24/01/2017
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Les « Conférences de Noël » de Moscou seront consacrées cette année aux « Leçons du siècle »

Du 25 au 27 janvier 2017 se dérouleront à Moscou les traditionnelles « Conférences de Noël » qui seront consacrées cette année à la compréhension de la vie du pays durant les dernières 100 années. Le XXVe cycle de conférences intitulé cette année « 1917-2017 : les leçons d’un centenaire » s’ouvriront le 25 janvier 2017 par la divine Liturgie en la Cathédrale du Christ Sauveur. Le jeudi 26 janvier sont prévues les Ve Rencontres parlementaires de Noël, qui seront consacrées à la discussion des questions actuelles de coopération sociale, du service social, de la voie historique et du développement contemporain de la Russie. Est prévue la participation des sénateurs, des dirigeants de l’Assemblée fédérale, du Bureau du gouvernement, des chefs des commissions compétentes de la Douma, des chefs de départements synodaux, des collaborateurs des ministères et départements. Dans le cadre des Conférences se dérouleront les travaux des sections thématiques dans seize directions, dont : l’activité de l’Église pendant les années d’apostasie, la vie de l’Église et la tradition des saints Pères, l’histoire de la construction d’églises orthodoxes, la mission sociale de l’Église. En outre, lors des Conférences aura lieu la remise de décorations aux vainqueurs du concours panrusse dans le domaine de la pédagogie, de l’éducation, du travail avec les enfants et la jeunesse jusqu’à l’âge de vingt ans « Pour l’exploit moral de l’enseignant » et le concours panrusse de la création enfantine « La beauté du monde divin ». Aux travaux du forum prendront part plus de 15 000 personnes venues de Russie, de l’étranger proche, des États-Unis, de Grande-Bretagne, Allemagne, Canada, France, Suisse et aussi de Grèce et de Géorgie. On peut trouver ici le programme des conférences (en russe).

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Ouverture de la Séance plénière de la Commission inter-conciliaire de l’Église orthodoxe russe

Le 23 janvier 2017, en la salle des Assemblées ecclésiales de la cathédrale du Christ Sauveur a été ouverte la session plénière de la Commission inter-conciliaire de l’Église orthodoxe russe, sous la présidence du patriarche de Moscou Cyrille. Celui-ci s’est adressé aux membres de la Commission inter-conciliaire par un discours d’ouverture et a annoncé l’ordre du jour suivant :

1. Discussion sur le rapport de S.S. le patriarche. Discussion sur l’opportunité de la restructuration de la commission inter-conciliaire. Examen des thèmes possibles à discuter dans les organes de travail de la Commission inter-conciliaire.

2. Discussion du projet « Règlement sur les monastères et les moines et moniales ». Rapporteur : le métropolite de Nijegorod et d’Arzamas Georges, président de la Commission pour les questions d’organisation de la vie des monastères et du monachisme.

3. Discussion du projet de document « Sur les aspects canoniques du mariage ecclésiastique ». Rapporteur : l’archiprêtre Alexandre Zadornov, secrétaire de la Commission pour les question de droit canon, et pro-recteur de l’Académie ecclésiastique de Moscou.

Avant la discussion des thèmes proposés, le patriarche et les participants à la séance plénière ont discuté une série de propositions au sujet du travail de la Commission inter-conciliaire.

La Commission inter-conciliaire est l’organe consultatif du Patriarcat de Moscou, qui est actif entre les Conciles locaux et les Assemblées épiscopales. Dans ses attributions entrent la préparation des décisions concernant les questions les plus importantes de la vie interne et l’activité externe de l’Église orthodoxe russe. Sont également de sa compétence les questions de théologie, d’administration ecclésiastique, de droit canon, des offices liturgiques, de l’action pastorale, de l’instruction religieuse, bienfaisance, des relations de l’Église et de la société, de l’Église et de l’État, de l’Église et des autres confessions et religions. L’ordre du jour de la Commission inter-conciliaire est fixé par le Concile local ou l’Assemblée des évêques, le Saint-Synode, le Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

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Podcast audio: “Orthodoxie” (France-Culture) – Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier)

L’émission Orthodoxie sur France-Culture (podcast audio ci-dessous) du 22 janvier avait pour thème  la célébration de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier). Le père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève à Epinay-sous-Sénart, membre du Comité mixte catholique orthodoxe de France y est intervenu.

