26/06/2017
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Recension: Saint Païssios l’Athonite, « Paroles 3 – Le combat spirituel »

paissiosSaint Païssios l’Athonite, Paroles 3 – Le combat spirituel, Éditions du Monastère Saint-Jean-le-Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 2016, 318 p.
Les sœurs du monastère de Souroti près de Thessalonique, dont saint Païssios l’Athonite (1924-1994) fut le fondateur et le père spirituel, ont pendant plusieurs années rassemblé ses enseignements spirituels – la plupart dispensés dans le cadre du monastère, qu’il visitait régulièrement et dans lequel il passa la fin de sa vie terrestre – et en ont composé cinq forts volumes de « Paroles ». Le premier, intitulé Avec amour et douleur pour le monde contemporain – qui répondait aux inquiétudes des fidèles dans une société qui s’éloigne de plus en plus des valeurs chrétiennes – a paru en 2011. Voici le volume 3, intitulé Le combat spirituel, qui est sans doute l’un des plus beaux et utiles livres de spiritualité parus ces dernières années. Les questions posées par différentes personnes et les réponses de l’Ancien ont été regroupées par thèmes, eux-mêmes regroupés en cinq parties: 1) Le combat contre les pensées (Les bonnes et les mauvaises pensées, Les pensées de blasphème, La confiance en son propre jugement, La lutte contre les pensées); 2) Justice et injustice (Accepter l’injustice, L’autojustification chasse la grâce, Justice divine et justice humaine); 3) Péché et repentir (Comment le péché tourmente l’homme, L’examen de conscience, L’observation et la conscience de soi, Prendre conscience de son état de pécheur touche le cœur de Dieu, La puissance du repentir); 4) Les forces des ténèbres (Sur la magie noire, Au sujet des possédés, L’illusion spirituelle, Égareurs et égarés); 5) La force de la confession (Le besoin d’un guide spirituel, Ce qu’est une bonne confession, Le médecin spirituel de l’âme, Le travail du père spirituel sur les âmes).
On trouve ici toute la spiritualité philocalique, mais avec des références seulement implicites aux Pères qui l’ont développée. Saint Païssios, dans sa vie d’ascèse, a en effet assimilé cette grande et ancienne tradition spirituelle de l’Église orthodoxe, en a fait son propre bien, qu’il partage généreusement avec ses auditeurs et lecteurs. Toutes ses paroles sont fondées sur une expérience personnelle, ce qui les rend à la fois vivantes, profondes et convaincantes. Au cours de sa vie et de ses rencontres avec des milliers de pèlerins venus se confier à lui et lui demander conseil, ce grand starets contemporain a acquis une riche expérience des différentes situations vécues par les hommes et de leurs besoins ; il émaille ainsi son discours d’une multitude d’anecdotes, semblables à celles des Apophtegmes, qui concrétisent son propos. Il recourt aussi à de multiples comparaisons et analogies liées à la nature ou à la vie professionnelle qui prennent forme de paraboles.
Sans jamais être une technique, la maîtrise des pensées – en vue de cultiver et à d’accroître progressivement les bonnes tout en écartant progressivement les mauvaises, jusqu’à acquérir la pureté de l’esprit et du cœur indispensable à la réception de la grâce et de sa fructification – est néanmoins méthodique, et l’Ancien développe dans l’ensemble de ses propos une véritable pédagogie dont le but est de donner à la vie spirituelle un caractère constamment dynamique et en progrès ascendant. Si des cas extrêmes pouvant faire difficulté pour certains fidèles sont abordés (les pensées de blasphème, la magie noire, la possession, le rôle néfaste des gourous…), la priorité est néanmoins donnée à la vie spirituelle dans sa quotidienneté, qui doit être un processus de combat intérieur destiné à nécroser progressivement le vieil homme pour faire émerger l’homme nouveau en Christ. Dans ce combat intérieur, où l’effort généreux du fidèle entre en synergie avec la grâce divine, il est indispensable, rappelle l’Ancien, de recourir à l’aide du père spirituel, véritable médecin de l’âme, et à la confession, véritable cure d’âme si elle est bien et régulièrement menée.
Les conseils de l’Ancien, comme ceux de tous les grands startsi, sont exempts de tout formalisme et ont en vue une seule chose: le progrès spirituel de l’homme qui doit le rapprocher de plus en plus de Dieu. Cette absence de formalisme apparaît dès les premières pages, où l’Ancien n’hésite pas à affirmer: « Une seule bonne pensée a autant de force spirituelle qu’une vigile nocturne de plusieurs heures », ou encore: « Une bonne pensée, une pensée pure, a plus de puissance que toute ascèse ». « Oui, ajoute l’Ancien, à la base de tout est la bonne pensée. C’est elle qui élève l’homme, le transforme positivement ». L’Ancien Païssios rejoint ici l’enseignement du starets Thaddée, selon lequel l’homme se façonne lui-même et façonne son environnement selon la nature de ses pensées.
Comme exemple du style imagé et parabolique de l’Ancien, sur les pensées encore, citons encore ce long extrait du début du livre, qui montre comment la vision du monde de l’homme et son état se trouvent modifiés selon qu’il a de bonnes ou de mauvaises pensées:

« Celui qui a de bonnes pensées est en bonne santé au plan spirituel, et il transforme le mal en bien. Je me rappelle que durant l’Occupation, les enfants de robuste constitution mangeaient avec appétit du pain au maïs et ils étaient en excellente santé. En revanche, des enfants de riches ayant une faible constitution mangeaient du pain beurré et étaient maladifs. Il en est ainsi dans la vie spirituelle. Même si tu frappes injustement quelqu’un qui a de bonnes pensées, il se dira : “Dieu a permis celte épreuve, afin que je rachète quelques-unes de mes fautes passées. Grâces soient rendues à Dieu!” En revanche, si tu t’apprêtes à caresser celui qui n’a pas de bonnes pensées, il pensera que tu vas le frapper. Prends l’exemple de l’homme ivre. S’il est méchant par nature, l’ivresse lui fait tout casser. Mais s’il est bon par nature, l’ivresse le fait pleurer ou pardonner à tous. Un ivrogne disait: “Je vais donner un seau de pièces d’or à tout homme qui me déteste!”
Certains m’avouèrent se scandaliser en voyant maintes choses incorrectes dans l’Église, et je leur ai répliqué: Si tu interroges une mouche et lui demandes: “Y a-t-il des fleurs dans les environs?”, elle répondra: “Je ne sais pas. Plus bas, il y a des boîtes de conserve, du fumier, des saletés”, et elle t’énumérera toutes les ordures dont elle s’est approchée. En revanche, si tu demandes à une abeille: “As-tu vu quelque saleté dans les environs?”, elle te répondra: “Des saletés? Non, je n’en ai vu nulle part. Le lieu est rempli de fleurs odorantes”, et elle t’énumérera une montagne de fleurs du jardin, de f1eurs des champs, etc. La mouche, vois-tu, sait seulement qu’il y a des ordures, alors que l’abeille sait qu’il ya plus loin un lys, plus loin encore, une jacinthe ….
Comme je l’ai constaté, certains ressemblent à la mouche, d’autres à l’abeille. Les premiers cherchent en toute occasion à dénicher le mal pouvant exister et s’y intéressent. Ils ne voient jamais de bien nulle part. Les seconds trouvent en toute circonstance le bien qui existe. Le sot pense sur tout sottement, il prend tout de travers, voit tout à l’envers. Au contraire, celui qui a de bonnes pensées, pense toujours positivement, quoi que l’on fasse et quoi qu’on lui dise. »

La suite rappelle un Apophtegme célèbre et montre l’humilité de l’Ancien tout en prolongeant son enseignement sur le fait qu’un homme bon et pur voit tout en positif :

« Un élève de collège est venu un jour à mon ermitage et sonna la simandre à la porte pour signaler sa présence. J’avais un tas de lettres à lire, mais je décidai de sortir pour voir ce que voulait ce gamin. “Que veux-tu, mon gaillard? — C’est l’ermitage du Père Païssios? me demanda-t-il. Je veux lui parler. — Oui, c’est son ermitage, mais il est absent. Il est parti acheter des cigarettes. — C’est sûrement pour rendre service à quelqu’un qu’il est parti acheter des cigarettes, remarqua-t-il avec une bonne pensée. — Non, c’est pour lui-même! Il avait fini son paquet, et il était comme enragé. Il m’a laissé ici tout seul, et je ne sais à quelle heure il va rentrer, répliquai-je. S’il tarde, je vais m’en aller!» Ses yeux se remplirent de larmes et, plein de bonnes pensées, il reprit: “Nous fatiguons le Géronda. — Que lui veux-tu? — Je veux recevoir sa bénédiction! — Quelle bénédiction, fou que tu es! Ce moine est dans l’illusion, il n’a pas la grâce. Moi, je le connais bien. N’attends pas en vain! Car quand il rentrera, il sera énervé et peut-être même ivre, vu qu’il s’adonne à la boisson”. Mais ce gosse n’avait que de bonnes pensées. “Finalement, je vais attendre encore un peu, que désires-lu que je lui dise? —- J’ai une lettre à lui remettre, mais je veux attendre pour recevoir sa bénédiction”. Voyez-vous, à tout ce que je lui disais, lui réagissait avec de bonnes pensées. J’affirmais: “Il était comme enragé à cause du manque de cigarettes”, et le malheureux, les yeux pleins de larmes, me répondait en soupirant: “Qui sait, il est parti acheter des cigarettes pour rendre service à quelqu’un”. Certains lisent tant et plus, mais ne savent pas cultiver les bonnes pensées. Et cet élève de collège, avoir tant de bonnes pensées! On s’efforce de combattre sa pensée positive, et lui exprime alors une pensée encore plus positive et en tire une meilleure conclusion!

Ce livre à lire absolument est disponible dans les librairies des monastères de la Transfiguration, de Saint-Antoine-le-Grand, et de Solan.

Jean-Claude Larchet

L’archevêque d’Athènes Jérôme : « Saint Païssios a joué un rôle dans ma vie et mon cheminement »

« Je viens avec émotion et componction » a déclaré l’archevêque Jérôme à son arrivée au monastère Saint-Jean-le-Théologien à Souroti, près de Thessalonique, où reposent les reliques de saint Païssios du Mont Athos, dont la fête est célébrée pour la deuxième fois depuis sa canonisation par le Patriarcat œcuménique en 2015. L’archevêque d’Athènes, accompagné du métropolite de Syros Dorothée et du métropolite de Kassandra Nicodème, ainsi que de l’archimandrite Syméom Voliotis, a été accueilli sur place par l’évêque local, le métropolite de Kassandra Nicodème. L’higoumène du monastère, Mère Philothée a souhaité la bienvenue à l’archevêque, soulignant l’importance de l’événement de la venue de celui-ci au monastère. Dans sa réponse, l’archevêque a souligné que « dans un monde fatigué, les monastères sont les poumons de l’Église » et que « ce pèlerinage a également un caractère de reconnaissance et de gratitude » car, a-t-il dit, « saint Païssios a joué un rôle dans ma vie et mon cheminement ». Ensuite, l’archevêque a évoqué avec émotion la figure de saint Païssios, et s’est rendu sur sa tombe, qu’il a vénérée. L’office des vigiles a commencé à huit heures du soir et s’est achevé à quatre heures du matin. Il était présidé par l’archevêque d’Athènes, assisté du métropolite de Serrès Théologue, du métropolite de Syros Dorothée, du métropolite de Messinia Chrysostome, et du métropolite de Kassandra Nicodème ainsi que des prêtres de plusieurs diocèses. Des milliers de fidèles se sont rendus au monastère pour la fête du saint. Des photos sont disponibles sur les liens ci-dessous.

Sources : 1 et 2

Il y a un an était canonisé l’Ancien Païssios

Le site orthodoxe russe Pravoslavie.ru rappelle que l’Ancien Païssios du Mont Athos a été canonisé il y a un an par le Patriarcat œcuménique. Mentionnant les paroles de saint Païssios : « N’oubliez pas que nous vivons des temps difficiles… Priez, alors que la folie générale s’empare du monde entier. Priez pour que le Christ aie pitié de sa création, parce que celle-ci s’approche de la catastrophe », le site indique le lien d’une série de films du régisseur A. Kouprine sur le saint (avec commentaires en russe) retraçant sa vie avec notamment des vues sur les différents lieux où il a vécu.

Source

Vidéo de la liturgie célébrée par le patriarche œcuménique le jour de la première fête de saint Païssios l’Athonite

On peut visionner ci-dessous l’intégralité de la liturgie célébrée par le patriarche œcuménique Bartholomée au monastère de Souroti, près de Thessalonique, lors de la première fête de saint Païssios l’Athonite. Source

Vigiles patriarcales pour la canonisation de saint Païssios l’Athonite au monastère de Souroti, près de Thessalonique

La première fête de saint Païssios l’Athonite – le 12 juillet – a été marquée par les célébrations qui ont eu lieu au monastère dédié aux saints Jean le Théologien, Arsène de Cappadoce et Païssios l’Athonite à Souroti, près de Thessalonique. Lesdites célébrations étaient présidées par le patriarche œcuménique Bartholomée. Les fidèles, qui selon les estimations, dépassaient les 20.000 personnes, ont attendu en file pour vénérer la tombe du saint contemporain et participer aux vigiles. Concélébraient avec le patriarche œcuménique le métropolite de Naupacte Hiérothée, qui représentait l’archevêque d’Athènes Jérôme et le Saint-Synode de l’Église de Grèce, le métropolite de Milet Apostolos, le métropolite de Kastoria Séraphim, le métropolite de Madytos et Kallioupolis Stéphane, protosyncelle du Patriarcat œcuménique, le métropolite de Kassandra Nicodème, évêque diocésain de la région, et l’évêque d’Amorion Nicéphore, ainsi que des prêtres du diocèse de Kassandra. Dans son homélie, le patriarche œcuménique a souligné que l’Église-Mère de Constantinople, sur la base du rapport positif unanime de la commission canonique synodale, a entériné officiellement au mois de janvier passé, par un acte patriarcal et synodal, la certitude absolue de la sainteté de l’Ancien Païssios dans la conscience du plérôme chrétien et a introduit son nom dans le ménologe de l’Église, fixant sa fête officielle le jour de sa dormition, à savoir le 12 juillet 1994. Le patriarche a déclaré entre autres : « Dans sa figure, dès le début, nous avons distingué non seulement la célèbre piété cappadocienne, non seulement l’ascèse monastique athonite stricte et l’observation exacte des commandements divins, mais au degré le plus élevé le « bon changement de la Droite du Très Haut », qui se manifestait dans chacune de ses paroles, chacun de ses mouvements, chaque expression de son visage, de même que la présence en lui des charismes du Saint-Esprit ». « Nous avons connu le véritable homme de Dieu, son amour sacrificiel envers Dieu et l’homme, l’homme de très profonde humilité, de la patience de Job et de la persévérance des martyrs », a ajouté le patriarche. Ensuite, celui-ci a exprimé la certitude qu’avec l’amour et la foi envers Dieu, les problèmes auxquels font face les fidèles seront dépassés. « La présente soirée est historique. Ce n’est pas seulement la première fête de la mémoire de saint Païssios, laquelle coïncide avec un moment particulièrement décisif et crucial pour la nation des Hellènes. C’est principalement et avant tout la consolation et le réconfort. Si nous avons l’amour de Dieu et notre espoir en Lui, alors nous avons tout » a déclaré le patriarche. « Notre peuple est passé par tant de tempêtes et de tourments comme le disait saint Païssios et il ne s’est pas perdu. Nous n’avons pas peur des tempêtes passagères, nous les Grecs orthodoxes, lesquelles sont apaisées par le Seigneur qui marche sur la mer et qui nous renforce, comme jadis l’apôtre Pierre qui perdait courage» a conclu le patriarche œcuménique.

