30/03/2017
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Recension: Hélène Bléré, « Le langage de l’icône. Lumière joyeuse »

BlereHélène Bléré, Le langage de l’icône. Lumière joyeuse, éditions Racine, Bruxelles, 2014, 336 p.
Diplômée de l’Écoles supérieure des Arts appliqués, iconographe orthodoxe depuis plus de trente ans, et déjà connue pour les expositions et les conférences qu’elle a faites au cours de ces dix dernières années, Hélène Bléré nous livre dans ce fort et beau volume les réflexions qu’elle a développées et accumulées au fil de son expérience et de l’enseignement qu’elle dispense au sein de l’Atelier Saint-Joseph qu’elle a fondé à Paris en 2005.
Ce livre n’est pas du tout technique; on n’y apprendra pas comment peindre une icône; on y trouvera en revanche un grand nombre d’éléments qui aident à comprendre la nature et la structure d’une icône en général et des différents types d’icônes en particulier.
L’éditeur présente ainsi le projet de l’auteur: « Ce livre offre une vision panoramique et spirituelle du message chrétien à travers le langage spécifique de l’icône. Il a pour but de donner quelques clés de lecture du langage esthétique de l’icône en vue d’une meilleure compréhension de son contenu spirituel. Il cherche à montrer l’adéquation parfaite qui s’établit entre le message chrétien et sa forme visible dans l’icône. »
Le premier chapitre souligne que l’icône est axée sur la personne; tout en insistant sur le visage qui révèle celle-ci, l’auteur présente les autres éléments significatifs que sont le corps en général, les mains, les vêtements… Il présente ensuite les icônes du Christ, de la Trinité et de la Pentecôte, et de quelques saints.
Le deuxième chapitre a pour thème la lumière, manifestation de la gloire divine, qui constitue un des principes fondamentaux du langage de l’icône et permet d’en présenter divers aspects. Partant du prototype que constitue l’icône de la Transfiguration, il montre la différence entre la lumière naturelle et la Lumière divine incréée, la façon dont l’icône exprime symboliquement cette dernière par l’or (ou à défaut des couleurs claires qui s’en approchent), avant de décrire le processus de montée des lumières qui s’accomplit progressivement dans la réalisation de toute icône, de s’intéresser à la dualité ténèbres-lumières (qui s’exprime dans le noir et le blanc) et de décrire (d’une manière nuancée) les significations symboliques des principales couleurs utilisées en iconographie, lesquelles sont différentes formes de vibration de la lumière.
Le troisième chapitre s’intéresse au cosmos transfiguré dont divers éléments (montagnes et rochers, plantes, animaux…) figurent dans l’icône d’une manière particulière que l’auteur aide le lecteur à déchiffrer.
Le quatrième chapitre traite de l’espace et du temps dans l’icône, dont l’auteur montre qu’ils sont une expression de l’espace-temps particulier du Royaume qui transcende l’espace et le temps ordinaires.
Le chapitre cinq est tout entier dédié à la Mère de Dieu, modèle parfait de l’être humain déifié, dont les représentations ont constitué progressivement différents types iconographiques.
Au fil des pages, on trouve de nombreuses autres réflexions, par exemple sur les représentations de la Croix et des anges (auxquels est dédiée une longue section), sur le sens de l’inscription du nom de l’icône, sur la signification du voile rouge ou de la mandorle que l’on trouve dans certaines icônes, sur les relations des icônes et de la liturgie… On trouve aussi, au fur et à mesure que les thèmes abordés les appellent, des commentaires analytiques de nombreuses icônes, accompagnés de citations empruntées aux Pères de l’Église, aux théologiens, aux iconographes et aux historiens de l’art, et illustrés par des reproductions d’icônes contemporaines de belle facture, dont Hélène Bléré, selon la tradition orthodoxe qui veut que l’individualité de l’iconographe s’efface, ne cite pas les auteurs. L’iconographie entièrement originale de ce livre témoigne du fait que des iconographes continuent à œuvrer à notre époque au sein d’une tradition chrétienne bimillénaire qui sait rester fidèle à ses principes fondamentaux, dont le premier est d’exprimer adéquatement, autant que les permettent les formes, les couleurs et les autres moyens symboliques de l’icône, la foi de l’Église orthodoxe.
La structure du livre est peu rigoureuse à l’intérieur des chapitres, mais cela ne constitue pas un handicap, car les différentes sections peuvent être lues comme autant d’études indépendantes. Le style est clair, la pensée juste, les réflexions riches. On a ici l’un des meilleurs livres actuels pour comprendre le monde des icônes.

Jean-Claude Larchet

Recension: Archimandrite Aimilianos de Simonos-Pétra, « Discours ascétiques. Commentaires d’Abba Isaïe »

Aimilianos_Discours_ascetiquesArchimandrite Aimilianos de Simonos-Pétra, Discours ascétiques. Commentaires d’Abba Isaïe. Introduction et traduction française par les moniales d’Ormylia. Préface de l’archimandrite Placide Deseille, Ormylia, 2014, 478 p.
Ce volume rassemble des enseignements dispensés en 1978-1979 par l’higoumène Aimilianos, lors de synaxes qu’il tenait régulièrement à l’intention de la jeune communauté athonite de Simonos-Pétra.
Ils prennent pour base les Discours ascétiques d’Abba Isaïe, un ascète mal identifié mais qui vécut probablement à Scété à la fin du IVe siècle et au début du Ve siècle, et dont l’enseignement (dont une traduction française a été publiée sous le titre Recueil ascétique en 1970 par l’abbaye de Bellefontaine dans la collection « Spiritualité orientale », avec une introduction qui situe l’auteur et sa doctrine spirituelle), s’inspire de l’enseignement des Pères du désert, en particulier d’Évagre et de saint Macaire, tout lui ajoutant la dimension d’une expérience personnelle profonde.
Ces commentaires ne sont pas littéraux, mais s’inspirent à leur tour de la réflexion et de l’expérience personnelle de géronda Aimilianos, ainsi que de sa fine connaissance des problèmes particuliers que peuvent rencontrer à notre époque les jeunes gens qui décident de s’engager dans la voie monastique.
Le père Aimilianos a retenu douze discours sur les trente qui constituent l’œuvre d’Abba Isaïe: 1) Préceptes aux frères qui vivent avec lui; 2) Du statut des débutants et de ceux qui vivent en cellule; 3) De la conscience de ceux qui vivent en cellule; 4) Préceptes sûrs et édification de ceux qui veulent habiter ensemble en paix ; 5) De ceux qui veulent vivre dans une bonne solitude; 6) Sur les vertus; 7) Apophtegmes ; 8) Apophtegmes sur la pratique de l’affliction; 9) Préceptes destinés à ceux qui ont renoncé au monde; 10) De la joie qui advient à l’âme qui veut servir Dieu; 11) Des pensées que doit éprouver celui qui a renoncé au monde et qui vit en étranger; 12) Sur le repentir.
Certains thèmes, on le voit, sont spécifiquement monastiques, d’autres s’adressent plus largement à tous les fidèles désireux de mener une vie spirituelle approfondie.
L’enseignement d’Abba Isaïe est très exigeant, et celui de géronda Aimilianos ne l’est pas moins. Mais chacun, moine ou laïc, peut en tirer profit à sa mesure propre. Comme l’écrit le père Placide Deseille dans sa préface : « C’est à des moines, certes, que géronda Aimilianos, comme Isaïe, s’adressait directement. Mais la vie spirituelle est une. Le moine et le chrétien qui vit dans le monde poursuivent le même but, et les moyens qu’ils doivent utiliser sont identiques, seules les proportions diffèrent selon les divers états de vie.”

Jean-Claude Larchet

« Autres figures athonites du début du XXe siècle », un nouveau volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »

Autres figures athonitesArchimandrite Chérubim Karampélas, Autres figures athonites du début du XXe siècle. Traduction de Maurice-Jean Monsaingeon et des moniales de Solan, introduction de Jean-Claude Larchet, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Age d’Homme, Lausanne, 2014, 184 p.
Ce volume est la suite de celui, paru dans la même collection, intitulé Figures athonites du début du xxe siècle et a été rédigé dans le même esprit et dans le même style – à la fois sobre, frais et vivant – que le précédent.
Il nous présente un nouveau type de moine: celui du confesseur et du père spirituel, représenté par trois grandes figures athonites: l’Ancien Sabbas le Confesseur (1821-1908), l’Ancien Ignace le Confesseur (1827-1927) et l’Ancien Codrat de Karakallou (1859-1940).
Les deux premiers vivaient, entourés de quelques disciples, dans des kalyves; le troisième était l’higoumène d’un grand monastère cénobitique. Leur activité et leurs charismes (notamment de discernement, de clairvoyance et de pré-voyance) les apparentent aux grands startsi qui vivaient à la même époque en Russie. Mais avant cela l’auteur fait bien apparaître leurs qualités spirituelles plus ordinaires, liées à leur charité et à leur humilité: leur sens de l’accueil, la finesse dont ils font preuve dans les relations avec les personnes, leur absence de jugement à l’égard du prochain, leur compassion profonde, mais aussi leur sens de la mesure et leur sagesse dans les conseils donnés aux pénitents pour les aider à s’améliorer.
On voit bien dans ce livre comment s’exerce normalement, dans l’Église orthodoxe, la pratique de la confession et de la direction spirituelle, qui, se révèle être au fond, loin de toute approche juridique, une thérapeutique, un moyen de progresser spirituellement et un soutien paternel, lesquels s’accomplissent dans une relation d’amour mutuel.
Les récits que contient ce livre sont très concrets. Les saints pères qu’ils présentent nous instruisent spirituellement moins par leurs paroles que par leur mode de vie et leur façon d’être, qui nous sont dévoilés par des anecdotes édifiantes, souvent pittoresques, rapportées par des personnes qui les ont connus et fréquentés.
Le livre sera prochainement en librairie; il est déjà disponible à la librairie L’Age d’Homme (5 rue Férou, Paris 6e) et peut être commandé sur le site de la maison d’édition.

« La vie sacramentelle », un nouveau livre de Jean-Claude Larchet aux éditions du Cerf

Larchet_La_Vie_sacramentelleLes éditions du Cerf viennent de publier, sous le titre La vie sacramentelle, un nouveau livre de Jean-Claude Larchet, qui s’inscrit dans la continuité de ses deux précédents ouvrages consacrés à l’Église (L’Église, corps du Christ, tome 1, Nature et structure; tome 2, Les relations entres les Églises): « c’est seulement dans l’Église du Christ, parce qu’elle est Son corps et parce que l’Esprit Saint y est présent et actif, que l’homme peut recevoir la plénitude de la grâce, qui est pour lui la source de tous les biens spirituels présents et futurs. Cette grâce lui est d’abord communiquée, dans le Christ, par l’Esprit, au moyen des sacre­ments ».
Dans ce volume de 600 pages, l’auteur analyse chacun des principaux sacrements dans sa nature, ses fondements historiques, et la riche signification symbolique de sa forme actuelle. Il montre à la fois ses relations avec la vie communautaire et ses implications pour la vie personnelle du chrétien.
La plupart des débats actuels (interchrétiens ou intraorthodoxes) sont abordés en profon­deur, concernant par exemple: les modalités de dispen­sation du baptême; le moment de la chrismation; la nature de l’eucharistie ; la fréquence et les conditions de la communion; la nature et la finalité du mariage; la possibilité du divorce et les conditions du remariage; les problèmes posés par les mariages mixtes; la façon de traiter pastoralement l’union libre; la nature, le sens, le rôle et les formes de la confession et ses relations avec la communion; le domaine d’application de l’onction des malades; la nature de l’ordination et les exigences et responsabilités du ministère sacerdotal.
L’auteur répond à beaucoup de questions concrètes: les sacrements ont-ils une fonction thérapeutique? à quelle fréquence et comment faut-il se confesser? comment doit-on se préparer à la communion? à qui s’adresse le sacrement de l’onction des malades? y a-t-il un mariage pour tous? à quelles conditions le divorce est-il tolérable? quelles sanctions pour les clercs qui ont fauté? les sacrements agissent-ils par eux-mêmes? que doit faire le fidèle pour bénéficier concrètement de la grâce qu’ils dispensent?
Ce livre qui s’appuie largement sur l’Écriture, les Pères et la tradition canonique et liturgique de l’Église orthodoxe, constitue un véritable manuel de vie ecclésiale, qui sera complété par un volume consacré à la vie liturgique.

