20/08/2017
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Le rassemblement de la Fraternité orthodoxe du sud-est de la France au monastère de Solan

Le prochain rassemblement de la Fraternité orthodoxe du sud-est (de la France) aura lieu se déroulera le mardi 1er mai au monastère de Solan (adresse et situation géographique). Programme : 9h30, matines; 10h30, divine liturgie; 12h30, repas tiré du sac dans les jardins du monastère; 14 heures, conférence deMichel Sollogoub (1) sur le thème “Foi et crise économique“. La Fraternité orthodoxe du sud-est a pour but de rendre visible la tradition orthodoxe dans la région PACA, de créer des liens entre les orthodoxes disséminés dans le sud-est de la France et entre les communautés structurées. Pour cela, elle vise à établir des relations et des échanges entre les paroisses et, à diffuser l’information entre les fidèles. Elle désire contribuer, à son niveau, à l’approfondissement de la foi orthodoxe. Elle fonctionne dans la mouvance de la Fraternité orthodoxe d’Europe occidentale dont elle est un des services.

Recension: Thierry Delahaye, « Le monastère de Solan. Une aventure agroécologique »

6a00d83451c30d69e201538fc1abc1970b-250wi Thierry Delahaye, « Le monastère de Solan. Une aventure agroécologique », préface de Pierre Rabhi, édition Actes Sud, 2011, 126 p.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages pratiques et documentaires et particulièrement intéressé par l’écologie (il a écrit un livre en collaboration avec Nicolas Hulot) et l’agroécologie, Thierry Delahaye retrace dans ce beau livre (illustré de magnifiques photos dues notamment à Ferrante Ferranti, et édité avec goût) l’aventure du monastère de Solan depuis sa fondation jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit avant tout d’une aventure monastique qui a pris sa source au Mont-Athos avec la conversion du père Placide Deseille (higoumène du monastère-frère de Saint-Antoine-le-Grand et père spirituel du monastère de Solan), et qui a pris aussi la forme d’une aventure agroécologique lorsqu’il s’est agi de réhabiliter le mas et les terres attenantes acquis par la jeune communauté à Solan et d’organiser une production qui permette d’assurer la vie matérielle d’un monastère dans un cadre et selon une perspective compatibles avec sa finalité spirituelle. L’histoire de la communauté et de son développement, sont ici retracés dans le détail, avec l’évocation de tous les problèmes rencontrés et des solutions qui leur ont été données, de tous les projets formés et de leurs aboutissements. Conseillés dans les domaines de l’agroécologie (un mode d’agriculture qui se montre respectueux des sols, de l’environnement et des plantes) et de l’agriculture biologique par des amis compétents (dont Pierre Rabhi), c’est sous la conduite de l’archimandrite Placide et de la mère higoumène Hypandia que les sœurs ont avant tout cherché à faire de leur travail de la terre un prolongement de leur vie monastique, où la nature est perçue comme un don précieux du Créateur que l’homme a pour mission de préserver et de faire fructifier, et au travers duquel il se doit de rendre grâce à Dieu dans l’amour et la contemplation. Alors que la préface de Pierre Rabhi expose l’esprit du premier objectif (p. 13-15), un beau texte de Mère Hypandia (p. 111-118) expose celui du second. Ce livre se présente ainsi, à travers surtout l’exemplarité de cette expérience unique en France (mais qui se prologne maintenant à une vaste échelle dans les monastères de Roumanie), non seulement comme un traité d’agrobiologie appliquée, mais comme un manifeste d’écologie spirituelle.

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“Le monastère de Solan – Une aventure agroécologique”

9782742797608 Les éditions Actes sud viennent de publier un ouvrage de Thierry Delahaye intitulé Le monastère de Solan – Une aventure agroécologique. Présentation de l'éditeur: " Face aux dérives écologiques qui pèsent sur nos écosystèmes, la religion orthodoxe se distingue par ses recommandations ouvertes invitant à respecter et à prendre soin de la planète. C’est qu’il n’existe pas de dichotomie entre la matière et l’esprit dans cette religion, la préservation de la création et la quête mystique participant du même souffle. En 1992, lorsque les soeurs du monastère de Solan (1, 2, 3) décident de changer les modes de culture du domaine dans lequel elles vivent, elles recherchent tout naturellement la cohérence entre les valeurs spirituelles qui les occupent et des pratiques soucieuses de l’environnement. Elles tentent alors de relever ce défi : transformer un ancien domaine agricole cultivé en agriculture conventionnelle et intensive en une expérience exigeante d’agriculture agroécologique. La rencontre avec Pierre Rabhi (1) semble déterminante dans ce processus : pionnier de l’agriculture biologique, ses préoccupations sont proches de celles de la communauté. La convergence entre son approche et les désirs et croyances des soeurs a permis à la communauté de se lancer dans une aventure agricole et spirituelle. Vingt ans plus tard, le domaine – dont la biodiversité a été renforcée et les équilibres des écosystèmes en partie restaurés – propose désormais une alternance de parcelles cultivées et de zones sauvages, de vignes et de forêts, de jardins potagers et de vergers.

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Le rassemblement de la Fraternité orthodoxe du Sud-Est au monastère de Solan aura lieu le 13 juin

Le lundi 13 juin (lundi de la Pentecôte) aura lieu le rassemblement de la Fraternité orthodoxe du Sud-Est au monastère de Solan, dans le Gard, sous la présidence de Mgr Gabriel. "La Fraternité a pour but de rendre visible la tradition orthodoxe dans la région PACA, de créer des liens entre les orthodoxes disséminés dans le Sud-Est et entre les communautés structurées. Pour cela , elle vise à établir des relations et des échanges entre les paroisses et, à diffuser l'information entre les fidèles. Elle désire contribuer, à son niveau, à l'approfondissement de la foi orthodoxe. Elle fonctionne dans la mouvance de la Fraternité orthodoxe d'Europe occidentale dont elle est un des services." Programme: 09H30: matines; 10H30: divine liturgie; 12H30: repas tiré du sac dans les jardins du monastère; 14H00: conférence du père Marc-Antoine Costa de Beauregard sur le thème "L'épanouissement de la personne humaine dans la vie paroissiale". Pour accéder au monastère, voir ici.

Lundi 24 mai: rassemblement de la Fraternité orthodoxe du Sud-Est au Monastère de Solan

Le lundi 24 Mai 2010 (lundi de Pentecôte) se déroulera le rassemblement de la Fraternité orthodoxe du Sud-Est au Monastère de Solan. La Fraternité a pour but de rendre visible la tradition orthodoxe dans la région PACA, de créer des liens entre les orthodoxes disséminés dans le Sud-Est et entre les communautés structurées.Pour cela , elle vise à établir des relations et des échanges entre les paroisses et, à diffuser l'information entre les fidèles. Elle désire contribuer, à son niveau, à l'approfondissement de la foi orthodoxe. Elle fonctionne dans la mouvance de la Fraternité orthodoxe d'Europe occidentale dont elle est un des services.

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La démarche écologique du monastère de Solan

L’émission
de télévision « Tombé du ciel », sur la chaîne LCP Assemblée nationale, du 12 janvier 2008, a
proposé un reportage sur le monastère de
Solan
, dans le Gard, et sa démarche écologique. Des moniales sont
interrogées, ainsi que l’higoumène, mère Hypandia et l’archimandrite
Placide
(Deseille). Pour visionner cet extrait de l’émission, cliquez ici.

Les produits du monastère de Solan

Le monastère de
Solan
a un stand (D 20) au salon
Marjolaine
, qui se tient actuellement aux portes de Paris (parc floral –
Bois de Vincennes) jusqu’au dimanche 18 novembre inclus, où seront vendus ses
produits, tous issus de l’agriculture biologique, notamment : vins,
confitures et pâtes de fruits.

17 juillet

17 juillet

Sainte Marine (ou Marguerite), mégalomartyre à Antioche de Pisidie (IVème s.) ; saint martyr Livier (Vème s.) ; saint Irénarque de Solovki (1628) ; saint Léonide de Vologda (1654) :  saint Théodose, évêque d’Auxerre (vers 515) ; saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918).

SAINT TSAR NICOLAS[1]

saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918)

Le tsar NICOLAS II fut couronné en mai 1896, à l’âge de vingt-six ans. De nature simple et timide, exempte de malice et profondément religieuse, il préférait la sérénité de la vie familiale aux démonstrations de puissance et aux rouages de la politique, mais il fut cependant amené par la divine Providence à assumer le pouvoir au moment où l’immense empire russe, chancelant et déconsidéré par l’intelligentsia, allait s’effondrer. On lui a reproché beaucoup de maladresses et d’erreurs, qui ont peut-être accéléré la catastrophe, mais sans prendre en considération qu’il était mû par une haute idée de sa vocation et par un sincère désir de sauver la sainte Russie. Vivant sobrement et utilisant avec générosité sa fortune personnelle pour répandre des aumônes et fonder des établissements de bienfaisance, il montrait un intérêt sincère pour le petit peuple qu’il considérait comme le seul ferme soutien de la monarchie. Il connaissait bien les offices de l’Église, et aimait se joindre au chœur pour chanter. En 1894, il avait épousé la princesse Alice de Hesse-Darmstadt, dont il s’était épris depuis sa jeunesse. Petite-fille de la reine Victoria, elle avait été élevée en Angleterre, dans la foi protestante. Le seul obstacle à leur union avait été la différence de foi, et finalement la princesse avait décidé de se convertir. Après une catéchèse approfondie, elle fut baptisée, sous le nom d’Alexandra. Elle embrassa de tout son cœur la foi orthodoxe et nourrit dès lors un ardent amour pour le peuple russe, auquel elle s’était identifiée. Après avoir donné naissance à quatre filles, dont elle surveillait avec sollicitude l’éducation, en 1904, elle mit au monde le tsarévitch Alexis, dans lequel la famille reposait tous ses espoirs. Malheureusement, on découvrit bientôt que l’enfant était atteint d’hémophilie, une maladie héréditaire de la famille de l’impératrice. Désemparée et lourdement affligée, la tsarine s’estimait responsable de cette maladie. Après avoir épuisé les ressources de la médecine, elle se tourna vers la religion, et tomba sous l’influence d’un faux moine, aux mystérieux pouvoirs hypnotiques et prophétiques, Grégoire Raspoutine. À plusieurs reprises, l’état de santé du tsarévitch s’était trouvé amélioré après que Raspoutine eut affirmé avoir prié pour lui. Les pouvoirs — en fait probablement démoniaques — de Raspoutine lui assurèrent, malgré sa conduite ouvertement débauchée, un ascendant considérable sur la tsarine, ce qui scandalisait le peuple et acheva de déconsidérer le pouvoir impérial.Malgré son sincère désir de réaffirmer le caractère religieux de son autorité, le tsar, entouré de conseillers d’une probité douteuse, ne fut pas en mesure d’adopter une politique conséquente. Il réagit par la force aux mouvements d’insurrections populaires et repoussa les propositions de son Premier ministre de faire des concessions aux libéraux. Homme de paix, il avait eu l’initiative de la conférence de La Haye, en 1899, qui posa les principes d’un arbitrage international et d’une limitation des armements. Et ce n’est que sous la pression des circonstances qu’il fut amené à engager son pays dans trois guerres aux conséquences catastrophiques. Le premier tsar à montrer de l’intérêt pour l’Extrême-Orient, il avait inauguré le Transsibérien, mais ses perspectives expansionnistes l’amenèrent à entrer en guerre contre le Japon (1904-1905). La défaite essuyée par l’armée russe fut l’occasion des mouvements révolutionnaires de 1905. L’empereur accepta, malgré lui, la création d’une Assemblée Nationale (Douma) dotée de pouvoirs consultatifs, avec la perspective de progresser vers un régime constitutionnel. Par la suite, il s’efforça de renforcer son autorité et congédia le Premier ministre Witte. Son remplaçant, Stolypine, était un homme d’État compétent, qui essaya de dénoncer l’influence scandaleuse de Raspoutine et de concéder des réformes nécessaires, mais il fut assassiné (1911). L’éclatement de la Première Guerre Mondiale, en 1914, consolida pour un temps le pouvoir impérial, du fait de l’élan patriotique qui s’en suivit. En 1915, l’empereur décida de prendre lui-même la direction des opérations militaires. Son départ sur le front, laissa le champ libre à l’influence désolante de Raspoutine, qui faisait déposer des ministres compétents pour les remplacer par des incapables. N’en pouvant plus, un groupe d’aristocrates assassina le faux starets, mais la confusion à la cour n’en fut pas apaisée pour autant, et le tsar se trouva en fait isolé. Lorsque des troubles sanglants éclatèrent à Saint-Pétersbourg, en mars 1917, Nicolas ordonna de prendre des mesures énergiques pour rétablir l’ordre. Mais il était déjà trop tard. Le gouvernement démissionna, et la Douma, soutenue par les généraux, fit pression sur le tsar pour qu’il abdique, afin d’éviter une sanglante guerre civile. Peu convaincu que c’était la volonté du peuple, à l’issue d’une nuit de prière, le 15 mars, le tsar accepta d’abdiquer pour sauver la patrie, et c’est les larmes aux yeux qu’il dit adieu à l’armée et à ses collaborateurs. Peu de temps après, le gouvernement provisoire décida l’arrestation de la famille impériale et sa détention dans leur propriété de Tsarskoïe Selo (Pouchkine), près de Saint-Pétersbourg. En août, ils furent transférés à Tobolsk, en Sibérie occidentale. Jouissant encore d’une relative liberté, l’empereur pouvait correspondre et suivait avec douleur les événements tragiques qui agitaient la Russie. Réalisant que son abdication avait en fait permis la prise du pouvoir par les bolcheviques, au lieu d’ouvrir la voie à un régime démocratique, il regrettait amèrement son acte. Après la Révolution d’Octobre, les conditions de détention de la famille impériale devinrent plus sévères : on leur interdisait d’aller à l’église et de faire des promenades. En avril 1918, ils furent transférés à Ekaterinbourg, dans l’Oural, et furent l’objet des injures et de la grossièreté de leurs gardiens. Comme l’armée blanche approchait de la région, le 17 juillet 1918, en pleine nuit, des membres de la Tcheka locale ordonnèrent à la famille de se préparer au départ et la firent descendre dans le cellier de la maison. Ils exécutèrent d’abord les quatre filles du tsar : Olga, Maria, Tatiana et Anastasia. On amena ensuite le tsar, avec son épouse et son fils. Quand elle vit les corps ensanglantés de ses quatre filles, la tsarine poussa un grand cri et se précipita pour protéger son fils. Elle fut aussitôt abattue. Un des hommes frappa le tsar au visage et le fit tomber, tandis que d’autres faisaient feu sur lui. Ils tirèrent enfin deux balles sur le prince Alexis. Il s’effondra, mais resta à gémir pendant un long moment, et les hommes l’achevèrent par quatre balles dans la tête . Les fidèles serviteurs de la famille, qui les avaient suivis dans leur infortune, furent aussi mis à mort : le médecin de l’empereur, Eugène C. Botkine, la servante de l’impératrice, Anne C. Demidova, le cuisinier, Kharitonov, et le valet de chambre, Troop. D’autres amis et serviteurs furent emmenés en prison et exécutés peu après. Les corps de la famille impériale furent ensuite transportés dans une mine abandonnée, mis en pièces et arrosés de pétrole et d’acide sulfurique. On les laissa se consumer pendant deux jours, puis on les jeta dans la mine, et après avoir fait éclater quelques grenades, on en boucha l’entrée. En 1994, les restes du tsar Nicolas et de quelques membres de la famille furent retrouvés et identifiés, grâce à une analyse génétique.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 Tropaire de sainte Marine, ton 5

Illustre Marine, promise au Verbe divin, à tout bien terrestre tu renonças et combattis, splendide vierge, brillamment; sous, la forme de celui qui se montra tu foulas aux pieds l’invisible ennemi, victorieuse Martyre, vaillamment; et désormais depuis le ciel tu fais jaillir sur le monde le flot des guérisons.

Tropaire du saint martyr Nicolas II, ton 5

Tu enduras avec douceur la privation de la royauté terrestre, les liens et les souffrances de toutes sortes, ayant confessé le Christ jusqu’à la mort même de la main des ennemis de Dieu, ô Tsar grand martyr couronné de Dieu Nicolas ; ayant pour cela reçu du Christ Dieu la couronne des martyrs dans les cieux, avec la tsarine, tes enfants et tes serviteurs, prie Le de faire miséricorde à la terre russe et de sauver nos âmes. 

Kondakion de sainte Marine, ton 3 :

Parée de splendeur par ta virginité, tu as ceint, par tes blessures, la couronne des martyrs; et, purifiée par le sang de tes combats, resplendissante sous l’éclat des guérisons, vierge Marine, tu as reçu la récompense de ta victoire au combat.

Kondakion du saint martyr Nicolas II, ton 4

Affermis l’espérance du tsar martyr avec la tsarine, ses enfants et ses serviteurs, et donne-leur de voler vers ton amour, toi qui leur annonças le repos à venir ; par leurs prières, Seigneur, fais nous miséricorde.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIII, 54-58)

S’étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

4 juillet (ancien calendrier) / 17 juillet (nouveau)

4 juillet (ancien calendrier)                               17 juillet (nouveau)

Saint André, archevêque de Crète (740) ; saints martyrs Théodote et Théodota (108) ;saint Théodore, évêque de Cyrène, martyr (310) ; saint Florent, évêque de Cahors (IVème s.) ; saint Valentin, prêtre et ermite (547) ; saint martyr Laurian à Vatan, en Berry (544) ; sainte Marthe, mère de saint Siméon le stylite, le jeune, du mont Admirable (554) ; sainte Berthe, veuve, abbesse en Artois (vers 725) ; saint André, prince de Bogolubovo (1174) ; saint André Roublev (vers 1420) ; saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918) ; saint hiéromartyr Sava, évêque de Gornji Karlovac (1941) ; saint hiéromartyr Démètre Kazansky, prêtre (1942).

