25/06/2017
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Résultats de la recherche : concile panorthodoxe

Extrait du discours de l’archevêque Dimitri d’Amérique (Patriarcat œcuménique) au sujet du Concile panorthodoxe, prononcé lors de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis

Une partie du discours de l’archevêque d’Amérique Dimitri (Patriarcat œcuménique) à l’occasion de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis était consacrée au Concile de Crète, auquel il participait. L’archevêque retrace l’histoire de ce Concile et donne son point de vue sur l’attitude que doivent adopter les évêques orthodoxes en Amérique malgré leur différend au sujet de la reconnaissance de celui-ci par leurs Églises locales respectives. Nous publions ci-dessous l’extrait en question : « Permettez-moi de commencer avec le Saint et Grand Concile qui s’est réuni sur l’île de Crète en juin dernier (18-26 juin 2016). Comme vous le savez, la décision de réunir un Concile panorthodoxe a été prise par les représentants des Églises orthodoxes autocéphales en 1961, il y a 55 ans, et pendant une réunion spéciale tenue sur l’île de Rhodes, en Grèce (20 septembre – 5 octobre 1961). Plusieurs réunions relatives à la décision mentionnée ont suivi. Il y a eu des réunions panorthodoxes intitulées « Commissions préparatoires inter-orthodoxes) ou « Consultations préparatoires préconciliaires ». Les dates de ces réunions sont 1963 (Rhodes, Grèce), 1964 (Rhodes), 1966 (Belgrade), 1968, 1976, 1982, 1986, 1990 et 1993 (toutes à Genève). La tâche des Commissions ou Consultations était la création d’une liste de sujets devant être discutés par le Concile panorthodoxe lorsqu’il se réunirait et la préparation de textes correspondant aux sujets sélectionnés. Des événements importants en Europe et au Moyen Orient ont provoqué une pause temporaire du processus mentionné. En 2008 (10-12 octobre 2008), au cours d’une Synaxe à Constantinople des Chefs et représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales, les travaux de préparation du Concile panorthodoxe ont redémarré. Ainsi, six ans plus tard (6-9 mars 2014), la décision historique a été prise de convoquer le Saint et Grand Concile des Églises orthodoxes au printemps 2016 en l’église Sainte-Irène (lieu du Second Concile Œcuménique) à Constantinople. La Sainte Synaxe préconciliaire des Primats et représentants de toutes les Églises orthodoxes autocéphales a eu lieu à Genève cette année (21-26 janvier 2016). Au cours de cette Synaxe, trois choses importantes se sont produites : 1) Le lieu du Saint et Grand Concile a été transféré de Constantinople, en Turquie, à l’île de Crète, pour des raisons bien connues, 2) Le règlement des travaux au Concile a été discuté et approuvé et 3) Les textes des six sujets finaux ont été discutés en détails et approuvés avec quelques modifications. Le Saint et Grand Concile, après 55 années de préparation a été convoqué comme prévu du dimanche de la Pentecôte (Juin 2016) au dimanche de Tous les Saints (Juin 26, 2016). Dix des quatorze Églises orthodoxes autocéphales ont participé, à savoir : le Patriarche œcuménique de Constantinople, le Patriarcat d’Alexandrie, le Patriarcat de Jérusalem, le Patriarcat de Serbie, le Patriarcat de Roumanie, l’Église de Chypre, l’Église de Grèce, l’Église de Pologne, l’Église des Terres tchèques et de Slovaquie, et l’Église d’Albanie. Quatre des quatorze Églises orthodoxes autocéphales n’ont pas participé au Saint et Grand Concile, à savoir le Patriarcat d’Antioche, le Patriarcat de Moscou, le Patriarcat de Bulgarie et le Patriarcat de Géorgie. Douze évêques de notre Assemblée ont eu le grand honneur de participer au Saint et Grand Concile et de faire l’expérience d’une semaine de discussions pleines de dignité, honnêtes, libres et productives, dans un esprit d’amour, d’unité et de respect mutuel. Je ne connais pas d’autre événement de l’histoire ecclésiastique récente qui ait attiré l’attention d’autant de personnes et qui ait exposé l’Église à tant d’éloges et de critiques. En effet, à défaut d’autre chose, nous pouvons certainement dire que le Concile nous a aidés à acquérir une meilleure perception de ce que nous sommes, et nous sommes devenus plus conscients de la nécessité de lutter constamment pour l’unité. Pour certains, le Concile n’était pas l’expression de l’unité orthodoxe qu’ils envisageaient et qu’ils espéraient. C’est compréhensible. Le programme, la mission, les travaux et les documents du Saint Concile révèlent cependant l’engagement de l’Église orthodoxe dans la conciliarité. Bien sûr, l’absence de quatre Églises orthodoxes au Concile a été et reste un événement douloureux à bien des égards. Cela, néanmoins, n’est pas un signe de notre désunion, mais nous encourage à rester patients l’un avec l’autre et à cultiver l’unité par tous les moyens. En dépit de nos propres faiblesses et de nos imperfections, nous devons tous insister pour rester et croître dans l’unité du Christ. Notre tâche première, en tant que hiérarques aux États-Unis n’est pas de débattre sur le Concile de Crète. Nous ne pouvons nous payer le luxe de tels débats. En tant que pasteurs du troupeau du Seigneur, nous devons rester liés les uns aux autres, fermes dans notre mission et engagés à dépasser tout défi et à utiliser toutes les occasions de façon fraternelle, fructueuse, véridique et conciliaire. Nous sommes une Assemblée d’évêques orthodoxes ; nul ne peut redire à cela ou le changer. Nous sommes un dans le Christ. Si nous ne vivons pas notre responsabilité de travailler comme un seul corps, chers Frères, nous laissons les fidèles à la merci d’un monde froid et impitoyable. Et nous pouvons rester assurés que la société ne demandera pas si quelqu’un est grec ou bulgare, russe ou ukrainien, serbe ou roumain, géorgien ou antiochien, converti ou orthodoxe de naissance. Notre peuple finira par devenir la proie des attaques et des railleries. Ma prière est que nous, dans les conditions et les défis présents, puissions tous renouveler notre engagement les uns envers les autres en tant qu’Assemblée d’évêques ».

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Le patriarche Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine pour son soutien au Concile panorthodoxe

Le patriarche de Constantinople Bartholomée a remercié le chef de l’Église gréco-catholique (uniate) d’Ukraine, Sviatoslav (Chevtchouk) pour son soutien au Concile panorthodoxe exprimé par celui-ci dans sa lettre. Cette information est communiquée par le département de l’information de ladite Église. « Nous sommes heureux de la possibilité de communiquer avec vous, afin d’exprimer notre sincère gratitude pour votre lettre avec ses souhaits fraternels pour le Saint et Grand Concile qui, avec la grâce de l’Esprit Saint et la synergie de nos frères les primats et les hiérarques des Églises orthodoxes locales du monde entier, a finalement été convoqué le 19 juin et s’est achevé avec succès le 26 juin 2016 à l’Académie orthodoxe de Crète » a écrit le Patriarche œcuménique, qui ajoute : « Nous pouvons assurer Votre Béatitude, que notre propension au dialogue avec nos Églises sœurs a été soutenue par l’écrasante majorité au cours des sessions conciliaires et a été reflétée officiellement dans les documents finaux. Cela, selon notre conviction, revêt indubitablement une signification décisive pour le témoignage espéré et unique de l’Évangile dans notre monde et notre temps troublés ». Le patriarche Bartholomée a également assuré de sa prière « pour la stabilité et la paix en Ukraine. » « Que le Seigneur tout puissant défende et garde votre pays béni » a-t-il conclu. En mai 2016, le chef de l’Église uniate ukrainienne avait écrit au patriarche de Constantinople pour lui exprimer son soutien au Concile en Crète. « Nombreux sont, parmi les hiérarques rassemblés pour penser aux problèmes qui se dressent devant l’Église orthodoxe, ceux qui peuvent être étonnés d’apprendre que le Chef de l’Église que l’on décrit souvent comme le plus grand obstacle au dialogue œcuménique [i.e. l’Église uniate d’Ukraine, ndt] vous soutiendra par la prière sincère, afin que la présence divine soit réellement ressentie dans toutes vos discussions, sachant que « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 20), a écrit l’archevêque Sviatoslav. Dans sa lettre, celui-ci a aussi rappelé qu’il y a 21 ans, les membres du « Groupe d’études de l’Église de Kiev » [constitué des représentants de l’Église orthodoxe, de l’Église gréco-catholique et de l’Église catholique de rite latin, ndt] avaient rendu visite au patriarche, au Phanar. « Je vous assure que le même esprit d’ouverture et de sincérité œcuméniques, que vous avez vu alors chez les hiérarques et les clercs gréco-catholiques ukrainiens, est vivant aujourd’hui aussi. Pour cette raison, il y a une questions unique que je voudrais proposer au Concile [panorthodoxe, ndt] d’examiner, à savoir discuter la possibilité de la réalisation de projets historiques communs pour « la purification de la mémoire » et la guérison des blessures du passé » était-il dit dans la lettre du chef des uniates ukrainiens.

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Le concile panorthodoxe mène la vie dure aux médias

TenteSous le titre « Le concile panorthodoxe mène la vie dure aux médias », le quotidien La Croix révèle que parmi les 140 journalistes accrédités en Crète pour couvrir le Concile panorthodoxe « plusieurs dizaines ont jeté l’éponge suite au renoncement du patriarche de Moscou à venir en Crète, mais aussi en raison d’une organisation compliquée. Dépourvue d’expérience dans ce domaine, l’Église orthodoxe a préféré verrouiller au maximum l’événement, rendant difficile les conditions de travail des journalistes présents. »
Envoyé spécial du journal à Kolymbari, Samuel Lieven écrit :

C’est une vaste tente dressée au pied de l’académie orthodoxe, à quinze mètres d’un rivage crétois de carte postale. Jusque-là, tout va bien. Mais à l’intérieur, les quarante degrés en milieu de journée, l’air conditionné défaillant et la pauvreté des infrastructures ont déjà éprouvé les nerfs des journalistes les plus déterminés à couvrir le « saint et grand » concile, qui se tient depuis lundi 20 juin matin et jusqu’au samedi 25 juin, sous la présidence du patriarche œcuménique Bartholomeos de Constantinople.
L’annonce que le patriarche Kirill de Moscou ne serait pas de la partie avait déjà sérieusement dégonflé l’appétit des rédactions internationales, qui privilégient une lecture politique de l’événement. «
Quant aux envoyés spéciaux à Kolymbari, à l’autre bout de la Crète où se tiennent les sessions du concile, ils ont été confrontés dès l’ouverture à un dispositif de sécurité empêchant tout accès aux 200 métropolites évêques participant au concile. Dûment escortés par groupes de dix, les journalistes n’ont pu pénétrer que trois minutes dans l’hémicycle où le patriarche Bartholomeos prononçait son texte d’ouverture, à peine le temps d’un selfie ou de tourner quelques images…
« Les organisateurs ont commis une grave erreur en verrouillant tout », s’emporte Andromaque Nikoulara, journaliste à la télévision publique grecque, qui n’a pas lésiné sur les moyens en envoyant sur place une équipe nombreuse afin d’assurer une retransmission en direct cinq heures durant. Las. En dehors des preneurs d’image du Patriarcat, aucune autre caméra n’a été admise dans le cénacle.
De public, il n’y en avait pas non plus lors de la célébration de Pentecôte où les primats étaient seuls dans la cathédrale Saint-Mina d’Héraklion. « Quel signal de communion cela envoie-t-il ? De communion avec qui ? », s’interroge un autre journaliste grec.
En cause, une organisation sous-traitée aux relais américains du Patriarcat de Constantinople, incapable d’assurer la tenue d’un tel événement avec ses propres deniers, ou en s’appuyant sur une infrastructure dont il ne dispose pas.

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Photo : La Croix

L’émission « Décryptage » d’hier sur Radio Notre-Dame était consacrée au Concile panorthodoxe

Logo_Radio-Notre-DameL’émission « Décryptage » d’hier sur Radio Notre-Dame était consacrée au Concile panorthodoxe. Les invités étaient le métropolite Joseph (de Crète), le P. Alexandre Siniakov, Carol Saba et Victor Loupan. Pour écouter le podcast de l’émission, cliquez ici.

Déclaration du métropolite d’Allemagne Augustin (Patriarcat de Constantinople) au sujet de la décision de l’absence de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe

« Nous, à Chalki [faculté où a étudié le métropolite Augustin, ndt], avons appris de façon vitale la profondeur de la vertu de la conscience ecclésiale. Pour cette raison, j’espérais jusqu’au dernier instant que l’Église de Russie qui a reçu – comme elle l’a fait, son autocéphalie très vantée de l’Église-Mère de Constantinople – aurait acquis après cinq siècles, et plus encore après les malheurs qu’elle a subis pendant les longues années d’athéisme, si ce n’est pas autre chose, au moins un esprit ecclésial sain et qu’elle se serait élevée à la hauteur des circonstances. Naturellement, la hauteur est le fait de ceux qui ont un esprit courageux dans les faits et non dans les paroles, et de ceux qui sont grands dans la foi et non dans le nombre. Le prétexte avancé était attendu par beaucoup, et le terrain préconciliaire, au moyen de préparatifs connus de tous, avait été déjà passablement miné par des obstructions prétendues et absurdes, visant à l’annulation et non à l’ajournement du saint et grand Concile. Ils ont placé l’intérêt personnel mal compris qui s’appuie sur des préoccupations ethnophylétistes et de primauté au-dessus de l’intérêt supérieur de l’unité de notre sainte Église orthodoxe. Mais cela ne doit pas nous étonner lorsqu’une Église se conduit avec une logique et un esprit d’autorité séculière. Il reste encore du temps pour qu’ils reconsidèrent leur position et agissent conformément à l’intérêt bien compris de notre Église ».

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Déclaration de l’Eglise orthodoxe russe qui demande le report du Concile panorthodoxe et annonce sa non-participation au concile prévu en Crète

A propos de la situation autour du refus de plusieurs Églises orthodoxes locales de participer au Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe

Déclaration du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe (source: Patriarcat de Moscou). Le 13 juin.

