22/02/2017
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Search Results for: Donbass

L’épiscopat, le clergé et les moines et moniales du Donbass réagissent aux déclarations du soi-disant « patriarche de Kiev » Philarète Denissenko selon lesquelles cette région devait « racheter par les souffrances et le sang le référendum visant à la fédéralisation » de l’Ukraine

Suite aux récentes déclarations du « patriarche de Kiev » Philarète Denissenko selon lesquelles « il ne faut pas penser que la population du Donbass est innocente pour ces souffrances. Et il faut qu’ils rachètent leur faute par les souffrances et le sang », ajoutant qu’ils sont fautifs, entre autres, pour le référendum visant à fédéralisation de l’Ukraine. 

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Un membre américain de la mission de l’OSCE au Donbass est devenu orthodoxe

Le citoyen américain Jarol Brown, âgé de 36 ans, est devenu orthodoxe en la cathédrale de la Nativité à Severdonetsk, dans la région de Lougansk. L’archiprêtre Daniel Pertsev, clerc de la cathédrale, a célébré le baptême de Jarol Brown et lui a remis une icône du Sauveur.

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L’archevêque Pantéléimon est descendu dans une mine de charbon du Donbass et a béni les mineurs avec une icône de sainte Barbara

L’archevêque Pantéléimon bénissant l’icône de sainte Barbara.

Le 27 octobre, l’archevêque du diocèse de Rovno Pantéléimon a visité la mine « N.P. Barakov », dans le Donbass. Rappelons que le 11 mars 2000, c’est précisément dans cette mine qu’une explosion de méthane avait emporté la vie de 80 mineurs. L’archevêque s’est d’abord rendu à la chapelle Saint-Nicolas, qui avait été érigée en mémoire de la tragédie. En été dernier, la chapelle a été touchée par les tirs au moment des affrontements, et elle est actuellement en cours de restauration.

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Interview du métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, accordée à « l’Union des journalistes orthodoxes » au sujet de la guerre au Donbass

Monseigneur Onuphre, une pression sans précédent est exercée actuellement sur l’Église orthodoxe d’Ukraine. Contrairement aux autres Églises, vous ne soutenez pas l’opération « anti-terroriste » dans l’est de l’Ukraine. Pour cette raison, en partie, les médias déversent sans retenue des flots d’immondices contre vous et l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec pour but de semer la discorde entre l’Église et la société ukrainienne. La partie adverse a su utiliser tout cela sous des slogans spécieux sur l’amour envers le pays. En Ukraine, elle s’empare massivement d’églises en province, on est même arrivé à ce que des appels à soustraire la laure des Grottes de Kiev, ou encore la laure de Potchaïev, à l’Église orthodoxe d’Ukraine, pour les transmettre à des Églises plus « patriotiques » soient formulés depuis la tribune du Parlement ukrainien ! Néanmoins, vous restez sur une position assez difficile pour ce qui concerne la question du conflit militaire au Donbass. Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi ne vous engagez-vous pas sur la voie du compris avec le pouvoir, en prenant en compte qu’aujourd’hui l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve dans une situation complexe ?

– Pour répondre à cette question, il faut d’abord faire un détour par l’histoire. Lorsque notre Sauveur, le Fils de Dieu, est venu sur terre et a pris notre nature humaine, le peuple juif attendait de Lui qu’Il serait cette personnalité, ce héros qui organiserait ou bâtirait, ou rétablirait le royaume d’Israël. Mais cela ne s’est pas produit. Et lorsque l’on questionnait le Christ à ce sujet, Il répondait que le Royaume qu’Il prêchait n’était pas de ce monde. Le Sauveur a accompli beaucoup de miracles. Entre autres, lorsqu’Il a ressuscité le juste Lazare, nombreux ont été ceux qui ont cru en Lui. C’est alors que s’est réuni le sanhédrin, les grand-prêtres, les pharisiens. Ils ont décidé que si les gens continuaient à suivre Jésus, les Romains viendraient tous les détruire. C’est-à-dire qu’ils considéraient que les miracles du Seigneur n’étaient pas des actes patriotiques. Et lorsqu’ils jugèrent le Sauveur, ils l’accusèrent d’être l’ennemi de César, l’empereur romain. On peut résumer ce qui a été dit ainsi : on a accusé notre Sauveur de ne pas être patriote, de ne pas soutenir les idées politiques dominantes à cette époque où Il vivait. Mais qui peut dire qu’il en est ainsi ? Le Sauveur est venu recevoir tous les hommes, les délivrer du péché. Mais on Lui a collé une telle étiquette [c’est-à-dire de « non patriote »]. Pour ce qui nous concerne, nous sommes l’Église du Christ. Nous sommes l’Église canonique qui est fondée sur les enseignements que le Christ et les apôtres nous ont donnés. Et de tout temps de l’existence de notre Église, nous avons toujours été accusés de ne pas être patriotes. Bien que je ne voie pas et n’est jamais vu plus de patriotes que dans notre Église.

Excusez-moi, en quoi ce patriotisme s’exprime-t-il ?
– Le patriotisme s’exprime ainsi : si je suis patriote, je veux le bien de mon pays, je veux le bien du peuple entier. Comment recevoir ce bien ? Qui accorde ce bien ? C’est le Seigneur ! C’est Lui qui accorde le bien, ce n’est pas nous ! Et il en est ainsi avec chacun : si je sers Dieu fidèlement, si j’accomplis les règles divines, les canons, les commandements, je suis patriote, le meilleur patriote, parce que par moi, pécheur, qui m’efforce d’accomplir ces commandements, descend la bénédiction de Dieu sur tout notre pays, notre peuple. Si je ne le fais pas, je vis alors contre les lois divines, et je pourrais me rompre la poitrine en me frappant avec le poing en affirmant que je suis un grand patriote, tout en nuisant à moi-même, à mon peuple et mon pays. Parce que la grâce de Dieu n’est pas distribuée sur terre par un canal qui vit dans le péché. Ainsi, notre Église a été et est toujours patriote, mais notre patriotisme est exprimé en appelant les hommes à vivre avec Dieu, à être en paix avec Lui. Et c’est en cela que nous trouvons le bonheur et c’est par cela que nous implorons la grâce de Dieu sur notre terre, sur notre peuple. Si maintenant nous parlons concrètement de la guerre qui fait rage dans l’Est du pays, je voudrais mettre l’accent sur l’essence de cette guerre. Il s’agit d’une guerre civile. J’en parle, non par des informations de deuxième main, mais par ce que je sais personnellement, par les évêques qui servent là-bas, par mes connaissances. Par exemple, le père de famille sert dans la Garde nationale, tandis que le fils se trouve du côté des rebelles. Chez de nombreux amis, un frère se trouve d’un côté, tandis que l’autre se trouve de l’autre. Beaucoup de mes amis qui vivent à Kiev et sont originaires de Donetsk disent que leurs amis se sont retrouvés de l’autre côté. Ceux qui vivent ici, sont d’un côté, ceux qui sont restés, sont de l’autre. Bien sûr, lorsque se produit un conflit armé, comme par exemple, la guerre civile après la révolution de 1917, des meurtriers, des pillards et d’autres types de criminels et tout ce que vous voulez, apparaissent. Il en est ainsi dans la guerre fratricide actuelle, avec sa violence. Mais cette situation est créée non par ceux qui s’affrontent, mais par ceux qui sont la cause de cette guerre. C’est une guerre fratricide. Aussi, l’Église, de même qu’après la révolution de 1917, appelle maintenant à la réconciliation mutuelle, au pardon mutuel. C’est ainsi que nous pourrons garder l’intégrité de notre État, l’Ukraine. C’est ainsi que nous donnerons la possibilité à notre peuple de se développer, d’améliorer d’une certaine façon la situation matérielle. Ce ne sera pas sur la base de la guerre et du sang, raison pour laquelle l’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner, de cesser de s’entretuer. C’est la position de notre Église, non pas à partir de ce jour, mais depuis 1917. Au demeurant, elle a adopté cette position en d’autres temps également. C’était le cas lors des guerres où nos princes se révoltèrent sous le saint prince Vladimir et tuaient les frères, comme le fit Sviatopolk [l’assassin des saints Boris et Gleb, ndt] et ensuite d’autres. C’est la raison pour laquelle on persécutait les moines, les évêques, c’est la raison pour laquelle on nous haïssait, mais on comprenait ensuite que nous avions raison, et les parties en conflit se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra aussi dans la situation actuelle.

Voulez-vous dire que lors de la guerre civile, après 1917, l’Église n’a soutenu aucun des deux côtés ?
– Aucun et ce malgré le fait que le pouvoir (soviétique) avait besoin du soutien de l’Église. Il y eut alors des prêtres, des évêques qui sont passés du côté du pouvoir, ce sont les fameux « rénovateurs » [c’est-à-dire « l’Église » schismatique dite « rénovée », ndt]. Ceux-ci ont commencé à proposer leurs services [au régime soviétique, ndt], disant qu’ils feraient ce qu’on leur demandera, etc. Et ils ont tous disparu, ils étaient haïs par ceux-là mêmes qui les utilisaient, parce que personne n’aime les traitres. Et aujourd’hui, nous avons, dans certains endroits, des évêques et des prêtres « politisés » qui veulent aussi nager dans le courant de la ligne politique. Et ils applaudissent à tout, mais ce n’est pas honnête, ce n’est pas juste !

– Cela se produit-il aussi dans l’Église orthodoxe d’Ukraine ?
– Je pense qu’il y a de telles personnes chez nous également. Et ce n’est pas correct, c’est malhonnête. Pour de telles actions, il faut répondre, il faut répondre au Seigneur. Comment puis-je consoler une mère qui vient chez moi ? Il y a beaucoup de mères qui viennent, dont les fils ont été tués pendant la guerre, soit dans l’armée ukrainienne, soit de l’autre côté. Et nous ne pouvons, je ne peux pas prouver quelque chose à une telle mère ou la consoler, vous savez… je n’ai pas d’argument qui puisse l’apaiser. Lui dire que son fils est mort pour une raison ou une autre, qu’il est mort pour l’intégrité de l’Ukraine là-bas, au cours de la guerre. Je ne peux pas : elle n’a besoin de rien de pareil – c’est son fils qu’il lui faut. Nous vivons au milieu de gens habituels, simples. Je respecte le pouvoir, j’aime le pouvoir. Il est établi par Dieu. Mais Dieu établit le pouvoir afin qu’il accomplisse la volonté de Dieu. Afin qu’il confirme et bâtisse la paix, et non la guerre. Donc j’aime et respecte le pouvoir, mais je demande qu’il fasse tout ce qui est possible pour faire cesser la guerre. Je m’engage dans le compromis et je fais des concessions que lorsque cela ne contredit pas la Loi divine. Mais j’accepte le compris et fais des concessions là où je le peux. Mais pour ce qui concerne les canons, et la vie de l’Église est dirigée par eux dans notre pays depuis plus de mille ans, et dans l’histoire plus de deux mille ans, l’Église n’a jamais cédé et ne cédera jamais. Si j’agis ainsi, si je m’engage sur la voie du compromis, je cesse d’être dans l’Église. L’Église continuera d’être, mais c’est moi qui sera hors de celle-ci et cela je ne le veux pas, je veux être dans l’Église.

Encore une question qui me trouble personnellement et, je le sais, beaucoup d’autres personnes aussi. Pourquoi Dieu permet-Il la guerre ? Il est dit dans l’Évangile que tout se produit selon la volonté de Dieu, sans laquelle même un cheveu ne tombe de la tête. Il en résulte que Dieu regarde l’homme, Il regarde tout ce qui se produit, et ce depuis le ciel, au-dessus de nous. Il voit comme un projectile tombe sur une maison d’habitation et déchire un jeune enfant. Il est compliqué pour moi de comprendre et d’accepter cela.
– Il est dit dans le saint Évangile : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » sans la volonté de Dieu. Cela concerne les gens qui vivent selon la volonté de Dieu. Quant à ceux qui vivent sans elle, ils arrachent eux-mêmes les cheveux de leur tête. J’explique cela autrement : le péché a pour propriété de se répandre sur la descendance de l’homme qui pèche. La vertu a aussi pour propriété de se répandre sur la descendance de celui qui vit vertueusement. Et il est dit dans la sainte Écriture que si l’homme fait le bien, la bénédiction divine se répand sur des milliers de descendants de cet homme. S’il fait du mal, les conséquences du mal se répandent jusqu’à la troisième, la quatrième génération. C’est-à-dire que si je pèche, mon fils, mon petit-fils et mon arrière petit-fils peuvent en souffrir. Et pour la guerre, ce n’est pas Dieu qui en est coupable, mais l’homme. Celui-ci est doté par Dieu du libre arbitre. Et si les gens veulent faire la guerre, ils n’écoutent pas Dieu. Et pourquoi les enfants sont-ils tués ? Des suites de la guerre, d’un obus qui tombe, ce sont ceux qui font la guerre qui en sont responsables et non Dieu. Dieu ne veut pas que qui que ce soit périsse, que des enfants soient tués. Cela est permis par ceux qui pèchent.

Mais Il peut l’arrêter…
– Il peut l’arrêter, mais il se produit alors une atteinte à la liberté de l’homme. Ces gens deviennent alors comme des animaux, parce que la liberté de la volonté est une propriété de la ressemblance de Dieu qui se trouve en l’homme. Qu’est-ce que porter en soi la ressemblance ? Cela signifie être capable de jouir du bonheur, de la paix, de la joie. Si cette image ne se trouve pas dans l’homme, il ne peut éprouver cela et il devient comme un animal qui mange, qui dort, qui mange à nouveau, qui au bout de quelques années meurt et puis c’est la fin. Tandis que l’image de Dieu donne à l’homme la possibilité de jouir des biens que le Seigneur a en Lui et Il donne par cette image aux hommes la possibilité de rester ici et d’éprouver la continuation de cette jouissance dans l’éternité. Aussi Dieu, n’ôte pas à l’homme cette propriété. Il ne dit pas : vous voulez la guerre, alors je vous enlève le libre arbitre, et si vous ne la voulez pas, je le donne. Serait-ce équitable ? Même l’homme chez lequel Dieu aurait enlevé cette liberté, pourrait dire ensuite, lors du Jugement dernier : que fais-Tu, Seigneur, j’aurais pu ne pas aller à la guerre, je n’y serais pas allé et je n’aurais tué personne, mais Tu ne m’en as pas donné la possibilité. Or Dieu donne à l’homme la possibilité de réaliser cette image, Il veut que nous la réalisions selon Sa volonté, dans le bien et non le mal. Aussi, ce n’est pas Dieu qui est responsable de la guerre, mais les hommes. Et ce sont ceux qui font la guerre qui sont responsables de la mort des enfants, et non Dieu.

Probablement ce sont ceux qui se trouvent des deux côtés sur la ligne de front qui sont dans la situation la plus difficile. Que pouvez-vous leur souhaiter, que pouvez-vous leur dire ?
– Je veux leur dire qu’ils ne sont pas les plus pécheurs, comme le pensent certains, parce qu’ils souffrent de la guerre. Je parle des gens simples, qui n’ont aucune relation avec la guerre, mais non de ceux qui la font, je parle des civils. Ils ne sont pas les plus pécheurs. Comme le Seigneur a dit jadis au sujet de la tour qui est tombée sur les hommes et les tua : ces hommes n’étaient pas les plus pécheurs, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous également. Et par eux, le Seigneur nous montre que si nous ne vivons pas selon la volonté de Dieu, la même chose nous attend. « L’épée vous exterminera », telle est la parole biblique. Lorsque les Juifs vivaient avec Dieu, il y avait le bien-être, la terre donnait des fruits, les enfants de développaient, il y avait tout, c’était le bonheur. Ils commencèrent à délaisser Dieu, ce fut la famine, la guerre, le glaive. Il les écrase, et ils se repentent à nouveau et ils vivent bien. Et cela s’est répété de nombreuses fois et se répète avec nous sur une échelle mondiale. Nous ne vivons avec Dieu, nous faisons la guerre à nous-mêmes, nous en sommes coupables. Nous nous repentons, nous revenons vers Dieu et tout s’arrête, de nouveau ce sera une vie bonne, belle, paisible. Et à tous ces gens qui souffrent, je souhaite la bénédiction divine afin qu’ils prennent courage. Et le Seigneur ne les abandonnera pas. Le principal est qu’ils vivent avec Dieu, le Seigneur ne se détournera pas d’eux. Ils endureront tout.

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Le 1er juin, dans toutes les églises relevant de l’Église orthodoxe d’Ukraine, des offices de requiem seront célébrés pour les enfants morts dans le Donbass

11291781_764645613648761_1373080163_nLe 1er juin – jour du Saint-Esprit dans l’Église orthodoxe – qui cette année coïncidera avec le Jour international de l’enfance, seront célébrés dans toutes les églises et monastères de l’Église orthodoxe d’Ukraine, des offices de requiem pour tous les enfants morts au cours des hostilités dans le Donbass. Une circulaire dans ce sens a été envoyée dans les diocèses par la chancellerie du Diocèse métropolitain de Kiev. Les offices ont reçu la bénédiction du primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Kiev Onuphre. Selon les données du représentant du président ukrainien pour les questions des enfants, 65 enfants ont été tués et 127, blessés au cours de la phase active du conflit au Donbass. Toutefois, il est à l’heure actuelle impossible d’établir le chiffre exact.

Source (dont photographie): Pravmir, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Pour venir en aide aux familles et aux orphelins du Donbass

cover2L’association française AFOD sera dimanche 29 mars, après la liturgie, dans la paroisse Saint-Séraphin de Sarov à Paris (91, rue Lecourbe, 15e) pour recueillir des dons afin de venir en aide aux familles et aux orphelins du Donbass. Pour en savoir plus: le site internet de l’association, sa page Facebook, une vidéo sur son action, un entretien avec sa présidente.

Comment Paris aide le Donbass (Ukraine): entretien avec la présidente de l’AFOD

cover2L’association française AFOD aide les victimes de la guerre en Ukraine. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française des principaux extraits d’un entretien avec sa présidente, Ekaterina Matvienko, publié par le site russe Pravmir.

Pravmir a déjà mis en ligne à plusieurs reprises des publications expliquant comment L’église orthodoxe russe et des fondations privées aidaient des victimes en Ukraine. Aujourd’hui, nous avons la possibilité de considérer la même question sous un autre angle. L’aide humanitaire au Donbass vient également de France. Par qui et comment cette aide pour le Donbass est-elle collectée en France, et que savent les Français des événements actuels en Ukraine ? Comment vérifier la bonne foi de ceux qui reçoivent cette aide et de quelle information disposent les Français concernant Donetsk ? Ces questions seront abordées dans notre entretien avec Ekaterina Matvienko, la présidente de l’association AFOD – “Aide aux familles et aux orphelins du Donbass”, agissant sous l’égide du diocèse de Chersonèse.

Comment tout a commencé.

L’AFOD est une toute jeune association, créée en été 2014 par un groupe de gens non-indifférents à ce qui se passe actuellement.