1 800 000 personnes ont pris part aux « bains de la Théophanie » en Russie

1 800 000 personnes ont pris part aux « bains de la Théophanie » en Russie, ce qui est supérieur aux chiffres de l’an passé. C’est ce que le service de presse du Ministère russe des situations d’urgence a communiqué à l’Agence Interfax. « Environ 4000 lieux destinés au bain de la Théophanie sont équipés dans toute la Russie. Plus de 1.800.000 personnes ont participé au bain traditionnel » est-il déclaré dans le communiqué. Plus de 42.000 personnes, dont des employés du Ministère et d’autres services ont été employés pour la sécurité. « Aucun incident n’a eu lieu durant le bain festif de la Théophanie » a déclaré le Ministère. Chaque lieu de bain était équipé de la lumière, avec des chemins spéciaux et des patins pour circuler sur la glace, des voies sûres pour entrer dans l’eau, des lieux où l’on pouvait se réchauffer, des points où l’on sert des plats chauds.

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Interview du patriarche de Serbie au quotidien croate « Jutarnji Vijesti » au sujet de l’Église et de la minorité orthodoxes serbes en Croatie et de la canonisation du cardinal Stepinac

Dans son numéro du 7 janvier 2017, le quotidien de Zagreb « Jutarnji Vijesti » a publié une interview du patriarche de Serbie Irénée, dans lequel celui-ci aborde la question de la situation de l’Église orthodoxe et de la minorité serbes en Croatie, ainsi que la question de la canonisation du cardinal Stepinac. Nous publions ci-dessous cette interview in extenso :

– Je vous souhaite d’abord une bonne fête de Noël et une bonne année 2017, mais je voudrais revenir sur votre message de Pâques 2016 et faire l’éloge de votre lettre qui a été lue alors dans les églises orthodoxes. Je mettrais surtout en relief la partie de la lettre où vous dites que « si nous ne nous pardonnons pas mutuellement, nous ne serons pas pardonnés, et si nous condamnons, nous sommes déjà condamnés », ce que nous enseigne le Seigneur Jésus. Comment voyez-vous le processus de réconciliation sur l’espace de l’ex-Yougoslavie ?

– Je vous remercie pour les vœux. Vous voyez, le pardon est un impératif de notre vie chrétienne. Mais pour que celui-ci soit possible, il est nécessaire que nous cultivions l’amour dans nos cœurs, comme le testament le plus précieux que nous a légué le Christ. Il faut que nous l’entretenions et que nous le partagions avec le prochain, mais aussi avec ceux qui ne reconnaissent pas en nous des amis. Pour ce qui concerne le pardon et la réconciliation sur le territoire de l’ex-Yougoslavie, je pense que chacun devrait se demander combien il contribue à cela. J’ai insisté, à chaque fois que j’en avais l’occasion, pour envoyer des messages d’amour chrétien. Par exemple, l’avant-dernier été, à l’occasion de la commémoration du grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe, à savoir le 400ème anniversaire de la fondation du séminaire théologique le plus ancien situé dans le monastère de Krk [en Croatie, ndt], j’ai rencontré les évêques catholiques-romains de Dalmatie, S.E. Mgr Puljić, Mgr Barišić, et d’autres encore. Je me suis alors efforcé, en raison de l’existence, pour les deux peuples d’un passé le plus souvent tragique, notamment à l’époque récente, d’adresser des paroles d’amour fraternel, de vie commune, de respect mutuel et d’adoption des valeurs chrétiennes communes. Intentionnellement, je n’avais aucun discours préparé. Je voulais parler du cœur, de l’âme, afin que les interlocuteurs et les fidèles des deux Églises le reconnaissent. J’ignore si j’y suis parvenu.

– Le chef de la Communauté islamique en Bosnie et en Herzégovine, le reis-ul-ulema Husein ef. Kavazović, a accusé cet été l’Église orthodoxe serbe « d’encourager par son activité le nationalisme et de faire l’apologie des crimes de guerre prouvés, ce qui rend difficile la possibilité de vie commune et l’établissement de relations stables en Bosnie-Herzégovine ». Il a dit que votre Église encourage le nationalisme serbe et l’exclusivisme et contribue à la glorification des crimes et criminels, ce qui pèse encore sur la voie de la réconciliation, de la compréhension et l’assurance d’une meilleure vie pour tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine. Ces accusations sont graves. Êtes-vous disposé à commenter cela ? Avez-vous parlé entre-temps avec le reis Kavazović et avez-vous aplani ce litige?

