23 janvier (ancien calendrier) / 5 février (nouveau)

Saints Clément, évêque d’Ancyre et Agathange, martyrs (312) ; saint Mausime le Syrien, prêtre (IVème s.) ; saint Salaman le silencieux, ermite en Palestine (vers 400) ; saint Paulin le miséricordieux, évêque de Nole (431) ; saint Maimbœuf, martyr à Besançon (vers 480) ;  mémoire du VIème Concile œcuménique (680-681) ; saint Denis de l’Olympe (1541) ; saint Gennade de Kostroma (1565) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Séraphim (Boulachov), moine, Eudocie (Kouzminov) et Catherine (Tcherkassov), Militsa (Kouvchinov), martyre (1938).

SAINT CLÉMENT D’ANCYRE

23 janvier

L’illustre et bienheureux martyr du Christ Clément était originaire de la ville d’Ancyre en Galatie. Il était fils d’un père païen et d’une mère chrétienne, Euphrosynie, qui avant de mourir lui prophétisa qu’il devait endurer de longues et cruelles souffrances pour le Seigneur. Adopté par une sainte et pieuse femme, nommée Sophia, il grandit en toute piété, distribuant les biens de la maison aux enfants pauvres et leur enseignant les rudiments de la foi. Dès l’âge de douze ans, il jeûnait et priait comme les moines, aussi fut-il bientôt ordonné diacre, puis prêtre, avant d’être élevé à la charge d’évêque de la ville, à l’âge de seulement vingt ans. Il gouvernait néanmoins son troupeau spirituel avec la science et la sagesse d’un vieillard, consacrant son plus grand soin aux enfants pauvres et aux orphelins, dont il baptisa un grand nombre. En apprenant tout le bien accompli par le jeune prélat, le vicaire impérial de la cité le fit arrêter et, après l’avoir interrogé, il le soumit à la flagellation. Comme Clément résistait sans trembler, en disant : « Plus tu affligeras ma chair de tourments, plus mon âme en tirera profit », on lui brisa la mâchoire à coups de pierres, mais le saint en retirait encore plus de joie de souffrir ainsi à l’imitation du Christ.

Le gouverneur, resté impuissant devant la vaillance du martyr, l’envoya à Rome auprès de l’empereur Dioclétien. Quand saint Clément comparut devant le terrible souverain, celui-ci fit étaler devant lui d’un côté des objets précieux et de l’autre des instruments de tortures. Mais, contrairement à son attente, le saint lui répondit : « Tous ces vases précieux que tu me présentes me donnent à penser combien plus glorieux sont les biens éternels du Paradis, et ces instruments de supplice me font craindre davantage les châtiments éternels réservés en enfer à ceux qui auront renié le Seigneur. »

Soumis au supplice de la roue, il eut les chairs réduites en lambeaux, mais se trouva miraculeusement guéri, entraînant la conversion d’un grand nombre de païens qui s’écrièrent : « Oui, grand est le Dieu des chrétiens ! » Ils furent aussitôt jetés en prison. La nuit même, un ange leur apparut en leur apportant la sainte Eucharistie, et saint Clément eut le temps de les faire communier avant leur exécution. Quant à lui, livré à de nouvelles tortures dans tous ses membres, flagellé jusqu’à l’os et brûlé avec des torches, il résistait comme si ces souffrances étaient endurées par un autre que lui.

Le tyran l’envoya alors à Nicomédie, en espérant que le gouverneur de cette ville saurait le soumettre. Un des païens convertis, qui avait échappé au massacre, Agathange (« le bon ange »), s’échappa alors de la prison et s’embarqua en cachette sur le même navire, avec le désir de partager les souffrances de son père en Christ. Dès lors, Clément et Agathange restèrent compagnons inséparables dans toutes les tribulations. Quand ils n’étaient pas soumis à la torture, ils mataient leurs corps par le jeûne et par les veilles, et recevaient en retour une nourriture céleste. Aussitôt parvenus à Nicomédie, ils furent interrogés et torturés, puis jetés en prison, où des anges vinrent les visiter. Cette céleste apparition entraîna la conversion des autres détenus qui furent délivrés par la prière des saints. Après les avoir livrés aux fauves sans résultat, on leur enfonça des broches incandescentes du doigt jusqu’à l’aisselle. Le peuple présent, admirant leur constance dans la douleur, se révolta alors contre le cruel tyran. Celui-ci fit sortir les martyrs de la cité et les fit dévaler du haut d’une haute montagne, enfermés dans des sacs ; mais des anges de Dieu vinrent à nouveau à leur secours et ils retournèrent sains et saufs en ville, guérissant en chemin deux paralytiques aveugles. Le gouverneur de Nicomédie, craignant un soulèvement populaire en leur faveur, envoya alors les deux soldats du Christ à Ancyre, la patrie de Clément, où ils subirent de nouveaux et redoutables supplices.

