21/09/2017
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Résultats de la recherche : saint Justin

Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije (Serbie)

« Durant sa vie terrestre, par la volonté des persécuteurs athées, saint Justin est devenu reclus, confesseur de la foi du Christ. Durant trois décennies, il était rare qu’il sorte du monastère de Ćelije. Néanmoins, sa parole sagesse et emplie d’amour parvenait à ceux qui cherchaient Dieu, loin de ce lieu saint, près de la rivière Gradac. Aujourd’hui, elle arrive encore plus loin. Afin de lui offrir ses prières, le peuple fidèle venu de tout le monde orthodoxe, guidé par ses pasteurs, se rassemble à Ćelije » écrit le rédacteur du site du diocèse de Valjevo. Le 14 juin 2017, date de la fête de St Justin le philosophe et de St Justin Popović, la sainte Liturgie était célébrée par l’évêque de Valjevo Miloutine, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, l’archevêque de Michalovce-Košice Georges (Église des Terres tchèques et de Slovaquie), l’évêque de Budimlje-Nikšić Joannice, l’évêque de Ras et Prizren Théodose, l’évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande Silouane, ainsi que l’évêque émérite de Zahum et Herzégovine Athanase, assistés par l’archimandrite Méthode, pro-higoumène de la Laure athonite de Chilendar, de l’archimandrite Dorothée, recteur du monastère de la Sainte-Trinité à Bredared (Suède), ainsi que de nombreux prêtres et hiéromoines venus d’un grand nombre de diocèses. « Après avoir traversé le ‘Golgotha’ albanais avec l’armée serbe, le roi Pierre et le métropolite Dimitri, le jeune séminariste Blagoje Popović a prononcé ses vœux monastiques en l’église Saint-Alexandre-de-la-Neva (maintenant détruite) à Shkodra, en Albanie, et est devenu le moine Justin, portant ainsi le nom du saint ancien Justin le Philosophe. Au moment de la crucifixion de son Église et de son peuple, il prit sur lui la Croix du Christ et jusqu’à la fin de sa vie terrestre, à l’instar de Simon de Cyrène, il porta le Golgotha du Christ, le sien propre et celui de son peuple. Le père Justin était un témoin vivifiant du Christ Dieu, crucifié et ressuscité » a dit dans son homélie le métropolite Amphiloque, qui a ajouté : « Le père Justin savait que celui porte la Croix précieuse, recevra la force et la lumière de la Résurrection du Christ. Ainsi, notre staretz le père Justin a vécu sa résurrection. Par lui et par les prières des sœurs de Ćelije intégrées à ce lieu saint, nous ressuscitons également, nous rassemblant sur ce saint lieu, sur cette sainte montagne. Et nous ressuscitons, nous inspirant et nous éduquant par la puissance de Dieu et l’exemple de Ses saints qui ont sanctifié ces terres de la Serbie centrale… Ici ont montré leur éclat les reliques du saint évêque Nicolas et du père Justin, deux luminaires merveilleux. C’est ce que ce peuple a engendré ! En ces temps insensés et athées, Dieu nous a envoyés ces nouveaux apôtres, et par nous, à toute l’Europe et au monde ». L’évêque de Valjevo Miloutine, de son côté, a exprimé sa grande joie pour ce rassemblement, autour de la châsse du père Justin, des évêques, des prêtres et des fidèles, venus cette année aussi, de tous les confins du monde : du Kosovo et de la Métochie, de Herzégovine, d’Australie, de Slovaquie, du Monténégro, du Mont Athos. Quant à l’archevêque de Michalovce-Košice Georges, il a rappelé que le père Justin avait séjourné, pour une mission particulière, en Slovaquie. Le ministère épiscopal lui avait été proposé pour ce pays, mais, se considérant indigne, il le refusa. Néanmoins, dans ces régions, Abba Justin n’a jamais été oublié. Il les a visitées, il parlait avec les prêtres, et à l’instar des évêques de l’époque, notamment de l’évêque Dosithée [futur métropolite de Zagreb, torturé par les oustachis, ndt], il a aidé la renaissance de l’Orthodoxie en Tchéquie et en Slovaquie. « J’apprécie beaucoup la mission, l’œuvre, et l’aide de l’épiscopat serbe à notre Église » a poursuivi l’archevêque Georges, soulignant: « Nos prêtres viennent sur le territoire de l’Église orthodoxe serbe, où ils progressent spirituellement. Lorsque je vois vos visages, je constate qu’il n’y a pas de différence entre nous. Nous sommes un seul peuple, non pas seulement en raison de la similitude de la langue. En premier lieu, en raison de l’Église une, sainte, catholique et apostolique, ce que notre saint Abba proclamait magnifiquement. Il était le théologien de la poésie ». Transmettant la bénédiction du métropolite des Terres tchèques et de Slovaquie, Mgr Rastislav, l’archevêque Georges a exprimé au nom de celui-ci sa gratitude à Mgr Miloutine pour l’honneur qu’il lui a fait de permettre au clergé de son Église de célébrer auprès des saintes reliques. L’higoumène du monastère de Ćelije, Mère Glycérie, a évoqué la bénédiction que le père Justin avait envoyée en 1971, par son intermédiaire et celui de la regrettée Mère Justine, à « ses enfants Athanase, Amphiloque et Artème », alors jeunes moines séjournant à Athènes. Par cette bénédiction, a révélé le métropolite Amphiloque, le père Justin les appelait à être « témoins du Dieu-homme Christ, qui en Lui rassemble tous les mondes connus et inconnus, à être témoins du Christ, Dieu parfait et homme parfait, avec tous les saints » ( …) L’archimandrite Méthode, pro-higoumène du monastère athonite de Chilendar, a rappelé que saint Justin n’était jamais allé sur le Mont Athos. Il se trouvait reclus pour la confession de la foi et ne pouvait aller vénérer les saints lieux. Mais, en esprit, il était avec les moines athonites, du temps de sa vie sur terre, mais encore plus depuis qu’il est parti vers le Seigneur. Le premier office au père Justin a été composé par un hymnographe athonite, et ses homélies et passages de ses livres sont souvent lus dans le ‘Jardin de la Mère de Dieu’ [c’est-à-dire le Mont Athos, ndt], a déclaré l’archimandrite Méthode. De même, dans le texte de la Synaxe des higoumènes athonites et des représentants des monastères athonites au sujet des documents préparés pour le Concile tenu récemment en Crète, il y a de nombreux passages tirés des œuvres du père Justin. Alors qu’il était étudiant et souhaitait devenir moine, l’archimandrite Méthode a souvent prié le père Justin et le saint évêque Nicolas. Il venait aussi à Ćelije le jour de l’Annonciation [jour du trépas de St Justin, ndt]… « Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, je viens comme moine et prêtre en ce saint lieu. Et un miracle du père Justin s’est réalisé sur ma personne : il m’a renforcé pour faire ce pas, quitter le monde et devenir moine. Aussi, ma supplication au père Justin est qu’il prie le Seigneur pour le salut des âmes de nous tous et de nos proches » a conclu l’archimandrite Méthode.

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Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije

À l’occasion de la fête du saint Abba Justin, la liturgie, en l’église Saint-Michel-Archange du monastère de Ćelije, a été célébrée par l’évêque d’Amérique occidentale Maxime (Vasiljević), l’évêque de Bihać et Petrovac Athanase (Rakita), l’évêque émérite Athanase (Jevtić), l’évêque de Valjevo Miloutine (Knežević) et l’évêque d’Amérique du Nord et du Canada de l’Église orthodoxe de Géorgie Sava (Inckiavili), assistés par des prêtres venus de différents diocèses de l’Église orthodoxe serbe. L’évêque Maxime, dans son homélie, a rappelé que « le Seigneur, par les prières de saint Justin nous rassemble à la sainte Liturgie, la communauté de l’amour chrétien. De même qu’il y a deux millénaires, le Seigneur a appelé de simples pêcheurs juifs à conduire le peuple au Royaume de Dieu, Il nous appelle maintenant à sortir des filets des soucis quotidiens et à nous tourner vers Lui, le seul Ami des hommes et le donateur des biens… L’Église est un saint Mystère et un miracle que nous sommes appelés à recevoir dans notre être, par les prières d’un saint tel qu’Abba Justin de Ćelije. Nous tous qui œuvrons dans le champ du Seigneur, nous ressentons sa bénédiction ». De son côté, l’évêque Athanase (Jevtić) a rappelé qu’il nous appartenait de prier pour être rendus dignes du Royaume céleste dans lequel nous verrons notre Abba Justin. Quant à l’évêque Miloutine, il a déclaré : « En la fête de ce jour, « le jour de Justin », comme l’a appelé judicieusement Mgr Maxime, le Seigneur Christ nous a unis en ce saint lieu… Auprès des reliques du saint Abba, les malades recouvrent la santé… C’est une grande bénédiction pour nous que de pouvoir vénérer les reliques du saint Père Justin. De disposer de la force que donne le saint, d’avoir un intercesseur devant l’Autel divin ». De son côté, l’évêque Sava de l’Église orthodoxe de Géorgie qui, il y a quatorze ans, avait étudié à la Faculté de théologie de Belgrade, ayant reçu alors à cette fin la bénédiction du patriarche Paul, il a déclaré : « Vous pouvez achever les études à la faculté de théologie, obtenir une maîtrise, un doctorat, mais si vous ne vivez pas selon l’Évangile, vous n’avez rien fait, disait le patriarche Paul. Je suis aujourd’hui évêque de notre Église au Canada, et je me rappelle souvent ces paroles. C’est une grande bénédiction pour moi d’être ici aujourd’hui, là où j’ai beaucoup d’amis. La Serbie était et est restée ma seconde patrie » a-t-il conclu.

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Office de saint Justin de Tchélié

La mémoire de saint Justin de Tchélié (+1979) est fêtée le 1/14 juin. Son office, rédigé par le hiéromoine Athanase de Simonos Petras et l’évêque émérite de Herzégovine Athanase (Jevtić) est maintenant traduit en français. Nous le publions ici en format pdf.

Rencontre saint Justin de Tchélié

Sur cette page vous trouverez des souvenirs de Komnen Becirovic sur saint Justin de Tchélié, rédigés par l’auteur peu de temps apres sa rencontre avec le pere Justin, a été publié dans le numéro 88 de la revue Le Messager orthodoxe.

Un morceau de tunique couvrant les reliques de saint Justin Popovitch à Bois-Salair (Mayenne)

Le dimanche 29 juin 2014 à Bois-Salair sera transportée un morceau de tunique qui couvrait les reliques de récemment exhumé saint Justin Popovitch, un des plus importants théologiens orthodoxes de notre époque. L’exhumation des reliques a eu lieu le jeudi 12 juin, tandis que la liturgie solennelle a été célébrée le 14 juin, jour de la fête du saint, au monastère de Ćelije, situé à une centaine de kilomètres de Belgrade. Pour cette occasion une liturgie solennelle sera célébrée au monastère de la Nativité de la très sainte Mère de Dieu à Bois Salair. Cette célébration sera amplifiée par la présence de l'archimandrite Placide, l'higoumène du monastère de Saint-Antoine le Grand et l'archimandrite Syméon, l'higoumène du monastère Saint-Silouane, ainsi que de la Fraternité orthodoxe de l’Ouest pour laquelle ce sera l'occasion de tenir sa réunion annuelle.

Liturgie solennelle à l’occasion de l’exhumation des reliques de saint Justin de Ćelije

Des milliers de fidèles de Serbie, des autres républiques de l’ex-Yougoslavie, de Grèce, de Russie, d’Allemagne, de Suisse, des États-Unis, d’Australie et encore d’autres pays sont venus le samedi 14 juin au monastère de Ćelije, situé à une centaine kilomètres de Belgrade, pour vénérer les reliques de saint Justin (1894-1979), canonisé par l’Église orthodoxe serbe en 2010. L’exhumation des reliques a eu lieu le jeudi 12 juin, tandis que la liturgie solennelle a été célébrée le 14 juin, jour de la fête du saint. Le patriarche de Serbie Irénée présidait la concélébration, assisté de l’évêque local, Mgr Miloutine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre), du métropolite de Mésogée et de Lauréotique Nicolas (Église orthodoxe de Chypre), de l’archevêque de Berlin et d’Allemagne Marc (Église orthodoxe russe hors-frontières), et encore de quinze évêques de l’Église orthodoxe serbe. Un grand nombre de prêtres de différents pays du monde orthodoxe, et aussi du Mont Athos, dont l’higoumène Méthode du monastère de Chilandari, ont participé à la liturgie, chantée par deux chœurs qui se sont succédés. À l’issue de l’office, les reliques ont été accompagnées, depuis le lieu de la célébration jusqu’à la nouvelle église dédiée à saint Sava, puis à nouveau dans l’ancienne église, où elles reposent désormais. Les fidèles ont vénéré les reliques pendant plusieurs heures. Le directeur du bureau pour les confessions religieuses de la République de Serbie, Mileta Radojević, des représentants de l’armée serbe et d’autres personnalités assistaient également à l’office. Pour visualiser des photographies de l'évènement, cliquez ICI !

Source (dont photographie): Eglise orthodoxe serbe, traduit du serbe pour Orthodoxie.com

Fête de l’Annonciation et annonce de la prochaine exhumation des reliques de saint Justin au monastère de Ćelije (Serbie)

À l’occasion de la fête de l’Annonciation, en laquelle est né et décédé saint Justin (Popović), la divine liturgie a été présidée par l’ordinaire du lieu, l’évêque Miloutine, au monastère de Ćelije, où vécut le saint. Mgr Miloutine était assisté par l’évêque émérite de Herzégovine Athanase (Jevtić), ainsi que par de nombreux clercs venus de plusieurs diocèses de l’Église orthodoxe serbe. Dans son homélie, l’évêque Athanase a rappelé les paroles de saint Justin selon lesquelles « il n’y a pas d’homme sans le Dieu-homme ». « En ce saint lieu », a-t-il poursuivi, « le saint a pleuré et “tonné” sur le repentir. Il nous a laissé la bonne nouvelle que nous devions nous rassembler ici, ne pas nous diviser et aussi ne haïr personne. Et ce à l’instar de lui-même, qui avait de nombreux amis dans le monde entier ». À cette occasion a été annoncée l’exhumation des reliques de saint Justin, qui aura lieu deux jours avant sa fête (14 juin), avec la bénédiction du patriarche de Serbie Irénée. Les reliques du saint seront placées dans un coffret de cèdre, puis transférées à l’église du monastère. Ladite inhumation sera suivie, le 14 juin, d’une assemblée panorthodoxe à laquelle participeront  tous les évêques de l’Église orthodoxe serbe ainsi que des hôtes des Églises orthodoxes locales. L’évêque Miloutine  a déclaré dans son sermon : « Frères et sœurs, dites à tous de venir, pour partager cet instant joyeux. Vous tous, qui n’avez pas eu l’occasion de révérer sa droite du temps de sa vie terrestre, venez ! Que ce soit une assemblée orthodoxe pleine de grâce, de même que lorsque les reliques du célèbre père de l’Église russe saint Jean de Cronstadt ont été déposées dans un nouveau cercueil ».

Cette année marque le 120e anniversaire de la naissance et le 35e anniversaire du trépas de saint Justin, qui fut durant 31 ans l’aumônier du monastère de Ćelije. Il a été canonisé par décision de l’Assemblée des Evêques de l’Église orthodoxe serbe en date du 2 mai 2010.

Source : Eglise orthodoxe serbe, traduit du serbe pour Orthodoxie.com

Une église dédiée à l’Annonciation et à saint Justin de Tchélié est en cours de construction au skite Saint-Spyridon à Gelnau (Allemagne)

Une église dédiée à l’Annonciation et à saint Justin de Tchélié est en cours de construction au skite Saint-Spyridon à Gelnau (Hesse), dépendant de l’Église orthodoxe serbe. Le skite, dirigé par l’archimandrite Basile (Grolimund), disciple de saint Justin et ancien étudiant à l’Institut Saint-Serge, abrite une communauté monastique depuis vingt ans. Les offices y sont célébrés principalement en allemand, mais  aussi en serbe, slavon, grec et parfois en anglais et français. La nouvelle église sera une réplique, en bois massif, de celle du monastère de Gradac en Serbie, fondé par la sainte reine Hélène d’Anjou (1237-1314).

Sources: Eglise orthodoxe serbe, traduit du serbe pour Orthodoxie.com, skite Saint-Spyridon

Radio (France-Culture): Les « Vies des saints serbes » de saint Justin Popović, avec Jean-Claude Larchet

logo1111L’émission de radio Orthodoxie, sur France culture, du dimanche 23 mars (3e dimanche du Grand carême, dimanche de la vénération de la sainte Croix), à 8 heures, sera consacrée à l'ouvrage récemment paru Vies des saints serbes de saint Justin Popović, et abordera à partir de là le thème des relations entre la sainteté, l'ascèse et la Croix. L'invité sera Jean-Claude Larchet, théologien orthodoxe, directeur de la collection "Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle" (éditions L'Age d'Homme). L'émission pourra être écoutée en direct par l’Internet sur le site de France culture, puis, ensuite, sur cette page où se trouvent également les précédentes émissions en podcasts.

Jean-Claude Larchet présente le livre de saint Justin Popović, « Vies des saints serbes »

Le samedi 7 septembre 2013, à 17 heures, a eu lieu à la librairie L’Age d’Homme (5 rue Férou, Paris 6e) la présentation du dernier volume de la collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle » : saint Justin Popović, Vies des saints serbes. Nous vous proposons ci-dessous la vidéo de sa conférence.

Jean-Claude Larchet présente le livre de saint Justin Popović, « Vies des saints serbes » from J. Panev on Vimeo.

