20/10/2017
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Archives de catégorie : Recensions

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Recension: Métropolite Antoine Bloom, « Entretiens sur la foi et l’Église »

Antoine Bloom Métropolite Antoine Bloom, « Entretiens sur la foi et l'Église », traduit du russe par Michel Evdokimov, Éditions du Cerf, Paris, 2011, 192 pages, collection « Épiphanie »
Le métropolite Antoine (Bloom) de Souroge (1914-2003) fut l’un des grands évêques orthodoxes européens de ces dernières décennies. Ancien chirurgien devenu moine en 1943 et prêtre en 1948, puis, en 1947, évêque du diocèse de Grande Bretagne du Patriarcat de Moscou et un temps (1966-1974) exarque pour l’Europe occidentale, il s’est largement fait connaître dans les pays anglophones et en Russie par des entretiens et des discours télévisés (retransmis en particulier par la BBC) auquels sa brillante intelligence, son talent oratoire et sa prestance assurèrent un vif succès.
Quelques-uns de ces entretiens et discours (datant d'entre 1966 et 1984) ont été traduits et rassemblés dans ce volume par le père Michel Evdokimov. « Dialogue du croyant et de l’incroyant », « La bonne nouvelle de l’Évangile », « Sur la foi », « Sur Dieu », « L’Église et son mystère », « Sur les sacrements », Les fêtes de l’Église », « De l’Incarnation du Christ », « L’office divin », « Église et incarnation »: tels sont les sujets de ces causeries où le métropolite Antoine apporte d’une manière simple et très personnelle, avec souvent des éclairages originaux, des réponses aux questions que se pose son auditoire, composé tant d’incroyants que de chrétiens.

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Recension: Michel Quenot, « Personne n’a jamais parlé comme Lui: L’enseignement des Paraboles »

51JGLx9ehGL._SS500_ Michel Quenot, « Personne n'a jamais parlé comme Lui: L'enseignement des Paraboles », éditions Saint-Augustin, Saint Maurice (Suisse), 2010, 239 p.
Dans ce nouveau livre, le père Michel Quenot quitte le monde de l’icône qui lui est cher, pour nous offrir des commentaires des paraboles contenues dans les Évangiles, lequelles ont été rassemblées par thèmes: « À la conquête du Royaume »; « Accueillir le don de Dieu »; « Miséricorde et bonté de Dieu »; « L’attitude juste envers l’autre »; « L’attitude juste envers Dieu »; « Sur le jugement dernier »; « Agir avec sagesse ».
Dans ces courtes méditations, on retrouvera le style simple de l’auteur, qui ouvre ses textes à un public large et les rend appropriés à la catéchèse.
À défaut de pouvoir trouver des illustrations proprement iconograhiques (que les canons n’autorisent pas, puisque les paraboles ne mettent pas en jeu des personnes réelles), on trouve ici avec plaisir dix remarquables dessins en noir et blanc réalisés par le grand iconographe Photis Kontoglou.

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Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», tome 2 (nouvelle édition).

Synaxaire 2 Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», 2e édition, revue et augmentée, tome 2, novembre-décembre, éditions Indiktos, Athènes, 2010, 661 p.
Vient de paraître le tome 2 de l’édition revue et augmentée du Synaxaire, réalisée par le père Macaire, moine d’origine française établi depuis plusieurs décennies au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos.
Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition (qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée), mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales.
Cette nouvelle édition est un peu plus coûteuse que la précédente, mais les volumes, reliés, sont fort bien présentés et comportent de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleur, tirées notamment du superbe Ménologe de Basile II.

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Recension: Méropi Anastassiadou et Paul Dumont, « Les Grecs d’Istanbul et le patriarcat œcuménique au seuil du XXIe siècle. Une communauté en quête d’avenir »

Couv9171g_260 Mérope Anastassiadou et Paul Dumont, « Les Grecs d’Istanbul et le patriarcat œcuménique au seuil du XXIe siècle. Une communauté en quête d’avenir », éditions du Cerf, Paris, 2011, 315 p. (collection « L’histoire à vif »).
Ce livre propose une étude sociologique très sérieuse et très complète de la communauté grecque d’Istanbul, menée par deux spécialistes (la première, chargée de recherche au CNRS et auteur de plusieurs travaux sur l’histoire des sociétés urbaines de l’Est méditerranéen; le second, professeur à l’université de Strasbourg, qui s’intéresse à l’histoire de la Turquie moderne). Cette communauté comportait en 1900 cent soixante mille membres; elle n’en comporte plus aujourd’hui qu’environ deux mille, suite aux persécutions et aux exils, involontaires et volontaires, qui l'ont affectée entre ces deux moments. Cette étude est marquée par un certain pessimisme quant à la situation actuelle et future, que traduisent bien plusieurs titres de chapitres (« L’effondrement démographique » (ch. 1) ;  « Déracinements » (ch. 2), « Écoles fantômes » (ch. 3), « Des monuments pour se souvenir » (ch. 7), même s’il reste vrai que les membres même de la communauté grecque ne se découragent pas (voir l’introduction intitulée: « Le refus de l’extinction »). Le patriarche de Constantinople joue un rôle important pour le maintien et l’extension des droits de la communauté grecque, et milite activement pour la réouverture de l’école théologique de Halki, qu'il juge indispensable à la formation de ses cadres (ch. 4).
La vie des membres de la communauté grecque avec les « locaux » (ch. 6) reste « un exercice délicat » (en raison notamment des mariages mixtes en défaveur des Grecs et de la crainte du « péril grec » entretenue par certains partis et certains médias). Les Grecs d’Istanbul bénéficient cependant d’un « tissu communautaire » (ch. 5) important, fondé surtout sur l’orthodoxie, sur des associations caritatives, éducatives culturelles, et sur deux quotidiens grecs.

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Recension: Archimandrite Nektarios Antonopoulos, « L’archevêque Lucas Voïno-Yasenetski, saint prélat et chirurgien (1877-1961) »

Lucas Archimandrite Nektarios Antonopoulos, «L’archevêque Lucas. L’archevêque Lucas Voïno-Yasenetski, saint prélat et chirurgien (1877-1961)», traduit du grec par Maria Xanthaki, éditions Archontariki, Athènes, 2011.
Ce livre présente une biographie du saint archevêque Luc de Simféropol composée sur la base de deux livres russes et de témoignages recueillis par l’auteur à l’occasion d’un voyage en Russie. Il est un complément de l’autobiographie rédigée par l’archevêque Luc à la fin de sa vie, qui a été publiée en traduction française par les éditions Le Sel de la Terre et les éditions du Cerf en 2001 sous le titre «Voyages à travers la souffrance. Autobiographie d'un archevêque-chirurgien pendant la grande persécution soviétique ».
Rappelons que l’archevêque Luc de Simféropol (1877-1961), a été canonisé comme saint local de Crimée en 1995 et comme saint de l’Église orthodoxe russe tout entière en août 2000, et qu’il est aujourd’hui très vénéré en Russie, mais aussi en Grèce, et dans divers pays orthodoxes, où de nombreux fidèles lui sont redevables de guérisons miraculeuses accomplies après son décès.