2P20160613-PAL_1919-1200 » Durant des décennies, l’Église orthodoxe russe a pris et continue à prendre une part active à la préparation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe. Depuis la Première conférence panorthodoxe de Rhodes en 1961, d’éminents hiérarques et les meilleurs théologiens de notre Église ont apporté leur contribution à l’élaboration de multiples thèmes conciliaires, y compris de ceux qui n’ont pas été inclus à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile. Afin d’accélérer la convocation du Concile, l’Église orthodoxe russe a souvent confirmé sa volonté d’élaborer des décisions recevables pour tous les participants du processus préconciliaire, même si ces décisions s’écartaient des règles de préparation du Concile préalablement concertées entre les Églises.

Le principe du consensus panorthodoxe reste néanmoins invariablement la base du processus préconciliaire, depuis la Conférence de Rhodes en 1961, au cours duquel, à l’initiative du Patriarcat de Constantinople, il a été défini que : « Les décisions des assemblées communes sont prises à l’unanimité des délégations des Églises » (Règlement pour le fonctionnement et les travaux de la Conférence panorthodoxe de Rhodes, art. 14). Par la suite, cette règle a été fixée par le Règlement des Conférences préconciliaires panorthodoxes adopté en 1986 : « Les textes de tous les thèmes à l’ordre du jour des Conférences préconciliaires panorthodoxes sont approuvées à l’unanimité » (art. 16). La Synaxe des Primats des Églises orthodoxes de 2014 a confirmé que : « Toutes les décisions, tant pendant le Concile, qu’aux étapes préparatoires, sont prises sur la base du consensus » (Décision de la Synaxe des Primats, art 2.a). Le même principe est fixé dans le Règlement de l’organisation et du travail du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, élaboré par la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes, qui a eu lieu à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016. Le susdit Règlement prévoit, entre autres, que le Concile « est convoqué par Sa Sainteté le Patriarche œcuménique avec l’accord de Leurs Béatitudes les Primats de toutes les Églises orthodoxes locales autocéphales reconnues de tous » (art 1).

Lors de cette même Synaxe, la majorité des Primats des Églises orthodoxes locales ont approuvé la convocation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe aux dates des 18-27 juin 2016 en Crète. Cependant, la délégation de l’Église orthodoxe d’Antioche n’a pas signé cette décision, non plus que le Règlement du Concile et le projet de document conciliaire « Le Sacrement du Mariage et ses empêchements ». Ce dernier document n’a pas été signé non plus par la délégation de l’Église orthodoxe géorgienne. Les deux Églises susmentionnées ont déclaré avoir de sérieuses raisons pour prendre cette décision.

L’Église orthodoxe russe, malgré tout, afin d’avancer vers la convocation du Concile, a cru possible de signer les documents susmentionnés, exprimant par ailleurs, tant durant cette même Assemblée, que dans sa correspondance ultérieure avec Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople, l’assurance qu’il était nécessaire de faire de sérieux efforts (y compris dans le cadre du Secrétariat panorthodoxe établi par la Synaxe), de parvenir à un accord entre toutes les Églises orthodoxes sur les documents n’ayant pas été signés par une ou deux Églises orthodoxes, ce qui permettrait d’assurer la convocation du Concile. Pour des raisons indépendantes de l’Église orthodoxe russe, il n’a pas été par la suite entrepris de discussion sur la situation au niveau panorthodoxe.

Le Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe, réuni les 2 et 3 février 2016, a approuvé la position de la délégation de l’Église orthodoxe russe énoncée au cours de la Synaxe des Primats des Églises orthodoxes locales à Chambésy et au sein d’autres organes préconciliaires. Il s’est dit satisfait de l’introduction des amendements et des incises nécessaires aux projets de documents du Saint et Grand Concile, et, les ayant préalablement approuvés, a confié au Saint Synode le soin de former la délégation de l’Église orthodoxe russe qui participerait au prochain Concile panorthodoxe, ce qui a été exécuté par le Saint Synode en avril 2016. Le Concile épiscopal a appelé l’ensemble de l’Église orthodoxe russe « à prier ardemment, afin que le Seigneur manifeste Sa volonté aux membres du prochain Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe et pour que sa réunion affermisse l’unité de l’Orthodoxie, serve au bien de l’Église du Christ, à la gloire de Dieu, à la préservation de la foi orthodoxe intacte. »

En même temps, le Concile épiscopal a exprimé sa « certitude que la libre participation des délégations de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous était une condition nécessaire à la tenue du Concile panorthodoxe », remarquant qu’« il était particulièrement important de résoudre avant le Concile les difficultés intervenues dans les relations des Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem » (Décrets, art.6).

Espérant qu’il serait parvenu à un accord entre toutes les Églises, sans lequel la convocation du Saint et Grand Concile devenait impossible, l’Église orthodoxe russe a immédiatement nommé des représentants aux organes compétents pour la poursuite de sa préparation. Utilisant toutes les possibilités en présence, au moyen de contacts personnels et par la correspondance, elle a pris une part active au processus préconciliaire.

Un travail d’étude des remarques critiques émanant de l’épiscopat, du clergé et des laïcs sur les projets de documents conciliaires, publiés après la Synaxe des Primats de Chambésy à l’initiative de l’Église orthodoxe russe, a été mené en parallèle. Semblables remarques, s’accompagnant souvent d’une critique du processus de préparation du Concile, ont été formulées dans de nombreuses autres Églises orthodoxes locales. Démêlant les critiques constructives de la critique non fondée du prochain Concile et de ses documents, le Département des relations ecclésiastiques extérieures est intervenu pour expliquer et commenter, répondant aux troubles éprouvés par les fidèles. Le 3 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, a étudié attentivement les propositions des évêques, des clercs, des moines et des laïcs et approuvé les modifications de l’Église orthodoxe russe aux projets de documents du Concile panorthodoxe « Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ».

Au cours de la même réunion du Saint Synode, il a été constaté que des modifications importantes aux projets de documents conciliaires, coïncidant pour beaucoup avec les propositions de l’Église orthodoxe russe, avaient été proposées par les Églises orthodoxes géorgienne, serbe, bulgare et grecque, ainsi que par le Sacré Kinote de la Sainte Montagne de l’Athos, ces modifications exigeant un examen approfondi afin de parvenir au consensus nécessaire à la prise de décisions conciliaires.

En même temps, il a été pris acte de la décision du Saint Synode de l’Église orthodoxe bulgare, en date du 1er juin 2016, de la nécessité d’ajourner le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe russe, prévu pour les 18-27 juin. L’Église orthodoxe bulgare annonçait qu’elle n’y participerait pas s’il n’était pas reporté. Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a constaté que la non-participation au Concile de ne serait-ce qu’une des Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous « constituait un obstacle insurmontable à la tenue du Saint et Grand Concile ».

Ces circonstances, ainsi que « l’incertitude sur la possibilité de la participation du Patriarcat d’Antioche au Saint et Grand Concile » au moment de la réunion, « de même que l’absence d’un consensus préalable sur le projet de Règlement du Concile et sur le document « Le Sacrement du Mariage et ses empêchements », ont incité le Saint Synode à reconnaître la nécessité d’actions urgentes au niveau panorthodoxe. Il a donc proposé à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople de convoquer au plus tard le 10 juin une Conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire pour examiner la situation et chercher une sortie à la crise, afin qu’en fonction des résultats de cette conférence, les Églises orthodoxes puissent décider de la possibilité de la tenue du Concile panorthodoxe dans les délais projetés.

Sur décision du Saint Synode, cette proposition a été immédiatement adressée à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales.

La réponse de Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée (lettre N°676 du 9 juin 2016) informe que le Saint Synode du Patriarcat de Constantinople « a estimé impossible de convoquer une nouvelle Conférence préconciliaire panorthodoxe extraordinaire, dans la mesure où il n’existe pas de base normative à sa convocation » et qu’avant « le début des travaux du Saint et Grand Concile il reste très peu de jours ». Quant aux « craintes de certaines Églises sœurs et à l’incertitude de leur participation au Concile », le Primat de l’Église orthodoxe de Constantinople exprime sa certitude « que les efforts employés pour écarter les obstacles seront couronnés de succès et toutes les Églises sans exception prendront part au Saint et Grand Concile. Son report ou son sabotage de dernière minute après des décennies de préparation compromettrait notre Église orthodoxe au niveau inter-ecclésial et international, portant irrémédiablement atteinte à son autorité. »

Un compte-rendu de la réunion extraordinaire du Saint Synode de l’Église de Constantinople du 6 juin, auquel participaient tous les évêques présents à Constantinople, était joint. On y lit que « le Saint Synode a reçu avec étonnement et perplexité les positions et opinions exprimées ces derniers temps par différentes Églises orthodoxes sœurs, et constaté que le réexamen du processus conciliaire déjà programmé sortait du cadre de toutes les normes institutionnelles ». Par ailleurs, la date de la convocation du Concile est dite établie par une décision panorthodoxe, bien que, comme il a été précisé ci-dessus, l’Église orthodoxe d’Antioche n’ait pas signé cette décision.

Dans le même temps, le 6 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe d’Antioche a décrété à l’unanimité, énumérant en détail les arguments témoignant de la nécessité de reporter la date du Concile :

« 1. Appeler Sa Sainteté le Patriarche œcuménique à déployer durant le temps qui nous sépare de la date de la convocation de ce Concile plus d’efforts pour parvenir à un consensus afin de dissiper les craintes exprimées par les Églises orthodoxes autocéphales à propos du Saint et Grand Concile. Si les efforts pour parvenir à un consensus ne mènent à rien, l’Église d’Antioche demande de reporter la convocation du Saint et Grand Concile à une date ultérieure, lorsque des relations de paix se seront établies entre toutes les Églises autocéphales et qu’un consensus orthodoxe sera atteint sur la question du Concile, de son Règlement et de son organisation.

  1. Le Patriarcat d’Antioche ne participera pas au Saint et Grand Concile tant que ne seront pas écartées les causes empêchant sa participation à la Divine Eucharistie pendant le Concile, lorsque sera trouvée une solution définitive aux problèmes de l’empiétement du Patriarcat de Jérusalem sur le territoire du Patriarcat d’Antioche, qui a causé la rupture de la communion eucharistique avec le Patriarcat de Jérusalem.
  2. Confirmer encore une fois l’importance de la participation au Saint et Grand Concile de toutes les Églises autocéphales et de la prise des décisions sur la base du consensus afin de préserver l’unité de l’Église orthodoxe catholique.
  3. S’adresser à toutes les Églises orthodoxes, les informant de la position de l’Église d’Antioche et expliquant les raisons ayant amené à l’élaboration de cette position.
  4. Appeler tous les croyants à prier avec leurs pasteurs pour que le Saint Esprit inspire l’Église sur le chemin de l’unité afin de témoigner du Christ à ce monde. »

Ce même 6 juin, Sa Sainteté le Patriarche Irénée de Serbie a adressé à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales une lettre, dans laquelle, énumérant les problèmes existant à ce jour, il constatait qu’il « serait difficile », eu égard à ces circonstances, pour l’Eglise orthodoxe serbe, « de prendre part au Saint et Grand Concile, dont elle propose d’ajourner la convocation ».

Le 10 juin 2016, le Saint Synode de l’Église orthodoxe géorgienne s’est réuni. Énumérant les difficultés existantes, il a constaté qu’elles pouvaient être résolues par un travail actif, mais a reconnu que « nous sommes tous devant le fait qu’à ce jour l’unité n’a pas été atteinte », alors que « le but de la tenue du Concile était et reste de manifester l’unanimité des orthodoxes ». Pour cette raison, l’Église géorgienne, « comme d’autres Églises, demande le report du Concile, tant que l’unité universelle ne sera pas atteinte ». En conséquence, le Saint Synode a décrété : « La délégation de l’Église orthodoxe géorgienne ne participera pas au Saint et Grand Concile projeté du 18 au 27 juin sur l’île de Crète. »

Ainsi, quatre Églises orthodoxes locales (d’Antioche, de Géorgie, de Serbie, de Bulgarie) se sont prononcées pour le report du Concile, tandis que trois d’entre elles (d’Antioche, de Géorgie et de Bulgarie) ont renoncé à participer au Concile aux dates des 18-27 juin. La proposition de l’Église orthodoxe russe de convoquer une Assemblée préconciliaire panorthodoxe extraordinaire n’a pas été approuvée par le Synode de l’Église de Constantinople. Dans ces conditions, la condition nécessaire à la convocation du Saint et Grand Concile constituant dans l’existence d’un « accord de Leurs Béatitudes les Primats de toutes les Églises orthodoxes autocéphales reconnues de tous » (Règlement de l’organisation et du travail du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, art. 1) n’est visiblement n’est pas remplie.

La seule solution possible, dans ce cas, est de poursuivre le travail de préparation du Saint et Grand Concile et de parvenir à un accord de l’ensemble des Églises orthodoxes sur sa tenue à d’autres dates.

Compte tenu de ce qui précède et en application du décret du Concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe en date des 2 et 3 février 2016 (Décrets, art. 6), le Saint Synode détermine :

  • Approuver la proposition des Églises orthodoxes d’Antioche, de Géorgie, de Serbie et de Bulgarie sur le report de la tenue du Concile panorthodoxe à une date qu’il conviendra de fixer ultérieurement, suivant les résultats des discussions au niveau de l’ensemble des Églises, avec pour condition absolue l’accord des Primats de toutes les Églises orthodoxes autocéphales locales officiellement reconnues ;
  • Adresser immédiatement cette proposition à Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople et à tous les Primats des Églises orthodoxes locales ;
  • Au cas où cette proposition ne serait pas agréée de la Sainte Église de Constantinople, et où le Concile en Crète, malgré l’absence de l’accord de plusieurs Églises orthodoxes locales, serait malgré tout convoqué, reconnaître avec un profond regret l’impossibilité de la participation de la délégation de l’Église orthodoxe russe ;
  • Poursuivre intensivement les efforts pour la consolidation de la coopération panorthodoxe dans la préparation du futur Saint et Grand Concile, qui est appelé à être un véritable témoignage d’unité de l’Église Sainte, Catholique et Apostolique ;
  • Déclarer une fois encore que la préparation au Concile pourrait être achevée avec succès si le Secrétariat panorthodoxe intensifiait réellement son activité : dans le cadre de cet organe l’étude des propositions sur la résolution des thèmes posant problème et des désaccords existants est en effet possible, ainsi que la finalisation des documents nécessaires, afin d’écarter tous les obstacles à la convocation et à l’achèvement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, selon la volonté de Dieu ;
  • Reconnaître hautement souhaitable, en tenant compte des propositions énoncées par de nombreuses Églises orthodoxes locales, que tous les évêques des Saintes Églises de Dieu puissent participer sans limitation au futur Concile, ce qui augmenterait nécessairement l’autorité des décisions prises par le Concile.

