25/09/2017
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Archives de catégorie : Relations oecuméniques

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Le métropolite Athénagoras de Belgique, orateur principal du 50e Congrès international du service pastoral des aéroports à Stockholm

Du 10 au 15 septembre s’est déroulé le 50e Congrès international du service pastoral des aéroports à Stockholm sur le thème « Faire face au futur ». Le métropolite Athénagoras de Belgique en fut l’orateur principal avec une conférence sur « La vie spirituelle dans la tradition orthodoxe ». Un compte rendu en français est en ligne sur cette page (photographies dont celle ci-contre).

Le comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine a formulé de nouveaux thèmes pour la poursuite de ses travaux

Le comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine a terminé ses travaux le 8 septembre sur l’île de Leros (Grèce). Le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a participé à ses sessions. À la suite des discussions, les représentants des Églises locales orthodoxes et de l’Église catholique-romaine ont pris la décision aux termes de laquelle il est nécessaire de préparer un document intitulé « Sur la voie de l’unité dans la foi : questions théologiques et canoniques ». Il est présumé que le document, qui sera préparé par un groupe de rédaction ad hoc, constitué des membres de la commission, fera le bilan des 37 années du dialogue orthodoxe-catholique romain et désignera les problèmes fondamentaux devant être discutés lors de ses prochaines étapes. Le comité de coordination a également reconnu approprié d’aborder l’examen du thème « La primauté et la conciliarité durant le deuxième millénaire et à notre époque ». Ce thème constitue la suite logique du thème « La conciliarité et la primauté durant le premier millénaire », examiné lors de l’étape précédente du dialogue. Dans le nouveau document doit être examiné le développement des événements qui ont amené à la rupture de la communion entre les Églises orthodoxe et catholique au XIème siècle, ainsi que les conséquences de cette rupture pour les chrétiens d’Orient et d’Occident. Une attention particulière sera accordée dans le document à la question de l’uniatisme, qui avait été discutée dans le cadre du dialogue lors des années 1991-2000, mais qui continue de conserver son acuité. Les représentants de l’Église russe et de plusieurs autres Églises orthodoxes ont insisté sur la nécessité de la poursuite de la discussion de ce thème lors des sessions du Comité de coordination. Le matin du 8 septembre, en la fête de la Nativité de la très sainte Mère de Dieu selon le nouveau calendrier, les membres orthodoxes du Comité de coordination ont prié et communié pendant la divine liturgie célébrée dans l’église de la résidence des métropolites de Leros. Le même jour, les membres du Comité de coordination ont visité la cathédrale du diocèse métropolitain, l’église dédiée à l’icône de la Mère de Dieu dite « Toute sainte » qui se trouve dans une forteresse du Moyen Âge, le musée d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le camp des réfugiés des pays du Moyen Orient et d’Afrique séjournant temporairement sur le territoire hellénique. La prochaine séance du Comité de coordination de la commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique-romaine aura lieu à la fin de 2018.

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Réunion du comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine

Le 5 septembre, à l’île de Leros, (Grèce), le comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine a débuté ses travaux. La séance a débuté par une réception solennelle donnée à la métropole de Leros, lors de laquelle le métropolite Païssios de Leros (Patriarcat de Constantinople) a salué ses hôtes, ainsi que les représentants des autorités civiles et des forces militaires et navales grecques installées sur l’île. Le co-président de la Commission mixte, l’archevêque Job de Telmessos (Patriarcat de Constantinople) et le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens ont prononcé un discours d’accueil. Le matin du 6 septembre, les membres orthodoxes et catholiques du Comité ont siégé à part, définissant le nouveau thème à aborder dans le cadre du dialogue théologique poursuivi par la Commission mixte après l’adoption, en septembre 2016, à Chieti, en Italie, d’un document sur la conciliarité et le primat dans l’Église du Ier millénaire. Prenaient part à la réunion des membres orthodoxes du Comité : l’archevêque Job de Telmessos, le métropolite Gennade de Sassimes et le métropolite Maxime de Sardes (Patriarcat de Constantinople), le métropolite Hilarion de Volokolamsk, le métropolite Joseph d’Europe occidentale (Patriarcat de Roumanie), le métropolite Basile de Constantia-Ammokhostos (Église de Chypre), le métropolite Chrysostome de Messine (Église orthodoxe de Grèce), le professeur Ph. Iangou (Patriarcat de Jérusalem), le docteur N. Khopp (Église d’Albanie). Pendant la discussion sur le choix du thème pour la nouvelle étape du dialogue orthodoxe-catholique, le métropolite Hilarion a souligné que la question de l’uniatisme restait très actuelle pour l’Église orthodoxe russe, comme pour plusieurs autres Églises orthodoxes locales et devait donc être abordée dans un nouveau document de la Commission mixte. Mgr Hilarion a attiré l’attention sur le fait que le problème des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme n’a plus été examiné depuis la session plénière de Baltimore (États-Unis), en 2000. Les travaux des réunions mixtes du Comité de coordination, avec la participation de ses membres orthodoxes et catholiques, se poursuivront jusqu’au 8 septembre. Le prêtre Alexis Dikarev, collaborateur du DREE, accompagne le métropolite Hilarion dans son voyage.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « La question de la rencontre avec le pape n’a pas été soulevée lors des discussions avec le secrétaire d’État du Vatican »

Le métropolite de Volokolamsk Hilarion a déclaré que le patriarche de Moscou et de toute la Russie n’avait pas discuté avec le cardinal Pietro Parolin de la possibilité d’une rencontre avec le pape de Rome. « À l’heure actuelle, de telles idées n’ont été émises ni par l’une, ni par l’autre des parties », a-t-il déclaré aux journalistes, répondant à la question si la possibilité d’une rencontre en Italie du patriarche et du souverain pontife avait été examinée. « Nous avons pour le moment de grandes tâches à accomplir, qui ont été établies lors de la rencontre de la Havane », a-t-il remarqué. « Une nouvelle étape dans le développement de nos relations a commencé, remplie d’événements très importants. Cela a été rendu possible parce que, à La Havane, nous avons accordé nos positions sur des problèmes d’actualité très importants » a déclaré de son côté le patriarche Cyrille mardi à Moscou. « Les positions communes nous donnent la possibilité d’établir les plans correspondants et de leur donner un réel contenu » a ajouté le patriarche. Celui-ci a souligné que l’événement le plus important suite à la rencontre de La Havane avait été la venue des reliques de saint Nicolas en Russie. Le cardinal Pietro Parolin a confirmé les propos du patriarche. Il a souligné que la rencontre de La Havane a réellement donné une nouvelle impulsion aux liens des deux Églises. Le cardinal a exprimé l’espoir que sa visite en Russie sera une « petite brique » dans la construction des nouvelles relations. Quant au patriarche Cyrille, il considère que les Églises catholique et orthodoxe doivent accorder ensemble l’aide humanitaire aux pays du Proche-Orient. « Notre Église prend activement part à l’aide humanitaire aux victimes du conflit en Syrie et dans les autres pays du Proche-Orient. Dans ce travail, il est très important de s’appuyer sur le soutien plus large de toute la communauté chrétienne », a déclaré le patriarche lors de la rencontre avec le secrétaire d’État du Vatican. « J’estime que les relations mutuelles de l’Église orthodoxe et de l’Église catholique sur le plan de la réalisation de l’aide à ceux qui souffrent dans le conflit au Proche-Orient serait un très important facteur unifiant », a précisé le primat. Celui-ci a déclaré qu’en développant la coopération dans le domaine humanitaire, on peut créer la base de projets communs liés au soutien de ceux qui sont impliqués dans les conflits armés auProche-Orient. Pour sa part, le prêtre Igor Kovalevsky, secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques romains de la Fédération de Russie, avait déclaré le 17 août que, selon lui la Russie n’était pas prête à recevoir le souverain pontife : « Personnellement, je ne soutiendrais pas cette visite, étant donné que notre société n’est pas encore mûre pour recevoir le pape de Rome. Il ne faut pas précipiter les événements ». Selon lui, la rencontre du souverain pontife et du patriarche constituait déjà « une très grande avancée ».

Sources : 1, 2, 3 et 4

Russie: une délégation du Vatican attendue aujourd’hui pour rapporter les reliques de saint Nicolas à Bari

« Une délégation du Vatican et de l’Italie est attendue à Saint-Pétersbourg (Russie) le 28 juillet, pour rapporter à Bari la relique de saint Nicolas, évêque de Myre, exposé à la vénération dans le pays depuis le 21 mai. A la tête de cette délégation : le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, qui doit rencontrer les autorités du patriarcat de Moscou.

Dans une déclaration à L’Osservatore Romano la veille de son départ, le cardinal Kurt Koch, a souligné que « l’œcuménisme des saints est une très belle occasion pour le dialogue entre les Églises… la vénération des reliques peut aider les fidèles à être plus engagés dans le dialogue ». Les reliques de saint Nicolas ont été vénérés par plus de deux millions et demi de fidèles. »

Source (et intégralité de la dépêche): Zénit. Photographie: RT

L’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) : « Je suis certain que le dialogue sur Stepinac continuera »

Dans une interview au quotidien belgradois « Politika » datée du 20 juillet, l’évêque de Bačka Irénée s’est exprimé sur les suites du dialogue de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate au sujet de la canonisation par l’Église catholique-romaine du cardinal Stepinac. Nous publions ci-après in extenso l’interview de l’évêque Irénée, précédée du commentaire de « Politika ».

Le communiqué commun de la Commission mixte  qui a examiné la personne et les actes d’Aloïs Stepinac a provoqué différents commentaires. Ce document, publié après la sixième, à savoir la dernière, session au Vatican, est interprété dans une partie de l’opinion publique comme une complaisance des représentants de l’Église orthodoxe serbe [à l’égard de la partie croate], car en sont éludées les formulations qui feraient ressortir pourquoi la canonisation d’Aloïs Stepinac est inadmissible pour la partie serbe. Le détail le plus controversé est que le communiqué commun a été publié dans deux versions. Dans « la rédaction croate », il est mentionné que Stepinac « a vécu et exercé son ministère lors d’une période historique particulièrement difficile », tandis que dans la traduction serbe de l’original en italien, cette période est appelée « particulièrement problématique ». Dans la version du communiqué de la Conférence des évêques croates, Stepinac est « un éminent pasteur catholique », tandis que dans le communiqué publié par l’Église orthodoxe serbe, celui-ci est « un important pasteur catholique ». L’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe, membre de la Commission mixte, s’est entretenu avec « Politika » de la façon dont s’est déroulée la dernière session au Vatican et sur ce que l’on peut attendre à l’avenir sur le sujet.

– Les médias croates affirment que le texte du communiqué final a été composé par le père Bernard Ardura, président du président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Cela est-il exact ou le texte a-t-il été mis au point par les représentants des deux Églises ?

– Comme le dit le titre même du texte dont il est question, le Communiqué est commun. Les deux parties, comme cela est la règle, ont participé à sa rédaction. Naturellement, le modérateur, le père Bernard Ardura a apporté une contribution significative. Au demeurant, je considère – c’est ce que vous avez dit quelque part – que le texte est équilibré, qu’aucune des parties, ni nous, ni nos interlocuteurs de l’Église catholique-romaine de Croatie, ne peut affirmer que dans le Communiqué, dans son esprit ou dans sa lettre, la position des uns ou des autres est prédominante. Nous n’avions pas de telles ambitions. Il est suffisant que ce qui suit ait été mentionné : « On en est arrivé à la conclusion que les différents événements, interventions, silences et prises de position sont toujours l’objets d’interprétations différentes. Dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations qu’ont données en substance les catholiques croates et orthodoxes serbes restent toujours différentes [dans le texte original italien « divergentes », ndt]». Les affabulations subséquentes sur l’auteur du texte, ensuite la tentative de changer le sens du communiqué commun par une traduction erronée tendancieuse, pour ne pas dire une falsification, une fausse interprétation comme on le dirait à Zagreb, et les pronostics basés sur de telles interprétations, ont pour but d’encourager les apologètes croates de la canonisation, voire peut-être d’influencer le Vatican. Dans ma conception, tout cela est à courte durée, pour ne pas dire insensé. Bien sûr, pour ce qui concerne la responsabilité envers notre partie de la Commission et nos collègues de Croatie, envers les thèmes dont nous nous sommes occupés durant les douze mois écoulés, ce que certains font à Zagreb par leurs commentaires n’est pas correct. En outre, je ne peux affirmer que le contenu de leur triomphalisme et de leurs pronostics est égal au contenu et à la durée d’un ballon gonflable d’enfant, mais je peux affirmer que les arguments de la partie serbe de la Commission étaient fondés sur des documents et des faits irréfutables, quoi qu’en écrivent ou disent certains à Zagreb.

– Quels sont les arguments qui ont été communiqués par les représentants de l’Église orthodoxe serbe et les historiens serbes sur le rôle controversé d’Aloïs Stepinac durant la Seconde Guerre mondiale et sont-ils suffisants, si l’on prend en compte le fait que le Vatican n’a pas permis l’ouverture de ses archives sur Stepinac ?

– Du point de vue orthodoxe, et je crois du point de vue chrétien en général, nous tous absolument dans notre partie de la Commission, évêques et historiens experts, avons agi de façon responsable et selon notre conscience, sans haine ni parti pris. Les arguments que nous avons présentés, tant historiques que théologiques, sont selon nous plus que suffisants. Par ailleurs, nous comprenons l’intérêt justifié de notre opinion publique et des médias quant aux preuves et arguments que nous avons présentés. Mais il est nécessaire qu’il soit clair pour notre opinion publique et nos médias qu’exposer notre argumentation maintenant serait contre-productif.

– Pourquoi cela serait-il contre-productif, alors que le dialogue est terminé ?

– Parce que nous respectons l’accord selon lequel, jusqu’à l’achèvement du processus, le contenu des discussions ne sera pas publié, et le processus n’est pas terminé, mais dure toujours ! Lorsque viendra le temps, tout le matériel de la Commission sera publié et accessible. L’immixtion médiatique dans toute cette affaire ne peut provoquer que la confusion. Mais néanmoins, si nos partenaires croates au dialogue continuent à publier, parfois fort unilatéralement, le contenu des discussions avant le temps, ce que, malheureusement, certains d’entres eux ont commencé à faire, nous devrons aussi réagir de façon appropriée.

-Donc, l’Église orthodoxe serbe attend la suite des discussions entre les deux Églises ?