Comme ils sortaient encore victorieux de ces épreuves, on décida de les transférer à Amisos en Hélénopont (auj. Samsum). Mais les enfants autrefois baptisés par saint Clément voulurent absolument le suivre. Les soldats parvinrent avec peine à les arracher à lui et les décapitèrent sans pitié. Soumis à de nouveaux supplices, les deux saints reçurent la visite du Christ dans leur geôle, qui guérit leurs blessures et les encouragea à persévérer jusqu’à la fin. Le gouverneur d’Amisos, Dométien, reconnaissant lui aussi son impuissance, les fit transférer à Tarse auprès du co-empereur Maximien. Sur la route, ils firent jaillir de l’eau pour désaltérer les soldats de leur escorte et les malades qui approchaient d’eux pour toucher leurs plaies, recouvraient aussitôt la santé. À Tarse, ils sortirent indemnes d’une fournaise ardente, comme les Jeunes Gens à Babylone ; puis, comme on les avait traînés à terre dans toute la ville, ils attirèrent l’admiration et la conversion d’un grand nombre de païens. Nouveaux emprisonnements, nouveaux interrogatoires et nouveaux supplices, mais sans faillir les athlètes de la foi restaient aussi inébranlables que le diamant mis à l’épreuve des coups et du feu. Ces tribulations durèrent jusqu’à ce que soient accomplies les vingt-huit années de témoignage pour le Christ, dont Clément avait reçu la prédiction dans une vision.

Renvoyés à Ancyre après de longues années d’incarcération et comparaissant devant un neuvième tyran, ils furent encore torturés et Agathange eut la tête tranchée, alors qu’on jetait de nouveau Clément dans un cachot obscur. Le jour de la Théophanie, sa mère adoptive, Sophia, trouva le moyen de se glisser dans la prison avec d’autres fidèles. Ils obtinrent de ses gardiens de pouvoir l’emmener jusqu’à l’église où, revêtu d’ornements tout blancs, il célébra la vigile nocturne et distribua à tous la sainte communion, avant de retourner de son plein gré dans son cachot. Quelques jours plus tard, le 23 janvier 296, comme saint Clément célébrait de nouveau le saint sacrifice dans l’église, les soldats païens surgirent soudain et le décapitèrent au moment où il inclinait la tête au-dessus de l’autel. Le saint évêque devint ainsi, à l’imitation du Christ, la victime du sacrifice. Les deux diacres qui l’assistaient furent aussi exécutés, et la pieuse Sophia alla ensevelir les trois corps non loin de là, dans un lieu nommé Krypton.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint martyr ton 4

Comme sarment de vénérable sainteté, * comme hampe du combat pour la foi, * comme fleur sacrée, tu as poussé, * comme fruit délicieux donné par Dieu aux croyants. * Compagnon de lutte des Martyrs * siégeant avec les saints Pontifes, prie le Christ notre Dieu * de sauver nos âmes.

Kondakion du saint martyr, ton 4

De la vigne du Christ * tu fus le vénérable sarment * et dans tes multiples combats, très illustre Clément, * avec tes compagnons de lutte tu proclamais : * C’est toi, ô Christ, l’allégresse des Martyrs.

ÉPÎTRE DU JOUR

1 Jn I, 8 – II, 6

Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous. Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. Si nous gardons ses commandements, par là nous savons que nous l’avons connu. Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui. Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc XIII, 31-XIV, 2 Jésus déclara : le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez quand ce temps viendra. Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l’autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin ; craignez qu’il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. Ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez. La fête de Pâque et des pains sans levain devait avoir lieu deux jours après. Les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient les moyens d’arrêter Jésus par ruse, et de le faire mourir. Car ils disaient : Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu’il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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