23/03/2017
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“Le Dimanche du Pardon 2017 et le mois d’Adar 5777” par le père Alexander Winogradsky Frenkel

Les anémones poussent dans le désert… et les champs du Néguev montrent les premières couleurs qui mènent à la moisson.

L’aurore boréale illumine en vert les cieux nordiques, de grosses avalanches viennent de se produire à Svalbard, dont la capitale Longyearbyen est aujourd’hui un centre international sur les études arctiques. Un lieu où Norvégiens, Anglais et Russes ne cessent de se croiser depuis deux siècles, et où des réfugiés érythréens, afghans et syriens viennent de trouver un asile plutôt temporaire.

Les Ukrainiens continuent de mener leur guerre en forme de sauvegarde d’héritages anciens alors que certains dériveraient vers l’Ouest et que d’autres se rattachent de manière dramatique à une Fédération de Russie puissante, amputée de nombreux territoires perdus après la chute du communisme.

Désormais, la fracture semble se confirmer : les autorités russes reconnaissent depuis deux semaines les passeports – non-reconnus au plan international – des Républiques du Donbass et de Lougansk.

Ne rejeter personne et tout supporter, en bien comme en mal.
Quel temps de pardon, quel temps de simples prises de conscience que des segmentations rebelles, tenaces, plus fortes que toute logique d’union subsistent, s’affermissent de manière obtue. Il reste surtout le souvenir de temps où les frontières semblaient impossibles à déterminer quand les territoires sont si immenses, hors d’un horizon raisonnable et perceptible.

A Jérusalem, la Mission ecclésiastique orthodoxe du Patriarcat de Moscou a ébauché le programme des festivités du centenaire de la Révolution bolchévique. L’argument se déploie dans le monde entier alors que l’Eglise de Moscou rénove ses possessions en Europe occidentale (cathédrales de Londres, de Paris et la paroisse historique de Zurich), notant, à l’occasion que ses paroisses sont parmi les plus fréquentées dans la péninsule italienne.

A Jérusalem, à Tibériade, à Eyn Karem ou au Chêne de Mambré (Hébron), l’Eglise russe de Moscou et les monastères de l’Eglise Hors Frontière (c’est-à-dire en dehors du territoire maternel de la Russie) s’apprêtent à commémorer le martyre de la famille du Tzar, assassinée à Ekaterinenbourg (anciennement Sverdlovsk).

Les portraits, les icônes fleurissent partout, y compris dans toute la Terre Sainte (en Jordanie et dans les Territoires Palestiniens). La question est problématique pour les ressortissants juifs d’Israël venus de l’ex-URSS. Encore que les mouvements de l’aliyah furent tellement paradoxaux que les générations actuelles peuvent en arriver, par ignorance, inconscience ou la découverte d’un monde différent de la yiddishkayt martyrisée sous les Tzars, à considérer les Romanov comme étant les héritiers évidents, de droit divin et historique d’une Russie qui se relève et mène le combat d’une rencontre indispensable avec la modernité. En Russie orthodoxe – sur le chemin ardu de retrouvailles avec la Sainte Russie sinon de la Troisième Rome – la légitimité de la famille Romanov ne fait aucun doute.

Le Patriarche Kirill de Moscou l’a décrit tout au long de son périple en Europe occidental voici quelques semaines : aucune autre nation chrétienne n’a autant subi le martyre du reniement total de la foi – on peut parler d’apostasie étatique, de destructions systématiques des églises, des couvents, de la déportation et de l’assassinat programmé et inflexible de milliers de membres de tous les clergés et de millions de laïcs (orthodoxes, catholiques, protestants) pendant tout le temps d’un 20ème siècle dépouillé de toute humanité apparente.

La réalité est si forte, la conviction si intime pour un grand nombre de fidèles et le clergé orthodoxe que le Patriarche Kirill semble isoler – il est suivi aussi par de nombreux « penseurs » ou croyants orthodoxes dans le monde, y compris en Israël – le martyrologe chrétien oriental, faisant l’impasse, sans doute de manière trop « naturelle », au niveau des populations de Russie et des anciens satellites – sur la catastrophe de la Shoah.

Est-il question de pardon ? de prise de conscience ? Le Patriarche moscovite l’a rappelé à Londres et à Paris : les peuples de Russie se sont fourvoyés en adoptant des idéologies qui semblaient puissantes, égalitaires, chargées d’inspiration pour le bien et le développement social et communiste de tous les peuples.

Il affirme aujourd’hui que ces idées ont vécu, leurs partisans ont disparu car, dit-il, « la Parole vivante de Dieu est seule vraie et porteuse de vérité, de vie et d’authenticité ». C’est vrai de l’héritage biblique comme de la Parole évangélique. Comme si d’une pravda/правда – vérité imposée faussement par les camarades et le Parti, l’homo post-sovieticus culbute et se mue en croyant conscient de sa tâche novatrice à lutter pour une nouvelle évangélisation, souvent plus puissante que celle de Rome. Il a désormais la tâche de lutter partout contre la déchristianisation et une société de mort.

Est-ce absurde ? La question est qu’il faut tout pardonner… Sans être dupe, sans que les gens vous prennent pour un idiot, car c’est fréquent, surtout dans le monde religieux un peu trop cosmopolite de la Terre Sainte et Affiliées.

Avant d’en appeler à la moralisation de la vie publique, politique, sociétale, le monde des responsables de la foi ont à donner une image conforme aux Commandements divins.
Il est possible de pardonner sans cesse, sans relâche, sans même que cela soit compréhensible ou humainement supportable. Dieu sait que nous pouvons pardonner… jusqu’à galvauder un mot dont la profondeur touche aux seules vérité célestes. Cela ne signifie pas que les êtres humains sachent comment exprimer ce pardon du plus profond de leur âme. C’est ce que le Créateur fait si nous le faisons d’abord. Nous en sommes plus rarement conscients.