– Sur un plan général, l’Église orthodoxe serbe ne vit pas dans une réalité parallèle, ni dans l’isolation par rapport à l’orthodoxie universelle et au monde chrétien dans son intégralité. Nous sommes témoins du dialogue vivant, et dans de nombreux domaines, fructueux, de l’Église orthodoxe avec le catholicisme-romain à différents niveaux, du local jusqu’à l’universel. En septembre prochain, par exemple, se tiendra la session suivante des délégations pour le dialogue théologique officiel entre les deux Églises, auquel participent trente théologiens de toutes les Églises orthodoxes locales et trente théologiens de toute l’Église catholique-romaine. Ce dialogue a pour fonction l’examen des questions clés de l’enseignement sur la sainte Trinité et sur l’Église. Par conséquent, le dialogue des deux Églises n’est pas et ne peut être achevé. Lorsqu’il est question en particulier de la question de Stepinac et du rôle de celui-ci, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale, je considère qu’il doit être, dans un cadre institutionnel ou un autre, poursuivi, élargi et approfondi. J’espère qu’il en sera ainsi.

– Le Vatican canonisera-t-il Aloïs Stepinac, ou pensez-vous que le pape François s’en abstiendra, du fait que cela porterait atteinte aux relations non seulement des deux Églises, mais aussi de la Serbie et de la Croatie, ainsi que de la Serbie et du Saint-Siège ?

– Si Stepinac sera « proclamé saint », c’est-à-dire canonisé, je ne le sais pas, de même qu’actuellement nul autre ne le sait. La décision est du ressort du pape François. Ce que pense de cela notre Église, et donc moi personnellement, cela est clair d’après les lettres officielles de notre Église au pape et de la décision étonnante de celui-ci, partant du rejet de la possibilité de la canonisation de Stepinac par l’Église orthodoxe serbe, que celle-ci soit reportée, et que la problématique qui la concerne soit examinée de façon responsable dans le dialogue des évêques et historiens serbes et croates dans le cadre de la Commission mixte. Rappelons qu’en Europe et dans le monde, il existe aussi des catholiques-romains, même un certain nombre de catholiques croates, qui pour des raisons de principe morales s’opposent à cette canonisation, ce qui est en général ignoré chez nous. Les documents d’archives et la littérature scientifique sur ce thème sont pratiquement inépuisables et le délai d’un an est trop court. En outre, cela vaut la peine d’attendre également l’ouverture de toutes les archives vaticanes et autres jusqu’à maintenant fermées. Aussi, je suis certain que le dialogue commencé sera poursuivi, soit sous la forme de la prolongation du mandat de la Commission, soit sous une autre forme. Quoi qu’il en soit, nous verrons. Dans ce cas, il ne faudrait pas que ce soit les relations entre États ou entre nations qui soient décisives. C’est la vérité historique qui compte et seule la vérité. Personne d’autre et rien d’autre !

Source : Église orthodoxe serbe

Rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine (Église orthodoxe d’Ukraine) et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti

Lors de la rencontre du métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, et du nonce apostolique à Kiev, Mgr Claudio Gugerotti, a été discutée la situation des relations entre orthodoxes et catholiques-romains au niveau global et ukrainien. La rencontre a eu lieu le 14 juin avec la bénédiction du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre. À l’entretien assistait également le vice-président du Département des affaires extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine, l’archiprêtre Nicolas Danilevitch. La position de l’Église orthodoxe d’Ukraine concernant les événement récents qui se sont produits à l’église de Kolomyïa où un conflit a éclaté entre gréco-catholiques et orthodoxes,

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Communiqué de la Vème réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« Le mercredi 7 et le jeudi 8 juin a eu lieu, en la cathédrale de la Résurrection du Christ à Podgorica (Monténégro), la cinquième réunion de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence des évêques catholiques croates, dont la tâche est d’examiner ensemble le rôle du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Le thème de la rencontre était « Le cardinal-archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ». Au nom du Saint-Siège, la séance était présidée par R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques. Les représentants de l’Église orthodoxe serbe qui ont participé aux travaux de la Commission étaient : le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, ainsi que des spécialistes qui ont été invités à cette occasion, à savoir le professeur Ljubodrag Dimić, professeur à la faculté de philosophie de Belgrade, le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique de l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade, et la professeur Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Les représentants de la Conférence des évêques croates qui ont participé à la session de cette commission étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Mgr Ratko Perić, ainsi que le Dr Jure Krišto et le Dr Mario Jareb, conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire. L’absence de l’évêque de Požega Antun Škorčević, membre de la commission, était excusée. Il est prévu que la prochaine et dernière session de la Commission soit tenue à Rome les 12 et 13 juillet 2017, au cours de laquelle seront résumés les travaux de la Commission qui ont eu lieu jusqu’à maintenant ».

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Le patriarche œcuménique Bartholomée se rendra en Allemagne pour les 500 ans de la Réforme

Lors de sa visite à Constantinople en septembre 2016, Heinrich Bedford-Strohm, président du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne, avait déclaré que ce serait pour « nous un honneur particulier si le patriarche œcuménique Bartholomée Ier venait en mai 2017 à Wittemberg et à Tübingen » pour les 500 ans de la réforme protestante. C’est ainsi que suite à l’invitation de l’Église évangélique d’Allemagne (EKD), le patriarche se rendra en Allemagne la semaine prochaine. Il se trouvera à Stuttgart le dimanche 28 et, le lundi 29 mai, il sera proclamé docteur honoris causa de la Faculté historique évangélique de théologie de Tübingen. À cette occasion lui sera remise la traduction allemande de son livre « À la rencontre du mystère ». Ensuite débutera un symposium de deux jours de théologiens évangéliques et orthodoxes. L’invitation à Wittemberg et à Tübingen rappellera les premiers contacts de l’Orthodoxie et de la Réforme, qu’ont initiés les théologiens Martin Crusius et Jakob Andreae en 1573, par un échange de correspondance avec le patriarche de Constantinople Jérémie II. L’Église évangélique d’Allemagne procède depuis 1969 à un dialogue théologique bilatéral avec le Patriarcat œcuménique. Le patriarche visite ensuite la paroisse orthodoxe de Reutlingen le mardi 20 mai.

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Les orthodoxes participent au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés

Du 10 mai au 13 mai 2017, Washington, capitale des États-Unis accueillait un Sommet mondial des leaders chrétiens pour la défense des chrétiens persécutés. Il est organisé par l’Association évangélique Billy Graham. Des représentants de différentes confessions chrétiennes, venus de plus de 135 pays, sont rassemblés à cette occasion. La rencontre est suscitée par la situation des chrétiens persécutés au Proche Orient, en Afrique et dans d’autres régions du monde, situation sans précédent dans l’histoire récente, rappelant les persécutions endurées par les chrétiens durant les premiers siècles et celles orchestrées par les états athées au XX siècle. Des méfaits d’une telle envergure ne pouvaient laisser indifférente la communauté chrétienne. Le sommet pour la défense des chrétiens persécutés veut être un espace de discussion de ce problème, afin d’améliorer la situation. Des délégations des Églises orthodoxes locales participent aussi au Sommet mondial pour la défense des chrétiens persécutés. Ces délégations sont présidées par Sa Béatitude l’archevêque Tikhon de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada (Église orthodoxe en Amérique), l’archevêque Dimitri d’Amérique (Patriarcat de Constantinople), l’archevêque Joseph de New-York, métropolite de toute l’Amérique du Nord (Patriarcat d’Antioche).

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Patriarche Bartholomée : « La religion, élément clé du processus de paix »

Le patriarche œcuménique Bartholomée I,  a prononcé son discours »La religion, élément clé du processus de paix » à l’occasion de la Conférence mondiale sur la paix d’al-Azhar qui s’est déroulée les 27 et 28 avril 2017 au Caire.

 « Religions et paix »

Conférence mondiale de la paix du Conseil des Aînés d’Al-Azhar et des Musulmans

Le Caire, le 27 avril 2017

Vos Béatitudes, Éminences, Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur d’être invité à prendre la parole à cette Conférence sur la paix mondiale organisée par Al-Azhar et le Conseil musulman des Aînés. Nous félicitons sincèrement Son Eminence, M. Ahmad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, d’avoir eu le courage et la vision d’organiser cette initiative cruciale pour la promotion de la paix par les religions.

Au cours des deux dernières décennies, l’humanité a connu des attaques terroristes continues, qui sont à l’origine de la mort et des blessures de milliers de personnes, et qui deviennent la plus grande menace et source de peur pour les sociétés contemporaines. Depuis lors, les religions ont souvent été soupçonnées ou ouvertement accusées d’avoir inspiré le terrorisme et la violence. Notre vie quotidienne s’est remplie d’horribles nouvelles sur les attaques terroristes au nom de la religion.

Dans le même temps, nous constatons la volonté de notre monde de promouvoir le dialogue au lieu des conflits et la capacité à le faire. Cela est vrai non seulement pour les dirigeants politiques et les organisations laïques, mais aussi pour les dirigeants religieux et les institutions qui se sont montrés prêts à s’engager dans un dialogue de paix au niveau local et international, afin d’assurer une coexistence pacifique et une collaboration entre les gens.

Comment, après tant de conférences, de déclarations et d’initiatives pour la paix, pouvons-nous être témoins d’une augmentation de la violence, au lieu de remarquer un progrès dans la paix ? Comment la communauté mondiale peut-elle justifier les derniers actes terroristes de Paris, Bruxelles, Istanbul, Saint-Pétersbourg ou Stockholm ? Comment expliquer les guerres en cours, les conflits armés et les effusions de sang au Moyen-Orient ? Comment pouvons-nous accepter les attaques dans les églises coptes de Tanta et d’Alexandrie il y a environ deux semaines ? Permettez-nous d’exprimer encore une fois à la communauté copte et à tout le peuple égyptien nos sincères condoléances et les prières du Patriarcat œcuménique.

Afin de comprendre ce qui se passe dans notre monde d’aujourd’hui, réfléchissons sur le rôle de la religion dans l’humanité. Paradoxalement, au lieu de l’attente moderniste d’un ‘âge laïque post religieux’, notre époque devient en fait une ‘période post-laïque’ ou même une période d’ ‘explosion religieuse’. La religion apparaît comme une dimension centrale de la vie humaine, tant au niveau personnel que social. Elle revendique un rôle public et participe à tous les discours contemporains centraux.

Les fonctions cruciales de la religion sont évidentes dans les quatre domaines suivants de l’existence humaine et de la coexistence :

  1. La religion est liée aux préoccupations profondes de l’être humain. Elle fournit des réponses à des questions existentielles cruciales, donnant l’orientation et le sens de la vie. La religion ouvre aux êtres humains la dimension de l’éternité et la profondeur de la vérité.
  2. La religion est liée à l’identité des peuples et des civilisations. C’est pourquoi la connaissance de la croyance et de la religion de l’autre est une condition préalable indispensable à la compréhension de l’altérité et à l’établissement du dialogue.
  3. La religion a créé et conservé les plus grandes réalisations culturelles de l’humanité, les valeurs morales essentielles, la solidarité et la compassion, ainsi que le respect de toute la création.
  4. La religion est un facteur vital dans le processus de paix. Comme saint Paul l’a écrit autrefois : « Dieu n’est pas un dieu de désordre mais de la paix » (1 Co 14,33). La religion peut, bien sûr, diviser en provoquant l’intolérance et la violence. Mais c’est plutôt là son échec, et non son essence qui consiste en la protection de la dignité humaine.

Malheureusement, notre monde contemporain est marqué soit par le relativisme – profondément lié à la laïcité – soit par le fondamentalisme, que beaucoup considèrent comme une réaction au premier. En effet, le fondamentalisme se considère souvent comme menacé ou même persécuté par le relativisme. Alors que ce dernier nie l’existence de la vérité, l’intégrisme considère que sa propre vérité est unique et doit donc être imposée aux autres, ce qui rend impossible à la religion de servir de pont entre les êtres humains. Dans l’histoire récente, le phénomène du nationalisme et du post-colonialisme a transformé l’extrémisme et l’intégrisme religieux en une simple idéologie, utilisée à des fins politiques.

Malheureusement, l’éclatement continu du fondamentalisme religieux et des actes de violence terribles au nom de la religion, donnent aux critiques modernes de la foi religieuse des arguments contre la foi et appuient l’identification de la religion avec ses aspects négatifs. La vérité est que la violence est la négation des croyances religieuses fondamentales et de la doctrine. La vraie foi ne libère pas les humains d’être responsables du monde, de respecter la dignité humaine et de lutter pour la justice et la paix. Au contraire, elle renforce l’engagement de l’action humaine, elle élargit notre témoignage pour la liberté et les valeurs fondamentales humaines.

La région méditerranéenne a connu dans le passé, pendant plusieurs siècles, une cohabitation pacifique de juifs, de chrétiens et de musulmans. Cette expérience démontre que les personnes de différentes religions peuvent vivre ensemble, en trouvant le message le plus fondamental pour l’humanité qui unit, au lieu d’être une source de division. Cela montre que les religions peuvent servir de ponts entre les gens, d’instruments de paix et de compréhension mutuelle, de tolérance entre les êtres humains et de dialogue interreligieux.

Pour cette raison, le dialogue interreligieux reconnaît les différences des traditions religieuses et favorise la coexistence pacifique et la coopération entre les personnes et les cultures. Le dialogue interreligieux ne veut pas nier sa propre foi, mais plutôt changer son esprit ou son attitude envers l’autre. Il peut aussi guérir et balayer les préjugés et contribuer à une compréhension mutuelle et à la résolution pacifique des conflits. Les partis pris et les préjugés proviennent d’une fausse représentation de la religion. Par notre présence aujourd’hui, lors de cette importante conférence, nous voulons nous opposer à au moins un préjugé : l’islam n’est pas égal au terrorisme, car le terrorisme est étranger à toute religion. C’est pourquoi le dialogue interreligieux peut chasser la peur et le soupçon. Il est central pour la paix, mais seulement dans un esprit de confiance et de respect mutuels.

En juin dernier, nous avons eu le privilège de présider le Saint et Grand Conseil de l’Église orthodoxe à travers le monde, réunis en Grèce, sur l’île de Crète. Parmi plusieurs questions, le Conseil a rejeté et condamné l’intégrisme. Son encyclique souligne que, malheureusement, nous faisons aujourd’hui l’expérience d’une augmentation de la violence au nom de Dieu. Les explosions du fondamentalisme au sein des communautés religieuses menacent de faire penser que le fondamentalisme appartient à l’essence du phénomène de la religion.

La vérité, cependant, est que le fondamentalisme, comme « zèle que n’éclaire pas la pleine connaissance » (Rom 10.2), constitue l’expression d’une religiosité morbide ». En outre, le Conseil a souligné qu’ « un dialogue interreligieux honnête contribue au développement de la confiance mutuelle et à la promotion de la paix et de la réconciliation. (…) La vraie paix n’est pas atteinte par la force des armes, mais seulement par l’amour qui « ne recherche pas son intérêt » (1 Cor 13,5). L’huile de foi doit être utilisée pour calmer et soigner les blessures des autres, et non pour rallumer de nouveaux feux de haine » (Encyclique, 17).