L’émission de France culture: « Saint Justin de Tchélié », avec Jean-Claude Larchet

L’émission de radio Orthodoxie, sur France culture, du dimanche 26 septembre était consacrée à l’archimandrite Justin (Popovitch), récemment canonisé par l’Église serbe sous le nom de saint Justin de Tchélié. Au cours d’un entretien avec Alexis Chryssostalis, Jean-Claude Larchet a évoqué sa vie, son œuvre, quelques traits de sa personnalité et son apport à l’Église orthodoxe. L'émission peut être réécoutée sur Internet pendant deux semaines en cliquant ici.

Radio (France culture): « Saint Justin de Tchélié », avec Jean-Claude Larchet

L’émission de radio Orthodoxie, sur France culture, du dimanche 26 septembre, à partir de 8 heures, sera consacrée à l’archimandrite Justin (Popovitch), récemment canonisé par l’Église serbe sous le nom de saint Justin de Tchélié. Au cours d’un entretien avec Alexis Chryssostalis, Jean-Claude Larchet évoquera sa vie, son œuvre, quelques traits de sa personnalité et son apport à l’Église orthodoxe.
L'émission pourra être écoutée en direct par l’Internet en cliquant ici, puis pendant les deux semaines qui suivront sa diffusion radiophonique, pour cela voir cette page.

Saint Justin le Nouveau de Tchélié (Justin Popovitch) – une conférence de Bernard Le Caro

La paroisse Saint-Sava à Paris et les éditions L’Âge d’Homme ont organisé le dimanche 13 juin une soirée consacrée à saint Justin de Tchélié (Justin Popovitch) à l’occasion de sa récente canonisation par l’Eglise orthodoxe serbe et de la première célébration liturgique de sa fête en tant que saint (fixée au 1er/14 juin). A cette occasion, Bernard Le Caro a donnée une conférence intitulée « Saint Justin de Tchélié (Justin Popovitch) ».

Podcast vidéo :

Podcast audio (Durée : 15’46)

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Podcast vidéo : « La sainteté selon saint Justin de Tchélié », une conférence de Jean-Claude Larchet

La paroisse Saint-Sava à Paris et les éditions L’Âge d’Homme ont organisé le dimanche 13 juin une soirée consacrée à saint Justin de Tchélié (Justin Popovitch) à l’occasion de sa récente canonisation par l’Eglise orthodoxe serbe et de la première célébration liturgique de sa fête en tant que saint (fixée au 1er/14 juin). A cette occasion, Jean-Claude Larchet a donnée une conférence intitulée « La sainteté selon saint Justin de Tchélié ».

Podcast vidéo :

Podcast audio (Durée : 39’24)

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Miracles de saint Justin de Tchélié

Justin_PopovicAlors qu’il était évêque du Banat, Mgr Athanase  (Jevtić) a recensé un certain nombre de miracles accomplis entre 1952 et 1985 par son père spirituel, l’archimandrite Justin (Popović), récemment canonisé. On en trouvera ici, dans une traduction de Lioubomir Mihailovitch, les témoignages, qui ont été publiés en 1991 dans la revue « Messager du Banat ».
Depuis 1985, de nombreux autres miracles ont été accomplis par saint Justin de Tchélié.

Recension: saint Justin de Tchélié, « Dogmatique de l’Église orthodoxe »

51N3BJXPKDL._SS500_ Père Justin Popovitch, « Philosophie orthodoxe de la vérité. Dogmatique de l’Église orthodoxe ». Traduit du serbe par Jean-Louis Palierne, Lausanne, L’Age d’Homme, 5 volumes : tome 1, 1992, 364 p; tome 2, 1993, 244 p. ; tome 3, 1995, 389 pages; tome 4, 1997, 231 pages; tome 5, 1997, 464 pages.
La « Dogmatique », traduite en français et publiée en cinq volumes par les éditions L’Age d’Homme, est, avec la « Vie des saints » en douze volumes, l’œuvre majeure du grand théologien serbe Justin Popovitch (1894-1979) qui a été canonisé récemment par l’Église serbe, et dont l’Église orthodoxe célèbre ce soir et demain la première commémoration liturgique en tant que saint.
Publiée à l’origine en trois volumes – parus respectivement en 1932, 1935 et 1978 – elle a connu un grand rayonnement dans les pays orthodoxes.

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Une soirée à Paris consacrée à saint Justin de Tchélié (Justin Popovitch)

Justin_popovic La paroisse Saint-Sava à Paris et les éditions L’Âge d’Homme organisent le dimanche 13 juin une soirée consacrée à saint Justin de Tchélié (Justin Popovitch) à l’occasion de sa récente canonisation par l’Eglise orthodoxe serbe et de la première célébration liturgique de sa fête en tant que saint (fixée au 1er/14 juin). Les intervenants seront l'archiprêtre Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, Jean-Claude Larchet, patrologue et théologien, Bernard Le Caro, hagiographe et liturgiste, et Jean-Paul Besse, historien et essayiste. Dimanche 13 juin 2010 (18h- 21h).Vêpres : 18 heures (église Saint-Sava). Conférence : 19 heures (grande salle de la paroisse Saint-Sava). Puis lecture suivie d’un verre de l’amitié.

Signature d’un accord de coopération entre l’Université Saint-Tikhon de Moscou avec la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » de Bucarest

Le 19 novembre a eu lieu la signature de l’accord de coopération entre l’Université Saint-Tikhon de Moscou avec la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » de Bucarest.

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Source (dont photographie) : Basilica, traduit du roumain pour Orthodoxie.com
 

Le père Justin Popović a été canonisé hier par le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe serbe

PopovicPar un communiqué, le Saint-Synode de l'Église orthodoxe serbe, actuellement réuni en session, a annoncé la canonisation hier du père archimandrite Justin Popović (Popovitch)(1894-1979), le père spirituel du monastère de Tchélié (Ćelije) près de Valjevo, dorénavant bienheureux Justin de Tchélié (Ćelije), et celle de Siméon Popović, higoumène du monastère Dajbabé près de Podgorica (1854-1941), dorénavant bienheureux Siméon de Dajbabé. La commémoration liturgique du bienheureux Justin sera célébrée le 1er juin selon le calendrier julien (le 14 juin selon le calendrier grégorien), celle du bienheureux Siméon le 19 mars selon le calendrier julien (le 1 avril selon le calendrier grégorien). La célébration solennelle de nouveaux saints canonisés aura lieu le dimanche prochain, 2 mai, dans l'église Saint-Sava à Belgrade, à partir de 9 heures.

Icône ci-dessus: le bienheureux Justin de Tchélié (Ćelije)

Message du Saint-Synode de l’Église orthodoxe en Amérique (OCA) au sujet des tragiques événements récents de Charlottesville

« Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l’Église; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier » (Col. I, 16-18).

Le 16 août 2017

Au clergé, aux moines et moniales, et aux fidèles de l’Église orthodoxe en Amérique.

Les tragiques événements récents à Charlottesville, en Virginie, ont mis en évidence la présence d’une rhétorique non chrétienne et d’actions violentes dans notre société. En même temps, la réponse à ces événements par nos autorités civiles a débridé un débat à l’échelle de la nation, qui a créé une certaine ambiguïté morale, ce qui a favorisé une division supplémentaire. Un tel climat exige une réponse claire de l’Église. Le Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe en Amérique se joint aux gens de foi et de bonne volonté qui, à travers les États-Unis, le Canada et le Mexique, rejettent, sans équivoque, sans réserve et sans ambiguïté, les paroles et les actions qui perpètrent, soutiennent et encouragent la haine, la violence, le racisme, la suprématie blanche, le nationalisme blanc ou le néonazisme. En tant que chrétiens orthodoxes, nous croyons que chaque être humain est un enfant de Dieu, créé à Son image et à Sa ressemblance et, pour cette raison, nous sommes tous frères et sœurs, quelle que soient notre race, notre nationalité et notre foi. En même temps, nous rejetons également le climat de condamnation des individus accomplissant ces activités odieuses. En fait, Jésus a réprimandé Ses disciples lorsqu’ils Lui suggérèrent d’user de représailles violentes contre Ses ennemis : « Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver » (Lc 9, 55-56). L’Église offre à tous – sans exception – non la condamnation, mais la voie du pardon et de la paix en Christ. Comme le dit la prière orthodoxe de la confession : « Ô Seigneur, Dieu du salut de Tes serviteurs, miséricordieux, compatissant et longanime; Qui regrette nos mauvaises actions, ne voulant pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie et qu’il vive, aie pitié maintenant de Tes serviteurs et accorde-leur la repentance, le pardon des péchés et la délivrance, en pardonnant tous leurs péchés, volontaires ou involontaires… » Nous rejetons la haine et la violence et, en tant que chrétiens orthodoxes, nous sommes aussi attachés au ministère de la réconciliation. Nous encourageons notre clergé et nos fidèles à s’en tenir fermement au message de la guérison, du salut et de l’amour offerts par le Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. En même temps, nous exhortons notre clergé et nos fidèles à rejeter toute tentative par des individus ou des groupes de se réclamer du nom de « chrétiens orthodoxes » pour promouvoir le racisme, la haine, la suprématie blanche, le nationalisme blanc ou le néonazisme. Ceci est conforme au saint Évangile, aux décisions des saints Conciles et à l’expérience des saints. Nous rappelons aux fidèles que l’Église orthodoxe en Amérique ne restreint pas l’appartenance à celle-ci à ceux d’une race ou nationalité particulière. Historiquement, elle a reçu tous les hommes, depuis la Mission en Alaska qui a adopté les peuples indigènes de ce pays et jusqu’à ce jour, où elle continue de le faire dans le contexte multiculturel et multi-ethnique de l’Amérique du Nord. Frères et sœurs, le saint martyr Justin, écrivant à un temps où les chrétiens étaient persécutés, au IIème siècle, a dit : « alors qu’auparavant, nous nous haïssions et nous tuions les uns les autres et que la différence des mœurs et des institutions ne nous permettait pas de recevoir l’étranger à notre foyer ; aujourd’hui, après la venue du Christ, nous vivons ensemble, nous prions pour nos ennemis ». Avec notre amour paternel et nos bénédictions, + S.B. le métropolite Tikhon, archevêque de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada » (suivent les signatures de tous les autres membres du Saint-Synode de l’OCA).

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La vénération de saint Séraphin de Sarov dans l’Église orthodoxe roumaine

Le site orthodoxe russe Pravoslavie.ru a publié récemment un article de Ionuț-Daniel Barbu sur la vénération de saint Séraphin de Sarov en Roumanie, que nous reproduisons ci-après.

Saint Séraphin est connu et vénéré en Roumanie. Quatorze livres sur le saint ont été publiés en langue roumaine. Treize d’entre eux ont été traduits du russe, de l’anglais, du français et du grec. La traduction la plus connue est celle de l’archimandrite anglais Lazare (Moore) : « Saint Séraphin de Sarov, une biographie spirituelle ». Il existe un site internet roumain dédié à saint Séraphin où l’on peut lire des articles récemment écrits à son sujet. Ces derniers temps, en Roumanie, sont créés des monastères, des skites, des paroisses et des institutions caritatives portant le nom de saint Séraphin, par exemple le couvent féminin d’Eșanca, près de Iași. Dans le célèbre monastère de Sihăstria Putnei, il y a des fragments de reliques de ce saint russe, tout comme dans d’autres skites et paroisses roumaines. Saint Séraphin a été représenté sur des fresques, pour la première fois, au monastère bucarestois de la Sainte-Trinité de Radu Vodă, à l’époque du patriarche de Roumanie Justinien (Marina, 1948-1977), qui entretenait des relations étroites avec le Patriarcat de Moscou et qui a rendu visite à l’Église orthodoxe russe à plusieurs reprises. Actuellement, les fidèles roumains connaissent la vie et l’enseignement du saint, et certains d’entre eux témoignent des miracles dont ils ont eux-mêmes été l’objet. La vie et les enseignements du saint sont entrés dans la tradition orthodoxe roumaine non pas par des monographies publiées, mais par des copies diffusées parmi les fidèles (à l’époque communiste) qui les lisaient avec grande admiration. Ces copies dactylographiées étaient des traductions à partir du russe ou du français et étaient entrées secrètement en Roumanie à partir des années cinquante du XXème siècle.

Mais c’est en Bessarabie que les fidèles roumains ont commencé à connaître le saint. Entre 1908 et 1914, le diocèse de Chişinău et Khotinsk [faisant alors partie de l’Empire russe] avait à sa tête le hiéromartyr Séraphin (Tchitchagov, 1856-1937). Peu avant, il avait constitué le recueil le plus complet de documents concernant saint Séraphin, publié alors sous le titre de « Chronique du monastère de Séraphino-Diveyevo » (disponible en français). Le hiéromartyr Séraphin œuvra activement à la canonisation du saint. Il avait donc une grande vénération pour le saint et utilisait souvent, dans son travail pastoral parmi les Roumains vivant en Bessarabie, des enseignements et des exemples de sa vie. Les émigrés politiques qui avaient fui la Russie et s’étaient réfugiés en Roumanie ont également participé à la diffusion de la vénération du saint. Ainsi, en 1930, quelques émigrés russes qui avaient trouvé refuge à Piatra Neamț avaient apporté avec eux une icône de saint Séraphin. Elle avait été peinte en Russie au XIXème siècle. On peut voir sur celle-ci des traces de balles du temps des persécutions athées en Russie. Plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, les soldats roumains cantonnés en Bessarabie et en Ukraine ont découvert saint Séraphin et en ont parlé de retour dans leur patrie. Ainsi, l’archimandrite Dositej (Morariu, 1913-1990) a amené d’Ukraine en Roumanie le livre « La vie de saint Séraphin de Sarov » et l’a traduit en 1944. Par la suite, sur la base de ce livre, il a écrit sa thèse de premier cycle « Saint Séraphin de Sarov : vie, ascèse, et enseignements », qu’il a défendue en 1947 à la faculté orthodoxe de Sibiu. Mais en raison de la situation politique difficile, il ne put alors la publier. Ce travail n’a été publié qu’en 2004, après la mort de l’archimandrite Dosithée († 1990), par l’archimandrite et prédicateur roumain Joannice Bălan aux éditions du monastère roumain de Sihăstria. En 1943, le métropolite de Rostov Nicolas a été déporté en Roumanie et, avec lui, son père spirituel, un ancien moine d’Optino, le hiéromoine Jean (Kouliguine). Le fondateur de la revue « Floarea de Foc » (« Le Buisson ardent ») et du mouvement religieux du même nom, Sandu (Tudor), et son groupe a rencontré le père Jean au monastère de Cernica. Ce monastère est glorifié par les labeurs du saint hiérarque Callinique de Râmnicu (1767-1868) et du saint archimandrite Georges (Ardeleanu, 1730-1806), des acètes et des rénovateurs de la tradition hésychaste en Roumanie aux XVIIIème-XIXème siècles, et des contemporains de saint Séraphin. Le père Jean est devenu le père spirituel de Sandu (Tudor) et du cercles d’intellectuels, de prêtres, de moines et de laïcs, qui s’étaient formés autour de lui, pour lesquels la vie spirituelle, la théologie, le lien de l’homme avec Dieu et le but de la déification sont devenus ce qu’il y a de plus important dans la vie. Le moine russe a traduit leurs recherches intellectuelles en actes, leur enseignant la prière continuelle de Jésus, la prière du cœur. Par son propre exemple, il témoignait de la prière de Jésus, dont il avait appris la pratique chez les startsy d’Optino. Le staretz roumain Sofian (Bogiu, 1912-2002), qui a connu de près ce prêtre russe, a écrit dans ses mémoires qu’il avait beaucoup appris auprès du hiéromoine Jean (Kouligiuine) sur l’hésychasme en Russie, qui était présent non seulement dans les monastères, mais aussi chez les laïcs dans ce pays.

Lors des réunions du mouvement « Le Buisson ardent », il était normal d’évoquer la vie et des labeurs spirituels du saint au nom « brûlant » (étymologie de Séraphin), qui avait commencé ses instructions spirituelles par les mots : « Dieu est un feu qui réchauffe et enflamme les cœurs et les entrailles ». Plus tard, également sous le régime communiste, des témoignages sur la vie et l’enseignement de saint Séraphin ont pu venir depuis l’occident, notamment par des étudiants roumains qui étudiaient la théologie dans les universités européennes, principalement en France. C’est précisément là que l’émigration russe a laissé des traces importantes, influençant la vie et la théologie orthodoxes en occident. L’un de ces étudiants fut l’actuel patriarche de Roumanie lui-même. Dans le cadre de la thèse qu’il défendit en 1979 à l’Université de Strasbourg, il mentionne à plusieurs reprises l’enseignement de saint Séraphin. La vénération du saint de Sarov dans l’Église orthodoxe roumaine est également exprimée sous une forme poétique. C’est ainsi que saint Jean (Jacques) le Nouveau Chozébite (1913-1960) a dédié, en 1957, de profonds vers spirituels intitulés « Larmes devant l’icône de saint Séraphin » : « Saint Séraphin, ange terrestre, abaisse son regard depuis les hauteurs sur ceux qui souffrent ! Regarde comme gémit ton peuple, oppressé par les tyrans, et comment errent beaucoup de tes enfants devenus orphelins. Il n’y a pas aujourd’hui de route vers Sarov et Diveevo, et l’obscurité règne dans ta clairière. Et des pauvres orphelins, comme des abeilles de « l’ours » [jeu de mots avec URSS], se sont dispersés dans des pays étrangers et la source s’est tarie. Des « bêtes » qui parlent ont ravagé ton jardin, et les malades ne peuvent plus boire de ton eau. Réapprivoise « l’ours », en lui versant ta grâce ; libère ton peuple de l’esclavage du mal. De la Sarov céleste, verse de ta source l’eau de la foi sainte sur ceux qui languissent en prison. Illumine vers le bien les pauvres abeilles dispersées de leur communauté, afin qu’elles reconnaissent leur reine. Donne-nous Petit Père, de ta joie céleste et fais revenir avec amour enflammé ceux qui ont dévié. Et à ceux qui sont dans les tourments, donne de voir la gloire de Jérusalem, ô vénérable Séraphin. Affermis le pasteur [l’évêque] pour œuvrer ensemble avec sa sainte assemblée [des prêtres] au salut du peuple tourmenté. Et comme tu étais la source de la paix ici, sur terre, ainsi intercède aujourd’hui sans cesse pour la paix du monde ! » [le texte original roumain est disponible ici].