« Le nom de l’Église, n’est pas un nom de division, mais d’unité et de concorde » enseigne saint Jean Chrysostome (Homélie sur la première épître aux Corinthiens, 1, 1). Au nom de la concorde et de l’unité, il nous appartient maintenant, dans un esprit d’indulgence et d’amour fraternel, nous abstenant de nous faire des reproches mutuels et de porter de nouvelles blessures au Corps divino-humain de l’Église, nous écoutant les uns les autres, et plus encore la Révélation divine, fixée dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition, d’entendre « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2, 7), et de tirer les leçons qui s’imposent des erreurs commises par faiblesse humaine durant la préparation du Saint et Grand Concile, afin que, Dieu aidant, nous parvenions à lever les obstacles à ce grand évènement pour la gloire de Dieu et le bien de l’Église orthodoxe.

Le Saint Synode appelle à nouveau les évêques, les clercs, les moines et les laïcs de l’Église orthodoxe russe à prier ardemment pour que notre Seigneur Jésus Christ manifeste ici Son aide toute-puissante et Sa sainte volonté. »

Photographie de la réunion aujourd’hui du Saint-Synode: Patriarcat de Moscou

L’Eglise orthodoxe russe propose de reporter le Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe a décidé de proposer le report du Concile panorthodoxe, a informé Mgr Hilarion lors de la conférence de presse à l’issue de la session extraordinaire qui s’est tenue aujourd’hui à Moscou. La raison en est le refus d’un certain nombre d’Églises de participer au prochain Concile panorthodoxe et des documents et un Règlement du Concile pas suffisamment élaborés, a précisé le chef du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. « Nous ne serons pas en mesure de participer au Conseil panorthodoxe… nous demanderons de le reporter » – a déclaré le métropolite Hilarion.

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Une déclaration de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale concernant la tenue du Concile panorthodoxe

logo-fraterniteLe 5 juin à Bruxelles, à la suite d’une réunion sur le Concile panorthodoxe, présidée par l’archevêque Jean de Charioupolis, la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale a rédigé une déclaration sur la tenue du Concile. Elle est en ligne sur cette page et ici au format PDF.

Photographie (ci-dessus) prise lors du congrès de la Fraternité à Bordeaux (avril-mai 2015)

L’archevêque d’Athènes s’exprime au sujet de l’absence de certaines Églises au Concile panorthodoxe

L’archevêque d’Athènes a exprimé des reproches indirects aux Églises qui déclarent leur absence au saint et grand Concile en Crète, dans une déclaration recueillie par le journaliste grec Georges Ferdis (diplômé de l’Institut Saint-Serge) pour le site grec Orthodoxia.info. « Puisque nous avons communément décidé que le Concile aurait lieu, comment chacun peut-il décider qu’il ne viendra pas » demande le primat de l’Église de Grèce, depuis Chios, où il se trouve actuellement. Mgr Jérôme se prononce pour que le Concile se déroule normalement, indépendamment des absences, et a clairement fait savoir que l’Église de Grèce participera comme convenu. Ci-après la déclaration en question : « Je suis étonné ! Puisque nous avons communément décidé que le Concile aurait lieu, comment chacun peut-il décider qu’il ne viendra pas. Chacun est libre de décider ce qu’il veut. Mais d’un autre côté, le Concile n’est pas panorthodoxe, il est appelé « saint et grand Concile ». Par conséquent, tous tant que nous sommes, nous ferons ce Concile ».

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Le métropolite Calliste de Diocleia (Ware) : Il faut reporter le Concile panorthodoxe « jusqu’à des temps meilleurs »

Il faut reporter le Concile panorthodoxe jusqu’à « un moment meilleur », étant donné que l’accomplir sans les Églises qui refusent d’y participer serait étrange. C’est ce que considère Mgr Calliste (Ware), théologien connu mondialement et métropolite de l’Église orthodoxe de Constantinople.

« En tenant compte de telles circonstances [i.e. l’absence de plusieurs Églises locales orthodoxes, ndt], il est possible que l’on en vienne à l’ajourner. Procéder à ce Concile sans de telles Églises comme celles d’Antioche, de Serbie et, peut-être de Russie, serait étrange. Ce ne serait plus un Concile panorthodoxe. Sans représentation complète, il est possible que ce soit mieux pour nous de l’ajourner jusqu’à un moment meilleur » a déclaré le métropolite de Diocleia Calliste dans une interview à l’Agence russe RIA Novosti. Selon ses propres termes, tenant compte du refus de plusieurs Églises, l’événement prévu en Crète « serait une conférence et non un Concile fructueux ». Répondant à la question sur l’opportunité de convoquer une telle conférence avant le Concile, comme cela est proposé par certaines Églises, le métropolite a répondu : « Cela dépend qui manifestera le souhait de venir, parce que certaines Églises participeront, d’autres, non, et cela ne renforcera pas notre unité ». « Il me semble que le plus juste serait d’ajourner la rencontre », a-t-il précisé. Concernant l’objet du Concile panorthodoxe et pourquoi il se trouvait au bord du précipice, le métropolite a reconnu qu’ « il est difficile de dire » pourquoi il est malaisé, pour les Églises orthodoxes, de se réunir ensemble, mais il a souligné qu’il « fallait poursuivre les tentatives de le faire ». « Le Concile peut renforcer l’unité orthodoxe. Nous sommes une seule Église, mais des patriarcats différents, et les Églises sont isolées les unes des autres. Aussi, pour moi, la chose la plus importante concernant le Concile, c’est qu’il doit être l’expression de l’unité orthodoxe et renforcer nos liens », a souligné le hiérarque du Patriarcat de Constantinople. Les questions principales, selon lui, ne sont pas celles du jeûne et du calendrier. Au nombre des thèmes du Concile panorthodoxe qu’il serait, selon le métropolite, important de discuter si le Concile, « a lieu malgré tout », il y a deux questions fondamentales. « La première, c’est la question dite de la « diaspora », la situation de l’Église orthodoxe dans le monde occidentale en dehors des pays traditionnellement orthodoxes. Actuellement, il y a beaucoup de juridictions parallèles, et, par exemple, dans les villes comme New York ou Londres, il y a plusieurs évêques orthodoxes, et cela constitue un ordre canonique incorrect, étant donné qu’il ne doit y avoir qu’un évêque en un seul lieu », a souligné le métropolite. « La deuxième question fondamentale que je vois, ce sont les relations de l’Église orthodoxe envers les communautés chrétiennes non-orthodoxes, la question de l’œcuménisme. Ces relations, dans les différentes parties de l’Église orthodoxe, sont très fortement distinctes. Nous devons arriver à une seule opinion au sujet de notre position orthodoxe dans notre dialogue avec les autres chrétiens », affirme le métropolite. Celui-ci a également exprimé l’opinion que la question du jeûne, comme il a été porté dans l’ordre du jour ne présente pas une telle acuité. « Le jeûne est très important dans la vie chrétienne, mais je ne pense pas que nous ayons besoin d’une nouvelle décision à ce sujet, nous savons déjà quelle la valeur du jeûne », selon le métropolite. Commentant la question du calendrier, qui n’a pas été incluse dans l’ordre du jour, mais qui est largement discutée, le hiérarque du Patriarcat de Constantinople a exprimé le point de vue selon lequel il est inopportun de régler ce problème maintenant. « Certains d’entre nous suivent le nouveau calendrier, d’autres l’ancien. Je ne pense pas qu’il faille faire quelque chose actuellement. Il faut simplement continuer avec la situation actuelle », a conclu le métropolite.

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Le comité en charge du message du Concile panorthodoxe : « Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles »

Kolymbari, Crète, Grèce, 11 juin 2016

Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles.
Le comité en charge du message, ensemble dans la communion.

Les bourgeons du prochain Saint et Grand Concile ont  commencé à se former lorsque « le comité en charge du message » s’est réuni. Ce rassemblement est l’expression d’une foi qui partage les mêmes racines, malgré une histoire complexe, elles s’étendent sur des centaines d’années et mobilisent des cultures incroyablement différentes. Collaborant à la mise en commun des arguments du Message, les Églises orthodoxes du monde font preuve d’une unité sans précédent par le simple fait de se retrouver autour d’une table pour parler ensemble.
Son Éminence, le Métropolite Georges de Paphos a présidé ce matin la divine liturgie à l’occasion de la fête de l’Ascension au monastère patriarcal et stravropégique de « Gonia », une cérémonie qui a inspiré le comité dans ses délibérations et qu’ils porteront tout au long de la journée.
Le Comité en charge du message se réunit du 9 au 16 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, à Kolymbary. Quels sont les points à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile ? Ces sujets ont été discutés avec passion et attention pendant plus de 40 ans par de nombreux Primats orthodoxes – mais jamais comme un seul corps.
Le travail du comité en charge du message. Le comité en charge du message préparera un projet comprenant un ensemble de
déclarations qui sera examiné par la Synaxe – ou rencontre – des Primats alors qu’ils travaillent à la réalisation complète du Concile.
Le message aura un impact non seulement sur l’Église orthodoxe dans son ensemble, mais il marquera aussi une étape historique dans l’histoire du christianisme. Au moment où le comité en charge du message se réunit, de nombreuses Églises orthodoxes autocéphales de par le monde traversent des temps de détresse, aux prises avec des conflits les poussant à exprimer leur besoin de solidarité. Ensemble, elles font face à des défis idéologiques, à la confusion spirituelle, aux troubles sociaux, à la stigmatisation et à la discrimination qui ont conduit à leur persécution.
Le comité en charge du message fera la démonstration de ce dont la foi est capable – et des fruits dont elle pourrait être porteuse – en dépit d’un contexte difficile.
Le Saint et Grand Concile sera ouvert officiellement le 20 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, en Grèce.

RCF-Liège : La préparation du Concile panorthodoxe – interview de Mgr Job (membre du secrétariat préparatoire)

Le père Guy Fontaine a interviewé l’archevêque Job, membre du secrétariat préparatoire au Concile panorthodoxe dans l’émission hebdomadaire « Une foi pour toutes … », diffusée le 9 juin dernier sur les antennes de RCF-Liège.

Le 13 juin prochain, une session extraordinaire du Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe russe sera consacrée à la situation d’urgence avec le Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe se réunira le lundi 13 juin à Moscou a dévoilé Vladimir Legoyda président du département pour les relations entre l’Église, la société et les médias. Il a précisé que cette réunion sera consacrée à la situation d’urgence après le refus d’un certains nombres d’Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe.

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Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe

Théodore II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique demande à toutes les Églises orthodoxes de participer au Concile panorthodoxe nous informe le site internet Romfea.gr. Dans une interview donnée à la station de radio 98,4, le patriarche a qualifié d’historique le Concile panorthodoxe. Le patriarche a déclaré que l’Église orthodoxe devrait être loin d’intérêts politiques, nationaux et raciaux. À titre d’exemple, il a cité l’Église catholique et le pape François. « Il est impossible d’imaginer que, au dernier moment en raison des aspirations personnelles et de l’amertume envers la place de primauté et le rôle de coordinateur dont joui le patriarche de Constantinople, de ne pas venir au Concile, bien que la décision ait été prise à l’unanimité ! » a dit le patriarche Théodore. Il a estimé que la Bulgarie ne changera guère sa décision, à la différence des trois autres Églises qui n’avaient pas catégoriquement dit non. Selon lui, la Bulgarie ne devrait pas changer sa décision, à la différence des trois autres Églises, qui n’ont pas définitivement dit «non». « Il est impensable aujourd’hui, quand le monde souffre, de poser la question de savoir qui siège où. Il est difficile pour toute Église à dire « non », à révoquer sa décision », a dit le patriarche. Il a proposé aux primats qui expriment des vues sur la supériorité de certains peuples de se lever de leurs chaises ornées et de visiter l’Afrique pour comprendre la signification des pauvres et des humbles du Christ. »

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La rédaction du message du Concile panorthodoxe a commencé en Crète, en l’absence du représentant de l’Église orthodoxe russe

Le métropolite de France Emmanuel (Patriarcat de Constantinople) qui préside la commission de rédaction du message du Concile panorthodoxe, ainsi que des représentants des Églises locales ont célébré jeudi la liturgie de l’Ascension en Crète et procédé aux début des travaux liés au dit message. C’est ce qu’annonce l’agence RIA Novosti, se référant aux informations du site grec Amen.gr. Comme l’a déclaré le métropolite Emmanuel après l’office, le Concile panorthodoxe « souligne le devoir et la responsabilité de l’orthodoxie envers l’homme et la société en notre temps difficile. Il est espoir et lumière ». Selon le président de la commission, les contacts avec les Églises de Bulgarie et d’Antioche, qui ont refusé de participer au Concile panorthodoxe, se poursuivent. Comme l’a dit en outre le métropolite Emmanuel dans son interview au journal « Ethnikios kyrix », on ne s’attendait pas au refus du Patriarcat bulgare, étant donné que le patriarche Néophyte lui-même avait signé les textes au cours des différentes étapes du processus de préparation et avait participé à la décision de convocation du Concile panorthodoxe. « Nous ne pouvons savoir ce qui s’est produit et le synode de Bulgarie a pris soudain la décision de ne pas se rendre au Concile », a déclaré le métropolite Emmanuel. Il a exprimé l’espoir que « le bon sens l’emporterait » et que « les Églises participeraient au Concile ». Le métropolite a dit aussi que « tout allait bien » du côté des finances et que « celles-ci étaient déjà assurées ». Il a ajouté que les dépenses liées au déroulement du Concile « ne dépasseraient pas la somme de 2,5 millions d’euros ». De son côté, le président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, ne s’est pas rendu en Crète pour participer à la rédaction du message du Concile panorthodoxe. On considère dans l’Église orthodoxe russe que cela serait inopportun, étant donné que plusieurs Églises orthodoxes s’étaient prononcées pour l’ajournement du Concile prévu du 16 au 26 juin 2016, selon les sources de l’Église orthodoxe russe contactées par l’agence RIA Novosti. « Mgr Hilarion se trouve à Moscou. Tenant compte du fait que plusieurs Églises considèrent inopportun d’envoyer leurs délégués pour participer à la rédaction du message du Concile panorthodoxe, tant que ne sont pas résolues des questions fondamentales concernant la possibilité même de tenir le Concile, l’Église orthodoxe russe considère également mal à propos que son représentant y participe », a déclaré la source contactée par RIA Novosti. Selon celle-ci, il était prévu que les représentants des Églises locales commencent la préparation du message en Crète, le jeudi 9 juin.