La crédibilité des religions dépend aujourd’hui de leur attitude à l’égard de la protection de la liberté et de la dignité de l’homme, ainsi que de leur contribution à la paix. C’est la présupposition non seulement de la coexistence pacifique, mais aussi de la survie pure de l’humanité. Nous ne pouvons affronter ces défis que tous ensemble. Personne – pas une nation, pas un État, pas une religion, ni la science ni la technologie – ne peut affronter les problèmes actuels. Nous avons besoin les uns des autres ; nous avons besoin d’une mobilisation commune, d’efforts communs, d’objectifs communs, d’un esprit commun.

Par conséquent, nous considérons la crise aux multiples facettes actuelle comme une opportunité pour pratiquer la solidarité, pour le dialogue et la coopération, pour l’ouverture et la confiance. Notre avenir est commun, et la voie vers cet avenir est un voyage commun. Comme il est écrit dans les psaumes : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Psaume 132,1).

Votre Éminence le Grand Imam,

Chers participants

Nous croyons profondément que la contribution des religions demeure cruciale dans notre recherche commune de la paix sur terre. Elle est précieuse car, pour les religions, la vraie paix dans le monde n’est pas simplement l’absence de guerre, mais essentiellement la présence de la liberté, de la justice et de la solidarité. Ce qui est nécessaire pour la religion, c’est de guider les gens à la profondeur de cette vérité, à un changement d’esprit et de vie et à la compréhension mutuelle. C’est en effet le cœur de nos traditions religieuses. Pour cette raison, l’humanité a le droit d’attendre de nous plus que ce que nous donnons effectivement. C’est le plus grand défi pour les religions : développer leurs propres potentiels d’amour, de solidarité et de compassion. C’est ce que l’humanité attend profondément de la religion aujourd’hui.

Je vous remercie de votre aimable attention ! »

Source et photographie

Le patriarche œcuménique Bartholomée a visité l’église orthodoxe Saint-Georges, dans la vieille ville du Caire

Dans son allocution d’accueil, le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore a qualifié la visite du patriarche œcuménique Bartholomée de « plus grand événement après la consécration de l’église Saint-Georges [suite à sa rénovation], il y a deux ans. Le patriarche Bartholomée a été reçu avec les honneurs par les autorités ecclésiastiques en ce lieu sacré qui est considéré comme la « Rotonde » du Moyen Orient, dans lequel, selon la tradition ecclésiastique, s’est réfugiée la Sainte Famille pour fuir la colère d’Hérode, et a été martyrisé saint Georges. Le patriarche Bartholomée a exprimé sa joie pour la réception donnée en son honneur, mais a souligné sa plus grande émotion pour avoir vénéré l’icône de saint Georges, à laquelle il a offert une grande veilleuse. Dans son allocution, le patriarche œcuménique a mentionné que, depuis son enfance à Imbros, il servait et chantait dans une église dédiée à saint Georges. Il a en outre rappelé que l’église patriarcale du Phanar était également dédiée au saint. Enfin le patriarche a souligné qu’il considère toujours le saint comme « le protecteur céleste de sa vie et de son ministère ». Au son des cloches de l’église et des tambours des scouts grecs et arabophones, le patriarche a été accueilli par le pape et patriarche d’Alexandrie Théodore, ainsi que par les représentants du Conseil Œcuménique des Églises qui se trouvent au Caire à l’occasion du congrès pour la paix organisé par l’Université al-Azhar. Le patriarche œcuménique s’est exprimé à ce forum le 27 avril, tandis que le pape François y a prononcé un discours le 28 avril. Évoquant la visite du chef de l’Église catholique-romaine au Caire et la joie que celui-ci avait exprimée pour avoir visité l’Égypte, le patriarche œcuménique a exprimé à son tour sa joie pour cette visite au pays des Pharaons, au pays où s’est réfugié la Sainte Famille, le pays où naquit le saint apôtre Marc, fondateur du Patriarcat d’Alexandrie, et a souhaité que règne toujours la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. On peut visionner ici https://youtu.be/LTq-qke1GoM un film vidéo de l’accueil du patriarche œcuménique en l’église Saint-Georges du Caire.

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Communiqué de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe concernant le rôle du cardinal Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale

« La quatrième réunion de la commission mixte de la Conférence épiscopale catholique croate et de l’Église orthodoxe serbe, dont la tâche est d’examiner ensemble la personnalité du cardinal Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, s’est réuni au palais épiscopal de Požega (Croatie). Le thème de la rencontre était « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe de 1941 à 1945 ». Le R.P. Bernard Ardura, président du Comité pontifical pour les sciences historiques, a participé à la réunion, qu’il a présidée au nom du Saint-Siège. Les représentants de la Conférence épiscopale croate à la réunion étaient : le cardinal-archevêque de Zagreb Josip Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antun Škvorčević, les conseillers scientifiques de l’Institut croate d’histoire le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb. En tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe ont participé à la réunion : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre Perić, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque Radović, l’évêque de Bačka Irénée Bulović et l’évêque de Slavonie Jean Ćulibruk. Le Dr Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO, a été empêché de participer aux travaux. En tant que conseillers spécialistes invités de la partie serbe orthodoxe de la Commission, ont participé : le Dr Radmila Radić, conseillère scientifique à l’Institut de l’histoire de la Serbie récente de Belgrade, le Dr Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade et le Dr Milan Koljanin, haut conseiller scientifique à l’Institut de l’histoire contemporaine de Belgrade. La Vème session de la commission mixte sera tenue à Podgorica (Monténégro) les 7 et 8 juin 2017, sur le thème « L’archevêque Stepinac et la persécution communiste de 1945 à 1960 ».

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Un rassemblement oecuménique à La Défense pour célébrer Pâques le 16 avril et dans d’autres lieux en France

Un rassemblement oecuménique pour célébrer Pâques aura lieu à La Défense le 16 avril dans la matinée, le métropolite Joseph y représentera l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et dans d’autres villes en France. Pour plus d’informations : le site dédié et l’affiche ci-dessous. Pour les autres lieux en France, voir cette page.

Conférence de Carême de Mgr Emmanuel à Lyon : « Qu’ils soient un! »

Une rencontre officielle du métropolite de France Emmanuel (Patriarcat œcuménique) avec le cardinal Philippe Barbarin a eu lieu à Lyon le dimanche 12 mars 2017. Le cardinal Barbarin a reçu le métropolite Emmanuel à l’archevêché de Lyon. Ensuite, le cardinal a accompagné le métropolite à la basilique Notre-Dame de Fourvière, où celui-ci a prononcé une homélie sur l’unité de l’Église, dans le cadre des conférences de Carême, devant une assistance nombreuse. Vous pouvez écouter le podcast de sa conférence :

Sources 1 et 2

Communiqué de presse de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale

La troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale catholique-romaine croate au sujet du rôle du cardinal Stepinac pendant la Seconde Guerre mondiale a eu lieu les 13 et 14 février 2017. Nous publions ci-après le communiqué de presse :

« Le lundi 13 et le mardi 14 février 2017, au palais épiscopal de Novi Sad, a eu lieu la troisième session de la Commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de la Conférence épiscopale croate, dont le but était d’examiner en commun le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant, et après la Seconde Guerre mondiale. Au nom du Saint-Siège, le père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des sciences historiques a participé à la session, qui avait pour thème « L’attitude de l’archevêque Stepinac envers l’État Indépendant de Croatie au temps des persécutions, de 1941 à 1945 ». Participaient en tant que représentants de l’Église orthodoxe serbe à cette Commission : le métropolite de Zagreb-Ljubljana Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’évêque de Bačka Irénée, l’évêque de Slavonie Jean, le professeur Dr. Darko Tanasković, ambassadeur, représentant permanent de la République de Serbie auprès de l’UNESCO. En outre, ont été invités cette fois les spécialistes suivants : le Dr. Ljubodrag Dimić, professeur à la Faculté de philosophie de Belgrade, et le Dr. Milan Koljanin, chargé de recherché principal à l’Institut d’histoire contemporaine à Belgrade. Ont participé en tant que représentants de la Conférence épiscopale croate à ladite Commission : le cardinal archevêque de Zagreb Joseph Bozanić, l’évêque de Mostar-Duvno Ratko Perić, l’évêque de Požega Antoine Škvorčević, ainsi que le Dr. Jure Krišto et le Dr. Mario Jareb, conseiller scientifique auprès de l’Institut croate d’histoire. Il est prévu que la session suivante ait lieu à Požega (Croatie), le 22 avril 2017, sur le thème “Attitude de l’archevêque Stepinac envers l’Église orthodoxe serbe, de 1941 à 1945 ».

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Une année après la rencontre entre le patriarche Cyrille et le pape François à La Havane

L’Institut d’études oecuméniques de l’Université de Fribourg (Suisse) a organisé une manifestation pour commémorer le premier anniversaire de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille qui a eu lieu le 12 février 2016 à La Havane, Cuba. Le portail catholique suisse en a publié un compte-rendu.

Podcast audio: “Orthodoxie” (France-Culture) – Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier)

L’émission Orthodoxie sur France-Culture (podcast audio ci-dessous) du 22 janvier avait pour thème  la célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier). Le père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève à Epinay-sous-Sénart, membre du Comité mixte catholique orthodoxe de France y est intervenu.

Interview du patriarche de Serbie au quotidien croate « Jutarnji Vijesti » au sujet de l’Église et de la minorité orthodoxes serbes en Croatie et de la canonisation du cardinal Stepinac

Dans son numéro du 7 janvier 2017, le quotidien de Zagreb « Jutarnji Vijesti » a publié une interview du patriarche de Serbie Irénée, dans lequel celui-ci aborde la question de la situation de l’Église orthodoxe et de la minorité serbes en Croatie, ainsi que la question de la canonisation du cardinal Stepinac. Nous publions ci-dessous cette interview in extenso :

– Je vous souhaite d’abord une bonne fête de Noël et une bonne année 2017, mais je voudrais revenir sur votre message de Pâques 2016 et faire l’éloge de votre lettre qui a été lue alors dans les églises orthodoxes. Je mettrais surtout en relief la partie de la lettre où vous dites que « si nous ne nous pardonnons pas mutuellement, nous ne serons pas pardonnés, et si nous condamnons, nous sommes déjà condamnés », ce que nous enseigne le Seigneur Jésus. Comment voyez-vous le processus de réconciliation sur l’espace de l’ex-Yougoslavie ?

– Je vous remercie pour les vœux. Vous voyez, le pardon est un impératif de notre vie chrétienne. Mais pour que celui-ci soit possible, il est nécessaire que nous cultivions l’amour dans nos cœurs, comme le testament le plus précieux que nous a légué le Christ. Il faut que nous l’entretenions et que nous le partagions avec le prochain, mais aussi avec ceux qui ne reconnaissent pas en nous des amis. Pour ce qui concerne le pardon et la réconciliation sur le territoire de l’ex-Yougoslavie, je pense que chacun devrait se demander combien il contribue à cela. J’ai insisté, à chaque fois que j’en avais l’occasion, pour envoyer des messages d’amour chrétien. Par exemple, l’avant-dernier été, à l’occasion de la commémoration du grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe, à savoir le 400ème anniversaire de la fondation du séminaire théologique le plus ancien situé dans le monastère de Krk [en Croatie, ndt], j’ai rencontré les évêques catholiques-romains de Dalmatie, S.E. Mgr Puljić, Mgr Barišić, et d’autres encore. Je me suis alors efforcé, en raison de l’existence, pour les deux peuples d’un passé le plus souvent tragique, notamment à l’époque récente, d’adresser des paroles d’amour fraternel, de vie commune, de respect mutuel et d’adoption des valeurs chrétiennes communes. Intentionnellement, je n’avais aucun discours préparé. Je voulais parler du cœur, de l’âme, afin que les interlocuteurs et les fidèles des deux Églises le reconnaissent. J’ignore si j’y suis parvenu.

– Le chef de la Communauté islamique en Bosnie et en Herzégovine, le reis-ul-ulema Husein ef. Kavazović, a accusé cet été l’Église orthodoxe serbe « d’encourager par son activité le nationalisme et de faire l’apologie des crimes de guerre prouvés, ce qui rend difficile la possibilité de vie commune et l’établissement de relations stables en Bosnie-Herzégovine ». Il a dit que votre Église encourage le nationalisme serbe et l’exclusivisme et contribue à la glorification des crimes et criminels, ce qui pèse encore sur la voie de la réconciliation, de la compréhension et l’assurance d’une meilleure vie pour tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine. Ces accusations sont graves. Êtes-vous disposé à commenter cela ? Avez-vous parlé entre-temps avec le reis Kavazović et avez-vous aplani ce litige?

– Je ne connais pas personnellement M. Kavazović. Il n’a aucun contact officiel avec le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, mais je suppose qu’il a, ne serait-ce que de temps à autre, certaines rencontres officielles avec notre épiscopat de la région, probablement dans le cadre du Conseil inter-religieux de Bosnie-Herzégovine. J’ai été surpris par la véhémence et la démesure de ses positions, particulièrement de ses objections à l’existence de la République serbe de Bosnie. De toute évidence, je considérais erronément que l’époque de Mustafa Cerić [еx-chef de la Communauté islamique de Bosnie, ennemi acharné de la République serbe de Bosnie, ndt] appartenait au passé. Aussi, je n’ai pas souhaité réagir à ses déclarations extrêmement intolérantes et injustes, et ce ni personnellement, ni dans le cadre du Saint-Synode, ni au niveau de notre Service de presse. Et ici, pour répondre à votre question, je ne donnerai que le commentaire le plus succinct possible. Les paroles qui accusent, qui pointent du doigt le voisin, n’apportent aucun bien. Il faut s’en garder. Que Dieu fasse que les paroles des dirigeants religieux ne soient pas le prétexte à de nouvelles violences et de nouveaux malheurs ! Nous voyons jusqu’où conduit l’utilisation abusive de l’Islam. Des innocents souffrent, non seulement en Syrie et en Iraq, mais aussi en Europe. Les « chrétiens » hypocrites qui posent un signe d’égalité entre le terrorisme et l’Islam en tant que religion ne sont pas meilleurs. Nous croyons en Dieu, nous sommes voisins, nos croyants sont voisins, quelque part juste à notre porte. Nous ne regardons pas les relations avec les musulmans en Bosnie et Herzégovine à travers Monsieur Kavazović. Ce pays est étendu : il y a des gens différents parmi les muftis, les imams, les hodjas… Nul ne pouvait imaginer des accusations insensées. Nous avons vécu ensemble durant des siècles. Et c’est ainsi que nous devons continuer.

– Comme vous le savez, vous n’avez pas subi des interpellations que de la part du chef de la Communauté islamique. Le président de la Conférence épiscopale de Bosnie et d’Hezégovine, le cardinal Vinko Puljić, archevêque et métropolite de Vrhbosna [Sarajevo, ndt] vous a envoyé au nom de tous les membres de ladite Conférence, le 8 février 2016, une lettre dans laquelle il réagit à votre déclaration au cours de la commémoration de « la journée de la République serbe (de Bosnie) », à Banja Luka le 9 janvier 2016. Qu’aviez-vous en vue lorsque vous avez dit que la République serbe de Bosnie est « fondée sur la vérité de Dieu, la justice de Dieu » ?