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Homélie du patriarche œcuménique Bartholomée à l’occasion de la parution en langue turque de la vie de saint Païssios du Mont Athos

«DAVETYE PAİSİOS EN SON REVİZE HALİ Le Patriarcat œcuménique et nous-même personnellement accueillons avec beaucoup de joie et d’émotion ce soir la traduction en langue turque de la vie de saint Païssios l’Athonite, originaire de Farassa de Cappadoce, une grande figure spirituelle contemporaine de la Sainte Montagne et de toute l’Église orthodoxe. Il a été récemment inscrit sur la liste des saints de l’Église orthodoxe, sur décision officielle du Patriarcat œcuménique, traduisant ainsi la conscience du plérôme de notre Église sur sa sainteté. Et nous le disons avec émotion, car la manifestation de ce soir à l’occasion de la circulation officielle de cette traduction est réalisée lors d’une heureuse coïncidence : à savoir immédiatement après notre retour de notre pèlerinage désormais annuel en Cappadoce, le lieu d’origine du saint et, deuxièmement, peu après la fête de la Synaxe des Pères du Mont Athos [le deuxième dimanche après la Pentecôte, ndt]. Cette fête a été célébrée solennellement hier sur la Sainte Montagne, et durant celle-ci a été mentionné, pour la première fois, parmi les saints, l’Ancien Païssios, notre Acte patriarcal et synodal y relatif ayant été lu en l’église très sainte du Protaton à Karyès sur le Mont Athos. Saint Païssios, ayant la double identité de moine athonite et de cappadocien, continue la célèbre tradition ascétique cappadocienne, laquelle a ses origines dans la personne de saint Basile le Grand et s’est poursuivi jusqu’aux jours du célèbre Hadji-éfendis, le vénérable Arsène de Cappadoce qui baptisa le saint. Ayant encore un souvenir frais de notre récent pèlerinage au lieu d’origine du saint, tous nos sentiments sont remplis du parfum spirituel de la Cappadoce qui enfanta tant de saints. Aussi, nous souhaitons vous rendre tous participants de l’affermissement et de la consolation divine que nous avons reçus de la Grâce demeurant dans « les vastes espaces de la Cappadoce », du témoignage, du martyre, du sacrifice, de la kénose, des larmes, de la prière, des persécutions et des calamités jusqu’au « désespoir même de conserver la vie » des générations orthodoxes qui y ont vécu. La Cappadoce a reçu avec beaucoup de simplicité l’appel de Dieu, la semence évangélique et, se mettant à la suite du Seigneur « par la porte étroite » (Lc XIII,24), elle « donna du fruit au centuple » (Lc VIII,8), des fleurs de piété, des saints dont le nom est connu, mais aussi des hommes de Dieu anonymes, porteurs de la tradition ascétique de l’Orthodoxie, des confesseurs et des abstinents, qui ont atteint la perfection avec les esprits des justes. Tous ceux-ci, indubitablement, même après l’interruption de la présence continue orthodoxe durant des siècles en ce lieu, ne cessent d’intercéder pour leurs descendants et héritiers de leurs vénérables traditions, pour leurs terres qui ont été abreuvées par la sueur de leurs labeurs et le sang de leurs cœurs et, ce qui n’était pas rare, par leur martyre pour le Christ et la foi en Lui. Rendant grâces à Dieu pour la bénédiction d’avoir dans notre héritage ce lieu béni, nous plaçons tout notre espoir dans Son amour et dans l’intercession des saints de Cappadoce : Jean le Russe, Georges de Néapolis, le néomartyr Théocharis de Néapolis, les saints Arsène et Païssios l’Athonite. Et encore, les grands Cappadociens, saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien et saint Grégoire de Nysse, sainte Macrine et encore d’autres, dont le Seigneur connaît les noms, n’ont pas cessé de protéger les lieux où ils sont nés, de renforcer notre espoir que, « maintenant et toujours » se poursuivra le témoignage éternel, par ce qui est visible et invisible, par les anges et les hommes et la célébration de la divine Liturgie dans les lieux terrestres où ceux-ci se sont sanctifiés, et ont sanctifiés les lieux, dont ceux de la sainte Cappadoce. Nous vous témoignons avec émotion que saint Païssios, tout en étant cappadocien, appartient au monde entier, comme en témoigne la traduction de sa vie et de son enseignement en de nombreuses langues, dont maintenant le turc, mais aussi que la vénération de sa sainte figure est le lot non seulement des Orthodoxes grecs, mais également des fidèles des autres Églises orthodoxes, lesquelles se sont empressées de promouvoir sa sainte personne, dès qu’elles eurent connaissance de son introduction dans liste des saints de notre Église. En conclusion, nous souhaitons partager avec vous encore une pensée : les Cappadociens avaient une longue tradition de littérature chrétienne turcophone, les célèbres « karamanlidika » [littérature rédigée en langue turque avec des caractères grecs, ndt] qui était essentiellement chrétienne. Nous croyons que la Providence divine a incité ceux qui aiment le saint à traduire sa merveilleuse vie en langue turque de telle façon que celui-ci devienne la propriété également des lecteurs turcophones. Nous ressentons que, par cette traduction, continue d’une certaine façon la pieuse tradition des lettres « karamanlies », bien qu’en utilisant la langue turque contemporaine, tandis que les « karamanlidika », comme on le sait, dérogent quelque peu à celle-ci, présentant des différences dialectales et étant écrits à l’aide de caractères grecs. Nous sommes convaincus que la présente édition de la vie de saint Païssios, qui a été composée par deux hommes qui ont vécu très près de lui et ont été ses enfants spirituels et compagnons d’ascèse, le défunt Ancien Isaac qui venait du Liban et son disciple le hiéromoine Euthyme, supérieur de la sainte Kalyve de la sainte Résurrection du Seigneur sur le Mont Athos, aidera un grand nombre de nos contemporains à connaître la grandeur du saint, à s’émerveiller de ses exploits spirituels et de son amour pour Dieu, ainsi qu’à l’invoquer pour demander son aide et sa grâce ».

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Saint Païssios l’Athonite figure désormais au calendrier de l’Église orthodoxe russe

Le 13 janvier, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a canonisé saint Païssios l’Athonite, ce dont le patriarche de Constantinople Bartholomée a informé le patriarche de Moscou Cyrille dans sa lettre du 28 janvier 2015. Le 5 mai, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a introduit saint Païssios l’Athonite dans son ménologe, la date de sa fête étant fixée au 29 juin / 12 juillet, suivant en cela la décision de l’Église de Constantinople.

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Émission de radio “Orthodoxie” (France-Culture) du dimanche 22 février : « Saint Païssios du Mont-Athos », avec Jean-Claude Larchet

FCL’émission de radio “Orthodoxie”, sur France-Culture, de ce dimanche 22 février, à partir de 8h07, aura pour thème: “Saint Païssios du Mont-Athos”.
Elle portera sur la vie, les œuvres et l’enseignement de ce père spirituel de grande renommée dans le monde orthodoxe, qui a été inscrit le 13 janvier 2015 par le Patriarcat œcuménique au calendrier de l’Église et est désormais vénéré comme un saint.
L’invité d’Alexis Chryssostalis sera Jean-Claude Larchet, qui a connu saint Païssios et qui est l’éditeur et l’auteur de l’introduction du livre du hiéromoine Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne, traduit du grec par Yvan Koenig et publié dans la collection “Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle” aux éditions l’Âge d’Homme.
L’émission pourra être écoutée en direct par l’Internet sur le site de France-Culture, puis, ensuite, sur cette page où se trouvent également les précédentes émissions en podcasts.
Une présentation de l’émission, ainsi qu’une bibliographie figure sur cette page du site de France-Culture.

L’ inauguration de la première église dédiée à saint Païssios de la Sainte Montagne

arsene_apissiosÀ Chypre, dans le district d’Ekale, près de Limassol, a été construite une église dédiée aux saints Arsène de Cappadoce (+1924) et Païssios du Mont Athos (+1994). L’église est située au nord de l’autoroute Nicosie – Limassol, à la hauteur du lieu dit « Tsipeiou Stadio ». L’église se trouve sous l’omophore du métropolite de Limassol Athanase. L’église a été construite dans le style byzantin avec deux coupoles et quatre chapelles (dédiées à St Païssios, aux Saints martyrs Barachise et Jonas, à St David d’Eubée et à l’icône de la Mère de Dieu dite « Machairiotissa »). Au sous-sol fonctionnera une librairie religieuse, une salle de réunion pour la jeunesse, une bibliothèque et une salle de réception. Bien que des chapelles aient été construites récemment en l’honneur de St Païssios à Alexandroupolis et à Patras, c’est à Chypre qu’est construite la première grande église qui est dédiée au saint. Du 23 au 29 janvier 2015 aura lieu la consécration de la nouvelle église ainsi que de ses chapelles dédiées à saint Païssios et aux saints Barachise et Jonas (en l’honneur de ces deux saints martyrs était dédiée l’église du village de Farassa, en Turquie, la patrie de St Arsène de Cappadoce, qui y baptisa saint Païssios en 1924, avant l’exode des Grecs d’Asie Mineure). L’église sera ouverte quotidiennement de 6h30 à 20h, et les fidèles pourront y vénérer les reliques de saint Arsène et des objets ayant appartenu à saint Païssios. Rappelons que l’Ancien Païssios du Mont Athos (1924-1994) a été canonisé par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique le 13 janvier 2015.

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Des centaines de pèlerins vénèrent la tombe de saint Païssios, près de Thessalonique

Un grand nombre de fidèles orthodoxes voyagent jusqu’à Thessalonique pour prier sur la tombe de saint Païssios, qui a été canonisé le 13 janvier 2015 par le Patriarcat œcuménique. Environ 1500 pèlerins visitent chaque semaine le couvent Saint-Jean-le-Théologien à Souroti, près de Thessalonique, et on s’attend à ce que ce nombre augmente encore. Les pèlerins viennent non seulement de différentes régions de Grèce, mais aussi du monde entier, et en particulier de Russie.

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Le Patriarcat œcuménique a canonisé le célèbre Ancien Païssios du Mont Athos

Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique, lors de sa session ordinaire du 13 janvier, a décidé de canoniser le célèbre Ancien Païssios du Mont-Athos. Né en 1924 en Asie Mineure et baptisé par saint Arsène de Cappadoce, le père Païssios a vécu la vie monastique à Konitsa, en Grèce, puis sur le Mont Sinaï et enfin pendant la plus grande partie de sa vie sur le Mont Athos. Il est décédé en 1994, et ses reliques se trouvent au couvent de Souroti, près de Thessalonique. Thaumaturge de son vivant et après son trépas, sa vénération s’est étendue au monde orthodoxe entier.
Le livre du père Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne, publié en 2009 dans la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » aux éditions L’Age d’Homme, présente en détail sa vie et rassemble une certain nombre de ses paroles et enseignements spirituels.
Plusieurs livres écrits par lui ont été publiés en français par les éditions du monastère Saint-Jean-le-Théologien de Souroti :
Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886), 1996
Saint Arsène de Cappadoce, 1996
Fleurs du jardin de la Mère de Dieu, 1998
Lettres, 2005
ainsi que le premier des cinq recueils de ses propos et enseignements spirituels : Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain, 2011.

Conférence dédiée à l’ancien Païssios du Mont Athos et à saint Cosmas d’Étolie

Le mardi 28 octobre aura lieu à Moscou une conférence dédiée à l’Ancien Païssios du Mont Athos et à St Cosmas d’Etolie. Ladite conférence aura lieu le jour de la fête nationale grecque du « Non » de la Grèce à Mussolini en 1940. Prendront part à la conférence des prêtres, théologiens, érudits de l’enseignement supérieur russe, des acteurs du domaine culturel et autres. En 2014 est commémoré le 300ème anniversaire de la naissance et le 235ème anniversaire du martyre de saint Cosmas d’Etolie et également le 90ème anniversaire du jour de naissance, ainsi que le 20ème anniversaire du trépas de l’Ancien Païssios de la Sainte Montagne. La conférence est organisée par la maison d’édition « Sviataya Gora » (« La Sainte Montagne ») avec la collaboration du Fond de préservation de la culture spirituelle et morale « Pokrov » (« Protection de la Mère de Dieu »). À cette occasion, le chœur de musique byzantine de Moscou « Psaltika » se produira. En outre aura lieu la première d’une série de films présentant les souvenirs de personnes qui ont connu et étaient étroitement lié au père Païssios. Des passages des enseignements de saint Cosmas d’Étolie et du staretz Païssios seront également lus.

Source et photographie

120.000 personnes ont vénéré la tombe de l’Ancien Païssios le jour du vingtième anniversaire de son trépas

Dans la nuit du 11 au 12 juillet ont eu lieu au couvent Saint-Jean-le-Théologien et Saint-Arsène-de-Cappadoce (près de Thessalonique) où est enterré l’Ancien Païssios, un office de requiem et une vigile nocturne qui s’est terminée au petit matin par la  divine liturgie. Afin de vénérer la tombe de l’Ancien Païssios, les pèlerins ont dû attendre dans la queue plus de quatre heures. Des milliers de personnes, dont un grand nombre d’enfants, ne pouvaient pas trouver place dans l’église et priaient dans la cour du couvent. Selon les données de la police, 50.000 personnes étaient présentes à la vigile nocturne. 120.000 personnes ont vénéré la tombe de l’Ancien le 12 juillet.

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Vingtième anniversaire du trépas de l’Ancien Païssios du Mont Athos

Il y a vingt ans – le 12 juillet 1994 – décédait l’Ancien Païssios (Eznepidis) du Mont Athos. Durant la période du 12 au 15 juillet, la mémoire du grand ascète de notre temps est vénérée dans de nombreux monastères et églises en Grèce. Au couvent Saint-Jean-le-Théologien et Saint-Arsène-de-Cappadoce à Souroti, près de Thessalonique, où est enterré l’Ancien Païssios, sont célébrés des offices de requiem, une vigile nocturne et ensuite la divine liturgie.

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Rappelons que sa biographie a été publiée en français dans le cadre de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » aux éditions de l’Âge d’Homme. 

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Recension: Géronda Païssios l’Athonite, « Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain »

Scan-120303-0001Géronda Païssios l’Athonite, « Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain ». Traduit du grec par mère Photini Marchal, en collaboration avec le monastère Saint Jean le Théologien. Édition du monastère Saint Jean le Théologien, Souroti (Grèce), 2011, 400 p.
Les moniales du monastère Saint Jean le Théologien de Souroti, près de Thessalonique, fondé par le père Païssios l’Athonite, ont recueilli les propos de celui-ci durant les vingt-huit années qu’il a guidé le monastère et les ont classés en cinq  volumes publiés en grec et dans de nombreuses autres langues. Le premier volume paraît maintenant en langue française dans une bonne traduction de sœur Photini  Marchal révisée par les sœurs francophones du monastère.
Ce volume comporte quatre parties : 1) Le péché et le diable ; 2) La civilisation contemporaine ; 3) L’esprit de Dieu et l’esprit du monde ; 4) L’Église à notre époque.
On retrouve dans ces enseignements au caractère très concret et qui abordent de nombreuses questions actuelles, la sagesse et le discernement du grand spirituel athonite, ainsi que son sens de l’humour et de la métaphore.

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Recension: Père Isaac, «L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne»

Passios
Père Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne, traduit du grec par Yvan Koenig, introduction de Jean-Claude Larchet, collection «Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle», éditions L’Age d’Homme, Lausanne, 2009, 438 p.
L’Ancien Païssios du Mont-Athos (1924-1994) est, parmi les grands spirituels orthodoxes du XXe siècle, un géant. Les dizaines de milliers de personnes qui ont trouvé auprès de lui lumière, espoir, consolation, force, paix et joie le savent déjà. Ceux qui liront ce texte en seront rapidement convaincus.
De la dizaine de livres qui lui ont, à ce jour, été consacrés, celui-ci, qui a déjà connu huit éditions en Grèce et a déjà été traduit en douze langues, est considéré comme le meilleur.

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Recension : « Père Païssios, moine du Mont-Athos, Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886) »

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Père Païssios, moine du Mont-Athos, Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886). Traduit du grec par Sœur Svetlana Marchal avec la collaboration des sœurs du monastère Saint Jean le Théologien, Éditions du Monastère Saint Jean le Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 9e édition, 2007, 103 p.
Ce petit livre, écrit par le Père Païssios, l’un des plus grands et plus célèbres spirituels orthodoxes du XXe siècle, retrace la vie et brosse le portrait d’un grand ascète athonite du XIXe siècle, le Père Georges, dont le nom est précédé de Hadji, mot turc qui désignait les personnes ayant effectué un pèlerinage aux Lieux Saints.
Le Père Païssios n’a connu ni le Père Georges ni ses disciples, et c’est auprès de ses petits-enfants spirituels de la Sainte Montagne qu’il a pu, dans les années cinquante du siècle dernier, recueillir les informations qui lui ont permis de composer cette hagiographie.
Le Père Georges manifesta dès son enfance un goût prononcé pour l’ascèse. Devenu moine au Mont-Athos alors qu’il était encore adolescent, son rayonnement ne tarda pas à attirer auprès de lui de nombreux disciples qui constituèrent plusieurs communautés sur la Sainte Montagne et en dehors. La Père Georges donna comme règle à ces communautés la prière continuelle et le jeûne perpétuel intégral, c’est-à-dire outre l’abstention de tout produit d’origine animale, l’abstention de toute graisse végétale même les jours où sa consommation est autorisée. Cette dernière pratique, attira au Père Georges et à ses disciples, de la part d’autres moines et de certaines autorités ecclésiastiques, le reproche d’outrepasser les canons.

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Recension : Père Païssios, Moine du Mont-Athos : Lettres

Passios
Père Païssios, Moine du Mont-Athos
, Lettres, traduction française par les moniales du Monastère Saint
Jean le Théologien de Souroti, Éditions du Monastère Saint Jean le Théologien,
Souroti de Thessalonique, Grèce, 2005, 264 p.
Les
moniales du Monastère Saint Jean le Théologien fondé à Souroti, près de
Thessalonique, par le Père Païssios — l’un des plus grands spirituels
orthodoxes du XXe siècle qui est bien connu dans tout le monde
orthodoxe et sera prochainement canonisé — ont édité tous les écrits et
discours de celui-ci en grec et les traduisent peu à peu en diverses langues,
dont le français. Ont déjà paru aux mêmes éditions : Le vénérable Georges (Hadji-Georgis), moine du Mont-Athos (1996), Saint Arsène de Cappadoce (1996), Fleurs du Jardin de la Mère de Dieu
(1997). Dans ces livres, le Père Païssios faisait surtout œuvre d’hagiographe.

Dans
le présent ouvrage, qui est un recueil de six longues lettres adressées aux
moniales de la communauté de Souroti entre 1971 et 1975, il s’exprime en tant
que père spirituel.

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7 juin (ancien calendrier) / 20 juin (nouveau)

7 juin (ancien calendrier) / 20 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres

Saint Théodote d’Ancyre, martyr (303) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Claude, Cyrin et Antonin (304) ; saintes martyres Valérie, Cyriaque et Marie à Césarée de Palestine (284-305) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Sisinius, Cyriaque, Large, Apronien, Saturne, Pappias et Maure, Crescentien, Priscille, Lucine et la princesse Artémie (304-310) ; (saint Panaghis (ou Païssios) Bassia, prêtre en Céphalonie (1888) ; saint Mériadec, évêque de Vannes (886) ; saint Aventin, apôtre des Pyrénées, reclus, martyr (732) ; saint Marcellin, évêque de Monistrol (VIème s.) ; saint Vulphy, martyr en Mésie (vers 643) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyr Andronique, archevêque de Perm, Alexandre (Osetrov), Valentin (Belov), Benjamin (Loukanine), Victor (Nikiforov), Alexandre (Makhetov), Paul (Anochkine), Vladimir (Belozerov), Ignace (Yakimov), Michel (Denisov), Nicolas (Onianov), Paul (Sokolov), Alexandre (Preobrajensky), Nicolas (Rojdestvensky), Nicolas (Konioukhov), prêtres, Grégoire (Smirnov), diacre, et martyrs Athanase (Joulanov) et Alexandre (Zouïev) (1918) ; hiéromartyr Pierre (Kouznetsov), prêtre (1919).

SAINT THÉODOTE D’ANCYRE
Chrétien d’Ancyre en Galatie, saint Théodote avait été élevé dans la piété par la sainte vierge et martyre Técuse [18 mai]. S’étant marié, il exerçait avec probité la profession de cabaretier et profitait de toutes les occasions pour pratiquer la charité, indistinctement envers tous, chrétiens et infidèles, à tel point que Dieu lui accorda d’accomplir plusieurs guérisons miraculeuses.

