers : « Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ » (Ga, 6, 2). Pénétrez-vous d’amour et vous trouverez ainsi la paix de l’âme et la quiétude. Soyez magnanimes à l’égard de tous et la joie remplira vos cœurs, une joie dont personne ne pourra vous départir. « C’est par votre constance que vous sauverez vos vies ! » (Lc 21, 19), vous gagnerez ainsi la vie éternelle.
Nous chrétiens, ne devons pas nous limiter à exhorter les autres à s’inspirer de nobles idéaux éthiques, il nous faut nous-mêmes nous en tenir à ces idéaux dans notre quotidien qui doit en premier lieu être placé au service de nos prochains. Ainsi, de par la Miséricorde divine, nous récolterons les authentiques fruits de l’Esprit : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23).
« Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (He 10, 24). En réussissant à surmonter les conflits et les divisions, nous portons au monde la prédication la plus convaincante de la Nativité et nous témoignons par nos actes de l’extraordinaire beauté et de la force spirituelle que porte la foi orthodoxe.
Nous voilà en 2017 ! Cent ans nous séparent des évènements qui ont transformé d’une manière radicale la vie de la Russie, ce grand pays multiethnique qui a été précipité dans la démence de la guerre civile, les enfants se sont alors dressés contre leurs parents, les frères se sont combattus. Les pertes et les malheurs qui ont par la suite frappé notre peuple ont été pour beaucoup prédéterminés par la destruction des structures de l’Etat et les persécutions de la religion. La société en a été profondément divisée.
C’est avec piété et douleur que nous évoquons l’exploit des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Eglise russe. Nous croyons que ce sont leurs prières qui ont fait que Dieu n’a pas abandonné notre peuple et lui a donné les forces d’accomplir d’admirables exploits dans le labeur et dans les combats, de remporter la victoire dans la plus terrible de toutes les guerres, de reconstruire le pays et de réussir des réalisations qui suscitent l’admiration.
Nous remercions Dieu pour le miracle qui s’est produit aux yeux du monde entier, la renaissance de la foi et de la piété de notre peuple, la renaissance des lieux sacrés qui avaient été détruits, pour les églises et les monastères qui ont été édifiés ; leur existence même est un signe des profonds changements qui surviennent dans le cœur des hommes.
Ces dernières décennies ont été marquées par de graves difficultés, par de grandes épreuves. Ces phénomènes sont de nature provisoire et nous n’avons donc pas à les redouter. L’expérience acquise au cours du siècle passé nous a beaucoup appris et doit nous aider à éviter bien des choses.
Cheminons sans crainte dans la voie du salut car Dieu est avec nous. Renforçons-nous dans la foi car Dieu est avec nous. Pénétrons-nous d’espoir car Dieu est avec nous. Faisons le bien et raffermissons-nous dans l’amour car Dieu est avec nous.
C’est en Dieu que nous plaçons toutes nos attentes car « Il est un rocher éternellement » (Is 26,4) et, selon l’apôtre Pierre « car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12). Que la lumière du Christ éclaire toujours notre cheminement terrestre et que cette voie nous amène dans le Royaume céleste que Dieu réserve à ceux qui L’aiment.
Je séjourne aujourd’hui avec vous tous qui habitez dans divers pays, villes et bourgades et qui constituez l’unique Eglise du Christ dans la joie spirituelle, je prie pour que chacun d’entre vous aie la santé spirituelle et corporelle, pour que la paix règne dans vos foyers, pour que votre labeur soit fructueux. Que le Seigneur et Sauveur incarné à Bethléem donne à chacun d’entre nous la faculté de sentir dans nos cœurs avec une intensité nouvelle Sa présence dans nos vies. Amen.

+ Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie,
Moscou, Noël 2016/2017

Jeudi 22 Décembre 2016

Dans une interview à l’hebdomadaire belgradois « Pečat », l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) donne son point de vue sur le Concile de Crète

Dans le N°452 du 30 décembre 2016 de l’hebdomadaire belgradois « Pečat », l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) a donné son point de vue sur un certain nombre de problèmes de l’orthodoxie, dont le Concile de Crète, que nous reproduisons ci-après :
Question : Le Concile panorthodoxe en Crète, non pas seulement à cause de l’absence de représentants de certaines Églises, et parmi elles l’Église russe, a suscité de nombreux doutes, et aussi des débats théologiques. Qu’est-ce qui a décidé l’Église orthodoxe serbe, qui avait d’abord déclaré qu’elle ne participerait pas, à être présente à ce concile ? Est-ce que quelque chose a été obtenu, ou s’est avéré utile par la venue en Crète (des évêques serbes) ?
Réponse : L’assemblée de Crète, en raison de son potentiel d’une extrême importance et de sa signification pour notre époque, devait être convoqué en tant que Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Vous l’avez qualifiée de réunion panorthodoxe, ce que malheureusement, elle n’était pas. Comme cela est connu, quatre Églises étaient absentes, quatre Patriarcats : Antioche, Russie, Géorgie et Bulgarie. Même s’il l’on fait abstraction des raison intrinsèques de leur absence, nous devons conclure que sans les expériences particulières, par exemple, de l’ancienne Église d’Antioche dans laquelle est né le mot « chrétien », ou de l’Église russe qui a environ trois cents diocèses, c’est malgré tout la plus petite partie de « l’œcuméné » orthodoxe qui était représentée. Le Patriarcat de Moscou a sept universités orthodoxes, cinq académies ecclésiastiques, cinquante-deux séminaires, trente-sept écoles ecclésiastiques, plus de huit cents monastères, dont l’expérience spirituelle et les connaissances ont manqué à l’assemblée de Crète. Ne laissons pas de côté l’Église bulgare avec laquelle nous partageons une expérience historique semblable, et notamment le Patriarcat de Géorgie dont le patrimoine chrétien remonte à l’époque apostolique. Les évêques serbes, en général, se sont appliqués à ce que les positions qui expriment l’Orthodoxie universelle soient présentées lors des discussions. Je suis certain, sans prétention aucune, qu’ils avaient en vue également les Églises absentes. Ma contribution personnelle, dans la mesure où elle avait lieu, était définie dans le cadre des décisions précédentes de l’Assemblée des évêques et du Saint-Synode [de l’Église orthodoxe serbe, ndt], essentiellement dans l’obéissance à l’Église et à notre patriarche. Il convient de mentionner que, malgré tout, dans la majorité des documents adoptés en été en Crète, l’ethos orthodoxe est confirmé fortement. Dans les documents qui concernent le mariage et les problèmes bioéthiques, sont confirmés les vérités anthropologiques et les enseignements fondamentaux de l’Église, par lesquels l’existence humaine est gardée et préservée. Ces vérités seront gardées par l’Église à l’avenir également comme les valeurs les plus sacrées. En ce qui concerne les autres questions, un consensus n’a pas été atteint, pas même dans une assemblée si réduite. Si nous regardons les choses de façon réaliste, la réunion de Crète était néanmoins beaucoup plus qu’une habituelle conférence inter-orthodoxe, comme certains critiques l’affirment, mais elle était aussi, malheureusement, bien moins qu’un Saint et Grand Concile panorthodoxe.

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Le ministère biélorusse de la Santé a renoncé à son projet d’interdire au personnel médical de porter des croix et autres signes d’appartenance religieuse

Le site de l’Église orthodoxe de Biélorussie annonce que le paragraphe sur « l’interdiction de la manifestation ostensible de l’appartenance religieuse » a été enlevé du projet du ministère biélorusse de la Santé intitulé « Sur la confirmation des normes d’éthique et de déontologie médicales ». Le métropolite de Minsk et de Zaslav Paul, exarque patriarcal pour toute la Biélorussie, avait envoyé au Ministre de la santé Vassily Jarko une lettre concernant le projet mentionné, demandant le retrait du paragraphe incriminé .
Dans sa réponse, le ministre de la Santé a déclaré : « Les propositions et les remarques de l’Église orthodoxe de Biélorussie ont été prises en considération et le paragraphe sur « l’interdiction de la manifestation ostensible de l’appartenance religieuse, du port de signes et symboles religieux » sera exclu du projet par le ministère de la Santé de Biélorussie ». Le ministre a également mentionné que « le ministère de la Santé de la République de Biélorussie contribuera à l’avenir également à la coopération mutuelle (avec l’Église) ». Dans sa lettre de remerciements, l’exarque patriarcal a répondu au ministre de la Santé : « La décision que vous avez prise constitue un témoignage clair de votre attention et de votre intérêt pour l’opinion des citoyens croyants de la République de Biélorussie ainsi que de la compréhension mutuelle entre le ministère de la Santé et l’Église orthodoxe de Biélorussie ».