– J’ai été surpris, pour ne pas dire ébahi, par la réaction de Mgr le cardinal Puljić, archevêque catholique-romain de Sarajevo, et ce bien plus que par la réaction du reis Kavazović. Pour les mêmes raisons de principe que dans le cas de M. Kavazović, j’ai considéré aussi que la déclaration de Puljić ne méritait pas de réponse ou de commentaire de l’Église orthodoxe serbe, particulièrement parce qu’il sait fort bien ce que nous avons réussi à surmonter ensemble, précédemment, grâce à la confiance mutuelle. Néanmoins, je vous répondrai avec le moins de mots possibles, car il faut soigner les blessures, non les approfondir. La République serbe de Bosnie a été créée pour assurer la survie du peuple serbe et de l’Orthodoxie sur le territoire qui se trouve sur la droite du fleuve Drina, pour que ce soit un facteur de paix comme cela est prévu par l’accord de Dayton. Sans République serbe de Bosnie, j’en suis convaincu, il n’y aurait plus de Serbes dans cette région. Nous, Serbes, ne sommes pas de nouveaux arrivants en Bosnie et en Herzégovine, comme ne le sont pas non plus les Croates, et bien sûr, les Bosniaques actuels de confession musulmane. Mais vous voyez ce qu’il advient des chrétiens dans le berceau du christianisme au Moyen-Orient ! Ce qui se produit là-bas aujourd’hui, les photos avec les têtes décapitées de chrétiens, s’est produit d’abord ici, dans notre maison, en Bosnie et Herzégovine. Ce sont les mêmes gens, plutôt les mêmes êtres inhumains, qui le font là-bas, et qui l’ont fait d’abord ici, en Europe. Combien de nos saintes églises et monastères en République serbe de Bosnie ont été détruits, profanés, endommagés ? Combien de saints martyrs connus et inconnus, de gens qui ont souffert parce qu’ils étaient chrétiens, qu’ils étaient orthodoxes, parce qu’ils se signaient avec trois doigts ? C’est de cette façon que je considère que la création, l’existence et la prospérité de la République serbe de Bosnie est une affaire de justice. Et pour nous chrétiens, est juste ce qui est fondé sur la vérité, et la seule vérité est Celui qui a dit de Lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Au demeurant, la République serbe de Bosnie est la garante de la survie des Croates en Bosnie et Herzégovine. Je prie Dieu que les autorités politiques de la République serbe travaillent et agissent chrétiennement, tant à l’égard de leurs concitoyens qu’envers les habitants qui ne sont pas de confession orthodoxe ou de nationalité serbe.

– Le cardinal Puljić a réagi particulièrement à votre déclaration selon laquelle la «République serbe de Bosnie repose sur le sang des saints martyrs, sur les os des saints martyrs, et tout ce qui est établi sur la justice, la vérité, sur le sang versé pour la justice, la vérité, le sang pour la vérité et le nom de Dieu ; cela est éternel et non éphémère », et il vous recommande : « L’entité politique de la République serbe en Bosnie et en Herzégovine est une création humaine et non divine… Seul Dieu est éternel et non éphémère ! » J’apprécierais que vous me disiez d’une façon ou une autre, même de manière privée, ce que vous répondez à cette lettre du cardinal et comment vous commentez ses paroles critiques.

– Comme vous l’avez probablement remarqué, je n’ai pas l’habitude de répondre publiquement à des paroles agressives. Je pense que cela ne peut rien apporter de bien à qui que ce soit. C’est pourquoi certains amis me critiquent en privé. Mais je considère que Dieu voit tout et juge de tout. C’est plus que suffisant. D’un discours destiné aux fidèles ainsi qu’aux dirigeants du peuple et qui les exhorte à être dignes de leurs ancêtres, des saints martyrs qui ont donné la vie pour la foi et la patrie, et aussi à être chrétiens, on en fait toute une histoire. On m’a dit qu’il existait chez les Croates l’expression « la terre de Croatie est sainte pour nous », comme un film intitulé « Sainte Croatie ». Selon moi, il s’agit d’une sorte de pédagogie. Pour Jérusalem et la Palestine, on parle de « Ville sainte » et de « Terre Sainte ». Il ne s’agit pas là des pierres et des briques. Il en est de même avec la République serbe de Bosnie. C’est une question de foi : croit-on réellement en la sainteté des gens qui ont péri innocemment ? Croit-on réellement que ce qui est bâti sur leur sacrifice volontaire, sur leurs saintes reliques, est éternel ? Il est juste que les États viennent et passent. La Serbie, au temps de l’asservissement sous les Ottomans n’existait plus, mais néanmoins elle est ici aujourd’hui, au milieu des Balkans. L’ancien Israël est rétabli après la seconde guerre mondiale, après plus de deux millénaires d’inexistence. La Croatie est une très jeune démocratie. La durée n’est pas seulement dans le temps. Par l’amour des générations, par la prière pour les ancêtres, par l’art, elle dure jusque dans l’éternité. Nul ne doit être gêné par la République serbe de Bosnie. Nul ne doit être gêné par le fait que les peuples en République serbe et en Bosnie Herzégovine vivent aujourd’hui en paix. Or, il semble que cela gêne certains. Il ne faut pas que nous soyons des gens qui peuvent facilement être télécommandés par quelqu’un qui se trouve au loin.

– Maintenant, alors que j’ai l’occasion de vous demander quelques clarifications, permettez que je vous questionne sur ce que vous souhaitiez dire exactement lors de votre visite au monastère de Krk, lorsque vous avez déclaré, je cite, que « nos voisins nous ont fait du mal, et nous-mêmes à eux, mais nous (Serbes) dans une bien moindre mesure ».

– Regardons la vérité en face ! Sans mentionner à nouveau les victimes dans cette malheureuse guerre qui, comme j’en suis profondément convaincu, n’a apporté rien de bon, à aucune des parties. C’est en tout cas mon point de vue. Les souffrances n’ont pas cessé non plus en temps de paix. Combien de nos églises ont été profanées ces dernières années ? J’ai lu il y a quelques jours ce rapport : l’église de Saint-Procope à Rajevo Selo [village situé près de Vukovar, en Croatie, ndt], a été couverte d’inscriptions qu’il est honteux de répéter, il y a entre autres les mots : «Nous vous exterminerons, bétail serbe ! », signé « Les oustachis ». Dernièrement, ce fut l’attaque physique, et non la première, sur Dušan Dedoević à Smrtići près d’Okučani [en Slavonie, Croatie, ndt]. Auparavant, on lui a cassé sa voiture, on l’a menacé de mort de diverses façons. L’an dernier, 180 attaques ont eu lieu contre des Serbes en Croatie, lesquelles ont été rapportées au Conseil populaire serbe à Zagreb, et le Saint-Synode à Belgrade a des témoignages à leur sujet. Comme vous le savez, devant le siège du Conseil populaire serbe à Zagreb, des slogans oustachis ont été scandés.

– Certaines de nos sources nous disent que ces malheureux, vos fidèles et compatriotes ne déclarent que chaque troisième ou quatrième cas semblable…

– Est-ce qu’une telle situation en Croatie a ému quelque notable ? À Jasenovac [le camp de la mort oustachi où furent martyrisés les Serbes et les Juifs, ndt], ont été portées des inscriptions de saluts oustachis. C’est à tout cela que j’ai pensé. Car le mal continue. Je ne peux imaginer que dans une quelconque ville serbe, devant une institution de la minorité croate, se rassemblent des foules hurlantes, que l’on prononce des menaces de mort, que l’on profère des insultes ! Est-ce là la démocratie ? Est-ce là la démocratie lorsque l’on dit à la Télévision d’État croate que le cas de l’assassinat d’un enfant serbe – au sujet duquel personne, bien sûr, n’a été condamné, alors que les tueurs sont connus de tous – est une « exagération » médiatique ?

– La TV d’État croate a néanmoins déclaré qu’il s’agissait de quelque chose d’inacceptable dans l’émission « TV Kalendar ».

– Je le sais. Je ne conteste pas ces paroles, et je justifie encore moins les maux dont sont coupables certains Serbes. Dans la même mesure, je prie Dieu pour toutes les victimes et ceux qui ont souffert, que ce soit des Serbes, des Croates, des Musulmans ou autres. Je souhaite absolument la paix, je prie pour la paix. Malheureusement, je n’ai pas remarqué durant les vingt dernières années depuis que la guerre, Dieu merci, est terminée, que qui que ce soit parmi les dirigeants religieux de Croatie ait condamné une attaque contre une église serbe, contre un quelconque orthodoxe, qu’il ait dit : on ne doit pas menacer l’autre parce qu’il est un chrétien qui se signe avec les trois doigts, ou bien que l’assassin d’un enfant orthodoxe ne doit pas rester impuni, ou encore qu’on ne doit détruire ou profaner une église chrétienne. Regardez les photos de l’église à Rajevo Selo, et dites-moi : est-ce la réalité ? Ne sommes-nous pas les premiers à souhaiter que chaque icône, chaque livre liturgique, chaque manuscrit, restent où ils se sont trouvés durant des siècles et ce au temps où ni la Croatie, ni la Serbie, n’existaient comme États indépendants ? C’est pourquoi des mesures préalables sont nécessaires : d’abord la sécurité de ces objets sacrés, et ensuite assurer les conditions techniques de leur conservation et leur préservation. Faut-il encore pour une énième fois rappeler la destruction des biens sacrés et culturels serbes sur le territoire s’étendant de Srem jusqu’à la Dalmatie [à l’époque de « l’État Indépendant de Croatie en 1941 », ndt], et de Pakrac à Baranja [du temps de « l’État Indépendant de Croatie » et durant les années 1990] ? Je rappelle que l’Église orthodoxe serbe a manifesté publiquement sa reconnaissance à tous les Croates honorables – et Dieu soit loué, ils étaient assez nombreux – et a accordé ses distinctions les plus élevées à certains d’entre eux qui vivent encore. Je le répète encore une fois et mille fois : nous suivons le Sauveur, nous prions pour la paix, nous œuvrons en actes pour la paix ! Nous sommes frères et seulement frères. Si certains pensent que les Serbes et les Croates ne sont pas des frères slaves, et il y en a, qu’ils se rappellent que nous sommes frères en Christ, selon l’enseignement qu’Il nous a laissé, et que nous devons suivre.

– Pensez-vous qu’il est nécessaire de peser qui a fait le plus de mal ? Et lorsqu’on en parle, considérez-vous que le départ massif des Serbes de Croatie en 1995 puisse être examiné hors du contexte des horreurs de la guerre à partir de 1991 et par la suite ?

– Je suis d’accord avec vous. Rien ne peut être considéré hors du contexte historique, par exemple hors de la tentative de réalisation du plan pour « résoudre » la question serbe et juive en Croatie, qui a été formulée par le ministre de Pavelić, Mile Budak, à savoir « les trois tiers » : tuer [un tiers des Serbes], convertir au catholicisme [un autre tiers], et expulser [un dernier tiers]. Or, la proportion calculée par Budak n’a pas été réalisée comme prévu. La majorité des Serbes ne voulait pas changer de foi, raison pour laquelle ils ont fini à Jasenovac, Jadovna, ou dans les différents Golubnjača [les ravins et grottes dans lesquels ont été précipités les Serbes, ndt]… Et nous considérons aussi « l’action militaire et policière » dite « Tempête » [expulsion des Serbes de Croatie en 1995, ndt] dans le contexte historique, de même que ses conséquences. Ce n’est pas le plan et le programme de Budak, mais ce n’est en aucun cas le départ volontaire des Serbes de Croatie, soi-disant à l’instigation de Belgrade.

– Le nonce apostolique en Croatie dit que la sainteté du cardinal Stepinac est indiscutable. Il a attiré l’attention des catholiques croates sur le fait qu’ils « doivent avoir encore un peu de patience », qu’il faut attendre d’être en mesure d’interpréter « aux frères orthodoxes » le travail qui est fait dans le processus de canonisation, « afin que de cette façon le grand cardinal Aloïs Stepinac puisse être un saint non seulement pour la Croatie, mais un grand saint pour l’Église universelle». Acceptez-vous ce discours du diplomate du pape à Zagreb, mais aussi des évêques croates qui parlent de même, « vous orthodoxes ne comprenez pas la grandeur d’Aloïs Stepinac? »

– Les frères évêques [orthodoxes serbes, ndt] qui sont membres de la Commission [mixte catholique-orthodoxe au sujet de Stepinac, ndt] m’ont dit que l’on s’était mis d’accord que, tant que la commission fonctionne, le public ne serait pas informé en détail. Il faut s’en tenir à cela. Je l’attends des membres croates. Le nonce est un diplomate. La diplomatie a ses lois et usages. Je le comprends en tant que diplomate, mais je ne le comprends pas dans le contexte de l’accord sur l’information du public. Toutefois, la décision de la création de la commission, son format et mode de fonctionnement, a été prise par le pape. Nous l’avons acceptée avec plaisir. Les fables de certains évêques croates selon lesquelles la canonisation de Stepinac se déroule normalement, malgré le travail de la commission, qu’ils qualifient de mineure et d’académique et non ecclésiale et inter-ecclésiale, tout simplement ne sont pas sérieuses, pour dire le moins. Il est clair pour moi que pour nos frères [croates, ndt], ni moi, ni mon Église ne sommes une autorité, mais je considère que le pape François devrait être une autorité pour eux, et une autorité finale. N’est-il pas étonnant que les évêques orthodoxes serbes font plus de cas de l’autorité de l’évêque de Rome que certains évêques catholiques croates ?

– Dans l’Église orthodoxe serbe, si je l’ai bien compris, on est certain que par le travail de la Commission « on arrivera en même temps à de nouvelles conclusions au sujet du contexte historique dans lequel a agi le cardinal Stepinac, de même que ce qui concerne l’ensemble des relations des deux Églises et des peuples serbe et croate pendant la seconde guerre mondiale ». Quels sont les points de départ de vos représentants dans leur démarche ? Quel peut être le point de départ commun pour ces discussions, c’est-à-dire de ce dialogue ?

– La vérité ne peut être un thème de discussions. La vérité n’a pas deux visages. Le seul point de départ peut être la vérité, c’est-à-dire la disposition à accepter les faits. C’est seulement dans cet esprit que le travail de la Commission peut être fructueux et utile. Si nous acceptons la vérité, il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Nous sommes tous vainqueurs.

– La canonisation de Stepinac, selon vous « aurait des conséquences sur les relations entre orthodoxes et catholiques, comme celles des Serbes et des Croates, des peuples voisins chrétiens et mélangés géographiquement, ce qui indubitablement ferait revenir à un passé profond et tragique, indigne de notre vocation chrétienne ». Que signifierait pour vous, comme on le répète en Croatie et aussi dans les interventions du nonce apostolique, la canonisation quasiment certaine qui est seulement ajournée ?

