19/10/2017
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Russie : le métropolite Hilarion de Volokolamsk a commenté l’exacerbation des tensions autour du film « Mathilde »

En Russie, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Alfeyev) a commenté l’exacerbation des tensions autour du film «Mathilde» (bande-annonce), son texte est ici en français.

Photographie: une image du film

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk : Nous devons avancer, préserver et affermir notre unité

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a donné une interview au portail grec « Romfea »

  • Éminence, vous effectuez actuellement une courte visite à Athènes. Quels sujets avez-vous abordé avec l’archevêque Jérôme pendant votre rencontre ?
  • En route vers l’île de Leros, où je participerai à la réunion du Comité d’observation du dialogue orthodoxe-catholique, j’ai décidé de profiter de l’occasion qui s’offrait pour m’arrêter à Athènes. Je suis reconnaissant à Sa Béatitude l’archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce d’avoir trouvé le temps de me recevoir. Nous avons eu un entretien bref, mais riche. J’ai transmis à Sa Béatitude les salutations et les bons vœux de Sa Sainteté le patriarche Cyrille. Je lui ai expliqué en quoi cette année était importante pour notre Église, puisque nous commémorons le centenaire de la révolution et du début des persécutions contre l’Église, ainsi que le centenaire de la restauration du Patriarcat.
  • L’archevêque vous a reçu chaleureusement. A-t-il répondu à votre invitation à venir en Russie ?
  • Je n’attendais pas de réponse immédiate de Sa Béatitude, mais je lui ai dit que nous serions très heureux de le voir sur le territoire de l’Église russe. S’il décide de venir, nous organiserons le programme de sa visite et le recevrons avec beaucoup d’amitié et de respect.
  • Éminence, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’état du Vatican est venu récemment à Moscou. Est-ce le début d’une nouvelle étape dans le dialogue entre le Vatican et l’Église russe? Le patriarche a eu plusieurs déclarations remarquables au sujet de cette visite.
  • C’est la rencontre historique entre le patriarche Cyrille et le pape François qui a ouvert une nouvelle page dans les relations. La visite du cardinal Parolin avait un caractère plus étatique car, comme on sait, le Vatican est un état reconnu, et le cardinal, en tant que secrétaire d’état du Vatican était venu en Russie à l’invitation des autorités russes. Il en a profité pour rencontrer le patriarche Cyrille, et m’a aussi rencontré au tout début de son séjour. La rencontre avec le patriarche a duré environ une heure quarante, celle avec moi a duré deux heures. Nous avons eu un entretien très riche sur de nombreux sujets de l’actualité internationale.

Naturellement, nous avons surtout parlé de ce qui était au cœur de la rencontre du patriarche et du pape à La Havane, c’est-à-dire de la situation des chrétiens du Proche-Orient.

  • Vous venez d’évoquer la Syrie. Nous savons toute l’importance de la participation de la Russie à la résolution du problème existant. A mon avis, c’est la Russie qui a arrêté la guerre là-bas. L’Église russe continue-t-elle à organiser des convois d’aide humanitaire pour le peuple syrien?
  • L’Église est très impliquée dans l’aide humanitaire au peuple syrien. Nous y travaillons en collaboration avec l’état russe. Nous avons aussi organisé une collecte pour la population syrienne, réalisée par les confessions traditionnelles en Fédération de Russie.

En même temps, nous ne cessons de travailler au règlement politique de la crise syrienne. Notre Église est en dialogue permanent avec les autorités de la Fédération russe.

  • J’aimerais aborder un autre sujet. Où en sont aujourd’hui les relations entre l’Église russe et le Patriarcat de Constantinople, un an et demi après le Concile de Crète ? Des négociations sont-elles en cours dont nous n’aurions pas connaissance ?
  • Nos relations avec le Patriarcat œcuménique sont traditionnellement fraternelles, j’espère rendre visite à Sa Sainteté le patriarche Bartholomée en septembre. Je pense que malgré les difficultés qu’a occasionnées la tenue du Concile de Crète, nous devons avancer, préserver et affermir notre unité. J’espère que nous pourrons renforcer cette unité durant les prochains mois.
  • Éminence, si vous le permettez, je poursuivrai sur ce thème. Ce que je vais dire est d’une grande actualité en Grèce. Nous avons ici des groupes de prêtres qui ont cessé toute commémoration liturgique du patriarche Bartholomée à cause du Concile de Crète. Approuvez-vous cette façon d’agir ?
  • Certes non, nous n’approuvons ni ces groupes, ni les méthodes qu’ils emploient pour prouver le bien-fondé de leurs positions. Mais des groupes semblables existent aussi dans notre Église, et nous devons être sensibles à leurs attentes. Nous nous souvenons très bien du schisme survenu au XVII siècle en Russie, et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Il a été provoqué par des questions de rite uniquement, et non à cause de problèmes théologiques ou dogmatiques.
  • Ce que vous dites est extrêmement important, Éminence…
  • C’est pourquoi nous nous efforçons de nous tenir au courant des dispositions au sein de nos communautés, et d’y réagir. Certes, nous comprenons bien qu’il existe des groupes qui cherchent consciemment à faire chavirer le navire ecclésial. Mais il y a aussi des fidèles qui, pour différentes raisons théologiques, sont critiques envers certains points des documents du Concile de Crète. Il faut savoir faire la différence entre les attaques volontaires et agressives contre l’Église et les réelles inquiétudes des gens.
  • Il y a encore un autre thème, tout aussi important et de grande actualité, qui intéresse les gens. Il y a quelques années, B. Obama a rencontré le patriarche Cyrille. Une rencontre entre le patriarche et l’actuel président des États-Unis, D. Trump, est-elle possible dans l’avenir, afin d’y discuter de la situation de l’Église orthodoxe ukrainienne ?
  • Je pense que les décisions que prend actuellement Trump sont pour beaucoup dictées par la profonde crise politique que traverse l’Amérique. La majeure partie de l’establishment politique avait misé sur l’autre candidat à la présidence, et les médias préparaient les esprits à l’arrivée de ce président. Mais le peuple a élu Trump, et ceux qui sont contre lui font tout pour l’empêcher d’appliquer ce qu’il avait déclaré avoir l’intention de faire durant sa campagne. Il est difficile de dire comment cela finira, mais il est évident que le président Trump n’est pas libre d’agir.
  • Visiblement, la crise ukrainienne n’est toujours pas résolue. Quelle est la position de l’Église russe ?
  • De notre point de vue, il n’y a qu’un seul moyen de résoudre la crise ukrainienne : les personnes qui se sont séparées de l’Église doivent faire pénitence et rentrer dans le sein de l’Église. En deux mille ans d’existence, l’Église n’a pas trouvé d’autre moyen pour réintégrer ceux qui s’étaient séparés d’elle. Nous sommes compréhensifs et compatissants envers ceux qui ont trouvé la foi à l’intérieur du schisme sans, peut-être, avoir conscience qu’il s’agissait d’un schisme. Ce sont les initiateurs du schisme qui en portent la responsabilité, les gens ordinaires n’ont pas à porter la responsabilité des leaders ecclésiastiques qui s’en sont pris à la tunique du Christ.

Malheureusement, dans l’Ukraine contemporaine, la religion est étroitement liée à la rhétorique politique. On fait la propagande de l’idée d’une Église indépendante dans un état indépendant. Mais si l’on suit cette voie, il faudra diviser de nombreuses Églises locales en de multiples petites entités. Ces idées ne peuvent que provoquer l’affaiblissement de l’Orthodoxie au niveau mondial. Pour l’Église russe, qui compte des millions de fidèles et est multi-ethnique, ces idées sont catégoriquement inadmissibles.

L’Église orthodoxe ukrainienne est une Église auto-administrée, du point de vue administratif et financier, elle ne dépend de personne, elle a son propre Synode, elle a son propre concile d’évêques, elle élit elle-même ses hiérarques, ils ne répondent pas à Moscou.

Sa Béatitude le métropolite de Kiev est membre permanent du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, et il y a un aussi un autre membre de l’Église ukrainienne dans le Synode. Dons, sur les quinze membres du Synode, deux viennent d’Ukraine et ils peuvent donc influer sur la vie de l’Église orthodoxe russe. Mais il n’y a personne de Moscou au Synode de l’Église ukrainienne. Ainsi, l’Église ukrainienne est entièrement autonome dans ses décisions, elle ne fait que conserver un lien de prière et un lien spirituel avec le Patriarcat de Moscou. C’est pourquoi, lorsqu’on dit aujourd’hui en Ukraine que l’Église ukrainienne est dépendante de Moscou, c’est tout simplement un mensonge.

  • Ce que vous dites, Éminence, est très important, car beaucoup ignorent tout de ce que dont vous venez parler. Si nous avons assez de temps, j’aimerais vous poser une autre question. Il y a eu récemment en Géorgie une tentative d’assassinat contre le patriarche Élie. On juge mal le patriarche Cyrille pour les nombreux gardes du corps qui l’entourent, comme quoi cela ne correspondrait pas à l’esprit orthodoxe. L’Église russe entend peut-être prévenir de cette façon un attentat contre le patriarche ?
  • La décision de faire garder ainsi le patriarche a été prise, si je ne me trompe, à l’époque du président B. Eltsine. Ce n’était pas une décision du patriarche, mais des autorités. Dans l’état, il y une certaine table des rangs, et les personnes sont gardées en fonction de leur rang. C’est l’état qui en décide, avant tout pour des raisons de sécurité. Il s’agit d’une décision de l’état.
  • En dehors des thèmes que nous avons déjà abordés, y a-t-il des sujets dont vous voudriez parler ?
  • Je me souviens de mon premier voyage à Athènes, en 1992, j’étais alors un jeune hiéromoine. La première chose que je voulais voir, c’était l’Aréopage, là où l’apôtre Paul prêcha. J’ai demandé à quelqu’un comment aller à l’Aéropage, on m’a donné le numéro d’un bus qui m’a mené assez loin. Enfin, le chauffeur m’a montré un bâtiment moderne et m’a dit : « Voilà l’Aréopage ». C’était bien un Aréopage, mais pas celui que je cherchais (le mot aréopage désigne le Tribunal de grande instance).

La fois suivante, je suis allé à pied, je suis allé jusqu’à l’Acropole, j’y ai longtemps erré, cherchant quelque trace de l’Aréopage antique, jusqu’à ce que je trouve un mur métallique portant un texte en grec ancien. En lisant les premiers mots de ce texte, j’ai compris que c’était le discours de Paul à l’Aréopage. Alors j’ai pensé qu’il y avait peu de discours dans l’histoire de l’humanité qui avaient été trouvé dignes d’être gravés en lettres d’or sur du métal.

A chaque fois que je viens à Athènes, je me souviens de cette première visite, et, bien que plus d’un quart de siècle ait passé, je regarde toujours avec émotion cette colline, me représentant le grand apôtre y semant les fondements de la foi.

  • Voici de fort belles paroles, Éminence.
  • J’ai récemment fini un livre sur l’apôtre Paul. C’est une biographie de lui, rédigée à partir du livre des Actes et de ses propres épîtres. C’est une grande joie pour moi d’être ici, dans une ville sanctifiée par les pas de ce grand apôtre.

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Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré l’archevêque Jérôme d’Athènes

Le 4 septembre, le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a entamé une visite en Grèce. Le métropolite Hilarion a été reçu par l’archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce, à la résidence des primats de l’Église orthodoxe de Grèce à Athènes. Son Éminence a transmis au primat de l’Église orthodoxe de Grèce les salutations fraternelles du patriarche Cyrille, ainsi qu’une invitation à venir à Moscou pour les célébrations du centenaire de la restauration du Patriarcat dans l’Église orthodoxe russe.L’entretien a porté sur le développement de la coopération entre les deux Églises sœurs dans les domaines de l’enseignement et de la culture. Les deux hiérarques ont échangé leur avis sur la situation des chrétiens au Proche-Orient et dans d’autres régions du monde. L’archevêque Jérôme a parlé des efforts entrepris par l’Église orthodoxe de Grèce pour défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles dans la société grecque.Sa Béatitude a souligné qu’elle gardait de chaleureux souvenirs de sa visite officielle à l’Église orthodoxe russe, en 2012, ainsi que de ses échanges avec le patriarche Cyrille, les clercs et les laïcs du Patriarcat de Moscou.A la fin de la rencontre, l’archevêque Jérôme d’Athènes et le métropolite Hilarion de Volokolamsk ont donné une brève interview à la station de radio de l’Église orthodoxe de Grèce. Le protosyngèle de l’archidiocèse d’Athènes, l’archimandrite Siméon (Voliotis), le secrétaire de la Commission synodale de l’Église orthodoxe grecque aux relations interorthodoxes, l’archimandrite Ignace (Sotiriadis), ainsi que le hiérodiacre Grégoire (Sokolov), qui accompagne Mgr Hilarion dans son voyage, participaient à la rencontre.

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Le métropolite Hilarion : Il faut que les médias ne déforment pas ce que disent les hiérarques de l’Église

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a fêté le 30e anniversaire de son ordination sacerdotale le 19 août. Dans une interview à « RIA Novosti », Mgr Hilarion a parlé des « petits et des grands » miracles de sa vie, de l’influence qu’a exercé sur lui « l’atmosphère des pays occidentaux » pendant son ministère à l’étranger, de la visite du secrétaire d’état du Vatican à Moscou, Mgr Pietro Parolin, de l’orthodoxie en Ukraine. Il a aussi partagé ses idées sur la couverture de l’actualité ecclésiastique par les médias laïcs.

  • Monseigneur, vous avez été ordonné hiéromoine il y a 30 ans, le 19 août 1987, pour la fête de la Transfiguration du Seigneur. Que signifie pour vous la Transfiguration ? Y a-t-il eu dans votre vie des miracles qui ont affermi votre foi en Dieu ?
  • La Transfiguration n’est pas une fête comme les autres. Elle nous rappelle la lumière divine manifestée aux disciples du Sauveur sur le Mont Thabor. Lorsque nous célébrons la Divine liturgie, nous montons à notre propre Thabor et recevons un peu de cette lumière incréée. Je suis infiniment reconnaissant à Dieu de pouvoir me tenir à Son autel depuis 30 ans pour y célébrer la Liturgie.

Des miracles, j’en ai eu beaucoup, des petits et des grands. Je sens que le Seigneur me guide, m’enseigne et me remet sur le droit chemin à travers les différentes circonstances de la vie. Chaque jour de la vie est un miracle. Il y a beaucoup de miracles qu’on ne voit pas de l’extérieur. Par exemple, la transfiguration des âmes par leur participation à la vie de l’Église, par la communion, par la prière. C’est un miracle dont nous, ministres du culte, sommes constamment témoins, et qui nous réjouit.

  • Vous œuvrez beaucoup à l’instruction spirituelle des gens. Le 6e tome de votre épopée éditoriale, Jésus Christ. Sa vie, Sa doctrine, vient de sortir. Pour autant que je sache, il n’existait pas encore d’ouvrage de cette ampleur consacré au Fondateur du christianisme dans l’histoire de l’Église russe. Pourquoi vous êtes-vous attelé à cette tâche ?
  • Il y a trois ans, Sa Sainteté le patriarche a déclaré pendant une réunion du Haut conseil ecclésiastique qu’il faudrait renouveler la littérature destinée aux étudiants de nos écoles de théologie. On m’a chargé de présider un groupe de travail pour mettre en œuvre ce projet de grande envergure, qui supposait la rédaction d’au moins 60 nouveaux manuels, tant collectifs que d’auteur. Presque en même temps, nous avons lancé environ 15 projets, trouvant pour chacun d’entre eux un auteur ou un collectif d’auteurs. Ce sont plus de 100 personnes qui travaillent aujourd’hui sur ces projets.

Lorsqu’on m’a soumis le plan du manuel de Nouveau Testament, j’ai compris que le groupe d’auteurs chargé de l’ouvrage pensait se limiter à l’exposition des théories modernes sur le texte évangélique, sans commenter le texte lui-même. Je veux au contraire que nos étudiants, avant tout, lisent le texte de l’Évangile, soient capables de s’orienter dans le texte, connaissent les différences entre les récits des quatre évangélistes, puissent les confronter. Finalement, j’ai pris ma plume et je me suis mis à écrire. Il y avait tant de matériel que le résultat de trois années de travail a été un ouvrage en six tomes. On s’appuie maintenant sur eux pour rédiger les manuels sur l’Évangile. Le texte du premier tome du manuel (basé sur les deux premiers tomes de ma série) a été lu et approuvé par Sa Sainteté, puis, à sa sortie, présenté par moi au Haut conseil ecclésiastique. Le patriarche est en train de lire le tome II (sur les miracles et les paraboles). Nous travaillons au tome III.

  • Quelle influence ont eu sur vous vos années de vie et de ministère en Angleterre et en Autriche, des pays où la volonté européenne de « démocratisation » des traditions religieuses se fait fortement sentir ? A quel point un séjour prolongé dans cette atmosphère est-il un défi sérieux pour l’orthodoxe d’aujourd’hui ?
  • Je ne peux pas dire que l’atmosphère des pays occidentaux ait eu une quelconque influence sur moi. J’ai toujours vécu dans mon propre monde, qui suit le rythme des fêtes de l’Église, le calendrier des offices liturgiques, et dépend beaucoup des obédiences que m’a confié l’Église et de mon travail de théologien, qui n’a pratiquement pas connu d’interruption durant toutes les années de mon ministère sacerdotal.
  • Le secrétaire d’état du Vatican, Pietro Parolin, sera prochainement à Moscou. En tant que chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, qu’attendez-vous de cette visite ? Quels thèmes sont à l’ordre du jour ? L’application de la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille, adoptée lors de leur rencontre historique en février 2016, sera-t-elle discutée ? Quels problèmes existent toujours dans les relations interchrétiennes, quels moyens voyez-vous pour les surmonter ? En quoi et pourquoi les Églises doivent-elles développer leur coopération aujourd’hui ? Une visite du pape François en Russie ou du patriarche Cyrille au Vatican est-elle envisageable dans un proche avenir ?
  • Pour l’instant, des échanges de visite à ce niveau ne sont pas prévus. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant que soit appliqué ce qui a été esquissé lors de la rencontre historique du pape et du patriarche à La Havane. Certes, c’est de cela que nous parlerons avant tout avec le cardinal Parolin. Nous avons tout un catalogue de thèmes que nous soulevons à chaque rencontre. La défense des chrétiens persécutés du Proche Orient, dont la situation est toujours extrêmement grave. La situation en Ukraine, où les schismatiques continuent à semer le désordre en s’emparant de nos églises, tandis que des projets de loi discriminatoires sont en préparation, car différentes forces, dont les uniates, en veulent à l’Église orthodoxe canonique. Il y a aussi la défense des valeurs familiales traditionnelles, et beaucoup d’autres sujets.
  • Compte tenu des récents succès des forces gouvernementales en Syrie et en Irak, peut-on espérer que la présence chrétienne sera tout de même préservée dans cette région ? Quels sont vos pronostics ?
  • Nous souhaitons ardemment le rétablissement de la paix sur la terre de Syrie, qui a tant souffert. Nous prions à cette intention et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour y contribuer. Nous devons tout faire pour préserver la présence chrétienne dans la région où naquit le christianisme.
  • Les autorités ukrainiennes se sont souvent adressées au Patriarcat de Constantinople, le priant de reconnaître « l’autocéphalie » de l’Église ukrainienne, son indépendance du Patriarcat de Moscou. Jusqu’à présent, le Patriarcat de Constantinople n’a pas donné de réponse officielle. Savez-vous quelle est sa position ? Peut-être des rencontres personnelles vous ont-elles permis d’en savoir plus ? Que pensez-vous des perspectives de l’orthodoxie en Ukraine ?
  • Je crois que le schisme sera surmonté et que l’orthodoxie ukrainienne sera réunie. Mais ce n’est pas en « intégrant » l’Église canonique aux schismatiques, comme le proposent certains hommes politiques ukrainiens, qu’on y parviendra. Le retour à l’Église n’est possible que par la pénitence. Il n’y a pas besoin de créer une Église ukrainienne : elle existe déjà et sa canonicité est reconnue par toutes les Églises orthodoxes locales sans exception, tandis que la canonicité des schismatiques n’est reconnue par personne.