Il y a un côté dérisoire sinon grotesque à affirmer cela dans un univers aussi paganisé. Il serait plus exact de dire que tous les continents sont soumis à des processus d’éloignement de la foi, pour les chrétiens cela se traduit par cette déchristianisation. Même christianisé, le monde de la Foi authentique témoigne d’une bien pauvre capacité à pardonner.

Les films russes montrent cette quête spirituelle de renouveau, de pureté. Le dernier film de Martin Scorsese « Silence » (particulièrement apprécié en Russie), insiste sur les limites possibles du témoignage de la foi. Au Japon, un Jésuite est tellement choqué et effrayé par le martyre subi par les fidèles chrétiens assassinés devant lui, qu’il abjure…

Notre décennie en est là : la montée de violences internationales, du peu de cas fait de chaque existence humaine, tout conduit à une soif de références venues de l’Autre divin avec des sentiments ambigus, hésitant entre abjuration et fondamentalisme irréfléchi. C’est une chose que d’éructer à l’année des paroles de pieuse bonté sucrée; partager la vie spirituelle requiert une vraie tolérance, de vrais dialogues et surtout le courage de tenir compte d’autres, de bien d’autres que soi et les siens.

La trahison, le mensonge se retrouvent toujours dans la corruption, dans le vagabondage de pensées qui se voudraient intelligentes et philosophiques. C’est l’un des dangers les plus noueux des personnes qui prétendent avoir la foi, qui s’engagent dans les Eglises mais aussi dans les structures du judaïsme et de bien d’autres systèmes religieux. Avant d’en appeler à la moralisation de la vie publique, politique, sociétale, le monde des responsables de la foi ont à donner une image conforme aux Commandements divins.

Trop souvent, les fractures apparaissent quand disparaît le devoir de sacrifice qu’implique la véritable unité, la réconciliation. Elle apparaît dans le silence.

Dieu est tellement Autre que nous avons du mal à comprendre que nous sommes créés à Son Image et à Sa Ressemblance.

Tel est le prix du Pardon. Savoir de manière intime, par quelque chose d’encore plus intime que l’intime conviction, que nous pouvons effacer, pardonner, racheter, oublier le mal et le dépasser, bref savoir que nous avons été rachetés. C’est l’âme du Kippour. C’est la respiration de la Communauté d’Israël.

Pourtant, celui qui pardonne ignore tout autant ce qu’il fait. Mais il agit ainsi d’une manière qui ne sera pas compréhensible, sinon peut-être sur un temps impossible à déterminer.

« Absous, remets, pardonne et rachète Dieu, / ainsi que toute la Maison D’Israël ainsi que l’étranger que demeure avec lui car toute le peuple (des êtres humains) a failli ». C’est sans doute l’une des prières les plus profondes d’Israël qui ignore le plus souvent que les traditions chrétiennes orientales la reprennent quasi mot pour mot.

Ne rejeter personne et tout supporter, en bien comme en mal ? Il ne sert à rien de rendre le mal pour le mal. De rendre la haine pour le mépris.

On trouve toute une « faune » de « para-chrétiens en mal d’eux-mêmes, de Juifs inaccomplis, de personnes chrétiennes qui sont plus juives que les Juifs ». D’autres ne peuvent même imaginer ou tolérer des êtres comme les Juifs, les Arméniens, les Tziganes et toutes sortes de « peuples » où foi et nation semblent s’entremêler.

Tout cela baigne dans une quête profonde d’identité qui ne peut s’effacer en quelques lignes corrigées et re-corrigées à la hâte pour cause d’ouverture au monde.

Que sont ces implosions de haine et de tueries sauvages, d’ignorance crasse des autres comme souvent de soi-même ou de ceux que l’ont affirment comme siens, ces brasiers de sang et d’irrespect ou chacun ne voit que sa tribu, son clan et s’étonne que les nations tremblent comme la terre ou les raz-de-marée.

Il y a alors une force spirituelle « inédite » : le pardon. Le pardon n’est pas la réconciliation. Je ne fréquente que des gens qui finissent par se détester à force de vouloir se réconcilier de manière fictive.

Voici ce que l’Eglise de Jérusalem célébrera ce dimanche vers 14 h. 30 et que je reprends d’un article précédent :

Après l’office des vêpres du dimanche soir qui précèdent l’entrée dans le temps du Grand Jeune (Carême) qui débute le lundi […], le clergé et les fidèles accomplissent un rite profond et signifiant, riche. C’est le dimanche du pardon (прощеное Bоскресенье).

Le rite est très long et solennel dans la tradition slave. Il aura lieu demain dans toutes les églises orthodoxes comme dans les rites byzantins catholiques. Les Eglises assyriennes et syriaques ont déjà rappelé les trois Jours de Ninive, de retournement à Dieu avant le début du Grand Carême qui mène à la Pâque chrétienne.

Après une série de prières de repentance et de pardon, le clergé de tout rang et les fidèles se prosternent deux par deux – face à face, se demandent mutuellement pardon pour toutes les fautes volontaires et involontaires, conscientes et non-conscientes et se relèvent en s’embrassant dans l’espérance de la Résurrection.

Le rite que nous accomplissons au Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, est succinct. Souvent le clergé et les fidèles échangent en grec un “Καλή Σαρακοστή!” (bonne quarantaine = de jeûne), voire souvent “Καλό Πάσχα! (Joyeuse Pâque)”.

Le Patriarche Théophilos lira, au début une prière pénitentielle qui implore le pardon de Dieu. En hébreu, on dit “tzom kal – צום קל” (jeune paisible, simple) en hébreu. La phrase est curieusement un décalque de celle que l’on dit pour le Yom Kippur, comme si l’on devait mettre l’accent sur le jeûne – en fait, l’accent est sur le pardon et, en hébreu il serait logique alors de dire “shalom uslikhah – שלום וסליחה”. En russe, on échange l’expression « S postom/с постом – (bon) Jeûne ».