– Il n’est pas utile, selon se qui se passerait le cas échéant, de spéculer sur des choses aussi sérieuses. À la fin des travaux de la commission, la décision finale sera prise par le pape François. Quelle qu’elle soit, elle sera obligatoire pour les catholiques, tandis que les orthodoxes en seront satisfaits ou mécontents.

– Comment estimez-vous la qualité des relations entre la Serbie et la Croatie?

– Je pense que nos deux États, malgré les épreuves et les pesanteurs, historiques et contemporaines, aspirent à la paix. Nous devons tous les aider. Une grande responsabilité repose sur les évêques des deux Églises. Peut-être, certains ne le comprennent pas dans une mesure suffisante. Lorsque, il y a deux ans, j’ai intronisé le métropolite Porphyre, je lui ai rappelé qu’il était appelé à surpasser par l’amour du Christ tous les problèmes qui existent entre les hommes et les peuples, et que, en tant qu’homme de dialogue, il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour cheminer sur la voie de la paix et de la réconciliation ; qu’il travaille pour la paix ardemment, de façon évangélique, qu’il prêche l’amour du Christ. Il l’a accepté et c’est vraiment ce qu’il fait. J’ai recommandé la même chose à l’évêque Jean (de Slavonie, ndt). Je le dis, la responsabilité des politiciens est grande, mais il leur faut notre aide, l’aide des évêques catholiques-romains et des évêques orthodoxes, dont la parole de paix reste profondément dans les cœurs des fidèles.

– Que peuvent encore faire les primats des Églises en Serbie et en Croatie pour arriver à une amélioration des relations au sujet desquelles l’ex-président croate Ivo Josipović a précisément déclaré qu’elles étaient tombées au niveau le plus bas depuis l’an 2000 ?

– Je me réjouis de l’initiative du premier ministre Vučić concernant la résolution des problèmes et des progrès accomplis dans les lieux où vit la minorité croate en Serbie. Je me réjouis du fait que les élèves de nationalité croate disposeront dans leur langue maternelle des manuels qui leur faisaient défaut jusqu’à présent. Je salue une telle action et je me réjouis de tout progrès en faveur de nos concitoyens croates en Serbie. Tous leurs problèmes, dans les limites des possibilités qui sont offertes, doivent être résolus par l’État. Un seul Dieu nous a créés tous, Il est notre Père à tous. En Serbie, il n’y a pas de citoyens de première et de seconde classe. J’espère qu’il en sera bientôt de même en Croatie : que seront réglés les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées, qu’il n’y aura plus de destruction des plaques en caractères cyrilliques, que cesseront les menaces, harcèlements contre les gens et les profanations des églises orthodoxes par des inscriptions de la lettre honteuse « U » [= Oustachis, ndt] sur les murs des églises. Nous attendons que nos frères en Christ, les évêques catholique-romains croates s’engagent en élevant leur voix à ce sujet. Alors, ce sera plus facile pour tous et les relations seront meilleures.

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La Commission spéciale de la Sainte Communauté du Mont Athos demande que soient apportées des modifications au texte du Concile de Crète intitulé « les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »

Faisant suite à la décision de la Synaxe double du Mont Athos réunie le 23 septembre 2016 qui a créé une Commission de la Sainte Communauté chargée d’examiner les documents officiels finaux du Concile de Crète, celle-ci a remis ses conclusions, qui ont fait l’objet d’une circulaire destinée à chacun des higoumènes des vingt monastères du Mont Athos. La Commission était constituée du hiéromoine Chrysostome du monastère de Koutloumousiou, de l’archimandrite Joseph, higoumène du monastère de Xiropotamou, de l’archimandrite Élisée, higoumène du monastère de Simonos Petras, de l’archimandrite Tykhon, higoumène du monastère de Stavronikita, et du hiéromoine Luc, du monastère de Grigoriou. Nous publions sous format PDF in extenso le texte de la circulaire, qui vient d’être rendue publique dans les médias grecs.

Lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie au sujet du Concile de Crète

Nous publions ci-dessous in extenso la lettre du métropolite de Gortyne et Megalopolis Jérémie (Église orthodoxe de Grèce), laquelle a été envoyée aux prêtres de son diocèse le 12 décembre 2016.

« Chers Frères prêtres et concélébrants,
Du 19 au 26 juin a eu lieu à Kolymbari, en Crète, le Saint et Grand Concile panorthodoxe, ainsi qu’il a été appelé. Je connais votre intérêt pour ce qui s’est passé lors de ce Concile, puisque vous me l’avez demandé au cours d’entretiens privés. Or, je vous avais dit que je vous répondrai à tous par une réponse générale. C’est ce que je fais maintenant, ce qui est mon devoir et mon obligation en tant que votre évêque.
1. En premier lieu, je dois dire ce que vous savez, c’est-à-dire que notre Église s’exprime conciliairement (synodika). Et vous-mêmes, avec votre troupeau, les chrétiens laïcs, vous constituez une Assemblée (synodos), et laquelle ! C’est la divine Liturgie qui est appelée « assemblée » (synodos) puisqu’elle est l’œuvre du peuple (leitos). Vous savez que sans l’élément laïc, vous ne pouvez célébrer la divine Liturgie. Cette Assemblée, la divine Liturgie est réellement « grande et sainte ». « Sainte », car en elle, par votre propre prière – celle du prêtre – qu’accompagnent les chrétiens fidèles pendant l’hymne « Nous Te chantons… », vient le Saint-Esprit, non seulement sur les Dons qui se trouvent sur le saint Autel, pour les transformer en le Corps et le Sang du Christ, mais aussi sur toute l’Assemblée des fidèles. C’est ainsi qu’il est dit dans la prière de la Consécration : « Envoie Ton Esprit Saint sur nous et sur les Dons ici offerts ». Et la divine Liturgie est une « Grande » Assemblée parce que malgré le fait que dans nos villages, il peut se produire que celle-ci ne soit constituée que de cinq femmes âgées, « des milliers d’archanges et des myriades d’anges… » sont présents à l’office, comme nous le disons dans la prière correspondante. Ainsi, l’Église convoque toujours des assemblées et elle a beaucoup tardé, ces dernières années, à se rassembler en Concile. Aussi, nous nous sommes fortement réjouis lorsque nous avons entendu que notre patriarche œcuménique Bartholomée convoquait un Concile panorthodoxe. Un Concile a eu lieu, auquel notre Église de Grèce a été représentée par notre Archevêque avec environ 25 évêques, une sainte délégation de toute la hiérarchie de l’Église de Grèce, que nous avons accompagnée par notre prière et notre anxiété. Beaucoup a été dit, positivement et négativement, et je vais exposer ici mon propre point de vue sur ce qui a été dit et écrit à ce Concile, et ce librement et en bonne conscience, en tant qu’évêque de l’Église de Grèce.
2. Frères dans le sacerdoce, comme nous le savons par l’histoire des Conciles de notre Église, un Concile se rassemble pour condamner une hérésie et naturellement pour régler différentes questions d’ordre et de cheminement de notre Église. Mais, principalement, notre Église se préoccupe particulièrement de la foi de ses enfants, qu’elle formule clairement dans ses Conciles, dissociant celle-ci de l’erreur et de l’hérésie. On entend parler déjà depuis de nombreuses années de l’hérésie de l’œcuménisme, une construction religieuse qui veut l’unité de tous, en dépit des différences dogmatiques. Les racines de cette hérésie se trouve dans le syncrétisme de l’Ancien Testament, qui a été combattu passionnément par ses prophètes. Oui ! Les combats des prophètes de l’Ancien Testament sont des combats contre l’œcuménisme. Par cette hérésie, que ses connaisseurs appellent à juste titre « pan-hérésie », ont été influencés nombre de nos orthodoxes. Ils disent en effet qu’il existe des clercs de haut degré qui sont enthousiastes des mouvements oecuménistes et qui les soutiennent dans leurs paroles. Un immense nombre de nos chrétiens sont scandalisés par les slogans oecuménistes qu’ils entendent. Le papisme constitue aussi une hérésie. Puisque, en raison de nos clercs et laïcs philo-oecuménistes et philopapistes, il y a une confusion dans le monde orthodoxe, il aurait fallu – c’est que nous attendions – que le Concile de Kolymbari en Crète, avec son autorité, éclaircisse les choses et parle clairement de ces deux hérésies de notre époque et en préserve les fidèles. Il ne l’a pas fait, malgré le fait que de nombreux clercs et laïcs l’avaient demandé avant le Concile, et ce avec beaucoup d’insistance et de supplications. Naturellement, les fidèles orthodoxes savent que le papisme est une hérésie, parce que nous avons à son sujet les témoignages des saints Pères et surtout celui de l’illustre Père, saint Grégoire Palamas. Les fidèles savent également que l’œcuménisme est une pan-hérésie. Aussi, en raison du danger menaçant et afin que le peuple fidèle en fût préservé, nous aurions attendu la condamnation du papisme et de l’œcuménisme par le Concile. Or nous ne l’avons pas vu.
3. Mais, paradoxalement, il semble que le Concile de Crète n’a condamné aucune hérésie, ni qu’il ait parlé d’hérésies, qu’il qualifie « d’Églises ». Ici, mes très pieux prêtres, je m’arrêterai pour procéder à une clarification du terme « Église ». Il s’agit d’un mot qui signifie en général le rassemblement, la réunion, l’assemblée des personnes. Ce mot a été utilisé dans l’antiquité. C’est ainsi que les anciens parlaient de « l’ecclesia du peuple ». Dès le début, le christianisme pour manifester sa foi et exprimer ce qu’il faisait, a accepté sans crainte et librement des expressions séculières et politiques, tels que les mots « « royauté », « force » que nous entendons dans l’office divin (« Car à Toi appartient la force, à Toi conviennent la royauté, la puissance et la gloire… »). Pour ce qui concerne notre relation avec Dieu, nous l’exprimons par le mot « foi », et encore mieux par le mot « Église ». Non pas par le mot « religion ». Lorsque nous disons « foi », nous comprenons toute notre vie, toute notre relation avec Dieu. Nous comprenons toute notre famille sacrée que nous appelons « Église ». Lorsque Jacques, le frère de Dieu, dit que « la prière de la foi sauvera le malade » (Jc 5,15), il n’a pas en vue la prière qui est faite avec foi, mais la prière que fait l’Église (c’est elle qui est appelée « foi »), raison pour laquelle elle a la force de sauver. Lorsque l’Église prie lors d’un sacrement, elle est entendue dans tous les cas, bien que le prêtre qui le célèbre soit pécheur. C’est la même chose qu’expriment les mots « Que tous se délectent du banquet de la foi » [discours pascal de St Jean Chrysostome, ndt], c’est-à-dire le « banquet » de l’Église, qui est la divine Eucharistie. Mais l’expression « Église » est encore plus profonde et plus sacrée pour manifester la Famille de Dieu. Pères et Frères, le Fils de Dieu, s’est engendré et est venu dans le monde pour créer Sa famille, laquelle est l’Église. Celle-ci est un Mystère et ne peut être limitée par des définitions. Nous concevons cependant et goûtons ce mystère de l’Église (chacun en fonction de sa pureté) dans la divine Liturgie. C’est la raison pour laquelle St Ignace le Théophore dit que l’Église est « l’Autel », c’est-à-dire la sainte Table sur laquelle est célébrée la divine Liturgie. Puisque la divine Liturgie est l’Église, ceux qui ne participent pas à la Divine Eucharistie ne peuvent y participer. Et puisque nous ne pouvons pas communier avec les catholiques, les protestants et les autres chrétiens hétérodoxes, ceux-ci ne sont pas attitrés à être qualifiés du terme sacré « d’Église ». Ils ne constituent simplement que des communautés religieuses. Cependant, le Concile de Crète les a appelé « Églises ». Naturellement, comme nous l’on dit lors de l’Assemblée [des évêques de l’Église de Grèce, ndt] qui a siégé en novembre, les Pères hiérarques de notre Église de Grèce ayant participé au Concile, le terme « Église » qui a été appliqué aux hétérodoxes, n’a pas été utilisé dans son sens principal, dogmatique mais, abusivement, dans le sens de communauté religieuse. Oui, mais dans nos textes et expressions théologiques, nous avons une autre conception de « l’Église », celle que nous avons présentée ci-dessus. Et puisqu’il s’agit donc de textes du Saint et Grand Concile, il convient que nous soyons très précis dans nos expressions. Après nous, d’autres et d’autres viendront et trouveront « prête » l’utilisation de l’expression « Église » pour les hérétiques et ceux qui sont le plus libéraux à leur égard, avec la justification au demeurant correcte que l’expression a été utilisée précédemment par un Concile. C’est pourquoi des théologiens solides se sont dressés contre cette expression, selon laquelle les hétérodoxes sont appelées « Églises », et l’ont considérée comme très erronée, surtout pour un texte conciliaire.
4. Mais nous, les évêques [de l’Église de Grèce], lors de notre Assemblée de mai de cette année, n’avions pas formulé cette expression erronée. Pourquoi notre texte a-t-il donc été modifié ? Notre texte, suivant la décision de l’Assemblée de mai, disposait : « L’Église orthodoxe connaît l’existence d’autres Confessions et Communautés chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Cette proposition était on ne peut plus orthodoxe. Elle a été acceptée par toute notre hiérarchie et c’est cette proposition que devait soutenir notre délégation, sans modification, devant le Concile. Or, la proposition a été modifiée comme suit : « l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Cette phrase est erronée pour la raison que nous avons indiquée, à savoir que les hétérodoxes y sont appelés « Églises ». L’expression « Églises hétérodoxes » signifie « hérétiques ». Et puisque ces « églises » sont hérétiques, comment les appelons-nous « sœurs » ? Mais l’esprit théologique aguerri du bon Pasteur de notre bien-aimée Patrie, S.E. le métropolite de Naupacte Mgr Hiérothée, qualifie clairement cette expression «d’anti-orthodoxe » ! Je m’efforcerai, Pères, de vous expliquer simplement le contenu anti-orthodoxe de l’expression « Églises hétérodoxes » sur la base de l’interprétation du métropolite de Naupacte : il s’agit d’une expression contradictoire. L’Église dispose de toute la vérité et ne peut faire erreur. Si elle est dans l’erreur, elle ne peut être l’Église. L’hérésie est une erreur. Dire « Églises hétérodoxes », c’est mettre ensemble ces deux opposés, cela signifie que nous acceptons l’erreur dans l’Église et la vérité dans l’hérésie ! C’est grotesque ! Oui, c’est ce que signifie l’expression « Églises hétérodoxes ». Je reconnais cependant que la délégation de notre hiérarchie, en utilisant l’expression « Églises hétérodoxes », de même que le Concile de Crète adoptant celle-ci, ne voulait pas exprimer l’enseignement erroné susmentionné, mais nous savons tous que, dans les textes conciliaires doit exister l’exactitude et la clarté. Il n’est pas permis dans des textes conciliaires d’utiliser de telles expressions erronées. Ceci, selon le rapport du métropolite de Naupacte connaît un précédent historique. Dans la « Confession de Loukaris », qui a été écrite ou adoptée par le patriarche de Constantinople Cyrille Loukaris, il est dit que l’Église dans son cheminement peut tomber dans l’erreur et, au lieu de la vérité, dire le mensonge. Le patriarche formule littéralement la proposition suivante : « Il est vrai et certain que, dans son cheminement, l’Église peut errer et, au lieu de la vérité, choisir le mensonge ». Le sens de l’erreur de cette proposition de Cyrille Loukaris est formulée exactement par l’expression « Églises hétérodoxes » du texte du Concile de Crète, après l’altération de la première expression très orthodoxe de notre hiérarchie. Or, le Concile de Constantinople de 1638 a anathématisé le patriarche Cyrille Loukaris pour son expression anti-orthodoxe susmentionnée, selon laquelle l’Église peut être dans l’erreur. Toujours est-il que l’expression erronée « Églises hétérodoxes » restera maintenant, si le Concile de Crète est reconnu, en tant qu’écrite officiellement dans son texte et sera utilisée bel et bien et très librement comme permise et valide. Comme cela nous est connu, le mot « Église » a été attribué au XXème siècle pour la première fois à des chrétiens qui se trouvent hors d’elle, et ce par la proclamation du Patriarcat œcuménique de 1920. S.E. le métropolite de Naupacte, dans sont texte à la hiérarchie de novembre de cette année se plaint à juste titre que la nouvelle proposition avec l’expression erronée n’a pas été étudiée par la délégation de notre hiérarchie, mais a été faite « pendant la nuit du vendredi au samedi », mentionnant que le rédacteur de la proposition « ne connaît pas la dogmatique de l’Église orthodoxe catholique », et qualifiant la phrase controversée de « diplomatique et non théologique ». C’est une phrase qui facilite l’hérésie et la pan-hérésie de l’œcuménisme, disons-nous.
5. Dans le texte final de la délégation de notre hiérarchie, comme cela a été de nouveau relevé par S.E. le métropolite de Naupacte, il y a une autre faute sérieuse, dogmatique et ecclésiologique. Il est écrit dans le texte : « D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne saurait être perturbée. Cependant, l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle ». Le métropolite de Naupacte considère à nouveau la première phrase du texte « impie et anti-orthodoxe ». Effectivement ! Cette phrase est telle parce qu’elle exprime le point de vue protestant sur l’Église invisible et visible. Lorsque Luther et, avec lui, Calvin et Zwingli, se sont détachés de Rome, ils ont développé la théorie sur l’Église invisible et visible, afin que l’on ne pense pas qu’ils étaient en dehors de l’Église. L’Église invisible, à laquelle ils pensaient appartenir, était selon eux unie, tandis que les Églises visibles sur terre (ils avaient d’abord appartenu à l’une d’entre elles – celle de Rome –) étaient divisées et s’efforçaient de trouver leur unité. Notre théologien Lossky, dénonçant cette ecclésiologie protestante, qui divise l’Église en visible et invisible, la met en parallèle avec l’hérésie de Nestorius, qui a divisé la nature divine et humaine dans la Personne du Christ. De cette théorie des Protestants sur l’Église visible et invisible, qui est sous-jacente dans l’expression du texte conciliaire que nous jugeons, « partent – dit le métropolite de Naupacte – d’autres théories, comme celle des branches, la théologie baptismale et le principe d’inclusivité ». Aussi, nous devons faire très attention. L’expression du Concile «D’après la nature ontologique de l’Église… » est bizarre. Je vais maintenant examiner le sujet d’un autre angle, Pères, pour que vous compreniez l’erreur de l’expression. Je vous le demande, mes frères concélébrants : Pourquoi appelons-nous le miracle de la Divine Eucharistie « changement » des saints Dons et non « transsubstantiation » ? Parce que l’expression « transsubstantiation » rappelle la théorie de Platon et d’Aristote sur les idées, les archétypes, qui selon eux sont la substance des choses terrestres. Ainsi, le terme «transsubstantiation » pour exprimer la Divine Eucharistie manifeste que sont changés non pas le pain et le vin lui-mêmes, mais leurs archétypes dans le monde d’en-haut, les idées. C’est pourquoi, je le répète, le miracle de la Divine Liturgie, est appelé par nous « changement » et non « transsubstantiation ». De même maintenant, l’expression « unité ontologique de l’Église » nous renvoie en quelque sorte à cette théorie de Platon et d’Aristote. Pour cette raison, il ne faut pas l’appliquer à l’Église, afin que l’on ne nous critique pas, par cette expression, de « protestantiser », que l’on ne nous accuse pas de vouloir soi-disant déclarer ainsi la véritable unité de l’Église invisible en opposition à celle qui est visible sur terre. C’est à cela que se réfère le mot « cependant » qui suit.
6. Je ne vous ai pas parlé, mes Pères, de tous les sujets du Concile de Crète, mais d’un seul seulement, le plus sérieux peut-être, parce qu’il est ecclésiologique. Au sujet de ce texte du Concile qui concerne le thème que j’ai exposé, intitulé « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste [et non « l’ensemble » selon la traduction française officielle, ndt] du monde chrétien, l’érudit métropolite de Naupacte dit précisément dans son exposé à l’Assemblée de la hiérarchie de l’Église de Grèce au mois de novembre de cette année : « Ce que je puis dire est que ce texte n’est non seulement pas théologique, mais aussi qu’il n’est pas clair, n’a pas de perspectives et de bases claires, qu’il est diplomatique. Comme cela a été écrit, il se distingue par une ambiguïté diplomatique créatrice. Et comme texte diplomatique, il ne satisfait ni les Orthodoxes, ni les hétérodoxes (…) Le texte soulève de nombreux problèmes, malgré certaines bonnes formulations générales. C’est ainsi que lorsque seront publiés les Actes du Concile, où sont reflétés les points de vue réels de ceux qui ont décidé les textes et les ont signés, il apparaîtra clairement que la théorie des branches a dominé au Concile, la théologie baptismale, et principalement le principe d’inclusivité, c’est-à-dire le glissement depuis le principe d’exclusion au principe d’inclusion (…) Beaucoup ont compris que ce texte a été écrit et décidé en vitesse et n’est pas finalisé, puisqu’il a été signé par les évêques le dimanche matin, et encore pendant la sainte Liturgie ! » Ces passages émanant de S.E. Mgr Hiérothée sont très significatifs et il faut les prendre sérieusement en compte et ne pas les négliger.
7. Nombreux sont ceux qui demandent : Reconnaîtrons-nous ce Concile ? Cela sera décidé par tous les les hiérarques de notre Église de Grèce. Notre archevêque Jérôme, accorde toujours la liberté de parole pour chaque point de vue qui s’exprime et il accepte toutes les positions. Nous l’en remercions. Mais nous savons, par l’histoire des Conciles, que beaucoup de sessions avaient lieu lors des Conciles œcuméniques lesquelles duraient des années. L’Église de Roumanie a décidé que les textes du Concile de Kolymbari en Crète peuvent être modifiés sur certains points, être développés par un futur saint et grand Concile de notre Église, être parachevés, et permettre ainsi un accord panorthodoxe. Parce que maintenant, au Concile de Crète, quatre Patriarcats n’ont pas participé, à savoir Antioche, Russie, Bulgarie et Géorgie. Ceci se produisait dans l’histoire des Conciles, nous le répétons. Il y avait beaucoup de sessions qui duraient des années. Et ces sessions étaient par la suite considérées comme un seul Concile.
8. Peut-être, Pères, ce que je vous ai dit peut paraître pour vous des points de détails, cela peut vous sembler quelque peu étrange, et vous pouvez peut-être m’accuser d’attribuer de l’importance aux mots et aux expressions. Cependant, mes Pères, notre foi orthodoxe s’exprime avec la précision des mots, qui sont chargés d’un profond sens théologique. Et comme nous le savons, notre Église a livré de grandes luttes pour la formulation correcte des dogmes de notre foi. Nous avons besoin de beaucoup de prière et de réflexion. Non d’actes précipités. J’attendrai, chers concélébrants et frères, vos questions, objections et désaccords sur ce qui a été dit, et nous parlerons à nouveau du Concile de Kolymbari en Crète. Priez pour moi.
Avec mes meilleurs souhaits et l’amour en Christ,
+ Le métropolite de Gortyne et de Megalopolis Jérémie »