 

SAINT TSAR NICOLAS[1]

saints martyrs impériaux Nicolas, Alexandra, Alexis, Olga, Tatiana, Marie, Anastasie, et leur médecin Eugène (1918)

Le tsar Nicolas II fut couronné en mai 1896, à l’âge de vingt-six ans. De nature simple et timide, exempte de malice et profondément religieuse, il préférait la sérénité de la vie familiale aux démonstrations de puissance et aux rouages de la politique, mais il fut cependant amené par la divine Providence à assumer le pouvoir au moment où l’immense empire russe, chancelant et déconsidéré par l’intelligentsia, allait s’effondrer. On lui a reproché beaucoup de maladresses et d’erreurs, qui ont peut-être accéléré la catastrophe, mais sans prendre en considération qu’il était mû par une haute idée de sa vocation et par un sincère désir de sauver la sainte Russie. Vivant sobrement et utilisant avec générosité sa fortune personnelle pour répandre des aumônes et fonder des établissements de bienfaisance, il montrait un intérêt sincère pour le petit peuple qu’il considérait comme le seul ferme soutien de la monarchie. Il connaissait bien les offices de l’Église, et aimait se joindre au chœur pour chanter. En 1894, il avait épousé la princesse Alice de Hesse-Darmstadt, dont il s’était épris depuis sa jeunesse. Petite-fille de la reine Victoria, elle avait été élevée en Angleterre, dans la foi protestante. Le seul obstacle à leur union avait été la différence de foi, et finalement la princesse avait décidé de se convertir. Après une catéchèse approfondie, elle fut baptisée, sous le nom d’Alexandra. Elle embrassa de tout son cœur la foi orthodoxe et nourrit dès lors un ardent amour pour le peuple russe, auquel elle s’était identifiée. Après avoir donné naissance à quatre filles, dont elle surveillait avec sollicitude l’éducation, en 1904, elle mit au monde le tsarévitch Alexis, dans lequel la famille reposait tous ses espoirs. Malheureusement, on découvrit bientôt que l’enfant était atteint d’hémophilie, une maladie héréditaire de la famille de l’impératrice. Désemparée et lourdement affligée, la tsarine s’estimait responsable de cette maladie. Après avoir épuisé les ressources de la médecine, elle se tourna vers la religion, et tomba sous l’influence d’un faux moine, aux mystérieux pouvoirs hypnotiques et prophétiques, Grégoire Raspoutine. À plusieurs reprises, l’état de santé du tsarévitch s’était trouvé amélioré après que Raspoutine eut affirmé avoir prié pour lui. Les pouvoirs — en fait probablement démoniaques — de Raspoutine lui assurèrent, malgré sa conduite ouvertement débauchée, un ascendant considérable sur la tsarine, ce qui scandalisait le peuple et acheva de déconsidérer le pouvoir impérial. Malgré son sincère désir de réaffirmer le caractère religieux de son autorité, le tsar, entouré de conseillers d’une probité douteuse, ne fut pas en mesure d’adopter une politique conséquente. Il réagit par la force aux mouvements d’insurrections populaires et repoussa les propositions de son Premier ministre de faire des concessions aux libéraux. Homme de paix, il avait eu l’initiative de la conférence de La Haye, en 1899, qui posa les principes d’un arbitrage international et d’une limitation des armements. Et ce n’est que sous la pression des circonstances qu’il fut amené à engager son pays dans trois guerres aux conséquences catastrophiques. Le premier tsar à montrer de l’intérêt pour l’Extrême-Orient, il avait inauguré le Transsibérien, mais ses perspectives expansionnistes l’amenèrent à entrer en guerre contre le Japon (1904-1905). La défaite essuyée par l’armée russe fut l’occasion des mouvements révolutionnaires de 1905. L’empereur accepta, malgré lui, la création d’une Assemblée Nationale (Douma) dotée de pouvoirs consultatifs, avec la perspective de progresser vers un régime constitutionnel. Par la suite, il s’efforça de renforcer son autorité et congédia le Premier ministre Witte. Son remplaçant, Stolypine, était un homme d’État compétent, qui essaya de dénoncer l’influence scandaleuse de Raspoutine et de concéder des réformes nécessaires, mais il fut assassiné (1911). L’éclatement de la Première Guerre Mondiale, en 1914, consolida pour un temps le pouvoir impérial, du fait de l’élan patriotique qui s’en suivit. En 1915, l’empereur décida de prendre lui-même la direction des opérations militaires. Son départ sur le front, laissa le champ libre à l’influence désolante de Raspoutine, qui faisait déposer des ministres compétents pour les remplacer par des incapables. N’en pouvant plus, un groupe d’aristocrates assassina le faux starets, mais la confusion à la cour n’en fut pas apaisée pour autant, et le tsar se trouva en fait isolé. Lorsque des troubles sanglants éclatèrent à Saint-Pétersbourg, en mars 1917, Nicolas ordonna de prendre des mesures énergiques pour rétablir l’ordre. Mais il était déjà trop tard. Le gouvernement démissionna, et la Douma, soutenue par les généraux, fit pression sur le tsar pour qu’il abdique, afin d’éviter une sanglante guerre civile. Peu convaincu que c’était la volonté du peuple, à l’issue d’une nuit de prière, le 15 mars, le tsar accepta d’abdiquer pour sauver la patrie, et c’est les larmes aux yeux qu’il dit adieu à l’armée et à ses collaborateurs. Peu de temps après, le gouvernement provisoire décida l’arrestation de la famille impériale et sa détention dans leur propriété de Tsarskoïe Selo (Pouchkine), près de Saint-Pétersbourg. En août, ils furent transférés à Tobolsk, en Sibérie occidentale. Jouissant encore d’une relative liberté, l’empereur pouvait correspondre et suivait avec douleur les événements tragiques qui agitaient la Russie. Réalisant que son abdication avait en fait permis la prise du pouvoir par les bolcheviques, au lieu d’ouvrir la voie à un régime démocratique, il regrettait amèrement son acte. Après la Révolution d’Octobre, les conditions de détention de la famille impériale devinrent plus sévères : on leur interdisait d’aller à l’église et de faire des promenades. En avril 1918, ils furent transférés à Ekaterinbourg, dans l’Oural, et furent l’objet des injures et de la grossièreté de leurs gardiens. Comme l’armée blanche approchait de la région, le 17 juillet 1918, en pleine nuit, des membres de la Tcheka locale ordonnèrent à la famille de se préparer au départ et la firent descendre dans le cellier de la maison. Ils exécutèrent d’abord les quatre filles du tsar : Olga, Maria, Tatiana et Anastasia. On amena ensuite le tsar, avec son épouse et son fils. Quand elle vit les corps ensanglantés de ses quatre filles, la tsarine poussa un grand cri et se précipita pour protéger son fils. Elle fut aussitôt abattue. Un des hommes frappa le tsar au visage et le fit tomber, tandis que d’autres faisaient feu sur lui. Ils tirèrent enfin deux balles sur le prince Alexis. Il s’effondra, mais resta à gémir pendant un long moment, et les hommes l’achevèrent par quatre balles dans la tête . Les fidèles serviteurs de la famille, qui les avaient suivis dans leur infortune, furent aussi mis à mort : le médecin de l’empereur, Eugène C. Botkine, la servante de l’impératrice, Anne C. Demidova, le cuisinier, Kharitonov, et le valet de chambre, Troop. D’autres amis et serviteurs furent emmenés en prison et exécutés peu après. Les corps de la famille impériale furent ensuite transportés dans une mine abandonnée, mis en pièces et arrosés de pétrole et d’acide sulfurique. On les laissa se consumer pendant deux jours, puis on les jeta dans la mine, et après avoir fait éclater quelques grenades, on en boucha l’entrée. En 1994, les restes du tsar Nicolas et de quelques membres de la famille furent retrouvés et identifiés, grâce à une analyse génétique.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

 

Tropaire de saint André de Crète, ton 8

Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, * luminaire de l’univers, ornement des pontifes inspiré de Dieu, * saint André, tu nous as tous illuminés par tes sages enseignements, * toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit. * Intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

 

Tropaire du saint martyr Nicolas II, ton 5

Tu enduras avec douceur la privation de la royauté terrestre, les liens et les souffrances de toutes sortes, ayant confessé le Christ jusqu’à la mort même de la main des ennemis de Dieu, ô Tsar grand martyr couronné de Dieu Nicolas ; ayant pour cela reçu du Christ Dieu la couronne des martyrs dans les cieux, avec la tsarine, tes enfants et tes serviteurs, prie Le de faire miséricorde à la terre russe et de sauver nos âmes.

Kondakion de saint André de Crète, ton 2

Claironnant tes cantiques divins, * tu es devenu pour le monde un astre de clarté * rayonnant la lumière de la sainte Trinité, aussi nous te chantons, saint André: * Intercède sans cesse pour notre salut.

 

Kondakion du saint martyr Nicolas II, ton 4

Affermis l’espérance du tsar martyr avec la tsarine, ses enfants et ses serviteurs, et donne-leur de voler vers ton amour, toi qui leur annonças le repos à venir ; par leurs prières, Seigneur, fais nous miséricorde.

 

Évangile DU JOUR

(Matth. XIII, 54-58)

S’étant rendu dans sa patrie, il enseignait dans la synagogue, de sorte que ceux qui l’entendirent étaient étonnés et disaient: D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

 

10 mai (ancien calendrier)/23 mai (nouveau)

10 mai (ancien calendrier)/23 mai (nouveau)

Saint Simon le Zélote, apôtre ; saints Alphée, Philadelphie, Cyrin, Onésime, Erasme et leurs compagnons, martyrs en Italie du Sud (251) ; saint Aurélien, évêque de Limoges (IIIème s.) ; saint Hésychius d’Antioche, martyr (IVème s.); sainte Isidore, fole en Christ (IVème s.) ; saint Fronime (IVème s.), évêque de Besançon ; saints Pallais I (384) et Pallais II (460), évêques de Bourges Bienheureuse Thaïs (Vème s.) ; saint Léonard du Dunois, ermite (VIème s.) ; saint Villebaud, martyr (660)  sainte Solange, vierge, martyre à Bourges (880) ; saint Simon, évêque de Vladimir (1226) ; saint Simon, le fol en Christ de Yourievets (XVIème s.).

SAINT SIMON LE ZÉLOTE

D’après une ancienne tradition, saint Simon le Zélote — mentionné par saint Luc parmi les Douze Apôtres (Lc 6,15) — était l’époux des noces de Cana en Galilée, pour lequel le Christ accomplit le premier miracle de son ministère public, en changeant l’eau en vin (Jn 2). Voyant ce miracle, Simon crut de tout son cœur, et il abandonna femme, maison et patrie, pour suivre le Christ, l’Époux céleste des âmes pures. Le jour de la Pentecôte, se trouvant dans la chambre haute avec les autres Apôtres, il reçut le don du Saint-Esprit sous la forme de langues de feu. Alors, véritablement rempli d’un “zèle” divin pour le salut de ses frères, il partit prêcher la Bonne Nouvelle dans de nombreux endroits de l’univers, et surtout en Afrique, où il évangélisa toute la Mauritanie et la Lybie. Puis il parvint, dit-on, jusqu’en Grande-Bretagne, où il illumina de nombreux païens par sa prédication. Il périt crucifié par des idolâtres, à l’imitation de son Maître, et fut enseveli sur cette terre, afin de devenir semence pour le christianisme qui allait s’y développer.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire du saint Apôtre, ton 3
Saint apôtre Simon, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’il accorde à nos âmes le pardon de nos péchés.

Kоndakion du saint Apôtre, ton 2
Tous ensemble, par des hymnes louons * comme bienheureux l’apôtre Simon, * lui qui dans l’âme des fidèles déposa * sans faille la doctrine de la sagesse; * car devant le trône de gloire à présent * il exulte avec les Anges incorporels, * sans cesse intercédant en faveur de nous tous.

Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4
Les yeux de mon âme étant aveugles, je viens à Toi, ô Christ, comme l’aveugle de naissance, et dans le repentir je Te clame : Tu es la Lumière très éclatante pour ceux qui sont dans les ténèbres.

Évangile DU JOUR
(Jn XII, 19-36)

Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres: Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui. Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s’adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. Jésus leur répondit: L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?… Père, délivre-moi de cette heure?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c’était un tonnerre. D’autres disaient: Un ange lui a parlé. Jésus dit: Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre; c’est à cause de vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. – La foule lui répondit: Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu: Il faut que le Fils de l’homme soit élevé? Qui est ce Fils de l’homme? Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s’en alla, et se cacha loin d’eux.

10 mai

10 mai

Mi-Pentecôte. Saint Simon le Zélote, apôtre ; saints Alphée, Philadelphie, Cyrin, Onésime, Erasme et leurs compagnons, martyrs en Italie du Sud (251) ; saint Aurélien, évêque de Limoges (IIIème s.) ; saint Hésychius d’Antioche, martyr (IVème s.); sainte Isidore, fole en Christ (IVème s.) ; saint Fronime (IVème s.), évêque de Besançon ; saints Pallais I (384) et Pallais II (460), évêques de Bourges Bienheureuse Thaïs (Vème s.) ; saint Léonard du Dunois, ermite (VIème s.) ; saint Villebaud, martyr (660) sainte Solange, vierge, martyre à Bourges (880) ; saint Simon, évêque de Vladimir (1226) ; saint Simon, le fol en Christ de Yourievets (XVIème s.).

SAINT SIMON LE ZÉLOTE

Saint Simon le Zélote, apôtre

D’après une ancienne tradition, saint Simon le Zélote — mentionné par saint Luc parmi les Douze Apôtres (Lc 6,15) — était l’époux des noces de Cana en Galilée, pour lequel le Christ accomplit le premier miracle de son ministère public, en changeant l’eau en vin (Jn 2). Voyant ce miracle, Simon crut de tout son cœur, et il abandonna femme, maison et patrie, pour suivre le Christ, l’Époux céleste des âmes pures. Le jour de la Pentecôte, se trouvant dans la chambre haute avec les autres Apôtres, il reçut le don du Saint-Esprit sous la forme de langues de feu. Alors, véritablement rempli d’un “zèle” divin pour le salut de ses frères, il partit prêcher la Bonne Nouvelle dans de nombreux endroits de l’univers, et surtout en Afrique, où il évangélisa toute la Mauritanie et la Lybie. Puis il parvint, dit-on, jusqu’en Grande-Bretagne, où il illumina de nombreux païens par sa prédication. Il périt crucifié par des idolâtres, à l’imitation de son Maître, et fut enseveli sur cette terre, afin de devenir semence pour le christianisme qui allait s’y développer.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8

Au milieu de la fête, abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété,  car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive.  Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à toi.

Tropaire du saint Apôtre, ton 3

Saint apôtre Simon, * intercède auprès du Dieu de miséricorde, * pour qu’il accorde à nos âmes le pardon de nos péchés.

Kоndakion du saint Apôtre, ton

Tous ensemble, par des hymnes louons * comme bienheureux l’apôtre Simon, * lui qui dans l’âme des fidèles déposa * sans faille la doctrine de la sagesse; * car devant le trône de gloire à présent * il exulte avec les Anges incorporels, * sans cesse intercédant en faveur de nous tous.

Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4

Au milieu de la fête prescrite par la loi,  Créateur et Maître de toutes choses,  Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de toi :  Venez puiser l’eau de l’immortalité.  Aussi nous prosternons-nous devant toi et disons-nous avec foi : Accorde-nous ta compassion, ô Christ Dieu, car Tu es la source de notre vie.

Évangile DU JOUR

(Jn VII, 14-30)
V
ers le milieu de la fête, Jésus monta au temple. Et il enseignait. Les Juifs s’étonnaient, disant: Comment connaît-il les Écritures, lui qui n’a point étudié? Jésus leur répondit: Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi? Et nul de vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir? La foule répondit: Tu as un démon. Qui est-ce qui cherche à te faire mourir? Jésus leur répondit: J’ai fait une œuvre, et vous en êtes tous étonnés. Moïse vous a donné la circoncision, -non qu’elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches, -et vous circoncisez un homme le jour du sabbat. Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat? Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice. Quelques habitants de Jérusalem disaient: N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent à faire mourir? Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu’il est le Christ? Cependant celui-ci, nous savons d’où il est; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. Et Jésus, enseignant dans le temple, s’écria: Vous me connaissez, et vous savez d’où je suis! Je ne suis pas venu de moi-même: mais celui qui m’a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais; car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue.

 

3 avril

3 avril
GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Nicétas le Confesseur, higoumène du monastère de Médice en Bithynie (824) ; saint Urbice, évêque de Clermont (IIème s.) saints martyrs Elpidophore, Dios, Bythonios et Galycos ; saint Hillyrios ; sainte martyre Théodosie, vierge (308) ; sainte Burgondofare (ou Fare), abbesse de Faremoutiers (657); saint Joseph l’hymnographe (886) ;  saint Paul le Russe, néo-martyr grec (1683), mort par le glaive.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

21 mars (ancien calendrier)/3 avril (nouveau)

21 mars (ancien calendrier) 3 avril (nouveau)

GRAND CARÊME

Dispense d’huile et de vin

Saint Jacques, évêque et confesseur à Constantinople (IXème s.) ; saint Birille, évêque de Catane (I-IIème s.) ; saint Lupicin, abbé de Condat (480) ; saint Thomas, patriarche de Constantinople (610) ; saint Séraphim de Vyritsa (1949) ; saint hiéromartyr Vladimir (Vvedensky), prêtre 1931.

AU SUJET DU DIMANCHE DE LA VÉNÉRATION DE LA SAINTE CROIX
Au milieu du Carême, l’Église expose la Croix à la vue des fidèles, afin d’affermir ceux qui jeûnent et de les encourager à continuer leur labeur, par le souvenir de la Passion du Seigneur. La vénération de la Croix continue durant la quatrième semaine du Carême, jusqu’au vendredi. Le sens de la fête est indiqué par le synaxaire du jour : « puisque, lors du carême de quarante jours, nous sommes, nous aussi, en quelque sorte crucifiés (…) et ressentons une certaine amertume, étant abattus et découragés, la vénérable et vivifiante Croix est exposée pour nous redonner courage et force, nous rappelant les souffrances du Christ, et nous consolant (…)De même que ceux qui accomplissent un voyage long et difficile, alors qu’ils sont fatigués, s’ils trouvent un arbre au feuillage épanoui, se reposent à son ombre et, comme régénérés, continuent leur chemin. De même, au temps du carême, au milieu du chemin étroit et pénible, les Saints Pères ont planté la Croix vivifiante, nous amenant le repos et la fraîcheur, pour que nous puissions courageusement et facilement achever le reste du chemin… » Dans le but de nous encourager encore plus à faire œuvre de patience dans les labeurs ascétiques, la Sainte Église nous rappelle en ce jour, afin de nous consoler, la fête de Pâques qui s’approche, en chantant les souffrances du Sauveur en même temps que Sa joyeuse Résurrection : « Nous adorons Ta Croix ô Maître et nous chantons Ta sainte Résurrection ».
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 3ème ton
Que les cieux soient dans l’allégresse, que la terre se réjouisse, car le Seigneur a déployé la force de Son bras. Par Sa mort, Il a vaincu la mort ! Devenu le Premier-né d’entre les morts, du sein de l’enfer, Il nous a rachetés, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de la Croix, ton 1
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage, accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de la Croix, ton 7
Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Eden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer ; l’aiguillon de la mort est émoussé, la victoire échappe à l’enfer ; ô mon Sauveur, Tu es venu dire aux captifs de l’enfer : entrez à nouveau dans le paradis !

Évangile du jour
(Mc VIII, 34 – IX, 1)

Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme? Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

Témoignage : “De la Terre Sainte à Liège en passant par la Bretagne : notre chemin vers l’Église”

Nous vous invitons à lire le témoignage d’Anne et Nicolas Van Cranenbroeck sur leur cheminement spirituel. Cet article a été publié dans Nadejda/Espérance (bulletin de la paroisse Saints Alexandre Nevsky et Séraphin de Sarov de Liège (N° 28, janvier-février-mars 2017).

crismatioh

Ntre chrismation en l’église orthodoxe de Quimper (Bretagne) par le Père Yannick Provost.

“C’est le dimanche 28 août 2016 que nous avons été chrismés, Anne et moi, par le Père Yannick (Provost), recteur de la paroisse orthodoxe de Quimper (Bretagne) faisant partie de l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale, Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Ce fut l’aboutissement, pour moi, Nicolas, d’un long chemin remontant à mon enfance et qui m’a fait découvrir, étape par étape et avec la grâce de l’Esprit Saint, l’église orthodoxe.

C’est enfant que j’ai été pour la première fois en vacances avec mes parents et mon jeune frère dans le village voisin du monastère (catholique) bénédictin de Chevetogne. C’est là que j’ai visité avec admiration l’église byzantine avec ses merveilleuses fresques et ses icônes. C’est aussi à Chevetogne que mes parents m’ont offert ma première icône (que je conserve précieusement).

Nos familles respectives, à Anne et à moi, nous ont offert comme cadeau de naissance une Foi catholique vivante. Depuis notre mariage, le 29 mai 1982, nous avons essayé de continuer à la vivre de notre mieux, entourés des vivants et des défunts. Lors de la Révolution française, mes ancêtres paternels ont caché un prêtre. Ma famille maternelle a quitté Reims au début du XXème siècle pour revenir en Belgique afin de pouvoir continuer à élever les enfants dans la Foi. L’un de ces sept enfants est devenu Père Jésuite. Anne a eu la grâce d’avoir un oncle moine à l’abbaye trappiste Notre-Dame d’Orval.

Adolescent, j’ai pris conscience de la situation dramatique des chrétiens d’URSS et des pays communistes d’Europe de l’Est grâce la lecture des Cahiers du Samizdat, du mensuel Catacombes (dont le rédacteur en chef était Sergiu Grossu), du bulletin d’informations de l’Aide à l’église en Détresse (AED), association catholique internationale animée par le Père Werenfried van Straaten, et par les publications du Foyer Oriental Chrétien de Bruxelles. De la lecture à l’action, il n’y avait qu’un pas. C’est ainsi que j’ai signé des pétitions, envoyé des lettres et même manifesté devant l’ambassade d’URSS à Bruxelles avec Maman (je me souviens même des agents qui nous photographiaient avec des téléobjectifs depuis l’ambassade).

