25/09/2017
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Résultats de la recherche : Chine

La mission orthodoxe russe en Chine (documentaire)

L’activité pastorale de l’Eglise orthodoxe russe en Chine a débuté au XVIIe siècle avec l’arrivée à Pékin du prêtre russe Maxime Leontiev. En 1713, la première mission orthodoxe russe en Chine est établie. C’est grâce aux efforts des missionnaires russes que l’orthodoxie a pénétré en terre chinoise. Isabelle Landry-Deron, chercheur spécialisé en littérature missionnaire sur la Chine des XVIIe et XVIIIe siècles, nous dévoile une page méconnue du public francophone sur la mission orthodoxe russe en Chine.

Décès de l’archiprêtre Michel Li, dernier prêtre de l’Église orthodoxe en Chine, ordonné du temps de la mission ecclésiastique russe dans le pays

L’archiprêtre Michel Li est décédé en Australie le 12 mai. Il était le chef de la mission russo-chinoise du diocèse d’Australie et de Nouvelle-Zélande de l’Église russe hors-frontières et le dernier prêtre de l’Église orthodoxe en Chine, ordonné du temps de la Mission ecclésiastique russe en Chine, par le chef de celle-ci, l’archevêque de Pékin et de Chine Victor, en 1950. Le père Michel Li avait passé vingt ans aux travaux forcés en Chine communiste. En 1986, l’archevêque d’Australie Hilarion, actuellement primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, l’avait accueilli en Australie. Une interview du père Michel Li avait été publiée ici.

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Les chrétiens orthodoxes de Chine célèbrent Pâques

Harbin — Vêtu de rouge et d’or, à la lueur des cierges, le premier prêtre orthodoxe ordonné en Chine continentale en soixante ans a célébré une messe de Pâques dimanche à Harbin (nord-est), symbole étonnant du réchauffement des relations entre Moscou et Pékin.

« C’est un jour heureux. Nous nous réjouissons de la résurrection », a affirmé le prêtre Alexandre Yu Shi, qui a dit des prières en slavon liturgique et en mandarin. « Il s’agit également d’une résurrection pour l’Église orthodoxe orientale à Harbin ».

Alexandre Yu Shi est le premier Chinois de l’histoire à avoir étudié dans un séminaire orthodoxe, en Russie, avec le soutien du Parti communiste chinois, pourtant athée.

« Avec l’aide des gouvernements des deux pays, j’ai pu apprendre la théologie » au séminaire de Saint-Pétersbourg, a affirmé à l’AFP cet ancien cadre de banque, ordonné prêtre l’année dernière, dont les grands-parents sont bouddhistes.

Pour sa première célébration de Pâques, quelque soixante fidèles étaient réunis, pour moitié des Chinois et pour moitié des expatriés russes.

La ville de Harbin était jadis qualifiée de « Paris de l’Est » pour sa population cosmopolite, avec des dizaines de milliers de Russes et ses plus de vingt églises orthodoxes.

Mais après l’arrivée au pouvoir du Parti communiste en 1949, de nombreux Russes ont fui ou ont été rapatriés et les fidèles sont entrés dans la clandestinité, tandis que les édifices religieux étaient détruits pendant la révolution culturelle déclenchée en 1966 par Mao Tsé-Toung.

Les messes orthodoxes ont repris en 1980, après la mort de Mao, mais faute de nouvelles ordinations, Harbin s’est retrouvée sans prêtres à la mort du dernier dans cette ville, en 2000.

Le Parti communiste reste toutefois méfiant vis-à-vis de la religion, comme en attestait la présence de plusieurs voitures de police surveillant la célébration de Pâques.

La Chine compte quelque 5,7 millions de catholiques et 23 millions de protestants, d’après des chiffres du Bureau des affaires religieuses datant de 2014. Le nombre des croyants orthodoxes est quant à lui évalué à 10 000.

Mais avec l’« Église souterraine » prospérant en dehors des organisations officielles, la communauté chrétienne chinoise pourrait au total compter quelque 60 millions de personnes, selon certaines évaluations.

Le réchauffement des relations entre Moscou et Pékin a donné un coup de pouce inespéré à l’Église orthodoxe : le président chinois Xi Jinping a rencontré à plusieurs reprises son homologue russe Vladimir Poutine ainsi que le patriarche orthodoxe russe Kirill, qui a célébré une messe historique à Pékin en 2013.

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La restauration de l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva à Wuhan (Chine) est terminée

Le 6 août, dans l’édifice restauré de l’église orthodoxe Saint-Alexandre-de-la-Neva à Wuhan (province de Hubei, Chine) a été ouverte la Maison des échanges culturels russo-chinois.

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Le dernier prêtre de l’Église orthodoxe autonome de Chine est décédé

Le clerc le plus ancien et seul prêtre de l’Église orthodoxe autonome de Chine étant resté dans le pays, chinois de nationalité, le père Michel Wang Quansheng est décédé, après avoir servi l’Eglise pendant plus de cinquante ans. Le père Michel est né en 1925. En 1958, il a été ordonné à la prêtrise par l’évêque de Changhaï Syméon (Du), le premier évêque orthodoxe chinois, qui fut également le dernier de l’Église autonome chinoise. Après la mort de l’évêque de Pékin Basile (Yao Fu’an + 1962) et ensuite de l’évêque de Changhaï Syméon (Du, + 1965), l’Église de Chine est restée sans direction archipastorale. Les persécutions qui ont suivi la période de la « révolution culturelle » ont rendu la vie ecclésiale impossible. À partir de 1980, les autorités chinoises ont toutefois adouci leur attitude envers l’Orthodoxie. En novembre 2007 ont eu lieu des manifestations à Moscou, dédiées au cinquantenaire de l’Église autonome de Chine. À cette occasion, le patriarche Alexis II a décoré le prêtre Michel Wang de la médaille de saint Serge de Radonège, du premier rang. En 2008, lors de la fête de la Pentecôte, le prêtre Michel Wang, avec l’autorisation des autorités chinoises, a participé, pour la première fois, à la Liturgie dans les locaux du Consulat général de Russie. En août 2009, à Labdarine, en Mongolie intérieure, le père Michel a procédé à la bénédiction de l’église dédiée à saint Innocent d’Irkoutsk, construite en 1990. Il s’agit de l’une des quatre églises de Chine qui bénéficient d’un statut officiel. L’iconostase, l’aménagement et les ornements liturgiques ont été offerts par le diocèse de Tchita et Zabaïkal, qui est en charge de la paroisse conformément à la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe. En mai 2013, le père Michel Wang avait concélébré avec le patriarche Cyrille au cours de la première visite de celui-ci en Chine. La liturgie avait eu lieu alors à Changhaï, en la cathédrale dédiée à la Mère de Dieu dite « Secours des pécheurs » inaugurée par saint Jean de Changhaï. Dans les dernières années, le père Michel vivait à Changhaï, où il était le clerc le plus ancien et unique de l’Église orthodoxe de Chine résidant encore dans ce pays. Le nombre des chrétiens orthodoxes en Chine est actuellement évalué à 15.000. La plus grande partie vit à Pékin, Changhaï, dans la province de Heilongjiang et en Mongolie intérieure. Ce sont les prêtres du Patriarcat de Moscou célèbrent dans les paroisses de Pékin, Changhaï et Canton. À Hong Kong célèbrent des prêtres russes et chinois. Il y a aussi une paroisse relevant du Patriarcat de Constantinople dans cette ville.

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Pour la première fois en un demi-siècle, un prêtre orthodoxe sera ordonné en Chine

À l’occasion de sa visite en Chine, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a convenu avec les autorités de l’ordination d’un prêtre chinois. Le métropolite Hilarion se trouvait en Chine dans le cadre de la IVème session du groupe de travail pour les contacts et la collaboration dans le domaine religieux. « Nous avons eu des discussions très constructives avec l’Administration d’État pour les affaires religieuses. Nous nous sommes mis d’accord sur l’ordination à la prêtrise d’un Chinois, qui a étudié plusieurs années en Russie. Nous espérons qu’il célébrera à Harbin et que l’église qui est ouverte dans cette ville, sera réellement active. Jusqu’à maintenant, elle n’avait pas de prêtre. Maintenant, Dieu voulant, elle en aura un », a déclaré le métropolite Hilarion. « Nous nous sommes également mis d’accord pour que deux étudiants étudient en Russie dans la perspective de leur éventuelle ordination » a-t-il ajouté. « J’espère que l’orthodoxie en Chine, avec l’aide de Dieu, se développera » a-t-il conclu.

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Le patriarche Cyrille a reçu le président de la République populaire de Chine Xi Jinping

Le 8 mai, au Kremlin de Moscou, le patriarche Cyrille a rencontré le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping. Saluant le primat de l’Église orthodoxe russe, le Président Xi a dit : « Sainteté ! Je suis très content de visiter votre pays, ainsi que de vous rencontrer une nouvelle fois. Je me souviens très bien de notre rencontre d’il y a deux ans. Je pense que votre visite en Chine vous a permis de connaître notre pays plus en profondeur, pour mieux œuvrer au développement des rapports russo-chinois. Je me souviens bien que lors de notre première rencontre, vous m’aviez dit que la préservation des traditions nationales russes et la défense des valeurs traditionnelles étaient une tâche primordiale pour l’Église orthodoxe russe. Je me souviens bien que pendant les années de la Grande guerre patriotique, l’Église orthodoxe russe a appelé le peuple à défendre la patrie, à défendre la souveraineté, l’intégrité territoriale, la sécurité du pays. Et nous estimons hautement la contribution de votre Église à la lutte commune contre le fascisme. » De son côté, le patriarche Cyrille a répondu : « Excellence, je suis très content de vous revoir. Je me souviens de mon remarquable séjour en Chine et de notre première rencontre, qui m’a permis de comprendre, notamment, avec quel sérieux vous considériez le rôle de la culture, des traditions, du facteur moral dans la vie du peuple, dans la formation de la personne humaine. » Sa Sainteté a aussi constaté la grande importance de la communauté orthodoxe chinoise pour le développement des relations bilatérales entre les deux peuples. L’entretien qui a suivi portait sur la place de la tradition spirituelle dans la vie de la société, l’importance de l’éducation aux sentiments patriotiques. Les deux parties se sont déclarées satisfaites du développement de l’activité du groupe de travail russo-chinois pour les contacts et la coopération dans le domaine religieux. La vie de la communauté orthodoxe chinoise a aussi été évoquée, ainsi que la restauration des monuments ayant trait à l’histoire de la présence orthodoxe en Chine. A l’issue de l’entretien, le président de la RPC a souligné qu’il sentait que le patriarche Cyrille prenait très au sérieux les relations avec le peuple chinois. Xi Jinping a constaté : « L’Église orthodoxe russe a apporté une énergie positive particulière au développement des relations russo-chinoises et au partenariat stratégique. Je compte sur Votre Sainteté pour continuer à apporter sa contribution au renforcement de l’amitié et de la coopération entre nos peuples ». En souvenir de leur rencontre à Moscou, le patriarche Cyrille a offert à Xi Jinping un samovar du XIX siècle, ainsi que le thé traditionnel russe.