Le rite provient du Kippour ou “Jour de Grand Pardon, de rachat, d’expiation totale”. Le pardon s’exprime de manière constante dans la prière chrétienne, mais uniquement en grec, dans le Notre Père qui indique : “Pardonne-nous nos offenses (péchés, remets-nous nos dettes) comme nous avons déjà remis, pardonne à ceux qui nous ont offensé”.

Le mois nouveau de Adar (rosh chodesh Adar = ראש חודש אדר) commence cette année dimanche soir.

Ces petits Yom Kippour ont été instaurés au 16eme siècle par l’Ecole de Safed puisque la lune est éclairée par le soleil par des reflets qui laisseraient croire qu’elle paraît, naît, grandit, devient pleine puis diminue et disparaît.

Ceci montre une permanence physique dans la fidélité de Dieu qui s’exprime par une dimension de double reflet : de la blancheur lumineuse de la lumière du soleil sur la lune et de ce reflet de la lune sur la terre.

Peut-on tout pardonner ? La question se pose de façon très réelle à tous les niveaux de la société, mais aussi de la nature humaine.

Il y a la question de Simon-Kaipha à Jésus : “Combien de fois dois-je pardonner ? Sept fois ?” – Jésus répond : “Soixante-dix (-sept) fois sept fois » (Matthieu 18, 21). Que la mesure soit de 49 ou dépasse 50, il ne faut pas penser que c’est une mesure déterminée.

Elle excède précisément, dans sa symbolique, les 500 qui était la mesure ou middah (mesure parfaite dans le Temple). Il n’est pas question d’un bâtiment ou d’une mesure rituelle.

Il y a une « plénitude ou surabondance » d’une autre nature. Le pardon se trouve à cette mesure, ce que la foi orthodoxe et orientale exprime dans le « plérôme de la foi ».

C’est en cela que le “pardon” est l’âme du judaïsme ET du christianisme. Cela dépasse toute chose démontrable ou explicable. C’est immatériel et pourtant le pardon est sans doute la forme la plus élevée, la plus difficile à atteindre pour l’être humain.

J’ai entendu des sermons, des homélies savantes ou apparemment persuasives et théologiquement fondées sur le pardon et la nécessité de pardonner. Face aux travaux pratiques, ces paroles se montraient fumeuses et ineptes.

L’âme du pardon est de tout supporter, non que tout soit supportable, loin de là. Mais, très souvent au cours de la journée, me viennent les paroles du psaume “Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas – לא יודו לא יבינו”.

Ne pas savoir, ne pas comprendre pourquoi.

Les circonstances actuelle doivent nous inciter à une profonde introspection, un vrai « ‘heshbon-nefesh/חשבון-נפש ».

Justement, comment mesurer la cohérence de densité humaine ?

N’est-il pas curieux que le mot « perversion » vienne du latin « pervertere » qui signifie « retourner, renverser » comme dans le cas de la conversion-techouva/תשובה ». Il faut s’interroger sur cette propension – quasi morbide – de systématiquement tourner à la transgression la plus lâche et sale à faire un usage falsificateur d’un retournement positif vers l’Eternel. Comme si l’anéantissement et la destruction naturels ne pouvaient être rayonnants d’une force de vie et de vraie bonté.

Ce sont ces stratagèmes tortueux qui amènent à changer le bien en mal, avec un réel appétit de destruction. Et pourtant, la pensée hébraïque joue sur le paradoxe de facettes qui peuvent tourner du mal au bien, comme dans le film « Le Dictateur » où le tyran Adolf se mue imperceptiblement en Charlot, homme bon et juste.

La langue hébraïque est claire dans ses mots : « kèn/כן = oui » est lié à la racine « Kun, Kavana, kivoun, kohen/כון, כונה, כוון, כהן = diriger, intention, direction et sacrificateur) » et s’oppose à « lo/לא = non qui s’écrit à l’inverse du nom de l’Eternel ». (cf. Matthieu 5, 37 : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non, le reste vient du Mauvais »).

La joie du mois d’Adar est comparable à celle qui traverse le Grand Jeûne ou Quarante Jours (Carême) des Chrétiens d’Orient dans leurs célébrations faites de paisible quiétude et de confiance.

Elle commence surtout par le 7 Adar, jour de commémoration de la naissance et de la mort de Moïse. Une soirée et une journée d’étude car celui qui a foi est conscient qu’il ne sait rien ou bien peu de choses. Il est pourtant possible de chercher et d’y trouver cette tranquillité d’être vivant. C’est aussi le jour mémorial où l’on fait mémoire de tous les soldats morts sans sépultures ou dans des lieux restés inconnus.

Dans des périodes de grande confusion, il est facile de donner des avis, des conseils qui s’avèrent vides, sans fondement. Les possibilités médiatiques mettent en scène en 24/24 – 7/7 des scenarii inconsistants, virtuels et surtout éphémères.

Je le redis sans cesse : à Jérusalem, il y a des âmes qui crient, hurlent – non seulement les vieilles souffrances de la persécution anti-juive. Il y a le cri de l’âme de tout habitant, de tout peuple, langue, nation, de souffrances si peu comprises et explicables qu’il ne semble rester que la solution de la déraison.

Il faut cependant savoir que, trop d’êtres humains, de créatures vivantes souffrent et que cela va bien plus profond que toutes les vidéos et notre chasse à l’événementiel.

C’est curieux : le véritable péché de Sodome et Gomorrhe est celui de l’exclusion. C’est une perversion invariante dans la douleur qui affecte l’être humain.

