20/10/2017
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Résultats de la recherche : vieux-croyants

Les vieux-croyants unis à l’Église orthodoxe russe (« edinovertsy ») : hier, aujourd’hui et demain

Au XVIIème siècle, des fidèles se sont séparés de l’Église orthodoxe russe en raison de la réforme liturgique introduite par le patriarche Nikon (+1681) et ont fondé le mouvement des « vieux-croyants » qui s’est séparé de l’Église officielle et existe encore de nos jours, dirigé par le métropolite Corneille. Toutefois, certains d’entre eux se sont réunis au XVIIIème siècle à l’Église orthodoxe russe, tout en gardant leurs rites anciens. Ce mouvement, qui subsiste encore de nos jours, est désigné en russe par le terme « edinovérié », littéralement « partageant la même foi ». Les membres de ce mouvement sont appelés « edinovertsy » Nous publions ci-dessous un article de Vladimir Basenkov, paru sur le site Pravoslavie.ru sur l’histoire de cette communauté, sa vie présente et les perspectives d’avenir que lui prête l’auteur de l’article.

Les vieux-croyants edinovertsy constituent un phénomène intéressant et profond dans l’Église russe, dont on n’a pas encore entièrement saisi le sens jusqu’à nos jours. C’est une sorte de pont entre la Russie et l’État russe, depuis Pierre le Grand jusqu’à maintenant. Prêtons attention à la définition de l’edinovérié donnée par le hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de ces vieux-croyants unis à l’Église russe : « Opposé au au schisme, l’edinovérié est l’ensemble des paroisses de l’Église russe, unies avec celle-ci dans la foi, mais différentes par rapport à elle quant au rite. L’edinovérié est une section du vieux-ritualisme, acceptée dans la communion de l’Église de Russie sur la base de l’unité de la foi … L’edinovérié est le vieux-ritualisme réconcilié avec l’Église russe et universelle ». Le « vieux-ritualisme », il est important de prêter attention à ce terme. Ce ne serait pas un péché de qualifier les membres de l’edinovérié de « vieux-croyants » si l’on s’adresse à un large public. Oui, ce sont des paroisses dans lesquelles est maintenu l’ordo liturgique en vigueur jusqu’aux réformes du patriarche Nikon. Les membres de l’edinovérié sont des vieux-croyants qui sont dans l’Église, dans sa plénitude.

On considère habituellement que ce mouvement remonte à 1800. Le 27 octobre de cette année-là, les conditions auxquelles les vieux-croyants pouvaient être reçus dans la communion de l’Église orthodoxe russe, avec les remarques du métropolite de Moscou Platon (Levchine), ont été confirmées par l’empereur Paul Ier. Toutefois, ces règles contenaient une série de restrictions, dans le but d’éviter que les orthodoxes passent à l’edinovérié. Par exemple, le paroissien d’une église orthodoxe habituelle ne pouvait communier chez le prêtre appartenant à l’edinovérié qu’en cas de danger de mort. Il convient de mentionner que du côté du Saint-Synode, l’edinovérié était conçue comme un projet missionnaire et que le métropolite Platon considérait les vieux-croyants comme « se trouvant dans l’erreur par ignorance ». Et naturellement, il escomptait que dans un certain temps, les paroisses d’ancien rite fusionneraient complètement avec l’Église, passant même au rite nouveau. Toutefois, les choses ne se produisirent pas ainsi. Les vieux-croyants qui s’étaient prononcés volontairement pour l’unité, comprenaient le préjudice que comportait le fait de se trouver en dehors de la communion eucharistique avec l’Église-mère. Les offices selon les livres vieux-ritualistes et l’observance indéfectible de l’ancien mode de vie paroissial russe, à l’église, dans la famille et la vie personnelle, constituaient pour « les zélateurs de l’ancienne piété » un monolithe avec les dogmes. Sous le règne de l’empereur Nicolas Ier, les positions de l’edinovérié se renforcèrent de façon significative. Hélas, non sans immixtion administrative et pression sur les représentants des factions des vieux-croyants. Il est erroné d’accuser les membres habituels de l’edinovérié des méthodes violentes de « libération » des églises et des monastères appartenant aux vieux-croyants (schismatiques). L’approche administrative, bureaucratique et militaire du gouvernement pour « la guérison du schisme » en est responsable. Les monastères vieux-croyants dans les régions d’Irgiz, de Tchernigov, Nijni-Novgorod et d’autres endroits de l’empire sont passés à l’edinovérié. Des paroisses de ce dernier mouvement sont apparues à Moscou, aux cimetières Rogojsky et Preobrajensky, dans les centres vieux-croyants. À la fin du règne de Nicolas Ier, il y avait 179 paroisses de l’edinovérié, 200.000 personnes déclaraient y appartenir.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les membres de l’edinovérié s’adressèrent au Saint-Synode avec une série de demandes concernant non seulement des modifications de points individuels des règles de 1800, mais proposant la révision radicale des relations du gouvernement envers les vieux-croyants et les membres de l’edinovérié. Il y avait là aussi des propositions de création d’une Église commune de vieux rite, et des demandes de révision des règles de 1800, ainsi que la demande d’obtenir un évêque de rite ancien. La majeure partie de toutes les questions fondamentales sont restées sans suite, à l’exception de quelques corrections portant sur des points secondaires. Toutefois, en 100 ans, l’edinovérié s’était déjà transformée en une force certaine, avec ses principes et ses traditions, ses positions actives et son souhait de voir ses membres devenir des membres à part entière de l’Église, ce qui, si l’on veut être honnête, ne se ressentait pas encore complètement. Indubitablement, le premier quart du XXème siècle est une période florissante pour l’edinovérié et cette époque est liée indissociablement au nom du hiéromartyr Simon (Chleïev), le premier évêque de rite ancien qui fut une personnalité infatigable au service du vieux-ritualisme orthodoxe. En ces années fut activement discutée la question de l’épiscopat pour les membres de l’edinovérié, lesquels eurent une série de congrès diocésains, puis trois congrès pan-russes. À la même époque ont été nommés d’abord un seul, puis plusieurs évêques pour le rite ancien. Les membres de l’edinovérié n’étaient plus alors « un projet missionnaire », mais ils appartenaient au plérôme de l’Église.

Les troubles révolutionnaires contraignirent le patriarche Tikhon à nommer des évêques de l’ancien rite dans les diocèses ordinaires de l’Église russe, et il fut par la suite convaincu de leur zèle, de leur courage, de leur pratique pastorale et de leur disposition à donner leur vie pour le Christ. En 1927 a eu lieu le congrès des membres de l’edinovérié, au cours duquel, entre autres questions, a été discutée la nécessité de constituer de nouveaux diocèses pour les tenants de l’ancien rite. En outre, le congrès s’est prononcé négativement au sujet du schisme de « l’Église vivante ». Et bientôt, en 1929, le Saint-Synode leva les malédictions sur les anciens rites. Malheureusement, les circonstances dans le pays ont amené à ce que les paroisses de rite ancien fusionnent avec les autres orthodoxes.