– Je ne connais pas personnellement M. Kavazović. Il n’a aucun contact officiel avec le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, mais je suppose qu’il a, ne serait-ce que de temps à autre, certaines rencontres officielles avec notre épiscopat de la région, probablement dans le cadre du Conseil inter-religieux de Bosnie-Herzégovine. J’ai été surpris par la véhémence et la démesure de ses positions, particulièrement de ses objections à l’existence de la République serbe de Bosnie. De toute évidence, je considérais erronément que l’époque de Mustafa Cerić [еx-chef de la Communauté islamique de Bosnie, ennemi acharné de la République serbe de Bosnie, ndt] appartenait au passé. Aussi, je n’ai pas souhaité réagir à ses déclarations extrêmement intolérantes et injustes, et ce ni personnellement, ni dans le cadre du Saint-Synode, ni au niveau de notre Service de presse. Et ici, pour répondre à votre question, je ne donnerai que le commentaire le plus succinct possible. Les paroles qui accusent, qui pointent du doigt le voisin, n’apportent aucun bien. Il faut s’en garder. Que Dieu fasse que les paroles des dirigeants religieux ne soient pas le prétexte à de nouvelles violences et de nouveaux malheurs ! Nous voyons jusqu’où conduit l’utilisation abusive de l’Islam. Des innocents souffrent, non seulement en Syrie et en Iraq, mais aussi en Europe. Les « chrétiens » hypocrites qui posent un signe d’égalité entre le terrorisme et l’Islam en tant que religion ne sont pas meilleurs. Nous croyons en Dieu, nous sommes voisins, nos croyants sont voisins, quelque part juste à notre porte. Nous ne regardons pas les relations avec les musulmans en Bosnie et Herzégovine à travers Monsieur Kavazović. Ce pays est étendu : il y a des gens différents parmi les muftis, les imams, les hodjas… Nul ne pouvait imaginer des accusations insensées. Nous avons vécu ensemble durant des siècles. Et c’est ainsi que nous devons continuer.

– Comme vous le savez, vous n’avez pas subi des interpellations que de la part du chef de la Communauté islamique. Le président de la Conférence épiscopale de Bosnie et d’Hezégovine, le cardinal Vinko Puljić, archevêque et métropolite de Vrhbosna [Sarajevo, ndt] vous a envoyé au nom de tous les membres de ladite Conférence, le 8 février 2016, une lettre dans laquelle il réagit à votre déclaration au cours de la commémoration de « la journée de la République serbe (de Bosnie) », à Banja Luka le 9 janvier 2016. Qu’aviez-vous en vue lorsque vous avez dit que la République serbe de Bosnie est « fondée sur la vérité de Dieu, la justice de Dieu » ?

– J’ai été surpris, pour ne pas dire ébahi, par la réaction de Mgr le cardinal Puljić, archevêque catholique-romain de Sarajevo, et ce bien plus que par la réaction du reis Kavazović. Pour les mêmes raisons de principe que dans le cas de M. Kavazović, j’ai considéré aussi que la déclaration de Puljić ne méritait pas de réponse ou de commentaire de l’Église orthodoxe serbe, particulièrement parce qu’il sait fort bien ce que nous avons réussi à surmonter ensemble, précédemment, grâce à la confiance mutuelle. Néanmoins, je vous répondrai avec le moins de mots possibles, car il faut soigner les blessures, non les approfondir. La République serbe de Bosnie a été créée pour assurer la survie du peuple serbe et de l’Orthodoxie sur le territoire qui se trouve sur la droite du fleuve Drina, pour que ce soit un facteur de paix comme cela est prévu par l’accord de Dayton. Sans République serbe de Bosnie, j’en suis convaincu, il n’y aurait plus de Serbes dans cette région. Nous, Serbes, ne sommes pas de nouveaux arrivants en Bosnie et en Herzégovine, comme ne le sont pas non plus les Croates, et bien sûr, les Bosniaques actuels de confession musulmane. Mais vous voyez ce qu’il advient des chrétiens dans le berceau du christianisme au Moyen-Orient ! Ce qui se produit là-bas aujourd’hui, les photos avec les têtes décapitées de chrétiens, s’est produit d’abord ici, dans notre maison, en Bosnie et Herzégovine. Ce sont les mêmes gens, plutôt les mêmes êtres inhumains, qui le font là-bas, et qui l’ont fait d’abord ici, en Europe. Combien de nos saintes églises et monastères en République serbe de Bosnie ont été détruits, profanés, endommagés ? Combien de saints martyrs connus et inconnus, de gens qui ont souffert parce qu’ils étaient chrétiens, qu’ils étaient orthodoxes, parce qu’ils se signaient avec trois doigts ? C’est de cette façon que je considère que la création, l’existence et la prospérité de la République serbe de Bosnie est une affaire de justice. Et pour nous chrétiens, est juste ce qui est fondé sur la vérité, et la seule vérité est Celui qui a dit de Lui-même : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Au demeurant, la République serbe de Bosnie est la garante de la survie des Croates en Bosnie et Herzégovine. Je prie Dieu que les autorités politiques de la République serbe travaillent et agissent chrétiennement, tant à l’égard de leurs concitoyens qu’envers les habitants qui ne sont pas de confession orthodoxe ou de nationalité serbe.