Sa Sainteté le patriarche Bartholomée a exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’Église orthodoxe ukrainienne canonique. Il a souligné qu’il reconnaissait Sa Béatitude le métropolite Onuphre comme unique Primat canonique de l’Église orthodoxe en Ukraine. Je ne doute pas que le Patriarcat de Constantinople continuera à soutenir cette position à l’avenir. Il ne peut en être autrement, car nous sommes une seule famille d’Églises orthodoxes. Si une Église connaît un schisme, toutes les autres Églises le vivent précisément comme un schisme.

  • Ces dernières années, vous êtes à la tête du Conseil de rédaction de la publication officielle de l’Église, la Revue du Patriarcat de Moscou. A votre avis, à quels problèmes et à quels « défis », comme on dit aujourd’hui, sont confrontés les médias ecclésiastiques contemporains et les médias laïcs couvrant l’actualité ecclésiastique et religieuse ? De quoi ont-ils besoin pour gagner la guerre de l’information, si celle-ci est en cours ?
  • Il faut que les médias ne déforment pas – consciemment ou inconsciemment – ce que disent les hiérarques de l’Église. Malheureusement, nous sommes de plus en plus souvent confrontés à ce problème, ce qui crée une image faussée de l’Église. On voit de temps en temps de gros titres du genre « l’Église appelle à interdire… », « L’Église russe exige l’interdiction… », etc. A la lecture, on se rend compte que l’Église n’appelle nullement à interdire, au mieux il s’agit de réflexions sur ce qui est bon et ce qui est mauvais. Mais le titre a déjà frappé. N’oublions pas que beaucoup se contentent de lire les gros titres, sans consulter l’article.

Voici un exemple récent. On m’a demandé dans l’émission « l’Église et le monde » quel conseil je donnerais aux gens qui souhaiteraient envoyer leurs enfants faire des études à l’étranger. J’ai répondu littéralement ce qui suit : « Ce n’est pas mal du tout, d’envoyer des enfants, des jeunes gens et des jeunes filles, faire des études à l’étranger. J’ai moi-même fait deux ans d’études à l’université d’Oxford et j’en ai tiré beaucoup plus sur le plan scientifique que de mes années d’études au séminaire et à l’académie de Moscou, ou des années passées à étudier moi-même des livres ou des manuels. »

Ensuite, j’ai raconté que l’Église envoyait souvent des étudiants à l’étranger et recevait des étudiants de l’étranger. Nous avons toute une commission qui s’occupe des échanges estudiantins, et j’en suis le président en tant que chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Je suis chargé d’environ 100 étudiants de nos séminaires, qui font des études à l’étranger, en Grèce, en Serbie, en Italie, en Amérique, en Suisse, en Allemagne, et de presque autant d’étudiants étrangers qui poursuivent leur formation chez nous. Comme je l’ai dit dans l’émission, les échanges d’étudiants « c’est un bon processus, qui permet d’élargir l’horizon. »

En même temps, j’ai évoqué les inconvénients : si les étudiants que nous envoyons à l’étranger restent là-bas et ne reviennent pas « ce n’est pas très bien pour le pays, parce que nous perdons des citoyens. » Dans le même ordre idée, j’ai parlé du risque qu’on court en envoyant des enfants à l’étranger : « Lorsqu’on me pose ce genre de questions, et on me les pose assez souvent, je m’efforce toujours d’envisager la situation sous tous ses angles. S’il existe un risque que l’enfant envoyé à l’étranger ne revienne pas, alors, naturellement, je conseille aux parents de ne pas l’y envoyer».

Cette seule phrase a suffi pour qu’apparaisse les gros titres suivants : « L’Église orthodoxe russe déconseille d’envoyer les jeunes faire des études à l’étranger », « l’Église orthodoxe russe déclare que les études à l’étranger sont nocives », « un représentant de l’EOR, ancien élève d’Oxford, déclare que les études à l’étranger sont nocives », etc. On a complètement ignoré tout ce que j’avais dit sur l’avantage des études à l’étranger, et ma phrase sur les risques de ces déplacements a suscité une avalanche de commentaires. A l’antenne de la station de radio « Les échos de Moscou » (Ekho Moskvy), le premier vice-président du Comité de la Douma d’état à l’instruction et à la science de la fraction du PCRF, Oleg Smoline, a dit, comme s’il voulait me répondre, qu’introduire des restrictions à l’envoi d’enfants à l’étranger pour y faire leurs études était inefficace et contraire à la Constitution de la Fédération de Russie. Et d’ajouter : « Aucun hiérarque ne pourra remplacer la Constitution et la législation en vigueur. » Qu’est-ce que la Constitution vient faire ici ? Qui a parlé de législation, de restrictions et d’interdictions ? Visiblement, ce respectable député n’a pas regardé l’émission, il a dû voir quelque part un gros titre et a décidé qu’il devait y aller de son commentaire.

Je pourrais produire quantité d’exemples semblables, où l’on envoie un signal, qui est si mal reflété par les médias que la société reçoit au final un signal complètement différent. J’aimerais beaucoup que certains médias soient plus attentifs à la qualité de l’information qu’ils diffusent.

Le métropolite Hilarion s’exprime au sujet du rétablissement de la monarchie en Russie

Le modèle monarchique d’organisation politique a de nombreux partisans parmi les fidèles orthodoxes, et l’Église orthodoxe russe pourrait prendre part à la discussion du rétablissement de la monarchie dans le pays, si ce débat commence. C’est ce qu’a déclaré samedi dernier le président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion. Répondant à la question de la présentatrice de l’émission «L’Église et le monde» sur la chaîne TV «Rossiya 24», au sujet des déclarations du patriarche de Géorgie Élie II concernant la possibilité de la restauration monarchique en Géorgie, le métropolite Hilarion a d’abord rappelé que l’Église orthodoxe russe est «neutre» à l’égard du pouvoir politique jusqu’au moment où celui-ci n’appelle pas à aller à l’encontre de la morale chrétienne, comme cela est expliqué dans les «Fondements de la conception sociale de l’Église orthodoxe russe». Ensuite le métropolite a poursuivi : «Il y a à l’intérieur de notre Église des gens, des groupes de gens, qui luttent pour le rétablissement de la monarchie, et je pense que, si à un moment donné notre société est mûre pour la discussion de cette question, l’Église prendra la participation la plus active à une telle discussion». Le métropolite Hilarion a mentionné qu’il exprimait là son opinion personnelle et a rappelé que dans la forme de gouvernement monarchique, le gouvernant «reçoit l’onction du clergé pour régner» et «non pas simplement le mandat des électeurs pour gouverner pour un délai déterminé ; mais il reçoit la confirmation de Dieu par l’intermédiaire de l’Église pour gouverner». Ce gouvernement «est à vie jusqu’au moment où il transmet le pouvoir à son héritier». En revanche, le métropolite ne voit guère d’intérêt dans la monarchie constitutionnelle, celle-ci n’ayant qu’un rôle « décoratif » selon ses propres paroles.

Source : et 2

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré Mike Pence, vice-président des États-Unis

Le 11 mai, à Washington, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré Mike Pence, vice-présidet des États-Unis. Un compte rendu de cette rencontre, en français, est en ligne ici (dont photographie ci-contre).

Un nouveau film du métropolite Hilarion (Alfeev) : « L’orthodoxie en terre de Crimée »

Ce film documentaire du métropolite Hilarion est consacré aux églises et monastères orthodoxes, l’histoire et les lieux saints de Crimée. C’est là que prêcha l’apôtre saint André, que fut exilé saint Clément, pape de Rome, disciple de l’apôtre Pierre. C’est aussi en Crimée que s’est produit un événement de grande importance : c’est là que selon la « chronique des temps passés » de Nestor de Kiev (XIème s.) que l’évêque de Chersonèse a baptisé le prince Vladimir en 988. Cela s’est produit sur les rives du Pont-Euxin. Parmi les participants du film se trouvent le métropolite de Simféropol et de Crimée Lazare, des prêtres accomplissant leur ministère dans cette région, des archéologues et des historiens. On peut visionner ce film (en russe) ici !

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Recension: Métropolite Hilarion Alfeyev, « Image de l’Invisible. L’art dans l’Église orthodoxe »

Métropolite Hilarion Alfeyev, Image de l’Invisible. L’art dans l’Église orthodoxe, Éditions Sainte-Geneviève, Épinay-sous-Sénard, 2017, 371 p.
Ce livre de Mgr Hilarion Alfeyev (métropolite de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du patriarcat de Moscou) est le troisième volume d’une série présentant divers aspects de l’Église orthodoxe. Les deux premiers volumes (L’Orthodoxie, vol. I, Histoire et structures canoniques de l’Église orthodoxe et L’Orthodoxie, vol. II, La doctrine de l’Église orthodoxe), ont été publiés respectivement en 2009 et 2012 aux Éditions du Cerf. Il était prévu que les volumes suivants y paraissent aussi, mais la nouvelle direction ayant drastiquement réduit la publication de livres orthodoxes, l’auteur a dû migrer chez un autre éditeur, lequel en l’occurrence a fait un beau travail de présentation, proche de l’édition originale publiée à Moscou par le monastère de Sretenski.
Comme l’indique son sous-titre, l’ouvrage traite de « l’art dans l’Église orthodoxe » et comporte trois parties: 1) L’architecture des églises orthodoxes; 2) L’iconographie orthodoxe; 3) La musique liturgique.
Ces études se présentent moins comme des réflexions ou des commentaires spirituels que comme des articles d’encyclopédie, qui présentent à chaque fois un historique et un descriptif de la question, illustré par une abondante iconographie marginale en noir et blanc, et pour une part en couleur dans un cahier central.
L’ouvrage est bien documenté, Mgr Hilarion s’appuyant sur sa vaste culture personnelle, mais aussi sur les travaux préparatoires d’une équipe de documentalistes qui œuvre pour certains de ses ouvrages. On apprécie aussi le caractère pédagogique de l’exposé. Tout cela fait de cet ouvrage un excellent manuel d’initiation à ce que l’on peut appeler « l’art liturgique » orthodoxe (car en fait les trois formes d’art abordées trouvent leur expression et leur finalité dans la liturgie). Ce travail s’intègre à l’œuvre pastorale considérable que Mgr Hilarion, animé par des capacités et une force de travail hors pair, développe depuis de nombreuses années parallèlement à ses activités « diplomatiques » officielles, et qui se traduit aussi par une multitude de traductions patristiques, de publications de livres et d’articles, de conférences, et de documentaires filmés pour la télévision.
Les parties consacrées à l’architecture et à l’art abordent des thèmes déjà abondamment étudiés ailleurs, mais l’auteur en propose une synthèse historique et doctrinale qui les situent dans la perspective ecclésiale orthodoxe et qui est particulièrement utile dans le cadre d’une initiation ou d’une révision de notions déjà acquises.
L’exposé de Mgr Hilarion se révèle particulièrement précieux dans la troisième partie, consacrée à la musique, sur laquelle on trouve dans la littérature moins de documents que sur l’architecture et l’iconographie. L’auteur fait bénéficier le lecteur de sa grande compétence en la matière puisque, avant de devenir moine et de s’élever dans la hiérarchie ecclésiastique, il mena pendant une quinzaine d’années des études musicales au plus haut niveau.
Dans la liste des grands compositeurs de musique liturgique et religieuse qu’il présente (et qui comporte entre autres les noms de Lvov, Lomakine, Glinka, Bortnianski, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Katalsi, Arkhangelski, Tchesnokov, Rachmaninov, Gretchaninov, Troubatchev et Sviridov) il faudrait – ce que sa modestie l’empêchait de faire – ajouter son nom, car il est, dans le domaine de la musique liturgique et religieuse polyphonique, l’auteur d’une œuvre déjà considérable et d’une qualité qui égale celle des plus grands compositeurs. Parmi ses œuvres liturgiques les plus connues (dont existent des enregistrements sur CD diffusés en Russie, et divers enregistrement vidéo), on peut citer: « La Divine Liturgie » et « Les Vigiles », à quoi l’on peut ajouter, parmi les œuvres non liturgiques mais d’inspiration religieuse: « La Passion selon saint Matthieu », un « Oratorio de Noël », un « Stabat Mater », et diverses compostions réunies dans un CD intitulé « Lumière passée et future ».
L’intérêt du Métropolite Hilarion pour le chant polyphonique russe moderne ne le conduit pas à dévaloriser le chant traditionnel znammeny (dont il a fortement soutenu la renaissance en Russie), ni a ignorer les formes musicales des autres Églises locales qui sont également présentées dans ce volume. À noter qu’il garde même une certaine distance critique par rapport au chant polyphonique sophistiqué qui reste très présent dans les grandes églises (qui emploient de manière aberrante des chœurs professionnels dont certains membres sont non croyants), puisque de même que le P. Georges Florovsky parlait d’une « captivité de Babylone » à propos de la théologie russe du XIXe et du début du XXe siècle, Mgr Hilarion déplore avec raison que « les normes esthétiques de la “captivité italienne” (c’est-à-dire des XVIIIe-XIXe siècles) continuent à dominer le répertoire des chorales ».
La partie du livre consacrée à la musique se termine par un chapitre original et intéressant sur les cloches qui, comme le note l’auteur dans son introduction, produisent « la seule forme de musique instrumentale non seulement universellement admise par l’Église orthodoxe, mais faisant partie intégrante de sa liturgie ».

Jean-Claude Larchet

Le métropolite Hilarion est intervenu au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Le 11er mai 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a présenté un exposé lors de l’assemblée plénière du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés, à Washington.

Présentant le métropolite Hilarion, le président de l’association évangélique Billy Graham, F. Graham, a mentionné sa visité en Russie, fin 2015, expliquant que l’idée de ce sommet pour la défense des chrétiens persécutés lui était venue à Moscou, pendant son entretien avec le président du DREE.

Le métropolite Hilarion a salué les participants du sommet au nom de l’Église orthodoxe russe. Il a remercié l’Association Billy Graham et son président Franklin Graham d’avoir organisé un forum de cette ampleur, afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur l’épouvantable tragédie des chrétiens persécutés dans le monde d’aujourd’hui.

Le hiérarque orthodoxe a rappelé que les persécutions contre les disciples du Christ ne sont pas un phénomène nouveau. « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte d’infamie à cause de Moi », disait le Seigneur Jésus Christ (Mt 5, 10). Le thème des persécutions est un des leitmotivs de sa prédication, revenant sans cesse dans ses entretiens avec les apôtres. « L’apôtre Pierre dit : « Très chers, ne jugez pas étrange l’incendie qui sévit au milieu de vous pour vous éprouver, comme s’il vous survenait quelque chose d’étrange. Mais, dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse. Heureux, si vous êtes outragés pour le nom du Christ, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous. Que nul de vous n’ait à souffrir comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme délateur, mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas honte, qu’il glorifie Dieu de porter ce nom » (I P 4, 12-16).

L’Église a été persécutée partout durant les trois premiers siècles de son existence, a souligné le métropolite Hilarion. Durant les siècles suivants, les chrétiens ont aussi été soumis à de nombreuses persécutions, sous différentes formes. « Il n’y a pas un siècle dans l’histoire du christianisme où nous n’ayons pas été persécutés, dans une partie du monde ou dans l’autre », a témoigné l’hiérarque.

Poursuivant la même idée, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rappelé que le XX siècle avait posé avec plus que jamais d’acuité la question du prix que les chrétiens devaient payer pour leur foi. Ainsi, la série de révolutions qui a bouleversé tant d’états en Europe, en Asie et en Amérique latine, a provoqué une puissante vague de violences contre les chrétiens. En Turquie, le début du XX siècle a été marqué par une extermination massive des Arméniens, des Assyriens et des représentants d’autres peuples chrétiens. L’état des Jeunes Turcs a lancé un génocide contre la population chrétienne de l’Empire ottoman, qui s’est poursuivi après la chute de l’empire. Les exécutions, particulièrement cruelles, les assassinats, les déportations massives ont touché plus d’un million de personnes. Dans l’Allemagne d’Hitler et dans l’Espagne républicaine des années 30, les chrétiens de différentes confessions ont fait l’objet de persécutions plus ou moins violentes. Les persécutions contre l’Église catholique ont été particulièrement cruelles et sanglantes au Mexique dans les années 1920. Au milieu du XX siècle, la « révolution culturelle » chinoise a entraîné des répressions massives contre le clergé chrétien.