Ekaterina Matvienko raconte :

“Je suis originaire de Kramatorsk, la ville qui était cet été l’épicentre des actions militaires. J’ai commencé à récolter de l’aide humanitaire pour le monastère de la Dormition – Saints Nicolas et Basile, de la région de Donetsk. Avant mon arrivée en France en 2007, j’avais fait retraites dans ce monastère, c’est pourquoi je connais bien sa mère supérieure, Anna Morozov, et beaucoup d’autres personnes, y compris les habitants de l’hospice.
Cet été, plusieurs centaines de personnes se sont réfugiées dans ce monastère. Par manque de place, des lits de fortune ont été installés dans les ateliers du couvent. Le plus jeunes des réfugiés avait à peine 2 mois. Olga, mère de trois enfants, a trouvé refuge au monastère de la Dormition. Elle vivait dans une ville qui était bombardée quotidiennement.
A cette époque, personne d’autre que nous n’aidait le monastère. Grâce à notre participation, le couvent a pu acheter nourriture et produits d’hygiène pour ses réfugiés.

Par la suite, le volume d’aide que nous avons recueilli a commencé à grandir et nous nous sommes mis à aider le monastère voisin, Saint-Serge, où étaient essentiellement réfugiés des mères avec leurs enfants. On leur transmettait des produits d’hygiène personnelle et de l’argent. Plusieurs églises orthodoxes russes en région parisienne – la cathédrale de Trois-Saints-Docteurs, la paroisse de Tous-les-saints et Séraphin-de-Sarov (Montgeron) – ainsi que les paroisses de la Côte d’Azur, et la paroisse de la Résurrection de Christ à Meudon (Eglise russe hors frontière) ont participé à la collecte. Environ 13.000 euros de dons ont été recueillis et plus de six tonnes d’aide humanitaire envoyés.”

Qui sommes-nous ?

“Ceux qui aident notre association, raconte Ekaterina Matvienko, sont en grande majorité des paroissiens de l’Eglise orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou et de l’Eglise orthodoxe russe hors frontières. Nous avons aussi des immigrants de l’ex-Union soviétique, non-croyants, mais qui sont sensibles à notre cause. Ils sont d’horizons politiques différents – notre association est purement humanitaire. Il y a également quelques Français, qui sont complètement étrangers à l’Église et qui nous aident régulièrement.

Lorsque nous avons crée l’association, j’en suis devenue la présidente, et mon mari – Français orthodoxe – son secrétaire. Parfois, nous accueillons à la maison quelques jeunes femmes des paroisses, qui viennent pour trier et faire des colis avec des vêtements récoltés ou s’occuper des posters, affiches et flyers de notre association. Il y a également des personnes russophones qui traduisent des textes en français. Nous avons également été aidés par l’association de jeunesse orthodoxe “Chersonèse” dans la préparation des colis vestimentaires et la recherche d’un lieu pour entreposer gratuitement nos colis humanitaires.

Récemment, nous avons contacté une association française de parents et d’enfants de notre arrondissement qui nous ont donné généreusement donné divers jouets et vêtements d’hiver pour enfants. De plus, nous avons établi des contacts avec des hôpitaux et des pharmacies de Paris et de sa banlieue, qui mettent à notre disposition divers produits d’hygiène et de premiers soins. Le maillon faible de notre association est que nous n’avons pas encore mis en place un véritable travail d’équipe. Il est très difficile de bouger les gens. Il est vrai aussi qu’ils travaillent tous, et nous vivons souvent dans des villes différentes, parfois à 40 kilomètres les uns des autres. Moi, je travaille aussi, et je fais de l’humanitaire le soir, la nuit et les week-ends.

La télévision française montre peu de choses de la tragédie du Donbass. Les Français ne savent pas du tout que chaque jour, en rentrant tranquillement à la maison après l’école ou après une journée de travail, ou encore en prenant leur dîner en famille, des enfants et des mères de famille meurent. Tous ces événements sont le plus souvent résumés en une seule ligne. Je ne cherche pas à faire de la politique, mais pour l’amour du Christ, j’essaie tout simplement d’aider les catégories de personnes les plus vulnérables – c’est-à-dire les enfants et les personnes âgées”.

Depuis le mois de septembre dernier, l’association a déterminé plusieurs “groupes-cibles” :

– le monastère de la Dormition de Saint-Nicolas Vassilevski dans la région de Donetsk, ainsi que l’hospice du monastère comptant 120 places

– l’association des personnes invalides “Un pas en avant” à Donetsk

– une quarantaine de familles qui ont perdu leurs maisons dans la ville de Kurahovo et qui ont trouvé refuge à “La maison des vétérans de la guerre en Afghanistan”

– notre association soutient également une fondation de bienfaisance “Aider les blessés et les familles des victimes” à Marioupol, qui aide chaque jour une trentaine de familles déplacées

Actuellement, nous aidons principalement des villes directement victimes des hostilités – Gorlovka, Donetsk. Les bénévoles de l’AFOD présents sur le terrain sont en mesure d’apporter de l’aide humanitaire toutes les semaines.

Nous fournissons également une assistance ciblée aux mères de familles de Gorlovka dont la moitié ne perçoit aucune prestation sociale ni quelconque indemnité pour pouvoir nourrir leurs enfants. Pour “La Maison d’Accueil des anciens combattants” à Kurahovo, nous avons acheté des appareils de chauffage destinés à quarante familles des régions de Donetsk et de Lougansk ayant complètement perdu leurs maisons. Également, au monastère de la Dormition de Saint-Nicolas-Saint-Vassilevski, ont été organisées des distributions de vêtements chauds et de nourriture aux orphelins de Tchasov Iar. Cet hiver, un concert caritatif est prévu à Paris, dont le bénéfice servira à aider le Donbass et nos groupes cibles, ainsi qu’une exposition et une vente de produits monastiques.”

Comment interpeller des Français ?

“Le 30 novembre dernier, répond Ekaterina Matvienko, nous avons organisé une exposition-vente dans une église à Paris. Grâce à une paroissienne qui rentrait à Paris par avion, la mère-supérieure Anna a acheminé deux sacs de production artisanale du monastère – du thé, des objets tissés de perles, de la céramique, des serviettes brodées à la main. En France, tout ce qui est fait main est très apprécié. Il y a même presque eu bagarre pour l’achat des petits anges…”.

Informations : site de l’association, sa page Facebook.

Les orthodoxes russes de Liège ont transmis un million de roubles pour l’aide au Donbass

Les orthodoxes russes de Liège ont transmis un million de roubles pour l’aide au Donbass. Ces fonds serviront à payer les enseignants et les collaborateurs de l’enseignement préscolaire. Cette décision a été prise par le diocèse de Bruxelles et de Belgique du Patriarcat de Moscou, et ce bien que ces fonds eussent été nécessaires au niveau local car, l’an prochain, il est prévu de commencer à Liège la construction d’une église orthodoxe russe pour commémorer le 70ème anniversaire de la victoire de la seconde guerre mondiale. L’archevêque de Bruxelles et de Belgique Simon (Patriarcat de Moscou) a déclaré : « Des fonds ont commencé à être récoltés dans la paroisse de Liège où, l’an prochain, sera construit une église en l’honneur du 70ème anniversaire de la victoire contre le nazisme. Malgré le fait que les gens ont eux-mêmes besoin des fonds pour construire cette église, ils ont pris l’initiative de récolter des fonds pour aider les enseignants au [Donbass]. À eux se sont joints d’autres représentants de mes églises, des paroissiens, le clergé, parce que c’est notre douleur commune ».

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Les prêtres de la ville de Yasinovataïa (Donbass) lancent un appel à l’aide

Les prêtres de la ville de Yasinovataïa, déchirée par la guerre, ont lancé un appel à l’aide pour la population locale qui se trouve en première ligne de la zone du front :
« Chers pères, frères et sœurs,
Nous nous trouvons près de la limite des hostilités dans la ville de Yasinovataïa, dans le district de Donetsk. Le tiers de la ville a été massivement détruit, alors que les tirs, aux confins de la ville, continuent à ajouter des destructions et des victimes humaines. Les retraites ne sont plus versées depuis quatre mois, et seul un petit pourcentage de la population reçoit un salaire. Des bribes d’aide humanitaire, qui ne sont données qu’une seule fois et ce aux gens âgés de plus de 65 ans, ne suffisent que pour quelques jours. Grâce à l’aide de la fraternité Saint-Jean-Baptiste de l’Église orthodoxe russe, nous avons fourni, durant les quatre derniers mois, de l’aide en produits alimentaires et médicaments à plus de 4000 personnes, et nous avons pu procéder aux travaux de restauration de l’église et du bâtiment abritant l’école du dimanche, qui ont été atteints par les obus. Avec le début du froid, le nombre des demandeurs d’aide augmente. À partir du mois de novembre, le Donbass sera transformé en « blocus de Leningrad ». Nous vous supplions de répondre par la prière et les dons à notre demande d’aide (les références bancaires, et la liste des médicaments nécessaires se trouvent sur le site ci-dessous).

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Ukraine: au Donbass, poursuite de la vie liturgique dans les ruines des églises

188767.bMalgré les destructions, la vie liturgique se poursuit dans le Donbass, en Ukraine, y compris dans les ruines des églises. Ainsi, le site Pravoslavie.ru rapporte que lors de la fête de la Nativité de la très sainte Mère de Dieu, la paroisse Saint-Jean de Cronstadt à Kirovskoye s’est rassemblée dans les ruines de son église, après les bombardements du mois d’août, pour célébrer la liturgie.

Source (dont photographies): Pravoslavie

Le patriarche de Moscou Cyrille au sujet des prêtres du Donbass : « Rester avec son peuple est un exploit »

Malgré les combats au sud-est de l’Ukraine, la majorité des prêtres orthodoxes, risquant leur vie, continuent à rester avec leur peuple. C’est se dont s’est fait l’écho le patriarche de Moscou Cyrille à l’occasion de sa rencontre avec les journalistes au festival des médias orthodoxe « Foi et Parole ». « Je suis convaincu que dans cette situation [des combats en Ukraine, ndt], il faut agir comme le fait l’immense majorité du clergé, qui accomplit son ministère aujourd’hui dans l’Est de l’Ukraine » a déclaré le patriarche. « Nous connaissons les victimes parmi le clergé, nous savons que certains ont été soumis à la torture et à de cruels interrogatoires. Nous savons qu’il y a eu des églises exposées aux bombardements. Bien sûr, rester avec son peuple dans de telles conditions, c’est un exploit » a-t-il ajouté. Selon le patriarche, lorsque le pasteur abandonne sa paroisse et s’en va, « c’est une situation anormale du point de vue de la vocation sacerdotale, parce que les difficultés externes ne peuvent constituer une justification pour abandonner son ministère ». En même temps, le patriarche a mentionné qu’il ne fallait pas juger ceux qui, cependant, sont partis. « Dieu les jugera, nous ne connaissons pas toutes les circonstances » a dit le patriarche. Ce qu’il arrive d’endurer aux orthodoxes en Ukraine est une leçon pour tous les prêtres, considère-t-il. « Il ne faut jamais lier exclusivement son ministère à une vie matériellement prospère et confortable, c’est une approche absolument incorrecte du choix de la voie de sa vie » a-t-il conclu. Lors des derniers mois, trois prêtres ont été tués par balle en Ukraine. Le 1er août, les experts de l’Institut russe des recherches stratégiques (RISI) a publié une statistique sur la base des médias ukrainiens et russe, dont il ressort qu’il y a eu depuis le début de l’année 62 cas d’actes de malveillance à l’encontre d’églises et de prêtres de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou.

Source et photographie

« Le malheur ne nous a pas épargné » – une nouvelle église orthodoxe dans le Donbass a fait l’objet de tirs d’artillerie

Malgré le cessez-le-feu annoncé, une église orthodoxe située près de Lougansk a fait l’objet de tirs d’artillerie. « Le malheur ne nous a pas épargnés… » titre la page Facebook du doyenné du diocèse de Lougansk. Quatre obus sont tombés sur le territoire de l’église Saint-Nicolas dans une localité située près de Lougansk. Presque toutes les fenêtres ont été soufflées par les explosions, les murs ont été endommagés. Le bâtiment administratifs ainsi que les constructions dans la cour ont été également sinistrées ».

Source et photographie : Pravoslavie.ru

Les fidèles orthodoxes aident activement les habitants du Donbass touchés par les hostilités

Les diocèses de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont commencé à recueillir de l’aide destinée à la population paisible des régions de Donetsk et de Lougansk. Ainsi, avec la bénédiction de l’archevêque de Moukatchevo et Oujgorod Théodore, est organisée une récolte de fonds et de produits alimentaires. En un assez court délai ont été rassemblées près de trois tonnes d’aide pour les nécessiteux. Les produits ont été envoyés à la Laure de Sviatogorsk, où vivent actuellement plus de 500 réfugiés. Chaque jour, la communauté monastique sert plus de 10 000 rations alimentaires, du fait que plus de 25 000 personnes sont réfugiées dans la ville voisine de Sviatogorsk, qui ont quitté leurs foyers, leur vie étant en danger.

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Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Les évêques du Donbass (Ukraine) ont donné leur bénédiction aux fidèles pour accomplir un jeûne strict et une prière renforcée pour la paix

En raison des hostilités incessantes dans la région du Donbass, le métropolite de Donetsk et de Marioupol Hilarion, ayant en vue la tradition de l’Église de renforcer le jeûne et la prière lors des temps troublés, a donné la bénédiction à ses fidèles pour accomplir un jeûne strict du 2 au 7 juin (veille de la Pentecôte) et de faire des prières renforcées pour la paix et la cessation des affrontements armés. Cette initiative a trouvé de l’écho également dans le diocèse de Gorlovka, dont le deuxième siège épiscopal se trouve à Slaviansk, qui depuis un mois et demi est le théâtre de combats sanglants. L’archevêque de Gorlovka et Slaviansk Mitrophane a également appelé les clercs et paroissiens des fidèles de son diocèse, qui en ont la force et le souhait, à jeûner et renforcer leurs prières pour la paix dans la région du Donbass.

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Les victimes du crash de l’avion Tupolev 154, dont la « doctoresse Liza » et le lieutenant général Valery Khalilov ont été inhumés à Moscou

Le 25 décembre 2016, l’avion Tupolev 154 du Ministère russe de la défense s’est écrasé dans la Mer Noire peu après avoir fait escale à Sotchi, dans son vol pour la Syrie. Les 92 personnes qui se trouvaient à bord, dont huit membres de l’équipage, 64 musiciens de l’ensemble Alexandrov qui allaient faire un concert pour les troupes russes, neuf reporters, deux fonctionnaires fédéraux et Élisabeth Glinka, directrice d’un Fonds de bienfaisance « Aide équitable », appelée affectueusement « doctoresse Liza ». Les funérailles des défunts ont été célébrées les samedi 14 et lundi 16 janvier en différents lieux de Moscou. Les obsèques du lieutenant général Valery Khalilov, directeur artistique de l’Ensemble Alexandrov ont été célébrées par le métropolite de Volokolamsk Hilarion (Alfeyev) le samedi 14 janvier en la cathédrale de la Théophanie à Moscou. Dans son homélie, le métropolite Hilarion a évoqué la mémoire du défunt : « Il n’a pas vécu longtemps selon les standards humains, mais ce fut une belle vie. La mort de Valéry Mikhaïlovitch a été tragique… mais pour Dieu, il n’y a rien d’accidentel – Il détermine le moment de la naissance de la personne et le moment de sa mort… Nous nous tenons devant le cercueil du défunt, mais nous ne sommes pas inconsolables, parce que nous savons qu’au-delà du seuil de la mort, c’est la vie éternelle qui attend l’homme. Et nous savons que Valery Mikhaïlovitch était un homme sincère et profondément croyant. Il savait et il croyait qu’après la mort, il rencontrerait le Seigneur ». La vie entière de Valéry Mikhaïlovitch était vouée à son pays, ayant été le chef de l’orchestre militaire russe et dirigé pendant de nombreuses années cet orchestre pendant les parades sur la Place Rouge. « La mémoire de Valéry Mikhaïlovitch demeurera à l’école de musique militaire, là où il reçut son diplôme, laquelle porte désormais son nom », a déclaré le métropolite. Le lundi 16 janvier, les obsèques de 47 autres victimes du crash ont été célébrées au cimetière mémorial fédéral, près de Moscou. Le même jour, en la cathédrale de la Dormition du monastère de Novodiévitchi, les funérailles d’Élisabeth Glinka, fondatrice du Fonds de bienfaisance « Aide équitable », ont été célébrées par le métropolite de Kroutitsa et Kolomna Juvénal. La « Doctoresse Liza », qui était très aimée en Russie et connue pour son action caritative envers les personnes sans domicile fixe à Moscou et autres personnes dans le besoin, ainsi que pour les victimes du conflit dans le Donbass, était dans l’avion pour apporter de l’aide humanitaire aux hôpitaux syriens. Que leurs mémoires soient éternelles !

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Le métropolite Onuphre, primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine : « Le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste »

Dans une interview au site internet ukrainien « Segodnia » (« Aujourd’hui »), le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, évoque le bilan de l’année 2016, la prière telle qu’elle doit être, le moyen d’évacuer la haine, les intrigues autour de l’Église, les attentes de l’année 2017 et ses souhaits pour la nouvelle année ».

– L’année 2016 touche à sa fin. Comment était-elle pour vous, Votre Béatitude, et pour l’Église ? Qu’y a-t-il eu de mémorable et qu’est-ce qui a été le plus affligeant ?

– L’année passée a été pleine de joies et d’inquiétudes pour l’Église orthodoxe d’Ukraine. Bien sûr, le plus affligeant que tout est que le sang continue à couler en Ukraine, que les gens ne peuvent se réconcilier les uns avec les autres. Néanmoins, la procession qui a eu lieu dans notre terre ukrainienne du 9 au 27 juillet a été une consolation. Elle est partie de l’Est, de la Laure de Sviatogorsk (région de Donetsk), et de l’Ouest, de la Laure de Potchaïev (région de Ternopol), et ces deux cortèges, dans la prière, se sont réunis dans la capitale ukrainienne. Nous avons prié pour toute l’Ukraine, pour l’Église, pour les autorités, pour le simple peuple, et nous avons demandé à Dieu Sa bénédiction. Nous avons demandé et demandons à Dieu ce que nous ne pouvons faire nous-mêmes, nous faibles hommes, à savoir parvenir à la paix pleine de grâce, et nous croyons que le Seigneur nous exaucera.

– Aujourd’hui, il y a de nombreuses intrigues autour de l’Église. Comment cela influence-t-il sa vie intérieure ?

– Effectivement, l’Église orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui dans l’affliction et les épreuves. Mais le Seigneur ne nous a pas promis une vie différente. Il a dit à Ses disciples : « Vous aurez des tribulations dans le monde » (Jn. XVI, 33). L’histoire de l’Église regorge de persécutions, vexations, oppressions et autres épreuves que le Seigneur a permises à l’égard de Ses disciples pour leur croissance et leur renforcement spirituels. Bien sûr, nos tribulations, comparées à celles que l’Église du Christ a subies pendant les trois premiers siècles de son existence, ce n’est rien. Les membres de l’Église étaient alors simplement anéantis physiquement, tandis qu’aujourd’hui on ne fait que nous invectiver et nous accuser injustement. Ce sont de petites épreuves pour notre amour et notre patience. Gloire à Dieu pour tout.

– Votre Béatitude, est-il possible d’éteindre le conflit au Donbass dans un proche avenir ?

