18/08/2017
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Panoramas interactifs des églises d’Estonie du Patriarcat de Moscou

Des panoramas sphériques interactifs des églises relevant de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou sont disponibles sur le site de cette Église. Ce projet a été réalisé avec l’aide financière du concours international « Initiative orthodoxe ». Les 33 édifices de l’Église orthodoxe d’Estonie du Patriarcat de Moscou et du couvent féminin de la Dormition de Pühtitsa sont présentés sous leur aspect extérieur et intérieur. Il y a également des vues aériennes des édifices et de leurs environs. Hormis les photos, il y a des descriptions des églises avec leur historique. On peut accéder à ce site ici (dont photographie).

Source : Pravoslavie

« Le triste sort des églises de Famagouste »

Le quotidien libanais L’Orient-Le jour a publié sur son site internet un reportage, avec un diaporama, sur la situation des églises chrétiennes à Famagouste, situé dans la partie nord de l’île de Chypre, occupée par l’armée turque. « Entre l’invasion ottomane au XVIe siècle et celle de l’armée turque en 1974, la grande majorité des édifices religieux chrétiens ont été détruits, transformés en mosquées ou tout simplement abandonnés. »

« Le sort de l’église Saint-Georges des Grecs (photographie ci-dessus, ndlr), deuxième plus grande église de Famagouste, n’a pas été meilleur. C’était la cathédrale grecque-orthodoxe de la ville ; elle a été construite dans le style d’une église latine, avec une large nef centrale, au XIVe siècle. Durant le siège ottoman, elle a été une cible privilégiée des assiégeants à cause de sa hauteur. Les impacts des projectiles sur ce qui reste de l’édifice sont toujours bien visibles. En outre, l’abside aurait été utilisée comme galerie de tir. Ce qui reste de l’église est toutefois impressionnant. Malgré les destructions, on est toujours sous l’envoûtement d’une grandeur passée qui s’impose au visiteur. »

Suite et intégralité de l’article (dont photographie) : L’Orient-Le jour

La station radio du Patriarcat de Géorgie est accessible sur les smartphones

Le Patriarcat orthodoxe de Géorgie a mentionné, sur son site internet officiel, que sa station radio « Iveria » est disponible 24 heures sur 24, quotidiennement, sur les smartphones sous Android, iOS et Windows avec l’application VLC. Le programme de cette station comprend les prières quotidiennes sept fois par jour, les vies des saints, les lectures du Nouveau Testament, les chants liturgiques, etc. La page internet du Patriarcat de Géorgie donne les instructions pour la configuration de l’application VLC.

Source

En Russie, des bénévoles font renaître des églises en bois et leurs villages

Entretien. “À l’abandon, promises à une destruction certaine, les plus de 600 églises en bois du Nord russe retrouvent aujourd’hui, peu à peu, leur majesté ancienne. Grâce aux efforts du prêtre Alexeï Iakovlev et des centaines de bénévoles qui font vivre le vaste projet Obchee Delo (« Cause commune ») de reconstruction du patrimoine orthodoxe en bois, les ruines redeviennent des œuvres d’art architectural, et la vie revient dans les nombreux villages dépeuplés du pays.” L’entretien est en ligne sur cette page (dont photographie ci-contre). Ci-dessous, une vidéo, en russe sous-titrée en anglais, qui présente ce projet (site internet de celui-ci, sa page Facebook).

 

 

Steven Runciman : “Dans le siècle prochain, l’orthodoxie sera la seule Église historique !”

Sir Steven Runciman avec l’higoumème Ephrem de Vatopaidi

C’est le dernier entretien menée par le magazine Pemptousia avec le grand byzantologue Steven Runciman au monastère de Vatopaidi, le 14 juillet 2000, au cours duquel il a été accueilli pendant son séjour de trois jours sur le Mont Athos pour l’arrivée du patriarche œcuménique Barthélemy, qui devait inaugurer la nouvelle sacristie du monastère et la sainte communauté du Mont Athos. Vous pouvez le lire ICI i

“Évaluation du concile de Crète”: une conférence de l’archiprêtre Peter Heers au clergé américain de l’Église orthodoxe russe à l’étranger

Le site Orthodoxologie donne la traduction française de la longue conférence donnée par l’archiprêtre Peter Heers le 21 mars dernier à l’occasion de la retraite du clergé américain de l’Église orthodoxe russe à l’étranger, proposant une évaluation critique du récent concile de Crète. L’analyse porte successivement sur 1) l’organisation et la réalisation, 2) les documents, les résultats et les implications. Elle commence par une synthèse statistique, qui n’avait encore jamais été publiée, concernant la composition du concile et la représentativité des participants:
– Églises participantes: 10 des 14 Églises locales (71 %)
– Représentation des chrétiens orthodoxes: près de 30 %.
– Participation des évêques orthodoxes: 162 ont participé sur 350 invités (46 %)
– Représentation des évêques orthodoxes: 162 sur un total de 850 (19 %)
– Nombre d’évêques votants: 10 des 162 évêques présents (6 %), ou 10 des 850
évêques de l’Église orthodoxe (1,1 %) (ce chiffrage tenant compte du fait que selon l’ecclésiologie orthodoxe les primats sont des évêques qui ont seulement une primauté d’honneur par rapport aux autres évêques de leur Église locale et ne peuvent pas se substituer à eux dans les décisions de l’Église, qui sont toujours synodales).
Le texte original anglais a été publié sur divers sites, américains et grecs.

“Comment faire face à l’omniprésence de la grossièreté et de la vulgarité dans notre société ?”

Le P. Christophe Levalois a publié une tribune sur le site Aleteia intitulée “Comment faire face à l’omniprésence de la grossièreté et de la vulgarité dans notre société ?“.

” Il est un sujet qu’abordent très rarement les hommes politiques, sinon jamais, qui est absent des débats électoraux, et qui pourtant affecte en profondeur et négativement la société : la grossièreté et la vulgarité, sous toutes leurs formes possibles, ainsi que les conséquences de celles-ci, dont la violence et la pornographie. C’est pourtant aujourd’hui une réalité massive, omniprésente et profondément destructrice.

« Sa bouche est pleine de malédiction,
De tromperie et de violence ;
Il a sous la langue forfait et méfait. »
(Psaume 10 (9) ,7)

La grossièreté gangrène les relations humaines

La grossièreté gangrène les relations humaines. Elle fait partie du paysage sonore quotidien que chacun subit. Elle s’est installée dans le langage à tel point qu’elle n’est guère remarquée, sauf s’il s’agit d’un excès, et semble aller de soi pour le plus grand nombre. Mieux, ou plutôt pire, elle devient posture, voire snobisme, un passage obligé pour faire montre d’un parler supposé vrai et authentique ! (…)”

La suite de ce texte.

Risque d’effondrement de la basilique du Saint-Sépulcre

À peine les travaux de restauration de l’Edicule achevés, que l’équipe d’archéologues et d’ingénieurs alerte l’opinion publique que sans consolidation rapide de ses fondations, la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem risque de s’effondrer. C”est ce que nous apprend le site Internet Cath.ch. qui cite  l’archéologue grecque Antonia Mariopoulou, coordinatrice scientifique du projet de restauration, selon laquelle la basilique serait menacée par un affaissement structurel : “Il ne s’agirait pas d’un processus lent mais d’un événement catastrophique”. Selon le site suisse, l’équipe grecque estime à au moins 6 millions d’euros le montant des travaux nécessaires à la mise en sécurité de la basilique. Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ICI !

Source et photographie (Ori Orhof) :

“Le Dimanche du Pardon 2017 et le mois d’Adar 5777” par le père Alexander Winogradsky Frenkel

Les anémones poussent dans le désert… et les champs du Néguev montrent les premières couleurs qui mènent à la moisson.

L’aurore boréale illumine en vert les cieux nordiques, de grosses avalanches viennent de se produire à Svalbard, dont la capitale Longyearbyen est aujourd’hui un centre international sur les études arctiques. Un lieu où Norvégiens, Anglais et Russes ne cessent de se croiser depuis deux siècles, et où des réfugiés érythréens, afghans et syriens viennent de trouver un asile plutôt temporaire.

Les Ukrainiens continuent de mener leur guerre en forme de sauvegarde d’héritages anciens alors que certains dériveraient vers l’Ouest et que d’autres se rattachent de manière dramatique à une Fédération de Russie puissante, amputée de nombreux territoires perdus après la chute du communisme.

Désormais, la fracture semble se confirmer : les autorités russes reconnaissent depuis deux semaines les passeports – non-reconnus au plan international – des Républiques du Donbass et de Lougansk.

Ne rejeter personne et tout supporter, en bien comme en mal.
Quel temps de pardon, quel temps de simples prises de conscience que des segmentations rebelles, tenaces, plus fortes que toute logique d’union subsistent, s’affermissent de manière obtue. Il reste surtout le souvenir de temps où les frontières semblaient impossibles à déterminer quand les territoires sont si immenses, hors d’un horizon raisonnable et perceptible.