Extrêmement peu de choses nous sont connues sur la vie des communautés de rite ancien pendant la période soviétique. Au début des années 1990 et jusqu’à nos jours, à partir des trois paroisses qui avaient survécu sur l’espace post-soviétique, leur nombre a atteint maintenant une quarantaine. Les paroisses se développent principalement au détriment d’une migration des paroissiens conservateurs de l’Église orthodoxe russe, attirés par l’histoire et la culture russes. Il y a également des passages à l’edinovérié de familles de vieux-croyants, voire même de communautés entières. Chaque année, lors des « Conférences internationales de Noël » à Moscou, une section est consacrée au rite ancien dans l’Église orthodoxe russe, au sein de laquelle, en règle générale, se réunissent des représentants de la majorité des communautés de l’espace post-soviétique (et parfois de l’étranger lointain, par exemple des États-Unis). Les prêtres et les fidèles orthodoxes qui suivent les offices selon le nouveau rite ne restent pas indifférents à de tels événements. En outre, des représentants des vieux-croyants sont souvent les hôtes, voire les conférenciers lors de ces manifestations. La section des « Conférences de Noël » consacrée au vieux-ritualisme, tenue en janvier 2017, a rassemblé un assez grand nombre de représentants des paroisses suivant l’ancien rite au sein du Patriarcat de Moscou, dont de nouvelles paroisses, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour les « préceptes des saints temps anciens ». La question a été soulevée de la nomination d’un évêque pour l’edinovérié, ce qui n’existe pas actuellement…

Et maintenant que résultera-t-il de tout cela ? Qu’est-ce qu’aujourd’hui l’edinovérié, le rite ancien de l’Église orthodoxe russe, et pourquoi nous faut-il tout cela ? Il convient de répondre ouvertement à ces questions, dans le but de montrer aux gens qui l’ignorent toute la valeur d’un tel mouvement au sein de l’Église. De nos jours, l’edinovérié, de même qu’il y a 200 ans, se présente comme l’ensemble des paroisses de l’Église orthodoxe russe où est maintenu l’office antérieur au schisme des vieux-croyants et l’ancienne piété russe. Il s’agit naturellement du même christianisme, mais qui élève la barre des exigences spirituelles et morales pour chacun. Les offices, dans ces paroisses, sont célébrés sans raccourcissement ; les chants, les icônes et toute l’atmosphère de prière dénotent une certaine concentration, stricte, ascétique, qui donnent à l’office un caractère quasi-monastique. Les paroisses de l’edinovérié sont des communautés réelles et non pas seulement juridiques, étant donné que tous les paroissiens se connaissent, ont des contacts et s’aident mutuellement. Il y a une aspiration consciente à un certain idéal de vie chrétienne. Cela fonctionne, bien sûr, comme pour toutes les personnes, peut-être de différentes façons, mais la présence d’une aspiration se manifeste. L’edinovérié permet à l’homme de se détacher réellement de la vanité mondaine, de se plonger dans une ambiance forte de prière, d’avoir un regard sur la foi orthodoxe à travers le prisme d’une grande sévérité envers lui-même, d’aspirer à s’élever spirituellement. Dans une paroisse de l’edinovérié, l’homme ressent une définition vivante de la communauté, ce qui n’est pas sans importance de nos jours. Dans les communautés sont intégrées des familles entières, les enfants grandissent dans une tradition chrétienne intégrale. Indubitablement, cette expérience spirituelle, conservée par les membres de l’edinovérié, est utile de nos jours à tous les enfants de l’Église orthodoxe russe. Cela ne signifie aucunement qu’il soit nécessaire que les paroisses doivent passer du jour au lendemain à l’ancien ordo de l’office. Les rites, cela va de soi, sont salvifiques de façon égale, du fait qu’un développement et certains changements sont inévitables dans l’Église. Mais ce trésor d’énergie spirituelle qui a été conservé soigneusement au cours de nombreux siècles, doit devenir l’héritage de tous les chrétiens et tous peuvent utiliser cette expérience. Certains sont attirés par le chant, d’autres y voient mieux la structure pratique de la communauté, pour d’autres encore deviennent compréhensibles les éléments essentiels de la vie du chrétien, éprouvés par l’expérience d’un grand nombre de générations. L’edinovérié, née dans des circonstances complexes, après un siècle et demi de persécutions contre les partisans de « l’Église du temps jadis » est parvenu un siècle après à obtenir son égalité en droit dans l’Église orthodoxe. Il a mérité le respect au XXème siècle, où avec tous les chrétiens, il a éprouvé la violence des persécutions. Il semblait avoir péri, mais, renaissant comme un phénix de ses cendres, il accomplit son ministère silencieusement, se relevant graduellement, se préparant à décoller, et montrer à la Russie le triomphe de l’esprit russe.

On peut visionner ici  un film documentaire (en russe) sur les vieux-croyants et l’edinovérié, notamment des extraits de la célébration du métropolite Hilarion (Alfeyev) selon l’ancien rite.

Source (dont photographie) : Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Le primat des vieux-croyants ne pense pas qu’il soit possible de mettre fin au schisme avec le Patriarcat de Moscou

Le primat des vieux-croyants, le métropolite Corneille, pense qu’il est impossible pour les vieux-croyants de se réunir au Patriarcat de Moscou, tout en mentionnant que les relations entre les deux Églises sont actuellement paisibles. « Les plaies du schisme sont trop profondes. Nous sommes très différents quant à notre façon d’être, nos rites, notre esprit. Nous ne serons jamais en mesure d’accepter leurs rites, et il est improbable qu’ils souhaiteront eux-mêmes revenir à l’ancienne foi dans un avenir proche » a déclaré le primat dans une interview récente. De son côté, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président de la commission chargée des paroisses de rite ancien et de la coopération avec la communauté des vieux-croyants, croit que la guérison du schisme est encore lointaine, tout en ayant pris une position légèrement plus optimiste lors d’une présentation de livre au mois de juin dernier, lorsqu’il avait déclaré : « L’Église a toujours dit que la division qui se produisit au XVIIème siècle n’est pas une chose avec laquelle nous devons nous concilier, mais que nous devons nous efforcer de surmonter ». Outre les bonnes relations entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou, le primat des vieux-croyants a remercié le gouvernement pour l’égalité de traitement envers les deux Églises. « Je suis membre du Conseil présidentiel pour la coopération avec les associations religieuses. Cela signifie que le gouvernement reconnaît les vieux-croyants comme égaux aux autres confessions traditionnelles » a-t-il déclaré. Le métropolite Corneille est également certains que les relations de bon voisinage qui ont été développées entre les vieux-croyants et le Patriarcat de Moscou permettent que « les gens ne soient pas aigris les uns contre les autres, vivent en paix et aident la société à combattre l’alcoolisme, la drogue et l’avortement ». Le président Vladimir Poutine a rendu visite au centre spirituel des vieux-croyants le 31 mai, ce qui a été qualifié par le métropolite Corneille, comme « un jalon historique… Nous n’aurions pu rêver de tsars ou secrétaires généraux [soviétiques] venant à notre centre spirituel autrefois », a-t-il ajouté. « Nous sommes reconnaissants aux autorités pour leur soutien. Nous pouvons dire que nous avons maintenant de bonnes relations avec l’État, qui donnent déjà de bons fruits. Pour cela, nous sommes très reconnaissants à Dieu et au gouvernement » a conclu le primat des vieux-croyants.

