29/04/2017
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Recension: Saint Païssios l’Athonite, « Paroles 3 – Le combat spirituel »

paissiosSaint Païssios l’Athonite, Paroles 3 – Le combat spirituel, Éditions du Monastère Saint-Jean-le-Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 2016, 318 p.
Les sœurs du monastère de Souroti près de Thessalonique, dont saint Païssios l’Athonite (1924-1994) fut le fondateur et le père spirituel, ont pendant plusieurs années rassemblé ses enseignements spirituels – la plupart dispensés dans le cadre du monastère, qu’il visitait régulièrement et dans lequel il passa la fin de sa vie terrestre – et en ont composé cinq forts volumes de « Paroles ». Le premier, intitulé Avec amour et douleur pour le monde contemporain – qui répondait aux inquiétudes des fidèles dans une société qui s’éloigne de plus en plus des valeurs chrétiennes – a paru en 2011. Voici le volume 3, intitulé Le combat spirituel, qui est sans doute l’un des plus beaux et utiles livres de spiritualité parus ces dernières années. Les questions posées par différentes personnes et les réponses de l’Ancien ont été regroupées par thèmes, eux-mêmes regroupés en cinq parties: 1) Le combat contre les pensées (Les bonnes et les mauvaises pensées, Les pensées de blasphème, La confiance en son propre jugement, La lutte contre les pensées); 2) Justice et injustice (Accepter l’injustice, L’autojustification chasse la grâce, Justice divine et justice humaine); 3) Péché et repentir (Comment le péché tourmente l’homme, L’examen de conscience, L’observation et la conscience de soi, Prendre conscience de son état de pécheur touche le cœur de Dieu, La puissance du repentir); 4) Les forces des ténèbres (Sur la magie noire, Au sujet des possédés, L’illusion spirituelle, Égareurs et égarés); 5) La force de la confession (Le besoin d’un guide spirituel, Ce qu’est une bonne confession, Le médecin spirituel de l’âme, Le travail du père spirituel sur les âmes).
On trouve ici toute la spiritualité philocalique, mais avec des références seulement implicites aux Pères qui l’ont développée. Saint Païssios, dans sa vie d’ascèse, a en effet assimilé cette grande et ancienne tradition spirituelle de l’Église orthodoxe, en a fait son propre bien, qu’il partage généreusement avec ses auditeurs et lecteurs. Toutes ses paroles sont fondées sur une expérience personnelle, ce qui les rend à la fois vivantes, profondes et convaincantes. Au cours de sa vie et de ses rencontres avec des milliers de pèlerins venus se confier à lui et lui demander conseil, ce grand starets contemporain a acquis une riche expérience des différentes situations vécues par les hommes et de leurs besoins ; il émaille ainsi son discours d’une multitude d’anecdotes, semblables à celles des Apophtegmes, qui concrétisent son propos. Il recourt aussi à de multiples comparaisons et analogies liées à la nature ou à la vie professionnelle qui prennent forme de paraboles.
Sans jamais être une technique, la maîtrise des pensées – en vue de cultiver et à d’accroître progressivement les bonnes tout en écartant progressivement les mauvaises, jusqu’à acquérir la pureté de l’esprit et du cœur indispensable à la réception de la grâce et de sa fructification – est néanmoins méthodique, et l’Ancien développe dans l’ensemble de ses propos une véritable pédagogie dont le but est de donner à la vie spirituelle un caractère constamment dynamique et en progrès ascendant. Si des cas extrêmes pouvant faire difficulté pour certains fidèles sont abordés (les pensées de blasphème, la magie noire, la possession, le rôle néfaste des gourous…), la priorité est néanmoins donnée à la vie spirituelle dans sa quotidienneté, qui doit être un processus de combat intérieur destiné à nécroser progressivement le vieil homme pour faire émerger l’homme nouveau en Christ. Dans ce combat intérieur, où l’effort généreux du fidèle entre en synergie avec la grâce divine, il est indispensable, rappelle l’Ancien, de recourir à l’aide du père spirituel, véritable médecin de l’âme, et à la confession, véritable cure d’âme si elle est bien et régulièrement menée.
Les conseils de l’Ancien, comme ceux de tous les grands startsi, sont exempts de tout formalisme et ont en vue une seule chose: le progrès spirituel de l’homme qui doit le rapprocher de plus en plus de Dieu. Cette absence de formalisme apparaît dès les premières pages, où l’Ancien n’hésite pas à affirmer: « Une seule bonne pensée a autant de force spirituelle qu’une vigile nocturne de plusieurs heures », ou encore: « Une bonne pensée, une pensée pure, a plus de puissance que toute ascèse ». « Oui, ajoute l’Ancien, à la base de tout est la bonne pensée. C’est elle qui élève l’homme, le transforme positivement ». L’Ancien Païssios rejoint ici l’enseignement du starets Thaddée, selon lequel l’homme se façonne lui-même et façonne son environnement selon la nature de ses pensées.
Comme exemple du style imagé et parabolique de l’Ancien, sur les pensées encore, citons encore ce long extrait du début du livre, qui montre comment la vision du monde de l’homme et son état se trouvent modifiés selon qu’il a de bonnes ou de mauvaises pensées:

« Celui qui a de bonnes pensées est en bonne santé au plan spirituel, et il transforme le mal en bien. Je me rappelle que durant l’Occupation, les enfants de robuste constitution mangeaient avec appétit du pain au maïs et ils étaient en excellente santé. En revanche, des enfants de riches ayant une faible constitution mangeaient du pain beurré et étaient maladifs. Il en est ainsi dans la vie spirituelle. Même si tu frappes injustement quelqu’un qui a de bonnes pensées, il se dira : “Dieu a permis celte épreuve, afin que je rachète quelques-unes de mes fautes passées. Grâces soient rendues à Dieu!” En revanche, si tu t’apprêtes à caresser celui qui n’a pas de bonnes pensées, il pensera que tu vas le frapper. Prends l’exemple de l’homme ivre. S’il est méchant par nature, l’ivresse lui fait tout casser. Mais s’il est bon par nature, l’ivresse le fait pleurer ou pardonner à tous. Un ivrogne disait: “Je vais donner un seau de pièces d’or à tout homme qui me déteste!”
Certains m’avouèrent se scandaliser en voyant maintes choses incorrectes dans l’Église, et je leur ai répliqué: Si tu interroges une mouche et lui demandes: “Y a-t-il des fleurs dans les environs?”, elle répondra: “Je ne sais pas. Plus bas, il y a des boîtes de conserve, du fumier, des saletés”, et elle t’énumérera toutes les ordures dont elle s’est approchée. En revanche, si tu demandes à une abeille: “As-tu vu quelque saleté dans les environs?”, elle te répondra: “Des saletés? Non, je n’en ai vu nulle part. Le lieu est rempli de fleurs odorantes”, et elle t’énumérera une montagne de fleurs du jardin, de f1eurs des champs, etc. La mouche, vois-tu, sait seulement qu’il y a des ordures, alors que l’abeille sait qu’il ya plus loin un lys, plus loin encore, une jacinthe ….
Comme je l’ai constaté, certains ressemblent à la mouche, d’autres à l’abeille. Les premiers cherchent en toute occasion à dénicher le mal pouvant exister et s’y intéressent. Ils ne voient jamais de bien nulle part. Les seconds trouvent en toute circonstance le bien qui existe. Le sot pense sur tout sottement, il prend tout de travers, voit tout à l’envers. Au contraire, celui qui a de bonnes pensées, pense toujours positivement, quoi que l’on fasse et quoi qu’on lui dise. »

La suite rappelle un Apophtegme célèbre et montre l’humilité de l’Ancien tout en prolongeant son enseignement sur le fait qu’un homme bon et pur voit tout en positif :

« Un élève de collège est venu un jour à mon ermitage et sonna la simandre à la porte pour signaler sa présence. J’avais un tas de lettres à lire, mais je décidai de sortir pour voir ce que voulait ce gamin. “Que veux-tu, mon gaillard? — C’est l’ermitage du Père Païssios? me demanda-t-il. Je veux lui parler. — Oui, c’est son ermitage, mais il est absent. Il est parti acheter des cigarettes. — C’est sûrement pour rendre service à quelqu’un qu’il est parti acheter des cigarettes, remarqua-t-il avec une bonne pensée. — Non, c’est pour lui-même! Il avait fini son paquet, et il était comme enragé. Il m’a laissé ici tout seul, et je ne sais à quelle heure il va rentrer, répliquai-je. S’il tarde, je vais m’en aller!» Ses yeux se remplirent de larmes et, plein de bonnes pensées, il reprit: “Nous fatiguons le Géronda. — Que lui veux-tu? — Je veux recevoir sa bénédiction! — Quelle bénédiction, fou que tu es! Ce moine est dans l’illusion, il n’a pas la grâce. Moi, je le connais bien. N’attends pas en vain! Car quand il rentrera, il sera énervé et peut-être même ivre, vu qu’il s’adonne à la boisson”. Mais ce gosse n’avait que de bonnes pensées. “Finalement, je vais attendre encore un peu, que désires-lu que je lui dise? —- J’ai une lettre à lui remettre, mais je veux attendre pour recevoir sa bénédiction”. Voyez-vous, à tout ce que je lui disais, lui réagissait avec de bonnes pensées. J’affirmais: “Il était comme enragé à cause du manque de cigarettes”, et le malheureux, les yeux pleins de larmes, me répondait en soupirant: “Qui sait, il est parti acheter des cigarettes pour rendre service à quelqu’un”. Certains lisent tant et plus, mais ne savent pas cultiver les bonnes pensées. Et cet élève de collège, avoir tant de bonnes pensées! On s’efforce de combattre sa pensée positive, et lui exprime alors une pensée encore plus positive et en tire une meilleure conclusion!

Ce livre à lire absolument est disponible dans les librairies des monastères de la Transfiguration, de Saint-Antoine-le-Grand, et de Solan.

Jean-Claude Larchet

L’archevêque d’Athènes Jérôme : « Saint Païssios a joué un rôle dans ma vie et mon cheminement »

« Je viens avec émotion et componction » a déclaré l’archevêque Jérôme à son arrivée au monastère Saint-Jean-le-Théologien à Souroti, près de Thessalonique, où reposent les reliques de saint Païssios du Mont Athos, dont la fête est célébrée pour la deuxième fois depuis sa canonisation par le Patriarcat œcuménique en 2015. L’archevêque d’Athènes, accompagné du métropolite de Syros Dorothée et du métropolite de Kassandra Nicodème, ainsi que de l’archimandrite Syméom Voliotis, a été accueilli sur place par l’évêque local, le métropolite de Kassandra Nicodème. L’higoumène du monastère, Mère Philothée a souhaité la bienvenue à l’archevêque, soulignant l’importance de l’événement de la venue de celui-ci au monastère. Dans sa réponse, l’archevêque a souligné que « dans un monde fatigué, les monastères sont les poumons de l’Église » et que « ce pèlerinage a également un caractère de reconnaissance et de gratitude » car, a-t-il dit, « saint Païssios a joué un rôle dans ma vie et mon cheminement ». Ensuite, l’archevêque a évoqué avec émotion la figure de saint Païssios, et s’est rendu sur sa tombe, qu’il a vénérée. L’office des vigiles a commencé à huit heures du soir et s’est achevé à quatre heures du matin. Il était présidé par l’archevêque d’Athènes, assisté du métropolite de Serrès Théologue, du métropolite de Syros Dorothée, du métropolite de Messinia Chrysostome, et du métropolite de Kassandra Nicodème ainsi que des prêtres de plusieurs diocèses. Des milliers de fidèles se sont rendus au monastère pour la fête du saint. Des photos sont disponibles sur les liens ci-dessous.

Sources : 1 et 2

Il y a un an était canonisé l’Ancien Païssios

Le site orthodoxe russe Pravoslavie.ru rappelle que l’Ancien Païssios du Mont Athos a été canonisé il y a un an par le Patriarcat œcuménique. Mentionnant les paroles de saint Païssios : « N’oubliez pas que nous vivons des temps difficiles… Priez, alors que la folie générale s’empare du monde entier. Priez pour que le Christ aie pitié de sa création, parce que celle-ci s’approche de la catastrophe », le site indique le lien d’une série de films du régisseur A. Kouprine sur le saint (avec commentaires en russe) retraçant sa vie avec notamment des vues sur les différents lieux où il a vécu.

Source

Vidéo de la liturgie célébrée par le patriarche œcuménique le jour de la première fête de saint Païssios l’Athonite

On peut visionner ci-dessous l’intégralité de la liturgie célébrée par le patriarche œcuménique Bartholomée au monastère de Souroti, près de Thessalonique, lors de la première fête de saint Païssios l’Athonite. Source

Vigiles patriarcales pour la canonisation de saint Païssios l’Athonite au monastère de Souroti, près de Thessalonique

La première fête de saint Païssios l’Athonite – le 12 juillet – a été marquée par les célébrations qui ont eu lieu au monastère dédié aux saints Jean le Théologien, Arsène de Cappadoce et Païssios l’Athonite à Souroti, près de Thessalonique. Lesdites célébrations étaient présidées par le patriarche œcuménique Bartholomée. Les fidèles, qui selon les estimations, dépassaient les 20.000 personnes, ont attendu en file pour vénérer la tombe du saint contemporain et participer aux vigiles. Concélébraient avec le patriarche œcuménique le métropolite de Naupacte Hiérothée, qui représentait l’archevêque d’Athènes Jérôme et le Saint-Synode de l’Église de Grèce, le métropolite de Milet Apostolos, le métropolite de Kastoria Séraphim, le métropolite de Madytos et Kallioupolis Stéphane, protosyncelle du Patriarcat œcuménique, le métropolite de Kassandra Nicodème, évêque diocésain de la région, et l’évêque d’Amorion Nicéphore, ainsi que des prêtres du diocèse de Kassandra. Dans son homélie, le patriarche œcuménique a souligné que l’Église-Mère de Constantinople, sur la base du rapport positif unanime de la commission canonique synodale, a entériné officiellement au mois de janvier passé, par un acte patriarcal et synodal, la certitude absolue de la sainteté de l’Ancien Païssios dans la conscience du plérôme chrétien et a introduit son nom dans le ménologe de l’Église, fixant sa fête officielle le jour de sa dormition, à savoir le 12 juillet 1994. Le patriarche a déclaré entre autres : « Dans sa figure, dès le début, nous avons distingué non seulement la célèbre piété cappadocienne, non seulement l’ascèse monastique athonite stricte et l’observation exacte des commandements divins, mais au degré le plus élevé le « bon changement de la Droite du Très Haut », qui se manifestait dans chacune de ses paroles, chacun de ses mouvements, chaque expression de son visage, de même que la présence en lui des charismes du Saint-Esprit ». « Nous avons connu le véritable homme de Dieu, son amour sacrificiel envers Dieu et l’homme, l’homme de très profonde humilité, de la patience de Job et de la persévérance des martyrs », a ajouté le patriarche. Ensuite, celui-ci a exprimé la certitude qu’avec l’amour et la foi envers Dieu, les problèmes auxquels font face les fidèles seront dépassés. « La présente soirée est historique. Ce n’est pas seulement la première fête de la mémoire de saint Païssios, laquelle coïncide avec un moment particulièrement décisif et crucial pour la nation des Hellènes. C’est principalement et avant tout la consolation et le réconfort. Si nous avons l’amour de Dieu et notre espoir en Lui, alors nous avons tout » a déclaré le patriarche. « Notre peuple est passé par tant de tempêtes et de tourments comme le disait saint Païssios et il ne s’est pas perdu. Nous n’avons pas peur des tempêtes passagères, nous les Grecs orthodoxes, lesquelles sont apaisées par le Seigneur qui marche sur la mer et qui nous renforce, comme jadis l’apôtre Pierre qui perdait courage» a conclu le patriarche œcuménique.

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Homélie du patriarche œcuménique Bartholomée à l’occasion de la parution en langue turque de la vie de saint Païssios du Mont Athos

«DAVETYE PAİSİOS EN SON REVİZE HALİ Le Patriarcat œcuménique et nous-même personnellement accueillons avec beaucoup de joie et d’émotion ce soir la traduction en langue turque de la vie de saint Païssios l’Athonite, originaire de Farassa de Cappadoce, une grande figure spirituelle contemporaine de la Sainte Montagne et de toute l’Église orthodoxe. Il a été récemment inscrit sur la liste des saints de l’Église orthodoxe, sur décision officielle du Patriarcat œcuménique, traduisant ainsi la conscience du plérôme de notre Église sur sa sainteté. Et nous le disons avec émotion, car la manifestation de ce soir à l’occasion de la circulation officielle de cette traduction est réalisée lors d’une heureuse coïncidence : à savoir immédiatement après notre retour de notre pèlerinage désormais annuel en Cappadoce, le lieu d’origine du saint et, deuxièmement, peu après la fête de la Synaxe des Pères du Mont Athos [le deuxième dimanche après la Pentecôte, ndt]. Cette fête a été célébrée solennellement hier sur la Sainte Montagne, et durant celle-ci a été mentionné, pour la première fois, parmi les saints, l’Ancien Païssios, notre Acte patriarcal et synodal y relatif ayant été lu en l’église très sainte du Protaton à Karyès sur le Mont Athos. Saint Païssios, ayant la double identité de moine athonite et de cappadocien, continue la célèbre tradition ascétique cappadocienne, laquelle a ses origines dans la personne de saint Basile le Grand et s’est poursuivi jusqu’aux jours du célèbre Hadji-éfendis, le vénérable Arsène de Cappadoce qui baptisa le saint. Ayant encore un souvenir frais de notre récent pèlerinage au lieu d’origine du saint, tous nos sentiments sont remplis du parfum spirituel de la Cappadoce qui enfanta tant de saints. Aussi, nous souhaitons vous rendre tous participants de l’affermissement et de la consolation divine que nous avons reçus de la Grâce demeurant dans « les vastes espaces de la Cappadoce », du témoignage, du martyre, du sacrifice, de la kénose, des larmes, de la prière, des persécutions et des calamités jusqu’au « désespoir même de conserver la vie » des générations orthodoxes qui y ont vécu. La Cappadoce a reçu avec beaucoup de simplicité l’appel de Dieu, la semence évangélique et, se mettant à la suite du Seigneur « par la porte étroite » (Lc XIII,24), elle « donna du fruit au centuple » (Lc VIII,8), des fleurs de piété, des saints dont le nom est connu, mais aussi des hommes de Dieu anonymes, porteurs de la tradition ascétique de l’Orthodoxie, des confesseurs et des abstinents, qui ont atteint la perfection avec les esprits des justes. Tous ceux-ci, indubitablement, même après l’interruption de la présence continue orthodoxe durant des siècles en ce lieu, ne cessent d’intercéder pour leurs descendants et héritiers de leurs vénérables traditions, pour leurs terres qui ont été abreuvées par la sueur de leurs labeurs et le sang de leurs cœurs et, ce qui n’était pas rare, par leur martyre pour le Christ et la foi en Lui. Rendant grâces à Dieu pour la bénédiction d’avoir dans notre héritage ce lieu béni, nous plaçons tout notre espoir dans Son amour et dans l’intercession des saints de Cappadoce : Jean le Russe, Georges de Néapolis, le néomartyr Théocharis de Néapolis, les saints Arsène et Païssios l’Athonite. Et encore, les grands Cappadociens, saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien et saint Grégoire de Nysse, sainte Macrine et encore d’autres, dont le Seigneur connaît les noms, n’ont pas cessé de protéger les lieux où ils sont nés, de renforcer notre espoir que, « maintenant et toujours » se poursuivra le témoignage éternel, par ce qui est visible et invisible, par les anges et les hommes et la célébration de la divine Liturgie dans les lieux terrestres où ceux-ci se sont sanctifiés, et ont sanctifiés les lieux, dont ceux de la sainte Cappadoce. Nous vous témoignons avec émotion que saint Païssios, tout en étant cappadocien, appartient au monde entier, comme en témoigne la traduction de sa vie et de son enseignement en de nombreuses langues, dont maintenant le turc, mais aussi que la vénération de sa sainte figure est le lot non seulement des Orthodoxes grecs, mais également des fidèles des autres Églises orthodoxes, lesquelles se sont empressées de promouvoir sa sainte personne, dès qu’elles eurent connaissance de son introduction dans liste des saints de notre Église. En conclusion, nous souhaitons partager avec vous encore une pensée : les Cappadociens avaient une longue tradition de littérature chrétienne turcophone, les célèbres « karamanlidika » [littérature rédigée en langue turque avec des caractères grecs, ndt] qui était essentiellement chrétienne. Nous croyons que la Providence divine a incité ceux qui aiment le saint à traduire sa merveilleuse vie en langue turque de telle façon que celui-ci devienne la propriété également des lecteurs turcophones. Nous ressentons que, par cette traduction, continue d’une certaine façon la pieuse tradition des lettres « karamanlies », bien qu’en utilisant la langue turque contemporaine, tandis que les « karamanlidika », comme on le sait, dérogent quelque peu à celle-ci, présentant des différences dialectales et étant écrits à l’aide de caractères grecs. Nous sommes convaincus que la présente édition de la vie de saint Païssios, qui a été composée par deux hommes qui ont vécu très près de lui et ont été ses enfants spirituels et compagnons d’ascèse, le défunt Ancien Isaac qui venait du Liban et son disciple le hiéromoine Euthyme, supérieur de la sainte Kalyve de la sainte Résurrection du Seigneur sur le Mont Athos, aidera un grand nombre de nos contemporains à connaître la grandeur du saint, à s’émerveiller de ses exploits spirituels et de son amour pour Dieu, ainsi qu’à l’invoquer pour demander son aide et sa grâce ».

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Saint Païssios l’Athonite figure désormais au calendrier de l’Église orthodoxe russe

Le 13 janvier, le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique a canonisé saint Païssios l’Athonite, ce dont le patriarche de Constantinople Bartholomée a informé le patriarche de Moscou Cyrille dans sa lettre du 28 janvier 2015. Le 5 mai, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a introduit saint Païssios l’Athonite dans son ménologe, la date de sa fête étant fixée au 29 juin / 12 juillet, suivant en cela la décision de l’Église de Constantinople.

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Émission de radio “Orthodoxie” (France-Culture) du dimanche 22 février : « Saint Païssios du Mont-Athos », avec Jean-Claude Larchet

FCL’émission de radio “Orthodoxie”, sur France-Culture, de ce dimanche 22 février, à partir de 8h07, aura pour thème: “Saint Païssios du Mont-Athos”.
Elle portera sur la vie, les œuvres et l’enseignement de ce père spirituel de grande renommée dans le monde orthodoxe, qui a été inscrit le 13 janvier 2015 par le Patriarcat œcuménique au calendrier de l’Église et est désormais vénéré comme un saint.
L’invité d’Alexis Chryssostalis sera Jean-Claude Larchet, qui a connu saint Païssios et qui est l’éditeur et l’auteur de l’introduction du livre du hiéromoine Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne, traduit du grec par Yvan Koenig et publié dans la collection “Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle” aux éditions l’Âge d’Homme.
L’émission pourra être écoutée en direct par l’Internet sur le site de France-Culture, puis, ensuite, sur cette page où se trouvent également les précédentes émissions en podcasts.
Une présentation de l’émission, ainsi qu’une bibliographie figure sur cette page du site de France-Culture.

L’ inauguration de la première église dédiée à saint Païssios de la Sainte Montagne

arsene_apissiosÀ Chypre, dans le district d’Ekale, près de Limassol, a été construite une église dédiée aux saints Arsène de Cappadoce (+1924) et Païssios du Mont Athos (+1994). L’église est située au nord de l’autoroute Nicosie – Limassol, à la hauteur du lieu dit « Tsipeiou Stadio ». L’église se trouve sous l’omophore du métropolite de Limassol Athanase. L’église a été construite dans le style byzantin avec deux coupoles et quatre chapelles (dédiées à St Païssios, aux Saints martyrs Barachise et Jonas, à St David d’Eubée et à l’icône de la Mère de Dieu dite « Machairiotissa »). Au sous-sol fonctionnera une librairie religieuse, une salle de réunion pour la jeunesse, une bibliothèque et une salle de réception. Bien que des chapelles aient été construites récemment en l’honneur de St Païssios à Alexandroupolis et à Patras, c’est à Chypre qu’est construite la première grande église qui est dédiée au saint. Du 23 au 29 janvier 2015 aura lieu la consécration de la nouvelle église ainsi que de ses chapelles dédiées à saint Païssios et aux saints Barachise et Jonas (en l’honneur de ces deux saints martyrs était dédiée l’église du village de Farassa, en Turquie, la patrie de St Arsène de Cappadoce, qui y baptisa saint Païssios en 1924, avant l’exode des Grecs d’Asie Mineure). L’église sera ouverte quotidiennement de 6h30 à 20h, et les fidèles pourront y vénérer les reliques de saint Arsène et des objets ayant appartenu à saint Païssios. Rappelons que l’Ancien Païssios du Mont Athos (1924-1994) a été canonisé par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique le 13 janvier 2015.

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Des centaines de pèlerins vénèrent la tombe de saint Païssios, près de Thessalonique

Un grand nombre de fidèles orthodoxes voyagent jusqu’à Thessalonique pour prier sur la tombe de saint Païssios, qui a été canonisé le 13 janvier 2015 par le Patriarcat œcuménique. Environ 1500 pèlerins visitent chaque semaine le couvent Saint-Jean-le-Théologien à Souroti, près de Thessalonique, et on s’attend à ce que ce nombre augmente encore. Les pèlerins viennent non seulement de différentes régions de Grèce, mais aussi du monde entier, et en particulier de Russie.

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Le Patriarcat œcuménique a canonisé le célèbre Ancien Païssios du Mont Athos

Le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique, lors de sa session ordinaire du 13 janvier, a décidé de canoniser le célèbre Ancien Païssios du Mont-Athos. Né en 1924 en Asie Mineure et baptisé par saint Arsène de Cappadoce, le père Païssios a vécu la vie monastique à Konitsa, en Grèce, puis sur le Mont Sinaï et enfin pendant la plus grande partie de sa vie sur le Mont Athos. Il est décédé en 1994, et ses reliques se trouvent au couvent de Souroti, près de Thessalonique. Thaumaturge de son vivant et après son trépas, sa vénération s’est étendue au monde orthodoxe entier.
Le livre du père Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne, publié en 2009 dans la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » aux éditions L’Age d’Homme, présente en détail sa vie et rassemble une certain nombre de ses paroles et enseignements spirituels.
Plusieurs livres écrits par lui ont été publiés en français par les éditions du monastère Saint-Jean-le-Théologien de Souroti :
Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886), 1996
Saint Arsène de Cappadoce, 1996
Fleurs du jardin de la Mère de Dieu, 1998
Lettres, 2005
ainsi que le premier des cinq recueils de ses propos et enseignements spirituels : Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain, 2011.

Conférence dédiée à l’ancien Païssios du Mont Athos et à saint Cosmas d’Étolie

Le mardi 28 octobre aura lieu à Moscou une conférence dédiée à l’Ancien Païssios du Mont Athos et à St Cosmas d’Etolie. Ladite conférence aura lieu le jour de la fête nationale grecque du « Non » de la Grèce à Mussolini en 1940. Prendront part à la conférence des prêtres, théologiens, érudits de l’enseignement supérieur russe, des acteurs du domaine culturel et autres. En 2014 est commémoré le 300ème anniversaire de la naissance et le 235ème anniversaire du martyre de saint Cosmas d’Etolie et également le 90ème anniversaire du jour de naissance, ainsi que le 20ème anniversaire du trépas de l’Ancien Païssios de la Sainte Montagne. La conférence est organisée par la maison d’édition « Sviataya Gora » (« La Sainte Montagne ») avec la collaboration du Fond de préservation de la culture spirituelle et morale « Pokrov » (« Protection de la Mère de Dieu »). À cette occasion, le chœur de musique byzantine de Moscou « Psaltika » se produira. En outre aura lieu la première d’une série de films présentant les souvenirs de personnes qui ont connu et étaient étroitement lié au père Païssios. Des passages des enseignements de saint Cosmas d’Étolie et du staretz Païssios seront également lus.

Source et photographie

120.000 personnes ont vénéré la tombe de l’Ancien Païssios le jour du vingtième anniversaire de son trépas

Dans la nuit du 11 au 12 juillet ont eu lieu au couvent Saint-Jean-le-Théologien et Saint-Arsène-de-Cappadoce (près de Thessalonique) où est enterré l’Ancien Païssios, un office de requiem et une vigile nocturne qui s’est terminée au petit matin par la  divine liturgie. Afin de vénérer la tombe de l’Ancien Païssios, les pèlerins ont dû attendre dans la queue plus de quatre heures. Des milliers de personnes, dont un grand nombre d’enfants, ne pouvaient pas trouver place dans l’église et priaient dans la cour du couvent. Selon les données de la police, 50.000 personnes étaient présentes à la vigile nocturne. 120.000 personnes ont vénéré la tombe de l’Ancien le 12 juillet.

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Vingtième anniversaire du trépas de l’Ancien Païssios du Mont Athos

Il y a vingt ans – le 12 juillet 1994 – décédait l’Ancien Païssios (Eznepidis) du Mont Athos. Durant la période du 12 au 15 juillet, la mémoire du grand ascète de notre temps est vénérée dans de nombreux monastères et églises en Grèce. Au couvent Saint-Jean-le-Théologien et Saint-Arsène-de-Cappadoce à Souroti, près de Thessalonique, où est enterré l’Ancien Païssios, sont célébrés des offices de requiem, une vigile nocturne et ensuite la divine liturgie.

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Rappelons que sa biographie a été publiée en français dans le cadre de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » aux éditions de l’Âge d’Homme. 

Source (dont photographie): Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com

Recension: Géronda Païssios l’Athonite, « Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain »

Scan-120303-0001Géronda Païssios l’Athonite, « Paroles I. Avec amour et douleur. Pour le monde contemporain ». Traduit du grec par mère Photini Marchal, en collaboration avec le monastère Saint Jean le Théologien. Édition du monastère Saint Jean le Théologien, Souroti (Grèce), 2011, 400 p.
Les moniales du monastère Saint Jean le Théologien de Souroti, près de Thessalonique, fondé par le père Païssios l’Athonite, ont recueilli les propos de celui-ci durant les vingt-huit années qu’il a guidé le monastère et les ont classés en cinq  volumes publiés en grec et dans de nombreuses autres langues. Le premier volume paraît maintenant en langue française dans une bonne traduction de sœur Photini  Marchal révisée par les sœurs francophones du monastère.
Ce volume comporte quatre parties : 1) Le péché et le diable ; 2) La civilisation contemporaine ; 3) L’esprit de Dieu et l’esprit du monde ; 4) L’Église à notre époque.
On retrouve dans ces enseignements au caractère très concret et qui abordent de nombreuses questions actuelles, la sagesse et le discernement du grand spirituel athonite, ainsi que son sens de l’humour et de la métaphore.

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Recension: Père Isaac, «L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne»

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Père Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte-Montagne, traduit du grec par Yvan Koenig, introduction de Jean-Claude Larchet, collection «Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle», éditions L’Age d’Homme, Lausanne, 2009, 438 p.
L’Ancien Païssios du Mont-Athos (1924-1994) est, parmi les grands spirituels orthodoxes du XXe siècle, un géant. Les dizaines de milliers de personnes qui ont trouvé auprès de lui lumière, espoir, consolation, force, paix et joie le savent déjà. Ceux qui liront ce texte en seront rapidement convaincus.
De la dizaine de livres qui lui ont, à ce jour, été consacrés, celui-ci, qui a déjà connu huit éditions en Grèce et a déjà été traduit en douze langues, est considéré comme le meilleur.

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Recension : « Père Païssios, moine du Mont-Athos, Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886) »

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Père Païssios, moine du Mont-Athos, Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886). Traduit du grec par Sœur Svetlana Marchal avec la collaboration des sœurs du monastère Saint Jean le Théologien, Éditions du Monastère Saint Jean le Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 9e édition, 2007, 103 p.
Ce petit livre, écrit par le Père Païssios, l’un des plus grands et plus célèbres spirituels orthodoxes du XXe siècle, retrace la vie et brosse le portrait d’un grand ascète athonite du XIXe siècle, le Père Georges, dont le nom est précédé de Hadji, mot turc qui désignait les personnes ayant effectué un pèlerinage aux Lieux Saints.
Le Père Païssios n’a connu ni le Père Georges ni ses disciples, et c’est auprès de ses petits-enfants spirituels de la Sainte Montagne qu’il a pu, dans les années cinquante du siècle dernier, recueillir les informations qui lui ont permis de composer cette hagiographie.
Le Père Georges manifesta dès son enfance un goût prononcé pour l’ascèse. Devenu moine au Mont-Athos alors qu’il était encore adolescent, son rayonnement ne tarda pas à attirer auprès de lui de nombreux disciples qui constituèrent plusieurs communautés sur la Sainte Montagne et en dehors. La Père Georges donna comme règle à ces communautés la prière continuelle et le jeûne perpétuel intégral, c’est-à-dire outre l’abstention de tout produit d’origine animale, l’abstention de toute graisse végétale même les jours où sa consommation est autorisée. Cette dernière pratique, attira au Père Georges et à ses disciples, de la part d’autres moines et de certaines autorités ecclésiastiques, le reproche d’outrepasser les canons.

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Recension : Père Païssios, Moine du Mont-Athos : Lettres

Passios
Père Païssios, Moine du Mont-Athos
, Lettres, traduction française par les moniales du Monastère Saint
Jean le Théologien de Souroti, Éditions du Monastère Saint Jean le Théologien,
Souroti de Thessalonique, Grèce, 2005, 264 p.
Les
moniales du Monastère Saint Jean le Théologien fondé à Souroti, près de
Thessalonique, par le Père Païssios — l’un des plus grands spirituels
orthodoxes du XXe siècle qui est bien connu dans tout le monde
orthodoxe et sera prochainement canonisé — ont édité tous les écrits et
discours de celui-ci en grec et les traduisent peu à peu en diverses langues,
dont le français. Ont déjà paru aux mêmes éditions : Le vénérable Georges (Hadji-Georgis), moine du Mont-Athos (1996), Saint Arsène de Cappadoce (1996), Fleurs du Jardin de la Mère de Dieu
(1997). Dans ces livres, le Père Païssios faisait surtout œuvre d’hagiographe.

Dans
le présent ouvrage, qui est un recueil de six longues lettres adressées aux
moniales de la communauté de Souroti entre 1971 et 1975, il s’exprime en tant
que père spirituel.

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La canonisation des saints de Putna (Roumanie) aura lieu au mois de mai

Cette année, au milieu du moi de mai, aura lieu la canonisation des saints de Putna. Il est question du métropolite Jacob de Putna (Moldavie, 1719-1778), des saints moines Sila, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria de Putna (XVIIIème s.). L’événement aura lieu à Putna. Ces saints seront fêtés la première fois les 15 et 16 mai. La canonisation de ces quatre personnalités représentatives de la vie spirituelle roumaine du XVIIIème siècle a été décidée par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine réuni en séance de travail en la résidence patriarcale du 6 au 7 juin 2016. Les propositions de canonisation ont été faites par l’archevêché de Suceava et de Rădăuți et ont reçu l’avis favorable du Synode métropolitain du diocèse de Moldavie et de Bucovine lors de sa séance du vendredi 20 mai 2016. Le métropolite Jacob de Putna est né le 20 janvier 1719 en Bucovine. Il est connu pour l’impression de livres ecclésiaux. Il a en outre imprimé des manuels scolaires en langue roumaine, promouvant ainsi l’enseignement en langue maternelle. Il est décédé le 15 mai 1778. Les saints moines Sila, Païssios et Nathan ont vécu dans l’ascèse au XVIIIème siècle au monastère Sihăstria de Putna, lieu d’hésychia stricte, où se retiraient de préférence les moines de Putna.

Source

Message de Pâques 2017 du patriarche Irénée et de l’Assemblée des évêques orthodoxes serbes

Christ est ressuscité  

Christ est ressuscité des morts,
Par la mort Il a vaincu la mort,
A ceux qui sont dans les tombeaux
Il a donné la vie
(Tropaire de Pâques)

Chers frères et sœurs,

Pâques est la plus grande fête chrétienne, fête de la foi, de la vie et de toute bénédiction divine. Toute notre foi est dans Pâques, et Pâques dans notre foi. C’est pourquoi le saint apôtre Paul, l’éducateur du peuple, qu’on peut aisément désigner comme le plus grand prédicateur de la Résurrection, du Christ comme de la nôtre, affirme catégoriquement : Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi, avant d’ajouter : Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 17-20). La foi en la Résurrection du Christ constitue l’essence de la prédication et de l’enseignement chrétiens, le fondement de l’Eglise, de sa liturgie et de sa théologie.

Au sein de l’Ecriture Sainte, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la Résurrection est le thème central. Elle recouvre deux conceptions étroitement liées entre elles : la résurrection générale des morts à la fin de l’histoire humaine (Is26,19) et la Résurrection du Christ annoncée par les prophètes vétéro-testamentaires (Ps 15,10) et établie dans les prédications des saints apôtres (Ac 2, 23-24).

L’Ancien Testament nous parle en de nombreux endroits, avec ses mots et ses images, de la résurrection. Le prophète David en témoigne dans ses psaumes (Ps 15,9 ; 16,15). Job qui a tant souffert crie vers Dieu en ayant foi en la résurrection : je sais, moi, que mon Défenseur est vivant…je verrai Dieu…celui que mes yeux regarderont ne sera pas un étranger (Jb 19, 25-27). Le prophète Jonas est le prototype de la Résurrection en trois jours du Christ (Mt 12,40). La vision la plus célèbre de résurrection des morts dans l’Ancien Testament se trouve dans le livre du prophète Ezéchiel : inspiré par l’Esprit de Dieu, il voit revivre des ossements desséchés, qui retrouvent ensuite leur corps d’homme (Ez 37,1-10). Cette vision a imprégné le cœur de tous les fidèles Hébreux de l’Ancien Testament ; elle était inséparable de la foi en la venue du Messie et de Sa Résurrection (Is 53,10).

Le Nouveau Testament, de son côté, est tout entier dans le mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Cela nous est confirmé par les saints évangélistes dans leur récit bouleversant des épisodes ultimes de la vie du Christ qui se sont déroulés à Jérusalem : Sa comparution au tribunal devant Pilate, Sa Crucifixion, Sa mort sur la croix, mais aussi Sa glorieuse Résurrection (Mt 27-28 ; Lc 23-24). Les premières rendues dignes de devenir témoins de la Résurrection du Christ furent les femmes myrrophores (Mc 16, 1-2), puis les saints apôtres et la plénitude de l’Eglise primitive. Ils furent rejoints par les martyrs paléo-chrétiens, puis tous les martyrs et néo-martyrs ultérieurs, témoins véritables de la Résurrection du Christ ainsi que les Pères de l’Eglise qui, par leurs saints conciles, le Symbole de foi de Nicée-Constantinople et tout leur enseignement dogmatique, nous ont laissé la foi en la résurrection. L’Eglise est témoin que le Christ est avec nous jusqu’à la fin de l’âge (Mt 28,20). Elle en témoigne en particulier dans la sainte Liturgie, qui est célébrée en mémoire de « la mort et de la Résurrection du Christ ». Dans la sainte Liturgie, le Christ Ressuscité nous est offert à travers la sainte Communion. C’est pourquoi nous devons être les enfants de la Résurrection ! Vivons dans la Résurrection du Christ et ne laissons rien, selon les paroles du saint apôtre Paul, nous séparer de Son amour (Rm 8,35) !

Le grand starets russe, saint Séraphin de Sarov, avait pour habitude, tout au long de l’année, de saluer les pèlerins venus dans son monastère, par ces mots : « Christ est ressuscité, ma joie ! » Afin d’atteindre cet état spirituel, nous devons, selon les paroles du saint évêque Nicolas, « vénérer dans notre vie la Crucifixion du Christ, non par habitude, mais comme la nôtre, et Ses plaies comme nos propres plaies ».

Le cœur plein de tristesse et de douleur, nous devons dire que le monde actuel ne suit pas la route de la résurrection, mais davantage celle de la mort et du désespoir. En disant cela, nous songeons au fait qu’en Serbie, chaque année voit mourir l’équivalent d’une grande ville, parce que la mortalité est nettement supérieure aux naissances. Ce constat est une source de pleurs et de lamentations, mais aussi un signe pour donner l’alerte. Quelque chose doit être fait pour que cette route vers la mort s’arrête. C’est Rachel pleurant ses enfants ; et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus (Mt 2,18). L’avortement, toujours et partout, y compris dans notre peuple, constitue un péché mortel qui crie vers le ciel. Cessons de tuer nos propres enfants dans le sein de leur mère ! Eux aussi ont droit à la vie et à la résurrection. On se demande où sont les valeureux « combattants pour les droits de l’homme » afin de défendre les plus faibles, qui sont précisément les enfants non encore nés qui se trouvent encore dans le sein de leur mère ? Quittons, frères et sœurs, le pays du péché et de la mort, comme l’Israël vétérotestamentaire à la sortie d’Egypte, et Dieu nous accordera toute bénédiction spirituelle afin d’être le peuple du Dieu Vivant. Que les larmes joyeuses des nouveaux – nés, l’emportent sur les cris impuissants de la mort ! Que la Serbie – et le monde entier – devienne de nouveau un grand berceau ! Revenons avec foi dans la vie, revenons à la Résurrection !

Chers frères et sœurs, la sainte Eglise orthodoxe est notre Mère spirituelle. Elle veille sur ses enfants sans tenir compte des lieux où ils vivent ; elle s’étend de tous côtés avec ses fils et ses filles, afin que tous ensemble accèdent à la Résurrection. Réjouissons-nous avec ceux qui se réjouissent et soyons affligés avec les affligés, en portant les fardeaux les uns des autres, car c’est ainsi que nous accomplirons la loi du Christ (Ga 6,2). Le saint starets Sophronie (Saharov) affirme que le respect des commandements de Dieu écartèle le vieil homme en nous et ressuscite le nouveau, conçu à l’image de Dieu, notre Créateur et Sauveur. Saint Basile le Grand évoque, dans le même esprit, la portée transfiguratrice du carême et dit que les anges de Dieu inscrivent les noms de ceux qui accomplissent tout le Grand carême car ce faisant, ils renoncent à tout ce qui est terrestre et éphémère afin d’accéder à l’éternel et à l’impérissable, c’est-à-dire à la résurrection. En suivant les commandements de Dieu, nous exprimons et confirmons notre amour envers le Christ (Jn 14,15), mais aussi envers nos proches(Mt 22,40).

Le monde contemporain a grandement accepté une autre philosophie, celle du large chemin qui mène à la perdition (Mt 7,13). On essaie de remplacer les vertus chrétiennes par un humanisme apparent et la spiritualité mensongère de l’Extrême-Orient. Toutes les fausses religions et para-religions, philosophies et fausses philosophies, idéologies et mythologies modernes, sont elles-mêmes esclaves de la mort ; elles condamnent les êtres humains à la mort, dans la mesure où elles croient que l’homme est un « être destiné à la mort », non un être destiné à la vie éternelle ; elles le font d’autant plus qu’elles poussent les hommes au meurtre et au suicide, de façon instantanée (dans la guerre et dans les règlements de compte « pacificateurs » et sanglants) ou prolongée (par une vie de débauche et de vices, notamment dans l’esclavage de la drogue). Nous vivons à une époque où on essaie de proclamer que le mal est le bien, que le bien est le mal, et que le péché, selon les paroles du saint starets Païssios l’Athonite, est quelque chose de moderne et d’acceptable. A la place des exemples de vertu et d’honnêteté, on propose des idoles et des anti-héros, l’indiscipline à l’égard des parents et le rejet de toute autorité. La responsabilité de l’Eglise est grande, comme l’est celle de toutes les institutions éducatives de ce pays, car il faut aider la jeunesse à trouver la voie d’une vie authentique et de la résurrection. Enseignons aux enfants d’être semblablesau jeune homme de l’Evangile qui avait demandé au Seigneur : Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? Ce jeune homme obtint la réponse suivante du Christ : Observe les commandements ! (Mt 19, 16-17). Telle est la voie du salut, celle de la résurrection !

Paternellement, nous invitons tous ceux qui se sont éloignés pour telle ou telle raison de l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, à revenir sous son égide. Le péché du schisme et de l’hérésie est terrible.Selon les saints Pères, même le sang des martyrs ne peut le laver.Pardonnons-nous les uns aux autres à cause de la Résurrection et redevenons frères au sein de la sainte Eglise, seul vaisseau porteur du salut !

Avec la salutation de Pâques, nous saluons tous nos enfants spirituels dans la patrie et la diaspora et prions le Seigneur Ressuscité qu’Il accorde à tous la joie de la Résurrection. Nous saluons particulièrement notre peuple du Kosovo-Métochie crucifié, partie inséparable de la Serbie, dont les sanctuaires sont les gardiens non seulement de l’Orthodoxie serbe mais aussi du christianisme en Europe. Le Kosovo a été et restera nôtre, car Dieu qui ne se trouve pas dans la force mais dans la justice, est en mesure de nous rendre ce qu’on essaie de nous arracher par la force.

Qu’avec cette fête de Pâques, la Serbie ressuscite ainsi que tout le peuple serbe, comme l’ont écrit nos poètes populaires. Que Dieu accorde que les hommes qui dirigent et maintiennent l‘Etat, soient inspirés par l’esprit de la Résurrection et la foi dans la victoire du bien sur le mal ! Que le Seigneur Ressuscité, Vainqueur de la mort et Source-de-vie, accorde tout bien à ce peuple, c’est-à-dire tout le genre chrétien et orthodoxe ainsi qu’à tous les hommes de bonne volonté, afin que tous ensemble, nous puissions avoir l’avant-goût de la joie de la vie à venir, la joie de la résurrection et de la vie éternelle !

CHRIST EST RESSUSCITĖ ! 

Au patriarcat serbe, à Belgrade – Pâques 2017

Le patriarche serbe Irénée et tous les évêques de l’Eglise orthodoxe serbe

 

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)

15 mars (ancien calendrier)/28 mars (nouveau)
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (Proverbes VIII, 1-21)

Tu proclameras la Sagesse, afin que la prudence t’obéisse. Car elle se tient sur les cimes des monts ;
elle est debout au milieu des sentiers.
Elle s’assied devant les portes des riches, et à l’entrée des villes, elle chante.
C’est vous, ô hommes, que J’appelle ; J’élève ma voix devant les fils des hommes. Comprenez, innocents, la subtilité ; et vous, ignorants, déposez la science en votre cœur. Écoutez-moi ; car Je vais dire des choses saintes,
et proférer de mes lèvres la justice.
Car ma langue va méditer la vérité, et J’ai en abomination les lèvres menteuses.
Toutes les paroles de ma bouche sont selon la justice ;
en elles rien d’oblique et de tortueux.
Elles sont toutes offertes à ceux qui comprennent,
et justes pour ceux qui trouvent la Sagesse.
Recevez l’instruction et non l’argent,
et la science plutôt que l’or raffiné.
Car la sagesse a plus de prix que les pierres précieuses,
et rien de ce que l’on estime de plus précieux ne la vaut.
Moi, la Sagesse, J’ai demeuré avec le conseil et le savoir ;
J’ai appelé à moi l’intelligence.
La crainte du Seigneur hait l’iniquité,
et l’insolence, et l’orgueil et les voies des méchants ;
et moi aussi, Je hais les voies tortueuses des méchants.
C’est à moi le conseil et la fermeté,
à moi la prudence, à moi la force.
Par moi, les rois règnent, et les princes écrivent des jugements équitables. Par moi, les grands sont glorifiés ;
par moi, les monarques commandent à la terre.
Moi J’aime ceux qui m’aiment,
et ceux qui me cherchent me trouvent.
De moi dépendent la fortune et la gloire,
et les grandes richesses et la justice.
Mieux vaut recueillir mes fruits que de l’or et des pierres précieuses,
et mes rejetons sont meilleurs que l’argent le plus pur.
Je me promène dans les voies de l’équité,
et Je reviens par les voies de la justice ;
pour distribuer à ceux qui m’aiment une part de mes richesses,
et remplir de biens leurs trésors.

15 mars

15 mars
GRAND CARÊME

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303) ; saint hiéromartyr Alexandre de Side en Pamphylie (275) ; saint Nicandre, martyr en Égypte (vers 302) ; saint Ysice (ou Hésychius), évêque de Vienne (vers 490) ; saint Tranquille, abbé à Dijon (540) ; saint Manuel le Crétois, néo-martyr grec (1792) ; saints néomartyrs de Russie : Alexis (Vinogradov), prêtre (1938), hiéromartyr Michel (Bogoslovsky), prêtre (1940).

SAINTS AGAPIOS, PAÏSSIOS, ROMULUS ET LEURS COMPAGNONS

Saints Agapios, Païssios, Timolaüs, Romulus, deux Alexandre et deux Denis, martyrs à Césarée de Palestine (303)

Au cours de la seconde année de la grande persécution déclenchée par Dioclétien contre les chrétiens (305), alors que le gouverneur de Palestine, Urbain, s’employait avec une cruelle ardeur à faire appliquer les édits de l’empereur en faisant sacrifier tous les habitants, il ordonna d’organiser une grande fête publique à Césarée, au cours de laquelle les chrétiens récalcitrants devaient être livrés aux bêtes. Saisis par l’amour du Christ, six jeunes gens, après s’être fait lier les mains, se présentèrent dans l’amphithéâtre en courant et en clamant à la foule qu’ils étaient chrétiens. L’un était originaire du Pont et se nommait Timolaüs, un autre de Tripoli en Phénicie et s’appelait Denys, un troisième était sous-diacre de l’Église de Diospolis et avait pour nom Romulus, deux autres étaient Égyptiens et se nommaient Alexandre et Païssios (ou Paésis), et le dernier, nommé lui aussi Alexandre, était de Gaza. D’abord stupéfait par leur soudaine intervention, le gouverneur les fit jeter en prison. Peu de jours après, on leur adjoignit Agapios, qui avait déjà affronté de terribles tortures, et un autre Denys qui avait été arrêté alors qu’il pourvoyait à leurs besoins matériels. Comme ils restaient inflexibles, tel un seul homme, dans leur confession de foi, ils eurent la tête tranchée le même jour et s’en allèrent remporter au ciel les couronnes de la victoire.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire des saints martyrs, ton 1
Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi qui repoussent les démons.

LECTURE DES PROVERBES (I, 20-33)

La Sagesse chante dans les rues ;
elle parle librement au milieu des places.
Et du haut des remparts elle crie comme un héraut,
et elle siège devant les portes des riches ;
et aux portes de la cité, pleine d’assurance, elle dit :
tant que les innocents s’attacheront à la justice, ils ne seront point humiliés ; quant aux insensés, pleins de désirs honteux, devenus impies,
ils haïssent la science, et sont exposés aux opprobres.
Voilà que je vais proférer pour vous les paroles de mon esprit ;
je vais vous enseigner mes discours.
J’ai appelé, et vous n’avez point obéi ;
j’ai parlé longuement, et vous n’étiez pas attentifs ;
mais vous avez mis à néant mes conseils,
et vous avez été rebelles à mes réprimandes.
Aussi moi je rirai au jour de votre perte,
et je me réjouirai quand viendra votre ruine, et quand soudain le trouble fondra sur vous,
et que votre catastrophe sera là comme une tempête,
et quand viendra sur vous la tribulation et l’oppression, et enfin la mort. Car alors vous m’invoquerez ; mais moi je ne vous écouterai point ;
les méchants me chercheront, et ils ne me trouveront pas.
Car ils haïssent la Sagesse ;
et ils n’ont point choisi de préférence la parole du Seigneur.
Et ils n’ont point voulu être attentifs à mes conseils ;
et ils se sont raillés de mes reproches.
Aussi mangeront-ils les fruits de leurs voies ;
et ils se rassasieront de leur propre impiété.
Car ils seront mis à mort, pour avoir fait tort aux petits ;
et l’examen de leur cause perdra les impies.
Tandis que celui qui m’écoute s’abritera sous l’espérance,
et se reposera sans avoir à craindre aucun mal.

Staretz Ephrème de Vatopaidi : orthodoxie et Internet

Le développement forcené de la technologie de l’information au cours des deux dernières décennies a vraiment produit des résultats inattendus, dont nous ne pouvions même pas rêver dans les années septante et même dans les années huitante.

L’Internet, le courrier électronique, les ressources Web, les réseaux sociaux: ils font partie de notre vie quotidienne, du travail, de la science, de l’éducation, de l’art et du divertissement. L’Internet nous a permis de réduire ou même d’abolir la distance. Ainsi, les nouvelles peuvent être transmises par Internet d’une extrémité de la terre à l’autre en quelques secondes – nous avons tous eu cette expérience.

Les conversations, parfois même impliquant le contact visuel, se déroulent maintenant sans à-coups, indépendamment de la distance. La seule condition est que l’utilisateur ait accès à Internet. En effet, l’utilisation d’Internet est si simple que tout enfant ou personne âgée peut facilement l’utiliser.

De la même manière, la Parole de Dieu peut être transmise partout dans le monde. De cette façon, ce qui se passe ici à Athènes devant un public de 100 personnes peut être enregistré et envoyé à des milliers, voire des millions d’utilisateurs, ou même transmis en ligne, comme cela se passe maintenant avec notre conférence.

Mais nous devons nous rendre compte que la Parole de Dieu n’est pas une simple parole humaine, mais porte l’Energie Divine, qui peut spirituellement raviver l’homme et vraiment le réconforter – et cela peut se passer par l’Internet. Nous connaissons de nombreux cas où diverses personnes – athées, idolâtres de l’Inde, du Japon et du Népal – ont trouvé l’Orthodoxie par Internet et sont nées à nouveau, parce qu’elles ont trouvé la vérité qu’elles cherchaient dans cette vie; Elles ont trouvé le Christ.

Il n’y a pas si longtemps, l’acteur hollywoodien Jonathan Jackson a visité notre monastère. Je lui ai demandé comment il est devenu orthodoxe. Il m’a dit que l’Internet l’avait beaucoup aidé. D’autre part, grâce à Internet, les chrétiens qui avaient quitté Dieu sont retournés à Lui, se sont trouvés et ont trouvé leur place dans ce monde.

Il y a des gens qui étaient au bord de la frustration absolue et, après avoir écouté quelques entretiens sur Internet, ils ont trouvé la force spirituelle nécessaire et l’espoir, et ils se développent maintenant spirituellement.

Bien sûr, la Parole orthodoxe de Dieu est moins présente sur Internet par rapport à d’autres paroles. Quand je parle d’autres paroles, je parle de la science, de l’économie, de la politique, et même de phénomènes tels que la mode, le show-business ou même certaines ressources corrompues qui, malheureusement, sont souvent visitées.

Il me semble qu’aujourd’hui la Parole de Dieu doit avoir en ligne une présence forte et puissante. La majorité des gens aujourd’hui sont désorientés, tombant constamment dans une impasse. À cette époque, seule la Parole de Dieu peut consoler l’homme, l’informer et lui assurer la possibilité de la vie éternelle. La Parole de Dieu transmise par Internet peut avoir une fonction de guérison pour l’homme.

La création de bibliothèques numériques au contenu pertinent peut et doit être encouragée et multipliée. Le patrimoine et la sagesse des saints Pères, avec leurs textes remarquables, doivent être utilisés autant que possible de la manière la plus moderne et la plus optimale. La numérisation et la catégorisation des saints Pères permettent aux internautes de trouver des textes et des informations sur des sujets qui les intéressent. De plus, la numérisation et la promotion à travers les pages Web de la Parole de Dieu, en particulier les enseignements des saints Pères ainsi que des startsy du XXe siècle apporteront un bénéfice spirituel à nos contemporains.

Le staretz Ephraïm de Katounakia a dit: « Oh, qu’il est dommage qu’il n’ait pas été possible d’enregistrer les paroles du staretz Joseph? » Nous comprenons qu’il est vraiment important que les choses soient dites par des gens qui ont vécu et acquis une expérience personnelle dans le combat spirituel invisible.

Saint Païssios a dit: « Notez tout ce que vous entendez de spirituel, ainsi que l’expérience que vous avez entendue des autres, parce que viendra un moment où cette expérience sera épuisée, et vous aurez une déficience spirituelle. » En effet, au cours des dernières années, la publication de livres de contenu théologique, en particulier en Grèce, mais aussi dans d’autres pays orthodoxes, a connu une forte croissance.

Mais, malheureusement, il y a des orthodoxes qui, en raison des barrières linguistiques, n’ont pas accès à ces précieux textes. En outre, le livre ordinaire, imprimé sur papier, est maintenant dans une grave crise. Dans le même temps, les ventes de livres électroniques sont de plus en plus fréquentes. Par conséquent, nous pouvons dire que nous pouvons utiliser cette tendance. Nous pouvons dire que tout cela est bon et agréable à Dieu, quand tout fonctionne correctement.

Internet est un outil moderne qui favorise la mondialisation. Ceux qui voudraient répandre leurs idées sur l’histoire mondiale, l’économie mondiale, un État mondial et un leader mondial savent comment utiliser l’Internet – et, en fait, ils l’utilisent à un niveau élevé. Pourquoi ne devrions-nous pas, nous orthodoxes, utiliser cet instrument pour promouvoir le rôle mondial de l’Orthodoxie? Pourquoi ne pas l’utiliser pour unir les orthodoxes et leur mission dans le monde connu?

La bonne utilisation de l’Internet dépend de l’utilisateur. Bien sûr, l’Internet ne peut pas remplacer le contact vivant. Bien sûr, personne ne peut atteindre un niveau donné de spiritualité à travers l’Internet seul.

L’Orthodoxie est centrée sur la personne. La priorité va également à la valeur essentielle de la personne, à la personne individuelle. L’Internet est un outil, un instrument qui nous aide et nous est bénéfique – mais pour que les fidèles mènent une vie spirituelle authentique, il est nécessaire qu’ils aient un contact personnel avec leur père spirituel.

De la même manière, il est essentiel de communiquer avec les autres frères, afin de faire l’expérience de l’amour et de participer à tous les Mystères de l’Église. Bien sûr, il y a aussi des cas où l’utilisation excessive d’Internet, même à des fins spirituelles et bonnes, peut créer la dépendance, entraînant un isolement asocial et un effet nuisible sur la personnalité. Ainsi, l’Internet peut avoir des résultats négatifs: au lieu de conduire l’utilisateur à être plus proche de Christ, cela peut, au contraire, le détourner de Dieu. C’est pourquoi nous avons la grande responsabilité de promouvoir et de partager la Parole de Dieu en utilisant les méthodes les plus créatives, les plus utiles et les plus modernes – mais nous devons également informer notre troupeau sur l’utilisation profitable de l’Internet en soulignant tous les effets négatifs que peut engendrer l’utilisation abusive de cette technologie.

C’est l’un des objectifs de notre conférence qui, pour la première fois, se déroule au niveau international pour les orthodoxes. C’est une grande bénédiction que la première de ces conférences ait lieu dans notre pays. Je tiens à remercier les organisateurs: le journal en ligne «Pemptousia», ainsi que les ressources en ligne et «Bogoslov» de Russie. Notre monastère soutient toujours avec beaucoup d’amour et d’intérêt l’activité de l’Institut « Saint Maxime le Grec ». Nous espérons que cette conférence sera en mesure de faire face aux défis du monde moderne et que tous les participants utiliseront ces nouvelles technologies et Internet pour leur bénéfice spirituel.

Le Christ est ressuscité! Je vous remercie.

Version française Claude Lopez-Ginisty d’après Pravmir (reprise discours de Père Ephraim de Vatopaidi à la conférence internationale de mai 2015 à Athènes)

8 janvier (ancien calendrier)/21 janvier (nouveau)

8 janvier (ancien calendrier)/21 janvier (nouveau)

Après-fête de la Théophanie. Saints Georges de Chozéba (VIIème s.) et Émilien le Confesseur (IXème s.) ; sainte Dominique de Constantinople (vers 474) ; saint Lucien, prêtre, saints Maximien et Julien, martyrs à Beauvais (vers 290) ; saint hiéromartyr Cartère, prêtre à Césarée de Cappadoce (304) ; saints martyrs Julien, Celse, Antoine, Anastase, martyre Basilisse et Marionille, les sept enfants et les 20 soldats (313) ; saint Eugénien, évêque d’Autun, martyr (vers 340) ;saints martyrs Théophile, diacre et Hellade (IVème s.) ; saint Patient, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Agathon, ascète au désert de Scété (IVème s.) ; saint Élie d’Égypte (IVème s.) ; saint Félix, évêque de Nantes (582) ; saint Grégoire, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1093) ; saint Grégoire, reclus de de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint hiéromartyr Isidore, prêtre et avec lui 72 autres martyrs à Youriev (1472) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint martyr Abo de Tiflis en Géorgie (vers 790) ; sainte Gudule, vierge, patronne de Bruxelles (712) ; saints néomartyrs de Russie : Victor (Oussov), prêtre (1937) ; Démètre (Plychevsky), Vladimir (Pasternatsky), prêtres, Paphnuce (Kostine), moine, Michel (Novoselov), martyr (1938) ; Basile (Arkhanguelsy), prêtre (1939) ; Jean (Malychev), martyr (1940) ; saint Michel (Rozov), confesseur, prêtre (1941).

SAINTE DOMINIQUE

Qainte Dominique de Constantinople (vers 474)

Sainte Domnique (ou Domnine) — dont le nom rappelle le Seigneur (Dominus) — était originaire de Rome et fut élevée dans la piété et l’amour de la vertu. Prenant conscience de la vanité de la vie terrestre au regard des biens qui sont promis au Ciel pour ceux qui auront suivi le Sauveur, elle s’enfuit secrètement de la maison familiale et s’embarqua à Ostie sur un navire en partance pour Alexandrie.
Parvenue dans cette métropole de la sagesse, elle fut conduite par la divine Providence vers une demeure fortifiée où vivaient quatre jeunes vierges païennes. Feignant d’être elle aussi adonnée au culte des idoles, elle se joignit à elles. Sa conduite était une vivante exhortation à la vertu, et elle profitait de toute occasion pour instruire ses compagnes dans la voie évangélique. La nuit venue, elle se retirait pour prier avec larmes pour leur salut. Au bout de quelque temps, admiratives devant un tel modèle de perfection, les quatre jeunes filles décidèrent d’abandonner les faux dieux pour embrasser la foi de Domnique. Celle-ci se réjouit grandement de constater leur ardeur et leur suggéra de renoncer, non seulement aux mythes païens, mais aussi à tout attachement à ce monde de vanité et de prendre leur croix pour suivre le Seigneur sur la voie de la perfection. Elles consentirent de tout leur cœur à cette proposition, mais se demandaient comment il serait possible de sortir de la forteresse où elles étaient enfermées. Domnique éleva alors une ardente prière vers Celui qui a brisé les verrous de l’enfer, et aussitôt les portes de la demeure s’ouvrirent d’elles-mêmes. Rendant gloire à Dieu, les cinq vierges s’enfuirent en pleine nuit et se rendirent au quartier du Phare, où elles embarquèrent sur un bateau à destination de Constantinople. Peu après leur départ, le navire fut pris dans une terrible tempête, que saint Domnique calma en versant un flacon d’huile sur les flots déchaînés.
Quand elles arrivèrent, quelques jours plus tard, au port Sophien de Constantinople, l’archevêque saint Nectaire [11 oct.], qui avait été averti de leur arrivée par la vision d’un ange, les accueillit avec son clergé. La sainte lui raconta son histoire et lui présenta ses compagnes, que le patriarche baptisa en leur donnant les noms de Dorothée, Évanthia, Nonna et Timothéa, et il les installa dans un monastère.
La renommée de la vie céleste de sainte Domnique et de son enseignement plein de sagesse ne tarda pas à se répandre dans la capitale, et de nombreux malades qui venaient à elle trouvaient la guérison de leurs maux, notamment les possédés. Cette réputation parvint jusqu’à l’empereur Théodose le Grand, qui vint lui rendre visite avec l’impératrice et toute la cour. À la suite de cette visite, les foules de fidèles ne cessaient de croître autour du monastère, ne laissant plus de loisir à la sainte et à ses disciples pour jouir du calme et du silence nécessaires à la prière. Dieu révéla alors à Domnique un lieu retiré et désert, que tous fuyaient à cause des démons qui le hantaient et parce qu’il servait de lieu d’exécution pour les criminels. Comme elle avait fait la demande à saint Nectaire de fonder là un monastère, le prélat lui opposa un ferme refus, jusqu’au moment où il comprit qu’une telle idée lui avait été suggérée par une inspiration divine. Il transmit donc sa requête au souverain qui prit toutes les mesures nécessaires pour construire au plus vite un monastère et un oratoire dédié au prophète Zacharie.
Une fois les travaux achevés, saint Nectaire proposa de faire la consécration du saint établissement, le 26 janvier (388), mais la sainte insista pour que la cérémonie ait lieu deux jours avant, le 24. Le prélat obtempéra et, à l’issue de la consécration, il conféra à la sainte l’ordination de diaconesse et la nomma supérieure de la communauté. Deux jours plus tard, la prophétie de la sainte se réalisa, et la cité fut agitée par des troubles sanglants provoqués par les ariens.
Ajoutant à ses miracles et ses guérisons le don de prophétie, sainte Domnique était devenue un véritable oracle pour la cité. C’est ainsi qu’elle reçut la révélation de la mort de l’empereur Théodose et des malheurs qui allaient la suivre. Ayant achevé sa course, après avoir illuminé la cité impériale de ses miracles et de son enseignement, elle tomba malade et appela à son chevet Dorothée, pour lui confier son troupeau spirituel. Elle éleva ensuite une ardente prière vers le Seigneur pour qu’Il protège son monastère et la cité gardée de Dieu. Dès que la sainte eut remis son âme à Dieu, un tremblement de terre agita l’endroit. Les moniales sortirent effrayées et virent dans le ciel une foule innombrable de moines et de moniales, vêtus de blanc, qui escortaient sainte Domnique, parée comme une épousée. Au milieu des hymnes d’acclamation, une voix retentit alors du haut du ciel, en disant : « C’est ainsi que les saints sont glorifiés au temps convenable ! »
Par la suite de nombreux miracles s’accomplirent auprès du tombeau de la sainte. Un jour, alors que le monastère était menacé par un incendie, on vit apparaître sainte Domnique et le prophète Zacharie qui repoussaient les flammes de l’église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Kondakion de Saint Georges de Chozéba, ton 4
Tu fus un flambeau très lumineux, ô Georges, illuminant par l’aurore divine ceux qui t’acclament fidèlement : prie pour nous le Christ notre Maître qui est apparu dans les flots et a illuminé le genre humain.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc XII, 38-44)

Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.

8 janvier

8 janvier

Après-fête de la Théophanie. Saints Georges de Chozéba (VIIème s.) et Émilien le Confesseur (IXème s.) ; sainte Dominique de Constantinople (vers 474) ; saint Lucien, prêtre, saints Maximien et Julien, martyrs à Beauvais (vers 290) ; saint hiéromartyr Cartère, prêtre à Césarée de Cappadoce (304) ; saints martyrs Julien, Celse, Antoine, Anastase, martyre Basilisse et Marionille, les sept enfants et les 20 soldats (313) ; saint Eugénien, évêque d’Autun, martyr (vers 340) ;saints martyrs Théophile, diacre et Hellade (IVème s.) ; saint Patient, évêque de Metz (IVème s.) ; saint Agathon, ascète au désert de Scété (IVème s.) ; saint Élie d’Égypte (IVème s.) ; saint Félix, évêque de Nantes (582) ; saint Grégoire, thaumaturge de la Laure des Grottes de Kiev (1093) ; saint Grégoire, reclus de de la Laure des Grottes de Kiev (XIII-XIVème s.) ; saint hiéromartyr Isidore, prêtre et avec lui 72 autres martyrs à Youriev (1472) ; saint Païssios d’Ouglitch (1504) ; saint martyr Abo de Tiflis en Géorgie (vers 790) ; sainte Gudule, vierge, patronne de Bruxelles (712) ; saints néomartyrs de Russie : Victor (Oussov), prêtre (1937) ; Démètre (Plychevsky), Vladimir (Pasternatsky), prêtres, Paphnuce (Kostine), moine, Michel (Novoselov), martyr (1938) ; Basile (Arkhanguelsy), prêtre (1939) ; Jean (Malychev), martyr (1940) ; saint Michel (Rozov), confesseur, prêtre (1941).

SAINTE DOMINIQUE

Sainte Dominique de Constantinople (vers 474)

Sainte Domnique (ou Domnine) — dont le nom rappelle le Seigneur (Dominus) — était originaire de Rome et fut élevée dans la piété et l’amour de la vertu. Prenant conscience de la vanité de la vie terrestre au regard des biens qui sont promis au Ciel pour ceux qui auront suivi le Sauveur, elle s’enfuit secrètement de la maison familiale et s’embarqua à Ostie sur un navire en partance pour Alexandrie.
Parvenue dans cette métropole de la sagesse, elle fut conduite par la divine Providence vers une demeure fortifiée où vivaient quatre jeunes vierges païennes. Feignant d’être elle aussi adonnée au culte des idoles, elle se joignit à elles. Sa conduite était une vivante exhortation à la vertu, et elle profitait de toute occasion pour instruire ses compagnes dans la voie évangélique. La nuit venue, elle se retirait pour prier avec larmes pour leur salut. Au bout de quelque temps, admiratives devant un tel modèle de perfection, les quatre jeunes filles décidèrent d’abandonner les faux dieux pour embrasser la foi de Domnique. Celle-ci se réjouit grandement de constater leur ardeur et leur suggéra de renoncer, non seulement aux mythes païens, mais aussi à tout attachement à ce monde de vanité et de prendre leur croix pour suivre le Seigneur sur la voie de la perfection. Elles consentirent de tout leur cœur à cette proposition, mais se demandaient comment il serait possible de sortir de la forteresse où elles étaient enfermées. Domnique éleva alors une ardente prière vers Celui qui a brisé les verrous de l’enfer, et aussitôt les portes de la demeure s’ouvrirent d’elles-mêmes. Rendant gloire à Dieu, les cinq vierges s’enfuirent en pleine nuit et se rendirent au quartier du Phare, où elles embarquèrent sur un bateau à destination de Constantinople. Peu après leur départ, le navire fut pris dans une terrible tempête, que saint Domnique calma en versant un flacon d’huile sur les flots déchaînés.
Quand elles arrivèrent, quelques jours plus tard, au port Sophien de Constantinople, l’archevêque saint Nectaire [11 oct.], qui avait été averti de leur arrivée par la vision d’un ange, les accueillit avec son clergé. La sainte lui raconta son histoire et lui présenta ses compagnes, que le patriarche baptisa en leur donnant les noms de Dorothée, Évanthia, Nonna et Timothéa, et il les installa dans un monastère.
La renommée de la vie céleste de sainte Domnique et de son enseignement plein de sagesse ne tarda pas à se répandre dans la capitale, et de nombreux malades qui venaient à elle trouvaient la guérison de leurs maux, notamment les possédés. Cette réputation parvint jusqu’à l’empereur Théodose le Grand, qui vint lui rendre visite avec l’impératrice et toute la cour. À la suite de cette visite, les foules de fidèles ne cessaient de croître autour du monastère, ne laissant plus de loisir à la sainte et à ses disciples pour jouir du calme et du silence nécessaires à la prière. Dieu révéla alors à Domnique un lieu retiré et désert, que tous fuyaient à cause des démons qui le hantaient et parce qu’il servait de lieu d’exécution pour les criminels. Comme elle avait fait la demande à saint Nectaire de fonder là un monastère, le prélat lui opposa un ferme refus, jusqu’au moment où il comprit qu’une telle idée lui avait été suggérée par une inspiration divine. Il transmit donc sa requête au souverain qui prit toutes les mesures nécessaires pour construire au plus vite un monastère et un oratoire dédié au prophète Zacharie.
Une fois les travaux achevés, saint Nectaire proposa de faire la consécration du saint établissement, le 26 janvier (388), mais la sainte insista pour que la cérémonie ait lieu deux jours avant, le 24. Le prélat obtempéra et, à l’issue de la consécration, il conféra à la sainte l’ordination de diaconesse et la nomma supérieure de la communauté. Deux jours plus tard, la prophétie de la sainte se réalisa, et la cité fut agitée par des troubles sanglants provoqués par les ariens.
Ajoutant à ses miracles et ses guérisons le don de prophétie, sainte Domnique était devenue un véritable oracle pour la cité. C’est ainsi qu’elle reçut la révélation de la mort de l’empereur Théodose et des malheurs qui allaient la suivre. Ayant achevé sa course, après avoir illuminé la cité impériale de ses miracles et de son enseignement, elle tomba malade et appela à son chevet Dorothée, pour lui confier son troupeau spirituel. Elle éleva ensuite une ardente prière vers le Seigneur pour qu’Il protège son monastère et la cité gardée de Dieu. Dès que la sainte eut remis son âme à Dieu, un tremblement de terre agita l’endroit. Les moniales sortirent effrayées et virent dans le ciel une foule innombrable de moines et de moniales, vêtus de blanc, qui escortaient sainte Domnique, parée comme une épousée. Au milieu des hymnes d’acclamation, une voix retentit alors du haut du ciel, en disant : « C’est ainsi que les saints sont glorifiés au temps convenable ! »
Par la suite de nombreux miracles s’accomplirent auprès du tombeau de la sainte. Un jour, alors que le monastère était menacé par un incendie, on vit apparaître sainte Domnique et le prophète Zacharie qui repoussaient les flammes de l’église.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Théophanie, ton 1
Lors de Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, fut manifestée l’adoration due à la Trinité : car la voix du Père Te rendit témoignage en Te donnant le nom de Fils bien-aimé, et l’Esprit, sous la forme d’une colombe, confirmait l’irréfragable vérité de cette parole. Christ Dieu qui es apparu et qui as illuminé le monde, gloire à Toi !

Kondakion de Saint Georges de Chozéba, ton 4
Tu fus un flambeau très lumineux, ô Georges, illuminant par l’aurore divine ceux qui t’acclament fidèlement : prie pour nous le Christ notre Maître qui est apparu dans les flots et a illuminé le genre humain.

Kondakion de la Théophanie, ton 4
Tu es apparu au monde en ce jour, Seigneur, et Ta lumière s’est manifestée à nous qui, Te connaissant, Te chantons : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible.

Évangile du jour
(Mc XII,1-12)

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne. S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent. Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu’ils battirent ou tuèrent. Il avait encore un fils bien-aimé; il l’envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu cette parole de l’Écriture: La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle; C’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, Et c’est un prodige à nos yeux? Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s’en allèrent.

Jean-Claude Larchet: Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

jean-claude-larchetLa conférence de Jean-Claude Larchet « Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain », donnée à Moscou le 21 septembre 2016 dans le cadre des célébrations des « Mille ans de la présence russe au Mont-Athos », vient d’être publiée en russe sur le site du Département synodal des monastères et du monachisme de l’Église orthodoxe russe et sur le site du Monastère de Sretenski Pravoslavie.ru, et en anglais sur ce dernier site et sur le site Orthodox Ethos. Nous en donnons ici la version française.


Le rôle prophétique du Mont-Athos dans le monde contemporain

Le monachisme n’est au fond qu’une façon de mener la vie chrétienne avec un engagement total dans le renoncement à ce monde et la consécration de soi à Dieu. Pour cela, le monachisme est partout le même, et chaque monastère, chaque skite ou chaque ermitage constitue un lieu privilégié, un centre de référence pour la vie monastique et pour la vie chrétienne. Pour une grande part, ce qui peut être dit du monachisme peut être dit du Mont-Athos, et ce qui peut être dit du Mont-Athos peut être dit du monachisme.
Pourtant le Mont-Athos est depuis longtemps un lieu fascinant, qui attire l’attention non seulement des Orthodoxes, mais de personnes appartenant à d’autres religions et même de non-croyants. En témoignent le nombre important de livres, d’articles consacrés au Mont-Athos, mais aussi le flux incessant de pélerins et de visiteurs venus du monde entier. Cette fascination n’est pas nouvelle, mais elle est sans aucun doute plus grande à notre époque que par le passé. Il y a à cela plusieurs raisons.

1) La première raison est que le Mont-Athos est une république autonome – et pour cela comme un pays – habité seulement par des moines et entièrement consacré à la vie monastique. Bien que chaque pays orthodoxe ait au moins une région qui regroupe plusieurs monastères, il n’y aucune autre région qui regroupe un nombre aussi important de monastères, de skites et d’ermitages, et qui constitue un pays gouverné par des moines, avec une vraie frontière qui le délimite par rapport aux pays ou régions environnants. C’est une zone protégée non seulement politiquement, administrativement et géographiquement (en étant une péninsule), mais aussi spirituellement, puisque le Mont-Athos est couramment appelé « Le jardin de la Mère de Dieu » et considéré comme un lieu qui lui appartient et où elle est particulièrement présente. Par le fait qu’il est un pays entièrement peuplé de moines, qu’il ne permet pas « la libre circulation des personnes » exigées par les lois européennes, n’accepte pas l’afflux des touristes et n’accepte pas non plus l’entrée des femmes, mais étend la clôture monastique à l’échelon d’un pays, le Mont-Athos est un pays pas comme les autres.

2) Deuxièmement, le Mont-Athos est un témoignage du Royaume déjà présent parmi nous.
C’est le lieu qui abrite les plus nombreuses et importantes reliques du monde orthodoxe. Ces reliques y rendent présents et actifs par leurs miracles presque tous les grands saints chrétiens.
Le Mont-Athos en tant que concentration monastique et lieu particulièrement propice à la sanctification a lui-même produit des milliers de saints, connus ou inconnus. Certains à notre époque ont un rayonnement mondial, comme saint Silouane, Joseph l’Hésychaste et ses disciples, ou saint Païssios. À travers ses nombreux saints du passé et du présent, le Mont-Athos apparaît, selon les paroles du Psalmiste, comme « la montagne fertile », « la montagne féconde », « la montagne où il a plu au Seigneur d’habiter » et où Il « habitera à jamais » (Ps 67, 16-17).

3) Le Mont-Athos est un rappel du paradis perdu et une annonce du Paradis retrouvé.
Ce n’est pas seulement à travers ses saints, mais en tant que lieu béni, institution sacrée que le Mont-Athos témoigne prophétiquement d’un autre monde qui donne son sens au monde actuel. Le Mont-Athos, encore appelé « Montagne Sainte », ou « Jardin de la Vierge », est une image du Paradis, un rappel du Paradis perdu par nos premiers parents, et une préfiguration symbolique du Paradis promis aux justes.

  1. a) Le Mont-Athos offre l’image d’une nature paradisiaque parce que, dans la variété des paysages qui s’échelonnent depuis le niveau de la mer jusqu’aux deux mille mètres où culmine la montagne Athos, ce sont de très nombreuses espèces végétales et animales qui vivent et constituent un microcosme résumant le monde entier. Une autre raison est que cette nature reste inviolée, préservée de l’exploitation économique et de la pollution technique. Sa seule existence dans notre monde moderne a une valeur exemplaire. Elle est un modèle d’écologie spirituelle ; elle témoigne de la sauvegarde de la création qui a été confiée à l’origine par Dieu à l’homme pour qu’il en use pour ses besoins, tout en en faisant un instrument de contemplation et d’action de grâce.
  2. b) L’espace du Mont-Athos témoigne de l’espace paradisiaque, et annonce l’espace du Royaume des cieux. À la différence de l’espace de tous les autres pays (réparti entre sacré et profane, voire même parfois entièrement profane), l’espace du Mont-Athos apparaît totalement sacré, non seulement par la présence d’une multiplicité de monastères, de skites, d’ermitages, d’églises et de chapelles, mais aussi parce qu’il est tout entier sanctifié par les saints qui le parcourent ou l’ont parcouru, l’ont rempli de la voix de leur prière, et l’ont baigné des énergies divines dont ils rayonnaient. Chaque fois que l’on marche sur un sentier du Mont-Athos, on a la certitude de mettre ses pieds sur les traces de saints qui nous y ont précédés. Beaucoup de lieux dans la nature gardent la mémoire d’apparitions du Christ, de la Mère de Dieu ou de saints. Il n’y a pas ici de monastère, de skite, d’ermitage, de chapelle, ni de source ou de fontaine dont la présence ne s’explique par une vision céleste ou par un miracle.
  3. c) Il faut dire quelques mots aussi sur la signification prophétique du temps athonite. L’une des choses qui matériellement frappent le plus le visiteur du Mont-Athos, et dans une certaine mesure le désoriente, c’est le changement d’heure. La plupart des monastères gardent l’heure byzantine, qui ne sert plus de référence que dans cet endroit du monde. Notre heure à nous, les moines l’appellent kosmiki ora : l’heure du monde. L’heure byzantine n’est pas une simple survivance des temps anciens ; elle témoigne d’une autre modalité du temps, d’un temps spirituel, sanctifié parce que entièrement consacré à Dieu, subdivisé et organisé pour répondre à Sa volonté. Symboliquement cela rappelle le temps paradisiaque et annonce le temps du Royaume.

4) Un quatrième point important est que la vie collective telle qu’elle est organisée dans l’ensemble du Mont-Athos et dans chaque monastère, constitue un appel à l’unité de tous les hommes, et un témoignage qu’une telle unité est possible dans le Christ. Dans un monde déchiré par les guerres, les nationalismes, les conflits ethniques, le racisme, ce témoignage et cet appel sont véritablement prophétiques.
Le Mont-Athos dans son ensemble témoigne depuis de nombreux siècles de la bonne entente de communautés d’origines ethniques différentes qui non seulement coexistent pacifiquement, mais vivent harmonieusement dans le lien de la charité.
C’est dans ce lien de la charité que la Sainte Communauté, constituée de représentants des principaux monastères, gouverne le Mont-Athos non selon les principes démocratiques du monde, mais dans l’esprit de la conciliarité (sobornost) chrétienne. Chaque monastère athonite en témoigne pareillement, étant dirigé par un Conseil des Anciens avec à sa tête un higoumène élu par les moines.

5) Comme cinquième point, on peut mentionner le rôle fondamental qu’a joué le Mont-Athos dans l’histoire de l’Orthodoxie et qui se révèle aujourd’hui peut-être plus que jamais d’une importance capitale : celui du maintien de la Tradition et de la défense de la foi orthodoxe. Il s’agit là encore d’un rôle prophétique, car le prophète est traditionnellement quelqu’un qui rappelle les hommes à la fidélité à Dieu et qui est un défenseur de la foi face à tout ce qui peut l’altérer ou la pervertir.
Dans un monde soumis à des changements de plus de plus nombreux et de plus en plus rapides, le Mont-Athos donne l’exemple d’un monde stable, immuable, à l’image du monde divin. Préservé de la soif de changement et du vertige du mouvement qui habitent les hommes vivant dans le monde, à l’abri de la pression sociologique qui porte à se conformer en tout point au mode de vie des sociétés modernes, les moines athonites conservent scrupuleusement les prescriptions canoniques, le typikon liturgique et le mode de vie ascétique que nos Pères se sont transmis de génération en génération.
Le maintien scrupuleux même des plus infimes traditions a été la condition pendant plus d’un millénaire d’une parfaite préservation la Tradition orthodoxe. Les moines athonites ont aussi grandement contribué à préserver la foi orthodoxe dans tous les moments difficiles de l’Histoire où elle était menacée, et le font aujourd’hui encore. Et ils jouissent toujours pour cela d’un prestige particulier et d’une grande autorité.
Le rôle prophétique de vigie et de phare que joue traditionnellement le Mont-Athos dans le monde orthodoxe pour rappeler aux gens quelle est la vraie foi est particulièrement important à notre époque où l’on peut observer un affaiblissement considérable de la conscience dogmatique.

6) Un sixième et dernier point est que le Mont-Athos contribue également, d’une manière fondamentale, à maintenir à la fois inchangée et vivante la spiritualité orthodoxe. Constituée par les moines de Palestine, de Syrie, du Sinaï et du Stoudion de Constantinople, les Pères athonites en sont devenus, à partir du XIIIe siècle, les principaux héritiers et dépositaires. Le Mont-Athos est devenu une référence absolue en matière d’ascétisme et de spiritualité, et a attiré de nombreux moines de tous les pays. Lors de leurs visites ou de leur retour dans leurs pays d’origine, ces moines ont contribué fortement à la diffusion de cette spiritualité. En particulier, le Mont-Athos a toujours été un centre de la pratique de la prière de Jésus et de la spiritualité hésychaste. Et c’est toujours à la Sainte Montagne que cette pratique a, si l’on peut dire, son centre.
Les Pères athonites ont comme tâche de le communiquer aux hommes d’aujourd’hui cet héritage séculaire et comme responsabilité de le transmettre aux générations futures. En cela aussi réside le rôle prophétique et eschatologique du monachisme athonite.

Jean-Claude Larchet

Liturgie et office de requiem au monastère de Sihăstria pour les pères Païssié (Olaru), Cléopas (Ilie), Ioannichié (Bălan) et Victorin (Oanele)

La mémoire des archimandrites Cléopas Ilie et Ioannichié (Bălan), ainsi que du hiéromoine du grand habit Païssié Olaru a été commémorée samedi 3 décembre 2016 au monastère de Sihăstria, en Roumanie. Avec ces trois grandes figures spirituelles a été commémoré également l’archimandrite Victorin Oanele, qui fut higoumène de ce monastère. L’office de requiem a été précédé de la sainte Liturgie célébrée par le métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane avec un grand nombre de prêtres et diacres. Dans l’allocution prononcée à cette occasion, le métropolite Théophane a mis en évidence certains des traits distinctifs des pères : « Les pères Païssié, Cléopas et Ioannichié ne peuvent pas êtres appelés autrement que les disciples de leurs grands Pères d’autrefois qui, à leur tour, ont eut d’autres pères bénis qui ont grandi dans l’esprit de l’Évangile, dans l’enseignement des saints Pères, au centre du mystère vécu et prêché par saint Païssy Velitchkovsky. Quels mots peuvent être prononcés au sujet de ces trois figures ? La délicatesse, la parole et le courage du témoignage. Premièrement, je me rappelle de la délicatesse du père Païssié ; le père Cléopas disait au sujet de cette grande figure spirituelle, qu’il est « tellement bon et tellement doux, que des milliers d’hommes trouvent le repos de l’âme sous son epitrachilion ». Deuxièmement, la parole du père Cléopas raisonnait comme une trompette, le père Ioannichié ayant affirmé que le père Cléopas avait souhaité que par sa parole tous les hommes soient « démangés » par le paradis. Troisièmement, je me rappelle du père Ioannichié, avec sa manière d’être, son courage de confesseur, avec sa forte réprimande lorsqu’il avait le péché devant lui. Cette triade bénie de pères spirituels ont pu s’occuper de la « part de Marie » c’est-à-dire la parole de Dieu, la bénédiction de Dieu, le repentir venant de Dieu, ayant en vue que l’higoumène de ce temps, le père Victorin Oanele s’occupait de la « part de Marthe », c’est-à-dire la bonne gestion et l’administration de l’institution monastique ». Après l’office de requiem, S.E. le métropolite Théophane, avec les prêtres et les fidèles se sont rendus au cimetière du monastère de Sihăstria, où a été célébré un Trisaghion sur les tombes des quatre Pères. Cette année marque les anniversaires du départ vers Dieu des pères Païssios Olaru (26 ans), Cléopas Ilie (18 ans), Joannice Bălan et du père Victorin Oanele (2 ans). Rappelons que deux livres du père Ioannichié Bălan ont été traduits en français, l’un sur le père Cléopas, et l’autre sur le père Païssié Olaru et publiés dans la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » aux Éditions de l’Âge d’Homme.

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Exposition exceptionnelle d’icônes au Musée de l’Église orthodoxe serbe à Belgrade

Les visiteurs du Musée de l’Église orthodoxe serbe auront l’occasion, jusqu’à mi-décembre 2016, de voir une centaine d’icônes des plus grands iconographes de la période de la restauration du Patriarcat de Peć (1557-1690). Ces icônes constituent une partie de la collection du Musée de l’Église orthodoxe serbe et des trésors les plus importants des monastères serbes. Le rétablissement du Patriarcat de Peć comme organisation ecclésiale indépendante dans les Balkans s’est produit après un siècle d’effondrement du despotat serbe et de la réunion finale des anciennes terres serbes dans le cadre de l’empire ottoman. Mehmed pacha Solović et son parent le patriarche Macaire Sokolović ont eu un rôle clé dans la restauration de l’indépendance du patriarcat de Peć, sous la juridiction de laquelle se sont trouvées des régions s’étendant la Haute-Hongrie jusqu’aux frontières Sud de l’Albanie actuelle. Ce grand territoire, au cours de la seconde moitié du XVIème et XVIIème siècle, a été divisé en diocèses dont le nombre a varié entre quarante et cinquante, selon les années. Par le fait que les orthodoxes sur le territoire nord-ouest des Balkans ont été regroupés sous un grand patriarcat, le processus d’islamisation a ralenti, la foi orthodoxe a été préservée, le déclin du peuple serbe s’est interrompu. La restauration du Patriarcat de Peć en 1557 eut pour effet la transformation de la vie spirituelle des Serbes à l’intérieur de ses frontières. Sous la protection du Patriarcat commencent les entreprises de construction, de peinture et d’artisanat pour le renouveau de l’activité liturgique. Les icônes ont occupé une place importante dans la renaissance de la vie ecclésiale, lesquelles étaient peintes pour les églises et les monastères dans les limites de sa juridiction. Jusqu’à nos jours, près de 450 icônes avec des inscriptions en slavon serbe, ont été préservées sur le territoire du Patriarcat de Peć restauré. Sur ces icônes sont représentées le plus souvent la Mère de Dieu et le Christ et les thèmes qui leur sont dédiés, destinées aux iconostases. L’iconographie serbe entre 1557 et 1690 se distingue par un programme riche et une indépendance stylistique par rapport au reste de l’iconographie post-byzantine. Sa particularité est la représentation des saints serbes. Les portraits du fondateur de la dynastie des Némanides, saint Syméon, et particulièrement de saint Sava en tant qu’archevêque de Serbie, sont entre autres comme un rappel des trois siècles et demi d’indépendance du Patriarcat de Peć. Sur les icônes sont représentés aussi saint Étienne de Dečani, le Tsar Uroš, le prince Lazare et les saint Branković : le métropolite Maxime, la despote Angelina et les despotes Jean et Étienne. Un certain nombre de maîtres ont laissé leurs noms sur les icônes. Les iconographes les plus célèbres de cette époque furent Longin, Georges Mitrofanović, Jean, André Raičević, Radul, les maîtres anonymes de Dečani, le prêtre Stahinja de Budimlje, Mitrophane le Zographe, Kyr Georges et Côme le Zographe, ainsi que les artistes anonymes du Patriarcat de Peć au service du patriarche Païssios. Après la grande migration de 1690, les courants créatifs se déplacent hors des frontières du Patriarcat, au nord de la Sava et du Danube, dans la monarchie des Habsbourg. Bien que l’iconographie serbe depuis la restauration du patriarcat ait fortement maintenu l’héritage des traditions iconographiques byzantines et serbes, au milieu du XVIIIème siècle intervint une forte pénétration de nouvelles influences venues d’Occident. L’exposition sera inaugurée par le Patriarche de Serbie Irénée et le ministre serbe de la Culture et de l’Information Vladan Vukosavljević, en présence des membres du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe.

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Festival « Artos » à Moscou, dédié aux liens spirituels et culturels entre la Grèce et la Russie

Du 22 au 28 août, le centre de congrès et des expositions « Sokolniki » à Moscou ouvrira ses portes au festival orthodoxe international « Artos ». Son thème central est « l’année mutuelle de coopération de la Fédération de Russie et de la République hellénique », liant les deux pays par un large programme de manifestations dans différents domaines, depuis la culture jusqu’à l’économie. Et pour tous les orthodoxes, cette année est marquée par le millénaire de la présence monastique russe sur la Sainte Montagne de l’Athos. Un grand nombre de facteurs unissent la Grèce et la Russie, mais ce qui les rapproche le plus particulièrement est l’héritage spirituel de Byzance et la même foi orthodoxe. Le festival « Artos » présente aux visiteurs un grand espace culturel et d’exposition, évoquant la parenté spirituelle des deux pays ainsi que la Grèce orthodoxe, à la fois connue de beaucoup, mais aussi inexplorée. Dans le programme du festival, chacun peut trouver ce qui lui tient à cœur : concert de chant byzantin, concerts de musique spirituelle et folklorique, programmes de danses, au cours desquels on pourra se familiariser avec l’histoire de la danse grecque et des traditions chorégraphiques populaires russes. Lors des conférences, des rencontres avec des prêtres et des représentants de la diaspora grecque, les visiteurs de l’exposition pourront faire connaissance de l’histoire de l’Orthodoxie, avec les particularités spirituelles et la vie culturelle des Grecs. Les amateurs d’art pictural attendent les expositions artistiques au cours desquelles les artistes russes présenteront leur perception des lieux et objets saints connus de la Terre grecque. Seront également exposés au festival « Artos » les travaux des vainqueurs du concours de photos « La Grèce. Mes moments de bonheur ». Dans le cadre du festival auront lieu des projections de films organisées avec le laboratoire « Le visible et le caché » fonctionnant auprès de l’Union des cinéastes de la Fédération de Russie. Le 27 août les participants au festival pourront voir en une journée le cycle complet des films documentaires sur saint Païssios du Mont Athos et également rencontrer leur auteur, Alexandre Kouprine. Une rencontre est également prévue avec le participant au Festival du programme des courts métrages à Cannes, le jeune régisseur Yanis Politov : il présentera aux spectateurs sa vision de son film « La philosophie ». Pour les enfants et leurs parents, des classes de maître, qui sous une forme ludique présenteront la culture grecque. Là, même les plus petits enfants pourront faire connaissance des costumes grecs, s’exercer à dessiner des amphores, de créer des alphabets artistiques, ou danser avec un ensemble folklorique. Pour les adultes, le comité d’organisation du festival a également préparé un cours succinct de langue grecque moderne dispensés par des Grecs d’origine qui évoqueront ses particularités fondamentales et de son rôle dans la culture russe. D’autres classes de maître auront lieu pour la danse grecque et la photographie, ainsi qu’un séminaire d’art oratoire et de maîtrise du jeu d’acteur. Ce ne sont pas seulement des hôtes de Grèce qui viendront à « Artos », mais aussi les représentants d’une dizaine de régions de Russie, tandis que plus de 170 exposants seront présents. On pourra, entre autres, y acheter des icônes et des objets liturgiques, des cierges, des livres, des objets divers et des produits naturels grecs. Les stands des sociétés touristiques présenteront également leurs programmes de pèlerinages. Le festival se déroule avec le soutien de l’Église orthodoxe russe, de la Chambre de commerce et d’industrie de Moscou et du Ministère russe de l’agriculture, du Centre culturel de la ville de Moscou et de la Société des Grecs de Moscou.

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Plusieurs participants au Concile auraient refusé de signer certains documents conciliaires

Les médias grecs ont annoncé (1, 2 et 3) que plusieurs hiérarques ont refusé de signer les documents finaux du saint et grand Concile. Parmi ceux qui n’ont pas signé le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », lequel a déclenché la politique la plus acerbe, les médias grecs mentionnent les métropolites Athanase de Limassol, Néophyte de Morphou, Nicolas d’Amathous, Épiphane de Ledra, Porphyre de Neapolis (Église de Chypre), l’évêque Irénée de Bačka (Église de Serbie) et le métropolite de Nafpaktos Hiérothée (Église de Grèce). Ce dernier a également exprimé son désaccord sur les textes « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain » et « Le sacrement du mariage et ses empêchements ». Il a été communiqué précédemment que parmi ceux qui avaient refusé de signer le texte « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » se trouvait également le métropolite de Konstantia Basile (Église de Chypre), mais toutefois celui-ci a démenti publiquement cette information. Les autres hiérarques n’ont ni confirmé, ni infirmé leur refus de signer certains de ces documents conciliaires. En même temps, des informations non officielles font état d’un plus grand nombre de hiérarques serbes qui auraient refusé de signer des documents conciliaires. Jusqu’à présent, le seul métropolite ayant confirmé (sur le site de son diocèse) son refus de signature du document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » est le métropolite de Morphou Néophyte. Dans la déclaration que celui-ci a adressée aux participants du Concile en Crète, il a caractérisé ledit document comme étant « peu clair dogmatiquement » et a mentionné qu’il était le fruit de « compromis diplomatiques ». Se référant à une série de citations des saints Païssios du Mont Athos et Porphyre le Kavsokalybite, des anciens Sophrony (Sakharov) et Jacques (Tsalikis) et d’autres ascètes contemporains, le métropolite Néophyte a souligné que le document concerné diverge de l’enseignement de ceux-ci et ne dit pas assez clairement que l’Église orthodoxe est la seule détentrice de la plénitude de la vérité. Il convient de mentionner que la publication des documents adoptés sur le site officiel du Concile ne permet pas de déterminer avec exactitude si tel ou tel participant a signé ou non un document concret. Sous chacun des documents publiés en version électronique figurent tous les noms sans exception des membres des délégations, ce qui fait penser qu’ils les ont tous signé, ce que réfute l’information susmentionnée. Les scans des signatures des documents n’ont pas été publiés. Les originaux des signatures ne sont présentés dans aucun des médias qui ont publié les documents adoptés. Ce fait crée « une situation fort ambiguë », selon le site Pravoslavie.ru du monastère Sretensky de Moscou.

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Décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine s’est réuni en séance de travail les 6 et 7 juin 2016, sous la présidence du patriarche Daniel, dans la salle synodale de la résidence patriarcale. Mentionnons parmi les décisions prises par le Saint-Synode :
– La canonisation de Jacques de Putna, métropolite de Moldavie (1750-1760), sa fête étant fixée le 15 mai, et des moines Silas, Païssios et Nathan du monastère de Sihăstria Putnei, avec pour jour de fête le 16 mai
– L’identification de nouvelles modalités de soutien à la famille, aux jeunes et aux communautés paroissiales pauvres
– L’intensification de l’éducation religieuse de la jeunesse orthodoxe dans les diocèses, et ce par l’intermédiaire des écoles, aussi bien que dans le cadre des activités organisées par l’Église
– L’approbation de la mise en route des traductions en langues anglaise, française, allemande, italienne et espagnole des offices du saint baptême et du saint mariage, principalement pour la mission des communautés orthodoxes roumaines hors des frontières du pays
– L’organisation d’une paroisse orthodoxe ukrainienne à Bucarest, au sein du vicariat orthodoxe ukrainien dans le cadre du Patriarcat de Roumanie
– L’approbation de la composition de la délégation du Patriarcat de Roumanie au saint et grand Concile de l’Église orthodoxe (île de Crète, 16 au 27 juin 2016) ainsi que des amendements apportés par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine aux textes proposés pour l’agenda de travail du synode de Crète, pour un témoignage commun de l’unité dans la foi et la co-responsabilité pour la vie et la mission de l’Église au niveau panorthodoxe.
Le Saint-Synode exhorte le clergé, les moines et les fidèles d’amplifier leurs prières pour que les participants aux travaux du saint et grand Concile en Crète expriment la foi de l’Église une, sainte, catholique et apostolique et que soit promue la communion liturgique et la coopération fraternelle pour la mission orthodoxe dans le monde d’aujourd’hui.

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Mise en garde du monastère de Koutloumousiou au sujet des « prophéties »

La communauté du monastère athonite de Koutloumousiou, près de laquelle vivait, dans une cellule, saint Païssios du Mont Athos, a publié un message à tous les orthodoxes, leur adressant une mise en garde contre un attrait exagéré pour les « prophéties ». Certains milieux dans les pays orthodoxes attribuent un sens erroné, notamment aux paroles de saint Païssios ou faussement attribuées à lui. Celui-ci a eu effectivement des révélations, par exemple sur la chute du communisme en Russie – bien des années avant que l’événement ne se produise – ou encore sur l’avenir de Constantinople et d’autres événements. En outre, il disait « qu’il n’y avait pas besoin d’être spécialement clairvoyants pour comprendre que l’on était entré dans l’ère de l’Apocalypse ». Or, tous ces messages n’étaient pas destinés à être « exploités » dans un sens ou un autre, mais comme le mentionne la mise en garde ci-dessous, ils constituaient avant tout un appel à la pénitence, soit pour être dignes des biens à venir ou échapper aux malheurs, dont le saint avait eu une révélation.

« Le marché global offre aujourd’hui au consommateur non seulement des biens matériels, mais aussi « spirituels ». Un domaine qui est renouvelé sans cesse et promu est celui des prophéties. Il est destiné à tous les types de personnes, indépendamment de leur niveau culturel, de leur religion ou origines, et s’étend depuis les choses simples du quotidien personnel jusqu’aux questions universelles, d’importance pour toute l’humanité. Nous observons qu’une partie de l’eschatologie chrétienne orthodoxe est considérée de nos jours dans ce contexte. La forme du futur est souvent promue avec une précision cinématographique, tandis que les films avec des prophéties sont accompagnés sur internet et à la télévision, avec de la musique, selon la recette des superproductions propagandistes américaines.