Sources : 1 et 2

Déclaration de l’Église orthodoxe d’Albanie sur le Concile panorthodoxe

A propos de la discussion qui s’est intensifiée, ces jours derniers, relativement au futur saint et grand Concile de l’orthodoxie, il est de notre devoir de souligner ce qui suit :

1. La tenue du Concile susmentionné a été décidée lors des deux dernières synaxes des primats des Églises orthodoxes autocéphales à Constantinople en 2014 et à Chambésy (Genève) en 2016. Cette décision, qu’une seule Église n’a pas signée, a néanmoins été adoptée par l’écrasante majorité. Il en est allé de même lors de la synaxe de 2016 à Genève.
La tenue du saint et grand Concile ne peut être invalidée sans une nouvelle décision de la part du même corps qui l’a décidée. Elle ne peut être annulée en dernière minute par le biais de communications et de messages de la part de diverses parties.

2. Le principe du consensus prévaut lorsque les organes ecclésiastiques se réunissent pour étudier les thèmes et prennent les décisions. Le sens du consensus a été précisé par sa sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée en 2016 à Chambésy lors de son allocution d’ouverture et aucune objection n’a été soulevée. Le consensus ne signifie pas veto. De manière plus générale, On ne peut passer outre la tradition ecclésiastique vieille de vingt siècles, surtout lors de la prise des décisions au sein du concile.

3. Il est manifeste que les problèmes existants sont nombreux. C’est justement la raison pour laquelle la tenue du saint et grand Concile s’impose. Il est impossible de résoudre tous les problèmes mais que soient résolus au moins quelques-uns d’entre eux. Peu vaut mieux que rien. Il est souhaitable que les autres questions soient abordées lors d’un Concile ultérieur. Le report du saint et grand Concile qui a été programmé sera cause de désarroi pour les orthodoxes de par le monde et portera atteinte à l’autorité morale de l’orthodoxie sur le plan international.

4. Enfin, un appel pressant est adressé au secrétariat panorthodoxe du Concile (règlement organisationnel et procédural n° 6,7, par. 7) qui se réunira demain en Crète en vue de prendre les ultimes décisions. Que tous les efforts soient déployés en vue de la participation de tous les membres du Concile dans la divine liturgie solennelle d’ouverture le jour de la Pentecôte et l’Office vespéral du Saint-Esprit. Il s’agit là d’un symbolisme fondamental d’unité. Les déplacements d’un aussi grand nombre de personnes venues de toute part accroissent les dépenses, les énergies, les imprévus mais aussi les dangers potentiels. Que soient sacrifiés les velléités et les opportunismes. Ce qui compte avant tout c’est le déroulement libre et serein des séances du saint et grand Concile.
« A Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus pour tous les siècles des siècles » (Ephésiens 3:20-21).

Tirana 8 juin 2016
Clôture de la fête de la Résurrection
Le saint synode de l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Albanie

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Les moines de la laure de Potchaïev (Ukraine) s’expriment au sujet du Concile panorthodoxe

La communauté monastique de la Laure de Potchaïev est solidaire avec l’opinion du clergé et des moines qui ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour corriger les projets de documents préparés pour le Concile panorthodoxe de 2016. C’est ce qui ressort du message publié sur le site officiel du monastère. C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien qui soulève le plus de questions et de remarques », soulignent les moines de la laure de Potchaïev. Ceux-ci assurent les paroissiens et les pèlerins de leur attachement aux dogmes de l’Église « qui ne nécessitent aucune sorte de changement ». Les moines appellent les fidèles à la prière ardente pour la préservation et le renforcement de tous les enfants de l’Église du Christ dans la pureté de la foi orthodoxe. Ci-après le texte complet du message :

« Appel des communautés du monastère de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev et de la skite du Saint-Esprit, dépendant de la laure, au sujet du futur Concile panorthodoxe.

Bien-aimés pères, frères et sœurs dans le Christ,

Du 16 au 27 juin 2016 se réunira sur l’île de Crète le Concile panorthodoxe qui, malheureusement, ne sera pas annulé. Les documents suivants y seront examinés :

– L’autonomie et la manière de la proclamer
– L’importance du jeûne et son importance aujourd’hui
– Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien
– La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain
– La diaspora orthodoxe
– Le sacrement du mariage et ses empêchements

C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien « qui soulève le plus de questions et de remarques. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, la Sainte-Communauté du Mont Athos, le diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre) ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour modifier ledit document et ce de façon très argumentée et solide du point de vue théologique. Les moines de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev partagent la préoccupation de leurs confrères moines, des évêques, prêtres, des pieux laïcs, qui sont soucieux de leur salut et du destin de l’Église du Christ. Nous sommes reconnaissants à ceux qui se sont donné de la peine et ont exprimé leurs remarques et suggestions pour la correction des documents concernés. La communauté de la Laure de Potchaïev est solidaire et en accord avec l’opinion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, de la Sainte-Communauté du Mont Athos, du diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre). Pour nous, l’opinion exprimée par Mgr Benjamin, métropolite de Vladivostok et de Primorsk, dans sa lettre aux participants à la conférence « Concile panorthodoxe : points de vue et attentes », qui s’est déroulée le 19 avril 2016 à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, est également très importante. Quant à nous, nous souhaitons assurer les paroissiens et les pèlerins de notre Laure que, espérant en la miséricorde divine, la protection et l’intercession de la reine des cieux, et affermis par les prières et les exemples de nos Pères qui vécurent dans l’ascèse, Job et Amphiloque, thaumaturges de Potchaïev, et fixant les exploits de nos maîtres qui subirent les plus violentes persécutions et outrages à l’époque de l’athéisme, les moines de la Montagne de Potchaïev feront à l’avenir également tout ce qui est possible afin que le peuple fidèle reçoivent dans les églises du monastère la grâce divine dans les sacrements de la sainte Église orthodoxe qui a été fondée par le Christ Sauveur Lui-même, dont les dogmes ont été fixés par les saints Pères et les décisions des sept Conciles œcuméniques et n’ont besoin d’aucun changement. La vérité divine est parfaite et immuable. Et le Sauveur du monde nous a confié de la garder et de la proclamer, et non de « la mettre au point ». Nous croyons fermement que le notre Seigneur Jésus-Christ gardera Son Église inébranlable et invincible « et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matth. 16,18). Nous appelons le pieux peuple à élever ses prières ardentes, afin que le Seigneur très-miséricordieux continue à nous renforcer dans la pureté de la foi orthodoxe, dans laquelle seulement est possible le salut éternel ».

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Le métropolite de Lovetch Gabriel sur les raisons qui ont incité l’Église orthodoxe de Bulgarie à renoncer à sa participation au Concile panorthodoxe

Le métropolite de Lovetch Gabriel a expliqué au site internet bulgare « Dobrotolioubie » pourquoi le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris la décision de ne pas participer au saint et grand Concile si celui-ci n’est pas reporté.

Votre Éminence, ces jours-ci, après la décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie, sont reproduites dans les médias les opinions de théologiens tels que Kaline Yanakiev et Diliane Nikoltchev, selon lesquels ladite décision est « radicale » et « incorrecte », parce qu’elle pouvait être prise dès l’an dernier, et non au dernier moment. Qu’en est-il réellement, si les thèmes du Concile ont été choisis en janvier de cette année et qu’a été définie, il y a deux semaines seulement, la place dans la salle des participants et des observateurs et qu’ont été connus d’autres détails liés au Concile ?

– Je ne dirais pas que cela n’est pas correct. Il y a autre chose qui n’est pas correct : que l’on nous invite à un Concile où tout est décidé d’avance. Oui, effectivement, nous n’avions pas pris la décision jusqu’à maintenant, jusqu’au dernier moment, de nous rendre ou non au Concile. Mais maintenant, en tout cas, la vérité est claire. Il est vrai que ce n’est pas maintenant que nous avons pris connaissance de cela, mais pour se décider à cela… Nous ne l’avons pas fait immédiatement. Il y a certaines questions qu’il est nécessaire que ce Concile – il n’en a pas été convoqué si souvent – résolve encore [hormis celles qui sont inclues dans l’ordre du jour]. Par exemple, la question du calendrier. L’Église orthodoxe peut-elle continuer à célébrer selon deux calendriers ? Si cette question n’est pas résolue maintenant au Concile, quand peut-elle l’être alors? Lors de la conférence des Églises autocéphales, en 1948 à Moscou, il a été dit au sujet du calendrier que toute Église orthodoxe autocéphale peut célébrer selon le nouveau ou l’ancien calendrier (étant entendue que la pascalie reste identique), mais que, lors du prochain Concile orthodoxe, lorsqu’il serait convoqué, ce calendrier devrait être unifié. Or, le Concile est convoqué maintenant. Est-ce que cette question peut ne pas être résolue ? Quand le sera-t-elle ? Car c’est anormal qu’il existe deux calendriers. Il y a d’autres questions qui doivent être résolues au Concile. Certes, nous le savions avant, nous n’en avons pas été informés maintenant, au dernier moment. Et puis, il nous avons pris une décision concernant l’un des documents (bien que des remarques puissent être formulées sur d’autres), à savoir « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », qui contient beaucoup de choses qui sont absolument inexactes et non orthodoxes. Nous pouvons nous rendre au Concile, mais selon le règlement du Concile qui a été adopté, aucune correction ne sera acceptée. C’est parce que le règlement est tel que, dès le début, la commission doit décider si ce que nous voulons, peut être proposé au vote du Concile. Or, même si cela peut être proposé, si le Concile ne vote pas unanimement dans ce sens, le texte ne pourra être modifié. Que cela signifie-t-il ? Qu’un certain document est adopté par les commissions, mais toutefois les commissions ne sont pas le Concile, elles ne sont vraiment pas le Concile. Ce n’est pas le Concile qui a voté le règlement, mais les patriarches, et ceux-ci ne sont pas non plus le Concile. Et, en fin de compte, on ne pourra apporter aucune modification, disons, dans ce document, mais également dans n’importe quel autre, parce que dans aucun cas, toutes les Églises ne voteront pas à l’unanimité pour la modification, et il y aura quoi qu’il en soit des votes contre. Nous nous rendons à un Concile pour lequel les décisions sont déjà prises. Pourquoi ne pas prendre cela en considération ? C’est un Concile, un travail sérieux ! À quels intervalles sont convoqués les Conciles ? Il se passe parfois des centaines d’années, voir mille. Le Concile doit résoudre les questions qui sont réellement importantes pour l’orthodoxie. Donc, nous avons pris cette décision maintenant. Nous pouvions la prendre avant, mais ce n’était pas facile. Certains disent même que cela est très courageux de prendre une telle décision… Vous voyez qu’il n’y a pas une autre Église, à l’exception de nous, [qui ait pris une telle décision]. C’est ce qu’a décidé le Synode. Personnellement, lorsque je me suis rendu à la session, je ne savais pas que nous pourrions prendre une telle décision. Ma seule conviction était qu’il fallait demander de reporter le Concile, afin que soient mis au point ces questions et que ce Concile ait véritablement un grand effet. Selon moi, le Concile doit être tel qu’il soit en mesure d’élaborer le règlement de ses sessions, afin que l’on y vote comme partout : lorsqu’est constitué le nouveau parlement bulgare, personne ne donne aux députés un ordre du jour tout prêt, ils créent leurs propres règles. Cela doit être réglé par le Concile. Maintenant cela est réglé par les patriarches. C’est bien, mais les patriarches ne sont pas, malgré tout, le Concile. Le Concile est une représentation bien plus large. Du fait que tout a été décidé à l’avance, nous avons décidé qu’il serait bien de reporter le Concile afin que les questions conflictuelles puissent être réglées. Notre souhait serait que l’on règle de la meilleure façon ce qui concerne l’orthodoxie. Aussi, cela n’a pas d’importance que nous ayons décidé cela au dernier moment. Mais pour ce qui concerne la disposition dans la salle, c’est un problème mineur, vraiment mineur ! Pour ce qui est des dépenses élevées au sujet desquelles nous avons écrit : si le Concile réglait des réponses très sérieuses, nous n’y verrions pas d’inconvénients, mais maintenant nous irions à un tel Concile, où tout est réglé d’avance, et nous donnerions pour cela un demi million de Lev… Pour l’Église orthodoxe de Bulgarie, c’est une grande somme. Nous la donnerions si nous savions que la manifestation le vaut. Vous savez, nous ne savons même pas combien cela coûtera. Personne ne nous informe de la somme finale, mais ce sera plus d’un demi million de Lev – combien cela coûtera encore ? Une chose pareille est-elle possible maintenant ? Que les médias disent ce qu’ils veulent. Oui, nous avons effectivement pris une telle décision.

