29/04/2017
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Résultats de la recherche : père Alexandre Men

Le frère du père Alexandre Men accuse les services spéciaux de l’assassinat du P. Alexandre en 1990

Sur le site Parlons d'orthodoxie: cette traduction d'une dépêche d'Interfax sur une déclaration de Paul Men, co-président de la fondation Alexandre Men, qui accuse les services spéciaux d'avoir assassiné son frère, le père Alexandre Men (1), en 1990.

Le frère du père Alexandre Men accuse les services spéciaux de l’assassinat du P. Alexandre en 1990

Sur le site Parlons d'orthodoxie: cette traduction d'une dépêche d'Interfax sur une déclaration de Paul Men, co-président de la fondation Alexandre Men, qui accuse les services spéciaux d'avoir assassiné son frère, le père Alexandre Men (1), en 1990.

Parution du n°21 du « Messager de l’Eglise orthodoxe russe » avec un dossier consacré au père Alexandre Men

2492068-3504936 Le n°21 (juillet-septembre 2010) du Messager de l'Eglise orthodoxe russe vient de paraître. Il comprend un dossier consacré au père Alexandre Men. Présentation: "Le numéro 21 du Messager de l'Église orthodoxe russe est consacré au père Alexandre Men, assassiné près de Moscou il y a vingt ans. Le dossier comprend des témoignages du métropolite Juvénal, évêque diocésain du père Alexandre, du cardinal Jean-Marie Lustiger, d'Alexandre Soljénitsyne, une biographie par André Erémine et deux textes du père Alexandre lui-même, dont un inédit en français. Un chapitre du Messager relate l'ordination épiscopale de Mgr Nestor, auxiliaire du diocèse de Chersonèse. Il propose la version française du discours de Mgr Nestor prononcé aux évêques participant à son ordination et celle de l'adresse du patriarche Cyrille. Enfin, le numéro contient la traduction française de la conférence du métropolite Hilarion sur les relations entre l'Église et l'État dans la Russie post-soviétique, donnée au colloque orthodoxe-catholique de Rhodes en octobre dernier." Pour le commander en ligne, cliquez ici.

Pour le 20e anniversaire de l’assassinat du père Alexandre Men

A l'occasion du 20e anniversaire de l'assassinat du père Alexandre Men sont organisés: à Paris, un office des défunts, le jeudi 9 septembre, à 19h30, dans la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky; à Bruxelles, une conférence du père Serge Model, vendredi 10 septembre à 19 heures, intitulée "Une vie au service de l'Evangile: le père Alexandre Men (1935-1990)".

Deux documentaires de KTO (télévision): le patriarche Cyrille de Moscou – le père Alexandre Men

La chaîne de télévision catholique KTO a diffusé et mis en ligne sur son site internet deux documentaires relatifs à l'Église russe composés d'images d'archives et d'entretiens: l'un sur le patriarche Cyrille de Moscou et les défis qui se posent à l'Église dont il est le primat (52 minutes), l'autre sur le père Alexandre Men (1, 2)(41 minutes).

« Un prêtre pour notre temps » – entretien avec le père Michel Evdokimov sur le père Alexandre Men

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Il
y a quelques mois est paru un ouvrage
du père Michel
Evdokimov
, aux éditions Desclée de Brouwer, sur le père Alexandre Men (1935-1990),
une grande figure de l’orthodoxie
contemporaine. Pour lire cet entretien accordé à Orthodoxie.com
cliquez sur
ce lien
. 

Photographie :
le père Alexandre Men (source)

Les enregistrements du colloque « Héritage du père Alexandre Schmemann »

Les enregistrements audio des exposés présentés au colloque « Héritage du père Alexandre Schmemann », qui s’est déroulé du 11 a 14 décembre 2008  à l’Institut de théologie Saint Serge à Paris, sont désormais en ligne sur le site Internet du colloque (ici en anglais et là en russe). On peut également y voir des photographies. Nous vous invitons à visionner le film vidéo de l’évènement.

Intervention du père Léonid Kichkovsky à la XVIe conférence internationale Alexandre Men « Religion et culture » à Moscou

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La XVIe conférence internationale Alexandre Men s’est déroulée les 22 et 23 janvier dans la Bilbiothèque nationale de littérature étrangère Roudomino, dans la salle même où le prêtre, aujourd’hui connu dans le monde entier, donnait des conférences peut avant sa mort en septembre 1990. Ces conférences internationales, qui ont lieu annuellement le jour de son anniversaire, sont devenues une tradition. Celle de cette année était organisée par les collaborateurs de la Bibliothèque nationale de littérature étrangère, la Fondation humanitaire et philanthropique Alexandre Men, la Fondation Dimitri Likhatchev (Saint-Pétersbourg), et la Fondation Friedrich Naumann (Allemagne).
L’archiprêtre Alexandre Borisov s’est adressé à l’assistance en soulignant que le père Alexandre Men avait réuni en se personne la religion et la culture.

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Moscou : le père Alexandre (Siniakov) nommé responsable pour les relations publiques et œcuméniques en Europe occidentale

En début
de semaine, le Saint-Synode du Patriarcat de Moscou a nommé le père hiéromoine Alexandre
(Siniakov) responsable
pour les relations publiques et œcuméniques en Europe occidentale pour le
diocèse de Chersonèse tout en
restant membre de la représentation de
l’Eglise russe à Bruxelles.

Une réédition attendue depuis longtemps : L’Eucharistie, sacrement du Royaume du père Alexandre Schmemann

Une très bonne nouvelle que cette réédition. Cet ouvrage fondamental du père Alexandre Schmemann (1921-1983), achevé un mois avant son rappel à Dieu, vient d’être coédité par Ymca-Press et François-Xavier de Guibert dans la collection « L’Echelle de Jacob » qui est, par la même occasion, relancée. Celle-ci est désormais dirigée par Jean-Marie Gourvil, Jean-Marc Joubert et Daniel Struve. Le prochain ouvrage à paraître dans cette collection, également du père Alexandre, s’intitule Vous tous qui avez soif !… –Entretiens spirituels . Il s’agit d’homélies dominicales prononcées à la radio à destination de la Russie.

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Une nouvelle biographie du martyr Alexandre Schmorell est parue aux États-Unis

Les éditions du monastère de la Sainte-Trinité à Jordanville (USA) ont publié la première biographie en anglais de saint Alexandre de Munich. Rédigé par Matouchka Hélène Perekrestov, le livre a pour titre « Alexandre Schmorell, le saint de la résistance allemande » et constitue une narration historique précieuse et un aperçu de l’élévation spirituelle atteinte par ce luminaire de la diaspora russe. Né à Orenbourg à la veille de la révolution bolchevique, Alexandre Schmorell s’enfuit à Munich avec sa famille en 1921. Avec d’autres membres du groupe de résistants « La Rose Blanche », Alexandre a été fusillé en 1943 pour avoir composé et diffusé des opuscules critiques du régime nazi portant sur la nature anti-chrétienne de son idéologie. St Alexandre a été canonisé en 2012 par l’Église orthodoxe russe hors-frontières comme saint vénéré localement. La canonisation a eu lieu en la cathédrale des Nouveaux martyrs et confesseurs de Russie à Munich qui, providentiellement, se trouve tout près de la tombe du saint martyr. L’auteur de la nouvelle biographie avait publié précédemment la vie du saint dans plusieurs numéros du périodique « Orthodox Life », de 2013 à 2014. La biographie qui est publiée maintenant a été révisée et augmentée par de nouvelles recherches. On peut trouver sur le site ci-dessous des renseignements complémentaires sur cet ouvrage.

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Site dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto

Un site Internet Musique-orthodoxe.com dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto, vient de voir le jour. Nous vous invitons à lire la présentation du site :
Ce site est conçu en tant que lieu de recherche et d’évaluation du chant traditionnel de l’Eglise russe, qui est aujourd’hui transmis aux fidèles de langues occidentales. Ensuite, ce site se veut être un laboratoire en mode bilingue (éventuellement – multilingue) de partitions, de textes annotés et de réflexions liturgiques et théologiques à partager avec les praticiens actuels du chant liturgique orthodoxe francophone de tradition russe dans nos paroisses. Ce projet se veut enfin être notre réponse particulière aux décisions prises dans le domaine du chant d’Eglise par la Commission compétente du Concile local de l’Eglise russe en 1917-18, dont le centenaire sera célébré plus tard dans l’année.

Les sources du projet, outre l’expérience directe et vécue de la prière chantée de l’Eglise (à l’église de l’Institut Saint Serge, en premier lieu), sont l’Ordo liturgique et le patrimoine musical hérité de nos pères dans la foi qui ont posé les fondations du chant voilà bientôt un siècle en Occident. Les travaux que nous ont laissé le père Alexandre Schmemann pour l’étude historique et théologique de l’Ordo, et le regretté Maxime Kovalevsky pour le traitement liturgique du chant, deux ouvriers exemplaires parmi une ‘nuée de témoins’, nous révèlent l’ampleur et la direction de la tâche qu’ils nous ont léguée à poursuivre.

Ce Site est en phase de construction. Trois domaines principaux y sont répartis : une bibliothèque de musique chorale sur portée moderne, une anthologie avec notation neumatique vocale, une collection d’articles sur divers sujets de musicologie liturgique.

La ressource des partitions musicales est agencée d’après le Calendrier liturgique :

  1. Le cycle journalier comprend les offices des Vêpres, Complies et Matines, éventuellement les petites Heures, dont les textes sont regroupés dans le Livre des Heures.
  2. Le cycle hebdomadaire comprend les jours de la semaine couronnés par dimanche, le Jour du Seigneur, et s’étale sur huit semaines qui englobent les textes des Huit tons traditionnels ; ces textes se trouvent dans le livre de l’Octoèque, souvent édité en deux volumes.
  3. Le cycle pascal est annuel, il est contenu dans les deux livres jumeaux du Pentecostaire et du Triode; les textes sont groupés également en semaines.
  4. Le cycle annuel mensuel est contenu dans les douze volumes des Ménées, plus les ajouts en mémoire des saints canonisés récemment, dont les textes se regroupent d’après l’ordre des jours dans chaque mois.
  5. La divine Liturgie n’est comprise dans aucun cycle, elle offre une image d’éternité et représente le socle des Sacrements. Elle prend également dans son sillage les offices relevant de la personne, tels que les molébènes, les panychides, les funérailles, qui ne sont pas générés par le temps.

Cette répartition sert de Table de matières.

Nous nous efforcerons tous les trois mois de publier des réflexions sur les sujets proposés dans les différentes sections du site sous forme de « billets », afin de renouveler constamment l’intérêt du lecteur et de stimuler un débat parmi les personnes intéressées.

Dans la livraison présente, dans le domaine des Partitions, consultez:

Billet N°2 Partitions, ici sont indiqués quatre types, musicalement distincts, de partitions, dont ‘l’Unisson épais’, forme homophone d’harmonisation à quatre voix des Huit tons traditionnels.
Billet N°3 les Heures, souligne l’importance du cycle journalier liturgique, sous le vocable humoristique de ‘train transporteur’.
Billet N°4 Vêpres, ‘Chant de parole’ aborde la question fondamentale de la nature «mélismatique» du chant d’Église.
Une sélection choisie de partitions dans les cinq domaines hymnographiques des Heures, de l’Octoèque (les Modèles Atextalis des Huit tons en particulier), du Pentecostaire et Triode, des Ménées, de la Divine Liturgie et des sacrements.
Dans le domaine du Solfège, voyez deux documents sur la Notation, et une mélodisation des heirmoi ton 6.

Parmi les Articles vous trouverez une introduction à la spiritualité liturgique (‘Préambule’), deux autres sur le thème du français liturgique, un sommaire des vues sur le chant liturgique du professeur Gardner, et une collection de 9 causeries sur la Liturgie orthodoxe enregistrées à l’intention des Orthodoxes du département, à la RCF (la Radio Chrétienne francophone) en 2007-8.

Prêtre Michel Fortounatto, janvier 2017

L’archevêque d’Amérique Dimitri (Patriarcat œcuménique) a assisté à la cérémonie d’investiture du président Donald Trump

S.E. l’archevêque d’Amérique Dimitri (Patriarcat œcuménique), invité par le Comité de l’investiture présidentielle et représentant l’Église orthodoxe grecque aux États-Unis, a assisté le 20 janvier 2017 à l’Office de prière spécial pour le jour de l’investiture du nouveau président, en l’église épiscopalienne de Washington Saint-Jean. Le président Trump et le vice-président Mike Pence, avec leurs familles et un groupe sélectionné d’invités assistaient à la cérémonie. Peu après, l’archevêque Dimitri, accompagné par le père Alexandre Karloutsos, a été placé à la tribune des personnalités éminentes au Capitole, où ils ont assisté à l’investiture et au serment présidentiel du 45ème président des États-Unis Donald Trump. Le samedi 21 janvier, l’archevêque Dimitri a assisté à l’Office de prière nationale pour le nouveau président en la cathédrale nationale de Washington.

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Interview de l’archimandrite Alexandre (Elissov), chef de la mission du Patriarcat de Moscou en Terre Sainte

En 2017, plusieurs dates liées à la présence russe en Terre sainte seront commémorées : 135 ans de la fondation de la Société impériale orthodoxe de la Palestine, 145 ans de l’église de la Sainte-Trinité à Jérusalem, 170 ans de la fondation de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem et les 200 ans de l’anniversaire de l’un des ecclésiastiques les plus actifs qu’ait connu la Terre Sainte, à savoir l’archimandrite Antonin (Kapoustine). L’archimandrite Alexandre (Elissov), chef de la Mission ecclésiastique russe du Patriarcat de Moscou en Terre sainte a accordé l’interview suivante au correspondant de l’Agence « Interfax-Religion », au sujet des manifestations festives prévues et de la vie de la « Palestine russe »

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– Très révérend Père, en quoi se distingue le XXIème siècle pour la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem ?

– C’est maintenant le XXIème siècle, mais en fait, les buts de la Mission n’ont pas changé. Celle-ci a été fondée dans le but de s’occuper des pèlerins venant en Terre Sainte depuis tout le territoire de l’Église orthodoxe russe, et cela est resté son principal ministère. Et nous nous réjouissons que cette idée réalisée en son temps par les pères fondateurs, notamment l’archimandrite Antonin (Kapoustine), dont nous commémorerons le 200ème anniversaire de la naissance l’an prochain, présente toujours une nécessité aujourd’hui. Il y avait une période lorsque la Terre Sainte était désertée par les pèlerins russes. Ce furent quelques décennies d’une attente anxieuse. Le Seigneur a conduit notre peuple et l’Église orthodoxe russe sur la voie des épreuves, et à l’époque où nous n’avions pas la possibilité de mener la vie spirituelle de façon active dans le cadre de notre Église, nous étions privés de la possibilité de séjourner aussi en Terre Sainte. Heureusement, cette période s’est achevée, un nouvel afflux de pèlerins a commencé, et nous comprenons aujourd’hui ce regard prophétique des fondateurs de la Mission, lesquels avaient ressenti intérieurement que cette tâche de la Mission ecclésiastique russe serait aussi actuelle à l’époque moderne. Aujourd’hui, nous recevons environ 5000 personnes de l’Église orthodoxe russe, de tout le pays et de l’étranger lointain, qui trouvent chez nous un lieu d’accueil, de la sollicitude et une direction spirituelle. Les sœurs du monastère Gorny accompagnent les pèlerins lors de leurs visites des lieux saints. Historiquement, font également partie de l’activité de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem le soutien à la population chrétienne locale et les contacts avec le Patriarcat de Jérusalem. C’est ainsi que l’on construit [pour les habitants locaux] des écoles et d’autres édifices, que fonctionnent pour eux des centres culturels à Bethléem et à Jéricho, dont la mission éducative est immense. Je voudrais rappeler que la Mission ecclésiastique russe et la Société impériale orthodoxe de Palestine accomplissaient déjà un tel travail au cours de la période prérévolutionnaire. L’assistance aux pèlerins de Terre Sainte demeure notre but principal. À cet égard, des contacts sont entretenus avec le Patriarcat de Jérusalem afin de créer, par des efforts conjoints, les conditions les plus appropriées pour ceux qui souhaitent visiter les Lieux Saints. Tout ceci dans le but que soient accessibles les Lieux Saints liés avec la vie de notre Seigneur Jésus-Christ, des Justes de l’Ancien Testament et des Ancêtres du Seigneur, c’est-à-dire avec les événements bibliques et évangéliques. C’est précisément dans ce domaine que nous travaillons de façon très étroite. Le patriarche de Jérusalem Théophile consacre une grande partie de sa journée de travail à l’accueil de nos pèlerins. Il les reçoit chez lui, discute avec eux, il leur donne sa bénédiction. Le Patriarcat de Jérusalem contribue grandement à ce que les pèlerins russes se sentent ici comme chez eux. Et c’est en cela que consiste l’un des aspect de notre activité : soutenir ce type de contacts avec le Patriarcat de Jérusalem et trouver la meilleure variante de coopération, afin d’assister les pèlerins et ne pas défaire les traditions et institutions locales qui, déjà pendant de nombreux siècles sont devenues la norme des relations entre les différentes confessions chrétiennes.