« Cette année, la Russie et les autres pays de ‘l’espace post-soviétique’ commémorent le centenaire de la révolution d’octobre 1917, point de départ d’une époque de cruelles persécutions contre l’Église orthodoxe russe, a rappelé le président du DREE. Le pouvoir, en la personne de Lénine et de Staline, a initié des répressions d’une ampleur sans précédent contre son propre peuple ; des dizaines de millions de personnes ont été victimes de ces répressions. » Durant ces années, a constaté le métropolite, l’Église s’est enrichie d’une multitude de saints qui, selon le mot de l’apôtre, « se sont laissés torturés afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres subirent l’épreuve des dérisions et des fouets, et même celles des chaînes et de la prison » (Heb 11, 35-36). »

« Au XX siècle, les nouveaux martyrs et confesseurs russes n’étaient pas mis à mort à cause d’actes concrets, à cause de transgressions, de violations de la loi ou de crimes. Ils étaient systématiquement éliminés parce qu’ils croyaient en Jésus Christ, Dieu et Sauveur, a souligné Mgr Hilarion. Les églises chrétiennes étaient dynamitées pour la seule raison qu’elles étaient chrétiennes. Les icônes étaient brûlées parce qu’elles représentaient le Christ. »

Elle est longue, la triste liste des pays où les chrétiens ont été l’objet de persécutions au XX siècle, a constaté l’archipasteur. Le début du XXI siècle s’ouvre sur une nouvelle vague de persécutions de grande envergure contre les chrétiens dans différentes parties du monde. »

« Les chrétiens souffrent surtout aujourd’hui dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique, a raconté le métropolite. Depuis près de deux mille ans, les chrétiens vivent dans ces régions. Aujourd’hui, ils entravent la voie d’intérêts politiques ou économiques pour des forces qui ne répugnent pas à employer des terroristes pour atteindre leurs buts, faisant de ces terroristes des combattants pour la liberté et la démocratie. L’ampleur des persécutions contre les chrétiens est obstinément tue dans les médias et au sein de la communauté internationale. »

Mgr Hilarion a cité plusieurs exemples illustrant la détresse des chrétiens dans différents pays du Proche-Orient. Si près d’un million et demi de chrétiens vivaient en Irak avant 2003, ils ne sont plus aujourd’hui que 150 à 250 000, selon les estimations, la plus grande partie de cette population ayant dû quitter le pays après le début du soi-disant « printemps arabe ». En Lybie, le « printemps arabe » a entraîné la quasi-disparition des chrétiens. Les autorités actuelles du pays déclarent ouvertement qu’elles ne souhaitent pas que les chrétiens y restent.

En Égypte, après la venue au pouvoir des « Frères-musulmans », les assassinats de chrétiens et les incendies d’églises étaient devenus systématiques. La population chrétienne a commencé à quitter le pays. Depuis l’arrivée au pouvoir d’As-Sissi, la situation s’est améliorée, mais des explosions meurtrières ont toujours lieu dans les églises d’Égypte, et des dizaines de personnes tombent victimes des bombes des terroristes.

Dans les régions de Syrie tombées aux mains des terroristes pendant la guerre, les chrétiens ont été exterminés sans pitié. Le monde n’aurait sans doute rien su de ces tragédies si les terroristes eux-mêmes n’avaient partagé sur internet les scènes atroces de ces exécutions contre les chrétiens. Ceux des chrétiens qui sont restés en vie sont soumis à des tortures et à différentes humiliations.

Le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a constaté : « Nous partageons la position de Leurs Saintetés les Patriarches Jean X (Église orthodoxe d’Antioche) et Ephrem II (Église syro-jacobite), formulée récemment dans un message commun à l’occasion de l’anniversaire de l’enlèvement de deux hiérarques, les métropolites Paul d’Alep et Jean Ibrahim. Ce message témoigne que les chrétiens d’Orient sont désireux de rester sur la terre de leurs ancêtres, que les discours du « monde civilisé » sur la démocratie ne doivent pas distraire des véritables problèmes de la population syrienne et de la nécessité de cesser la guerre, qu’il est aussi nécessaire d’arrêter de financer les groupements terroristes, donnant plutôt du pain aux affamés ». Il faut entendre cette voix et la faire entendre aux grands de ce monde, parce qu’elle exprime l’opinion des chrétiens de Syrie, a souligné l’hiérarque.

Le génocide des chrétiens se poursuit aujourd’hui sous les yeux du monde civilisé, a témoigné le métropolite Hilarion. Jusqu’à une date récente, l’Occident se taisait, les hommes politiques et les médias gardant obstinément le silence sur ce thème. « Aujourd’hui, ce ‘complot du silence’ a été brisé, on commence à parler des persécutions contre les chrétiens au plus haut niveau international. Mais beaucoup de ceux qui évoquent ce thème, aujourd’hui encore, s’efforce de le détourner : « Ne parlons pas des chrétiens, parlons plutôt des minorités ». Ils appellent ainsi à taire le problème, détournant la conversation dans le domaine des discours politiquement corrects sur la tolérance envers n’importe quelle minorité, notamment sexuelle, ou autre » a constaté Mgr Hilarion.

Le président du DREE a aussi rappelé que le monde était peu au courant du génocide des chrétiens en Afrique. Pourtant, au Nigéria et dans les pays limitrophes, les terroristes du groupe « Boko Haram » et les tribus nomades tuent les chrétiens par villages entiers. Rien qu’au Nigéria, les extrémistes ont détruit 900 églises ces derniers temps. Les autorités du Soudan du Nord jettent des bombes sur les chrétiens et les soumettent à des discriminations permanentes. Les attaques contre les chrétiens se poursuivent en Somalie et en Tanzanie.

« Nos frères et sœurs sont aussi soumis à de multiples souffrances et persécutions dans les pays d’Asie, en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, en Inde, en Birmanie » a continué le métropolite Hilarion.

L’archipasteur a constaté que l’Église orthodoxe russe avait été l’une des premières à parler publiquement des persécutions contre les chrétiens à une époque où tout le monde se taisait. Le Patriarcat de Moscou a exprimé ses inquiétudes quant au sort de la population chrétienne du Proche-Orient et en Afrique dès le début des évènements du printemps arabe.

En novembre 2011, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie s’était rendu en Syrie et au Liban pour une visite irénique dont l’objet était, notamment, d’entretenir les liens fraternels entre les Églises chrétiennes dans le contexte d’un conflit pressenti.

Durant les années qui ont suivi, l’Église orthodoxe russe s’est efforcée et continue à s’efforcer d’entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les droits des chrétiens persécutés, a témoigné le métropolite Hilarion de Volokolamsk. Aucune rencontre de Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie et du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou avec les hommes politiques étrangers ne se passe sans que soit évoquée la situation des communautés chrétiennes du Proche-Orient et d’Afrique. La hiérarchie et les représentants de l’Église orthodoxe russe participent activement aux forums internationaux et interreligieux consacrés à la situation au Proche-Orient.

Mgr Hilarion a aussi évoqué le rôle du dialogue interreligieux dans l’aide aux chrétiens persécutés. Le 12 février 2016, le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le Pape François de Rome se sont rencontrés à La Havane. « Les primats des deux plus grandes Églises chrétiennes ont témoigné de ce que les deux parties comprenaient que la situation dans le monde exigeait des mesures urgentes et, comme il est écrit dans la déclaration commune signée à La Havane, des actions coordonnées » a constaté Mgr Hilarion.

L’Église orthodoxe russe défend aussi les droits des chrétiens persécutés dans le dialogue qu’elle mène avec les autres religions, a poursuivi le métropolite.

« Les manifestations d’agression à l’encontre des chrétiens dans le monde contemporaine, en dehors des violences physiques, prennent souvent la forme de la négation du droit des gens à exprimer publiquement leur foi, à en suivre les valeurs, à porter ouvertement des symboles religieux, a poursuivi le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Nous constatons avec affliction et inquiétude le processus de déchristianisation de l’espace public de l’Ancien et du Nouveau monde, historiquement pourtant les bastions les plus importants de la civilisation chrétienne. Les églises et les communautés chrétiennes sont regardées comme des reliquats de l’ancien temps et non comme des acteurs de plein droit des processus sociaux. »

L’archipasteur a rappelé que, dans la société contemporaine, des phénomènes qui contredisent les commandements évangéliques sont de plus en plus souvent considérés comme normaux. La volonté de nombreux états de légaliser la pratique de l’euthanasie suscite de sérieuses inquiétudes. Dans certains pays (Pays-Bas, Belgique, Canada, Luxembourg), le patient est autorisé par la loi à mettre fin à ses jours. Récemment, en Italie, une nouvelle discussion sur la possibilité de l’euthanasie a suscité de vifs débats. Dans beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, les médias et le système éducatif font la promotion d’une idéologie favorable aux minorités sexuelles et à la propagande d’un mode de vie homosexuel.

L’Église orthodoxe russe proclame la sainteté de la vie humaine dès l’instant de la conception jusqu’à la mort naturelle, elle confesse les idéaux évangéliques du mariage et de la famille, a souligné le métropolite de Volokolamsk, rappelant : « La position de notre Église est une position de principe. La société doit préserver les valeurs traditionnelles, apprendre à observer un équilibre entre les droits et les libertés de l’homme, d’une part, et la responsabilité pour le bien-être moral de la personne, de l’autre. Il est triste que la réalisation des droits de l’homme soit de plus en plus souvent synonyme de permissivité et de débauche morale. Cette tendance est une impasse pour le développement social ».

L’hiérarque de l’Église orthodoxe russe a appelé les représentants des différentes confessions chrétiennes à ne pas rester indifférents devant les souffrances de leurs frères et sœurs persécutés. « Aujourd’hui, plus que jamais, les chrétiens doivent être solidaires et intercéder pour ceux qui souffrent, pour les persécutés qui glorifient le Christ par leurs prouesses » a souligné le président du DREE.
« Cette solidarité interchrétienne doit être plus importante au niveau pratique que les divergences entre confessions chrétiennes qui se sont accumulées depuis des siècles. Ces divergences continueront à nous diviser, mais elles ne doivent pas être un obstacle à des actions concertées pour la défense des chrétiens persécutés, indépendamment de la confession à laquelle ils appartiennent » a déclaré l’archipasteur.

Par ailleurs, selon le président du DREE, la coopération interreligieuse revêt aujourd’hui une importance particulière. « Le terrorisme est un défi commun aux chrétiens, aux musulmans et aux représentants d’autres traditions religieuses. Il faut que tous en aient clairement conscience. La bombe du terroriste ne choisit pas qui sera touché par ses éclats : ses victimes seront des hommes de différentes appartenances religieuses » a dit le métropolite.

On peut, a-t-il poursuivi, citer beaucoup d’exemples de construction d’un climat social de paix et d’harmonie interreligieux. Les chrétiens et les musulmans vivent en bon voisinage au Liban et en Jordanie. L’Égypte a choisi la voie du dialogue interreligieux et de l’éradication de l’extrémisme. Il y a aussi l’expérience séculaire de coopération interreligieuse qui est celle de la Russie, où les chrétiens, les musulmans, les juifs et les bouddhistes non seulement ne sont pas en conflit, mais se réunissent dans le cadre du Conseil interreligieux de Russie pour résoudre les problèmes de l’actualité, pour élaborer ensemble une position commune et défendre les valeurs morales et spirituelles.

« Aujourd’hui, le rôle d’une instruction religieuse de qualité devient de plus en plus important, estime le métropolite Hilarion. Le succès des terroristes tient notamment au fait que, dans beaucoup de pays du monde, le niveau de connaissances religieuses est extrêmement bas. Les gens rejoignent les terroristes parce qu’ils ne connaissent pas la vérité ni sur l’islam, ni sur le christianisme. Les idéologues de la terreur affirment à leurs adeptes que les chrétiens sont les suppôts des colonisateurs étrangers, les ennemis de l’islam et qu’il n’y a pas d’autre moyen de défendre l’islam que d’éliminer les chrétiens. Des âmes fragiles se laissent influencer par cette idéologie. »

« Ensemble, nous pouvons faire beaucoup, a souligné le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Le monde entier prête aujourd’hui attention à notre sommet. Les confessions chrétiennes doivent témoigner d’une seule voix de notre solidarité avec nos frères et sœurs persécutés, appeler la communauté internationale à intensifier la lutter contre l’extrémisme, le terrorisme et la christianophobie. »

Les travaux du Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés se poursuivront jusqu’au 13 mai. Le forum est organisé par l’Association évangélique Billy Graham et rassemblé 800 participants venus de plus de 135 pays.

Le métropolite Hilarion : « Ne crachons pas sur notre histoire »

Le 22 avril 2017, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, répondait aux questions d’Ekaterina Gratcheva dans l’émission « L’Église et le monde » sur la chaîne de télévision « Rossia-24 ». Cette émission est diffusée les samedis et les dimanches.