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Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche au sujet du Concile panorthodoxe

Communiqué du secrétariat du Saint-Synode d’Antioche

 Balamand, le 6 juin 2016

 Décision synodale

 Dans le cadre de sa septième session spéciale du 25 mai 2016, le Saint Synode de l’Église d’Antioche a tenu, le 6 juin 2016, une séance présidée par Sa Béatitude le Patriarche Jean X en présence de leurs Éminences les évêques, pour étudier les récentes prises de position des Églises orthodoxes autocéphales au sujet du grand et saint Concile (ci-après « grand Concile ») et les sujets inscrits à son ordre du jour. Et pour définir la position de l’Eglise d’Antioche à son propos, tenant compte de la décision du Saint-Synode du Patriarcat Œcuménique en date du 31 mai 2016, qui stipule la formation «d’un comité de représentants des Eglises d’Antioche et de Jérusalem, avec le Patriarcat oecuménique pour coordinateur, qui se réunirait directement après le grand Concile  » dans le but de  résoudre la violation de l’Église de Jérusalem des limites territoriales canoniques de l’Église d’Antioche dans l’ Émirat du Qatar.

 Étant donné, qu’après examen des positions des Églises orthodoxes autocéphales, il a été noté que

  1. Les positions de nombre de ces Églises sur la plupart des sujets figurant à l’ordre du jour du grand Concile restent divergentes, et que certaines d’entre elles rejettent la version actuelle de certains documents qui seront soumis à son attention, et que ces positions et rejet ont été ouvertement prises dans des décisions de leurs saints-synodes respectifs qui ne prêtent pas à confusion ;
  1. Un certain nombre d’Eglises émet des réserves de fond sur les aspects organisationnels du grand Concile, son coût financier et les modalités de mise en application des décisions prises durant la synaxe des primats des Églises orthodoxes de Chambésy, en 2016 ;
  1. L’Église de Bulgarie a adopté, en date du 1er juin 2016, une décision synodale dans laquelle elle énumère ses réserves et demande à Sa Sainteté le patriarche oecuménique de reporter la tenue du grand Concile à une date ultérieure, sans pour cela cesser sa préparation de manière efficace. Sinon, elle a indiqué qu’elle n’y participera point ;
  1. L’Église de Russie a adopté une décision synodale, en date du 3 juin 2016, dans laquelle elle propose la tenue d’une réunion préconciliaire avant la date du grand Concile, pour examiner les différents dossiers en souffrance et parvenir à un consensus sur les observations émises par les Eglises au sujet des documents synodaux, tout en insistant sur la nécessité de respecter le principe d’unanimité concernant la participation de toutes les Eglises autocéphales à ce Concile ;

Compte tenu du fait qu’il est apparu aux Pères du Saint Synode Antiochien que :

  1. Les observations et réserves émises par l’Eglise d’Antioche concernant le règlement interne de fonctionnement du grand Concile et les décisions prises par la synaxe des primats des Eglises orthodoxes, tenue à Chambésy du 21 au 28 janvier 2016, n’ont pas été à ce jour pris en compte, ainsi que son refus de ratification de ces deux documents. Ce qui viole les principes de base convenus pour toute action orthodoxe commune, institués par Sa Sainteté le patriarche oecuménique Athénagoras Ier lors du lancement des travaux préparatoires en vue du grand Concile, et qui exigent l’unanimité des Eglises autocéphales sur toutes les décisions ;
  1. Le document concernant le sacrement du mariage et ses empêchements figure toujours à l’ordre du jour du grand Concile, malgré sa non-ratification par l’Eglise d’Antioche et l’Eglise de Géorgie ;
  1. La question de la diaspora a été mise à l’ordre du jour du grand Concile sans la moindre évaluation du travail effectué par les assemblées épiscopales, et sans prendre en compte la position maintes fois exprimée par l’Eglise d’Antioche quant à la nécessité de tenir une réunion spécifique pour évaluer le travail de ces assemblées et suggérer les solutions ecclésiales adéquates avant le grand Concile. En effet, ces assemblées avaient été mises en place ‘pour une phase transitoire afin de préparer le terrain à une solution adéquate à la question de la diaspora avant la tenue du grand Concile, afin que ce dernier soit en mesure de lui trouver une solution canonique’ (paragraphe 1.b de la décision concernant la diaspora orthodoxe, adoptée par la 4ème conférence orthodoxe préconciliaire de Chambésy, du 6 au 12 juin 2009). C’est pourquoi il s’avère primordial d’évaluer le travail de ces assemblées avant la tenue du grand Concile, pour éviter que ce dernier ne soit amené à aborder directement cette question en l’absence de travail préparatoire ;
  1. La question du « calendrier ecclésiastique et de l’unification de la célébration de Pâques » a été retirée de l’ordre du jour malgré l’importance de ce sujet pour le peuple des fidèles du Siège d’Antioche, qui attend de la catholicité de l’Eglise orthodoxe une prise de position pastorale à ce sujet ;
  1. La section relative à l’évaluation des dialogues en cours avec les autres chrétiens, qui devait être préparée en amont du grand Concile, pour qu’elle puisse figurer dans le document relatif à « La relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », n’a été ni préparée ni son contenu soumis au consensus des Églises ;
  1. Le sujet de « l’autodétermination et les modalités de sa déclaration » nécessite un accord sur son contenu avant de l’inscrire dans sa version finale  à l’ordre du jour du grand Concile;
  1. L’absence de participation effective des Églises orthodoxes au travail préliminaire et préparatoire, la lenteur d’action du secrétariat du Concile et l’absence de clarté sur le programme de ses séances et la façon de les conduire qui ont marqué la dernière phase préparatoire, pourraient entraver les échanges durant le Concile;
  1. La dernière décision du Patriarcat oecuménique en date du 31 mai 2016, de reporter la recherche d’une solution au conflit persistant avec le Patriarcat de Jérusalem à une date ultérieure à la tenue du grand Concile, ignore l’initiative prise par le patriarche œcuménique (du 5 avril 2016) de régler ce problème et l’accueil favorable qui lui a été faite par l’Eglise d’Antioche. Elle fait également abstraction des profondes implications de ce différend et de ses répercussions sur le grand Concile. En effet, ce dernier ne peut être tenu dans le cadre d’une rupture de communion entre deux Eglises apostoliques, et ce en raison de son caractère avant tout eucharistique. L’adoption d’une telle résolution, juste avant la tenue du Concile, place l’Église d’Antioche face à une option unique inacceptable, à savoir participer au grand Concile sans participer à l’eucharistie, en raison de l’absence de solution définitive à la violation du Patriarcat de Jérusalem, qui persiste depuis plus de trois ans (cf. Communiqué du Synode d’Antioche du 1er juin 2016 sur ce différend).
  1. La question de cette violation prend une dimension inquiétante et dangereuse du fait des prétentions du Patriarcat de Jérusalem, dans sa correspondance avec le Patriarcat d’Antioche, de s’approprier d’autres régions situées dans le territoire canonique du Siège d’Antioche ;

Etant donné que l’Eglise d’Antioche N’a ménagé aucun effort pour préserver l’unité orthodoxe, à laquelle elle tient et qu’elle a manifesté depuis le lancement de l’idée de la tenue du grand Concile en 1961. Elle reste fidèle à la ligne tracée par le patriarche Elias IV et confirmée par le patriarche Ignace IV, qui ont contribué à en faire avancer grandement les travaux préparatoires. Elle persévère aujourd’hui, en la personne du patriarche Jean X, dans la même voie pour consolider cette unité avec engagement, persévérance et esprit de sacrifice ;
Bien qu’elle n’ait pas ratifié les résolutions de la synaxe des primats des Eglises orthodoxes du Fanar (en mars 2014), a participé dans un esprit d’économie aux comités préparatoires du grand Concile et aux travaux de la Vème Conférence préconciliaire de Chambésy en 2015, puis à la synaxe des primats des Eglises orthodoxes de Chambésy en 2016. Et bien qu’elle n’ait pas ratifié les décisions finales de cette synaxe, elle a participé, aussi dans un esprit d’économie, au travail des comités préparatoires du grand Concile, afin de faciliter le travail orthodoxe commun et de l’accompagner, comme elle l’a toujours fait au cours des dernières décennies, mue par l’espérance de régler toutes les questions en suspens préalablement à la tenue de ce Concile ;
A donné à cet événement, le plus grand et le plus beau dans la vie contemporaine de l’Eglise, la place qu’il mérite, en en traduisant tous les documents préparatoires en arabe, et en les rendant accessibles à tous ses fidèles. De plus, le Saint Synode de l’Eglise d’Antioche a accompagné de près le travail préparatoire et proposé des modifications appropriées à ses documents.
Considère, à la lumière de ce qui précède, que la tenue du grand Concile, en cours de préparation depuis des générations, est entravée par de nombreuses difficultés, et a besoin d’un surcroît de préparation des sujets inscrits à son ordre du jour et des détails pratiques et de procédure concernant sa tenue et la manière de diriger ses travaux ;
En dépit des crises étouffantes qu’elle traverse, les plus graves de son histoire, et malgré les conditions de vie aléatoires de ses fidèles, notamment en Syrie, au Liban et en Irak, n’a ménagé aucun effort, aucune prière ni occasion pour concilier et faciliter les initiatives pour la tenue du Concile, et pour y participer, en dépit de toutes les difficultés humaines et économiques qu’elle vit ;
Attendu que ce Concile, s’il est tenu dans le cadre de l’interruption de la communion entre deux Eglises apostoliques, suggère que la participation aux délibérations conciliaires sont possibles sans participation à la sainte eucharistie, ce qui fait perdre au Concile son caractère ecclésiologique, ce qui le fait revêtir une nature administrative, en opposition à la tradition orthodoxe conciliaire solidement établie ;
Considère que ce Concile est convoqué afin d’exprimer l’unité orthodoxe, et que cela nécessite un climat d’amour et de fraternité en Christ, et le souci de s’adresser à l’homme d’aujourd’hui, ce qui demande un consensus sur un grand nombre de questions entre les Eglises orthodoxes autocéphales, et exige leur participation à ses travaux et leur approbation unanime de ses décisions ;
Constate que le peuple des fidèles, après avoir étudié l’agenda du Concile et ses documents, a exprimé sa grande déception du fait qu’il ne s’’adresse pas aux défis auxquels il est confronté; en particulier ceux de la jeunesse,  et a fait part de sa préoccupation de l’orientation qu’a pris ce Concile, qui porte atteinte à la vision de base qui a été la cause de sa tenue, à savoir affronter ensemble les défis qui interpellent l’Eglise orthodoxe de nos jours, afin exprimer un témoignage commun dans le monde d’aujourd’hui ;

Les Pères du Saint Synode Antiochien ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1. Demande à Sa Sainteté le patriarche œcuménique d’œuvrer à trouver un consensus concernant toutes les réserves exprimées par les Eglises autocéphales relatives au grand Concile, et ce pendant la période qui sépare de la date prévue d’ouverture du Concile . Si ce consensus s’avère difficile à trouver, l’Eglise d’Antioche demande de reporter la réunion du grand Concile à une date ultérieure, où les relations entre toutes les Eglises autocéphales seraient encore plus iréniques, et où il serait possible d’assurer l’unanimité orthodoxe sur les sujets du Concile, son règlement intérieur et ses procédures pratiques ;

2. La non-participation du Siège d’Antioche au grand Concile tant que des raisons empêchent la participation de tous à l’eucharistie durant ses travaux, implique de trouver une solution définitive à la violation de Jérusalem des frontières canoniques du Siège d’Antioche, qui a mené à la l’interruption de la communion avec le Patriarcat de Jérusalem ;

3. Réaffirmer de nouveau l’importance de la participation de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales au grand Concile et que ses décisions soient prises unanimement en leur présence, conformément au principe de base du Concile, et ce dans le but de sauvegarder l’unité de l’Eglise orthodoxe universelle.

4. S’adresser à toutes les Eglises orthodoxes et les informer du contenu de la position antiochienne et de ses bien-fondés.

5. Demander aux fidèles de prier avec leurs évêques pour que le Saint-Esprit inspire l’Église dans sa marche dans l’unité, et son témoignage pour le Christ dans le monde.  La version arabe du présent communiqué tient lieu de texte référence.

200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine ont adressé une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, faisant part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe

Dans une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, 200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine, on fait part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe :

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Décision du Patriarcat œcuménique au sujet du maintien du Concile panorthodoxe à la date prévue

Le Patriarcat œcuménique a publié en date du 6 juin le communiqué suivant :
« Le Saint-Synode permanent [endimousa] du Patriarcat œcuménique, a procédé aujourd’hui à sa réunion extraordinaire sous la présidence de Sa Toute-Sainteté le patriarche Bartholomée, afin d’examiner le cheminement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe, convoqué par la grâce de Dieu et qui déjà se trouve à nos portes. Le Saint-Synode permanent [endimousa] a été informé avec étonnement et perplexité des positions et des opinions exprimées dernièrement par quelques-unes des Églises orthodoxes sœurs et, après les avoir évaluées, a constaté qu’aucun cadre institutionnel n’existe pour la révision de la procédure conciliaire mise en route. Aussi, il est attendu que les primats des très saintes Églises orthodoxes, conformément au règlement d’organisation et de fonctionnement du Saint et Grand Concile, présentent les éventuelles « propositions formulées d’amendements, de corrections ou d’ajouts aux textes unanimement approuvés par les conférences panorthodoxes préconciliaires et par les synaxes des primats portant sur les thèmes à l’ordre du jour du Concile » (cf. article 11), en vue de l’élaboration et de la décision finales lors des travaux du Saint et Grand Concile, par l’invocation de l’Esprit Très-Saint. Le Patriarcat œcuménique, en tant qu’Église première responsable pour la sauvegarde de l’unité de l’Orthodoxie, appelle tous à se montrer à la hauteur des circonstances et à participer, aux dates prévues, aux travaux du Saint et Grand Concile, comme cela a été décidé et signé au niveau panorthodoxe, tant par les primats lors de leurs synaxes, que par chacune des délégations ayant reçu les pouvoirs correspondants lors du long processus préparatoire du Concile.
Fait au Patriarcat le 6 juin 2016
le secrétariat »

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Communiqué du Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce à ses clercs, moines et fidèles, au sujet du Concile panorthodoxe

