23/07/2016
Actualités
Page d'accueil > Actualités > Faits de société

Category Archives: Faits de société

Feed Subscription

Le dirigeant du centre de presse du Patriarcat de Géorgie : « Notre peuple ne permettra pas les « mariages » de même sexe »

Le peuple géorgien se prononcera toujours contre les « mariages » de même sexe, au titre desquels une action en justice a été déposée récemment devant le tribunal. C’est ce qu’a déclaré au site « Novosti-Grouzia » le dirigeant du centre de presse du Patriarcat de Géorgie, l’archiprêtre David Charachenidzé. La semaine dernière, Georges Tatichvili a déposé une plainte devant la Cour constitutionnelle de Géorgie, exigeant de légaliser les « mariages » homosexuels. Peu de temps après, celui-ci a déclaré que des pressions étaient exercées contre lui, dont celles de certains parlementaires géorgiens. « Si l’on permet un tel précédent, qu’il émane du pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire, le peuple géorgien, qui a une seule et même position à ce sujet, ne le permettra jamais » a dit le père David. Celui-ci a souligné qu’il se trouvait, au niveau du pouvoir en Géorgie, des gens qui pensent sainement et qui ne soutiendront pas les provocateurs. En commentant les déclarations que font périodiquement les représentants du mouvement LGBT au sujet de menaces et de sévices qu’ils auraient subis, l’archiprêtre a émis la possibilité que certains se blesseraient eux-mêmes afin d’engager des processus indésirables. « En Géorgie, personne ne les menacent. C’est complètement absurde », a souligné Charachenidzé. « Les portes de l’église sont ouvertes à tous, dont les LGBT », a-t-il mentionné. « Ils viennent à l’église. Nous ne nous détournons pas d’eux, au contraire, nous manifestons une grande attention à ces gens, afin de les aider à surmonter cela. J’avais un fils spirituel qui souffrait, on peut dire, de cette déviation, et il s’efforçait de la combattre », a conclu le père David.

Source

« Les défis de l’avenir »: une interview de Jean-Claude Larchet dans le mensuel orthodoxe russe « Foma »

JC_Larchet_WikipediaLe mensuel orthodoxe russe Foma a interrogé différentes personnalités sur la façon dont elles voient le monde dans 20 ou 30 ans. Nous reproduisons ci-dessous la version française de l’interview de Jean-Claude Larchet, intitulée « Il faut munir les enfants d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé ».
La traduction russe dans sa version Internet se trouve ici.


Comment voyez-vous le monde du futur – dans 20-30 ans?

Je ne le vois pas du tout. L’avenir est imprévisible, non seulement à une aussi longue échéance, mais souvent à courte échéance. Qui aurait pu prévoir la première guerre mondiale en 1913? Qui aurait pu prévoir en 1916 la Révolution russe et l’installation pour près de 60 ans d’un régime communiste qui allait s’étendre à toute l’Europe de l’Est? Il suffit parfois d’un événement, lui-même imprévisible, pour changer le cours de l’histoire. D’un tout autre point de vue, qui aurait pu prévoir, il y a vingt ans, la révolution technologique que nous connaissons aujourd’hui grâce aux ordinateurs, aux téléphones portables, à l’Internet, aux réseaux sociaux, et qui a un impact considérable sur la vie des individus partout dans le monde?
Les scientifiques font des prévisions, mais elles sont peu fiables. Même les prévisions météorologiques qui ne portent pourtant que sur les prochains jours se révèlent souvent fausses.
Il y a certes des tendances, des orientations qui peuvent donner une certaine idée de l’avenir, mais leur évolution reste incertaine. Les situations les plus favorables peuvent rapidement dégénérer, et dans les situations défavorables, l’homme a une capacité de résilience surprenante.
Dans le cas de notre petite personne, l’avenir est également incertain, et nos projets souvent vains, comme nous le rappelle dans l’Évangile la parabole de l’homme riche (Lc 12, 16-21). Un proverbe dit : « Quand l’homme fait des plans, Dieu rit. » La sagesse des Pères a toujours invité chacun à se concentrer sur le présent et même à vivre chaque jour comme s’il était le dernier. Mais il est vrai que cette conception radicale doit être modulée selon les âges et les fonctions dans la société : un jeune doit faire des études en vue d’avoir plus tard un métier, un homme politique doit planifier ou un entrepreneur investir pour faire face aux besoins des prochaines années…

Quels seront-ils les défis les plus importants pour l`homme et l`humanité?

Si l’on veut parler de l’humanité en général, le principal défi sera de préserver son existence dans un monde viable. Cette existence est actuellement mise en péril. On sait que l’exploitation à outrance des ressources naturelles (eau, pétrole, gaz, etc.) risque de provoquer une pénurie dans les prochaines décennies. Le fonctionnement irresponsable de certaines industries (notamment l’absence de traitement correct des rejets et des déchets) crée une pollution de l’eau et de l’air qui menace la santé et la vie des habitants non seulement de certaines régions, mais de toute la terre. La pollution de l’air diminue dans l’atmosphère la couche d’ozone, ce qui a des conséquences de plus en plus graves : élévation de la température, élévation du niveau des mer, crises climatiques (multiplication des tempêtes, des ouragans, des pluies, des canicules…) changements de la structure du sol (comme la fonte du permafrost), disparition de certaines espèces… L’un des défis urgents est donc de nature écologique. Il s’agit de préserver les équilibres naturels de la planète.
Un autre défi important me semble être le chômage qui affecte une partie de plus en plus importante de la population dans certaines parties du monde. Le chômage a des conséquences catastrophiques non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan psychologique, moral et spirituel.
Pour nous chrétiens, le grand défi est de maintenir notre existence dans un monde de plus en plus envahi 1) par l’islam, 2) par l’agnosticisme et la mentalité laïque antireligieuse, et 3) par un spiritualisme sans Dieu et surtout sans le Christ.
1) Au Moyen Orient (Irak, Syrie), les chrétiens sont éliminés, soit en étant tués, soir en étant forcés à l’exil. L’Europe se déchristianise massivement, tandis que dans certains pays comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne l’islam se développe de plus en plus. En France, pays traditionnellement chrétien (depuis le IIe siècle !), l’islam est devenu au cours des dernières décennies la deuxième religion du pays après le catholicisme, et selon les prévisions elle sera la première autour de 2030.
2) Il y a par ailleurs dans les pays d’Europe de l’Ouest un développement de la mentalité antireligieuse, qui dans certains cas est provoqué par le souci de limiter l’influence grandissante de l’islam, mais dont la christianisme est la première victime. Avec l’appui des autorités du gouvernement européen de Bruxelles, on élimine de plus en plus de l’espace public les signes religieux chrétiens, et certaines associations mènent une lutte ouverte contre les valeurs chrétiennes, concernant en particulier la famille.
Une partie du monde chrétien est entré dans une nouvelle ère de persécution (rappelons que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde), mais je pense que dans plusieurs décennies cela affectera à un degré plus ou moins grand l’ensemble du monde chrétien. Cela ne sera pas une vraie surprise, car le martyre est inhérent depuis les origines à l’existence du christianisme. Regardez le Synaxaire : près de 90% des saints ont été des martyrs…
3) La spiritualité a un certain succès (les livres qui en traitent se vendent bien), mais il s’agit en général d’une spiritualité très générale, inspirée par le New Age et un bouddhisme de vulgarisation. C’est une spiritualité sans Dieu et surtout sans le Christ. Loin d’aller dans le sens du christianisme, elle s’y oppose donc elle aussi en se substituant à lui.

On parle souvent aujourd’hui d’un « avenir sombre » en relation avec les changements de la structure sociale de l`humanité et même de la nature humaine sur les plans physique et mental. À quel point la peur de ces perspectives est-elle raisonnable?

Il est vrai qu’il y a maintenant dans le monde occidental déchristianisé une crise de la famille.
Il a tout d’abord une crise générale du mariage : de plus en plus de couples mariés divorcent (près de 1 sur 2 dans la plupart des pays européens) et de plus en plus de jeunes vivent en couple sans être mariés, ni religieusement, ni même civilement. Et cela commence à affecter des pays traditionnellement orthodoxes comme la Grèce, où cela n’était pas imaginable il y a vingt ans. Cela s’explique en grande partie par le fait que le mariage signifie un engagement pour la vie et que les jeunes ont de plus en plus de mal à s’engager ou à respecter leurs engagements, non seulement dans ce cadre mais dans d’autres. La difficulté à s’engager tient pour une part à l’instabilité générale de la société. Beaucoup de gens craignent de fonder une famille alors que l’avenir (notamment sur le plan du travail et des revenus) est incertain pour soi-même et son conjoint, et aussi pour les enfants que l’on peut avoir. Il y a aussi au divorce et au refus du mariage d’autres causes, d’ordre spirituel : l’individualisme et le désir de liberté absolue qu’a développé l’humanisme moderne, et aussi une forme d’égoïsme caractérisé par la difficulté pour les gens de renoncer à une part de leur volonté propre, renoncement impliqué par toute forme de vie communautaire.
Un autre sujet de préoccupation est la banalisation, et en conséquence le développement de l’homosexualité, qui met en cause la structure traditionnelle du couple et de la famille telle que la concevaient jusqu’à présent les sociétés chrétiennes. Les associations et les lobbies (groupes de pression) homosexuels cherchent à imposer (dans les institutions sociales et jusque dans les écoles), dans tous les pays du monde, l’idée que l’homosexualité est une chose normale, et que l’orientation sexuelle n’est pas définie par la nature mais est une question de choix personnel. Leur volonté militante pour institutionnaliser le mariage homosexuel témoigne moins d’un intérêt pour le mariage que d’un souci de reconnaissance sociale officielle et, dans un deuxième temps, de bénéficier de diverses mesures leur permettant d’avoir des enfants. Ce deuxième point implique diverses pratiques inacceptables pour l’éthique chrétienne, comme la procréation médicalement assistée avec donneur hétérologue ou le recours à des mères de substitution. Un autre problème grave qui se pose, y compris pour des enfants adoptés, concerne le plan psychologique: c’est un fait connu depuis toujours des psychologues qu’un enfant, pour se construire psychologiquement, a besoin d’un père et d’une mère; l’éducation d’enfants par des couples homosexuels ne peut avoir pour ces enfants que des conséquences psychologiques graves, dont on mesurera toute l’ampleur dans les prochaines générations.
Un autre sujet de préoccupation est le développement énorme qu’ont connu, au cours des dix dernières années, les nouveaux médias (la télévision, les jeux vidéos, Internet et les réseaux sociaux) avec un impact négatif sur la vie sociale, personnelle, psychique, intellectuelle et spirituelle de leurs utilisateurs: investissement important en temps et en énergie, perte de relations avec les proches (malgré l’impression d’être en relation avec tout le monde), affaiblissement des capacités de réflexion et d’attention (dû aux sollicitations permanentes et au flux incessant de textes, d’images et de sons), appauvrissement culturel (lié notamment à la diminution de la quantité et de la qualité de la lecture malgré l’omniprésence de textes), etc. Beaucoup de spécialistes de médias ont montré combien ceux-ci ne se limitent pas à nous transmettre des contenus, mais, par leur structure et leur mode de fonctionnement, reformatent notre vie intérieure et le mode de nos relations avec nous-même, avec les autres et avec Dieu, créant une sorte d’homme nouveau, l’homo connecticus qui en bien des points fait concurrence à l’homo religiosus.
Un dernier point que l’on peut évoquer en rapport avec votre question est celui de l’apparition, dans le futur, d’un homme « augmenté » par les technologies, et même de la création d’un homme bionique, constituant un nouveau modèle d’humanité ne comportant plus les imperfections de l’homme actuel. Les Américains ont depuis longtemps développé des théories et financé des recherches à ce sujet. Mais elles me semblent relever – en dehors d’applications particulières, notamment dans le domaine des prothèses – de la science-fiction. Un danger plus sérieux est constitué, dans le domaine biologique, par la création, au moyen de la génétique, de nouvelles espèces qui peuvent mettre en péril l’équilibre naturel des espèces existantes. Un danger plus grand encore est constitué par l’eugénisme dont certaines pratiques ont commencé à se répandre dans certains pays, selon lesquelles l’homme s’attribue le pouvoir et le droit de déformer et de reformer selon ses désirs la nature humaine définie et créée par Dieu.

Quelle doit-elle être l`attitude chrétienne envers ces dangers? Est-ce qu`on doit les négliger et vivre sa vie comme si rien ne se passait, se concentrer sur le moment présent ? Ou doit-on y apporter une réponse concrète, y compris au niveau de l`Église?  