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Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste »

Dans une interview au site internet ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui »), le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, évoque le bilan de l’année 2016, la prière telle qu’elle doit être, le moyen d’évacuer la haine, les intrigues autour de l’Église, les attentes de l’année 2017 et ses souhaits pour la nouvelle année ».

– L’année 2016 touche à sa fin. Comment était-elle pour vous, Votre Béatitude, et pour l’Église ? Qu’y a-t-il eu de mémorable et qu’est-ce qui a été le plus affligeant ?

– L’année passée a été pleine de joies et d’inquiétudes pour l’Église orthodoxe d’Ukraine. Bien sûr, le plus affligeant que tout est que le sang continue à couler en Ukraine, que les gens ne peuvent se réconcilier les uns avec les autres. Néanmoins, la procession qui a eu lieu dans notre terre ukrainienne du 9 au 27 juillet a été une consolation. Elle est partie de l’Est, de la Laure de Sviatogorsk (région de Donetsk), et de l’Ouest, de la Laure de Potchaïev (région de Ternopol), et ces deux cortèges, dans la prière, se sont réunis dans la capitale ukrainienne. Nous avons prié pour toute l’Ukraine, pour l’Église, pour les autorités, pour le simple peuple, et nous avons demandé à Dieu Sa bénédiction. Nous avons demandé et demandons à Dieu ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, nous faibles hommes, à savoir parvenir à la paix pleine de grâce, et nous croyons que le Seigneur nous exaucera.

– Aujourd’hui, il y a de nombreuses intrigues autour de l’Église. Comment cela influence-t-il sa vie intérieure ?

– Effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui dans l’affliction et les épreuves. Mais le Seigneur ne nous a pas promis une vie différente. Il a dit à Ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn. XVI, 33). L’histoire de l’Église regorge de persécutions, vexations, oppressions et autres épreuves que le Seigneur a permises à l’égard de Ses disciples pour leur croissance et leur renforcement spirituels. Bien sûr, nos tribulations, comparées à celles que l’Église du Christ a subies pendant les trois premiers siècles de son existence, ce n’est rien. Les membres de l’Église étaient alors simplement anéantis physiquement, tandis qu’aujourd’hui on ne fait que nous invectiver et nous accuser injustement. Ce sont de petites épreuves pour notre amour et notre patience. Gloire à Dieu pour tout.

– Votre Béatitude, est-il possible d’éteindre le conflit au Donbass dans un proche avenir ?

– L’Église nous dit qu’aucun problème terrestre ne peut être équivalent à la valeur de la vie d’un seul individu ; celle-ci, sur la balance de la Justice divine, est plus précieuse que tous les problèmes. À ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de régler les problèmes terrestres par la guerre, nous rappelons avec amour qu’il existe pour n’importe quel problème une voie pacifique de règlement. L’homme a le don de la parole, à l’aide de laquelle on peut atteindre la compréhension. C’est précisément par ces méthodes que l’Église appelle à résoudre tous les problèmes terrestres et elle prie pour que la paix règne en Ukraine. L’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner mutuellement, d’arrêter de s’entretuer. Telle fut aussi la position de notre Église en d’autres temps, lorsqu’il y avait des guerres semblables, lorsque nos princes se dressaient les uns contre les autres. En ces temps, notre Église appelait également au pardon mutuel, c’est la raison pour laquelle on la haïssait, on chassait des monastères les moines, les évêques. Ensuite, les puissants de ce monde ont commencé à comprendre que l’Église a raison, ils corrigeaient leurs fautes et se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra dans la situation présente. Tous doivent s’humilier : les forts et les faibles, les simples gens et ceux qui détiennent le pouvoir, les riches et les pauvres, il faut à tous rechercher la voie de la paix pour régler les problèmes terrestres. Recherchons l’humilité, repentons-nous de nos péchés, et alors le Seigneur rendra la paix à l’Ukraine et nous bénira tous.

– Que pouvez-vous conseiller à un homme, qui ne peut pas pardonner une offense mortelle, qui éprouve une haine tenace ? Comme se dominer ?

– La haine entre les hommes naît de l’orgueil. Nous devons lutter contre l’orgueil à l’aide de l’humilité. L’humilité est la vertu primordiale que Dieu nous enseigne. Elle ne constitue pas une faiblesse, comme le considèrent certains. L’humilité chrétienne est une évaluation critique de sa propre personne, c’est la capacité de l’homme de trouver sa place dans ce monde vaste, divers. Lorsque l’homme peut s’évaluer lui-même correctement, lorsqu’il trouve sa place dans cette vie, il peut alors se soumettre à la volonté Divine. Et lorsque l’homme adopte des positions justes dans ce monde à son propre égard, à celui du prochain et de toute la création, il devient apte à voir la bonté et l’amour de Dieu et à se soumettre à la volonté de Dieu. Celle-ci, dans la langue spirituelle, s’exprime par un seul mot : l’humilité. Par l’humilité dans l’âme, l’homme acquiert l’amour spirituel et la paix intérieure.

– Il vous est advenu de prendre la direction de l’Église à un moment charnière de l’histoire de l’Ukraine. Avez-vous un saint ou une prière qui vous sont chers et auquel, ou par laquelle, vous vous adressez lors du moment difficile ?

– Chaque saint aidera, chaque prière sera forte, si l’homme tourne son visage vers Dieu. L’homme sait alors que Dieu l’aide toujours, s’il Le recherche, s’il L’honore, s’il s’efforce de Lui être agréable. Si l’homme se tourne vers Dieu, Il lui donne tout ce qu’il lui faut pour la vie terrestre et la vie éternelle, et Il l’aide lors du moment difficile.

– Votre Béatitude, vous êtes un grand homme de prière, vous vous efforcez de vous faire remarquer le moins possible, vous aimez la solitude. Et soudain vous vous êtes retrouvé chef de l’Église. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ? Celui-ci était-il joyeux ou était-ce là une source d’anxiété ?

– Je ne prétends pas être un homme de prière, je veux seulement apprendre la prière, et jusqu’à maintenant je n’ai pas de quoi me vanter. En ce qui concerne mon élection, je l’ai reçue comme une croix que le Seigneur a posée sur mes épaules pécheresses. J’ai pensé sur la façon de me comporter afin d’accomplir dignement cette obédience, afin de ne pas m’éloigner de Dieu, de Ses commandements. Ce n’est qu’avec Lui et par Sa grâce que l’homme peut supporter les charges et les épreuves qui lui sont assignées. Les règles de cette vie sont semblables pour tous, tant pour le laïc, que pour le simple moine, que pour le métropolite. La différence est qu’au métropolite, il sera plus demandé. C’est ce à quoi j’ai pensé.

– Qui a joué le rôle le plus important dans votre vie ? Qui, pour vous, est un exemple de vie ?

– Pour moi personnellement, l’exemple d’un tel service de Dieu et de l’Église sont saint Nicolas, saint Basile le Grand, saint Dimitri de Rostov qui, par leur prédication et leur exemple personnel d’humilité et de miséricorde chrétiennes, ont acquis la grâce de Dieu. L’homme porte en lui l’image de Dieu, par laquelle Il l’a orné. Il y a dans chacun de nous deux personnes : le nouveau et l’ancien. Le nouveau aspire à vivre selon l’Évangile, tandis que l’ancien qui consiste du vice, nous incline vers le péché. Ces deux hommes, le nouveau et l’ancien, luttent continuellement l’un contre l’autre, c’est une véritable guerre. Si nous commençons à pécher, nous renforçons notre vieil homme, et lorsque celui-ci commence à vaincre l’homme nouveau, nous devons agressifs et mauvais. Tous les saints ont trouvé en eux les forces pour se dresser contre le vieil homme, raison pour laquelle je m’incline devant la mémoire de saint Onuphre le Grand, mon protecteur céleste, et les saints moines de la Laure des Grottes de Kiev, saint Serge de Radonège, saint Job de Potchaïev. Chaque saint, envers lequel, j’ai moi-même, pécheur, une quelconque relation, constitue un digne exemple à imiter. Il nous montre comment revenir à l’image de Dieu qui est en nous et à la préserver. Lorsque nous prions, nous invoquons sur nous la grâce du Très saint Esprit, qui nous transfigure, qui fait revenir en nous la paix perdue, qui remet tout en place dans notre vie. La prière aide l’homme à comprendre Dieu correctement. Si l’homme prie avec un cœur ouvert, avec repentir et humilité, Dieu le console souvent par la joie, et le sentiment de bonheur.

