13/02/2016
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Le patriarche œcuménique Bartholomée a donné son soutien à la demande d’attribution du prix Nobel de la paix aux habitants et aux bénévoles des îles de la Mer Égée pour leur contribution dans l’aide à la crise des réfugiés

Le patriarche œcuménique Bartholomée a exprimé son soutien à la pétition demandant l’attribution du prix Nobel aux héros des îles de la Mer Égée, qui ont sauvé ou assisté les réfugiés. Cette pétition a uni les députés européens des partis grecs Syriza, Nouvelle démocratie, Parti populaire, les socialistes et les verts, les libéraux et le Parti de gauche. D’éminents professeurs des universités d’Oxford, Princeton, Harvard, Cornell ou Copenhague sont en train de rédiger un mémoire en faveur de l’attribution du prix à la population de ces îles», selon le journal britannique The Guardian. Jusqu’à présent, plus de 395.000 signatures ont été recueillies. Le site Romfea gr. indique un lien sur lequel on peut signer la pétition.

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Les persécutions contre l’Eglise orthodoxe en URSS

Jamais, dans l’histoire de l’Eglise universelle, une persécution ne fut aussi importante, étendue dans l’espace et le temps et ininterrompue que celle qui sévit en URSS au XXe siècle. Les persécutions des trois premiers siècles de la chrétienté avaient un caractère local et ne duraient que quelques années. Même la persécution la plus terrible, sous Dioclétien et ses successeurs, qui commença en 303, n’aura duré que 8 ans.

En 1917-18, pendant une période difficile pour la Russie (Première Guerre mondiale, révolution russe), se réunit à Moscou le concile de l’Eglise orthodoxe russe, durant lequel le Patriarcat fut restauré après une période de trois cents ans. Le métropolite Tikhon fut élu patriarche de Moscou et de toutes les Russies. A cette époque, on comptait en Russie environ 60 mille églises et 117 millions d’orthodoxes répartis en 73 diocèses.

LA PREMIERE VAGUE DE PERSECUTIONS (1917–1920). 
Prise du pouvoir, pillage massif des églises, exécution des clercs.

Les persécutions contre l’Eglise orthodoxe russe ont commencé au moment de la révolution de février 1917, avant l’arrivée des bolcheviques au pouvoir. L’une des actions anticléricales les plus significatives du gouvernement temporaire fut la suppression du pouvoir canonique des évêques dans leurs diocèses, puisque tout le pouvoir de l’église se transmettait de facto par les conseils diocésains, et la confiscation de toutes les écoles de paroisse de l’Eglise russe orthodoxe. Cependant, les persécutions contre l’Eglise orthodoxe russe n’atteignent de véritable envergure qu’après les bouleversements de 1917.

L’un des premiers décrets du pouvoir soviétique fut celui du 20 janvier 1918, entérinant la séparation d’entre l’Eglise et l’Etat et confisquant à l’Eglise tous ses biens : capitaux, terres, bâtiments, églises. Conséquence de ce décret : en 1918, on ferma les institutions spirituelles pédagogiques, dont les écoles diocésaines et les églises rattachées, on supprima les formations spirituelles, l’activité scientifique religieuse et éditoriale. Conformément à ce décret, il fut interdit d’enseigner le catéchisme à l’école, ce qui provoqua le mécontentement du peuple. Par exemple, dans la province de Kazan, un congrès paysan avait déclaré obligatoire l’enseignement du catéchisme dans les écoles. 14000 travailleurs de Kazan s’adressèrent au commissaire de l’éducation populaire pour exiger de conserver l’enseignement du catéchisme dans les écoles. De semblables réunions eurent lieu dans les provinces d’Orenbourg, Vladimir, Riazan, Tambov, Simbir, ainsi que dans certains établissements de Moscou. Aucune de ces demandes émanant du peuple ne fut satisfaite.

Les bolcheviques avaient une haine extrême et irrationnelle pour l’orthodoxie. Armés jusqu’au dents, les révolutionnaires se ruaient dans les églises, volaient les objets précieux, profanaient les saints dons et l’Évangile, torturaient et assassinaient sauvagement les prêtres, violaient et tuaient les moniales. Cette attitude des bolcheviques est clairement exprimée dans une lettre de Lénine du 19 mars 1922 : « la confiscation des objets précieux, surtout dans les laures, les monastères et les églises les plus riches, doit être opérée sans pitié, avec une fermeté sans faille et intraitable, et dans un délai le plus court possible. Plus nous pourrons exécuter de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et de prêtres réactionnaires à cette occasion, mieux ce sera ». En réaction, un message de sa sainteté le patriarche Tikhon, fut publié le 1er février 1918, proclamant anathème tous ceux qui versaient un sang innocent.

La triste liste des membres du clergé martyrisés par les bolcheviques commence avec le protoprêtre Ioann Kochurov, le 31 octobre 1917, durant la semaine qui suivit les bouleversements d’Octobre. Ensuite, les arrestations et les exécutions se suivent presque sans interruption. Voici quelques actes malveillants. Le 7 février 1918, le métropolite Vladimir de Kiev et de Galicie fut exécuté. Le 29 juin de la même année, Mgr Hermogène, évêque de Tobolsk et de Sibirsk fut noyé par les bolchéviques, avec une pierre attachée autour du cou. Une délégation de paroissiens venus demander la libération de leur évêque au conseil local connut le même sort. Le 8 février 1918, une procession de Croix fut fusillée à Voronej. Des dizaines de personnes furent tuées. La nuit de Pâques 1918, dans le village cosaque de Nezamaev ??, on enterra vivant le prêtre Ioann Prigorovski après lui avoir préalablement crevé les yeux, coupé la langue et les oreilles. En octobre 1918, les bolcheviques pillèrent le monastère Saint Nicolas de Belogorsk. Les moniales furent soit fusillées, soit jetées dans une fosse et ensevelies sous les ordures, soit envoyées en convoi à Perm aux travaux forcés. Le 24 décembre 1918, Mgr Théophane, évêque de Solikamsk, fut martyrisé : on le plongea dans l’eau glacée jusqu’à ce qu’il en meurt de glaçage. La même année, le 16 juillet, l’empereur Nicolas II fut fusillé avec la famille impériale.

Le 14 février 1919 fut publiée la décision du commissaire du peuple de disséquer les reliques, ce qui provoqua des outrages massifs contre les reliques de saints en 1919 et dans les années qui suivirent.

La première vague de persécution emporta plus de 15000 vies pour les seules années de 1918-19 (ligne du bas, voir le dessin). Le nombre total des répressions est d’environ 20000 (ligne du haut). Presque tous les conflits et les arrestations se terminaient par une exécution.

DEUXIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1921–1923).
Confiscation des biens d’église, sous prétexte de venir en aide aux victimes de la famine près de la Volga.

Dans la deuxième moitié de l’année 1921, le pays subit la famine. En mai 1922, dans 34 provinces de Russie, environ 20 millions de personnes souffraient de la faim. Près d’un million en mourut. Le patriarche Tikhon fut l’un des premiers à réagir devant le malheur qui frappait peuple et, dès le mois d’août 1921, il adressa aux fidèles, aux patriarches orientaux, au pape de Rome, à l’archevêque de Canterbury et à l’évêque de New York un message dans lequel il demandait d’aider le pays mourrant de faim. Au même moment, il fonda un comité russe d’aide aux affamés, qui fut fermé par les autorités au bout d’une semaine. En février 1922, un décret soviétique sur la confiscation des biens d’église fut publié. Lénine enjoignit Trotski (Bronstein) de diriger secrètement les persécution avec cet ordre : « plus nous fusillerons de clercs, mieux ce sera » (Lettre du 19 mars 1922). Pourtant, malgré le chaos et la famine, cette confiscation rencontra une résistance farouche parmi le peuple, avec de nombreux sacrifices lors des incursions dans les églises. Pour la seule période de 1922-23, on enregistra 1414 affrontements entre les autorités et les fidèles. Or, les objets pris par la force dans les églises ne servirent pas du tout à nourrir les affamés mais plutôt à consolider le régime et à financer la révolution mondiale. Par exemple, le gouvernement versa 5 millions de marks pour les besoins des compatriotes vivant en Allemagne ; un million de roubles or fut dédié au développement de la révolution en Turquie et le budget du Komintern reçut en tout plus de 5.5 millions de roubles or, tandis qu’1 seul rouble or seulement servit à acheter des vivres pour les victimes de la famine.

Suite à la confiscation des biens d’église, Lénine proposa quelques actions devant se terminer par une exécution par fusillade. Dans une série de villes, des simulacres de procès contre les prêtres sont organisés. Par exemple, à Petrograd, plus de 80 accusés, quatre sentences de mort, à Moscou, 54 accusés, 11 exécutés. En mai 1922, le patriarche Tikhon fut arrêté et en juillet, le métropolite Benjamin fut «jugé » et fusillé.

La deuxième vague de persécutions provoqua près de 20000 répressions et l’exécution par fusillade d’environ 1000 personnes. Les bolcheviques donnaient une image d’équité : à la différence de la justice sommaire de 1918, ils organisaient des procès par l’exemple.

TROISIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1923–28).
Avec l’aide de la Guépéou, création du schisme rénovationiste afin de détruire l’Eglise de l’intérieur.

En avril 1922, la Guépéou publia ses instructions pour l’organisation d’une réunion du « groupe du clergé moscovite d’opposition ». Un conseil des représentants de la Guépéou et du « clergé révolutionnaire » se réunit bientôt dans l’appartement du prêtre S. Kalinovski. L’accord fut unanime pour lutter contre le patriarche et les institutions patriarcales. « La confiscation des biens d’église fut un instrument des plus efficaces pour la formation de groupes rénovationistes anti-Tikhon, d’abord à Moscou, ensuite dans toute l’URSS», écrit Toutchkov, chef de la 6e division du département des Affaires Secrètes de la Guépéou.

C’est à ce moment là qu’eut lieu la restauration massive d’icônes domestiques et de coupoles d’églises. Le Seigneur fortifiait son troupeau… Lors de la restauration des icônes, celles-ci irradiaient une lumière aveuglante.

