27/06/2017
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Archives de catégorie : Monde

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Décès du métropolite du Mexique Antoine (Chedraoui), le hiérarque le plus âgé du Patriarcat d’Antioche

Le patriarche d’Antioche Jean X, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche et l’archidiocèse d’Amérique du Nord de cette Église ont annoncé le décès du métropolite Antoine (Chedraoui), dans la matinée du 14 juin. Né a Tripoli (Liban) le 17 janvier 1932, il reçut son baccalauréat ès arts au Liban et son baccalauréat en théologie à l’Université d’Athènes. Le 20 juillet 1952, il fut ordonné diacre et, le 29 août 1958, il fut ordonné prêtre et élevé au rang d’archimandrite. Le 5 juin 1966, il fut sacré évêque et nommé vicaire patriarcal pour le Mexique, le Venezuela, l’Amérique centrale et les Caraïbes. Le 12 juin 1996, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche éleva le diocèse mentionné au rang d’archevêché et Mgr Antoine fut nommé métropolite et archevêque de la nouvelle entité, position qu’il occupa jusqu’à son décès. Le défunt avait obtenu le respect, l’estime et l’amitié de plusieurs présidents mexicains, dont MM. Gustavo Diaz Ordaz et Vicente Fox Quesada, ainsi que de plusieurs secrétaires d’État et de dirigeants de diverses Églises.

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69ème remise des diplômes au Séminaire orthodoxe russe de la Sainte-Trinité à Jordanville (États-Unis)

Une nouvelle année scolaire s’est terminée avec succès au Séminaire de la Sainte-Trinité à Jordanville, qui dépend de l’Église orthodoxe russe hors-frontières. C’est ainsi que le dimanche 28 mai, le Séminaire a commémoré la 69ème remise des diplômes par un office d’intercession, la cérémonie des récompenses et une réception. Six étudiants ont achevé leurs études, dont quatre ont reçu le diplôme de cum laude à summa cum laude. Le recteur du séminaire et recteur du monastère de la Sainte-Trinité, l’archimandrite Luc (Murianka), ainsi que l’évêque de Sacramento Irénée se sont adressés par des allocutions aux lauréats. Élevé récemment à l’épiscopat, Mgr Irénée, vicaire du diocèse d’Amérique occidentale de l’Église russe hors-frontières, a obtenu un doctorat en patristique à Oxford. Il a aussi l’expérience de l’enseignement supérieur. L’évêque a prononcé un discours très convaincant sur la façon d’apporter au monde la lumière du Christ après avoir reçu une formation théologique. Il a également souligné le statut unique du Séminaire de la Sainte-Trinité comme institution théologique qui ne se limite pas à l’unique enseignement orthodoxe traditionnel, mais forme la vie entière de ses étudiants, leur permettant de s’immerger dans le rythme de la vie ecclésiale et, ce faisant, crée en eux des habitudes solides qui les aident à s’orienter dans le monde contemporain. Toute la journée, les étudiants, leurs familles et amis ont partagé la réussite des diplômés et la joie de la réception.

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Élection par le Saint synode du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient de Mgr Nicolas (Baallbaki) comme métropolite du diocèse de Hama (Syrie).

Mgr Nicolas Baallbaki, métropolite de Hama (Syrie)

Au cours de sa huitième session extraordinaire tenue à Balamand (Liban), le saint-synode du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche a élu l’évêque Nicolas Ba’albaki métropolite de Hama et de ses dépendances. Les membres du saint-synode ont choisi l’évêque Nicolas parmi six candidats qui avaient été auparavant choisis par l’assemblée clérico-laïque qui s’est réunie à Hama. Le nouveau métropolite est né à Damas en 1957. Il a terminé ses études de médecine à l’université de Damas en 1980 et sa spécialisation en chirurgie générale en 1984. De 1993 à 1998 il a étudié à la faculté de théologie de Balamand. Il a été sacré évêque par feu le patriarche Ignace IV en 2011. Il était locum tenens de l’éparchie de Hama depuis le 30 mars 2017.

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Édition d’un catéchisme orthodoxe en langue chinoise

À Hong Kong a été éditée la traduction en langue chinoise du catéchisme de l’archiprêtre Oleg Davydenkov. La publication de la traduction, laquelle a été effectuée par le prêtre Anatole Kung, clerc de la paroisse Saints-Pierre-et-Paul de Hong Kong, a été réalisée par l’édition « China Orthodox Press ». La première édition du catéchisme en langue chinoise est un événement important pour la mission. Le livre présentera un intérêt pour les lecteurs chinois qui voudront systématiser leurs connaissances sur l’Orthodoxie, ainsi qu’aux étudiants chinois qui étudient dans les écoles ecclésiastiques orthodoxes. Évoquant le projet, le directeur de la maison d’édition, l’archiprêtre Denis Pozdniaïev, a déclaré : « Nous faisons face à une pénurie extrême de littérature catéchétique et liturgique en langue chinoise. Je pense que la présente parution peut répondre, ne serait-ce qu’en partie, à l’intérêt pour la foi orthodoxe que nous constatons chez beaucoup, en Chine ». Le catéchisme en langue chinoise sera également diffusé dans les paroisses orthodoxes de Pékin, Changhaï et Hong Kong.

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Des cahiers d’activités pour enfants et jeunes adolescents orthodoxes sont publiés à Ottawa en anglais, espagnol, roumain et français

Avec les bénédictions de Leurs Éminences les archevêques Irénée d’Ottawa et Alejo de Mexico, tous deux relevant de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA), plusieurs cahiers d’activités destinés aux écoles du dimanche et camps d’été, dont un en français, ont été publiés par Lengua Viva Publishers à Ottawa. L’auteur en est Ioana Dimitriu, d’origine roumaine et membre de la paroisse de l’Annonciation à Ottawa. Elle commença à rédiger ces cahiers d’activités durant le voyage missionnaire organisé par l’Église orthodoxe en Amérique et le Centre missionnaire chrétien orthodoxe. Enseignant l’espagnol et de langue maternelle roumaine, Ioana Dimitriu a utilisé ses compétences linguistiques pour développer du matériel catéchétique destiné aux enfants orthodoxes dans les paroisses multilingues qui célèbrent en espagnol, français ou roumain, ainsi qu’en anglais. Le premier volume, les douze grandes fêtes de l’Église orthodoxe, comprend des récits sur les fêtes et de nombreuses activités attrayantes, des illustrations, des mots croisés etc. Actuellement, seul ce volume est disponible en français. Les autres cahiers concernent l’explication du Credo, le Grand Carême, la Semaine Sainte, Pâques. Ces livres sont destinés aux enfants de 8 à 12 ans. Les illustrations ont été faites par Ana-Maria Lemnaru, une jeune artiste roumaine, s’inspirant de la tradition iconographique byzantine. Ces cahiers d’activités peuvent être commandés en ligne auprès de Lengua Viva. Des renseignements complémentaires sont disponibles sur ce lien.

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11 ordinateurs et d’autres dons viennent d’être envoyés en Haïti par l’association orthodoxe « Haïti en chœur »

L’association caritative orthodoxe « Haïti en chœur » vient d’envoyer 11 ordinateurs et d’autres dons en Haïti. On peut consulter sur le lien ci-dessous les détails de cette œuvre caritative.

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Le premier office depuis six ans a eu lieu en l’église orthodoxe de Zabadani (Syrie)

Les chrétiens commencent à revenir dans les régions de Syrie libérées des islamistes. Après l’opération militaire réussie de l’armée syrienne pour libérer des islamistes la vallée de Wadi-Barada à l’ouest de Damas, la paix y règne maintenant. Dans les villes de Zabadani et de Madaya continue le rétablissement de la paix et la renaissance des églises complètement détruites. Beaucoup de Syriens orthodoxes vivaient traditionnellement dans cette région. Malgré toutes les difficultés, ils reviennent déjà dans leurs foyers ancestraux. Avec les fidèles, la prière revient dans les églises orthodoxes. C’est ainsi qu’à l’initiative des chrétiens revenus de leur exil, le premier office liturgique depuis six ans a eu lieu en l’église orthodoxe de la ville de Zabadani. La région de la vallée de Wadi-Barada est appelée en Syrie « coin de paradis » en raison de la beauté de la nature et du climat. Selon la tradition locale, c’est dans les montagnes avoisinantes que Caïn a enterré Abel. Pendant six ans, ces lieux ont été le théâtre de conflits armés. Les islamistes du groupe Jabhat al-Nosra y ont institué la charia stricte, après quoi des dizaines de milliers de civils se sont enfuis. Mais au mois de mars pour Wadi-Barada et au mois d’avril pour Zabadani et Madaya, les rebelles sont partis sous la pression de l’armée. Après l’expulsion des islamistes, l’armée syrienne a repris le contrôle sur les 130 kilomètres de frontières avec le Liban, mettant ainsi fin au trafic de drogue. Actuellement, malgré les destructions importantes, 20.000 personnes sont revenues dans cette région. La fourniture d’eau et d’électricité a été rétablie. Les autorités, l’ONU et le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie procèdent à l’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres produits de première nécessité.

Source, traduit du russe pour Orthodoxie.com : Pravoslavie. Photographie: Rusvesna

Le président américain Donald Trump a été accueilli au Saint-Sépulcre par le patriarche de Jérusalem Théophile III

Le lundi 22 mai, le président américain Donald Trump est arrivé à l’aéroport Ben Gourion, où lors de la réception en son honneur, était présent le patriarche de Jérusalem Théophile III. Dans l’après-midi, le patriarche, accompagné de l’archevêque de Hiérapolis Isidore et des archimandrites Matthieu et Polycarpe, du custode de Terre sainte Francesco Patton et du patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Manougian, a accueilli le président dans la cour de la basilique du Saint-Sépulcre. Depuis la cour, le patriarche Théophile, suivi par le père Francesco Patton et du représentant du patriarcat arménien, a conduit le président au Tombeau du Christ et au Golgotha. Ensuite, le président s’est rendu au bureau de la Basilique de la Résurrection, où lui a été offerte une icône de la Nativité par le patriarche Théophile. Le président a exprimé son émotion pour sa visite au monument le plus ancien et le plus saint de la chrétienté et a souhaité la paix pour la région du Moyen Orient et pour le monde entier.

Source (dont photographie) : Romfea

Les reliques de saint Mardaire (Uskoković, +1935) ont été trouvées partiellement incorrompues

Avec la bénédiction de l’évêque Longin de la Nouvelle-Gračanica et du Midwest (l’un des diocèses de l’Église orthodoxe serbe aux État-Unis), les reliques de saint Mardaire (Uskoković) ont été exhumées le 5 mai en l’église Saint-Sava du monastère de Libertyville, (Illinois), où elles reposaient depuis leur inhumation en décembre 1935. L’exhumation, réalisée en vue des cérémonies de glorification panorthodoxe du saint qui se tiendront du 14 au 16 juillet 2017, a révélé que les reliques sont partiellement incorrompues, ce qu’a confirmé le père Nicolas Kostur, qui préside le sous-comité liturgique de la glorification de saint Mardaire. Le 4 mai 2017, après la Liturgie et un acathiste au saint célébrés par l’évêque Longin, la pierre tombale a été enlevée, révélant que le cercueil se trouvait dans un caveau en ciment, qui a été ouvert le dimanche suivant. Pendant l’exhumation, « Le Christ est ressuscité » et d’autres hymnes de Pâques, ainsi que le tropaire de saint Mardaire, ont été chantés selon les mélodies serbes et russes. Le cercueil a été fissuré tandis qu’on le dégageait, laissant échapper un doux parfum qui se dissipa rapidement. En inspectant soigneusement les reliques, le père Nicolas Kostur a découvert que les mains du saint étaient entièrement intactes, avec la peau et les ongles. En ôtant soigneusement les vêtements dans lesquels le saint avait été inhumé, il s’est avéré que les reliques étaient intactes à partir des genoux. Les cheveux et la barbe du saint sont souples comme si le saint avait été enterré hier. Le reste des reliques a été ensuite été lavé avec de l’eau chaude et du vin blanc, puis ointes avec un parfum, et placées ensuite dans un stikharion, en attendant d’être revêtues de tous les ornements liturgiques pour la cérémonie de glorification au mois de juillet. St Mardaire, évêque de l’Église serbe en Amérique a accompli un immense travail missionnaire en Amérique et a fondé le monastère Saint-Sava, où il a été inhumé le 12 décembre 1935. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe a introduit son nom au calendrier le 29 mai 2015.

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Le métropolite Hilarion est intervenu au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Le 11er mai 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté un exposé lors de l’assemblée plénière du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés, à Washington.

Présentant le métropolite Hilarion, le président de l’association évangélique Billy Graham, F. Graham, a mentionné sa visité en Russie, fin 2015, expliquant que l’idée de ce sommet pour la défense des chrétiens persécutés lui était venue à Moscou, pendant son entretien avec le président du DREE.

Le métropolite Hilarion a salué les participants du sommet au nom de l’Église orthodoxe russe. Il a remercié l’Association Billy Graham et son président Franklin Graham d’avoir organisé un forum de cette ampleur, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’épouvantable tragédie des chrétiens persécutés dans le monde d’aujourd’hui.

Le hiérarque orthodoxe a rappelé que les persécutions contre les disciples du Christ ne sont pas un phénomène nouveau. « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte d’infamie à cause de Moi », disait le Seigneur Jésus Christ (Mt 5, 10). Le thème des persécutions est un des leitmotivs de sa prédication, revenant sans cesse dans ses entretiens avec les apôtres. « L’apôtre Pierre dit : « Très chers, ne jugez pas étrange l’incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous survenait quelque chose d’étrange. Mais, dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. Heureux, si vous êtes outragés pour le nom du Christ, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous. Que nul de vous n’ait à souffrir comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme délateur, mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas honte, qu’il glorifie Dieu de porter ce nom » (I P 4, 12-16).

L’Église a été persécutée partout durant les trois premiers siècles de son existence, a souligné le métropolite Hilarion. Durant les siècles suivants, les chrétiens ont aussi été soumis à de nombreuses persécutions, sous différentes formes. « Il n’y a pas un siècle dans l’histoire du christianisme où nous n’ayons pas été persécutés, dans une partie du monde ou dans l’autre », a témoigné l’hiérarque.

Poursuivant la même idée, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rappelé que le XX siècle avait posé avec plus que jamais d’acuité la question du prix que les chrétiens devaient payer pour leur foi. Ainsi, la série de révolutions qui a bouleversé tant d’états en Europe, en Asie et en Amérique latine, a provoqué une puissante vague de violences contre les chrétiens. En Turquie, le début du XX siècle a été marqué par une extermination massive des Arméniens, des Assyriens et des représentants d’autres peuples chrétiens. L’état des Jeunes Turcs a lancé un génocide contre la population chrétienne de l’Empire ottoman, qui s’est poursuivi après la chute de l’empire. Les exécutions, particulièrement cruelles, les assassinats, les déportations massives ont touché plus d’un million de personnes. Dans l’Allemagne d’Hitler et dans l’Espagne républicaine des années 30, les chrétiens de différentes confessions ont fait l’objet de persécutions plus ou moins violentes. Les persécutions contre l’Église catholique ont été particulièrement cruelles et sanglantes au Mexique dans les années 1920. Au milieu du XX siècle, la « révolution culturelle » chinoise a entraîné des répressions massives contre le clergé chrétien.

« Cette année, la Russie et les autres pays de ‘l’espace post-soviétique’ commémorent le centenaire de la révolution d’octobre 1917, point de départ d’une époque de cruelles persécutions contre l’Église orthodoxe russe, a rappelé le président du DREE. Le pouvoir, en la personne de Lénine et de Staline, a initié des répressions d’une ampleur sans précédent contre son propre peuple ; des dizaines de millions de personnes ont été victimes de ces répressions. » Durant ces années, a constaté le métropolite, l’Église s’est enrichie d’une multitude de saints qui, selon le mot de l’apôtre, « se sont laissés torturés afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent l’épreuve des dérisions et des fouets, et même celles des chaînes et de la prison » (Heb 11, 35-36). »

« Au XX siècle, les nouveaux martyrs et confesseurs russes n’étaient pas mis à mort à cause d’actes concrets, à cause de transgressions, de violations de la loi ou de crimes. Ils étaient systématiquement éliminés parce qu’ils croyaient en Jésus Christ, Dieu et Sauveur, a souligné Mgr Hilarion. Les églises chrétiennes étaient dynamitées pour la seule raison qu’elles étaient chrétiennes. Les icônes étaient brûlées parce qu’elles représentaient le Christ. »

Elle est longue, la triste liste des pays où les chrétiens ont été l’objet de persécutions au XX siècle, a constaté l’archipasteur. Le début du XXI siècle s’ouvre sur une nouvelle vague de persécutions de grande envergure contre les chrétiens dans différentes parties du monde. »

« Les chrétiens souffrent surtout aujourd’hui dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique, a raconté le métropolite. Depuis près de deux mille ans, les chrétiens vivent dans ces régions. Aujourd’hui, ils entravent la voie d’intérêts politiques ou économiques pour des forces qui ne répugnent pas à employer des terroristes pour atteindre leurs buts, faisant de ces terroristes des combattants pour la liberté et la démocratie. L’ampleur des persécutions contre les chrétiens est obstinément tue dans les médias et au sein de la communauté internationale. »

Mgr Hilarion a cité plusieurs exemples illustrant la détresse des chrétiens dans différents pays du Proche-Orient. Si près d’un million et demi de chrétiens vivaient en Irak avant 2003, ils ne sont plus aujourd’hui que 150 à 250 000, selon les estimations, la plus grande partie de cette population ayant dû quitter le pays après le début du soi-disant « printemps arabe ». En Lybie, le « printemps arabe » a entraîné la quasi-disparition des chrétiens. Les autorités actuelles du pays déclarent ouvertement qu’elles ne souhaitent pas que les chrétiens y restent.

En Égypte, après la venue au pouvoir des « Frères-musulmans », les assassinats de chrétiens et les incendies d’églises étaient devenus systématiques. La population chrétienne a commencé à quitter le pays. Depuis l’arrivée au pouvoir d’As-Sissi, la situation s’est améliorée, mais des explosions meurtrières ont toujours lieu dans les églises d’Égypte, et des dizaines de personnes tombent victimes des bombes des terroristes.

Dans les régions de Syrie tombées aux mains des terroristes pendant la guerre, les chrétiens ont été exterminés sans pitié. Le monde n’aurait sans doute rien su de ces tragédies si les terroristes eux-mêmes n’avaient partagé sur internet les scènes atroces de ces exécutions contre les chrétiens. Ceux des chrétiens qui sont restés en vie sont soumis à des tortures et à différentes humiliations.

Le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a constaté : « Nous partageons la position de Leurs Saintetés les Patriarches Jean X (Église orthodoxe d’Antioche) et Ephrem II (Église syro-jacobite), formulée récemment dans un message commun à l’occasion de l’anniversaire de l’enlèvement de deux hiérarques, les métropolites Paul d’Alep et Jean Ibrahim. Ce message témoigne que les chrétiens d’Orient sont désireux de rester sur la terre de leurs ancêtres, que les discours du « monde civilisé » sur la démocratie ne doivent pas distraire des véritables problèmes de la population syrienne et de la nécessité de cesser la guerre, qu’il est aussi nécessaire d’arrêter de financer les groupements terroristes, donnant plutôt du pain aux affamés ». Il faut entendre cette voix et la faire entendre aux grands de ce monde, parce qu’elle exprime l’opinion des chrétiens de Syrie, a souligné l’hiérarque.

Le génocide des chrétiens se poursuit aujourd’hui sous les yeux du monde civilisé, a témoigné le métropolite Hilarion. Jusqu’à une date récente, l’Occident se taisait, les hommes politiques et les médias gardant obstinément le silence sur ce thème. « Aujourd’hui, ce ‘complot du silence’ a été brisé, on commence à parler des persécutions contre les chrétiens au plus haut niveau international. Mais beaucoup de ceux qui évoquent ce thème, aujourd’hui encore, s’efforce de le détourner : « Ne parlons pas des chrétiens, parlons plutôt des minorités ». Ils appellent ainsi à taire le problème, détournant la conversation dans le domaine des discours politiquement corrects sur la tolérance envers n’importe quelle minorité, notamment sexuelle, ou autre » a constaté Mgr Hilarion.

Le président du DREE a aussi rappelé que le monde était peu au courant du génocide des chrétiens en Afrique. Pourtant, au Nigéria et dans les pays limitrophes, les terroristes du groupe « Boko Haram » et les tribus nomades tuent les chrétiens par villages entiers. Rien qu’au Nigéria, les extrémistes ont détruit 900 églises ces derniers temps. Les autorités du Soudan du Nord jettent des bombes sur les chrétiens et les soumettent à des discriminations permanentes. Les attaques contre les chrétiens se poursuivent en Somalie et en Tanzanie.

« Nos frères et sœurs sont aussi soumis à de multiples souffrances et persécutions dans les pays d’Asie, en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Inde, en Birmanie » a continué le métropolite Hilarion.

L’archipasteur a constaté que l’Église orthodoxe russe avait été l’une des premières à parler publiquement des persécutions contre les chrétiens à une époque où tout le monde se taisait. Le Patriarcat de Moscou a exprimé ses inquiétudes quant au sort de la population chrétienne du Proche-Orient et en Afrique dès le début des évènements du printemps arabe.

En novembre 2011, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’était rendu en Syrie et au Liban pour une visite irénique dont l’objet était, notamment, d’entretenir les liens fraternels entre les Églises chrétiennes dans le contexte d’un conflit pressenti.

Durant les années qui ont suivi, l’Église orthodoxe russe s’est efforcée et continue à s’efforcer d’entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les droits des chrétiens persécutés, a témoigné le métropolite Hilarion de Volokolamsk. Aucune rencontre de Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie et du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou avec les hommes politiques étrangers ne se passe sans que soit évoquée la situation des communautés chrétiennes du Proche-Orient et d’Afrique. La hiérarchie et les représentants de l’Église orthodoxe russe participent activement aux forums internationaux et interreligieux consacrés à la situation au Proche-Orient.

Mgr Hilarion a aussi évoqué le rôle du dialogue interreligieux dans l’aide aux chrétiens persécutés. Le 12 février 2016, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le Pape François de Rome se sont rencontrés à La Havane. « Les primats des deux plus grandes Églises chrétiennes ont témoigné de ce que les deux parties comprenaient que la situation dans le monde exigeait des mesures urgentes et, comme il est écrit dans la déclaration commune signée à La Havane, des actions coordonnées » a constaté Mgr Hilarion.

L’Église orthodoxe russe défend aussi les droits des chrétiens persécutés dans le dialogue qu’elle mène avec les autres religions, a poursuivi le métropolite.

« Les manifestations d’agression à l’encontre des chrétiens dans le monde contemporaine, en dehors des violences physiques, prennent souvent la forme de la négation du droit des gens à exprimer publiquement leur foi, à en suivre les valeurs, à porter ouvertement des symboles religieux, a poursuivi le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Nous constatons avec affliction et inquiétude le processus de déchristianisation de l’espace public de l’Ancien et du Nouveau monde, historiquement pourtant les bastions les plus importants de la civilisation chrétienne. Les églises et les communautés chrétiennes sont regardées comme des reliquats de l’ancien temps et non comme des acteurs de plein droit des processus sociaux. »

L’archipasteur a rappelé que, dans la société contemporaine, des phénomènes qui contredisent les commandements évangéliques sont de plus en plus souvent considérés comme normaux. La volonté de nombreux états de légaliser la pratique de l’euthanasie suscite de sérieuses inquiétudes. Dans certains pays (Pays-Bas, Belgique, Canada, Luxembourg), le patient est autorisé par la loi à mettre fin à ses jours. Récemment, en Italie, une nouvelle discussion sur la possibilité de l’euthanasie a suscité de vifs débats. Dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, les médias et le système éducatif font la promotion d’une idéologie favorable aux minorités sexuelles et à la propagande d’un mode de vie homosexuel.

L’Église orthodoxe russe proclame la sainteté de la vie humaine dès l’instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, elle confesse les idéaux évangéliques du mariage et de la famille, a souligné le métropolite de Volokolamsk, rappelant : « La position de notre Église est une position de principe. La société doit préserver les valeurs traditionnelles, apprendre à observer un équilibre entre les droits et les libertés de l’homme, d’une part, et la responsabilité pour le bien-être moral de la personne, de l’autre. Il est triste que la réalisation des droits de l’homme soit de plus en plus souvent synonyme de permissivité et de débauche morale. Cette tendance est une impasse pour le développement social ».

L’hiérarque de l’Église orthodoxe russe a appelé les représentants des différentes confessions chrétiennes à ne pas rester indifférents devant les souffrances de leurs frères et sœurs persécutés. « Aujourd’hui, plus que jamais, les chrétiens doivent être solidaires et intercéder pour ceux qui souffrent, pour les persécutés qui glorifient le Christ par leurs prouesses » a souligné le président du DREE.
« Cette solidarité interchrétienne doit être plus importante au niveau pratique que les divergences entre confessions chrétiennes qui se sont accumulées depuis des siècles. Ces divergences continueront à nous diviser, mais elles ne doivent pas être un obstacle à des actions concertées pour la défense des chrétiens persécutés, indépendamment de la confession à laquelle ils appartiennent » a déclaré l’archipasteur.

Par ailleurs, selon le président du DREE, la coopération interreligieuse revêt aujourd’hui une importance particulière. « Le terrorisme est un défi commun aux chrétiens, aux musulmans et aux représentants d’autres traditions religieuses. Il faut que tous en aient clairement conscience. La bombe du terroriste ne choisit pas qui sera touché par ses éclats : ses victimes seront des hommes de différentes appartenances religieuses » a dit le métropolite.

On peut, a-t-il poursuivi, citer beaucoup d’exemples de construction d’un climat social de paix et d’harmonie interreligieux. Les chrétiens et les musulmans vivent en bon voisinage au Liban et en Jordanie. L’Égypte a choisi la voie du dialogue interreligieux et de l’éradication de l’extrémisme. Il y a aussi l’expérience séculaire de coopération interreligieuse qui est celle de la Russie, où les chrétiens, les musulmans, les juifs et les bouddhistes non seulement ne sont pas en conflit, mais se réunissent dans le cadre du Conseil interreligieux de Russie pour résoudre les problèmes de l’actualité, pour élaborer ensemble une position commune et défendre les valeurs morales et spirituelles.

« Aujourd’hui, le rôle d’une instruction religieuse de qualité devient de plus en plus important, estime le métropolite Hilarion. Le succès des terroristes tient notamment au fait que, dans beaucoup de pays du monde, le niveau de connaissances religieuses est extrêmement bas. Les gens rejoignent les terroristes parce qu’ils ne connaissent pas la vérité ni sur l’islam, ni sur le christianisme. Les idéologues de la terreur affirment à leurs adeptes que les chrétiens sont les suppôts des colonisateurs étrangers, les ennemis de l’islam et qu’il n’y a pas d’autre moyen de défendre l’islam que d’éliminer les chrétiens. Des âmes fragiles se laissent influencer par cette idéologie. »

« Ensemble, nous pouvons faire beaucoup, a souligné le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Le monde entier prête aujourd’hui attention à notre sommet. Les confessions chrétiennes doivent témoigner d’une seule voix de notre solidarité avec nos frères et sœurs persécutés, appeler la communauté internationale à intensifier la lutter contre l’extrémisme, le terrorisme et la christianophobie. »

Les travaux du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés se poursuivront jusqu’au 13 mai. Le forum est organisé par l’Association évangélique Billy Graham et rassemblé 800 participants venus de plus de 135 pays.

Les orthodoxes participent au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Du 10 mai au 13 mai 2017, Washington, capitale des États-Unis accueillait un Sommet mondial des leaders chrétiens pour la défense des chrétiens persécutés. Il est organisé par l’Association évangélique Billy Graham. Des représentants de différentes confessions chrétiennes, venus de plus de 135 pays, sont rassemblés à cette occasion. La rencontre est suscitée par la situation des chrétiens persécutés au Proche Orient, en Afrique et dans d’autres régions du monde, situation sans précédent dans l’histoire récente, rappelant les persécutions endurées par les chrétiens durant les premiers siècles et celles orchestrées par les états athées au XX siècle. Des méfaits d’une telle envergure ne pouvaient laisser indifférente la communauté chrétienne. Le sommet pour la défense des chrétiens persécutés veut être un espace de discussion de ce problème, afin d’améliorer la situation. Des délégations des Églises orthodoxes locales participent aussi au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés. Ces délégations sont présidées par Sa Béatitude l’archevêque Tikhon de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada (Église orthodoxe en Amérique), l’archevêque Dimitri d’Amérique (Patriarcat de Constantinople), l’archevêque Joseph de New-York, métropolite de toute l’Amérique du Nord (Patriarcat d’Antioche).

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Les chrétiens orthodoxes des États-Unis commémorent les 25 ans des œuvres philanthropiques de l’agence humanitaire officielle (IOCC) de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques aux États-Unis

Cette année, les chrétiens orthodoxes aux États-Unis commémoreront les 25 ans de de l’ « International Orthodox Christian Charities » (IOCC), agence humanitaire officielle de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis. Cette agence a été constituée en 1992 par la Conférence permanente des évêques orthodoxes canoniques des Amériques (SCOBA) qui a précédé l’Assemblée actuelle. Ses fondateurs laïcs étaient Charles R. Ajalat, Andrew A. Athens, et John G. Rangos Sr. L’IOCC est également reconnaissante au soutien fidèles des membres honoraires du Conseil d’administration Georges M. Marcus et le défunt George J. Farha qui ont tous deux joué un rôle essentiel dans son expansion pendant les 25 dernières années. L’IOCC a uni les efforts des chrétiens orthodoxes en réponse au bouleversement historique causé par la dissolution de l’Union soviétique et les guerres dans l’ex-Yougoslavie, lesquelles ont déplacé 2,5 millions de personnes. Depuis lors, l’IOCC a fourni plus de 600 millions de dollars en assistance humanitaire aux personnes vulnérables dans plus de 60 pays. Les programmes en cours incluent l’aide humanitaire aux personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie et les réfugiés fuyant la guerre civile dans ce pays ; le soutien au peuple grec affecté par la crise économique prolongée ; des projets éducatifs, sanitaires et d’irrigation en Éthiopie, Tanzanie, Ouganda et dans le monde entier. L’IOCC entretient l’un des réseaux de distribution d’aide humanitaire les plus importants en Syrie, où son programme a pour objectif de fournir de l’eau potable, de la nourriture, des médicaments, un soutien psychologique et d’autres formes d’assistance à des millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et celles cherchant refuge dans les pays voisins. Au cours de son existence, l’IOCC a également répondu aux crises des réfugiés en Éthiopie du Sud et en Irak. Il a fourni du soutien et de l’aide médicale aux familles réfugiées avec des enfants handicapés en Jordanie, a offert des cours d’anglais et d’informatique aux réfugiés au Liban afin de les aider à trouver un emploi. Aux États-Unis, l’équipe des situations d’urgence de l’IOCC a formé le clergé et les laïcs orthodoxes bénévoles à soutenir les efforts de secours, lesquels se sont montrés actifs après l’ouragan Katrina et les innombrables tornades, inondations et désastres dus aux intempéries à travers le pays. Outre les situations d’urgences et l’aide aux réfugiés, l’IOCC soutient également les projets de développement à long terme. En Grèce, où l’on estime maintenant qu’un tiers de la population vit au-dessous du seuil de la pauvreté, l’IOCC fournit de l’aide alimentaire et des fournitures scolaires à 5000 familles grecques en difficulté et travaille à stimuler l’agriculture dans le nord du pays afin de créer des emplois pour 2000 cultivateurs. Dans les Balkans occidentaux, l’IOCC a assisté plus d’un million et demi de personnes par l’aide au retour des réfugiés, à l’agriculture et la production alimentaire, au développement communautaire, à l’éducation et au développement économique. Le programme de micro-crédits en Bosnie-Herzégovine, qui a commencé en 2002, a fait l’objet d’un investissement de 22 millions de Dollars dans 13.000 prêts pour micro-entreprises avec un taux moyen de remboursement mensuel de 99%. Mark D. Stavropoulos, président du Conseil d’Administration a commenté le 25ème anniversaire de l’Agence : « Cela a été mon grand privilège de servir aux côtés des membres du Conseil, du personnel dévoué de l’IOCC à travers le monde, de nos partenaires exceptionnels de l’Église orthodoxe, de nos organisations partenaires, afin d’aider ceux qui sont dans le besoin. Nous prenons soin de sélectionner des projets qui sont aptes à avoir le plus long impact possible parmi le grand nombre de bénéficiaires. Et bien que nos programmes soient conçus pour aider les autres, nos bénéficiaires apportent en retour à l’équipe entière de l’IOCC un amour sans bornes, de l’espérance, et la sagesse qui fait que nous restons humbles dans notre travail ».

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L’archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique lance l’opération « sacs bruns » permettant de nourrir des milliers de sans-abris à Salt Lake City (États-Unis)

Le samedi 30 avril, l’église orthodoxe grecque de Salt Lake City a lancé un programme connu sous le nom d’opération « sacs bruns » qui a pour but de nourrir les personnes sans domicile fixe de la ville. Des fidèles de la cathédrale de la Sainte-Trinité et de l’église du Prophète-Élie ont réuni leurs forces et préparé plus de 3.500 sacs de nourriture comprenant des sandwiches, des fruits et des chips destinés aux sans abris. Dans une déclaration, l’Église a expliqué que même si elle nourrit environ 3.000 sans abris à l’occasion du « Thanksgiving day », « ceux-ci, ainsi que les nécessiteux ont faim toute l’année ».

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Le patriarche œcuménique Bartholomée se rendra à Smyrne du 7 au 10 mai

Le patriarche œcuménique Bartholomée effectuera des visites patriarcales et pastorales dans la région de Smyrne, suite à l’invitation des maires et d’autres personnalités de la région, ainsi qu’à la demande de la communauté orthodoxe de la ville, qui a été reconstituée. C’est ainsi que, pour la troisième fois cette année, aura lieu une visite du patriarche sur la terre de Ionie. Le programme, à compter du dimanche 7 mai, jusqu’au mercredi 10 mai est constitué de rencontres avec les pouvoirs locaux et d’offices liturgiques. En outre, ce programme comprend la participation du patriarche au IIIème Congrès hagiologique sur le thème « Les Pères apostoliques et leur époque », qui aura lieu à Smyrne. Le patriarche arrivera sur l’aéroport de Smyrne dans l’après-midi du dimanche et partira immédiatement dans le village de montagne de Çirkince, près d’Éphèse, où il célébrera les vêpres en l’église Saint-Jean-Baptiste. Le lundi, jour de la mémoire du saint apôtre Jean le Théologien, le patriarche présidera la divine Liturgie en la basilique paléochrétienne d’Éphèse, sur la tombe du saint. Ensuite, le patriarche effectuera des visites protocolaires au sous-préfet de la région et au maire d’Éphèse. L’après-midi du lundi, il présidera les vêpres dans les ruines de l’ancienne église de la Mère de Dieu située sur le site archéologique d’Éphèse (l’église du IIIème Concile œcuménique). Enfin, le soir, le patriarche proclamera la clôture du IIIème congrès hagiologique. Le mardi 9 mai, le patriarche assistera à la liturgie en l’église de Saint-Constantin à Menemeni. Il rencontrera le même jour le maire de Menemeni, le maire, ainsi que le préfet de Smyrne. Le soir, il présidera les vêpres orthodoxes en l’église catholique-romaine Saint-Polycarpe. Avant de partir pour Constantinople, le patriarche se rendra sur la péninsule de Karaburun.

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Intronisation à Chicago du premier métropolite du diocèse des deux Amériques de l’Église orthodoxe roumaine

Le dimanche des Myrophores (30 avril 2017) a été intronisé le premier métropolite du diocèse de l’Église orthodoxe roumaine des deux Amériques. L’événement a eu lieu en la cathédrale des saints Constantin et Hélène à Chicago. La délégation de l’Église orthodoxe roumaine était dirigée par S.E. le métropolite Niphon, archevêque de Târgovişte. L’élévation à la dignité de métropolite de Mgr Nicolas avait eu lieu le 30 octobre 2016 en la cathédrale patriarcale de Bucarest, après la sainte Liturgie. Le métropolite Nicolas est né le 15 avril 1967 à Constanța. Il a fait ses études secondaires dans cette ville et à Bucarest, puis a étudié à la faculté de théologie de Sibiu entre 1988 et 1992. Il a bénéficié d’une bourse d’études de l’Université Marc Bloch de Strasbourg entre 1994 et 2001, où il a obtenu le diplôme d’études approfondies (1995) et reçu le titre de docteur en théologie (2001). De décembre 2001 à mars 2002, il a été secrétaire à la chancellerie patriarcale. Il a prononcé ses vœux monastiques en décembre 2011 au monastère Radu Vodă à Bucarest. Depuis mars 2002, il était archevêque orthodoxe roumain des deux Amériques. On peut visionner sur le lien ci-dessous la Liturgie et la cérémonie d’intronisation du nouveau métropolite

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« Allez, faites de toutes les nations des disciples : évangélisation et mission externe dans les paroisses orthodoxes aux États-Unis », un rapport publié par l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis 

La première étude jamais réalisée aux États-Unis sur l’évangélisation et la mission externe dans les paroisses orthodoxes de ce pays a été publiée par l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis. Un résumé et le rapport complet sont disponibles en anglais. Le rapport « « Allez, faites de toutes les nations des disciples : évangélisation et mission externe dans les paroisses orthodoxes aux États-Unis » examine les pratiques et les stratégies développées par certaines paroisses orthodoxes qui peuvent être considérées comme « exemplaires » dans leurs efforts missionnaires et de mission externe. Le lecteur trouvera, par exemple, ce qui suit dans le rapport :
– « Les secrets » pour être une paroisse qui attire et accueille les nouveaux membres
– Huit bonnes pratiques d’accueil de ceux qui visitent la paroisse pour la première fois et de ceux qui posent des questions sur la foi
– Comment les paroisses « exemplaires » atteignent un degré élevé d’engagement de leurs membres dans la vie paroissiale
– Quatre traits distinctifs de l’instruction religieuse dans les paroisses « exemplaires »
– Six « leçons » que la direction de l’Église (les évêques) peut apprendre des paroisses « exemplaires ».
Les paroisses de sept juridictions orthodoxes des États-Unis ont participé à cette étude. Le rapport a été préparé par Alexei Krindatch, coordinateur des recherches de l’Assemblée, en coopération avec le père Eric Tosi (OCA), le père John Parker (OCA) et Adam Roberts (Archevêché d’Antioche). L’étude a été lancée et financée par le Comité pour les Agences et les Organisations agréées (comité de l’Assemblée de l’Assemblée des évêques canoniques des États-Unis, présidé par l’évêque de Nysse Grégoire).

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Patriarche Bartholomée : « La religion, élément clé du processus de paix »

Le patriarche œcuménique Bartholomée I,  a prononcé son discours »La religion, élément clé du processus de paix » à l’occasion de la Conférence mondiale sur la paix d’al-Azhar qui s’est déroulée les 27 et 28 avril 2017 au Caire.

 « Religions et paix »

Conférence mondiale de la paix du Conseil des Aînés d’Al-Azhar et des Musulmans

Le Caire, le 27 avril 2017

Vos Béatitudes, Éminences, Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur d’être invité à prendre la parole à cette Conférence sur la paix mondiale organisée par Al-Azhar et le Conseil musulman des Aînés. Nous félicitons sincèrement Son Eminence, M. Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, d’avoir eu le courage et la vision d’organiser cette initiative cruciale pour la promotion de la paix par les religions.

Au cours des deux dernières décennies, l’humanité a connu des attaques terroristes continues, qui sont à l’origine de la mort et des blessures de milliers de personnes, et qui deviennent la plus grande menace et source de peur pour les sociétés contemporaines. Depuis lors, les religions ont souvent été soupçonnées ou ouvertement accusées d’avoir inspiré le terrorisme et la violence. Notre vie quotidienne s’est remplie d’horribles nouvelles sur les attaques terroristes au nom de la religion.

Dans le même temps, nous constatons la volonté de notre monde de promouvoir le dialogue au lieu des conflits et la capacité à le faire. Cela est vrai non seulement pour les dirigeants politiques et les organisations laïques, mais aussi pour les dirigeants religieux et les institutions qui se sont montrés prêts à s’engager dans un dialogue de paix au niveau local et international, afin d’assurer une coexistence pacifique et une collaboration entre les gens.

Comment, après tant de conférences, de déclarations et d’initiatives pour la paix, pouvons-nous être témoins d’une augmentation de la violence, au lieu de remarquer un progrès dans la paix ? Comment la communauté mondiale peut-elle justifier les derniers actes terroristes de Paris, Bruxelles, Istanbul, Saint-Pétersbourg ou Stockholm ? Comment expliquer les guerres en cours, les conflits armés et les effusions de sang au Moyen-Orient ? Comment pouvons-nous accepter les attaques dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie il y a environ deux semaines ? Permettez-nous d’exprimer encore une fois à la communauté copte et à tout le peuple égyptien nos sincères condoléances et les prières du Patriarcat œcuménique.

Afin de comprendre ce qui se passe dans notre monde d’aujourd’hui, réfléchissons sur le rôle de la religion dans l’humanité. Paradoxalement, au lieu de l’attente moderniste d’un ‘âge laïque post religieux’, notre époque devient en fait une ‘période post-laïque’ ou même une période d’ ‘explosion religieuse’. La religion apparaît comme une dimension centrale de la vie humaine, tant au niveau personnel que social. Elle revendique un rôle public et participe à tous les discours contemporains centraux.

Les fonctions cruciales de la religion sont évidentes dans les quatre domaines suivants de l’existence humaine et de la coexistence :

  1. La religion est liée aux préoccupations profondes de l’être humain. Elle fournit des réponses à des questions existentielles cruciales, donnant l’orientation et le sens de la vie. La religion ouvre aux êtres humains la dimension de l’éternité et la profondeur de la vérité.
  2. La religion est liée à l’identité des peuples et des civilisations. C’est pourquoi la connaissance de la croyance et de la religion de l’autre est une condition préalable indispensable à la compréhension de l’altérité et à l’établissement du dialogue.
  3. La religion a créé et conservé les plus grandes réalisations culturelles de l’humanité, les valeurs morales essentielles, la solidarité et la compassion, ainsi que le respect de toute la création.
  4. La religion est un facteur vital dans le processus de paix. Comme saint Paul l’a écrit autrefois : « Dieu n’est pas un dieu de désordre mais de la paix » (1 Co 14,33). La religion peut, bien sûr, diviser en provoquant l’intolérance et la violence. Mais c’est plutôt là son échec, et non son essence qui consiste en la protection de la dignité humaine.

Malheureusement, notre monde contemporain est marqué soit par le relativisme – profondément lié à la laïcité – soit par le fondamentalisme, que beaucoup considèrent comme une réaction au premier. En effet, le fondamentalisme se considère souvent comme menacé ou même persécuté par le relativisme. Alors que ce dernier nie l’existence de la vérité, l’intégrisme considère que sa propre vérité est unique et doit donc être imposée aux autres, ce qui rend impossible à la religion de servir de pont entre les êtres humains. Dans l’histoire récente, le phénomène du nationalisme et du post-colonialisme a transformé l’extrémisme et l’intégrisme religieux en une simple idéologie, utilisée à des fins politiques.

Malheureusement, l’éclatement continu du fondamentalisme religieux et des actes de violence terribles au nom de la religion, donnent aux critiques modernes de la foi religieuse des arguments contre la foi et appuient l’identification de la religion avec ses aspects négatifs. La vérité est que la violence est la négation des croyances religieuses fondamentales et de la doctrine. La vraie foi ne libère pas les humains d’être responsables du monde, de respecter la dignité humaine et de lutter pour la justice et la paix. Au contraire, elle renforce l’engagement de l’action humaine, elle élargit notre témoignage pour la liberté et les valeurs fondamentales humaines.

La région méditerranéenne a connu dans le passé, pendant plusieurs siècles, une cohabitation pacifique de juifs, de chrétiens et de musulmans. Cette expérience démontre que les personnes de différentes religions peuvent vivre ensemble, en trouvant le message le plus fondamental pour l’humanité qui unit, au lieu d’être une source de division. Cela montre que les religions peuvent servir de ponts entre les gens, d’instruments de paix et de compréhension mutuelle, de tolérance entre les êtres humains et de dialogue interreligieux.

Pour cette raison, le dialogue interreligieux reconnaît les différences des traditions religieuses et favorise la coexistence pacifique et la coopération entre les personnes et les cultures. Le dialogue interreligieux ne veut pas nier sa propre foi, mais plutôt changer son esprit ou son attitude envers l’autre. Il peut aussi guérir et balayer les préjugés et contribuer à une compréhension mutuelle et à la résolution pacifique des conflits. Les partis pris et les préjugés proviennent d’une fausse représentation de la religion. Par notre présence aujourd’hui, lors de cette importante conférence, nous voulons nous opposer à au moins un préjugé : l’islam n’est pas égal au terrorisme, car le terrorisme est étranger à toute religion. C’est pourquoi le dialogue interreligieux peut chasser la peur et le soupçon. Il est central pour la paix, mais seulement dans un esprit de confiance et de respect mutuels.

En juin dernier, nous avons eu le privilège de présider le Saint et Grand Conseil de l’Église orthodoxe à travers le monde, réunis en Grèce, sur l’île de Crète. Parmi plusieurs questions, le Conseil a rejeté et condamné l’intégrisme. Son encyclique souligne que, malheureusement, nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une augmentation de la violence au nom de Dieu. Les explosions du fondamentalisme au sein des communautés religieuses menacent de faire penser que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène de la religion.

La vérité, cependant, est que le fondamentalisme, comme « zèle que n’éclaire pas la pleine connaissance » (Rom 10.2), constitue l’expression d’une religiosité morbide ». En outre, le Conseil a souligné qu’ « un dialogue interreligieux honnête contribue au développement de la confiance mutuelle et à la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) La vraie paix n’est pas atteinte par la force des armes, mais seulement par l’amour qui « ne recherche pas son intérêt » (1 Cor 13,5). L’huile de foi doit être utilisée pour calmer et soigner les blessures des autres, et non pour rallumer de nouveaux feux de haine » (Encyclique, 17).

La crédibilité des religions dépend aujourd’hui de leur attitude à l’égard de la protection de la liberté et de la dignité de l’homme, ainsi que de leur contribution à la paix. C’est la présupposition non seulement de la coexistence pacifique, mais aussi de la survie pure de l’humanité. Nous ne pouvons affronter ces défis que tous ensemble. Personne – pas une nation, pas un État, pas une religion, ni la science ni la technologie – ne peut affronter les problèmes actuels. Nous avons besoin les uns des autres ; nous avons besoin d’une mobilisation commune, d’efforts communs, d’objectifs communs, d’un esprit commun.

Par conséquent, nous considérons la crise aux multiples facettes actuelle comme une opportunité pour pratiquer la solidarité, pour le dialogue et la coopération, pour l’ouverture et la confiance. Notre avenir est commun, et la voie vers cet avenir est un voyage commun. Comme il est écrit dans les psaumes : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1).

Votre Éminence le Grand Imam,

Chers participants

Nous croyons profondément que la contribution des religions demeure cruciale dans notre recherche commune de la paix sur terre. Elle est précieuse car, pour les religions, la vraie paix dans le monde n’est pas simplement l’absence de guerre, mais essentiellement la présence de la liberté, de la justice et de la solidarité. Ce qui est nécessaire pour la religion, c’est de guider les gens à la profondeur de cette vérité, à un changement d’esprit et de vie et à la compréhension mutuelle. C’est en effet le cœur de nos traditions religieuses. Pour cette raison, l’humanité a le droit d’attendre de nous plus que ce que nous donnons effectivement. C’est le plus grand défi pour les religions : développer leurs propres potentiels d’amour, de solidarité et de compassion. C’est ce que l’humanité attend profondément de la religion aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention ! »

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Le patriarche œcuménique Bartholomée a visité l’église orthodoxe Saint-Georges, dans la vieille ville du Caire

Dans son allocution d’accueil, le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore a qualifié la visite du patriarche œcuménique Bartholomée de « plus grand événement après la consécration de l’église Saint-Georges [suite à sa rénovation], il y a deux ans. Le patriarche Bartholomée a été reçu avec les honneurs par les autorités ecclésiastiques en ce lieu sacré qui est considéré comme la « Rotonde » du Moyen Orient, dans lequel, selon la tradition ecclésiastique, s’est réfugiée la Sainte Famille pour fuir la colère d’Hérode, et a été martyrisé saint Georges. Le patriarche Bartholomée a exprimé sa joie pour la réception donnée en son honneur, mais a souligné sa plus grande émotion pour avoir vénéré l’icône de saint Georges, à laquelle il a offert une grande veilleuse. Dans son allocution, le patriarche œcuménique a mentionné que, depuis son enfance à Imbros, il servait et chantait dans une église dédiée à saint Georges. Il a en outre rappelé que l’église patriarcale du Phanar était également dédiée au saint. Enfin le patriarche a souligné qu’il considère toujours le saint comme « le protecteur céleste de sa vie et de son ministère ». Au son des cloches de l’église et des tambours des scouts grecs et arabophones, le patriarche a été accueilli par le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore, ainsi que par les représentants du Conseil Œcuménique des Églises qui se trouvent au Caire à l’occasion du congrès pour la paix organisé par l’Université al-Azhar. Le patriarche œcuménique s’est exprimé à ce forum le 27 avril, tandis que le pape François y a prononcé un discours le 28 avril. Évoquant la visite du chef de l’Église catholique-romaine au Caire et la joie que celui-ci avait exprimée pour avoir visité l’Égypte, le patriarche œcuménique a exprimé à son tour sa joie pour cette visite au pays des Pharaons, au pays où s’est réfugié la Sainte Famille, le pays où naquit le saint apôtre Marc, fondateur du Patriarcat d’Alexandrie, et a souhaité que règne toujours la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. On peut visionner ici https://youtu.be/LTq-qke1GoM un film vidéo de l’accueil du patriarche œcuménique en l’église Saint-Georges du Caire.

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Des sapeurs russes ont déminé une église orthodoxe à Alep

Des militaires russes ont déminé l’église orthodoxe de la Dormition de la Mère de Dieu à Alep. Lorsque les sapeurs ont examiné la cour, ils ont découvert les tombes de deux diplomates de l’Empire russe, inhumés à la fin du XIXème siècle – début du XXème siècle. Il s’agit du consul Mikhaïl Yakimansky et du conseiller d’État Ivan Grigorovitch. Comme le raconte Antoine Nakule, sacristain de cette église construite au XVème siècle, les terroristes ont visé directement l’édifice, dont la coupole et les murs ont été endommagés. Les rebelles ont également pillé l’église, brûlé des icônes uniques et l’Evangéliaire, mais une grande partie des objets sacrés et icônes ont pu être sauvés, dont celles de la Mère de Dieu et du Christ. « Ces icônes ont été peintes au début du XVIIIème s. Elles avaient été apportées de Russie. Nous les avions cachées avant que les terroristes ne fassent irruption dans l’église. La majorité des autres icônes ont été détruites par les rebelles » raconte le recteur de la paroisse, le prêtre Hassan Ward. Pour la première fois après de longs mois, les cloches de l’église ont retenti. Dans les prochains jours commencera la restauration de l’édifice.

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Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie seraient toujours en vie

« Les deux évêques d’Alep enlevés en 2013 en Syrie sont toujours en vie », a affirmé samedi dernier l’évêque syriaque orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, lors de la cérémonie de commémoration du 47e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie au-dessus du dôme de la cathédrale des Saints-Pierre-et-Paul à Mousseitbé.
Le souvenir de ces apparitions, que cette Église commémore invariablement le premier dimanche après Pâques, a coïncidé cette année avec le 4e anniversaire de l’enlèvement en Syrie (22 avril 2013), des deux évêques syriaque et grec-orthodoxe d’Alep, Youhanna Ibrahim et Boulos Yazigi, dont on est sans nouvelles. Les portraits des deux évêques ont été affichés à l’intérieur de la cathédrale et portés lors de la procession aux flambeaux qui a marqué l’anniversaire des apparitions.
Au cours de la cérémonie marquant ce double anniversaire, l’évêque syriaque-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Daniel Kourié, président de la commission de suivi de cette affaire, a assuré qu’autant qu’il le sache « les deux évêques sont toujours vivants ». « Ceux qui croient le contraire doivent nous donner les preuves de ce qu’ils avancent », a-t-il ajouté, précisant que la commission a frappé à toutes les portes possibles, au Liban et en Syrie, avec plus ou moins de succès, pour retrouver leurs traces. Mgr Kourié a invité l’État libanais à faire de cette affaire une cause nationale touchant à la coexistence et au dialogue entre les religions. Il a dénoncé « le nettoyage religieux et ethnique en cours en Syrie, en Irak et en Égypte » et les États qui l’appuient sous la forme d’apports en hommes, en armes et en argent.

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La main droite de la grande-duchesse martyre Élisabeth, sera amenée de New York à Saint-Pétersbourg

Grande-Duchesse martyre Élisabeth

Un reliquaire contenant la main droite de la sainte grande-duchesse Élisabeth Feodorovna sera amené à Saint-Pétersbourg le 5 mai, où il restera jusqu’au 11 mai. Il partira de la cathédrale du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à New York. La relique sera amenée à Saint-Pétersbourg afin de commémorer le 100ème anniversaire des événements tragiques de la révolution de 1917, qui ont mené au martyre de sainte Élisabeth et de millions d’autres personnes, dont la Famille impériale. La sainte relique restera à la cathédrale de la Sainte-Trinité de la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva, du 5 au 9 mai, puis à la cathédrale dédiée à l’icône de la Mère de Dieu « Feodorovskaïa », en mémoire du 300ème anniversaire de la maison des Romanov, du 9 au 11 mai. La main de sainte Elisabeth sera accueillie solennellement le 5 mai à 12h30 à la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva. Un office d’intercession sera célébré devant la relique, chanté par le chœur diocésain des jeunes, après quoi les fidèles pourront la vénérer. Le reliquaire vient à Saint-Pétersbourg avec la bénédiction du métropolite Hilarion de New York (Église russe hors-frontières) et du métropolite Barsanuphe de Saint-Pétersbourg et de Ladoga. Le chœur des jeunes gens du diocèse d’Amérique orientale de l’Église russe hors-frontières séjournera également à Saint-Pétersbourg du 4 au 15 mai, et participera à l’office célébré devant les reliques les 5 et 7 mai à la Laure et le 9 mai à la cathédrale de l’icône « Feodorovskaïa ».

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L’office des vêpres de Pâques à Jérusalem

On peut visionner ci-dessous la vidéo de l’office des vêpres de Pâques au Patriarcat de Jérusalem. Selon la tradition des Églises hellénophones, c’est lors de cet office que l’Évangile est lu en plusieurs langues.

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« L´Espérance des « serviteurs de Jésus » dans la traversée du désert » par Mgr Silouane

 «Voici Mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom » (Matthieu 12, 18-21)

Cette prophétie résume la vie de ce «serviteur» que Dieu «a choisi» et en qui Son «âme a pris plaisir», le vase d´élection de son «Esprit», Sa Parole «aux nations» leur révélant Son amour et Sa volonté, l’Icône par excellence de fidélité jusqu’à la fin, dans une humilité extrême y un abandon total, en vue de réaliser la merveilleuse providence de Dieu, et de «faire triompher la justice». Ce «serviteur» dont a parlé Isaïe (42, 1-4) n´est autre que Jésus qui, grâce à cette providence, conduit l’homme qui s´est éloigné de la justice, – se laissant être altéré par le péché, aliéné de Dieu, et soustrait à son humanité authentique -, vers la dignité que Dieu lui remet, non seulement pour être l’objet de Son amour et de Sa prédilection, mais aussi pour la beauté de la vertu de sa créature. C´est cette justice-dignité qui a été instaurée par la Croix du Calvaire, confirmée par la pierre roulée de la porte de la tombe, et qui est offerte à jamais à notre monde souffrant en vue d´aller à Sa suite. Aujourd’hui, les «serviteurs de Jésus», qui se trouvent dans la «fournaise de feu» et qui «espèrent en Son nom», traversent le « désert », ce temps qui sépare le moment de l´adoption de cette providence et de sa réalisation dans la vie de chacun d´eux. Ils suivent le chemin inauguré par « ce Serviteur choisi » tout en étant «pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus», portant «ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu», pour que «la vie de Jésus soit aussi manifestée dans leur corps» (2 Cor 4, 8-10; 7; 11). Ces «serviteurs» enrichissent à beaucoup grâce à la lumière de leur foi vivante conjuguée avec le fait de donner la gloire à Dieu de tout leur cœur ; au lieu d’être l’opprobre du monde, ils sont devenus la cause d’une espérance vivante et éternelle dans un monde que se vide d’avoir «espérance en Son nom». En traversant ce désert pour célébrer notre Pâque mystique, notre église antiochienne ne peut sinon continuer de contempler ce mystère en la personne de l’un de ses «serviteurs», qui «ne conteste point, ne crie point, et que personne n’entende sa voix dans les rues», le métropolite Paul d’Alep. Tout en étant toujours investi de sa « mission ecclésiale singulière », et en vertu de la grâce de l´épiscopat qu’il porte, il prie pour ceux qui, comme lui, «espèrent en Son nom», pour qu’ils soient consolés, et aussi pour ceux qui ignorent ce nom pour que leur conscience soit illuminée, afin qu’ils puissent connaître «l’espérance en Son nom». Dans ce temps de gestation de notre espérance, je me remets à vos prières pour pouvoir chanter avec vous l´hymne des «serviteurs de Jésus» : «Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !».

Mgr Silouane, métropolite de Buenos Aires et de toute l’Argentine (Patriarcat d’Antioche)

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Message de Pâques du patriarche oecuménique Bartholomée Ier – avril 2017

† Bartholomée par la grâce de dieu archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique que la grâce, la paix et la miséricorde du Christ glorieusement ressuscité soient avec tout le plérôme de l’Église

No de protocole 315

Frères et enfants bien-aimés dans le Seigneur ressuscité,

« En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) : c’est l’assurance que donne aux générations le Seigneur, le seul à avoir anéanti la mort par la mort. Christ est ressuscité ! Nous nous écrions, à notre tour, devant tous ceux qui sont proches et tous ceux qui se trouvent loin, depuis cette cour sacrée de la croix et de la détresse vécues dans le monde ; depuis cette cour qui est aussi celle de la Résurrection ; depuis ce coin de la terre, la ville de Constantin, d’où nous proclamons que « la vie règne », toute corruption, voire la mort elle-même étant dissipée.

Au cours de Sa présence corporelle, le Seigneur a souvent averti Ses disciples qu’ils seraient dans la détresse à cause de Son sacrifice sur la croix, sur le redoutable Golgotha ; à cause aussi de leur action sur terre – la leur, mais aussi celle de tous ceux qui allaient croire au Christ – moyennant cependant un détail significatif : « vous allez gémir et vous lamenter tandis que le monde se réjouira ; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie (…) C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction ; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira » (Jn 16, 20-22).

Les premières à avoir vécu cette joie surnaturelle sont les femmes porteuses de parfums venues de grand matin au sépulcre du Dispensateur de vie, en entendant le Seigneur leur dire : « Je vous salue » (Mt 28, 9). Éprouvant cette même joie pascale, l’Église Mère de Constantinople déclare aujourd’hui d’une voix de stentor : « Voici le jour que le Seigneur a fait : qu’il soit notre bonheur et notre joie ! » (Ps 118 [117], 24). L’ultime ennemi, la mort, le chagrin, les problèmes, la corruption, la détresse, l’épreuve, sont dépouillés et anéantis par le Seigneur, le Dieu-homme vainqueur.

Nous vivons cependant dans un monde où les médias transmettent sans cesse des nouvelles pénibles faisant état d’attentats terroristes, de guerres locales, de phénomènes naturels désastreux, de problèmes dus au fanatisme religieux, à la famine, à la tragédie des réfugiés, à des maladies incurables, à l’indigence, à des désarrois psychologiques, au sentiment d’insécurité, avec leur cohorte de situations affligeantes.

Alors que nous sommes confrontés à ces « croix » quotidiennes que nous portons en nous répandant en « récriminations », notre Mère la sainte Église orthodoxe vient nous rappeler que nous pouvons être joyeux, car Christ notre chef a vaincu celles-ci, qu’il est le porteur de joie, celui qui « a illuminé l’univers ».

Notre joie est fondée sur notre certitude concernant la victoire du Christ. Nous avons la certitude absolue que le bien l’emportera, car le Christ est venu dans le monde « et il partit en vainqueur et pour vaincre » (Ap 6, 2). Le monde dans lequel nous vivrons éternellement c’est le Christ : la lumière, la vérité, la vie, la paix.

Malgré les croix et les détresses quotidiennes, l’Église Mère, la sainte Grande Église du Christ, ne vit que l’événement de la joie. Elle vit d’ores et déjà, dès la vie présente, le Royaume de Dieu. Depuis ce centre sacré de l’Orthodoxie, du tréfonds du Phanar supplicié, nous déclarons qu’« en cette nuit radieuse messagère du jour » la croix et la détresse prendront fin ; que l’humanité sera consolée de toute souffrance, grâce à la promesse dominicale : « Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 18). « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). C’est ce message que tous nous devons écouter, que notre contemporain doit écouter et s’abandonner pour voir le Christ marcher à ses côtés. Oui, Le voir à ses côtés. Et il ne Le verra que s’il écoute, s’il expérimente Sa parole.

La vie l’a emporté sur la mort, la lumière rayonnante de la bougie pascale, la Lumière sans déclin de la Résurrection, a vaincu les ténèbres du désordre et de la dissolution, des afflictions et des problèmes : c’est ce message que le Patriarcat œcuménique livre au monde entier, en invitant les êtres humains à en faire l’expérience. Il les appelle à se tenir avec foi et espérance devant le Christ ressuscité, devant le mystère de la vie ; il les appelle à se confier au Seigneur ressuscité qui tient les rênes de la création tout entière, le Seigneur de la joie et de l’allégresse.

Écrions-nous donc, frères et enfants : Christ est ressuscité ! Que la grâce et l’infinie miséricorde de notre Seigneur, maître de la vie et vainqueur de la mort, soient avec vous tous.

Phanar, saintes Pâques 2017 † Bartholomée de Constantinople votre fervent intercesseur dans le Christ Ressuscité

Le patriarche Bartholomée a assisté à la bénédiction du « Kouvouklion » à la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem

Sur l’invitation fraternelle du patriarche de Jérusalem Théophile III, le patriarche œcuménique Bartholomée est assisté à Jérusalem le 21 mars 2017, accompagné par le métropolite doyen de Chalcédoine, Mgr Athanase, le diacre Niphon et Μ. Marios Tarinas, afin d’assister à la cérémonie de bénédiction du « Kouvouklion » du Saint-Sépulcre après l’achèvement des travaux de conservation et de restauration.

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Fête de saint Gérasime au Patriarcat de Jérusalem

Le Patriarcat de Jérusalem a fêté le 17 mars, selon l’ancien calendrier, la mémoire de saint Gérasime (+ 475), dans le monastère qui porte son nom dans le désert du Jourdain, à une courte distance de la Mer morte. Ce monastère a été fondé par saint Gérasime, venu en Terre Sainte depuis Lycie en Asie mineure, dirigeant spirituellement des milliers de moines et de laïcs. Le saint est connu, entre autres, pour sa défense du dogme de Chalcédoine. La fête était présidée par le patriarche de Jérusalem Théophile, qui a célébré la liturgie des présanctifiés, assisté de deux hiérarques, de nombreux hiéromoines et hiérodiacres de la confrérie du Saint-Sépulcre. Plusieurs hiérarques assistaient à l’office dans le sanctuaire. Les chants étaient exécutés en grec, arabe, slavon et roumain. Des clercs et laïcs étaient venus de Galilée, Naplouse, Samarie et Jéricho, de Grèce et de Chypre. On peut visionner ici des extraits des matines et du début de la liturgie des présanctifiés présidées par le patriarche Théophile au monastère de saint Gérasime.

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La communauté serbe de New York célébrera la liturgie pascale en la cathédrale synodale de l’Église russe hors-frontières à Manhattan

Le dimanche 16 avril au matin, jour de la fête de Pâques, Мgr Irénée, évêque d’Amérique orientale de l’Église orthodoxe serbe, célébrera la liturgie pascale en la cathédrale synodale de l’Église russe hors-frontières à Manhattan, avec la bénédiction du métropolite Hilarion, primat de cette Église. Plus de 700 paroissiens de la cathédrale serbe Saint-Sava de New York, qui a brûlé l’an passé, participeront à l’office. Pendant la nuit pascale elle-même, les matines et la liturgie pascales seront célébrées par le métropolite de New York Hilarion et l’évêque de Manhattan Nicolas et le clergé de la cathédrale. Le même jour commencera à 10h l’office pascal de la paroisse Saint-Sava. Après les offices des deux communautés, un repas sera offert à tous les fidèles présents. Lors des deux offices sera présente l’icône de Notre-Dame de Koursk, qui a séjourné à Belgrade entre les deux guerres mondiales.

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Les cours de « l’École d’été de musique liturgique » du Séminaire de la Sainte-Trinité à Jordanville (Etats-Unis) auront lieu du 9 au 22 juillet 2017

Le directeur de « l’École d’été de musique liturgique » (« SSLM ») du Séminaire de la Sainte-Trinité à Jordanville (Etats-Unis), l’archiprêtre André Papkoff, vice-recteur de la cathédrale de la Protection-de-la-Mère de Dieu à Chicago, a annoncé que les cours concernés auront lieu du 9 au 22 juillet 2017. Trois catégories de cours sont offertes : 1) un cours purement musical (théorie, techniques de direction de chœur, exercices vocaux), 2) cours d’histoire de la musique liturgique russe, 3) cours pratiques destinés à fournir aux chantres les outils nécessaires à la célébration correcte des offices liturgiques selon la tradition orthodoxe russe. Les détails sont disponibles ici (en anglais).

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Pour la première fois, le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique a consacré cinq diaconesses

article_28080_1526481Le 17 février, à Kolwezi (République démocratique du Congo), le patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, Théodore II, a consacré pour la première fois cinq diaconesses. Il s’agit de trois moniales et de deux catéchètes. Elle assisteront le travail missionnaire de la métropole du Katanga, notamment pour le baptême des adultes, les mariages et la catéchèse. C’est le 16 novembre dernier, que le Saint-Synode du Patriarcat d’Alexandrie a décidé d’ouvrir la réflexion sur la restauration de l’ordre des diaconesses, lequel existait lors des premiers siècles du christianisme. Le rôle des diaconesses est discuté, il était différent dans l’histoire de celui des diacres (voir ici et ).

Sources (dont photographie): Patriarcat d’Alexandrie et de toute l’Afrique, Basilica.

Le dernier clerc de la Mission ecclésiastique russe à Pékin est décédé

Le protodiacre Evangel Lu, dernier clerc de la de la Mission ecclésiastique russe à Pékin, est décédé à Changhaï, des suites d’une longue maladie. Le décès a été annoncé par le recteur de la paroisse des saints Apôtres Pierre et Paul à Hong Kong, le père Denis Pozdnyayev. « Le père Evangel a été ordonné en 1950 par le chef de la Mission russe en Chine, l’archevêque de Pékin et de Chine Victor (Svyatine) », a déclaré le père Denis. Il a ajouté que le protodiacre « vivait à Changhaï comme retraité, participant aux offices de la communauté orthodoxe chinoise, notamment lors des visites en Chine du patriarche Cyrille et du métropolite de Volokolamsk Hilarion. En 2008, le père Evangel, à l’occasion du cinquantenaire de l’Église orthodoxe autonome de Chine, a été décoré de la médaille de saint Serge de Radonège ». « La mémoire du protodiacre Evangel nouvellement décédé restera dans les cœurs de ceux qui l’ont connu, de la communauté orthodoxe de Changhaï, comme étant l’un des confesseurs de la foi. Mémoire éternelle au protodiacre Evangel nouvellement décédé ! », a dit le père Denis. La Mission ecclésiastique russe de Pékin a été créée en 1712, d’un commun accord entre l’empereur Pierre le Grand et l’empereur de Chine Kangxi. Jusqu’en 1950, elle était le centre spirituel de l’Église orthodoxe en Chine. En 1956, l’Église orthodoxe russe a accordé l’autonomie à l’Église orthodoxe de Chine, créée par les soins des missionnaires russes. À cette époque, il y avait plus de 100 églises orthodoxes en Chine. Selon les estimations de l’Église orthodoxe russe, environ 13.000 chrétiens orthodoxes vivent actuellement en Chine. Sur la Mission orthodoxe russe, regardez notre documentaire !

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Des savants américains ont reproduit l’acoustique exacte des anciennes églises byzantines

Des savants américains ont réalisé une reproduction exacte de l’acoustique des anciennes églises byzantines, et un auditoire de Los Angeles a écouté l’hymne acathiste dans un environnement acoustique authentique, comme si l’on était présent à l’église Sainte-Sophie de Thessalonique. Des centaines de personnes se sont rendues à la grande salle située sur la Normandy Avenue dans le centre de Los Angeles et ont écouté avec grande attention et recueillement l’Acathiste exécuté par quatre chantres. L’effet spectaculaire de l’exécution n’était pas dû cette fois au talent des chantres seulement, mais aussi à la magnifique acoustique de l’ancienne basilique Sainte-Sophie de Thessalonique, que l’on a réussi à reproduire à l’aide des technologies audio contemporaines. Cette réalisation étonnante a été obtenue grâce au travail de deux professeurs qui travaillent à recréer les espaces et les moyens acoustiques des anciens édifices. « Nous créons ce que j’aime appeler une « photocopie acoustique », a déclaré Chris Kyriakakis, professeur d’ingénierie électrique et directeur du Laboratoire immersif audio de l’Université de Californie du Sud. « Lorsque vous avez cela, vous avez capturé l’âme d’un bâtiment ». Le récital de Los Angeles, qui a eu lieu dans la salle de l’église orthodoxe Sainte-Sophie a été le premier cas de mise en pratique par les savants de la copie acoustique destinée à la reconstitution de l’atmosphère sonore d’un ancien édifice devant un auditoire. Malgré la publicité modeste et la très courte durée de la prestation, 700 personnes étaient réunies pour cet événement. La musique et le chant liturgiques constituent une partie très significative de l’office divin dans l’Église orthodoxe et c’est pour cette raison qu’il est si important lors de leur exécution dans des salles ordinaires de reproduire impeccablement le milieu sonore, « l’écologie acoustique » des volumes des églises, afin de faire parvenir jusqu’aux auditeurs toute la profondeur et la haute spiritualité de ces œuvres. « Ces édifices ont été ici pendant des milliers d’années et, espérons-le, ils le seront pendant des milliers d’années encore. Mais il n’est pas exclu qu’ils disparaissent ». L’objet du projet est précisément de conserver le trésor principal des églises que les historiens ne remarquent pas habituellement, à savoir leur expérience sonore. Chris Kyriakakis et Sharon Gerstel, professeur de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), espèrent que les résultats de leurs recherches aideront le public mondial à prendre conscience de l’importance de l’atmosphère sonore des anciennes églises en tant que part éminente du patrimoine historique. L’initiative du projet revient à Sharon Gerstel, professeur d’histoire de l’art, qui a étudié l’architecture byzantine et qui a eu cette idée, lorsqu’elle a lu dans le New York Times un article sur les recherches du professeur Kyriakakis dans le domaine de l’audio immersif. Elle lui a alors immédiatement proposé l’idée d’un projet et d’un voyage communs en Grèce. Kyriakakis a accepté volontiers la proposition, d’autant plus qu’il avait été baptisé précisément en l’église Sainte-Sophie de Thessalonique, raison pour laquelle il considéra le projet comme son devoir spirituel. « Je considère que notre projet est une expédition historique. Je crois en l’utilisation de la science contemporaine pour dévoiler le passé », a-t-il déclaré. Les deux savants de « l’expédition » ont pu enregistrer les sons dans neuf églises grecques-orthodoxes, utilisant sept appareils d’enregistrement hauts de gamme pour capturer les voix des chantres. L’information acoustique peut ensuite être stockée numériquement et être relayée par des haut-parleurs afin de recréer les sons enregistrés. Sharon Gerstel dit que la combinaison de l’impression visuelle émanant de la représentation des saints sur les icônes et le chant avec les effets acoustiques changent les réactions neurologiques chez l’auditeur, et c’est précisément cette impression que l’on obtenait dans les anciennes églises orthodoxes grecques. « Lorsque vous entendez et voyez simultanément, votre corps ressent une expérience très forte », dit encore Gerstel. « C’est essentiel dans la réponse émotionnelle à l’office liturgique, et je pense que les Byzantins étaient très forts dans ce domaine », a-t-elle ajouté. Le père Jean Bakas, prêtre de la cathédrale Sainte-Sophie à Los Angeles confirme la grande importance des chants, également pour les prières actuelles. « Cette musique donne la possibilité de sortir des limites de ce monde, de desserer le carcan de la vanité terrestre, d’écouter sa propre âme, de méditer et de prier », dit-il. « Le but principal de cette musique ne consiste pas à susciter l’enthousiasme ou attirer l’attention envers soi-même, mais à élever l’âme et créer une disposition de prière chez les paroissiens », dit Dimos Papatsalakis, l’un des exécutants de l’Acathiste. « Ce faisant, le prêtre, la paroisse et le chantre « fusionnent » pour ainsi dire en un seul corps, en un seul élan, vers Dieu » a-t-il précisé. De son côté, Sharon Gerstel dit qu’elle a traité avec un soin particulier la question de l’importance liturgique des chants sans accompagnement instrumental. Les experts ont appuyé les voix des chanteurs grâce à des données acoustiques qui ont permis au son projeté d’imiter ce qu’on entendrait à Sainte-Sophie de Thessalonique. Le projet actuel est de reproduire l’acoustique de différents espaces religieux, montrant « à quel point le son est important et calculé délibérément pour la perception du sacré et pour la transformation spirituelle. L’équipe a déjà été invitée pour collecter des données d’édifices historiques en Turquie et de cathédrales gothiques en France. Le but final est de créer un « musée de l’acoustique » où les visiteurs peuvent faire virtuellement l’expérience des sons de ces espaces. Vous pouvez écouter ci-dessous deux chants :

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Décès de l’archimandrite Cyrille Pavlov

kirill_pavlovLe 20 février s’est endormi dans le Seigneur, à l’âge de 97 ans, l’archimandrite Cyrille (Pavlov), considéré comme le plus grand starets russe des dernières décennies.
L’archimandrite Cyrille (dans le monde Ivan Dimitrievich Pavlov) est né le 8 septembre 1919 dans le village de Makovskie Vyselki dans la province de Riazan, dans une famille paysanne pieuse. Il perdit la foi après avoir vécu pendant 12 ans avec son frère athée. Il la retrouva pendant la Seconde Guerre mondiale, où il combattit comme lieutenant dans l’armée soviétique.
Ivan Pavlov se distingua dans la fameuse bataille de Stalingrad où il commanda un peloton et reçut la médaille et le titre de « héros de Union soviétique ». Il combattit également en Hongrie, et c’est en Autriche, en 1946, qu’il termina son service dans l’armée.
L’archimandrite Cyrille a décrit comment il a retrouvé la foi pendant la guerre. Il était de garde dans Stalingrad détruit, en avril 1943, quand il trouva parmi les ruines un livre des Evangiles : « J’ai commencé à le lire et j’ai senti quelque chose de très cher à mon âme. C’était l’Evangile. J’avais trouvé un tel trésor, une telle consolation! J’ai rassemblé toutes les pages ensemble – le livre avait été déchiré – et cet Évangile est resté avec moi pour toujours. Avant cela, je me posais beaucoup de questions: Pourquoi cette guerre? Pourquoi combattons-nous? Il y avait beaucoup de choses que je ne pouvais pas comprendre, parce qu’il y avait l’athéisme partout, des mensonges, et que l’on ne pouvait pas trouver la vérité… J’ai marché avec l’Evangile, et n’ai plus jamais eu peur. Jamais. Il m’a donné cette grâce! Le Seigneur était simplement avec moi, à côté de moi, et je ne craignais rien. »
Aussitôt après l’armée, Ivan alla au séminaire. À cette époque, le séminaire théologique de Moscou était situé dans le monastère de Novodevichy. Après y avoir terminé la formation proposée, il pousuivit ses études à l’Académie théologique de Moscou, où il obtint son diplôme en 1954.
Le 25 août 1954, Ivan Pavlov fut tonsuré moine à la Laure de la Sainte-Trinité-Saint-Serge, avec le nom Cyrille. En 1970, il fut nommé trésorier de la Laure. En 1965, le père Cyrille fut été élevé au rang d’archimandrite, et nommé père spirituel des moines du monastère.
Le père Cyrille a été appelé « le père spirituel de toute la Russie ». Il fut le confesseur de trois patriarches consécutifs: Alexis Ier, Pimen, et Alexis II. Lorsqu’il fut nommé confesseur du patriarche Alexis II, il fut muté à la résidence patriarcale de Peredelkino, dans banlieue de Moscou, où il continua cependant à être le le père spirituel de la Laure de la Trinité-Saint-Serge. À Peredelkino, le père Cyrille reçut des milliers de personnes venue de toute la Russie et de l’étranger, entendant les confessions et donnant des conseils spirituels. Il a touché la vie d’innombrables personnes. Beaucoup de ses homélies et de ses enseignements spirituels ont été publiés dans des livres, et près de 5.000 lettres ont été écrites par lui à des membre du clergé de tous ordres, ainsi qu’à des laïcs, dont certains étaient ses enfants spirituels.
En 2004, le père Cyrille subit un accident vasculaire cérébral qui le paralysa complètement, l’obligeant à rester en pemanence alité et le privant de la parole, bien qu’il restât conscient de son environnement. Il continua à recevoir ses proches enfants spirituels, qui ont témoigné du fait qu’il priait pour tous, et même parlait au besoin à de rares occasions. L’archimandrite Alexis (Polycarpov), higoumène du monastère Saint-Daniel à Moscou, a dit de lui à cette époque: « Il est très faible et infirme, mais il prie pour nous. Il est très difficile pour lui de parler maintenant, il ne peut presque pas parler du tout, mais il a dit un jour: “Chacun doit faire son propre travail…” »
Les funérailles de l’Archimandite Cyrille ont été célébréés le 23 février par le patriarche Cyrille de Moscou. On peut en voir un extrait sur cette vidéo.
Mémoire éternelle à l’un des plus grands startsi de la Russie des temps modernes!

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Un hiérarque de l’Église orthodoxe russe en visite au Cambodge

Du 13 au 16 février 2017, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk, administrateur des paroisses du Patriarcat de Moscou dans les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est, a séjourné au Cambodge. Avec ce séjour au Royaume du Cambodge, l’archevêque achevait sa visite pastorale dans les pays d’Asie du Sud-Est. Le 13 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk a été accueilli à l’aéroport par l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Royaume du Cambodge, D. Y. Tsvetkov, le représentant de l’Église orthodoxe russe au Royaume de Thaïlande, l’archimandrite Oleg (Tcherepanine), et le marguillier de l’église Saint-Georges de Phnom Penh, S. A. Stepanov. L’archevêque Serge a visité l’église Saint-Georges, actuellement en construction, et célébré un office d’intercession au saint patron de la paroisse. Il a concélébré avec l’archimandrite Oleg (Tcherepanine), l’higoumène Paul (Khokhlov), clerc de l’église Saint-Michel de Kuala-Lumpur, le hiéromoine Pitirime (Dondenko), clerc de la paroisse de la Dormition de Singapour, le prêtre Roman Postnikov, recteur intérimaire de l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk, le hiérodiacre Juvénal (Lapchine) de l’église de la Sainte-Trinité d’Ostankino (Moscou). Les membres de la communauté, D. I. Petrovski, collaborateur du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et le marguillier de l’église, S. A. Stepanov, assistaient à l’office. Mgr Serge a examiné les locaux de la paroisse et discuté de la fin des travaux. Le lendemain, veille de la fête de la Sainte-Rencontre, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk a présidé la célébration des vigiles nocturnes à l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk. Le jour de la fête, 15 février, il a célébré la Divine liturgie dans la même église en concélébration avec l’higoumène Paul (Khokhlov), clerc de l’église Saint-Michel de Kuala-Lumpur, le hiéromoine Pitirime (Dondenko), le prêtre Evgueni Chmeliov et le diacre Dimitri Semacha, clercs de la paroisse de la Dormition de Singapour, le prêtre Roman Postnikov, recteur intérimaire de l’église Saint-Pantéléimon de Sihanouk et le hiérodiacre Juvénal (Lapchine) de l’église de la Sainte-Trinité d’Ostankino. Plus de 30 personnes ont communié aux Saints Mystères du Christ. L’hiérarque a souhaité une bonne fête à l’assistance. Au nom de la paroisse, le prêtre Roman Postnikov a prononcé un chaleureux discours de bienvenue et remercié Monseigneur de sa venue. Le père Roman a aussi congratulé l’archevêque Serge, qui fêtait le 10e anniversaire de sa consécration épiscopale, lui offrant une icône de saint Pantéléimon, patron de la paroisse. Dans l’après-midi du 15 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk, accompagné du hiéromoine Pitirime (Dondenko) et de D. Petrovski, du DREE, a visité le terrain où était autrefois située la représentation commerciale de la Fédérale de Russie à Phnom Penh. L’archevêque a aussi visité le terrain où sera située l’église Saint-Nicolas, et rencontré des employés de l’Ambassade croyants. L’archevêque Serge leur a souhaité une bonne fête et prononcé une homélie sur le sens de la fête, avant de répondre aux questions des fidèles. Mgr Serge a aussi rencontré l’ambassadeur russe, D. Y. Tsetkov. L’entretien a porté sur l’organisation de la pastorale des expatriés russes au Cambodge. Le 16 février, l’archevêque Serge de Solnetchnogorsk et les personnes l’accompagnant ont quitté le Royaume du Cambodge.

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La mission orthodoxe russe en Chine (documentaire)

L’activité pastorale de l’Eglise orthodoxe russe en Chine a débuté au XVIIe siècle avec l’arrivée à Pékin du prêtre russe Maxime Leontiev. En 1713, la première mission orthodoxe russe en Chine est établie. C’est grâce aux efforts des missionnaires russes que l’orthodoxie a pénétré en terre chinoise. Isabelle Landry-Deron, chercheur spécialisé en littérature missionnaire sur la Chine des XVIIe et XVIIIe siècles, nous dévoile une page méconnue du public francophone sur la mission orthodoxe russe en Chine.

Visite pastorale du pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II au Congo-Kinshasa

Le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore II effectue actuellement une visite pastorale et missionnaire au Congo-Kinshasa. Le primat est arrivé le 11 février à l’aéroport de Lubumbashi, accompagné par l’archimandrite Daniel Biazis, secrétaire principal du Saint-Synode. Ils y ont été accueillis par le métropolite du Katanga Mélèce, le métropolite de Kinshasa Nicéphore, l’évêque vicaire du Burundi et Rwanda Innocent, le consul général honoraire de Grèce M. Gerasimos Dounis, représentant l’ambassadeur de Grèce à Kinshasa, M. Georges Psarommatis président de la Communauté hellénique de Lubumbashi, un grand nombre de clercs et des centaines de chrétiens orthodoxes. Immédiatement après son arrivée, le primat a été reçu solennellement à la Mairie par le maire de Lubumbashi M. Oscar Sanguza Mutunda, qui a exprimé sa reconnaissance pour l’apport à différents niveaux de l’Église orthodoxe locale, tandis qu’il a qualifié la présence du patriarche de grand honneur et de bénédiction pour la société locale. De son côté, le patriarche a remercié M. Oscar Sanguza Mutunda pour la réception officielle, son soutien à l’Église orthodoxe, et il a fait l’éloge du progrès et du développement qu’il a observés au cours du temps dans la ville. Ensuite, le primat a signé le Livre des visiteurs. Après cette visite, le patriarche s’est dirigé vers la cathédrale de l’Annonciation de la Mère de Dieu, où a été célébrée une doxologie en son honneur, en présidence du clergé du diocèse métropolitain du Katanga et de centaines de fidèles. Le 12 février, le patriarche a célébré la sainte Liturgie dans la même cathédrale, assisté du métropolite de Kinshasa Nicéphore, du métropolite Mélèce et de l’évêque Innocent. Au cours de la Liturgie, le patriarche a procédé à l’ordination presbytérale d’un clerc du diocèse de Kinshasa. Environ 5000 fidèles orthodoxes assistaient à l’office. Les médias locaux ont signalé l’événement et la Liturgie a été retransmise en direct à la télévision. Dans son homélie, le patriarche a évoqué la parabole du « Fils prodigue », soulignant la nécessité du repentir continuel pour chaque chrétien, du retour de tous à la maison Paternelle qui est toujours ouverte, à savoir l’Église du Christ, où le Dieu Ami des hommes attend toujours l’homme fatigué et meurtri par le péché, afin de lui le donner le repos dans les bras de Son amour infini. Enfin, le primat a remercié les fidèles pour leur réception et leur attachement à la foi orthodoxe, sainte et immaculée. Il convient de mentionner qu’à la tête de la mission se sont succédés le père Amphiloque, actuellement métropolite de Nouvelle Zélande, puis le père Mélèce du monastère athonite de Grigoriou, actuellement métropolite du Katanga. Celui-ci avait entrepris l’œuvre missionnaire au Congo avec la bénédiction de son père spirituel, le défunt archimandrite Georges (Kapsanis) de Grigoriou. Depuis lors, ce monastère soutient cette œuvre missionnaire.

Sources : 1 et 2

« Il est temps pour nous de comprendre le sens de notre propre histoire ». Interview de l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Église orthodoxe russe hors-frontières)

Dans une interview accordée à la fin du mois de décembre 2016, l’archevêque de Montréal et du Canada Gabriel (Chemodakov) a exprimé son opinion sur le mode de fonctionnement des Synodes du Patriarcat de Moscou et de l’Église hors-frontières, le Concile de Crète, la situation ecclésiale en Russie, la crise ukrainienne, les schismes qui se sont produits dans l’Église hors-frontières au Canada, et enfin la signification de la révolution bolchevique. Nous publions ci-après la traduction intégrale de cette interview.

– Votre Éminence, l’année présente marque pour vous le vingtième anniversaire de votre sacre épiscopal et le cinquante-cinquième anniversaire de votre naissance. Et vous êtes en outre membre du Synode des Évêques de l’Église orthodoxe russe depuis vingt ans. C’est une expérience significative du travail synodal. Or, cette année (2016), vous, qui êtes membres permanent du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, avez participé au Synode du Patriarcat de Moscou, auquel vous avez été appelé pour la session d’été. En quoi résident les similitudes et les différences de la procédure synodale à New York et à Moscou ?

– Au début de mon épiscopat, j’ai rejoint au Synode [de l’Église russe hors-frontières] ceux de nos évêques qui étaient nés encore en Russie impériale : je ne mentionnerai que l’archevêque Antoine de San Francisco et le métropolite Vital du Canada, tous deux d’éternelle mémoire. D’eux émanait un esprit russe particulier. J’ai ressenti celui-ci alors que j’étais encore enfant, en Australie, où un nombre important de Russes avaient émigré, et plus tard, lorsque j’étudiais au Séminaire de la Sainte-Trinité [à Jordanville, USA, ndt], où j’ai rencontré ces moines qui avaient commencé leur ministère ecclésial en Russie impériale et qui se rappelaient de celle-ci. Parmi ceux qui avaient cet esprit russe, il faut bien sûr mentionner aussi l’archevêque (le futur métropolite) Laure, qui était alors secrétaire du Synode, dont je fus rapidement nommé le remplaçant. Ainsi, par la miséricorde de Dieu, il y avait pour moi chez qui apprendre, j’ai eu la possibilité de puiser de l’expérience, dont celle du travail synodal. Si j’essaye de définir l’essence de cette expérience, je dirais qu’elle a pour fondement l’approche conciliaire : en d’autres termes, tout doit être décidé conciliairement. De mon expérience personnelle dans ce milieu, il ressort en premier ce qui suit : il faut absolument s’efforcer d’éviter les décisions hâtives. Il faut, avec tout le bon sens qui nous est donné, peser le « pour » et le « contre ». Il faut résoudre les questions qui surgissent, dans la prière, soigneusement, minutieusement, afin que l’on ait pas à regretter ensuite sa précipitation. Une telle approche est dictée par le fardeau de la haute responsabilité archipastorale. Ce fardeau, de toute évidence, a toujours été ressenti par nos remarquables hiérarques, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors des sessions de notre Synode. Ce faisant, ou plutôt, grâce à cela, ils étaient des exemples de modestie et d’accessibilité. J’ai remarqué une approche semblable au cours des sessions du Synode des évêques du Patriarcat de Moscou, qui se sont déroulées sous la direction réellement sage de S.S. le patriarche Cyrille, et auxquelles j’ai eu l’honneur de prendre part cet été. Les sessions ont commencé à Saint-Pétersbourg, la vie natale de ma famille du côté maternel, ce dont j’étais particulièrement heureux. Enfin, j’ai pu trouver notre maison natale, sur le boulevard Souvorov. Les sessions de Saint-Pétersbourg ont eu lieu dans le bâtiment historique du Saint-Synode, et nous avons été logés dans l’hôtel du monastère restauré de Novodievitchi.

– Vous avez mentionné une certaine similitude dans le travail des Synodes de l’Étranger et en Russie. Mais quelles sont les différences ?

– On ne peut comparer le volume du travail. [À Moscou] il est même impossible techniquement de discuter en une seule journée de la liste des questions entrant dans l’ordre du jour, sans parler de la prise de décision au cours de la discussion. Aussi, des propositions détaillées sont préparées avant les sessions, puis elles sont soumises à la discussion. À l’étranger, nous pouvons nous permettre de discuter des questions courantes, et tout cela dure un jour et demi en tout. Le principal est – je l’ai ressenti pendant les sessions – qu’elles se sont passées dans l’esprit d’amour fraternel.

– Votre participation à la session d’été du Synode a coïncidé avec un événement de la vie ecclésiale actuelle qui, s’il n’était pas le plus important, comme cela s’est avéré, a été indubitablement le plus discuté, à savoir la rencontre des Églises locales en Crète. Celle-ci a été appelée tantôt Concile panorthodoxe, tantôt consultation panorthodoxe, voire le Huitième Concile œcuménique. Toutes ces appellations se sont avérées prématurées. Que pourriez-vous dire à ce sujet ?

– Une discussion animée a eu lieu sur la participation au « Concile de Crète ». Au mois d’avril encore, semble-t-il, tous étaient convaincus que l’Église orthodoxe russe devait prendre part à cette rencontre. Des chambres avaient déjà été réservées dans les hôtels, les billets d’avions étaient achetés. Mais, naturellement, la participation de la délégation de l’Église russe supposait des conditions définies. Or, il est apparu, dans le processus de régularisation des points restés non résolus, que Constantinople ne donnait pas de réponse aux questions posées. Ce silence du Phanar a tout décidé. Au mois d’avril, je me trouvais à Jérusalem avec un groupe de pèlerins du Canada et des États-Unis. Le chancelier du Patriarcat de Moscou, le métropolite Barsanuphe, m’a téléphoné, pour savoir si je pouvais venir à la session extraordinaire du Saint-Synode, où il sera question de la rencontre de Crète. J’ai répondu que je n’avais pas la possibilité d’être présent à la session, mais en cas de vote, j’ai demandé que mon opinion soit prise en compte : s’abstenir de participer à cette rencontre. D’après les résultats du vote, il s’est avéré que le Saint-Synode était précisément parvenu à cette décision. En définitive, la discussion de la « question de Crète » par nos hiérarques du Saint-Synode avec à leur tête S.S. le patriarche est devenue, je ne crains pas de le dire, le triomphe de la communion et de la catholicité fraternelles.

– Vous êtes membres de la Commission synodale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières pour la canonisation des néomartyrs de Russie. Des sessions communes de l’Église hors-frontières et du Patriarcat de Moscou ont eu lieu. Pourriez-vous dire ce qui est discuté maintenant à ces sessions ?

– Des rencontres communes ont commencé en 2014. La seconde a eu lieu sous la présidence de S.S. le patriarche. Notre œuvre principale est la mise en ordre de la liste des Néomartyrs et Confesseurs de Russie. Actuellement, la liste de Russie et celle de l’étranger ne coïncident pas entièrement, et nous voudrions, naturellement, qu’elle soit unique. Il est question de l’élaboration d’un principe d’approche des documents, dont en partie, les protocoles d’interrogatoires de ceux qui ont souffert pour la foi en Christ. Les persécuteurs s’efforçaient de justifier les persécutions auxquelles étaient exposés les croyants. Ensuite, il faut prendre en compte que dans les protocoles des interrogatoires et les autres documents semblables ont pu être altérées, non seulement les causes, pour lesquelles les martyrs de la foi étaient arrêtés, mais aussi la figure morale et spirituelle des condamnés. Ce sont des circonstances qui, comme je le présume, doivent absolument être prises en compte.

– Vous avez effectué un pèlerinage en Russie avant les événements de 1991 déjà. Et vous avez accompagné dans ce pèlerinage le métropolite Laure d’éternelle mémoire. Il en a résulté que vous avez pu observer la renaissance de l’Église russe. Pourriez-vous faire en quelque sorte une comparaison : que s’est-il produit à cette époque dans la Russie ecclésiale, et comment la situation se présente-t-elle aujourd’hui ?

– Je suis allé pour la première fois en pèlerinage aux saints lieux de la Patrie en 1988, l’année du millénaire du baptême de la Russie, avec un petit groupe de nos pèlerins de New York. Nous sommes allés à Moscou, à Kiev et à Saint-Pétersbourg. Quant à mon second pèlerinage dans la Patrie, il a eu lieu au mois d’août 1993. Et j’ai accompagné l’archevêque de Syracuse et du monastère de la Sainte-Trinité Laure, d’éternelle mémoire, avec mon camarade d’études au séminaire, maintenant archiprêtre, le père Paul Ivanov. Nous avons visité Moscou, parcouru « l’Anneau d’or », nous sommes allés à Novgorod, Pskov, Gous-Khroustalny, Belgorod. Nous avons vu la Russie ecclésiale, telle qu’elle était alors. J’ajoute que S.E. Mgr Laure est parti en pèlerinage, pour ainsi dire, « incognito » : il ne portait qu’une croix pectorale, sans encolpion. L’arrière-plan des événements de cette époque, pour moi, descendant d’émigrés de la « première vague », n’était pas toujours clair, mais j’avais vu que, au cours des cinq dernières années passées, beaucoup de choses avaient changé dans l’Église russe : elle renaissait, elle se remettait sur pied, et les événements tragiques qui avaient eu lieu sur notre terre avaient ramené l’homme russe dans l’enceinte de l’Église. Telle est la volonté de Dieu nous concernant, et la renaissance de l’Église n’était pas fonction de la croissance du nombre des paroissiens. Cette croissance est le résultat du fait que le peuple russe revient à ses racines orthodoxes, sur lesquelles a crû notre civilisation russe. Si l’on considère les données statistiques, le pourcentage n’a pas encore atteint le niveau que nous espérons, mais c’est seulement le début du chemin. Aujourd’hui, la tâche principale de l’Église est l’ecclésialisation de notre peuple. En même temps, en Occident, les églises vides en raison de l’absence des paroissiens sont transformées en « condominiums », en clubs et en restaurant, tandis qu’en Russie, grâce à Dieu, dans la seule ville de Moscou il est prévu de construire 200 nouvelles églises. Mais le diable ne dort pas. Ce n’est pas en vain que les forces démoniaques s’attaquent avec une telle violence obstinée sur la Russie d’aujourd’hui. Notre Patrie est accusée de tous les crimes possibles et imaginables, on fait tout pour que soit semée dans les cœurs des hommes en Occident la haine de la Russie. Mais cela n’est pas nouveau : la floraison de la Russie orthodoxe était haïe par les forces du mal il y a des centaines d’années déjà. C’est précisément ce que nous observons aujourd’hui également. C’est pourquoi il est si important pour le peuple russe de réfléchir sur le sens du sort de la Russie au XXème s. Or, hélas, peu de gens en Russie savent quelque chose sur l’état des esprits avant les troubles de 1917, sur l’essence des persécutions de l’Église dans les années vingt. Si les gens en savaient plus sur les hauts faits des néomartyrs de Russie, ils seraient abasourdis. Et ils aspireraient à recréer la Russie historique. Les résultats des événements de 1991 ont provoqué une illusion assez répandue, selon laquelle quelque variante du rétablissement de l’URSS serait un bien. Alors que pour nous, comme idéal, nous devons aspirer précisément à la renaissance de l’État orthodoxe russe. Mais notre peuple est-il prêt à cela ?… Et le fait que ce qui s’est produit en 1917 s’est prolongé ensuite durant plus de sept décennies, a été vraiment permis par Dieu, ce dont en 1905 déjà avait parlé St Jean de Constadt : « S’il n’y a pas de repentir dans le peuple russe, la fin du monde sera proche. Dieu lui enlèvera le pieux tsar et enverra un fléau en la personne de gouvernants impies, violents, autoproclamés, qui innonderont toute la terre de sang et de larmes ». Dieu soit loué que la renaissance de la Russie ait commencé. À ce sujet, je suis allé cette année dans la maison où vécut le saint pasteur de Cronstadt, je me suis assis devant sa table… On sent une grâce particulière dans cette maison.

– Vous avez mentionné votre séjour à Jérusalem en automne. Au même moment se trouvait en Terre Sainte le métropolite de Kiev Onuphre, que l’on connaît bien et que l’on aime dans l’Église russe hors-frontières. L’Église orthodoxe, sur les anciennes terres de Kiev passe par des moments difficiles. Comme caractériseriez-vous la situation ?

– Ce n’est pas la première fois que je rencontre Mgr Onuphre en Terre Sainte. Cette fois, j’ai eu le bonheur de concélébrer avec Sa Béatitude le métropolite de Kiev à la Liturgie et ce au Saint-Sépulcre. Mgr Onuphre est un authentique archipasteur et moine, et pour cette raison, il est humble et accessible. La Terre d’Ukraine souffre, et notre Église, l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou, porte ces souffrances. Dans ces circonstances, la tâche qui a été confiée à S.B. Mgr Onuphre est, comme on l’exprime dans le langage ecclésiastique, le port de la croix. Pour ce qui concerne les événements tragiques sur ces terres, qui durent depuis l’automne-hiver 2013, je voudrais rappeler à ceux qui calomnient la Russie, en affirmant que celle-ci a été quasiment l’initiatrice de l’effusion de sang : pendant toute la crise ukrainienne, les mesures prises par la Russie n’ont été que réactives, ce qu’a dit à maintes reprises le président Poutine. Aussi, nombreux sont les citoyens russes qui considèrent que ces réactions sont insuffisantes, trop modérées. Et posons-nous la question : que se serait-il passé si, non pas à Kiev, mais à Washington, devant la Maison Blanche, s’était assemblée une foule bruyante, munie de cocktails Molotov, voire même d’armes à feu, et avait essayé de renverser le président élu à la majorité des voix ? Tout homme sensé connaît très bien la réponse à cette question ; la foule aurait été sans tarder dispersée par les forces armées. Il va de soi qu’aucun changement de pouvoir ne se serait alors produit.

– Il y a huit ans, l’Assemblée des évêques de l’Église russe hors-frontières vous a nommé au siège épiscopal de Montréal et du Canada. Actuellement, le diocèse du Canada, qui fut naguère l’un des plus féconds de l’Église russe hors frontières, n’est pas encore entièrement remis des conséquences des schismes et troubles ecclésiastiques de 2001, qui ont déposé leur empreinte sur tout le cours des affaires diocésaines. Maintenant, Dieu soit loué, la situation est autre : le nombre des paroisses augmente, un grand nombre de fidèles et de clercs qui avaient été troublés par les organisateurs du schisme, sont revenus dans l’enceinte de l’Église. Quels sont vos plans, et peut-être vos espérances, en tant qu’archevêque diocésain ?

– La chaire épiscopale de Montréal a été établie sous l’archevêque Joasaph (Skorodoumov) d’éternelle mémoire. En 1929, l’archimandrite Joasaph est venu de Serbie à Montréal, où il fut recteur de la paroisse et bénéficia du respect tant du clergé que des fidèles. Le 12 octobre 1930, à Belgrade, eut lieu son sacre épiscopal, présidé par S.B. le métropolite Antoine (Khrapovitzky), « l’abba » de l’Église russe hors-frontières. L’évêque Joasaph a été nommé évêque de Montréal. Historiquement, le diocèse canadien s’est développé d’Ouest en Est : cela était lié à l’établissement des émigrés orthodoxes qui arrivaient au Canada. Lorsque fut établi un diocèse indépendant d’Edmonton et du Canada occidental, c’est là que fut nommé l’évêque Joasaph. L’évêque voyageait constamment dans tous les confins de ce Canada immense : soit en train, soit en bateau, parfois même à pied. Au cours d’une vingtaine d’année, il construisait, baptisait, mariait, organisait des offices, dirigeait et prêchait. Il est vrai que notre diocèse a subi des dégâts importants du fait des schismes de 2001. Mais, Dieu merci, les choses se sont rétablies graduellement. Le principal est qu’il est maintenant évident que « les zélateurs irraisonnés » qui nous faisaient craindre une chute rapide et inévitable dans les abîmes de l’œcuménisme, et sous ce motif ont créé un épiscopat non canonique – ces « zélateurs » ont fait une grande erreur. Tous ont pu se convaincre durant ces dernières années que nous-même, l’Église orthodoxe russe hors-frontières, n’avons pas « chuté », et l’Église russe dans la Patrie s’est renforcée dans la fidélité aux canons des saints Pères. Mentionnons ne serait-ce qu’une fois encore la position ferme de S.S. le patriarche au sujet de la rencontre de Crète. Je m’adresse à ceux qui ont quitté alors l’enceinte de l’Église : réfléchissez, frères et sœurs ! Il est temps pour nous de comprendre, orthodoxes russes, dans la Patrie et dans la diaspora, que l’unité est particulièrement indispensable. Vous êtes tous témoins du fait que le groupe qui s’appelle « véritable Église hors-frontières » s’est déjà divisé. À sa place se sont substitués cinq, voire six groupes, qui se font la guerre, et cette fragmentation continue jusqu’à maintenant, ce que peut-être certains d’entre vous ignorent. À ceux qui sont partis de chez nous, alors qu’ils ont le rang sacerdotal, il est nécessaire de réfléchir. Nous savons que, selon les saints canons, on ne peut se séparer de son évêque qu’en raison d’une hérésie condamnée par les saints Conciles ou les Pères, lorsque l’évêque prêche publiquement une hérésie, et l’enseigne ouvertement à l’église. Mais qui oserait soutenir que le métropolite Laure d’éternelle mémoire, qui, en sa qualité de primat de l’Église orthodoxe russe à l’étranger a rétabli la communion avec l’Église patriarcale dans la Patrie, prêchait une hérésie ? Et peut-on en accuser nos présents hiérarques ? Nous nous tenons fermement à nos fondements, qui ont été définis par S.B. le métropolite Antoine, à savoir depuis le début des années vingt du siècle passé. Si quelqu’un se veut patriote russe, il ne peut en aucun cas être séparé de l’Église russe, il ne peut rester dans le schisme. De tous temps, le sort des schismes a toujours été le même : tôt ou tard, ils sombrent dans l’oubli et ceux qui y sont « piégés » risquent leur salut. Le phénomène même du schisme ne sert que ceux qui haïssent la Russie. Dans notre diocèse, par la grâce de Dieu, de nouvelles paroisses continuent à s’ouvrir. Ainsi, en 2015, lors du millénaire du bienheureux trépas du saint prince Vladimir égal-aux-apôtres, est apparue à Saskatoon (province du Saskatchewan) la première paroisse de l’Église orthodoxe russe qui, dans l’histoire du Canada, porte le nom du baptiste de la Russie. À Calgary (Alberta) a été instituée une nouvelle paroisse, dédiée à saint Jean Chrysostome. J’ajouterai que les nouvelles paroisses dans notre diocèse sont fondées par de nouvelle générations de Russes qui se sont installés pour diverses raisons au Canada.

– Parmi les « nouveautés » qui ont vu le jour dans le diocèse par vos soins, il convient de mentionner les pèlerinages réguliers aux Lieux Saints. Auriez-vous l’intention d’élargir et de compléter les circuits des pèlerinages ?

– Nous accomplissons sans faute tous les deux ans des pèlerinages et ce depuis 2008. Ce printemps, nous sommes allés en Terre Sainte, pour la quatrième fois déjà. Il est important que chaque orthodoxe, au moins une fois dans sa vie, ait la possibilité de visiter les lieux où notre Seigneur Jésus-Christ a accompli Sa mission terrestre. Nos pèlerinages, habituellement, s’achèvent le jour de l’Ascension au monastère du Mont des Oliviers, en l’église dédiée à cette fête. Ce monastère a été créé par les soins de l’archimandrite Antonin (Kapoustine) qui, par la volonté de Dieu, est devenu de facto le fondateur de la présence ecclésiale russe en Terre Sainte. En août 2017, ce sera le deuxième centenaire de sa naissance. Une partie des monastères russes, fondés par le père Antonin en Terre Sainte, a été préservée par les soins de l’Église russe hors-frontières. Si nous n’avions pas ces monastères, il serait plus difficile d’organiser les pèlerinages. Nous espérons que l’année se trouvant entre deux pèlerinages en Terre Sainte, nous partirons vénérer les saints lieux de Russie. Nous pensons que nous aurons aussi l’occasion de séjourner dans les saints lieux de Rome, Bari, auprès des reliques de saint Nicolas, et sur l’île de Corfou chez saint Spiridon de Trimythonte. Naturellement, nous l’annoncerons à nos fidèles en temps utile.

– Votre Éminence, il ne reste quelques jours jusqu’à l’année 2017. Cette année sera étroitement liée dans la conscience russe avec des dates tragiques : lе coup d’État de février 1917, l’abdication de l’Empereur Nicolas II, le saint tsar-martyr. Et suite à tout cela, la révolution d’octobre… Ces dernières années, nous observons qu’un certain nombre de Russes sont enclins à ne pas faire cas de ces événements sinistres et sanguinaires qui, d’une façon ou une autre, ont été le résultat du gouvernement des bolcheviques. En réponse à la mention de ce fait historique incontestable, on entend souvent : sous ce gouvernement, sous le pouvoir soviétique, sous Staline, en fait sous sa direction, nous sommes parvenus à la plus grande victoire sur la partie de l’Europe envahie par l’Allemagne ! Ne dénigrez pas notre victoire ! Quelle est votre attitude à une telle approche de l’histoire russe du milieu du XXème siècle ?

– Je le dis tout de suite : « sous le régime soviétique », ne veut dire en aucun cas « grâce » à lui. Ce n’était pas la volonté divine que la Russie périsse, et c’est pourquoi la victoire nous a été donnée sur les adversaires. La victoire est advenue indépendamment des gouvernants athées, on peut même dire, malgré eux. Mais voyons les choses dans l’ordre. Lors de la dernière séance de décembre du Synode des évêques de l’Église hors-frontières qui, comme le veut notre usage, a été fixée au 10 décembre, c’est-à-dire le jour de la découverte de l’icône de la Mère de Dieu de Koursk, qui est appelée chez nous « l’hodigitria » de la Russie de l’étranger, nous avons discuté la façon de commémorer cette année tragique. Mais avant, je me permettrai d’exprimer mon opinion personnelle. J’ai dit plus d’une fois qu’il fallait que notre peuple connaisse le mieux possible sa propre histoire. C’est alors, en partie, que changera son attitude envers les symboles de la révolution destructrice, qui sont précisément les symboles de la défaite, les symboles des troubles fratricides. Au nombre de ces symboles soviétiques, il faut ranger aussi les appellations « révolutionnnaires » de nombreuses villes russes, notamment de la ville natale de ma famille, Viatka, qui jusqu’à maintenant s’appelle Kirov [révolutionnaire soviétique, ndt]. Or les habitants de Viatka se sont prononcés contre le retour au nom historique de leur ville… Rappelons-le : Lénine et Staline sont coupables des massacres de millions de leurs compatriotes, parmi eux la Famille Impériale, et les saints néomartyrs de Russie, qui ont été tués sauvagement. Notre peuple doit prendre conscience de ces horreurs. Cela demande notre reconnaissance et la glorification des hauts faits des néomartyrs. En Allemagne, on a pris assez rapidement conscience des atrocités d’Hitler. Pourquoi, en Russie, n’est-on pas pleinement conscient de la tragédie de la révolution, et ne condamne-t-on pas les bourreaux qui l’ont engendrée et qui ont été engendrés par elle ? Le corps non inhumé de Lénine, qui, toujours est-il, demeure dans le centre même de la capitale russe, est peut-être le symbole principal de la défaite russe, de la ruine de la Russie historique. Pouvons-nous imaginer que se dresse un monument sur la tombe d’Hitler, celui qui amené l’Allemagne à une défaite écrasante, qui en a fait « un objet d’opprobre pour ses voisins » pour des siècles – et que les Allemands en regardant ce monument le considèrent comme un symbole de victoire ? En 2017, tout ce qui est possible doit être fait afin que le corps de Lénine soit enfin enlevé de la Place rouge. Il est temps pour nous d’apprendre à comprendre le sens de notre propre histoire. En février 2017, le Synode des évêques de l’Église hors-frontières s’adressera par un message spécial à l’occasion du centenaire des troubles russes du XXème siècle. Toutefois, nous célébrerons bientôt une date joyeuse. Au début de l’été 2017 aura lieu à Munich l’Assemblée régulière des évêques de l’Église russe hors-frontières, à l’issue de laquelle, ceux-ci se rendront à Moscou pour célébrer le dixième anniversaire du rétablissement de l’unité de l’Église orthodoxe russe. Ces solennités seront présidées par S.S. le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Il est possible que cette commémoration coïncide avec la fête de tous les saints de Russie, la fête de la victoire spirituelle russe.

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Le métropolite de France, Emmanuel, a représenté le Patriarcat de Constantinople au colloque organisé à l’université Tufts (Boston) sur l’immigration en Europe

Dans un entretien qu’il a accordé au quotidien américain Ethnikos Keryx/The National Herald, il a expliqué que « des catholiques-romains et des protestants y participaient également et que différents thèmes y ont été développés, notamment concernant les réfugiés, sur la nature du rôle de la religion, de l’approche du problème et sur la manière dont les Eglises peuvent aider dans ce domaine ». Lui-même a évoqué l’initiative du patriarche œcuménique Bartholomée qui, ensemble avec le pape Francis et l’archevêque d’Athènes Jérôme, se sont rendu en avril 2016 à Lesvos, initiative qui a précisément illustré l’intérêt que portent les religions à la question de l’immigration ».
Le métropolite a insisté sur le fait que « nous condamnons toute forme de violence, toute forme de conflit armé, car le mal s’est précisément déclaré à cause de la guerre en Syrie. Nous voulons croire qu’un accord sera trouvé en vue de la cessation des hostilités ». « Il est impossible d’arrêter le flux des réfugiés, actuellement la Turquie abrite trois millions de réfugiés, j’espère qu’un moyen sera trouvé pour que ces gens retournent dans leurs foyers».
Interrogé sur l’existence de réfugiés en France, il a précisé qu’ « il y en a effectivement mais c’est en Allemagne que leur nombre est le plus élevé. Mais chaque pays européen a accepté un certain nombre d’entre eux ».
Concernant la présence grecque en France, il a précisé que «nous avons une troisième et une quatrième génération de Grecs, ajoutant que « la langue grecque est bien sûr conservée ; les offices liturgiques et la Liturgie eucharistique sont célébrés à 80 pour cent en grec, mais nous utilisons les deux langues lorsque nous prêchons. Nous avons des écoles grecques dont la plupart des enseignants viennent de Grèce ; leur nombre a toutefois diminué en raison de la crise économique».
« Sans la langue grecque, nous ne pouvons continuer à dire que nous sommes Grecs orthodoxes. Je le dis et je le répète : si les Juifs ont survécu après tant de persécutions et sont parvenu à recréer un Etat, c’est parce qu’ils ont conservé leur religion et leur langue ». «Si nous perdons la langue grecque nous perdrons notre identité. Si un Français devient orthodoxe nous ne lui imposerons pas la langue grecque car nous ne sommes pas chauvins. Quant à ceux qui ont des racines grecques, je voudrais que les générations à venir connaissent la langue grecque, sans que nous ne modifions notre insertion dans la société où nous vivons, car l’Eglise orthodoxe grecque n’a jamais créé de ghettos ».
A propos du grand concile de Crète, il a affirmé qu’ « il s’agissait d’un événement unique dans la vie de l’Eglise orthodoxe. C’était notre rêve à tous et surtout du patriarche œcuménique Bartholomée qui y croyait et c’est pourquoi nous y sommes arrivés ». « Bien que quatre Eglises s’abstinrent en dernière minute de participer au grand concile et qu’elles ne tinrent pas à accepter l’invitation qui leur avait été adressée durant les travaux préparatoires en sorte que les primats concélèbrent au moins tous ensemble pour manifester l’unité de l’Eglise, je considère qu’il s’agissait d’une erreur, mais cela n’enlève rien à l’essence même et au résultat du concile ». « Je crois que les décisions du concile seront acceptées et respectées par tous».

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Jovan Nikoloski