Source (dont photographie du métropolite Corneille) : Orthodox Christianity

On considère au Patriarcat de Moscou qu’il reste un long chemin à parcourir pour surmonter le schisme des « vieux-croyants »

Il est nécessaire de surmonter le schisme qui s’est produit dans l’Église orthodoxe russe au XVIIème siècle, mais cela ne se produira pas bientôt, selon le chef du Département synodal des affaires ecclésiastiques extérieures, le métropolite de Volokolamsk Hilarion. « L’Église a toujours déclaré que la division qui s’est produite au XVIIème siècle n’est pas une chose à laquelle on peut se résigner, et et aussi qu’il est nécessaire de produire les efforts pour que cette division soit surmontée » a déclaré le métropolite le 1er juin à Moscou lors de la présentation de son nouveau livre. Le hiérarque a exprimé le regret qu’actuellement les deux Églises « sont encore assez loin de travailler concrètement à surmonter ce qui en son temps a divisé les fidèles orthodoxes de notre patrie ». Néanmoins, le métropolite a souligné qu’il entretenait de bonnes relations avec le chef de l’Église orthodoxe des vieux-croyants, le métropolite Corneille, et qu’ils se rencontraient régulièrement. Il a également mentionné que la visite récente du président russe au chef des vieux-croyants était liée au soixante-dixième anniversaire de celui-ci et au prochain 400ème anniversaire de la naissance du chef des vieux-croyants, l’archiprêtre Avvakoum.

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Le métropolite Corneille, primat des Vieux-croyants russes : « Il est agréable de savoir que le président observe le Grand Carême »

La semaine passée, Vladimir Poutine a rencontré le chef de l’Église des Vieux-croyants russes, le métropolite Corneille. Plusieurs médias ont qualifié immédiatement cet événement d’ « historique ». Dans une interview à l’Agence RIA Novosti, le métropolite a évoqué les sujets principaux de la rencontre, à savoir l’attitude du président russe à l’égard des vieux-croyants, le point de vue des vieux-croyants sur le conflit autour de la restitution de la cathédrale Saint-Isaac de Saint-Pétersbourg, l’observation du Grand Carême par le président.

– Votre Éminence, l’un des thèmes de la rencontre était la situation des vieux-croyants qui viennent en Russie depuis les pays d’Amérique du Sud. Selon les estimations, leur situation dans la région du Primorié [Extrême-orient russe] manifeste clairement l’échec, du fait des autorités régionales, du programme fédéral de coopération de réinstallation des compatriotes. Le président est-il au courant de la situation ?

– Je me suis efforcé de transmettre au président nos attentes, les espérances de tout le monde des vieux-croyants, dont cette question. Il le faut pour notre État et, peut-être il le faut plus encore pour nos Russes [d’Amérique du Sud] qui se trouvent dans un monde relativement agressif. Il leur est difficile de survivre là-bas économiquement, on m’a raconté que les terres des vieux-croyants en Amérique latine s’épuisaient et constituaient parfois un danger pour la vie. Aussi, nombreux sont ceux qui rêvent de revenir et de cultiver nos terres. Malheureusement, il y a actuellement plus de problèmes que de résultats positifs, il n’y a pratiquement aucun résultat positif. 

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Le primat de l’Église des « vieux-croyants » russes a rencontré le président Poutine

La rencontre du président Poutine et du métropolite Corneille, primat de l’Église orthodoxe des « vieux-croyants » est le premier contact de ceux-ci avec le pouvoir civil russe depuis le schisme du XVIIème s. La rencontre s’est déroulée au Kremlin le 16 mars 2017. « Cette rencontre est très significative pour nous. Après de longues années de persécutions contre les vieux-croyants, nous commençons à bâtir de bonnes relations avec les autorités. C’est un événement capital, qui exercera une sérieuse influence sur nos relations avec les représentants non seulement des autorités fédérales, mais aussi régionales », a déclaré le secrétaire du métropolite, le protodiacre Victor (Savelev). Celui-ci a mentionné que la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère conviviale. Selon le protodiacre, malgré toutes les difficultés, de bonnes relations se sont créées entre les vieux-croyants et les autorités de la capitale. « Grâce au soutien de la ville de Moscou, des travaux à grande échelle ont eu lieu pour restaurer et aménager les églises du site de Rogojskaïa Sloboda à Moscou, mais certaines églises, jusqu’à présent, ne sont pas utilisées conformément à leur destination. C’est ainsi que l’église située impasse Gavrikov, abrite une salle de sport. Nous négocions avec le gouvernement pour sa restitution. Nous espérons que cette question sera résolue », a-t-il poursuivi. Le secrétaire a ajouté que de un à deux millions de « vieux-croyants » vivaient actuellement en Russie. « Bien sûr, ce chiffre est très relatif. Après la révolution, les descendants des vieux-croyants se sont sécularisés, mais n’oublient pas leurs racines. Malgré toutes les difficultés, nous avons toujours été patriotes de notre pays, on peut toujours s’appuyer sur les vieux-croyants dans les moments difficiles ».

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Un nouveau film du métropolite de Volokolamsk Hilarion : « Le rite ancien (des vieux-croyants) : histoire et actualité »