– Comment voyez-vous l’année prochaine 2017 et le futur immédiat de l’Ukraine et de la paix ? Y a-t-il des raisons d’être pessimiste ou êtes-vous optimiste ?

– Je suis optimiste, le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste. Les chrétiens ne doivent être tristes que de leurs péchés. Si l’homme commence à confier sa personne à Dieu, il commence alors à bâtir sa vie sur les lois divines, il purifie de plus en plus son âme du péché, il voit Dieu plus clairement, et l’avenir ne lui semble pas sombre et bouché. À l’issue des tunnels les plus sombres du désespoir, le chrétien voit Dieu.

– Votre Béatitude, donnez, je vous en prie, des recommandations à nos lecteurs pour la nouvelle année.

– Je voudrais souhaiter à tous et à moi-même les miséricordes du Seigneur, le pardon de nos péchés ainsi que la bénédiction de Dieu, afin que chacun de nous porte dignement sa croix terrestre et soit rendu digne de devenir héritier du Royaume céleste. Préservez votre foi, et plus que tout gardez la prière, elle est l’aide donnée à l’homme pour qu’il surmonte toutes les difficultés qu’il rencontre sur la voie de la vie terrestre. La prière donne à l’homme le sentiment de la vérité, car il est vraiment difficile de la connaître par le seul intellect. Il y a dans la vie beaucoup d’exemples de personnes qui disposent d’une instruction théologique supérieure mais qui, n’ayant pas la prière, « déraillent ». Mais il y a des gens simples qui ont la prière, et qui ressentent clairement où est la vérité, où est la tromperie. La prière, précisément, permet de percevoir la vérité, la compréhension de ce qui est lumière et ce qui est ténèbres, ce qui est bien et ce qui est mauvais. Et que le Seigneur nous donne à tous d’accomplir la prière dans notre vie quotidienne.

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Un nouveau film du métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le rite ancien (des vieux-croyants) : histoire et actualité »

La chaîne TV orthodoxe russe « Soyuz » a diffusé le nouveau film du métropolite de Volokolamsk Hilarion « Le rite ancien : histoire et actualité », que l’on peut visionner ci-desous (en russe) et dont le régisseur est Alexis Miasnikov. Qu’est-ce que le rite ancien ? Quels sont les événements qui ont provoqué une fissure dans les fondements des coutumes ecclésiales et ont détruit l’unité du peuple russe ? Quelles conséquences funestes a provoqué le schisme dans l’Église ? Et pourquoi, aujourd’hui, le rite ancien russe appelle-t-il un intérêt particulier chez les orthodoxes ? Le métropolite Hilarion évoque des faits peu connus, qui associent étroitement l’histoire de l’orthodoxie du « nouveau » et de « l’ancien rite ». Le film a été créé par le fond caritatif « Saint-Grégoire-le-Théologien » avec le soutien financier de l’Agence fédérale de la presse et des médias. On lie habituellement le schisme ecclésial du XVIIème siècle au nom du patriarche Nicone, qui a réalisé les réformes ecclésiales. Cependant, selon de nombreux historiens, l’initiateur de la réforme était en fait le tsar Alexeï Mikhaïlovitch, qui considérait qu’en rapprochant l’Église russe de l’Église grecque par l’adoption du rite grec, il ne rapprocherait pas seulement de lui les Grecs, mais aussi ceux qui étaient originaires de la Russie du Sud-Ouest. Indirectement, ceci est corroboré par le fait qu’après que Nicone eût abandonné sa charge patriarcale, la réforme ecclésiale ne s’est pas arrêtée, mais a été poursuivie. L’aspect extérieur de la réforme consistait dans la continuation de la correction des livres liturgiques (la rédaction des traductions liturgiques). Les changements touchèrent également les rites, au sujet desquels les disputes (particulièrement, la position des doigts dans le signe de Croix) sont devenues une pierre d’achoppement à l’époque du schisme. Dans la conscience de l’homme de ce temps, le rite n’était pas moins important que la théologie et la moralité. Pendant un long moment, les vieux-croyants restèrent des hors-la-loi dans leur propre pays. Il est raconté dans le film comment l’attitude des souverains a progressivement changé envers les adeptes de la foi « ancienne ». Une page particulière dans l’histoire de l’Orthodoxie russe a été la naissance de l’ « edinoverie », instituée par l’oukase impérial de Paul Ier en 1800, sur proposition du métropolite de Moscou et de Kolomna Platon (Levchine). Il s’agissait des vieux-croyants qui souhaitaient se réunir à l’Église tout en maintenant l’ancien rite. Au sein de l’ « edinoverie », l’ancienne tradition liturgique russe continue à vivre et à se développer. La particularité de l’ancien rite est le chant à l’unisson, qui faisait l’objet d’une notation spéciale, « les crochets » (kriouki). À la différence des notes, chaque crochet peut se référer à plusieurs sons, il est apte à donner l’intonation dans la prière. Participent au film : le métropolite de Moscou et de toute la Russie Corneille, primat de l’Église orthodoxe russe de rite ancien ; l’archiprêtre Jean Mirolioubov, dirigeant du centre patriarcal de la tradition liturgique russe ancienne et secrétaire de la commission des paroisses de rite ancien et de coopération avec les adeptes du rite ancien, le prêtre Romain Maslov, recteur de la paroisse de l’Église de rite ancien à Simféropol, le prêtre Eugène Sarantcha, clerc de l’église relevant de l’ edinoverie » dans la région de Moscou, Anatole Chatokhine directeur du séminaire spirituel de l’Église des vieux-croyants, Hilarion Ivanov, président de la société des vieux croyants de Lettonie, Irène Pozdeev, docteur en histoire, chercheuse principale à l’Université de Moscou, Hélène Youkhimenko, docteur en philologie, chercheuse principale au Musée historique.

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35ème séminaire du diocèse d’Allemagne de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à Munich

Le 35ème séminaire annuel de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, présidé par l’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne a eu lieu du 25 au 28 décembre à Munich. Plus de cent fidèles y ont participé. Le forum a commencé par un office d’intercession célébré par le père Nicolas Artemov, archiprêtre de la cathédrale de Tous les saints néomartyrs et confesseurs de Russie à Munich. Le premier jour des travaux, l’archevêque Marc a fait une conférence sur l’histoire et l’état actuel de la catholicité à l’Église orthodoxie, sur la position de l’Église orthodoxe russe concernant le Concile de Crète de juin 2016, et a aussi partagé ses souvenirs sur son ministère en Terre sainte. Différents intervenants ont fait des communications sur l’orthodoxie russe à l’étranger, les liens historiques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières et de l’Église orthodoxe serbe et les aspects pratiques de la vie ecclésiale. La moniale Vassa (Larine) a consacré sa conférence à l’importance de la Sainte Écriture dans la vie du chrétien orthodoxe. Les offices dédiés au jour de la mémoire du saint hiéromartyr Hilarion (Troïtsky) ont été célébrés les 27 et 28 décembre en la cathédrale de Munich. Les fidèles ont pu vénérer des fragments des reliques de ce grand saint, offertes à la cathédrale par le monastère Sretensky de Moscou. Avant le début de l’office du soir, et après la sainte Liturgie, le prêtre Dimitri Safonov, secrétaire du Département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a lu des conférences dédiées à la vie et au ministère de saint hiérarque (Troïtsky), qui ont été écoutées avec grand intérêt par l’assistance. Le dernier jour du séminaire, l’archevêque Marc a fait une homélie sur l’importance et la pratique de la prière de Jésus. L’archiprêtre Nicolas Artemov, dans sa conférence, a abordé les différents aspect de la division ecclésiale au IXème siècle. Le prêtre Dimitri Safonov a évoqué le dialogue de l’Église orthodoxe russe avec les communautés islamiques. Au cours du séminaire ont également eu lieu des discussions entre le clergé et les fidèles.