A Jérusalem, la Mission ecclésiastique orthodoxe du Patriarcat de Moscou a ébauché le programme des festivités du centenaire de la Révolution bolchévique. L’argument se déploie dans le monde entier alors que l’Eglise de Moscou rénove ses possessions en Europe occidentale (cathédrales de Londres, de Paris et la paroisse historique de Zurich), notant, à l’occasion que ses paroisses sont parmi les plus fréquentées dans la péninsule italienne.

A Jérusalem, à Tibériade, à Eyn Karem ou au Chêne de Mambré (Hébron), l’Eglise russe de Moscou et les monastères de l’Eglise Hors Frontière (c’est-à-dire en dehors du territoire maternel de la Russie) s’apprêtent à commémorer le martyre de la famille du Tzar, assassinée à Ekaterinenbourg (anciennement Sverdlovsk).

Les portraits, les icônes fleurissent partout, y compris dans toute la Terre Sainte (en Jordanie et dans les Territoires Palestiniens). La question est problématique pour les ressortissants juifs d’Israël venus de l’ex-URSS. Encore que les mouvements de l’aliyah furent tellement paradoxaux que les générations actuelles peuvent en arriver, par ignorance, inconscience ou la découverte d’un monde différent de la yiddishkayt martyrisée sous les Tzars, à considérer les Romanov comme étant les héritiers évidents, de droit divin et historique d’une Russie qui se relève et mène le combat d’une rencontre indispensable avec la modernité. En Russie orthodoxe – sur le chemin ardu de retrouvailles avec la Sainte Russie sinon de la Troisième Rome – la légitimité de la famille Romanov ne fait aucun doute.

Le Patriarche Kirill de Moscou l’a décrit tout au long de son périple en Europe occidental voici quelques semaines : aucune autre nation chrétienne n’a autant subi le martyre du reniement total de la foi – on peut parler d’apostasie étatique, de destructions systématiques des églises, des couvents, de la déportation et de l’assassinat programmé et inflexible de milliers de membres de tous les clergés et de millions de laïcs (orthodoxes, catholiques, protestants) pendant tout le temps d’un 20ème siècle dépouillé de toute humanité apparente.

La réalité est si forte, la conviction si intime pour un grand nombre de fidèles et le clergé orthodoxe que le Patriarche Kirill semble isoler – il est suivi aussi par de nombreux « penseurs » ou croyants orthodoxes dans le monde, y compris en Israël – le martyrologe chrétien oriental, faisant l’impasse, sans doute de manière trop « naturelle », au niveau des populations de Russie et des anciens satellites – sur la catastrophe de la Shoah.

Est-il question de pardon ? de prise de conscience ? Le Patriarche moscovite l’a rappelé à Londres et à Paris : les peuples de Russie se sont fourvoyés en adoptant des idéologies qui semblaient puissantes, égalitaires, chargées d’inspiration pour le bien et le développement social et communiste de tous les peuples.

Il affirme aujourd’hui que ces idées ont vécu, leurs partisans ont disparu car, dit-il, « la Parole vivante de Dieu est seule vraie et porteuse de vérité, de vie et d’authenticité ». C’est vrai de l’héritage biblique comme de la Parole évangélique. Comme si d’une pravda/правда – vérité imposée faussement par les camarades et le Parti, l’homo post-sovieticus culbute et se mue en croyant conscient de sa tâche novatrice à lutter pour une nouvelle évangélisation, souvent plus puissante que celle de Rome. Il a désormais la tâche de lutter partout contre la déchristianisation et une société de mort.

Est-ce absurde ? La question est qu’il faut tout pardonner… Sans être dupe, sans que les gens vous prennent pour un idiot, car c’est fréquent, surtout dans le monde religieux un peu trop cosmopolite de la Terre Sainte et Affiliées.

Avant d’en appeler à la moralisation de la vie publique, politique, sociétale, le monde des responsables de la foi ont à donner une image conforme aux Commandements divins.
Il est possible de pardonner sans cesse, sans relâche, sans même que cela soit compréhensible ou humainement supportable. Dieu sait que nous pouvons pardonner… jusqu’à galvauder un mot dont la profondeur touche aux seules vérité célestes. Cela ne signifie pas que les êtres humains sachent comment exprimer ce pardon du plus profond de leur âme. C’est ce que le Créateur fait si nous le faisons d’abord. Nous en sommes plus rarement conscients.

Il y a un côté dérisoire sinon grotesque à affirmer cela dans un univers aussi paganisé. Il serait plus exact de dire que tous les continents sont soumis à des processus d’éloignement de la foi, pour les chrétiens cela se traduit par cette déchristianisation. Même christianisé, le monde de la Foi authentique témoigne d’une bien pauvre capacité à pardonner.

Les films russes montrent cette quête spirituelle de renouveau, de pureté. Le dernier film de Martin Scorsese « Silence » (particulièrement apprécié en Russie), insiste sur les limites possibles du témoignage de la foi. Au Japon, un Jésuite est tellement choqué et effrayé par le martyre subi par les fidèles chrétiens assassinés devant lui, qu’il abjure…

Notre décennie en est là : la montée de violences internationales, du peu de cas fait de chaque existence humaine, tout conduit à une soif de références venues de l’Autre divin avec des sentiments ambigus, hésitant entre abjuration et fondamentalisme irréfléchi. C’est une chose que d’éructer à l’année des paroles de pieuse bonté sucrée; partager la vie spirituelle requiert une vraie tolérance, de vrais dialogues et surtout le courage de tenir compte d’autres, de bien d’autres que soi et les siens.

La trahison, le mensonge se retrouvent toujours dans la corruption, dans le vagabondage de pensées qui se voudraient intelligentes et philosophiques. C’est l’un des dangers les plus noueux des personnes qui prétendent avoir la foi, qui s’engagent dans les Eglises mais aussi dans les structures du judaïsme et de bien d’autres systèmes religieux. Avant d’en appeler à la moralisation de la vie publique, politique, sociétale, le monde des responsables de la foi ont à donner une image conforme aux Commandements divins.

Trop souvent, les fractures apparaissent quand disparaît le devoir de sacrifice qu’implique la véritable unité, la réconciliation. Elle apparaît dans le silence.

Dieu est tellement Autre que nous avons du mal à comprendre que nous sommes créés à Son Image et à Sa Ressemblance.

Tel est le prix du Pardon. Savoir de manière intime, par quelque chose d’encore plus intime que l’intime conviction, que nous pouvons effacer, pardonner, racheter, oublier le mal et le dépasser, bref savoir que nous avons été rachetés. C’est l’âme du Kippour. C’est la respiration de la Communauté d’Israël.

Pourtant, celui qui pardonne ignore tout autant ce qu’il fait. Mais il agit ainsi d’une manière qui ne sera pas compréhensible, sinon peut-être sur un temps impossible à déterminer.

« Absous, remets, pardonne et rachète Dieu, / ainsi que toute la Maison D’Israël ainsi que l’étranger que demeure avec lui car toute le peuple (des êtres humains) a failli ». C’est sans doute l’une des prières les plus profondes d’Israël qui ignore le plus souvent que les traditions chrétiennes orientales la reprennent quasi mot pour mot.

Ne rejeter personne et tout supporter, en bien comme en mal ? Il ne sert à rien de rendre le mal pour le mal. De rendre la haine pour le mépris.

On trouve toute une « faune » de « para-chrétiens en mal d’eux-mêmes, de Juifs inaccomplis, de personnes chrétiennes qui sont plus juives que les Juifs ». D’autres ne peuvent même imaginer ou tolérer des êtres comme les Juifs, les Arméniens, les Tziganes et toutes sortes de « peuples » où foi et nation semblent s’entremêler.

Tout cela baigne dans une quête profonde d’identité qui ne peut s’effacer en quelques lignes corrigées et re-corrigées à la hâte pour cause d’ouverture au monde.

Que sont ces implosions de haine et de tueries sauvages, d’ignorance crasse des autres comme souvent de soi-même ou de ceux que l’ont affirment comme siens, ces brasiers de sang et d’irrespect ou chacun ne voit que sa tribu, son clan et s’étonne que les nations tremblent comme la terre ou les raz-de-marée.

Il y a alors une force spirituelle « inédite » : le pardon. Le pardon n’est pas la réconciliation. Je ne fréquente que des gens qui finissent par se détester à force de vouloir se réconcilier de manière fictive.

Voici ce que l’Eglise de Jérusalem célébrera ce dimanche vers 14 h. 30 et que je reprends d’un article précédent :

Après l’office des vêpres du dimanche soir qui précèdent l’entrée dans le temps du Grand Jeune (Carême) qui débute le lundi […], le clergé et les fidèles accomplissent un rite profond et signifiant, riche. C’est le dimanche du pardon (прощеное Bоскресенье).

Le rite est très long et solennel dans la tradition slave. Il aura lieu demain dans toutes les églises orthodoxes comme dans les rites byzantins catholiques. Les Eglises assyriennes et syriaques ont déjà rappelé les trois Jours de Ninive, de retournement à Dieu avant le début du Grand Carême qui mène à la Pâque chrétienne.

Après une série de prières de repentance et de pardon, le clergé de tout rang et les fidèles se prosternent deux par deux – face à face, se demandent mutuellement pardon pour toutes les fautes volontaires et involontaires, conscientes et non-conscientes et se relèvent en s’embrassant dans l’espérance de la Résurrection.