Lorsque, sous la direction du gouverneur Théotècne, la persécution faisait rage à Ancyre (303 ou 311), Théodote, s’étant pourvu d’une ample provision de blé et de vin, avait transformé son auberge en asile où les chrétiens pouvaient trouver des denrées qui n’avaient pas été offertes aux idoles. Au péril de sa vie, il rendait visite aux confesseurs dans leur prison pour les encourager à ne pas faiblir, et allait enterrer les corps des martyrs. C’est ainsi qu’il exhorta au martyre son ami Victor, dont les persécuteurs essayaient de vaincre la résolution par des promesses trompeuses. Animé d’un nouveau courage, Victor souffrit patiemment les supplices, mais fléchissant au dernier moment, alors qu’il parvenait à l’issue du combat, il demanda à réfléchir sur les propositions qu’on lui avait faites. Ramené en prison, il mourut de ses blessures, privé de la couronne de la victoire.

Un autre chrétien, nommé Valens, ayant quant à lui résisté jusqu’à la mort, Théodote recueillit ses reliques, qui avaient été jetées dans l’Halys, et alla les ensevelir au bourg de Malos . Il y rencontra un groupe de chrétiens qu’il avait précédemment délivrés de prison. Dans la joie des retrouvailles, ils décidèrent de partager un repas fraternel et convoquèrent le prêtre de Malos, Fronton, pour y prendre part. Après le repas, Théodote recommanda à Fronton de bâtir en ce lieu paisible une chapelle pour y déposer des reliques de martyrs et, lui donnant son anneau en gage, il promit de lui procurer ces saintes reliques.

De retour à Ancyre, Théodote trouva la ville dans une grande confusion, par suite de l’arrestation de sa tante Técuse et de ses six compagnes. Il resta caché avec d’autres chrétiens, en priant pour la confirmation des saintes dans leurs épreuves, et dès qu’il apprit qu’elles avaient péri noyées sans avoir renié le Seigneur, il rendit grâce à Dieu et changea ses lamentations en larmes de joie. S’étant informé des détails de leur passion, il réfléchit sur le moyen de tromper la surveillance des gardes, pour s’emparer des corps des saintes et leur donner une sépulture chrétienne. Sainte Técuse lui apparut pendant sa prière et, lui rappelant le soin qu’elle avait pris pour l’instruire dans la vie évangélique, elle lui recommanda de ne pas hésiter davantage et de partir en hâte pour accomplir sans crainte cette mission agréable à Dieu. S’enfonçant dans les ténèbres de la nuit, alors qu’une terrible tempête s’était levée, Théodote et ses compagnons parvinrent jusqu’au bord du lac. Les gardes placés là, effrayés par l’apparition du saint martyr Sosandre, armé et entouré de flammes, prirent la fuite avec terreur, et les eaux, soulevées par la tempête, laissèrent apparaître les corps des saintes. Ils purent ainsi les recueillir et allèrent les ensevelir pieusement dans une église connue d’eux seuls.

Dès le lendemain matin, toute la ville fut en émoi en apprenant l’enlèvement des corps des saintes martyres. Sur l’ordre du gouverneur, les soldats arrêtaient tous les chrétiens qu’ils rencontraient pour les soumettre à la question. On arrêta Polychronion, un des compagnons de Théodote, qui perdant courage sous la torture, révéla l’endroit où les corps avaient été enterrés et dénonça Théodote comme responsable de cette entreprise. Théotècne fit aussitôt déterrer les corps, les livra aux flammes, puis il envoya ses hommes à la recherche de Théodote. Restant sourd aux supplications de ses amis, qui le conjuraient de prendre la fuite, Théodote alla se livrer de lui-même au gouverneur, en se confiant en la puissance de la vivifiante Croix.

Lorsqu’il entra dans la salle des interrogatoires, il regarda en souriant le feu et les instruments de torture et, rejetant avec mépris les propositions flatteuses de Théotècne, il tourna en dérision la faiblesse d’une religion qui a besoin de tant d’hommes armés contre un seul soldat de Jésus-Christ. Son discours jeta le gouverneur dans une grande fureur et les prêtresses païennes, qui s’arrachaient les cheveux et déchiraient leurs vêtements, ainsi que la foule, criaient qu’on châtiât l’ennemi des dieux.
Après l’avoir fait flageller, le tyran fit étendre le martyr sur le chevalet et donna licence aux bourreaux de lui déchirer le corps avec des ongles de fer, puis ils versèrent sur ses plaies du vinaigre et y appliquèrent des torches enflammées. Armé d’une endurance surnaturelle par l’invocation du Nom du Christ, le saint répliquait à ses tortionnaires que ces supplices, loin de le vaincre, allaient démontrer avec éclat la puissance que Dieu accorde à ceux qui l’aiment. On lui brisa les dents et les mâchoires à coups de pierres, puis, les bourreaux étant épuisés, on le jeta en prison. Cinq jours après, il fut de nouveau présenté au tribunal et soumis aux mêmes tortures, à l’issue desquelles on l’étendit sur des briques rougies au feu. Comme les supplices restaient sans effet et tournaient plutôt le magistrat en ridicule, Théotècne ordonna de le décapiter et de jeter son corps au feu.

Arrivé au lieu de l’exécution Théodote rendit grâce à Dieu, pria pour qu’Il mît fin à la persécution et accordât la paix à Son Église, puis, se tournant vers les chrétiens présents, il les exhorta à sécher leurs larmes pour remercier le Seigneur de lui avoir accordé d’achever heureusement son combat, et il reçut avec joie le coup de glaive qui lui procura la couronne éternelle. Le bûcher sur lequel on plaça son corps fut soudain entouré d’une lumière si éclatante que les bourreaux ne purent approcher pour entretenir le feu et le corps resta intact.

Ce jour-même, Fronton, le prêtre de Malos, parvenait en ville avec un âne chargé de vin. L’animal s’arrêta épuisé de fatigue près de l’endroit où le corps de saint Théodote était gardé par des soldats. Invité par ces derniers à passer la nuit avec eux, Fronton apprit ce qui s’était passé, il leur proposa de goûter à son vin et, les ayant enivrés, il s’empara du corps du saint martyr, lui passa au doigt l’anneau qu’il lui avait autrefois remis et, le chargea sur son âne. Guidé par un ange, la bête alla tout droit jusqu’au lieu que Théodote avait désigné à Fronton pour y construire une église, et c’est ainsi qu’il accomplit sa promesse de lui fournir des reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodote, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la contemplation divine; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Théodote, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théodote, ton 2
Des pontifes ayant rejoint la dignité, * tu as imité les martyrs victorieux; * c’est pourquoi, Théodote, ayant reçu * double couronne dans le ciel, * tu exultes avec les Anges incorporels, * intercédant pour nos âmes en présence du Christ.

Évangile DU JOUR
(Matth. X, 9-15)
Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures; ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton; car l’ouvrier mérite sa nourriture. Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous s’il s’y trouve quelque homme digne de vous recevoir; et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez. En entrant dans la maison, saluez-la; et, si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne à vous. Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là.

19 juin

19 juin
Carême des saints Apôtres

Saint Jude, frère du Seigneur, apôtre (vers 80) ; saint Zosime, martyr en Pisidie (IIème s.) ; saint Païssios le Grand, moine en Égypte (Vème s.) ; saint Innocent, évêque du Mans (543) ; saint Déodat (ou Dié, ou Didier), évêque de Nevers puis ermite dans les Vosges (679) ; saint Barlaam de Vaga (1462).

SAINT APÔTRE JUDE

Le saint Apôtre Jude était frère de Jacques, José et Simon, fils du premier mariage de Joseph (Mt 13, 55) ; il était par conséquent appelé « frère » de notre Seigneur. Compté au nombre des Douze Apôtres, il suivit le Christ pendant sa prédication, en Galilée et en Judée, et lors de la dernière Cène, il demanda au Seigneur : « Comment se fait-il Seigneur que Tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure en lui » (Jn 14, 22). Après la Pentecôte, ayant reçu le Saint-Esprit et animé de zèle divin, Jude prêcha l’Évangile jusqu’en Mésopotamie. Il illuminait les âmes par sa parole et guérissait les corps par sa prière, pour attester que la puissance de Dieu était vraiment avec lui. Il poursuivit ses périples jusqu’en Arménie et, parvenu au mont Ararat, il fut pendu par les païens qui le percèrent de flèches, lui procurant ainsi la couronne de gloire du martyre. Dans son Épître, qui fut très tôt rangée parmi les Écritures canoniques, le saint Apôtre Jude stigmatise les faux docteurs et les hérétiques qui s’introduisaient dans les réunions des chrétiens pour y répandre leurs erreurs. Leur conduite débauchée était la meilleure preuve de la fausseté de leur enseignement, et l’Apôtre, annonçant qu’ils seront châtiés par Dieu, recommande aux fidèles de leur résister en se fondant sur la vraie foi transmise une fois pour toute par les Apôtres. Ainsi édifiés, priant dans le Saint-Esprit et gardant la charité, les chrétiens pourront, dans l’Église, recevoir la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. La femme de saint Jude, Marie, lui donna une descendance, assurant ainsi la continuité de la lignée du Seigneur. On rapporte que l’empereur Domitien (96), voulant exterminer tous les descendants de David, afin que les Juifs n’eussent plus d’espérance en leur Messie, fit arrêter les deux petits-fils de Jude, sur la dénonciation des hérétiques. À la question de l’empereur sur leurs biens, ils répondirent qu’ils se partageaient une modeste terre, qu’ils cultivaient eux-mêmes et, pour attester leurs dires, ils montrèrent leurs mains calleuses et couvertes de durillons. Le souverain les interrogea ensuite sur le Christ et son royaume. Ils répliquèrent que ce Royaume n’est pas de ce monde, mais qu’il est céleste et qu’à la fin des siècles, le Christ reviendra en gloire pour en prendre possession et pour juger les vivants et les morts. Rassuré, Domitien les renvoya libres et fit cesser la persécution. Ces deux saints, honorés par la communauté chrétienne comme martyrs et parents du Seigneur, jouirent d’une grande autorité dans les premiers temps de l’Église, sans toutefois porter préjudice au pouvoir des évêques installés par les Apôtres ; ils vécurent jusque sous Trajan.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire du saint apôtre ton 1
Te sachant de la famille du Christ, saint Jude, et son ferme Témoin, saintement nous te célébrons, toi qui as détruit l’erreur et gardé sans faille la foi; et nous trouvons par tes prières le pardon de nos péchés en ce jour où nous fêtons ta mémoire sacrée.
Tropaire de saint Païssios le Grand, ton 4
L’apogée des moines, l’ange dans la chair, l’homme incorporel, ayant sa demeure dans les cieux, le divin Païssios, au jour de sa mémoire sacrée, célèbre cette fête avec nous, procurant divine grâce aux affligés; c’est pourquoi nous le glorifions de tout coeur.

Kondakion du saint apôtre, ton 4
D’une illustre racine tu as surgi pour nous comme rameau par Dieu donné, Apôtre frère de Dieu, toi qui as vu le Seigneur de tes yeux et qui prêchas le Christ très sagement, nourrissant des fruits de ta parole le monde entier et enseignant, comme initié de la grâce, la véritable foi du Seigneur.

Kondakion de saint Païssios le Grand, ton 8
Comme parure du désert et son divin protecteur, comme cime des moines et modèle de sainteté nous te disons bienheureux, toi le serviteur de Dieu: dès l’enfance tout entier tu lui fus consacré et tu as vécu en conformité avec ta .vocation; c’est pourquoi nous te chantons: réjouis-toi, vénérable Païssios.

Évangile DU JOUR
(Jn. XIV, 21-24)

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. Jude, non pas l’Iscariot, lui dit: Seigneur, d’où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde? Jésus lui répondit: Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé.

6 juin (ancien calendrier) / 19 juin (nouveau)

6 juin (ancien calendrier) / 19 juin (nouveau)
Carême des saints Apôtres
Saint Hilarion le jeune, higoumène à Constantinople (845) ; saintes Archelais, Thècle et Suzanne, vierges martyres (293) ; saint Bessarion, thaumaturge d’Égypte (IV-Vème s.) ; saint Cérase, évêque d’Eauze, martyr (Vème s.) ; saint Claude, évêque de Besançon (699) ; saint Gurval, évêque et confesseur (VIIème s.) ; saint Jonas, évêque de Perm (1470) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint Jonas de Klimets (1534) ; saint Raphaël (Cheïtchenko), confesseur (1957).

SAINT HILARION LE JEUNE

Notre saint Père Hilarion était originaire de Cappadoce, son père était fournisseur en pain du palais impérial et jouissait d’une position avantageuse. Entré à l’âge de vingt ans au monastère de Xèrokopion à Constantinople, il le quitta bientôt pour le fameux monastère de Dalmate , où il fut tonsuré moine. Humble et amoureux de l’hésychia, il remplit pendant dix ans l’obédience de jardinier, brillant par ses vertus. Comme il avait chassé par sa prière un démon d’un jeune garçon, l’higoumène le fit ordonner prêtre malgré lui ; et, quelque temps après la mort de ce dernier, comme on voulait le nommer higoumène, Hilarion alla se réfugier au monastère des Cathares, en Bithynie . Mais les moines de Dalmate firent appel au patriarche Nicéphore et à l’empereur pour le rappeler au monastère, et il fut nommé par le Synode Permanent higoumène et archimandrite des monastères de la capitale (807).

Il dirigeait paisiblement son troupeau spirituel lorsque, Léon l’Arménien ayant repris la persécution iconoclaste (813), il fut traduit devant le souverain qui essaya de lui faire renoncer à la vénération des saintes icônes. Le saint lui résista en face, le traitant d’athée et de nouvel Apostat. Furieux, Léon le fit soumettre à la torture et jeter en prison. Après une détention prolongée, Hilarion comparut à nouveau devant l’empereur et lui répéta sans crainte les mêmes paroles ; aussi Léon le livra-t-il au patriarche hérétique, Théodote Cassitéras, en espérant que ce dernier parviendrait à vaincre le vaillant confesseur et, avec lui, le puissant parti monastique. Théodote ayant échoué, on enferma Hilarion dans un sombre cachot., sans nourriture, pendant de longs jours. Ses disciples, ayant appris qu’il risquait de mourir de faim, allèrent supplier l’empereur de le relâcher en promettant que leur père spirituel se soumettrait à sa volonté. Léon le fit libérer et lui permit de regagner son monastère ; mais il se rendit bientôt compte qu’il avait été joué et le saint fut enfermé, durant six mois, au monastère de Phoneos, sur le Bosphore, soumis aux mauvais traitements de l’higoumène qui était acquis à la cause de l’empereur. Après une nouvelle comparution devant le tyran, Hilarion fut transféré au monastère de Kyklobion, sur la côte occidentale de la capitale, où il resta deux ans et demi, puis on l’interna à la prison des Numériens près du palais, d’où on le tira pour le reléguer dans la forteresse de Protilion, après l’avoir cruellement flagellé.

À la suite de l’assassinat de Léon l’Arménien dans l’église où il avait inauguré sa persécution en jetant à terre l’icône du Christ, Michel II, prenant le pouvoir, ordonna de libérer les confesseurs (820). Hilarion fut relâché, mais l’entrée de la capitale lui restant interdite, il fut hébergé pendant sept années dans la propriété de campagne d’une pieuse chrétienne, jusqu’au début du règne de Théophile qui, ayant fait rechercher les supérieurs de monastères confesseurs des saintes icônes, les fit comparaître un à un. Comme on lui demandait s’il se soumettait à la volonté impériale, le saint condamna le tyran, le traitant d’impie et de trompeur. On lui infligea cent dix-sept coups de verges, sans pitié pour son âge, puis on le déporta dans l’île d’Aphousia au sud de la Propontide. Le saint s’y creusa une étroite cellule dans un rocher et fit jaillir, par sa prière, une source d’eau fraîche. Il passa là huit ans dans l’hésychia, jusqu’à la mort de Théophile (842). Saint Hilarion fut aussitôt autorisé par l’impératrice Théodora à rentrer à Constantinople et à reprendre la direction de son monastère. Ayant assisté à la restauration triomphale de l’Orthodoxie, il passa trois ans à instruire ses moines des saintes traditions, brillant par la sainteté de sa vie et par ses miracles, puis il remit en paix son âme au Seigneur, à l’âge de soixante-dix ans (845) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * saint Hilarion, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion, ton 1
Dans la fournaise tu ne fus nullement consumé, * Hilarion, magnanime lutteur, * car tu reçus de Dieu la rosée qui te rafraîchit; * c’est pourquoi tu menas dans l’allégresse * en compagnie des saints Moines tes combats surhumains: * avec eux souviens-toi de nous tous.

Évangile DU JOUR
(Matth. IX, 36 – X,8)

Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger. Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon appelé Pierre, et André, son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère; Philippe, et Barthélemy; Thomas, et Matthieu, le publicain; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée; Simon le Cananite, et Judas l’Iscariot, celui qui livra Jésus. Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes: N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

7 juin

7 juin

Saint Théodote d’Ancyre, martyr (303) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Claude, Cyrin et Antonin (304) ; saintes martyres Valérie, Cyriaque et Marie à Césarée de Palestine (284-305) ; saint hiéromartyr Marcellin, pape de Rome et martyrs Sisinius, Cyriaque, Large, Apronien, Saturne, Pappias et Maure, Crescentien, Priscille, Lucine et la princesse Artémie (304-310) ; saint Marcellin, évêque de Monistrol (VIème s.) ; saint Vulphy, martyr en Mésie (vers 643) ; saint Aventin, apôtre des Pyrénées, reclus, martyr (732) ; saint Mériadec, évêque de Vannes (886) ; saint Panaghis (ou Païssios) Bassia, prêtre en Céphalonie (1888) ; saints néomartyrs de Russie : hiéromartyr Andronique, archevêque de Perm, Alexandre (Osetrov), Valentin (Belov), Benjamin (Loukanine), Victor (Nikiforov), Alexandre (Makhetov), Paul (Anochkine), Vladimir (Belozerov), Ignace (Yakimov), Michel (Denisov), Nicolas (Onianov), Paul (Sokolov), Alexandre (Preobrajensky), Nicolas (Rojdestvensky), Nicolas (Konioukhov), prêtres, Grégoire (Smirnov), diacre, et martyrs Athanase (Joulanov) et Alexandre (Zouïev) (1918) ; hiéromartyr Pierre (Kouznetsov), prêtre (1919).