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Jean-Claude Larchet: Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

jean-claude-larchetLa conférence de Jean-Claude Larchet « Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain », donnée à Moscou le 21 septembre 2016 dans le cadre des célébrations des « Mille ans de la présence russe au Mont-Athos », vient d’être publiée en russe sur le site du Département synodal des monastères et du monachisme de l’Église orthodoxe russe et sur le site du Monastère de Sretenski Pravoslavie.ru, et en anglais sur ce dernier site et sur le site Orthodox Ethos. Nous en donnons ici la version française.


Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

Le monachisme n’est au fond qu’une façon de mener la vie chrétienne avec un engagement total dans le renoncement à ce monde et la consécration de soi à Dieu. Pour cela, le monachisme est partout le même, et chaque monastère, chaque skite ou chaque ermitage constitue un lieu privilégié, un centre de référence pour la vie monastique et pour la vie chrétienne. Pour une grande part, ce qui peut être dit du monachisme peut être dit du Mont-Athos, et ce qui peut être dit du Mont-Athos peut être dit du monachisme.
Pourtant le Mont-Athos est depuis longtemps un lieu fascinant, qui attire l’attention non seulement des Orthodoxes, mais de personnes appartenant à d’autres religions et même de non-croyants. En témoignent le nombre important de livres, d’articles consacrés au Mont-Athos, mais aussi le flux incessant de pélerins et de visiteurs venus du monde entier. Cette fascination n’est pas nouvelle, mais elle est sans aucun doute plus grande à notre époque que par le passé. Il y a à cela plusieurs raisons.

1) La première raison est que le Mont-Athos est une république autonome – et pour cela comme un pays – habité seulement par des moines et entièrement consacré à la vie monastique. Bien que chaque pays orthodoxe ait au moins une région qui regroupe plusieurs monastères, il n’y aucune autre région qui regroupe un nombre aussi important de monastères, de skites et d’ermitages, et qui constitue un pays gouverné par des moines, avec une vraie frontière qui le délimite par rapport aux pays ou régions environnants. C’est une zone protégée non seulement politiquement, administrativement et géographiquement (en étant une péninsule), mais aussi spirituellement, puisque le Mont-Athos est couramment appelé « Le jardin de la Mère de Dieu » et considéré comme un lieu qui lui appartient et où elle est particulièrement présente. Par le fait qu’il est un pays entièrement peuplé de moines, qu’il ne permet pas « la libre circulation des personnes » exigées par les lois européennes, n’accepte pas l’afflux des touristes et n’accepte pas non plus l’entrée des femmes, mais étend la clôture monastique à l’échelon d’un pays, le Mont-Athos est un pays pas comme les autres.

2) Deuxièmement, le Mont-Athos est un témoignage du Royaume déjà présent parmi nous.
C’est le lieu qui abrite les plus nombreuses et importantes reliques du monde orthodoxe. Ces reliques y rendent présents et actifs par leurs miracles presque tous les grands saints chrétiens.
Le Mont-Athos en tant que concentration monastique et lieu particulièrement propice à la sanctification a lui-même produit des milliers de saints, connus ou inconnus. Certains à notre époque ont un rayonnement mondial, comme saint Silouane, Joseph l’Hésychaste et ses disciples, ou saint Païssios. À travers ses nombreux saints du passé et du présent, le Mont-Athos apparaît, selon les paroles du Psalmiste, comme « la montagne fertile », « la montagne féconde », « la montagne où il a plu au Seigneur d’habiter » et où Il « habitera à jamais » (Ps 67, 16-17).

3) Le Mont-Athos est un rappel du paradis perdu et une annonce du Paradis retrouvé.
Ce n’est pas seulement à travers ses saints, mais en tant que lieu béni, institution sacrée que le Mont-Athos témoigne prophétiquement d’un autre monde qui donne son sens au monde actuel. Le Mont-Athos, encore appelé « Montagne Sainte », ou « Jardin de la Vierge », est une image du Paradis, un rappel du Paradis perdu par nos premiers parents, et une préfiguration symbolique du Paradis promis aux justes.

  1. a) Le Mont-Athos offre l’image d’une nature paradisiaque parce que, dans la variété des paysages qui s’échelonnent depuis le niveau de la mer jusqu’aux deux mille mètres où culmine la montagne Athos, ce sont de très nombreuses espèces végétales et animales qui vivent et constituent un microcosme résumant le monde entier. Une autre raison est que cette nature reste inviolée, préservée de l’exploitation économique et de la pollution technique. Sa seule existence dans notre monde moderne a une valeur exemplaire. Elle est un modèle d’écologie spirituelle ; elle témoigne de la sauvegarde de la création qui a été confiée à l’origine par Dieu à l’homme pour qu’il en use pour ses besoins, tout en en faisant un instrument de contemplation et d’action de grâce.
  2. b) L’espace du Mont-Athos témoigne de l’espace paradisiaque, et annonce l’espace du Royaume des cieux. À la différence de l’espace de tous les autres pays (réparti entre sacré et profane, voire même parfois entièrement profane), l’espace du Mont-Athos apparaît totalement sacré, non seulement par la présence d’une multiplicité de monastères, de skites, d’ermitages, d’églises et de chapelles, mais aussi parce qu’il est tout entier sanctifié par les saints qui le parcourent ou l’ont parcouru, l’ont rempli de la voix de leur prière, et l’ont baigné des énergies divines dont ils rayonnaient. Chaque fois que l’on marche sur un sentier du Mont-Athos, on a la certitude de mettre ses pieds sur les traces de saints qui nous y ont précédés. Beaucoup de lieux dans la nature gardent la mémoire d’apparitions du Christ, de la Mère de Dieu ou de saints. Il n’y a pas ici de monastère, de skite, d’ermitage, de chapelle, ni de source ou de fontaine dont la présence ne s’explique par une vision céleste ou par un miracle.
  3. c) Il faut dire quelques mots aussi sur la signification prophétique du temps athonite. L’une des choses qui matériellement frappent le plus le visiteur du Mont-Athos, et dans une certaine mesure le désoriente, c’est le changement d’heure. La plupart des monastères gardent l’heure byzantine, qui ne sert plus de référence que dans cet endroit du monde. Notre heure à nous, les moines l’appellent kosmiki ora : l’heure du monde. L’heure byzantine n’est pas une simple survivance des temps anciens ; elle témoigne d’une autre modalité du temps, d’un temps spirituel, sanctifié parce que entièrement consacré à Dieu, subdivisé et organisé pour répondre à Sa volonté. Symboliquement cela rappelle le temps paradisiaque et annonce le temps du Royaume.

4) Un quatrième point important est que la vie collective telle qu’elle est organisée dans l’ensemble du Mont-Athos et dans chaque monastère, constitue un appel à l’unité de tous les hommes, et un témoignage qu’une telle unité est possible dans le Christ. Dans un monde déchiré par les guerres, les nationalismes, les conflits ethniques, le racisme, ce témoignage et cet appel sont véritablement prophétiques.
Le Mont-Athos dans son ensemble témoigne depuis de nombreux siècles de la bonne entente de communautés d’origines ethniques différentes qui non seulement coexistent pacifiquement, mais vivent harmonieusement dans le lien de la charité.
C’est dans ce lien de la charité que la Sainte Communauté, constituée de représentants des principaux monastères, gouverne le Mont-Athos non selon les principes démocratiques du monde, mais dans l’esprit de la conciliarité (sobornost) chrétienne. Chaque monastère athonite en témoigne pareillement, étant dirigé par un Conseil des Anciens avec à sa tête un higoumène élu par les moines.