En tant que chrétiens, étant minoritaires dans les pays d’Europe de l’Ouest, nous n’avons que peu de pouvoir face à ces problèmes. Nous pouvons évidemment protester par rapport à certaines dérives, proposer des perspectives conformes à notre éthique, et soutenir par notre vote les gouvernants et les partis qui mènent une politique conforme aux valeurs chrétiennes. Mais c’est parfois compliqué: par exemple en Europe de l’Ouest, les partis écologistes qui sont les plus actifs pour préserver l’avenir de la planète, ce qui est aussi un souci pour le christianisme, sont aussi les plus engagés pour soutenir les réformes sociétales – comme le droit à l’avortement, à l’euthanasie ou au mariage homosexuel – qui s’opposent aux valeurs chrétiennes.
L’Église doit quant à elle éviter de s’engager directement dans la politique. Mais elle doit être la conscience d’un monde qui a souvent perdu toute conscience, et faire entendre sa voix face aux dangers qu’encourent les hommes, face aux lois, aux créations, aux actions contraires aux valeurs chrétiennes, pour rappeler quelles sont ces valeurs et inviter à les respecter. Elle doit rappeler avec constance et courage (c’est-à-dire même si cela va à l’encontre de la ligne officielle ou de l’opinion commune) ce que sont ces valeurs, et aussi quelle est sa conception de la nature de l’homme et de sa dignité, de la personne et de sa valeur absolue qui tient à sa relation inaliénable avec Dieu dont elle est l’image.
Il n’en reste pas moins que les Pères conseillent aux croyants de travailler avant tout à la construction et au développement de leurs propre vie spirituelle. C’est notre vie intérieure avec ses valeurs et ses dispositions, qui nous rend capables, en tout temps, d’affronter correctement et positivement les problèmes de toute sorte, prévisibles ou imprévisibles. Les Pères ont toujours enseigné que c’est en nous changeant nous-même positivement que nous sommes le plus capables de changer le monde autour de nous, avec non seulement nos propres forces, mais aussi la force de la grâce que Dieu nous donne.

À quels problèmes qui affecteraient directement leur vie spirituelle nos enfants seront-ils confrontés?

Je pense que pour les enfants le principal problème – qui affecte déjà depuis longtemps les pays d’Europe occidentale, mais affecte aussi de plus en plus les pays traditionnellement orthodoxes – est de pouvoir garder leur foi, leurs valeurs et leur éthique chrétiennes dans un monde sécularisé qui les ignore et leur a substitué d’autres croyances, d’autres valeurs, d’autres éthiques, ou bien qui est agnostique, totalement indifférent à la religion, ou encore qui est hostile au christianisme.

Comment faut-il éduquer les enfants pour les aider à faire face spirituellement à l`avenir?

Il faut avant tout les munir de repères dans un monde sans repères, d’une boussole intérieure qui leur indique la bonne direction dans un monde déboussolé.
Il faut les éduquer dans la foi, les valeurs et l’éthique chrétiennes, de manière à ce qu’elles s’ancrent profondément en eux et leur deviennent en quelque sorte connaturelles. Il faut leur apprendre à comprendre le monde, à discerner en toutes circonstances le bien et le mal, à affronter les difficultés et à trouver des solutions aux problèmes en référence aux valeurs chrétiennes. J’ai envie de citer ici les paroles de saint Paul (Eph 6, 17): « C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le zèle à propager l’Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. » Celui qui dispose de toute cette panoplie est capable d’affronter victorieusement n’importe quelle situation.
Il est important que, dans un milieu indifférent ou hostile à la religion, face aux jugement négatifs, aux critiques ou aux moqueries, les enfants et les jeunes orthodoxes soient fiers de leur identité, aient conscience que leur foi est une richesse immense, qu’elle ne les diminue pas mais leur donne « un plus » par rapport à ceux qui en sont dépourvus. Les parents et l’Église ont un rôle important pour leur donner une telle fierté, qui n’a rien à voir avec de l’orgueil, car en étant chrétiens c’est du Christ que nous sommes fiers, de Sa victoire sur le monde, et non de nous-mêmes : « Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Propos recueillis par Constantin Matsan
Фома, 7 (147), Juillet 2015

L’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne : « Nous, chrétiens, ne sommes pas de ce monde, et nous ne devons pas nous adapter à lui »

Dans une interview au site Pravoslavie.ru, l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc (Église orthodoxe russe hors-frontières), a donné son opinion sur la façon de vivre et d’éduquer les enfants dans un monde pénétré d’un esprit anti-chrétien, et aborde les défis qui se dressent devant le monachisme contemporain, les « gadgets » électroniques et les ordinateurs dans le cadre de l’Église, ainsi que le concept chrétien de la joie et du bonheur.

Monseigneur, vous êtes le président de la commission de la conférence inter-conciliaire pour les questions du droit canon. Aujourd’hui, on aime parler pratiquement de tout quant à ses droits, mais pour ce qui concerne les obligations, on a l’habitude de les oublier. Quelles sont avant tout nos obligations ?

– Il y a une obligation – être chrétien orthodoxe. Chaque jour, et non pas seulement le samedi et le dimanche. À toute heure. Il convient de témoigner sa foi partout et au cours de toute la vie.

Les époques sont différentes, les périodes du temps diffèrent les unes des autres. Qu’y a-t-il de caractéristique pour notre temps ? À quels défis sérieux se heurtent, à votre avis, les chrétiens aujourd’hui ?

– Je nommerais avant tout les problèmes liés à l’éducation de la jeunesse. Aujourd’hui, beaucoup de choses pénétrées d’un esprit non orthodoxe font irruption dans notre vie, avec lesquelles chaque enfant est en contact, et ce déjà dès les premières années de sa vie. L’Église et les parents doivent, bien sûr, protéger les enfants de cela. Mais les protéger, c’est insuffisant, il faut donner encore quelque chose de positif. Il faut que, dès le plus jeune âge, les enfants participent aux sacrements de l’Église, afin de prendre conscience, peut-on dire, de leur caractère particulier. Nous sommes chrétiens, nous ne sommes pas de ce monde. Et nous ne devons pas nous adapter à ce monde. Oui, nous vivons dans ce monde, mais nous vivons selon nos notions, selon nos lois. Nos enfants doivent comprendre la valeur de leur foi, savoir qu’ils ont quelque chose de particulier que n’ont pas les autres. Les enfants en âge scolaire sont confrontés, de façon très aigue, à l’opposition au monde, particulièrement chez nous, en Occident, où dans une classe peut se trouver un seul enfant orthodoxe. Celui-ci, naturellement, est contraint à défendre ses positions. Mais pour cela, il doit avoir conscience de son originalité, de sa particularité. Il doit savoir que le chrétien ne peut agir comme tout le monde, penser comme tout le monde, se conduire comme le font ses camarades d’école. Il doit comprendre que sa foi est précieuse, savoir qu’il a quelque chose de particulier, que n’ont pas les autres. La seule participation aux Sacrements l’élève au-dessus du niveau général. Et même son emploi du temps, qui commence par la prière du matin et se termine par la prière du soir est différend de celui des autres. Et lorsque l’enfant prend conscience de cela, il peut vivre tranquillement. Mais s’il n’en prend pas conscience, il sera constamment déprimé, ou encore se fondra simplement dans la masse. Faire la même chose que tous, suivre le courant avec tous, est le propre de la jeunesse dans n’importe quel pays, non pas seulement en Occident. Céder à cela est très dangereux pour le chrétien orthodoxe, parce que l’on peut facilement perdre sa personnalité, son authenticité. Et ce n’est que lorsque l’on comprend de quelle richesse on est dépositaire : la foi orthodoxe, la tradition ecclésiale orthodoxe, que l’on peut vivre sa vie. Et en Occident, cette situation se complique encore par le choix : être russe ou non, pratiquer cette langue ou non, etc. C’est ainsi que la vie pose à la jeune génération des questions qui ne sont pas simples. Et il est important qu’elle connaisse les réponses justes.

Les moyens contemporains d’information donnent l’accès immédiat à tous les événements possibles, dont la vie privée des gens. Chacun a des caméras vidéo, ne serait-ce que dans un téléphone mobile, tout ce que l’on voit est mis en ligne immédiatement sur internet. Cela ne laisse pas de côté l’Église. Nous voyons combien il y a de films vidéo sur les membres du clergé, sur leur conduite qui, peut-être, n’est pas toujours considérée sous un angle partial. Vous, en tant qu’archipasteur, que donneriez-vous comme conseil : comment réagir et que devons nous faire tous, tant la hiérarchie que les prêtres et les paroissiens, lorsque de telles choses se produisent ? Que faire, si, admettons, quelqu’un a vu une vidéo peu flatteuse pour son prêtre ?

– Pour nous tous, il s’agit là d’un facteur éducatif très précieux. Un rappel à ne pas oublier quelle responsabilité pèse sur nous, à quel point notre vie doit être une mission permanente. Nous ne devons pas nous laisser aller à quelques passions ou faiblesses, mais à tout moment, notre vie doit correspondre à ce qu’enseigne notre foi. Les prêtres, avant également, étaient vus de tous, de telle façon que rien n’a changé là – mais les choses ont changé de façon quantitative : si jadis, disons dans quelque bourgade, célébrait un prêtre qui n’était pas spécialement exemplaire, seuls ses paroissiens le savaient, tandis qu’aujourd’hui beaucoup de monde a la possibilité de voir des choses désagréables, d’en prendre connaissance. Le prêtre, et non pas seulement le prêtre, mais chaque chrétien – porte toujours la responsabilité pour tout, pour tous : et pour l’ensemble de son troupeau et pour tous les autres chrétiens. Nous ne saurions oublier, pas même une minute, la catholicité de notre Église. Et comme des chrétiens conscients de cette catholicité, nous agissons toujours avec tous les autres. Et ce que fait l’un d’entre nous, se répercutera sur tous – tant le positif que le négatif. Hormis cela, il faut, bien sûr, se rappeler à soi-même et aux autres que certains épisodes individuels, certains événements, sortis de leur contexte, ne peuvent témoigner de l’ambiance générale. Aussi, il faut dire clairement aux laïcs, à ceux de l’extérieur : ce n’est pas l’image de notre Église, une seule personne est tombée. Et cela peut arriver à n’importe quel homme, c’est inscrit dans la nature humaine. Et si quelque chose de semblable s’est produit, nous ne saurions nous concentrer sur cela et d’autant plus mettre cet homme sur un piedestal, mettre cela en relief : nous devons toujours savoir que c’est la chute d’un seul homme. Il n’y a rien de spécial à creuser ici. De la même façon, il ne faut jamais le faire, lorsque l’affaire concerne d’autres domaines de la vie, d’autant plus lorsque l’on vit dans l’Église.

Les téléphones, les smartphones, les tablettes sont utilisés par beaucoup de personnes dans les églises pour, par exemple, regarder le commentaire de l’épître, de l’Évangile ou lire les prières avant la Communion ? Quelle est votre attitude envers cela ?

– Je suis arrivé à la conclusion qu’il ne faut pas utiliser ces appareils à l’église. Avant, je lisais moi-même les prières secrètes sur un téléphone, jusqu’à ce qu’un évêque me dise : « Vous savez, on pense tout le temps que vous envoyez et que vous recevez des sms ». C’est alors que j’ai mis cet appareil dans la poche et ai décidé : je ne le ferai plus, afin de pas scandaliser les gens. Or, malheureusement, même les prêtres utilisent les téléphones dans le sanctuaire… Lorsque je vois cela, je les fais toujours sortir. J’admets, dans le pire des cas, que l’on puisse regarder quelque chose d’utile sur le téléphone. Je me déplace souvent pour visiter les paroisses, et c’est l’usage chez nous de chanter dans le sanctuaire le dernier kondakion après « Venez, adorons… », suite à la petite Entrée. Et il arrive que je n’ai pas le texte sur moi en version imprimée, ce que je prépare habituellement, ou encore que je n’ai pas choisi le même kondakion, alors je le prends sur le téléphone. Mais c’est rare. Je le répète, je sais par expérience : pour certains, cela peut constituer un scandale. Je sais aussi que si on le fait souvent, cela devient une habitude dont il est difficile de se libérer. Les moyens contemporains développent réellement nos possibilités, mais nous ne devons pas tout rejeter sur eux, oublier le travail de notre propre mémoire, de notre propre pensée.

Monseigneur, ceux qui ont choisi la voie monastique ressentent aujourd’hui la pression du monde. Quels sont les défis que vous considérez comme les plus sérieux ?