SAINT THÉODOTE D’ANCYRE
Chrétien d’Ancyre en Galatie, saint Théodote avait été élevé dans la piété par la sainte vierge et martyre Técuse [18 mai]. S’étant marié, il exerçait avec probité la profession de cabaretier et profitait de toutes les occasions pour pratiquer la charité, indistinctement envers tous, chrétiens et infidèles, à tel point que Dieu lui accorda d’accomplir plusieurs guérisons miraculeuses.

Lorsque, sous la direction du gouverneur Théotècne, la persécution faisait rage à Ancyre (303 ou 311), Théodote, s’étant pourvu d’une ample provision de blé et de vin, avait transformé son auberge en asile où les chrétiens pouvaient trouver des denrées qui n’avaient pas été offertes aux idoles. Au péril de sa vie, il rendait visite aux confesseurs dans leur prison pour les encourager à ne pas faiblir, et allait enterrer les corps des martyrs. C’est ainsi qu’il exhorta au martyre son ami Victor, dont les persécuteurs essayaient de vaincre la résolution par des promesses trompeuses. Animé d’un nouveau courage, Victor souffrit patiemment les supplices, mais fléchissant au dernier moment, alors qu’il parvenait à l’issue du combat, il demanda à réfléchir sur les propositions qu’on lui avait faites. Ramené en prison, il mourut de ses blessures, privé de la couronne de la victoire.

Un autre chrétien, nommé Valens, ayant quant à lui résisté jusqu’à la mort, Théodote recueillit ses reliques, qui avaient été jetées dans l’Halys, et alla les ensevelir au bourg de Malos . Il y rencontra un groupe de chrétiens qu’il avait précédemment délivrés de prison. Dans la joie des retrouvailles, ils décidèrent de partager un repas fraternel et convoquèrent le prêtre de Malos, Fronton, pour y prendre part. Après le repas, Théodote recommanda à Fronton de bâtir en ce lieu paisible une chapelle pour y déposer des reliques de martyrs et, lui donnant son anneau en gage, il promit de lui procurer ces saintes reliques.

De retour à Ancyre, Théodote trouva la ville dans une grande confusion, par suite de l’arrestation de sa tante Técuse et de ses six compagnes. Il resta caché avec d’autres chrétiens, en priant pour la confirmation des saintes dans leurs épreuves, et dès qu’il apprit qu’elles avaient péri noyées sans avoir renié le Seigneur, il rendit grâce à Dieu et changea ses lamentations en larmes de joie. S’étant informé des détails de leur passion, il réfléchit sur le moyen de tromper la surveillance des gardes, pour s’emparer des corps des saintes et leur donner une sépulture chrétienne. Sainte Técuse lui apparut pendant sa prière et, lui rappelant le soin qu’elle avait pris pour l’instruire dans la vie évangélique, elle lui recommanda de ne pas hésiter davantage et de partir en hâte pour accomplir sans crainte cette mission agréable à Dieu. S’enfonçant dans les ténèbres de la nuit, alors qu’une terrible tempête s’était levée, Théodote et ses compagnons parvinrent jusqu’au bord du lac. Les gardes placés là, effrayés par l’apparition du saint martyr Sosandre, armé et entouré de flammes, prirent la fuite avec terreur, et les eaux, soulevées par la tempête, laissèrent apparaître les corps des saintes. Ils purent ainsi les recueillir et allèrent les ensevelir pieusement dans une église connue d’eux seuls.

Dès le lendemain matin, toute la ville fut en émoi en apprenant l’enlèvement des corps des saintes martyres. Sur l’ordre du gouverneur, les soldats arrêtaient tous les chrétiens qu’ils rencontraient pour les soumettre à la question. On arrêta Polychronion, un des compagnons de Théodote, qui perdant courage sous la torture, révéla l’endroit où les corps avaient été enterrés et dénonça Théodote comme responsable de cette entreprise. Théotècne fit aussitôt déterrer les corps, les livra aux flammes, puis il envoya ses hommes à la recherche de Théodote. Restant sourd aux supplications de ses amis, qui le conjuraient de prendre la fuite, Théodote alla se livrer de lui-même au gouverneur, en se confiant en la puissance de la vivifiante Croix.

Lorsqu’il entra dans la salle des interrogatoires, il regarda en souriant le feu et les instruments de torture et, rejetant avec mépris les propositions flatteuses de Théotècne, il tourna en dérision la faiblesse d’une religion qui a besoin de tant d’hommes armés contre un seul soldat de Jésus-Christ. Son discours jeta le gouverneur dans une grande fureur et les prêtresses païennes, qui s’arrachaient les cheveux et déchiraient leurs vêtements, ainsi que la foule, criaient qu’on châtiât l’ennemi des dieux.
Après l’avoir fait flageller, le tyran fit étendre le martyr sur le chevalet et donna licence aux bourreaux de lui déchirer le corps avec des ongles de fer, puis ils versèrent sur ses plaies du vinaigre et y appliquèrent des torches enflammées. Armé d’une endurance surnaturelle par l’invocation du Nom du Christ, le saint répliquait à ses tortionnaires que ces supplices, loin de le vaincre, allaient démontrer avec éclat la puissance que Dieu accorde à ceux qui l’aiment. On lui brisa les dents et les mâchoires à coups de pierres, puis, les bourreaux étant épuisés, on le jeta en prison. Cinq jours après, il fut de nouveau présenté au tribunal et soumis aux mêmes tortures, à l’issue desquelles on l’étendit sur des briques rougies au feu. Comme les supplices restaient sans effet et tournaient plutôt le magistrat en ridicule, Théotècne ordonna de le décapiter et de jeter son corps au feu.

Arrivé au lieu de l’exécution Théodote rendit grâce à Dieu, pria pour qu’Il mît fin à la persécution et accordât la paix à Son Église, puis, se tournant vers les chrétiens présents, il les exhorta à sécher leurs larmes pour remercier le Seigneur de lui avoir accordé d’achever heureusement son combat, et il reçut avec joie le coup de glaive qui lui procura la couronne éternelle. Le bûcher sur lequel on plaça son corps fut soudain entouré d’une lumière si éclatante que les bourreaux ne purent approcher pour entretenir le feu et le corps resta intact.

Ce jour-même, Fronton, le prêtre de Malos, parvenait en ville avec un âne chargé de vin. L’animal s’arrêta épuisé de fatigue près de l’endroit où le corps de saint Théodote était gardé par des soldats. Invité par ces derniers à passer la nuit avec eux, Fronton apprit ce qui s’était passé, il leur proposa de goûter à son vin et, les ayant enivrés, il s’empara du corps du saint martyr, lui passa au doigt l’anneau qu’il lui avait autrefois remis et, le chargea sur son âne. Guidé par un ange, la bête alla tout droit jusqu’au lieu que Théodote avait désigné à Fronton pour y construire une église, et c’est ainsi qu’il accomplit sa promesse de lui fournir des reliques.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Théodote, ton 4
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la contemplation divine; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Théodote, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Théodote, ton 2
Des pontifes ayant rejoint la dignité, * tu as imité les martyrs victorieux; * c’est pourquoi, Théodote, ayant reçu * double couronne dans le ciel, * tu exultes avec les Anges incorporels, * intercédant pour nos âmes en présence du Christ.

Évangile DU JOUR
(Matth. 5, 20-26)
Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.

6 juin

6 juin

Saint Hilarion le jeune, higoumène à Constantinople (845) ; saintes Archelais, Thècle et Suzanne, vierges martyres (293) ; saint Bessarion, thaumaturge d’Égypte (IV-Vème s.) ; saint Cérase, évêque d’Eauze, martyr (Vème s.) ; saint Claude, évêque de Besançon (699) ; saint Gurval, évêque et confesseur (VIIème s.) ; saint Jonas, évêque de Perm (1470) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint Jonas de Klimets (1534) ; saint Raphaël (Cheïtchenko), confesseur (1957).

SAINT HILARION LE JEUNE

Notre saint Père Hilarion était originaire de Cappadoce, son père était fournisseur en pain du palais impérial et jouissait d’une position avantageuse. Entré à l’âge de vingt ans au monastère de Xèrokopion à Constantinople, il le quitta bientôt pour le fameux monastère de Dalmate , où il fut tonsuré moine. Humble et amoureux de l’hésychia, il remplit pendant dix ans l’obédience de jardinier, brillant par ses vertus. Comme il avait chassé par sa prière un démon d’un jeune garçon, l’higoumène le fit ordonner prêtre malgré lui ; et, quelque temps après la mort de ce dernier, comme on voulait le nommer higoumène, Hilarion alla se réfugier au monastère des Cathares, en Bithynie . Mais les moines de Dalmate firent appel au patriarche Nicéphore et à l’empereur pour le rappeler au monastère, et il fut nommé par le Synode Permanent higoumène et archimandrite des monastères de la capitale (807).

Il dirigeait paisiblement son troupeau spirituel lorsque, Léon l’Arménien ayant repris la persécution iconoclaste (813), il fut traduit devant le souverain qui essaya de lui faire renoncer à la vénération des saintes icônes. Le saint lui résista en face, le traitant d’athée et de nouvel Apostat. Furieux, Léon le fit soumettre à la torture et jeter en prison. Après une détention prolongée, Hilarion comparut à nouveau devant l’empereur et lui répéta sans crainte les mêmes paroles ; aussi Léon le livra-t-il au patriarche hérétique, Théodote Cassitéras, en espérant que ce dernier parviendrait à vaincre le vaillant confesseur et, avec lui, le puissant parti monastique. Théodote ayant échoué, on enferma Hilarion dans un sombre cachot., sans nourriture, pendant de longs jours. Ses disciples, ayant appris qu’il risquait de mourir de faim, allèrent supplier l’empereur de le relâcher en promettant que leur père spirituel se soumettrait à sa volonté. Léon le fit libérer et lui permit de regagner son monastère ; mais il se rendit bientôt compte qu’il avait été joué et le saint fut enfermé, durant six mois, au monastère de Phoneos, sur le Bosphore, soumis aux mauvais traitements de l’higoumène qui était acquis à la cause de l’empereur. Après une nouvelle comparution devant le tyran, Hilarion fut transféré au monastère de Kyklobion, sur la côte occidentale de la capitale, où il resta deux ans et demi, puis on l’interna à la prison des Numériens près du palais, d’où on le tira pour le reléguer dans la forteresse de Protilion, après l’avoir cruellement flagellé.

À la suite de l’assassinat de Léon l’Arménien dans l’église où il avait inauguré sa persécution en jetant à terre l’icône du Christ, Michel II, prenant le pouvoir, ordonna de libérer les confesseurs (820). Hilarion fut relâché, mais l’entrée de la capitale lui restant interdite, il fut hébergé pendant sept années dans la propriété de campagne d’une pieuse chrétienne, jusqu’au début du règne de Théophile qui, ayant fait rechercher les supérieurs de monastères confesseurs des saintes icônes, les fit comparaître un à un. Comme on lui demandait s’il se soumettait à la volonté impériale, le saint condamna le tyran, le traitant d’impie et de trompeur. On lui infligea cent dix-sept coups de verges, sans pitié pour son âge, puis on le déporta dans l’île d’Aphousia au sud de la Propontide. Le saint s’y creusa une étroite cellule dans un rocher et fit jaillir, par sa prière, une source d’eau fraîche. Il passa là huit ans dans l’hésychia, jusqu’à la mort de Théophile (842). Saint Hilarion fut aussitôt autorisé par l’impératrice Théodora à rentrer à Constantinople et à reprendre la direction de son monastère. Ayant assisté à la restauration triomphale de l’Orthodoxie, il passa trois ans à instruire ses moines des saintes traditions, brillant par la sainteté de sa vie et par ses miracles, puis il remit en paix son âme au Seigneur, à l’âge de soixante-dix ans (845) .

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la fête, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Tropaire de saint Hilarion, ton 8
En toi, vénérable Père, la divine Image se reflète exactement: * afin de lui ressembler, tu as pris ta croix et tu as suivi le Christ; * et par ta vie tu nous apprends à mépriser la chair, qui passe et disparaît, * pour s’occuper plutôt de l’âme qui vit jusqu’en la mort et par-delà; * c’est ainsi que ton esprit se réjouit, * saint Hilarion, avec les Anges dans le ciel.

Kondakion du saint, ton 1
Dans la fournaise tu ne fus nullement consumé, * Hilarion, magnanime lutteur, * car tu reçus de Dieu la rosée qui te rafraîchit; * c’est pourquoi tu menas dans l’allégresse * en compagnie des saints Moines tes combats surhumains: * avec eux souviens-toi de nous tous.

Kondakion de la fête, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. IV, 23 – V, 13)

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d’au delà du Jourdain. Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! Heureux les affligés, car ils seront consolés! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu! Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)

23 mai (ancien calendrier) / 5 juin (nouveau)
Jour du Saint-Esprit

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831) ; sainte Marie de Cléopas (Ier s.) ; saint Didier, évêque de Langres, martyr avec plusieurs compagnons (407) ; saint Syagre, évêque de Nice (787) ; ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saint Damien (ou Démétré) de Garedja, roi de Géorgie (1157) ; sainte Euphrosynie, abbesse à Polotsk (1173) ; saint Païssios de Galitch (1460)

SAINT MICHEL, ÉVÊQUE DE SYNADE

Originaire de Synades en Phrygie, saint Michel quitta de bonne heure sa patrie pour Constantinople, où il se lia d’amitié spirituelle avec saint Théophylacte [8 mars], alors secrétaire de saint Taraise [25 fév.]. Les deux jeunes gens montraient une si grande unité de sentiments qu’on ne croyait voir en eux qu’un seul Homme nouveau. Lorsque saint Taraise, ayant revêtu l’Habit monastique, fut élevé à la dignité patriarcale, les deux amis devinrent moines à leur tour dans le monastère qu’il avait fondé sur le Bosphore. Rivalisant dans les combats ascétiques, ils progressèrent rapidement dans la vertu, qu’ils relevaient par le glorieux ornement de l’humilité et de la gaieté permanente de l’âme.

Taraise, informé de leurs hauts-faits, les nomma skevophylax de la Grande Église et, peu après, il parvint à leur faire accepter, à contrecœur, la consécration épiscopale : Théophylacte comme métropolite de Nicomédie et Michel pour devenir le pasteur de sa patrie, Synades (vers 784). Proclamant droitement la parole de la vérité, tant par ses enseignements que par sa vie, doux, patient et miséricordieux, ayant vaincu la colère, ce bon pasteur fit ériger églises et monastères, et fonda des hospices et des établissements de bienfaisance pour venir en aide aux malades, aux déshérités et aux étrangers. Il assista au Second Concile de Nicée (787), où il y soutint la doctrine orthodoxe sur la vénération des saintes icônes, puis de retour dans son diocèse, il reprit paisiblement son œuvre pastorale.

En 806, année où le patriarche saint Nicéphore [2 juin] succéda au défunt saint Taraise, saint Michel fut mis à la tête d’une ambassade envoyée par l’empereur Nicéphore (802-811) auprès du calife Haroun-al-Raschid, au cours de laquelle il fit preuve de toutes ses qualités d’homme de paix et de conciliation. À l’automne 811, il fut envoyé à Rome, comme légat du patriarche Nicéphore, afin de présenter au pape ses lettres synodiques et de s’assurer de son soutien quant à la vénération des saintes icônes. L’année suivante, il fut reçu par Charlemagne à Aix-la-Chapelle et obtint un traité de paix.
Lorsque, après deux années de règne, le nouvel empereur, Léon V l’Arménien (813-820), dévoila ses sombres desseins et renouvela la persécution contre les saintes icônes, saint Michel se rangea aussitôt parmi les défenseurs de la vraie foi, réunis autour du patriarche Nicéphore : Euthyme de Sardes [26 déc.], Joseph de Thessalonique [14 juil.], Émilien de Cyzique [8 août], Théophylacte de Nicomédie et bien d’autres, clercs, moines et laïcs, qui se tenaient prêts à verser leur sang pour la piété. Ils se présentèrent devant le souverain et tentèrent de le faire revenir à la raison, tant par des arguments tirés des saints Pères, qu’en lui rappelant le soutien que leur assurait l’Église de Rome. Mais ce fut en vain et, aveuglé de fureur, le tyran les fit arrêter et envoyer en exil, loin les uns des autres, avec interdiction de correspondre. Saint Michel fut alors relégué à Eudocias, en Phrygie, où il resta plus de dix ans, souffrant tous les mauvais traitements avec actions de grâces et priant pour ses persécuteurs. Il n’en cessait pas pour autant de défendre la foi orthodoxe et de venir en aide aux malheureux, et il maintenait inchangé son programme de vie ascétique et de prière nocturne. Il accomplit là de nombreux miracles, guérissant par sa prière les hommes comme les animaux domestiques, et par le miel de ses paroles, il réussit à adoucir et à convertir les habitants rudes et grossiers de cette région retirée.

L’empereur, ayant appris que l’exil tournait pour le saint à un surcroît de gloire, ordonna de le transférer dans des régions plus éloignées. Errant ainsi de lieu en lieu, l’homme de Dieu parvint à une contrée infestée d’une multitude de rats qui ravageaient les récoltes. Il expliqua aux habitants que ce fléau avait été envoyé par Dieu en châtiment de leurs péchés, et il leur ordonna de jeûner pendant trois jours et de se repentir. Ce délai écoulé, il les invita à se rendre, tous ensemble, dans les champs. Pendant que le peuple clamait le Kyrie eleison, le saint se tenait à genoux et intercédait pour eux, les mains et les yeux tournés vers le ciel. Aussitôt, un tremblement de terre secoua la région et toutes les bestioles périrent.

