28/06/2017
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Archives de catégorie : Relations oecuméniques

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Rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti

Lors de la rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti, a été discutée la situation des relations entre orthodoxes et catholiques-romains au niveau global et ukrainien. La rencontre a eu lieu le 14 juin avec la bénédiction du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. À l’entretien assistait également le vice-président du Département des affaires extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. La position de l’Église orthodoxe d’Ukraine concernant les événement récents qui se sont produits à l’église de Kolomyïa où un conflit a éclaté entre gréco-catholiques et orthodoxes,

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Communiqué de la Vème réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« Le mercredi 7 et le jeudi 8 juin a eu lieu, en la cathédrale de la Résurrection du Christ à Podgorica (Monténégro), la cinquième réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates, dont la tâche est d’examiner ensemble le rôle du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Le thème de la rencontre était « Le cardinal-archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ». Au nom du Saint-Siège, la séance était présidée par R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Les représentants de l’Église orthodoxe serbe qui ont participé aux travaux de la Commission étaient : le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, ainsi que des spécialistes qui ont été invités à cette occasion, à savoir le professeur Ljubodrag Dimić, professeur à la faculté de philosophie de Belgrade, le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique de l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade, et la professeur Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Les représentants de la Conférence des évêques croates qui ont participé à la session de cette commission étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Mgr Ratko Perić, ainsi que le Dr Jure Krišto et le Dr Mario Jareb, conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire. L’absence de l’évêque de Požega Antun Škorčević, membre de la commission, était excusée. Il est prévu que la prochaine et dernière session de la Commission soit tenue à Rome les 12 et 13 juillet 2017, au cours de laquelle seront résumés les travaux de la Commission qui ont eu lieu jusqu’à maintenant ».

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Le patriarche œcuménique Bartholomée se rendra en Allemagne pour les 500 ans de la Réforme

Lors de sa visite à Constantinople en septembre 2016, Heinrich Bedford-Strohm, président du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne, avait déclaré que ce serait pour « nous un honneur particulier si le patriarche œcuménique Bartholomée Ier venait en mai 2017 à Wittemberg et à Tübingen » pour les 500 ans de la réforme protestante. C’est ainsi que suite à l’invitation de l’Église évangélique d’Allemagne (EKD), le patriarche se rendra en Allemagne la semaine prochaine. Il se trouvera à Stuttgart le dimanche 28 et, le lundi 29 mai, il sera proclamé docteur honoris causa de la Faculté historique évangélique de théologie de Tübingen. À cette occasion lui sera remise la traduction allemande de son livre « À la rencontre du mystère ». Ensuite débutera un symposium de deux jours de théologiens évangéliques et orthodoxes. L’invitation à Wittemberg et à Tübingen rappellera les premiers contacts de l’Orthodoxie et de la Réforme, qu’ont initiés les théologiens Martin Crusius et Jakob Andreae en 1573, par un échange de correspondance avec le patriarche de Constantinople Jérémie II. L’Église évangélique d’Allemagne procède depuis 1969 à un dialogue théologique bilatéral avec le Patriarcat œcuménique. Le patriarche visite ensuite la paroisse orthodoxe de Reutlingen le mardi 20 mai.

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Les orthodoxes participent au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Du 10 mai au 13 mai 2017, Washington, capitale des États-Unis accueillait un Sommet mondial des leaders chrétiens pour la défense des chrétiens persécutés. Il est organisé par l’Association évangélique Billy Graham. Des représentants de différentes confessions chrétiennes, venus de plus de 135 pays, sont rassemblés à cette occasion. La rencontre est suscitée par la situation des chrétiens persécutés au Proche Orient, en Afrique et dans d’autres régions du monde, situation sans précédent dans l’histoire récente, rappelant les persécutions endurées par les chrétiens durant les premiers siècles et celles orchestrées par les états athées au XX siècle. Des méfaits d’une telle envergure ne pouvaient laisser indifférente la communauté chrétienne. Le sommet pour la défense des chrétiens persécutés veut être un espace de discussion de ce problème, afin d’améliorer la situation. Des délégations des Églises orthodoxes locales participent aussi au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés. Ces délégations sont présidées par Sa Béatitude l’archevêque Tikhon de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada (Église orthodoxe en Amérique), l’archevêque Dimitri d’Amérique (Patriarcat de Constantinople), l’archevêque Joseph de New-York, métropolite de toute l’Amérique du Nord (Patriarcat d’Antioche).

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Patriarche Bartholomée : « La religion, élément clé du processus de paix »

Le patriarche œcuménique Bartholomée I,  a prononcé son discours »La religion, élément clé du processus de paix » à l’occasion de la Conférence mondiale sur la paix d’al-Azhar qui s’est déroulée les 27 et 28 avril 2017 au Caire.

 « Religions et paix »

Conférence mondiale de la paix du Conseil des Aînés d’Al-Azhar et des Musulmans

Le Caire, le 27 avril 2017

Vos Béatitudes, Éminences, Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur d’être invité à prendre la parole à cette Conférence sur la paix mondiale organisée par Al-Azhar et le Conseil musulman des Aînés. Nous félicitons sincèrement Son Eminence, M. Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, d’avoir eu le courage et la vision d’organiser cette initiative cruciale pour la promotion de la paix par les religions.

Au cours des deux dernières décennies, l’humanité a connu des attaques terroristes continues, qui sont à l’origine de la mort et des blessures de milliers de personnes, et qui deviennent la plus grande menace et source de peur pour les sociétés contemporaines. Depuis lors, les religions ont souvent été soupçonnées ou ouvertement accusées d’avoir inspiré le terrorisme et la violence. Notre vie quotidienne s’est remplie d’horribles nouvelles sur les attaques terroristes au nom de la religion.

Dans le même temps, nous constatons la volonté de notre monde de promouvoir le dialogue au lieu des conflits et la capacité à le faire. Cela est vrai non seulement pour les dirigeants politiques et les organisations laïques, mais aussi pour les dirigeants religieux et les institutions qui se sont montrés prêts à s’engager dans un dialogue de paix au niveau local et international, afin d’assurer une coexistence pacifique et une collaboration entre les gens.

Comment, après tant de conférences, de déclarations et d’initiatives pour la paix, pouvons-nous être témoins d’une augmentation de la violence, au lieu de remarquer un progrès dans la paix ? Comment la communauté mondiale peut-elle justifier les derniers actes terroristes de Paris, Bruxelles, Istanbul, Saint-Pétersbourg ou Stockholm ? Comment expliquer les guerres en cours, les conflits armés et les effusions de sang au Moyen-Orient ? Comment pouvons-nous accepter les attaques dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie il y a environ deux semaines ? Permettez-nous d’exprimer encore une fois à la communauté copte et à tout le peuple égyptien nos sincères condoléances et les prières du Patriarcat œcuménique.

Afin de comprendre ce qui se passe dans notre monde d’aujourd’hui, réfléchissons sur le rôle de la religion dans l’humanité. Paradoxalement, au lieu de l’attente moderniste d’un ‘âge laïque post religieux’, notre époque devient en fait une ‘période post-laïque’ ou même une période d’ ‘explosion religieuse’. La religion apparaît comme une dimension centrale de la vie humaine, tant au niveau personnel que social. Elle revendique un rôle public et participe à tous les discours contemporains centraux.

Les fonctions cruciales de la religion sont évidentes dans les quatre domaines suivants de l’existence humaine et de la coexistence :

  1. La religion est liée aux préoccupations profondes de l’être humain. Elle fournit des réponses à des questions existentielles cruciales, donnant l’orientation et le sens de la vie. La religion ouvre aux êtres humains la dimension de l’éternité et la profondeur de la vérité.
  2. La religion est liée à l’identité des peuples et des civilisations. C’est pourquoi la connaissance de la croyance et de la religion de l’autre est une condition préalable indispensable à la compréhension de l’altérité et à l’établissement du dialogue.
  3. La religion a créé et conservé les plus grandes réalisations culturelles de l’humanité, les valeurs morales essentielles, la solidarité et la compassion, ainsi que le respect de toute la création.
  4. La religion est un facteur vital dans le processus de paix. Comme saint Paul l’a écrit autrefois : « Dieu n’est pas un dieu de désordre mais de la paix » (1 Co 14,33). La religion peut, bien sûr, diviser en provoquant l’intolérance et la violence. Mais c’est plutôt là son échec, et non son essence qui consiste en la protection de la dignité humaine.

Malheureusement, notre monde contemporain est marqué soit par le relativisme – profondément lié à la laïcité – soit par le fondamentalisme, que beaucoup considèrent comme une réaction au premier. En effet, le fondamentalisme se considère souvent comme menacé ou même persécuté par le relativisme. Alors que ce dernier nie l’existence de la vérité, l’intégrisme considère que sa propre vérité est unique et doit donc être imposée aux autres, ce qui rend impossible à la religion de servir de pont entre les êtres humains. Dans l’histoire récente, le phénomène du nationalisme et du post-colonialisme a transformé l’extrémisme et l’intégrisme religieux en une simple idéologie, utilisée à des fins politiques.

Malheureusement, l’éclatement continu du fondamentalisme religieux et des actes de violence terribles au nom de la religion, donnent aux critiques modernes de la foi religieuse des arguments contre la foi et appuient l’identification de la religion avec ses aspects négatifs. La vérité est que la violence est la négation des croyances religieuses fondamentales et de la doctrine. La vraie foi ne libère pas les humains d’être responsables du monde, de respecter la dignité humaine et de lutter pour la justice et la paix. Au contraire, elle renforce l’engagement de l’action humaine, elle élargit notre témoignage pour la liberté et les valeurs fondamentales humaines.

La région méditerranéenne a connu dans le passé, pendant plusieurs siècles, une cohabitation pacifique de juifs, de chrétiens et de musulmans. Cette expérience démontre que les personnes de différentes religions peuvent vivre ensemble, en trouvant le message le plus fondamental pour l’humanité qui unit, au lieu d’être une source de division. Cela montre que les religions peuvent servir de ponts entre les gens, d’instruments de paix et de compréhension mutuelle, de tolérance entre les êtres humains et de dialogue interreligieux.

Pour cette raison, le dialogue interreligieux reconnaît les différences des traditions religieuses et favorise la coexistence pacifique et la coopération entre les personnes et les cultures. Le dialogue interreligieux ne veut pas nier sa propre foi, mais plutôt changer son esprit ou son attitude envers l’autre. Il peut aussi guérir et balayer les préjugés et contribuer à une compréhension mutuelle et à la résolution pacifique des conflits. Les partis pris et les préjugés proviennent d’une fausse représentation de la religion. Par notre présence aujourd’hui, lors de cette importante conférence, nous voulons nous opposer à au moins un préjugé : l’islam n’est pas égal au terrorisme, car le terrorisme est étranger à toute religion. C’est pourquoi le dialogue interreligieux peut chasser la peur et le soupçon. Il est central pour la paix, mais seulement dans un esprit de confiance et de respect mutuels.

En juin dernier, nous avons eu le privilège de présider le Saint et Grand Conseil de l’Église orthodoxe à travers le monde, réunis en Grèce, sur l’île de Crète. Parmi plusieurs questions, le Conseil a rejeté et condamné l’intégrisme. Son encyclique souligne que, malheureusement, nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une augmentation de la violence au nom de Dieu. Les explosions du fondamentalisme au sein des communautés religieuses menacent de faire penser que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène de la religion.

La vérité, cependant, est que le fondamentalisme, comme « zèle que n’éclaire pas la pleine connaissance » (Rom 10.2), constitue l’expression d’une religiosité morbide ». En outre, le Conseil a souligné qu’ « un dialogue interreligieux honnête contribue au développement de la confiance mutuelle et à la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) La vraie paix n’est pas atteinte par la force des armes, mais seulement par l’amour qui « ne recherche pas son intérêt » (1 Cor 13,5). L’huile de foi doit être utilisée pour calmer et soigner les blessures des autres, et non pour rallumer de nouveaux feux de haine » (Encyclique, 17).

La crédibilité des religions dépend aujourd’hui de leur attitude à l’égard de la protection de la liberté et de la dignité de l’homme, ainsi que de leur contribution à la paix. C’est la présupposition non seulement de la coexistence pacifique, mais aussi de la survie pure de l’humanité. Nous ne pouvons affronter ces défis que tous ensemble. Personne – pas une nation, pas un État, pas une religion, ni la science ni la technologie – ne peut affronter les problèmes actuels. Nous avons besoin les uns des autres ; nous avons besoin d’une mobilisation commune, d’efforts communs, d’objectifs communs, d’un esprit commun.

Par conséquent, nous considérons la crise aux multiples facettes actuelle comme une opportunité pour pratiquer la solidarité, pour le dialogue et la coopération, pour l’ouverture et la confiance. Notre avenir est commun, et la voie vers cet avenir est un voyage commun. Comme il est écrit dans les psaumes : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1).

Votre Éminence le Grand Imam,

Chers participants

Nous croyons profondément que la contribution des religions demeure cruciale dans notre recherche commune de la paix sur terre. Elle est précieuse car, pour les religions, la vraie paix dans le monde n’est pas simplement l’absence de guerre, mais essentiellement la présence de la liberté, de la justice et de la solidarité. Ce qui est nécessaire pour la religion, c’est de guider les gens à la profondeur de cette vérité, à un changement d’esprit et de vie et à la compréhension mutuelle. C’est en effet le cœur de nos traditions religieuses. Pour cette raison, l’humanité a le droit d’attendre de nous plus que ce que nous donnons effectivement. C’est le plus grand défi pour les religions : développer leurs propres potentiels d’amour, de solidarité et de compassion. C’est ce que l’humanité attend profondément de la religion aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention ! »

Source et photographie

Le patriarche œcuménique Bartholomée a visité l’église orthodoxe Saint-Georges, dans la vieille ville du Caire

Dans son allocution d’accueil, le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore a qualifié la visite du patriarche œcuménique Bartholomée de « plus grand événement après la consécration de l’église Saint-Georges [suite à sa rénovation], il y a deux ans. Le patriarche Bartholomée a été reçu avec les honneurs par les autorités ecclésiastiques en ce lieu sacré qui est considéré comme la « Rotonde » du Moyen Orient, dans lequel, selon la tradition ecclésiastique, s’est réfugiée la Sainte Famille pour fuir la colère d’Hérode, et a été martyrisé saint Georges. Le patriarche Bartholomée a exprimé sa joie pour la réception donnée en son honneur, mais a souligné sa plus grande émotion pour avoir vénéré l’icône de saint Georges, à laquelle il a offert une grande veilleuse. Dans son allocution, le patriarche œcuménique a mentionné que, depuis son enfance à Imbros, il servait et chantait dans une église dédiée à saint Georges. Il a en outre rappelé que l’église patriarcale du Phanar était également dédiée au saint. Enfin le patriarche a souligné qu’il considère toujours le saint comme « le protecteur céleste de sa vie et de son ministère ». Au son des cloches de l’église et des tambours des scouts grecs et arabophones, le patriarche a été accueilli par le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore, ainsi que par les représentants du Conseil Œcuménique des Églises qui se trouvent au Caire à l’occasion du congrès pour la paix organisé par l’Université al-Azhar. Le patriarche œcuménique s’est exprimé à ce forum le 27 avril, tandis que le pape François y a prononcé un discours le 28 avril. Évoquant la visite du chef de l’Église catholique-romaine au Caire et la joie que celui-ci avait exprimée pour avoir visité l’Égypte, le patriarche œcuménique a exprimé à son tour sa joie pour cette visite au pays des Pharaons, au pays où s’est réfugié la Sainte Famille, le pays où naquit le saint apôtre Marc, fondateur du Patriarcat d’Alexandrie, et a souhaité que règne toujours la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. On peut visionner ici https://youtu.be/LTq-qke1GoM un film vidéo de l’accueil du patriarche œcuménique en l’église Saint-Georges du Caire.

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Communiqué de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« La quatrième réunion de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe, dont la tâche est d’examiner ensemble la personnalité du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, s’est réuni au palais épiscopal de Požega (Croatie). Le thème de la rencontre était « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe de 1941 à 1945 ». Le R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques, a participé à la réunion, qu’il a présidée au nom du Saint-Siège. Les représentants de la Conférence épiscopale croate à la réunion étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antun Škvorčević, les conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb. En tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe ont participé à la réunion : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre Perić, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque Radović, l’évêque de Bačka Irénée Bulović et l’évêque de Slavonie Jean Ćulibruk. Le Dr Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, a été empêché de participer aux travaux. En tant que conseillers spécialistes invités de la partie serbe orthodoxe de la Commission, ont participé : le Dr Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut de l’histoire de la Serbie récente de Belgrade, le Dr Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade et le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique à l’Institut de l’histoire contemporaine de Belgrade. La Vème session de la commission mixte sera tenue à Podgorica (Monténégro) les 7 et 8 juin 2017, sur le thème « L’archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ».

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Un rassemblement oecuménique à La Défense pour célébrer Pâques le 16 avril et dans d’autres lieux en France

Un rassemblement oecuménique pour célébrer Pâques aura lieu à La Défense le 16 avril dans la matinée, le métropolite Joseph y représentera l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et dans d’autres villes en France. Pour plus d’informations : le site dédié et l’affiche ci-dessous. Pour les autres lieux en France, voir cette page.

Conférence de Carême de Mgr Emmanuel à Lyon : « Qu’ils soient un! »

Une rencontre officielle du métropolite de France Emmanuel (Patriarcat œcuménique) avec le cardinal Philippe Barbarin a eu lieu à Lyon le dimanche 12 mars 2017. Le cardinal Barbarin a reçu le métropolite Emmanuel à l’archevêché de Lyon. Ensuite, le cardinal a accompagné le métropolite à la basilique Notre-Dame de Fourvière, où celui-ci a prononcé une homélie sur l’unité de l’Église, dans le cadre des conférences de Carême, devant une assistance nombreuse. Vous pouvez écouter le podcast de sa conférence :

Sources 1 et 2

Communiqué de presse de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale

La troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale a eu lieu les 13 et 14 février 2017. Nous publions ci-après le communiqué de presse :

« Le lundi 13 et le mardi 14 février 2017, au palais épiscopal de Novi Sad, a eu lieu la troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate, dont le but était d’examiner en commun le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant, et après la Seconde Guerre mondiale. Au nom du Saint-Siège, le père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des sciences historiques a participé à la session, qui avait pour thème « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’État Indépendant de Croatie au temps des persécutions, de 1941 à 1945 ». Participaient en tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe à cette Commission : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Dr. Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO. En outre, ont été invités cette fois les spécialistes suivants : le Dr. Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade, et le Dr. Milan Koljanin, chargé de recherché principal à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Ont participé en tant que représentants de la Conférence épiscopale croate à ladite Commission : le cardinal archevêque de Zagreb Joseph Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antoine Škvorčević, ainsi que le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb, conseiller scientifique auprès de l’Institut croate d’histoire. Il est prévu que la session suivante ait lieu à Požega (Croatie), le 22 avril 2017, sur le thème “Attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe, de 1941 à 1945 ».

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Une année après la rencontre entre le patriarche Cyrille et le pape François à La Havane

L’Institut d’études oecuméniques de l’Université de Fribourg (Suisse) a organisé une manifestation pour commémorer le premier anniversaire de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille qui a eu lieu le 12 février 2016 à La Havane, Cuba. Le portail catholique suisse en a publié un compte-rendu.