En avril 1923, on prépara le jugement et l’exécution du Patriarche Tikhon. Cependant, celui-ci fut reporté en raison d’une note de Dzerjinski au Bureau des Affaires Politiques : « …il est indispensable de reporter le procès de Tikhon en raison de la propagande à l’étranger ». On convoque alors le premier « concile » des rénovationistes, qui décida de priver le patriarche Tikhon du sacerdoce et de la tonsure monastique et d’instaurer un épiscopat d’hommes mariés, d’autoriser les prêtres à se remarier, et de passer au calendrier nouveau style (grégorien au lieu de julien). Fin avril, lorsqu’il fut libéré de prison, le principal souci du patriarche Tikhon fut de lutter contre le schisme rénovationiste. On prépara un nouveau procès contre le patriarche Tikhon mais il ne put aboutir en raison de la mort du patriarche le 7 avril 1925. Le patriarche Tikhon laissait derrière lui quelques candidats potentiels à la chaire patriarcale, dont le premier était le Métropolite Pierre (Polianski) de Krutitskoe, qui fut arrêté et mis en prison. Après la mort du patriarche, la Guépéou procéda à l’organisation du nouveau schisme : on arrêta les évêques, les prêtres et les laïcs qui avaient aidé d’une façon ou d’une autre le métropolite Pierre à diriger l’Eglise.

Dans le but de parvenir à « la déchristianisation complète du pays » et de « supprimer tous les restes de l’ancien régime », le gouvernement soviétique accorda une attention particulière au travail de propagande antireligieuse. Emelian Mikhailovich Iaroslavski (de son vrai nom Mikhei Izrailevitch Gubelman) fut chargé de cette politique. En 1921, Iaroslavski participe activement à la création du journal appelé « Athée », qui tourne en dérision le sentiment religieux. La « Société des amis du journal athée » est créée sur son initiative en 1924 à Moscou. En 1925, est fastueusement rebaptisée « Union des Athées », puis, quelque temps plus tard, « Union des Athées militants ». Les salariés des instituions et entreprises de l’Union des Athées recevaient le statut de fonctionnaires. On fonda aussi, sur l’initiative de Iaroslavski , l’association des Jeunes athées militants de l’URSS. En 1929, il y avait plus d’un million de jeunes athées.

Le 29 avril 1927 une déclaration est publiée par le représentant du locum tenens du patriarche, le métropolite Serge (Stargorodski), tentant de trouver un compromis avec le pouvoir athée («Nous voulons… reconnaître l’Union Soviétique comme notre patrie, dont les joies et les succès sont aussi les nôtres ».)

Le nombre des répressions des années 1923–1928 correspond à un tiers des répressions de 1922. Les bolcheviques ne se décident pas à mener le procès et l’exécution du patriarche Tikhon, prévu le 11 avril 1923. De nombreux évêques sont arrêtés et déportés, on se bat pour chaque église. La laure de la Trinité Saint Serge est fermée. Les rénovationistes instaurent l’épiscopat d’hommes mariés. En 1925, avec l’aide de la Guépéou, le nombre d’églises et de diocèses rénovationistes atteint quasiment celui des orthodoxes, mais leurs églises sont vides. Le peuple ne fréquente pas les églises de l’ « Eglise vivante » où célèbrent les rénovationistes. La Guépéou fait pression sur les héritiers du patriarche Tikhon et sur tous les prêtres qui le suivent. En 1928, malgré la déclaration du métropolite Serge, les persécutions s’intensifient.

TROISIEME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1929–1933).
« Dékoulakisation » et collectivisation.

En 1928, les autorités préparèrent la déportation massive des chrétiens dont la majorité étaient orthodoxes gardant un mode de vie traditionnel et religieux. Le 24 janvier 1929, le Comité central du parti communiste adopta un décret préparé par Kaganovitch et Iaroslavski : “Mesures de renforcement du travail antireligieux ” qui entérinait le début d’une suite d’arrestations massives de prêtres et de laïcs, et la fermeture d’églises.

Les persécutions commencèrent en 1929 et durèrent jusqu’en 1933. De nombreux prêtres furent arrêtés à cette période et envoyés dans les camps, beaucoup acceptèrent de mourir en martyrs. Pour la période de 1929 à 1933, on compte près de 60 000 arrestations et 5000 exécutions de prêtres.

Dans une interview datant du 2 février 1930 du métropolite Serge, représentant du locum tenens du patriarche, on peut lire qu’ « il n’y a pas de persécution contre l’Eglise ».

Le 5 décembre 1931, l’église du Christ Sauveur, construite entre 1837 et 1883 avec l’argent du peuple russe en souvenir de la victoire de 1812 contre les armées napoléoniennes fut dynamitée. A sa place on planifia de construire le palais des Soviets, mais les fondations ne cessaient de s’effondrer (alors que l’Eglise du Christ Sauveur n’avait pas eu ce problème). On décida d’y aménager une piscine, dans laquelle se noyèrent beaucoup de nageurs.

En 1935, le Comité central tira les conclusions de la campagne antireligieuse menée dans les années précédentes. Dans l’un de ces documents les persécuteurs sont forcés de reconnaître l’immense force de l’Eglise orthodoxe russe qui lui avait permis, malgré l’oppression continuelle du gouvernement, les arrestations, les exécutions, la fermeture des églises et des monastères, la collectivisation qui avaient supprimé une partie importante de laïcs actifs, de conserver la moitié de ses paroisses.

Malgré des persécutions comparables, par leur intensité, à celles de 1922, lors du recensement de 1937, un tiers de la population citadine et les deux tiers de la population rurale se déclarèrent orthodoxes, c’est-à-dire la moitié de la population de l’URSS.

QUATRIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1937–38).
Les années de la terreur. Tentative de supprimer tous les croyants (Rénovationistes compris).

Dans ce document, l’échec de l’établissement du socialisme athée dans le pays devint évident pour Staline. Il devint clair qu’il fallait mener une nouvelle persécution, sanglante et sans pitié, et une guerre inédite contre le peuple, qui ne devait pas mener les insoumis aux camps ni aux travaux forcés, mais aux sentences d’exécution et de mort. Ainsi commença une persécution d’un nouveau genre, qui devait briser physiquement l’orthodoxie.

Selon les données de la Commission de réhabilitation des victimes de la répression de 1937, 136 900 prêtres orthodoxes furent arrêtés, dont 85 300 d’entre eux furent exécutés. En 1938, 28 300 furent arrêtés, dont 21 500 fusillés. En 1939, 1500 furent arrêtés dont 900 furent fusillés. En 1940, 5100 furent arrêtés dont 1100 furent fusillés. En 1941, 4000 furent arrêtés, dont 1900 furent fusillés. Le 10 octobre 1937, le métropolite Pierre, locum tenens du patriarche, fut exécuté après 8 ans de prison en cellule solitaire.

Après deux ans de persécutions, 1937-38, de 25 000 églises en Russie soviétique, il n’en restait que 1277. 1744 églises se retrouvèrent sur le territoire de l’Union Soviétique après l’annexion des territoires de l’Ukraine de l’Ouest, de la Biélorussie et de la Baltique. En 1937, le président de l’Union des Athées militants, Em. Iaroslavski annonca qu’ il n’y avait plus de monastères dans le pays.

On peut affirmer avec certitude que les persécutions qui accablèrent l’Eglise orthodoxe russe à la fin des années trente furent exceptionnelles par leur envergure et leur cruauté, non seulement dans l’histoire de l’Eglise orthodoxe russe, mais dans l’histoire mondiale. En 1938, le pouvoir soviétique achevait une période de vingt ans de persécutions, au bout de laquelle le résultat de ce processus de destruction était irréversible. Si les églises qui avaient été détruites ou transformées en dépôt pouvaient à l’avenir être reconstruites ou restaurées, les centaines d’évêques, des dizaines de milliers de prêtres et des centaines de milliers de laïcs avaient été exécutés et cette perte était irréparable. Les conséquences de ces persécutions se font sentir encore aujourd’hui. L’exécution d’une quantité innombrable d’évêques, de pasteurs lettrés et savants, et d’ascètes fit dégringoler le niveau moral de la société. On retira au peuple le sel qui l’avait « salé » dans une situation de décomposition alarmante. Or, les autorités ne n’avaient pas l’intention de faire cesser le processus de fermeture des églises. Il se poursuivit et nul ne sait jusqu’où il serait allé si la Seconde Guerre mondiale n’avait éclaté.

CINQUIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS (1939–1952).
Deuxième guerre mondiale. Persécutions dans les régions annexées et libérées.

En 1939, tous les monastères avaient été fermés (en 1917 ils étaient plus de mille) ainsi que plus de 60 000 églises. L’office n’était célébré que dans une centaine d’églises. En 1939-1940, la Baltique fut annexée à l’URSS, ainsi que les régions de l’ouest de l’Ukraine et de la Biélorussie, le nord de la Bukhovine et de la Bessarabie. L’URSS compta de nouveau une grande quantité d’églises et de monastères orthodoxes.

Le 22 juin 1941, l’Allemagne déclara la guerre à l’URSS. Pourtant, ni le début de la guerre, ni la défaite des premiers mois, ni la perte de grands territoires au profit de l’ennemi ne changèrent l’attitude hostile du gouvernement envers l’Eglise orthodoxe russe et ne conduisirent les autorités à faire cesser les persécutions. Les autorités ne modifièrent leur position que lorsqu’elles apprirent que les Allemands avaient permis la réouverture de 3732 églises sur les territoires occupés, c’est-à-dire plus que dans toute l’URSS.

Le 4 septembre 1943, Staline rencontra le métropolite Serge, locum tenens du patriarche, et les métropolites Alexis et Nicolas. Quatre jours plus tard, on réunit le concile des évêques et le métropolite Serge fut élevé au rang de patriarche. On permit à l’Eglise d’ouvrir des séminaires, de publier des magazines etc. Toutefois, pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale, les arrestations de prêtres continuèrent. En 1943, on arrêta plus de mille prêtres orthodoxes, dont 500 furent fusillés. En 1944-46, plus de 100 personnes furent condamnées à mort.

Selon le rapport du Conseil des affaires de l’église orthodoxe russe de 1946, « au 1er janvier 1947, 13 813 églises orthodoxes et maisons de prière sont en activité». Dans une note explicative, deux ans plus tard : « Au 1er janvier 1948, il y avait en URSS 14 329 églises et maisons de prière en activité » ; et «…La quantité d’églises en RSS d’Ukraine représente 78.3 % de leur nombre en 1914 contre 5.4% en RSFSR.».