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L’ambassadeur de Chine a rendu visite à l’archevêque d’Athènes Jérôme

Le 3 novembre, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, M. Zou Xiaoli, a rendu visite à l’archevêque d’Athènes Jérôme. Ladite visite est le prolongement de la présence honorifique de l’archevêque à la réception officielle qui avait été organisée par l’ambassade de Chine, il y a un mois, à l’occasion du 65ème anniversaire de la fondation de la République de Chine. M. Xiaoli a qualifié la rencontre de « fructueuse et particulièrement constructive », laquelle a duré environ une heure et a donné l’occasion aux deux hommes de discuter non seulement des questions d’histoire et de civilisation des deux pays, mais aussi des modes de collaboration entre l’ambassade et l’archevêché. Dans ce but était présent à la rencontre le directeur de l’organisation caritative « Apostoli », qui a invité l’ambassadeur de Chine a visiter les bureaux de ladite organisation et de faire connaissance de près de l’œuvre sociale diversifiée de l’Église. M. Xiaoli est venu au palais archiépiscopal accompagné de son épouse Mme Ning Yi, qui est passionnée de culture grecque et qui a étudié durant quatre ans la langue grecque en Chine. L’archevêque a fait cadeau au couple d’une icône de l’apôtre Paul et de l’album historique « Béotie chrétienne », un récit de voyage de l’archevêque aux monuments de la terre de Béotie. L’ambassadeur a adressé à nouveau une invitation à l’archevêque de rendre visite à l’ambassade et à déguster les plats traditionnels de la cuisine asiatique.

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Le magazine anglais « The economist » consacre un article de son blog à l’orthodoxie en Chine

Le magazine anglais « The economist » consacre un article de son blog à l’orthodoxie en Chine, estimant le nombre des orthodoxes à moins de 0.1% des chrétiens chinois. L’article retrace l’histoire de l’Église orthodoxe en Chine depuis la venue des « Albaziniens » qui descendaient de prisonniers cosaques qui se sont installés en Chine au XVIIème siècle et des Evenks (ou Toungouses), un peuple qui vivaient des deux côtés de la frontière entre la Sibérie et la Chine. Le magazine évoque ensuite la présence des dizaines de milliers d’émigrés russes et une minorité de convertis chinois qui vivaient à Harbin et à Changhaï dans les années 1930, et notamment la figure de saint Jean Maximovitch, et ses « pouvoirs extraordinaires de guérison et de clairvoyance », ajoutant son rôle dans l’exode des 5000 réfugiés aux États-Unis. Mentionnant que ce qui restait de la présence orthodoxe russe en Chine avait été détruit pendant la « révolution culturelle », le magazine estime que le nombre total de chrétiens orthodoxes en Chine serait compris entre 10.000 et 15.000 personnes. Selon le magazine, la visite du patriarche Cyrille de Moscou en Chine et sa rencontre avec le président XI Jinping n’a rien changé au fait qu’il n’y a pas un seul prêtre orthodoxe chinois dans le pays. « Le seul rayon de lumière découle du fait qu’une poignée d’étudiants chinois ont reçu la permission d’étudier dans les séminaires russes. Ils pourraient finalement revenir en Chine et servir comme prêtres ». Le magazine expose ensuite la situation des orthodoxes à Hong Kong, qui est différente, rappelant que quelques mois avant le retour du territoire à la Chine, une mission orthodoxe y avait été établie par le Patriarcat œcuménique, lequel invoque les droits sur la diaspora que lui donnerait le Concile de Chalcédoine, interprétation niée par le Patriarcat de Moscou. L’auteur de l’article conclut de la façon suivante : « Sans doute, certains des orthodoxes en difficulté de ce pays pourraient donner cette pieuse riposte adéquate : ils placent leur espoirs non pas tant dans les institutions terrestres que sur la présence invisible des saints et des martyrs des générations précédentes. Et aujourd’hui serait le bon moment pour eux d’invoquer l’aide de l’archevêque Jean Maximovitch. Celui-ci éprouvait une aversion particulière à l’idée de chrétiens célébrant Halloween, qu’il considérait comme un festival des ténèbres. Et vraiment, il fit une fois irruption dans une salle de bal où certains des paroissiens fêtaient Halloween, rendant confus le groupe, qui cessa sa musique ».

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« Dans quinze ans, la Chine pourrait être le plus important pays chrétien du monde »

Le site Fait-religieux rapporte que selon certains spécialistes " en 2030, la population chrétienne totale de la Chine, y compris les catholiques, devrait dépasser les 247 millions de personnes, soit plus que celles du Mexique, du Brésil et des Etats-Unis", ce qui en ferait le pays avec le plus grand nombre de chrétiens dans le monde.

Le chef de la commission missionnaire du diocèse de Moscou, le hiéromoine Dimitri (Perchine), a proposé à l’État russe de soutenir le projet d’édition de l’Évangile dans les langues des peuples d’Asie centrale

C’est avec cette proposition que le père Dimitri est intervenu à la table ronde organisée à la Douma, dédiée à l’adaptation des migrants. « Il est très important que cette édition soit scientifique, académique, de qualité. Ce sera notre réponse à la nécessité de la société pour une adaptation culturelle et une intégration des travailleurs migrants. Notre réponse, ce n’est pas l’agression. C’est une norme linguistique et sémantique que nous pouvons proposer aux arrivants » a déclaré le prêtre. À côté de cela, il faut, a-t-il ajouté, un programme  éducatif simple et compréhensible, qui pourrait aider à supprimer les stéréotypes sur l’orthodoxie tels que les accusations de paganisme ou de polythéisme, « comme on la considère souvent dans les pays d’origine des migrants ».

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Source: Blagovest-info.ru, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Chine: la fête de la Nativité à Pékin

Un compte rendu et des photographies de la fête de la Nativité à Pékin, dans l'église orthodoxe de la Dormition, dans la nuit du 6 au 7 janvier, se trouvent ici (en anglais). 200 personnes, originaires de Russie, d'Ukraine, de Biélorussie, de Roumanie, de Moldavie, d'Ethiopie, de France, des Etats-Unis, de Corée, du Canada, d'Allemagne, de Serbie et de Grèce, y ont pris part.

Chine: la fête de la Nativité à Pékin

Un compte rendu et des photographies de la fête de la Nativité à Pékin, dans l'église orthodoxe de la Dormition, dans la nuit du 6 au 7 janvier, se trouvent ici (en anglais). 200 personnes, originaires de Russie, d'Ukraine, de Biélorussie, de Roumanie, de Moldavie, d'Ethiopie, de France, des Etats-Unis, de Corée, du Canada, d'Allemagne, de Serbie et de Grèce, y ont pris part.

Chine: la fête de la Nativité à Pékin

Un compte rendu et des photographies de la fête de la Nativité à Pékin, dans l'église orthodoxe de la Dormition, dans la nuit du 6 au 7 janvier, se trouvent ici (en anglais). 200 personnes, originaires de Russie, d'Ukraine, de Biélorussie, de Roumanie, de Moldavie, d'Ethiopie, de France, des Etats-Unis, de Corée, du Canada, d'Allemagne, de Serbie et de Grèce, y ont pris part.

Le père Tikhon (Chevnoukov) supérieur du monastère Sretensky de Moscou évoque ses impressions sur les progrès récents du christianisme en Chine

En automne de cette année, le cœur du monastère Sretensky de Moscou a fait une grande tournée de vingt jours dans les paroisses orthodoxes des États-Unis. Cette tournée s’est achevée… en Chine, où le chœur a été invité pour y effectuer des concerts. « L’Empire céleste», bien qu’il rappelle aux Russes, littéralement à chaque pas, leur propre pays, reste pour eux un pays énigmatique, pour ne pas dire complètement incompréhensible, étonnant et surprenant. L’higoumène du monastère Sretensky, l’archimandrite Tikhon (Chevnoukov) a partagé avec nous ses impressions sur la Chine.

– Père Tikhon, en fin de cette année, vous vous êtes rendus en Chine avec le chœur du monastère Sretensky. Comment cela a-t-il pu se produite, si l’on tient compte de l’attitude complexe des autorités chinoises envers l’Église orthodoxe ?

–  Le chœur du monastère, de façon inattendue pour nous, a été invité en Chine par M. Yulong, un  homme très connu en Chine, qui est le dirigeant du festival musical international de Pékin, auquel prennent part les orchestres symphoniques, les chœurs et les solistes les plus réputés. Au cours des discussions préalables, nous avons particulièrement souligné que le chœur Sretensky est en premier lieu religieux et orthodoxe. L’activité de l’Église orthodoxe en Chine est officiellement restreinte et ce depuis de nombreuses décennies. Aussi, il nous faut reconnaître que nous étions fort étonnés qu’un homme proche des plus hautes autorités chinoises, sachant pertinemment que nous étions orthodoxes, nous ait précisément invités. Mais le comité d’organisation du festival a confirmé : oui, nous invitons le chœur d’un monastère orthodoxe russe. Nous avons prévenu que nous n’avions pas l’intention d’enlever les chants religieux du programme de notre participation à la manifestation. En réponse, le comité d’organisation a proposé que nous donnions deux concerts, l’un de chants religieux, l’autre de chef-d’œuvres de l’art choral séculier. Nous avons donné notre accord.

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Les orthodoxes de Hong Kong fêtent le 300ème anniversaire de la fondation de la Mission ecclésiastique russe en Chine

En 2012, 300 ans se seront écoulés depuis la fondation de la première mission orthodoxe à Pékin. Le père Maxime Leontiev, le premier prêtre orthodoxe qui se trouvait avec les « Albazins » – cosaques détenus à Pékin – s’est endormi dans le Seigneur en 1712. Les Albazins orthodoxes, privés de pasteur après son décès, demandèrent à Lifan Yuan, en charge des minorités nationales vivant dans l'Empire Qing, qu’un nouveau prêtre leur fût envoyé. En 1712, l'empereur Kangxi rédigea un décret permettant à la mission ecclésiastique russe en Chine de commencer son activité et il s’adressa à l’empereur Pierre le Grand pour lui demander d’envoyer à Pékin une mission pour s’occuper de la pastorale de ses sujets orthodoxes.

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Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com
 

Chine: des publications orthodoxes en chinois ont été présentées à la Foire internationale du livre de Pékin

Dans le cadre de la Foire internationale du livre de Pékin, du 29 août au 2 septembre, était organisée une table ronde  sur le livre russe en Chine, hier, aujourd'hui et demain.  La table ronde a été consacrée à la traduction et à la publication de la littérature russe en Chine. Elle a réuni GM Gupalo, directeur de maison d'édition, le père Dionisy Pozdnyaev, recteur de la paroisse Saints-apôtres-Pierre-et-Paul à Hong Kong, et Zhang Baichun, professeur à l'Université normale de Pékin. La discussion a porté sur divers aspects de l'histoire des livres russes en Chine (…).
Les sujets de discussion de la  table ronde a touché la période peu explorée de l'édition par l'émigration russe à Pékin, à Harbin et à Shanghai au cours des années 20 et 40 du XXe siècle , ainsi que la question de l'interdépendance des cultures de la Chine et de la Russie, comme en témoigne en littérature l'expérience de l'émigration russe en Chine.

Source (dont photographie): Orthodox.cn

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk s’exprime sur la situation de l’Église orthodoxe autonome de Chine

Hilarion

Le 21 février 2012, le président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, s’est exprimé devant les étudiants et les professeurs des écoles théologiques de Moscou, dans un exposé intitulé « Une époque de nouveau martyre. La discrimination des chrétiens dans diverses régions du monde ». Répondant aux questions de l’assistance après la lecture de l’exposé, le président du département des relations extérieures a abordé, en partie, la question du souci pastoral des Russes orthodoxes vivant en Chine et de la situation de l’Église orthodoxe autonome chinoise. Selon le témoignage du métropolite Hilarion, un dialogue est mené actuellement entre l’Église orthodoxe russe et les autorités de la République populaire de Chine relativement au rétablissement de l’Église orthodoxe autonome chinoise. « Dans ce dialogue, nous avons pour objectif de donner la possibilité aux croyants orthodoxes demeurant en Chine – que ce soient nos compatriotes ou bien des autochtones – de confesser librement leur foi », a dit Mgr Hilarion.

