30/04/2017
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Patriarche Bartholomée : « La religion, élément clé du processus de paix »

Le patriarche œcuménique Bartholomée I,  a prononcé son discours »La religion, élément clé du processus de paix » à l’occasion de la Conférence mondiale sur la paix d’al-Azhar qui s’est déroulée les 27 et 28 avril 2017 au Caire.

 « Religions et paix »

Conférence mondiale de la paix du Conseil des Aînés d’Al-Azhar et des Musulmans

Le Caire, le 27 avril 2017

Vos Béatitudes, Éminences, Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur d’être invité à prendre la parole à cette Conférence sur la paix mondiale organisée par Al-Azhar et le Conseil musulman des Aînés. Nous félicitons sincèrement Son Eminence, M. Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, d’avoir eu le courage et la vision d’organiser cette initiative cruciale pour la promotion de la paix par les religions.

Au cours des deux dernières décennies, l’humanité a connu des attaques terroristes continues, qui sont à l’origine de la mort et des blessures de milliers de personnes, et qui deviennent la plus grande menace et source de peur pour les sociétés contemporaines. Depuis lors, les religions ont souvent été soupçonnées ou ouvertement accusées d’avoir inspiré le terrorisme et la violence. Notre vie quotidienne s’est remplie d’horribles nouvelles sur les attaques terroristes au nom de la religion.

Dans le même temps, nous constatons la volonté de notre monde de promouvoir le dialogue au lieu des conflits et la capacité à le faire. Cela est vrai non seulement pour les dirigeants politiques et les organisations laïques, mais aussi pour les dirigeants religieux et les institutions qui se sont montrés prêts à s’engager dans un dialogue de paix au niveau local et international, afin d’assurer une coexistence pacifique et une collaboration entre les gens.

Comment, après tant de conférences, de déclarations et d’initiatives pour la paix, pouvons-nous être témoins d’une augmentation de la violence, au lieu de remarquer un progrès dans la paix ? Comment la communauté mondiale peut-elle justifier les derniers actes terroristes de Paris, Bruxelles, Istanbul, Saint-Pétersbourg ou Stockholm ? Comment expliquer les guerres en cours, les conflits armés et les effusions de sang au Moyen-Orient ? Comment pouvons-nous accepter les attaques dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie il y a environ deux semaines ? Permettez-nous d’exprimer encore une fois à la communauté copte et à tout le peuple égyptien nos sincères condoléances et les prières du Patriarcat œcuménique.

Afin de comprendre ce qui se passe dans notre monde d’aujourd’hui, réfléchissons sur le rôle de la religion dans l’humanité. Paradoxalement, au lieu de l’attente moderniste d’un ‘âge laïque post religieux’, notre époque devient en fait une ‘période post-laïque’ ou même une période d’ ‘explosion religieuse’. La religion apparaît comme une dimension centrale de la vie humaine, tant au niveau personnel que social. Elle revendique un rôle public et participe à tous les discours contemporains centraux.

Les fonctions cruciales de la religion sont évidentes dans les quatre domaines suivants de l’existence humaine et de la coexistence :

  1. La religion est liée aux préoccupations profondes de l’être humain. Elle fournit des réponses à des questions existentielles cruciales, donnant l’orientation et le sens de la vie. La religion ouvre aux êtres humains la dimension de l’éternité et la profondeur de la vérité.
  2. La religion est liée à l’identité des peuples et des civilisations. C’est pourquoi la connaissance de la croyance et de la religion de l’autre est une condition préalable indispensable à la compréhension de l’altérité et à l’établissement du dialogue.
  3. La religion a créé et conservé les plus grandes réalisations culturelles de l’humanité, les valeurs morales essentielles, la solidarité et la compassion, ainsi que le respect de toute la création.
  4. La religion est un facteur vital dans le processus de paix. Comme saint Paul l’a écrit autrefois : « Dieu n’est pas un dieu de désordre mais de la paix » (1 Co 14,33). La religion peut, bien sûr, diviser en provoquant l’intolérance et la violence. Mais c’est plutôt là son échec, et non son essence qui consiste en la protection de la dignité humaine.

Malheureusement, notre monde contemporain est marqué soit par le relativisme – profondément lié à la laïcité – soit par le fondamentalisme, que beaucoup considèrent comme une réaction au premier. En effet, le fondamentalisme se considère souvent comme menacé ou même persécuté par le relativisme. Alors que ce dernier nie l’existence de la vérité, l’intégrisme considère que sa propre vérité est unique et doit donc être imposée aux autres, ce qui rend impossible à la religion de servir de pont entre les êtres humains. Dans l’histoire récente, le phénomène du nationalisme et du post-colonialisme a transformé l’extrémisme et l’intégrisme religieux en une simple idéologie, utilisée à des fins politiques.

Malheureusement, l’éclatement continu du fondamentalisme religieux et des actes de violence terribles au nom de la religion, donnent aux critiques modernes de la foi religieuse des arguments contre la foi et appuient l’identification de la religion avec ses aspects négatifs. La vérité est que la violence est la négation des croyances religieuses fondamentales et de la doctrine. La vraie foi ne libère pas les humains d’être responsables du monde, de respecter la dignité humaine et de lutter pour la justice et la paix. Au contraire, elle renforce l’engagement de l’action humaine, elle élargit notre témoignage pour la liberté et les valeurs fondamentales humaines.

La région méditerranéenne a connu dans le passé, pendant plusieurs siècles, une cohabitation pacifique de juifs, de chrétiens et de musulmans. Cette expérience démontre que les personnes de différentes religions peuvent vivre ensemble, en trouvant le message le plus fondamental pour l’humanité qui unit, au lieu d’être une source de division. Cela montre que les religions peuvent servir de ponts entre les gens, d’instruments de paix et de compréhension mutuelle, de tolérance entre les êtres humains et de dialogue interreligieux.

Pour cette raison, le dialogue interreligieux reconnaît les différences des traditions religieuses et favorise la coexistence pacifique et la coopération entre les personnes et les cultures. Le dialogue interreligieux ne veut pas nier sa propre foi, mais plutôt changer son esprit ou son attitude envers l’autre. Il peut aussi guérir et balayer les préjugés et contribuer à une compréhension mutuelle et à la résolution pacifique des conflits. Les partis pris et les préjugés proviennent d’une fausse représentation de la religion. Par notre présence aujourd’hui, lors de cette importante conférence, nous voulons nous opposer à au moins un préjugé : l’islam n’est pas égal au terrorisme, car le terrorisme est étranger à toute religion. C’est pourquoi le dialogue interreligieux peut chasser la peur et le soupçon. Il est central pour la paix, mais seulement dans un esprit de confiance et de respect mutuels.

En juin dernier, nous avons eu le privilège de présider le Saint et Grand Conseil de l’Église orthodoxe à travers le monde, réunis en Grèce, sur l’île de Crète. Parmi plusieurs questions, le Conseil a rejeté et condamné l’intégrisme. Son encyclique souligne que, malheureusement, nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une augmentation de la violence au nom de Dieu. Les explosions du fondamentalisme au sein des communautés religieuses menacent de faire penser que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène de la religion.

La vérité, cependant, est que le fondamentalisme, comme « zèle que n’éclaire pas la pleine connaissance » (Rom 10.2), constitue l’expression d’une religiosité morbide ». En outre, le Conseil a souligné qu’ « un dialogue interreligieux honnête contribue au développement de la confiance mutuelle et à la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) La vraie paix n’est pas atteinte par la force des armes, mais seulement par l’amour qui « ne recherche pas son intérêt » (1 Cor 13,5). L’huile de foi doit être utilisée pour calmer et soigner les blessures des autres, et non pour rallumer de nouveaux feux de haine » (Encyclique, 17).

La crédibilité des religions dépend aujourd’hui de leur attitude à l’égard de la protection de la liberté et de la dignité de l’homme, ainsi que de leur contribution à la paix. C’est la présupposition non seulement de la coexistence pacifique, mais aussi de la survie pure de l’humanité. Nous ne pouvons affronter ces défis que tous ensemble. Personne – pas une nation, pas un État, pas une religion, ni la science ni la technologie – ne peut affronter les problèmes actuels. Nous avons besoin les uns des autres ; nous avons besoin d’une mobilisation commune, d’efforts communs, d’objectifs communs, d’un esprit commun.

Par conséquent, nous considérons la crise aux multiples facettes actuelle comme une opportunité pour pratiquer la solidarité, pour le dialogue et la coopération, pour l’ouverture et la confiance. Notre avenir est commun, et la voie vers cet avenir est un voyage commun. Comme il est écrit dans les psaumes : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1).

Votre Éminence le Grand Imam,

Chers participants

Nous croyons profondément que la contribution des religions demeure cruciale dans notre recherche commune de la paix sur terre. Elle est précieuse car, pour les religions, la vraie paix dans le monde n’est pas simplement l’absence de guerre, mais essentiellement la présence de la liberté, de la justice et de la solidarité. Ce qui est nécessaire pour la religion, c’est de guider les gens à la profondeur de cette vérité, à un changement d’esprit et de vie et à la compréhension mutuelle. C’est en effet le cœur de nos traditions religieuses. Pour cette raison, l’humanité a le droit d’attendre de nous plus que ce que nous donnons effectivement. C’est le plus grand défi pour les religions : développer leurs propres potentiels d’amour, de solidarité et de compassion. C’est ce que l’humanité attend profondément de la religion aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention ! »

Source et photographie

Le patriarche œcuménique Bartholomée a visité l’église orthodoxe Saint-Georges, dans la vieille ville du Caire

Dans son allocution d’accueil, le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore a qualifié la visite du patriarche œcuménique Bartholomée de « plus grand événement après la consécration de l’église Saint-Georges [suite à sa rénovation], il y a deux ans. Le patriarche Bartholomée a été reçu avec les honneurs par les autorités ecclésiastiques en ce lieu sacré qui est considéré comme la « Rotonde » du Moyen Orient, dans lequel, selon la tradition ecclésiastique, s’est réfugiée la Sainte Famille pour fuir la colère d’Hérode, et a été martyrisé saint Georges. Le patriarche Bartholomée a exprimé sa joie pour la réception donnée en son honneur, mais a souligné sa plus grande émotion pour avoir vénéré l’icône de saint Georges, à laquelle il a offert une grande veilleuse. Dans son allocution, le patriarche œcuménique a mentionné que, depuis son enfance à Imbros, il servait et chantait dans une église dédiée à saint Georges. Il a en outre rappelé que l’église patriarcale du Phanar était également dédiée au saint. Enfin le patriarche a souligné qu’il considère toujours le saint comme « le protecteur céleste de sa vie et de son ministère ». Au son des cloches de l’église et des tambours des scouts grecs et arabophones, le patriarche a été accueilli par le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore, ainsi que par les représentants du Conseil Œcuménique des Églises qui se trouvent au Caire à l’occasion du congrès pour la paix organisé par l’Université al-Azhar. Le patriarche œcuménique s’est exprimé à ce forum le 27 avril, tandis que le pape François y a prononcé un discours le 28 avril. Évoquant la visite du chef de l’Église catholique-romaine au Caire et la joie que celui-ci avait exprimée pour avoir visité l’Égypte, le patriarche œcuménique a exprimé à son tour sa joie pour cette visite au pays des Pharaons, au pays où s’est réfugié la Sainte Famille, le pays où naquit le saint apôtre Marc, fondateur du Patriarcat d’Alexandrie, et a souhaité que règne toujours la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. On peut visionner ici https://youtu.be/LTq-qke1GoM un film vidéo de l’accueil du patriarche œcuménique en l’église Saint-Georges du Caire.

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Des sapeurs russes ont déminé une église orthodoxe à Alep

Des militaires russes ont déminé l’église orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu à Alep. Lorsque les sapeurs ont examiné la cour, ils ont découvert les tombes de deux diplomates de l’Empire russe, inhumés à la fin du XIXème siècle – début du XXème siècle. Il s’agit du consul Mikhaïl Yakimansky et du conseiller d’État Ivan Grigorovitch. Comme le raconte Antoine Nakule, sacristain de cette église construite au XVème siècle, les terroristes ont visé directement l’édifice, dont la coupole et les murs ont été endommagés. Les rebelles ont également pillé l’église, brûlé des icônes uniques et l’Evangéliaire, mais une grande partie des objets sacrés et icônes ont pu être sauvés, dont celles de la Mère de Dieu et du Christ. « Ces icônes ont été peintes au début du XVIIIème s. Elles avaient été apportées de Russie. Nous les avions cachées avant que les terroristes ne fassent irruption dans l’église. La majorité des autres icônes ont été détruites par les rebelles » raconte le recteur de la paroisse, le prêtre Hassan Ward. Pour la première fois après de longs mois, les cloches de l’église ont retenti. Dans les prochains jours commencera la restauration de l’édifice.

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Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie seraient toujours en vie

« Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie sont toujours en vie », a affirmé samedi dernier l’évêque syriaque orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, lors de la cérémonie de commémoration du 47e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie au-dessus du dôme de la cathédrale des Saints-Pierre-et-Paul à Mousseitbé.
Le souvenir de ces apparitions, que cette Église commémore invariablement le premier dimanche après Pâques, a coïncidé cette année avec le 4e anniversaire de l’enlèvement en Syrie (22 avril 2013), des deux évêques syriaque et grec-orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim et Boulos Yazigi, dont on est sans nouvelles. Les portraits des deux évêques ont été affichés à l’intérieur de la cathédrale et portés lors de la procession aux flambeaux qui a marqué l’anniversaire des apparitions.
Au cours de la cérémonie marquant ce double anniversaire, l’évêque syriaque-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, président de la commission de suivi de cette affaire, a assuré qu’autant qu’il le sache « les deux évêques sont toujours vivants ». « Ceux qui croient le contraire doivent nous donner les preuves de ce qu’ils avancent », a-t-il ajouté, précisant que la commission a frappé à toutes les portes possibles, au Liban et en Syrie, avec plus ou moins de succès, pour retrouver leurs traces. Mgr Kourié a invité l’État libanais à faire de cette affaire une cause nationale touchant à la coexistence et au dialogue entre les religions. Il a dénoncé « le nettoyage religieux et ethnique en cours en Syrie, en Irak et en Égypte » et les États qui l’appuient sous la forme d’apports en hommes, en armes et en argent.

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La main droite de la grande-duchesse martyre Élisabeth, sera amenée de New York à Saint-Pétersbourg

Grande-Duchesse martyre Élisabeth

Un reliquaire contenant la main droite de la sainte grande-duchesse Élisabeth Feodorovna sera amené à Saint-Pétersbourg le 5 mai, où il restera jusqu’au 11 mai. Il partira de la cathédrale du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à New York. La relique sera amenée à Saint-Pétersbourg afin de commémorer le 100ème anniversaire des événements tragiques de la révolution de 1917, qui ont mené au martyre de sainte Élisabeth et de millions d’autres personnes, dont la Famille impériale. La sainte relique restera à la cathédrale de la Sainte-Trinité de la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva, du 5 au 9 mai, puis à la cathédrale dédiée à l’icône de la Mère de Dieu « Feodorovskaïa », en mémoire du 300ème anniversaire de la maison des Romanov, du 9 au 11 mai. La main de sainte Elisabeth sera accueillie solennellement le 5 mai à 12h30 à la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva. Un office d’intercession sera célébré devant la relique, chanté par le chœur diocésain des jeunes, après quoi les fidèles pourront la vénérer. Le reliquaire vient à Saint-Pétersbourg avec la bénédiction du métropolite Hilarion de New York (Église russe hors-frontières) et du métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga. Le chœur des jeunes gens du diocèse d’Amérique orientale de l’Église russe hors-frontières séjournera également à Saint-Pétersbourg du 4 au 15 mai, et participera à l’office célébré devant les reliques les 5 et 7 mai à la Laure et le 9 mai à la cathédrale de l’icône « Feodorovskaïa ».

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L’office des vêpres de Pâques à Jérusalem

On peut visionner ci-dessous la vidéo de l’office des vêpres de Pâques au Patriarcat de Jérusalem. Selon la tradition des Églises hellénophones, c’est lors de cet office que l’Évangile est lu en plusieurs langues.