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Recension: Saint Syméon de Dajbabé, « Enseignements spirituels »

Syméon Saint Syméon de Dajbabé, « Enseignements spirituels », traduit du serbe par Lioubomir Mihailovitch, introduction de Jean-Claude Larchet, éditions L’Age d’Homme, Lausanne, 2011, 107 p. (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).
Saint Syméon de Dajbabé (1854-1941) a été récemment canonisé par l’Église serbe. Après avoir fait des études supérieurs de philosophie et de théologie en Russie, en Suisse et à la Sorbonne, il opta pour la vie monastique et, à la suite d’une révélation, mena bientôt une vie solitaire dans une grotte de la région de Podgorica (Monténégro). Ses vertus et charismes, acquis dans l’ascèse et la prière, attirèrent vers lui de nombreux fidèles, parmi lesquels le futur saint Nicolas (Vélimirović) qui l’appelait « le saint moine », et le futur saint Justin (Popović) de Tchélié, qui l’appelait « le grand starets ».
Homme de grande culture, c’est néanmoins avec beaucoup de sim¬plicité et de fraîcheur qu’il a écrit de petits opuscules, dont les trois principaux sont ici traduits.

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Recension: Archimandrite Spiridon, « »Mes missions en Sibérie » suivi de « Confession d’un prêtre devant l’Église »»

Couv9054g_260 Archimandrite Spiridon, « "Mes missions en Sibérie" suivi de "Confession d'un prêtre devant l'Église" », traduit du russe par Pierre Pascal et Michel Evdokimov, introduction de Michel Evdokimov, éditions du Cerf, Paris, 2010, 256 p. (collection « L'histoire à vif »).
Le récit de l'archimandrite Spiridon, « Mes missions en Sibérie », traduit par Pierre Pascal et publié en 1950 aux éditions du Cerf a connu un légitime succès. L’auteur, né en 1875, y relatait avec beaucoup de sensibilité sa formation religieuse (à travers notamment une série de pèlerinages), son ordination, son expérience d’aumônier des bagnes de Sibérie, et ses contacts avec les membres des diverses ethnies vivant dans cette région. On croisait dans ce récit des personnalités aussi pittoresques que touchantes. La relation de ses contacts avec les bagnards se révélait en bien des points proche des « Souvenirs de la maison des morts » de Dostoïevski. Le père Spiridon soulignait en particulier la capacité de repentir qui existe chez des êtres ayant commis des fautes lourdes et qu’on aurait pu croire irrécupérables, et le caractère fructueux d’une action pastorale menée avec respect, douceur et amour.
On ne tenait pourtant là qu’une partie du récit de l’archimandrite Spiridon, publié dans  une revue de Kiev, « La Pensée chrétienne », dont la parution avait été inerrompue en 1917.
On ignorait que l’auteur avait aussi écrit une suite qu’il avait intitulée « Confession d’un prêtre devant l’Église », qu’il avait publiée en 1919, et ce n’est qu’à une date récente que cet ouvrage a été retrouvé à la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg.
Traduite par le père Michel Evdokimov, et s’ajoutant ici à la première, cette seconde partie a une tonalité toute différente, marquée par l’expérience du père Spiridon comme aumônier dans l’armée russe, par sa révolte de voir un État chrétien s’adonner à la guerre en toute bonne conscience, et par son indignation devant les liens étroits que l’Église entretient avec le pouvoir, toutes choses qui lui paraissent contraires à l’esprit de l’Évangile. Il relate aussi avec amertume la tentative avortée, qu’il a menée à Kiev avec un groupe de fidèles et de prêtres, de célébrer la liturgie portes royales ouvertes et de réciter à haute voix les prières eucharistiques.

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Recension: Clément d’Alexandrie, « Quel riche sera sauvé? »

Couv9168g_260 Clément d'Alexandrie, « Quel riche sera sauvé? » Texte grec d’O. Stählin et L. Früchtel (GCS 17²), introduction, notes et index par Carlo Nadi et Patrick Descourtieux, traduction par Patrick Descourtieux, éditions du Cerf, Paris, 2011, 264 p., collection « Sources chrétiennes »  n° 537.
Dans cet opuscule, qui est la première tentative de réflexion chrétienne sur les rapports de la foi et de l'argent, Clément d’Alexandrie (IIe s.) s’intrroge sur le sens de l’affirmation du Christ qu'il est plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille (Mc 10, 25). Dans sa réflexion pleine de nuances, l'auteur des « Stromates » se révèle tour à tour exégète, dogmaticien, moraliste et directeur spirituel.
À la différence d’autres Pères, il ne stigmatise pas les riches et n’exige pas d’eux le renoncement à leurs richesses avec pour but d’établir dans la société une parfaite égalité sociale et économique. Parallèlement, il ne fait pas de la pauvreté un idéal absolu, constatant que souvent les difficultés financières exaltent la soif d’argent. D’un point de vue spirituel, il est plus important pour les riches de se dépouiller intérieurement (de leurs passions) que de se dépouiller matériellement. En outre, les richesses se composent de biens qui ont été donnés par Dieu au monde en le créant. Elles ne sont pas mauvaises en elle-mêmes, et pour cela le seul fait de les détenir (si elles ont été honnêtement acquises) n’est pas mauvais non plus. Le jugement moral et spirituel que l’on peut porter sur les riches (et que les riches doivent porter sur eux-mêmes) dépend du degré de détachement et de liberté intérieure qu’ils ont vis-à-vis de leurs richesses, et surtout de l’usage qu’ils font de ces réalités par elles-mêmes « indifférentes ».

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Recension: Philippe Henne, « Tertullien l’Africain »

Couv9165g_260 Philippe Henne, « Tertullien l'Africain », Éditions du Cerf, Paris, 2011, 336 p. (collection « Petits Cerf Histoire »).
Dominicain belge, professeur de patristique à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lille, Philippe Henne, qui a déjà publié aux éditions du Cerf une étude sur la Bible et les Pères et plusieurs livres de vulgarisation sur des Pères latins (Hilaire, Grégoire le Grand, Léon le Grand, Jérôme…), présente dans cet ouvrage une synthèse complète et claire sur la vie et l’œuvre de Tertullien (IIe-IIIe s.).
Celui-ci développa à Carthage une activité considérable, produisant des apologies du christianisme face aux païens, des traités dogmatiques contre les hérétiques (Hermogène, Marcion, les valentiniens, les modalistes), multipliant les traités sur la morale (en particulier relatifs à la vie conjugale, aux spectacles, à la façon de se vêtir..) et sur divers aspects de la vie spirituelle (la patience, la prière…) et sacramentelle (il est le premier à avoir composé de véritables traités sur le baptême et sur la pénitence)
Dans son « Contre Praxéas », il se révèle comme l’un des fondateurs de la dogmatique latine: c'est lui qui fixa le concept de personne pour désigner le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cependant, sa façon parfois maladroite d’insister, face aux modalistes, sur l’unité substantielle du Père et du Fils, et une distinction insuffisante entre le plan de la théologie et le plan de l’économie, offrirent par la suite aux filioquistes latins la possibilité de voir en lui l’un des premiers inspirateurs de leur doctrine.

