22/09/2017
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Résultats de la recherche : Elisabeth Behr-Sigel

Vient de paraître: « En marche vers l’unité » d’Élisabeth Behr-Sigel, aux éditions du Cerf

Les éditions du Cerf viennent de publier En marche vers l’unité, un ouvrage d’Élisabeth Behr-Sigel préfacé par Olga Lossky (352 pages, collection Orthodoxie, 24 euros).

Présentation de l’éditeur : « Ce recueil rassemble des textes inédits de la théologienne Élisabeth Behr-Sigel qui, née et formée dans le protestantisme, découvre l’orthodoxie sur les, bancs de la faculté de Strasbourg. À travers une diversité de formes et de thèmes – méditations bibliques, cours sur les théologiens de l’émigration russe, conférences sur l’anthropologie ou la place des laïcs dans l’Église – se dessine la question, primordiale, de l’unité dans l’Église. Élisabeth Behr-Sigel est à même de suggérer des voies de convergences qui ne contreviennent pas à la rigueur doctrinale. Elle le fait en revenant au socle de la Bible et de la Tradition, ce qui lui permet d’aborder des sujets sensibles sur le plan théologique : christianisme et droits de l’homme, avortement, fêtes religieuses vécues dans une société laïque… Son expérience unique, à la croisée de l’Orient et de l’Occident chrétien, interpelle tous les croyants concernés par le dialogue entre les chrétiens. »
Olga Lossky indique dès le début de sa préface l’orientation des textes ici rassemblés, à commencer par les premiers (des homélies prononcées par Élisabeth Behr-Sigel alors que, devenue orthodoxe, elle continuait à exercer son ministère de pasteure protestante en Alsace) : « ‘Je n’ai jamais quitté mes frères protestants’ affirme Élisabeth Behr-Sigel à 97 ans, alors qu’on l’interroge sur ses positions confessionnelles ».

L’émission « L’Eglise orthodoxe aujourd’hui » du 8 mai 2011 : les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche 8 mai 2011, Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Laham-Lossky, présentera dans l'émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité et l'œuvre de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel, dont elle a écrit la biographie Vers le jour sans déclin – Une vie d'Élisabeth Behr-Sigel parue aux éditions du Cerf.

Podcast audio (durée : 29’35)

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Radio: les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche 8 mai, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Laham-Lossky, présentera dans l'émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité et l'œuvre de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel, dont elle a écrit la biographie Vers le jour sans déclin – Une vie d'Élisabeth Behr-Sigel parue aux éditions du Cerf.

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Un colloque à Strasbourg : « De l’humain au divin : la contribution d’Élisabeth Behr-Sigel à la vie de l’Église »

Du 1er au 3 septembre prochain se tiendra à Strasbourg un colloque en anglais sur le thème : « De l’humain au divin : la contribution d’Élisabeth Behr-Sigel à la vie de l’Église », conjointement organisé par le Conseil oecuménique des Églises et l’Académie de théologie de Volos (Grèce). Ce colloque se penchera sur la vision anthropologique de la théologienne, notamment par le biais de trois grands thèmes : l’œcuménisme, l’hagiographie et la participation des femmes à la vie de l’Église, à travers une dizaine de contributions internationales. La rencontre aura également pour but de découvrir la ville natale d’Élisabeth Behr-Sigel. Le coût total en sera de 300 euros, comprenant la pension complète et l’ensemble des interventions, ainsi que la visite guidée de Strasbourg. Pour plus d’information contacter Sarah Hinlicky Wilson.

L’émission « l’Eglise orthodoxe aujourd’hui » du 18 avril 2010 : les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche 18 avril 2010, Bogdan Florin Vlaïcu vous propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Laham-Lossky, présentera dans l'émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité et l'œuvre de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel, dont elle a écrit la biographie Vers le jour sans déclin – Une vie d'Élisabeth Behr-Sigel parue aux éditions du Cerf.

Podcast audio (Durée : 29’32)

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Radio: les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche, 18 avril, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Laham-Lossky, présentera dans l'émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité et l'œuvre de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel, dont elle a écrit la biographie Vers le jour sans déclin – Une vie d'Élisabeth Behr-Sigel parue aux éditions du Cerf.

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Radio: les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche, 3 mai, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Laham-Lossky, présentera dans l'émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité et l'œuvre de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Siegel, dont elle a écrit la biographie Vers le jour sans déclin. Une vie d’Elisabeth Behr-Siegel parue aux éditions du Cerf.

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Compte rendu de la rencontre au Liban consacrée à Elisabeth Behr-Sigel

1 Le 30 janvier dernier s’est tenu à Beyrouth, dans les locaux de l’Académie libanaise des Beaux-arts, une rencontre autour de la vie et de la personnalité d’Élisabeth Behr-Sigel, théologienne orthodoxe du XX° siècle. Organisée, sous l’égide de l’université de théologie de Balamand par Amal Dibo, professeur d’histoire des civilisations à l’AUB, et avec la bénédiction du métropolite Georges Khodr, ce rassemblement a débuté par l’intervention du professeur Georges Nahas, doyen de l’université de Balamand.
Le professeur Nahas a rappelé l’impact de la personnalité d’Élisabeth Behr-Sigel dans le renouveau contemporain du monde orthodoxe et souhaité que cette rencontre soit la première d’une série consacrée aux grandes figures orthodoxes du vingtième siècle, tel Olivier Clément, Mgr Antoine Bloom ainsi que des penseurs antiochiens.

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Radio : les myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans
l’émission de radio L’Eglise orthodoxe
aujourd’hui
du dimanche, 11 mai, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame,
Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur
de la paroisse Sainte Geneviève et Saint Martin à Paris, sur la signification
de ce dimanche consacré aux femmes myrrophores. Ensuite Olga Lossky,
présentera dans l’émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la
personnalité et l’œuvre de la théologienne orthodoxe
Elisabeth
Behr-Siegel, dont elle a écrit la biographie
Vers le jour sans déclin. Une vie d’Elisabeth Behr-Siegel parue aux éditions
du Cerf.

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Un volume de la revue Contacts dédié à la mémoire d’Elisabeth Behr-Sigel

Contacts Le 21 juillet 2007, Élisabeth Behr-Sigel aurait eu cent ans. Pour honorer la mémoire de cette grande dame de l’orthodoxie qui nous a quittés il y a deux ans, une journée lui fut consacrée le 23 juin dernier, à l’Institut Saint-Serge, sous la houlette d’Olga Lossky, auteur de l’ouvrage, sorti cet été, Vers le jour sans déclin. Une vie d’Elisabeth Behr-Sigel (1907-2005) (éd. du Cerf). C’est avec beaucoup de tendresse et d’amitié qu’une pléiade de personnalités du monde chrétien y ont évoqué celle qui fut la doyenne de l’Église orthodoxe en France, pionnière du mouvement œcuménique et porte-parole de la question de la place de la femme dans l’Église.
Le P. Boris Bobrinskoy, qu’Élisabeth a connu alors qu’il était adolescent, nous brosse dans son intervention le tableau de près d’un siècle de vie, si dense de rencontres et d’évènements historiques.
Élisabeth était avant tout une femme de tête : issue du protestantisme, elle a hérité d’une approche rigoureuse des Écritures avant de s’enthousiasmer pour la spiritualité russe. Ainsi que le montre le P. Michel Evdokimov, elle a su intégrer de façon authentique la théologie de l’Église d’Orient pour en faire une tradition vivante, répondant à nos interrogations actuelles. Les études du P. Michael Pleckon et de Paul Ladouceur approfondissent les grands thèmes théologiques de la pensée d’Élisabeth, en particulier la notion de laïc et la place de chaque fidèle au sein de la communauté ecclésiale.