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« L´Espérance des « serviteurs de Jésus » dans la traversée du désert » par Mgr Silouane

 «Voici Mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom » (Matthieu 12, 18-21)

Cette prophétie résume la vie de ce «serviteur» que Dieu «a choisi» et en qui Son «âme a pris plaisir», le vase d´élection de son «Esprit», Sa Parole «aux nations» leur révélant Son amour et Sa volonté, l’Icône par excellence de fidélité jusqu’à la fin, dans une humilité extrême y un abandon total, en vue de réaliser la merveilleuse providence de Dieu, et de «faire triompher la justice». Ce «serviteur» dont a parlé Isaïe (42, 1-4) n´est autre que Jésus qui, grâce à cette providence, conduit l’homme qui s´est éloigné de la justice, – se laissant être altéré par le péché, aliéné de Dieu, et soustrait à son humanité authentique -, vers la dignité que Dieu lui remet, non seulement pour être l’objet de Son amour et de Sa prédilection, mais aussi pour la beauté de la vertu de sa créature. C´est cette justice-dignité qui a été instaurée par la Croix du Calvaire, confirmée par la pierre roulée de la porte de la tombe, et qui est offerte à jamais à notre monde souffrant en vue d´aller à Sa suite. Aujourd’hui, les «serviteurs de Jésus», qui se trouvent dans la «fournaise de feu» et qui «espèrent en Son nom», traversent le « désert », ce temps qui sépare le moment de l´adoption de cette providence et de sa réalisation dans la vie de chacun d´eux. Ils suivent le chemin inauguré par « ce Serviteur choisi » tout en étant «pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus», portant «ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu», pour que «la vie de Jésus soit aussi manifestée dans leur corps» (2 Cor 4, 8-10; 7; 11). Ces «serviteurs» enrichissent à beaucoup grâce à la lumière de leur foi vivante conjuguée avec le fait de donner la gloire à Dieu de tout leur cœur ; au lieu d’être l’opprobre du monde, ils sont devenus la cause d’une espérance vivante et éternelle dans un monde que se vide d’avoir «espérance en Son nom». En traversant ce désert pour célébrer notre Pâque mystique, notre église antiochienne ne peut sinon continuer de contempler ce mystère en la personne de l’un de ses «serviteurs», qui «ne conteste point, ne crie point, et que personne n’entende sa voix dans les rues», le métropolite Paul d’Alep. Tout en étant toujours investi de sa « mission ecclésiale singulière », et en vertu de la grâce de l´épiscopat qu’il porte, il prie pour ceux qui, comme lui, «espèrent en Son nom», pour qu’ils soient consolés, et aussi pour ceux qui ignorent ce nom pour que leur conscience soit illuminée, afin qu’ils puissent connaître «l’espérance en Son nom». Dans ce temps de gestation de notre espérance, je me remets à vos prières pour pouvoir chanter avec vous l´hymne des «serviteurs de Jésus» : «Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !».

Mgr Silouane, métropolite de Buenos Aires et de toute l’Argentine (Patriarcat d’Antioche)

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Message de Pâques du patriarche oecuménique Bartholomée Ier – avril 2017

† Bartholomée par la grâce de dieu archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique que la grâce, la paix et la miséricorde du Christ glorieusement ressuscité soient avec tout le plérôme de l’Église

No de protocole 315

Frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur ressuscité,

« En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) : c’est l’assurance que donne aux générations le Seigneur, le seul à avoir anéanti la mort par la mort. Christ est ressuscité ! Nous nous écrions, à notre tour, devant tous ceux qui sont proches et tous ceux qui se trouvent loin, depuis cette cour sacrée de la croix et de la détresse vécues dans le monde ; depuis cette cour qui est aussi celle de la Résurrection ; depuis ce coin de la terre, la ville de Constantin, d’où nous proclamons que « la vie règne », toute corruption, voire la mort elle-même étant dissipée.

Au cours de Sa présence corporelle, le Seigneur a souvent averti Ses disciples qu’ils seraient dans la détresse à cause de Son sacrifice sur la croix, sur le redoutable Golgotha ; à cause aussi de leur action sur terre – la leur, mais aussi celle de tous ceux qui allaient croire au Christ – moyennant cependant un détail significatif : « vous allez gémir et vous lamenter tandis que le monde se réjouira ; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie (…) C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction ; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira » (Jn 16, 20-22).

Les premières à avoir vécu cette joie surnaturelle sont les femmes porteuses de parfums venues de grand matin au sépulcre du Dispensateur de vie, en entendant le Seigneur leur dire : « Je vous salue » (Mt 28, 9). Éprouvant cette même joie pascale, l’Église Mère de Constantinople déclare aujourd’hui d’une voix de stentor : « Voici le jour que le Seigneur a fait : qu’il soit notre bonheur et notre joie ! » (Ps 118 [117], 24). L’ultime ennemi, la mort, le chagrin, les problèmes, la corruption, la détresse, l’épreuve, sont dépouillés et anéantis par le Seigneur, le Dieu-homme vainqueur.

Nous vivons cependant dans un monde où les médias transmettent sans cesse des nouvelles pénibles faisant état d’attentats terroristes, de guerres locales, de phénomènes naturels désastreux, de problèmes dus au fanatisme religieux, à la famine, à la tragédie des réfugiés, à des maladies incurables, à l’indigence, à des désarrois psychologiques, au sentiment d’insécurité, avec leur cohorte de situations affligeantes.

Alors que nous sommes confrontés à ces « croix » quotidiennes que nous portons en nous répandant en « récriminations », notre Mère la sainte Église orthodoxe vient nous rappeler que nous pouvons être joyeux, car Christ notre chef a vaincu celles-ci, qu’il est le porteur de joie, celui qui « a illuminé l’univers ».

Notre joie est fondée sur notre certitude concernant la victoire du Christ. Nous avons la certitude absolue que le bien l’emportera, car le Christ est venu dans le monde « et il partit en vainqueur et pour vaincre » (Ap 6, 2). Le monde dans lequel nous vivrons éternellement c’est le Christ : la lumière, la vérité, la vie, la paix.

Malgré les croix et les détresses quotidiennes, l’Église Mère, la sainte Grande Église du Christ, ne vit que l’événement de la joie. Elle vit d’ores et déjà, dès la vie présente, le Royaume de Dieu. Depuis ce centre sacré de l’Orthodoxie, du tréfonds du Phanar supplicié, nous déclarons qu’« en cette nuit radieuse messagère du jour » la croix et la détresse prendront fin ; que l’humanité sera consolée de toute souffrance, grâce à la promesse dominicale : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 18). « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). C’est ce message que tous nous devons écouter, que notre contemporain doit écouter et s’abandonner pour voir le Christ marcher à ses côtés. Oui, Le voir à ses côtés. Et il ne Le verra que s’il écoute, s’il expérimente Sa parole.

La vie l’a emporté sur la mort, la lumière rayonnante de la bougie pascale, la Lumière sans déclin de la Résurrection, a vaincu les ténèbres du désordre et de la dissolution, des afflictions et des problèmes : c’est ce message que le Patriarcat œcuménique livre au monde entier, en invitant les êtres humains à en faire l’expérience. Il les appelle à se tenir avec foi et espérance devant le Christ ressuscité, devant le mystère de la vie ; il les appelle à se confier au Seigneur ressuscité qui tient les rênes de la création tout entière, le Seigneur de la joie et de l’allégresse.

Écrions-nous donc, frères et enfants : Christ est ressuscité ! Que la grâce et l’infinie miséricorde de notre Seigneur, maître de la vie et vainqueur de la mort, soient avec vous tous.

Phanar, saintes Pâques 2017 † Bartholomée de Constantinople votre fervent intercesseur dans le Christ Ressuscité

Le patriarche Bartholomée a assisté à la bénédiction du « Kouvouklion » à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem

Sur l’invitation fraternelle du patriarche de Jérusalem Théophile III, le patriarche œcuménique Bartholomée est assisté à Jérusalem le 21 mars 2017, accompagné par le métropolite doyen de Chalcédoine, Mgr Athanase, le diacre Niphon et Μ. Marios Tarinas, afin d’assister à la cérémonie de bénédiction du « Kouvouklion » du Saint-Sépulcre après l’achèvement des travaux de conservation et de restauration.

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Fête de saint Gérasime au Patriarcat de Jérusalem

Le Patriarcat de Jérusalem a fêté le 17 mars, selon l’ancien calendrier, la mémoire de saint Gérasime (+ 475), dans le monastère qui porte son nom dans le désert du Jourdain, à une courte distance de la Mer morte. Ce monastère a été fondé par saint Gérasime, venu en Terre Sainte depuis Lycie en Asie mineure, dirigeant spirituellement des milliers de moines et de laïcs. Le saint est connu, entre autres, pour sa défense du dogme de Chalcédoine. La fête était présidée par le patriarche de Jérusalem Théophile, qui a célébré la liturgie des présanctifiés, assisté de deux hiérarques, de nombreux hiéromoines et hiérodiacres de la confrérie du Saint-Sépulcre. Plusieurs hiérarques assistaient à l’office dans le sanctuaire. Les chants étaient exécutés en grec, arabe, slavon et roumain. Des clercs et laïcs étaient venus de Galilée, Naplouse, Samarie et Jéricho, de Grèce et de Chypre. On peut visionner ici des extraits des matines et du début de la liturgie des présanctifiés présidées par le patriarche Théophile au monastère de saint Gérasime.

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La communauté serbe de New York célébrera la liturgie pascale en la cathédrale synodale de l’Église russe hors-frontières à Manhattan

Le dimanche 16 avril au matin, jour de la fête de Pâques, Мgr Irénée, évêque d’Amérique orientale de l’Église orthodoxe serbe, célébrera la liturgie pascale en la cathédrale synodale de l’Église russe hors-frontières à Manhattan, avec la bénédiction du métropolite Hilarion, primat de cette Église. Plus de 700 paroissiens de la cathédrale serbe Saint-Sava de New York, qui a brûlé l’an passé, participeront à l’office. Pendant la nuit pascale elle-même, les matines et la liturgie pascales seront célébrées par le métropolite de New York Hilarion et l’évêque de Manhattan Nicolas et le clergé de la cathédrale. Le même jour commencera à 10h l’office pascal de la paroisse Saint-Sava. Après les offices des deux communautés, un repas sera offert à tous les fidèles présents. Lors des deux offices sera présente l’icône de Notre-Dame de Koursk, qui a séjourné à Belgrade entre les deux guerres mondiales.

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Les cours de « l’École d’été de musique liturgique » du Séminaire de la Sainte-Trinité à Jordanville (Etats-Unis) auront lieu du 9 au 22 juillet 2017

Le directeur de « l’École d’été de musique liturgique » (« SSLM ») du Séminaire de la Sainte-Trinité à Jordanville (Etats-Unis), l’archiprêtre André Papkoff, vice-recteur de la cathédrale de la Protection-de-la-Mère de Dieu à Chicago, a annoncé que les cours concernés auront lieu du 9 au 22 juillet 2017. Trois catégories de cours sont offertes : 1) un cours purement musical (théorie, techniques de direction de chœur, exercices vocaux), 2) cours d’histoire de la musique liturgique russe, 3) cours pratiques destinés à fournir aux chantres les outils nécessaires à la célébration correcte des offices liturgiques selon la tradition orthodoxe russe. Les détails sont disponibles ici (en anglais).

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Pour la première fois, le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique a consacré cinq diaconesses

article_28080_1526481Le 17 février, à Kolwezi (République démocratique du Congo), le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, Théodore II, a consacré pour la première fois cinq diaconesses. Il s’agit de trois moniales et de deux catéchètes. Elle assisteront le travail missionnaire de la métropole du Katanga, notamment pour le baptême des adultes, les mariages et la catéchèse. C’est le 16 novembre dernier, que le Saint-Synode du Patriarcat d’Alexandrie a décidé d’ouvrir la réflexion sur la restauration de l’ordre des diaconesses, lequel existait lors des premiers siècles du christianisme. Le rôle des diaconesses est discuté, il était différent dans l’histoire de celui des diacres (voir ici et ).

Sources (dont photographie): Patriarcat d’Alexandrie et de toute l’Afrique, Basilica.

Le dernier clerc de la Mission ecclésiastique russe à Pékin est décédé

Le protodiacre Evangel Lu, dernier clerc de la de la Mission ecclésiastique russe à Pékin, est décédé à Changhaï, des suites d’une longue maladie. Le décès a été annoncé par le recteur de la paroisse des saints Apôtres Pierre et Paul à Hong Kong, le père Denis Pozdnyayev. « Le père Evangel a été ordonné en 1950 par le chef de la Mission russe en Chine, l’archevêque de Pékin et de Chine Victor (Svyatine) », a déclaré le père Denis. Il a ajouté que le protodiacre « vivait à Changhaï comme retraité, participant aux offices de la communauté orthodoxe chinoise, notamment lors des visites en Chine du patriarche Cyrille et du métropolite de Volokolamsk Hilarion. En 2008, le père Evangel, à l’occasion du cinquantenaire de l’Église orthodoxe autonome de Chine, a été décoré de la médaille de saint Serge de Radonège ». « La mémoire du protodiacre Evangel nouvellement décédé restera dans les cœurs de ceux qui l’ont connu, de la communauté orthodoxe de Changhaï, comme étant l’un des confesseurs de la foi. Mémoire éternelle au protodiacre Evangel nouvellement décédé ! », a dit le père Denis. La Mission ecclésiastique russe de Pékin a été créée en 1712, d’un commun accord entre l’empereur Pierre le Grand et l’empereur de Chine Kangxi. Jusqu’en 1950, elle était le centre spirituel de l’Église orthodoxe en Chine. En 1956, l’Église orthodoxe russe a accordé l’autonomie à l’Église orthodoxe de Chine, créée par les soins des missionnaires russes. À cette époque, il y avait plus de 100 églises orthodoxes en Chine. Selon les estimations de l’Église orthodoxe russe, environ 13.000 chrétiens orthodoxes vivent actuellement en Chine. Sur la Mission orthodoxe russe, regardez notre documentaire !

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Des savants américains ont reproduit l’acoustique exacte des anciennes églises byzantines

Des savants américains ont réalisé une reproduction exacte de l’acoustique des anciennes églises byzantines, et un auditoire de Los Angeles a écouté l’hymne acathiste dans un environnement acoustique authentique, comme si l’on était présent à l’église Sainte-Sophie de Thessalonique. Des centaines de personnes se sont rendues à la grande salle située sur la Normandy Avenue dans le centre de Los Angeles et ont écouté avec grande attention et recueillement l’Acathiste exécuté par quatre chantres. L’effet spectaculaire de l’exécution n’était pas dû cette fois au talent des chantres seulement, mais aussi à la magnifique acoustique de l’ancienne basilique Sainte-Sophie de Thessalonique, que l’on a réussi à reproduire à l’aide des technologies audio contemporaines. Cette réalisation étonnante a été obtenue grâce au travail de deux professeurs qui travaillent à recréer les espaces et les moyens acoustiques des anciens édifices. « Nous créons ce que j’aime appeler une « photocopie acoustique », a déclaré Chris Kyriakakis, professeur d’ingénierie électrique et directeur du Laboratoire immersif audio de l’Université de Californie du Sud. « Lorsque vous avez cela, vous avez capturé l’âme d’un bâtiment ». Le récital de Los Angeles, qui a eu lieu dans la salle de l’église orthodoxe Sainte-Sophie a été le premier cas de mise en pratique par les savants de la copie acoustique destinée à la reconstitution de l’atmosphère sonore d’un ancien édifice devant un auditoire. Malgré la publicité modeste et la très courte durée de la prestation, 700 personnes étaient réunies pour cet événement. La musique et le chant liturgiques constituent une partie très significative de l’office divin dans l’Église orthodoxe et c’est pour cette raison qu’il est si important lors de leur exécution dans des salles ordinaires de reproduire impeccablement le milieu sonore, « l’écologie acoustique » des volumes des églises, afin de faire parvenir jusqu’aux auditeurs toute la profondeur et la haute spiritualité de ces œuvres. « Ces édifices ont été ici pendant des milliers d’années et, espérons-le, ils le seront pendant des milliers d’années encore. Mais il n’est pas exclu qu’ils disparaissent ». L’objet du projet est précisément de conserver le trésor principal des églises que les historiens ne remarquent pas habituellement, à savoir leur expérience sonore. Chris Kyriakakis et Sharon Gerstel, professeur de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), espèrent que les résultats de leurs recherches aideront le public mondial à prendre conscience de l’importance de l’atmosphère sonore des anciennes églises en tant que part éminente du patrimoine historique. L’initiative du projet revient à Sharon Gerstel, professeur d’histoire de l’art, qui a étudié l’architecture byzantine et qui a eu cette idée, lorsqu’elle a lu dans le New York Times un article sur les recherches du professeur Kyriakakis dans le domaine de l’audio immersif. Elle lui a alors immédiatement proposé l’idée d’un projet et d’un voyage communs en Grèce. Kyriakakis a accepté volontiers la proposition, d’autant plus qu’il avait été baptisé précisément en l’église Sainte-Sophie de Thessalonique, raison pour laquelle il considéra le projet comme son devoir spirituel. « Je considère que notre projet est une expédition historique. Je crois en l’utilisation de la science contemporaine pour dévoiler le passé », a-t-il déclaré. Les deux savants de « l’expédition » ont pu enregistrer les sons dans neuf églises grecques-orthodoxes, utilisant sept appareils d’enregistrement hauts de gamme pour capturer les voix des chantres. L’information acoustique peut ensuite être stockée numériquement et être relayée par des haut-parleurs afin de recréer les sons enregistrés. Sharon Gerstel dit que la combinaison de l’impression visuelle émanant de la représentation des saints sur les icônes et le chant avec les effets acoustiques changent les réactions neurologiques chez l’auditeur, et c’est précisément cette impression que l’on obtenait dans les anciennes églises orthodoxes grecques. « Lorsque vous entendez et voyez simultanément, votre corps ressent une expérience très forte », dit encore Gerstel. « C’est essentiel dans la réponse émotionnelle à l’office liturgique, et je pense que les Byzantins étaient très forts dans ce domaine », a-t-elle ajouté. Le père Jean Bakas, prêtre de la cathédrale Sainte-Sophie à Los Angeles confirme la grande importance des chants, également pour les prières actuelles. « Cette musique donne la possibilité de sortir des limites de ce monde, de desserer le carcan de la vanité terrestre, d’écouter sa propre âme, de méditer et de prier », dit-il. « Le but principal de cette musique ne consiste pas à susciter l’enthousiasme ou attirer l’attention envers soi-même, mais à élever l’âme et créer une disposition de prière chez les paroissiens », dit Dimos Papatsalakis, l’un des exécutants de l’Acathiste. « Ce faisant, le prêtre, la paroisse et le chantre « fusionnent » pour ainsi dire en un seul corps, en un seul élan, vers Dieu » a-t-il précisé. De son côté, Sharon Gerstel dit qu’elle a traité avec un soin particulier la question de l’importance liturgique des chants sans accompagnement instrumental. Les experts ont appuyé les voix des chanteurs grâce à des données acoustiques qui ont permis au son projeté d’imiter ce qu’on entendrait à Sainte-Sophie de Thessalonique. Le projet actuel est de reproduire l’acoustique de différents espaces religieux, montrant « à quel point le son est important et calculé délibérément pour la perception du sacré et pour la transformation spirituelle. L’équipe a déjà été invitée pour collecter des données d’édifices historiques en Turquie et de cathédrales gothiques en France. Le but final est de créer un « musée de l’acoustique » où les visiteurs peuvent faire virtuellement l’expérience des sons de ces espaces. Vous pouvez écouter ci-dessous deux chants :