Cette tradition de la vénération de saint Séraphin de Sarov, instaurée en Roumanie dès le début du siècle passé, a donné ses fruits à la fin du XXème et début du XXIème siècle. Après 1990, les fidèles roumains ont commencé à faire des pèlerinages à Diveevo, des nouvelles traductions de la vie du saint sont parues, des églises ont été érigées en son honneur. Le saint staretz de Sarov demeure en Roumanie, et les prêtres, moines et fidèles l’aiment beaucoup. Les commentaires des pèlerins roumains qui ont visité le monastère de Diveevo et vénéré ses saintes reliques sont élogieux. On ressent à Diveevo le zèle apostolique tel qu’il était aux débuts du christianisme. Dans ce monastère et ses skites vivent des centaines de sœurs, ce qui est rare aujourd’hui lorsque s’est affaiblie l’aspiration au monachisme. « Si tu souhaites devenir moine, deviens comme le feu » a dit le grand staretz roumain Arsène (Boca, 1910-1989), que l’on compare à saint Séraphin. Le monastère de Diveevo est vivant, comme le Buisson ardent, héritant cette flamme de la foi de son père spirituel, dont le nom monastique, Séraphin, signifie « enflammé ». Les prêtres qui officient au monastère, les moniales lors des offices et es obédiences, les églises resplendissant de pureté, les fleurs qui poussent partout, les jardins luxuriants et ombragés et particulièrement les merveilleuses tombes des moniales qui sont parties vers le Seigneur, témoignent continuellement de la joie de servir le Créateur. Et bien sûr, marcher dans le canal [autour du monastère, dans lequel la Mère de Dieu était apparu], est quelque chose d’extraordinaire. Parcourant dans le silence cette voie de la Mère de Dieu, tandis que personne ne se hâte. Au canal, il semble que le temps n’existe plus et qu’il n’y est plus nécessaire de dire quoi que ce soit. Ici, on peut comprendre à quel point est précieux le silence, une vertu qui est si absente du monde contemporain bruyant.

Source (dont icône de saint Séraphin) : Pravoslavie, traduit du russe pour Orthodoxie.com.

Nouvelles décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Roumanie concernant la vie de l’Église et de la société

Les 4 et 5 juillet, en la salle synodale de la résidence patriarcale, sous la présidence du patriarche de Roumanie Daniel, a eu lieu la séance de travail du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine. Dans le cadre de cette séance ont été prises les décisions suivantes :
– L’année 2019 a été déclarée au Patriarcat de Roumanie « Année d’hommage au village roumain (aux prêtres, enseignants et maires) » et « Année commémorative des patriarches Nicodème Munteanu et Justin Moisescu et des traducteurs de livres ecclésiastiques ».
– la demande du synode métropolitain du diocèse de Munténie et de Dobroudja de canoniser le vénérable Paphnuce Pârvu l’iconographe a été approuvée. Il sera commémoré le jour du 7 août.
– l’inscription dans le calendrier ecclésial de l’Église orthodoxe roumaine, à partir de l’année 2017, de la mémoire de saint Porphyre le Cavsocalybite, sous la date du 2 décembre, a été approuvée De même, le Saint-Synode a approuvé son tropaire, kondakion, synaxaire et icône. Plusieurs textes liturgiques ont été approuvés : l’acathiste au saint martyr Irénée, évêque de Sirmium [aujourd’hui Sremska Mitrovica, Serbie], fêté le 6 avril ; l’office et acathiste des saints martyrs Pasicrate et Valentin, fêtés le 24 avril ; l’acathiste à saint Antoine de Iezerul Vâlcii – fêté le 23 novembre.
– il a été décidé d’organiser la rencontre internationale de la jeunesse orthodoxe en 2018 à Sibiu, ville résidence du diocèse métropolitain d’Ardeal.
– il a été décidé de créer une extension à Rome de la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » de Bucarest.
– il a été approuvé de créer une spécialisation en art sacré dans le cadre de la Faculté d’histoire, philosophie et théologie de l’Université du « Bas-Danube » à Galați, à effet de l’année universitaire 2017-2018.
– Dans le contexte du phénomène de sécularisation de notre époque, il est nécessaire de renouveler la vie spirituelle et morale des ministres de l’Église de tous les rangs, des habitants des monastères et des skites, ainsi que des laïcs des paroisses et de toutes les institutions ecclésiales. Dans ce sens, les synodes métropolitains du Patriarcat de Roumanie analyseront périodiquement les aspects concernant la discipline des clercs et des laïcs et proposeront au Saint-Synode des solutions concrètes pour promouvoir la vie spirituelle.

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Liturgie panorthodoxe à Londres le jour du Saint-Esprit

Le lundi de la Pentecôte a eu lieu une Liturgie panorthodoxe en la cathédrale Saint-Sava de Londres, qui dépend de l’Église orthodoxe serbe. La Liturgie était présidée par l’archevêque de Thyatire Grégoire (Patriarcat œcuménique), assisté de l’archevêque de Souroge Élisée (Patriarcat de Moscou), de l’évêque de Grande-Bretagne et de Scandinavie Dosithée (Église orthodoxe serbe), de l’archevêque de Dmanisi, de Grande-Bretagne et d’Irlande Zénon (Église orthodoxe de Géorgie), de l’évêque-vicaire Ignace (Église orthodoxe roumaine) et de l’évêque Athanase, vicaire de l’archevêque de Thiatyre. Le métropolite Calliste (Ware) assistait à l’office. Par cette concélébration était témoignée l’unité de l’Église du Christ sur les Îles britanniques. Après le repas a eu lieu la session ordinaire de l’Assemblée des évêques canoniques de Grande-Bretagne, au cours de laquelle ont été examinés les problèmes courants des fidèles orthodoxes dans ce pays. L’archevêque Élisée a amené les reliques de saint Théophane le Reclus à la cathédrale Saint-Sava de Londres, ce qui a permis aux fidèles de les vénérer. Ces reliques avaient été apportées à la cathédrale orthodoxe russe de Londres par les moniales du monastère de Vycha en Russie, où elles se trouvent de façon permanente. La vénération des saintes reliques ont apporté une grande joie spirituelle au clergé et aux fidèles. L’archevêque de Thyatire Grégoire a déclaré dans son homélie : « Chers frères, chers pères en Christ, nous vous remercions pour votre hospitalité et votre accueil en ce jour important pour les chrétiens, particulièrement pour nous chrétiens orthodoxes qui glorifient la Sainte Trinité, la grande fête de l’Esprit Saint. Le Saint-Esprit crée l’Église. Nous sommes aujourd’hui ici dans l’Esprit, afin de confirmer, de construire et renforcer l’unité de l’Église orthodoxe. Nous sommes reconnaissants à Mgr Dosithée pour la prière commune, pour le don de la sainte Communion que nous avons reçue ensemble, car la sainte Communion crée l’Église. C’est pourquoi nous sommes ici. L’Église est bâtie sur la sagesse, le martyre et les vies des saints Pères, mais le plus grand martyr fut le Christ, au nom duquel nous sommes rassemblés ici aujourd’hui. Nous devons être forts, nous devons êtres de fidèles messagers de la Résurrection afin que nous surmontions les difficultés auxquelles nous faisons face, en tant qu’hommes, Église, société et monde. Priez pour la paix dans le monde, priez pour la paix dans l’Église, priez pour l’unité de l’Église, priez pour tous les hommes ». À son tour, l’évêque Dosithée a répondu à l’archevêque : « Votre Éminence, merci pour votre venue et pour avoir empli nos cœurs de joie. Nous espérons que de tels événements seront à l’avenir de plus en plus nombreux, car il est important que nous exprimions l’unité de l’Église orthodoxe devant le monde, et ce saint office est l’une de ses grandes caractéristiques. Merci à tous ceux qui ont prié aujourd’hui dans l’unité, et que vos prières et la force de l’Esprit Saint soit avec ceux pour lesquels vous avez prié. Bienvenue, merci à tous, et commémorez-moi dans vos saintes prières ». « Qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble! » (ps. 132,1). Ces paroles du roi David, nous les avons ressenti dans tout leur sens lors de cet événement pneumatophore, lorsque nos évêques orthodoxes en Grande-Bretagne ont célébré et élevé les prières en de nombreuses langues, mais en un seul Esprit, dans l’unique sainte foi orthodoxe » a déclaré l’un des fidèles présent. Au nom de l’Église orthodoxe, les évêques présents ont envoyé un message de condoléances à la première ministre Theresa May et à l’archevêque de Canterbury Justin Welby, à l’occasion des attentats terroristes qui ont frappé le Royaume Uni au cours de ces derniers mois.

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Recension: Saint Nicolas Vélimirovitch, « Le Prologue d’Ohrid », tome 2 (Mai à Août)

Saint Nicolas Vélimirovitch, Le Prologue d’Ohrid, tome 2 (Mai à Août), collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Age d’Homme, Lausanne, 2017, 512 p.
Le Prologue d’Ohrid est l’une des œuvres majeures et les plus connues de l’évêque serbe Nicolas Vélimirovitch (1880-1956), canonisé en 2003 sous le nom de Saint Nicolas de Jitcha et d’Ohrid et surnommé « le Chrysostome serbe » en raison de l’excellence de son talent littéraire.
C’est une œuvre à la fois classique et originale. Divisée en autant de chapitres que de jours de l’année, elle comporte pour chacun: 1) une courte Vie des principaux saints du jour  (c’est donc un Synaxaire abrégé); 2) un poème spirituel consacré à l’un de ces saints; 3) une brève réflexion ; 4) un thème de contemplation; 5) une courte homélie.
Cet ensemble riche et varié en fait un manuel de vie spirituelle au quotidien, que la brièveté des chapitres rend utilisable même par des personnes disposant de peu de temps, et qui peut aussi rendre de grands services dans le cadre de la catéchèse et de la formation spirituelle.
La qualité stylistique des poèmes, des méditations et des homélies place également cet ouvrage dans la catégorie des grands livres de littérature religieuse qui nourrissent l’intelligence et réjouissent le cœur.
Saint Justin (Popovitch) écrivait à son sujet: « C’est le manuel le plus nécessaire – un saint manuel, un saint Euchologe… Dans chaque malheur, ouvre ce saint manuel, et tu trouveras ce qui t’est nécessaire. Il n’y a pas de tourment qui te visite et pour lequel ce saint Euchologe ne te donne la force de le maîtriser par le Christ Dieu. Il n’y a pas de passion qui puisse dominer ton âme et pour laquelle tu n’y trouves de remède qui ait fait ses preuves et qui soit sûr. Il n’y a pas de péché qui puisse te trouver et faire pénétrer la mort dans ton âme, et pour lequel tu ne trouves pas dans le saint Prologue d’Ohrid comment t’en sauver. »
Faisant suite au 1er tome, publié en 2009 et comportant les mois de janvier à avril, ce 2e tome contient les mois de mai, juin, juillet et août.
L’ouvrage ne sera disponible en librairie que dans les prochaines semaines, mais peut être obtenu dès maintenant en étant commandé en ligne sur le site de L’Age d’Homme. Les frais de port sont offerts pour une commande supérieure à 50 euros.

Jean-Claude Larchet

Des mosaïques réalisées en Russie orneront la cathédrale Saint-Sava de Belgrade

La Commission russo-serbe dont le but est d’évaluer graduellement les travaux des artistes qui réalisent les mosaïques de la coupole de la cathédrale Saint-Sava de Belgrade, s’est réunie vendredi dernier à Moscou et a donné son « feu vert » à la continuation du travail. Les co-présidents de la Commission sont le métropolite de Volokolamsk Hilarion pour le côté russe, et le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, pour le côté serbe, tandis que le président est le représentant du Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie Alexandre Radkov. Les membres de la commission ont vu pour la première fois des parties de la mosaïque de l’Ascension du Christ, alors qu’ils n’avaient jusqu’à présent vu que les dessins. Les mosaïques qui orneront la coupole de la plus grande église des Balkans sont impressionnantes et bien plus belles que sur les dessins. La mise en place de la mosaïque dans la coupole de l’église commencera au début du mois d’avril et les travaux seront achevés avant la fin de l’année. Les parties des mosaïques destinées à la coupole devront être transportées à Belgrade et montées. Au début de la session de la commission, le métropolite de Volokolamsk s’est adressé à l’assistance par ces paroles : « Le projet de l’ornementation de l’église Saint-Sava revêt une grande importance pour le développement des relations traditionnellement fraternelles des Églises orthodoxes russe et serbe, mais aussi des peuples russe et serbe ». Le métropolite a également transmis les salutations du patriarche de Moscou Cyrille, soulignant que celui-ci concevait ce projet comme « la construction de l’amitié éternelle entre les peuples russe et serbe et de la solidarité entre les Églises russe et serbe ». Le métropolite Amphiloque a mentionné que soixante personnes travaillaient actuellement sur les mosaïques, et que 150 artistes en tout participent à cette œuvre, venus de toutes les académies des beaux-arts de Russie. Tous ensemble, ils réalisent une mosaïque qui s’étendra sur 3.500 m2 environ. Le métropolite Amphiloque a remercié l’Église russe par les paroles suivantes : « Notre Église, comme notre peuple, ressent une gratitude exceptionnelle pour cette aide de nos frères de Russie et de l’Église russe. Je pense personnellement que depuis la construction de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, à l’époque de l’empereur Justinien, il n’y a pas eu une telle entreprise dans l’Orient orthodoxe ». Les membres de la commission ont exprimé l’espoir que les travaux principaux sur l’église soient achevés en 2019, à l’occasion du 800ème anniversaire de l’autocéphalie de l’Église serbe. La société russe « Gazprom Neft » a fait un don de 4 millions d’Euros pour la décoration intérieure de la coupole de l’église, dans le cadre de son programme de soutien aux projets humanitaires dans le domaine de la culture et de la préservation du patrimoine historique de la Serbie.

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Décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Roumanie

Le 16 décembre, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine a siégé en la résidence patriarcale sous la présidence du patriarche Daniel. Dans son effort constant d’amélioration de la qualité des cours de religions, un projet de programme scolaire pour le cours de religion destiné aux collèges a été réalisé par le groupe de travail créé à cet effet en ce qui concerne le culte orthodoxe. Le Saint-Synode en a pris acte et a donné son approbation à ce que le secteur théologique et éducatif de l’Administration patriarcale poursuive les étapes de la réalisation des programmes scolaires pour le cours de religion orthodoxe destiné aux lycées. Le Saint-Synode a également pris acte de la publication des décisions de la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme afférentes à la cause « Paroisse gréco-catholique Lupeni et autres c. Roumanie ». La Grande chambre a confirmé le critère de la volonté de la majorité des fidèles en ce qui concerne la restitution des lieux de cultes (voir ici le texte intégral de la décision de la Cour en français). En vue de la perspective déjà annoncée pour 2017, à savoir que cette année sera dédiée « aux saintes icônes, aux iconographes et aux peintres des églises » ainsi qu’à « la commémoration du patriarche Justinien et des défenseurs de l’orthodoxie au temps du communisme », le Saint-Synode a approuvé un complément du programme dans le cadre ecclésial national, avec un chapitre supplémentaire intitulé « Le saint Évangéliste Luc, saint Jean Damascène et saint Théodore Studite, figures emblématiques de l’année d’hommage aux saints iconographes et aux peintres d’églises ». Le diplôme et la médaille de l’année d’hommage 2017 seront offerts aux personnes qui promeuvent les valeurs éternelles de la peinture ecclésiale authentique. De même, le Saint-Synode a approuvé la création de médailles commémoratives et de diplômes « Patriarche Justinien et défenseurs de l’orthodoxie au temps du communisme ». Ceux-ci seront offerts aux personnes qui auront illustré de façon particulière la thématique de l’année commémorative 2017.