Passant en un autre lieu, Eurantisia, les habitants le supplièrent de prier Dieu pour qu’il les délivre des sauterelles, en nombre infini, qui ruinaient toutes leurs cultures ainsi que leurs arbres fruitiers, et les menaçaient de disette. Le saint passa la nuit en prière et, au petit matin, il prit la tête d’une procession, à laquelle participait tout le peuple de la contrée, en chantant le Kyrie eleison. Les sauterelles se groupèrent alors en un nuage dense et sombre, qui s’éleva dans les airs et disparut.
Le saint continua ses périples, répandant la miséricorde de Dieu sur les hommes et sur leurs cultures. Finalement, après avoir passé quelque temps en prison à Constantinople, il fut de nouveau exilé sur les rives du lac de Nicomédie, là où d’autres confesseurs de la foi attendaient que le bon plaisir de l’empereur Michel le Bègue leur permît de rejoindre leurs diocèses ou leurs monastères. Âgé de plus de quatre-vingts ans, épuisé par les épreuves, saint Michel n’en continuait pas moins de prier pour l’empereur, pour la paix de l’Église, pour le salut du monde et pour l’abondance des fruits de la terre. Le lundi de Pentecôte 826, au sortir d’un repas où il avait convié saint Théodore Stoudite, son ami de longue date, avec lequel il n’avait pas cessé d’entretenir une correspondance pendant son exil, le saint prélat, saisi d’un malaise, fut contraint de s’aliter. Le lendemain, Théodore le trouva en proie à d’atroces souffrances et, le troisième jour, mercredi de la Pentecôte, saint Michel, ayant perdu l’usage de la parole, remit son dernier soupir en présence de son ami et compagnon de lutte, après quarante ans d’épiscopat. Son corps étendu sans vie avait, écrit Théodore , l’aspect d’un ange et resplendissait des reflets de la lumière divine, que tant d’années de prière et de contemplation y avait imprimés.

La relique de son précieux chef, offerte en présent à la Grande Lavra de saint Athanase au Mont Athos par l’empereur Basile II et son frère Constantin VIII (978), y reste vénérée jusqu’à nos jours, et elle continue d’accomplir de nombreux miracles pour préserver les cultures des animaux nuisibles, tant celles du monastère que des régions où elle est envoyée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, ton 8
Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l’univers, Ami des hommes, gloire à Toi !

Kondakion, ton 8
Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l’unité, et tous d’une seule voix, nous glorifions le Très-Saint Esprit !

Évangile DU JOUR
(Matth. XVIII, 10-20)

Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

Communiqué de l’Assemblée ordinaire des évêques de l’Église orthodoxe serbe tenue au Patriarcat de Peć et à Belgrade du 14 au 24 mai

« L’Assemblée ordinaire des évêques de l’Église orthodoxe serbe a commencé au monastère du Patriarcat de Peć par la célébration commune de la liturgie épiscopale et l’invocation du Saint-Esprit, puis a continué au Patriarcat de Serbie à Belgrade, sous la présidence du patriarche de Serbie Irénée. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé à la session, à l’exception de l’évêque d’Osijek et de Baranja Lucien, absent pour des raisons de santé. Au commencement de la première session de l’Assemblée, le patriarche, en tant que président de celle-ci, a mentionné, dans son adresse d’ouverture aux évêques rassemblés, les questions vitales de la vie ecclésiale aujourd’hui, à cette époque de grand défis spirituels et existentiels d’une part, et de grandes possibilités pour la mission de l’Église et le renouveau spirituel du peuple, d’autre part. La décision la plus importante de l’Assemblée est l’institution de nouvelles fêtes dans le calendrier de l’Église orthodoxe serbe, en d’autres termes de l’Église orthodoxe en général. C’est ainsi que l’Assemblée, à l’unanimité, a décidé de compter au nombre de la Synaxe des saints, c’est-à-dire de canoniser : 1) le patriarche de Peć Païssios Janjevac (+1647), dont la mémoire est fixée au 2/15 octobre, 2) l’archimandrite Étienne Jovanović (+1799), qui sera commémoré liturgiquement comme saint Étienne de Tronoša, dont la mémoire est fixée au 4/17 septembre, 3) le métropolite de Skoplje Vincent (Krdžić, +1915) et l’higoumène Vladimir (Protić +1915), martyrisés par les occupants bulgares à Surdulica, dont la mémoire est fixée au 16/29 mai ; les habitants de Piva [Monténégro, +1943, ndt] assassinés sauvagement, dont la mémoire est fixée au 25 mai / 7 juin, et les habitants martyrs de Velička еt de Gornje Polimlje [Monténégro, +1944, ndt], dont la mémoire est fixée au 15/28 juillet et enfin le moine Jacques (Radoje Arsović, +1946), qui est canonisé sous le nom de saint Jacques le Nouveau du monastère de Tuman, dont la mémoire est fixée au 8/21 août. L’Assemblée a adopté le rapport sur les travaux du Concile de Crète, c’est-à-dire le Saint et Grand Concile tenu en juin de l’an passé. L’Assemblée a également envoyé une lettre de soutien et de solidarité dans la prière au patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille au sujet de la discrimination et de la privation des droits auxquels sont exposés les évêques, le clergé, les moines et moniales ainsi que les fidèles de la plus grande et seule Église canonique en Ukraine, à savoir l’Église orthodoxe autonome d’Ukraine dans la structure de l’Église orthodoxe russe. Comme chaque année, l’Assemblée a prêté l’attention nécessaire à l’instruction et l’éducation ecclésiales. Des décisions ont été prises, lesquelles ont pour but l’amélioration des conditions de vie spirituelle et matérielle ainsi que celle du travail dans les séminaires, et particulièrement à la Faculté de théologie de l’Église orthodoxe serbe à Libertyville près de Chicago. La situation générale dans les diocèses de l’Église orthodoxe serbe en Europe occidentale, Amérique et Australie ont également été examinées. Dans ce contexte a été prise la décision du transfert du siège du diocèse d’Amérique orientale de Warren (New Jersey) à Park Hills (Yonkers, New York). Il a été décidé de fonder, auprès du Saint-Synode, un Département chargé de la sainteté du mariage et de la famille, un Département pour la bioéthique et un Département qui suivra l’activité destructrice des organisations hérétiques, des sectes et des groupuscules non-canoniques. L’Assemblée soutient la construction d’un Centre mémorial à Staro Sajmište [camp de concentration nazi à Belgrade, situé alors sur le territoire de « l’État indépendant de Croatie », ndt] comme monument commémoratif des victimes serbes du XXème s. ainsi que des victimes juives, roms et des autres peuples qui ont partagé le sort amer du peuple serbe en ce siècle tragique. L’Assemblée a examiné également la question du statut en droit ecclésiastique (canonique) des prêtres orthodoxes aumôniers de l’Armée serbe. Il a été également approuvé que le diocèse de Ras et Prizren, outre son siège à Prizren, puisse établir, pour des raisons administratives, un siège administratif dans l’ancienne Ras (actuellement Novi Pazar). L’Assemblée considère, comme elle l’a fait précédemment, que le lieu des cendres du grand homme serbe à réputation mondiale Nikola Tesla [inventeur et ingénieur, spécialisé dans le domaine de l’électricité, décédé en 1943 à New York, ndt] ne doit pas se trouver parmi les objets d’un musée – c’est un précédent unique et une honte universelle – mais dans une tombe et ce en la cathédrale Saint-Sava à Belgrade ou, alternativement, sur le parvis situé devant celle-ci. L’Assemblée a entendu, en rendant grâces à Dieu et avec crainte révérencielle dans la prière, le rapport de l’invention (exhumation) des reliques du saint évêque Mardaire (Uskolović) de Libertyville, lesquelles se trouvent dans un état de pleine conservation et incorruptibilité, ce qui est le signe que le Seigneur l’a glorifié d’une façon particulière. À cette occasion a été acceptée la proposition selon laquelle, les 14 et 15 juillet de cette année, sera commémoré solennellement à Libertyville le centenaire de son arrivée en Amérique. Le rapport concernant la restauration de l’église Saint-Sava à New York a été adopté avec satisfaction. L’Assemblée a constaté que les clercs et fidèles de l’Église orthodoxe serbe au cours de la période sous revue ont travaillé très dur pour recueillir des fonds destinés à des fins caritatives et à alléger le fardeau du peuple très éprouvé. L’Assemblée a écouté attentivement plusieurs rapports importants, en premier lieu le rapport du Saint-Synode sur ses travaux durant la période écoulée, avec un accent particulier sur le travail réussi du Musée et des Archives de l’Église orthodoxe serbe, ainsi que de la Bibliothèque patriarcale. Ont ensuite été lus les rapports de la Commission pour la révision des statuts de l’Église orthodoxe serbe, du Conseil d’administration patriarcal, de la Fondation caritative « Čovekoljublje », de l’Agence de pèlerinages « Dobročinstvo » et d’autres formations et institutions ecclésiastiques. L’Assemblée a également examiné la question de l’activité anti-canonique et anti-ecclésiale du groupe schismatique connu sous le nom « d’Artémiens » du nom que porta naguère M. Marc Radosavljević [il s’agit de l’évêque Artemije, déposé par l’Assemblée des évêques serbes en 2010, ndt], dirigeant formel du groupe. À cette occasion, l’Assemblée a adressé un appel particulier au peuple fidèle, dans lequel elle appelle celui-ci à la vigilance spirituelle, à la mesure, au discernement et au véritable zèle évangélique, par opposition au « zèle irraisonné » schismatique et sectaire. Aussi, l’Assemblée appelle les schismatiques au repentir, la seule chose salvatrice, et au retour au sein de l’Église Mère. Ce faisant, l’Assemblée a décidé d’excommunier durablement Goran Mirković, le soi-disant chorévêque de Hvosno et Barajevo, qui est en réalité le hiéromoine destitué Nahum, étant entendu que cette excommunication ne cessera que dans le cas d’un repentir sincère et en actes. À son grand regret, l’Assemblée a constaté que l’Église orthodoxe roumaine continue non seulement ses incursions anti-canoniques dans la juridiction de l’Église orthodoxe serbe, mais encore les intensifie et les étend sur tout le territoire canonique serbe. Dans la mesure où elle ne cesse pas dans l’avenir le plus proche cette pratique on ne peut plus non fraternelle et ethno-phylétiste, le Saint-Synode, qui en reçoit le pouvoir par cette session de l’Assemblée, sera contraint de procéder à la mesure pénible, mais la seule possible, d’interrompre la communion liturgique et canonique avec cette Église jusqu’au retour de celle-ci « à la connaissance du droit ». L’Assemblée a examiné encore un problème inutile et en fait insensé. Il est question ici de l’implication d’un groupe d’enseignants et d’assistants de la Faculté de théologie de Belgrade dans un débat public sur la théorie de l’évolution de Darwin, « dogmatisée » entre-temps dans un sens plus ou moins athée, ce qui, dans les médias est proclamé en chœur comme un soutien au darwinisme sous son pire aspect et comme une contestation de la vérité révélée sur Dieu comme Créateur du monde et du récit biblique sur la création. Les signataires de ce texte se sont adressés à l’Assemblée par une confession authentique de la foi chrétienne dans le Dieu Créateur (le créationnisme saint et juste). L’Assemblée l’a acceptée, mais en rappelant que toute ce débat, indépendamment de ses intentions et conceptions, n’était pas de façon générale, nécessaire. L’Assemblée a décoré le patriarche de Serbie Irénée de l’ordre de saint Jean Vladimir, et l’évêque de Šabac Laurent, à l’occasion du cinquantenaire de son sacre épiscopal, de l’ordre de Saint Sava du premier degré. Quasiment tous les diocèses vacants de l’Église orthodoxe serbe ont reçu leur évêque. Mgr Chrysostome, jusqu’à maintenant évêque de Zvornik et Tuzla, est nommé métropolite de Dabro-Bosna ; Mgr Photius, jusqu’à maintenant évêque de Dalmatie est nommé évêque de Zvornik et Tuzla ; l’archimandrite Nicodème (Kosović), jusqu’à présent recteur du monastère de Krk, est nommé évêque de Dalamatie ; Mgr Athanase, jusqu’à présent évêque de Bihać et Petrovac, est nommé évêque de Mileševo ; Mgr Serge, jusqu’à maintenant évêque de Francfort et de toute l’Allemagne, est nommé évêque de Bihać et Petrovac, Mgr Arsène, jusqu’à présent évêque vicaire de Toplica, est nommé évêque de Niš, tandis que l’évêque d’Autriche et de Suisse André est nommé administrateur du diocèse de Francfort et de toute l’Allemagne. Le mandat de membre du Synode des évêques de Bačka Irénée et de Ras et Prizren Théodose venant à expiration, ceux-ci restent néanmoins membres suppléants, et à leur place, sur proposition du patriarche de Serbie Irénée, sont élus le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre et l’évêque de Valjevo Miloutine ».

Communiqué rédigé par l’évêque de Bačka Irénée, porte-parole de l’Église orthodoxe serbe.

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23 mai

23 mai

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831) ; sainte Marie de Cléopas (Ier s.) ; saint Didier, évêque de Langres, martyr avec plusieurs compagnons (407) ; saint Syagre, évêque de Nice (787) ; ; saint Michel, moine, martyr (IXème s.) ; saint Damien (ou Démétré) de Garedja, roi de Géorgie (1157) ; sainte Euphrosynie, abbesse à Polotsk (1173) ; saint Païssios de Galitch (1460)

SAINT MICHEL, ÉVÊQUE DE SYNADE

Saint Michel, évêque de Synades en Phrygie, confesseur (831)

Originaire de Synades en Phrygie, saint Michel quitta de bonne heure sa patrie pour Constantinople, où il se lia d’amitié spirituelle avec saint Théophylacte [8 mars], alors secrétaire de saint Taraise [25 fév.]. Les deux jeunes gens montraient une si grande unité de sentiments qu’on ne croyait voir en eux qu’un seul Homme nouveau. Lorsque saint Taraise, ayant revêtu l’Habit monastique, fut élevé à la dignité patriarcale, les deux amis devinrent moines à leur tour dans le monastère qu’il avait fondé sur le Bosphore. Rivalisant dans les combats ascétiques, ils progressèrent rapidement dans la vertu, qu’ils relevaient par le glorieux ornement de l’humilité et de la gaieté permanente de l’âme.

Taraise, informé de leurs hauts-faits, les nomma skevophylax de la Grande Église et, peu après, il parvint à leur faire accepter, à contrecœur, la consécration épiscopale : Théophylacte comme métropolite de Nicomédie et Michel pour devenir le pasteur de sa patrie, Synades (vers 784). Proclamant droitement la parole de la vérité, tant par ses enseignements que par sa vie, doux, patient et miséricordieux, ayant vaincu la colère, ce bon pasteur fit ériger églises et monastères, et fonda des hospices et des établissements de bienfaisance pour venir en aide aux malades, aux déshérités et aux étrangers. Il assista au Second Concile de Nicée (787), où il y soutint la doctrine orthodoxe sur la vénération des saintes icônes, puis de retour dans son diocèse, il reprit paisiblement son œuvre pastorale.

En 806, année où le patriarche saint Nicéphore [2 juin] succéda au défunt saint Taraise, saint Michel fut mis à la tête d’une ambassade envoyée par l’empereur Nicéphore (802-811) auprès du calife Haroun-al-Raschid, au cours de laquelle il fit preuve de toutes ses qualités d’homme de paix et de conciliation. À l’automne 811, il fut envoyé à Rome, comme légat du patriarche Nicéphore, afin de présenter au pape ses lettres synodiques et de s’assurer de son soutien quant à la vénération des saintes icônes. L’année suivante, il fut reçu par Charlemagne à Aix-la-Chapelle et obtint un traité de paix.
Lorsque, après deux années de règne, le nouvel empereur, Léon V l’Arménien (813-820), dévoila ses sombres desseins et renouvela la persécution contre les saintes icônes, saint Michel se rangea aussitôt parmi les défenseurs de la vraie foi, réunis autour du patriarche Nicéphore : Euthyme de Sardes [26 déc.], Joseph de Thessalonique [14 juil.], Émilien de Cyzique [8 août], Théophylacte de Nicomédie et bien d’autres, clercs, moines et laïcs, qui se tenaient prêts à verser leur sang pour la piété. Ils se présentèrent devant le souverain et tentèrent de le faire revenir à la raison, tant par des arguments tirés des saints Pères, qu’en lui rappelant le soutien que leur assurait l’Église de Rome. Mais ce fut en vain et, aveuglé de fureur, le tyran les fit arrêter et envoyer en exil, loin les uns des autres, avec interdiction de correspondre. Saint Michel fut alors relégué à Eudocias, en Phrygie, où il resta plus de dix ans, souffrant tous les mauvais traitements avec actions de grâces et priant pour ses persécuteurs. Il n’en cessait pas pour autant de défendre la foi orthodoxe et de venir en aide aux malheureux, et il maintenait inchangé son programme de vie ascétique et de prière nocturne. Il accomplit là de nombreux miracles, guérissant par sa prière les hommes comme les animaux domestiques, et par le miel de ses paroles, il réussit à adoucir et à convertir les habitants rudes et grossiers de cette région retirée.

L’empereur, ayant appris que l’exil tournait pour le saint à un surcroît de gloire, ordonna de le transférer dans des régions plus éloignées. Errant ainsi de lieu en lieu, l’homme de Dieu parvint à une contrée infestée d’une multitude de rats qui ravageaient les récoltes. Il expliqua aux habitants que ce fléau avait été envoyé par Dieu en châtiment de leurs péchés, et il leur ordonna de jeûner pendant trois jours et de se repentir. Ce délai écoulé, il les invita à se rendre, tous ensemble, dans les champs. Pendant que le peuple clamait le Kyrie eleison, le saint se tenait à genoux et intercédait pour eux, les mains et les yeux tournés vers le ciel. Aussitôt, un tremblement de terre secoua la région et toutes les bestioles périrent.

Passant en un autre lieu, Eurantisia, les habitants le supplièrent de prier Dieu pour qu’il les délivre des sauterelles, en nombre infini, qui ruinaient toutes leurs cultures ainsi que leurs arbres fruitiers, et les menaçaient de disette. Le saint passa la nuit en prière et, au petit matin, il prit la tête d’une procession, à laquelle participait tout le peuple de la contrée, en chantant le Kyrie eleison. Les sauterelles se groupèrent alors en un nuage dense et sombre, qui s’éleva dans les airs et disparut.
Le saint continua ses périples, répandant la miséricorde de Dieu sur les hommes et sur leurs cultures. Finalement, après avoir passé quelque temps en prison à Constantinople, il fut de nouveau exilé sur les rives du lac de Nicomédie, là où d’autres confesseurs de la foi attendaient que le bon plaisir de l’empereur Michel le Bègue leur permît de rejoindre leurs diocèses ou leurs monastères. Âgé de plus de quatre-vingts ans, épuisé par les épreuves, saint Michel n’en continuait pas moins de prier pour l’empereur, pour la paix de l’Église, pour le salut du monde et pour l’abondance des fruits de la terre. Le lundi de Pentecôte 826, au sortir d’un repas où il avait convié saint Théodore Stoudite, son ami de longue date, avec lequel il n’avait pas cessé d’entretenir une correspondance pendant son exil, le saint prélat, saisi d’un malaise, fut contraint de s’aliter. Le lendemain, Théodore le trouva en proie à d’atroces souffrances et, le troisième jour, mercredi de la Pentecôte, saint Michel, ayant perdu l’usage de la parole, remit son dernier soupir en présence de son ami et compagnon de lutte, après quarante ans d’épiscopat. Son corps étendu sans vie avait, écrit Théodore , l’aspect d’un ange et resplendissait des reflets de la lumière divine, que tant d’années de prière et de contemplation y avait imprimés.