Le Petit Kippour comme le temps de Jeûne conviennent à maîtriser des pratiques, des actions, des comportements sociétaux où rien n’est plus évident. La foi et la conscience spirituelle invitent non pas à ergoter sur des principes théologiques alléchants – il y va de notre capacité humaine à nous rencontrer, à nous porter au moyen de la bénédiction de vie que nous recevons, ne fût-ce que parce que nous sommes vivants.

C’est aussi rencontrer son et ses prochains. En hébreu, cela suggère non pas celui que est proche (comme l’indique la Peshitta araméenne « qariba/קריבא – celui qui est proche, parent ») mais celui qui est « sien » mais peut aussi faire du mal et être un ennemi « ra’/רע – prochain (cf. lettres désignant le mal, bien qu’il y ait eu une mutation sémantique).

C’est aussi aider les organisations sociales qui luttent pour ceux qui sont dans le besoin, visiter les malades de manière fréquente, d’assister les prisonniers. Les grands Saints ont expliqué combien ce sont des actions qui expriment cette joie à vivre et à pacifier ceux qui sont rejetés, violentés, oubliés.

C’est là que tout est possible à l’Eternel et que le pardon prend son sens sur un chemin pascal.

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P. Christophe Levalois : « La vitalité orthodoxe ne peut qu’être stimulante pour l’Occident »

Le web magazine PHILITT, consacré à la philosophie, à la littérature et au cinéma, s’est entretenu avec le P. Christophe Levalois sur le rapport de l’orthodoxie à l’Occident, quelques jours après l’inauguration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris.

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p. Christophe Levalois

PHILITT : L’Eglise orthodoxe, plus particulièrement l’Eglise orthodoxe russe s’est récemment retrouvée au centre de polémiques diplomatiques avec la France. Est-ce pour vous le symptôme d’une tension plus profonde, spirituelle, culturelle, et non pas seulement politique, entre Orient et Occident ?

Christophe Levalois : Oui, d’une tension profonde et ancienne, mais surtout d’une incompréhension. À part des spécialistes, des chercheurs remarquables et quelques personnes, en France l’Orient est peu connu, c’est également vrai pour l’Europe orientale. Cela s’explique notamment par le fait que l’enseignement scolaire n’offre qu’une place très limitée aux cultures orientales et à leur histoire. C’est également vrai pour la Russie. Certains n’hésitent pas à faire remonter cette situation à Charlemagne ! Même si Anne de Kiev fut reine de France au XIe siècle. La recréation d’un empire en Occident (conçu comme étant la résurgence de l’Empire romain, l’empereur portait le titre d’empereur des Romains) a suscité une opposition à l’Empire romain d’Orient (un intitulé que nous préférons à Empire byzantin, une création occidentale du XVIe siècle). Déjà, peu d’années auparavant, au concile de Francfort, en 794, sous l’impulsion de Charlemagne qui n’était pas encore empereur, le deuxième concile de Nicée, en 787, fut condamné. L’opposition était là principalement théologique, mais la rivalité politique n’est pas à exclure.

Cet éloignement est en fait un lent processus qui a duré tout le Moyen Âge, du début à sa fin. Le théologien catholique Yves Congar, dans un ouvrage passionnant sur cette question, paru en 1954, Neuf cents ans après – Notes sur le « Schisme oriental » (Chevetogne), évoque cet « estrangement », cette ignorance réciproque qui progresse lentement au fil du temps, pour toute une série de raisons, dont on peut relever les étapes, les périodes de confrontation, d’éloignement, ou, au contraire, les moments où des efforts sont faits pour renouer le dialogue. Nul doute que la tension que vous évoquez, l’incompréhension et la distance que l’on peut observer, ont là leurs racines.

Malgré le sac de Constantinople en 1204 et la volonté occidentale d’implanter par la force un empire latin à Constantinople (qui existe de 1204 à 1261), le dialogue, bien que difficile, parfois suspendu, n’était pas encore rompu. Par contre, la chute de Constantinople, en 1453, consacre définitivement une rupture entre l’Occident et l’Orient chrétien. Dans les années qui suivent, la Russie, État indépendant, alors que la plupart des pays de tradition orthodoxe sont sous la domination de l’Empire ottoman, a voulu reprendre le flambeau de l’orthodoxie (troisième Rome) et de cet héritage oriental. Ce faisant, elle a aussi reçu et repris cet « estrangement ». Par la suite, elle fut regardée à la fois comme une puissance redoutable, mais aux marges de l’Europe, y compris culturellement, en dépit des efforts de ses élites pour s’occidentaliser. La concurrence religieuse entre catholicisme et orthodoxie s’est transportée en Europe de l’Est et a aussi laissé des blessures, comme en témoigne aujourd’hui encore en Ukraine et en Roumanie la question uniate [les Églises uniates étaient des Églises de la communion orthodoxe, désormais ralliées à l’autorité du pape de Rome, ndlr]. La IIIe République s’est rapprochée de la Russie à la fin du XIXe siècle pour former après la Triple entente contre l’Allemagne, mais l’installation du communisme dans ce qui est devenu l’URSS a ravivé pour le moins la méfiance et un clivage considérable, sinon une coupure. Actuellement, on peut constater que des positions et réflexes acquis durant l’entre-deux-guerres et lors de la Guerre froide demeurent.

Le résultat aujourd’hui est que les Russes connaissent mieux la culture française que les Français la culture russe. Cette situation est vraiment regrettable, car non seulement, nous mettons des distances avec des populations qui ont un préjugé très favorable vis-à-vis de nous, notamment en raison de notre héritage historique et culturel, mais aussi parce que nous sommes complémentaires, on le voit dans nos approches intellectuelles, la rigueur française d’un côté, l’ampleur et l’illimité russes de l’autre, qui produisent une fascination réciproque pouvant être fructueuse pour chacun.