5) Comme cinquième point, on peut mentionner le rôle fondamental qu’a joué le Mont-Athos dans l’histoire de l’Orthodoxie et qui se révèle aujourd’hui peut-être plus que jamais d’une importance capitale : celui du maintien de la Tradition et de la défense de la foi orthodoxe. Il s’agit là encore d’un rôle prophétique, car le prophète est traditionnellement quelqu’un qui rappelle les hommes à la fidélité à Dieu et qui est un défenseur de la foi face à tout ce qui peut l’altérer ou la pervertir.
Dans un monde soumis à des changements de plus de plus nombreux et de plus en plus rapides, le Mont-Athos donne l’exemple d’un monde stable, immuable, à l’image du monde divin. Préservé de la soif de changement et du vertige du mouvement qui habitent les hommes vivant dans le monde, à l’abri de la pression sociologique qui porte à se conformer en tout point au mode de vie des sociétés modernes, les moines athonites conservent scrupuleusement les prescriptions canoniques, le typikon liturgique et le mode de vie ascétique que nos Pères se sont transmis de génération en génération.
Le maintien scrupuleux même des plus infimes traditions a été la condition pendant plus d’un millénaire d’une parfaite préservation la Tradition orthodoxe. Les moines athonites ont aussi grandement contribué à préserver la foi orthodoxe dans tous les moments difficiles de l’Histoire où elle était menacée, et le font aujourd’hui encore. Et ils jouissent toujours pour cela d’un prestige particulier et d’une grande autorité.
Le rôle prophétique de vigie et de phare que joue traditionnellement le Mont-Athos dans le monde orthodoxe pour rappeler aux gens quelle est la vraie foi est particulièrement important à notre époque où l’on peut observer un affaiblissement considérable de la conscience dogmatique.

6) Un sixième et dernier point est que le Mont-Athos contribue également, d’une manière fondamentale, à maintenir à la fois inchangée et vivante la spiritualité orthodoxe. Constituée par les moines de Palestine, de Syrie, du Sinaï et du Stoudion de Constantinople, les Pères athonites en sont devenus, à partir du XIIIe siècle, les principaux héritiers et dépositaires. Le Mont-Athos est devenu une référence absolue en matière d’ascétisme et de spiritualité, et a attiré de nombreux moines de tous les pays. Lors de leurs visites ou de leur retour dans leurs pays d’origine, ces moines ont contribué fortement à la diffusion de cette spiritualité. En particulier, le Mont-Athos a toujours été un centre de la pratique de la prière de Jésus et de la spiritualité hésychaste. Et c’est toujours à la Sainte Montagne que cette pratique a, si l’on peut dire, son centre.
Les Pères athonites ont comme tâche de le communiquer aux hommes d’aujourd’hui cet héritage séculaire et comme responsabilité de le transmettre aux générations futures. En cela aussi réside le rôle prophétique et eschatologique du monachisme athonite.

Jean-Claude Larchet

Le patriarche de Moscou Cyrille : « Le centenaire de la révolution est une occasion pour la prière et la réflexion »

Intervenant le jeudi 29 décembre à la session du Haut Conseil Ecclésial, le primat de l’Église orthodoxe russe a rappelé que l’année 2017 « est liée au centenaire des événements tragiques dans l’histoire de notre Patrie ». « Cette année, nous devons la passer dans des prières particulières pour nos peuples, pour les pays qui autrefois constituaient un seul État et sont maintenant des pays souverains, mais qui sont liés entre eux par des liens très étroits, historiques, spirituels et culturels », a déclaré le patriarche. En même temps, a-t-il ajouté, il est nécessaire de consacrer l’année 2017 « à des réflexions sur ce qui s’est produit avec notre peuple, sur ce qu’on signifié tous ces bouleversements, quel est leur sens, et quelles conclusions nous pouvons tirer de l’histoire tragique du XXème siècle ». Le patriarche a qualifié en outre d’inapproprié le mot « célébration » au sujet du centenaire de la révolution. « Il ne s’agit pas de fêter le centenaire de la tragédie, mais de commémorer cette date consciemment, en l’accompagnant de très profondes réflexions et de prières sincères, afin que les fautes accomplies il y a cent ans apprennent à nos peuples, à l’étape présente de notre développement,  à ne pas permettre des fautes semblables », a conclu le primat.

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Les fidèles de l’Église orthodoxe russe commencent la nouvelle année par la divine liturgie

Dans de nombreuses églises, sur tout le territoire canonique de l’Église orthodoxe russe, ont lieu des liturgies dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. La tradition, qui est apparue au milieu des années 1990 de célébrer la liturgie la nuit du nouvel an s’est étendue à toute l’Église russe. Cette année, puisque le nouvel an coïncide avec un dimanche, la liturgie sera célébrée à l’heure habituelle. Néanmoins, dans de nombreuses églises, la liturgie sera célébrée la nuit. Afin de permettre aux fidèles de rentrer chez eux après la liturgie, les transports publics de Moscou et de Saint-Pétersbourg fonctionnent pendant la nuit du nouvel an.

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La tunique de sainte Bathilde, moniale de Chelles et reine de France, au musée de Cluny

ste_bathildeEn ce moment au musée de Cluny (musée national du Moyen-Age, à Paris), est exposée la tunique de la sainte reine Bathilde (fêtée le 30 janvier). L’occasion de redécouvrir l’histoire incroyable de cette esclave saxonne du VIIe siècle qui devint reine des Francs, mena une politique anti-esclavage et empêcha le démembrement du Royaume des Francs !

Anglo-Saxonne de naissance, Bathilde fut capturée par les armées d’invasion du Danemark en 641 et vendue à Erchinoald, Maire du palais de Clovis II, roi de France. Elle gagna rapidement la faveur de tous, car elle avait du charme, de la beauté et une nature gracieuse et douce. Elle gagna aussi l’affection de ses compagnes servantes, car elle leur montra de nombreuses attentions telles que le nettoyage de leurs chaussures et de leurs vêtements, les travaux de réparation, et  son caractère lumineux et attrayant qui la rendirent chère à tous.

Erchinoald, impressionné par ses qualités, voulut en faire sa femme, mais Bathilde, alarmée par cette perspective, se déguisa avec de vieux vêtements et des haillons, et se cacha parmi les servantes du palais. Erchinoald, pensant qu’elle s’était enfuie, épousa une autre femme.
Son prétendant suivant, cependant, fut le roi Clovis II. Lorsque Bathilde jeta ses vêtements anciens et apparut de nouveau, le roi remarqua sa grâce et sa beauté, et déclara son amour pour elle. En 649, Bathilde la jeune fille esclave de19 ans devint reine de France. Elle donna à Clovis trois fils: Clotaire III, Childéric II et Thierry III, tous devenus rois. A la mort de son époux, elle fut nommée régente pour son fils aîné, Clotaire, qui n’avait que cinq ans, et elle  gouverna avec compétence pendant huit ans avec Saint-Éloi comme conseiller.

Elle fut une bonne reine et régna en sage. Elle n’oublia jamais qu’elle avait été esclave, et fit tout en son pouvoir pour soulager ceux qui étaient en captivité. Il fut écrit que la Reine Bathilde fut la plus sainte et la plus pieuse des femmes. Se souvenant de son propre esclavage, elle mit de côté des sommes immenses pour le rachat des captifs. Bathilde aida à promouvoir le christianisme en suivant les enseignements de Saint Ouen, Saint Léodegard, et de plusieurs autres évêques.

Pendant cette période, les habitants les plus pauvres de France étaient souvent obligés de vendre leurs enfants comme esclaves pour répondre aux taxes écrasantes qui leur étaient imposées. Bathilde réduisit leurs impôts, interdit l’achat d’esclaves chrétiens et la vente de sujets français, et déclara que tout esclave qui mettait le pied en France serait libre, dès cet instant. Ainsi, cette femme éclairée gagna l’amour de son peuple et fut une pionnière pour l’abolition de l’esclavage.

Elle fonda également plusieurs abbayes, telles que Corbie, Saint-Denis, et Chelles, qui devinrent colonies de peuplement dans ces régions sauvages et reculées de France. Sous sa direction, les forêts furent récupérées et l’agriculture devint florissante. Elle construisit des hôpitaux et vendit ses bijoux pour aider les nécessiteux.