« Chers Pères et frères,
Le Christ est ressuscité !
Vous savez sûrement que ce mois, à savoir du 17 au 26 juin, le saint et grand Concile des Églises locales orthodoxes, après une préparation qui a duré de nombreuses années, se réunira en Crète pour délibérer dans le Saint Esprit et manifester l’unité de l’Église orthodoxe, à une époque où la société locale et mondiale est pleine de contradictions et d’antagonismes. Le Saint-Synode permanent de l’Église, qui a reçu les pleins pouvoirs de la hiérarchie de l’Église de Grèce, souhaite vous informer de façon responsable au sujet de cet événement significatif. Par principe, l’organisation ecclésiale est conciliaire et hiérarchique. L’élément conciliaire exprime l’existence de nombreuses personnes rassemblées au nom du Christ, et l’élément hiérarchique manifeste qu’il y a une hiérarchisation parmi eux, en fonction des charismes dont disposent celles-ci. À tous les niveaux (Saint-Synode, diocèses métropolitains, paroisses, monastères) fonctionnent les organisations conciliaire et hiérarchique et c’est ainsi qu’est exprimée la vérité de la foi. Cela apparaît de façon prononcée dans la divine eucharistie, qui exprime le mode de fonctionnement de la structure conciliaire, dans laquelle existent l’évêque, comme président de la synaxe eucharistique et docteur de la vérité, les clercs, les moines et les laïcs avec leurs charismes particuliers. C’est ainsi que fonctionnent aussi les conciles des Églises locales et les conciles panorthodoxes. De cette façon est glorifié le Dieu trinitaire. Durant de nombreuses années les Églises orthodoxes locales ont constaté qu’il était nécessaire que fût convoqué le saint et grand Concile pour régler différents problèmes ecclésiastiques persistants qui préoccupent les Églises locales. L’Église orthodoxe délibère toujours conciliairement pour régler les différents problèmes dogmatiques, ecclésiastiques, canoniques et pastoraux. Durant le premier millénaire du christianisme, des conciles œcuméniques et locaux ont été convoqués. Durant le deuxième millénaire également, des grands conciles ont été convoqués, revêtant un caractère universel et panorthodoxe, les plus importants étant ceux qui furent tenus sous saint Grégoire Palamas ainsi que les conciles des patriarches orientaux qui eurent lieu par la suite. En réalité, « l’Église est considérée comme un concile continu », c’est au demeurant ce que signifie le mot Église. C’est dans ce cheminement pérenne de la conciliarité sans interruption que se situe le le saint et grand Concile des Églises orthodoxes. Les quatorze Églises orthodoxes locales, après les sessions de nombreuses commissions conciliaires préparatoires, ont choisi à l’unanimité d’aborder, au saint et grand Concile, six thèmes, à savoir : 1) « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain », 2) « La diaspora orthodoxe », 3) « L’autonomie et la méthode de sa proclamation », 4) « Le sacrement du mariage et ses empêchements », 5) « L’importance du jeûne et son observation aujourd’hui », 6) « Les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien ». Les commissions de toutes les Églises ont préparé les textes, lesquels ont été signés par les primats des Églises orthodoxes et, sous leur forme finale, ont été soumis aux hiérarchies des Églises orthodoxes locales avec la possibilité de proposer des corrections et des ajouts, comme l’impose la structure conciliaire de l’Église. C’est dans ce but qu’a été convoquée récemment la hiérarchie de l’Église de Grèce, les 24 et 25 mai, afin de débattre au sujet de la décision et de la proposition du Saint-Synode permanent, qui faisaient suite aux suggestions envoyées par les hiérarques, sur l’initiative de S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme. La hiérarchie de l’Église de Grèce, dans sa fidélité absolue à l’enseignement des prophètes, des apôtres et des Pères, et avec respect pour le fonctionnement conciliaire de l’Église orthodoxe, a étudié de façon exhaustive les propositions du Synode permanent, l’une après l’autre, et dans un esprit de consensus, de responsabilité et de sérieux, dans l’unanimité sur la plupart des points et avec une majorité absolue sur d’autres. Elle a procédé aux corrections des textes présentés et, où il le fallait, a fait également des ajouts, afin que ceux-ci constituent les décisions finales de notre Église relativement à ces textes. Ces corrections et ces ajouts, qui sont essentiels et sont conformes à l’expérience et la tradition pérennes de l’Église, seront soumis au secrétariat panorthodoxe du saint et grand Concile en Crète et seront soutenus par S.B. l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, afin que soient améliorés les textes déjà élaborés par les primats des Églises orthodoxes. Ainsi sera donné au monde contemporain un bon témoignage ecclésial de la foi et de l’unité, conforme à toute la tradition de l’Église. Assurément, il est connu que la hiérarchie de l’Église de Grèce a discuté ces sujets avec responsabilité, calme et en connaissance de cause. Ce qui importe, cependant, est que celle-ci ait gardé son unité. Les points de vue de nombreux hiérarques ont été entendus et les décisions étaient presque unanimes. Étant donné que de l’inquiétude s’était manifestée au préalable, en grande partie justifiée, chez beaucoup de membres du clergé, chez les moines et les laïcs, au sujet des textes que discutera le saint et grand Concile, nous recommandons à tous de s’apaiser, car nous les premiers, hiérarques, avons prononcé la confession de foi lors de notre sacre épiscopal, qui nous enjoint de préserver l’héritage apostolique et patristique que nous avons reçu, et nous veillons sur notre troupeau, pour la gloire de Dieu et de l’Église. Comme on le sait, le saint et grand Concile accomplira ses travaux à partir du jour de la Pentecôte et jusqu’au dimanche de Tous les saints. Cela signifie que les hiérarques et les autres clercs et laïcs qui représenteront l’Église de Grèce à ce concile, comme le feront aussi les autres Églises, s’efforceront d’exprimer l’expérience et la foi du mystère de la Pentecôte et la confession de nos saints, lesquels sont la continuation de la Pentecôte dans l’histoire. Aussi, nous prions le plérôme de notre sainte Église, qui porte le nom du Christ, à prier pour tous, particulièrement pour les évêques, clercs, moines et laïcs qui seront présents au saint et grand Concile, afin qu’ils donnent le bon témoignage de notre foi orthodoxe, et que ce concile avec ses décisions s’avère être un jalon spirituel dans notre vie ecclésiale ».
(Suivent les signatures de l’archevêque d’Athènes Jérôme et de tous les membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Grèce).

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L’Église orthodoxe de Bulgarie demande le report du Concile panorthodoxe

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris, en date du 1er juin, la décision suivante concernant sa participation au Concile panorthodoxe, publiée sur le site officiel de l’Église orthodoxe de Bulgarie :

« Lors de sa session de ce jour, faisant l’objet du protocole № 12 du 1.06.2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Bulgarie, siégeant au complet, a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète.

Au vu des considérations et motifs suivants :

1) De l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun

2) Des désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.

3) De l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile

4) De la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales

5) De l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas

6) De la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile

Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :

1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année.

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Communiqué du Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche à propos du Concile panorthodoxe

SaintSynodeAntiocheMai2016Du 25 au 27 mai, sous la présidence du patriarche Jean, le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche s’est réuni au monastère patriarcal Notre-Dame de Balamand au Liban (photographie ci-contre). Il a publié un communiqué à propos du Concile panorthodoxe. Pour lire un extrait de celui-ci dans sa version française, cliquez sur ce lien. D’autre part, Carol Saba a été désigné par le Saint-Synode du Patriarcat d’Antioche comme porte parole officiel et responsable de la communication de la délégation patriarcale antiochienne au Concile panorthodoxe. En outre, il fera partie de la commission panorthodoxe des 14 Églises autocéphales sur les relations avec la presse et les médias lors du Concile.

Assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce au sujet du Concile panorthodoxe

L’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce a commencé ses travaux le 24 mai, sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. Avant l’assemblée a été célébrée la liturgie en l’église du monastère des Saints-archanges de Petraki, à Athènes, par le métropolite de Karpenission Georges. Ensuite a été célébré l’office pour le début des travaux de la hiérarchie, puis a été dressée la liste des hiérarques présents, les absents – excusés – étant les métropolites Anthime de Thessalonique, Hiérothée de Lemnos et Saint-Eustrate, et Jacques de Mytilène, Éressos et Plomarion. La Commission de la Presse a été constituée des métropolites Hiérothée de Naupacte et Chrysostome de Saint-Blaise et de Patras. L’archevêque d’Athènes Jérôme a ensuite remercié les hiérarques pour leur venue à l’assemblée. Au sujet du saint et grand Concile de l’Église, qui est convoqué du 17 au 26 juin de cette année en Crète, l’archevêque a mentionné que « nous sommes appelés à servir un grand événement ecclésial historique, qui présuppose et exige l’illumination du Saint-Esprit, notre voix désintéressée et notre témoignage sacrificiel ». Appelant les hiérarques à prier fortement de telle façon que leur message unisse, éclaire et renforce le peuple fidèle qui attend aujourd’hui les conclusions et les décisions de l’assemblée, le primat a déclaré que durant ces deux jours de l’Assemblée, les hiérarques auraient la possibilité de discuter de façon exhaustive tous les paramètres du saint et grand synode. Poursuivant son allocution, l’archevêque a souligné à ce sujet : « J’aimerais vous demander que nous nous mouvions dans un esprit d’amour en Christ et de respect pour chaque opinion différente, la position dominante étant celle de la majorité. Nous avons le devoir d’aboutir à des propositions concrètes, prises le cas échéant à la majorité, afin de faciliter la tenue du secrétariat préparatoire panorthodoxe, mais aussi pour clarifier toute ombre, doute et perplexité ». Et de conclure ainsi son allocution : « Le Concile de Crète est un événement ecclésial historique et en même temps décisif. Le monde entier attend de nous le témoignage de notre unité. Le calice commun, le corps et le sang de notre Seigneur, sera toujours ce que nous unit ou qui nous sépare. Il n’y a pas de place pour des négociations en ce qui concerne les questions dogmatiques. Notre Église est une, sainte, catholique et apostolique et la nécessité est impérative quant à son témoignage missionnaire, son positionnement contemporain relativement aux problèmes de notre époque ainsi que la poursuite de son œuvre sanctifiante pour notre salut à tous. Il n’y a pas de place pour les aspirations personnelles et les revendications égoïstes anti-ecclésiales. Les défis des temps nous veulent unis. Les schismes et les factions sont l’œuvre du malin qui veut nous éloigner du calice commun. Laissons la grâce de Dieu couvrir nos propres lacunes, qui sont nombreuses. Que soient grandes et puissantes notre prière, notre foi, notre confiance dans l’illumination du Saint Esprit, Lui qui guide, malgré nos péchés, l’œuvre de l’Église du Christ depuis deux millénaires. Les époques que nous vivons se prêtent plus que jamais aux égoïsmes et aux ambitions. Ne le permettons pas et que notre prière principale soit la parole de l’archange : « Tenons-nous bien, tenons-nous avec crainte ! » Ensuite, conformément à l’ordre du jour, le métropolite d’Élis Germain a lu son rapport sur « les remarques de leurs Éminences les métropolites concernant les textes du saint et grand Concile ». Le métropolite Germain a préalablement fait une présentation détaillée de la préparation du saint et grand Concile et des actions spécifiques du Saint-Synode permanent de l’Église de Grèce pour mettre en œuvre les décisions nécessaires à la préparation de la participation de l’Église de Grèce aux travaux du saint et grand Concile. Il a ensuite abordé les sujets de la présente réunion de la hiérarchie, lesquels sont constitués par les propositions du Saint-Synode permanent présentées au vote, ainsi que le mode de scrutin. Après la pause a eu lieu une discussion approfondie sur ledit rapport. Les travaux de la hiérarchie se poursuivront jusqu’au 25 mai.

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Deuxième réunion du secrétariat pour la préparation du Concile panorthodoxe

Du 18 au 20 mai, en Crète, s’est tenue la deuxième session du secrétariat panorthodoxe pour la préparation du saint et grand Concile. Au cours des travaux, les membres du secrétariat panorthodoxe, sous la présidence de son coordinateur le métropolite de Suisse Jérémie (Patriarcat de Constantinople), ont procédé à plusieurs consultations et ont été informés de la préparation en cours du lieu du déroulement du Concile, l’Académie orthodoxe de Crète. Il est prévu que le jour de la Pentecôte, les primats des Églises orthodoxes locales célèbrent ensemble la liturgie à Héraklion en la cathédrale Saint-Ménas de l’archevêché de Crète et, la veille de la fête, l’office du soir en l’église du saint Apôtre Tite. Les membres du secrétariat ont visité les deux églises et ont fait part de leurs suggestions quant à l’organisation des offices solennels. Lors des consultations qui ont eu lieu à Héraklion et ensuite à l’Académie orthodoxe de Crète, ont été discutées les questions de préparation et d’organisation du saint et grand Concile, dont les sessions commenceront le 20 juin, jour du Saint-Esprit. Les représentants des Églises locales orthodoxes ont abordé une série de questions de protocole et de procédure. Les participants à la session ont également discuté en détails des principes de fonctionnement du site internet officiel du Concile, qu’il est prévu d’ouvrir très prochainement. Les principes d’accréditation et de travail de la presse pendant le Concile ont également été formulés. Pendant leur séjour en Crète, les participants à la session ont été reçus par l’archevêque de Crète Irénée au monastère de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu d’Agarathou.