– Qu’est-ce qui fait partie aujourd’hui de la « Palestine russe » ?

– La « Palestine russe » présente aujourd’hui de multiples facettes. Ce sont avant tous les lieux qui ont été acquis par les pères fondateurs de la Mission ecclésiastique russe et qui sont directement liés aux événements bibliques et évangéliques. L’acquisition de sites a eu lieu au temps de l’Empire ottoman. Ce fut difficile à réaliser mais, néanmoins, des possibilités juridiques diverses ont été trouvées permettant de trouver des solutions à des questions très sensibles. Ainsi, nous avons aujourd’hui un certain nombre de sites et nous nous préoccupons de leur bon entretien. Sur le territoire du monastère « Gorny » continue la construction de bâtiments destinés aux pèlerins. Tout cela fait partie de nos tâches pour la « Palestine russe », dans le même esprit qui était celui de ses fondateurs. L’archimandrite Antonin (Kapoustine) a accompli bon nombre de travaux dans ce sens. Les sites de la « Palestine russe » rassemblés par ses effort aident de nos jours non seulement les pèlerins, mais aussi nos compatriotes originaires des différentes extrémités de l’ancien Empire russe, de l’Union soviétique, qui sont arrivés ici, ont reçu la citoyenneté (israélienne) et vivent maintenant en Israël ou en Palestine. Nous avons deux sites paroissiaux très actifs, à Jaffa et à Haïfa. Dans ces villes vivent des émigrants de l’ex-URSS, et ils reçoivent la nourriture spirituelle dans nos églises. Il y a là-bas des écoles russes, à Haïfa 30 enfants y étudient, à Jaffa, plus de 50. Dans le programme de ces écoles figurent l’étude de la langue russe et le catéchisme de l’Église orthodoxe. Les paroissiens participent activement au travail social, ils rendent visite, par exemple, aux enfants qui se trouvent ici pour soigner des maladies oncologiques. Les sites de Jaffa et de Haïfa ont acquis aujourd’hui un sens et une importance étonnantes pour la Russie de Palestine et pour la vie spirituelle en Israël. Ce sont des intermédiaires spécifiques pour la vie extérieure, la vie de la société israélienne même, ce qui pour nous n’est pas de moindre importance. Nous ne voulons pas nous trouver dans un quelconque isolement, nous voulons montrer que l’Orthodoxie, et en partie l’Église orthodoxe russe, occupe une part active, notamment dans les questions de service social. Il y a un site remarquable sur la rive du lac de Génésareth, sur le lieu lié à la vie de sainte Marie Madeleine. Il y a là des sources de radon utiles à la santé. Dans la ville de Tibériade, près de ce site, nous avons un bâtiment, acheté à l’époque prérévolutionnaire, qui a été préservé depuis l’époque des Croisés, dans lequel a été aménagée une hôtellerie très confortable pour les pèlerins. À Bethléem, à côté de la basilique de la Nativité du Christ a été ouverte une belle hôtellerie, où est logée habituellement une grande partie des pèlerins qui viennent chez nous. Il convient de mentionner aussi qu’avec le soutien de l’État russe, le centre historique de la ville est restauré. La rue de l’Étoile, qui jouxte la basilique, est reconstruite. À Jéricho, il y a le site lié au publicain repentant Zachée, devenu par la suite l’un des apôtres, ainsi qu’aux prophètes Élie et Élisée. Ce lieu connaît aussi maintenant une vie active, il y a un foyer de bonne qualité pour les pèlerins, une petite chapelle qui, selon la tradition, est bâtie sur le lieu de la maison de Zachée, dans laquelle le Seigneur était entré pour parler à celui-ci. À l’aide de bénévoles et d’ouvriers sont effectués les travaux fondamentaux de restauration de la maison, d’aménagement du territoire, de la mise en place d’un nouveau portail. Le forage de puits a commencé, ce qui est ici indispensable. Nous avons là un beau jardin de citronniers et d’autres plantes exotiques qui, naturellement, nécessite un entretien. Grâce au patriarche de Moscou Cyrille, qui a exposé notre demande de coopération pour l’aménagement du territoire du site au président palestinien Mahmoud Abbas, et maintenant sur l’initiative de ce dernier, sous son patronage, ces travaux sont en cours de réalisation. Le patriarche est très attentif à nos problèmes, et nous lui sommes reconnaissants pour son aide à régler des questions globales. En 2010-2011, à Jéricho, un parc-musée a été aménagé avec les fonds de la Russie, sur le territoire duquel le figuier de Zachée, lequel continue à donner des fruits. Ce complexe accomplit également une mission éducatrice, ce qui nous réjouit et nous rapproche : il est important pour la population locale, et une rue a reçu le nom de Dimitri Medvedev, grâce au décret duquel, alors qu’il était président de la Fédération de Russie, a été bâti le musée. Le monastère « Gorny », constitue nos poumons spirituels qui assainissent l’atmosphère, tant dans la mission elle-même qu’en Israël. C’est un monastère étonnant, le plus grand de ceux qui existent en Terre Sainte. Il y a plus de 80 moniales qui y vivent de façon permanente et y prient. Elles ont une bibliothèque remarquable, et détiennent aussi les archives de la Mission ecclésiastique russe. Les sœurs s’occupent constamment des pèlerins, notamment de l’immense réfectoire qui nourrit des centaines de pèlerins. J’ai énuméré les sites principaux et les centres spirituels qui sont liés à notre mission, mais je n’ai pas encore mentionné les deux monastères qui se trouvent sur le Mont des Oliviers et à Gethsémani. Ils constituent également une partie de notre mission, mais ils sont traditionnellement du ressort de la partie hors-frontières de l’Église orthodoxe russe. Spirituellement, nous sommes déjà ensemble, nous fêterons l’an prochain le dixième anniversaire de la réunion du Patriarcat de Moscou et de l’Église russe hors-frontières, et nous ressentons que nous nous sommes renforcés aujourd’hui dans la prière commune. Les évêques et les laïcs pèlerins qui viennent en Terre Sainte, vont aussi dans ces monastères, ces églises. Les membres du clergé y concélèbrent la sainte Liturgie. Pour nous, c’est très important. L’unité qui existe réellement aujourd’hui, aide à panser les plaies du schisme d’autrefois et offre une radieuse perspective pour l’avenir, aussi nous sommes très heureux du fait que ces deux monastères existent maintenant comme seul espace de vie et de responsabilité. Je parlerai en dernier de l’église de la Sainte-Trinité, bien qu’elle constitue le cœur de la « Palestine russe ». Il y a maintenant ici des offices réguliers : des offices quotidiens pour nos besoins internes et de nombreux offices hebdomadaires pour les pèlerins et les paroissiens. Cette église acquiert maintenant une importance paroissiale également et nous espérons que ce ministère se développera. Actuellement, le nombre des baptêmes et des mariages a augmenté, ce qui, bien sûr, nous réjouit beaucoup.

– En 2017, on fêtera à la fois plusieurs dates commémoratives liées à la présence russe en Terre Sainte. Quelles sont les manifestations prévues dans le cadre des solennités ?

– Avec la bénédiction du Patriarche, nous élaborons actuellement ce programme. Le 18 novembre, à Moscou, j’ai participé au groupe de travail, et nous avons décidé qu’il y aurait plusieurs étapes dans les manifestations festives. C’est la Société impériale orthodoxe de Palestine qui les commencera en juin, par la tenue d’une conférence scientifique. Ensuite, au mois d’août, on prévoit à Jérusalem des fêtes liées au jubilé de l’archimandrite Antonin, qui est inhumé en l’église de l’Ascension sur le Mont des Oliviers. Ce sera organisé par la partie hors-frontières de notre Mission. Il est prévu un office, une réception solennelle et une exposition : l’archimandrite Antonin était un homme aux multiples intérêts. C’est ainsi qu’outre l’organisation de la « Palestine de Russie », il s’intéressait à l’astronomie, l’archéologie. On a gardé ses affaires qui seront le patrimoine de cette exposition. Et, vers la fin de l’année, en octobre-novembre, nous accomplirons des manifestations liées à la célébration du 170ème anniversaire de la Mission ecclésiastique russe à Jérusalem. Nous prévoyons un office festif, une conférence scientifique, ainsi qu’une exposition. Un grand forum terminera l’année jubilaire, lequel aura lieu à Moscou. Ses participants pourront visiter le diocèse de Kourgan, le village de Batourino, où est né l’archimandrite Antonin. Ce sont des orientations, le programme sera encore revu, délibéré et les dates exactes seront choisies.

– L’Église orthodoxe russe participe-t-elle à la restauration du « Kouvouklion » ? Si c’est le cas, de quelle façon ?

– Traditionnellement, la Russie est un pays qui a toujours, dans les temps passés, et de nos jours également, fait des dons plus que les autres pour la restauration et la préservation des saints Lieux dans le monde entier, et bien sûr, en premier lieu, en Terre Sainte. Nos fidèles, toute notre Église participe par des dons, à la restauration du plus grand lieu saint du christianisme, le « Kouvouklion » qui abrite le Saint-Sépulcre et nous savons qu’à ce jour l’apport de la Russie et de l’Église orthodoxe russe est le plus grand.

– Les travaux de restauration à la basilique du Saint-Sépulcre n’empêchent-ils pas sa visite par nos pèlerins ?

– Non, le « Kouvouklion » est toujours ouvert aux pèlerins, et tous les offices traditionnels en la basilique du Saint-Sépulcre sont célébrés. Les pèlerins peuvent visiter sans obstacle le Kouvouklion, et les travaux de restaurations effectués ici, ne dérangent en rien l’atmosphère respectueuse dans l’église.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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L’Église orthodoxe d’Ukraine mentionne les pressions qu’elle subit de la part des autorités civiles ukrainiennes

En raison des informations publiées par la presse au sujet des progrès de l’enquête pénale diligentée par le Ministère public ukrainien sur la coercition soi-disant exercée sur le défunt Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, S.B. le métropolite Vladimir (Sabodan), afin qu’il se retire, le Département de l’information de l’Église orthodoxe d’Ukraine a procédé à une mise au point. Comme il est mentionné dans celle-ci, au cours des dernières deux années, l’Église orthodoxe d’Ukraine a appelé, à maintes reprises, les organes responsables de l’État à divulguer les dossiers concernant les délits manifestes commis à l’endroit des fidèles et de la liberté de conscience. Or, tous ces appels sont restés lettres mortes, l’attention requise ne leur a pas été prêtée. C’est ainsi que, jusqu’à maintenant, le cas de l’assassinat du prêtre Romain Nikolaïev n’a pas été résolu, que sont absentes les informations sur les résultats des enquêtes sur l’affaire de la mort de la moniale Alevtina (Kravtchouk), que la société n’a pas été informée sur les circonstances de l’enlèvement de la mère higoumène et d’une moniale de l’un des monastères de Kiev en 2013, qu’il n’y a aucun détail sur les coups et blessures portés aux paroissiens du village d’Ekaterinovka de la région de Ternopol par les radicaux nationalistes, avec pour conséquence que 15 personnes soient hospitalisées. « Des dizaines de cas d’incursions et de prises par la force de lieux de culte, n’ont pas été empêchés ni fait l’objet d’investigations, les enquêtes nécessaires n’ont pas été diligentées pour trouver ceux qui ont mis le feu à onze églises orthodoxes de Kiev. Aucun cas d’incitation à la haine religieuse et aux appels à l’agression contre les fidèles de la part de certains politiciens et responsables lors de la procession pan-ukrainienne n’a fait l’objet de l’ouverture d’un dossier », est-il dit dans le document. Sur un fond d’inaction manifeste des structures du pouvoir concernant les délits contre la vie, la santé et l’observation du droit à la liberté de conscience des fidèles qui sont citoyens de l’Ukraine, l’initiative du procureur d’enquêter sur les circonstances entourant les dernières années du métropolite Vladimir (Sabodan) à la tête de l’Église orthodoxe d’Ukraine, provoque une profonde inquiétude de l’Église. Ni le métropolite de Kiev, ni ceux à qui a été déléguée la représentation des intérêts de l’Église orthodoxe d’Ukraine auprès des organes de l’État ne se sont officiellement prononcés sur les conditions pour y procéder. « Les circonstances de ces actes d’instruction, qui ont « fuité » dans les médias, donnent des raisons de parler de tentatives d’altérer la représentation que l’on peut avoir de l’activité de S.B. le métropolite Vladimir au poste de primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine au moyen de spéculations au sujet de l’état physique du défunt métropolite, de calomnies et de commérages manifestes », est-il dit dans la mise au point. Les auteurs du document rappellent que le retrait des fonctions d’administration de l’Église de S.B. le métropolite Vladimir a eu lieu le 24 février 2014 sur décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe d’Ukraine, prise sur la base du rapport du métropolite de Pereïaslav-Khmenitsky et Vichneva Alexandre (Drabinko), responsable du traitement médical du métropolite Vladimir. Selon le témoignage de Mgr Alexandre, il n’y avait pas de possibilité de rétablissement du primat, raison pour laquelle le Synode a élu un locum tenens de la cathèdre de Kiev de l’Église orthodoxe d’Ukraine. « En outre, les multiples convocations pour interrogatoire par le ministère public d’évêques de l’Église orthodoxe d’Ukraine sont devenues des précédents regrettables dans l’histoire récente des relations entre l’État et l’Église. Prenant en compte le manque évident de fondement d’une procédure pénale concernant les circonstances de l’accomplissement par S.B. le défunt métropolite Vladimir de son ministère primatial, mais aussi des nombreuses déclarations de certains politiciens ukrainiens appelant à la cessation de l’existence en Ukraine de l’Église orthodoxe d’Ukraine, il y a des raisons sérieuses d’affirmer que des pressions sont exercées sur les clercs de l’Église orthodoxe d’Ukraine par les structures de l’État », est-il dit en conclusion dans le document.

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Discours du patriarche œcuménique Bartholomée à Jasenovac (Croatie) le 10 septembre

« Votre Béatitude et Sainteté le Patriarche de Serbie Mgr Irénée, bien-aimé frère en Christ et concélébrant, Éminentissime frère, métropolite de Zagreb et Ljubljana Mgr Porphyre, Excellentissime frère, évêque de Slavonie Jean, Excellentissimes frères évêques, Votre Excellence, Votre Éminence, Messieurs les représentants de l’État dans cette contrée, frères et bien-aimés enfants dans le Seigneur,

Nous sommes émus aujourd’hui, car le Seigneur nous a accordé la bénédiction de célébrer la sainte Liturgie à Jasenovac en mémoire de ceux qui ont souffert le martyre de la part du nazisme – les saints néomartyrs serbes – ainsi que de tous les autres qui ont souffert au cours de la Seconde guerre mondiale. Le Seigneur nous a accordé de célébrer le sacrifice non-sanglant « pour tous nos pères et frères défunts, martyrs, confesseurs… et tout esprit juste ayant achevé sa course dans la foi », à l’occasion du 75ème anniversaire du commencement du fonctionnement de ce camp horrible et inhumain et ce sur ce saint lieu du martyre et de la Croix, du nouveau Golgotha, qui n’est pas seulement celui du peuple serbe.