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Une conférence sur l’orthodoxie en Chine s’est tenue à Almaty (Kazakhstan)

Une conférence sur l'orthodoxie en Chine s'est tenue à Almaty au Kazakhstan le 31 mai avec la bénédiction du métropolite Alexandre d'Astana et du Kazakhstan. Les interventions ont porté sur la prédication en Chine et parmi la diaspora chinoise, sur les problèmes et les perspectives de l'orthodoxie en Chine, sur la pastorale de la métropole du Kazakhstan (Patriarcat de Moscou) pour la communauté orthodoxe dans le Xinjiang. La mise en place de conférences régulières sur ces questions a été évoquée.

Source: Orthodox.cn

Pour la première fois depuis 2000, un prêtre orthodoxe chinois a célébré la divine liturgie à Harbin (Chine)

20100411harbinpokrov08Pour la première fois depuis 2000, un prêtre orthodoxe chinois a célébré la divine liturgie, le dimanche de Thomas (11 avril), à Harbin en Chine. Âgé de 86 ans, le père Michael Wang Quansheng, qui réside à Shanghai, a reçu l'autorisation de venir célébrer à Harbin. Il a été ordonné prêtre en 1958 par Mgr Syméon (Du) pour l'Église orthodoxe autonome chinoise à Shanghai. Il a été aidé pour cette célébration par un lecteur chinois, Papias Fu Xiliang. Une cinquantaine de Chinois et des Russes qui séjournent à Harbin ont participé à la célébration.

Source (dont photographie): Orthodox.cn

Les reliques de saint Jean de Changaï et de San Francisco en Chine

En cette fin de mois, avec la bénédiction du métropolite Hilarion, premier hiérarque de l’Eglise russe à l’étranger, les reliques de saint Jean de Changaï et de San Francisco (Maximovitch), seront transférées en Chine dans les paroisses russes de Hong Kong, de Pékin et de Changaï.

Source: Orthodox.cn

La déclaration du Saint Synode de l’Eglise orthodoxe russe concernant la décision du Patriarcat de Constantinople de créer une structure diocésaine sur le territoire de l’Eglise orthodoxe autonome de Chine

Le 9 janvier 2008 le Saint Synode du Patriarcat de Constantinople a déterminé les frontières de la métropole de Hong Kong, établies en 1996 et comprenant dans son ensemble la République populaire de Chine ainsi que plusieurs Etats de l’Asie du Sud-Est. Par cela même on a déclaré la création d’une nouvelle structure diocésaine sur le territoire de l’Eglise orthodoxe et autonome de Chine.
Le 15 avril lors d’une réunion du Saint Synode, qui s’est tenue à Moscou une déclaration a été adoptée (voir le compte rendu n°20), dont le texte entier est publié ci-dessous.

« Le Saint Synode note avec un profond regret que la décision du Saint Synode du Patriarcat de Constantinople du 9 janvier 2008 sur la réorganisation de la métropole de Hong Kong et de l’Eglise orthodoxe de Constantinople en intégrant dans son ensemble le territoire de la République populaire de Chine constitue une attaque au droit de l’Eglise orthodoxe  autonome de Chine. Cette décision est adoptée unilatéralement, à l’insu des fidèles orthodoxes de Chine.

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Le patriarche œcuménique Bartholomée invité aux jeux olympiques de 2008 en Chine

L’agence
Infocatho
reproduit une dépêche qui rapporte qu’il y a un mois le
patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée a été invité à assister aux
prochains jeux olympiques qui auront lieu en Chine en 2008. Le patriarche a
répondu qu’il était possible qu’il s’y rende.

Chine : visite du métropolite Cyrille de Smolensk pour l’inauguration de «l’année de la Russie en Chine»

Arrivé
hier en Chine, le métropolite Cyrille de Smolensk, président du Département des
relations extérieures du Patriarcat de Moscou, effectue une
visite
, durant deux jours, comme membre de la délégation du président russe Vladimir Poutine à
l’occasion de la cérémonie inaugurale de « l’année de la Russie en Chine ».
Il a célébré, aujourd’hui, un office dans l’ambassade russe.

Célébration de la Théophanie à Pékin (Chine)

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, la Théophanie, selon le calendrier julien, a été célébrée à Pékin, en Chine, à l’ambassade de la Fédération de Russie. La divine liturgie a été présidée par le père Alexy Kiselevich qui dessert régulièrement la communauté orthodoxe de Shanghai. Pour connaître l’histoire de l’orthodoxie en Chine, cliquez sur ce lien (en anglais), pour Hong-Kong, voir ici.

12 septembre (ancien calendrier) / 25 septembre (nouveau)

12 septembre (ancien calendrier) / 25 septembre (nouveau)

Clôture de la fête de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu ; saint Autonome, évêque en Italie, martyr en Bithynie (313) ; saint Julien, prêtre, martyr en Galatie avec ses 40 compagnons (IVème s.) ; saint Théodore d’Alexandrie, martyr (IVème s.); saint Cornutus, évêque de Nicomédie, martyr (259) ; saint Sacerdos, évêque de Lyon (552) ; saint Bassien, moine de Tiksen (Vologda) (1624) ; saint Athanase de Serpoukhov (1395) ; translation des reliques de saint Syméon de Verkhotourié (1704) ; saint hiéromartyr Dosithée de Tbilissi (1795) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Théodore (Lebedev), Jean (Proudentov), Nicolas (Jitov), prêtres, Alexis (Vorochine) (1937).

 

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR AUTONOME[1]

Saint Autonome, évêque en Italie, martyr en Bithynie (313

Saint Autonome était évêque en Italie, quand éclata la violente persécution déclenchée contre les chrétiens par l’empereur Dioclétien (vers 303). Pour échapper aux recherches, il s’enfuit d’Italie et se réfugia dans un village de Bithynie appelé Soréoi. Il y fut accueilli par un fidèle du nom de Corneille. Après y être resté un certain temps, il décida d’y bâtir une chapelle dédiée à l’Archange Michel et il ordonna Corneille diacre. Lui ayant laissé le soin de la chapelle et des fidèles qui s’y réunissaient, Autonome partit pour la Lycaonie et l’Isaurie, afin d’y répandre la parole de Dieu. Il revint ensuite en Bithynie et ordonna Corneille prêtre. C’est alors que l’empereur Dioclétien se rendit à Nicomédie, furieux contre les chrétiens, que les persécutions ne réussissaient pas à décourager, et en particulier contre Autonome, dont la renommée s’étendait partout. Une fois de plus, le bienheureux prit la fuite, et alla évangéliser les villes qui se trouvaient sur les rives de la Mer Noire. Au bout de quelque temps, il revint vers Corneille pour le consacrer évêque. Infatigable, il se rendit dans l’ouest de l’Asie Mineure pour y déraciner l’idolâtrie et y affermir les germes de la foi. Puis il retourna à Soréoi et s’installa dans un village voisin, dont il convertit et baptisa en peu de temps les habitants. Ces néophytes, pleins de zèle pour la foi, voyant les païens continuer d’offrir leurs sacrifices aux idoles, se précipitèrent un jour vers le temple des idoles et en renversèrent toutes les statues. Décidés à se venger, les païens attendirent que le saint évêque vienne célébrer les saints Mystères dans la chapelle de Soréoi. Ils envahirent alors l’église et massacrèrent tous ceux qui se trouvaient à portée de leur main : d’aucuns à coups de pierres ou de bâtons, d’autres au moyen de toute arme trouvée sur place. Quant au bienheureux Autonome, ils le tuèrent tandis qu’il se tenait devant le saint Autel, de sorte que c’est sa vie même qu’il offrit en sacrifice, à l’imitation de notre Seigneur. Quelques fidèles, qui avaient été épargnés, purent ensevelir son corps, lequel demeura exempt de corruption. Il était vénéré dans une église bâtie à cet endroit.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

 

ÉPITRE du jour

         (Éph. I, 22 – II, 3)

Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres…

 

Évangile du jour

(Mc X, 46-52)

Ils arrivèrent à Jéricho. Et, lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Il entendit que c’était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier; Fils de David, Jésus aie pitié de moi! Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; mais il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! Jésus s’arrêta, et dit: Appelez-le. Ils appelèrent l’aveugle, en lui disant: Prends courage, lève-toi, il t’appelle. L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit: Va, ta foi t’a sauvé.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

Recension: Rod Dreher, « Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin »

Rod Dreher, Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin, Artège, Paris, 2017, 372 p.
Né en 1967, Rod Dreher, qui vit à Bâton Rouge (Louisiane), est actuellement journaliste pour le magazine The American Conservative. Il a auparavant collaboré à des journaux prestigieux comme le New York Times (il y collabore encore périodiquement), le New York Post, la National Review et la National Review Online, The Weekly Standard, The Wall Street Journal, Touchstone, Men’s Health, le Los Angeles Times, le Dallas Morning News. Il a été également analyste à CNN, Fox News, MSNBC, Court TV. Il a été nommé plusieurs fois pour le prix Pulitzer. Originaire d’une famille méthodiste, il s’est converti au catholicisme en 1993 puis à l’Orthodoxie en 2006. Il a raconté dans un article intitulé « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie? », récemment traduit sur l’excellent site orthodoxologie.blogspot.fr., les raisons de sa conversion à l’Orthodoxie.
Ce premier livre qu’il publie en français, s’est vendu – sous le titre The Benedict Option – à 40.000 exemplaires aux États-Unis et y a suscité de vifs débats, bien que l’idée du « pari bénédictin » qui est son thème central, soit avancée par l’auteur depuis une quinzaine d’années, notamment dans un blog éponyme.
Dreher part d’une constatation de base: le christianisme et ses valeurs deviennent minoritaires dans nos sociétés occidentales, et les chrétiens risquent dans un proche avenir d’être soumis à des principes, des règles et des modes de vie qui sont non seulement étrangers à leur éthique, mais incompatibles avec elle et avec la foi qui les fonde, et d’être persécutés s’ils ne s’y plient pas, car ce véritable « déluge » (titre du 1er chapitre), s’accompagne de pressions sociales diverses (politiques, médiatiques, juridiques, psychologiques, etc.).
L’un des points de départ de la réflexion de Rod Dreher, est la place exorbitante prise dans les sociétés occidentales contemporaines par le mouvement LGBT (Lesbien-Gay-Bisexuel-Transsexuel), qui dispose d’importants moyens de propagande, peut légalement infiltrer le système scolaire et former les jeunes cerveaux à sa « théorie du genre » (gender theory), a fait voter des lois qui font condamner comme raciste toute critique, même théorique, de ses principes, se montre d’une intolérance extrême au nom de la tolérance, et parvient avec arrogance à imposer ses vues minoritaires à la majorité avec l’appui des lobbies médiatiques et politiques. Ce fait sociétal a été pour Rod Dreher – avec d’autres facteurs (comme la sécularisation galopante, le développement de l’individualisme et du consumérisme…) qui témoignent d’une décadence profonde du monde chrétien (qu’il compare à celle de l’Empire romain) et d’un changement de paradigme de notre civilisation (en particulier de ses bases familiales et de ses références éthiques) – un moteur important de sa décision de proposer aux chrétiens de réagir concrètement. Cette réaction a peu de chance, selon l’auteur, de réussir sous la forme d’un engagement politique – un engagement à droite peut en partie ralentir, mais non empêcher ce mouvement de décadence. Elle peut en revanche réussir par la construction, par tous les chrétiens, d’une société fondée sur leurs valeurs morales communes et, s’inspirant, quant à son mode d’organisation, de la règle monastique de saint Benoît d’où le sous-titre du livre (qui est son titre principal dans l’édition américaine): « Le pari bénédictin ». Cette construction doit d’abord prendre la forme d’un retrait par rapport aux éléments toxiques des sociétés post-modernes, non dans la fuite et l’isolement, mais par rapport à tous les facteurs – notamment médiatiques et éducatifs – qui contribuent à éloigner les hommes (avant tout les enfants et les adolescentes) des valeurs chrétiennes. Il s’agit, autrement dit, d’organiser la résistance. Mais il s’agit en même temps d’élaborer sur la base des valeurs fondamentales du christianisme, un modèle communautaire solide, capable de constituer une alternative aux modèles sociétaux actuels, voire, s’il se développe (comme ce fut le cas de la civilisation chrétienne après la chute de l’Empire romain), de s’y substituer. Selon l’auteur, il faut repenser la nature et la structure des communautés chrétiennes et les revivifier, car « les Églises » actuelles sont très faibles, largement contaminées par les valeurs post-modernes extérieures au christianisme, et inaptes à opposer la résistance et l’alternative souhaitables.
Je laisse la place à l’auteur pour présenter l’origine et le sens de sa démarche telle qu’il les expose dans son introduction:

« Je me rendis compte que les Églises, dont la mienne, se montraient incapables de lutter efficacement contre les forces du déclin culturel. Le christianisme historique et traditionnel – aussi bien protestant que catholique ou orthodoxe – avait pour devoir d’être une véritable puissance de résistance à l’individualisme et au sécularisme radicaux du monde moderne. On racontait volontiers que les chrétiens conservateurs menaient une guerre culturelle, mais, à part contre l’avortement et le mariage homosexuel, le combat des miens me paraissait inexistant. Nous semblions nous satisfaire d’endosser le rôle de chapelains d’une culture acquise au consumérisme, qui avait perdu toute notion de la réalité du christianisme.
Dans mon livre Crunchy Cons, publié en 2006, j’explorai cette sensibilité conservatrice que l’on peut qualifier de “contre-culture par la tradition”. J’y citai l’œuvre du philosophe Alasdair MacIntyre, pour qui la civilisation occidentale avait perdu ses amarres philosophiques. Le temps approchait, disait-il, où les hommes et les femmes de bien comprendraient qu’il ne serait plus possible à ceux qui désirent une existence en accord avec les vertus de la tradition de participer activement à la société contemporaine. Il leur faudrait trouver de nouvelles manières de vivre en communauté, à l’exemple de saint Benoît qui, au VIe siècle, donna naissance au monachisme occidental, offrant ainsi une réponse à l’effondrement de la civilisation romaine.
J’avais nommé ce retrait stratégique appelé de ses vœux par MacIntyre le « pari bénédictin ». L’idée principale en était que les chrétiens conservateurs sérieux ne pouvaient plus mener une existence légère, ordinaire ; qu’il fallait développer des solutions innovantes, collectives, pour nous aider à maintenir notre foi et nos convictions au milieu d’un monde qui y était de plus en plus hostile. Il allait falloir choisir avec radicalité un christianisme de contre-culture, un nouveau mode de vie, sous peine de condamner nos enfants et leurs enfants à l’assimilation.
Une décennie durant, j’ai beaucoup écrit sur ce pari bénédictin, sans que jamais l’idée dépasse un cercle plutôt restreint de chrétiens conservateurs. Pendant ce temps, la “génération du millénaire” se mit à abandonner l’Église, dans des proportions encore jamais vues. Et il est presque certain qu’elle ne savait même pas ce qu’elle rejetait : de récentes recherches sociologiques ont montré que les jeunes adultes ignorent, quasiment tous, les enseignements et usages de la foi chrétienne historique.
Le déclin constant du christianisme et la montée proportionnelle de l’hostilité vis-à-vis des valeurs traditionnelles ont atteint un point critique en avril 2015, lorsque l’État de l’Indiana a fait passer une version locale de l’acte fédéral de restauration de la liberté religieuse. La loi se contentait de permettre que l’argument d’atteinte à la liberté religieuse soit entendu en justice dans le cadre de procès en discrimination. Elle n’affirmait pas que cet argument ferait nécessairement gagner les accusés, mais les militants des droits homosexuels la décrivirent comme “sectaire”. Et pour la première fois, le monde des affaires prit parti dans la guerre culturelle en défendant avec fermeté les droits de la communauté gay. Sous la pression des grandes entreprises, l’Indiana fit machine arrière. Une semaine plus tard, c’était au tour de l’Arkansas.
Cette affaire fut un tournant: elle démontrait que, si les grandes entreprises faisaient opposition, les responsables républicains, même dans des États où ils avaient la majorité, préféraient ne pas prendre position pour la liberté religieuse. Défendre l’orthodoxie chrétienne sur les questions de sexualité devenait, dans l’esprit de tous, un acte inacceptable de bigoterie. C’était la débâcle pour les chrétiens conservateurs. Nous vivions dans un nouveau pays.
Deux mois plus tard, la Cour Suprême faisait du mariage entre personnes de même sexe un droit constitutionnel. Ce fut aux États-Unis une décision populaire: l’opinion, en l’espace d’une décennie, avait radicalement changé sur la question des droits des homosexuels et du mariage gay. Sitôt ce droit acquis, les militants et leurs alliés politiques, les démocrates, se remirent à la lutte, cette fois pour les droits des transgenres.
Depuis l’arrêt Obergefell, les chrétiens qui restent attachés à l’enseignement de la Bible sur la sexualité et le mariage ont acquis, de l’avis général (et, de plus en plus, avec l’appui de la loi), le même statut que les racistes. La guerre culturelle entamée avec la révolution sexuelle des années 1960 s’est soldée par une défaire des chrétiens conservateurs. La gauche culturelle – autrement dit, le courant de pensée dominant – n’a nullement l’intention de vivre en paix après sa victoire. Au contraire, elle continue de pousser pour établir une occupation dure et impitoyable, aidée par le désarroi des chrétiens, qui ne comprennent pas ce qui se passe. Qu’on ne s’y trompe pas: l’élection surprise de Donald Trump n’empêchera rien. Tout au plus est-elle un sursis.
Si j’ai écrit ce livre, c’est pour réveiller l’Église, l’encourager à agir, à se renforcer tant qu’il est encore temps. Si nous voulons survivre, il nous faut retourner aux racines de notre foi, dans nos pensées comme dans nos actes. Il va nous falloir renouer avec des habitudes intérieures que les croyants occidentaux ont délaissées. Il va nous falloir radicalement changer nos vies, notre vision du monde. En un mot, il va nous falloir être l’Église, sans compromis, quel qu’en soit le coût.
Ce livre n’est pas un programme politique, ni un manuel pratique de spiritualité, ni une énième lamentation sur la décadence. Certes, il propose une critique de la société moderne d’un point de vue chrétien traditionnel, mais il a d’abord pour but de présenter les initiatives de ces chrétiens qui cherchent, de manière créative, à vivre leur foi en dehors de la culture dominante, dans la joie et malgré les ténèbres. J’espère vous donner l’envie de vous en inspirer, de collaborer avec les chrétiens de votre entourage, de votre région, pour bâtir des réponses aux défis que ce monde lance à l’Église. Pour que le sel ne perde pas sa saveur, nous devons agir. Il se fait tard, et ce n’est pas un exercice.
Pour Alasdair Maclntyre, nous sommes dans l’attente d’ « un nouveau saint Benoît, sans doute très différent du premier ». Le philosophe veut parler d’un chef inspiré, novateur, qui trouvera une nouvelle façon de vivre la tradition en communauté, qui permettra la survie dans un temps d’épreuve. Le pape émérite Benoît XVI prédit un monde dans lequel l’Église vivra en petits cercles composés de chrétiens engagés, dévoués à leur foi et se tenant à l’écart de la société contemporaine pour l’amour de la vérité. Lisez ce livre, apprenez de ceux que vous y rencontrerez, soyez inspiré par le témoignage des moines. Laissez-les parler à votre cœur, à votre raison, puis agissez localement, renforcez-vous, renforcez votre famille, votre église, votre école, votre communauté.
Dans la première partie de ce livre, j’exposerai, tel que je le conçois, le défi de l’Amérique post-chrétienne. J’y chercherai les racines philosophiques et théologiques de la fragmentation de notre société, puis expliquerai quel soutien les croyants d’aujourd’hui peuvent trouver dans les vertus que contient la règle de saint Benoît, un guide pratique pour la vie monastique qui joua un grand rôle dans la préservation de la culture chrétienne, au cours de ce que certains appellent l’Age sombre.
Je décrirai dans la deuxième comment le mode de vie chrétien prescrit par la Règle peut être adapté à l’existence des laïcs chrétiens modernes, quelle que soit leur confession. La Règle propose des pistes pour aborder la politique, la foi, la famille, la communauté, l’éducation et le travail. Je montrerai comment ces pistes se manifestent concrètement chez beaucoup de chrétiens dont on devrait écouter ce qu’ils ont à dire. Enfin, j’analyserai l’importance cruciale de ces croyants qui se confrontent avec résolution, en pensée et en acte, aux deux phénomènes les plus puissants du monde moderne, qui déstabilisent l’Église dans ses fondements: la sexualité et la technologie.
J’espère que vous finirez par convenir que les chrétiens sont entrés dans un temps de grandes décisions. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront des conséquences sur la vie de nos descendants, sur notre nation, sur notre civilisation. Jésus-Christ a promis que les portes de l’Enfer ne sauraient atteindre Son Église, mais Il n’a pas promis qu’elles ne la vaincraient pas en Occident. Tout dépend de nous, de ce que nous allons décider, ici et maintenant. »

Tandis que le premier chapitre de l’essai, intitulé « le déluge », présente l’irruption des valeurs anti-chrétiennes au cours de ces dernières décennies, le chapitre 2 analyse les racines anciennes de la crise que vivent les sociétés occidentales (le nominalisme, la Renaissance, la Réforme, les Lumières, la démocratie, la capitalisme et le romantisme, le triomphe de l’Eros). Le chapitre 9 approfondit la question de la révolution sexuelle et propose quelques solutions pour l’affronter, tandis que le chapitre 10 décrit les méfaits des techniques modernes, notamment numériques, et propose une limitation de l’usage de la télévision, d’Internet et des réseaux sociaux. Le chapitre 3 présente quelques éléments de la règle bénédictine dont l’application serait salutaire pour l’homme post-moderne : ordre, prière, travail, ascèse, stabilité, communauté, hospitalité, équilibre… Le chapitre 4 invite à construire une nouvelle forme de politique qui serait anti-politique et prendrait la forme d’une communauté chrétienne organisée, avec ses propres institutions (notamment scolaires) permettant d’échapper aux institutions délétères de nos sociétés actuelles. Le chapitre 5 propose quelques principes d’un mode de vie nouveau, inspiré par l’Église: redécouvrir la valeur du passé (au lieu de le nier au nom de la modernité et du prétendu progrès), redécouvrir la liturgie, renouer avec l’ascèse, renforcer la discipline de l’Église, évangéliser par la bonté et la beauté, accepter l’exil et la possibilité du martyre. Le chapitre 7 quant à lui présente les principe qui devraient participer à la constitutions d’un « village chrétien » à l’échelle de nos sociétés : faire de son foyer un petit monastère, faire savoir aux enfants que leur famille est différente des autres (et en être fier), s’assurer qu’ils ont un bon groupe d’amis, vivre à proximité des membres de sa communauté, faire vivre le réseau social de l’Église, nouer des relations entre Églises, aimer la communauté… Le chapitre 7 redéfinit l’éducation comme formation chrétienne et en énonce les principes: donner à sa famille une éducation bien ordonnée, enseigner l’Écriture aux enfants, enseigner aux jeunes l’histoire de la civilisation occidentale (dénigrée et méprisée par le système scolaire actuel), retirer ses enfants de l’enseignement public (qui contribue à l’étouffement des valeurs chrétiennes), ne pas se faire d’illusion sur les écoles chrétiennes existantes (qui très souvent s’assimilent au modèle libéral moderne), monter des écoles chrétiennes classiques, faire l’école à la maison, revenir aux classiques… Le chapitre 8 concerne les changements à apporter au monde de l’économie et du travail: « acheter chrétien » même si c’est plus cher, constituer un réseau professionnel chrétien, redécouvrir les métiers, se préparer à la pauvreté et à la marginalisation.