En même temps, j’ai écouté, parfois durant des soirées entières, les premiers 33 tours des chants liturgiques russes du monastère de Chevetogne.

Puis ce fut la rencontre avec l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne. À la fin de mes études secondaires, j’avais écrit un article élogieux dans la revue étudiante sur le livre Soljenitsyne, le croyant – lettres, discours, témoignages d’André Martin (1973) que j’avais lu sur les conseils de mes parents et fort apprécié. Dans l’édition suivante de la revue étudiante, un professeur, fortement influencé par l’idéologie marxiste, écrivait un article en réponse critiquant mes propos. Il y affirmait qu’Alexandre Soljenitsyne était un authentique communiste qui cherchait avant tout par ses écrits à réformer le socialisme. Piqué au vif par cette attaque à laquelle je ne m’attendais pas, j’ai alors décidé de lire les ouvrages du Prix Nobel de Littérature de l’année 1970. J’y ai découvert non seulement un grand homme mais aussi un grand chrétien orthodoxe. Alexandre Soljenitsyne m’a aussi fait palper ce que l’on appelle « l’âme russe ». C’est Alexandre Soljenitsyne, lors d’une émission de télévision Apostrophes avec Bernard Pivot, qui m’a appris ce qu’était le repentir orthodoxe : celui-ci repose sur la prise de conscience dans tout son être de son état de pécheur et sur la nécessité du retournement (metanoia) qui en découle pour revenir sans cesse dans la plus grande humilité à Dieu.

Le film d’Andreï Tarkovski consacré à Andreï Roublev (1966) m’a fasciné (je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai ensuite revu, au cinéma ou en vidéo) et m’a ouvert un grand nombre d’autres portes grâce aux autres films de ce grand réalisateur russe. C’est lui également qui m’a confirmé l’importance du repentir pour un chrétien orthodoxe. C’est aussi le premier film que nous avons été voir ensemble, Anne et moi, lorsque nous étions fiancés.

Mes parents, catholiques pratiquants, m’ont toujours encouragé dans cette découverte de l’Orthodoxie. C’est grâce à eux que j’ai pu lire (et relire) les Récits d’un pèlerin russe. Et de là, je suis parti à la recherche de la Philocalie (l’Amour de la Beauté). La Prière de Jésus m’est alors devenue familière.

À la fin de l’année 2011, Maman (veuve depuis 1995) entend une présentation sur RCF (radio catholique française diffusée notamment en Belgique francophone) d’un nouveau livre consacré au monastère des sœurs orthodoxes de Solan dans le Gard (sud de la France) : Le Monastère de Solan – Une aventure agroécologique. Connaissant mon grand intérêt et mon engagement pour la protection de la nature et la sauvegarde de la création depuis 1973 mais aussi ma grande sensibilité pour l’Orthodoxie, Maman s’empresse de me signaler la sortie de presse de ce livre. Je l’achète immédiatement et je le lis et le relis.

Peu de temps après, je parle avec enthousiasme de ce livre à un collègue orthodoxe qui me dit avoir déjà été à Solan. En mars 2012, il me propose de nous rendre à deux à Solan en passant par le monastère (orthodoxe) de Saint-Antoine-le-Grand dans le Vercors, fondé par le Père Placide (Deseille), moine du monastère de Simonos Petra (Sainte Montagne de l’Athos). C’est alors que ma découverte de l’Orthodoxie s’est amplifiée et que ma vision du monachisme catholique actuel s’est ouverte sur une tradition infiniment plus ancienne et plus authentique (celle des Pères de l’église et des Pères du Désert). À Solan, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Père Placide et de me procurer ses nombreux petits fascicules que j’ai lus et relus.

Le soleil que je voyais alors comme catholique était certes le soleil mais il était voilé et sa chaleur était amoindrie. Je commençais à percevoir que le soleil était en réalité plus lumineux et plus chaud que ce que je ressentais alors.

Puis, ce fut le grand cadeau de la Mère de Dieu et d’Anne : ce sont elles qui m’ont permis d’aller huit jours en pèlerinage à la Saint Montagne de l’Athos avec mon collègue orthodoxe et un autre collège catholique. Ce pèlerinage m’a profondément bouleversé (retourné au sens de la metanoia). L’église orthodoxe devenait de plus en plus tangible. N’ayant pas emporté de rasoir, j’ai laissé pousser ma barbe (je la porte toujours aujourd’hui). Je n’avais pas non plus emmené mon appareil photographique, préférant tout conserver en mon cœur, comme la Mère de Dieu.

Depuis ma première visite à Solan, Anne et moi avons pu correspondre par la voie postale (les sœurs n’utilisent en effet pas internet) avec la révérende Mère Hypandia, l’higoumène de cette belle communauté, et la spiritualité orthodoxe est encore devenue plus enthousiasmante, notamment grâce aux livres qu’elle m’avait conseillé de lire. Grand lecteur, d’autres nombreux beaux et bons livres m’ont permis de progresser dans la connaissance de l’Orthodoxie. Et internet m’a ouvert de nombreuses portes et fenêtres (et plus spécifiquement le site internet www.orthodoxie.com que je consulte chaque jour).

En août 2015, Anne et moi sommes partis passer quelques jours à Uzès dans le Gard, à proximité du saint monastère de Solan. Nous avons participé à la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création organisée depuis plus de deux décennies par les sœurs de Solan et l’association des Amis de Solan (dont nous faisons partie, Anne et moi). Cette association a pour objectif d’aider les sœurs dans leur démarche agroécologique et son président n’est autre que Pierre Rabhi, agriculteur bio, essayiste et poète français d’origine algérienne. La démarche de Solan m’a alors permis de découvrir, sur le terrain, l’engagement pris en 1989 par sa sainteté Dimitrios Ier, Patriarche œcuménique de Constantinople, en faveur de la Sauvegarde de la Création. C’est lui en effet, mû par l’Esprit Saint, qui a institué la Journée de prières pour la Sauvegarde de la Création le 1er septembre de chaque année, premier jour du nouvel an ecclésial (tout un programme). Et c’est seulement en 2015 que le Pape François a proposé aux catholiques de s’associer à l’église orthodoxe pour prier ensemble durant cette journée. Pour moi qui était et reste engagé en matière de protection de la nature et de sauvegarde de la création, la position précoce de l’église orthodoxe dans ce domaine m’a ouvert les yeux et le cœur sur sa solidité théologique, basée sur les saintes écritures tout autant que sur les Pères de l’église et sur les nombreux saints qui ont montré, durant leur vie, qu’il était possible de retrouver, sur terre, la création d’origine, celle qui existait avant la chute.

En décembre 2015, nous nous rendons, Anne et moi, dans une grande librairie catholique de Bruxelles pour y admirer l’exposition des sœurs orthodoxes du monastère Sainte-élisabeth de Minsk en Biélorussie. Nous les avions écoutées à plusieurs reprises lors de concerts en Belgique et connaissions leur remarquable engagement, à la fois spirituel et social. En échangeant avec une sœur parlant français sur mes lectures orthodoxes, celle-ci m’a demandé de manière très directe : « Mais pourquoi n’êtes-vous pas orthodoxe ? » Je lui ai répondu que l’Esprit Saint saurait bien m’indiquer le moment de ce choix car je ne voulais en aucun cas forcer mon épouse à me suivre.

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Mont des Oliviers (Jérusalem) – Avril 2016

Durant l’année 2015, grâce au site internet www.orthodoxie.com, j’apprends l’organisation par l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale d’un pèlerinage orthodoxe en Terre Sainte en octobre de la même année. En prenant connaissance du programme, j’en ai aussitôt parlé à Anne en ces termes : « Regarde ce beau programme : nous sommes à présent pensionnés et si nous devons faire un jour ce pèlerinage, je pense que ce sera celui-ci. Mais serons-nous acceptés en tant que catholiques ? » La réponse du Père Yannick (Provost), organisateur et guide, ne s’est pas fait attendre : nous étions non seulement acceptés mais aussi fraternellement accueillis. Par suite des tensions sévissant à Jérusalem, le pèlerinage a été reporté de l’automne 2015 au printemps 2016, en plein Carême orthodoxe. C’est ce pèlerinage qui nous a ouvert les yeux du cœur et de l’âme : c’est en Terre Sainte, là où le Christ a vécu, que nous avons compris que l’église orthodoxe était réellement l’église indivise, celle qui a été fondée par le Christ sur ses apôtres, sur leurs successeurs et sur le peuple de Dieu. Les prières et la fraternité des pèlerins tout autant que celles des nombreux chrétiens orthodoxes rencontrés (dont des évêques, des prêtres, des moines, des moniales et de pieux fidèles) nous ont assurément menés sur ce chemin de vérité.

Au retour du vol Tel Aviv-Paris, au moment de nous séparer, plusieurs pèlerins ont été surpris d’apprendre que nous étions catholiques. Nous nous étions en effet faits tout petits, dans un profond respect mutuel.

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Rencontre des pèlerins avec le 9atriarche Théophile III de Jérusalem

Ce pèlerinage en Terre Sainte [1] restera l’un des moments les plus forts de notre vie. La présence du Père Yannick et de son épouse Anastasia, du Père Stephen (Headley), recteur de la paroisse de Vézelay, et de Monseigneur Jean de Charioupolis a contribué à ce retournement vécu en couple.

De retour en Belgique, nous avons été invités par une amie orthodoxe à participer à la Divine Liturgie du jour de Pâques célébrée par Monseigneur Jean de Charioupolis en l’église des Saints-Côme-et-Damien à Ixelles (Bruxelles) : nous avons vécu la fête des fêtes comme l’aboutissement de notre pèlerinage (lequel, rappelons-le, a eu lieu en partie en Carême).

Anne et moi n’avons ensuite pas dû nous parler beaucoup : l’illumination reçue en Terre Sainte était totalement partagée. Cependant, jamais je n’aurais voulu forcer Anne à me suivre dans la demande d’entrée en communion de l’église. Après avoir accepté il y a 34 ans de m’épouser et après avoir mis au monde nos deux enfants, Marie et François, Anne m’a fait un nouveau et magnifique cadeau en me proposant de demander notre entrée à deux dans la communion de l’église.

Lors de notre chrismation par le Père Yannick, nous étions entourés des paroissiens de Quimper, de notre fils François (notre fille Marie et son mari Jean-Michel n’avaient pu nous rejoindre) mais aussi de tous les pèlerins bretons de Terre Sainte. La « bonne odeur de l’Esprit Saint » s’est alors emparée de tout notre être et le soleil est enfin devenu brillant et chaud.

Nous avons choisi pour commencer notre vie de « bébés orthodoxes » (nous avons en effet beaucoup à découvrir et c’est une grande grâce) de nous insérer dans la paroisse russe de Liège. Et, cadeau du ciel, c’est Monseigneur Jean de Charioupolis qui est devenu de ce fait notre Archevêque. Merci au Père Guy (Fontaine) et au Père Alexandre (Galaka) mais aussi à tous les paroissiens de nous accueillir et de nous aider à poursuivre notre chemin qui mène à Dieu.

Merci aussi  à toutes celles et tous ceux qui nous ont conduits vers Dieu depuis notre Baptême : c’est dans le face à face qui suivra notre naissance au ciel que nous saurons tout ce que nous leur devons.

Nicolas Van Cranenbroeck

En la fête de saint Nicolas, le 6 décembre 2016″

[1] Monique De Vaere-Descamps en a parlé dans son article intitulé « Quelques jours en terre sainte – Pèlerinage organisé par notre archevêché » publié dans Nadejda/Espérance N° 26, juillet-août-septembre 2016, pp. 21 à 23.

Recension: Saint Païssios l’Athonite, « Paroles 3 – Le combat spirituel »

paissiosSaint Païssios l’Athonite, Paroles 3 – Le combat spirituel, Éditions du Monastère Saint-Jean-le-Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 2016, 318 p.
Les sœurs du monastère de Souroti près de Thessalonique, dont saint Païssios l’Athonite (1924-1994) fut le fondateur et le père spirituel, ont pendant plusieurs années rassemblé ses enseignements spirituels – la plupart dispensés dans le cadre du monastère, qu’il visitait régulièrement et dans lequel il passa la fin de sa vie terrestre – et en ont composé cinq forts volumes de « Paroles ». Le premier, intitulé Avec amour et douleur pour le monde contemporain – qui répondait aux inquiétudes des fidèles dans une société qui s’éloigne de plus en plus des valeurs chrétiennes – a paru en 2011. Voici le volume 3, intitulé Le combat spirituel, qui est sans doute l’un des plus beaux et utiles livres de spiritualité parus ces dernières années. Les questions posées par différentes personnes et les réponses de l’Ancien ont été regroupées par thèmes, eux-mêmes regroupés en cinq parties: 1) Le combat contre les pensées (Les bonnes et les mauvaises pensées, Les pensées de blasphème, La confiance en son propre jugement, La lutte contre les pensées); 2) Justice et injustice (Accepter l’injustice, L’autojustification chasse la grâce, Justice divine et justice humaine); 3) Péché et repentir (Comment le péché tourmente l’homme, L’examen de conscience, L’observation et la conscience de soi, Prendre conscience de son état de pécheur touche le cœur de Dieu, La puissance du repentir); 4) Les forces des ténèbres (Sur la magie noire, Au sujet des possédés, L’illusion spirituelle, Égareurs et égarés); 5) La force de la confession (Le besoin d’un guide spirituel, Ce qu’est une bonne confession, Le médecin spirituel de l’âme, Le travail du père spirituel sur les âmes).
On trouve ici toute la spiritualité philocalique, mais avec des références seulement implicites aux Pères qui l’ont développée. Saint Païssios, dans sa vie d’ascèse, a en effet assimilé cette grande et ancienne tradition spirituelle de l’Église orthodoxe, en a fait son propre bien, qu’il partage généreusement avec ses auditeurs et lecteurs. Toutes ses paroles sont fondées sur une expérience personnelle, ce qui les rend à la fois vivantes, profondes et convaincantes. Au cours de sa vie et de ses rencontres avec des milliers de pèlerins venus se confier à lui et lui demander conseil, ce grand starets contemporain a acquis une riche expérience des différentes situations vécues par les hommes et de leurs besoins ; il émaille ainsi son discours d’une multitude d’anecdotes, semblables à celles des Apophtegmes, qui concrétisent son propos. Il recourt aussi à de multiples comparaisons et analogies liées à la nature ou à la vie professionnelle qui prennent forme de paraboles.
Sans jamais être une technique, la maîtrise des pensées – en vue de cultiver et à d’accroître progressivement les bonnes tout en écartant progressivement les mauvaises, jusqu’à acquérir la pureté de l’esprit et du cœur indispensable à la réception de la grâce et de sa fructification – est néanmoins méthodique, et l’Ancien développe dans l’ensemble de ses propos une véritable pédagogie dont le but est de donner à la vie spirituelle un caractère constamment dynamique et en progrès ascendant. Si des cas extrêmes pouvant faire difficulté pour certains fidèles sont abordés (les pensées de blasphème, la magie noire, la possession, le rôle néfaste des gourous…), la priorité est néanmoins donnée à la vie spirituelle dans sa quotidienneté, qui doit être un processus de combat intérieur destiné à nécroser progressivement le vieil homme pour faire émerger l’homme nouveau en Christ. Dans ce combat intérieur, où l’effort généreux du fidèle entre en synergie avec la grâce divine, il est indispensable, rappelle l’Ancien, de recourir à l’aide du père spirituel, véritable médecin de l’âme, et à la confession, véritable cure d’âme si elle est bien et régulièrement menée.
Les conseils de l’Ancien, comme ceux de tous les grands startsi, sont exempts de tout formalisme et ont en vue une seule chose: le progrès spirituel de l’homme qui doit le rapprocher de plus en plus de Dieu. Cette absence de formalisme apparaît dès les premières pages, où l’Ancien n’hésite pas à affirmer: « Une seule bonne pensée a autant de force spirituelle qu’une vigile nocturne de plusieurs heures », ou encore: « Une bonne pensée, une pensée pure, a plus de puissance que toute ascèse ». « Oui, ajoute l’Ancien, à la base de tout est la bonne pensée. C’est elle qui élève l’homme, le transforme positivement ». L’Ancien Païssios rejoint ici l’enseignement du starets Thaddée, selon lequel l’homme se façonne lui-même et façonne son environnement selon la nature de ses pensées.
Comme exemple du style imagé et parabolique de l’Ancien, sur les pensées encore, citons encore ce long extrait du début du livre, qui montre comment la vision du monde de l’homme et son état se trouvent modifiés selon qu’il a de bonnes ou de mauvaises pensées:

« Celui qui a de bonnes pensées est en bonne santé au plan spirituel, et il transforme le mal en bien. Je me rappelle que durant l’Occupation, les enfants de robuste constitution mangeaient avec appétit du pain au maïs et ils étaient en excellente santé. En revanche, des enfants de riches ayant une faible constitution mangeaient du pain beurré et étaient maladifs. Il en est ainsi dans la vie spirituelle. Même si tu frappes injustement quelqu’un qui a de bonnes pensées, il se dira : “Dieu a permis celte épreuve, afin que je rachète quelques-unes de mes fautes passées. Grâces soient rendues à Dieu!” En revanche, si tu t’apprêtes à caresser celui qui n’a pas de bonnes pensées, il pensera que tu vas le frapper. Prends l’exemple de l’homme ivre. S’il est méchant par nature, l’ivresse lui fait tout casser. Mais s’il est bon par nature, l’ivresse le fait pleurer ou pardonner à tous. Un ivrogne disait: “Je vais donner un seau de pièces d’or à tout homme qui me déteste!”
Certains m’avouèrent se scandaliser en voyant maintes choses incorrectes dans l’Église, et je leur ai répliqué: Si tu interroges une mouche et lui demandes: “Y a-t-il des fleurs dans les environs?”, elle répondra: “Je ne sais pas. Plus bas, il y a des boîtes de conserve, du fumier, des saletés”, et elle t’énumérera toutes les ordures dont elle s’est approchée. En revanche, si tu demandes à une abeille: “As-tu vu quelque saleté dans les environs?”, elle te répondra: “Des saletés? Non, je n’en ai vu nulle part. Le lieu est rempli de fleurs odorantes”, et elle t’énumérera une montagne de fleurs du jardin, de f1eurs des champs, etc. La mouche, vois-tu, sait seulement qu’il y a des ordures, alors que l’abeille sait qu’il ya plus loin un lys, plus loin encore, une jacinthe ….
Comme je l’ai constaté, certains ressemblent à la mouche, d’autres à l’abeille. Les premiers cherchent en toute occasion à dénicher le mal pouvant exister et s’y intéressent. Ils ne voient jamais de bien nulle part. Les seconds trouvent en toute circonstance le bien qui existe. Le sot pense sur tout sottement, il prend tout de travers, voit tout à l’envers. Au contraire, celui qui a de bonnes pensées, pense toujours positivement, quoi que l’on fasse et quoi qu’on lui dise. »

La suite rappelle un Apophtegme célèbre et montre l’humilité de l’Ancien tout en prolongeant son enseignement sur le fait qu’un homme bon et pur voit tout en positif :

« Un élève de collège est venu un jour à mon ermitage et sonna la simandre à la porte pour signaler sa présence. J’avais un tas de lettres à lire, mais je décidai de sortir pour voir ce que voulait ce gamin. “Que veux-tu, mon gaillard? — C’est l’ermitage du Père Païssios? me demanda-t-il. Je veux lui parler. — Oui, c’est son ermitage, mais il est absent. Il est parti acheter des cigarettes. — C’est sûrement pour rendre service à quelqu’un qu’il est parti acheter des cigarettes, remarqua-t-il avec une bonne pensée. — Non, c’est pour lui-même! Il avait fini son paquet, et il était comme enragé. Il m’a laissé ici tout seul, et je ne sais à quelle heure il va rentrer, répliquai-je. S’il tarde, je vais m’en aller!» Ses yeux se remplirent de larmes et, plein de bonnes pensées, il reprit: “Nous fatiguons le Géronda. — Que lui veux-tu? — Je veux recevoir sa bénédiction! — Quelle bénédiction, fou que tu es! Ce moine est dans l’illusion, il n’a pas la grâce. Moi, je le connais bien. N’attends pas en vain! Car quand il rentrera, il sera énervé et peut-être même ivre, vu qu’il s’adonne à la boisson”. Mais ce gosse n’avait que de bonnes pensées. “Finalement, je vais attendre encore un peu, que désires-lu que je lui dise? —- J’ai une lettre à lui remettre, mais je veux attendre pour recevoir sa bénédiction”. Voyez-vous, à tout ce que je lui disais, lui réagissait avec de bonnes pensées. J’affirmais: “Il était comme enragé à cause du manque de cigarettes”, et le malheureux, les yeux pleins de larmes, me répondait en soupirant: “Qui sait, il est parti acheter des cigarettes pour rendre service à quelqu’un”. Certains lisent tant et plus, mais ne savent pas cultiver les bonnes pensées. Et cet élève de collège, avoir tant de bonnes pensées! On s’efforce de combattre sa pensée positive, et lui exprime alors une pensée encore plus positive et en tire une meilleure conclusion!