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Télévision (France 2) : la vie d’Elisabeth Behr-Sigel avec Olga Lossky (2ème partie)

L’émission
de télévision «Orthodoxie», sur France
2
, du dimanche 28 octobre, de 9h30 à 10 heures, portera sur la vie d’Elisabeth Behr-Sigel (1)
dont la
biographie vient d’être publiée
. L’auteur de celle-ci, Olga Lossky,
sera l’invité de l’émission que dirige le père Nicolas Ozoline. Il
s’agit de la 2ème partie. Pour visionner la première partie, cliquez sur ce lien.

Etats-Unis : la première thèse de doctorat sur Elisabeth Behr-Sigel

La
première thèse de doctorat sur l’œuvre théologique d’Elisabeth Behr-Sigel a été
soutenue le 10 octobre dernier au Séminaire théologique de Princeton, à
Princeton dans le New Jersey. Elle a obtenu la mention magna cum laude. Son auteur est le Dr. Sarah Hinlicky Wilson, pasteur
de l’Eglise évangélique luthérienne en Amérique (ELCA). Le titre de sa thèse
est « La femme, les femmes et la prêtrise dans l’œuvre d’Elisabeth Behr-Sigel ».

Télévision (France 2) : la vie d’Elisabeth Behr-Sigel avec Olga Lossky

L’émission
de télévision «Orthodoxie», sur France
2
, du dimanche 30 septembre, de 9h30 à 10 heures, portera sur la vie d’Elisabeth Behr-Sigel (1)
dont la
biographie vient d’être publiée
. L’auteur de celle-ci, Olga Lossky,
sera l’invité de l’émission que dirige le père Nicolas Ozoline.

Recension : Olga Lossky « Vers le jour sans déclin. Une vie d’Élisabeth Behr-Sigel (1907-2005) »

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Olga Lossky, Vers le jour sans déclin. Une vie d’Élisabeth Behr-Sigel (1907-2005), Éditions du Cerf, Paris, 2007, 464 pages, Collection « L’Histoire à vif ».

Élisabeth Behr-Sigel, décédée en 2005 à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, a joué pendant près de cinquante ans un rôle important dans la vie de l’Église orthodoxe en France, et son rayonnement s’est étendue bien au-delà de nos frontières, grâce notamment à la réflexion, peu courante dans le monde orthodoxe, sur la place de la femme dans l’Église, qu’elle diffusa par sa participation à de nombreux colloques internationaux et de multiples publications.
Olga Lossky a fourni un gros travail pour réaliser sa volumineuse biographie qui vient de paraître aux éditions du Cerf, non seulement en mettant en forme les souvenirs qu’elle a recueillis auprès d’E. B.-S. presque chaque samedi de la dernière année de sa vie, mais aussi en dépouillant son abondante correspondance et en interrogeant ses parents et ses proches. Le résultat est passionnant. On peut seulement reprocher à l’auteur certaines longueurs et quelques excursus peu utiles, ainsi que  certaines considérations relevant de la vie strictement personnelle d’E. B.-S qu’il eût été préférable de ne pas mentionner au nom du respect de son intimité. Nous avons noté aussi quelques oublis, mais l’ouvrage est globalement remarquablement informé.
Le volume comporte quatre parties qui correspondent à quatre étapes bien distinctes de la vie d’E. B.-S.

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Recension : Olga Lossky "Vers le jour sans déclin. Une vie d'Élisabeth Behr-Sigel (1907-2005)"

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Olga Lossky, Vers le jour sans déclin. Une vie d’Élisabeth Behr-Sigel (1907-2005), Éditions du Cerf, Paris, 2007, 464 pages, Collection « L’Histoire à vif ».

Élisabeth Behr-Sigel, décédée en 2005 à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, a joué pendant près de cinquante ans un rôle important dans la vie de l’Église orthodoxe en France, et son rayonnement s’est étendue bien au-delà de nos frontières, grâce notamment à la réflexion, peu courante dans le monde orthodoxe, sur la place de la femme dans l’Église, qu’elle diffusa par sa participation à de nombreux colloques internationaux et de multiples publications.
Olga Lossky a fourni un gros travail pour réaliser sa volumineuse biographie qui vient de paraître aux éditions du Cerf, non seulement en mettant en forme les souvenirs qu’elle a recueillis auprès d’E. B.-S. presque chaque samedi de la dernière année de sa vie, mais aussi en dépouillant son abondante correspondance et en interrogeant ses parents et ses proches. Le résultat est passionnant. On peut seulement reprocher à l’auteur certaines longueurs et quelques excursus peu utiles, ainsi que  certaines considérations relevant de la vie strictement personnelle d’E. B.-S qu’il eût été préférable de ne pas mentionner au nom du respect de son intimité. Nous avons noté aussi quelques oublis, mais l’ouvrage est globalement remarquablement informé.
Le volume comporte quatre parties qui correspondent à quatre étapes bien distinctes de la vie d’E. B.-S.

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Sur la journée consacrée à Elisabeth Behr-Sigel

Un compte
rendu et quelques photographies de la journée
consacrée à Elisabeth Behr-Sigel, le 23 juin dernier à l’Institut Saint-Serge,
se trouvent sur
cette page
.

Radio : les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Au programme : un entretien
avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse francophone Sainte Geneviève
et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux
femmes myrrophores. Ensuite une présentation par Olga Lossky,
de la
personnalité et l’œuvre de la théologienne orthodoxe
Elisabeth
Behr-Siegel, dont elle a écrit la biographie.

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Radio : les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans
l’émission de radio L’Eglise orthodoxe aujourd’hui du dimanche, 22 avril, à
partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, Bogdan Vlaïcu propose un entretien
avec le père Noël Tanazacq, recteur de la paroisse francophone Sainte Geneviève
et Saint Martin à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux
femmes myrrophores. Ensuite Olga Lossky,
présentera dans l’émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la
personnalité et l’œuvre de la théologienne orthodoxe
Elisabeth
Behr-Siegel, dont elle a écrit la biographie.

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Radio : les femmes myrrophores – Elisabeth Behr-Sigel

Dans
l’émission de radio L’Eglise orthodoxe
aujourd’hui
du dimanche, 7 mai, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame,
Bogdan Vlaïcu propose un entretien avec le père Noël Tanazacq, recteur de la
paroisse francophone Sainte Geneviève
et Saint Martin
à Paris, sur la signification de ce dimanche consacré aux
femmes myrrophores. Ensuite Olga Lossky,
présentera dans l’émission, en tant que co-présentatrice et invitée, la personnalité
et l’œuvre de la théologienne orthodoxe Elisabeth Behr-Siegel, dont
elle écrit la biographie.

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Radio en ligne : La beauté de la liturgie orthodoxe – Entretien avec Elisabeth Behr-Sigel

Jusqu’à lundi prochain, sur le site internet de Radio Notre Dame, il est possible, de réécouter, avec Real player, deux émissions qui ont été diffusées aujourd’hui. La première, dans « Aujourd’hui l’Eglise » de lundi, est consacrée à « La beauté de la liturgie orthodoxe » avec, comme invités, le père Nicolas Cernokrak, recteur de la paroisse Saint Séraphin de Sarov à Paris, Bogdan Vlaicu, animateur de l’émission de radio L’Eglise orthodoxe aujourd’hui, Grégoire Aslanoff et Christophe Levalois. La deuxième, dans l’édition de lundi de « L’invité de Denise Dumoulin », est une rediffusion d’un entretien avec Elisabeth Behr-Sigel (voir aussi ici) réalisé en 2003. Pour accéder à la page des rediffusions, cliquez sur ce lien (choisir l’émission, le jour, en l’occurrence le lundi, et cliquer sur celui-ci).