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le dernier ouvrage du p. Christophe Levalois

Le christianisme oriental — malgré les persécutions récentes — semble s’être régénéré au sortir de la Guerre froide tandis qu’en Occident, la pratique a décliné durant les dernières décennies. Voyez-vous dans la vitalité spirituelle orientale un espoir pour l’Occident ?

Cela fait penser à la phrase de Léon Bloy en 1916 (dans Au Seuil de l’Apocalypse), « J’attends les Cosaques et le Saint-Esprit » ! Ce qu’il faut comprendre concernant cette vitalité, en effet remarquable, c’est que malgré les terribles et régulières persécutions — le mois dernier le métropolite d’Oufa en Russie a estimé que les martyrs pour la foi s’élèvent à 500 000 rien que pour l’URSS — le christianisme a résisté. Il y a d’une part une sorte de rattrapage, car l’Église était très sévèrement corsetée. Aussi, sa croissance durant ces 25 dernières années est phénoménale. Le Patriarcat de Moscou comptait 7 000 églises en 1991, elles sont maintenant environ 35 000, avec, il faut le remarquer, une partie importante, environ la moitié, en dehors du territoire de la Russie, notamment en Ukraine et en Biélorussie. En Roumanie, ce fut aussi le cas. Sait-on que les Roumains sont l’un des peuples les plus pieux d’Europe aujourd’hui avec 85% de la population qui se rattache à l’Eglise orthodoxe ? À ce pourcentage, il faut ajouter celui des autres confessions, au moins 10% ! Ou encore, autre exemple peu connu, l’Albanie où l’Église orthodoxe renaît de ses cendres et rassemble 11% de la population (certains pourcentages montent jusqu’à 20%).

D’autre part, en Russie, l’Église orthodoxe est la seule institution historique qui a traversé la tourmente soviétique. Désireux de renouer avec leur histoire, les Russes trouvent dans l’Église un lien organique vivant avec celle-ci. Enfin, pour l’État et le pays en reconstruction, l’Église est une institution solide, bien organisée, très présente, sur laquelle les pouvoirs publics peuvent compter. En effet, cette vitalité ne peut qu’être stimulante pour l’Occident. L’Église catholique ne s’y est pas trompée. Elle multiplie les collaborations avec les Églises orthodoxes, y compris dans les domaines culturel et artistique. Cette synergie s’exprime aussi vis-à-vis des organisations internationales comme les instances européennes où catholiques et orthodoxes tâchent de défendre des valeurs communes. Religieusement et spirituellement, les contacts sont aussi très stimulants. Ainsi, les catholiques, depuis déjà un bon nombre d’années, ont découvert l’icône. Les chants orthodoxes ont aussi inspiré des communautés catholiques.

La présence orthodoxe en France n’est pas nouvelle, on pense notamment aux migrations russes de 1917. Mais celle-ci est toujours restée discrète. Est-ce le symptôme d’une incompatibilité réelle ou supposée entre deux cultures, ou une volonté de préserver un particularisme ?

La présence de l’orthodoxie en France remonte au XIXe siècle. Il est vrai qu’il s’agissait alors de communautés étrangères : russe, à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre Nevsky est consacrée en 1861, et sur la côte d’azur, roumaine, à Paris, l’église des Saints-Archanges dans le Ve arrondissement est consacrée en 1892, grecque, à Marseille depuis la première moitié de ce siècle. Ce furent des communautés d’exilés et à part quelques personnes, elles se voyaient comme telles. Elles ne se sentaient pas une vocation à essaimer et à diffuser leur foi dans la société française. Donc, en effet, cela tenait plus de la préservation du particularisme avec le désir pour ses membres de conserver un rattachement à une communauté malmenée par l’histoire. Cependant, une orthodoxie francophone s’est développée au XXe siècle (la première paroisse francophone date de 1928), d’une part avec les générations suivantes, qui se sont pleinement intégrées à la société française, d’autre part avec des convertis.

Jean-Claude Larchet

Jean-Claude Larchet

Y a-t-il en Orient un regard particulier sur les orthodoxes occidentaux ? Existe-t-il, malgré la communion, une fracture, et peut-être un malaise d’être à la fois orthodoxe et occidental ?

Je ne crois pas. C’est même le contraire. En France, ce que l’on a appelé l’École de Paris, notamment autour de l’Institut Saint-Serge, fondé en 1925, a joué un rôle très important, à l’échelle internationale, dans la continuation d’une dynamique, née en Russie au XIXe siècle, qui a redécouvert les fondements de la foi orthodoxe, l’héritage théologique des Pères de l’Eglise et la tradition hésychaste, c’est-à-dire mystique. De nombreux responsables d’églises en Orient sont passés par Paris et y ont beaucoup appris. Des auteurs orthodoxes ayant vécu en France ont toujours une grande influence dans toute l’orthodoxie, et par-delà, c’est le cas de Serge Boulgakov, de Vladimir Lossky, de Paul Evdokimov, d’Alexandre Schmemann, de Jean Meyendorff, d’Olivier Clément, et aujourd’hui de Jean-Claude Larchet, pour ne prendre que quelques exemples. Il est vrai qu’il existe aussi, parfois, une défiance vis-à-vis de l’Occident et de la société occidentale, voire une hostilité, qui se traduit entre autres par une méfiance dans les relations œcuméniques, mais pas à l’encontre des orthodoxes en Occident.

Nous avons évoqué la question de l’influence de l’Orient sur l’Occident. À l’inverse, qu’est-ce que le catholicisme et le protestantisme — en ce qu’ils sont de véritables marqueurs de l’esprit ouest-européen — peuvent apporter à l’orthodoxie ?