– Le cardinal Puljić a réagi particulièrement à votre déclaration selon laquelle la «République serbe de Bosnie repose sur le sang des saints martyrs, sur les os des saints martyrs, et tout ce qui est établi sur la justice, la vérité, sur le sang versé pour la justice, la vérité, le sang pour la vérité et le nom de Dieu ; cela est éternel et non éphémère », et il vous recommande : « L’entité politique de la République serbe en Bosnie et en Herzégovine est une création humaine et non divine… Seul Dieu est éternel et non éphémère ! » J’apprécierais que vous me disiez d’une façon ou une autre, même de manière privée, ce que vous répondez à cette lettre du cardinal et comment vous commentez ses paroles critiques.

– Comme vous l’avez probablement remarqué, je n’ai pas l’habitude de répondre publiquement à des paroles agressives. Je pense que cela ne peut rien apporter de bien à qui que ce soit. C’est pourquoi certains amis me critiquent en privé. Mais je considère que Dieu voit tout et juge de tout. C’est plus que suffisant. D’un discours destiné aux fidèles ainsi qu’aux dirigeants du peuple et qui les exhorte à être dignes de leurs ancêtres, des saints martyrs qui ont donné la vie pour la foi et la patrie, et aussi à être chrétiens, on en fait toute une histoire. On m’a dit qu’il existait chez les Croates l’expression « la terre de Croatie est sainte pour nous », comme un film intitulé « Sainte Croatie ». Selon moi, il s’agit d’une sorte de pédagogie. Pour Jérusalem et la Palestine, on parle de « Ville sainte » et de « Terre Sainte ». Il ne s’agit pas là des pierres et des briques. Il en est de même avec la République serbe de Bosnie. C’est une question de foi : croit-on réellement en la sainteté des gens qui ont péri innocemment ? Croit-on réellement que ce qui est bâti sur leur sacrifice volontaire, sur leurs saintes reliques, est éternel ? Il est juste que les États viennent et passent. La Serbie, au temps de l’asservissement sous les Ottomans n’existait plus, mais néanmoins elle est ici aujourd’hui, au milieu des Balkans. L’ancien Israël est rétabli après la seconde guerre mondiale, après plus de deux millénaires d’inexistence. La Croatie est une très jeune démocratie. La durée n’est pas seulement dans le temps. Par l’amour des générations, par la prière pour les ancêtres, par l’art, elle dure jusque dans l’éternité. Nul ne doit être gêné par la République serbe de Bosnie. Nul ne doit être gêné par le fait que les peuples en République serbe et en Bosnie Herzégovine vivent aujourd’hui en paix. Or, il semble que cela gêne certains. Il ne faut pas que nous soyons des gens qui peuvent facilement être télécommandés par quelqu’un qui se trouve au loin.

– Maintenant, alors que j’ai l’occasion de vous demander quelques clarifications, permettez que je vous questionne sur ce que vous souhaitiez dire exactement lors de votre visite au monastère de Krk, lorsque vous avez déclaré, je cite, que « nos voisins nous ont fait du mal, et nous-mêmes à eux, mais nous (Serbes) dans une bien moindre mesure ».

– Regardons la vérité en face ! Sans mentionner à nouveau les victimes dans cette malheureuse guerre qui, comme j’en suis profondément convaincu, n’a apporté rien de bon, à aucune des parties. C’est en tout cas mon point de vue. Les souffrances n’ont pas cessé non plus en temps de paix. Combien de nos églises ont été profanées ces dernières années ? J’ai lu il y a quelques jours ce rapport : l’église de Saint-Procope à Rajevo Selo [village situé près de Vukovar, en Croatie, ndt], a été couverte d’inscriptions qu’il est honteux de répéter, il y a entre autres les mots : «Nous vous exterminerons, bétail serbe ! », signé « Les oustachis ». Dernièrement, ce fut l’attaque physique, et non la première, sur Dušan Dedoević à Smrtići près d’Okučani [en Slavonie, Croatie, ndt]. Auparavant, on lui a cassé sa voiture, on l’a menacé de mort de diverses façons. L’an dernier, 180 attaques ont eu lieu contre des Serbes en Croatie, lesquelles ont été rapportées au Conseil populaire serbe à Zagreb, et le Saint-Synode à Belgrade a des témoignages à leur sujet. Comme vous le savez, devant le siège du Conseil populaire serbe à Zagreb, des slogans oustachis ont été scandés.