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Recension: Saint Gregory Palamas, « The Homilies »

Palamas Saint Gregory Palamas, « The Homilies », edited and translated from the original greek with an introduction and notes by Christopher Veniamin, Mount Thabor Publishing, Waymart, 2009, 761 p.
Il convient de signaler la belle édition anglaise des homélies de saint Grégoire Palamas réalisée par Christopher Venimamin, un disciple anglais de l’archimandrite Sophrony (Sakharov), qui, après des études à Thessalonique et à Oxford, est depuis plusieurs années professeur de patristique au Séminaire Saint Tikhon en Pennsylvanie (États-Unis).
Ces homélies devaient d’abord paraître en trois volumes. Seuls les deux premiers ont paru (Saint Tikhon’s Seminary Press, South Canaan, 2002 et 2004).Puis le même traducteur, a réalisé trois recueils thématiques (« Mary, the Mother of God », Mount Thabor Publishing, 2005 ; « On the Saints », Mount Thabor Publishing, 2008 ; « The Saving Work of Christ », Mount Thabor Publishing, 2008).
Ce beau volume relié, publié en 2009, rassemble enfin l’ensemble des homélies, comporte 120 pages de notes, un index scripturaire, ainsi qu’un très utile index des noms propres et des thèmes de près de 80 pages.

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Recension: Métropolite Jean (Zizioulas) de Pergame, « L’eucharistie, l’évêque et l’Église durant les trois premiers siècles »

Couv9127g_260 Métropolite Jean (Zizioulas) de Pergame, «L’eucharistie, l’évêque et l’Église durant les trois premiers siècles», traduit du grec par Jean-Louis Palierne, éditions du Cerf, Paris, 2011, 320 p., collection «Orthodoxie».
Ce volume est la seconde édition française de la thèse de doctorat soutenue en 1965 par Jean Zizioulas, devenu en 1986 le métropolite Jean de Pergame.
Le texte de la présente édition n’a pas été modifié par rapport celui de la précédente (Desclée de Brouwer, 1994), mais sa présentation a été améliorée : les notes figurent en bas de page (et non plus et fin de chapitre) ce qui rend la lecture plus confortable ; les citations précédemment données en latin ont été traduites ; les mots grecs, qui avaient été translittérés, sont présentés maintenant sous leur forme originale ; quelques coquilles ont été corrigées. Ce travail de « relooking » a été mis en œuvre par le père Jivko Panev, codirecteur de la collection « Orthodoxie » où le livre paraît maintenant.
Se fondant sur une étude des sources des trois premiers siècles, l’auteur a pour projet avoué (pp. 40-41, 289-296) de rectifier « l’ecclésiologie eucharistique » du père Nicolas Afanassieff et de son disciple le père Alexandre Schmemann.

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Recension: Paul Evdokimov, « L’Esprit Saint dans la tradition orthodoxe »

Sans titre-1 Paul Evdokimov, « L’Esprit Saint dans la tradition orthodoxe », Paris, éditions du Cerf, 2011, 111 p. (réimpression à l’identique de l’édition de 1969 parue chez le même éditeur).
Ce petit livre consacré à l’Esprit Saint dans la tradition orthodoxe traite en fait surtout de la théologie trinitaire et ne consacre au total que relativement peu de place à l’Esprit-Saint lui-même.
Après avoir présenté brièvement les prémisses orientales de la théologie patristique, les dimensions cataphatiques et apophatiques de la théologie des Pères, et les principaux termes de la théologie trinitaire, l’auteur s’intéresse aux fondements de celle-ci puis introduit le lecteur à quelques particularités de l’approche des Pères orientaux. Un chapitre d’une trentaine de pages est ensuite consacré à la question de la procession du Saint-Esprit. L’auteur revient après cela à des considérations trinitaires d’ordre général, avant d’aborder, très rapidement, la place de l’Esprit Saint dans les sacrements et la liturgie.
Ce petit ouvrage constitue de prime abord une introduction claire à la théologie trinitaire d’un point de vue orthodoxe. Comme l’indiquent les titres de l’introduction et de la conclusion, il a été écrit dans une perspective œcuménique. Pour cette raison, le chapitre sur la procession du Saint-Esprit est le plus approfondi et occupe une place centrale. Il commence bien en présentant le caractère problématique de la théorie latine du Filioque, mais malheureusement dérape complètement en cherchant une solution originale qui permette de sortir de l’impasse où se trouve, à ce sujet, le dialogue œcuménique.

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Recension: « L’église des Trois-Saints-Hiérarques à Paris (1931-2011): une histoire en photos »

Sans titre-1 « L’église des Trois-Saints-Hiérarques à Paris (1931-2011): Une histoire en photos », publication du Centre de l’orthodoxie russe en France, 2011, 24 p.
Le « Centre de l’orthodoxie russe en France », rattaché au diocèse de Chersonèse (Patriarcat de Moscou), a publié, à l’occasion du 80e anniversaire de la paroisse des Trois-Saints-Hiérarques (5 rue Pétel, Paris, 15e), où fut fondée la première église du diocèse et où reste jusqu’à ce jour son église-cathédrale, une brochure fort bien présentée et très richement illustrée. On y retouve, à plusieurs époques de leur vie, les grandes figures qui ont contribué à la fondation et à la vie de cette église, et qui, par la suite, ont illustré le diocèse, mais aussi, au-delà de lui, l’orthodoxie en France et dans le monde grâce à leur rayonnement dans les domaines de la théologie (Vladimir Lossky), de la spiritualité (l’archimandrite Athanase [Netchaev], le starets Sophrony [Sakharov], le starets Serge [Chévitch], la moniale Théodosie [Orlova], le métropolite Antoine [Bloom]), de l’iconographie et de l’iconologie (le moine Grégoire [Kroug], Léonide Ouspensky), de l’édition de textes patristiques, de l’histoire de l’Église et de la patrologie (l’archevêque Basile [Krivochéine]), de la musique liturgique (Maxime Kovalevsky), et du droit canonique (l’évêque Pierre [L’Huillier]).

