29/04/2017
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Résultats de la recherche : patriarche Athénagoras

« 50 ans après la rencontre entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras : quel bilan et quelles perspectives ? »

En ligne: l'enregistrement de l'émission "Ecclesia magazine" du 13 janvier, sur Radio Notre-Dame, avec pour sujet: "50 ans après la rencontre entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras: quel bilan et quelles perspectives ?" et pour invités Mgr Job de Telmessos et le père Richard Escudier, vicaire épiscopal chargé de l’œcuménisme dans le diocèse catholique de Paris.

Boston : cérémonie en mémoire du patriarche Athénagoras

Le métropolite de France, Emmanuel, a participé le mercredi 14 mars, à une cérémonie commémorative consacrée au patriarche Athénagoras, organisée par l’Ecole de théologie Sainte-Croix à Boston, dont il est diplômé, et qui fut fondée par le patriarche il y a 75 ans. Au cours de cette séance, le métropolite a fait une conférence intitulée « Le patriarcat œcuménique et l’importance du dialogue », au cours de laquelle il a rappelé l’action des patriarches Athénagoras et Démètre, de bienheureuse mémoire, en faveur du rapprochement des chrétiens de par le monde, ainsi que la levée des anathèmes entre l’Orient et l’Occident, à savoir entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise catholique-romaine, par le patriarche Athénagoras et le pape Paul VI en 1965, après une séparation de près de mille ans. En voici plusieurs extraits saillants :  « Le saint Esprit est sans cesse à l’œuvre dans l’Eglise, rendant ceux qui croient dans le Christ aptes à jeter des fondements qui, dans notre propre génération, soutiennent le service de l’unité »  Lire la suite »

Paris : une soirée de prières pour commémorer le 40e anniversaire de la rencontre du patriarche Athénagoras et du pape Paul VI

Samedi 3 décembre, une soirée de prières, de 21 heures à 23 heures, pour commémorer le 40e anniversaire de la rencontre à Jérusalem du patriarche de Constantinople Athénagoras et du pape Paul VI, est organisée dans l’église Saint-Sulpice (Place saint Sulpice, Paris 6e). Deux chœurs orthodoxes y participeront : celui de la cathédrale grecque Saint Etienne et la chorale de chant byzantin en français Saint Silouane.

Visite du patriarche oecuménique Bartholomée à Taizé

Le  le 25 avril  dernier, le patriarche oecuménique Bartholomée s’est rendu pour la première fois à Taizé. Par ce pèlerinage à Taizé, le patriarche Bartholomée a conclu sa visite pastorale en Suisse à l’occasion des 50 ans du centre orthodoxe de Chambésy. À cette visite ont assisté les frères, plusieurs évêques dont Mgr Emmanuel (Adamakis), prêtres orthodoxes, les représentants des Eglises locales, et les jeunes présents cette semaine-là à Taizé. Vous trouverez sur le site Internet de Taizé la parole d’accueil de frère Alois, les deux extraits vidéo de la prière commune, et ci-dessous l’allocution prononcée par le patriarche Bartholomée au cours de la prière commune.

« Éminences,
Excellences,
Cher Frère Alois,
Chers frères de la Communauté,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Le Christ est ressuscité !

Depuis de nombreuses années, nous avons éprouvé le désir de nous rendre à Taizé, ce siège d’un œcuménisme spirituel, ce creuset de la réconciliation, ce lieu de rencontre qui inspire, à la suite de l’extraordinaire vision du Frère Roger, son fondateur, le rapprochement des chrétiens.

Si c’est la première fois qu’un patriarche œcuménique de Constantinople visite votre communauté – nous sommes particulièrement heureux que cette opportunité nous ait été offerte – les liens de Taizé avec le Patriarcat œcuménique remontent loin dans le passé. En effet, dès 1962, Frère Roger avait une première fois visité feu le patriarche œcuménique Athénagoras, à Constantinople. Frère Roger est rapidement devenu un frère de cœur de l’orthodoxie, tant la mission œcuménique qu’il entendait porter embrassait largement toutes les familles du christianisme, chacune selon son identité propre. Nous croyons savoir que vous avez conservé jusqu’à aujourd’hui l’icône que le patriarche œcuménique Athénagoras lui avait confiée. Cette icône de la Mère de Dieu ne représente pas seulement l’esprit de fraternité que nous tentons de faire grandir à l’ombre de la protection de notre Mère commune, la Vierge Marie, mais plus généralement la perspective dans laquelle s’inscrit notre prière en faveur de l’unité des chrétiens. Comme pour marquer le lien indéfectible entre Taizé et l’orthodoxie, le 15 avril 1963, la première pierre d’une chapelle orthodoxe est posée à Taizé, confirmant par ce geste la présence immuable du christianisme d’Orient en ces murs.

Vous-même, cher Frère Alois, avez repris avec fidélité cette belle tradition nous unissant. Nous nous souvenons avec émotion de vous avoir reçu au Phanar au cours de la fête de la Nativité de notre Seigneur, voilà déjà douze années. À cette occasion nous avions pu vous témoigner notre vif attachement pour les réunions de jeunes que vous organisez régulièrement au tournant des années, comme pour attester que le passage du temps rapproche inexorablement les chrétiens divisés en les faisant progresser ensemble sur le chemin de l’unité. Chaque année, vous nous faites l’honneur de transmettre notre message aux participants des Rencontres européennes. Nous sommes tout particulièrement heureux de pouvoir nous adresser à cette jeunesse européenne et chrétienne qui, en l’espace de quelques jours, fait l’expérience, même imparfaite, de la communion à laquelle nous aspirons. Frère Roger n’aimait-il pas à dire : « Le Christ n’est pas venu sur la terre pour créer une nouvelle religion, mais pour offrir à tout être humain une communion en Dieu. » Mentionnons aussi les pèlerinages de confiance sur terre qui forment une importante part de votre chantier œcuménique.

Cher Frère Alois,

Aujourd’hui vous nous recevez dans cette belle église de la réconciliation. Le thème de la réconciliation est central dans le christianisme et il faut distinguer, à notre avis, trois niveaux de lecture. Le premier niveau est le rapport de la réconciliation de l’humain avec le divin. L’œuvre du Christ dans le monde est une œuvre de réconciliation qui va au-delà de la religion en tant que liant verticalement et horizontalement Créateur et créatures. La réconciliation en Christ place ce dernier au centre de ce qui fait l’humanité, en tant qu’image de Dieu et dans un rapport dynamique de ressemblance. Le Christ est réconciliation. Rappelez-vous les mots du saint apôtre Paul : « Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. » (2 Co. 5, 19) Il est d’ailleurs intéressant de noter que saint Paul, dans le verset précédent, parle même d’un « ministère de la réconciliation. » (2 Co 5, 18) La réconciliation est l’aune à partir de laquelle nous devons penser notre communion avec Dieu et notre unité en Église.

Le deuxième niveau découle directement du « ministère de communion » que nous venons de mentionner. De fait, il est plus œcuménique. Il répond à l’engagement pour l’unité des chrétiens dans laquelle s’inscrit l’action réconciliatrice que nous devons entreprendre. Si nous ne nous devions employer qu’une seule image, nous utiliserions celle de la guérison. Réconcilier en revient avant tout à guérir les maux de l’histoire, les cicatrices du temps, les incompréhensions mutuelles, les conflits de mémoire, les haines fratricides. En ce sens, la division entre chrétiens à laquelle nous entendons répondre en priant pour l’unité des Églises est une blessure spirituelle, aux responsabilités partagées – acceptées ou non. De fait, à l’ère œcuménique et à l’heure de la recherche de l’unité, il ne peut y avoir de réconciliation sans pardon. D’ailleurs, pour saint Jean Chrysostome, la réconciliation ne souffre pas l’attente. Si nous voulons être de véritables acteurs de réconciliation, nous devons prendre nos responsabilités, et être prêts à faire le premier pas.

Le troisième niveau est, quant à lui, plus global. L’amour du Christ, celui-là même qui nous presse vers cette réconciliation, englobe l’humanité tout entière. La réconciliation devient un agent de paix, un levier permettant de dépasser les antagonismes historiques, un moyen de neutraliser les polarisations du paysage social mondial et de désamorcer les conflits. La réconciliation est donc un enjeu global pour nos Églises et pour le monde en général. Permettez-nous de citer ce très beau texte luthéro-catholique, « Du conflit à la communion », qui en ce temps de commémoration du 500e anniversaire de la Réformation, rend parfaitement compte du cheminement spirituel et œcuménique que recouvre le principe de « réconciliation ». On y lit notamment : « L’engagement œcuménique pour l’unité de l’Église ne profite pas seulement à l’Église, mais aussi au monde, afin que le monde croie. Plus nos sociétés deviendront pluralistes en terme de religions, plus grande sera la tâche missionnaire de l’œcuménisme. Là aussi il convient de repenser les choses et de se repentir. » (par.243)

L’enjeu de la réconciliation nous dépasse, de même que nous dépasse l’événement historique qu’a vécu l’Église orthodoxe au cours du Saint et Grand Concile, réuni en Crète, en juin 2016. En effet, il ne s’agissait pas seulement d’étudier les thèmes à l’ordre du jour, aussi importants fussent-ils, mais il en allait de la réalité et de la place de l’orthodoxie tout entière dans le monde contemporain. À l’heure de la mondialisation, l’Église orthodoxe doit être capable de se doter d’outils lui permettant de répondre aux défis que lui pose la modernité. Le Saint et Grand Concile constitue un événement charnière, car il est à la fois un phénomène ecclésial de communion, qui manifeste l’unité de l’orthodoxie tout entière – cette unité n’est d’ailleurs pas remise en question par les Églises orthodoxes autocéphales qui n’y ont pas participé en raison du principe théologique de catholicité – et l’absolue nécessité d’une expérience conciliaire à l’échelle de la planète. La conciliarité, bien que traditionnelle dans l’orthodoxie au niveau local et régional, reste à (re)découvrir aujourd’hui à l’échelle mondiale. Aussi, nous rendons grâce à Dieu pour la tenue du Saint et Grand Concile et espérons que ce dernier n’est que le point de départ de l’exercice renouvelé de la conciliarité, comme le synonyme de la vie de l’Église. Comme nous pouvons le lire dans le Message du Saint et Grand Concile : « L’Église orthodoxe exprime son unité et sa catholicité dans le Concile. Sa conciliarité façonne son organisation, la manière par laquelle elle prend des décisions et la détermination de son destin. »

Chers amis,

Pour comprendre ce que représente Taizé pour l’Église orthodoxe, laissons un instant la place à Olivier Clément. Dans son bel ouvrage Taizé : un sens à la vie, le théologien orthodoxe ne considère pas Taizé comme une communauté au sens institutionnel, c’est aussi, pour ne pas dire avant tout, un événement. « L’événement Taizé » cristallise selon lui les aspirations d’une jeunesse en mal d’être, en mal de croire, en mal de vivre. « L’événement Taizé » agit comme une puissante parabole de conversion et de réconciliation, en mettant l’accent sur la vie intérieure qui permet d’entrer dans le mystère de l’unité, tout en s’inscrivant pleinement dans la vie du monde. Olivier Clément d’écrire en particulier : « La prière ne libère pas des tâches de ce monde : elle rend encore plus responsable. Rien n’est plus responsable que de prier. »

Ces paroles résonnent avec puissance dans la tradition orthodoxe et nous conduisent à approfondir le sens de la réconciliation au travers du mystère de la résurrection. Le temps liturgique dans lequel nous nous trouvons nous y invite d’autant plus fortement que nous touchons ici à la racine du mystère de la foi chrétienne. Saint Irénée de Lyon d’écrire : « Mais en fait, par la communion que nous avons avec lui, le Seigneur a réconcilié l’homme avec le Père, nous réconciliant avec lui-même par son corps de chair et nous rachetant par son sang… » (Adv. Haer. V, 14, 3)

Dans sa mort et sa résurrection, le Christ nous a réconciliés à Dieu. À l’heure où nous chantons les hymnes de Pâques, Orient et Occident chrétiens ensemble, continuons à prier pour que la lumière de la résurrection nous conduise sur le chemin de l’unité et de la communion.

Merci de nous accueillir aujourd’hui.

Le Christ est ressuscité ! »

Source

 

Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique: le patriarche de la solidarité

Marianne Ejdersten,directrice de la Communication du Conseil œcuménique des Églises, s’est entretenue avec le patriarche Bartolomée. Vous trouverez ci-dessous l’interview complète.

Il a été surnommé le «patriarche vert», car cela fait au moins 20 ans qu’il aborde les questions environnementales préoccupantes depuis au moins vingt ans dans son rôle de responsable religieux. En 2008, le magazine Time a classé Sa Toute-Sainteté Bartholomée Ier, patriarche œcuménique, parmi les 100 personnes les plus influentes du monde pour «avoir défini l’écologie comme une responsabilité spirituelle».

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, chef spirituel suprême du monde chrétien orthodoxe et personnalité transnationale d’importance mondiale, joue un rôle de plus en plus essentiel. Il a déployé des efforts considérables pour organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète cette année. De plus, il continue à promouvoir la liberté religieuse et les droits humains, à œuvrer pour la tolérance entre les différentes religions du monde, et à travailler en faveur de la paix internationale et de la protection de l’environnement. Il est cité, à juste titre, parmi les plus grands visionnaires, artisans de la paix et tisseur de liens au monde, et comme apôtre de l’amour, de la paix et de la réconciliation.

Archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique depuis 25 ans

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople, a accordé un entretien spécial au centre de presse du Conseil œcuménique des Églises (COE). La discussion s’est déroulée en partie au Patriarcat œcuménique d’Istanbul, début décembre, lorsque le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, s’est entretenu avec le patriarche Bartholomée. La rencontre coïncidait avec la célébration de ses 25 ans en tant qu’archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique.

Nous nous retrouvons chez lui, dans son bureau, une pièce accueillante aux couleurs vives, remplie de livres et d’icônes. Cette pièce raconte la vie de Sa Toute-Sainteté. Il nous accueille chaleureusement, nous propose du café et des gâteaux, nous mettant tout de suite à l’aise.