Podcast audio: “Orthodoxie” (France-Culture) – Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier)

L’émission Orthodoxie sur France-Culture (podcast audio ci-dessous) du 22 janvier avait pour thème  la célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier). Le père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève à Epinay-sous-Sénart, membre du Comité mixte catholique orthodoxe de France y est intervenu.

Interview du patriarche de Serbie au quotidien croate « Jutarnji Vijesti » au sujet de l’Église et de la minorité orthodoxes serbes en Croatie et de la canonisation du cardinal Stepinac

Dans son numéro du 7 janvier 2017, le quotidien de Zagreb « Jutarnji Vijesti » a publié une interview du patriarche de Serbie Irénée, dans lequel celui-ci aborde la question de la situation de l’Église orthodoxe et de la minorité serbes en Croatie, ainsi que la question de la canonisation du cardinal Stepinac. Nous publions ci-dessous cette interview in extenso :

– Je vous souhaite d’abord une bonne fête de Noël et une bonne année 2017, mais je voudrais revenir sur votre message de Pâques 2016 et faire l’éloge de votre lettre qui a été lue alors dans les églises orthodoxes. Je mettrais surtout en relief la partie de la lettre où vous dites que « si nous ne nous pardonnons pas mutuellement, nous ne serons pas pardonnés, et si nous condamnons, nous sommes déjà condamnés », ce que nous enseigne le Seigneur Jésus. Comment voyez-vous le processus de réconciliation sur l’espace de l’ex-Yougoslavie ?

– Je vous remercie pour les vœux. Vous voyez, le pardon est un impératif de notre vie chrétienne. Mais pour que celui-ci soit possible, il est nécessaire que nous cultivions l’amour dans nos cœurs, comme le testament le plus précieux que nous a légué le Christ. Il faut que nous l’entretenions et que nous le partagions avec le prochain, mais aussi avec ceux qui ne reconnaissent pas en nous des amis. Pour ce qui concerne le pardon et la réconciliation sur le territoire de l’ex-Yougoslavie, je pense que chacun devrait se demander combien il contribue à cela. J’ai insisté, à chaque fois que j’en avais l’occasion, pour envoyer des messages d’amour chrétien. Par exemple, l’avant-dernier été, à l’occasion de la commémoration du grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe, à savoir le 400ème anniversaire de la fondation du séminaire théologique le plus ancien situé dans le monastère de Krk [en Croatie, ndt], j’ai rencontré les évêques catholiques-romains de Dalmatie, S.E. Mgr Puljić, Mgr Barišić, et d’autres encore. Je me suis alors efforcé, en raison de l’existence, pour les deux peuples d’un passé le plus souvent tragique, notamment à l’époque récente, d’adresser des paroles d’amour fraternel, de vie commune, de respect mutuel et d’adoption des valeurs chrétiennes communes. Intentionnellement, je n’avais aucun discours préparé. Je voulais parler du cœur, de l’âme, afin que les interlocuteurs et les fidèles des deux Églises le reconnaissent. J’ignore si j’y suis parvenu.

– Le chef de la Communauté islamique en Bosnie et en Herzégovine, le reis-ul-ulema Husein ef. Kavazović, a accusé cet été l’Église orthodoxe serbe « d’encourager par son activité le nationalisme et de faire l’apologie des crimes de guerre prouvés, ce qui rend difficile la possibilité de vie commune et l’établissement de relations stables en Bosnie-Herzégovine ». Il a dit que votre Église encourage le nationalisme serbe et l’exclusivisme et contribue à la glorification des crimes et criminels, ce qui pèse encore sur la voie de la réconciliation, de la compréhension et l’assurance d’une meilleure vie pour tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine. Ces accusations sont graves. Êtes-vous disposé à commenter cela ? Avez-vous parlé entre-temps avec le reis Kavazović et avez-vous aplani ce litige?

– Je ne connais pas personnellement M. Kavazović. Il n’a aucun contact officiel avec le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, mais je suppose qu’il a, ne serait-ce que de temps à autre, certaines rencontres officielles avec notre épiscopat de la région, probablement dans le cadre du Conseil inter-religieux de Bosnie-Herzégovine. J’ai été surpris par la véhémence et la démesure de ses positions, particulièrement de ses objections à l’existence de la République serbe de Bosnie. De toute évidence, je considérais erronément que l’époque de Mustafa Cerić [еx-chef de la Communauté islamique de Bosnie, ennemi acharné de la République serbe de Bosnie, ndt] appartenait au passé. Aussi, je n’ai pas souhaité réagir à ses déclarations extrêmement intolérantes et injustes, et ce ni personnellement, ni dans le cadre du Saint-Synode, ni au niveau de notre Service de presse. Et ici, pour répondre à votre question, je ne donnerai que le commentaire le plus succinct possible. Les paroles qui accusent, qui pointent du doigt le voisin, n’apportent aucun bien. Il faut s’en garder. Que Dieu fasse que les paroles des dirigeants religieux ne soient pas le prétexte à de nouvelles violences et de nouveaux malheurs ! Nous voyons jusqu’où conduit l’utilisation abusive de l’Islam. Des innocents souffrent, non seulement en Syrie et en Iraq, mais aussi en Europe. Les « chrétiens » hypocrites qui posent un signe d’égalité entre le terrorisme et l’Islam en tant que religion ne sont pas meilleurs. Nous croyons en Dieu, nous sommes voisins, nos croyants sont voisins, quelque part juste à notre porte. Nous ne regardons pas les relations avec les musulmans en Bosnie et Herzégovine à travers Monsieur Kavazović. Ce pays est étendu : il y a des gens différents parmi les muftis, les imams, les hodjas… Nul ne pouvait imaginer des accusations insensées. Nous avons vécu ensemble durant des siècles. Et c’est ainsi que nous devons continuer.

– Comme vous le savez, vous n’avez pas subi des interpellations que de la part du chef de la Communauté islamique. Le président de la Conférence épiscopale de Bosnie et d’Hezégovine, le cardinal Vinko Puljić, archevêque et métropolite de Vrhbosna [Sarajevo, ndt] vous a envoyé au nom de tous les membres de ladite Conférence, le 8 février 2016, une lettre dans laquelle il réagit à votre déclaration au cours de la commémoration de « la journée de la République serbe (de Bosnie) », à Banja Luka le 9 janvier 2016. Qu’aviez-vous en vue lorsque vous avez dit que la République serbe de Bosnie est « fondée sur la vérité de Dieu, la justice de Dieu » ?

– J’ai été surpris, pour ne pas dire ébahi, par la réaction de Mgr le cardinal Puljić, archevêque catholique-romain de Sarajevo, et ce bien plus que par la réaction du reis Kavazović. Pour les mêmes raisons de principe que dans le cas de M. Kavazović, j’ai considéré aussi que la déclaration de Puljić ne méritait pas de réponse ou de commentaire de l’Église orthodoxe serbe, particulièrement parce qu’il sait fort bien ce que nous avons réussi à surmonter ensemble, précédemment, grâce à la confiance mutuelle. Néanmoins, je vous répondrai avec le moins de mots possibles, car il faut soigner les blessures, non les approfondir. La République serbe de Bosnie a été créée pour assurer la survie du peuple serbe et de l’Orthodoxie sur le territoire qui se trouve sur la droite du fleuve Drina, pour que ce soit un facteur de paix comme cela est prévu par l’accord de Dayton. Sans République serbe de Bosnie, j’en suis convaincu, il n’y aurait plus de Serbes dans cette région. Nous, Serbes, ne sommes pas de nouveaux arrivants en Bosnie et en Herzégovine, comme ne le sont pas non plus les Croates, et bien sûr, les Bosniaques actuels de confession musulmane. Mais vous voyez ce qu’il advient des chrétiens dans le berceau du christianisme au Moyen-Orient ! Ce qui se produit là-bas aujourd’hui, les photos avec les têtes décapitées de chrétiens, s’est produit d’abord ici, dans notre maison, en Bosnie et Herzégovine. Ce sont les mêmes gens, plutôt les mêmes êtres inhumains, qui le font là-bas, et qui l’ont fait d’abord ici, en Europe. Combien de nos saintes églises et monastères en République serbe de Bosnie ont été détruits, profanés, endommagés ? Combien de saints martyrs connus et inconnus, de gens qui ont souffert parce qu’ils étaient chrétiens, qu’ils étaient orthodoxes, parce qu’ils se signaient avec trois doigts ? C’est de cette façon que je considère que la création, l’existence et la prospérité de la République serbe de Bosnie est une affaire de justice. Et pour nous chrétiens, est juste ce qui est fondé sur la vérité, et la seule vérité est Celui qui a dit de Lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Au demeurant, la République serbe de Bosnie est la garante de la survie des Croates en Bosnie et Herzégovine. Je prie Dieu que les autorités politiques de la République serbe travaillent et agissent chrétiennement, tant à l’égard de leurs concitoyens qu’envers les habitants qui ne sont pas de confession orthodoxe ou de nationalité serbe.

– Le cardinal Puljić a réagi particulièrement à votre déclaration selon laquelle la «République serbe de Bosnie repose sur le sang des saints martyrs, sur les os des saints martyrs, et tout ce qui est établi sur la justice, la vérité, sur le sang versé pour la justice, la vérité, le sang pour la vérité et le nom de Dieu ; cela est éternel et non éphémère », et il vous recommande : « L’entité politique de la République serbe en Bosnie et en Herzégovine est une création humaine et non divine… Seul Dieu est éternel et non éphémère ! » J’apprécierais que vous me disiez d’une façon ou une autre, même de manière privée, ce que vous répondez à cette lettre du cardinal et comment vous commentez ses paroles critiques.

– Comme vous l’avez probablement remarqué, je n’ai pas l’habitude de répondre publiquement à des paroles agressives. Je pense que cela ne peut rien apporter de bien à qui que ce soit. C’est pourquoi certains amis me critiquent en privé. Mais je considère que Dieu voit tout et juge de tout. C’est plus que suffisant. D’un discours destiné aux fidèles ainsi qu’aux dirigeants du peuple et qui les exhorte à être dignes de leurs ancêtres, des saints martyrs qui ont donné la vie pour la foi et la patrie, et aussi à être chrétiens, on en fait toute une histoire. On m’a dit qu’il existait chez les Croates l’expression « la terre de Croatie est sainte pour nous », comme un film intitulé « Sainte Croatie ». Selon moi, il s’agit d’une sorte de pédagogie. Pour Jérusalem et la Palestine, on parle de « Ville sainte » et de « Terre Sainte ». Il ne s’agit pas là des pierres et des briques. Il en est de même avec la République serbe de Bosnie. C’est une question de foi : croit-on réellement en la sainteté des gens qui ont péri innocemment ? Croit-on réellement que ce qui est bâti sur leur sacrifice volontaire, sur leurs saintes reliques, est éternel ? Il est juste que les États viennent et passent. La Serbie, au temps de l’asservissement sous les Ottomans n’existait plus, mais néanmoins elle est ici aujourd’hui, au milieu des Balkans. L’ancien Israël est rétabli après la seconde guerre mondiale, après plus de deux millénaires d’inexistence. La Croatie est une très jeune démocratie. La durée n’est pas seulement dans le temps. Par l’amour des générations, par la prière pour les ancêtres, par l’art, elle dure jusque dans l’éternité. Nul ne doit être gêné par la République serbe de Bosnie. Nul ne doit être gêné par le fait que les peuples en République serbe et en Bosnie Herzégovine vivent aujourd’hui en paix. Or, il semble que cela gêne certains. Il ne faut pas que nous soyons des gens qui peuvent facilement être télécommandés par quelqu’un qui se trouve au loin.

– Maintenant, alors que j’ai l’occasion de vous demander quelques clarifications, permettez que je vous questionne sur ce que vous souhaitiez dire exactement lors de votre visite au monastère de Krk, lorsque vous avez déclaré, je cite, que « nos voisins nous ont fait du mal, et nous-mêmes à eux, mais nous (Serbes) dans une bien moindre mesure ».

– Regardons la vérité en face ! Sans mentionner à nouveau les victimes dans cette malheureuse guerre qui, comme j’en suis profondément convaincu, n’a apporté rien de bon, à aucune des parties. C’est en tout cas mon point de vue. Les souffrances n’ont pas cessé non plus en temps de paix. Combien de nos églises ont été profanées ces dernières années ? J’ai lu il y a quelques jours ce rapport : l’église de Saint-Procope à Rajevo Selo [village situé près de Vukovar, en Croatie, ndt], a été couverte d’inscriptions qu’il est honteux de répéter, il y a entre autres les mots : «Nous vous exterminerons, bétail serbe ! », signé « Les oustachis ». Dernièrement, ce fut l’attaque physique, et non la première, sur Dušan Dedoević à Smrtići près d’Okučani [en Slavonie, Croatie, ndt]. Auparavant, on lui a cassé sa voiture, on l’a menacé de mort de diverses façons. L’an dernier, 180 attaques ont eu lieu contre des Serbes en Croatie, lesquelles ont été rapportées au Conseil populaire serbe à Zagreb, et le Saint-Synode à Belgrade a des témoignages à leur sujet. Comme vous le savez, devant le siège du Conseil populaire serbe à Zagreb, des slogans oustachis ont été scandés.

– Certaines de nos sources nous disent que ces malheureux, vos fidèles et compatriotes ne déclarent que chaque troisième ou quatrième cas semblable…

– Est-ce qu’une telle situation en Croatie a ému quelque notable ? À Jasenovac [le camp de la mort oustachi où furent martyrisés les Serbes et les Juifs, ndt], ont été portées des inscriptions de saluts oustachis. C’est à tout cela que j’ai pensé. Car le mal continue. Je ne peux imaginer que dans une quelconque ville serbe, devant une institution de la minorité croate, se rassemblent des foules hurlantes, que l’on prononce des menaces de mort, que l’on profère des insultes ! Est-ce là la démocratie ? Est-ce là la démocratie lorsque l’on dit à la Télévision d’État croate que le cas de l’assassinat d’un enfant serbe – au sujet duquel personne, bien sûr, n’a été condamné, alors que les tueurs sont connus de tous – est une « exagération » médiatique ?

– La TV d’État croate a néanmoins déclaré qu’il s’agissait de quelque chose d’inacceptable dans l’émission « TV Kalendar ».

– Je le sais. Je ne conteste pas ces paroles, et je justifie encore moins les maux dont sont coupables certains Serbes. Dans la même mesure, je prie Dieu pour toutes les victimes et ceux qui ont souffert, que ce soit des Serbes, des Croates, des Musulmans ou autres. Je souhaite absolument la paix, je prie pour la paix. Malheureusement, je n’ai pas remarqué durant les vingt dernières années depuis que la guerre, Dieu merci, est terminée, que qui que ce soit parmi les dirigeants religieux de Croatie ait condamné une attaque contre une église serbe, contre un quelconque orthodoxe, qu’il ait dit : on ne doit pas menacer l’autre parce qu’il est un chrétien qui se signe avec les trois doigts, ou bien que l’assassin d’un enfant orthodoxe ne doit pas rester impuni, ou encore qu’on ne doit détruire ou profaner une église chrétienne. Regardez les photos de l’église à Rajevo Selo, et dites-moi : est-ce la réalité ? Ne sommes-nous pas les premiers à souhaiter que chaque icône, chaque livre liturgique, chaque manuscrit, restent où ils se sont trouvés durant des siècles et ce au temps où ni la Croatie, ni la Serbie, n’existaient comme États indépendants ? C’est pourquoi des mesures préalables sont nécessaires : d’abord la sécurité de ces objets sacrés, et ensuite assurer les conditions techniques de leur conservation et leur préservation. Faut-il encore pour une énième fois rappeler la destruction des biens sacrés et culturels serbes sur le territoire s’étendant de Srem jusqu’à la Dalmatie [à l’époque de « l’État Indépendant de Croatie en 1941 », ndt], et de Pakrac à Baranja [du temps de « l’État Indépendant de Croatie » et durant les années 1990] ? Je rappelle que l’Église orthodoxe serbe a manifesté publiquement sa reconnaissance à tous les Croates honorables – et Dieu soit loué, ils étaient assez nombreux – et a accordé ses distinctions les plus élevées à certains d’entre eux qui vivent encore. Je le répète encore une fois et mille fois : nous suivons le Sauveur, nous prions pour la paix, nous œuvrons en actes pour la paix ! Nous sommes frères et seulement frères. Si certains pensent que les Serbes et les Croates ne sont pas des frères slaves, et il y en a, qu’ils se rappellent que nous sommes frères en Christ, selon l’enseignement qu’Il nous a laissé, et que nous devons suivre.

– Pensez-vous qu’il est nécessaire de peser qui a fait le plus de mal ? Et lorsqu’on en parle, considérez-vous que le départ massif des Serbes de Croatie en 1995 puisse être examiné hors du contexte des horreurs de la guerre à partir de 1991 et par la suite ?

– Je suis d’accord avec vous. Rien ne peut être considéré hors du contexte historique, par exemple hors de la tentative de réalisation du plan pour « résoudre » la question serbe et juive en Croatie, qui a été formulée par le ministre de Pavelić, Mile Budak, à savoir « les trois tiers » : tuer [un tiers des Serbes], convertir au catholicisme [un autre tiers], et expulser [un dernier tiers]. Or, la proportion calculée par Budak n’a pas été réalisée comme prévu. La majorité des Serbes ne voulait pas changer de foi, raison pour laquelle ils ont fini à Jasenovac, Jadovna, ou dans les différents Golubnjača [les ravins et grottes dans lesquels ont été précipités les Serbes, ndt]… Et nous considérons aussi « l’action militaire et policière » dite « Tempête » [expulsion des Serbes de Croatie en 1995, ndt] dans le contexte historique, de même que ses conséquences. Ce n’est pas le plan et le programme de Budak, mais ce n’est en aucun cas le départ volontaire des Serbes de Croatie, soi-disant à l’instigation de Belgrade.

– Le nonce apostolique en Croatie dit que la sainteté du cardinal Stepinac est indiscutable. Il a attiré l’attention des catholiques croates sur le fait qu’ils « doivent avoir encore un peu de patience », qu’il faut attendre d’être en mesure d’interpréter « aux frères orthodoxes » le travail qui est fait dans le processus de canonisation, « afin que de cette façon le grand cardinal Aloïs Stepinac puisse être un saint non seulement pour la Croatie, mais un grand saint pour l’Église universelle». Acceptez-vous ce discours du diplomate du pape à Zagreb, mais aussi des évêques croates qui parlent de même, « vous orthodoxes ne comprenez pas la grandeur d’Aloïs Stepinac? »

– Les frères évêques [orthodoxes serbes, ndt] qui sont membres de la Commission [mixte catholique-orthodoxe au sujet de Stepinac, ndt] m’ont dit que l’on s’était mis d’accord que, tant que la commission fonctionne, le public ne serait pas informé en détail. Il faut s’en tenir à cela. Je l’attends des membres croates. Le nonce est un diplomate. La diplomatie a ses lois et usages. Je le comprends en tant que diplomate, mais je ne le comprends pas dans le contexte de l’accord sur l’information du public. Toutefois, la décision de la création de la commission, son format et mode de fonctionnement, a été prise par le pape. Nous l’avons acceptée avec plaisir. Les fables de certains évêques croates selon lesquelles la canonisation de Stepinac se déroule normalement, malgré le travail de la commission, qu’ils qualifient de mineure et d’académique et non ecclésiale et inter-ecclésiale, tout simplement ne sont pas sérieuses, pour dire le moins. Il est clair pour moi que pour nos frères [croates, ndt], ni moi, ni mon Église ne sommes une autorité, mais je considère que le pape François devrait être une autorité pour eux, et une autorité finale. N’est-il pas étonnant que les évêques orthodoxes serbes font plus de cas de l’autorité de l’évêque de Rome que certains évêques catholiques croates ?