 

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Recension: Grégoire de Nysse, « Contre Eunome I – 147-691 »

Contre Eunome Grégoire de Nysse, « Contre Eunome I – 147-691 ». Texte grec de W. Jaeger (GNO I,1), traduction et notes et index par Raymond Winling, Paris, Éditions du Cerf, 2010, 400 pages, Collection « Sources chrétiennes » n° 524.
Le Contre Eunome est, avec les « petits traités trinitaires », l’œuvre théologique majeure de saint Grégoire de Nysse.
Celui-ci y réfute la théorie d’Eunome, membre du parti néo-arien des anoméens. N’acceptant pas l’«homoousios» (c'est-à-dire le fait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont de même essence) proclamé par le concile de Nicée, ceux-ci soutenaient que le Fils est fondamentalement dissemblable («anhomoios») du Père. Eunome (335-ca 395), évêque de Cyzique, partiellement influencé par le néo-platonisme, développa une théorie particulière pour justifier cette position, exprimée d’abord dans son «Apologie» (vers 360) : Dieu (le Père) est en soi une essence inengendrée ; il en résulte que l’Inengendré ne peut partager sa nature par engendrement. L’appellation d’ « engendré » désigne l’essence du Fils, qui été produite par une énergie du Père alors qu’elle n’était pas. Inférieur au Père, le Fils a cependant un statut supérieur à celui des autres êtres tirés du néant, car c’est lui qui en est le créateur. Il est certes Dieu, mais pas au même titre que le Père. L’Esprit est troisième en dignité, en ordre et en nature. Il est inférieur au Fils, ayant été produit par l’énergie du Fils sur ordre du Père. Il est la première créature du Monogène, mais la qualité divine et la puissance démiurgique que possède celui-ci  lui font défaut.

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Recension: Jean-Noël Guinot et Claude Mondésert, « Lire les Pères de l’Église dans la collection “Sources chrétiennes” »

Couv9069g_260 Jean-Noël Guinot et Claude Mondésert, « Lire les Pères de l'Église dans la collection “Sources chrétiennes” », Nouvelle édition refondue et augmentée, Éditions du Cerf, 2011, 206 p.
Ce livre très agréablement présenté veut être une introduction aux plus de cinq cents volumes qui ont jusqu’à ce jour été publiés dans la prestigieuse collection « Sources chrétienne ». Celle-ci propose, après une solide introduction, l’édition critique et la traduction annotée de Pères de l’Église et d’auteurs chrétiens de référence ayant vécu entre le Ier et le XIXe siècle, s’exprimant le plus souvent en grec et en  latin, plus rarement en syriaque, arabe ou géorgien.
Tous les auteurs sont ici présentés,  classés par siècle et par région géographique. Chaque notice est munie d’une courte biographie, d’une brève présentation des œuvres publiées et parfois de courts extraits significatifs. Des cartes et des index aident au repérage et à la consultation.

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Recension: Stéphane Bigham, « Le images chrétiennes »

Bigham_ImagesChr Recension: Stéphane Bigham, « Le images chrétiennes. Textes historiques sur les images chrétiennes de Constantin le Grand jusqu’à la période iconoclaste (313-900) », éditions Médiaspaul, Montréal, 2010, 477 p.
Le père Stéphane Bigham, qui est actuellement l'un des meilleurs spécialistes d’icononologie et à déjà publié dans ce domaine plusieurs ouvrages de qualité, nous offre ici une vaste anthologie de textes relatifs aux images chrétiennes sur une période qui couvre six siècles, lesquels correspondent aussi à la formation des bases de la théologie de l’icône au sein du monde chrétien.
L’avantage de cette nouvelle publication est de réunir dans un seul livre une trentaine de documents dont certains existaient déjà en traduction française, mais dans des publications difficilement accessibles, et dont d’autres n'avaient pas encore été traduits en français.
Une bibliographie en donne les sources et indique les études existant à leur sujet.

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Recension: St. Nikodemos the Hagiorite, « Prayers to our Lord Jesus Christ & A Safeguard for the Soul »

Nicodème St. Nikodemos the Hagiorite, « Prayers to our Lord Jesus Christ & A Safeguard for the Soul », translated by Fr. George Dokos, Orthodoxe Research Institute, Rollingsford, 2010, 119 p.
Ce petit livre regroupe, en version originale grecque et en traduction anglaise, deux œuvres de saint Nicodème l’Hagiorite : 1) des prières au Christ ; 2) un petit traité, très connu, intitulé « Une sauvegarde pour l’âme », qui traite de la mort et de différents aspects du devenir de l’âme et du corps après la mort. Chacun des trente chapitres qui constituent ce traité comprend trois brefs paragraphes contenant des thèmes à méditer, suivis d’un conseil de l’auteur ; l’ensemble se présente comme une préparation à la mort, compte tenu de ce qui attend l’âme lorsqu’elle survient et dans les temps qui suivent. Cela prend parfois la forme d’une confession, parfois celle d’une prière de demande, parfois celle d’une louange.

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Recension: Archevêque Basile Krivochéine, « Mémoire des deux mondes. De la révolution à l’Église captive »

Krivochéine_Mémoires Archevêque Basile Krivochéine, « Mémoire des deux mondes. De la révolution à l’Église captive », préface du métropolite Hilarion (Alfeyev) de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, traduction du russe de Nikita Krivochéine, Serge Model, Lydia Obolensky, éditions du Cerf, Paris, 2010, 528 pages, collection « L’Histoire à vif »
Cet ouvrage présente la traduction des mémoires de Mgr Basile Krivochéine (1900-1985) qui, après avoir étudié à la Sorbonne (1920-1924) et été longtemps moine au Mont-Athos (1924-1951), alla étudier la patrologie à Oxford dont il desservit aussi la paroisse russe (1951-1959), puis devint pour de nombreuses années archevêque de Bruxelles (1960-1985), fut membre actif de plusieurs commissions de dialogue avec les autres confessions chrétiennes, et publia dans le domaine patristique de nombreuses études de référence.
Ce livre comporte cinq chapitres.
Le premier est consacré aux souvenirs de l’auteur sur les journées de l’année 1917 à Pétrograd (un chapitre que Soljenitsyne a abondamment utilisé et cité).
Le deuxième est consacré à l’année 1917, où l’auteur s’engagea dans l’Armée blanche.
Le troisième et le quatrième chapitres dressent des portraits détaillés du métropolite Nicolas (Iarouchevitch) et du métropolite Nicodème (Rotov).
Le cinquième chapitre décrit au jour le jour le déroulement du concile local de mai-juin 1971, qui procéda à l’élection du patriarche Pimène (Isvékov).

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Recension: Origène, « Commentaire sur l’Épitre aux Romains », Livres III-V.

Origène Origène, « Commentaire sur l'Épitre aux Romains », tome II, Livres III-V. Texte critique établi par C.P. Hammond Bammel, introduction par Michel Fédou, traduction, notes et index par Luc Brésard, Éditions du Cerf, Paris, 2010, 552 p. (collection « Sources chrétiennes » n° 539).
Après les livres I et II publiés dans le n° 532 de la même collection, ce volume donne les livres III, IV et V du Commentaire sur l'Épître aux Romains d'Origène, qui expliquent la section allant de Rm 3,5 à Rm 6,10.  Ce commentaire a été composé à Césarée vers 243, et traduit par Rufin d'Aquilée dans les années 405-406.
Origène suit le texte de l'épître pas à pas, n'éludant aucune de ses difficultés.