Après la guerre il y eut des sursauts de répression. D’après le rapport du ministre MGB Abakumov, « du 1er janvier 1947 au 1er juin 1948, 679 prêtres orthodoxes furent arrêtés pour activité subversive». Selon le rapport du Goulag, au 1er octobre 1949, il y avait 3 523 prêtres dans l’ensemble des camps.

En octobre 1948, le président du Conseil aux affaires de l’Eglise orthodoxe russe demanda au patriarche Alexis d’ « imaginer une série de conditions limitant l’activité de l’Eglise à ses églises et ses paroisses ». Les multiples tentatives du premier hiérarque de rencontrer Staline se soldèrent par un échec. Ce qui était permis à l’Eglise dans le cadre de son activité devint interdit : les processions – sauf pour Pâques -, les voyages du clergé dans les localités pour rendre visite à leurs fidèles, et il fut interdit aux prêtres d’avoir la charge de plusieurs églises (sachant qu’une église sans prêtre risquait d’être fermée). Les autorités modifiaient sans cesse la forme des persécutions menées contre l’Eglise. En 1951, l’impôt sur les paroisses fut augmenté : on exigea le paiement de cet impôt pour les deux années précédentes.

Le processus de fermeture des églises se poursuivait. Au 1er janvier 1952, on comptait 13 786 églises, dont 120 n’étaient pas en activité puisqu’elles étaient utilisées comme grenier à blé. Dans la seule région de Koursk, lors des récoles, 40 églises en activités furent remplies de grain. La quantité de prêtres et de diacres fut réduite à 12 254. Il restait 62 monastères, mais on en ferma 8 en 1951.

SIXIÈME VAGUE DE PERSÉCUTIONS, Khrouchtchev etc.
Étouffementde l’Eglise et poursuite des croyants.

Le 7 juillet 1954, sur l’ordre de Khrouchtchev, on prépara la décision du Comité central concernant «Les grandes lacunes de la propagande athéiste scientifique et les mesures nécessaires à son amélioration ». On y critiquait la politique menée par Staline envers l’Eglise. Une propagande athéiste massive commença, avec de nouvelles persécutions contre l’Eglise.

Un coup fut porté contre les institutions pédagogiques religieuses. En 1958, les 8 séminaires et les 2 académies comptaient 1200 étudiants, sans compter les 500 auditeurs libres. Les autorités prirent des mesures très fermes pour empêcher que les jeunes n’entrent dans les institutions religieuses. En octobre 1962, le Conseil des affaires de l’Eglise orthodoxe russe annonça au Comité central que sur 560 jeunes demandant leur admission dans les séminaires en 1961-62, 490 avaient retiré leur demande, ce qui témoignait d’un « travail personnalisé » avec eux. Beaucoup de séminaires furent fermés (Kiev, Saratov, Stavropol, Minsk, Volyn). A l’automne 1964, le nombre d’étudiants avait diminué de plus de la moitié en comparaison avec 1958. 411 personnes étudiaient dans 3 séminaires et 2 académies, avec 334 auditeurs libres.

Voyant la tournure que prenait cette nouvelle vague de persécutions, le patriarche Alexis tenta de rencontrer le premier secrétaire du Comité central, N.S. Khrouchtchev, afin de discuter des problèmes de la relation entre l’Eglise et l’Etat, mais cette tentative se solda par un échec.

En 1959, les autorités supprimèrent des lises 364 communautés orthodoxes. En 1960 : 1398. En 1961, 1390. En 1962, 1585.

En 1961, sous la pression des autorités, le Saint Synode entérina le décret sur « Les mesures de renforcement de la vie paroissiale » qui fut ensuite accepté par le concile épiscopal. Dans la pratique, la mise en place de ces réformes conduisit à l’éloignement du curé de la direction des activités paroissiales. Les marguilliers devinrent les maîtres de la vie pratique des paroisses, et les candidatures à cette fonction étaient obligatoirement être acceptées par les comités soviétiques locaux.

En 1962, on mit en place un contrôle strict des sacrements du baptême, du mariage et des enterrements. Ceux-ci devaient être inscrits dans les registres avec le nom de famille, les données du passeport et l’adresse des participants, ce qui conduisait à leur poursuite.

En août 1962, le Conseil des affaires de l’Eglise orthodoxe russe annonça au comité central, que depuis janvier 1960, le nombre d’églises avait diminué de plus de 30%, et qu’il y avait 2.5 fois moins de monastères, tandis que le nombre de plaintes contre les pouvoirs locaux avait augmenté. Dans beaucoup de cas, les fidèles résistaient aux autorités. Dans la ville de Klintsy, dans la région de Briansk, une foule d’un milliers de personnes empêcha de retirer les croix d’une église fermée peu de temps auparavant. On appela des droujinnik pour calmer la foule avec un détachement militaire armé de mitraillettes. Lors de la tentative de fermer la Laure de Potchaev, grâce à leur résistance opiniâtre, les moines et les fidèles réussirent à empêcher la fermeture du couvent. Le 6 juillet 1962, parurent deux décisions du comité central, appelant à instaurer des mesures drastiques pour empêcher la diffusion d’idées religieuses parmi les enfants et les jeunes. On proposa de priver les parents de leur droit sur leur enfant s’ils l’éduquaient dans un esprit religieux. On convoqua les parents dans les écoles et les postes de police, exigeant d’eux qu’ils n’emmènent pas leurs enfants à l’église, les menaçant de placer leurs enfants de force dans des internats.

Durant les 8 premiers mois de 1963, 310 communautés orthodoxes furent rayées de la liste. La même année, la laure des Grottes de Kiev fut fermée. Entre 1961 et 1964, 1234 personnes furent jugées sur des motifs religieux et condamnées à différentes peines ou déportées.
Au 1er janvier 1966, l’Eglise orthodoxe russe n’avait plus que 7523 églises et 16 monastères.

En 1971, le nombre de paroisses se réduisit à 7274.

En 1967, l’Eglise orthodoxe russe avait 6694 prêtres et 653 diacres. En 1971, elle ne comptait plus que 6234 prêtres et 618 diacres.

Au début du XXe siècle l’Eglise orthodoxe russe comptait 2500 saints, dont 450 saints russes. Les martyrs et saints confesseurs donnés par l’Eglise russe au XXe siècle se comptent en dizaines de milliers. En janvier 2004, l’Eglise orthodoxe russe a proclamé 1420 canonisations de nouveaux martyrs et confesseurs. Leur nombre augmente à chaque réunion du Saint-Synode. Ainsi, l’Eglise orthodoxe russe est devenue l’Eglise des nouveaux martyrs russes.

A la fin du IIe siècle, on attribue ces paroles à l’apologète chrétien Tertullien : « Le sang des martyrs est la semence du christianisme ». Le XXe siècle a abondamment répandu ces semences sur la terre russe, qui en recevra la grâce au centuple !

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Archevêque Anastase de Tirana : “Le devoir de tout chrétien, c’est d’être missionnaire”

Il n’est pas question de nous demander “Pouvons-nous le faire?”, Mais d’un commandement impératif “nous le devons!” “Allez donc, et enseignez toutes les nations.” “Allez par tout le monde et prêchez l’Évangile à toute créature.” Il n’y a pas à “considérer si vous le pouvez,” il n’y a qu’une obligation définitive, et claire de Notre Seigneur… 
Si nous nous laissons reposer en paix dans cette inertie habituelle en matière de missions, nous ne gardons pas simplement la pure lumière de la foi “sous le boisseau,” mais nous trahissons aussi l’un des éléments fondamentaux de notre tradition orthodoxe. Car l’œuvre missionnaire a toujours été une tradition au sein de l’Église orthodoxe… L’activité missionnaire n’est pas simplement quelque chose “d’utile” ou tout simplement de “gentil”, mais quelque chose d’impératif, un devoir avant tout, si nous voulons vraiment être conséquents dans notre foi orthodoxe.
 
L’Église sans mission est une contradiction dans les termes. Si l’Église est indifférente à l’œuvre apostolique qui lui a été confiée, elle se renie elle-même, et contredit son essence, et elle est traîtresse dans la guerre dans laquelle elle est engagée. Une Église statique qui manque de vision et d’effort constant pour annoncer l’Évangile à l’oikoumene [“ensemble du monde habité”] ne pourrait guère être reconnue comme l’Église une, sainte, catholique et apostolique à qui le Seigneur a confié la poursuite de son œuvre.
 
L’inertie dans le domaine de la mission signifie, en dernière analyse, une négation de l’orthodoxie, un retour en arrière dans l’hérésie pratique dulocalisme… Il est impensable pour nous de parler de “spiritualité orthodoxe”, de “vie en Christ,” d’imiter l’apôtre Paul, fondateur de l’Église, tandis que nous restons inertes par rapport à la mission; il est inintelligible d’écrire sur l’intense vie liturgique et spirituelle de la résurrection du Seigneur en nous, tandis que nous demeurons paresseux et indifférents à l’appel des missions, avec lesquelles le message de la Résurrection est entremêlé.
 
C’est seulement quand on se rend compte que la mission dans le monde entier est une implication initiale et de choix dans un article fondamental du Credo *, élémentaire pour la compréhension orthodoxe de ce qu’est l’Église, et que ce qui est appelé “mission” n’est pas une affaire externe, mais un besoin interne, un appel à la repentance et à nous aligner avec l’esprit de l’Évangile et de la Tradition de notre Église, c’est alors seulement nous aurons un début proprement théologique et porteur d’espoir pour ce qui vient ensuite.
 
L’Évangile est adressé à tous les peuples, et donc l’œuvre de l’Église demeure incomplète tant qu’elle est limitée à certaines zones géographiques ou à certaines classes sociales. Son champ d’action est universel et il est actif dans les deux secteurs qui accueillent les bonnes nouvelles et ceux qui au premier abord peuvent les rejeter. La mission n’était pas seulement le devoir de la première génération de chrétiens. Elle est le devoir des chrétiens de tous les temps… Le témoignage est l’expression de la vitalité de l’Église ainsi que celui d’une source de renouveau et de vigueur renouvelés… Tout le monde devrait y contribuer et y participer, que ce soit directement ou indirectement. C’est une expression essentielle de la philosophie orthodoxe.
 