« Les hommes en trop. La malédiction des chrétiens d’Orient », un nouveau livre de Jean-François Colosimo

coloJean-François Colosimo, « Les hommes en trop. La malédiction des chrétiens d’Orient », Paris, Fayard, 312 p.
Les éditions Fayard viennent de publier un nouveau livre de Jean-François Colosimo, directeur des éditions du Cerf, professeur à l’Institut Saint-Serge, chroniqueur et essayiste dans le domaine de la géopolitique et de la sociologie des religions. Cet ouvrage qui se situe dans la ligne des précédents essais de l’auteur (Dieu est américain, L’Apocalypse russe et Le Paradoxe persan).
Présentation de l’éditeur:
« Coptes, Chaldéens, Arméniens… Nul ne peut plus ignorer leur tragédie. Les journalistes en font leur une, l’opinion s’en émeut, les publicistes l’exploitent. Nul ne sait pourtant vraiment qui ils sont. Hier encore médiateurs entre l’Orient et l’Occident, ces chrétiens des origines sont devenus les otages de la globalisation. Retour du religieux en politique, choc des civilisations, implosion des cultures, éradication des mémoires, sort des minorités, liberté de conscience, avenir de la démocratie, universalité de la laïcité: les voilà placés au cœur des plus graves enjeux planétaires. Or, de notre crise, ils ne sont pas que le signe, mais aussi le prisme.
En rappelant combien ils incarnent le christianisme des sources, en reprenant les heures glorieuses et terribles de leur chronique deux fois millénaire, en montrant comment ils ont résisté aux invasions et aux massacres, aux croisades et aux djihads, et comment seul le règne des idéologies au XXe siècle a inauguré leur déclin, c’est toute une page méconnue de notre histoire que livre ici Jean-François Colosimo. Mais aussi de notre présent le plus brûlant. À l’heure où la sécularisation semble triompher au Nord, et l’intégrisme au Sud, à l’heure aussi où les urnes paraissent consacrer l’islamisme tandis que l’islam lui-même sombre dans une guerre civile entre sunnites et chiites, il n’est d’autre urgence que de renouveler la traditionnelle “Question d’Orient” qui, aujourd’hui comme hier, commande notre vision du monde. Et notre action sur lui. Car c’est aussi de l’avenir des chrétiens d’Orient que dépend notre futur. »
Présentation de l’auteur:
« Qu’ont à nous dire les petites filles aux prénoms tirés de l’Évangile, aux boucles d’oreille arrachées, aux lendemains sans avenir, qui fuient Mossoul dans les bras de leurs parents pour échapper aux djihadistes? 
Que, cette fois, c’en est fini des chrétiens à l’endroit même où est né le christianisme.
Que, pendant des siècles, ils ont survécu en vain comme otages de la domination musulmane, mais aussi du colonialisme européen. 
Que la mondialisation a brisé leur résistance. Que nous venons de les sacrifier à la guerre impériale de l’Amérique contre l’islam, à la guerre civile qui dévore sunnites et chiites. 
Que leur catastrophe est la nôtre, car avec eux sont anéantis notre plus ancienne mémoire, notre seul espoir de médiation entre l’Occident et l’Orient.
Et que nos croisades revanchardes comme nos lamentations humanitaires leur sont amères car, jusque dans leur agonie, nous continuons à les instrumentaliser dans la négation de notre dette de civilisation à leur égard. 
Irak, Syrie, Égypte, Israël, Palestine, Liban, Jordanie, Turquie, Arménie: ce livre éclaire l’actualité à travers vingt siècles d’histoire et permet de comprendre pourquoi cette tragédie signe notre suicide moral. »

Recension: Philippe Henne, « Le vertige divin. La saga des stylites »

HennePhilippe Henne, « Le vertige divin. La saga des stylites », Paris, éditions du Cerf, 2014, 311 p.
Le dominicain Philippe henne, professeur à l’Université catholique de Lille, est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages de vulgarisation sur des Pères de l’Église, grecs et surtout latins.
Dans ce livre, il présente la vie de stylites bien connus qui ont vécu entre le Ve et le VIIIe siècles, comme Siméon l’Ancien, Daniel ou Siméon le Jeune, et moins connu comme Alypius (cependant très populaire dans l’Église serbe où de nombreuses familles l’ont adopté comme saint patron de leur lignée), Luc, Lazare le Galésiote, Josué, Serge.
Une introduction présente la vie monastique en général et ses divers contextes (politique, religieux, économique, ascétique)  au IVe siècle.
Le stylisme, né au début du Ve siècle en Syrie, est une forme d’ascèse très rigoureuse qui consiste à vivre en permanence sur l’espace restreint du chapiteau d’une colonne ou d’une plateforme un peu plus large posée dessus. Les stylites généralement vivaient (et dormaient) debout, et pour garder en permanence cette position ils s’attachaient parfois à des cordes ou à des chaines, et allaient jusqu’à se suspendre par leurs cheveux. Lorsqu’ils devaient s’étendre, ils disposaient à peine de la place pour le faire. Pour les empêcher de chuter, l’espace dont ils disposaient était parfois clôturé, comme le montrent certaines icônes.
Certains stylites, comme saint Alypius, ont mené ce genre de vie pendant plus d’un demi siècle.
Dans son introduction, l’auteur évoque quelques précurseurs des stylites: les moines stationnaires, qui restaient immobiles, le plus  souvent debout, pendant de longues périodes (ce type d’ascèse est pratiqué aujourd’hui encore, dans un autre contexte spirituel, par certains ascètes hindous).
Dans les siècles qui ont suivi la grande période du stylisme, les stylites vivaient parfois sur d’autres supports plus larges. L’auteur mentionne les dendrites qui vivaient sur des arbres, le plus souvent dans des abris ou de petites cabanes qu’ils y avaient construits.
Mais il faudrait ajouter ceux qui vivaient sur d’étroits pics rocheux (comme le montre la vidéo que l’on pourra voir ici et qui présente un stylite actuel), ou dans une petite cellule située au sommet d’une tour: ce fut le cas d’ascètes de Géorgie, marqués par l’influence des treize Pères syriens qui, au VIe siècle, vinrent s’établir dans le pays et y importèrent des pratiques monastiques de leur région d’origine, et cela explique la présence de tours, qui ne sont pas des clochers ni des tours de guet, à côté d’anciennes églises géorgiennes.
Les stylites sont en général des hommes, mais l’auteur signale qu’il y eut aussi quelques femmes stylites, dont la rigueur de vie ne fut pas moindre.
Le stylisme est une forme d’ascèse propre à l’Orient, puisqu’il n’y eut en Occident qu’un seul stylite, saint Walfroy, qui vécut au VIe siècle dans les Ardennes.
Quelques stylites vivaient au milieu d’une communauté de moines. D’autres avaient choisi une vie érémitique, mais cet érémitisme était relatif.
D’une part, ils dépendaient, pour leur nourriture en particulier, de choses apportées par d’autres moines ou par des visiteurs qui les leur faisaient parvenir au moyen de cordes ou d’échelles.
D’autre part, la forme spectaculaire de leur mode de vie – leur élévation au-dessus de sol qui leur assurait une certaine visibilité, et la rudesse de leur ascèse, qui était très impressionnante – a rapidement attiré les foules autour d’eux, et certains stylites sont devenus de véritables « vedettes ». Beaucoup d’entre eux ont ainsi été amenés à consacrer une partie de leur activité à la prédication, à l’exhortation et aux conseils spirituels, et plusieurs ont été des thaumaturges.
Pour écrire ce livre, l’auteur a puisé aux sources principales: les Vies de ces saint ascètes. Son style est très accessible et vivant, et la présentation du livre, qui obéit aux nouvelles normes de l’éditeur suite à une réorganisation générale de la maison d’édition, est aérée et agréable.

Jean-Claude Larchet

Recension: « Divine liturgie de saint Jacques, Frère du Seigneur en slavon et en français »

Liturgie de saint JacquesDivine liturgie de saint Jacques, Frère du Seigneur en slavon et en français, éditions du Séminaire russe orthodoxe en France, Épinay sur Sénard, 2013, 79 p.
Les éditions du Séminaire russe orthodoxe en France (devenues depuis les éditions Sainte-Geneviève), proposent une édition de la liturgie de saint Jacques en version bilingue slavon-français, avec les rubriques en russe et en français, réalisée par le hiéromoine Alexandre Siniakov.
Il s’agit de l’une des plus anciennes liturgies conservées par l’Église orthodoxe. Elle n’est cependant célébrée que le jour de la fête de saint Jacques, « frère » du Seigneur, le 23 octobre, sur l’île de Zakynthos (Zante), et le dimanche après la Nativité (consacré aux ancêtres du Seigneur, où saint Jacques est de nouveau commémoré aux côtés du prophète David et de saint Joseph) à Jérusalem. L’Église russe a découvert cette liturgie au XXe siècle, grâce à l’Église russe hors frontières qui en a publié une édition en 1938, rééditée par le monastère de Jordanville en 1970, et sur cette base le métropolite Nicodème (Rotov) en a institué l’usage, aux fêtes précédemment mentionnées, dans une paroisse de son diocèse de Saint-Pétersbourg. En Europe, elle est célébrée également le jour de la fête de saint Jacques dans la paroisse russe de Frankfurt (ERHF), ainsi que dans la paroisse russe de Göttingen (PM), laquelle en propose un enregistrement audio intégral sur son site Web. On peut également voir sur YouTube des vidéos des célébrations en grec et en slavon. On peut trouver sur internet le texte grec ici, et le texte slavon ici.
La célébration de cette liturgie pose divers problèmes, car il y a de notables différences d’ordo et de texte entre ses différentes éditions disponibles (outre les éditions en slavon précédemment citées, il existe trois éditions grecques: l’une réalisée en  1886 sur l’île de Zante par l’évêque du lieu Mgr Dionysios Latas  – avec cependant des aménagements divers par rapport au texte des manuscrits que l’on utilisait jusque-là –, une deuxième réalisée par les éditions synodales de l’Église de Grèce en 1952, et une troisième publiée par le séminaire de Holy Cross à Boston en 1988). On ne peut pas par ailleurs se référer de manière absolue à la pratique, car elle ne reflète pas une tradition stable et ininterrompue : la liturgie célébrée sur l'île de Zante a fait l'objet, au cours du temps, de diverses modifications, et celle célébrée à Jérusalem a connu des interruptions plus ou moins longues.
La présente édition adopte une position mixte par rappport aux deux principales éditions existantes : elle suit l’ordre de l’édition de l’Église russe hors frontières, mais propose une traduction des prières à partir de l’édition grecque (on aurait aimé que le P. Alexandre Sinaikov, dont l'introduction reste très sommaire, donne davantage de précisions sur ses références et sur ses choix).
Il est à noter qu’une édition critique a été réalisée par Dom B.-Ch. Mercier et publiée dans le tome 26 de la Patrologia orientalis en 1950. Bien qu’inutilisable pour la pratique, cette édition savante devrait normalement pouvoir servir de référence pour l’élaboration d’une édition commune unifiée et fiable si les orthodoxes qui s’intéressent à ce sujet avaient le désir de collaborer et d’harmoniser leurs pratiques… Malheureusement, ici comme ailleurs, chacun fait sa « petite cuisine » dans son coin, sans indiquer clairement ce qu’il a aménagé, ce qui aboutit finalement à jeter le doute sur les différentes versions…
Le nom de cette liturgie et sa réputation d’ancienneté ne doivent pas laisser croire qu’il s’agirait d’une liturgie, conservée jusqu’à nos jours, composée par saint Jacques ou même célébrée à l’époque de l’apôtre Jacques. Il s’agit de la liturgie qui a été, durant les premiers siècles, en usage dans l’Église de Jérusalem dont l’apôtre Jacques a été le premier évêque, mais qui, selon les spécialistes, semble bien avoir une origine antiochienne (comme les liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile). Elle est assez proche de la liturgie décrite par saint Cyrille de Jérusalem dans ses Catéchèses mystagogiques au IVe siècle, mais elle a subi au siècle suivant, en sa partie centrale, une modification sur le modèle de la prière eucharistique des Pères cappadociens. Le plus ancien manuscrit qui en contient le texte (le Vaticanus graecus 2282) date du IXe siècle. Au témoignage du canoniste Théodore Balsamon (XIIe s.), son usage a été abandonné à Jérusalem au XIIe siècle au profit des liturgies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile.
La liturgie de saint Jacques présente la même structure globale que les autres liturgies. Elle s’en distingue par différents  points dont : l’absence de proscomidie (ce qui implique en principe l’usage d’un pain plat, quadrillé pour faciliter son partage) ; la disposition spatiale particulière des célébrants au début de la liturgie ; la participation, dans une proportion importante, de l’assemblée des fidèles (et non du seul chœur) au dialogue avec les célébrants ; la présence d’une lecture de l’Ancien Testament avant la lecture de l’Evangile, laquelle précède la lecture de l’épître ; le chant de l’alleluia avant et après les différentes lectures; une référence substantielle, dans plusieurs prières, à l’Ancien Testament; la communion au corps et au sang du Christ successivement et non simultanément ; une très longue commémoration des saints à la fin de l’anaphore. Les différentes éditions de la liturgie de saint Jacques l’ont écourtée sur ce dernier point et sur quelques autres, car si elle était célébrée dans son intégralité, elle durerait plus de trois heures.
Jean-Claude Larchet

Recension: Patriarche Cyrille de Moscou, « La conversion au Royaume de Dieu. Méditations de carême »

Patriarche Cyrille La conversionPatriarche Cyrille de Moscou, « La conversion au Royaume de Dieu. Méditations de carême », Éditions Sainte-Geneviève, Épinay-sous-Sénart, 2014, 304 p.
L’entrée dans le carême des saints Apôtres rend de nouveau actuel le recueil d’homélies récemment publié par les jeunes éditions Sainte-Geneviève du séminaire russe d’Épinay-sous-Sénart.
Le commentaire de la prière de saint Éphrem le Syrien, qui en constitue les premiers chapitres, est certes plus approprié pour le Grand Carême où cette prière est dite de nombreuses fois chaque jour, mais ses demandes faites à Dieu d’éloigner de nous l’esprit de paresse, d’abattement, de domination et de vaines paroles, et de nous donner un esprit de chasteté, d’humilité de patience et de charité, de nous donner aussi de voir nos péchés et de ne pas juger nos frères, restent valables chaque jour de l’année, et plus encore pendant les temps des quatre carêmes où un effort particulier est demandé à chacun par l’Église. Le jeûne, dont un autre chapitre explique le sens, est quant à lui une pratique qui, dans l’Église orthodoxe, occupe plus de la moitié de l’année. Enfin, les autres thèmes abordés : la prière, la miséricorde, l’espérance, la lecture de la Sainte Écriture, l’apatheia ou quiétude, la synergie entre Dieu et l’homme, l’actualisation des promesses du baptême et l’amour, sont des exigences permanentes de la vie chrétienne sur lesquelles on ne doit pas se lasser de méditer en vue d’une meilleure application quotidienne. Les méditations sur la Semaine sainte qui constituent la dernière partie ont également une portée qui dépasse cette période : le Lundi saint donne lieu ici à une méditation sur la stérilité et la fertilité spirituelles, le mardi sur le jugement de Dieu, le mercredi sur la trahison, le jeudi sur la communion eucharistique, le vendredi sur la miséricorde divine et le sentiment d’abandon, le samedi et le dimanche sur l’espérance et la foi dans le Christ ressuscité.
À travers ses déplacements incessants dans les différents diocèses du pays et ses interventions fréquentes et actives dans les médias, le patriarche Cyrille de Moscou est bien connu en Russie comme un orateur et un prédicateur talentueux. Son sens pastoral s’exprime bien dans ce recueil d’homélies qui restent proches des sources évangéliques tout en abordant un certain nombre de problèmes actuels, qui comportent à chaque fois un enseignement spirituel bien ciblé et directement appliquable, et qui, par la simplicité et la vivacité de leur style, sont accessible à tout public. Ces homélies sont en même temps pour les prêtres un bon modèle de ce que devraient être les homélies dans les paroisses…
Nous donnons ici deux extraits: l’un concerne le jeûne, l’autre la prière.