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Communiqué du Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe au sujet des déclarations de l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar

« Partageant avec le peuple orthodoxe serbe entier, comme avec les autres orthodoxes, et aussi de nombreux chrétiens non orthodoxes à travers le monde, la vénération dans la prière envers la personnalité du saint évêque de Žiča et d’Ohrid Nicolas Velimirović, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe ressent le devoir d’exprimer publiquement son indignation à l’occasion des déclarations inappropriées et malveillantes de l’archevêque [catholique-romain, ndt] de Belgrade Mgr Stanislav Hočevar, données au journal belgradois « Politika » le 28 octobre de cette année, par lesquelles, celui-ci a pris la liberté, selon des critères connus de lui, de mettre en question la sainteté du Nouveau Chrysostome [i.e. saint Nicolas Velimirović, ndt], allant jusqu’à le comparer avec le cardinal Stepinac ou le proclamer encore l’équivalent serbe de celui-ci. À la différence de l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, qui avec le patriarche de Serbie Irénée, en la cathédrale Saint-Paul de Londres a marqué récemment, de façon solennelle, le centième anniversaire du discours historique de Nicolas [i.e. le discours de St Nicolas Velimirović dans cette cathédrale, ndt], l’archevêque catholique-romain de Belgrade n’est pas obligé de connaître l’œuvre pastorale et spirituelle du saint hiérarque à Ohrid, Bitolj et Žiča, ni son activité multilatérale inter-ecclésiale. Il n’a surtout pas besoin de s’intéresser à ses œuvres théologiques et littéraires, dont la « Centurie sur la charité » et son expérience de l’ennemi comme « d’un ami brutal», à la différence de Stepinac qui a écrit que « l’Orthodoxie byzantine » constitue « la malédiction de l’Europe », et que les Croates et les Serbes, par voie de conséquence, sont deux mondes incompatibles. Il n’est pas obligé de savoir non plus que, à la différence de Stepinac, saint Nicolas a été interné durant toute la Seconde guerre mondiale à Ljubostinja, Vojvolica et finalement au camp tristement célèbre de Dachau. Nous ne lui contestons pas le droit de mettre en question le sens de la décision du chef de sa propre Église, le pape François, de former une Commission mixte constituée de membres de la Conférence des évêques de Croatie et de l’Église orthodoxe serbe, qui doit examiner de façon responsable et conforme à la vérité le rôle d’Aloïs Stepinac avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale. Le Saint-Synode des évêques lui conteste cependant le droit d’utiliser son engagement en faveur de la visite du pape François en Serbie comme petite monnaie d’échange pour envenimer – inconsciemment et peut-être consciemment – les relations de l’Église orthodoxe serbe avec le Saint-Siège. Cet empressement, nous en sommes sûrs, ne sera pas couronné de succès.
Pour le président du Saint-Synode des évêques, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode et porte-parole de l’Église orthodoxe serbe ».
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Composition de la délégation de l’Église orthodoxe serbe au grand et saint Concile

La délégation de l’Église orthodoxe serbe qui participera au grand et saint Concile est la suivante :

1. S.S. le patriarche de Serbie Irénée
2. S.B. l’archevêque d’Ohrid Jean
3. S.E. le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque
4. S.E. le métropolite de Zagreb et Ljubljana Porphyre
5. S.E. l’évêque de Srem Basile
6. S.E. l’évêque de Budapest Lucien
7. S.E. l’évêque de la Nouvelle Gračanica et d’Amérique centrale Longin
8. S.E. l’évêque de Bačka Irénée
9. S.E. l’évêque de Zvornik et Tuzla Chrysostome
10. S.E. l’évêque de Žiča Justin
11. S.E. l’évêque de Vranje Pacôme
12. S.E. l’évêque de Choumadie Jean
13. S.E. l’évêque de Braničevo Ignace
14. S.E. l’évêque de Dalmatie Photius
15. S.E. l’évêque de Bihać et Petrovac Athanase
16. S.E. l’évêque de Budimlje et Nikšić Joannice
17. S.E. l’évêque de Zahumlje et Herzégovine Grégoire
18. S.E. l’évêque de Valjevo Miloutine
19. S.E. l’évêque d’Amérique occidentale Maxime
20. S.E. l’évêque d’Australie et Nouvelle Zélande Irénée
21. S.E. l’évêque de Kruševac David
22. S.E. l’évêque de Slavonie Jean
23. S.E. l’évêque d’Autriche et de Suisse André
24. S.E. l’évêque de Francfort et de toute l’Allemagne Serge
25. S.E. l’évêque de Timok Hilarion

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Célébration de la fête des Trois saints hiérarques par les professeurs et étudiants de théologie de Bucarest

Le jour de la fête des Trois saints hiérarques, Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, le 30 janvier, la Faculté de théologie orthodoxe « Patriarche Justinien » a honoré ses saints protecteurs en présence du patriarche de Roumanie Daniel. Les Trois saints hiérarques sont les protecteurs des institutions d’enseignement théologique orthodoxe dans le monde entier. Ce jour a été institué en 1936 au Congrès mondial des facultés de théologie à Athènes. Dans l’aula Dumitru Stăniloae de la faculté a eu lieu un concert de musique religieuse donné par le chœur d’hommes de la faculté de théologie « Patriarche Justinien ». Le musicien Grigore Leşe était également présent et a interprété quelques pièces musicales. Ensuite a eu lieu la présentation de l’annuaire de la faculté pour l’année 2015. Dans son allocution, le patriarche de l’Église orthodoxe roumaine a mentionné que ce volume devait être recommandé aussi aux paroisses, parce qu’il contient plusieurs études concernant l’éducation des jeunes. Le patriarche a souligné que les Trois saints Hiérarques sont un modèle de hiérarques missionnaires qui allient foi et culture. « C’est un jour plein de joie pour nous, et assurément, une grande joie que soit lancé ce nouvel annuaire. Vous avez un grand nombre d’études concernant l’éducation des jeunes, aussi il doit être recommandé également à nos paroisses, parce qu’il s’y trouve beaucoup de choses importantes pour l’éducation des jeunes, qui ont été rédigées suite à la coopération entre la famille, l’école et l’Église. Cette fête des Trois saints hiérarques n’existait pas jusqu’au XIème siècle et elle a été instituée suite à une vision, un rêve, un message céleste et ce sur la demande et sur l’ordre des Trois hiérarques eux-mêmes. Cette fête était nécessaire pour rétablir la paix dans la communauté chrétienne, la communion ecclésiale elle-même. En 1936, au premier congrès des écoles théologiques, il a été décidé que les Trois saints hiérarques, qui sont des modèles, des maîtres et docteurs de la foi et de la vie chrétienne, deviennent les protecteurs, les saints patrons de toutes les écoles de théologie orthodoxe. La motivation principale était celle-ci : ils sont des exemples de hiérarques missionnaires, combinant foi et culture. La fête d’aujourd’hui nous enseigne que tous les hommes de valeur le sont pour l’Église entière ». Pour les professeurs et les étudiants de théologie de la capitale roumaine, la fête a commencé par la liturgie, célébrée en l’église Saint-Spyridon-le-Nouveau, chapelle patriarcale, par l’évêque vicaire Barlaam de Ploieşti, assisté d’un grand nombre de prêtres professeurs de la faculté. À l’issue de la liturgie a été célébré un office de requiem pour les professeurs et étudiants de la faculté qui sont décédés.

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Cours privés d’art dramatique de Justine Getty d’Actors Studio

afficheA3_justine_QR_CodeElle a travaillé avec les plus grands maîtres mondiaux du théâtre et du 7ème Art : avec Elia KAZAN , qui l’a formée à la méthode Stanislavski au célèbre ACTOR STUDIO, avec Jerzy GROTOWSKI dans son THEATRE LABORATOIRE et son WORK CENTER WORK CENTER ou auprès de l’acteur Ryszard CIESLAK à Cracovie. Elle a aussi collaboré aux travaux de Serge LIFAR et de Peter BROOK (L’ESPACE VIDE) et de Bob WILSON.

Ses extraordinaires expériences professionnelles et mentales lui permettent désormais de faire bénéficier des cours privés (individuels ou en groupe) à des acteurs de théâtre ou de cinéma, des metteurs en scène ou dramaturge ou tout créateur, sans critère d’âge et dans la confidentialité. Justine Getty crée aujourd’hui son STUDIO PORT-ROYAL pour transmettre à des élèves la synthèse de ses acquis.

Les cours ont lieu, tous les mardis du 19h00 à 21h00 au 286 rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

Si vous êtes intéressés par les cours, vous pouvez nous contacter au 06 17 86 32 96 ou par email ! Nous vous invitons à visionner la vidéo de la présentation de Justine Getty ou à télécharger l’affiche sous format PDF !

Le métropolite de Kalamaria et Nea Krini Justin (Église orthodoxe de Grèce) : « Les os de chaque homme sont sacrés »

Dans sa prédication du 16 janvier en l’église Saint-Antoine, le protecteur de Véria, le métropolite de Kalamaria et Nea Krini Justin (Église orthodoxe de Grèce), a abordé la question qui est d’actualité ces derniers jours et concerne la crémation des morts, laquelle a été condamnée par le Saint-Synode de l’Église de Grèce. « J’entends beaucoup de gens qui disent que l’Église s’occupe de l’âme de l’homme et laisse de côté le corps. C’est faux, mes frères, l’Église s’occupe de l’homme entier, car c’est l’homme entier qui est sauvé, recevant la grâce de Dieu » a déclaré le métropolite Justin. Celui-ci a poursuivi sa prédication, soulignant que « le corps est sacré pour l’Église, il est saint et précieux, car il a été créé par les mains du Dieu créateur ! C’est ce corps qu’a revêtu le Seigneur Lui-même, et qu’Il a pris lors de Sa résurrection, Il ne l’a pas laissé ici sur terre ! Y a-t-il un plus grand honneur pour ce corps ? Dans notre corps habite le Saint-Esprit Lui-même… ». « L’Église honore le corps, non pas parce que nous serions des adorateurs de dépouilles, comme nous en accusent certains hérétiques, mais parce que, dans ces saintes reliques, nous situons et nous vénérons la grâce du Saint-Esprit » a poursuivi le métropolite. Celui-ci a souligné que « les os de chaque homme sont sacrés, c’est la raison pour laquelle nous les respectons, c’est la raison pour laquelle nous les honorons, et c’est pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec la crémation des défunts. Celle-ci constitue une marque de nihilisme, d’incroyance et d’impiété, tout d’abord envers la personne humaine et ensuite au Créateur de celle-ci ». « Dans les jours difficiles que nous vivons, alors que sont ébranlés les fondements de notre nation, nous ne sommes pas en danger du fait de la crise économique, mais du fait de la crise spirituelle et morale, certains voulant nous mener à la chute éthique », a ajouté Mgr Justin qui a terminé ainsi son homélie : « Nous, chrétiens orthodoxes, devons résister, nous devons résister à cette tempête qui vient tout raser, résister à ceux qui veulent nous imposer des mœurs étrangères, qui veulent dominer notre petite patrie avec des idéologies extravagantes ». « L’heure est venue où chacun devra donner sa réponse, où chacun devra faire son propre combat » a conclu le hiérarque.

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Décisions du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine

La séance de travail du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine a eu lieu les 28 et 29 octobre en la salle synodale de la Résidence patriarcale sous la présidence du patriarche Daniel. Le Saint-Synode a décidé :

– d’inscrire saint Georges le confesseur de Drama (Grèce) dans le calendrier de l’Église orthodoxe roumaine, la date de sa fête étant fixée au 4 novembre,
– de déclarer, sur la proposition de S.S. le patriarche Daniel, l’année 2017 comme année d’hommage aux iconographes et aux peintres d’églises et comme année commémorative du patriarche Justinien et des défenseurs de l’orthodoxie au Patriarcat de Roumanie à l’époque du communisme,
– l’actualisation par les paroisses de leurs diptyques avec les noms des héros chrétiens orthodoxes (de la guerre d’indépendance, des deux guerres mondiales – sur le front occidental et oriental -, des prisons communistes et de la révolution de décembre 1989) qui sont commémorés le jour de l’Ascension – Jour des héros,
– l’extension au niveau national, à partir de l’année 2016, du programme de santé pour les villages, réalisé avec succès aux mois de septembre-octobre 2015 dans le cadre du projet pilote au niveau de l’archevêché de Bucarest,
– de manifester son appréciation de l’activité des hiérarques et des clercs de la diaspora roumaine pour préserver la foi orthodoxe et l’identité ethnique roumaine.

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Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, « Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe », tome 6, deuxième édition, corrigée et augmentée

SynaxaireHiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe, Tome sixième, Juillet-Août, 2e édition française, corrigée et augmentée, Simonos-Pétra (Mont-Athos), 2015, 769 p.
Ce volume vient achever la publication de la seconde édition du Synaxaire (recueil des vies des saints de l’Église orthodoxe, classées au jour le jour) réalisée par le père Macaire, moine d’origine française établi depuis près de trente-cinq ans au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos. Il complète le tome 1, septembre-octobre, paru en 2008, le tome 2, novembre-décembre, paru en 2010, et les tomes 3, janvier-février, 4, mars-avril, et 5, mai-juin, parus en 2014. Ce dernier volume comporte en outre la table alphabétique générale, et en annexe les notices de saints nouvellement canonisés et prenant place dans les mois de septembre à janvier, comme saint Porphyre ou saint Gabriel de Géorgie.
Il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition, publiée dans les années 90, qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée, mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales, ou encore de saints de celles-ci qui avaient été oubliés et dont l’introduction a été suggérée à l’auteur.
Cette nouvelle édition améliore aussi la présentation de la précédente puisque les volumes sont maintenant reliés, que le texte a un rendu typographique excellent, et comportent de nombreuses illustrations de qualité en noir et blanc et en couleur.
Le Synaxaire du Hiéromoine Macaire reprend les notices de grands synaxaires précédemment publiés, en particulier celui de Constantinople (réalisé au milieu du Xe siècle) et surtout celui de saint Nicodème l’Hagiorite (datant du XVIIIe siècle). Mais il les a souvent allongées en puisant dans les Vies des saints. Profitant des progrès de la connaissance historique et des éditions critiques des sources, il a corrigé un certain nombre d’inexactitudes ou précisé certaines approximations que comportaient les textes anciens, travail que fit aussi, avec les moyens de son époque, saint Nicodème l’Hagiorite. Il a également enrichi de nombreuses notices de connaissances nouvelles, s’informant soigneusement auprès des diverses sources hagiographiques. Il a fait une large place aux saints spécifiquement vénérés par toutes les Églises locales orthodoxes, sans oublier les saints d’Occident d’avant le IXe siècle. Il a entièrement rédigé, dans le style des autres, les notices consacrées aux saints récemment canonisés.
Le Synaxaire du Père Macaire est maintenant traduit et publié dans la plupart des pays orthodoxes et y est devenu un ouvrage de référence. Il est lu à table dans de nombreux monastères, car les notices courtes, à la différence de la plupart des Vies des saints, peuvent être parcourues pendant la durée des repas sans subir de coupures.
Son usage est d’une grande utilité aussi dans le cadre de la vie journalière des fidèles orthodoxes, en complément de la prière et des autres lectures spirituelles.
La vénération des saints occupe en effet une place importante dans l’Église orthodoxe, et implique leur commémoration quotidienne. Leurs vertus sont célébrées dans les hymnes des « Ménées », qui s’intègrent aux services liturgiques de chaque jour. Le but des Synaxaires est, d’une manière plus courte que les Vies des saints, de nous faire connaître les grandes étapes de leur existence, les grands traits de leur personnalité, et les actions (intérieures et extérieures) dans lesquelles s’est réalisée ou manifestée leur sainteté. Les Synaxaires nous permettent d’avoir une connaissance précise et concrète de ceux dont le calendrier liturgique se borne à nous donner les noms, et de préciser certaines généralités ou allusions des chants liturgiques. Ils les situent dans leur contexte historique (car le christianisme s’inscrit toujours dans l’histoire concrète de l’humanité), social et religieux. Ils dessinent leur portait et sont un peu comme des icônes écrites. Saint Basile le Grand écrit à ce sujet: « Les Vies des Bienheureux sont comme des images animées de la vie selon Dieu, proposées à l’imitation en leurs bonnes œuvres. De même que les peintres, quand ils peignent une image d’après une autre image, jettent fréquemment les yeux sur le modèle et s’efforcent d’en faire passer les traits dans leur propre ouvrage, de même l’homme qui s’applique à se rendre parfait dans toutes les parties de la vertu doit jeter les yeux sur la vie des saints comme sur des statues qui se meuvent et qui agissent, et par l’imitation faire sien le bien qui était le leur. »
Le but des synaxaires n’est pas de nous faire acquérir un savoir abstrait, mais de nous rendre les saints plus familiers, et de compléter, dans une démarche également contemplative et orante, leur célébration hymnographique. Leur usage n’est pas récent: ils sont les héritiers directs des anciens « Martyrologes » que, dans les premiers siècles, on lisait au cours des réunions de la communauté chrétienne (appelées « synaxes »). Au IVe siècle, cette lecture fut remplacée par des hymnes. Mais la crise iconoclaste, où les attaques contre les icônes furent perçues comme une atteinte portée à la vénération des saints, eut pour issue la réhabilitation non seulement des icônes, mais de la lecture des Vies des saints. Les hymnographes du monastère de Stoudion, qui ont pour une grande part donné aux offices orthodoxes la forme qu’ils ont aujourd’hui, laissèrent, après la sixième ode du Canon des Matines, une place pour la lecture d’un résumé de la vie du saint du jour, appelé « synaxaire ». Du IXe au XIe siècle, on développa la rédaction de ces courtes notices. On les inséra par la suite dans les Ménées, mais on les rassembla aussi dans des éditions séparées, où on les développa souvent davantage.
Le rôle important que jouent les Vies des saints dans la vie spirituelle des chrétiens est souligné dans ce très beau texte de saint Justin Popović (†1979) :