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier est né en 1940 sous le nom de Dimítrios Arkhontónis, sur l’île d’Imbros (aujourd’hui Gökçeada, en Turquie). En octobre 1991, il a été élu 270earchevêque de l’Église fondée il y a 2000 ans par Saint André, et a reçu le titre d’archevêque de Constantinople, nouvelle Rome et patriarche œcuménique.

Q: Votre Toute-Sainteté participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis de nombreuses années, en tant que membre de la Commission de Foi et constitution, mais aussi en tant qu’ancien élève de l’Institut de Bossey. Quels sont les événements du mouvement œcuménique qui vous ont le plus marqué, personnellement?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Il est vrai que je participe aux activités du Conseil œcuménique des Églises depuis le tout début de mon ministère. J’ai ensuite été membre de son Comité central et de son Comité exécutif, membre de la Commission de Foi et constitution pendant 15 ans, et vice-président de cette même Commission pendant huit ans (1975-1983). J’occupais d’ailleurs ce dernier poste au moment de l’élaboration du document Baptême, Eucharistie, Ministère sur lequel l’influence orthodoxe a été importante. En tant que représentant ou chef de la délégation du Patriarcat œcuménique, j’ai également participé à trois assemblées générales du COE: à Uppsala (1968), à Vancouver (1983) et à Canberra (1991).»

«Lors de mes études de premier cycle, j’avais déjà rencontré l’Église catholique romaine à Rome et à Munich, mais également les Églises protestantes et plus généralement, le mouvement œcuménique à Bossey, avec de très grands théologiens comme Nikos Nissiotis. Je dois d’ailleurs cette formation à mon vénérable prédécesseur, le patriarche œcuménique Athénagoras Ier qui a ouvert les esprits et les cœurs des jeunes séminaristes et ecclésiastiques du Phanar aux relations et au dialogue inter-chrétiens.»

«Transformer les ténèbres en lumière»

Q: Notre monde évolue rapidement. Nous traversons des moments difficiles, mais le croyant sait que le Seigneur est présent et actif dans le monde. Aujourd’hui, quel est le plus grand défi pour une vie de foi et pour la proclamation de l’Évangile?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Nous traversons en effet une période difficile, et même sombre, où il est complexe de déceler la présence du Christ au milieu des troubles qui agitent notre monde. Nous sommes témoins de douleurs et de souffrance, mais aussi souvent d’incertitude et d’hostilité, tout autour de nous. Pour un chrétien, il est tentant de juger et de condamner le mal évident qui règne dans la société et dans le monde. Pourtant, ce serait une réaction simpliste et contre-productive. Pour nous, chrétiens, le défi consiste à ne pas perdre de vue le Christ afin de transformer les ténèbres en lumière, le désespoir en espoir, et la souffrance en réconciliation.»

«Je me souviens de la prédication de feu le métropolite Méliton de Chalcédoine, le jour de mon ordination au diaconat, il y a 55 ans: « ne quittez jamais des yeux le Seigneur transfiguré, a-t-il dit, transmettez toujours cette lumière qui ne faiblit jamais pour personne. » Voilà ce que nous devons faire lorsque nous proclamons l’Évangile aujourd’hui. Sommes-nous si perturbés par les troubles et l’agitation qui nous entourent que nous prenons peur et perdons de vue notre approche spirituelle? Discernons-nous le visage du Christ chez nos frères et sœurs, lorsque nous voyons des centaines de milliers de personnes persécutées et poussées à chercher refuge parmi nous? Ou choisissons-nous de construire des murs de défense, des murs qui excluent, des murs qui font de l’autre une menace?»

«Les étrangers accueillis à notre table?»

Q: La crise des migrants semble préoccuper l’Europe et durera de nombreuses années. Mais elle a également créé un clivage au sein des Églises entre celles qui s’inquiètent des menaces pour leur identité, et celles qui sont plus accueillantes. À une époque qui met l’accent sur la diversité, comment Votre Toute-Sainteté voit-elle évoluer le projet d’unité? Quel espoir percevez-vous?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Dans l’Église orthodoxe, la conception théologique de Dieu est une image de Dieu comme rencontre et communion, comme hospitalité et inclusion. C’est pourquoi l’icône traditionnelle du Dieu-Trinité est une représentation de trois étrangers sous la forme d’anges accueillis par Abraham sous le chêne de Mamré, comme le décrit le chapitre 18 de la Genèse. Il ne les a pas vus comme un danger ou une menace pour ses habitudes ou ses biens. Au contraire, il a spontanément et ouvertement partagé avec eux son amitié et sa nourriture.»

«C’est en récompense de cette hospitalité désintéressée qu’Abraham se vit promettre ce qui semblait impossible, à savoir la multiplication de cette semence d’amour pendant des générations, malgré la stérilité (littéralement) de sa femme. Avons-nous tort d’espérer que notre volonté de dialogue et de coopération entre peuples aux convictions religieuses différentes et variées permette également la coexistence, apparemment impossible, de l’humanité entière dans un monde en paix? Combien d’étrangers seront accueillis à notre table?»

«Dans un document officiel intitulé « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe qui s’est déroulé en Crète, en juin 2016, a écrit: « l’Église orthodoxe pense qu’il est de son devoir d’encourager tout ce qui est mis réellement au service de la paix et qui ouvre la voie vers la justice, la fraternité, la véritable liberté et l’amour mutuel entre tous les enfants de l’unique Père céleste, ainsi qu’entre tous les peuples qui constituent une seule famille humaine. Elle compatit à tous ceux qui, dans différentes parties du monde, sont privés des biens de la paix et de la justice. »»

«Ouvrir l’horizon sur un monde diversifié»

Q: Votre Toute-Sainteté a organisé le Saint et Grand Concile en juin. Quel a été le plus important résultat de cet événement pour l’Église orthodoxe et pour l’ensemble du mouvement œcuménique?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «En effet, ce fut une grande bénédiction d’avoir l’honneur d’organiser le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe en Crète (juin 2016), avec l’accord de Leurs Béatitudes les primats des Églises orthodoxes autocéphales. Ce grand événement historique a démontré l’identité conciliaire de l’Église orthodoxe et a souligné l’âpre lutte menée pour préserver cette identité au-delà des intérêts nationalistes.»

«À ce sujet, j’exprime ma profonde satisfaction devant le fait que le Saint et Grand Concile ait décidé de maintenir l’ouverture œcuménique et les dialogues bilatéraux de l’Église orthodoxe, car l’inverse aurait représenté un retour en arrière et un repli sur soi en ces temps difficiles et troubles. Ce n’est pas le dialogue qui menace notre identité, mais au contraire le rejet du dialogue et l’auto-enfermement stérile. C’est précisément la raison pour laquelle nous avons toujours encouragé le dialogue interreligieux avec le judaïsme et l’islam qui permet d’obtenir des résultats tangibles pour la réconciliation mondiale et pour cette cause sacrée qu’est la paix.»

«Ce rassemblement sans précédent de nombreuses Églises en Crète « a ouvert notre horizon sur le monde contemporain diversifié et multiforme [et] a souligné que notre responsabilité dans l’espace et le temps est toujours dans la perspective de l’éternité. » (Message final.) Comme le précise l’encyclique officielle du Saint et Grand Conseil, l’Église « témoigne dans le dialogue ».»

«Acquérir un cœur compatissant»

Q: Votre Toute-Sainteté pense-t-elle que la peur soit l’outil le plus dissuasif contre la pollution de l’environnement?

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a écrit: «nous ne devrions pas être obligés de modifier nos comportements envers l’environnement à cause de la peur de catastrophes imminentes dues aux changements climatiques. Nous devrions plutôt le faire car nous reconnaissons l’harmonie du cosmos et la beauté originelle qui existe dans le monde. Nous devons apprendre à sensibiliser nos communautés et à adopter des comportements plus respectueux envers la nature. Nous devons acquérir un cœur compatissant, ce que Saint Isaac le Syrien, un mystique du VIIe siècle, appelait «un cœur qui brûle d’amour pour l’ensemble de la création: pour les humains, les oiseaux et les bêtes, pour toutes les créatures de Dieu ».»

Bartholomée Ier a organisé huit symposiums internationaux et interreligieux, ainsi que de nombreux séminaires et sommets pour résoudre les problèmes écologiques des rivières et mers du monde. Ses initiatives lui ont valu le titre de «patriarche vert» ainsi que plusieurs prix environnementaux importants. À présent, l’Accord de Paris a été signé, et les Églises se sont engagées à œuvrer pour la justice climatique.

Q: Comment envisagez-vous l’avenir du travail œcuménique pour l’environnement? Quelle est la vision de Votre Toute-Sainteté concernant la voix du christianisme dans la transition nécessaire vers un avenir durable?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Je suis ravi que l’Accord de Paris ait été signé par un très grand nombre de pays. En effet, j’ai participé aux premières étapes des préparations de la COP 21, à l’invitation du gouvernement français. Dans ce cadre, j’ai accompagné le président Hollande aux Philippines et j’ai participé à un sommet interdisciplinaire à Paris avant la Conférence des Parties en décembre 2015. D’un côté, la 22e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de Marrakech mérite d’être célébrée. Mais d’un autre côté, elle nous rappelle malheureusement que 197 pays viennent seulement de ratifier une convention adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992.»

«Vingt-deux ans, c’est une période beaucoup trop longue pour répondre à la crise environnementale, notamment lorsque l’on sait qu’elle entretient des liens étroits avec la pauvreté, les migrations et les troubles à l’échelle mondiale. Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le profit? Combien de vies sommes-nous prêts à sacrifier pour un gain matériel ou financier? Et à quel prix renoncerions-nous à la survie de la création de Dieu? Vingt-deux ans plus tard, il est plus que temps pour nous tous de voir les visages des êtres humains qui subissent les conséquences de nos péchés écologiques.»

«De plus, comme je l’ai souvent rappelé, « nous sommes tous dans le même bateau ». Les changements climatiques ne concernent pas une nation, une race ou une religion en particulier. Nous ne pouvons répondre aux exigences et à l’ampleur des changements climatiques que lorsque nous assumons ensemble nos responsabilités de croyants et de citoyens.»

«Promouvoir l’unité chrétienne»

Q: Nous lisons également le texte d’une «lettre encyclique du patriarche œcuménique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs du Conseil œcuménique des Églises» de 1952. Que signifie cette lettre aujourd’hui pour l’Église orthodoxe?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Cette lettre encyclique aux Églises orthodoxes autocéphales sœurs a été écrite en 1952, c’est-à-dire lors des premières étapes, les plus fondamentales, de la création du Conseil œcuménique des Églises, avec le souhait d’encourager les Églises orthodoxes à participer aux activités du COE alors que la méfiance et l’hésitation régnaient, ce qu’elle a réussi à faire lors de la Troisième Assemblée du COE à New Delhi (1961). Elle est rédigée dans le même esprit que les récentes décisions du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. L’Église orthodoxe ne met pas en avant un aspect de sa foi aux dépens d’un autre. Elle cherche toujours à maintenir l’équilibre sacré, mais fragile, entre la foi et la constitution, la doctrine et la discipline, la croyance et les actions.»

«C’est pourquoi, dans son document concernant « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », le Saint et Grand Concile affirme sa conviction que l’Église orthodoxe « croit fermement, dans sa conscience ecclésiale profonde, qu’elle occupe une place prépondérante pour la promotion de l’unité chrétienne dans le monde d’aujourd’hui. » De plus, les Églises et évêques assemblés reconnaissent que cet engagement « émane du sentiment de responsabilité et de la conviction que la compréhension mutuelle et la collaboration sont essentielles pour ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ ».»

«Contribution de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix»

Q: D’après Votre Toute-Sainteté, quel défi majeur le Conseil œcuménique des Églises doit-il relever? Comment le COE peut-il continuer à être utile pour les Églises membres et l’ensemble du mouvement œcuménique? Et que peut nous enseigner votre Église dans le cadre du Pèlerinage de justice et de paix?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Le Conseil œcuménique des Églises a été fondé sur la proclamation de l’unité des confessions chrétiennes dans leur foi trinitaire tout en affirmant les différences de ses Églises membres. Il est donc important de maintenir et d’équilibrer ces deux pôles: reconnaître les principes essentiels de la foi chrétienne, tout en respectant les enseignements fondamentaux et les traditions particulières de chaque Église. Il est toujours tentant, mais aussi dangereux, de conserver un aspect de ces pôles tout en reprochant aux défenseurs de l’autre d’entraver le processus de réconciliation.»

«Au cours du Saint et Grand Concile, les Églises et les hiérarques ont échangé, parfois avec fougue, mais toujours de manière constructive, sur le travail important du Conseil œcuménique des Églises, et en particulier de la Commission de Foi et constitution. Le document sur « les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » souligne l’engagement des Églises orthodoxes pour promouvoir l’unité chrétienne tout en contribuant « par tous les moyens dont elles disposent à la promotion de la coexistence pacifique et de la coopération portant sur les principaux enjeux socio­politiques ».»

«Le mouvement œcuménique n’est pas un « rajustement interconfessionnel » mais nous permet de respecter notre obligation d’unité chrétienne sans nous éloigner « de la vraie foi de l’Église une, sainte, catholique et apostolique ». C’est pourquoi, ce même document du Concile conclut: « Dans cet esprit, l’Église orthodoxe considère qu’il est important que nous les chrétiens, inspirés par les principes fondamentaux communs de l’Évangile, essayions de donner une réponse empressée et solidaire, basée sur le modèle idéal par excellence du nouvel homme en Christ, aux problèmes épineux que nous pose le monde d’aujourd’hui. » Cela pourrait être la contribution unique et précieuse de l’Église orthodoxe au Pèlerinage de justice et de paix.»

«Insuffler l’Esprit de Dieu»

Q: Pouvez-vous décrire le mouvement œcuménique en utilisant des termes qui parlent à la jeune génération?