Le rite que nous accomplissons au Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, est succinct. Souvent le clergé et les fidèles échangent en grec un “Καλή Σαρακοστή!” (bonne quarantaine = de jeûne), voire souvent “Καλό Πάσχα! (Joyeuse Pâque)”.

Le Patriarche Théophilos lira, au début une prière pénitentielle qui implore le pardon de Dieu. En hébreu, on dit “tzom kal – צום קל” (jeune paisible, simple) en hébreu. La phrase est curieusement un décalque de celle que l’on dit pour le Yom Kippur, comme si l’on devait mettre l’accent sur le jeûne – en fait, l’accent est sur le pardon et, en hébreu il serait logique alors de dire “shalom uslikhah – שלום וסליחה”. En russe, on échange l’expression « S postom/с постом – (bon) Jeûne ».

Le rite provient du Kippour ou “Jour de Grand Pardon, de rachat, d’expiation totale”. Le pardon s’exprime de manière constante dans la prière chrétienne, mais uniquement en grec, dans le Notre Père qui indique : “Pardonne-nous nos offenses (péchés, remets-nous nos dettes) comme nous avons déjà remis, pardonne à ceux qui nous ont offensé”.

Le mois nouveau de Adar (rosh chodesh Adar = ראש חודש אדר) commence cette année dimanche soir.

Ces petits Yom Kippour ont été instaurés au 16eme siècle par l’Ecole de Safed puisque la lune est éclairée par le soleil par des reflets qui laisseraient croire qu’elle paraît, naît, grandit, devient pleine puis diminue et disparaît.

Ceci montre une permanence physique dans la fidélité de Dieu qui s’exprime par une dimension de double reflet : de la blancheur lumineuse de la lumière du soleil sur la lune et de ce reflet de la lune sur la terre.

Peut-on tout pardonner ? La question se pose de façon très réelle à tous les niveaux de la société, mais aussi de la nature humaine.

Il y a la question de Simon-Kaipha à Jésus : “Combien de fois dois-je pardonner ? Sept fois ?” – Jésus répond : “Soixante-dix (-sept) fois sept fois » (Matthieu 18, 21). Que la mesure soit de 49 ou dépasse 50, il ne faut pas penser que c’est une mesure déterminée.

Elle excède précisément, dans sa symbolique, les 500 qui était la mesure ou middah (mesure parfaite dans le Temple). Il n’est pas question d’un bâtiment ou d’une mesure rituelle.

Il y a une « plénitude ou surabondance » d’une autre nature. Le pardon se trouve à cette mesure, ce que la foi orthodoxe et orientale exprime dans le « plérôme de la foi ».

C’est en cela que le “pardon” est l’âme du judaïsme ET du christianisme. Cela dépasse toute chose démontrable ou explicable. C’est immatériel et pourtant le pardon est sans doute la forme la plus élevée, la plus difficile à atteindre pour l’être humain.

J’ai entendu des sermons, des homélies savantes ou apparemment persuasives et théologiquement fondées sur le pardon et la nécessité de pardonner. Face aux travaux pratiques, ces paroles se montraient fumeuses et ineptes.

L’âme du pardon est de tout supporter, non que tout soit supportable, loin de là. Mais, très souvent au cours de la journée, me viennent les paroles du psaume “Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas – לא יודו לא יבינו”.

Ne pas savoir, ne pas comprendre pourquoi.

Les circonstances actuelle doivent nous inciter à une profonde introspection, un vrai « ‘heshbon-nefesh/חשבון-נפש ».

Justement, comment mesurer la cohérence de densité humaine ?

N’est-il pas curieux que le mot « perversion » vienne du latin « pervertere » qui signifie « retourner, renverser » comme dans le cas de la conversion-techouva/תשובה ». Il faut s’interroger sur cette propension – quasi morbide – de systématiquement tourner à la transgression la plus lâche et sale à faire un usage falsificateur d’un retournement positif vers l’Eternel. Comme si l’anéantissement et la destruction naturels ne pouvaient être rayonnants d’une force de vie et de vraie bonté.

Ce sont ces stratagèmes tortueux qui amènent à changer le bien en mal, avec un réel appétit de destruction. Et pourtant, la pensée hébraïque joue sur le paradoxe de facettes qui peuvent tourner du mal au bien, comme dans le film « Le Dictateur » où le tyran Adolf se mue imperceptiblement en Charlot, homme bon et juste.

La langue hébraïque est claire dans ses mots : « kèn/כן = oui » est lié à la racine « Kun, Kavana, kivoun, kohen/כון, כונה, כוון, כהן = diriger, intention, direction et sacrificateur) » et s’oppose à « lo/לא = non qui s’écrit à l’inverse du nom de l’Eternel ». (cf. Matthieu 5, 37 : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, le reste vient du Mauvais »).

La joie du mois d’Adar est comparable à celle qui traverse le Grand Jeûne ou Quarante Jours (Carême) des Chrétiens d’Orient dans leurs célébrations faites de paisible quiétude et de confiance.

Elle commence surtout par le 7 Adar, jour de commémoration de la naissance et de la mort de Moïse. Une soirée et une journée d’étude car celui qui a foi est conscient qu’il ne sait rien ou bien peu de choses. Il est pourtant possible de chercher et d’y trouver cette tranquillité d’être vivant. C’est aussi le jour mémorial où l’on fait mémoire de tous les soldats morts sans sépultures ou dans des lieux restés inconnus.

Dans des périodes de grande confusion, il est facile de donner des avis, des conseils qui s’avèrent vides, sans fondement. Les possibilités médiatiques mettent en scène en 24/24 – 7/7 des scenarii inconsistants, virtuels et surtout éphémères.

Je le redis sans cesse : à Jérusalem, il y a des âmes qui crient, hurlent – non seulement les vieilles souffrances de la persécution anti-juive. Il y a le cri de l’âme de tout habitant, de tout peuple, langue, nation, de souffrances si peu comprises et explicables qu’il ne semble rester que la solution de la déraison.

Il faut cependant savoir que, trop d’êtres humains, de créatures vivantes souffrent et que cela va bien plus profond que toutes les vidéos et notre chasse à l’événementiel.

C’est curieux : le véritable péché de Sodome et Gomorrhe est celui de l’exclusion. C’est une perversion invariante dans la douleur qui affecte l’être humain.

Le Petit Kippour comme le temps de Jeûne conviennent à maîtriser des pratiques, des actions, des comportements sociétaux où rien n’est plus évident. La foi et la conscience spirituelle invitent non pas à ergoter sur des principes théologiques alléchants – il y va de notre capacité humaine à nous rencontrer, à nous porter au moyen de la bénédiction de vie que nous recevons, ne fût-ce que parce que nous sommes vivants.

C’est aussi rencontrer son et ses prochains. En hébreu, cela suggère non pas celui que est proche (comme l’indique la Peshitta araméenne « qariba/קריבא – celui qui est proche, parent ») mais celui qui est « sien » mais peut aussi faire du mal et être un ennemi « ra’/רע – prochain (cf. lettres désignant le mal, bien qu’il y ait eu une mutation sémantique).

C’est aussi aider les organisations sociales qui luttent pour ceux qui sont dans le besoin, visiter les malades de manière fréquente, d’assister les prisonniers. Les grands Saints ont expliqué combien ce sont des actions qui expriment cette joie à vivre et à pacifier ceux qui sont rejetés, violentés, oubliés.

C’est là que tout est possible à l’Eternel et que le pardon prend son sens sur un chemin pascal.

Source

Témoignage : “De la Terre Sainte à Liège en passant par la Bretagne : notre chemin vers l’Église”

Nous vous invitons à lire le témoignage d’Anne et Nicolas Van Cranenbroeck sur leur cheminement spirituel. Cet article a été publié dans Nadejda/Espérance (bulletin de la paroisse Saints Alexandre Nevsky et Séraphin de Sarov de Liège (N° 28, janvier-février-mars 2017).

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Ntre chrismation en l’église orthodoxe de Quimper (Bretagne) par le Père Yannick Provost.

“C’est le dimanche 28 août 2016 que nous avons été chrismés, Anne et moi, par le Père Yannick (Provost), recteur de la paroisse orthodoxe de Quimper (Bretagne) faisant partie de l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Ce fut l’aboutissement, pour moi, Nicolas, d’un long chemin remontant à mon enfance et qui m’a fait découvrir, étape par étape et avec la grâce de l’Esprit Saint, l’église orthodoxe.

C’est enfant que j’ai été pour la première fois en vacances avec mes parents et mon jeune frère dans le village voisin du monastère (catholique) bénédictin de Chevetogne. C’est là que j’ai visité avec admiration l’église byzantine avec ses merveilleuses fresques et ses icônes. C’est aussi à Chevetogne que mes parents m’ont offert ma première icône (que je conserve précieusement).