La relique de son précieux chef, offerte en présent à la Grande Lavra de saint Athanase au Mont Athos par l’empereur Basile II et son frère Constantin VIII (978), y reste vénérée jusqu’à nos jours, et elle continue d’accomplir de nombreux miracles pour préserver les cultures des animaux nuisibles, tant celles du monastère que des régions où elle est envoyée.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Résurrection du 5ème ton
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Kondakion du saint, ton 4
Comme un grand soleil tu t’es levé * pour répandre sur tous * la clarté de tes vertus * et l’éclat de tes miracles, Père saint, * homonyme du grand-prince des armées célestes.

Kondakion de l’Aveugle-né, ton 4
Les yeux de mon âme étant aveugles, je viens à Toi, ô Christ, comme l’aveugle de naissance, et dans le repentir je Te clame : Tu es la Lumière très éclatante pour ceux qui sont dans les ténèbres.

Évangile DU JOUR
(Jn XII, 19-36)

Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres: Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui. Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s’adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance: Seigneur, nous voudrions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. Jésus leur répondit: L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?… Père, délivre-moi de cette heure?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c’était un tonnerre. D’autres disaient: Un ange lui a parlé. Jésus dit: Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre; c’est à cause de vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. – La foule lui répondit: Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu: Il faut que le Fils de l’homme soit élevé? Qui est ce Fils de l’homme? Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s’en alla, et se cacha loin d’eux.

Le patriarche de Roumanie Daniel a présidé la canonisation des saints de Putna (vidéo)

Le dimanche 14 mai a eu lieu la canonisation des saints de Putna (Roumanie)  : le métropolite Jacob de Putna (Moldavie, 1719-1778), les saints moines Sila, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria de Putna (XVIIIème s.). La liturgie était présidée par le patriarche de Roumanie Daniel, assisté de dix-huit hiérarques de l’Église orthodoxe roumaine, de plusieurs prêtres et diacres, devant une assistance nombreuse. À l’issue de la divine liturgie a eu lieu la proclamation solennelle de la canonisation des saints de Putna. On peut visionner ici l’intégralité de la liturgie et la lecture du tomos de canonisation par l’évêque de Huşi Corneille.

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La canonisation des saints de Putna (Roumanie) aura lieu au mois de mai

Cette année, au milieu du moi de mai, aura lieu la canonisation des saints de Putna. Il est question du métropolite Jacob de Putna (Moldavie, 1719-1778), des saints moines Sila, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria de Putna (XVIIIème s.). L’événement aura lieu à Putna. Ces saints seront fêtés la première fois les 15 et 16 mai. La canonisation de ces quatre personnalités représentatives de la vie spirituelle roumaine du XVIIIème siècle a été décidée par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine réuni en séance de travail en la résidence patriarcale du 6 au 7 juin 2016. Les propositions de canonisation ont été faites par l’archevêché de Suceava et de Rădăuți et ont reçu l’avis favorable du Synode métropolitain du diocèse de Moldavie et de Bucovine lors de sa séance du vendredi 20 mai 2016. Le métropolite Jacob de Putna est né le 20 janvier 1719 en Bucovine. Il est connu pour l’impression de livres ecclésiaux. Il a en outre imprimé des manuels scolaires en langue roumaine, promouvant ainsi l’enseignement en langue maternelle. Il est décédé le 15 mai 1778. Les saints moines Sila, Païssios et Nathan ont vécu dans l’ascèse au XVIIIème siècle au monastère Sihăstria de Putna, lieu d’hésychia stricte, où se retiraient de préférence les moines de Putna.

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Message de Pâques 2017 du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

Christ est ressuscité  

Christ est ressuscité des morts,
Par la mort Il a vaincu la mort,
A ceux qui sont dans les tombeaux
Il a donné la vie
(Tropaire de Pâques)

Chers frères et sœurs,

Pâques est la plus grande fête chrétienne, fête de la foi, de la vie et de toute bénédiction divine. Toute notre foi est dans Pâques, et Pâques dans notre foi. C’est pourquoi le saint apôtre Paul, l’éducateur du peuple, qu’on peut aisément désigner comme le plus grand prédicateur de la Résurrection, du Christ comme de la nôtre, affirme catégoriquement : Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi, avant d’ajouter : Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 17-20). La foi en la Résurrection du Christ constitue l’essence de la prédication et de l’enseignement chrétiens, le fondement de l’Eglise, de sa liturgie et de sa théologie.

Au sein de l’Ecriture Sainte, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la Résurrection est le thème central. Elle recouvre deux conceptions étroitement liées entre elles : la résurrection générale des morts à la fin de l’histoire humaine (Is26,19) et la Résurrection du Christ annoncée par les prophètes vétéro-testamentaires (Ps 15,10) et établie dans les prédications des saints apôtres (Ac 2, 23-24).

L’Ancien Testament nous parle en de nombreux endroits, avec ses mots et ses images, de la résurrection. Le prophète David en témoigne dans ses psaumes (Ps 15,9 ; 16,15). Job qui a tant souffert crie vers Dieu en ayant foi en la résurrection : je sais, moi, que mon Défenseur est vivant…je verrai Dieu…celui que mes yeux regarderont ne sera pas un étranger (Jb 19, 25-27). Le prophète Jonas est le prototype de la Résurrection en trois jours du Christ (Mt 12,40). La vision la plus célèbre de résurrection des morts dans l’Ancien Testament se trouve dans le livre du prophète Ezéchiel : inspiré par l’Esprit de Dieu, il voit revivre des ossements desséchés, qui retrouvent ensuite leur corps d’homme (Ez 37,1-10). Cette vision a imprégné le cœur de tous les fidèles Hébreux de l’Ancien Testament ; elle était inséparable de la foi en la venue du Messie et de Sa Résurrection (Is 53,10).

Le Nouveau Testament, de son côté, est tout entier dans le mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Cela nous est confirmé par les saints évangélistes dans leur récit bouleversant des épisodes ultimes de la vie du Christ qui se sont déroulés à Jérusalem : Sa comparution au tribunal devant Pilate, Sa Crucifixion, Sa mort sur la croix, mais aussi Sa glorieuse Résurrection (Mt 27-28 ; Lc 23-24). Les premières rendues dignes de devenir témoins de la Résurrection du Christ furent les femmes myrrophores (Mc 16, 1-2), puis les saints apôtres et la plénitude de l’Eglise primitive. Ils furent rejoints par les martyrs paléo-chrétiens, puis tous les martyrs et néo-martyrs ultérieurs, témoins véritables de la Résurrection du Christ ainsi que les Pères de l’Eglise qui, par leurs saints conciles, le Symbole de foi de Nicée-Constantinople et tout leur enseignement dogmatique, nous ont laissé la foi en la résurrection. L’Eglise est témoin que le Christ est avec nous jusqu’à la fin de l’âge (Mt 28,20). Elle en témoigne en particulier dans la sainte Liturgie, qui est célébrée en mémoire de « la mort et de la Résurrection du Christ ». Dans la sainte Liturgie, le Christ Ressuscité nous est offert à travers la sainte Communion. C’est pourquoi nous devons être les enfants de la Résurrection ! Vivons dans la Résurrection du Christ et ne laissons rien, selon les paroles du saint apôtre Paul, nous séparer de Son amour (Rm 8,35) !

Le grand starets russe, saint Séraphin de Sarov, avait pour habitude, tout au long de l’année, de saluer les pèlerins venus dans son monastère, par ces mots : « Christ est ressuscité, ma joie ! » Afin d’atteindre cet état spirituel, nous devons, selon les paroles du saint évêque Nicolas, « vénérer dans notre vie la Crucifixion du Christ, non par habitude, mais comme la nôtre, et Ses plaies comme nos propres plaies ».

Le cœur plein de tristesse et de douleur, nous devons dire que le monde actuel ne suit pas la route de la résurrection, mais davantage celle de la mort et du désespoir. En disant cela, nous songeons au fait qu’en Serbie, chaque année voit mourir l’équivalent d’une grande ville, parce que la mortalité est nettement supérieure aux naissances. Ce constat est une source de pleurs et de lamentations, mais aussi un signe pour donner l’alerte. Quelque chose doit être fait pour que cette route vers la mort s’arrête. C’est Rachel pleurant ses enfants ; et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus (Mt 2,18). L’avortement, toujours et partout, y compris dans notre peuple, constitue un péché mortel qui crie vers le ciel. Cessons de tuer nos propres enfants dans le sein de leur mère ! Eux aussi ont droit à la vie et à la résurrection. On se demande où sont les valeureux « combattants pour les droits de l’homme » afin de défendre les plus faibles, qui sont précisément les enfants non encore nés qui se trouvent encore dans le sein de leur mère ? Quittons, frères et sœurs, le pays du péché et de la mort, comme l’Israël vétérotestamentaire à la sortie d’Egypte, et Dieu nous accordera toute bénédiction spirituelle afin d’être le peuple du Dieu Vivant. Que les larmes joyeuses des nouveaux – nés, l’emportent sur les cris impuissants de la mort ! Que la Serbie – et le monde entier – devienne de nouveau un grand berceau ! Revenons avec foi dans la vie, revenons à la Résurrection !

Chers frères et sœurs, la sainte Eglise orthodoxe est notre Mère spirituelle. Elle veille sur ses enfants sans tenir compte des lieux où ils vivent ; elle s’étend de tous côtés avec ses fils et ses filles, afin que tous ensemble accèdent à la Résurrection. Réjouissons-nous avec ceux qui se réjouissent et soyons affligés avec les affligés, en portant les fardeaux les uns des autres, car c’est ainsi que nous accomplirons la loi du Christ (Ga 6,2). Le saint starets Sophronie (Saharov) affirme que le respect des commandements de Dieu écartèle le vieil homme en nous et ressuscite le nouveau, conçu à l’image de Dieu, notre Créateur et Sauveur. Saint Basile le Grand évoque, dans le même esprit, la portée transfiguratrice du carême et dit que les anges de Dieu inscrivent les noms de ceux qui accomplissent tout le Grand carême car ce faisant, ils renoncent à tout ce qui est terrestre et éphémère afin d’accéder à l’éternel et à l’impérissable, c’est-à-dire à la résurrection. En suivant les commandements de Dieu, nous exprimons et confirmons notre amour envers le Christ (Jn 14,15), mais aussi envers nos proches(Mt 22,40).

Le monde contemporain a grandement accepté une autre philosophie, celle du large chemin qui mène à la perdition (Mt 7,13). On essaie de remplacer les vertus chrétiennes par un humanisme apparent et la spiritualité mensongère de l’Extrême-Orient. Toutes les fausses religions et para-religions, philosophies et fausses philosophies, idéologies et mythologies modernes, sont elles-mêmes esclaves de la mort ; elles condamnent les êtres humains à la mort, dans la mesure où elles croient que l’homme est un « être destiné à la mort », non un être destiné à la vie éternelle ; elles le font d’autant plus qu’elles poussent les hommes au meurtre et au suicide, de façon instantanée (dans la guerre et dans les règlements de compte « pacificateurs » et sanglants) ou prolongée (par une vie de débauche et de vices, notamment dans l’esclavage de la drogue). Nous vivons à une époque où on essaie de proclamer que le mal est le bien, que le bien est le mal, et que le péché, selon les paroles du saint starets Païssios l’Athonite, est quelque chose de moderne et d’acceptable. A la place des exemples de vertu et d’honnêteté, on propose des idoles et des anti-héros, l’indiscipline à l’égard des parents et le rejet de toute autorité. La responsabilité de l’Eglise est grande, comme l’est celle de toutes les institutions éducatives de ce pays, car il faut aider la jeunesse à trouver la voie d’une vie authentique et de la résurrection. Enseignons aux enfants d’être semblablesau jeune homme de l’Evangile qui avait demandé au Seigneur : Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? Ce jeune homme obtint la réponse suivante du Christ : Observe les commandements ! (Mt 19, 16-17). Telle est la voie du salut, celle de la résurrection !

Paternellement, nous invitons tous ceux qui se sont éloignés pour telle ou telle raison de l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, à revenir sous son égide. Le péché du schisme et de l’hérésie est terrible.Selon les saints Pères, même le sang des martyrs ne peut le laver.Pardonnons-nous les uns aux autres à cause de la Résurrection et redevenons frères au sein de la sainte Eglise, seul vaisseau porteur du salut !

Avec la salutation de Pâques, nous saluons tous nos enfants spirituels dans la patrie et la diaspora et prions le Seigneur Ressuscité qu’Il accorde à tous la joie de la Résurrection. Nous saluons particulièrement notre peuple du Kosovo-Métochie crucifié, partie inséparable de la Serbie, dont les sanctuaires sont les gardiens non seulement de l’Orthodoxie serbe mais aussi du christianisme en Europe. Le Kosovo a été et restera nôtre, car Dieu qui ne se trouve pas dans la force mais dans la justice, est en mesure de nous rendre ce qu’on essaie de nous arracher par la force.

Qu’avec cette fête de Pâques, la Serbie ressuscite ainsi que tout le peuple serbe, comme l’ont écrit nos poètes populaires. Que Dieu accorde que les hommes qui dirigent et maintiennent l‘Etat, soient inspirés par l’esprit de la Résurrection et la foi dans la victoire du bien sur le mal ! Que le Seigneur Ressuscité, Vainqueur de la mort et Source-de-vie, accorde tout bien à ce peuple, c’est-à-dire tout le genre chrétien et orthodoxe ainsi qu’à tous les hommes de bonne volonté, afin que tous ensemble, nous puissions avoir l’avant-goût de la joie de la vie à venir, la joie de la résurrection et de la vie éternelle !

CHRIST EST RESSUSCITĖ ! 

Au patriarcat serbe, à Belgrade – Pâques 2017

Le patriarche serbe Irénée et tous les évêques de l’Eglise orthodoxe serbe

 

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

15 mars

15 mars
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (I, 20-33)

La Sagesse chante dans les rues ;
elle parle librement au milieu des places.
Et du haut des remparts elle crie comme un héraut,
et elle siège devant les portes des riches ;
et aux portes de la cité, pleine d’assurance, elle dit :
tant que les innocents s’attacheront à la justice, ils ne seront point humiliés ; quant aux insensés, pleins de désirs honteux, devenus impies,
ils haïssent la science, et sont exposés aux opprobres.
Voilà que je vais proférer pour vous les paroles de mon esprit ;
je vais vous enseigner mes discours.
J’ai appelé, et vous n’avez point obéi ;
j’ai parlé longuement, et vous n’étiez pas attentifs ;
mais vous avez mis à néant mes conseils,
et vous avez été rebelles à mes réprimandes.
Aussi moi je rirai au jour de votre perte,
et je me réjouirai quand viendra votre ruine, et quand soudain le trouble fondra sur vous,
et que votre catastrophe sera là comme une tempête,
et quand viendra sur vous la tribulation et l’oppression, et enfin la mort. Car alors vous m’invoquerez ; mais moi je ne vous écouterai point ;
les méchants me chercheront, et ils ne me trouveront pas.
Car ils haïssent la Sagesse ;
et ils n’ont point choisi de préférence la parole du Seigneur.
Et ils n’ont point voulu être attentifs à mes conseils ;
et ils se sont raillés de mes reproches.
Aussi mangeront-ils les fruits de leurs voies ;
et ils se rassasieront de leur propre impiété.
Car ils seront mis à mort, pour avoir fait tort aux petits ;
et l’examen de leur cause perdra les impies.
Tandis que celui qui m’écoute s’abritera sous l’espérance,
et se reposera sans avoir à craindre aucun mal.

Staretz Ephrème de Vatopaidi : orthodoxie et Internet

Le développement forcené de la technologie de l’information au cours des deux dernières décennies a vraiment produit des résultats inattendus, dont nous ne pouvions même pas rêver dans les années septante et même dans les années huitante.

L’Internet, le courrier électronique, les ressources Web, les réseaux sociaux: ils font partie de notre vie quotidienne, du travail, de la science, de l’éducation, de l’art et du divertissement. L’Internet nous a permis de réduire ou même d’abolir la distance. Ainsi, les nouvelles peuvent être transmises par Internet d’une extrémité de la terre à l’autre en quelques secondes – nous avons tous eu cette expérience.

Les conversations, parfois même impliquant le contact visuel, se déroulent maintenant sans à-coups, indépendamment de la distance. La seule condition est que l’utilisateur ait accès à Internet. En effet, l’utilisation d’Internet est si simple que tout enfant ou personne âgée peut facilement l’utiliser.

De la même manière, la Parole de Dieu peut être transmise partout dans le monde. De cette façon, ce qui se passe ici à Athènes devant un public de 100 personnes peut être enregistré et envoyé à des milliers, voire des millions d’utilisateurs, ou même transmis en ligne, comme cela se passe maintenant avec notre conférence.

Mais nous devons nous rendre compte que la Parole de Dieu n’est pas une simple parole humaine, mais porte l’Energie Divine, qui peut spirituellement raviver l’homme et vraiment le réconforter – et cela peut se passer par l’Internet. Nous connaissons de nombreux cas où diverses personnes – athées, idolâtres de l’Inde, du Japon et du Népal – ont trouvé l’Orthodoxie par Internet et sont nées à nouveau, parce qu’elles ont trouvé la vérité qu’elles cherchaient dans cette vie; Elles ont trouvé le Christ.

Il n’y a pas si longtemps, l’acteur hollywoodien Jonathan Jackson a visité notre monastère. Je lui ai demandé comment il est devenu orthodoxe. Il m’a dit que l’Internet l’avait beaucoup aidé. D’autre part, grâce à Internet, les chrétiens qui avaient quitté Dieu sont retournés à Lui, se sont trouvés et ont trouvé leur place dans ce monde.

Il y a des gens qui étaient au bord de la frustration absolue et, après avoir écouté quelques entretiens sur Internet, ils ont trouvé la force spirituelle nécessaire et l’espoir, et ils se développent maintenant spirituellement.