E. Gratcheva : Bonjour ! Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, commente l’actualité de la semaine.
Le métropolite Hilarion : Bonjour, Ekaterina ! Bonjour, chers frères et sœurs.
E. Gratcheva : Le tribunal de grande instance de notre pays a interdit les « Témoins de Jéhovah » en tant qu’organisation sur l’ensemble du territoire de la Russie. Beaucoup ont salué cette nouvelle, mais certains craignent que le gouvernement perde tout contrôle sur cette organisation, maintenant qu’elle est interdite. Qu’en pensez-vous ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas que l’état contrôlait réellement cette organisation, parce qu’il s’agit d’une secte, qui plus est d’une secte totalitaire et nuisible. Je parle en connaissance de cause, car je me suis souvent entretenu avec d’anciens adeptes de cette secte. Dans l’église dont je suis le recteur, nous organisons tous les six mois une cérémonie de réintroduction dans l’Église des personnes l’ayant quittée pour faire partie d’une secte. Parmi elles, il y a d’anciens « Témoins de Jéhovah ».
Il s’agit vraiment d’une secte dangereuse, bien qu’elle se définisse comme confession chrétienne. Lorsque ses adeptes s’approchent des piétons dans la rue et leur proposent de prendre connaissance d’une brochure, ils ne disent pas qu’ils font partie de la secte des « Témoins de Jéhovah », ils se présentent comme chrétiens. Pourtant, ils tordent la doctrine chrétienne, proposent une interprétation inexacte de l’Évangile. La doctrine des Jéhovistes est faussée, ils ne croient pas que Jésus Christ est Dieu et Sauveur, ils n’acceptent pas le dogme de la Sainte Trinité. C’est pourquoi ils ne peuvent pas être appelés chrétiens.
Mais le danger de cette secte n’est pas tant dans ce détournement de la doctrine chrétienne, car ce n’est pas une raison pour mettre des gens en prison ou leur retirer leur licence. Elle est dangereuse parce que c’est une secte totalitaire, dont les agissements sont fondés sur la manipulation de conscience. Ses adeptes détruisent le psychisme des gens, détruisent les familles. Si quelqu’un décide de quitter la secte, ses plus proches parents, même son mari ou sa femme, ses enfants, ses parents, n’ont plus le droit de communiquer avec lui, ni doivent plus s’asseoir à sa table. L’ancien adepte devient paria dans sa propre famille si les membres de celle-ci continuent à faire partie de la secte.
Si, au contraire, quelqu’un fait partie des Témoins de Jéhovah, tandis que sa famille n’en n’est pas membre, il doit pratiquement rompre tout lien avec ses proches. Beaucoup de familles ont été ainsi détruites. Bien plus, les Témoins de Jéhovah, connus pour être contre les transfusions sanguines, sont responsables de la mort des gens qui auraient pu être sauvés par cette méthode de soin. Cela ne concerne pas seulement des vies d’adultes, mais aussi des vies d’enfants. Il y a eu des cas où des enfants sont morts parce qu’on ne leur a pas fait de transfusion sanguine à temps, la doctrine de cette secte l’interdisant.
On ne peut donc que se réjouir de l’interdiction de cette secte en Russie. En même temps, je tiens à souligner que l’Église n’est pour rien dans cette décision. On ne nous a pas consultés. L’Église, d’une façon générale, n’appelle pas à poursuivre en justice les hérétiques, les sectateurs, ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. L’état n’a pas pris sa décision en partant de motifs doctrinaux, mais parce que l’activité de cette secte a une dimension extrémiste. Il ne s’agit pas d’opposition aux fondements de la foi de telle ou telle religion, mais d’infraction au code civil.
Il est indéniable que les membres de la secte continueront leur activité. Je ne pense pas qu’il sera plus difficile de les contrôler, puisqu’on ne les contrôlait pas auparavant. Mais, du moins, ils cesseront de se présenter comme confession chrétienne. Autrement dit, sur le marché des confessions, ce produit ne sera plus présenté, ce qui sauvera certainement bien des familles et même des vies.
E. Gratcheva : En tous cas, ils ne pourront plus louer des Palais de la culture ou d’autres espaces pour leurs réunions.
Le métropolite Hilarion : Ils ne pourront plus louer de Palais de la culture, ni de stades, et leur influence délétère et néfaste diminuera donc.
E. Gratcheva : Nous venons d’apprendre que, pour la première fois depuis 930 ans, les reliques de l’un des saints les plus vénérés dans notre pays, saint Nicolas le Thaumaturge, seront amenées en Russie. Près de la moitié des églises russes lui sont dédiées, il y a des parcelles de ses reliques dans beaucoup d’églises. Alors, quel est le sens, quelle est l’importance de la visite de ces reliques, transportées depuis la ville italienne de Bari ?
Le métropolite Hilarion : Je tiens à parler de l’histoire de cet évènement. Saint Nicolas est sans doute le saint le plus vénéré, non seulement en Russie, mais dans bien d’autres parties du monde. Ses reliques étaient conservées dans la ville dont il fut l’évêque, Myre en Lycie, une ville située sur le territoire de l’actuelle Turquie. Aux VI, VII, VIII siècles, elle a souvent fait l’objet de raids de la part des Arabes, d’abord, puis des Turcs. Comme l’existence même du christianisme était menacée, en 1087, les habitants de de Bari ont pris la décision de transférer les reliques de saint Nicolas dans leur ville. Pour cela, ils ont tout simplement volé les reliques. Ils sont venus à Myre, ont ligoté les moines qui gardaient les reliques, les ont volé, et transporté en bateau. Lorsque les moines ont été libérés, il était trop tard.
Singulièrement, ce vol est célébré comme une fête dans l’Église russe. Le 22 mai, lorsque nous faisons mémoire de saint Nicolas, nous fêtons en fait la translation des reliques de saint Nicolas de Myre en Lycie à Bari. C’est un exemple de ce dont parlait saint Jean Damascène dans son Précis de la foi orthodoxe : Dieu utilise parfois les œuvres mauvaises des hommes pour en tirer un bien. On se demande, en effet, ce que seraient devenues ces reliques si elles n’avaient pas été transférées à temps à Bari. Cela s’est produit il y a 930 ans. Depuis, les reliques n’ont jamais quitté la ville italienne. Lorsque le Patriarche Cyrille a rencontré l’an dernier le Pape François, l’un des sujets de négociations a été la possibilité de transporter en Russie les reliques de saint Nicolas. C’est ainsi qu’une grande partie de ces reliques séjournera dans notre pays. Elles seront exposées à l’église du Christ Sauveur.
Saint Nicolas est un saint qui réagit étonnamment aux prières. Il y a des quantités de témoignages de grâces reçues très rapidement. Il aide dans les circonstances difficiles de la vie, dans les malheurs, et même pour résoudre les petits problèmes du quotidien.
E. Gratcheva : Monseigneur, j’aimerais soulever un thème dont nous discutons rarement dans notre émission : le cinéma. Le film d’Alexeï Outchitel’, « Matilda », qui doit prochainement sortir sur les écrans, a suscité de vives réactions dans la société. Ce film part de faits réels, l’histoire d’amour entre le futur empereur Nicolas II et la ballerine Mathilde Kchessinskaïa. Beaucoup d’orthodoxes, sans avoir vu le film, l’accusent d’offenser les sentiments des croyants. L’Église peut-elle et doit-elle, à votre avis, formuler sa propre opinion sur un film, sur une exposition, sur un livre, si ces œuvres parlent d’une personnalité canonisée ?
Le métropolite Hilarion : L’Église a naturellement déjà formulé sa position, et ce à plusieurs reprises.
Nous approchons du centenaire de la fin tragique du dernier empereur russe et de sa famille. Il y a quelques années, j’ai accompagné le Patriarche Cyrille dans un voyage en Serbie, et nous avons participé à un évènement étonnant : sous une pluie battante, le Primat de l’Église russe et le Patriarche Irénée de Serbie ont consacré un monument au tsar-martyr, le dernier Empereur de Russie, Nicolas II, en plein centre de Belgrade. C’était très touchant, car la Serbie manifestait ainsi sa reconnaissance à l’empereur de Russie, qui avait soutenu le peuple serbe.
Dans notre pays, pour autant que je sache, il n’y a aucun monument au dernier empereur russe. Nous avons des quantités de monuments à Lénine, qui peut à bon droit être critiqué. Nombre de personnages historiques douteux ont leur monument sur nos places ou sont représentés dans la toponymie de nos villes, mais le dernier empereur, pendant le règne duquel beaucoup de bonnes choses ont été faites pour le pays, n’a toujours pas de monument. Le centenaire de sa mort approche, celui de cette atroce exécution perpétrée sans jugement sur lui, sur son épouse et ses enfants mineurs. Comment le pays se prépare-t-il à cette date ? En tournant un film sacrilège, soi-disant basé sur des faits historiques, alors que les faits historiques y sont tous détournés. Ce film est, à mon avis, l’apothéose de la vulgarité.
E. Gratcheva : Vous avez vu le film ?
Le métropolite Hilarion : Oui, je l’ai vu, j’ai été invité par le metteur en scène en personne. Je dois dire qu’il y a deux ou trois ans, il m’avait montré son projet et voulait même que j’y prenne part, il pensait, par exemple, que ma musique pourrait être utilisée dans le film. J’ai dit tout de suite que le scénario me paraissait douteux et que les réactions risquaient d’être assez vives. Malgré tout, après avoir fini le film, Alexeï Efimovitch m’a proposé de le voir.
Après quelques hésitations, j’ai décidé d’aller voir le film, au moins pour ne pas être un de ceux qu’on accuse de critiquer sans avoir vu. Après avoir regardé, j’ai dit à Alexeï Efimovitch que je n’avais rien de bon à dire sur son film. Il a été déçu, peut-être vexé. Malheureusement, comme je l’ai dit, le film détourne les évènements historiques et tout y est présenté de façon caricaturale. Le film s’ouvre sur un cadre de la scène du théâtre Mariïnski : la bretelle du bustier de Mathilde Kchesinskaïa se dégrafe, dénudant le sein… L’héritier du trône, assis dans la loge impérial, se dresse sur son fauteuil, tout excité. Le film commence par cette vulgarité et continue dans le même esprit.
E. Gratcheva : Votre critique concerne le fond même de l’œuvre, donc on ne peut rien arranger au montage ou en post-production ?
Le métropolite Hilarion : Je ne pense pas qu’on puisse arranger quoi que ce soit. Certes, je n’ai vu le film qu’inachevé, il restait des choses à terminer. Mais je ne pense pas qu’on ait changé quoi que ce soit sur le fond. Et je ne pense pas non plus qu’on puisse y changer grand-chose, car c’est l’approche d’une personnalité historique de cette envergure qui est incorrecte. Je ne parle pas des qualités ou des défauts artistiques de ce film.
L’empereur Nicolas II a été canonisé, l’Église a sa façon à elle d’envisager cette personnalité. Le jour de son décès, le jour anniversaire de l’assassinat de la famille impériale, des dizaines de milliers de personnes participent à une procession allant du lieu de la fusillade au lieu présumé de l’inhumation. La procession dure cinq heures, et rassemble soixante, soixante-dix ou quatre-vingt-mille personnes. Vous vous imaginez quelle sera la réaction des fidèles orthodoxes lorsque ce film sortira !
Certes, on peut dire : vous n’avez qu’à ne pas regarder, si ça ne vous plaît pas. Mais il s’agit de notre patrimoine national, de notre histoire. Nous ne devons pas cracher sur notre histoire. Nous ne devons pas humilier de cette façon, publiquement, les gens de ce niveau, de cette envergure, en les représentant comme ce film représente le dernier empereur russe. Je ne parle même pas de la représentation de la dernière impératrice, Alexandra Feodorovna, dont le film fait une véritable sorcière, alors qu’elle aussi a été canonisée.
E. Gratcheva : Monseigneur, mais on pourrait objecter qu’il faut distinguer le personnage historique du saint orthodoxe, le souverain du martyr. Le critique littéraire I. Aïkhenvald disait bien : « Pouchkine, ce n’est pas Alexandre Serguievitch ». Où passe la frontière entre les deux ?
Le métropolite Hilarion : Nicolas II a vécu une histoire d’amour réelle, celle de son amour pour la femme qui est devenue l’impératrice. Il en est tombé amoureux dès l’adolescence, on peut même dire dès l’enfance, lorsqu’ils se sont vus pour la première fois. Et il est resté amoureux d’elle toute sa vie. Son aventure avec Mathilde Kchessinskaïa est un amour de jeunesse, qui n’a pas duré longtemps. Cette aventure s’est terminé après les fiançailles du futur tsar, et Nicolas II n’a jamais trompé sa femme. Pour résumer, il y a bien eu une histoire d’amour entre le tsarévitch et la ballerine. Mais en faire toute une histoire, en tirer une soi-disant œuvre d’art, un film qui cartonne en caisses, et célébrer ainsi le centenaire de l’assassinat de la famille impériale, tout cela est vraiment profondément incorrect.
E. Gratcheva : Le 18 avril, le Conseil d’état réuni à Novgorod a discuté de l’activité de ce qu’on appelle des « organisations de micro-finances », qui prêtent de petites sommes à des taux très élevés. Le Patriarche a publiquement condamné cette pratique, disant qu’il fallait plutôt créer des banques pour les pauvres. Comme l’Église propose-t-elle de lutter contre les usuriers du XXI siècle ?
Le métropolite Hilarion : L’Église s’est toujours prononcée contre l’usure, car l’usure est une forme légale d’exploitation des malheurs. Prenons ce qu’on appelle les « micro-crédits ». De quoi s’agit-il en réalité ? Quelqu’un n’a pas assez d’argent pour vivre jusqu’à sa prochaine paye, il fait un petit emprunt. Puis un second. Le pourcentage à rendre peut excéder plusieurs fois les sommes empruntées. Lorsque vient le moment de rendre l’argent, le créditeur n’a pas de quoi payer. On peut alors lui confisquer ses biens, son appartement, etc.
Il s’agit donc en fait d’un système criminel. Le Patriarche n’en a pas parlé pour rien : les gens viennent nous voir, nous, membres du clergé, ils écrivent au Patriarche. L’état doit contrôler cette activité. Le fait de pouvoir emprunter et rendre ensuite peu à peu une somme n’est pas mauvais en soi, cela aide beaucoup de gens, notamment les jeunes familles, qui peuvent ainsi acheter un appartement. Mais lorsque cela devient un moyen de soutirer aux gens l’argent qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront jamais, il s’agit d’une activité inadmissible qui doit être strictement contrôlée.
Dans la seconde partie de l’émission, le métropolite Hilarion a répondu aux questions postées par les téléspectateurs sur le site du programme « L’Église et le monde » vera.vesti.ru.
Question : Comment Dieu peut-il aider, lorsqu’un proche est à l’article de la mort ? Quelles prières peut-on dire pour que Dieu entende et aide ?
Le métropolite Hilarion : L’Église est très attentive envers les gens qui sont au seuil de la vie éternelle. Elle propose différentes prières et rites, ainsi que des sacrements qui sont célébrés pour que la personne puisse se préparer au mieux à la mort. Nous disons que toute la vie doit être une préparation à la mort, car la mort n’est pas seulement la fin de la vie terrestre, mais un passage à la vie éternelle. De notre vie sur terre dépend notre sort dans la vie éternelle. Si vous savez qu’un de vos parents va bientôt mourir, il faut avant tout se préoccuper de ce qu’il ne meure pas sans confession ni communion.
La confession et la communion sont les sacrements qui nous soutiennent tout au long de notre vie et nous aident à nous préparer à l’heure de la mort. La famille, par pitié envers le mourant, lui cache souvent l’approche de la mort, craint d’inviter le prêtre, de peur que le mourant ne devine sa fin prochaine. A cause de quoi, malheureusement, beaucoup de gens sont privés de la possibilité de se confesser et de communier avant de mourir. C’est pourquoi, si vous savez que quelqu’un va bientôt mourir, appeler le prêtre, sans attendre le moment où la personne aura déjà perdu connaissance et que la visite du prêtre devienne pratiquement inutile.

Le métropolite Hilarion : Chacun doit porter la responsabilité de sa vie et de ses actes

Le 11 mars 2014, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a répondu aux questions de l’animatrice de télévision Ekaterina Gratcheva dans l’émission L’Église et le monde sur la chaîne Rossia-24. Cette émission est diffusée les samedis et les dimanches.

E.Gratcheva: Bonjour ! Nous nous entretiendrons avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Monseigneur, bonjour.

Métropolite Hilarion : Bonjour, Ekaterina. Chers frères et sœurs, bonjour.

E.Gratcheva: Le 20 février, l’un des startsy les plus vénérés de l’Église orthodoxe russe de ces deux siècles, père spirituel de trois Patriarches, l’archimandrite Cyrille (Pavlov), est décédé. Les fidèles qu’il dirigeait le considèrent comme leur père spirituel. Comment expliquer à tous les autres ce que sont les startsy orthodoxes russes ?

Métropolite Hilarion : Les startsy illustrent un mode de direction spirituel tout à fait particulier dans l’Église orthodoxe. Tout directeur spirituel n’est pas un starets. Le mot « starets » semble renvoyer l’âge de la personne (du mot « stary », ancien, âgé, NDT), mais il renvoie en fait à l’expérience spirituelle.

Dans l’Église orthodoxe russe, n’importe quel prêtre peut être directeur spirituel, y compris un jeune prêtre. Dans l’Église grecque, la règle est différente : les confesseurs reçoivent un document officiel de leur évêque. Chez nous, au contraire, n’importe quel prêtre peut être directeur spirituel, c’est-à-dire un conseiller auquel les gens ont recours non seulement en confession, mais aussi lorsqu’ils éprouvent le besoin d’un conseil spirituel.

Le starets est un homme extraordinaire, doté d’un charisme particulier. Ce n’est pas un ministère pour l’exercice duquel on reçoit un mandat écrit ou une nomination. Le starets est un homme choisi par Dieu pour ce rôle. C’est un directeur spirituel d’un genre spécial, que des foules de gens viennent voir, notamment lorsqu’ils sont confrontés à des situations difficiles. Le starets, possédant une riche expérience intérieure, peut répondre à leurs questions. D’autre part, de nombreux startsy possèdent un don de clairvoyance, c’est-à-dire qu’ils voient l’homme tout entier. Par exemple, un inconnu vient voir un starets, mais celui-ci sait déjà comment il s’appelle, ou lui parle d’emblée des problèmes qu’il était venu exposer. Cela arrive souvent.

C’est ainsi qu’était le père Cyrille. J’ai eu le bonheur de faire sa connaissance lorsque j’avais 12 ans, et cette rencontre, ainsi que celle de plusieurs autres startsy, a joué un rôle déterminant dans mon choix de vie. Ces hommes m’ont tellement inspiré, j’ai vu en eux tant de bonté, de lumière, d’humilité, de beauté spirituelle que j’ai voulu suivre la voie du service de Dieu et de l’Église.

Ce qui frappe toujours, chez ces hommes, c’est qu’ils ont conservé toutes leurs qualités humaines de compassion, de pitié, d’amour, de sollicitude envers ceux qui viennent les voir. En même temps, dans tous leurs actes humains, ils étaient absolument pénétrés de la présence divine. Cette présence divine se faisait sentir à tous ceux qui venaient les voir.

E.Gratcheva: En dépit des stéréotypes, on remarque des représentants de toutes les couches de la société dans les foules qui font la queue à la porte du starets. Parmi eux, il y a des représentants de l’Administration présidentielle qui viennent demander conseil, ainsi que de grands financiers.

Pourquoi l’homme russe a-t-il autant confiance dans les conseils spirituels, dans les startsy orthodoxes lorsqu’il vient chercher la réponse à une question concrète ?

Le métropolite Hilarion : Avoir confiance dans le starets est tout à fait correct et tout à fait naturel. Mais il ne faut pas non plus confondre le don de Dieu, comme qui dirait, avec une omelette. Par exemple, si un homme d’affaires essaye de se décharger sur le starets de ses responsabilités dans ses affaires, je pense qu’il fait fausse route. Ou si un fonctionnaire de l’état vient faire peser sur le starets le poids des affaires gouvernementales, c’est tout à fait incorrect.

Chacun doit porter la responsabilité de sa vie et de ses actes. S’il s’agit d’une question concernant les affaires, mettons vendre ou ne pas vendre telle entreprise, on ne doit pas faire porter la responsabilité de cette décision au starets. Par contre, si le businessman a terminé une affaire et veut continuer dans une autre direction, qu’il a par ailleurs tout préparé à cet effet et veut demander la bénédiction de son directeur spirituel, il peut venir voir son père spirituel ou un starets, lui raconter son histoire, lui demander sa prière et sa bénédiction. Le starets donne généralement sa bénédiction, mais il peut arriver, dans certains cas, que le starets a eu une révélation divine, comme quoi cette nouvelle affaire n’est pas bonne, qu’elle risque de mal finir, et le starets en prévient celui qui vient le voir.

E.Gratcheva: Que pensez-vous du rôle des startsy dans la vie des serviteurs du culte et des fonctionnaires de l’état aujourd’hui en Russie ?

Le métropolite Hilarion : Les obsèques de l’archimandrite Cyrille (Pavlov) ont montré quel rôle ce starets avait joué dans la vie de milliers de personnes. Pas moins de 20 hiérarques, plus d’une centaine de prêtres et des milliers, peut-être même des dizaines de milliers de laïcs sont venus assister aux funérailles. La Laure était aussi pleine que pour les jours de fêtes de saint Serge de Radonège. Et pourtant le père Cyrille était resté alité et malade pendant des années, il ne recevait plus personne. Tous ceux qui sont venus aux obsèques l’ont connu il y a 20, 30 ou 40 ans. Il avait conservé son influence sur eux, le peuple lui conservait son affection. Je pense d’ailleurs que le père Cyrille (Pavlov) et le père Jean (Krestiankine) seront sûrement canonisés un jour par l’Église. C’est un grand bonheur d’avoir pu connaître un saint de son vivant, pas sur les icônes, mais de l’avoir vu de ses yeux.

E.Gratcheva: Et en Grèce, spirituellement proche de la Russie, comment voit-on les startsy ? Y en a-t-il beaucoup là-bas ?

Le métropolite Hilarion : Il y a aussi des startsy en Grèce, très vénérés, notamment sur le Mont Athos. Les gens viennent les voir du monde entier. J’ai eu le bonheur de connaître un starets athonite qui est déjà canonisé. Il s’agit de saint Païssi l’Athonite. Je l’ai rencontré au début des années 90. C’était quelqu’un d’absolument stupéfiant. On faisait la queue pour arriver jusqu’à lui, il recevait un grand nombre de personnes, s’entretenait avec elles des choses les plus variées. Saint Païssi était extrêmement simple dans sa manière d’aborder les gens, comme le père Cyrille. Si l’on s’en tient à leur discours, à leur façon de transmettre leurs pensées, on ne dirait pas tout de suite qu’il y a quelque chose d’extraordinaire en eux. Mais ils rayonnaient de bonté et de charité, et la grâce de Dieu se faisait sentir lorsqu’ils parlaient, ainsi que cette lumière particulière qui émanait d’eux. Je pense que c’est ce qui attirait et continue à attirer des milliers de personnes à eux.

E.Gratcheva: Les paroissiens orthodoxes d’une église située à l’intérieur du monastère Saint-Andronique a adressé au maire de Moscou une requête, demandant de rebaptiser la station de métro toute proche, « Place Ilytch » en station « André Roubliov ». Le 1er mars, l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg a voté le changement de nom du district « Parnas » en district Saint-Serge, en l’honneur de saint Serge de Radonège. Pourquoi l’Église insiste-t-elle sur ces changements de nom ? Et qui doit, à votre avis, décider de ce qui doit rester tel quel et de ce qui doit être rebaptisé ? Il y a eu tout un scandale autour du nom de la station « Voïkovskaïa », par exemple.

Le métropolite Hilarion : C’est le peuple qui doit décider de ce qu’il faut rebaptiser et de ce qu’il faut laisse comme tel, les gens doivent être satisfaits de ces nouvelles dénominations. Mais l’Église n’est pas indifférente à la question, car il s’agit de nos symboles nationaux. Les noms de terroristes, de révolutionnaires, d’assassins et de bourreaux, tous ces noms ont une connotation historique négative, ce que, je l’espère, nous finirons tôt ou tard par comprendre, car les gens sont encore assez divisés sur cette question comme sur la question de retirer Lénine de son mausolée, par exemple. Mais il me semble qu’il n’est possible de changer d’appellation que lorsqu’il existe un consensus à ce sujet.

E.Gratcheva: Quels facteurs, à votre avis, faut-il prendre encore en compte ? Les changements de nom entraînent sans doute d’importantes dépenses de la part de la municipalité, et les gens sont habitués à ces dénominations, il ne vaut pas la peine de les modifier ?