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Discours du patriarche œcuménique Bartholomée à l’issue de la doxologie solennelle à Zagreb, le 9 septembre 2016

« Votre Béatitude, très cher frère archevêque de Peć, métropolite de Belgrade-Karlovci et patriarche de Serbie, Mgr Irénée, Votre Éminence le métropolite de Zagreb et Ljubljana Mgr Porphyre, Vos Éminences et Excellences nos frères évêques, honorables représentants des autorités civiles, Vos Excellences, pères, frères, sœurs et enfants bénis dans le Seigneur,
Avec une émotion particulière, nous venons aujourd’hui à Zagreb avec pour intention, en tant qu’Église Mère de Constantinople, de rendre honneur et vénération, avec l’Église sœur orthodoxe serbe, aux néomartyrs orthodoxes qui ont été glorifiés dans ces contrées du temps du totalitarisme nazi. Le souvenir des néomartyrs est particulièrement actuel, ainsi que le message qu’ils nous adressent. Ces nouveaux martyrs de Dieu présentent un témoignage durable, centenaire, un exemple de patience pour tous les chrétiens, où qu’ils se trouvent. À travers tous les siècles, le lot de l’Église orthodoxe a été la Croix de la souffrance. Si nous regardons l’histoire des peuples orthodoxes, nous constaterons qu’ils se sont toujours trouvés sous le glaive de la souffrance et du martyre. Ils ont toujours subi des persécutions, des injustices et ont souffert le martyre. C’est ce que nous prouve l’histoire de tous les peuples orthodoxes : les peuples grec, russe, serbe, roumain, géorgien, syrien et les autres, comme l’histoire des saints lieux en Palestine. Le peuple grec et les autres peuples chrétiens orthodoxes des Balkans ont offert à Dieu et à l’Église, du XVème au XIXème siècle, une innombrable multitude de néomartyrs, qui ont représenté et représentent son visage, son orgueil et sa gloire. De même, tous les peuples orthodoxes qui se sont trouvés sous les régimes athées en Europe de l’Est au vingtième siècle, sont aussi passés par le martyre des catacombes.

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Le père Alexandre Karloutsos : « Le budget du Concile en Crète s’élève à 2,5 millions d’euros »

1449432545Le prêtre de l’archevêché grec du Patriarcat œcuménique aux États-Unis et membre du Comité d’organisation du Concile, Alexandre Karloutsos, a déclaré à l’agence russe RIA Novosti que le budget du Concile des Églises orthodoxes réunies en Crète est de 2,5 millions d’euros, dont 1,5 millions proviennent des États-Unis. Selon lui un tel budget pour un événement de cette taille n’est pas très élevé.

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Source, dont photographie (traduit du russe pour Orthodoxie.com): RIA.Novosti

Recension: Père Séraphim Rose, « Genèse, création et premier homme »

C_ROSE_GenesePère Séraphim Rose, Genèse, création et premier homme. Traduit de l’anglais par Thierry Cozon, Éditions des Syrtes, Genève, 2016, 254 p.
Le père Séraphim Rose est une grande figure de l’orthodoxie américaine, mal connue dans le monde francophone. Né en 1934 à San Diego (Californie) dans une famille protestante ayant des origines françaises, il termina ses études secondaires comme major au lycée de San Diego, sortit diplômé de l’université de Pomona (Californie), suivit ensuite les cours d’Alan Watts (grand spécialiste des religions extrême-orientales, mondialement connu dans les années 60) à l’Académie des études asiatiques de San Francisco, avant d’obtenir un doctorat en langues orientales à la prestigieuse Université de Berkeley. Après avoir examiné soigneusement les différentes religions de l’Orient, c’est l’Orthodoxie qui entraîna son adhésion. Il entra dans l’Église orthodoxe à San Francisco en 1962, où il devint le disciple de l’évêque (futur saint) Jean (Maximovitch) de Changhaï et San Francisco. Après avoir fondé une fraternité missionnaire sous le patronage de saint Germain d’Alaska, il créa un monastère dans les solitudes sauvages du Nord californien où, avec quelques frères, il mena un vie ascétique austère qui lui valut une réputation de sainteté (ce monastère, dédié à Saint Germain d’Alaska, à Platina, existe toujours, et ses moines continuent à y vivre dans une grande pauvreté et des conditions difficiles, notamment sans électricité). Là, il écrivit un grand nombre d’articles et de livres, ayant tous pour but d’exprimer le point de vue de la Tradition orthodoxe par rapport à des courants de spiritualité modernes (New Age) ou en vogue (Hindouisme, Bouddhisme) ou à des théories philosophiques ou scientifiques posant problème au christianisme. Ordonné prêtre en 1977, il fut emporté par une courte maladie cinq ans plus tard, à l’âge de 48 ans. Après sa mort, ses livres – L’âme après la mort, L’Orthodoxie et la religion du futur, La révélation de Dieu au cœur de l’homme, Réalité du Royaume céleste, Genèse, création et premier homme, Le nihilisme, La place du Bienheureux Augustin dans l’Église orthodoxe – connurent un succès mondial, étant traduits en russe, grec, serbe roumain, bulgare, géorgien, français, lituanien, polonais, italien, chinois et malayalam (langue de l’Inde du Sud). Une biographie de 1000 pages lui a été consacrée en langue anglaise : Père Séraphim Rose : sa vie et ses œuvres.
Le présent volume regroupe plusieurs études du père Séraphim qui critiquent la théorie évolutionniste.
Une première partie est plutôt méthodologique et concerne la nature et les rapports de la théologie, de la science et de la philosophie, et affirme la supériorité de la première comme mode de connaissance. La deuxième partie est une critique du modèle évolutionniste. La troisième partie est une critique des penseurs chrétiens qui ont cherché à intégrer le modèle évolutionniste et à le concilier avec la conception chrétienne des origines du monde et de l’homme. La quatrième partie, qui occupe près d’un tiers du volume, expose la doctrine patristique de la création au regard de la conception évolutionniste et argumente en faveur de l’incompatibilité des deux approches (c’est une longue réponse à un article d’Alexandre Kalomiros, orthodoxe grec évolutionniste).
Disons-le d’emblée, le Père Séraphim Rose est un fondamentaliste pur et dur, et ses positions paraîtront sans aucun doute surprenantes à des lecteurs européens, peu habitués à la querelle qui aux États-Unis oppose – depuis longtemps dans un débat devenu banal – les créationnistes (en majorité évangélistes) aux évolutionnistes. Selon lui, par exemple, « l’univers n’est pas âgé de plus de 7500 ans » (p. 193), et le monde a été créé par Dieu en 7 jours correspondant à nos journées actuelles, chacune ayant 24 heures, pas une de plus ni de moins. Une position manifestement intenable, car les notions de semaine et d’heure n’étaient pas universelles dans l’Antiquité et se sont imposées tardivement dans l’Histoire (sur l’histoire du découpage du temps voir l’excellent livre de P. Couderc, Le calendrier dans la collection « Que sais-je? »). La Bible elle-même n’entend pas que les sept jours de la création du point de vue de Dieu correspondent à nos journées (voir pas exemple le psaume 90, 4 : « Car mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier qui passe, comme une veille dans la nuit »). Il n’y a pas a priori d’obstacle, du point de vue de la foi chrétienne, à considérer que les jours de la création aient correspondu à de très longues périodes, ni que l’univers ait plusieurs millions d’années. Le père Séraphim Rose fait de l’Écriture et des Pères une lecture exclusivement littérale et historique, proche de celle du fondamentalisme protestant. Dans plusieurs passages il affirme que les Pères privilégient ce type de lecture, ce qui n’est pas exact. Même saint Jean Chrysostome, qui est apparenté au courant exégétique dit antiochien qui accorde une grande importance au sens littéral et historique, ne se limite pas à ce sens premier, et les représentants de l’exégèse dite alexandrine considèrent qu’il y a quatre types de sens dans l’Écriture : le sens littéral ou obvie ; le sens allégorique ; le sens tropologique (ou moral) ; et le sens anagogique (qui indique ce vers quoi on doit tendre). Origène ou saint Maxime le Confesseur par exemple accordent très peu de place au sens littéral et historique, et privilégient le sens spirituel, considérant que l’Écriture a le plus souvent un sens symbolique.
Cela dit le livre du père Séraphim Rose a le mérite de montrer les failles de la théorie évolutionniste, devenue un article de foi de la pensée moderne et enseignée comme un dogme intangible et obligatoire dans notre système éducatif, de l’école primaire à la terminale.
Il démontre que cette théorie n’est pas purement scientifique, mais a une base et des visées philosophiques, et que dans sa dimension scientifique même, elle présente de nombreuses insuffisances et contradictions. Outre qu’elle comporte des variantes qui ne sont pas compatibles entre elles (lamarckisme, néo-lamarckisme, darwinisme et néo-darwinisme, avec plusieurs écoles), elle ne permet pas de rendre pleinement compte de l’évolution qu’elle postule. C’est un fait bien connu et reconnu qu’il y a entre les espèces supposées avoir évolué de l’une à l’autre de nombreux « chaînons manquants », ce manque étant particulièrement criant en ce qui concerne le passage des prétendus « hominidés » à l’homme.
Il faut dire qu’il n’y a pas que les fondamentalistes religieux qui critiquent l’évolutionnisme: dès son apparition et jusqu’à nos jours, la théorie évolutionniste sous ses diverses formes a suscité des réserves de la part de philosophes (parmi lesquels Marx qui voyait dans le darwinisme une couverture pseudo-scientifique apportée au système concurrentiel du capitalisme, qui élimine les plus faibles et renforce les plus forts), d’épistémologues (qui ont souvent souligné sa dimension idéologique), d’historiens des sciences, et de scientifiques (un certain nombre de ces critiques sont recensées dans cet article).
Cette théorie, et toutes celles qui sont relatives à la paléontologie et à la cosmologie ont, sur le plan scientifique même, la faiblesse de ne pas pouvoir trouver de confirmation dans une expérimentation, et d’être limitées à une observation indirecte et partielle de vestiges ou de traces comportant beaucoup de lacunes. L’évolutionnisme n’est qu’une hypothèse (c’est-à-dire une explication supposée) présentant de nombreuses zones d’ombre et de nombreux points de fragilité.
Le père Séraphim Rose en présente quelques-uns. Il note que le rejet de l’évolutionnisme n’amène à rejeter ni la variation, ni le développement, ni amélioration des espèces, car c’est à tort que l’on assimile ces trois notions à l’évolution pour justifier celle-ci. Il montre que la théorie évolutionniste est avant tout une philosophie. Et surtout – c’est l’un des buts fondamentaux de son livre – il rappelle quelle est la conception qu’ont les Pères de la création, souligne que celle-ci reste normative pour les chrétiens et montre pourquoi, selon lui, elle n’est nullement conciliable avec l’évolutionnisme. Il faudrait rappeler ici de manière plus développée que la science et la religion n’ont pas les mêmes bases ni les mêmes visées: le but de la première est de tenter de donner une compréhension rationnelle, aussi cohérente que possible, des phénomènes (c’est-à-dire, étymologiquement, des apparences), tandis que la seconde est de donner, en se fondant sur une révélation, une connaissance spirituelle de ce qui transcende les apparences et qui donne sens à la vie de l’homme non seulement en cette vie mais dans l’au-delà.
Contre la pensée unique, matérialisme et athée, que notre société impose de manière de plus en plus coercitive et intolérante, le livre du père Séraphim Rose a le mérite de rappeler que l’évolutionnisme n’est pas un dogme intangible, et que sur la question de l’origine du monde et de l’homme d’autres façons de voir se justifient à partir de cadres de référence différents.

Jean-Claude Larchet

Recension: Père Gleb Kaleda, « Arrêtez-vous sur vos chemins. Notes d’un aumônier de prison à Moscou (1992-1994) »

C_Kaleda_Arretez-vousPère Gleb Kaleda, Arrêtez-vous sur vos chemins. Notes d’un aumônier de prison à Moscou (1992-1994). Traduit du russe par Françoise Lhoest, éditions des Syrtes, Genève, 2016, 150 p.
Le Père Gleb Kaleda est déjà connu des lecteurs francophones par un livre intitulé L’Église au foyer paru en 2000 aux éditions du Cerf.
Dans la première partie de ce nouveau livre, il nous livre un témoignage et des réflexions relatives à son ministère d’aumônier de prison de 1992 à 1994, soit les deux dernières années de sa vie. Il fait apparaître les particularités de la pastorale des prisonniers liées à la fois aux difficultés propres au milieu carcéral, à la psychologie particulière de ceux qui y vivent, aux relations spéciales qu’ils entretiennent avec leurs semblables, et à leurs difficultés d’aborder la foi dans un milieu qui en est a priori éloigné. Comme Dostoïevski dans ses Souvenirs de la maison des morts, le Père Gleb témoigne de sa confiance dans l’aptitude de l’homme, en qui l’image de Dieu ne peut jamais se perdre, à se repentir et à se transformer positivement, quel que soit le poids du passé et les difficultés du présent. Il fait part des ses efforts spirituels et matériels pour réintroduire des structures (local pour les confessions, chapelle…) et une vie chrétienne dans les prisons, dans un pays où elle en avait été officiellement bannie pendant soixante-dix ans.
Ce témoignage et ces réflexions sont très liés au contexte historique, politique et sociologique de la Russie dans les années qui ont immédiatement suivi la perestroïka, et sont souvent assez datées. Mais il y reste une dimension universelle, relative notamment à la psychologie des prisonniers, à la façon de l’aborder, et à la manière dont le ministère du prêtre peut s’exercer dans ce milieu particulier.
Une deuxième partie du livre rassemble: 1) des témoignages de prisonniers adressés à l’épouse du Père Gleb à la suite du décès de celui-ci en 1994, qui soulignent les qualités de leur aumônier; 2) un texte d’Alexandre Dvorkine sur la vie et l’œuvre pastorale du Père Gleb; 3) des souvenirs Gennadi Orechkine qui fut un directeur de prison d’une grande humanité et favorisa grandement l’activité pastorale du Père Gleb. Celui-ci a été longtemps professeur de géologie ; il fut ordonné prêtre secrètement à l’âge de 53 ans, célébra chez lui clandestinement jusqu’en 1990, avant que le patriarche Alexis II ne le charge de l’organisation de la catéchèse à destination des prisonniers et ne fasse de lui le premier aumônier de prison en Russie depuis la révolution. Tous ces témoignages font apparaître le Père Gleb comme un pasteur remarquable.