Quand son fils, Clotaire, fut en âge, et qu’il monta sur le trône comme roi de France, [écartée du pouvoir], Bathilde se retira dans sa propre abbaye royale de Chelles, près de Paris, où elle fut une moniale ordinaire avec humilité et obéissance.
Elle mourut à Chelles avant d’avoir atteint son cinquantième anniversaire. La mort la toucha d’une main douce; Tandis qu’elle mourait, elle dit qu’elle voyait une échelle allant de l’autel vers le ciel, et que sur celle-ci, elle grimpait en compagnie des anges.
Sainte Bathilde est généralement dépeinte comme une reine couronnée ou une moniale devant l’autel de la Mère de Dieu, deux anges soutenant un enfant sur une échelle, ceci reflète la vision qu’elle eut, dit-on à sa mort.
 
 
Ton 6
 
Tropaire à sainte Bathilde, reine et moniale,
(Natalice en 680 A.D.)
 
Petite fille tu fus vendue comme esclave,*
Plus tard, tu fus l’épouse du roi Clovis II.*
Régente après la mort de ton époux terrestre,*
Tu fus écartée du pouvoir et enfermée*
Au couvent de Chelles où tu finis en moniale.*
Sainte Bathilde, prie Dieu pour notre salut!
 
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A Budapest, célébrations du 1700e anniversaire de saint Martin de Tours

Le 27 décembre 2016, l’évêque Tikhon de Podolsk, administrateur du diocèse de Hongrie, et l’archevêque Georges de Michalovce-Košice (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie), ont célébré la Divine liturgie à la cathédrale de la Dormition de Budapest. Le clergé du diocèse de Hongrie et plusieurs prêtres du diocèse de Michalovce-Košice concélébraient l’office célébrant le 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin de Tours. La jeunesse orthodoxe de la cathédrale Saint-Nicolas de Vienne, en pèlerinage en Hongrie avec la bénédiction de Mgr Tikhon, assistait à la liturgie. Après l’office, l’évêque Tikhon et l’archevêque Georges ont célébré un requiem à l’intention des victimes de la catastrophe aérienne survenue le 25 décembre au-dessus de la Mer Noire. Mgr Tikhon a ensuite prononcé quelques mots de bienvenue à l’intention de l’archevêque Georges, lui souhaitant un joyeux Noël et l’aide de Dieu dans son travail de pastorale avec les fidèles orthodoxes de Slovaquie. Mgr Georges a transmis les condoléances de Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie. Après avoir remercié Mgr Tikhon de Podolsk de son accueil, l’archevêque Georges a souhaité de bonnes fêtes à l’assistance. Il a insisté sur l’exemple de saint Martin de Tours, dit Martin le Miséricordieux, pour les fidèles orthodoxes de Hongrie, de Slovaquie et du monde entier.

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L’Église orthodoxe de Géorgie se prononce définitivement sur le Concile de Crète

Le 22 décembre 2016 s’est tenue la session ordinaire du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie, sous la présidence du Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie Élie II. Le métropolite de Zugididi et de Tsaïshi (Sharashenidzé) a été nommé secrétaire. Lors de la session a été examiné, entre autres, la question du Concile de Crète. Le Saint-Synode a pris la décision suivante : « En ce qui concerne les documents adoptés en Crète, le métropolite de Gori et d’Ateni André (Gvazava) a lu un rapport mentionnant ce qui suit : ‘Comme on le sait, du 17 au 26 juin, en Crète, a eu lieu le Concile, aux travaux duquel ont pris part les représentants de dix Églises locales orthodoxes. Un tel concile était prévu depuis plusieurs décennies, et sa tenue constitue un fait de la plus grande importance dans la vie de l’Église orthodoxe. Dès le début, la préparation du concile a été présidée par le Patriarcat de Constantinople, et toutes les Églises officielles ont été impliquées dans ce processus. Depuis 1961, les délégués du Patriarcat de Géorgie ont également participé aux rencontres de travail préconciliaires. Cela va sans dire que la contribution apportée par le clergé de l’ancienne génération au cours de plusieurs décennies est inestimable. Comme cela a été mentionné précédemment, de sérieux obstacles lors de la dernière étape de préparation au concile ont empêché plusieurs Églises locales de participer aux travaux du Concile de Crète. C’est pourquoi nous exprimons à nouveau notre regret, considérant toujours que l’étude et l’examen des questions soulevées par toutes les Églises était de rigueur, ce qui n’a pas été mis en œuvre’. Le Saint-Synode a décrété au sujet du thème concerné que : ‘Étant donné que les représentants de quatre Églises locales orthodoxes n’ont pas participé aux travaux du Concile de Crète, celui-ci ne peut être appelé Concile général, panorthodoxe ; lors de la préparation et du déroulement du Concile de Crète, le principe de consensus, établi et reconnu par les Églises orthodoxes, a été transgressé. Pour cette raison, les résolutions du Concile de Crète ne peuvent être contraignantes pour l’Église orthodoxe de Géorgie. Dans les documents confirmés par le Concile de Crète ne sont pas exprimées, en substance, les remarques fondamentales présentées par les Églises. C’est la raison pour laquelle la poursuite de leur remaniement et de leur correction sont indispensables. Il n’est pas exclu, dans certains cas, qu’il y ait lieu à la création de nouveaux documents. Aussi, il est indispensable que les textes traduits et envoyés par le secrétariat du Concile de Crète soient accessibles au clergé de l’Église de Géorgie, aux théologiens et aux fidèles laïcs et, en prenant en compte de leurs remarques fondées, qu’il soit conféré aux documents le caractère conforme, dogmatique et canonique, de l’Église orthodoxe. La réunion qui a eu lieu du 17 au 26 juin en Crète, peut être considérée comme une étape de la plus haute importance pour la tenue du Saint et Grand Concile qui doit permettre la prise de décisions sur le fondement de l’enseignement commun orthodoxe, un, catholique et apostolique. Le Saint-Synode de l’Église de Géorgie a décidé de mettre en place une commission théologique constituée comme suit par : 1) Le métropolite de Gori et d’Ateni André (Gvazava), président, 2) le métropolite de Poti et Khobi Grigol (Berbitchachvili), 3) le métropolite de Senaki et Tchkhorotskhu Chio (Mudjiri), 4) le métropolite de Rustavi Jean (Gamrekeli), 5) l’évêque de Markveti et Ubisa Melchisédek (Khatchidzé) 6) le protopresbytre Georges (Zviadadzé) ».

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Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique: le patriarche de la solidarité

Marianne Ejdersten,directrice de la Communication du Conseil œcuménique des Églises, s’est entretenue avec le patriarche Bartolomée. Vous trouverez ci-dessous l’interview complète.

Il a été surnommé le «patriarche vert», car cela fait au moins 20 ans qu’il aborde les questions environnementales préoccupantes depuis au moins vingt ans dans son rôle de responsable religieux. En 2008, le magazine Time a classé Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique, parmi les 100 personnes les plus influentes du monde pour «avoir défini l’écologie comme une responsabilité spirituelle».

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, chef spirituel suprême du monde chrétien orthodoxe et personnalité transnationale d’importance mondiale, joue un rôle de plus en plus essentiel. Il a déployé des efforts considérables pour organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète cette année. De plus, il continue à promouvoir la liberté religieuse et les droits humains, à œuvrer pour la tolérance entre les différentes religions du monde, et à travailler en faveur de la paix internationale et de la protection de l’environnement. Il est cité, à juste titre, parmi les plus grands visionnaires, artisans de la paix et tisseur de liens au monde, et comme apôtre de l’amour, de la paix et de la réconciliation.

Archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique depuis 25 ans

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople, a accordé un entretien spécial au centre de presse du Conseil œcuménique des Églises (COE). La discussion s’est déroulée en partie au Patriarcat œcuménique d’Istanbul, début décembre, lorsque le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, s’est entretenu avec le patriarche Bartholomée. La rencontre coïncidait avec la célébration de ses 25 ans en tant qu’archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique.