Ce livre à lire absolument est disponible dans les librairies des monastères de la Transfiguration, de Saint-Antoine-le-Grand, et de Solan.

Jean-Claude Larchet

22 décembre (ancien calendrier)/4 janvier (nouveau)

22 décembre (ancien calendrier)/4 janvier (nouveau)
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304) ; saints Chrysogone, Evode, Eutychien, sainte Théodotie et les autres compagnons de sainte Anastasie, martyrs en Illyrie (vers 304) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Kiranov) et Théodore (Poroïkov), prêtres (1938).

SAINTE GRANDE-MARTYRE ANASTASIE

Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304)

Sainte Anastasie, portant un nom qui signifie la résurrection, vivait à Rome, au temps où Dioclétien régnait sur l’Empire romain (284-305). Elle était fille d’un riche et illustre païen, nommé Prétexatus ; mais sa pieuse mère, Fausta, après avoir planté en son âme d’enfant les premiers germes de la foi, la confia à un homme vénérable, plein de sagesse et fort versé dans la connaissance des saintes Écritures, Chrysogone, pour qu’il lui enseignât les choses de Dieu. Par la suite, son père la maria contre son gré à un homme exécrable, Publius, qui ne pensait qu’à satisfaire avec elle ses grossières convoitises. L’âme éprise pour l’Époux céleste et pour la virginité qui rend semblable aux anges, la jeune fille réussit à éviter les relations conjugales avec son époux, sous prétexte de maladie. Mais la nuit, elle se revêtait d’humbles habits, comme une femme du peuple et, en compagnie d’une servante, allait visiter les soldats du Christ retenus dans les prisons de l’empereur pour la cause de la Foi. Elle obtenait d’y entrer en offrant l’or sans compter aux gardes, et prodiguait avec amour et dévotion quelques soulagements à ceux qui avaient enduré les supplices pour le Nom du Christ. Elle leur lavait les pieds, nettoyait et bandait leurs plaies encore toutes fraîches, et les encourageait à persévérer jusqu’au terme du combat pour recevoir les palmes de la victoire et de la gloire éternelle. Quand Publius apprit que son épouse l’avait trompé en prétextant la maladie et qu’elle se dégradait en se mêlant à la gent méprisée des martyrs chrétiens, il entra dans une terrible colère et fit enfermer Anastasie dans sa demeure, en lui interdisant tout contact avec le monde.

Grâce à l’entremise d’une vieille femme chrétienne du voisinage, Anastasie réussit pourtant à faire parvenir une lettre à son père spirituel, Chrysogone, qui se trouvait lui aussi en prison sur ordre de l’empereur. Il lui répondit par une lettre pleine de joie et d’espérance, la consolant dans sa détresse et l’exhortant à la persévérance, car emprisonnements, persécutions et souffrances de toutes sortes sont la part des disciples de Celui qui a accepté d’être crucifié pour notre Salut. Comme l’or est éprouvé dans la fournaise, c’est ainsi, par les épreuves, que le Seigneur éprouve la foi et l’amour de ses serviteurs. Réconfortée par ses paroles, la jeune femme supporta avec patience les mauvais traitements de ses geôliers, bien qu’elle fût réduite à la dernière extrémité, car ceux-ci la privaient presque complètement de nourriture. Dans une seconde lettre, Chrysogone renouvela ses forces, lui recommandant de se préparer à tout instant à mourir pour le Christ, afin d’être comptée au nombre des martyrs victorieux. Croissant de jour en jour dans la joie et la fermeté de la foi, sainte Anastasie persévéra ainsi près de trois mois, au terme desquels, son mari ayant péri dans un naufrage au cours d’une expédition vers la Perse, elle recouvra sa liberté. Elle s’empressa alors d’aller rendre visite à Chrysogone, et obtint de lui la permission de distribuer sa fortune en œuvres de bienfaisance pour consacrer désormais sa vie à la visite et au soutien des confesseurs dans leurs prisons.

Dioclétien, en séjour à Aquilée, prescrivit alors de mettre à mort les chrétiens amassés dans les prisons de Rome, et fit comparaître à son tribunal Chrysogone, un des principaux responsables de leur ténacité. Après avoir repoussé avec une méprisante ironie les vaines propositions du souverain, qui lui promettait de le couvrir d’honneurs s’il acceptait de se soumettre, l’héroïque vieillard fut entraîné dans un lieu désert et décapité, puis son corps fut jeté dans les eaux d’un lac voisin. Quelque temps après, à la suite d’une révélation divine, ses saints restes furent retrouvés et dignement ensevelis par les soins d’un saint ascète demeurant dans la région, nommé Zoïle, et de trois jeunes sœurs originaires de Thessalonique : Agapé, Chionée et Irène. Par la suite, conformément à une révélation dont Zoïle avait été gratifiée, les trois jeunes filles, assistées par sainte Anastasie, furent arrêtées, traduites devant Dioclétien à Aquilée et consommèrent avec une intrépide bravoure leur martyre pour le Christ. Quant à Zoïle, il s’endormit dans la paix du Seigneur.

De jour comme de nuit, Anastasie se dépensait sans compter pour ses compagnes et pour tous les confesseurs. Il n’était pas un chrétien qui ne trouvât auprès d’elle quelque réconfort : nourriture, argent, assistance compatissante, paroles brûlantes pour les encourager à la constance et à l’espérance dans les biens célestes, et lorsqu’ils parvenaient au terme de leurs combats, elle assurait à leurs dépouilles une digne et pieuse sépulture. Le tyran donna finalement l’ordre d’exterminer, en une nuit, tous ceux qui étaient encore retenus dans les cachots, en noyant les uns, en jetant les autres au feu, ou en les passant au fil de l’épée. Anastasie, se rendant comme à l’accoutumée à la prison, n’y trouva plus aucun de ses frères, aussi, accablée de douleur, elle s’affaissa tout en larmes devant la porte. Quand des païens de passage la découvrirent ainsi abattue, elle leur répondit, n’ayant plus souci de se cacher, qu’elle était chrétienne et qu’elle pleurait la perte de ses frères. Immédiatement arrêtée comme une femme du commun, elle fut traduite devant Florus, le préfet de l’Illyricum. Apprenant sa haute condition, celui-ci ne la livra pas immédiatement aux bourreaux, mais essaya de la convaincre en l’interrogeant. Le lendemain, Anastasie fut présentée devant Dioclétien. Mais devant l’un et l’autre, toutes ses réponses n’avaient qu’un seul objet : le mépris des biens et des considérations de ce monde, et l’attente impatiente de rejoindre ses compagnons dans le Royaume des cieux. À bout d’arguments, le préfet Florus décida de livrer la jeune veuve au grand prêtre païen du Capitole, Ulpianus, qui la mena dans son palais et lui montra exposés d’un côte quantité de bijoux, de riches toilettes et d’objets précieux, et de l’autre des instruments de supplices, dont la vue seule glaçait d’horreur le plus insensible des païens. Qu’elle accepte de sacrifier aux dieux, et il lui promettait de l’épouser et de la combler de ces richesses, sinon il la soumettrait à la torture. Pendant trois jours, elle fut l’objet des entreprises perfides de trois méchantes femmes qui essayaient de la faire fléchir. Mais, restant constamment en prière, sans manger ni dormir, Anastasie sentait au contraire ses forces se renouveler. Comme Ulpianus se précipitait sur elle pour lui faire outrage, il fut soudain frappé de cécité, et il mourut, après avoir vainement invoqué ses dieux illusoires.

Libérée, Anastasie se rendit à Nicée en Bithynie où, en visitant les prisons, elle rencontra la pieuse veuve Théodote, qui se consacrait elle aussi à l’assistance et au réconfort des confesseurs de la foi. Dioclétien l’avait offerte en mariage au comte de Bithynie, Leucade, pour que l’attrait de la vie mondaine la persuadât d’abandonner le Christ. Après avoir, comme Anastasie, repoussé le moment de s’unir à son époux, Théodote avait profité de son absence pour se consacrer tout entière au soutien des soldats du Christ, en compagnie de ses trois enfants. Apprenant la conduite de son épouse à son retour, Leucade, furieux, la livra au proconsul de Bithynie, Nicétios, pour qu’elle soit châtiée. Irréductible, de même que ses enfants, Théodote s’apprêtait à recevoir la palme du martyre. Son fils aîné, Évode, amené devant les instruments de torture, répondit au tyran : « Tu vois bien que la résolution de notre âme et l’audace de nos paroles, malgré notre jeune âge, nous sont données par le Christ. C’est Lui qui a retiré de nous la crainte humaine, et c’est Lui qui nous revêt maintenant d’une force divine. » Encouragé avec ardeur par sa propre mère à ne pas fléchir, le jeune garçon fut alors livré aux bourreaux et mourut sous les verges. Quant à sa mère, elle fut jetée, en compagnie de ses deux autres fils, dans un brasier en rendant gloire à Dieu qui lui avait permis de gagner ainsi le Ciel avec ses enfants [29 juil.].

Livrée au nouveau préfet d’Illyrie, Lucien, homme avide et sans scrupules, sainte Anastasie refusa de lui céder sa fortune, « car, dit-elle, ce n’est pas aux riches comme toi que mon Dieu m’a commandé de distribuer mes biens, mais aux pauvres, pour leur procurer le salut de l’âme. » Jetée en prison, elle y resta pendant un mois entier, sans prendre aucune nourriture, réconfortée et encouragée par les fréquentes apparitions de sainte Théodote. Quand il la vit sortir rayonnante de force spirituelle, le préfet la livra à d’autres geôliers, plus cruels, pour trente autres jours de réclusion, à l’issue desquels il la condamna à mort. En compagnie d’environ cent trente païens, condamnés pour des crimes de droit commun, et d’un seul chrétien, nommé Eutychien, Anastasie fut embarquée sur un navire, dont on avait percé la coque en maints endroits et qu’on abandonna en pleine mer. Mais, avant que le bateau ne commence à s’enfoncer, sainte Théodote apparut au gouvernail et mena le navire jusqu’à l’île de Palmaria (au large de Naples), où se trouvaient des chrétiens en exil. Devant ce prodige, les compagnons de la sainte embrassèrent à leur tour la foi, pleins de reconnaissance. En apprenant cette nouvelle, le préfet envoya ses troupes dans l’île, fit arrêter près de deux cents chrétiens, et ordonna de tous les décapiter, à la suite d’Anastasie, qui obtint enfin la palme du martyre qu’elle avait procurée à tant d’autres. Ses précieuses reliques, d’abord transportées à Rome où l’on édifia une église en son honneur, furent ensuite transférées à Constantinople, sous le patriarche saint Gennade (vers 470), et déposées dans l’église portant son nom, où elles accomplirent de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire de la sainte grande-martyre, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de la sainte grande-martyre, ton 2
Ceux que frappent les épreuves et l’affliction, * accourant vers ton temple, reçoivent les guérisons * de la grâce divine qui demeure en toi, Anastasie, * car sans cesse pour le monde tu fais sourdre les guérisons.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc IX, 42- X, 1)
Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. Car tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.

22 décembre

22 décembre
Carême de la Nativité
Avant-Fête de la Nativité de Notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ ; Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304) ; saints Chrysogone, Evode, Eutychien, sainte Théodotie et les autres compagnons de sainte Anastasie, martyrs en Illyrie (vers 304) ; saints néo-martyrs de Russie : Démètre (Kiranov) et Théodore (Poroïkov), prêtres (1938).

SAINTE GRANDE-MARTYRE ANASTASIE

Sainte Anastasie de Rome, grande-martyre (vers 304)

Sainte Anastasie, portant un nom qui signifie la résurrection, vivait à Rome, au temps où Dioclétien régnait sur l’Empire romain (284-305). Elle était fille d’un riche et illustre païen, nommé Prétexatus ; mais sa pieuse mère, Fausta, après avoir planté en son âme d’enfant les premiers germes de la foi, la confia à un homme vénérable, plein de sagesse et fort versé dans la connaissance des saintes Écritures, Chrysogone, pour qu’il lui enseignât les choses de Dieu. Par la suite, son père la maria contre son gré à un homme exécrable, Publius, qui ne pensait qu’à satisfaire avec elle ses grossières convoitises. L’âme éprise pour l’Époux céleste et pour la virginité qui rend semblable aux anges, la jeune fille réussit à éviter les relations conjugales avec son époux, sous prétexte de maladie. Mais la nuit, elle se revêtait d’humbles habits, comme une femme du peuple et, en compagnie d’une servante, allait visiter les soldats du Christ retenus dans les prisons de l’empereur pour la cause de la Foi. Elle obtenait d’y entrer en offrant l’or sans compter aux gardes, et prodiguait avec amour et dévotion quelques soulagements à ceux qui avaient enduré les supplices pour le Nom du Christ. Elle leur lavait les pieds, nettoyait et bandait leurs plaies encore toutes fraîches, et les encourageait à persévérer jusqu’au terme du combat pour recevoir les palmes de la victoire et de la gloire éternelle. Quand Publius apprit que son épouse l’avait trompé en prétextant la maladie et qu’elle se dégradait en se mêlant à la gent méprisée des martyrs chrétiens, il entra dans une terrible colère et fit enfermer Anastasie dans sa demeure, en lui interdisant tout contact avec le monde.

Grâce à l’entremise d’une vieille femme chrétienne du voisinage, Anastasie réussit pourtant à faire parvenir une lettre à son père spirituel, Chrysogone, qui se trouvait lui aussi en prison sur ordre de l’empereur. Il lui répondit par une lettre pleine de joie et d’espérance, la consolant dans sa détresse et l’exhortant à la persévérance, car emprisonnements, persécutions et souffrances de toutes sortes sont la part des disciples de Celui qui a accepté d’être crucifié pour notre Salut. Comme l’or est éprouvé dans la fournaise, c’est ainsi, par les épreuves, que le Seigneur éprouve la foi et l’amour de ses serviteurs. Réconfortée par ses paroles, la jeune femme supporta avec patience les mauvais traitements de ses geôliers, bien qu’elle fût réduite à la dernière extrémité, car ceux-ci la privaient presque complètement de nourriture. Dans une seconde lettre, Chrysogone renouvela ses forces, lui recommandant de se préparer à tout instant à mourir pour le Christ, afin d’être comptée au nombre des martyrs victorieux. Croissant de jour en jour dans la joie et la fermeté de la foi, sainte Anastasie persévéra ainsi près de trois mois, au terme desquels, son mari ayant péri dans un naufrage au cours d’une expédition vers la Perse, elle recouvra sa liberté. Elle s’empressa alors d’aller rendre visite à Chrysogone, et obtint de lui la permission de distribuer sa fortune en œuvres de bienfaisance pour consacrer désormais sa vie à la visite et au soutien des confesseurs dans leurs prisons.

Dioclétien, en séjour à Aquilée, prescrivit alors de mettre à mort les chrétiens amassés dans les prisons de Rome, et fit comparaître à son tribunal Chrysogone, un des principaux responsables de leur ténacité. Après avoir repoussé avec une méprisante ironie les vaines propositions du souverain, qui lui promettait de le couvrir d’honneurs s’il acceptait de se soumettre, l’héroïque vieillard fut entraîné dans un lieu désert et décapité, puis son corps fut jeté dans les eaux d’un lac voisin. Quelque temps après, à la suite d’une révélation divine, ses saints restes furent retrouvés et dignement ensevelis par les soins d’un saint ascète demeurant dans la région, nommé Zoïle, et de trois jeunes sœurs originaires de Thessalonique : Agapé, Chionée et Irène. Par la suite, conformément à une révélation dont Zoïle avait été gratifiée, les trois jeunes filles, assistées par sainte Anastasie, furent arrêtées, traduites devant Dioclétien à Aquilée et consommèrent avec une intrépide bravoure leur martyre pour le Christ. Quant à Zoïle, il s’endormit dans la paix du Seigneur.

De jour comme de nuit, Anastasie se dépensait sans compter pour ses compagnes et pour tous les confesseurs. Il n’était pas un chrétien qui ne trouvât auprès d’elle quelque réconfort : nourriture, argent, assistance compatissante, paroles brûlantes pour les encourager à la constance et à l’espérance dans les biens célestes, et lorsqu’ils parvenaient au terme de leurs combats, elle assurait à leurs dépouilles une digne et pieuse sépulture. Le tyran donna finalement l’ordre d’exterminer, en une nuit, tous ceux qui étaient encore retenus dans les cachots, en noyant les uns, en jetant les autres au feu, ou en les passant au fil de l’épée. Anastasie, se rendant comme à l’accoutumée à la prison, n’y trouva plus aucun de ses frères, aussi, accablée de douleur, elle s’affaissa tout en larmes devant la porte. Quand des païens de passage la découvrirent ainsi abattue, elle leur répondit, n’ayant plus souci de se cacher, qu’elle était chrétienne et qu’elle pleurait la perte de ses frères. Immédiatement arrêtée comme une femme du commun, elle fut traduite devant Florus, le préfet de l’Illyricum. Apprenant sa haute condition, celui-ci ne la livra pas immédiatement aux bourreaux, mais essaya de la convaincre en l’interrogeant. Le lendemain, Anastasie fut présentée devant Dioclétien. Mais devant l’un et l’autre, toutes ses réponses n’avaient qu’un seul objet : le mépris des biens et des considérations de ce monde, et l’attente impatiente de rejoindre ses compagnons dans le Royaume des cieux. À bout d’arguments, le préfet Florus décida de livrer la jeune veuve au grand prêtre païen du Capitole, Ulpianus, qui la mena dans son palais et lui montra exposés d’un côte quantité de bijoux, de riches toilettes et d’objets précieux, et de l’autre des instruments de supplices, dont la vue seule glaçait d’horreur le plus insensible des païens. Qu’elle accepte de sacrifier aux dieux, et il lui promettait de l’épouser et de la combler de ces richesses, sinon il la soumettrait à la torture. Pendant trois jours, elle fut l’objet des entreprises perfides de trois méchantes femmes qui essayaient de la faire fléchir. Mais, restant constamment en prière, sans manger ni dormir, Anastasie sentait au contraire ses forces se renouveler. Comme Ulpianus se précipitait sur elle pour lui faire outrage, il fut soudain frappé de cécité, et il mourut, après avoir vainement invoqué ses dieux illusoires.