– L’Église nous dit qu’aucun problème terrestre ne peut être équivalent à la valeur de la vie d’un seul individu ; celle-ci, sur la balance de la Justice divine, est plus précieuse que tous les problèmes. À ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de régler les problèmes terrestres par la guerre, nous rappelons avec amour qu’il existe pour n’importe quel problème une voie pacifique de règlement. L’homme a le don de la parole, à l’aide de laquelle on peut atteindre la compréhension. C’est précisément par ces méthodes que l’Église appelle à résoudre tous les problèmes terrestres et elle prie pour que la paix règne en Ukraine. L’Église appelle les hommes à trouver en eux les forces de se pardonner mutuellement, d’arrêter de s’entretuer. Telle fut aussi la position de notre Église en d’autres temps, lorsqu’il y avait des guerres semblables, lorsque nos princes se dressaient les uns contre les autres. En ces temps, notre Église appelait également au pardon mutuel, c’est la raison pour laquelle on la haïssait, on chassait des monastères les moines, les évêques. Ensuite, les puissants de ce monde ont commencé à comprendre que l’Église a raison, ils corrigeaient leurs fautes et se réconciliaient. Je pense que l’on nous comprendra dans la situation présente. Tous doivent s’humilier : les forts et les faibles, les simples gens et ceux qui détiennent le pouvoir, les riches et les pauvres, il faut à tous rechercher la voie de la paix pour régler les problèmes terrestres. Recherchons l’humilité, repentons-nous de nos péchés, et alors le Seigneur rendra la paix à l’Ukraine et nous bénira tous.

– Que pouvez-vous conseiller à un homme, qui ne peut pas pardonner une offense mortelle, qui éprouve une haine tenace ? Comme se dominer ?

– La haine entre les hommes naît de l’orgueil. Nous devons lutter contre l’orgueil à l’aide de l’humilité. L’humilité est la vertu primordiale que Dieu nous enseigne. Elle ne constitue pas une faiblesse, comme le considèrent certains. L’humilité chrétienne est une évaluation critique de sa propre personne, c’est la capacité de l’homme de trouver sa place dans ce monde vaste, divers. Lorsque l’homme peut s’évaluer lui-même correctement, lorsqu’il trouve sa place dans cette vie, il peut alors se soumettre à la volonté Divine. Et lorsque l’homme adopte des positions justes dans ce monde à son propre égard, à celui du prochain et de toute la création, il devient apte à voir la bonté et l’amour de Dieu et à se soumettre à la volonté de Dieu. Celle-ci, dans la langue spirituelle, s’exprime par un seul mot : l’humilité. Par l’humilité dans l’âme, l’homme acquiert l’amour spirituel et la paix intérieure.

– Il vous est advenu de prendre la direction de l’Église à un moment charnière de l’histoire de l’Ukraine. Avez-vous un saint ou une prière qui vous sont chers et auquel, ou par laquelle, vous vous adressez lors du moment difficile ?

– Chaque saint aidera, chaque prière sera forte, si l’homme tourne son visage vers Dieu. L’homme sait alors que Dieu l’aide toujours, s’il Le recherche, s’il L’honore, s’il s’efforce de Lui être agréable. Si l’homme se tourne vers Dieu, Il lui donne tout ce qu’il lui faut pour la vie terrestre et la vie éternelle, et Il l’aide lors du moment difficile.

– Votre Béatitude, vous êtes un grand homme de prière, vous vous efforcez de vous faire remarquer le moins possible, vous aimez la solitude. Et soudain vous vous êtes retrouvé chef de l’Église. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ? Celui-ci était-il joyeux ou était-ce là une source d’anxiété ?

– Je ne prétends pas être un homme de prière, je veux seulement apprendre la prière, et jusqu’à maintenant je n’ai pas de quoi me vanter. En ce qui concerne mon élection, je l’ai reçue comme une croix que le Seigneur a posée sur mes épaules pécheresses. J’ai pensé sur la façon de me comporter afin d’accomplir dignement cette obédience, afin de ne pas m’éloigner de Dieu, de Ses commandements. Ce n’est qu’avec Lui et par Sa grâce que l’homme peut supporter les charges et les épreuves qui lui sont assignées. Les règles de cette vie sont semblables pour tous, tant pour le laïc, que pour le simple moine, que pour le métropolite. La différence est qu’au métropolite, il sera plus demandé. C’est ce à quoi j’ai pensé.

– Qui a joué le rôle le plus important dans votre vie ? Qui, pour vous, est un exemple de vie ?

– Pour moi personnellement, l’exemple d’un tel service de Dieu et de l’Église sont saint Nicolas, saint Basile le Grand, saint Dimitri de Rostov qui, par leur prédication et leur exemple personnel d’humilité et de miséricorde chrétiennes, ont acquis la grâce de Dieu. L’homme porte en lui l’image de Dieu, par laquelle Il l’a orné. Il y a dans chacun de nous deux personnes : le nouveau et l’ancien. Le nouveau aspire à vivre selon l’Évangile, tandis que l’ancien qui consiste du vice, nous incline vers le péché. Ces deux hommes, le nouveau et l’ancien, luttent continuellement l’un contre l’autre, c’est une véritable guerre. Si nous commençons à pécher, nous renforçons notre vieil homme, et lorsque celui-ci commence à vaincre l’homme nouveau, nous devons agressifs et mauvais. Tous les saints ont trouvé en eux les forces pour se dresser contre le vieil homme, raison pour laquelle je m’incline devant la mémoire de saint Onuphre le Grand, mon protecteur céleste, et les saints moines de la Laure des Grottes de Kiev, saint Serge de Radonège, saint Job de Potchaïev. Chaque saint, envers lequel, j’ai moi-même, pécheur, une quelconque relation, constitue un digne exemple à imiter. Il nous montre comment revenir à l’image de Dieu qui est en nous et à la préserver. Lorsque nous prions, nous invoquons sur nous la grâce du Très saint Esprit, qui nous transfigure, qui fait revenir en nous la paix perdue, qui remet tout en place dans notre vie. La prière aide l’homme à comprendre Dieu correctement. Si l’homme prie avec un cœur ouvert, avec repentir et humilité, Dieu le console souvent par la joie, et le sentiment de bonheur.

– Comment voyez-vous l’année prochaine 2017 et le futur immédiat de l’Ukraine et de la paix ? Y a-t-il des raisons d’être pessimiste ou êtes-vous optimiste ?

– Je suis optimiste, le chrétien orthodoxe ne peut être pessimiste. Les chrétiens ne doivent être tristes que de leurs péchés. Si l’homme commence à confier sa personne à Dieu, il commence alors à bâtir sa vie sur les lois divines, il purifie de plus en plus son âme du péché, il voit Dieu plus clairement, et l’avenir ne lui semble pas sombre et bouché. À l’issue des tunnels les plus sombres du désespoir, le chrétien voit Dieu.

– Votre Béatitude, donnez, je vous en prie, des recommandations à nos lecteurs pour la nouvelle année.

– Je voudrais souhaiter à tous et à moi-même les miséricordes du Seigneur, le pardon de nos péchés ainsi que la bénédiction de Dieu, afin que chacun de nous porte dignement sa croix terrestre et soit rendu digne de devenir héritier du Royaume céleste. Préservez votre foi, et plus que tout gardez la prière, elle est l’aide donnée à l’homme pour qu’il surmonte toutes les difficultés qu’il rencontre sur la voie de la vie terrestre. La prière donne à l’homme le sentiment de la vérité, car il est vraiment difficile de la connaître par le seul intellect. Il y a dans la vie beaucoup d’exemples de personnes qui disposent d’une instruction théologique supérieure mais qui, n’ayant pas la prière, « déraillent ». Mais il y a des gens simples qui ont la prière, et qui ressentent clairement où est la vérité, où est la tromperie. La prière, précisément, permet de percevoir la vérité, la compréhension de ce qui est lumière et ce qui est ténèbres, ce qui est bien et ce qui est mauvais. Et que le Seigneur nous donne à tous d’accomplir la prière dans notre vie quotidienne.

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Interview du métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe russe en Amérique (OCA)

Le métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe russe en Amérique (OCA), s’est rendu récemment en Russie afin de célébrer le 70ème anniversaire du patriarche de Moscou Cyrille et, à cette occasion, il a accordé une interview à l’Agence russe Interfax-Religion au sujet de la campagne présidentielle aux États-Unis, la crise en Ukraine et aussi de la situation de l’Orthodoxie en Amérique.

– Monseigneur, vous êtes venu à Moscou pour féliciter le patriarche Cyrille à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire. Connaissez-vous bien le patriarche ? Que voudriez-vous lui souhaiter ?

– Je voudrais exprimer à Sa Sainteté ma profonde reconnaissance pour m’avoir invité à venir ici, je connais le patriarche depuis 2009, lorsqu’il a été élu patriarche. J’étais présent ici pour son intronisation. Il est venu en Amérique à plusieurs reprises en tant que chef du Département des affaires ecclésiastiques extérieures, mais je ne l’ai pas rencontré personnellement, je vivais dans un monastère à cette époque. C’est en 2009 que, la première fois, je l’ai rencontré personnellement. Je pense que je demanderai à Dieu qu’Il continue à lui donner la force, particulièrement en ces jours, alors qu’il a pu rassembler des représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales, de nombreux primats, qui étaient là et le sont encore, et je pense que c’est un témoignage de sa grande capacité, en tant que leader chrétien orthodoxe d’être un exemple avec son sens de l’unité. Je voudrais lui souhaiter de nombreuses années de santé, de force pour continuer cette œuvre d’unité, de continuer d’être un leader spirituel inspiré pour les enfants fidèles de l’Église orthodoxe russe.

– Quelles sont vos impressions de la campagne de Donald Trump ? Qu’attendez-vous du nouveau président ?

– Je pense qu’il est certainement connu à pratiquement toute personne qui regarde les informations que, cette année, les élections présidentielles ont été très difficiles, peut-être déroutantes, même pour ceux qui vivent aux États-Unis. Elles ont été pénibles, mais, en fin de compte, les citoyens des États-Unis ont suivi le processus établi et élu un nouveau président. Certains conflits continuent aux États-Unis, cela étant, d’une certaine façon, plus ou moins normal pour ce processus. Il y a toujours des difficultés de transition d’un président à l’autre. Mon espoir, et je pense que c’est celui des fidèles, des évêques et des prêtres de l’Église orthodoxe en Amérique, est que nous sommes raisonnablement optimistes sur le bon travail que fera le nouveau président, nous prions pour lui, tout comme nous prions toujours dans la divine Liturgie pour les autorités civiles. Nous espérons qu’il préservera la stabilité interne aux États-Unis et espérons aussi qu’il sera le promoteur de bonnes relations avec d’autres pays du monde, particulièrement avec la Russie. Il y a toujours eu de bonnes relations entre les États-Unis malgré, parfois, des tensions, et nous espérons que notre Seigneur Jésus-Christ éclairera le nouveau président pour faire les choses qu’il convient et qu’il continuera ces bonnes relations.

– Avez-vous des « stars » parmi vos paroissiens ? Nous avons entendu parler de Tom Hanks…

– Le nouveau chef du personnel du président élu, Reince Priebus, est un chrétien orthodoxe actif, mais je ne pense pas qu’on puisse l’appeler une « star ». Parmi les célébrités, je peux nommer la vedette de cinéma Jonathan Jackson, à Los Angeles. Il y a le chanteur de rock Chris Cornell. Que ce soient des « stars » ou non, lorsqu’ils viennent à l’église, les fidèles sont tous les mêmes. Je pense qu’aux États-Unis, les personnalités s’efforcent de ne pas montrer leur foi, ils sont très neutres lorsqu’il en est question. C’est peut-être regrettable, mais ils ne s’expriment pas sur leur foi, c’est réellement courant en Amérique chez les « stars », les célébrités, dans le monde des affaires. Vous savez, l’Orthodoxie aux États-Unis attire de très nombreux convertis d’autres milieux. Moi-même, je suis un converti à la foi orthodoxe.

– Comment cela s’est-il produit ?

– J’ai été élevé dans l’Église anglicane, dans l’Église épiscopale aux États-Unis et je me suis détourné de l’Église et même de la foi en Dieu lorsque j’étais très jeune. Ensuite, très lentement, je suis revenu à l’Église. Mon père était un scientifique, aussi j’ai été élevé dans l’idée que l’on pouvait être soit intelligent, soit religieux. Aussi, j’ai fait un choix lorsque j’étais très jeune et sans expérience : je serai intelligent, pas religieux, mais lentement, en rencontrant des gens, j’ai réalisé qu’il était possible d’être à la fois intelligent et croyant. J’ai commencé à étudier plus précisément la vie de l’Église et finalement j’ai découvert, principalement par des personnes et des livres, la Foi orthodoxe et j’ai commencé le processus de ma conversion à l’Orthodoxie.

– À quel âge avez-vous rejoint l’Église orthodoxe ?

– J’avais 23 ans.

– Et vos parents étaient croyants aussi ?

– Mon père n’est pas croyant. Ma mère a été ordonnée prêtresse épiscopalienne, elle sert à sa façon.

– Durant les célébrations jubilaires à Moscou, on a beaucoup parlé de l’Ukraine qui de nos jours traverse une crise violente, de la guerre au Donbass, la crise économique et des désaccords politiques. Comme un croyant doit-il agir dans une telle situation ?

– C’est toujours une source de tristesse lorsque nous voyons la situation eu Ukraine et il est encore plus pénible que les fidèles se trouvent au milieu d’une situation politique difficile et de la guerre civile. Je viens de l’Église d’Amérique du Nord et il est difficile pour moi de savoir exactement comment aider les fidèles là-bas. Bien sûr, S.S. le patriarche Cyrille, le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, les évêques et le clergé, s’efforcent d’offrir une direction spirituelle et ils le font très bien. C’est toujours une bonne chose que de se laisser guider par Dieu dans l’Église et la prière, les prières sont réellement importantes. Toutefois, nos contemporains n’attribuent pas une grande valeur à la prière, ils veulent une sorte d’action politique concrète. Or je pense que notre action dans l’Église doit viser à ce que les fidèles concentrent leur vie sur la prière, qu’ils se soutiennent mutuellement, qu’ils ne se sentent pas seuls. Lorsqu’ils sont en situation difficile, les gens se sentent souvent isolés et je pense que l’Église, par la prière, peut aider à bâtir ce sens de l’unité parmi les fidèles et les encourager. Je prie personnellement et l’Église d’Amérique prie également pour les fidèles, afin de les encourager à avoir foi en Dieu et maintenir ce sens de l’espoir qu’offre notre Seigneur dans l’Évangile.

– Le conflit social en Ukraine comporte un contexte religieux également. Les gréco-catholiques (uniates) et le « Patriarcat de Kiev » dirigé par Philarète Denissenko parlent sur des bases nationales radicales et exhortent à la continuation de la guerre au Donbass. L’Église orthodoxe d’Ukraine dirigée par le métropolite Onuphre s’efforce de rester neutre politiquement, mais elle est sous pression. Pensez-vous que l’Église peut participer à des activités politiques ?

– Le fondement de l’Église est Jésus-Christ, qui est venu établir la paix. Il a dit aussi qu’il y aurait des difficultés, des guerres, dont des guerres civiles, mais l’Église comme organisme ne peut appeler à la des actions violentes ou prendre parti et encourager la guerre civile. L’Église reconnaît la réalité du conflit, nous avons des aumôniers qui exercent leur ministère à l’armée, mais leur but n’est pas de faire des déclarations politiques ou les encourager, mais d’accorder le soin pastoral à ceux qui servent dans les forces armées, parmi lesquels il y a beaucoup de chrétiens orthodoxes. Comme institution, l’Église ne peut jamais appeler à un conflit violent, ni même prendre un parti dans une situation politique. Les fidèles et l’Église sont là pour être dans le monde, mais non de ce monde, et nous nous efforçons de préserver la réalité du Royaume de Dieu dans n’importe quelle situation politique où nous nous trouvons. Cela signifie que l’Église ne peut vraiment pas dire que nous sommes de ce côté ou de l’autre, mais elle rappelle aux gens ses importantes valeurs éternelles.

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L’archevêque Job (Getcha) de Telmessos du Patriarcat de Constantinople : « Le territoire de l’Ukraine est le territoire canonique de l’Église de Constantinople »

ArticleImages_64119_Getcha_puDans une interview en date du 29 juillet 2016 au site ukrainien RISU, que nous publions in extenso ci-dessous, l’archevêque Job (Getcha) s’exprime sur les Églises qui n’ont pas participé au Concile panorthodoxe, le sort des groupes marginaux à tendance eschatologique, la raison du blocage de la question de l’autocéphalie et sur l’espoir éventuel, pour les orthodoxes d’Ukraine, d’obtenir celle-ci.

– Monseigneur, quelles sont les impressions du Concile panorthodoxe en Crète ? Est-on parvenir à faire ce qui était prévu ? L’organisation et les résultats sont-ils satisfaisants ?

– Fondamentalement, le Concile s’est déroulé avec succès, en ce sens que tous les documents qui étaient préparés et coordonnés lors du processus panorthodoxe de préparation, ont été adoptés. Bien sûr, avec quelques corrections, mais celles-ci sont mineures, et ne changent pas le fond du contenu des documents. Aussi, nous considérons que le Concile s’est déroulé avec succès. Il est malheureux, naturellement, que quatre Églises aient refusé d’y participer. Elles ont refusé au dernier moment, alors qu’elles avaient pris part au processus de préparation, elles avaient signé les documents qui étaient préparés, elles avaient même pris part aux rencontres d’organisation, un mois avant le Concile. L’Église orthodoxe russe elle-même était présente, une semaine avant le Concile lors de la réunion du Comité de préparation du message du Concile. Or, elles ont décidé à la dernière minute de ne pas participer au Concile.

– Cela était-il inattendu ?

– Nous ne l’attendions pas, bien entendu. Malheureusement, ces Églises ont pris une telle décision, et maintenant elles en portent la responsabilité. Mais le Concile a eu lieu comme cela était planifié.

– L’absence de ces quatre Églises a donné l’occasion à l’Église orthodoxe russe de déclarer qu’elle ne reconnaît pas le statut panorthodoxe du Concile. Mais, comme nous le savons par l’histoire, les Conciles œcuméniques mêmes n’avaient pas des représentations de toutes les Églises existant alors ainsi que de tous les évêques. À quel point la position de l’Église orthodoxe russe est-elle juste ?

– Dans l’histoire de l’Église, lors de la plupart des Conciles, il n’y avait pas de représentants de nombreuses Églises. Et il faut prendre compte ici du processus de réception du Concile. Bien que lors de nombreux Conciles œcuméniques, il n’y avait pas de représentations de toutes les Églises, l’ensemble de celles-ci ont adopté leurs décisions, ce qui donna aux dits Conciles le statut d’œcuménique.

– C’est-à-dire que participation et réception sont des concepts parallèles, qui ne sont pas forcément liés entre eux ?

– Oui, mais nous savons également par l’histoire qu’il y avait des Églises qui ont refusé de participer à certains Conciles. Et, puisqu’elles avaient refusé de participer aux Conciles, elles sont restées en dehors de l’Église. C’est le cas, par exemple, de l’Église d’Arménie au Vème siècle qui a refusé le IVème Concile œcuménique de Chalcédoine, parce qu’elle considérait que le problème du monophysisme est un problème de l’Église de Constantinople, et que cela ne la concernait pas. Il y avait aussi des problèmes politiques liés à cette position. Mais l’Église arménienne n’est pas maintenant dans l’unité avec l’orthodoxie universelle. Elle est une des Églises non-chalcédoniennes qui, durant des siècles, reste en dehors de l’Église universelle.