– Dans l’Église orthodoxe serbe, si je l’ai bien compris, on est certain que par le travail de la Commission « on arrivera en même temps à de nouvelles conclusions au sujet du contexte historique dans lequel a agi le cardinal Stepinac, de même que ce qui concerne l’ensemble des relations des deux Églises et des peuples serbe et croate pendant la seconde guerre mondiale ». Quels sont les points de départ de vos représentants dans leur démarche ? Quel peut être le point de départ commun pour ces discussions, c’est-à-dire de ce dialogue ?

– La vérité ne peut être un thème de discussions. La vérité n’a pas deux visages. Le seul point de départ peut être la vérité, c’est-à-dire la disposition à accepter les faits. C’est seulement dans cet esprit que le travail de la Commission peut être fructueux et utile. Si nous acceptons la vérité, il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Nous sommes tous vainqueurs.

– La canonisation de Stepinac, selon vous « aurait des conséquences sur les relations entre orthodoxes et catholiques, comme celles des Serbes et des Croates, des peuples voisins chrétiens et mélangés géographiquement, ce qui indubitablement ferait revenir à un passé profond et tragique, indigne de notre vocation chrétienne ». Que signifierait pour vous, comme on le répète en Croatie et aussi dans les interventions du nonce apostolique, la canonisation quasiment certaine qui est seulement ajournée ?

– Il n’est pas utile, selon se qui se passerait le cas échéant, de spéculer sur des choses aussi sérieuses. À la fin des travaux de la commission, la décision finale sera prise par le pape François. Quelle qu’elle soit, elle sera obligatoire pour les catholiques, tandis que les orthodoxes en seront satisfaits ou mécontents.

– Comment estimez-vous la qualité des relations entre la Serbie et la Croatie?

– Je pense que nos deux États, malgré les épreuves et les pesanteurs, historiques et contemporaines, aspirent à la paix. Nous devons tous les aider. Une grande responsabilité repose sur les évêques des deux Églises. Peut-être, certains ne le comprennent pas dans une mesure suffisante. Lorsque, il y a deux ans, j’ai intronisé le métropolite Porphyre, je lui ai rappelé qu’il était appelé à surpasser par l’amour du Christ tous les problèmes qui existent entre les hommes et les peuples, et que, en tant qu’homme de dialogue, il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour cheminer sur la voie de la paix et de la réconciliation ; qu’il travaille pour la paix ardemment, de façon évangélique, qu’il prêche l’amour du Christ. Il l’a accepté et c’est vraiment ce qu’il fait. J’ai recommandé la même chose à l’évêque Jean (de Slavonie, ndt). Je le dis, la responsabilité des politiciens est grande, mais il leur faut notre aide, l’aide des évêques catholiques-romains et des évêques orthodoxes, dont la parole de paix reste profondément dans les cœurs des fidèles.

– Que peuvent encore faire les primats des Églises en Serbie et en Croatie pour arriver à une amélioration des relations au sujet desquelles l’ex-président croate Ivo Josipović a précisément déclaré qu’elles étaient tombées au niveau le plus bas depuis l’an 2000 ?

– Je me réjouis de l’initiative du premier ministre Vučić concernant la résolution des problèmes et des progrès accomplis dans les lieux où vit la minorité croate en Serbie. Je me réjouis du fait que les élèves de nationalité croate disposeront dans leur langue maternelle des manuels qui leur faisaient défaut jusqu’à présent. Je salue une telle action et je me réjouis de tout progrès en faveur de nos concitoyens croates en Serbie. Tous leurs problèmes, dans les limites des possibilités qui sont offertes, doivent être résolus par l’État. Un seul Dieu nous a créés tous, Il est notre Père à tous. En Serbie, il n’y a pas de citoyens de première et de seconde classe. J’espère qu’il en sera bientôt de même en Croatie : que seront réglés les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées, qu’il n’y aura plus de destruction des plaques en caractères cyrilliques, que cesseront les menaces, harcèlements contre les gens et les profanations des églises orthodoxes par des inscriptions de la lettre honteuse « U » [= Oustachis, ndt] sur les murs des églises. Nous attendons que nos frères en Christ, les évêques catholique-romains croates s’engagent en élevant leur voix à ce sujet. Alors, ce sera plus facile pour tous et les relations seront meilleures.

Source

La Commission spéciale de la Sainte Communauté du Mont Athos demande que soient apportées des modifications au texte du Concile de Crète intitulé « les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

Faisant suite à la décision de la Synaxe double du Mont Athos réunie le 23 septembre 2016 qui a créé une Commission de la Sainte Communauté chargée d’examiner les documents officiels finaux du Concile de Crète, celle-ci a remis ses conclusions, qui ont fait l’objet d’une circulaire destinée à chacun des higoumènes des vingt monastères du Mont Athos. La Commission était constituée du hiéromoine Chrysostome du monastère de Koutloumousiou, de l’archimandrite Joseph, higoumène du monastère de Xiropotamou, de l’archimandrite Élisée, higoumène du monastère de Simonos Petras, de l’archimandrite Tykhon, higoumène du monastère de Stavronikita, et du hiéromoine Luc, du monastère de Grigoriou. Nous publions sous format PDF in extenso le texte de la circulaire, qui vient d’être rendue publique dans les médias grecs.

Lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie au sujet du Concile de Crète

Nous publions ci-dessous in extenso la lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie (Église orthodoxe de Grèce), laquelle a été envoyée aux prêtres de son diocèse le 12 décembre 2016.

« Chers Frères prêtres et concélébrants,
Du 19 au 26 juin a eu lieu à Kolymbari, en Crète, le Saint et Grand Concile panorthodoxe, ainsi qu’il a été appelé. Je connais votre intérêt pour ce qui s’est passé lors de ce Concile, puisque vous me l’avez demandé au cours d’entretiens privés. Or, je vous avais dit que je vous répondrai à tous par une réponse générale. C’est ce que je fais maintenant, ce qui est mon devoir et mon obligation en tant que votre évêque.
1. En premier lieu, je dois dire ce que vous savez, c’est-à-dire que notre Église s’exprime conciliairement (synodika). Et vous-mêmes, avec votre troupeau, les chrétiens laïcs, vous constituez une Assemblée (synodos), et laquelle ! C’est la divine Liturgie qui est appelée « assemblée » (synodos) puisqu’elle est l’œuvre du peuple (leitos). Vous savez que sans l’élément laïc, vous ne pouvez célébrer la divine Liturgie. Cette Assemblée, la divine Liturgie est réellement « grande et sainte ». « Sainte », car en elle, par votre propre prière – celle du prêtre – qu’accompagnent les chrétiens fidèles pendant l’hymne « Nous Te chantons… », vient le Saint-Esprit, non seulement sur les Dons qui se trouvent sur le saint Autel, pour les transformer en le Corps et le Sang du Christ, mais aussi sur toute l’Assemblée des fidèles. C’est ainsi qu’il est dit dans la prière de la Consécration : « Envoie Ton Esprit Saint sur nous et sur les Dons ici offerts ». Et la divine Liturgie est une « Grande » Assemblée parce que malgré le fait que dans nos villages, il peut se produire que celle-ci ne soit constituée que de cinq femmes âgées, « des milliers d’archanges et des myriades d’anges… » sont présents à l’office, comme nous le disons dans la prière correspondante. Ainsi, l’Église convoque toujours des assemblées et elle a beaucoup tardé, ces dernières années, à se rassembler en Concile. Aussi, nous nous sommes fortement réjouis lorsque nous avons entendu que notre patriarche œcuménique Bartholomée convoquait un Concile panorthodoxe. Un Concile a eu lieu, auquel notre Église de Grèce a été représentée par notre Archevêque avec environ 25 évêques, une sainte délégation de toute la hiérarchie de l’Église de Grèce, que nous avons accompagnée par notre prière et notre anxiété. Beaucoup a été dit, positivement et négativement, et je vais exposer ici mon propre point de vue sur ce qui a été dit et écrit à ce Concile, et ce librement et en bonne conscience, en tant qu’évêque de l’Église de Grèce.
2. Frères dans le sacerdoce, comme nous le savons par l’histoire des Conciles de notre Église, un Concile se rassemble pour condamner une hérésie et naturellement pour régler différentes questions d’ordre et de cheminement de notre Église. Mais, principalement, notre Église se préoccupe particulièrement de la foi de ses enfants, qu’elle formule clairement dans ses Conciles, dissociant celle-ci de l’erreur et de l’hérésie. On entend parler déjà depuis de nombreuses années de l’hérésie de l’œcuménisme, une construction religieuse qui veut l’unité de tous, en dépit des différences dogmatiques. Les racines de cette hérésie se trouve dans le syncrétisme de l’Ancien Testament, qui a été combattu passionnément par ses prophètes. Oui ! Les combats des prophètes de l’Ancien Testament sont des combats contre l’œcuménisme. Par cette hérésie, que ses connaisseurs appellent à juste titre « pan-hérésie », ont été influencés nombre de nos orthodoxes. Ils disent en effet qu’il existe des clercs de haut degré qui sont enthousiastes des mouvements oecuménistes et qui les soutiennent dans leurs paroles. Un immense nombre de nos chrétiens sont scandalisés par les slogans oecuménistes qu’ils entendent. Le papisme constitue aussi une hérésie. Puisque, en raison de nos clercs et laïcs philo-oecuménistes et philopapistes, il y a une confusion dans le monde orthodoxe, il aurait fallu – c’est que nous attendions – que le Concile de Kolymbari en Crète, avec son autorité, éclaircisse les choses et parle clairement de ces deux hérésies de notre époque et en préserve les fidèles. Il ne l’a pas fait, malgré le fait que de nombreux clercs et laïcs l’avaient demandé avant le Concile, et ce avec beaucoup d’insistance et de supplications. Naturellement, les fidèles orthodoxes savent que le papisme est une hérésie, parce que nous avons à son sujet les témoignages des saints Pères et surtout celui de l’illustre Père, saint Grégoire Palamas. Les fidèles savent également que l’œcuménisme est une pan-hérésie. Aussi, en raison du danger menaçant et afin que le peuple fidèle en fût préservé, nous aurions attendu la condamnation du papisme et de l’œcuménisme par le Concile. Or nous ne l’avons pas vu.
3. Mais, paradoxalement, il semble que le Concile de Crète n’a condamné aucune hérésie, ni qu’il ait parlé d’hérésies, qu’il qualifie « d’Églises ». Ici, mes très pieux prêtres, je m’arrêterai pour procéder à une clarification du terme « Église ». Il s’agit d’un mot qui signifie en général le rassemblement, la réunion, l’assemblée des personnes. Ce mot a été utilisé dans l’antiquité. C’est ainsi que les anciens parlaient de « l’ecclesia du peuple ». Dès le début, le christianisme pour manifester sa foi et exprimer ce qu’il faisait, a accepté sans crainte et librement des expressions séculières et politiques, tels que les mots « « royauté », « force » que nous entendons dans l’office divin (« Car à Toi appartient la force, à Toi conviennent la royauté, la puissance et la gloire… »). Pour ce qui concerne notre relation avec Dieu, nous l’exprimons par le mot « foi », et encore mieux par le mot « Église ». Non pas par le mot « religion ». Lorsque nous disons « foi », nous comprenons toute notre vie, toute notre relation avec Dieu. Nous comprenons toute notre famille sacrée que nous appelons « Église ». Lorsque Jacques, le frère de Dieu, dit que « la prière de la foi sauvera le malade » (Jc 5,15), il n’a pas en vue la prière qui est faite avec foi, mais la prière que fait l’Église (c’est elle qui est appelée « foi »), raison pour laquelle elle a la force de sauver. Lorsque l’Église prie lors d’un sacrement, elle est entendue dans tous les cas, bien que le prêtre qui le célèbre soit pécheur. C’est la même chose qu’expriment les mots « Que tous se délectent du banquet de la foi » [discours pascal de St Jean Chrysostome, ndt], c’est-à-dire le « banquet » de l’Église, qui est la divine Eucharistie. Mais l’expression « Église » est encore plus profonde et plus sacrée pour manifester la Famille de Dieu. Pères et Frères, le Fils de Dieu, s’est engendré et est venu dans le monde pour créer Sa famille, laquelle est l’Église. Celle-ci est un Mystère et ne peut être limitée par des définitions. Nous concevons cependant et goûtons ce mystère de l’Église (chacun en fonction de sa pureté) dans la divine Liturgie. C’est la raison pour laquelle St Ignace le Théophore dit que l’Église est « l’Autel », c’est-à-dire la sainte Table sur laquelle est célébrée la divine Liturgie. Puisque la divine Liturgie est l’Église, ceux qui ne participent pas à la Divine Eucharistie ne peuvent y participer. Et puisque nous ne pouvons pas communier avec les catholiques, les protestants et les autres chrétiens hétérodoxes, ceux-ci ne sont pas attitrés à être qualifiés du terme sacré « d’Église ». Ils ne constituent simplement que des communautés religieuses. Cependant, le Concile de Crète les a appelé « Églises ». Naturellement, comme nous l’on dit lors de l’Assemblée [des évêques de l’Église de Grèce, ndt] qui a siégé en novembre, les Pères hiérarques de notre Église de Grèce ayant participé au Concile, le terme « Église » qui a été appliqué aux hétérodoxes, n’a pas été utilisé dans son sens principal, dogmatique mais, abusivement, dans le sens de communauté religieuse. Oui, mais dans nos textes et expressions théologiques, nous avons une autre conception de « l’Église », celle que nous avons présentée ci-dessus. Et puisqu’il s’agit donc de textes du Saint et Grand Concile, il convient que nous soyons très précis dans nos expressions. Après nous, d’autres et d’autres viendront et trouveront « prête » l’utilisation de l’expression « Église » pour les hérétiques et ceux qui sont le plus libéraux à leur égard, avec la justification au demeurant correcte que l’expression a été utilisée précédemment par un Concile. C’est pourquoi des théologiens solides se sont dressés contre cette expression, selon laquelle les hétérodoxes sont appelées « Églises », et l’ont considérée comme très erronée, surtout pour un texte conciliaire.
4. Mais nous, les évêques [de l’Église de Grèce], lors de notre Assemblée de mai de cette année, n’avions pas formulé cette expression erronée. Pourquoi notre texte a-t-il donc été modifié ? Notre texte, suivant la décision de l’Assemblée de mai, disposait : « L’Église orthodoxe connaît l’existence d’autres Confessions et Communautés chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Cette proposition était on ne peut plus orthodoxe. Elle a été acceptée par toute notre hiérarchie et c’est cette proposition que devait soutenir notre délégation, sans modification, devant le Concile. Or, la proposition a été modifiée comme suit : « l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Cette phrase est erronée pour la raison que nous avons indiquée, à savoir que les hétérodoxes y sont appelés « Églises ». L’expression « Églises hétérodoxes » signifie « hérétiques ». Et puisque ces « églises » sont hérétiques, comment les appelons-nous « sœurs » ? Mais l’esprit théologique aguerri du bon Pasteur de notre bien-aimée Patrie, S.E. le métropolite de Naupacte Mgr Hiérothée, qualifie clairement cette expression «d’anti-orthodoxe » ! Je m’efforcerai, Pères, de vous expliquer simplement le contenu anti-orthodoxe de l’expression « Églises hétérodoxes » sur la base de l’interprétation du métropolite de Naupacte : il s’agit d’une expression contradictoire. L’Église dispose de toute la vérité et ne peut faire erreur. Si elle est dans l’erreur, elle ne peut être l’Église. L’hérésie est une erreur. Dire « Églises hétérodoxes », c’est mettre ensemble ces deux opposés, cela signifie que nous acceptons l’erreur dans l’Église et la vérité dans l’hérésie ! C’est grotesque ! Oui, c’est ce que signifie l’expression « Églises hétérodoxes ». Je reconnais cependant que la délégation de notre hiérarchie, en utilisant l’expression « Églises hétérodoxes », de même que le Concile de Crète adoptant celle-ci, ne voulait pas exprimer l’enseignement erroné susmentionné, mais nous savons tous que, dans les textes conciliaires doit exister l’exactitude et la clarté. Il n’est pas permis dans des textes conciliaires d’utiliser de telles expressions erronées. Ceci, selon le rapport du métropolite de Naupacte connaît un précédent historique. Dans la « Confession de Loukaris », qui a été écrite ou adoptée par le patriarche de Constantinople Cyrille Loukaris, il est dit que l’Église dans son cheminement peut tomber dans l’erreur et, au lieu de la vérité, dire le mensonge. Le patriarche formule littéralement la proposition suivante : « Il est vrai et certain que, dans son cheminement, l’Église peut errer et, au lieu de la vérité, choisir le mensonge ». Le sens de l’erreur de cette proposition de Cyrille Loukaris est formulée exactement par l’expression « Églises hétérodoxes » du texte du Concile de Crète, après l’altération de la première expression très orthodoxe de notre hiérarchie. Or, le Concile de Constantinople de 1638 a anathématisé le patriarche Cyrille Loukaris pour son expression anti-orthodoxe susmentionnée, selon laquelle l’Église peut être dans l’erreur. Toujours est-il que l’expression erronée « Églises hétérodoxes » restera maintenant, si le Concile de Crète est reconnu, en tant qu’écrite officiellement dans son texte et sera utilisée bel et bien et très librement comme permise et valide. Comme cela nous est connu, le mot « Église » a été attribué au XXème siècle pour la première fois à des chrétiens qui se trouvent hors d’elle, et ce par la proclamation du Patriarcat œcuménique de 1920. S.E. le métropolite de Naupacte, dans sont texte à la hiérarchie de novembre de cette année se plaint à juste titre que la nouvelle proposition avec l’expression erronée n’a pas été étudiée par la délégation de notre hiérarchie, mais a été faite « pendant la nuit du vendredi au samedi », mentionnant que le rédacteur de la proposition « ne connaît pas la dogmatique de l’Église orthodoxe catholique », et qualifiant la phrase controversée de « diplomatique et non théologique ». C’est une phrase qui facilite l’hérésie et la pan-hérésie de l’œcuménisme, disons-nous.
5. Dans le texte final de la délégation de notre hiérarchie, comme cela a été de nouveau relevé par S.E. le métropolite de Naupacte, il y a une autre faute sérieuse, dogmatique et ecclésiologique. Il est écrit dans le texte : « D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne saurait être perturbée. Cependant, l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Le métropolite de Naupacte considère à nouveau la première phrase du texte « impie et anti-orthodoxe ». Effectivement ! Cette phrase est telle parce qu’elle exprime le point de vue protestant sur l’Église invisible et visible. Lorsque Luther et, avec lui, Calvin et Zwingli, se sont détachés de Rome, ils ont développé la théorie sur l’Église invisible et visible, afin que l’on ne pense pas qu’ils étaient en dehors de l’Église. L’Église invisible, à laquelle ils pensaient appartenir, était selon eux unie, tandis que les Églises visibles sur terre (ils avaient d’abord appartenu à l’une d’entre elles – celle de Rome –) étaient divisées et s’efforçaient de trouver leur unité. Notre théologien Lossky, dénonçant cette ecclésiologie protestante, qui divise l’Église en visible et invisible, la met en parallèle avec l’hérésie de Nestorius, qui a divisé la nature divine et humaine dans la Personne du Christ. De cette théorie des Protestants sur l’Église visible et invisible, qui est sous-jacente dans l’expression du texte conciliaire que nous jugeons, « partent – dit le métropolite de Naupacte – d’autres théories, comme celle des branches, la théologie baptismale et le principe d’inclusivité ». Aussi, nous devons faire très attention. L’expression du Concile «D’après la nature ontologique de l’Église… » est bizarre. Je vais maintenant examiner le sujet d’un autre angle, Pères, pour que vous compreniez l’erreur de l’expression. Je vous le demande, mes frères concélébrants : Pourquoi appelons-nous le miracle de la Divine Eucharistie « changement » des saints Dons et non « transsubstantiation » ? Parce que l’expression « transsubstantiation » rappelle la théorie de Platon et d’Aristote sur les idées, les archétypes, qui selon eux sont la substance des choses terrestres. Ainsi, le terme «transsubstantiation » pour exprimer la Divine Eucharistie manifeste que sont changés non pas le pain et le vin lui-mêmes, mais leurs archétypes dans le monde d’en-haut, les idées. C’est pourquoi, je le répète, le miracle de la Divine Liturgie, est appelé par nous « changement » et non « transsubstantiation ». De même maintenant, l’expression « unité ontologique de l’Église » nous renvoie en quelque sorte à cette théorie de Platon et d’Aristote. Pour cette raison, il ne faut pas l’appliquer à l’Église, afin que l’on ne nous critique pas, par cette expression, de « protestantiser », que l’on ne nous accuse pas de vouloir soi-disant déclarer ainsi la véritable unité de l’Église invisible en opposition à celle qui est visible sur terre. C’est à cela que se réfère le mot « cependant » qui suit.
6. Je ne vous ai pas parlé, mes Pères, de tous les sujets du Concile de Crète, mais d’un seul seulement, le plus sérieux peut-être, parce qu’il est ecclésiologique. Au sujet de ce texte du Concile qui concerne le thème que j’ai exposé, intitulé « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste [et non « l’ensemble » selon la traduction française officielle, ndt] du monde chrétien, l’érudit métropolite de Naupacte dit précisément dans son exposé à l’Assemblée de la hiérarchie de l’Église de Grèce au mois de novembre de cette année : « Ce que je puis dire est que ce texte n’est non seulement pas théologique, mais aussi qu’il n’est pas clair, n’a pas de perspectives et de bases claires, qu’il est diplomatique. Comme cela a été écrit, il se distingue par une ambiguïté diplomatique créatrice. Et comme texte diplomatique, il ne satisfait ni les Orthodoxes, ni les hétérodoxes (…) Le texte soulève de nombreux problèmes, malgré certaines bonnes formulations générales. C’est ainsi que lorsque seront publiés les Actes du Concile, où sont reflétés les points de vue réels de ceux qui ont décidé les textes et les ont signés, il apparaîtra clairement que la théorie des branches a dominé au Concile, la théologie baptismale, et principalement le principe d’inclusivité, c’est-à-dire le glissement depuis le principe d’exclusion au principe d’inclusion (…) Beaucoup ont compris que ce texte a été écrit et décidé en vitesse et n’est pas finalisé, puisqu’il a été signé par les évêques le dimanche matin, et encore pendant la sainte Liturgie ! » Ces passages émanant de S.E. Mgr Hiérothée sont très significatifs et il faut les prendre sérieusement en compte et ne pas les négliger.
7. Nombreux sont ceux qui demandent : Reconnaîtrons-nous ce Concile ? Cela sera décidé par tous les les hiérarques de notre Église de Grèce. Notre archevêque Jérôme, accorde toujours la liberté de parole pour chaque point de vue qui s’exprime et il accepte toutes les positions. Nous l’en remercions. Mais nous savons, par l’histoire des Conciles, que beaucoup de sessions avaient lieu lors des Conciles œcuméniques lesquelles duraient des années. L’Église de Roumanie a décidé que les textes du Concile de Kolymbari en Crète peuvent être modifiés sur certains points, être développés par un futur saint et grand Concile de notre Église, être parachevés, et permettre ainsi un accord panorthodoxe. Parce que maintenant, au Concile de Crète, quatre Patriarcats n’ont pas participé, à savoir Antioche, Russie, Bulgarie et Géorgie. Ceci se produisait dans l’histoire des Conciles, nous le répétons. Il y avait beaucoup de sessions qui duraient des années. Et ces sessions étaient par la suite considérées comme un seul Concile.
8. Peut-être, Pères, ce que je vous ai dit peut paraître pour vous des points de détails, cela peut vous sembler quelque peu étrange, et vous pouvez peut-être m’accuser d’attribuer de l’importance aux mots et aux expressions. Cependant, mes Pères, notre foi orthodoxe s’exprime avec la précision des mots, qui sont chargés d’un profond sens théologique. Et comme nous le savons, notre Église a livré de grandes luttes pour la formulation correcte des dogmes de notre foi. Nous avons besoin de beaucoup de prière et de réflexion. Non d’actes précipités. J’attendrai, chers concélébrants et frères, vos questions, objections et désaccords sur ce qui a été dit, et nous parlerons à nouveau du Concile de Kolymbari en Crète. Priez pour moi.
Avec mes meilleurs souhaits et l’amour en Christ,
+ Le métropolite de Gortyne et de Megalopolis Jérémie »