« Qu’est-ce que la Vie des saints? Rien d’autre qu’une façon de poursuivre les Actes des apôtres. On y retrouve le même Évangile, la même vie, la même vérité, la même justice, le même amour, la même foi, la même éternité, la même force qui vient d’En-Haut, le même Dieu et Seigneur ; car le Seigneur Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles (He 13, 8), le même pour tous les hommes de tous les temps, accordant les mêmes charismes et les mêmes énergies divines à tous ceux qui croient en Lui. Cette transmission de toutes les forces divines vivifiantes dans l’Église du Christ à travers les siècles et les générations constitue la sainte tradition vivante. Cette sainte tradition se transmet sans discontinuer, en tant que vie charismatique, à tous les chrétiens en qui, par les saints mystères et par les saintes vertus, vit le Seigneur Jésus-Christ qui est tout entier présent dans Son Église, qui est Sa plénitude, la plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout (Ep 1, 23). Le Dieu-homme Seigneur Jésus-Christ est la plénitude très parfaite de la Divinité car en Lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité (Col 2, 9). Les chrétiens doivent, par les saints mystères et par les saintes vertus, s’emplir de toute la plénitude de Dieu (Ep 3, 19). Les Vies des saints font justement apparaître ces êtres pleins du Christ-Dieu, ces êtres christophores, ces personnes saintes en qui est gardée et par qui est transmise la sainte tradition de la vie dans la grâce, gardée et transmise par leur conduite sainte et évangélique. Les Vies des saints, ce sont les saintes vérités évangéliques, transférées dans notre vie humaine par la grâce et les ascèses. Il n’est pas de vérité évangélique qui ne puisse être changée en vie. Toutes ces vérités ont été données par le Christ dans un but unique : devenir notre vie, notre réalité, notre propriété, notre joie. Les saints, sans exception, vivent ces vérités divines comme la quintessence de leur vie et l’essence de leur être. Ainsi les Vies des saints sont à la fois la preuve et le témoignage que notre origine est céleste, que nous ne sommes pas de ce monde mais de l’autre, que l’homme n’est un homme véritable qu’avec Dieu, que si nous vivons sur la terre, c’est par le ciel, car notre cité se trouve dans les cieux (Ph 3, 20).
Les Vies des saints sont des témoignages sacrés de la puissance thaumaturgique du Seigneur Jésus-Christ. Il s’agit en fait de témoignages des saints Actes des apôtres, simplement prolongés à travers les siècles. Les saints ne sont rien d’autre que des témoins saints, comme les saints Apôtres ont été les premiers témoins. Témoins de qui? Mais du Christ Dieu-homme, crucifié, ressuscité, monté au ciel et éternellement vivant. Ils sont les témoins de l’Évangile source de tout salut, qui continue d’être écrit, sans interruption, de génération en génération car le Seigneur Jésus-Christ, qui est le même pour tous les siècles, continue par la même puissance divine, à faire des miracles par Ses saints témoins. Les saints Apôtres ont été les premiers témoins du Seigneur Jésus-Christ et de Son économie divino-humaine du salut du monde; leurs Vies constituent des témoignages vivants et immortels de l’Évangile du Sauveur en tant que vie nouvelle, vie pleine de grâce, vie sainte et divino-humaine et donc toujours thaumaturgique et véritable, tout comme est thaumaturgique et véritable la vie même du Sauveur.
Avec les Vies des saints, nous voici au ciel, car avec les saints de Dieu, la terre devient ciel. Nous voici parmi des anges de chair, parmi les christophores. Là où ils sont, le Seigneur tout entier est en eux, avec eux et parmi eux; là se trouvent toute la Vérité éternelle de Dieu, toute la Justice éternelle de Dieu, tout l’Amour éternel de Dieu, toute la Vie éternelle de Dieu.
Avec les Vies des saints, nous voici au paradis, là où pousse et s’épanouit tout ce qui est divin, saint, immortel, éternel, juste, vrai, évangélique; en chaque saint a fleuri, par la Croix, l’arbre de la vie éternelle, divine et immortelle qui a donné beaucoup de fruits. La Croix conduit au paradis, elle nous y conduit à la suite du Larron qui, pour nous entraîner, y est entré le premier avec le Christ, le tout-puissant et divin, porteur de la Croix; il est entré avec la croix du repentir.
Avec les Vies des saints, nous voici dans l’éternité: le temps n’existe plus, parce que chez les saints de Dieu, règnent la vérité divine et éternelle, la justice divine et éternelle, l’amour divin et éternel, la vie divine et éternelle. Pour eux, la mort n’existe plus : tout leur être est empli des forces divines du Christ Ressuscité, de l’unique Vainqueur de la mort, de toutes les morts dans l’ensemble des mondes. La mort n’existe pas pour eux: tout leur être est plein du Seul Immortel, du Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, le plus qu’immortel. Parmi eux, sur la terre, nous nous trouvons parmi les seuls vrais immortels, qui ont vaincu toute mort, tout péché, toute passion, tout démon, tout enfer. Quand nous sommes avec eux, aucune mort ne peut nous atteindre, parce que les saints sont comme des paratonnerres contre la mort. Il n’existe pas de tonnerre qui puisse nous frapper à mort quand nous sommes avec eux, parmi eux, en eux.
Les saints sont des hommes qui vivent sur la terre les vérités saintes, éternelles et divines. Les Vies des saints sont, en réalité, de la dogmatique appliquée, car en eux toutes les saintes et éternelles vérités dogmatiques ont été vécues dans toute leur force vivifiante et créatrice. Elles montrent de toute évidence que les dogmes ne sont pas seulement des vérités ontologiques en elles-mêmes et pour elles-mêmes, mais que chaque dogme est source de vie éternelle et de sainte spiritualité, conformément à l’Évangile plus que vrai de l’unique et irremplaçable Sauveur et Seigneur qui a dit: Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (Jn 6, 63), car chacune d’elles répand une force salvatrice, sanctificatrice, qui remplit de grâce, vivifie et transfigure.
Les saints sont vraiment des saints parce qu’ils ne cessent de revivre le Seigneur Jésus comme âme de leur âme, conscience de leur conscience, pensée de leur pensée, être de leur être, vie de leur vie. Et chacun d’eux crie avec le saint Apôtre cette vérité : ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).
Plongez-vous dans les Vies des saints : chacune de ces vies répand la force charismatique, vivifiante et salvatrice de la Très-Sainte Mère de Dieu qui les a conduits d’ascèse en ascèse, de vertu en vertu, de la victoire sur le péché à la victoire sur la mort, de la victoire sur la mort à la victoire sur le diable et les amène à la joie spirituelle, là où il n’y a ni maux, ni peines, ni soupirs, mais seulement paix et joie dans l’Esprit Saint (Rm 14, 17), paix et joie issues de la victoire remportée sur tous les péchés, toutes les passions, toutes les morts, tous les esprits mauvais. Tout cela sans aucun doute atteste, par la vie et l’expérience, la vérité du saint dogme sur la Très-Sainte Mère de Dieu plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, un dogme que les saints serrent dans leur cœur et dans un amour embrasé par la foi. – Si toutefois vous souhaitez avoir mille, deux mille ou des milliers de témoignages incontestables sur la réalité vivante et vivifiante de la très vénérable Croix du Seigneur et obtenir ainsi une confirmation empirique de la vérité absolue du saint dogme sur le caractère salvateur de la mort sur la Croix du Sauveur, alors entrez avec foi dans les Vies des saints. Alors vous pourrez comprendre et voir que pour chaque saint en particulier comme pour tous les saints dans leur ensemble, la force de la croix est une arme qui triomphe de tout, leur permettant de vaincre tous les adversaires de leur salut, qu’ils soient visibles ou invisibles; vous pourrez ainsi voir la présence de la croix tout au long de leur vie, dans leur âme, leur cœur, leur conscience, dans leur esprit, dans leur volonté et leur corps; vous la verrez, telle une source intarissable de forces salvatrices et sanctifiantes, les mener sans faille, de perfection en perfection, de joie en joie, et les introduire dans l’éternel Royaume des cieux, là où ne cessent les chants de ceux qui célèbrent et contemplent la beauté inexprimable de la Face du Seigneur. Par leur sainte vie et leurs saintes personnes, les saints de Dieu confirment également, de manière absolument convaincante, non seulement les dogmes cités ci-dessus, mais aussi tous les autres saints dogmes: sur l’Église, la grâce, les saints mystères, les saintes vertus, l’homme lui-même, le péché, les saintes reliques, les saintes icônes, la vie future, tout ce qui constitue l’économie divino-humaine de notre salut. En vérité, les Vies des saints sont une dogmatique empirique; c’est la dogmatique vécue, dogmatique devenue vie dans la sainte vie des saints hommes de Dieu.
En outre, les Vies des saints portent en elles toute l’éthique orthodoxe, la morale orthodoxe, dans tout l’éclat de sa splendeur divino-humaine et de sa force vivifiante et immortelle. Les Vies des saints ont démontré et prouvé de la façon la plus convaincante que les saints mystères sont la source des saintes vertus, que les saintes vertus sont des fruits des saints mystères: elles en sont issues, elles se développent grâce à eux, elles s’en nourrissent, elles en vivent, elles s’y épanouissent, elles y trouvent leur immortalité et leur éternité. Toutes les lois morales divines sont issues des saints mystères et sont réalisées par les saintes vertus. Voilà pourquoi les « Vies des saints » constituent une éthique vécue, une éthique appliquée. En fait, les Vies des saints démontrent de façon irréfutable que l’éthique n’est rien d’autre qu’une dogmatique appliquée. Toute vie de saint se compose de saints mystères et de saintes vertus, fruits du Saint-Esprit qui opère tout en tous (1 Co 12, 4.6.11).
Que sont encore les Vies des saints? C’est l’unique pédagogie de l’Orthodoxie. Car elles montrent, et de manière innombrable, parfaitement éprouvée au cours d’une expérience multiséculaire, comment se construit et se développe la personnalité humaine la plus achevée, l’homme idéal le plus achevé, et comment grâce aux saints mystères et aux saintes vertus dans l’Église du Christ, on parvient à constituer cet Homme parfait… qui réalise la plénitude du Christ (Ep 4, 13).
En fait, les Vies des saints constituent une sorte d’encyclopédie orthodoxe. On peut y trouver tout ce qu’une âme affamée, assoiffée de justice éternelle et de vérité éternelle peut désirer en ce monde, affamée et assoiffée d’immortalité et de vie divine. Si tu as soif de foi, tu la trouveras en abondance dans les « Vies des saints » et ton âme rassasiée de cette nourriture n’aura jamais plus faim. Si tu désires l’amour, la vérité, la justice, l’espérance, la douceur, l’humilité, la pénitence, la prière ou toute autre vertu ou ascèse, tu trouveras dans les « Vies des saints » une infinité de maîtres saints pour chaque ascèse et tu recevras le secours de la grâce pour chaque vertu. Si tu souffres le martyre pour ta foi en Christ, les Vies des saints te consoleront, t’encourageront, te fortifieront, te donneront des ailes, au point que tes souffrances se changeront en joie. Es-tu soumis à des tentations? Les Vies des saints t’aideront à en venir à bout, dès maintenant et pour toujours. Et si tu es menacé par les ennemis invisibles de ton salut, tu pourras grâce aux Vies des saints revêtir l’armure de Dieu (Ep 6, 11.13) de façon à les briser tous, dès maintenant et pour toujours. Si tu te trouves au milieu d’ennemis visibles et persécuteurs de l’Église du Christ, les Vies te donneront le courage et la force de confesser, sans crainte, le seul vrai Dieu et Seigneur Jésus-Christ dans l’ensemble des mondes; tu te tiendras inébranlable jusqu’à la mort, quelle qu’elle soit, pour Son Évangile, et tu sentiras ton être plus fort que toute mort, et que tout ennemi du Christ; en souffrant pour le Christ, tu jubileras de joie, sentant que tout ton être, que toute ta vie se trouve dans les cieux, au-delà de toutes les morts, cachée avec le Christ en Dieu (Col 3, 3).
Les Vies des saints montrent d’innombrables mais toujours infaillibles voies de salut, d’illumination, d’initiation, de régénération, de transfiguration, de christification, de déification; elles nous indiquent également toutes les manières par lesquelles la nature humaine triomphe du péché, de tout péché, comment elle vient à bout de la passion, de toute passion, comment elle triomphe de la mort, de toute mort, comment elle triomphe du démon, de tout démon. On y trouve le remède à tout péché, la guérison de toute passion, la résurrection de toute mort, la délivrance de tout démon, le salut contre tous les maux. Il n’est pas de passion, il n’est pas de péché dont on ne puisse trouver dans les Vies des saints la manière de les vaincre, de les mettre à mort, de les déraciner. Les Vies des saints montrent clairement et de façon évidente qu’il n’est pas de mort spirituelle de laquelle on ne pourrait ressusciter par la force divine du Seigneur Jésus ressuscité et monté au ciel ; il n’est pas de malheur, de tristesse, d’affliction ou de souffrance que le Seigneur, ne change progressivement ou instantanément, en joie paisible et douce, selon la foi que nous avons en Lui… » (Extraits de: Saint Justin Popović, Vies des saints serbes, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2013, traduction de Lioubomir Mihailovitch).

Tous les volumes du Synaxaire du père Macaire (vendus maintenant à petit prix grâce à l’aide d’un sponsor et à une impression en Pologne par les soins d’Orthdruk) peuvent être commandés par courrier, ou en ligne sur leur site Internet, dans les métochia français du monastère de Simonos-Pétra:

— le monastère de Solan, F-30330 La-Bastide-D’Engras (tel. 04 66 82 94 25; www.monasteredesolan.com)

— le monastère de la Transfiguration, Néguirat, F-24120 Terrasson (tel. 05 53 50 23 94; www.monastere-transfiguration.fr).

— le monastère Saint-Antoine-le-Grand, F-26190 Saint-Laurent en Royans (tel. 04 75 47 72 02; www.monasteresaintantoine.fr) ;

Les volumes sont également disponibles dans les librairies qui diffusent les livres orthodoxes.

Jean-Claude Larchet

« L’avenir de l’Institut Saint-Serge » – Interview de Jean-François Colosimo, à Orthonews.ro

Ana Petrache : Vous êtes théologien, de plus un théologien orthodoxe, mais aussi un intellectuel inscrit dans l’espace public au sein de cette culture française si fière de sa laïcité. Pouvez-vous nous dire, en quelques mots, comment envisagez-vous la mission du théologien dans la cité ?

Jean-François Colosimo : Moins qu’une fierté, surtout pas une idéologie, la laïcité est en France une pratique de la cité qui correspond à la distinction prônée par l’Évangile entre le religieux et le politique. L’Église catholique y a gagné une indépendance sans égale grâce à la loi de séparation d’avec l’État. Les communautés orthodoxes immigrées y ont trouvé une autonomie sans précédent grâce au principe d’égalité des cultes. De même pour les protestants, les juifs, les musulmans…
Tout autre est le mouvement de sécularisation que connaît l’ensemble du continent européen et qui rend la parole théologique incompréhensible ou inaudible. Mais là, les torts sont partagés. D’une part, l’Europe, pour reprendre le mot de Chesterton, est plus que jamais «remplie d’idées chrétiennes, mais devenues folles».
D’autre part, la théologie a résolument tourné au métier spécialisé, à la technicité érudite, au circuit universitaire. La surdité du monde se conjugue avec le bégaiement de l’institution. De manière anarchique, la superposition postmoderne des discours nuit à la théologie, la relativise, lui confère un air de déjà-vu.
De manière schizoïde, les théologiens professent la primauté de la prière ou de l’eucharistie et adulent la préciosité philologique. Or, c’est sur le naître, le vivre, le mourir que les attendent leurs contemporains. Ou, pour le dire en une formule, sur la notion d’humanité à la fois historique et transcendante. Pour tenir ensemble la vérité et l’espérance, il faut oser la prophétie, se ruer dans la brèche, risquer le vide. Une théologie qui ne nourrit pas les pauvres, qu’ils soient de chair ou d’esprit, est une ruse de l’idolâtrie, une insulte à l’Évangile, un blasphème cette fois avéré. Car le monde est à la fois pire et meilleur qu’on ne le raconte dans les séminaires.
Aussi, si l’on veut apporter un témoignage du salut qui nous dépasse, faut-il plonger dans la fournaise, aller à la rencontre des nouveaux damnés de la mondialisation et accepter d’être quelque peu changé par eux. Bénir lucidement plutôt que maudire aveuglément : c’est la seule façon de réveiller le Christ qui dort immanquablement en tout temps et tout lieu, dans toute culture, plus singulièrement encore au sein de la nôtre et précisément dans ce que par quoi elle peut nous apparaître désenchantée, déshumanisée, déchristianisée.

A.P. : Spécialiste en patrologie et en byzantinologie, vous vous confrontez, en tant que professeur à l’Institut ”Saint-Serge”, à la mentalité byzantine de certains évêques. Comment, et dans quelles limites, croyez-vous que soit possible l’autonomie de la théologie au regard de la hiérarchie dans l’Église orthodoxe ?

J.-F. C.: ”Saint-Serge” se confronte fort heureusement non pas à l’épiscopat, mais uniquement et strictement à un cas individuel et problématique de confusion de la fonction épiscopale avec une omnipotence arbitraire, en vertu d’une conception totalisante et finalement totalitaire de cette charge, dont on ne trouvera pour cette raison nulle trace parmi les plus extrêmes théorisations césaristes ou papistes de la Byzance ou de la Rome médiévales.
L’Institut se félicite au contraire de la propension de nombre de ses anciens étudiants devenus évêques, en France et dans le reste du monde, à vouloir servir l’Église plutôt que de s’en servir. Quant au modèle byzantin, on aurait tort de le confondre avec l’univers pyramidal, statique et immuable auquel on le réduit trop souvent. Ce modèle repose au contraire sur la tension auquel il soumet les divers ordres existants en les plaçant en concurrence face à l’avènement charismatique et à l’achèvement eschatologique qui sont censés les authentifier. Autrement dit, en faisant de l’Esprit et du Royaume les seules instances définitives du jugement.
Au regard d’un saint Maxime le Confesseur puni de l’amputation de la main et de la langue pour avoir opposé l’orthodoxie de la foi à l’hétérodoxie «du plérôme de tous les patriarches, hiérarques, abbés, prêtres et fidèles» de son temps, comme le stipule l’acte de sa condamnation, la liberté de la théologie ressort des plus claires. Plus prosaïquement, pour ce qui est de l’enseignement théologique, l’Orient a emprunté, aux Temps modernes, le système de l’Occident. À savoir, celui de l’universitas fondée dans l’Europe latine, au XIe siècle, par les clercs, les «intellectuels» d’alors, soucieux de s’affranchir des écoles capitulaires qui étaient contrôlées par le pouvoir ecclésiastique. Et ce, afin de mener en toute indépendance leur tâche de recherche et de transmission.
La Sorbonne en a été le prototype et il en reste, dans le droit français, la «franchise universitaire» qui interdit aujourd’hui encore aux forces de police d’entrer dans une université sans l’accord de son président. Cette liberté n’est donc pas un luxe ou un caprice, c’est un impératif. Une nécessité spirituelle. Un onzième commandement, si l’on veut. Si les évêques comprennent également la révélation comme liberté, où pourrait être le hiatus? Et si cette liberté est réelle, où pourraient être ses limites, autres que celles que commande la confession droite de la foi, c’est-à-dire l’orthodoxie?