Libérée, Anastasie se rendit à Nicée en Bithynie où, en visitant les prisons, elle rencontra la pieuse veuve Théodote, qui se consacrait elle aussi à l’assistance et au réconfort des confesseurs de la foi. Dioclétien l’avait offerte en mariage au comte de Bithynie, Leucade, pour que l’attrait de la vie mondaine la persuadât d’abandonner le Christ. Après avoir, comme Anastasie, repoussé le moment de s’unir à son époux, Théodote avait profité de son absence pour se consacrer tout entière au soutien des soldats du Christ, en compagnie de ses trois enfants. Apprenant la conduite de son épouse à son retour, Leucade, furieux, la livra au proconsul de Bithynie, Nicétios, pour qu’elle soit châtiée. Irréductible, de même que ses enfants, Théodote s’apprêtait à recevoir la palme du martyre. Son fils aîné, Évode, amené devant les instruments de torture, répondit au tyran : « Tu vois bien que la résolution de notre âme et l’audace de nos paroles, malgré notre jeune âge, nous sont données par le Christ. C’est Lui qui a retiré de nous la crainte humaine, et c’est Lui qui nous revêt maintenant d’une force divine. » Encouragé avec ardeur par sa propre mère à ne pas fléchir, le jeune garçon fut alors livré aux bourreaux et mourut sous les verges. Quant à sa mère, elle fut jetée, en compagnie de ses deux autres fils, dans un brasier en rendant gloire à Dieu qui lui avait permis de gagner ainsi le Ciel avec ses enfants [29 juil.].

Livrée au nouveau préfet d’Illyrie, Lucien, homme avide et sans scrupules, sainte Anastasie refusa de lui céder sa fortune, « car, dit-elle, ce n’est pas aux riches comme toi que mon Dieu m’a commandé de distribuer mes biens, mais aux pauvres, pour leur procurer le salut de l’âme. » Jetée en prison, elle y resta pendant un mois entier, sans prendre aucune nourriture, réconfortée et encouragée par les fréquentes apparitions de sainte Théodote. Quand il la vit sortir rayonnante de force spirituelle, le préfet la livra à d’autres geôliers, plus cruels, pour trente autres jours de réclusion, à l’issue desquels il la condamna à mort. En compagnie d’environ cent trente païens, condamnés pour des crimes de droit commun, et d’un seul chrétien, nommé Eutychien, Anastasie fut embarquée sur un navire, dont on avait percé la coque en maints endroits et qu’on abandonna en pleine mer. Mais, avant que le bateau ne commence à s’enfoncer, sainte Théodote apparut au gouvernail et mena le navire jusqu’à l’île de Palmaria (au large de Naples), où se trouvaient des chrétiens en exil. Devant ce prodige, les compagnons de la sainte embrassèrent à leur tour la foi, pleins de reconnaissance. En apprenant cette nouvelle, le préfet envoya ses troupes dans l’île, fit arrêter près de deux cents chrétiens, et ordonna de tous les décapiter, à la suite d’Anastasie, qui obtint enfin la palme du martyre qu’elle avait procurée à tant d’autres. Ses précieuses reliques, d’abord transportées à Rome où l’on édifia une église en son honneur, furent ensuite transférées à Constantinople, sous le patriarche saint Gennade (vers 470), et déposées dans l’église portant son nom, où elles accomplirent de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de l’avant-fête, ton 4
Prépare-toi, Bethléem: * pour tout homme s’ouvre l’Eden; * pare-toi, Ephratha: * en la grotte la Vierge fait fleurir l’arbre de vie; * son propre sein devient le Paradis mystique * où pousse l’arbre divin * dont ceux qui en mangent vivront * au lieu d’en mourir comme Adam: * le Christ vient au monde pour relever son image déchue.

Tropaire de la sainte grande-martyre, ton 4
Ta brebis, ô Jésus, * s’écrie de toute la force de sa voix: * C’est toi que j’aime, divin Epoux, * c’est toi que je cherche en luttant; * avec toi crucifiée, * je suis ensevelie en ton baptême; * je souffre pour toi, afin de régner avec toi; * je meurs pour toi, afin de vivre aussi en toi; * reçois comme victime sans défaut * celle qui par amour s’immole pour toi. * Par ses prières, Dieu de miséricorde, sauve nos âmes.

Kondakion de la sainte grande-martyre, ton 2
Ceux que frappent les épreuves et l’affliction, * accourant vers ton temple, reçoivent les guérisons * de la grâce divine qui demeure en toi, Anastasie, * car sans cesse pour le monde tu fais sourdre les guérisons.

Kondakion de l’avant-fête, ton 2
Voyant dans ses langes à Bethléem * celui qui tient la terre entière ; dans ses mains, * offrons pour l’avant-fête à sa Mère nos chants, * car elle éprouve une joie maternelle à tenir * entre ses bras l’éternel Fils de Dieu.

Évangile du jour
(Mc VIII, 22-26)
Ils se rendirent à Bethsaïda; et on amena vers Jésus un aveugle, qu’on le pria de toucher. Il prit l’aveugle par la main, et le conduisit hors du village; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s’il voyait quelque chose.
Il regarda, et dit: J’aperçois les hommes, mais j’en vois comme des arbres, et qui marchent. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri, et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant: N’entre pas au village.

19 octobre(ancien calendrier)/1er novembre(nouveau)

19 octobre(ancien calendrier)/1er novembre(nouveau)

Saint Joël, prophète ; saint Varus, martyr en Égypte avec six ascètes (vers 307) ; sainte Cléopatre, qui recueillit le corps de saint Varus, (319) et son fils saint Jean ; saint Sadok, évêque de Séleucie en Perse, martyrisé avec 128 compagnons (342) ; saint Véran, évêque de Cavaillon (590) ; saint Aquilin, évêque d’Evreux (vers 690) ; saint Loup, évêque de Soissons (vers 540) ; saint Jean de Ryla, fondateur du monastère de Ryla en Bulgarie (946) ; saint Jean de Cronstadt (1908) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Pokrovsky) (1937).

LE SAINT PROPHÈTE JOËL

Le saint prophète Joël était originaire de la tribu de Roubim et fils de Petuel. Il prophétisa dans le royaume de Juda, et surtout à Jérusalem, à une date difficile à déterminer. Au début de sa prophétie, Dieu annonce à son peuple les terribles châtiments, symbolisés par l’invasion des sauterelles et la sécheresse, qui vont précéder le « Jour du Seigneur », c’est-à-dire le Jour où le Seigneur reviendra pour juger la terre. Dieu lance de telles menaces pour exhorter le peuple au vrai repentir : « Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des larmes et des lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements et revenez vers le Seigneur votre Dieu, car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en pitié. Il se repent des maux qu’il inflige » (Jl 2, l2-13). Au-delà de ces menaces, le prophète nous fait entrevoir la perspective de la restauration future, le retour de la faveur divine qui répandra le Saint-Esprit sur toute chose : « Et il arrivera après cela que je répandrai mon Esprit sur toute chair. Et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards verront des songes et vos jeunes gens auront des visions » (Jl 3, 1). C’est cette époque bénie qui s’est ouverte lors de la Pentecôte et qui connaîtra sa plénitude au jour de la seconde Venue du Christ.

Saint Jean de Cronstadt (1908)

SAINT JEAN DE CRONSTADT
Notre père saint Jean de Cronstadt le Thaumaturge naquit le 19 octobre 1829 dans un village du grand nord de la Russie. Dès sa plus tendre enfance, son père l’amenait constamment à l’église, développant en lui l’amour de l’office divin. Ses parents vivant dans de difficiles conditions matérielles, l’enfant fit tôt connaissance avec la pauvreté, le chagrin, les larmes et les souffrances. Cette situation le rendit concentré en lui-même, pensif, et en même temps lui communiqua une compassion profonde envers les pauvres. A l’âge de six ans, Jean commença à apprendre à lire et à écrire. Mais, au début, il éprouvait beaucoup de peine dans l’apprentissage, ce qui le poussait à recourir à la prière ardente, afin que le Seigneur l’aidât. C’est ainsi qu’après l’une de ces prières, la nuit, l’enfant fut ébranlé de tout son être : « Un rideau tomba de devant mes yeux, comme si mon esprit s’était ouvert », dira-t-il plus tard. Depuis ce moment, il commença à étudier brillamment et il termina parmi les premiers le séminaire ecclésiastique d’Arkhangelsk. Alors qu’il étudiait à l’Académie, il pensa de prime abord à se consacrer au travail missionnaire en Sibérie ou en Chine. Toutefois, il se vit une fois en rêve en train de servir comme prêtre à la cathédrale Saint-André à Cronstadt, qu’il n’avait jamais vue. En 1855, il acheva ses études à l’Académie, et il lui fut proposé de se marier à la fille de l’archiprêtre de la cathédrale de Cronstadt, Élisabeth, ainsi que d’être ordonné prêtre pour servir dans cette église. Se souvenant de son songe, il accepta la proposition. Le 12 décembre 1855, il fut ordonné prêtre. Lorsqu’il entra dans la cathédrale, il fut saisi de crainte : c’était exactement l’édifice qu’il avait vu en songe. Le premier jour de son mariage, il dit à sa femme : « Il y a beaucoup de familles heureuses… Allons, toi et moi, consacrons notre vie à Dieu », et ils vécurent dans la chasteté jusqu’à la fin de leur vie. Dissimulant cela aux yeux des hommes, il vécut dans l’ascèse, la prière incessante et le jeûne, célébrant quotidiennement la Divine Liturgie. Dès qu’il fit connaissance de son troupeau, le père Jean comprit qu’il avait une œuvre pastorale à accomplir, qui ne serait en rien inférieure à celle qu’il aurait menée dans les contrées païennes. L’absence de foi, les sectes, l’indifférence se manifestaient fortement dans cette ville où étaient envoyés en exil les mauvais sujets de la capitale. Il y avait en outre un grand nombre de manœuvres qui travaillaient au port, vivant dans des masures et sombrant dans l’ivrognerie. C’est envers ces gens méprisés de tous que le saint, empli de l’amour du Christ, tourna son regard. Chaque jour, il commença à leur rendre visite dans leurs tristes conditions de vie, leur parlant, les consolant, s’occupant des malades, leur distribuant tout ce qu’il possédait, revenant même souvent chez lui avec une partie seulement de ses vêtements, voire sans bottes. C’est à ces gens méprisés que le saint rendait l’image du Christ qu’ils avaient perdue et c’est à eux que se révéla en premier la sainteté du père Jean, pour être ensuite connue de toute la Russie. C’est en ces termes qu’a décrit un artisan la visite que lui fit le père Jean : « J’avais alors 22-23 ans… Alors que je revins une fois, éméché, à la maison, je vis un jeune prêtre qui était assis, qui tenait dans ses bras mon jeune fils, lui disant quelque chose tendrement. L’enfant écoutait sérieusement. Il me sembla alors que le père était semblable au Christ dans le tableau « la bénédiction des enfants »… Je voulais crier, mais les yeux du père Jean, pleins de tendresse et de sérieux, m’arrêtèrent. Je me sentis honteux… Il regardait directement dans l’âme… Il commença à parler. Il dit que le paradis se trouvait dans cette chambrette, car là où sont les enfants, tout est toujours chaleureux, merveilleux, et qu’il ne fallait pas transformer ce paradis en cabaret. Il ne m’accusait pas, non, il justifiait tout, mais je n’avais rien pour me justifier… Il partit et je me tus… Ma femme me regarda… Et depuis ce jour, je suis devenu un homme ». Ce labeur pastoral inhabituel attira sur le jeune prêtre la moquerie et même des attaques de tous côtés, voire même de la part de l’administration diocésaine… Rapidement, la renommée de ses miracles s’étendit à toute la Russie. Les malades les plus graves, alors que la médecine était impuissante, recevaient la guérison par la prière et l’imposition des mains du saint. Les aveugles recouvraient la vue, la pluie tombait lors de la sécheresse. La journée du saint était organisée ainsi : le matin, il se levait à trois heures et se préparait à la célébration de la Sainte Liturgie. A quatre heures, il se rendait à la cathédrale pour les matines, durant lesquelles il lisait toujours le canon. Avant la Liturgie, il confessait les fidèles. La cathédrale qui pouvait contenir 5000 personnes était toujours pleine. La Liturgie s’achevait à midi. Durant la Liturgie, des larmes coulaient de ses yeux, et il était clair que le saint vivait toute l’histoire de notre salut. Durant l’office, on lui donnait les lettres et les télégrammes avec des noms à commémorer. Après l’office, il partait à Saint-Pétersbourg où d’innombrables malades lui demandaient de les visiter. Il ne revenait chez lui jamais avant minuit. Le saint recevait des sommes énormes pour la bienfaisance, qu’il distribuait immédiatement, nourrissant quotidiennement des milliers d’indigents. A Cronstadt, il créa une gigantesque « maison du labeur », avec une école, une église, des ateliers, un foyer d’accueil. Il fonda également un monastère dans son village natal, et un couvent féminin à Saint-Pétersbourg où il fut enterré. Durant la seconde période de sa vie, alors qu’il devint connu de toute la Russie, il dut cesser d’enseigner le catéchisme au lycée classique de la ville, où il enseigna durant vingt-cinq ans, donnant une grande importance à la vie des Saints. « Tu n’as pas enseigné » lui dira-t-on, « une scolastique sèche aux enfants… Tu as implanté dans leurs âmes la semence de la Parole éternelle et vivifiante de Dieu ». La renommée du saint parvint jusqu’à la Famille Impériale. Il assista aux derniers moments du Tsar Alexandre III et au baptême du Tsarévitch-martyr Alexis. Malgré toutes ses occupations, le saint tenait encore un journal, dans lequel il exposait ses pensées spirituelles, qui constituèrent le célèbre livre « Ma vie en Christ ». Les homélies du saint ont été également éditées et constituent également une source d’enseignements. A la veille des événements révolutionnaires, le saint mit en garde le peuple russe contre ce qui allait inévitablement se passer. Dans les dernières années de sa vie, le saint fit face à la maladie, en disant : « Je rends grâces à mon Seigneur de m’avoir envoyé des souffrances pour purifier mon âme pécheresse ». Le 10 décembre 1908, rassemblant toutes ses forces, le père Jean célébra sa dernière Liturgie à la cathédrale de Cronstadt. Le 20 décembre, il se reposa dans le Seigneur, continuant après son trépas d’accomplir de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire du saint prophète Joël, ton 1
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Joël, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire du saint martyr Varus, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion du du saint martyr Varus, ton 4
Ayant marché à la suite du Christ, * tu en bus le calice, Varus; * tu as reçu la couronne des martyrs * et tu exultes avec les Anges désormais; * pour nos âmes ne cesse pas de prier le Seigneur.

Kondakion de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

ÉVANGILE DU JOUR
(Lc VIII, 5-15)
Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce qu’elle n’avait point d’humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines: les épines crûrent avec elle, et l’étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. Il répondit: Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent point. Voici ce que signifie cette parabole: La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient, et enlève de leur cœur la parole, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés. Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, ils croient pour un temps, et ils succombent au moment de la tentation. Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s’en vont, et la laissent étouffer par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit qui vienne à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.

19 octobre

19 octobre

Saint Joël, prophète ; saint Varus, martyr en Égypte avec six ascètes (vers 307) ; sainte Cléopatre, qui recueillit le corps de saint Varus, (319) et son fils saint Jean ; saint Sadok, évêque de Séleucie en Perse, martyrisé avec 128 compagnons (342) ; saint Véran, évêque de Cavaillon (590) ; saint Aquilin, évêque d’Evreux (vers 690) ; saint Ursin, évêque de Cavaillon (VIème s.) ; saint Loup, évêque de Soissons (vers 540) ; saint Jean de Ryla, fondateur du monastère de Ryla en Bulgarie (946) ; saint Jean de Cronstadt (1908) ; saints néo-martyrs de Russie : Serge (Pokrovsky) (1937).

LE SAINT PROPHÈTE JOËL

Saint Joël, prophète

Le saint prophète Joël était originaire de la tribu de Roubim et fils de Petuel. Il prophétisa dans le royaume de Juda, et surtout à Jérusalem, à une date difficile à déterminer. Au début de sa prophétie, Dieu annonce à son peuple les terribles châtiments, symbolisés par l’invasion des sauterelles et la sécheresse, qui vont précéder le « Jour du Seigneur », c’est-à-dire le Jour où le Seigneur reviendra pour juger la terre. Dieu lance de telles menaces pour exhorter le peuple au vrai repentir : « Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des larmes et des lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements et revenez vers le Seigneur votre Dieu, car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en pitié. Il se repent des maux qu’il inflige » (Jl 2, l2-13). Au-delà de ces menaces, le prophète nous fait entrevoir la perspective de la restauration future, le retour de la faveur divine qui répandra le Saint-Esprit sur toute chose : « Et il arrivera après cela que je répandrai mon Esprit sur toute chair. Et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards verront des songes et vos jeunes gens auront des visions » (Jl 3, 1). C’est cette époque bénie qui s’est ouverte lors de la Pentecôte et qui connaîtra sa plénitude au jour de la seconde Venue du Christ.

SAINT JEAN DE CRONSTADT

Saint Jean de Cronstadt (1908)