Patriarche œcuménique Bartholomée Ier: «Votre question contient les prémisses et la promesse de ma réponse. Le mouvement œcuménique n’est pas une allégeance idéologique ou un engagement social. Ce n’est pas une conviction politique ou du militantisme international. C’est un mouvement, et ça doit le rester. Cela signifie qu’il doit toujours être animé et dynamisé par le souffle de l’Esprit de Dieu qui doit brûler dans nos cœurs et dans nos vies. C’est cet Esprit qui réunit tous les aspects de la vie des Églises et leur donne un sens. Ainsi, c’est ce même Esprit qui explique notre engagement envers les principes et traditions de notre religion, et qui illumine notre capacité à « discerner les esprits de notre époque » et notre responsabilité de porter le témoignage de l’Évangile de manière prophétique.»

«Paradoxalement, nous ne voulons pas conseiller la jeune génération ou lui faire la morale. Sur de nombreux aspects, les jeunes ont plus à apprendre à l’ancienne génération sur l’ouverture, la douceur, le pardon et la générosité. Je recommanderais peut-être à la jeune génération de rester fidèle à elle-même malgré les forces et les efforts importants déployés pour discriminer et diviser.»

«Le mouvement œcuménique conserve une utilité dans notre monde si nous revenons aux principes fondamentaux de l’Évangile: aimer son prochain, nourrir ceux qui ont faim et accueillir l’étranger.»

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L’archevêque de Prešov, des Terres tchèques et de Slovaquie Rastislav a rendu visite au patriarche œcuménique Bartholomée

Le 13 mai, l’archevêque de Prešov, primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie Rastislav, accompagné du métropolite de Prague Michel, de l’archiprêtre Milan Gerka, secrétaire du Saint-Synode, de l’archimandrite Seraphim Šemjatovský, du prêtre Michel Švajko,, de l’archidiacre Maxime Durila et du diacre Cyrille Sarkassina et de Mme Iverta Starcova, interprète, ont effectué une visite irénique au Patriarcat de Constantinople et au patriarche œcuménique Bartholomée. La délégation a été accueillie à l’aéroport par les métropolites d’Iconium Théolèpte de Kydonia Athénagoras, ainsi que le diacre Niphone, qui l’ont accompagnée à l’hôtel. Ensuite, l’archevêque Rastislav et sa suite ont assisté à la doxologie en la cathédrale patriarcale, puis ont été reçus chaleureusement par le patriarche œcuménique et les membres de sa hiérarchie en la salle du trône. Dans son allocution, le patriarche Bartholomée a déclaré, entre autres : « La joie de l’Église-Mère est grande comme, nous en sommes sûrs, la vôtre, Béatitude, après « l’hiver » par lequel est passé votre Église, provenant du déchirement, dû a des faiblesses humaines, de la sa tunique sans couture. C’est une joie, car grâce à nos efforts patriarcaux, mais aussi les vôtres, la paix et la normalité sont revenus au sein de votre Église et sa communion a été rétablie avec l’ensemble de l’Église orthodoxe dans le monde entier. Cette joie qui est nôtre «  est la satisfaction des désirs, la jouissance des choses agréables, l’oubli de celles qui chagrinent » comme le dirait le grand illuminateur de l’univers Jean Chrysostome (Sur Isaïe I, PG 56,100) (…) L’Église orthodoxe de Tchéquie et de Slovaquie doit elle-aussi présenter une œuvre spirituelle fructueuse (…) qui, nous en sommes sûrs, sous votre direction spirituelle, Béatitude, se poursuivra et s’étendra, de telle façon que d’une part, le troupeau orthodoxe soit affermi et que, d’autre part, la présence et le message de l’orthodoxie soient propagés dans les deux pays de la juridiction de votre Église, et qu’ainsi soit corroborée, par votre ministère ecclésial et spirituel et celui de vos évêques et clercs l’affirmation prophétique du célèbre byzantinologue contemporain Steven Runciman,  : « L’orthodoxie sera la religion du XXIème siècle ». Qu’il me soit permis d’ajouter, Votre Béatitude que notre orthodoxie introduit dans le mystère du siècle à venir, que nous vivons de façon plus intense en ces jours de la Résurrection. Notre Église orthodoxe est la seule qui conserve pur son caractère mystérique et qui a toujours fui les influences dévastatrices de la sécularisation qui transforment son institution fondée par Dieu en une simple fondation humaine. L’Église orthodoxe est l’espoir réel de tout homme qui cherche la vie spirituelle et ecclésiales authentiques ; elle est l’espoir des peuples d’Europe, elle est l’espoir de tous les confins de la terre. C’est pourquoi notre responsabilité à nous orthodoxes est grande devant Dieu et les hommes (…) ».

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Homélie du patriarche oecuménique Bartholomée lors de la liturgie célébrées par les primats des Églises orthodoxes réunis à Chambésy

Lors de la divine liturgie célébrée  le 24 janvier  dernier par les primats des Églises orthodoxes en l’église Saint-Paul à Chambésy, près de Genève, le patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé l’homélie suivante :

« Chers frères dans le Christ,
Pendant des décennies, le Centre orthodoxe de Chambésy, sous la direction de feu le métropolite Damaskinos Papandreou de bienheureuse mémoire et aujourd’hui de son Éminence le métropolite Jérémie de Suisse, secrétaire de la préparation du saint et grand Concile a œuvré pour que d’une manière plus précise nous établissions la place et la vocation de l’orthodoxie dans le monde, reconnaissant l’évolution de notre paysage ecclésial et des transformations sociales. Ce temps de préparation était long. Il était néanmoins nécessaire pour permettre le déploiement d’une conscience synodale et catholique dans le cadre des fermentations panorthodoxes. Ces travaux servent déjà de lumière pour la vie de notre Église et constituent une source d’enrichissement spirituel.

Nous sommes aujourd’hui au carrefour de l’histoire. Car les immenses difficultés que rencontrent nos contemporains, exigent une responsabilité qui dépasse nos institutions ecclésiales. Le Christ est au centre de l’histoire. Le Christ est au cœur de la vie. Il chemine dans le temps. Il passe à côté de nous, comme à Jéricho à côté de l’aveugle. Selon la lecture évangélique de ce jour, l’entendons-nous, lui et sa foule ? Le voyons- nous, absorbés que nous sommes dans notre pauvreté et dans notre mendicité? Selon le commentaire de saint Éphrem le Syrien, «Quand Notre Seigneur vit que les yeux de son cœur étaient bien ouverts, et les yeux de son corps aveugles, il éclaira les yeux du corps, comme ceux du cœur, pour que, lorsque l’aveugle voudrait encore accourir à lui, il vît clairement son Sauveur. »

L’avènement du saint et grand Concile servira à porter le témoignage de l’unité de l’Église orthodoxe. Sa convocation, marquera une étape décisive dans la vie de notre Église. Le Concile ne se limite pas à l’événement en tant que tel, mais il doit être compris comme un processus englobant, qui se déploie aussi bien dans le passé que dans le futur. Nous sommes donc déterminés à proclamer le message de l’orthodoxie. Nous reconnaissons que l’unique manière de sortir des tentations confessionnelles isolationnistes passe par le dialogue dans un échange constant avec « l’autre », qu’il soit notre prochain, la société, les autres religions, ou encore la création tout entière. Car l’orthodoxie est une culture du dialogue à travers laquelle Dieu parle au monde. Dieu est identique à la Parole, comme nous le dit saint Jean le Théologien : « Au commencement était le Verbe, le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu» (Jn 1, 1). Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος καί ὁ Λόγος ἦν πρός τόν Θεόν, καί Θεός ἦν ὁ Λόγος.

Il est aussi de notre devoir, à la fois d’entendre et de dire cette parole de Dieu : en faveur des chrétiens persécutés, et des minorités qui à travers le monde sont en danger ; en faveur de ces centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre et souffrent le déracinement ; en faveur de ces personnes les plus vulnérables, laissées pour compte ; en faveur des victimes du terrorisme et des fondamentalismes, qui utilisent et abusent de la religion pour des raisons politiques. Notre espoir est que ce Concile serve de catalyseur pour l’humanité tout entière, grâce à la force d’unité dont il sera porteur entre les Églises orthodoxes.
Aujourd’hui, nous posons un jalon historique. Et nous confions à la prière d’un plus grand nombre l’avènement du saint et grand Concile. Nous sommes attachés à la continuité théologique de notre foi en Jésus-Christ qui s’exprime à la fois par l’enseignement de l’Église apostolique et par celui des Pères de l’Église. Si notre tradition est riche et bien vivante, elle doit trouver les mots qui parlent aux défis de notre époque. Ce fut, en effet, l’intuition prophétique de notre prédécesseur le patriarche oecuménique Athénagoras lorsqu’il confia à Olivier Clément : « Le grand concile que nous préparons permettra au peuple de notre Église de mieux vivre sa foi. Il s’efforcera non seulement d’adapter à l’homme d’aujourd’hui notre tradition, mais de rendre à celle-ci sa force d’inspiration et de renouveau. Par là, il fera œuvre œcuménique. Le renouveau est inséparable du partage et de l’unité».

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Le Prix des droits de l’homme Athénagoras au vice-président des Etats-Unis

072215bidenL’Ordre de Saint-André l’Apôtre, archontes du Patriarcat oecuménique, remettra aujourd’hui le Prix des droits de l’homme Athénagoras au vice-président des États-Unis, Joe (Joseph) Biden. En décembre 2011, il fut le premier vice-président américain à visiter le patriarche Bartholomée à Constantinople.

Source: Archidiocèse grec orthodoxe d’Amérique. Photographie: visite au Phanar et rencontre avec le patriarche Bartholomée en novembre 2014 du vice-président Joe Biden (source: Ordre de Saint-André l’Apôtre).

Discours du patriarche œcuménique Bartholomée à la synaxe de la hiérarchie du Trône (le 29 août) – 2ème partie

Fidèle à ce devoir devant l’ensemble de l’humanité, le patriarcat œcuménique a entrepris des initiatives d’une très grande importance pour l’homme contemporain comme la protection de l’environnement, qui se trouve aujourd’hui face à l’ultime danger, à cause du comportement irrationnel et égoïste de l’homme. Ainsi, depuis déjà 1989, par l’encyclique de notre vénérable prédécesseur le patriarche œcuménique Démétrios, notre patriarcat, en premier parmi les institutions religieuses du monde, a souligné l’importance cruciale du problème écologique et la nécessité que l’Église contribue avec ses forces spirituelles et théologiques à la formation d’une conscience et d’un comportement respectueux envers la création de Dieu, qui a été donné à l’homme « pour la cultiver et la préserver » (Gen. 2.15). A cette fin, avec une encyclique synodale, il a instauré le premier septembre, début de l’indiction et de l’année ecclésiastique, comme un jour de prière pour la protection de la création.

Cette initiative du feu patriarche Démétrios a été poursuivie et développée plus par notre humble personne à travers toute une série d’activités comme l’organisation de symposiums scientifiques internationaux entre leaders religieux et spécialistes scientifiques pour la résolution de problèmes écologiques spécifiques, mais aussi avec d’autre activités qui ont fait de notre patriarcat un pionnier mondial dans la lutte contre un problème qui est aujourd’hui reconnu parmi les problèmes le plus sérieux et urgents de l’humanité, comme en témoigne le fait que les leaders politiques de l’humanité prennent aujourd’hui des initiatives pour sa résolution urgente. Une des ces initiatives, prise par le président de la République française, est l’organisation au mois de décembre prochain d’une conférence internationale à Paris à laquelle notre humble personne a été conviée à participer. Notons que l’Église catholique romaine aussi, reconnaissant le caractère crucial de la question, participe à cet effort à travers la publication récente d’une encyclique papale spéciale, à la présentation officielle de laquelle fut invité pour la première fois un hiérarque du Trône œcuménique en tant qu’unique commentateur théologique.

Ainsi, malgré ses ressources humbles et limitées le patriarcat œcuménique se montre pionnier dans la lutte contre les problèmes cruciaux de l’homme, lesquels ne peuvent laisser l’Église indifférente. L’importance de ce fait pour le prestige et la reconnaissance internationale de notre institution sacrée doit être soulignée. Gloire au Dieu saint pour cela et pour toute autre chose !

Un autre domaine où le patriarcat œcuménique a développé des initiatives et continue à jouer un rôle de leader est celui de la réconciliation entre les chrétiens et les autres religions. Ce domaine d’initiatives du patriarcat œcuménique subit une campagne de dénigrement et de diffamation par certains cercles qui l’accusent de trahison de la foi orthodoxe. Mais la réconciliation entre les hommes et avec Dieu constitue la raison même de l’incarnation de la Parole de Dieu et de Sa sacrifice sur la croix (Rom. 5.10, 2 Cor. 5.19) ; ainsi notre sainte Église orthodoxe ne cesse de prier « pour l’unité de tous ». Le patriarcat œcuménique a été un pionnier dans la création du mouvement œcuménique moderne avec les encycliques de Joachim III en 1902 et du Synode patriarcal en 1920 et nous n’avons guère de raisons pour avoir des regrets. Notre participation au mouvement œcuménique, soit sous forme de dialogues théologiques soit par notre engagement dans les organisations interconfessionnelles, ne se heurte point à notre conviction que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique que nous confessons dans notre Symbole de Nicée et ne suggère ni ne signifie la négation ou l’altération des doctrines de notre foi ni ne conduit, comme certains disent de manière malveillante, au « syncrétisme » et à l’établissement d’une super-église. Au contraire, à travers notre participation au mouvement œcuménique et surtout par le biais des dialogues théologiques, nous donnons témoignage de la foi orthodoxe et démontrons la primauté de l’orthodoxie, le respect pour laquelle s’est visiblement accru de nos jours en Occident, grâce notamment à cette promotion et participation. En « professant la vérité dans la charité », selon l’exhortation apostolique (Eph. 4.15), nous n’avons rien à perdre.