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Recension: Archevêque Basile Krivochéine, « Dieu, l’homme et l’Église. Lecture des Pères »

Krivochéine_Etudes Archevêque Basile Krivochéine, « Dieu, l’homme et l’Église. Lecture des Pères », préface du métropolite Hilarion de Volokolamsk, présentation du P. Serge Model, Éditions du Cerf, Paris, 2010, 294 p., coll. « Patrimoines. Orthodoxie ».
Mgr Basile Krivochéine (1900-1985), après avoir étudié le grec à la Sorbonne (1920-1924), fut moine pendant vingt-cinq ans au Mont-Athos (1924-1951), puis alla étudier la patrologie à Oxford (1951-1959), avant de devenir archevêque de Bruxelles (1960-1985). Entre 1936 et 1979, il publia (en particulier dans le « Messager de l’exarchat du patriarche russe en Europe occidentale ») un certain nombre d’études patrologiques qui furent et restent des textes de référence. Ces études ont été réunies dans ce volume.

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Recension: Grégoire le Grand, « Morales sur Job », Livres XXXIII-XXXV.

Grégoire le Grand Grégoire le Grand, « Morales sur Job », Livres XXXIII-XXXV, Sixième partie, texte latin de Marc Adriaen (CCL 143B), traduction par les moniales de Wisques, introduction et notes par Adalbert de Vogüé, Éditions du Cerf, Paris, 2010, 408 p. (collection « Sources chrétiennes » n° 538).
Les Morales sur Job consistent en un volumineux commentaire du Livre de Job, élaboré par le futur pape Grégoire le Grand un peu après 579, alors qu’il était encore diacre et exerçait la fonction d’apocrisiaire (légat) du pape Pélage II à Constantinople. Autour de lui se trouvait un groupe de moines dont il était le père spirituel. C’est à leur demande qu’il entreprit de commenter le Livre de Job. Il était alors âgé de quarante ans. Le commentaire fut fait oralement. Sa mise par écrit fut réalisée sur la base des notes préparatoires de Grégoire et d’enregistrements sténographiques ; elle prit la forme finale de six volumes et trente-cinq livres.
Les livres 33 à 35 publiés dans ce volume nous donnent la fin de ce remarquable travail.

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Recension: Raymond Winling, « Noël et le mystère de l’Incarnation »

Couv9017g_260 Raymond Winling, « Noël et le mystère de l’Incarnation », Éditions du Cerf, Paris, 2010, 271 p. (collection « Théologies »).
Raymond Wenling, né en 1924, professeur émérite de dogmatique et d’histoire des doctrines à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg, propose dans ce livre une synthèse historique et dogmatique sur les fêtes de Noël et de l’Épiphanie (appelée « Théophanie » dans l’Église orthodoxe).
Le premier chapitre présente un aperçu historique sur l’histoire et l’origine, assez complexes, des deux fêtes et du cycle de Noël (Avant, octave, fête des Saints Innocents, Présentation au temple…), et évoque la préparaton de l’avènement du Sauveur dans l’Ancien Testament.
Le deuxième chapitre analyse les données de l’Écriture à propos de la naissance de Jésus et des événements qui s’y rattachent.
Le troisième chapitre montre la façon dont la littérature apocryphe et le Coran présentent la naissance de Jésus.
Les chapitres 4 et 5 présentent les débats dogmatiques, des origines au concile de Chalcédoine, relatifs à la naissance de Jésus.
Le sixième chapitre évoque, en s’appuyant sur les Pères, divers aspects sotériologiques du mystère de l’Incarnation.
Le chapitre 7, examine, en référence aux Pères mais aussi à des auteurs  modernes, des questions anciennes et actuelles de spiritualité et de théologie relatives à l’Incarnation.

 

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Recension: « La fête baptismale – O Крсној Слави »

Slava « La Slava ou fête baptismale: Signification, préparation et célébration de la Slava – Vies et tropaires des principaux saints honorés », recueil de textes réalisé par S. E. Danilo (Krstić), traduit du serbe par Lioubomir Mihailovitch, éditions du Diocèse serbe d’Europe occidentale, 2010, 143 p.
La Slava est une célébration très ancienne, propre à l’Église serbe, qui est très familière à tous les fidèles de cette Église, mais qui ne manque pas d’étonner ceux qui y participent pour la première fois. Ce petit livre fort bien présenté, en version bilingue serbe – français, a pour but de faire découvrir la Slava à ceux qui ne la connaissent pas, et de permettre d’en approfondir le sens à ceux qui, la connaissant, n’ont pas perçu toutes facettes de son riche symbolisme. Conçu sous la forme d’un recueil de textes, il présente successivement, à travers un discours de saint Syméon le Nouveau Théologien et des articles de divers auteurs serbes connus dont Mgr Danilo (Krstić), Mgr Athanase (Jevtić) et Mgr Amphilohije (Radović), la signification de cette célébration, les modalités de sa préparation, les recettes permettant de confectionner les collyves et le pain qui y sont utilisés, le texte de la cérémonie de bénédiction de ceux-ci, et les Vies et tropaires des principaux saints honorés à cette occasion.

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Recension: Maxime le Confesseur, « Questions à Thalassios (I-XL) »

Couv9029g_260 Maxime le Confesseur, « Questions à Thalassios (I-XL) », introduction et notes par Jean-Claude Larchet, traduction par Françoise Vinel, Éditions du Cerf, Paris, 2010, 427 p., coll. « Sources chrétiennes » n° 529.
Ce volume inaugure la parution en trois tomes, dans la collection de référence « Sources chrétiennes », des « Questions à Thalassios », l’une des œuvres les plus célèbres du grand théologien byzantin saint Maxime le Confesseur (580-662), destinée de prime abord à expliquer des passages difficiles de la Sainte Écriture, mais servant en fait de prétexte à l’auteur pour exposer sa doctrine spirituelle.
Dans une introduction de 92 pages, Jean-Claude Larchet, spécialiste internationalement reconnu de saint Maxime auquel il a consacré trois ouvrages (1996, 1998, 2003) et plusieurs introductions (1992, 1994, 1998-1, 1998-2, 1999), présente les circonstances et la date de composition de l’œuvre, ainsi que son destinataire ; il la situe ensuite dans son genre « littéraire » en dégageant les caractéristiques de l’exégèse maximienne ; puis il présente une longue synthèse de l’enseignement spirituel de saint Maxime, exprimé de manière diffuse tout au long de ces soixante-cinq questions-réponses ; il montre enfin l’influence importante que cette œuvre a exercée tant en Occident qu’en Orient (où de nombreux extraits ont notamment été intégrés à la « Philocalie »).
Face à l’édition critique qui reprend celle du Corpus Christianorum Series Graeca, vol. 7 et 22, Françoise Vinel, professeur de patrologie à la faculté de théologie catholique de l’Université de Strasbourg, bien connue comme spécialiste de saint Grégoire de Nysse et l’une des traductrices de la Septante, propose une traduction claire et précise.