« In memoriam Elisabeth Behr-Sigel » par le père Michel Evdokimov

Le père Michel Evdokimov, recteur de la paroisse des Saints Pierre et Paul à Châtenay-Malabry, auteur de plusieurs ouvrages, récemment Ouvrir son cœur – un chemin spirituel et une Petite vie du père Men, a rédigé un texte à la mémoire d’Elisabeth Behr-Sigel. Pour le lire, cliquez sur ce lien.

Radio : L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge – Elisabeth Behr-Sigel – l’université d’été œcuménique sur la mission

L’émission de radio L’Eglise orthodoxe aujourd’hui propose, le dimanche 4 décembre, à partir de 17Pere_boris_diplomes_stserge2005_moyen  heures sur Radio Notre-Dame, un entretien avec Mgr l’archevêque Gabriel de Comane sur l’importance et l’avenir de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris dont il est le recteur. Puis la mémoire d’Elisabeth Behr-Sigel, née au ciel le 26 novembre dernier, sera évoquée par un dialogue avec père Boris Bobrinskoy, doyen de la paroisse de la Très Sainte Trinité et doyen de l’Institut Saint-Serge, son père spirituel, et Gabriel Behr, organisateur du Festival de la jeunesse orthodoxe, son petit-fils. Puis, le projet de la première université d’été œcuménique sur la mission, annoncée par une conférence de presse jeudi dernier, sera abordé avec un des organisateurs, le père Iulian Nistea de la paroisse orthodoxe roumaine des Saints Archanges à Paris et avec Mgr Olivier de Berranger, évêque catholique de Saint-Denis.

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« Rendre notre vie perméable au Christ » -Entretien avec Olga Lossky sur Elisabeth Behr-Sigel

Olga Lossky termine actuellement une biographie d’Elisabeth Behr-Sigel. Sa parution est prévue pour l’automne 2006. Nous lui avons demandé d’évoquer, outre la vie de celle que certains ont surnommé « la grande dame de l’orthodoxie occidentale », sa rencontre avec celle-ci et son œuvre. Agée de 24 ans, Olga Lossky est l’auteur d’un roman paru chez Gallimard, Requiem pour un clou, et, notamment, d’articles publiés dans la revue Le chameau et le chas – journal de la jeunesse orthodoxe et d’une pièce de théâtre, Lourmel, 26 octobre 1936. Son arrière grand-père, le théologien Vladimir Lossky était ami d’Elisabeth Behr-Sigel.

Pour lire cet entretien, cliquez sur ce lien.

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Les obsèques d’Elisabeth Behr-Sigel

Ebs
Les obsèques d’Elisabeth Behr-Sigel auront lieu mercredi 30 novembre à partir de 9 heures dans la paroisse de la Très Sainte Trinité (la Crypte de la rue Daru à Paris). L’inhumation se fera dans la journée au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-bois. Une pannikhide sera célébrée ce mardi à 19h30 dans la paroisse de la Très Sainte Trinité.

(Photo source)

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Offices pour Elisabeth Behr-Sigel

La mise en bière aura lieu demain. La dépouille sera ensuite transportée dans la paroisse de la Très Sainte Trinité (la Crypte) à Paris. Deux pannikhides y seront célébrées, lundi soir à 19h30 et mardi soir à la même heure. La liturgie et l’office des obsèques auront lieu mercredi matin (l’heure n’est pas encore bien fixée). L’inhumation se fera dans la journée à Sainte-Geneviève-des-Bois (voir aussi cette page et cette autre).

Enregistrement : Elisabeth Behr-Sigel évoque, le 20 mars 2005, le chemin vers l’orthodoxie du père Lev Gillet

Pict0021 Il y a quelques mois, Elisabeth Behr-Sigel a participé à une journée de commémoration pour le 25e anniversaire de la naissance au ciel du père Lev Gillet à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, le 20 mars 2005 (photographies). Elle a rappelé l’itinéraire du père Lev vers l’orthodoxie et la fondation de la première paroisse francophone en 1928 dont père Lev était le recteur et où elle-même était paroissienne. Nous avions réalisé alors un enregistrement d’une partie de sa conférence que nous avons gardé par devers nous en raison de sa qualité sonore médiocre. Nous espérions enregistrer plusieurs entretiens avec elle afin de revenir sur ce sujet et pour en évoquer d’autres. Pour cela, un rendez-vous avait été pris avec elle au début de l’été, mais pour des raisons matérielles l’entretien n’a pu se faire et a été remis à une date ultérieure non fixée. C’est pourquoi, nous avons décidé de diffuser cet enregistrement. Une autre manière de lui rendre hommage.

Photographie : Le 20 mars 2005. De gauche à droite : Elisabeth Behr-Sigel, Mgr Kallistos (Ware), Mgr l’archevêque Gabriel de Comane (source).


Vous avez également la possibilité de télécharger le fichiers audios format MP3 (13.3 Mo) en cliquant ICI !

Rappel à Dieu d’Elisabeth Behr-Sigel

Nous venons d’apprendre que Mme Élisabeth Behr-Sigel, théologienne orthodoxe francophone,49114458_1b4bf1e7af s’est endormie dans la paix du Seigneur dans la nuit du 26 novembre. Née en 1907 à Strasbourg, luthérienne, elle devint orthodoxe. Ella a fait ses études de théologie à la faculté protestante de Strasbourg et exerça le ministère de pasteur intérimaire, non ordonné, dans une petite paroisse réformée. Convertie à l’orthodoxie, elle a connu les plus grandes figures de l’orthodoxie en Europe occidentale. Elle fut membre fondatrice de la première paroisse orthodoxe francophone (1928). Professeur de philosophie, elle enseigna ensuite à l’Institut Saint-Serge à Paris et à l’Institut catholique de Paris. Théologienne engagée, elle est auteur de plusieurs livres, notamment aux éditions du Cerf, dont Lev Gillet, « un moine de l’Église d’Orient » ; et aux éditions Bellefontaine, principalement Prières et sainteté dans l’Eglise russe, ainsi que de nombreux articles dans la revue Contacts entre autres.

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Rappel à Dieu d'Elisabeth Behr-Sigel

Nous venons d’apprendre que Mme Élisabeth Behr-Sigel, théologienne orthodoxe francophone,49114458_1b4bf1e7af s’est endormie dans la paix du Seigneur dans la nuit du 26 novembre. Née en 1907 à Strasbourg, luthérienne, elle devint orthodoxe. Ella a fait ses études de théologie à la faculté protestante de Strasbourg et exerça le ministère de pasteur intérimaire, non ordonné, dans une petite paroisse réformée. Convertie à l’orthodoxie, elle a connu les plus grandes figures de l’orthodoxie en Europe occidentale. Elle fut membre fondatrice de la première paroisse orthodoxe francophone (1928). Professeur de philosophie, elle enseigna ensuite à l’Institut Saint-Serge à Paris et à l’Institut catholique de Paris. Théologienne engagée, elle est auteur de plusieurs livres, notamment aux éditions du Cerf, dont Lev Gillet, « un moine de l’Église d’Orient » ; et aux éditions Bellefontaine, principalement Prières et sainteté dans l’Eglise russe, ainsi que de nombreux articles dans la revue Contacts entre autres.