On le voit, ce livre se situe dans la ligne d’un conservatisme décomplexé, à la fois religieux et politique. L’auteur travaille d’ailleurs dans un journal qui, comme son nom l’indique, se situe dans la ligne politique des conservateurs américains, autrement dit des « Républicains », et il est habituel aux États-Unis de classer les chrétiens en libéraux ou conservateurs, et de parler de « gauche chrétienne » et de « droite chrétienne », comme nous le faisons en France pour les partis politiques et leurs sympathisants.

Ce n’est pas seulement en se positionnant par rapport à ce type de catégories qui situent la religion à proximité de la politique mais par son style (journalistique et usant constamment de la première personne) et par son contexte (celui de la société américaine actuelle) que ce livre est très américain dans son esprit et dans sa forme, et pour une part en décalage avec la mentalité et le contexte européens.
Il n’en reste pas moins vrai que la sécularisation de la société et tous les problèmes sociétaux qui remettent en cause les valeurs chrétiennes aux États-Unis, touchent de plus en plus nos sociétés européennes, les processus de globalisation et de mondialisation qui affectent l’ensemble des sociétés contemporaines tendant à uniformiser celles-ci à l’échelle du monde.
Tout en n’étant pas (encore) un reflet de ce que nous vivons, et tout en ayant une tonalité pessimiste et une tendance à la dramatisation, ce livre nous concerne et nous parle.
Il est vrai que si les valeurs antichrétiennes gagnent rapidement du terrain dans le même temps que les sociétés occidentales se déchristianisent à grande vitesse, ce n’est pas seulement en raison des moyens de diffusion dont elles disposent, mais aussi en raison du manque d’activité et de réactivité des chrétiens eux-mêmes, de leur faiblesse à affirmer leur foi et leur identité, de l’insuffisance de leur conviction dans l’expression et l’incarnation de leur éthique, de leur manque d’esprit apostolique et missionnaire dans la société où ils vivent (jusque dans la crainte de s’afficher comme chrétiens), et de leur incapacité de proposer par leur propre exemple un modèle de vie personnelle et de communauté enviable. La sécularisation inhérente au protestantisme depuis ses origines et qui a gravement affecté le catholicisme depuis le concile Vatican II et continue à l’affecter malgré un certain retour de celui-ci, depuis Jean-Paul II et Benoît XVI, à des formes plus conformes à ses traditions antérieures, a une grande part de responsabilité dans la sécularisation que connaissent les sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, dans la perversion et l’oubli des valeurs chrétiennes de référence, et dans l’irruption de pseudo-valeurs de substitution. Selon la parabole de l’évangile (Mt 12, 44-45), quand on laisse la maison vide, de méchants démons y entrent…
Le renforcement de l’Église comme communauté, mettant à la disposition des fidèles, comme ce fut le cas dans le passé, des institutions (en particulier éducatives) transmettant et diffusant ses valeurs, et aussi (comme dans les institutions caritatives) les incarnant est un projet essentiel pour son maintien et sa reviviscence.
Les chrétiens doivent-ils pour autant se couper de la société et de ses institutions au risque de former un ghetto? Cela ne risquerait-il pas d’accentuer et d’institutionnaliser leur mise à l’écart et leur mise en minorité? La communautarisation telle qu’elle existe par exemple au Canada (avec l’appui officiel de l’État, qui préfère ce modèle d’intégration au modèle d’assimilation américain) où chaque communauté a ses propres institutions (écoles, collèges, lycées, universités, hôpitaux, maison de retraite, etc.) est-elle une solution? De tous temps les chrétiens ont eu pour tâche de préserver leur foi, leur éthique et leur mode de vie, à travers la vie et les institutions ecclésiales et au sein de leurs familles, ces « églises domestiques » comme les appelait saint Jean Chrysostome. Mais ils ne se sont pas pour autant coupés et séparés du monde environnant, à l’exception des moines, dont c’était la vocation particulière. Le Christ n’a jamais prétendu fonder en ce monde une société parallèle à la société civile, et il a commandé à ses disciples « de rendre à César ce qui est à César ». Il a affirmé clairement: « mon royaume n’est pas de ce monde ». Il a demandé aux chrétiens de témoigner de leur foi dans la société et pas à côté d’elle. Et s’il est vrai que l’Église constitue une société, celle-ci est de nature spirituelle et, dans sa plénitude, eschatologique. Porter témoignage de leur foi, coûte que coûte au sein de la société où ils vivaient lors même qu’elle était antichrétienne, leur a d’ailleurs coûté cher pendant de longues périodes de l’Histoire où dans de vastes espaces géographiques, que ce soit au temps des persécutions des premiers siècles, au temps des conquêtes et de l’oppression persane et ottomane, sous le régime communiste, et plus récemment dans les zones dominées par l’intégrisme islamiste, où des millions de chrétiens ont, dans le martyr, payé de leurs souffrances, de leur sang et de leur mort.
Un autre problème majeur du livre de Dreher est que tout en préconisant une société chrétienne faite de « petites communautés », il considère le christianisme comme un ensemble unifié, dont les membres seraient tous susceptibles d’adopter sans tarder le modèle qu’il propose. Il parle souvent de « l’Église » au singulier, mais dans la situation actuelle ce terme ne peut, pour différentes raisons, inclure les différentes confessions chrétiennes que l’auteur a en vue dans son projet global.
On ne peut que s’associer au souhait de Dreher de voir un jour les chrétiens réunis, mais outre que les divergences dogmatiques et ecclésiologiques qui les séparent sont loin de pouvoir trouver une solution, ils restent fortement divisés quant aux valeurs morales elles-mêmes. Réunir les chrétiens conservateurs en tant que tels risque de constituer une base à tous égards insuffisante.
Un autre trait frappant du livre de Dreher est qu’il comporte de multiples références à des auteurs catholiques et protestants, mais ne cite aucun auteur orthodoxe (excepté Schmemann sur la question du jeûne). Peut-être est-ce parce qu’il considère que le modèle bénédictin, qui a conservé beaucoup des valeurs et de traits de la vie spirituelle sur lesquelles tous les chrétiens s’entendaient au cours du premier millénaire, suffit à ses yeux (non au sens strict, en tant qu’ordre monastique, mais au sens large, par les valeurs qu’il incarne) à représenter le modèle orthodoxe (et donc peut-être est-ce là que nous trouverons une réponse aux questions que nous avons posées précédemment). C’est ce que semble indiquer ce passage du 1er chapitre:

« Vous ferez dans ce livre la connaissance d’hommes et de femmes qui sont les Benoît d’aujourd’hui. Certains vivent à la campagne, d’autres à la ville. D’autres encore sont dans les banlieues. Tous sont des chrétiens orthodoxes convaincus c’est-à-dire, théologiquement, des conservateurs appartenant à l’une des trois branches principales du christianisme historique – qui savent que les chrétiens doivent quitter Babylone, s’en séparer soit métaphoriquement, soit littéralement, sans quoi leur foi ne tiendra plus guère que le temps d’une génération ou deux dans cette culture de mort. Ils ont, au contraire de bien d’autres, accepté de reconnaître cette vérité que la politique ne nous sauvera pas. Plutôt que d’essayer de rafistoler l’ordre établi, ils ont reconnu que le royaume auquel ils appartiennent n’est pas de ce monde, et ont décidé de ne pas compromettre cette citoyenneté. Ces chrétiens orthodoxes font ce que j’appelle le “pari bénédictin”, une stratégie tirée de l’enseignement de l’Écriture et de la sagesse de l’Église des premiers temps, qui consiste à embrasser l’ “exil sur place” pour former une contre-culture vivace. Conscients de la dangerosité du sécularisme moderne et de la fragmentation causée par le relativisme, les chrétiens partis sur la voie de Benoît cherchent dans la Bible et la Règle les pratiques et modes de vie communautaires qui régiront leur vie. Plutôt que la panique ou la complaisance, ils choisissent la raison: le nouvel ordre n’est pas un problème à résoudre, mais une réalité avec laquelle il faut vivre. Ces chrétiens apprennent à survivre avec foi et inspiration, à approfondir leur vie de prière, à changer leur manière d’être, à se recentrer sur leur famille et leur communauté plutôt que sur la politique partisane, à construire des églises, des écoles et d’autres institutions dans lesquelles la foi chrétienne pourra survivre et s’épanouir pendant le déluge. »

Il est cependant évident que le modèle bénédictin, quelles que soient ses vertus, est trop limité et lié à un contexte historique occidental pour représenter le mode de vie orthodoxe dans toute son ampleur. Mais il est vrai que par leur conservatisme religieux (qui leur est souvent reproché dans un monde devenu liquide et presque entièrement gagné au libéralisme et au modernisme) les Orthodoxes traditionnels (qui sont la majorité des fidèles dans les pays orthodoxes) sont, parmi les chrétiens, ceux qui ont le plus fidèlement conservé l’esprit, les valeurs et le mode de vie du christianisme tel qu’il a été fondé par le Christ et transmis par les Apôtres et les Pères, et, en conséquence, il est vrai aussi que l’Église orthodoxe est actuellement, parmi toutes les communautés se réclamant du christianisme, particulièrement bien placée pour résister aux assauts anti-chrétiens du monde séculier post-moderne, et pour proposer, par sa capacité à englober spirituellement toutes les dimensions de la vie quotidienne, un modèle de vie alternatif fondé sur les valeurs chrétiennes authentiques. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Rod Dreher et sa famille de rejoindre l’Église orthodoxe, comme il l’explique dans son article déjà cité : « Qu’y a-t-il de si attirant dans l’Orthodoxie ? »

Rod Dreher sera en France du 28 septembre au 6 octobre. Il présentera son livre le dimanche 1er octobre à 11h30 à la Paroisse Ste Parascève-Ste Geneviève, Crypte St François (sous l’église St Sulpice), 35 rue St-Sulpice, Paris 6e, Métro St-Sulpice ou Odéon.

Jean-Claude Larchet

19 septembre

19 septembre

Après-fête de l’Exaltation de la Croix ; Saints Trophime, Sabbace et Dorymède, martyrs à Antioche de Pisidie (276), sainte martyre Zosime, ermite (IVème s.) ; saint hiéromartyr Janvier, évêque de Bénévent et ses compagnons (305) ; saint Eustoche, évêque de Tours (461) ; saint Senoux, évêque et ermite en Basse Bretagne (530) ; saint Marien, ermite à Entraigue (VIème s.) ; saint Seine, abbé à Ségreste (VIème s.) ; saint Goëry, évêque de Metz (647) ; saint Théodore, prince de Smolensk (1299) et ses fils saints David et Constantin ; saint Igor, prince de Tchernigov et de Kiev (1147) ; saint Alexis, fondateur du monastère de Saint-Zosime (1928) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin (Goloubev), prêtre (1918) ; Nicolas (Iskrovsky), prêtre (1919) ; Nil (Smirnov), prêtre et Marie (Mamontov-Chachine), moniale (1938).