« LE JEÛNE est une pratique durement mise à l’épreuve à l’époque moderne. Le jeûne a pratiquement disparu de la culture chrétienne occidentale. Dans notre pays, à l’époque de l’athéisme officiel, il n’était pratiqué que par une infime minorité de croyants qui cherchaient à imiter le Sauveur.
Aujourd’hui, le jeûne revient doucement dans notre vie. Cependant, nombreux sont ceux qui jeûnent parce qu’ils croient dans la vertu d’une diète, d’une alimentation allégée pour leur état physique. Certes, le jeûne est bénéfique à tout point de vue. N’importe quel médecin confirmera que l’allégement de notre alimentation agit positivement sur notre organisme et le stimule. En ce sens l’Église de Dieu qui, à la suite du Seigneur, veille au salut des hommes, contribue aussi à leur bien-être physique, notamment en leur conseillant la pratique du jeûne.
Mais les bénéfices du jeûne vont bien au-delà de l’état corporel. Le croyant doit bien comprendre sa signification spirituelle. Étant double par sa constitution – à la foi charnel et spirituel – l’être humain interagit avec son environnement dans ces deux dimensions. Par ailleurs, il y a une forte corrélation entre l’esprit et le corps.
Il est bien connu que par ses facultés intellectuelles et sa volonté l’homme peut contribuer à fortifier son état physique. Par exemple, quand quelqu’un s’affranchit des dépendances et des mauvaises habitudes, notamment de l’usage de l’alcool, du tabac; il lui faut pour cela des forces spirituelles, le résultat, en revanche, bénéficie au corps. Et inversement, en entraînant son corps par des exercices physiques, on contribue à développer la volonté et la force de l’esprit, car cela suppose de vaincre la paresse et le penchant au confort.
Ainsi, nos capacités spirituelles influent sur l’état de notre corps, de même que nos forces physiques se répercutent sur notre état d’esprit. C’est sur ce principe qu’est fondée la pratique du jeûne. En nous limitant et en nous contrôlant dans la consommation de la nourriture, nous entraînons nos sens, nous les rendons plus fins, plus réceptifs, plus sensibles. Notre état spirituel devient ainsi mieux préparé et plus ouvert à l’action de la grâce de Dieu.

« LA PRlÈRE peut transfigurer radicalement la personne humaine.
Certains ne comprennent pas tout à fait ce qu’est la prière. On peut s’interroger: si la prière est une requête adressée à Dieu ou une action de grâce pour ses bienfaits, pourquoi faut-il demander ou remercier aussi longuement et aussi souvent? Pourquoi ne pas faire cela en quelques minutes plutôt que d’y passer des heures?
Peut-on des heures entières, des jours entiers répéter les mêmes paroles, les mêmes prières? C’est au-delà des capacités humaines. On ne peut pas répéter sans cesse la même chose, parce qu’une telle répétition prive les paroles de leur sens; un tel radotage mécanique vide l’homme au lieu de l’enrichir. La prière continue est donc autre chose qu’une simple répétition des mêmes mots.
Aussi bien les liturgies interminables, surtout pendant la période du Carême, que les chrétiens orthodoxes célèbrent des heures durant, ou les exemples de l’oraison continuelle des grandes figures de sainteté, tels Macaire d’Égypte, Marie l’Égyptienne, Séraphin de Sarov, qui passaient des jours, des mois en recueillement, montrent que la prière ne consiste pas dans la reproduction de certaines formules, mais qu’elle est un état particulier de l’esprit humain.
L’Ancien Testament parle des justes et des prophètes comme de ceux qui marchent devant Dieu, qui se tiennent devant sa face (cf. 1 R 9, 4). C’est, bien sûr, une allégorie, mais elle décrit bien l’état d’esprit, très inhabituel, qui caractérise les saints de Dieu: ils se tiennent constamment en présence du Seigneur. Cette exposition au regard de Dieu, l’unité avec lui, qui s’accompagnent d’une joie incomparable, c’est la prière du juste, par laquelle il entre en contact, en communion, avec son Père céleste.
Bien sûr, ce que je viens de décrire est un idéal, difficile à atteindre, mais néanmoins offert à tous, à la portée de tout un chacun. Même si cela ne dure pas des jours et des semaines, mais quelques instants, au cours desquels nous pouvons ressentir vraiment la présence de Dieu, je suis certain que cette expérience bouleverse toujours notre vie; elle la rend meilleure, plus heureuse.
Par quoi faut-il commencer pour marcher devant Dieu, pour aller vers cet idéal de la prière authentique? L’oraison signifie communion avec Dieu, mais elle comporte aussi la dimension d’une conversation: nous pouvons converser avec Dieu, comme nous le faisons avec nos amis, à qui nous racontons notre vi ….. , nos peines et nos joies. Un simple échange avec quelqu’un qu’on aime soulage. C’est le premier degré, le premier pas de la prière: la conversation avec Dieu. Il ne faut pas être gêné de raconter à Dieu notre vie, les événements qui nous ont bouleversés; il ne faut pas hésiter à lui demander l’aide et le conseil. Et quand nous avons obtenu de Dieu ce que nous lui demandions, il ne faut pas oublier de le remercier, d’une manière simple, spontanée, avec les premières paroles qui nous viennent à l’esprit. Ce qui est important, c’est que cela soit fait avec un cœur pur et avec une foi solide. La foi et la confiance en Dieu sont les fondements de la prière.
Qu’est-ce que l’être humain ne demanderait pas à son Dieu! Nous lui ouvrons notre côté le plus intime, nous lui demandons d nous guérir de nos faiblesses spirituelles et physiques, de nous préserver des épreuves, de nous aider dans des circonstances difficiles, de nous guider dans nos rapports avec les autres personnes. Nous parlons avec Dieu de tout ce qui nous préoccupe, de tout ce qui est important pour nous. Cependant, il est évident qu’on ne peut parler, avec des mots ou des idées, pendant des heures!
Le pas suivant dans la pratique de la prière est la louange liturgique, faite en Église. Elle est portée par les paroles des psaumes, des hymnes. C’est la conversation de l’Église, Corps du Christ, avec son Chef, son Sauveur. Cette adresse communautaire à Dieu concentre la sagesse plurimillénaire, l’expérience des générations et des générations de croyants. La liturgie chrétienne révèle le sens de la prière: il est donc important de bien comprendre la signification des textes liturgiques. La liturgie de l’Église est la véritable école de la prière. »

La présentation de l’ouvrage est belle et agréable, et l’édition de bonne facture. On ne peut qu’admirer la traduction du P. Alexandre Siniakov dont le français n’est pas la langue maternelle. Remarquons seulement que pour la prière de saint Ephrem: 1) « esprit de paresse » serait préférable à « esprit d’oisiveté », car l’oisiveté consiste à ne rien faire, tandis que la paresse recouvre aussi le manque de zèle dans les activités spirituelles ; 2) « esprit de goût de pouvoir » est incorrect et redondant, tandis « qu’esprit de domination » est plus correct, a un sens plus large et convient pmieux pour les relations interpersonnelles ; 3) « voir mes péchés » serait préférable à « voir mes fautes », car la notion de péché a une connotation plus spirituelle et une extension plus large que celle de faute (c’est non seulement ce que l’on a fait de mal, mais ce que l’on a mal fait ou ce que l’on n’a pas fait…).

Jean-Claude Larchet

Recension: Messager de l’Église orthodoxe russe, n° 24

Messager 24Messager de l’Église orthodoxe russe, n° 24, janvier-mars 2014, 67 p.
Après plusieurs années d’interruption, le Messager de l’Église orthodoxe russe paraît de nouveau, avec le projet de devenir une publication trimestrielle.
Malgré une présentation qui ressemble un peu trop à celle d’une revue de luxe avec ses pages ultra-glacées au fond entièrement marbré, cette nouvelle version du Messager affiche des ambitions prometteuses puisque ce numéro 24, qui vient de paraître, propose, après une première partie relative à la vie du diocèse, un dossier assez fourni sur une question très actuelle de bioéthique : celle des « mères porteuses ».
Ce dossier est inauguré par un exposé du métropolite Hilarion Alfeyev sur « la pastorale orthodoxe face à la gestation pour autrui », qui rappelle les réflexions sur ce thème du document officiel intitulé Fondements de la doctrine sociale de l’Église orthodoxe russe (un document important en matière d’éthique, qui a été publié en traduction française par les éditions du Cerf en 2007) et les conclusions d’une réunion récente de la Société orthodoxe des médecins [russes].
Il reproduit ensuite la Déclaration du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe datée du 25 décembre 2013, intitulée « Du baptême des enfants nés de mères porteuses » (dont orthodoxie.com avait donné, lors de sa parution, une traduction française en la munissant de sous-titres qui en éclairaient le sens).
Puis vient un article de l’archiprêtre Maxime Kozlov (vice-président du Comité pédagogique du Patriarcat de Moscou) intitulé « Le marché de la GPA ne doit pas se répandre dans notre pays » (la loi en effet, autorise en Russie le recours aux mères-porteuses, et la Russie comme l’Ukraine est devenue le lieu d’un marché lucratif pour de nombreuses officines occidentales qui proposent leurs services aux couples européens ou américains (notamment homosexuels) en quête de cette forme de procréation, qui reste interdite dans de nombreux pays ou moins abordable financièrement.
La réflexion se poursuit par un court article de Vladimir Legoïa, président du Département synodal d’information de l’Église orthodoxe russe, qui commente l’attitude de l’Église russe et rappelle que d’autres Églises locales (de Roumanie, de Serbie, de Bulgarie et de Géorgie en particulier, sont en accord avec elle sur ce point).
Le dossier se clôt par un article de synthèse du Dr Marc Andronikof, chef du service des urgences à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart, qui rappelle notamment les contributions de plusieurs théologiens orthodoxes français à la réflexion sur diverses questions actuelles de bioéthique, réflexion à laquelle il a lui-même apporté de nombreuses contributions.
La revue publie ensuite un entretien avec l’évêque Panteleïmon d’Orekhovo-Zouïevo intitulé « Y a-t-il une place pour Dieu dans le monde de la souffrance ? » Sa perspective est intéressante, car au lieu d’aborder la question de la souffrance du point de vue de ceux qui souffrent, comme c’est presque toujours le cas, il évoque ici les devoirs de ceux qui sont épargnés par la souffrance, notamment ceux de mettre l’énergie et les moyens sociaux ou financiers dont ils disposent au service des plus défavorisés. Il rappelle que dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare, le riche a été condamné non pour ses richesses, mais pour son refus d’aider Lazare et de lui laisser les miettes qui tombaient de sa table. La question du sens de la souffrance dans le monde trouve une réponse aussi dans l’appel, qu’elle constitue, à la compassion et à l’aide – matérielle, psychologique et spirituelle – du prochain.
Le numéro se clôt avec une belle homélie du saint évêque Hilarion (Troitsky) de Véréia, un nouveau martyr du XXe siècle, qui fut un grand évêque et un grand théologien (connu notamment pour ses travaux d’ecclésiologie). Cette homélie rejoint l’actualité parce qu’elle a été prononcée, en 1913, à l’occasion du 1600e anniversaire de l’édit de Milan dont nous avons célébré l’an dernier le 1700e anniversaire, et que préserver son existence et sa liberté reste pour l’Église une tâche essentielle dans un monde qui devient de plus en plus tolérant à l’égard de toutes les déviations et de plus en plus intolérant vis-à-vis du christianisme.
Pour recevoir ce numéro, on peut s’adresser aux Éditions Sainte-Geneviève, 4, rue Sainte-Geneviève, 91860 Épinay-sur-Sénard (email : editions@seminaria.fr).

Jean-Claude Larchet

Recension: Mgr Justinian Chira, « Les paroles du père spirituel. Un guide de beauté intérieure »

Justinian ChiraMgr Justinian Chira, Les paroles du père spirituel. Un guide de beauté intérieure, Éditions Apostolia, Paris 2013, 83 p.
Ce petit livre au format de poche, publié par les jeunes éditions Apostolia de la Métropole orthodoxe roumaine, présente de courtes réflexions de  Mgr Justinian Chira, évêque retraîté des Maramures.
Portant sur les sujets les plus divers, elles sont empreintes de sagesse et souvent de poésie, et témoignent de l’expérience vaste, riche et profonde de celui qui fut pendant de nombreuses décennies, un moine, un pasteur et un père spirituel apprécié.
En voici quelques extraits:

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Recension: Michel Quenot, « La Maison de Dieu sur terre. Oasis de lumière et de paix »

QuenotMichel Quenot, La Maison de Dieu sur terre. Oasis de lumière et de paix, Orthodruk, Bialystok (Pologne), 2014, 190 p.
L’archiprêtre Michel Quenot – qui est décidément très prolifique puisque c’est le troisième livre qu’il publie en cinq mois – propose dans ce volume des réflexions sur l’église en tant que bâtiment (autrement dit sur le temple chrétien). Comme d’habitude, il s’agit de courtes et libres méditations, écrites dans un style simple, avec une visée avant tout pastorale.
L’ouvrage a d’abord une structure chronologique, réfléchissant sur les temples de l’Antiqité, avant de s’intéresser aux lieux de culte dans l’Ancien Testament, aux relations de Jésus puis des premiers chrétiens et des Pères avec le temple. Prennent place ensuite des réflexions mélangées sur les rapports de l’église à l’Église, au culte et à la vie spirituelle.
L’icône, thème de prédilection de l’auteur conserve dans ce livre une place importante puisque l’église n’est pas seulement un lieu qui renferme des fresques et des icônes, mais a par sa nature et sa structure une fonction iconique.