Bien sûr, la Parole orthodoxe de Dieu est moins présente sur Internet par rapport à d’autres paroles. Quand je parle d’autres paroles, je parle de la science, de l’économie, de la politique, et même de phénomènes tels que la mode, le show-business ou même certaines ressources corrompues qui, malheureusement, sont souvent visitées.

Il me semble qu’aujourd’hui la Parole de Dieu doit avoir en ligne une présence forte et puissante. La majorité des gens aujourd’hui sont désorientés, tombant constamment dans une impasse. À cette époque, seule la Parole de Dieu peut consoler l’homme, l’informer et lui assurer la possibilité de la vie éternelle. La Parole de Dieu transmise par Internet peut avoir une fonction de guérison pour l’homme.

La création de bibliothèques numériques au contenu pertinent peut et doit être encouragée et multipliée. Le patrimoine et la sagesse des saints Pères, avec leurs textes remarquables, doivent être utilisés autant que possible de la manière la plus moderne et la plus optimale. La numérisation et la catégorisation des saints Pères permettent aux internautes de trouver des textes et des informations sur des sujets qui les intéressent. De plus, la numérisation et la promotion à travers les pages Web de la Parole de Dieu, en particulier les enseignements des saints Pères ainsi que des startsy du XXe siècle apporteront un bénéfice spirituel à nos contemporains.

Le staretz Ephraïm de Katounakia a dit: « Oh, qu’il est dommage qu’il n’ait pas été possible d’enregistrer les paroles du staretz Joseph? » Nous comprenons qu’il est vraiment important que les choses soient dites par des gens qui ont vécu et acquis une expérience personnelle dans le combat spirituel invisible.

Saint Païssios a dit: « Notez tout ce que vous entendez de spirituel, ainsi que l’expérience que vous avez entendue des autres, parce que viendra un moment où cette expérience sera épuisée, et vous aurez une déficience spirituelle. » En effet, au cours des dernières années, la publication de livres de contenu théologique, en particulier en Grèce, mais aussi dans d’autres pays orthodoxes, a connu une forte croissance.

Mais, malheureusement, il y a des orthodoxes qui, en raison des barrières linguistiques, n’ont pas accès à ces précieux textes. En outre, le livre ordinaire, imprimé sur papier, est maintenant dans une grave crise. Dans le même temps, les ventes de livres électroniques sont de plus en plus fréquentes. Par conséquent, nous pouvons dire que nous pouvons utiliser cette tendance. Nous pouvons dire que tout cela est bon et agréable à Dieu, quand tout fonctionne correctement.

Internet est un outil moderne qui favorise la mondialisation. Ceux qui voudraient répandre leurs idées sur l’histoire mondiale, l’économie mondiale, un État mondial et un leader mondial savent comment utiliser l’Internet – et, en fait, ils l’utilisent à un niveau élevé. Pourquoi ne devrions-nous pas, nous orthodoxes, utiliser cet instrument pour promouvoir le rôle mondial de l’Orthodoxie? Pourquoi ne pas l’utiliser pour unir les orthodoxes et leur mission dans le monde connu?

La bonne utilisation de l’Internet dépend de l’utilisateur. Bien sûr, l’Internet ne peut pas remplacer le contact vivant. Bien sûr, personne ne peut atteindre un niveau donné de spiritualité à travers l’Internet seul.

L’Orthodoxie est centrée sur la personne. La priorité va également à la valeur essentielle de la personne, à la personne individuelle. L’Internet est un outil, un instrument qui nous aide et nous est bénéfique – mais pour que les fidèles mènent une vie spirituelle authentique, il est nécessaire qu’ils aient un contact personnel avec leur père spirituel.

De la même manière, il est essentiel de communiquer avec les autres frères, afin de faire l’expérience de l’amour et de participer à tous les Mystères de l’Église. Bien sûr, il y a aussi des cas où l’utilisation excessive d’Internet, même à des fins spirituelles et bonnes, peut créer la dépendance, entraînant un isolement asocial et un effet nuisible sur la personnalité. Ainsi, l’Internet peut avoir des résultats négatifs: au lieu de conduire l’utilisateur à être plus proche de Christ, cela peut, au contraire, le détourner de Dieu. C’est pourquoi nous avons la grande responsabilité de promouvoir et de partager la Parole de Dieu en utilisant les méthodes les plus créatives, les plus utiles et les plus modernes – mais nous devons également informer notre troupeau sur l’utilisation profitable de l’Internet en soulignant tous les effets négatifs que peut engendrer l’utilisation abusive de cette technologie.

C’est l’un des objectifs de notre conférence qui, pour la première fois, se déroule au niveau international pour les orthodoxes. C’est une grande bénédiction que la première de ces conférences ait lieu dans notre pays. Je tiens à remercier les organisateurs: le journal en ligne «Pemptousia», ainsi que les ressources en ligne et «Bogoslov» de Russie. Notre monastère soutient toujours avec beaucoup d’amour et d’intérêt l’activité de l’Institut « Saint Maxime le Grec ». Nous espérons que cette conférence sera en mesure de faire face aux défis du monde moderne et que tous les participants utiliseront ces nouvelles technologies et Internet pour leur bénéfice spirituel.

Le Christ est ressuscité! Je vous remercie.

Version française Claude Lopez-Ginisty d’après Pravmir (reprise discours de Père Ephraim de Vatopaidi à la conférence internationale de mai 2015 à Athènes)

8 janvier (ancien calendrier)/21 janvier (nouveau)

8 janvier (ancien calendrier)/21 janvier (nouveau)

Après-fête de la Théophanie. Saints Georges de Chozéba (VIIème s.) et Émilien le Confesseur (IXème s.) ; sainte Dominique de Constantinople (vers 474) ; saint Lucien, prêtre, saints Maximien et Julien, martyrs à Beauvais (vers 290) ; saint hiéromartyr Cartère, prêtre à Césarée de Cappadoce (304) ; saints martyrs Julien, Celse, Antoine, Anastase, martyre Basilisse et Marionille, les sept enfants et les 20 soldats (313) ; saint Eugénien, évêque d’Autun, martyr (vers 340) ;saints martyrs Théophile, diacre et Hellade (IVème s.) ; saint Patient, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Agathon, ascète au désert de Scété (IVème s.) ; saint Élie d’Égypte (IVème s.) ; saint Félix, évêque de Nantes (582) ; saint Grégoire, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1093) ; saint Grégoire, reclus de de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint hiéromartyr Isidore, prêtre et avec lui 72 autres martyrs à Youriev (1472) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint martyr Abo de Tiflis en Géorgie (vers 790) ; sainte Gudule, vierge, patronne de Bruxelles (712) ; saints néomartyrs de Russie : Victor (Oussov), prêtre (1937) ; Démètre (Plychevsky), Vladimir (Pasternatsky), prêtres, Paphnuce (Kostine), moine, Michel (Novoselov), martyr (1938) ; Basile (Arkhanguelsy), prêtre (1939) ; Jean (Malychev), martyr (1940) ; saint Michel (Rozov), confesseur, prêtre (1941).

SAINTE DOMINIQUE

Qainte Dominique de Constantinople (vers 474)

Sainte Domnique (ou Domnine) — dont le nom rappelle le Seigneur (Dominus) — était originaire de Rome et fut élevée dans la piété et l’amour de la vertu. Prenant conscience de la vanité de la vie terrestre au regard des biens qui sont promis au Ciel pour ceux qui auront suivi le Sauveur, elle s’enfuit secrètement de la maison familiale et s’embarqua à Ostie sur un navire en partance pour Alexandrie.
Parvenue dans cette métropole de la sagesse, elle fut conduite par la divine Providence vers une demeure fortifiée où vivaient quatre jeunes vierges païennes. Feignant d’être elle aussi adonnée au culte des idoles, elle se joignit à elles. Sa conduite était une vivante exhortation à la vertu, et elle profitait de toute occasion pour instruire ses compagnes dans la voie évangélique. La nuit venue, elle se retirait pour prier avec larmes pour leur salut. Au bout de quelque temps, admiratives devant un tel modèle de perfection, les quatre jeunes filles décidèrent d’abandonner les faux dieux pour embrasser la foi de Domnique. Celle-ci se réjouit grandement de constater leur ardeur et leur suggéra de renoncer, non seulement aux mythes païens, mais aussi à tout attachement à ce monde de vanité et de prendre leur croix pour suivre le Seigneur sur la voie de la perfection. Elles consentirent de tout leur cœur à cette proposition, mais se demandaient comment il serait possible de sortir de la forteresse où elles étaient enfermées. Domnique éleva alors une ardente prière vers Celui qui a brisé les verrous de l’enfer, et aussitôt les portes de la demeure s’ouvrirent d’elles-mêmes. Rendant gloire à Dieu, les cinq vierges s’enfuirent en pleine nuit et se rendirent au quartier du Phare, où elles embarquèrent sur un bateau à destination de Constantinople. Peu après leur départ, le navire fut pris dans une terrible tempête, que saint Domnique calma en versant un flacon d’huile sur les flots déchaînés.
Quand elles arrivèrent, quelques jours plus tard, au port Sophien de Constantinople, l’archevêque saint Nectaire [11 oct.], qui avait été averti de leur arrivée par la vision d’un ange, les accueillit avec son clergé. La sainte lui raconta son histoire et lui présenta ses compagnes, que le patriarche baptisa en leur donnant les noms de Dorothée, Évanthia, Nonna et Timothéa, et il les installa dans un monastère.
La renommée de la vie céleste de sainte Domnique et de son enseignement plein de sagesse ne tarda pas à se répandre dans la capitale, et de nombreux malades qui venaient à elle trouvaient la guérison de leurs maux, notamment les possédés. Cette réputation parvint jusqu’à l’empereur Théodose le Grand, qui vint lui rendre visite avec l’impératrice et toute la cour. À la suite de cette visite, les foules de fidèles ne cessaient de croître autour du monastère, ne laissant plus de loisir à la sainte et à ses disciples pour jouir du calme et du silence nécessaires à la prière. Dieu révéla alors à Domnique un lieu retiré et désert, que tous fuyaient à cause des démons qui le hantaient et parce qu’il servait de lieu d’exécution pour les criminels. Comme elle avait fait la demande à saint Nectaire de fonder là un monastère, le prélat lui opposa un ferme refus, jusqu’au moment où il comprit qu’une telle idée lui avait été suggérée par une inspiration divine. Il transmit donc sa requête au souverain qui prit toutes les mesures nécessaires pour construire au plus vite un monastère et un oratoire dédié au prophète Zacharie.
Une fois les travaux achevés, saint Nectaire proposa de faire la consécration du saint établissement, le 26 janvier (388), mais la sainte insista pour que la cérémonie ait lieu deux jours avant, le 24. Le prélat obtempéra et, à l’issue de la consécration, il conféra à la sainte l’ordination de diaconesse et la nomma supérieure de la communauté. Deux jours plus tard, la prophétie de la sainte se réalisa, et la cité fut agitée par des troubles sanglants provoqués par les ariens.
Ajoutant à ses miracles et ses guérisons le don de prophétie, sainte Domnique était devenue un véritable oracle pour la cité. C’est ainsi qu’elle reçut la révélation de la mort de l’empereur Théodose et des malheurs qui allaient la suivre. Ayant achevé sa course, après avoir illuminé la cité impériale de ses miracles et de son enseignement, elle tomba malade et appela à son chevet Dorothée, pour lui confier son troupeau spirituel. Elle éleva ensuite une ardente prière vers le Seigneur pour qu’Il protège son monastère et la cité gardée de Dieu. Dès que la sainte eut remis son âme à Dieu, un tremblement de terre agita l’endroit. Les moniales sortirent effrayées et virent dans le ciel une foule innombrable de moines et de moniales, vêtus de blanc, qui escortaient sainte Domnique, parée comme une épousée. Au milieu des hymnes d’acclamation, une voix retentit alors du haut du ciel, en disant : « C’est ainsi que les saints sont glorifiés au temps convenable ! »
Par la suite de nombreux miracles s’accomplirent auprès du tombeau de la sainte. Un jour, alors que le monastère était menacé par un incendie, on vit apparaître sainte Domnique et le prophète Zacharie qui repoussaient les flammes de l’église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Kondakion de Saint Georges de Chozéba, ton 4
Tu fus un flambeau très lumineux, ô Georges, illuminant par l’aurore divine ceux qui t’acclament fidèlement : prie pour nous le Christ notre Maître qui est apparu dans les flots et a illuminé le genre humain.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc XII, 38-44)

Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.

8 janvier

8 janvier

Après-fête de la Théophanie. Saints Georges de Chozéba (VIIème s.) et Émilien le Confesseur (IXème s.) ; sainte Dominique de Constantinople (vers 474) ; saint Lucien, prêtre, saints Maximien et Julien, martyrs à Beauvais (vers 290) ; saint hiéromartyr Cartère, prêtre à Césarée de Cappadoce (304) ; saints martyrs Julien, Celse, Antoine, Anastase, martyre Basilisse et Marionille, les sept enfants et les 20 soldats (313) ; saint Eugénien, évêque d’Autun, martyr (vers 340) ;saints martyrs Théophile, diacre et Hellade (IVème s.) ; saint Patient, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Agathon, ascète au désert de Scété (IVème s.) ; saint Élie d’Égypte (IVème s.) ; saint Félix, évêque de Nantes (582) ; saint Grégoire, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1093) ; saint Grégoire, reclus de de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint hiéromartyr Isidore, prêtre et avec lui 72 autres martyrs à Youriev (1472) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint martyr Abo de Tiflis en Géorgie (vers 790) ; sainte Gudule, vierge, patronne de Bruxelles (712) ; saints néomartyrs de Russie : Victor (Oussov), prêtre (1937) ; Démètre (Plychevsky), Vladimir (Pasternatsky), prêtres, Paphnuce (Kostine), moine, Michel (Novoselov), martyr (1938) ; Basile (Arkhanguelsy), prêtre (1939) ; Jean (Malychev), martyr (1940) ; saint Michel (Rozov), confesseur, prêtre (1941).

SAINTE DOMINIQUE

Sainte Dominique de Constantinople (vers 474)

Sainte Domnique (ou Domnine) — dont le nom rappelle le Seigneur (Dominus) — était originaire de Rome et fut élevée dans la piété et l’amour de la vertu. Prenant conscience de la vanité de la vie terrestre au regard des biens qui sont promis au Ciel pour ceux qui auront suivi le Sauveur, elle s’enfuit secrètement de la maison familiale et s’embarqua à Ostie sur un navire en partance pour Alexandrie.
Parvenue dans cette métropole de la sagesse, elle fut conduite par la divine Providence vers une demeure fortifiée où vivaient quatre jeunes vierges païennes. Feignant d’être elle aussi adonnée au culte des idoles, elle se joignit à elles. Sa conduite était une vivante exhortation à la vertu, et elle profitait de toute occasion pour instruire ses compagnes dans la voie évangélique. La nuit venue, elle se retirait pour prier avec larmes pour leur salut. Au bout de quelque temps, admiratives devant un tel modèle de perfection, les quatre jeunes filles décidèrent d’abandonner les faux dieux pour embrasser la foi de Domnique. Celle-ci se réjouit grandement de constater leur ardeur et leur suggéra de renoncer, non seulement aux mythes païens, mais aussi à tout attachement à ce monde de vanité et de prendre leur croix pour suivre le Seigneur sur la voie de la perfection. Elles consentirent de tout leur cœur à cette proposition, mais se demandaient comment il serait possible de sortir de la forteresse où elles étaient enfermées. Domnique éleva alors une ardente prière vers Celui qui a brisé les verrous de l’enfer, et aussitôt les portes de la demeure s’ouvrirent d’elles-mêmes. Rendant gloire à Dieu, les cinq vierges s’enfuirent en pleine nuit et se rendirent au quartier du Phare, où elles embarquèrent sur un bateau à destination de Constantinople. Peu après leur départ, le navire fut pris dans une terrible tempête, que saint Domnique calma en versant un flacon d’huile sur les flots déchaînés.
Quand elles arrivèrent, quelques jours plus tard, au port Sophien de Constantinople, l’archevêque saint Nectaire [11 oct.], qui avait été averti de leur arrivée par la vision d’un ange, les accueillit avec son clergé. La sainte lui raconta son histoire et lui présenta ses compagnes, que le patriarche baptisa en leur donnant les noms de Dorothée, Évanthia, Nonna et Timothéa, et il les installa dans un monastère.
La renommée de la vie céleste de sainte Domnique et de son enseignement plein de sagesse ne tarda pas à se répandre dans la capitale, et de nombreux malades qui venaient à elle trouvaient la guérison de leurs maux, notamment les possédés. Cette réputation parvint jusqu’à l’empereur Théodose le Grand, qui vint lui rendre visite avec l’impératrice et toute la cour. À la suite de cette visite, les foules de fidèles ne cessaient de croître autour du monastère, ne laissant plus de loisir à la sainte et à ses disciples pour jouir du calme et du silence nécessaires à la prière. Dieu révéla alors à Domnique un lieu retiré et désert, que tous fuyaient à cause des démons qui le hantaient et parce qu’il servait de lieu d’exécution pour les criminels. Comme elle avait fait la demande à saint Nectaire de fonder là un monastère, le prélat lui opposa un ferme refus, jusqu’au moment où il comprit qu’une telle idée lui avait été suggérée par une inspiration divine. Il transmit donc sa requête au souverain qui prit toutes les mesures nécessaires pour construire au plus vite un monastère et un oratoire dédié au prophète Zacharie.
Une fois les travaux achevés, saint Nectaire proposa de faire la consécration du saint établissement, le 26 janvier (388), mais la sainte insista pour que la cérémonie ait lieu deux jours avant, le 24. Le prélat obtempéra et, à l’issue de la consécration, il conféra à la sainte l’ordination de diaconesse et la nomma supérieure de la communauté. Deux jours plus tard, la prophétie de la sainte se réalisa, et la cité fut agitée par des troubles sanglants provoqués par les ariens.
Ajoutant à ses miracles et ses guérisons le don de prophétie, sainte Domnique était devenue un véritable oracle pour la cité. C’est ainsi qu’elle reçut la révélation de la mort de l’empereur Théodose et des malheurs qui allaient la suivre. Ayant achevé sa course, après avoir illuminé la cité impériale de ses miracles et de son enseignement, elle tomba malade et appela à son chevet Dorothée, pour lui confier son troupeau spirituel. Elle éleva ensuite une ardente prière vers le Seigneur pour qu’Il protège son monastère et la cité gardée de Dieu. Dès que la sainte eut remis son âme à Dieu, un tremblement de terre agita l’endroit. Les moniales sortirent effrayées et virent dans le ciel une foule innombrable de moines et de moniales, vêtus de blanc, qui escortaient sainte Domnique, parée comme une épousée. Au milieu des hymnes d’acclamation, une voix retentit alors du haut du ciel, en disant : « C’est ainsi que les saints sont glorifiés au temps convenable ! »
Par la suite de nombreux miracles s’accomplirent auprès du tombeau de la sainte. Un jour, alors que le monastère était menacé par un incendie, on vit apparaître sainte Domnique et le prophète Zacharie qui repoussaient les flammes de l’église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Kondakion de Saint Georges de Chozéba, ton 4
Tu fus un flambeau très lumineux, ô Georges, illuminant par l’aurore divine ceux qui t’acclament fidèlement : prie pour nous le Christ notre Maître qui est apparu dans les flots et a illuminé le genre humain.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc XII,1-12)

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne. S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent. Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu’ils battirent ou tuèrent. Il avait encore un fils bien-aimé; il l’envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu cette parole de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle; C’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, Et c’est un prodige à nos yeux? Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s’en allèrent.