Nous nous retrouvons chez lui, dans son bureau, une pièce accueillante aux couleurs vives, remplie de livres et d’icônes. Cette pièce raconte la vie de Sa Toute-Sainteté. Il nous accueille chaleureusement, nous propose du café et des gâteaux, nous mettant tout de suite à l’aise.

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier est né en 1940 sous le nom de Dimítrios Arkhontónis, sur l’île d’Imbros (aujourd’hui Gökçeada, en Turquie). En octobre 1991, il a été élu 270earchevêque de l’Église fondée il y a 2000 ans par Saint André, et a reçu le titre d’archevêque de Constantinople, nouvelle Rome et patriarche œcuménique.

Q: Votre Toute-Sainteté participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis de nombreuses années, en tant que membre de la Commission de Foi et constitution, mais aussi en tant qu’ancien élève de l’Institut de Bossey. Quels sont les événements du mouvement œcuménique qui vous ont le plus marqué, personnellement?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Il est vrai que je participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis le tout début de mon ministère. J’ai ensuite été membre de son Comité central et de son Comité exécutif, membre de la Commission de Foi et constitution pendant 15 ans, et vice-président de cette même Commission pendant huit ans (1975-1983). J’occupais d’ailleurs ce dernier poste au moment de l’élaboration du document Baptême, Eucharistie, Ministère sur lequel l’influence orthodoxe a été importante. En tant que représentant ou chef de la délégation du Patriarcat œcuménique, j’ai également participé à trois assemblées générales du COE: à Uppsala (1968), à Vancouver (1983) et à Canberra (1991).»

«Lors de mes études de premier cycle, j’avais déjà rencontré l’Église catholique romaine à Rome et à Munich, mais également les Églises protestantes et plus généralement, le mouvement œcuménique à Bossey, avec de très grands théologiens comme Nikos Nissiotis. Je dois d’ailleurs cette formation à mon vénérable prédécesseur, le patriarche œcuménique Athénagoras Ier qui a ouvert les esprits et les cœurs des jeunes séminaristes et ecclésiastiques du Phanar aux relations et au dialogue inter-chrétiens.»

«Transformer les ténèbres en lumière»

Q: Notre monde évolue rapidement. Nous traversons des moments difficiles, mais le croyant sait que le Seigneur est présent et actif dans le monde. Aujourd’hui, quel est le plus grand défi pour une vie de foi et pour la proclamation de l’Évangile?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Nous traversons en effet une période difficile, et même sombre, où il est complexe de déceler la présence du Christ au milieu des troubles qui agitent notre monde. Nous sommes témoins de douleurs et de souffrance, mais aussi souvent d’incertitude et d’hostilité, tout autour de nous. Pour un chrétien, il est tentant de juger et de condamner le mal évident qui règne dans la société et dans le monde. Pourtant, ce serait une réaction simpliste et contre-productive. Pour nous, chrétiens, le défi consiste à ne pas perdre de vue le Christ afin de transformer les ténèbres en lumière, le désespoir en espoir, et la souffrance en réconciliation.»

«Je me souviens de la prédication de feu le métropolite Méliton de Chalcédoine, le jour de mon ordination au diaconat, il y a 55 ans: “ne quittez jamais des yeux le Seigneur transfiguré, a-t-il dit, transmettez toujours cette lumière qui ne faiblit jamais pour personne.” Voilà ce que nous devons faire lorsque nous proclamons l’Évangile aujourd’hui. Sommes-nous si perturbés par les troubles et l’agitation qui nous entourent que nous prenons peur et perdons de vue notre approche spirituelle? Discernons-nous le visage du Christ chez nos frères et sœurs, lorsque nous voyons des centaines de milliers de personnes persécutées et poussées à chercher refuge parmi nous? Ou choisissons-nous de construire des murs de défense, des murs qui excluent, des murs qui font de l’autre une menace?»

«Les étrangers accueillis à notre table?»

Q: La crise des migrants semble préoccuper l’Europe et durera de nombreuses années. Mais elle a également créé un clivage au sein des Églises entre celles qui s’inquiètent des menaces pour leur identité, et celles qui sont plus accueillantes. À une époque qui met l’accent sur la diversité, comment Votre Toute-Sainteté voit-elle évoluer le projet d’unité? Quel espoir percevez-vous?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Dans l’Église orthodoxe, la conception théologique de Dieu est une image de Dieu comme rencontre et communion, comme hospitalité et inclusion. C’est pourquoi l’icône traditionnelle du Dieu-Trinité est une représentation de trois étrangers sous la forme d’anges accueillis par Abraham sous le chêne de Mamré, comme le décrit le chapitre 18 de la Genèse. Il ne les a pas vus comme un danger ou une menace pour ses habitudes ou ses biens. Au contraire, il a spontanément et ouvertement partagé avec eux son amitié et sa nourriture.»

«C’est en récompense de cette hospitalité désintéressée qu’Abraham se vit promettre ce qui semblait impossible, à savoir la multiplication de cette semence d’amour pendant des générations, malgré la stérilité (littéralement) de sa femme. Avons-nous tort d’espérer que notre volonté de dialogue et de coopération entre peuples aux convictions religieuses différentes et variées permette également la coexistence, apparemment impossible, de l’humanité entière dans un monde en paix? Combien d’étrangers seront accueillis à notre table?»

«Dans un document officiel intitulé “La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain”, le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe qui s’est déroulé en Crète, en juin 2016, a écrit: “l’Église orthodoxe pense qu’il est de son devoir d’encourager tout ce qui est mis réellement au service de la paix et qui ouvre la voie vers la justice, la fraternité, la véritable liberté et l’amour mutuel entre tous les enfants de l’unique Père céleste, ainsi qu’entre tous les peuples qui constituent une seule famille humaine. Elle compatit à tous ceux qui, dans différentes parties du monde, sont privés des biens de la paix et de la justice.”»

«Ouvrir l’horizon sur un monde diversifié»

Q: Votre Toute-Sainteté a organisé le Saint et Grand Concile en juin. Quel a été le plus important résultat de cet événement pour l’Église orthodoxe et pour l’ensemble du mouvement œcuménique?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «En effet, ce fut une grande bénédiction d’avoir l’honneur d’organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète (juin 2016), avec l’accord de Leurs Béatitudes les primats des Églises orthodoxes autocéphales. Ce grand événement historique a démontré l’identité conciliaire de l’Église orthodoxe et a souligné l’âpre lutte menée pour préserver cette identité au-delà des intérêts nationalistes.»

«À ce sujet, j’exprime ma profonde satisfaction devant le fait que le Saint et Grand Concile ait décidé de maintenir l’ouverture œcuménique et les dialogues bilatéraux de l’Église orthodoxe, car l’inverse aurait représenté un retour en arrière et un repli sur soi en ces temps difficiles et troubles. Ce n’est pas le dialogue qui menace notre identité, mais au contraire le rejet du dialogue et l’auto-enfermement stérile. C’est précisément la raison pour laquelle nous avons toujours encouragé le dialogue interreligieux avec le judaïsme et l’islam qui permet d’obtenir des résultats tangibles pour la réconciliation mondiale et pour cette cause sacrée qu’est la paix.»

«Ce rassemblement sans précédent de nombreuses Églises en Crète “a ouvert notre horizon sur le monde contemporain diversifié et multiforme [et] a souligné que notre responsabilité dans l’espace et le temps est toujours dans la perspective de l’éternité.” (Message final.) Comme le précise l’encyclique officielle du Saint et Grand Conseil, l’Église “témoigne dans le dialogue”.»

«Acquérir un cœur compatissant»

Q: Votre Toute-Sainteté pense-t-elle que la peur soit l’outil le plus dissuasif contre la pollution de l’environnement?

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a écrit: «nous ne devrions pas être obligés de modifier nos comportements envers l’environnement à cause de la peur de catastrophes imminentes dues aux changements climatiques. Nous devrions plutôt le faire car nous reconnaissons l’harmonie du cosmos et la beauté originelle qui existe dans le monde. Nous devons apprendre à sensibiliser nos communautés et à adopter des comportements plus respectueux envers la nature. Nous devons acquérir un cœur compatissant, ce que Saint Isaac le Syrien, un mystique du VIIe siècle, appelait «un cœur qui brûle d’amour pour l’ensemble de la création: pour les humains, les oiseaux et les bêtes, pour toutes les créatures de Dieu”.»