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Recension: « Correspondance de Nicolas Cabasilas »

NC Correspondance de Nicolas Cabasilas. Textes traduits et commentés par Marie-Hélène Congourdeau, Les Belles Lettres, Paris, 2010, 233 p. (collection « Fragments »).
Ce livre, œuvre de Marie-Hélène Congourdeau, chercheur en histoire byzantine au CNRS, donne en version bilingue la correspondance du grand théologien laïc byzantin Nicolas Cabasilas (ca 1320 – ca 1399).
Celle-ci comporte dix-huit lettres de lui adressées à des correspondants divers – son père, son ami Dèmètrios Kydonès, des amis de Thessalonique, l’empereur Jean I Cantacuzène, l’empereur Manuel II Paléologue – et douze lettres adressés à lui par des personnages importants : Nil Cabasilas (son oncle), Grégoire Akindynos, Dèmètrios Kydonès, Manuel II Paléologue, Joseph Bryennios. Une annexe propose en outre une lettre de Dèmètrios Kydonès à Manuel II Paléologue au sujet de Nicolas Cabasilas.

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Recension: Père Placide Deseille, « Propos d’un moine orthodoxe »

411sWCc1wWL._SS500_ Placide Deseille, « Propos d’un moine orthodoxe. Entretiens avec Jean-Claude Noyé », Lethielleux, Paris, 2010, 194 p.
À travers un entretien bien mené par Jean-Claude Noyé, le père Placide Deseille, higoumène du monastère Saint Antoine le Grand à Saint Laurent en Royans et père spirituel du monastère de Solan, retrace tout d’abord son itinéraire spirituel: la naissance de sa vocation religieuse, son entrée dans le monachisme à l’âge de seize ans en 1942, sa première rencontre avec l’orthodoxie, sa formation, sa vie et ses activités comme moine cistercien, son expérience du rite byzantin à Aubazine de 1966 à 1977, la crise suscitée par le concile Vatican II, son entrée par le baptême dans l’Église orthodoxe en 1977, et sa fondation en France de plusieurs monastères rattachés au monastère athonite de Simonos-Pétra.
Dans une deuxième partie, il évoque les convergences et les divergences entre l’orthodoxie et le catholicisme, et exprime sa position vis-à-vis de l’œcuménisme.
Dans une troisième partie, il présente les monastères dont il a la charge, puis explique la nature et l’organisation de la vie monastique. Il est ainsi amené à parler de la prière – spécialement de la prière de Jésus –, du jeûne et de la vie liturgique.
Une quatrième partie est consacrée à la distinction de la personne et de l’individu, à l’évocation de ce que serait une société chrétienne, et au devoir de l’homme moderne de protéger la création (une tâche à laquelle participe activement le monastère de Solan).

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Recension: Philippe Henne, « La Bible et les Pères »

Couv8978g_260 Philippe Henne, « La Bible et les Pères. Parcours historique de l'utilisation des Écritures dans les premiers siècles de l'Église », Éditions du Cerf, Paris, 2010, 288 pages (collection « Initiations aux Pères de l'Église »)
L’auteur, qui est dominicain et enseigne la patrologie à la faculté de théologie catholique de Lille, examine dans ce livre la conception que divers auteurs orientaux et occidentaux, depuis l’Antiquité (Philon d’Alexandrie) jusqu’au XIIe siècle (Bernard de Clairvaux), parmi lesquels un grand nombre de Pères de l’Église, ont eu de l’exégèse de la Sainte Écriture et de l’utilisation de celle-ci dans le cadre de la vie spirituelle.
L’exposé cultive la simplicité et la clarté, et veut rester proche de la personnalité des auteurs et de leurs intentions spirituelles. Il se tient à l’écart tant d’une théorisation des différentes formes exégétiques que de toute référence savante (les notes de bas de pages sont absentes, seules sont données, entre parenthèses dans le cours du texte, les localisations des citations produites). L’ouvrage est donc bien à sa place dans la collection « Initiations aux Pères de l'Église ».

 

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Recension : Starets Thaddée, « Paix et joie dans le Saint-Esprit »

Thaddée Starets Thaddée, « Paix et joie dans le Saint-Esprit. Enseignements – Homélies – Entretiens », documents rassemblés et introduits par Matej Arsenijević, traduction du serbe par Lioubomir Mihailovitch, introduction de Jean-Claude Larchet, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2010, 285 p. (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »).
Ce nouveau volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », après une introduction biographique de Matej Arsenijević, rassemble, par les soins de ce dernier, des enseignements, des homélies et des paroles isolées du starets serbe Thaddée Štrbulović (1914-2003), ainsi qu’un certain nombre d’entretiens qu’il a accordés à des journalistes ou écrivains.
Le starets Thaddée entra dans la vie monastique au monastère de Miljkovo, où s’étaient réfugiés des moines russes venus du monastère de Valaam, et c’est là qu’il eut le privilège d’être formé à la vie spirituelle par l’archimandrite Ambroise (Kourganov), qui était un fils spirituel de saint Ambroise d’Optino.
Sa spiritualité n’est donc pas caractéristique de la spiritualité serbe de cette époque, mais se situe dans une large mesure, dans la lignée de celles des startsi d’Optino et du monastère de Valaam. Cependant, en vertu de son histoire, de sa personnalité et de son expérience particulière acquise au cours des ans (il fut higoumène de plusieurs monastères en Serbie et un père spirituel tèrs consulté), il leur donna une marque spéciale, très originale.

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Recension: Job Getcha, « La réforme liturgique du métropolite Cyprien de Kiev. L’introduction du typikon sabaïte dans l’office divin »

Couv8992g_260 Job Getcha, « La réforme liturgique du métropolite Cyprien de Kiev. L’introduction du typikon sabaïte dans l’office divin », liminaire du patriarche œcuménique Bartholomée, préface de R. Taft, S.J., Cerf, 2010, 592 p. (collection « Patrimoines – Christianisme »)
Ce livre est l’édition de la thèse soutenue en 2003, conjointement à l’Institut Saint-Serge et à l’Institut catholique de Paris, par l’Archimandrite Job Getcha, aujourd’hui professeur de liturgie à Chambésy et à l’Institut catholique de Paris.
Il est consacré à la réforme liturgique accomplie dans l’Église russe par Cyprien Tsamblak. Né vers 1330 dans la région de Trnovo (Bulgarie), disciple du patriarche de Constantinople Philothée Kokkinos (lui-même disciple de saint Grégoire Palamas), il devint en 1375 métropolite de Kiev et de Lituanie, avant d’être définitivement intronisé métropolite de Kiev et de toutes les Russies, siège qu’il occupa de 1381 à 1382, puis de 1390 jusqu’à sa mort en 1406. Imitant son maître Philothée qui avait canonisé le typikon néo-sabaïte à l’origine de l’actuel rite byzantin, Cyprien entreprit une grande réforme liturgique en Russie à la fin du XIVe siècle. Jusqu’alors, deux typika étaient en usage : le Typikon de la grande Église de Constantinople dans les cathédrales et les églises paroissiales, et le Typikon du patriarche Alexis le Stoudite, observé dans les monastères. Cyprien uniformisa la liturgie en opérant une grande synthèse constituant un seul et unique typikon néo-sabaïte observé à la fois dans les monastères et les églises séculières.