Nos familles respectives, à Anne et à moi, nous ont offert comme cadeau de naissance une Foi catholique vivante. Depuis notre mariage, le 29 mai 1982, nous avons essayé de continuer à la vivre de notre mieux, entourés des vivants et des défunts. Lors de la Révolution française, mes ancêtres paternels ont caché un prêtre. Ma famille maternelle a quitté Reims au début du XXème siècle pour revenir en Belgique afin de pouvoir continuer à élever les enfants dans la Foi. L’un de ces sept enfants est devenu Père Jésuite. Anne a eu la grâce d’avoir un oncle moine à l’abbaye trappiste Notre-Dame d’Orval.

Adolescent, j’ai pris conscience de la situation dramatique des chrétiens d’URSS et des pays communistes d’Europe de l’Est grâce la lecture des Cahiers du Samizdat, du mensuel Catacombes (dont le rédacteur en chef était Sergiu Grossu), du bulletin d’informations de l’Aide à l’église en Détresse (AED), association catholique internationale animée par le Père Werenfried van Straaten, et par les publications du Foyer Oriental Chrétien de Bruxelles. De la lecture à l’action, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que j’ai signé des pétitions, envoyé des lettres et même manifesté devant l’ambassade d’URSS à Bruxelles avec Maman (je me souviens même des agents qui nous photographiaient avec des téléobjectifs depuis l’ambassade).

En même temps, j’ai écouté, parfois durant des soirées entières, les premiers 33 tours des chants liturgiques russes du monastère de Chevetogne.

Puis ce fut la rencontre avec l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne. À la fin de mes études secondaires, j’avais écrit un article élogieux dans la revue étudiante sur le livre Soljenitsyne, le croyant – lettres, discours, témoignages d’André Martin (1973) que j’avais lu sur les conseils de mes parents et fort apprécié. Dans l’édition suivante de la revue étudiante, un professeur, fortement influencé par l’idéologie marxiste, écrivait un article en réponse critiquant mes propos. Il y affirmait qu’Alexandre Soljenitsyne était un authentique communiste qui cherchait avant tout par ses écrits à réformer le socialisme. Piqué au vif par cette attaque à laquelle je ne m’attendais pas, j’ai alors décidé de lire les ouvrages du Prix Nobel de Littérature de l’année 1970. J’y ai découvert non seulement un grand homme mais aussi un grand chrétien orthodoxe. Alexandre Soljenitsyne m’a aussi fait palper ce que l’on appelle « l’âme russe ». C’est Alexandre Soljenitsyne, lors d’une émission de télévision Apostrophes avec Bernard Pivot, qui m’a appris ce qu’était le repentir orthodoxe : celui-ci repose sur la prise de conscience dans tout son être de son état de pécheur et sur la nécessité du retournement (metanoia) qui en découle pour revenir sans cesse dans la plus grande humilité à Dieu.

Le film d’Andreï Tarkovski consacré à Andreï Roublev (1966) m’a fasciné (je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai ensuite revu, au cinéma ou en vidéo) et m’a ouvert un grand nombre d’autres portes grâce aux autres films de ce grand réalisateur russe. C’est lui également qui m’a confirmé l’importance du repentir pour un chrétien orthodoxe. C’est aussi le premier film que nous avons été voir ensemble, Anne et moi, lorsque nous étions fiancés.

Mes parents, catholiques pratiquants, m’ont toujours encouragé dans cette découverte de l’Orthodoxie. C’est grâce à eux que j’ai pu lire (et relire) les Récits d’un pèlerin russe. Et de là, je suis parti à la recherche de la Philocalie (l’Amour de la Beauté). La Prière de Jésus m’est alors devenue familière.

À la fin de l’année 2011, Maman (veuve depuis 1995) entend une présentation sur RCF (radio catholique française diffusée notamment en Belgique francophone) d’un nouveau livre consacré au monastère des sœurs orthodoxes de Solan dans le Gard (sud de la France) : Le Monastère de Solan – Une aventure agroécologique. Connaissant mon grand intérêt et mon engagement pour la protection de la nature et la sauvegarde de la création depuis 1973 mais aussi ma grande sensibilité pour l’Orthodoxie, Maman s’empresse de me signaler la sortie de presse de ce livre. Je l’achète immédiatement et je le lis et le relis.

Peu de temps après, je parle avec enthousiasme de ce livre à un collègue orthodoxe qui me dit avoir déjà été à Solan. En mars 2012, il me propose de nous rendre à deux à Solan en passant par le monastère (orthodoxe) de Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, fondé par le Père Placide (Deseille), moine du monastère de Simonos Petra (Sainte Montagne de l’Athos). C’est alors que ma découverte de l’Orthodoxie s’est amplifiée et que ma vision du monachisme catholique actuel s’est ouverte sur une tradition infiniment plus ancienne et plus authentique (celle des Pères de l’église et des Pères du Désert). À Solan, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Père Placide et de me procurer ses nombreux petits fascicules que j’ai lus et relus.

Le soleil que je voyais alors comme catholique était certes le soleil mais il était voilé et sa chaleur était amoindrie. Je commençais à percevoir que le soleil était en réalité plus lumineux et plus chaud que ce que je ressentais alors.

Puis, ce fut le grand cadeau de la Mère de Dieu et d’Anne : ce sont elles qui m’ont permis d’aller huit jours en pèlerinage à la Saint Montagne de l’Athos avec mon collègue orthodoxe et un autre collège catholique. Ce pèlerinage m’a profondément bouleversé (retourné au sens de la metanoia). L’église orthodoxe devenait de plus en plus tangible. N’ayant pas emporté de rasoir, j’ai laissé pousser ma barbe (je la porte toujours aujourd’hui). Je n’avais pas non plus emmené mon appareil photographique, préférant tout conserver en mon cœur, comme la Mère de Dieu.

Depuis ma première visite à Solan, Anne et moi avons pu correspondre par la voie postale (les sœurs n’utilisent en effet pas internet) avec la révérende Mère Hypandia, l’higoumène de cette belle communauté, et la spiritualité orthodoxe est encore devenue plus enthousiasmante, notamment grâce aux livres qu’elle m’avait conseillé de lire. Grand lecteur, d’autres nombreux beaux et bons livres m’ont permis de progresser dans la connaissance de l’Orthodoxie. Et internet m’a ouvert de nombreuses portes et fenêtres (et plus spécifiquement le site internet www.orthodoxie.com que je consulte chaque jour).

En août 2015, Anne et moi sommes partis passer quelques jours à Uzès dans le Gard, à proximité du saint monastère de Solan. Nous avons participé à la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création organisée depuis plus de deux décennies par les sœurs de Solan et l’association des Amis de Solan (dont nous faisons partie, Anne et moi). Cette association a pour objectif d’aider les sœurs dans leur démarche agroécologique et son président n’est autre que Pierre Rabhi, agriculteur bio, essayiste et poète français d’origine algérienne. La démarche de Solan m’a alors permis de découvrir, sur le terrain, l’engagement pris en 1989 par sa sainteté Dimitrios Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople, en faveur de la Sauvegarde de la Création. C’est lui en effet, mû par l’Esprit Saint, qui a institué la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création le 1er septembre de chaque année, premier jour du nouvel an ecclésial (tout un programme). Et c’est seulement en 2015 que le Pape François a proposé aux catholiques de s’associer à l’église orthodoxe pour prier ensemble durant cette journée. Pour moi qui était et reste engagé en matière de protection de la nature et de sauvegarde de la création, la position précoce de l’église orthodoxe dans ce domaine m’a ouvert les yeux et le cœur sur sa solidité théologique, basée sur les saintes écritures tout autant que sur les Pères de l’église et sur les nombreux saints qui ont montré, durant leur vie, qu’il était possible de retrouver, sur terre, la création d’origine, celle qui existait avant la chute.

En décembre 2015, nous nous rendons, Anne et moi, dans une grande librairie catholique de Bruxelles pour y admirer l’exposition des sœurs orthodoxes du monastère Sainte-élisabeth de Minsk en Biélorussie. Nous les avions écoutées à plusieurs reprises lors de concerts en Belgique et connaissions leur remarquable engagement, à la fois spirituel et social. En échangeant avec une sœur parlant français sur mes lectures orthodoxes, celle-ci m’a demandé de manière très directe : « Mais pourquoi n’êtes-vous pas orthodoxe ? » Je lui ai répondu que l’Esprit Saint saurait bien m’indiquer le moment de ce choix car je ne voulais en aucun cas forcer mon épouse à me suivre.

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Durant l’année 2015, grâce au site internet www.orthodoxie.com, j’apprends l’organisation par l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale d’un pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte en octobre de la même année. En prenant connaissance du programme, j’en ai aussitôt parlé à Anne en ces termes : « Regarde ce beau programme : nous sommes à présent pensionnés et si nous devons faire un jour ce pèlerinage, je pense que ce sera celui-ci. Mais serons-nous acceptés en tant que catholiques ? » La réponse du Père Yannick (Provost), organisateur et guide, ne s’est pas fait attendre : nous étions non seulement acceptés mais aussi fraternellement accueillis. Par suite des tensions sévissant à Jérusalem, le pèlerinage a été reporté de l’automne 2015 au printemps 2016, en plein Carême orthodoxe. C’est ce pèlerinage qui nous a ouvert les yeux du cœur et de l’âme : c’est en Terre Sainte, là où le Christ a vécu, que nous avons compris que l’église orthodoxe était réellement l’église indivise, celle qui a été fondée par le Christ sur ses apôtres, sur leurs successeurs et sur le peuple de Dieu. Les prières et la fraternité des pèlerins tout autant que celles des nombreux chrétiens orthodoxes rencontrés (dont des évêques, des prêtres, des moines, des moniales et de pieux fidèles) nous ont assurément menés sur ce chemin de vérité.