Il n’est pas question ici d’obéissance, de devoir ou d’altruisme. C’est une nécessité intérieure. “car la nécessité m’en est imposée, dit saint Paul, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile! (I Corinthiens 9:16). Tous les autres motifs sont des aspects de ce besoin, des motifs dérivés. La mission est une nécessité intérieure (a) pour les fidèles et (b) pour l’Église. S’ils refusent, ils ne se contentent pas d’omettre un devoir, ils se renient. Le chrétien qui est incorporé en Christ et qui vit vraiment en Lui ne peut pas penser, sentir, être, agir ou voir le monde d’une manière différente de celle du Christ.
 
Ne nous trompons pas. Notre vie spirituelle [celle de l’Église et de tout croyant] n’acquerra pas la ferveur, la largeur, l’authenticité qu’elle devrait avoir, si nous continuons à considérer et à vivre le christianisme enclos dans les limites étroites de la communauté à laquelle nous appartenons, en oubliant son destin universel.
 
- Extraits tiré du livre:  “Monks, Missionaries and Martyrs: Making Disciples of All Nations [Moines, missionnaires et martyrs: faites des disciples dans toutes les nations.”]
 
Version française Claude Lopez-Ginisty d’après Pravmir

Les diocèses de la métropole d’Asie centrale de l’Église orthodoxe russe ont créé une chaîne YouTube

Avec la bénédiction du patriarche de Moscou Cyrille et du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, les diocèses de la métropole d’Asie centrale de ladite Église ont annoncé le lancement officiel d’un projet commun unique pour la région, à savoir la création d’une chaîne YouTube constituée de films vidéos pour la jeunesse orthodoxe, intitulée « Vostok Svyche » [« L’Orient venu des hauteurs », désignation du Christ dans l’office orthodoxe de la Nativité]. Les personnes visées par le site sont les jeunes de 16 à 35 ans, les Russes vivant en Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan et Kirghizie. On part du principe que les émissions présenteront également de l’intérêt pour un public plus âgé, ainsi que pour tous ceux qui ne sont indifférents à la vie de l’Église orthodoxe russe en Asie centrale. Les services de presse des diocèses faisant partie de la métropole ont élaboré le contenu des films en fonction des intérêts des spectateurs. Actuellement, des listes de sélections de programmes des diocèses de Tachkent et d’Ouzbékistan, de Douchanbé et de Tadjikistan, et de Bichkek et de Kirghizie, ont été créées. Le doyenné patriarcal des paroisses de l’Église orthodoxe russe fera parvenir prochainement ses propositions de films. Les diocèses de la métropole, dans leur aspiration à être plus proches des gens, en particulier de la jeunesse, à côté des sites diocésains, ont ouvert leurs pages sur les réseaux sociaux, sur lesquels sont placées les informations et les annonces les plus intéressantes. Les fidèles montrent un intérêt à être informés des événements des diocèses de la métropole. La chaîne YouTube « Vostok Svyche » constitue une bonne contribution à la propagation de la parole de Dieu, est-il dit dans la communication du diocèse métropolitain d’Asie centrale.

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Selon l’agence russe Ria Novosti, le concile panorthodoxe prévu en 2016 pourrait se dérouler dans un autre pays que la Turquie

En raison de la situation internationale qui s’est compliquée suite à la tension croissante dans les relations entre la Russie et la Turquie, l’Église orthodoxe russe n’exclut pas des changements concernant le concile panorthodoxe, prévu pour 2016. Celui-ci pourrait être convoqué non pas à Istanbul, mais dans un autre lieu, selon l’agence russe de presse Ria Novosti, qui obtenu cette information de l’archiprêtre Igor Yakimtchouk, secrétaire pour les relations inter-orthodoxes du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Celui-ci a mentionné le caractère hypothétique des suppositions sur la façon dont les événements politiques impacteront le prochain concile. Il a souligné au passage « que l’on ne sait pas encore quand il aura lieu ». Le métropolite de Volokolamsk Hilarion avait déjà évoqué la question. Quant au lieu du déroulement du concile, l’archiprêtre I. Yakimtchouk a émis l’hypothèse qu’il pourrait également changer. « Si les circonstances se détériorent, il est tout-à-fait possible que le Concile se déroule dans un autre lieu. Il est difficile de parler de cela maintenant », a précisé l’archiprêtre, qui a rappelé que la décision finale sur la date et le lieu du concile doit être adoptée à l’unanimité par les primats de toutes les Églises orthodoxes. « La prochaine session de la commission de préparation du concile aura lieu en Grèce. Quant à l’événement qui le suivra, il est difficile de dire où il se produira. Cela concerne la conférence préparatoire des primats, qui est attendue. Si l’on s’accorde pour que la conférence ait lieu à Istanbul, celle-ci aura lieu là-bas. Si j’ai bien compris, le voyage de nos citoyens en Turquie n’est pas interdit » a conclu l’archiprêtre.

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Le département de la jeunesse de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) a lancé un nouveau projet numérique intitulé « Les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche »

Le département de la jeunesse, des jeunes adultes et du ministère auprès des cités universitaires, a lancé un nouveau projet numérique intitulé « Les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche ». Ce projet met l’accent sur les vies de certains saints qui sont moins connus. « Les vies de nos saints sont une ressource incroyable pour nous tous, démontrant la prédication continuelle de l’Évangile à travers l’histoire et nous encourageant au travail missionnaire, à une prière plus profonde et aux actes de charité par leurs exemples » a déclaré André Boyd, directeur de la jeunesse de l’OCA. « Par le lancement du programme « les saints que vous avez manqués à l’école du dimanche » nous espérons présenter ces saints d’une façon qui est plus facile à partager sur les réseaux sociaux et autres moyens numériques, les rendant plus accessibles à la jeunesse et aux jeunes adultes ».

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Interview de l’archevêque de Beroun Joachim (Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie)

L’archevêque de Beroun Joachim évoque, dans cette interview au site Pravoslavie.ru l’organisation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, ses difficultés, sa coopération avec les autres Églises orthodoxes, et le danger des schismes.

- Monseigneur, vous parlez magnifiquement russe, où l’avez-vous appris ?

- J’ai vécu sept ans à la laure de la Trinité Saint-Serge et, auparavant, je venais souvent à Kiev, voici comment j’ai appris la langue. Mais maintenant, je l’ai presque oubliée, parce qu’il y a déjà dix ans que je suis revenu en Tchéquie et j’ai peu de contacts en langue russe. Récemment, je suis venu à Kiev sur l’invitation de S.B. le métropolite Onuphre – nous entretenons des relations amicales depuis de nombreuses années et, bien sûr, cette invitation a été pour moi une grande joie. Mgr Onuphre est connu et aimé partout. C’est assurément une grande miséricorde de Dieu pour l’Ukraine que ce soit précisément lui qui préside cette Église.

- Comment l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie existe-t-elle dans des conditions de division de ce qui fut un seul pays et aussi avec deux langues ?

Archevêque de Beroun Joachim

- Avec les Slovaques, nous nous comprenons, les langues sont proches, à l’instar de l’ukrainien et du russe. Et lorsque la Tchécoslovaquie s’est désintégrée, on a dû convoquer une assemblée pan-ecclésiale et changer les statuts, afin que nous puissions vivre dans les conditions de deux États. Conformément aux statuts de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, sa juridiction s’étend à deux États indépendants : la Tchéquie et la Slovaquie. Son primat peut être élu comme archevêque de Prague ou comme archevêque de Prešov. Il en résulte que le titre complet du primat de notre Église est « archevêque de Prague, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie » ou « archevêque de Prešov, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie”. Le métropolite nous unit. Mais dans chaque État, pour ce qui concerne les relations avec le gouvernement, l’Église a son représentant : pour la Tchéquie, l’archevêque de Prague, pour la Slovaquie, l’archevêque de Prešov, et l’un des deux est le métropolite de toute notre Église. Il y a aujourd’hui quatre diocèses dans cette Église : ceux de Prague, Prešov, Olomouc-Brno et Michalovce. Les évêques diocésains et vicaires sont tous membres du Saint-Synode. Il y a environ 50.000 orthodoxes slovaques. En Tchéquie, il y a environ 20.000 orthodoxes tchèques, ainsi que 100.000 orthodoxes ukrainiens et russes. Et c’est aussi grâce à eux que nous vivons à un bon « niveau ecclésial ». Les Ukrainiens aident beaucoup la Tchéquie. Non seulement matériellement, mais ils enseignent aussi. Ces gens viennent d’Ukraine et nous apprennent comment vivre comme il le faut dans l’Église, parce qu’ils sont originaires d’un pays avec une culture orthodoxe plus traditionnelle. Notre Église est jeune, immature dans beaucoup de domaines de la vie ecclésiale : il n’y a pas de monastères anciens, il n’y a pas de pères spirituels, il n’y a pas de startsy. Aussi, il est très important pour nous que viennent ici des Russes et des Ukrainiens. On peut dire qu’ils constituent la majorité de nos paroissiens.

- On considère que la Tchéquie est l’un des pays les plus athées. Pourquoi ?

- C’est une question difficile. Les Tchèques ont reçu le christianisme à l’époque de l’œuvre missionnaire des saints égaux aux apôtres Cyrille et Méthode. Après la mort de saint Méthode, tous ses disciples ont été emprisonnés, puis chassés de Moravie. Beaucoup d’entre eux sont partis chez le Tsar Boris dans les Balkans. Les Tchèques et les Moraves se sont trouvés sous l’influence de la mission occidentale qu’ils n’ont pas reçue en fait dans leurs cœurs. Et aujourd’hui, leur majorité considère que le christianisme est le catholicisme-romain. C’est là le problème. Ils ne comprennent pas que jusque là leur foi était orthodoxe. Les Tchèques et les Moraves reçoivent la foi comme quelque chose à quoi ils ont été contraints. Je pense que c’est là la raison pour laquelle ils n’acceptent pas le christianisme. Notre devoir est de faire revenir les Tchèques à leurs racines, à la foi de leurs ancêtres. J’étais moi-même avant catholique-romain, de la même façon que la majorité des prêtres et des fidèles tchèques étaient auparavant athées, catholiques et protestants. Et lorsque nous commençons à lire, à rechercher la vérité, alors nous trouvons l’Orthodoxie.