– Avant tout, c’est la numérisation du monde et de l’homme. Bien sûr, bien des choses sont facilitées par elle dans notre vie, mais il en ressort que l’homme où bien est enclin, ou bien contraint, de prendre sur lui encore plus d’activités. On pense ainsi : tu as un ordinateur, tu peux faire ton travail rapidement, aussi je te donne encore deux autres tâches. Dans une telle situation, le moine « perd du terrain » et reste finalement sans prière. Quelles étaient nos obédiences monastiques ? Elles ont toujours été de telle sorte qu’en les effectuant on pouvait prier. On tissait des corbeilles… On s’occupait du jardin… Nos moines, par exemple, fabriquent des cierges. Ils font cela et prient. Il est déjà plus difficile de prier dans la typographie, et le plus laborieux est de préparer des documents pour l’impression : de tels travaux provoquent une tension de l’esprit, et alors on ne peut plus prier. Seul un moine expérimenté peut le faire, il peut garder la prière dans le cœur. Aussi, je demande que les moines qui accomplissent ces obédiences, s’interrompent chaque demi-heure afin de faire dix métanies, réciter vingt-cinq prières de Jésus, et revenir ensuite à leur travail. Je sais par expérience, que c’est très efficace. Nombreux sont ceux qui craignent de se détacher de leur travail : ils pensent être distraits et perdre le fil de leur pensée, mais il n’en est pas ainsi. Au contraire, après la prière on pense plus clairement, de nouvelles pensées apparaissent. Je faisais ainsi déjà lorsque j’étais à l’université : chaque demi-heure, je m’interrompais et je commençais à prier, et le travail se passait ensuite plus en douceur que précédemment. Bien sûr, il faut aussi de la discipline intérieure. Un autre défi est constitué par le fait que les moines sont souvent forcés de communiquer plus avec le monde que dans les temps anciens. Particulièrement si le monastère ne se trouve pas dans un endroit éloigné, mais dans une ville ou une banlieue, il y a alors plus de tentations liées à la nécessité d’être en contact avec le monde : faire les achats, sortir pour quelques autres affaires… Et si le moine n’apprend pas à avoir une attitude juste envers cela, à se préparer, à maintenir la prière, à ne pas regarder des choses non nécessaires, alors tous ces contacts avec monde peuvent faire grand tort à son âme. Et bien sûr, il faut les réglementer. Il faut les limiter. C’est très difficile, mais nous devons faire cela. En outre, l’utilisation des ordinateurs et des différents « gadgets » doit par principe être limitée : en aucun cas, on ne doit les garder dans la cellule, seulement sur la place de travail. Encore une chose : les gens qui entrent au monastère apportent avec eux des habitudes du monde bien établies. La plus répandue d’entre elles, est de suivre les nouvelles, être au courant des événements dans le monde. Mais cela n’est absolument pas nécessaire pour le moine. Cette habitude est tant enracinée aujourd’hui chez les gens, que l’on peut s’en libérer seulement par une forte contrainte sur soi-même. Hélas, je dois connaître certains événements, mais je ne regarde pas ou je ne lis pas les nouvelles chaque jour. Je le sais : si quelque chose d’important se produit, nos paroissiens me téléphoneront et me le raconteront. Et si effectivement, quelque chose est important pour nous, alors moi-même ou l’higoumène du monastère le transmettons à nos moines. Mais courir après les nouvelles, comme cela est tant répandu dans le monde, cela doit être exclu au monastère : cela détache des œuvres monastiques. Un grand problème est constitué par la famille des moines. Ce problème est résolu bien plus difficilement que durant les années passées. Ces rencontres avec la famille doivent également être limitées, afin que le moine ne s’immerge pas dans le monde qui, même sans cela, fait irruption dans le monastère et il faut s’assurer systématiquement de ne pas succomber à cela. Dieu soit loué, il y a le Mont Athos, où l’on peut vivre dans l’ascèse en était éloigné du monde. Il me semble que ce sont les défis auxquels est confronté le monachisme contemporain. Oui, la discipline, l’obéissance, c’est très, très dur. Avant, il était plus facile de se soumettre à la discipline, parce que l’obéissance était naturelle dans la famille, on l’inculquait dès l’enfance. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et l’homme qui entre au monastère alors qu’il vient du monde, apporte avec lui l’esprit de désobéissance et d’orgueil, il lui faut se libérer de beaucoup de choses auxquelles il était habitué. Il y a beaucoup de choses à casser en morceaux. Par exemple, il est souvent difficile pour les jeunes moines de se lever tôt le matin pour l’office. En fait, cela était plus facile du temps où tous les jeunes passaient par l’armée : ils s’y habituaient à se lever tôt, et cela, au monastère, ne se présentait pas comme quelque chose d’exceptionnel. Or, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui n’accomplissent pas le service militaire, et pour eux, se lever tôt, constitue un grand problème. Le problème de la désobéissance se rencontre dans tous les monastères, c’est le mal de notre époque. L’insubordination est une chose terrible.

L’un des maux de notre époque est la consommation immodérée. Et pour consommer toutes sortes de biens, il faut de l’argent, et si l’argent est insuffisant, il faut acheter à crédit. Il est apparu récemment que les Russes ont emprunté des montants dont le total représente environ le budget d’un pays moyen d’Europe centrale. La vie à crédit amène à de graves conséquences spirituelles : la paix de l’âme se détruit, les gens cessent de penser à autre chose que le remboursement des intérêts. Comment estimez-vous cette situation, et quel conseil donneriez-vous à ceux qui y succombent ?

– Je n’ai jamais pris de crédits et je ne veux pas en prendre. Parce que j’ai toujours peur de tomber dans quelque piège et ensuite, je ne saurais pas comme en sortir. Bien que, naturellement, nos paroisses soient parfois obligées de prendre un crédit pour payer un édifice religieux ou quelque propriété pour la paroisse. Je pense qu’à ce niveau, cela est acceptable. Quant à la vie privée, je ne peux l’accepter parce que cela me place dans une certaine dépendance, dont je ne veux pas. Mais c’est là mon approche personnelle, je ne dis pas que tous doivent vivre de cette façon. Dans une certaine mesure, probablement, cela est nécessaire, même parfois avantageux : je sais que, parfois, on choisit le leasing, parce que c’est moins cher que d’acheter. Mais, je répète, une telle approche n’est pas la mienne. Mais si quelqu’un d’autre le veut – je l’en prie.

Je reviens à l’éducation des enfants et de la jeunesse : ces derniers temps des feuilletons sont populaires, dans lesquels on vante comme quelque chose de familier et d’habituel la débauche, la dépravation, l’absence de principes, tout ce qui est négatif. On peut dire la même chose également des jeux auxquels s’adonne la jeunesse. À quoi cela mène, à quoi doivent réfléchir les parents ?

– Cela mène au diable ! Mais ces parents qui se contentent d’interdire ces films et ces jeux enfants n’agissent pas correctement : nous ne saurions bâtir la vie sur les interdits ! Il faut offrir aux enfants à la place des jeux et séries dépravants ce qui donne à leur vie un fondement. Ayant ce fondement, ils s’orienteront, ils comprendront eux-mêmes, en les regardant une ou deux fois ce que valent ces films. Ils comprendront que c’est la saleté, la laideur, dont l’homme se détourne de façon naturelle, parce qu’il aspire à la pureté. Parce qu’il aspire à la résurrection, il aspire à la vie éternelle, là où est la pureté, la joie, la lumière. Tandis que ces films et ces programmes emplissent l’âme de ténèbres. À ce sujet, déjà dans les années 1950-1960, un psychologue américain a établi que les enfants en âge préscolaire ont connu, de leur temps, toutes les émotions que nos grands-parents avaient vécues au cours de toute leur vie. Parce qu’ils restent collés à la télévision. Si l’on réfléchit bien, tous ces programmes télévisés nous chargent d’informations qui sont inutiles. Absolument inutiles ! Ni aux enfants, ni aux adultes ! De retour de l’Athos, où j’étais parti pour deux-trois mois, j’avais trouvé un tas de journaux sur la table et j’avais regardé le dernier numéro et le premier : c’était la même chose ! Et tout cela ne concerne pas ma vie, ne me concerne pas. Et chacun doit en prendre connaissance nettement. J’en ai déjà parlé plus haut : aujourd’hui, les gens sont très dépendants des nouvelles. J’en connais qui, quatre ou cinq fois par jours regardent les informations. Quelle utilité en retirer ? Aucune. Si on se met à prier, ne serait-ce que réciter un psaume ou vingt prières de Jésus, ce serait déjà utile. Récitez les prières. Récitez le Psautier. Et si vous êtes un adulte, lisez aussi les commentaires du Psautier. Bien sûr, le Psautier est un livre très difficile, mais il abreuve tous nos offices. Aussi, il est utile de connaître chaque verset, l’étudier, regarder ce que les saints Pères écrivent à ce sujet et vivre de cela. C’est là la paix véritable, tandis que ce qui se passe maintenant en Amérique ou en Afrique… En quoi suis-je concerné ! Cela ne fait qu’exciter et remplir d’informations inutiles l’esprit et le cœur. Moyennant quoi, cette information inutile commence ensuite sa vie autonome dans le cœur de l’homme. Elle encombre son cœur de telle façon qu’il ne puisse plus prier. Il va voir le prêtre, en larmes : « Mon père, la prière ne vient pas en moi ! » Et la raison de cela, en règle générale, est qu’il a un cœur encombré et qu’il n’y a pas de place pour la prière : cette information inutile, superflue, occupe tout. Si vous placez trop d’informations dans l’ordinateur, il « chauffe », il refuse de travailler. Or le cœur de l’homme, hélas, ne chauffe pas, il est rassasié à l’extrême, il ne veut tout simplement plus rien recevoir, et tout cela nuit à l’homme. Il nous faut constamment choisir. Nous savons bien que l’homme ne peut simultanément, par exemple, jouer du piano ou du violon et couper du bois pour le poêle. Il ne peut faire qu’une chose à la fois. Or, il pense qu’il peut en même temps faire plusieurs choses. Et il n’en fait pas une seule. Je dis souvent aux gens : « Assigne, ne serait-ce que cinq minutes, à une chose, et fais cela seulement. Et ensuite, quelque chose d’autre. Fais une liste de choses, pense : est-ce utile ? – Absolument. Mais cinq minutes sont suffisantes pour le faire. Et prie le reste du temps ». C’est une approche systématique du temps. Or, le temps c’est un talent qui nous est donné. Et nous devons travailler avec lui, comme il est dit dans la parabole des talents : nous devons utiliser le talent. Et lorsque nous nous occupons à nous asseoir en emplissant notre cœur de toutes les nouvelles possibles, qui sont inutiles, nous enterrons alors ce talent.

Mais quand même, il nous arrive de regarder les informations…

– Regarder les nouvelles une seule fois par jour est amplement suffisant, il ne faut pas plus. Et beaucoup sont dépendants à ce point qu’ils tremblent d’impatience, lorsqu’ils sont retenus, par exemple, par une conversation, parce qu’ils doivent regarder la dernière édition des nouvelles. Cela se produit également avec les prêtres.

Monseigneur, et c’est probable que cela existait depuis le début de l’Église, il y a un stéréotype selon lequel l’Orthodoxie est quelque chose d’ennuyeux, sans joie, lié à quelques limitations qui rendent l’homme malheureux. Comment montrer au monde et aux gens non pratiquants ou incroyants, que le christianisme est la religion de la joie et qu’elle donne des possibilités illimitées pour le perfectionnement de l’homme ?

– Comment le montrer ? C’est simple : par notre vie. Plus nous vivrons de façon ecclésiale, plus nous nous réjouissons de ce que nous avons, et plus ce sera facile d’en convaincre les autres. Par principe, je ne reconnais pas cette idée selon laquelle l’Église nous limite en quoi que ce soit. Au contraire : elle nous libère, avant tout de nos passions. La vie dans l’Église, c’est la libération et non la limitation. Et s’il est question, par exemple, du jeûne, je dis : « Lorsque le médecin vous prescrit quelque diète, cela est pire, bien pire, que le jeûne. Mais vous observerez strictement cette diète, parce qu’elle a été prescrite par le médecin. Aussi, il ne faut pas non plus considérer les paroles du prêtre sur la nécessité du jeûne comme non importantes ou non sérieuses.

Actuellement, en Russie, les séminaires ou les formations qui enseignent à être heureux et réussir connaissent une grande popularité. Ils sont fréquentés également par des gens pratiquants avec le même but : apprendre à réussir. Que répondre à ces gens : que faut-il pour, du point de vue du chrétien, être heureux et réussir ?

– Que ces gens lisent les vies de saints, et ils verront que les saints martyrs se réjouissaient lorsqu’ils allaient au supplice. Parfois même, ils se disputaient entre eux, ils rivalisaient pour être les premiers. C’est une approche de la vie totalement différente de celle de ceux qui sont hors de l’Église. C’est fondamentalement une autre approche, on peut dire qu’en grande partie, elle se trouve aux antipodes. En effet, nous cherchons précisément le bonheur dans l’accomplissement des commandements de Dieu. Et nous le trouvons là, si nous accomplissons tout correctement. Or, les gens qui ne fréquentent pas l’Église, tout simplement, ne le voient pas – et ne peuvent le voir – parce qu’ils ne sont pas éduqués dans cette direction. Mais il faut aussi dire que les chrétiens, souvent, ne reçoivent pas pleinement ce bonheur de la vie dans l’Église, parce que chez nous beaucoup de choses sont faites subconsciemment ou inconsciemment. Et nous, membres du clergé, sommes coupables, dans une certaine mesure, parce que, parfois, nous privons les fidèles de beaucoup de choses, lorsque, par exemple, nous lisons l’office de façon négligente, avec précipitation… Je dirais même : c’est une propagande anti-ecclésiale, qui est menée dans l’Église – lorsque pendant l’office on lit négligemment ou de telle façon que personne ne peut comprendre ce qu’on lit. Et la question n’est pas celle de la langue mais comment on prononce les paroles de la prière, comme ils sont transmis. Or, chacun de nos offices constitue une véritable école théologique. Ne serait-ce par exemple que les canons des offices de chaque jour, tout y est ! Quelle école ! Il suffit d’entendre et d’écouter.