VIE DES SAINTS MARTYRS TROPHIME, SABBACE ET DORYMÉDON[1]

Ces saints martyrs vécurent sous le règne de l’empereur Probus (276-282). De passage à Antioche de Pisidie, alors qu’on y célébrait la fête d’Apollon, Trophime et Sabbace furent tout affligés de voir les habitants en délire. Ils adressèrent à Dieu d’ardentes prières pour le salut de la ville et se déclarèrent publiquement chrétiens. On les emmena devant le gouverneur, qui fit d’abord interroger et ensuite torturer Trophime. Celui-ci fut si violemment flagellé, que la terre était couverte de son sang. Sabbace comparut à son tour, et il fut frappé au visage après avoir confessé le Christ. Puis, on lui déchira les flancs avec des ongles de fer, on lui déboîta les articulations et on lui piétina le ventre jusqu’à ce qu’il rende l’âme au milieu de ces supplices. Trophime, quant à lui, fut chaussé de sandales couvertes de clous et envoyé à Synnades, auprès de Perennius Dionysius, gouverneur de Phrygie. Comme il continuait à confesser hardiment le Christ, les soldats le flagellèrent pendant de longues heures, puis couvrirent ses plaies de sel et de vinaigre après les avoir brûlées avec des torches. Dorymédon, le premier des conseillers de la ville, rendit alors visite à Trophime dans la prison et se déclara, lui aussi, chrétien devant le gouverneur, qui lui fit déchirer les joues et les côtes avant de lui faire arracher les dents. Après bien d’autres supplices, le magistrat le fit comparaître devant son tribunal en compagnie de Trophime. Comme les saints n’en mettaient que plus d’ardeur à proclamer l’amour du Christ plus fort que la mort, Perennius leur fit arracher les yeux, puis il les livra aux bêtes. Celles-ci ne les ayant pas touchés, respectant la grâce qui était en eux, le gouverneur ordonna de les décapiter.

 

VIE DE ST JANVIER, ÉVÊQUE DE BÉNÉVENT

Saint Janvier, évêque de l’Église de Bénévent en Campanie (Italie), fut arrêté avec ses compagnons au temps de la persécution de Dioclétien (vers 305), sur ordre du gouverneur Timothée. Chargés de chaînes, ils furent jetés en prison et soumis à la torture. Saint Janvier fut ensuite jeté dans une fournaise ardente, d’où il ressortit indemne, préservé par la grâce divine. Craignant que le peuple, enthousiaste devant ce miracle, ne se convertisse en masse, le tyran donna l’ordre de le décapiter sans retard. On raconte que le peuple de Naples se précipita pour le délivrer, mais que le saint les en empêcha en leur promettant que, par le martyre qu’il allait souffrir, il deviendrait pour la suite des siècles le protecteur de la ville. Effectivement le saint martyr, transféré à Naples, est resté au cours des âges le protecteur de la cité, aussi bien pendant des épidémies qu’à l’occasion d’éruptions du Vésuve, dont il arrêta le fleuve de lave avant qu’il ne détruise tout sur son passage. Avec son précieux chef, on garde jusqu’à aujourd’hui dans la cathédrale de Naples une fiole pleine de sang qui, périodiquement, et jusqu’à vingt fois dans l’année, se liquéfie et semble bouillonner, comme s’il était encore tout frais. Plusieurs années après le martyre de saint Janvier, lorsque la persécution eut cessé et que le christianisme put se répandre avec éclat dans tout l’Empire romain, une pauvre veuve, nommée Maximienne, vint à perdre son fils unique. Comme elle pleurait, inconsolable, devant l’église, elle vit soudain une étoffe, sur laquelle était imprimée l’image du saint martyr, suspendue au-dessus de la porte. Se souvenant de l’exemple de la Sounamite, dont le fils avait été ressuscité par le prophète Élisée (II Rois IV, 35), elle prit alors l’image sainte et l’appliqua sur le corps inanimé de son fils, tout comme l’avait fait autrefois le prophète en s’étendant sur l’enfant, sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux et ses mains contre ses mains, puis elle pria avec larmes le saint d’intervenir auprès de Dieu pour que son fils lui soit rendu. Et aussitôt, Dieu ressuscita l’enfant par l’intercession de saint Janvier.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1

Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

 

Tropaire des saints martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon, ton 8

Le Dieu qui est loué dans la Trinité  a glorifié la triade des martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon; ayant cru en Lui, ils ont renversé l’ennemi;  par leurs prières, ô Christ notre Dieu,  aie pitié de nous.

 

Tropaire de saint Théodore, prince de Smolensk, et de ses fils, ton 4

Dès la jeunesse ayant adhéré à l’amour du Christ, de tout cœur vous avez gardé ses préceptes et sa loi; et, riches de vos dons miraculeux, vous faites jaillir les guérisons; saints Théodore, David et Constantin, pour ceux qui vous honorent avec foi priez le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Trophime, Sabbace et Dorymédon, ton 8

Comme pilier des Athlètes et soutien de la foi * l’Église te vénère et glorifie ton martyre lumineux; * bienheureux Trophime illustre et courageux martyr, * avec tes compagnons de lutte, procure le pardon * à ceux qui te chantent comme invincible au combat.

 

Kondakion de saint Théodore, prince de Smolensk, et de ses fils ton 8

Vous êtes apparus, luminaires tout brillants, comme des anges dans la chair et, comme arbres de vie du Paradis, ayant crû par les jeunes, les veilles et la foi, vous avez fleuri par vos prières, recevant les dons sacrés en puissants médecins guérissez les âmes des infirmes qui accourent avec foi vers vos reliques sacrées; saints thaumaturge theodore, David et Constantin intercédez auprès du Christ notre Dieu pour qu’il accorde la rémission de leurs péchés à ceux qui vénèrent avec foi et amour votre mémoire sacrée.

 

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4

Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉPITRE du jour

(Gal. V, 11-21)

Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc disparu! Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous! Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres. Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi. Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu.

 

Évangile du jour

(Mc VII, 5-16)

Les pharisiens et les scribes lui demandèrent: Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures? Jésus leur répondit: Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, ainsi qu’il est écrit: Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore: Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. Car Moïse a dit: Honore ton père et ta mère; et: Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites: Si un homme dit à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est corban, c’est-à-dire, une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère, annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. Ensuite, ayant de nouveau appelé la foule à lui, il lui dit: Écoutez-moi tous, et comprenez. Il n’est hors de l’homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller; mais ce qui sort de l’homme, c’est ce qui le souille. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

[1]Tiré, ainsi que la vie suivante, du Synaxaire du P. Macaire de Simonos Petras

31 août (ancien calendrier) / 13 septembre (nouveau)

31 août (ancien calendrier) / 13 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408) ; saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr (258) ; saint Gennade, patriarche de Constantinople (471) ; saint Optât, évêque d’Auxerre (532) ; saint Ay (593) ; saint Ebrégésile, évêque de Meaux (VIIème s.) ; saint Gildard (VIIIème s.) ; nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Lioubimov, prêtre et Vladimir Dvinsky, diacre (1918) ; Michel Kosouchine et Miron Rjepik, prêtres (1937) ; Démètre Smirnov, prêtre (1938) ; synaxe des nouveaux martyrs de Jasenovac (Serbie, 1941-1944).

 DÉPOSITION DE LA CEINTURE DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU[1]

D’après une ancienne tradition ecclésiastique, au moment de quitter ce monde pour rejoindre son Fils et son Dieu, la Très Sainte Mère de Dieu légua ses deux robes à deux pauvres femmes juives qui l’avaient servie. Ces dernières gardèrent précieusement ces reliques, qui furent transmises de génération en génération jusqu’à ce que Galbios et Candide s’emparent de l’une d’elles, au moyen d’une pieuse ruse, sous le règne de Léon Ier, et la déposent dans l’église des Blachernes. La Ceinture de la Mère de Dieu, qui s’était retrouvée, on ne sait comment, dans l’évêché de Zèla, proche d’Amasée dans le Pont, fut transférée à Constantinople sous le règne de Justinien (vers 530), et déposée dans l’église des Chalkoprateia, qui était située non loin de Sainte-Sophie, à l’ouest, dans le quartier des chaudronniers. On y célébrait en ce jour la dédicace de l’église et les deux insignes reliques qu’elle contenait : la sainte Ceinture et les langes de notre Seigneur. De longues années après (vers 888), l’épouse de l’empereur Léon VI le Sage, Zoé, se trouvant gravement malade sous l’instigation d’un esprit malin, fut avertie au cours d’une révélation qu’elle obtiendrait sa guérison par l’imposition de la Ceinture de la Mère de Dieu. L’empereur fit aussitôt briser les scellés de la châsse (soros) qui contenait la relique, et il découvrit avec admiration la sainte Ceinture, aussi neuve et éclatante que si elle avait été tissée la veille. On trouva à côté un document indiquant exactement la date où elle avait été apportée à Constantinople, et comment l’empereur lui-même l’avait déposée dans la châsse qu’il avait scellée de ses propres mains. L’empereur Léon baisa la relique avec vénération et la remit au patriarche. Et dès que le prélat eut déployé la Ceinture sur la tête de l’impératrice, celle-ci fut délivrée de sa maladie. Tous rendirent gloire au Christ Sauveur et à sa Très-Sainte Mère, et la sainte relique fut replacée dans la châsse, après que l’impératrice reconnaissante l’eut rehaussée de fils d’or. On raconte que le tsar de Bulgarie Jean Asen (1187-1196), ayant vaincu l’empereur Isaac II Ange (1190), s’empara de la croix dans laquelle se trouvait un fragment de la sainte Ceinture, et qu’un prêtre avait jetée dans le fleuve pour qu’elle échappe à la profanation. Reprise par les Serbes, la sainte relique fut ensuite offerte par le saint prince Lazare († 1389) [15 juin] au monastère athonite de Vatopédi, où elle se trouve encore vénérée aujourd’hui, dégageant un suave parfum et accomplissant quantité de miracles. Cette Ceinture, qui a serré les chastes entrailles qui portaient le Créateur et qui a été humectée des gouttes du lait dont fut nourri Celui qui est la Vie du monde, demeure pour tous les croyants un gage de salut. Elle les incite à ceindre tous les mouvements de la chair et à imiter la chasteté d’âme et de corps de la Très-Sainte Vierge et Mère, afin d’être jugés dignes de porter, à leur tour en leur cœur, le Christ qui ne cesse de se faire pour nous « petit enfant ».

 

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, car en toi la nature et le temps sont renouvelés; c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Tropaire des saints martyrs de Jasenovac, ton 8

Pour la fidélité à Dieu et à Sa justice, vous avez souffert dans la chair, faisant s’affliger la terre, mais vous avez sauvé vos âmes, faisant réjouir les cieux ; vos ancêtres célestes, vous accueillant aux grilles du paradis, s’exclamèrent dans leurs chants : « Vos noms sont inscrits dans le livre de l’éternité, venez au paradis enfants de l’immortalité ! » Et nous sur terre, nous nous écrions vers vous : Nouveaux martyrs, priez Dieu pour nous !

 

Kondakion de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

La précieuse Ceinture qui jadis entoura ton sein porteur de notre Dieu pour tes fidèles est un invincible trophée, un trésor inépuisable de bienfaits, Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.

 

ÉPITRE du jour

(Gal. III, 15-22)

Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n’est annulée par personne, et personne n’y ajoute. Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n’est pas dit: et aux postérités, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule: et à ta postérité, c’est-à-dire, à Christ. Voici ce que j’entends: une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cents trente ans plus tard. Car si l’héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse; or, c’est par la promesse que Dieu a fait à Abraham ce don de sa grâce. Pourquoi donc la loi? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite; elle a été promulguée par des anges, au moyen d’un médiateur. Or, le médiateur n’est pas médiateur d’un seul, tandis que Dieu est un seul. La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus Christ à ceux qui croient.

Évangile du jour

(Mc VI, 7-13)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Il leur prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n’est un bâton; de n’avoir ni pain, ni sac, ni monnaie dans la ceinture; de chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuniques. Puis il leur dit: Dans quelque maison que vous entriez, restez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s’il y a quelque part des gens qui ne vous reçoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoignage. Ils partirent, et ils prêchèrent la repentance. Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

12 septembre

12 septembre

Clôture de la fête de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu ; saint Autonome, évêque en Italie, martyr en Bithynie (313) ; saint Julien, prêtre, martyr en Galatie avec ses 40 compagnons (IVème s.) ; saint Théodore d’Alexandrie, martyr (IVème s.); saint Cornutus, évêque de Nicomédie, martyr (259) ; saint Sacerdos, évêque de Lyon (552) ; saint Bassien, moine de Tiksen (Vologda) (1624) ; saint Athanase de Serpoukhov (1395) ; translation des reliques de saint Syméon de Verkhotourié (1704) ; saint hiéromartyr Dosithée de Tbilissi (1795) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Théodore (Lebedev), Jean (Proudentov), Nicolas (Jitov), prêtres, Alexis (Vorochine) (1937).