Jean-Claude Larchet: Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

jean-claude-larchetLa conférence de Jean-Claude Larchet « Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain », donnée à Moscou le 21 septembre 2016 dans le cadre des célébrations des « Mille ans de la présence russe au Mont-Athos », vient d’être publiée en russe sur le site du Département synodal des monastères et du monachisme de l’Église orthodoxe russe et sur le site du Monastère de Sretenski Pravoslavie.ru, et en anglais sur ce dernier site et sur le site Orthodox Ethos. Nous en donnons ici la version française.


Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

Le monachisme n’est au fond qu’une façon de mener la vie chrétienne avec un engagement total dans le renoncement à ce monde et la consécration de soi à Dieu. Pour cela, le monachisme est partout le même, et chaque monastère, chaque skite ou chaque ermitage constitue un lieu privilégié, un centre de référence pour la vie monastique et pour la vie chrétienne. Pour une grande part, ce qui peut être dit du monachisme peut être dit du Mont-Athos, et ce qui peut être dit du Mont-Athos peut être dit du monachisme.
Pourtant le Mont-Athos est depuis longtemps un lieu fascinant, qui attire l’attention non seulement des Orthodoxes, mais de personnes appartenant à d’autres religions et même de non-croyants. En témoignent le nombre important de livres, d’articles consacrés au Mont-Athos, mais aussi le flux incessant de pélerins et de visiteurs venus du monde entier. Cette fascination n’est pas nouvelle, mais elle est sans aucun doute plus grande à notre époque que par le passé. Il y a à cela plusieurs raisons.

1) La première raison est que le Mont-Athos est une république autonome – et pour cela comme un pays – habité seulement par des moines et entièrement consacré à la vie monastique. Bien que chaque pays orthodoxe ait au moins une région qui regroupe plusieurs monastères, il n’y aucune autre région qui regroupe un nombre aussi important de monastères, de skites et d’ermitages, et qui constitue un pays gouverné par des moines, avec une vraie frontière qui le délimite par rapport aux pays ou régions environnants. C’est une zone protégée non seulement politiquement, administrativement et géographiquement (en étant une péninsule), mais aussi spirituellement, puisque le Mont-Athos est couramment appelé « Le jardin de la Mère de Dieu » et considéré comme un lieu qui lui appartient et où elle est particulièrement présente. Par le fait qu’il est un pays entièrement peuplé de moines, qu’il ne permet pas « la libre circulation des personnes » exigées par les lois européennes, n’accepte pas l’afflux des touristes et n’accepte pas non plus l’entrée des femmes, mais étend la clôture monastique à l’échelon d’un pays, le Mont-Athos est un pays pas comme les autres.

2) Deuxièmement, le Mont-Athos est un témoignage du Royaume déjà présent parmi nous.
C’est le lieu qui abrite les plus nombreuses et importantes reliques du monde orthodoxe. Ces reliques y rendent présents et actifs par leurs miracles presque tous les grands saints chrétiens.
Le Mont-Athos en tant que concentration monastique et lieu particulièrement propice à la sanctification a lui-même produit des milliers de saints, connus ou inconnus. Certains à notre époque ont un rayonnement mondial, comme saint Silouane, Joseph l’Hésychaste et ses disciples, ou saint Païssios. À travers ses nombreux saints du passé et du présent, le Mont-Athos apparaît, selon les paroles du Psalmiste, comme « la montagne fertile », « la montagne féconde », « la montagne où il a plu au Seigneur d’habiter » et où Il « habitera à jamais » (Ps 67, 16-17).

3) Le Mont-Athos est un rappel du paradis perdu et une annonce du Paradis retrouvé.
Ce n’est pas seulement à travers ses saints, mais en tant que lieu béni, institution sacrée que le Mont-Athos témoigne prophétiquement d’un autre monde qui donne son sens au monde actuel. Le Mont-Athos, encore appelé « Montagne Sainte », ou « Jardin de la Vierge », est une image du Paradis, un rappel du Paradis perdu par nos premiers parents, et une préfiguration symbolique du Paradis promis aux justes.

  1. a) Le Mont-Athos offre l’image d’une nature paradisiaque parce que, dans la variété des paysages qui s’échelonnent depuis le niveau de la mer jusqu’aux deux mille mètres où culmine la montagne Athos, ce sont de très nombreuses espèces végétales et animales qui vivent et constituent un microcosme résumant le monde entier. Une autre raison est que cette nature reste inviolée, préservée de l’exploitation économique et de la pollution technique. Sa seule existence dans notre monde moderne a une valeur exemplaire. Elle est un modèle d’écologie spirituelle ; elle témoigne de la sauvegarde de la création qui a été confiée à l’origine par Dieu à l’homme pour qu’il en use pour ses besoins, tout en en faisant un instrument de contemplation et d’action de grâce.
  2. b) L’espace du Mont-Athos témoigne de l’espace paradisiaque, et annonce l’espace du Royaume des cieux. À la différence de l’espace de tous les autres pays (réparti entre sacré et profane, voire même parfois entièrement profane), l’espace du Mont-Athos apparaît totalement sacré, non seulement par la présence d’une multiplicité de monastères, de skites, d’ermitages, d’églises et de chapelles, mais aussi parce qu’il est tout entier sanctifié par les saints qui le parcourent ou l’ont parcouru, l’ont rempli de la voix de leur prière, et l’ont baigné des énergies divines dont ils rayonnaient. Chaque fois que l’on marche sur un sentier du Mont-Athos, on a la certitude de mettre ses pieds sur les traces de saints qui nous y ont précédés. Beaucoup de lieux dans la nature gardent la mémoire d’apparitions du Christ, de la Mère de Dieu ou de saints. Il n’y a pas ici de monastère, de skite, d’ermitage, de chapelle, ni de source ou de fontaine dont la présence ne s’explique par une vision céleste ou par un miracle.
  3. c) Il faut dire quelques mots aussi sur la signification prophétique du temps athonite. L’une des choses qui matériellement frappent le plus le visiteur du Mont-Athos, et dans une certaine mesure le désoriente, c’est le changement d’heure. La plupart des monastères gardent l’heure byzantine, qui ne sert plus de référence que dans cet endroit du monde. Notre heure à nous, les moines l’appellent kosmiki ora : l’heure du monde. L’heure byzantine n’est pas une simple survivance des temps anciens ; elle témoigne d’une autre modalité du temps, d’un temps spirituel, sanctifié parce que entièrement consacré à Dieu, subdivisé et organisé pour répondre à Sa volonté. Symboliquement cela rappelle le temps paradisiaque et annonce le temps du Royaume.

4) Un quatrième point important est que la vie collective telle qu’elle est organisée dans l’ensemble du Mont-Athos et dans chaque monastère, constitue un appel à l’unité de tous les hommes, et un témoignage qu’une telle unité est possible dans le Christ. Dans un monde déchiré par les guerres, les nationalismes, les conflits ethniques, le racisme, ce témoignage et cet appel sont véritablement prophétiques.
Le Mont-Athos dans son ensemble témoigne depuis de nombreux siècles de la bonne entente de communautés d’origines ethniques différentes qui non seulement coexistent pacifiquement, mais vivent harmonieusement dans le lien de la charité.
C’est dans ce lien de la charité que la Sainte Communauté, constituée de représentants des principaux monastères, gouverne le Mont-Athos non selon les principes démocratiques du monde, mais dans l’esprit de la conciliarité (sobornost) chrétienne. Chaque monastère athonite en témoigne pareillement, étant dirigé par un Conseil des Anciens avec à sa tête un higoumène élu par les moines.

5) Comme cinquième point, on peut mentionner le rôle fondamental qu’a joué le Mont-Athos dans l’histoire de l’Orthodoxie et qui se révèle aujourd’hui peut-être plus que jamais d’une importance capitale : celui du maintien de la Tradition et de la défense de la foi orthodoxe. Il s’agit là encore d’un rôle prophétique, car le prophète est traditionnellement quelqu’un qui rappelle les hommes à la fidélité à Dieu et qui est un défenseur de la foi face à tout ce qui peut l’altérer ou la pervertir.
Dans un monde soumis à des changements de plus de plus nombreux et de plus en plus rapides, le Mont-Athos donne l’exemple d’un monde stable, immuable, à l’image du monde divin. Préservé de la soif de changement et du vertige du mouvement qui habitent les hommes vivant dans le monde, à l’abri de la pression sociologique qui porte à se conformer en tout point au mode de vie des sociétés modernes, les moines athonites conservent scrupuleusement les prescriptions canoniques, le typikon liturgique et le mode de vie ascétique que nos Pères se sont transmis de génération en génération.
Le maintien scrupuleux même des plus infimes traditions a été la condition pendant plus d’un millénaire d’une parfaite préservation la Tradition orthodoxe. Les moines athonites ont aussi grandement contribué à préserver la foi orthodoxe dans tous les moments difficiles de l’Histoire où elle était menacée, et le font aujourd’hui encore. Et ils jouissent toujours pour cela d’un prestige particulier et d’une grande autorité.
Le rôle prophétique de vigie et de phare que joue traditionnellement le Mont-Athos dans le monde orthodoxe pour rappeler aux gens quelle est la vraie foi est particulièrement important à notre époque où l’on peut observer un affaiblissement considérable de la conscience dogmatique.

6) Un sixième et dernier point est que le Mont-Athos contribue également, d’une manière fondamentale, à maintenir à la fois inchangée et vivante la spiritualité orthodoxe. Constituée par les moines de Palestine, de Syrie, du Sinaï et du Stoudion de Constantinople, les Pères athonites en sont devenus, à partir du XIIIe siècle, les principaux héritiers et dépositaires. Le Mont-Athos est devenu une référence absolue en matière d’ascétisme et de spiritualité, et a attiré de nombreux moines de tous les pays. Lors de leurs visites ou de leur retour dans leurs pays d’origine, ces moines ont contribué fortement à la diffusion de cette spiritualité. En particulier, le Mont-Athos a toujours été un centre de la pratique de la prière de Jésus et de la spiritualité hésychaste. Et c’est toujours à la Sainte Montagne que cette pratique a, si l’on peut dire, son centre.
Les Pères athonites ont comme tâche de le communiquer aux hommes d’aujourd’hui cet héritage séculaire et comme responsabilité de le transmettre aux générations futures. En cela aussi réside le rôle prophétique et eschatologique du monachisme athonite.

Jean-Claude Larchet

Liturgie et office de requiem au monastère de Sihăstria pour les pères Païssié (Olaru), Cléopas (Ilie), Ioannichié (Bălan) et Victorin (Oanele)

La mémoire des archimandrites Cléopas Ilie et Ioannichié (Bălan), ainsi que du hiéromoine du grand habit Païssié Olaru a été commémorée samedi 3 décembre 2016 au monastère de Sihăstria, en Roumanie. Avec ces trois grandes figures spirituelles a été commémoré également l’archimandrite Victorin Oanele, qui fut higoumène de ce monastère. L’office de requiem a été précédé de la sainte Liturgie célébrée par le métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane avec un grand nombre de prêtres et diacres. Dans l’allocution prononcée à cette occasion, le métropolite Théophane a mis en évidence certains des traits distinctifs des pères : « Les pères Païssié, Cléopas et Ioannichié ne peuvent pas êtres appelés autrement que les disciples de leurs grands Pères d’autrefois qui, à leur tour, ont eut d’autres pères bénis qui ont grandi dans l’esprit de l’Évangile, dans l’enseignement des saints Pères, au centre du mystère vécu et prêché par saint Païssy Velitchkovsky. Quels mots peuvent être prononcés au sujet de ces trois figures ? La délicatesse, la parole et le courage du témoignage. Premièrement, je me rappelle de la délicatesse du père Païssié ; le père Cléopas disait au sujet de cette grande figure spirituelle, qu’il est « tellement bon et tellement doux, que des milliers d’hommes trouvent le repos de l’âme sous son epitrachilion ». Deuxièmement, la parole du père Cléopas raisonnait comme une trompette, le père Ioannichié ayant affirmé que le père Cléopas avait souhaité que par sa parole tous les hommes soient « démangés » par le paradis. Troisièmement, je me rappelle du père Ioannichié, avec sa manière d’être, son courage de confesseur, avec sa forte réprimande lorsqu’il avait le péché devant lui. Cette triade bénie de pères spirituels ont pu s’occuper de la « part de Marie » c’est-à-dire la parole de Dieu, la bénédiction de Dieu, le repentir venant de Dieu, ayant en vue que l’higoumène de ce temps, le père Victorin Oanele s’occupait de la « part de Marthe », c’est-à-dire la bonne gestion et l’administration de l’institution monastique ». Après l’office de requiem, S.E. le métropolite Théophane, avec les prêtres et les fidèles se sont rendus au cimetière du monastère de Sihăstria, où a été célébré un Trisaghion sur les tombes des quatre Pères. Cette année marque les anniversaires du départ vers Dieu des pères Païssios Olaru (26 ans), Cléopas Ilie (18 ans), Joannice Bălan et du père Victorin Oanele (2 ans). Rappelons que deux livres du père Ioannichié Bălan ont été traduits en français, l’un sur le père Cléopas, et l’autre sur le père Païssié Olaru et publiés dans la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » aux Éditions de l’Âge d’Homme.

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Exposition exceptionnelle d’icônes au Musée de l’Église orthodoxe serbe à Belgrade

Les visiteurs du Musée de l’Église orthodoxe serbe auront l’occasion, jusqu’à mi-décembre 2016, de voir une centaine d’icônes des plus grands iconographes de la période de la restauration du Patriarcat de Peć (1557-1690). Ces icônes constituent une partie de la collection du Musée de l’Église orthodoxe serbe et des trésors les plus importants des monastères serbes. Le rétablissement du Patriarcat de Peć comme organisation ecclésiale indépendante dans les Balkans s’est produit après un siècle d’effondrement du despotat serbe et de la réunion finale des anciennes terres serbes dans le cadre de l’empire ottoman. Mehmed pacha Solović et son parent le patriarche Macaire Sokolović ont eu un rôle clé dans la restauration de l’indépendance du patriarcat de Peć, sous la juridiction de laquelle se sont trouvées des régions s’étendant la Haute-Hongrie jusqu’aux frontières Sud de l’Albanie actuelle. Ce grand territoire, au cours de la seconde moitié du XVIème et XVIIème siècle, a été divisé en diocèses dont le nombre a varié entre quarante et cinquante, selon les années. Par le fait que les orthodoxes sur le territoire nord-ouest des Balkans ont été regroupés sous un grand patriarcat, le processus d’islamisation a ralenti, la foi orthodoxe a été préservée, le déclin du peuple serbe s’est interrompu. La restauration du Patriarcat de Peć en 1557 eut pour effet la transformation de la vie spirituelle des Serbes à l’intérieur de ses frontières. Sous la protection du Patriarcat commencent les entreprises de construction, de peinture et d’artisanat pour le renouveau de l’activité liturgique. Les icônes ont occupé une place importante dans la renaissance de la vie ecclésiale, lesquelles étaient peintes pour les églises et les monastères dans les limites de sa juridiction. Jusqu’à nos jours, près de 450 icônes avec des inscriptions en slavon serbe, ont été préservées sur le territoire du Patriarcat de Peć restauré. Sur ces icônes sont représentées le plus souvent la Mère de Dieu et le Christ et les thèmes qui leur sont dédiés, destinées aux iconostases. L’iconographie serbe entre 1557 et 1690 se distingue par un programme riche et une indépendance stylistique par rapport au reste de l’iconographie post-byzantine. Sa particularité est la représentation des saints serbes. Les portraits du fondateur de la dynastie des Némanides, saint Syméon, et particulièrement de saint Sava en tant qu’archevêque de Serbie, sont entre autres comme un rappel des trois siècles et demi d’indépendance du Patriarcat de Peć. Sur les icônes sont représentés aussi saint Étienne de Dečani, le Tsar Uroš, le prince Lazare et les saint Branković : le métropolite Maxime, la despote Angelina et les despotes Jean et Étienne. Un certain nombre de maîtres ont laissé leurs noms sur les icônes. Les iconographes les plus célèbres de cette époque furent Longin, Georges Mitrofanović, Jean, André Raičević, Radul, les maîtres anonymes de Dečani, le prêtre Stahinja de Budimlje, Mitrophane le Zographe, Kyr Georges et Côme le Zographe, ainsi que les artistes anonymes du Patriarcat de Peć au service du patriarche Païssios. Après la grande migration de 1690, les courants créatifs se déplacent hors des frontières du Patriarcat, au nord de la Sava et du Danube, dans la monarchie des Habsbourg. Bien que l’iconographie serbe depuis la restauration du patriarcat ait fortement maintenu l’héritage des traditions iconographiques byzantines et serbes, au milieu du XVIIIème siècle intervint une forte pénétration de nouvelles influences venues d’Occident. L’exposition sera inaugurée par le Patriarche de Serbie Irénée et le ministre serbe de la Culture et de l’Information Vladan Vukosavljević, en présence des membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe.

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Jovan Nikoloski