- Monseigneur, comment êtes-vous venu à l’Orthodoxie ?

- Au temps de mes études au collège, je lisais Dostoïevski. Dans « Les frères Karamazov », j’était très intéressé par le staretz Zosime. J’ai commencé à lire sur la foi, Dieu, le monachisme et je suis devenu orthodoxe. J’étais alors âgé de 19 ans. Et durant mes études à l’université – j’ai étudié à la faculté de mathématiques et de biologie – j’ai commencé les cours par correspondance de l’Université orthodoxe. J’ai voyagé en Grèce, en Serbie, en Roumanie, et ai pu vénérer de grands lieux saints. Lors des cours de deuxième année, je suis allé en Russie pendant un mois et j’ai fait des pèlerinages dans les lieux saints du pays.

- Comment votre entourage, votre famille, ont-ils accueilli votre décision ?

- Au début, ce fut un choc pour mes parents. Chez nous, on considère l’Orthodoxie comme une religion russe. Mais ensuite, mon frère et mon père sont également devenus orthodoxes. Ma mère est demeurée protestante, mais respecte notre foi. Même lorsque j’étais novice à la Laure de la Trinité Saint-Serge, elle venait me rendre visite. Elle s’est immergée dans la source miraculeuse, mais a refusé de vénérer les icônes. Pour un Tchèque, naturellement, cela n’est pas habituel que d’être orthodoxe. Mais je pense, que si nous nous occupons de missions, le peuple comprendra, avec le temps, que l’Orthodoxie est la foi de nos ancêtres, la foi de l’ancienne Moravie, des saints égaux-aux-apôtres Cyrille et Méthode et de nombreux autres grands saints, glorifiés dans notre Terre.

- Parlez-nous un peu sur les saints qui sont vénérés en Tchéquie.

- Pour nous, tout comme pour les Russes et les Ukrainiens, les saints les plus proches sont Cyrille et Méthodes, nos docteurs slaves, ainsi que leurs saints disciples – les cinq disciples Gorazd, Clément, Nahum, Angélar, et Sabbas. Bien sûr, il y a aussi le saint prince Rostislav qui invita Cyrille et Méthode. Nous vénérons aussi saint Jean le Tchèque. Issu de l’aristocratie, d’origine croate et premier ermite tchèque. St Jean vivait en ermite dans une grotte située dans la forêt tchèque à 30 kilomètres de Prague. Il est intéressant de mentionner qu’il rencontra dans la forêt le prince Bořivoj Ier, époux de sainte Ludmila de Bohême. Dans la grotte, où saint Jean vivait dans l’ascèse, nous célébrons désormais chaque année la Liturgie. Cette grotte est très belle et se trouve sous une église catholique. Les catholiques nous la prêtent chaque année le jour de la mémoire du saint. Naturellement, il y a aussi saint Wenceslas, prince de la Terre tchèque et sainte Ludmila, sa grand-mère. Les reliques de saint Wenceslas reposent en la cathédrale catholique-romaine Saint-Vit. Son chef (comme celui de sainte Ludmila) est séparé du reste des reliques et es conservé dans la même église. Dans l’ancienne basilique de Saint-Georges, sont gardées les reliques de la sainte martyre et princesse Ludmila. À l’occasion de sa fête, nous chantons l’acathiste devant ses reliques, et ensuite, nous célébrons la Liturgie de la fête dans nos églises. À ce sujet, il y a à Prague en tout huit paroisses orthodoxes. Continuons notre liste par saint Procope de Sazava, le fondateur et l’higoumène du monastère de Sazava, qui voulait réintroduire la liturgie et les rites orientaux. Il y a encore le saint tchèque très vénéré, le hiéromartyr Gorazd, évêque de Tchéquie et de Moravie-Silésie. C’est un néomartyr du XXème s. Il était auparavant prêtre catholique, mais s’est converti à l’Orthodoxie et fut sacré évêque en Serbie. Devenu évêque orthodoxe, il était à la tête de notre diocèse autonome (nous étions alors sous la juridiction serbe, et ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que nous sommes passés sous la juridiction du Patriarcat de Moscou et nous avons reçu plus tard l’autocéphalie). Et, comme les Ukrainiens, nous vénérons saint Alexis le carpatho-russe et le hiéromartyr Maxime de Gorlitz.

- Et comment se porte la vie monastique ?

- C’est une question très difficile. Nous n’avons pas de pères spirituels et de startsy expérimentés, capables de créer un monastère. Et s’il n’y a pas de pères spirituels, les novices vont alors dans des monastères plus traditionnels, ils partent… À l’heure actuelle, les monastères suivants sont actifs : le monastère masculin de la Transfiguration du Seigneur à Těšov, où vivent trois moines ; le monastère féminin Saint-Wenceslas-et-sainte-Ludmila à Lodenica. Formellement, il y a d’autres monastères, mais sans communautés. Nous avons aussi nos moines sur le Mont Athos et en Grèce. Nous espérons que tout en vivant actuellement dans des monastères traditionnels sous une bonne direction spirituelle, ils reviendront dans quelques années et pourrons fonder un monastère chez nous.

- Et quelle est l’attitude de la jeunesse envers l’orthodoxie ?

- Je pense que nous avons une activité missionnaire très faible. En Tchéquie, actuellement, la majorité des orthodoxes sont ukrainiens et russes, et la part principale de notre énergie est absorbée dans le soin pastoral de ces paroissiens. Même à Prague, où il y a huit paroisses, nous ne célébrons et prêchons en tchèque que dans une seule église. Certains Tchèques comprennent le slavon d’Église, mais pour la plupart d’entre eux, il est étranger et incompréhensible. Lorsqu’un Tchèque entre dans une église où l’on célèbre en slavon et on prêche en russe, il pense, naturellement, que c’est une église russe, et il s’en va. Aussi, nous nous efforçons souvent d’alterner les ecténies : l’une en slavon et l’autre, en tchèque. Il nous faut encore beaucoup travailler dans le domaine missionnaire. Nous n’imprimons aussi que de peu de livres en langue tchèque. Je le dis ouvertement : le travail missionnaire est faible dans les Terres tchèques. En Slovaquie, la situation dans ce domaine est de beaucoup meilleure, parce qu’ils ont une faculté de théologie d’un niveau élevé, un séminaire, où il y a des professeurs expérimentés. L’édition y est également développée.

- Comment comptez-vous développer le travail missionnaire ?

- De toute évidence, il faut en premier lieu améliorer l’enseignement orthodoxe en République tchèque, développer la faculté de théologie avec un séminaire, où seraient éduqués nos prêtres, il faut une école orthodoxe. À l’université Charles de Prague, il y a une cathèdre d’Orthodoxie, mais sans séminaire. Le plus important pour nous est d’éduquer, développer le clergé orthodoxe. Et après, les clercs travailleront dans les paroisses. Il faut également développer les monastères qui, nous l’espérons, deviendront des écoles liturgiques et spirituelles. Nous prévoyons d’organiser une maison d’édition en Tchéquie, traduire et imprimer des livres. Actuellement, grâce au soutien de l’État, nous avons des moyens financiers, mais il manque de spécialistes qualifiés. Nous espérons nous développer dans cette direction. L’Église orthodoxe russe nous aide beaucoup, elle accueille nos étudiants tant dans l’école d’iconographie, de chant liturgique, que dans les facultés de théologie et les séminaires. Dans la seule Laure de la Trinité Saint-Serge, combien de nos gens ont étudié ! Gratuitement. Et pour nous cela constitue un grand soutien. Actuellement, nos jeunes étudient également à l’Académie ecclésiastique de Kiev. En parlant de la mission, il faut évoquer saint Gorazd. Il a fait beaucoup. À l’issue de la Première guerre mondiale, il a constitué chez nous l’Église orthodoxe. Après sa mort en martyr, en 1942, on n’a jamais eu un tel évêque missionnaire, on le ressent.

- Pouvez-vous nous donner plus de détails sur l’activité de ce saint hiéromartyr ?

- Le saint hiéromartyr Gorazd a construit et restauré des églises, et il était aidé en cela par le prêtre de Russie subcarpathique André Kolomatsky qui, précédemment, avait érigé un grand nombre d’églises dans cette région. St Gorazd avait traduit les offices en langue tchèque, expliquait, commentait l’Évangile et les saints Pères, enseignait à comprendre et à chanter la Liturgie, et grâce à cela, beaucoup de gens se sont convertis du catholicisme à l’orthodoxie. C’est un travail très difficile ! En vingt ans, il a réussi à faire ce que l’on a pas fait les 70 années suivantes. Nous ressentons que nous vivions grâce à ses labeurs.

- Y a-t-il certains projets communs avec l’Église d’Ukraine ?

- Je sais qu’il a une collaboration étroite entre les évêques slovaques et l’Église orthodoxe d’Ukraine. Ce sont les camps pour les jeunes orthodoxes, les échanges interuniversitaires : on vient d’Ukraine pour étudier à Prešov et le contraire. La situation en Tchéquie est plus compliquée, les distances sont plus lointaines des deux côtés. Aussi, il n’est pas facile d’établir une étroite collaboration. Mais nous sommes des peuples slaves, des Églises slaves, et nous devons nous soutenir ensemble. Dans notre collaboration fraternelle avec l’Église orthodoxe d’Ukraine, le soutien mutuel dans la lutte contre le schisme est important. Il est très important que le peuple ukrainien comprenne l’importance du schisme.

– En quoi voyez-vous le danger du schisme en particulier ?