La chaîne TV orthodoxe russe « Soyuz » a diffusé le nouveau film du métropolite de Volokolamsk Hilarion « Le rite ancien : histoire et actualité », que l’on peut visionner ci-desous (en russe) et dont le régisseur est Alexis Miasnikov. Qu’est-ce que le rite ancien ? Quels sont les événements qui ont provoqué une fissure dans les fondements des coutumes ecclésiales et ont détruit l’unité du peuple russe ? Quelles conséquences funestes a provoqué le schisme dans l’Église ? Et pourquoi, aujourd’hui, le rite ancien russe appelle-t-il un intérêt particulier chez les orthodoxes ? Le métropolite Hilarion évoque des faits peu connus, qui associent étroitement l’histoire de l’orthodoxie du « nouveau » et de « l’ancien rite ». Le film a été créé par le fond caritatif « Saint-Grégoire-le-Théologien » avec le soutien financier de l’Agence fédérale de la presse et des médias. On lie habituellement le schisme ecclésial du XVIIème siècle au nom du patriarche Nicone, qui a réalisé les réformes ecclésiales. Cependant, selon de nombreux historiens, l’initiateur de la réforme était en fait le tsar Alexeï Mikhaïlovitch, qui considérait qu’en rapprochant l’Église russe de l’Église grecque par l’adoption du rite grec, il ne rapprocherait pas seulement de lui les Grecs, mais aussi ceux qui étaient originaires de la Russie du Sud-Ouest. Indirectement, ceci est corroboré par le fait qu’après que Nicone eût abandonné sa charge patriarcale, la réforme ecclésiale ne s’est pas arrêtée, mais a été poursuivie. L’aspect extérieur de la réforme consistait dans la continuation de la correction des livres liturgiques (la rédaction des traductions liturgiques). Les changements touchèrent également les rites, au sujet desquels les disputes (particulièrement, la position des doigts dans le signe de Croix) sont devenues une pierre d’achoppement à l’époque du schisme. Dans la conscience de l’homme de ce temps, le rite n’était pas moins important que la théologie et la moralité. Pendant un long moment, les vieux-croyants restèrent des hors-la-loi dans leur propre pays. Il est raconté dans le film comment l’attitude des souverains a progressivement changé envers les adeptes de la foi « ancienne ». Une page particulière dans l’histoire de l’Orthodoxie russe a été la naissance de l’ « edinoverie », instituée par l’oukase impérial de Paul Ier en 1800, sur proposition du métropolite de Moscou et de Kolomna Platon (Levchine). Il s’agissait des vieux-croyants qui souhaitaient se réunir à l’Église tout en maintenant l’ancien rite. Au sein de l’ « edinoverie », l’ancienne tradition liturgique russe continue à vivre et à se développer. La particularité de l’ancien rite est le chant à l’unisson, qui faisait l’objet d’une notation spéciale, « les crochets » (kriouki). À la différence des notes, chaque crochet peut se référer à plusieurs sons, il est apte à donner l’intonation dans la prière. Participent au film : le métropolite de Moscou et de toute la Russie Corneille, primat de l’Église orthodoxe russe de rite ancien ; l’archiprêtre Jean Mirolioubov, dirigeant du centre patriarcal de la tradition liturgique russe ancienne et secrétaire de la commission des paroisses de rite ancien et de coopération avec les adeptes du rite ancien, le prêtre Romain Maslov, recteur de la paroisse de l’Église de rite ancien à Simféropol, le prêtre Eugène Sarantcha, clerc de l’église relevant de l’ edinoverie » dans la région de Moscou, Anatole Chatokhine directeur du séminaire spirituel de l’Église des vieux-croyants, Hilarion Ivanov, président de la société des vieux croyants de Lettonie, Irène Pozdeev, docteur en histoire, chercheuse principale à l’Université de Moscou, Hélène Youkhimenko, docteur en philologie, chercheuse principale au Musée historique.

Source

Moscou: dialogue avec les vieux-croyants

Le
17 mai, dans la capitale russe, une
rencontre a eu lieu
entre des représentants du Patriarcat de Moscou et de l’Eglise
russe vieille-orthodoxe, une des juridictions de vieux-croyants
(1).
«Les
participants de la rencontre ont abordé les raisons du schisme survenu au sein
de l’Eglise russe au XVIIe siècle et leur actualité de nos jours. Les deux délégations
se sont dit satisfaites des résultats des pourparlers et ont exprimé le souhait
de poursuivre le dialogue.» 

Source : Eglise
russe

Les vieux-croyants, la société russe et l’Eglise orthodoxe

Sur le
site Religioscope : un article sur « Russie et
vieux-croyants : le retour de la Troisième Rome
». En juillet, le
même site a mis en ligne un autre article sur les vieux-croyants, la société
russe et l’Eglise orthodoxe intitulé « Russie : les
vieux-croyants, une minorité d’influence
».

Sur les vieux-croyants

Le site Religioscope
a mis en ligne un article sur
les « vieux-croyants » : histoire, situation actuelle. En guise
d’introduction.

Les vieux-croyants de Russie ont élu leur nouveau primat

Les vieux-croyants russes – de l’Eglise orthodoxe vieille-ritualiste russe – viennent d’élire, mardi 18 octobre, leur nouveau primat. Il s’agit de Mgr l’archevêque de Kazan et Vyatka, Kornili (Titov), âgé de 58 ans. Le patriarche de Moscou, Alexis II, lui a envoyé un message de félicitations, ainsi que Mgr Cyrille de Smolensk, responsable des relations extérieures du patriarcat.

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Conférence internationale sur les vieux-croyants russes

Vieux_croyantsA Moscou, du 22 au 24 février derniers s’est tenue la VIIème
conférence scientifique internationale sur le thème Les
vieux-croyants: histoire, culture, modernité
, consacrée au centenaire de
la promulgation de l’édit « De renforcement des principes de la
tolérance religieuse » et au centenaire du retrait des scellés qui avaient
été posés sur les autels des églises du cimetière Rogojskoïe.

Photo sources 

À Vienne s’est tenu un symposium scientifique international dédié au Concile panrusse de 1917-1918

Du 2 au 5 mars 2017 s’est tenu à Vienne un symposium scientifique international intitulé « 1917-2017 : centenaire du Concile local de l’Église orthodoxe russe », organisé par la Faculté catholique-romaine de l’Université de Vienne avec le soutien du fonds caritatif chrétien Pro Oriente. Ont participé aux travaux du forum des spécialistes de l’histoire de l’Église orthodoxe russe venus de Russie, des États-Unis et des pays européens. Le Comité de rédaction scientifique du monastère stavropégiaque Novospasski de Moscou, chargé de l’édition des documents du Concile de 1917-1918, était représenté par les rédacteurs concernés, G.M. Zapalski (tome « Section monastères et monachisme »), A.G. Kravetzky (tome « Section offices liturgiques, prédication et église », le professeur S.L. Firsov (tome « Section ‘edinoverie’ [vieux-croyants rattachés à l’Église officielle] et vieux-croyants [schismatiques] ; section « Mission interne et externe), et également par le directeur scientifique du projet A.I. Mramornov. Les chercheurs ont fait des communications sur les thèmes des tomes en préparation et ont participé aux discussions, qui ont eu lieu en anglais, russe et allemand. Au cours de la manifestation ont été discutées les questions de l’étude de l’héritage conciliaire. Il est prévu de publier les documents du symposium dans le périodique Ostkirchliche Studien, consacré aux questions de l’histoire de l’Église orthodoxe.

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Interview de l’évêque de Siemiatycze Georges (Pańkowski), vicaire du diocèse de Varsovie de l’Église orthodoxe de Pologne et ordinaire aux armées, au sujet de la situation de l’orthodoxie en Pologne

L’évêque de Siemiatycze Georges (Pańkowski), vicaire du diocèse de Varsovie de l’Église orthodoxe de Pologne et, depuis 2010, ordinaire aux armées, a donné une interview au site orthodoxe russe « Pravmir », que nous reproduisons ci-dessous. Dans cette interview, l’évêque Georges souligne la responsabilité particulière des orthodoxes en Pologne, la question de l’absence de canonisation du prince-baptiste Mieszko Ier de Pologne, et le problème que constitue la prédication en langue polonaise dans les églises.