Les catholiques et les protestants apportent aux orthodoxes leur expérience de la société occidentale que les pays d’Europe de l’Est découvrent sous toutes ses facettes. D’autre part, les Églises orthodoxes à l’époque communiste n’avaient pas en charge les problèmes sociaux et les grandes questions sociétales, comme les questions de bioéthique, ce qui est le cas aujourd’hui. Les travaux et les réflexions, ou encore les démarches pastorales, des catholiques et des protestants sur tous ces sujets sont très utiles pour elles.

L’Occident et l’Orient européen, incluant la Russie, sont-ils confrontés au même défi spirituel ? Le nihilisme, l’athéisme et un certain laïcisme menacent-ils également l’Orient ?

Oui, bien sûr. C’est le cas en Russie et plus généralement en Europe de l’Est. La modernité occidentale s’étend partout, mais les Églises orthodoxes ont souvent des positions plus fortes que les différentes églises en Occident. Elles sont bien plus écoutées dans la société, également par les responsables politiques et les pouvoirs publics. Néanmoins, il est difficile de prévoir l’évolution à moyen terme. Les critiques, parfois vives, à l’encontre des églises existent également. La modernité avec ses mirages consuméristes et ses asservissements, avec la fragmentation individualiste et ses désespérances, gagne du terrain tout en trouvant sur sa route des résistances vigoureuses.

Source ; Crédits photo Коля Саныч

Le patriarche Cyrille de Moscou, dans une interview au Figaro : « L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est le témoignage du Christ et de son Évangile »

xvm0f63a4fe-b894-11e6-bf76-e1dbf4b7eab3Dans une longue interview, parue dans Le Figaro du 3 décembre sous le titre « La renaissance de notre vie ecclésiale est un vrai miracle », le patriarche Cyrille de Moscou a abordé différentes questions, dont celle de l’attitude de l’Église orthodoxe russe à l’égard du pouvoir russe actuel, de la politique en général, la vie de l’Église en Russie, les chrétiens d’Orient, l’islam radical, le Concile panorthodoxe, les relations avec l’Église catholique-romaine. Questionné au sujet de la nouvelle cathédrale russe à Paris, qui pourrait être considérée comme faisant partie de la « stratégie de la représentation de la Russie », le patriarche Cyrille a répondu : « L’Église orthodoxe russe ne représente pas la Russie, ni aucun autre pays ou les orthodoxes relèvent de sa responsabilité, comme la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie, le Japon ou la Chine. L’Église ne peut représenter que le Christ. Elle ne porte que sa parole de vérité adressée à tous les hommes. Et on ne peut tromper les gens là-dessus. Si ce n’est pas vrai, alors ce n’est plus l’Église, mais une officine religieuse. Croyez-moi, personne n’irait prier dans une telle structure (…) L’Église ne peut avoir aucune stratégie, si ce n’est de rendre témoignage du Christ et de son Évangile. Les relations politiques peuvent s’améliorer ou empirer, mais nos églises resteront toujours ouvertes aux orthodoxes de toute origine, quelles que soient leurs convictions politiques, qui sont unis dans la prière ».

Source (dont photographie): Le Figaro . Des extraits en français sur cette page. Original, en russe, dans son intégralité: Patriarcat de Moscou

La consécration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe dans la presse

Plusieurs articles dans la presse évoquent la consécration, ce dimanche 4 décembre, de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris par le patriarche Cyrille de Moscou. Certains articles sont en ligne in extenso. C’est le cas de celui-ci dans l’hebdomadaire Le Point, qui reprend une dépêche de l’Agence France presse, ou de celui là dans le quotidien La Croix. D’autres sont en partie en accès payant, comme cet article de l’hebdomadaire La Vie sur le patriarche Cyrille et les relations avec le pouvoir politique russe.

Photographie ci-dessous de la nouvelle cathédrale: Julija Vidovic

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Compte-rendu de la journée orthodoxe à Taizé – samedi 26 novembre

Nous vous invitons à lire un bref compte-rendu rédigé par les organisateurs de la journée orthodoxe à Taizé du 26 novembre 2016 :

“Le 26 novembre 2016 eut lieu une journée consacrée à “la sainteté dans l’Eglise orthodoxe” au sein de la Communauté des Frères de Taizé, en Saône-et-Loire, près de Cluny, lieu bien connu en France et dans le monde pour son engagement inlassable en faveur de la réconciliation des différentes confessions chrétiennes.
Des jeunes orthodoxes, venus de pays de l’Est, y séjournent régulièrement et, à l’inverse, des groupes de jeunes catholiques et protestants se rendent chaque année dans les pays orthodoxes afin que les uns et les autre apprennent à mieux se connaître et à sortir de leurs préjugés respectifs. Pour Pâques 2016 par exemple, un groupe de jeunes est parti en pèlerinage en Roumanie; ils ont, durant tout leur périple, été hébergés dans des familles orthodoxes et ont participé à la célébration du mystère pascal à la fin de leur séjour.

taizeNotre journée du samedi 26 novembre débuta par la célébration de la divine liturgie, précédée du service des heures, dans la petite église romane du village, près de laquelle se trouve la tombe de frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé.
La liturgie fut concélébrée par le père Joseph Pavlinciuc, du Patriarcat de Moscou, le père Antoine Callot, du Patriarcat de Constantinople et le père Romain Roux, du Patriarcat de Serbie.
De nombreux participants étaient présents dans la petite église : orthodoxes, catholiques et frères de la communauté de Taizé. Le saint fêté ce jour-là dans le calendrier julien était Jean Chrysostome: tout un symbole!

Après la divine liturgie, nous avons été conviés à partager un repas avec frère Aloïs, prieur de la Communauté et avec les frères, ainsi que des responsables de communautés catholiques. Les frères ont eu la délicatesse de proposer un repas respectant le carême orthodoxe.