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Un nouveau livre de Jean-Claude Larchet: « Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps »

Patriarche_PaulJean-Claude Larchet, « Le patriarche Paul de Serbie. Un saint de notre temps », éditions L’Age d’Homme, 2014, 114 p. (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).
Le patriarche Paul de Serbie (1914-2009) a acquis, par ses vertus personnelles, une grande popularité dans l’ensemble du monde orthodoxe et bien au-delà. De son vivant déjà, il était vénéré comme un saint, et l’on voit aujourd’hui se multiplier dans les églises des fresques et des icônes qui le représentent.
Ce livre, qui s’appuie sur différents documents et témoignages, présente la biographie et la personnalité de cet homme petit et frêle, qui voulut toujours mener la vie d’un moine pauvre, qui se soumit en tout temps et en toutes circonstances à une stricte discipline ascétique, et qui simple, humble et plein d’amour, resta toujours proche du peuple, faisant de l’Évangile le seul programme de son ministère épiscopal et patriarcal.
Ce portrait spirituel se tient délibérément à l’écart de toute considération politique et ethnique et s’attache avant tout à faire apparaître le patriarche Paul dans la dimension universelle de sa sainteté. Écrit de manière simple et vivante, il est illustré de nombreuses anecdotes pittoresques et savoureuses, ainsi que de paroles du patriarche pleines d’humour et de sagesse, qui rappellent souvent les célèbres apophtegmes des Pères du désert (un chapitre est d’ailleurs intitulé « Apophtegmes»). Un cahier central présente de magnifiques photos dues au diacre Dragan Tanasijević, qui a pu approcher le patriarche au cours de nombreuses célébrations liturgiques, et a réalisé des portraits qui s’apparentent à de véritables icônes.
Source: Éditeur

Recension: Saint Théophane le Reclus, « Lettres de direction spirituelle »

St_TheophaneSaint Théophane le Reclus, Lettres de direction spirituelle. Traduit du russe par Anne Kichilov ; introduction de Bernard Le Caro, Éditions des Syrtes, Paris, 2014, 269 p.
Les éditions des Syrtes publient sous le titre Lettres de direction spirituelle un ouvrage du célèbre évêque et ascète russe saint Théophane le Reclus (1815-1894). Il s’agit à l’origine de lettres adressées à une jeune femme de la haute société russe, à travers lesquelles saint Théophane lui a enseigné progressivement la vie spirituelle, pour laquelle elle montrait des dispositions mais dont elle n’avait pas au départ de connaissance précise. L’ensemble présentant une suite cohérente, Théophane a réécrit ses lettres pour en faire une sorte de traité d’initiation à la vie spirituelle sous forme épistolaire, d’où le titre qui lui a été donné en russe: Qu’est ce que la vie spirituelle et comment y disposer son cœur? Ce livre a eu un grand succès en Russie où il a été publié la première fois en 1878 et a connu ensuite six éditions jusqu’à la Révolution.
Saint Théophane veut tout d’abord poser des bases anthropologiques; autant avertir tout de suite le lecteur que les quinze premières lettres où elles sont exposées n’entrent pas dans le vif du sujet et peuvent même paraître fastidieuses et sans intérêt, puisqu’elle reposent sur des catégories psychologiques et physiologiques de la fin du XIXe siècle qui paraissent aujourd’hui très datées.
C’est à partir de la lettre XVI que Théophane déploie son exposé de la vie spirituelle, abordant pédagogiquement ses différentes étapes et ses divers aspects. Sont ainsi successivement traités, dans un style simple et vivant, les thèmes suivants: le vrai but de la vie présente; l’Unique nécessaire; le péché originel; le dérèglement dans la nature de l’homme; la nécessité de l’union avec Dieu; le relèvement rédempteur de l’homme tombé; le zèle spirituel; le renouveau et la purification de soi-même; l’action cachée de la grâce; la concentration intérieure; la patience et la constance; comment soutenir l’aspiration initiale; la préparation à la sainte communion; la préparation à la confession; les dispositions du cœur; le mystère du repentir et la communion; comment être en harmonie avec la volonté de Dieu; comment l’ennemi essaye de nous égarer; les différentes causes du refroidissement spirituel; le souvenir constant de Dieu; la paix intérieure; la prière sans distraction; comment faire jaillir en soi le souvenir incessant de Dieu; comment transformer le fardeau de la vie en profit spirituel; brûler d’amour pour Dieu; les passions comme obstacle à l’esprit; la lutte contre les passions; les mouvements les plus subtiles des passions; les étapes dans le développement des passions; la prière dans la lutte avec les pensées passionnées; comment purifier le cœur; comment garder l’ouïe et la vue; la lutte active contre les passions; au sujet du chant et de la musique; la solitude; la nécessité d’avoir un bon conseiller; la dépression et la peur; sur la lecture de livres spirituels et des livres séculiers; sur la froideur dans la prière; le vœu de renonciation au monde; le vœu de chasteté; l’aspiration à la vie monastique; les ruses de l’ennemi; les tentations venant des incroyants; l’obéissance aux parents; comment supporter les injustices et les fausses accusations; les anxiétés et les troubles de la fin; le repos après la tempête.
L’œuvre de Théophane est précédée d’une excellente introduction biographique de Bernard Le Caro, basée sur des documents authentiques, pour la plupart inédits en français.
La vie de saint Théophane est particulièrement intéressante.

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Recension: Alexandre Schmemann, « Le Grand Carême »

SchmemannRecension: Alexandre Schmemann, Le Grand Carême, éditions de l’Abbaye de Bellefontaine, Bégrolles-en-Mauges, 1999, 136 p. (Spiritualité orientale n° 13).
En ce début de Grand Carême, le petit livre du Père Alexandre Schmemann qui lui est consacré est particulièrement utile pour comprendre l’organisation, les particularités et le sens de ce temps fort de la vie liturgique et ascétique.
Après une introduction qui présente le Grand Carême comme un « voyage vers Pâques », l’auteur souligne le message essentiel des cinq dimanches préparatoires: le désir pour le dimanche de Zachée, l’humilité pour le dimanche du Publicain et du Pharisien, le retour d’exil pour le dimanche du Fils prodigue, la consicence du Jugement dernier pour le dimanche de Carnaval, et le pardon pour le dimanche de la Tyrophagie que l’Église célèbre aujourd’hui.
Il présente ensuite les prières, lectures et chants propres au Grand Carême, période imprégnée d’une « radieuse tristesse »: la prière de saint Éphrem le Syrien (qui est commentée), les lectures de l’Ancien Testament adaptées à ce temps liturgique (Genèse, Isaïe, Proverbes), et l’hymnologie du Triode (livre liturgique propre à cette période).
Une troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la Liturgie des Présanctifiés, qui a la particularité d’être célébrée le soir, les mercredis et vendredis, avec les Saints Dons consacrés à la Liturgie du dimanche précédent. L’auteur y explique les deux significations de la communion (fête et réjouissance de la présence du Christ d’une part, source et force soutenant notre effort spirituel d’autre part), les deux significations du jeûne (total et ascétique), la communion du soir, et enfin l’ordonnance de l’office.
La quatrième partie présente l’esprit du Grand canon de saint André de Crète (chanté les quatre premiers jours de la première semaine et le jeudi de la cinquième semaine), ainsi que les particularités des différents samedis et dimanches de Carême.
L’auteur montre enfin ce que doit être « le carême pour nos vies », soulignant la nécessité de prendre le carême au sérieux, l’importance de la participation aux services liturgiques, de la prière et du jeûne, et montrant comment doit s’instaurer en cette période un « style de vie » particulier.
Une annexe dresse un bref historique du carême.

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Recension: Alexandre Schmemann, « Le Grand Carême »

SchmemannRecension: Alexandre Schmemann, Le Grand Carême, éditions de l’Abbaye de Bellefontaine, Bégrolles-en-Mauges, 1999, 136 p. (Spiritualité orientale n° 13).
En ce début de Grand Carême, le petit livre du Père Alexandre Schmemann qui lui est consacré est particulièrement utile pour comprendre l’organisation, les particularités et le sens de ce temps fort de la vie liturgique et ascétique.
Après une introduction qui présente le Grand Carême comme un « voyage vers Pâques », l’auteur souligne le message essentiel des cinq dimanches préparatoires: le désir pour le dimanche de Zachée, l’humilité pour le dimanche du Publicain et du Pharisien, le retour d’exil pour le dimanche du Fils prodigue, la consicence du Jugement dernier pour le dimanche de Carnaval, et le pardon pour le dimanche de la Tyrophagie que l’Église célèbre aujourd’hui.
Il présente ensuite les prières, lectures et chants propres au Grand Carême, période imprégnée d’une « radieuse tristesse »: la prière de saint Éphrem le Syrien (qui est commentée), les lectures de l’Ancien Testament adaptées à ce temps liturgique (Genèse, Isaïe, Proverbes), et l’hymnologie du Triode (livre liturgique propre à cette période).
Une troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la Liturgie des Présanctifiés, qui a la particularité d’être célébrée le soir, les mercredis et vendredis, avec les Saints Dons consacrés à la Liturgie du dimanche précédent. L’auteur y explique les deux significations de la communion (fête et réjouissance de la présence du Christ d’une part, source et force soutenant notre effort spirituel d’autre part), les deux significations du jeûne (total et ascétique), la communion du soir, et enfin l’ordonnance de l’office.
La quatrième partie présente l’esprit du Grand canon de saint André de Crète (chanté les quatre premiers jours de la première semaine et le jeudi de la cinquième semaine), ainsi que les particularités des différents samedis et dimanches de Carême.
L’auteur montre enfin ce que doit être « le carême pour nos vies », soulignant la nécessité de prendre le carême au sérieux, l’importance de la participation aux services liturgiques, de la prière et du jeûne, et montrant comment doit s’instaurer en cette période un « style de vie » particulier.
Une annexe dresse un bref historique du carême.

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Recension: Jean Chrysostome, « Homélies sur la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte », tome 1

Chrysostome_ResurrectionJean Chrysostome, Homélies sur la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte, tome 1. Introduction, texte critique, traduction notes et index par Nathalie Rambault, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 322 p., « Sources chrétiennes » n° 561.
La collection « Sources chrétiennes »  a entrepris la publication, en deux volumes, des homélies de saint Jean Chrysostome sur la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte.
Ce premier tome rassemble quatre homélies sur la Résurrection. Les deux premières datent des années que Jean Chrysostome a passées comme prêtre à Antioche, soit de 386 à 397 (date à laquelle il est devenu patriarche de Constantinople) ; la suivante (présentée sous une forme longue et sous une forme brève ») est une compilation postérieure de deux siècles.
L’homélie « Sur la résurrection des morts » est très longue (la durée de sa prononciation est évaluée à environ quarante minutes), si bien que l’on peut supposer qu’elle a été conçue comme une préparation à la fête de Pâque plutôt que comme une homélie pour la Liturgie de Pâque. Elle  consiste essentiellement en une exégèse de 2 Co 4, 8-9.14-18 et 5, 1-5, qui vise à conforter la foi de l’auditoire en la résurrection des corps face aux négations gnostiques et manichéennes ; après avoir argumenté en faveur de cette résurrection, saint Jean Chrysostome s’efforce d’en préciser les modalités, et souligne qu’elle est au centre de l’économie du salut (« Tout dépend de la Résurrection » dira-t-il ailleurs) ; puis il montre comment le Saint-Esprit en est le garant, avant d’inviter ses auditeurs à mener une vie digne de leur foi en cet événement déterminant pour l'existence humaine.
L’homélie « Contre l’ivresse et sur la Résurrection » a probablement été prononcée à Pâque, lors de l’office de l’aube auquel participaient les nouveaux baptisés. Saint Jean Chrysostome  commence par mettre en garde son auditoire contre les débordements qui suivent habituellement la rupture du jeûne. Il stimagtise en particulier l’ivresse, après en avoir examiné les différentes formes et les divers effets néfastes. Il invite ensuite les fidèles à préférer à l’ivresse physique, l’ivresse  spirituelle que l’on reçoit par l’euchariste au jour très joyeux de la fête de la Résurrection, après la rude préparation du grand carême. Après avoir montré l’importance de la résurrection du Christ pour l’humanité tout entière, il montre que le baptême est une première résurrection (qui relève l’homme déchu de la mort du péché) et une seconde création, et expose les exigences ascétiques qui permettent de conserver et developper en soi la grâce de ce sacrement.

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Recension: Saint Silouane, « Écrits » – 3 CD audio d’extraits des écrits de saint Silouane lus par S. E. le métropolite Joseph.

SilouaneLa Métropole roumaine de France et d’Europe occidentale, qui avait publié il y a deux ans, un beau CD contenenant la lecture d’extraits des écrits de saint Silouane de l’Athos publiés par l’archimandrite Sophrony (Saint Silouane l'Athonite (1866-1938) Vie, doctrine et écrits, Cerf, 2010) poursuit cette belle entreprise par la pulication de deux nouveaux CD (vol. 1 et 3). Les trois volumes couvrent maintenant les trois-quarts des écrits du célèbre saint russe du Mont-Athos.
Bien que son nom ne soit pas mentionné par modestie, on reconnaît immédiatement le lecteur: monseigneur Joseph, métropolite de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, qui, malgré le grand nombre de ses occupations, ajoute une nouvelle dimension à sa remarquable activité pastorale, et fait bénéficier les auditeurs de sa voix paisible et chaleureuse.
Cette édition sera utile aux malvoyants, mais aussi à ceux qui souhaitent occuper leur esprit pas des textes spirituels lorsqu’ils se livrent à des travaux manuels, ou encore à ceux qui souhaitent recevoir d’une nouvelle manière ces enseignements et témoignages qui sont devenus des classiques de la spiritualité orthodoxe contemporaine.
Le CD1 contient les chapitres suivants: Nostalgie de Dieu; De l’humilité; De la paix; Du repentir; De l’amour; Des pensées pasionnelles et de l’illusion spirituelle; Récits d’expériences vécues et de quelques rencontres et conversations avec des ascètes.
Le CD2: De la grâce; De la volonté de Dieu et de la liberté; Des moines; Du combat spirituel.
Le CD3: De la prière; Les lamentations d’Adam; Récits d’expériences vécues et de quelques rencontres et conversations avec des ascètes; Pensées ascétiques, conseils et observations.

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Recension: Saint Silouane, « Écrits » – 3 CD audio d’extraits des écrits de saint Silouane lus par S. E. le métropolite Joseph.