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Le patriarche Bartholomée a visité la fraternité de Bose à Ostuni

Le 4 décembre dernier, le patriarche œcuménique Bartholomée lors de son voyage de Lecce à Bari (Italie), a visité la fraternité du monastère de Bose située à Ostuni.  Le responsable de la fraternité, le père Sabino a informé le patriarche de la vie et des activités de sa communauté.

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L’Église orthodoxe russe n’entretient pas de relations avec les Églises qui s’écartent des principes chrétiens

Si les autres dénominations chrétiennes s’écartent de la moralité traditionnelle, fondée sur la doctrine chrétienne, l’Église orthodoxe russe cessera le dialogue avec elles, a déclaré, dans une interview à l’agence RIA Novosti, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des Affaires extérieures du Patriarcat de Moscou. « Dans certains cas nous le cessons [le dialogue, RIA], par exemple dans celui de l’Église de Suède. Or le pape vient juste de partir pour la Suède [du 31 octobre au 1er novembre, RIA], où il a rencontré une femme-archevêque [Mme Antje Jackelén, archevêque de l’Église luthérienne de Suède, ndt]. Pour ce qui nous concerne, après que toute une série d’événements se soient produits dans l’Église de Suède, avec lesquels, nous sommes catégoriquement en désaccord, et que nous considérons comme un abandon de l’ecclésiologie – c’est-à-dire de l’enseignement sur l’Église – chrétienne traditionnelle, et particulièrement les événements que nous considérons comme une révision de l’enseignement moral, nous cessons simplement le dialogue avec celle-ci » a déclaré le métropolite. Celui-ci a fait remarquer que, dans les contacts avec le protestantisme occidental contemporain, l’Église orthodoxe russe se heurte souvent à des problèmes « qui font que ce dialogue devienne non pas simplement épineux, mais même impossible ». Le chef du Département des Relations ecclésiastiques extérieures considère que la visite du pape François en Suède n’aura pas d’influence sur les relations des orthodoxes et des catholiques-romains, étant donné que l’Église catholique choisit elle-même « avec qui être en relation, et avec qui ne pas l’être », c’est son « affaire interne ». Auparavant, le patriarche Cyrille avait déclaré que l’Église orthodoxe russe continuait de mener le dialogue avec l’Église catholique-romaine, mais a pratiquement abandonné les discussions avec les Églises protestantes occidentales en raison de leur renonciation aux valeurs morales évangéliques. En octobre, il a visité, pour la première fois en tant que patriarche de l’Église orthodoxe russe, la Grande-Bretagne pour des raisons pastorales. Le voyage était dédié au 300ème anniversaire de la présence de l’Église russe sur les îles britanniques. Le dernier jour de sa visite, le patriarche a rencontré la reine Elisabeth II et l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, le leader de l’anglicanisme.

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Communiqué du diocèse de Valjevo (Église orthodoxe serbe) au sujet des propos de l’archevêque catholique-romain Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča

Suite aux déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča, publiées dans le quotidien serbe “Politika”, Mgr Miloutine, évêque de Valjevo (diocèse où se trouvent les reliques du saint), a publié le communiqué suivant :
« Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (I Jn. 3,18)
Profondément affectés par la tentative – qui malheureusement n’est pas la première – de mettre en doute la figure et les œuvres du saint évêque Nicolas Velimirović, nous avons le devoir et la nécessité de nous prononcer publiquement. Une semaine s’est déjà passée (ce qui est amplement suffisant pour démentir ou confirmer ce qui a été dit) depuis que l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar, dans l’interview accordée au quotidien “Politika”, appliquant la méthode connue “d’incitation au doute” (sans mentionner aucun fait), à tenté d’amoindrir la sainteté de l’évêque Nicolas Velimirović. La tentative était subtile, mais comme toute insinuation malintentionnée, elle est restée stérile et manquée. De toute évidence, peinant à défendre ses positions, Mgr Hočevar a imaginé une idée géniale : pourquoi, dans la difficulté d’élever quelqu’un [le cardinal Stepinac, ndt], ne tenterions-nous pas d’abaisser et de contester l’autre [St Nicolas de Žiča, ndt]? Cette idée n’est aucunement nouvelle, mais est indigne du rang et de la charge de Mgr l’archevêque. Nous ressentons la nécessité, en tant que gardien des reliques du saint évêque Nicolas, de transmettre l’expérience de sa sainteté et de ses miracles. Il fut et restera un luminaire de la théologie, de la foi et de la vie de l’Église orthodoxe et de son peuple serbe. Sa vie ascétique, son œuvre pastorale, sa confession de la foi, ses souffrances et son amour du prochain ne nécessitent pas de “défense” ou de “preuves”. En particulier, tout cela ne nécessite pas de défense lorsque l’on à affaire à des affirmations malintentionnées. Les saints, comme cela est bien connu, après leur passage dans le Royaume céleste, ne cessent pas d’accomplir des œuvres d’amour et de charité. Le meilleur exemple en est le saint évêque Nicolas et les bienfaits qu’il accomplit pour ceux qui le vénèrent et le glorifient. Il ressort clairement de l’interview de Mgr Hočevar qu’il n’a pas eu lui-même l’occasion (après sa dernière déclaration, la raison en est évidente) de venir parmi le peuple de la région de Valjevo et de constater s’il existe ou non une unanimité dans l’opinion du peuple serbe au sujet du saint évêque Nicolas. Il eût été suffisant que Mgr Hočevar entendît seulement parler de la cérémonie de changement d’ornements de ses saintes reliques en 2013 ou qu’il ait vu l’affluence du peuple de Dieu dans la vallée de Lelić pour glorifier le géant spirituel. La voix du peuple de Dieu est la meilleure « commission » pour donner le sceau de la sainteté, et le peuple orthodoxe de l’Église une, sainte, catholique et apostolique ressent profondément le magnétisme plein de grâce du saint évêque Nicolas, le glorifiant comme « l’évêque de tout le peuple ». Aussi, aucun once de doute malveillant ne peut entacher sa sainte vie. Au contraire, de telles déclarations et des allégations semblables ne font que nous inciter à garder encore plus le trésor que nous avons dans la personne du saint évêque Nicolas et nous encouragent à prier pour atteindre son amour et sa grandeur. Après tout ce qui a été dit par Mgr Hočevar, il reste pour nous une question inévitable : sa déclaration va-t-elle dans le sens du dialogue pour lequel il s’engage tant ? Est-ce là un exemple d’amour véritable et sincère auquel nous sommes appelés ? Nous pensons profondément que ce n’est pas le cas, car un autre saint de nos jours, saint Justin de Ćelije nous enseigne et nous met en garde : “Il n’y a pas de vérité sans amour, ni d’amour sans vérité”. Il est édifiant à cette occasion de se rappeler les paroles de saint Justin concernant un autre grand hiérarque de son époque, le métropolite Antoine (Khrapovitzky +1936), et que nous pouvons à très juste titre appliquer au saint évêque Nicolas : “Ce lumineux hiérarque et ce sage maître divin, est devant nous, et nous, à sa suite. Il est le guide, et nous, ses disciples. Lui, le grand hiérarque orthodoxe grand dans la douceur et l’humilité, et à sa suite nous, petits, misérables, nous sommes poussière et cendres”.

+ Evêque Miloutine de Valjevo

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Le document commun « Synodalité et primauté pendant le premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église »

Le document commun « Synodalité et primauté pendant le premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église » approuvé par la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine à Chieti le 21 septembre 2016 a été traduit entièrement en français et est disponible sur le site suivant.

L’Église orthodoxe de Géorgie appelle à s’abstenir « d’expressions de mécontentement » à l’occasion de la visite du pape François

L’Église orthodoxe de Géorgie appelle certains de ses prêtres et des groupes individuels de citoyens à ne pas manifester leur mécontentement et garder le calme lors de la visite du pape François, du 30 septembre au 2 octobre. « Le Patriarcat de Géorgie salue avec respect l’hôte et espère que sa visite contribuera à l’approfondissement des relations multilatérales et à l’affermissement de la paix dans la région. En même temps, nous considérons inacceptable l’expression de mécontentement au sujet de la visite du pape de Rome, de la part de certains clercs géorgiens et nous appelons tous au calme », est-il dit dans la déclaration du patriarcat, diffusée ce mercredi. Comme cela a été communiqué il y a deux semaines, plusieurs dizaines des membres de l’organisation « Union des parents orthodoxes » et quelques prêtres géorgiens ont procédé à une action de protestation devant le bâtiment du Vatican à Tbilissi, demandant que la visite du pape en Géorgie soit annulée. Il est également indiqué dans la déclaration du Patriarcat que le pape effectue la visite sur l’invitation du patriarche de Géorgie Élie II et du président géorgien Guiorgui Margvelachvili.

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Fin de la XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine

La XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine s’est terminée le 21 septembre 2016, à Chieti (Italie).

Après adoption des amendements et addenda nécessaires, la session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine a approuvé le document commun « Synodalité et primauté pendant le Premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église ».

La délégation de l’Église orthodoxe géorgienne a publié une déclaration, exprimant son désaccord avec certains paragraphes du document. Cette déclaration a été incluse au communiqué publié par la séance plénière et figurera au document commun en tant que note. Le document devrait être prochainement publié au nom de la commission.

Pendant les séances, les participants ont discuté du thème de la poursuite du dialogue. Le chef de la délégation de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a proposé de consacrer le prochain stade du dialogue au thème de la synodalité et du primat dans les Églises d’Orient et d’Occident durant le second millénaire. En parallèle, a-t-il souligné, il serait nécessaire de poursuivre la discussion sur l’uniatisme en tant que phénomène apparu après le schisme de 1054 et demeurant jusqu’à aujourd’hui une pierre d’achoppement dans les relations orthodoxes-catholiques.

Le Président du Département des relations ecclésiastiques extérieures a rappelé qu’en 2000, pendant la session de Baltimore (États-Unis), la Commission mixte aurait dû discuter le thème des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme. Cette discussion devait s’inscrire dans la poursuite du travail commencé dans les années 1990 avec l’adoption, en 1993, du document de Balamand (Liban), condamnant l’uniatisme. Un autre projet de document sur le même thème avait été élaboré à Aricca (Italie) en 1998. Cependant, la session de Baltimore n’avait pu terminer ses travaux à cause de divergences d’opinion entre les participants catholiques et orthodoxes, de même qu’à l’intérieur des deux parties.

Selon le métropolite Hilarion, « lorsque les travaux de la Commission mixte ont repris après une interruption de six ans, il a été proposé de reprendre la discussion de la question du primat et de la synodalité dans l’Église. L’Église orthodoxe russe a approuvé cette proposition, à condition que les conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’union seraient aussi abordées avec les thèmes de la primauté et de la conciliarité. Cependant, en 10 ans, de 2006 à 2016, la commission n’est pas revenue une fois à ce thème. La logique de notre dialogue exige qu’afin d’achever le travail sur le document consacré à la primauté et à la synodalité dans l’Église pendant le premier millénaire, nous passions à l’examen de la question de la synodalité et de la primauté dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire. Nous devrons nous pencher sur le schisme de 1054, ainsi que sur le problème de l’uniatisme, qui est central pour le second millénaire. Je suppose que les problèmes qui nous séparent seront discutés, et que nous n’arriverons pas à un accord sur chacun de ces points. Cependant, l’objectif de notre dialogue n’est pas de parvenir à un accord sur les questions sur lesquelles nous nous entendons déjà, mais de discuter des problèmes qui nous séparent. Le thème de l’uniatisme est l’un de ces problèmes, et d’une brûlante actualité. »

Le métropolite Hilarion a attiré l’attention des membres de la Commission mixte sur les actions de la direction de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne, inadmissibles d’un point de vue chrétien. « Nous entendons les déclarations de l’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, qui sont en contradiction avec notre dialogue, qui suscitent des obstacles à ce dialogue, et sèment la méfiance entre orthodoxes et catholiques. En février de cette année, à La Havane, le Pape François a rencontré le Patriarche Cyrille. Pour notre Église, c’était un évènement historique, puisque le Pape et le Patriarche ne s’étaient jamais rencontrés. Nous en sommes convaincus, ce fut une bonne rencontre, ouvrant une nouvelle page dans nos relations bilatérales. Cependant, cette rencontre a immédiatement suscité les critiques des gréco-catholiques ukrainiens, et pas seulement d’un groupe de fidèles quelconques, mais de la direction même de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne. Et il ne s’agit pas seulement de critique, mais d’offenses et d’attaques injustes. Nous devons nous rendre compte qu’à l’intérieur de nos Églises il y a des gens qui mettent des obstacles sur notre route, et nous devons garder cela à l’esprit lorsque nous pensons à l’avenir de notre dialogue. »

De son côté, l’archimandrite Irénée (Steenberg), membre de la délégation de l’Église orthodoxe russe, a montré que la discussion du thème de la primauté et de la synodalité dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire soulèveraient forcément des questions sur lesquelles les deux parties de la commission divergent sérieusement. Néanmoins, il est nécessaire d’aborder ces thèmes de même qu’il est nécessaire de discuter de l’uniatisme. L’archimandrite Irénée a souligné qu’il serait difficile à l’Église orthodoxe russe de poursuivre le dialogue orthodoxe-catholique si la question des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme restait sans solution.

Il a néanmoins été décidé de laisser le choix du thème des prochaines séances à l’examen du Comité de coordination de la Commission mixte, qui se réunira en 2017.

Dans le communiqué de clôture, les participants ont remercié Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti, de son hospitalité.

Les membres de la commission ont aussi exprimé leur solidarité avec la population du Proche Orient, de plusieurs pays d’Europe et du monde. Le document mentionne aussi les métropolites d’Alep Paul (Patriarcat d’Antioche), membre de la Commission mixte, et Grégoire Jean Ibrahim (Église syro-jacobite), enlevés par les terroristes.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « L’uniatisme continue de rester la principale pierre d’achoppement au dialogue entre orthodoxes et catholiques ».