Au retour du vol Tel Aviv-Paris, au moment de nous séparer, plusieurs pèlerins ont été surpris d’apprendre que nous étions catholiques. Nous nous étions en effet faits tout petits, dans un profond respect mutuel.

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Ce pèlerinage en Terre Sainte [1] restera l’un des moments les plus forts de notre vie. La présence du Père Yannick et de son épouse Anastasia, du Père Stephen (Headley), recteur de la paroisse de Vézelay, et de Monseigneur Jean de Charioupolis a contribué à ce retournement vécu en couple.

De retour en Belgique, nous avons été invités par une amie orthodoxe à participer à la Divine Liturgie du jour de Pâques célébrée par Monseigneur Jean de Charioupolis en l’église des Saints-Côme-et-Damien à Ixelles (Bruxelles) : nous avons vécu la fête des fêtes comme l’aboutissement de notre pèlerinage (lequel, rappelons-le, a eu lieu en partie en Carême).

Anne et moi n’avons ensuite pas dû nous parler beaucoup : l’illumination reçue en Terre Sainte était totalement partagée. Cependant, jamais je n’aurais voulu forcer Anne à me suivre dans la demande d’entrée en communion de l’église. Après avoir accepté il y a 34 ans de m’épouser et après avoir mis au monde nos deux enfants, Marie et François, Anne m’a fait un nouveau et magnifique cadeau en me proposant de demander notre entrée à deux dans la communion de l’église.

Lors de notre chrismation par le Père Yannick, nous étions entourés des paroissiens de Quimper, de notre fils François (notre fille Marie et son mari Jean-Michel n’avaient pu nous rejoindre) mais aussi de tous les pèlerins bretons de Terre Sainte. La « bonne odeur de l’Esprit Saint » s’est alors emparée de tout notre être et le soleil est enfin devenu brillant et chaud.

Nous avons choisi pour commencer notre vie de « bébés orthodoxes » (nous avons en effet beaucoup à découvrir et c’est une grande grâce) de nous insérer dans la paroisse russe de Liège. Et, cadeau du ciel, c’est Monseigneur Jean de Charioupolis qui est devenu de ce fait notre Archevêque. Merci au Père Guy (Fontaine) et au Père Alexandre (Galaka) mais aussi à tous les paroissiens de nous accueillir et de nous aider à poursuivre notre chemin qui mène à Dieu.

Merci aussi  à toutes celles et tous ceux qui nous ont conduits vers Dieu depuis notre Baptême : c’est dans le face à face qui suivra notre naissance au ciel que nous saurons tout ce que nous leur devons.

Nicolas Van Cranenbroeck

En la fête de saint Nicolas, le 6 décembre 2016″

[1] Monique De Vaere-Descamps en a parlé dans son article intitulé « Quelques jours en terre sainte – Pèlerinage organisé par notre archevêché » publié dans Nadejda/Espérance N° 26, juillet-août-septembre 2016, pp. 21 à 23.

Une année après la rencontre entre le patriarche Cyrille et le pape François à La Havane

L’Institut d’études oecuméniques de l’Université de Fribourg (Suisse) a organisé une manifestation pour commémorer le premier anniversaire de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille qui a eu lieu le 12 février 2016 à La Havane, Cuba. Le portail catholique suisse en a publié un compte-rendu.

Site dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto

Un site Internet Musique-orthodoxe.com dédié à la musique liturgique du père Michel Fortounatto, vient de voir le jour. Nous vous invitons à lire la présentation du site :
Ce site est conçu en tant que lieu de recherche et d’évaluation du chant traditionnel de l’Eglise russe, qui est aujourd’hui transmis aux fidèles de langues occidentales. Ensuite, ce site se veut être un laboratoire en mode bilingue (éventuellement – multilingue) de partitions, de textes annotés et de réflexions liturgiques et théologiques à partager avec les praticiens actuels du chant liturgique orthodoxe francophone de tradition russe dans nos paroisses. Ce projet se veut enfin être notre réponse particulière aux décisions prises dans le domaine du chant d’Eglise par la Commission compétente du Concile local de l’Eglise russe en 1917-18, dont le centenaire sera célébré plus tard dans l’année.

Les sources du projet, outre l’expérience directe et vécue de la prière chantée de l’Eglise (à l’église de l’Institut Saint Serge, en premier lieu), sont l’Ordo liturgique et le patrimoine musical hérité de nos pères dans la foi qui ont posé les fondations du chant voilà bientôt un siècle en Occident. Les travaux que nous ont laissé le père Alexandre Schmemann pour l’étude historique et théologique de l’Ordo, et le regretté Maxime Kovalevsky pour le traitement liturgique du chant, deux ouvriers exemplaires parmi une ‘nuée de témoins’, nous révèlent l’ampleur et la direction de la tâche qu’ils nous ont léguée à poursuivre.

Ce Site est en phase de construction. Trois domaines principaux y sont répartis : une bibliothèque de musique chorale sur portée moderne, une anthologie avec notation neumatique vocale, une collection d’articles sur divers sujets de musicologie liturgique.

La ressource des partitions musicales est agencée d’après le Calendrier liturgique :

  1. Le cycle journalier comprend les offices des Vêpres, Complies et Matines, éventuellement les petites Heures, dont les textes sont regroupés dans le Livre des Heures.
  2. Le cycle hebdomadaire comprend les jours de la semaine couronnés par dimanche, le Jour du Seigneur, et s’étale sur huit semaines qui englobent les textes des Huit tons traditionnels ; ces textes se trouvent dans le livre de l’Octoèque, souvent édité en deux volumes.
  3. Le cycle pascal est annuel, il est contenu dans les deux livres jumeaux du Pentecostaire et du Triode; les textes sont groupés également en semaines.
  4. Le cycle annuel mensuel est contenu dans les douze volumes des Ménées, plus les ajouts en mémoire des saints canonisés récemment, dont les textes se regroupent d’après l’ordre des jours dans chaque mois.
  5. La divine Liturgie n’est comprise dans aucun cycle, elle offre une image d’éternité et représente le socle des Sacrements. Elle prend également dans son sillage les offices relevant de la personne, tels que les molébènes, les panychides, les funérailles, qui ne sont pas générés par le temps.

Cette répartition sert de Table de matières.

Nous nous efforcerons tous les trois mois de publier des réflexions sur les sujets proposés dans les différentes sections du site sous forme de « billets », afin de renouveler constamment l’intérêt du lecteur et de stimuler un débat parmi les personnes intéressées.

Dans la livraison présente, dans le domaine des Partitions, consultez:

Billet N°2 Partitions, ici sont indiqués quatre types, musicalement distincts, de partitions, dont ‘l’Unisson épais’, forme homophone d’harmonisation à quatre voix des Huit tons traditionnels.
Billet N°3 les Heures, souligne l’importance du cycle journalier liturgique, sous le vocable humoristique de ‘train transporteur’.
Billet N°4 Vêpres, ‘Chant de parole’ aborde la question fondamentale de la nature «mélismatique» du chant d’Église.
Une sélection choisie de partitions dans les cinq domaines hymnographiques des Heures, de l’Octoèque (les Modèles Atextalis des Huit tons en particulier), du Pentecostaire et Triode, des Ménées, de la Divine Liturgie et des sacrements.
Dans le domaine du Solfège, voyez deux documents sur la Notation, et une mélodisation des heirmoi ton 6.

Parmi les Articles vous trouverez une introduction à la spiritualité liturgique (‘Préambule’), deux autres sur le thème du français liturgique, un sommaire des vues sur le chant liturgique du professeur Gardner, et une collection de 9 causeries sur la Liturgie orthodoxe enregistrées à l’intention des Orthodoxes du département, à la RCF (la Radio Chrétienne francophone) en 2007-8.

Prêtre Michel Fortounatto, janvier 2017

Un panorama des Églises orthodoxes en Allemagne

On peut lire sur le site Religioscope une recension sur l’ouvrage collectif « Orthodoxie in Deutschland », auquel ont contribué vingt auteurs, sous la direction de Thomas Bremer, Assad Elias Kattan et Reinhard Thöle (Münster, Aschendorff Verlag, 2016). L’auteur de la recension, Jean-François Mayer, donne une vue détaillée de l’ouvrage avec des indications très intéressantes sur l’histoire et la vie présente de l’Église orthodoxe en Allemagne, ainsi que sur la présence des Églises orientales antichalcédoniennes dans ce pays.

Source

“Les peintres de l’invisible”

9782204116701-58089b0a90ba9Le P. Christophe Levalois a publié sur son blog une recension du dernier livre de Laurent Dandrieu publié aux éditions du Cerf, Les peintres de l’invisible – Le Greco, Rembrandt, Vermeer et autres messagers de l’infini.