- S’il y a un schisme, il n’y a plus de catholicité, il n’y a plus la bénédiction de Dieu. Cela, on le ressent fortement en Ukraine. Des problèmes semblables ont surgi chez nous, en Tchéquie, malheureusement. Il y a des clercs qui pensent à l’Église et qui sont capables de se sacrifier pour elle, pour la catholicité. Mais il y a aussi ceux qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes, et qui sacrifient l’Église pour leur propre confort. C’est le schisme. Bien sûr, dans le schisme, il n’y a aucune grâce, il n’y a que la politique et l’orgueil. Et nous, en Tchéquie, sommes très heureux du fait que l’Église d’Ukraine soit présidée par S.B. Mgr Onuphre. À notre époque, il est très important qu’à la tête d’une Église se trouve un saint homme. Et nous savons tout que le métropolite Onuphre est un homme de sainte vie. Et pour l’Ukraine, je le répète, c’est une grande grâce qu’il soit à la tête de l’Église. Cela témoigne du fait que cette Église a la grâce du Seigneur. Je demande que les Ukrainiens prient pour nous, pour la Tchéquie, pour que l’Église orthodoxe soit préservée des scandales et des épreuves. Le pire est le schisme interne. Si les ennemis sont extérieurs, il n’est pas difficile de lutter contre eux. Si l’Église est détruite par des ennemis de l’intérieur, cela est particulièrement dangereux : ils détruisent non seulement l’Église, mais aussi le peuple. Cela est évident en Ukraine. Comme l’a dit le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille : « Tout le malheur vient du schisme ». S’il n’y avait pas de schisme ecclésial, ces conflits n’auraient pas eu lieu. À Prague, il y a de nombreux Ukrainiens et Russes, mais, Dieu soit loué, ils sont tous ensemble comme une seule famille. On sent que ces gens se considèrent comme les héritiers de la Russie de Kiev, une partie d’un grand peuple.

- Ce que vous dites est juste. Il est important que ces paroles viennent de vous et soient entendues, parce que c’est un point de vue extérieur.

- Lorsque je participais aux solennités de saint Vladimir à Kiev, j’ai regardé à la télévision vos nouvelles, j’ai entendu la prédication d’un célèbre schismatique : il ne parlait que de politique. Était-ce une homélie festive ? Il n’y avait que de la politique, de l’orgueil, de la saleté… Et qu’a dit en ce jour le métropolite Onuphre ? Tous ont entendu sa prédication lors desdites solennités. C’est un saint homme qui déborde de pardon, d’amour et d’humilité. J’ai vécu en Russie sept ans comme étranger, mais je me sentais à la maison. Je n’ai jamais ressenti que je me trouvais dans un pays étranger. Peut-être parce qu’en Russie, il y a de nombreuses nations différentes et tous sont habitués à vivre ensemble et en bons termes. Aussi, si un Russe ou un Ukrainien considère les étrangers avec amour, pourquoi ne peuvent-il, entre eux, avoir une attitude mutuelle fraternelle ? Cela, je ne puis le comprendre. Et encore cette chose importante : depuis le début du conflit en Ukraine, il y a déjà plus d’un an, on lit une prière pour l’Ukraine dans toutes les églises de Tchéquie.

- Un très grand merci. Votre soutien est très important pour nous.

- Les solennités en l’honneur de saint Vladimir à Kiev ont montré l’unité des Églises canoniques, le triomphe de l’Orthodoxie, ce que ne peuvent faire les schismatiques. On peut observer cela lors de toutes nos fêtes communes. Cette année, à Kiev, ont été invités seulement les représentants des Églises orthodoxes slaves, et c’était une fête joyeuse et conciliaire. Qui concélèbre avec les schismatiques ? Seulement les schismatiques d’autres pays. Là, il n’y a pas de grâce, seulement l’orgueil. Cela ressort clairement de leurs discours et de leurs actes. Ils ne font preuve que de nationalisme. Le schisme est le péché le plus terrible. Et ce qui se passe en Ukraine est leur faute. Ils ont préparé le terrain pour ces troubles. Le défunt métropolite de Kiev Vladimir avait la possibilité de s’emparer de la cathédrale Saint-Vladimir [ entre les mains des schismatiques, ndt] et d’autres églises. Mais il a dit : « Non ! » Cet homme débordait d’amour et de pardon. Il voulait cheminer sur la voie de la souffrance et de l’amour, ce qu’il a fait. C’est la voie chrétienne.

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En marge du cinquantenaire de la levée des anathèmes de 1054

En marge du cinquantenaire de la levée des anathèmes de 1054 qui a donné lieu à des déclarations du Comité mixte de dialogue catholique orthodoxe de France et de Mgr Job de Telmessos, le blog Orthodoxologie publie trois documents, inédits en français, émanant de deux éminents archimandrites de l’Église orthodoxe de Grèce, Philothée (Zervakos, +1980) et Épiphane (Theodoropoulos +1989), ainsi que du métropolite Philarète (Voznesensky, +1985), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, concernant la levée des anathèmes de 1054 par le patriarche Athénagoras. Dans ces documents publiés en 1965, les trois personnalités en question avaient émis de sérieuses réserves quant à cet acte, qui n’avait pas fait l’unanimité, même au sein du Saint-Synode du Patriarcat oecuménique, puisque deux métropolites, Jacques de Derkon et Maxime de Sardes, avaient refusé de signer le texte y relatif. La lettre du métropolite Philarète au patriarche Athénagoras avait été publiée dans le périodique officiel de l’Église orthodoxe de Grèce « Ekklisia » sur la demande de l’archevêque d’Athènes Chrysostome II (Chatzistavrou, +1968). Les trois documents sont disponibles ici : 1, 2, et 3.

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Un concours de photographies sur la destruction d’édifices du christianisme oriental

en-destruction-photo-contest-160x600L’Assemblée interparlementaire de l’orthodoxie et l’association Orthphoto ont lancé un concours de photographies sur la destruction d’édifices du christianisme oriental. “Le concours est dédié aux bâtiments de la tradition chrétienne orientale dont l’importance est très grande et qui font partie du patrimoine culturel de tous les peuples de la Terre. L’Assemblée interparlementaire de l’orthodoxie a choisi cette période particulière, où l’humanité est une nouvelle fois témoin de la destruction de monuments culturels par des groupes religieux fanatiques.” La date limite pour participer à ce concours, doté de prix allant de 1500 à 500 euros, est le 5 décembre. Pour tout renseignement, voir cette page.

Un site sur l’histoire de la paroisse de la Sainte-Trinité à Vanves

Un site qui retrace l’histoire de la paroisse de la Sainte-Trinité à Vanves vient d’être mis en ligne. Fondée en 1935 par l’archimandrite Stéphane (Svetozarov) (1890-1969), la paroisse devient un centre spirituel important grâce à la présence de l’archimandrite Serge (Chévitch), qui en est responsable de 1945 à 1987.  Son fils spirituel le plus célèbre est le moine Grégoire (Kroug) dont le travail d’iconographe parvint, grâce à l’aide du père Serge, à un niveau rarement atteint dans l’histoire de l’Église. Vous y trouverez les icônes conservées à l’église à la page « Icônes ». Vous y trouverez aussi, entre autres, une copie d’une lettre inédite de saint Silouane de l’Athos, une copie originale d’un certain nombre d’œuvres de Mère Marie Skobstsov, récemment canonisée par le Patriarcat de Constantinople, tantôt tapées à la machine, tantôt rédigées de la main de sa mère, Sophia Borissovna Pilenko, dont on trouvera la liste manuscrite. Les autres personnalités marquantes ne sont pas oubliés.

Une interview de l’archimandrite Élie (Ragot) a été publiée sur le site internet du monastère Sretensky de Moscou

Le monastère Sretensky de Moscou a publié sur son site une interview (en russe) de l’archimandrite Élie (Ragot), higoumène du monastère de la Transfiguration à Terrasson, en Dordogne. Le père Élie y évoque son cheminement dans l’orthodoxie, la personnalité de l’archimandrite Aimilianos de Simonos Petras, et l’établissement du monastère de Terrasson.

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« C’est un professeur de marxisme qui m’a fait découvrir l’orthodoxie ! » Une interview de l’archiprêtre Jivko Panev sur le site d’information orthodoxe russe Pravmir

L’archiprêtre Jivko Panev, fondateur et directeur du site français Orthodoxie.com, et professeur à l’Institut de théologie Saint-Serge à Paris, a évoqué, dans une interview pour le site orthodoxe russe Pravmir.ru, sa venue à la foi dans la Yougoslavie communiste, comment il devint soudain macédonien pour les Serbes et serbe pour les Macédoniens, puis les questions de l’anticléricalisme en France et de la raison des guerres civiles. L’entretien a eu lieu dans le cadre de la « Première conférence internationale “Les médias électroniques et la pastorale orthodoxe” », qui s’est tenue du 7 au 9 mai 2015 à Athènes.

- Père Jivko, comment êtes-vous devenu croyant, alors que vous étiez né dans un pays socialiste ?

- Je suis originaire de Macédoine, l’ex-République yougoslave. Je suis né en 1961, mon père était officier de l’Armée yougoslave, notre famille était communiste. Mais lorsque j’ai étudié au lycée, j’ai commencé, à l’instar de toute la jeunesse, à rechercher le sens de la vie. Je lisais beaucoup de livres philosophiques, psychologiques, et ensuite j’ai ressenti une attirance pour les religions orientales, l’hindouisme, le bouddhisme. Et grâce à un professeur de marxisme, qui était secrètement croyant, j’ai connu l’orthodoxie. Il m’a donné à lire Dostoïevski, puis ensuite, des livres orthodoxes en langue serbe. J’ai commencé à m’intéresser à l’expérience spirituelle orthodoxe, à lire L’Échelle de saint Jean Climaque, la Philocalie… Il en a résulté que j’ai reçu le baptême à l’âge de dix-huit ans. J’ai achevé mes études de droit à la faculté de Skoplje et ensuite, je voulais étudier la théologie. J’ai demandé à mon père spirituel, le hiéromoine Amphiloque Radović, actuellement métropolite du Monténégro, de me donner sa bénédiction pour aller étudier au Séminaire Saint-Vladimir, en Amérique, parce que je connaissais l’anglais. Mais il m’a dit : « C’est mieux à Paris, il y a là-bas un très bon institut théologique. Et la France, malgré tout, est un pays catholique, qui nous est plus proche que les protestants en Amérique ». C’est ainsi que je suis arrivé en 1988 à l’Institut Saint-Serge. J’y ai reçu ma licence, puis ensuite la maîtrise et, simultanément, j’ai obtenu le DEA d’études grecques. Je suis également titulaire d’un MBA. La seconde année de mon séjour à Paris, j’ai été ordonné diacre par Mgr Amphiloque pour l’Église orthodoxe serbe. Or, dans les années 1990, a commencé la guerre civile en Yougoslavie. Jusque là, nous étions tous yougoslaves, et voici qu’en une heure, je me suis trouvé macédonien dans l’Église serbe et, pour mes compatriotes macédoniens, je suis devenu serbe. Il était fort difficile de revenir dans mon pays. C’est ainsi que je suis resté en France, où j’ai reçu une petite paroisse dans le sud de Paris, et où je suis devenu prêtre en 1994. Depuis lors, je célèbre dans cette paroisse qui se trouve sous la juridiction de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, l’exarchat du Patriarcat œcuménique.