Le 16 septembre 2016 a commencé, dans ville de Chieti (Italie), la XIVème session plénière Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe. Par décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 15 juillet 2016, la délégation du Patriarcat de Moscou participant à la session plénière est constituée du métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures (chef de délégation), de l’archimandrite Irénée (Steenberg), recteur du monastère Saint-Silouane-l’Athonite de Sonora, en Californie (Église orthodoxe russe hors-frontières), ainsi que du collaborateur du Secrétariat pour les relations interchrétiennes du Département des affaires ecclésiastiques extérieures, le prêtre Alexis Dikarev, qui participe à la session en tant que consultant. Avant le début de la session plénière, les représentants des Églises orthodoxes locales se sont réunis séparément pour discuter du déroulement des futurs travaux. Intervenant devant les participants orthodoxes de la session, le métropolite Hilarion a rappelé la nécessité pour la commission de revenir à la question de l’uniatisme, dont la discussion avait commencé dans les années 1990, mais a été interrompue en l’an 2000. « Les agissements des gréco-catholiques en Ukraine et leur rhétorique agressive à l’endroit de l’Église orthodoxe témoignent que l’uniatisme continue à être une plaie ouverte sur le corps du christianisme mondial et la principale pierre d’achoppement au dialogue entre orthodoxes et catholiques » a souligné le métropolite. En raison de l’impossibilité pour le métropolite de Pergame Jean de continuer à remplir les obligations de co-président de la Commission mixte, les délégués orthodoxes, lors de leur session, ont discuté des candidatures possibles pour lui succéder à ce poste. À la suite de cette discussion, l’archevêque de Telmessos Job (Patriarcat de Constantinople) à été confirmé dans cette fonction. La session plénière de la Commission mixte, à laquelle prennent part les représentants de toutes les Églises orthodoxes reconnues, à l’exception du Patriarcat de Bulgarie, a été ouverte par les paroles d’accueil du co-président de la commission pour la partie catholique, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que celles de l’archevêque de Telmessos Job, co-président pour la partie orthodoxe, et de l’archevêque catholique de la ville de Chieti, Mgr Burno Forte. À l’issue de la partie solennelle, les membres de la commission ont commencé l’examen du document consacré à la catholicité et la primauté dans l’Église du premier millénaire, approuvé lors de la session du Comité de coordination de la Commission mixte à Rome en octobre 2015.

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Observations du métropolite de Naupacte Hiérothée sur la position du Patriarcat de Roumanie lors du Saint et Grand Concile

En tant que membre de la délégation de l’Église de Grèce, j’ai suivi avec beaucoup d’attention toutes les sessions du Saint et Grand Concile qui a été convoqué récemment à Kolymbari en Crète. J’ai écrit et j’écrirai par la suite mes observations sur les travaux du Concile. Ici, je voudrais simplement souligner le rôle important joué au Concile par le patriarche de Roumanie Daniel et, en général, le Patriarcat de Roumanie. D’abord, le Patriarcat de Roumanie s’était très bien préparé pour le Concile et avait soumis des propositions importantes pour la correction des textes, principalement celui concernant « les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Seules trois Églises avaient formulé des propositions concrètes, à savoir le Patriarcat de Roumanie, l’Église de Chypre (les moins nombreuses) et l’Église de Grèce. Le Patriarcat de Serbie a soumis également des propositions orales. Je pense que le Patriarcat de Roumanie a fait le plus grand nombre d’observations. Pendant les sessions, le patriarche de Roumanie Daniel est celui qui a soutenu ses vues avec maîtrise théologique, expérience des dialogues et détermination. Dans certains cas, il était très ferme et a participé de façon importante à la formulation de l’article 21 du texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Il a déclaré maintes fois que si certaines corrections ne passaient pas, il ne signerait pas le texte. Plusieurs fois également, il a formulé l’opinion selon laquelle la discussion ne devait pas être achevée maintenant, que le texte ne devait pas être signé, mais laissé ouvert pour le prochain Grand et Saint Concile. À une occasion, il a exprimé fortement son insatisfaction et a déclaré qu’il sentait que les participants agissaient sous la contrainte. Lorsque le texte a été achevé et lu devant l’assemblée, le patriarche de Roumanie a constaté que la traduction française n’avait pas été faite correctement et que certaines de ses observations n’avaient pas été prises en compte. Il a dit alors que si ces corrections n’étaient pas faites, il ne signerait pas le texte. Cela eut pour conséquence d’arrêter tout le processus et que le texte soit corrigé à nouveau. Ce qui a eu lieu après un long moment. Parmi tous les primats, le patriarche de Roumanie a montré ses aptitudes théologiques et sa capacité à défendre théologiquement ses vues. Il avait également la possibilité, lorsque ses vues n’étaient pas adoptées, de proposer des solutions de rechange. Cependant, puisque le règlement prévoyait, dans le cas où la proposition d’une Église n’est pas adoptées par les autres Églises, que le texte resterait tel quel, et pour cette raison toutes les propositions n’ont pas été retenues. En général, le patriarche a impressionné de nombreux membres du Concile par ses connaissances théologiques et la façon avec lequel il maîtrisait les sujets. Le métropolite de Moldavie Théophane a également fait des observations importantes. Il a parlé avec une conscience ecclésiale orthodoxe, appuyée sur l’enseignement de l’Église. Je pense que l’Église de Roumanie a impressionné par toute sa présence. Lorsque les actes seront publiés, cela apparaîtra fortement.

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Le patriarche Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine pour son soutien au Concile panorthodoxe

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine, Sviatoslav (Chevtchouk) pour son soutien au Concile panorthodoxe exprimé par celui-ci dans sa lettre. Cette information est communiquée par le département de l’information de ladite Église. « Nous sommes heureux de la possibilité de communiquer avec vous, afin d’exprimer notre sincère gratitude pour votre lettre avec ses souhaits fraternels pour le Saint et Grand Concile qui, avec la grâce de l’Esprit Saint et la synergie de nos frères les primats et les hiérarques des Églises orthodoxes locales du monde entier, a finalement été convoqué le 19 juin et s’est achevé avec succès le 26 juin 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète » a écrit le Patriarche œcuménique, qui ajoute : « Nous pouvons assurer Votre Béatitude, que notre propension au dialogue avec nos Églises sœurs a été soutenue par l’écrasante majorité au cours des sessions conciliaires et a été reflétée officiellement dans les documents finaux. Cela, selon notre conviction, revêt indubitablement une signification décisive pour le témoignage espéré et unique de l’Évangile dans notre monde et notre temps troublés ». Le patriarche Bartholomée a également assuré de sa prière « pour la stabilité et la paix en Ukraine. » « Que le Seigneur tout puissant défende et garde votre pays béni » a-t-il conclu. En mai 2016, le chef de l’Église uniate ukrainienne avait écrit au patriarche de Constantinople pour lui exprimer son soutien au Concile en Crète. « Nombreux sont, parmi les hiérarques rassemblés pour penser aux problèmes qui se dressent devant l’Église orthodoxe, ceux qui peuvent être étonnés d’apprendre que le Chef de l’Église que l’on décrit souvent comme le plus grand obstacle au dialogue œcuménique [i.e. l’Église uniate d’Ukraine, ndt] vous soutiendra par la prière sincère, afin que la présence divine soit réellement ressentie dans toutes vos discussions, sachant que « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 20), a écrit l’archevêque Sviatoslav. Dans sa lettre, celui-ci a aussi rappelé qu’il y a 21 ans, les membres du « Groupe d’études de l’Église de Kiev » [constitué des représentants de l’Église orthodoxe, de l’Église gréco-catholique et de l’Église catholique de rite latin, ndt] avaient rendu visite au patriarche, au Phanar. « Je vous assure que le même esprit d’ouverture et de sincérité œcuméniques, que vous avez vu alors chez les hiérarques et les clercs gréco-catholiques ukrainiens, est vivant aujourd’hui aussi. Pour cette raison, il y a une questions unique que je voudrais proposer au Concile [panorthodoxe, ndt] d’examiner, à savoir discuter la possibilité de la réalisation de projets historiques communs pour « la purification de la mémoire » et la guérison des blessures du passé » était-il dit dans la lettre du chef des uniates ukrainiens.

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Conclusions de la première réunion de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac

RV13960_ArticoloLa session de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac s’est tenue les 12 et 13 juillet au Vatican. On attend de celle-ci qu’elle travaille selon la méthodologie historique, sur la base de la documentation accessible et de sa relation à l’activité du cardinal Stepinac durant la période concernée. Cela, comme l’indique le communiqué officiel, n’interférera pas « dans la canonisation du bienheureux Stepinac », ce qui, comme il est souligné, est de la compétence exclusive du Saint-Siège. Il est prévu que la Commission examine la vie du cardinal Stepinac avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. Une série de séances sont prévues, dont la première aura lieu à Zagreb les 17 et 18 octobre. Les travaux devront être achevés dans un délai de douze mois.

Source: RTS. Photographie: Radio-Vatican

Le mardi 12 juillet aura lieu à Rome la première réunion de la commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de l’Église catholique-romaine sur le rôle joué par le cardinal Stepinac pendant la seconde guerre mondiale

La réunion sera tenue à l’initiative du pape François, qui ne souhaite pas canoniser le cardinal Stepinac tant que ne seront pas examinés les arguments de l’Église orthodoxe serbe, laquelle s’y oppose. Comme l’annoncent les médias, l’Église orthodoxe serbe sera représentée à Rome par le métropolite de Zagreb Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, les évêques de Slavonie Jean et de Bačka Irénée, ainsi que le professeur Darko Tanasković, tandis que l’Église catholique-romaine sera représentée par le cardinal Josip Bozanić, les évêques Ratko Perić, Antun Škovičević, Mario Jarek et Jure Krišto. Le prêtre français Bernard Ardura coordonnera le travail de la commission.

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L’évêque Irénée de Bačka (Église orthodoxe serbe) : « Pourquoi je n’ai pas signé » (le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »)

Dans un texte long et détaillé publié par l’Agence grecque Romfea.gr, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, a expliqué pourquoi il n’avait pas signé le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Dans l’introduction de sa déclaration, l’évêque Irénée précise « qu’il n’était pas le seul (…) à ne pas avoir signé parmi les 25 évêques serbes présents au Concile, mais que la plupart d’entre eux n’avaient pas signé non plus. En outre, beaucoup d’autres évêques également n’ont pas signé le texte. En conséquence, ce texte est invalide en raison du principe du consensus en vigueur depuis 1961, décidé communément. Et si un évêque ne signe pas (tandis que sa signature est exigée !), le texte est inexistant». Parmi les raisons mentionnées pour son refus, l’évêque Irénée avance qu’au lieu du « principe apostolique d’un homme, un suffrage, était en vigueur [au concile, ndt] le principe : une Église autocéphale, un suffrage, ce que l’on a interprété comme le seul vote des Primats des Églises ». Par conséquent, selon l’évêque Irénée « la seule différence entre l’évêque orthodoxe et l’observateur hétérodoxe [présents au concile, ndt] est que l’un peut parler à volonté, tandis que l’autre reste assis, silencieux. Ni l’un, ni l’autre, ne décident de quoi que ce soit. Dans ce cas, cependant, à quoi sert la signature sous le texte de ceux qui n’ont pas le droit de voter ? Afin de donner l’impression que le système conciliaire fonctionne, tandis qu’il est inactif et transgressé ? Ou bien est-ce pour une autre raison ? Je l’ignore, naturellement, mais je peux au moins ne pas signer ce qui ne correspond pas à mes convictions ». L’évêque Irénée indique ensuite « la raison principale » pour laquelle il n’a pas signé le texte « Relations de l’Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien » : « Selon moi, tout au moins, il s’agit du contenu équivoque du texte, ambigu du point de vue ecclésiologique, s’approchant par certains points des limites d’une doctrine autre [non orthodoxe ndt] ». L’évêque Irénée déclare ensuite que malgré les améliorations apportées au texte en ce qui concerne « la dénomination historique des autres Églises et confessions chrétiennes », il considère que celui-ci « du début jusqu’à la fin est irrémédiable et inacceptable, car il est un véritable mélange de positions purement orthodoxes et de terminologies à caractère et style œcuméniques ». L’évêque Irénée considère toutefois que le texte aurait dû laisser la dénomination d’Église au « catholicisme romain » pour la raison que « le conflit dogmatique entre celui-ci et nous-mêmes, qui dure plus de mille ans, n’a pas encore été tranché au niveau d’un concile œcuménique, si ce ne sont les pseudo-conciles œcuméniques de Lyon et de Florence ». Quoi qu’il en soit, selon l’évêque Irénée, le texte aurait dû, après avoir confessé, comme il l’a fait, que l’Église orthodoxe est l’Église Une, Sainte, Catholique, affirmer à l’instar de la constitution de Vatican II, que les chrétiens non-orthodoxes « ont aussi des éléments sains provenant de l’ancienne Tradition commune et des déviations très sérieuses dans le domaine de la foi et de l’ordre (« taxis ») en raison desquelles ils ne sont pas en communion avec l’Église orthodoxe. Particulièrement en ce qui concerne les catholiques-romains, il fallait souligner que non seulement la primauté et l’infaillibilité papales hydrocéphales, mais aussi l’ajout du Filioque dans le Symbole de Foi constituent à la fois des obstacles infranchissables à l’union de l’Orient et de l’Occident, étant au demeurant les thèmes principaux du dialogue théologique ». Abordant l’absence des quatre Églises autocéphales, l’évêque Irénée récuse les accusations de ceux qui considèrent qu’il aurait été leur « avocat » : « Je déclare que leur présence et leur contribution active, dynamique eût été plus utile à l’Église. Néanmoins, j’éprouve de la compréhension et de la compassion lorsque j’entends sonner la cloche du danger de nouveaux schismes, para-synagogues et « d’emmurements » [de groupes qui se referment sur eux-mêmes, ndt] à la suite de textes défectueux, quant au fond des textes pauvres, inférieurs même à ceux du second Concile du Vatican ». Et l’évêque Irénée ajoute : « Je n’ai pas de compréhension et de compassion pour ceux qui disent : ‘Les fanatiques, les obscurantistes, les…, les… ne nous intéressent pas’. Au contraire, tous nous intéressent : les ‘nôtres’, les ‘étrangers’, les proches et les lointains. Il fallait faire ceci sans négliger cela, selon la parole du Seigneur. Si ce n’est rien d’autre, la faiblesse de la conscience du frère, justement ou injustement scandalisé, produit dans nos âmes le sentiment de responsabilité humaine et pastorale, de soutien mutuel et de compassion… ‘Ce n’est pas en paroles, mais en actes qu’est notre piété ‘ [St Grégoire le Théologien, ndt] ». L’évêque Irénée ajoute que « Selon mon humble avis, par sa Toute-sainteté son président [le patriarche œcuménique Bartholomée, ndt], le Concile s’est adressé à juste titre aux observateurs hétérodoxes par des paroles fraternelles et chaleureuses, et a évité en même temps, en raison du dialogue, le style ardu de la confrontation. Or, il fallait cependant, ou plutôt il était nécessaire, de soumettre par le texte [conciliaire, ndt] en question le témoignage de l’identité ecclésiologique et la conscience qu’a d’elle-même [l’Église orthodoxe, ndt] d’une façon plus claire, plus conséquente et plus exacte ». En conclusion, l’évêque Irénée écrit que l’Église orthodoxe serbe espérait que le présent Concile se préoccuperait des « problèmes contemporains de l’Orient, tels que les schismes, qu’ils soient d’inspiration nationaliste ou zélote, de l’absence de communion entre Églises [locales, ndt] et de la conduite anti-canonique d’autres Églises [locales, ndt], de la question de l’autocéphalie (…). Or, rien de tel n’a eu lieu (…). Très malheureusement, l’occasion historique bénie a été perdue d’aborder et de commencer à résoudre toute une quantité de défis et d’épreuves dans la vie de notre sainte Église (…) Je crains que dans l’histoire future de l’Église, le Concile de Crète ne soit mentionné que comme un Concile provincial des Églises qui y ont participé, sans rayonnement et influence plus importante. Mais peut-être est-ce préférable à l’aphasie et l’absence totales d’existence historique ».

Source (texte intégral en grec)

L’archevêque Job (Getcha) nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique orthodoxe-catholique

maxresdefaultL’archevêque Job (Getcha) (photographie ci-contre) est le nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique. Il succède à cette fonction au métropolite de Pergame, Mgr Jean (Zizioulas). Lors de la réception de la délégation orthodoxe au Vatican, à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le pape François dans son adresse a signalé offrir des prières pour le nouveau co-président. La Commission mixte est présidée par deux présidents, l’un orthodoxe, l’autre catholique.

Source: RISU

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proposé au pape une rencontre avec le patriarche Cyrille en Biélorussie

1463839732_-papa-600x450Lors de sa rencontre au Vatican avec le pape François, le 21 mai, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a proposé d’organiser une rencontre à Minsk entre le pape et le patriarche Cyrille de Moscou. Il a estimé que cette rencontre pourrait aider à l’établissement de la paix dans l’est de l’Ukraine. Le président biélorusse a offert au pape une reproduction de la croix de sainte Euphrosyne de Polotsk.

Sources: Interfax, News.va. Photographie: Pravmir.

Taizé en pèlerinage à Bucarest pour la fête de Pâques orthodoxe

ANSA471826_Articolo«  La communauté de Taizé est en « pèlerinage de confiance » en Roumanie, à l’occasion de la Pâque orthodoxe. Du 27 avril au 2 mai, plus de 150 jeunes de toute l’Europe se retrouvent à Bucarest pour fêter le mystère pascal dans les paroisses orthodoxes de la ville« .

Source (dont photographie et entretien): Radio-Vatican

Le synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières propose des corrections aux projets de documents du futur Concile panorthodoxe

Le synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières s’est adressé par un communiqué à son clergé et ses fidèles, au sujet du futur Concile panorthodoxe. « À la lumière de la publication de documents qui doivent être examinés lors du futur Concile panorthodoxe en Crète du 16 au 27 juin 2016, le synode des évêques de l’Église orthodoxe hors-frontières a procédé à l’examen des textes concernés, à l’instar de nombreux hiérarques, clercs et laïcs qui continuent la préparation au grand Concile, et souhaite communiquer à son troupeau gardé de Dieu et à tous les propositions que nous soumettons, étant donné que les documents du Concile éveillent l’intérêt et chez beaucoup provoquent des questions » est-il dit dans le communiqué. « L’usage, dans certains textes, de termes qui permettent une double interprétation, l’absence d’exactitude théologique et l’utilisation d’un langage ecclésiologique étranger à la sainte Tradition de l’Église, nécessitent des commentaires qui peuvent mener à la correction du texte entier » est-il encore dit dans le texte du Synode. Il est question, en premier lieu, de deux documents : « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». En outre, des questions se posent au sujet du règlement du Concile lui-même. Le synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a exprimé également des remarques au sujet de la procédure et de l’autorité du Concile et de tous les documents approuvés par lui au sein du monde orthodoxe. « Nous avons préparé les remarques susmentionnées, afin de proposer à l’examen du futur Concile certaines corrections importantes aux documents, dans l’esprit d’une collaboration fraternelle, pour soutenir nos frères hiérarques des autres Églises locales qui s’expriment de façon similaire (…) et aussi afin d’assurer au troupeau préservé de Dieu qui nous est confié par le Christ que les pasteurs eux-mêmes portent une attention particulière à la tâche qui leur est impartie d’étudier les documents » est-il dit encore dans le message. Et de conclure : « De tels textes, maintenant comme au cours de toute l’histoire, passent par bien des stades de préparation et de révision ; et le fait que nous, avec d’autres, avons identifié de sérieuses lacunes dans quelques-uns des documents proposé à l’examen du futur Concile, ne doit provoquer ni crainte, ni anxiété ».

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« Le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine ont initié un projet commun de soutien aux chrétiens de Syrie »

timthumb.php« L’Église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine ont organisé différentes manifestations de soutien aux chrétiens en détresse. Ces manifestations ont eu lieu les 6 et 7 avril 2016 au Liban et en Syrie. Comme on sait, la tragédie du Proche Orient, dont sont victimes les chrétiens de différentes confessions et d’autres populations, ainsi que la nécessité de prendre des mesures urgentes pour améliorer la situation étaient au centre de l’entretien de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie avec le pape François de Rome, qui a eu lieu à La Havane le 12 février 2016.