A.P. : Vu de Roumanie, pays majoritairement orthodoxe, la crise de l’Institut confirme l’opinion selon laquelle un des grands soucis des Églises orthodoxes est d’ordre ecclésiologique. La définition du poste d’évêque n’est pas toujours claire et un certain chaos canonique contribue aux tendances autoritaires des certains chefs religieux ou spirituels. Qu’en pensez-vous?

J.-F. C.: L’ecclésiologie orthodoxe réelle, en chair et en os, non pas celle que célèbrent les manuels canoniques, mais celle que dévoilent les exercices concrets et quotidiens, représente un «souci» comme vous le dites, et aboutit à un «chaos» comme vous le dites encore, parce qu’elle participe d’un bricolage consensuel qui s’assimile toujours plus à une hérésie acceptée. Nul besoin d’aller chercher dans le lointain passé ses origines: il y va d’une hybridation de la modernité.
À savoir, la réinterprétation déviante de l’héritage impérial byzantin qui associe peuple et foi dans ses métamorphoses séculières successives, ottomane, révolutionnaire, nationaliste, communiste, aujourd’hui populiste, qui assimilent ethnie et confession, hiérarchie religieuse et appareil politique.
Avec pour effet, dans les pays de tradition orthodoxe, la confusion perpétuelle entre une Église et un État qui sont par ailleurs tous deux défaillants; et, entre les juridictions orthodoxes, une guerre des territoires au mépris de l’unité, mais aussi de la mission comme le signale le terme ahurissant de «diaspora».
Phénomène courant, plus la réalité contredit la théorie, plus enfle la théorie. Il en découle la mise en forme idéologique d’un «épiscopalisme» dont l’absence absolue de contre-pouvoir, inconnue même à Rome, garantirait la qualité divine de l’Église.
La vulgate dominante ne manque pas, certes, de se parer d’un trompe-l’œil théologique en se revendiquant des travaux de Jean Zizioulas qui, à mon sens, constituent une réponse lacunaire au défi posé par Vatican II – et quitte, au passage, à omettre la contradiction manifeste entre la position ecclésiologique du théologien Zizioulas et la position ecclésiastique du hiérarque Zizioulas, entre le penseur de la koinonia du Plérôme et l’évêque in partibus de Pergame.
C’est pourquoi cette idéologisation n’est jamais que le cache-misère d’une ecclésialité en souffrance. On ne peut à la fois critiquer la papauté comme principe de gouvernement et offrir le spectacle de son détournement caricatural à l’échelle de surcroît médiocre d’un diocèse, d’une nation ou d’une région. Il faut également en finir avec l’amalgame entre épiscopat et monachisme, justifié dans l’Antiquité et injustifiable aujourd’hui en tant qu’il ne sert plus qu’à induire une obligation structurelle d’obéissance subordonnée qui n’a de sens que dans le seul cadre de la paternité spirituelle. Il faut enfin et surtout repenser, dans les termes de l’Encyclique des patriarches orientaux de 1848 et du concile russe de 1917, la notion de «Peuple de Dieu» comme «dépositaire de la vérité de l’Église».
C’est ce qu’éprouvent, je crois, ces formidables jeunes évêques jetés sur les routes du monde, privés des ressources habituelles des pays traditionnellement orthodoxes, courant après leurs fidèles disséminés au sein d’univers étrangers et qui s’épuisent à assurer leur ministère pastoral sans moyens et sans certitudes autres que la Providence. Eux savent d’ores et déjà que la richesse incessible de l’épiscopat tient dans sa pauvreté assumée.

A.P. : Il y a beaucoup de gens dans le milieu orthodoxe qui pensent que le seul devoir d’une école de théologie est de former des prêtres et c’est pour cela que la dimension culturelle de la théologie en dialogue avec la société contemporaine est parfois oubliée. Comment peut-on convaincre la hiérarchie qu’on a besoin d’une théologie libérée des contraintes ecclésiastiques?

J.-F. C.: La théologie n’a d’autre source, propos et finalité qu’elle-même. Pour être une grâce, elle requiert cette gratuité. Elle n’est ni résultat d’une production, ni schéma d’une construction. Elle n’a pas de fonctionnalité qui la destinerait à former des fonctionnaires, quand bien même il s’agirait de fonctionnaires du culte. Que ceux qui se destinent au sacerdoce soient préparés à la transmission de la foi à laquelle ils consacreront leur vie, c’est une bonne chose. Mais ce n’est pas une affaire de diplôme, de certificat apposé en coin d’un rouleau enrubanné.
Encore faut-il que les écoles théologiques orthodoxes transmettent elles-mêmes une orthodoxie vivante et une théologie vécue, qu’elles soient des écoles de vie. Nous ne pouvons plus nous contenter de l’utilité supposée de cette sorte de néoscolastique orientale d’occasion que nous opposons volontiers à la grande scolastique occidentale, dont nous sommes par ailleurs incapables, et qui sert trop souvent de programme à l’enseignement de l’orthodoxie.
La prédication étant au cœur de la transmission de la foi, non pas seulement dans l’Église mais au dehors de l’Eglise, «pour la vie du monde», ce sont non pas de prédicateurs mais de «prêchants», d’exemples incarnés du lien entre la doctrine et l’existence, dont nous avons besoin.
Enfin, l’éducation à la foi ne vaut que si elle est éducation pour tous et de tous. C’est à cette école-là, permanente, que doit se mettre chaque orthodoxe qu’il soit homme ou femme, baptisé par naissance ou par conversion, laïc ou clerc, simple fidèle ou éminent évêque. Son témoignage au sein de la société s’ensuivra, sans qu’il ait à le penser, le projeter, le calculer. Car ce sera alors une œuvre par surabondance de l’Esprit.

A.P. : « Saint-Serge » est un institut essentiel pour la théologie et la culture orthodoxe, sa fermeture marquerait la fin d’un très beau chapitre de l’histoire du christianisme de tradition byzantine. À votre avis, quelles sont les solutions pour empêcher la clôture définitive de l’institut ?

J.-F. C.: Il est en effet une gloire de l’Institut qui accablerait ses légataires actuels s’il n’y avait la miséricorde du Christ. ”Saint-Serge” a renversé l’exil en miracle. ”Saint-Serge” a été la seule école de théologie orthodoxe continument libre au cours du sombre XXe siècle sur le continent du Goulag et de la Shoah.
”Saint-Serge” a permis le rayonnement de cette orthodoxie de la liberté via l’institution-sœur qu’est ”Saint Vladimir” au sein du Nouveau Monde. ”Saint-Serge” a reçu des étudiants orthodoxes des cinq continents qui sont devenus des enseignants, des prêtres, des évêques, des patriarches de l’Église orthodoxe aux quatre coins de la planète.
”Saint-Serge” a ainsi initié, soutenu et confirmé un sentiment panorthodoxe sans lequel l’orthodoxie ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est. De plus, c’est à Paris que s’est pleinement manifestée la créativité de la théologie orthodoxe contemporaine, dont la sophiologie de Serge Boulgakov, la double économie de Vladimir Lossky, l’écclésiologie pneumatologique de Nicolas Afanassieff, le renouveau patristique de Georges Florovsky, liturgique d’Alexandre Schmemann, palamite de Jean Meyendorff.
C’est parce qu’il y avait Paris que Dimitru Stăniloae en Roumanie, Justin Popovitch en Serbie, Sergueï Averintsev en Russie, Christos Yannaras en Grèce, Georges Khodr au Liban et tant d’autres ailleurs savaient qu’ils n’étaient pas seuls à confesser une orthodoxie essentielle. C’est parce que ce Paris-là a existé qu’aujourd’hui encore des élèves nous viennent de l’Afrique profonde ou de la lointaine Asie pour apprendre cette même orthodoxie émancipée des scories de l’histoire, disposée à se confronter au monde tel qu’il va.
Oui, tel est le bilan de ces 90 années qui fait que l’Institut n’est la propriété de personne, mais de tous les orthodoxes. Un héritage écrasant qui découle de la leçon originelle de nos pères fondateurs: entrer dans le dialogue avec l’Occident, la philosophie, la science, la société, les autres confessions chrétiennes, les autres religions, les cercles de pensée, mais avant tout d’y entrer sans crainte. Près d’un siècle d’une telle quête peut-il s’éteindre d’un coup ? L’apport de ”Saint-Serge” n’est-il pas plus que jamais indispensable au monde orthodoxe soumis aux tentations de la crispation et du repli ? N’arrive-t-il pas aussi aux institutions de mourir, comme les individus, parce qu’elles ont fait leur temps ? Toutes ces questions valent également dans l’instant. Demain tranchera. Pour l’heure, notre manière de continuer l’inspiration de nos pères fondateurs est précisément, quelle que soit l’issue, de n’avoir pas peur. Et c’est là l’unique vraie condition de notre avenir.

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Environ 10 000 fidèles sont venus de toute la Roumanie pour vénérer la mémoire du célèbre staretz Justin (Pârvu)

Environ 10 000 fidèles venus de toute la Roumanie se sont rassemblés le 13 juin 2015, veille de la fête de tous les saints roumains, au monastère Petru-Vodă dans le district de Neamţ, en Moldavie, afin de vénérer la mémoire du staretz, père spirituel et supérieur dudit monastère, l’archimandrite Justin (Pârvu). Le staretz Justin, décédé le 18 juin 2013, a été inhumé à Petru-Vodă et sa tombe est devenue maintenant un lieu de pèlerinage pour les fidèles roumains. Des chœurs roumains et grecs ont chanté durant les vigiles, qui ont duré jusqu’à minuit. Le lendemain, la liturgie et l’office de requiem ont été célébrés par l’évêque de Botoşani Callinique, vicaire de l’archevêché de Iași. Il était assisté de nombreux prêtres et diacres, dont des prêtres de paroisses et higoumènes de monastères des diocèses métropolitains de Moldavie et de Bucovine. Dans son homélie, l’évêque Callinique, a évoqué le Golgotha par lequel sont passés tous les confesseurs de l’orthodoxie sous le régime communiste de Ceausescu. Le père Justin a passé près de vingt années en prison. Dans son allocution aux fidèles présents, le prêtre Basile Păvăleanu, adjoint au directeur du séminaire de Neamţ, a souligné que le staretz Justin « était un homme incarnant en lui l’amour. Personne ne quittait le monastère sans avoir reçu la bénédiction du staretz ».

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Des reliques de saint Nectaire d’Égine ont été offertes à la cathédrale de Cluj (Roumanie)

Un fragment des reliques de St Nectaire d’Égine a été accueilli solennellement à la cathédrale de Cluj. Cette sainte relique a été offerte par le métropolite d’Hydras, Spetsès et Égine Ephrem, sur la demande du métropolite de Cluj André. L’accueil des reliques a été célébré par le métropolite de Vad, Feleac et Cluj André, l’évêque-vicaire de Someș Basile, l’archimandrite-exarque Dimitri, en présence du maire de Cluj-Napoca, du préfet, des autres autorités politiques et militaires, et du clergé. La cérémonie a eu lieu le 24 mars, veille de l’Annonciation, fête à laquelle est dédiée la cathédrale. Le 25 mars a été célébrée en la cathédrale la Liturgie avec la participation de l’archevêque d’Arad Timothée, des évêques de Sălaj Petroniu et de Sighet Justin. Après les fêtes, la sainte relique sera placée dans une chapelle dédiée à saint Nectaire située dans le centre hospitalier qui porte son nom et qui est spécialisé dans l’oncologie, lequel appartient au diocèse métropolitain de Cluj. On peut voir sur le lien suivant un court film vidéo sur l’accueil des reliques.

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Lettre pastorale du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine pour le Dimanche de l’orthodoxie 2015

La lettre pastorale du Saint-Synode de l’Eglise orthodoxie roumaine
Dimanche de l’orthodoxie de l’an de grâce du Seigneur 2015

La foi véritable et la véritable bonne conduite dans l’ascension spirituelle du saint Carême de Pâques

À la sainte communauté monastique, au révérend clergé et aux fidèles bien aimés du Patriarcat roumain

 

Grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, et de la nôtre, bénédiction paternelle !

Révérends pères, bien-aimés fidèles,

Après plus d’un siècle de tourments au sein de la Sainte Église, tourments provoqués par les adversaires des saintes icônes, le Synode de Constantinople, qui s’est tenu en l’an 843, à la demande de l’impératrice Théodora et du patriarche Méthode de Constantinople, a rétabli la paix et le calme en réaffirmant les décisions des sept synodes œcuméniques, y compris le dogme qui permet la vénération des saintes icônes. Ce dogme avait été formulé, lors du VIIème Synode Œcuménique de Constantinople (787) en conformité avec les saintes Écritures et avec la pratique ancestrale de l’Église. Dans la mesure où chacune des hérésies condamnées à cette occasion contestait un aspect ou un autre du salut acquis par l’incarnation du Fils de Dieu et alors que l’hérésie iconoclaste avait pour cible le salut dans son ensemble, le rétablissement du culte des icônes ne représente pas une victoire isolée, mais le triomphe de l’orthodoxie toute entière.

« La catastrophe de l’iconoclasme a requis un effort de résistance considérable, l’unification de toutes les forces de l’Église, le sang de ses martyrs et de ses confesseurs, l’expérience et la sagesse des Pères défenseurs des icônes, la foi inébranlable des fidèles qui ont vécu la vraie foi»[1]. Alors, en leur mémoire et pour fêter le triomphe de la vraie foi contre toutes les hérésies, à partir du 11 mars 843, sans interruption, le premier dimanche du saint Carême de Pâques, l’Église Orthodoxe célèbre, tous les ans, le Dimanche de l’orthodoxie chantant : « la louange à l’icône s’élève vers le Seigneur […] Pour cela, nous louons avec amour les icônes de notre Sauveur Jésus Christ et de tous ses saints pour que, sous leur inspiration, nous ne soyons plus jamais soumis à la tentation de l’impiété. »[2]

L’icône est une manifestation visible de l’invisible et n’existe pas en elle-même. C’est la voie qui nous mène vers d’autres personnes, c’est un objet saint qui nous montre la présence de notre Sauveur Jésus Christ, de la bienheureuse Mère de Dieu et des saints, tel que cela a été affirmé par le Synode de Constantinople en l’an 869 : « L’icône nous annonce et rend présent ce que l’Évangile nous annonce par la parole »[3].

L’icône est une mémoire visuelle et une représentation de la réalité historique de notre Sauveur Jésus Christ incarné, de la bienheureuse Mère de Dieu et des saints, une image ou un visage de ces derniers et notre Église n’a jamais confondu l’icône et la divinité. « Les chrétiens ne vénèrent pas les icônes comme si elles étaient des dieux et en les vénérant ils ne s’éloignent pas du vrai Dieu. Au contraire, par leur intermédiaire, ils sont guidés vers Dieu lorsqu’ils prient les saints représentés d’intercéder pour eux auprès du Seigneur. »[4]

Mes bien-aimés enfants dans le Seigneur,

La représentation de Dieu sous la forme de l’art iconographique est devenu possible, selon les enseignements de notre foi, grâce à la réalité de l’incarnation du Fils de Dieu : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, – car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. » (1 Jean 1 : 1-3) La présence corporelle du Fils de Dieu dans le monde, par son incarnation, est la découverte suprême de Dieu, car dans le Christ « habite, corporellement toute la plénitude de la divinité. » (Colossiens 2 : 9).

Les icônes témoignent, avec l’Évangile, le mystère de l’incarnation du Verbe éternel de Dieu : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1 : 14). Si nous analysons les choses du point de vue de la théologie patristique, admirablement synthétisée par saint Jean Damascène, l’incarnation du Fils et du Verbe de Dieu constitue le thème principal de la vénération des icônes. Saint Jean Damascène nous dit : « Nous ne commettons point de faute en représentant dans une icône le Dieu incarné, qui s’est montré sur terre, qui a pris chair et qui a habité parmi les hommes et qui, par son immense bonté, a pris la nature, la matérialité, la forme et la couleur du corps. »[5]

Par son incarnation, notre Sauveur Jésus Christ nous a donné la possibilité et le droit de Lui peindre l’icône. Il ne s’agit pas d’une représentation de la nature divine ou de l’être divin, car ce dernier est purement spirituel. Il s’agit simplement d’une représentation des diverses formes sous lesquelles Dieu ou les anges se sont montrés dans le monde. Dans l’icône, notre Seigneur Jésus Christ est représenté en tant que Dieu-Homme et, comme nous l’enseigne saint Jean Damascène : « Je peins le Dieu invisible, non pas comme un invisible, mais comme un Dieu qui s’est montré et a été vu parmi nous en ayant pris corps de chair et de sang. Je ne peins pas la divinité invisible, mais le corps vu de Dieu ; car, s’il est impossible de peindre l’âme, il est d’autant plus difficile de peindre Dieu qui a donné à l’âme sa nature immatérielle. »[6]

Les saintes icônes sont pour nous, les chrétiens, de véritables « fenêtres vers le ciel », à travers lesquelles nous regardons vers Dieu et vers le monde invisible et à travers lesquelles Il regarde vers nous avec amour et bonté. A travers elles, nous recevons la joie de la vision spirituelle, nous voyons le ciel ouvert, ce même ciel que notre Sauveur nous a promis dans l’Évangile d’aujourd’hui : « vous verrez désormais le ciel ouvert » (Jean 1 : 51). L’ouverture du ciel donne à l’homme la possibilité de connaître Dieu et de gagner la sainteté, par la grâce du Saint Esprit, ainsi que la possibilité d’arriver à ressembler de plus en plus à Dieu.