– Certaines de nos sources nous disent que ces malheureux, vos fidèles et compatriotes ne déclarent que chaque troisième ou quatrième cas semblable…

– Est-ce qu’une telle situation en Croatie a ému quelque notable ? À Jasenovac [le camp de la mort oustachi où furent martyrisés les Serbes et les Juifs, ndt], ont été portées des inscriptions de saluts oustachis. C’est à tout cela que j’ai pensé. Car le mal continue. Je ne peux imaginer que dans une quelconque ville serbe, devant une institution de la minorité croate, se rassemblent des foules hurlantes, que l’on prononce des menaces de mort, que l’on profère des insultes ! Est-ce là la démocratie ? Est-ce là la démocratie lorsque l’on dit à la Télévision d’État croate que le cas de l’assassinat d’un enfant serbe – au sujet duquel personne, bien sûr, n’a été condamné, alors que les tueurs sont connus de tous – est une « exagération » médiatique ?

– La TV d’État croate a néanmoins déclaré qu’il s’agissait de quelque chose d’inacceptable dans l’émission « TV Kalendar ».

– Je le sais. Je ne conteste pas ces paroles, et je justifie encore moins les maux dont sont coupables certains Serbes. Dans la même mesure, je prie Dieu pour toutes les victimes et ceux qui ont souffert, que ce soit des Serbes, des Croates, des Musulmans ou autres. Je souhaite absolument la paix, je prie pour la paix. Malheureusement, je n’ai pas remarqué durant les vingt dernières années depuis que la guerre, Dieu merci, est terminée, que qui que ce soit parmi les dirigeants religieux de Croatie ait condamné une attaque contre une église serbe, contre un quelconque orthodoxe, qu’il ait dit : on ne doit pas menacer l’autre parce qu’il est un chrétien qui se signe avec les trois doigts, ou bien que l’assassin d’un enfant orthodoxe ne doit pas rester impuni, ou encore qu’on ne doit détruire ou profaner une église chrétienne. Regardez les photos de l’église à Rajevo Selo, et dites-moi : est-ce la réalité ? Ne sommes-nous pas les premiers à souhaiter que chaque icône, chaque livre liturgique, chaque manuscrit, restent où ils se sont trouvés durant des siècles et ce au temps où ni la Croatie, ni la Serbie, n’existaient comme États indépendants ? C’est pourquoi des mesures préalables sont nécessaires : d’abord la sécurité de ces objets sacrés, et ensuite assurer les conditions techniques de leur conservation et leur préservation. Faut-il encore pour une énième fois rappeler la destruction des biens sacrés et culturels serbes sur le territoire s’étendant de Srem jusqu’à la Dalmatie [à l’époque de « l’État Indépendant de Croatie en 1941 », ndt], et de Pakrac à Baranja [du temps de « l’État Indépendant de Croatie » et durant les années 1990] ? Je rappelle que l’Église orthodoxe serbe a manifesté publiquement sa reconnaissance à tous les Croates honorables – et Dieu soit loué, ils étaient assez nombreux – et a accordé ses distinctions les plus élevées à certains d’entre eux qui vivent encore. Je le répète encore une fois et mille fois : nous suivons le Sauveur, nous prions pour la paix, nous œuvrons en actes pour la paix ! Nous sommes frères et seulement frères. Si certains pensent que les Serbes et les Croates ne sont pas des frères slaves, et il y en a, qu’ils se rappellent que nous sommes frères en Christ, selon l’enseignement qu’Il nous a laissé, et que nous devons suivre.

– Pensez-vous qu’il est nécessaire de peser qui a fait le plus de mal ? Et lorsqu’on en parle, considérez-vous que le départ massif des Serbes de Croatie en 1995 puisse être examiné hors du contexte des horreurs de la guerre à partir de 1991 et par la suite ?

– Je suis d’accord avec vous. Rien ne peut être considéré hors du contexte historique, par exemple hors de la tentative de réalisation du plan pour « résoudre » la question serbe et juive en Croatie, qui a été formulée par le ministre de Pavelić, Mile Budak, à savoir « les trois tiers » : tuer [un tiers des Serbes], convertir au catholicisme [un autre tiers], et expulser [un dernier tiers]. Or, la proportion calculée par Budak n’a pas été réalisée comme prévu. La majorité des Serbes ne voulait pas changer de foi, raison pour laquelle ils ont fini à Jasenovac, Jadovna, ou dans les différents Golubnjača [les ravins et grottes dans lesquels ont été précipités les Serbes, ndt]… Et nous considérons aussi « l’action militaire et policière » dite « Tempête » [expulsion des Serbes de Croatie en 1995, ndt] dans le contexte historique, de même que ses conséquences. Ce n’est pas le plan et le programme de Budak, mais ce n’est en aucun cas le départ volontaire des Serbes de Croatie, soi-disant à l’instigation de Belgrade.