SilouaneLa Métropole roumaine de France et d’Europe occidentale, qui avait publié il y a deux ans, un beau CD contenenant la lecture d’extraits des écrits de saint Silouane de l’Athos publiés par l’archimandrite Sophrony (Saint Silouane l'Athonite (1866-1938) Vie, doctrine et écrits, Cerf, 2010) poursuit cette belle entreprise par la pulication de deux nouveaux CD (vol. 1 et 3). Les trois volumes couvrent maintenant les trois-quarts des écrits du célèbre saint russe du Mont-Athos.
Bien que son nom ne soit pas mentionné par modestie, on reconnaît immédiatement le lecteur: monseigneur Joseph, métropolite de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale, qui, malgré le grand nombre de ses occupations, ajoute une nouvelle dimension à sa remarquable activité pastorale, et fait bénéficier les auditeurs de sa voix paisible et chaleureuse.
Cette édition sera utile aux malvoyants, mais aussi à ceux qui souhaitent occuper leur esprit pas des textes spirituels lorsqu’ils se livrent à des travaux manuels, ou encore à ceux qui souhaitent recevoir d’une nouvelle manière ces enseignements et témoignages qui sont devenus des classiques de la spiritualité orthodoxe contemporaine.
Le CD1 contient les chapitres suivants: Nostalgie de Dieu; De l’humilité; De la paix; Du repentir; De l’amour; Des pensées pasionnelles et de l’illusion spirituelle; Récits d’expériences vécues et de quelques rencontres et conversations avec des ascètes.
Le CD2: De la grâce; De la volonté de Dieu et de la liberté; Des moines; Du combat spirituel.
Le CD3: De la prière; Les lamentations d’Adam; Récits d’expériences vécues et de quelques rencontres et conversations avec des ascètes; Pensées ascétiques, conseils et observations.

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Recension: Michel Quenot, « Des flambeaux de lumière et leur icône. Nos Pères dans la foi »

Quenot FlambeauxMichel Quenot, Des flambeaux de lumière et leur icône. Nos Pères dans la foi, Éditions Orthdruk et Éditions du Signe, Bialystok et Strasbourg, 2013, 224 p.
Le protopresbytre Michel Quenot propose dans ce nouveau livre une série de chapitres consacrés à trente Pères de l’Église, grecs et latins, des huit premiers siècles:  Clément de Rome, Polycarpe, Justin, Irénée de Lyon, Origène, Cyprien de Carthage, Antoine le Grand, Pachôme, Athanase d'Alexandrie, Hilaire de Poitiers, Éphrem le Syrien, Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Grégoire de Nysse, Cyrille de Jérusalem, Macaire le Grand, Ambroise de Milan, Jean Chysostome, Cyrille d'Alexandrie, Augustin d’Hippone, Jean Cassien, Diadoque de Photicé, Pseudo-Denys l’Aréopagite, Benoît de Nursie, Grégoire le Grand,  Dorothée de Gaza, Jean Climaque, Maxime le Confesseur, Isaac le Syrien et Jean Damascène.
Ces chapitres brefs (de 2 à 4 pages) sont un libre hommage, s’appuyant sur quelques traits marquants de leur vie et de leur œuvre, à ces grandes figures du christianisme qui furent et restent des « flambeaux de lumière » pour l’Église et pour le monde.

 

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Recension: Le monastère orthodoxe serbe de Devič. Textes rassemblés et traduits par Lioubomir Mihailovitch

Monastere-de-DevicLe monastère orthodoxe serbe de Devič. Textes rassemblés et traduits par Lioubomir Mihailovitch, Paris, 2013, 88 p. 3€ (disponible à l’église orthodoxe serbe Saint-Sava, 23 rue du Simplon, Paris 18e)
Lioubomir Mihailović, traducteur de plusieurs ouvrages de spiritualité orthodoxe, dont les Vies des saints serbes de St Justin de Tchélié, retrace dans le présent opuscule, à l’aide de différents textes parus dans des ouvrages, périodiques ou émissions en langue serbe, l’histoire mouvementée du monastère serbe de Devič, situé au Kosovo.
Le monastère de Devič doit sa célébrité à saint Joannice (Joanikije).
La première partie de ce petit livre est la traduction d’un article écrit par le patriarche Paul de Serbie (qui séjournait souvent dans ce monastère, alors qu’il était évêque de Prizren), qui évoque la vie de saint Joannice. Originaire de la région serbe de Dioclée, d’une famille très pieuse, celui-ci naquit dans la seconde moitié du XIVe siècle, peu de temps avant le début de l’occupation turque. Très jeune, il prit la décision de se consacrer à Dieu ; il quitta donc le tumulte du monde et se fixa dans une grotte isolée, située sur la Crna Reka (Rivière noire) près du fleuve Ibar, où il pratiqua l’ascèse dans une solitude totale. Quand les gens entendirent parler de l’ascèse sévère à laquelle il se livrait et qu’ils vinrent en grand nombre pour le voir et prendre conseil auprès de lui, saint Joanikije quitta le lieu où il vivait et s’enfuit dans la contrée inhospitalière de la Drenica, où il se cacha dans la forêt profonde de Devič. Il s’y établit dans le vallon d’un ruisseau de montagne et y vécut au creux d’un hêtre. La grandeur de son ascèse n’est connue que de Dieu, mais l’importance de ses dons de thaumaturge montre combien elle fut agréable au Seigneur. C’est à Devič que saint Joanikije construisit une église dédiée à la Présentation de la Très Sainte Mère de Dieu au Temple, devenant ainsi le fondateur de ce monastère. Par la suite, le second fondateur du monastère de Devič fut le souverain serbe de l’époque, le despote Djuradj Branković (1427-1456), en signe de gratitude envers saint Joanikije pour la guérison miraculeuse de sa fille malade, Mara. Plus tard, ce monastère abrita une importante communauté monastique masculine, qui acheva la construction du monastère et de son église. À la suite de la présentation de saint Joanikije devant le Seigneur, le 2 décembre 1430, on édifia une petite chapelle sur sa tombe, demeurée intacte jusqu’à nos jours. Peu après la dormition du saint, des guérisons se produisirent auprès de ses reliques, et cela continua dans les siècles qui suivirent.

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Recension: Archimandrite Chéruvim Karampelas, « Figures athonites du début du XXe siècle »

Figures athonitesArchimandrite Chéruvim Karampelas, Figures athonites du début du xxe siècle. Introduction de Jean-Claude Larchet, traduction de Maurice-Jean Monsaingeon revue par les moniales de Solan, Éditions L’Age d’Homme, Lausanne 2013 (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).
Ce nouveau volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » est un recueil de cinq Vies d’ascètes remarquables du Mont-Athos dont la sainteté s’est révélée lors des premières décennies du xxe siècle : l’Ancien Joachim de la skite de Sainte-Anne (1895-1950), l’Ancien Athanase de Grigoriou (1873-1953), l’Ancien Callinique l’Hésychaste (1853-1930), l’Ancien Daniel de Katounakia (1846-1929) et l’Ancien Isaac de Dionysiou (1850-1932). L’auteur – l’archimandrite Chérubim (Karampelas), un ancien moine athonite qui a fondé le monastère bien connu du Paraclet à Oropos, près d’Athènes – a pu rencontrer plusieurs d’entre eux ou recueillir auprès de ceux qui les ont connus des témoignages de première main.
Ces spirituels sont très différents par leur forme d’intégration dans le monachisme et constituent pour ainsi dire un « échantillon représentatif » des divers modes de vie du Mont-Athos : cénobitisme pour l’Ancien Athanase et l’Ancien Isaac, vie en toute petite communauté – constituée d’un Ancien et d’un, deux ou trois moines – pour l’Ancien Joachim et l’Ancien Daniel, érémitisme pour l’Ancien Callinique.
Ces spirituels sont également très différents par leurs personnalités. Ils ont la même foi, le même idéal, la même ascèse, les mêmes vertus, le même parfum de la grâce divine, mais les expriment de façon variée, témoignant une fois de plus que la vie chrétienne conforme à la tradition, tout en étant profondément unifiée, en reposant sur les mêmes principes et les mêmes pratiques, ne nivelle pas les personnalités, mais permet au contraire à chaque personne de s’épanouir en Dieu selon sa propre identité, d’accom­plir par Sa grâce le meilleur d’elle-même, et de révéler plei­nement sa vraie personnalité.
Ces Vies ont d’abord une valeur spirituelle: ces moines sont des exemples de chrétiens qui ont totalement consacré leur vie au Christ, qui sont parvenus, par leurs efforts conjugués avec la grâce divine, au faîte des vertus et qui ont reçu de l’Esprit divers charismes (de discernement, de guérison, de prophétie…) qu’ils ont mis au service du prochain.
Elles ont aussi une valeur historique. On a beaucoup parlé du renou­veau athonite provoqué, dans les années 1960-1970, par l’afflux de jeunes moines venus repeupler des monastères qui n’étaient plus habités que par quelques moines âgés, et y restaurer le cénobitisme sous la conduite d’higoumènes jeunes et cultivés. Mais cet apport fut surtout quantitatif, et le premier souci de ces higoumènes ne fut pas d’innover ou de rénover, mais de se mettre à l’école de quelques Anciens renommés qui continuaient à entretenir discrètement mais fidè­lement la tradition athonite.

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Recension: Archimandrite Chéruvim Karampelas, « Figures athonites du début du XXe siècle »

Figures athonitesArchimandrite Chéruvim Karampelas, Figures athonites du début du xxe siècle. Introduction de Jean-Claude Larchet, traduction de Maurice-Jean Monsaingeon revue par les moniales de Solan, Éditions L’Age d’Homme, Lausanne 2013 (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).
Ce nouveau volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » est un recueil de cinq Vies d’ascètes remarquables du Mont-Athos dont la sainteté s’est révélée lors des premières décennies du xxe siècle : l’Ancien Joachim de la skite de Sainte-Anne (1895-1950), l’Ancien Athanase de Grigoriou (1873-1953), l’Ancien Callinique l’Hésychaste (1853-1930), l’Ancien Daniel de Katounakia (1846-1929) et l’Ancien Isaac de Dionysiou (1850-1932). L’auteur – l’archimandrite Chérubim (Karampelas), un ancien moine athonite qui a fondé le monastère bien connu du Paraclet à Oropos, près d’Athènes – a pu rencontrer plusieurs d’entre eux ou recueillir auprès de ceux qui les ont connus des témoignages de première main.
Ces spirituels sont très différents par leur forme d’intégration dans le monachisme et constituent pour ainsi dire un « échantillon représentatif » des divers modes de vie du Mont-Athos : cénobitisme pour l’Ancien Athanase et l’Ancien Isaac, vie en toute petite communauté – constituée d’un Ancien et d’un, deux ou trois moines – pour l’Ancien Joachim et l’Ancien Daniel, érémitisme pour l’Ancien Callinique.
Ces spirituels sont également très différents par leurs personnalités. Ils ont la même foi, le même idéal, la même ascèse, les mêmes vertus, le même parfum de la grâce divine, mais les expriment de façon variée, témoignant une fois de plus que la vie chrétienne conforme à la tradition, tout en étant profondément unifiée, en reposant sur les mêmes principes et les mêmes pratiques, ne nivelle pas les personnalités, mais permet au contraire à chaque personne de s’épanouir en Dieu selon sa propre identité, d’accom­plir par Sa grâce le meilleur d’elle-même, et de révéler plei­nement sa vraie personnalité.
Ces Vies ont d’abord une valeur spirituelle: ces moines sont des exemples de chrétiens qui ont totalement consacré leur vie au Christ, qui sont parvenus, par leurs efforts conjugués avec la grâce divine, au faîte des vertus et qui ont reçu de l’Esprit divers charismes (de discernement, de guérison, de prophétie…) qu’ils ont mis au service du prochain.
Elles ont aussi une valeur historique. On a beaucoup parlé du renou­veau athonite provoqué, dans les années 1960-1970, par l’afflux de jeunes moines venus repeupler des monastères qui n’étaient plus habités que par quelques moines âgés, et y restaurer le cénobitisme sous la conduite d’higoumènes jeunes et cultivés. Mais cet apport fut surtout quantitatif, et le premier souci de ces higoumènes ne fut pas d’innover ou de rénover, mais de se mettre à l’école de quelques Anciens renommés qui continuaient à entretenir discrètement mais fidè­lement la tradition athonite.

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Recension: Jean Paquereau, « Au jardin des plantes de la Bible.
Botanique, symboles et usages »

 PaquereauJean Paquereau, Au jardin des plantes de la Bible.
Botanique, symboles et usages. Préface du pasteur Jean Adnet Jean Adnet, Institut pour le Développement Forestier, Paris, 2013, 416 p.
Jean Paquereau, membre de la communauté protestante d’Orléans, est un passionné de plantes qui, pendant sa longue carrière d’horticulteur-pépiniériste, a introduit, multiplié et cultivé de très nombreuses plantes, originaires de tous les continents. À la retraite il s’est particulièrement intéressé aux plantes de la Bible et a consacré plusieurs années à à préparer le présent livre, qui rend hommage aux plantes en expliquant leur valeur « agronomique » ou artisanale; mais aussi symbolique, par le prisme des espèces citées dans la Bible.
À chaque espèce correspond une fiche décrivant ses noms en différentes langues, son espèce selon la classification scientifique, ses critères de reconnaissance, des conseils de culture ou d’utilisation, ainsi que, le cas échéant, ses vertus médicinales; sans oublier les légendes et traditions qui l’entourent, agrémentées d’anecdotes qui permettent de la découvrir, ou de la redécouvrir.
Le livre resitue aussi les éspèces par des citations bibliques qui révèlent leur symbolisme, leur sens spirituel, ou le regard porté sur elles il y a plusieurs milliers d’années. Cent-dix espèces sont répertoriées, classées par type (arbres, arbres à fruits, arbrisseaux, céréales, légumes, condiments, fleurs, aquatiques, désertiques, épineuses, baumes, parfums, poisons) et bénéficiant d’une iconographie abondante (photos, souvent prises par l’auteur in situ, et dessins).
Finalement cet ouvrage permet non seulement de prêter une attention plus grande à certaines mentions de la Bible, mais encore invite à voyager hors du temps au sein de la flore moyen-orientale, pour revenir ensuite « cultiver son jardin » extérieur et intérieur, en acclimatant les plantes découvertes et en méditant sur les épisodes bibliques qu’elles rappellent.