– Monseigneur, vous êtes né et avez grandi en Pologne, un pays catholique. On appelle parfois l’orthodoxie « la foi des vieux-croyants de l’Europe ». Est-ce que l’on ressent maintenant en Occident un intérêt pour l’orthodoxie, vous pose-t-on des questions, et qui sont les orthodoxes de Pologne ?

– Lorsque l’on nous dit : « Pourquoi l’orthodoxie est-elle si conservatrice ? Elle est devenue presque exotique », je réponds que même un poisson ne nage pas toujours dans le sens du fleuve, seuls les poissons morts suivent le courant. Il me semble que le conservatisme, dans l’acception positive, manque à l’homme contemporain, parce que le mouvement constant vers l’avant ne laisse pas le temps à la réflexion sur beaucoup de choses. Or, tout provoque de l’intérêt : l’aspect extérieur des orthodoxes, comment nous prions, comment nous nous efforçons de jeûner, comment se déroule notre office. Des gens viennent à nous même pour simplement rester un moment à l’église, regarder les icônes, écouter les chants, visiter les monastères… C’est tout ce qu’il n’y a pas dans la vie quotidienne. Tout ce qui est nouveau, qui change constamment, n’attire plus les gens. Ce qui est intéressant est ce qui contient quelque chose d’intérieur, de spirituel. C’est en cela que réside la force de l’orthodoxie, me semble-t-il. Bien que nous soyons la seconde des confessions en Pologne, les plus forts après le catholicisme, il n’en reste pas moins que le rapport en faveur des catholiques est très grand. Et nous devons sans cesse expliquer et répondre à une multitude de questions sensibles. On nous associe à la Russie impériale, en général avec la Russie. On considère que nous sommes venus en terre polonaise depuis quelque pays étranger. Tout cela nécessite des clarifications avec de la patience. Il arrive souvent que les gens questionnent sans a priori, mais parce qu’on leur a appris que nous ne sommes pas des habitants originaires de ce pays et que nous ne sommes pas patriotes.

– Dans n’importe quel musée local en Europe, on peut voir comme les artéfacts chrétiens se sont peu à peu transformés à partir du canon orthodoxe jusqu’au canon catholique. Y a-t-il en Pologne des symboles byzantins sous les strates de la culture catholique-romaine ?

– Bien sûr, il y a de nombreux témoignages qui montrent qu’ici, dès le début, existait l’orthodoxie. Cependant, dans nos églises, il y a beaucoup de réalisme dans les icônes, comme dans les églises de Saint-Pétersbourg. En effet, en son temps, la domination uniate a eu une influence très grande sur l’art ecclésial : partout est présente une vive empreinte de l’architecture et de l’iconographie uniates. Mais des icônes canoniques ont également été préservées. C’est par exemple l’icône de saint Onuphre au monastère de Jableczna, l’icône de la Mère de Dieu qui se trouve dans le même endroit. En général, nous vivons maintenant une période très intéressante. L’année 2016 marque le 1050ème anniversaire du baptême de la Pologne. Des discussions très sérieuses, historiques et théologiques, ont eu lieu sur ce thème, particulièrement sur le fait de savoir selon quel rite la Pologne a reçu le baptême. Il y a eu notamment cette initiative : à Cracovie, trois évêques se sont rencontrés, l’orthodoxe, le catholique et le protestant, et ont commencé à discuter sur la question du baptême de la Pologne. Tout un livre est sorti de cette discussion, sous le titre « Au commencement était le Christ : trois évêques discutent ». C’est ainsi que j’ai posé la question suivante à l’évêque catholique : « Le prince Vladimir a été proclamé saint, malgré sa vie inique jusqu’au baptême. Ensuite, on a commencé à l’appeler « le Soleil rouge », et personne n’a adressé de reproches quant à sa vie passée. Il a été canonisé parce qu’il amené le peuple sur les fonts baptismaux. Pourquoi alors les Polonais ne firent pas la même chose à l’égard de Mieszko Ier ? Tout cela parce que notre prince a changé de rite. Initialement, le baptême a été reçu selon le rite oriental. Il y a un très grand nombre de documents qui en témoignent, par exemple de Gall l’anonyme. Aussi, nous orthodoxes ne souscrivons pas particulièrement à la thèse selon laquelle le baptême de la Pologne a eu lieu il y a 1050 ans. Pour nous, la Pologne a été baptisée bien avant. C’est ce dont témoignent les églises, les absides, les fonts baptismaux dont les fondations ont été préservées (par exemple à Poznań). Et il y a aussi d’assez nombreux témoignages laissés par les monuments. Ils sont aujourd’hui, bien entendu, contestés par les historiens et les théologiens occidentaux, il y a une tendance de reconnaître malgré tout la primauté du rite occidental, mais néanmoins, la présence initiale de l’orthodoxie est reconnue par tous. L’union de Brest a porté une grande blessure à l’orthodoxie en Pologne. Mgr Abel, archevêque de Lublin et de Chełm, alors qu’il était supérieur du monastère de Jableczna, a même érigé un monument à la mémoire du 500ème anniversaire de l’union de Brest qui a été tragique pour l’orthodoxie. Il y eut de nombreuses protestations contre ce monument, mais Mgr Abel a persisté fermement dans son intention, et le monument est toujours là, au monastère. Le mouvement uniate a influencé négativement l’Église. La Laure de Suprasl a été enlevée à l’orthodoxie pendant presque 200 ans, ainsi que de nombreuses églises. Il ne restait que le monastère de Jableczna. Et c’est en quelque sorte une preuve historique : s’il n’y avait pas eu ici de rite oriental, pourquoi conclure l’union ? Avec qui ? L’uniatisme constitue elle-même une preuve qu’il n’y avait pas ici que le rite occidental. Bien que je n’aime pas parler du « rite occidental » et du « rite oriental ». Il faut appeler les choses par leur nom : catholicisme et orthodoxie. Et si l’orthodoxie n’était pas forte alors, pourquoi un tel combat a-t-il été mené ? Un grand nombre d’églises – plus de 200 – ont été détruites au XXème siècle en trois étapes : au début du siècle, ensuite en 1932 et en 1944. C’étaient de grandes églises, vénérées dans le peuple. Dans le livre « La voie de ma vie » du métropolite Euloge (Gueorguievsky), celui-ci témoigne quel joyau était l’orthodoxie par exemple dans la région de Chełm. Aujourd’hui, Mgr Abel fait renaître ce qu’il peut, mais beaucoup a été perdu à jamais.

– Il n’y a pas maintenant de persécutions en Pologne contre l’orthodoxie, mais dans quel état se trouve l’Église orthodoxe ? Y a-t-il une possibilité pour la mission, ou bien s’agit-il plutôt simplement de la desserte spirituelle des fidèles orthodoxes ?