– C’est-à-dire que les conséquences historiques d’un tel refus peuvent être n’importe lesquelles ?

– Tout dépend de la réception du Concile. Celui-ci a eu lieu et les Églises qui ont refusé d’y participer en portent maintenant la responsabilité pour leur avenir.

– Maintenant, les porte-paroles du Patriarcat de Moscou font des déclarations selon lesquelles c’est précisément l’Église russe qui a tous les leviers et les mécanismes pour réunir « un véritable » Concile panorthodoxe. À quel point ces déclarations reflète-t-elles la situation réelle des choses ?

– Disons que ce n’est pas la première fois que le Patriarcat de Moscou veut le faire. De telles tentatives ont eu lieu en 1948, alors qu’ils essayaient de faire une rencontre panorthodoxe à Moscou, à l’époque soviétique. Nous savons qu’ils n’ont pas réussi, et pas seulement parce que certaines Églises ont refusé de participer. Mais il faut avoir en vue que l’Église orthodoxe russe n’a pas les bases canoniques pour convoquer un tel Concile.

– On met en avant et activement dans l’Église orthodoxe russe la doctrine politique « Moscou  – Troisième Rome », où est attribué à l’Église le rôle de « rassembleur des Terres russes ». Comment réagit à cela le Patriarcat œcuménique ?

– C’est le mythe de « Moscou – Troisième Rome », construit sur les pensées exprimées par le moine de Russie Philothée, qui vécut au XV-XVIème s. C’est un mythe absolu, parce que dans l’histoire de l’Église et dans le concept des canons, il n’y a pas de première-deuxième-troisième-quatrième Rome. Il y a l’ancienne Rome, qui était le centre de l’Empire romain, le centre de la civilisation européenne, et il y a la nouvelle Rome – la nouvelle capitale de l’Empire romain. Il n’y a pas de première, de deuxième, il y a l’ancienne et la nouvelle Rome. Une troisième, une quatrième, une cinquième, il n’y en aura pas. Et c’est là l’histoire non seulement de l’Église, non seulement l’histoire de l’empire, c’est l’histoire de la civilisation humaine. L’Église de Rome et de Constantinople sont aujourd’hui héritières des deux Églises. Elles sont les héritières de cette histoire politique, ecclésiale, humaine, et son liés canoniquement avec ces fondements et privilèges.

– Dans le monde orthodoxe, et cela est fortement exprimé dans l’Église orthodoxe russe, il y a maintenant un flux de voix qui ont une attitude très agressive, eschatologique, envers le huitième, neuvième et les Conciles œcuménique suivants, et pour ce qui concerne l’organisateur de ce Concile de Crète, le patriarche œcuménique, ils sont, c’est un euphémisme, très critiques. Y a-t-il des courants eschatologiques avec pour implication politique une menace pour l’unité de l’Orthodoxie universelle ? En général, à quel point la ligne « fondamentalisme – œcuménisme » constitue-t-elle un sérieux défit pour l’orthodoxie ?

– De tels courants sont marginaux, malgré le nombre de leurs partisans. Ils ne reflètent pas la position de l’Église.

– Mais, dans l’Église russe on ne les combat pas, mais on les utilise…

– De telles tendances sont très dangereuses et périlleuses. Aussi, l’Église ne peut adopter ces positions marginales. Parce que de telles positions ne reflètent pas la foi et la mission chrétiennes. Vous voyez, certains aiment utiliser le principe des chiffres. Et ils pensent que plus ils ont de partisans, plus ils sont forts et justes. Si nous revenons à l’histoire de l’Église, les Ariens étaient très nombreux au IVème s., ils étaient puissants, et de telles figures éminentes de l’Église, comme saint Grégoire le Théologien, saint Basile le Grand, étaient préoccupés par la survie de l’Église. Mais malgré le nombre des partisans de l’arianisme, l’Église n’a jamais adopté les positions de ceux-ci, de telle façon que la doctrine arienne était marginale et ne correspondait pas à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Plus tard, au moment de la lutte contre le monothélisme, au VIIème s., saint Maxime le Confesseur était presque le seul partisan de la foi chrétienne. Presque tous, la majorité des gens, étaient partisans du monothélisme. Mais finalement, celui-ci a été condamné conciliairement et Maxime le Confesseur, qui était le seul à maintenir sa position, a vaincu. Donc ici, avec des chiffres pour des positions marginales, il ne faut pas construire quelques conceptions, théories ou plans. Et il ne faut pas ici s’inquiéter.

– C’est la vérité qui, historiquement, vainc, et non pas le nombre ou l’agression des marginaux ?

– C’est précisément ainsi.

– Permettez-moi de passer à la question de l’autocéphalie. La question de la proclamation de l’autocéphalie a été mise entre parenthèses par le Concile panorthodoxe en raison de son caractère conflictuel et en l’absence de consensus orthodoxe. Pourquoi cette question déclenche-t-elle tant de conflits ? Or, l’autocéphalie, c’est la seule organisation naturelle d’administration ecclésiale.

– Dans le processus de préparation du Concile panorthodoxe, la question de l’autocéphalie et de sa proclamation était présente et a été discutée. Et il existe même des textes de documents, qui ont été préparés. Je parle en général du processus pour comprendre pourquoi tout s’est arrêté. L’étude de la question a eu pour point de départ le fait que l’on considérait le Patriarcat œcuménique comme unique patriarcat dans le monde orthodoxe, qui ait le droit d’octroyer l’autocéphalie, tant pour des raisons historiques que canoniques. Parce que dans l’histoire, toutes les nouvelles autocéphalies qui sont apparues, à commencer au XVIème s. avec celle de l’Église russe et jusqu’à nos jours, ce furent des territoires du Patriarcat œcuméniques auxquels il a donné l’autocéphalie. Pour ce qui concerne les raisons canoniques, parce que le Patriarcat œcuménique occupe la première place dans le monde orthodoxe. Lors de la discussion de la question de l’autocéphalie au niveau panorthodoxe dans l’esprit du consensus, certains ont dit : « Non ! Constantinople ne peut donner elle seule l’autocéphalie. Il faut ajouter que pour l’octroi de l’autocéphalie, il doit y avoir l’accord et la ratification de l’Église dont quelque partie veut recevoir l’autocéphalie ». Ici, on peut prendre un exemple actuel, à savoir que si l’Ukraine veut recevoir l’autocéphalie, Constantinople ne peut pas elle seule la lui accorder, il faut qu’il y ait une demande de l’Église orthodoxe russe, étant donné que l’Ukraine, à l’heure actuelle, se trouve en son sein. Alors, dans le cadre de la préparation au Concile panorthodoxe, le Patriarcat de Constantinople a accepté le compromis et a donné son accord pour que l’autocéphalie puisse être octroyée par Constantinople seulement avec l’accord et la demande de l’Église, où la partie intéressée se trouve. On est allé ensuite plus loin. On est allé jusqu’à la question du Tomos, le document qui proclame l’autocéphalie de l’Église concernée, et dans lequel sont mentionnés tous les points auxquels doit se tenir la nouvelle Église, toutes les exigences qu’elle doit remplir. La question a alors surgi de savoir qui signe ce Tomos, si c’était seulement le patriarche de Constantinople. Dans le cadre de la discussion, il a été dit : « Non ! Ce sont tous les chefs, tous les primats des Églises locales. Parce qu’ils doivent être d’accord, ils doivent reconnaître cette nouvelle Église ». Le Patriarcat de Constantinople est encore allé au-devant du compromis et a dit : « Bien, tous les primats des Églises locales signeront le Tomos ».

– Et pour chaque signature, cela veut dire des discussions ?

– Oui. Et alors Constantinople a accepté le compromis. On est arrivé jusqu’à la signature du Tomos. Nous savons par l’histoire que les Tomos ont été signés par le patriarche de Constantinople, qui après sa signature apposait le mot « proclame ». Parce que le patriarche œcuménique en tant que premier, en tant que président de son Synode, proclame l’autocéphalie. Et à sa suite apposaient leurs signatures les membres du Synode de l’Église de Constantinople sans aucune mention. Parce ce que ce qui est proclamé par le chef, est simplement confirmé par les autres comme étant un document officiel, valide. Et Constantinople voulait adopter cette pratique et dire : « Le patriarche de Constantinople signe le Tomos avec le mot « proclame », et les autres primats, comme auparavant les membres du Synode, apposent simplement leurs signatures dans l’ordre des diptyques orthodoxes ». Il y eut encore une discussion, et à nouveau une nouvelle exigence : « Non ! Les autres patriarches doivent aussi ajouter un mot quelconque après leur signature ». Et Constantinople a de nouveau accepté un compromis. Et il a dit : « Alors nous ferons comme cela : le patriarche de Constantinople signe et les autres patriarches apposent le mot « co-proclament » sur le principe de l’office orthodoxe ». On sait que lorsque l’on célèbre la divine liturgie, c’est toujours le premier qui célèbre, celui que l’on considère comme présidant l’office, et les autres concélèbrent.

– C’est logique.

– Et, à nouveau, les représentants du Patriarcat de Moscou n’ont pas été d’accord avec le mot « co-proclament ». Ils voulaient que chaque patriarche signe avec le mot « proclame ». Et alors, le Patriarcat œcuménique n’a pas été d’accord. Non en raison de son honneur ou quelque raison politique. Simplement parce que c’est illogique et incorrect. Un seul homme peut proclamer, et les autres, qui sont avec lui, peuvent « co-proclamer ». Mais chacun ne peut pas proclamer à sa façon. Et c’est là que la question a été bloquée. Et depuis, lorsqu’il y a eu ces sessions, en 2009, si je ne fais pas erreur, elle est restée bloquée. C’est-à-dire que cette question de l’autocéphalie a été examinée, que l’on est arrivé à un texte de compromis, mais tout a été bloqué par la question de la signature sous le Tomos. C’est pourquoi il a été décidé de ne pas porter la question à l’ordre du jour. Pour Constantinople, cela signifie que la question de l’autocéphalie reste au statu quo, tel qu’il était au commencement de l’examen de cette question. Parce que toutes les variantes issues des compromis, au sujet desquelles il y avait accord, ne sont pas allées jusqu’à la conclusion.

– Les premières autocéphalies sont appelées anciennes, parce qu’il y a eu ensuite une deuxième vague, les nouvelles autocéphalie, à commencer par l’Église orthodoxe russe et, qualitativement, elles étaient un peu différentes. À votre avis, la nécessité d’une nouvelle vague d’autocéphalies, est-ce un processus naturel, ou le témoignage de certains problèmes à l’intérieur de l’Orthodoxie ? L’Orthodoxie universelle est-elle prête à une troisième, une nouvelle vague d’autocéphalies ?

– Quelle est la différence entre la première et la deuxième vague ? En fait, la deuxième vague commence au XVIème siècle, après l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe russe. En quoi diffère la première et la deuxième vague, en quoi leur statut est un peu différent ? En ce sens que les centres anciens, dans lesquels entraient Rome (mais la question de Rome, est une autre question actuellement), Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem et Chypre, ce sont des Églises qui ont été confirmées lors des Conciles œcuméniques. Et comme nous le savons, c’est le principe de l’Église, et les fondamentalistes sont également d’accord avec cela et répètent que l’Église orthodoxe doit s’en tenir aux Conciles œcuméniques. Nous ne pouvons nous considérer orthodoxes si nous renonçons aux dispositions de quelque Concile œcuménique. Ce sont des obligations de l’Église orthodoxe. Ces Églises ont été confirmés par des Conciles œcuméniques. Les autres, la nouvelle vague d’autocéphalies n’a pas été confirmée par un Concile œcuménique. On ne peut dire que leur autocéphalie diffère en quoi que ce soit, mais leur statut n’a pas de confirmation par un Concile œcuménique.

– Leur a-t-on donné l’autocéphalie par économie ou pour des causes politiques ?

– La nouvelle vague d’autocéphalie venait toujours en réponse à des circonstances politiques, la création d’un nouvel État ou d’un nouvel empire. En tenant compte du statut de l’État, l’autocéphalie était accordée, afin de régler un problème administratif. Pour cette raison, cette deuxième vague d’autocéphalies continue jusqu’à nos jours – la majorité de ces autocéphalies ont été proclamées à la fin du XIXème et du XXème s.

– La deuxième vague d’autocéphalies s’est séparée de Constantinople, mais il y a une troisième vague : lorsqu’il y a séparation non pas du Patriarcat de Constantinople, mais de ses Églises-filles. C’est le problème et de l’Église serbe et de l’Église orthodoxe russe. Et Constantinople est déjà passé par là.

– Constantinople considère toujours que le territoire de l’Ukraine est le territoire canonique de l’Église de Constantinople. Il ne faut pas oublier que c’est précisément sur la base du cas de la métropole de Kiev qu’a été accordée l’autocéphalie à l’Église de Pologne en 1924. L’État polonais s’est adressé à Constantinople…

– C’est précisément l’État qui s’est adressé à Constantinople ?

– Oui. Voilà ce qui s’est passé. Dans les années 20, l’État polonais est devenu indépendant. Et l’État a dit : « Nous ne sommes pas contre le fait que vivent en Pologne des chrétiens orthodoxes, qu’ils pratiquent leur foi et aient leur Église. Mais, comme État, nous ne voulons pas qu’il y ait en Pologne une Église qui soit la cinquième colonne d’un État étranger, d’autant plus antagoniste ». Pour cette raison, l’État polonais, en 1924, s’est adressé à Constantinople, afin que celle-ci accorde l’autocéphalie à l’Église de Pologne. C’était la demande de l’État pour résoudre un problème politique.

– C’est-à-dire qu’un problème ecclésiastique peut être simultanément aussi un problème politique ?

– Oui, pour la Pologne, il n’y avait pas de problème de foi orthodoxe, de doctrine orthodoxe, de liturgie orthodoxe, ce sont des questions religieuses qui ne concernent pas l’État. Mais l’État polonais avait un problème politique, il ne voulait pas que l’Église orthodoxe en Pologne serve les intérêts d’un autre État. Et pour cette raison, il s’est adressé à Constantinople afin d’accorder l’autocéphalie et de régler la question politique. Et sur quel fondement, Constantinople a-t-elle accordé le Tomos de 1924 à l’Église orthodoxe de Pologne ? Constantinople considérait l’Église de Pologne comme une ancienne partie de la métropole de Kiev. Et nous savons que sous le métropolite Cyprien Tsamblak, la métropole de Kiev se trouvait dans le cadre de l’État polono-lithuanien, c’est-à-dire que ses limites s’étendaient aussi au territoire de la Pologne et de la Lituanie contemporaine. C’était aussi à peu près la même chose au temps de Pierre Movilă, qui était métropolite de Kiev. La métropole de Kiev était alors soumise à Constantinople. Et parce que la Pologne se trouvait à un certain moment dans le cadre de la métropole de Kiev, et que celle-ci était directement soumise, canoniquement, à Constantinople, c’est Constantinople qui a donné l’autocéphalie à l’Église de Pologne en 1924. Ainsi, si en 1924, Constantinople a accordé l’autocéphalie à l’Église de Pologne sur la base de la métropole de Kiev, pourquoi, aujourd’hui, Constantinople n’aurait-elle pas le droit  d’accorder à la métropole de Kiev elle-même le statut d’autocéphale ? Si cela était possible en 1924, c’est possible aujourd’hui également.

– La délégation ukrainienne dans le cadre de l’Église orthodoxe russe n’a pas participé au Concile panorthodoxe. Une autre partie des orthodoxes ukrainiens est en général laissée sans aucune représentation dans l’Orthodoxie universelle. Qui porte la responsabilité d’une situation aussi lamentable entre les Ukrainiens orthodoxes, n’est-ce pas une situation anormale des choses ?

– Le Patriarche œcuménique a déclaré plus d’une fois que Constantinople est l’Église-Mère de l’Église d’Ukraine. Plus d’une fois, il a souligné qu’il était le père spirituel des Ukrainiens. Et pour cette raison, le Patriarche œcuménique suit constamment et est soucieux de la situation en Ukraine. Qui plus est, après que le parlement ukrainien se soit adressé au Patriarcat de Constantinople pour lui demander d’accorder l’autocéphalie canonique à l’Ukraine, cette demande a été examinée lors du dernier Synode, lequel a décidé de transmettre cette demande à une commission pour un examen sérieux et approprié de ce problème. Ainsi, Constantinople s’en occupe.

– Nombreux sont ceux qui disent que le résultat de cette décision doit être la réunion de toutes les branches orthodoxes ukrainiennes. Mais comment réunir, si l’une des branches ne voit aucune nécessité dans cela, du fait que les autres juridictions orthodoxes sont pour elle inexistantes ? C’est-à-dire que nous avons le phénomène désagréable d’auto-isolation d’une branche canonique en la personne de son épiscopat et d’une partie du clergé. Et ils réagissent même à la venue en Ukraine des représentants du Patriarcat œcuménique de façon très amère. Comment parler de réunion, si une juridiction vit dans sa propre réalité parallèle, où personne à part elle n’existe ? En tenant compte de cela, est-ce que le Patriarcat œcuménique dispose de quelques mécanismes de règlement de la question ukrainienne ? Au niveau des déclarations de l’épiscopat ukrainien de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou les problèmes de changement de statut n’existent même pas.

– Vous avez décrit le problème et ce faisant, vous avez souligné sa complexité. Pour le règlement du problème, il doit y avoir un processus défini, qu’il faut étudier et trouver. Et c’est justement le but du travail de cette commission. S’il y avait une réponse à la question comment régler la question, elle serait résolue depuis longtemps ! Constantinople ne doit pas étudier la question ukrainienne : a-t-elle le droit d’accorder l’autocéphalie ou non ? Ou l’Église d’Ukraine est-elle la fille de l’Église de Constantinople ou non ? Cela, Constantinople le sait parfaitement et l’a souligné plus d’une fois et l’a confirmé. Aussi, l’examen de la question consiste à savoir comment trouver une issue pour la résolution du problème. C’est là le but de la commission. C’est pourquoi, à ce moment, je ne peux vous dire de quelle façon ce problème sera résolu. Nous n’avons pas encore trouvé ce processus qu’il faut suivre, autrement la question serait déjà réglée. Mais il est important de souligner, et c’est un principe canonique, qu’il ne peut y avoir qu’une Église sur un territoire donné. C’est-à-dire que deux Églises autocéphales ne peuvent se trouver simultanément sur un territoire. Et pour proclamer l’autocéphalie, il faut l’unité de l’Église. C’est pourquoi il faut travailler à cette unité.

– Aujourd’hui, dans de nombreuses Églises, il y a un problème de divisions et de juridictions non reconnues. Les représentants du Patriarcat de Moscou en Ukraine considèrent que même le dialogue posé et paisible avec les opposants est non canonique, on ne peut le mener de quelle façon que ce soit.

– Il ne faut pas mener un dialogue ?

– Non, il ne faut pas. Car « Le Patriarcat de Kiev » ce sont des schismatiques et ils n’ont qu’une voie, revenir au sein du Patriarcat de Moscou ». À quel point cette position correspond aux principes canoniques et, en général, à la conscience chrétienne ?