Source

Selon un institut de sondage, 96,5 % des Roumains croient en Dieu

Les Roumains, dans leur majorité, sont religieux, croient en Dieu, aux saints, au paradis, à l’enfer et à la vie après la mort, selon l’enquête « Baromètre INSCOP – la vérité sur la Roumanie » effectuée par le centre Inscop Research, à la demande du quotidien roumain «Adevărul». Selon l’enquête, 96,5% des Roumains croient en Dieu, 84,4% aux saints, 59,6% à l’existence du paradis, 57,5% à l’existence de l’enfer, et 54,4% à la vie après la mort. En outre, 83,9% des Roumains se considèrent comme des gens religieux, 10,3% comme non-religieux, alors que 1,1% se disent athées convaincus. Selon la même source, 37,8% des Roumains qui se considèrent religieux ne fréquentent l’église qu’à l’occasion des grandes fêtes, 25,4% s’y rendent une fois par semaine (particulièrement le dimanche), 18,9%, une fois par mois, 10,2% une fois par an ou encore plus rarement, tandis que 3,4% déclarent qu’ils ne vont pas du tout à l’église. 2,7% fréquentent l’église plusieurs fois par semaine et 0,9%, quotidiennement. L’enquête fait ressortir que 45,1% des Roumains qui se déclarent religieux, disent que la religion est pour eux très importante, tandis que pour 50,3% d’entre eux, elle est qualifiée « d’importante ». En même temps, 83% des Roumains disent qu’ils respectent le dimanche et les jours de fêtes, 74,6% se signent lorsqu’ils passent devant une église, 65% affirment qu’ils prient régulièrement, 60,2% font bénir leur maison et leur automobile, et 53,6% font des offrandes à l’église (43,2% n’en font pas, 3,2% n’ont pas répondu à cette question). L’enquête montre que 39,4% des Roumains s’adressent à un prêtre lorsqu’il leur survient des événements désagréables, 34,9% se confessent régulièrement, tandis que 29,6% jeûnent régulièrement. Selon la même source, 44,8% des Roumains font confiance aux prêtres, 42,4% croient aux miracles. Ladite enquête a été effectuée du 9 au 14 juillet 2015, auprès de 1075 personnes représentatives de la population roumaine, l’âge de celles-ci étant de 18 ans et plus, la marge maximale d’erreur se situant à 3%.

Source

Le Conseil pan-ukrainien des Églises : la nouvelle rédaction de la Constitution ukrainienne créée la base pour des « mariages » de même sexe

Les nouvelles formulations des droits et des libertés de l’homme proposées par la Commission de la Constitution ukrainienne « contiennent en elle de sérieuses menaces pour l’institution de la famille en Ukraine, pour les relations traditionnelles pour la société ukrainienne entre les époux comme union de l’homme et de la femme, et créent la base pour la légalisation des partenariats de même sexe (en partie par l’introduction du concept des « caractéristiques génétiques » dans l’article concernant l’interdiction de la discrimination), ce qui est 

Vous devez vous connecter en cliquant sur Login pour accéder à l'intégralité de l'article.

Source

Le patriarche Bartholomée participera à la réunion du “Sommet des consciences”

En préambule de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris (COP 21) – du 30 novembre au 11 décembre, le Sommet des consciences réunit le 21 juillet à Paris, plus de quarantaine personnalités morales et religieuses du monde entier pour répondre à la question « The climate, why do I care ? » et lancer ensemble un « Appel des consciences pour le climat ». Le patriarche Bartholomée y participera également. Pour trouver le programme de la journée, cliquez ICI.
Le Sommet des consciences est une initiative conjointe de Nicolas Hulot, envoyé spécial auprès du président de la République française, l’association “Alliance of Religions and Conservation” (ARC), de Bayard presse, du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises fondé par Arnold Schwarzenegger), et le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Interview de l’archiprêtre Victor Potapov au site orthodoxe russe « Pravmir » concernant la légalisation du « mariage de même sexe » aux États-Unis

Le blog Orthodoxologie a publié la traduction française de l’interview accordée par l’archiprêtre Victor Potapov, recteur de la paroisse de Washington de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, au sujet de la légalisation du « mariage de même sexe » aux États-Unis.

Source

Des responsables religieux rencontrent le président français pour plaider la cause de la justice climatique

Une déclaration appelant à un accord contraignant sur la crise climatique et à la limitation à 2 °C de l’augmentation de la température – cible convenue à l’échelle internationale pour contenir le réchauffement climatique – a été remise au président François Hollande par des représentants de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) le 1er juillet au palais de l’Élysée, à Paris. Signé par des représentants de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France, de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (Métropolite Emmanuel de France et Métropolite Emmanuel d’Europe occidentale et méridionale – Patriarcat de Roumanie), de l’Union bouddhiste de France, du Conseil français du culte musulman et du Consistoire central israélite de France, le document met en exergue une vive préoccupation pour les générations futures. «Notre conscience spirituelle et morale est interpellée. Nous sommes mis au défi d’agir pour la justice, d’œuvrer pour la paix, de préparer de toute urgence un futur sûr et viable pour nos enfants, en sortant de l’ère des énergies polluantes et en revoyant nos modèles économiques de production et de consommation sans limite», affirment les responsables religieux dans leur déclaration. La Conférence des responsables de culte en France (CRCF), créée en 2010 et regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l’islam et du judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté des responsables de culte en France d’approfondir leur connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société.

Source

Le métropolite Hilarion (Alfeyev) : Staline était un monstre, un épouvantail spirituel

Staline est comparable à Hitler

Je pense que Staline a été un monstre, un épouvantail spirituel qui a créé système de gouvernance affreux et antihumain, construit sur le mensonge, la violence et la terreur. Il a déclenché le génocide contre le peuple de son pays et est personnellement responsable de la mort de millions de personnes innocentes. En ce sens, Staline est totalement comparable à Hitler. Les deux ont été amenés dans ce monde tant de douleurs qu’aucun succès militaire ou politique ne peut racheter leur culpabilité devant l’humanité. Il n’y a pas de différence significative entre le Polygone de Boutovo et Buchenwald, entre le Goulag et le système nazi de camps d’extermination. Et le nombre de victimes de la répression stalinienne est tout à fait comparable à nos pertes dans la Grande Guerre patriotique.
La victoire dans la Grande Guerre patriotique a été véritablement un miracle, car, avant la guerre, Staline a tout fait pour écraser le pays. Il a détruit tous les hauts dirigeants de l’armée, et avec la répression de masse, a mis le pays, autrefois puissant, à la limite de la survie. En 1937, quand il y a eu un recensement, le pays a manqué des dizaines de millions de personnes. Où sont ces millions de personnes ? Elles ont été éliminées par Staline. Notre pays est entré en guerre presque exsangue. Mais, malgré toute la répression terrible, les gens ont montré un héroïsme sans précédent. Sinon, comment n’pas appeler cela un miracle. La victoire dans la guerre – est une victoire du peuple. Le peuple qui a montré la plus grande volonté de résistance. Le miracle de la victoire dans la guerre – est une grande manifestation de la puissance de l’esprit de notre peuple, que ni Staline, ni Hitler n’ont pas pu briser.

Je ne crois pas à la repentance de Staline

F. Razoumovski : Comment pouvez-vous commenter la réunion au Kremlin de Staline avec les évêques en septembre 1943, après quoi il a été autorisé à élire un patriarche, à ouvrir des écoles religieuses, et nombreuses questions juridiques ont été résolues, qui ont été en attente depuis des années ? On dit que ce fut un acte de la repentance du pouvoir, en particulier de Staline lui-même, après touts ces persécution qui se sont abattue sur l’Église. D’autre part, après un certain temps, ces persécutions ont repris.

Le métropolite Hilarion : Je ne crois pas dans la repentance de Staline, qu’il se serait repenti pendant la Seconde Guerre mondiale ou après. Je ne crois pas dans la mythologie qu’on propage autours de ce personnage. Je pense que sa politique a été criminelle envers son peuple, envers l’Eglise. Le fait que nous avons gagné la guerre – n’est pas le mérite de Staline, mais le mérite du peuple- d’éminents commandants, des officiers et des soldats, des travailleurs à l’arrière. Et toutes les personnes qui ont donné leur vie pour leur pays. Je pense que le brusque changement de la politique du gouvernement envers l’Eglise a été lié principalement à la perspective de l’ouverture d’un second front en Europe. Staline a voulu montrer aux Britanniques et aux Américains un certain “visage” civilisé de l’Union soviétique. Ainsi, a émergé la question de l’Eglise, car il est connu que les Britanniques avait envoyé une délégation en l’Union soviétique, qui comprenait l’archevêque de York. Il était nécessaire de créer l’apparence de la liberté religieuse dans l’Union soviétique, et de faire une impression positive sur les anglicans, pour rappeler que nous avons aussi l’Église et sa tête, le locum tenens patriarcal, à qui a été refusée l’entrée à Moscou. Il a été convoqué de toute urgence, et après la réunion du Kremlin de Staline avec les métropolites, il a été autorisé à se réunir et à élire un patriarche, et cela le plus rapidement possible. En conséquence, aux étrangers a été présenté, que l’Eglise dans l’Union soviétique a non seulement la liberté mais aussi une position privilégiée.

Bien sûr, à sa manière, cela a été un acte très cynique, mais pour l’Eglise, ce fut un acte d’une grande importance, car à partir de ce moment, les persécutions sanglantes et massives ont été suspendues, ou disons, ont diminué. La période après 1943 et jusqu’à la mort de Staline – a été une période relativement prospère pour l’Église, bien qu’elle ait continué à vivre dans des conditions exiguës.

Source

Le « Pew Research Center » relève que les orthodoxes perdent plus rapidement leur identité aux États-Unis que les autres groupes religieux

Le « Pew Research Center », le célèbre centre d’études et de recherches religieuses, sociales et politiques, a produit un rapport concernant les religions aux États-Unis, dont l’orthodoxie. Il résulte de ce rapport que les orthodoxes perdent plus rapidement leur identité aux États-Unis que les autres groupes religieux. L’étude présente des résultats statistiques concernant le christianisme orthodoxe aux États-Unis les comparant avec celles des autres entités religieuses, chrétiennes et non-chrétiennes. Concrètement, selon l’enquête, « les chrétiens orthodoxes se trouvent au niveau le plus bas en ce qui concerne leur fidélité à la foi orthodoxe d’une génération à une autre, c’est-à-dire que seuls 50% déclarent qu’ils s’identifient à la foi orthodoxe dans le pays, au milieu de chrétiens et de non-chrétiens. Plus particulièrement, seuls 53% des adultes qui ont été élevés au sein de l’Église orthodoxe continuent à s’appeler chrétiens orthodoxes tandis que ce chiffre est de 80% chez les hindouistes, 75% chez les israélites, 64% chez les mormons et 59% chez les catholiques-romains. Les mariages religieux connaissent une chute générale de 6%, tandis que le pourcentage des mariages chez les chrétiens orthodoxes se trouve à un niveau bien plus bas que dans les autres confessions. En 2007, 58% des chrétiens orthodoxes se déclaraient mariés, tandis qu’en 2014, ce chiffre n’était que de 48%, ce qui correspond à une chute de 10%. Or, chez les catholiques-romains, le chiffre correspondant est de 6%, chez les protestants, 4% et chez les israélites, 1%. En même temps, le nombre des mariages de ceux qui se définissent comme athées a diminué de 3%. Il est également mentionné dans l’étude que « l’Église orthodoxe montre qu’elle est plus touchée par les mariages inter-religieux que toutes les autres religions. Les hindouistes sont les plus nombreux à avoir un époux ou compagnon de même religion, et le pourcentage correspondant s’élève à 91%. Suivent les mormons avec 82%, les musulmans avec 79%, tandis que 75% des catholiques-romains et des protestants évangéliques sont mariés ou bien cohabitent avec un époux ou compagnon qui appartient à la même religion. Pour les chrétiens orthodoxes, ce chiffre n’est que de 53%. Du point de vue économique, les chrétiens orthodoxes disposent des revenus les plus élevés par personne, comparés aux autres religions chrétiennes. 29% des chrétiens orthodoxes ont un revenu familial annuel supérieur à 100.000 dollars, en comparaison avec les catholiques-romains pour lesquels ce pourcentage est de 19%, et de 14% pour les évangéliques. L’enquête intégrale a été publiée le 12 mai 2015 sous le titre « «America’s Changing Religious Landscape» ici.

Source

Message du patriarche de Serbie Irénée au sujet de la « gay pride » prévue à Belgrade le 28 septembre

« En la fête de la Nativité de la très sainte Mère de Dieu

Ces jours-ci, la « gay pride » à nouveau est imposée par la force à Belgrade et à la Serbie. Les organisateurs d’un défilé de cette sorte ainsi que leurs mentors européens ne souhaitent pas tirer un enseignement de tout ce qu’ont provoqué les parades précédentes : l’opposition de l’immense majorité des citoyens indépendamment de leur appartenance religieuse, politique, idéologique ; le malaise et l’instigation à l’agressivité, le réveil de l’instinct de destructivité dans certaines couches de la population, particulièrement chez les plus jeunes, la contrainte, pour les autorités, d’engager pratiquement l’appareil policier entier du pays pour assurer la sécurité de ce groupe minoritaire. Faut-il en raison de ce défilé réellement absurde, que l’État, dans la situation actuelle de pauvreté, dépense des millions pour la sécurité d’une poignée de ses concitoyens et de leurs hôtes, pour une « parade » de quelques centaines de mètres dans la centre de Belgrade ? Le ministère de l'Intérieur doit faire venir de toutes les régions de Serbie des milliers de policiers, leur assurer le séjour dans la ville de Belgrade, les repas, avec en outre des risques réels pour eux d’être blessés, voire de mettre en péril leurs vies. Prenant en compte tous les dangers que cette parade peut provoquer des deux côtés, de même que la menace sérieuse à la sécurité dans la ville, nous prenons la liberté avec un souci paternel, au nom de l’Église – la gardienne séculaire de la dignité humaine et des principes moraux sains –  et aussi au nom de ses fidèles qui constituent environ 80% de toute la population de la République de Serbie, de nous adresser aux organisateurs et aux participants de la « gay pride » avec quelques questions : 

1. La défense de ses intérêts privés doit-elle et peut-elle se réaliser par l’humiliation et le piétinement des sentiments moraux de l’immense majorité de l’humanité ? 
2. Est-ce que, par le mépris de la Loi Divine et de l’ordre moral inscrit dans la nature humaine, se réalise la dignité humaine ?
3. Si l’orientation sexuelle « gay » est justifiée, et qu’il faille la propager, sur la base de quoi la même chose n’est pas valable pour la pédophilie (répandue massivement dans le monde occidental), pour l’inceste, pour la zoophilie, et autres instincts sexuels pervers ? En quoi leur droit est-il inférieur au soi-disant droit de votre (dés)orientation ?
4. Êtes-vous à ce point aveuglés par votre vice et votre égoïsme qu’il ne vous gêne pas de mettre en branle tout l’appareil d’État de la Serbie et donner lieu à des dépenses matérielles infondées ? Et aussi de provoquer chez vos frères et concitoyens tant de trouble et d’agitation, bien souvent avec des conséquences catastrophiques sur les deux côtés ?
5. Est-ce que par vos « parades » vous propagez seulement vos « droits » ou tentez-vous peut-être d’imposer votre style de vie aux autres, particulièrement aux enfants innocents et à la jeunesse inexpérimentée, en raison de quoi, absolument à juste titre, leurs parents et leurs enseignants sont préoccupés ? 
6. Le fait même que vous qualifiez votre parade de « parade de la fierté », ne témoigne-t-il pas de l’incertitude de votre conscience quant au bien-fondé de votre orientation et votre mode de vie ?