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L’orthodoxie en France : histoire et situation présente

La nouvelle cathédrale de la Sainte-Trinité (source: Wilmotte et associés)

Nous vous proposons ci-dessous un texte du P. Christophe Levalois (dernier livre paru, son blog) sur l’histoire et la situation présente de l’orthodoxie en France. Cette synthèse évoque les deux siècles d’implantation et de développement du christianisme orthodoxe en France, son rayonnement spirituel et théologique, ainsi que sa croissance actuelle : « A ce rythme, on est fondé à estimer qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement ». (Le texte au format pdf).

 

L’orthodoxie en France : histoire et situation présente

    L’actualité récente a rapporté des évènements importants concernant le christianisme orthodoxe (note en fin de texte) en France : l’inauguration en deux temps, à l’automne dernier, du centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Paris, celle du centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Strasbourg, le 19 mai, la Journée de l’orthodoxie, le 5 juin à Paris ; dans un avenir proche, en 2018, se tiendront le 3e Salon du livre orthodoxe, à Paris, et, dans le sud-est de la France, le XVIe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale. Avec la parution de l’Annuaire 2017 de l’Église orthodoxe, c’est l’occasion de revenir sur les deux siècles d’histoire de l’orthodoxie en France et d’évoquer sa situation présente.

Il y a deux siècles

Aux époques moderne et contemporaine, jusqu’au XIXe siècle, les célébrations orthodoxes en France furent exceptionnelles, à l’occasion du déplacement d’un souverain, comme lors du séjour du tsar Alexandre 1er à Paris en 1814, ou dans le cadre de l’ambassade de Russie au XVIIIe siècle. Une communauté grecque s’est installée en Corse au XVIIe siècle, puis s’est fixée à Cargèse au XVIIIe siècle où elle a édifié l’église Saint-Spiridon au siècle suivant. Le rite orthodoxe y est toujours célébré, mais la communauté a été rattachée à l’Église catholique.

C’est en 1816, qu’un lieu de culte, de tradition orthodoxe russe, est ouvert durablement à Paris, rue de Berri, dans le 8e arrondissement. Peu après, en 1821, à Marseille, une chapelle orthodoxe est ouverte pour la communauté grecque de la cité phocéenne. Toujours à Marseille, en 1834, une première église orthodoxe grecque, dédiée à la Dormition de la Mère de Dieu, est construite, puis reconstruite en 1845.

La deuxième moitié du XIXe siècle voit la construction de plusieurs églises, essentiellement à Paris et sur la Côte d’Azur où l’aristocratie russe séjournait volontiers, tout d’abord à Nice en 1859, l’église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra. Elle fut suivi par l’édification de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris, rue Daru dans le 8e arrondissement, terminée en 1861. D’autres constructions suivirent, en majorité russes : à Pau (1867), à Menton et à Biarritz (1892), à Cannes (1894), puis la cathédrale Saint-Nicolas à Nice en 1912. La communauté orthodoxe roumaine à Paris ouvre une première paroisse en 1853, puis acquiert en 1882 une église rue Jean-de-Beauvais dans le Quartier latin, laquelle fut consacrée en 1892 aux Saints-Archanges. Les orthodoxes grecs font bâtir à Paris, en 1895, la cathédrale Saint-Étienne, rue Bizet dans le 16e arrondissement.

Un développement rapide au XXe siècle

Mais ce sont les migrations du XXe siècle, provoquées par les aléas de l’histoire et des évènements tragiques, qui amènent un enracinement durable et une diffusion de l’orthodoxie en France. C’est d’abord l’émigration russe, après la Révolution de 1917, qui constitue longtemps le plus grand nombre d’orthodoxes. On estime qu’environ 200 000 réfugiés se sont établis en France et l’on compte jusqu’à 200 lieux de culte de tradition russe ouverts, une partie notable provisoirement, durant la période de l’Entre-deux-guerres. S’y ajoute l’émigration grecque, notamment de l’Asie Mineure et du Pont-Euxin dans les années 1920, ainsi qu’une petite communauté géorgienne qui s’installe aussi à la même période à Paris, puis, après la Seconde Guerre mondiale, des nouveaux-venus viennent des Balkans, notamment de Yougoslavie et de Roumanie. Durant les années 1980 un nouveau courant venant du Proche-Orient, principalement du Liban, amène de nouveaux orthodoxes rattachés au Patriarcat d’Antioche.

Un rayonnement théologique et intellectuel mondial

Cette émigration apporte avec elle un enrichissement culturel considérable pour la France, on le connait dans le domaine artistique, mais l’apport est aussi philosophique, avec Nicolas Berdiaev par exemple et son influence sur le personnalisme, mais également théologique avec des retombées œcuméniques. L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, fondé en 1925, au sein de l’Archevêché russe, le premier établissement d’enseignement orthodoxe en Europe occidentale, a un rayonnement à l’échelle mondiale au sein de l’orthodoxie, celui-ci s’étend même par-delà les frontières du christianisme orthodoxe. C’est ce que l’on a appelé « l’Ecole de Paris », avec les remarquables figures, entre autres, des pères Serge Boulgakov, Nicolas Afanassiev, Georges Florovsky, Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff, mais aussi de Paul Evdokimov et d’Olivier Clément, ou encore, en-dehors de l’Institut Saint-Serge, de Vladimir Lossky et de Léonide Ouspensky. Toutes ces personnes ont œuvré en France à une redécouverte des racines de l’orthodoxie. De nombreux ouvrages ont été publiés, notamment en français. Un héritage prestigieux qui est devenu aujourd’hui universel.

Cette dynamique a favorisé les relations œcuméniques et de nombreux échanges avec les catholiques et les protestants qui découvrent les icônes et les traditions vocales orthodoxes, polyphoniques et monodiques. C’est ainsi que Paul Evdokimov et le père Nicolas Afanassiev furent des observateurs invités au concile de Vatican II, et qu’en 1998, Olivier Clément a écrit la méditation pour le chemin de croix du vendredi saint effectué par le pape à Rome.

Des saints qui illustrent un rayonnement également spirituel

Mère Marie Skobtsov (1891-1945)

Cet enracinement a aussi produit de beaux fruits dans l’ordre de la sainteté. Plusieurs figures orthodoxes ayant vécu en France ont été canonisées, tandis que d’autres ont laissé un souvenir de très grande spiritualité, voire de sainteté. C’est ainsi qu’en 2004, le Patriarcat de Constantinople a canonisé Mère Marie Skobtsov, son fils Georges, le père Dimitri Klépinine, Ilya Fondaminsky, tous les quatre morts en déportation lors de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le père Alexis Medvedkov, prêtre à Ugine, en Savoie, jusqu’à son décès en 1934, dont la dépouille fut retrouvée incorrompue 22 ans plus tard. D’autres saints ont séjourné quelques années en France, comme le père Grégoire Péradzé, premier prêtre de la paroisse géorgienne Sainte-Nino à Paris, de 1931 à 1939, qui meurt fin 1942 à Auschwitz, qui a été canonisé par les Églises de Géorgie et de Pologne ; c’est aussi le cas de saint Jean (Maximovitch) de Shanghai et de San Francisco, archevêque russe, connu pour ses dons dont celui de thaumaturge, qui demeura en France dans les années cinquante. En 2017, l’Église orthodoxe serbe a canonisé Jacques de Tuman, qui vécut en France où il obtint deux doctorats, l’un à Paris, l’autre à Montpellier, puis devint moine dans les années 1930 en Serbie où il mourut en 1946 des suites de violences qui lui furent infligées notamment de la part de communistes. De nombreuses figures orthodoxes de grande spiritualité ont aussi vécu en France, comme l’archimandrite Sophrony (Sakharov), disciple de saint Silouane de l’Athos, qui séjourna à Paris de 1922 à 1925, puis se rendit au Mont-Athos où il devint moine ; en 1947, il revint en France, d’où il partit en 1959 pour fonder un monastère à Maldon en Angleterre.