– Le nonce apostolique en Croatie dit que la sainteté du cardinal Stepinac est indiscutable. Il a attiré l’attention des catholiques croates sur le fait qu’ils « doivent avoir encore un peu de patience », qu’il faut attendre d’être en mesure d’interpréter « aux frères orthodoxes » le travail qui est fait dans le processus de canonisation, « afin que de cette façon le grand cardinal Aloïs Stepinac puisse être un saint non seulement pour la Croatie, mais un grand saint pour l’Église universelle». Acceptez-vous ce discours du diplomate du pape à Zagreb, mais aussi des évêques croates qui parlent de même, « vous orthodoxes ne comprenez pas la grandeur d’Aloïs Stepinac? »

– Les frères évêques [orthodoxes serbes, ndt] qui sont membres de la Commission [mixte catholique-orthodoxe au sujet de Stepinac, ndt] m’ont dit que l’on s’était mis d’accord que, tant que la commission fonctionne, le public ne serait pas informé en détail. Il faut s’en tenir à cela. Je l’attends des membres croates. Le nonce est un diplomate. La diplomatie a ses lois et usages. Je le comprends en tant que diplomate, mais je ne le comprends pas dans le contexte de l’accord sur l’information du public. Toutefois, la décision de la création de la commission, son format et mode de fonctionnement, a été prise par le pape. Nous l’avons acceptée avec plaisir. Les fables de certains évêques croates selon lesquelles la canonisation de Stepinac se déroule normalement, malgré le travail de la commission, qu’ils qualifient de mineure et d’académique et non ecclésiale et inter-ecclésiale, tout simplement ne sont pas sérieuses, pour dire le moins. Il est clair pour moi que pour nos frères [croates, ndt], ni moi, ni mon Église ne sommes une autorité, mais je considère que le pape François devrait être une autorité pour eux, et une autorité finale. N’est-il pas étonnant que les évêques orthodoxes serbes font plus de cas de l’autorité de l’évêque de Rome que certains évêques catholiques croates ?

– Dans l’Église orthodoxe serbe, si je l’ai bien compris, on est certain que par le travail de la Commission « on arrivera en même temps à de nouvelles conclusions au sujet du contexte historique dans lequel a agi le cardinal Stepinac, de même que ce qui concerne l’ensemble des relations des deux Églises et des peuples serbe et croate pendant la seconde guerre mondiale ». Quels sont les points de départ de vos représentants dans leur démarche ? Quel peut être le point de départ commun pour ces discussions, c’est-à-dire de ce dialogue ?

– La vérité ne peut être un thème de discussions. La vérité n’a pas deux visages. Le seul point de départ peut être la vérité, c’est-à-dire la disposition à accepter les faits. C’est seulement dans cet esprit que le travail de la Commission peut être fructueux et utile. Si nous acceptons la vérité, il n’y a pas de vainqueurs et de vaincus. Nous sommes tous vainqueurs.

– La canonisation de Stepinac, selon vous « aurait des conséquences sur les relations entre orthodoxes et catholiques, comme celles des Serbes et des Croates, des peuples voisins chrétiens et mélangés géographiquement, ce qui indubitablement ferait revenir à un passé profond et tragique, indigne de notre vocation chrétienne ». Que signifierait pour vous, comme on le répète en Croatie et aussi dans les interventions du nonce apostolique, la canonisation quasiment certaine qui est seulement ajournée ?

– Il n’est pas utile, selon se qui se passerait le cas échéant, de spéculer sur des choses aussi sérieuses. À la fin des travaux de la commission, la décision finale sera prise par le pape François. Quelle qu’elle soit, elle sera obligatoire pour les catholiques, tandis que les orthodoxes en seront satisfaits ou mécontents.

– Comment estimez-vous la qualité des relations entre la Serbie et la Croatie?

– Je pense que nos deux États, malgré les épreuves et les pesanteurs, historiques et contemporaines, aspirent à la paix. Nous devons tous les aider. Une grande responsabilité repose sur les évêques des deux Églises. Peut-être, certains ne le comprennent pas dans une mesure suffisante. Lorsque, il y a deux ans, j’ai intronisé le métropolite Porphyre, je lui ai rappelé qu’il était appelé à surpasser par l’amour du Christ tous les problèmes qui existent entre les hommes et les peuples, et que, en tant qu’homme de dialogue, il devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour cheminer sur la voie de la paix et de la réconciliation ; qu’il travaille pour la paix ardemment, de façon évangélique, qu’il prêche l’amour du Christ. Il l’a accepté et c’est vraiment ce qu’il fait. J’ai recommandé la même chose à l’évêque Jean (de Slavonie, ndt). Je le dis, la responsabilité des politiciens est grande, mais il leur faut notre aide, l’aide des évêques catholiques-romains et des évêques orthodoxes, dont la parole de paix reste profondément dans les cœurs des fidèles.