Quoi qu’il en soit, une seule chose est certaine : vous avez le droit de défiler, mais seulement à vos propres frais et celles de vos mandants, quel que soit le nom dont ils s’affublent et ce tant pour la parade elle-même que pour votre sécurité, mais non aux frais de la Serbie : bombardée, détruite, paralysée moralement et économiquement, appauvrie, inondée, clouée au pilori… Outre tout cela, ni nous ni vous, ni qui que ce soit, ne saurions oublier cela : nous pouvons tout faire, mais tout n’est pas pour notre utilité et notre bien, ni pour atteindre la véritable dignité humaine.
Les droits et la vie humaine ne se mesurent pas seulement par la justice humaine, mais par celle de Dieu, éternelle et divino-humaine ! »

Source et photographie

Le premier prêtre orthodoxe noir en Amérique

Par Matthew Namee, le 15 juillet 2009 

Permettez-moi de vous présenter ci-dessous le texte de la conférence que j'ai donnée dans le cadre la Confrérie saint Moïse l’Ethiopien à Indianapolis à la fin du mois de mai de cette année. Le sujet en est le père Raphaël Morgan, le premier prêtre orthodoxe noir en Amérique. Plus tard cette année,  la revue trimestrielle du séminaire Saint-Vladimir devrait publier l’article que j'ai écrit sur ​​le père Raphaël. 
Je suis ici aujourd'hui pour vous parler de l'une des figures les plus intéressantes de l'histoire de l'orthodoxie américaine. Mais plutôt que de simplement vous raconter l’histoire de sa vie dans l'ordre chronologique, je me propose de vous dire tout d ‘abord comment je l’ai rencontré. 
Il ya plusieurs années, je suis allé fouiller dans la bibliothèque du séminaire Saint-Vladimir, à la recherche de documents sur le père Ingram Irvine, un Américain converti très tôt à l'orthodoxie. J’ai consulté certains numéros du Russian Orthodox American Messenger, qui était l’ancienne publication en langue anglaise de l'Église russe en Amérique. Dans l'un de ses numéros, celui d’octobre novembre 1904 pour être précis, j'ai remarqué une lettre écrite par une personne du nom de Robert Morgan Josias. Cet homme, Morgan, était apparemment un diacre de l’Eglise épiscopalienne qui avait récemment visité la Russie et qui, dans sa lettre, disait à quel point il avait apprécié son voyage. J’oubliai un peu cette découverte à l'époque, mais heureusement, j'ai fait une photocopie, pensant que cette lettre pourrait m’être utile à l'avenir. Et puis j'ai rapidement tout oublié sur Robert Josias Morgan. 
Mais peu de temps après, alors que je consultais d’anciens numéros de journaux en ligne, à la recherche d'articles numérisés sur saint Raphaël de Brooklyn. J'avais indiqué quelques mots-clés comme "Raphaël" et "Eglise orthodoxe», ou quelque chose comme ça, et je suis tombé sur un ensemble de résultats provenant d'un journal jamaïcain de 1913. J'ai cliqué sur le premier numéro, et sur ​​mon écran est apparu un résultat étonnant. Sur la couverture du journal figurait la photo d'un homme noir, habillé avec des vêtements noirs, et portant autour du cou une chaîne et une croix pectorale. Au dessus de la photographie, le titre imprimé était le suivant : "la visite du prêtre, le père Raphaël de l'Eglise orthodoxe grecque".
Inutile de dire que j'ai été surpris. Qui était ce prêtre ? Quelle était son histoire? Et pourquoi n'avais-je pas jamais entendu parler de lui avant ? Il m'a fallu un certain temps pour reconstituer les détails de la vie du père Raphaël, et même maintenant, il y a encore d'énormes lacunes. Un auteur non orthodoxe, écrivant sur le père Raphaël dans les années 1970 a écrit : «L'histoire de Morgan est si complètement improbable que l'on a tendance à la rejeter comme étant un canular. » Mais moi je vous assure que ce n'est pas un canular.  
Robert Josias Morgan est né en Jamaïque dans les années 1860 ou au tout début des années 1870, pendant ou juste après la guerre de Sécession. Il n’est pas possible de fixer sa date de naissance plus précisément que cela. Il n'a jamais connu son père, qui est mort avant sa venue au monde. Encore jeune, Morgan s’est engagé dans une vie étonnante et difficilement explicable, effectuant de nombreux voyages. Je n'ai aucune idée de comment il a pu financer tous ces déplacements. Il s’est rendu d’abord à Panama puis au Honduras, avant de découvrir les Etats-Unis. On le retrouve ensuite missionnaire en Allemagne, dans différentes régions. Il a effectué également plusieurs séjours en Angleterre. À une date et dans des circonstances indéterminées, il est devenu ministre de l'Église épiscopale méthodiste africaine, avant de rejoindre plus tard l'Église d'Angleterre. Il est allé en Afrique, en Sierra Leone, où il a étudié le grec et le latin dans une école anglicane. Il a été prédicateur laïc, puis a travaillé comme missionnaire au Liberia durant un certain nombre d'années. 
Il a ensuite fait un autre voyage en Amérique, avant de retourner en Angleterre afin de reprendre des études avec le projet de devenir diacre. Il est ensuite reparti aux Etats-Unis et a été ordonné diacre en 1895, il a servi dans de nombreuses régions : Delaware, Charleston, Richmond, Nashville et Philadelphie. 
À un certain moment au tout début du XXe siècle, Morgan a commencé à mettre en question sa foi anglicane. Pendant trois ans, il a étudié l'anglicanisme, le catholicisme romain, et l'orthodoxie, en essayant de déterminer où était la véritable Église. Comme d’autres l’ont dit avant lui, « Il eut la conviction définitive que la sainte Eglise orthodoxe grecque catholique et apostolique constituait la colonne et le fondement de la vérité." Mais il n'est pas devenu orthodoxe tout de suite. Il est allé effectuer ce voyage en Russie que je l'ai déjà mentionné, visitant des églises et des monastères. Il était présent au service d'anniversaire pour le couronnement du tsar Nicolas II, et il a également assisté à la cérémonie commémorative pour le tsar Alexandre III. Morgan a été traité comme un invité spécial du Kremlin, et sa photographie aurait été publiée dans diverses revues russes. Dans son récit après le voyage, il écrit : « Je suis venu comme un simple touriste, principalement dans le but de voir les églises et les monastères de ce pays, d'observer les rites et les usages de la sainte Église orthodoxe, dont j'avais tellement entendu parler à l'étranger. Et je suis tout à fait satisfait de tout ce que j'ai vu et de ce dont j'ai été témoin ». Morgan a ensuite continué ses voyages, visitant la Turquie, Chypre et la Terre Sainte. 
Mais il n'était toujours pas devenu encore orthodoxe. Il a passé encore trois ans à étudier avec les prêtres grecs en Amérique, se préparant au baptême. Maintenant, une question se pose : pourquoi Morgan a t’il le projet de rejoindre les Grecs plutôt que les Russes ? N'oublions pas, nous sommes au début du XXe siècle. Les Grecs en Amérique étaient assez désorganisés, il n'y avait pas d’évêques, pas de séminaires, pas de structure réelle d'aucune sorte. En pratique, la plupart des paroisses ont fonctionné comme de petites unités autonomes, au service exclusif des immigrants grecs. Cela contraste avec les Russes : ils avaient un évêque, saint Tikhon, qui était bien connu parmi les anglicans. Juste à cette époque, en 1904, les Russes ont établi leur premier séminaire, à Minneapolis. D'une manière générale, les Russes étaient très bien organisés. Et, encore une fois, juste à cette époque, en 1905, Ingram Irvine, un ancien prêtre épiscopalien, se convertit à l'orthodoxie dans l'église russe. La chose la plus évidente à faire pour Morgan  aurait été de rejoindre les Russes. Mais il ne l'a pas fait, et je ne sais pas pourquoi. Peut-être qu'il a simplement eu la chance de bien connaître les Grecs de Philadelphie et qu’il les appréciaient. Ce qui est sûr, c’est qu’il était à Philadelphie, et qu’il a été membre l'église grecque. 
En janvier 1906, Morgan était présent à la liturgie de Noël de l'église grecque de Philadelphie. Pour mémoire, c'était avant la mise en place du nouveau calendrier, de sorte que les Grecs célébraient Noël le 7 janvier. Quoi qu'il en soit, le Philadelphia Inquirer du lendemain publia un article disant que « Le révérend R.J. Morgan de l'Église catholique américaine, un ancien membre de l'Eglise épiscopale protestante, a assisté à la liturgie ». L'été suivant, en 1907, Morgan s’est embarqué pour Istanbul. Il était porteur de deux lettres. L’une était écrite par le prêtre grec de Philadelphie, le père Demetrios Petrides, qui recommandait que Morgan soit baptisé, puis ordonné prêtre orthodoxe. Il y avait aussi une autre lettre provenant de la communauté grecque de Philadelphie, soutenant l'ordination de Morgan et disant également que s’il ne parvenait pas à créer et développer une paroisse orthodoxe noire, il serait toujours le bienvenu pour aider leur prêtre et pasteur. Donc Morgan est arrivé à Istanbul, et il a été interrogé par le métropolite Joachim de Pelagoneia, l'un des rares évêques du Patriarcat qui savait l'anglais. Le métropolite Joachim recommanda donc que Morgan se fasse baptiser, chrismer, ordonner, puis soit renvoyé en Amérique afin de « porter la lumière de la foi orthodoxe parmi ses frères de race ».  Morgan a été baptisé au mois d’août devant trois mille personnes, et le jour de la fête de la Dormition, il a été ordonné prêtre. Il a pris à cette occasion le nom de "père Raphaël" à la place de Robert. Le Patriarcat œcuménique le renvoya en Amérique avec des vêtements, des livres liturgiques, une croix, et vingt livres sterling. Il a reçu le droit de confesser, mais le Saint-Synode a rejeté sa demande pour un antimension et le saint chrême. 
Dès que le père Raphaël a été de retour en Amérique, il a baptisé sa femme et ses enfants. Mais il y a ici quelque chose d’étrange : il a baptisé sa famille juste après son retour en Amérique, probablement à la fin de l’année 1907, mais, en 1911, il a effectué un voyage en Grèce, et, sur ​​la liste des passagers, il est inscrit comme célibataire. En outre, un journal jamaïcain affirme dans un article publié en 1913 qu'il « est connu dans le monde sous le nom de Robert Josias Morgan ». Deux années plus tard, dans le Who’s who of the Coloured Race, il est indiqué que « le nom de la famille Morgan a été abandonné et devrait jamais plus être utilisé en s'adressant à lui ». Il semblerait donc qu’il soit devenu moine à un moment donné. Et voici encore une autre chose à signaler : dans de nombreux articles  écrits sur sa jeunesse, Morgan est appelé le "fondateur et supérieur" d'une fraternité religieuse connue sous le nom d’ « Ordre de la Croix du Golgotha​​ » et je n'ai aucune idée de ce qu’était cet ordre. Je ne l'ai jamais vu mentionné nulle part ailleurs, mais en tout état de cause, vous n'entendez pas habituellement des prêtres mariés appelés «supérieurs» des ordres religieux. Jusqu'à récemment, j’ai pensé que l'épouse de Morgan aurait pu être décédée. Mais il y a quelques mois, j'ai découvert que la femme de Morgan avait déposé une demande de divorce en 1909, mentionnant sa « cruauté » et son « refus de soutenir les enfants du couple ». Je ne sais pas exactement ce que cela signifie. Il me semble qu’à la suite de cela, Morgan est allé en Grèce et qu’il se fit tonsurer moine. Il a été autorisé à continuer à servir en tant que prêtre, et son épouse s'est remariée et a conservé la garde de leur fils Cyrille. Les documents du divorce sont encore conservés dans les archives judiciaires du comté de Delaware, en Pennsylvanie. Je tente en ce moment d'obtenir des copies de ces documents, mais les démarches auprès de la cour sont assez difficiles. J'espère que je vais finir par avoir des copies et que je serai ainsi en mesure de faire la lumière sur cette période de la vie du père Raphaël. 