Tout cela n’est pas dit pour mettre en doute le charisme de la prophétie. L’Église se meut sur la voie ininterrompue des prophètes de l’Ancien Testament. Le prophète se tient devant Dieu, L’écoute et transmet Son message à Son peuple. Un message de repentir, de consolation, de fidélité, de direction. Chaque saint véritable participe à ce charisme de prophétie, il « voit » ce qui ne paraît pas. Il est presque impossible de décrire ce processus spirituel. Nous pouvons dire simplement que l’intellect par la théologie mise en pratique est illuminé par l’Esprit de Dieu et acquiert Ses qualités. Ainsi, sont acquises une vue et une ouïe spirituelles des paroles et des choses, ou quelque renseignement intérieur, selon une grâce paradoxale, sans la présence d’une personne ou d’une voix. La prophétie est impensable hors des autres vertus. L’une d’entre elle est l’humilité. Saint Païssios savait bien que personne n’est infaillible. Se rapportant à des événements futurs, il avait l’habitude de commencer « ma pensée me dit ». Il ne définissait pas les délais (comme d’autres contemporains connus et anonymes, démentis ensuite par les faits) et il croyait que si l’homme change, Dieu change le cours des choses, comme nous le voyons dans l’Ancien Testament. Sainte Euphémie de Chalcédoine (IVème s.) elle-même, qui apparut à saint Païssios, ne lui décrivit pas le futur, mais lui montra de forts développements des événements, dépendant cependant des choix des hommes. Ce qui est sûr, c’est que la prophétie est donnée pour le repentir, le retour de notre existence à Dieu, et non pour l’organisation de notre vie personnelle ou notre tranquillité. Tous ceux qui participent au charisme de la prophétie sont des hommes de la sobriété spirituelle [l’attention, la vigilance, ndt]. Ils ont des sens spirituels purs, leurs âmes sont des miroirs purs, où se reflètent les mystères de Dieu et du monde. La sobriété, cependant, est demandée non seulement au le prophète, mais aussi pour celui qui reçoit la prophétie. Qui est celui qui la reçoit correctement ? Est-celui qui est sous le coup de l’impression ? Est-celui qui force les situations pour que la véracité de la prophétie se confirme ? Celui qui la reçoit correctement est celui qui, d’une part, met spirituellement en valeur ce qu’il entend, d’autre part a un intellect pur, afin de commenter les événements, lorsqu’ils se produiront, c’est-à-dire qu’il est en mesure de discerner sans se hâter et en Esprit. « Sans se hâter » et « en Esprit », signifie que ce qui me rend apte à discerner est la sobriété spirituelle, la prière et l’amour, et non de surfer sur un cyclone d’informations. Malheureusement, certains consacrent des heures pour se renseigner sur le moment de la venue de l’Antichrist ou sur les reconquêtes nationales, mais ne se rappellent pas d’ouvrir l’Évangile, de se regarder dans le miroir de la parole de Dieu. Comment éviteront-ils ainsi d’échapper au danger de l’illusion ? L’utilisation de la personne de saint Païssios pour la promotion présumée de la vérité orthodoxe (un exemple frappant est la diffusion de fichiers audio avec la voix de l’Ancien, alors que l’on entend celle d’un autre !) Nous craignons que cela satisfasse l’obsession actuelle des prophéties, obsession qui se cultive sur un manque de foi, et restaure « un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte» (Rom. VIII, 15). Aujourd’hui, à notre époque de confusion, à l’époque de l’image et du sensationnel, où toutes choses (paroles, sentiments, expériences) sont si peu profondes, il n’y a pas de prophétie plus grande, plus actuelle, que celle de saint Athanase le Grand : « Prépare-toi chaque jour à la rencontre avec le Christ. Examine chaque jour ta propre personne, à la lumière des commandements du Christ, et ce qui te manque, commence à le reconstruire». En tant que chrétiens, nous attendons la parousie du Christ « avec des hymnes » et celle-ci est la plus belle partie de notre vie quotidienne, non pas simplement comme attente, mais comme expérience du Christ vivant et ressuscité. Mais si nous sommes vides et peu profonds, à quoi nous serviront Constantinople ou la date de naissance de l’Antichrist ? »

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La commission pour la canonisation de l’archevêque Séraphim (Sobolev) a commencé ses travaux à Sofia

L’l’archevêque Séraphim (Sobolev) et la ville de Sofia

Le 2 décembre a eu lieu la première réunion de la commission commune bulgaro-russe, dont le but est de préparer les éléments en vue de la canonisation de l’archevêque Séraphim (Sobolev), lequel est enterré dans la crypte de l’église orthodoxe russe Saint-Nicolas de la capitale bulgare. La commission a été créée à la demande de l’Église orthodoxe russe en septembre de cette année et est composée des personnes suivantes, pour la partie bulgare : le métropolite de Varna et Veliko-Preslav Jean, l’évêque de Znepol Arsène, vicaire du métropolite de Plovdiv, l’archiprêtre Théodore Stoïtchev, clerc du diocèse métropolitain de Varna et Veliko-Preslav, du Dr Marian Stoyadinov, maître de conférences à la faculté de théologie orthodoxe de l’université de Veliko-Tarnovo, du Dr Paul Pavlov, de la faculté de théologie de l’université de Sofia. Pour la partie russe, les membres sont les suivants : le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures, l’évêque de Troïtsa Pancrace, président de la canonisation synodale pour la canonisation des saints ; l’archimandrite Philippe (Vasiliev), recteur du métochion russe à Sofia ; l’archiprêtre Vladimir Vorobiev, recteur de l’Université Saint-Tikhon de Moscou ; l’higoumène Damascène (Orlovsky), membre de la commission synodale pour la canonisation des saints, l’archiprêtre Igor Yakimtchouk, secrétaire du Département des relations extérieures inter-orthodoxes ; A.A. Kostrioukov, maître de conférences à l’Université Saint-Tikhon. Les membres de la commission ne disposent actuellement que des témoignages personnels des fidèles qui ont demandé l’aide dans la prière et le soutien à l’archevêque Séraphim. Les témoignages concernés ont été rassemblés durant les dernières années. Il convient encore de constituer la documentation nécessaire pour la canonisation en question. Avant tout, il faut examiner les œuvres théologiques de l’archevêque Séraphim et vérifier que celles-ci correspondent en tout point à l’enseignement orthodoxe et à la Tradition de l’Église. Un deuxième facteur important pour la préparation de la documentation est de s’assurer que le peuple vénère l’archevêque comme saint. Quant au troisième facteur, il s’agit de l’existence des miracles qui se sont produits sur sa tombe et en d’autres endroits liés à sa vie. La commission décidera en outre si la tombe de l’archevêque Séraphim doit être ouverte ou si la canonisation peut être entreprise sans cela. Dans le monde orthodoxe, le seul fait que le corps reste incorrompu après la mort ne constitue pas l’unique fondement pour canoniser un saint. À titre d’exemple, les spécialistes renvoient à la canonisation de St Païssios l’Athonite ou St Porphyre le Cavsokalybite, qui ont été canonisés sans que leurs tombes ne soient ouvertes. Une autre question importante qui doit être résolue par la commission mixte est de décider quelle Église, à savoir le Patriarcat de Bulgarie ou celui de Moscou, doit accomplir la canonisation de l’archevêque Séraphim. Selon les spécialistes en hagiologie, ce devrait être l’Église orthodoxe bulgare, étant donné que l’archevêque s’est distingué par sa sainteté en Bulgarie et que sa vénération locale a commencé précisément à Sofia. La commission siégera jusqu’à la fin de la semaine. On décidera alors si des sessions supplémentaires sont nécessaires. Dans le cas contraire, on pourra procéder à la canonisation du hiérarque Séraphim, si aimé et vénéré par des milliers de fidèles. Une biographie détaillée de l’archevêque Séraphim est disponible ici en français.

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Décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Roumanie

Les 3 et 4 juin, sous la présidence du patriarche Daniel, se sont déroulés les travaux du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Roumanie, réuni en séance de travail en la résidence patriarcale. Les décisions suivantes ont été prises :

– Inscription au calendrier de l’Église orthodoxe roumaine, à partir de l’année 2016, de saint Païssios l’Athonite, canonisé par le Patriarcat œcuménique au mois de janvier 2015, avec pour jour de fête le 12 juillet.

– Adoption de propositions pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement religieux, par la collaboration étroite de l’Église avec toutes les institutions et les personnes impliquées, et ce par l’intermédiaire du Ministère de l’éducation et de la recherche scientifique, des professeurs de religions, parents d’élèves, en vue d’une meilleure préparation du personnel enseignant et de la réalisation de nouveaux manuels scolaires.

– Évaluation du phénomène de l’émigration et adoption de solutions pastorales et sociales proposées par les diocèses de Roumanie et de l’étranger, avec pour but la diminution de l’impact négatif de ce phénomène sur les familles se trouvant dans cette situation dans le pays et à l’étranger.

– Approbation d’un projet de règlement des activités bénévoles dans l’Église orthodoxe roumaine, conformément aux changements législatifs récents dans ce domaine.

Le Saint-Synode a publié un communiqué de presse au sujet de l’association auto-intitulée « Métropole autonome de l’ancien calendrier « Episcop Gherasim », laquelle n’a pas la qualité d’association religieuse et n’est pas reconnue canoniquement par l’Église orthodoxe. Les chrétiens orthodoxes sont avertis de ne pas se laisser tromper par les affirmations émanant des représentants de ladite association.

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Podcast audio « Orthodoxie » sur France-Culture: « Saint Païssos du Mont Athos » avec Jean-Claude Larchet

PaissiosL’émission de radio “Orthodoxie”, sur France-Culture, du dimanche 22 février avait pour thème: “Saint Païssios du Mont-Athos”.
Elle portait sur la vie, les œuvres et l’enseignement de ce père spirituel de grande renommée dans le monde orthodoxe, qui a été inscrit le 13 janvier 2015 par le Patriarcat œcuménique au calendrier de l’Église et est désormais vénéré comme un saint.
L’invité d’Alexis Chryssostalis était Jean-Claude Larchet, qui a connu saint Païssios et qui est l’éditeur et l’auteur de l’introduction du livre du hiéromoine Isaac, L’Ancien Païssios de la Sainte Montagne, traduit du grec par Yvan Koenig et publié dans la collection “Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle” aux éditions l’Âge d’Homme.
L’émission peut être réécoutée sur cette page du site de France-Culture où se trouvent également les précédentes émissions en podcasts.
Une présentation de l’émission, ainsi qu’une bibliographie figure sur cette page du site de France-Culture.

Recension: Hiéromoine Grégoire du Mont Athos, « La divine liturgie de saint Jean Chrysostome »

Grgoire_LiturgieHiéromoine Grégoire du Mont Athos, La divine liturgie de saint Jean Chrysostome, Traduit du grec par Bernard Le Caro, Éditions des Syrtes, Genève, 2015, 304 p.
Ce livre, dès sa première publication Grèce il y a plus de quarante ans, a été considéré comme un ouvrage de référence. Il a été amélioré au cours de ses éditions successives, et il est heureux que nous en disposions maintenant en français grâce à l’excellent travail de Bernard Le Caro, bien connu notamment comme traducteur de textes liturgiques.
Son auteur, le hiéromoine Grégoire (Chatziemmanouil) est né à Mytilène en 1936. Après des études de théologie à l’université d’Athènes, il s’est spécialisé en patristique à l’université de Strasbourg. Devenu moine et ordonné prêtre à Mytilène en 1966, il est allé s’installer la même année à la skite d’Iviron au Mont-Athos. En 1968, il aide son ami l’archimandrite Basile, avec le soutien de leur père spirituel saint Païssios, à restaurer la vie cénobitique au monastère athonite de Stavronikita, et à faire de ce monastère un centre spirituel qui attire très rapidement de nombreux intellectuels orthodoxes de Grèce et de toute l’Europe. Depuis 1980, il vit avec sa petite communauté monastique dans le kellion Saint-Jean-le-Théologien du monastère athonite de Koutloumoussiou.
Le projet du père Grégoire est de commenter ici la liturgie de saint Jean Chrysostome, la plus souvent célébrée parmi les quatre (si l’on compte la liturgie de saint Jacques) qui sont en usage dans l’Église orthodoxe.
Il le fait à la lumière de quelques considérations historiques – sur la construction de la liturgie, l’origine des textes utilisés, et les parties qui se sont ajoutées au cours des siècles –, mais aussi et surtout de ce qu’en ont dit les Pères de l’Église. Saint Jean Chrysostome qui est pour une part importante l’auteur de cette liturgie est très souvent cité. Mais parce qu’elle a des racines anciennes, des Pères antérieurs comme saint Cyrille de Jérusalem sont invoqués. Et parce qu’elle a continué à être développée et commentée dans les siècles suivants, l’auteur fait appel à saint Maxime le Confesseur, saint Germain de Constantinople, saint Grégoire Palamas, saint Nicolas Cabasilas, saint Syméon de Thessalonique, saint Nicodème l’Hagiorite et jusqu’à des moines athonites contemporains. Il voit dans leurs commentaires moins des réflexions abstraites de liturgistes que des expressions de leur propre expérience liturgique, qui n’est rien d’autre, fait-il remarquer, qu’une expérience de la présence du Christ.
Il le fait aussi à la lumière de sa propre expérience de célébrant et des réflexions qu’il a par ailleurs développées, puisqu’il est l’auteur d’une vingtaine d’autres livres sur des thèmes liturgiques.
L’ouvrage n’est pas – et ne se veut pas – exhaustif : il se centre sur le texte et l’usage grecs athonites (qui présentent quelques variantes avec le texte et l’usage russe), et n’entre pas dans tous les détails du texte ni des rites. Suivant le déroulement chronologique de la liturgie, il découpe le texte de celle-ci en des citations encadrées qui donnent lieu ensuite à des petits chapitres thématiques qui en sont non seulement des commentaires, mais des méditations allant bien au-delà,  pour montrer les présupposés ou les implications théologiques et spirituelles des différents contenus.
Le but est d’amener le lecteur à une meilleure intelligence de la liturgie – comme le souhaitait saint Jean Chrysostome dont cette affirmation est mise en exergue : « Il est nécessaire de comprendre le miracle des Mystères ; ce qu’il est, pourquoi il a été donné, et quelle est son utilité » –, et par là à une plus profonde participation à celle-ci. Dans son introduction, l’auteur résume ainsi l’esprit de son approche : « Puisque la divine liturgie est le Christ avec nous, tout commentaire à son sujet est en fait une homélie sur le Christ. »
Jean-Claude Larchet

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Jovan Nikoloski