Notre réconciliation avec les autres chrétiens devient particulièrement urgente dans l’espace de ladite diaspora orthodoxe, où vit une grande partie des fidèles de notre patriarcat. Dans de nombreuses métropoles du patriarcat œcuménique en Europe et en Amérique nos relations avec les catholiques romains et les protestants qui y vivent sont et doivent rester harmonieuses ; pour cela il faut féliciter les frères hiérarques de ces régions pour leur contribution au développement et à la promotion de ces bonnes relations qui sont particulièrement bénéfiques pour leurs fidèles. Grâce à ces relations, le troupeau orthodoxe peut avoir ses lieux de culte nécessaires et peuvent faire face à d’autres besoins nécessaires pour leur survie. Cela aurait été un signe d’ingratitude de notre part de ne pas reconnaître le respect et l’amour désintéressés avec lesquels les frères chrétiens membres des autres Églises et confessions entourent nos fidèles et de ne pas nous le leur rendre pas les mêmes sentiments et les mêmes actes.

Nous sommes tous obligés de reconnaître que le temps des sociétés et des nations « pures » est déjà révolu et que les peuples sont appelés à accepter la diversité comme un élément constitutif de leurs sociétés s’ils ne veulent pas être amenés à des situations de conflit et de tourment. La coexistence et la symbiose des orthodoxes avec les autres chrétiens sont déjà dans l’espace de la diaspora une réalité incontournable qui s’étend rapidement même à l’intérieur de pays et de sociétés autrefois entièrement orthodoxes ; cela oblige l’Église à ajuster par économie toute sa vie pastorale. Ainsi par exemple, l’augmentation du nombre des mariages mixtes est déjà une réalité qui oblige l’Église à accepter la prière et la célébration communes avec les hétérodoxes, ce qu’elle pratique dans toutes les Églises orthodoxes. Cela ne constitue point une dérogation de l’élément fondamental de la séparation des orthodoxes des autres chrétiens ; cet élément réside dans la sainte Eucharistie qui est conditionnée par l’accord parfait dans la foi de l’Église. Sur ce point il n’y a aucune place pour l’économie.

Cela pris en considération, le patriarcat œcuménique développe de bonnes relations avec les autres chrétiens à tous les niveaux, de la plus petite paroisse et évêché jusqu’à son autorité suprême. Ainsi, c’est avec joie, amour et honneur que notre humble personne accueille tous les représentants et même les leaders des autres Églises et confessions chrétiennes et leur rend courtoisement visite à son tour, comme il convient à un comportement civilisé et chrétien. Cela est tout particulièrement vrai sans le cas de l’Église catholique romaine qui est la plus grande communauté chrétienne et dont les liens historiques de communion parfaite avec nous dans la foi et dans les sacrements pendant tout un millénaire ne cessent de constituer un héritage commun ; c’est sur cette base que nous devons retrouver et reconstruire la communion parfaite que nous avons malheureusement perdue. Dans ce but, nous poursuivons le dialogue théologique officiel, qui a fait l’objet d’un accord panorthodoxe, à propos duquel le co-président de ce corps sacré donnera des informations. En plus, nous échangeons des visites au plus haut niveau où les deux côtés affirment leur désir de marcher en amour et en vérité vers la pleine communion entre eux. Ainsi, outre les visites de coutume entre représentations officielles lors des fêtes patronales des deux Églises, notre humble personne assista personnellement à l’intronisation du nouveau pape François à Rome il y a deux ans, rencontra celui-ci à Jérusalem à l’occasion du cinquantième anniversaire de la rencontre historique de notre prédécesseur feu le patriarche Athénagoras avec le pape Paul VI et nous avons reçu la visite officielle du pape actuel à notre siège lors de la fête patronale de notre patriarcat en novembre dernier. Ces rencontres et les déclarations communes signées à ces occasions eurent un retentissement mondial et promurent la présence et l’importance du patriarcat œcuménique sur le plan international. Ainsi le patriarcat œcuménique et l’Église orthodoxe, au lieu de s’isoler, sont mises en valeur et se font connaître dans le monde entier, ce qui est bénéfique tant à nous qu’à notre peuple.

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Allocution du patriarche oecuménique Bartholomée lors du « Sommet des consciences » pour le climat

sommetLe patriarche œcuménique Bartholomée a prononcé, ce matin à Paris, son allocution lors du Sommet des consciences sur le climat (1). À son arrivée hier, le 20 juillet dans la journée, le patriarche a rencontré Mgr Job de Telmessos et le soir a participé avec les autres intervenants, au dîner organisé au palais d’Élysée par le président de la République François Hollande. Voici, ci-dessous, le texte de son allocution lors de ce sommet.

« Paris, le 21 juillet 2015

Monsieur François Hollande, Président de la République,
Monsieur Michael D. Higgins, Président de l’Irlande
Son Altesse Sérénissime, le Prince Albert II de Monaco
Monsieur Kofi Annan, Président de « The Elders », Président de la  « Fondation Kofi Annan », Ancien Secrétaire-Général des Nations Unies
Monsieur Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental
Cher Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète,
Éminences,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames et Messieurs,

Dans un appel vibrant lancé à partir de Manille, conjointement par les autorités françaises et philippines, en février 2015, nous étions tous individuellement et collectivement appelés à agir en faveur du climat. Aujourd’hui plus que jamais nous rappelons l’urgence d’une justice globale, d’une solidarité financière et technologique mondiale. L’appel se terminait de la sorte : « Nous appelons (…) tous les acteurs, les États (…) et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération. »

Comme vous vous en souvenez certainement nous avions eu l’honneur de vous accompagner, Monsieur le Président, lors de cet indispensable déplacement. Nous avons pu voir de nos yeux les effets destructeurs des bouleversements climatiques qui touchent les populations les plus vulnérables, notamment en Asie. Nous avons touché de nos doigts les plaies ouvertes, fraichement mais durablement, d’une terre en révolte contre l’égoïsme aveugle de l’humanité. Les plus sceptiques n’auraient pas été moins convaincus que saint Thomas lui-même. L’exclamation apostolique « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28) jaillit alors de nos bouches, non seulement comme un cri d’alerte, mais aussi comme un éveil à l’espérance. L’impérieuse mission des religions en général, et du christianisme en particulier, tient à cette force transfiguratrice de la foi faisant de tout danger un appel à la conversion des cœurs.

Les décennies d’expérience du Patriarcat œcuménique en matière de protection de l’environnement ont montré que la question du salut n’est pas indépendante du traitement de la création. Dans cette attention particulière se rejoignent le séculier et le spirituel. Distinguant ce qui relève du monde, au sens du saint apôtre Paul, et ce qui relève de la création du monde, la tradition orthodoxe est attachée au déploiement du mystère de la grâce dans cette dernière, faisant de toute chose un sacrement du Royaume.

Certains pourront s’interroger sur la nécessité de convier des responsables religieux à une réflexion trop souvent dépréciée à cause de sa technicité, voire culpabilisante en raison des conséquences de nos actes. Le sens de l’implication des religions dans ce crucial combat pour la sauvegarde de notre planète est triple : éduquer, convertir et glorifier.

Par éduquer, nous entendons prolonger la dialectique entre foi et raison, c’est-à-dire articuler des éléments de connaissance rationnelle aux inspirations de l’âme. Les questions environnementales sont au carrefour de cette attention. Ainsi, les données scientifiques sur la biodiversité, le réchauffement climatique, l’accroissement de la misère et des injustices environnementales, la sécurité alimentaire, etc., viennent compléter la vision théologique, trop souvent statique, d’un monde en constant changement.  Mais sortant de ce simple constat, il est de notre mission d’offrir, à partir de cette base, une herméneutique de la création qui affirme l’interdépendance de l’humanité et de la nature. C’est la raison pour laquelle, le Patriarcat œcuménique n’a pas uniquement institué le 1er septembre de chaque année comme journée de prière pour l’environnement, mais il organise aussi des séminaires et des sommets rassemblant théologiens et scientifiques afin de débattre. Le dernier Sommet en date s’est tenu sur l’île de Halki en Turquie, du 8 au 10 juin 2015. Il était intitulé « Écologie, théologie et art ». Nous y avions notamment invité des artistes afin qu’ils puissent apporter leur expertise esthétique sur le sens de la beauté dans la création. En effet, Dostoïevski n’écrit-il pas : « La beauté sauvera le monde » ?

Par convertir, il faut comprendre la conversion de l’être intérieur comme le point de départ d’une conversion extérieure. Les scientifiques mettent inlassablement en avant la nécessité d’un changement radical de nos modes de vie afin de limiter les actions polluantes qui influent sur les changements climatiques. Il s’agit ici d’une réalité que le christianisme appelle « metanoia », un retournement tout entier de l’être. Ce dernier encourage, dans la tradition patristique des Pères du désert – ces spirituels qui ont forgé à travers des siècles d’expérience ascétique un regard vrai sur l’humanité – à constamment interroger la nécessité de nos besoins, afin de dissocier ce qui relève de la convoitise et ce qui relève du bien. L’éthique et la morale ne sont pas très loin et doivent permettre l’émergence des droits de la terre elle-même. Tel est le sens de l’effort qui est attendu de nous : sortir de l’égoïsme dans lequel l’inertie de nos habitudes nous a fait tomber, et découvrir la sobre liberté que nous apporte la conversion du cœur.

Enfin, par glorifier, nous en revenons au fondement même de notre mission spirituelle. Enfant déjà, sur notre île natale d’Imbros, aujourd’hui Gökçeada, au large d’Istanbul, nous étions subjugué par cet environnement sauvage et puissant, sans cesse renouvelé par la force vivifiante des vents qui, combinée à l’action bouleversante de la mer, nous a fait prendre conscience d’une double réalité : que la puissance de l’humanité est inversement proportionnelle à la puissance de la nature. Aussi, pour résoudre cette relation antinomique ne devons-nous pas devenir les maîtres de la création, mais bien plutôt libérer cette création d’un agir humain dominateur dans un mouvement d’action de grâce qui se révélerait à travers les gestes quotidiens que nous y posons.

Tels sont les trois engagements indispensables pour une spiritualité écologique réelle.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Dernièrement, Sa Sainteté le Pape François, dans son Encyclique Laudato Si abondait dans le sens d’une spiritualité écologique de conversion : « En premier lieu, la conversion implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses même si personne ne les voit ou ne les reconnaît » (§ 220). Cette Encyclique apparaît tout juste une année après notre rencontre à Jérusalem, commémorant les retrouvailles historiques de Sa Sainteté Pape Paul VI et de Sa Sainteté du Patriarche œcuménique Athénagoras, en 1964, dans ce même lieu. L’an dernier, nous avions découvert dans Sa Sainteté le Pape François un frère d’âme dans sa sensibilité affichée et assumée à l’égard de la création. Aussi, avions-nous tenu l’un et l’autre à ce que les relations entre les Églises Sœurs de Rome et de Constantinople approfondissent leur engagement commun en faveur de notre maison commune par la prière et l’action. Parce que les questions environnementales sont globales, elles se déclinent parfaitement dans l’espace œcuménique et constituent un enjeu central en faveur de l’unité des chrétiens.

Alors : «  Why do we care? ». Notre époque fait face à un défi unique. Jamais dans le passé, durant la longue histoire de notre planète, les hommes et les femmes ne se sont trouvés à ce point si « développés » qu’ils ont pu rendre possible la destruction de leur propre environnement et de leur propre espèce. Jamais auparavant, dans la longue histoire de cette planète, les écosystèmes de la terre ne furent confrontés à des dégâts quasi irréversibles d’une telle ampleur. C’est pourquoi il est de notre responsabilité de répondre à ce défi de façon univoque, afin de remplir notre devoir envers les générations à venir. Voilà pourquoi nous devons nous engager.

Dans cette perspective, une alliance entre l’écologie contemporaine, en tant que recherche scientifique pour la protection et la survie de l’environnement naturel, et la théologie, en tant que réflexion métaphysique sur des sujets religieux, est nécessaire pour cerner la profondeur spirituelle des questions cruciales de notre temps. C’est pourquoi nous vous invitons toutes et tous, vous qui êtes déjà sensibilisés à ces questions, à être les porte-voix de cet appel des consciences pour le climat.

Avant de terminer cette modeste intervention, nous tenons à féliciter les autorités françaises pour les nombreuses initiatives mises à l’œuvre en vue de la réunion de la COP21 qui se tiendra à Paris à la fin de cette année. Le Patriarcat œcuménique y est tout particulièrement attaché et y apporte son indéfectible soutien. Notre responsabilité est à la hauteur de l’urgence. Telle est la raison d’être de notre engagement. »

Source: Patriarcat oecuménique

Photographie ci-dessus: Présidence de la République française

La visite du patriarche Bartholomée en Belgique et au Luxembourg

Nous vous proposons ci-dessous la vidéo de l’émission de télévision belge « Orthodoxie », produite et présentée par le métropolite Athénagoras de Belgique, sur la récente visite du patriarche Bartholomée en Belgique et au Luxembourg. Présentation: « Le patriarche œcuménique Bartholomée fut en Belgique du 29 janvier au 1 février, où il a été invité par l’Université catholique de Louvain (KU Leuven). Le patriarche a été accueilli à l’aéroport de Bruxelles par le métropolite Athenagoras de Belgique (Patriarcat œcuménique), les ambassadeurs de Turquie et de Grèce en Belgique, ainsi que par le directeur du protocole du ministère belge des Affaires étrangères. Le soir du même jour, le patriarche œcuménique a été reçu à l’Université de Louvain par son doyen, le professeur Rik Torfs, et a prononcé une conférence sur le sujet de «La déification dans la tradition orthodoxe». Il y a vingt ans, le patriarche œcuménique avait reçu le titre de docteur honoris causa de ladite université. Le 30 janvier, le patriarche œcuménique a été reçu par le roi Philippe de Belgique, puis ensuite par le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Des rencontres, dans l’après-midi, ont eu lieu avec les évêques orthodoxes et catholiques-romains de Belgique. Le dimanche 1er février il présida ‘en chorostasie’ les matines et la liturgie en présence en la cathédrale des Archanges à Bruxelles, et le soir le patriarche a également présidé les vêpres en la cathédrale Saint-Nicolas du Luxembourg. À l’occasion de cette visite, le patriarche Bartholomée fut accompagné par les métropolites Athénagoras de Belgique et Cléopas de Suède et de toute la Scandinavie, ainsi que du grand archidiacre André, et de MM. Petros Bazgarlo et Nicolas Magginas. »

 

Visite du patriarche œcuménique Bartholomée en Belgique et au Luxembourg

Le patriarche œcuménique Bartholomée est arrivé le 29 janvier en Belgique, où il a été invité par l’université de Louvain (KU Leuven). Le patriarche a été accueilli à l’aéroport de Bruxelles par le métropolite de Belgique Athénagoras (Patriarcat œcuménique), les ambassadeurs de Turquie et de Grèce en Belgique, ainsi que par le directeur du protocole du ministère belge des Affaires étrangères. Le soir du même jour, le patriarche œcuménique a été reçu à l’Université de Louvain par son doyen, le professeur Rik Torfs, et a prononcé une conférence sur le sujet de « La déification dans la Tradition orthodoxe ». Il y a vingt ans, le patriarche œcuménique avait reçu le titre de docteur honoris causa de ladite Université. Le 30 janvier, le patriarche œcuménique a été reçu par le Roi Philippe de Belgique, puis ensuite par le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. Des rencontres, dans l’après-midi, ont eu lieu avec les évêques orthodoxes et catholiques-romains de Belgique. Le dimanche 1er février 2015 auront lieu les matines et la Liturgie en présence du patriarche en la cathédrale des Archanges à Bruxelles, et le soir, en présence du patriarche également, les vêpres en la cathédrale Saint-Nicolas du Luxembourg. À l’occasion de cette visite, le patriarche Bartholomée est accompagné par les métropolites du Patriarcat œcuménique Athénagoras de Belgique et Cléopas de Suède et de toute la Scandinavie, ainsi que du grand archidiacre André, et de MM. Pierre Bazkarlo et Nicolas Maggina.