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Recension: Michel Quenot, « L’Ami des hommes »

L_Ami_des_hommesMichel Quenot, L’Ami des hommes. Invitation à la rencontre de Celui qui est, Éditions du Signe, Strasbourg, 2013, 129 p.
Le protopresbytre Michel Quenot, bien connu pour ses nombreux ouvrages – dont la plupart sont consacrés aux icônes – nous donne ici un recueil de courtes méditations sur ce que peut apporter le Christ à l’homme contemporain désorienté dans sa quête de liberté et de bonheur.
Il part de la constatation que nous vivons dans un monde déshumanisé, où règnent les machines (aujourd’hui électroniques), où la personne est oubliée, où notre identité est menacée, et où « l’interreligieux » mêle les religions en une nouvelle Babel où finit par se perdre toute notion du vrai Dieu. Il constate parallèlement que tous les hommes aspirent au bonheur mais échouent souvent à le trouver faute de prendre la bonne direction, tandis que dans notre société post-chrétienne peu de chrétiens sont capables de l’indiquer faute de témoigner authentiquement des valeurs chrétiennes.
Il propose alors, face à l’impasse d’un monde sans Dieu, une redécouverte du Christ, qui est, « Celui qui est » vraiment (Ex 3, 14), mais aussi, selon une expression mainte fois répétée dans les prières liturgiques, « l’Ami des hommes ».
Cette redécouverte prend la forme de brèves réflexions aux titres évocateurs: « L’Invisible devenu visible », « Le Visage des visages », « L’amour en acte », « Un Dieu personnel », « L’expérience de Dieu », « Le désir réorienté », « Un visage de Lumière », « La tragédie assumée et vaincue », « Un seuil vers le Royaume », « La Lumière du monde », « Une société plus humaine », « Une parabole pour notre temps », « Connais-toi toi-même », « Deviens ce que tu es », « Naître avec et entrer dans la lumière », « L’unification de la personne », « Le don du face à face véritable », « À la source de la Vie », « Un choix pour la vie », « La beauté du monde spirituel, « La bonne odeur du Christ », « Le Seul toujours fidèle », « La vraie richesse », « La mort apprivoisée », La vie après la mort », « Du néant à l’être », « De la vie à la Vie », etc.

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Recension: Michel Quenot, « L’Ami des hommes »

L_Ami_des_hommesMichel Quenot, L’Ami des hommes. Invitation à la rencontre de Celui qui est, Éditions du Signe, Strasbourg, 2013, 129 p.
Le protopresbytre Michel Quenot, bien connu pour ses nombreux ouvrages – dont la plupart sont consacrés aux icônes – nous donne ici un recueil de courtes méditations sur ce que peut apporter le Christ à l’homme contemporain désorienté dans sa quête de liberté et de bonheur.
Il part de la constatation que nous vivons dans un monde déshumanisé, où règnent les machines (aujourd’hui électroniques), où la personne est oubliée, où notre identité est menacée, et où « l’interreligieux » mêle les religions en une nouvelle Babel où finit par se perdre toute notion du vrai Dieu. Il constate parallèlement que tous les hommes aspirent au bonheur mais échouent souvent à le trouver faute de prendre la bonne direction, tandis que dans notre société post-chrétienne peu de chrétiens sont capables de l’indiquer faute de témoigner authentiquement des valeurs chrétiennes.
Il propose alors, face à l’impasse d’un monde sans Dieu, une redécouverte du Christ, qui est, « Celui qui est » vraiment (Ex 3, 14), mais aussi, selon une expression mainte fois répétée dans les prières liturgiques, « l’Ami des hommes ».
Cette redécouverte prend la forme de brèves réflexions aux titres évocateurs: « L’Invisible devenu visible », « Le Visage des visages », « L’amour en acte », « Un Dieu personnel », « L’expérience de Dieu », « Le désir réorienté », « Un visage de Lumière », « La tragédie assumée et vaincue », « Un seuil vers le Royaume », « La Lumière du monde », « Une société plus humaine », « Une parabole pour notre temps », « Connais-toi toi-même », « Deviens ce que tu es », « Naître avec et entrer dans la lumière », « L’unification de la personne », « Le don du face à face véritable », « À la source de la Vie », « Un choix pour la vie », « La beauté du monde spirituel, « La bonne odeur du Christ », « Le Seul toujours fidèle », « La vraie richesse », « La mort apprivoisée », La vie après la mort », « Du néant à l’être », « De la vie à la Vie », etc.

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Recension: Grégoire de Nysse, « Contre Eunome », II

Contre Eunome IIGrégoire de Nysse, « Contre Eunome », II. Texte grec de W. Jaeger (GNO I). Introduction, traduction, notes et index par Raymond Winling, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 560 p. (Sources chrétiennes n° 551).
Le « Contre Eunome II » de saint Grégoire de Nysse, bien que constituant une partie essentielle de la réfutation de l’« Apologie de l’apologie » d’Eunome à laquelle s’est livré le grand Cappadocien prenant la suite de son frère Basile de Césarée, a été relégué par ses éditeurs anciens à la fin du « Contre Eunome III », en raison de son caractère très technique. C’est à juste titre que dans cette édition il reprend sa vraie place. Ce traité est en effet l’un des plus remarquables jamais écrits, par les écrivains et les philosophes religieux sur la nature du langage, et il retient aujourd’hui encore l’attention des linguistes. Ayant à la base comme but de contrer la doctrine d’Eunome selon laquelle le nom d’ « inengendré » exprimerait l’essence même du Père et les noms seraient révélés, l’évêque de Nysse examine de manière approfondie le rapport du langage aux réalités qu’il exprime (quelles soient naturelles ou divines) et à la raison humaine, et il tente de préciser ce qu’il doit à celles-là et à celle-ci. L’une des questions essentielles abordées ici est : dans quelle mesure peut-on adéquatement parler de Dieu ? C’est notamment dans cette partie du Contre Eunome que saint Grégoire montre, à la suite de saint Basile de Césarée, que Dieu est inconnaissable dans Son essence mais est en revanche connaissable dans Ses énergies. On peut voir ici, comme dans le Contre Eunome de saint Basile, que la distinction de l’essence et des énergies divines, souvent considérée par des théologiens occidentaux comme une innovation de saint Grégoire Palamas, est déjà ici nettement posée avec une argumentation forte. Mais la question est abordée ici aussi de savoir dans quelle mesure les Noms divins, qui correspondent pour la plupart aux énergies divines, expriment adéquatement la réalité auxquelles ils se rapportent. Saint Grégoire de Nysse a une réponse mitigée : nous connaissons bien et nommons bien quelque chose de Dieu, mais notre connaissance et les noms qui l’expriment, tout en étant véridiques, ne sont pas un pur reflet des réalités divines connaissables, mais doivent quelque chose à notre raison et à la capacité créative que Dieu lui a donnée. Comme l’a exprimé de son côté saint Jean Chrysostome en des termes moins techniques, l’apophatisme ne concerne pas seulement l’essence divine, mais porte aussi dans une certaine mesure sur les énergies qui, si elles sont connaissables et exprimables, ne le sont pas pleinement, l’arrière-fond mystérieux de celles-ci correspondant à ce qui les rattache à l’essence. Comme l’avait déjà fait remarquer saint Basile, il est d’autant plus vrai, en ce qui concerne Dieu, que les concepts et les mots restent en deçà de la réalité, que la réalité matérielle elle-même ne peut être pleinement connue ni exprimée.
L’ouvrage suit un plan assez compliqué, non du fait de Grégoire lui-même, mais du fait que sa réfutation épouse les méandres de l’argumentation d’Eunome.
Cette édition est munie d’une riche introduction due à Raymond Winling – professeur émérite à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg – à qui l’on doit aussi une traduction claire et précise.

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Recension: Jean Chrysostome, « L’impuissance du diable »

Chrysostome.DiableJean Chrysostome , « L’impuissance du diable ». Introduction, texte critique, traduction et notes par Sœur Adina Peleanu, Éditions du Cerf, 2013, 240 p. (« Sources chrétiennes » n° 560).
Ce nouveau volume de la collection « Sources chrétiennes » est la publication d’une thèse de doctorat soutenue en 2007 à l’EPHE par œur Adana Peleanu, moniale du monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Limours (patriarcat de Roumanie).
Le volume est doté d’une longue introduction qui présente le texte dans son histoire et son contenu.
On considérait, depuis l’édition de Montfaucon au début du XVIIIe siècle, qu’il existait une série de trois homélies sous le thème De la tentation du diable. Sœur Adina montre la première homélie de cette série doit en réalité se rattacher à la série De l’obscurité. Elle édite donc ici les homélies 2 et 3 en les regroupant sous un nouveau titre: L’impuissance du diable.
Ces deux homélies ont été prononcées par Jean Chrysostome à Antioche peu après le début de son sacerdoce en 386. Saint Jean Chrysostome, partant d’une analyse de ce qu’est le diable, justifie l’existence de celui-ci en montrant le profit spirituel que l’on peut tirer en vainquant ses tentations ; mais il souligne en même temps que le pouvoir du diable est limité. D’une part, celui-ci ne peut accomplir que ce que Dieu lui permet de faire ; d’autre part il n’a pas d’accès dans l’âme du chrétien dont la volonté n’entre pas en connivence avec lui.

Saint Jean Chrysostome montre que les véritables causes du mal ne sont pas le diable ni la nature (sur ce second point, il vise le manichéisme), mais la négligence (rathumia) et le mauvais choix. Dieu a créé l’homme libre, et c’est la façon dont ce dernier use de son libre arbitre qui est déterminante pour l’accomplissement du bien ou du mal. Pour cette raison le diable est impuissant devant le libre choix humain, et son existence n’a d’autre but que de l’éprouver, ce dont le fidèle peut tirer un grand profit spirituel en faisant, chaque fois qu’il est tenté, le choix de Dieu. Parmi les exemples bibliques  que fournit saint Jean Chrysostome, se détache la figure de Job, qui, contrairement à Adam et Ève, a fait le bon choix. Il propose alors, sur ces bases, à ses auditeurs, des moyens d’obtenir le pardon et la purification de leurs péchés. Il énonce à cet effet cinq voies de conversion: la reconnaissance de ses propres péchés; le pardon des ennemis; la prière zélée et attentive; l’aumône; la modération et l’humilité. Il invite aussi ses auditeurs à la vigilance intérieure (nepsis) qui est un moyen essentiel pour remarquer et affronter les tentations, et pour faire en toutes circonstance le bon choix. Il leur propose enfin de prendre exemple sur la grande figure biblique de Job, pour y puiser consolation et patience face aux épreuves, mais aussi constance dans la confiance en Dieu.

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Recension: « La cathédrale de Monreale.
 La splendeur des mosaïques »

Monreale« La cathédrale de Monreale. La splendeur des mosaïques ». Introduction Cataldo Naro, textes introductifs de David Abulafia et Massimo Naro, photographies de Daniele De Lonti, Santo Eduardo Di Miceli et Jurij Gallegra, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 333 p. (Images et beaux livres).
Dans la collection « Images et beaux livres », les éditions du Cerf publient un ouvrage magnifique dédié aux mosaïques byzantines de la cathédrale de Monreale (Sicile). Cet ouvrage correspond à un réel besoin, puisque toutes les publication antérieures ne présentaient qu’un choix de mosaïques alors que celui-ci les présente toutes.
Cette église fut inaugurée le 15 août 1176. Sa construction avait été ordonnée par le dernier souverain normand Guillaume II, et réalisée entre 1172 et 1176. Le bâtiment lui-même (dont on a quelques photos dans la partie introductive de l’ouvrage) est une combinaison des trois styles présents à cette époque en Sicile : arabe, roman-normand et byzantin. Il  a une longueur de 102 mètres, une largeur de 40 mètres et une hauteur de 35 mètres.
Les murs et le sol de la cathédrale sont recouverts de marbre dans leur partie inférieure, dans le style islamique. La partie supérieure des murs est entièrement couverte de mosaïques byzantines sur fond d’or, sur une superficie totale de 6 340 m2.
L'abside est entièrement occupée par la figure d’un immense Christ Pantocrator. Sous le Christ, est représentée la Mère de Dieu, avec, à ses côtés, les archanges Gabriel et Michel, ainsi que les apôtres Pierre et Paul avec les autres apôtres. La rangée inférieure représente différents saints.
Les mosaïques de la nef et du mur ouest présentent deux rangées de scènes de la Genèse : dans la rangée du haut, la Création en six jours, jusqu'à l’expulsion du paradis, et dans la rangée du bas, des scènes de la vie des patriarches Noé, Abraham, Isaac et Jacob.
Les mosaïques du chœur et du transept représentent des scènes de la vie du Christ, de l’Annonciation à l’Ascension, et la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Sur les murs de la nef sont représentés les miracles du Christ. Les mosaïques de la chapelle et de l’abside latérale nord représentent des scènes de la vie des Apôtres, tandis que la chapelle et l’abside du côté sud montrent des scènes de la vie de saint Pierre.

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Recension: « La cathédrale de Monreale.
 La splendeur des mosaïques »

Monreale« La cathédrale de Monreale. La splendeur des mosaïques ». Introduction Cataldo Naro, textes introductifs de David Abulafia et Massimo Naro, photographies de Daniele De Lonti, Santo Eduardo Di Miceli et Jurij Gallegra, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 333 p. (Images et beaux livres).
Dans la collection « Images et beaux livres », les éditions du Cerf publient un ouvrage magnifique dédié aux mosaïques byzantines de la cathédrale de Monreale (Sicile). Cet ouvrage correspond à un réel besoin, puisque toutes les publication antérieures ne présentaient qu’un choix de mosaïques alors que celui-ci les présente toutes.
Cette église fut inaugurée le 15 août 1176. Sa construction avait été ordonnée par le dernier souverain normand Guillaume II, et réalisée entre 1172 et 1176. Le bâtiment lui-même (dont on a quelques photos dans la partie introductive de l’ouvrage) est une combinaison des trois styles présents à cette époque en Sicile : arabe, roman-normand et byzantin. Il  a une longueur de 102 mètres, une largeur de 40 mètres et une hauteur de 35 mètres.
Les murs et le sol de la cathédrale sont recouverts de marbre dans leur partie inférieure, dans le style islamique. La partie supérieure des murs est entièrement couverte de mosaïques byzantines sur fond d’or, sur une superficie totale de 6 340 m2.
L'abside est entièrement occupée par la figure d’un immense Christ Pantocrator. Sous le Christ, est représentée la Mère de Dieu, avec, à ses côtés, les archanges Gabriel et Michel, ainsi que les apôtres Pierre et Paul avec les autres apôtres. La rangée inférieure représente différents saints.
Les mosaïques de la nef et du mur ouest présentent deux rangées de scènes de la Genèse : dans la rangée du haut, la Création en six jours, jusqu'à l’expulsion du paradis, et dans la rangée du bas, des scènes de la vie des patriarches Noé, Abraham, Isaac et Jacob.
Les mosaïques du chœur et du transept représentent des scènes de la vie du Christ, de l’Annonciation à l’Ascension, et la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Sur les murs de la nef sont représentés les miracles du Christ. Les mosaïques de la chapelle et de l’abside latérale nord représentent des scènes de la vie des Apôtres, tandis que la chapelle et l’abside du côté sud montrent des scènes de la vie de saint Pierre.