- L’Institut Saint-Serge, c’est une « légende », c’est là qu’ont enseigné les théologiens les plus connus ainsi que les prêtres de la première vague de l’émigration : l’évêque Cassien (Bezobrazov), l’archimandrite Cyprien (Kern), les archiprêtres Serge Boulgakoff, Georges Florovsky, Basile Zenkovsky, Nicolas Afanassiev, Anton Kartachev, Georges Fedotoff, Boris Vycheslavtsev, et d’autres encore. Quel est son rôle maintenant, a-t-il gardé sa position de leader ?

- Il est très important qu’il existe maintenant également. Nous avons la tradition et l’expérience du dialogue avec le monde occidental. Nous n’avons pas actuellement de grands théologiens comme ce fut le cas précédemment, mais nous nous efforçons de croître. Deux cents étudiants suivent actuellement nos cours, soit sur place, soit par correspondance, mais notre problème est matériel, parce qu’en France, depuis 1905, l’Église et l’État sont séparés. Celui-ci n’aide pas les institutions religieuses d’enseignement. Notre diaconie est possible grâce aux dons des fidèles orthodoxes, lesquels sont toutefois peu nombreux en France et, au demeurant, divisés en juridictions. Mais, par la grâce de Dieu, nous travaillons, nous nous efforçons de soutenir l’esprit de la théologie créative, qui est fidèle à la Tradition, mais se trouve en dialogue avec le monde occidental. Celui-ci aspire à trouver la lumière du Christ.

- Quelles sont, de votre point de vue, en tant qu’homme vivant en Europe, les perspectives du christianisme en général et de l’orthodoxie en particulier dans cette partie du monde ?

- En France comme, en général en Occident, la question de l’islamisme est particulièrement aiguë. La Révolution française voulait faire que l’identité chrétienne n’existe plus. Mais maintenant, avec l’arrivée de l’islamisme, les Français commencent à comprendre qu’il y a chez eux, comme dans toute l’Europe occidentale, des fondements chrétiens, une identité chrétienne qui est implicite dans la culture même et il faut que les gens en prennent conscience. Nous-mêmes, en tant qu’orthodoxes, ressentons, savons et croyons que nous avons la plénitude la tradition de l’Église chrétienne. Et c’est en cela que réside le sens de notre présence en Occident : que les occidentaux la transposent en eux, qu’ils disent : « Nous avons des racines communes et il faut que nous soyons à nouveaux unis, mais dans l’esprit de fidélité à la tradition orthodoxe. C’est l’Église qui a gardé la pureté de la foi apostolique ». C’est là le sens de notre existence. Aussi, pour répondre à votre question : « y a-t-il des perspectives en Europe pour le christianisme et l’orthodoxie ? », on peut dire : bien sûr, il y en a !

- Mais par ailleurs, le christianisme est tout-de-même évacué activement de la vie sociale. Les autorités interdisent de disposer des symboles religieux sur les bâtiments publics, on introduit dans la société des concepts tels que « season greetings » dans le monde anglo-saxon au lieu de « joyeux Noël », etc…

- Oui, il y a en France une telle tendance. Comme je l’ai dit, la Révolution française était déjà dirigée contre l’Église. Mais cela s’est produit parce que l’Église catholique était liée alors au pouvoir monarchique, et la situation du peuple français était mauvaise. Si tout allait bien pour lui, il n’y aurait pas eu de révolution. Il y a l’esprit du laïcisme qui est dirigé contre l’Église. Mais si l’on regarde en profondeur, il s’avère que cet esprit anti-ecclésial est dirigé contre le pharisaïsme, contre l’orgueil ecclésiastique. Effectivement, il y a des défauts chez nous, membres de l’Église et clercs ; il se peut que nous utilisions parfois le pouvoir qui nous est donné par Dieu à des fins personnelles et le peuple le sent. En fait, les gens cherchent la dignité du peuple de Dieu, la dignité de l’homme de se trouver devant la face de Dieu.

- Maintenant, beaucoup disent que dans l’Église orthodoxe, avec le temps, le concept du rôle du peuple de Dieu a été également altéré, « les premiers rôles » ont été attribués aux clercs, tandis que les simples paroissiens ne sont que des « spectateurs » lors des offices. Il n’en était pas ainsi dans l’Église proto-chrétienne…

- Depuis le début du christianisme, l’Église est l’assemblée des fidèles qui se réunissent en raison de leur foi une dans le Christ, afin de recevoir le don de l’Esprit Saint et d’offrir le Sacrifice non-sanglant. Tous les chrétiens ont le don de rendre grâce à Dieu : l’Eucharistie, c’est l’action de grâce. Mais il y a des dons particuliers chez ceux qui président ces assemblées de fidèles qui rendent grâce. C’est Dieu qui leur donne ce don particulier, mais par l’intermédiaire de l’assemblée. En effet, lorsqu’a lieu le sacre de l’évêque, celui-ci est institué uniquement pour les ouailles. C’est ainsi que nous avons un ministère commun, un ministère particulier, mais c’est le ministère de l’amour. Rien d’autre. L’évêque n’a aucun pouvoir monarchique, aucun pouvoir politique, il a un pouvoir d’amour, qui se manifeste par la célébration des saints mystères, en premier lieu de la liturgie. Ensuite, celui de la prédication des dogmes sur le fondement de la foi. Le prêtre sert l’évêque et il dirige le peuple de Dieu avec un cœur pur. C’est ce qu’écrit saint Hippolyte de Rome dans la prière d’ordination sacerdotale : l’évêque impose les mains sur la tête du futur presbytre et prie afin qu’il dirige le peuple de Dieu avec un cœur pur. Un « cœur pur », cela signifie que l’homme doit être sans égoïsme, qu’il vive pour les autres et les amène à Dieu. Ce ministère consiste en cela. Or, nous avons une nature humaine déchue, et nous avons l’aptitude de transformer ce ministère, ce service, en pouvoir. L’amour du pouvoir, c’est la première tentation. Satan s’est détaché de Dieu parce qu’il ne voyait pas Dieu comme amour, l’amour d’une Personne envers une autre Personne. L’être même de Dieu est l’amour parce qu’Il est Père, Fils et Saint-Esprit. Satan a cessé une fois de voir Dieu comme la communion des trois Personnes, et a commencé à Le voir comme un pouvoir monarchique, une monade. C’est pourquoi il a souhaité aller contre Dieu : si Dieu est le pouvoir, il faut ou bien fuir ce pouvoir, ou être un esclave, ou occuper le lieu du pouvoir. Et lorsque Satan tente Ève, que lui dit-il ? Il dit : Dieu ne veut pas que vous mangiez de l’Arbre de la connaissance, parce que si vous en mangez, vous deviendrez également des dieux, comme lui. Satan voulait représenter Dieu comme un pouvoir qu’Il voulait garder seulement pour Lui, sans le partager avec les autres. Cette tentation fut la cause de la première chute, celle de Satan, et de la deuxième chute, celle d’Adam et d’Ève. Nous faisons face aussi à cette tentation. Cela est vrai pour chaque homme, tant chez les prêtres que chez les laïcs. Mais si nous retournons à cet ordre dont nous avons parlé, chacun de nous a un ministère, un service commun, et un service particulier, mais nous ne devons pas oublier qu’il s’agit du ministère de l’amour.

- Dans votre conférence, vous avez décrit le monde actuel post-moderne, vous avez cité les réflexions des philosophes sur ses particularités. De toute évidence, le monde dans lequel nous vivons est l’un des plus complexes. Comment l’homme peut-il garder son calme intérieur, lorsqu’il est entouré par une telle vitesse, une telle quantité de l’information ?

- Comment vivre à l’époque du post-modernisme ? Il est difficile de vivre, mais il était difficile de vivre aussi lors du modernisme, et encore lors du classicisme. Ce monde est celui de Dieu et on ne peut vivre en celui-ci que par l’obéissance. Lorsque nous parlons de l’obéissance, nous pensons immédiatement à la vie monastique, mais comment vivre dans le monde ? Il y a un très bon écrivain, Tito Colliander, qui disait que chacun, dans la vie spirituelle, a son obédience : si nous sommes moines, l’obédience monastique, si nous sommes journalistes, l’obédience journalistique. Si nous faisons quelque chose, en accomplissant la volonté divine, il faut que nous recevions de cela la paix. Nous ne cherchons pas la volonté de Dieu, nous parlons beaucoup de trop. Il y a le bruit, à cause de celui-ci nous n’entendons pas la voix de Dieu. Seule la voix de Dieu peut nous donner cette paix. Mais comment entendre la voix de Dieu, lorsque nous n’avons pas de paix et qu’il n’y en a pas non plus près de nous ? Il faut prier, afin que Dieu nous envoie la paix, afin que nous soyons obéissants. C’est la première chose. La deuxième : le post-modernisme, c’est malgré tout l’esprit du temps. Le post-modernisme n’est qu’une partie de la tendance du monde occidental contemporain. Le monde occidental répand ses tendances sur toute la planète. Le sentiment surgit en l’homme qu’il peut atteindre même l’immortalité sans Dieu. Cela s’appelle le transhumanisme : agir de telle façon que, grâce aux biotechnologies, nanotechnologies, à la pharmacologie, la cybernétique, l’homme s’améliore. C’est « l’humanisme plus » : l’homme peut devenir dieu sans Dieu. Mais c’est une tentation diabolique, parce que si l’homme devait même devenir immortel, cela ne le rendrait pas ainsi dans une pleine mesure. Même s’il pouvait vivre mille ans grâce aux remèdes médicaux et aux biotechnologies, si on le tuait, il mourrait. Ici, la tentation se trouve simplement dans l’orgueil. Actuellement, les plus grandes firmes, telles que Google, Yahoo, Apple, dépensent des sommes énormes pour ces technologies, parce que les dirigeants de ces compagnies sont des adeptes du transhumanisme. Ils recherchent l’immortalité. Ils ont le sentiment que seule l’immortalité peut nous donner la béatitude. Mais celle-ci, sans celle qui est éternelle, est impossible, tandis que la béatitude éternelle, c’est Dieu.