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Discours du patriarche œcuménique Bartholomée adressé au pape François lors de la divine liturgie célébrée à l’occasion de la fête de l’apôtre André en l’église patriarcale (30 novembre)

Nous vous invitons à lire le discours du patriarche Bartholomée prononcé mors de la divine liturgie célébrée au Phanar, en l’église patriarcale Saint-George, le dimanche 30 novembre, pour la fête de saint André, saint patron du Patriarcat œcuménique, en présence du pape François.

« Votre Sainteté François, bien-aimé frère en Christ, évêque de l’ancienne Rome,

Nous rendons gloire et louange à notre Dieu en la Trinité qui nous a gratifiés de la joie ineffable et de l’honneur particulier de la présence en personne, cette année, de Votre Sainteté, à la célébration de la mémoire de l’apôtre André, le Premier appelé qui, par sa prédication, a fondé notre Église. Nous remercions du fond du cœur Votre Sainteté de ce précieux don que constitue Votre présence bénie parmi nous à la tête d’une honorable délégation. Avec amour profond et grand respect nous Vous embrassons en Vous adressant le salut cordial de paix et de charité : « grâce et paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ ! » (Rm1, 7). « Car l’amour du Christ nous étreint » (IICo 5, 14).

Nous gardons encore dans notre cœur le souvenir vivace de notre rencontre avec Votre Sainteté en Terre sainte pour effectuer un pèlerinage commun au lieu où est né, a vécu, a enseigné, a souffert et est ressuscité le chef de notre foi. Nous gardons aussi le souvenir reconnaissant de l’événement historique que fut la rencontre au même endroit de nos illustres prédécesseurs, le pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras. Leur rencontre d’alors dans la ville sainte, il y a cinquante ans, a changé le cours de l’histoire. Les marches parallèles, parfois conflictuelles de nos Églises se sont jointes dans la vision commune de retrouver notre unité perdue. L’amour qui s’était refroidi a été ranimé. Notre volonté a été forgée de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que notre communion se réalise à nouveau dans la même foi et le même calice. Depuis, le chemin vers Emmaüs s’est ouvert, peut-être long et parfois ardu, mais néanmoins sans retour, le Seigneur faisant route ensemble avec nous, jusqu’à ce qu’Il se révèle à nous « à la fraction du pain » (cf. Lc 24, 35).

Depuis, tous les successeurs de ces chefs inspirés suivent le même chemin, ayant établi, béni et soutenu le dialogue de charité et de vérité entre nos Églises en vue de lever les obstacles qui, durant un millénaire, s’étaient dressés dans nos relations ; dialogue entre frères et non, comme autrefois, entre adversaires, dispensant avec droiture et franchise la parole de la vérité, tout en nous respectant mutuellement en tant que frères.

Dans cette ambiance de marche commune dans laquelle nos dits prédécesseurs se sont engagés, nous Vous recevons, très saint Frère, comme porteur de la charité de l’apôtre Pierre à son frère l’apôtre André le Premier appelé dont nous fêtons aujourd’hui solennellement la mémoire. Selon une coutume sacrée, établie et suivie déjà depuis des décennies par les Églises de l’ancienne et de la nouvelle Rome, leurs délégations officielles échangent des visites lors de leurs fêtes patronales pour déclarer de la sorte la fraternité des deux apôtres coryphées qui ont connu ensemble Jésus et cru en Lui comme Dieu et sauveur. Ils ont transmis cette foi partagée aux Églises qu’ils ont fondées par leur prédication et sanctifiées par leur martyre. Cette foi, les Pères communs de nos Églises, réunis de l’Orient et de l’Occident dans des conciles œcuméniques, l’ont vécue et dogmatisée, la léguant à nos Églises comme fondement inébranlable de notre unité. Cette foi, que nous avons préservée en tant que foi commune en Orient et en Occident durant un millénaire, nous sommes à nouveau appelés à la poser comme base de notre unité, pour que « vivant en plein accord (…) d’un même cœur » (cf. Ph 2, 2), nous allions de l’avant avec Paul « oubliant le chemin parcouru et tout tendus en avant » (cf. Ph 3, 14).

Car, de fait, très saint frère, notre devoir ne s’épuise pas dans le passé, mais s’étend principalement, surtout de nos jours, à l’avenir. Car, à quoi sert de rester fidèles au passé, si cela ne signifie rien pour l’avenir ? À quoi sert de s’enorgueillir de ce que nous avons reçu, si cela ne se traduit en termes de vie pour l’être humain, et pour le monde d’aujourd’hui et de demain ? « Jésus Christ est le même, hier, et aujourd’hui ; il le sera pour l’éternité » (He13, 8). Et Son Église est appelée à avoir les yeux fixés plutôt sur le présent et l’avenir que sur le passé. L’Église existe pour le monde et pour l’être humain, et non pas pour elle-même.

Le regard tourné au présent, nous ne pouvons éviter d’être anxieux pour l’avenir : « Combats au dehors, craintes au dedans » (2 Co 7, 5). Ce constat de l’apôtre sur son époque vaut entièrement aujourd’hui pour nous aussi. Car, le monde vit la crainte pour sa survie, l’angoisse du lendemain. Comment l’humanité survivra-t-elle demain, alors qu’elle est aujourd’hui déchirée par de multiples divisions, conflits et hostilités, souvent même perpétrés au nom de Dieu ? Comment la richesse de la terre sera-t-elle répartie plus équitablement pour que l’humanité ne vive demain la servitude la plus odieuse qu’elle n’ait jamais connue ? Quelle planète trouveront les générations futures pour y habiter, alors que, dans son avidité, l’homme moderne la détruit de façon impitoyable et irréversible ?

D’aucuns placent aujourd’hui leur espoir dans la science ; d’autres dans la politique ; d’autres encore dans la technologie. Mais aucune d’elles ne peut garantir l’avenir, si l’homme ne fait sien le kérygme de la réconciliation, de l’amour, de la justice, de l’acceptation d’autrui, de ce qui est différent, voire de l’ennemi. L’Église du Christ, le premier à avoir enseigné et vécu cette prédication, doit en premier la pratiquer elle-même « afin que le monde croie » (Jn 17, 21). Voilà pourquoi, la marche vers l’unité de ceux qui invoquent le nom du grand pacificateur est plus impérieuse que jamais. Voilà pourquoi notre responsabilité de chrétiens est suprême vis-à-vis de Dieu, de l’être humain et de l’histoire.

Sainteté,

Votre parcours relativement court à la tête de votre Église a déjà fait de vous dans la conscience de nos contemporains un héraut de la charité, de la paix et de la réconciliation. Vous prêchez par vos paroles, mais avant tout et surtout par la simplicité, l’humilité et l’amour envers tous, charismes moyennant lesquels vous exercez votre haut ministère. Vous inspirez de la confiance aux méfiants, de l’espoir aux désespérés, des expectatives à ceux qui attendent une Église affectueuse envers tous. En outre, vous donnez l’espoir à vos frères orthodoxes qu’au cours de votre pontificat le rapprochement de nos deux Églises anciennes se poursuivra, construit sur les bases solides de notre tradition commune qui depuis toujours respecte et reconnaît dans la structure de l’Église le primat de charité, d’honneur et de service dans le contexte de l’institution conciliaire, de sorte que le Dieu en la Trinité soit confessé « d’un même cœur et d’une seule voix » (Rm 15, 6) et que Son amour soit diffusé dans le monde.

Sainteté,

L’Église de la ville de Constantin qui vous reçoit aujourd’hui avec grand amour et honneur, mais aussi avec profonde gratitude, est chargée d’un lourd héritage, mais aussi d’une responsabilité pour le présent et l’avenir. La providence divine, par la discipline établie par les conciles œcuméniques, a confié à cette Église la fonction de coordonner et exprimer le consensus des très saintes Églises orthodoxes locales. Dans le contexte de cette responsabilité, nous travaillons avec circonspection pour préparer le saint et grand concile de l’Église orthodoxe, que nous avons décidé de réunir ici, si Dieu le veut, en 2016. Les commissions compétentes travaillent déjà assidûment afin d’organiser ce grand événement dans l’histoire de l’Église orthodoxe pour la réussite duquel nous demandons aussi Vos prières. Malheureusement, la communion eucharistique rompue entre nos Églises, il y a mille ans, ne permet pas encore de réunir ensemble un grand concile œcuménique. Prions pour qu’une fois leur pleine communion rétablie, ce grand jour glorieux ne tarde pas à se lever. Jusqu’à ce que ce jour béni vienne, la participation de chacune de nos Églises à la vie conciliaire de l’autre s’exprimera par l’envoi d’observateurs, comme c’est déjà le cas, grâce à votre aimable invitation, aux synodes de votre Église et, comme, nous l’espérons, ce sera aussi le cas au moment de réaliser notre saint et grand concile.

Sainteté,

Les problèmes que la conjoncture historique dresse aujourd’hui devant nos Églises nous prescrivent de surmonter l’introversion et y faire face en collaborant le plus étroitement possible. Nous n’avons plus le luxe d’agir séparément. Les persécuteurs contemporains des chrétiens ne demandent pas à quelle Église appartiennent leurs victimes. L’unité qui occupe tant nos réflexions est en train de se réaliser dans certaines régions, malheureusement, par le martyre. Tendons ensemble la main à l’être humain de notre temps, la main de Celui qui seul peut le sauver par Sa croix et Sa résurrection.

Par ces réflexions et ces sentiments, nous exprimons encore une fois notre joie pour la présence parmi nous de Votre Sainteté, La remerciant et priant le Seigneur pour que, par l’intercession de celui que nous fêtons aujourd’hui, l’apôtre Premier appelé et frère du premier coryphée Pierre, protège Son Église et la mène à l’accomplissement de Sa sainte volonté.

Soyez le bienvenu parmi nous, frère bien-aimé ! »

Source et photographie

Le métropolite Athénagoras de Belgique au synode sur la famille au Vatican

4278-08830Le 5 octobre ont commence au Vatican les travaux d'un synode des évêque catholiques-romains, avec comme thème: "Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation". Ce cynode, qui se tient du 5 au 19 octobre, a lieu sous le haut patronage du pape François et rassemble 191 pères synodaux, dont 60 cardinaux, provenant des 5 continents.

En outre, d'autres participants ont été invités à cette assemblée synodale en qualité d'experts ou de consultants. Il y a également 8 délégués d'autres Eglises chrétiennes: le métropolite Athénagoras de Belgique y représente le patriarche oecuménique Bartholomée, le métropolite Hilarion de Volokolamsk y représentera le Patriarcat de Moscou pendant la deuxième semaine des travaux, et il y a aussi des représentants de l'Eglise copte, de l'Eglise syro-jacobite, de l'Eglise anglicane, de l'Alliance mondiale des luthériens, de la Communion mondiale de l'Eglise Réformée et de l'Alliance mondiale des baptistes.

Les évêques de l'Eglise catholique, rassemblés dans ce synode, portent une attention particulière à la pratique de l'Eglise orthodoxe, qui – dans certains cas – peut accepter la possibilité d'un deuxième et/ou même un troisième mariage.

Lors de l'inauguration le délégué du Patriarcat oecuménique a pu s'entretenir personnellement avec le pape François, qui s'est déclaré très heureux de pouvoir très bientôt visiter le Phanar, pour la fête de saint André (30 novembre) de cette année.

Un album de photographies (dont celles ci-dessus) est en ligne ici.

L’évêque Athénagoras de Sinope a été élu métropolite de Belgique par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique

Mgr_AthenagorasLors de sa session du 27 novembre, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a élu à l’unanimité l’évêque Athénagoras (Peckstadt) de Sinope (photographie ci-contre) métropolite de Belgique, en remplacement du métropolite Pantéléimon qui a présenté sa démission le mois dernier.