Jean-Claude Larchet

En Bulgarie la procédure de canonisation du métropolite de Nevrokopi Boris, d’éternelle mémoire, a commencé

Lors de sa session du 31 mars, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, réuni au complet, a examiné la lettre du métropolite de Nevrokopi Séraphim, contenant une demande au Saint-Synode d’accorder sa bénédiction au début des démarches visant à canoniser le métropolite de Nevrokopi Boris (+1948). Le Saint-Synode a donné sa bénédiction pour commencer la procédure. Le métropolite Boris fut un pasteur zélé, très respecté et aimé, un érudit, un missionnaire et un patriote qui, en 1948, fut assassiné par un prêtre défroqué, agent et membre du parti communiste. Les raisons indiquées pour sa canonisation sont son ministère consciencieux, sa vie de confesseur et sa fin en martyr. Actuellement, les premières démarches sont entreprises pour récolter des informations sur la vie et les actes du métropolite. La demande du métropolite de Nevrokopi Séraphim est formulée à l’occasion du 70ème anniversaire de l’assassinat du métropolite Boris, qui s’approche. Lors des prochains mois, une commission spéciale sera constituée, laquelle procédera à l’examen de la vie, des œuvres, des dons reçus de Dieu et des miracles du métropolite Boris, d’après la documentation et les témoignages de ses contemporains, ainsi que des gens qui ont reçu son aide miraculeuse après son trépas. Le métropolite de Nevrokopi Boris (dans le monde Vangel Simov Razoumov) est né le 26 octobre 1888, le jour du saint grand-martyr Dimitri, au village de Giavato, dans le district de Bitol, actuellement situé en République de Macédoine. Sa vie était de façon miraculeuse liée à saint Dimitri, très vénéré dans sa patrie. C’est aussi le jour de saint Dimitri, qu’il est décédé, recevant la palme du martyre exactement soixante ans après sa naissance. Dès son jeune âge, le futur métropolite Boris a manifesté de l’ardeur envers la Parole de Dieu et les études. Il termina brillamment la troisième classe du collège d’Odrina en 1904. Peu avant, en automne 1903, son père est décédé, alors qu’il participait au soulèvement « du jour du Prophète Élie » contre le joug ottoman. En 1904, Vangel Razoumov assistait le clergé dans le sanctuaire de l’église bulgare Saint-Étienne à Constantinople, où il fut remarqué par l’exarque Joseph. Celui-ci lui accorda une bourse pour étudier au séminaire ecclésiastique de Constantinople, que le futur métropolite termina brillamment en 1910. Le 10 juin de la même année, en l’église Saint-Étienne, le métropolite de Nevrokopi Hilarion lui fit prononcer ses vœux monastiques, et l’éleva au diaconat. En 1915, le diacre Boris termina ses études à la faculté théologique de Tchernovtsy, alors en Autriche-Hongrie, obtenant un doctorat. Le 25 novembre 1917, le diacre Boris fut ordonné prêtre par le métropolite de Plovdiv Maxime. Le Saint-Synode lui confia la charge de la colonie bulgare de Budapest. De 1924 à 1926, il se trouva à la tête du département de la culture et de l’enseignement auprès du Saint-Synode et fut recteur de l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva à Sofia. Les cinq années suivantes, jusqu’en septembre 1931, l’archimandrite Boris fut recteur du séminaire de Sofia. Ensuite, jusqu’en 1935, devenu évêque, il fut secrétaire du Saint-Synode. En 1932, on lui confia la tâche historique d’obtenir la levée des accusations de schisme proférées par le Patriarcat de Constantinople à l’endroit de l’Église orthodoxe bulgare. Les négociations se termineront avec succès en février 1945. Le 24 mars 1935, l’évêque Boris fut élu métropolite de Nevrokopi. Au cours de son ministère relativement court dans ce diocèse, il réussit à faire construire vingt églises. Il était appelé « conscience de l’Église bulgare » pour son érudition hors du commun (il parlait couramment treize langues) et sa lutte implacable contre l’athéisme de l’idéologie communiste. Le 29 septembre 1948, le métropolite Boris envoya au Saint-Synode une lettre de protestation contre les exactions du pouvoir communiste dans le diocèse de Nevrokopi. Il en résultera pour lui que le comité du parti communiste bulgare le déclare ennemi numéro un. Des persécutions furent entreprises contre lui. Une fois, le métropolite vint chez ses proches et leur dit : « Je suis venir faire mes adieux, parce que nous nous voyons pour la dernière fois. La nuit, j’ai eu une révélation selon laquelle ma fin s’approchait. J’ai vu en songe que le feu descendait du ciel, et celui-ci m’emportait au ciel. Je vais consacrer l’église Saint-Dimitri au village de Kolarovo, mais de toute évidence ce sera ma fin ». À Kolarovo, le 26 octobre / 8 novembre, à l’issue de la Liturgie et après la prédication, lorsque le métropolite bénissait la table festive et n’avait pas encore réussi à s’y asseoir, il fut appelé par un prêtre, qui avait été défroqué pour avoir volé des biens ecclésiastiques et pratiqué la délation et l’espionnage. Il exigea du métropolite de le rétablir dans le sacerdoce et lorsqu’il essuya un refus, il tira froidement sur lui devant un millier de fidèles. Le tueur fut condamné à sept ans d’incarcération, mais termina sa vie dans un asile psychiatrique, ne cessant pas de répéter « je l’ai tué, je l’ai tué… ».

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Visite au Patriarcat œcuménique de Constantinople du métropolite Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA)

Le métropolite Tikhon a accepté l’invitation de Sa Toute-Sainteté, le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée, à concélébrer la divine liturgie en l’église patriarcale Saint-Georges au Phanar, le Dimanche de l’orthodoxie, les 19 et 20 mars. Le métropolite Tikhon avait accepté précédemment des invitations similaires du patriarche Bartholomée. En décembre 2014, il avait visité la Faculté de théologie de Halki ainsi que le patriarcat avec l’archiprêtre John Jillions, chancelier de l’OCA, les archiprêtres John Behr et Alexander Rentel, du Séminaire Saint-Vladimir de New York. En juin 2015, le métropolite Tikhon et le père Alexandre s’étaient rendus au patriarcat à l’occasion de la réunion du comité exécutif de l’Assemblée des évêques canoniques des États-Unis d’Amérique. Accompagné par le père John Jillions, le métropolite Tikhon est arrivé à Istanbul le samedi 19 mars, peu après qu’un attentat terroriste ait fait plus de 30 victimes dans le quartier touristique de la ville. La délégation a été accueillie par le diacre Niphon, un moine né aux États-Unis, qui dirige le secrétariat en langue anglaise du Patriarcat depuis 2008. Le samedi soir, le métropolite Tikhon et l’archiprêtre John Jillions ont assisté aux Vêpres en l’église patriarcale Saint-Georges, présidées par le patriarche Bartholomée, qui les a invités dans son bureau après l’office. « Le métropolite Tikhon a transmis les salutations de la part du Saint-Synode de l’Église orthodoxe en Amérique », a déclaré le père John. « Il a discuté avec Sa Toute-Sainteté la question du saint et grand Concile qui approche, la récente visite de Sa Béatitude [le métropolite Tikhon] à Son Éminence l’archevêque Léon et à l’Église de Finlande – une Église autonome sous la juridiction du Patriarcat œcuménique -, le travail de l’Assemblée des évêques canoniques aux États-Unis d’Amérique, les perspectives d’un dialogue formel renouvelé avec le Patriarcat concernant l’unité orthodoxe et la régularisation canonique de l’Église en Amérique du Nord. Sa Toute-Sainteté, à son tour, a fait bon accueil à la discussion, rappelant son engagement dans ces questions avec le défunt protopresbytre Jean Meyendorff et avec Son Éminence le défunt archevêque Pierre (L’Huillier) » a ajouté le père Jean. « Il était entendu que, tandis que des différences subsistent en ce qui concerne la nature de l’autocéphalie [de l’OCA], cela ne constituait pas un obstacle à la communion et à la concélébration ». Après un échange de cadeaux, le patriarche Bartholomée a encouragé le métropolite Tikhon à lui rendre à nouveau visite à l’avenir. Après la rencontre, le métropolite Tikhon et le père John on dîné avec le patriarche Bartholomée et certains des membres du Saint-Synode patriarcal, dont S.E. le métropolite Jean (Zizioulas) de Pergame, avant de réciter l’office de préparation à la sainte communion. Le Dimanche de l’orthodoxie, le 20 mars, le métropolite Tikhon a concélébré la divine liturgie avec le patriarche Bartholomée et les membres du Saint-Synode patriarcal, dont un certain nombre exercent leur ministère aux États-Unis et sont bien connus au métropolite grâce à l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques de ce pays. Après la liturgie patriarcale, un service de requiem a été célébré pour eux qui ont souffert et sont morts pour la foi orthodoxe, avec une procession, au cours de laquelle était portée l’icône des Pères du VIIème concile œcuménique. Le dimanche après-midi, le patriarche Bartholomée et le métropolite Tikhon se sont rendus dans une paroisse locale pour la célébration des vêpres du Dimanche de l’orthodoxie. Un bref concert exécuté par un groupe de chanteurs et de musiciens de Grèce du Nord, s’ensuivit dans la salle paroissiale. Le patriarche Bartholomée fit ensuite de chaleureux adieux au métropolite Tikhon et au père John avant leur départ, le lundi matin 21 mars. Des photographies de l’événement sont disponibles ici. Le métropolite Tikhon a fait la déclaration suivante sur son voyage à Constantinople : « Au clergé, aux membres de l’ordre monastique, et aux fidèles de l’Église orthodoxe en Amérique. Je viens de revenir d’une visite à Constantinople, où j’ai été invité à concélébrer par Sa Toute-Sainteté, le patriarche œcuménique Bartholomée, pour la fête du Dimanche de l’orthodoxie, au Patriarcat œcuménique. L’une de mes responsabilités principales en tant que primat est de représenter l’Église orthodoxe en Amérique dans ses relations avec les autres Églises orthodoxes. Ce voyage tout récent est le dernier d’une série de visites officielles que j’ai entreprises depuis mon élection au rang de métropolite, y compris des visites aux Églises de Russie, Géorgie et Finlande. Une concélébration du métropolite de l’Église orthodoxe en Amérique avec le patriarche œcuménique n’a jamais eu lieu historiquement et était rendue difficile, en premier lieu, en raison de compréhensions différentes qu’ont nos Églises respectives au sujet de l’autocéphalie et de son octroi. Ces compréhensions différentes demeurent, mais, depuis 2009, le nouveau contexte des Assemblées épiscopales a ouvert des opportunités pour un dialogue renouvelé sur l’unité orthodoxe en Amérique du Nord, qui est un engagement essentiel de l’Église orthodoxe en Amérique et qui se trouve au centre de notre vision de l’orthodoxie nord-américaine. La communion eucharistique et la concélébration le jour du Dimanche de l’orthodoxie ont montré de façon visible et publique la conviction, souvent exprimée par Sa Toute-Sainteté, le patriarche œcuménique, à savoir que l’Église orthodoxe en Amérique, ses évêques, son clergé et son peuple sont inclus dans la famille des Églises orthodoxes canoniques, tout en maintenant simultanément la position selon laquelle l’autocéphalie de l’Église orthodoxe en Amérique n’est pas reconnue. Toutefois, l’Église orthodoxe russe, avec les Églises de Géorgie, Bulgarie, Pologne et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie, confirment et reconnaissent l’autocéphalie de notre Église. Du fait que l’autocéphalie de l’Église orthodoxe n’est pas reconnue universellement, notre Église n’a pas été invitée aux conférences inter-orthodoxes préparatoires au saint et grand Concile. Nous ne sommes pas non plus invités à celui-ci. C’est notre espoir et notre attente que les Églises orthodoxes trouveront un mode approprié pour inclure notre Église dans les processus inter-orthodoxes à l’avenir. L’Église orthodoxe en Amérique a maintenu sa position constante sur la question de l’unité canonique en Amérique du Nord depuis l’époque du Tomos (le décret officiel) d’autocéphalie octroyé en 1970 par l’Église orthodoxe russe, dont le désir était de travailler dans la direction « de la normalisation des relations entre les différentes juridictions ecclésiastiques en Amérique », dans l’espoir que l’octroi de l’autocéphalie « servirait au bien de l’Église orthodoxe en Amérique et à la gloire de Dieu ». En même temps, nous étions appelés à « demeurer dans des relations fraternelles avec toutes les Églises orthodoxes et leurs primats, ainsi que leurs évêques, clercs et pieux troupeaux, qui sont en Amérique et qui, à l’heure actuelle, maintiennent de facto leur dépendance canonique et juridictionnelle existantes de leurs Églises nationales et leurs primats ». Cette visite toute récente, à l’invitation de Sa Toute-Sainteté était une occasion d’exprimer notre amour fraternel et nos bonnes relations avec le Patriarcat œcuménique, tout en restant néanmoins fermes quant à notre vision de l’orthodoxie en Amérique du Nord. Ce faisant, nous maintenons l’équilibre ecclésial qui est exprimé par la structure de l’Église orthodoxe qui, selon les paroles de Sa Toute-Sainteté, « ne reconnaît qu’une autorité : le concile de ses hiérarques canoniques. Hors d’une décision conciliaire, la distinction entre orthodoxie et hérésie n’est pas possible. Les dogmes et les saints canons portent le sceau de la conciliarité. L’orthodoxie est l’Église conciliaire ». Je demande les prières de tout le clergé, des membres de l’ordre monastique et des fidèles de l’Église orthodoxe en Amérique, pour tous les primats orthodoxes et leurs Églises, avec leurs évêques et leurs fidèles en Amérique du Nord, afin que nous puissions réaliser les paroles de la prière du Seigneur : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21). Avec amour en Christ, + Tikhon, archevêque de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada ».

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Fête du saint hiéromartyr Philouménos au Patriarcat de Jérusalem

Le dimanche 29 novembre 2015, le Patriarcat de Jérusalem a fêté la mémoire du saint hiéromartyr Philouménos, en l’église du Puits de Jacob. Comme on le sait, le saint hiéromartyr était originaire de Chypre et membre de la confrérie du Saint-Sépulcre. Après avoir rempli différente tâches, il avait été nommé recteur de l’église du Puits de Jacob à Naplouse, en Samarie, en 1979. C’est là qu’il fut assassiné par un Israélien fanatique. En 2009, par décision du Saint-Synode du patriarcat de Jérusalem, il a été canonisé, sa mémoire étant fixée au 16/29 novembre, jour de son martyre. Cette année, la Liturgie, en la magnifique église dédiée à sainte Photine (la Samaritaine), a et présidée par le patriarche de Jérusalem Théophile, assisté de l’archevêque de Constantine Aristarque, du métropolite de Pereyaslav-Khmelnitsky Alexandre (Église orthodoxe d’Ukraine), de l’ancien métropolite de Zambie Joachim (Patriarcat d’Alexandrie) et de plusieurs prêtres et diacres, en présence du consul général de Grèce à Jérusalem, M. Georges Zakharioudakis, et de fidèles venus de Naplouse et des villages voisins, ainsi que de pèlerins de Grèce, Russie, Ukraine et Roumanie. Les chants étaient assurés par deux chorales, l’une hellénophone, l’autre, arabophone. On peut visionner ici une partie de l’office des matines et le début de la sainte Liturgie, célébrées en grec et en arabe.