Quoi qu'il en soit, continuons notre récit… Père Raphaël semble avoir fait de la paroisse grecque de Philadelphie sa base stable pour ses activités. Il est allé à la Jamaïque en 1913 et y est resté pendant plusieurs mois, en 1914, il a visité l'île, donnant de nombreuses  conférences sur ses voyages, sur la Terre Sainte, et sur d’autres sujets. Un événement intéressant a eu lieu en décembre 1913 : un navire de guerre russe a fait escale en Jamaïque, et le père Raphaël a célébré la divine liturgie avec le prêtre russe à bord du navire. Un certain nombre de Jamaïcains d’origine syrienne y ont assisté, et le père Raphaël a utilisé l’anglais comme langue liturgique. Le lendemain, le journal local a écrit : « Père Raphaël déclare qu'il est maintenant en relation avec l'évêque syrien orthodoxe de Brooklyn en ce qui concerne les Syriens d’ici, et espère qu’avant longtemps quelque chose sera fait pour leur bien-être spirituel ». Bien sûr, l'évêque syrien orthodoxe de Brooklyn était saint Raphaël Hawaweeny. Je ne sais pas si quelque chose s’est concrétisé suite à ces échanges. Saint Raphaël est tombé malade en 1914 et est décédé en Février 1915, il est donc possible qu'il n'ai jamais été en mesure de faire quelque chose pour les Syriens de Jamaïque. Finalement, beaucoup de ces Syriens et leurs descendants sont devenus anglicans. 
Pourtant, il est important de noter que le père Raphaël et saint Raphaël ont été en contact l’un avec l'autre. Père Raphaël était un prêtre de l'église grecque, mais il n'a eu aucun problème à coopérer avec un autre orthodoxe en Amérique. En fait, il y a des preuves qu'il avait aussi des contacts avec la cathédrale russe à New York. Sur un manifeste des passagers de 1911, alors qu'il revenait en Amérique après son voyage en Grèce, le père Raphaël a indiqué que sa destination était la cathédrale russe à New York. Encore une fois, je n'ai aucune idée  sur les motifs de sa visite, ni sur ce qui s’est passé, mais il y a clairement eu une des relations entre lui et la cathédrale russe. 
La dernière chose que j'ai pu trouver sur le père Raphaël date de 1916, il était encore à Philadelphie. Lui et une douzaine d'autres Américains originaires de Jamaïque ont écrit une lettre aux rédacteurs en chef des principaux journaux de Jamaïque. Ils se plaignaient de Marcus Garvey, qui faisait ​​une tournée de conférences en Amérique. C'est assez intéressant. Vous avez peut être entendu parler de Marcus Garvey. C’était un nationaliste noir actif dans le parti du mouvement de retour à l'Afrique à cette période. Il a fondé la Universal Negro Improvement Association, et ses conférences en Amérique ont souvent réveillé les tensions raciales. Garvey parlait des relations raciales en Jamaïque d’une manière très négative. Père Raphaël et ses amis n'étaient pas heureux à ce sujet. Dans leur lettre, ils écrivaient : « Nous, après avoir assisté à ses conférences, nous avons constaté qu’elles sont pernicieuses, trompeuses, et portent atteinte au prestige du gouvernement et du peuple de la Jamaïque ». Garvey a rédigé une réponse, publiée dans un journal jamaïcain. Il y écrivait que la lettre du père Raphaël était « une invention et une fabrication grossière » écrite dans le cadre d'un complot contre lui. 
Voilà donc toute l’histoire. Après l'échange avec Marcus Garvey, père Raphaël semble avoir disparu. Paul Manolis, un historien orthodoxe grec, a interviewé plusieurs grecs âgés de Philadelphie à la fin des années 1970. L'une d'elle a dit qu'elle se souvenait s’être assise sur les genoux du père Raphaël qui lui donnait des bananes à manger. Elle a également dit que la fille du père Raphaël avait fait des études à Oxford. Je n'ai aucune idée si cela est vrai. Un homme a dit également que le père Raphaël parlait un «  grec haché » et utilisait l'anglais pour la liturgie. Enfin, un homme nommé George Liacouras a dit à Paul Manolis qu'il se souvenait que le père Raphaël « était parti à Jérusalem pour ne plus jamais revenir, après avoir servi quelques années avec le père Petrides ».
Il y a donc beaucoup de questions sans réponses. Père Raphaël est peut-être mort à la fin des années 1910, il se peut qu’il soit vraiment parti à Jérusalem,  il est également possible qu’il soit allé finir sa vie en Jamaïque ou en Afrique. Est-il resté orthodoxe ? A t-il jamais réussi dans son projet de convertir ses compatriotes noirs à l'orthodoxie ? 
À première vue, sa mission semble avoir été un échec. Sauf pour sa propre famille, il n'y a aucune preuve qu'il ai converti qui que ce soit. 
L'histoire pourrait s’arrêter là, mais … Eh bien, ce n’est pas le cas, pas tout à fait. Il est possible que le père Raphaël soit indirectement responsable de la conversion de milliers d'Africains à l'orthodoxie. Et voici comment. 
Sur le site de l'église épiscopalienne Saint-Philippe à Richmond, en Virginie, il y a une liste des pasteurs. Et là, nous trouvons Robert Josias Morgan répertorié comme étant le recteur de la paroisse pour une courte période, en 1901, mais il était juste diacre, comment pouvait-il en être le recteur ? La seule explication que je peux trouver, c’est que c'était une position intérimaire : l'ancien recteur était parti, et Morgan a assuré cette fonction jusqu'à ce qu’un prêtre permanent ai pu être trouvé. Il était déjà probablement le diacre de la paroisse, donc il était naturel qu’il remplisse cette fonction pendant quelques mois. Le recteur précédent était un prêtre nommé George Alexander McGuire. Vraisemblablement, Morgan et McGuire se connaissaient forcément. Ils étaient tous les deux des hommes noirs des Caraïbes, et les deux avaient été ordonnés à la même époque. Ils ont tous deux servi à Richmond, et par la suite, tous deux servi à Philadelphie. Il est donc logique de penser qu'ils se connaissaient bien.
Bon, alors pourquoi ces questions ? Qui était George Alexander McGuire ? Eh bien, je vais vous le dire. Plusieurs années plus tard, en 1920, George McGuire est devenu un proche collaborateur de Marcus Garvey, ce même Marcus Garvey à qui le père Raphaël avait écrit quelques années auparavant. Et puis, en 1921, George McGuire a été sacré évêque par un certain Mgr Joseph Vilatte de l'Eglise catholique américaine. Vous vous rappelez que j'ai mentionné plus haut qu'avant de devenir orthodoxe, le père Raphaël avait été très brièvement membre de cette même Église catholique américaine. Vilatte était en quelque sorte d'un évêque vagant. Je suppose qu’il était assez proche de l’Eglise « vieille-catholique », mais il était en fait une sorte de schismatique mélangeant les traditions épiscopalienne et catholique romaine. Depuis plusieurs années, il était aussi en bons termes avec les orthodoxes. Et comme je le disais, le père Raphaël a été brièvement dans son église en 1906. Et puis, en 1921, Vilatte consacre George McGuire évêque. 
Et que va faire George McGuire maintenant qu'il est devenu évêque ? Pourquoi, a t’il fondé un groupe appelé « l'Église orthodoxe africaine » ? Ce n'était pas vraiment très orthodoxe ! Il a fait adopter par son groupe un grand nombre de signes, de symboles et a adopté le vocabulaire de l'orthodoxie, mais il n'était en communion avec aucune des Églises orthodoxes dans le monde, et il était par ailleurs étroitement associé avec le mouvement nationaliste noir. Il n’était orthodoxe que le nom. Cependant, l'Église orthodoxe africaine s'est finalement développée progressivement dans presque toute l’Afrique. Et après la Seconde Guerre mondiale, les communautés de l’Eglise orthodoxe africaine qui se trouvaient en Afrique ont rejoint le Patriarcat orthodoxe d'Alexandrie. Une grande partie de la présence de l'orthodoxie dans l'Afrique d'aujourd'hui, dans des pays comme l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, peut être attribuée à ce mouvement. 
Les raisons pour lesquelles George McGuire a créé une église orthodoxe africaine restent mystérieuses. Il était à l’origine un prêtre épiscopalien. Pourquoi aurait-il voulu devenir orthodoxe ? Il est très, très probable, et je ne suis pas la première personne à le suggérer, que McGuire ai eu l'idée de devenir orthodoxe grâce au père Raphaël Morgan. Il connaissait certainement beaucoup de choses sur le ​​père Raphaël, et ils se fréquentaient très certainement. Il est même tout à fait possible que le père Raphaël ai essayé de convertir McGuire, semant ainsi des graines qui allaient amener plus tard McGuire à rechercher l'orthodoxie. 
Nous arrivons maintenant à la fin de notre histoire. D’une certaine manière, nous avons surtout des questions sur le père Raphaël. Comment a t-il réussi à voyager autour du monde autant de fois? Comment a t-il vraiment réussi à découvrir et à connaître l'orthodoxie ? Pourquoi a t-il rejoint les Grecs en Amérique plutôt que les Russes ? A t-il jamais réussi à convertir directement quelqu'un à la foi orthodoxe ? En quoi consistait son Ordre de la Croix du Golgotha​​ ? Qu’est-il arrivé à sa femme et ses enfants ? Et  finalement, qu’est-il devenu ? Est-il vraiment allé à Jérusalem, comme ce vieux grec de Philadelphie l’a suggéré ? Ou bien s’est il finalement passé toute autre chose ? 
Je ne peux pas répondre à l’ensemble de ces questions. Si vous pensez que vous pouvez m’aider à faire la lumière sur l'histoire du père Raphaël, s'il vous plaît faites le moi savoir. J'aimerais moi aussi en savoir plus sur cet homme fascinant. 
Avant de terminer, je voudrais réfléchir avec vous un instant sur ​​ce que l’histoire du père Raphaël signifie pour nous aujourd'hui. 
Le message le plus clair de sa vie, du moins à mon avis, est que la foi orthodoxe est pour tout le monde. Elle n'est pas seulement destinée à ceux qui sont nés dans un berceau orthodoxe, à ceux qui ont connu l’orthodoxie grâce à leurs origines. Il a montré à sa manière que l’Eglise était ouverte à tous ceux qui souhaitaient se convertir. Je suis certain qu'il semblait à tous ses contemporains totalement improbable qu'un homme noir jamaïcain devienne un prêtre orthodoxe. Pour autant que l’on puisse le dire, personne n’est venu à lui, personne n’a essayé de partager sa foi avec lui. Il a cherché  lui-même, à l’extérieur de son milieu, et quand il l'a trouvée, il l'a reconnue et gardée comme une perle de grand prix. 
D'une part, par sa conversion, il continue à témoigner aujourd'hui encore de la vérité de la foi orthodoxe. Et d'autre part, il nous exhorte à reconnaître que la foi orthodoxe est offerte au monde entier, et pas seulement à ceux qui ont eu la chance de naître dans un milieu orthodoxe, mais aussi à ces convertis qui ont pu découvrir l'orthodoxie. Pas seulement non plus à nos amis et à nos connaissances avec que nous pouvons facilement partager notre foi. Nous devons, comme l’est l'Eglise, être ouverts à tout moment à tous les peuples. Le père Raphaël Morgan constitue pour nous un rappel exemplaire de cette importante vérité.

Source : Orthodoxhistory.org

” Au Brésil, le football est désormais vraiment une religion “

Cet article du site Fait religieux rapporte que la "religion du football" a été légalement déclarée au Brésil. Désormais, "grâce à la loi brésilienne sur le respect des cultes religieux, chacun peut désormais quitter son poste de travail pour aller suivre les matchs de la Coupe comme s'il s'agissait d'aller prier à l'église ou à la mosquée !".

Un article de l’hebdomadaire « La Vie » sur le père Ibrahim Sarouj

Ibrahim SaroujL’hebdomadiare « La Vie » de cette semaine consacre une double page au père Ibrahim Sarouj. Ce prêtre orthodoxe de Tripoli (Liban), qui est maintenant âgé de soixante-douze ans, a fondé en 1974, avec deux amis membres du mouvement libanais de la jeunesse orthodoxe, une librairie, qui est aussi devenue au fil du temps une bibliothèque (dans laquelle chacun, quelle que soit son appartenance religieuse, peut venir lire), et une petite maison d’édition. Le 3 janvier, ce lieu unique de culture, de rencontre et de dialogue a été incendié par des islamistes qui accusaient faussement le propriétaire d’avoir mis en vente un livre insultant pour Mahomet. Environ 5000 ouvrages sur les 85.000 que contenait le local ont brûlé. Cet acte criminel, dont de nombreux médias ont rendu compte, a suscité l’indignation générale. Une campagne de solidarité a été lancée parmi les habitants de Tripoli pour reconstituer le fond détruit et créer au sein de la  librairie un centre culturel.

Audition du métropolite Emmanuel par l’Observatoire de la laïcité

Le métropolite Emmanuel, président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, a été auditionné ce mardi 4 février par l'Observatoire de la laïcité. Pour lire le texte de son audition cliquez ICI ! L'observatoire de la laïcité est une instance rattachée au Premier ministre ayant pour objet de conseiller et d’assister le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France.