Parmi ces figures, le parcours et la personnalité marquante de Mère Marie Skobtsov ont touché de très nombreuses personnes de différentes confessions et par-delà des non croyants. Née en 1891 dans une famille aristocratique, elle devient lors de la Révolution de 1917, la première femme maire d’une ville en Russie. Mais opposante au régime, elle se retrouve sur les routes de l’Europe avec son second mari et ses enfants. Elle arrive finalement à Paris en 1923. Différents évènements et sa foi l’amènent à devenir moniale en 1932 sous le nom de Mère Marie. Elle choisit de rester à Paris pour y exercer une action caritative envers les démunis de l’émigration russe. C’est ainsi qu’elle crée en 1935 un foyer au 77 rue de Lourmel dans le 15e. C’est aussi un centre religieux, une petite église y est construite, et intellectuel. Mère Marie nourrit, écrit, brode, dessine. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le centre aide les réfugiés et les persécutés. En juillet 1942, Mère Marie parvient à sauver des enfants du Vélodrome d’hiver. Toutes ces actions lui vaudront, bien des années après, le titre de « Juste parmi les nations » décerné par le mémorial Yad Vashem. En 1943, suite à une dénonciation, elle est arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück. Là, elle est au cœur d’un groupe de prière dans lequel se trouve notamment Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Mère Marie soutient, réconforte, prie. Mais le vendredi saint de l’année 1945, le 31 mars, elle est gazée, peut-être en prenant la place d’une autre personne. Le 31 mars 2016, la mairie de Paris a inauguré une rue à son nom dans le 15e arrondissement, ainsi la mémoire de l’émigration russe, de sa foi, de son rayonnement et de ses sacrifices, à travers la vie de Mère Marie Skobtsov, est publiquement reconnue et inscrite dans la géographie de la capitale française.

Naissance et développement de l’orthodoxie francophone

L’orthodoxie en France manifeste la diversité de ses origines, même si la tradition russe est prédominante. Si la foi est la même, si les offices religieux sont les mêmes, si le cycle liturgique est le même, il existe par contre des usages différents qui jouent sur des détails et des traditions chorales distinctes allant des polyphonies russes et ses nombreuses écoles aux monodies byzantines, orientales et arabes, en passant par des intermédiaires balkaniques, jusqu’à des traditions particulières comme le chant géorgien.

Elle s’est acclimatée au pays et à la langue. Les textes ont été traduits, à plusieurs reprises, afin d’être compris par les générations nées en France et par les Français qui sont devenus orthodoxes. Un énorme travail a été accompli et se poursuit pour l’adaptation du chant liturgique, de nombreuses personnes, citons juste Maxime Kovalevsky, y investirent leurs compétences. La première paroisse francophone fut créée en 1928. Son premier recteur était le père Lev Gillet, qui signait ses ouvrages « un moine de l’Eglise d’Orient ». Parmi les fidèles se trouvaient Paul Evdokimov, Evgraph et Maxime Kovalevsky, Vladimir Lossky, Elisabeth Behr-Sigel, qui vient du protestantisme où elle fut quelques temps pasteur. Le nombre des paroisses francophones augmentent doucement après la Seconde Guerre mondiale, elles forment le plus grand nombre aujourd’hui, tandis que l’on rencontre le bilinguisme dans d’autres, un bon nombre également, alors que d’autres encore maintiennent la langue de la tradition d’origine. Il existe aussi quelques groupes non-canoniques, c’est-à-dire non reconnus par les Eglises orthodoxes historiques dans le monde, qui se réclament de l’orthodoxie.

Dans le même temps, les différentes juridictions canoniques présentent en France mettent en place une instance de coopération et de représentation à l’échelle nationale. En 1967 est fondé le Comité inter-épiscopal orthodoxe qui devient, en 1997, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, laquelle est présidée par le métropolite à la tête de la Métropole grecque qui relève du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

La situation actuelle : une croissance qui se poursuit

L’effondrement du communisme en Europe de l’Est au début des années 1990 bouleverse et dynamise aussi le monde orthodoxe, dont la France. Les frontières s’ouvrent et un nombre important de personnes originaires de pays de tradition orthodoxe dans la partie orientale de l’Europe, notamment de Roumanie, de Moldavie, d’Ukraine, de Russie, de Bulgarie, viennent s’installer de manière temporaire ou définitive en Europe occidentale. Cette évolution de la situation suscite de nouveaux défis : l’encadrement pastoral, la formation de nouvelles paroisses, l’adaptation des paroisses existantes à une nouvelle donne sociologique très diversifiée, les questions caritatives et plus simplement d’assistance liées à une intégration dans le pays, parfois compliquée, en sachant que la plupart des clercs et des fidèles actifs dans les paroisses orthodoxes sont des bénévoles. D’autres questions se posent, comme celle de la langue, mais aussi des relations entre les paroisses dont les membres ont des origines géographiques et culturelles différentes.

Cette croissance se traduit par la construction d’églises ou l’achat de chapelles ou d’églises non utilisées par les catholiques. En outre, deux nouveaux centres d’enseignement ont été fondés : le Séminaire orthodoxe russe en France, en 2009, par le Patriarcat de Moscou, le Centre Dumitru Staniloae, inauguré la même année au sein de la Métropole roumaine.

Vers un doublement du nombre des lieux de culte en une génération ?

Les conséquences les plus visibles de cet essor sont l’augmentation du nombre des fidèles et de celui des lieux de culte en France. Au début des années 2000, on comptait environ 160 paroisses et lieux monastiques. Le nombre s’est accru rapidement. Selon l’Annuaire de l’Église orthodoxe publié en 2017, on recense actuellement 278 lieux de culte, monastères inclus (une vingtaine), ils étaient 238 en 2010. A ce rythme, on est fondé à estimer qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement. Le nombre des évêques (10), ainsi que des prêtres et des diacres (330 pour les deux) a lui aussi augmenté. La juridiction ayant aujourd’hui le plus grand nombre de paroisses est la Métropole roumaine (91).

La question du nombre des croyants est très discutée. Le chiffre de 200 000 était avancé jusque dans les années 1990 pour la France. Il est incontestablement supérieur aujourd’hui. L’Annuaire 2017 pose celui de 500 000. Dernièrement, un article du quotidien La Croix mentionnait même 700 000 orthodoxes. Bien sûr, comme dans toutes les confessions, tout dépend des critères de ce que l’on nomme un croyant. Si l’on recense juste ceux qui se rendent régulièrement à une célébration religieuse, ils sont moins nombreux, sans doute plusieurs dizaines de milliers. Ensuite, s’y ajoutent ceux qui y viennent occasionnellement, ou exceptionnellement, mais qui se considèrent orthodoxes, d’autres encore fréquentent l’Église surtout, voire uniquement, dans leur pays d’origine où le lien avec celle-ci est vivace pour la grande majorité de la population comme en Roumanie (plus de 80%), d’autres enfin sont baptisés, en France ou ailleurs, et ne fréquentent pas l’Église et ses offices ou très rarement. C’est pourquoi, en prenant l’acception du mot orthodoxe au sens le plus large, le chiffre de 500 000 est un ordre de grandeur pertinent.