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L’higoumène du monastère athonite Saint-Pantéléimon : « En 1941, l’Église orthodoxe russe n’a pas appelé ses enfants à défendre le pouvoir soviétique, ni le régime communiste, ni l’athéisme, mais à défendre la patrie, baptisée par le saint prince Vladimir »

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Vient de paraître « Le sacrement de la pénitence – l’histoire du rite en Roumanie et sa théologie dans l’Eglise orthodoxe »

Aux éditions du Cerf vient de paraître le livre du hiéromoine Nectaire Petre, Le sacrement de la pénitence – l’histoire du rite en Roumanie et sa théologie dans l’Eglise orthodoxe. (10 €). Il s’agit de la publication de la thèse de doctorat en théologie que le père Nectaire a soutenu en 2012 à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge (Paris). Le hiéromoine Nectaire (Petre) est supérieur de la communauté monastique de Crasna en Roumanie qui se situe dans les montagnes à mi-chemin entre Bucarest et Constanta sur la Mer Noire. La livre d’environ 300 pages est composée, outre l’introduction, de trois grandes parties, d’une conclusion générale et d’une très riche bibliographie de 319 titres en langues roumaine, grecque, française, anglaise, allemande et italienne.
Dans l’introduction (pp. 21–49) l’auteur explique d’abord sa méthode de recherche qui se veut historique, « car », dit-il, « l’étude de la tradition se traduit scientifiquement par l’étude de l’histoire » (p. 16). Aussi passe-t-il directement à la pénitence dans les saintes écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament qui mettent en relief les différences entre les régimes de la Loi et de la Grâce. Ensuite il traite de la doctrine et des pratiques pénitentielles de l’Église Ancienne qui fondent clairement la perception ecclésiale des deux versants – confession et pénitence – qui constituent ce sacrement dans toutes les Églises du premier millénaire.
D’après notre auteur, en étudiant l’évolution historique des saints sacrements on peut constater que « la Confession est le sacrement qui a souffert le plus de modifications de son rituel à travers les âges » (p. 22). Cette description de la variété des approches à travers les époques, aussi bien doctrinales que pratiques, est très utile de nos jours : de la Didaché à Nectaire de Constantinople – le prédécesseur immédiat de Saint Jean Chrysostome – et ensuite jusqu’au premier office de la Confession conservé dans un manuscrit du Xe siècle et attribué au patriarche de Constantinople Jean le Jeuneur, on se rend compte que le fil conducteur de la discipline pénitentielle reste toujours le même.
Qu’il s’agisse d’une confession publique devant l’assemblée réunie, ou auriculaire reçu par un père spirituel, le sacrement de la réconciliation se présente invariablement comme un traitement de guérison spirituelle qui est réalisé par la PRIERE D’INTERCESSION COMMUNE du pénitent et de ceux (ou celui) qui entendent sa confession. Cette prière implore le Seigneur miséricordieux d’accorder au pénitent la rémission de son péché. Dans sa 16e homélie catéchétique Théodore de Mopsueste souligne le devoir des évêques de prendre soin des âmes des croyants. Comme des médecins pour les malades, les évêques sont là pour prescrire aux pécheurs les bons remèdes de la pénitence pour leur salut. Comme de vrais pères ils sont obligés, en cela, de garder un silence discret sur ce qui leur a été révélé par leurs fils, dans la mesure où ce n’est pas destiné à être rendu public.
Comme le montre le père Nectaire, l’évolution ultérieure de la pratique pénitentielle dans la tradition orientale empruntera de facto le schéma d’une propagation toujours accrue de la confession libre et personnelle et par cela d’une application de plus en plus conséquente du principe du secret de la confession.
Dans la première partie (pp. 51–125) l’auteur étudie l’évolution du rite de la confession dans les eucologues imprimés dans les territoires roumains du XVIe au XXe siècle, selon la méthode comparative, « car des changements dans les structures liturgiques témoignent forcément d’un changement dans les pratiques, mais aussi d’un changement sur le plan doctrinal » (p. 52). Comme on sait, l’impression des livres liturgiques a favorisé l’uniformisation des différentes règles et offices de confession. Nous trouvons donc dans cette deuxième partie une étude utile et quasiment exhaustive des rédactions du rite avec traduction française et une analyse théologique des altérations du rite sous l’influence de l’influence latine grandissante, plus particulièrement à travers le trebnik du métropolite de Kiev Pierre Mogila (1646) et des pratiques de l’Église de Russie à l’époque synodale.
La deuxième partie de l’étude du père Nectaire se présente comme une recherche minutieuse dans le domaine propre de la théologie pastorale (pp. 127–188). Ici, l’auteur soulève une multitude de questions d’une actualité brûlante dans la vie actuelle de notre Église. Au lieu de tenter de résumer de façon plus ou moins satisfaisante ces pages lumineuses, nous préférons laisser les lecteurs découvrir eux-mêmes et méditer leur message. Pour leur mettre l’eau à la bouche, voici quelques sous-titres qui ne manqueront pas de les intriguer : « Le père spirituel : thérapeute ou juge ? » ; « Confession ou interrogatoire – le problème des “questionnaires” » ; « Le caractère particulier de la paternité spirituelle au sein de la prêtrise – une question d’expérience spirituelle et pastorale ». Ou encore « Le phénomène de plus en plus répandu des “jeunes anciens” ou “mladostartsy” », c’est-à-dire des “faux starets”, suivit du développement d’une « Typologie de la paternité spirituelle », qui est présentée comme « une somme complexe de charismes qui font du confesseur un exposant de la tradition spirituelle vivante de l’Église ».
La troisième partie s’intitule « Pénitence et guérison » (pp. 189–263). Nous y trouvons parmi d’autres des sous-titres comme « L’épithimie – thérapie de guérison », « L’épithimie comme fait spirituel », « L’Eucharistie – axe sacramental de la communion ecclésiale » ainsi que « Le rapport problématique entre l’Eucharistie et la Confession »… Le tout est couronné par « Des leçons pour notre temps en vue d’une communion fréquente ». On y trouve trois leçons tirées de l’enseignement de trois coryphées des trois dernières siècles de l’histoire de l’Église : St. Nicodème l’Agiorite (1748-1809), St. Jean de Cronstadt (1829-1908) et le père Alexandre Schmemann (1921-1983). Le père Nectaire nous rappelle que Saint Nicodème considère que la communion eucharistique est le but de la vie liturgique en communauté – qu’elle soit paroissiale ou monastique. D’ailleurs, selon Saint Nicodème, les pères de l’Église n’ont jamais conçu la vie liturgique sans la communion des fidèles. De son côté Saint Jean de Cronstadt recommande aux fidèles une attitude de préparation permanente à la communion eucharistique tandis que la grande contribution du père Alexandre Schmemann fut, d’après notre auteur, la redécouverte de la liturgie non seulement comme mode de vie authentique de la vie communautaire et ecclésiale, mais aussi comme source inépuisable de théologie et de sanctification du monde.
Dans les conclusions, le père Nectaire nous prévient que sa recherche représente pour lui un premier pas vers la voie à jamais ouverte par l’Église, d’une quête qui durera, étant donné sa vocation de moine et de confesseur, toute sa vie (pp. 265–271).

Vous pouvez vous procurer le livre à la librairie Saint-Serge.

« Memory eternal ! », par Jean-François Colosimo – hommage au père Thomas Hopko

2013-0710-pmc8Father Tom : c’est ainsi que nous l’appelions, l’interpellions. Cette apparente familiarité soulignait en fait sa franche autorité. En se montrant un éternel étudiant, décidé et émerveillé, de la théologie qui passe la théologie, notre professeur de dogmatique s’imposait comme le chef de notre escouade. Il nous ouvrait la voie de  cette Tradition créatrice qui était la seule raison d’être de notre école. Il nous rendait prompts à la bataille. Il exorcisait en nous la tentation de la tiédeur. Et, sans doute, l’aurions-nous suivi partout. Car rien ne paraissait plus clair que le père Thomas Hopko était le prototype, le premier fruit et le fruit excellent, du Saint Vladimir qu’avaient voulu les pères Alexandre Schmemann et Jean Meyendorff. Il en incarnait aussi l’expression ultime, la joie libératrice de l’orthodoxie. D’un bout à l’autre, le fil de sa destinée prouvait, au sein du Nouveau Monde, que le christianisme reçu des Apôtres, des martyrs, des saints et des Pères constituait la vraie jeunesse du monde.

Cette destinée même aura été de tirer un trait d’union, en apparence tourbillonnant, secrètement ramassé, entre la Mission, l’Église et la Mission. De l’enfant carpatho-russe d’Endicott au docteur en théologie de Fordham, du disciple de Sergeï Verkhoskoy à l’époux d’Anna Schmemann, du prêtre de l’Ohio et du Queens au premier doyen de Crestwood né sur le sol des États-Unis, célébrations et sermons, cours et conférences, écrits et émissions, rencontres et interventions, par dizaines, centaines, bientôt milliers témoignaient incessamment de l’Unique nécessaire. Il y allait comme d’une navette sur le métier à tisser, passant de l’Écriture à la Doctrine et retour.

La jubilation à se savoir en dette de la vérité, à en assumer le tranchant, à devoir la transmettre, résumait sa personne, animait son enseignement et son sacerdoce, signait son style. En cela, le père Thomas était d’abord une présence, une voix, une parole. Un évangélisateur au pays des évangéliques, un prêcheur  au pays des prédicateurs qui baptisait la culture de sa naissance, sans rien en renier, dans les eaux lustrales de la catéchèse antique, qui la tonsurait aux ciseaux des conciles, qui la revêtait de l’huile de la Philocalie. Pour offrir au pied de la Croix, transfigurée, en gage de résurrection, cette Amérique de la Bible et des Commandements qu’il aimait d’autant plus qu’il ne l’ignorait pas exposée aux démons du matérialisme et du relativisme.

C’était aussi, bien sûr, un berger au pays des pasteurs. Le père Thomas ne conseillait pas, il exhortait. Le père Thomas ne condamnait pas, il consolait. La confession des âmes ne se distinguait pas, chez lui, de la confession de la foi. Il y avait une profonde douceur spirituelle dans son extrême vigueur sapientale. Une innocence sans feinte dans son discernement sans faiblesse. Là où tant de hiérarques agitaient comme une amulette le pharisaïsme de la défiance, lui prônait l’orthodoxie de la confiance. C’était un théologien du Peuple que le peuple aimait. Il n’y avait d’ailleurs qu’à avancer un quelconque désaccord avec la moindre de  ses considérations pour éveiller dans son regard un intérêt aussi humble que souverain.

Trente ans ou presque ont passé depuis que, par l’une de mes nuits pascales sous le ciel new-yorkais, avant que ne retentissent les matines de la Résurrection, alors que l’obscurité enveloppait encore la chapelle vide de Saint Vladimir, j’accompagnais, fier acolyte, le père Thomas dans le transfert de l’Épitaphe de la nef vers l’autel. « Cette fois comme toutes les fois, nous attendons la lumière et elle viendra » me souffla-t-il. C’est la lumière sans déclin qui lui est enfin survenue. Comment mesurer son existence toujours héroïque, souvent prophétique aux temps de détresse que traverse le monde orthodoxe, dans la trahison précisément de la théologie hors laquelle ce même monde se confond avec un folklore au mieux absurde, au pire grimaçant ? Sa mort ne clôt-elle pas un temps heureux de renaissance désormais enfoui sous les cendres amères de la médiocrité, de la lâcheté et du mensonge ? Son arrachement précoce, le dernier d’une longue liste qui commence avec les départs brutaux du père Alexandre et du Père Jean,  ne fait-elle pas de nous définitivement des orphelins ? Ce serait ne pas entendre sa voix qui perce l’absence et qui nous répète inlassablement, avec Saint Paul, que les promesses de l’Éternel sont sans repentance. Ce serait infirmer l’Apôtre, et cela ne se peut pas. Ce serait décevoir Father Tom, et cela nous ne le pouvons pas.

Jean- François Colosimo

Décès du père Thomas Hopko

2013-0710-pmc8Le protopresbytre Thomas Hopko, 76 ans, doyen émérite du Séminaire théologique orthodoxe Saint-Vladimir de Crestwood (New York), prêtre, théologien, prédicateur et conférencier, s’est endormi dans le Seigneur à l’hospice du Bon Samaritain de Concordia, Wexford, PA, l’après-midi du 18 mars.
Père Thomas était l’époux de Anne Schmemann, la fille aînée du père Alexandre Schmemann. Ils se sont mariés le 9 Juin, 1963. Ils sont les parents de cinq enfants, seize petits-enfants et trois arrière-petits-enfants.
Thomas John Hopko est né à Endicott, NY, le 28 Mars 1939, troisième enfant et seul fils de John J. Hopko et Anna [Zapotocky] Hopko. Il a été baptisé et a grandi dans l’Église orthodoxe carpatho-russe de Sainte-Marie, a fait ses études dans les écoles publiques Endicott, et a été diplômé de l’Union Endicott High School en 1956.
Il a ensuite reçu à l’Université jésuite de Fordham, en 1960, un diplôme de baccalauréat en études russes, puis a obtenu un diplôme de théologie orthodoxe au séminaire orthodoxe Saint-Vladimir en 1963, un diplôme de maîtrise en philosophie à l’Université Duquesne en 1969, et enfin un diplôme de doctorat en théologie à l’Université jésuite de Fordham en 1982.
Ordonné prêtre en août 1963, le père Thomas servi dans les paroisses suivantes en tant que recteur : Saint Jean Baptiste, Warren, OH (1963-1968), Saint Grégoire le Théologien, Wappingers Falls, NY (1968-1978); Saint-Nicolas, Jamaic Estates, NY (1978-1983). Père Thomas a nommé archiprêtre en 1970 et protopresbytre en 1995.
À partir de 1968, le P. Thomas a commencé son long service au Séminaire théologique orthodoxe Saint-Vladimir. Au fil des ans, il a occupé les postes suivants: chargé de cours en théologie pastorale, 1968-1972; professeur adjoint de théologie dogmatique, 1972-1983; professeur associé de théologie dogmatique, 1983-1991; professeur de théologie dogmatique, 1991-2002; doyen du séminaire et recteur de la chapelle des Trois Hiérarques, 1992-2002.
« Le décanat de père Thomas a été unique de deux façons notables », fait remarquer Theodore Bazil, conseiller principal de la promotion au séminaire. « Il était le premier non-Européen doyen, issu de Saint-Vladimir, et il a également dirigé le séminaire en menant l’une des campagnes de financement les plus réussies de l’histoire. »
Durant ses années de ministère sacerdotal, le père Thomas a publié de nombreux livres et articles. C’était un orateur prolifique et un prédicateur talentueux.
Il a exercé d’innombrables fonctions au nom de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA), y compris la représentation de celle-ci lors de rassemblements inter-orthodoxes  et de rencontres œcuméniques.
À la retraite, le père Thomas et son épouse avaient déménagé à Ellwood City, Pennsylvanie, où ils vivaient près du monastère orthodoxe de la Transfiguration. Là, le père Thomas a commencé un nouveau ministère: des causeries à la radio reproduites sur Internet. Depuis 2008, le père Thomas a produit plus de 400 podcasts à Ancient Faith Radio.
Mémoire éternelle!

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Interview de l’archiprêtre Alexandre Antchoutine au sujet des paroisses missionnaires de l’Église orthodoxe russe hors-frontières en Haïti

L’archiprêtre Alexandre Antchoutine est membre du Conseil diocésain d’Amérique orientale de l’Église orthodoxe russe hors-frontières et recteur de la paroisse de la Protection de la très sainte Mère de Dieu à Glen Cove, dans l’État de New York. Il a accompagné le métropolite Hilarion, primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières lors de sa visite en Haïti. Après son voyage, le père Alexandre a donné l’interview suivante aux collaborateurs du Fonds d’assistance de l’Église orthodoxe russe hors-frontières.

– Qu’est-ce qui vous a le plus frappé en Haïti ?

– Nous avons passé cinq jours en Haïti, et nous avons réussi à visiter quatre de nos paroisses sur sept que compte le pays. L’impression du voyage est saisissante. Les gens – il ne s’agit pas seulement des orthodoxes – vivent dans la pauvreté extrême. Il ne se passe pratiquement rien dans ce pays. L’impression que l’on en retire est que malgré toutes les tentatives d’autres États pour aider, le progrès est très faible. L’aide réelle parvient très lentement aux gens. Port-au-Prince est un marché énorme, les habitants locaux s’efforcent de gagner leur vie en achetant et en vendant.

– Comment les membres de la mission ont-ils réagi à la venue du Primat ?

– Les membres de la mission en étaient très heureux. Les paroissiens avec les enfants ont dessiné des placards portant l’inscription : « Bienvenue, Monseigneur ! » Ils étreignaient et embrassaient celui-ci. C’était très touchant. Entre autres, les gens étaient très heureux du fait que le métropolite Hilarion ait célébré en français. Il était extrêmement important pour eux que l’on prie avec eux dans leur langue. Ils ont dit qu’il était facile de prier avec le métropolite.

– En quoi se distingue la vie paroissiale en Haïti ?

– Pour commencer, on nous a conduits à l’église de la Nativité de la Mère de Dieu, située dans la capitale, Port-au-Prince. Cette église, comme les autres églises orthodoxes en Haïti, n’ont pas l’aspect des églises auxquelles nous sommes habitués. Toutes les églises que nous avons vues ont des murs en ciments ou en contreplaqué sur des fondements en ciment. Elles n’ont ni portes, ni fenêtre, elles ont seulement des encadrements de portes et de fenêtres, à l’air libre. Le territoire de ces églises est entouré de fils barbelés. Malgré la modicité du bâtiment, il est clair que les paroissiens s’efforcent d’orner le plus possible leur église. Vue de l’extérieure, l’église semble bizarre, mais dès qu’on y pénètre, on a le sentiment que l’on est entré dans la maison de Dieu. Dans presque chacune des églises de notre mission, les offices sont célébrés pratiquement chaque jour. S’il n’y a pas de prêtre, l’office est célébré selon l’ordo possible pour les laïcs. Il y a des lecteurs dans chaque paroisse, essentiellement grâce au programme d’aide du Fonds d’assistance pour les familles orthodoxes en Haïti. Un grand merci à tous ceux qui soutiennent le clergé haïtien par ce programme. Grâce à vous la vie spirituelle est florissante dans les églises orthodoxes en Haïti. Il y a pratiquement auprès de chaque paroisse une école primaire avec une section enfantine, non seulement pour les enfants des paroissiens, mais pour tous les nécessiteux. Ce sont ceux qui n’ont pas d’argent, ou pas de parents. Certains de ces enfants, si ces écoles n’existaient pas, vivraient dans la rue. En général, la situation en Haïti est terrible à ce point que l’on ne peut recevoir l’enseignement que dans les écoles religieuses, l’État n’est pas en mesure de dispenser l’enseignement à tous.