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Recension : Archimandrite Michel Kozlov, « Récits d’un pèlerin russe à la recherche de la prière »

Pèlerin russeArchimandrite Michel Kozlov, Récits d’un pèlerin russe à la recherche de la prière. Nouvelle traduction du russe de Chantal Crespel-Houlon, postface d’Alexis Pentkovski, Paris, Editions du Cerf, 2013, 197 p.
On se réjouit de voir enfin paraître ce livre qui était en préparation depuis plus d’un an aux éditions du Cerf. Il nous donne en effet à relire avec bonheur, dans son texte original, les fameux Récits d’un pèlerin russe, un grand classique de la spiritualité orthodoxe qui a orienté beaucoup de ses lecteurs vers la pratique de la Prière de Jésus, la lecture de la Philocalie, et l’Église orthodoxe elle-même.
Ces Récits ont été connus pour la première fois, dans leur version française, par une traduction du philosophe Jean Laloy, qui les a publiés en 1943 (sous le pseudonyme de Jean Gauvain) dans les Cahiers du Rhône ; ils ont ensuite été réédités en livre de poche par les éditions du Seuil où ils ont connu une très large diffusion. Cette édition se basait sur une édition russe publiée à Kazan en 1870, puis, avec des améliorations, en 1881, 1882 et 1884. Les recherches du père (aujourd’hui archimandrite et higoumène) Basile Grolimund, menées d’abord sur les notes du P. Paul Florensky, lui ont permis d’avancer l’hypothèse que l’auteur des récits pourrait être l’higoumène Michel (Kozlov) du monastère de la Trinité de Selenginsk. La poursuite de ses recherches au monastère Saint-Panteleïmon au Mont-Athos, lui a permis d’établir qu’un manuscrit découvert dans ce monastère et qui avait servi de base à deux autres éditions russes (monastère Saint-Panteleïmon, 1882 et monastère Saint-Michel-Archange, 1884) n’était pas l’original comme l’avait pensé S. Bolchakoff en 1971. La poursuite de ces recherches a permis de découvrir ce texte original au monastère d’Optino, et d’établir que son auteur était bien l’higoumène Michel Kozlov. C’est sur le texte de ce manuscrit d’Optino (Opt 456) que se fonde cette nouvelle version française.

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Recension: Jean Emériau, « Guide de la faune et de la flore bibliques »

EmériauJean Emériau, « Guide de la faune et de la flore bibliques », Paris, Desclée de Brouwer, Paris, 2013, 324 p.
Cet ouvrage, après un exposé général de la situation géographique et du climat des terres bibliques, nous présente, dans une première partie, plus de soixante-dix animaux évoqués dans la Bible, dans une deuxième partie, approximativement le même nombre d’arbres, d’arbustes ou de végétaux, et dans une annexe, une dizaine de minéraux et d’autres éléments de la nature. Chacun d’eux fait l’objet d’un chapitre donnant ses noms en hébreu, en grec et en latin, analysant son utilisation dans la Bible, citant largement un passage de l’Écriture qui en fait mention de manière caractétristique, ainsi qu’un passage d’un auteur ancien, grec ou latin, historien ou naturaliste, qui l’évoque, et proposant, dans un encadré, une petit commentaire libre de l’auteur. Un glossaire, quatre tableaux, sept cartes et des index complètent cet ouvrage qui se présente comme un guide.
Ce livre permet de mieux connaître certaines plantes, animaux ou minéraux qui nous sont peu familiers, ou de les redévouvrir sous un nouveau jour à la lumière de leur contexte biblique.

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Recension: Eusèbe de Césarée, « Vie de Constantin »

Vie de ConstantinEusèbe de Césarée, « Vie de Constantin ». Texte critique par F. Winkelmann (GCS), introduction et notes de Luce Pietri, traduction de Marie-Joseph Rondeau, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 568 p. (« Sources chrétiennes » n° 559).
Cette année de commémoration de l’Édit de Milan est propice à la publication de nombreux ouvrages concernant l’empereur Constantin (272-337). Nous avons récemment présenté ici l’excellente somme de Pierre Maraval.
Ce nouveau volume de la collection « Sources chrétiennes » nous offre une source de première importance, puisqu’elle est la seule à présenter dans son ensemble la personnalité de l’œuvre du saint empereur.
Son auteur, Eusèbe de Césarée (265-339), évêque qui est mort martyr, a écrit cette vie dans les années qui ont suivi la mort de Constantin et disposait d’une documentation de première main, ayant été non seulement un contemporain, mais un proche de l’empereur. L’ouvrage se divise en quatre livres.
Le Livre 1 traite de la situation politique et religieuse qui a abouti à faire de Constantin l’empereur chrétien de l’Occident: il évoque sa jeunesse (passée en grande partie à Trêves, dans l’Allemagne actuelle) à l’époque de la Tétrarchie, puis la douleureuse persécution contre les chrétiens, menées par ses prédécesseurs, à l’exception de son propre père Constance Chlore. Il relate comment Constantin, acclamé, après la mort de celui-ci, en juillet 306, par l’armée de Bretagne, est passé en Gaule, puis a mené une expédition en Italie contre le tyran Maxence ; recevant alors une vision céleste confirmée par un songe, Constantin se convertit à la foi chrétienne et obtint près de Rome, par la grâce de Dieu, la victoire sur son rival (28 octobre 312), ce  qui lui permit de devenir le maître de tout l’Occident. Trois ans plus tard, cependant, il constata avec douleur que son homologue en Orient, Licinius, continuait à persécuter les chrétiens.
Le Livre II est tout entier consacré aux événements de l’année 324 : la campagne victorieuse menée contre Licinius, qui permit la réunification de l’empire sous un monarque chrétien, lequel promulga, dans les provinces orientales, en faveur des victimes des persécutions, des mesures réparatrices. L’unité religieuse ne se fit pas pour autant au sein de l’Église: apprenant qu’une controverse théologique déchirait l’Église d’Alexandrie, Constantin tenta, en vain, de réconcilier les adversaires.
Le Livre III s’ouvre avec la réunion, au premier semestre 325, du concile de Nicée, se donnant pour tâche de rétablir la concorde religieuse. Constantin convoqua le concile et ratifia officiellement les décisions qui y furent prises par les Pères. Eusèble relate ensuite les mesures prises par le monarque, d’une part pour mettre en valeur, en les couvrant de sanctuaires prestigieux, les Lieux Saints de Palestine (auprès desquels se rendit pieusement, avant sa mort, la mère de l’empereur, Hélène) et pour édifier des églises dans diverses cités orientales, et d’autre part pour combattre le culte des idoles. Le Livre se termine avec l’évocation des troubles nés dans l’Église d’Antioche et finalement apaisés par l’intervention, en 328, de Constantin, lequel, en interdisant les conventicules d’hérétiques et de schismatiques, achèva d’assurer la suprématie de l’Église orthodoxe.
Le Livre IV commence par un bilan général de l’œuvre de l’empereur, en insistant sur le fait que celui-ci, tout au long de son règne, a répandu les bienfaits de son gouvernement tant sur ses sujets que sur les peuples barbares qui s’étaient soumis à lui ou avaient réclamé son alliance. Eusèbe récapitule ensuite les initiatives de Constantin s’appliquant, par ses lois et ses discours, à protéger les fidèles du Christ et à répandre la foi chrétienne. Un chapitre est ensuite consacré à l’année 335, où Constantin réunit en concile les évêques, d’abord à Tyr, puis à Jérusalem, pour mettre fin aux dissensions renaissantes en Égypte. La suite du Livre est consacrée aux dernières années de l’empereur qui, à l’approche de sa mort, partagea l’empire entre ses fils, construisit à Constantinople l’église des Saints-Apôtres pour abriter sa dernière demeure, et se fit enfin baptiser, juste avant sa mort, le 22 mai 337. Eusèbe évoque, pour terminer, les funérailles du souverain et la proclamation, la même année, de ses trois fils comme augustes.
Eusèbe a pris soin de placer dans son ouvrage des portraits de l’empereur aux trois étapes majeures de sa vie : dans la force de sa jeunesse (Livre I, 19), au sommet de sa puissance, lors du concile de Nicée (Livre III, 10) et dans la vigueur de sa veillesse (Livre IV, 53).

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Recension: « La lettre au service du Verbe. Correspondance de Paulin de Nole avec Ausone, Jérôme, Augustin et Sulpice Sévère (391-404) »

Paulin de Nole« La lettre au service du Verbe. Correspondance de Paulin de Nole avec Ausone, Jérôme, Augustin et Sulpice Sévère (391-404) ». Textes choisis, présentés et annotés par Anne-Marie Taisne, Éditions Migne, Paris, 2012, 364 p., « Les Pères dans la foi » n° 102.
Paulin de Nole (353-431) est un Père de l’Église peu connu. Pourtant il est originaire de notre pays et y a reçu les bases de son éducation. Né à Bordeaux dans une grande famille de l'aristocratie, il a reçu une solide formation classique à l'université de cette ville où il a eu comme professeur de Lettres le célèbre poète Ausone. Il suivit ensuite à Rome le « cursus honorum » traditionnel avant d’accéder, très jeune, à de hautes fonctions : il devient gouverneur de la Campanie en 379-380. Voyageant en Espagne, il y épousa une dame de la haute société dont il eut un fils qui mourut prématurément. Jusqu'en 387, il fit de nombreux voyages qui lui permirent d’avoir des contacts avec des personnalités de l’époque, en particulier (le futur saint) Martin de Tours à Vienne et (le futur saint) Ambroise à Milan. Il fut baptisé en 389 à Bordeaux par l'évêque Delphinus et cinq ans plus tard fut ordonné prêtre à Barcelone. L’année suivante, il regagna l’Italie. Passant d’abord par Rome, il rejoignit la Campanie et s’établit définitivement à Nole près du tombeau de saint Félix où il fonda une communauté monastique et entreprit des travaux de restauration et de construction, avant d’être nommé évêque de la ville en 409. Il mourut à Rome en 431.
Saint Paulin est un exemple typique de ces personnes issues de la haute société, ayant reçu une éducation supérieure et ayant accédé à de hautes fonctions, qui ont renoncé à tout pour se mettre entièrement au service de l’Église. Un autre exemple bien connu est celui de son correspondant saint Ambroise, fils du préfet du prétoire des Gaules à Trèves et lui-même gouverneur de la province de Ligurie-Émilie après avoir suivi de brillantes études littéraires à Rome, qui accéda du jour au lendemain, en étant chrétien mais pas encore baptisé, aux fonctions d’évêque par acclamation de la vox populi.
Saint Paulin fut avec Prudence l’un des plus grands poètes latins chrétiens (on a gardé de lui 35 poèmes). Une autre partie de son œuvre est constituée par de longues lettres (49 ont été conservées) écrites à de grandes personnalités de son époque comme le poète Ausone, saint Jérôme, saint Augustin et Sulpice Sévère (le disciple et biographe de saint Martin de Tours).

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Recension: Andrew Louth, « L’Orient grec et l’Occident latin. L’Église de 681 à 1071 »

LouthAndrew Louth, « L’Orient grec et l’Occident latin. L’Église de 681 à 1071 », traduit de l’anglais par Françoise Lhoest, Éditions du Cerf, Paris, 2013, 464 p., série « L’Église dans l’histoire », vol. III », collection « Théologies ».
Le regretté père Jean Meyendorff avait projeté d’écrire une histoire de l’Église couvrant tous les siècles et intitulée « L’Église dans l’histoire ». Il en avait lui même rédigé le volume II, intitulé « Unité de l’Empire et divisions des chrétiens. 
L’Église de 450 à 680 », et une partie du volume IV, « L’Orient chrétien et l’essor de la papauté. 
L’Église de 1071 à 1453 »  (l’autre partie de l’ouvrage étant confiée à Aristeides Papadakis). Ces deux volumes ont paru en traduction française aux éditions du Cerf en 1993 et 2001. La mort prématurée du Père Jean ne lui a pas permis de mener à bien l’intégralité de ce projet. Les éditions St. Vladimir’s Seminary Press ont néanmoins décidé de continuer cette entreprise, importante ce qu’elle devait permettre aux orthodoxes de disposer d’une histoire de l’Église écrite de leur point de vue propre, et ont décidé de la confier au père Andrew Louth, prêtre du diocèse de Grande Bretagne du Patriarcat de Moscou, professeur honoraire à l’Université de Durham où il a enseigné la patristique et les études byzantines de 1996 à 2008, bien connu dans le monde universitaire par ses nombreuses publications de caractère scientifique.
Ce volume III de la série « L’Église dans l’histoire » a pour objet la période qui d’étend de la fin du VIe concile oecuménique (681) jusqu’à la bataille de Manzikert (1071).
Il comporte quatre partie. La première étudie successivement: l’Église à la fin du VIIe siècle, la première phase de l’iconoclasme, l’Église en Occident (avec l’essor des Carolingiens, le devenir de la papauté et l’iconoclasme en Occident). La deuxième partie est consacrée au IXe siècle et analyse successivement: la réforme monastique en Orient et en Occident, la seconde phase de l’iconoclasme, la renaissance de l’instruction en Occident, à Byzance et en Palestine, les missions byzantines et occidentales chez les Slaves, et le changement des modèles liturgiques. La troisième partie se concentre sur le Xe siècle et étudie: le renouveau monastique, la mission chrétienne en Scandinavie, en Europe orientale et en Russie. La quatrième partie, qui étudie le XIe siècle jusqu’en 1071, s’intéresse à l’évolution du monachisme, à la réforme de la papauté, au schisme de 1054, à la vie spirituelle et intellectuelle à Byzance, et enfin à l’expansion des Turcs et des Normands et à l’effrondrement de l’empire byzantin.