A 14 H 30 commencèrent les 4 conférences dont le sujet portait sur “la sainteté dans l’Église orthodoxe”. Introduites par frère Aloïs, celles-ci suscitèrent chez nos amis catholiques, un très grand intérêt ainsi que le témoignage que les conférenciers ont donné sur ce thème.
Les participants ont été ainsi plongés au cœur de ce qui fait la spécificité de la sainteté dans l’orthodoxie.
Il est salutaire qu’à travers ce genre de manifestation, chacun puisse réfléchir plus profondément aux questions fondamentales de la foi chrétienne, pour autant que cela se fasse dans le respect mutuel et l’écoute des uns et des autres.
La plupart des participants ont été enchantés par cette journée emplie de soleil et de lumière: la création elle-même confirmait ce que nous avions vécu.
Encouragés par le succès de cette journée, nous avons proposé à la Communauté de Taizé de renouveler cette initiative l’an prochain, à la même date, avec un thème différent.”

A n’en pas douter, l’Esprit soufflait sur Taizé en ce samedi et tous l’ont ressenti comme en témoignaient les visages rayonnant de paix et de joie.

Père Romain et Nadia Roux.”

Un entretien avec Jean-François Colosimo paru dans la revue “Unité des chrétiens”

colosimo_slo2014La revue Unité des chrétiens a publié un entretien avec Jean-François Colosimo (photographie ci-contre), réalisé par le P. Ivan Karageorgiev, que l’on peut trouver en ligne sur cette page. Il y est question de l’Orient chrétien, des dialogues œcuméniques, de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, du concile panorthodoxe qui s’est réuni en Crète en juin dernier.

“Double peau pour l’église orthodoxe russe à Paris”

la-cathedrale-orthodoxe-de-sainte-trinite-deLe magazine AMC (Architecture mouvement continuité) a mis en ligne sur son site un article, intitulé “Double peau pour l’église orthodoxe russe à Paris”, accompagné d’un diaporama (dont la photographie ci-contre) sur l’avancement de la construction de la nouvelle église orthodoxe russe, et le centre attenant, à Paris. En ligne ici.

“Un pont vers le ciel”

Laurent Dandrieu, rédacteur en chef à l’hebdomadaire “Valeurs actuelles“, a publié dans ce magazine une recension, intitulée “Un pont vers le ciel”, dans le n° actuellement en kiosque (n°4155), du livre du P. Christophe Levalois La royauté et le sacré  paru il y a quelques semaines aux éditions du Cerf. Pour lire cette recension, cliquez sur ce lien (faire un clic droit pour une meilleure lisibilité).

La communauté orthodoxe de Nice endeuillée par l’attentat

4744398lpw-4744516-jpg_3672330Extrait d’un article publié par Le Point qui rend compte des célébrations d’hier dans la cathédrale Saint-Nicolas de Nice: “A la cathédrale russe orthodoxe Saint-Nicolas, un magnifique édifice au cœur du quartier russe de Nice, les familles sont venues nombreuses pour l’office du dimanche qui est exceptionnellement suivie d’une panikhide, une cérémonie pour “aider l’âme des morts à s’élever” dans la liturgie orthodoxe.

La communauté russe de Nice et de la Côte d’Azur, la plus importante de France, a été fortement touchée : “au moins une dizaine de personnes” de la communauté, “sans doute plus”, ont été tuées ou blessées dans l’attentat, expliquent avant la cérémonie Pierre de Fermor, le président de l’Association de la cathédrale Russe Saint-Nicolas de Nice (ACRN), et Christian Frizet, son secrétaire.

La paroisse est directement meurtrie. Un lecteur de Saint-Nicolas, Igor, est décédé. Deux amis du recteur, venus d’Anvers, ont également trouvé la mort. A l’entrée de la cathédrale pleine à craquer, leurs portraits est accompagnés d’une petite bougie. Lors de la célébration presque exclusivement chantée, des fidèles, pour certains en larmes, allument des cierges longs et fins et les disposent dans un bac de sable.”

Source (dont photographie) et intégralité de l’article: Le Point

“Un prêtre orthodoxe devient champion d’Ukraine de force athlétique”

P-Viktor-Kochmar_0_730_320Le P. Viktor Kochmar a décroché deux médailles d’or lors du championnat de force athlétique d’Ukraine, parmi 300 concurrents. Il s’agit d’une discipline sportive, appelée dynamophilie au Québec, proche de l’haltérophilie. L’article du journal La Croix qui en rend compte (dont la photographie ci-contre) se trouve sur cette page.

“La nouvelle cathédrale orthodoxe de Paris au cœur d’une guérilla judiciaire”

XVMd06f95ec-edd6-11e5-aa9a-c06fe57a08f9-805x453Le quotidien La Croix a publié un article intitulé: “La nouvelle cathédrale orthodoxe de Paris au cœur d’une guérilla judiciaire”. Il débute en précisant: “Une décision de justice a reconnu au futur centre culturel orthodoxe, situé près de la tour Eiffel, le statut de bien diplomatique. Un vieux « droit de chapelle » a permis à la Fédération de Russie de mettre ce chantier à l’abri dans la bataille judiciaire mondiale qui l’oppose à l’ex-géant pétrolier Ioukos.” La suite de l’article est en ligne ici.

Les chrétiens orthodoxes de Chine célèbrent Pâques

Harbin — Vêtu de rouge et d’or, à la lueur des cierges, le premier prêtre orthodoxe ordonné en Chine continentale en soixante ans a célébré une messe de Pâques dimanche à Harbin (nord-est), symbole étonnant du réchauffement des relations entre Moscou et Pékin.

« C’est un jour heureux. Nous nous réjouissons de la résurrection », a affirmé le prêtre Alexandre Yu Shi, qui a dit des prières en slavon liturgique et en mandarin. « Il s’agit également d’une résurrection pour l’Église orthodoxe orientale à Harbin ».