– L’État fournit-il des subsides aux paroisses ou écoles ?

– Non, aucun. Les écoles survivent et se développent exclusivement avec l’aide de Dieu, les dons reçus par l’intermédiaire du Fond d’Assistance et l’Association IOCC (« International Orthodox Christian Charities ») et aussi par leur propre énergie.

– Combien d’enfants étudient dans les écoles ?

– Dans la première école que nous avons visitée, à Port-au-Prince, il y a 300 enfants. Il y a jusqu’à 5 enfants par mètre carré, ils sont « serrés comme des sardines ». Les enfants étudient dans un bâtiment sans vitres et sans portes. L’école leur fournit un uniforme scolaire, l’instruction gratuite, leur offre le repas. Tout cela est accompli par les membres de notre mission à Haïti.

– Certains disent que l’uniforme scolaire, est une dépense inutile pour l’école, qui lutte pour « joindre les deux bouts »…

– Les écoles n’ont pas le choix. Beaucoup d’enfants ont perdu leurs deux parents et si on ne leur donne pas d’uniformes, ils ne peuvent venir à l’école, parce que tout simplement ils n’ont pas de vêtements. Au demeurant, il convient de mentionner que malgré la misère, tous les gens sont habillés très proprement et décemment. Nous n’avons remarqué de vêtements provocants dans les rues.

– Qui enseigne dans les écoles ?

– C’est principalement notre clergé, les femmes de nos prêtres, et les habitants locaux. Ce sont tous des bénévoles. L’école « Foyer d’Amour », dirigée par le prêtre Grégoire Legouté, produit une impression particulière. C’est une institution d’éducation absolument unique pour les enfants retardés mentalement ou physiquement. En général, en Haïti, il y a un préjugé contre les handicapés. La société se dresse toute entière contre eux. S’il n’y avait pas le père Grégoire et son épouse Rose, on ne sait ce qui serait advenu à ces enfants. La plupart d’entre eux se seraient trouvés jetés à la rue. En tout, 120 enfants handicapés étudient dans cette école. Là, on leur donne l’instruction et on leur enseigne des connaissances de base, le dessin, la couture, etc., afin qu’après avoir fini l’école, les enfants aient la possibilité de subvenir plus ou moins à leurs besoins. C’est vraiment une œuvre sainte. J’ai vu de mes propres yeux que notre clergé s’occupe réellement de missionnariat. Ils n’en retirent aucun profit matériel. Ils vivent plus que modestement, mais font beaucoup. Ils sauvent les gens, les aident, et non pas seulement les orthodoxes. Les paroisses ne se contentent pas d’accorder une aide vitale à toute la société haïtienne, mais elles acquièrent de nouveaux paroissiens. Le dimanche, les églises sont pleines. Les gens prient et chantent avec enthousiasme et plaisir.

– Quels sont les besoins fondamentaux de la mission ?

– Toutes les sept paroisses sont desservies par trois prêtres, trois diacres et quelques lecteurs. L’un des besoins les plus essentiels de la mission, c’est le clergé. Il manque beaucoup de prêtres. Dieu soit loué, le séminaire du Patriarcat de Moscou, près de Paris, a offert des bourses à quelques étudiants d’Haïti. Un prêtre, le père Augustin de la ville de Jacmel, achève déjà ses études de théologie à Paris et prévoit de revenir dans sa ville natale, en Haïti. Il y a encore quelques candidats pour le séminaire. Bien que l’enseignement leur soit fourni gratuitement, il faut encore leur payer le billet d’avion pour Paris et les frais de subsistance. Comme vous pouvez le comprendre, gagner suffisamment en Haïti pour vivre à Paris est irréalisable. Aussi, l’aide est nécessaire pour soutenir financièrement les étudiants au séminaire de Paris.
En général, l’impression qui s’est dégagée de mon voyage est que, malgré la situation désespérée dans laquelle se trouve le pays entier, nos paroisses à Haïti se développent et sont florissantes. Notre but est de prier pour elles et de les aider comme nous le pouvons, en particulier par le Fonds d’assistance. Un authentique travail missionnaire et social est accompli à Haïti, et chacun d’entre nous peut y contribuer.

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Recension: «Le secret du Tsar», un film documentaire de Marc Jeanson paru en DVD

Secret_du_tsarL’Église orthodoxe russe à célébré le 2 février la fête du saint starets de Tomsk, Théodore Kouzmitch.
Dans un film réalisé l’année dernière, qui a passé sur la chaîne KTO et est depuis peu disponible en DVD, Marc Jeanson (dèjà bien connu comme le réalisateur d’un beau film sur la vie monastique dans les déserts d’Égypte, La lumière du désert) s’est livré à une vaste enquête qui montre que le saint n’était autre que l’empereur Alexandre Ier qui, à la suite d’une crise spirituelle et d’un besoin d’expier un péché de jeunesse, s’est fait passer pour mort afin de mener, en Sibérie, la vie d’un ascète errant entièrement consacré à Dieu.