- D’après l’expérience de votre patrie, vous savez ce que c’est que la guerre civile. Pendant cette dernière décennie, nous avons observé beaucoup de guerres semblables. Pourquoi, à votre avis, il y a si peu de paix autour de nous ? D’où proviennent les guerres civiles ?

- L’amour du pouvoir est la source de toutes les guerres. Chaque conflit, chaque guerre provient de l’amour du pouvoir. Je veux avoir le pouvoir absolu, mais pourquoi ? Parce que nous sommes maintenant mortels. Si je peux accaparer le pouvoir, toutes les ressources seront chez mois. C’est la peur de la mort. Et c’est bien que nous ayons peur de la mort, car la mort, ce n’est pas quelque chose de naturel. Même le Christ en avait peur ! Rappelez-vous que dans l’Évangile de Jean, lorsque le Christ s’approcha de la tombe de Lazare, il fut soudain épouvanté. En grec, littéralement, « il ressentit un stress profond ». Que cela signifie-t-il ? Que le Christ même a compris que la plus grande horreur était la mort. Mais comment vaincre la mort ? Ou bien par l’immortalité, la résurrection du Christ, ou bien en ayant de l’argent, de la nourriture ou des richesses. Lorsqu’il n’y a pas de foi en Dieu, on pense que la richesse protège. Mais les ressources sont limitées. Si j’ai tout, tu n’auras rien, alors tu diras : « Pourquoi en est-il ainsi ? C’est injuste ! Je prends les armes et passons au conflit armé ! » Selon moi, il en a toujours été ainsi. Depuis la chute d’Adam et d’Ève, depuis Caïn et Abel, et jusqu’à maintenant, nous nous trouvons constamment dans les conflits. Et que fait le Christ ? Il dit : « Vous voulez le pouvoir absolu, parce que vous pensez que Dieu est le pouvoir ». Dieu est devenu homme ! Il a vécu comme un homme, Il est mort comme un homme, mais Il est ressuscité comme Dieu-homme. Il nous donne la possibilité de vaincre la mort. « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort, Il a terrassé la mort et à ceux qui gisaient dans les tombeaux, Il a donné la vie ». Nous tous, qui gisons dans les tombeaux, attendons la Résurrection du Christ.

Entretien réalisé par Maria Korkova

Source : Pravmir

“Le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois : histoire et enjeux identitaires d’un coin de Russie en France

Les Cahiers du MIMMOC est une revue électronique en libre accès proposée par le groupe de recherche MIMMOC (Mémoire(s), Identité(s) et Marginalité(s) dans le monde occidental contemporain) de la Maison des sciences de l’homme et de la société de l’Université de Poitiers. Elle a récemment mis en ligne l’étude “Le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois : histoire et enjeux identitaires d’un coin de Russie en France” de Vassilis Pnevmatikakis, docteur en géopolitique de l’Université Paris VIII.

Un site orthodoxe russe destiné aux parents dont l’enfant est décédé a été créé sur Internet

Un site Internet orthodoxe russe a été récemment créé sous le nom de « Nos anges ». Il est destiné aux parents qui ont vécu un chagrin immense, la perte de leur enfant. « En général, il n’est pas de mise de parler de cela, or cela ne signifie pas que ce thème ne soit pas d’actualité », a déclaré la dirigeante du site, Sophie Anoufriev. Nombreux sont ceux qui, à cette occasion, ressentent le besoin d’un soutien, mais en règle générale, chacun reste isolé avec son problème, du fait qu’il n’y a personne à qui s’adresser. Chaque mère qui a perdu son enfant, qu’il s’agisse d’un nourrisson ou d’un adolescent, a besoin d’aide, afin de surmonter cette douleur, et particulièrement d’une aide à caractère ecclésial ». Sophie Anufriev considère que, si l’enfant meurt avant la naissance ou les premiers jours qui suivent celle-ci, un livret contenant un minimum d’informations devrait être remis à la mère lors de la sortie de l’hôpital. Lorsqu’un tel événement survint, le père, au lieu de rencontrer l’heureuse maman avec le petit enfant, vient chercher la mère brisée par le chagrin et reçoit le certificat de décès de l’enfant. Les parents, en état de choc, doivent décider d’urgence des mesures à prendre pour l’enterrement de l’enfant. Dans cette situation, les membres les plus proches de la famille ne savent pas comment aider, comment soutenir, quelles paroles prononcer pour exprimer leur sympathie. Et après les funérailles, chacun reste face à son propre chagrin. Il est prévu que sur ce site, les parents qui ont subi la perte d’un enfant, s’assistent mutuellement, partagent leur expérience. Un forum y est organisé, sur lequel on pourra toujours espérer un soutien. Une partie importante du site est dédiée à l’enseignement de l’Église sur la mort des enfants et le sort des enfants non baptisés. Il y a également une section avec des vers dédiés à des enfants décédés, des articles où il est question de ce que l’on peut dire ou non à des parents éprouvés. Les fondateurs du site considèrent que celui-ci viendra combler une lacune, étant donné qu’il n’y a pas de soutien organisé dans ce domaine. La première semaine de son fonctionnement, le site a reçu 300 visites en provenance de Russie et de l’étranger proche. Selon les statistiques, le nombre des enfants décédés avant d’avoir atteint l’âge d’un an était en Russie de 15500 en 2013.

Source

«Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane», une homélie de l’archimandrite Placide Deseille

P_PlacideLe site Moinillon au quotidien donne le texte d’une homélie de l’archimandrite Placide (Deseille) prononcée lors du dimanche des Myrophores où il s’exprime sur la façon dont doit être considéré l’évêque par les fidèles de son diocèse. Le père Placide écrit notamment :
«Les évêques et ceux qu’ils ont établis pour participer à leur ministère, les prêtres qui ont charge de paroisse, ont pour tâche essentielle de sanctifier le peuple chrétien. C’est pour cela qu’ils sont comme les icônes vivantes du Christ, quelle que soit leur sainteté personnelle. S’ils ne sont pas dignes de la charge qui leur est confiée, ils en rendront compte au Seigneur, mais cela n’empêche pas qu’ils doivent toujours être respectés comme des icônes vivantes du Christ, et non pas simplement vus avec un regard purement humain.
Il y a quelque temps, je demandais à un laïc qui se plaignait de son évêque : “Mais qu’est-ce que l’évêque, pour vous?” Et après un instant d’hésitation il m’a répondu : “L’évêque, c’est le président de l’administration diocésaine”. Je lui ai dit : “Non! L’évêque, c’est l’icône du Christ pour son diocèse”. Et c’est tout à fait autre chose. Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane. Sinon il y a là une laïcisation de l’Église qui est une déformation complète des choses. Il peut arriver, bien sûr, qu’un évêque commette des fautes. Saint Pierre lui-même a du être repris publiquement par saint Paul parce qu’à un moment donné de son ministère, il a agi d’une façon répréhensible. Saint Paul n’a pas hésité à le reprendre en face. Un évêque n’est pas un dictateur qui a toujours raison, donc, il est inévitable qu’un évêque commette des faux pas et que, les fidèles, à ce moment-là, doivent réagir. Mais réagir comment? Réagir chrétiennement, dans un regard de foi, et non pas en traitant l’évêque comme un fonctionnaire qui aurait manqué à ses devoirs.
Tout récemment, dans un diocèse orthodoxe de France, des fidèles ont estimé à avoir à se plaindre de leur évêque. C’était leur droit. Mais comment devaient-ils réagir? En informant le métropolite, en remontant, au besoin, jusqu’au patriarche, mais non pas, comme malheureusement beaucoup l’ont fait, en publiant une lettre ouverte, exprimant leurs griefs d’une manière purement “séculière”, dans les termes qu’on emploie pour se plaindre d’un fonctionnaire qui n’est pas correct, qui ne se comporte pas selon les exigences de sa fonction. À cette occasion, des laïcs de ce diocèse qui connaissaient des membres du groupe de laïcs qui fréquentent habituellement nos deux monastères de Saint Antoine-le-Grand et de Solan leur ont demandé de signer eux aussi cette lettre ouverte de protestation contre leur évêque. Je n’ai pas à juger du bien fondé de leurs grief, je n’ai pas, moi-même, les informations détaillées qu’il faudrait pour cela, mais, de toutes manières, j’estime que ce procédé était profondément incorrect. C’était traiter l’évêque comme une personnalité laïque, comme un fonctionnaire de la République. C’est inadmissible de la part de fidèles orthodoxes. Et c’est pour cela que j’ai demandé à tous les fidèles qui m’ont demandé conseil de refuser de signer cette lettre ouverte. L’évêque doit toujours être vénéré, respecté, car il est pour son diocèse l’icône vivante du Christ comme l’higoumène dans le monastère, et non un fonctionnaire.»
Nous donnons ici l’intégralité de cette homélie.

Le site Internet de la paroisse Saint-Jean-Cassien-et-Sainte-Geneviève à Trappes (78)

La paroisse orthodoxe Saint-Jean-Cassien-et-Sainte-Geneviève (Patriarcat de Roumanie), située dans la communauté, de communes de Saint Quentin en Yvelines, a désormais un site Internet. Vous y trouverez une présentation de la paroisse et de ses activités, ainsi que les catéchèses et les homélies enregistrées du recteur de la paroisse, le père Yves Dulac et du père diacre Laurent Kloble (qui par ailleurs anime les cours d’études bibliques dans les locaux d’Orthodoxie.com) .

Reportage sur les missions orthodoxes en Indonésie

Le blog « Orthodoxologie » a publié un reportage du père Georges Maximov sur les missions orthodoxes en Indonésie. Le reportage est publié en six parties sur les liens suivants : 1, 2, 3, 4, 5 et 6.

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Jovan Nikoloski