VIE DU SAINT HIÉROMARTYR AUTONOME[1]

 Saint Autonome était évêque en Italie, quand éclata la violente persécution déclenchée contre les chrétiens par l’empereur Dioclétien (vers 303). Pour échapper aux recherches, il s’enfuit d’Italie et se réfugia dans un village de Bithynie appelé Soréoi. Il y fut accueilli par un fidèle du nom de Corneille. Après y être resté un certain temps, il décida d’y bâtir une chapelle dédiée à l’Archange Michel et il ordonna Corneille diacre. Lui ayant laissé le soin de la chapelle et des fidèles qui s’y réunissaient, Autonome partit pour la Lycaonie et l’Isaurie, afin d’y répandre la parole de Dieu. Il revint ensuite en Bithynie et ordonna Corneille prêtre. C’est alors que l’empereur Dioclétien se rendit à Nicomédie, furieux contre les chrétiens, que les persécutions ne réussissaient pas à décourager, et en particulier contre Autonome, dont la renommée s’étendait partout. Une fois de plus, le bienheureux prit la fuite, et alla évangéliser les villes qui se trouvaient sur les rives de la Mer Noire.

Au bout de quelque temps, il revint vers Corneille pour le consacrer évêque. Infatigable, il se rendit dans l’ouest de l’Asie Mineure pour y déraciner l’idolâtrie et y affermir les germes de la foi. Puis il retourna à Soréoi et s’installa dans un village voisin, dont il convertit et baptisa en peu de temps les habitants. Ces néophytes, pleins de zèle pour la foi, voyant les païens continuer d’offrir leurs sacrifices aux idoles, se précipitèrent un jour vers le temple des idoles et en renversèrent toutes les statues. Décidés à se venger, les païens attendirent que le saint évêque vienne célébrer les saints Mystères dans la chapelle de Soréoi. Ils envahirent alors l’église et massacrèrent tous ceux qui se trouvaient à portée de leur main : d’aucuns à coups de pierres ou de bâtons, d’autres au moyen de toute arme trouvée sur place. Quant au bienheureux Autonome, ils le tuèrent tandis qu’il se tenait devant le saint Autel, de sorte que c’est sa vie même qu’il offrit en sacrifice, à l’imitation de notre Seigneur. Quelques fidèles, qui avaient été épargnés, purent ensevelir son corps, lequel demeura exempt de corruption. Il était vénéré dans une église bâtie à cet endroit.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.

Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4

Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

 ÉPITRE du jour

(Gal. II, 21 – III,7)

Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car si la justice s’obtient par la loi, Christ est donc mort en vain. O Galates, dépourvus de sens! qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus Christ a été peint comme crucifié? Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi? Êtes-vous tellement dépourvus de sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair? Avez-vous tant souffert en vain? Si toutefois c’est en vain. Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi? Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice, reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d’Abraham.

 Évangile du jour

(Mc VI, 1-7)

Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent ces choses? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s’étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d’alentour, en enseignant. Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

31 août

31 août

Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408) ; saint Cyprien, évêque de Carthage, martyr (258) ; saint Gennade, patriarche de Constantinople (471) ; saint Optât, évêque d’Auxerre (532) ; saint Ay (593) ; saint Ebrégésile, évêque de Meaux (VIIème s.) ; saint Gildard (VIIIème s.) ; nouveaux martyrs de Russie : Alexandre Lioubimov, prêtre et Vladimir Dvinsky, diacre (1918) ; Michel Kosouchine et Miron Rjepik, prêtres (1937) ; Démètre Smirnov, prêtre (1938) ; synaxe des nouveaux martyrs de Jasenovac (1941-1944).

DÉPOSITION DE LA CEINTURE DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU[1]


Déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours vierge Marie en l’église de Chalkoprateia à Constantinople (395-408)

D’après une ancienne tradition ecclésiastique, au moment de quitter ce monde pour rejoindre son Fils et son Dieu, la Très Sainte Mère de Dieu légua ses deux robes à deux pauvres femmes juives qui l’avaient servie. Ces dernières gardèrent précieusement ces reliques, qui furent transmises de génération en génération jusqu’à ce que Galbios et Candide s’emparent de l’une d’elles, au moyen d’une pieuse ruse, sous le règne de Léon Ier, et la déposent dans l’église des Blachernes. La Ceinture de la Mère de Dieu, qui s’était retrouvée, on ne sait comment, dans l’évêché de Zèla, proche d’Amasée dans le Pont, fut transférée à Constantinople sous le règne de Justinien (vers 530), et déposée dans l’église des Chalkoprateia, qui était située non loin de Sainte-Sophie, à l’ouest, dans le quartier des chaudronniers. On y célébrait en ce jour la dédicace de l’église et les deux insignes reliques qu’elle contenait : la sainte Ceinture et les langes de notre Seigneur. De longues années après (vers 888), l’épouse de l’empereur Léon VI le Sage, Zoé, se trouvant gravement malade sous l’instigation d’un esprit malin, fut avertie au cours d’une révélation qu’elle obtiendrait sa guérison par l’imposition de la Ceinture de la Mère de Dieu. L’empereur fit aussitôt briser les scellés de la châsse (soros) qui contenait la relique, et il découvrit avec admiration la sainte Ceinture, aussi neuve et éclatante que si elle avait été tissée la veille. On trouva à côté un document indiquant exactement la date où elle avait été apportée à Constantinople, et comment l’empereur lui-même l’avait déposée dans la châsse qu’il avait scellée de ses propres mains. L’empereur Léon baisa la relique avec vénération et la remit au patriarche. Et dès que le prélat eut déployé la Ceinture sur la tête de l’impératrice, celle-ci fut délivrée de sa maladie. Tous rendirent gloire au Christ Sauveur et à sa Très-Sainte Mère, et la sainte relique fut replacée dans la châsse, après que l’impératrice reconnaissante l’eut rehaussée de fils d’or. On raconte que le tsar de Bulgarie Jean Asen (1187-1196), ayant vaincu l’empereur Isaac II Ange (1190), s’empara de la croix dans laquelle se trouvait un fragment de la sainte Ceinture, et qu’un prêtre avait jetée dans le fleuve pour qu’elle échappe à la profanation. Reprise par les Serbes, la sainte relique fut ensuite offerte par le saint prince Lazare († 1389) [15 juin] au monastère athonite de Vatopédi, où elle se trouve encore vénérée aujourd’hui, dégageant un suave parfum et accomplissant quantité de miracles. Cette Ceinture, qui a serré les chastes entrailles qui portaient le Créateur et qui a été humectée des gouttes du lait dont fut nourri Celui qui est la Vie du monde, demeure pour tous les croyants un gage de salut. Elle les incite à ceindre tous les mouvements de la chair et à imiter la chasteté d’âme et de corps de la Très-Sainte Vierge et Mère, afin d’être jugés dignes de porter, à leur tour en leur cœur, le Christ qui ne cesse de se faire pour nous « petit enfant ».

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

 Tropaire de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

Mère de Dieu toujours-vierge, protection des mortels, à ta ville tu donnas comme une enceinte fortifiée la Robe et la Ceinture de ton corps immaculé échappant à la corruption en vertu de ton enfantement virginal, car en toi la nature et le temps sont renouvelés; c’est pourquoi nous te prions de pacifier notre vie et d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Kondakion de la déposition de la ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu, ton 8

La précieuse Ceinture qui jadis entoura ton sein porteur de notre Dieu pour tes fidèles est un invincible trophée, un trésor inépuisable de bienfaits, Mère de Dieu demeurée vierge en enfantant.

Évangile du jour

(Mc III, 28-35)

Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés; mais quiconque blasphémera contre le Saint Esprit n’obtiendra jamais de pardon: il est coupable d’un péché éternel. Jésus parla ainsi parce qu’ils disaient: Il est possédé d’un esprit impur. Survinrent sa mère et ses frères, qui, se tenant dehors, l’envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et on lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors et te demandent. Et il répondit: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

Le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine a dirigé une procession de 35.000 fidèles à la vallée de Josaphat, dans le centre-ouest de l’Ukraine, sur le lieu d’une apparition de la Mère de Dieu

35.000 fidèles avec, à leur tête, le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre, ont effectué une procession sur le lieu de l’apparition de la très sainte Mère de Dieu, dans la région de Vinnitsa, dans le centre-ouest de l’Ukraine. Douze évêques accompagnaient le primat et les fidèles: les métropolites Jonathan de Toultchine et Bratslav, Antoine de Khmetnitsky et de Starokonstantinov, Syméon de Vinnitsa et de Bar, Agapit de Moguilev-Podolsk et Chargorod, Vladimir de Potchaïev, Alexandre de Pereyaslav-Khmelnitsky et Vichneva, les archevêques Pantéléimon de Boutchan et Pantéléimon d’Ouman et de Zvenigorod et les évêques Barsanuphe de Borodiansk, Benjamin de Fastov et Khotyn, ainsi que des prêtres de différents diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine. La procession de ces milliers de personnes a commencé en l’église du grand-martyr Dimitri de Thessalonique du village Goltchentsy, après l’office d’intercession, la bénédiction des icônes et de la grande croix, près de l’église.

Les participants de la procession ont prié pour la paix en Ukraine, beaucoup portaient des croix, afin de les placer dans la vallée. « Des prières particulières pour l’Ukraine ont été élevées par le métropolite Onuphre dans la vallée de Josaphat pendant la divine liturgie que le primat a célébrée avec les évêques et le clergé. Le métropolite Onuphre a prononcé l’homélie, qui concernait la confession de la foi, la protection de la Mère de Dieu et la nécessité de porter la croix de sa vie » est-il dit dans le communiqué officiel. À l’issue de la liturgie, le métropolite Onuphre a souhaité bonne fête aux participants. Les métropolites Syméon et Agapit ont également prononcé une allocution, ainsi que les représentants des autorités locales. La vallée de Josaphat, « la vallée des croix », est un lieu saint de la région ukrainienne de Podolié, connu comme le lieu de l’apparition de la Mère de Dieu à un habitant pauvre du village de Golintchentsy, le berger Jacques Mysik. En 1923, il vit, au-dessus d’une source, la Mère de Dieu avec l’Enfant-Dieu et, à sa question : « Que devons-nous faire ? », il entendit la réponse : « Placez des croix, glorifiez le Christ ». Le jour même les habitants du village fixèrent la première croix et, au bout de deux mois, tout l’emplacement autour de la source fut couvert de croix : on les apportait des villages voisins, mais aussi du Kouban, de la région d’Odessa, de Bessarabie, du Donbass, de l’Extrême orient russe et du Baïkal. Des cas de guérisons dans la vallée de Josaphat ont attiré à cet endroit encore plus de gens. En 1923 sont venus plus de 1,5 millions de fidèles en cinq mois. Les autorités soviétiques ont scié les croix à plusieurs reprises, espérant ainsi arrêter l’afflux des pèlerins. 9 prêtres et 18 laïcs furent traduits en justice. Jacques Mysik périt en martyr dans les casemates souterraines de Vinnitsa. La renaissance de la vallée de Josaphat a commencé en l’an 2000. Actuellement, il y a sur ce territoire plus de dix mille croix. On peut visionner ici la procession, les croix et la prédication du métropolite Onuphre (en ukrainien).