L’icône illumine la voie de l’homme vers l’accomplissement spirituel par la sanctification de nos propres vies en allant de la ressemblance à l’image de Dieu, qui nous a été révélée par la grâce, vers une ressemblance de plus en plus grande à Dieu, par le pouvoir et par l’œuvre du Saint Esprit. Il est possible de ressembler à Dieu, comme nous le démontre la multitude de saints représentés sans les icônes, qui sont, en vérité, des icônes de la sainteté de Dieu, par la grâce et par l’observance du commandement divin : « Vous vous sanctifierez donc, et vous serez saints; car je suis saint » (Lévitique 11 : 44)

Les saintes icônes nous montrent aussi bien l’humilité que la gloire de notre Seigneur Jésus Christ. L’icône de la Nativité, par exemple, nous le représente dans une hypostase d’humilité, en tant qu’enfant dans la grotte, alors que l’icône de la Résurrection nous le montre Vainqueur contre la mort, rempli de lumière et de gloire éternelle. Les saintes icônes sont une partie de la mémoire vivante de ce que le Christ a accompli sur terre pour notre salut mais aussi une vision prophétique de son nouvel avènement sur les nuages du ciel, quand les élus « verront sa face, et son nom sera sur leur front » (Apocalypse 22 : 4).

Par cette présence du Christ Sauveur crucifié, ressuscité et glorifié, entouré de ses saints, l’icône nous prépare à la vie en communion avec l’Église, devenant un moyen de transmission de la foi, de rencontre des fidèles dans la liturgie eucharistique pour communier à son corps très saint et à son sang très pur. C’est pour cela qu’avant de communier, nous vénérons les saintes icônes, goûtant en avance la rencontre avec le Christ, celui qui a dit : « je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi » (Jean 6 : 37).

Mes bien-aimés frères et sœurs dans le Seigneur,

L’éloignement de l’homme de Dieu et son isolement vis-à-vis de ses semblables le mènent vers des modes de vies constitués d’un matérialisme pernicieux, et d’un consumérisme sans commune mesure, altérant ainsi la vie spirituelle de l’homme qui devrait toujours avoir pour modèle de vie l’amour humble de la sainte Trinité. La persévérance dans la foi véritable (orthodoxie) et dans la véritable bonne conduite (l’orthopraxie) sont les conditions principales pour que l’homme puisse accomplir l’ascension vers la ressemblance à Dieu qui est saint et bon. La foi de l’homme est étroitement liée à l’accomplissement du bien, c’est-à-dire que si nous avons la vraie foi, nous devons la confesser sans cesse par une conduite juste et par de bonnes actions.

Les bonnes actions représentent la manifestation la plus sûre et la plus saine de la vraie foi. La foi s’exprime, se renforce et se manifeste à ses semblables par des faits. La foi – nous dit le saint apôtre Jacques – « si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même » (Jacques 2 : 17). Saint Jean Chrysostome, grand théologien de l’Église, particulièrement commémoré par notre Église cette année, ajoute : « dans la mesure où les actions expriment la foi, la foi rend les actions véritables. »[7]. L’amour pour son prochain se manifeste surtout par les bonnes actions qui sont le fruit de la foi « qui est agissante par la charité » (Galates 5 : 6) et la preuve de notre foi réside dans les œuvres accomplis par amour pour le prochain, comme nous l’enseigne une fois de plus le saint apôtre Jacques « je te montrerai la foi par mes œuvres » (Jacques 2 : 18).
L’année 2015, proclamée par le Saint Synode « L’année commémorative de la mission de la paroisse et du monastère d’aujourd’hui », est pour nous l’occasion d’intensifier notre œuvre missionnaire, en tant que personnes vivantes du Corps du Christ, c’est-à-dire de l’Église. Ainsi, le chrétien ne peut être une personne isolée. Il est appelé à vivre dans une communion de plus en plus intense avec ses semblables, selon le modèle de la sainte Trinité : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous » (Jean 17 : 21).

Pour accomplir la mission à laquelle nous sommes appelés, nous avons besoin de communion et d’unité absolue dans la communauté de l’église, manifestée sous ses deux formes : la paroisse et le monastère, là où s’opèrent l’illumination, la sanctification et le salut des fidèles. Il est donc important de comprendre que nous vivons véritablement dans le Christ seulement quand nous vivons en communion et en unité avec les autres, quand nous œuvrons ensemble dans le monde avec amour et en nous mettant au service de nos semblables. Lorsqu’un disciple a demandé à Abba Pimène comment faire pour éviter de juger son prochain, ce dernier lui a répondu : « Nous et les frères sommes deux icônes. Quand quelqu’un est attentif à lui-même et se juge lui-même, il apprécie son frère comme il se doit ; en revanche, quand il se croit bon, il trouve son frère mauvais »[8]. Nous n’arriverons à une réelle appréciation de notre prochain qu’en connaissant et en reconnaissant nos propres limites. Dans ce sens, la charité, c’est-à-dire l’amour du prochain, est une œuvre fondamentale de l’orthopraxie (la bonne conduite, la bonne pratique) et devient un témoignage et une incarnation de l’orthodoxie (la vraie foi). Nous devons toujours voir le Christ dans notre prochain et, c’est pour cela que, chaque homme est une icône vivante et concrète du Christ, le vrai Dieu et le vrai Homme : « le Christ est devenu un être humain, seul et véritable et il restera ainsi dans les siècles des siècles, un frère parmi les autres hommes. Il veille au respect de ses frères qu’il a aimés au point de devenir l’un d’entre eux » [9] nous dit père Dumitru Stăniloae. Dans la main tendue du prochain, nous devons toujours voir la main du Christ tendue vers nous. La main du pauvre qui demande rencontre la main du Christ en nous qui offre. Selon les enseignements de l’Église, l’homme n’est qu’un administrateur des biens qui sont à sa disposition et non pas leur propriétaire : « toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, du Père des lumières » (Jacques 1 : 17). Tout ce qui n’est pas absolument nécessaire à l’homme, est un surplus, comme nous l’enseigne saint Jean Chrysostome : « Le surplus et tout ce qui est plus que nécessaire. Lorsque nous pouvons vivre décemment et en bonne santé sans ajouter quoi que ce soit, tout ce qui s’ajoute est un surplus. » [10]. D’ailleurs, Clément d’Alexandrie, lettré de l’église du IIIème siècle souligne que ce n’est pas celui qui possède beaucoup qui est riche, mais celui qui donne, car « riche n’est pas celui qui a et qui garde, mais celui qui donne ; l’homme est heureux en donnant non pas en gardant. »[11].

Nous ne devons pas nous laisser guider par l’esprit de l’époque où nous vivons, où l’égoïsme individualiste, le pernicieux assouvissement des envies et l’isolement de notre prochain sont de faux modes de vies qui conduisent l’homme, non pas vers la vraie richesse, mais vers son échec en tant qu’être communautaire, devenant un être incapable de voir le monde comme un cadeau de Dieu, à partager avec son prochain, en accomplissant la parole de l’Évangile, comme nous encourage le saint apôtre Paul : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ » (Galates 6 : 2). Le remède pour dépasser ces faux modes de vie égoïste, c’est l’effort commun de se libérer du péché de l’avarice en voyant la présence du Christ dans notre prochain afin de vivre véritablement le mystère de l’Église en tant que corps du Christ.

Mes bien-aimés fidèles,

Notre Église est constamment attentive aux problèmes de la société et offre au chrétien des solutions concrètes pour sa croissance spirituelle, mais aussi pour assurer ce qui lui est indispensable dans la vie, en tant que support nécessaire à son ascension spirituelle. Dans un premier temps, nous devons redécouvrir, en ce sens, notre vocation de missionnaires, de confesseurs et d’annonciateurs de l’amour de notre sauveur Jésus Christ en défendant la vraie foi de notre Église face à toutes les attaques de notre société contemporaine sécularisée et fragmentée.

Nous vivons aujourd’hui des temps où nous devons être de plus en plus sensibles à la souffrance de notre prochain à l’intérieur duquel c’est le Christ Lui-Même qui souffre. Nous devons comprendre que l’enseignement de la foi, appris très tôt, au sein de la famille et à l’école aux cours d’éducation religieuse, doit être transposé dans des œuvres de charité. Soyons attentifs à l’amour du Christ pour l’homme et ne soyons pas indifférents à la souffrance de notre frère affligé, affamé et nu (cf. Matthieu 25 : 35 – 46), car « le Christ attache tellement d’importance à ce que nous respections et que nous aimions nos semblables, qu’il en a fait la mesure selon laquelle nous serons jugés : ʻʻJe vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faitesʼʼ » (Matthieu 25 : 40)[12].

Comme nous le savons déjà, notre Église a étendu ses activités sociales, caritatives et philanthropiques pour aider les nécessiteux et les malades, elle a continué son action de soutien aux paroisses pauvres dans notre pays et à l’étranger et, lorsque le besoin s’est fait ressentir, elle est intervenue pour aider les familles qui ont souffert suite aux catastrophes naturelles, aux inondations ou aux glissements de terrain, que nous avons connus en 2014. Toutes ces activités ont été possibles grâce aux efforts, à l’amour et à la générosité de chacun d’entre vous, témoignée à ces « plus petits frères » (Matthieu 25 : 40) de notre sauveur Jésus Christ.

C’est pour cela qu’avec amour paternel nous encourageons tous les prêtres de nos églises, les membres des conseils et des comités paroissiaux, ainsi que tous les fidèles orthodoxes des paroisses ou les pèlerins qui se rendent aux monastères, à continuer ensemble, cette année aussi, la belle tradition de notre Église d’organiser une collecte de fonds dans toutes les paroisses du Patriarcat Roumain, à partir de ce Dimanche de l’orthodoxie et jusqu’à la fête de l’Annonciation. Les sommes collectées, destinées aux nécessiteux, seront rassemblées dans le Fonds central missionnaire, dont le but est d’appuyer l’activité missionnaire, éducative et d’intérêt public des paroisses et des monastères se trouvant sur le territoire de notre pays ou à l’étranger, pour le bien de notre Église orthodoxe roumaine.

Nous prions pour que notre Seigneur, Dieu de miséricorde, récompense la générosité de « tous ceux qui font des dons et de bonnes œuvres dans les saintes églises de Dieu »[13] pour que nous grandissions dans l’amour du Christ et du prochain et pour que nous arrivions, le jour de Sa sainte Résurrection, remplis de paix et de joie. Nous vous remercions pour votre générosité, nous vous souhaitons de progresser dans l’ascension spirituelle du saint Carême de Pâques et prions que Dieu vous bénisse :

«Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous! Amen !» (2 Corinthiens 13:13)

LE PRESIDENT DU SAINT-SYNODE DE L’ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE
† D A N I E L
Archevêque de Bucarest,
Métropolite de Munténie et de Dobroudgéa,
Lieutenant du trône de Césarée de Cappadoce,
Lieutenant de l’Archevêque de Timisoara et Métropolite du Banat et
Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine

† Teofan
Archevêque de Iassy et Métropolite de Moldavie et de Bucovine

† Laurenţiu
Archevêque de Sibiu et Métropolite d’Ardeal

† Andrei
Archevêque de Vad, Feleac et Cluj et Métropolite de Cluj, Maramures et Salaj

† Irineu
Archevêque de Craiova et Métropolite d’Olténie

† Ioan
Archevêque de Timisoara et Métropolite du Banat

† Petru
Archevêque de Kichinev, Métropolite de Bessarabie et Exarque

† Iosif
Archevêque orthodoxe roumain d’Europe occidentale
et Métropolite orthodoxe roumain d’Europe occidentale et méridionale
16/11/14 Lettre pastorale du Saint-Synode

† Serafim
Archevêque orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Autriche et du Luxembourg
et Métropolite orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Europe du Centre et du Nord

† Nifon
Métropolite honoraire, Archevêque de Târgoviste et Exarque patriarcal

† Teodosie
Archevêque de Tomis

† Pimen
Archevêque de Suceava et de Radauti

† Irineu
Archevêque d’Alba Iulia

† Varsanufie
Archevêque de Râmnic

† Ioachim
Archevêque de Roman et de Bacau

† Ciprian
Archevêque de Buzau et de Vrancea

† Calinic
Archevêque d’Argesh et de Muscel

† Casian
Archevêque du Bas Danube

† Timotei
Archevêque d’Arad

† Nicolae
Archevêque orthodoxe roumain des deux Amériques

† Justinian
Archevêque honoraire, Évêque orthodoxe roumain du Maramures et de Satmar

† Corneliu
Évêque de Husi

† Lucian
Évêque de Caransebes

† Sofronie
Évêque orthodoxe roumain d’Oradea

† Nicodim
Évêque de Severin et Strehaia

† Vincenţiu
Évêque de Slobozia et de Calarasi

† Andrei
Évêque de Covasna et de Hargita

† Galaction
Évêque d’Alexandria et de Teleorman

† Ambrozie
Évêque de Giurgiu

† Sebastian
Évêque de Slatina et de Romanati

† Visarion
Évêque de Tulcea

† Petroniu
Évêque de Salaj

† Gurie
Évêque de Deva et de Hunedoara

† Daniil
Évêque- suppléant (administrateur) du diocèse Dacia Felix

† Siluan
Évêque orthodoxe roumain de Hongrie

† Mihail
Évêque orthodoxe roumain d’Australie et de Nouvelle-Zélande

† Siluan
Évêque orthodoxe roumain d’Italie

† Timotei
Évêque orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal

† Macarie
Évêque orthodoxe roumain d’Europe du Nord

† Varlaam Ploieşteanul
Évêque-vicaire patriarcal

† Ieronim Sinaitul
Évêque-vicaire patriarcal

† Timotei Prahoveanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Bucarest

† Calinic Botoşăneanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Iassi

† VACANT
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Sibiu

† Vasile Someşeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Vad, Feleac et Cluj

† Paisie Lugojeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Timisoara

† Antonie d’Orhei
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Kichinev

† Marc Neamţeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Europe occidentale

† Sofian Braşoveanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Autriche et du Luxembourg

† Emilian Lovişteanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Râmnic

† Ioachim Băcăuanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Roman et de Bacau

† Ioan Casian de Vicina
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain des deux Amériques

† Iustin Sigheteanul
Évêque-vicaire du Diocèse orthodoxe roumain du Maramuresh et de Satmar

† Ignatie Mureşeanul
Évêque-vicaire du Diocèse orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal

NOTES :

[1] Leonid Uspensky, Théologie de l’icône dans l’Église Orthodoxe, Ed. Anastasia, Bucuresti 1994, p. 99.
[2] 4e stichère de « Seigneur, j’ai crié vers toi », petits vêpres du 1er dimanche du grand carême (Triodion).

[3] Michel Quenot, L’icône, fenêtre sur l’absolu, Ed. Enciclopedică, Bucureşti, 1993, p. 57.

[4] Pr. prof. Ene Branişte, La théologie des icônes, dans „Studii Teologice”, nr. 3-4/1952, p. 180-181.

[5] Saint Jean Damascène, Trois traités contre les iconoclastes, III, 2, traduction Pr. Dumitru Fecioru, EIBMBOR, Bucureşti, 1998, p. 123.

[6] Ibidem, p. 41

[7] Saint Jean Chrysostome, Homélie à la Nativité du Seigneur, dans « Homélies », traduction par Pr. D. Fecioru, col. „Izvoarele Ortodoxiei”, vol. 5, Tipografia cărţilor bisericeşti, Bucureşti, 1942, p. 10

[8] Abba Pimène, 148, dans Paterikon ou les Apophtègmes des pères du désert,version en roumain Ed. Polirom, Iaşi, 2003, p. 291.

[9] Pr. prof. Dumitru Stăniloae, La suprême appréciation de son prochain, version en roumain, vol. „Culture et spiritualité”, col. Œuvres complètes III, Ed. BASILICA, Bucureşti, 2012, p. 99.

[10] Saint Jean Chrysostome, Homélie à II Corinthiens 15, traduit par l’archiprêtre Theodosie Ploeşteanu, Bucureşti, 1910, p. 195.

[11] Clément d’Alexandrie, Le pédagogue, III, VI, 35, 5, traduction par Pr. Dumitru Fecioru, în col.
PSB, vol. 4, EIBMBOR, Bucureşti, 1992, p. 326.

[12] Pr. prof. Dumitru Stăniloae, art. cité, p.100.