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Décès de l’archimandrite Cyrille Pavlov

kirill_pavlovLe 20 février s’est endormi dans le Seigneur, à l’âge de 97 ans, l’archimandrite Cyrille (Pavlov), considéré comme le plus grand starets russe des dernières décennies.
L’archimandrite Cyrille (dans le monde Ivan Dimitrievich Pavlov) est né le 8 septembre 1919 dans le village de Makovskie Vyselki dans la province de Riazan, dans une famille paysanne pieuse. Il perdit la foi après avoir vécu pendant 12 ans avec son frère athée. Il la retrouva pendant la Seconde Guerre mondiale, où il combattit comme lieutenant dans l’armée soviétique.
Ivan Pavlov se distingua dans la fameuse bataille de Stalingrad où il commanda un peloton et reçut la médaille et le titre de « héros de Union soviétique ». Il combattit également en Hongrie, et c’est en Autriche, en 1946, qu’il termina son service dans l’armée.
L’archimandrite Cyrille a décrit comment il a retrouvé la foi pendant la guerre. Il était de garde dans Stalingrad détruit, en avril 1943, quand il trouva parmi les ruines un livre des Evangiles : « J’ai commencé à le lire et j’ai senti quelque chose de très cher à mon âme. C’était l’Evangile. J’avais trouvé un tel trésor, une telle consolation! J’ai rassemblé toutes les pages ensemble – le livre avait été déchiré – et cet Évangile est resté avec moi pour toujours. Avant cela, je me posais beaucoup de questions: Pourquoi cette guerre? Pourquoi combattons-nous? Il y avait beaucoup de choses que je ne pouvais pas comprendre, parce qu’il y avait l’athéisme partout, des mensonges, et que l’on ne pouvait pas trouver la vérité… J’ai marché avec l’Evangile, et n’ai plus jamais eu peur. Jamais. Il m’a donné cette grâce! Le Seigneur était simplement avec moi, à côté de moi, et je ne craignais rien. »
Aussitôt après l’armée, Ivan alla au séminaire. À cette époque, le séminaire théologique de Moscou était situé dans le monastère de Novodevichy. Après y avoir terminé la formation proposée, il pousuivit ses études à l’Académie théologique de Moscou, où il obtint son diplôme en 1954.
Le 25 août 1954, Ivan Pavlov fut tonsuré moine à la Laure de la Sainte-Trinité-Saint-Serge, avec le nom Cyrille. En 1970, il fut nommé trésorier de la Laure. En 1965, le père Cyrille fut été élevé au rang d’archimandrite, et nommé père spirituel des moines du monastère.
Le père Cyrille a été appelé « le père spirituel de toute la Russie ». Il fut le confesseur de trois patriarches consécutifs: Alexis Ier, Pimen, et Alexis II. Lorsqu’il fut nommé confesseur du patriarche Alexis II, il fut muté à la résidence patriarcale de Peredelkino, dans banlieue de Moscou, où il continua cependant à être le le père spirituel de la Laure de la Trinité-Saint-Serge. À Peredelkino, le père Cyrille reçut des milliers de personnes venue de toute la Russie et de l’étranger, entendant les confessions et donnant des conseils spirituels. Il a touché la vie d’innombrables personnes. Beaucoup de ses homélies et de ses enseignements spirituels ont été publiés dans des livres, et près de 5.000 lettres ont été écrites par lui à des membre du clergé de tous ordres, ainsi qu’à des laïcs, dont certains étaient ses enfants spirituels.
En 2004, le père Cyrille subit un accident vasculaire cérébral qui le paralysa complètement, l’obligeant à rester en pemanence alité et le privant de la parole, bien qu’il restât conscient de son environnement. Il continua à recevoir ses proches enfants spirituels, qui ont témoigné du fait qu’il priait pour tous, et même parlait au besoin à de rares occasions. L’archimandrite Alexis (Polycarpov), higoumène du monastère Saint-Daniel à Moscou, a dit de lui à cette époque: « Il est très faible et infirme, mais il prie pour nous. Il est très difficile pour lui de parler maintenant, il ne peut presque pas parler du tout, mais il a dit un jour: “Chacun doit faire son propre travail…” »
Les funérailles de l’Archimandite Cyrille ont été célébréés le 23 février par le patriarche Cyrille de Moscou. On peut en voir un extrait sur cette vidéo.
Mémoire éternelle à l’un des plus grands startsi de la Russie des temps modernes!

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Un hiérarque de l’Église orthodoxe russe en visite au Cambodge

Du 13 au 16 février 2017, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk, administrateur des paroisses du Patriarcat de Moscou dans les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est, a séjourné au Cambodge. Avec ce séjour au Royaume du Cambodge, l’archevêque achevait sa visite pastorale dans les pays d’Asie du Sud-Est. Le 13 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk a été accueilli à l’aéroport par l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Royaume du Cambodge, D. Y. Tsvetkov, le représentant de l’Église orthodoxe russe au Royaume de Thaïlande, l’archimandrite Oleg (Tcherepanine), et le marguillier de l’église Saint-Georges de Phnom Penh, S. A. Stepanov. L’archevêque Serge a visité l’église Saint-Georges, actuellement en construction, et célébré un office d’intercession au saint patron de la paroisse. Il a concélébré avec l’archimandrite Oleg (Tcherepanine), l’higoumène Paul (Khokhlov), clerc de l’église Saint-Michel de Kuala-Lumpur, le hiéromoine Pitirime (Dondenko), clerc de la paroisse de la Dormition de Singapour, le prêtre Roman Postnikov, recteur intérimaire de l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk, le hiérodiacre Juvénal (Lapchine) de l’église de la Sainte-Trinité d’Ostankino (Moscou). Les membres de la communauté, D. I. Petrovski, collaborateur du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et le marguillier de l’église, S. A. Stepanov, assistaient à l’office. Mgr Serge a examiné les locaux de la paroisse et discuté de la fin des travaux. Le lendemain, veille de la fête de la Sainte-Rencontre, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk a présidé la célébration des vigiles nocturnes à l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk. Le jour de la fête, 15 février, il a célébré la Divine liturgie dans la même église en concélébration avec l’higoumène Paul (Khokhlov), clerc de l’église Saint-Michel de Kuala-Lumpur, le hiéromoine Pitirime (Dondenko), le prêtre Evgueni Chmeliov et le diacre Dimitri Semacha, clercs de la paroisse de la Dormition de Singapour, le prêtre Roman Postnikov, recteur intérimaire de l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk et le hiérodiacre Juvénal (Lapchine) de l’église de la Sainte-Trinité d’Ostankino. Plus de 30 personnes ont communié aux Saints Mystères du Christ. L’hiérarque a souhaité une bonne fête à l’assistance. Au nom de la paroisse, le prêtre Roman Postnikov a prononcé un chaleureux discours de bienvenue et remercié Monseigneur de sa venue. Le père Roman a aussi congratulé l’archevêque Serge, qui fêtait le 10e anniversaire de sa consécration épiscopale, lui offrant une icône de saint Pantéléimon, patron de la paroisse. Dans l’après-midi du 15 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk, accompagné du hiéromoine Pitirime (Dondenko) et de D. Petrovski, du DREE, a visité le terrain où était autrefois située la représentation commerciale de la Fédérale de Russie à Phnom Penh. L’archevêque a aussi visité le terrain où sera située l’église Saint-Nicolas, et rencontré des employés de l’Ambassade croyants. L’archevêque Serge leur a souhaité une bonne fête et prononcé une homélie sur le sens de la fête, avant de répondre aux questions des fidèles. Mgr Serge a aussi rencontré l’ambassadeur russe, D. Y. Tsetkov. L’entretien a porté sur l’organisation de la pastorale des expatriés russes au Cambodge. Le 16 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk et les personnes l’accompagnant ont quitté le Royaume du Cambodge.

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La mission orthodoxe russe en Chine (documentaire)

L’activité pastorale de l’Eglise orthodoxe russe en Chine a débuté au XVIIe siècle avec l’arrivée à Pékin du prêtre russe Maxime Leontiev. En 1713, la première mission orthodoxe russe en Chine est établie. C’est grâce aux efforts des missionnaires russes que l’orthodoxie a pénétré en terre chinoise. Isabelle Landry-Deron, chercheur spécialisé en littérature missionnaire sur la Chine des XVIIe et XVIIIe siècles, nous dévoile une page méconnue du public francophone sur la mission orthodoxe russe en Chine.

Visite pastorale du pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II au Congo-Kinshasa

Le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II effectue actuellement une visite pastorale et missionnaire au Congo-Kinshasa. Le primat est arrivé le 11 février à l’aéroport de Lubumbashi, accompagné par l’archimandrite Daniel Biazis, secrétaire principal du Saint-Synode. Ils y ont été accueillis par le métropolite du Katanga Mélèce, le métropolite de Kinshasa Nicéphore, l’évêque vicaire du Burundi et Rwanda Innocent, le consul général honoraire de Grèce M. Gerasimos Dounis, représentant l’ambassadeur de Grèce à Kinshasa, M. Georges Psarommatis président de la Communauté hellénique de Lubumbashi, un grand nombre de clercs et des centaines de chrétiens orthodoxes. Immédiatement après son arrivée, le primat a été reçu solennellement à la Mairie par le maire de Lubumbashi M. Oscar Sanguza Mutunda, qui a exprimé sa reconnaissance pour l’apport à différents niveaux de l’Église orthodoxe locale, tandis qu’il a qualifié la présence du patriarche de grand honneur et de bénédiction pour la société locale. De son côté, le patriarche a remercié M. Oscar Sanguza Mutunda pour la réception officielle, son soutien à l’Église orthodoxe, et il a fait l’éloge du progrès et du développement qu’il a observés au cours du temps dans la ville. Ensuite, le primat a signé le Livre des visiteurs. Après cette visite, le patriarche s’est dirigé vers la cathédrale de l’Annonciation de la Mère de Dieu, où a été célébrée une doxologie en son honneur, en présidence du clergé du diocèse métropolitain du Katanga et de centaines de fidèles. Le 12 février, le patriarche a célébré la sainte Liturgie dans la même cathédrale, assisté du métropolite de Kinshasa Nicéphore, du métropolite Mélèce et de l’évêque Innocent. Au cours de la Liturgie, le patriarche a procédé à l’ordination presbytérale d’un clerc du diocèse de Kinshasa. Environ 5000 fidèles orthodoxes assistaient à l’office. Les médias locaux ont signalé l’événement et la Liturgie a été retransmise en direct à la télévision. Dans son homélie, le patriarche a évoqué la parabole du « Fils prodigue », soulignant la nécessité du repentir continuel pour chaque chrétien, du retour de tous à la maison Paternelle qui est toujours ouverte, à savoir l’Église du Christ, où le Dieu Ami des hommes attend toujours l’homme fatigué et meurtri par le péché, afin de lui le donner le repos dans les bras de Son amour infini. Enfin, le primat a remercié les fidèles pour leur réception et leur attachement à la foi orthodoxe, sainte et immaculée. Il convient de mentionner qu’à la tête de la mission se sont succédés le père Amphiloque, actuellement métropolite de Nouvelle Zélande, puis le père Mélèce du monastère athonite de Grigoriou, actuellement métropolite du Katanga. Celui-ci avait entrepris l’œuvre missionnaire au Congo avec la bénédiction de son père spirituel, le défunt archimandrite Georges (Kapsanis) de Grigoriou. Depuis lors, ce monastère soutient cette œuvre missionnaire.

Sources : 1 et 2

« Il est temps pour nous de comprendre le sens de notre propre histoire ». Interview de l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Église orthodoxe russe hors-frontières)

Dans une interview accordée à la fin du mois de décembre 2016, l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Chemodakov) a exprimé son opinion sur le mode de fonctionnement des Synodes du Patriarcat de Moscou et de l’Église hors-frontières, le Concile de Crète, la situation ecclésiale en Russie, la crise ukrainienne, les schismes qui se sont produits dans l’Église hors-frontières au Canada, et enfin la signification de la révolution bolchevique. Nous publions ci-après la traduction intégrale de cette interview.

– Votre Éminence, l’année présente marque pour vous le vingtième anniversaire de votre sacre épiscopal et le cinquante-cinquième anniversaire de votre naissance. Et vous êtes en outre membre du Synode des Évêques de l’Église orthodoxe russe depuis vingt ans. C’est une expérience significative du travail synodal. Or, cette année (2016), vous, qui êtes membres permanent du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, avez participé au Synode du Patriarcat de Moscou, auquel vous avez été appelé pour la session d’été. En quoi résident les similitudes et les différences de la procédure synodale à New York et à Moscou ?

– Au début de mon épiscopat, j’ai rejoint au Synode [de l’Église russe hors-frontières] ceux de nos évêques qui étaient nés encore en Russie impériale : je ne mentionnerai que l’archevêque Antoine de San Francisco et le métropolite Vital du Canada, tous deux d’éternelle mémoire. D’eux émanait un esprit russe particulier. J’ai ressenti celui-ci alors que j’étais encore enfant, en Australie, où un nombre important de Russes avaient émigré, et plus tard, lorsque j’étudiais au Séminaire de la Sainte-Trinité [à Jordanville, USA, ndt], où j’ai rencontré ces moines qui avaient commencé leur ministère ecclésial en Russie impériale et qui se rappelaient de celle-ci. Parmi ceux qui avaient cet esprit russe, il faut bien sûr mentionner aussi l’archevêque (le futur métropolite) Laure, qui était alors secrétaire du Synode, dont je fus rapidement nommé le remplaçant. Ainsi, par la miséricorde de Dieu, il y avait pour moi chez qui apprendre, j’ai eu la possibilité de puiser de l’expérience, dont celle du travail synodal. Si j’essaye de définir l’essence de cette expérience, je dirais qu’elle a pour fondement l’approche conciliaire : en d’autres termes, tout doit être décidé conciliairement. De mon expérience personnelle dans ce milieu, il ressort en premier ce qui suit : il faut absolument s’efforcer d’éviter les décisions hâtives. Il faut, avec tout le bon sens qui nous est donné, peser le « pour » et le « contre ». Il faut résoudre les questions qui surgissent, dans la prière, soigneusement, minutieusement, afin que l’on ait pas à regretter ensuite sa précipitation. Une telle approche est dictée par le fardeau de la haute responsabilité archipastorale. Ce fardeau, de toute évidence, a toujours été ressenti par nos remarquables hiérarques, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors des sessions de notre Synode. Ce faisant, ou plutôt, grâce à cela, ils étaient des exemples de modestie et d’accessibilité. J’ai remarqué une approche semblable au cours des sessions du Synode des évêques du Patriarcat de Moscou, qui se sont déroulées sous la direction réellement sage de S.S. le patriarche Cyrille, et auxquelles j’ai eu l’honneur de prendre part cet été. Les sessions ont commencé à Saint-Pétersbourg, la vie natale de ma famille du côté maternel, ce dont j’étais particulièrement heureux. Enfin, j’ai pu trouver notre maison natale, sur le boulevard Souvorov. Les sessions de Saint-Pétersbourg ont eu lieu dans le bâtiment historique du Saint-Synode, et nous avons été logés dans l’hôtel du monastère restauré de Novodievitchi.