Le métropolite Hilarion : L’argument des dépenses municipales est surestimé : la ville prend constamment soin des rues, on y installe sans arrêt de nouvelles plaques. Changer les plaques, je ne pense pas que ce soit si cher. C’est plutôt un argument qui est mis en avant par les opposants aux changements de nom pour dire aux gens qu’ils les payeront de leur poche alors qu’ils n’en tireront aucun avantage.

De mon point de vue, c’est un argument démagogique, l’argument de l’habitude. Vous savez, l’habitude c’est sérieux. Je ne peux toujours pas m’habituer aux nouveaux noms de certaines stations de métro, alors qu’elles ont été rebaptisées il y a un quart de siècle. Mais je suis prêt à m’y faire pour que les noms de bourreaux et de brigands disparaissent de nos rues, de nos places, de nos stations de métro.

E.Gratcheva: Vladimir Poutine a demandé à perfectionner le programme de prévention du suicide chez les adolescents. Dans notre pays, la statistique en est effrayante. Pour la seule année 2016, on a recensé 700 suicides de mineurs. Il y a en moyenne deux fois plus de suicides en Russie que dans le reste du monde. Qu’est-ce c’est que ce nouveau phénomène des « groupes de la mort », sur les réseaux sociaux, et comment les parents peuvent-ils lutter contre ces groupes et discuter avec leurs enfants, leur expliquer de quoi il s’agit en réalité ?

Le métropolite Hilarion : C’est un phénomène terrible, dangereux et mal étudié. Pour nous, gens d’Église, il est évident qu’il s’agit du même phénomène que celui des sectes.

Certains défenseurs des droits de l’homme disent que les religions et les sectes doivent avoir les mêmes droits. Nous ne cessons de dire que les sectes sont dangereuses pour le psychisme des gens, pour leurs familles, qu’elles détruisent des vies. Ces fameux groupes de la mort sur les réseaux sociaux ont un phénomène du même ordre. Leurs fondateurs n’y voient généralement qu’une distraction, un hobby. Ils entraînent la jeunesse dans des discussions, utilisent les mêmes méthodes que les sectes, autrement dit, ils transforment les gens en zombies, les rendent dépendants du groupe. La victime sort peu à peu de la vie réelle, il lui semble bientôt que l’espace virtuel est la vie réelle. Ensuite, on lui insinue qu’il faut en finir avec la vie, qu’il faut mieux quitter la vie encore jeune afin d’éviter des problèmes.

C’est un phénomène épouvantable, et je suis convaincu que les gens qui créent ce genre de groupe doivent en porter la responsabilité pénale, car il s’agit bien d’un crime. Et il ne faut pas attendre que le suicide se commette. Aujourd’hui, pour autant que je sache, la législation ne reconnaît l’incitation au suicide comme crime que si le suicide a eu lieu ou si une tentative de suicide a été effectuée. Mais il est déjà trop tard. Nous devons pourtant remédier non aux conséquences, mais aux causes, c’est-à-dire que les gens qui font sur les réseaux sociaux la propagande du suicide doivent en porter la responsabilité pénale. Voilà ce dont les services spéciaux devraient s’occuper.

E.Gratcheva: Il y a toujours eu des suicides d’adolescents. Je me souviens que lorsque j’étais à l’école il y avait eu des cas, à cause d’un amour malheureux, ou de l’incompréhension des parents. A l’époque, cependant, il n’y avait pas de réseaux sociaux, Internet n’existait pas. Aujourd’hui, ce qui fait peur, c’est que les gens se suicident pratiquement en direct sur Internet. Qu’est-ce que ce nouveau phénomène ? Est-ce pour les adolescents un jeu dont ils ne mesurent pas les conséquences ? Et comment l’introduction d’un cours de fondements de la culture orthodoxe à l’école pourrait influer sur cette statistique, permettrait d’expliquer aux adolescents ce qu’est le suicide ?

Le métropolite Hilarion : Nous devons d’abord comprendre que nos adolescents font partie d’un groupe à risque, qu’ils ont besoin de l’attention soutenue de leurs parents, de l’école, de la société en général. Si les parents remarquent que leur enfant passe beaucoup de temps sur Internet, ils doivent se demander ce qu’il y fait. Peut-être cherche-t-il des informations intéressantes pour ses cours, ses études, c’est une chose. Mais peut-être va-t-il sur des sites pornographiques, c’est déjà autre chose. Peut-être encore est-il peu à peu happé par une secte, et c’est encore une autre situation. Les parents ne doivent pas rester indifférents.

Quant aux cours de culture orthodoxe, je pense que n’importe quel enseignement sur les traditions religieuses à l’école est l’un des vaccins contre le poison répandu par les sectes ou contre les gens qui se livrent à ces agissements. Les croyants commettent moins de suicides, car le suicide est interdit par l’Église. Du point de vue du Code pénal, le suicide n’est pas un crime ; du point de vue de l’Église, c’est un péché qui ne peut plus être racheté par le repentir. Le croyant sait que le suicide n’est pas une solution à ses problèmes et qu’il faut tâcher de trouver toutes les issues possibles aux situations difficiles, mais sans avoir jamais recours au suicide.

Dans la seconde partie de l’émission, le métropolite Hilarion a répondu aux questions des téléspectateurs postées à l’adresse du site de « L’Église et le monde », vera.vesti.ru.

Question : Un enfant peut-il être baptisé sans en avoir émis le désir et sans comprendre ce qui se passe ? N’est-ce pas lui faire violence que de l’attirer ainsi à l’Église ?

Le métropolite Hilarion : Le baptême des enfants est une tradition très ancienne, remontant aux tout premiers siècles, voire aux premières années de l’existence de l’Église chrétienne. Baptiser un enfant, ce n’est pas lui faire violence. De même que si la mère se met à allaiter son enfant, ce n’est pas l’attirer au sein par la violence.

Lorsque les parents choisissent dans quelle école envoyer leur enfants – école linguistique, école de musique, école de mathématiques ou école publique – ce sont justement généralement les parents qui font le choix. L’enfant ne participe pas au choix. Certes, on lui demande parfois son avis, mais l’initiative revient aux parents. Souvent, ce sont les parents qui décident du cheminement futur de leur enfant : dans les familles de musiciens, les enfants font de la musique, dans les familles de mathématiciens, les enfants deviennent mathématiciens, dans les familles d’hommes d’affaires, les enfants reprennent les affaires. Il y a, certes, des exceptions, mais ce sont quand même les parents qui donnent une orientation générale. Et il n’y a ici nulle violence. Au contraire, les parents doivent transmettre à leurs enfants ce qu’ils ont de meilleur. Ils doivent apprendre à leur enfant ce qu’ils savent faire.

Naturellement, lorsque l’enfant grandira, il pourra choisir sa profession, sa voie et son appartenance religieuse. Il arrive souvent que les parents apprennent la musique à leur enfant, mais il choisit le commerce. Ou les parents lui font apprendre les langues, mais il choisit une autre voie professionnelle. Il en va de même pour la confession religieuse. Il arrive que des gens éduqués dans une foi en choisissent une autre à l’âge adulte. Personne ne peut les en empêcher. Mais les parents ont sans aucun doute la responsabilité non seulement du bien-être matériel de leur enfant, mais aussi de son bien-être spirituel qui dépend avant tout de ce en quoi l’enfant croira et à quel système de repères moraux et spirituels il se référera. C’est pourquoi, non seulement on ne fait pas violence à l’enfant en le baptisant, mais c’est justement ce que les parents, s’ils sont eux-mêmes chrétiens et baptisés, doivent transmettre à leur enfant. Lorsqu’il grandira, qu’il choisisse sa voie lui-même.

Question : Selon quelles règles procède-t-on à une chirotonie ?

Le métropolite Hilarion : Le mot chirotonie est d’origine grecque et signifie « imposition des mains ». On ne peut recevoir les ordres sacrés dans l’Église que par l’imposition des mains de l’évêque. Pour devenir diacre ou prêtre, le candidat va voir l’évêque, qui lui impose les mains. Pour devenir évêque, il doit recevoir l’imposition des mains de plusieurs évêques.

Certes, l’ordination sacerdotale ou diaconale est précédée d’une longue préparation. Il faut suivre une formation dans un séminaire, une académie, et suivre une formation liturgique. En dehors de la formation, il est nécessaire de répondre à certains critères ou, comme disent les hommes d’Église, ne pas avoir d’empêchement canonique. De quels empêchements s’agit-il ? Par exemple, si un homme s’est remarié pour la deuxième fois, il ne peut devenir ni diacre, ni prêtre. Si sa femme l’a épousé en secondes noces, il ne peut pas non plus devenir diacre ou prêtre.

Telles sont les règles instituées par l’Église depuis l’Antiquité. Ces règles sont très sévères, mais elles sont instituées pour que le prêtre soit un modèle pour les fidèles. Comme l’apôtre Paul l’écrivait à Timothée : Montre-toi un modèle pour les croyants par la conduite, la charité, la foi, la pureté » (I Tim 4, 12). De nos jours, l’évêque redit ces mots de saint Paul à chaque prêtre au moment de l’ordination.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a reçu le nouvel ambassadeur de Russie en Suisse

Le 28 décembre 2016, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a reçu dans les locaux de l’Institut des Hautes Études Saints-Cyrille-et-Méthode, dont il est le recteur, le nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération russe en Confédération suisse et en Principauté du Liechtenstein, S. V. Garmonine. Miguel Palacio, du Secrétariat du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou aux affaires de l’étranger lointain, et responsable de la Direction des relations publiques de l’Institut, participait à la rencontre.
Pendant l’entretien, qui s’est déroulé dans un climat constructif, le président du DREE a présenté la situation de l’Église orthodoxe russe en Suisse. De son côté, S. V. Garmonine a parlé de sa collaboration avec le Patriarcat de Moscou sur les précédents lieux où il a exercé ses fonctions diplomatiques, exprimant son désir de développer cette collaboration durant son séjour en Confédération Suisse. Différents questions d’intérêt commun ont été discutées dans la suite de l’entretien. Le métropolite Hilarion a remis un souvenir au diplomate à la fin de l’entretien.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk : Il n’y a pas de raison de parler de schisme à l’intérieur du monde orthodoxe

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a donné une interview à RIA-« Novosti ».

  • Mgr Hilarion, dans la dernière déclaration du Synode de l’Église orthodoxe russe, on peut relever trois propositions principales : ajourner le Concile panorthodoxe prévu du 18 au 27 juin sur l’île de Crète afin de régler des différends, organiser à cet effet une discussion panorthodoxe, permettre à tous les évêques (ils sont plus de 700) de participer au Concile. Où et quand pourrait avoir lieu cette discussion, suivie du Concile véritablement panorthodoxe ? Quels en seraient les participants et l’ordre du jour ?
  • Je pense qu’il serait relativement facile d’organiser cette discussion, à condition de le souhaiter. Aucune Église locale ne s’est prononcée contre le Concile panorthodoxe en tant que tel. Les désaccords portent uniquement sur le degré de préparation du Concile à l’heure actuelle. Le lieu de possibles concertations panorthodoxes n’est pas tellement important, l’important c’est qu’elles aient lieu. Quant au format de ces discussions, elles pourraient avoir lieu dans le cadre du secrétariat du saint et grand Concile déjà mis en place, comme le propose la déclaration du Saint Synode. Cependant, ce n’est possible que dans le cas où le mode de travail de cet organe sera notablement révisé, car jusqu’à présent, il a été malheureusement inefficace. Quant aux dates possibles du Concile et aux documents qui y seront présentés, on ne pourra en parler que lorsque la préparation au Concile panorthodoxe sera vraiment terminée au niveau de toutes les Églises.
  • Quelle est la probabilité que la délégation de l’Église orthodoxe russe ira en Crète aux dates prévues pour le Concile panorthodoxe ?
  • Jusqu’au dernier moment, nous espérions que les causes ayant incité différentes Églises locales à renoncer à participer au Concile seraient réglées à temps. Pour notre part, nous avions proposé un moyen de résoudre les problèmes en convoquant une conférence préconciliaire panorthodoxe d’urgence. Malheureusement, les problèmes soulevés par les Églises autocéphales ont été ignorés. Aujourd’hui, durant le temps qui reste, ils ne peuvent plus être réglés. Dans ces conditions, je ne vois pas de raison pour que l’Église russe change d’avis.
  • Quant attendez-vous une réaction du Patriarcat de Constantinople à la décision du Synode de l’Église russe, et quelle doit être cette réaction ?
  • Nous attendons bien sûr une réponse à la déclaration de notre Saint Synode et aux lettres adressées aux Primats des Églises orthodoxes locales. Quelle sera cette réponse, nous le saurons dans les jours qui viennent. J’espère que la réaction du Patriarcat de Constantinople et des autres Églises locales sera de s’inspirer de notre aspiration à tous à préserver l’unité de l’Église orthodoxe, à renforcer la compréhension mutuelle et la confiance entre toutes les Églises autocéphales locales.
  • Ces évènements témoignent-ils d’un schisme dans la famille orthodoxe ?
  • Comme je l’ai déjà dit lors du briefing qui a suivi la réunion du Synode, la situation autour de la préparation du Concile panorthodoxe reste ordinaire, bien qu’extrêmement complexe. Il n’y a pas de raison de parler de schisme à l’heure actuelle.
  • A votre avis, quelles sont les raisons profondes des désaccords autour du Concile ? Du point de vue de l’Église orthodoxe russe, qu’est-ce qu’il faut encore retravailler avant le Concile dans le cadre du processus de préparation et de rédaction des documents finaux ?
  • A mon avis, la principale cause de cette situation n’est pas tant dans l’existence de désaccords entre les Églises que dans l’absence d’un mécanisme efficace et permanent pour leur discussion franche et sous tous leurs aspects. Le processus préconciliaire tel qu’il fonctionnait ces dernières années rendait difficile un travail sérieux sur les documents ; les opinions des Églises autocéphales n’étaient pas suffisamment prises en compte. Finalement, ceci a causé le refus de participer au Concile de quatre Églises orthodoxes locales. Je pense que nous devons tirer les leçons de cette situation, afin qu’à l’avenir puisse être convoqué un saint et grand Concile auquel participeront toutes les Églises locales sans exception, et qui sera ce qu’il doit être : un témoignage de notre unité.

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Métropolite Hilarion de Volokolamsk: « Le Patriarcat de Moscou est la deuxième Eglise chrétienne dans le monde en nombre de croyants »

hilarionLe métropolite Hilarion de Volokolamsk a observé dernièrement qu’en ce qui concerne le nombre de croyants, l’Église orthodoxe russe est à la deuxième place dans le monde derrière l’Église catholique. Elle comprend 193 diocèses, 354 hiérarques, environ 35 000 églises, le même nombre de prêtres et près de 5000 diacres. Ces trente dernières années, ce sont, en moyenne, mille églises par an ont été ouvertes a-t-il aussi remarqué.

Source: Interfax

Le métropolite Hilarion : les dernières années de la préparation du Concile panorthodoxe témoignent de l’unité grandissante des Églises orthodoxes locales

Le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe doit avoir lieu dans un mois, à l’île de Crète. Sa convocation a été précédée de 55 ans de processus préconciliaire, auquel l’Église orthodoxe russe a pris une part active. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, est revenu sur la préparation du Concile panorthodoxe dans l’allocution qu’il a prononcée lors de l’assemblée solennelle du 70e anniversaire du DREE. « Un grand nombre des propositions du Patriarcat de Moscou, représenté pendant les séances de préparation au Concile par le département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, ont été prises en compte dans leurs grandes lignes, aussi bien en ce qui concerne le règlement des travaux du Concile panorthodoxe, que les projets de documents conciliaires, a constaté Mgr Hilarion. Pour nous, il était surtout important d’éviter que des décisions absolument inadmissibles pour elle soient imposées en Concile à n’importe laquelle des Églises locales. La méthode du consensus, approuvée à l’insistance de Sa Sainteté le patriarche Cyrille, permettra que toutes les décisions soient prises en excluant cette hypothèse. » Pour l’Église russe, il importait aussi que le règlement précise qu’aucun thème autre que ceux introduits à l’ordre du jour du Concile ne pourrait être examiné. « Pour nous, il ne s’agit pas d’une formalité : ces points du règlement permettent à l’Église russe de participer aux travaux du Concile sans craindre de situations imprévues impliquant des décisions allant à l’encontre des canons et de la tradition de l’Église. » En même temps, le processus de préparation du Concile n’est pas dépourvu de défauts, a reconnu le métropolite. « Les débats sur les projets de documents conciliaires soulevés par leur publication dans certaines Églises locales, y compris chez nous, ont montré que certains documents ont besoin d’être perfectionnés. J’estime que ce travail sur les documents, qui devra tenir compte de la position de toutes les Églises autocéphales, doit absolument être effectué, soit pendant la synaxe des primats, qui précédera le Concile, soit au saint et grand Concile orthodoxe. » Le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a dit remercier Dieu de ce que ces dernières années du processus préconciliaires, la position de l’Église orthodoxe russe est mieux comprise et mieux soutenue, ainsi que son approche. Ceci témoigne d’une unité de pensée grandissante entre Églises orthodoxes locales, à laquelle nous nous efforçons d’apporter notre contribution.

Source

Métropolite Hilarion de Volokolamsk: « Ce n’est pas un hasard si la rencontre du patriarche Cyrille avec le pape François est qualifiée d’historique »

XVM48d215d2-cc2b-11e5-b040-c7802248bb8dIntervenant lors de l’assemblée solennelle réunie pour le 70e anniversaire du département des relations extérieures de l’Église orthodoxe russe, son président, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, a constaté notamment que les relations avec l’Église catholique romaine avaient de l’avenir, tant au niveau panorthodoxe qu’au plan bilatéral. Il a analysé la récente rencontre à Cuba du patriarche Cyrille de Moscou et du pape François. Un compte rendu en français de cette intervention est proposé ici.

« Pour le métropolite Hilarion, ceux qui critiquent la rencontre du patriarche avec le pape veulent pousser l’Église vers le schisme et l’isolement »

hilarionLe site Parlons d’orthodoxie a publié la traduction d’une dépêche de l’agence Interfax qui expose la réaction du métropolite Hilarion de Volokolamsk (photographie) aux critiques émises en Russie concernant la rencontre du patriarche russe Cyrille avec le pape François à La Havane et la déclaration commune qu’ils ont signée.

Le métropolite Hilarion à l’ambassade de France pour présenter ses condoléances au peuple français

Le 17 novembre 2015, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, s’est rendu à l’Ambassade de la République française en Fédération de Russie.

Le premier conseiller de l’ambassade, Nicolas de Lacoste, a accueilli le métropolite au seuil de l’ambassade.