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Le métropolite Hilarion : les dernières années de la préparation du Concile panorthodoxe témoignent de l’unité grandissante des Églises orthodoxes locales

Le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe doit avoir lieu dans un mois, à l’île de Crète. Sa convocation a été précédée de 55 ans de processus préconciliaire, auquel l’Église orthodoxe russe a pris une part active. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, est revenu sur la préparation du Concile panorthodoxe dans l’allocution qu’il a prononcée lors de l’assemblée solennelle du 70e anniversaire du DREE. « Un grand nombre des propositions du Patriarcat de Moscou, représenté pendant les séances de préparation au Concile par le département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, ont été prises en compte dans leurs grandes lignes, aussi bien en ce qui concerne le règlement des travaux du Concile panorthodoxe, que les projets de documents conciliaires, a constaté Mgr Hilarion. Pour nous, il était surtout important d’éviter que des décisions absolument inadmissibles pour elle soient imposées en Concile à n’importe laquelle des Églises locales. La méthode du consensus, approuvée à l’insistance de Sa Sainteté le patriarche Cyrille, permettra que toutes les décisions soient prises en excluant cette hypothèse. » Pour l’Église russe, il importait aussi que le règlement précise qu’aucun thème autre que ceux introduits à l’ordre du jour du Concile ne pourrait être examiné. « Pour nous, il ne s’agit pas d’une formalité : ces points du règlement permettent à l’Église russe de participer aux travaux du Concile sans craindre de situations imprévues impliquant des décisions allant à l’encontre des canons et de la tradition de l’Église. » En même temps, le processus de préparation du Concile n’est pas dépourvu de défauts, a reconnu le métropolite. « Les débats sur les projets de documents conciliaires soulevés par leur publication dans certaines Églises locales, y compris chez nous, ont montré que certains documents ont besoin d’être perfectionnés. J’estime que ce travail sur les documents, qui devra tenir compte de la position de toutes les Églises autocéphales, doit absolument être effectué, soit pendant la synaxe des primats, qui précédera le Concile, soit au saint et grand Concile orthodoxe. » Le président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a dit remercier Dieu de ce que ces dernières années du processus préconciliaires, la position de l’Église orthodoxe russe est mieux comprise et mieux soutenue, ainsi que son approche. Ceci témoigne d’une unité de pensée grandissante entre Églises orthodoxes locales, à laquelle nous nous efforçons d’apporter notre contribution.

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Réflexions de l’évêque de Bačka Irénée (Église orthodoxe serbe) au sujet du Concile panorthodoxe

À l’occasion de la sortie d’un volume sur le Concile panorthodoxe, contenant la traduction en serbe des projets de textes préconciliaires, ainsi que des articles de différents théologiens de l’Église orthodoxe serbe, l’évêque de Bačka Irénée a publié le communiqué suivant.
« Le Christ est ressuscité !
J’adresse mes salutations à tous dans la joie de la Résurrection, tout en réfléchissant sur le saint et grand Concile durant les jours de la plus joyeuse des fêtes chrétiennes, qui emplit tout de sens universel. Il s’agit du message évangélique du salut de tous et de tout en Christ, qui contient en lui de façon concise l’annonce de l’unité conciliaire de l’Église. En même temps, au moment de la session en Assemblée de la hiérarchie de notre Église locale, je pense qu’il faut, par principe, que nous nous réjouissions tous du futur Concile panorthodoxe. On peut parfois lire et entendre dans les média – et aussi de la bouche des pasteurs et des théologiens de l’Église – que la tradition et la pratique de la convocation des Conciles dans l’Église orthodoxe, ou bien encore en Orient, est interrompue déjà depuis longtemps et que douze siècles se sont passés sans que nous ayons de conciles généraux (!). Historiquement, cela est inexact ! Notre Église est par nature conciliaire (catholique, universelle, englobant tout). Sa conciliarité (catholicité) ontologique, se manifeste historiquement en tant que synodalité, elle s’exprime précisément par les conciles. Avant tout, chacune de nos assemblées lors de la Liturgie est une Assemblée de toute l’Église « en un seul lieu », et sa réunion en un seul corps, en un Esprit divin (ἐπὶ τὸ αὐτό). Chaque Église locale (évêché, diocèse) est une Église dans sa plénitude, qui est en communion avec toutes les autres Églises de Dieu dans le monde. Il en résulte que sans communion conciliaire, l’unité de l’Église, en général, n’existe pas, pas même un instant. Les conciles locaux ou régionaux sont convoqués lorsqu’il en existe le besoin. Notre Église locale, en règle générale, tient un concile au moins une fois par an, et si nécessaire plus souvent. D’autres Églises locales tiennent aussi des conciles – les unes plus souvent, et les autres plus rarement. Qui plus est, lorsque des circonstances historiques importantes l’exigent, c’est-à-dire non à des intervalles réguliers, des grands conciles, exceptionnels, dans la Grâce, de toutes les Églises de Dieu dans le monde, sont convoqués. Ce sont les conciles généraux de l’Église qui s’appellent habituellement Conciles œcuméniques. Par conséquent, il n’est pas exact d’affirmer que dans l’Église orthodoxe, durant de longs siècles, il n’y a pas eu de conciles. Il est seulement exact qu’à l’époque plus récente, durant les siècles plus récents, nous n’avons pas eu de conciles panorthodoxes ou généraux. Cela peut se comprendre dans le contexte des événements historiques. Dans les temps plus anciens, seule la Russie était un pays orthodoxe libre, tandis que dans tous les autres, nous nous trouvions sous un asservissement qui a duré pendant des siècles. Sans les conditions de liberté et de paix, et sans bons moyens de communication entre les chrétiens orthodoxes dispersés dans « l’univers », dans le monde, il n’était pas possible de convoquer des grands conciles. À l’époque plus récente, alors qu’avaient déjà commencé les préparatifs pour un tel concile, au début du XXème siècle, la réunion au monastère athonite de Vatopédi [en 1930 ndt], a été particulièrement importante. À celle-ci, outre les représentants des autres Églises orthodoxes, les évêques de l’Église orthodoxe serbe ont prit une participation active, et le rôle du saint évêque Nicolas y a été immense. Plus tard, les plans pour que le nouveau concile général se tienne à Niš, à l’occasion du 1600ème anniversaire du premier concile œcuménique, ou à Jérusalem ou encore ailleurs, sont « tombés à l’eau », et la convocation du concile a été reportée sine die, principalement en raison des conditions prévalant dans l’Église russe à l’époque soviétique et, plus tard, en raison de conditions similaires dans la majorité des Églises locales, au temps des communistes et de leur pouvoir. Maintenant est venu le moment auquel l’Église peut organiser son concile, bien que les conditions, aujourd’hui aussi, ne soient pas idéales. Il n’y a pas, à vrai dire, de terreur politique et de persécutions grossières dans la majorité des pays orthodoxes, mais dans certains de ceux-ci il existe néanmoins des difficultés dans la vie de l’Église en raison des affrontements armés et, au Moyen Orient, des persécutions par des musulmans fanatiques. C’est la raison pour laquelle le Concile n’a pu être tenu à Constantinople, comme cela avait été prévu au départ. Nous sommes témoins que, sur la base des nouvelles médiatiques, il y a encore des actes terroristes à Ankara et à Constantinople. Les difficultés et les souffrances sont énormes en Syrie, en Irak, dans tout le Moyen Orient, où il y a aujourd’hui également beaucoup de chrétiens orthodoxes, mais aussi des chrétiens séparés de l’Église orthodoxe, qui lui sont toutefois proches et apparentés spirituellement. Les circonstances idéales, au demeurant, n’existent pas et nous ne pouvons les attendre. Mais les besoins et les défis existent et, pour cette raison, il a été décidé d’accélérer les préparatifs. Personnellement, s’il n’est pas immodeste de ma part que je le dise, je considère ce qui suit : si les préparatifs avaient duré deux ou trois ans de plus, le futur Concile serait plus réussi. Je le dis avec une certaine dose de hardiesse, peut-être non justifiée, car je participe depuis longtemps déjà au préparatifs conciliaires au nom de notre Église, avec le métropolite du Monténégro et du Littéral Mgr Amphiloque, et ce non pas comme un observateur qui suit tout ce qui se passe, mais de façon active, de l’intérieur. C’est ainsi que je considère que nous aurions pu avoir alors quelques thèmes importants à l’ordre du jour encore, tout d’abord la question de l’autocéphalie. Il en est de même pour la préparation des textes qui seront traités et soumis à la discussion au Concile et au sujet desquels des décisions seront prises. Cette préparation aurait pu être plus réussie parce certains des textes sont anciens de plusieurs décennies et la période préparatoire n’était pas suffisante pour qu’ils soient revus plus sérieusement et approfondis en fonction des défis spirituels actuels. Nous devons croire que notre manque tout humain de préparation, ou notre préparation insuffisante, ou encore nos désaccords sur certaines questions (il y en a), voire même les relations perturbées entre certaines Églises autocéphales, ne seront pas déterminants, mais que l’Esprit Saint élèvera tout cela depuis les espaces terrestres jusqu’à la cime des espaces célestes. Il édifie le Corps de l’Église et peut, par Son amour étendu et qui englobe tout, l’amour qui est du Père, et qui nous est accordé par le Fils et que nous vivons justement dans l’Esprit Saint, tout vivifier, transfigurer, manifester comme une fidèle icône du royaume de Dieu, malgré tout ce qui est humain et imparfait. Car le Concile est avant tout la Pentecôte, l’Esprit Saint avec nous. Sa force triomphera malgré toutes nos faiblesses et nos défauts. C’est la condition sine qua non préconciliaire, conciliaire et postconciliaire. Au demeurant, les Conciles sont convoqués dans ce but à travers toute l’histoire de l’Église. Ce ne sont pas des conférences ou des symposiums, mais des conciles qui résolvent les questions vitales de la vie de l’Église, en premier lieu, celles qui concernent l’unité de l’Église, à savoir une communion pleine et sans obstacle entre les Églises. C’est pourquoi je crois que la future réunion de toutes les Églises orthodoxes « ensemble et dans l’unanimité » témoignera l’unité entre nous. J’espère qu’elle présentera en outre un témoignage qui peut, à mon sens, être utile également aux chrétiens qui appartiennent à l’Église catholique-romaine, de même qu’aux chrétiens qui appartiennent aux communautés de la Réforme, aux Églises protestantes. En quoi vois-je cela ? De premier abord, il s’avérera que l’unité de l’Église est possible et réelle sans les excès et l’unilatéralité de la doctrine de la primauté de l’évêque de Rome sous la forme qu’elle a développée durant le deuxième millénaire de l’histoire chrétienne, c’est-à-dire sans l’absolutisation du primat romain, sans interprétation de la primauté d’honneur comme une primauté de pouvoir. Donc, que l’on ne peut justifier la nécessité de l’unité par une hypertrophie malsaine de la primauté. Car celle-ci a existé également durant les premiers siècles, mais elle était alors fondée sur l’amour, le service et le sacrifice. De même, les communautés issues de la Réforme, en rejetant le modèle d’unité romain, ont perdu l’unité entre elles, et, en même temps, l’unité avec l’Orient orthodoxe et l’Occident catholique. Il se peut que notre saint et grand Concile soit un témoignage utile, à eux, à tous, voire à nous-mêmes – un témoignage de l’unité de l’Église, et l’indicateur d’un équilibre indispensable entre primauté et conciliarité, primauté conçue comme sacrifice et comme service à l’unité de l’Église, et acceptation conciliaire et dans la Grâce de cette unité par les autres Églises. Peut-être serons-nous en mesure de montrer ce qu’est l’équilibre divino-humain, selon le Saint-Esprit et selon la sainte Trinité, dans l’existence et la vie de l’Église, un bon modèle de l’unité, qui est recherché parmi les Églises, bien qu’il ait été donné en fait à l’Église dès les temps apostoliques et a existé jusqu’au grand schisme entre Orient et Occident à la fin du premier millénaire. Or, l’Église orthodoxe le garde fidèlement aujourd’hui également. Tous les textes dans le présent volume, malgré leurs imperfections, sont précisément une tentative de présenter de tels efforts, et le recueil même est le fruit du souhait et du travail communs de tous les contributeurs qui ont participé à sa publication afin de témoigner ce qui nous a été donné dès le début et à jamais, la véritable catholicité et l’unité établie par Dieu de l’Église du Christ. Nous offrons les fruits de cette œuvre modeste à l’amour de toute la plénitude chrétienne de notre Église locale, ainsi qu’à tous les gens de bonne volonté. À Novi Sad, le 3/16 mai 2016 ».

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Lettre de l’higoumène du monastère de Koutloumousiou à la Sainte Communauté du Mont Athos au sujet du prochain Concile panorthodoxe

En date du 26 mars, l’higoumène du monastère de Koutloumousiou a adressé la lettre suivante à la Sainte-Communauté du Mont Athos au sujet du prochain Concile panorthodoxe :

« À la Sainte Communauté de la Sainte Montagne de l’Athos, à Karyès

Nous saluons fraternellement Votre Révérence en Christ,

Ayant lu avec grande attention la vénérable lettre patriarcale qui nous a été transmise relativement au Concile panorthodoxe, accompagnée des décisions s’y rapportant et de son règlement d’organisation et de fonctionnement, ainsi que la lettre du monastère de Karakallou qui exprime sa préoccupation, nous portons à votre connaissance ce qui suit, eu égard à l’importance exceptionnelle du Concile convoqué, tant pour le présent que l’avenir du monde orthodoxe. Concrètement, outre les nombreux éléments positifs des documents, surgissent certaines questions qui touchent le contenu théologique de la Tradition patristique.

1) Le règlement d’organisation et de fonctionnement du Concile panorthodoxe présente l’image d’une synaxe de primats, et non celle d’un Concile panorthodoxe selon le modèle des Conciles œcuméniques. Ce sentiment est créé par la limitation des membres aux seuls Primats des Églises autocéphales, ayant le droit exclusif de suffrage et de parole, ce qui exclut les autres membres de chaque délégation, mais également le grand nombre des évêques appartenant à chaque Église. Cela ne constitue pas la meilleure expression du système conciliaire. Nous craignons que, de cette façon, pénètre involontairement dans l’Église la théologie de la primauté, laquelle, par ailleurs, constitue l’aboutissement de la théologie de la personne, apparue au XXème siècle. Déjà sont apparues des opinions selon lesquelles le dogme et l’office liturgique ne peuvent constituer le lieu de l’unité ecclésiale, en tant que facteurs prétendument impersonnels, la personne du primat étant le seul lieu d’unité mis en avant.

2) Concernant le sujet des relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien, il est quelque peu inconséquent que l’Église, une, sainte, catholique et apostolique reconnaisse d’autres Églises chrétiennes, avec lesquelles, par voie de conséquence, elle peut être ou non en communion. C’est-à-dire qu’il semble que la question de la clarification de la foi est placée a posteriori, après la reconnaissance d’une communauté chrétienne en tant qu’Église, comme si la théologie constituait un complément de l’ecclésiologie. Il ressort de la formulation que le seul critère d’ecclésialité considéré est la succession apostolique historique ou la célébration du baptême.