Le document de l’Église orthodoxe russe sur le baptême des nourrissons nés avec l’aide d’une « mère porteuse »

Nous publions en version intégrale le document adopté lors de la réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe des 25-26 décembre 2013 sur le baptême des enfants issus d’une « mère porteuse ». Le résumé précédemment cité en référence étant insuffisant à faire comprendre la position exacte de l’Église russe et ayant donné lieu à quelques malentendus, il convient de souligner que la décision de l’Église russe de refuser le baptême aux enfants nés de « mères de substitutions » (encore appelées « mères porteuses ») repose sur un principe qui s’applique à d’autres cas : le baptême n’est pas dans la vie d’une personne un acte isolé, sans exigences et sans suite, mais l’inauguration d’une vie nouvelle et d’une croissance spirituelle qui, dans le cas des petits enfants, implique une éducation adéquate donnée par les parents et les parrains et marrraines en référence aux valeurs chrétiennes. Or cette condition n’est pas remplie dans le cas, entre autres, où les parents ont eu recours aux services d’une « mère porteuse », puisque cette pratique, comme le démontre le document, est en désaccord avec des valeurs chrétiennes fondamentales relatives à la personne et à son corps, ainsi qu’aux besoins de l’enfant dans ses rapports originels avec ses parents (en particulier sa mère au cours de la période de gestation), et qu’elle modifie la conception chrétienne de la nature et de la personne humaines, du mariage et de la famille. Cette décision est, par son caractère frappant, un signal donné à une société où la légalisation du recours aux mères porteuses (y compris par des personnes célibataires) a banalisé cet acte. Par rapport aux couples concernés, elle s'inscrit dans une démarche pastorale et a une visée pédagogique:  inciter les parents à se recentrer, à travers la pénitence, sur les valeurs chrétiennes, et à recadrer par là-même l’éducation chrétienne qu'ils ont le devoir de donner à leurs enfants.
Le document a éte traduit pour Orthodoxie.com ; les sous-titres, commentaires et numéros entre crochets sont de la rédaction.

Le starets Cyril (Pavlov) et le starets Serge (Chévitch), présences orthodoxes dans le calendrier « Paroles d’espérance » 2014

Starets_Kirill_et_SergeLe calendrier « Paroles d’espérance 2014 » présente pour chacune des 52 semaines de l’année une courte parole de sagesse à méditer. Certaines de ces paroles viennent de malades ou de détenus. La plupart viennent de témoins connus des grandes religions, ou de philosophes et d’écrivains célèbres ayant vécu à différentes époques. Sur une double page, avec le calendrier de la semaine figure une photographie de l’auteur, un résumé de sa biographie et une courte bibliographie.
Ce calendrier est destiné aux détenus des prisons françaises (20.000 d’entre eux le recevont gratuitement cette année), aux lecteurs des revues La Vie et Prier, et aux auditeurs des Radios chrétiennes francophones (RCF). L’éditeur, d’après la diffusion des années précédentes, estime à 5000 le nombre de particuliers qui devraient le commander sur son site.
Deux grands représentants contemporains de la spiritualité orthodoxe – le starets Cyril (Pavlov) et le starets Serge (Chévitch) – figurent dans ce calendrier 2014, aux côtés d’Abba Poemen (un père du désert du Ve siècle), du pape François, de Ma Ananda Moyî, de Djalâl-ud Dîn Rûmî, d’Arthur Schopenhauer, de Jean Vanier, de Vivekananda, de Milarepa, de Ramakrishna, de Jean-Marie Vianney (le curé d’Ars), de Confucius, de François d’Assise, de Taisen Deshimaru, d’Ibn Arabi, de Socrate ou de Charles de Foucault (la diversité des auteurs se veut respecteuse de la diversité d’appartenance confessionnelle du public auquel ce calendrier s’adresse).
L’archimandrite Cyril Pavlov est l’un des plus grands startsi russes actuels. Né en 1920 en Russie dans une famille de paysans croyants, il fut éduqué à partir de douze ans par son frère, non croyant, auprès duquel il perdit peu à peu la foi. Héros de la bataille de Stalingrad – son nom figure dans tous les manuels d’histoire – sa vie prit un tournant décisif en 1946 quand il entra au séminaire. Il y reçut de nombreux signes et miracles qui fortifièrent sa foi. Confesseur des patriarches Alexis Ier, Pimène et Alexis II, et des moines du célèbre monastère de la laure de la Trinité Saint-Serge, il est actuellement en Russie l’un des pères spirituels les plus vénérés, bien que la maladie le maintienne alité depuis plusieurs années et ne lui permette guère de recevoir des visites. De nombreux enseignements et homélies du starets Cyril peuvent être écoutés sur le Web.
Le starets Serge Chévitch (1903-1987) fut l’une des figures les plus charismatiques et les plus lumineuses de l’Église orthodoxe en Occident. Né à La Haye (Pays-Bas), il passa son enfance en Finlande puis près de Saint-Pétersbourg, où son père était général des hussards de la garde de l’empereur Nicolas II. Quelques années après la révolution de 1917, il dut, avec sa famille, prendre le chemin de l’exil et vint s’installer définitivement en France en 1923. De plus en plus en plus engagé dans la vie spirituelle, c’est avec la bénédiction de saint Silouane de l’Athos qu’il devint, en 1941, à la fois moine et prêtre. Menant une vie de renoncement et de pauvreté tout entière vouée à la célébration de Dieu et à l’amour du prochain, son activité se partagea désormais entre la modeste église orthodoxe de Vanves (Hauts-de-Seine) et le petit ermitage du Saint-Esprit à Le Mesnil-St-Denis (Yvelines). Possédant au plus haut degré les vertus de pénitence, d’humilité, de simplicité et de charité, doué des charismes de la prière ininterrompue, de la lecture dans les cœurs et du discernement, il aida, par son intercession et ses conseils empreints de simplicité et de sagesse, de nombreux hommes de toutes conditions venus de toute l’Europe chercher auprès de lui lumière et consolation. Il est actuellement vénéré dans la plupart des pays orthodoxes comme l’un des grands spirituels du siècle dernier.

« Douleur des peuples et voies de paix », thème de la rencontre internationale organisée par la communauté Sant’Egidio

« Douleur des peuples et voies de paix »: c’est un des thèmes qui ont été explorés lors de la rencontre internationale pour la paix de la communauté Sant’Egidio qui s’est tenue à Rome fin septembre et début octobre. La question de la souffrance des victimes de conflits, de celle de personnes souffrant de maladie, d’exclusion, d’isolement a été abordée par des personnalités de diverses appartenances religieuses qui ont témoigné pour la plupart de souffrances qu’elles ont personnellement subies.
Le cardinal Vinko Puljic, archevêque catholique de Sarajevo, est revenu sur son expérience durant la guerre au début des années 1990 en Bosnie-Herzégovine. L’archevêque arménien Armash Nalbandian, a évoqué le conflit qui déchire son pays, la Syrie. Rita Prigmore, de la communauté sinti d’Allemagne, a raconté sa propre histoire, le génocide dont a été victime sa communauté et la manière dont elle a survécu et a pardonné à ses bourreaux alors qu’elle n’était qu’un bébé. Le rabbin David Rosen, du congrès juif américain, a parlé de la Shoah et de la souffrance du peuple juif. Le père Antoine Guggenheim, prêtre catholique, directeur du « Pôle de recherche » du collège des Bernardins à Paris, a abordé dans son intervention ce thème de la souffrance à travers trois intellectuels contemporains: Irving Greenberg, juif américain qui aborde la Shoah comme défi pour le judaïsme; Jean-Claude Larchet, penseur français orthodoxe (auteur de « Dieu ne veut pas la souffrance des hommes ») qui appelle à un renouvellement du christianisme, et Julia Kristeva, psychanalyste française qui aborde le problème de la souffrance via le cas des personnes handicapées. Le texte du père Antoine Guggenheim figure en italien sur le site de la communauté Sant’Egidio.

Source: Radio Vatican

“La grande braderie des églises, des temples et synagogues…”

France-Info a consacré une chronique radiodiffusée à la vente des édifices religieux, églises, temples et synagogues, en France, en Europe et au Canada. Elle s'intitule "La grande braderie des églises, des temples, des synagogues…". En ligne ici.

Une histoire du dimanche

Le site Hérodote a mis en ligne un article sur l'histoire du dimanche de l'Antiquité à nos jours. Il s'intitule "Sacré dimanche !" et apporte de nombreuses précisions tant historiques que religieuses.

En Grèce, pour la première fois, le nombre des mariages civils a dépassé celui des mariages religieux

Outre les mariages, les baptêmes et les enterrements ont également été affectés par la crise et la pauvreté en Grèce. Les mariages deviennent de plus en plus sobres, tandis que, pour la première fois les mariages civils (qui, par définition, sont beaucoup moins chers), ont dépassé en nombre les mariages religieux en 2012. En fait, l’esprit d’économie mène beaucoup de couples de faire « d’une pierre deux coups » en faisant célébrer le mariage avec le baptême du premier enfant. En 2012, on a relevé une diminution de presque 10% des mariages par rapport à 2011. C’est ainsi qu’en 2011, 55.099 mariages ont été célébrés en Grèce, alors que ce nombre a chuté à 49.710 en 2012. Mais il est peut-être plus significatif que l’an passé, pour la première fois, le nombre des mariages civils a dépassé celui des mariages religieux, soit 25.730 contre 23.980 dans toute la Grèce. Ce développement a manifestement des raisons économiques. Durant la période de 1980 (lorsque le mariage civil a été institué – à l’égal du mariage religieux qui est reconnu par l’État) à l’an 2000, peu de couples recouraient au mariage civil. En 2001, par exemple, les mariages civils s’élevaient seulement à 10.404 contre 48.087 mariages religieux. Le fait suivant est révélateur de la tendance pour un mariage «sobre»: dans la municipalité d’Athènes, il n’y a pratiquement pas d’invités aux mariages civils, à l’exception des témoins et des parents proches. Il n’y a pas d’apéritif, ni d’autres dépenses. Seuls 10 à 20% de ces mariages ont lieu avec des invités. Il convient encore de mentionner que la grande majorité des mariés sont d’origine grecque, et par conséquent la probabilité de mariages impliquant d’autres religions et (justifiant par conséquent le recours au mariage civil) est minime. En réponse à cette tendance au mariage civil, le métropolite de Dimitrias Ignace a déclaré récemment que, dans les églises du ressort de son diocèse, les cérémonies de mariage seraient gratuites pour ceux qui font face à des problèmes économiques.

Source: Romfea, traduit du grec pour Orthodoxie.com

France: aucun croyant pratiquant au sein du Gouvernement

Le site Fait religieux rapporte que, pour la première fois, il n'y a aucun croyant pratiquant au sein du Gouvernement en France. Le site a repris la liste des gouvernements en France depuis 1974 et a observé qu'il s'agit d'une première. Toutefois, sur les 38 membres du Gouvernement, deux n'ont pas répondu. D'autre part, six se sont dits croyants sans être pratiquants. Onze se sont déclarés athées et cinq agnostiques. Les quatorze autres n'ont pas fait de commentaire.

Source: Fait religieux.com

Recension: Père Marc-Antoine de Beauregard, « Regard chrétien sur l’homosexualité »

CostaMarc-Antoine de Beauregard, « Regard chrétien sur l’homosexualité », Éditions de L’Œuvre, Paris, 2013, 127 p.
Tout en restant très minoritaire, l’homosexualité, devient de plus en plus voyante, se répand et se banalise dans nos sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, par l’effet 1) de l’active propagande des associations et lobbies homosexuels, 2) de la volonté de l’idéologie libérale (de droite et surtout de gauche), au nom d’une certaine conception de la liberté et de l’égalité, d’en faire une institution bénéficiant de toutes les possibilités et de tous les avantages assurés par la loi au couple marié et à la famille, 3) de l’appui des médias, surtout télévisuels, qui, pour des raisons d’audience, mettent en valeur les minorités déviantes tant dans des reportages que dans des séries télévisées) et donnent l’illusion de leur représentativité, 4) d’une idéologie philosophique (la « théorie du gender » ou genre), largement vulgarisée, selon laquelle c’est le choix de l’individu et non sa nature qui définit son sexe. Ce mouvement dans son ensemble entend déculpabiliser les homosexuels, mais en revanche culpabiliser ceux qui n’acceptent pas de reconnaître l’homosexualité comme une forme normale de sexualité, toute critique de l’homosexualité et des revendications propres aux homosexuels se voyant taxer d’« homophobie », selon un type d’amalgame qui a largement fait ses preuves dans d’autres domaines. Déjà du temps du précédent gouvernement en France, des associations homosexuelles ont reçu du ministère de l’Education le privilège de pénétrer dans les écoles primaires pour apprendre aux enfants, à partir de dessins animés mettant en scène des animaux, à considérer comme normales les relations amoureuses entre êtres de même sexe; la « théorie du genre », selon laquelle l’être humain se définit plus par son orientation sexuelle personnelle que par son identité sexuelle naturelle a été introduite officiellement dans les lycées français en 2011 dans les manuels de SVT (Sciences de la vie et de la terre) de la classe de Première, bien qu’en toute rigueur elle n’ait rien à y faire puisqu’elle relève d’une théorie philosophique qui n’a aucun caractère scientifique. Les adolescents, qui sont, de nos jours, dans beaucoup de cas, sans repères religieux et moraux, en viennent à considérer l’homosexualité comme un terme d’une alternative dont l’autre terme est l’hétérosexualité, ces deux termes étant également possibles et légitimes et s’offrant tous deux également a priori à leur choix. Le mot « hétéroxexualité », qui désigne la sexualité normale a d’ailleurs été créé pour la faire apparaître comme optionnelle face à l’homosexualité, de même que le mot « hétéroparentalité » commence à se répandre pour faire apparaître la parenté normale (d’une père et d’une mère) comme une simple option, tandis que d’autres changements de vocabulaire sont sciemment introduits pour changer les mentalités (par exemple « les parents » au lieu de « le père et la mère », « les familles » au lieu de « la famille », afin d’inclure dans ces notions les pseudo-parents et les pseudo-familles constituées par les couples homosexuels…). Le mariage homosexuel et la possibilité pour les couples homosexuels d’avoir des enfants (par voie d’adoption, par procréation médicalement assistée ou par le recours à des mères porteuses) sont déjà devenus des institutions dans plusieurs pays et sont en passe de le devenir en France, faisant ainsi courir à la société le risque grave d’une destruction de la cellule familiale sur laquelle elle est fondée, et à une multitude d’enfants acquis artificiellement et élevés par deux parents de même sexe de subir des perturbations psychologiques importantes (faute de bénéficier de la relation psycho-affective et spirituelle liée à la gestation et à la filiation naturelles, et faute de disposer, lors de leur croissance psychologique, des modèles d’identification, masculin et féminin, dont ils ont besoin pour se contruire).