Il y observe notamment : “Récemment, au sein de l’Église orthodoxe russe, Vladimir Légoyda, président du département synodal pour les relations de l’Église avec la société et les médias, a observé à propos de l’opéra-rock « Jésus-Christ superstar » : « L’Église ne réprime pas la créativité, en bénissant les artistes qui s’inspirent de sujets évangéliques ». Il a complété son propos en expliquant qu’il existe une nette différence entre des représentations blasphématoires et des représentations non-canoniques des choses saintes. Cela rappelle que l’Église orthodoxe ne rejette pas des formes artistiques qui, si elles ne s’insèrent pas dans l’espace liturgique, comme les icônes (sur ce sujet: L’iconographe et l’artiste de Jean-Claude Larchet aux éd. du Cerf), n’en témoignent pas moins de la lumière du message chrétien dans le monde selon leur démarche propre. La problématique évoquée dans l’ouvrage en question, à savoir l’expression de la présence de l’invisible et du divin dans la peinture, est au cœur de la démarche de nombreux artistes de confession orthodoxe. Nous le savons par maintes discussions. Cet ouvrage leur apportera de précieux éclairages et nourrira leur réflexion et, par-delà, leur expression artistique.”

Pour lire la totalité de la recension, cliquez ici.

Une boutique de “vêtements orthodoxes” ouvre à Moscou

mg_7097_bRécemment, la première boutique de “vêtements féminins orthodoxes” a ouvert ses portes au centre de Moscou.

La suite de l’article consacré à cette actualité est sur cette page (dont photographie ci-contre).

P. Christophe Levalois : « La vitalité orthodoxe ne peut qu’être stimulante pour l’Occident »

Le web magazine PHILITT, consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma, s’est entretenu avec le P. Christophe Levalois sur le rapport de l’orthodoxie à l’Occident, quelques jours après l’inauguration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris.

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p. Christophe Levalois

PHILITT : L’Eglise orthodoxe, plus particulièrement l’Eglise orthodoxe russe s’est récemment retrouvée au centre de polémiques diplomatiques avec la France. Est-ce pour vous le symptôme d’une tension plus profonde, spirituelle, culturelle, et non pas seulement politique, entre Orient et Occident ?

Christophe Levalois : Oui, d’une tension profonde et ancienne, mais surtout d’une incompréhension. À part des spécialistes, des chercheurs remarquables et quelques personnes, en France l’Orient est peu connu, c’est également vrai pour l’Europe orientale. Cela s’explique notamment par le fait que l’enseignement scolaire n’offre qu’une place très limitée aux cultures orientales et à leur histoire. C’est également vrai pour la Russie. Certains n’hésitent pas à faire remonter cette situation à Charlemagne ! Même si Anne de Kiev fut reine de France au XIe siècle. La recréation d’un empire en Occident (conçu comme étant la résurgence de l’Empire romain, l’empereur portait le titre d’empereur des Romains) a suscité une opposition à l’Empire romain d’Orient (un intitulé que nous préférons à Empire byzantin, une création occidentale du XVIe siècle). Déjà, peu d’années auparavant, au concile de Francfort, en 794, sous l’impulsion de Charlemagne qui n’était pas encore empereur, le deuxième concile de Nicée, en 787, fut condamné. L’opposition était là principalement théologique, mais la rivalité politique n’est pas à exclure.

Cet éloignement est en fait un lent processus qui a duré tout le Moyen Âge, du début à sa fin. Le théologien catholique Yves Congar, dans un ouvrage passionnant sur cette question, paru en 1954, Neuf cents ans après – Notes sur le « Schisme oriental » (Chevetogne), évoque cet « estrangement », cette ignorance réciproque qui progresse lentement au fil du temps, pour toute une série de raisons, dont on peut relever les étapes, les périodes de confrontation, d’éloignement, ou, au contraire, les moments où des efforts sont faits pour renouer le dialogue. Nul doute que la tension que vous évoquez, l’incompréhension et la distance que l’on peut observer, ont là leurs racines.

Malgré le sac de Constantinople en 1204 et la volonté occidentale d’implanter par la force un empire latin à Constantinople (qui existe de 1204 à 1261), le dialogue, bien que difficile, parfois suspendu, n’était pas encore rompu. Par contre, la chute de Constantinople, en 1453, consacre définitivement une rupture entre l’Occident et l’Orient chrétien. Dans les années qui suivent, la Russie, État indépendant, alors que la plupart des pays de tradition orthodoxe sont sous la domination de l’Empire ottoman, a voulu reprendre le flambeau de l’orthodoxie (troisième Rome) et de cet héritage oriental. Ce faisant, elle a aussi reçu et repris cet « estrangement ». Par la suite, elle fut regardée à la fois comme une puissance redoutable, mais aux marges de l’Europe, y compris culturellement, en dépit des efforts de ses élites pour s’occidentaliser. La concurrence religieuse entre catholicisme et orthodoxie s’est transportée en Europe de l’Est et a aussi laissé des blessures, comme en témoigne aujourd’hui encore en Ukraine et en Roumanie la question uniate [les Églises uniates étaient des Églises de la communion orthodoxe, désormais ralliées à l’autorité du pape de Rome, ndlr]. La IIIe République s’est rapprochée de la Russie à la fin du XIXe siècle pour former après la Triple entente contre l’Allemagne, mais l’installation du communisme dans ce qui est devenu l’URSS a ravivé pour le moins la méfiance et un clivage considérable, sinon une coupure. Actuellement, on peut constater que des positions et réflexes acquis durant l’entre-deux-guerres et lors de la Guerre froide demeurent.

Le résultat aujourd’hui est que les Russes connaissent mieux la culture française que les Français la culture russe. Cette situation est vraiment regrettable, car non seulement, nous mettons des distances avec des populations qui ont un préjugé très favorable vis-à-vis de nous, notamment en raison de notre héritage historique et culturel, mais aussi parce que nous sommes complémentaires, on le voit dans nos approches intellectuelles, la rigueur française d’un côté, l’ampleur et l’illimité russes de l’autre, qui produisent une fascination réciproque pouvant être fructueuse pour chacun.

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le christianisme oriental — malgré les persécutions récentes — semble s’être régénéré au sortir de la Guerre froide tandis qu’en Occident, la pratique a décliné durant les dernières décennies. Voyez-vous dans la vitalité spirituelle orientale un espoir pour l’Occident ?

Cela fait penser à la phrase de Léon Bloy en 1916 (dans Au Seuil de l’Apocalypse), « J’attends les Cosaques et le Saint-Esprit » ! Ce qu’il faut comprendre concernant cette vitalité, en effet remarquable, c’est que malgré les terribles et régulières persécutions — le mois dernier le métropolite d’Oufa en Russie a estimé que les martyrs pour la foi s’élèvent à 500 000 rien que pour l’URSS — le christianisme a résisté. Il y a d’une part une sorte de rattrapage, car l’Église était très sévèrement corsetée. Aussi, sa croissance durant ces 25 dernières années est phénoménale. Le Patriarcat de Moscou comptait 7 000 églises en 1991, elles sont maintenant environ 35 000, avec, il faut le remarquer, une partie importante, environ la moitié, en dehors du territoire de la Russie, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En Roumanie, ce fut aussi le cas. Sait-on que les Roumains sont l’un des peuples les plus pieux d’Europe aujourd’hui avec 85% de la population qui se rattache à l’Eglise orthodoxe ? À ce pourcentage, il faut ajouter celui des autres confessions, au moins 10% ! Ou encore, autre exemple peu connu, l’Albanie où l’Église orthodoxe renaît de ses cendres et rassemble 11% de la population (certains pourcentages montent jusqu’à 20%).

D’autre part, en Russie, l’Église orthodoxe est la seule institution historique qui a traversé la tourmente soviétique. Désireux de renouer avec leur histoire, les Russes trouvent dans l’Église un lien organique vivant avec celle-ci. Enfin, pour l’État et le pays en reconstruction, l’Église est une institution solide, bien organisée, très présente, sur laquelle les pouvoirs publics peuvent compter. En effet, cette vitalité ne peut qu’être stimulante pour l’Occident. L’Église catholique ne s’y est pas trompée. Elle multiplie les collaborations avec les Églises orthodoxes, y compris dans les domaines culturel et artistique. Cette synergie s’exprime aussi vis-à-vis des organisations internationales comme les instances européennes où catholiques et orthodoxes tâchent de défendre des valeurs communes. Religieusement et spirituellement, les contacts sont aussi très stimulants. Ainsi, les catholiques, depuis déjà un bon nombre d’années, ont découvert l’icône. Les chants orthodoxes ont aussi inspiré des communautés catholiques.

La présence orthodoxe en France n’est pas nouvelle, on pense notamment aux migrations russes de 1917. Mais celle-ci est toujours restée discrète. Est-ce le symptôme d’une incompatibilité réelle ou supposée entre deux cultures, ou une volonté de préserver un particularisme ?