– Je ne vous rappellerai qu’un exemple tiré de la Bible. Ouvrez le livre de Job dans l’Ancien Testament. Dans le premier chapitre, Job raconte le dialogue (« dialogue » en grec, c’est une conversation) en Dieu et le diable. Dans le livre de Job, Dieu mène un dialogue avec satan. Si un tel dialogue est impossible – entre Dieu et le diable ! – pourquoi, aujourd’hui le dialogue serait impossible entre chrétiens, d’autant plus entre chrétiens orthodoxes ?

– Le Patriarcat de Moscou en Ukraine s’efforce de présenter la situation comme une persécution sans précédent contre la seule juridiction reconnue en Ukraine. À quel point les Églises orthodoxes sont-elles informées objectivement, pourquoi des conflits autour de l’appartenance des églises se produisent-ils en Ukraine, pourquoi le niveau de confiance en l’Église orthodoxe d’Ukraine est-il très bas, quel rôle joue l’Église orthodoxe russe dans l’incitation à la haine dans le Donbass ? À quel point cette information est-elle disponible ?

– Vous voulez dire, à quel point les Églises sont-elles informées hors de l’Ukraine ?

– Oui.

– Ici, il faut dire que des informations très différentes et contradictoires sont diffusées. Ce n’est pas nouveau : dans toute question, par exemple, politique, si l’on compare l’information qui est donnée par les journalistes américains, elle peut ne pas coïncider avec celle des journalistes russes. Et même dans un pays, selon les tendances politiques des journaux et des journalistes, l’information est éclairée sous des jours différents dans les différents journaux. Je dirais que le monde est faiblement informé en fait sur ce qui se passe en Ukraine. Par exemple, un évêque du Patriarcat de Constantinople m’a posé la question, avant mon voyage, si les troupes russes se trouvent sur le territoire de l’Ukraine. Il avait l’impression que cette question, après les accords de Minsk, était déjà réglée. C’est là seulement un exemple. Il y a, bien sûr des informations, et il y a différentes contradictions dans cette information, mais pour le dire ouvertement, hors d’Ukraine on écrit très peu sur ce pays.

– Mais comment peut-on régler la question ukrainienne, s’il n’y a pas une information complète, objective sur l’état des choses et des relations entre Ukrainiens ? Est-ce également une question pour la commission ?

– C’est l’une des causes supplémentaires pour lesquelles cette question a été transmise à une commission pour un plus profond examen.

– « L’Église orthodoxe ukrainienne autocéphale » [formation schismatique différente du « Patriarcat de Kiev », ndt] a également soumis un appel au Patriarcat œcuménique pour être reconnue comme en faisant partie ? Cette question a-t-elle été ajoutée à l’examen de la commission ?

– Comme cela est indiqué pour la question ukrainienne, il y est question de l’Église globalement. Ce n’est pas seulement l’examen d’une partie ou d’une branche, mais la question est considérée dans son intégralité. Mais bien sûr, cette question sera également examinée.

– Cela signifie que l’on prévoit de renverser toutes les tendances centralistes dans la direction opposée ?

– Oui, de réunir.

– Une dernière question, Monseigneur. Peut-être vous paraîtra-t-elle une plaisanterie. Mais dans les cercles russes, circulent des déclarations selon lesquelles vous seriez nommé exarque du Patriarcat de Constantinople en Ukraine. Pouvez-vous commentez cela ?

– Premièrement, je ne sais rien du tout de cela. Deuxièmement, il n’a pu être question d’une telle chose à Constantinople, du fait que l’examen de la question commence avec le début et non avec la fin.

– Merci, Monseigneur !

Source (dont photographie): RISU

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proposé au pape une rencontre avec le patriarche Cyrille en Biélorussie

1463839732_-papa-600x450Lors de sa rencontre au Vatican avec le pape François, le 21 mai, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a proposé d’organiser une rencontre à Minsk entre le pape et le patriarche Cyrille de Moscou. Il a estimé que cette rencontre pourrait aider à l’établissement de la paix dans l’est de l’Ukraine. Le président biélorusse a offert au pape une reproduction de la croix de sainte Euphrosyne de Polotsk.

Sources: Interfax, News.va. Photographie: Pravmir.

La liturgie a été célébrée dans l’église à moitié détruite de l’aéroport de Donetsk

Le mardi de la semaine de Pâques, le 3 mai, les habitants de Donetsk ont prié à la liturgie en l’église de l’Icône de N.D. d’Iviron du couvent féminin de l’Église orthodoxe d’Ukraine, qui est située à un kilomètre du centre des combats qui ont eu lieu autour de l’aéroport de Donetsk. L’office était présidé par le métropolite de Donetsk et Marioupol Hilarion, assisté du métropolite de Gorlovka et Slaviansk Mitrophane, de l’évêque de Novoazovsk Barsanuphe, de l’archevêque de Makeevka Barnabé, ainsi que des prêtres des deux diocèses du Donbass. L’église de l’Icône de N.D. d’Iviron a été construite en 1997. En décembre 2001 a été ouvert le métochion du couvent féminin Saint-Nicolas. En décembre 2002, par une décision du Saint-Synode, le couvent a reçu le statut de monastère indépendant. En 2014, l’église ainsi que les bâtiments conventuels ont été exposés aux tirs de l’armée ukrainienne. Les moniales sont restées dans le couvent. Le 18 décembre 2014, le monastère a été pillé par les forces armées de l’Ukraine. Actuellement, les moniales ne vivent plus au monastère mais, lorsque la situation militaire le permet, elles se rendent sur place, et remettent de l’ordre peu à peu dans le bâtiment, dans la mesure des possibilités.

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Le jour de la fête de saint Nicolas du Japon, l’ambassadeur japonais à Kiev a rendu visite à la Laure de Sviatogorsk, en Ukraine

Dans le cadre du projet « Rétablissement économique et social du Donbass » financé par le gouvernement japonais, le programme de développement de l’ONU (PNUD) reconstruit 20 sites d’infrastructure soit économique, soit sociale dans la région. L’un des sites à caractère social retenu pour sa reconstruction est l’école de musique de la ville de Sviatogorsk.

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Un court film documentaire est paru sur l’aide de l’Église orthodoxe russe aux civils ukrainiens

Un court film documentaire est paru sur l’aide de l’Église orthodoxe russe aux civils ukrainiens, qui est disponible ici (en russe). Le film a été créé par le service de presse du département synodal de bienfaisance, à l’aide de la direction du cinéma documentaire de la première chaîne de la télévision ruse et du département synodal de l’information. Dès les premiers jours de la tragédie en Ukraine, l’Église orthodoxe russe a non seulement appelé les parties à la paix, mais a accordé également une aide matérielle aux victimes du conflit : l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou), sur le territoire de l’Ukraine, et l’Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou, en Russie. Avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille, l’accent a été mis sur l’aide aux catégories les plus vulnérables de réfugiés : les invalides, les familles nombreuses, les personnes seules et les enfants des réfugiés. Selon les données de l’UNICEF, 1,7 millions d’enfants ont été victimes de la guerre en Ukraine. Nombreux sont ceux qui, parmi eux, selon les experts, ne pourront s’adapter à la vie normale qu’avec une aide sérieuse des psychologues et des prêtres. En raison du conflit armé dans le Sud-Est de l’Ukraine, une situation grave s’est produite au niveau alimentaire : au début de 2015, les habitants locaux n’avaient plus reçu leurs allocations, pensions et salaires depuis plus de six mois, et ils n’avaient plus les moyens d’acheter les produits les plus indispensables. Les diocèses, les paroisses et les monastères de Russie ont envoyé régulièrement de l’aide humanitaire aux civils. Dans toute la Russie, des dizaines de points humanitaires et des abris gérés par l’Église ont été ouverts. Pour coordonner ce travail a été créée une commission de l’Église orthodoxe russe pour aider les civils touchés par les événements en Ukraine. Depuis juillet 2014, un centre ecclésial d’assistance aux réfugiés fonctionne avec une « hotline ». À Moscou seulement, depuis la mise en place du centre et de la « hotline », 26.000 personnes originaires des zones de conflit ont demandé de l’aide. En septembre, auprès de l’église de Tous-les-saints-de-Russie dans le district de Novokosino à Moscou, a été ouvert un complexe d’aide aux réfugiés, où ceux-ci reçoivent des produits alimentaires, médicaments, des soins médicaux, ainsi qu’un logement provisoire. En janvier 2015, le patriarche de Moscou Cyrille a rencontré les enfants venus du Donbass, à l’arbre de Noël au Kremlin. Ils ont tous reçu un cadeau du primat. Avec la bénédiction du patriarche Cyrille, les collaborateurs du département synodal de bienfaisance ont commencé à effectuer des voyages réguliers dans les régions du Sud-Est de l’Ukraine où, depuis la fin du mois de décembre 2014, plus de 573 tonnes d’aide humanitaire ont été acheminées. À fin décembre 2015, des produits alimentaires et des repas chauds ont été servis dans les cantines sociales de l’Église à plus de 97.000 personnes, dont beaucoup se trouvaient dans une situation matérielle extrêmement difficile. Les habitants nécessiteux des diocèses de Gorlovka, Donetsk, Lougansk et de Donetsk du Nord ont reçu l’aide de l’Église. Également avec la bénédiction du président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a été élaboré et réalisé le projet « Aide caritative humanitaire aux réfugiés du conflit armé dans l’Est de l’Ukraine séjournant sur le territoire de la Fédération de Russie ». Ledit projet a été réalisé avec le concours de l’organisation « Samaritan’s Purse » et de l’association évangélique « Billy Graham », avec le soutien des diocèses métropolitains du Don et de Belgorod. L’aide aux réfugiés sur le territoire des régions de Rostov et de Belgorod a été accordée d’avril à septembre 2015. Dans le cadre de ce projet, 63.000 colis ont été distribués aux réfugiés, dont 34.000 de produits sanitaires et 10.000 de produits alimentaires, 14.000 de matériel de literie et 5000 de cadeaux pour enfants. En tout, 131 millions de Roubles d’aide aux civils d’Ukraine ont été recueillis. Sur ces 131 millions, plus de 128 millions ont déjà été dépensés. Le site www.diaconia.ru donne les comptes des recettes et dépenses pour cette action, ainsi que des informations sur toutes les activités caritatives du Département de bienfaisance de l’Église orthodoxe russe.

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Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine exhorte les fidèles à ne pas céder aux provocations

La session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a eu lieu le 27 octobre à Kiev. Les membres du Saint-Synode ont adressé le message suivant aux fidèles :

« Aujourd’hui, l’Église orthodoxe d’Ukraine, avec tout le peuple ukrainien, cherche la voie de la réconciliation nationale. Nous constatons avec joie que, dans les régions de Donetsk et de Lougansk, la tension diminue peu à peu, le cessez-le-feu se prolonge, ce que, nous l’espérons, résultera en une paix solide. Notre Église a souligné à maintes reprises la nécessité de la recherche pacifique d’une solution de ce lourd conflit armé. Et aujourd’hui, nous saluons sincèrement les efforts de l’État ukrainien, dans le but de le surmonter. Ces derniers temps, les autorités de l’État accomplissent un certain nombre d’efforts pour résoudre les relations entre l’Église et l’État. Aujourd’hui, les organisations religieuses ont déjà reçu le droit de fonder des établissements d’enseignement, le règlement sur le clergé auprès des forces armées ukrainiennes a été entériné, le processus de reconnaissance par l’État des documents concernant l’instruction supérieure ecclésiastique, les degrés scientifiques et les titres universitaires délivrés par les Instituts supérieurs ecclésiastiques, est élaboré. Aujourd’hui se déroulent les débats au parlement sur certains projets de lois actuels pour la vie de l’Église. Malgré ces changements positifs dans les relations de l’Église et de l’État, des cas de violation de la paix civile sur la base religieuse sont signalés dans certaines régions de notre pays. Entre autres, ces derniers temps, des tentatives de s’emparer des édifices de l’Église orthodoxe d’Ukraine ont eu lieu, ainsi que des cas de violence à l’égard des fidèles, et parfois des attentats contre leur vie. Nous sommes contraints de constater avec regret que certains organes locaux du pouvoir permettent la violation de la législation nationale en vigueur, et que les forces du maintien de l’ordre n’interviennent pas toujours pour défendre les droits légitimes des communautés religieuses, du clergé et des fidèles de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Tout cela n’empêche pas seulement la réalisation des droits constitutionnels des citoyens de l’Ukraine à confesser librement leur foi, mais provoque une tension sociale dans notre État. En même temps, alors que se poursuit au Donbass un processus de paix extrêmement complexe, nous faisons face de facto au danger de la déstabilisation de la situation de la société dans les autres régions d’Ukraine. Actuellement, le Département juridique synodale surveille attentivement tous les cas de violation de la législation commis à l’égard des communautés de l’Église orthodoxe d’Ukraine et en informe à temps les forces de l’ordre dans le but de ne pas permettre l’incitation aux hostilités interconfessionnelles. Nous plaçons notre espoir dans des enquêtes impartiales sur de tels conflits. L’illégalité des actes dirigés contre le clergé et les fidèles de notre Église a déjà été prouvée à maintes reprises devant la justice. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine demande à tous les évêques diocésains et au clergé de communiquer sans délais au Département juridique synodal toutes les tentatives visant à s’emparer des églises, ainsi que les autres cas de violation des droits des fidèles de notre Église. Dans la présente situation difficile pour notre Église, le soutien du monde orthodoxe entier est extrêmement important, ainsi que celui de la communauté internationale. Pour cette raison, le Département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine surveille les violations des droits des fidèles et en informe les Églises orthodoxes locales, ainsi que les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Aujourd’hui, notre but, en tant que chrétiens, est le maintien de la paix et du calme dans notre pays. Ne cédons pas aux provocations et ne nous laissons pas entraîner dans le conflit sur la base religieuse. Nous devons fermement nous opposer à toutes les tentatives de disloquer le pays depuis l’intérieur. Notre arme principale dans ce combat spirituel est le véritable amour chrétien envers le prochain. Notre Seigneur Jésus-Christ nous appelle à aimer nos ennemis, à bénir ceux qui nous maudissent, à faire du bien à ceux qui nous haïssent et à prier pour ceux qui nous maltraitent et nous persécutent, afin d’être les fils de notre Père Céleste (Matth. V, 44-45). Toute haine entre les hommes est surmontée par l’amour. Si le Seigneur nous envoie des épreuves, cela signifie qu’Il s’occupe de notre perfection, qu’Il nous donne la possibilité de croître dans l’amour envers le prochain. Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous (I Thess. V, 15). Enfin, nous considérons de notre devoir pastoral de dire quelques mots au sujet de notre préoccupation concernant la situation qui se crée autour de la préparation du Concile panorthodoxe. Nous demandons à tous ceux qui sont engagés dans cette préparation à faire tout pour que les règles, les traditions et les usages de la sainte Église orthodoxe soient préservés, lesquels constituent le fondement de notre unité panorthodoxe. Que la bénédiction de Dieu demeure avec nous tous.

Au nom des membres du Saint-Synode, le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre.

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L’occupation des bâtiments cultuels de l’Église orthodoxe ukrainienne évoquée à la conférence de l’OSCE

La conférence de l’OSCE se poursuit depuis le 21 septembre jusqu’au 2 octobre à Varsovie (Pologne). Elle est chargée d’examiner l’application des droits de l’homme dans différents domaines.

Le 30 septembre, une réunion de travail a eu lieu sur le thème de la tolérance et de la discrimination, de la lutte contre le racisme et la xénophobie, y compris l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens et les fidèles d’autres religions. A la bénédiction du métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, l’archiprêtre Nicolas Danilievitch, du DREE de l’Église orthodoxe ukrainienne, a pris part à cette réunion, ainsi que le prêtre Roman Bogdassarov, vice-président du Département du Patriarcat de Moscou aux relations de l’Église avec la société.

Dans son allocution, l’archiprêtre Nicolas Danilievitch a parlé des cas de violation des droits des fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne.

Depuis le début de l’année 2014, a-t-il relaté, les cas d’agression contre l’Église orthodoxe ukrainienne, que l’on peut qualifier de discriminatoires, sont devenus plus fréquents. Ainsi, le 28 janvier 2015, les députés du Conseil municipal de Kiev ont exempté d’impôts locaux les organisations religieuses de la ville, à l’exception des communautés de l’Église orthodoxe ukrainienne. Cette décision anticonstitutionnelle et discriminatoire a été annulée par un jugement du tribunal de Kiev le 18 juin 2015. Des cas semblables ont été enregistrés à Ternopol et à Lvov.

Suivant le représentant de l’Église, tandis que les organes du pouvoir central tentent de maintenir une politique religieuse équilibrée, les régions se permettent de nombreux abus de pouvoir. Il s’agit principalement d’occupation d’églises par les fidèles de « l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev », qui s’appuient sur les autorités politiques, les députés locaux, les organisations radicales comme le Pravy Sektor ou Svoboda, voire sur les forces de maintien de l’ordre du bataillon « Ternopol ». A l’heure actuelle, 28 bâtiments cultuels de l’Église orthodoxe ukrainienne ont été occupés, six sont menacés de l’être, les scellés ont été posés sur deux. Quatre autres communautés religieuses ont volontairement changé de juridiction. « Je tiens à préciser, a dit le père Nicolas, qu’il ne s’agit pas d’un changement libre de juridiction tel que le décrit la Loi ukrainienne sur la liberté de conscience et les organisations religieuses. Il s’agit bel et bien d’occupations avec emploi de la force, de la violence ou de la tromperie. Principalement, il s’agit d’églises des régions de Volhynie, de Roven, de Ternopol, de Lvov et de Tchernovtsy. » L’archiprêtre Nicolas a mentionné l’occupation d’une église au village de Katerinovka, dans la région de Ternopol, appartenant à une paroisse de l’Église orthodoxe ukrainienne depuis 1946.

Parlant des pressions et des discriminations subies de part des autorités locales par les fidèles de Katerinovka, l’archiprêtre a constaté que, tandis que la communauté paroissiale a l’usage de l’église, sur la base d’un contrat, les autorités régionales ont décidé que les offices seraient célébrés à tour de rôle avec une autre confession, qui aurait également l’usage de l’église. La communauté a été contrainte d’accepter cette situation. L’affaire a été portée devant les tribunaux.

L’un des principaux abus du pouvoir en place dans cette situation a été la décision de la police d’autoriser les organisations radicales (Pravy Sektor) à participer à la résolution du conflit. Les représentants de l’état « partagent » ainsi le monopole de l’usage de la force légale, réglementé par la looi, avec les représentants de groupuscules d’extrême-droit difficilement contrôlables. Le conflit s’en est trouvé aggravé, tant sur le plan local que sur le plan national. Les autorités, cependant, ne reconnaissent pas cet état de choses.

« Nous sommes donc face à une situation où les autorités protègent visiblement une confession donnée, « l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ». Tous sont égaux devant la loi, mais certains sont plus égaux que d’autres », a conclu le prêtre.

Il a été aussi constaté qu’en défendant ses droits, l’Église orthodoxe ukrainienne ne porte pas atteinte aux droits et aux biens d’autres confessions religieuses. Dans le Donbass, les évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne ont refusé de célébrer dans les bâtiments culturels d’autres confessions passés prises dans le cours des opérations militaires.

Concluant son allocution, l’archiprêtre Nicolas Danilievitch a souligné : « Je n’aimerais pas que les faits que je viens d’exposer soit utilisés par quiconque à des fins de propagande politique. Nous ne pouvons cependant pas nous taire, car les tendances actuelles, dans la vie religieuse en Ukraine, en particulier dans l’ouest du pays, sont alarmantes. Et les tendances, on le sait, sont plus importantes que les faits ».