– En premier lieu, notre mission est menée à l’intérieur de l’Église, parce qu’il a résulté de l’opération «Wisła » en 1947 [transfert des populations du Sud-Est de la Pologne vers les nouveaux territoires de l’Ouest du pays conquis sur l’Allemagne, ndt], nombreux sont ceux qui ont abandonné l’orthodoxie. On transféra le peuple sur des territoires sans églises orthodoxes et, avec le temps, ils sont passés au catholicisme. C’est pour cette raison que notre mission consiste à témoigner de la présence ancestrale de l’orthodoxie ici, et en même temps donner une impulsion, de la force à ceux qui vivent dans la crainte. Il y a des gens qui ont souffert pour leur foi, qui ont tout perdu. Beaucoup parmi eux ont peur de parler de leur confession orthodoxe. Cela concerne particulièrement ceux qui sont nés dans les années 1930-1940.

– C’est-à-dire des crypto-orthodoxes contemporains…

– Ils ont véritablement souffert et ont très peur. Je dirige l’ordinariat de l’Armée polonaise, et il n’y a pas même un mois, des gens sont venus vers moi en me disant : « Vous savez, ma grand-mère était orthodoxe. Et moi, mon grand-père était orthodoxe… » Avant, il ne pouvait pas même être question d’en parler. Aussi, notre mission est d’être partout. Simplement être présent, avec notre culture, notre théologie. En général, il est aujourd’hui difficile de parler de mission, parce que dans la structure de l’orthodoxie universelle, les frontières sont définies. Par exemple, nous avons maintenant ouvert une paroisse en Belgique. Dans ce pays vit un grand nombre d’orthodoxes, originaires en particulier de la région de Siemiatycze, la région dont je porte le titre, la moitié de la population est déjà pratiquement partie. Pour cette raison, nous avons fondé là-bas notre paroisse. Bien sûr, sous la juridiction du Patriarcat de Constantinople, pour observer le statut juridique, mais le métropolite de Varsovie y est également commémoré. Pour ce qui est de la mission, aussi étrange que cela puisse paraître, elle est menée par l’intermédiaire des mariages mixtes. C’est un phénomène douloureux, pathologique, et il faut en parler ouvertement. Néanmoins, il y a des cas lorsque, grâce à la présence d’un orthodoxe dans un milieu catholique, les gens connaissent mieux l’orthodoxie. Mais parler de façon générale de mission est compliqué, du fait que la Pologne est un pays profondément chrétien. Je dirais donc que notre mission a un caractère plus social, sociétal. Par ailleurs, à côté du dialogue théologique qui nécessite un travail très sérieux, nous avons des objectifs communs avec les catholiques : la défense des enfants à naître, la lutte contre l’euthanasie, la préservation des valeurs familiales. Dans ce domaine, nous collaborons activement, nous parlons d’une seule voix, et notre voix devient plus forte chaque année. Notre présence dans l’armée joue un rôle important. L’évêque ordinaire aux armées participe à toutes les manifestations patriotiques. Où que se rendent le président ou un ministre, ils sont obligatoirement accompagnés par les évêques ordinaires aux armées des trois confessions. Nous avons le droit de vote au niveau le plus haut, et on nous écoute. C’est très important. En vingt ans d’existence de l’ordinariat, celui-ci a beaucoup facilité la juste compréhension de l’orthodoxie. Il faut parler séparément de notre fraternité de la jeunesse orthodoxe que l’on donne en exemple à toutes les Églises orthodoxes locales. Même le patriarche de Moscou a invité la jeunesse polonaise à partager son expérience de travail. Lorsqu’il est venu en Pologne pour la Transfiguration, il a vu que, hormis la police et les autres forces de sécurité, une énorme quantité de jeunes ont aidé à assurer l’ordre sur le Mont Grabarka, où étaient réunis au même moment 100.000 personnes. Cela a réellement frappé le patriarche. Le fait que nous avons le droit d’enseigner le catéchisme dans les églises est extrêmement important. Si, dans une classe, trois élèves souhaitent étudier cette matière, ils constituent un groupe pour étudier le catéchisme. S’il y en a plus de sept, c’est une classe. Mais même s’il n’y a qu’un élève qui en exprime le souhait, on doit organiser pour lui le catéchisme. Dans de tels cas, on peut réunir un groupe de différents âges et constituer une classe commune. Aucun élève orthodoxe ne sera ignoré. Dans ce domaine, nous avons atteint des résultats significatifs, et c’est le mérite du métropolite de Varsovie qui, dans les années 1990, alors qu’il était évêque de Bialystok, a ordonné au clergé, de façon urgente, de recevoir une formation pédagogique. Grâce à cela, nous avons aujourd’hui une des meilleures éditions du catéchisme. Nous avons reçu des remerciements du ministère pour le haut niveau du manuel « Bases de la formation catéchétique ». Dans le domaine de l’instruction nous sommes effectivement à un niveau élevé : je peux l’affirmer hardiment, parce que j’avais pour obédience au sein du Synode de diriger un groupe de travail, qui a travaillé efficacement et a montré de bons résultats. Nous prêchons dans les prisons, les hôpitaux et dans d’autres endroits : ceci est fondé sur un accord officiel de l’État et de l’Église.

– Quels projets ecclésiastiques ont déjà été réalisés avec succès et quels sont ceux encore en cours de réalisation ?

– Récemment a été résolue une question importante : nous sommes revenus officiellement à l’ancien calendrier. 22 de nos paroisses – les cathédrales de Pologne centrale – vivaient selon le nouveau calendrier et c’était précisément elles qui définissaient la ligne officielle de l’Église. Par une décision du Synode, nous sommes revenus officiellement à l’ancien calendrier. Je pense que c’est la grâce de l’Esprit Saint qui a fait que nous sommes arrivés à une telle décision. C’est le premier problème résolu. Le second, est très complexe, il est lié à la langue.

– La langue de l’office ?