Sources : Pravlife, Uoj (photographies)

Les vieux-croyants unis à l’Église orthodoxe russe (« edinovertsy ») : hier, aujourd’hui et demain

Au XVIIème siècle, des fidèles se sont séparés de l’Église orthodoxe russe en raison de la réforme liturgique introduite par le patriarche Nikon (+1681) et ont fondé le mouvement des « vieux-croyants » qui s’est séparé de l’Église officielle et existe encore de nos jours, dirigé par le métropolite Corneille. Toutefois, certains d’entre eux se sont réunis au XVIIIème siècle à l’Église orthodoxe russe, tout en gardant leurs rites anciens. Ce mouvement, qui subsiste encore de nos jours, est désigné en russe par le terme « edinovérié », littéralement « partageant la même foi ». Les membres de ce mouvement sont appelés « edinovertsy » Nous publions ci-dessous un article de Vladimir Basenkov, paru sur le site Pravoslavie.ru sur l’histoire de cette communauté, sa vie présente et les perspectives d’avenir que lui prête l’auteur de l’article.

Les vieux-croyants edinovertsy constituent un phénomène intéressant et profond dans l’Église russe, dont on n’a pas encore entièrement saisi le sens jusqu’à nos jours. C’est une sorte de pont entre la Russie et l’État russe, depuis Pierre le Grand jusqu’à maintenant. Prêtons attention à la définition de l’edinovérié donnée par le hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de ces vieux-croyants unis à l’Église russe : « Opposé au au schisme, l’edinovérié est l’ensemble des paroisses de l’Église russe, unies avec celle-ci dans la foi, mais différentes par rapport à elle quant au rite. L’edinovérié est une section du vieux-ritualisme, acceptée dans la communion de l’Église de Russie sur la base de l’unité de la foi … L’edinovérié est le vieux-ritualisme réconcilié avec l’Église russe et universelle ». Le « vieux-ritualisme », il est important de prêter attention à ce terme. Ce ne serait pas un péché de qualifier les membres de l’edinovérié de « vieux-croyants » si l’on s’adresse à un large public. Oui, ce sont des paroisses dans lesquelles est maintenu l’ordo liturgique en vigueur jusqu’aux réformes du patriarche Nikon. Les membres de l’edinovérié sont des vieux-croyants qui sont dans l’Église, dans sa plénitude.

On considère habituellement que ce mouvement remonte à 1800. Le 27 octobre de cette année-là, les conditions auxquelles les vieux-croyants pouvaient être reçus dans la communion de l’Église orthodoxe russe, avec les remarques du métropolite de Moscou Platon (Levchine), ont été confirmées par l’empereur Paul Ier. Toutefois, ces règles contenaient une série de restrictions, dans le but d’éviter que les orthodoxes passent à l’edinovérié. Par exemple, le paroissien d’une église orthodoxe habituelle ne pouvait communier chez le prêtre appartenant à l’edinovérié qu’en cas de danger de mort. Il convient de mentionner que du côté du Saint-Synode, l’edinovérié était conçue comme un projet missionnaire et que le métropolite Platon considérait les vieux-croyants comme « se trouvant dans l’erreur par ignorance ». Et naturellement, il escomptait que dans un certain temps, les paroisses d’ancien rite fusionneraient complètement avec l’Église, passant même au rite nouveau. Toutefois, les choses ne se produisirent pas ainsi. Les vieux-croyants qui s’étaient prononcés volontairement pour l’unité, comprenaient le préjudice que comportait le fait de se trouver en dehors de la communion eucharistique avec l’Église-mère. Les offices selon les livres vieux-ritualistes et l’observance indéfectible de l’ancien mode de vie paroissial russe, à l’église, dans la famille et la vie personnelle, constituaient pour « les zélateurs de l’ancienne piété » un monolithe avec les dogmes. Sous le règne de l’empereur Nicolas Ier, les positions de l’edinovérié se renforcèrent de façon significative. Hélas, non sans immixtion administrative et pression sur les représentants des factions des vieux-croyants. Il est erroné d’accuser les membres habituels de l’edinovérié des méthodes violentes de « libération » des églises et des monastères appartenant aux vieux-croyants (schismatiques). L’approche administrative, bureaucratique et militaire du gouvernement pour « la guérison du schisme » en est responsable. Les monastères vieux-croyants dans les régions d’Irgiz, de Tchernigov, Nijni-Novgorod et d’autres endroits de l’empire sont passés à l’edinovérié. Des paroisses de ce dernier mouvement sont apparues à Moscou, aux cimetières Rogojsky et Preobrajensky, dans les centres vieux-croyants. À la fin du règne de Nicolas Ier, il y avait 179 paroisses de l’edinovérié, 200.000 personnes déclaraient y appartenir.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les membres de l’edinovérié s’adressèrent au Saint-Synode avec une série de demandes concernant non seulement des modifications de points individuels des règles de 1800, mais proposant la révision radicale des relations du gouvernement envers les vieux-croyants et les membres de l’edinovérié. Il y avait là aussi des propositions de création d’une Église commune de vieux rite, et des demandes de révision des règles de 1800, ainsi que la demande d’obtenir un évêque de rite ancien. La majeure partie de toutes les questions fondamentales sont restées sans suite, à l’exception de quelques corrections portant sur des points secondaires. Toutefois, en 100 ans, l’edinovérié s’était déjà transformée en une force certaine, avec ses principes et ses traditions, ses positions actives et son souhait de voir ses membres devenir des membres à part entière de l’Église, ce qui, si l’on veut être honnête, ne se ressentait pas encore complètement. Indubitablement, le premier quart du XXème siècle est une période florissante pour l’edinovérié et cette époque est liée indissociablement au nom du hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de rite ancien qui fut une personnalité infatigable au service du vieux-ritualisme orthodoxe. En ces années fut activement discutée la question de l’épiscopat pour les membres de l’edinovérié, lesquels eurent une série de congrès diocésains, puis trois congrès pan-russes. À la même époque ont été nommés d’abord un seul, puis plusieurs évêques pour le rite ancien. Les membres de l’edinovérié n’étaient plus alors « un projet missionnaire », mais ils appartenaient au plérôme de l’Église.

Les troubles révolutionnaires contraignirent le patriarche Tikhon à nommer des évêques de l’ancien rite dans les diocèses ordinaires de l’Église russe, et il fut par la suite convaincu de leur zèle, de leur courage, de leur pratique pastorale et de leur disposition à donner leur vie pour le Christ. En 1927 a eu lieu le congrès des membres de l’edinovérié, au cours duquel, entre autres questions, a été discutée la nécessité de constituer de nouveaux diocèses pour les tenants de l’ancien rite. En outre, le congrès s’est prononcé négativement au sujet du schisme de « l’Église vivante ». Et bientôt, en 1929, le Saint-Synode leva les malédictions sur les anciens rites. Malheureusement, les circonstances dans le pays ont amené à ce que les paroisses de rite ancien fusionnent avec les autres orthodoxes.

Extrêmement peu de choses nous sont connues sur la vie des communautés de rite ancien pendant la période soviétique. Au début des années 1990 et jusqu’à nos jours, à partir des trois paroisses qui avaient survécu sur l’espace post-soviétique, leur nombre a atteint maintenant une quarantaine. Les paroisses se développent principalement au détriment d’une migration des paroissiens conservateurs de l’Église orthodoxe russe, attirés par l’histoire et la culture russes. Il y a également des passages à l’edinovérié de familles de vieux-croyants, voire même de communautés entières. Chaque année, lors des « Conférences internationales de Noël » à Moscou, une section est consacrée au rite ancien dans l’Église orthodoxe russe, au sein de laquelle, en règle générale, se réunissent des représentants de la majorité des communautés de l’espace post-soviétique (et parfois de l’étranger lointain, par exemple des États-Unis). Les prêtres et les fidèles orthodoxes qui suivent les offices selon le nouveau rite ne restent pas indifférents à de tels événements. En outre, des représentants des vieux-croyants sont souvent les hôtes, voire les conférenciers lors de ces manifestations. La section des « Conférences de Noël » consacrée au vieux-ritualisme, tenue en janvier 2017, a rassemblé un assez grand nombre de représentants des paroisses suivant l’ancien rite au sein du Patriarcat de Moscou, dont de nouvelles paroisses, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour les « préceptes des saints temps anciens ». La question a été soulevée de la nomination d’un évêque pour l’edinovérié, ce qui n’existe pas actuellement…

Et maintenant que résultera-t-il de tout cela ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui l’edinovérié, le rite ancien de l’Église orthodoxe russe, et pourquoi nous faut-il tout cela ? Il convient de répondre ouvertement à ces questions, dans le but de montrer aux gens qui l’ignorent toute la valeur d’un tel mouvement au sein de l’Église. De nos jours, l’edinovérié, de même qu’il y a 200 ans, se présente comme l’ensemble des paroisses de l’Église orthodoxe russe où est maintenu l’office antérieur au schisme des vieux-croyants et l’ancienne piété russe. Il s’agit naturellement du même christianisme, mais qui élève la barre des exigences spirituelles et morales pour chacun. Les offices, dans ces paroisses, sont célébrés sans raccourcissement ; les chants, les icônes et toute l’atmosphère de prière dénotent une certaine concentration, stricte, ascétique, qui donnent à l’office un caractère quasi-monastique. Les paroisses de l’edinovérié sont des communautés réelles et non pas seulement juridiques, étant donné que tous les paroissiens se connaissent, ont des contacts et s’aident mutuellement. Il y a une aspiration consciente à un certain idéal de vie chrétienne. Cela fonctionne, bien sûr, comme pour toutes les personnes, peut-être de différentes façons, mais la présence d’une aspiration se manifeste. L’edinovérié permet à l’homme de se détacher réellement de la vanité mondaine, de se plonger dans une ambiance forte de prière, d’avoir un regard sur la foi orthodoxe à travers le prisme d’une grande sévérité envers lui-même, d’aspirer à s’élever spirituellement. Dans une paroisse de l’edinovérié, l’homme ressent une définition vivante de la communauté, ce qui n’est pas sans importance de nos jours. Dans les communautés sont intégrées des familles entières, les enfants grandissent dans une tradition chrétienne intégrale. Indubitablement, cette expérience spirituelle, conservée par les membres de l’edinovérié, est utile de nos jours à tous les enfants de l’Église orthodoxe russe. Cela ne signifie aucunement qu’il soit nécessaire que les paroisses doivent passer du jour au lendemain à l’ancien ordo de l’office. Les rites, cela va de soi, sont salvifiques de façon égale, du fait qu’un développement et certains changements sont inévitables dans l’Église. Mais ce trésor d’énergie spirituelle qui a été conservé soigneusement au cours de nombreux siècles, doit devenir l’héritage de tous les chrétiens et tous peuvent utiliser cette expérience. Certains sont attirés par le chant, d’autres y voient mieux la structure pratique de la communauté, pour d’autres encore deviennent compréhensibles les éléments essentiels de la vie du chrétien, éprouvés par l’expérience d’un grand nombre de générations. L’edinovérié, née dans des circonstances complexes, après un siècle et demi de persécutions contre les partisans de « l’Église du temps jadis » est parvenu un siècle après à obtenir son égalité en droit dans l’Église orthodoxe. Il a mérité le respect au XXème siècle, où avec tous les chrétiens, il a éprouvé la violence des persécutions. Il semblait avoir péri, mais, renaissant comme un phénix de ses cendres, il accomplit son ministère silencieusement, se relevant graduellement, se préparant à décoller, et montrer à la Russie le triomphe de l’esprit russe.

On peut visionner ici  un film documentaire (en russe) sur les vieux-croyants et l’edinovérié, notamment des extraits de la célébration du métropolite Hilarion (Alfeyev) selon l’ancien rite.

Source (dont photographie) : Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

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Jovan Nikoloski