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Le métropolite de Kiev Onuphre aux habitants du Donetsk : “J’incline ma tête devant vous !” 

Le métropolite de Kiev Onuphre visite la Laure de la Dormition de Sviatogorsk Slaviansk

Le 24 septembre, à la fin de sa visite archipastorale dans le diocèse du Donbass, le métropolite de Kiev Onuphre a visité Slaviansk. Après la liturgie festive à la Laure de la Dormition de Sviatogorsk, le métropolite a visité les skites du monastère, dédiés aux saints Antoine et Théodose de la Laure des grottes de Kiev et à Tous les saints. Ensuite, le primat a prié dans l’ancienne église Saint-Nicolas sur le rocher situé au-dessus du fleuve Donets, puis est descendu dans la grotte où vécut dans l’ascèse saint Jean de Sviatogorsk.
À la fin de sa visite, il a visité la cathédrale de Slaviansk dédiée à saint Alexandre de la Neva. À la porte de l’église, le primat a été accueilli par le métropolite de Gorlovka et Slaviansk Mitrophane, les évêques de la région de Donetsk, le recteur du district de la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Neva, et l’archiprêtre du diocèse de Gorlovka. 

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Entretien fraternel du patriarche Cyrille de Moscou avec le primat de l’Église orthodoxe d’Alexandrie

Le 28 août, le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie a reçu le patriarche d’Alexandrie Théodore II. Le primat de l’Église orthodoxe d’Alexandrie était accompagné de l’évêque Mélèce de Naukratis. Prenaient part à la rencontre le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Athanase, représentant du patriarche d’Alexandrie auprès du patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, l’archiprêtre Igor Yakimtchouk, secrétaire du DREE aux relations inter-orthodoxes.

S’adressant à son hôte, le primat de l’Église orthodoxe russe a dit : « Nous pouvons nous rencontrer, parler cœur à cœur et échanger nos opinions. J’aimerais encore une fois souligner que les relations entre nos Églises sont particulièrement bonnes, ce qui dépend en grande partie de votre personnalité : Vous connaissez bien la Russie, le peuple russe, l’Église russe. Vous aimez notre Église et notre peuple, nous le sentons. »

Soulignant que le Patriarcat d’Alexandrie est une Église missionnaire responsable de tout le continent africain, le patriarche Cyrille a poursuivi : « L’Église russe est aussi une Église missionnaire, aussi bien dans le sens classique du terme, car nous devons apporter la lumière du Christ aux peuples de l’immense continent eurasien qui ne sont pas encore chrétiens, ainsi que dans le sens de la nécessité d’œuvrer à une nouvelle mission parmi les gens qui sont de tradition orthodoxe, mais restent loin de l’Église ou ne sont pas baptisés. C’est, naturellement, la conséquence du lourd passé qui est le nôtre. Pour cette raison, nous fondons actuellement de nouveaux diocèses, regroupons les diocèses en métropoles, y compris en Extrême-Orient, en Sibérie, dans le grand Nord, car ce sont ces régions qui ont le plus souffert des persécutions contre l’Église orthodoxe russe. »

Sa Sainteté a cité l’exemple de la plus grande région de la Fédération de Russie, la Yakoutie, qui comptait 200 paroisses avant la révolution. A la fin des années 1980, il restait une seule paroisse, dont l’église était une maison de bois à demi en ruines. Dans certaines régions de Sibérie et d’Extrême Orient, il ne restait plus une seule église.

« Aujourd’hui, nous ouvrons des centaines de nouvelles missions ; de jeunes et énergiques évêques sont appelés à travailler dans nos nouveaux diocèses, à y exercer un ministère de mission, a raconté le primat de l’Église orthodoxe russe au patriarche Théodore d’Alexandrie. Lorsque je lis des informations sur votre Église, je vois qu’il se produit un peu la même chose sur le continent africain. J’aimerais vous assurer encore une fois que nous sommes solidaires de vos travaux, que nous en comprenant l’importance à une échelle globale, ainsi que leur importance pour toute l’orthodoxie et pour le monde entier. »

Parlant des difficultés et des épreuves que traverse aujourd’hui l’Église russe, le patriarche Cyrille s’est arrêté à la situation en Ukraine. Dans le Donbass, 80 églises ont été soit détruites par des tirs d’artillerie, soit gravement endommagées. Trois prêtres ont été tués, un a été commotionné. Il y a trois jours, les locaux de l’administration diocésaine de la ville de Gorlovka ont subis des tirs. « Tous nos jeunes évêques restent cependant sur place, entourés de leurs ouailles ; ils prient au risque de leur vie ; a témoigné le patriarche. Un évêque passe ses nuits à la direction diocésaine, mais il ne dort pas dans son lit, il se couche sous son bureau, car des tirs peuvent avoir lieu n’importe quand et il pourrait être tué par des débris. Naturellement, ce n’est pas le bureau qui le sauve, mais la miséricorde divine et son propre courage : il est resté avec son peuple. Ces bombes ne sont pas lâchées par l’étranger, mais par l’Ukraine. Nous sommes en présence d’une profonde guerre civile ».

« Aujourd’hui nous avons prié ensemble pour l’Ukraine et le peuple ukrainien », a rappelé Sa Sainteté au patriarche Théodore, précisant que des prières étaient dites pour la paix en Ukraine à chaque liturgie dans toutes les églises.

« Notre Église, à la différence de l’Église gréco-catholique et des groupes schismatiques, ne soutient aucun parti dans ce conflit, car nous avons des fidèles aussi bien à l’est qu’à l’ouest, a constaté Sa Sainteté. Nous estimons que notre mission est une mission de réconciliation. Nous ne pouvons conforter les uns contre les autres. Comme le patriarche Tikhon refusait d’adopter une position ferme dans la guerre civile qui fit rage après la révolution, notre Église orthodoxe ukrainienne refuse aujourd’hui d’adopter une position unilatérale. Nous savons que le patriarche Tikhon a finalement eu raison, et que s’il ne s’en était pas tenu à cette position, on ne sait pas trop ce qu’il serait advenu de l’Église et de l’orthodoxie. C’est pourquoi nous sommes certains que la position actuelle du métropolite Onuphre, de l’épiscopat, du clergé et du peuple est la seule possible. Le peuple ukrainien le reconnaîtra, et le reconnaîtra bientôt. »

« Malheureusement, a constaté avec regret le patriarche Cyrille, ce n’est pas la position des autorités ukrainiennes. C’est pourquoi l’Église orthodoxe ukrainienne canonique fait l’objet d’attentats. Plus de 30 églises ont été investies par des schismatiques. Récemment, un prêtre a été tué de deux balles dans la tête. Une moniale âgée a été assassinée… Notre Église continue malgré tout son témoignage, le seul vrai témoignage de nécessité de la paix et de la réconciliation en Ukraine ».

Le patriarche est revenu sur le récent discours du métropolite Onuphre de Kiev et de toute l’Ukraine, prononcé lors d’une fête officielle. « Je pense que Mgr Onuphre a prononcé devant les autorités un discours prophétique. Il a été la voix de Dieu, et il a dit la vérité sur la nécessité de réconcilier les gens, sur le fait qu’aucune guerre ne permettra de guérir les blessures de ce conflit. J’espère que tous les primats des Églises feront corps avec l’Église orthodoxe ukrainienne, afin que les ennemis de l’Église n’aient pas lieu de croire que les Églises orthodoxes locales soutiennent indirectement le schisme et ne soutiennent pas particulièrement l’orthodoxie canonique. »

La solidarité orthodoxe dans la défense de la vérité, la position apolitique de l’Église sont le seul choix possible et doivent s’étendre non seulement à l’Ukraine, mais à tout autre lieu où est présente l’Église orthodoxe, a affirmé le patriarche Cyrille. « Je vous demande de prier pour le métropolite Onuphre, l’épiscopat, le clergé et les fidèles de l’Église ukrainienne… » a dit le patriarche Cyrille, souhaitant au primat de l’Église orthodoxe d’Alexandrie que Dieu l’aide dans son ouvrage de missionnaire et de pasteur de fidèles de nombreuses nationalités, parmi lesquels des croyants orthodoxes russes.

De son côté, le patriarche Théodore II d’Alexandrie a exprimé sa sincère reconnaissance à son confrère le patriarche Cyrille. « Je suis en Russie en visite non-officielle, mais je m’y sens comme chez moi. Je sens que je me trouve au milieu de gens qui m’aiment et que j’aime. Je connais cette langue, cette culture, et j’y puise des forces. Avant de commencer au mois de septembre une série de voyages sérieux et lointains, j’ai décidé de demander la bénédiction du grand missionnaire, saint Innocent d’Irkoutsk, dont la vie m’a toujours beaucoup touché. Je souhaitais prier les saints Zossime et Sabbace des Solovki, car cela faisait 30 ans que j’étais venu en Russie pour la première fois. »

Parlant de son activité missionnaire, le primat de l’Église orthodoxe d’Alexandrie a remarqué : « Un jour, j’ai rendu visite à un diocèse de Madagascar, et j’ai beaucoup marché. Je me suis aussi beaucoup déplacé en barque, parce qu’il fallait aller à un endroit difficilement accessible. Lorsque le crépuscule est tombé et que la nuit est venue, j’ai ressenti un certain attendrissement et une joie de ce que le Seigneur m’avait trouvé digne de me mettre dans la position d’un apôtre, d’un missionnaire. J’ai ressenti une paix intérieure. Votre Sainteté a pour tâche la mission de rechristianiser son peuple. Vous parlez au peuple en apôtre, comme le prince Vladimir le fit avant vous, afin de réchauffer l’espérance du salut dans les cœurs. Je dois pour ma part annoncer le Christ à des peuples qui n’ont jamais entendu parler de Lui… »

Depuis des centaines d’années, des primats de l’Église d’Alexandrie viennent au Kremlin de Moscou, comme le patriarche Mélèce Pigas, le patriarche Sylvestre. « Ils venaient demander l’aide de l’Église russe, qui ne les a jamais abandonnés dans le malheur. Je pourrais citer aussi l’exemple du patriarche Christophe II, venu assister à l’intronisation du patriarche Alexis I. En signe de cette amitié, je souhaitais assister à votre intronisation. »

« J’ai été touché aujourd’hui de vous entendre prier pour l’Ukraine, – a poursuivi le patriarche Théodore, qui a vécu dix ans en Ukraine. Je connais bien le peuple ukrainien et l’Ukraine, parce que j’ai visité de nombreuses villes, y compris celles qui sont aujourd’hui en guerre. J’ai mangé le pain que mangent ces gens, je me suis arrêté dans leurs humbles maisons. J’ai été dans les monastères, j’ai parlé aux moines, j’ai chanté avec eux. Croyez, Sainteté, que mon cœur souffre. Je connais le vrai peuple ukrainien : il est du côté de l’orthodoxie et reste fidèle à sa mère, l’Église russe. »

Revenu en Ukraine après son intronisation, le primat de l’Église d’Alexandrie exhortait les Ukrainiens à l’unité à l’intérieur de l’Église russe.

« Sainteté, nous ne sommes pas des chefs d’état, nous sommes des hommes de Dieu qui prêchent la paix et l’amour, a dit le patriarche Théodore. J’aimerais vous assurer que l’antique Patriarcat d’Alexandrie, l’Église d’Alexandrie sont fidèles à l’ordre établi depuis l’antiquité : nous soutenons le primat canonique, le métropolite Onuphre. Si vous avez besoin de notre aide à l’avenir, vous pouvez compter sur elle, car notre Église est attachée aux canons. Nous devons respecter et garder l’ordre canonique si nous voulons que le Seigneur nous comble de Son amour. Les hommes politiques viennent et s’en vont, l’orthodoxie et la foi restent. Nous écrivons l’histoire. »

Remerciant de l’hospitalité qui lui a été faite durant son séjour en Russie, le patriarche d’Alexandrie Théodore II a souligné : « Je veux que vous sachiez que je pars demain le cœur empli d’amour et de gratitude ».

La suite de l’entretien a porté sur la situation des chrétiens dans différentes régions du monde, sur la situation dans les pays d’Afrique du Nord. Le primat de l’Église d’Alexandrie a souligné l’importance du rôle de la Russie dans la stabilisation de la situation, l’importance de la solidarité de l’Église russe avec ceux qui souffrent dans différentes régions du monde.

« Je compatis aux épreuves que traversent les peuples d’Afrique du Nord, a dit le patriarche Théodore. Je crois au rôle de la Russie et de l’Église russe, et j’aimerais vous remercier de votre soutien à ma seconde patrie, l’Égypte. Je prie Dieu de vous accorder de nombreuses années, car votre bénédiction donne la joie. »

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À l’occasion du millénaire du trépas du grand-prince Vladimir égal-aux-apôtres, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine a rédigé un message au peuple ukrainien, au sujet de la guerre et de la résolution du problème ecclésial dans le pays

« En 2015 est commémoré le millénaire du trépas du saint grand-prince et égal-aux-apôtres Vladimir. À cette occasion, des solennités auront lieu en Ukraine, tant au niveau ecclésial que gouvernemental. Celles-ci sont appelées à témoigner de la signification de l’héritage du saint gouvernant pour nous, ses descendants, auxquels il a été donné de vivre au turbulent XXème siècle. En 988, le prince Vladimir a fait un choix décisif en faveur du christianisme oriental. Il a adopté lui-même la foi du Christ et a initié le baptême de ses compatriotes. Le baptême a non seulement changé de façon fondamentale la vision du monde du prince Vladimir et sa vie personnelle, mais a eu une influence cruciale sur la vie de toute l’ancienne société russe. C’est précisément du temps du saint prince Vladimir que naquit la culture chrétienne orthodoxe originale et nationale qui, au cours des siècles, a défini la voie historique du peuple ukrainien. 

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Au nom des membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine,
+ Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine.

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Le patriarche de Moscou Cyrille : « Le terrorisme et la violence sont inacceptables, de même que le blasphème »

En disant « non » au terrorisme et à la violence, il faut également dire « non » à la tendance de se moquer des sentiments religieux des croyants, a déclaré dimanche le patriarche de Moscou Cyrille. C’est la première réaction du patriarche aux récents événements en France. Le primat de l’Église orthodoxe russe, le jour de la sainte martyre Tatienne, a célébré la sainte liturgie en la cathédrale du Christ-Sauveur, à l’issue de laquelle il s’est adressé aux fidèles rassemblés pour l’office. « Je pense que pratiquement personne, en cette église, n’a vu les caricatures blasphématoires contre le Seigneur Dieu, la sainte Trinité. Les caricatures du prophète Mahomet sont un enfantillage en comparaison avec ce que cette publication s’est permise en se moquant des sentiments des chrétiens. Aussi, en disant aujourd’hui « non » au terrorisme et aux assassinats, à la violence, nous disons également « non » à la tendance d’un certain groupe de gens de se moquer des sentiments religieux, ce qui ne peut s’expliquer par quoi que ce soit », a déclaré le patriarche. Il ne faut pas associer la compassion envers « les victimes du terrorisme avec la défense et la justification de terribles blasphèmes », a-t-il ajouté. Le primat de l’Église russe a reconnu que dans le monde d’aujourd’hui « la vérité est entrelacée avec le mensonge » et que « des slogans très honnêtes et convenables sont utilisés parfois pour la justification du mal ». Le patriarche a exprimé sa tristesse en ce qui concerne les pertes en vies humaines à l’occasion des événements tragiques en France, ajoutant qu’il était impossible « de ne pas ressentir simultanément de la douleur pour les souffrances en d’autres endroits, où une quantité bien plus grande de gens meurent, lesquels ne sont coupables en rien ». « En premier lieu, j’ai en vue le Donbass, Donetsk et Lougansk, là où aujourd’hui coule le sang de gens qui ne sont coupables en rien », a remarqué le primat de l’Église orthodoxe russe. Abordant l’activité des médias occidentaux qui publient des caricatures offensantes, le patriarche a mentionné qu’en son temps « notre pays est également passé par cette épreuve [allusion aux caricatures antireligieuses soviétiques, ndt], bien que cela ait été peu de choses en comparaison avec ce que se permettent ces gens qui ont offensé profondément les croyants dans le monde entier ». « Je rends grâce à Dieu que notre peuple ne se soit pas laissé tenter par différents types d’idées dangereuses, liées au principe selon lequel, au nom de la liberté de choix dont dispose l’homme, on peut se livrer à n’importe quelle insanité. Non, la liberté se termine là où commence l’insanité, où commence la vulgarité, où commence la débauche, où commence la destruction des normes morales de l’homme » a conclu le patriarche.

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Le président Vladimir Poutine a fêté la Nativité du Christ dans l’église d’un village de la région de Voronej

Le président russe a fêté Noël au village d’Otradnoïé près de Voronej. Il a participé à l’office de la Nativité en l’église locale, dédiée à la Protection de la très sainte Mère de Dieu. L’église qui contient environ 450 paroissiens, était pleine. À l’office ont pris part les élèves d’un orphelinat qui a été ouvert auprès de l’église. Après l’office, Vladimir Poutine a souhaité bonne fête aux paroissiens. Il a également remercié le recteur de l’église l’archiprêtre Gennade Zaridzé qui a fourni de nombreux efforts pour restaurer cette église et pour l’orphelinat. Le président a également visité la maison paroissiale. Pendant toute la période de la crise ukrainienne, 980 personnes ont vécu ici, venues du Donbass. « C’est un abri de type familial… Actuellement, 44 personnes de Lougansk y vivent, et encore 48 autres réfugiés » a déclaré le père Gennade, qui a fait visiter les chambres et la cantine. Le président a remercié le recteur pour la restauration de l’abri et a fait cadeau à l’église d’une icône représentant le Seigneur Tout-Puissant. La construction de l’église a commencé en 1893 et a duré huit ans. En 1930, l’église a été fermée, puis utilisée ensuite comme grenier à blé. La restauration de l’église a commencé en 1991.

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Interview du supérieur de la laure de la Dormition de Sviatogorsk (Ukraine) qui abrite environ 500 réfugiés et nourrit jusqu’à 4000 personnes par jour

Monseigneur, dites-nous quelle est la situation maintenant sur le territoire de la laure de Sviatogorsk ? Nous savons que vous avez accueilli les personnes déplacées, des femmes, des enfants. Nous savons aussi qu’il y a beaucoup de réfugiés dans la ville voisine de Sviatogorsk. De quoi ces gens ont-ils besoin, comment pouvons-nous les aider ?