Une intégration à la société française

Arrivée avec des personnes de nationalités étrangères, l’orthodoxie s’est acclimatée et intégrée peu à peu à la société française. Bien que discrète, sa présence s’est solidement établie et son rayonnement est incontestable, l’intérêt pour l’iconographie, le chant orthodoxe et plus généralement pour les différents aspects de sa tradition ainsi que pour sa pratique liturgique, en témoignent.

Elle est aussi présente dans les médias : pour la télévision, Orthodoxie, émission mensuelle sur France 2, existe depuis 1963, L’orthodoxie, ici et maintenant, émission mensuelle sur KTO a été lancée en 2012; à la radio, sur France-Culture, Orthodoxie, est diffusée depuis 1964, au rythme bimensuelle, sur Radio-Notre-Dame, Lumière de l’orthodoxie, propose son rendez-vous hebdomadaire depuis 2012, les radios locales du réseau RCF diffusent aussi des émissions orthodoxe ; sur l’Internet, depuis 2005, le site d’information sur l’actualité de l’orthodoxie en France et dans le monde, avec une mise à jour quotidienne, Orthodoxie.com, est le premier site orthodoxe francophone.

Aujourd’hui, les défis concernent la poursuite de l’enracinement local et de la coopération entre les différentes paroisses et diocèses, l’intensification du dialogue avec les autres confessions chrétiennes ainsi que les différentes traditions religieuses, mais aussi avec l’ensemble de la société. Une histoire déjà longue et riche donc, qui se poursuit et continue ainsi d’apporter, à la France, la voix particulière d’une tradition plurimillénaire.

Christophe Levalois

Note: Par orthodoxe, il faut entendre les Églises orthodoxes chalcédoniennes (qui ont accepté les décisions du IVe concile œcuménique de Chalcédoine en 451), qui sont quatorze à être autocéphales, c’est-à-dire pleinement indépendantes tout en étant en communion, dans le monde. On y adjoint parfois, à tort, les Églises dites orthodoxes orientales, ou préchalcédoniennes, comme les Églises arménienne, copte, éthiopienne et syriaque, qui ne sont pas en communion avec les Églises orthodoxes chalcédoniennes.

L’orthodoxie en France : histoire et situation présente

La nouvelle cathédrale de la Sainte-Trinité (source: Wilmotte et associés)

Nous vous proposons ci-dessous un texte du P. Christophe Levalois (dernier livre paru, son blog) sur l’histoire et la situation présente de l’orthodoxie en France. Cette synthèse évoque les deux siècles d’implantation et de développement du christianisme orthodoxe en France, son rayonnement spirituel et théologique, ainsi que sa croissance actuelle : « A ce rythme, on est fondé à estimer qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement ». (Le texte au format pdf).

 

L’orthodoxie en France : histoire et situation présente

    L’actualité récente a rapporté des évènements importants concernant le christianisme orthodoxe (note en fin de texte) en France : l’inauguration en deux temps, à l’automne dernier, du centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Paris, celle du centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Strasbourg, le 19 mai, la Journée de l’orthodoxie, le 5 juin à Paris ; dans un avenir proche, en 2018, se tiendront le 3e Salon du livre orthodoxe, à Paris, et, dans le sud-est de la France, le XVIe Congrès orthodoxe d’Europe occidentale. Avec la parution de l’Annuaire 2017 de l’Église orthodoxe, c’est l’occasion de revenir sur les deux siècles d’histoire de l’orthodoxie en France et d’évoquer sa situation présente.

Il y a deux siècles

Aux époques moderne et contemporaine, jusqu’au XIXe siècle, les célébrations orthodoxes en France furent exceptionnelles, à l’occasion du déplacement d’un souverain, comme lors du séjour du tsar Alexandre 1er à Paris en 1814, ou dans le cadre de l’ambassade de Russie au XVIIIe siècle. Une communauté grecque s’est installée en Corse au XVIIe siècle, puis s’est fixée à Cargèse au XVIIIe siècle où elle a édifié l’église Saint-Spiridon au siècle suivant. Le rite orthodoxe y est toujours célébré, mais la communauté a été rattachée à l’Église catholique.

C’est en 1816, qu’un lieu de culte, de tradition orthodoxe russe, est ouvert durablement à Paris, rue de Berri, dans le 8e arrondissement. Peu après, en 1821, à Marseille, une chapelle orthodoxe est ouverte pour la communauté grecque de la cité phocéenne. Toujours à Marseille, en 1834, une première église orthodoxe grecque, dédiée à la Dormition de la Mère de Dieu, est construite, puis reconstruite en 1845.

La deuxième moitié du XIXe siècle voit la construction de plusieurs églises, essentiellement à Paris et sur la Côte d’Azur où l’aristocratie russe séjournait volontiers, tout d’abord à Nice en 1859, l’église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra. Elle fut suivi par l’édification de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris, rue Daru dans le 8e arrondissement, terminée en 1861. D’autres constructions suivirent, en majorité russes : à Pau (1867), à Menton et à Biarritz (1892), à Cannes (1894), puis la cathédrale Saint-Nicolas à Nice en 1912. La communauté orthodoxe roumaine à Paris ouvre une première paroisse en 1853, puis acquiert en 1882 une église rue Jean-de-Beauvais dans le Quartier latin, laquelle fut consacrée en 1892 aux Saints-Archanges. Les orthodoxes grecs font bâtir à Paris, en 1895, la cathédrale Saint-Étienne, rue Bizet dans le 16e arrondissement.

Un développement rapide au XXe siècle

Mais ce sont les migrations du XXe siècle, provoquées par les aléas de l’histoire et des évènements tragiques, qui amènent un enracinement durable et une diffusion de l’orthodoxie en France. C’est d’abord l’émigration russe, après la Révolution de 1917, qui constitue longtemps le plus grand nombre d’orthodoxes. On estime qu’environ 200 000 réfugiés se sont établis en France et l’on compte jusqu’à 200 lieux de culte de tradition russe ouverts, une partie notable provisoirement, durant la période de l’Entre-deux-guerres. S’y ajoute l’émigration grecque, notamment de l’Asie Mineure et du Pont-Euxin dans les années 1920, ainsi qu’une petite communauté géorgienne qui s’installe aussi à la même période à Paris, puis, après la Seconde Guerre mondiale, des nouveaux-venus viennent des Balkans, notamment de Yougoslavie et de Roumanie. Durant les années 1980 un nouveau courant venant du Proche-Orient, principalement du Liban, amène de nouveaux orthodoxes rattachés au Patriarcat d’Antioche.

Un rayonnement théologique et intellectuel mondial

Cette émigration apporte avec elle un enrichissement culturel considérable pour la France, on le connait dans le domaine artistique, mais l’apport est aussi philosophique, avec Nicolas Berdiaev par exemple et son influence sur le personnalisme, mais également théologique avec des retombées œcuméniques. L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, fondé en 1925, au sein de l’Archevêché russe, le premier établissement d’enseignement orthodoxe en Europe occidentale, a un rayonnement à l’échelle mondiale au sein de l’orthodoxie, celui-ci s’étend même par-delà les frontières du christianisme orthodoxe. C’est ce que l’on a appelé « l’Ecole de Paris », avec les remarquables figures, entre autres, des pères Serge Boulgakov, Nicolas Afanassiev, Georges Florovsky, Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff, mais aussi de Paul Evdokimov et d’Olivier Clément, ou encore, en-dehors de l’Institut Saint-Serge, de Vladimir Lossky et de Léonide Ouspensky. Toutes ces personnes ont œuvré en France à une redécouverte des racines de l’orthodoxie. De nombreux ouvrages ont été publiés, notamment en français. Un héritage prestigieux qui est devenu aujourd’hui universel.