La présence de l’orthodoxie en France remonte au XIXe siècle. Il est vrai qu’il s’agissait alors de communautés étrangères : russe, à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre Nevsky est consacrée en 1861, et sur la côte d’azur, roumaine, à Paris, l’église des Saints-Archanges dans le Ve arrondissement est consacrée en 1892, grecque, à Marseille depuis la première moitié de ce siècle. Ce furent des communautés d’exilés et à part quelques personnes, elles se voyaient comme telles. Elles ne se sentaient pas une vocation à essaimer et à diffuser leur foi dans la société française. Donc, en effet, cela tenait plus de la préservation du particularisme avec le désir pour ses membres de conserver un rattachement à une communauté malmenée par l’histoire. Cependant, une orthodoxie francophone s’est développée au XXe siècle (la première paroisse francophone date de 1928), d’une part avec les générations suivantes, qui se sont pleinement intégrées à la société française, d’autre part avec des convertis.

Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet

Y a-t-il en Orient un regard particulier sur les orthodoxes occidentaux ? Existe-t-il, malgré la communion, une fracture, et peut-être un malaise d’être à la fois orthodoxe et occidental ?

Je ne crois pas. C’est même le contraire. En France, ce que l’on a appelé l’École de Paris, notamment autour de l’Institut Saint-Serge, fondé en 1925, a joué un rôle très important, à l’échelle internationale, dans la continuation d’une dynamique, née en Russie au XIXe siècle, qui a redécouvert les fondements de la foi orthodoxe, l’héritage théologique des Pères de l’Eglise et la tradition hésychaste, c’est-à-dire mystique. De nombreux responsables d’églises en Orient sont passés par Paris et y ont beaucoup appris. Des auteurs orthodoxes ayant vécu en France ont toujours une grande influence dans toute l’orthodoxie, et par-delà, c’est le cas de Serge Boulgakov, de Vladimir Lossky, de Paul Evdokimov, d’Alexandre Schmemann, de Jean Meyendorff, d’Olivier Clément, et aujourd’hui de Jean-Claude Larchet, pour ne prendre que quelques exemples. Il est vrai qu’il existe aussi, parfois, une défiance vis-à-vis de l’Occident et de la société occidentale, voire une hostilité, qui se traduit entre autres par une méfiance dans les relations œcuméniques, mais pas à l’encontre des orthodoxes en Occident.

Nous avons évoqué la question de l’influence de l’Orient sur l’Occident. À l’inverse, qu’est-ce que le catholicisme et le protestantisme — en ce qu’ils sont de véritables marqueurs de l’esprit ouest-européen — peuvent apporter à l’orthodoxie ?

Les catholiques et les protestants apportent aux orthodoxes leur expérience de la société occidentale que les pays d’Europe de l’Est découvrent sous toutes ses facettes. D’autre part, les Églises orthodoxes à l’époque communiste n’avaient pas en charge les problèmes sociaux et les grandes questions sociétales, comme les questions de bioéthique, ce qui est le cas aujourd’hui. Les travaux et les réflexions, ou encore les démarches pastorales, des catholiques et des protestants sur tous ces sujets sont très utiles pour elles.

L’Occident et l’Orient européen, incluant la Russie, sont-ils confrontés au même défi spirituel ? Le nihilisme, l’athéisme et un certain laïcisme menacent-ils également l’Orient ?

Oui, bien sûr. C’est le cas en Russie et plus généralement en Europe de l’Est. La modernité occidentale s’étend partout, mais les Églises orthodoxes ont souvent des positions plus fortes que les différentes églises en Occident. Elles sont bien plus écoutées dans la société, également par les responsables politiques et les pouvoirs publics. Néanmoins, il est difficile de prévoir l’évolution à moyen terme. Les critiques, parfois vives, à l’encontre des églises existent également. La modernité avec ses mirages consuméristes et ses asservissements, avec la fragmentation individualiste et ses désespérances, gagne du terrain tout en trouvant sur sa route des résistances vigoureuses.

Source ; Crédits photo Коля Саныч

Le patriarche Cyrille de Moscou, dans une interview au Figaro : « L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est le témoignage du Christ et de son Évangile »

xvm0f63a4fe-b894-11e6-bf76-e1dbf4b7eab3Dans une longue interview, parue dans Le Figaro du 3 décembre sous le titre « La renaissance de notre vie ecclésiale est un vrai miracle », le patriarche Cyrille de Moscou a abordé différentes questions, dont celle de l’attitude de l’Église orthodoxe russe à l’égard du pouvoir russe actuel, de la politique en général, la vie de l’Église en Russie, les chrétiens d’Orient, l’islam radical, le Concile panorthodoxe, les relations avec l’Église catholique-romaine. Questionné au sujet de la nouvelle cathédrale russe à Paris, qui pourrait être considérée comme faisant partie de la « stratégie de la représentation de la Russie », le patriarche Cyrille a répondu : « L’Église orthodoxe russe ne représente pas la Russie, ni aucun autre pays ou les orthodoxes relèvent de sa responsabilité, comme la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie, le Japon ou la Chine. L’Église ne peut représenter que le Christ. Elle ne porte que sa parole de vérité adressée à tous les hommes. Et on ne peut tromper les gens là-dessus. Si ce n’est pas vrai, alors ce n’est plus l’Église, mais une officine religieuse. Croyez-moi, personne n’irait prier dans une telle structure (…) L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est de rendre témoignage du Christ et de son Évangile. Les relations politiques peuvent s’améliorer ou empirer, mais nos églises resteront toujours ouvertes aux orthodoxes de toute origine, quelles que soient leurs convictions politiques, qui sont unis dans la prière ».

Source (dont photographie): Le Figaro . Des extraits en français sur cette page. Original, en russe, dans son intégralité: Patriarcat de Moscou

La consécration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe dans la presse

Plusieurs articles dans la presse évoquent la consécration, ce dimanche 4 décembre, de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris par le patriarche Cyrille de Moscou. Certains articles sont en ligne in extenso. C’est le cas de celui-ci dans l’hebdomadaire Le Point, qui reprend une dépêche de l’Agence France presse, ou de celui là dans le quotidien La Croix. D’autres sont en partie en accès payant, comme cet article de l’hebdomadaire La Vie sur le patriarche Cyrille et les relations avec le pouvoir politique russe.

Photographie ci-dessous de la nouvelle cathédrale: Julija Vidovic

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Compte-rendu de la journée orthodoxe à Taizé – samedi 26 novembre

Nous vous invitons à lire un bref compte-rendu rédigé par les organisateurs de la journée orthodoxe à Taizé du 26 novembre 2016 :

“Le 26 novembre 2016 eut lieu une journée consacrée à “la sainteté dans l’Eglise orthodoxe” au sein de la Communauté des Frères de Taizé, en Saône-et-Loire, près de Cluny, lieu bien connu en France et dans le monde pour son engagement inlassable en faveur de la réconciliation des différentes confessions chrétiennes.
Des jeunes orthodoxes, venus de pays de l’Est, y séjournent régulièrement et, à l’inverse, des groupes de jeunes catholiques et protestants se rendent chaque année dans les pays orthodoxes afin que les uns et les autre apprennent à mieux se connaître et à sortir de leurs préjugés respectifs. Pour Pâques 2016 par exemple, un groupe de jeunes est parti en pèlerinage en Roumanie; ils ont, durant tout leur périple, été hébergés dans des familles orthodoxes et ont participé à la célébration du mystère pascal à la fin de leur séjour.

taizeNotre journée du samedi 26 novembre débuta par la célébration de la divine liturgie, précédée du service des heures, dans la petite église romane du village, près de laquelle se trouve la tombe de frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé.
La liturgie fut concélébrée par le père Joseph Pavlinciuc, du Patriarcat de Moscou, le père Antoine Callot, du Patriarcat de Constantinople et le père Romain Roux, du Patriarcat de Serbie.
De nombreux participants étaient présents dans la petite église : orthodoxes, catholiques et frères de la communauté de Taizé. Le saint fêté ce jour-là dans le calendrier julien était Jean Chrysostome: tout un symbole!

Après la divine liturgie, nous avons été conviés à partager un repas avec frère Aloïs, prieur de la Communauté et avec les frères, ainsi que des responsables de communautés catholiques. Les frères ont eu la délicatesse de proposer un repas respectant le carême orthodoxe.

A 14 H 30 commencèrent les 4 conférences dont le sujet portait sur “la sainteté dans l’Église orthodoxe”. Introduites par frère Aloïs, celles-ci suscitèrent chez nos amis catholiques, un très grand intérêt ainsi que le témoignage que les conférenciers ont donné sur ce thème.
Les participants ont été ainsi plongés au cœur de ce qui fait la spécificité de la sainteté dans l’orthodoxie.
Il est salutaire qu’à travers ce genre de manifestation, chacun puisse réfléchir plus profondément aux questions fondamentales de la foi chrétienne, pour autant que cela se fasse dans le respect mutuel et l’écoute des uns et des autres.
La plupart des participants ont été enchantés par cette journée emplie de soleil et de lumière: la création elle-même confirmait ce que nous avions vécu.
Encouragés par le succès de cette journée, nous avons proposé à la Communauté de Taizé de renouveler cette initiative l’an prochain, à la même date, avec un thème différent.”

A n’en pas douter, l’Esprit soufflait sur Taizé en ce samedi et tous l’ont ressenti comme en témoignaient les visages rayonnant de paix et de joie.

Père Romain et Nadia Roux.”