– Non, il n’est pas question de la langue liturgique. Je participe à la commission qui s’occupe des traductions, et nous sommes déjà parvenus à faire beaucoup. Pratiquement tous les offices sont traduits en polonais. La traduction n’est pas idéale, mais on peut déjà s’en servir. Nous la perfectionnerons, mais maintenant, on peut regarder parallèlement le texte polonais pour l’Évangile, le liturgicon, l’euchologe, l’euchologe pontifical, tous les sacrements, le Triode de carême. Mais ici, j’ai en vue la langue des contacts, de la prédication. L’opération «Wisła », comme je l’ai déjà mentionné, est associée par beaucoup avec les actions des services spéciaux polonais qui, considérant les orthodoxes ukrainiens comme les représentants d’autres nationalités, les ont expulsés de leurs foyers ancestraux. Aussi, ces gens, malgré le fait qu’ils sont polonais et vivent ici, souvent n’acceptent pas la langue polonaise. Il y a des endroits où nous ne pouvons, en général, prêcher en polonais en raison des traumatismes historiques infligés au peuple. Notre État est multiculturel et multinational. En Pologne vivent des Biélorusses, des Ukrainiens, des Lithuaniens, des Ruthènes, il y a même des Grecs. Aussi, le passage à la langue polonaise ne peut satisfaire tout le monde, au moins actuellement. Nous nous efforçons de trouver un juste milieu et de rechercher ce qui peut unir. Aujourd’hui, la jeunesse ne sait pas le russe, chacun apprend son dialecte. Chez les gens de l’ancienne génération, il n’y a pas ce problème : auparavant on apprenait le russe comme matière obligatoire. Aussi, cette question est délicate et nécessite une approche équilibrée. Je pense qu’à l’avenir elle sera résolue avec l’aide de Dieu, à l’instar de l’ancien calendrier.

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Seuls 37.9% des lieux de culte construits après 1989 en Roumanie appartiennent à l’Église orthodoxe roumaine

Le secrétariat d’État roumain pour les Affaires religieuses a publié une analyse centralisée concernant le nombre de lieux de culte en Roumanie au 31 décembre 2015. Ces statistiques donnent la possibilité d’une comparaison quantitative entre les confessions religieuses et présentent l’avantage de clarifier un aspect qui est de plus invoqué comme problématique en Roumanie, c’est-à-dire la construction d’églises. Tenant compte du fait que le régime communiste entravait la construction de lieux de cultes et aussi de la croissance démographique après 1989, la construction de nouvelles églises est devenue une nécessité. Ces églises ont été construites sur l’initiative des communautés de croyants. 26 ans après, seule l’Église roumaine est devenue la cible des critiques concernant ce sujet [i.e. la construction de nouveaux édifices, non justifiée selon certains médias]. Les informations publiées par le Secrétariat d’État pour les Affaires religieuses montrent une situation surprenante, 

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Canonisation du bienheureux Jean « aux pieds nus », au monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Kiev

Bienheureux Jean « aux pieds nus » (Rastorgouïev, + 1849)

bienheureux Jean « aux pieds nus » (Rastorgouïev, + 1849)

Le 29 décembre, le primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre a célébré la liturgie au monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Kiev. Concélébraient avec le primat le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine et encore d’autres évêques ainsi que des prêtres. Après la liturgie a eu lieu le dernier office de requiem pour le bienheureux Jean « aux pieds nus », fol en Christ, et le métropolite Antoine a lu ensuite la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine du 19 juin 2014 concernant la canonisation locale, au nombre des saints du diocèse de Kiev, du bienheureux Jean « aux pieds nus » (Rastorgouïev, + 1849). La vie du saint nouvellement canonisé a été lue par l’évêque de Fastovo Damien. Le bienheureux Jean « aux pieds nus » est décédé en 1849 à l’âge de 50 ans et avait été enterré au cimetière de Chtchekavitsky. Durant la période athée, les restes du saint ont été transférés dans le carré des « vieux-croyants » de ce cimetière, où elles reposent jusqu’à présent. Avec la bénédiction du métropolite Onuphre, les reliques ne seront pas exhumées. Le bienheureux Jean était connu par ses œuvres de charité et son haut-fait spirituel de fol en Christ. Avec les fonds qu’il avait recueillis auprès de personnes aisées, il avait organisé un foyer pour les invalides, les pauvres et les sans-abris, où il accueillait et nourrissait près de 200 personnes par jour. La règle à laquelle il se tenait était d’arriver à l’office du soir la veille du dimanche sans un seul sou, ayant distribué tout ce dont il disposait. Dans son homélie, le métropolite Onuphre a souligné qu’à notre époque, il était plus facile que jamais d’arriver à la vertu de l’humilité : « Aujourd’hui a commencé une époque pendant laquelle les chrétiens sont humiliés partout. Nous, chrétiens orthodoxes, sommes trompés et calomniés, abaissés et stigmatisés par de tels mots qui n’ont aucun rapport avec nous » a déclaré le primat, qui a conclu : « Le tout est d’apprendre a accepter correctement ces situations que le Seigneur nous envoie. ‘Patiente et rends grâces à Dieu, et tu apprendras ainsi l’humilité et parviendras au salut’. Saint Jean est l’exemple d’un homme qui a aussi enduré la honte, et a souffert d’offenses injustifiées. Aussi, aujourd’hui, nous le glorifions comme un saint de Dieu ».

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Le gouvernement d’Estonie a refusé de déclarer jours fériés les fêtes de Noël (selon l’ancien calendrier) et de Pâques

Le ministère de la Justice estonien a fondé cette décision sur le motif que tous les orthodoxes estoniens ne fêtent pas Noël le 7 janvier. Les paroissiens de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Constantinople fêtent Noël selon le calendrier grégorien. Le ministère de la Justice a également recommandé au gouvernement de ne pas déclarer jour férié la fête de Pâques orthodoxe du fait que celle-ci n’est pas partie traditionnelle de la culture locale. La proposition de déclarer ces dates jours fériés avait été formulée par la fraction parlementaire du parti d’opposition du Centre, pour lequel vote la majorité de la population russophone. En Estonie, sur une population de 1,3 million d’habitants, environ 175.000 sont orthodoxes, dont près de 150 000 paroissiens de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou et environ 15.000 vieux-croyants.

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Pour la première fois depuis 350 ans, la liturgie est célébrée selon l’ancien rite en la cathédrale de la Dormition du Kremlin

DSCN1637La liturgie en rite ancien (en usage avant la réforme liturgique du patriarche Nikon, 1605-1681) a été célébrée en la cathédrale de la Dormition du Kremlin pour la première fois après 350 ans, le 12 janvier. La célébration a eu lieu à la demande du clergé et des fidèles des paroisses de l’Église orthodoxe russe célébrant selon l’ancien rite, afin de commémorer le centenaire du premier congrès des fidèles vieux-ritualistes de toute la Russie. Rappelons que dans le souci de réunir à l’Église les vieux-croyants dissidents, il avait été permis à ceux-ci de maintenir les anciens rites russes tout en étant en communion avec le reste de l’Église. Ces vieux-croyants qui avaient rejoint l’Église orthodoxe russe, étaient appelés en russe «Edinovertsy ».

L’office a été présidé par le métropolite de Kroutitsa et Kolomna Juvénal, assisté par les membres de la commission des paroisses d’ancien rite et d’interaction avec le vieux-ritualisme, à savoir l’évêque de Gomel et Jlobin Étienne, ainsi que les prêtres des paroisses de l’ancien rite des diocèses métropolitains de Moscou, Saint-Pétersbourg, Nijni-Novgorod et Ekaterinbourg.