Mgr Hilarion a laissé le texte suivant dans le registre de condoléances laissé à disposition des visiteurs depuis la série des attentats qui a récemment endeuillé Paris :

« Au nom de Sa Sainteté le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, en mon nom propre et au nom des millions de fidèles de toutes nationalités de l’Église orthodoxe russe, j’exprime mes profondes, cordiales et sincères condoléances à tout le peuple français, à tous ceux qui ont perdu des parents et des proches au cours des actes terroristes ayant emportant la vie de nombreux innocents.

Les terroristes sont des suppôts de satan, bien qu’ils motivent de slogans religieux leurs monstrueux crimes. Il n’y a et il ne peut y avoir aucune justification au terrorisme. Le monde entier doit s’unir contre le terrorisme. La Russie et la France ont été alliées durant la dernière grande guerre, elles ont vaincu ensemble la peste brune. Nous devons maintenant nous opposer à la peste du terrorisme international au nom de l’avenir de nos peuples. Que Dieu nous vienne en aide !

Mémoire éternelle à toutes les innocentes victimes. Et que le Seigneur accorde sa consolation à tous ceux qui ont perdu des proches, et un prompt rétablissement à tous les blessés. »

Dans un court entretien avec l’ambassadeur de France en Russie Jean-Maurice Ripert, le métropolite Hilarion a présenté ses profondes condoléances au nom de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, et en son nom propre.

Ensuite, le président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a déposé devant l’ambassade des fleurs en mémoire des victimes des attentats survenus le soir du 13 novembre 2015 à Paris.

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Rencontre du pape et du métropolite Hilarion de Volokolamsk

IMG_4004Le 21 octobre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a été reçu au Vatican par le pape. « L’entretien a porté sur les thèmes à l’ordre du jour des relations bilatérales entre le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine, ainsi que sur la situation au Proche Orient, où les persécutions contre les chrétiens orchestrées par les groupes terroristes se poursuivent (…) Le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a fait office d’interprète pour cette rencontre qui s’est déroulée dans un climat de compréhension mutuelle. »

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Rencontre du patriarche oecuménique Bartholomée et du métropolite Hilarion de Volokolamsk à Athènes

timthumb.phpLe 19 octobre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré à Athènes le patriarche oecuménique Bartholomée. « L’entretien a porté sur le bilan de la Ve Conférence panorthodoxe préconciliaire, qui s’est achevée à Chambésy (Genève) le 17 octobre. Le métropolite Hilarion a souligné que l’Église orthodoxe russe prenait une part active au processus de préparation du Concile panorthodoxe et accordait une grande importance à l’élaboration méticuleuse des projets de documents conciliaires. Le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a fait part à Sa Sainteté le patriarche Bartholomée de sa profonde préoccupation quant à la situation en Ukraine, où les schismatiques se sont emparés de plus de vingt églises de l’Église orthodoxe canonique. On recense des cas d’assassinats et de violences à l’encontre des clercs de l’Église orthodoxe ukrainienne. Mgr Hilarion s’est dit indigné par les agissements de hiérarques ukrainiens des structures ecclésiales du Patriarcat de Constantinople aux États-Unis et au Canada, qui visent à soutenir les schismatiques. »

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Il n’y aura aucune innovation lors du concile panorthodoxe selon le métropolite Hilarion de Volokolamsk

Le 14 octobre, fête de la Protection de la Mère de Dieu, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, qui participe actuellement à la cinquième Conférence préconciliaire panorthodoxe, a célébré une liturgie solennelle à l’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix de Genève, cathédrale du diocèse d’Europe occidentale de l’Église russe hors-frontières. Il concélébrait avec l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne, l’archevêque Michel de Genève et d’Europe occidentale, l’archevêque Georges de Michalovce-Kosice (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie), l’évêque Georges de Siemiatycze (Église orthodoxe polonaise). Les prêtres membres de différentes délégations participant à la Conférence préconciliaire concélébraient  également. Une prière pour la paix en Ukraine a été dite après l’ecténie instante. A la fin de la liturgie, le métropolite Hilarion s’est adressé à l’archevêque Michel et à l’assemblée, se disant heureux de revoir les paroissiens et de fêter avec eux la Protection de la Mère de Dieu.

« Nous sommes venus dans cette ville participer à la préparation du Concile panorthodoxe. Dans les milieux orthodoxes, les fidèles se posent beaucoup de questions sur ces travaux. Que sera ce Concile ? Qu’y décidera-t-on ? Ne va-t-on pas changer le calendrier ? N’introduira-t-on pas des innovations ? Je veux vous déclarer à tous qu’il n’y aura aucune innovation. On n’introduira pas de nouveau calendrier, la doctrine de l’Église orthodoxe sur les jeûnes sera confirmée. Et ce Concile sera bâti de telle façon qu’aucune décision ne pourra être prise au détriment de l’une ou de l’autre des Églises. Si une Église orthodoxe locale n’est pas d’accord avec une décision proposée, elle ne sera pas adoptée. Les décisions du Concile seront prises à l’unanimité, suivant la méthode du consensus. Et ce ne sera pas un huitième concile œcuménique, comme certains le pensent, mais un concile panorthodoxe. Nous espérons qu’il se déroulera dans la paix, la concorde, l’unanimité et l’amour. Les travaux de préparation que nous poursuivons en ce moment servent justement à assurer la paix et la concorde entre les Églises, pour qu’il n’y ait aucune contradiction ni aucun conflit. »
Le métropolite Hilarion est ensuite revenu sur le sens de la fête, invitant les fidèles à prier la Mère de Dieu. Dans sa réponse, l’archevêque Michel de Genève et d’Europe occidentale (Église russe hors-frontières) a souligné l’importance de la conférence préconciliaire qui se déroule en ce moment à Chambésy. Le même jour, les réunions de Conférence préconciliaire panorthodoxe se sont poursuivies. La délégation de l’Église orthodoxe russe se compose du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques du Patriarcat de Moscou (chef de la délégation), de l’archevêque Marc de Berlin, d’Allemagne et de Grande-Bretagne (Église russe hors-frontières), de l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, de l’archimandrite Irénée (Steenberg), clerc de l’Église russe hors-frontières au diocèse d’Amérique de l’Ouest, et du prêtre Anatole Tchouriakov, interprète.

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Le métropolite Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, a appelé le maire de Moscou à enlever le nom de Voïkov (l’un des organisateurs de l’assassinat de la famille impériale) de la carte de la capitale de Russie

Le primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le métropolite de New York et d’Amérique orientale Hilarion, a appelé le maire de Moscou Serge Sobianine a exclure le nom de P.L. Voïkov de la toponymie de la ville. Celui-ci était l’un des organisateurs de l’assassinat de la famille impériale. « Nous connaissons votre position pondérée et constructive relativement à cette question sérieuse et douloureuse. Nous prions et espérons que les autorités de Moscou prendront la seule décision appropriée, légitime et historiquement fondée, d’enlever le nom de P.L. Voïkov de la carte de Moscou » est-il dit dans la lettre du métropolite à S. Sobianine. L’existence d’un tel nom sur la carte de la capitale « ne permet pas de guérir les plaies apportées par la guerre civile, et contribue à soutenir la division du peuple russe », a ajouté Mgr Hilarion. Celui-ci a souligné que P. Voïkov est « l’une des figures les plus sombres et repoussantes dans l’histoire de la Russie, nous ne trouvons dans sa vie aucune action positive (…). Le terrorisme, l’organisation de l’acte arbitraire inique et bestial à l’encontre de la famille impériale et ses serviteurs sans défense, la dissimulation qui s’en est suivie des traces de ce crime par la destruction par le feu et l’acide sulfurique des restes des corps exécutés, ensuite la participation à la vente à prix bradés des trésors inestimables du Fonds des Diamants et de l’Ermitage, c’est là la liste résumée des actes de cet homme sans principes et violent » est-il encore dit dans la lettre, qui rappelle que la société demande en vain depuis un quart de siècle d’enlever le nom de Voïkov de la carte de Moscou. « Cela provoque l’étonnement des Russes vivant dans différents pays du monde, mais aussi chez les étrangers ayant une attitude amicale et respectueuse envers la Russie, comprenant son rôle mondial et lui souhaitant grandeur et prospérité ». Le métropolite Hilarion a évoqué sa préoccupation et sa perplexité « par l’attribution prévue du nom de Voïkov à une station de métro en rénovation sur la ligne circulaire de Moscou ». Comme le mentionne le métropolite, cela signifie « que la perpétuation de la mémoire d’un scélérat, terroriste et bourreau » continue. S. Sobianine, dans une interview à la chaîne radiophonique « Govorit Moskva » avait déclaré que les autorités de la ville étaient prêtes à donner un autre nom à la station de métro « Voïkov ». Cette idée était également soutenue dans l’Église orthodoxe russe et différentes organisations de la société.

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Rome: rencontre du métropolite Hilarion de Volokolamsk avec le président de l’Italie, Sergio Mattarella

timthumb.phpLe 25 juin, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a rencontré à Rome le président de la République italienne, Sergio Mattarella. Un compte rendu en français avec l’évocation des différents thèmes abordés est en ligne ici.

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Le métropolite Hilarion (Alfeyev) : Staline était un monstre, un épouvantail spirituel

Staline est comparable à Hitler

Je pense que Staline a été un monstre, un épouvantail spirituel qui a créé système de gouvernance affreux et antihumain, construit sur le mensonge, la violence et la terreur. Il a déclenché le génocide contre le peuple de son pays et est personnellement responsable de la mort de millions de personnes innocentes. En ce sens, Staline est totalement comparable à Hitler. Les deux ont été amenés dans ce monde tant de douleurs qu’aucun succès militaire ou politique ne peut racheter leur culpabilité devant l’humanité. Il n’y a pas de différence significative entre le Polygone de Boutovo et Buchenwald, entre le Goulag et le système nazi de camps d’extermination. Et le nombre de victimes de la répression stalinienne est tout à fait comparable à nos pertes dans la Grande Guerre patriotique.
La victoire dans la Grande Guerre patriotique a été véritablement un miracle, car, avant la guerre, Staline a tout fait pour écraser le pays. Il a détruit tous les hauts dirigeants de l’armée, et avec la répression de masse, a mis le pays, autrefois puissant, à la limite de la survie. En 1937, quand il y a eu un recensement, le pays a manqué des dizaines de millions de personnes. Où sont ces millions de personnes ? Elles ont été éliminées par Staline. Notre pays est entré en guerre presque exsangue. Mais, malgré toute la répression terrible, les gens ont montré un héroïsme sans précédent. Sinon, comment n’pas appeler cela un miracle. La victoire dans la guerre – est une victoire du peuple. Le peuple qui a montré la plus grande volonté de résistance. Le miracle de la victoire dans la guerre – est une grande manifestation de la puissance de l’esprit de notre peuple, que ni Staline, ni Hitler n’ont pas pu briser.

Je ne crois pas à la repentance de Staline

F. Razoumovski : Comment pouvez-vous commenter la réunion au Kremlin de Staline avec les évêques en septembre 1943, après quoi il a été autorisé à élire un patriarche, à ouvrir des écoles religieuses, et nombreuses questions juridiques ont été résolues, qui ont été en attente depuis des années ? On dit que ce fut un acte de la repentance du pouvoir, en particulier de Staline lui-même, après touts ces persécution qui se sont abattue sur l’Église. D’autre part, après un certain temps, ces persécutions ont repris.

Le métropolite Hilarion : Je ne crois pas dans la repentance de Staline, qu’il se serait repenti pendant la Seconde Guerre mondiale ou après. Je ne crois pas dans la mythologie qu’on propage autours de ce personnage. Je pense que sa politique a été criminelle envers son peuple, envers l’Eglise. Le fait que nous avons gagné la guerre – n’est pas le mérite de Staline, mais le mérite du peuple- d’éminents commandants, des officiers et des soldats, des travailleurs à l’arrière. Et toutes les personnes qui ont donné leur vie pour leur pays. Je pense que le brusque changement de la politique du gouvernement envers l’Eglise a été lié principalement à la perspective de l’ouverture d’un second front en Europe. Staline a voulu montrer aux Britanniques et aux Américains un certain « visage » civilisé de l’Union soviétique. Ainsi, a émergé la question de l’Eglise, car il est connu que les Britanniques avait envoyé une délégation en l’Union soviétique, qui comprenait l’archevêque de York. Il était nécessaire de créer l’apparence de la liberté religieuse dans l’Union soviétique, et de faire une impression positive sur les anglicans, pour rappeler que nous avons aussi l’Église et sa tête, le locum tenens patriarcal, à qui a été refusée l’entrée à Moscou. Il a été convoqué de toute urgence, et après la réunion du Kremlin de Staline avec les métropolites, il a été autorisé à se réunir et à élire un patriarche, et cela le plus rapidement possible. En conséquence, aux étrangers a été présenté, que l’Eglise dans l’Union soviétique a non seulement la liberté mais aussi une position privilégiée.

Bien sûr, à sa manière, cela a été un acte très cynique, mais pour l’Eglise, ce fut un acte d’une grande importance, car à partir de ce moment, les persécutions sanglantes et massives ont été suspendues, ou disons, ont diminué. La période après 1943 et jusqu’à la mort de Staline – a été une période relativement prospère pour l’Église, bien qu’elle ait continué à vivre dans des conditions exiguës.

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Les récentes rencontres au Vatican du métropolite Hilarion de Volokolamsk

timthumb.phpLe 26 juin, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat d Moscou) était au Vatican. Il y a rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’état du Saint Siège, ainsi que les présidents des conseils pontificaux pour la famille et pour la promotion de l’unité des chrétiens. Un compte rendu en français est disponible sur cette page. Par ailleurs, dans une interview au Corriere della Sera, le métropolite Hilarion a déclaré qu’une rencontre entre le patriarche russe Cyrille et le pape François « se rapproche chaque jour ». Cette rencontre, a-t-il aussi précisé, se tiendra dans un « pays neutre »(entretien en anglais et en italien ici).

Source (dont photographie): Patriarcat de Moscou

Le métropolite Hilarion reçu par le Pape François de Rome

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou accomplissait du 14 au 15 juin 2015 une visite de travail à Rome avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Le soir du 14 juin, le métropolite Hilarion a rencontré le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Différents aspects des relations entre le Patriarcat de Moscou et le Saint Siège ont été discutés pendant l’entretien, auquel participait le prêtre Hyacinthe Destivelle, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le 15 juin, le métropolite Hilarion a été reçu par le Pape François au Palais apostolique du Vatican. Mgr Hilarion a transmis au chef de l’Église catholique-romaine les salutations de Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Pendant l’entretien, de nombreuses questions ont été soulevées, dont la tragique situation de la population chrétienne du Proche Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que la nécessité d’agir en commun pour défendre la conception traditionnelle de la famille dans la société contemporaine sécularisée. Le thème de la coopération de l’Église catholique-romaine et de l’Église orthodoxe russe dans le domaine de la culture a également été abordé. A la fin de l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk a présenté au Pape François l’archimandrite Antoine (Sevriouk), secrétaire de l’Administration des paroisses du Patriarcat de Moscou en Italie, et Miguel Palacio, employé du secrétariat du DREE aux affaires de l’étranger lointain, qui l’accompagnaient. En souvenir de cette rencontre, le Pape François a remis au métropolite Hilarion et aux membres de la délégation de l’Église orthodoxe russe une médaille frappée en l’honneur de son pontificat. De son côté, le président du DREE a offert au chef de l’Église catholique romaine une copie d’une antique icône du Sauveur, effectuée par l’archidiacre A. Trounine, clerc de l’église de la Vierge « Joie de tous les affligés » de Moscou. Avant l’audience, le métropolite Hilarion de Volokolamsk avait pu admirer avec les employés de la préfecture de la Maison pontificale les objets d’art exposés, parmi lesquels des tableaux de Raphaël et d’El Greco. L’attention de la délégation russe a été attirée sur un crucifix en malachite et pierres précieuses, offert en décembre 1845 par l’empereur Nicolas I au Pape Grégoire XVI au cours de la seule visite d’un monarque russe au Vatican. Le métropolite Hilarion est rentré à Moscou le même jour.

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Le métropolite Hilarion de Volokolamsk a présenté un exposé à l’université fédérale de Kazan

Le 28 mars, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, recteur de l’Institut des hautes études Saints-Cyrille-et-Méthode a présenté un exposé lors de l’assemblée plénière de clôture de la conférence nationale de sciences appliquées « Le choix civilisationnel des peuples de Russie », qui se déroulait à l’université fédérale de Kazan dans le cadre des festivités consacrées au millénaire du décès de saint Vladimir.
Le métropolite Hilarion a consacré son exposé à « La foi, force constitutive et fondement de la stabilité civilisationnelle de l’état ». En marge du forum, le métropolite Hilarion s’est entretenu avec le recteur de l’université fédérale de Kazan, I. Gafourov. Les deux personnalités ont constaté l’importance de l’épanouissement spirituel des jeunes générations et discuté des perspectives de collaboration possible entre l’université de Kazan et l’Institut des hautes études Saints-Cyrille-et-Méthode. La conférence nationale de sciences appliquées « Le choix civilisationnel des peuples de Russie » se déroulait à Kazan les 27 et 28 mars. La conférence était organisée par le séminaire de Kazan, l’université fédérale de Kazan, l’Institut islamique russe, l’Institut des sciences orientales de l’Académie des sciences russes. Parmi les thèmes abordés : le choix civilisationnel comme processus historique permanent ; civilisation, culture et religion : une typologie des interactions ; les frontières islamo-chrétiennes dans l’espace russe ; les liens interconfessionnels dans l’espace culturel russe ; les religions traditionnelles de Russie face aux défis du radicalisme religieux ; les lieux du patrimoine culturel en tant qu’élément confessionnel de la région de la Volga inférieure ; réflexion théologique, religieuse et philosophique sur la voie historique de la Russie ; l’idéologie laïciste et la vision religieuse du monde dans l’espace spirituel russe.