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Le patriarche Bartholomée a visité la fraternité de Bose à Ostuni

Le 4 décembre dernier, le patriarche œcuménique Bartholomée lors de son voyage de Lecce à Bari (Italie), a visité la fraternité du monastère de Bose située à Ostuni.  Le responsable de la fraternité, le père Sabino a informé le patriarche de la vie et des activités de sa communauté.

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L’Église orthodoxe russe n’entretient pas de relations avec les Églises qui s’écartent des principes chrétiens

Si les autres dénominations chrétiennes s’écartent de la moralité traditionnelle, fondée sur la doctrine chrétienne, l’Église orthodoxe russe cessera le dialogue avec elles, a déclaré, dans une interview à l’agence RIA Novosti, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des Affaires extérieures du Patriarcat de Moscou. « Dans certains cas nous le cessons [le dialogue, RIA], par exemple dans celui de l’Église de Suède. Or le pape vient juste de partir pour la Suède [du 31 octobre au 1er novembre, RIA], où il a rencontré une femme-archevêque [Mme Antje Jackelén, archevêque de l’Église luthérienne de Suède, ndt]. Pour ce qui nous concerne, après que toute une série d’événements se soient produits dans l’Église de Suède, avec lesquels, nous sommes catégoriquement en désaccord, et que nous considérons comme un abandon de l’ecclésiologie – c’est-à-dire de l’enseignement sur l’Église – chrétienne traditionnelle, et particulièrement les événements que nous considérons comme une révision de l’enseignement moral, nous cessons simplement le dialogue avec celle-ci » a déclaré le métropolite. Celui-ci a fait remarquer que, dans les contacts avec le protestantisme occidental contemporain, l’Église orthodoxe russe se heurte souvent à des problèmes « qui font que ce dialogue devienne non pas simplement épineux, mais même impossible ». Le chef du Département des Relations ecclésiastiques extérieures considère que la visite du pape François en Suède n’aura pas d’influence sur les relations des orthodoxes et des catholiques-romains, étant donné que l’Église catholique choisit elle-même « avec qui être en relation, et avec qui ne pas l’être », c’est son « affaire interne ». Auparavant, le patriarche Cyrille avait déclaré que l’Église orthodoxe russe continuait de mener le dialogue avec l’Église catholique-romaine, mais a pratiquement abandonné les discussions avec les Églises protestantes occidentales en raison de leur renonciation aux valeurs morales évangéliques. En octobre, il a visité, pour la première fois en tant que patriarche de l’Église orthodoxe russe, la Grande-Bretagne pour des raisons pastorales. Le voyage était dédié au 300ème anniversaire de la présence de l’Église russe sur les îles britanniques. Le dernier jour de sa visite, le patriarche a rencontré la reine Elisabeth II et l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, le leader de l’anglicanisme.

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Communiqué du diocèse de Valjevo (Église orthodoxe serbe) au sujet des propos de l’archevêque catholique-romain Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča

Suite aux déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar concernant St Nicolas de Žiča, publiées dans le quotidien serbe “Politika”, Mgr Miloutine, évêque de Valjevo (diocèse où se trouvent les reliques du saint), a publié le communiqué suivant :
« Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (I Jn. 3,18)
Profondément affectés par la tentative – qui malheureusement n’est pas la première – de mettre en doute la figure et les œuvres du saint évêque Nicolas Velimirović, nous avons le devoir et la nécessité de nous prononcer publiquement. Une semaine s’est déjà passée (ce qui est amplement suffisant pour démentir ou confirmer ce qui a été dit) depuis que l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar, dans l’interview accordée au quotidien “Politika”, appliquant la méthode connue “d’incitation au doute” (sans mentionner aucun fait), à tenté d’amoindrir la sainteté de l’évêque Nicolas Velimirović. La tentative était subtile, mais comme toute insinuation malintentionnée, elle est restée stérile et manquée. De toute évidence, peinant à défendre ses positions, Mgr Hočevar a imaginé une idée géniale : pourquoi, dans la difficulté d’élever quelqu’un [le cardinal Stepinac, ndt], ne tenterions-nous pas d’abaisser et de contester l’autre [St Nicolas de Žiča, ndt]? Cette idée n’est aucunement nouvelle, mais est indigne du rang et de la charge de Mgr l’archevêque. Nous ressentons la nécessité, en tant que gardien des reliques du saint évêque Nicolas, de transmettre l’expérience de sa sainteté et de ses miracles. Il fut et restera un luminaire de la théologie, de la foi et de la vie de l’Église orthodoxe et de son peuple serbe. Sa vie ascétique, son œuvre pastorale, sa confession de la foi, ses souffrances et son amour du prochain ne nécessitent pas de “défense” ou de “preuves”. En particulier, tout cela ne nécessite pas de défense lorsque l’on à affaire à des affirmations malintentionnées. Les saints, comme cela est bien connu, après leur passage dans le Royaume céleste, ne cessent pas d’accomplir des œuvres d’amour et de charité. Le meilleur exemple en est le saint évêque Nicolas et les bienfaits qu’il accomplit pour ceux qui le vénèrent et le glorifient. Il ressort clairement de l’interview de Mgr Hočevar qu’il n’a pas eu lui-même l’occasion (après sa dernière déclaration, la raison en est évidente) de venir parmi le peuple de la région de Valjevo et de constater s’il existe ou non une unanimité dans l’opinion du peuple serbe au sujet du saint évêque Nicolas. Il eût été suffisant que Mgr Hočevar entendît seulement parler de la cérémonie de changement d’ornements de ses saintes reliques en 2013 ou qu’il ait vu l’affluence du peuple de Dieu dans la vallée de Lelić pour glorifier le géant spirituel. La voix du peuple de Dieu est la meilleure « commission » pour donner le sceau de la sainteté, et le peuple orthodoxe de l’Église une, sainte, catholique et apostolique ressent profondément le magnétisme plein de grâce du saint évêque Nicolas, le glorifiant comme « l’évêque de tout le peuple ». Aussi, aucun once de doute malveillant ne peut entacher sa sainte vie. Au contraire, de telles déclarations et des allégations semblables ne font que nous inciter à garder encore plus le trésor que nous avons dans la personne du saint évêque Nicolas et nous encouragent à prier pour atteindre son amour et sa grandeur. Après tout ce qui a été dit par Mgr Hočevar, il reste pour nous une question inévitable : sa déclaration va-t-elle dans le sens du dialogue pour lequel il s’engage tant ? Est-ce là un exemple d’amour véritable et sincère auquel nous sommes appelés ? Nous pensons profondément que ce n’est pas le cas, car un autre saint de nos jours, saint Justin de Ćelije nous enseigne et nous met en garde : “Il n’y a pas de vérité sans amour, ni d’amour sans vérité”. Il est édifiant à cette occasion de se rappeler les paroles de saint Justin concernant un autre grand hiérarque de son époque, le métropolite Antoine (Khrapovitzky +1936), et que nous pouvons à très juste titre appliquer au saint évêque Nicolas : “Ce lumineux hiérarque et ce sage maître divin, est devant nous, et nous, à sa suite. Il est le guide, et nous, ses disciples. Lui, le grand hiérarque orthodoxe grand dans la douceur et l’humilité, et à sa suite nous, petits, misérables, nous sommes poussière et cendres”.