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Recension: Père Marc-Antoine de Beauregard, « Regard chrétien sur l’homosexualité »

CostaMarc-Antoine de Beauregard, « Regard chrétien sur l’homosexualité », Éditions de L’Œuvre, Paris, 2013, 127 p.
Tout en restant très minoritaire, l’homosexualité, devient de plus en plus voyante, se répand et se banalise dans nos sociétés occidentales depuis plusieurs décennies, par l’effet 1) de l’active propagande des associations et lobbies homosexuels, 2) de la volonté de l’idéologie libérale (de droite et surtout de gauche), au nom d’une certaine conception de la liberté et de l’égalité, d’en faire une institution bénéficiant de toutes les possibilités et de tous les avantages assurés par la loi au couple marié et à la famille, 3) de l’appui des médias, surtout télévisuels, qui, pour des raisons d’audience, mettent en valeur les minorités déviantes tant dans des reportages que dans des séries télévisées) et donnent l’illusion de leur représentativité, 4) d’une idéologie philosophique (la « théorie du gender » ou genre), largement vulgarisée, selon laquelle c’est le choix de l’individu et non sa nature qui définit son sexe. Ce mouvement dans son ensemble entend déculpabiliser les homosexuels, mais en revanche culpabiliser ceux qui n’acceptent pas de reconnaître l’homosexualité comme une forme normale de sexualité, toute critique de l’homosexualité et des revendications propres aux homosexuels se voyant taxer d’« homophobie », selon un type d’amalgame qui a largement fait ses preuves dans d’autres domaines. Déjà du temps du précédent gouvernement en France, des associations homosexuelles ont reçu du ministère de l’Education le privilège de pénétrer dans les écoles primaires pour apprendre aux enfants, à partir de dessins animés mettant en scène des animaux, à considérer comme normales les relations amoureuses entre êtres de même sexe; la « théorie du genre », selon laquelle l’être humain se définit plus par son orientation sexuelle personnelle que par son identité sexuelle naturelle a été introduite officiellement dans les lycées français en 2011 dans les manuels de SVT (Sciences de la vie et de la terre) de la classe de Première, bien qu’en toute rigueur elle n’ait rien à y faire puisqu’elle relève d’une théorie philosophique qui n’a aucun caractère scientifique. Les adolescents, qui sont, de nos jours, dans beaucoup de cas, sans repères religieux et moraux, en viennent à considérer l’homosexualité comme un terme d’une alternative dont l’autre terme est l’hétérosexualité, ces deux termes étant également possibles et légitimes et s’offrant tous deux également a priori à leur choix. Le mot « hétéroxexualité », qui désigne la sexualité normale a d’ailleurs été créé pour la faire apparaître comme optionnelle face à l’homosexualité, de même que le mot « hétéroparentalité » commence à se répandre pour faire apparaître la parenté normale (d’une père et d’une mère) comme une simple option, tandis que d’autres changements de vocabulaire sont sciemment introduits pour changer les mentalités (par exemple « les parents » au lieu de « le père et la mère », « les familles » au lieu de « la famille », afin d’inclure dans ces notions les pseudo-parents et les pseudo-familles constituées par les couples homosexuels…). Le mariage homosexuel et la possibilité pour les couples homosexuels d’avoir des enfants (par voie d’adoption, par procréation médicalement assistée ou par le recours à des mères porteuses) sont déjà devenus des institutions dans plusieurs pays et sont en passe de le devenir en France, faisant ainsi courir à la société le risque grave d’une destruction de la cellule familiale sur laquelle elle est fondée, et à une multitude d’enfants acquis artificiellement et élevés par deux parents de même sexe de subir des perturbations psychologiques importantes (faute de bénéficier de la relation psycho-affective et spirituelle liée à la gestation et à la filiation naturelles, et faute de disposer, lors de leur croissance psychologique, des modèles d’identification, masculin et féminin, dont ils ont besoin pour se contruire).

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Recension: « Buisson ardent. Cahiers Saint-Silouane l’Athonite. Hors série. Hommage à l’archimandrite starets Syméon (1928-2009) »

Buisson ardent« Buisson ardent. Cahiers Saint-Silouane l’Athonite », Hors série, « Hommage à l’archimandrite starets Syméon (1928-2009) », Paris, Cerf, 2012, 465 p.
« Buisson ardent » est la revue annuelle de l’Association saint Silouane. Ce numéro spécial, particulièrement volumineux et muni d’une couverture cartonnée, est un hommage rendu à l’archimandrite Syméon (Brüschweiler), du monastère de Maldon, par un certain nombre de ses amis et enfants spirituels. Une partie introductive, rédigée par un membre du monastère, retrace brièvement la vie du père Syméon. Deux de ses amis de jeunesse rapportent ensuite leurs souvenirs avant qu’un texte du père Syméon lui-même ne raconte les circonstances de sa rencontre avec son père spirituel, l’archimandrite Sophrony, et les premiers temps de la vie de la communauté à Sainte-Geneviève des-Bois. Deux articles évoquent ensuite la contribution du père Syméon à la constitution et à l’évolution du monastère de Maldon. On trouve après cela les textes d’une dizaine de conférences du père Syméon, des témoignages de ses enfants spirituels sur sa personnalité, sa façon d’exercer la paternité spirituelle, puis des notes rassemblées par des laïcs, des moines ou des moniales à qui il a donné des conseils spirituels, soit individuellement, soit collectivement (figurent dans cette partie huit de ses entretiens avec les moniales de Bussy-en-Othe). Viennent ensuite: des discours prononcés par lui à l’intention de l’Association saint Silouane, dont il fut le président; des notes reproduisant les entretiens qu’il eut lors de pèlerinages en Roumanie, quatre homélies qu’il prononça en diverses circonstances. Une section du recueil est consacrée à l’activité de traduction du père Syméon (il fut le traducteur en français des livres de l'archimandrite Sophrony et de plusieurs livres de saint Ignace Briantchaninov). Enfin, quelques lettres et trois témoignages supplémentaires viennent clore ce beau volume d’hommage.

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Recension: Paul Florensky, « Lettres de Solovki (1934-1937) »

florensky_lettresPaul Florensky, « Lettres de Solovki (1934-1937) », traduites du russe par Françoise Lhoest, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2012, 800 p. (« Classiques slaves »)
Ce livre ne peut être compris qu’en fonction de la biographie de l’auteur. Il faut donc d’abord en retracer les grandes lignes.
Pavel Alexandrovitch Florensky est né le 22 janvier 1882 à l'ouest de l’Azerbaïdjan actuel. Son père, qui était ingénieur, était issu d'une famille de prêtres orthodoxes, tandis que sa mère appartenait à la noblesse arménienne de Géorgie. Après avoir terminé ses études au lycée de Tbilissi en 1899, il entra au Département de Mathématiques de l'Université d'État de Moscou, tout en étudiant parallèlement la philosophie. À la fin de ses études, en 1904, il refusa un poste d'enseignant à l'université et choisit de continuer à étudier la théologie à l'Académie ecclésiastique de Serguiev-Possad, où il s’intéressa particulièrement à la philosophie, à la religion, à l'art et au folklore. Il devint un membre important du mouvement symboliste russe, se liant d’amitié avec Andreï Biély. Il rédigea son œuvre la plus importante La Colonne et le fondement de la vérité : un essai sur la théodicée orthodoxe en douze lettres, dont la plus grande partie fut achevée à la fin de ses études à l'Académie en 1908, mais qui ne fut publiée dans son intégralité qu’en 1924. Ce livre, traduit et publié en français par Constantin Andronikof aux éditions L’Age d’Homme, est un mélange étrange (mais bien dans l’esprit de l’époque) de religion (pas toujours orthodoxe), d’ésotérisme, de philosophie, de mathématiques et de logique, de sciences physiques et biologiques et d’esthétique. À la fin de la même année 1908, il consacra un beau livre au starets Isidore, qui vivait non loin de Sergiev-Possad, sous le titre Le sel de la terre. Il fut ordonné prêtre en 1911. En 1914 il écrivit l’un de ses autres livres majeurs : À propos de la Vérité spirituelle.

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Recension: Michel Quenot, « L’Évangile selon saint Luc et le chapitre 2 des Actes des Apôtres »

Michel Quenot, « L’Évangile selon saint Luc et le chapitre 2 des Actes des Apôtres », Éditions Saint-Augustin, Saint-Maurice (Suisse), 2012, 21×14 cm, 197 p.
QuenotCe nouveau livre du père Michel Quenot reproduit le texte de l’Évangile selon saint Luc et du chapitre 2 des Actes des Apôtres dans la version de la Bible de Jérusalem.
Le travail de l’auteur a consisté à apporter, environ toutes les deux pages, une illustration du texte dans les limites du matériel iconographique disponible (icônes, fresques, miniatures…).
Comme dans les livres précédents du père Michel Quenot, les illustrations sont choisies avec goût et répondent aux critères de l’iconographie orthodoxe la plus traditionnelle. Il est regrettable que l’éditeur n’ait pas accordé à l’ouvrage un format plus grand, qui aurait permis de mieux mettre en valeur les représentations où les personnages et les détails sont nombreux.
Cette édition permet, par ses illustrations, de relire sous un nouvel angle les textes proposés car, comme le rappelle l’auteur dans sa trop brève introduction, l’icône contribue, comme la parole mais d’une autre façon, à révéler le mystère proclamé et la réalité du salut, et elle se prête bien à les greffer dans l’esprit et dans le cœur. Read More »

Recension: Alexis Chryssostalis, « Recherches sur la tradition manuscrite du “Contra Eusebium” de Nicéphore de Constantinople »

Alexis Chryssostalis, Recherches sur la tradition manuscrite du « Contra Eusebium » de Nicéphore de Constantinople, préface de Bernard Flusin, CNRS Éditions, Paris, 2012, 228 p.
Alexis Chryssostalis, est bien connu, depuis 1999, comme producteur de l’émission « Orthodoxie » diffusée le dimanche matin sur France Culture. Il faut rappeler que, docteur de l’Université Paris IV-Sorbonne depuis le début de l’année 2009, il occupe aussi les fonctions d’enseignant – en grec moderne et histoire des textes patristiques – à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge et de chercheur associé au Centre « Antiquité classique et tardive» (UMR 81 67 « Orient et Méditerranée »).
Ce volume comporte la première partie de la thèse qu’il a consacrée au Contra Eusebium de Nicéphore de Constantinople, à avoir l’étude de la tradition manuscrite de ce texte.
Le patriarche Nicéphore de Constantinople (758-828) fut l’un des principaux opposants à l’empereur Léon V, lorsque la deuxième phase de l'iconoclasme éclata à partir de 814. Exilé, il composa une série de traités en faveur des images, pour combattre l’hérésie renaissante. Il reste avec saint Jean Damascène et saint Théodore Studite l’un des principaux théologiens de l’icône, puisqu’il fut amené comme eux, afin de s’opposer à l’iconoclasme, à développer une argumentation très détaillée et très profonde en faveur de la légitimité d’une représentation du Christ, de la Mère de Dieu et des saints et de leur vénération dans cette représentation.
Une partie de l’œuvre du patriarche Nicéphore est déjà connnue des lecteurs francophone par la traduction que M.-J. Mondzain-Baudinet a donnée de ses Discours contre les iconoclastes (ou Antirrhetici) (Klincksieck, Paris, 1989). A. Chryssostalis nous introduit ici à une autre partie de celle-ci : le traité Contra Eusebium, qui est une réfutation de la Lettre à Constantia, attribuée à Eusèbe de Césarée.

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Recension: Origène, Commentaire de l’épître aux Romains, Livres IX-X.

Origène, Commentaire de l’épître aux Romains, Livres I-IX. Texte critique établi par C. P. Hammond Bammel, introduction par Michel Fédou, traduction et notes par Luc Brésard et Michel Fédou, Paris, éditions du Cerf, 2012, 503 p. « Sources chrétiennes » n° 555.
Avec ce volume s’achève, dans la collection « Sources chrétiennes », la publication du commentaire par Origène de l’épître aux Romains.
Composé vers 243 à Césarée, ce commentaire n’a été conservé que dans la traduction latine de Rufin d’Aquilée. On sait par des sources externes que ce dernier a omis ou abrégé certains passages du texte original, mais l’analyse théologique montre que le texte est en accord avec la pensée qu’Origène a développée dans ses autres textes conservés en grec.
Le présent volume, qui fait suite à trois autres (SC n° 532, 539 et 543), contient les livres IX, et X qui expliquent la partie de l’épître aux Romains allant de 12, 1 à 16, 27.
Il comporte, au milieu du Livre IX (ch. 25-30), un développement important sur l’attitude que les chrétiens doivent avoir vis-à-vis du pouvoir politique (relatif à Rm 13, 1 sq. qui recommande d’être soumis aux autorités supérieures). Mais il concerne surtout divers aspects de vie spirituelle du chrétien.
Parmi les thèmes abordés dans le livre IX et dans la première partie du livre X, citons: la nature du culte spirituel (opposé au culte charnel); la nécessité de discerner en toutes choses la volonté de Dieu; l’importance de parler et d’agir par la grâce ; la nature de la vertu et son rapport avec l’évitement des excès; la nécessité pour chacun de respecter la mesure que Dieu lui a donné; la diversité des dons; la part de l’homme et la part de Dieu dans la vie spirituelle; la nature de l’amour chrétien; l’émulation dans la vertu; le zèle et la ferveur; la joie dans l’espérance; la patience dans la détresse; la persévérance dans la prière; l’exercice de l’hospitalité; qu’il faut bénir, ne pas maudire; la nécessité d’être compatissant, et dans qu’l sens il faut l’être; l’importance de l’humilité; qu’on ne doit rendre à personne le mal pour le mal; qu’on doit être animé par le souci de faire le bien; qu’il faut tâcher de vivre en paix avec tous les hommes; qu’il convient d’éviter la vengeance; que l’on doit tâcher d’aimer ses ennemis; qu’il faut vaincre le mal par le bien; que l’on doit sortir l’âme de son sommeil et revêtir les armes de lumière; qu’il faut fuir les œuvres des ténèbres ; qu’on ne doit pas satisfaire les convoitises de la chair; que l’on doit se nourrir de la Parole; qu’on ne doit pas juger ni mépriser autrui, ni causer d’offense ou de scandale, ni choquer son frère; que l’on doit rendre grâces à Dieu et vivre et mourir dans le Christ; le rapport convenable à la nourriture et à son abstention; ce qui est vraiment pur et impur; l’importance du pardon, de l’accueil et de l’entraide mutuels; que l’on doit tendre à l’unité de sentiment et trouver « la grâce de l’unanimité ».
La seconde partie du livre X traite du ministère de saint Paul, et de ses exhortations, de ses salutations et de sa doxologie à la fin de l’épître.

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Jovan Nikoloski