Source: Amen, traduit du grec pour Orthodoxie.com

Le nouveau métropolite Athénagoras Peckstadt est né est né à Gand, en Belgique. Il est le fils de l’archiprêtre Ignace Peckstadt (paroisse orthodoxe de Gand) et de Marie-Thérèse Janssens. Après quelques années d’études de droit à l’Université de Gand, et grâce à une bourse d’étude du Patriarcat oecuménique, il s’inscrivit à l’Université de Thessalonique, où il étudia la langue grecque et où il obtint, avec grande distinction, le diplôme de master en théologie.  Plus tard, il fut envoyé à l’Institut oecuménique de Bossey (Université de Genève), pour compléter sa formation, tout en rédigeant une thèse. Le 12 novembre 1989, il fut ordonné diacre par le métropolite Bartholomée de Philadelphie, aujourd’hui patriarche oecuménique, qui lui confia le nom d’Athénagoras en mémoire du grand patriarche Athénagoras. Ensuite le métropolite Panteleimon de Belgique l’ordonna archidiacre,  service qu’il exerça jusqu’à son ordination presbytérale, le 17 mars 1996. Six mois plus tard,  il fut élevé au rang d’archimandrite et ensuite  nommé vicaire épiscopal des paroisses néerlandophones et francophones de l’Archevêché (Bénélux). Pendant cinq ans il fut professeur de religion dans différents lycées du pays flamand. Au début de l’année 1994, le métropolite Panteleimon le nomma producteur-responsable pour les émissions orthodoxes à la radio et la télévision belge, tant francophone (RTBF) que néerlandophone (VRT). La même année, le Saint-Synode du Patriarcat oecuménique le nomma collaborateur du nouveau bureau de l’Eglise orthodoxe auprès de l’Union européenne à Bruxelles. En 1995, il fonda, avec la bénédiction du métropolite Panteleimon,  une paroisse orthodoxe à Bruges, dédiée aux saints Constantin et Hélène, et fut nommé premier recteur de cette paroisse. En 2001 il créa la paroisse Saints-Cyrille-et-Méthode à Ostende et en 2008 celle des Trois-Hiérarques à Hasselt. Depuis des années il est l’aumônier orthodoxe de l’Aéroport International de Bruxelles. Il est secrétaire de la Conférence épiscopale orthodoxe du Bénélux et président de différentes commissions orthodoxes. Il est aussi membre de la Concertation des Eglises chrétiennes en Belgique, président de l’E.I.I.R. (Association internationale et interconfessionnelle). Il a pu prendre part à différentes missions et représentations du Patriarcat oecuménique,  mais aussi en tant que membre de la suite patriarcale. Il a aussi  participé à de nombreux congrès interorthodoxes et interconfessionnels. Le 13 mai 2003, le Saint-Synode du Patriarcat oecuménique procéda à son élection – à l’unanimité – d’évêque auxiliaire du métropolite de Belgique, avec le haut titre d’ “Evêque de Sinope”.  Son sacre épiscopal eut lieu le 22 juin 2003 en la cathédrale orthodoxe à Bruxelles.

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Paris: rencontre du patriarche Bartholomée avec le président de la République, François Hollande

Le patriarche oecuménique Bartholomée a rencontré hier le président de la République française, François Hollande. A la suite de cette rencontre, l'Elysée a publié le communiqué suivant:

" Le président de la République a reçu aujourd'hui le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier. Il a rendu hommage à l'action du patriarche, qui bénéficie de la primauté d'honneur au sein de l'orthodoxie, en faveur du dialogue interreligieux et de la tolérance, ainsi qu'à sa grande ouverture au monde. Il a salué le rôle précieux que joue le patriarche en Turquie. Alors que se tient aujourd'hui à Marrakech la quatrième conférence des Amis du peuple syrien, le chef de l'Etat et le patriarche ont évoqué les violences inacceptables subies par les Syriens depuis plus de vingt mois.
Le président de la République et le patriarche ont également évoqué la situation des chrétiens d'Orient. Le président de la République a rappelé la relation particulière, fondée sur l'histoire, que la France entretient avec ces communautés, et l'attention qui était portée à leur situation. Il a exprimé au patriarche sa conviction que la meilleure façon de favoriser leur présence en Orient était d'œuvrer à ce que les changements politiques en cours aboutissent à la démocratie et à l'Etat de droit."

Photographies de la rencontre (source: Elysées): sur le cliché ci-dessus le patriarche Bartholomée est entouré par Mgr Emmanuel (à gauche) et par Mgr Athénagoras.

Un représentant du patriarche oecuménique à la célébration de l’anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch et au 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev

Le 9 juillet, Mgr Athénagoras de Sinope a participé à la célébration de l'anniversaire du président ukrainien Victor Ianoukovitch en tant que représentant du patriarche œcuménique Bartholomée. Il a lu un message du patriarche au président et lui a remis en cadeau une icône. Le matin du même jour, Mgr
IMG_1297_JPG_450x450_q100 Athénagoras a participé à la divine liturgie, célébrée sur la place en face de la laure des Grottes de Kiev, pour le 44e anniversaire de la consécration épiscopale du métropolite Vladimir de Kiev qui présidait la liturgie. A la fin de celle-ci, Mgr Athénagoras a transmis au métropolite Vladimir les salutations du patriarche œcuménique (photographie ci-contre).

Albums de photographies: 1, 2 (source de la photographie ci-contre)

Haïti – Communiqué du patriarche Bartholomée

C’est avec une grande peine que le patriarcat œcuménique a appris l’épouvantable catastrophe qui a frappé Haïti, un des plus pauvres États de la planète, dans lequel vivent plus de mille Haïtiens orthodoxes qui disposent de prêtres et de paroisses relevant de l’archevêché du Mexique. Outre les centaines de morts, ce terrible séisme laisse derrière lui des milliers de sans-abri, de blessés, d’orphelins, de frères complètement démunis qui ont tout perdu et sont plongés dans le désespoir. Les images sont effroyables et les besoins du peuple et du pays littéralement incalculables !
En cette heure cruelle et particulièrement tragique pour le peuple haïtien, des prières ardentes ont été dites au Phanar et dans tous les archevêchés et communautés ecclésiastiques du trône œcuménique de par le monde. Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée et le saint et sacré synode qui l’entoure expriment leur profonde sympathie au peuple haïtien, tout en adressant parallèlement un appel pressant pour qu’une assistance effective d’extrême urgence lui soit apportée avec amour et dans un esprit de solidarité humaine.
S.E. le métropolite du Mexique, Athénagoras, a déjà été investi de la responsabilité de coordonner les actions déployées en vue de rassembler et d’envoyer une aide économique et humanitaire à Haïti.

Fait au patriarcat le 17 janvier 2010.

Source: Patriarcat oecuménique

Extraits de l’allocution du patriarche Bartholomée au Vatican lors de la fête des saints Pierre et Paul (29 juin)

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"(…)
Cette
célébration joyeuse fournit également l’occasion pour que nos deux Eglises
sœurs se tiennent ensemble dans la prière et la célébration afin de sceller
notre engagement pour la réconciliation et pour renforcer nos liens de la
solidarité. Notre présence ici aujourd’hui marque un geste respectueux de véritable
gratitude pour la présence de votre sainteté il y a dix-huit mois lors de la
fête de saint André, premier-appelé des apôtres et frère aîné de saint Pierre,
fondateur et patron de l’antique siège de la Nouvelle Rome. De telles visites se
sont traduites dans l’histoire  par des
échanges capitaux entre nos deux Eglises qui furent autant d’expressions
réelles d’une plus grande communication par le dialogue théologique et ont été
accomplies dans l’espérance pieuse de la pleine communion sacramentelle dans le
corps du Christ. Nos rencontres et échanges – ici et à Constantinople – poursuivent
les visites réciproques de nos prédécesseurs de bienheureuse mémoire : Paul VI et Athénagoras, Jean Paul II et Démétrios.

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Allocution de sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée à sa sainteté le pape Benoît XVI lors de l’office d’action de grâces chanté en l’église patriarcale

"Sainteté, frère bien-aimé en le Seigneur,

Nous vous accueillons dans cette sainte ville historique, animés de sentiments de sincère joie et de satisfaction.

C’est une ville qui a connu un trésor d’héritage pour la croissance de l’Église à travers les siècles. Ici, saint André, le premier appelé des Apôtres, a créé l’Église locale de Byzance et installé son premier évêque, saint Stachys. Ici, l’empereur Constantin le Grand, égal aux Apôtres, a créé la Nouvelle Rome. Ici, les grands conciles de l’Église primitive ont été célébrés pour formuler le Symbole de la foi. Ici, des martyrs et des saints, des évêques et des moines, des théologiens et des docteurs, et toute une « nuée de témoins » ont confessé « comme les Prophètes l’ont vu, comme les Apôtres l’ont proclamé, comme l’Église l’a reçu, comme les Docteurs l’ont enseigné, comme l’univers en a convenu, comme la grâce a resplendi »(1) c’est-à-dire la vérité démontrée, la foi des Pères. Telle est la foi des orthodoxes. Telle est la foi qui soutient l’univers.

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Le Prix Athénagoras des droits de l’homme pour 2006

M. Nicolas J. Bouras, industriel, héros de la
Seconde guerre mondiale et archonte
du Patriarcat de Constantinople a reçu le Prix Athénagoras
des droits de l’homme pour 2006. Ce prix, qui honore la mémoire du patriarche
de Constantinople Athénagoras, lui sera remis le 21 octobre prochain à New York.
La cérémonie de récompense coïncide avec la réunion annuelle des archontes du Patriarcat oecuménique en Amérique et l’investiture de nouveaux archontes à la
cathédrale de la Sainte-Trinité par l’archevêque Démétrios, primat de l’Archevêché
grec d’Amérique.

Source : Goarch.org

Les moines d’Esphigménou expriment leur soutien au patriarche de Constantinople

Esphigmenou_4
D’après
l’agence d’informations russe RIAnovosti, les moines du monastère rebelle d’Esphigménou ont fait un pas vers la
réconciliation avec le Patriarcat œcuménique. La preuve en est la déclaration
du monastère diffusée mardi dernier. Le monastère refuse, depuis 40 ans, de se
soumettre aux autorités officielles ecclésiales et est en mauvais termes avec
le patriarcat de Constantinople qu’ils accusent d’attachement à l’œcuménisme.
Cette déclaration exprime le soutien des moines rebelles au patriarche de
Constantinople Bartholomée Ier qui subit une pression de la part des
nationalistes turcs. « Indépendamment de tous nos désaccords au sujet de
l’œcuménisme, notre fraternité soutient le Patriarcat dans la lutte pour sa survie
dans un entourage hostile », – ont déclaré les moines d’Esphigménou.

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Les moines d'Esphigménou expriment leur soutien au patriarche de Constantinople

Esphigmenou_4
D’après
l’agence d’informations russe RIAnovosti, les moines du monastère rebelle d’Esphigménou ont fait un pas vers la
réconciliation avec le Patriarcat œcuménique. La preuve en est la déclaration
du monastère diffusée mardi dernier. Le monastère refuse, depuis 40 ans, de se
soumettre aux autorités officielles ecclésiales et est en mauvais termes avec
le patriarcat de Constantinople qu’ils accusent d’attachement à l’œcuménisme.
Cette déclaration exprime le soutien des moines rebelles au patriarche de
Constantinople Bartholomée Ier qui subit une pression de la part des
nationalistes turcs. « Indépendamment de tous nos désaccords au sujet de
l’œcuménisme, notre fraternité soutient le Patriarcat dans la lutte pour sa survie
dans un entourage hostile », – ont déclaré les moines d’Esphigménou.

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Visite du patriarche œcuménique en Egypte

Eglise_patriarcale
C’est aujourd’hui que le patriarche œcuménique Bartholomée
entame son voyage en Egypte, lequel se poursuivra jusqu’au 5 avril. Il y
inaugurera le nouveau bâtiment central du Patriarcat d’Alexandrie. Le 2 avril,
il présidera la divine liturgie, avec le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique,
Théodore, et en présence du président de la république de Grèce, dans l’église
patriarcale de l’Annonciation, laquelle vient d’être restaurée.
L’évêque orthodoxe belge, Mgr
Athénagoras
(Peckstadt) de Sinope, y participera.

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Le Prix « Athenagoras des droits de l’homme » pour 2005 décerné à Michael Gorbatchev

L’ex-président de l’URSS Michael Gorbatchev a reçu récemment le Prix Athenagoras des droits de l’homme pour 2005. Ce prix, qui honore la mémoire du patriarche de Constantinople Athenagoras, lui sera remis le 22 octobre prochain à New York pour « sa grande contribution à l’arrêt de la guerre froide ainsi qu’à l’affirmation de la liberté religieuse ».

Source : Goarch.org

L’higoumène du monastère schismatique d’Esphigménou, sur le Mont Athos, est condamné à vingt ans de prison pour des actes de violence commis en juillet 2013

Le tribunal pénal de Thessalonique a condamné par contumace l’higoumène Méthode de « l’ancienne communauté » du monastère rebelle d’Esphigménou sur le Mont Athos ainsi que le moine Antipas, de la même communauté, à vingt ans de prison. La raison de cette condamnation est la résistance 

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Message de la Nativité du métropolite Stéphane de Tallinn et de toute l’Estonie

metropolite_StephanosNativité 2016

« Aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né,
qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2, 10-11).

Chers Frères et Sœurs en Christ,

Quelle incommensurable bienveillance divine chaque fois que nous contemplons le mystère de la naissance du Messie, annoncé par les Prophètes ! Un mystère que ni les cieux ni la terre n’arrivent à saisir, que ni l’intelligence humaine n’est à même de pénétrer mais que nous pouvons accueillir avec foi dans nos âmes. « A tous ceux qui l’ont reçu, écrit l’évangéliste Jean (1,12-13), le Verbe de Dieu, le Christ, a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ».

Dieu nous donne un Sauveur en la personne de Jésus, qui nait en ce jour à Bethléem du sein de la Vierge Marie. Non pas une naissance d’homme de plus sur cette terre ! Mais la naissance de Dieu dans un homme. Le Seigneur en effet qui nous est né, c’est bien Dieu qui s’est fait homme. Dieu s’est fait chair et dans la chair il a rouvert aux hommes le chemin de la déification, où le feu de la nature divine, à travers Jésus-Christ, embrase toute notre humanité.