“Le don des larmes en chrétienté”

15207836_712719522213106_1085493131_n-620x330Webmagazine de philosophie et de littérature, Philitt vient de publier un article sur “Le don des larmes en chrétienté“. “C’est en regardant vers l’Orient que l’on retrouve la source et le sens chrétien des larmes.”

La paroisse orthodoxe roumaine de Namur a créé un site internet dédié à la prière continuelle

Un site dédié à la prière continuelle a été créé par le père Ciprian Gradinaru, recteur de la paroisse orthodoxe roumaine de Tous-les-Saints à Vedrin (Belgique). Le site donne des indications sur la « la veillée de la prière», à savoir une chaîne de prière de toute la nuit que le père Ciprian a proposée « à ses fils spirituels pour les aider dans leurs efforts de s’approcher du Christ et les uns des autres ». Cette « chaîne de prière » est inspirée d’exemples historiques comme celui du monastère des « acémètes » (« ceux qui ne dorment jamais », en grec) à Constantinople, où des groupes de moines se succédaient à l’église de telle façon que la prière n’y cessait jamais ou encore, plus récemment, des détenus des prisons communistes en Roumanie, qui se « relayaient » dans la prière : lorsque le dernier de la chambrée finissait la prière, il tapait dans le mur de la cellule voisine jusqu’à ce qu’on lui réponde et confirme que la prière était reprise par l’autre cellule. Guidé notamment par ces exemples, le père Ciprian a constitué auprès de ses paroissiens qui le souhaitaient des « chaînes de prière ». « Concrètement, en commençant de 22 heures jusqu’à 7 heures du matin, une heure à la fois, un membre de la communauté à tour de rôle, prie pendant une heure (bien entendu, chacun chez soi) de la façon qu’il le souhaite, particulièrement avec la prière de Jésus, les psaumes, les prières de l’Église ou celles de son propre cœur. Il prie pour lui-même, sa famille en Christ, pour ceux dont il sait qu’ils souffrent de manière grave ou chronique, etc. Lorsque l’un finit son heure de prière et va dormir, un autre se réveille et veille à ce que la prière ne s’éteigne pas, que la chaîne de la prière ne s’interrompe pas » est-il mentionné sur le site. Toujours selon le site, disponible en roumain, français et anglais, « cette initiative de prière a déjà commencé à porter ses fruits dans de nombreux endroits en Roumanie et à l’étranger, avec la bénédiction de nos pères spirituels et de plusieurs évêques ».

Source

Un entretien avec Jean-François Colosimo paru dans la revue “Unité des chrétiens”

colosimo_slo2014La revue Unité des chrétiens a publié un entretien avec Jean-François Colosimo (photographie ci-contre), réalisé par le P. Ivan Karageorgiev, que l’on peut trouver en ligne sur cette page. Il y est question de l’Orient chrétien, des dialogues œcuméniques, de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, du concile panorthodoxe qui s’est réuni en Crète en juin dernier.

“Double peau pour l’église orthodoxe russe à Paris”

la-cathedrale-orthodoxe-de-sainte-trinite-deLe magazine AMC (Architecture mouvement continuité) a mis en ligne sur son site un article, intitulé “Double peau pour l’église orthodoxe russe à Paris”, accompagné d’un diaporama (dont la photographie ci-contre) sur l’avancement de la construction de la nouvelle église orthodoxe russe, et le centre attenant, à Paris. En ligne ici.

“Un pont vers le ciel”

Laurent Dandrieu, rédacteur en chef à l’hebdomadaire “Valeurs actuelles“, a publié dans ce magazine une recension, intitulée “Un pont vers le ciel”, dans le n° actuellement en kiosque (n°4155), du livre du P. Christophe Levalois La royauté et le sacré  paru il y a quelques semaines aux éditions du Cerf. Pour lire cette recension, cliquez sur ce lien (faire un clic droit pour une meilleure lisibilité).

La communauté orthodoxe de Nice endeuillée par l’attentat

4744398lpw-4744516-jpg_3672330Extrait d’un article publié par Le Point qui rend compte des célébrations d’hier dans la cathédrale Saint-Nicolas de Nice: “A la cathédrale russe orthodoxe Saint-Nicolas, un magnifique édifice au cœur du quartier russe de Nice, les familles sont venues nombreuses pour l’office du dimanche qui est exceptionnellement suivie d’une panikhide, une cérémonie pour “aider l’âme des morts à s’élever” dans la liturgie orthodoxe.

La communauté russe de Nice et de la Côte d’Azur, la plus importante de France, a été fortement touchée : “au moins une dizaine de personnes” de la communauté, “sans doute plus”, ont été tuées ou blessées dans l’attentat, expliquent avant la cérémonie Pierre de Fermor, le président de l’Association de la cathédrale Russe Saint-Nicolas de Nice (ACRN), et Christian Frizet, son secrétaire.

La paroisse est directement meurtrie. Un lecteur de Saint-Nicolas, Igor, est décédé. Deux amis du recteur, venus d’Anvers, ont également trouvé la mort. A l’entrée de la cathédrale pleine à craquer, leurs portraits est accompagnés d’une petite bougie. Lors de la célébration presque exclusivement chantée, des fidèles, pour certains en larmes, allument des cierges longs et fins et les disposent dans un bac de sable.”

Source (dont photographie) et intégralité de l’article: Le Point

“Dans l’Église orthodoxe russe, on signale à Constantinople que la vie de l’Église est incompatible avec la démocratie”

Отец Николай Балашов Photo Pyotr KassinLe site Parlons d’orthodoxie a mis en ligne la traduction d’un article qui rend compte de la réaction du père Nicolas Balachov, vice-président du département des relations ecclésiales extérieures du Patriarcat de Moscou, sur l’Église et les processus démocratiques.

Parution d’un nouveau répertoire mondial des évêques orthodoxes “Orthodoxia”

Couverture

Le site Internet Religioscope nous apprend qu’une  nouvelle édition, Orthodoxia 2016-2017, vient d’être publiée par l’Institut d’études œcuméniques de la Faculté de théologie (catholique romaine) de l’Université de Fribourg. La première édition d’Orthodoxia était déjà parue en 1982, à l’initiative de l’Ostkirchliches Institut(Regensburg), avec le P. Nikolaus Wyrwoll (un prêtre catholique romain allemand, aujourd’hui installé à Istanbul) comme cheville ouvrière. Religioscope.info souligne avec raison que la situation peu commune de la publication du seul répertoire mondial des évêques orthodoxes : “depuis plus de quarante ans, le seul répertoire mondial des évêques orthodoxes est publié non par une Église orthodoxe ou une association orthodoxe, mais par des personnes et instituts appartenant à l’Église catholique romaine. Un tel cas est sans doute unique en son genre pour une grande confession chrétienne: il est l’illustration des difficultés d’organisation de cette confession à l’échelle panorthodoxe, difficultés dont témoigne également l’absence de certaines Églises — y compris la plus importante, celle de Russie — au concile qui s’achève en Crète. Si des éditeurs catholiques romains n’en assumaient pas la responsabilité, un tel répertoire n’existerait probablement pas.”

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Page exemple d’Orthodoxia

Le répertoire ne se borne pas à indiquer les fonctions occupées par chaque évêque, son siège épiscopal et son adresse: c’est un véritable résumé de sa biographie ecclésiastique que propose aussi chaque notice, de la date de naissance aux ordinations en passant par les titres académiques, comme on peut le voir sur la page témoin ci-contre qui accompagne le présent article, extraite de la section sur le Patriarcat de Roumanie. Quiconque a eu la tâche de réaliser un travail de cette nature, même bien plus modeste, mesure le travail considérable qu’implique non seulement l’établissement, mais aussi la mise à jour régulière.
Pour les personnes qui ne souhaitent pas acheter ce volume, mais désirent accéder occasionnellement à ces informations, signalons que les responsables d’Orthodoxia, conscients du rôle central d’Internet, ont pris l’initiative bienvenue de rendre tout le contenu accessible en ligne. Il peut être consulté à l’adresse: www.orthodoxia.ch. Le système de consultation est efficace et rapide. Cela permettra également des mises à jour régulières, au fur et à mesure que des changements interviendront dans le parcours des évêques. Dans un répertoire de ce genre, un certain nombre d’erreurs sont inévitables: l’existence d’une version en ligne permettra aussi une correction continue.
Il est bon à signaler que me répertoire ne couvre pas seulement les Églises orthodoxes de tradition byzantine, même si elles forment le plus gros du contenu. Il correspond plutôt à la catégorie générale des «Églises orientales» (mais sans les groupes uniates). En effet, à côté des Églises de tradition byzantine, le répertoire contient également la liste des évêques des Églises préchalcédoniennes (arménienne, copte, éthiopienne, érythréenne, syriaque — y compris les deux branches malankares au Kerala, l’une indépendante, l’autre dans la juridiction de l’Église syrienne d’Antioche) et des deux Églises assyriennes (autrefois souvent dénommées «nestoriennes»). Ainsi la notice introductive précise que le manuel n’est pas un répertoire ecclésiologique et ne se prononce pas sur la canonicité des évêques qui y figurent.

Source

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Jovan Nikoloski