Notre père saint Jean de Cronstadt le Thaumaturge naquit le 19 octobre 1829 dans un village du grand nord de la Russie. Dès sa plus tendre enfance, son père l’amenait constamment à l’église, développant en lui l’amour de l’office divin. Ses parents vivant dans de difficiles conditions matérielles, l’enfant fit tôt connaissance avec la pauvreté, le chagrin, les larmes et les souffrances. Cette situation le rendit concentré en lui-même, pensif, et en même temps lui communiqua une compassion profonde envers les pauvres. A l’âge de six ans, Jean commença à apprendre à lire et à écrire. Mais, au début, il éprouvait beaucoup de peine dans l’apprentissage, ce qui le poussait à recourir à la prière ardente, afin que le Seigneur l’aidât. C’est ainsi qu’après l’une de ces prières, la nuit, l’enfant fut ébranlé de tout son être : « Un rideau tomba de devant mes yeux, comme si mon esprit s’était ouvert », dira-t-il plus tard. Depuis ce moment, il commença à étudier brillamment et il termina parmi les premiers le séminaire ecclésiastique d’Arkhangelsk. Alors qu’il étudiait à l’Académie, il pensa de prime abord à se consacrer au travail missionnaire en Sibérie ou en Chine. Toutefois, il se vit une fois en rêve en train de servir comme prêtre à la cathédrale Saint-André à Cronstadt, qu’il n’avait jamais vue. En 1855, il acheva ses études à l’Académie, et il lui fut proposé de se marier à la fille de l’archiprêtre de la cathédrale de Cronstadt, Élisabeth, ainsi que d’être ordonné prêtre pour servir dans cette église. Se souvenant de son songe, il accepta la proposition. Le 12 décembre 1855, il fut ordonné prêtre. Lorsqu’il entra dans la cathédrale, il fut saisi de crainte : c’était exactement l’édifice qu’il avait vu en songe. Le premier jour de son mariage, il dit à sa femme : « Il y a beaucoup de familles heureuses… Allons, toi et moi, consacrons notre vie à Dieu », et ils vécurent dans la chasteté jusqu’à la fin de leur vie. Dissimulant cela aux yeux des hommes, il vécut dans l’ascèse, la prière incessante et le jeûne, célébrant quotidiennement la Divine Liturgie. Dès qu’il fit connaissance de son troupeau, le père Jean comprit qu’il avait une œuvre pastorale à accomplir, qui ne serait en rien inférieure à celle qu’il aurait menée dans les contrées païennes. L’absence de foi, les sectes, l’indifférence se manifestaient fortement dans cette ville où étaient envoyés en exil les mauvais sujets de la capitale. Il y avait en outre un grand nombre de manœuvres qui travaillaient au port, vivant dans des masures et sombrant dans l’ivrognerie. C’est envers ces gens méprisés de tous que le saint, empli de l’amour du Christ, tourna son regard. Chaque jour, il commença à leur rendre visite dans leurs tristes conditions de vie, leur parlant, les consolant, s’occupant des malades, leur distribuant tout ce qu’il possédait, revenant même souvent chez lui avec une partie seulement de ses vêtements, voire sans bottes. C’est à ces gens méprisés que le saint rendait l’image du Christ qu’ils avaient perdue et c’est à eux que se révéla en premier la sainteté du père Jean, pour être ensuite connue de toute la Russie. C’est en ces termes qu’a décrit un artisan la visite que lui fit le père Jean : « J’avais alors 22-23 ans… Alors que je revins une fois, éméché, à la maison, je vis un jeune prêtre qui était assis, qui tenait dans ses bras mon jeune fils, lui disant quelque chose tendrement. L’enfant écoutait sérieusement. Il me sembla alors que le père était semblable au Christ dans le tableau « la bénédiction des enfants »… Je voulais crier, mais les yeux du père Jean, pleins de tendresse et de sérieux, m’arrêtèrent. Je me sentis honteux… Il regardait directement dans l’âme… Il commença à parler. Il dit que le paradis se trouvait dans cette chambrette, car là où sont les enfants, tout est toujours chaleureux, merveilleux, et qu’il ne fallait pas transformer ce paradis en cabaret. Il ne m’accusait pas, non, il justifiait tout, mais je n’avais rien pour me justifier… Il partit et je me tus… Ma femme me regarda… Et depuis ce jour, je suis devenu un homme ». Ce labeur pastoral inhabituel attira sur le jeune prêtre la moquerie et même des attaques de tous côtés, voire même de la part de l’administration diocésaine… Rapidement, la renommée de ses miracles s’étendit à toute la Russie. Les malades les plus graves, alors que la médecine était impuissante, recevaient la guérison par la prière et l’imposition des mains du saint. Les aveugles recouvraient la vue, la pluie tombait lors de la sécheresse. La journée du saint était organisée ainsi : le matin, il se levait à trois heures et se préparait à la célébration de la Sainte Liturgie. A quatre heures, il se rendait à la cathédrale pour les matines, durant lesquelles il lisait toujours le canon. Avant la Liturgie, il confessait les fidèles. La cathédrale qui pouvait contenir 5000 personnes était toujours pleine. La Liturgie s’achevait à midi. Durant la Liturgie, des larmes coulaient de ses yeux, et il était clair que le saint vivait toute l’histoire de notre salut. Durant l’office, on lui donnait les lettres et les télégrammes avec des noms à commémorer. Après l’office, il partait à Saint-Pétersbourg où d’innombrables malades lui demandaient de les visiter. Il ne revenait chez lui jamais avant minuit. Le saint recevait des sommes énormes pour la bienfaisance, qu’il distribuait immédiatement, nourrissant quotidiennement des milliers d’indigents. A Cronstadt, il créa une gigantesque « maison du labeur », avec une école, une église, des ateliers, un foyer d’accueil. Il fonda également un monastère dans son village natal, et un couvent féminin à Saint-Pétersbourg où il fut enterré. Durant la seconde période de sa vie, alors qu’il devint connu de toute la Russie, il dut cesser d’enseigner le catéchisme au lycée classique de la ville, où il enseigna durant vingt-cinq ans, donnant une grande importance à la vie des Saints. « Tu n’as pas enseigné » lui dira-t-on, « une scolastique sèche aux enfants… Tu as implanté dans leurs âmes la semence de la Parole éternelle et vivifiante de Dieu ». La renommée du saint parvint jusqu’à la Famille Impériale. Il assista aux derniers moments du Tsar Alexandre III et au baptême du Tsarévitch-martyr Alexis. Malgré toutes ses occupations, le saint tenait encore un journal, dans lequel il exposait ses pensées spirituelles, qui constituèrent le célèbre livre « Ma vie en Christ ». Les homélies du saint ont été également éditées et constituent également une source d’enseignements. A la veille des événements révolutionnaires, le saint mit en garde le peuple russe contre ce qui allait inévitablement se passer. Dans les dernières années de sa vie, le saint fit face à la maladie, en disant : « Je rends grâces à mon Seigneur de m’avoir envoyé des souffrances pour purifier mon âme pécheresse ». Le 10 décembre 1908, rassemblant toutes ses forces, le père Jean célébra sa dernière Liturgie à la cathédrale de Cronstadt. Le 20 décembre, il se reposa dans le Seigneur, continuant après son trépas d’accomplir de nombreux miracles.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du saint prophète Joël, ton 1
Célébrant, Seigneur, la mémoire de ton prophète Joël, * par ses prières, * nous t’en supplions, sauve nos âmes.

Tropaire du saint martyr Varus, ton 4
Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l’impuissance l’audace des démons; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Tropaire de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Kondakion du du saint martyr Varus, ton 4
Ayant marché à la suite du Christ, * tu en bus le calice, Varus; * tu as reçu la couronne des martyrs * et tu exultes avec les Anges désormais; * pour nos âmes ne cesse pas de prier le Seigneur.

Kondakion de saint Jean de Cronstadt, ton 4
Toi qui vis en Christ dans les siècles, ô thaumaturge, compatissant dans l’amour avec les hommes malheureux, écoute tes enfants qui t’invoquent avec foi, et qui attendent de toi une aide abondante, Jean de Kronstadt, notre bien-aimé pasteur.

Évangile du jour
(Lc VII, 36-50)
Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum, et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum. Le pharisien qui l’avait invité, voyant cela, dit en lui-même: Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse. Jésus prit la parole, et lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. -Maître, parle, répondit-il. Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aimera le plus? Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: Tu as bien jugé. Puis, se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds. Tu n’as point versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés. Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés? Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t’a sauvée, va en paix.

Le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie célèbrent la liturgie de la Dormition à l’église de la Dormition du kremlin de Moscou

Le 28 août 2016, fête de la Dormition de la Mère de Dieu, Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie et Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie ont célébré la Divine liturgie à la cathédrale patriarcale de la Dormition au Kremlin de Moscou.
Le métropolite Rostislav est arrivé le 26 août en visite officielle, accompagné d’une délégation de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Sa Sainteté et Sa Béatitude concélébraient avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Kallistos de Diokleia (Patriarcat de Constantinople), le métropolite Arsène d’Istra, premier vicaire patriarcal pour la ville de Moscou, l’archevêque Michel de Prague et des Terres tchèques, l’archevêque Georges de Michalovce-Košice, l’évêque Serge de Solnetchnogorsk, directeur du Secrétariat du Patriarcat de Moscou, l’évêque Tikhon de Podolsk, l’évêque Tikhon d’Egorevsk, secrétaire exécutif du Conseil culturel patriarcal, supérieur du monastère stavropégique de la Sainte-Rencontre de Notre-Dame-de-Vladimir, l’archiprêtre Vladimir Divakov, secrétaire du Patriarche pour la ville de Moscou, l’archiprêtre Nicolas Balachov, vice-président du DREE, l’archimandrite Séraphin (Chemiatovski), représentant de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie auprès du Patriarche de Moscou et de toute la Russie, l’archiprêtre Nicolas Lichtcheniouk, représentant de l’Église orthodoxe russe auprès de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie, recteur de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Karlovy Vary (Tchéquie), les doyens et le clergé de Moscou.

Des hommes d’état assistaient à l’office, ainsi que des personnalités du monde de la culture.

La liturgie était chantée par le chœur du monastère de la Sainte-Rencontre de Notre-Dame-de-Vladimir, sous la direction de Nikon Jila.

Après l’écténie instante, le Primat de l’Église orthodoxe russe a prié pour la paix en Ukraine.

L’office était retransmis en direct sur la chaîne de télévision « Soyouz ».

A la fin de la liturgie, le Patriarche Cyrille a prononcé une homélie :

« Béatitude, Monseigneur Rostislav, métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie, Éminences, Excellences, Pères, chers frères et sœurs,

L’Église célèbre aujourd’hui une grande fête, celle de la Dormition de la Mère de Dieu. Cette année, nous la célébrons un dimanche, ce qui nous rappelle le lien étroit existant entre cette fête et celle de la Sainte Pâque. Ce n’est pas un hasard, si les fidèles appellent la Dormition la Pâque de la Mère de Dieu, car nous célébrons aujourd’hui l’ascension de la Mère de Dieu avec son corps dans les cieux, le ravissement de Sa nature humaine, son âme, son corps, vers la vie divine. La Dormition nous rappelle la Pâque du Christ, parce que notre Seigneur Jésus Christ est la Résurrection et la Vie. Par Sa Croix et Sa Résurrection, Il a donné à tout homme qui croit en Lui l’espoir de la vie éternelle. Ces paroles du Sauveur : « Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25) s’adressent en premier lieu à la Très-pure et Toute-bénie Reine des cieux : elle revit après la mort par la force de la Grâce divine, et habite aujourd’hui dans les demeures de Son Fils et notre Dieu.

Nous vivons des temps difficiles, où les chrétiens de nombreux pays font l’objet de pressions. Bien plus, dans certains états, la foi en Christ crucifié et ressuscité est poursuivie comme un délit, et certains sont mis à mort à cause de leur fidélité à leurs convictions chrétiennes. Par ailleurs, en dehors de persécutions directes contre l’Église et les chrétiens, il existe d’autres formes dangereuses de lutte contre le principe divin dans notre vie. Dans bien des pays, la morale révélée par Dieu est détruite, les gens renoncent à toute obligation devant le Seigneur, proclame leur indépendance par rapport au Divin, voire nient Son existence. La société actuelle frappe par la profondeur de la crise morale, annoncée par le Sauveur qui disait : « Par suite de l’iniquité croissante, l’amour se refroidira chez un grand nombre » (Mt 24, 12). Ces paroles établissent un lien important entre la foi, la piété, la dévotion et l’amour. L’amour est un don divin, car Dieu est amour, et l’amour ne peut être suscité dans le cœur humain sans la participation de Dieu. Lorsque l’homme sent un amour fort dans son cœur, il doit se rappeler que le Seigneur l’a touché et qu’Il lui confie une responsabilité : bien disposer de ce grand don de l’amour. C’est pourquoi notre lutte d’aujourd’hui, notre combat pour la préservation du principe moral dans la vie des hommes, pour la préservation de la foi dans les cœurs humains est en quelque sorte une lutte pour que l’amour soit présent dans la vie des hommes, et, par l’amour, ce que nous appelons du simple mot de « bonheur ». L’Église n’a pas d’autre but, n’a pas d’autre objectif que de renforcer la foi dans les cœurs des hommes, leur dévotion, et, par là-même, leur capacité à aimer les autres.

Notre témoignage sera efficace uniquement lorsque nous aurons l’amour entre nous, lorsque nous serons unis, c’est pourquoi il importe que nous contribuions par tous les moyens à l’unité de la Sainte Orthodoxie, des Saintes Églises orthodoxes. Les peuples dont les Églises orthodoxes locales ont la charge ont des modes de vie très différents, car il existe dans le monde bien des cultures différentes ; les conditions politiques, sociales et économiques diffèrent également. La vision du monde des différentes nations en porte l’empreinte, leur positions en dépendent et sont marquées par les contradictions du monde contemporain, que nous le voulions ou non : la nature humaine se fait sentir dans les relations entre les Églises. C’est pourquoi notre capacité à conserver l’unité de l’Église orthodoxe, qui existe dans le monde entier, dépend à la fois des Primats, de l’épiscopat, du clergé, des fidèles. Nous sommes tenus de nous souvenir que la Très-Sainte Mère de Dieu est notre Mère et que nous sommes ses enfants, comme l’a si bien dit saint Théophane le Reclus dans son sermon sur la Dormition, lorsque nous travaillons à renforcer l’unité de la Sainte Orthodoxie.

La joie de la solennité de ce jour est décuplée par la participation de Sa Béatitude le métropolite Rostislav, Primat de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie. Je salue l’archevêque Michel de Prague, l’archevêque Georges de Michalovce-Košice, ainsi que le métropolite Kallistos de Diokleia, représentant du Patriarcat de Constantinople venu dans notre pays en pèlerin.

L’Église orthodoxe russe et l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie sont liées par une même tradition, remontant à l’œuvre missionnaire de saints Cyrille et saint Méthode. Ce sont eux qui ont proclamé la bonne nouvelle du Christ ressuscité dans les terres de la Grande Moravie, leur prédication dans ces contrées ayant entraîné par la suite le baptême de la Rus’. En 1951, l’Église orthodoxe russe a octroyé l’autocéphalie canonique à l’Église orthodoxe de Tchécoslovaquie. Cet acte n’était pas dicté par la conjoncture politique, ni par l’influence de forces laïques, mais par une claire conscience de la difficile situation dans laquelle demeuraient nos frères et sœurs de Tchécoslovaquie après la guerre. Pour des raisons politiques, personne, hormis l’Église russe, ne pouvait apporter une aide réelle aux orthodoxes de Tchécoslovaquie. Alors que nous n’avions alors guère de forces non plus, alors que nos églises étaient fermées, que le clergé ne faisait encore que rentrer des camps et des prisons, alors que le peuple éprouvait encore les conséquences de l’agression fasciste, nos pères ont ressenti la nécessité d’être avec le peuple orthodoxe de la Tchécoslovaquie d’alors, non pas pour dominer ce troupeau, non pas pour dicter à ce petit troupeau ses conditions, mais pour accorder quelques années plus tard, en 1951, à l’Église de Tchéquie et de Slovaquie, la pleine et entière indépendance canonique, le statut d’autocéphalie. Aujourd’hui, 65 ans plus tard, nous constatons que l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie fait pleinement partie de la famille des Églises orthodoxes locales autocéphales, et nous en remercions Dieu. Elle croît peu à peu, remplissant dignement sa mission salutaire, consolant et affermissant les peuples de Tchéquie et de Slovaquie dans la vraie foi, portant la lumière de la sainte foi orthodoxe aux cœurs de milliers d’hommes. A notre grande joie, les débats et les quiproquos sur le statut autocéphale de l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie ont trouvé leur solution. Ce qui témoigne une fois encore de la justesse de la décision prise par nos pères en 1951, lorsqu’ils proclamèrent l’autocéphalie du petit troupeau orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Nous savons que l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie a traversé une période difficile ces dernières années. L’Église orthodoxe y a sincèrement compatit et a prié avec ardeur pour que le Seigneur guérisse nos faiblesses humaines, illumine les cœurs, donne la paix à l’Église orthodoxe dans l’apanage des saints Cyrille et Méthode. Heureux d’accueillir à Moscou Votre Béatitude et Son honorable suite, nous remercions Dieu de ce que les difficultés soient peu à peu surmontées : le plus difficile appartient au passé. Soyez assurés que vous et vos frères archipasteurs de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie pouvez toujours compter sur le soutien de l’Église-mère, l’Église orthodoxe russe. Elle n’est pas à l’origine de l’Orthodoxie dans les Terres tchèques et de Slovaquie, mais elle est sa mère parce qu’elle a accueilli après la guerre les fidèles orthodoxes éprouvés de Tchéquie et de Slovaquie.

Célébrant aujourd’hui avec votre Béatitude et nos confrères archipasteurs cette liturgie sous les voûtes de cette antique cathédrale, ayant communié au même Calice, nous avons ressenti combien nous étions proches les uns des autres, comme nos cœurs battent à l’unisson, comme notre prière commune découle de notre foi commune. Nous prenons conscience de ce nous avons besoin les uns des autres. Nous croyons que par l’intercession de la Très-sainte Mère de Dieu, des saints Cyrille et Méthode, docteurs des Slaves, égaux aux apôtres, dont la prédication commencée dans les plaines de la Grande Moravie se poursuit aujourd’hui grâce aux hiérarques de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie, par les prières de saint Rostislav, prince de Moravie, dont vous portez le nom, de saint Gorazd et de tous les saints qui œuvrèrent pour que la parole du Seigneur se répande, nos Églises et les peuples dont elles ont la charge demeurent éternellement unis de cœur, glorifiant ensemble le Dieu qui nous a enrichi du don d’un amour mutuel sincère. Amen.

Le Primat de l’Église russe a remis à Sa Béatitude le métropolite Rostislav un encolpion et une croix, ainsi qu’une copie de l’icône de la Vierge de Kazan.

Sa Béatitude le métropolite Rostislav des Terres tchèques et de Slovaquie s’est adressée à son tour au Primat de l’Église orthodoxe russe. « Sainteté, nous vous remercions de tout cœur de l’affection dont témoignent vos paroles, de la sollicitude fraternelle qui nous est témoignée ici partout et par tous, ainsi que de la joie spirituelle que vous nous avez offerte par la concélébration de la Divine liturgie, ici, à la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou », a dit notamment le métropolite Rostislav.

« Étant particulièrement proches des vous, nous ressentons l’affection et le soutien de l’Église orthodoxe russe, ainsi que sa sollicitude, a constaté Mgr Rostislav. Nos Églises et nos nations ont des racines culturelles communes, elles sont liées depuis des siècles. Aujourd’hui, dans les murs de cette majestueuse cathédrale, nous n’avons pas seulement le souvenir intellectuel de l’histoire de la Sainte Russie, mais nous ressentons presque physiquement l’intercession de ses saints, la force de sa foi et de sa piété. »

« Qu’aucune influence politique ne vienne mettre un terme aux liens multiséculaires entre nos Églises locales, que ces liens et notre union restent forts pour le bien des fidèles de nos Églises pour de longues années » a conclu le Primat de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie.

Ensuite, le Patriarche Cyrille a congratulé le métropolite Arsène, qui fêtait le 30e anniversaire de son sacerdoce. Un encolpion lui a été offert à cette occasion.

Enfin, différentes personnes ont été décorées par le Patriarche.

Source

Recension: Marina Paliaki, La vie de notre Seigneur Jésus-Christ

PaliakiMarina Paliaki, La vie de notre Seigneur Jésus-Christ, collection « Apprendre par l’icône », éditions Apostolia, Paris, 2016, 26 pages illustrées.
Publié originellement en grec par les excellentes éditions pour enfants Athos Paidika, puis en roumain, ce petit livre, maintenant traduit en français par les infatigables sœurs de Solan et publié par les éditions Apostolia de la Métropole roumaine, est destiné à la formation religieuse des enfants à partir de 3 ans.
La série, qui comporte aussi un volume sur la vie de la Mère de Dieu et un autre sur la naissance du Christ (dont on espère qu’Apostolia entreprendra aussi la publication) propose une catéchèse qui se caractérise par un texte simple, et surtout par une remarquable iconographie. Celle-ci est empruntée aux magnifiques fresques de l’église du monastère de Dionysiou au Mont-Athos. Ces fresques, peintes dans la première moitié du XVIe siècle par Théophane le Crétois, figurent parmi celles du plus bel et plus pur art byzantin. Elles sont in situ dans un excellent état de conservation, mais pour cette édition les photographies ont été retouchées et détourées, et les rares dégradations du temps en ont été gommées, si bien qu’elles paraissent neuves et sont présentées dans tout leur éclat. Ces illustrations contribuent puissamment à la formation de l’esprit des jeunes lecteurs quant aux scènes et personnages évangéliques représentés, mais aussi habituent leur œil à une iconographie traditionnelle pas toujours présente dans nos églises et assez rare dans les cathéchismes.
Le texte et les reproductions sont imprimés sur un papier glacé épais qui non seulement donne au livret la qualité et l’éclat d’un luxueux petit livre d’art, mais le protège des salissures et des maltraitances auxquels les enfants soumettent involontairement leurs objets familiers.
On ne peut que féliciter les éditions Apostolia pour cette belle réussite, et les encourager à poursuivre le beau travail de publication qu’elles ont récemment développé en faveur des enfants et des adolescents, en comprenant bien que leur catéchèse, dans la société actuelle, mérite une attention et des efforts soutenus.