1. La vie de saint Théodore Kouzmitch.

Au début de l’automne 1836 près de la ville de Krasnooufimsk, dans la région de Perm, un inconnu, passant à cheval attelé à une charrette, fut interpellé. Le pèlerin attirait l’attention par son aspect hors du commun et son comportement inexplicable. Les apparences augustes et vénérables et les manières raffinées trahissant des origines nobles contrastaient avec les vêtements rudes de paysan. Il évitait de répondre aux questions, ce qui augmenta la méfiance des paysans qui l’avaient arrêté et qui l’avaient emmené en ville sans aucune protestation de sa part.
Interrogé par le tribunal local, l’inconnu affirma se nommer Théodore Kouzmitch, être âgé de soixante-dix ans, illettré, de confession orthodoxe, célibataire, ne se souvenant pas de ses origines, recevant sa nourriture de gens divers, et cherchant à se rendre en Sibérie. Il n’avait sur lui aucun papier d’identité.
Malgré une sympathie extrême de la part des juges et leurs demandes réitérées de révéler son vrai nom (car Théodore Kouzmitch est deux prénoms – Théodore fils de Côme – plutôt qu’un prénom et un nom de famille) et son état civil afin d’éviter une punition, le starets continuait à s’appeler obstinément « Théodore Kouzmitch » ou encore « vagabond ». Selon les lois existant à l’époque, le tribunal le condamna à vingt coups de cravache pour vagabondage et, parce qu’il était inapte au service militaire ou aux travaux forcés, à l’exil en Sibérie. Théodore parut satisfait de cette condamnation.
En septembre 1836 avec un groupe de détenus sous escorte, il fut envoyé dans le district de Tomsk où il a fut enregistré dans le village Zertsaly, dans le district de Bogotol, arrondissement d’Atchinsk, où il arriva le 26 mars 1837.
Durant ce long voyage sur les chemins enneigés de Sibérie, Théodore Kouzmitch, par son comportement, son souci d’aider les prisonniers faibles et malades et par ses conversations cordiales et bienfaisantes, sut attirer vers lui non seulement le groupe de prisonniers, mais aussi celui des officiers et des soldats de la garde qui lui témoignèrent leur respect, le protégèrent des ennuis et des gens malveillants, et lui procurèrent même une place à part pour se reposer la nuit. On fit aussi pour lui une exception particulière à la règle générale du transport des exilés : il ne fut pas enchaîné comme les autres.
Arrivé au lieu de son exil, Théodore fut affecté à la distillerie de Krasnoretchensk, où travaillaient d’autres exilés, à quinze verstes du village Zertsaly, où il vécut durant les premières années. Par la suite, désireux d’éviter les éloges que s’attirait son comportement vertueux, il changea souvent de domicile, restant à Zertsaly ou dans des villages voisins – Béloyarskaya, Krasnoretchenskoyé, Korobeïnikovo –, en choisissant toujours, quand c’était possible, un endroit calme et retiré.
Les six dernières années de sa vie, le starets les passa à Tomsk, cédant aux demandes insistantes d’un négociant de la ville, Syméon Théophanovitch Khromov, qui avait une grande admiration pour lui et qui le logea d’abord dans une petite maison de la banlieue de Tomsk, puis à Tomsk même.
L’exploit ascétique (podvig) dont le starets se chargeait est connu depuis la haute antiquité chrétienne sous le nom d’ « exil volontaire » (en russe strannitchestvo, en grec xeniteia, littéralement: le fait de se rendre étranger au monde, ce qui se traduisait souvent dans l’ancienne Russie par un vagabondage, une errance ou un pèlerinage permanent, comme celui du célèbre « pèlerin russe » des Récits).
L’exil volontaire, nous dit saint Jean Climaque, est l’abandon sans retour de tout ce qui, dans notre environnement ordinaire, s’oppose à notre aspiration à la piété. Selon le même saint Père, l’ascèse de l’exil volontaire s’accomplit dans le but de concentrer toute sa pensée en Dieu. En s’éloignant de toutes les façons possibles du monde et tout ce qui est du monde, le starets Théodore menait une vie rude, remplie de privations volontaires. Une maison toute petite, composée d’une cellule étroite et d’une petite entrée, lui servait de logement. Il dormait sur une planche, qui a été par la suite et sur sa demande couverte de toile rêche, afin que « cela soit plus dur pour le corps ». Une bûche taillée lui tenait lieu d’oreiller. La pièce était meublée d’une simple table et de quelques bancs pour les visiteurs. Dans le « beau coin », des icônes étaient accrochées, et sur les murs des représentations des lieux saints, cadeaux de ses nombreux admirateurs. Ses vêtements, comme son logement, étaient extrêmement simples. En été il portait une chemise longue en toile de paysan avec, à la taille, une ceinture étroite ou une corde, et un pantalon large. En hiver il mettait par-dessus la chemise une robe de chambre longue bleu-marine, ou, quand il sortait au froid, une vieille pelisse délavée comme on en porte en Sibérie. Aux pieds il portait des chaussures simples en cuir.
Ce qui distinguait le starets Théodore est que ses vêtements, de même que sa personne, étaient toujours propres. Il tenait son logement en même propreté et ne supportait aucun désordre.
Ses vêtements misérables ne portaient cependant pas préjudice à son maintien majestueux et à sa belle apparence. D’après les descriptions des archimandrites du monastère Bogoroditsé-Alexéievsky, les pères Victor (Lébédev) et Lazare (Guénérozov), du négociant Khromov et d’autres contemporains de saint Théodore, il était grand, avait une belle carrure, une apparences majestueuse, un visage remarquablement beau, le tein clair et lumineux, les yeux bleus, les cheveux frisés, la barbe longue, ondulée, toute blanche.
Le starets parlait à voix basse, gravement et d’une façon imagée. Parfois il paraissait sévère et autoritaire, mais cela arrivait très rarement. En général, il avait un caractère bon et doux. Il possédait une grande force physique. Il soulevait tout seul une meule de foin, et avec un autre ermite, le starets Daniel (Atchinsky), il soulevait de très gros rondins.
Le starets se levait très tôt et consacrait tout son temps libre à la prière. Après sa mort on a découvert que ses genoux étaient couverts de grosses callosités témoignant de prières prolongée à genoux.
Pendant son séjour dans les villages de Béloyarskoyé et Krasnoretchenskoyé, il assistait régulièrement aux services religieux, se mettant toujours du côté droit au plus près de la porte. À Tomsk, il venait souvent pendant les fêtes à l’église de la maison de l’archiprêtre, qui se trouvait sur le territoire du monastère Bogoroditsé-Alexéievsky. Le vénérable évêque de Tomsk Parthène proposa au starets de se mettre dans une petite pièce à côté de l’autel, mais le starets Théodore refusa cet honneur et prenait toujours place près du poêle. Quand il remarqua que l’on faisait trop attention à lui, il cessa de se rendre dans cette église.
Durant sa vie en Sibérie, il avait plusieurs pères spirituels chez qui il se confessait.
Le starets se nourrissait de manière très frugale. Son déjeuner était composé habituellement de pain noir ou de biscuits trempés dans de l’eau qu’il mettait dans un récipient en écorce de bouleau. Les admirateurs de Théodore Kouzmitch lui apportaient presque tous les jours de quoi se nourrir, et pour les fêtes le comblaient de galettes, gâteaux, petits pâtés, etc. Le starets acceptait tout volontiers, mais après en avoir mangé un peu, laissait tout, comme il disait, « pour les invités » et le distribuait aux pèlerins.
Respectant un jeûne sévère, il évitait cependant de le montrer. Un jour, l’une de ses visiteuses lui apporta une tourte au poisson tout en lui a exprimant son doute qu’il allait la manger. « Pourquoi ne la mangerais-je pas? répliqua-t-il, je ne suis pas le jeûneur que tu crois! »
D’habitude il mangeait toute sorte de nourriture en citant le texte de l’Écriture Sainte que toute nourriture doit être prise avec reconnaissance, mais demandait néanmoins qu’on ne lui apportât pas de mets riches parce qu’il n’avait plus l’habitude de manger des repas gras et bons. En visitant les personnes qu’il aimait, le starets ne refusait aucun des plats proposés. Il aimait boire du thé, mais n’en buvait jamais plus de deux verres. Il ne touchait jamais au vin.
Les jours de grandes fêtes, après la Liturgie, Théodore Kouzmitch passait ordinairement chez des petites vieilles, Marie et Marthe, et buvait le thé chez elles. Les vieilles dames avaient été envoyées en exil par leurs maîtres pour une faute quelconque, et étaient arrivées en Sibérie dans le même groupe que le starets Théodore. Le jour de la Saint Alexandre Nevski, on préparait à la maison de bonnes choses. Le starets y passait tout l’après-midi et pendant toute cette journée il était particulièrement réjoui, et se permettait de manger un peu plus que d’habitude ; il parlait de Saint-Pétersbourg, et derrière ses souvenirs on sentait quelque chose de familier.
Le starets Théodore cachait soigneusement ses origines, ne parlant jamais de ses parents même aux personnes religieuses haut placées. Il demandait juste que la sainte Église priât pour eux. À l’évêque Athanase d’Irkoutsk, qui le fréquentait souvent, le starets Théodore, dévoila qu’il avait eu la bénédiction de Sa Sainteté le métropolite Philarète de Moscou pour accomplir son exploit ascétique.
Certaines personnes, devinant que Théodore Kouzmitch avait eu une autre vie, lui demandaient pourquoi il préférait sa vie présente, pleine de privations. Le starets répondait ainsi: « Pourquoi pensez-vous toujours que ma situation est pire qu’avant? Aujourd’hui je suis libre, indépendant, et surtout en paix. Avant, ma tranquillité et mon bonheur dépendaient de beaucoup de conditions: je devais me préoccuper de ce que mes proches jouissent du même bonheur que moi, que mes amis ne me trompent pas… Maintenant tout cela n’existe plus : ne restent que la Parole de mon Dieu, l’amour du Sauveur et l’amour du prochain. Maintenant je n’ai ni malheur ni déception parce que je ne dépends plus de rien de mondain, de rien qui ne soit pas en mon pouvoir. Vous ne comprenez pas le bonheur qu’il y a dans cette liberté de l’esprit, dans cette joie céleste. Si vous me faisiez retrouver ma situation antérieure et faisiez de moi un gardien de richesses terrestres, périssables et dont je n’ai plus besoin, alors je serais malheureux. Plus notre corps est choyé et efféminé, plus faible devient notre esprit. N’importe quel luxe affaiblit notre corps et amollit notre âme. »
L’amour de Dieu que le saint starets avait acquis dans son cœur ne pouvait pas ne pas se refléter dans ses rapports envers les gens. « Dieu est amour, et celui qui est dans l’amour est en Dieu et Dieu est en lui », dit saint Jean, « et si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son Amour est parfait en nous». Le starets était rempli de cet amour divin, fruit de sa haute vie spirituelle, et base d’un autre exploit ascétique de saint Théodore: le startchestvo sous la direction de la Providence divine.
Le starets accueillait chez lui tous ceux qui venaient lui demander conseil, et refusait rarement son assistance. Mais sa particulière sympathie, le starets la montrait à un petit nombre de personnes, simples, au cœur pur, chez qui il acceptait de loger, en passant d’un endroit à l’autre. Il donnait toute sorte de conseils sans jamais accepter d’argent de quiconque. Il parlait toujours debout ou en se promenant dans la pièce. Avec ses visiteurs il se tenait sobrement, avec discrétion, sans familiarité. Il n’acceptait pas les signes de respect que l’on accorde aux prêtres, n’aimait pas qu’on lui baise la main et ne donnait jamais la bénédiction de la façon dont un prêtre le fait. S’il voulait exprimer sa bienveillance à quelqu’un, soit il tapotait doucement avec amour sur la joue, comme il le faisait aux enfants et aux femmes, soit il embrassait trois fois les personnes âgées et vénérables; devant les autres, il s’inclinait simplement.
Le starets n’appréciait jamais une personne en fonction de ses grades et titres, mais uniquement d’après ses qualités personnelles et ses actes. En même temps, il apprenait à tous à respecter les autorités, « le tsar, les généraux ou les archiprêtres sont des humains, comme nous, disait-il, mais Dieu a voulu munir les uns d’un grand pouvoir, et a destiné les autres à vivre sous leur protection ».
Ayant un cœur compatissant et plein d’amour, le starets pendant sa vie au village Zertsaly, situé sur le grand chemin de Sibérie, sortait chaque samedi hors du village pour y rencontrer des groupes de prisonniers qui passaient, et il leur distribuait en aumône tout ce que ses admirateurs lui avaient apporté.
Parmi tous les groupes sociaux, il donnait sa préférence aux agriculteurs. Il connaissait bien la vie des paysans et donnait des consignes précieuses aux villageois venant lui demander conseil sur le choix et la culture de la terre, l’aménagement des jardins et le choix des semences. Les paysans voyaient la sollicitude du starets à leur égard et lui confiaient toutes leurs peines.
Il est connu par le biais de divers pèlerins que le starets avait une abondante correspondance et était au courant de tous les événements principaux de la vie publique. Il est arrivé qu’il aidât les gens s’adressant à lui pour résoudre leurs problèmes quotidiens, en leur donnant une lettre cachetée destinée à une personne importante, en les priant de ne montrer le courrier qu’au destinataire, ajoutant: «  sinon, tu es perdu». Et l’intervention de Théodore Kouzmitch produisait l’effet désiré.
Le starets apprenait à lire et à écrire aux enfants des paysans, leur découvrait l’Écriture sainte, la géographie et l’histoire. Les adultes, il les captivait par des conversations spirituelles, mais aussi par les récits relatifs à l’histoire russe.
Toutes les informations et les enseignements exposés par lui se distinguaient par leur profondeur et leur vérité, et découvraient aux interlocuteurs le sens de la Providence divine dans les destins grands et petits de la vie des humains et du monde extérieur, et ils restaient pour longtemps en mémoire.
Dans ses récits le starets témoignait de sa connaissance remarquable de la vie de la cour de Saint-Pétersbourg et de l’étiquette, ainsi que des évènements de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles. Il connaissait tous les personnages politiques et en donnait des appréciations très justes. Le starets parlait avec beaucoup de vénération du métropolite Philarète, de l’archimandrite Photius et d’autres. Il parlait d’Araktchéev, de ses colonies militaires, de son activité, et évoquait Souvorov. Tous ces souvenirs et opinions sur des gens étaient exprimés avec neutralité et douceur.
Le plus souvent le starets Théodore aimait parler des campagnes militaires et des combats, et sans le remarquer il entrait dans de menus détails – par exemple, pour les épisodes de la guerre de 1812 – et suscitait ainsi la perplexité des gens instruits – prêtres, exilés intellectuels – qui l’écoutaient.
Sur Koutouzov il disait que c’était un grand général en chef et qu’Alexandre Ier l’enviait.
« Quand les Français s’approchaient de Moscou, racontait un jour Théodore Kouzmitch, l’empereur Alexandre Ier s’est prosterné devant les reliques de saint Serge de Radonèje et l’a prié avec des larmes. Au moment de la prière, il a entendu une voix intérieure qui lui a dit : “Va, Alexandre, donne carte blanche à Koutouzov, et que Dieu t’aide à chasser les Français de Moscou. Comme le pharaon dans la Mer Rouge, ainsi les Français périront dans la Bérézina…»
Il faut dire que Théodore Kouzmitch ne mentionnait pas l’empereur Paul Ier et n’exprimait pas son opinion sur son fils et héritier Alexandre Ier. D’ailleurs, une fois, quand on a parlé de la mort tragique de l’empereur Paul Ier, le starets a dit à son interlocuteur, le négociant Khromov : « Alexandre ne savait pas qu’ils iraient jusqu’à l’étranglement. » Khromov a entendu un autre récit du starets : quand en Russie, surtout dans les milieux hauts placés, s’est répandu l’intérêt pour les loges maçonniques, l’empereur Alexandre a réuni des ecclésiastiques et de hautes personnalités ; presque tous voulaient adhérer à une loge maçonnique; à ce moment précis, l’archimandrite Photius est entré et a dit : « Que les impurs soient condamnés au silence. » L’assistance ne put ajouter mot et se dispersa.
Quand on a appris, à Tomsk, l’attentat contre l’empereur Alexandre II, le starets Théodore a fait une remarque en parlant à Khromov : « Oui, mon cher, le service du tsar n’est pas sans peine. » Il disait aussi: « La maison des Romanov s’est bien enracinée et sa racine est profonde… Par la grâce de Dieu sa racine est bien profonde… » Après la mort de l’empereur Nicolas Ier, le starets a fait célébrer une pannychide et a beaucoup prié avec des larmes.
Le saint starets Théodore a reçu de Dieu le don de clairvoyance qui accompagne toujours le service de starets envers le prochain.
Par sa vie sainte, le starets Théodore a mérité de recevoir encore un autre don de Dieu : celui de guérison. En guérissant les maladies physiques, le saint indiquait toujours à la personne la vraie raison de sa maladie : le péché.
Au village de Béloyarskoyé, tout au début du séjour du starets, le prêtre ne le voyant pas à la confession, croyait qu’il était vieux-croyant et conseillait aux paysans de se tenir à distance de lui. Un jour, fâché par la conduite du starets, incompréhensible pour le prêtre, il l’a traité devant tout le monde d’athée. Le même jour le prêtre s’est senti mal, et vers le soir, il a du s’aliter. Le médecin venu de Atchinsk a constaté son état désespéré. Alors, sur le conseil des villageois, la famille du prêtre s’est adressée à Théodore Kouzmitch et l’a supplié, en larmes, de pardonner au mourant et de prier pour lui. Ayant rendu visite au malade, le starets lui a fait une remontrance au sujet de l’attitude envers les gens qui ne font de mal à personne, lui a dit à quel point il faut être prudent en jugeant les gens ; ensuite il a ajouté que le malade serait bientôt guéri. Un certain temps après, le prêtre a effectivement guéri et est devenu un admirateur sincère de saint Théodore.
Le négociant Syméon Khromov, chez qui le starets a vécu les dernières six années à Tomsk, respectait profondément le starets. Il a été guéri par ses prières d’une maladie des yeux et jusqu’à sa vieillesse avancée il a pu lire ensuite sans lunettes.
Par ses conversations, remplies de force spirituelle, le starets dirigeait ceux qui venaient le voir sur la voie de la réforme de leur vie pécheresse ; il persuadait les autres de ne pas s’attacher aux biens terrestres ; il inspirait à d’autres encore l’abandon total du monde.
Par sa vie juste et son soin du prochain, le starets Théodore confirmait la parole de l’Apôtre en étant « la bonne odeur du Christ Dieu » (2 Co 2, 15). Comme preuve réelle, chacun pouvait constater constamment que l’air de sa cellule était embaumé, et chacun savait que le starets n’avait jamais de produits aromatiques chez lui. Plus d’une fois, la nuit, on remarqua qu’il y avait de la lumière dans sa cellule, alors que la starets n’allumait jamais ni veilleuse ni bougie.
La vie hors du commun de l’ascète de Sibérie, le mystère de ses origines, donnaient parfois prétexte à une fausse interprétation de la personnalité du starets, surtout pour les gens dénués d’expérience spirituelle. On le prenait pour un « sectaire ». Mais ceux des croyants pieux qui le connaissaient mieux le considéraient starets comme grand serviteur de Dieu.
L’évêque d’Irkoutsk Athanase venait souvent voir le starets dans la région d’Atchinsk, en restant chez lui quelques jours parfois, pour profiter de sa parole instructive.
Saint Innocent de Moscou, apôtre de l’Amérique et de l’Extrême Orient, le visitait et lui témoignait un profond respect.
L’archiprêtre de l’église du cimetière, le Père Pierre Popov, homme menant une vie ascétique, très instruit, ardemment aimé par ses paroissiens (et qui est par la suite, devenu évêque Paul d’Iénisseï), qui fut toujours le père spirituel du starets Théodore, passait chez lui deux à trois fois par an, parfois restait très longtemps chez lui, et recommandait aux paysans de la région de témoigner un respect particulier à saint Théodore car il était « un grand serviteur de Dieu ».
Le célèbre starets Parthène, de la Laure de Kiev racontait qu’une fois une jeune paysanne, fille spirituelle du starets Théodore, était venue lui demander sa bénédiction et qu’il lui avait répondu: « Pourquoi viens-tu demander ma bénédiction, quand vous avez chez vous, à Krasnoretchenskoyé, un grand ascète et serviteur de Dieu ? Il deviendra un pilier entre la terre et le ciel. »
L’évêque de Tomsk Parthène, voulant vérifier les dires selon lesquels le starets ne se confessait et ne communiait jamais, eut une conversation avec lui, après laquelle il a exprimé son opinion à Khromov. D’après lui « le starets était dans l’illusion ». Le starets l’apprenant, dit à Khromov: « Votre évêque est un homme instruit, mais quant à la vie spirituelle, il n’a pas beaucoup d’expérience; je communie tous les jours au pain céleste. » Quelque temps après l’évêque Parthène vit dans un rêve que le saint évêque thaumaturge Innocent d’Irkoutsk lui donnait la communion ainsi qu’au starets Théodore avec le même calice. Après ce rêve l’éminent prélat est devenu bien disposé envers le starets, l’a aimé, et est venu souvent le voir pour parler avec lui de sujets spirituels.
Les dernières années de sa vie, à Tomsk, le starets venait régulièrement au couvent Bogoroditsé-Alexéievsky, et après les offices, il passait chez l’higoumène, l’archimandrite Victor (Lébédev). Le Père Victor estimait beaucoup le starets et n’entreprenait aucune action importante sans son conseil et sa bénédiction.
Les autorités civiles estimaient de leur devoir d’aller voir le starets Théodore et lui témoignaient leur extrême respect. Chaque gouverneur récemment nommé lui rendait visite et ils discutaient longtemps de sujets de vie spirituelle comme d’organisation sociale, que le starets connaissait si bien.
Vraiment le Saint-Esprit reposait sur lui et lui faisait porter beaucoup de fruits. « Il s’est fait tout à tous » (1 Co 9, 22), pour sauver le prochain quel que fut son statut, grade, état civil, niveau spirituel.
Ayant vécu plus de 80 ans, le juste starets Théodore est arrivé à la limite de la vie terrestre. Pour purifier et affiner encore ses sens et faciliter le passage dans l’éternité, le Seigneur accorda au starets une maladie, qui s’aggravait tous les jours. À l’été 1863, au grand regret de toute la famille Khromov, le starets, très malade, a quitté leur maison hospitalière pour aller s’installer au village Béloyarskaya, où il a vécu un certain temps, reclus chez Syméon Sidorov.
Durant la maladie Dieu réconforta son serviteur par des manifestations exceptionnelles.
En décembre Khromov est venu à Béloyarskaya et le starets lui a annoncé qu’il avait l’intention de revenir à Tomsk. Théodore Kouzmitch était tellement malade qu’il ne pouvait pas se déplacer sans l’aide d’autrui.
Avant l’aube du deuxième jour du voyage le starets et les personnes l’accompagnant sont arrivés au village Tourountaïévo, à 60 km de Tomsk. Ils ont quitté le lieu au lever du soleil. Tout à coup, près de Tourountaïévo, des deux côtés du chemin deux piliers lumineux éblouissants, reliant la terre et le ciel, sont apparus. Ces piliers précédèrent la voiture du starets Théodore jusqu’à Tomsk même et devinrent invisibles sur le mont Voskressenskaya. Tous les accompagnants ont vu le phénomène. La fille de Khromov a dit au starets : « Père, il y a des piliers qui nous accompagnent. » Le saint a répondu: « Ô Dieu très pur, je Te remercie… », et il a beaucoup prié discrètement. Après l’arrivée à Tomsk, le hiéromoine Raphaël, du couvent Bogoroditsé-Alexéievsky de Tomsk, fut appelé auprès du starets et l’a confessé et communié.
À partir du début janvier 1864 le starets s’affaiblit de plus en plus. La famille de Khromov s’attristait beaucoup en voyant les souffrances du starets et prenait toutes les mesures possibles pour les atténuer. En voyant leurs larmes, saint Théodore leur disait: « Ne pleurez pas et ne me plaignez pas. Les souffrances et les maladies sont propres à l’homme et ne doivent pas être dures pour un chrétien, parce qu’il ne doit pas choyer son corps et lui donner du repos, mais il doit se souvenir toujours que le corps mourra et pourrira, et voilà pourquoi il faut supporter tranquillement la douleur et attendre la fin inévitable – la mort. »
Le 19 janvier, il est devenu clair que la fin arrivait. À nouveau, le Père Raphaël est venu et a communié le starets.
Même sur son lit de mort, le starets refusait de dire son vrai nom. Il y a, d’ailleurs, un récit de Khromov où il transmet une de ses conversations avec saint Théodore.
À la veille de la mort du saint, Khromov est venu dans sa cellule et, après avoir prié, s’est mis à genoux devant le starets et lui a dit: « Permets-moi, père, de te demander une chose très importante. » « Parle, Dieu te bénira », a répondu le starets. « On dit, – a continué Syméon Théophanovitch Khromov, que tu es Alexandre [Ier] le Béni. Est-ce vrai? » Le starets entendant cela, a commencé à se signer en disant: « Merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur! Il n’y a pas de mystère qui ne soit un jour révélé. » Le lendemain, le starets a continué par les paroles suivantes: « Mon petit Monsieur, même si tu sais qui je suis, ne me rends pas hommage, enterre-moi d’une façon simple. »
Dès le matin du 20 janvier les souffrances du starets ont augmenté. On voyait clairement que le starets luttait contre la mort : tantôt il se couchait sur un côté, tantôt il se soulevait, puis encore se recouchait sur un autre côté, en se signant tout le temps du signe de la croix. Peu avant la mort, les souffrances sont devenues moins fortes, et à 8h45, sans gémissement et paisiblement, il a rendu son âme juste à Dieu. Sa main droite était posée sur sa poitrine comme pour faire un dernier signe de croix. Les voisins des Khromov étant, au moment de la mort du starets, à Verkhnaya, ont vu à trois reprises, une grande flamme sortir de la maison des Khromov. Ils ont cru qu’un incendie avait envahi la maison, mais à leur retour, ils ont appris qu’il n’y avait pas eu d’incendie. Alors ils ont eu l’idée que quelque chose est arrivé au starets. Au même moment, quand ils ont vu la flamme, les pompiers du village l’ont aussi constatée depuis leur tour de guet. Ils ont fait plusieurs fois le tour du village mais n’ont rien trouvé.
La triste nouvelle de la mort du starets s’est vite répandue à Tomsk et ses environs. Plusieurs personnes se sont précipitées vers la maison des Khromov où reposait en paix le corps du juste starets, Théodore Kouzmitch. La pannychide a été célébrée par l’higoumène archimandrite Victor avec d’autres ecclésiastiques au couvent Bogoroditsé-Alexiyevskiy. Les représentants de l’administration de Tomsk et un grand nombre de gens ont assisté à l’enterrement.
Le starets, selon son désir, a été enterré sur le territoire du monastère, vers le nord-est de l’autel principal de la cathédrale du couvent. Par la suite, au-dessus de la tombe du Juste, on a construit une chapelle, qui a été détruite après la révolution, et a été reconstruite il y a quelques années.
Theodore KouzmitchLa cellule et la tombe du starets après sa mort sont devenus des lieux de pèlerinage pour les gens de toutes les couches sociales. On sait qu’en 1891 pendant son séjour à Tomsk, la tombe du starets a été visitée non officiellement par le futur empereur, mais à l’époque tsarevitch, Nicolas II. Avant encore, en 1873, le grand-duc Alexis Alexandrovitch avait visité la tombe et la cellule du Juste Théodore.
À Tomsk on a constaté de nombreuses guérisons de malades, venus prier à la tombe du starets.
La vénération du saint starets Théodore de Tomsk augmentait chaque année. Au début on célébrait régulièrement les pannychides à sa tombe et dans sa cellule, par la suite on a commencé à le faire tous les jours.
Au début du XXe siècle grâce aux efforts de la population de la ville de Tomsk, une chapelle a été érigée sur la tombe de Théodore Kouzmitch. Un cercle de fidèles du starets auprès du monastère a été organisé, avec pour objectif de rechercher et rassembler les documents concernant sa vie pour les publier. On garde précieusement les objets lui ayant appartenu. Sa sainteté et la nécessité de sa canonisation étaient évidentes pour tous. Néanmoins, la canonisation n’a été célébrée qu’en 1984. Le nom du juste Théodore de Tomsk a été porté sur la liste des saints de Sibérie. Le 5 juillet 1995 un événement remarquable se produisit : les reliques du serviteur de Dieu furent retrouvées et placées dans un reliquaire en bois richement travaillé, dans la cathédrale du couvent Bogoroditsé-Alexéievsky.
La mémoire du saint juste Théodore est célébrée chaque année le jour de sa mort, le 20 janvier/2 février et le 5/18 juillet  – jour de la découverte de ses reliques –, et aussi avec tous les saints de Sibérie, le 23 juin.
L’aide miraculeuse de Dieu reçue par les prières du juste Théodore ne cesse pas de nos jours, surtout auprès de ses reliques ouvertement exposées au couvent Bogoroditsé-Alexéivsky de Tomsk.