– Notre ville est très petite, à peine 3500 habitants. Étant donné que celle-ci, encore à l’époque soviétique était une ville thermale, de nombreuses pensions, établissements de repos, maison de santé pour enfants y ont été construites. Lorsque les combats ont débuté dans le Donbass, nous avons commencé à accueillir des réfugiés sur le territoire de la laure, et la ville a suivi. Аu plus fort des combats, environ 30.000 personnes se sont réfugiées dans la ville, et près de 800 personnes à la laure. Il y a maintenant, selon les chiffres officiels 11.200 réfugiés dans la ville de Sviatogorsk, tandis qu’environ 500 personnes, dont 100 enfants, vivent à la laure, dans l’hôtellerie destinée aux pèlerins. Il y a eu des moments où la Laure nourrissait de 3.000 à 4.000 personnes chaque jour. Actuellement, hormis les gens qui vivent à la laure, nous nourrissons d’autres défavorisés, ces réfugiés qui sont dépourvus du strict nécessaire. Nous disposons de dix lieux d’accueil dans la ville de Sviatogorsk, dans chacun desquels vivent en moyenne jusqu’à 200 personnes, nous y apportons régulièrement des produits alimentaires. Dieu soit loué, le maire de la ville Alexandre Ivanovitch nous aide. Nous avons avec lui une parfaite entente, nous nous efforçons de nous occuper de ces gens. Je veux encore remercier sincèrement Mgr Syméon du diocèse de Vinnitsa pour son attitude fraternelle et son amour envers les gens. Bien sûr, notre assistance ne serait pas aussi efficace, si des dons ne nous parvenaient du pays entier. Car ce sont les gens les plus démunis qui se sont installés à la laure : des invalides depuis l’enfance, des mamans avec des petits enfants, il y a des grand-mères très âgées, dont une a 95 ans… Les réfugiés qui disposent de quelque assistance financière, peuvent vivre dans des appartements locatifs, ils peuvent acheter eux-mêmes les produits alimentaires. Mais chez nous vivent les gens qui n’ont pas le strict minimum : produits alimentaires, vêtements. Nombreux sont qui ont en outre besoin de médicaments. Je rends grâce à Dieu, que de nombreux diocèses ont fait écho aux demandes d’aide. Celle-ci nous parvient non seulement du territoire de l’Ukraine, mais de tous les endroits où vivent des orthodoxes. Comme le dit le proverbe « c’est dans l’adversité que l’on connaît ses amis ». Lorsque le malheur s’est produit, des dons nous sont parvenus du diocèse de Rovno, d’Oujgorod, de Volhynie, de Dniepropetrovsk, de la région de Kharkov, d’Odessa, de Vinnitsa. Tant le patriarcat que les diocèses métropolitains et les diocèses orthodoxes à l’étranger, personne n’est resté indifférent à notre malheur. Nous nous efforçons de faire tout ce qui est possible afin d’aider les gens à oublier le plus vite possible les horreurs de la guerre – les bombardements, la perte de leurs proches, la faim. Certains enfants ont perdu la parole suite aux bombardements. Il arrivait ici que les enfants sautent sous leur lit lorsque quelqu’un claquait trop fort la porte. Des réfugiés arrivaient de Lougansk, nous les logions dans des chambres au premier étage et ils nous disaient : « Serait-il possible de nous installer dans la cave ? Nous ne pourrons pas nous endormir, ce sera plus calme pour nous dans la cave ». C’est un exemple du stress que ressentaient les gens. Tant les moines que les réfugiés et les pèlerins travaillent ici. En outre, la communauté monastique persévère dans la prière, prie pour la paix dans notre patrie. Tous les jours, la communauté lit l’acathiste à la Protection de la Mère de Dieu devant l’icône miraculeuse de la reine du ciel, dite de « Sviatogorsk ». Au skite de Tous-les-saints, la communauté lit nuit et jour le Psautier pour les vivants et les morts. La laure accomplit un exploit dans la prière, la vertu, mais je le répète à nouveau : nos aspirations resteraient de simples aspirations sans l’aide concrète des autres personnes. Les gens font des dons et nous, nous les distribuons seulement, nous réalisons les souhaits des gens d’aider les réfugiés qui se trouvent maintenant sur le territoire de la laure de Sviatogorsk. Je souhaite encore transmettre des paroles de gratitude à tous ceux qui ont participé dans cette action. Que le Seigneur montre en exemple l’élan généreux de vos cœurs, de vos âmes, à vos enfants et petits-enfants ! Que plus jamais on entende dans vos familles des mots tels que « guerre », « mort », faim », « destruction », « malheur », « chagrin » ! Que pour votre charité le Seigneur accomplisse les mots « Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde ». Notre patrie se trouve maintenant sur la balance de la justice de Dieu. Aussi, nous devons faire le bien immanquablement.

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Source (avec photographies)

Le patriarche Cyrille de Moscou : « Nous sommes tous liés spirituellement à la terre ukrainienne »

Le 23 décembre, dans la salle des assemblées ecclésiastiques de la cathédrale du Christ-Sauveur, sous la présidence du patriarche de Moscou Cyrille, qui est l’évêque diocésain de la capitale russe, a commencé la réunion diocésaine de Moscou. En ouvrant la réunion, le patriarche de Moscou Cyrille a abordé la situation en Ukraine : « Je considère nécessaire, aujourd’hui, de renverser l’ordre traditionnel de mon rapport et, avant tout, de parler sur ce qui est le plus important et le plus actuel – la situation en Ukraine ». « C’est avec douleur que nous continuons à suivre les événements qui se produisent sur la terre ukrainienne aimée par nous tous, avec laquelle de très nombreux clercs de Moscou sont liés par le sang, étant ukrainiens. Mais également ceux qui ne sont pas liés par le sang à la terre ukrainienne, lui sont liés spirituellement » a souligné le Primat de l’Église orthodoxe russe. « Pour nous tous, la laure des Grottes de Kiev est la source de la vie monastique. Quant à Kiev, c’est le lieu du baptême de la Russie. La grande tradition de l’orthodoxie en terre ukrainienne est très importante pour la compréhension de toute l’histoire de l’Église orthodoxe russe (…) Aujourd’hui, nous voyons les pertes en vies humaines et les souffrances, la destruction des villes, la haine parmi ceux qui encore hier étaient amis et frères » a continué le patriarche. « Parfois, cette division traverse les familles. On m’a raconté des situations dramatiques, lorsque s’affrontent les parents les plus proches, qui se trouvent de différents côtés de la barricade ». « Les attaques croissantes contre l’Église, qui vont jusqu’au transfert par la force d’églises aux schismatiques, jusqu’au passage forcé dans des structures non canoniques ou encore jusqu’à la construction avec eux et les gréco-catholiques [uniates] d’une certaine « Église locale unique », comme s’il n’y avait pas en Ukraine une telle Église », a relevé le primat. À ce sujet, le patriarche a souligné qu’une telle Église existait en Ukraine depuis le moment du baptême [de la Russie] à Kiev, et aujourd’hui l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou constitue la seule Église reconnue par l’ensemble du monde orthodoxe, et pour cette raison les tentatives de créer une quelconque « Église locale » constituent une « très profonde erreur doctrinale et canonique ». « Le diable fait des hommes des ennemis, précipitant le monde, ce faisant, dans l’abîme de la guerre et des souffrances. Je vous appelle à vous rappeler de cela, non seulement lorsque vous parlez depuis l’ambon de l’église, mais même en parlant avec des proches. Il faut clarifier la position de l’Église qui, malheureusement, n’est pas comprise et partagée par tous dans notre société. Nous devons faire attention à nos paroles, nous rappelant que celles-ci peuvent être une goutte d’huile dans le feu de la guerre civile, elles peuvent aggraver la situation de nombreuses personnes, voire même de toute l’Église » a ajouté le patriarche. « Pensons et prions pour trouver les paroles pleines d’amour chrétien pour ceux qui souffrent des horreurs de la guerre et pour ceux qui, sans qu’on leur ait demandé leur avis, sont appelés à l’armée, au service militaire » a exhorté le primat. « Tant les vainqueurs que les vaincus sont des victimes de la guerre fratricide, les morts comme les survivants, ils ont tous connu l’horreur de la guerre et de l’homicide » a souligné encore le patriarche. Avec la bénédiction de celui-ci a été effectuée une quête à Moscou, cette année, pour aider les réfugiés des territoires victimes du conflit armé dans le Donbass. Dans son rapport, le patriarche a annoncé que 57.650.000 roubles ont été récoltés dans les églises de Moscou pour l’aide aux réfugiés. Le patriarche a également remercié le département synodal des œuvres caritatives et du service social pour l’aide humanitaire à grande échelle destinée aux réfugiés ukrainiens. « J’ai reçu chaque semaine des rapports sur ce travail, et ils ont produit sur moi une impression très positive » a dit le patriarche, « le travail est bien organisé, structuré. Il existe une méthode très compréhensible pour tous de réalisation des actions humanitaires ». « Je suggère que nous continuions de travailler de cette façon à l’avenir, parce que beaucoup dépend de ce travail, dont la capacité de l’Église à venir en aide efficacement aux souffrances et aux malheurs de nos proches », a conclu le primat.

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Ukraine : le pillage d’églises orthodoxes continue dans les diocèses de Sumy et de Sarny

Le 19 décembre, le jour de la fête de saint Nicolas, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul du hameau de Klesov, dans la région de Sarny, a été pillée. C’est déjà le quatrième cas de profanation des saints lieux et objets de Polésie au cours de ces derniers jours, et le septième durant les deux semaines de décembre, selon les informations communiquées par le service de presse de l’Église orthodoxe d’Ukraine. En outre, dans la seule nuit du 18 décembre, trois églises ont été pillées en même temps : l’église Saint-Georges du village de Kroutaïa Sloboda du district de Rokitnoïé, l’église de la Sainte-Trinité du village d’Osnitsk, dans le même district, et l’église de la Protection de la Mère de Dieu du village de Kourgana, du district de Bereznovsky en Polésie. Le métropolite de Sarny et Polésie Anatole, administrateur du diocèse, mentionne que ces pillages et profanations d’églises dans ledit diocèse « ne sont pas seulement des délits, mais aussi des actes de vengeance dirigés contre l’Église orthodoxe d’Ukraine ». Rappelons que, ces derniers temps, les attaques contre les églises du diocèse de Sumy se sont multipliées. Comme l’ont communiqué les recteurs des églises dans leurs rapports destinés à l’évêque diocésain, les églises de l’Exaltation de la Croix et de l’Entrée au Temple de la Mère de Dieu à Sumy ont été pillées dans la nuit du 14 au 15 décembre et dans celle du 15 au 16 décembre. Les malfaiteurs ont forcé les portes d’entrée et ont volé les fonds collectés pour aider les habitants du Donbass, ainsi que certains objets liturgiques. Au cours des cinq derniers mois, huit délits semblables ont été commis dans les églises orthodoxes de la région de Sumy. Le diocèse ne dispose d’aucune information au sujet de la recherche des malfaiteurs.

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Interview de l’archevêque de Gorlovka Mitrophane au sujet de la situation dans l’Est de l’Ukraine

L’archevêque de Gorlovka Mitrophane (Église orthodoxe d’Ukraine) a donné l’interview suivante au site russe pravmir, le 8 décembre, au sujet de la situation de l’Église orthodoxe dans l’Est de l’Ukraine.

Monseigneur, votre diocèse se trouve depuis des mois au centre des tirs d’artillerie, c’est la guerre. Que vous semble-t-il le plus important maintenant dans votre ministère, votre ministère épiscopal ?

– Je ne voudrais pas parler seulement du ministère d’un évêque, comme cela est posé dans votre question, parce qu’il n’y a pas qu’un seul évêque dans le Donbass. Nous avons six évêques dans cette seule région, qui y exercent leur ministère et qui ne sortent jamais. Mais il y a encore la région de Lougansk, où exercent trois évêques. Il y a encore au Donbass des centaines de prêtres. Bien sûr, il y a ceux qui sont partis, mais la majeure partie est restée. Aussi, parler du ministère d’un homme quelconque serait inopportun. C’est toute l’Église qui exerce son service. La guerre, ce ne sont pas seulement pas les explosions, les tirs, les bombardements. Ce sont encore des villes vides, des infrastructures détruites, des communications hors d’usage, des voies de communication interrompues. Même les membres d’une même famille, se trouvant dans des villes voisines, perdent la possibilité de communiquer entre eux, parce qu’il y a là des barrages routiers, des couvre-feux dans les zones de combat. Ce sont encore des familles divisées en deux, qui ont des points de vue différents sur les événements. La guerre, c’est l’absence des choses élémentaires auxquelles nous sommes tous habitués : il n’y a pas de lumière, pas d’eau, pas de salaires payés depuis plusieurs mois, des queues pour le pain et la recherche de ce qui est le plus nécessaire. La guerre, c’est encore le désespoir dans les yeux des gens, qui ne voient plus l’avenir et ne savent pas comment tout cela finira. Ce sont des milliers de réfugiés qui ont abandonné leurs foyers, pour trouver refuge en-dehors des zones de combats, et qui recommencent leur vie à zéro dans leur nouveau lieu de résidence ou encore ceux qui vivent dans des camps de réfugiés. Ce sont les usines et les entreprises abandonnées, ce sont les gens qui ont perdu leur travail et leur pain quotidien et ne savent pas comment ils continueront à vivre, et beaucoup, beaucoup d’autres choses encore. Il est compréhensible que dans cette situation extrême, le nombre des gens qui cherchent le soutien dans les murs des églises, est très grand. Et il est aujourd’hui plus que jamais important qu’au moment où l’homme s’adresse à l’église, recherche le soutien, le prêtre soit là, et que lui-même ne soit pas découragé, afin que par sa parole, sa prière, son office liturgique, voire même les traits de son visage, il puisse fournir à ces gens un certain soutien. Aujourd’hui, il n’est certainement pas nécessaire que le prêtre tente d’éditer un journal ou s’occupe d’un site internet, ou se rende encore quelque part pour témoigner de quelque chose ou organiser quelque fête. Dans nos conditions, il est suffisant qu’il reste simplement à sa place, communique avec les gens et qu’il les aide, et ce sera déjà, de mon point de vue, un acte missionnaire d’une force énorme. Il ne faut pas abandonner les gens à leur sort et, lorsqu’il se trouve à leurs côtés, le prêtre peut aider beaucoup d’entre eux, en commençant par les simples problèmes quotidiens, par exemple nourrir les nécessiteux dans la paroisse avec l’aide des paroissiens, avec les possibilités qui sont à sa disposition. Toutes les paroisses ne peuvent pas se le permettre, mais les prêtres dans une partie de celles-ci s’en occupent. Ils aident les gens qui se sont retrouvés dans la situation la plus difficile, par exemple dans un hôpital psychiatrique. Tout le monde les a oubliés, mais le prêtre se rend sur place, aide les médecins, les infirmières qui sont restés là pour s’occuper des malades, tout simplement parce que leur conscience ne leur permet pas de les abandonner. Tout ce qu’il faut faire déjà en temps de paix est d’autant plus nécessaire maintenant. Et, c’est bien sûr le principal, ne pas tomber dans le désespoir parce que lorsque la guerre dure une ou deux semaines, beaucoup sont prêts à le supporter, mais lorsqu’elle perdure pendant des mois et que sa fin ne paraît pas à l’horizon, la situation devient plus complexe, il faut plus de forces, de courage et de patience. C’est un peu comme les maux de dents : si cela fait mal un jour ou une semaine. L’homme, lorsqu’il a mal à une dent pendant une journée, ne va pas encore chez le stomatologue, il ne peut s’y résoudre, ne veut pas se faire arracher la dent, mais lorsque cela dure une semaine, il pense que peu importe qu’on lui arrache la dent, pourvu qu’il ne souffre plus. C’est un peu ce qui se passe avec l’homme lorsqu’il doit supporter la guerre un seul jour ou longtemps. Tous veulent voir se dégager une certaine perspective. Mais le prêtre doit être près des gens lorsqu’ils sont en situation difficile.

Il y a encore un an, il était impossible d’imaginer que ce serait la guerre et qu’elle serait si terrible et fratricide. Qu’est-ce qui peut aujourd’hui, à votre avis, arrêter l’effusion de sang ?

– Ce n’est pas au clergé qu’il faut adresser cette question. Peut l’arrêter celui qui l’a commencée. Naturellement, ce n’est pas l’Église qui l’a commencée. D’une façon globale, nous savons comment arrêter la guerre : cesser de tirer, se pardonner mutuellement, revenir au point où tout a commencé, renoncer à tout ce qui est inacceptable pour les deux côtés, que chacun soit prêt à faire de grandes concessions. Tout cela est compréhensible pour n’importe quel homme sensé.

Que pensez-vous, qui est prêt aujourd’hui à entendre la voix de l’Église ? Et y a-t-il un sens à parler si ceux qui font la guerre ne sont pas capables d’entendre ? Quel est le devoir du pasteur pendant la guerre ?

– Aujourd’hui, l’Église ne peut arrêter la guerre, mais elle peut encourager à ce que la guerre s’arrête, s’adresser aux gens desquels cela dépend. L’Église peut aider les gens qui ne participent en rien aux affrontements, mais qui en souffrent fortement. Cela vaut-il la peine de parler de la paix, de la cessation de l’effusion de sang ? Bien sûr, cela vaut la peine. Même si l’on ne vous écoute pas, même s’il semble que cela n’est nécessaire à personne, il faut dans tous les cas témoigner dans ce sens. Mais l’Église ne fait pas que parler, l’Église demande encore cela à Dieu. Chaque jour, lors de chaque office, nous introduisons une prière pour la paix, pour la cessation de l’effusion de sang. Des prières particulières pour les défunts résonnent lors de chaque office, parce qu’il y a chaque jour de nouvelles victimes des affrontements. Si tout dépendait de l’Église, il n’y aurait pas de guerres en général. Si l’on écoutait l’Église, il n’y aurait pas d’effusion de sang, pas de guerre, pas de violences. Si nous accomplissions les commandements Divins et vivions selon eux, on pourrait certainement dire que ce serait le paradis sur terre. C’est précisément parce que l’homme, à un certain moment, renonce à faire la volonté de Dieu, qu’il commence à faire la volonté mauvaise de quelqu’un d’autre et se livre à ses propres passions, et nous en voyons le résultat. Nous ne cesserons pas de prier, d’aider les gens qui ont besoin de notre aide, dans la mesure de nos forces. Je ne vois pas de sens au fait de délivrer quelque message public, alors que tout a déjà été dit depuis longtemps, et plus d’une fois. Personne ne nous le demande, personne ne demande notre conseil, personne ne vient à nous pour nous dire : nous suivrons vos conseils, tout ce qui nous intéresse est que la guerre s’arrête. C’est pourquoi nous faisons ce que nous pouvons faire.

Que demandent aujourd’hui les fidèles ? Qu’est-ce qui trouble les gens ? De quoi parlez-vous avec les paroissiens ?

– De tout. Beaucoup veulent connaître la date exacte de la fin de la guerre. Malheureusement, je n’ai pas de réponse à cette question. Tous veulent absolument voir la lumière au bout du tunnel. Je réponds qu’il ne faut pas imaginer de dates. On ne peut dire que tout se terminera la semaine prochaine ou le mois prochain, alors que rien ne cesse, et c’est alors le désespoir qui grandit. Enfin, tous voudraient commencer à penser à quelque chose d’autre que la guerre et la façon de survivre dans ces conditions. Les questions purement existentielles, les questions de survie, apparaissent aujourd’hui au premier plan, et nous nous efforçons à aider les gens comme nous pouvons. Bien sûr, on peut, dans les conversations, se poser la question de savoir qui est coupable, qui a commencé le premier, qui a raison, comment arrêter tout cela, mais on pourrait en parler infiniment. On ne peut maintenant plus trouver, ni qui a raison, ni qui est coupable, parce que le conflit a trouvé des dimensions aussi vastes que beaucoup de gens s’y sont trouvés entraînés, il y a beaucoup de victimes qui ont déjà des « comptes » personnels à régler et qui ne parlent plus de cela de façon abstraite. Naturellement, il faut beaucoup de patience,

Vous rappelez-vous le premier jour lorsque vous vous êtes trouvés sous les tirs ?