Read More »

Les Français et Noël

L'Ifop (Institut français d'opinion publique) a publié un sondage sur les Français et Noël effectué en décembre 2012 pour Sud-Ouest Dimanche. Présentation des résultats (résultats de l'étude): " Par la passé perçue plutôt comme une fête religieuse, la fête de Noël est aujourd’hui plutôt représentée comme une fête familiale, un moment de rassemblement avec ses proches. La tradition familiale est particulièrement prégnante et est de plus en plus présente dans les représentations associées à la fête de Noël.
Les Français restent quasi-unanimes à considérer le réveillon du 24 décembre comme une occasion de faire plaisir à ses proches (89%, -5 par rapport à 1997) et un moment de tradition qui rappelle l’enfance (89%, +6). Dans le même ordre d’idées, Noël apparaît de plus en plus comme une occasion unique de se retrouver en famille pour trois quarts des personnes interrogées (77%, +14) dans une société plus individualiste et plus mobile et dans laquelle la sphère familiale s’est réduite. Traduisant une hausse de dix points par rapport à 1997, 87% estiment également que Noël correspond à une rare occasion d’entretenir les traditions familiales et de conserver ses racines. La fête de Noël tient ainsi lieu de moment de retrouvailles qui permet de renouer avec sa famille, avec son enfance. Le mouvement de repli sur la sphère privée et sur la famille se manifeste par ailleurs avec l’affaiblissement de l’esprit de solidarité pendant Noël. 75% des Français assimilaient Noël en 1997 à un moment où l’on se sent plus solidaire des pauvres et des isolés, contre 57% aujourd’hui, soit une baisse de 18 points. Opère sur ce point un clivage générationnel : les séniors insistent davantage sur la solidarité au moment de Noël (72%) et s’opposent aux autres générations (57% en moyenne).

Read More »

Slovaquie: la nouvelle pièce de deux euros avec les saints Cyrille et Méthode sans auréole et sans croix ?

Sous la pression des instances de l'Union européenne, la nouvelle pièce slovaque de deux euros, pourrait présenter les saints Cyrille et Méthode sans auréole et sans croix sur les vêtements (photographie ci-contre). Le site Euractiv signale que, outre en Slovaquie, la presse bulgare a accueilli avec inquiétude le dessin remanié, en rappelant que durant la période communiste les autorités demandaient aux peintres et aux sculpteurs de représenter les saints Cyrille et Méthode sans auréole. Toutefois, le quotidien La Croix rapporte que, suite à l'émoi suscité en Slovaquie et aux protestations, la Banque centrale slovaque a décidé, le 23 novembre, de revenir à la proposition initiale du graveur qui comporte les auréoles et les croix sur les vêtements (photographie ci-dessous). Mais la nouvelle pièce doit être encore soumise à l'approbation du Conseil européen.

Sources (dont photographie de la nouvelle pièce, version remanié, ci-dessus, et version originale, ci-dessous): Orthodoxologie, Euractiv , La Croix

Les conséquences de la loi sur le mariage homosexuel

Le Figaro s'est procuré le document qui fait le tour de changements concrets, nombreux, liés au projet de loi sur le mariage homosexuel. L'un de ces changements concerne le code civil et le livret de mariage: "Les termes «père» et «mère» ou «mari» et «femme» et «homme» et «femme» seraient amenés à disparaître du Code civil. La réforme envisagée aurait des conséquences inévitables sur le contenu des actes de l'état civil. «En effet, il conviendra de modifier le contenu des actes de naissance, de reconnaissance, de mariage et de décès. L'instruction générale relative à l'état civil, dont le travail de refonte est actuellement en cours par la Chancellerie, devra contenir les nouvelles formules adaptées aux situations des couples ou des parents de même sexe», rappelle ce document. Il sera également nécessaire de modifier, pour l'adapter, le livret de famille pour qu'il comporte les nouvelles mentions liées à l'existence de couples et parents de même sexe. De nouveaux exemplaires de ces documents devront être commandés."

Source: Le Figaro

Nos précédentes notes sur cette question: 1, 2, 3, 4, 5. Sur cette page du site Sagesse orthodoxe, plusieurs notes évoquent cette question. Le père Boris Bobrinskoy figure dans le comité de parrainage de la pétition "Tous pour le mariage" qui a recueilli près de 90 000 signatures à ce jour.

France: fin de la seule émission religieuse de la TNT

La seule émission religieuse de la TNT, "Dieu merci !", diffusée tous les vendredis dans la matinée, a été arrêtée. Cette disparition intervient suite au changement de propriétaire de la chaîne D8 (anciennement Direct 8). Celle-ci a été rachetée pour le groupe Canal+. Elle appartenait auparavant au groupe Bolloré. Les vidéos de l'émission "Dieu merci !" sont toujours en ligne sur le site dédié. Des orthodoxes y ont parfois été invités.

Par ailleurs, toujours en ce qui concerne le "Paysage audiovisuel français" (le "PAF"), il y a quelques mois, le CSA a refusé, pour la deuxième fois, que la chaine de télévision catholique KTO intègre la TNT.

Pour le modèle naturel du mariage fondé sur l’union d’un homme et d’une femme

Une pétition, "Tous pour le mariage", est en ligne pour défendre "le modèle naturel du mariage fondé sur l'union d'un homme et une femme". Son comité de parrainage comprend notamment plusieurs évêques catholiques, des universitaires, des députés, des pasteurs, un imam et un président de mosquée, un ancien ministre de la Justice. Sur ce sujet, voir le dernier communiqué de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France (1), cette note, le texte de l'avant-projet de loi sur "le mariage pour tous".

Religion et athéisme dans le monde et en France

The Gallup Organization vient de publier son index mondial de la religion et de l'athéisme (ici au format pdf, en anglais). Pour la France, 37% des personnes sondées se considèrent comme religieuses, 34% comme non religieuses et 29% comme athées, ce qui place la France pour ce dernier chiffre à la 4ème position parmi les 57 pays mentionnés dans l'index. Les sans réponses constituent 1% des sondés. En 2005, les chiffres pour la France donnaient 57% de personnes religieuses (donc une chute de 21% de 2005 à 2012). Durant la même période, ceux qui déclarent athées sont passés de 14 à 29%, donc une hausse de 15% en sept ans. En Europe, les pourcentages les plus élevés pour les personnes qui se disent religieuses (en 5e et 6e position dans le "top 10" mondial) se trouvent en Macédoine avec 90%, en augmentation de 5% par rapport à 2005 (1% se déclarent athées, en recul de 2%, 8% non religieux, 1% sans réponse), et la Roumanie avec 89%, en augmentation de 4% (6% non religieux, 1% d'athées, chiffre stable, 3% sans réponse).

France: une proposition pour déchristianiser des jours fériés

L'Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH) en France vient de proposer (voir ici) la banalisation de trois jours fériés d'origine chrétienne avec la possibilité de les échanger contre d'autres jours dans l'année. Les jours visés sont le 15 août, le jeudi de l'Ascension et le lundi de Pentecôte. La raison invoquée est la diversité religieuse dans les entreprises. Elle demande l'ouverture d'un débat national sur la question (premières réactions). Présent une journée au congrès de l'ANDRH, le ministre du Travail, Michel Sapin, à qui les propositions ont été présentées, a recommandé aux entreprises «d'agir sur ce sujet avec beaucoup de prudence».

Source: Le Figaro

Les progrès contrastés de l’incroyance dans le monde

Le site Religioscope a publié, le 23 avril, un article sur des récentes études relatives à la croyance, à l’incroyance et à l’athéisme dans le monde. L’une de ces études, rendue publique le 18 avril, montre notamment que “la croyance en Dieu demeure forte, mais a diminué dans la plupart des pays: le déclin est modeste, mais une érosion (pour l’instant très lente) touche la majorité des pays considérés. Il existe aussi des pays dans lesquels la croyance en Dieu a augmenté entre 1991 et 2008: Israël, la Russie et la Slovénie. Plusieurs pays présentent des évolutions contrastées selon les aspects considérés.” Donnant quelques exemples, il précise ainsi: “En 2008, 52,1% des habitants de l’Allemagne de l’Est disaient ne pas croire en Dieu (dont 46,1% de non croyants “forts”, qui ne croient pas en Dieu, n’y ont jamais cru et refusent totalement l’idée d’un Dieu personnel); ils sont suivis par 39,9% des Tchèques et 23,3% des habitants de la France. A l’autre extrême, seuls 0,7% des Philippins, 1,9% des Chypriotes et des Chiliens, 3% des habitants des États-Unis et 3,3% des Polonais se trouvaient dans les rangs des athées.”

Source: Religioscope

La crèche du marché de Noël des Champs-Elysées

Une crèche a fini par être mise, malgré les hésitations municipales, dans le marché de Noël aux Champs-Elysées rapporte l'agence Info-catho. La paroisse catholique locale s'est entendue avec les responsables de ce marché mais " la veille de l’ouverture, les bureaux de l'Hôtel de Ville de Paris signifient à la paroisse que « la connotation religieuse » du projet risque de « gêner ». La presse s’intéresse à l’affaire. Les agences touristiques trouvent ridicules une telle laïcité si éloignée des visiteurs asiatiques, indiens, chinois ou japonais comme des visiteurs italiens ou espagnols. Craignant une polémique, la municipalité finit par autoriser la crèche sous trois conditions : « Que la paroisse n’apparaisse plus comme étant l’organisateur, qu’il n’y ait aucun prosélytisme et aucune présence humaine » (…)".

Source: Info-catho

Une photographie blasphématoire dans une exposition à Avignon

Une photographie blasphématoire d'une exposition en cours à Avignon, montrant un crucifix plongé dans un bocal d'urine, du photographe américain Andres Serrano, intitulée "Piss Christ", suscite une vive polémique. Les catholiques locaux ont vivement réagi à commencer par l'archevêque d'Avignon, Jean-Pierre Cattenoz. Cette "oeuvre" a servi d'affiche, diffusée dans de nombreux endroits, à l'exposition dans le magnifique hôtel du XVIIIe siècle qui abrite la "Collection Lambert". L'exposition a reçu de nombreux soutiens et financements, de la municipalité, de la région, du ministère de la Culture, mais aussi du groupe LVMH et d'autres. Une pétition pour protester contre cette image blasphématoire est en ligne. L'exposition qui avait été fermée une journée a été réouverte. Hier, à Strasbourg, le parquet a requis trois mois de prison avec sursis pour un homme qui a brûlé et uriné sur un Coran et en a diffusé la vidéo sur Internet.

Une forte hausse du vandalisme dans les églises en France

Le quotidien La Croix a publié cet article sur la forte hausse du vandalisme dans les églises en France à la suite de données transmises par le ministère de l'Intérieur. Il y est notamment précisé: "Depuis la création de notre service en 2008, nous avons systématisé leur recensement. En 2008, 275 lieux de culte chrétiens ont été vandalisés (146 cimetières et 129 églises, chapelles ou calvaires). L’année suivante, les chiffres ont grimpé de 42 % à respectivement 180 et 209. Et pour le premier semestre 2010, nous sommes déjà à 288 actes recensés, tous lieux de culte chrétiens compris."

La très grande majorité des profanations en France sont antichrétiennes

Le quotidien gratuit Metro consacre sa une et deux pages à un dossier sur les profanations de sépultures  et de lieux de culte en France (n°1169, vendredi 9 juillet, le visionner et le télécharger au format pdf). Les lieux de culte chrétiens représentent 90 à 95%, les trois dernières années, des lieux profanés.

La question du travail le dimanche en France

Le quotidien La Croix évoque dans cet article, parmi d'autres, la question du travail le dimanche en France et en Europe qui rend problématique la participation à la célébration dominicale pour ceux qui sont concernés. Ce weblog et ce site sont consacrés à ce sujet.
Scroll To Top
Jovan Nikoloski