[13] Cf. La liturgie de saint Jean Chrysostome, dans Eucologue, EIBMO, Bucureşti, 2012, p. 151

25 Février 2015

Source

Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, « Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe », nouvelle édition des tomes 3, 4 et 5

SynaxaireHiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe, 2e édition française, corrigée et augmentée, Simonos-Pétra (Mont-Athos), 2014 : tome 3, janvier-février, 690 p. ; tome 4, mars-avril, 560 p. ; tome 5, mai-juin, 656 p.
L’un des événements éditoriaux de la fin de l’année 2014 a été la nouvelle édition de trois volumes du Synaxaire (recueil des Vies des saints de l’Église orthodoxe, classées au jour le jour) réalisé par le Père Macaire, moine d’origine française établi depuis près de trente-cinq ans au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos. Ils viennent compléter le tome 1, septembre-octobre, paru en 2008, et le tome 2, novembre-décembre, paru en 2010, en attendant le dernier volume de la série (juillet-août), annoncé pour le milieu de cette année 2015.
Il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition, publiée dans les années 90, qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée, mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales, ou encore de saints de celles-ci qui avaient été oubliés et dont l’introduction a été suggérée à l’auteur.
Cette nouvelle édition améliore aussi la présentation de la précédente puisque les volumes sont maintenant reliés, que le texte a un rendu typographique excellent, et comportent de nombreuses illustrations de qualité en noir et blanc et en couleur (tirées notamment du superbe Ménologe de Basile II).
Le Synaxaire du Hiéromoine Macaire reprend les notices de grands synaxaires précédemment publiés, en particulier celui de Constantinople (réalisé au milieu du Xe siècle) et celui de saint Nicodème l’Hagiorite (datant du XVIIIe siècle). Mais il les a souvent allongées en puisant dans les Vies des saints. Profitant des progrès de la connaissance historique et des éditions critiques des sources, il a corrigé un certain nombre d’inexactitudes ou précisé certaines approximations que comportaient les textes anciens, travail que fit aussi, avec les moyens de son époque, saint Nicodème l’Hagiorite. Il a également enrichi de nombreuses notices de connaissances nouvelles, s’informant soigneusement auprès des diverses sources hagiographiques. Il a introduit des saints nouvellement canonisés par l’Église, et fait une large place aux saints spécifiquement vénérés par toutes les Églises locales orthodoxes, sans oublier les saints d’Occident d’avant le IXe siècle.
Le Synaxaire du père Macaire est maintenant traduit et publié dans la plupart des pays orthodoxes et y est devenu un ouvrage de référence. Il est lu à table dans de nombreux monastères, car les notices courtes, à la différence de la plupart des Vies des saints, peuvent être parcourues pendant la durée des repas sans subir de coupures.
Son usage est d’une grande utilité aussi dans le cadre de la vie journalière des fidèles orthodoxes, en complément de la prière et des autres lectures spirituelles.
La vénération des saints occupe en effet une place importante dans l’Église orthodoxe, et implique leur commémoration quotidienne. Leurs vertus sont célébrées dans les hymnes des « Ménées », qui s’intègrent aux services liturgiques de chaque jour. Le but des Synaxaires est, d’une manière plus courte que les Vies des saints, de nous faire connaître les grandes étapes de leur existence, les grands traits de leur personnalité, et les actions (intérieures et extérieures) dans lesquelles s’est réalisée ou manifestée leur sainteté. Les Synaxaires nous permettent d’avoir une connaissance précise et concrète de ceux dont le calendrier liturgique se borne à nous donner les noms, et de préciser certaines généralités ou allusions des chants liturgiques. Ils les situent dans leur contexte historique (car le christianisme s’inscrit toujours dans l’histoire concrète de l’humanité), social et religieux. Ils dessinent leur portait et sont un peu comme des icônes écrites. Saint Basile le Grand écrit à ce sujet : « Les Vies des Bienheureux sont comme des images animées de la vie selon Dieu, proposées à l’imitation en leurs bonnes œuvres. De même que les peintres, quand ils peignent une image d’après une autre image, jettent fréquemment les yeux sur le modèle et s’efforcent d’en faire passer les traits dans leur propre ouvrage, de même l’homme qui s’applique à se rendre parfait dans toutes les parties de la vertu doit jeter les yeux sur la vie des saints comme sur des statues qui se meuvent et qui agissent, et par l’imitation faire sien le bien qui était le leur. »
Le but des synaxaires n’est pas de nous faire acquérir un savoir abstrait, mais de nous rendre les saints plus familiers, et de compléter, dans une démarche également contemplative et orante, leur célébration hymnographique. Leur usage n’est pas récent : ils sont les héritiers directs des anciens « Martyrologes » que, dans les premiers siècles, on lisait au cours des réunions de la communauté chrétienne (appelées « synaxes »). Au IVe siècle, cette lecture fut remplacée par des hymnes. Mais la crise iconoclaste, où les attaques contre les icônes furent perçues comme une atteinte portée à la vénération des saints, eut pour issue la réhabilitation non seulement des icônes, mais de la lecture des Vies des saints. Les hymnographes du monastère de Stoudion, qui ont pour une grande part donné aux offices orthodoxes la forme qu’ils ont aujourd’hui, laissèrent, après la sixième ode du Canon des Matines, une place pour la lecture d’un résumé de la vie du saint du jour, appelé « synaxaire ». Du IXe au XIe siècle, on développa la rédaction de ces courtes notices. On les inséra par la suite dans les Ménées, mais on les rassembla aussi dans des éditions séparées, où on les développa souvent davantage.

Le rôle important que jouent les Vies des saints dans la vie spirituelle des chrétiens est souligné dans ce très beau texte de saint Justin Popović (†1979) :
« Qu’est-ce que la Vie des saints ? Rien d’autre qu’une façon de poursuivre les Actes des apôtres. On y retrouve le même Évangile, la même vie, la même vérité, la même justice, le même amour, la même foi, la même éternité, la même force qui vient d’En-Haut, le même Dieu et Seigneur ; car le Seigneur Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles (He 13, 8), le même pour tous les hommes de tous les temps, accordant les mêmes charismes et les mêmes énergies divines à tous ceux qui croient en Lui. Cette transmission de toutes les forces divines vivifiantes dans l’Église du Christ à travers les siècles et les générations constitue la sainte tradition vivante. Cette sainte tradition se transmet sans discontinuer, en tant que vie charismatique, à tous les chrétiens en qui, par les saints mystères et par les saintes vertus, vit le Seigneur Jésus-Christ qui est tout entier présent dans Son Église, qui est Sa plénitude, la plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout (Ep 1, 23). Le Dieu-homme Seigneur Jésus-Christ est la plénitude très parfaite de la Divinité car en Lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité (Col 2, 9). Les chrétiens doivent, par les saints mystères et par les saintes vertus, s’emplir de toute la plénitude de Dieu (Ep 3, 19). Les Vies des saints font justement apparaître ces êtres pleins du Christ-Dieu, ces êtres christophores, ces personnes saintes en qui est gardée et par qui est transmise la sainte tradition de la vie dans la grâce, gardée et transmise par leur conduite sainte et évangélique. Les Vies des saints, ce sont les saintes vérités évangéliques, transférées dans notre vie humaine par la grâce et les ascèses. Il n’est pas de vérité évangélique qui ne puisse être changée en vie. Toutes ces vérités ont été données par le Christ dans un but unique : devenir notre vie, notre réalité, notre propriété, notre joie. Les saints, sans exception, vivent ces vérités divines comme la quintessence de leur vie et l’essence de leur être. Ainsi les Vies des saints sont à la fois la preuve et le témoignage que notre origine est céleste, que nous ne sommes pas de ce monde mais de l’autre, que l’homme n’est un homme véritable qu’avec Dieu, que si nous vivons sur la terre, c’est par le ciel, car notre cité se trouve dans les cieux (Ph 3, 20).
Les Vies des saints sont des témoignages sacrés de la puissance thaumaturgique du Seigneur Jésus-Christ. Il s’agit en fait de témoignages des saints Actes des apôtres, simplement prolongés à travers les siècles. Les saints ne sont rien d’autre que des témoins saints, comme les saints Apôtres ont été les premiers témoins. Témoins de qui ? Mais du Christ Dieu-homme, crucifié, ressuscité, monté au ciel et éternellement vivant. Ils sont les témoins de l’Évangile source de tout salut, qui continue d’être écrit, sans interruption, de génération en génération car le Seigneur Jésus-Christ, qui est le même pour tous les siècles, continue par la même puissance divine, à faire des miracles par Ses saints témoins. Les saints Apôtres ont été les premiers témoins du Seigneur Jésus-Christ et de Son économie divino-humaine du salut du monde ; leurs Vies constituent des témoignages vivants et immortels de l’Évangile du Sauveur en tant que vie nouvelle, vie pleine de grâce, vie sainte et divino-humaine et donc toujours thaumaturgique et véritable, tout comme est thaumaturgique et véritable la vie même du Sauveur.
Avec les Vies des saints, nous voici au ciel, car avec les saints de Dieu, la terre devient ciel. Nous voici parmi des anges de chair, parmi les christophores. Là où ils sont, le Seigneur tout entier est en eux, avec eux et parmi eux ; là se trouvent toute la Vérité éternelle de Dieu, toute la Justice éternelle de Dieu, tout l’Amour éternel de Dieu, toute la Vie éternelle de Dieu.
Avec les Vies des saints, nous voici au paradis, là où pousse et s’épanouit tout ce qui est divin, saint, immortel, éternel, juste, vrai, évangélique ; en chaque saint a fleuri, par la Croix, l’arbre de la vie éternelle, divine et immortelle qui a donné beaucoup de fruits. La Croix conduit au paradis, elle nous y conduit à la suite du Larron qui, pour nous entraîner, y est entré le premier avec le Christ, le tout-puissant et divin, porteur de la Croix ; il est entré avec la croix du repentir.
Avec les Vies des saints, nous voici dans l’éternité : le temps n’existe plus, parce que chez les saints de Dieu, règnent la vérité divine et éternelle, la justice divine et éternelle, l’amour divin et éternel, la vie divine et éternelle. Pour eux, la mort n’existe plus : tout leur être est empli des forces divines du Christ Ressuscité, de l’unique Vainqueur de la mort, de toutes les morts dans l’ensemble des mondes. La mort n’existe pas pour eux : tout leur être est plein du Seul Immortel, du Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, le plus qu’immortel. Parmi eux, sur la terre, nous nous trouvons parmi les seuls vrais immortels, qui ont vaincu toute mort, tout péché, toute passion, tout démon, tout enfer. Quand nous sommes avec eux, aucune mort ne peut nous atteindre, parce que les saints sont comme des paratonnerres contre la mort. Il n’existe pas de tonnerre qui puisse nous frapper à mort quand nous sommes avec eux, parmi eux, en eux.
Les saints sont des hommes qui vivent sur la terre les vérités saintes, éternelles et divines. Les Vies des saints sont, en réalité, de la dogmatique appliquée, car en eux toutes les saintes et éternelles vérités dogmatiques ont été vécues dans toute leur force vivifiante et créatrice. Elles montrent de toute évidence que les dogmes ne sont pas seulement des vérités ontologiques en elles-mêmes et pour elles-mêmes, mais que chaque dogme est source de vie éternelle et de sainte spiritualité, conformément à l’Évangile plus que vrai de l’unique et irremplaçable Sauveur et Seigneur qui a dit : Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (Jn 6, 63), car chacune d’elles répand une force salvatrice, sanctificatrice, qui remplit de grâce, vivifie et transfigure.
Les saints sont vraiment des saints parce qu’ils ne cessent de revivre le Seigneur Jésus comme âme de leur âme, conscience de leur conscience, pensée de leur pensée, être de leur être, vie de leur vie. Et chacun d’eux crie avec le saint Apôtre cette vérité : ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20).
Plongez-vous dans les Vies des saints : chacune de ces vies répand la force charismatique, vivifiante et salvatrice de la Très-Sainte Mère de Dieu qui les a conduits d’ascèse en ascèse, de vertu en vertu, de la victoire sur le péché à la victoire sur la mort, de la victoire sur la mort à la victoire sur le diable et les amène à la joie spirituelle, là où il n’y a ni maux, ni peines, ni soupirs, mais seulement paix et joie dans l’Esprit Saint (Rm 14, 17), paix et joie issues de la victoire remportée sur tous les péchés, toutes les passions, toutes les morts, tous les esprits mauvais. Tout cela sans aucun doute atteste, par la vie et l’expérience, la vérité du saint dogme sur la Très-Sainte Mère de Dieu plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, un dogme que les saints serrent dans leur cœur et dans un amour embrasé par la foi. – Si toutefois vous souhaitez avoir mille, deux mille ou des milliers de témoignages incontestables sur la réalité vivante et vivifiante de la très vénérable Croix du Seigneur et obtenir ainsi une confirmation empirique de la vérité absolue du saint dogme sur le caractère salvateur de la mort sur la Croix du Sauveur, alors entrez avec foi dans les Vies des saints. Alors vous pourrez comprendre et voir que pour chaque saint en particulier comme pour tous les saints dans leur ensemble, la force de la croix est une arme qui triomphe de tout, leur permettant de vaincre tous les adversaires de leur salut, qu’ils soient visibles ou invisibles ; vous pourrez ainsi voir la présence de la croix tout au long de leur vie, dans leur âme, leur cœur, leur conscience, dans leur esprit, dans leur volonté et leur corps ; vous la verrez, telle une source intarissable de forces salvatrices et sanctifiantes, les mener sans faille, de perfection en perfection, de joie en joie, et les introduire dans l’éternel Royaume des cieux, là où ne cessent les chants de ceux qui célèbrent et contemplent la beauté inexprimable de la Face du Seigneur. Par leur sainte vie et leurs saintes personnes, les saints de Dieu confirment également, de manière absolument convaincante, non seulement les dogmes cités ci-dessus, mais aussi tous les autres saints dogmes : sur l’Église, la grâce, les saints mystères, les saintes vertus, l’homme lui-même, le péché, les saintes reliques, les saintes icônes, la vie future, tout ce qui constitue l’économie divino-humaine de notre salut. En vérité, les Vies des saints sont une dogmatique empirique ; c’est la dogmatique vécue, dogmatique devenue vie dans la sainte vie des saints hommes de Dieu.
En outre, les Vies des saints portent en elles toute l’éthique orthodoxe, la morale orthodoxe, dans tout l’éclat de sa splendeur divino-humaine et de sa force vivifiante et immortelle. Les Vies des saints ont démontré et prouvé de la façon la plus convaincante que les saints mystères sont la source des saintes vertus, que les saintes vertus sont des fruits des saints mystères : elles en sont issues, elles se développent grâce à eux, elles s’en nourrissent, elles en vivent, elles s’y épanouissent, elles y trouvent leur immortalité et leur éternité. Toutes les lois morales divines sont issues des saints mystères et sont réalisées par les saintes vertus. Voilà pourquoi les « Vies des saints » constituent une éthique vécue, une éthique appliquée. En fait, les Vies des saints démontrent de façon irréfutable que l’éthique n’est rien d’autre qu’une dogmatique appliquée. Toute vie de saint se compose de saints mystères et de saintes vertus, fruits du Saint-Esprit qui opère tout en tous (1 Co 12, 4.6.11).
Que sont encore les Vies des saints ? C’est l’unique pédagogie de l’Orthodoxie. Car elles montrent, et de manière innombrable, parfaitement éprouvée au cours d’une expérience multiséculaire, comment se construit et se développe la personnalité humaine la plus achevée, l’homme idéal le plus achevé, et comment grâce aux saints mystères et aux saintes vertus dans l’Église du Christ, on parvient à constituer cet Homme parfait… qui réalise la plénitude du Christ (Ep 4, 13).
En fait, les Vies des saints constituent une sorte d’encyclopédie orthodoxe. On peut y trouver tout ce qu’une âme affamée, assoiffée de justice éternelle et de vérité éternelle peut désirer en ce monde, affamée et assoiffée d’immortalité et de vie divine. Si tu as soif de foi, tu la trouveras en abondance dans les « Vies des saints » et ton âme rassasiée de cette nourriture n’aura jamais plus faim. Si tu désires l’amour, la vérité, la justice, l’espérance, la douceur, l’humilité, la pénitence, la prière ou toute autre vertu ou ascèse, tu trouveras dans les « Vies des saints » une infinité de maîtres saints pour chaque ascèse et tu recevras le secours de la grâce pour chaque vertu. Si tu souffres le martyre pour ta foi en Christ, les Vies des saints te consoleront, t’encourageront, te fortifieront, te donneront des ailes, au point que tes souffrances se changeront en joie. Es-tu soumis à des tentations ? Les Vies des saints t’aideront à en venir à bout, dès maintenant et pour toujours. Et si tu es menacé par les ennemis invisibles de ton salut, tu pourras grâce aux Vies des saints revêtir l’armure de Dieu (Ep 6, 11.13) de façon à les briser tous, dès maintenant et pour toujours. Si tu te trouves au milieu d’ennemis visibles et persécuteurs de l’Église du Christ, les Vies te donneront le courage et la force de confesser, sans crainte, le seul vrai Dieu et Seigneur Jésus-Christ dans l’ensemble des mondes ; tu te tiendras inébranlable jusqu’à la mort, quelle qu’elle soit, pour Son Évangile, et tu sentiras ton être plus fort que toute mort, et que tout ennemi du Christ ; en souffrant pour le Christ, tu jubileras de joie, sentant que tout ton être, que toute ta vie se trouve dans les cieux, au-delà de toutes les morts, cachée avec le Christ en Dieu (Col 3, 3).
Les Vies des saints montrent d’innombrables mais toujours infaillibles voies de salut, d’illumination, d’initiation, de régénération, de transfiguration, de christification, de déification ; elles nous indiquent également toutes les manières par lesquelles la nature humaine triomphe du péché, de tout péché, comment elle vient à bout de la passion, de toute passion, comment elle triomphe de la mort, de toute mort, comment elle triomphe du démon, de tout démon. On y trouve le remède à tout péché, la guérison de toute passion, la résurrection de toute mort, la délivrance de tout démon, le salut contre tous les maux. Il n’est pas de passion, il n’est pas de péché dont on ne puisse trouver dans les Vies des saints la manière de les vaincre, de les mettre à mort, de les déraciner. Les Vies des saints montrent clairement et de façon évidente qu’il n’est pas de mort spirituelle de laquelle on ne pourrait ressusciter par la force divine du Seigneur Jésus ressuscité et monté au ciel ; il n’est pas de malheur, de tristesse, d’affliction ou de souffrance que le Seigneur, ne change progressivement ou instantanément, en joie paisible et douce, selon la foi que nous avons en Lui… » (Extraits de: Saint Justin Popović, Vies des saints serbes, collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle », L’Âge d’Homme, Lausanne, 2013, traduction de Lioubomir Mihailovitch).

Ces trois nouveaux volumes du Synaxaire du Père Macaire (vendus maintenant à un prix très abordable), ainsi que les deux précédents de cette nouvelle édition, peuvent être commandés dans les métochia français du monastère de Simonos-Pétra:
— le Monastère de Solan, F-30330 La-Bastide-D’Engras (tel. 04 66 82 94 25 ; www.monasteredesolan.com)
— le Monastère Saint-Antoine-le-Grand, F-26190 Saint-Laurent en Royans (tel. 04 75 47 72 02 ; www.monasteresaintantoine.fr) ;
— le Monastère de la Transfiguration, Néguirat, F-24120 Terrasson (tel. 05 53 50 23 94 ; www.monastere-transfiguration.fr).
L’achat en ligne est possible sur ces deux derniers sites à la rubrique « Librairie ».

Jean-Claude Larchet

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Jovan Nikoloski