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Le métropolite Hilarion a présidé la première réunion de la commission aux questions théologiques de la Conférence interconciliaire de l’Église orthodoxe russe dans sa nouvelle composition

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Le métropolite Hilarion : « l’eau de la Théophanie, un miracle de la grâce divine offert à chacun »

Le 18 janvier, paramonie de la Théophanie, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a célébré la divine liturgie à l’église de la Vierge « Joie-de-tous-les-affligés », rue Bolchaïa Ordynka, à Moscou. Il concélébrait avec l’higoumène Métrophane (Chkourine), vice-président du département synodal pour l’enseignement religieux et la catéchèse, et les clercs de la paroisse. Après la litanie instante, le métropolite Hilarion a prié pour la paix en Ukraine. A la fin de la liturgie, il a prononcé une homélie expliquant le cours des offices de la Théophanie et le sens du rite de la grande bénédiction des eaux. « Après cette liturgie, nous célébrerons le rite des vêpres de la Théophanie, consacrées principalement à la préhistoire vétérotestamentaire de cette fête. Au cours de ces vêpres, nous lirons 13 textes de l’Ancien Testament, tirés de différents livres de la Bible et montrant l’usage fait de l’eau par Dieu pour accomplir différents miracles. Cette suite de lectures vétérotestamentaires commence par le récit de la création ; on y voit l’Esprit de Dieu planant sur les eaux, le Seigneur séparant ensuite les eaux de la Terre (Gen 1, 1-7). On lira ensuite 12 textes parlant du pouvoir thaumaturgique de l’eau. Après les vêpres, nous célébrerons le rite de la grande bénédiction des eaux (…) L’Église témoigne des nombreuses manifestations de la grâce divine données à tous ceux qui prennent avec foi cette eau bénite. L’eau bénite à la Théophanie est un miracle de la grâce divine offert à chacun, car elle possède des vertus particulières, notamment physiques. Nous la gardons tout au long de l’année, elle ne s’abîme pas, ne croupit pas, car l’Esprit de Dieu descend sur l’eau à notre prière, la bénissant. Nous communions avec dévotion à cette eau, comme disent les textes liturgiques, c’est-à-dire que nous la buvons. Nous l’utilisons aussi pour bénir nos maisons. »

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L’allocution du métropolite Hilarion de Volokolamsk au synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation »

Mgr Hilarion de Volokolamsk, a prononcé le 16 octobre dernier une allocution devant les participants du synode extraordinaire des évêques catholiques sur « Les problèmes pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation. Son intervention n’a pas été publiée par le Saint-Siège – contrairement aux interventions des autres délégués orthodoxes. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française de son allocution.

« Votre Sainteté, Vos Béatitudes, Eminences et Excellences,
Permettez-moi avant tout de vous saluer au nom du primat de l’Église orthodoxe russe, Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille. Le thème de la famille constitue aujourd’hui l’un des plus aigus et des plus vitaux. Il est l’indicateur de la situation morale de la société dans laquelle nous vivons. Nous observons avec anxiété comment, durant ces dernières années, à l’aide de la manipulation des concepts de liberté et de tolérance, se produit le démantèlement des valeurs de bases, enracinées dans les traditions religieuses. L’idée de relativisme moral est propagée de façon de plus en plus agressive, et s’étend également à l’institution de la famille, sacrée pour toute l’humanité. Dans toute une série de pays d’Europe et d’Amérique, malgré les nombreuses protestations, se produit l’approbation et la reconnaissance au niveau de l’État, des unions de même sexe. Dans certains pays, le droit des partenaires de même sexe à adopter les enfants, garçons et filles, est entériné législativement, et ce notamment par l’utilisation de la technologie de « la maternité de substitution ». En même temps, les familles traditionnelles, qui sont attachées au concept du mariage comme étant l’union de l’homme et de la femme, sont de moins en moins solides. Au lieu de se préoccuper de leur renforcement, une propagande est menée en faveur des soi-disant relations libres. Les concepts de fidélité, de respect mutuel et de responsabilité des époux sont remplacés par l’imposition de l’hédonisme, l’appel à vivre pour soi. Les enfants ne sont plus considérés comme le fruit souhaité de l’amour mutuel des époux. Partout est répandu, sans pratiquement aucune limite, le droit à l’avortement, légalisant la destruction de millions de vies. Le problème de l’existence d’orphelins dont les parents sont vivants, dont des enfants abandonnés et des enfants handicapés solitaires, se pose avec acuité. De nombreux chrétiens aussi ont été exposés à l’influence de l’idée du relativisme moral, confessant en paroles l’enseignement ecclésial sur la famille, mais ne le suivant pas en pratique. Affirmant le principe de la sainteté du mariage, fondé sur les paroles du Sauveur Lui-même (cf. Matth. 19,6 ; Mc 10,9), les Églises catholique-romaine et orthodoxe, placent la responsabilité de l’homme devant son prochain au-dessus de ses intérêts égoïstes. L’éducation d’une telle responsabilité chez le chrétien – devant la famille, la société, le monde qui nous entoure – est la tâche la plus importante pour les Églises aujourd’hui. La défense de la dignité de l’homme et l’affirmation de la haute signification de l’amour réalisé dans la famille, constituent une partie indissociable de l’annonce évangélique, que nous devons porter aux hommes. En novembre 2013, le Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou et le Conseil pontifical pour les affaires de la famille, sous la direction de l’archevêque Vincenzo Paglia, ont tenu à Rome la conférence « Orthodoxes et catholiques ensemble pour la défense de la famille ». Dans la déclaration finale, nous avons souligné « notre conviction que nous portons une responsabilité commune pour faire du mariage et de la vie familiale une voie vers la sainteté pour les familles chrétiennes ». Il est temps pour les chrétiens de réunir les efforts et d’agir comme un seul front pour le noble but de la défense de la famille devant les défis du monde sécularisé, afin de préserver l’avenir de la civilisation. C’est le domaine dans lequel notre alliance pourrait réellement être nécessaire. Nous devons défendre ensemble nos positions tant dans le cadre du dialogue avec le législateur et l’exécutif des différents pays, que sur les plateformes des organisations internationales, telles que l’ONU et le Conseil de l’Europe. Il y a déjà une certaine expérience de cette collaboration – il suffit de rappeler l’affaire bien connue «Lautsi c/ Italie ». Il faut non pas simplement se limiter à de nobles appels, mais chercher de toutes façons à obtenir la défense législative de la famille. Il est indispensable de rendre à notre société le concept selon lequel la liberté est impensable sans responsabilité pour ses propres actes. L’Église orthodoxe prêche avec conséquence l’idéal de l’union conjugale conclue une fois pour toutes. En même temps, montrant de la condescendance envers la faiblesse de la nature humaine, l’Église orthodoxe, dans des cas exceptionnels, permet la conclusion d’un nouveau mariage ecclésial lorsqu’il y a éclatement du premier mariage. En cela, notre Église suit le principe de « l’économie », mue par l’amour envers le pécheur qu’elle ne veut pas priver de moyens de salut. Dans le monde contemporain, où l’observation stricte des prescriptions devient de plus en plus rare, la pratique de « l’économie » existant dans l’Orthodoxie depuis de nombreux siècles, peut devenir une expérience précieuse dans la résolution des problèmes pastoraux de la famille. L’Église orthodoxe a accumulé une riche expérience de souci pastoral envers la famille. Dans l’Église orthodoxe a toujours été conservée l’institution du clergé marié. Les familles de prêtres, en règle générale, ont de nombreux enfants, et ceux-ci sont élevés dans l’esprit de la piété chrétienne et la fidélité à l’enseignement ecclésial. Le prêtre, ayant lui-même l’expérience de la vie familiale et de l’éducation des enfants, peut mieux comprendre les problèmes des relations familiales et fournir l’aide pastorale nécessaire à ses enfants spirituels. Je considère qu’il serait utile de prêter attention à cette expérience, qui est présente également dans les Églises catholiques de rite oriental. En évoquant celles-ci, je voudrais m’écarter quelque peu de la thématique du présent forum et soulever une question qui, aujourd’hui, est devenu la pierre d’achoppement dans les relations entre les Églises orthodoxe et catholique. Il s’agit du problème des uniates, qui a pris une acuité particulière en raison des derniers événements en Ukraine. Malheureusement, le conflit dans ce pays, qui a emporté des milliers de vies a, des son début, pris une dimension religieuse. L’Église ukrainienne gréco-catholique a joué, dans sa genèse et son développement, un rôle essentiel. Dès les premiers jours du conflit, les gréco-catholiques se sont identifiés avec l’une des parties à la confrontation. Contrairement au respect des normes canoniques prévalant entre les Églises catholique et orthodoxe, les gréco-catholiques sont entrés dans une collaboration mutuelle avec les schismatiques. La commission mixte de dialogue orthodoxe-catholique, en 1993 déjà, a reconnu à Balamand, que l’uniatisme ne constituait pas la voie vers l’unité. Nous remercions nos frères catholiques pour la reconnaissance ouverte du caractère erroné de l’uniatisme. Et nous devons, avec regret, constater à nouveau que l’uniatisme ne rapproche pas orthodoxes et catholiques, mais qu’au contraire, il les divise. Au nom de l’Église orthodoxe russe, je m’adresse aux représentants de l’Église gréco-ukrainienne présents dans cette salle, en leur demandant de renoncer à toutes déclarations à thématique politique et à toutes formes évidentes de soutien au schisme, ainsi qu’aux appels à la création « d’une Église locale d’Ukraine unique ». Car derrière cet appel se cache une vérité première : on veut arracher les fidèles orthodoxes d’Ukraine à l’Église-Mère, le Patriarcat de Moscou, avec lequel elle est liée par les liens séculaires du sang. La mission fondamentale de l’Église est de servir l’œuvre du salut des hommes. Le mandat qui nous est donné par Dieu, ne suppose pas l’immixtion dans les conflits politiques et civils. Dans le monde, où il y a tant de divisions, où se trouvent aujourd’hui menacées les bases mêmes de l’existence de la civilisation humaine, dont l’institution de la famille, les chrétiens sont appelés à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Matth. 5, 13-14), amenant tous à l’amour les uns des autres et à l’unité dans le Christ. Nous pouvons dire beaucoup ensemble, notamment pour la défense des chrétiens qui, aujourd’hui, sont devenus les victimes de persécutions. En Irak et en Syrie, ainsi que dans toute série d’autres pays du Moyen Orient et d’Afrique, les chrétiens sont exposés à un génocide. Nous devons faire tout ce qui dépend de nous, afin que cessent les assassinats de chrétiens ainsi que leur exode massif des lieux où ils ont vécu durant des siècles, et attirer l’attention de toute la communauté mondiale sur leur situation calamiteuse. Je vous souhaite à tous, chers frères, la bénédiction divine et le succès de vos travaux ».

Source et photographie

Interview du métropolite Hilarion de Volokolamsk à « Radio Vatican »

Répondant aux questions du correspondant, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, qui participe en tant que représentant de l’Église orthodoxe russe à l’assemblée plénière de la III assemblée générale extraordinaire du synode des évêques de l’Église catholique, a abordé la question du sens chrétien de l’institut de la famille, avant de parler de la position de l’Église orthodoxe russe sur le conflit civil en Ukraine.

Monseigneur, dites-nous ce que l’Église catholique pourrait emprunter à l’Église orthodoxe sur les problèmes de la famille et du mariage ?

 Je pense qu’il faut avant tout renoncer à une approche rigoriste. Nous avons des règles canoniques communes, nous avons la même compréhension du mariage, cette union entre un homme et une femme, qui doit rester unique. Mais il existe en même temps dans la pratique une énorme quantité de situations lorsque cette doctrine, pour différentes raisons, n’est pas appliquée. La question passe alors du niveau doctrinal au niveau pastoral, où l’Église orthodoxe a acquis une certaine expérience tenant au fait que nous appliquons tantôt le principe d’acribie – application rigoureuse des canons – tantôt celui d’économie, condescendance à la faiblesse humaine.

Dans les discussions que j’ai entendues aujourd’hui, la question de l’admission des époux divorcés au sacrement de la sainte communion et au sacrement de confession a été abordée. Il me semble que cette question doit être examinée avec le plus grand soin, et nous sommes prêts à partager notre expérience pastorale avec nos frères catholiques.

Je pense qu’il est absolument inadmissible de remplacer le sacrement de la sainte communion par ce que certains intervenants ont aujourd’hui appelé « communion spirituelle », car cela ne peut nullement être un équivalent. Nous avons ici de grandes possibilités de coopération et d’échange d’opinions.

 Après une semaine de réunions, le synode a publié un « compte-rendu d’après les débats » qui a suscité une réaction mitigée. Avez-vous été troublé personnellement par certains passages ?

Pour dire la vérité, je n’ai pas encore eu le temps de lire ce compte-rendu, mais j’ai entendu aujourd’hui de nombreuses réactions, qui seront également publiées. D’après ces réactions, j’ai compris qu’il existait une grande diversité d’opinion au sein de l’épiscopat catholique, et ceci doit être pris en compte dans l’élaboration du document final. J’ai eu l’impression que les avis qui étaient exprimés dans le document en question n’ont pas un caractère négatif ; peut-être quelques-unes des positions exprimées n’y ont pas été correctement interprétées.

Les communautés catholiques de nombreux pays européens mettent leurs églises à la disposition des fidèles orthodoxes, y compris des fidèles de l’Église orthodoxe russe. En Russie, en Ukraine et en Biélorussie, il y a des communautés catholiques qui n’ont pas d’église, alors qu’il existe une église orthodoxe dans la localité. Cette pratique pourrait-elle être appliquée dans le sens inverse ?

Dans chaque cas concret, la question doit être résolue en tenant compte des exigences de la pastorale, des dispositions des fidèles, et nous devons être certains que l’implantation d’une communauté sur la base d’une autre ne fera pas tort aux deux et ne sera pas cause de conflits et de malentendus entre les différentes communautés.

 Monseigneur, quel rôle peut jouer l’Église, ou les Églises, dans la résolution du conflit en Ukraine ?

Avant tout, les Églises ne doivent pas s’immiscer dans les confrontations politiques. J’en ai parlé aujourd’hui ouvertement à propos de l’Église gréco-catholique ukrainienne.

Je pense que notre mission et notre mandat, que nous avons reçu du Seigneur Lui-même, consiste à unir les gens, à les réconcilier. Nous ne devons pas entrer dans les détails du processus politique, nous ne devons pas être associés à une des partie en conflit, c’est l’affaire des hommes politiques, des journalistes. Notre parole doit toujours être une parole de paix, une parole de réconciliation. Nous devons être ouverts aux gens de n’importe quelle orientation politique, en dehors des tendances inhumaines ou chauvinistes, nous devons soutenir les gens qui se tiennent des deux côtés des barricades.

C’était et cela reste la position de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou qui ne souhaite pas s’identifier à l’un ou à l’autre segment du spectre politique, mais soutient tous les gens. Il faut dire qu’il y a malheureusement des fidèles de notre Église (je dis « notre Église » parce que l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou fait partie de l’Église orthodoxe russe multinationale), de chaque côté des barricades. Nous devons nous montrer compréhensifs et faire notre possible pour que le conflit civil ne devienne pas un conflit armé, pour que les controverses se résolvent par les pourparlers et que les gens n’aient pas à payer un prix aussi élevé pour leurs convictions.

 Monseigneur, n’allez pas croire qu’il s’agit d’une question provocatrice, elle est posée avec une franchise absolue. Peut-être cette question a-t-elle acquis une actualité encore plus grande dans le contexte du conflit ukrainien. La création d’une Église orthodoxe autocéphale unifiée est-elle possible en Ukraine ?

Il n’y a pas besoin de la créer, puisqu’il y existe déjà une Église locale. Elle n’est pas autocéphale, mais auto-administrée. C’est l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou.

Les appels à la création d’une Église autocéphale sont des appels à éloigner les fidèles orthodoxes ukrainiens de l’Église orthodoxe russe une. Nous ne pouvons les soutenir, parce que ces appels ne sont pas fondés sur notre compréhension de l’Église ni sur les canons ecclésiastiques. Nos fidèles ne les soutiennent pas non plus. Ces appels se basent exclusivement sur des considérations d’ordre politique : certains hommes politiques ont eu envie de proclamer le principe « une Église indépendante dans un état indépendant », et les schismatiques se sont emparés de l’idée, parce que l’idée de schisme se base justement sur ce principe et sur ce principe uniquement.

Il n’y a pas d’autre raison à l’existence du schisme que les déclarations « une Église indépendante dans un État indépendant ». Mais pourquoi alors ne pas exiger de cette même Église gréco-catholique ukrainienne qu’elle rompe avec le Pape qui n’est pas seulement un chef symbolique de cette Église, mais la dirige tout à fait concrètement par le truchement de l’archevêque suprême, ratifiant les décisions sur la création des diocèses et sur les ordinations épiscopales ?

Il n’existe pas de lien semblable entre l’Église orthodoxe ukrainienne et le Patriarcat de Moscou, car le patriarche de Moscou ne ratifie pas les décisions sur les élections d’évêques, ni sur la création de nouveaux diocèses. Le Patriarche ne ratifie que la décision d’élire un primat, le nom du patriarche est commémoré pendant les offices. Il ne s’agit donc ni d’un lien administratif, ni d’un lien financier. Le lien est spirituel, il existe depuis des siècles et remonte au baptistère commun du Dniepr sous le prince Vladimir.

Nous sommes catégoriquement opposés à ce que des liens qui se sont établis au cours des siècles et servent aujourd’hui de puissante force d’union soient rompus sous l’influence de la conjoncture. Alors que les hommes politiques et les schismatiques divisent les gens, l’Église les unit.

 Les relations entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe en Biélorussie peuvent-elles servir de modèle de coexistence ?

Je pense que la Biélorussie est un bon modèle pour la coexistence des orthodoxes et des catholiques, de même que la Russie, où il n’y a pas de conflit entre nous. Nous vivons dans la paix et la concorde. Je présume que nous pouvons partager cette expérience avec nos frères dans d’autres pays où, malheureusement, cet accord et cette coopération n’ont pas encore été atteints.

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Le métropolite Hilarion (Kapral) : « La Russie n’est pas votre ennemie mais votre amie »

« Je dis chaque jour : connaissez la Russie, et vous comprendrez qu’elle n’est pas votre ennemie, mais votre amie ». Interview du métropolite Hilarion (Kapral), primat de l’Église orthodoxe russe hors frontières. 

Au cours de sa visite au monastère de Saint-Paphnuce de Borovo en Russie, en été de cette année, avec un groupe de pèlerins venant des États-Unis et d’Australie, le métropolite Hilarion a répondu à une interview que nous publions ci-dessous :

Monseigneur, je pense que la réception de ce jour au monastère illustre bien l’attitude des Russes envers tous les hommes dans le monde. Nous sommes ouverts, accueillants et honnêtes à l’égard de tous ceux qui viennent à nous. Des Américains et des Australiens sont venus, c’est bien. Nous montrons nos saintes reliques, nous invitons à déjeuner. Récemment des Amérindiens sont venus de Fort Ross, en Californie, lequel avait été fondé par les missionnaires russes. Nous les avons reçus comme les nôtres. Demain que des Allemands ou des Chinois viennent ici, nous les recevrons de même. Mais vous savez parfaitement comment on parle de nous en Occident.