– Vous avez mentionné une certaine similitude dans le travail des Synodes de l’Étranger et en Russie. Mais quelles sont les différences ?

– On ne peut comparer le volume du travail. [À Moscou] il est même impossible techniquement de discuter en une seule journée de la liste des questions entrant dans l’ordre du jour, sans parler de la prise de décision au cours de la discussion. Aussi, des propositions détaillées sont préparées avant les sessions, puis elles sont soumises à la discussion. À l’étranger, nous pouvons nous permettre de discuter des questions courantes, et tout cela dure un jour et demi en tout. Le principal est – je l’ai ressenti pendant les sessions – qu’elles se sont passées dans l’esprit d’amour fraternel.

– Votre participation à la session d’été du Synode a coïncidé avec un événement de la vie ecclésiale actuelle qui, s’il n’était pas le plus important, comme cela s’est avéré, a été indubitablement le plus discuté, à savoir la rencontre des Églises locales en Crète. Celle-ci a été appelée tantôt Concile panorthodoxe, tantôt consultation panorthodoxe, voire le Huitième Concile œcuménique. Toutes ces appellations se sont avérées prématurées. Que pourriez-vous dire à ce sujet ?

– Une discussion animée a eu lieu sur la participation au « Concile de Crète ». Au mois d’avril encore, semble-t-il, tous étaient convaincus que l’Église orthodoxe russe devait prendre part à cette rencontre. Des chambres avaient déjà été réservées dans les hôtels, les billets d’avions étaient achetés. Mais, naturellement, la participation de la délégation de l’Église russe supposait des conditions définies. Or, il est apparu, dans le processus de régularisation des points restés non résolus, que Constantinople ne donnait pas de réponse aux questions posées. Ce silence du Phanar a tout décidé. Au mois d’avril, je me trouvais à Jérusalem avec un groupe de pèlerins du Canada et des États-Unis. Le chancelier du Patriarcat de Moscou, le métropolite Barsanuphe, m’a téléphoné, pour savoir si je pouvais venir à la session extraordinaire du Saint-Synode, où il sera question de la rencontre de Crète. J’ai répondu que je n’avais pas la possibilité d’être présent à la session, mais en cas de vote, j’ai demandé que mon opinion soit prise en compte : s’abstenir de participer à cette rencontre. D’après les résultats du vote, il s’est avéré que le Saint-Synode était précisément parvenu à cette décision. En définitive, la discussion de la « question de Crète » par nos hiérarques du Saint-Synode avec à leur tête S.S. le patriarche est devenue, je ne crains pas de le dire, le triomphe de la communion et de la catholicité fraternelles.

– Vous êtes membres de la Commission synodale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières pour la canonisation des néomartyrs de Russie. Des sessions communes de l’Église hors-frontières et du Patriarcat de Moscou ont eu lieu. Pourriez-vous dire ce qui est discuté maintenant à ces sessions ?

– Des rencontres communes ont commencé en 2014. La seconde a eu lieu sous la présidence de S.S. le patriarche. Notre œuvre principale est la mise en ordre de la liste des Néomartyrs et Confesseurs de Russie. Actuellement, la liste de Russie et celle de l’étranger ne coïncident pas entièrement, et nous voudrions, naturellement, qu’elle soit unique. Il est question de l’élaboration d’un principe d’approche des documents, dont en partie, les protocoles d’interrogatoires de ceux qui ont souffert pour la foi en Christ. Les persécuteurs s’efforçaient de justifier les persécutions auxquelles étaient exposés les croyants. Ensuite, il faut prendre en compte que dans les protocoles des interrogatoires et les autres documents semblables ont pu être altérées, non seulement les causes, pour lesquelles les martyrs de la foi étaient arrêtés, mais aussi la figure morale et spirituelle des condamnés. Ce sont des circonstances qui, comme je le présume, doivent absolument être prises en compte.

– Vous avez effectué un pèlerinage en Russie avant les événements de 1991 déjà. Et vous avez accompagné dans ce pèlerinage le métropolite Laure d’éternelle mémoire. Il en a résulté que vous avez pu observer la renaissance de l’Église russe. Pourriez-vous faire en quelque sorte une comparaison : que s’est-il produit à cette époque dans la Russie ecclésiale, et comment la situation se présente-t-elle aujourd’hui ?

– Je suis allé pour la première fois en pèlerinage aux saints lieux de la Patrie en 1988, l’année du millénaire du baptême de la Russie, avec un petit groupe de nos pèlerins de New York. Nous sommes allés à Moscou, à Kiev et à Saint-Pétersbourg. Quant à mon second pèlerinage dans la Patrie, il a eu lieu au mois d’août 1993. Et j’ai accompagné l’archevêque de Syracuse et du monastère de la Sainte-Trinité Laure, d’éternelle mémoire, avec mon camarade d’études au séminaire, maintenant archiprêtre, le père Paul Ivanov. Nous avons visité Moscou, parcouru « l’Anneau d’or », nous sommes allés à Novgorod, Pskov, Gous-Khroustalny, Belgorod. Nous avons vu la Russie ecclésiale, telle qu’elle était alors. J’ajoute que S.E. Mgr Laure est parti en pèlerinage, pour ainsi dire, « incognito » : il ne portait qu’une croix pectorale, sans encolpion. L’arrière-plan des événements de cette époque, pour moi, descendant d’émigrés de la « première vague », n’était pas toujours clair, mais j’avais vu que, au cours des cinq dernières années passées, beaucoup de choses avaient changé dans l’Église russe : elle renaissait, elle se remettait sur pied, et les événements tragiques qui avaient eu lieu sur notre terre avaient ramené l’homme russe dans l’enceinte de l’Église. Telle est la volonté de Dieu nous concernant, et la renaissance de l’Église n’était pas fonction de la croissance du nombre des paroissiens. Cette croissance est le résultat du fait que le peuple russe revient à ses racines orthodoxes, sur lesquelles a crû notre civilisation russe. Si l’on considère les données statistiques, le pourcentage n’a pas encore atteint le niveau que nous espérons, mais c’est seulement le début du chemin. Aujourd’hui, la tâche principale de l’Église est l’ecclésialisation de notre peuple. En même temps, en Occident, les églises vides en raison de l’absence des paroissiens sont transformées en « condominiums », en clubs et en restaurant, tandis qu’en Russie, grâce à Dieu, dans la seule ville de Moscou il est prévu de construire 200 nouvelles églises. Mais le diable ne dort pas. Ce n’est pas en vain que les forces démoniaques s’attaquent avec une telle violence obstinée sur la Russie d’aujourd’hui. Notre Patrie est accusée de tous les crimes possibles et imaginables, on fait tout pour que soit semée dans les cœurs des hommes en Occident la haine de la Russie. Mais cela n’est pas nouveau : la floraison de la Russie orthodoxe était haïe par les forces du mal il y a des centaines d’années déjà. C’est précisément ce que nous observons aujourd’hui également. C’est pourquoi il est si important pour le peuple russe de réfléchir sur le sens du sort de la Russie au XXème s. Or, hélas, peu de gens en Russie savent quelque chose sur l’état des esprits avant les troubles de 1917, sur l’essence des persécutions de l’Église dans les années vingt. Si les gens en savaient plus sur les hauts faits des néomartyrs de Russie, ils seraient abasourdis. Et ils aspireraient à recréer la Russie historique. Les résultats des événements de 1991 ont provoqué une illusion assez répandue, selon laquelle quelque variante du rétablissement de l’URSS serait un bien. Alors que pour nous, comme idéal, nous devons aspirer précisément à la renaissance de l’État orthodoxe russe. Mais notre peuple est-il prêt à cela ?… Et le fait que ce qui s’est produit en 1917 s’est prolongé ensuite durant plus de sept décennies, a été vraiment permis par Dieu, ce dont en 1905 déjà avait parlé St Jean de Constadt : « S’il n’y a pas de repentir dans le peuple russe, la fin du monde sera proche. Dieu lui enlèvera le pieux tsar et enverra un fléau en la personne de gouvernants impies, violents, autoproclamés, qui innonderont toute la terre de sang et de larmes ». Dieu soit loué que la renaissance de la Russie ait commencé. À ce sujet, je suis allé cette année dans la maison où vécut le saint pasteur de Cronstadt, je me suis assis devant sa table… On sent une grâce particulière dans cette maison.

– Vous avez mentionné votre séjour à Jérusalem en automne. Au même moment se trouvait en Terre Sainte le métropolite de Kiev Onuphre, que l’on connaît bien et que l’on aime dans l’Église russe hors-frontières. L’Église orthodoxe, sur les anciennes terres de Kiev passe par des moments difficiles. Comme caractériseriez-vous la situation ?

– Ce n’est pas la première fois que je rencontre Mgr Onuphre en Terre Sainte. Cette fois, j’ai eu le bonheur de concélébrer avec Sa Béatitude le métropolite de Kiev à la Liturgie et ce au Saint-Sépulcre. Mgr Onuphre est un authentique archipasteur et moine, et pour cette raison, il est humble et accessible. La Terre d’Ukraine souffre, et notre Église, l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, porte ces souffrances. Dans ces circonstances, la tâche qui a été confiée à S.B. Mgr Onuphre est, comme on l’exprime dans le langage ecclésiastique, le port de la croix. Pour ce qui concerne les événements tragiques sur ces terres, qui durent depuis l’automne-hiver 2013, je voudrais rappeler à ceux qui calomnient la Russie, en affirmant que celle-ci a été quasiment l’initiatrice de l’effusion de sang : pendant toute la crise ukrainienne, les mesures prises par la Russie n’ont été que réactives, ce qu’a dit à maintes reprises le président Poutine. Aussi, nombreux sont les citoyens russes qui considèrent que ces réactions sont insuffisantes, trop modérées. Et posons-nous la question : que se serait-il passé si, non pas à Kiev, mais à Washington, devant la Maison Blanche, s’était assemblée une foule bruyante, munie de cocktails Molotov, voire même d’armes à feu, et avait essayé de renverser le président élu à la majorité des voix ? Tout homme sensé connaît très bien la réponse à cette question ; la foule aurait été sans tarder dispersée par les forces armées. Il va de soi qu’aucun changement de pouvoir ne se serait alors produit.

– Il y a huit ans, l’Assemblée des évêques de l’Église russe hors-frontières vous a nommé au siège épiscopal de Montréal et du Canada. Actuellement, le diocèse du Canada, qui fut naguère l’un des plus féconds de l’Église russe hors frontières, n’est pas encore entièrement remis des conséquences des schismes et troubles ecclésiastiques de 2001, qui ont déposé leur empreinte sur tout le cours des affaires diocésaines. Maintenant, Dieu soit loué, la situation est autre : le nombre des paroisses augmente, un grand nombre de fidèles et de clercs qui avaient été troublés par les organisateurs du schisme, sont revenus dans l’enceinte de l’Église. Quels sont vos plans, et peut-être vos espérances, en tant qu’archevêque diocésain ?

– La chaire épiscopale de Montréal a été établie sous l’archevêque Joasaph (Skorodoumov) d’éternelle mémoire. En 1929, l’archimandrite Joasaph est venu de Serbie à Montréal, où il fut recteur de la paroisse et bénéficia du respect tant du clergé que des fidèles. Le 12 octobre 1930, à Belgrade, eut lieu son sacre épiscopal, présidé par S.B. le métropolite Antoine (Khrapovitzky), « l’abba » de l’Église russe hors-frontières. L’évêque Joasaph a été nommé évêque de Montréal. Historiquement, le diocèse canadien s’est développé d’Ouest en Est : cela était lié à l’établissement des émigrés orthodoxes qui arrivaient au Canada. Lorsque fut établi un diocèse indépendant d’Edmonton et du Canada occidental, c’est là que fut nommé l’évêque Joasaph. L’évêque voyageait constamment dans tous les confins de ce Canada immense : soit en train, soit en bateau, parfois même à pied. Au cours d’une vingtaine d’année, il construisait, baptisait, mariait, organisait des offices, dirigeait et prêchait. Il est vrai que notre diocèse a subi des dégâts importants du fait des schismes de 2001. Mais, Dieu merci, les choses se sont rétablies graduellement. Le principal est qu’il est maintenant évident que « les zélateurs irraisonnés » qui nous faisaient craindre une chute rapide et inévitable dans les abîmes de l’œcuménisme, et sous ce motif ont créé un épiscopat non canonique – ces « zélateurs » ont fait une grande erreur. Tous ont pu se convaincre durant ces dernières années que nous-même, l’Église orthodoxe russe hors-frontières, n’avons pas « chuté », et l’Église russe dans la Patrie s’est renforcée dans la fidélité aux canons des saints Pères. Mentionnons ne serait-ce qu’une fois encore la position ferme de S.S. le patriarche au sujet de la rencontre de Crète. Je m’adresse à ceux qui ont quitté alors l’enceinte de l’Église : réfléchissez, frères et sœurs ! Il est temps pour nous de comprendre, orthodoxes russes, dans la Patrie et dans la diaspora, que l’unité est particulièrement indispensable. Vous êtes tous témoins du fait que le groupe qui s’appelle « véritable Église hors-frontières » s’est déjà divisé. À sa place se sont substitués cinq, voire six groupes, qui se font la guerre, et cette fragmentation continue jusqu’à maintenant, ce que peut-être certains d’entre vous ignorent. À ceux qui sont partis de chez nous, alors qu’ils ont le rang sacerdotal, il est nécessaire de réfléchir. Nous savons que, selon les saints canons, on ne peut se séparer de son évêque qu’en raison d’une hérésie condamnée par les saints Conciles ou les Pères, lorsque l’évêque prêche publiquement une hérésie, et l’enseigne ouvertement à l’église. Mais qui oserait soutenir que le métropolite Laure d’éternelle mémoire, qui, en sa qualité de primat de l’Église orthodoxe russe à l’étranger a rétabli la communion avec l’Église patriarcale dans la Patrie, prêchait une hérésie ? Et peut-on en accuser nos présents hiérarques ? Nous nous tenons fermement à nos fondements, qui ont été définis par S.B. le métropolite Antoine, à savoir depuis le début des années vingt du siècle passé. Si quelqu’un se veut patriote russe, il ne peut en aucun cas être séparé de l’Église russe, il ne peut rester dans le schisme. De tous temps, le sort des schismes a toujours été le même : tôt ou tard, ils sombrent dans l’oubli et ceux qui y sont « piégés » risquent leur salut. Le phénomène même du schisme ne sert que ceux qui haïssent la Russie. Dans notre diocèse, par la grâce de Dieu, de nouvelles paroisses continuent à s’ouvrir. Ainsi, en 2015, lors du millénaire du bienheureux trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, est apparue à Saskatoon (province du Saskatchewan) la première paroisse de l’Église orthodoxe russe qui, dans l’histoire du Canada, porte le nom du baptiste de la Russie. À Calgary (Alberta) a été instituée une nouvelle paroisse, dédiée à saint Jean Chrysostome. J’ajouterai que les nouvelles paroisses dans notre diocèse sont fondées par de nouvelle générations de Russes qui se sont installés pour diverses raisons au Canada.

– Parmi les « nouveautés » qui ont vu le jour dans le diocèse par vos soins, il convient de mentionner les pèlerinages réguliers aux Lieux Saints. Auriez-vous l’intention d’élargir et de compléter les circuits des pèlerinages ?