Jean-Claude Larchet

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Lundi de la Deuxième Semaine de Pâques
Actes 3:19-26; Jean 2:1-11

Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur (Actes 3:19). Ainsi parlait l’apôtre saint Pierre aux Judéens qui avaient crucifié le Seigneur, en les consolant de ce qu’ils l’avaient fait par ignorance. Mais nous. nous crucifions le Seigneur en nous-mêmes pour la seconde fois, non pas par ignorance, mais par nos péchés, mais le Très Miséricordieux nous reçoit aussi, quand nous nous repentons et nous tournons vers Lui de tout notre coeur. Nous l’avons fait durant le Grand Carême. Chacun est accouru vers le Seigneur avec des larmes de repentir sur ses péchés, et plus cela était fait sincèrement, plus fortement on sentait le rafraîchissement du pardon, procédant de la Face du Seigneur, par les mains et la parole d’absolution du prêtre de Dieu. Maintenant, que nous reste-t-il à faire? Etre en garde contre de nouvelles chutes, de sorte que nous ne retombions pas dans la culpabilité de crucifier le Seigneur.
L’Apôtre dit que le ciel n’a reçu le Seigneur Jésus que jusques au temps du rétablissement de toutes choses (cf. Actes 3:21). Puis il viendra de nouveau, et proncera le jugement. Avec quels yeux ceux qui lui percèrent le côté Le regarderont! En effet, nous aussi, nous aurons nous tenir dans leurs rangs, si nous nous arrêtons de produire des fruits de repentance et que nous retournons à nos vieilles habitudes.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Samedi de la Semaine Sainte
Romains 6,3-11; Matthieu 28:1-20

Le Seigneur dort corporellement dans la tombe; dans l’âme Il est descendu dans l’Hadès et Il y a prêché le salut aux âmes. Les saints de l’Ancien Testament n’étaient pas dans le ciel, mais ils demeurèrent dans la foi consolante qu’ils seraient amenés là dès que Celui Qui était Promis viendrait sur la terre, ayant vécu par la foi en Lui. Là aussi, le Précurseur prédit aussi de sa venue. Quand le Seigneur est descendu [en enfer], tous ceux qui croyaient s’accrochèrent à Lui et furent enlevés par Lui au Ciel. Mais même ce Ciel n’est que le seuil du paradis véritable qui ne sera dévoilé qu’après la résurrection générale et le Jugement Dernier. Bien que tous les saints du Nouveaux Testament soient également bienheureux dans le Ciel, ils attendent un bonheur encore plus parfait dans le siècle à venir, avec un nouveau ciel et une terre nouvelle (cf. Apocalypse 21,1), où Dieu sera tout en tous (cf. I Corinthiens 15:28).

Version française Claude Lopez-Ginisty

Pensées de chaque jour de saint Théophane le Reclus

Vendredi de la Semaine Sainte

Lorsque saint Théophane le Reclus écrivit ce commentaire, il y avait, cette année, occurence entre le jour de la Crucifixion et la synaxe de l’Archange Gabriel…

La crucifixion du Seigneur Christ et la synaxe de l’Archange Gabriel! Nouvelle combinaison consolante! Gabriel annonce à l’avance la naissance du Précurseur; Gabriel apporte de bonnes nouvelles à la Vierge, il a, très probablement, proclamé la joie de la naissance du Sauveur; personne d’autre n’a proclamé aux femmes la résurrection du Seigneur Christ. C’est pourquoi Gabriel est le héraut et le porteur de toutes les joies.
La crucifixion du Christ est la joie et l’allégresse de tous les pécheurs. Un pécheur, en venant au sentiment de son péché et de la très juste vérité de Dieu, n’a nulle part où se réfugier, sauf dans l’ombre de la Croix. Là, il accepte l’assurance qu’il n’a pas de pardon alors qu’il est seul devant Dieu avec ses péchés et même s’il verse des larmes sur eux. Le seul salut pour lui, est dans la mort sur la Croix du Seigneur.
Sur la croix la cédule de tous les péchés a été déchirée (cf. Colossiens 2:14). Et quiconque accepte cela avec une foi complète est fait participant à ce mystère du pardon. Tandis que cette foi mûrit, la confiance du pardon mûrit et aussi la consolation qui vient du sentiment d’entrer dans l’état de pardon pour les siècles des siècles. La Croix est la source de joie, car un pécheur y boit la joie du pardon. En ce sens, il est à sa manière un archange, apportant la bonne nouvelle de la joie.

Version française Claude Lopez-Ginisty

Communiqué commun du Patriarcat grec orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient et du Patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient

13001158_932228543541579_978737386614915856_nLe 21 avril, à Balamand au Liban, à l’occasion du 3e anniversaire de l’enlèvement des deux évêques d’Alep en Syrie (photographies ci-contre), le Patriarcat grec orthodoxe d’Antioche et le Patriarcat syriaque orthodoxe d’Antioche (Église non chalcédonienne) ont publié un communiqué commun que nous reproduisons ci-dessous la traduction française (source dont photographie, version anglaise):

Trois ans d’enlèvement pour nos frères Jean et Paul, évêques d’Alep

Balamand, le 21 avril 2016

Nos chers fils spirituels,
Nos frères dans la patrie et l’humanité,
Il y a trois ans jour pour jour, les évêques d’Alep Jean Ibrahim et Paul Yazigi furent enlevés dans les environs d’Alep, alors même qu’ils rentraient d’une mission humanitaire où ils agissaient en intermédiaires pour aider autrui. Depuis lors, pas une seule information officielle n’a filtré à leur sujet ; ni de la part d’un gouvernement, ni de celle d’une organisation, ni même émanant d’une autorité haute ou modeste, quelle qu’elle soit. Depuis trois ans, ce dossier est relégué aux oubliettes, et ceci n’est qu’une reproduction à échelle réduite de ce qu’endurent nombreux parmi nous : terreur, meurtre, enlèvements, exil, accusation d’apostasie, attentats dévastateurs… Tout cela sous couvert d’appellations et de slogans divers. Ni les torrents de larmes versées par les mères de Syrie et du monde entier, ni l’ardeur de tous ces cœurs épuisés en prière n’ont suffi à mettre un terme à cette tragédie débutée il y a plus de cinq ans, sous un nom sans lien avec son sens initial.
Il nous importe aujourd’hui, alors que nous soumettons cette tragédie au regard du monde entier, de confirmer les principes immuables que nous avons déjà affirmés et que nous partageons avec un grand nombre de personnes.
Si le but de ces enlèvements est de nous intimider en tant que chrétiens, que les ravisseurs sachent que nous sommes les descendants de ceux qui ont choisi de porter le nom du Christ, sur cette terre et non une autre, il y a deux-mille ans. Nous ne sommes pas surhumains et ne sommes pas soutenus par des colosses. De cette terre nous pétrissons notre pain et de toute la force de notre appartenance à ce sol nous sauvegardons notre identité, levantine et antiochienne, contre vents et marées.
Nous avons frappé à toutes les portes et continuerons de le faire, mais notre premier espoir, et le dernier, c’est en Dieu que nous l’investissons. Notre première et dernière force, c’est de la détermination de nos ancêtres, de leur persévérance et de l’amour qu’ils ont voué à leur terre et à leur Église que nous les tirons. En cet Orient nous demeurons, nos cloches continueront d’y résonner et nous ne cesserons d’y brandir nos croix et nos églises. La main malveillante qui se tendra vers ces croix et ces clochers, nos frères musulmans de tout bord se chargeront eux-mêmes de la tordre ; les musulmans du Levant, peuple de la tempérance, qui endurent tout autant que nous le fléau du terrorisme aveugle et les accusations d’apostasie, surgies en intruses dans nos relations chrétiennes-musulmanes, passées comme actuelles. Se chargera également de tordre le bras de ce fléau une longue fraternité, vécue et que nous continuons de vivre, avec toutes les communautés. On a beau briser nos croix, exiler nos familles, déchirer les entrailles de nos patries, incendier nos églises et nos mosquées, nous priver de nos enfants, de nos proches et bien-aimés, tombés en martyrs dans la lutte du bon droit contre l’injustice, il n’en reste pas moins que, tout cela, malgré l’étendue de son horreur, nous l’endurons comme si de rien et le déposons en offrande sur le chemin de croix enduré par notre Seigneur Jésus Christ. Toutes les ténèbres de ce bas monde, nous les enfouissons dans la lumière du regard de la Vierge toute sainte, honorée par les chrétiens comme par les musulmans, et au secours de laquelle nous en appelons, pour nous rendre tous les kidnappés et parmi eux nos deux frères, les évêques d’Alep.
En cette terre nous demeurons et nous n’épargnerons aucun moyen pour la défendre et y défendre notre présence. Nous n’y avons jamais constitué une minorité et nous ne le serons pas. Pour tous ceux qui se disent touchés par le sort des « minorités » et qui ouvrent leurs portes pour accueillir les Syriens de tout bord, il serait plus convenable d’œuvrer de toutes leurs forces pour trouver une solution qui leur épargnerait une lourde responsabilité et un fardeau économique supplémentaire, et qui épargnerait à cette population les dangers d’une traversée en mer exténuante, les affres de l’exil et du statut de réfugiés. Nous ne sommes pas des quêteurs de protection, mais des quêteurs de paix. Et la paix est une et indivisible. Elle ne se répartit pas en « paix pour les minorités » et en « paix pour les majorités ». La paix est celle de pays qui se sont fondés et tiennent grâce au vivre ensemble, au patriotisme, à l’esprit civique et au discours religieux modéré. La paix ne découlera pas d’un blocus économique extérieur, qui ne porte généralement atteinte qu’aux enfants sans-abri et aux démunis sur le sort desquels nombreux pleurent, alors même qu’ils ont été réduits à une vulgaire monnaie d’échange exploitée sur le marché des armes et dans le conflit d’intérêts.
A la communauté internationale nous répétons ce que nous avons affirmé précédemment : nous vous sommes reconnaissants de tous les sentiments fraternels et les condamnations exprimées. Cependant, après ces trois longues années d’attente, nous vous accusons tous de porter la responsabilité d’avoir ignoré cet enlèvement et du silence absolu sur ce dossier, et nous vous invitons tous à remplacer le discours habituel, qui consiste à dénigrer, condamner et promettre une action sérieuse, par des actes suivis, traduisant concrètement les bonnes volontés exprimées.
Nous renouvelons ici notre appel à libérer nos deux frères évêques et en appelons aux États décisionnaires et à ceux qui ont le pouvoir de « tirer les cordes » de la scène politique de mettre un terme à cette tragédie humaine minimisée, dont la description est loin d’en refléter l’ampleur et l’impact réel sur la population syrienne. Nous apprécions fortement, en revanche, et savons gré de tout effort, local ou international, déployé pour la convergence et le dialogue, car il est le seul garant de retrouver la paix en Syrie, au Levant et dans le monde.
Alors que nous élevons nos prières pour la paix en Syrie, au Proche-Orient et dans le monde entier, nous saluons la ville d’Alep, nos proches et les membres de la paroisse qui y résident. Nous saluons notre grande famille, tous les cœurs aimants, pétris d’espérance, qui ont chéri Jean Ibrahim et Paul Yazigi. Nous saluons nos fils dans la patrie et les membres de la diaspora, réunis par l’amour de la patrie et notre terre d’origine. Nous saluons toute la communauté d’Antioche unie dans la prière, dans la quête et dans la prise de position aux quatre coins de la terre.
A l’approche des fêtes de Pâques, qui célèbrent la Résurrection, nous prions Jésus-Christ, Seigneur de la Résurrection, de nous soulager du lourd fardeau qui pèse sur cet Orient et d’y implanter la lumière de Sa résurrection. Nous prions le Saint des saints de panser de Sa main tendue le cœur de chaque mère, père, frère ou ami miné par cette crise et d’adoucir leurs meurtrissures grâce à l’espoir de la résurrection. Nous prions le Dieu crucifié, qui a vaincu de Sa force l’empire de la mort, enseveli dans Sa tombe les maux de l’humanité et renforcé le cœur de Ses disciples, de consoler nos fils et de ramener la paix à la terre de la paix, cette terre d’Orient blessée, mais qui subsistera envers et contre tout. Nous sommes les enfants de la Lumière et de la Résurrection, et nos prières adressées aujourd’hui au Seigneur de la Lumière et de la Résurrection, l’appellent à étendre Sa Lumière consolante et Sa protection divine sur nos fils qui protègent cette terre, à accorder Sa miséricorde aux âmes des martyrs et à ramener chaque individu enlevé sain et sauf parmi les siens.
A nos frères évêques nous disons : vous êtes un parfum d’encens émanant dans les ténèbres actuelles. Vous êtes l’éclat d’une louange divine surgissant au milieu des écueils des intérêts. Vous qui marchez dans la Lumière du Christ, de laquelle vous tirez votre force et celle de la paroisse qui vous a été confiée, sachez que nous sommes à vos côtés, dans le flot d’une prière adressée au Rédempteur et à ses saints, le suppliant d’éloigner de nous ce nuage de tourments, d’inonder nos martyrs de Sa Lumière et de recouvrir nos proches de Son aile protectrice.
Sois à nos côtés Seigneur et accorde-nous Ta consolation divine. Bénis nos âmes de la force de Ta paix et ancre, au fond de nos cœurs, l’espoir de Ton Salut. Sois notre soutien et notre protection. Inonde nos esprits de la lumière de Ta paix et emplis nos âmes de l’éclat de Ta bonté. Console les kidnappés et ramène-les aux leurs. Reste, Seigneur, aux côtés des exilés et rend nous plus forts, afin que nous les consolions autant que faire se peut. Prends soin des orphelins, aie pitié de l’âme de nos martyrs et guéris, de Ton âme sacro-sainte, les cœurs meurtris de leurs proches.
Accorde-nous, Seigneur, la lumière de Ta paix et éclaire nos vies de Ta présence sublime.

Jean X (Yazigi), patriarche grec orthodoxe d’Antioche et du Levant

Mor Ignace Ephrem II (Karim), patriarche syriaque orthodoxe d’Antioche et du Levant

Un film d’archives sur l’église de Sea Cliff (États-Unis) avec saint Jean de Changhaï et d’autres hiérarques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières

Le site du département synodal des œuvres caritatives de l’Église orthodoxe russe a publié l’article suivant sur son site.

Le 2 juillet sera commémoré le 50ème anniversaire du trépas de saint Jean de Changhaï qui se distingua particulièrement par sa miséricorde pendant son ministère épiscopal, visitant les malades, accompagnant les mourants et consolant les souffrants. En vue de cette commémoration, les paroissiens de l’église Saint-Séraphin de Sarov à Sea Cliff aux États-Unis ont publié des images filmées lors de la célébration du saint hiérarque Jean dans leur paroisse. Cette chronique cinématographique se trouvait dans les archives paroissiales. C’est ainsi que l’on peut voir en vidéo (à la fin du film) saint Jean, alors qu’il bénissait l’assistance. Il est rare de voir ainsi l’icône vivante d’un saint. Outre saint Jean de Changhaï, on peut voir encore sur ce film le métropolite Anastase (Gribanovsky, +1965), primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, le père Mitrophane (Znosko-Borovsky, +2002), qui devint par la suite évêque de Boston, l’archiprêtre Doumsky, le premier recteur de la paroisse, l’archevêque Averky (Taouchev +1976), recteur du monastère et séminaire de Jordanville, le hiérodiacre Laur (Škurla +2008), futur primat de l’Église russe hors-frontières. On peut visionner ici le film, qui commence par la construction de l’église de Sea Cliff, puis continue avec la pose de la première pierre, la dédicace de l’édifice et la célébration par les hiérarques mentionnés.

Source

Radio: “Orthodoxie et écologie”, une série de l’émission “Les chemins de l’orthodoxie” sur RCF

Le-reseau-RCF-se-renouvelle-en-profondeur_article_popinL’émission de radio “Les chemins de l’orthodoxie”, présentée par le père Jean-Claude Gurnade, a proposé cinq émissions sur le thème “Orthodoxie et écologie”. Celle d’hier poursuivait la présentation du monastère de Solan, dans les autres émissions le dernier livre du patriarche Bartholomée a été évoqué. Pour les écouter, cliquez sur les liens suivants (la première émission est réservée aux inscrits) : émission 1, émission 2, émission 3, émission 4, émission 5.

Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, « Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe », tome 6, deuxième édition, corrigée et augmentée

SynaxaireHiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe, Tome sixième, Juillet-Août, 2e édition française, corrigée et augmentée, Simonos-Pétra (Mont-Athos), 2015, 769 p.
Ce volume vient achever la publication de la seconde édition du Synaxaire (recueil des vies des saints de l’Église orthodoxe, classées au jour le jour) réalisée par le père Macaire, moine d’origine française établi depuis près de trente-cinq ans au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos. Il complète le tome 1, septembre-octobre, paru en 2008, le tome 2, novembre-décembre, paru en 2010, et les tomes 3, janvier-février, 4, mars-avril, et 5, mai-juin, parus en 2014. Ce dernier volume comporte en outre la table alphabétique générale, et en annexe les notices de saints nouvellement canonisés et prenant place dans les mois de septembre à janvier, comme saint Porphyre ou saint Gabriel de Géorgie.
Il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition, publiée dans les années 90, qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée, mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales, ou encore de saints de celles-ci qui avaient été oubliés et dont l’introduction a été suggérée à l’auteur.
Cette nouvelle édition améliore aussi la présentation de la précédente puisque les volumes sont maintenant reliés, que le texte a un rendu typographique excellent, et comportent de nombreuses illustrations de qualité en noir et blanc et en couleur.
Le Synaxaire du Hiéromoine Macaire reprend les notices de grands synaxaires précédemment publiés, en particulier celui de Constantinople (réalisé au milieu du Xe siècle) et surtout celui de saint Nicodème l’Hagiorite (datant du XVIIIe siècle). Mais il les a souvent allongées en puisant dans les Vies des saints. Profitant des progrès de la connaissance historique et des éditions critiques des sources, il a corrigé un certain nombre d’inexactitudes ou précisé certaines approximations que comportaient les textes anciens, travail que fit aussi, avec les moyens de son époque, saint Nicodème l’Hagiorite. Il a également enrichi de nombreuses notices de connaissances nouvelles, s’informant soigneusement auprès des diverses sources hagiographiques. Il a fait une large place aux saints spécifiquement vénérés par toutes les Églises locales orthodoxes, sans oublier les saints d’Occident d’avant le IXe siècle. Il a entièrement rédigé, dans le style des autres, les notices consacrées aux saints récemment canonisés.
Le Synaxaire du Père Macaire est maintenant traduit et publié dans la plupart des pays orthodoxes et y est devenu un ouvrage de référence. Il est lu à table dans de nombreux monastères, car les notices courtes, à la différence de la plupart des Vies des saints, peuvent être parcourues pendant la durée des repas sans subir de coupures.
Son usage est d’une grande utilité aussi dans le cadre de la vie journalière des fidèles orthodoxes, en complément de la prière et des autres lectures spirituelles.
La vénération des saints occupe en effet une place importante dans l’Église orthodoxe, et implique leur commémoration quotidienne. Leurs vertus sont célébrées dans les hymnes des « Ménées », qui s’intègrent aux services liturgiques de chaque jour. Le but des Synaxaires est, d’une manière plus courte que les Vies des saints, de nous faire connaître les grandes étapes de leur existence, les grands traits de leur personnalité, et les actions (intérieures et extérieures) dans lesquelles s’est réalisée ou manifestée leur sainteté. Les Synaxaires nous permettent d’avoir une connaissance précise et concrète de ceux dont le calendrier liturgique se borne à nous donner les noms, et de préciser certaines généralités ou allusions des chants liturgiques. Ils les situent dans leur contexte historique (car le christianisme s’inscrit toujours dans l’histoire concrète de l’humanité), social et religieux. Ils dessinent leur portait et sont un peu comme des icônes écrites. Saint Basile le Grand écrit à ce sujet: « Les Vies des Bienheureux sont comme des images animées de la vie selon Dieu, proposées à l’imitation en leurs bonnes œuvres. De même que les peintres, quand ils peignent une image d’après une autre image, jettent fréquemment les yeux sur le modèle et s’efforcent d’en faire passer les traits dans leur propre ouvrage, de même l’homme qui s’applique à se rendre parfait dans toutes les parties de la vertu doit jeter les yeux sur la vie des saints comme sur des statues qui se meuvent et qui agissent, et par l’imitation faire sien le bien qui était le leur. »
Le but des synaxaires n’est pas de nous faire acquérir un savoir abstrait, mais de nous rendre les saints plus familiers, et de compléter, dans une démarche également contemplative et orante, leur célébration hymnographique. Leur usage n’est pas récent: ils sont les héritiers directs des anciens « Martyrologes » que, dans les premiers siècles, on lisait au cours des réunions de la communauté chrétienne (appelées « synaxes »). Au IVe siècle, cette lecture fut remplacée par des hymnes. Mais la crise iconoclaste, où les attaques contre les icônes furent perçues comme une atteinte portée à la vénération des saints, eut pour issue la réhabilitation non seulement des icônes, mais de la lecture des Vies des saints. Les hymnographes du monastère de Stoudion, qui ont pour une grande part donné aux offices orthodoxes la forme qu’ils ont aujourd’hui, laissèrent, après la sixième ode du Canon des Matines, une place pour la lecture d’un résumé de la vie du saint du jour, appelé « synaxaire ». Du IXe au XIe siècle, on développa la rédaction de ces courtes notices. On les inséra par la suite dans les Ménées, mais on les rassembla aussi dans des éditions séparées, où on les développa souvent davantage.
Le rôle important que jouent les Vies des saints dans la vie spirituelle des chrétiens est souligné dans ce très beau texte de saint Justin Popović (†1979) :