– Chaque jour, je suis en contact avec des gens qui, malheureusement, non seulement ne connaissent rien de la Russie, mais ne veulent pas non plus en savoir quelque chose. Les images négatives qu’ils reçoivent de la télévision et des journaux leur suffisent. La plupart d’entre eux [des Américains] ne savent même pas où se trouve l’Ukraine, ni ce que ce pays représente, aussi ils ont parfaitement assimilé que la Russie, c’est l’ennemi. Je leur demande : « Que savez vous de la Russie, de son peuple, de sa culture ? Comment cette Russie vit-elle, que veut-elle ? » Ils répondent : « La Russie, ce sont des tyrans qui asservissent les peuples pacifiques qui veulent vivre en démocratie ». Je leur demande à mon tour : « Pour avoir une réelle idée de quelqu’un, il faut en faire la connaissance. Peu importe de ce que qu’une personne dit sur une autre. Vous, essayez de faire connaissance des Russes eux-mêmes, de connaître de quoi ils vivent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent. Même avec ceux qui vivent ici, en Amérique. Peut-être, ils ne s’y retrouvent pas bien dans la situation politique en Russie, mais ils gardent et aiment leur culture, leur histoire, leurs traditions. N’importe quel Russe donnerait sa dernière chemise pour aider l’autre. Les Russes ont cela dans le sang, aider les autres. Chez qui voyez-vous cela ? Une telle chaleur, une telle bonté, un tel goût du sacrifice ? Ce sont tous des traits moraux chrétiens, qui sont devenus l’âme, le caractère du peuple russe. La générosité, la douceur, la compassion de l’âme russe, tout cela naît de la foi du peuple. Les Russes veulent que leur pays soit orthodoxe, pour eux c’est une idée populaire qui va de soi. Bien sûr, lorsqu’ils apprennent ce qui se produit en Occident, qui légalise les unions de même sexe, autorise l’euthanasie, qui met sur un même niveau les religions traditionnelles et les sectes, cela les effraye et les repousse. Ils disent, non, nous n’avons pas besoin de cela. La réaction à cela est celle-ci : « Ah ! ces Russes mauvais et ignorants, ils sont contre la liberté, contre les valeurs libérales, contre la démocratie ! » C’est la logique du péché. Et moi, je dis aux Américains : « Comprenez, les Russes ne sont pas contre, ils sont pour. Les Russes sont pour la moralité chrétienne traditionnelle et le concept chrétien de la liberté, ne pas imposer les choses par la force, comme on le fait aujourd’hui dans notre société. Lorsque les Russes apprennent que l’on peut imposer aux enfants, dans les écoles, sans l’accord des parents, des connaissances sur des relations non-traditionnelles et autres choses semblables, il est naturel que cela les effraye. Ils ne veulent pas de cela et ne le permettront jamais. Il y a pour eux des concepts saints, immuables, qu’ils ne permettront jamais à quiconque de changer. C’est la foi orthodoxe, grâce à laquelle la Russie est devenue un grand État européen, c’est la famille et le respect des parents, dans lesquels on éduque traditionnellement dans les familles russes, et l’orgueil pour son pays. Il ne plait pas aux Russes, de même qu’aux Américains, que l’on s’efforce d’accuser, d’humilier leur pays, de l’exposer à la vindicte. Les Russes peuvent partager des points de vue différents, des intérêts différents, mais lorsque quelqu’un offense leur pays, ils oublient tous les désaccords et alors s’unissent. Mais si vous venez chez les Russes avec la paix, de bonnes intentions, ils s’adresseront à vous comme à des frères. Chaque jour, je dis : « Connaissez la Russie, et vous comprendrez qu’elle n’est pas votre ennemi, mais votre ami. Un ami fidèle et fiable, qui ne vous trahira jamais, qui ne vous lâchera pas dans l’adversité, comme l’a démontré la Russie à travers toute son histoire ». La Russie est un pays amical et pacifique, qui ne souhaite de mal à personne. Là-bas, en Amérique, je dis toujours que pour juger de la Russie, écoutez l’autre son de cloche. Malheureusement, on ne donne en Amérique qu’un seul avis, un seul point de vue sur la Russie. Je dis que l’information unilatérale ne peut être objective. Cela, les gens sensés le comprennent. Mais naturellement, la propagande exerce une très grande influence sur les opinions des gens. Les journaux trompent, comme la télévision, et imposent un certain point de vue. La foi, de son côté, donne à l’homme la possibilité d’avoir un regard juste sur les événements, sans inventions mensongères. Bien sûr, c’est plus simple pour les croyants. Ils dépendent moins des médias et sont ouverts à la vérité. En regardant le monde à travers le Christ, il nous est plus facile de détecter les tentatives de satan, le mensonge semé par lui, visant à diviser et amener les gens à se disputer les uns avec les autres. Or le Christ agit dans le sens contraire : Il les unit tous par Son amour, en fait des frères.


– Monseigneur, je ne peux pas ne pas demander quelle est votre attitude envers les événements en Ukraine ?

– Nous sommes tous aussi très affectés par ce qui se produit avec nos frères en Ukraine. Lors de chaque Liturgie, nous prions avec toute notre Église afin que Dieu raisonne et réconcilie le peuple ukrainien, afin que cesse cette terrible guerre fratricide. Nous prions pour que la paix revienne sur la terre d’Ukraine et dans les cœurs des hommes. Nous prions pour tous les innocents qui ont été tués, pour tous ceux qui ont souffert, qui ont été blessés et emprisonnés, pour tout le peuple ukrainien très éprouvé.

– Monseigneur, quels sont à votre avis les problèmes principaux des chrétiens du monde entier ?

– C’est la sécularisation, l’adaptation à l’esprit de ce monde qui est contraire à notre foi. Derrière les grands mots de liberté, de tolérance, notamment religieuse, se déroule une guerre ouverte contre les institutions fondamentales de la société humaine. Et les croyants se trouvent aussi impliqués dans cela. On propage ouvertement les vices, les péchés mortels, comme une norme de vie. Les gens disent : c’est normal, c’est bien. Certaines communautés protestantes copient aveuglément les mœurs antichrétiennes de la société contemporaine, se mêlant en définitive avec elle. Nous, chrétiens contemporains, devons nous souvenir que le principal dans notre vie est le Christ. C’est selon Lui que nous devons bâtir notre vie, et seuls les commandements qu’Il a établis doivent être le critère de vie pour tout homme croyant. Heureusement, le Seigneur peut tourner en bien même les actes de satan pour le bien de notre salut. En voyant la Sodome que l’on crée dans notre société, beaucoup de gens viennent à la foi  orthodoxe, trouvant en elle la Vérité et le Salut. Malgré une autre culture, une autre langue et des habitudes différentes, les gens s’efforcent de trouver la véritable foi. Et c’est le témoignage authentique de la force vivante et pleine de grâce de l’Orthodoxie.

– Monseigneur, qu’est-ce qui vous a fait venir en Russie et au monastère de Saint Paphnuce à Borovo ?

– Nous sommes des fidèles orthodoxes américains et australiens qui, durant de longues années, des dizaines d’années, vivent hors des frontières de la Russie, dans différents pays et continents, parmi des gens de différentes cultures et traditions, mais qui confessent la foi orthodoxe et gardent la culture et les traditions russes. Nous sommes venus en Russie afin de vénérer les lieux saints russes, les grands saints russes. C’est un pèlerinage aux lieux saints, aux monastères de l’Église orthodoxe russe. La première halte, le premier lieu saint que nous avons choisi est le saint monastère de saint Paphnuce de Borovo, ce grand saint de Dieu et thaumaturge de toute la Russie. Nous avons lu chez nous les vies de saint Paphnuce, de saint Serge et d’autres saints russes. C’est une grande grâce de Dieu que nous puissions prier sous les voûtes de l’église qui abrite ses saintes reliques, et nous inspirer du zèle et de la foi de saint Paphnuce. C’est très important, d’avoir la possibilité d’être en contact avec le saint.

– Et que représente pour le chrétien un tel contact ? Pour quelles raisons l’homme devrait-il traverser toute la terre pour aller auprès d’un saint ?

– Nous nous adressons toujours aux saints de Dieu afin qu’ils prient pour nous. Premièrement, pour notre salut, afin que le Seigneur nous donne le temps de nous repentir, pour se consacrer aux exploits spirituels. Afin de préparer notre âme à l’éternité. Afin de nous purifier de tous les péchés et des passions, afin de devenir des récipients de la grâce Divine, afin que le Seigneur demeure toujours en nous. Afin que nous soyons rendus dignes d’une bonne réponse lors du Jugement redoutable. Nous considérons les exploits des saints de Dieu et pouvons les imiter dans leur dévouement au Christ. Je suis ici pour la première fois et j’en suis heureux. J’avais lu avant au sujet du saint, mais lorsqu’on arrive là, où il a vécu dans l’ascèse et pria, il devient plus proche de nous, et c’est un grand bonheur que de se trouver dans un tel lieu. En premier lieu, nous avons demandé au grand saint de Dieu de nous renforcer, de nous donner son aide et d’augmenter notre foi, afin de faire face à l’esprit de ce siècle et de servir le Christ en tout lieu de notre vie. Saint Paphnuce s’est consacré entièrement à Dieu et le Seigneur l’a glorifié par de nombreux dons, dont celui de guérir de nombreuses maladies spirituelles. Nous croyons que, par ses prières, notre vie trouvera une nouvelle profondeur, une nouvelle dimension sur la voie de la vérité et du royaume divin. Je demande les prières de la communauté monastique pour tout notre groupe. Il y a parmi nous des gens qui construisent chez eux une église orthodoxe et ont besoin de vos prières pour la bonne issue de cette construction. Ils croient sincèrement que l’aide spirituelle des frères russes les aidera. Pour eux, c’est important.

Source et photographie : Pravmir.ru

« La prière », par le métropolite Hilarion Alfeyev

Metropolite_Hilarion_AlfeyevLe blog orthoxologie a régulièrement publié ces derniers mois une longue série de causeries sur les divers aspects et formes de la prière faites par le métropolite Hilarion Alfeyev en 1999 à la télévision russe. On les trouvre maintenant rassemblées ici.

« Le Moyen Orient et l’Ukraine font partie d’une seule et même stratégie »: une interview du métropolite Hilarion de Volokolamsk

"Le Moyen Orient et l’Ukraine font partie d’une seule et même stratégie", explique le métropolite Hilarion de Volokolamsk dans une interview publiée sur le site de l'Église orthodoxe russe.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk à l’ouverture du festival international « Unité slave – 2014 »

Le 28 juin, le métropolite Hilarion de Volokolamsk s’est rendu à Briansk pour l’ouverture du festival international des peuples slaves « Unité slave – 2014 ». Il a célébré la liturgie d'ouverture et s'est adressé à l'assistance en précisant notamment que : "les trois nations – russe, ukrainienne, biélorusse – étaient héritières du baptême de Vladimir et étaient unies par la foi orthodoxe, la proximité linguistique et les traditions héritées de leurs ancêtres."

Source (dont photographie intégralité du compte rendu en français): Patriarcat de Moscou

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk : les actions des uniates ont porté un coup énorme non seulement à l’Ukraine et ses habitants, mais aussi au dialogue entre orthodoxes et catholiques

Le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion a prononcé une allocution de bienvenue aux participants du IVème forum orthodoxe-catholique (vidéo), qui se déroule à Minsk du 2 au 6 juin.

« Vos Éminences et Vos Excellences, révérends pères et frères, chers organisateurs et participants du Forum,

Au nom de Sa Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille et en mon nom personnel, je salue chaleureusement tous les participants du IVème forum orthodoxe-catholique, dédié cette année au thème fort actuel « La religion et le pluralisme culturel : les défis aux Églises chrétiennes en Europe ». Je voudrais mentionner avec satisfaction que nos rencontres deviennent régulières. La forme d’interaction retenue en 2008 s’est avérée utile, étant donnée qu’elle permet de réagir promptement aux événements qui se produisent dans le monde. Les sessions précédentes ont été consacrées à des questions telles que la famille, l’Église et l’État, la crise économique et la pauvreté. Dans le monde contemporain se produit non seulement un dialogue intensif entre les cultures, mais également leur interpénétration. Ces processus dynamiques permettent, d’une part, la formation d’une seule communauté mondiale et de l’autre, une nouvelle conscience du caractère unique des différentes cultures. La situation démographique change, les processus migratoires intensifs se poursuivent. L’aspiration à créer une société tolérante amène souvent à des résultats opposés. L’identité chrétienne de l’Europe est menacée. Ces problèmes se manifestent avec toujours plus d’acuité dans la vie réelle et exigent une analyse théorique sérieuse. Cependant, dans la situation actuelle, nous ne pouvons nous limiter à débattre uniquement des questions théoriques. Nous devons agir de façon interactive sur un plan pratique également. Malheureusement, notre forum se déroule sur le fond des tristes événements en Ukraine. Dans le cadre des affrontements politiques, des hommes continuent à mourir, les échanges de tirs ne cessent pas dans les rues et sur les places. Le peuple reste profondément divisé, non seulement selon ses préférences politiques, mais aussi sur le plan religieux. Les Greco-catholiques ont joué un rôle très destructif dans la formation d’une telle situation. Les déclarations de leur archevêque majeur, de leurs hiérarques et prêtres, leurs positions extrêmement politisées, ont fortement contribué à la polarisation de la société, à l’aggravation d’un conflit qui a déjà provoqué de nombreuses victimes. À la différence de l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique, qui a réussi durant ces mois difficiles à unir des personnes d’orientations politiques les plus différentes, dont celles qui se trouvent de différents côtés des barricades, les uniates se sont associés de façon ostentatoire avec l’une des forces belligérantes. Les proclamations agressives des uniates, des actions destinées à porter atteinte à l’orthodoxie canonique, des contacts actifs avec les schismatiques, l’aspiration à diviser l’Église orthodoxe russe une et plurinationale, ont porté un coup énorme non seulement à l’Ukraine et à ses habitants, mais au dialogue entre orthodoxes et catholiques. Tout cela nous a fait régresser loin dans le passé, nous rappelant les temps où les orthodoxes et les catholiques ne se considéraient pas mutuellement comme alliés, mais comme concurrents. Aujourd’hui se révèle dans toute son évidence ce que les orthodoxes ont toujours su, à savoir que l’uniatisme et malheureusement reste un projet spécial de l’Église catholique, destiné à miner l’orthodoxie. Ici, sur la terre de Biélorusse, fut conclue en son temps « l’union de Brest » de triste mémoire, en 1596, apportant des souffrances innombrables à la population orthodoxe de cette contrée. Je profite de cette tribune pour m’adresser à tous nos partenaires dans le dialogue orthodoxe-catholique, en les appelant à faire tout ce qui est possible afin de refroidir les « tête brûlées » dans le milieu uniate, d’arrêter les actions des greco-catholiques visant à aggraver la crise en Ukraine. Aujourd’hui, une partie de l’Église catholique engage ses forces, ses talents et ses ressources dans le renforcement de l’interaction orthodoxe-catholique, tandis que l’autre (peut importe qu’elle dispose d’un statut autonome) fait tout pour accroître la méfiance et l’hostilité entre orthodoxes et catholiques, tout comme dans les tristes temps passés. Notre forum, aux travaux duquel prennent part des théologiens orthodoxes et catholiques, est une plateforme remarquable pour étudier les questions qui présentent un commun intérêt, comme pour aussi parvenir à une compréhension mutuelle plus grande entre nos Églises. Je voudrais beaucoup que nos travaux contribuent à l’apaisement de l’hostilité et au renforcement de l’interaction orthodoxe-catholique devant la face de ces nouveaux défis qui se dressent devant nous. Je souhaite à tous du succès dans les travaux à venir ».

Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com. Photographie: Patriarcat de Moscou

Appel du métropolite Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, pour aider la Serbie suite aux inondations catastrophiques survenues dans ce pays

correspondence_from_met_hilarion-cover_5_40_14-206x300Le métropolite Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, qui administre le diocèse d’Australie et de Nouvelle Zélande de ladite Église, et séjourne actuellement à Sydney, a lancé l’appel suivant aux fidèles dudit diocèse pour aider la Serbie, suite aux inondations catastrophiques survenues dans ce pays : « Comme vous le savez tous, le peuple frère orthodoxe de Serbie a été atteint par des catastrophes naturelles. Les inondations ont provoqué des victimes et la destruction d’habitations. Nos peuples sont unis depuis longtemps par les liens de la foi et de l’aide mutuelle. Il y a cent ans, la Russie est entrée dans la Grande Guerre pour défendre la Serbie. Après la guerre civile en Russie, la Serbie accueilli des centaines de milliers de nos réfugiés, qui ont été sauvés de la terreur bolchevique. La conscience chrétienne demande d’aider selon ses possibilités les sinistrés par les canaux mis en place par l’Église orthodoxe serbe ». Avec la bénédiction du métropolite, des quêtes auront lieu le 25 mai pour les sinistrés dans toutes les églises du diocèse d’Australie et de Nouvelle Zélande de l’Église russe hors frontières.

Source: Eglise russe hors frontières, traduit de l'anglais pour Orthodoxie.com

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères se désolidarise de l’interdiction d’entrée en Ukraine du métropolite Hilarion

Le ministère des Affaires étrangères d’Ukraine affirme qu’il n’a aucun rapport avec l’incident concernant l’interdiction d’entrée dans ce pays du président du département des affaires ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion de Volokolamsk. « Le ministère des Affaires étrangères d’Ukraine n’a aucun rapport avec le cas présent », a affirmé le directeur du département de la politique d’information dudit ministère Evgeny Perebiynis. En outre, il a refusé de commenter ladite décision, invoquant le fait que ces questions ne relève pas de la compétence du ministère. « Le droit de laisser entrer quelqu’un ou non appartient au service des frontières, qui agit sur la base des demandes correspondantes des organes judiciaires d’Ukraine », a déclaré Perebiynis. Le 9 mai, le métropolite Hilarion s’était vu signifier l’interdiction d’entrée sur le territoire ukrainien et ce sans aucune explication. Le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russe avait qualifié de « provocation sans précédent » une telle décision des autorités ukrainiennes et exigé « des explications circonstanciées d’une attitude si irrespectueuse à l’égard d’un clerc de haut rang », demandant que « fussent présentées les excuses appropriées».

Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Déclaration du Patriarcat de Moscou suite à l’interdiction d’entrée en Ukraine pour le métropolite Hilarion de Volokolamsk

Le département synodal d’information du Patriarcat de Moscou a publié, dont la version française est ici, une déclaration officielle à propos de l’interdiction d’entrée en Ukraine signifiée au métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

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Jovan Nikoloski