A la demande de la hiérarchie du Patriarcat de Moscou et de la direction de l’Église catholique romaine, une délégation bilatérale s’est rendue au Liban et en Syrie, afin de réaliser dans la pratique certains aspects des accords entre les deux Églises. Cette délégation se composait du chef du diocèse de la Mère de Dieu de Moscou, l’archevêque Paolo Pezzi (Église catholique romaine), du secrétaire du DREE aux relations interchrétiennes, le hiéromoine Stéphane (Igoumnov), des représentants de la fondation « Aide à l’Église en détresse », les prêtres Andrzej Halemba et P. Humeniuk. »

Source (suite et intégralité de l’article) et photographie: Patriarcat de Moscou

Communiqué de presse du métropolite de Glyphada Paul (Église orthodoxe de Grèce) demandant le report de la visite du pape François sur l’île de Lesbos

Après le métropolite du Pirée Séraphin, le métropolite de Glyphada Paul a protesté contre la décision du Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce donnant son accord à la visite du pape François sur l’île de Lesbos. Le métropolite Paul a publié le communiqué de presse suivant : « Comme nous en avons été informés par le bulletin de presse du Saint-Synode de l’Église de Grèce, le mardi 5 avril 2016, le Saint-Synode a accepté la proposition de la venue prochaine en Grèce du pape François, accomplissant une visite « humanitaire et à caractère symbolique ». Le Saint-Synode permanent a également invité le patriarche œcuménique Bartholomée à assister à la rencontre programmée sur l’île de Lesbos. Puisque nous considérons que les décisions susmentionnées du Saint-Synode sont d’importance majeure et qu’elles auraient dû être prises après la convocation de l’assemblée de la hiérarchie de l’Église orthodoxe de Grèce, nous souhaitons que la visite soit reportée jusqu’à ce que siège, le plus vite possible, la hiérarchie de l’Église de Grèce et que celle-ci prenne la décision y relative ».

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Le métropolite de Gori et Ateni André clarifie la position de l’Église orthodoxe de Géorgie à l’égard du Concile panorthodoxe

La position de l’Église orthodoxe de Géorgie à l’égard du futur Concile panorthodoxe et particulièrement du projet de texte concernant « les relations avec l’ensemble du monde chrétien » ont fait l’objet d’informations contradictoires, qui ont été publiées ici et .

Le métropolite de Gori et d’Ateni André a clarifié, dans une lettre datée du 27 mars 2016 et publiée le 1er avril sur le site grec Amen.gr, la position de l’Église orthodoxe de Géorgie, et ce à la suite d’un article du grand protopresbytre Georges Tsetsis (Patriarcat œcuménique) publié par le même site :

« Le 3 mars 2016, l’agence d’information grecque « AMEN.gr » a publié un article du grand protopresbytre Georges Tsetsis sous le titre « Un fait ou une provocation – la décision de l’Église de Géorgie ». Puisque je suis l’un des représentants géorgiens « pointilleux » [à la Synaxe des Primats 21-28.1.2016, ndt], je me considère obligé de procéder aux commentaires ci-dessous.

Pour commencer, je souhaite mentionner que la Représentation de l’Église de Géorgie s’est rendue à toutes les réunions préconciliaires et y a pris part dans un esprit de fraternité, d’unité et de coopération avec toutes les Églises-sœurs, dans un esprit de soutien au Patriarcat œcuménique, qui a travaillé plus que tous et a porté la charge principale de l’œuvre de préparation du Saint et Grand Concile. Passons maintenant à l’article. Dès le début, le père Georges déclare que les représentants géorgiens « les ont harcelé » à la Vème Consultation préconciliaire afin d’obtenir l’inclusion dans le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » d’un nombre non négligeable de nos positions. Pour donner une image plus claire, il convient d’abord de décrire le climat dans lequel se sont déroulés les travaux de la Commission spéciale inter-orthodoxe, qui a été convoquée en 2014 sur la décision des Primats orthodoxes. Le rédacteur de l’article en question se réfère précisément à cette question, lorsqu’il dit : « Il est vrai que le comportement opiniâtre et pointilleux des frères géorgiens lors des Conférences et des Commissions inter-orthodoxes exaspère et crée des impasses ».

1. C’est un fait connu qu’il a été donné mandat à la commission en question de revoir les textes de 1982 et 1986 et de les soumettre à la Vème réunion préconciliaire pour validation. Concrètement, il s’agissait de la révision des textes : « L’Église orthodoxe et le Mouvement œcuménique », « Les relations de l’Église orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien » et « La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice, de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples et à la suppression des discriminations raciales et autres» et de l’étude si nécessaire des textes : « Le problème du calendrier commun », « Les empêchements au mariage » et « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui ». Malgré la clarté du mandat, S.E. le Président, lors des réunions de la Commission spéciale à Chambésy, sur le motif que les textes sous révision avaient été adoptés par des organismes supérieurs à la Commission (c’est-à-dire par des Réunions panorthodoxes pré-concilaires ayant siégé au cours de différentes années) n’a pas permis aux Représentants des Églises de procéder à « des changements essentiels », chose avec laquelle nous ne pouvions être d’accord, car la Commission spéciale disposait de cette compétence. L’attitude susmentionnée du Président, à l’égard de tous les textes, n’a pas changé, malgré les réactions fortes des Représentants des différentes Églises. Toutefois, cette interdiction, pour des raisons inconnues, n’était pas valable pour les changements que le Président lui-même a proposés ou sur lesquels il était d’accord. C’est ainsi que furent fusionnés deux textes, que les paragraphes concernant l’évaluation des dialogues menés avec les différentes confessions ont été enlevés, et d’autres points importants encore ont été modifiés. Par conséquent, il ne restait rien d’autre à faire pour notre représentation, si ce n’était d’attendre la Vème Réunion préconciliaire, afin d’obtenir les changements que nous sollicitions. La seule exception était constituée par les textes : « La question du calendrier commun » et « Les empêchements au mariage », au sujet desquels la majorité absolue des Églises a déclaré sa position négative. Quant à l’Église de Géorgie, elle a refusé de les signer. Il nous a été répondu à cela par la Présidence que, puisque ces textes avaient déjà été entérinés par la IIIème Réunion préconciliaire en 1982, ils seraient renvoyés directement au Grand Concile sous leur forme initiale. L’Église de Géorgie était catégoriquement en désaccord avec cela et, par des lettres officielles, a demandé au Patriarcat œcuménique ou bien que ces deux sujets soient supprimés de la liste des thèmes du Saint et Grand Concile, ou bien qu’ils soient discutés davantage. Nous avons ainsi obtenu qu’à la Synaxe des Primats de 2016, le texte « Question du calendrier commun » soit supprimé de la liste des thèmes, tandis que le texte « Empêchements au mariage » serait soumis à une révision. En ce qui concerne ce dernier sujet, certaines autres Églises-sœurs avaient une position semblable à la nôtre.

2. Après la fin des travaux de la Commission spéciale inter-orthodoxe, l’Église de Géorgie, après avoir été informée par ses représentants des résultats de ladite Commission, a envoyé, de la part du Catholicos-Patriarche de Géorgie, une lettre à Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique, dans laquelle, entre autres, ont été exprimées les réflexions et observations ci-dessous sur les textes renvoyés à la Vème Réunion pré-concilaire pour y être revus et validés :
a) « Les textes préparés pour le Saint et Grand Concile doivent souligner clairement et incontestablement que l’Église orthodoxe est la seule Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, dans laquelle existent la succession apostolique, le véritable Baptême, la Divine Eucharistie et les autres Mystères de la Foi chrétienne ».
b) « Qu’il soit déclaré de la façon la plus nette que, selon sa nature ontologique, il est impossible que l’unité de l’Église soit rompue. Pour cette raison, l’Église orthodoxe mène toujours un dialogue avec les différentes Confessions, dans le but de leur retour au sein de l’Église ».
c) Le texte « Relations de l’Église orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien », doit comporter l’évaluation des dialogues bilatéraux menés jusqu’à aujourd’hui avec les différentes Confessions chrétiennes, car c’est précisément à la compétence du Grand et Saint Concile qu’appartient la détermination de la stratégie de leur continuation ».
d) « Nous considérons inacceptable la soumission au Grand Concile, sous leur forme actuelle, des textes « Le problème du calendrier commun » et « les empêchements au mariage », car ceux-ci viennent en opposition à la Tradition canonique de l’Église orthodoxe ».
Il était également dit dans la Lettre que les textes qui ont déjà passé tous les stades de la préparation, doivent être publiés, afin de donner suffisamment de temps au plérôme de l’Église pour les étudier et exprimer son point de vue.

3. C’est en ayant de telles directives et dans une disposition constructive pour les travaux, que nous, représentants de l’Église de Géorgie, sommes allés à la Vème Réunion préconciliaire. Cependant, des surprises nous y ont attendu. Lorsque les travaux ont commencé, S.E. le Président a déclaré que, à son avis, la Réunion ne disposait pas de la compétence pour introduire des modifications dans les textes des Réunion préconciliaires de 1982 et de 1986, mais seulement pour apporter des modifications aux modifications (sic) que nous avions nous-mêmes apportées dans le cadre de la Commission spéciale inter-orthodoxe !

Lorsque nous en sommes arrivés à étudier le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », il a été enlevé aux représentants des très saintes Églises d’Antioche et de Géorgie le droit qui leur était assuré par le Règlement d’exprimer leurs vues, au motif que nous n’avions pas soumis de propositions écrites au sujet des changements souhaités aux textes. La participation paritaire des représentants des Églises d’Antioche et de Géorgie aux travaux des réunions a été mise aux voix de l’assemblée plénière de la Conférence. Nous nous sommes sentis très froissés. Finalement, ce droit nous a été « donné », mais nous ne pûmes toutefois l’exercer pour la révision du texte entier. Si notre position est appelée « comportement opiniâtre et pointilleux », comment appeler alors l’action du Président de la Commission spéciale qui, pendant sept heures ( !), s’est efforcé de « convaincre » les représentants des Églises au sujet d’un seul paragraphe afin qu’ils l’adoptent tel que celui-ci le voulait.

4. En vue de la session prévue de la Commission inter-orthodoxe pour la rédaction du règlement des travaux du Concile (Athènes, 15-19 décembre 2015), le chef du Département des Relations extérieurs de l’Église de Géorgie, le métropolite Gérasime, décrivant les événements affligeants qui se sont produits lors de la Vème Conférence préconciliaire, a écrit au Patriarcat œcuménique : « Malgré cela, les représentants de notre Église, mus par un esprit de coopération, ont signé la plupart des documents. Toutefois, l’Église de Géorgie n’a pas encore pris de décision conciliaire sur les textes figurant à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile, car nous attendons qu’ils prennent leur forme finale. Peut-être, les autres Églises se trouvent dans la même situation. Pour cette raison, le Règlement du fonctionnement et de conduite des travaux du Saint et Grand Concile doit absolument prévoir la possibilité d’examen et de ratification des textes paragraphe par paragraphe.

Le métropolite, exprimant la position de notre Église au sujet du caractère obligatoire des décisions du futur Concile a souligné dans sa lettre encore une fois la nécessité de la publication des documents adoptés et a dit en outre que : « Pour le caractère obligatoire de leurs décisions, il était nécessaire, même pour les Conciles Œcuméniques, d’être en accord complet avec l’enseignement des saints Pères et d’être reçus par le Plérôme de l’Église ».

5. À la fin de son article, le père Georges Tsetsis déclare que l’Église de Géorgie « est captive des cercles fondamentalistes » et appelle les Églises qui « exercent quelque influence sur l’espace de l’Europe orientale (et que suivaient à la trace les frères géorgiens pendant toute la durée de la préparation du Grand Concile) » de l’influencer afin qu’elle change sa position.

Il est naturel qu’un prêtre d’âge avancé, qui a consacré la majeure partie de sa vie à la préparation du Saint et Grand Concile et aux dialogues, se sente importuné. De même que d’autres qui ont y ont excessivement travaillé. Pour cette raison, nous nous efforcerons de faire face aux accusations avec patience et les faire contrer par des faits.

En tout premier lieu, disons que nos critères sont théologiques. Nous ne trouvons pas « sous la captivité des cercles fondamentalistes », pas plus que certaines Églises n’exercent d’influences sur la nôtre. Aussi, c’est pour des raisons dogmatiques que notre Patriarche n’a pas signé le texte sur « Le Mystère du mariage et ses empêchements ». Comme on le sait le texte n’a pas non plus été signé par la représentation d’Antioche. Il convient de mentionner ici que le texte sur l’ « Empêchement au mariage » (tout commecelui sur la « Question du calendrier commun ») a été rejeté par le Saint-Synode de l’Église de Géorgie le 8 octobre 1998 déjà. Lors de la Synaxe des Primats à Genève (21-28 janvier 2016), nous avons signé le texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain», rejeté par nous lors de la Vème Conférence préconciliaire, pour la seule raison que les remarques dogmatiques que nous avions proposées avaient été prises en considération (la même chose a été faite par l’Église de Russie, qui avait ses propres propositions). Lors de la dernière Assemblée des évêques de l’Église de Géorgie, pendant laquelle ont été discutés les textes de l’ordre du jour du Saint et Grand Concile, le texte « Relations de l’Eglise orthodoxe envers l’ensemble du monde chrétien » a été l’objet d’une critique sévère unanime. Rappelons que lors de la dernière rencontre à Chambésy, le patriarche de Géorgie a dit très clairement dans son discours que « les décisions que nous avons prises aujourd’hui ici seront soumises au jugement de l’Assemblée de notre hiérarchie ».

Non seulement l’Église de Géorgie, mais celles aussi de Russie, de Chypre et de Grèce, comme on le sait, après la dernière Synaxe des Primats, on mis en discussion et pour évaluation les textes proposés pour le Grand Concile.

6. Nous avons publié la décision de notre Saint-Synode en géorgien et sa diffusion plus large n’est pas de notre responsabilité.

7. Le père Georges exprime son fort désagrément au sujet de la prise de décisions sur le principe de l’unanimité. Or, ce principe est en vigueur depuis des décennies au stade préparatoire du Grand Concile, et les Primats, par leur décision de 2014, l’ont étendu au Concile lui-même. Leur décision est-elle mise en question ?

8. L’adhésion de l’Église de Géorgie au COE, auquel participaient alors toutes les Églises orthodoxes, constituait à cette époque quasiment la seule opportunité pour l’Église, qui se trouvait derrière le rideau de fer, de communiquer avec les Églises orthodoxes-sœurs et le monde extérieur. C’est un fait que le présent patriarche Élie II, a été élu en 1979, pour cinq ans, président du COE. Comme on le sait, cet organisme a huit Présidents, tandis que le rôle décisif dans sa direction et ses orientations est joué par le Secrétaire Général.

Pour ce qui concerne la sortie de l’Église de Géorgie du COE, dans le même passage de la lettre du patriarche Élie II, auquel se réfère le père Georges, la raison dogmatique ressort clairement: « Étant donné que souvent les intérêts des Orthodoxes ne sont pas pris en compte, et puisque dernièrement il a été observé une tendance à attribuer à cela une sorte de caractère ecclésiologique, l’Église orthodoxe de Géorgie a considéré opportun de quitter le COE ».

9. Dans ce monde, les problèmes ne manqueront pas pour l’Église du Christ. Aujourd’hui également, il y a des Églises-sœurs qui vivent dans un environnement hostile. Par la Grâce de Dieu, cependant, dans l’histoire de la Géorgie actuelle, il n’y a pas de siège autour de la Maison Patriarcale par des dissidents armés [contrairement à ce qui est affirmé dans la lettre du protopresbytre Georges, ndt]. Une telle information ne peut être qualifiée autrement que comme fallacieuse. Ce n’est pas le cas, car le Catholicos Patriarche Élie II dispose de l’amour et d’une considération illimitée et générale.

10. Pour ce qui concerne l’aide humanitaire qu’a reçue la Géorgie au moyen du COE, nous sommes particulièrement reconnaissants à Sa Toute-Sainteté le Patriarche Bartholomée personnellement, qui se distingue par sa sagesse et sa charité, et à tous ceux des hommes qui ont assisté le peuple géorgien en ces années très difficiles. Ce rappel du soutien accordé est cependant déplacé et nous demandons à notre tour : depuis quand y aurait-il lieu de sacrifier les principes moraux à l’aide matérielle ?

11. On peut être attristé par le fait que le respectable protopresbytre parle du danger de « torpillage » du Concile par l’Église de Géorgie, et ne mentionne pas le fait que, précisément pour ne pas empêcher le Concile, l’Église [de Géorgie], dans une initiative de bonne volonté, a déclaré lors de la dernière Synaxe à Genève, qu’elle accepte le retrait de l’agenda du Grand Concile du sujet, d’importance majeure pour nous, des Diptyques, et le report des discussions à leur sujet dans un temps ultérieur au Concile, ce pour quoi elle a reçu des critiques.

12. Il est temps, dit le père Georges, que cesse le refrain selon lequel l’Église de Géorgie serait la seule qui défend vigoureusement la Foi orthodoxe. S’il existe réellement un tel refrain, nous serons les premiers à demander qu’il cesse.
* * *
Au moment où ces lignes sont écrites, l’Église de Géorgie se prépare pour la Crète, afin de prendre part au Saint et Grand Concile, et il est absolument normal qu’un examen en profondeur des textes ait lieu, que les remarques justifiées des théologiens orthodoxes et du troupeau ami de Dieu soient prises en considération. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé la publication, en temps opportun, des textes, ainsi que la participation au Saint et Grand Concile de clercs, moines et théologiens orthodoxes avec droit à la parole.

Nous croyons fermement que toutes les imperfections existantes seront corrigées. Mus par l’Esprit Saint, les participants au Saint et Grand Concile, exprimant la voix unanime de tous les membres de l’Église catholique, confesseront encore une fois à haute voix les vérités éternelles, auxquelles l’Église est fidèle depuis le jour de sa fondation. Amen. Le métropolite de Gori et d’Ateni André »

Source

« Message aux frères et sœurs orthodoxes qui ont signé la déclaration concernant le 70e anniversaire du pseudo-synode de Lviv de 1946 « 

collage-psevdosoborIl y a un mois une tribune intitulée « Il est urgent pour les chrétiens orthodoxes de reconnaître la terrible vérité du 10 mars 1946« , signée par une vingtaine de personnalités orthodoxes du monde entier, a été diffusée. De nombreux sites sur l’Internet l’ont reproduite, en tout en 16 langues. Elle a suscité un grand écho en Ukraine, mais aussi en Pologne. L’Église orthodoxe ukrainienne (autonome au sein du Patriarcat de Moscou) a publié un communiqué répondant aux critiques formulées. Dans l’édition française du 10 mars de l’Osservatore Romano, le métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat de Moscou) a appelé de ses vœux les « efforts communs des orthodoxes et des gréco-catholiques » ukrainiens pour dépasser une « hostilité historique ».

Le 17 mars, à l’occasion d’un colloque à l’Université nationale Tarass Chevtchenko à Kiev, une réponse à cette tribune a été publiée. Elle est signée par des évêques de l’Église grecque-catholique (uniate) d’Ukraine, en premier par son primat, l’archevêque Sviatoslav (Shevchuk), des universitaires, des chercheurs, des enseignants et des journalistes défendant la cause de cette Église. Nous vous proposons ci-dessous la traduction française de cette réponse. NB : le « Patriarcat de Kiev » et l’Église autocéphale ukrainienne mentionnés dans ce texte ne sont pas canoniques.