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Recension: Felicia Dumas, « Dictionnaire bilingue de termes religieux orthodoxes »

Dumas Felicia Dumas, « Dictionnaire bilingue de termes religieux orthodoxes », vol. 1, Français-Roumain; « Dicţionar de termeni religioşi ortodocşi », vol. 2, Român-Francez, éditions Doxologia, Iaşi, 2010, 270 et 350 p.
Ce dictionnaire bilingue des termes religieux orthodoxes est plus qu’un simple lexique: la traduction de chaque terme est accompagnée, outre de ses synonymes, d’un commentaire, et elle située dans le contexte d’une phrase où elle prend son sens. L’auteure a consulté, tant en français qu’en roumain, les différents lexiques diponibles, a fait des synthèses de leurs données et les a complétées. Ces deux ouvrages rendront les plus grands services dans le cadre des nombreuses paroisses bilingues de la Métropole roumaine établies dans les pays francophones, aux clercs et aux fidèles roumains installés en France et désireux de perfectionner leur connaissance du français dans le cadre ecclésial, ainsi qu’à tous les francophones qui souhaitent acquérir les bases du vocabulaire religieux en langue roumaine. 

 

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Recension: « Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles ».

Couv8908g_260 « Actes et passions des martyrs chrétiens des premiers siècles ». Introduction, traduction et notes de Pierrre Maraval, éditions du Cerf, Paris, 2010, 392 p. (collection « Sagesses chrétiennes »).
Ce volume rassemble des « Actes » et des « Passions » de martyrs chrétiens des trois premiers siècles, qui – à la différence de récits composés à partir du Ve siècle qui comportent bon nombre de stéréotypes et d’éléments légendaires – ont comme caractéristiques d’avoir été écrits peu après les événements qu’ils relatent ou du moins d’après des témoignages contemporains. Quelques-uns, intitulés « Actes », ont utilisé les procès-verbaux des interrogatoires des martyrs; d’autres ont été rédigés par des témoins occulaires ou sur les témoignages de personnes proches de l’événement; d’autres enfin, intitulés « Passions », contiennent des textes rédigés par les maryrs avant leur exécution. Ces document sont donc historiquement fiables, même s’ils ont été souvent retravaillés pour renforcer leur caractère édifiant.

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Recension: Jean Meyendorff, « Initiation à la théologie byzantine » et « Le Christ dans la théologie byzantine »

ITB Jean Meyendorff, Initiation à la théologie byzantine, éditions du Cerf, 2010, 320 p., collection « Orthodoxie » ; Le Christ dans la théologie byzantine, éditions du Cerf, 2010, 302 p., collection « Orthodoxie ».
Les éditions du Cerf viennent de procéder, dans la nouvelle collection « Orthodoxie », à une réimpresion des deux ouvrages classiques du regretté P. Jean Meyendorff: Initiation à la théologie byzantine et Le Christ dans la théologie byzantine.
CTB Le premier livre est composé d’une partie historique, qui couvre la période s’étendant du Ve au XVe siècle, et d’une partie doctrinale qui traite successivement de la création, de l’homme, de Jésus-Christ, du Saint-Esprit, du Dieu Trine, de la théologie sacramentelle, de l’eucharistie et de l’Église dans le monde.
  Le second livre étudie les différents étapes de l’explicitation de la christologie orthodoxe du Ve au XIVe siècle à travers les différentes crises qui se sont produites (nestorianisme, monophysisme, origénisme, monoénergisme et monothélisme, iconoclasme…).

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Recension: Stephen C. Headley, « Christ after Communism. Spiritual Authority and Its Transmission in Moscow Today »

Headley_christ_after_communism Stephen C. Headley, « Christ after Communism. Spiritual Authority and Its Transmission in Moscow Today », Orthodox Research Institute, Rollingsford, New Hampshire, 2010, 562 p.
L’archiprêtre Stephen Headley, qui est aujourd’hui recteur de la paroisse orthodoxe Saint Étienne et Saint Germain de Vezelay après avoir été longtemps celui de la paroisse Notre-Dame des Affligés (rue Saint Victor) à Paris, fut parallèlement chercheur en ethnologie et anthropologie sociale au CNRS de 1981 jusqu’à son départ à la retraite en 2008. Après avoir mené pendant de longues années une recherche sur les pratiques religieuses en Indonésie (et en particulier sur l’anthropologie de la prière à Java), il a changé d’orientation dans les dernières années de sa carrière, pour s’intéresser à la vie de l’Église orthodoxe russe dans la période suivant la chute du communisme. Travaillant sur documents, mais aussi in situ lors d’une dizaine de séjours à Moscou de 2006 à 2009, il s’est particulièrement intéressé au thème de l’autorité spirituelle et de sa transmission.
Dans les résultats de sa recherche, qu’il nous livre aujourd’hui dans sa langue maternelle avant qu’ils ne paraissent en traduction française, ce thème est abordé à travers des voies multiples.

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Recension: La tradition grecque de la Dormition.

51WCJSS9QXL._SS500_ "La tradition grecque de la Dormition et de l’Assomption de Marie". Textes introduits, traduits et annotés par Simon Cl. Mimouni et Sever J. Voicu, Éditions du Cerf, Paris, 2003, 244 p. (« Sagesses chrétiennes »).
La récente célébration de la fête de la Dormition de la Mère de Dieu rend d’actualité ce livre qui aide à comprendre la nature de l’événement et les différences qui existent à son sujet entre la compréhension de l’Église orthodoxe et celle des autres confessions chrétiennes.
Les Actes des Apôtres rapportent que, après l’Ascension du Christ, les Apôtres sont descendus du Mont des Oliviers pour se rendre au Cénacle, où ils ont attendu la venue du Saint-Esprit dans la prière, « avec quelques femmes, dont Marie, la mère de Jésus » (Ac 1, 14). C’est la dernière fois que Marie et nommée dans les écrits canoniques. Quelle fut la fin de sa vie terrestre ?
De nombreux textes sont apparus pour suppléer au silence des écrits canoniques à ce sujet, et dans la tradition grecque, la question du sort final de la Mère de Dieu a pris une place importante tant dans le domaine de la dogmatique que dans celui de la liturgie.