+ Evêque Miloutine de Valjevo

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Le document commun « Synodalité et primauté pendant le premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église »

Le document commun « Synodalité et primauté pendant le premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église » approuvé par la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine à Chieti le 21 septembre 2016 a été traduit entièrement en français et est disponible sur le site suivant.

L’Église orthodoxe de Géorgie appelle à s’abstenir « d’expressions de mécontentement » à l’occasion de la visite du pape François

L’Église orthodoxe de Géorgie appelle certains de ses prêtres et des groupes individuels de citoyens à ne pas manifester leur mécontentement et garder le calme lors de la visite du pape François, du 30 septembre au 2 octobre. « Le Patriarcat de Géorgie salue avec respect l’hôte et espère que sa visite contribuera à l’approfondissement des relations multilatérales et à l’affermissement de la paix dans la région. En même temps, nous considérons inacceptable l’expression de mécontentement au sujet de la visite du pape de Rome, de la part de certains clercs géorgiens et nous appelons tous au calme », est-il dit dans la déclaration du patriarcat, diffusée ce mercredi. Comme cela a été communiqué il y a deux semaines, plusieurs dizaines des membres de l’organisation « Union des parents orthodoxes » et quelques prêtres géorgiens ont procédé à une action de protestation devant le bâtiment du Vatican à Tbilissi, demandant que la visite du pape en Géorgie soit annulée. Il est également indiqué dans la déclaration du Patriarcat que le pape effectue la visite sur l’invitation du patriarche de Géorgie Élie II et du président géorgien Guiorgui Margvelachvili.

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Fin de la XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine

La XIV session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine s’est terminée le 21 septembre 2016, à Chieti (Italie).

Après adoption des amendements et addenda nécessaires, la session plénière de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine a approuvé le document commun « Synodalité et primauté pendant le Premier millénaire : Vers une compréhension commune au service de l’unité de l’Église ».

La délégation de l’Église orthodoxe géorgienne a publié une déclaration, exprimant son désaccord avec certains paragraphes du document. Cette déclaration a été incluse au communiqué publié par la séance plénière et figurera au document commun en tant que note. Le document devrait être prochainement publié au nom de la commission.

Pendant les séances, les participants ont discuté du thème de la poursuite du dialogue. Le chef de la délégation de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a proposé de consacrer le prochain stade du dialogue au thème de la synodalité et du primat dans les Églises d’Orient et d’Occident durant le second millénaire. En parallèle, a-t-il souligné, il serait nécessaire de poursuivre la discussion sur l’uniatisme en tant que phénomène apparu après le schisme de 1054 et demeurant jusqu’à aujourd’hui une pierre d’achoppement dans les relations orthodoxes-catholiques.

Le Président du Département des relations ecclésiastiques extérieures a rappelé qu’en 2000, pendant la session de Baltimore (États-Unis), la Commission mixte aurait dû discuter le thème des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme. Cette discussion devait s’inscrire dans la poursuite du travail commencé dans les années 1990 avec l’adoption, en 1993, du document de Balamand (Liban), condamnant l’uniatisme. Un autre projet de document sur le même thème avait été élaboré à Aricca (Italie) en 1998. Cependant, la session de Baltimore n’avait pu terminer ses travaux à cause de divergences d’opinion entre les participants catholiques et orthodoxes, de même qu’à l’intérieur des deux parties.

Selon le métropolite Hilarion, « lorsque les travaux de la Commission mixte ont repris après une interruption de six ans, il a été proposé de reprendre la discussion de la question du primat et de la synodalité dans l’Église. L’Église orthodoxe russe a approuvé cette proposition, à condition que les conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’union seraient aussi abordées avec les thèmes de la primauté et de la conciliarité. Cependant, en 10 ans, de 2006 à 2016, la commission n’est pas revenue une fois à ce thème. La logique de notre dialogue exige qu’afin d’achever le travail sur le document consacré à la primauté et à la synodalité dans l’Église pendant le premier millénaire, nous passions à l’examen de la question de la synodalité et de la primauté dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire. Nous devrons nous pencher sur le schisme de 1054, ainsi que sur le problème de l’uniatisme, qui est central pour le second millénaire. Je suppose que les problèmes qui nous séparent seront discutés, et que nous n’arriverons pas à un accord sur chacun de ces points. Cependant, l’objectif de notre dialogue n’est pas de parvenir à un accord sur les questions sur lesquelles nous nous entendons déjà, mais de discuter des problèmes qui nous séparent. Le thème de l’uniatisme est l’un de ces problèmes, et d’une brûlante actualité. »

Le métropolite Hilarion a attiré l’attention des membres de la Commission mixte sur les actions de la direction de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne, inadmissibles d’un point de vue chrétien. « Nous entendons les déclarations de l’archevêque suprême de l’EGCU, Sviatoslav Chevtchouk, qui sont en contradiction avec notre dialogue, qui suscitent des obstacles à ce dialogue, et sèment la méfiance entre orthodoxes et catholiques. En février de cette année, à La Havane, le Pape François a rencontré le Patriarche Cyrille. Pour notre Église, c’était un évènement historique, puisque le Pape et le Patriarche ne s’étaient jamais rencontrés. Nous en sommes convaincus, ce fut une bonne rencontre, ouvrant une nouvelle page dans nos relations bilatérales. Cependant, cette rencontre a immédiatement suscité les critiques des gréco-catholiques ukrainiens, et pas seulement d’un groupe de fidèles quelconques, mais de la direction même de l’l’Église gréco-catholique ukrainienne. Et il ne s’agit pas seulement de critique, mais d’offenses et d’attaques injustes. Nous devons nous rendre compte qu’à l’intérieur de nos Églises il y a des gens qui mettent des obstacles sur notre route, et nous devons garder cela à l’esprit lorsque nous pensons à l’avenir de notre dialogue. »

De son côté, l’archimandrite Irénée (Steenberg), membre de la délégation de l’Église orthodoxe russe, a montré que la discussion du thème de la primauté et de la synodalité dans les Églises d’Orient et d’Occident au second millénaire soulèveraient forcément des questions sur lesquelles les deux parties de la commission divergent sérieusement. Néanmoins, il est nécessaire d’aborder ces thèmes de même qu’il est nécessaire de discuter de l’uniatisme. L’archimandrite Irénée a souligné qu’il serait difficile à l’Église orthodoxe russe de poursuivre le dialogue orthodoxe-catholique si la question des conséquences ecclésiologiques et canoniques de l’uniatisme restait sans solution.

Il a néanmoins été décidé de laisser le choix du thème des prochaines séances à l’examen du Comité de coordination de la Commission mixte, qui se réunira en 2017.

Dans le communiqué de clôture, les participants ont remercié Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti, de son hospitalité.

Les membres de la commission ont aussi exprimé leur solidarité avec la population du Proche Orient, de plusieurs pays d’Europe et du monde. Le document mentionne aussi les métropolites d’Alep Paul (Patriarcat d’Antioche), membre de la Commission mixte, et Grégoire Jean Ibrahim (Église syro-jacobite), enlevés par les terroristes.

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Le métropolite de Volokolamsk Hilarion : « L’uniatisme continue de rester la principale pierre d’achoppement au dialogue entre orthodoxes et catholiques ».

Le 16 septembre 2016 a commencé, dans ville de Chieti (Italie), la XIVème session plénière Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe. Par décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe du 15 juillet 2016, la délégation du Patriarcat de Moscou participant à la session plénière est constituée du métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures (chef de délégation), de l’archimandrite Irénée (Steenberg), recteur du monastère Saint-Silouane-l’Athonite de Sonora, en Californie (Église orthodoxe russe hors-frontières), ainsi que du collaborateur du Secrétariat pour les relations interchrétiennes du Département des affaires ecclésiastiques extérieures, le prêtre Alexis Dikarev, qui participe à la session en tant que consultant. Avant le début de la session plénière, les représentants des Églises orthodoxes locales se sont réunis séparément pour discuter du déroulement des futurs travaux. Intervenant devant les participants orthodoxes de la session, le métropolite Hilarion a rappelé la nécessité pour la commission de revenir à la question de l’uniatisme, dont la discussion avait commencé dans les années 1990, mais a été interrompue en l’an 2000. « Les agissements des gréco-catholiques en Ukraine et leur rhétorique agressive à l’endroit de l’Église orthodoxe témoignent que l’uniatisme continue à être une plaie ouverte sur le corps du christianisme mondial et la principale pierre d’achoppement au dialogue entre orthodoxes et catholiques » a souligné le métropolite. En raison de l’impossibilité pour le métropolite de Pergame Jean de continuer à remplir les obligations de co-président de la Commission mixte, les délégués orthodoxes, lors de leur session, ont discuté des candidatures possibles pour lui succéder à ce poste. À la suite de cette discussion, l’archevêque de Telmessos Job (Patriarcat de Constantinople) à été confirmé dans cette fonction. La session plénière de la Commission mixte, à laquelle prennent part les représentants de toutes les Églises orthodoxes reconnues, à l’exception du Patriarcat de Bulgarie, a été ouverte par les paroles d’accueil du co-président de la commission pour la partie catholique, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, ainsi que celles de l’archevêque de Telmessos Job, co-président pour la partie orthodoxe, et de l’archevêque catholique de la ville de Chieti, Mgr Burno Forte. À l’issue de la partie solennelle, les membres de la commission ont commencé l’examen du document consacré à la catholicité et la primauté dans l’Église du premier millénaire, approuvé lors de la session du Comité de coordination de la Commission mixte à Rome en octobre 2015.

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Observations du métropolite de Naupacte Hiérothée sur la position du Patriarcat de Roumanie lors du Saint et Grand Concile

En tant que membre de la délégation de l’Église de Grèce, j’ai suivi avec beaucoup d’attention toutes les sessions du Saint et Grand Concile qui a été convoqué récemment à Kolymbari en Crète. J’ai écrit et j’écrirai par la suite mes observations sur les travaux du Concile. Ici, je voudrais simplement souligner le rôle important joué au Concile par le patriarche de Roumanie Daniel et, en général, le Patriarcat de Roumanie. D’abord, le Patriarcat de Roumanie s’était très bien préparé pour le Concile et avait soumis des propositions importantes pour la correction des textes, principalement celui concernant « les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Seules trois Églises avaient formulé des propositions concrètes, à savoir le Patriarcat de Roumanie, l’Église de Chypre (les moins nombreuses) et l’Église de Grèce. Le Patriarcat de Serbie a soumis également des propositions orales. Je pense que le Patriarcat de Roumanie a fait le plus grand nombre d’observations. Pendant les sessions, le patriarche de Roumanie Daniel est celui qui a soutenu ses vues avec maîtrise théologique, expérience des dialogues et détermination. Dans certains cas, il était très ferme et a participé de façon importante à la formulation de l’article 21 du texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Il a déclaré maintes fois que si certaines corrections ne passaient pas, il ne signerait pas le texte. Plusieurs fois également, il a formulé l’opinion selon laquelle la discussion ne devait pas être achevée maintenant, que le texte ne devait pas être signé, mais laissé ouvert pour le prochain Grand et Saint Concile. À une occasion, il a exprimé fortement son insatisfaction et a déclaré qu’il sentait que les participants agissaient sous la contrainte. Lorsque le texte a été achevé et lu devant l’assemblée, le patriarche de Roumanie a constaté que la traduction française n’avait pas été faite correctement et que certaines de ses observations n’avaient pas été prises en compte. Il a dit alors que si ces corrections n’étaient pas faites, il ne signerait pas le texte. Cela eut pour conséquence d’arrêter tout le processus et que le texte soit corrigé à nouveau. Ce qui a eu lieu après un long moment. Parmi tous les primats, le patriarche de Roumanie a montré ses aptitudes théologiques et sa capacité à défendre théologiquement ses vues. Il avait également la possibilité, lorsque ses vues n’étaient pas adoptées, de proposer des solutions de rechange. Cependant, puisque le règlement prévoyait, dans le cas où la proposition d’une Église n’est pas adoptées par les autres Églises, que le texte resterait tel quel, et pour cette raison toutes les propositions n’ont pas été retenues. En général, le patriarche a impressionné de nombreux membres du Concile par ses connaissances théologiques et la façon avec lequel il maîtrisait les sujets. Le métropolite de Moldavie Théophane a également fait des observations importantes. Il a parlé avec une conscience ecclésiale orthodoxe, appuyée sur l’enseignement de l’Église. Je pense que l’Église de Roumanie a impressionné par toute sa présence. Lorsque les actes seront publiés, cela apparaîtra fortement.

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Le patriarche Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine pour son soutien au Concile panorthodoxe

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine, Sviatoslav (Chevtchouk) pour son soutien au Concile panorthodoxe exprimé par celui-ci dans sa lettre. Cette information est communiquée par le département de l’information de ladite Église. « Nous sommes heureux de la possibilité de communiquer avec vous, afin d’exprimer notre sincère gratitude pour votre lettre avec ses souhaits fraternels pour le Saint et Grand Concile qui, avec la grâce de l’Esprit Saint et la synergie de nos frères les primats et les hiérarques des Églises orthodoxes locales du monde entier, a finalement été convoqué le 19 juin et s’est achevé avec succès le 26 juin 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète » a écrit le Patriarche œcuménique, qui ajoute : « Nous pouvons assurer Votre Béatitude, que notre propension au dialogue avec nos Églises sœurs a été soutenue par l’écrasante majorité au cours des sessions conciliaires et a été reflétée officiellement dans les documents finaux. Cela, selon notre conviction, revêt indubitablement une signification décisive pour le témoignage espéré et unique de l’Évangile dans notre monde et notre temps troublés ». Le patriarche Bartholomée a également assuré de sa prière « pour la stabilité et la paix en Ukraine. » « Que le Seigneur tout puissant défende et garde votre pays béni » a-t-il conclu. En mai 2016, le chef de l’Église uniate ukrainienne avait écrit au patriarche de Constantinople pour lui exprimer son soutien au Concile en Crète. « Nombreux sont, parmi les hiérarques rassemblés pour penser aux problèmes qui se dressent devant l’Église orthodoxe, ceux qui peuvent être étonnés d’apprendre que le Chef de l’Église que l’on décrit souvent comme le plus grand obstacle au dialogue œcuménique [i.e. l’Église uniate d’Ukraine, ndt] vous soutiendra par la prière sincère, afin que la présence divine soit réellement ressentie dans toutes vos discussions, sachant que « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 20), a écrit l’archevêque Sviatoslav. Dans sa lettre, celui-ci a aussi rappelé qu’il y a 21 ans, les membres du « Groupe d’études de l’Église de Kiev » [constitué des représentants de l’Église orthodoxe, de l’Église gréco-catholique et de l’Église catholique de rite latin, ndt] avaient rendu visite au patriarche, au Phanar. « Je vous assure que le même esprit d’ouverture et de sincérité œcuméniques, que vous avez vu alors chez les hiérarques et les clercs gréco-catholiques ukrainiens, est vivant aujourd’hui aussi. Pour cette raison, il y a une questions unique que je voudrais proposer au Concile [panorthodoxe, ndt] d’examiner, à savoir discuter la possibilité de la réalisation de projets historiques communs pour « la purification de la mémoire » et la guérison des blessures du passé » était-il dit dans la lettre du chef des uniates ukrainiens.