2. Le tsar Alexandre Ier

Intensément préoccupé de spiritualité dans les dernières années de sa vie, hanté par le meutre de son père le tsar Paul Ier dont il se sentait complice, le tsar Alexandre Ier (le vainqueur de Napoléon qui avait conduit ses troupes jusqu’à Paris et y avait été acclamé) se désintéresse de la politique. Lors d’un voyage destiné à rejoindre un climat plus propice à la santé de l’impératrice, il attrape froid et s’éteint le 2 décembre 1825 à Taganrog, une ville portuaire de la mer d’Azov, au sud de la Russie.
Cette disparition dans une ville si éloignée de Saint-Pétersbourg fait naître de nombreuses spéculations: le corps reposant dans un cercueil clos (contrairement à la tradition orthodoxe) dans la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg ne serait pas le sien mais celui d’un soldat ayant avec lui une certaine ressemblance. Onze ans après la disparition de l’empereur, Théodore Kouzmitch est identifié par de nombreux témoins comme étant le tsar disparu. L’ermite frappe par l’étendue de sa culture, pas sa connaissance de l’histoire, de la politique et des batailles des dernières décennies, par sa connaissance d’épisodes personnels de la vie du tsar Alexandre Ier et de hauts personnages de la cour impériale, par sa prestance et par ses manières raffinées. Plusieurs personnes qui le rencontrent croient reconnaître en lui le Alexandre Ier. Avant sa mort, interrogé par Khromov, il ne dément pas clairement être l’empereur disparu. Lorsqu’il meurt, Khromov fait parvenir un portrait de Théodore au tsar Alexandre III qui, ébranlé par la ressemblance, fait ouvrir le cercueil d’Alexandre Ier. Celui-ci est vide. Un message codé retrouvé sur Théodore qui le portait en permanence sur lui fait allusion à la participation du futur tsar Alexandre Ier au complot qui allait tuer son père et explique assez clairement la raison de son changement d’état: consacrer le reste de sa vie à la pénitence pour expier le péché commis dans sa jeunesse.

3. Le film

Tourné en France, à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Tomsk, dans les lieux mêmes où Alexandre 1er et Théodore Kouzmitch ont vécu, le documentaire de Marc Jeanson, reprend à nouveaux frais l’enquête sur cette énigme de l’histoire (qui avait intéressé Tolstoï et à laquelle André Castelot et Alain Decaux avaient consacré un film, « La double mort du tsar Alexandre 1er »), et pendant une heure et quinze minutes donne la parole à de nombreux témoins indirects et spécialistes : descendants des Romanov ou de proches d’Alexandre, historiens russes et français, archivistes, autorités religieuses, habitants de Tomsk, etc…
Marie-Pierre Rey, professeur d’histoire à la Sorbonne, auteur de la biographie Alexandre 1er, accompagne de sa compétence scientifique cette passionnante enquête dont le but est de lever définitivement le voile sur la véritable identité de Théodore Kouzmitch, saint de Sibérie…
On peut acheter le DVD du film sur le site DCX.

Jean-Claude Larchet

« Le secret du tsar », un documentaire passionnant de Marc Jeanson (75 mn) diffusé sur KTO le 10 décembre

Secret_du_tsarL’un fut tsar de toutes les Russies de 1801 à 1825, l’autre un humble ermite de Sibérie déporté dans la région de Tomsk. Quel lien existe entre ces deux Russes que tout semble opposer? Le documentaire «Le secret du tsar», diffusé mercredi 10 décembre sur KTO, se penche sur le sujet.
Plongé dans le mysticisme dans les dernières années de sa vie, hanté par le parricide auquel il avait participé, le tsar Alexandre Ier se désintéresse de la politique. Lors d’un voyage destiné à rejoindre un climat plus propice à la santé de l’impératrice, il attrape froid et s’éteint le 2 décembre 1825 à Taganrog, une ville portuaire de la mer d’Azog, au nord de la Russie.
Cette disparition dans une ville si éloignée de Saint-Pétersbourg fait naître de nombreuses spéculations: le corps inhumé dans un cercueil clos -contrairement à la tradition orthodoxe- dans la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint Pétersbourg ne serait pas le sien mais celui d’un cosaque. Onze ans après la disparition de l’empereur, un religieux russe orthodoxe, Fiodor Kouzmitch, qui enseigne les Ecritures saintes dans la ville de Tomsk, est identifié par le marchand Khromov comme le tsar disparu. L’ermite vit au service de la population qu’il frappe par l’étendue de sa culture, par sa piété et ses manières raffinées. Lorsqu’il meurt, Khromov fait parvenir des icônes et un portrait de Fiodor au tsar Alexandre III qui, ébranlé par la ressemblance, fait ouvrir le cercueil d’Alexandre Ier. Celui-ci est vide.
La légende selon laquelle le tsar Alexandre Ier, vainqueur de Napoléon lors de la Campagne de Russie, aurait abandonné la charge du pouvoir afin d’expier ses fautes sous l’identité d’un saint ermite – Feodor Kouzmitch sera béatifié en 1984 par l’église orthodoxe – se propage et captive les écrivains dont Tolstoï, qui popularise l’affaire dans son roman Mémoires du starets Fiodor Kouzmitch. Elle reste l’une des plus mystérieuses énigmes de l’histoire russe.
Six ans après son documentaire La lumière du désert, consacré au monastère copte-orthodoxe Saint-Macaire dans le désert égyptien, Marc Jeanson se penche à nouveau sur le monde orthodoxe. Confrontant la légende populaire à l’analyse des faits historiques, il offre une trépidante enquête historique, spirituelle et scientifique, des steppes sibériennes aux canaux de Saint-Pétersbourg. La Russie des tsars, mystérieuse et mystique, fascinante et inattendue, se dévoile à travers sa caméra.
Une enquête à suivre sur KTO le mercredi 10 décembre à 20h40 (rediffusion : jeudi 11 décembre à 18h10, le dimanche 14 décembre à 8h05 et le mercredi 17 décembre 13h15). Coproduction DCX & KTO, 75 min.
Anne Laure de Baecker – Le Figaro – 5 décembre 2014.

Interview du patriarche œcuménique Bartholomée au sujet de la vie du Patriarcat à Constantinople et dans la Turquie d’aujourd’hui

Le patriarche œcuménique Bartholomée, dans une récente interview à des élèves des établissements scolaires N. Bakoyannis, a évoqué la vie du Patriarcat à Constantinople et dans la Turquie d’aujourd’hui. Nous publions cette interview ci-après in extenso :

– Votre Sainteté, à quel âge avez-vous pris la décision de consacrer votre vie à l’Église et sous quelles influences ?

– Je suis né et j’ai grandi, comme vous le savez, à Imbros, une île qui toujours a été caractérisée par la piété insulaire bien connue. Les habitants d’Imbros sont des gens pieux, traditionnels qui aiment beaucoup les offices. Ils aiment l’Église, leurs prêtres, leur métropolite, leurs chapelles, les saintes icônes, le jeûne, la prière, la liturgie, les vêpres, tous les offices. Si vous avez lu Papadiamantis, vous le comprendrez. L’atmosphère spirituelle d’Imbros est dans l’esprit de Papadiamantis. Ayant grandi dans une telle atmosphère, tant dans notre maison que dans notre village et dans toute l’île, et ayant continuellement sous mes yeux notre bon prêtre paroissial, il était normal que mon âme enfantine se remplisse d’expériences saintes. J’allais dans le sanctuaire, j’aidais le père Astérios (c’était le nom de notre prêtre) comme servant, je l’accompagnais encore dans les chapelles où nous allions pour la Liturgie. Je me réjouissais ! Je ressentais très fort la présence de la grâce de Dieu ! Ainsi, depuis mon plus jeune âge, j’avais le désir de devenir prêtre et de servir le Christ et l’Église. Je n’ai jamais eu l’idée que quelque chose d’autre me conviendrait mieux. Ainsi, j’ai pris très tôt mes décisions, avec la bénédiction et l’assistance personnelle de notre défunt métropolite Méliton, mon père spirituel.

– À quel point est difficile la direction spirituelle et religieuse de 300 millions de chrétiens dont le siège se trouve dans une région où domine la religion musulmane et quelles sont les relations de l’Église orthodoxe avec l’État laïc de Turquie ?

– Le patriarche œcuménique est assurément le premier de l’orthodoxie, mais 

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La Bulgarie commémore le 90ème anniversaire de l’inauguration de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Sofia

La Bulgarie et l’Église orthodoxe de ce pays ont commémoré saint Alexandre de la Neva dimanche dernier, ainsi que le 90ème anniversaire de l’inauguration et de la dédicace de la cathédrale dédiée au saint, qui est un symbole de la capitale et de la Bulgarie. À cette occasion, le patriarche de Bulgarie Néophyte a célébré la liturgie en ladite cathédrale. L’année 2014 constitue un moment particulier pour cette cathédrale. Après un long conflit, le premier ministre et professeur Georges Bliznachki a remis, en 1994, le titre de propriété de l’édifice au patriarche de Bulgarie Néophyte, lors d’une cérémonie spéciale au conseil des ministres, qui a eu lieu au début du mois d’octobre. « Je suis heureux d’avoir eu l’honneur de faire de l’Église orthodoxe bulgare le propriétaire légal de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky », a déclaré le professeur Georges Bliznachki, ancien premier ministre bulgare par intérim, à l’occasion de la cérémonie solennelle dédiée au 90ème anniversaire de la cathédrale. « Je suis heureux d’avoir eu l’honneur de trouver une solution à un conflit très ancien, qui a duré des années. Nous avons fait tout ce qui était possible, l’Église a récupéré sa cathédrale et j’espère que dès maintenant, à l’aide de tous les fidèles, des fonds seront trouvés et la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky sera restaurée. L’édifice est un saint lieu pour la nation bulgare et nous devons le préserver pour les siècles à venir », a conclu le professeur Bliznachki.

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Communiqué de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou au sujet du projet de loi du parlement estonien concernant l’enregistrement légal des couples homosexuels

« Le 7 et 9 octobre, le parlement de la République d’Estonie envisage de procéder à la deuxième et troisième lecture de la loi sur « la cohabitation commune » qui prévoit la possibilité de l’enregistrement légal des couples homosexuels. Si le projet de loi passe en troisième lecture, il sera adopté. L’association à but non lucratif « Pour la défense de la famille et de la tradition » (SA Perekonna ja Traditsiooni Kaitseks) organise une action de protestation contre l’adoption de ladite loi le 5 octobre à 12h devant le bâtiment du parlement. L’Église ne peut rester en retrait lorsque l’on entreprend des tentatives de légaliser le péché. L’adoption de la loi « sur la cohabitation commune », contre laquelle se prononce la majorité des habitants de l’Estonie peut détruire, dans la prochaine génération, les valeurs morales et la conception de la famille comme union de l’homme et de la femme, bénie par Dieu. Aussi, avant les manifestations civiles, une prière aura lieu à 11h45 devant l’entrée principale de la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Neva. La prière sera présidée par le métropolite de Tallin et de toute l’Estonie Kornily assisté du clergé de la ville. Nous appelons tous ceux qui ne sont pas indifférents à venir à la cathédrale le 5 octobre et à participer à cette prière ».

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Grande procession à Saint-Pétersbourg avec les reliques de saint Alexandre de la Neva

Le jour du 290ème anniversaire du transfert des reliques de saint Alexandre de la Neva, le 12 septembre, le métropolite de Saint-Pétersbourg et Ladoga Barsanuphe a présidé la divine Liturgie en la cathédrale de la Sainte-Trinité de la Laure Saint-Alexandre-de-la-Neva. Concélébraient avec lui le supérieur du monastère, l’évêque de Cronstadt Nazaire, les évêques vicaires et le clergé du diocèse. Après l’office, le métropolite Barsanuphe a béni la cloche de 18 tonnes destinée au clocher de la cathédrale de la Sainte-Trinité. Le coffret avec les reliques du protecteur céleste de la « capitale du nord » a été  transporté depuis la cathédrale, en procession, jusqu’à la place Alexandre-de-la-Neva, où s’est jointe une deuxième procession en provenance de la cathédrale de Kazan. La Liturgie était célébrée en celle-ci par l’archevêque de Peterhof Ambroise, assisté de l’évêque de Tsarskoïe Selo Marcel. Sur la place située devant la Laure a été célébré un office d’intercession, puis une fête populaire s’en est suivie. Le jour du 12 septembre est indissolublement lié à l’histoire de la Russie. En 1724, souhaitant immortaliser la victoire lors de la guerre du Nord, le fondateur de la ville sur la Neva, l’empereur Pierre le Grand, donna l’ordre d’y transférer les reliques de St Alexandre, qui se trouvaient jusqu’alors dans la ville de Vladimir. Plus tard, par un décret de l’impératrice Catherine II, le jour du transfert est devenu une fête de toute la Russie. Jusqu’à 1917, il était férié à Saint-Pétersbourg et donnait lieu à une procession depuis la cathédrale Saint-Isaac jusqu’à la Laure.

Source et photographie : Pravoslavie.ru

Le père Alexandre Winogradsky sur la rencontre du patriarche Bartholomée et le pape François

Nous avons demandé par Skype le père Alexandre Winogradsky de nous commenter de Jérusalem la recente rencontre entre le patriarche Bartholomée et le pape François.

 

Père Alexandre Winogradsky sur la rencontre entre le patriarche Bartholomée et le pape François by Orthodoxie on Mixcloud

 
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Jovan Nikoloski