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Le troisième festival de musique sacrée de Noël à Moscou

Le 9 janvier s'est ouvert à Moscou le troisième festival de musique sacrée de Noël. Peu avant le premier concert, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, lui-même compositeur, dans une allocution, a exposé la démarche du festival: "Durant les concerts du festival, nous entendrons non seulement de la musique liturgique, destinée à l’office divin, mais de la musique composée sur des textes spirituels, écrite pour être interprétée en salle de concert. (…) Aux concerts du Festival de Noël, nous entendrons aussi bien de la musique orthodoxe que de la musique catholique. Nous avons entendu de la musique protestante, des chœurs de vieux-croyants se sont produits. Nous avons déjà entendu beaucoup de choses intéressantes et nous en entendrons encore beaucoup au cours du présent festival."

Source (et intégralité du compte rendu en français): Patriarcat de Moscou

Un projet de loi en Lettonie propose un jour férié supplémentaire, qui permettrait aux orthodoxes de fêter Noël ou Pâques selon leur calendrier

Les députés du parlement lettonien faisant partie de la coalition gouvernementale du Parti des réformes ont proposé des amendements aux « jours de fêtes et de commémorations », conformément auxquels sera introduit un jour supplémentaire de congé, afin que chaque habitant puisse commémorer un jour de fête religieuse qui revêt de l’importance pour lui. Si cette initiative est adoptée, les orthodoxes pourront obtenir un jour de congé pour Noël ou pour Pâques. « Bien que l’Église, en Lituanie, soit formellement séparée de l’État, il revient à celui-ci de respecter l’appartenance religieuse de chaque homme et sa liberté confessionnelle », a déclaré le leader du Parti des réformes, l’ex-président lituanien Valdis Zatlers. En Lituanie vivent environ 350.000 orthodoxes, dont des vieux-croyants. Jusqu’à maintenant les projets législatifs présentés chaque année devant le Parlement, proposant que les jours de Pâque et Noël orthodoxes soient déclarés fériés, ont été repoussés.

Source : Pravoslavie.ru

Statistique des confessions chrétiennes en Biélorussie

Actuellement, 3374 communautés religieuses sont en activité et enregistrées en Biélorussie, rattachées à 25 confessions et orientations religieuses. Ces chiffres ont été donnés par le ministre biélorusse des cultes et des nationalités, Léonide Gouliako. L’Église orthodoxe de Biélorussie occupe une place importante parmi les religions de ce pays. Selon le ministre, elle dispose aujourd’hui de 1567 communautés, 6 établissements d’enseignement, 34 monastères et 1348 églises. 156 églises sont en cours de construction. Il y a également en Biélorussie 33 communautés de vieux-croyants, qui disposent de 28 lieux de culte. Les communautés catholiques-romaines sont au nombre de 479, avec 3 établissements d’enseignement, 11 missions et 9 communautés monastiques. Les catholiques-romains disposent de 465 églises, et 26 sont en construction. Les protestants disposent de 1025 communautés, représentant 14 courants différents. Parmi ceux-ci, l’Église pentecôtiste est la plus importante avec 512 communautés. Les baptistes disposent de 286 communautés. Depuis 1990, 1150 lieux de culte ont été remis aux organisations religieuses en Biélorussie, dont environ 840 à l’Église orthodoxe et 300 à l’Église catholique-romaine.

Source : Pravoslavie.ru

Biélorussie: le chant znamenny enseigné dans l’Académie de théologie de Minsk

Depuis peu, le chant znamenny (1, 2) est enseigné à l'Académie de théologie de Minsk (Biélorussie). Pour cela, une coopération a été mise en place avec des spécialistes vieux-croyants du chant znamenny. Ce type de chant a été introduit dans la paroisse Notre-Dame-Joie-des-affligés à Minsk.

Source: Sobor

L’Eglise orthodoxe russe reste l’organisation religieuse la plus dynamique en Russie

S'appuyant sur des données récentes – les organisations religieuses enregistrées au 1er janvier 2012 – le directeur du Centre de géographie des religions auprès du département synodal des relations entre l'Eglise et la société du Patriarcat de Moscou, Roman Silantyev, a souligné qu'en une année la part des organisations religieuses de l'Eglise orthodoxe russe a augmenté de 1% et se trouve désormais à 56,6% sur l'ensemble de la Russie. On note aussi une légère augmentation des organisations bouddhistes et des communautés du rite ancien (vieux-croyants), tandis que la part des organisations musulmanes, juives et protestantes est en légère diminution. La part des orthodoxes au sein de la population russe demeure à 85%.

Source: Interfax

Le métropolite Cyrille de Smolensk et la réforme dans l’Eglise

Interrogé le 29 décembre dernier, le métropolite Cyrille de Smolensk, locum tenens du trône patriarcal russe, s'est déclaré opposé à toute réforme dans l'Église en disant notamment que "l'Église est par nature conservatrice". Néanmoins, il a également souligné que les réformes ne peuvent atteindre leurs objectifs si elles ne sont pas enracinées dans la vie des fidèles. Il a aussi rappelé, comme "leçons", d'une part le schisme des vieux-croyants, au 17e siècle, et les "innovations" des années 20 du siècle dernier (à savoir, notamment, l'abandon du calendrier julien pour la partie fixe de l'année liturgique). "Ces deux processus, a-t-il aussi dit, ont provoqué l'agitation et la division des fidèles, mais aucun d'entre eux n'a atteint les objectifs fixés par les réformateurs."

Sources: SOP, Interfax

L’essentiel est que nous puissions dire : « Le Christ est parmi nous ! »

Victor_potapov Vous pouvez lire ci-dessous l’interview exclusive sur la réunion avec l’Église orthodoxe russe donnée au journal orthodoxe « Céphas » (« Kifa ») par l’archiprêtre Victor Potapov, recteur de la paroisse Saint Jean le Baptiste à Washington, fondateur et rédacteur en chef de la revue « The Orthodox Monitor », un des prêtres les plus en vue de l’Église orthodoxe russe hors-frontières.

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Première exposition des peintures monumentales de sœur Jeanne Reitlinger (1898-1988)

SoeurjeanUne exposition des œuvres de sœur Jeanne Reitlinger a été inaugurée le 1er septembre dans le nouveau centre du Fond-Bibliothèque « La Russie à l’étranger » à Moscou. Une des salles du Centre présente six panneaux de peintures de l’ancienne église saint Jean le Guerrier de Meudon, exécutées dans les années trente par sœur Jeanne. Ces œuvres ont été recueillies par Nikita Struve in extremis, dans les années quatre vingt dix, alors que cette église devait être démolie, puis transférées en Russie en 2003.

Maria Struve, épouse de Nikita Struve, fille du père Alexandre Eltchaninoff, a bien connu sœur Jeanne et s’est initiée à la peinture des icônes avec elle. Maria Struve explique bien la genèse de l’œuvre de sœur Jeanne, et estime qu’il s’agit là d’un langage de l’icône renouvelé, traditionnel et novateur à la fois, s’épanouissant en toute liberté.

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Jovan Nikoloski