– Pour moi, la guerre n’a pas commencé à Gorlovka, mais à Slaviansk. Le premier jour de la guerre, je suis allé à Slaviansk, parce que le recteur de la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Neva m’avait appelé au téléphone et dit que près de l’édifice se trouvait une énorme quantité de gens qui demandaient de les laisser entrer. Les gens craignaient que l’armée arrive et ne procède à un massacre, et ils pensaient que dans une église, on ne les toucherait pas. Le recteur ne savait que faire et je lui ai dit que bien sûr, il devait laisser entrer les gens dans l’église où ils resteraient tant que cela serait nécessaire. Arrivé à Slaviansk, j’ai vu que tous les habitants de la ville étaient dehors, que les hélicoptères volaient au-dessus de la ville. Il n’y avait pas encore d’affrontements armés ce jour-là, ils avaient lieu quelque part dans la périphérie de Slaviansk. Là, il y avait des escarmouches, il y avait des morts, bien que dans la ville même il n’y ait pas eu encore de tirs. Mais c’est précisément le premier jour que l’émotion a commencé à déborder, et il était très difficile de donner une juste mesure à ce qui se produisait, comprendre que la limite au delà de laquelle se trouve le sang et le meurtre était dépassée. J’ai entendu aussi les premiers tirs d’artillerie à Slaviansk lors de l’une de mes visites suivantes, quand la ville se trouvait régulièrement sous les tirs. Aussi étrange que cela puisse paraître, après que l’on ait compris qu’il s’agissait d’une véritable guerre et que personne n’épargnerait personne, que tout était sérieux, c’est devenu plus facile.

Dans de tels moments critiques et décisifs, les gens, habituellement, se révèlent. Et souvent du bon côté, du côté héroïque… Pouvez-vous raconter de tels cas, dont vous vous rappelez ?

– Je le raconterai après la guerre. En réalité, nous ne trouvons pas sur la première ligne et nous ne participons pas directement aux affrontements. C’est là que l’héroïsme se manifeste principalement.

On entend dire souvent que la guerre en Ukraine, c’est une guerre sacrée, en quelque sorte une bataille de Koulikovo [bataille entre les Mongols et les Russes, au XIVème s., ndt]… Les combattants des deux côtés racontent qu’ils se confessent et communient… Comment pouvez-vous commenter cela ?

– Cela a toujours été ainsi dans notre vie, mais pendant la guerre, tout simplement, cela se fait plus remarquer. Prenez une paroisse où tous se confessent et communient, mais il y a deux camps qui se forment parmi les paroissiens pour quelque raison et ceux-ci ne se parlent plus. Il m’est arrivé d’assister à ce genre de situation, de déterminer pourquoi cela s’était produit. Ou encore dans la famille, on se confesse et on communie et puis on ne se parle plus. Lorsque la guerre a éclaté, nous avons découvert soudain un phénomène intéressant : il y a d’un côté des gens qui s’appellent « l’armée orthodoxe », avec pour emblème sur le drapeau, la « Face [du Christ] non faite de main d’homme », et qui se signent, portent une croix. Probablement, ils se confessent et communient. De l’autre côté, « La centurie de Jésus-Christ ». Également avec un drapeau, également avec la représentation du Christ, et sur leurs armes est portée d’inscription « Dieu est avec nous ». Ces gens se tuent mutuellement avec plaisir, tirent avec les armes automatiques, au canon. La « centurie de Jésus-Christ » contre « l’armée orthodoxe », et le diable rit de tout cela. Bien sûr, le Seigneur ne peut se réjouir de cela, et cela ne peut en rien être lié au fait que l’homme se confesse et communie. À mon avis, cela se produit lorsque l’homme place son propre système de valeurs au-dessus des commandements Divins. Certains sont prêts, après s’être confessés et avoir communié, à tirer sur leurs frères qui, peut-être, diffèrent d’eux quant aux opinions. Pour les autres, c’est la même histoire, mais à l’envers. Si dans notre système de références, les commandements de Dieu et l’Évangile étaient à la première place, et si nous déterminions nos actes de cette façon, alors les chrétiens n’auraient jamais à tirer les uns sur les autres. Cela aurait été tout simplement impossible, parce que le Seigneur a dit : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres». Mais, dans le système de références que l’homme s’imagine lui-même, la confession et la communion sont présents, mais il les placent à je ne sais quel endroit qui ne détermine absolument pas les actes, les valeurs de la vie. Nous n’avons pas appris à mettre Dieu au centre de notre vie, nous d’avons pas appris à déterminer nos actes selon Ses commandements, bien que certaines traditions chrétiennes sont entrées dans notre vie, raison pour laquelle il nous semble que nous sommes chrétiens. Mais quel que soit le drapeau que tu portes, quelle que soit le nom dont tu t’appelles, ce n’est pas lorsque tu t’accroches à une symbolique que tu es chrétien, mais lorsque tu vis selon la volonté Divine. « Ce n’est pas quiconque me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux », cela a toujours été ainsi. Regardez autour de vous : c’est ce qui se passe en temps de paix, mais en temps de guerre, cela prend des formes monstrueuses.

Ces derniers temps, de nombreux prêtres ont quitté l’Ukraine, tant les territoires où se déroule le conflit que des endroits plus calmes. Que pensez-vous de cela ? Le prêtre peut-il abandonner ses fidèles ? Peut-on dire qu’il s’agit de causes justifiées en raison des circonstances exceptionnelles ?

– Lorsque l’homme se marie, le prêtre lui fait faire trois fois le tour du lutrin avec la fiancée. On chante « Réjouis-toi Isaïe », « Saints martyrs », « Gloire à Toi, Christ Dieu ». Avant le mariage est accompli le rite des fiançailles, on glisse l’anneau sur le doigt du fiancé et de la fiancée. Ensuite, lorsque le jeune homme veut devenir prêtre, il enlève l’anneau, et on lui fait faire le tour de l’Autel trois fois. Il n’abandonne pas la famille, mais c’est pour lui le mariage avec l’Église. On le mène trois fois autour de l’Autel, de la même façon qu’on l’avait fait autour du lutrin pour le mariage, il fait des prosternations à terre, demande à Dieu et à l’évêque qu’on le fasse prêtre de l’Église, afin de servir celle-ci, afin de s’unir à elle pour toujours par l’union de l’amour. Maintenant, imaginez-vous le jeune homme dont la femme est tombée malade, gravement malade ou encore qui a été accidentée. Il est jeune, avec des perspectives d’avenir, il est intéressant, beau, fort. Pourra-t-on le justifier s’il abandonne sa jeune femme et se trouve une autre famille, avec laquelle sa vie sera intéressante, gaie et pleine de santé ? Et que la femme malade règle elle-même ses problèmes ! De quelque façon que vous appeliez ce procédé, comment semblera-t-il aux yeux des autres gens ? Et pourquoi le prêtre doit-il se trouver dans une paroisse quand tout va bien, quand il a des fidèles, l’amour et le respect de l’entourage, quand il y a des perspectives, un certain avenir, des revenus, et abandonner ses fidèles lorsqu’ils sont malades, lorsque leur vie est difficile, lorsqu’ils ne vont pas bien ? Peut-on le comprendre et le justifier d’une quelconque façon ? L’homme fait son choix lui-même. En tant qu’évêque, je ne peux pas obliger un prêtre à faire tel ou tel choix. S’il abandonne la paroisse, part avec sa famille quelque part, c’est son affaire, mais je ne peux accepter un tel acte. À mes yeux, c’est un acte incorrect, il n’y a rien qui puisse le justifier. Je suis certain que le prêtre doit être toujours avec ses fidèles, en toutes circonstances. Nous ne pouvons nous imaginer qu’un capitaine abandonne le navire et en rejoigne un autre avec une chaloupe et laisse les gens se noyer. Il y a eu de tels cas, mais c’est une honte pour le capitaine. On ne peut s’imaginer qu’un homme normal abandonne sa femme malade, ses enfants, cela est inacceptable. Il restera avec eux jusqu’à la fin, s’en occupera, aidera, et c’est en cela que consistera son amour, sa foi, son exploit, sa patience. Et pourquoi le fait de rester avec ses fidèles doit être quelque chose de surnaturel ou d’exceptionnel pour le prêtre ? Est-ce que le commandant peut abandonner son régiment au moment des affrontements ? Pourquoi le prêtre devrait-il abandonner ses fidèles ? Il faut en finir avec ce pathos. C’est ainsi que les choses doivent être et c’est tout, il n’y a rien à discuter, et il est affligeant qu’il y ait chez nous d’autres exemples. La majorité du clergé, et j’en suis reconnaissant à Dieu, partage avec leurs familles et leurs enfants tout ce qu’ont dû subir leurs fidèles et leurs paroissiens. Je pense qu’ils agissent correctement.

Il semble que l’on exerce maintenant une sorte de pression sur les évêques pour qu’ils signent une lettre réclamant une Église autonome en Ukraine. À qui profite le schisme ?

– Le schisme peut être profitable à n’importe qui, mais certainement pas à l’Église elle-même, ni aux fidèles, ni au clergé, ni aux gens croyants. En Ukraine, la question du schisme a été artificiellement inoculée à l’aide des politiciens, ce n’était pas un mouvement interne à l’Église. Il y avait des gens qui, pour une raison ou une autre, se trouvaient hors de l’Église. Et il y avait des politiciens qui soutenaient activement leur mouvement dans le sens du schisme. Rien ne se serait produit si Kravtchouk n’avait pas en son temps soutenu Philarète. Et les motifs n’étaient en rien religieux, cela n’a pas été fait pour le bien de l’Église. Et aujourd’hui je ne vois pas que pour le bien de l’Église il faudrait que quelqu’un se sépare de quelqu’un d’autre. C’est à nouveau ce à quoi appellent les politiques, et le mémorandum dont nous avons entendu parler récemment n’est pas un document interne de l’Église. C’est dès le début la tentative d’organiser une pression sur l’évêque diocésain, en lui enlevant des églises par la force sur son territoire canonique, et ensuite lui poser un ultimatum : si tu ne signes pas le document, on continuera à t’enlever les églises. Dans de telles conditions, peut-on en général signer, de quoi est-il question ? Je pense que les gens qui tentent d’utiliser la situation politique donnée pour aggraver le schisme, ne parviendront en fin de compte à rien et ce pour une simple raison : le temps remet les choses en place et les gens comprendront eux-même. Il m’est arrivé qu’un soldat m’arrête à un poste de contrôle, me posant cette question : pourquoi ne vous joignez-vous pas au patriarcat de Kiev ? Je lui ai raconté ce que faisaient le clergé et les fidèles pour ne pas faire durer, dans cette situation difficile, la haine et l’hostilité, mais au contraire de créer la possibilité de parler d’une certaine réconciliation. Et il m’a accusé d’accomplir une activité subversive, d’être opposé à l’unité du pays, à l’unité de l’Ukraine. Je lui ai dit : bien, alors explique-moi pourquoi, sur le territoire du diocèse de Gorlovka, on ne s’est pas emparé des églises du patriarcat de Kiev, ni des églises gréco-catholiques ? Au contraire, à la demande de notre Département synodal pour les affaires ecclésiastiques extérieures, nous demandons régulièrement que l’on libère le prêtre gréco-catholique ou le pasteur des adventistes du septième jour, ou encore nous intervenons pour que le bâtiment qui a été enlevé à celui-ci lui soit rendu afin qu’ils puissent se réunir et prier. Lorsque même on nous a proposé de nous emparer par la force d’un édifice, nous avons refusé consciemment. Pourquoi ? Parce que l’Église [orthodoxe d’Ukraine] ce ne sont pas seulement les orthodoxes qui vivent ici. L’Église orthodoxe est aussi à Lvov, à Ternopol et à Kiev. Si nous nous permettons de saisir des églises ici, pourquoi alors les représentants des autres confessions ne pourraient-ils pas s’emparer de nos églises en Ukraine occidentale ? C’est-à-dire que, nous trouvant dans les zones de combats, nous pensons plus à l’unité du pays que ceux qui sous son drapeau s’emparent des églises et forcent à signer un certain mémorandum. Le soldat n’a pu rien répondre, et j’ai pu reprendre tranquillement la route. En réalité, nous ne nous permettons pas l’emploi de la force pour résoudre tous les problèmes religieux possibles, cela est sans perspectives. On ne peut employer la force dans cette situation. Le temps viendra où tout retournera à sa place. Supposons que je m’empare aujourd’hui d’une église du Patriarcat de Kiev. C’est la situation à laquelle je fais face à Gorlovka ; notre église, que nous avons construite sur un terrain vacant, que nous avons aménagé avec une place de jeux pour les enfants, a brûlé suite à deux tirs directs. Au début, l’église a subi les tirs, et quelques jours après, elle a été entièrement détruite. Non loin de là se trouve l’église du patriarcat de Kiev, il n’a été touché par aucun projectile, personne ne l’attaque. Il y aussi, près de la Direction de l’aviation civile, une église gréco-catholique, qui elle aussi n’est attaquée par personne, personne ne fait valoir sur elle ses droits. Nous le faisons en connaissance de cause. Nous encourageons à ce qu’il n’y ait aucune action visant à s’emparer des églises et harceler les gens qui veulent prier là-bas. Et si tout le monde pensait de cette façon, il est probable que les gens qui fréquentent les églises seraient à même de décider eux-mêmes comme ils veulent vivre. Si les politiciens ne se mêlaient pas des affaires ecclésiastiques, l’Église aurait surmonté elle-même le schisme. Nous en avons la force, les moyens et le souhait mutuel, nous avons aussi de la patience. Et nous voyons aujourd’hui que la politique se manifeste à la première place et que les politiciens tentent d’utiliser l’Église comme un instrument. Cela, nous ne le voulons pas.

La division, l’affliction, l’agression, l’éclatement en camps hostiles, comment surmonter cela, comment faire revenir une disposition pacifique dans les esprits et les cœurs des gens ? Si cela est toutefois possible…

– Pour cela, il faut du temps. Et il ne faut pas faire les fautes qu’ont commises les politiciens. Il ne faut pas transposer dans le milieu ecclésiastique le conflit qui existe dans l’État. Le clergé doit comprendre que la guerre finira, mais que la vie continuera, il faudra parler aux gens qui se trouvaient des deux côtés des barricades. Il faudra avoir l’autorité pour y parvenir, et pour cela il est indispensable que l’Église ne s’implique pas dans cette histoire militaire, qu’elle ne devienne pas part au conflit. Il faut que le prêtre ne perde pas la capacité d’être pasteur pour quel côté que ce soit du conflit et accomplisse en premier lieu ses devoirs pastoraux. La patience, le temps, la prière et le fait que l’Église est restée à sa place, n’a pas succombé à la tentation de devenir l’une des parties au conflit, sont les conditions pour que commence la paix, et nous sommes tenus à conserver ces conditions. Quant à savoir quand cela se produira, nous ne le savons pas.

Comment aider au mieux maintenant votre diocèse et les fidèles ?

– Priez ! Nous nous approchons de la situation dans laquelle les gens auront besoin de l’essentiel. Aujourd’hui, nous nourrisons quotidiennement près de mille personnes dans les paroisses de Gorlovka. C’est là le maximum de nos possibilités, et les gens qui ont besoin d’aide sont bien plus nombreux. Leur quantité, je pense, augmentera de jour en jour. Jusqu’à présent, nous n’avons pas la possibilité d’acheminer l’aide humanitaire, parce que c’est la zone des combats, le diocèse est divisé en plusieurs parties, et cela crée certaines difficultés. Peut-être qu’avec le temps, cela sera possible, et il faudra le faire régulièrement jusqu’à ce que les gens reviennent à une situation normale. Si alors nous lançons des appels pour cette aide, nous voudrions qu’elle soit donnée.

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Le chef du service de presse de l’Église orthodoxe d’Ukraine estime que le gouvernement ukrainien porte la responsabilité de la guerre

« Ils [les gouvernants ukrainiens] n’aiment pas les Ukrainiens ni ne leur montrent de la commisération. Si c’était le cas, ils ne les auraient pas envoyés à Maïdan – une balle dans la tête, tant pis ! -, ils ne les pousseraient pas (c’est déjà la troisième mobilisation !) à la guerre fratricide au Donbass, ils ne les voueraient pas à la faim, au froid, et à la misère, qu’ils connaîtront tous cet hiver, comme le disent les économistes » a déclaré V. Anisimov, chef du service de presse de l’Église orthodoxe d’Ukraine dans une interview au site de l’Association orthodoxe « Radonej » (…) Selon l’opinion du représentant de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le plus grand malheur du « pouvoir révolutionnaire de Maïdan – est la manie du leadership. Il y a trop de Moïses ! Tous sont prêts à conduire le peuple fatigué dans le désert, lui faire traverser beaucoup de malheurs qu’ils créent eux-mêmes, et amener les survivants sur la terre promise européenne. Le slogan : nos enfants et nos petits-enfants vivront en Europe ! Et ils mentent à nouveau. Nous connaissons tous bien nos dirigeants, ils ont tous des manoirs, des millions, des voitures, des usines, des navires. Ils se soignent, étudient, se reposent à l’étranger. Certains d’entre eux vivent même là-bas, dirigeant les provinces sur skype » a-t-il ajouté. Le chef du service de presse a conclu que si l’on aspire à l’Europe, « il faudrait encore faire quelque chose en Ukraine à la façon européenne… Voici que l’Écosse procède à un référendum sur l’indépendance – les leaders de tous les partis, le gouvernement, sont partis de Londres pour convaincre les séparatistes de ne pas se séparer. Personne n’a proféré la menace que l’Écosse serait ou bien anglaise ou bien déserte ; aucune arrestation, aucun blocus de l’information, aucun bombardement, aucun pilonnage, pas de réfugiés, pas d’organisation ‘anti-terroriste’. Les Anglais, de toute évidence, aiment l’Écosse, puisqu’ils ne la rasent pas ! »

Source et photographie : Interfax

À Lougansk (Ukraine), le couvent Sainte-Olga a été touché par les bombardements, les moniales sont évacuées

Les informations suivantes ont été communiquées par le couvent Sainte-Olga : " Le jour du11 juillet 2014 a été le plus difficile pour notre couvent et la ville de Lougansk. Les habitants de la ville ont transmis que de nombreux citoyens paisibles ont été touchés par les bombardements, il y a des morts et des blessés. Depuis 11h ont commencé des tirs nourris contre la clinique oncologique de la région de Lougansk et le couvent Sainte-Olga, qui se trouve sur son territoire. Après les premières salves, les sœurs et le clergé du monastère ont interrompu la lecture des acathistes et la célébration de sacrements et prières et se sont réfugiés dans l’abri. Trois heures se sont passées là dans l’angoisse et la prière. La violence des secousses du mur et du revêtement du plafond témoignaient la force et la proximité des explosions. À la sortie de l’abri se présentait un tableau horrible, au milieu de la fumée. L’un des obus est tombé sur une annexe du couvent, dans laquelle se trouvait le département de stérilisation du centre oncologique. D’autres obus, de toute évidence, ont explosé non loin de là, étant donné que le toit de l’église et des bâtiments du monastère ont été endommagés par des explosions et des fragments de munitions.

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Source: Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com. Photographie: église du couvent dédiée à saint Pantéléimon.

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Jovan Nikoloski