– Que peuvent encore faire les primats des Églises en Serbie et en Croatie pour arriver à une amélioration des relations au sujet desquelles l’ex-président croate Ivo Josipović a précisément déclaré qu’elles étaient tombées au niveau le plus bas depuis l’an 2000 ?

– Je me réjouis de l’initiative du premier ministre Vučić concernant la résolution des problèmes et des progrès accomplis dans les lieux où vit la minorité croate en Serbie. Je me réjouis du fait que les élèves de nationalité croate disposeront dans leur langue maternelle des manuels qui leur faisaient défaut jusqu’à présent. Je salue une telle action et je me réjouis de tout progrès en faveur de nos concitoyens croates en Serbie. Tous leurs problèmes, dans les limites des possibilités qui sont offertes, doivent être résolus par l’État. Un seul Dieu nous a créés tous, Il est notre Père à tous. En Serbie, il n’y a pas de citoyens de première et de seconde classe. J’espère qu’il en sera bientôt de même en Croatie : que seront réglés les problèmes des réfugiés et des personnes déplacées, qu’il n’y aura plus de destruction des plaques en caractères cyrilliques, que cesseront les menaces, harcèlements contre les gens et les profanations des églises orthodoxes par des inscriptions de la lettre honteuse « U » [= Oustachis, ndt] sur les murs des églises. Nous attendons que nos frères en Christ, les évêques catholique-romains croates s’engagent en élevant leur voix à ce sujet. Alors, ce sera plus facile pour tous et les relations seront meilleures.

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Recension: Saint Païssios l’Athonite, « Paroles 3 – Le combat spirituel »

paissiosSaint Païssios l’Athonite, Paroles 3 – Le combat spirituel, Éditions du Monastère Saint-Jean-le-Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 2016, 318 p.
Les sœurs du monastère de Souroti près de Thessalonique, dont saint Païssios l’Athonite (1924-1994) fut le fondateur et le père spirituel, ont pendant plusieurs années rassemblé ses enseignements spirituels – la plupart dispensés dans le cadre du monastère, qu’il visitait régulièrement et dans lequel il passa la fin de sa vie terrestre – et en ont composé cinq forts volumes de « Paroles ». Le premier, intitulé Avec amour et douleur pour le monde contemporain – qui répondait aux inquiétudes des fidèles dans une société qui s’éloigne de plus en plus des valeurs chrétiennes – a paru en 2011. Voici le volume 3, intitulé Le combat spirituel, qui est sans doute l’un des plus beaux et utiles livres de spiritualité parus ces dernières années. Les questions posées par différentes personnes et les réponses de l’Ancien ont été regroupées par thèmes, eux-mêmes regroupés en cinq parties: 1) Le combat contre les pensées (Les bonnes et les mauvaises pensées, Les pensées de blasphème, La confiance en son propre jugement, La lutte contre les pensées); 2) Justice et injustice (Accepter l’injustice, L’autojustification chasse la grâce, Justice divine et justice humaine); 3) Péché et repentir (Comment le péché tourmente l’homme, L’examen de conscience, L’observation et la conscience de soi, Prendre conscience de son état de pécheur touche le cœur de Dieu, La puissance du repentir); 4) Les forces des ténèbres (Sur la magie noire, Au sujet des possédés, L’illusion spirituelle, Égareurs et égarés); 5) La force de la confession (Le besoin d’un guide spirituel, Ce qu’est une bonne confession, Le médecin spirituel de l’âme, Le travail du père spirituel sur les âmes).
On trouve ici toute la spiritualité philocalique, mais avec des références seulement implicites aux Pères qui l’ont développée. Saint Païssios, dans sa vie d’ascèse, a en effet assimilé cette grande et ancienne tradition spirituelle de l’Église orthodoxe, en a fait son propre bien, qu’il partage généreusement avec ses auditeurs et lecteurs. Toutes ses paroles sont fondées sur une expérience personnelle, ce qui les rend à la fois vivantes, profondes et convaincantes. Au cours de sa vie et de ses rencontres avec des milliers de pèlerins venus se confier à lui et lui demander conseil, ce grand starets contemporain a acquis une riche expérience des différentes situations vécues par les hommes et de leurs besoins ; il émaille ainsi son discours d’une multitude d’anecdotes, semblables à celles des Apophtegmes, qui concrétisent son propos. Il recourt aussi à de multiples comparaisons et analogies liées à la nature ou à la vie professionnelle qui prennent forme de paraboles.
Sans jamais être une technique, la maîtrise des pensées – en vue de cultiver et à d’accroître progressivement les bonnes tout en écartant progressivement les mauvaises, jusqu’à acquérir la pureté de l’esprit et du cœur indispensable à la réception de la grâce et de sa fructification – est néanmoins méthodique, et l’Ancien développe dans l’ensemble de ses propos une véritable pédagogie dont le but est de donner à la vie spirituelle un caractère constamment dynamique et en progrès ascendant. Si des cas extrêmes pouvant faire difficulté pour certains fidèles sont abordés (les pensées de blasphème, la magie noire, la possession, le rôle néfaste des gourous…), la priorité est néanmoins donnée à la vie spirituelle dans sa quotidienneté, qui doit être un processus de combat intérieur destiné à nécroser progressivement le vieil homme pour faire émerger l’homme nouveau en Christ. Dans ce combat intérieur, où l’effort généreux du fidèle entre en synergie avec la grâce divine, il est indispensable, rappelle l’Ancien, de recourir à l’aide du père spirituel, véritable médecin de l’âme, et à la confession, véritable cure d’âme si elle est bien et régulièrement menée.
Les conseils de l’Ancien, comme ceux de tous les grands startsi, sont exempts de tout formalisme et ont en vue une seule chose: le progrès spirituel de l’homme qui doit le rapprocher de plus en plus de Dieu. Cette absence de formalisme apparaît dès les premières pages, où l’Ancien n’hésite pas à affirmer: « Une seule bonne pensée a autant de force spirituelle qu’une vigile nocturne de plusieurs heures », ou encore: « Une bonne pensée, une pensée pure, a plus de puissance que toute ascèse ». « Oui, ajoute l’Ancien, à la base de tout est la bonne pensée. C’est elle qui élève l’homme, le transforme positivement ». L’Ancien Païssios rejoint ici l’enseignement du starets Thaddée, selon lequel l’homme se façonne lui-même et façonne son environnement selon la nature de ses pensées.
Comme exemple du style imagé et parabolique de l’Ancien, sur les pensées encore, citons encore ce long extrait du début du livre, qui montre comment la vision du monde de l’homme et son état se trouvent modifiés selon qu’il a de bonnes ou de mauvaises pensées:

« Celui qui a de bonnes pensées est en bonne santé au plan spirituel, et il transforme le mal en bien. Je me rappelle que durant l’Occupation, les enfants de robuste constitution mangeaient avec appétit du pain au maïs et ils étaient en excellente santé. En revanche, des enfants de riches ayant une faible constitution mangeaient du pain beurré et étaient maladifs. Il en est ainsi dans la vie spirituelle. Même si tu frappes injustement quelqu’un qui a de bonnes pensées, il se dira : “Dieu a permis celte épreuve, afin que je rachète quelques-unes de mes fautes passées. Grâces soient rendues à Dieu!” En revanche, si tu t’apprêtes à caresser celui qui n’a pas de bonnes pensées, il pensera que tu vas le frapper. Prends l’exemple de l’homme ivre. S’il est méchant par nature, l’ivresse lui fait tout casser. Mais s’il est bon par nature, l’ivresse le fait pleurer ou pardonner à tous. Un ivrogne disait: “Je vais donner un seau de pièces d’or à tout homme qui me déteste!”
Certains m’avouèrent se scandaliser en voyant maintes choses incorrectes dans l’Église, et je leur ai répliqué: Si tu interroges une mouche et lui demandes: “Y a-t-il des fleurs dans les environs?”, elle répondra: “Je ne sais pas. Plus bas, il y a des boîtes de conserve, du fumier, des saletés”, et elle t’énumérera toutes les ordures dont elle s’est approchée. En revanche, si tu demandes à une abeille: “As-tu vu quelque saleté dans les environs?”, elle te répondra: “Des saletés? Non, je n’en ai vu nulle part. Le lieu est rempli de fleurs odorantes”, et elle t’énumérera une montagne de fleurs du jardin, de f1eurs des champs, etc. La mouche, vois-tu, sait seulement qu’il y a des ordures, alors que l’abeille sait qu’il ya plus loin un lys, plus loin encore, une jacinthe ….
Comme je l’ai constaté, certains ressemblent à la mouche, d’autres à l’abeille. Les premiers cherchent en toute occasion à dénicher le mal pouvant exister et s’y intéressent. Ils ne voient jamais de bien nulle part. