20/10/2017
Actualités
Page d'accueil > Résultats de la recherche : Le Nom grand et glorieux

Résultats de la recherche : Le Nom grand et glorieux

Recension : Hilarion Alfeyev, Le « Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe »

Alfeyev_nom_2
Hilarion Alfeyev, Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe, Paris, Cerf, 2007, 328 p.

Dans ce nouveau livre qu’il est venu présenter récemment à Paris, Mgr Hilarion Alfeyev se penche sur la controverse qui prit naissance en 1909 au monastère russe de Saint Panteleïmon au Mont-Athos, puis s’étendit en Russie dans les décennies suivantes, entre les « onomatodoxes » (adorateurs du Nom de Dieu) qui affirmaient que « le Nom de Dieu est Dieu lui-même », et les « onomatomaques », qui s’opposaient à une telle affirmation qu’ils jugeaient idolâtrique. La controverse elle-même prit fin en 1931 par une intervention autoritaire et tragique de l’État communiste. Ce ne fut pas seulement une querelle de moines car elle provoqua l’intervention de plusieurs patriarches et de plusieurs évêques (dont le célèbre Antoine Khrapovitsky) et le problème de fond qu’elle posait suscita l’intérêt de philosophes, de théologiens connus comme Nicolas Berdiaev, le P. Paul Florensky, le P. Serge Boulgakov ou l’Archimandite Sophrony, et il reste aujourd’hui encore débattu en Russie.

Lire la suite »

Recension : Hilarion Alfeyev, Le "Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe"

Alfeyev_nom_2
Hilarion Alfeyev, Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe, Paris, Cerf, 2007, 328 p.

Dans ce nouveau livre qu’il est venu présenter récemment à Paris, Mgr Hilarion Alfeyev se penche sur la controverse qui prit naissance en 1909 au monastère russe de Saint Panteleïmon au Mont-Athos, puis s’étendit en Russie dans les décennies suivantes, entre les « onomatodoxes » (adorateurs du Nom de Dieu) qui affirmaient que « le Nom de Dieu est Dieu lui-même », et les « onomatomaques », qui s’opposaient à une telle affirmation qu’ils jugeaient idolâtrique. La controverse elle-même prit fin en 1931 par une intervention autoritaire et tragique de l’État communiste. Ce ne fut pas seulement une querelle de moines car elle provoqua l’intervention de plusieurs patriarches et de plusieurs évêques (dont le célèbre Antoine Khrapovitsky) et le problème de fond qu’elle posait suscita l’intérêt de philosophes, de théologiens connus comme Nicolas Berdiaev, le P. Paul Florensky, le P. Serge Boulgakov ou l’Archimandite Sophrony, et il reste aujourd’hui encore débattu en Russie.

Lire la suite »

Recension: Antoine Nivière, « Les glorificateurs du Nom. Une querelle théologique parmi les moines russes du Mont Athos (1907-1914) »

NiviereAntoine Nivière, Les glorificateurs du Nom. Une querelle théologique parmi les moines russes du Mont Athos (1907-1914), Éditions des Syrtes, Genève, 2015, 427 p.
Cet ouvrage est la reprise d’une thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne en 1987 par l’auteur, professeur de Russe à l’Université de Lorraine. Il étudie en détail la querelle onomatodoxe, qui est née et s’est développée dans les milieux monastiques russes du Mont-Athos, puis s’est en partie exportée en Russie, entre 1907 et 1914.
Après des prolégomènes méthodologiques (p. 13-36) la première partie du livre (p. 39-246) présente dans un premier chapitre le monachisme russe à l’Athos au début du XXe siècle (p. 39-77) ; cette présentation est utile surtout pour mesurer l’importance numérique de la présence russe (3496 moines en 1910), comprendre les tensions avec les Grecs qu’elle pouvait susciter, et expliquer pour une part (relativement aux origines sociales et à la formation intellectuelle des moines) les mentalités des protagonistes de la controverse.
Les chapitres qui suivent sont consacrés à l’histoire de celle-ci, présentant à la fois son objet, ses principaux acteurs et les divers événements qui l’ont marquée.
La dispute est née d’un ouvrage sur la Prière de Jésus écrit par un moine russe nommé Hilarion (Domratchev), vivant dans une dépendance du Rossikon en Abkhazie, intitulé Sur les monts du Caucase (Dom André Louf en a fait une une traduction française, qui paraîtra dans quelques mois aux éditions des Syrtes). En des termes assez confus (relativement à la tradition terminologique de la théologie et de la spiritualité orthodoxes), il affirmait que « Dieu Lui-même est comme présent dans le Nom divin, avec tout Son être et tous Ses attributs », et encore que « dans la prière intérieure de notre esprit, à travers une étroite union avec Dieu, il n’est plus possible de séparer Son Nom et Son très saint Être ». Le livre fut édité (avec l’imprimatur des autorités ecclésiastiques) en 1907, et connut un rapide succès parmi les moines russes de l’Athos. Un groupe de moines, dirigé par l’influent confesseur du monastère de Saint-Panteleïmon, le père Agathodore Boudanov, se montra sceptique quant à la qualité de l’ouvrage et demanda un compte rendu à un moine instruit du skit du Prophète Élie, le père Chysanthe, qui se montra très critique. Très vite deux groupes se formèrent : celui des détracteurs des thèses du père Hilarion, avec à leur tête les moines Chrysanthe Minaïev et le père Alexis Kireïevskiï, qui allaient ensuite faire appel en Russie à l’influent archevêque Antoine Khrapovitskiï, et celui de leurs défenseurs, avec comme chef de file le hiéromoine Antoine Boulatovitch, qui allaient en Russie susciter le soutien de divers théologiens, en premier lieu le père Pavel Florenskiï. Nous ne pouvons entrer ici en détail dans l’historique de la controverse, qui alla crescendo pendant 4 ans et qu’Antoine Nivière décrit très précisément. Notons que seulement que la doctrine des onomatodoxes (littéralement : les « glorificateurs du Nom », que leur adversaires appelaient plutôt « onomatolâtres ») fut condamnée comme hérétique par le patriarche de Constantinople Joachim III en 1912, par la Kinote du Mont-Athos et le nouveau patriarche de Constantinople Germain V au début de l’année 1913, puis par le Synode de l’Église russe au mois de mai de la même année. L’impossibilité de mettre fin par le dialogue à un conflit qui affectait gravement les diverses communautés monastiques athonites (le skit de Saint-André plus encore que le monastère de Saint-Panteleïmon), les divisant en groupes antagonistes multipliant les violences non seulement verbales mais physiques, le gouvernement russe décida de faire expulser par l’armée, en juillet 1914, les moines onomatodoxes, qui se retrouvèrent en Russie exclus des institutions ecclésiales et privés de communion. Les statistiques officielles parlent de 800 moines expulsés, mais en réalité c’est près de 1700 moines russes qui quittèrent l’Athos, de force ou de leur plein gré, à la suite de la querelle onomatodoxe, entre 1910 et 1914.
La tournure tragique prise par les événements incita un certain nombre d’intellectuels russes à s’engager – chacun d’une façon particulière – en faveur des onomatodoxes: le père Pavel Florenskiï, Vladimir Ern, Serge Boulgakov, Dimitri Merejkovskiï, Nicolas Berdiaev… Plusieurs journaux à grande diffusion désapprouvèrent la dureté de la répression. Le débat fut porté devant la Douma au cours du premier semestre de 1914, tandis que le Tribunal ecclésiastique de Moscou, qui avait été saisi de l’affaire en 1913, confiait ses conclusions au Consistoire du Synode, qui dans une résolution, le 24 mai 1914, concluait qu’il n’y avait pas de motif pour rejeter les moines onomatodoxes de la communion de l’Église. Ce changement d’attitude imprévu fut en partie dû à une intervention des hautes sphères, notamment à l’empereur Nicolas II lui-même, partiellement influencé par Raspoutine. Les dernières prises de position des autorités impliquaient une réintégration de fait, mais ne s’accompagnaient pas d’une véritable réhabilitation théorique, l’entrée en guerre de la Russie mettant fin de facto à la controverse. Le concile de 1917 qui aurait dû se prononcer sur le fond de la question resta quant à lui inachevé.
Aujourd’hui encore le débat se poursuit, comme le note l’auteur: « Au sein de l’Église russe officielle (Patriarcat de Moscou), alors que le métropolite Hilarion Alfeyev semble plutôt favorable aux thèses des glorificateurs du Nom, d’autres voix se prononcent résolument contre: c’est le cas du théologien laïc Alexis Osipov, professeur à l’Académie ecclésiastique de Moscou, ou encore du métropolite Isidore de Kouban qui, en 2007, a mis en garde le clergé de son diocèse contre les résurgences actuelles de la doctrine onomatodoxe. À l’intérieur de divers groupuscules orthodoxes dissidents apparus dans la Russie post-soviétique, les positions sur cette question sont encore plus conflictuelles: le métropolite Agathange Pachkovskiï qui dirige la “Vraie Église orthodoxe” (Odessa) a condamné les partisans de la doctrine onomatodoxe en 2014, tandis que la branche de l’ « Église russe autonome », qui a pour tête l’évêque Grégoire [ex Basile] Lourié (Saint-Pétersbourg), défend leur point de vue, notamment dans les articles de Lourié lui-même et de la moniale Kassia (I. Senik), et accuse Agathange de déviations doctrinales ».
La deuxième partie du livre (p. 249-391) porte sur le contenu théorique de la controverse que la première partie n’avait fait qu’évoquer à travers le dédale de son histoire factuelle. Elle présente de manière approfondie les arguments de ceux qui y ont été directement impliqués, puis des théologiens et des philosophes qui ont développé une réflexion à son sujet. D’abord les partisans: l’ermite Hilarion, le père Antoine Boulatovitch, le père Paul Florenskiï, Serge Boulgakov; puis les adversaires: les théologiens grecs, l’école théologique russe traditionnelle, et Serge Troïtskiï, les études les plus approfondies de part et d’autre étant celles de Serge Boulgakov et de Serge Troïtskiï.
La fin de l’ouvrage propose un index prosopographique, mais chose étrange pour un travail scientifique, ne donne pas de bibliographie. De nombreuses photos d’époque parsèment le volume, qui permettent d’associer des visages à certains noms.
La querelle onomatodoxe n’est pas inconnue du public francophone, puisque deux études du métropolite Hilarion Alfeyev ont été publiées il y a huit ans à son sujet – Le Nom grand et glorieux (Cerf, 2007) et Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du Nom de Dieu (Presses universitaires de Fribourg, 2007) –, auxquelles on peut ajouter l’ouvrage théorique du père Serge Boulgakov, La philosophie du Verbe et du Nom, publié en 1991 par les éditions L’Âge d’Homme, qui est l’achèvement de la réflexion qu’il avait menée au temps de la controverse.
La présente étude d’Antoine Nivière est remarquablement documentée historiquement, et propose un exposé aussi approfondi que possible du débat théorique. On apprécie les jugements équilibrés de l’auteur et son souci de faire apparaître à la fois les points forts et les points faibles de chaque position. On peut simplement regretter que les quelques passages controversés de l’ouvrage qui a tout déclenché: Sur les monts du Caucase de l’ermite Hilarion n’aient pas été présentés déjà dans la première partie, ce qui aurait permis de mieux comprendre d’emblée la base de la controverse.
La question de fond qui est de savoir quel type de lien, dans un nom, unit le signifiant au signifié est ancienne et récurrente. Elle était déjà posée par Platon dans le Cratyle où les deux position basiques s’affrontaient: celle qui considère que le nom exprime la réalité de la chose qu’il désigne en vertu d’un lien objectif avec elle et exprime, et celle qui considère que le lien entre le nom et ce qu’il désigne est conventionnel. Elle fut aussi au centre de la controverse entre les Cappadociens (particulièrement saint Grégoire de Nysse) et Eunome et ses disciples. On la retrouve au Moyen-Âge dans la controverse entre nominalistes et réalistes. C’est cette seconde position qu’adopte la linguistique moderne, et il est improbable que celle-ci puisse, comme le suggère Antoine Nivière dans son introduction contribuer au débat, puisqu’elle exclut a priori la position des onomatodoxes. La linguistique moderne adopte la position selon laquelle le rapport entre le signifiant et le signifié est purement conventionnel, et il est improbable que celle-ci puisse, comme le suggère Antoine Nivière dans son introduction, contribuer au débat, puisqu’elle exclut a priori la position des onomatodoxes. L’argument fort qu’avancerait dans ce cas comme dans d’autres la linguistique saussurienne est que la variété et parfois la radicale hétérogénéité des noms selon les langues – par exemple Seigneur, Kyrios, Gospod’, Herr ou Lord, ou encore Dieu, Gott, Theos, Allah ou Bog – montre à l’évidence leur caractère purement conventionnel et leur absence de relation objective avec ce qu’ils désignent. Le nom de Jésus est plus stable, mais présente néanmoins entre certaines langues des variations importantes. Il nous semble que la solution au débat entre les onomatodoxes et leurs adversaires au sujet du Nom de Dieu est à rechercher moins dans la linguistique ou dans la philosophie que dans la théologie de l’icône, le nom étant en l’occurrence une icône verbale qui, comme toute icône, n’a pas de valeur absolue par sa forme et sa matière, mais par le prototype auquel elle renvoie et dans la relation à lui.

Jean-Claude Larchet

Recension: Michel Quenot, « Les glorieux combattants »

Quenot_CombattantsMichel Quenot, « Les glorieux combattants », Éditions Orthdruk, 2015, 229 pages, 141 illustrations en couleur.
Le protopresbytre Michel Quenot poursuit son travail d’exploration systématique des différents thèmes iconographiques en nous présentant cette fois un volume consacré aux saints guerriers.
Le premier chapitre évoque la référence aux armes et aux armées dans l’Ancien Testament (affrontements guerriers du peuple de Dieu, forte présence des armées célestes, métaphores du combat spirituel, dans les Psaumes notamment).
Le deuxième chapitre souligne que le Christ rompt avec la loi du talion et à l’enchaînement de la violence, opposant le pardon et l’amour des ennemis aux représailles, affirme que son royaume n’est pas de ce monde, répète qu’il est venu apporter la paix, et donne la prééminence absolue au combat spirituel. C’est sur ce « bon combat » qu’insisteront aussi saint Paul et les apôtres, préconisant ainsi une « violence pacifique ».
Le troisième chapitre s’intéresse au statut de la présence chrétienne dans l’armée impériale. Celle-ci est inexistante dans les premiers temps, où les chrétiens sont assimilés par les Romains à des Juifs et sont donc exemptés de service militaire. De l’an 70 à 110 environ, aucun chrétien ne s’engage volontairement dans l’armée. C’est la pression barbare qui, à partir du règne de Marc Aurèle (160-180), entraîne un recrutement forcé. Jusqu’à Constantin cependant, l’armée compte un faible pourcentage de chrétiens. Sous les empereurs païens qui se succèdent, leur situation est difficile: lorsqu’ils refusent de rendre à l’empereur le culte qu’il exige ou de sacrifier aux dieux, ils subissent le martyre. L’avènement des empereurs chrétiens rend leur situation plus facile, mais ne les libère pas de tout problème de conscience: comment concilier les implications du métier des armes avec l’interdiction de tuer et l’idéal de paix inhérents au christianisme ? Saint Athanase d’Alexandrie et saint Ambroise de Milan invitent les soldats à la modération (c’est-à-dire à éviter les exactions) et à ne tuer qu’en cas de nécessité, tandis que saint Basile demande à ceux qui ont tué de se purifier et d’accepter une excommunication de trois ans. L’auteur exprime de manière nuancée le dilemme devant lequel se trouve le soldat chrétien, et le biais par lequel, dans certaines circonstances, une guerre défensive se justifie sans pourtant que la guerre, qui ne peut jamais être mieux qu’un moindre mal, puisse jamais être qualifiée de juste :

« Le combat contre le mal requiert un grand discernement, car comment s’y opposer sans commettre soi-même des actes répréhensibles dont chaque conflit armé offre une large palette? Comment faire usage de la force sans céder à la violence? Tâche redoutable que celle du soldat chrétien! Dans sa position d’intermédiaire entre l’agresseur et l’agressé, il lui revient d’agir avec droiture, prêt à défendre l’innocent, mais sans anéantir ou blesser physiquement et psychiquement l’adversaire par pure vengeance ou plaisir. Cet immense contrôle de soi revêt une dimension ascétique indéniable. Le courage manifesté dans la retenue ou dans un type d’action mesuré entraîne souvent reproches et critiques de la part des partisans de la violence aveugle et donc coupable, dans la répression des ennemis.
La guerre étant par nature un mal, le terme de guerre juste devient par conséquent abusif et utopique. Toute guerre entraîne en effet dans son sillage de multiples drames personnels et collectifs. Mais de même que Moïse autorise la répudiation d’une épouse dans l’Ancien Testament, ce qui faire dire à Jésus que cette concession répond à la “dureté de cœur” (Mt 19, 8) des hommes, ainsi la guerre est acceptée en raison de la situation particulière du monde, où l’on ne peut laisser certains groupes ou nations agir impunément lorsque des hommes et des femmes sont cruellement opprimés. »

L’auteur cite alors le Document du Concile de l’Église orthodoxe russe du 16 août 2000, qui dans son chapitre 8 intitulé « Guerre et paix » remarque : « Porteurs de la bonne nouvelle de la réconciliation (Rm 10, 15), mais se trouvant dans “ce monde” qui gît dans le mal (1 Jn 5, 19) et est marqué par la violence, les chrétiens sont confrontés à l’obligation de participer à différents combats. Tout en reconnaissant la guerre comme un mal, l’Église ne défend pas à ses fidèles de participer aux opérations militaires, lorsqu’il s’agit de défendre le prochain ou de restaurer la justice bafouée. La guerre est alors indésirable, mais inévitable. »
Particulièrement intéressant est cet épisode historique, relaté par ce même Document et également cité par l’auteur :
« Lorsque le patriarche de Constantinople envoya le saint, égal aux Apôtres, Cyrille prêcher l’Évangile et que celui-ci fut arrivé dans la capitale des Sarrasins, de savants disciples de Mahomet disputèrent de la foi avec lui. Il lui fut entre autre demandé: “Le Christ est votre Dieu. Il vous a commandé de prier pour vos ennemis, de faire le bien à ceux qui vous haïssent et vous persécutent, à celui qui vous frappe sur la joue de présenter l’autre, mais que faites-vous? Si quelqu’un vous offense, vous affûtez votre arme, vous combattez, vous tuez. Pourquoi donc n’écoutez-vous pas votre Christ?” Les ayant écoutés, saint Cyrille interrogea ses interlocuteurs: “Si dans une seule loi sont contenus deux commandements, qui sera le vrai citoyen? Celui qui accomplit l’un des commandements ou celui qui accomplit les deux?” Lorsqu’ils eurent répondu qu’accomplit mieux la loi celui qui observe les deux commandements, le saint prêcheur continua: “Le Christ notre Dieu, en nous enseignant à prier pour ceux qui nous ont offensé et de leur faire du bien, a dit, de même, que personne ne peut montrer de plus grand amour en cette vie qu’en donnant son âme pour ses amis (Jn 15, 3). Voilà pourquoi nous supportons avec grandeur d’âme les offenses qui nous sont faites personnellement, mais nous nous défendons les uns les autres et offrons notre vie au combat pour notre prochain, afin que vous, qui avez réduit nos compatriotes en esclavage, ne rendiez pas esclaves leurs âmes avec leurs corps, les contraignant à renier leur foi et à agir contre les commandements de Dieu. Nos soldats chrétiens défendent l’arme à la main la Sainte Église et le souverain en lequel ils honorent le pouvoir du Roi céleste; ils gardent la patrie, sachant que sa destruction serait suivie immédiatement de la chute du pouvoir et de l’ébranlement de la foi en l’Évangile. Voilà les gages précieux pour lesquels les soldats doivent combattre jusqu’à la dernière goutte de sang sur le champ de bataille. L’Église les élève au rang des saints martyrs et les appelle intercesseurs devant Dieu.” ».

Le quatrième chapitre présente les caractères généraux de l’iconographie des saints soldats, souligant la place importance qu’elle occupe dans les églises; il analyse les différents attributs militaires dont ils sont pourvus: armure, bouclier, épée, arc, lance, chevaux…, dont la représentation est souvent symbolique.
Le cinquième chapitre évoque la figure des premiers grands stratèges (saint Georges, saint Théodore Tiron, saint Théodore Stratilate, saint Mercure, saint Démètre de Thessalonique, saint Procope). Le sixième chapitre est dédié à des soldats chrétiens martyrisés en groupes (le saints martyrs de la Légion thébaine, les 70 soldats syriens d’Apamée, les cent cinquante soldats martyrs en Isaurie, les quarante martyrs de Sébaste, etc.).
Le septième chapitre présente les soldats martyrs jusqu’à Constantin le Grand, depuis Longin le Centurion jusqu’à saint Ménas d’Égypte. Le huitième chapitre consacre de brèves notices aux soldats qui, au cours des siècles suivants et jusqu’à la fin du premier millénaire, ont combattu sous le signe de la Croix.
Le neuvième chapitre donne quelques exemples seulement de saints soldats du second millénaire (le Grand prince Vladimir, Boris et Gleb, Alexandre Nevsky, Dimitri Donskoï, le prince Lazare de Serbie, l’amiral Théodore Ushakov, et très près de nous, un soldat russe mort martyr au cours de la guerre contre les islamistes tchétchènes: Eugène Rodionoff (1977-1996).
À travers toutes les notices qu’il leur consacre, l’auteur montre que ces hommes valeureux ont prioritairement combattu avec les armes de la foi, brillant par leur bonté, luttant surtout contre leurs passions, et se montrant toujours prêts à sacrifier leur vie pour les autres, mais aussi pour le maintien de la foi chrétienne. Beaucoup sont morts en martyrs pour avoir confessé leur foi dans un environnement qui lui était hostile et la mettait en balance avec leur vie.
Le dernier chapitre montre comment le combat de ces saints soldats est relié au combat spirituel intérieur dont le christianisme a fait de tout temps sa priorité : les services liturgiques qui leur sont dédiés sont habités par cette notion.
La réflexion de l’auteur se rattache aussi à l’actualité:

« Des événements récents prouvent, s’il en est encore besoin, que nous sommes entrés dans une nouvelle phase concernant la présence chrétienne en Occident. La poussée islamiste radicale, discrète dans un premier temps, gagne en importance et surprend ceux-là même qui l’ont jusqu’à récemment banalisée. Non pas qu’il faille craindre une société pluriculturelle, mais une tolérance aveugle, et donc sans discernement, fait le lit de l’intolérance qui exploite sournoisement les failles des sociétés ouvertes qui finissent par s’autoflageller. L’indifférence religieuse de nombreux citoyens, issus de familles chrétiennes, crée un vide que les idéologies les plus fallacieuses s’empressent de combler, imposant peu à peu leur vision du monde. L’hédonisme, érigé en religion, endort chez les uns la conscience, muselée chez d’autres par la peur et l’angoisse, laissant le champ libre aux nouvelles formes de pensée totalitaire. Dans sa crainte de déplaire aux groupes de pression, l’État devient à son tour complice par son silence et son inaction. Comment expliquer que la moindre atteinte aux intérêts de certains groupes reçoive un vaste écho et produise une réaction musclée, alors que les agressions contre les chrétiens et leur patrimoine restent souvent ignorées et bénéficient de l’impunité? Cette politique à géométrie variable marque le début d’une persécution larvée qui tend hélas à s’amplifier. L’histoire ancienne et récente dans certaines régions du globe livre l’exemple de chrétiens qui ont affronté des conditions d’hostilité extrêmes. Dans ce sens, le témoignage (martyria en grec), auquel chaque chrétien est appelé, revêt parfois une forme aiguë. Les soldats et guerriers, dont il est question ici, ont lutté pour leur foi, pour la défense des libertés fondamentales et ont témoigné en cela de leur attachement au Christ. La tiédeur de nombreux chrétiens résulte d’une perte du sens du sacré liée à l’obscurcissement du regard spirituel. »

Ce livre a le grand intérêt d’offrir une synthèse sur une catégorie de saints très présente dans l’Église orthodoxe, mais souvent mal comprise, en rassemblant des figures dispersées dans les Synaxaires, en les faisant mieux connaître, et en dégageant de manière nuancée la signification spirituelle de leur statut particulier qui ne va pas de soi, puisque l’idéal du christianisme est un idéal de paix qui a priori ne fait pas bon ménage avec les implications du métier des armes.
Comme dans tous les livres précédents du P. Michel Quenot, les illustrations sont abondantes (près de cent quarante), fort bien choisies, et souvent inédites. Les éditions orthdruk ont une fois de plus réalisé un ouvrage de grande qualité typographique et graphique pour un prix modéré.
Le livre est diffusé pour tous pays sauf la Suisse par La Procure, et en Suisse par la Diffusion Albert le Grand. Il peut être commandé en ligne à la Librairie du monastère orthdoxe de la Transfiguration.

Jean-Claude Larchet

Recension : Hilarion Alfeyev, « Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du nom de Dieu »

Alfeyev3Hilarion Alfeyev, Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du nom de Dieu, Traduit du russe par Claire Jounievy et Alexandre Siniakov, Academic Press, Fribourg, 2007, 438 p. (Studia Œcumenica Friburgensia 47).

Mgr Hilarion Alfeyev a publié en 2002 à Saint-Pétersbourg, en deux volumes, sous le titre Священная тайна Церкви. Введение в историю и проблематику имяславских споров, une étude sur la controverse qui, au début du siècle dernier, s’est déroulée au Mont-Athos puis en Russie autour de la question de la nature du Nom de Dieu. Deux volumes récemment parus en français ont été tirés de cette étude : «Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe», dont nous avons rendu compte ici-même, et le présent ouvrage, qui a été présenté en janvier 2007 comme thèse d’habilitation à l’Université de Fribourg, ce qui a valu à son auteur d’y obtenir un poste de privat-dozent.
«Le Nom grand et glorieux» rappelle pour une part l’histoire de la controverse onomatodoxe, mais constitue surtout une vaste enquête historique, illustrée par de nombreux textes, pour déterminer  la façon dont le Nom de Dieu est conçu dans l’Écriture Sainte (Ancien et Nouveau Testaments), chez les Pères de l’Église et dans la liturgie orthodoxe, et pour retracer l’histoire de la «prière de Jésus» (au centre de laquelle figure le Nom de Jésus) chez les Pères orientaux puis dans la tradition russe.

Lire la suite »

Recension : Hilarion Alfeyev, "Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du nom de Dieu"

Alfeyev3Hilarion Alfeyev, Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du nom de Dieu, Traduit du russe par Claire Jounievy et Alexandre Siniakov, Academic Press, Fribourg, 2007, 438 p. (Studia Œcumenica Friburgensia 47).

Mgr Hilarion Alfeyev a publié en 2002 à Saint-Pétersbourg, en deux volumes, sous le titre Священная тайна Церкви. Введение в историю и проблематику имяславских споров, une étude sur la controverse qui, au début du siècle dernier, s’est déroulée au Mont-Athos puis en Russie autour de la question de la nature du Nom de Dieu. Deux volumes récemment parus en français ont été tirés de cette étude : «Le Nom grand et glorieux. La vénération du Nom de Dieu et la prière de Jésus dans la tradition orthodoxe», dont nous avons rendu compte ici-même, et le présent ouvrage, qui a été présenté en janvier 2007 comme thèse d’habilitation à l’Université de Fribourg, ce qui a valu à son auteur d’y obtenir un poste de privat-dozent.
«Le Nom grand et glorieux» rappelle pour une part l’histoire de la controverse onomatodoxe, mais constitue surtout une vaste enquête historique, illustrée par de nombreux textes, pour déterminer  la façon dont le Nom de Dieu est conçu dans l’Écriture Sainte (Ancien et Nouveau Testaments), chez les Pères de l’Église et dans la liturgie orthodoxe, et pour retracer l’histoire de la «prière de Jésus» (au centre de laquelle figure le Nom de Jésus) chez les Pères orientaux puis dans la tradition russe.

Lire la suite »

Grand jeudi

Tropaire – ton 8

Tandis qu’à la Cène, au Lavement des pieds, les glorieux disciples étaient emplis de lumière, Judas l’impie, malade d’avarice, se couvrait de ténèbres et aux juges iniques il Te livrait, Toi le juste Juge. Vois donc, toi qui t’attaches aux richesses, comment à cause d’elles il s’est pendu ! Fuis l’âme insatiable qui osa un tel crime contre le Maître.  Toi qui es bon envers tous, Seigneur, gloire à Toi.

Lire la suite »

Recension: Hiéromoine Hilarion (Domratchev), « Sur les monts du Caucase »

CaucaseHiéromoine Hilarion (Domratchev), Sur les monts du Caucase. Traduit du russe par Dom André Louf, Préface du métropolite Hilarion de Volokolamsk, Éditions des Syrtes, Genève, 2016, 284 p.
On sait peu de choses du moine du grand habit Hilarion Domratchev, sinon qu’il il naquit vers 1845 dans la région de Viatka en Russie, fut enseignant après avoir terminé le séminaire, partit pour le Mont Athos où il vécut vingt-cinq ans, puis alla dans les années 1880 dans les montagnes du Caucase, où il fut rattaché au monastère Saint-Simon-le-Cananéen du Nouvel Athos, mais mena sa vie monastique et fonda des communautés en plusieurs endroits de cette région.
De même que les Récits d’un pèlerin russe faisaient l’éloge de la Prière de Jésus et en exposait les voies à travers les récits d’un vagabond sans doute imaginaire, ce livre fait de même à travers la relation de la rencontre avec un ermite du Caucase (il s’agit du Père Désiré, père spirituel de l’auteur). De même que les Récits d’un pèlerin russe étaient émaillés d’anecdotes pittoresques liées à des rencontres, ce récit est émaillé de magnifiques descriptions de la nature. Comme le remarque le métropolite Hilarion Alfeyev dans sa préface, ce livre est sans doute parmi tous les livres de spiritualité, celui qui accorde la plus grande place à la nature et se montre le plus sensible à sa beauté.
Le hiéromoine Hilarion souligne le caractère didactique de son projet : « Ce livre n’a qu’un but: expliquer aussi complètement que possible en quoi consiste la Prière de Jésus, elle qui, suivant l’enseignement unanime des Saints Pères, est la racine et le fondement en même temps que le sommet et la perfection de la vie spirituelle. Toute l’insistance de nos paroles ne vise qu’à cela. Nous mettons toujours cette Prière au-dessus de toutes les autres vertus, dont aucune ne l’égale lorsqu’elle atteint les degrés les plus élevés ».
L’exposé du hiéromoine Hilarion n’est pas systématique et n’obéit à aucun ordre logique. S’y entrecroisent les évocations de la personnalité de l’ermite Désiré, ses enseignements sur la prière, les commentaires qu’y ajoute le Père Hilarion, des citations des Pères et des descriptions de la nature, et de nombreuses considérations sur la vie spirituelle, ce qui donne à l’ensemble, constitué de courts chapitres, une forme variée et dynamique, propre à maintenir l’intérêt.
L’enthousiasme du hiéromoine Hilarion à l’égard de la Prière de Jésus est tel qu’il se laisse aller à des formules excessives, affirmant notamment que le Nom de Jésus s’identifie au Christ lui-même (voir notamment p. 37-40), que « le nom du Seigneur est le Seigneur lui-même » (p. 45) que « le Nom du Dieu tout-puissant est Dieu lui-même » (p. 45), considérant comme équivalentes la présence du Christ dans son Nom et sa présence dans la sainte eucharistie (p. 44). Il affirme aussi que « par le fait [que le Nom] est Dieu, la toute-puissance qui produit des œuvres grandes et glorieuses, indépendamment de la sainteté de ceux qui le prononcent, lui appartient aussi » (p. 47), ce qui correspond à une conception magique, éloignée de la conception orthodoxe traditionnelle de la synergie entre la grâce de Dieu et les dispositions spirituelles et réceptives de l’homme. Bien que des telles affirmations soient par ailleurs nuancées – par exemple dans les affirmations plus modérées que « le Dieu tout puissant est présent dans son Nom avec toute sa plénitude divine et ses infinies perfections » (p. 46) ou que « la totalité des perfections divines habite dans le très saint Nom de Jésus-Christ » (p. 39), ce qui peut être rapporté aux énergies divines plutôt qu’à la nature même de Dieu –, elles furent l’objet d’une violente controverse où certains accusèrent le hiéromoine Hilarion et ses partisans d’être des onomatolâtres (adorateurs du Nom) tandis que d’autres prenaient leur défense, les considérant seulement comme des « glorificateurs du Nom ». Ce conflit enflamma les monastères et skites russes du Mont-Athos de 1907 à 1914. Il suscita une condamnation de la doctrine des partisans du hiéromoine Hilarion de la part de la Sainte-Communauté du Mont-Athos, du patriarcat de Constantinople et du Saint-Synode de l’Église russe. Il se termina dramatiquement par l’expulsion ou l’exil volontaire de près de 1700 moines russes du Mont-Athos. Le débat se poursuivit en Russie, donnant lieu à une réflexion approfondie de la part de théologiens en vue sur la question de la nature du nom et de son rapport à celui qu’il désigne (une réflexion qui reste d’ailleurs toujours ouverte). L’intervention de diverses personnalités dont l’empereur lui-même amena l’Église russe à adopter une attitude plus tolérante à l’égard des « glorificateurs du Nom ». Plusieurs livres parus en français au cours de ces dernières années ont exposé en détail cet épisode : (Métropolite Hilarion Alfeyev, Le Nom grand et glorieux (Cerf, 2007) et Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du Nom de Dieu (Presses universitaires de Fribourg, 2007; Antoine Nivière, Les glorificateurs du Nom. Une querelle théologique parmi les moines russes du Mont Athos (1907-1914).
Les formulations controversées du hiéromoine Hilarion sont sans aucun doute inacceptables au regard de la théologie orthodoxe, car elles témoignent d’une série de confusions (notamment entre signifiant et signifié, entre personne et nature, entre nature divine et énergies divines) et donnent vraiement à certains moments l’impression que le Nom de Dieu prend la place de Dieu. Mais elles n’occupent dans ce volumineux ouvrage de 300 pages qu’une place minime (quelques phrases), et il faut savoir les dépasser et apprécier l’exposé de l’auteur, qui reste l’un des meilleurs exposés sur la Prière de Jésus, et comporte par ailleurs de nombreux développements sur la vie spirituelle qui, tout en étant fondés sur l’enseignement de Pères abondamment cités, ont l’avantage de refléter aussi une expérience personnelle dont le saint starets Barsanuphe d’Optina lui-même louait la profondeur. Rappelons qu’avant que quelques-unes de ses formulations maladroites ne suscitent la controverse, l’ouvrage était grandement apprécié en Russie et au Mont-Athos. Il avait été publié en 1907 avec le soutien de la grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna (future moniale et martyre), et avait connu deux rééditions (1910 et 1912) avec l’approbation du comité de censure, le troisième tirage atteignant 10.000 exemplaires.

PS.  Ne pas confondre cette éditon publiée par les Syrtes (qui ne sera en laibrairie qu’à la fin du mois d’août) avec celle, que vient de faire paraître parallèlement, dans une traduction de moins bonne qualité, le monastère catholique Skita Patrum.

Jean-Claude Larchet

Podcasts de la présentation des nouveaux livres de Mgr Hilarion (Alfeyev)

Nous vous proposons en exclusivité les podcasts audio de la présentation des nouveaux ouvrages en français de Mgr Hilarion (Alfeyev) qui a eu lieu le 8 mars dernier dans les locaux des éditions du Cerf à Paris.

Discours d’accueil du père dominicain Eric de Clermont-Tonnerre, directeur des éditions du Cerf :

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Pour lancer la diffusion, cliquez sur Play (le carré vert). Vous pouvez également télécharger directement le fichier en cliquant sur le logo « podcast ».

Présentation du livre Le Chantre de la lumière par le prêtre Nicolas Lossky :

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Pour lancer la diffusion, cliquez sur Play (le carré vert). Vous pouvez également télécharger directement le fichier en cliquant sur le logo « podcast ».

Présentation du livre le Nom grand et glorieux par Mgr Hilarion (Alfeyev) :

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Pour lancer la diffusion, cliquez sur Play (le carré vert). Vous pouvez également télécharger directement le fichier en cliquant sur le logo « podcast ».

Débat avec la salle :

Cliquez ici pour télécharger le MP3

Pour lancer la diffusion, cliquez sur Play (le carré vert). Vous pouvez également télécharger directement le fichier en cliquant sur le logo « podcast ».

13 octobre

13 octobre
Jour de jeûne

Saint Carpe, évêque de Thyatire, saint Papyle, diacre, saint Agathodore et sainte Agathonique, martyrs à Pergame (251) ; saint Florent, martyr à Thessalonique (vers 310) ; saint Benjamin, diacre, martyr en Perse (vers 424) ; saint Nicétas, moine à Constantinople, confesseur (vers 838) ; saint Benjamin des Grottes de Kiev (XIV) ; saint Mélèce, patriarche d’Alexandrie (1601) sainte Chrysie, néo-martyre (1795) ; saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie, translation des reliques (2004) ; saints Néo-martyrs de Russie : Innocent (Kikine) et Nicolas (Ermolov) (1937), prêtres.

SAINT CARPE, ÉVÊQUE DE THYATIRE, SAINT PAPYLE, DIACRE, SAINT AGATHODORE ET SAINTE AGATHONIQUE, MARTYRS A PERGAME

Ces saints martyrs vécurent sous l’empereur Dèce (vers 250) et le proconsul d’Orient Valérien. Carpe était le fils d’un prêtre des idoles. Il crut au Christ, fut baptisé et devint quelque temps plus tard évêque de l’Église de Pergame, fondée par saint Jean le Théologien. Papyle était originaire de Thyatire (auj. Akhisar). Catéchisé et baptisé par Carpe, il fut ordonné diacre et demeura avec son évêque et père spirituel à Pergame pour y répandre la parole de Dieu. Comme Carpe et Papyle n’avaient pas voulut obéir à l’édit de l’empereur, qui commandait de livrer aux autorités les vases et les vêtements sacrés, ils furent arrêtés et emmenés devant le proconsul Valérien. Ils confessèrent sans crainte le Seigneur, et se déclarèrent prêts à endurer toutes les souffrances plutôt que de renier le Christ pour adorer des idoles inanimées. Le magistrat, emporté par la colère devant leur assurance, les fit attacher derrière des chevaux et les força à courir devant son char, de Thyatire à Sardes, villes éloignées d’environ soixante kilomètres. Parvenus à Sardes, les saints martyrs furent attachés au chevalet et écorchés vif au moyen d’ongles de fer. Comme Carpe restait souriant sous les supplices, le gouverneur étonné lui en demanda la raison. Le saint lui répondit : « J’ai vu la gloire du Seigneur et je me suis réjoui ! »

Agathodore, serviteur de Carpe, et qui avait suivi son maître, reçut alors d’un ange la certitude intérieure que le temps était venu pour lui aussi de confesser le Christ Dieu par son sang. Il s’avança donc devant les bourreaux et proclama publiquement sa foi. Ces derniers s’emparèrent aussitôt de lui, ils l’étendirent sur le chevalet avec les deux autres martyrs, et le frappèrent de verges avec une telle violence qu’il en mourut.

Papyle fut attaché à quatre pieux très hauts, qu’on dressa avant de le livrer à la lapidation. Comme, par protection divine, il était sorti indemne de cette épreuve, il comparut de nouveau devant le gouverneur en compagnie de Carpe. Après les avoir traînés sur le dos dans les ronces, on leur en frappa ensuite le ventre, avant de les jeter en pâture aux fauves dans l’amphithéâtre. Mais là — ô miracle ! — un lion prit une voix humaine pour reprocher leur cruauté aux tortionnaires des saints martyrs du Christ. Ceux-ci, se bouchant les oreilles pour ne pas reconnaître ce que même les animaux sans raison confessaient, clouèrent des sandales de fer aux pieds des saints et les précipitèrent dans une fournaise ardente. Avant d’expirer sous la morsure des flammes crépitantes, Carpe s’écria : « Sois béni, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui as daigné me faire, moi pécheur, participant de ton héritage ! » Au moment où il rendait son âme à Dieu, une voix de femme se fit entendre : « Moi aussi j’ai aperçu le glorieux festin, et je veux m’y asseoir pour y prendre part ! » Malgré les vaines tentatives de ses proches, qui lui rappelaient ses devoirs envers son jeune enfant, cette jeune femme, nommée Agathonique, rejetant la faiblesse naturelle de son sexe, se précipita dans les flammes en s’écriant : « Seigneur, secours-moi, car j’ai fui vers toi ! » Puis son âme partit vers les demeures célestes, pour jouir de la fraîcheur de la rosée divine avec ses compagnons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Carpe, Papyle, Agathodore et Agathonique, ton 4
Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu’ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion des saints martyrs Carpe, Papyle, Agathodore et Agathonique, ton 4
Sur terre le Seigneur nous a donné * comme un trésor de grand prix * et comme source faisant jaillir des flots de guérisons * vos reliques sacrées: * elles soignent les maladies et toutes sortes de maux * et procurent à nos âmes la grâce abondamment; * c’est pourquoi nous célébrons votre fête, Carpe et Papyle, d’un même chœur.

ÉPITRE DU JOUR
Ph I, 27 – II, 4

Conduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile de Christ, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent, j’entende dire de vous que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d’une même âme pour la foi de l’Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut ; et cela de la part de Dieu, car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui, en soutenant le même combat que vous m’avez vu soutenir, et que vous apprenez maintenant que je soutiens. Si donc il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.

ÉVANGILE DU JOUR
Lc VI, 17-23

En ce temps-là, Jésus descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude du peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l’entendre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit : « Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous !
Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel ; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. »

7 octobre

7 octobre

Saints martyrs Serge et Bacque (292) ; saints martyrs Julien, prêtre et Césaire, diacre, martyrs en Campanie (Ier s.), sainte Pélagie de Tarse (290), saint hiéromartyr Polychrone, prêtre (IVème s.), saint Jean, ermite en Crète (IVème s.), saint Armantaire, évêque d’Aix (Vème s.), saint Gustave (ou Auguste), abbé à Bourges (560), saint Palais, évêque de Saintes (596), saint Éthère, évêque de Lyon (602), saint Serge l’Obéissant, de la Laure des Grottes de Kiev (1412), saint Serge de Vologda (1412), saint Joseph de Khèvi (Géorgie, 1763) saint Jonas, évêque de Hankou (Mandchourie, 1925) saint hiéromartyr Nicolas (Kazanksy), prêtre (1942).

SAINTS MARTYRS SERGE ET BACQUE

Saint Serge et saint Bacque vivaient à Rome sous l’empereur Maximien qui leur avait confié, malgré leur jeune âge, de hautes charges dans la Garde des Gentils (Schola Gentilium). Serge en était « primicerius » et Bacque « secundicerius ». Constatant la faveur dont ils jouissaient auprès du souverain, certains courtisans les dénoncèrent comme chrétiens. Dans un premier temps, l’empereur ne prêta pas crédit à ces accusations. Puis, pris de doute sur la fidélité de ses serviteurs à la religion de l’État, il décida d’organiser une grande cérémonie avec des sacrifices offerts à Zeus, pour voir si Serge et Bacque allaient y participer. Les deux jeunes officiers furent les seuls à ne pas se présenter, et ils se tenaient à l’extérieur du temple en priant le vrai Dieu. Prenant ce geste pour un acte de révolte, l’empereur furieux les fit comparaître devant lui et les interrogea sur la raison de leur désobéissance. Serge et Bacque lui répondirent : « Nous devons te servir comme de fidèles serviteurs uniquement dans ton armée terrestre, ô Empereur. Quant à nous séparer du seul vrai Dieu que nous adorons pour offrir un culte aux dieux inanimés, ni le fer ni le feu ne pourront nous y contraindre. Car nous ne considérons rien de plus heureux que de souffrir pour la foi. » Maximien ordonna de les dépouiller sur-le-champ des marques de leur dignité et de les revêtir de vêtements féminins. Ainsi affublés et chargés de lourds anneaux de fer au cou, les martyrs furent traînés par les rues et livrés à la risée publique.

Après un second interrogatoire, l’empereur ordonna de les conduire, de garnison en garnison, jusqu’à la ville de Barbalissos sur l’Euphrate , où se trouvait le gouverneur du diocèse d’Orient, Antiochus, homme particulièrement cruel, mais qui devait sa charge à l’intervention des saints. Il essaya d’abord de les convaincre de se rendre à la volonté du souverain. Mais les saints jeunes gens, ayant été encouragés de nuit par un ange qui était apparu dans leur prison, ne furent intimidés ni par ses flatteries ni par ses menaces. On enferma Serge dans un cachot, tandis que l’on soumettait Bacque à la torture. Il fut si cruellement frappé à coups de nerfs de bœuf qu’il en remit son âme à Dieu dans la joie de rejoindre l’armée des anges et des saints. Le lendemain, on fit comparaître Serge, dont la seule tristesse était de rester encore dans ce monde de vanité, alors que son compagnon jouissait déjà de la béatitude. Après avoir vainement essayé de le faire apostasier en lui rappelant sa gloire passée et en le menaçant des plus cruels supplices, Antiochus lui fit mettre des chaussures garnies, à l’intérieur, de clous et il l’obligea à courir devant son char sur une distance de plus de quinze kilomètres, jusqu’au fort de Tetrapyrgia (auj. Qseyras-Sêlé). Élevé au-dessus de la souffrance par la joie de participer à la Passion du Seigneur, le jeune homme courait avec allégresse en chantant des psaumes. Pendant la nuit, un ange vint guérir ses plaies, si bien qu’il réapparut le lendemain devant le gouverneur, frais et dispos pour de nouveaux combats. Parvenu à l’étape suivante, Rosapha , Antiochus donna l’ordre de le décapiter. En arrivant sur le lieu de l’exécution, saint Serge sollicita de ses bourreaux quelques instants, pendant lesquels il éleva vers Dieu de ferventes prières pour ses persécuteurs. Puis il inclina de lui-même la tête sous le glaive et partit rejoindre Bacque dans le Royaume céleste.

Les habitants du bourg de Sura, où Bacque avait été martyrisé, voulurent enlever secrètement le corps de Serge, mais le martyr suscita un incendie pour les en empêcher. Les chrétiens de Rosapha accoururent alors sur les lieux, chassèrent les voleurs et mirent la sainte relique en sûreté. Par la suite, on bâtit une église sur le tombeau de saint Serge, qui devint un des sanctuaires les plus vénérés de tout l’Orient, de sorte que l’endroit prit le nom de Sergiopolis. Des fragments de ses saintes reliques furent dispersés dans tout le monde chrétien.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

SAINT JONAS, ÉVÊQUE DE HANKOU

Saint Jonas (Pkrovsky) naquit à Kalouga en 1888 et reçut le nom de Volodya au saint baptême. Devenu orphelin à l’âge de huit ans, il fut élevé par le diacre du village, qui l’envoya étudier au séminaire de sa ville natale. De là, il poursuivit ses études à l’Académie ecclésiastique de Kazan. Parvenu en troisième année, il fut tonsuré moine au monastère d’Optino, et garda pendant le reste de sa vie un lien spirituel avec les startsi. À l’issue de ses études, on lui confia l’enseignement du cours sur le Nouveau Testament, charge qu’il accepta contre son gré, sur la recommandation de son père spirituel, saint Gabriel de Sedmiozernaja [24 sept.]. Il fut ensuite ordonné prêtre et enseigna à l’Académie jusqu’à l’âge de trente ans. Lorsque les bolcheviques s’emparèrent du pouvoir (1918), il fut obligé de quitter Kazan pour Perm. Arrêté, il fut si cruellement frappé, qu’il en perdit conscience. Pendant le voyage qui l’emmenait à Tobolsk pour y être jugé, il réussit à s’échapper et à rejoindre les troupes de l’Armée Blanche, où il servit comme chapelain. Il partagea les tribulations de son détachement au cours de sa retraite à travers les montagnes du Turkestan et le désert de Gobi, où de nombreux Russes avaient trouvé refuge. Parvenu à Pékin, il fut bientôt ordonné évêque de Manchourie. Au moment de son arrivé en Chine (1922), la ville frontière de Manjouria (auj. Manchouli) était remplie de réfugiés russes, qui ne possédaient que les vêtements qu’ils portaient. Les habitants leur venaient en aide autant qu’ils le pouvaient, mais le pain manquait pour nourrir les enfants.

Pendant les trois années de son épiscopat, saint Jonas, se faisant tout pour tous, devint l’ange gardien et l’inspirateur de ses brebis spirituelles, qui retrouvèrent auprès de lui courage et espérance. Il célébrait la Divine Liturgie comme s’il était déjà transporté au ciel devant l’autel céleste, et ses sermons étaient dotés d’une telle force que personne ne voulait en manquer un seul mot. Apôtre de la charité en ces temps d’extrême misère, il nourrissait les affamés, accueillait les étrangers, distribuait des vêtements et visitait les malades. Il organisa aussi la vie de la communauté des exilés, répara les bâtiments de l’église, ouvrit une bibliothèque, organisa une soupe populaire, fonda une clinique ainsi qu’une école secondaire. Les enfants aimaient leur évêque plus que leurs propres parents, et lorsqu’il leur enseignait le catéchisme, ils étaient tellement captivés par ses paroles, qu’ils pouvaient ensuite les répéter de mémoire et sans effort.

Homme de prière, qui n’avait en rien renoncé à ses devoirs monastiques, saint Jonas avait su se transformer en homme d’action efficace, et tout ce qu’il entreprenait pour le soulagement de ses ouailles réussissait, malgré les énormes difficultés qu’il rencontrait. Ayant connu lui-même la condition d’orphelin, il fonda un orphelinat qui, dès la première année, abritait vingt-huit enfants, envers lesquels il faisait preuve d’une affection paternelle. Il se donnait sans compter à sa tâche pastorale, à tel point qu’après avoir pris soin d’un prêtre atteint de typhoïde, il contracta une amygdalite chronique, mais il n’en cessa pas pour autant ses activités. Un jour, il se rinça la gorge avec du kérosène, en pensant qu’il servirait d’antiseptique, mais cela conduisit rapidement à un empoisonnement du sang. Quand il devint évident que la mort approchait, le saint se prépara imperturbablement à son passage à l’éternité. Dans son Testament, dont plusieurs milliers d’exemplaires furent distribués lors de ses funérailles, il écrivait : « Je commencerai par ces mots de l’Apôtre : Enfants, aimez-vous les uns les autres… Et je finirai par ces mêmes mots : Aimez-vous les uns les autres. Tel est le commandement de votre évêque. Ne laissez pas les enfants à l’abandon… Pardonnez-moi, par amour du Christ, et ne m’oubliez pas dans vos prières… De sorte que dans l’éternité, nous nous tenions tous avec confiance devant le redoutable tribunal du Christ. »

Après avoir dit adieu et avoir béni ceux qui étaient rassemblés autour de lui, il revêtit l’épitrachilion et les manchettes qui avaient appartenu au starets Ambroise d’Optino, et commença à lire à haute voix, en faisant des prosternations, le canon pour les agonisants. On l’allongea ensuite sur son lit et, après qu’il eut rendu grâce à Dieu, son âme fut transférée dans le monde qui ne connaît ni maladie, ni affliction, ni gémissement, mais l’éternelle joie du Seigneur (7 octobre 1925). Un enfant qui était paralysé depuis longtemps se mit alors à courir et s’écria : « Maman, l’évêque Jonas m’est apparu et m’a dit : “Voici, je te donne mes jambes, elles me sont désormais inutiles ! ” »

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs Serge et Bacque, ton 5
Ornements des martyrs du Christ, vous qui fûtes les yeux de l’Église du Christ, illuminez les yeux de nos âmes, Serge le très-éprouvés et Bacque le très-glorieux. Priez le Seigneur, pour que nous fuyions les ténèbres du péché et que nous devenions participants à la lumière sans déclin par vos prières.

Tropaire de saint Jonas de Hankou, ton 4
Tu fus un bon pasteur et le havre des Russes qui se trouvaient à l’étranger, les guidant vers l’amour du Christ, te montrant en toutes choses un exemple d’amour sans hypocrisie, aussi, saint hiérarque Jonas, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Serge et Bacque, ton 2
Avec courage ayant affronté les ennemis, vous avez fait détruit leur tromperie et d’en haut ayant reçu la victoire, illustres Martyrs, d’un même cœur vous vous êtes écriés: il est bon et agréable d’habiter avec Dieu.

Kondakion de saint Jonas de Hankou, ton 3
Tu n’as pas empêché les enfants de venir à toi, ô bienheureux en Dieu, te souciant de leurs besoins et leur créant un foyer ; après ton trépas, tu ne les as pas délaissé, guérissant un enfant paralysé lors d’une vision nocturne. Aussi, nous t’acclamons : Réjouis-toi, thaumaturge, Jonas le très-glorieux.

Épitre du Jour
(I Cor. XV, 39-45)
Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres. Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile. Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant.

Évangile du jour
(Lc IV, 31-36)

Il descendit à Capernaüm, ville de la Galilée; et il enseignait, le jour du sabbat. On était frappé de sa doctrine; car il parlait avec autorité. Il se trouva dans la synagogue un homme qui avait un esprit de démon impur, et qui s’écria d’une voix forte: Ah! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es: le Saint de Dieu. Jésus le menaça, disant: Tais-toi, et sors de cet homme. Et le démon le jeta au milieu de l’assemblée, et sortit de lui, sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis de stupeur, et ils se disaient les uns aux autres: Quelle est cette parole? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent!

14 septembre

14 septembre

Jour de jeûne

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Dormition de St Jean Chrysostome (407)

L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX[1]

Alors que saint Constantin le Grand s’apprêtait à marcher sur Rome pour s’opposer à son rival, Maxence,— lequel possédait des forces bien supérieures aux siennes — il vit, en plein midi, le signe de la vivifiante Croix apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entourée de l’inscription : Par ce signe, tu vaincras. Il fit immédiatement orner ses étendards du signe de la Croix, et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d’assurer le triomphe du christianisme[2]. Après la victoire de l’Orthodoxie au Premier Concile Œcuménique, l’empereur nourrissait le désir de faire construire un grandiose édifice en action de grâces. C’est alors que sa mère, sainte Hélène, âgée d’environ quatre-vingts ans, entreprit un pèlerinage à Jérusalem (326), pour y vénérer les saints Lieux, avec l’espoir d’y retrouver le saint Sépulcre et la Croix. En effet, lors de la destruction de la ville sous Hadrien (135), le lieu où notre Seigneur fut crucifié et enseveli, avait été comblé sous une masse de terre et l’on avait bâti au-dessus un temple païen avec une statue d’Aphrodite, de sorte qu’avec le temps le véritable caractère sacré de cet endroit avait été oublié. Parvenue à Jérusalem, sainte Hélène s’adressa à l’évêque saint Macaire [16 août] et, grâce aux informations fournies par un écrit, qu’un Juif des régions orientales tenait de ses pères, on retrouva la grotte de la Résurrection. Sur ordre de l’empereur, le lieu fut déblayé en hâte, et l’on découvrit près de là, trois croix et un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin portant ces mots : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs (Jn 19, 19-20), ainsi que les trois clous qui avaient fixé sur la croix le corps vivifiant du Sauveur. Toutefois, les croix étaient brisées et leurs morceaux éparpillés, il était donc impossible de distinguer la Croix du Christ des deux croix auxquelles avaient été suspendus les deux larrons. La guérison d’une femme mourante à l’approche du saint Bois, permit à saint Macaire de reconnaître le précieux Bois, car les deux autres croix n’opérèrent aucun miracle. L’impératrice et toute sa cour se prosternèrent devant la sainte Croix et la baisèrent avec piété. Mais le peuple, rassemblé en grand nombre sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce ou, pour le moins, voir de loin l’instrument de notre Rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le saint évêque monta alors sur l’ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l’éleva bien haut à la vue de tous, tandis que la foule s’écriait : Kyrie eleison ! Le même geste fut répété solennellement par le patriarche saint Zacharie [21 fév.], quand, à la suite des brillantes victoires de l’empereur Héraclius, la sainte Croix, qui avait été dérobée par les Perses lors du pillage de la Ville sainte (614), revint à Jérusalem (631). Les saints Pères ont institué de procéder, chaque année, dans toutes les églises, à l’exaltation solennelle de la Précieuse Croix, non seulement pour commémorer ces deux événements symboliques de la victoire du christianisme, mais aussi pour manifester que la Croix, instrument de honte et de condamnation dans le monde ancien, est devenue notre fierté et le signe de la gloire divine du Christ, manifestée par la lumière de sa Résurrection. Réitérant aujourd’hui, le geste du saint évêque de Jérusalem et élevant la Croix dans les quatre directions de l’espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens confessent que le Christ, élevé sur la Croix, a réconcilié toutes choses et a uni, dans son Corps, les extrémités de la création : la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, afin que nous puissions avoir accès, par Lui, auprès du Père (Éph 3, 18 ; Col 1, 20). La sainte Croix était, dit-on, faite de trois sortes de bois : cyprès, pin et cèdre, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe (Is 60, 13). Ses innombrables fragments, répandus dans tout le monde chrétien, ont la propriété de rester sans altération, et communiquent aux fidèles qui les vénèrent avec foi la grâce de la Résurrection.

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1

Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

 Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4

Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

ÉPITRE du jour

(I Cor. I, 18-24)

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

Évangile du jour

(Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35)

En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

[2] L’autre évènement qui détermina la vénération de la Croix comme signe glorieux, associé à la lumière divine, fut l’apparition de la Croix lumineuse à Jérusalem (en 350), qui est commémorée le 7 mai.

30 août (ancien calendrier) / 12 septembre (nouveau)

30 août (ancien calendrier) / 12 septembre (nouveau)

Après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste ; saints Alexandre (340), Jean (595) et Paul le Jeune (784), patriarches de Constantinople ; saint Amat, évêque d’Avignon, martyr (411) ; saint Gaudens, martyr à Toulouse (vers 475) ; saint Christophe le Romain, moine en Palestine (VIème s.) ; saint Aile, abbé de Rebais (650) ; saint Fiacre, ermite près de Meaux (670) ; saint Fantin, thaumaturge à Salonique (IX-Xème s.) ; saint Alexandre de Svir (1533) ; translation des reliques de saint Alexandre de la Neva de Vladimir à Saint-Pétersbourg (en 1724); Synaxe des saints hiérarques illuminateurs de l’Église serbe : saints Sabas Ier, Arsène Ier, Sabas II, Eustathe Ier, Jacques, Nicodème et Daniel, Joannice II, Éphrem II, Spyridon, Macaire et Gabriel Ier,  Sabas III, Grégoire, Cyrille, Jean, Maxime et Nicon ; saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre Rechetnikov, prêtre (1918) ; moine Apollinaire Mosalitinov (1918) ; Paul Malinovsky, prêtre ; moniale Élisabeth Yaryguine et martyr Théodore Ivanov (1937) ; moine Ignace Lebedev (1938) ; Pierre Tcheltsov, confesseur, prêtre (1972).

 

SAINTS ALEXANDRE, JEAN ET PAUL LE JEUNE, PATRIARCHES DE CONSTANTINOPLE[1]

D’origine modeste et dépourvu de connaissances livresques, mais brillant par ses vertus et ses charismes apostoliques, saint Alexandre fut jugé digne d’assister saint Métrophane [4 juin], l’archevêque de Byzance, en qualité d’archiprêtre. Après la victoire de saint Constantin sur Licinius, l’empereur organisa une joute oratoire entre Alexandre et les rhéteurs païens de Byzance. Comme l’un des philosophes accusait l’empereur Constantin d’innover en matière de religion, Alexandre se tint devant lui et dit : « Je t’ordonne, au Nom du Christ, le seul vrai Dieu, de te taire ! » Et aussitôt, le rhéteur devint muet et tous reconnurent la puissance de la vraie foi. Saint Métrophane étant malade et trop âgé pour se rendre au premier Concile oecuménique de Nicée (325), c’est en son nom qu’Alexandre y siégea. On raconte qu’après la clôture du Concile, l’empereur Constantin demanda à tous les Pères théophores qui y avaient brillé, de venir à Constantinople, qu’il venait de fonder, pour la bénir. Un ange du Seigneur apparut alors à saint Métrophane et lui révéla que, devant remettre son âme à Dieu dix jours après, il lui fallait laisser le bienheureux Alexandre pour successeur . Les Pères se réjouirent à cette nouvelle, et après avoir célébré les funérailles de saint Métrophane, ils intronisèrent solennellement saint Alexandre comme premier évêque de la nouvelle capitale de l’Empire (327). À la suite du Concile, saint Alexandre, qui était âgé de près de quatre-vingt-six ans, s’illustra dans la défense de la foi orthodoxe contre les intrigues suscitées par Arius et ses partisans, et certains rapportent qu’il entreprit des voyages apostoliques en Thrace, Macédoine, Thessalie et dans les îles pour y prêcher la foi du Concile de Nicée. Convoqué à Nicomédie pour rendre compte de sa foi, Arius réussit à tromper l’empereur en signant une profession de foi où il se contentait de dire que le Fils de Dieu est né avant tous les siècles. Il demanda alors sa réintégration dans l’Église et, sous la pression d’Eusèbe de Nicomédie, l’empereur regarda favorablement sa demande et demanda aux évêques réunis en concile à Tyr de l’examiner (335). Ce concile, composé essentiellement de partisans d’Arius, se tourna en jugement inique contre saint Athanase, qu’on traitait de sorcier, de brute et de semeur de discorde. Alors que saint Athanase réussissait à s’embarquer en secret pour Constantinople, où il essaya vainement de se faire entendre de l’empereur, le concile prononçait sa déposition, qui aboutit à une sentence d’exil à Trèves. Arius essaya de rentrer à Alexandrie, mais une émeute ayant éclaté contre lui, l’empereur le rappela à Constantinople, en vue de le faire recevoir dans la communion de saint Alexandre. Eusèbe de Nicomédie et les siens exercèrent toutes sortes de pressions sur le saint prélat et firent les préparatifs pour la célébration d’une Liturgie, où il devait communier avec l’hérétique. Saint Alexandre se réfugia dans l’église Sainte-Irène et, prosterné devant le saint autel, il priait jour et nuit avec force larmes, en disant au Seigneur : « Si Arius doit être réconcilié à l’Église, laisse partir ton serviteur. Mais si Tu as pitié de ton Église et ne veux pas livrer ton héritage à la honte, retire Arius, afin que l’hérésie ne soit pas prise pour la vraie foi. » Le samedi, veille du jour où devait se dérouler la cérémonie, alors qu’il se trouvait sur l’agora proche de la colonne de porphyre dressée par Constantin, Arius fut soudain pris d’un besoin naturel et, ses entrailles ayant éclaté, il périt lamentablement dans le lieu d’aisance, se trouvant ainsi privé de la communion et de la vie. Quand il apprit cette nouvelle, saint Alexandre rendit grâce à Dieu, non pour la mort d’autrui, mais parce qu’Il avait manifesté une fois de plus que, même avec l’appui du pouvoir et des puissants de ce monde, l’hérésie ne pouvait l’emporter sur la vérité de l’Église . Cependant les troubles n’en cessèrent pas pour autant, et saint Alexandre dut continuer à lutter pour l’Orthodoxie. Il s’endormit en paix, quelques mois après la mort de saint Constantin (337), à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, pour remporter au Ciel la récompense de ses travaux apostoliques. Il confia à saint Paul [6 nov.], la succession dans l’épiscopat et dans la lutte pour l’Orthodoxie. Bien qu’on ne sache pas au juste lequel des patriarches Jean est commémoré aujourd’hui, on peut supposer qu’il s’agit de Jean VIII Xiphilinos, qui siégea de 1064 à 1075, année où il mourut âgé de soixante-cinq ans . Originaire de Trébizonde, il reçut sa formation à Constantinople, où il devint l’ami de Michel Psellos, sans partager toutefois l’attrait de ce dernier pour la philosophie néoplatonicienne, qui devait le conduire à l’hérésie. Comme il était éminemment versé dans les sciences juridiques, on lui confia l’enseignement du droit à l’Université impériale que Psellos s’efforçait de restaurer. Injustement accusé par les milieux de cour, Jean dut quitter la capitale et, après avoir reçu l’Habit monastique, il vécut une dizaine d’années dans un monastère du Mont Olympe de Bithynie. À la mort du patriarche Constantin III Lichoudès (1063), il fut rappelé par l’empereur Constantin Doukas et consacré, malgré ses réticences, patriarche œcuménique. En un temps troublé par la menace grandissante des Turcs Seljoukides, il fut un homme de paix et de conciliation, et s’efforça d’établir un rapprochement avec l’Église arménienne. Le patriarche Jean vécut toute sa vie dans une grande pauvreté et une parfaite pureté de mœurs. Il distribuait en aumônes tout ce qu’il avait, organisa des distributions publiques de vivres et contribua à la construction ou à la restauration de nombreuses églises. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, indifférent aux critiques que les prélats mondains lui adressaient à ce sujet, et excellait dans l’interprétation des dogmes et règlements canoniques de l’Église. Saint Paul IV dit le Jeune était originaire de Chypre. Il occupait le rang de lecteur et brillait tant par ses paroles que par ses actions vertueuses, quand il fut élu contre son gré patriarche, le second Dimanche du Carême 780, après une longue vacance du siège, causée par l’hérésie iconoclaste. Sous la pression du terrible empereur Léon IV le Khazar, il dut alors souscrire un document, dans lequel il déclarait ne pas rendre de culte aux images. Mais l’empereur mourut peu après son ordination, et il se rétracta. L’hérésie continuait cependant de répandre son venin, et comme le patriarche, malade, se trouvait impuissant à lui résister, il préféra renoncer à sa charge pour se retirer au monastère de Florus, sans en avertir toutefois l’impératrice régente sainte Irène [7 août]. Aussitôt prévenus la souveraine et son fils Constantin VI se rendirent auprès du saint prélat pour lui demander la raison de sa démission. Le bienheureux Paul, en larmes, leur déclara : « Je n’aurais pas dû accepter de siéger à la tête d’une Église qui s’est séparée de la communion avec les autres trônes. » L’ayant quitté pleins de tristesse et d’amertume, les souverains lui envoyèrent une ambassade de patriciens et de membres du Sénat, pour essayer de le fléchir. Il leur dit avec fermeté : « Si l’on ne réunit pas un Concile Œcuménique pour corriger l’erreur qui est au milieu de nous, il n’y a point de salut pour vous. » Comme ils lui demandaient pourquoi il avait accepté de signer le libelle de l’empereur hérétique, il répondit : « C’est pour cette raison que je me lamente et que j’ai décidé de faire pénitence, en priant Dieu qu’il ne me châtie pas pour avoir manqué de prêcher la vérité par crainte de votre folie. » Il s’endormit en paix deux ou trois mois après (784), suscitant un grand deuil au palais et parmi les Orthodoxes, car tous l’admiraient pour sa vertu et sa piété. Grâce à son exhortation et à la ferme résolution de l’impératrice et de son successeur, saint Taraise [25 fév.), on commença alors à préparer le Septième Concile Œcuménique qui devait rétablir le culte des saintes icônes (787).

 

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2

Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

Tropaire des saints patriarches de Constantinople, ton 3

Célestes initiateurs et prédicateurs divins, vous avez guidé, en pasteurs, sous votre houlette l’Eglise du Christ d’une façon qui fut agréable au Seigneur, bienheureux Alexandre, champion de la Trinité, familier de la grâce, illustre Jean, et cime des pontifes, saint Paul; c’est pourquoi nous battons des mains en acclamant vos exploits.

Tropaire de saint Alexandre de la Neva, ton 4

Reconnais tes frères, nouveau Joseph, toi qui ne règnes pas sur l’Égypte, mais au ciel avec le Christ, bienheureux prince Alexandre, et multiplie le froment à la prière des gens de ton pays; protège aussi ton héritage, le peuple chrétien, et, dans les peines que leur inflige l’ennemi, viens en aide aux fils de la sainte Russie.

Tropaire de la Synaxe des saints hiérarques serbes, ton 4

Saints archevêques et patriarches qui avez illuminé la Serbie, Pères théophores qui avez gardé fidèlement l’apostolique tradition, inébranlables piliers et guides suprêmes de la vraie foi, priez le Maître universel de faire au monde le don de la paix et d’accorder à nos âmes la grand miséricorde.

 Kondakion de l’après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5 

Hérode ayant commis l’iniquité à l’égard de toi le Précurseur, il donna à la femme ton chef précieux, que nous vénérons dans la joie, tandis qu’Hérodias pleure et sanglote, de même qu’Hérode et celle qui dansa.

Kondakion des saints patriarches de Constantinople, ton 8

Enflammés par l’amour du Christ, Pontifes- glorieux, comme joug vous avez pris sa précieuse Croix et, vous étant montrés les imitateurs de sa vie, à sa divine gloire vous participez, admirable Alexandre, vénérable Jean illustre Paul; devant son trône où maintenant vous vous tenez, sans cesse priez-le pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion de saint Alexandre de la Neva, ton 4

De même que tes lointains parents Boris et Gleb du ciel apparurent pour t’aider lorsque vaillamment tu combattais contre le régent de Suède et ses guerriers, de même encore maintenant viens au secours de ta nation en triomphant de l’ennemi qui veut asservir les fils de la sainte Russie. 

Kondakion de la Synaxe des saints hiérarques serbes, ton 3

Sur le trône pontifical vous avez mené pieuse vie et guidé votre peuple vers la connaissance de Dieu et, pour avoir plu au Seigneur, il vous a glorifiés par des miracles et par l’incorruptible condition, comme les disciples de sa grâce.

 

ÉPITRE du jour

(Gal. II, 11-16)

Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. En effet, avant l’arrivée de quelques personnes envoyées par Jacques, il mangeait avec les païens; et, quand elles furent venues, il s’esquiva et se tint à l’écart, par crainte des circoncis. Avec lui les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous: Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser? Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d’entre les païens. Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.

Évangile du jour

(Mc V, 24-34)

Une grande foule suivait Jésus et le pressait. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu’elle possédait, et elle n’avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s’arrêta, et elle sentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s’était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

26 août (ancien calendrier) / 8 septembre (nouveau)

26 août (ancien calendrier) / 8 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Icône de N.D. de Vladimir ; saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311) ; saint Probace (Ier s.) ; saint Édern, ermite en Bretagne ; saint Valier, premier évêque du Couserans (IVème s.) ; saint Victeur, évêque du Mans (vers 480) ; saint Eulade, évêque de Nevers (516) ;  saint Éleuthère, évêque d’Auxerre (561) ; sainte Pélagie, mère de saint Yrieix (v. 584) ; saint Adrien, moine au monastère d’Ondroussov (1549) ; bienheureuse Marie de Diveevo (1931) ; nouveaux martyrs de Russie : Pierre Yevlev, prêtre (1918) ; Georges Kossov, confesseur, prêtre (1928) ; Victor Ellansky, prêtre, martyr Démètre Morozov, Pierre Bordan et Romain Medved, confesseur, prêtre (1937). 

 

SAINT ADRIEN ET SON ÉPOUSE NATHALIE[1]

Saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311)

Saint Adrien était un officier de haut rang dans l’armée romaine. Âgé de vingt-huit ans, il vivait à Nicomédie avec son épouse Nathalie, au début de la persécution de Dioclétien (vers 300). L’empereur avait alors fait arrêter vingt-trois chrétiens qui s’étaient cachés dans une grotte, et il les avait soumis à toutes sortes de supplices. Ayant assisté à la scène, Adrien leur demanda : « Pour quelle raison endurez-vous ces supplices intolérables et ces terribles tortures ? » Ils répondirent : « Nous endurons tout cela pour gagner les délices réservées par Dieu à ceux qui souffrent pour lui, délices que ni l’ouïe ne peut entendre, ni la parole exprimer. » L’âme illuminée par la grâce divine, Adrien demanda alors aux scribes de joindre son nom à celui des chrétiens : « Ce sera pour moi un plaisir de mourir avec eux pour l’amour du Christ ! » s’écria-t-il. Il fut aussitôt chargé d’entraves et jeté en prison, dans l’attente du jugement. Quand Nathalie apprit que son mari venait d’être arrêté, pensant que c’était pour quelque mauvaise action, elle fondit en larmes. Mais lorsqu’on lui dit que c’était pour avoir confessé le Christ, elle revêtit aussitôt des habits de fête et courut à la prison. Embrassant les liens d’Adrien, elle loua sa résolution et l’encouragea à rester ferme dans les épreuves qui l’attendaient ; et, après avoir demandé aux autres martyrs de prier pour son époux, elle rentra chez elle. Quand Adrien apprit la sentence portée contre lui, il obtint l’autorisation d’aller annoncer à sa femme la date de l’exécution. Dès qu’elle le vit arriver libre, Nathalie crut qu’il avait été relâché en reniant le Christ Sauveur, et elle ferma la porte de la maison pour empêcher Adrien d’entrer. L’invectivant pour sa lâcheté, elle lui lança ces paroles du Seigneur : Celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (Mt 10, 33). Mais, dès qu’Adrien lui apprit la raison de sa présence, elle lui ouvrit toutes grandes les portes, se précipita pour l’embrasser et décida de le suivre jusqu’au lieu du supplice. Le bienheureux comparut quelques jours après devant l’empereur et, ayant bravement confessé sa foi, il fut cruellement flagellé. Les soldats le renversèrent ensuite à terre et le frappèrent au ventre avec une telle violence que ses entrailles s’en répandirent sur le sol. Encouragé par les autres martyrs et par Nathalie qui lui disait à l’oreille : « Ne crains pas les tortures. La douleur est de courte durée, mais le repos sera éternel », le saint restait inébranlable. Quand on ramena les saints martyrs en prison, en les traînant car ils ne pouvaient plus marcher, Nathalie s’oignit avec dévotion du sang de son mari, comme s’il s’agissait du baume le plus précieux. De pieuses femmes vinrent panser les plaies des glorieux confesseurs dans leur cachot, mais lorsque l’empereur l’apprit, il leur en interdit l’accès. Nathalie se coupa alors les cheveux, et revêtant des habits masculins elle réussit à pénétrer dans la prison et prit soin des martyrs. Elle fut bientôt imitée par les pieuses femmes. Informé qu’on avait réussi à détourner ses prescriptions et que les détenus jouissaient de quelque consolation dans leurs souffrances, le tyran ordonna de leur broyer les jambes dans des étaux ; c’est ainsi qu’ils rendirent tous leur âme sous l’effet de la souffrance. Quand vint le tour d’Adrien, Nathalie l’encouragea et soutint même sa main que les bourreaux s’apprêtaient à trancher sur le billot. Et lorsque sa main tomba, le saint martyr remit son âme à Dieu, complétant ce chœur de glorieux martyrs. Comme le tyran avait commandé de détruire leurs dépouilles par le feu, Nathalie réussit à dérober la main coupée de son époux qu’elle cacha dans son sein. Les corps furent jetés au feu, mais une pluie violente vint soudain éteindre la fournaise. Un chrétien, nommé Eusèbe, réussit à s’emparer des précieuses reliques qu’il transporta à Argyropolis, près de Byzance, où elles furent dignement ensevelies. Quelque temps après, un puissant général demanda Nathalie en mariage à l’empereur, mais fidèle à son époux, celle-ci pria devant la main d’Adrien, lui demandant d’intercéder pour lui épargner une telle épreuve. Grâce à l’intervention des martyrs, elle réussit à s’enfuir et, parvenue à Argyropolis, elle déposa la main d’Adrien avec le reste de son corps. Elle vécut là quelque temps, en compagnie de pieuses femmes, et après une apparition d’Adrien, elle tomba légèrement malade puis alla le retrouver dans le Royaume des cieux.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de l’icône de Vladimir, ton 4

En ce jour triomphe la très glorieuse cité de Moscou, recevant, comme une aurore ensoleillée, ô Souveraine ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons, en te priant et en nous écriant : ô merveilleuse Souveraine Mère de Dieu ! Prie le Christ notre Dieu qui s’est incarné de toi, afin qu’Il délivre cette cité, et toutes les villes et pays chrétiens de toutes les embûches des ennemis et quIl sauve nos âmes, car Il est miséricordieux.

Тropaire des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Tes martyrs, Seigneur, par leurs combats, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

 

Kondakion des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Témoin du Christ, accueillant * dans ton cœur les saints propos * de ta pieuse femme, Adrien, * tu courus au-devant des tourments; * avec elle tu reçus la couronne des Martyrs.

Kondakion de l’icône de Vladimir, ton 8

Que retentissent nos accents de victoire en ton honneur, invincible Reine, toi qui nous sauves des périls du combat, Mère de Dieu, Vierge souveraine; pour la venue de ton icône miraculeuse, nous célébrons la brillante fête de ta rencontre et comme il se doit te chantons: Réjouis-toi, Epouse inépousée.

ÉPITRE du jour

(Gal. II, 6-10)

Ceux qui sont les plus considérés-quels qu’ils aient été jadis, cela ne m’importe pas: Dieu ne fait point acception de personnes, -ceux qui sont les plus considérés ne m’imposèrent rien. Au contraire, voyant que l’Évangile m’avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, car celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis a aussi fait de moi l’apôtre des païens, et ayant reconnu la grâce qui m’avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d’association, afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis. Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j’ai bien eu soin de faire.

 

Évangile du jour

(Mc V, 22-24, 35, VI, I)

Alors vint un des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l’ayant aperçu, se jeta à ses pieds, et lui adressa cette instante prière: Ma petite fille est à l’extrémité, viens, impose-lui les mains, afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Jésus s’en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. Comme il parlait encore, survinrent de chez le chef de la synagogue des gens qui dirent: Ta fille est morte; pourquoi importuner davantage le maître? Mais Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la synagogue: Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l’accompagner, si ce n’est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, où Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit: Pourquoi faites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous? L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir tout le monde, il prit avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’avaient accompagné, et il entra là où était l’enfant. Il la saisit par la main, et lui dit: Talitha koumi, ce qui signifie: Jeune fille, lève-toi, je te le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonnement. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose; et il dit qu’on donnât à manger à la jeune fille. Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

24 août (ancien calendrier) / 6 septembre (nouveau)

24 août (ancien calendrier) / 6 septembre (nouveau)
Jour de jeûne

Saint Eutyque, disciple de saint Jean le Théologien, martyr (Ier s.) ; saint Tation, martyr à Claudiopolis (305) ; sainte Sira, vierge et martyre de Perse (558) ; saint Eptade, ermite à Cervon (VIème s.) ; saint Rigomer, prêtre du diocèse du Mans (VIème s.) ; saint Ouen (ou Dodon), évêque de Rouen (684) ; saint Georges de Lemnos, moine, martyr (716) ; translation des reliques de saint Pierre de Moscou (1479) ; saint Arsène de Komel (1550) ; translation des reliques de saint Denis, archevêque d’Égine, de l’île des Strophades à Zakynthos (en 1716) ; saint Cosmas d’Aitolie, moine, égal aux apôtres, martyr (1779) ; saint Sérapion le thaumaturge, abbé du monastère de saint Jean Baptiste de Garédja (1747) ; saint Aristocle, staretz de Moscou (1918) ; saint martyr Maxime Gorlitzky, prêtre (1914) ; saint moine martyr Séraphim Chakhmout (1946).

Saint Cosmas d’Aitolie

Saint Cosmas était natif d’un petit village d’Aitolie, Mega-Dendron, dans le diocèse d’Arta (vers 1714). Ses parents, des gens simples et pieux, l’éduquèrent dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes Écritures. Vers l’âge de vingt ans, il se rendit sur la Sainte Montagne de l’Athos pour y étudier à l’Académie alors installée en dépendance du monastère de Vatopédi, où enseignait le célèbre Eugène Boulgaris. Mais les réactions provoquées par la fondation de cet établissement, qui transmettait l’esprit des Lumières au cœur de la citadelle de l’Orthodoxie, obligèrent bientôt Boulgaris et d’autres illustres professeurs à quitter l’Athos, et l’Académie tomba rapidement en déclin (1759). Ce fut pour le jeune Cosmas un signe de la Providence et, renonçant aux études, il s’engagea dans la vie monastique au monastère de Philothéou, où son zèle pour les combats ascétiques et sa piété le rendirent digne d’être ordonné prêtre peu après sa tonsure monastique. Depuis sa jeunesse, le bienheureux avait un grand désir de répandre la Parole de Dieu autour de lui, à tel point qu’il disait que le souci du salut de ses frères le dévorait comme le ver mange l’arbre de l’intérieur. En ces temps difficiles pour le peuple grec opprimé, l’ignorance des rudiments de la foi et de la culture chrétienne entraînait la négligence et la décadence des mœurs, de sorte que la prédication de l’Évangile s’imposait comme la tâche la plus urgente. Mais, averti par l’enseignement des saints Pères, Cosmas ne voulait pas s’engager dans la vie apostolique de sa propre volonté. Désirant donc savoir si telle était la volonté de Dieu, il ouvrit un jour l’Écriture Sainte au hasard et tomba sur cette parole de l’Apôtre : Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui (1 Cor 10, 24). Ainsi éclairé par la Parole de Dieu et après avoir pris l’avis des pères spirituels de la Sainte Montagne, il se rendit à Constantinople pour y recevoir la bénédiction du patriarche Séraphim II (1757-1761) et prendre quelques leçons de rhétorique auprès de son cousin, l’archimandrite Chrysanthos, qui devint ensuite directeur de l’Académie patriarcale puis de l’école de Naxos. Le nouvel apôtre commença son œuvre de prédication dans les églises de la région de Constantinople, puis il poussa vers les régions occidentales de la Grèce : Naupacte, Brachori, Mésolongion et la Thessalie, et revint à Constantinople. Après s’être retiré quelque temps à l’Athos, il reçut du patriarche Sophrone II (1774-1780) l’autorisation d’aller prêcher dans l’archipel des Cyclades, afin d’y consoler la population découragée par l’échec d’une tentative d’insurrection suscitée par la Russie (1775). De là, il retourna faire une retraite dans les monastères, complétant ainsi dix-sept ans de séjour sur la Sainte Montagne. Mais son cœur, brûlant d’amour pour ses frères, ne le laissait pas en place. Il repartit donc pour Thessalonique, séjourna brièvement à Bérée et parcourut toute la Macédoine, rassemblant de grandes foules de fidèles qui l’écoutaient avec componction. De Céphalonie, il se rendit dans l’île de Zakynthos puis à Corfou, et de là passa en Épire, où le christianisme se trouvait dans un état lamentable, afin de confirmer la foi orthodoxe dans le peuple et d’empêcher les conversions à l’Islam. Assisté par la grâce de Dieu, saint Cosmas fit des merveilles dans ces régions qui restent imprégnées jusqu’à nos jours des échos de sa prédication, et il parvint, par ses exhortations, à redresser les mœurs des chrétiens. Sa parole était simple, à la portée de tous, employant des images et des expressions empruntées à la vie quotidienne ; mais elle était aussi pleine de la douceur, de la paix et de la joie que seul le Saint-Esprit peut procurer. Elle avait la vertu de pénétrer d’emblée dans l’âme de ses auditeurs et d’être accueillie aussitôt avec enthousiasme comme l’expression de la volonté de Dieu. Comme aucune église ne pouvait contenir les foules qui se rassemblaient autour du nouvel apôtre, il prêchait en plein air, monté sur une estrade portable, auprès d’une grande croix qu’il avait fichée en terre et qui devenait, après son départ, une source de guérisons et de soulagement pour les maux corporels et spirituels. Il enseignait aux chrétiens à vivre selon les commandements du Christ et à observer le dimanche, jour du Seigneur, en laissant de côté leurs occupations pour se rendre à l’église et écouter la Parole de Dieu. Partout où il passait, il fondait des écoles — tâche qu’il considérait comme fondamentale — où l’on enseignait gratuitement le grec et les saintes Écritures. Il persuadait les riches de consacrer leurs surplus à l’aumône, à la distribution de livres de piété, de croix et de chapelets, et les incitait aussi à offrir aux églises des baptistères pour le baptême des enfants. Une foule de deux à trois mille fidèles le suivait partout, si bien que c’était une véritable armée du Christ qui se déplaçait dans toute l’Albanie à la suite du saint, qu’on regardait comme Énoch ou le prophète Élie venu annoncer l’aurore d’un âge nouveau. Avant de commencer sa prédication, il célébrait les vêpres ou une Paraclisis à la Mère de Dieu, puis, après avoir parlé, il laissait le soin aux quelques cinquante prêtres qui l’accompagnaient, de poursuivre son œuvre par la confession, la célébration de l’Office des saintes Huiles, la sainte Communion et la visite de chacun personnellement. Bien que l’enseignement du saint n’eût aucune tendance polémique, mais se limitât à l’enseignement des vertus évangéliques, et qu’ayant comparu devant le pacha de Ioannina, il eût reçu de lui de grandes marques d’honneurs, certains Juifs, excités par la jalousie et furieux depuis que le saint avait fait déplacer le marché du dimanche au samedi, convainquirent le pacha de mettre fin à sa vie. Cosmas avait coutume, en arrivant dans un endroit où il désirait prêcher, d’aller d’abord demander personnellement la bénédiction de l’évêque du lieu, puis il envoyait quelques-uns de ses disciples solliciter l’autorisation des autorités civiles turques. Arrivé un jour près d’un village d’Albanie nommé Kolikontasi, il apprit que le pacha de la région, Kourt Pacha, séjournait non loin de là, à Bérati. Malgré les conseils de prudence de son entourage, le saint décida d’aller lui-même demander l’autorisation de prêcher au commissaire de la place qui lui apprit qu’il avait reçu l’ordre de le déférer devant Kourt Pacha. À ces mots saint Cosmas comprit que le moment était venu pour lui de couronner son œuvre par le martyre, et il rendit grâces au Christ de l’avoir jugé digne d’un tel honneur. Le lendemain, 24 août 1779, sept soldats l’escortèrent, sous prétexte de l’amener au pacha ; mais, après deux heures de route, ils s’arrêtèrent près du fleuve Paso et lui révélèrent que la sentence de son exécution avait déjà été prise. Plein de joie et rendant grâces à Dieu, le saint bénit du signe de la Croix les quatre directions de l’espace et offrit une prière pour le salut de tous les chrétiens. Il refusa qu’on lui lie les mains, afin de les garder en croix, et c’est sans opposer la moindre résistance qu’il fut pendu à un arbre et qu’il remit glorieusement son âme à Dieu. Il était âgé de soixante-cinq ans. Comme les chrétiens, qui s’étaient précipités pour recueillir dans leurs filets de pêche le corps du saint que ses bourreaux avaient jeté dans le fleuve, étaient restés bredouilles, trois jours après, un prêtre nommé Marc, s’étant armé de prière, découvrit la précieuse relique qui flottait sur les eaux, debout, comme si le saint était encore vivant. On le sortit de l’eau et, après l’avoir revêtu de ses vêtements monastiques, on l’enterra dignement. De très nombreux miracles s’accomplirent par la suite sur son tombeau et par l’intermédiaire de ses reliques. En 1813, Ali Pacha de Ioannina, auquel saint Cosmas avait prédit son glorieux avenir, fit construire une église et un monastère auprès du tombeau et il offrit son crâne, dans un reliquaire en argent, à son épouse chrétienne, Basiliquie. Saint Cosmas, dont la prédication a contribué de manière décisive au réveil de la foi et du sentiment national du peuple grec, fut aussitôt vénéré par le peuple comme nouvel apôtre et « prince des néomartyrs », mais son culte n’a été néanmoins officiellement reconnu qu’en 1961 par le Patriarcat Œcuménique.

Tropaires et kondakia du jour

Tropaire de saint Eutyque, ton 4
Disciple des saints Apôtres, tu devins toi-même docteur de la foi et tu prêchas l’incarnation du Verbe clairement; puis, en brillant par tes peines de témoin, tu as affermi les croyants; hiéromartyr Eutyque, pour nos âmes intercède auprès du Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3
L’Église, tu l’as ornée par ton enseignement de la sainte foi, toi qui des Apôtres fus l’imitateur; car, sur les ailes de la divine charité, tu propageas l’évangile et finis en martyr; illustre Cosmas, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Kondakion de saint Eutyque, ton 4
Toi qui siégeas parmi les Apôtres du Seigneur et des pontifes as atteint la splendeur, en martyr, Eutyque, ta fus également glorifié; comme un soleil tu brillas sur l’univers et dissipas la sombre nuit de l’impiété; aussi nous t’honorons comme initiateur des divins mystères du Christ.

Kondakion de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3
Sur l’Athos ayant mené ta pure vie, à l’instar de Moïse tu méritas la divine apparition; puis, par tes œuvres et ta prédication, tu fis briller l’Église, Père saint; et, pour elle ayant souffert en témoignage de la foi, tu fus orné, Cosmas, de la couronne des ascètes et des martyrs.

Épître du jour
(II Cor. XIII, 3-13)
Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi, lui qui n’est pas faible à votre égard, mais qui est puissant parmi vous. Car il a été crucifié à cause de sa faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu; nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu pour agir envers vous. Examinez-vous vous mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous? à moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. Mais j’espère que vous reconnaîtrez que nous, nous ne sommes pas réprouvés. Cependant nous prions Dieu que vous ne fassiez rien de mal, non pour paraître nous-mêmes approuvés, mais afin que vous pratiquiez ce qui est bien et que nous, nous soyons comme réprouvés. Car nous n’avons pas de puissance contre la vérité; nous n’en avons que pour la vérité. Nous nous réjouissons lorsque nous sommes faibles, tandis que vous êtes forts; et ce que nous demandons dans nos prières, c’est votre perfectionnement. C’est pourquoi j’écris ces choses étant absent, afin que, présent, je n’aie pas à user de rigueur, selon l’autorité que le Seigneur m’a donnée pour l’édification et non pour la destruction. Au reste, frères, soyez dans la joie, perfectionnez-vous, consolez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Tous les saints vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint Esprit, soient avec vous tous!

Évangile du jour
(Mc IV, 35-41)
Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit: Passons à l’autre bord. Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent: Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons? S’étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer: Silence! Tais-toi! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: Pourquoi avez-vous ainsi peur? Comment n’avez-vous point de foi? Ils furent saisis d’une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres: Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer?

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

23 août (ancien calendrier) / 5 septembre (nouveau)

23 août (ancien calendrier) / 5 septembre (nouveau)

Clôture de la Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saint Irénée, évêque de Lyon, martyr (vers 203) ; saint Minerve, saint Eléazar et ses 8 fils, compagnons de martyre de saint Irénée de Lyon (vers 203) ; saints Timothée, Maur et Apollinaire, martyrs à Reims (IIIème s.)  saint Irénée, évêque de Sirmium, et ses compagnons saints Or et Oropsis, martyrs (304) ; saint Loup, martyr à Thessalonique (vers 306) ; saint Eutyque (540) et Florent (547) ; saint Filleul, évêque de Rouen (548) ; saint Flavien, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Julien, premier évêque de Lescar (Vème s.) ; saint Callinique, patriarche de Constantinople (705) ; saints Altigien et Hilarin, moines, martyrs en Bourgogne (731) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Éphrem, évêque de Selenga, Jean Vostorgov, prêtre et martyr Nicolas Varjansky (1918) ; Paul Gaïdaï et Jean Karabanov, prêtres (1937).

SAINT HIÉROMARTYR IRÉNÉE DE LYON[1]

Notre saint Père théophore Irénée, qui reçut providentiellement le nom de la paix (eiréné) pour se faire messager de l’Esprit Saint, naquit en Asie Mineure vers 140. Dans sa prime jeunesse, il avait suivi à Smyrne l’enseignement du vieil évêque saint Polycarpe [23 fév.], qui rapportait la tradition reçue de l’Apôtre saint Jean. C’est ainsi qu’il apprit à s’en tenir fidèlement à la tradition apostolique, transmise dans l’Église. « C’est dans l’Église, enseignait-il, que Dieu a placé les Apôtres, les prophètes et les docteurs, et tout le reste de l’opération du Saint-Esprit. De cet Esprit s’excluent donc tous ceux qui, refusant d’accourir à l’Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute la grâce. Et l’Esprit, c’est la Vérité » . Après avoir séjourné à Rome, il devint prêtre de l’Église de Lyon en Gaule, à l’époque de la persécution de Marc Aurèle (vers 177). C’est en tant que presbytre  de cette Église qu’il fut chargé de porter au pape Éleuthère à Rome, la lettre admirable que les saints martyrs de Lyon adressaient aux chrétiens d’Asie et de Phrygie, décrivant leurs glorieux combats, pour réfuter la secte hérétique de Montan . Le martyre est en effet le témoignage éminent de la vérité, le signe de la victoire de l’Esprit sur la faiblesse de la chair et le gage de notre espérance en la résurrection. De retour à Lyon, Irénée succéda à saint Pothin qui venait d’être martyrisé [2 juin], à la tête des Églises de Lyon et de Vienne. Évêque, ayant reçu de la tradition apostolique le « sûr charisme de vérité » pour proclamer et interpréter l’Évangile, il consacra désormais sa vie à témoigner, à l’imitation des martyrs, de cette vérité. « Il faut aimer d’un amour extrême tout ce qui est de l’Église et saisir fortement la tradition de la vérité », enseignait-il . Il usa d’une énergie inlassable pour convertir les populations barbares à la foi, mais sa sollicitude s’étendait aussi à toute l’Église. C’est ainsi qu’il écrivit au pape Victor (189-198), au nom des évêques de Gaule dont il était le primat, pour le dissuader de rompre la communion avec les Églises d’Asie, qui célébraient la fête de Pâques le 14e jour du mois de Nisan. Puisque cette coutume ancienne a été transmise par nos devanciers, qui n’en gardaient pas moins la paix les uns envers les autres, rien n’oblige d’imposer l’uniformité, soutenait-il, car : « La différence du jeûne confirme l’accord de la foi ». Ce fut surtout dans le combat contre les hérésies qu’il s’illustra, notamment contre la « gnose au-nom-menteur »  qui, d’Asie Mineure, s’était répandue dans toutes les grandes villes de l’Empire et séduisait beaucoup de gens par ses doctrines ésotériques. La lutte contre les gnostiques permit au saint évêque de brosser un tableau magistral de la doctrine chrétienne. Il montra d’abord que cette « gnose », que recherchaient vainement les hérétiques dans les affabulations mythiques et les constructions compliquées de leur intelligence pervertie, est le don suréminent de la charité, que le Saint-Esprit accorde au chrétien dans l’organisme vivant de l’Église. Ce n’est qu’en elle que l’on peut s’abreuver à l’eau limpide qui coule du côté percé du Christ, pour y recevoir la vie éternelle. Toutes les autres doctrines ne sont que des citernes crevassées (Jr 2, 13). Et les vrais « gnostiques » ne sont pas ceux qui rejettent et méprisent le corps pour adorer un « Dieu inconnaissable » et son « démiurge », mais les hommes « spirituels » qui ont reçu du Saint-Esprit les arrhes de la résurrection de la chair et de l’incorruptibilité. Rompant avec la dualité hellénique du corps et de l’âme, saint Irénée développe la doctrine de saint Jean du Verbe fait chair, pour interpréter le sens de la vocation de l’homme. Le premier Adam a été modelé du limon par les deux Mains de Dieu : le Verbe et l’Esprit , comme image de Dieu, conformément au modèle de la chair glorieuse du Christ ; et un souffle de vie lui a été donné pour que, de l’image, il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ayant été trompé par le diable jaloux de ses prérogatives et étant tombé dans la mort, il n’a cependant pas été abandonné par Dieu, qui avait de toute éternité pour dessein de le rendre participant de sa gloire. Les révélations et prophéties de l’Ancien Testament, et surtout l’Incarnation du Verbe, sa mort, sa Résurrection et son Ascension glorieuse, constituent les étapes nécessaires de cette « Économie » de l’Histoire du Salut. Ayant toujours en vue cette fin ultime pour laquelle il avait créé l’Homme, le Verbe s’est fait chair, « récapitulant » en lui-même le premier Adam. De même que le premier homme, né d’une terre vierge, par la désobéissance de la vierge Ève, était tombé dans le péché par le moyen du bois, le Christ est venu au monde par l’obéissance de la Vierge Marie et a été suspendu sur le bois de la Croix . « Il a donné son âme pour notre âme et sa chair pour notre chair, et il a répandu l’Esprit du Père pour opérer l’union et la communion de Dieu et des hommes, faisant descendre Dieu dans les hommes par l’Esprit et monter l’homme jusqu’à Dieu par son incarnation ». Le Verbe de Dieu qui avait créé le monde en l’ordonnant de manière invisible en forme de croix, s’est rendu visible, au temps fixé, sur la Croix, afin de rassembler dans son Corps tous les êtres qui étaient dispersés et les amener ainsi à la connaissance de Dieu . Apparaissant, non dans sa gloire ineffable, mais comme homme, Il a montré en lui-même l’image de Dieu restaurée et de nouveau orientée vers la ressemblance. Et Il nous a nourris « à la mamelle de sa chair », afin qu’habitués à manger et boire le Verbe de Dieu, et fortifiés par le « pain de l’immortalité », nous approchions de la vision de Dieu qui procure l’incorruptibilité . « Il est impossible de vivre sans la Vie, et il n’y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa douceur… Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » . Pour Irénée, disciple de ceux qui avaient connu les apôtres, la connaissance (gnose) est donc amour et divinisation de l’homme dans la Personne du Christ Sauveur. Bien plus qu’une simple réfutation de la « fausse gnose », sa doctrine, admirable de simplicité et de profondeur, contient en germe tout ce que les Pères postérieurs développeront dans leurs écrits inspirés .  Après son intervention pacifique auprès du pape Victor, Irénée continua d’œuvrer à la confirmation de l’Église. On rapporte qu’il mourut martyr lors de la persécution de Septime Sévère, vers 202, mais aucun détail sur les circonstances de sa mort n’a été conservé. Son corps fut déposé dans la crypte de l’église Saint-Jean, qui prit ensuite son nom, entre les tombeaux des saints martyrs Épipode et Alexandre.

 

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

 

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

 

Tropaire de saint Irénée, ton 1

En pontife diligent tu as prêché, bienheureux Irénée, conformément à ton nom, par le monde l’évangile de paix et pour le Christ tu as lutté fermement; aussi par des hymnes nous te vénérons, hiéromartyr, en chantant: Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, gloire à celui qui t’a couronné, gloire à celui qui nous accorde, par tes prières, la grande miséricorde.

 

Kondakion de saint Irénée, ton 2

Prédicateur de la grâce et illustre Témoin de la vérité, nous t’acclamons, bienheureux Irénée; dirige vers le chemin de la paix ceux qui s’approchent de toi, leur accordant la rémission des péchés par tes prières devant le Seigneur.

 

 

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 

ÉPITRE du jour

(II Cor. XII, 20 – XIII,2)

Car je crains de ne pas vous trouver, à mon arrivée, tels que je voudrais, et d’être moi-même trouvé par vous tel que vous ne voudriez pas. Je crains de trouver des querelles, de la jalousie, des animosités, des cabales, des médisances, des calomnies, de l’orgueil, des troubles. Je crains qu’à mon arrivée mon Dieu ne m’humilie de nouveau à votre sujet, et que je n’aie à pleurer sur plusieurs de ceux qui ont péché précédemment et qui ne se sont pas repentis de l’impureté, de l’impudicité et des dissolutions auxquelles ils se sont livrés. Je vais chez vous pour la troisième fois. Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins. Lorsque j’étais présent pour la seconde fois, j’ai déjà dit, et aujourd’hui que je suis absent je dis encore d’avance à ceux qui ont péché précédemment et à tous les autres que, si je retourne chez vous, je n’userai d’aucun ménagement,

 

Évangile du jour

(Mc IV, 24-34)

Il leur dit encore: Prenez garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera pour vous. Car on donnera à celui qui a; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Il dit encore: Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi; et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. Il dit encore: A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous? Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre; mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

22 août (ancien calendrier) / 4 septembre (nouveau)

22 août (ancien calendrier) / 4 septembre (nouveau)

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints Agathonique, Zotique, Zenon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (IVème s.) ; saint Privat, évêque de Mende et martyr (257) ; sainte Anthouse de Séleucie (298), saints Charissime et Néophyte (270-275), ses serviteurs, et saint Athanase, évêque de Tarse, martyrs (vers 260) ; sainte Eulalie, vierge, martyre à Barcelone (vers 303) ; saint Symphorien, martyr à Autun (IIIème s.) ; saint Isaac d’Optino (1894) ; saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie (1934) ; saints martyrs de Russie : Macaire, évêque d’Orel, Jean Boyarchinov et Alexis Naoumov, prêtres (1918) ; Théodore, évêque de Penza, et avec lui Basile Smirnov et Gabriel Arkhangelsk, prêtres (1937) ; Jean, évêque de Veliki Louki, Alexis, archevêque d’Omsk, Alexandre Ratkovsky, Michel Lioubertsev et Théodore Maliarovsky, prêtres, moines Hilarion Tsourikov, Jean Laby et Hiérothée Glazkov (1937).

SAINT ALEXIS D’UGINE[1]

Né en 1861, dans la région de Smolensk, le père Alexis Medvedkov étudia d’abord au séminaire de cette région puis à Saint-Pétersbourg. À l’issue de ses études, ne parvenant pas à se décider sur sa vocation sacerdotale, il alla demander conseil à saint Jean de Cronstadt [20 déc.] qui lui donna sa bénédiction. Cet entretien le marqua tellement que la personnalité de saint Jean resta son modèle pour tout le reste de sa vie et de son ministère pastoral. Ordonné prêtre en 1895, il fut assigné dans petite paroisse de Vroudy, dans la région de Saint-Pétersbourg. Pendant vingt-quatre ans, il se consacra avec zèle à l’édification spirituelle de ses ouailles, particulièrement des enfants. Distingué pour son activité pastorale, il devint une des premières victimes du communisme et fut arrêté par les bolcheviques en 1918. Confessant le Christ sous la torture, il fut condamné à mort, mais échappa de peu au peloton d’exécution, grâce à sa fille aînée qui se livra comme otage pour le sauver. Il parvint à émigrer, avec sa famille, en Estonie, qui venait tout juste de recevoir son indépendance. Réduit à une grande pauvreté, il travailla pendant quelques mois comme mineur, puis comme gardien de nuit. Il fut ensuite attaché comme prêtre à la cathédrale de la Théophanie à Iykhvi, et se dépensa beaucoup pour organiser la petite paroisse de Kohtla-Iarve et éduquer les jeunes. Après la mort de son épouse, le Père Alexis vint s’établir en France, avec ses deux filles et son petit-fils (1930). Le métropolite Euloge (Guéorguievsky) (1868 1946), qui dirigeait à l’époque les paroisses russes en Europe occidentale, le reçut à la cathédrale russe de Paris, puis lui confia la petite paroisse Saint-Nicolas d’Ugine en Haute-Savoie, près de Grenoble, pour subvenir aux besoins spirituels des ouvriers russes qui travaillaient à l’usine métallurgique. En plus d’une situation économique précaire, la paroisse s’avéra être une communauté difficile, divisée entre plusieurs tendances. Certains paroissiens ne ménageaient pas leurs critiques à l’égard du Père Alexis pour ses offices liturgiques, qu’ils jugeaient trop longs, ou pour sa façon très modeste de s’habiller. Ils portèrent plainte contre lui auprès du métropolite qui le convoqua à Paris, mais le prélat se rendit bien vite compte que le vieux prêtre, humble et débordant de bonté, était victime de calomnies, et il remplaça le conseil paroissial. Écrasé par les difficultés de la paroisse et dans sa famille, mais remerciant Dieu pour tout, sans rien demander, le Père Alexis se vouait à la prière et distribuait le peu d’argent dont il disposait à ceux qui étaient encore plus que lui dans le besoin. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, et se tenait ensuite à la disposition de ses paroissiens, se rendant volontiers chez eux pour célébrer des offices privés. En plus de ses sermons, pleins de sève patristique, il aimait rassembler les enfants et leur parler des merveilles de Dieu. Au bout de quatre ans, il fut atteint d’un cancer des intestins et, son état de santé se dégradant rapidement, il fut transféré à l’hôpital d’Annecy. Ses enfants spirituels venaient l’assister, et il leur demanda de convoquer les paroissiens qui s’étaient opposés à lui, pour leur demander pardon et se réconcilier avec eux avant sa mort. Il s’endormit dans le Seigneur, le 22 août 1934. Sur le conseil du médecin, qui craignait que son corps ne se décompose rapidement, il fut enterré sans retard, en présence de toute la population russe d’Ugine. Vingt-deux ans plus tard, le 22 août 1956, à l’occasion de travaux dans le cimetière, on procéda à l’exhumation, et les ouvriers restèrent stupéfaits de trouver son corps intact, ainsi que les vêtements liturgiques dans lesquels il était enveloppé, comme s’il reposait là depuis quelques jours, alors que le cercueil avait été réduit en poussière. La translation de la sainte relique au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris, le 4 octobre 1957, en présence de fidèles de toutes les juridictions de l’émigration, fut un véritable triomphe de l’Orthodoxie. Elles furent ensuite déposées dans la crypte de l’église, et depuis elles ont accompli de nombreux miracles pour les fidèles qui venaient solliciter l’intercession de saint Alexis.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire du saint martyr Agathonique, ton 3

Brillamment, Agathonique, tu remportas le trophée de ta victoire sur l’erreur et méritas les incorruptibles trésors; car, ayant imité la mort du Seigneur, tu as reçu ta part d’éternelle vie; illustre martyr, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Tropaire de saint Alexis d’Ugine, ton 3

Pasteur bien-aimé du Christ Dieu, tu fus une règle de foi et un exemple de miséricorde. Tu brillas par ta sollicitude envers ton troupeau à l’étranger, et tu fus révélé comme étant glorifié par Dieu. C’est pourquoi reposant avec ton corps dans l’incorruptibilité, et en esprit te tenant devant le trône divin, prie le Christ Dieu de nous affermir dans l’orthodoxie et la piété et de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Agathonique, ton 1

Saint Martyr qui avais en partage le bon renom, tu fis cesser la vénération des hommes pervers, sans craindre toute espèce de châtiments; c’est pourquoi tu héritas les biens éternels, Agathonique, et tu fus digne d’obtenir avec tes compagnons de lutte la couronne des cieux.

Kondakion de saint Alexis d’Ugine, ton 4

Règle de foi et exemple de miséricorde, par ta vie pieuse tu t’es montré parmi les prêtres le prêtre du Dieu-Roi. C’est pourquoi tu te réjouis maintenant avec les choeurs angéliques, jubilant dans les demeures célestes. Ô Père Alexis, glorieux pasteur, prie le Christ Dieu d’affermir en notre pays l’orthodoxie, la paix et la piété et de sauver nos âmes.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉPITRE du jour

(II Cor. XII, 10-19)

C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. J’ai été un insensé: vous m’y avez contraint. C’est par vous que je devais être recommandé, car je n’ai été inférieur en rien aux apôtres par excellence, quoique je ne sois rien. Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles. En quoi avez-vous été traités moins favorablement que les autres Églises, sinon en ce que je ne vous ai point été à charge? Pardonnez-moi ce tort. Voici, pour la troisième fois je suis prêt à aller chez vous, et je ne vous serai point à charge; car ce ne sont pas vos biens que je cherche, c’est vous-mêmes. Ce n’est pas, en effet, aux enfants à amasser pour leurs parents, mais aux parents pour leurs enfants. Pour moi, je dépenserai très volontiers, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je, en vous aimant davantage, être moins aimé de vous. Soit! je ne vous ai point été à charge; mais, en homme astucieux, je vous ai pris par ruse! Ai-je tiré du profit de vous par quelqu’un de ceux que je vous ai envoyés? J’ai engagé Tite à aller chez vous, et avec lui j’ai envoyé le frère: est-ce que Tite a exigé quelque chose de vous? N’avons-nous pas marché dans le même esprit, sur les mêmes traces? Vous vous imaginez depuis longtemps que nous nous justifions auprès de vous. C’est devant Dieu, en Christ, que nous parlons; et tout cela, bien-aimés, nous le disons pour votre édification.

 

Évangile du jour

(Mc IV, 10-23)

Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit: C’est à vous qu’a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés. Il leur dit encore: Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles? Le semeur sème la parole. Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux. Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie; mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute. D’autres reçoivent la semence parmi les épines; ce sont ceux qui entendent la parole, mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse. D’autres reçoivent la semence dans la bonne terre; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un. Il leur dit encore: Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier? Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

30 août

30 août

Jour de jeûne

Saints Alexandre (340), Jean (595) et Paul le Jeune (784), patriarches de Constantinople ; saint Amat, évêque d’Avignon, martyr (411) ; saint Gaudens, martyr à Toulouse (vers 475) ; saint Christophe le Romain, moine en Palestine (VIème s.) ; saint Aile, abbé de Rebais (650) ; saint Fiacre, ermite près de Meaux (670) ; saint Fantin, thaumaturge à Salonique (IX-Xème s.) ; saint Alexandre de Svir (1533) ; translation des reliques de saint Alexandre de la Neva de Vladimir à Saint-Pétersbourg (en 1724); Synaxe des saints hiérarques illuminateurs de l’Église serbe : saints Sabas Ier, Arsène Ier, Sabas II, Eustathe Ier, Jacques, Nicodème et Daniel, Joannice II, Éphrem II, Spyridon, Macaire et Gabriel Ier,  Sabas III, Grégoire, Cyrille, Jean, Maxime et Nicon ; saints nouveaux martyrs de Russie : Pierre Rechetnikov, prêtre (1918) ; moine Apollinaire Mosalitinov (1918) ; Paul Malinovsky, prêtre ; moniale Élisabeth Yaryguine et martyr Théodore Ivanov (1937) ; moine Ignace Lebedev (1938) ; Pierre Tcheltsov, confesseur, prêtre (1972).

 

SAINTS ALEXANDRE, JEAN ET PAUL LE JEUNE, PATRIARCHES DE CONSTANTINOPLE[1]

Saints Alexandre (340), patriarche de Constantinople

D’origine modeste et dépourvu de connaissances livresques, mais brillant par ses vertus et ses charismes apostoliques, saint Alexandre fut jugé digne d’assister saint Métrophane [4 juin], l’archevêque de Byzance, en qualité d’archiprêtre. Après la victoire de saint Constantin sur Licinius, l’empereur organisa une joute oratoire entre Alexandre et les rhéteurs païens de Byzance. Comme l’un des philosophes accusait l’empereur Constantin d’innover en matière de religion, Alexandre se tint devant lui et dit : « Je t’ordonne, au Nom du Christ, le seul vrai Dieu, de te taire ! » Et aussitôt, le rhéteur devint muet et tous reconnurent la puissance de la vraie foi. Saint Métrophane étant malade et trop âgé pour se rendre au premier Concile Œcuménique de Nicée (325), c’est en son nom qu’Alexandre y siégea. On raconte qu’après la clôture du Concile, l’empereur Constantin demanda à tous les Pères théophores qui y avaient brillé, de venir à Constantinople, qu’il venait de fonder, pour la bénir. Un ange du Seigneur apparut alors à saint Métrophane et lui révéla que, devant remettre son âme à Dieu dix jours après, il lui fallait laisser le bienheureux Alexandre pour successeur . Les Pères se réjouirent à cette nouvelle, et après avoir célébré les funérailles de saint Métrophane, ils intronisèrent solennellement saint Alexandre comme premier évêque de la nouvelle capitale de l’Empire (327). À la suite du Concile, saint Alexandre, qui était âgé de près de quatre-vingt-six ans, s’illustra dans la défense de la foi orthodoxe contre les intrigues suscitées par Arius et ses partisans, et certains rapportent qu’il entreprit des voyages apostoliques en Thrace, Macédoine, Thessalie et dans les îles pour y prêcher la foi du Concile de Nicée. Convoqué à Nicomédie pour rendre compte de sa foi, Arius réussit à tromper l’empereur en signant une profession de foi où il se contentait de dire que le Fils de Dieu est né avant tous les siècles. Il demanda alors sa réintégration dans l’Église et, sous la pression d’Eusèbe de Nicomédie, l’empereur regarda favorablement sa demande et demanda aux évêques réunis en concile à Tyr de l’examiner (335). Ce concile, composé essentiellement de partisans d’Arius, se tourna en jugement inique contre saint Athanase, qu’on traitait de sorcier, de brute et de semeur de discorde. Alors que saint Athanase réussissait à s’embarquer en secret pour Constantinople, où il essaya vainement de se faire entendre de l’empereur, le concile prononçait sa déposition, qui aboutit à une sentence d’exil à Trèves. Arius essaya de rentrer à Alexandrie, mais une émeute ayant éclaté contre lui, l’empereur le rappela à Constantinople, en vue de le faire recevoir dans la communion de saint Alexandre. Eusèbe de Nicomédie et les siens exercèrent toutes sortes de pressions sur le saint prélat et firent les préparatifs pour la célébration d’une Liturgie, où il devait communier avec l’hérétique. Saint Alexandre se réfugia dans l’église Sainte-Irène et, prosterné devant le saint autel, il priait jour et nuit avec force larmes, en disant au Seigneur : « Si Arius doit être réconcilié à l’Église, laisse partir ton serviteur. Mais si Tu as pitié de ton Église et ne veux pas livrer ton héritage à la honte, retire Arius, afin que l’hérésie ne soit pas prise pour la vraie foi. » Le samedi, veille du jour où devait se dérouler la cérémonie, alors qu’il se trouvait sur l’agora proche de la colonne de porphyre dressée par Constantin, Arius fut soudain pris d’un besoin naturel et, ses entrailles ayant éclaté, il périt lamentablement dans le lieu d’aisance, se trouvant ainsi privé de la communion et de la vie. Quand il apprit cette nouvelle, saint Alexandre rendit grâce à Dieu, non pour la mort d’autrui, mais parce qu’Il avait manifesté une fois de plus que, même avec l’appui du pouvoir et des puissants de ce monde, l’hérésie ne pouvait l’emporter sur la vérité de l’Église . Cependant les troubles n’en cessèrent pas pour autant, et saint Alexandre dut continuer à lutter pour l’Orthodoxie. Il s’endormit en paix, quelques mois après la mort de saint Constantin (337), à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, pour remporter au Ciel la récompense de ses travaux apostoliques. Il confia à saint Paul [6 nov.], la succession dans l’épiscopat et dans la lutte pour l’Orthodoxie. Bien qu’on ne sache pas au juste lequel des patriarches Jean est commémoré aujourd’hui, on peut supposer qu’il s’agit de Jean VIII Xiphilinos, qui siégea de 1064 à 1075, année où il mourut âgé de soixante-cinq ans . Originaire de Trébizonde, il reçut sa formation à Constantinople, où il devint l’ami de Michel Psellos, sans partager toutefois l’attrait de ce dernier pour la philosophie néoplatonicienne, qui devait le conduire à l’hérésie. Comme il était éminemment versé dans les sciences juridiques, on lui confia l’enseignement du droit à l’Université impériale que Psellos s’efforçait de restaurer. Injustement accusé par les milieux de cour, Jean dut quitter la capitale et, après avoir reçu l’Habit monastique, il vécut une dizaine d’années dans un monastère du Mont Olympe de Bithynie. À la mort du patriarche Constantin III Lichoudès (1063), il fut rappelé par l’empereur Constantin Doukas et consacré, malgré ses réticences, patriarche œcuménique. En un temps troublé par la menace grandissante des Turcs Seljoukides, il fut un homme de paix et de conciliation, et s’efforça d’établir un rapprochement avec l’Église arménienne. Le patriarche Jean vécut toute sa vie dans une grande pauvreté et une parfaite pureté de mœurs. Il distribuait en aumônes tout ce qu’il avait, organisa des distributions publiques de vivres et contribua à la construction ou à la restauration de nombreuses églises. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, indifférent aux critiques que les prélats mondains lui adressaient à ce sujet, et excellait dans l’interprétation des dogmes et règlements canoniques de l’Église. Saint Paul IV dit le Jeune était originaire de Chypre. Il occupait le rang de lecteur et brillait tant par ses paroles que par ses actions vertueuses, quand il fut élu contre son gré patriarche, le second Dimanche du Carême 780, après une longue vacance du siège, causée par l’hérésie iconoclaste. Sous la pression du terrible empereur Léon IV le Khazar, il dut alors souscrire un document, dans lequel il déclarait ne pas rendre de culte aux images. Mais l’empereur mourut peu après son ordination, et il se rétracta. L’hérésie continuait cependant de répandre son venin, et comme le patriarche, malade, se trouvait impuissant à lui résister, il préféra renoncer à sa charge pour se retirer au monastère de Florus, sans en avertir toutefois l’impératrice régente sainte Irène [7 août]. Aussitôt prévenus la souveraine et son fils Constantin VI se rendirent auprès du saint prélat pour lui demander la raison de sa démission. Le bienheureux Paul, en larmes, leur déclara : « Je n’aurais pas dû accepter de siéger à la tête d’une Église qui s’est séparée de la communion avec les autres trônes. » L’ayant quitté pleins de tristesse et d’amertume, les souverains lui envoyèrent une ambassade de patriciens et de membres du Sénat, pour essayer de le fléchir. Il leur dit avec fermeté : « Si l’on ne réunit pas un Concile Œcuménique pour corriger l’erreur qui est au milieu de nous, il n’y a point de salut pour vous. » Comme ils lui demandaient pourquoi il avait accepté de signer le libelle de l’empereur hérétique, il répondit : « C’est pour cette raison que je me lamente et que j’ai décidé de faire pénitence, en priant Dieu qu’il ne me châtie pas pour avoir manqué de prêcher la vérité par crainte de votre folie. » Il s’endormit en paix deux ou trois mois après (784), suscitant un grand deuil au palais et parmi les Orthodoxes, car tous l’admiraient pour sa vertu et sa piété. Grâce à son exhortation et à la ferme résolution de l’impératrice et de son successeur, saint Taraise [25 fév.), on commença alors à préparer le Septième concile oecuménique qui devait rétablir le culte des saintes icônes (787).

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de saint Jean Baptiste, ton 2

Le souvenir du juste s’accompagne d’éloges. Mais à toi, Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. Tu as été vraiment le plus grand des prophètes, car tu fus jugé digne de baptiser dans les eaux Celui qu’ils avaient seulement annoncé. Aussi as-tu combattu courageusement pour la Vérité, heureux d’annoncer, même aux captifs des enfers, l’apparition du Dieu fait chair, qui ôte le péché du monde et nous fait grande miséricorde.

Tropaire des saints patriarches de Constantinople, ton 3

Célestes initiateurs et prédicateurs divins, vous avez guidé, en pasteurs, sous votre houlette l’Eglise du Christ d’une façon qui fut agréable au Seigneur, bienheureux Alexandre, champion de la Trinité, familier de la grâce, illustre Jean, et cime des pontifes, saint Paul; c’est pourquoi nous battons des mains en acclamant vos exploits.

Tropaire de saint Alexandre de la Neva, ton 4

Reconnais tes frères, nouveau Joseph, toi qui ne règnes pas sur l’Egypte, mais au ciel avec le Christ, bienheureux prince Alexandre, et multiplie le froment à la prière des gens de ton pays; protège aussi ton héritage, le peuple chrétien, et, dans les peines que leur inflige l’ennemi, j viens en aide aux fils de la sainte Russie. 

Kondakion de l’après-fête de la décollation de saint Jean Baptiste, ton 5 

Hérode ayant commis l’iniquité à l’égard de toi le Précurseur, il donna à la femme ton chef précieux, que nous vénérons dans la joie, tandis qu’Hérodias pleure et sanglote, de même qu’Hérode et celle qui dansa.

 

Kondakion des saints patriarches de Constantinople, ton 8

Enflammés par l’amour du Christ, Pontifes- glorieux, comme joug vous avez pris sa précieuse Croix et, vous étant montrés les imitateurs de sa vie, à sa divine gloire vous participez, admirable Alexandre, vénérable Jean illustre Paul; devant son trône où maintenant vous vous tenez, sans cesse priez-le pour que nos âmes soient sauvées.

Kondakion de saint Alexandre de la Neva, ton 4

De même que tes lointains parents Boris et Gleb du ciel apparurent pour t’aider lorsque vaillamment tu combattais contre le régent de Suède et ses guerriers, de même encore maintenant viens au secours de ta nation en triomphant de l’ennemi qui veut asservir les fils de la sainte Russie.

Évangile du jour

(Mc III, 20-27)

Ils se rendirent à la maison, et la foule s’assembla de nouveau, en sorte qu’ils ne pouvaient pas même prendre leur repas. Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens. Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent: Il est possédé de Béelzébul; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Jésus les appela, et leur dit sous forme de paraboles: Comment Satan peut-il chasser Satan? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c’en est fait de lui. Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

26 août

26 août

Icône de N.D. de Vladimir ; saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311) ; saint Probace (Ier s.) ; saint Édern, ermite en Bretagne ; saint Valier, premier évêque du Couserans (IVème s.) ; saint Victeur, évêque du Mans (vers 480) ; saint Eulade, évêque de Nevers (516) ;  saint Éleuthère, évêque d’Auxerre (561) ; sainte Pélagie, mère de saint Yrieix (v. 584) ; saint Adrien, moine au monastère d’Ondroussov (1549) ; bienheureuse Marie de Diveevo (1931) ; nouveaux martyrs de Russie : Pierre Yevlev, prêtre (1918) ; Georges Kossov, confesseur, prêtre (1928) ; Victor Ellansky, prêtre, martyr Démètre Morozov, Pierre Bordan et Romain Medved, confesseur, prêtre (1937). 

SAINT ADRIEN ET SON ÉPOUSE NATHALIE[1]

Saint Adrien et son épouse sainte Nathalie, martyrs à Nicomédie (305-311)

Saint Adrien était un officier de haut rang dans l’armée romaine. Âgé de vingt-huit ans, il vivait à Nicomédie avec son épouse Nathalie, au début de la persécution de Dioclétien (vers 300). L’empereur avait alors fait arrêter vingt-trois chrétiens qui s’étaient cachés dans une grotte, et il les avait soumis à toutes sortes de supplices. Ayant assisté à la scène, Adrien leur demanda : « Pour quelle raison endurez-vous ces supplices intolérables et ces terribles tortures ? » Ils répondirent : « Nous endurons tout cela pour gagner les délices réservées par Dieu à ceux qui souffrent pour lui, délices que ni l’ouïe ne peut entendre, ni la parole exprimer. » L’âme illuminée par la grâce divine, Adrien demanda alors aux scribes de joindre son nom à celui des chrétiens : « Ce sera pour moi un plaisir de mourir avec eux pour l’amour du Christ ! » s’écria-t-il. Il fut aussitôt chargé d’entraves et jeté en prison, dans l’attente du jugement. Quand Nathalie apprit que son mari venait d’être arrêté, pensant que c’était pour quelque mauvaise action, elle fondit en larmes. Mais lorsqu’on lui dit que c’était pour avoir confessé le Christ, elle revêtit aussitôt des habits de fête et courut à la prison. Embrassant les liens d’Adrien, elle loua sa résolution et l’encouragea à rester ferme dans les épreuves qui l’attendaient ; et, après avoir demandé aux autres martyrs de prier pour son époux, elle rentra chez elle. Quand Adrien apprit la sentence portée contre lui, il obtint l’autorisation d’aller annoncer à sa femme la date de l’exécution. Dès qu’elle le vit arriver libre, Nathalie crut qu’il avait été relâché en reniant le Christ Sauveur, et elle ferma la porte de la maison pour empêcher Adrien d’entrer. L’invectivant pour sa lâcheté, elle lui lança ces paroles du Seigneur : Celui qui m’aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (Mt 10, 33). Mais, dès qu’Adrien lui apprit la raison de sa présence, elle lui ouvrit toutes grandes les portes, se précipita pour l’embrasser et décida de le suivre jusqu’au lieu du supplice. Le bienheureux comparut quelques jours après devant l’empereur et, ayant bravement confessé sa foi, il fut cruellement flagellé. Les soldats le renversèrent ensuite à terre et le frappèrent au ventre avec une telle violence que ses entrailles s’en répandirent sur le sol. Encouragé par les autres martyrs et par Nathalie qui lui disait à l’oreille : « Ne crains pas les tortures. La douleur est de courte durée, mais le repos sera éternel », le saint restait inébranlable. Quand on ramena les saints martyrs en prison, en les traînant car ils ne pouvaient plus marcher, Nathalie s’oignit avec dévotion du sang de son mari, comme s’il s’agissait du baume le plus précieux. De pieuses femmes vinrent panser les plaies des glorieux confesseurs dans leur cachot, mais lorsque l’empereur l’apprit, il leur en interdit l’accès. Nathalie se coupa alors les cheveux, et revêtant des habits masculins elle réussit à pénétrer dans la prison et prit soin des martyrs. Elle fut bientôt imitée par les pieuses femmes. Informé qu’on avait réussi à détourner ses prescriptions et que les détenus jouissaient de quelque consolation dans leurs souffrances, le tyran ordonna de leur broyer les jambes dans des étaux ; c’est ainsi qu’ils rendirent tous leur âme sous l’effet de la souffrance. Quand vint le tour d’Adrien, Nathalie l’encouragea et soutint même sa main que les bourreaux s’apprêtaient à trancher sur le billot. Et lorsque sa main tomba, le saint martyr remit son âme à Dieu, complétant ce chœur de glorieux martyrs. Comme le tyran avait commandé de détruire leurs dépouilles par le feu, Nathalie réussit à dérober la main coupée de son époux qu’elle cacha dans son sein. Les corps furent jetés au feu, mais une pluie violente vint soudain éteindre la fournaise. Un chrétien, nommé Eusèbe, réussit à s’emparer des précieuses reliques qu’il transporta à Argyropolis, près de Byzance, où elles furent dignement ensevelies. Quelque temps après, un puissant général demanda Nathalie en mariage à l’empereur, mais fidèle à son époux, celle-ci pria devant la main d’Adrien, lui demandant d’intercéder pour lui épargner une telle épreuve. Grâce à l’intervention des martyrs, elle réussit à s’enfuir et, parvenue à Argyropolis, elle déposa la main d’Adrien avec le reste de son corps. Elle vécut là quelque temps, en compagnie de pieuses femmes, et après une apparition d’Adrien, elle tomba légèrement malade puis alla le retrouver dans le Royaume des cieux.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’icône de Vladimir, ton 4

En ce jour triomphe la très glorieuse cité de Moscou, recevant, comme une aurore ensoleillée, ô Souveraine ton icône miraculeuse, vers laquelle nous accourons, en te priant et en nous écriant : ô merveilleuse Souveraine Mère de Dieu ! Prie le Christ notre Dieu qui s’est incarné de toi, afin qu’Il délivre cette cité, et toutes les villes et pays chrétiens de toutes les embûches des ennemis et quIl sauve nos âmes, car Il est miséricordieux.

Тropaire des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Tes martyrs, Seigneur, par leurs combats, ont reçu de Toi, notre Dieu, la couronne incorruptible. Avec Ta force, ils ont renversé les tyrans et brisé même l’audace impuissante des démons. Par leurs supplications, ô Christ Dieu, sauve nos âmes.

Kondakion des saints martyrs Adrien et Nathalie, ton 4

Témoin du Christ, accueillant * dans ton cœur les saints propos * de ta pieuse femme, Adrien, * tu courus au-devant des tourments; * avec elle tu reçus la couronne des Martyrs.

 

Évangile du jour

(Matth. XX, 29-34)

Lorsqu’ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus. Et voici, deux aveugles, assis au bord du chemin, entendirent que Jésus passait, et crièrent: Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David! La foule les reprenait, pour les faire taire; mais ils crièrent plus fort: Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David! Jésus s’arrêta, les appela, et dit: Que voulez-vous que je vous fasse? Ils lui dirent: Seigneur, que nos yeux s’ouvrent. Ému de compassion, Jésus toucha leurs yeux; et aussitôt ils recouvrèrent la vue, et le suivirent.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

12 août (ancien calendrier) / 25 août (nouveau)

12 août (ancien calendrier) / 25 août (nouveau)

Carême de la Dormition

Après-fête de la Transfiguration de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Saints Photios et Anicet, martyrs à Nicomédie (305-306) ; saint Alexandre, évêque de Comane, martyr dans le Pont (270) ; saints Pamphile et Capiton, martyrs ; saint Venance, évêque de Viviers sur le Rhône (544) ; sainte Clarisse, abbesse près de Remiremont (VIIème s.) ; saint Porcaire et les 500  moines martyrs à Lérins (vers 732) ; saints Géronte, Sérapion, Germain, Bessarion, Michel et Simon, moines au monastère de Garèdja, martyrs (1851) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Barlaam (Konoplev), archimandrite du monastère de Saint-Nicolas à Belgorod, et de ses compagnons : Antoine, Serge, Élie, Venceslas, Joasaph, Jean, Bessarion, Michée, Matthieu, Euthyme, Barnabé, Hermogène, Arcade, Euthyme et Marcel, Jean, Serge, Démètre, Sabbas, Jacques, Pierre, Jacques, Alexandre, Théodore, Alexis et Pierre moines (1918) ; ainsi que des saints martyrs Léonide Biryoukovitch, Jean Nikolski et Nicolas Dobrooumov, prêtres (1937).

SAINTS PHOTIOS ET ANICET[1]

Ces deux saints et glorieux martyrs vivaient à Nicomédie sous le règne de Dioclétien (vers 304). L’empereur ayant publié un édit qui ordonnait à tous les citoyens de manifester leur loyauté en offrant un culte aux idoles et menaçait les chrétiens de toutes sortes de tortures et d’exil aux extrémités du monde, la population de la capitale de l’Orient se trouvait fort en émoi. Un grand nombre de chrétiens, par peur des tortures ou par respect humain, renièrent le Dieu unique et se soumirent, tandis que ceux dont la foi était profondément enracinée dans leur cœur résistèrent courageusement aux menaces et, s’armant du signe de la Croix victorieuse, ils confessèrent à haute voix le Nom du Christ s’offrant ainsi aux tortures. La persécution s’étendit aux diverses villes de l’Empire, faisant d’innombrables victimes. Au bout de deux ans, Dioclétien se rendit lui-même de Thessalonique à Nicomédie pour se rendre compte de la manière dont ses édits avaient été appliqués. Il réunit le Sénat, en présence de son armée, et ordonna d’exposer catapultes, roues, grils et autres instruments de torture dont la vue seule glaçait d’horreur tous les assistants. Puis il se mit à haranguer la foule. Tous se tenaient cois, terrorisés, quand un des membres du Sénat, le comte Anicet, qui se distinguait tant par sa vaste culture que par sa sagesse, sortit des rangs et, s’avançant vers l’empereur, il s’adressa à lui avec hardiesse et se moqua des vaines menaces que le tyran devait employer pour protéger des idoles inertes et incapables de se défendre elles-mêmes. Puis il l’accusa de partir en guerre contre le Dieu vivant, en obligeant les hommes qui ont été créés à son image et à sa ressemblance à se prosterner devant des pierres taillées et du bois sculpté. Seul le Christ, ajouta-t-il, est le véritable Seigneur du ciel et de la terre, et par lui toute autorité est donnée aux rois et aux gouvernants, car c’est lui qui a orné le ciel de ses astres et la terre de la splendeur de ses plantes et de ses animaux, pour servir l’homme et l’inviter à rendre gloire à Dieu. Rendu furieux par cette liberté de langage, Dioclétien accusa Anicet de blasphème contre les dieux. Mais le saint répliqua aussitôt, en demandant à l’empereur de lui démontrer par de solides arguments en quoi consistaient les bienfaits des idoles que l’on ne peut en aucune façon appeler des « dieux », puisqu’elles ont besoin d’être sculptées et décorées. Puis il confessa sa foi en un seul Dieu en trois Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit, qui accorde aux chrétiens sa grâce pour les faire triompher du Prince de ce monde. La foule ayant pris parti pour Anicet, le tyran voulut déclencher un massacre ; mais le général Placide l’en dissuada en lui rappelant qu’un souverain doit se distinguer par sa mansuétude.

Dioclétien fit alors flageller le saint à coups de nerfs de bœuf, à tel point que ses entrailles apparaissaient. Bien digne de son nom (« invincible »), Anicet continuait cependant de confesser imperturbablement le Nom du Sauveur. Sur ordre de l’empereur, on lâcha contre lui un lion gigantesque, dont le rugissement fit presque mourir de terreur les assistants. Mais, au moment où il allait atteindre le saint, le fauve fut soudain arrêté dans son élan et, devenu aussi doux qu’un agneau, il alla délicatement essuyer de sa patte la sueur qui coulait du visage du martyr. Comme Anicet achevait sa prière d’action de grâces, un terrible séisme ébranla Nicomédie, renversant la grande statue d’Hercule, qui fut réduite en miettes, et détruisant les quartiers nord de la ville, où de nombreux païens périrent sous les décombres. L’empereur, endurci dans son impiété, attribua cette catastrophe à la colère des dieux et ordonna de décapiter sans retard le saint. Mais le soldat chargé de cette tâche, Bibinos, eut soudain la main paralysée et ne put frapper Anicet de son glaive. On modifia donc la sentence, et le martyr fut attaché en croix à une roue suspendue au-dessus d’un brasier. Les membres déchirés et la chair calcinée, le saint s’approchait encore davantage de Dieu par une prière plus ardente que tous les feux de la terre. Et en réponse à sa prière, ses liens se trouvèrent consumés par le feu qui s’éteignit ensuite. Alors que saint Anicet venait d’être sauvé par un ange d’un chaudron en fusion dans lequel il avait été plongé, son neveu Photios courut vers lui pour l’embrasser et rendre avec lui grâces à Dieu pour ces signes éminents de sa faveur envers ses serviteurs. Comme il se moquait des idoles et se déclarait prêt à mourir avec son oncle pour recevoir au Ciel les trophées de la victoire, sur un signe du tyran, un soldat se précipita sur lui. Mais soudain aveuglé par la grâce, il tourna son glaive contre lui-même et se frappa mortellement. Les deux saints furent alors chargés de lourdes chaînes et jetés en prison. Ils y retrouvèrent saint Lucien d’Antioche [15 oct.] et ses disciples, qui avaient été transférés d’Orient à Nicomédie pour y être jugés. Les martyrs s’embrassèrent chaleureusement et Lucien les exhorta à rester fermes dans leur confession du seul vrai Dieu, et à ne pas craindre les menaces des tyrans qui n’ont pouvoir que sur le corps, mais restent impuissants devant la ferme résolution de l’âme. Il acheva son discours en disant : « La terre elle-même crie vers Dieu, abreuvée qu’elle est par le sang des martyrs ! Et vous, confessant le Christ, vous allez entrer dans le Royaume des cieux. » Séparés de saint Lucien, Anicet et Photios comparurent au bout de trois jours devant l’empereur qui essaya de les soumettre par une feinte complaisance et par des promesses de richesses et d’honneurs. Ils lui répliquèrent d’une seule voix : « Que tes honneurs et tes promesses s’en aillent avec toi à la perdition ! » Furieux, Dioclétien ordonna de leur brûler les entrailles avec des torches, puis il les fit lapider par la foule dans l’amphithéâtre. Comme leurs corps restaient miraculeusement indemnes et resplendissants de la grâce de l’incorruptibilité, ils furent traînés derrière des chevaux sauvages et l’on saupoudra leurs plaies de sel avant de les renvoyer en prison. Ils restèrent incarcérés pendant plus de trois ans, tandis que la persécution continuait de faire rage dans tout l’Empire. Finalement, l’empereur se souvint d’eux et, après un nouvel interrogatoire, au cours duquel ils se montrèrent inflexibles, il les fit jeter dans la chaudière du bain d’Antonin, dont on avait attisé le feu pendant trois jours. Mais à la prière des saints, les marbres se fendirent et laissèrent l’eau du bain se déverser et éteindre la fournaise. Après tant de tourments qui avaient tourné à leur gloire, saint Anicet et Photios rendirent finalement avec joie leurs âmes à Dieu en étant brûlés vifs. Trois heures durant leurs corps restèrent exposés sur le gril sans même que leurs cheveux ne fussent consumés. Une fois le brasier éteint, les chrétiens bravèrent le détachement de soldats et se précipitèrent pour recueillir leurs précieuses reliques et les mettre en sûreté. De longues années après, la persécution ayant cessé, l’endroit où se trouvaient cachées les reliques des saints martyrs, fut révélé par Dieu au chorévêque Doukitios, qui les transféra dans une église édifiée en leur honneur dans le quartier de Boanès, où elles accomplirent de nombreuses guérisons.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Transfiguration, ton 7

Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ notre Dieu, laissant tes Disciples contempler ta gloire-autant qu’ils le pouvaient: fais briller aussi sur les pécheurs que nous sommes ton éternelle clarté, par les prières de la Mère de Dieu; Source de lumière, gloire à toi.

Tropaire des saints Photius et Anicet, ton 3

Par vos luttes sacrées vous avez montré, en plus de la familiale solidarité, l’unanimité de votre foi en Dieu, bienheureux martyr Anicet et Photius, serviteur de la Lumière sans déclin; demandez-lui d’accorder la rémission de leurs péchés aux fidèles qui chantent votre sainte passion.
 

Tropaire de saint Maxime (à cause de la clôture de la fête le 13), ton 8:

Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, luminaire universel, ornement des moines, inspiré de Dieu, saint Maxime, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion des saints Photios et Anicet, ton 2

Célébrons les hoplites fidèles de Dieu: louange à l’attelage de gloire du Christ; nous tous, les amis des Martyrs, chantons ces vaillants prédicateurs de la foi et couronnons de nos hymnes ces vrais amis du Seigneur.

Kondakion de saint Maxime, ton 6

Demeurant dans ton âme, la lumière au triple feu a fait de toi un instrument de choix, Bienheureux; car tu éclaires pour les confins de l’univers, Maxime, les vérités concernant notre Dieu et l’interprétation de concepts difficiles à saisir en proclamant pour tous clairement l’éternelle et suprême divinité, vénérable Père, la sainte Trinité.

 

Kondakion de la Transfiguration, ton 4

Sur la montagne tu t’es transfiguré et tes Disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ notre Dieu, pour autant qu’ils le pouvaient, afin qu’en te voyant sur la croix ils comprennent que ta Passion était voulue et proclament à la face du monde que tu es en vérité le reflet de la splendeur et de la gloire du Père. 

Évangile du jour

(Mc II, 18-22)

Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient. Ils vinrent dire à Jésus: Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent point? Jésus leur répondit: Les amis de l’époux peuvent-ils jeûner pendant que l’époux est avec eux? Aussi longtemps qu’ils ont avec eux l’époux, ils ne peuvent jeûner. Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront en ce jour-là. Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit; autrement, la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

24 août

24 août

 Saint Eutyque, disciple de saint Jean le Théologien, martyr (Ier s.) ; saint Tation, martyr à Claudiopolis (305) ; sainte Sira, vierge et martyre de Perse (558) ; saint Eptade, ermite à Cervon (VIème s.) ; saint Rigomer, prêtre du diocèse du Mans (VIème s.) ; saint Ouen (ou Dodon), évêque de Rouen (684) ; saint Georges de Lemnos, moine, martyr (716) ; saint Arsène de Komel (1550) ;  translation des reliques de saint Denis, archevêque d’Égine, de l’île des Strophades à Zakynthos (en 1716) ; saint Cosmas d’Aitolie, moine, évangélisateur du sud de l’Albanie, égal aux apôtres, martyr (1779) ; saint Sérapion le thaumaturge, abbé du monastère de saint Jean Baptiste de Garédja (1747) ; saint Aristocle, staretz de Moscou (1918) ; saint martyr Maxime Gorlitzky, prêtre (1914) ; saint moine martyr Séraphim Chakhmout (1946).

SAINT COSMAS D’AITOLIE[1]

Saint Cosmas était natif d’un petit village d’Aitolie, Mega-Dendron, dans le diocèse d’Arta (vers 1714). Ses parents, des gens simples et pieux, l’éduquèrent dans la crainte de Dieu et l’amour des saintes Écritures. Vers l’âge de vingt ans, il se rendit sur la Sainte Montagne de l’Athos pour y étudier à l’Académie alors installée en dépendance du monastère de Vatopédi, où enseignait le célèbre Eugène Boulgaris. Mais les réactions provoquées par la fondation de cet établissement, qui transmettait l’esprit des Lumières au cœur de la citadelle de l’Orthodoxie, obligèrent bientôt Boulgaris et d’autres illustres professeurs à quitter l’Athos, et l’Académie tomba rapidement en déclin (1759). Ce fut pour le jeune Cosmas un signe de la Providence et, renonçant aux études, il s’engagea dans la vie monastique au monastère de Philothéou, où son zèle pour les combats ascétiques et sa piété le rendirent digne d’être ordonné prêtre peu après sa tonsure monastique. Depuis sa jeunesse, le bienheureux avait un grand désir de répandre la Parole de Dieu autour de lui, à tel point qu’il disait que le souci du salut de ses frères le dévorait comme le ver mange l’arbre de l’intérieur. En ces temps difficiles pour le peuple grec opprimé, l’ignorance des rudiments de la foi et de la culture chrétienne entraînait la négligence et la décadence des mœurs, de sorte que la prédication de l’Évangile s’imposait comme la tâche la plus urgente. Mais, averti par l’enseignement des saints Pères, Cosmas ne voulait pas s’engager dans la vie apostolique de sa propre volonté. Désirant donc savoir si telle était la volonté de Dieu, il ouvrit un jour l’Écriture Sainte au hasard et tomba sur cette parole de l’Apôtre : Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui (1 Cor 10, 24). Ainsi éclairé par la Parole de Dieu et après avoir pris l’avis des pères spirituels de la Sainte Montagne, il se rendit à Constantinople pour y recevoir la bénédiction du patriarche Séraphim II (1757-1761) et prendre quelques leçons de rhétorique auprès de son cousin, l’archimandrite Chrysanthos, qui devint ensuite directeur de l’Académie patriarcale puis de l’école de Naxos. Le nouvel apôtre commença son œuvre de prédication dans les églises de la région de Constantinople, puis il poussa vers les régions occidentales de la Grèce : Naupacte, Brachori, Mésolongion et la Thessalie, et revint à Constantinople. Après s’être retiré quelque temps à l’Athos, il reçut du patriarche Sophrone II (1774-1780) l’autorisation d’aller prêcher dans l’archipel des Cyclades, afin d’y consoler la population découragée par l’échec d’une tentative d’insurrection suscitée par la Russie (1775). De là, il retourna faire une retraite dans les monastères, complétant ainsi dix-sept ans de séjour sur la Sainte Montagne. Mais son cœur, brûlant d’amour pour ses frères, ne le laissait pas en place. Il repartit donc pour Thessalonique, séjourna brièvement à Bérée et parcourut toute la Macédoine, rassemblant de grandes foules de fidèles qui l’écoutaient avec componction. De Céphalonie, il se rendit dans l’île de Zakynthos puis à Corfou, et de là passa en Épire, où le christianisme se trouvait dans un état lamentable, afin de confirmer la foi orthodoxe dans le peuple et d’empêcher les conversions à l’Islam. Assisté par la grâce de Dieu, saint Cosmas fit des merveilles dans ces régions qui restent imprégnées jusqu’à nos jours des échos de sa prédication, et il parvint, par ses exhortations, à redresser les mœurs des chrétiens. Sa parole était simple, à la portée de tous, employant des images et des expressions empruntées à la vie quotidienne ; mais elle était aussi pleine de la douceur, de la paix et de la joie que seul le Saint-Esprit peut procurer. Elle avait la vertu de pénétrer d’emblée dans l’âme de ses auditeurs et d’être accueillie aussitôt avec enthousiasme comme l’expression de la volonté de Dieu. Comme aucune église ne pouvait contenir les foules qui se rassemblaient autour du nouvel apôtre, il prêchait en plein air, monté sur une estrade portable, auprès d’une grande croix qu’il avait fichée en terre et qui devenait, après son départ, une source de guérisons et de soulagement pour les maux corporels et spirituels. Il enseignait aux chrétiens à vivre selon les commandements du Christ et à observer le dimanche, jour du Seigneur, en laissant de côté leurs occupations pour se rendre à l’église et écouter la Parole de Dieu. Partout où il passait, il fondait des écoles — tâche qu’il considérait comme fondamentale — où l’on enseignait gratuitement le grec et les saintes Écritures. Il persuadait les riches de consacrer leurs surplus à l’aumône, à la distribution de livres de piété, de croix et de chapelets, et les incitait aussi à offrir aux églises des baptistères pour le baptême des enfants. Une foule de deux à trois mille fidèles le suivait partout, si bien que c’était une véritable armée du Christ qui se déplaçait dans toute l’Albanie à la suite du saint, qu’on regardait comme Énoch ou le prophète Élie venu annoncer l’aurore d’un âge nouveau. Avant de commencer sa prédication, il célébrait les vêpres ou une Paraclisis à la Mère de Dieu, puis, après avoir parlé, il laissait le soin aux quelques cinquante prêtres qui l’accompagnaient, de poursuivre son œuvre par la confession, la célébration de l’Office des saintes Huiles, la sainte Communion et la visite de chacun personnellement. Bien que l’enseignement du saint n’eût aucune tendance polémique, mais se limitât à l’enseignement des vertus évangéliques, et qu’ayant comparu devant le pacha de Ioannina, il eût reçu de lui de grandes marques d’honneurs, certains Juifs, excités par la jalousie et furieux depuis que le saint avait fait déplacer le marché du dimanche au samedi, convainquirent le pacha de mettre fin à sa vie. Cosmas avait coutume, en arrivant dans un endroit où il désirait prêcher, d’aller d’abord  demander personnellement la bénédiction de l’évêque du lieu, puis il envoyait quelques-uns de ses disciples solliciter l’autorisation des autorités civiles turques. Arrivé un jour près d’un village d’Albanie nommé Kolikontasi, il apprit que le pacha de la région, Kourt Pacha, séjournait non loin de là, à Bérati. Malgré les conseils de prudence de son entourage, le saint décida d’aller lui-même demander l’autorisation de prêcher au commissaire de la place qui lui apprit qu’il avait reçu l’ordre de le déférer devant Kourt Pacha. À ces mots saint Cosmas comprit que le moment était venu pour lui de couronner son œuvre par le martyre, et il rendit grâces au Christ de l’avoir jugé digne d’un tel honneur. Le lendemain, 24 août 1779, sept soldats l’escortèrent, sous prétexte de l’amener au pacha ; mais, après deux heures de route, ils s’arrêtèrent près du fleuve Paso et lui révélèrent que la sentence de son exécution avait déjà été prise. Plein de joie et rendant grâces à Dieu, le saint bénit du signe de la Croix les quatre directions de l’espace et offrit une prière pour le salut de tous les chrétiens. Il refusa qu’on lui lie les mains, afin de les garder en croix, et c’est sans opposer la moindre résistance qu’il fut pendu à un arbre et qu’il remit glorieusement son âme à Dieu. Il était âgé de soixante-cinq ans. Comme les chrétiens, qui s’étaient précipités pour recueillir dans leurs filets de pêche le corps du saint que ses bourreaux avaient jeté dans le fleuve, étaient restés bredouilles, trois jours après, un prêtre nommé Marc, s’étant armé de prière, découvrit la précieuse relique qui flottait sur les eaux, debout, comme si le saint était encore vivant. On le sortit de l’eau et, après l’avoir revêtu de ses vêtements monastiques, on l’enterra dignement. De très nombreux miracles s’accomplirent par la suite sur son tombeau et par l’intermédiaire de ses reliques . En 1813, Ali Pacha de Ioannina, auquel saint Cosmas avait prédit son glorieux avenir, fit construire une église et un monastère auprès du tombeau et il offrit son crâne, dans un reliquaire en argent, à son épouse chrétienne, Basiliquie. Saint Cosmas, dont la prédication a contribué de manière décisive au réveil de la foi et du sentiment national du peuple grec, fut aussitôt vénéré par le peuple comme nouvel apôtre et « prince des néomartyrs », mais son culte n’a été néanmoins officiellement reconnu qu’en 1961 par le Patriarcat Œcuménique.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de saint Eutyque, ton 4

Disciple des saints Apôtres, tu devins toi-même docteur de la foi et tu prêchas l’incarnation du Verbe clairement; puis, en brillant par tes peines de témoin, tu as affermi les croyants; hiéromartyr Eutyque, pour nos âmes intercède auprès du Christ notre Dieu.

 Tropaire de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3

L’Église, tu l’as ornée par ton enseignement de la sainte foi, toi qui des Apôtres fus l’imitateur; car, sur les ailes de la divine charité, tu propageas l’évangile et finis en martyr; illustre Cosmas, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grâce du salut.

Kondakion de saint Eutyque, ton 4

Toi qui siégeas parmi les Apôtres du Seigneur et des pontifes as atteint la splendeur, en martyr, Eutyque, ta fus également glorifié; comme un soleil tu brillas sur l’univers et dissipas la sombre nuit de l’impiété; aussi nous t’honorons comme initiateur des divins mystères du Christ.

 

Kondakion de saint Cosmas d’Aitolie, ton 3

Sur l’Athos ayant mené ta pure vie, à l’instar de Moïse tu méritas la divine apparition; puis, par tes œuvres et ta prédication, tu fis briller l’Église, Père saint; et, pour elle ayant souffert en témoignage de la foi, tu fus orné, Cosmas, de la couronne des ascètes et des martyrs.

 

Évangile du jour

(Mc I, 29-35)

En sortant de la synagogue, ils se rendirent avec Jacques et Jean à la maison de Simon et d’André. La belle-mère de Simon était couchée, ayant la fièvre; et aussitôt on parla d’elle à Jésus. S’étant approché, il la fit lever en lui prenant la main, et à l’instant la fièvre la quitta. Puis elle les servit. Le soir, après le coucher du soleil, on lui amena tous les malades et les démoniaques. Et toute la ville était rassemblée devant sa porte. Il guérit beaucoup de gens qui avaient diverses maladies; il chassa aussi beaucoup de démons, et il ne permettait pas aux démons de parler, parce qu’ils le connaissaient. Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

23 août

23 août

Jour de jeûne

Clôture de la Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saint Irénée, évêque de Lyon, martyr (vers 203) ; saint Minerve, saint Eléazar et ses 8 fils, compagnons de martyre de saint Irénée de Lyon (vers 203) ; saints Timothée, Maur et Apollinaire, martyrs à Reims (IIIème s.)  saint Irénée, évêque de Sirmium, et ses compagnons saints Or et Oropsis, martyrs (304) ; saint Loup, martyr à Thessalonique (vers 306) ; saint Eutyque (540) et Florent (547) ; saint Filleul, évêque de Rouen (548) ; saint Flavien, évêque d’Autun (VIème s.) ; saint Callinique, patriarche de Constantinople (705) ; saints Altigien et Hilarin, moines, martyrs en Bourgogne (731) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Éphrem, évêque de Selenga, Jean Vostorgov, prêtre et martyr Nicolas Varjansky (1918) ; Paul Gaïdaï et Jean Karabanov, prêtres (1937).

 

SAINT HIÉROMARTYR IRÉNÉE DE LYON[1]

Notre saint Père théophore Irénée, qui reçut providentiellement le nom de la paix (eiréné) pour se faire messager de l’Esprit Saint, naquit en Asie Mineure vers 140. Dans sa prime jeunesse, il avait suivi à Smyrne l’enseignement du vieil évêque saint Polycarpe [23 fév.], qui rapportait la tradition reçue de l’Apôtre saint Jean. C’est ainsi qu’il apprit à s’en tenir fidèlement à la tradition apostolique, transmise dans l’Église. « C’est dans l’Église, enseignait-il, que Dieu a placé les Apôtres, les prophètes et les docteurs, et tout le reste de l’opération du Saint-Esprit. De cet Esprit s’excluent donc tous ceux qui, refusant d’accourir à l’Église, se privent eux-mêmes de la vie par leurs doctrines fausses et leurs actions dépravées. Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute la grâce. Et l’Esprit, c’est la Vérité » . Après avoir séjourné à Rome, il devint prêtre de l’Église de Lyon en Gaule, à l’époque de la persécution de Marc Aurèle (vers 177). C’est en tant que presbytre  de cette Église qu’il fut chargé de porter au pape Éleuthère à Rome, la lettre admirable que les saints martyrs de Lyon adressaient aux chrétiens d’Asie et de Phrygie, décrivant leurs glorieux combats, pour réfuter la secte hérétique de Montan . Le martyre est en effet le témoignage éminent de la vérité, le signe de la victoire de l’Esprit sur la faiblesse de la chair et le gage de notre espérance en la résurrection. De retour à Lyon, Irénée succéda à saint Pothin qui venait d’être martyrisé [2 juin], à la tête des Églises de Lyon et de Vienne. Évêque, ayant reçu de la tradition apostolique le « sûr charisme de vérité » pour proclamer et interpréter l’Évangile, il consacra désormais sa vie à témoigner, à l’imitation des martyrs, de cette vérité. « Il faut aimer d’un amour extrême tout ce qui est de l’Église et saisir fortement la tradition de la vérité », enseignait-il . Il usa d’une énergie inlassable pour convertir les populations barbares à la foi, mais sa sollicitude s’étendait aussi à toute l’Église. C’est ainsi qu’il écrivit au pape Victor (189-198), au nom des évêques de Gaule dont il était le primat, pour le dissuader de rompre la communion avec les Églises d’Asie, qui célébraient la fête de Pâques le 14e jour du mois de Nisan. Puisque cette coutume ancienne a été transmise par nos devanciers, qui n’en gardaient pas moins la paix les uns envers les autres, rien n’oblige d’imposer l’uniformité, soutenait-il, car : « La différence du jeûne confirme l’accord de la foi ». Ce fut surtout dans le combat contre les hérésies qu’il s’illustra, notamment contre la « gnose au-nom-menteur »  qui, d’Asie Mineure, s’était répandue dans toutes les grandes villes de l’Empire et séduisait beaucoup de gens par ses doctrines ésotériques. La lutte contre les gnostiques permit au saint évêque de brosser un tableau magistral de la doctrine chrétienne. Il montra d’abord que cette « gnose », que recherchaient vainement les hérétiques dans les affabulations mythiques et les constructions compliquées de leur intelligence pervertie, est le don suréminent de la charité, que le Saint-Esprit accorde au chrétien dans l’organisme vivant de l’Église. Ce n’est qu’en elle que l’on peut s’abreuver à l’eau limpide qui coule du côté percé du Christ, pour y recevoir la vie éternelle. Toutes les autres doctrines ne sont que des citernes crevassées (Jr 2, 13). Et les vrais « gnostiques » ne sont pas ceux qui rejettent et méprisent le corps pour adorer un « Dieu inconnaissable » et son « démiurge », mais les hommes « spirituels » qui ont reçu du Saint-Esprit les arrhes de la résurrection de la chair et de l’incorruptibilité. Rompant avec la dualité hellénique du corps et de l’âme, saint Irénée développe la doctrine de saint Jean du Verbe fait chair, pour interpréter le sens de la vocation de l’homme. Le premier Adam a été modelé du limon par les deux Mains de Dieu : le Verbe et l’Esprit , comme image de Dieu, conformément au modèle de la chair glorieuse du Christ ; et un souffle de vie lui a été donné pour que, de l’image, il progresse vers la ressemblance de Dieu. Ayant été trompé par le diable jaloux de ses prérogatives et étant tombé dans la mort, il n’a cependant pas été abandonné par Dieu, qui avait de toute éternité pour dessein de le rendre participant de sa gloire. Les révélations et prophéties de l’Ancien Testament, et surtout l’Incarnation du Verbe, sa mort, sa Résurrection et son Ascension glorieuse, constituent les étapes nécessaires de cette « Économie » de l’Histoire du Salut. Ayant toujours en vue cette fin ultime pour laquelle il avait créé l’Homme, le Verbe s’est fait chair, « récapitulant » en lui-même le premier Adam. De même que le premier homme, né d’une terre vierge, par la désobéissance de la vierge Ève, était tombé dans le péché par le moyen du bois, le Christ est venu au monde par l’obéissance de la Vierge Marie et a été suspendu sur le bois de la Croix . « Il a donné son âme pour notre âme et sa chair pour notre chair, et il a répandu l’Esprit du Père pour opérer l’union et la communion de Dieu et des hommes, faisant descendre Dieu dans les hommes par l’Esprit et monter l’homme jusqu’à Dieu par son incarnation ». Le Verbe de Dieu qui avait créé le monde en l’ordonnant de manière invisible en forme de croix, s’est rendu visible, au temps fixé, sur la Croix, afin de rassembler dans son Corps tous les êtres qui étaient dispersés et les amener ainsi à la connaissance de Dieu . Apparaissant, non dans sa gloire ineffable, mais comme homme, Il a montré en lui-même l’image de Dieu restaurée et de nouveau orientée vers la ressemblance. Et Il nous a nourris « à la mamelle de sa chair », afin qu’habitués à manger et boire le Verbe de Dieu, et fortifiés par le « pain de l’immortalité », nous approchions de la vision de Dieu qui procure l’incorruptibilité . « Il est impossible de vivre sans la Vie, et il n’y a de vie que par la participation à Dieu, et cette participation à Dieu consiste à voir Dieu et à jouir de sa douceur… Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » . Pour Irénée, disciple de ceux qui avaient connu les apôtres, la connaissance (gnose) est donc amour et divinisation de l’homme dans la Personne du Christ Sauveur. Bien plus qu’une simple réfutation de la « fausse gnose », sa doctrine, admirable de simplicité et de profondeur, contient en germe tout ce que les Pères postérieurs développeront dans leurs écrits inspirés .  Après son intervention pacifique auprès du pape Victor, Irénée continua d’œuvrer à la confirmation de l’Église. On rapporte qu’il mourut martyr lors de la persécution de Septime Sévère, vers 202, mais aucun détail sur les circonstances de sa mort n’a été conservé. Son corps fut déposé dans la crypte de l’église Saint-Jean, qui prit ensuite son nom, entre les tombeaux des saints martyrs Épipode et Alexandre.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

Tropaire de saint Irénée, ton 1

En pontife diligent tu as prêché, bienheureux Irénée, conformément à ton nom, par le monde l’évangile de paix et pour le Christ tu as lutté fermement; aussi par des hymnes nous te vénérons, hiéromartyr, en chantant: Gloire à celui qui t’a donné ce pouvoir, gloire à celui qui t’a couronné, gloire à celui qui nous accorde, par tes prières, la grande miséricorde.

Kondakion de saint Irénée, ton 2

Prédicateur de la grâce et illustre Témoin de la vérité, nous t’acclamons, bienheureux Irénée; dirige vers le chemin de la paix ceux qui s’approchent de toi, leur accordant la rémission des péchés par tes prières devant le Seigneur.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

Évangile du jour

(Lc X, 38-42, XI, 27-28)

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui t’a porté! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité! Et il répondit: Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent!

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

10 août (ancien calendrier)/ 23 août (nouveau)

10 août (ancien calendrier)/ 23 août (nouveau)

Carême de la Dormition

Après-fête de la Transfiguration de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Laurent, archidiacre, saint Sixte II, pape de Rome, saints Félicissime et Agapit, diacres, martyrs à Rome (258) ; saint Dinault, martyr en Beauvais (Vème siècle) ; saint Laurent, fol en Christ à Kalouga (1515) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Venceslas Zakedsky, prêtre (1918) ; Athanase Kislov, prêtre (1937) ; Synaxe des saints nouveaux martyrs et confesseurs de Solovki

SAINTS LAURENT, ARCHIDIACRE, ET SIXTE PAPE DE ROME [1]

Saint Laurent, archidiacre, saint Sixte II, pape de Rome, saints Félicissime et Agapit, diacres, martyrs à Rome (258)

Saint Sixte (ou Xyste) était grec de naissance et il avait étudié la philosophie à Athènes avant de venir s’installer à Rome sous le règne de l’empereur Valérien et le pontificat de saint Étienne Ier [3 août]. D’abord favorable aux chrétiens, l’empereur, qui était tombé sous l’influence de mages et de devins égyptiens après une expédition malheureuse en Orient, publia un édit qui interdisait l’exercice public du culte et prescrivait à tous les clercs de sacrifier aux dieux sous peine d’exil. Saint Étienne ayant été l’une des premières victimes de cette persécution, Sixte fut consacré pour lui succéder. La persécution s’intensifia alors et l’on décréta que les évêques, prêtres et diacres seraient exécutés sur simple constatation de leur identité, tandis que les laïcs seraient condamnés à la dégradation et aux travaux forcés. Saint Sixte fut arrêté et conduit, après un premier interrogatoire, à la tristement célèbre prison Mamertine. Sur le chemin, son archidiacre Laurent le rencontra et lui dit avec larmes : « Où vas-tu, Père, sans ton fils ? Quel sacrifice t’apprêtes-tu à célébrer sans ton diacre ? Est-ce que tu m’en as trouvé indigne ? Est-ce que tu refuseras à celui que tu as admis aux saints Mystères d’être ton compagnon pour verser son sang ? »  L’évêque lui répondit : « Non, mon fils, je ne t’abandonne pas, mais de plus grands combats te sont réservés. Nous, comme des vieillards, nous sommes engagés dans un léger combat. Mais pour toi, jeune homme vigoureux, un triomphe plus glorieux sur le tyran t’attend. Cesse de pleurer. Dans trois jours, le diacre suivra le prêtre. » Et, avant de lui donner le baiser de paix, il lui confia le soin d’administrer en son nom les biens de l’Église. Laurent accomplit aussitôt sa tâche selon Dieu, en distribuant les richesses de l’Église aux clercs et aux pauvres. Sur le mont Cœlius, il rencontra une veuve, nommée Kyriaquie, qui cachait chez elle beaucoup de chrétiens. À la faveur de la nuit, il leur apporta de l’argent et des vêtements, et passa ensuite dans diverses maisons, guérissant les malades et lavant les pieds des fidèles à l’imitation du Seigneur. Comme le pape avait été condamné à être décapité sur la voie Appienne, saint Laurent se rendit sur son passage et lui cria : « Ne me laisse pas, Père saint, parce que j’ai déjà distribué les trésors que tu m’avais confiés. » Entendant parler de trésors, les soldats s’emparèrent aussitôt de Laurent et le conduisirent au tribun Parthénius qui avertit l’empereur. Jeté en prison et confié à la garde du tribun Hippolyte, saint Laurent guérit par sa prière et convertit un aveugle nommé Lucillus. À cette nouvelle, de nombreux autres aveugles accoururent et furent tous guéris par le saint, qui baptisa en outre Hippolyte avec les dix-neuf personnes de sa maison. Convoqué par Valérien, qui le somma de lui livrer ses trésors, Laurent demanda qu’on lui procure, après un délai de trois jours, des chars en grande quantité. Entre temps, il fit convoquer dans la maison d’Hippolyte des aveugles, boiteux, malades et miséreux de toutes sortes, puis, les ayant placés sur les chars, il vint les présenter au palais en annonçant : « Voici les trésors éternels de l’Église, qui ne diminuent pas et augmentent toujours, qui sont répandus en chacun et se trouvent en tous. » Pris de fureur, Valérien s’écria : « Sacrifie aux dieux et oublie l’art magique dans lequel tu te confies. » Saint Laurent répliqua que rien ne lui ferait préférer le culte des démons au Créateur de toutes choses. Il fut alors livré à la torture puis jeté en prison. Après un second interrogatoire au palais de Tibère sur le mont Palatin, on lui appliqua sur le corps des lames de fer rougies au feu, et on le fustigea avec des fouets plombés et des chaînes garnies de crochets à leurs extrémités. Devant son endurance surnaturelle, un soldat, Romain, se convertit et fut exécuté sur-le-champ. Un troisième interrogatoire eut lieu aux Thermes situés près du palais de Salluste. L’empereur fit fracasser les mâchoires du saint à coups de pierres, puis il ordonna de le dépouiller de ses vêtements et de l’étendre sur un lit en forme de gril posé sur des charbons ardents. Sommé une dernière fois de sacrifier aux dieux, Laurent déclara : « Moi, je m’offre au seul vrai Dieu en sacrifice d’agréable odeur, parce que le sacrifice qui convient à Dieu c’est un cœur broyé et humilié (Ps 50, 19) ». Comme les bourreaux activaient le feu, il dit au tyran : « Apprends, malheureux, que ce brasier m’apporte le rafraîchissement, mais à toi le supplice éternel. Maintenant que je suis cuit d’un côté, tourne-moi donc de l’autre ! » Quand on l’eut retourné, il adressa une dernière prière : « je te rends grâce, Seigneur Jésus-Christ, parce que j’ai mérité de franchir les portes de ton Royaume ». Puis il rendit l’esprit. Hippolyte alla l’enterrer secrètement dans la propriété de la veuve Kyriaquie, en compagnie du prêtre Justin . Il fut dénoncé et bientôt arrêté, mais un ange vint le délivrer et le transporta dans sa maison, où il fit de touchants adieux à ses parents et à ses serviteurs, et leur offrit un festin. Ils se trouvaient tous attablés quand les soldats surgirent et s’emparèrent à nouveau d’Hippolyte pour le conduire devant l’empereur. Espérant vaincre sa résolution, le souverain le fit revêtir de ses ornements militaires et lui promit de plus grands honneurs encore. Mais le saint resta inflexible et déclara qu’il ne souhaitait plus qu’un seul honneur : celui de servir dans la milice du Christ. Flagellé avec des chaînes portant à leurs extrémités des crochets, il fut ensuite attaché derrière des chevaux sauvages qui traînèrent le valeureux martyr sur une longue distance. C’est ainsi qu’il remporta la palme de la victoire, précédé de peu par sa nourrice, Concordia, et les gens de sa maison qu’il avait convertis . On raconte que, sept jours après son martyre, saint Hippolyte apparut à l’empereur et à son fils qui se rendaient à l’amphithéâtre, et qu’il les châtia avec des chaînes de feu invisibles.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Transfiguration, ton 7

Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ notre Dieu, laissant tes Disciples contempler ta gloire-autant qu’ils le pouvaient: fais briller aussi sur les pécheurs que nous sommes ton éternelle clarté, par les prières de la Mère de Dieu; Source de lumière, gloire à toi.

Tropaire de saint Laurent, ton 3

Allumé par l’Esprit divin, comme braise tu consumas les ronces de l’erreur, archidiacre du Christ, victorieux martyr Laurent; et comme encens de spirituelle suavité tu brûlas pour celui qui t’a glorifié, atteignant par le feu ton ultime perfection; de tout dommage garde les fidèles vénérant ton souvenir.

Kondakion de saint Laurent, ton 2

Ton cœur au feu divin se consumant, tu as réduit en cendres le brasier des passions, soutien des Athlètes victorieux, Laurent, saint martyr porteur-de-Dieu; au combat tu t’écrias, plein de foi: Nul ne pourra me séparer de l’amour du Seigneur.

Kondakion de la Transfiguration, ton 4

Sur la montagne tu t’es transfiguré et tes Disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ notre Dieu, pour autant qu’ils le pouvaient, afin qu’en te voyant sur la croix ils comprennent que ta Passion était voulue et proclament à la face du monde que tu es en vérité le reflet de la splendeur et de la gloire du Père.

Évangile du jour

(Mc I, 23-28)

l se trouva dans leur synagogue un homme qui avait un esprit impur, et qui s’écria: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es: le Saint de Dieu. Jésus le menaça, disant: Tais-toi, et sors de cet homme. Et l’esprit impur sortit de cet homme, en l’agitant avec violence, et en poussant un grand cri. Tous furent saisis de stupéfaction, de sorte qu’il se demandaient les uns aux autres: Qu’est-ce que ceci? Une nouvelle doctrine! Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent! Et sa renommée se répandit aussitôt dans tous les lieux environnants de la Galilée.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

22 août

22 août

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints Agathonique, Zotique, Zenon, Théoprèpe, Akindynos, Sévérien et leurs compagnons, martyrs à Nicomédie (IVème s.) ; sainte Anthouse de Séleucie (298), saints Charissime et Néophyte (270-275), ses serviteurs, et saint Athanase, évêque de Tarse, martyrs (vers 260) ; sainte Eulalie, vierge, martyre à Barcelone (vers 303) ; saint Symphorien, martyr à Autun (IIIème s.) ; saint Isaac d’Optino (1894) ; saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie (1934) ; saints martyrs de Russie : Macaire, évêque d’Orel, Jean Boyarchinov et Alexis Naoumov, prêtres (1918) ; Théodore, évêque de Penza, et avec lui Basile Smirov et Gabriel Arkhangelsk, prêtres (1937) ; Jean, évêque de Veliki Louki, Alexis, archevêque d’Omsk, Alexandre Ratkovsky, Michel Lioubertsev et Théodore Maliarovsky, prêtres, moines Hilarion Tsourikov, Jean Laby et Hiérothée Glazkov (1937).

 

SAINT ALEXIS D’UGINE[1]

Saint Alexis (Medvedkov), prêtre à Ugine en Savoie (1934)

Né en 1861, dans la région de Smolensk, le père Alexis Medvedkov étudia d’abord au séminaire de cette région puis à Saint-Pétersbourg. À l’issue de ses études, ne parvenant pas à se décider sur sa vocation sacerdotale, il alla demander conseil à saint Jean de Cronstadt [20 déc.] qui lui donna sa bénédiction. Cet entretien le marqua tellement que la personnalité de saint Jean resta son modèle pour tout le reste de sa vie et de son ministère pastoral. Ordonné prêtre en 1895, il fut assigné dans petite paroisse de Vroudy, dans la région de Saint-Pétersbourg. Pendant vingt-quatre ans, il se consacra avec zèle à l’édification spirituelle de ses ouailles, particulièrement des enfants. Distingué pour son activité pastorale, il devint une des premières victimes du communisme et fut arrêté par les bolcheviques en 1918. Confessant le Christ sous la torture, il fut condamné à mort, mais échappa de peu au peloton d’exécution, grâce à sa fille aînée qui se livra comme otage pour le sauver. Il parvint à émigrer, avec sa famille, en Estonie, qui venait tout juste de recevoir son indépendance. Réduit à une grande pauvreté, il travailla pendant quelques mois comme mineur, puis comme gardien de nuit. Il fut ensuite attaché comme prêtre à la cathédrale de la Théophanie à Iykhvi, et se dépensa beaucoup pour organiser la petite paroisse de Kohtla-Iarve et éduquer les jeunes. Après la mort de son épouse, le Père Alexis vint s’établir en France, avec ses deux filles et son petit-fils (1930). Le métropolite Euloge (Guéorguievsky) (1868 1946), qui dirigeait à l’époque les paroisses russes en Europe occidentale, le reçut à la cathédrale russe de Paris, puis lui confia la petite paroisse Saint-Nicolas d’Ugine en Haute-Savoie, près de Grenoble, pour subvenir aux besoins spirituels des ouvriers russes qui travaillaient à l’usine métallurgique. En plus d’une situation économique précaire, la paroisse s’avéra être une communauté difficile, divisée entre plusieurs tendances. Certains paroissiens ne ménageaient pas leurs critiques à l’égard du Père Alexis pour ses offices liturgiques, qu’ils jugeaient trop longs, ou pour sa façon très modeste de s’habiller. Ils portèrent plainte contre lui auprès du métropolite qui le convoqua à Paris, mais le prélat se rendit bien vite compte que le vieux prêtre, humble et débordant de bonté, était victime de calomnies, et il remplaça le conseil paroissial. Écrasé par les difficultés de la paroisse et dans sa famille, mais remerciant Dieu pour tout, sans rien demander, le Père Alexis se vouait à la prière et distribuait le peu d’argent dont il disposait à ceux qui étaient encore plus que lui dans le besoin. Il célébrait quotidiennement la Divine Liturgie, et se tenait ensuite à la disposition de ses paroissiens, se rendant volontiers chez eux pour célébrer des offices privés. En plus de ses sermons, pleins de sève patristique, il aimait rassembler les enfants et leur parler des merveilles de Dieu. Au bout de quatre ans, il fut atteint d’un cancer des intestins et, son état de santé se dégradant rapidement, il fut transféré à l’hôpital d’Annecy. Ses enfants spirituels venaient l’assister, et il leur demanda de convoquer les paroissiens qui s’étaient opposés à lui, pour leur demander pardon et se réconcilier avec eux avant sa mort. Il s’endormit dans le Seigneur, le 22 août 1934. Sur le conseil du médecin, qui craignait que son corps ne se décompose rapidement, il fut enterré sans retard, en présence de toute la population russe d’Ugine. Vingt-deux ans plus tard, le 22 août 1956, à l’occasion de travaux dans le cimetière, on procéda à l’exhumation, et les ouvriers restèrent stupéfaits de trouver son corps intact, ainsi que les vêtements liturgiques dans lesquels il était enveloppé, comme s’il reposait là depuis quelques jours, alors que le cercueil avait été réduit en poussière. La translation de la sainte relique au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, près de Paris, le 4 octobre 1957, en présence de fidèles de toutes les juridictions de l’émigration, fut un véritable triomphe de l’Orthodoxie. Elles furent ensuite déposées dans la crypte de l’église, et depuis elles ont accompli de nombreux miracles pour les fidèles qui venaient solliciter l’intercession de saint Alexis.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort.

 

Tropaire du saint martyr Agathonique, ton 3

Brillamment, Agathonique, tu remportas le trophée de ta victoire sur l’erreur et méritas les incorruptibles trésors; car, ayant imité la mort du Seigneur, tu as reçu ta part d’éternelle vie; illustre martyr, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

 

 

 

Tropaire de saint Alexis d’Ugine, ton 3

Pasteur bien-aimé du Christ Dieu, tu fus une règle de foi et un exemple de miséricorde. Tu brillas par ta sollicitude envers ton troupeau à l’étranger, et tu fus révélé comme étant glorifié par Dieu. C’est pourquoi reposant avec ton corps dans l’incorruptibilité, et en esprit te tenant devant le trône divin, prie le Christ Dieu de nous affermir dans l’orthodoxie et la piété et de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr Agathonique, ton 1

Saint Martyr qui avais en partage le bon renom, tu fis cesser la vénération des hommes pervers, sans craindre toute espèce de châtiments; c’est pourquoi tu héritas les biens éternels, Agathonique, et tu fus digne d’obtenir avec tes compagnons de lutte la couronne des cieux.

 

Kondakion de saint Alexis d’Ugine, ton 4

Règle de foi et exemple de miséricorde, par ta vie pieuse tu t’es montré parmi les prêtres le prêtre du Dieu-Roi. C’est pourquoi tu te réjouis maintenant avec les choeurs angéliques, jubilant dans les demeures célestes. Ô Père Alexis, glorieux pasteur, prie le Christ Dieu d’affermir en notre pays l’orthodoxie, la paix et la piété et de sauver nos âmes.

 

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

 

Évangile du jour

(Mc I, 16-22)

Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer; car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit: Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, et le suivirent. Étant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets. Aussitôt, il les appela; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent. Ils se rendirent à Capernaüm. Et, le jour du sabbat, Jésus entra d’abord dans la synagogue, et il enseigna. Ils étaient frappés de sa doctrine; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

5 août (ancien calendrier) / 18 août (nouveau)

5 août (ancien calendrier) / 18 août (nouveau)

Carême de la Dormition

Avant-Fête de la Transfiguration de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362) ; saints Anter (236) et saint Fabien, papes de Rome, martyrs (250) ; saint Ponce, martyr de Cimiez (257) ; saint Yon, martyr en Ile-de-France (IIIème s.)  ; saint Memmie, évêque de Châlons-en-Champagne (IIIème s.) ; saints Cantide, Cantidien et Soleb, martyrs en Égypte (IVème s.) ; sainte Nonne, mère de saint Grégoire le Théologien (374) ; saint Cassien, évêque d’Autun (IVème s.) ; saint Venance, évêque de Viviers (544) ; saint Viâtre, ermite en Sologne (VIème s.) ; saint Abel, archevêque de Reims (770) ; saint néomartyr Christos de Prévéza (1668) ; saint Jean de Chozeba, moine (1960) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Étienne Khitrov, prêtre (1918) ; martyres Eudocie Cheïkov, Daria Oulybina, Daria Timaguine et Marie Neizvestny (1919) ; Simon, évêque d’Oufa (1921) ; Jean Smirnov, diacre (1939).

SAINT MARTYR EUSIGNE D’ANTIOCHE [1]

Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362)
Fresque du monastère Ravanica, Serbie (14e siècle)

Le saint et glorieux martyr Eusigne demeurait à Antioche. Âgé de cent dix ans, il avait servi pendant plus de soixante années dans l’armée, sous Constance Chlore, saint Constantin, Constance et Julien l’Apostat (361). Un jour, deux païens lui demandèrent de les départager dans une querelle, mais celui que le vénérable vieillard avait déclaré coupable alla le dénoncer à l’empereur Julien, sous prétexte qu’il ne se contentait pas d’adorer le Crucifié, mais qu’il s’arrogeait de plus le pouvoir judiciaire, privilège de l’empereur. Julien le fit aussitôt convoquer et lui demanda avec colère qui lui avait permis de se comporter en rival de son pouvoir. Comme le saint lui répliquait que la véritable cause de ce jugement était sa religion, Julien ordonna aux secrétaires de cesser l’enregistrement de ses déclarations et il le menaça de le faire exécuter comme un brigand. Mais lui rappelant ses longues années de service auprès de ses prédécesseurs, Eusigne le pria d’être soumis à un jugement régulier. Le lendemain, comme l’empereur devait se rendre à Césarée de Cappadoce en vue d’y recruter des troupes pour sa campagne en Perse, il fit emmener le vieillard. Eustochios, diacre de l’Église d’Antioche et parent du saint, suivit le cortège en secret et parvint à approcher le prisonnier qui le pria d’engager un secrétaire pour consigner par écrit les Actes de son procès, afin que les chrétiens puissent en tirer profit. Eustochios lui promit qu’il se chargerait lui-même de cette tâche, serait-ce au péril de sa vie. Dès qu’il parvint à Césarée, Julien fit comparaître Eusigne qui, malgré son âge, rayonnait d’une telle force physique et spirituelle, que tous les assistants en restèrent admiratifs. Le souverain lui montra les instruments de torture exposés et lui commanda de sacrifier à Zeus. Eusigne lui répondit : « Que le diable se contente de t’avoir arraché à la vie éternelle pour te vouer aux tourments éternels de l’enfer ! Quant à moi, je ne sacrifierai pas aux idoles. » Sur l’ordre de l’empereur, il fut alors étendu sur le chevalet et les bourreaux, après lui avoir écorché la peau, lui passèrent des torches enflammées sur le corps. Alors que l’âcre odeur des chairs brûlées remplissait l’endroit, l’empereur renouvela sa demande. Eusigne répliqua à l’Apostat en lui reprochant de se montrer indigne successeur de son illustre parent, saint Constantin le Grand, qu’il avait servi et à la suite duquel il s’était lui-même converti. Et le vétéran raconta comment Constantin, ayant été pris par des Perses qui voulaient le sacrifier à leurs dieux, il était intervenu et l’avait sauvé par l’assistance du Christ, et comment il s’était converti à la suite de ce miracle . À l’audition de ce récit, de nombreux soldats présents se montrèrent disposés à croire au Christ. C’est pourquoi Julien ordonna d’en finir au plus vite et de décapiter le vénérable Eusigne, dont les funérailles furent célébrées, dit-on, par saint Basile le Grand. Aussitôt après l’exécution, l’empereur Julien partit en campagne contre les Perses, au cours de laquelle il trouva la mort. On rapporte qu’au moment de rendre son âme misérable, il se serait écrié : « Tu as vaincu, Nazaréen ! »

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

Allons à la rencontre du Christ transfiguré, fidèles, célébrant dans la joie l’Avant-fête, et disons: de la divine allégresse voici qu’approche le jour, car le Seigneur gravit la montagne du Thabor pour rayonner de sa divine splendeur.

Tropaire du saint martyr Eusigne, ton 4

Toi que remplissait la foi du Christ, tu possédas en tes vieux jours la jeunesse de l’esprit, glorieux martyr Eusigne, c’est pourquoi tu confondis avec courage l’Apostat en confessant le Verbe, suprême Dieu; et dans la nuée des Témoins, tu as reçu la gloire des martyrs.

 Kondakion de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

En ce jour par la divine Transfiguration le genre humain tout entier divinement resplendit, s’écriant plein de joie: Le Christ se transfigure, sauvant le monde entier.

 

Kondakion du saint martyr Eusigne, ton 8

En ce jour l’Eglise honore le Témoin de la foi et le champion de la sainte Trinité, glorifiant Eusigne en ses divins exploits et sans cesse s’écriant: Par ses prières garde tes serviteurs, ô Dieu de bonté.

 

Évangile du jour

(Matth. XXIV, 27-33, 42-51)

Comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles. Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur, qui dise en lui-même: Mon maître tarde à venir, s’il se met à battre ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites: c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

12 août

12 août

Carême de la Dormition

Après-fête de la Transfiguration de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Saints Photios et Anicet, martyrs à Nicomédie (305-306) ; saint Alexandre, évêque de Comane, martyr dans le Pont (270) ; saints Pamphile et Capiton, martyrs ; saint Venance, évêque de Viviers sur le Rhône (544) ; sainte Clarisse, abbesse près de Remiremont (VIIème s.) ; saint Porcaire et les 500  moines martyrs à Lérins (vers 732) ; saints Géronte, Sérapion, Germain, Bessarion, Michel et Simon, moines au monastère de Garèdja, martyrs (1851) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Barlaam (Konoplev), archimandrite du monastère de Saint-Nicolas à Belgorod, et de ses compagnons : Antoine, Serge, Élie, Venceslas, Joasaph, Jean, Bessarion, Michée, Matthieu, Euthyme, Barnabé, Hermogène, Arcade, Euthyme et Marcel, Jean, Serge, Démètre, Sabbas, Jacques, Pierre, Jacques, Alexandre, Théodore, Alexis et Pierre moines (1918) ; ainsi que des saints martyrs Léonide Biryoukovitch, Jean Nikolski et Nicolas Dobrooumov, prêtres (1937).

 

SAINTS PHOTIOS ET ANICET[1]

 Ces deux saints et glorieux martyrs vivaient à Nicomédie sous le règne de Dioclétien (vers 304). L’empereur ayant publié un édit qui ordonnait à tous les citoyens de manifester leur loyauté en offrant un culte aux idoles et menaçait les chrétiens de toutes sortes de tortures et d’exil aux extrémités du monde, la population de la capitale de l’Orient se trouvait fort en émoi. Un grand nombre de chrétiens, par peur des tortures ou par respect humain, renièrent le Dieu unique et se soumirent, tandis que ceux dont la foi était profondément enracinée dans leur cœur résistèrent courageusement aux menaces et, s’armant du signe de la Croix victorieuse, ils confessèrent à haute voix le Nom du Christ s’offrant ainsi aux tortures. La persécution s’étendit aux diverses villes de l’Empire, faisant d’innombrables victimes. Au bout de deux ans, Dioclétien se rendit lui-même de Thessalonique à Nicomédie pour se rendre compte de la manière dont ses édits avaient été appliqués. Il réunit le Sénat, en présence de son armée, et ordonna d’exposer catapultes, roues, grils et autres instruments de torture dont la vue seule glaçait d’horreur tous les assistants. Puis il se mit à haranguer la foule. Tous se tenaient cois, terrorisés, quand un des membres du Sénat, le comte Anicet, qui se distinguait tant par sa vaste culture que par sa sagesse, sortit des rangs et, s’avançant vers l’empereur, il s’adressa à lui avec hardiesse et se moqua des vaines menaces que le tyran devait employer pour protéger des idoles inertes et incapables de se défendre elles-mêmes. Puis il l’accusa de partir en guerre contre le Dieu vivant, en obligeant les hommes qui ont été créés à son image et à sa ressemblance à se prosterner devant des pierres taillées et du bois sculpté. Seul le Christ, ajouta-t-il, est le véritable Seigneur du ciel et de la terre, et par lui toute autorité est donnée aux rois et aux gouvernants, car c’est lui qui a orné le ciel de ses astres et la terre de la splendeur de ses plantes et de ses animaux, pour servir l’homme et l’inviter à rendre gloire à Dieu. Rendu furieux par cette liberté de langage, Dioclétien accusa Anicet de blasphème contre les dieux. Mais le saint répliqua aussitôt, en demandant à l’empereur de lui démontrer par de solides arguments en quoi consistaient les bienfaits des idoles que l’on ne peut en aucune façon appeler des « dieux », puisqu’elles ont besoin d’être sculptées et décorées. Puis il confessa sa foi en un seul Dieu en trois Personnes : Père, Fils et Saint-Esprit, qui accorde aux chrétiens sa grâce pour les faire triompher du Prince de ce monde. La foule ayant pris parti pour Anicet, le tyran voulut déclencher un massacre ; mais le général Placide l’en dissuada en lui rappelant qu’un souverain doit se distinguer par sa mansuétude.

Dioclétien fit alors flageller le saint à coups de nerfs de bœuf, à tel point que ses entrailles apparaissaient. Bien digne de son nom (« invincible »), Anicet continuait cependant de confesser imperturbablement le Nom du Sauveur. Sur ordre de l’empereur, on lâcha contre lui un lion gigantesque, dont le rugissement fit presque mourir de terreur les assistants. Mais, au moment où il allait atteindre le saint, le fauve fut soudain arrêté dans son élan et, devenu aussi doux qu’un agneau, il alla délicatement essuyer de sa patte la sueur qui coulait du visage du martyr. Comme Anicet achevait sa prière d’action de grâces, un terrible séisme ébranla Nicomédie, renversant la grande statue d’Hercule, qui fut réduite en miettes, et détruisant les quartiers nord de la ville, où de nombreux païens périrent sous les décombres. L’empereur, endurci dans son impiété, attribua cette catastrophe à la colère des dieux et ordonna de décapiter sans retard le saint. Mais le soldat chargé de cette tâche, Bibinos, eut soudain la main paralysée et ne put frapper Anicet de son glaive. On modifia donc la sentence, et le martyr fut attaché en croix à une roue suspendue au-dessus d’un brasier. Les membres déchirés et la chair calcinée, le saint s’approchait encore davantage de Dieu par une prière plus ardente que tous les feux de la terre. Et en réponse à sa prière, ses liens se trouvèrent consumés par le feu qui s’éteignit ensuite. Alors que saint Anicet venait d’être sauvé par un ange d’un chaudron en fusion dans lequel il avait été plongé, son neveu Photios courut vers lui pour l’embrasser et rendre avec lui grâces à Dieu pour ces signes éminents de sa faveur envers ses serviteurs. Comme il se moquait des idoles et se déclarait prêt à mourir avec son oncle pour recevoir au Ciel les trophées de la victoire, sur un signe du tyran, un soldat se précipita sur lui. Mais soudain aveuglé par la grâce, il tourna son glaive contre lui-même et se frappa mortellement. Les deux saints furent alors chargés de lourdes chaînes et jetés en prison. Ils y retrouvèrent saint Lucien d’Antioche [15 oct.] et ses disciples, qui avaient été transférés d’Orient à Nicomédie pour y être jugés. Les martyrs s’embrassèrent chaleureusement et Lucien les exhorta à rester fermes dans leur confession du seul vrai Dieu, et à ne pas craindre les menaces des tyrans qui n’ont pouvoir que sur le corps, mais restent impuissants devant la ferme résolution de l’âme. Il acheva son discours en disant : « La terre elle-même crie vers Dieu, abreuvée qu’elle est par le sang des martyrs ! Et vous, confessant le Christ, vous allez entrer dans le Royaume des cieux. » Séparés de saint Lucien, Anicet et Photios comparurent au bout de trois jours devant l’empereur qui essaya de les soumettre par une feinte complaisance et par des promesses de richesses et d’honneurs. Ils lui répliquèrent d’une seule voix : « Que tes honneurs et tes promesses s’en aillent avec toi à la perdition ! » Furieux, Dioclétien ordonna de leur brûler les entrailles avec des torches, puis il les fit lapider par la foule dans l’amphithéâtre. Comme leurs corps restaient miraculeusement indemnes et resplendissants de la grâce de l’incorruptibilité, ils furent traînés derrière des chevaux sauvages et l’on saupoudra leurs plaies de sel avant de les renvoyer en prison. Ils restèrent incarcérés pendant plus de trois ans, tandis que la persécution continuait de faire rage dans tout l’Empire. Finalement, l’empereur se souvint d’eux et, après un nouvel interrogatoire, au cours duquel ils se montrèrent inflexibles, il les fit jeter dans la chaudière du bain d’Antonin, dont on avait attisé le feu pendant trois jours. Mais à la prière des saints, les marbres se fendirent et laissèrent l’eau du bain se déverser et éteindre la fournaise. Après tant de tourments qui avaient tourné à leur gloire, saint Anicet et Photios rendirent finalement avec joie leurs âmes à Dieu en étant brûlés vifs. Trois heures durant leurs corps restèrent exposés sur le gril sans même que leurs cheveux ne fussent consumés. Une fois le brasier éteint, les chrétiens bravèrent le détachement de soldats et se précipitèrent pour recueillir leurs précieuses reliques et les mettre en sûreté. De longues années après, la persécution ayant cessé, l’endroit où se trouvaient cachées les reliques des saints martyrs, fut révélé par Dieu au chorévêque Doukitios, qui les transféra dans une église édifiée en leur honneur dans le quartier de Boanès, où elles accomplirent de nombreuses guérisons.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Transfiguration, ton 7

Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ notre Dieu, laissant tes Disciples contempler ta gloire-autant qu’ils le pouvaient: fais briller aussi sur les pécheurs que nous sommes ton éternelle clarté, par les prières de la Mère de Dieu; Source de lumière, gloire à toi.

Tropaire des saints Photius et Anicet, ton 3

Par vos luttes sacrées vous avez montré, en plus de la familiale solidarité, l’unanimité de votre foi en Dieu, bienheureux martyr Anicet et Photius, serviteur de la Lumière sans déclin; demandez-lui d’accorder la rémission de leurs péchés aux fidèles qui chantent votre sainte passion.

Tropaire de saint Maxime (à cause de la clôture de la fête le 13), ton 8:

Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, luminaire universel, ornement des moines, inspiré de Dieu, saint Maxime, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

 

Kondakion des saints Photios et Anicet, ton 2

Célébrons les hoplites fidèles de Dieu: louange à l’attelage de gloire du Christ; nous tous, les amis des Martyrs, chantons ces vaillants prédicateurs de la foi et couronnons de nos hymnes ces vrais amis du Seigneur.

 

Kondakion de saint Maxime, ton 6

Demeurant dans ton âme, la lumière au triple feu a fait de toi un instrument de choix, Bienheureux; car tu éclaires pour les confins de l’univers, Maxime, les vérités concernant notre Dieu et l’interprétation de concepts difficiles à saisir en proclamant pour tous clairement l’éternelle et suprême divinité, vénérable Père, la sainte Trinité.

 

Kondakion de la Transfiguration, ton 4

Sur la montagne tu t’es transfiguré et tes Disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ notre Dieu, pour autant qu’ils le pouvaient, afin qu’en te voyant sur la croix ils comprennent que ta Passion était voulue et proclament à la face du monde que tu es en vérité le reflet de la splendeur et de la gloire du Père.

 

ÉVangile du jour

(Matth. XVII, 24 – XVIII,4)

Lorsqu’ils arrivèrent à Capernaüm, ceux qui percevaient les deux drachmes s’adressèrent à Pierre, et lui dirent: Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes?

Oui, dit-il. Et quand il fut entré dans la maison, Jésus le prévint, et dit: Que t’en semble, Simon? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts? de leurs fils, ou des étrangers? Il lui dit: Des étrangers. Et Jésus lui répondit: Les fils en sont donc exempts. Mais, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra; ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi. En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

10 août

10 août

Carême de la Dormition

Après-fête de la Transfiguration de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Laurent, archidiacre, saint Sixte II, pape de Rome, saints Félicissime et Agapit, diacres, martyrs à Rome (258) ; saint Dinault, martyr en Beauvais (Vème siècle) ; saint Laurent, fol en Christ à Kalouga (1515) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Venceslas Zakedsky, prêtre (1918) ; Athanase Kislov, prêtre (1937) ; Synaxe des saints nouveaux martyrs et confesseurs de Solovki.

 

SAINTS LAURENT, ARCHIDIACRE, ET SIXTE PAPE DE ROME [1]

Saint Sixte (ou Xyste) était grec de naissance et il avait étudié la philosophie à Athènes avant de venir s’installer à Rome sous le règne de l’empereur Valérien et le pontificat de saint Étienne Ier [3 août]. D’abord favorable aux chrétiens, l’e

Saint Laurent, archidiacre, saint Sixte II, pape de Rome, saints Félicissime et Agapit, diacres, martyrs à Rome (258)

mpereur, qui était tombé sous l’influence de mages et de devins égyptiens après une expédition malheureuse en Orient, publia un édit qui interdisait l’exercice public du culte et prescrivait à tous les clercs de sacrifier aux dieux sous peine d’exil. Saint Étienne ayant été l’une des premières victimes de cette persécution, Sixte fut consacré pour lui succéder. La persécution s’intensifia alors et l’on décréta que les évêques, prêtres et diacres seraient exécutés sur simple constatation de leur identité, tandis que les laïcs seraient condamnés à la dégradation et aux travaux forcés. Saint Sixte fut arrêté et conduit, après un premier interrogatoire, à la tristement célèbre prison Mamertine. Sur le chemin, son archidiacre Laurent le rencontra et lui dit avec larmes : « Où vas-tu, Père, sans ton fils ? Quel sacrifice t’apprêtes-tu à célébrer sans ton diacre ? Est-ce que tu m’en as trouvé indigne ? Est-ce que tu refuseras à celui que tu as admis aux saints Mystères d’être ton compagnon pour verser son sang ? »  L’évêque lui répondit : « Non, mon fils, je ne t’abandonne pas, mais de plus grands combats te sont réservés. Nous, comme des vieillards, nous sommes engagés dans un léger combat. Mais pour toi, jeune homme vigoureux, un triomphe plus glorieux sur le tyran t’attend. Cesse de pleurer. Dans trois jours, le diacre suivra le prêtre. » Et, avant de lui donner le baiser de paix, il lui confia le soin d’administrer en son nom les biens de l’Église. Laurent accomplit aussitôt sa tâche selon Dieu, en distribuant les richesses de l’Église aux clercs et aux pauvres. Sur le mont Cœlius, il rencontra une veuve, nommée Kyriaquie, qui cachait chez elle beaucoup de chrétiens. À la faveur de la nuit, il leur apporta de l’argent et des vêtements, et passa ensuite dans diverses maisons, guérissant les malades et lavant les pieds des fidèles à l’imitation du Seigneur. Comme le pape avait été condamné à être décapité sur la voie Appienne, saint Laurent se rendit sur son passage et lui cria : « Ne me laisse pas, Père saint, parce que j’ai déjà distribué les trésors que tu m’avais confiés. » Entendant parler de trésors, les soldats s’emparèrent aussitôt de Laurent et le conduisirent au tribun Parthénius qui avertit l’empereur. Jeté en prison et confié à la garde du tribun Hippolyte, saint Laurent guérit par sa prière et convertit un aveugle nommé Lucillus. À cette nouvelle, de nombreux autres aveugles accoururent et furent tous guéris par le saint, qui baptisa en outre Hippolyte avec les dix-neuf personnes de sa maison. Convoqué par Valérien, qui le somma de lui livrer ses trésors, Laurent demanda qu’on lui procure, après un délai de trois jours, des chars en grande quantité. Entre temps, il fit convoquer dans la maison d’Hippolyte des aveugles, boiteux, malades et miséreux de toutes sortes, puis, les ayant placés sur les chars, il vint les présenter au palais en annonçant : « Voici les trésors éternels de l’Église, qui ne diminuent pas et augmentent toujours, qui sont répandus en chacun et se trouvent en tous. » Pris de fureur, Valérien s’écria : « Sacrifie aux dieux et oublie l’art magique dans lequel tu te confies. » Saint Laurent répliqua que rien ne lui ferait préférer le culte des démons au Créateur de toutes choses. Il fut alors livré à la torture puis jeté en prison. Après un second interrogatoire au palais de Tibère sur le mont Palatin, on lui appliqua sur le corps des lames de fer rougies au feu, et on le fustigea avec des fouets plombés et des chaînes garnies de crochets à leurs extrémités. Devant son endurance surnaturelle, un soldat, Romain, se convertit et fut exécuté sur-le-champ. Un troisième interrogatoire eut lieu aux Thermes situés près du palais de Salluste. L’empereur fit fracasser les mâchoires du saint à coups de pierres, puis il ordonna de le dépouiller de ses vêtements et de l’étendre sur un lit en forme de gril posé sur des charbons ardents. Sommé une dernière fois de sacrifier aux dieux, Laurent déclara : « Moi, je m’offre au seul vrai Dieu en sacrifice d’agréable odeur, parce que le sacrifice qui convient à Dieu c’est un cœur broyé et humilié (Ps 50, 19) ». Comme les bourreaux activaient le feu, il dit au tyran : « Apprends, malheureux, que ce brasier m’apporte le rafraîchissement, mais à toi le supplice éternel. Maintenant que je suis cuit d’un côté, tourne-moi donc de l’autre ! » Quand on l’eut retourné, il adressa une dernière prière : « je te rends grâce, Seigneur Jésus-Christ, parce que j’ai mérité de franchir les portes de ton Royaume ». Puis il rendit l’esprit. Hippolyte alla l’enterrer secrètement dans la propriété de la veuve Kyriaquie, en compagnie du prêtre Justin . Il fut dénoncé et bientôt arrêté, mais un ange vint le délivrer et le transporta dans sa maison, où il fit de touchants adieux à ses parents et à ses serviteurs, et leur offrit un festin. Ils se trouvaient tous attablés quand les soldats surgirent et s’emparèrent à nouveau d’Hippolyte pour le conduire devant l’empereur. Espérant vaincre sa résolution, le souverain le fit revêtir de ses ornements militaires et lui promit de plus grands honneurs encore. Mais le saint resta inflexible et déclara qu’il ne souhaitait plus qu’un seul honneur : celui de servir dans la milice du Christ. Flagellé avec des chaînes portant à leurs extrémités des crochets, il fut ensuite attaché derrière des chevaux sauvages qui traînèrent le valeureux martyr sur une longue distance. C’est ainsi qu’il remporta la palme de la victoire, précédé de peu par sa nourrice, Concordia, et les gens de sa maison qu’il avait convertis . On raconte que, sept jours après son martyre, saint Hippolyte apparut à l’empereur et à son fils qui se rendaient à l’amphithéâtre, et qu’il les châtia avec des chaînes de feu invisibles.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de la Transfiguration, ton 7

Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ notre Dieu, laissant tes Disciples contempler ta gloire-autant qu’ils le pouvaient: fais briller aussi sur les pécheurs que nous sommes ton éternelle clarté, par les prières de la Mère de Dieu; Source de lumière, gloire à toi.

Tropaire de saint Laurent, ton 3

Allumé par l’Esprit divin, comme braise tu consumas les ronces de l’erreur, archidiacre du Christ, victorieux martyr Laurent; et comme encens de spirituelle suavité tu brûlas pour celui qui t’a glorifié, atteignant par le feu ton ultime perfection; de tout dommage garde les fidèles vénérant ton souvenir.

Kondakion de saint Laurent, ton 2

Ton cœur au feu divin se consumant, tu as réduit en cendres le brasier des passions, soutien des Athlètes victorieux, Laurent, saint martyr porteur-de-Dieu; au combat tu t’écrias, plein de foi: Nul ne pourra me séparer de l’amour du Seigneur.

Kondakion de la Transfiguration, ton 4

Sur la montagne tu t’es transfiguré et tes Disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ notre Dieu, pour autant qu’ils le pouvaient, afin qu’en te voyant sur la croix ils comprennent que ta Passion était voulue et proclament à la face du monde que tu es en vérité le reflet de la splendeur et de la gloire du Père.

 

Évangile du jour

(Matth. XXI, 43-46)

C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Après avoir entendu ses paraboles, les principaux sacrificateurs et les pharisiens comprirent que c’était d’eux que Jésus parlait, et ils cherchaient à se saisir de lui; mais ils craignaient la foule, parce qu’elle le tenait pour un prophète.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

27 juillet (ancien calendrier) / 9 août (nouveau)

27 juillet (ancien calendrier) / 9 août (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305) ; sainte Anthuse, martyrisée pour les saintes Icônes avec 90 moniales en Paphlagonie (VIIIème s.) ; saint Désiré, évêque de Besançon (414) ; saint Ours, évêque de Troyes (vers 426) ; saint Éthère, évêque d’Auxerre (571) ; saints Ours et Leubais, ermites et abbés en Touraine (VIème s.) ; saint Clément, évêque d’Ohrid, diciple de saint Naum (vers 893) ; saint Clément, égal-aux-apôtres, évêque d’Ohrid (916) ; saint Nahum, Sabbas, Gorazd et Angelar, disciples de saints Cyrille et Méthode (Xème s.) ; saint Nicolas, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Joasaph, métropolite de Moscou (1555) ; saint Germain de l’Alaska (1837) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ambroise, évêque de Sarapoul, Platon Gornykh et Pantéléimon Bogoyavlensky, prêtres (1918) ; Jean Soloviev, prêtre (1941).

SAINT PANTÉLÉIMON[1]

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305)
Fresque à Nerezi – Skopje (1164)

Le saint et glorieux martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d’un sénateur païen, Eustorgios, et d’une chrétienne, Euboulée, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l’art médical, au point que l’empereur Maximien Galère, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel. Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché saint Hermolaos [26 juil.], le saint prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l’invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu’un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement. Le cœur exultant de joie à l’audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi. Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d’éprouver la vérité des promesses d’Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l’enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le saint baptême. Il resta ensuite auprès du saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu’il était resté au palais, occupé par la guérison d’un homme proche de l’empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n’en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu’il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l’aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l’homme retrouva l’usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l’âme, car il reconnut que le Christ l’avait guéri. Il fut baptisé par saint Hermolaos, en compagnie d’Eustorgios, qui s’endormit en paix peu après.

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s’adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies . Les autres médecins de Nicomédie se mirent à nourrir à son égard des sentiments de jalousie, et comme il avait soigné un chrétien qui venait d’être torturé par ordre de l’empereur, ils saisirent l’occasion pour aller le dénoncer à Maximien. Ayant écouté avec tristesse leur plainte contre son protégé, l’empereur fit convoquer l’ex-aveugle et l’interrogea sur le moyen qu’avait employé Pantoléon pour lui rendre la vue. Tel l’aveugle-né de l’Évangile, l’homme répondit avec simplicité qu’il l’avait guéri en invoquant le Nom du Christ et que ce miracle lui avait procuré la vraie lumière, celle de la foi. Furieux, l’empereur le fit aussitôt décapiter et envoya ses hommes quérir Pantoléon. Lorsque le saint fut devant lui, il lui reprocha d’avoir trahi sa confiance, et l’accusa de faire injure à Asclépios et aux autres dieux par sa foi au Christ, un homme qui était mort crucifié. Le saint lui répondit que la foi et la piété envers le vrai Dieu sont supérieures à toutes les richesses et à tous les honneurs de ce monde de vanité, et pour appuyer ses dires il proposa à Maximien de le mettre à l’épreuve. On amena donc un paralytique, sur lequel les prêtres païens firent d’abord leurs incantations, saluées par les moqueries du saint. Leurs efforts étant restés sans effet, Pantoléon fit monter vers Dieu sa prière et prenant le paralytique par la main, il le releva au Nom du Christ. De nombreux païens, voyant l’homme marcher en exultant de joie, crurent alors au vrai Dieu, tandis que les prêtres païens pressaient l’empereur de mettre à mort ce dangereux rival. Comme Maximien lui rappelait les tortures infligées quelque temps auparavant à saint Anthime [3 sept.], Pantoléon répliqua que si un vieillard avait montré un tel courage, à plus forte raison, les jeunes devaient se montrer vaillants dans l’épreuve. Ni flatteries ni menaces ne pouvant le résoudre, le tyran le livra à la torture. Attaché à un poteau, on lui lacéra les flancs avec des ongles de fer, puis on lui passa des torches enflammées sur les plaies. Mais le Christ, apparaissant au saint martyr sous les traits de son père spirituel saint Hermolaos, lui dit : « Ne crains rien, mon enfant, car je suis avec toi, et je te porterai secours en tout ce que tu souffriras pour moi. » Aussitôt les torches s’éteignirent et les plaies du saint se trouvèrent guéries. Par la suite, qu’il soit plongé dans du plomb fondu ou jeté à la mer chargé d’une lourde pierre, dans toutes les épreuves, le Seigneur l’accompagnait et le gardait indemne. Il fut ensuite livré aux fauves, mais là encore, le Christ le protégea, et les bêtes vinrent se rouler à ses pieds en le léchant tendrement comme l’auraient fait des animaux domestiques. Restant, quant à lui, plus sauvage que les animaux sans raison, l’empereur ordonna de lier le saint à une roue garnie de lames tranchantes, qu’on ferait dévaler d’un lieu élevé devant toute la ville réunie. De nouveau le Seigneur intervint miraculeusement : Il délivra son serviteur de ses liens et la roue écrasa sur son passage un grand nombre d’infidèles.

Comme Maximien lui demandait de qui il tenait cette puissance et comment il avait été amené à la foi chrétienne, Pantoléon indiqua l’endroit où se cachait Hermolaos, car Dieu lui avait révélé que le temps était venu, pour lui et son maître, de le confesser et de trouver la perfection dans le martyre. Après la mort glorieuse de saint Hermolaos et de ses compagnons, le tyran fit de nouveau comparaître Pantoléon et, prétendant que les martyrs s’étaient soumis, il tenta de le convaincre de sacrifier. Pour toute réponse, le bienheureux demanda à les voir. Comme le souverain répondait qu’il les avait envoyés en mission dans une autre ville, Pantoléon répliqua : « Tu as dit la vérité malgré toi, ô menteur, car ils sont maintenant dans la Jérusalem céleste ! » Constatant qu’il ne pourrait pas vaincre sa résolution, Maximien ordonna alors de le décapiter et de brûler son corps. Le saint parvint avec allégresse au lieu de l’exécution, en dehors de la ville, mais au moment où le bourreau brandissait son glaive, celui-ci fondit comme la cire sous l’action du feu. Devant ce miracle, les soldats présents confessèrent le Nom du Christ. Pantoléon les exhorta cependant à accomplir leur besogne, et il éleva une dernière prière. Une voix céleste lui répondit : « Serviteur fidèle, ton désir va maintenant être comblé, les portes du Ciel te sont ouvertes, ta couronne est préparée. Tu seras désormais le refuge des désespérés, le secours des éprouvés, le médecin des malades et la terreur des démons, c’est pourquoi ton nom ne sera plus Pantoléon, mais Pantéléimon . Il inclina la nuque et, quand sa tête tomba, du lait coula de son cou, son corps devint blanc comme neige, et l’olivier desséché auquel il avait été attaché reverdit soudain et donna des fruits en abondance. Les soldats, à qui on avait donné l’ordre de brûler la dépouille du saint, la remirent à des fidèles qui l’ensevelirent pieusement dans la propriété d’Amantios le Scholastique, et ils allèrent proclamer la Bonne Nouvelle en d’autres lieux. Depuis, les reliques de saint Pantéléimon n’ont cessé de procurer la guérison et la grâce du Christ, le seul Médecin des âmes et des corps, à tous ceux qui s’en approchent avec piété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de St Pantéléimon, ton 3

Victorieux martyr et guérisseur Pantéléimon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion  de St Pantéléimon, ton 5

Imitateur de la suprême Compassion, ayant reçu le pouvoir des guérisons, Athlète vainqueur et Témoin du Christ notre Dieu, par tes prières guéris nos spirituelles maladies, écartant les pierres d’achoppement qu’en tout temps met l’ennemi sous les pas de ceux qui ne cessent de chanter: Seigneur, accorde-nous ton salut.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XXI, 28-32)

Que vous en semble? Un homme avait deux fils; et, s’adressant au premier, il dit: Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. Il répondit: Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit: Je veux bien, seigneur. Et il n’alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père? Ils répondirent: Le premier. Et Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

26 juillet (ancien calendrier) / 7 août (nouveau)

26 juillet (ancien calendrier) / 7 août (nouveau)

Saints Hermolaos, Hermippe et Hermocrate, prêtres à Nicomédie, martyrs (305) ; sainte Parascève de Rome, vierge, martyre (138-161) ; sainte Pompée, reine d’Armorique (Vème s.) et sainte Sève, vierge (VIème s.) ; saint Moïse le hongrois des Grottes de Kiev (1043) ; saint hiéromartyr Serge Strelnikov, prêtre (1937).

 SAINT HERMOLAOS[1]

Saints Hermolaos, prêtresà Nicomédie, martyr (305

Ces saints et glorieux martyrs étaient prêtres à Nicomédie au temps de la persécution de Maximien Galère. S’étant cachés dans une maison, ils avaient pu échapper à la mort lorsque le tyran fit brûler dans leur église vingt mille chrétiens, le jour de la Nativité [28 déc.], et ils continuèrent par la suite leur œuvre apostolique. Quand saint Pantéléimon fut arrêté et comparut devant l’empereur [27 juil.], ce dernier lui demanda qui l’avait instruit dans la foi chrétienne. Le saint, ne sachant pas mentir, répondit que le prêtre Hermolaos était son maître et père spirituel. Des soldats furent aussitôt envoyés à la recherche du saint prêtre qu’ils arrêtèrent en compagnie de saints Hermippe et Hermocrate. Traduits devant le tribunal, ils confessèrent que le Christ est le seul Dieu véritable, incarné pour notre Salut, et se moquèrent des idoles sans vie et de tous ceux qui les adoraient. Un tremblement de terre ayant alors ébranlé la ville, l’empereur fit observer aux saints que c’était un signe de la colère des dieux. Mais ils lui répliquèrent: « Comment des statues qui se sont écroulées pourraient-elles être des dieux ? » En effet, on vint aussitôt avertir le tyran que les idoles s’étaient effondrées sous l’effet du séisme. Au comble de la fureur, Maximien fit ramener saint Pantéléimon en prison, et ordonna de décapiter sur-le-champ Hermolaos et ses compagnons. C’est ainsi qu’ils remportèrent la couronne de la victoire, devançant de peu leur disciple dans les demeures célestes.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire des saints martyrs, ton 3

En fidèles prêtres de celui qui vous procura les biens supérieurs, vous avez parcouru joyeusement la voie du témoignage, saints martyrs Hermippe, Hermocrate et Hermolaus, vous les colonnes soutenant l’Eglise du Christ, sans cesse priez-le, tous les trois, de nous accorder la grâce du salut.

Tropaire de sainte Parascève, ton 1

Ayant rendu ton zèle conforme à ton nom, tu as reçu en héritage la promptitude de la foi, Parascève, martyre victorieuse et bien-nommée; c’est pourquoi tu répands les guérisons et tu intercèdes pour nos âmes.

Kondakion de St Hermolaos, ton 4

Comme prêtre ayant vécu pieusement, tu as reçu la couronne du martyre également, tu as éteint les holocaustes, des faux-adieux et guidé en bon pasteur les ouailles du Christ, tu as compté parmi tes disciples saint Pantéléïmon, et nous, par des hymnes te vénérant, nous chantons: de tout mal, Hermolaos, par tes prières délivre-nous.

Kondakion de Ste Parascève, ton 8

Venez, fidèles, chantons d’une même voix une hymne à Parascève pour ses nobles exploits; sur le monde elle brille par ses miracles, en effet, elle qui dissipa les ténèbres de l’erreur et procure abondante grâce aux fidèles s’écriant: Réjouis-toi, martyre aux multiples combats.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XXI, 23-27)

Et il leur répondit: Il est vrai que vous boirez ma coupe; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé. Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

5 août

5 août

Carême de la Dormition

Avant-Fête de la Transfiguration de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362) ; saints Anter (236) et saint Fabien, papes de Rome, martyrs (250) ; saint Ponce, martyr de Cimiez (257) ; saint Yon, martyr en Ile-de-France (IIIème s.)  ; saint Memmie, évêque de Châlons-en-Champagne (IIIème s.) ; saints Cantide, Cantidien et Soleb, martyrs en Égypte (IVème s.) ; sainte Nonne, mère de saint Grégoire le Théologien (374) ; saint Cassien, évêque d’Autun (IVème s.) ; saint Venance, évêque de Viviers (544) ; saint Viâtre, ermite en Sologne (VIème s.) ; saint Abel, archevêque de Reims (770) ; saint néomartyr Christos de Prévéza (1668) ; saint Jean de Chozeba, moine (1960) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Étienne Khitrov, prêtre (1918) ; martyres Eudocie Cheïkov, Daria Oulybina, Daria Timaguine et Marie Neizvestny (1919) ; Simon, évêque d’Oufa (1921) ; Jean Smirnov, diacre (1939).

SAINT MARTYR EUSIGNE D’ANTIOCHE [1]

Saint Eusigne d’Antioche, martyr à Césarée de Cappadoce (362)
Fresque du monastère Ravanica, Serbie (14e siècle)

Le saint et glorieux martyr Eusigne demeurait à Antioche. Âgé de cent dix ans, il avait servi pendant plus de soixante années dans l’armée, sous Constance Chlore, saint Constantin, Constance et Julien l’Apostat (361). Un jour, deux païens lui demandèrent de les départager dans une querelle, mais celui que le vénérable vieillard avait déclaré coupable alla le dénoncer à l’empereur Julien, sous prétexte qu’il ne se contentait pas d’adorer le Crucifié, mais qu’il s’arrogeait de plus le pouvoir judiciaire, privilège de l’empereur. Julien le fit aussitôt convoquer et lui demanda avec colère qui lui avait permis de se comporter en rival de son pouvoir. Comme le saint lui répliquait que la véritable cause de ce jugement était sa religion, Julien ordonna aux secrétaires de cesser l’enregistrement de ses déclarations et il le menaça de le faire exécuter comme un brigand. Mais lui rappelant ses longues années de service auprès de ses prédécesseurs, Eusigne le pria d’être soumis à un jugement régulier. Le lendemain, comme l’empereur devait se rendre à Césarée de Cappadoce en vue d’y recruter des troupes pour sa campagne en Perse, il fit emmener le vieillard. Eustochios, diacre de l’Église d’Antioche et parent du saint, suivit le cortège en secret et parvint à approcher le prisonnier qui le pria d’engager un secrétaire pour consigner par écrit les Actes de son procès, afin que les chrétiens puissent en tirer profit. Eustochios lui promit qu’il se chargerait lui-même de cette tâche, serait-ce au péril de sa vie. Dès qu’il parvint à Césarée, Julien fit comparaître Eusigne qui, malgré son âge, rayonnait d’une telle force physique et spirituelle, que tous les assistants en restèrent admiratifs. Le souverain lui montra les instruments de torture exposés et lui commanda de sacrifier à Zeus. Eusigne lui répondit : « Que le diable se contente de t’avoir arraché à la vie éternelle pour te vouer aux tourments éternels de l’enfer ! Quant à moi, je ne sacrifierai pas aux idoles. » Sur l’ordre de l’empereur, il fut alors étendu sur le chevalet et les bourreaux, après lui avoir écorché la peau, lui passèrent des torches enflammées sur le corps. Alors que l’âcre odeur des chairs brûlées remplissait l’endroit, l’empereur renouvela sa demande. Eusigne répliqua à l’Apostat en lui reprochant de se montrer indigne successeur de son illustre parent, saint Constantin le Grand, qu’il avait servi et à la suite duquel il s’était lui-même converti. Et le vétéran raconta comment Constantin, ayant été pris par des Perses qui voulaient le sacrifier à leurs dieux, il était intervenu et l’avait sauvé par l’assistance du Christ, et comment il s’était converti à la suite de ce miracle . À l’audition de ce récit, de nombreux soldats présents se montrèrent disposés à croire au Christ. C’est pourquoi Julien ordonna d’en finir au plus vite et de décapiter le vénérable Eusigne, dont les funérailles furent célébrées, dit-on, par saint Basile le Grand. Aussitôt après l’exécution, l’empereur Julien partit en campagne contre les Perses, au cours de laquelle il trouva la mort. On rapporte qu’au moment de rendre son âme misérable, il se serait écrié : « Tu as vaincu, Nazaréen ! »

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

Allons à la rencontre du Christ transfiguré, fidèles, célébrant dans la joie l’Avant-fête, et disons: de la divine allégresse voici qu’approche le jour, car le Seigneur gravit la montagne du Thabor pour rayonner de sa divine splendeur.

Tropaire du saint martyr Eusigne, ton 4

Toi que remplissait la foi du Christ, tu possédas en tes vieux jours la jeunesse de l’esprit, glorieux martyr Eusigne, c’est pourquoi tu confondis avec courage l’Apostat en confessant le Verbe, suprême Dieu; et dans la nuée des Témoins, tu as reçu la gloire des martyrs.

Kondakion de l’avant-fête de la Transfiguration, ton 4

En ce jour par la divine Transfiguration le genre humain tout entier divinement resplendit, s’écriant plein de joie: Le Christ se transfigure, sauvant le monde entier.

Kondakion du saint martyr Eusigne, ton 8

En ce jour l’Eglise honore le Témoin de la foi et le champion de la sainte Trinité, glorifiant Eusigne en ses divins exploits et sans cesse s’écriant: Par ses prières garde tes serviteurs, ô Dieu de bonté.

 

Évangile du jour

(Matth. XV, 32-39)

Jésus, ayant appelé ses disciples, dit: Je suis ému de compassion pour cette foule; car voilà trois jours qu’ils sont près de moi, et ils n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. Les disciples lui dirent: Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule? Jésus leur demanda: Combien avez-vous de pains? Sept, répondirent-ils, et quelques petits poissons. Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains et les poissons, et, après avoir rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans les femmes et les enfants. Ensuite, il renvoya la foule, monta dans la barque, et se rendit dans la contrée de Magadan.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 juillet (ancien calendrier) / 2 août (nouveau)

20 juillet (ancien calendrier) / 2 août (nouveau)

Jour de jeûne

Saint Élie, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Rorice, évêque de Limoges (507) ; sainte Sévère, abbesse (vers 680) ; saint Abraham de Galitch (1375) ; sainte Salomé de Jérusalem, martyre (XIIIème s.) ; saint Élie le juste de Géorgie, martyr (1907) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Slovtsov (1918), Alexandre Arkhangelsky, Georges Nikitine, Jean Stebline-Kamensky, Serge Gortinsky et Théodore Yakovlev, prêtres, moines Tikhon Kretchkov, Georges Pojarov, Cyrille Viaznikov et martyr Euthyme Gebenchtchikov et Pierre Viaznikov (1930) ; Alexis Znamensky, prêtre (1938) ; moine Théodore Abrosimov (1941).

 

Saint Prophète Élie[1]

Le saint et grand prophète Élie, cet ange dans la chair qui reçut de Dieu le pouvoir d’ouvrir et de fermer les cieux, était originaire de Theshbé en Galaad (auj. Listib au sud du wadi Yabis) . On raconte qu’au moment de sa naissance, son père vit des hommes vêtus de blanc l’envelopper de langes de feu et, lui attribuant son nom, ils lui donnèrent à manger une flamme, symbole du zèle divin qui allait le dévorer pendant toute sa vie. Dès son enfance, il observait rigoureusement tous les commandements de la Loi et se tenait en permanence devant Dieu par une virginité impassible, un jeûne permanent et une prière ardente, qui rendirent son âme comme le feu et firent de lui le modèle de la vie monastique.

Achab ayant accédé au trône du royaume du Nord, qui avait fait schisme depuis Jéroboam, porta à son comble l’impiété et la dépravation de ses prédécesseurs. Encouragé par sa femme, l’exécrable Jézabel, il persécutait les prophètes et tous les hommes qui restaient fidèles à Dieu, et s’adonnait au culte des faux dieux : Baal et Astarté. Le prophète Élie se rendit alors auprès du roi et lui déclara : « Il vit le Seigneur, Dieu des Armées, le Dieu d’Israël, devant lequel je me tiens aujourd’hui ! Non, il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est par une parole de ma bouche ! » À la parole du prophète, une terrible sécheresse s’abattit alors, comme une fièvre, sur la terre : tout fut desséché, dévasté, brûlé. Hommes, femmes, enfants, animaux domestiques et bêtes sauvages, tous mouraient faute de nourriture, les sources tarissaient, les plantes se flétrissaient, et rien n’échappait au fléau que Dieu avait permis, dans l’espoir que la famine porterait le peuple d’Israël au repentir et à la conversion.

Sur ordre de Dieu, le prophète, qui était vêtu d’une peau de mouton et d’un pagne de cuir, quitta le royaume d’Israël et se rendit au torrent de Chorrath (Kerrith), situé au-delà du Jourdain . Il s’abreuvait de l’eau du torrent et le Seigneur lui envoyait des corbeaux — animaux considérés comme impurs par les Juifs et réputés pour leur cruauté envers leur progéniture — pour lui apporter du pain au matin et de la viande le soir, incitant ainsi son prophète à la miséricorde envers le peuple souffrant . Quand le torrent vint à se tarir lui aussi, Dieu envoya son serviteur à Sarepta de Sidon, lui faisant observer au long de la route les effets désastreux de la sécheresse pour l’inviter, encore une fois, à la compassion. Il parvint chez une pauvre veuve païenne, qui était en train de ramasser du bois en vue de faire cuire du pain pour elle et son fils. Malgré la nécessité extrême dans laquelle elle se trouvait, elle mit avant toutes choses les devoirs de l’hospitalité, et dès que le prophète le lui demanda, elle prépara à son intention une galette, avec la farine et l’huile qui lui restait. Elle reçut sans retard la récompense de son hospitalité : à la parole du prophète sa jarre de farine et sa cruche d’huile ne désemplirent pas, jusqu’à ce que la pluie revînt. Élie était hébergé chez cette veuve depuis quelques jours, quand son fils vint à mourir. Comme la femme, dans sa douleur, accusait l’homme de Dieu d’avoir apporté le malheur sur sa maison, Élie prit l’enfant, le monta à l’étage où il demeurait et, après avoir soufflé à trois reprises sur le corps inanimé en invoquant à grands cris le Seigneur, il rendit le jeune garçon vivant à sa mère, prophétisant ainsi la résurrection des morts. La sécheresse affligeait la contrée depuis plus de trois ans, et une grande partie de la population avait déjà été décimée ; mais Dieu, respectant le serment de son prophète, ne voulait pas montrer sa miséricorde avant qu’Élie n’eût compris qu’Il ne désire pas la mort des pécheurs mais qu’ils se convertissent (cf. Éz 33, 11). Il envoya alors le prophète auprès du roi Achab, pour lui annoncer que le fléau allait bientôt cesser. Élie apparut devant le roi stupéfait de voir venir à lui, librement, celui qu’il avait fait rechercher partout, et il l’invita à rassembler tout le peuple d’Israël sur le mont Carmel, pour être témoin de sa confrontation avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bois sacrés entretenus par l’infâme Jézabel. Une fois cette grande assemblée réunie, Élie dit au peuple : « Jusques à quand boiterez-vous sur les deux jarrets ? Si le Seigneur est Dieu, allez à sa suite ! Si c’est Baal, allez à lui ! » Il prescrivit d’apprêter deux taureaux pour le sacrifice et de les placer sur le bûcher, mais sans allumer de feu, et il laissa les faux prophètes sacrifier les premiers. Ceux-ci invoquèrent à grands cris le dieu Baal, en se lacérant, de l’aube jusqu’au soir, mais en vain. Élie se moquait d’eux, les encourageant à crier plus fort, de peur que leur dieu ne fût endormi ou occupé à quelque autre affaire. Le soir venu, le prophète érigea un autel avec douze pierres, représentant les douze tribus d’Israël, creusa un large fossé autour de l’autel, sur lequel il avait placé le taureau dûment dépecé, et il ordonna de verser, à trois reprises, de l’eau en abondance sur la victime, de manière à ce qu’elle remplisse le fossé en débordant. Puis il poussa un grand cri vers le ciel, invoquant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Aussitôt un feu tomba du ciel et dévora l’holocauste, le bois et l’eau. Le peuple entier tomba alors la face contre terre en criant : « Vraiment le Seigneur est le seul Dieu ! » Sur l’ordre d’Élie, on s’empara des faux prophètes, et l’homme de Dieu les égorgea de ses propres mains au torrent de Kisson. Il annonça ensuite à Achab que la sécheresse allait bientôt cesser, puis monta au sommet du Carmel et, se penchant vers la terre, la tête entre les genoux et l’intelligence rassemblée dans son cœur, il se mit en prière. À sept reprises, il envoya son serviteur observer l’horizon, en direction de la mer, et la septième fois un petit nuage apparut, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba en abondance, répandant sur la terre la bénédiction céleste. Quand la reine Jézabel apprit le massacre de ses prophètes, elle entra dans une terrible colère et jura de se venger. Élie, qui n’avait pas craint la foule des faux prophètes, fut abandonné par la grâce de Dieu et, gagné par la pusillanimité, il s’enfuit à Bersabée dans la terre de Juda. Épuisé par sa marche dans le désert, il s’assit à l’ombre d’un arbre et demanda à Dieu de reprendre sa vie. Un ange du Seigneur lui apparut alors, et lui présenta une galette de pain et une cruche d’eau. Revigoré par cette assistance divine, il put marcher quarante jours dans le désert, jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb . Il entra dans le creux du rocher où Moïse s’était jadis caché, et Dieu lui adressa, de nuit, la parole. Élie répondit : « Je suis rempli de zèle jaloux pour le Seigneur tout-puissant, car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, abattu tes autels et tué tes prophètes ; et je suis resté tout seul et ils cherchent à m’enlever la vie. » Dieu lui ordonna de sortir et de se tenir sur la montagne pour le voir. Il y eut alors un violent ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Après le feu, on perçut le bruit d’une brise légère. Dès qu’il l’entendit, Élie se voila la face de son manteau et se tint sous la grotte, car Dieu était dans la brise légère . Le Seigneur lui affirma que, loin d’être le seul juste, sept mille autres Israélites n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal, et Il lui ordonna de s’en retourner par le même chemin conférer l’onction royale à Hazaèl, comme roi de Syrie, et à Jéhu, comme roi d’Israël, puis d’oindre Élisée pour successeur. Ayant trouvé Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs, Élie jeta sur lui son manteau et fit de lui son disciple [14 juin]. Le roi Achab continuait cependant à commettre des actes d’impiété, et il s’était accaparé la vigne de Nabot d’Yizréel, en le faisant mourir sur le conseil de Jézabel. Le prophète Élie, qui était resté dans le silence pendant quelque temps, fut envoyé par le Seigneur à Samarie et dit au roi : « À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi, et les prostituées se vautreront dans ton sang. » Il ajouta que le malheur allait s’abattre sur toute la maison d’Achab et que les chiens dévoreraient le corps de Jézabel sur l’avant-mur d’Yizréel. À ces mots, le roi fut saisi de componction : il déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac et observa un jeûne. Le Seigneur regarda avec faveur son repentir et annonça par son prophète qu’Il ne donnerait libre cours à sa colère que sous le règne de son fils. Achab mourut peu après, et son fils Ochozias, homme superstitieux, prit le pouvoir. Étant tombé malade, il envoya des messagers en quête d’un oracle auprès de Baal Zéboud à Éqron (Akkaron). Le prophète Élie se présenta devant les messagers, annonçant que le roi ne se relèverait pas. Quand ils transmirent ce message, en donnant la description du prophète, le roi, comprenant qu’il s’agissait d’Élie, envoya une troupe de cinquante hommes pour l’arrêter. Mais à deux reprises, sur l’injonction du prophète, un feu descendit du ciel et dévora les soldats. Le troisième officier, l’ayant supplié de l’épargner, Élie obtempéra et se rendit auprès du roi, lui annonçant de vive voix qu’il allait périr, parce qu’il avait eu recours aux faux dieux. Ochozias mourut effectivement peu de jours après, et son frère Joram devint roi d’Israël. Pendant les douze années de son règne, il fit supprimer le culte de Baal, mais ne mit pas fin au péché de Jéroboam, qui avait provoqué le schisme dans le peuple de Dieu et avait encouragé l’idolâtrie. C’est pourquoi Dieu fit venir le malheur sur sa maison et réalisa la prophétie prononcée par Élie au temps d’Achab : Jéhu s’empara du pouvoir, à la suite d’une conspiration contre Joram et, entrant dans la ville d’Yizréel, il fit mettre à mort Jézabel en la précipitant du haut d’une fenêtre. Son sang éclaboussa le mur et les chiens dévorèrent son corps avant qu’on n’ait pu l’ensevelir. Au bout de quinze ans de ministère prophétique, ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Élie se rendit de Galgal à Béthel, accompagné d’Élisée qui refusait de quitter son maître. De là, ils se rendirent à Jéricho. Arrivé sur la rive du Jourdain, Élie prit son manteau de peau de mouton, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent pour les laisser passer à pied sec. Élisée lui ayant demandé de recevoir double part de son esprit prophétique, Élie répondit : « Si tu me vois pendant que je serai enlevé au ciel, il en sera ainsi pour toi. »  Alors qu’ils marchaient ainsi dans le désert en devisant, un char de feu tiré par des chevaux flamboyants apparut entre eux. Élie monta dans le char et fut emporté comme au ciel , dans un tourbillon, tandis qu’Élisée criait : « Père, père, char d’Israël et son attelage ! » Il saisit le manteau du prophète, qui était tombé sur lui, et frappant les eaux à deux reprises, il put traverser le Jourdain, salué par les fils des prophètes qui criaient : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! »   En étant ainsi enlevé dans les hauteurs avec son corps, le prophète Élie préfigurait l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, et par l’envoi de son manteau sur son disciple, il annonçait la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte. Représentant éminent de l’ordre prophétique et parvenu par son zèle au sommet de la vertu, Élie fut jugé digne de voir, face à face, la gloire du Dieu incarné, en compagnie de Moïse et des trois Apôtres, le jour de la Transfiguration (cf. Mt 17), qui annonçait le Second Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. En descendant du Thabor, les disciples demandèrent au Seigneur si Élie devait venir avant la résurrection des morts pour rétablir toutes choses, comme l’enseignent les prophètes (Mal  3, 23). Le Christ leur répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu, mais l’ont traité à leur guise », en faisant allusion à saint Jean-Baptiste qui était venu préparer sa venue, avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1, 17). De même que Jean fut le Précurseur du premier avènement dans la chair du Fils de Dieu, ainsi Élie sera, croit-on, le précurseur de son second et glorieux Avènement, à la fin des temps .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Élie , ton 4

L’ange dans la chair, le glorieux Élie, le socle des prophètes divins, le second précurseur de la venue du Christ, celui qui du ciel envoie la grâce sur Elisée, chasse au loin les maladies et purifie les lépreux; sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

Kondakion du prophète Élie, ton 2

Prophète au nom sublime, saint Elie, toi qui vis d’avance les hauts faits de notre Dieu et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

Évangile DU JOUR

(Lc IV, 22-30)

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

27 juillet

27 juillet

Saint Pantéléimon, médecin, anargyre, mégalomartyr à Nicomédie (305) ; sainte Anthuse, martyrisée pour les saintes Icônes avec 90 moniales en Paphlagonie (VIIIème s.) ; saint Désiré, évêque de Besançon (414) ; saint Ours, évêque de Troyes (vers 426) ; saint Éthère, évêque d’Auxerre (571) ; saints Ours et Leubais, ermites et abbés en Touraine (VIème s.) ; saint Clément, évêque d’Ohrid, diciple de saint Naum (vers 893) ; saint Clément, égal-aux-apôtres, évêque d’Ohrid (916) ; saint Nahum, Sabbas, Gorazd et Angelar, disciples de saints Cyrille et Méthode (Xème s.) ; saint Nicolas, fol en Christ de Novgorod (1392) ; saint Joasaph, métropolite de Moscou (1555) ; saint Germain de l’Alaska (1837) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Ambroise, évêque de Sarapoul, Platon Gornykh et Pantéléimon Bogoyavlensky, prêtres (1918) ; Jean Soloviev, prêtre (1941).

 

SAINT PANTÉLÉIMON[1]

Le saint et glorieux martyr du Christ Pantéléimon naquit à Nicomédie d’un sénateur païen, Eustorgios, et d’une chrétienne, Euboulée, qui lui donnèrent le nom de Pantoléon. Confié à un médecin réputé, Euphrosynos, pour son éducation, il parvint en peu de temps à une connaissance parfaite de l’art médical, au point que l’empereur Maximien Galère, ayant remarqué ses qualités, projetait de le prendre au palais comme médecin personnel. Comme le jeune homme passait quotidiennement devant la maison où était caché saint Hermolaos [26 juil.], le saint prêtre, devinant à son allure la qualité de son âme, l’invita un jour à entrer et se mit à lui enseigner que la science médicale ne peut procurer qu’un bien faible soulagement à notre nature souffrante et sujette à la mort, et que seul le Christ, le seul vrai Médecin, est venu nous apporter le Salut, sans remèdes et gratuitement. Le cœur exultant de joie à l’audition de ces paroles, le jeune Pantoléon commença à fréquenter régulièrement saint Hermolaos et fut instruit par lui du grand Mystère de la foi. Un jour, en revenant de chez Euphrosynos, il trouva sur le chemin un enfant mort après avoir été mordu par une vipère. Estimant que le moment était venu d’éprouver la vérité des promesses d’Hermolaos, il invoqua le Nom du Christ et, aussitôt, l’enfant se releva et le reptile périt. Il courut alors chez Hermolaos et, plein de joie, demanda à recevoir sans retard le saint baptême. Il resta ensuite auprès du saint vieillard, pour jouir de son enseignement, et il ne rentra chez lui que le huitième jour. Aux questions de son père inquiet, il répondit qu’il était resté au palais, occupé par la guérison d’un homme proche de l’empereur. Gardant encore secrète la nouvelle de sa conversion, il n’en montrait pas moins une grande sollicitude pour convaincre Eustorgios de la vanité du culte des idoles.

Quelque temps après, on amena chez le sénateur un aveugle qui supplia Pantoléon de le guérir, car il avait dilapidé en vain toute sa fortune auprès des autres médecins. Confiant dans le Christ, qui demeurait désormais en lui avec puissance, le jeune homme assura devant son père étonné qu’il allait le guérir par la grâce de son Maître. Il marqua du signe de la Croix les yeux de l’aveugle, en invoquant le Christ, et aussitôt l’homme retrouva l’usage de la vue, non seulement des yeux corporels, mais aussi des yeux de l’âme, car il reconnut que le Christ l’avait guéri. Il fut baptisé par saint Hermolaos, en compagnie d’Eustorgios, qui s’endormit en paix peu après.

Pantoléon distribua alors son héritage aux pauvres, libéra ses esclaves et s’adonna avec un zèle redoublé au soin des malades, auxquels il ne demandait pour tout honoraire que de croire au Christ, venu sur terre pour nous guérir de toutes nos maladies . Les autres médecins de Nicomédie se mirent à nourrir à son égard des sentiments de jalousie, et comme il avait soigné un chrétien qui venait d’être torturé par ordre de l’empereur, ils saisirent l’occasion pour aller le dénoncer à Maximien. Ayant écouté avec tristesse leur plainte contre son protégé, l’empereur fit convoquer l’ex-aveugle et l’interrogea sur le moyen qu’avait employé Pantoléon pour lui rendre la vue. Tel l’aveugle-né de l’Évangile, l’homme répondit avec simplicité qu’il l’avait guéri en invoquant le Nom du Christ et que ce miracle lui avait procuré la vraie lumière, celle de la foi. Furieux, l’empereur le fit aussitôt décapiter et envoya ses hommes quérir Pantoléon. Lorsque le saint fut devant lui, il lui reprocha d’avoir trahi sa confiance, et l’accusa de faire injure à Asclépios et aux autres dieux par sa foi au Christ, un homme qui était mort crucifié. Le saint lui répondit que la foi et la piété envers le vrai Dieu sont supérieures à toutes les richesses et à tous les honneurs de ce monde de vanité, et pour appuyer ses dires il proposa à Maximien de le mettre à l’épreuve. On amena donc un paralytique, sur lequel les prêtres païens firent d’abord leurs incantations, saluées par les moqueries du saint. Leurs efforts étant restés sans effet, Pantoléon fit monter vers Dieu sa prière et prenant le paralytique par la main, il le releva au Nom du Christ. De nombreux païens, voyant l’homme marcher en exultant de joie, crurent alors au vrai Dieu, tandis que les prêtres païens pressaient l’empereur de mettre à mort ce dangereux rival. Comme Maximien lui rappelait les tortures infligées quelque temps auparavant à saint Anthime [3 sept.], Pantoléon répliqua que si un vieillard avait montré un tel courage, à plus forte raison, les jeunes devaient se montrer vaillants dans l’épreuve. Ni flatteries ni menaces ne pouvant le résoudre, le tyran le livra à la torture. Attaché à un poteau, on lui lacéra les flancs avec des ongles de fer, puis on lui passa des torches enflammées sur les plaies. Mais le Christ, apparaissant au saint martyr sous les traits de son père spirituel saint Hermolaos, lui dit : « Ne crains rien, mon enfant, car je suis avec toi, et je te porterai secours en tout ce que tu souffriras pour moi. » Aussitôt les torches s’éteignirent et les plaies du saint se trouvèrent guéries. Par la suite, qu’il soit plongé dans du plomb fondu ou jeté à la mer chargé d’une lourde pierre, dans toutes les épreuves, le Seigneur l’accompagnait et le gardait indemne. Il fut ensuite livré aux fauves, mais là encore, le Christ le protégea, et les bêtes vinrent se rouler à ses pieds en le léchant tendrement comme l’auraient fait des animaux domestiques. Restant, quant à lui, plus sauvage que les animaux sans raison, l’empereur ordonna de lier le saint à une roue garnie de lames tranchantes, qu’on ferait dévaler d’un lieu élevé devant toute la ville réunie. De nouveau le Seigneur intervint miraculeusement : Il délivra son serviteur de ses liens et la roue écrasa sur son passage un grand nombre d’infidèles.

Comme Maximien lui demandait de qui il tenait cette puissance et comment il avait été amené à la foi chrétienne, Pantoléon indiqua l’endroit où se cachait Hermolaos, car Dieu lui avait révélé que le temps était venu, pour lui et son maître, de le confesser et de trouver la perfection dans le martyre. Après la mort glorieuse de saint Hermolaos et de ses compagnons, le tyran fit de nouveau comparaître Pantoléon et, prétendant que les martyrs s’étaient soumis, il tenta de le convaincre de sacrifier. Pour toute réponse, le bienheureux demanda à les voir. Comme le souverain répondait qu’il les avait envoyés en mission dans une autre ville, Pantoléon répliqua : « Tu as dit la vérité malgré toi, ô menteur, car ils sont maintenant dans la Jérusalem céleste ! » Constatant qu’il ne pourrait pas vaincre sa résolution, Maximien ordonna alors de le décapiter et de brûler son corps. Le saint parvint avec allégresse au lieu de l’exécution, en dehors de la ville, mais au moment où le bourreau brandissait son glaive, celui-ci fondit comme la cire sous l’action du feu. Devant ce miracle, les soldats présents confessèrent le Nom du Christ. Pantoléon les exhorta cependant à accomplir leur besogne, et il éleva une dernière prière. Une voix céleste lui répondit : « Serviteur fidèle, ton désir va maintenant être comblé, les portes du Ciel te sont ouvertes, ta couronne est préparée. Tu seras désormais le refuge des désespérés, le secours des éprouvés, le médecin des malades et la terreur des démons, c’est pourquoi ton nom ne sera plus Pantoléon, mais Pantéléimon . Il inclina la nuque et, quand sa tête tomba, du lait coula de son cou, son corps devint blanc comme neige, et l’olivier desséché auquel il avait été attaché reverdit soudain et donna des fruits en abondance. Les soldats, à qui on avait donné l’ordre de brûler la dépouille du saint, la remirent à des fidèles qui l’ensevelirent pieusement dans la propriété d’Amantios le Scholastique, et ils allèrent proclamer la Bonne Nouvelle en d’autres lieux. Depuis, les reliques de saint Pantéléimon n’ont cessé de procurer la guérison et la grâce du Christ, le seul Médecin des âmes et des corps, à tous ceux qui s’en approchent avec piété.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de St Pantéléimon, ton 3

Victorieux martyr et guérisseur Pantéléimon, intercède auprès du Dieu de miséricorde pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion  de St Pantéléimon, ton 5

Imitateur de la suprême Compassion, ayant reçu le pouvoir des guérisons, Athlète vainqueur et Témoin du Christ notre Dieu, par tes prières guéris nos spirituelles maladies, écartant les pierres d’achoppement qu’en tout temps met l’ennemi sous les pas de ceux qui ne cessent de chanter: Seigneur, accorde-nous ton salut.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XVI, 24-28)
Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme? Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

20 juillet

20 juillet

 Saint Élie, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Rorice, évêque de Limoges (507) ; sainte Sévère, abbesse (vers 680) ; saint Abraham de Galitch (1375) ; sainte Salomé de Jérusalem, martyre (XIIIème s.) ; saint Élie le juste de Géorgie, martyr (1907) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Constantin Slovtsov (1918), Alexandre Arkhangelsky, Georges Nikitine, Jean Stebline-Kamensky, Serge Gortinsky et Théodore Yakovlev, prêtres, moines Tikhon Kretchkov, Georges Pojarov, Cyrille Viaznikov et martyr Euthyme Gebenchtchikov et Pierre Viaznikov (1930) ; Alexis Znamensky, prêtre (1938) ; moine Théodore Abrosimov (1941).

 

SAINTE ProphÈte Élie[1]

Le saint et grand prophète Élie, cet ange dans la chair qui reçut de Dieu le pouvoir d’ouvrir et de fermer les cieux, était originaire de Theshbé en Galaad (auj. Listib au sud du wadi Yabis) . On raconte qu’au moment de sa naissance, son père vit des hommes vêtus de blanc l’envelopper de langes de feu et, lui attribuant son nom, ils lui donnèrent à manger une flamme, symbole du zèle divin qui allait le dévorer pendant toute sa vie. Dès son enfance, il observait rigoureusement tous les commandements de la Loi et se tenait en permanence devant Dieu par une virginité impassible, un jeûne permanent et une prière ardente, qui rendirent son âme comme le feu et firent de lui le modèle de la vie monastique.

Achab ayant accédé au trône du royaume du Nord, qui avait fait schisme depuis Jéroboam, porta à son comble l’impiété et la dépravation de ses prédécesseurs. Encouragé par sa femme, l’exécrable Jézabel, il persécutait les prophètes et tous les hommes qui restaient fidèles à Dieu, et s’adonnait au culte des faux dieux : Baal et Astarté. Le prophète Élie se rendit alors auprès du roi et lui déclara : « Il vit le Seigneur, Dieu des Armées, le Dieu d’Israël, devant lequel je me tiens aujourd’hui ! Non, il n’y aura, ces années-ci, ni rosée ni pluie, si ce n’est par une parole de ma bouche ! » À la parole du prophète, une terrible sécheresse s’abattit alors, comme une fièvre, sur la terre : tout fut desséché, dévasté, brûlé. Hommes, femmes, enfants, animaux domestiques et bêtes sauvages, tous mouraient faute de nourriture, les sources tarissaient, les plantes se flétrissaient, et rien n’échappait au fléau que Dieu avait permis, dans l’espoir que la famine porterait le peuple d’Israël au repentir et à la conversion.

Sur ordre de Dieu, le prophète, qui était vêtu d’une peau de mouton et d’un pagne de cuir, quitta le royaume d’Israël et se rendit au torrent de Chorrath (Kerrith), situé au-delà du Jourdain . Il s’abreuvait de l’eau du torrent et le Seigneur lui envoyait des corbeaux — animaux considérés comme impurs par les Juifs et réputés pour leur cruauté envers leur progéniture — pour lui apporter du pain au matin et de la viande le soir, incitant ainsi son prophète à la miséricorde envers le peuple souffrant . Quand le torrent vint à se tarir lui aussi, Dieu envoya son serviteur à Sarepta de Sidon, lui faisant observer au long de la route les effets désastreux de la sécheresse pour l’inviter, encore une fois, à la compassion. Il parvint chez une pauvre veuve païenne, qui était en train de ramasser du bois en vue de faire cuire du pain pour elle et son fils. Malgré la nécessité extrême dans laquelle elle se trouvait, elle mit avant toutes choses les devoirs de l’hospitalité, et dès que le prophète le lui demanda, elle prépara à son intention une galette, avec la farine et l’huile qui lui restait. Elle reçut sans retard la récompense de son hospitalité : à la parole du prophète sa jarre de farine et sa cruche d’huile ne désemplirent pas, jusqu’à ce que la pluie revînt. Élie était hébergé chez cette veuve depuis quelques jours, quand son fils vint à mourir. Comme la femme, dans sa douleur, accusait l’homme de Dieu d’avoir apporté le malheur sur sa maison, Élie prit l’enfant, le monta à l’étage où il demeurait et, après avoir soufflé à trois reprises sur le corps inanimé en invoquant à grands cris le Seigneur, il rendit le jeune garçon vivant à sa mère, prophétisant ainsi la résurrection des morts.

La sécheresse affligeait la contrée depuis plus de trois ans, et une grande partie de la population avait déjà été décimée ; mais Dieu, respectant le serment de son prophète, ne voulait pas montrer sa miséricorde avant qu’Élie n’eût compris qu’Il ne désire pas la mort des pécheurs mais qu’ils se convertissent (cf. Éz 33, 11). Il envoya alors le prophète auprès du roi Achab, pour lui annoncer que le fléau allait bientôt cesser. Élie apparut devant le roi stupéfait de voir venir à lui, librement, celui qu’il avait fait rechercher partout, et il l’invita à rassembler tout le peuple d’Israël sur le mont Carmel, pour être témoin de sa confrontation avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des bois sacrés entretenus par l’infâme Jézabel. Une fois cette grande assemblée réunie, Élie dit au peuple : « Jusques à quand boiterez-vous sur les deux jarrets ? Si le Seigneur est Dieu, allez à sa suite ! Si c’est Baal, allez à lui ! » Il prescrivit d’apprêter deux taureaux pour le sacrifice et de les placer sur le bûcher, mais sans allumer de feu, et il laissa les faux prophètes sacrifier les premiers. Ceux-ci invoquèrent à grands cris le dieu Baal, en se lacérant, de l’aube jusqu’au soir, mais en vain. Élie se moquait d’eux, les encourageant à crier plus fort, de peur que leur dieu ne fût endormi ou occupé à quelque autre affaire. Le soir venu, le prophète érigea un autel avec douze pierres, représentant les douze tribus d’Israël, creusa un large fossé autour de l’autel, sur lequel il avait placé le taureau dûment dépecé, et il ordonna de verser, à trois reprises, de l’eau en abondance sur la victime, de manière à ce qu’elle remplisse le fossé en débordant. Puis il poussa un grand cri vers le ciel, invoquant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Aussitôt un feu tomba du ciel et dévora l’holocauste, le bois et l’eau. Le peuple entier tomba alors la face contre terre en criant : « Vraiment le Seigneur est le seul Dieu ! » Sur l’ordre d’Élie, on s’empara des faux prophètes, et l’homme de Dieu les égorgea de ses propres mains au torrent de Kisson. Il annonça ensuite à Achab que la sécheresse allait bientôt cesser, puis monta au sommet du Carmel et, se penchant vers la terre, la tête entre les genoux et l’intelligence rassemblée dans son cœur, il se mit en prière. À sept reprises, il envoya son serviteur observer l’horizon, en direction de la mer, et la septième fois un petit nuage apparut, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba en abondance, répandant sur la terre la bénédiction céleste.

Quand la reine Jézabel apprit le massacre de ses prophètes, elle entra dans une terrible colère et jura de se venger. Élie, qui n’avait pas craint la foule des faux prophètes, fut abandonné par la grâce de Dieu et, gagné par la pusillanimité, il s’enfuit à Bersabée dans la terre de Juda. Épuisé par sa marche dans le désert, il s’assit à l’ombre d’un arbre et demanda à Dieu de reprendre sa vie. Un ange du Seigneur lui apparut alors, et lui présenta une galette de pain et une cruche d’eau. Revigoré par cette assistance divine, il put marcher quarante jours dans le désert, jusqu’à la montagne de Dieu, l’Horeb . Il entra dans le creux du rocher où Moïse s’était jadis caché, et Dieu lui adressa, de nuit, la parole. Élie répondit : « Je suis rempli de zèle jaloux pour le Seigneur tout-puissant, car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance, abattu tes autels et tué tes prophètes ; et je suis resté tout seul et ils cherchent à m’enlever la vie. » Dieu lui ordonna de sortir et de se tenir sur la montagne pour le voir. Il y eut alors un violent ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Après le feu, on perçut le bruit d’une brise légère. Dès qu’il l’entendit, Élie se voila la face de son manteau et se tint sous la grotte, car Dieu était dans la brise légère . Le Seigneur lui affirma que, loin d’être le seul juste, sept mille autres Israélites n’avaient pas fléchi les genoux devant Baal, et Il lui ordonna de s’en retourner par le même chemin conférer l’onction royale à Hazaèl, comme roi de Syrie, et à Jéhu, comme roi d’Israël, puis d’oindre Élisée pour successeur. Ayant trouvé Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs, Élie jeta sur lui son manteau et fit de lui son disciple [14 juin].

Le roi Achab continuait cependant à commettre des actes d’impiété, et il s’était accaparé la vigne de Nabot d’Yizréel, en le faisant mourir sur le conseil de Jézabel. Le prophète Élie, qui était resté dans le silence pendant quelque temps, fut envoyé par le Seigneur à Samarie et dit au roi : « À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi, et les prostituées se vautreront dans ton sang. » Il ajouta que le malheur allait s’abattre sur toute la maison d’Achab et que les chiens dévoreraient le corps de Jézabel sur l’avant-mur d’Yizréel. À ces mots, le roi fut saisi de componction : il déchira ses vêtements, se revêtit d’un sac et observa un jeûne. Le Seigneur regarda avec faveur son repentir et annonça par son prophète qu’Il ne donnerait libre cours à sa colère que sous le règne de son fils.

Achab mourut peu après, et son fils Ochozias, homme superstitieux, prit le pouvoir. Étant tombé malade, il envoya des messagers en quête d’un oracle auprès de Baal Zéboud à Éqron (Akkaron). Le prophète Élie se présenta devant les messagers, annonçant que le roi ne se relèverait pas. Quand ils transmirent ce message, en donnant la description du prophète, le roi, comprenant qu’il s’agissait d’Élie, envoya une troupe de cinquante hommes pour l’arrêter. Mais à deux reprises, sur l’injonction du prophète, un feu descendit du ciel et dévora les soldats. Le troisième officier, l’ayant supplié de l’épargner, Élie obtempéra et se rendit auprès du roi, lui annonçant de vive voix qu’il allait périr, parce qu’il avait eu recours aux faux dieux. Ochozias mourut effectivement peu de jours après, et son frère Joram devint roi d’Israël. Pendant les douze années de son règne, il fit supprimer le culte de Baal, mais ne mit pas fin au péché de Jéroboam, qui avait provoqué le schisme dans le peuple de Dieu et avait encouragé l’idolâtrie. C’est pourquoi Dieu fit venir le malheur sur sa maison et réalisa la prophétie prononcée par Élie au temps d’Achab : Jéhu s’empara du pouvoir, à la suite d’une conspiration contre Joram et, entrant dans la ville d’Yizréel, il fit mettre à mort Jézabel en la précipitant du haut d’une fenêtre. Son sang éclaboussa le mur et les chiens dévorèrent son corps avant qu’on n’ait pu l’ensevelir.

Au bout de quinze ans de ministère prophétique, ayant accompli la mission que Dieu lui avait confiée, Élie se rendit de Galgal à Béthel, accompagné d’Élisée qui refusait de quitter son maître. De là, ils se rendirent à Jéricho. Arrivé sur la rive du Jourdain, Élie prit son manteau de peau de mouton, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent pour les laisser passer à pied sec. Élisée lui ayant demandé de recevoir double part de son esprit prophétique, Élie répondit : « Si tu me vois pendant que je serai enlevé au ciel, il en sera ainsi pour toi. »  Alors qu’ils marchaient ainsi dans le désert en devisant, un char de feu tiré par des chevaux flamboyants apparut entre eux. Élie monta dans le char et fut emporté comme au ciel , dans un tourbillon, tandis qu’Élisée criait : « Père, père, char d’Israël et son attelage ! » Il saisit le manteau du prophète, qui était tombé sur lui, et frappant les eaux à deux reprises, il put traverser le Jourdain, salué par les fils des prophètes qui criaient : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! »

En étant ainsi enlevé dans les hauteurs avec son corps, le prophète Élie préfigurait l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, et par l’envoi de son manteau sur son disciple, il annonçait la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte .

Représentant éminent de l’ordre prophétique et parvenu par son zèle au sommet de la vertu, Élie fut jugé digne de voir, face à face, la gloire du Dieu incarné, en compagnie de Moïse et des trois Apôtres, le jour de la Transfiguration (cf. Mt 17), qui annonçait le Second Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. En descendant du Thabor, les disciples demandèrent au Seigneur si Élie devait venir avant la résurrection des morts pour rétablir toutes choses, comme l’enseignent les prophètes (Mal  3, 23). Le Christ leur répondit : « Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu, mais l’ont traité à leur guise », en faisant allusion à saint Jean-Baptiste qui était venu préparer sa venue, avec l’esprit et la puissance d’Élie (Lc 1, 17). De même que Jean fut le Précurseur du premier avènement dans la chair du Fils de Dieu, ainsi Élie sera, croit-on, le précurseur de son second et glorieux Avènement, à la fin des temps .

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire du prophète Élie , ton 4

L’ange dans la chair, le glorieux Élie, le socle des prophètes divins, le second précurseur de la venue du Christ, celui qui du ciel envoie la grâce sur Elisée, chasse au loin les maladies et purifie les lépreux; sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

 

Kondakion du prophète Élie, ton 2

Prophète au nom sublime, saint Elie, toi qui vis d’avance les hauts faits de notre Dieu et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

 

 

Évangile DU JOUR

(Lc IV, 22-30)

 

Et tous lui rendaient témoignage; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: N’est-ce pas le fils de Joseph? Jésus leur dit: Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe: Médecin, guéris-toi toi-même; et vous me direz: Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. Je vous le dis en vérité: il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, si ce n’est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi plusieurs lépreux en Israël du temps d’Élisée, le prophète; et cependant aucun d’eux ne fut purifié, si ce n’est Naaman le Syrien. Ils furent tous remplis de colère dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils le chassèrent de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, afin de le précipiter en bas. Mais Jésus, passant au milieu d’eux, s’en alla.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

30 juin

30 juin
Jour de jeûne

Synaxe des douze saints glorieux et illustres Apôtres : Pierre, André, Jacques de Zébédée, Jean son frère, Philippe, Barthélémy, Thomas, Matthieu, Jacques d’Alphée, Jude (ou Thaddée), Simon le zélote et Matthias ; saint Martial, premier évêque de Limoges (vers 250) ; saint Bertrand, évêque du Mans (623) ; sainte Adèle, abbesse à Orp-le-Grand en Brabant (670) ; sainte Clotsinde, abbesse de Marchiennes (714) ; saint Pierre, tsarévitch (1290) ; saint Gélase de Râmet, évêque de Transylvanie (XIVème s.) ; saints néomartyrs de Russie : Timothée (Petropavlovsk), prêtre ; moine Nicandre (Prousak) (1918) ; moine Théogène (Kozyrev) (1939) ; martyr Jean (Demidov) (1944).

Synaxe des douze apôtres

En ce jour, qui reste illuminé par la gloire des deux Premiers-Coryphées, l’Église associe à leur mémoire les autres illustres Apôtres du Seigneur qui forment un chœur d’astres nouveaux dans son firmament spirituel. Fondements et colonnes de l’Église, ils sont aussi les anges chargés de la garde des douze portes ouvrant l’accès à la Jérusalem céleste (Ap 21, 9). Douze étaient les fils de Jacob, qui furent à l’origine du peuple d’Israël, et douze furent aussi les disciples que le Seigneur a choisis, dont il fit les témoins de son enseignement et de ses miracles, qu’il « envoya » prêcher le Royaume de Dieu en leur conférant le pouvoir d’expulser les démons et de guérir toute maladie (Mt 10), et qui finalement furent envoyés par lui, après la Résurrection, pour aller dans le monde entier, proclamer l’Évangile à toute la création (Mc 16, 14), et baptiser tous les peuples au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28, 19). De même que le Fils a été « envoyé » par le Père en ce monde pour notre Salut, de même, mettant à part ces disciples, Il les a « envoyés » proclamer que le Royaume des cieux était tout proche : Comme le Père m’a envoyé, ainsi, moi aussi, je vous envoie (Jn 20, 21). Il leur donna comme condition pour être ses Apôtres, de renoncer à tout attachement terrestre : Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton.… (Mt 10, 9-10). Et Il leur annonça qu’ils devraient affronter tribulations et persécutions pour lui rendre témoignage : Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups… Vous serez haïs de tous à cause de moi… vous serez traduits devant les gouverneurs et les rois, à cause de moi, pour rendre témoignage. Mais lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous (Mt 10, 17-20). Témoins de la Résurrection du Seigneur tant par leur vie que par leur prédication, les saints Apôtres se sont offerts en spectacle au monde, aux anges et aux hommes, disant avec Paul : Jusqu’à l’heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errant. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, l’universel rebut (1 Cor 4, 11-12), afin que par leur sacrifice l’Église fût édifiée sur la puissance de Dieu et non des hommes (1 Cor 2, 5). Autour des deux Premiers-Coryphées les saints et illustres Apôtres forment donc aujourd’hui un chœur harmonieux : André, le Premier-Appelé, frère de Pierre, qui proclama l’Évangile sur le littoral de la Bithynie, du Pont et de l’Arménie. S’en retournant par le Pont et Byzance, il descendit jusqu’en Grèce, et mourut crucifié à Patras, en Achaïe [30 nov.]. Jacques, fils de Zébédée, qui témoigna de la Résurrection dans toute la Judée. Il périt par le glaive, sur ordre du roi Hérode Agrippa, jaloux de sa célébrité [30 avr.]. Jean le Théologien, frère de Jacques, qui reposa sur la poitrine du Seigneur. Après avoir proclamé le Christ dans la province d’Asie, sur ordre de Domitien, il fut exilé à Patmos, où il écrivit son Évangile et l’Apocalypse. De retour à Éphèse, il s’endormit en paix dans un âge très avancé. Philippe, de Bethsaïde en Galilée, concitoyen de Pierre et André, proclama la Bonne Nouvelle dans la province d’Asie et la région de Hiérapolis en Phrygie, en compagnie de sa sœur Mariamne et de saint Barthélemy. Il mourut à Hiérapolis, crucifié par les païens.Thomas, appelé aussi Didyme, diffusa l’Évangile chez les Parthes, les Mèdes, les Perses et les habitants de l’Inde. Il mourut percé de lances par les païens. Barthélemy (Bartholomé) prêcha en Lydie et en Mysie avec l’Apôtre Philippe ; puis, après la mort de ce dernier, il poursuivit sa mission en Arabie Heureuse, en Perse et en Inde, et acheva sa course en Arménie, crucifié, à Albanopolis (ou Urbanopolis). Sa dépouille, enfermée dans un coffre de plomb et jetée à la mer, fut ensuite recueillie en Sicile. Matthieu le Publicain, appelé précédemment Lévi, était frère de Jacques fils d’Alphée. Après avoir rédigé son Évangile, il partit en mission chez les Parthes. Il périt, dit-on, par le feu à Hiérapolis sur l’Euphrate. Jacques, fils d’Alphée, son frère, annonça le Christ à Gaza et Éleuthéropolis et ses environs. Il périt crucifié dans la ville d’Ostracine en Égypte [9 oct.]. Simon le Zélote, de Cana en Galilée — qui est aussi appelé Nathanaël dans l’Évangile de saint Jean — proclama la Bonne Nouvelle en Mauritanie et en Afrique du Nord, puis il partit, dit-on, pour la Grande-Bretagne, où il mourut crucifié [10 mai]. Jude, apparenté à notre Seigneur — appelé aussi Thaddée et Lévi par saint Matthieu —, partit en mission en Mésopotamie et finit ses jours dans la région du mont Ararat, pendu et percé de flèches par les infidèles [19 juin]. Matthias fut ajouté au nombre des Apôtres après l’Ascension, pour remplacer le traître Judas. Il prêcha l’Évangile en Éthiopie, où il remit son âme à Dieu à la suite de nombreux tourments que lui infligèrent les païens [9 août]. À ces bienheureux Apôtres, on a coutume d’associer les saints Évangélistes : Marc, fils spirituel de saint Pierre, qui évangélisa Alexandrie et la Pentapole, et souffrit le martyre broyé sous un rocher [25 avr.], et Luc, le médecin et premier iconographe, qui, après avoir suivi saint Paul dans ses périples, écrivit son Évangile sous son inspiration. Parvenu à Thèbes en Béotie, il y mourut en paix à l’âge de quatre-vingts ans [18 oct.]. C’est donc sur le témoignage de ces saints Apôtres, dont les paroles se sont fait entendre jusqu’aux extrémités du monde (Ps 18, 5) pour attester la réalité de la Résurrection du Christ, que l’Église a été édifiée. Et s’ils occupent à juste titre la première place dans l’assemblée des saints, c’est précisément parce que, se détachant de tout pour suivre le Seigneur, ils sont devenus ses parfaits imitateurs, et ils clament à tous les hommes : Devenez nos imitateurs comme nous l’avons été du Christ (1 Cor 11, 1). Une fois passée la génération de ceux qui avaient connu le Seigneur pendant son séjour terrestre, le ministère apostolique ne s’en est pas éteint pour autant (comme en témoigne saint Paul), mais il a été transmis à tous ceux qui ont contemplé la résurrection du Christ dans l’illumination de l’Esprit Saint. La grâce de l’apostolat ne se limite donc pas à la prédication orale de la Bonne Nouvelle, mais elle s’étend sur tous les saints, qui ont contribué à l’édification de l’Église par leur témoignage de la Résurrection.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, ton 4
Princes des Apôtres divins * et docteurs de l’univers, * intercédez auprès du Maître universel * pour qu’au monde il fasse don de la paix * et qu’à nos âmes il accorde la grâce du salut.

Kondakion, ton 2
Les infaillibles prédicateurs de la parole de Dieu, * les Coryphées de tes Apôtres, Seigneur, * auprès de toi ont trouvé le lieu de leur repos, * dans la jouissance de tes biens, * car tu as accueilli leurs souffrances et leur mort * mieux que toute offrande des prémices de la terre, * toi qui seul peux lire dans le cœur des hommes.

Évangile DU JOUR
(Mc. III, 13-19)
Le Seigneur monta ensuite sur la montagne; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui.Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons. Voici les douze qu’il établit: Simon, qu’il nomma Pierre; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre; André; Philippe; Barthélemy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils d’Alphée; Thaddée; Simon le Cananite; et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus.

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)

17 juin (ancien calendrier) / 30 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Manuel, Sabel et Ismaël, martyrs à Constantinople (362) ; saint Isaure et ses compagnons : saints Basile, Innocent, Félix, Hermias et Pérégrin, martyrs en Macédoine (vers 300) ; saint Antide, évêque de Besançon, martyr (411) ; saint Hypatios, higoumène du monastère de Rufinianes en Chalcédoine (446) ; saint Avit, abbé de Micy (vers 530) ; saint Hervé, abbé en Bretagne (568) ; saint Vérédème, évêque d’Avignon (720) ; saint Chalva le nouveau, prince d’Akhaltsikhé, martyr (1227) ; saint néomartyrs de Russie : Aberce Severovostokov, prêtre (1918) ; Maxime Popov, moine, confesseur (1934) ; martyre Pélagie Balakirev (1943).

SAINTS MARTYRS MANUEL, SABEL ET ISMAËL

Ces glorieux martyrs étaient trois frères d’une noble famille perse. Instruits par leur mère dans la doctrine chrétienne et confiés à un prêtre, Eunoïkos, pour leur éducation, ils menaient une vie pieuse. Ils n’en étaient pas moins honorés à la cour du roi Batanus, si bien que, lorsque Julien l’Apostat envoya en Perse des propositions de paix (362), le roi les choisit pour se rendre à Constantinople comme ambassadeurs.
Ils furent reçus avec de grands égards et Julien les invita à se joindre à lui et à sa cour, pour aller assister, près de Chalcédoine, à des fêtes somptueuses, au cours desquelles devaient être offerts des sacrifices aux dieux. Tous prirent part au sacrifice, exceptés les trois jeunes ambassadeurs perses qui, se détournant avec mépris de cette démonstration d’impiété, s’étaient retirés dans un coin, pour prier Dieu avec larmes d’accorder la lumière de sa connaissance à ceux qui gisaient dans les ténèbres. Comme un chambellan était venu les sommer de participer au sacrifice, ils répondirent que leur mission était de négocier la paix entre les deux royaumes et aucunement de donner leur caution à l’Apostat en reniant leur foi. Informé de cette résistance inattendue de la part de Perses, Julien les fit emprisonner sur-le-champ et, le lendemain, ils comparurent devant lui. Il essaya d’abord de les convaincre par des flatteries, vantant le culte du feu et du soleil en faveur chez les Perses mazdéens. Mais les trois jeunes gens répondirent, par l’entremise d’un traducteur, qu’ils étaient disciples de Jésus-Christ et que, pour rien au monde, ils n’accepteraient de retourner au culte insensé de leurs ancêtres en se détournant du Créateur pour adorer les créatures. Furieux, Julien les fit fustiger par quatre soldats, puis, après les avoir fait clouer par les mains à un poteau, il ordonna qu’on leur lacérât le corps avec des ongles de fer. L’esprit fixé sur la Passion du Christ, les saints martyrs priaient le Seigneur de leur faire endurer la souffrance avec patience, et aussitôt, un ange apparut pour guérir leurs plaies et les revigorer. Quand ils se présentèrent de nouveau devant le tyran, ils déclarèrent qu’ils étaient prêts à endurer toute torture comme joie et délice. Julien prit alors Sabel et Ismaël à part et essaya de les attirer en accusant leur frère ; mais, ayant œuvré en vain, il les renvoya aux bourreaux pour qu’ils leur brûlent les côtes avec des torches. Ne ressentant aucun mal, tant leur joie était grande de participer à la Passion du Christ, les saints continuèrent de proclamer à haute voix la puissance du Sauveur. L’empereur se tourna alors vers Manuel, mais le saint, refusant même de prêter la moindre attention à ses menaces, lui dit : « Pourquoi te donnes-tu ainsi de la peine, insensé ? Inutile d’essayer de nous séparer, nous sommes tous les trois unis par la foi en la Sainte Trinité, et ce que l’un d’entre nous déclare est la conviction inébranlable des deux autres. Rien ne pourra nous faire changer. Nous n’échangerons pas les biens éternels pour ce qui est vain et transitoire ! » Réalisant qu’il n’obtiendrait rien et qu’il risquait de provoquer de nombreuses conversions parmi les siens, Julien ordonna de lui brûler les aisselles, puis de le lier fortement avec des roseaux et de le percer de flèches. Il prescrivit ensuite à ses bourreaux d’enfoncer des clous dans le crâne et les omoplates des trois martyrs, puis de leur enfiler des roseaux sous les ongles, avant de les décapiter et de jeter finalement leurs corps au feu. On les conduisit alors à l’extérieur de la ville de Constantinople, dans un lieu escarpé, situé à l’est du mur de Constantin, et, après avoir élevé vers le Christ une prière d’action de grâces, à laquelle répondit une voix céleste, ils furent exécutés. Dès qu’ils rendirent leur dernier soupir, la terre s’ouvrit et garda leur corps pendant deux jours, à l’abri des recherches des païens ; puis ils réapparurent miraculeusement et les chrétiens qui attendaient sur place purent les ensevelir dignement. Par la suite, une église fut érigée au-dessus de leur tombeau, dans laquelle les saints accomplissaient de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 3
La sizaine et le trio des saints martyrs ont mis en fuite les phalanges ennemies: ce sont Isaure, Félix et Pérégrin, Basile, Hermias et Innocent, avec Ismaël, le bienheureux Sabel et l’illustre Manuel; ayant témoigné pour le Seigneur, ils ont reçu la récompense des vainqueurs.

Kondakion, ton 2
Immolés pour votre foi dans le Christ, ayant bu son calice, Bienheureux, à terre vous avez abattu l’audace des Perses et leur culte du feu; en nombre égal à celui de la sainte Trinité, vous intercédez en sa présence pour nous tous.

Évangile DU JOUR
(Matth. XII, 1-8)
En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire pendant le sabbat. Mais Jésus leur répondit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls? Ou, n’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables? Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. Car le Fils de l’homme est maître du sabbat.

29 juin

29 juin

Saints glorieux et illustres Apôtres Pierre et Paul (vers 67) ; saint Marcel et saint Anastase, martyrs dans le Berry (274)

HOMÉLIE DE ST JUSTIN DE TCHÉLIÉ SUR LES
SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

Lorsque les hommes ont entendu la prédication du Seigneur Christ, ils ont commencé à s’étonner de ce que, Lui, le Docteur de Nazareth, leur demande de renoncer aux leurs, de L’aimer plus que leurs parents, plus que leurs enfants, que leurs amis, leurs biens. « Cela nous est incompréhensible. Que nous donnes-tu en échange ? » Et le Seigneur a dit : « Si tu veux être parfait », si tu veux être un homme cheminant dans la vérité, renonce à toi-même, charge-toi chaque jour de ta croix, et suis-moi. Pierre, troublé par ces paroles, Lui demande : nous avons tout quitté, et nous T’avons suivi. Et le Seigneur lui répond : « Quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle ». Il héritera la vie éternelle ! C’est précisément la raison pour laquelle le Seigneur est venu en ce monde : afin de donner la vie éternelle aux hommes. Afin de transformer cette prison de la mort et cette île de la mort qu’est la terre en île de la Résurrection. C’est le but du Seigneur Christ apporté par Lui en ce monde ; c’est ce que Lui seul a apporté au monde et personne d’autre, et pour cette raison, Il est le véritable Dieu et la Vie éternelle… Rappelez-vous de l’apôtre Paul. Pierre était un homme simple, un pêcheur de Galilée. Mais Saül, Paul, le jeune homme le plus instruit de son époque, devant lequel se profilait une carrière brillante, aurait pu obtenir toutes les situations possibles et recevoir tout le pouvoir. Et ce Saül, ce persécuteur de Jésus de Nazareth, a vécu un miracle infini. Enragé, plein d’élan, tout entier dans les passions, il persécute les chrétiens ! Premièrement, parce qu’il sont quelques hérétiques, des simplets, des idiots, parce que toute la Loi de Moïse est contre eux, et qu’il faut les écraser. Et il a commencé à persécuter et à tuer tout ce qui est chrétien. Mais sur la route lui apparaît le Seigneur ressuscité, qui lui dit : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » Saül devint soudain aveugle… Et il se rendit chez Ananie, qui était à Damas et auquel le Seigneur avait donné l’ordre de le guérir… Et Ananie baptisa l’apôtre Paul, le bénit, il recouvra la vue. Depuis lors, l’apôtre Paul, comme il le dit lui-même, n’a rien connu d’autre que le Seigneur Christ, crucifié et ressuscité. Car il a ressenti que tout le chemin entre la mort et l’immortalité était parcouru, que le Seigneur Christ est Celui qui donne à l’homme des forces et la puissance de vaincre toute mort, tout péché, tout diable. Et depuis lors il prêche sans crainte et au monde entier le Seigneur Christ ressuscité. Il n’a pas peur de l’empereur, il n’a pas peur de son procureur, il ne craint aucun pouvoir terrestre. Une seule chose est pour lui la principale, comme il l’écrit aux chrétiens : atteindre la résurrection des morts, c’est son but. Tout le reste est pour lui « de la boue ». Toutes les autres choses qui ne conduisent pas à la Résurrection, tout ce qui ne donne pas la Vie éternelle à l’homme, n’est rien d’autre que la mort, le péché, le diable, qui enlève à l’homme ce qui est le principal et le plus heureux et le plus précieux ! Et réellement, les saints Apôtres sont des hommes comme nous, de la même nature que nous, mais par la force du Christ, ils ont conquis le monde. L’empire romain est tombé devant eux, bien que ses empereurs les aient persécutés, toute leur force terrestre. Ils sont les seuls vainqueurs du genre humain, qui pour vaincre n’ont pas fait usage de la violence, des armes, du glaive, mais ont cheminé dans ce monde comme des agneaux parmi les loups. Et il s’est produit le plus grand miracle historique dans le genre humain : les agneaux ont vaincu les loups ».

Tropaire des saints Apôtres, ton 4
Princes des Apôtres divins et docteurs de l’univers, intercédez auprès du Maître Universel pour qu’au monde Il fasse don de la paix et qu’à nos âmes Il accorde la grande miséricorde.

Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Seigneur, Tu as accueilli, pour le repos et la jouissance de tes biens, les solides prédicateurs divinement inspirés, les coryphées des apôtres. Tu as jugé leurs labeurs et leur mort supérieurs à tout holocauste. Toi seul connais les secrets de nos cœurs.

Évangile DU JOUR
(Matth. XVI, 13-19)

Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples: «  Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : «  Les uns disent que tu es Jean Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. » «  Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? » Simon Pierre répondit : «  Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus, reprenant la parole, lui dit: «  Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. »

(Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe,  2e édition française, corrigée et augmentée, Simonos-Pétra (Mont-Athos), 2015)

28 juin

28 juin
Carême des saints Apôtres

Translation des reliques des saints Cyr et Jean, anargyres (412) ; saint Zacharie, évêque de Lyon (IIIème s.) ; sainte Téchilde, reine de Bourgogne (vers 600) ; saint Maëlmon, évêque d’Aleth (v. 658) ; saint Paul de Corinthe, médecin (VIIème s.) ; saint Xénophon de Robéïka (1262), saints Serge et Germain, thaumaturges de Balaam (vers 1353) ; saints néomartyrs de Russie : Basile (Sitnikov), diacre (1918) ; moniale Sebastienne (Agueiëva-Zouïeva) (1938) ; Grégoire (Samarine), diacre (1940).

TRANSLATION DES RELIQUES DES SAINTS CYR ET JEAN

Après le glorieux martyre des saints anargyres Cyr et Jean [31 janv.], des pieux chrétiens allèrent cacher leurs corps dans l’église Saint-Marc, de peur que les païens ne les profanent. De longues années après, sous le règne de Théodose le Jeune (414), comme notre saint Père saint Cyrille [9 juin], qui venait de succéder à son oncle Théophile sur le siège d’Alexandrie, priait Dieu avec larmes de lui révéler comment lutter contre les restes de cultes idolâtres, en particulier celui d’Isis guérisseuse, à Ménouthis, près de Canope , un ange lui apparut et lui ordonna d’y transférer les reliques des deux saints martyrs Cyr et Jean, dans une église dédiée aux saints Évangélistes, que Théophile avait fait ériger non loin du sanctuaire païen. Le saint évêque rassembla aussitôt son clergé et le peuple et, après leur avoir rapporté sa vision, il prit lui-même la tête d’un somptueux cortège, auquel s’adjoignit presque toute la population d’Alexandrie. Parvenus à l’église Saint-Marc, on ouvrit le tombeau des saints martyrs, qui était tombé dans l’oubli, et leurs reliques apparurent intactes et resplendissantes de la grâce du Saint-Esprit. On les plaça sur un char, et dans un grand concert de chants et d’hymnes, accompagnés de lumières et d’encens, on procéda à leur translation jusqu’à Ménouthis. Aussitôt des miracles commencèrent à se produire : les malades étaient guéris, les possédés délivrés, les aveugles recouvraient la vue, les infirmes marchaient, comme au temps de la vie publique du Seigneur. Quand on déposa les reliques dans l’église des Saints-Évangélistes, le démon qui habitait le temple d’Isis s’enfuit effrayé et les prêtres païens, voyant toutes ces merveilles, vinrent se jeter aux pieds de l’archevêque pour demander le baptême. Avec le temps, le temple abandonné fut enfoui dans le sable, tandis que le sanctuaire des saints martyrs attirait une foule toujours grandissante de pèlerins, venus de toutes les extrémités de l’Empire pour y solliciter leur assistance. On avait construit autour du sanctuaire de nombreuses hôtelleries pour les recevoir, mais les malades passaient en général la nuit auprès du tombeau des saints qu’ils baisaient avec dévotion, s’oignant de l’huile de leurs veilleuses ou buvant l’eau de la fontaine qui coulait à l’extérieur. Innombrables étaient les miracles qui s’accomplissaient par l’intercession des saints anargyres , qui souvent révélaient aux malades le moyen par lequel ils obtiendraient la guérison, en leur apparaissant en rêve ou à l’état de veille.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, ton 5
Seigneur, tu nous as donné comme rempart invincible * les miracles de tes saints Martyrs: * par leurs prières, ô Christ notre Dieu, ruine les complots des païens, * affermis le règne de la foi, * dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Kondakion, ton 3
De la grâce divine ayant reçu * le don des miracles, saints Martyrs, * sans cesse vous faites merveille en retranchant nos passions * par votre invisible opération, * Cyr et Jean, vous les thaumaturges, les médecins célestes.

Évangile DU JOUR
(Matth. XI, 20-26)
Alors le Seigneur se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties. Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. C’est pourquoi je vous le dis: au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

14 juin (ancien calendrier) / 27 juin (nouveau)

14 juin (ancien calendrier) / 27 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Élisée, prophète (IXème s. av. J.-C.) ; saint Méthode, patriarche de Constantinople, confesseur (847) ; saint Mstislav baptisé Georges, prince de Novgorod (1180) ; saint Méthode, higoumène de Pechnocha (XIVème s.) ; saint Élisée de Soumy (XVème-XVIème s.) ; saints Valère et Rufin, martyrs à Bazoche (287) ; saint Éthère, évêque de Vienne (VII°) ; saint Psalmode (ou Sayman), anachorète dans le Limousin (VIIème s.) ; saint Agrice, évêque de Sens (Vème s.)

SAINT PROPHÈTE ÉLISÉE
Le saint prophète Élisée, dont le nom signifie « Dieu est salut », était fils d’un riche cultivateur d’Abel-Mehola dans la vallée du Jourdain. Un jour qu’il labourait avec douze paires de bœufs, le saint prophète Élie [20 juil.] s’approcha et jeta sur lui sa mélote , signifiant par cet acte qu’il l’instituait son disciple et l’héritier de son charisme prophétique. Élisée immola deux bœufs et se servit de leur attelage pour les brûler en sacrifice au Seigneur. Puis, renonçant à tout et sans aller dire adieu aux siens, il suivit Élie et se fit son serviteur dévoué. Quand Élie eut achevé sa mission, Élisée insista pour le suivre jusqu’au lieu où il devait être enlevé au ciel, et il demanda à son maître de lui léguer une double part de son esprit prophétique. Un char de feu apparut, et Élie monta au ciel dans un tourbillon, laissant glisser à terre son manteau. Élisée le prit et revint sur la rive du Jourdain. Il frappa les eaux en invoquant le « Dieu d’Élie », et les eaux se divisèrent d’un côté et de l’autre pour le laisser traverser à pied sec. La congrégation des frères prophètes vint alors se prosterner devant lui, disant : « L’esprit d’Élie s’est reposé sur Élisée ! » Élisée accomplit son ministère prophétique pendant environ cinquante ans (850-800 av. J.-C.), dans le royaume de Samarie, sous les règnes successifs de Joram, Jéhu, Joachaz et Joas. Il exhortait inlassablement les Israélites : rois, puissants et gens du peuple, à se détourner des dieux étrangers, Baal et Astarté, pour retourner au culte du seul vrai Dieu. Certains prophètes prêchèrent par des paroles et des visions, d’autres par leurs souffrances et leurs tribulations, Élisée, lui, comme son maître, manifesta la véracité de sa prédication par des miracles. L’Esprit de Dieu était en lui « puissance » qui renversait les lois naturelles pour témoigner de la grâce accordée à ceux qui adhèrent au vrai Dieu, et annonçait ainsi, en figure, l’œuvre du Sauveur. Le prophète assainit par du sel les eaux d’une fontaine près de Jéricho, multiplia la réserve d’huile d’une pauvre veuve pour lui permettre de s’acquitter de ses dettes, transforma du potage amer en une soupe délicieuse pour nourrir les frères prophètes, et multipliant vingt pains d’orge, il nourrit plus de cent personnes. Chaque fois qu’il passait à Sumen, l’homme de Dieu était hébergé chez une femme de qualité. Un jour, le fils qu’elle avait obtenu grâce aux prières d’Élisée, vint à mourir. Elle alla en hâte rejoindre le prophète au mont Carmel et le supplia de venir auprès du défunt. Élisée le trouva étendu sur son propre lit et, alors que le miracle aurait pu s’accomplir par sa seule prière, il s’étendit sur l’enfant, mettant sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux, ses mains contre ses mains, et il lui insuffla un souffle de vie. Par cet acte, le prophète figurait l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ qui est descendu du ciel, pour se proportionner à la mesure de l’homme, mort par le péché, et lui insuffler son Esprit de vie éternelle. Par la suite, Élisée engagea la même Sunamite à fuir le royaume d’Israël et à se rendre dans le pays des Philistins, afin d’échapper à une famine qui allait durer sept années. Une autre fois, un des frères prophètes, qui était au travail au bord du Jourdain, laissa tomber le fer de sa hache dans le fleuve. À sa prière, Élisée prit un morceau de bois, le jeta à cet endroit et fit surgir le fer, annonçant ainsi en figure la vertu de la Croix qui relève la nature humaine déchue. Illuminé par la grâce de Dieu, le regard d’Élisée était si pénétrant qu’il dévoilait aux rois d’Israël et à leurs alliés, les plans du roi d’Assyrie. Et chaque fois que celui-ci voulait dresser une embuscade aux Israélites, il les trouvait déjà en place et prêts au combat. Dans Samarie assiégée par les Syriens et aux prises avec la famine, l’homme de Dieu annonça la prochaine délivrance au roi qui était prêt à blasphémer. Le lendemain, on découvrit que l’armée ennemie avait décampé, à la suite d’une vision terrifiante, laissant derrière elle toutes ses réserves et un immense butin. Non content de prophétiser pour les Israélites, le prophète Élisée exerça aussi son ministère envers les païens. Il prédit l’assassinat du roi de Damas, Ben-Hdad II, par son officier Hazaèl et annonça à ce dernier qu’il allait prendre le pouvoir. Une autre fois, il guérit de la lèpre Naaman, le général de l’armée syrienne, en lui ordonnant d’aller se baigner dans le Jourdain, figurant ainsi le salut des païens par le saint baptême. Mais la grâce de Dieu agissait aussi par lui pour châtier le péché. Des enfants insolents s’étant moqués du prophète, il les maudit, et deux ours sortirent du bois et déchirèrent quarante-deux d’entre eux. Comme son serviteur, Ghézi, avait voulu soutirer les présents que Naaman lui avait envoyés en signe de gratitude, il ne put échapper au regard infaillible de son maître et fut atteint de lèpre. Par toutes ces actions d’éclats accomplies par Dieu, par l’entremise de son prophète, le royaume d’Israël fut presque débarrassé du culte de Baal ; mais les Juifs, coupables d’avoir rompu l’unité du royaume, avaient néanmoins besoin de constantes interventions divines, pour se détourner des idoles et du péché, et revenir au culte du vrai Dieu. Le saint prophète Élisée mourut dans un grand âge, après avoir prédit au roi d’Israël, qui était venu à son chevet pleurer sur sa perte, qu’il vaincrait les Syriens. Cette année-là, un mort, qui avait été jeté dans la tombe du prophète au cours d’une attaque des Moabites, reprit vie et se dressa sur ses pieds. C’est pourquoi Sirac le Sage loue le saint prophète en disant : « Et jusque dans la mort son corps prophétisa » (Sir 48,13). Cette sépulture, après avoir été en grand honneur chez les Juifs, fut violée sous Julien l’Apostat (362), mais des fragments des reliques du prophète purent être transférés à Alexandrie et Constantinople, où une église lui était dédiée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du prophète Élisée, ton 4
L’ange dans la chair, le glorieux Élie, * le socle des divins prophètes, * le second précurseur de la venue du Christ, * celui qui envoie du ciel la grâce sur Elisée, * chasse au loin les maladies * et purifie les lépreux; * sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

Tropaire de St Méthode, ton 4
La justice de tes œuvres a fait de toi * une règle de foi pour ton troupeau, * un modèle de douceur, * un maître de tempérance; * c’est pourquoi tu as obtenu l’exaltation par ton humilité * et par ta pauvreté la richesse. * Méthode, pontife sacré, * prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion de St Méthode, ton 2
Sur terre tu luttas en incorporel * et tu reçus en héritage les cieux, * Méthode, toi qui as affermi dans l’univers * la vénération des images sacrées; * admirable dans les peines et les douleurs, * tu ne cessas de reprendre franchement * ceux qui rejetèrent l’icône du Christ.

Kondakion du St prophète Élisée, ton 2
Prophète de Dieu, tu le devins, * bienheureux Élisée, en recevant * la double grâce vraiment digne de toi, * puisque d’Elie tu as été le compagnon; * sans cesse en faveur de nous tous * intercède avec lui auprès du Christ notre Dieu.

Évangile DU JOUR
(Matth. XI, 16-20)
À qui comparerai-je cette génération? Elle ressemble à des enfants assis dans des places publiques, et qui, s’adressant à d’autres enfants, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses oeuvres. Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.

24 JUIN

24 JUIN
Carême des saints Apôtres
Dispense de poisson
Nativité du vénérable et glorieux prophète, précurseur et baptiste Jean ; saint Orence et ses frères: saints Pharnace, Eros, Firme, Firmin, Cyriaque et Longin, martyrs en Thrace (IVème s.) ; saint Simplice, évêque d’Autun (420) ; saint Nicétas, évêque de Rémésiana (Vème s.) ; saints Agoard et Agilbert, martyrisés avec leurs compagnons à Créteil (Vème s.) ; saint Théodulphe, évêque de Lobbes en Belgique (776) ; saint Rombaut, évêque de Malines (775). saint Antoine de Dymsk (vers 1224) ; saints Jacques et Jean, enfants de Novgorod (1566-1569) ; saint Athanase de Paros (1813).

Nativité du vénérable et glorieux prophète, précurseur et baptiste Jean

Dès que l’Archange Gabriel eut quitté la Très-Sainte Mère de Dieu, après lui avoir annoncé la Bonne Nouvelle de son enfantement virginal, en prenant pour preuve de ses dires la conception de sa cousine Élisabeth, Marie se rendit en hâte en Judée, dans le village où demeuraient Zacharie et Élisabeth. Elle salua sa cousine et, aussitôt, le fœtus de six mois tressaillit d’allégresse dans le sein d’Élisabeth, se faisant précurseur du Sauveur avant même sa naissance. Remplie de l’Esprit Saint, Élisabeth prêta sa voix au prophète et s’écria : « Bénie es-tu entre toutes les femmes, et béni soit le fruit de ton sein ! Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 39-44). Marie lui répondit par son admirable cantique d’action de grâces : « Mon âme exalte le Seigneur… » . Elle resta trois mois auprès d’Élisabeth, l’assistant et s’entretenant avec elle des merveilles de Dieu, puis rentra chez elle. Le temps étant accompli où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils, qui fut accueilli avec joie et allégresse par sa parenté et par tout le voisinage. Le huitième jour, alors qu’on procédait à la circoncision du nouveau-né, on voulut lui donner le nom de son père, Zacharie, selon la coutume. Mais Élisabeth prit la parole et dit de manière catégorique : « Non, il s’appellera Jean ! » (Lc 1, 59). Les assistants lui objectèrent que personne de sa parenté ne portait ce nom, et s’adressant par signes à Zacharie, qui était resté sourd et muet depuis la visite de l’Archange Gabriel [23 sept.], on lui demanda son avis. Celui-ci demanda une tablette et écrivit : « Jean est son nom. » À l’instant même, délivré de son mutisme et rempli de l’Esprit Saint, il se mit à prophétiser et adressa à Dieu cette hymne : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’Il a visité et délivré son peuple et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David son serviteur, selon qu’Il l’avait annoncé à ses saints prophètes des temps anciens… Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies et pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés. » (Lc 1, 68-79). Celui qui était né contre toute attente d’un sein flétri annonçait, par sa naissance, comme par un printemps spirituel, que le Messie, dont il préparait la venue, allait renouveler les lois de la nature humaine stérile et lui ouvrir la voie de la divinisation. Lui qui était appelé par Dieu à devenir la Voix du Verbe, délia ainsi la langue de son père, qui avait été liée par son manque de foi, et il mit fin aux figures et aux ombres de l’Ancienne Alliance. Dernier des prophètes, Jean qui, selon le témoignage du Seigneur, est le plus grand de tous ceux qui sont nés de la femme (Mt 11, 11), est aussi le premier des apôtres. Naissant en ce jour, il commence à luire dans le monde comme le Flambeau de la Lumière véritable, comme l’Astre annonçant le Soleil de Justice et comme le Héraut proclamant l’entrée du Verbe. La crainte et l’émerveillement s’emparèrent de tous ceux qui étaient présents et la nouvelle se répandit dans la Judée tout entière. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait, car la main du Seigneur était sur lui. Dès qu’il fut sevré et capable de marcher, il se retira de la maison familiale pour aller vivre dans le désert, vêtu d’une peau de chameau, une ceinture de cuir à ses reins, et se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Celui dont le monde n’était pas digne, menait là une vie sans soucis, sans tristesse, délivrée des passions et des assauts de la volupté, contemplant Dieu dans son cœur et faisant de Lui ses délices et sa consolation. Évidemment d’autres prophètes et hommes de Dieu avaient, avant lui, séjourné au désert, tel Moïse ou Élie ; mais, vivant au désert comme au ciel, Jean, qui leur était supérieur, manifestait par cette retraite le renouvellement de la nature, dont il avait été institué le Précurseur, et il inaugurait pour les hommes la possibilité de vivre comme des anges dans la chair, par la virginité, l’ascèse et la contemplation. Il mena cette vie angélique au désert jusqu’à l’an quinze du principat de Tibère César (Lc 3, 1) . Alors la parole de Dieu lui fut adressée, lui ordonnant de retourner vers les régions habitées pour y annoncer la venue du Sauveur, et de préparer ses voies en exhortant les hommes au repentir et en les baptisant dans le Jourdain pour la rémission de leurs péchés. Comme tous se demandaient si Jean n’était pas le Messie attendu par Israël, il prit la parole et leur dit : « Pour moi, je vous baptise avec de l’eau, mais vient plus fort que moi et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu… » (Lc 3, 15-18). Et par bien d’autres paroles, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle du Salut dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Bien que toutes les prophéties de Jean-Baptiste aient trouvé leur accomplissement, son message reste cependant permanent pour l’Église. Il ne cessera d’être, jusqu’à la fin des temps, le Précurseur du Sauveur : annonçant à tout homme qui désire accueillir en lui le Sauveur, que c’est par le repentir, le retranchement des plaisirs de ce monde, la retraite dans le silence et la prière qu’il pourra préparer en lui la voie par laquelle le Christ fera son entrée, dans la puissance du Saint-Esprit.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, ton 4
Prophète et Précurseur de la venue du Christ, * nous ne pouvons te louer dignement, nous qui t’honorons avec amour: * par ta glorieuse et vénérable nativité * la stérilité d’une mère et le mutisme d’un père ont cessé, * tandis qu’est annoncée au monde l’incarnation du Fils de Dieu.

Kondakion, ton 3
La Stérile de jadis enfante en ce jour le Précurseur du Christ, * le dernier de tous les prophètes et le plus grand; * car à celui que tous ils avaient annoncé * il imposa la main dans les flots du Jourdain * et du Verbe divin s’est de la sorte montré * Prophète, Prédicateur en même temps que Précurseur.

Évangile DU JOUR
(Luc I, 1–25, 57–68, 76, 80)

Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un prêtre, nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; sa femme était d’entre les filles d’Aaron, et s’appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile ; et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, pendant qu’il s’acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d’après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir l’encens. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l’heure de l’encens. Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel de l’ encenss. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit : « Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. » Zacharie dit à l’ange : « À quoi reconnaîtrai-je cela ? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. » L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler, et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront en leur temps. » Cependant, le peuple attendait Zacharie, s’étonnant de ce qu’il restait si longtemps dans le temple. Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple ; il leur faisait des signes, et il resta muet. Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s’en alla chez lui. Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant : « C’est la grâce que le Seigneur m’a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon humiliation parmi les hommes. » Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit : « Non, il sera appelé Jean. » Ils lui dirent : « Il n’y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom. » Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle. Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit : « Jean est son nom. » Et tous furent dans l’étonnement. Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. La crainte s’empara de tous les habitants d’alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses. Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur cœur, en disant : « Que sera donc cet enfant ? » Et la main du Seigneur était avec lui. Zacharie, son père, fut rempli du Saint Esprit, et il prophétisa, en ces mots :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
De ce qu’il a visité et racheté son peuple,
Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut ;
Car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,
Afin de donner à son peuple la connaissance du salut
Par le pardon de ses péchés,
Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu,
En vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d’en haut,
Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort,
Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix. »
Or, l’enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël.

22 juin

22 juin
Carême des saints Apôtres
Saint Eusèbe, évêque de Samosate, martyr (380) ; saint Alban, protomartyr en Angleterre (254) ; saints Zenon et Zénas, martyrs en Arabie (304) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Galaction et sainte Julienne, martyrs ; sainte Consorce, vierge en Gaule (VIème s.) ; saint Aaron d’Aleth, ermite en Bretagne (VIème s.) ; sainte Prèce, vierge à Metz (VIIème s.) ; st Grégoire, métropolite de Valachie (1834) ; saints néomartyrs de Russie : Théodore (Smirnov) et Gabriel (Arkhangelsky), diacres (1938).

Saint EUSÈBE, ÉVÊQUE DE SAMOSATE

Durant le règne de l’empereur Constance (337-360), qui se montrait favorable à l’arianisme, notre saint père Eusèbe manifesta un zèle grandissant pour la défense de la vraie foi, telle qu’elle avait été exposée par les Pères de Nicée. Il fut élu évêque de Samosate, ville située à 200 km à l’est d’Antioche, sur la rive nord de l’Euphrate, qui était à la tête de la province d’Euphratène. Ses combats pour l’affermissement de l’Orthodoxie, étendirent bientôt son influence à toute la Syrie, de sorte que, lorsque le siège d’Antioche se trouva vacant, ce fut Eusèbe qui favorisa l’élection de saint Mélèce [12 fév.]. Mais, quand Constance découvrit que Mélèce, loin d’être acquis au parti arien, se montrait au contraire un de leurs plus farouches adversaires, il réclama les Actes de son élection, qui avaient été confiés à saint Eusèbe. Celui-ci répliqua aux envoyés de l’empereur qu’il ne pourrait les livrer qu’après l’assentiment des signataires. Comme on le menaçait de lui trancher la main droite, il tendit généreusement ses deux poings, disant : « Je ne livrerai pas ce décret ! »
Lors du bref règne de Julien l’Apostat (360-363), qui tenta de restaurer le paganisme, le saint évêque se revêtit d’un costume de soldat et voyagea en Syrie, en Phénicie et en Palestine, encourageant les chrétiens à rester fermes dans la foi, et ordonnant en secret des prêtres et des évêques. À la mort de Julien, il prit part à un concile de vingt-sept évêques, réunis autour de saint Mélèce pour proclamer le dogme de Nicée comme règle de foi. C’est aussi grâce à son influence que saint Basile le Grand put être élu sur le siège de Césarée de Cappadoce (370), et il assista à son ordination. Dès lors, les deux saints hiérarques, liés par une étroite amitié, luttèrent de concert pour l’unité de l’Église. Saint Grégoire le Théologien, quant à lui, le louait comme « la colonne et le fondement de l’Église, le luminaire du monde, la règle de la Foi et l’ambassadeur de la vérité ». Lorsque Valens prit le pouvoir (364-378), il se montra adepte fanatique de l’arianisme. Renouvelant la persécution, il fit bannir Mélèce en Arménie, et après avoir déposé Eusèbe, il l’envoya en exil en Thrace (374), où le saint fut exposé aux dangers de la guerre contre les Goths. Lorsque Eusèbe reçut des envoyés de l’empereur la sentence d’exil, afin d’éviter que le peuple ne se révoltât pour le défendre et n’attentât à leur vie, il leur demanda d’attendre la nuit pour le faire sortir en cachette de la ville. Dès que les chrétiens de Samosate se rendirent compte que leur évêque avait été enlevé, ils s’embarquèrent sur l’Euphrate à sa recherche ; mais quand ils l’eurent rejoint, Eusèbe les exhorta à ne rien faire pour le délivrer et refusa les présents qu’ils lui proposaient en vue d’adoucir sa misère. Un arien, Eunome, fut nommé à sa place sur le siège de Samosate ; mais le peuple lui montrait un tel dédain qu’un jour, alors qu’il se baignait, seul, dans les bains publics et qu’il invitait les chrétiens qui se tenaient là à le rejoindre, ceux-ci refusèrent et dès qu’il sortit du bain, ils exigèrent qu’on renouvelât l’eau, car ils ne voulaient pas d’une onde souillée par l’hérésie d’Arius. Devant une telle hostilité Eunome se retira, mais il fut remplacé par un arien fanatique, Lucius, qui persécuta les orthodoxes de la ville.
Valens ayant finalement trouvé la mort au cours de sa campagne contre les Goths (378), l’empereur orthodoxe Gratien restaura la liberté de l’Église et rappela d’exil les glorieux confesseurs de la foi. Saint Eusèbe put rejoindre son troupeau spirituel qui l’accueillit en grande liesse, et immédiatement il se mit à la tâche pour placer de nouveaux pasteurs sur les sièges vacants. Le 22 juin 379, comme il entrait dans la ville de Dolikha (auj. Tell-Dülük), en compagnie du nouvel évêque orthodoxe de la cité, une femme arienne lui lança du haut d’un toit une lourde brique sur la tête. Saint Eusèbe s’affaissa, mais avant de rendre l’âme, il eut le temps de faire jurer à sa suite de ne pas poursuivre la coupable, et, à l’imitation de notre Seigneur et de saint Étienne, ses dernières paroles furent une prière pour ses ennemis.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire, t. 4
Richement éclairé par la sagesse de l’Esprit, * tu éclairas pour nous le langage de la foi, * illustre Eusèbe, puisqu’en pontife * tu renversas sagement l’erreur en luttant pour la Trinité. * Bienheureux Père, supplie-la de tous nous sauver.

Kondakion, ton 4
Ayant vécu saintement dans l’épiscopat * et pris le chemin des martyrs, * pontife Eusèbe, tu as éteint * les foyers de l’hérésie; * par le crédit que tu possèdes auprès de lui * prie le Christ notre Dieu * d’accorder à nos âmes le salut.

Évangile DU JOUR
(Matth. X, 23-31)
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël que le Fils de l’homme sera venu. Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison! Ne les craignez donc point; car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux.

Revenir en haut de la page
Jovan Nikoloski