Alexandre Yu Shi est le premier Chinois de l’histoire à avoir étudié dans un séminaire orthodoxe, en Russie, avec le soutien du Parti communiste chinois, pourtant athée.

« Avec l’aide des gouvernements des deux pays, j’ai pu apprendre la théologie » au séminaire de Saint-Pétersbourg, a affirmé à l’AFP cet ancien cadre de banque, ordonné prêtre l’année dernière, dont les grands-parents sont bouddhistes.

Pour sa première célébration de Pâques, quelque soixante fidèles étaient réunis, pour moitié des Chinois et pour moitié des expatriés russes.

La ville de Harbin était jadis qualifiée de « Paris de l’Est » pour sa population cosmopolite, avec des dizaines de milliers de Russes et ses plus de vingt églises orthodoxes.

Mais après l’arrivée au pouvoir du Parti communiste en 1949, de nombreux Russes ont fui ou ont été rapatriés et les fidèles sont entrés dans la clandestinité, tandis que les édifices religieux étaient détruits pendant la révolution culturelle déclenchée en 1966 par Mao Tsé-Toung.

Les messes orthodoxes ont repris en 1980, après la mort de Mao, mais faute de nouvelles ordinations, Harbin s’est retrouvée sans prêtres à la mort du dernier dans cette ville, en 2000.

Le Parti communiste reste toutefois méfiant vis-à-vis de la religion, comme en attestait la présence de plusieurs voitures de police surveillant la célébration de Pâques.

La Chine compte quelque 5,7 millions de catholiques et 23 millions de protestants, d’après des chiffres du Bureau des affaires religieuses datant de 2014. Le nombre des croyants orthodoxes est quant à lui évalué à 10 000.

Mais avec l’« Église souterraine » prospérant en dehors des organisations officielles, la communauté chrétienne chinoise pourrait au total compter quelque 60 millions de personnes, selon certaines évaluations.

Le réchauffement des relations entre Moscou et Pékin a donné un coup de pouce inespéré à l’Église orthodoxe : le président chinois Xi Jinping a rencontré à plusieurs reprises son homologue russe Vladimir Poutine ainsi que le patriarche orthodoxe russe Kirill, qui a célébré une messe historique à Pékin en 2013.

Source et photographie

Des interventions de Jean-François Colosimo dans les grands médias sur la visite du pape à Lesbos

colosimo_slo2014Plusieurs grands médias ont interrogé Jean-François Colosimo sur la visite du pape à Lesbos avec le patriarche oecuménique Bartholomée et l’archevêque Jérôme d’Athènes : BFMTV dans l’émission “Bourdin direct”, Europe 1, dans le journal du matin de Wendy Bouchard du 17 avril (analyse à partir de 1:58:50), et par une tribune, dans Le Figaro, intitulée: “Pape François et les réfugiés musulmans: derrière la provocation, une posture prophétique“. Il a également été interrogé lors du journal de 16h30 le 16 avril sur Itélé et sur France Info lors du journal de 13h15 du 17 avril.

Le Figaro : « Les Eglises catholique et orthodoxe russe peuvent faire beaucoup pour les chrétiens en Orient »

Dans un entretien accordé au quotidien Le Figaro, le père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe en France revient sur la rencontre historique entre le patriarche de l’Église orthodoxe russe Cyrille et le pape François, prévue le 12 février prochain à Cuba.

Le patriarche œcuménique Bartholomée a donné son soutien à la demande d’attribution du prix Nobel de la paix aux habitants et aux bénévoles des îles de la Mer Égée pour leur contribution dans l’aide à la crise des réfugiés

Le patriarche œcuménique Bartholomée a exprimé son soutien à la pétition demandant l’attribution du prix Nobel aux héros des îles de la Mer Égée, qui ont sauvé ou assisté les réfugiés. Cette pétition a uni les députés européens des partis grecs Syriza, Nouvelle démocratie, Parti populaire, les socialistes et les verts, les libéraux et le Parti de gauche. D’éminents professeurs des universités d’Oxford, Princeton, Harvard, Cornell ou Copenhague sont en train de rédiger un mémoire en faveur de l’attribution du prix à la population de ces îles», selon le journal britannique The Guardian. Jusqu’à présent, plus de 395.000 signatures ont été recueillies. Le site Romfea gr. indique un lien sur lequel on peut signer la pétition.

Source

Un entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée

CBlsKuCVEAAhcW9La revue italienne La Civiltà Cattolica vient de publier un entretien avec le patriarche œcuménique Bartholomée. Il a été réalisé par le directeur de la revue, le père jésuite Antonio Spadaro, un spécialiste de la communication. La version italienne de l’entretien est ici, la version anglaise .

Photographie, de gauche à droite: le père Antonio Spadaro, le patriarche Bartholomée, le pape François (source).

“Moine et cuisinier – Frère Jean, saint nourricier”

Frere-Jean-Saint-nourricier_article_landscape_pm_v8L’hebdomadaire Paris-Match a publié un reportage sur père Gérasime (frère Jean) et le skite Sainte-Foy. Malgré sa qualité et son intérêt, l’article comporte quelques erreurs: P. Gérasime ne chante pas dans les bars de Marseille, frère Joseph n’a pas donné sa fortune, le père Séraphim n’a pas obligé P. Gérasime à faire le cuisine.

Source de la photographie: reportage dans Paris-Match

“Grassac: Exposition vente au monastère orthodoxe”

2216771909Les religieuses du monastère orthodoxe de Doumérac à Grassac (en Charente) proposent une exposition vente de leurs œuvres, notamment des icônes. L’exposition est ouverte tous les jours de 14h à 18h (même les jours fériés) jusqu’au 11 janvier. Pour plus d’informations, lire l’article publié dans le quotidien La Charente libre (dont photographie).

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Jovan Nikoloski