3) L’article 22 du document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » qui se trouve assurément en rapport avec le dialogue œcuménique préjuge clairement de l’infaillibilité du Concile, et formule par écrit l’opinion plus générale selon laquelle « la foi orthodoxe authentique n’est sauvegardée que par le système conciliaire » et aussi qu’un Concile constitue le juge désigné et ultime en matière de foi ». Il implique enfin la condamnation de toute contestation des décisions du Concile par des personnes ou des groupes (y compris, manifestement, des hiérarques diocésains). Si cela ne résulte pas simplement d’une formulation malheureuse, on réfute ainsi le fait que le peuple fidèle est le gardien de la foi. Contrairement à cet article, la vie de l’Église témoigne que des personnes (i.e. les Pères théophores, les saints moines, les martyrs et les confesseurs), des groupes, et enfin le plérôme entier du peuple de Dieu, suivant la tradition apostolique de la sainteté, ont proclamé invalides des grands Conciles comportant de nombreux membres.

4) Étant donné que la tradition patristique, et ce conformément aussi aux documents, constitue un critère de l’unité ecclésiale et étant donné également que le futur Concile revendique une validité panorthodoxe, le plérôme de l’Église attend de lui qu’il n’ignore pas les Conciles précédents, ceux qui ont été convoqués sous saint Photius et saint Grégoire Palamas, qui ont fixé la théologie ainsi que l’expérience patristiques immuables et ont formé la conscience de l’Orthodoxie qu’elle a d’elle-même, pouvant en outre donner des réponses à l’homme d’aujourd’hui. S’il n’est pas fait mention de cela, il semblera éventuellement que l’Église orthodoxe n’accepte pas la théologie postérieure au septième Concile.

5) Enfin, bien que cela soit de moindre importance, nous ne comprenons pas l’utilité de la présence d’observateurs hétérodoxes à un Concile où il s’agit de discuter, à une large échelle, des questions nous concernant.

Le plérôme ecclésial attend vraiment du saint et grand Concile qu’il manifeste l’expression authentique de la tradition. En même temps parviennent de toutes parts des voix distinguées, d’où il ressort l’inquiétude que certaines positions créent des problèmes majeurs ou mineurs, lesquelles, fort probablement, provoqueront des schismes. Aussi, nous pensons que notre Lieu sacré, toujours sensible aux questions de foi et d’expérience orthodoxes, devrait articuler un discours correct et limpide, lequel contribuerait à l’édification de tous et qui probablement influerait positivement sur l’œuvre du Concile.

Cela étant, nous demeurons dans l’amour du Christ,

L’higoumène du saint monastère de Koutloumousiou,

+ Archimandrite Christodoulos et ses frères en Christ »

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Intervention de l’archevêque de Berlin et d’Allemagne (Église orthodoxe russe hors-frontières) au colloque organisé à l’Université Saint-Tikhon de Moscou au sujet du Concile panorthodoxe

À l’occasion du colloque organisé le 19 avril à l’Université Saint-Tikhon de Moscou au sujet du Concile panorthodoxe, l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc a commenté le message de l’Église orthodoxe russe hors-frontières au sujet des projets de documents préconciliaires destinés à être soumis au futur Concile panorthodoxe :

Éminence, Excellences, révérends Pères, Frères et Sœurs,

Comme nous l’avons entendu dans la conférence de S.E. le métropolite Hilarion [de Volokolamsk, ndt], les documents qui ont été publiés sont passés par des périodes d’élaboration, de discussions, de finalisation ayant duré de nombreuses années, parfois même de nombreuses décennies, et cela se ressent très fortement dans certains documents, tandis que dans d’autres, cela est atténué, probablement parce que les thèmes étaient plus simples. Mais il reste que, à mon avis, ainsi qu’à celui de beaucoup de nos archipasteurs et pasteurs, deux de ces documents causent une certaine préoccupation. Celle-ci est liée à l’absence de clarté que l’on y rencontre, une absence de clarté avant tout terminologique, qui peut donner lieu à des interprétations erronées. Cela concerne les documents « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » et « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Il y a certaines craintes également en ce qui concerne le règlement du Concile, mais S.E. le métropolite Hilarion a déjà répondu en partie à celles-ci. Avant tout, je vais aborder le document appelé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Chez nous, ce document appelle une grande vigilance au regard de l’ecclésiologie orthodoxe. La terminologie est confuse dans ce document, elle n’est pas claire et peut donner lieu à toutes les interprétations erronées. Bien qu’au début de ce document figure une phrase très claire, et encourageante pour moi personnellement ainsi que pour beaucoup d’évêques, selon laquelle l’Église orthodoxe est définie comme l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, qui établit son unité, comme cela y est dit, sur le fait qu’elle est fondée par notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que sur la communion dans la Sainte Trinité et dans les sacrements. Cependant, malheureusement, une telle terminologie claire, non ambiguë, est loin d’être maintenue dans le reste du document, où il est dit, je cite : « L’Église orthodoxe reconnaît l’existence historique d’autres églises et confessions chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Cela, sous une forme différente, sous un aspect différent, fait que l’on rappelle maintes fois la question des autres « Églises ». Pour nous, une telle terminologie est inacceptable. Peut-être dois-je dire que je sens souvent, qu’en Russie, nos archipasteurs et pasteurs ont une attitude plus favorable envers les autres « Églises », les autres confessions, que nous à l’étranger, parce que nous sommes confrontés à celles-ci tous les jours, nous savons de quoi il s’agit et que, en partie, nous sommes issus de ces communautés. C’est pourquoi, nous avons, peut-être, une perception plus aiguë de ce thème mais je sais, néanmoins, que cela inquiète de nombreuses personnes, et ce non pas seulement dans notre Église. En fait, ceux qui ont protesté les premiers contre cette formulation étaient des Grecs. Et cela me réjouit parce que les Grecs constantinopolitains, de toute évidence, considèrent souvent que nous, Église russe, avons toujours été opposés à ce qu’ils proposaient. Dans le cas présent, ce sont les Grecs eux-mêmes des Églises de Grèce et de Chypre qui ont apporté une contribution très intéressante à cette discussion. Lorsqu’il est dit que l’Église est fondée par notre Seigneur Jésus-Christ, on oublie de toute évidence qu’elle constitue également Son Corps mystique, ce que nous ne saurions omettre. Si un tel fondement du Corps du Christ est clair pour nous, alors il ne peut être question d’une multitude d’Églises. Cela, nous ne pouvons en parler que dans une discussion privée, personnelle, mais non au niveau d’une conférence panorthodoxe. L’unité de l’Église, à notre avis, ne saurait être mise en question. Il n’est dit nulle part dans le texte que la division qui existe à notre époque s’est produite suite à des schismes et des hérésies. Certes, dans la vie de tous les jours, nous pouvons ne pas aller à la rencontre de chaque protestant en lui disant « tu es un hérétique ». Mais lorsque l’on me demande : « Me considérez-vous comme un hérétique ? », je dois le dire. Je dois comprendre que, à la base de ces prétendues « Églises » existant maintenant, se trouve l’hérésie ou le schisme. Mais, dans ce document, on parle constamment d’une mystérieuse unité chrétienne. Il n’est dit nulle part ce dont il s’agit. Est-ce un quelconque méli mélo ? Si nous parlons de la prépondérance de l’Église orthodoxe, de l’unité des fidèles en Christ, de l’Église une sainte, catholique et apostolique etc., alors nous ne pouvons en même temps, dans le même document, parler de la multitude des Églises. Parler de l’unité chrétienne perdue et du rétablissement de celle-ci, est magnifique, Dieu merci, on en parle. Mais le rétablissement de l’unité ne peut se produire par des voies nébuleuses. Là, rien n’est dit au sujet de tous ceux qui ont quitté cette unité avec l’Église orthodoxe, que nous invitons à revenir, il n’est pas dit que nous sommes des témoins, sans orgueil aucun de notre côté (ce n’est pas à nous que revient le mérite d’être orthodoxes, mais le Seigneur nous a appelés dans l’Église Une) et pour cette raison, nous devons témoigner de cette vérité, et ne pas la voiler, comme on le fait ici. Il ressort de ce texte que l’Église orthodoxe est une quelconque petite partie d’un tout, c’est une sorte de fragment, comme tous les autres. Et il n’est pas dit que la perte de l’unité des hétérodoxes, c’est précisément la perte de leur unité avec l’Église orthodoxe. Encore une fois, dans une conversation privée, nous pouvons permettre de telles choses, mais non dans un document panorthodoxe, à mon avis, cela est inacceptable. Il y a encore une chose dangereuse, c’est la déclaration de ce document au sujet de la pratique du prosélytisme. Selon une phrase du document, toute pratique de prosélytisme est exclue ainsi que d’autres actions provoquant des manifestations d’antagonisme interconfessionnel. Il ne faut pas confondre ces deux choses, excusez-moi. On ne peut les laisser à égalité dans une phrase. Une chose est le prosélytisme auquel le Seigneur nous a tous appelés et envoyés, et autre chose est effectivement la manifestation malsaine d’antagonisme interconfessionnel, ce que nous voulons tous éviter. Ici, nous devons distinguer nettement ces deux choses. Parce que si nous les confondons, on arrive à nouveau à une quelconque égalité entre les confessions, nous sommes alors tous égaux et nous devons tous revenir quelque part, on ne sait pas où…

Un autre document qui appelle, peut-être, une vigilance encore plus grande, c’est le document sur la mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain. Là, à mon avis, il y a des erreurs portant sur l’anthropologie. Le passage clé dans ce document est celui où il est question de la personne humaine. Or, comme nous l’avons déjà indiqué, il faut parler ici de l’homme ! « La personne humaine » est une nouvelle expression, non patristique et non liturgique. Ceci étant, ce problème est identique dans toutes les variantes linguistiques de ce texte. Ceci est le plus flagrant dans le texte grec. J’ignore quel texte se trouvait à l’origine de ce document, mais le texte grec est absolument absurde, comme l’ont montré les évêques grecs, parce que l’on y utilise le mot « prosopon », qui est en général utilisé seulement pour les Personnes de la Sainte Trinité, et les Grecs eux-mêmes l’ont relevé. Il y a, dans la traduction russe, la meilleure variante, étant donné qu’à de nombreux endroits, on utilise malgré tout le mot « homme », et non « la personnalité humaine ». Et dans les textes français, grec et anglais, il y a cette terminologie inacceptable. Il faudrait, dans le texte russe, procéder de façon conséquente, et utiliser dans tout le texte le mot « homme », au lieu de « personnalité humaine », qui crée ici une confusion entre ce qui est incréé – la Sainte Trinité – et le créé dans l’homme.

Ce sont donc les éléments qui, à notre avis, demandent des corrections et des définitions précises. Beaucoup de choses importantes sont dites dans ces textes, particulièrement dans ce texte où il est question de la place de l’Église dans le monde contemporain. Il ne faudrait pas, naturellement, tout supprimer mais, à mon avis, il faut préciser et éviter, voire enlever toutes ces contradictions inutiles, qui sont présentes dans ce texte.

Encore un élément important : pour quelles raisons y parle-t-on de « genres », alors que l’on a simplement en vue le sexe. Pourquoi faut-il introduire un quelconque « genre » ? Cela est incompréhensible.

Pour ce qui concerne la procédure du Concile, il y a un passage troublant, c’est la référence au fait que l’esprit conciliaire ou l’institution conciliaire dans l’Église a toujours préservé la vérité de la foi. C’est simplement faux. Les Conciles ont simplement transmis ce qu’ils ont hérité du Seigneur, ils révèlent la volonté divine, mais ils ne l’établissent pas eux-mêmes. Le métropolite Hilarion a déjà parlé au sujet de la décision conciliaire, je lui suis reconnaissant pour cette clarification. Bien sûr, tenant compte de tout cela, ce serait mieux, en fonction de toutes ces lacunes, et cela faciliterait beaucoup les choses, si nous utilisions non pas le mot « Concile », mais « Conférence panorthodoxe ». Cela ferait disparaître toute la tension qui existe dans le peuple et qui, peut-être, est fondée, mais il y a ici un malentendu, parce que nous partons ici de la langue grecque où en fait il n’y a pas de différence fondamentale entre les mots « Concile », « Réunion » et conférence ou consultation. Si nous utilisions le mot « conférence » nous ferions disparaître cette grande tension.

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Liste des participants de l’Église orthodoxe russe au Concile panorthodoxe

Lors de sa dernière session, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a publié la liste de sa délégation au Concile panorthodoxe, qui se tiendra en Crète du 18 au 27 juin. Outre le patriarche de Moscou Cyrille, les participants seront les suivants :

1. S.B. le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre
2. Le métropolite de Kroutitsa et de Kolomna Juvénal
3. Le métropolite de Chișinău et de toute la Moldavie Vladimir
4. Le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre
5. Le métropolite de Tachkent et d’Ouzbekistan Vincent
6. Le métropolite de Saint-Pétersbourg et de Lagoda Barsanuphe
7. Le métropolite de Minsk et Zaslava Paul, exarque patriarcal pour toute la Biélorussie
8. Le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du département des affaires ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou
9. Le métropolite d’Odessa et d’Izmaïlsk Agathange
10. Le métropolite de Riga et de toute la Lettonie Alexandre
11. Le métropolite de Novossibirsk et de Berdsk Tikhon
12. Le métropolite de Ternopol et Kremenets Serge
13. Le métropolite d’Ekaterinbourg et Verkhotourié Cyrille
14. Le métropolite de Rostov et Novotcherkassk Mercure
15. Le métropolite de Lougansk et Altchev Mitrophane, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures de l’Église orthodoxe d’Ukraine
16. Le métropolite de Nijegorod et Arzamas Georges
17. Le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine
18. L’archevêque de Berlin, d’Allemagne et Grande-Bretagne Marc (Église orthodoxe russe hors-frontières)
19. L’archevêque de Vilnius et de Lituanie Innocent
20. L’archevêque de Novogrouda et Slonim Gourias
21. L’archevêque de Sendaï Séraphim (Église autonome du Japon)
22. L’archevêque de Magadan et Sinegorié Jean
23. L’évêque de Narva et Pritchouda Lazare
24. L’évêque de Bogorodsk Antoine

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Jovan Nikoloski