Cette dynamique a favorisé les relations œcuméniques et de nombreux échanges avec les catholiques et les protestants qui découvrent les icônes et les traditions vocales orthodoxes, polyphoniques et monodiques. C’est ainsi que Paul Evdokimov et le père Nicolas Afanassiev furent des observateurs invités au concile de Vatican II, et qu’en 1998, Olivier Clément a écrit la méditation pour le chemin de croix du vendredi saint effectué par le pape à Rome.

Des saints qui illustrent un rayonnement également spirituel

Mère Marie Skobtsov (1891-1945)

Cet enracinement a aussi produit de beaux fruits dans l’ordre de la sainteté. Plusieurs figures orthodoxes ayant vécu en France ont été canonisées, tandis que d’autres ont laissé un souvenir de très grande spiritualité, voire de sainteté. C’est ainsi qu’en 2004, le Patriarcat de Constantinople a canonisé Mère Marie Skobtsov, son fils Georges, le père Dimitri Klépinine, Ilya Fondaminsky, tous les quatre morts en déportation lors de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le père Alexis Medvedkov, prêtre à Ugine, en Savoie, jusqu’à son décès en 1934, dont la dépouille fut retrouvée incorrompue 22 ans plus tard. D’autres saints ont séjourné quelques années en France, comme le père Grégoire Péradzé, premier prêtre de la paroisse géorgienne Sainte-Nino à Paris, de 1931 à 1939, qui meurt fin 1942 à Auschwitz, qui a été canonisé par les Églises de Géorgie et de Pologne ; c’est aussi le cas de saint Jean (Maximovitch) de Shanghai et de San Francisco, archevêque russe, connu pour ses dons dont celui de thaumaturge, qui demeura en France dans les années cinquante. En 2017, l’Église orthodoxe serbe a canonisé Jacques de Tuman, qui vécut en France où il obtint deux doctorats, l’un à Paris, l’autre à Montpellier, puis devint moine dans les années 1930 en Serbie où il mourut en 1946 des suites de violences qui lui furent infligées notamment de la part de communistes. De nombreuses figures orthodoxes de grande spiritualité ont aussi vécu en France, comme l’archimandrite Sophrony (Sakharov), disciple de saint Silouane de l’Athos, qui séjourna à Paris de 1922 à 1925, puis se rendit au Mont-Athos où il devint moine ; en 1947, il revint en France, d’où il partit en 1959 pour fonder un monastère à Maldon en Angleterre.

Parmi ces figures, le parcours et la personnalité marquante de Mère Marie Skobtsov ont touché de très nombreuses personnes de différentes confessions et par-delà des non croyants. Née en 1891 dans une famille aristocratique, elle devient lors de la Révolution de 1917, la première femme maire d’une ville en Russie. Mais opposante au régime, elle se retrouve sur les routes de l’Europe avec son second mari et ses enfants. Elle arrive finalement à Paris en 1923. Différents évènements et sa foi l’amènent à devenir moniale en 1932 sous le nom de Mère Marie. Elle choisit de rester à Paris pour y exercer une action caritative envers les démunis de l’émigration russe. C’est ainsi qu’elle crée en 1935 un foyer au 77 rue de Lourmel dans le 15e. C’est aussi un centre religieux, une petite église y est construite, et intellectuel. Mère Marie nourrit, écrit, brode, dessine. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le centre aide les réfugiés et les persécutés. En juillet 1942, Mère Marie parvient à sauver des enfants du Vélodrome d’hiver. Toutes ces actions lui vaudront, bien des années après, le titre de « Juste parmi les nations » décerné par le mémorial Yad Vashem. En 1943, suite à une dénonciation, elle est arrêtée et déportée au camp de Ravensbrück. Là, elle est au cœur d’un groupe de prière dans lequel se trouve notamment Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Mère Marie soutient, réconforte, prie. Mais le vendredi saint de l’année 1945, le 31 mars, elle est gazée, peut-être en prenant la place d’une autre personne. Le 31 mars 2016, la mairie de Paris a inauguré une rue à son nom dans le 15e arrondissement, ainsi la mémoire de l’émigration russe, de sa foi, de son rayonnement et de ses sacrifices, à travers la vie de Mère Marie Skobtsov, est publiquement reconnue et inscrite dans la géographie de la capitale française.

Naissance et développement de l’orthodoxie francophone

L’orthodoxie en France manifeste la diversité de ses origines, même si la tradition russe est prédominante. Si la foi est la même, si les offices religieux sont les mêmes, si le cycle liturgique est le même, il existe par contre des usages différents qui jouent sur des détails et des traditions chorales distinctes allant des polyphonies russes et ses nombreuses écoles aux monodies byzantines, orientales et arabes, en passant par des intermédiaires balkaniques, jusqu’à des traditions particulières comme le chant géorgien.

Elle s’est acclimatée au pays et à la langue. Les textes ont été traduits, à plusieurs reprises, afin d’être compris par les générations nées en France et par les Français qui sont devenus orthodoxes. Un énorme travail a été accompli et se poursuit pour l’adaptation du chant liturgique, de nombreuses personnes, citons juste Maxime Kovalevsky, y investirent leurs compétences. La première paroisse francophone fut créée en 1928. Son premier recteur était le père Lev Gillet, qui signait ses ouvrages « un moine de l’Eglise d’Orient ». Parmi les fidèles se trouvaient Paul Evdokimov, Evgraph et Maxime Kovalevsky, Vladimir Lossky, Elisabeth Behr-Sigel, qui vient du protestantisme où elle fut quelques temps pasteur. Le nombre des paroisses francophones augmentent doucement après la Seconde Guerre mondiale, elles forment le plus grand nombre aujourd’hui, tandis que l’on rencontre le bilinguisme dans d’autres, un bon nombre également, alors que d’autres encore maintiennent la langue de la tradition d’origine. Il existe aussi quelques groupes non-canoniques, c’est-à-dire non reconnus par les Eglises orthodoxes historiques dans le monde, qui se réclament de l’orthodoxie.

Dans le même temps, les différentes juridictions canoniques présentent en France mettent en place une instance de coopération et de représentation à l’échelle nationale. En 1967 est fondé le Comité inter-épiscopal orthodoxe qui devient, en 1997, l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, laquelle est présidée par le métropolite à la tête de la Métropole grecque qui relève du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

La situation actuelle : une croissance qui se poursuit

L’effondrement du communisme en Europe de l’Est au début des années 1990 bouleverse et dynamise aussi le monde orthodoxe, dont la France. Les frontières s’ouvrent et un nombre important de personnes originaires de pays de tradition orthodoxe dans la partie orientale de l’Europe, notamment de Roumanie, de Moldavie, d’Ukraine, de Russie, de Bulgarie, viennent s’installer de manière temporaire ou définitive en Europe occidentale. Cette évolution de la situation suscite de nouveaux défis : l’encadrement pastoral, la formation de nouvelles paroisses, l’adaptation des paroisses existantes à une nouvelle donne sociologique très diversifiée, les questions caritatives et plus simplement d’assistance liées à une intégration dans le pays, parfois compliquée, en sachant que la plupart des clercs et des fidèles actifs dans les paroisses orthodoxes sont des bénévoles. D’autres questions se posent, comme celle de la langue, mais aussi des relations entre les paroisses dont les membres ont des origines géographiques et culturelles différentes.

Cette croissance se traduit par la construction d’églises ou l’achat de chapelles ou d’églises non utilisées par les catholiques. En outre, deux nouveaux centres d’enseignement ont été fondés : le Séminaire orthodoxe russe en France, en 2009, par le Patriarcat de Moscou, le Centre Dumitru Staniloae, inauguré la même année au sein de la Métropole roumaine.