Message aux frères et sœurs orthodoxes  qui ont signé la déclaration concernant le 70e anniversaire du pseudo-synode de Lviv de 1946

Nous, évêques, clergé et laïcs gréco-catholiques, universitaires et chercheurs de divers pays, exprimons notre sincère gratitude et reconnaissance pour votre lettre dans laquelle vous appelez à juste titre ce rassemblement un « pseudo-synode. »

Vous faites appel à la hiérarchie orthodoxe en Russie et en Ukraine pour «reconnaître la nullité des décisions tragiques » et pour assurer l’Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC) de votre solidarité et de votre prière « pour toutes les victimes innocentes de cette Église qui ont été emprisonnées, torturées, déportées et assassinées par le gouvernement soviétique avec la complicité du Patriarcat de Moscou « .

Le Seigneur est le Dieu de la paix, et donc un sentiment de paix terrestre nous donne un vif avant-goût  du Royaume des Cieux. Lorsque nous nous réconcilions les uns avec les autres, on peut dire que nous confirmons la force durable des paroles du Christ:
Si donc tu apportes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va-t’en premièrement te réconcilier avec ton frère; et après cela viens, et présente ton offrande. (Matthieu 5: 23-24)

Cette année, votre cadeau de Pâques aura du prix aux yeux du Seigneur. Nous espérons qu’Il nous donnera aussi sa miséricorde.

Nous admirons sincèrement votre courage, car il est difficile d’être le premier – et il est encore plus difficile de rester seul. On peut toujours rencontrer la suspicion et la méfiance de l’autre côté ainsi que l’incompréhension et le manque de soutien de son propre côté. Nous sommes convaincus que votre appel reflète l’opinion véritable et la conviction de nombreux orthodoxes à travers le monde. Donc, aujourd’hui, nous nous souvenons avec gratitude de toutes ces expressions individuelles de compassion, de compréhension et de solidarité avec cette Église qui a été condamnée au silence; ces expressions retentissaient dans toutes les décennies précédentes et encore son aujourd’hui. Presque en même temps que votre appel, le centre de presse de l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Kyiv) a dit qu’ils « partagent la douleur des Ukrainiens gréco-catholiques du fait de la souffrance et des pertes qu’ils ont subies à la suite de répressions soviétiques. » Ces deux initiatives sont apparues dans le contexte du travail récent sur l’unité eucharistique entre orthodoxes et gréco-catholiques qui a commencé l’année dernière par la proposition du sobor de l’éparchie de Kharkiv-Poltava de l’Église orthodoxe ukrainienne autocéphale renouvelée.

Notre réponse ne peut mieux s’exprimer que par les paroles suivantes : «Nous pardonnons et nous demandons pardon.» Ce sont les mêmes paroles par lesquelles il y a 50 ans exactement les évêques polonais ont fait appel aux évêques allemands, et qui sont depuis devenus la formule sur laquelle se fonde la culture européenne de la compréhension. Dans l’Église gréco-catholique ukrainienne, cette formule a été entendue pour la première fois en 1987 de la part du chef de cette Église, le cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky, et a été confirmé à plusieurs reprises par les primats ultérieurs.

Bien sûr, on ne saurait ne pas remarquer que la position officielle de l’Église qui avait été un instrument de persécution des gréco-catholiques entre les mains du régime totalitaire athée est encore une position de réticence manifeste à accepter les faits, et de déni concernant la réalité historique. L’histoire de la persécution de l’UGCC continue d’être falsifiée à l’instar des directives secrètes staliniennes et devient un instrument de propagande idéologique néo-impériale, et constitue même un exemple de guerre hybride menée sur le territoire de l’Ukraine par ceux qui bâtissent leur soi-disant « monde russe » (« Russkiy mir ») en s’octroyant un monopole en tant que seuls représentants de la « civilisation orthodoxe ». Toutefois, un monde basé sur un concept de la vraie civilisation ne peut pas être construit sur la haine, la violence et la déformation de la vérité historique; une telle pseudo-civilisation, un tel pseudo-monde n’a pas d’avenir. Que tous ceux qui succombent à la tentation de remplacer la vérité interne par une force extérieure s’en souviennent.

Cependant, nous savons que « les moulins de Dieu moulent lentement, » et pour cette raison nous croyons que les constructions idéologiques fausses tomberont tôt ou tard. La puissance du Christ ne dépend pas du soutien du gouvernement ou de son influence politique propre, mais plutôt de ce que sa puissance vient plutôt de ce qu’il a semé la Parole de vie éternelle et témoigné de la Vérité. Inspiré par l’exemple de Notre Sauveur, nous espérons et croyons que votre appel sera la graine de moutarde de l’Évangile qui pousse à merveille. Il ouvre la possibilité dans un avenir proche pour les orthodoxes et les gréco-catholiques de se rendre compte de ce pourquoi nous prions chaque année dans les stichères des offices de Pâques: «Le jour de la Résurrection; soyons radieux pour la fête, et embrassons-nous les uns les autres. Disons, frères … « 

Néanmoins, nous ne pouvons pas aller de l’avant avec la tête tournée vers l’arrière. Nos relations sont marquées par des siècles d’âpres polémiques religieuses et des conflits encore frais des dernières décennies – conflits qui divisaient les communautés et même les familles. Aujourd’hui, nous devons une fois pour toutes abandonner ce style et cette manière d’expliquer nos relations, laissant le passé aux historiens et à Dieu tout-puissant, qui est le meilleur médecin de nos esprits et nos cœurs. Toute discussion sur le passé devrait se passer dans une atmosphère calme et conviviale de recherche commune de la vérité objective, basée sur la méthodologie scientifique, l’honnêteté intellectuelle et la responsabilité. Mais le but ultime d’un tel dialogue ne doit pas être une simple clarification de la vérité historique. Nous sommes appelés à un but plus élevé – l’unité de l’Église du Christ.

Par le passé, chacun a péché en ne cherchant pas nécessairement la véritable unité dans l’amour, mais plutôt une absorption de l’autre en soi-même, traitant les autres non pas comme une communauté de frères et sœurs dans le Christ, mais comme un adversaire, voire même comme un ennemi. Cette absorption a été déguisée en « réunification », et constituait, en fait, rien de moins que ce funeste « uniatisme » que les deux parties, catholique et orthodoxe, ont condamné comme une méthode inadéquate pour l’union de l’Église. Nos communautés ont suivi chacune son propre chemin historique et ont des expériences différentes de la vie ecclésiale. Jusqu’à présent, cela a été la cause de notre conflit, mais pourrait en fait devenir la base de notre enrichissement mutuel. Que ceci soit notre engagement d’amour fraternel et d’unité que le Christ nous a demandés. En adhérant à cette unité, nous devons témoigner au monde le fondement de notre foi et de la fidélité à notre tradition commune.

Frères et sœurs orthodoxes, votre lettre nous a aidé à transcender notre douleur et à vivre ce triste anniversaire du pseudo-synode dans un sentiment d’espoir. Nous espérons que nos appels communs, auxquels nos autres coreligionnaires sont libres d’adhérer, seront la base de notre future collaboration. Que le Saint Esprit puisse guérir nos blessures historiques et nous guider vers le pardon, la réconciliation et l’union véritable dans le Christ, qui par sa résurrection vainc la mort et nous donne l’espérance de la vie éternelle.

Kyiv, le 17 Mars 2016

Au nom des participants de la conférence internationale «Le pouvoir de la foi contre la violence des autorités: les grecs-catholiques en Europe centrale et orientale dans le contexte de la persécution par les régimes totalitaires après la Seconde Guerre mondiale » tenue à l’Université nationale Tarass Chevtchenko de Kyiv le 17 Mars 2016, et les chercheurs de cette question (parmi les signataires, ndlr):

+ Sviatoslav (Shevchuk), primat de l’Eglise grecque-catholique ukrainienne, Kyiv
+ Bohdan (Dziurakh), secrétaire du Synode des évêques de l’Église grecque-catholique ukrainienne, Kyiv
+ Borys (Gudziak), éparque de l’Église grecque-catholique éparchie ukrainienne de Saint-Volodymyr le Grand, Paris
+ Vasyl (Tuchapets), exarque de Kharkiv de l’Église grecque-catholique ukrainienne, Kharkiv
Fr. Bohdan Prakh, recteur de l’Université catholique d’Ukraine (UCU), Lviv
Fr. Ivan Dacko, président de l’Institut d’études œcuméniques à UCU, Lviv
Myroslav Marynovych, président de l’Institut de la religion et la société de l’UCU, Lviv
Oleh Turiy, titulaire de la chaire de l’histoire de l’Église à UCU, Lviv
Volodymyr Tylishchak, vice-directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Kyiv
Fr. Peter Šturák, doyen de la Faculté de théologie catholique grecque de l’Université de Prešov, Slovaquie
Fr. Yury P. Avvakumov, professeur de théologie historique de l’Université de Notre Dame, États-Unis
Igor Hałagida, professeur de l’Université de Gdańsk, Pologne
Fr. Andriy Mykhaleyko, professeur invité d’histoire de l’Église, Université catholique de Eichstätt / Ingolstadt, Allemagne
Svitlana Hurkina, directeur de l’Institut d’histoire de l’Église à l’UCU, Lviv
Daniel Galadza, adjoint post-doctoral, Institut de théologie historique, Université de Vienne, Autriche
Fr. Taras Bublyk, chercheur à l’Institut d’Histoire de l’Église à l’UCU, Lviv
Iryna Fenno, adjoint du Département d’études religieuses de l’Université nationale Tarass Chevtchenko, Kyiv
Olga Zbrozhko, chercheur du Centre de recherche du Mouvement de libération, Lviv
Anatoly Babinski, rédacteur en chef de la revue « Patriarkhat », Lviv
John Reves, Deacon UGCC, Centre pour l’Est spiritualité chrétienne « Byzantinisches Gebetszentrum », Salzbourg, Autriche
Tamás Véghseő, recteur, Institut théologique gréco-catholique St-Athanase, Nyíregyháza, Hongrie
Giovanni Codevilla, professeur de droit comparé ecclésiastique, Milan, Italie

Sources: News.ugcc (dont illustration: photographies du « concile » du 10 mars 1946), RISU

Selon le site bulgare « Dveri na Pravoslavieto », l’Église orthodoxe de Géorgie n’aurait pas rejeté le texte pré-concilaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

Le site bulgare « Dveri na Pravoslavieto » (« Les portes de l’orthodoxie ») publie l’information suivante, selon lequel l’Église orthodoxe de Géorgie n’aurait pas rejeté le texte pré-concilaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ».
Le mois dernier, les médias ecclésiastiques russes ont publié l’information selon laquelle, lors de sa session du 12 février de cette année, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie avait rejeté le projet de document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »  ainsi que d’autres projets de documents destinés au Concile panorthodoxe. Plus tard, l’agence grecque Romfea a publié cette information comme émanant de ses propres sources. Il ressortait de cette information que le Saint-Synode d’une Église orthodoxe locale annulait post factum une décision, prise par sa direction ecclésiale suprême en présence des représentants de toutes les Églises orthodoxes locales lors d’une rencontre préparatoire destinée au Concile panorthodoxe. Aucune information officielle de l’Église de Géorgie n’a fait part d’une telle décision. Suite à sa session du 12 février, le Patriarcat de Géorgie a diffusé un communiqué dans lequel il était dit que le thème fondamental de ladite session était d’informer les métropolites des résultats de la rencontre de Genève. Le métropolite de Gori André a informé les métropolites présents du document «Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « Sur l’importance du jeûne ». Il est dit seulement dans la communication à ce sujet que, lors de la rencontre des primats, « les remarques de l’Église de Géorgie au sujet du premier document ont été partiellement prises en compte ». Le point suivant est le rapport du métropolite de Akhaltsikhe Théodore sur le projet de document « Sacrement du mariage et ses empêchements ». C’est précisément au sujet de ce document, que dans le communiqué du Synode de Géorgie, il est dit qu’il n’est pas signé par l’Église de Géorgie, ce qui est reflété dans tous les projets de documents signés par les primats. C’est la seule information officielle sur le site du Patriarcat de Géorgie à ce sujet. Le 16 février a eu lieu une deuxième réunion du Saint-Synode de l’Église de Géorgie, au cours de laquelle le thème principal était les documents concernant des relations avec les chrétiens hétérodoxes et le mariage. Des commissions ont été désignées pour préparer des propositions de modifications aux deux textes. Il n’y a pas eu de communiqué sur cette seconde réunion. En même temps, les sites ecclésiastiques russes ont publié une vidéo avec de courts propos du patriarche Élie II à la télévision géorgienne, dans lequel il a déclaré concernant la conclusion de la réunion de Chambésy : « Notre Église a rejeté les documents au sujet du calendrier, de l’œcuménisme ». Sur la base de ces propos succincts et hors de tout contexte, l’information a commencé à se répandre rapidement, selon laquelle l’Église de Géorgie avait rejeté post factum le document qu’elle avait signé peu de temps avant. Cela ne correspond pas à la vérité. Le patriarche Élie II parle de deux documents qui, après discussion, ont été retirés de l’ordre du jour, à savoir ceux concernant le calendrier et le mouvement œcuménique. Ainsi, jusqu’à l’heure actuelle, le Synode de l’Église de Géorgie n’a pas rejeté le projet de document «Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Le seul document qui n’a pas été signé par l’Église de Géorgie est celui qui concerne le sacrement du mariage. L’Église orthodoxe de Géorgie participera activement au Concile panorthodoxe et prépare des propositions visant à apporter des précisions aux projets de documents approuvés.

Source

Des prêtres et moines de l’Église orthodoxe bulgare, soutenus par des laïcs, ont fait part au patriarche de Bulgarie Néophyte de leurs inquiétudes au sujet du document préconciliaire concernant les « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien »

Dans une lettre datée du 23 février, des prêtres et moines de l’Église orthodoxe bulgare, soutenus par des laïcs, ont fait part au patriarche de Bulgarie Néophyte et au Saint-Synode de ladite Église de leurs inquiétudes au sujet du document préconciliaire concernant les « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien », entériné lors de la synaxe des primats des Églises locales à Chambésy en janvier de cette année. Parmi les signataires de la lettre se trouvent l’archimandrite Jean (Filippov), du diocèse de Plovdiv, le hiéromoine Dimitri de Zographou, du monastère Saint-Jean-de-Ryla à German, près de Sofia, le hiéromoine Nicanor du monastère Saints-Côme-et-Damien de Tsarnogorski, le prêtre Stelian Tabakov, de l’église Saints-Cyrille-et-Méthode de Sofia, le prêtre Cyrille Didov, confesseur du diocèse de Sofia, l’archiprêtre Jean Koukov de l’église-rotonde Saint-Georges ; le prêtre Georges Ianykov de l’église de la Protection-de-la-Mère de Dieu et d’autres. Des centaines de personnes ont signé cette lettre sur internet : archimandrites, hiéromoines, prêtres, moines, moniales et laïcs. Nous publions ci-après le texte complet :

    « À Sa Sainteté Néophyte, métropolite de Sofia et patriarche de Bulgarie, aux membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, lettre ouverte des chrétiens orthodoxes au sujet du Concile panorthodoxe prévu pour juin 2016

Votre Sainteté, Vos Éminences,

En tant que fidèles enfants de la sainte Église orthodoxe, nous attirons humblement votre attention archipastorale sur la question doctrinale importante suivante. Nous référant aux paroles de saint Théodore le Studite, selon lesquelles, « lorsque la pureté de la foi est menacée par un danger, le commandement divin ordonne que personne ne se taise, indépendamment de sa modeste position sociale ou ecclésiastique », nous souhaitons exprimer notre forte inquiétude et notre désaccord avec le contenu d’un projet de document, adopté officiellement aux fins d’examen par le Concile panorthodoxe de juin 2016, intitulé « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien », qui trouble très fortement notre conscience orthodoxe. Voici, ci-après, ce que nous avons en vue. Tout ce document produit l’impression d’une utilisation infondée de la terminologie œcuménique, qui entre en contradiction ouverte avec la théologie orthodoxe traditionnelle et la langue des saints Pères. Parfois sont utilisées des expressions à double sens qui visent non pas à préciser les concepts, à l’instar des Conciles œcuméniques, mais à les obscurcir et les éroder consciemment. Il y a même certaines formulations manifestement non orthodoxes. Citons des exemples concrets.

1. Les expressions du genre « rétablissement de l’unité des chrétiens » ou « la recherche de l’unité perdue », dont il est souvent question dans les paragraphes 4, 5, 6, 7 et 12, etc., sont exceptionnellement importantes et répétées à plusieurs reprises. Il en est de même du concept très général de « monde chrétien », figurant dans le titre même du document qui, à l’instar des expressions précitées, n’est pas défini dans l’esprit de la théologie des saints Pères, et, par voie de conséquence, son utilisation porte un autre caractère. Les saints Pères ne parlaient pas d’un quelque « monde chrétien » non défini, mais, dans un but absolument précis et de façon concrète, ils ont défini de tels concepts comme « fidèles », « croyants orthodoxes » ou « hérétiques », schismatiques », etc. Au contraire, dans ce projet de document, le concept même « d’hérésie » n’est jamais mentionné. Cela signifie-t-il qu’il n’y a déjà plus d’hérésies, où que ce soit, sur la base chrétienne ? S’il y en a de semblables, pourquoi ne sont-elle pas nettement mentionnées ?