« Et quand Dieu naît dans l’homme, c’est pour appeler l’homme à naître en Dieu. Quand Dieu naît dans l’homme, c’est pour qu’il soit invité à devenir à son tour un être de lumière et d’amour… infiniment ! » (*)

L’incarnation de Dieu est une « aventure », celle de l’amour de Dieu si grand pour sa créature qui va jusqu’à l’extrême, jusqu’à mourir pour lui et pour tous les autres ; qui a pour centre la souffrance et la croix et pour fin, l’achèvement de la victoire une fois pour toutes sur la mort. Un amour qui, vu sous l’angle de la vie éternelle, dépasse très largement et de manière décisive le simple cercle des amis, de la famille et des intimes pour se porter aussi vers l’ennemi et l’étranger et vers ceux qui sont peu rassurants.

Si nous avions la force de voir avec clairvoyance et certitude l’enfant divin couché dans la crèche avec autour de lui sa mère, Marie qui l’a mis au monde, avec Joseph qui n’a cessé de veiller sur eux et de les protéger, avec les bergers qui ne philosophent pas beaucoup mais qui se précipitent à la grotte avec grande joie, oui, « si nous savions voir et fêter ce jour comme une fête de l’avenir, comme une explosion d’éternité dans le temps, alors nous comprendrions que ce jour est, comme aucun autre, la fête des portes ouvertes, de la main tendue, des ponts qu’on jette vers les autres, vers celui qui n’a pas de voix, qui n’a plus aucun sentiment, qui est fermé, qui est centré sur lui seul et décidé à le rester jusqu’à l’absurde ». (**)

Il n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui l’humanité connaît de grandes menaces, de grandes détresses. Des millions de personnes, hommes-femmes et enfants, meurent de faim, périssent dans des conditions atroces à cause de la guerre, quittent leurs foyers ancestraux pour des exils incertains, voient les efforts de toute une vie balayés d’un coup par des catastrophes naturelles, n’ont pas de travail. Pour faire face à toutes ces situations, pour les transformer, comme disait le patriarche Athénagoras, « en situation d’enfantement », ils faut des hommes et des femmes qui soient de bons serviteurs de la vie, de la communion, de la justice qui ne se sépare pas de l’amour. Des hommes et des femmes qui ne se laissent pas aller à l’abandon et au désespoir mais qui donnent aux autres courage et confiance.

Même si la venue de la lumière de la Nativité semble aujourd’hui très fragile, même si parmi nous il y a bien de personnes qui peinent à croire en elle, cette lumière ne peut en aucun cas mourir puisque c’est Dieu lui-même qui l’entretient et qui la propose inlassablement au cœur de tout homme. Notre temps, malgré les apparences et malgré les évidences les plus pessimistes, n’a pas d’autre choix que d’ouvrir des portes nouvelles où aucun homme ne peut rester plus longtemps seul et pour soi, ni aucun pays, ni aucun continent, ni aucune surpuissance.

Et puisque cette fête est la fête de l’enfant Jésus, ouvrons nous aussi, même petitement, ne fût-ce qu’une seule porte. La porte de cet incroyable mystère, que seule une espérance naïvement enfantine peut confesser sans se troubler: « Dieu n’est pas quelque part au-dessus de nous ; Dieu n’est pas ailleurs ; Dieu est avec nous ». Emmanuel est son nom !

Mes bien-aimés,

Comme le dit si bien un grand prédicateur français : « Accueillons cette visite de Dieu parmi nous ; elle est pour nous. Accueillons ce message de Dieu, qui est venu sur terre pour nous ouvrir la porte de la vraie vie. Il est pour nous. Laissons-nous faire par Dieu. Nous ne le regretterons pas ! » (***)

Que le Christ notre Dieu, né de la Vierge Marie et couché dans la crèche à Bethléem, nous donne plus que jamais de marcher résolument sur ses traces, Lui qui est la joie, la lumière, la paix et l’avenir du monde. Amen !

Tallinn, en ce 25 décembre 2016 de la Nativité.

+Stephanos, Métropolite de Tallinn et de toute l’Estonie.
——————
Bibliographie :
(*) Gérard Bressière-Hyacinthe Vuliez : Avec Jésus, DDB 1992, p.18.
(**) Hans Urs von Balthasar : Tu couronnes l’année de tes bontés, Ed.Salvator, Paris 2003, pp.246-247.
(***) Jean Corbineau : Parole de Dieu, paroles de fête, Ed.Karthala et CFRT, Paris 2006, p.45.

« Le grand Concile orthodoxe entre Rhodes et la Crète : l’exigence d’un report afin d’éviter davantage de divisions et l’affaiblissement du rôle du Patriarcat œcuménique »

Le quotidien libanais Al-Nahar a publié dans son édition du 11 juin 2016 une réflexion sur le grand Concile orthodoxe, rédigée par George Ghandour, auteur de l’ouvrage La voie vers le grand Concile orthodoxe (en arabe), publié par le patriarcat d’Antioche. Il est spécialiste de droit canonique antiochien.
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Le grand Concile orthodoxe entre Rhodes et la Crète : l’exigence d’un report afin d’éviter davantage de divisions et l’affaiblissement du rôle du patriarcat œcuménique
Au moment où les regards se dirigent vers la Crète durant la période du 19 au 26 juin 2016, où il a été décidé d’y réunir le grand Concile orthodoxe après environ soixante années de travaux préparatoires inaugurés par le patriarche Athénagoras I en 1961 sur l’île de Rhodes, des développements sont intervenus qui présagent soit le report du concile, son annulation ou sa tenue avec ceux qui seront présents. L’Eglise de Bulgarie a demandé au patriarche œcuménique de reporter la tenue du grand concile à une date ultérieure, sinon elle ne participera pas à la date fixée. Le patriarcat d’Antioche a décidé de ne pas participer jusqu’à ce que « prévalent des relations iréniques entre les Eglises autocéphales et que soit assurée l’unanimité orthodoxe quant à l’agenda, aux règles et procédures exécutives et pratiques » et « jusqu’à ce que soient éliminées toutes les raisons qui empêchent la participation à l’Eucharistie durant les travaux du concile », en d’autres mots jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée quant à la violation, par le patriarcat de Jérusalem, de son territoire. De même, l’Eglise de Serbie a annoncé qu’elle ne participerait pas aux travaux du concile à la date fixée en raison de différends sur les thèmes de l’agenda et en l’absence d’Eglises autocéphales. Quant à l’Eglise de Russie, si elle n’a pas encore précisé sa position finale relativement à sa participation au concile, elle a souligné « la nécessité de respecter le principe du consensus via la participation de toutes les Eglises autocéphales dans ce concile » pour qu’elle soit en mesure d’être présente en Crète.
Il est remarquable qu’aucune des Eglises précitées n’a demandé l’annulation du concile, mais toutes ont proposé son report à une date ultérieure jusqu’à ce que les obstacles soient levés. A cet égard, chacune d’elle a formulé des propositions à sa sainteté le patriarche œcuménique de sorte que soit évitée l’annulation du concile tant attendu. L’Eglise de Bulgarie a proposé que se poursuivent les travaux préparatoires au concile, sans proposer de mécanisme. Le patriarcat d’Antioche a agi de manière similaire en proposant que la période précédant la tenue du concile soit mise à profit pour atteindre un consensus, sans préciser en détail un mécanisme à ce sujet. Le patriarcat de Moscou, de son côté, a proposé qu’une invitation soit lancée pour que se tienne « une conférence préparatoire avant la date fixée pour la réunion du grand concile », tandis que l’Eglise de Serbie a proposé de convertir la future rencontre en Crète « en rencontre consultative pré-conciliaire ou en session préliminaire au processus conciliaire».
Par contre, le patriarcat œcuménique a insisté sur le fait que le grand concile se tiendrait à la date fixée et a demandé aux Eglises autocéphales d’être présentes en Crète conformément au programme convenu, afin d’examiner toutes les questions durant le concile. L’Eglise de Roumanie a affirmé qu’elle prendrait part au concile, tandis que l’Eglise d’Albanie a considéré qu’il était inconcevable que chaque Eglise appelle au report de manière individuelle, ajoutant que la décision de report ou d’annulation ne pouvait être prise que par le sommet (synaxe) des primats des Eglises orthodoxes qui avaient décidé de lancer l’invitation au concile, à l’unanimité de ses membres sauf un (à savoir l’Eglise d’Antioche). L’archevêque de Chypre a publié un communiqué dans lequel il a appelé toutes les Eglises à participer et à mettre de côté leurs divergences secondaires, précisant que le concile pouvait traiter directement des questions controversées. L’Eglise de Grèce n’a pas officiellement exprimé sa position, mais l’évêque chargé du suivi du dossier du grand concile a affirmé que tout ce qui se passait était un plan visant à affaiblir le rôle du patriarche œcuménique et à conférer à l’Eglise russe le rôle d’un arbitre qui prend part aux décisions dans le monde orthodoxe.

Il ne fait aucun doute que tout ce qui précède démontre qu’avant même sa tenue, le grand concile peut devenir un facteur de désaccord et de dispersion parmi les Orthodoxes. Si le concile était tenu par les seules Eglises présentes, cela conduirait à un éclatement du monde orthodoxe et ses décisions ne seraient pas acceptées par les Eglises absentes. Tout cela donnerait en outre l’occasion aux mouvements d’opposition à l’intérieur des Eglises participantes de rejeter eux aussi ces décisions et amènerait inévitablement à l’affaiblissement du rôle du patriarche œcuménique qui ne serait plus en mesure, durant une longue période, de présider les réunions au sommet (synaxe) des primats des Eglises orthodoxes. Tout cela inaugurerait une nouvelle étape dans l’histoire de l’Eglise orthodoxe, qui ne serait pas exempte de difficultés, querelles et divisions. Mais le plus grave c’est que la tenue de ce concile sans la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales dans ses travaux mettrait un terme triste et décevant aux promesses que fit le patriarche Athénagoras I en 1961, lorsqu’il fut en mesure d’unifier le monde orthodoxe à l’occasion de la première conférence de Rhodes qui initia les travaux préparatoires au grand concile sur base de la règle d’or que lui-même et ses collaborateurs avaient appelée « sainte unanimité ». Par cette unanimité, il entendait éviter à l’Eglise orthodoxe des divisions semblables à celles que le monde orthodoxe avait connues après le sommet panorthodoxe qui se tint à Istanbul en 1923 en l’absence de certaines Eglises. Tout au long de son patriarcat, le patriarche Athénagoras est resté attaché à cette règle d’or et a œuvré avec acharnement à préserver un accord orthodoxe unanime et à assurer l’unité du monde orthodoxe dans des circonstances historiques difficiles et complexes. Cette règle reçut ensuite sa consécration dans les statuts internes des conférences orthodoxes préparatoires, statuts qui furent acceptés à l’unanimité par les Eglises orthodoxes autocéphales en 1986 et qui exprimaient « la pratique orthodoxe traditionnelle et la sanctionnaient par écrit ».

Néanmoins, avec la reprise des travaux préparatoires au grand concile en 2014, certains faits indiquaient que sa sainteté le patriarche œcuménique actuel n’appliquerait pas cette « pratique orthodoxe traditionnelle » susmentionnée et qu’il penchait pour une réunion du grand concile qui serait fondée sur le principe de « consensus » entre les Eglises participantes et point de « l’unanimité de toutes les Églises autocéphales ». L’Église d’Antioche a rejeté ce projet et proposa, durant les travaux du comité chargé d’établir le règlement interne du concile, d’y ajouter une clause stipulant ce qui suit : « L’annonce de l’ouverture des sessions du grand concile orthodoxe a lieu en présence de tous les primats des Églises orthodoxes autocéphales. La participation des primats des Églises ou de leurs représentants doit être assurée tout au long des travaux du concile. Dans le cas contraire, les travaux du concile seront suspendus jusqu’à ce que la présence de tous les primats des Églises autocéphales soit à nouveau possible ». Néanmoins, la proposition antiochienne a été l’objet d’une opposition violente de la part du président de la session, le représentant du patriarche œcuménique, qui rejeta cette formulation selon laquelle « le patriarche œcuménique doit veiller à la participation de tous les primats des Églises orthodoxes autocéphales universellement reconnues ou de leurs représentants dans toutes les procédures et délibérations conciliaires ». Ceci conduisit à la suspension de la réunion qui devait établir les statuts internes et transmettre la question au sommet des primats des Eglises orthodoxes qui s’est tenu à Chambézy en 2016 et qui constitua un comité chargé d’élaborer les statuts internes, sommet au cours duquel le patriarcat œcuménique refusa une fois encore d’inclure la règle de l’unanimité dans le texte des statuts. L’abandon, par le patriarcat œcuménique, de la règle d’or sur laquelle étaient fondés tous les travaux préparatoires au grand concile, contraignit le patriarcat d’Antioche à s’abstenir de signer les statuts internes et les décisions du sommet précité, qui avait perdu l’unanimité des Eglises orthodoxes.

Toutefois, contrairement à tous les usages qui gouvernent le travail orthodoxe commun, sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée Ier a pris l’initiative de convoquer le grand concile. Cela amena l’Église d’Antioche à prendre à l’unanimité une décision synodale réaffirmant sa position antérieure de ne point participer au grand concile « tant qu’il n’y a pas d’accord » sur tous les mécanismes et thèmes, de sorte que le concile deviendra la cause de morcellement et de dissipation de tout ce que le travail commun a construit ces dernières années, d’autant plus que le grand concile se tiendra à l’ombre de désaccords sur les documents qui lui ont été transmis, ainsi que de la rupture de communion entre deux Églises apostoliques (c’est-à-dire Antioche et Jérusalem).

L’expérience historique du siècle dernier a démontré que le sommet d’Istanbul, convoqué par le patriarche Meletios (Metaxakis) en 1923 a conduit à la dispersion des orthodoxes car d’importantes décisions conciliaires y furent prises en l’absence d’Eglises apostoliques. Le monde orthodoxe a souffert des résultats de ce sommet jusqu’à ce que Dieu envoie Athénagoras Ier qui œuvra sans hâte ni précipitation à construire l’unité en respectant les spécificités et les situations de toutes les Églises autocéphales. Il œuvra patiemment à aboutir un accord orthodoxe sur tous les thèmes du grand concile. Le processus initialisé en 1981 a eu des résultats palpables, que ce soit au niveau de l’unité du monde orthodoxe ou au niveau du dialogue avec le reste du monde chrétien.