– Nous accomplissons sans faute tous les deux ans des pèlerinages et ce depuis 2008. Ce printemps, nous sommes allés en Terre Sainte, pour la quatrième fois déjà. Il est important que chaque orthodoxe, au moins une fois dans sa vie, ait la possibilité de visiter les lieux où notre Seigneur Jésus-Christ a accompli Sa mission terrestre. Nos pèlerinages, habituellement, s’achèvent le jour de l’Ascension au monastère du Mont des Oliviers, en l’église dédiée à cette fête. Ce monastère a été créé par les soins de l’archimandrite Antonin (Kapoustine) qui, par la volonté de Dieu, est devenu de facto le fondateur de la présence ecclésiale russe en Terre Sainte. En août 2017, ce sera le deuxième centenaire de sa naissance. Une partie des monastères russes, fondés par le père Antonin en Terre Sainte, a été préservée par les soins de l’Église russe hors-frontières. Si nous n’avions pas ces monastères, il serait plus difficile d’organiser les pèlerinages. Nous espérons que l’année se trouvant entre deux pèlerinages en Terre Sainte, nous partirons vénérer les saints lieux de Russie. Nous pensons que nous aurons aussi l’occasion de séjourner dans les saints lieux de Rome, Bari, auprès des reliques de saint Nicolas, et sur l’île de Corfou chez saint Spiridon de Trimythonte. Naturellement, nous l’annoncerons à nos fidèles en temps utile.

– Votre Éminence, il ne reste quelques jours jusqu’à l’année 2017. Cette année sera étroitement liée dans la conscience russe avec des dates tragiques : lе coup d’État de février 1917, l’abdication de l’Empereur Nicolas II, le saint tsar-martyr. Et suite à tout cela, la révolution d’octobre… Ces dernières années, nous observons qu’un certain nombre de Russes sont enclins à ne pas faire cas de ces événements sinistres et sanguinaires qui, d’une façon ou une autre, ont été le résultat du gouvernement des bolcheviques. En réponse à la mention de ce fait historique incontestable, on entend souvent : sous ce gouvernement, sous le pouvoir soviétique, sous Staline, en fait sous sa direction, nous sommes parvenus à la plus grande victoire sur la partie de l’Europe envahie par l’Allemagne ! Ne dénigrez pas notre victoire ! Quelle est votre attitude à une telle approche de l’histoire russe du milieu du XXème siècle ?

– Je le dis tout de suite : « sous le régime soviétique », ne veut dire en aucun cas « grâce » à lui. Ce n’était pas la volonté divine que la Russie périsse, et c’est pourquoi la victoire nous a été donnée sur les adversaires. La victoire est advenue indépendamment des gouvernants athées, on peut même dire, malgré eux. Mais voyons les choses dans l’ordre. Lors de la dernière séance de décembre du Synode des évêques de l’Église hors-frontières qui, comme le veut notre usage, a été fixée au 10 décembre, c’est-à-dire le jour de la découverte de l’icône de la Mère de Dieu de Koursk, qui est appelée chez nous « l’hodigitria » de la Russie de l’étranger, nous avons discuté la façon de commémorer cette année tragique. Mais avant, je me permettrai d’exprimer mon opinion personnelle. J’ai dit plus d’une fois qu’il fallait que notre peuple connaisse le mieux possible sa propre histoire. C’est alors, en partie, que changera son attitude envers les symboles de la révolution destructrice, qui sont précisément les symboles de la défaite, les symboles des troubles fratricides. Au nombre de ces symboles soviétiques, il faut ranger aussi les appellations « révolutionnnaires » de nombreuses villes russes, notamment de la ville natale de ma famille, Viatka, qui jusqu’à maintenant s’appelle Kirov [révolutionnaire soviétique, ndt]. Or les habitants de Viatka se sont prononcés contre le retour au nom historique de leur ville… Rappelons-le : Lénine et Staline sont coupables des massacres de millions de leurs compatriotes, parmi eux la Famille Impériale, et les saints néomartyrs de Russie, qui ont été tués sauvagement. Notre peuple doit prendre conscience de ces horreurs. Cela demande notre reconnaissance et la glorification des hauts faits des néomartyrs. En Allemagne, on a pris assez rapidement conscience des atrocités d’Hitler. Pourquoi, en Russie, n’est-on pas pleinement conscient de la tragédie de la révolution, et ne condamne-t-on pas les bourreaux qui l’ont engendrée et qui ont été engendrés par elle ? Le corps non inhumé de Lénine, qui, toujours est-il, demeure dans le centre même de la capitale russe, est peut-être le symbole principal de la défaite russe, de la ruine de la Russie historique. Pouvons-nous imaginer que se dresse un monument sur la tombe d’Hitler, celui qui amené l’Allemagne à une défaite écrasante, qui en a fait « un objet d’opprobre pour ses voisins » pour des siècles – et que les Allemands en regardant ce monument le considèrent comme un symbole de victoire ? En 2017, tout ce qui est possible doit être fait afin que le corps de Lénine soit enfin enlevé de la Place rouge. Il est temps pour nous d’apprendre à comprendre le sens de notre propre histoire. En février 2017, le Synode des évêques de l’Église hors-frontières s’adressera par un message spécial à l’occasion du centenaire des troubles russes du XXème siècle. Toutefois, nous célébrerons bientôt une date joyeuse. Au début de l’été 2017 aura lieu à Munich l’Assemblée régulière des évêques de l’Église russe hors-frontières, à l’issue de laquelle, ceux-ci se rendront à Moscou pour célébrer le dixième anniversaire du rétablissement de l’unité de l’Église orthodoxe russe. Ces solennités seront présidées par S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Il est possible que cette commémoration coïncide avec la fête de tous les saints de Russie, la fête de la victoire spirituelle russe.

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Le métropolite de France, Emmanuel, a représenté le Patriarcat de Constantinople au colloque organisé à l’université Tufts (Boston) sur l’immigration en Europe

Dans un entretien qu’il a accordé au quotidien américain Ethnikos Keryx/The National Herald, il a expliqué que « des catholiques-romains et des protestants y participaient également et que différents thèmes y ont été développés, notamment concernant les réfugiés, sur la nature du rôle de la religion, de l’approche du problème et sur la manière dont les Eglises peuvent aider dans ce domaine ». Lui-même a évoqué l’initiative du patriarche œcuménique Bartholomée qui, ensemble avec le pape Francis et l’archevêque d’Athènes Jérôme, se sont rendu en avril 2016 à Lesvos, initiative qui a précisément illustré l’intérêt que portent les religions à la question de l’immigration ».
Le métropolite a insisté sur le fait que « nous condamnons toute forme de violence, toute forme de conflit armé, car le mal s’est précisément déclaré à cause de la guerre en Syrie. Nous voulons croire qu’un accord sera trouvé en vue de la cessation des hostilités ». « Il est impossible d’arrêter le flux des réfugiés, actuellement la Turquie abrite trois millions de réfugiés, j’espère qu’un moyen sera trouvé pour que ces gens retournent dans leurs foyers».
Interrogé sur l’existence de réfugiés en France, il a précisé qu’ « il y en a effectivement mais c’est en Allemagne que leur nombre est le plus élevé. Mais chaque pays européen a accepté un certain nombre d’entre eux ».
Concernant la présence grecque en France, il a précisé que «nous avons une troisième et une quatrième génération de Grecs, ajoutant que « la langue grecque est bien sûr conservée ; les offices liturgiques et la Liturgie eucharistique sont célébrés à 80 pour cent en grec, mais nous utilisons les deux langues lorsque nous prêchons. Nous avons des écoles grecques dont la plupart des enseignants viennent de Grèce ; leur nombre a toutefois diminué en raison de la crise économique».
« Sans la langue grecque, nous ne pouvons continuer à dire que nous sommes Grecs orthodoxes. Je le dis et je le répète : si les Juifs ont survécu après tant de persécutions et sont parvenu à recréer un Etat, c’est parce qu’ils ont conservé leur religion et leur langue ». «Si nous perdons la langue grecque nous perdrons notre identité. Si un Français devient orthodoxe nous ne lui imposerons pas la langue grecque car nous ne sommes pas chauvins. Quant à ceux qui ont des racines grecques, je voudrais que les générations à venir connaissent la langue grecque, sans que nous ne modifions notre insertion dans la société où nous vivons, car l’Eglise orthodoxe grecque n’a jamais créé de ghettos ».
A propos du grand concile de Crète, il a affirmé qu’ « il s’agissait d’un événement unique dans la vie de l’Eglise orthodoxe. C’était notre rêve à tous et surtout du patriarche œcuménique Bartholomée qui y croyait et c’est pourquoi nous y sommes arrivés ». « Bien que quatre Eglises s’abstinrent en dernière minute de participer au grand concile et qu’elles ne tinrent pas à accepter l’invitation qui leur avait été adressée durant les travaux préparatoires en sorte que les primats concélèbrent au moins tous ensemble pour manifester l’unité de l’Eglise, je considère qu’il s’agissait d’une erreur, mais cela n’enlève rien à l’essence même et au résultat du concile ». « Je crois que les décisions du concile seront acceptées et respectées par tous».

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Le séminaire St-Tikhon, à South Canann (Pennsylvanie) accueillera un symposium dédié au père Georges Florovsky

Le séminaire Saint-Tikhon, qui relève de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA), accueillera le sixième « Symposium Florovsky » annuel les 24 et 25 février 2017, au cours duquel aura lieu une conférence magistrale du hiéromoine Nicolas Sakharov, du monastère Saint-Jean-Baptiste à Maldon, en Grande-Bretagne. Le symposium est une tradition annuelle qui a été créée par une société savante de l’Université de Princeton et qui attire des érudits, des clercs et laïcs du monde entier qui sont intéressés à allier un travail universitaire sérieux avec la fidélité à la tradition de l’Église. Le thème de l’assemblée de cette année : « Un marchepied pour la contemplation : l’ascétisme et la théologie dans l’Écriture et la Tradition ». Ce thème est tiré des paroles de saint Grégoire le Théologien qui écrit : « Souhaitez-vous devenir un jour un théologien, et digne de la divinité ? Gardez les commandements ; marchez sur la voie des préceptes. Car la vertu pratique est le marchepied vers la contemplation. Travaillez à cultiver votre âme au moyen du corps ». Outre le hiéromoine Nicolas, les autres intervenants sont Mary Ford (Séminaire St Tikhon), Brian Dunkle, S.J. (Boston College) et Nicholas Marinides (Holy Cross School of Theology). Le symposium commencera dans la soirée du vendredi 24 février et se terminera pour les vigiles du samedi 25 février.

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Décès à New York du moine Joseph (Lambertsen), traducteur de nombreux textes liturgiques orthodoxes en anglais

Le 27 janvier, le moine Joseph (dans le monde Isaac Lambertsen), traducteur de longue date de textes liturgiques en anglais, est décédé d’un cancer à l’âge de 67 ans. Edward Lambertsen est né le 22 octobre 1949. Il a été élevé à Scotch Plains, dans le New Jersey, où il a achevé ses études secondaires en 1967. Il a été reçu ensuite dans l’orthodoxie avec le nom d’Isaac, et a suivi les cours du Séminaire de la Sainte-Trinité (Église orthodoxe russe hors-frontières) à Jordanville, dans l’État de New York. Après avoir reçu le diplôme de théologie, il commença à travailler au Synode, à New York. Parlant couramment l’anglais, le russe, le français et connaissant parfaitement le slavon d’Église et le latin, le lecteur Isaac a passé des décennies à traduire les offices liturgiques en anglais : l’Octoèque entier, les ménées de toute l’année, le Pentecostaire, les offices des saints nouvellement glorifiés, et ceux d’autres saints qui ne se trouvent pas dans les ménées grecques ou slavonnes, des acathistes, et un livre de prière bilingue. Il traduisait aussi les messages du primat, les directives et résolutions synodales et le calendrier annuel du Comité de la jeunesse orthodoxe russe (ROYC). Le 16 octobre, après avoir reçu le diagnostic d’un cancer, le lecteur Isaac prononça ses vœux monastiques avec le nom de Joseph, en l’honneur de saint Joseph l’Hymnographe. Il ne recevait pratiquement aucune rémunération pour tout son travail. Les chrétiens orthodoxes anglophones, non pas seulement de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, mais ceux de toutes les juridictions orthodoxes, ont une énorme dette envers lui. Mémoire éternelle !

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Mgr Georges (Khodr) a reçu les insignes d’officier de l’ordre national du Cèdre

khodrLe lundi 30 janvier dernier, le président de la République libanaise, le général Michel Aoun, a remis les insignes d’officier de l’ordre national du Cèdre à Mgr Georges Khodr, métropolite du Mont-Liban, âgé aujourd’hui de 93 ans, en hommage à sa stature exceptionnelle en tant que symbole national reconnu par tous, et pour son engagement pour le Liban, l’Eglise d’Orient, la théologie, la pensée humaine. Assistaient à la cérémonie le patriarche d’Antioche Jean X, et plusieurs ministres du gouvernement ainsi que des hauts fonctionnaires du palais présidentiel.
A cette occasion, le père George Massouh, directeur du centre d’études islamo-chrétiennes à l’université de Balamand, a publié un commentaire dans le quotidien libanais Lebanon Files, intitulé « Le quatrième astre ». En voici quelques extraits significatifs : « (…) Le titre officiel du métropolite Georges Khodr est le « Métropolite libanais Georges Khodr » puisque la tradition ecclésiale veut que l’évêque ne porte pas son nom propre mais bien celui du diocèse dont il a la charge. En qualité de métropolite du Mont-Liban, il est par conséquent métropolite du Liban, d’après l’appellation en vigueur avant la création du grand Liban en 1920 et avant l’octroi au cœur du Liban du nom de « Mont-Liban ». Le fait que Georges Khodr soit métropolite du Liban est porteur de grands symboles : Khodr a voulu faire du Liban rien moins qu’un royaume où règnent les vertus et les valeurs évangéliques. La mission fondamentale du métropolite est de sanctifier son peuple par la parole divine, mais aussi par le lavement des pieds et le service des pauvres. Il est le métropolite du Liban qui est bordé par la mer et la plaine et qui a pour centre la montagne, mais il a voulu dire aux hommes, aux hommes de partout : venez au Liban pour voir un royaume qui est devenu réalité avant l’heure. Venez et montons au ciel, au Mont-Liban, dès à présent (…). « Ce pays est grand », dit-il, « et il n’a pas besoin d’être magnifié par qui que ce soit ; à cause du Liban, nous sommes appelés à être grands ». Comment être grands ? « Par l’humilité » répond-il. Toute parole de Khodr s’appuie sur le Livre saint : « Celui qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Lc 18,14). Etre grands cela signifie pour nous être humbles. Pour l’Orthodoxie, l’humilité est la porte de toutes les vertus. Il n’acceptait pas que les Libanais soient moins que saints, qu’ils s’aiment les uns les autres, qu’ils soient compatissants les uns envers les autres, « qu’ils aient tout en commun » (…). Georges Khodr ne tient pas à être l’évêque d’une communauté confessionnelle car elle est de ce monde et y restera. Il aime être évêque de l’Eglise, évêque de la communauté des croyants (…).
Que le président de la République, Michel Aoun, ait choisi le lendemain du 30 janvier pour honorer le métropolite Georges Khodr, ce n’est pas une coïncidence : n’est-ce pas le lendemain que l’Eglise orthodoxe célèbre la fête des trois astres, saints Basile le Grand, Jean Chrysostome et Grégoire le Théologien ? Non, ce n’est pas une coïncidence ; nous ne croyons pas aux coïncidences mais à la providence divine. Le métropolite Georges Khodr est digne d’être le « quatrième astre », docteur universel, non seulement en vertu de sa science et de son esprit, mais par son humilité et son amour, par la croix du Liban qu’il porte ».

Père Georges Massouh : » M. Trump : Occupez-vous de vos affaires ! »

Nous vous invitons à lire l’article du père Georges Massouh, directeur du Centre pour les études chrétiennes et musulmanes de l’Université de Balamand (Liban), paru dans le quotidien libanais Al Nahar.

Nous ne sommes concernés par la décision de M. Donald Trump, président des Etats-Unis d’Amérique, d’interdire l’accueil de citoyens de certains pays, dont la Syrie, qu’en ce qui touche la distinction opérée, dans sa décision, entre musulmans et chrétiens. Sa décision est exclusivement une affaire de souveraineté américaine. Seuls les Américains ont le droit de demander des comptes à leur président et de l’interroger sur le caractère correct ou non de sa décision. Dès lors, ce qui nous concerne, c’est l’impact de sa décision sur les relations entre chrétiens et musulmans dans notre pays.
Dès lors que Trump fait une exception pour les chrétiens dans sa décision, il les considère comme « des minorités » en danger. Il joue le rôle de protecteur des minorités opprimées, mais au même moment il veut ériger un mur de séparation avec le Mexique « chrétien ». Pourquoi donc ce zèle pour les chrétiens syriens d’une part, et l’exclusion des chrétiens mexicains ? Donc, ce qui préoccupe Trump ce n’est pas l’avenir du christianisme et des chrétiens en Orient, mais les intérêts américains, et c’est son droit puisqu’il est le président des Etats-Unis d’Amérique et point le pape de Rome ou le patriarche de Constantinople.
Dans leur grande majorité, les chrétiens syriens ne désirent pas être considérés comme des minorités. Ils appartiennent au pays, dès avant l’Islam et ils y sont restés, sans recevoir de faveurs de quiconque. Leurs relations avec les musulmans ont certes varié d’une époque à l’autre en fonction de l’humeur des dirigeants, des gouverneurs et des envahisseurs …, mais ils ont prouvé qu’ils étaient l’une des composantes fondamentales du pays. Leur présence s’étend de l’extrême nord, d’Alep, Lattakieh et Hassake jusqu’à l’extrême sud, au Hauran et dans la « province d’Arabie », en passant par Hama, Homs, Tartous, le Wadi al-Nasara et Damas. Il est par conséquent impossible d’établir une discrimination entre les chrétiens syriens et les autres Syriens.

Les chrétiens syriens ne veulent pas que M. Trump les traite comme « chrétiens syriens » mais comme « citoyens syriens ». Interdire l’accueil des Syriens dans son pays, fort bien. Mais faire une exception pour les chrétiens, ce n’est pas bien. En outre, la décision implique qu’il y a une crise entre les musulmans et les chrétiens, que les chrétiens sont persécutés par les musulmans, et que leur avenir dans la région est menacé … ce qui n’est pas vrai. La crise des chrétiens et musulmans a commencé avant l’apparition de groupes islamistes extrémistes. Elle a commencé avec la tyrannie pratiquée du régime en place. Par conséquent, la crise des chrétiens orientaux est tout autant la crise des musulmans eux-mêmes et la solution de la crise des uns n’ira pas sans celle des autres. Leurs destins sont corrélatifs et inséparables. Il est vain de sortir de ce cadre.

Il ne fait aucune doute que la décision de M. Trump contribue à jeter de l’huile sur le feu du racisme, de l’animosité et de la haine qui dévore le monde entier, mais la décision sert aussi les intérêts de ceux que les Etats-Unis et la Russie prétendent combattre, EI, al-Nosra et d’autres groupes terroristes semblables. Comment est-il possible de lutter contre l’extrémisme islamique en voyant dans tous les musulmans un danger pour la communauté internationale ? Interdire un musulman de se rendre aux Etats-Unis, cela ne revient-il pas à l’accuser d’être un terroriste pour la simple raison qu’il est musulman ? Ensuite, comment M. Trump peut-il ignorer le fait que l’EI ne fait pas de discrimination entre le Syrien musulman et le Syrien chrétien dans leurs opérations terroristes ? A cet égard – et à cet égard seulement – EI semble meilleur que Trump, puisqu’il ne pratique pas de discrimination raciale ou religieuse.

Cette hypocrisie que M. Trump pratique dans son traitement de la situation des chrétiens au Proche-Orient n’est pas nouvelle. Qu’on fait les Etats-Unis pour que les chrétiens de Palestine et d’Irak restent chez eux ? Qu’a fait l’Occident en général pour empêcher les massacres des Arméniens ou empêcher les Turcs, alors que l’empire ottoman s’effondrait, d’expulser les Grecs de Turquie occidentale, d’expulser les Syriaques de Mardin et de Diyarbakir et d’expulser les Roums d’Antioche ?

Les chrétiens n’accepteront pas d’être des pions entre les mains des racistes. Ils sont les maîtres de leur propre destin. Ils ont traversé des années et des siècles de vaches maigres, pires que ce qui se passe maintenant, et ils n’ont pas été éliminés. Ils sont là. Ils resteront là. C’est leur pays et il le restera. Quant à M. Trump, nous lui disons : « occupez-vous de vos affaires » [litt. « Trouve-toi une autre aiguille pour coudre »].

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L’archevêque d’Amérique Dimitri (Patriarcat œcuménique) a assisté à la cérémonie d’investiture du président Donald Trump

S.E. l’archevêque d’Amérique Dimitri (Patriarcat œcuménique), invité par le Comité de l’investiture présidentielle et représentant l’Église orthodoxe grecque aux États-Unis, a assisté le 20 janvier 2017 à l’Office de prière spécial pour le jour de l’investiture du nouveau président, en l’église épiscopalienne de Washington Saint-Jean. Le président Trump et le vice-président Mike Pence, avec leurs familles et un groupe sélectionné d’invités assistaient à la cérémonie. Peu après, l’archevêque Dimitri, accompagné par le père Alexandre Karloutsos, a été placé à la tribune des personnalités éminentes au Capitole, où ils ont assisté à l’investiture et au serment présidentiel du 45ème président des États-Unis Donald Trump. Le samedi 21 janvier, l’archevêque Dimitri a assisté à l’Office de prière nationale pour le nouveau président en la cathédrale nationale de Washington.

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La veille de la fête de la Théophanie, une icône du Sauveur a exsudé une huile parfumée à Karataou, au Kazakhstan

icone_myrobliteLa seule icône myroblite au Kazakhstan, celle dite du « Sauveur non faite de main d’homme », se trouve dans la région de Djamboul, dans la ville de Karataou. La veille de la fête de la Théophanie, l’icône a donné à nouveau du myron (huile parfumée). L’icône, qui se trouve dans l’église des Trois Hiérarques à Karataou, a été peinte par l’artiste local Victor Isaïev en 1999. Cette icône a donné du myron pour la première fois le 26 mars 2000 pendant la Semaine Sainte. Sur le visage du Christ sont apparues des gouttes de myron dégageant un parfum. Elle fut alors amenée à Taras pour la célébration d’un office d’intercession, pendant lequel a été consigné le premier cas de guérison, celui d’une fillette de neuf ans, aveugle, qui a recouvré la vue à cette occasion. Il y eut ensuite plusieurs cas de guérison de maladies des reins, de graves maladies de peau et de dépendance de la drogue. Selon le recteur de l’église des Trois Hiérarques à Karataou, le père Pierre, qui célèbre dans cette église depuis plus de vingt ans, cette icône miraculeuse a cette fois donné du myron le 15 janvier, lors de l’avant-fête de la Théophanie. L’église des Trois Hiérarques a été la première église construite à Karataou, en 1989. Les trois saints Hiérarques, Basile le Grand, Jean Chrysostome et Grégoire le Théologien sont considérés les saints protecteurs de la ville de Karataou, fondée au milieu des années soixante du siècle passé. Sous l’église a été construit une maison d’habitation. Lors de l’ouragan qui a frappé la ville, lorsque des immeubles locatifs, des bâtiments industriels ont été fortement endommagés, l’église a résisté. Aujourd’hui, l’église des Saints Hiérarques avec son icône unique est devenu un lieu de pèlerinage.

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Message du métropolite de toute l’Amérique et du Canada Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique, à l’occasion du « Dimanche de la sainteté de la vie »

Le 22 janvier 2017 sera observé comme le « Dimanche de la sainteté de la vie » dans les paroisses des États-Unis. La commémoration marquera le 44ème anniversaire de l’arrêt « Roe c/Wade » de la Cour suprême des États-Unis qui a reconnu l’avortement comme un droit constitutionnel, invalidant les lois le prohibant ou le restreignant. À cette occasion, le métropolite Tikhon a adressé le message suivant, en date du 22 janvier, aux clercs et laïcs de l’Église orthodoxe en Amérique.

« Mes bien-aimés frères et sœurs en Christ. Lorsque le Christ s’est approché du fleuve du Jourdain pour descendre dans ses eaux, Jean le Baptiste trembla. Dans une vision spirituelle, il reconnut le Seigneur en ce jour, car ils s’étaient rencontrés bien des années auparavant, alors qu’ils n’étaient pas encore sortis du sein de leur mère. Élisabeth ressentit que Jean bondissait dans son sein alors qu’il entendait la voix de la Sainte Vierge. Le petit cœur de Jean brûlait déjà de joie en percevant la présence de Celui qui allait prendre les péchés du monde. Jean était prêt à passer sa vie entière à se préparer à une future rencontre avec ce même Agneau de Dieu, mais ce qui se produisit ce jour au fleuve était différent de tout ce qu’il aurait pu prévoir. Le Christ, qui n’avait aucun péché a pris le poids de nos péchés sur Lui-même. Au Jourdain, Il s’est soumis à la purification rituelle des péchés, afin de nous purifier de la saleté des passions. Il est descendu dans les eaux comme dans une tombe, afin que la vie nouvelle et éternelle puisse nous être accordée. Ces thèmes lumineux trouvent un écho dans nos ouïes au début du mois de janvier de chaque année par la célébration ecclésiale de la fête de la Théophanie. La joie des péchés pardonnés, de nos cœurs qui ont été purifiés, des yeux spirituels qui ont été lavés et illuminés par le visage resplendissant du Christ : ce sont des joies que « nul ne nous ravira » (cf. Jean XVI, 22). Ce n’est qu’avec une telle vision corrigée, avec de telles pensées et des cœurs purifiés que, plus tard dans le mois de janvier de chaque année, nous pouvons tourner notre attention, avec sobriété et vraiment avec tristesse, sur l’anniversaire de l’arrêt de la Cour suprême « Roe c/Wade) et tout ce qu’il comporte. Et où a mené, en fait, l’avortement légalisé ? Nous avons besoin de poser cette question et d’y donner une réponse franche, ne serait-ce que partielle, car presque cinq décennies depuis l’arrêt en question, un profond cynisme culturel et moral s’est installé, et je crains que nos oreilles, nos pensées et nos cœurs puissent être devenus insensibles à toute l’horreur que représente l’avortement. Pour beaucoup de gens, c’est une « question » politique parmi d’autres, dépassée, à laquelle on donne trop d’importance, qui divise, tandis que pour d’autres, elle peut faire resurgir à la surface une peine longtemps cachée et douloureuse. Dans les deux cas, il est parfois suggéré qu’il serait préférable que l’Église ne se prononce pas. Or le Seigneur a doté Son Église d’une voix de miséricorde et de vérité, une voix de justice et de paix (cf. Ps. 84,10). Et tant que Rachel continue à pleurer ses enfants car ils ne sont plus, la voix de l’Église ne peut rester silencieuse (cf. Matth. 2,18). Aussi, l’Église ne peut cesser de consoler les femmes qui, pour quelle raison que ce soit, qu’elles se trouvent sous pression ou abandonnées par d’autres, voire accablées par un sens de l’impuissance ou du désespoir, ont eu recours à l’avortement. Où il y a le malheur, l’Église doit offrir l’espoir ; où il y a la blessure, elle doit offrir la guérison, et où il y a le repentir, elle doit offrir le pardon et la réconciliation. L’Église a aussi le devoir perpétuel d’éduquer ses membres les plus jeunes au sujet de la sanctification du mariage et de la sexualité, lesquels sont inextricablement liés au don sacré d’une nouvelle vie. Là où le monde enseigne avidement à notre jeunesse de s’identifier à leurs passions et les servir, les chrétiens adultes, par leurs paroles et leur exemple, doivent les former à une vie de retenue ascétique, sans laquelle les passions provoquent la tourmente et la destruction. Mais peut-être ce qui est plus controversé mais non moins vrai, est que l’Église doit fournir un témoignage prophétique et une réprimande ouverte aux puissants de ce monde, à l’industrie de l’avortement et ceux qui lui donnent un soutien financier et légal. En introduisant des instruments mortels dans l’intimité sacrée du sein d’une mère, l’industrie de l’avortement a réussi à marchandiser la vulnérabilité et la fragilité humaines. Tout en se considérant comme un fournisseur de «santé reproductive», elle laisse dans son sillage l’épave d’un traumatisme psychologique et physique, une ruine spirituelle et un nombre de morts dans des proportions stupéfiantes, tout en accumulant son propre profit et prestige. Aucun chrétien ne peut accepter un tel mal. Aucune Église ne peut manquer à le dénoncer. Nos paroles, naturellement, doivent être confirmées par nos actes. Dans les nombreux efforts du mouvement pro-vie, tels que les centres de crise destinés aux femmes enceintes, les lignes d’assistance bénévole et les groupes d’étudiants du campus, nous voyons la réalisation du commandement « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ ». L’humilité et le désintéressement manifestés dans de telles bonnes actions montrent le mensonge de ceux qui présentent le mouvement pro-vie comme alimenté par une rancœur pharisaïque. En fait, les Pharisiens ont mis sur les épaules des hommes des fardeaux pesants (Matth. 23,4), mais notre Sauveur est venu enlever le lourd joug du péché. Il se tint parmi les pécheurs sur les rives du Jourdain, non pour soutenir ou fermer les yeux sur le péché, mais pour que les péchés du monde soient posés sur Ses épaules. En tant que Ses disciples, nous avons l’ordre d’amener toutes les nations au Christ le Vivificateur, en les baptisant et les enseignant à observer tout ce qu’Il a commandé (Matth. 28,20). Dans notre société, cela nous amènera souvent à exprimer des opinions impopulaires qui, tout en étant exprimées aimablement et avec douceur, peuvent bien amener les autres à nous marginaliser ou nous rejeter. Le Seigneur a averti à maintes reprises Ses disciples de cette probabilité. Mais si nous voulons prendre part à l’œuvre salvatrice du Christ, alléger la lourde charge du péché de Son peuple, nous ne pouvons alors négliger un tel témoignage de fidélité. Humblement, mais aussi avec hardiesse, nous devons être avec le Christ. Et, bien que le malin nous dise autre chose, les commandements du Christ ne sont pas pénibles. Son joug est léger. Son joug n’est pas pénible. Son fardeau est léger (I Jn 5,3 ; Matth. 11,30). Avec amour en Christ, + Tikhon, archevêque de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada ».

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Nouvelles de l’école orthodoxe Saint-Jean-de-Changhaï à Haïti

Martin Luther Paul Dumais, séminariste à Épinay-sous-Sénart, communique ce qui suit au sujet de l’école orthodoxe Saint-Jean-de-Changhaï à Haïti :

« Je voudrais dans ce courriel vous donner les dernières nouvelles de notre œuvre: l’école saint Jean au sud d’Haïti. « La zone où se situe notre église aux Cayes avait le grand besoin d’un centre scolaire compte tenu des dizaines d’enfants qui n’étaient pas encore allés à l’école »,  nous raconte Matushka Rose Legouté, coordinatrice sur le terrain. Notre école, effectivement, a ouvert « ses » portes le 28 novembre 2016 à l’intérieur de la petite maison qui sert d’église à la communauté de saint Jean de Shanghaï et de San Francisco dans la ville des Cayes. Ceci, grâce à votre soutien spirituel et moral, grâce à votre disponibilité, grâce à votre charité et votre générosité. Nous avons fait des travaux et acheté le minimum nécessaire grâce à vous. L’école a reçu jusque-là 1378 dollars américains (après déduction des frais de transfert et de change) qui sont intégralement des dons venant de vous, camarades de classe, fidèles de l’Église orthodoxe en France, et amis solidaires. Beaucoup a été fait, plus encore reste à faire. Je remercie chacune et chacun de vous. Permettez-moi de citer en particulier la promotion 2012-2017 du 1er Cycle de Théologie de l’Institut catholique de Paris, la Paroisse saint Jean le Théologien à Meudon, le Séminaire orthodoxe russe en France, le Fonds d’Assistance de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, nos bénévoles en Haïti.  Et l’aventure continue. Nous sommes en train d’offrir un avenir à ces enfants dépourvus de presque tout.  Ils ont entre 3 et 10 ans. Pourtant, ce n’est qu’une école maternelle pour l’instant, selon ce que voulait la communauté elle-même. Voici un grand extrait de la conversation que j’ai eu avec le Lecteur Jonas, l’un de nos deux bénévoles sur place:
Martin: Comment va l’école?
Jonas: Cela avance bien. L’effectif d’enfants inscrits est supérieur à 40. L’effectif des enfants présents en salle de classe a atteint 33 en décembre.
Quel genre d’enfant fréquentent l’école?
J: Ces enfants sont complètement démunis. Parmi eux, il y en a qui ne sont jamais allés à l’école; d’autres auraient deux ans de perdus sans notre initiative; et d’autres encore avaient commencé à fréquenter un établissement scolaire cette année, mais ont été déjà renvoyés à la maison pour cause de non-paiement des frais de scolarité.