Bartholomée Ier a organisé huit symposiums internationaux et interreligieux, ainsi que de nombreux séminaires et sommets pour résoudre les problèmes écologiques des rivières et mers du monde. Ses initiatives lui ont valu le titre de «patriarche vert» ainsi que plusieurs prix environnementaux importants. À présent, l’Accord de Paris a été signé, et les Églises se sont engagées à œuvrer pour la justice climatique.

Q: Comment envisagez-vous l’avenir du travail œcuménique pour l’environnement? Quelle est la vision de Votre Toute-Sainteté concernant la voix du christianisme dans la transition nécessaire vers un avenir durable?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Je suis ravi que l’Accord de Paris ait été signé par un très grand nombre de pays. En effet, j’ai participé aux premières étapes des préparations de la COP 21, à l’invitation du gouvernement français. Dans ce cadre, j’ai accompagné le président Hollande aux Philippines et j’ai participé à un sommet interdisciplinaire à Paris avant la Conférence des Parties en décembre 2015. D’un côté, la 22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de Marrakech mérite d’être célébrée. Mais d’un autre côté, elle nous rappelle malheureusement que 197 pays viennent seulement de ratifier une convention adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992.»

«Vingt-deux ans, c’est une période beaucoup trop longue pour répondre à la crise environnementale, notamment lorsque l’on sait qu’elle entretient des liens étroits avec la pauvreté, les migrations et les troubles à l’échelle mondiale. Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le profit? Combien de vies sommes-nous prêts à sacrifier pour un gain matériel ou financier? Et à quel prix renoncerions-nous à la survie de la création de Dieu? Vingt-deux ans plus tard, il est plus que temps pour nous tous de voir les visages des êtres humains qui subissent les conséquences de nos péchés écologiques.»

«De plus, comme je l’ai souvent rappelé, “nous sommes tous dans le même bateau”. Les changements climatiques ne concernent pas une nation, une race ou une religion en particulier. Nous ne pouvons répondre aux exigences et à l’ampleur des changements climatiques que lorsque nous assumons ensemble nos responsabilités de croyants et de citoyens.»

«Promouvoir l’unité chrétienne»

Q: Nous lisons également le texte d’une «lettre encyclique du patriarche œcuménique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs du Conseil œcuménique des Églises» de 1952. Que signifie cette lettre aujourd’hui pour l’Église orthodoxe?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Cette lettre encyclique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs a été écrite en 1952, c’est-à-dire lors des premières étapes, les plus fondamentales, de la création du Conseil œcuménique des Églises, avec le souhait d’encourager les Églises orthodoxes à participer aux activités du COE alors que la méfiance et l’hésitation régnaient, ce qu’elle a réussi à faire lors de la Troisième Assemblée du COE à New Delhi (1961). Elle est rédigée dans le même esprit que les récentes décisions du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. L’Église orthodoxe ne met pas en avant un aspect de sa foi aux dépens d’un autre. Elle cherche toujours à maintenir l’équilibre sacré, mais fragile, entre la foi et la constitution, la doctrine et la discipline, la croyance et les actions.»

«C’est pourquoi, dans son document concernant “les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien”, le Saint et Grand Concile affirme sa conviction que l’Église orthodoxe “croit fermement, dans sa conscience ecclésiale profonde, qu’elle occupe une place prépondérante pour la promotion de l’unité chrétienne dans le monde d’aujourd’hui.” De plus, les Églises et évêques assemblés reconnaissent que cet engagement “émane du sentiment de responsabilité et de la conviction que la compréhension mutuelle et la collaboration sont essentielles pour ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ”.»

«Contribution de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix»

Q: D’après Votre Toute-Sainteté, quel défi majeur le Conseil œcuménique des Églises doit-il relever? Comment le COE peut-il continuer à être utile pour les Églises membres et l’ensemble du mouvement œcuménique? Et que peut nous enseigner votre Église dans le cadre du Pèlerinage de justice et de paix?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Le Conseil œcuménique des Églises a été fondé sur la proclamation de l’unité des confessions chrétiennes dans leur foi trinitaire tout en affirmant les différences de ses Églises membres. Il est donc important de maintenir et d’équilibrer ces deux pôles: reconnaître les principes essentiels de la foi chrétienne, tout en respectant les enseignements fondamentaux et les traditions particulières de chaque Église. Il est toujours tentant, mais aussi dangereux, de conserver un aspect de ces pôles tout en reprochant aux défenseurs de l’autre d’entraver le processus de réconciliation.»

«Au cours du Saint et Grand Concile, les Églises et les hiérarques ont échangé, parfois avec fougue, mais toujours de manière constructive, sur le travail important du Conseil œcuménique des Églises, et en particulier de la Commission de Foi et constitution. Le document sur “les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien” souligne l’engagement des Églises orthodoxes pour promouvoir l’unité chrétienne tout en contribuant “par tous les moyens dont elles disposent à la promotion de la coexistence pacifique et de la coopération portant sur les principaux enjeux socio­politiques”.»

«Le mouvement œcuménique n’est pas un “rajustement interconfessionnel” mais nous permet de respecter notre obligation d’unité chrétienne sans nous éloigner “de la vraie foi de l’Église une, sainte, catholique et apostolique”. C’est pourquoi, ce même document du Concile conclut: “Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est important que nous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essayions de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui.” Cela pourrait être la contribution unique et précieuse de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix.»

«Insuffler l’Esprit de Dieu»

Q: Pouvez-vous décrire le mouvement œcuménique en utilisant des termes qui parlent à la jeune génération?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Votre question contient les prémisses et la promesse de ma réponse. Le mouvement œcuménique n’est pas une allégeance idéologique ou un engagement social. Ce n’est pas une conviction politique ou du militantisme international. C’est un mouvement, et ça doit le rester. Cela signifie qu’il doit toujours être animé et dynamisé par le souffle de l’Esprit de Dieu qui doit brûler dans nos cœurs et dans nos vies. C’est cet Esprit qui réunit tous les aspects de la vie des Églises et leur donne un sens. Ainsi, c’est ce même Esprit qui explique notre engagement envers les principes et traditions de notre religion, et qui illumine notre capacité à “discerner les esprits de notre époque” et notre responsabilité de porter le témoignage de l’Évangile de manière prophétique.»

«Paradoxalement, nous ne voulons pas conseiller la jeune génération ou lui faire la morale. Sur de nombreux aspects, les jeunes ont plus à apprendre à l’ancienne génération sur l’ouverture, la douceur, le pardon et la générosité. Je recommanderais peut-être à la jeune génération de rester fidèle à elle-même malgré les forces et les efforts importants déployés pour discriminer et diviser.»

«Le mouvement œcuménique conserve une utilité dans notre monde si nous revenons aux principes fondamentaux de l’Évangile: aimer son prochain, nourrir ceux qui ont faim et accueillir l’étranger.»

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Le Mont Athos vu depuis un drône

Le photographe russe Valéri Blizniouk et le père Andrée Blizniouk ont fait une vidéo du Mont Athos avec des vues prises depuis un drone. A voir et à revoir !

Liturgie de la Nativité à Constantinople

La liturgie de la Nativité du Christ, présidée par le Patriarche œcuménique Bartholomée, assisté des membres du Saint-Synode, a eu lieu tôt le matin en la cathédrale Saint-Georges de Constantinople. Après la lecture de l’Évangile, le diacre Joachim, secrétaire-adjoint du Saint-Synode, a lu depuis l’ambon le message patriarcal de Noël. Assistaient à l’office le consul général de Grèce à Constantinople M. Evanghelos Sekeris, le consul général d’Ukraine M. Vasyl Bodnar, accompagnés des membres de leur famille, les archontes du Patriarcat de Constantinople, ainsi qu’un grand nombre de fidèles de la ville et de l’étranger. Le maire de Beyoğlu, M. Ahmet Misbah Demircan, a rendu visite au patriarche œcuménique après la liturgie, afin de lui exprimer ses vœux à l’occasion de la fête de Noël.

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Jovan Nikoloski