Aujourd’hui toutefois, pour que l’Eglise orthodoxe puisse préserver son unité, il faut que le patriarche œcuménique lise clairement les signes du temps, surtout la rigidité et l’affairement avec lesquels le patriarcat œcuménique a dirigé le dernier stade de préparation, au cours duquel les positions des autres Églises étaient traitées de haut et ignorées.

Ce qui est sans doute également nécessaire afin que le grand Concile Orthodoxe de Crète ne devienne pas un autre sommet d’Istanbul qui détruise ce que la Conférence de Rhodes a construit et réduise à néant tout le travail commun qui a suivi entre les Églises orthodoxes, c’est que le patriarcat œcuménique revienne à l’expérience du patriarche Athénagoras. A savoir, ne pas entendre sa primauté comme un leadership rigide et de voir dans son patriarche comme le premier parmi les égaux, et point le primus sine paribus !
Peut-être le moment propice n’est-il pas encore venu pour que le patriarche Bartholomée lui-même soit ce sauveur.
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Traduit de l’arabe pour Orthodoxie.com

Décès de l’archiprêtre Ignace Peckstadt, pionnier de l’Eglise orthodoxe de Flandre

Le 7 mai est décédé l’archiprêtre Ignace Peckstadt, un avocat estimé du barreau de Gand et prêtre bien-aimé de la paroisse Saint-Apôtre-André à Gand.

Il est né à Evergem le 4 novembre 1926 dans une famille de vieille souche flamande et lors de ses années d’études à l’Université de Gand il est rentré en contact pour la première fois avec l’Église orthodoxe, son vécu et spiritualité. Il en était animé et parti en voyages à de nombreuses reprises dans les pays traditionnellement orthodoxes des Balkans (Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Turquie, Russie), où il put établir des contacts avec les évêques, théologiens et moines et moniales, dont le grand Patriarche Athénagoras de Constantinople. Dans les années 60 – pendant la période du Concile Vatican II – il fonda à Gand une association sous le nom ‘Apôtre André – contacts avec l’orthodoxie’ qui amena en Flandres de grandes figures de l’Église orthodoxe afin d’initier un publique divers dans la richesse de la spiritualité orthodoxe. En 1972 il devient le fondateur de la paroisse orthodoxe Saint-Apôtre-André à Gand. Depuis cette paroisse et sous son impulsion, l’orthodoxie s’est répandue plus loin en Région flamande, raison pour laquelle il est vu comme un pionnier de l’Église orthodoxe en Flandre. En 1974 il est ordonné diacre à Paris et un an plus tard prêtre par l’archevêque Georges de Syracuse (Patriarcat œcuménique). Par ses nombreux contacts il put contribuer efficacement à l’obtention de la reconnaissance officielle de l’Église orthodoxe dans notre pays. Il faisait partie de l’Archevêché orthodoxe du Benelux (Patriarcat œcuménique), métropole qui depuis 2013 est conduite par son fils, le métropolite Athénagoras, chef du culte orthodoxe dans notre pays.

Le 2 mai, il célébra avec son épouse Marie-Thérèse Janssens son 63e anniversaire de mariage. Il était le père de quatre enfants, grand-père de dix petits-enfants et de trois arrière-petits-enfants. En plus de son fils métropolite, il y a aussi son autre fils (Bernard Peckstadt, paroisse de Bruges) et son beau-fils (Dominique Verbeke, paroisse de Gand) qui sont tous deux prêtres orthodoxes.

Sur le plan œcuménique il fut pendant de nombreuses années membre du Conseil inter ecclésial à Gand, du groupe d’études et de travail oecuménique de Flandre occidentale et de l’organe de consultation des Églises chrétiennes en Belgique, l’instance œcuménique la plus élevée en Belgique. Au niveau européen il était co-inspirateur des nombreux congrès orthodoxes.

De 1950 à 1998 il fut un avocat actif au barreau de Gand, dont pendant 9 ans membre du Conseil de l’ordre et pendant 16 ans président du bureau Pro-Deo, le service d’aide juridique. D’autre part il fut pendant plus de 35 ans juge de paix suppléant et professeur pour les matières juridiques dans l’enseignement supérieur des infirmiers.

Pour finir, l’archiprêtre Ignace Peckstadt était un orateur apprécié. Il était invité dans les milieux les plus divers pour parler des aspects historiques et spirituels du christianisme orthodoxe. D’autre part il est l’auteur de deux livres : « La force de la présence de Dieu. Sagesse de la spiritualité orthodoxe » (2001) Edition Averbode 215p. et Une fenêtre ouverte sur l’Église orthodoxe » (2005), Edition Averbode, 285 p.

Les funérailles de Ignace Peckstadt a lieu le samedi 14 mai à 11 heures dans l’église du béguinage gantois de sainte Elisabeth, Sophie van Akenstraat (près du Rabot). Une divine liturgie précédera dans l’église orthodoxe du Saint-Apôtre -ndré, Sophie van Akenstraat 17 à Gand.

Album de photographies

Le pape François à l’Eglise orthodoxe: « les conditions sont réunies pour rétablir la pleine communion de foi »

2013_002.jpgA l’occasion du message adressé au patriarche oecuménique, le 30 novembre, pour la saint André, le pape François a notamment souligné: « Même si toutes les différences entre les Églises catholique et orthodoxe n’ont pas été abolies, il existe maintenant les conditions nécessaires pour cheminer vers le rétablissement de « la pleine communion de foi, de concorde fraternelle et de vie sacramentelle qui exista entre elles au cours de premier millénaire de la vie de l’Église » (Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras Ier, 7 décembre 1965).

Ayant restauré une relation d’amour et de fraternité, dans un esprit de confiance, de respect et de charité mutuels, il n’y a plus d’empêchement à la communion eucharistique qui ne puisse être surmonté par la prière, la purification des cœurs, le dialogue et l’affirmation de la vérité. En effet, là où l’amour est présent dans la vie de l’Église, sa source et sa réalisation doit toujours être trouvée dans l’amour eucharistique. De même, le symbole du baiser fraternel trouve sa plus profonde vérité dans le baiser de paix échangé dans la célébration eucharistique. »

Sources: Zenit, La Croix, Radio-Vatican. De la photographie.

En marge du cinquantenaire de la levée des anathèmes de 1054

En marge du cinquantenaire de la levée des anathèmes de 1054 qui a donné lieu à des déclarations du Comité mixte de dialogue catholique orthodoxe de France et de Mgr Job de Telmessos, le blog Orthodoxologie publie trois documents, inédits en français, émanant de deux éminents archimandrites de l’Église orthodoxe de Grèce, Philothée (Zervakos, +1980) et Épiphane (Theodoropoulos +1989), ainsi que du métropolite Philarète (Voznesensky, +1985), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, concernant la levée des anathèmes de 1054 par le patriarche Athénagoras. Dans ces documents publiés en 1965, les trois personnalités en question avaient émis de sérieuses réserves quant à cet acte, qui n’avait pas fait l’unanimité, même au sein du Saint-Synode du Patriarcat oecuménique, puisque deux métropolites, Jacques de Derkon et Maxime de Sardes, avaient refusé de signer le texte y relatif. La lettre du métropolite Philarète au patriarche Athénagoras avait été publiée dans le périodique officiel de l’Église orthodoxe de Grèce « Ekklisia » sur la demande de l’archevêque d’Athènes Chrysostome II (Chatzistavrou, +1968). Les trois documents sont disponibles ici : 1, 2, et 3.

Source

Rapport du métropolite Jean de Pergame à l’assemblée de la hiérarchie du siège oecuménique (29 août 2015)

PergamouSainteté, Éminences et Excellences, saints Frères,

C’est pour moi un honneur particulier de pouvoir informer cette sainte assemblée sur l’évolution de la préparation du saint et grand Concile, qu’il a été décidé de convoquer, Dieu aidant, l’an prochain. Je remercie Votre Sainteté pour cet honneur ainsi que pour sa décision et celle de l’Église de me confier à mes faibles forces la responsabilité de présider les Commissions et Conférences préconciliaires, qui accomplissent le travail de préparation de ce grand événement historique dans la vie dans l’Église. Dans le présent rapport, je tenterai d’informer brièvement cette sainte assemblée sur les organes et l’ensemble de la procédure de préparation du saint et grand Concile, sur le travail préparatoire déjà réalisé et encore à accomplir, et sur les problèmes auxquels elle fait face.

A.    La procédure et les organes de préparation du Concile

L’idée de convoquer un Concile panorthodoxe, qui fut déjà conçue au Patriarcat œcuménique dès l’année 1923, a fait pour la première fois l’objet d’une préparation à l’époque du patriarche œcuménique Photios II, qui convoqua au monastère de Vatopédi une Commission panorthodoxe préparatoire en mai 1930, qui a dressé la première liste des thèmes du Concile.
Après un long laps de temps, durant lequel les circonstances historiques ne permettaient pas de promouvoir davantage la concrétisation de cette idée, le patriarche Athénagoras de bienheureuse mémoire a relancé l’idée dans une missive adressée aux primats des Églises autocéphales en date du 12 février 1951, suivie d’une autre missive le 25 septembre 1952 ; mais c’est seulement au cours de la première à Rhodes, en 1961, que les décisions définitives ont été arrêtées en vue de la préparation et de la convocation du Concile.

Durant cette conférence, la liste des thèmes du Concile a été rédigée ; elle comprenait les huit unités suivantes : 1) Foi et dogme ; 2) Culte divin ; 3) Administration et discipline ecclésiastique ; 4) Relations des Églises orthodoxes entre elles ; 5) Relations des Églises orthodoxes avec le reste du monde chrétien ; 6) L’orthodoxie et le monde ; 7) Questions théologiques (Economie et acribie. L’orthodoxie et les autres religions ; 8) Problèmes sociaux.
Cette liste ayant été très rapidement été jugée irréalisable sur le plan pratique, elle a été définitivement révisée par la première Conférence panorthodoxe préconciliaire (1976), qui a abouti aux dix thèmes suivants qui ont été considérés comme les problèmes les plus importants nécessitant une décision panorthodoxe authentique : 1) La question du calendrier ; 2) Les empêchements au mariage ; 3) Adaptation des prescriptions relatives au jeûne aux conditions présentes ; 4) Relations de l’Église orthodoxe avec les autres Églises et Confessions ; 5) Relations des Églises orthodoxes avec le mouvement œcuménique des Églises ; 6) Relation de l’Église orthodoxe avec le monde ; 7) Le problème de la diaspora orthodoxe ; 8) L’autocéphalie et la manière de la proclamer ; 9) L’autonomie et la manière de la proclamer ; et 10) Les diptyques de l’Église orthodoxe.

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Je vous remercie, Frères, de votre patience.

Source (dont photographie du métropolite Jean de Pergame): Thriskeftika, © Orthodoxie.com pour la traduction française, tous droits réservés.

« La nouvelle légende dorée »

9782706711749Dans son livre paru il y a quelques mois aux éditions Salvator, La nouvelle légende dorée – 52 saints pour aujourd’hui, le journaliste, écrivain et éditeur catholique Michel Cool évoque trois figures orthodoxes: mère Marie Skobtsov, le patriarche Athénagoras et le père Alexandre Men. Il présenté sur RCF des portraits de ces personnalités, on peut écouter les podcasts audio: mère Marie Skobtsov, le patriarche Athénagoras, le père Alexandre Men.

Le gouvernement d’Ankara a accordé la citoyenneté turque à dix clercs du Patriarcat œcuménique, dont quatre métropolites, parmi lesquels le métropolite de France Emmanuel

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Source

Interview du métropolite de Pergame Jean (Patriarcat de Constantinople) au site « Vatican insider » au sujet du dialogue avec l’Église catholique-romaine

« L’Église catholique « n’a l’intention d’imposer aucune condition [à l’Église orthodoxe], à l’exception de celle de la profession de foi partagée ». Ce sont les paroles fortes prononcées par le pape au Phanar, Votre Éminence.

– Venant d’un pape, ces paroles sont réellement très fortes et représentent un grand pas en avant, que les orthodoxes apprécieront. Car pendant de nombreux siècles, les orthodoxes croyaient que le pape voulait les soumettre. Et maintenant, nous voyons que ce n’est plus vrai d’aucune façon. L’accent placé sur la profession et le partage d’une même fois est également important. Professer la même foi est la base unique de notre unité. La question est de reconnaître ce qu’est cette même foi ; nous avons besoin de professer cette foi afin que nous soyons en pleine communion.

Quel critère devrait être suivi ?

Pour nous, membres de l’Église orthodoxe, la foi commune qui rend la pleine communion possible est celle professée par les sept Conciles œcuméniques du premier millénaire. Nous avons besoin de clarifier si, 

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Bloc-notes de Jean-François Colosimo

JFC
Le 27 janvier 2009

Axios ! Trois fois Axios !
Avec l’élection du patriarche Cyrille de Moscou, c’est l’entière orthodoxie qui
revient définitivement sur la scène de l’histoire. Éradication bolchévique à
partir de 1917, expulsion d’Asie mineure en 1923, massacres oustachis entre
1942 et 1944, oppression communiste à l’Est et dans les Balkans à partir de
1945,  conflit du Proche–Orient à partir
de 1948,  partition de Chypre en 1974,
guerres du Liban depuis 1975, d’ex-Yougoslavie entre 1991 et 2000,  d’Irak depuis 2003, séparation du Kosovo en
2007, persécutions diverses en Asie aujourd’hui : le XXe siècle n’aura
été qu’un long martyrologe. L’Eglise orthodoxe en est sortie diminuée,  avec au prorata moins de territoires et de
populations qu’elle n’y était entrée. Or, c’est de la contemplation de ce
désastre qu’est née la vision dont le patriarche Cyrille est l’héritier et
qu’il lui revient désormais de pleinement incarner. C’est à lui, le benjamin des
disciples de Nicodème de Leningrad qu’il échoit de relever le pari, fou
d’espérance, formulé au pire de l’enfer
soviétique et qui n’était autre que celui de la résurrection.

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Jovan Nikoloski