Qu’espèrent les parents?
J: D’après plusieurs parents, l’ouverture de cette école est une belle opportunité permettant la scolarisation de leurs enfants. Ils attendent qu’on ne les « lâche pas en chemin » puisque d’autres initiatives de ce genre sont souvent prises mais ne sont plus poursuivies après deux ou trois ans. Ils n’aimeraient pas que nous fermions l’école après quelques années.

Où habitent ces enfants?
J: Ces enfants viennent de différents quartiers de la ville des Cayes comme Nan Savann (Dans-la-Savanne);Lòtbò Reno (Autre-rive-Reno), site Delma (Cité Delma), Dèyèfò (Derrière-Fort), Kwamati (Croix-Martyrs),Pon Salomon (Pont Salomon). Certains des enfants se lèvent tôt pour venir à l’école en parcourant plus de 1, 5 km à pied. D’autres qui ont 3 ou 4 ans viennent en taxi-motocyclette et repartent à pied.

Y a-t-il des enfants de la paroisse saint-Jean-de-Changhaï et de San Francisco à l’école?
Certaines mamans font partie de la paroisse, d’autres qui l’avaient abandonnée reviennent grâce à l’école. Certains parents que j’ai rencontrés pendant les vacances me demandent: « où est la nourriture que vous avez promis de donner? »

Quelle importance a la cantine pour l’école et les parents?
J: Cela a beaucoup d’importance. Pour certains enfants, ce sera au jour de cantine, leur collation et leur souper. Déjà à 9h du matin, certains de ces écoliers pleurent parce qu’ils ont faim. L’école est vraiment une école pour les démunis c’est-à-dire pour des enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’accorder un plat chaud chaque jour à leurs enfants.

Les parents travaillent-ils?
J: Beaucoup font des petits jobs de lessive, de service domestiques, ou bien travaillent au jardin.

Et toi, que fais-tu?
J: Moi, j’apprends la couture.

Et pourquoi les autres inscrits ne viennent  pas à l’école?
J: Beaucoup ont des problèmes de vêtements.

Après les vacances de Noël, l’école a repris le lundi 9 janvier 2017. Actuellement, nous comptons lancer une cantine scolaire qui offrira un plat chaud une fois par semaine de classe à ces écoliers. Nous venons de nous procurer un réchaud à gaz propane plus éco-responsable que les réchauds traditionnels à charbon de bois.

Chers amis, plusieurs d’entre vous m’ont conseillé de monter une association afin d’ouvrir un peu plus l’initiative sur le long terme. Cela rejoint d’ailleurs la préoccupation des parents qui veulent la continuité de l’oeuvre et pour qui cette école est leur seul espoir pour la scolarisation de leur enfant. Il s’agit de creuser le pont humain créé entre ces enfants haïtiens et nous en France en établissant des liens pour que l’on connaisse mieux les gens qu’on aide, pour une bien meilleure idée des besoins, et pour recenser les actions ou échanges qui peuvent apporter du sens. Nous générerions alors, en plus des dons, une dynamique sur la base de l’enseignement et du travail. Certains éléments sont déjà là. Quant à moi, je suis prêt à m’y lancer. J’invite chacun de vous donc que cela intéresse à me le signaler et  à prendre part au montage, à l’administration et à la gestion de cette future association. Les enfants défavorisés d’Haïti ont humblement besoin de vous. Haïti, par la Mission orthodoxe, compte véritablement sur nous.
Enfin, suivez sur Facebook et faites connaître toutes nous actions dans le social en Haïti depuis le passage de l’Ouragan Matthew en tapant « Initiative de soutien aux Haïtiens » sur Google ou dans la barre de recherche d’amis Facebook.

Vous êtes quotidiennement dans nos coeurs et nos humbles prières. Que le Seigneur Jésus vous rende le centuple! »

Célébration annuelle des Pères défunts de la Confrérie du Saint-Sépulcre à Jérusalem

Le dimanche 1er janvier a été célébré l’office annuel de requiem des pères, patriarches, hiérarques, prêtres, hiéromoines, hiérodiacres et moines de la Fraternité du Saint-Sépulcre, au catholicon de la basilique de la Résurrection, après la divine liturgie, présidée par le métropolite d’Hélénoupolis Joachim. L’office de requiem était présidé par le patriarche de Jérusalem Théophile, assisté par des évêques, prêtres, diacres et moines de l’Église de Jérusalem. La cérémonie était suivie d’une réception en mémoire des défunts au palais patriarcal.

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Le patriarche orthodoxe d’Antioche Jean X a célébré Noël à Alep

S.B. le patriarche d’Antioche Jean X est arrivé à Alep le samedi 24 décembre 2016, pour célébrer Noël avec les enfants de son diocèse fidèle, qui sont blessés par l’absence de leur pasteur, S.E. le métropolite Paul. Sa Béatitude est entré dans l’église en procession solennelle au rythme d’une fanfare, à la grande joie des fidèles. Il a célébré les matines et la divine Liturgie en la cathédrale du Prophète Élie à Alep, assisté par l’évêque Nicolas (Baalbaki), l’archimandrite Mousa al-Khasi, vicaire du métropolite Paul, l’archimandrite Alexis Shehadeh, directeur du Département patriarcal des relations œcuménique et du développement, ainsi que par de nombreux prêtres et diacres du diocèse. L’archimandrite Mousa a accueilli Sa Béatitude par le discours suivant : « Notre Maître, Votre Béatitude le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient Jean X, plus de cinq ans se sont écoulés depuis le commencement des souffrances de notre cher pays, plus de quatre ans se sont passés depuis que se fût ouverte la plaie dans notre diocèse d’Alep et d’Alexandrette, à savoir l’enlèvement de notre pasteur le métropolite Paul, et aujourd’hui, au milieu de cette souffrance, le Seigneur nous visite par une consolation divine, la consolation de votre présence parmi nous, et votre bénédiction pour nous en la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus. La Nativité du Christ est l’inauguration d’une nouvelle étape dans la vie du genre humain. Dieu a créé l’homme pour vivre avec Lui dans l’intimité et la communion d’amour. L’homme a choisi de se séparer de Dieu et de tomber dans le péché, mais l’amour de Dieu ne l’a pas abandonné à son sort inévitable. Le Christ s’est incarné afin de restaurer cette intimité et d’inaugurer une nouvelle étape de la vie humaine, l’étape de la régénération du genre humain et de la résurrection. En cette fête de la Nativité de cette année, nous faisons l’expérience de cette sensation de renaissance et de résurrection. Aujourd’hui, notre ville secoue de ses épaules la poussière des dures circonstances, tandis qu’elle inaugure une nouvelle étape, une étape de renaissance, une étape de guérison et de construction. Aujourd’hui, le diocèse d’Alep et d’Alexandrette initie à Alep la voie de la guérison de ses blessures, malgré la plaie ouverte qui demeure dans son cœur, l’absence du pasteur. Mais ce diocèse de Job a appris que la douleur des blessures ne signifie pas qu’il doive capituler devant elles, mais que celles-ci constituent un rappel constant à poursuivre la voie de la guérison. Nos enfants de ce diocèse ont souffert quotidiennement à Alep, Idlib et Tabaka du manque de sécurité physique et ils souffrent toujours de l’impact de conditions de vie difficiles, comme du déplacement et de l’isolement avec toutes les souffrances et les épreuves qu’ils apportent, à l’instar de leurs frères à Alexandrette, Mersin, Arsuz et dans tous les coins du monde. La question, aujourd’hui, avec le commencement de cette nouvelle étape dans la vie d’Alep est la suivante : le temps du repos est-il arrivé pour nous ? Oui, Votre Béatitude, le temps du repos est arrivé, mais nous avons appris que le repos n’est pas un moment de relaxation ; le repos de l’âme consiste à lutter pour chercher la résurrection avec son Rédempteur. Aussi, nous, enfants de ce diocèse faisons aujourd’hui une promesse devant vous, Votre Béatitude, devant notre pasteur absent mais présent, et devant l’Église entière, depuis ce lieu, depuis l’église de saint Élie à Alep, qui n’a pas abandonné ses enfants et qui n’a pas été abandonnée par ceux-ci, malgré les dangers et les épreuves effrayantes : nous ne nous reposerons pas si ce n’est dans la résurrection. Nous ne nous reposerons pas, si ce n’est dans la renaissance. Nous ne nous reposerons pas, si ce n’est dans la guérison. Nous vous promettons que la bénédiction de votre présence parmi nous sera l’inauguration du reste de cette guérison. Quand Alep passait par les dangers les plus grands et les circonstances les plus sombres, deux grandes personnalités y sont entrées, défiant tous ces dangers et ces circonstances : son pasteur, le métropolite Paul, qui a refusé de ne pas célébrer la Résurrection avec ses enfants, ce qui a provoqué son enlèvement alors qu’il était en route vers ceux-ci, mais son voyage continue sur la voie de leurs cœurs, car jour après jour il est plus présent encore dans leurs cœurs, leurs prières et leurs espérances ; et leur patriarche, Jean X, qui, en étant présent en 2014 pour célébrer Noël avec ses enfants à Alep, a incarné le courage, la hardiesse et l’amour sacrificiel. Aujourd’hui, le jour de Noël 2016, vous êtes venu, Votre Béatitude, pour inaugurer pour nous par votre présence parmi nous cette nouvelle étape, celle de la lutte et de l’espérance, la lutte pour le travail et la construction, et l’espérance que votre présence bénie parmi nous constituera les prémices d’une présence qui rassemblera pour toujours notre pasteur avec ses enfants afin de célébrer ensemble la Résurrection du Christ. J’espère que vous me permettrez de vous offrir, en toute humilité, au nom du diocèse de Job, de son pasteur, ses prêtres, ses conseils paroissiaux et ses fidèles cette icône de mosaïque faite par des mains alépines pour la gloire de votre saint patron, Jean le Théologien, se tenant devant la Croix de notre Seigneur. Et ce dans l’espoir que tout comme il se reposa sur la poitrine de son Bien-Aimé lors de la Cène mystique et pria avec Lui sur la Croix, vous nous porterez dans vos saintes prières à chaque fois que vous célébrerez la Cène mystique de l’Église lors de la divine Liturgie et que vous prierez devant la Croix de notre Seigneur Jésus. Nombreuses années à vous, Maître ! » Dans sa prédication, Sa Béatitude a expliqué la signification de la fête et de l’incarnation du Christ pour l’humanité. Il a souhaité que cette fête apporte la paix à Alep, en union avec la terre de la nation syrienne entière. Il a souligné la résolution du peuple d’Alep, sa détermination et son dévouement pour son pays et sa nation, et son espérance que nous célébrerons tout cela en présence du métropolite Paul, très bientôt. Ont assisté à l’office le gouverneur d’Alep, le président du conseil municipal, et une délégation de personnalités officielles. La divine Liturgie a été suivie par une fête dans la cour de l’église, après quoi Sa Béatitude s’est rendu dans la salle de l’église où une galette à été découpée, et où les fidèles sont venus pour recevoir la bénédiction patriarcale et pour lui adresser leurs félicitations à l’occasion de la fête. Sa Béatitude continuera le programme de sa visite à Alep durant les prochains jours.

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La « Conférence Saint Germain d’Alaska » de la jeunesse orthodoxe a lieu actuellement à Washington

Cette conférence, organisée par les diocèses d’Amérique du Nord de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, a lieu à Washington du 23 au 27 décembre. Le programme est constitué par une série de tables rondes, et par des offices et différentes manifestations dans l’église orthodoxe russe de la ville, dédiée à saint Jean Baptiste. Comme l’a évoqué le recteur de la paroisse, l’archiprêtre Victor Potapov, la conférence, qui a lieu pour la 37ème fois, rassemble 200 personnes, âgées de 14 à 27 ans. Celles-ci viennent de différentes villes des diocèses des États-Unis de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, mais aussi du Canada, d’Australie et de Russie. Le père Victor a rappelé que « saint Germain d’Alaska était un grand missionnaire russe de la fin XVIIIème siècle et du début du XIXème, qui était venu en Alaska apporter aux habitants locaux la lumière de l’orthodoxie ». Dans le cadre de la conférence ont lieu deux communications principales, dont l’une est intitulée « comment mener une vie orthodoxe dans une société non-orthodoxe ». Comme l’a souligné le père Victor, « c’est très important, parce que l’orthodoxie n’est pas une religion dominante en Amérique ». En outre, une autre conférence est dédiée à l’un des saints les plus vénérés dans la diaspora russe, saint Jean de Changhaï et de San Francisco, dont le cinquantenaire du trépas a été commémoré cette année. Sa vie a est racontée par l’archiprêtre Pierre Perekrestov de San Francisco. Celui-ci a apporté un coffret avec les reliques du saint qui restera dans l’église pendant toute la durée de la conférence. Parmi les activités de la conférence, il y a également les « classes de maîtres » pendant lesquelles des thèmes comme le sacrement du mariage et du baptême sont évoquées, ainsi que l’importance d’être de bons parrains et marraines.

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Le représentant du patriarche Bartholomée a célébré un trisagion devant le cercueil de l’ambassadeur André Karlov sur l’aéroport d’Ankara

Le premier sujet évoqué sur les chaînes télévisées turques, en retransmission directe, a été la cérémonie d’adieux devant le cercueil de l’ambassadeur russe Andreï Karlov. Lors d’une courte cérémonie sur l’aéroport d’Ankara, les représentants de la direction politique et culturelle de la République de Turquie, des autorités militaires ainsi que des membres du corps diplomatique, ont fait leurs adieux à l’ambassadeur russe assassiné. Les épouses des ambassadeurs en poste à Ankara, dont l’épouse de l’ambassadeur grec, ont présenté leurs condoléances à l’épouse du défunt. Les derniers adieux ont été prononcés par le grand archimandrite Bessarion, au nom du patriarche Bartholomée. Le cercueil a été placé dans un local spécialement aménagé, où le père Bessarion a célébré un trisagion. Celui-ci a prié pour le repos de l’âme du défunt, fils de l’Église orthodoxe, en présence de la veuve. Ensuite, il a présenté à celle-ci les condoléances du patriarche Bartholomée. À son tour, la veuve a exprimé sa reconnaissance au patriarche pour avoir envoyé un prêtre réciter la prière des défunts devant le cercueil, avant son départ pour la Russie. Ensuite, le père Bessarion a encensé le cercueil jusqu’à l’avion. Le même jour, le patriarche œcuménique s’est rendu au consulat de la Fédération de Russie à Istanbul, afin d’y signer le registre de condoléances.

Sources : 1 et 2

Un évêque du Patriarcat orthodoxe d’Antioche a évoqué les miracles qui se sont produits pendant la guerre en Syrie

Le vicaire du patriarche d’Antioche Jean X, l’évêque d’Erzurum Mgr Sadiq Qais, dans une interview au site de l’Église orthodoxe d’Ukraine a évoqué les manifestations de l’aide divine aux chrétiens orthodoxes pendant la terrible guerre de Syrie. « Les fidèles témoignent souvent de miracles. C’est ainsi qu’il y a environ deux ans, dans l’église de la Sainte-Croix à Damas, un obus a percé le mur et s’est arrêté devant l’icône de sainte Catherine. S’il avait explosé, il y aurait eu des milliers de victimes. Un autre miracle s’est produit au célèbre couvent de la Nativité de la Très sainte Mère de Dieu à Saidnaya. L’usage veut que l’on brûle ici, à titre d’offrande votive, des cierges de grande hauteur, de la taille de ceux qui les offrent. Pendant un office, un homme (il s’avéra par la suite qu’il était musulman) offrit un tel cierge et demanda à une moniale de l’allumer. Après avoir transmis ce cierge, il descendit immédiatement par l’escalier de l’église, mais fut frappé par une crise cardiaque et s’effondra. Pendant ce temps, les moniales essayèrent plusieurs fois d’allumer le cierge, mais n’y parvinrent pas (il s’éteignait constamment). Or à cet instant, elles entendirent un cri et furent informées que l’homme qui avait apporté ce cierge se trouvait mal. Elles se rendirent immédiatement à l’endroit où il était affaissé. Il se mit à parler et dit aux sœurs : « Attention, dans le cierge que j’ai apporté, il y a de la dynamite », puis il mourut sur les marches de l’escalier. Il s’avéra qu’il était musulman… Le doigt de Dieu est toujours avec nous, nous le sentons », a conclu l’évêque Qais. Dans son interview, l’évêque syrien a abordé la question des monuments historiques détruits : « Les envahisseurs qui sont passés par le Moyen Orient au cours de l’histoire, les Mongolo-Tatares, les Croisés, les Mamelouks, les Turcs, n’ont pas détruit les monuments de la civilisation chrétienne. Les extrémistes islamistes détruisent tout aujourd’hui. Des gens sont tués sous nos yeux, des adultes et des enfants, on les décapite… Aujourd’hui, en Syrie, ce ne sont pas seulement nos églises qui sont attaquées, mais des villes antiques romaines entières, voire même des mosquées. Qui a détruit la mosquée des Omeyades à Alep qui constitue le patrimoine de toute la culture mondiale ? Ce sont les islamistes radicaux. La question surgit : qui se trouve derrière tout cela, qui fournit des armes aux rebelles, qui a créé l’EIIL, qui a amené les mercenaires (les représentants de 70 nationalités participent à cette guerre) sur nos terres ? Pourquoi l’ONU n’élève-t-elle pas sa voix, afin de condamner ces gens comme criminels ? Même l’UNESCO garde le silence au sujet de la destruction des monuments culturels ! ». L’évêque Qais a déclaré également, en ce qui concerne le sort des métropolites d’Alep Paul et Yohanna (Jean) Ibrahim, enlevés en 2013, que « l’on observe une indifférence totale de la part des organisations internationales pour la défense des droits de l’homme ». En outre, il a précisé que seul un petit nombre de chrétiens quittaient la Syrie. En fait, ils passent simplement de régions déchirées par la guerre dans des régions plus sûres, telles que par exemple la « vallée des chrétiens » (Wadi al-Nasara), où se trouvent 56 villages chrétiens, principalement orthodoxes. « En tout, 1% de tous les réfugiés qui quittent la Syrie sont des chrétiens, tous les autres sont musulmans », a fait remarquer l’évêque.

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Le Conseil épiscopal d’Amérique du Nord et du Sud de l’Église orthodoxe serbe souhaite que celle-ci quitte le COE

Le Conseil épiscopal d’Amérique du Nord et du Sud de l’Église orthodoxe serbe a siégé au monastère Saint-Sava de Libertyville, près de Chicago, les 8 et 9 décembre. Le Conseil était présidé par l’évêque de la Nouvelle Gračanica et du Midwest Longin, les autres participants étant l’évêque du Canada Mitrophane, l’évêque d’Amérique de l’Ouest Maxime, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque et l’évêque de Dioclée Cyrille. L’évêque d’Amérique de l’Est Irénée est arrivé le 9 décembre. Différents rapports ont été soumis au Conseil, concernant l’activité des diocèses d’Amérique du Nord et du Sud durant la période précédente, au cours de laquelle l’évêque Mitrophane a été transféré du diocèse d’Amérique orientale à celui du Canada, tandis que l’évêque d’Australie Irénée était nommé au diocèse d’Amérique orientale. Outre les questions courantes, la date de la canonisation officielle, à Libertyville, de saint Mardaire Uskoković (premier évêque du diocèse serbe d’Amérique et du Canada, +1935) a été fixée aux 15 et 16 juillet 2017. Il est souligné que cet événement est de grande importance pour l’Église orthodoxe et le peuple serbes en Amérique, mais aussi pour l’orthodoxie entière. Aussi, la canonisation doit être effectuée au plus haut niveau possible. Le métropolite Amphiloque a offert à tous les évêques et à tous les membres du Conseil ecclésiastique une vie succincte de saint Mardaire ainsi que son office liturgique et son acathiste. Il a été également question de l’amélioration du niveau de la Faculté de théologie à Libertyville et de la construction d’un nouveau bâtiment. Le lendemain, en l’église de la Résurrection du Christ, dans les environs de Chicago, a eu lieu une réunion du Conseil ecclésiastique central de l’Amérique du Nord, dont le Canada, et de l’Amérique du Sud. Les représentants de tous les diocèses de l’Église orthodoxe serbe sur ces territoires y étaient présents. Outre la question de la reconnaissance de l’État dans les différents pays où l’Église serbe accomplit sa mission, la construction d’une église dédiée à la Sainte-Trinité à Resistencia (Argentine), où vivent la plupart des émigrés serbes, il a été question des relations de l’Église orthodoxe serbe envers les hétérodoxes. À ce sujet, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque a rendu publique l’opinion du Conseil diocésain, selon laquelle l’Église orthodoxe serbe devrait renoncer à sa qualité de membre organique Conseil oecuménique des Églises, comme cela avait été au demeurant décidé par l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe en 1997 déjà. Cette opinion est due aux nouvelles tendances d’étiolement dogmatique et éthique chez certaines dénominations chrétiennes (cf. le clergé féminin, les mariages homosexuels, etc) et sera communiquée pour examen à l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe. Des questions d’ordre financier ont été évoquées, notamment pour les paroisses pauvres d’Amérique du Sud. Au sujet de ce dernier continent, le métropolite Amphiloque a évoqué les cas de la recherche de l’orthodoxie par de nombreux Américains du Sud, soulignant que la mission de l’Église orthodoxe serbe n’était pas seulement orientée vers les fidèles d’origine serbe, mais aussi au-delà. La question de la protection de l’appellation de l’Église orthodoxe serbe en Amérique a été soulevée, l’adjectif « orthodoxe » étant abusivement utilisée par certaines dénominations hétérodoxes. Le métropolite Amphiloque a suggéré que dans l’appellation figure « Église une, sainte, catholique, apostolique et orthodoxe du Patriarcat de Serbie ». Le métropolite a évoqué la formation des conférences épiscopales des Églises orthodoxes qui fonctionnent sur différents territoires de la diaspora, par exemple en Amérique du Nord, du Sud et Centrale. Le métropolite a déclaré que cela constitue indubitablement la préparation de la formation d’Églises orthodoxes locales, bien que le chemin pour y aboutir soit long. Les Églises locales ont à ce sujet des opinions diverses, qu’elles doivent harmoniser. Mais il est indubitable également que l’identité de l’Église une, sainte, catholique et apostolique orthodoxe doit être enracinée dans la conscience des fidèles locaux, Américains, Canadiens ou Américains du Sud. Le métropolite a souligné que certaines tentatives au sein de l’épiscopat du Patriarcat de Constantinople sont dictées par une nouvelle doctrine de ce patriarcat qui, sur la base du 28ème Concile de Chalcédoine, souhaite imposer ses propres évêques dans la diaspora comme seuls évêques canoniques, tandis que tous les autres évêques sont considérés comme les représentants de leurs groupes ethniques, nationaux. Cela est contraire à la tradition historique de l’Église ainsi qu’aux conditions nouvelles dans lesquelles l’Église agit, a souligné encore le métropolite. Cela abroge les décisions du Concile orthodoxe de 1872 qui a condamné l’ethnophylétisme comme « venin de serpent », et nous voyons ici des tentatives de « fabrication » de certains groupes ecclésiastiques ethniques fermés. Or, ce Concile (de 1872) a été confirmé lors du récent Grand et Saint Concile tenu en Crète. La session du Conseil ecclésiastique central de l’Église orthodoxe serbe en Amérique du Nord et du Sud s’est poursuivie jusqu’au samedi 10 décembre. À la fin des discussions, le métropolite Amphiloque est revenu sur la canonisation de saint Mardaire, et a souligné qu’il convenait d’y inviter tous les évêques orthodoxes d’Amérique ainsi que le patriarche œcuménique, le patriarche de Moscou et le patriarche de Serbie. Le métropolite a également suggéré qu’au nom du Conseil ecclésiastique central soit envoyé une lettre de félicitation au nouveau président américain Donald Trump, qui a la sympathie de tout le peuple serbe. L’évêque Maxime a rappelé que le saint évêque Mardaire avait en son temps écrit au président des États-Unis, lequel lui avait envoyé une réponse bienveillante. La proposition du métropolite Amphiloque a été adoptée, et l’évêque d’Amérique orientale Irénée a été chargé de rédiger la lettre en question.

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Session du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à New York

Le jeudi 8 décembre, la session ordinaire du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a été ouverte en la résidence synodale à New York par son primat le métropolite Hilarion. Ont participé à la session l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc, l’archevêque de San Francisco et d’Amérique de l’Ouest Cyrille, l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel, l’archevêque de Chicago et d’Amérique centrale Pierre, l’évêque de Manhattan Nicolas et l’évêque de Sacramento Irénée. L’archimandrite Romain (Krasovsky), chef de la Mission de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à Jérusalem, a exposé en détails la vie des couvents russes de l’Ascension sur le Mont des Oliviers et de Sainte-Marie-Madeleine à Gethsémani, ainsi que de la laure Saint-Chariton-le-Confesseur. Il a également évoqué les préparatifs, au Mont des Olivers, des fêtes dédiées au 200ème anniversaire de la naissance de l’archimandrite Antonin (Kapoustine), ainsi que les bonnes relations entre les deux parties de la Mission orthodoxe russe à Jérusalem, grâce au travail commun de leurs chefs. Les archipasteurs ont évoqué la situation dans le diocèse de Grande-Bretagne, où les fresques de la cathédrale de la Dormition à Londres sont actuellement peintes par les meilleurs iconographes sous la direction d’un professeur de l’école iconographique de l’Académie ecclésiastique de Moscou. Les fresques seront terminées en automne de l’an prochain, et il est prévu alors de procéder à la grande consécration de l’église, qui sera alors dédiée à la Nativité de la Mère de Dieu [les deux églises orthodoxes russes de Londres, celles du Patriarcat de Moscou et de l’Église russe hors-frontières étant actuellement dédiées à la même fête, i.e. la Dormition, ndt). Après avoir écouté le rapport de l’archevêque Marc de Berlin et d’Allemagne, le Synode des Evêques a donné satisfaction à la requête de celui-ci demandant d’être libéré de la charge du diocèse de Grande-Bretagne. Les paroisses concernées seront désormais rattachées directement au président du Synode des évêques. L’archiprêtre André Sommer, vice-président du Département synodal de la jeunesse, a fait un rapport sur le chœur synodal des jeunes, créé l’an passé, lequel a effectué un pèlerinage en mai de cette année aux lieux saints de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ce chœur a participé aux offices aux Laures de Kiev et de Potchaïev, au monastère de l’Ascension à Bantcheny (diocèse de Tchernovtsy et Bucovine), au monastère de la Protection de la Mère de Dieu et dans les autres églises de la capitale ukrainienne. Sur l’initiative du Département synodal de la jeunesse a été organisé le programme « la tirelire scolaire », par laquelle les élèves des écoles paroissiales russes en Amérique du nord ont récolté plus de 10’000 dollars pour l’orphelinat du monastère de l’Ascension à Bantcheny. Outre le pèlerinage en Ukraine, le chœur des jeunes a donné des concerts et a participé aux offices à la cathédrale synodale à New York, ainsi que dans les églises Saint-Séraphim à Sea-Cliff et de la Protection de la Mère de Dieu à Glen Cove, dans l’État de New York. L’archiprêtre André Sommer a mentionné que l’an prochain marquera le dixième anniversaire du rétablissement de la communion dans l’Église orthodoxe russe, et que les programmes et projets du Département de la jeunesse ont beaucoup contribué au renforcement de cette unité. L’archiprêtre a ensuite évoqué l’œuvre sociale dudit Département, a présenté le plan d’activité pour l’an prochain, et a répondu aux questions des évêques présents à la Session. Le Synode des évêques a décidé que la prochaine Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières aurait lieu du 9 au 15 juin 2017. Une commission destinée à sa préparation sera constituée de l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel, de l’archevêque de Chicago et d’Amérique centrale Pierre et de l’évêque de Manhattan Nicolas. Le Synode des évêques a également examiné la question du centenaire de la révolution russe. À ce sujet, le Synode des évêques s’adressera au clergé et aux fidèles par un message particulier et a donné sa bénédiction pour commémorer dans la prière, en 2017, « toutes les victimes innocentes au temps des malheurs, qui ont été tuées, ont souffert et été torturées, qui ont péri en exil et en prison d’une mort terrible, eux dont Toi seul, Seigneur, connais les noms ». Cette commémoration aura lieu dans toutes églises relevant de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le samedi de l’abstinence de viande, les samedis des défunts du Grand Carême et le samedi de saint Dimitri. Un décret sera envoyé à ce sujet à tous les évêques diocésains. Le deuxième jour de la session, le Synode des évêques a examiné un rapport sur le projet de location de certaines parties du bâtiment du Synode à New York ainsi que sur la rénovation de celui-ci. Le Synode des évêques a confié au Comité synodal des traductions de revoir la traduction anglaise de l’office à saint Jonas, évêque de Hankou [Mandchourie, +1925]. Le comité devra présenter un rapport à ce sujet lors de la prochaine session du Synode. Ensuite, le Synode a pris une série de décisions administratives et a approuvé un projet de lettre de félicitations au président Trump nouvellement élu. Enfin, le métropolite Hilarion de New York et d’Amérique orientale a remercié ses frères dans l’épiscopat pour leur amour, leur sagesse et le zèle dans leur activité. La prochaine session du Synode aura lieu en février 2017.

Source : 1 et 2

Sixième assemblée des évêques orthodoxes canoniques d’Australie, Nouvelle Zélande et Océanie

La sixième assemblée des évêques orthodoxes canoniques d’Australie, Nouvelle Zélande et Océanie a tenu sa séance de travail le jeudi 8 décembre. Celle-ci a eu lieu au bureau de l’Archidiocèse orthodoxe grec de Sydney. Conformément au règlement des Assemblées épiscopales dans la diaspora orthodoxe, la séance était présidée par le représentant du Patriarcat œcuménique, S.E. l’archevêque Stylianos. Les évêques canoniques suivants des diocèses orthodoxes d’Australie et de Nouvelle Zélande ont participé à la session : l’archevêque Stylianos (Patriarcat œcuménique), l’archevêque Paul (Patriarcat d’Antioche), l’évêque Georges de Canberra (Patriarcat de Moscou – Église russe hors-frontières), l’évêque Silouane (Patriarcat de Serbie), l’évêque Michel (Patriarcat de Roumanie), le métropolite Amphiloque (Patriarcat œcuménique), l’évêque Ezechiel, évêque auxiliaire de l’archevêque Stylianos (Patriarcat œcuménique), l’évêque Séraphim d’Apollonia, évêque auxiliaire de l’archevêque Stylianos (Patriarcat œcuménique), l’évêque Nicandre de Dorilaion, évêque auxiliaire de l’archevêque Stylianos (Patriarcat œcuménique), l’évêque Jacques de Miletoupolis, évêque auxiliaire de l’archevêque Stylianos (Patriarcat œcuménique). Dans son allocution d’ouverture, le président de l’Assemblée épiscopale a mentionné le 25ème anniversaire de l’élection et de l’intronisation de S.S. Bartholomée en tant qu’archevêque de Constantinople – Nouvelle Rome, et Patriarche œcuménique. Il a également souhaité la bienvenue au nouvel évêque serbe, Mgr Silouane, au sein de l’Assemblée épiscopale. L’archevêque Stylianos a souligné l’importance du Saint et Grand Concile qui a eu lieu en juin de cette année. Il a déclaré ensuite que, après de nombreux siècles, grâce aux efforts du patriarche Bartholomée et des primats des Églises orthodoxes, avec la participation de nombreux hiérarques, l’unité de l’Église orthodoxe a été proclamée au monde. En outre, l’occasion y a été donnée de discuter des conditions difficiles dans lesquelles l’Église orthodoxe doit s’affirmer elle-même dans une monde sécularisé et plein de défis. L’Église orthodoxe est appelée à répondre à ceux-ci et à guider le peuple orthodoxe. Après la séance de travail, un communiqué a été publié, dans lequel les évêques ont souligné les problèmes auxquels est confrontée l’Église orthodoxe en Australie et en Nouvelle Zélande : la sacralité du mariage entre un homme et une femme doit être manifestée dans la vie du couple béni par Dieu au moyen du sacrement du mariage ; le programme d’éducation basé sur des principes chrétiens, grâce auquel un enfant peut être élevé ; canonicité des clercs en Australie ; aumôniers orthodoxes à l’université ; rapport sur les aumôniers des hôpitaux. Les évêques ont dénoncé toute forme de violence qui est faite au nom de la religion. Ils ont aussi appelé chacun à exprimer et à cultiver le respect mutuel, indépendamment de la race, de la langue, et la religion ou des convictions personnelles. Le site de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques en Australie, Nouvelle Zélande et Océanie donne des renseignements très détaillés sur l’orthodoxie dans ces pays, avec la liste des évêques, le nombre et la situation des églises et monastères de toutes les juridictions, une carte interactive, etc.

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Jovan Nikoloski