Vers un doublement du nombre des lieux de culte en une génération ?

Les conséquences les plus visibles de cet essor sont l’augmentation du nombre des fidèles et de celui des lieux de culte en France. Au début des années 2000, on comptait environ 160 paroisses et lieux monastiques. Le nombre s’est accru rapidement. Selon l’Annuaire de l’Église orthodoxe publié en 2017, on recense actuellement 278 lieux de culte, monastères inclus (une vingtaine), ils étaient 238 en 2010. A ce rythme, on est fondé à estimer qu’en une génération, depuis le début du présent siècle, le nombre des lieux de célébration orthodoxe doublera, peut-être même largement. Le nombre des évêques (10), ainsi que des prêtres et des diacres (330 pour les deux) a lui aussi augmenté. La juridiction ayant aujourd’hui le plus grand nombre de paroisses est la Métropole roumaine (91).

La question du nombre des croyants est très discutée. Le chiffre de 200 000 était avancé jusque dans les années 1990 pour la France. Il est incontestablement supérieur aujourd’hui. L’Annuaire 2017 pose celui de 500 000. Dernièrement, un article du quotidien La Croix mentionnait même 700 000 orthodoxes. Bien sûr, comme dans toutes les confessions, tout dépend des critères de ce que l’on nomme un croyant. Si l’on recense juste ceux qui se rendent régulièrement à une célébration religieuse, ils sont moins nombreux, sans doute plusieurs dizaines de milliers. Ensuite, s’y ajoutent ceux qui y viennent occasionnellement, ou exceptionnellement, mais qui se considèrent orthodoxes, d’autres encore fréquentent l’Église surtout, voire uniquement, dans leur pays d’origine où le lien avec celle-ci est vivace pour la grande majorité de la population comme en Roumanie (plus de 80%), d’autres enfin sont baptisés, en France ou ailleurs, et ne fréquentent pas l’Église et ses offices ou très rarement. C’est pourquoi, en prenant l’acception du mot orthodoxe au sens le plus large, le chiffre de 500 000 est un ordre de grandeur pertinent.

Une intégration à la société française

Arrivée avec des personnes de nationalités étrangères, l’orthodoxie s’est acclimatée et intégrée peu à peu à la société française. Bien que discrète, sa présence s’est solidement établie et son rayonnement est incontestable, l’intérêt pour l’iconographie, le chant orthodoxe et plus généralement pour les différents aspects de sa tradition ainsi que pour sa pratique liturgique, en témoignent.

Elle est aussi présente dans les médias : pour la télévision, Orthodoxie, émission mensuelle sur France 2, existe depuis 1963, L’orthodoxie, ici et maintenant, émission mensuelle sur KTO a été lancée en 2012; à la radio, sur France-Culture, Orthodoxie, est diffusée depuis 1964, au rythme bimensuelle, sur Radio-Notre-Dame, Lumière de l’orthodoxie, propose son rendez-vous hebdomadaire depuis 2012, les radios locales du réseau RCF diffusent aussi des émissions orthodoxe ; sur l’Internet, depuis 2005, le site d’information sur l’actualité de l’orthodoxie en France et dans le monde, avec une mise à jour quotidienne, Orthodoxie.com, est le premier site orthodoxe francophone.

Aujourd’hui, les défis concernent la poursuite de l’enracinement local et de la coopération entre les différentes paroisses et diocèses, l’intensification du dialogue avec les autres confessions chrétiennes ainsi que les différentes traditions religieuses, mais aussi avec l’ensemble de la société. Une histoire déjà longue et riche donc, qui se poursuit et continue ainsi d’apporter, à la France, la voix particulière d’une tradition plurimillénaire.

Christophe Levalois

Note: Par orthodoxe, il faut entendre les Églises orthodoxes chalcédoniennes (qui ont accepté les décisions du IVe concile œcuménique de Chalcédoine en 451), qui sont quatorze à être autocéphales, c’est-à-dire pleinement indépendantes tout en étant en communion, dans le monde. On y adjoint parfois, à tort, les Églises dites orthodoxes orientales, ou préchalcédoniennes, comme les Églises arménienne, copte, éthiopienne et syriaque, qui ne sont pas en communion avec les Églises orthodoxes chalcédoniennes.

Une soirée consacrée à des réflexions contemporaines sur l’hésychasme à l’Institut Saint-Serge le 9 février

st-serge-logoLe jeudi 9 février, à 19h – 20h30, une soirée consacrée au thème « Réflexions contemporaines sur l’hésychasme » aura lieu à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, 93 rue de Crimée, 75019 Paris (métro : Laumière).
Le programme de cette soirée contient trois exposés sur les sujets suivants :
1- « L’hésychasme dans les œuvres du père Lev Gillet et du métropolite Kallistos (Ware) » (Ivana Noble, Charles University, Prague).
2- « Le père Alexandre Men et la tradition d’Optino » (Tim Noble, Charles University, Prague).
3- « L’interprétation de la spiritualité hésychaste chez Élisabeth Behr-Sigel » (Olga Lossky, auteur d’une biographie d’Élisabeth Behr-Sigel).

Entrée libre.

L’émission de télévision « L’orthodoxie, ici et maintenant » sur KTO, à partir de ce soir

01-GENERIQUE_DEBUT_V1Ce soir sera diffusée, sur KTO, à partir de 21h45, l'émission de télévision L'orthodoxie, ici et maintenant. «La cuisine du Mont Athos» y est à l’honneur. Le livre d’un moine athonite, Epiphanios de Mylopotamos, rassemble d’une façon inédite 126 recettes du Mont Athos, et donne une vue d’ensemble sur les secrets et caractéristiques de cette tradition culinaire athonite, pluriséculaire et réputée pour ses effets diététiques, avec des recettes très variées, mais aussi, et surtout, une lecture chrétienne orthodoxe du lien entre nourriture, ascèse et prière. Carol Saba reçoit, Olga Lossky, pour un entretien sur le « ministère de la femme dans l’Eglise orthodoxe », à travers l’évocation du parcours de la théologienne orthodoxe, Elisabeth Behr-Sigel, décédée en 2005, à laquelle Olga, écrivain et romancière orthodoxe, a consacré un livre biographique. Le reportage revient sur les manifestations récentes organisées par Orthodoxie.com, dans ses locaux à Paris, autour de l’exposition « L’icône, une fenêtre vers le royaume de Dieu ». Enfin, la présentation de l’actualité orthodoxe sera suivie par un éclairage dans le "Lexikon", sur le sens du terme « Philocalie » dans la tradition des grands spirituels orthodoxes.

Rediffusions: le 30 octobre à 12h et à 19h40, le 31 octobre à 10h30 et à 22h15, le samedi 2 novembre à 7h, le dimanche 3 novembre à 11h30 et le lundi 4 novembre à 23h10. La page de l'émission sur le site de KTO.

Un ouvrage « Patristique et oecuménisme : thèmes, contextes, personnages »

Cet ouvrage collectif, publié récemment aux éditions Beauchesne sous la direction de Christian Badilita, patrologue roumain, est une sorte de « boîte à outils » censée, d’une part, mettre à la disposition du grand public un recueil d’analyses sur l’oecuménisme faites dans une perspective patristique, et, d’autre part, fournir les données exactes de quelques dossiers sensibles, pour faire avancer concrètement les Eglises sur le chemin de l’unité en s’appuyant sur des recherches fiables.

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Jovan Nikoloski