2. Dans le projet de document, on remarque une inconséquence dogmatique indubitable ainsi qu’une contradiction, ce que l’on peut clairement constater dans l’utilisation du concept d’ « Église », lequel revêt une signification primordiale et fondamentale non seulement pour ce qui concerne le document en question, mais en général pour tout le Concile panorthodoxe. C’est ainsi que, par exemple, dans le paragraphe 1, on parle à juste titre de l’Église orthodoxe comme « l’Église une, sainte, catholique et apostolique », mais après, sans que l’on sache pourquoi, on commence à mentionner dans les paragraphes 6, 16, 17, 18, 19 et 20, d’autres « Églises chrétiennes », sans donner en général quelle explication que ce soit de cette absurdité dogmatique. Il s’agit là d’une omission inadmissible pour un document panorthodoxe de ce haut niveau et d’importance doctrinale. Parce qu’il y a une grande différence entre une discussion humaine qui ne mène à aucun engagement, dans laquelle le groupe de mots « Église catholique-romaine », par exemple, est utilisé pour faciliter le dialogue, mais sans pour autant qu’un quelconque contenu dogmatique soit introduit dans cette expression. Or, c’est tout autre chose lorsqu’il s’agit d’un document ecclésial officiel du Concile panorthodoxe, qui doit être signé par de nombreux patriarches et métropolites orthodoxes, représentants de toute l’Église, et dans lequel le statut unique d’ « Église une, sainte, catholique et apostolique » acquiert soudain un caractère pluriel et qui commence à être attribué à des communautés hérétiques. En outre, il est mentionné à plusieurs reprises « l’unité chrétienne » qui, en fait, constitue le message fondamental du projet de document. Or, jamais, lors des conciles œcuméniques, on a parlé du rétablissement de l’unité entre orthodoxes, ariens, macédoniens, nestoriens, monophysites, origénistes, monothélites, iconoclastes, et. C’est parce que la présence d’hérétiques, indépendamment de leur nombre, ne porte pas atteinte à l’unité interne de l’Église du Christ, étant donné que les hérétiques ont toujours été considérés comme extérieurs par rapport à l’Église. Au contraire, les membres fidèles de l’Église se trouvent toujours dans l’unité chrétienne parce qu’ils sont unis par leur foi orthodoxe commune, les sacrements et le Christ Lui-même, le chef de l’Église. C’est pourquoi les saints Pères n’ont jamais parlé de rétablissement de l’unité entre orthodoxes et hérétiques, mais ont seulement appelé les hérétiques au repentir et à leur retour, après avoir confessé la foi orthodoxe, dans l’Église. Or, dans ce projet de document, on ne parle nulle part du repentir des hérétiques contemporains (catholiques-romains, protestants, communautés monophysites, etc.) et de leur retour dans l’Église du Christ. Et, comme on le sait de l’histoire de l’Église, celle-ci ne s’est jamais unie aux hérétiques qui ne se repentent pas de leurs erreurs.
3. Comme il ressort du projet de document discuté, par exemple, des paragraphes 10 et 14, le patriarche de Constantinople est appelé à coordonner les efforts œcuméniques des Églises orthodoxes locales qui, de leur côté, sont liées à l’organisme dit « Conseil œcuménique des Églises », considéré sous un éclairage positif. De notre côté, nous voudrions rappeler la position catégorique du saint hiérarque Séraphim (Sobolev), thaumaturge de Sofia, récemment canonisé, à l’égard de l’œcuménisme. Il y a presque 70 ans, dans son rapport à la Conférence panorthodoxe de Moscou de 1948, le hiérarque a mis en garde contre la nuisance spirituelle énorme causée par les dialogues œcuméniques sur la conscience qu’ont d’eux-mêmes les participants orthodoxes, et il les a exhorté à ne pas participer à ce mouvement. Maintenant, après le passage du temps, nous pouvons dire avec certitude que ses paroles ont été confirmées. En ce qui concerne le présent projet de document, nous aimerions attirer votre attention sur la méthode psychologique de substitution qui a été utilisée sous les points 16, 17, 18, 19 et 21, afin de donner une appréciation positive au COE et ses buts non orthodoxes. Même la critique partielle du COE dans les paragraphes 18 et 21 est très bien construite pour qu’en cas de besoin, les défenseurs de l’œcuménisme puissent se référer à une telle critique insignifiante et apaiser la conscience de croyants superficiels que le Seigneur Jésus Christ appelle ni tièdes, ni froids, disant qu’Il les «  vomirait de Sa bouche » (cf. Apoc. 3,16). Mais l’amère vérité est celle-ci : justement là où auraient pu être écrites des milliers de pages avec des témoignages théologiques sur les actes gravement anti-canoniques, voire même anti-dogmatiques de nombreux représentants des Églises locales orthodoxes au COE, c’est précisément là que la théologie des saints Pères est remplacée par la psychologie mondaine du syncrétisme religieux. Précisément là où la dogmatique et la sainte Tradition devraient définir la foi, c’est là que commence à résonner l’appel facilement assimilé à « l’unité des chrétiens » au nom de l’amour par lequel les œcuménistes voudraient, en pratique et en théorie, justifier les lourdes transgressions des dogmes et des canons. Mais nous répétons à nouveau les paroles inspirées de St Jean Chrysostome : « N’acceptez aucun faux dogme que ce soit, en vous dissimulant derrière l’amour ». Récemment, nous avons lu avec plaisir et joie spirituelle la déclaration officielle du métropolite de Limassol Athanase de l’Église de Chypre, qui a protesté vigoureusement contre les nombreuses altérations et contradictions dogmatiques se trouvant dans le projet de document examiné. Nous soutenons totalement cette protestation, de même que la critique bien fondée du professeur D. Tselengidis http://orthodoxie.com/remarques-sur-le-texte-preconciliaire-intitule-relations-de-leglise-orthodoxe-avec-le-reste-du-monde-chretien/, et enfin la position de l’archiprêtre Théodore Zisis, exposée dans sa communication à l’occasion de la conférence « Syncrétisme international » à Chișinău les 21 et 22 janvier 2016. Nous voulons tous suivre l’esprit des saints Pères.

4. Il y a d’autres passages qui sont inexacts et troublants dans le projet de document. Par exemple, le point 22, où il est dit que « L’Église orthodoxe juge condamnable toute tentative de division de l’unité de l’Église, de la part de personnes ou de groupes, sous prétexte d’une présumée défense de la pure Orthodoxie. Comme en témoigne toute la vie de l’Église orthodoxe la préservation de la foi orthodoxe pure n’est sauvegardée que par le système conciliaire, qui, depuis toujours au sein de l’Église, constitue le critère désigné et ultime en matière de foi ». Ce texte donne l’impression d’être absolument juste mais, malheureusement, il contient une inexactitude théologique, que nous allons nous efforcer d’expliciter. Cette inexactitude aboutit, en pratique, à ce que le paragraphe 22 soit compris de telle façon que les décisions du Concile panorthodoxe de 2016 soient aussi « le critère ultime dans les questions de foi » et, par voie de conséquence, une menace non dissimulée est proférée à l’égard de chaque personne qui exprimerait un désaccord argumenté avec des positions [du futur Concile panorthodoxe] clairement opposées à l’esprit et à l’enseignement des Conciles œcuméniques, considérant ladite personne comme condamnable. Cela est fondé sur l’affirmation que « toute la vie de l’Église » témoignerait soi-disant que seules les décisions conciliaires constituent le critère désigné et ultime en matière de foi ». Or, cela n’est pas l’enseignement authentique relatif à cette question. Les auteurs du document omettent un fait bien connu, à savoir que même des « Conciles œcuméniques » ont été définis par la suite comme « brigandages » par le plérôme ecclésial. Et on omet également le fait qu’il y eut des moments difficiles, lorsque l’enseignement conciliaire de l’Église était exprimé non par des Conciles auxquels participaient de nombreuses personnes, mais par des confesseurs individuels, tels saint Maxime le Confesseur et saint Marc d’Ephèse. Et non seulement eux, mais aussi de tels grands saints comme Athanase le Grand, Jean Chrysostome, Flavien de Constantinople, Jean Damascène, Photius de Constantinople, Grégoire Palamas etc., furent exposés à des condamnations de la part des autorités ecclésiales officielles, dont des patriarches et des conciles avec de nombreux évêques. Que cela soit clair, nous croyons et nous confessons que les Conciles ecclésiaux sont particulièrement importants. À la seule différence qu’ils sont importants, valables et revêtus d’autorité à la seule condition immuable : qu’ils doivent obligatoirement être en accord avec les sept Conciles œcuméniques et les Conciles locaux canoniques ainsi qu’avec la tradition sacrée de l’Église en général. C’est pourquoi nous considérons que les décisions du futur Concile ne pourraient avoir une valeur légale pour tous qu’à la condition qu’elles soient en accord avec l’esprit et la lettre des Conciles œcuméniques précédents, inspirés par l’Esprit Saint. C’est précisément ce que proclame le célèbre texte de l’encyclique des patriarches orientaux de 1848, qui commence par les mots : « Chez nous, ni les patriarches, ni les conciles ne pouvaient introduire quelque chose de nouveau, parce que le gardien de la piété, chez nous, est le corps même de l’Église, c’est-à-dire le peuple même, qui souhaite toujours garder sa foi immuable et en accord avec la foi des saints Pères… »

5. Le contenu des points 20 et 23 est également inacceptable. Il est dit dans le point 20 : « Les perspectives des dialogues théologiques de l’Église orthodoxe avec les autres Églises et confessions chrétiennes sont toujours déterminées sur la base des critères canoniques de la tradition ecclésiastique déjà constituée (canon 7 du IIème et 95 du Quinisexte Conciles œcuméniques). Ce texte a un contenu inexact et peut facilement égarer ceux qui ne connaissent pas les canons mentionnés, qui décrivent seulement la façon selon laquelle les différents hérétiques repentants sont acceptés dans l’Église. Ils ne parlent aucunement d’une quelque tradition ecclésiale ancienne de dialogues interchrétiens – celle-ci n’existe pas et n’a jamais existé. En outre, dans le texte susmentionné, on parle, dans un esprit manifestement œcuménique du dialogue théologique avec « les autres Églises et Confessions chrétiennes », afin d’éviter le concept « d’hérétiques » formulé par les saints Pères. Le professeur D. Tselengidis a écrit plus en détails à ce sujet, et, pour cette raison nous souhaiterions attirer votre attention sur le point 23. Hormis la formulation inexacte selon laquelle il y aurait une conscience orthodoxe commune de la nécessité du dialogue théologique interchrétien et d’autres expressions semblables (selon lesquelles, le saint apôtre Paul serait un chrétien insuffisamment conscient, puisqu’il a dit : « Éloigne de toi, après un premier et un second avertissement, celui qui provoque des divisions [hairetikon], sachant qu’un homme de cette espèce est perverti, et qu’il pèche, en se condamnant lui-même » (Tit. 3, 10-11), le point 23 exclut catégoriquement « tout acte de prosélytisme ou autre action d’antagonisme confessionnel provocante ». Dans quel sens le mot « prosélytisme » est-il utilisé ici ? Nous considérons que ce texte pose un obstacle canonique évident aux chrétiens orthodoxes pour la prédication de la foi orthodoxe, à quels hérétiques que ce soit. Rappelons les paroles de saint Cyprien de Carthage que « les hérétiques ne reviendront jamais à l’Église si nous les renforçons nous-mêmes dans la conviction qu’ils ont l’Église et les sacrements ». En général, comment est-il possible de faire concorder l’interdiction du « prosélytisme » avec la Tradition apostolique et patristique millénaire qui considère catégoriquement que les hérétiques sont en dehors du navire de l’Église et, par voie de conséquence, hors du salut, raison pour laquelle ils ont encore plus besoin de notre service missionnaire parmi eux ? Ce serait bien si, dans le point 23, était uniquement posée la question du « prosélytisme non-évangélique », ce qui permettrait de condamner l’agression, la violence et les méthodes non-ecclésiales de prédication. Mais le point 23, semble-t-il, est dirigé contre autre chose. Nous avons des fondements suffisants pour supposer que l’extensibilité de la formulation citée rend possible également une interprétation non orthodoxe du concept de « prosélytisme », ce que l’on peut conclure des paroles du patriarche Bartholomée, prononcées lors de la fête patronale de Saint André, le 30 novembre 1998, en présence des représentants de « l’Église » catholique-romaine avec, à leur tête, le cardinal William H. Keeler, où le thème principal, cela est clair, était la réunion de l’Église orthodoxe à la communauté hérétique papale : « Le dialogue qui aspire à rétablir l’unité perdue des Églises suppose que la pratique se conforme aux principes communément acceptés comme corrects : étant donné qu’une Église reconnaît que l’autre Église est détentrice de la grâce divine et guide du salut, la tentative de détacher des fidèles d’une Église afin qu’ils en joignent une autre est exclu, comme contrevenant à cette reconnaissance. Car chaque Église locale n’est pas une compétitrice des autres Églises locales, mais constitue un seul corps avec elles et souhaite qu’elle vive de cette unité en Christ, c’est-à-dire le rétablissement de ce qui avait été troublé dans le passé, et non l’absorption de l’autre. Aussi, certaines formes de prosélytisme dans l’activité ecclésiale, adoptées en tant qu’héritage du temps, remontant au passé, mais sujettes au changement, ne peuvent se développer sous la protection de l’une des Églises en dialogue aux dépens de l’autre, parce que cela signifie un rejet en pratique d’un accord théorique que l’on a atteint… ». En bref, il ressort du texte mentionné, que les Églises orthodoxes locales et la communauté hérétique papale doivent se considérer comme des Églises sœurs pareillement salvatrices, et, par voie de conséquence, il ne faut pas prêcher l’orthodoxie aux catholiques-romains. On peut percevoir ici la conception du prosélytisme chez le patriarche œcuménique Bartholomée, et la nuisance qui en découle. C’est pourquoi, en revenant sur le texte du point 23, nous considérons que la conception de « prosélytisme », d’après la manière dont il est formulé, laisse une large possibilité d’interprétations, qui sont ouvertement non-orthodoxes et contredisent la volonté Divine qui veut que « tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2,4).
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Votre Sainteté,
Vos Éminences,
La conclusion succincte de tout ce qui précède est que, dans tout ce projet de document, il y a beaucoup de choses qui troublent fortement la conscience orthodoxe et qui sont absolument inacceptables pour elle. Il en est de même pour la possibilité offerte dans le point 5a de la deuxième partie du document intitulé « Le mystère du mariage et ses empêchements », d’autoriser le sacrement du mariage d’un orthodoxe avec un hérétique (sous condition que les enfants dudit mariage soient baptisés et éduqués dans l’Église orthodoxe) : si les saints canons leur interdisent même de prier ensemble, comment peut-on appeler le Saint-Esprit à sanctifier leur union (de laquelle il se peut qu’il n’y ait pas d’enfants) ? Cela est manifestement interdit par le 72ème canon du VIème concile œcuménique et si, dans des cas individuels exceptionnels, il a été montré de l’économie envers ce canon (par exemple lors de mariages dynastiques), cela ne signifie pas que l’on puisse légaliser cette exception et la permettre massivement. Comme le souligne le professeur D. Tselengidis, l’idée même que « les enfants issus de ce mariage soient baptisés et élevés dans l’Église orthodoxe » contredit le fondement théologique du mariage comme mystère de l’Église orthodoxe, car la naissance de l’enfant (événement futur incertain) et le baptême orthodoxe des enfants ne peuvent fonder l’accomplissement du mystère du mariage – c’est là quelque chose de nettement interdit par le 72ème canon susmentionné. Le Concile, n’ayant pas le rang d’œcuménique, continue le professeur D. Tselengidis, ne peut mettre en doute ou priver de sa validité la règle absolument claire du VIème concile oecuménique : le mariage mixte n’est pas permis et, s’il est accompli, il est considéré inexistant.

C’est pourquoi nous vous demandons humblement à vous, Sainteté, ainsi qu’à vos confrères les métropolites, auxquels est confiée la direction du peuple orthodoxe bulgare, de considérer avec bienveillance tout ce qui précède et d’exprimer devant les autres Églises locales votre désaccord argumenté avec ce projet de document «Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien », lequel est non orthodoxe dans son intégralité, ainsi qu’avec le point 5a, deuxième proposition, de la deuxième partie du document « Le mystère du mariage et ses empêchements ». Ainsi, votre position, fondée sur la sainte tradition millénaire de l’Église orthodoxe, deviendra une lumière spirituelle véritable, afin que vous acheminiez le peuple de Dieu sur les traces de nos grands saints Pères et confesseurs orthodoxes vers le royaume de Dieu. Nous embrassons votre sainte dextre patriarcale et demeurons, Sainteté et Eminences, vos enfants spirituels fidèles dans le Christ.

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Message du Synode de l’Église orthodoxe de Moldavie au sujet des clercs « non-commémorants » du diocèse métropolitain de Chișinău et de Moldavie

Douze prêtres et deux monastères du diocèse métropolitain de Chișinău et de Moldavie (Patriarcat de Moscou) ayant cessé la commémoration de leur hiérarchie en raison de leur désaccord avec le document pré-conciliaire de Chambésy sur les « Relations des Églises orthodoxes avec l’ensemble du monde chrétien » et avec la rencontre du patriarche de Moscou et du pape François, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Moldavie, réuni à Chișinău le 23 février, a lancé l’appel suivant :

« Avec douleur dans l’âme et une profonde indignation, nous avons appris que certains clercs et moines du diocèse métropolitain de Moldavie ont publié dans les médias un communiqué aux termes duquel ils cessaient désormais de commémorer l’évêque local dans les offices. Après l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou, qui s’est déroulée les 2 et 3 février 2016, la synaxe préconciliaire à Chambésy et la rencontre du patriarche Cyrille avec le pape de Rome François, les « non-commémorants » ont déclaré qu’ils cessaient la commémoration de la hiérarchie, voyant dans les actes du patriarche de l’œcuménisme ainsi que la trahison de la foi orthodoxe. Par cette déclaration, ils se sont positionnés au-dessus de l’assemblée des évêques guidée par l’esprit apostolique : « En ce jour la grâce de l’Esprit Saint nous a rassemblés… » (tropaire de la Pentecôte), laquelle a approuvé les actes accomplis par la délégation de l’Église orthodoxe russe lors de la Réunion préconciliaire des primats des Églises orthodoxes. Par leur défiance envers l’Assemblée des évêques, et aussi par des ambitions personnelles, « ces défenseurs » de l’orthodoxie on quitté l’unité de la Sainte Église. Il convient de rappeler que lors de la réunion préconciliaire à Chambésy, la délégation de l’Église orthodoxe russe avec, à sa tête, le patriarche Cyrille, a réussi à obtenir l’exclusion de l’ordre du jour de nombreux sujets qui auraient pu troubler la conscience des fidèles et semer la confusion et les divergences dans les Églises locales. Parmi ces questions : la réforme du calendrier ecclésial, les modifications dans les règles du mariage etc. S.S. le patriarche Cyrille a insisté pour que les travaux de la réunion et du futur Concile soient particulièrement transparents et ouverts pour tous les chrétiens, afin d’éviter toutes sortes de confusions, provocations et déviation des normes canoniques. Lors de l’assemblée des évêques à Moscou en février de cette année, S.S. le patriarche a, devant les évêques, présenté les décisions, explicité la marche des travaux de la synaxe panorthodoxe. Le document final de l’assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe russe] a exprimé son soutien absolu aux travaux de la délégation de l’Église orthodoxe russe à Chambésy. « Les membres de l’assemblée des évêques témoignent que, dans leur aspect actuel, les projets de documents du saint et grand Concile ne portent pas atteinte à la pureté de la foi orthodoxe et ne dévient pas de la tradition canonique de l’Église » (paragraphe 3). L’accusation des non-commémorants de trahison de l’orthodoxie par le patriarche du fait de sa rencontre avec le pape François à La Havane est totalement infondée. Aucune transgression dogmatique et canonique n’a eu lieu lors de cette rencontre. À notre grand regret, il s’est trouvé dans les milieux ecclésiastiques de tels « zélateurs irraisonnés » qui, par leurs craintes, ont introduit des schismes et des divergences dans le corps du Christ. Ne prêtant pas attention à la voix de l’Église et « montrant du zèle pour la pureté », ils ont troublé les âmes des fidèles et ont « tremblé de crainte là où il n’y a pas lieu de craindre » (Ps. 13,5). Nous nous adressons à vous, révérends pères, à vous nos fidèles, afin de tempérer vos émotions, lesquelles vous ont fait quitter l’Église et cesser la commémoration de vos archipasteurs : revenez au sein de la Mère Église, ne vous engagez pas sur la voie du schisme, ne perdez pas votre âme. Il n’y a aucune raison à vos craintes. Nous implorons la bénédiction divine sur vous, attendant de vous du bon sens, et nous croyons qu’à l’avenir aussi, nous confesserons « d’une seule bouche et d’un seul cœur » la vérité de notre foi orthodoxe et que « tous soient un » (Jn 17,21).

Avec amour en Christ,

+ Vladimir, métropolite de Chișinău et de toute la Moldavie, + Sava, archevêque de Tiraspol et Dubăsari + Anatole, évêque de Cahul et de Comrat + Pierre, évêque de Ungheni et de Nisporeni + Marcel, évêque de Bălți et Fălești + Nicodème, évêque de Edineț et Briceni, Jean, évêque de Soroca, vicaire du diocèse métropolitain de Chișinău et de toute la Moldavie.

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Jovan Nikoloski