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Recension: Jean Damascène, « La Foi orthodoxe », volume 1, chapitres 1-44.

Foi_orth Jean Damascène, « La Foi orthodoxe », volume 1, ch. 1-44, éditions du Cerf, Paris, 2010, 388 p. (Sources chrétiennes n° 535).
L’« Exposé précis de la foi orthodoxe » de saint Jean Damascène est une œuvre majeure de la littérature patristique. Écrite vers 730/740, elle constitue, au terme de l’époque patristique classique, une synthèse des élaborations antérieures concernant le dogme de la Trinité, la cosmologie, l’anthropologie, la christologie et le culte. Elle constitue, aujourd’hui encore, une référence majeure pour la théologie et une base essentielle pour la catéchèse orthodoxe.

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Recension: « Les Pères de l’Église et les dissidents »

Dissidents P.-G. Delage (éd.), « Les Pères de l’Église et les dissidents. Actes du 4e colloque de La Rochelle (25, 26 et 27 septembre 2009) », éditions CaritasPatrum, Royan, 2010, 394 p.
L’association CaritasPatrum, qui est dévouée à l’étude des Pères de l’Église et dont on pourra trouver les coordonnées sur son site très intéressant, organise chaque année un colloque à La Rochelle. Le dernier colloque était consacré au thème « les Pères de l’Église et les dissidents ». Les Actes, qui viennent d’être publiés, portent un sous-titre qui en précise le contenu : « Dissidence et réintégration dans les communautés chrétiennes des six premiers siècles ». Dans cette longue période de formation du christianisme, nombreuses furent les hérésies et nombreux les schismes. L’Église chercha à s’y opposer et proféra, notamment à travers les définitions dogmatiques des conciles et des canons, la condamnation et l’exclusion de ceux qui les professaient ou les vivaient, rappelant en même temps la norme de la vraie foi et du bon comportement (ethos) chrétien ; mais elle chercha toujours aussi les moyens de faire revenir en son sein les dissidents, mettant en œuvre différents moyens « économiques » de réintégration des repentants.

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Giovanni S. Romanidis, « Chi è Dio ? Chi è l’uomo ? Lezioni di teologia sperimentale »

Romanidis Giovanni S. Romanidis, « Chi è Dio ? Chi è l'uomo ? Lezioni di teologia sperimentale », Asterios editore, Trieste, 2010, 192 p.
Sous le titre « Qui est Dieu ? Qui est l’homme ? Leçons de théologie expérimentale », le petit éditeur orthodoxe italien Astérios publie un recueil de leçons données au cours du premier semestre 1984 par le père Jean Romanidis (1927-2001), professeur à l’Université de Thessalonique.
Comme l’indique la table des matières que l’on peut consulter  ici, le livre ne traite pas seulement de théologie et d’anthropologie, mais de tous les aspects du dogme et du mode de vie orthodoxes.
Bien qu’elle comporte quelques aspects discutables, l’œuvre du P. Jean Romanidis reste, en Grèce l’une des plus remarquables parmi celles du siècle passé, par son souci rigoureux d’orthodoxie, sa cohérence, son originalité et sa force d’expression.

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Parution du n°10 de la revue Philotheos.

Sans titre-1 Le numéro annuel (n° 10, 2010) de la revue « Philotheos. International Journal for Philosophy and Theology » vient de paraître. On en trouvera le sommaire
ici. Cette revue, réalisée par les membres de la section de philosophie de la faculté de théologie de Belgrade, sous la direction de Bogoljub Šijaković, professeur de philosophie dans cette section et actuellement ministre des Affaires religieuses de la République de Serbie, rassemble des études philosophiques et théologiques d’auteurs de différents pays et de différentes confessions chrétiennes. L’adresse de la revue est : Pravoslavni bogoslovski fakultet. « Philotheos ». Mije Kovačevića 11b, 11060 Belgrade, Serbie).

Recension: « Le saint hésychastère du saint évangéliste Jean le Théologien »

Sans titre-1 « Le saint hésychastère du saint évangéliste Jean le Théologien », éditions du monastère éponyme, Souroti (G-57006 Vassilika de Thessalonique), 2010, 194 p. (en grec).
La commémoration de la dormition (12 juillet) de l’Ancien Païssios l’Athonite (1924-1994), fondateur et père spirituel du monastère Saint-Jean-le-Théologien, situé à Souroti, à quelques kilomètres de Thessalonique, a donné aux sœurs de la communauté l’occasion de publier un magnifique volume qui retrace l’histoire du monastère et évoque les saints qui ont une relation particulière  avec lui: l’Ancien Païssios, dont le monastère recèle le tombeau; saint Arsène de Cappadoce, qui baptisa l’Ancien Païssios et dont le monastère conserve les reliques; saint Jean le Théologien, à qui le monastère et dédié; sainte Euphémie, que l’Église commémorait hier, qui confirma la foi orthodoxe proclamée au concile de Chalcédoine, dont le Père Païssios eut une apparition, et dont il fit peindre une icône selon le modèle de sa vision. Le livre évoque aussi: la direction spirituelle de l’Ancien Païssios, les huit derniers mois de sa vie passés au monastère, les extensions récentes de celui-ci et la vie actuelle en son sein. Il se conclut par une liste des écrits et paroles de l’Ancien Païssios publiés par le monastère, et qui sont aujourd’hui traduits en de nombreuses langues.

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Recension: Hyacinthe Destivelle, « Les sciences théologiques en Russie. Réforme et renouveau des académies ecclésiastiques au début du XXe siècle »

Couv8745g_260 Hyacinthe Destivelle, « Les sciences théologiques en Russie. Réforme et renouveau des académies ecclésiastiques au début du XXe siècle », préface du métropolite Hilarion (Alfeyev) de Volokolamsk, Paris, Cerf, 2010, 1006 p. (collection « Orthodoxie »).
Ce volume imposant par sa taille est le premier de la collection « Orthodoxie », codirigée par le P. Hyacinthe Destivelle (dominicain, directeur du centre œcuménique Istina et de la revue éponyme, et prêtre d’une paroisse catholique à Saint-Pétersbourg), et le P. Jivko Panev (prêtre orthodoxe, professeur à l'Institut Saint-Serge, fondateur et directeur général d'Orthodoxie.com, le principal organe d’information orthodoxe dans le monde).
Il est la version revue pour l’édition d’une thèse soutenue en 2008 conjointement à l’Institut d’études slaves (Université Paris Sorbonne – Paris IV), à l’Institut catholique de Paris et à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. Son sujet a été inspiré par le métropolite Hilarion Alfeyev, qui a rédigé la préface de cette édition.
Cet ouvrage présente une étude très complète de la nature, de l’esprit
et de l'évolution des académies ecclésiastiques en Russie dans les deux
premières décennies du XXe siècle, période où les sciences théologiques
connurent, grâce à elles, un véritable âge d'or.

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Jovan Nikoloski