« Qu’est-ce que la Vie des saints? Rien d’autre qu’une façon de poursuivre les Actes des apôtres. On y retrouve le même Évangile, la même vie, la même vérité, la même justice, le même amour, la même foi, la même éternité, la même force qui vient d’En-Haut, le même Dieu et Seigneur ; car le Seigneur Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles (He 13, 8), le même pour tous les hommes de tous les temps, accordant les mêmes charismes et les mêmes énergies divines à tous ceux qui croient en Lui. Cette transmission de toutes les forces divines vivifiantes dans l’Église du Christ à travers les siècles et les générations constitue la sainte tradition vivante. Cette sainte tradition se transmet sans discontinuer, en tant que vie charismatique, à tous les chrétiens en qui, par les saints mystères et par les saintes vertus, vit le Seigneur Jésus-Christ qui est tout entier présent dans Son Église, qui est Sa plénitude, la plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout (Ep 1, 23). Le Dieu-homme Seigneur Jésus-Christ est la plénitude très parfaite de la Divinité car en Lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité (Col 2, 9). Les chrétiens doivent, par les saints mystères et par les saintes vertus, s’emplir de toute la plénitude de Dieu (Ep 3, 19). Les Vies des saints font justement apparaître ces êtres pleins du Christ-Dieu, ces êtres christophores, ces personnes saintes en qui est gardée et par qui est transmise la sainte tradition de la vie dans la grâce, gardée et transmise par leur conduite sainte et évangélique. Les Vies des saints, ce sont les saintes vérités évangéliques, transférées dans notre vie humaine par la grâce et les ascèses. Il n’est pas de vérité évangélique qui ne puisse être changée en vie. Toutes ces vérités ont été données par le Christ dans un but unique : devenir notre vie, notre réalité, notre propriété, notre joie. Les saints, sans exception, vivent ces vérités divines comme la quintessence de leur vie et l’essence de leur être. Ainsi les Vies des saints sont à la fois la preuve et le témoignage que notre origine est céleste, que nous ne sommes pas de ce monde mais de l’autre, que l’homme n’est un homme véritable qu’avec Dieu, que si nous vivons sur la terre, c’est par le ciel, car notre cité se trouve dans les cieux (Ph 3, 20).
Les Vies des saints sont des témoignages sacrés de la puissance thaumaturgique du Seigneur Jésus-Christ. Il s’agit en fait de témoignages des saints Actes des apôtres, simplement prolongés à travers les siècles. Les saints ne sont rien d’autre que des témoins saints, comme les saints Apôtres ont été les premiers témoins. Témoins de qui? Mais du Christ Dieu-homme, crucifié, ressuscité, monté au ciel et éternellement vivant. Ils sont les témoins de l’Évangile source de tout salut, qui continue d’être écrit, sans interruption, de génération en génération car le Seigneur Jésus-Christ, qui est le même pour tous les siècles, continue par la même puissance divine, à faire des miracles par Ses saints témoins. Les saints Apôtres ont été les premiers témoins du Seigneur Jésus-Christ et de Son économie divino-humaine du salut du monde; leurs Vies constituent des témoignages vivants et immortels de l’Évangile du Sauveur en tant que vie nouvelle, vie pleine de grâce, vie sainte et divino-humaine et donc toujours thaumaturgique et véritable, tout comme est thaumaturgique et véritable la vie même du Sauveur.
Avec les Vies des saints, nous voici au ciel, car avec les saints de Dieu, la terre devient ciel. Nous voici parmi des anges de chair, parmi les christophores. Là où ils sont, le Seigneur tout entier est en eux, avec eux et parmi eux; là se trouvent toute la Vérité éternelle de Dieu, toute la Justice éternelle de Dieu, tout l’Amour éternel de Dieu, toute la Vie éternelle de Dieu.
Avec les Vies des saints, nous voici au paradis, là où pousse et s’épanouit tout ce qui est divin, saint, immortel, éternel, juste, vrai, évangélique; en chaque saint a fleuri, par la Croix, l’arbre de la vie éternelle, divine et immortelle qui a donné beaucoup de fruits. La Croix conduit au paradis, elle nous y conduit à la suite du Larron qui, pour nous entraîner, y est entré le premier avec le Christ, le tout-puissant et divin, porteur de la Croix; il est entré avec la croix du repentir.
Avec les Vies des saints, nous voici dans l’éternité: le temps n’existe plus, parce que chez les saints de Dieu, règnent la vérité divine et éternelle, la justice divine et éternelle, l’amour divin et éternel, la vie divine et éternelle. Pour eux, la mort n’existe plus : tout leur être est empli des forces divines du Christ Ressuscité, de l’unique Vainqueur de la mort, de toutes les morts dans l’ensemble des mondes. La mort n’existe pas pour eux: tout leur être est plein du Seul Immortel, du Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, le plus qu’immortel. Parmi eux, sur la terre, nous nous trouvons parmi les seuls vrais immortels, qui ont vaincu toute mort, tout péché, toute passion, tout démon, tout enfer. Quand nous sommes avec eux, aucune mort ne peut nous atteindre, parce que les saints sont comme des paratonnerres contre la mort. Il n’existe pas de tonnerre qui puisse nous frapper à mort quand nous sommes avec eux, parmi eux, en eux.
Les saints sont des hommes qui vivent sur la terre les vérités saintes, éternelles et divines. Les Vies des saints sont, en réalité, de la dogmatique appliquée, car en eux toutes les saintes et éternelles vérités dogmatiques ont été vécues dans toute leur force vivifiante et créatrice. Elles montrent de toute évidence que les dogmes ne sont pas seulement des vérités ontologiques en elles-mêmes et pour elles-mêmes, mais que chaque dogme est source de vie éternelle et de sainte spiritualité, conformément à l’Évangile plus que vrai de l’unique et irremplaçable Sauveur et Seigneur qui a dit: Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (Jn 6, 63), car chacune d’elles répand une force salvatrice, sanctificatrice, qui remplit de grâce, vivifie et transfigure.
Les saints sont vraiment des saints parce qu’ils ne cessent de revivre le Seigneur Jésus comme âme de leur âme, conscience de leur conscience, pensée de leur pensée, être de leur être, vie de leur vie. Et chacun d’eux crie avec le saint Apôtre cette vérité : ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).
Plongez-vous dans les Vies des saints : chacune de ces vies répand la force charismatique, vivifiante et salvatrice de la Très-Sainte Mère de Dieu qui les a conduits d’ascèse en ascèse, de vertu en vertu, de la victoire sur le péché à la victoire sur la mort, de la victoire sur la mort à la victoire sur le diable et les amène à la joie spirituelle, là où il n’y a ni maux, ni peines, ni soupirs, mais seulement paix et joie dans l’Esprit Saint (Rm 14, 17), paix et joie issues de la victoire remportée sur tous les péchés, toutes les passions, toutes les morts, tous les esprits mauvais. Tout cela sans aucun doute atteste, par la vie et l’expérience, la vérité du saint dogme sur la Très-Sainte Mère de Dieu plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, un dogme que les saints serrent dans leur cœur et dans un amour embrasé par la foi. – Si toutefois vous souhaitez avoir mille, deux mille ou des milliers de témoignages incontestables sur la réalité vivante et vivifiante de la très vénérable Croix du Seigneur et obtenir ainsi une confirmation empirique de la vérité absolue du saint dogme sur le caractère salvateur de la mort sur la Croix du Sauveur, alors entrez avec foi dans les Vies des saints. Alors vous pourrez comprendre et voir que pour chaque saint en particulier comme pour tous les saints dans leur ensemble, la force de la croix est une arme qui triomphe de tout, leur permettant de vaincre tous les adversaires de leur salut, qu’ils soient visibles ou invisibles; vous pourrez ainsi voir la présence de la croix tout au long de leur vie, dans leur âme, leur cœur, leur conscience, dans leur esprit, dans leur volonté et leur corps; vous la verrez, telle une source intarissable de forces salvatrices et sanctifiantes, les mener sans faille, de perfection en perfection, de joie en joie, et les introduire dans l’éternel Royaume des cieux, là où ne cessent les chants de ceux qui célèbrent et contemplent la beauté inexprimable de la Face du Seigneur. Par leur sainte vie et leurs saintes personnes, les saints de Dieu confirment également, de manière absolument convaincante, non seulement les dogmes cités ci-dessus, mais aussi tous les autres saints dogmes: sur l’Église, la grâce, les saints mystères, les saintes vertus, l’homme lui-même, le péché, les saintes reliques, les saintes icônes, la vie future, tout ce qui constitue l’économie divino-humaine de notre salut. En vérité, les Vies des saints sont une dogmatique empirique; c’est la dogmatique vécue, dogmatique devenue vie dans la sainte vie des saints hommes de Dieu.
En outre, les Vies des saints portent en elles toute l’éthique orthodoxe, la morale orthodoxe, dans tout l’éclat de sa splendeur divino-humaine et de sa force vivifiante et immortelle. Les Vies des saints ont démontré et prouvé de la façon la plus convaincante que les saints mystères sont la source des saintes vertus, que les saintes vertus sont des fruits des saints mystères: elles en sont issues, elles se développent grâce à eux, elles s’en nourrissent, elles en vivent, elles s’y épanouissent, elles y trouvent leur immortalité et leur éternité. Toutes les lois morales divines sont issues des saints mystères et sont réalisées par les saintes vertus. Voilà pourquoi les « Vies des saints » constituent une éthique vécue, une éthique appliquée. En fait, les Vies des saints démontrent de façon irréfutable que l’éthique n’est rien d’autre qu’une dogmatique appliquée. Toute vie de saint se compose de saints mystères et de saintes vertus, fruits du Saint-Esprit qui opère tout en tous (1 Co 12, 4.6.11).
Que sont encore les Vies des saints? C’est l’unique pédagogie de l’Orthodoxie. Car elles montrent, et de manière innombrable, parfaitement éprouvée au cours d’une expérience multiséculaire, comment se construit et se développe la personnalité humaine la plus achevée, l’homme idéal le plus achevé, et comment grâce aux saints mystères et aux saintes vertus dans l’Église du Christ, on parvient à constituer cet Homme parfait… qui réalise la plénitude du Christ (Ep 4, 13).
En fait, les Vies des saints constituent une sorte d’encyclopédie orthodoxe. On peut y trouver tout ce qu’une âme affamée, assoiffée de justice éternelle et de vérité éternelle peut désirer en ce monde, affamée et assoiffée d’immortalité et de vie divine. Si tu as soif de foi, tu la trouveras en abondance dans les « Vies des saints » et ton âme rassasiée de cette nourriture n’aura jamais plus faim. Si tu désires l’amour, la vérité, la justice, l’espérance, la douceur, l’humilité, la pénitence, la prière ou toute autre vertu ou ascèse, tu trouveras dans les « Vies des saints » une infinité de maîtres saints pour chaque ascèse et tu recevras le secours de la grâce pour chaque vertu. Si tu souffres le martyre pour ta foi en Christ, les Vies des saints te consoleront, t’encourageront, te fortifieront, te donneront des ailes, au point que tes souffrances se changeront en joie. Es-tu soumis à des tentations? Les Vies des saints t’aideront à en venir à bout, dès maintenant et pour toujours. Et si tu es menacé par les ennemis invisibles de ton salut, tu pourras grâce aux Vies des saints revêtir l’armure de Dieu (Ep 6, 11.13) de façon à les briser tous, dès maintenant et pour toujours. Si tu te trouves au milieu d’ennemis visibles et persécuteurs de l’Église du Christ, les Vies te donneront le courage et la force de confesser, sans crainte, le seul vrai Dieu et Seigneur Jésus-Christ dans l’ensemble des mondes; tu te tiendras inébranlable jusqu’à la mort, quelle qu’elle soit, pour Son Évangile, et tu sentiras ton être plus fort que toute mort, et que tout ennemi du Christ; en souffrant pour le Christ, tu jubileras de joie, sentant que tout ton être, que toute ta vie se trouve dans les cieux, au-delà de toutes les morts, cachée avec le Christ en Dieu (Col 3, 3).
Les Vies des saints montrent d’innombrables mais toujours infaillibles voies de salut, d’illumination, d’initiation, de régénération, de transfiguration, de christification, de déification; elles nous indiquent également toutes les manières par lesquelles la nature humaine triomphe du péché, de tout péché, comment elle vient à bout de la passion, de toute passion, comment elle triomphe de la mort, de toute mort, comment elle triomphe du démon, de tout démon. On y trouve le remède à tout péché, la guérison de toute passion, la résurrection de toute mort, la délivrance de tout démon, le salut contre tous les maux. Il n’est pas de passion, il n’est pas de péché dont on ne puisse trouver dans les Vies des saints la manière de les vaincre, de les mettre à mort, de les déraciner. Les Vies des saints montrent clairement et de façon évidente qu’il n’est pas de mort spirituelle de laquelle on ne pourrait ressusciter par la force divine du Seigneur Jésus ressuscité et monté au ciel ; il n’est pas de malheur, de tristesse, d’affliction ou de souffrance que le Seigneur, ne change progressivement ou instantanément, en joie paisible et douce, selon la foi que nous avons en Lui… » (Extraits de: Saint Justin Popović, Vies des saints serbes, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2013, traduction de Lioubomir Mihailovitch).

Tous les volumes du Synaxaire du père Macaire (vendus maintenant à petit prix grâce à l’aide d’un sponsor et à une impression en Pologne par les soins d’Orthdruk) peuvent être commandés par courrier, ou en ligne sur leur site Internet, dans les métochia français du monastère de Simonos-Pétra:

— le monastère de Solan, F-30330 La-Bastide-D’Engras (tel. 04 66 82 94 25; www.monasteredesolan.com)

— le monastère de la Transfiguration, Néguirat, F-24120 Terrasson (tel. 05 53 50 23 94; www.monastere-transfiguration.fr).

— le monastère Saint-Antoine-le-Grand, F-26190 Saint-Laurent en Royans (tel. 04 75 47 72 02; www.monasteresaintantoine.fr) ;

Les volumes sont également disponibles dans les librairies qui diffusent les livres orthodoxes.

Jean-Claude Larchet

«Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane», une homélie de l’archimandrite Placide Deseille

P_PlacideLe site Moinillon au quotidien donne le texte d’une homélie de l’archimandrite Placide (Deseille) prononcée lors du dimanche des Myrophores où il s’exprime sur la façon dont doit être considéré l’évêque par les fidèles de son diocèse. Le père Placide écrit notamment :
«Les évêques et ceux qu’ils ont établis pour participer à leur ministère, les prêtres qui ont charge de paroisse, ont pour tâche essentielle de sanctifier le peuple chrétien. C’est pour cela qu’ils sont comme les icônes vivantes du Christ, quelle que soit leur sainteté personnelle. S’ils ne sont pas dignes de la charge qui leur est confiée, ils en rendront compte au Seigneur, mais cela n’empêche pas qu’ils doivent toujours être respectés comme des icônes vivantes du Christ, et non pas simplement vus avec un regard purement humain.
Il y a quelque temps, je demandais à un laïc qui se plaignait de son évêque : “Mais qu’est-ce que l’évêque, pour vous?” Et après un instant d’hésitation il m’a répondu : “L’évêque, c’est le président de l’administration diocésaine”. Je lui ai dit : “Non! L’évêque, c’est l’icône du Christ pour son diocèse”. Et c’est tout à fait autre chose. Un chrétien doit avoir un regard chrétien sur son évêque, et non pas un regard profane. Sinon il y a là une laïcisation de l’Église qui est une déformation complète des choses. Il peut arriver, bien sûr, qu’un évêque commette des fautes. Saint Pierre lui-même a du être repris publiquement par saint Paul parce qu’à un moment donné de son ministère, il a agi d’une façon répréhensible. Saint Paul n’a pas hésité à le reprendre en face. Un évêque n’est pas un dictateur qui a toujours raison, donc, il est inévitable qu’un évêque commette des faux pas et que, les fidèles, à ce moment-là, doivent réagir. Mais réagir comment? Réagir chrétiennement, dans un regard de foi, et non pas en traitant l’évêque comme un fonctionnaire qui aurait manqué à ses devoirs.
Tout récemment, dans un diocèse orthodoxe de France, des fidèles ont estimé à avoir à se plaindre de leur évêque. C’était leur droit. Mais comment devaient-ils réagir? En informant le métropolite, en remontant, au besoin, jusqu’au patriarche, mais non pas, comme malheureusement beaucoup l’ont fait, en publiant une lettre ouverte, exprimant leurs griefs d’une manière purement “séculière”, dans les termes qu’on emploie pour se plaindre d’un fonctionnaire qui n’est pas correct, qui ne se comporte pas selon les exigences de sa fonction. À cette occasion, des laïcs de ce diocèse qui connaissaient des membres du groupe de laïcs qui fréquentent habituellement nos deux monastères de Saint Antoine-le-Grand et de Solan leur ont demandé de signer eux aussi cette lettre ouverte de protestation contre leur évêque. Je n’ai pas à juger du bien fondé de leurs grief, je n’ai pas, moi-même, les informations détaillées qu’il faudrait pour cela, mais, de toutes manières, j’estime que ce procédé était profondément incorrect. C’était traiter l’évêque comme une personnalité laïque, comme un fonctionnaire de la République. C’est inadmissible de la part de fidèles orthodoxes. Et c’est pour cela que j’ai demandé à tous les fidèles qui m’ont demandé conseil de refuser de signer cette lettre ouverte. L’évêque doit toujours être vénéré, respecté, car il est pour son diocèse l’icône vivante du Christ comme l’higoumène dans le monastère, et non un fonctionnaire.»
Nous donnons ici l’intégralité de cette homélie.

Stages de chant byzantin en français – 2015

Le Centre d’étude de chant byzantin Stoudion organise des stages de chant byzantin en français en 2015.
Dates :
Initiation :
– du 4 au 12 juillet
– et du 17 au 24 octobre

Perfectionnement :
– du 11 au 19 juillet
– et du 25 octobre au 1er novembre

Lieux :
– Atelier Saint Jean Damascène (26190 Saint Jean en Royans dans la Drôme)
– Monastère orthodoxe de Solan (Gard)

Les chants sont adaptés en français à la base des mélodies traditionnelles byzantines. L’apprentissage se fera en 2 groupes (initiation et perfectionnement, séparément en deux temps)
 ouvert à tous (pour les débutants, aucune formation musicale préalable n’est nécessaire). Le stage sera animé par Andréa ATLANTI (diplôme d’état de chant byzantin de Grèce) et par
 Ibrahim ISSID (chantre et chef de choeur de l’Église orthodoxe).

Information : au N° 06 84 48 57 60 
E-mail : stoudion@gmail.com

Adresse : Association STOUDION
Rue de la Providence – 26190 Saint Laurent en Royans

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Jovan Nikoloski