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Conclusions de la première réunion de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac

RV13960_ArticoloLa session de la Commission mixte catholique-orthodoxe au sujet du cardinal Stepinac s’est tenue les 12 et 13 juillet au Vatican. On attend de celle-ci qu’elle travaille selon la méthodologie historique, sur la base de la documentation accessible et de sa relation à l’activité du cardinal Stepinac durant la période concernée. Cela, comme l’indique le communiqué officiel, n’interférera pas « dans la canonisation du bienheureux Stepinac », ce qui, comme il est souligné, est de la compétence exclusive du Saint-Siège. Il est prévu que la Commission examine la vie du cardinal Stepinac avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. Une série de séances sont prévues, dont la première aura lieu à Zagreb les 17 et 18 octobre. Les travaux devront être achevés dans un délai de douze mois.

Source: RTS. Photographie: Radio-Vatican

Le mardi 12 juillet aura lieu à Rome la première réunion de la commission mixte de l’Église orthodoxe serbe et de l’Église catholique-romaine sur le rôle joué par le cardinal Stepinac pendant la seconde guerre mondiale

La réunion sera tenue à l’initiative du pape François, qui ne souhaite pas canoniser le cardinal Stepinac tant que ne seront pas examinés les arguments de l’Église orthodoxe serbe, laquelle s’y oppose. Comme l’annoncent les médias, l’Église orthodoxe serbe sera représentée à Rome par le métropolite de Zagreb Porphyre, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, les évêques de Slavonie Jean et de Bačka Irénée, ainsi que le professeur Darko Tanasković, tandis que l’Église catholique-romaine sera représentée par le cardinal Josip Bozanić, les évêques Ratko Perić, Antun Škovičević, Mario Jarek et Jure Krišto. Le prêtre français Bernard Ardura coordonnera le travail de la commission.

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L’évêque Irénée de Bačka (Église orthodoxe serbe) : « Pourquoi je n’ai pas signé » (le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »)

Dans un texte long et détaillé publié par l’Agence grecque Romfea.gr, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, a expliqué pourquoi il n’avait pas signé le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Dans l’introduction de sa déclaration, l’évêque Irénée précise « qu’il n’était pas le seul (…) à ne pas avoir signé parmi les 25 évêques serbes présents au Concile, mais que la plupart d’entre eux n’avaient pas signé non plus. En outre, beaucoup d’autres évêques également n’ont pas signé le texte. En conséquence, ce texte est invalide en raison du principe du consensus en vigueur depuis 1961, décidé communément. Et si un évêque ne signe pas (tandis que sa signature est exigée !), le texte est inexistant». Parmi les raisons mentionnées pour son refus, l’évêque Irénée avance qu’au lieu du « principe apostolique d’un homme, un suffrage, était en vigueur [au concile, ndt] le principe : une Église autocéphale, un suffrage, ce que l’on a interprété comme le seul vote des Primats des Églises ». Par conséquent, selon l’évêque Irénée « la seule différence entre l’évêque orthodoxe et l’observateur hétérodoxe [présents au concile, ndt] est que l’un peut parler à volonté, tandis que l’autre reste assis, silencieux. Ni l’un, ni l’autre, ne décident de quoi que ce soit. Dans ce cas, cependant, à quoi sert la signature sous le texte de ceux qui n’ont pas le droit de voter ? Afin de donner l’impression que le système conciliaire fonctionne, tandis qu’il est inactif et transgressé ? Ou bien est-ce pour une autre raison ? Je l’ignore, naturellement, mais je peux au moins ne pas signer ce qui ne correspond pas à mes convictions ». L’évêque Irénée indique ensuite « la raison principale » pour laquelle il n’a pas signé le texte « Relations de l’Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien » : « Selon moi, tout au moins, il s’agit du contenu équivoque du texte, ambigu du point de vue ecclésiologique, s’approchant par certains points des limites d’une doctrine autre [non orthodoxe ndt] ». L’évêque Irénée déclare ensuite que malgré les améliorations apportées au texte en ce qui concerne « la dénomination historique des autres Églises et confessions chrétiennes », il considère que celui-ci « du début jusqu’à la fin est irrémédiable et inacceptable, car il est un véritable mélange de positions purement orthodoxes et de terminologies à caractère et style œcuméniques ». L’évêque Irénée considère toutefois que le texte aurait dû laisser la dénomination d’Église au « catholicisme romain » pour la raison que « le conflit dogmatique entre celui-ci et nous-mêmes, qui dure plus de mille ans, n’a pas encore été tranché au niveau d’un concile œcuménique, si ce ne sont les pseudo-conciles œcuméniques de Lyon et de Florence ». Quoi qu’il en soit, selon l’évêque Irénée, le texte aurait dû, après avoir confessé, comme il l’a fait, que l’Église orthodoxe est l’Église Une, Sainte, Catholique, affirmer à l’instar de la constitution de Vatican II, que les chrétiens non-orthodoxes « ont aussi des éléments sains provenant de l’ancienne Tradition commune et des déviations très sérieuses dans le domaine de la foi et de l’ordre (« taxis ») en raison desquelles ils ne sont pas en communion avec l’Église orthodoxe. Particulièrement en ce qui concerne les catholiques-romains, il fallait souligner que non seulement la primauté et l’infaillibilité papales hydrocéphales, mais aussi l’ajout du Filioque dans le Symbole de Foi constituent à la fois des obstacles infranchissables à l’union de l’Orient et de l’Occident, étant au demeurant les thèmes principaux du dialogue théologique ». Abordant l’absence des quatre Églises autocéphales, l’évêque Irénée récuse les accusations de ceux qui considèrent qu’il aurait été leur « avocat » : « Je déclare que leur présence et leur contribution active, dynamique eût été plus utile à l’Église. Néanmoins, j’éprouve de la compréhension et de la compassion lorsque j’entends sonner la cloche du danger de nouveaux schismes, para-synagogues et « d’emmurements » [de groupes qui se referment sur eux-mêmes, ndt] à la suite de textes défectueux, quant au fond des textes pauvres, inférieurs même à ceux du second Concile du Vatican ». Et l’évêque Irénée ajoute : « Je n’ai pas de compréhension et de compassion pour ceux qui disent : ‘Les fanatiques, les obscurantistes, les…, les… ne nous intéressent pas’. Au contraire, tous nous intéressent : les ‘nôtres’, les ‘étrangers’, les proches et les lointains. Il fallait faire ceci sans négliger cela, selon la parole du Seigneur. Si ce n’est rien d’autre, la faiblesse de la conscience du frère, justement ou injustement scandalisé, produit dans nos âmes le sentiment de responsabilité humaine et pastorale, de soutien mutuel et de compassion… ‘Ce n’est pas en paroles, mais en actes qu’est notre piété ‘ [St Grégoire le Théologien, ndt] ». L’évêque Irénée ajoute que « Selon mon humble avis, par sa Toute-sainteté son président [le patriarche œcuménique Bartholomée, ndt], le Concile s’est adressé à juste titre aux observateurs hétérodoxes par des paroles fraternelles et chaleureuses, et a évité en même temps, en raison du dialogue, le style ardu de la confrontation. Or, il fallait cependant, ou plutôt il était nécessaire, de soumettre par le texte [conciliaire, ndt] en question le témoignage de l’identité ecclésiologique et la conscience qu’a d’elle-même [l’Église orthodoxe, ndt] d’une façon plus claire, plus conséquente et plus exacte ». En conclusion, l’évêque Irénée écrit que l’Église orthodoxe serbe espérait que le présent Concile se préoccuperait des « problèmes contemporains de l’Orient, tels que les schismes, qu’ils soient d’inspiration nationaliste ou zélote, de l’absence de communion entre Églises [locales, ndt] et de la conduite anti-canonique d’autres Églises [locales, ndt], de la question de l’autocéphalie (…). Or, rien de tel n’a eu lieu (…). Très malheureusement, l’occasion historique bénie a été perdue d’aborder et de commencer à résoudre toute une quantité de défis et d’épreuves dans la vie de notre sainte Église (…) Je crains que dans l’histoire future de l’Église, le Concile de Crète ne soit mentionné que comme un Concile provincial des Églises qui y ont participé, sans rayonnement et influence plus importante. Mais peut-être est-ce préférable à l’aphasie et l’absence totales d’existence historique ».

Source (texte intégral en grec)

« Quel bilan pour le concile de l’Eglise orthodoxe ? »

RV4093_ArticoloLe frère Hyacinthe Destivelle, prêtre dominicain, official à la Section orientale du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens au Vatican, était observateur du Concile en Crète. Il a été interrogé par Radio-Vatican sur celui-ci. L’entretien est en ligne ici.

L’archevêque Job (Getcha) nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique orthodoxe-catholique

maxresdefaultL’archevêque Job (Getcha) (photographie ci-contre) est le nouveau co-président de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique. Il succède à cette fonction au métropolite de Pergame, Mgr Jean (Zizioulas). Lors de la réception de la délégation orthodoxe au Vatican, à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le pape François dans son adresse a signalé offrir des prières pour le nouveau co-président. La Commission mixte est présidée par deux présidents, l’un orthodoxe, l’autre catholique.

Source: RISU

Le regard du pape François sur le Concile panorthodoxe

Pape-Francois-Patriarche-Bartholomee-600x425De retour au Vatican après son voyage en Arménie, le pape François a été interrogé dans l’avion par des journaliste. L’un d’entre eux lui a posé une question sur le Concile panorthodoxe, la vidéo de sa réponse, diffusée par KTO, se trouve ici.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proposé au pape une rencontre avec le patriarche Cyrille en Biélorussie

1463839732_-papa-600x450Lors de sa rencontre au Vatican avec le pape François, le 21 mai, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a proposé d’organiser une rencontre à Minsk entre le pape et le patriarche Cyrille de Moscou. Il a estimé que cette rencontre pourrait aider à l’établissement de la paix dans l’est de l’Ukraine. Le président biélorusse a offert au pape une reproduction de la croix de sainte Euphrosyne de Polotsk.

Sources: Interfax, News.va. Photographie: Pravmir.

Taizé en pèlerinage à Bucarest pour la fête de Pâques orthodoxe

ANSA471826_Articolo«  La communauté de Taizé est en « pèlerinage de confiance » en Roumanie, à l’occasion de la Pâque orthodoxe. Du 27 avril au 2 mai, plus de 150 jeunes de toute l’Europe se retrouvent à Bucarest pour fêter le mystère pascal dans les paroisses orthodoxes de la ville« .

Source (dont photographie et entretien): Radio-Vatican

Le synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières propose des corrections aux projets de documents du futur Concile panorthodoxe

Le synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières s’est adressé par un communiqué à son clergé et ses fidèles, au sujet du futur Concile panorthodoxe. « À la lumière de la publication de documents qui doivent être examinés lors du futur Concile panorthodoxe en Crète du 16 au 27 juin 2016, le synode des évêques de l’Église orthodoxe hors-frontières a procédé à l’examen des textes concernés, à l’instar de nombreux hiérarques, clercs et laïcs qui continuent la préparation au grand Concile, et souhaite communiquer à son troupeau gardé de Dieu et à tous les propositions que nous soumettons, étant donné que les documents du Concile éveillent l’intérêt et chez beaucoup provoquent des questions » est-il dit dans le communiqué. « L’usage, dans certains textes, de termes qui permettent une double interprétation, l’absence d’exactitude théologique et l’utilisation d’un langage ecclésiologique étranger à la sainte Tradition de l’Église, nécessitent des commentaires qui peuvent mener à la correction du texte entier » est-il encore dit dans le texte du Synode. Il est question, en premier lieu, de deux documents : « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». En outre, des questions se posent au sujet du règlement du Concile lui-même. Le synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a exprimé également des remarques au sujet de la procédure et de l’autorité du Concile et de tous les documents approuvés par lui au sein du monde orthodoxe. « Nous avons préparé les remarques susmentionnées, afin de proposer à l’examen du futur Concile certaines corrections importantes aux documents, dans l’esprit d’une collaboration fraternelle, pour soutenir nos frères hiérarques des autres Églises locales qui s’expriment de façon similaire (…) et aussi afin d’assurer au troupeau préservé de Dieu qui nous est confié par le Christ que les pasteurs eux-mêmes portent une attention particulière à la tâche qui leur est impartie d’étudier les documents » est-il dit encore dans le message. Et de conclure : « De tels textes, maintenant comme au cours de toute l’histoire, passent par bien des stades de préparation et de révision ; et le fait que nous, avec d’autres, avons identifié de sérieuses lacunes dans quelques-uns des documents proposé à l’examen du futur Concile, ne doit provoquer ni crainte, ni anxiété ».

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« Le Patriarcat de Moscou et l’Église catholique romaine ont initié un projet commun de soutien aux chrétiens de Syrie »

timthumb.php« L’Église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine ont organisé différentes manifestations de soutien aux chrétiens en détresse. Ces manifestations ont eu lieu les 6 et 7 avril 2016 au Liban et en Syrie. Comme on sait, la tragédie du Proche Orient, dont sont victimes les chrétiens de différentes confessions et d’autres populations, ainsi que la nécessité de prendre des mesures urgentes pour améliorer la situation étaient au centre de l’entretien de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie avec le pape François de Rome, qui a eu lieu à La Havane le 12 février 2016.

A la demande de la hiérarchie du Patriarcat de Moscou et de la direction de l’Église catholique romaine, une délégation bilatérale s’est rendue au Liban et en Syrie, afin de réaliser dans la pratique certains aspects des accords entre les deux Églises. Cette délégation se composait du chef du diocèse de la Mère de Dieu de Moscou, l’archevêque Paolo Pezzi (Église catholique romaine), du secrétaire du DREE aux relations interchrétiennes, le hiéromoine Stéphane (Igoumnov), des représentants de la fondation « Aide à l’Église en détresse », les prêtres Andrzej Halemba et P. Humeniuk. »

Source (suite et intégralité de l’article) et photographie: Patriarcat de Moscou

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Jovan Nikoloski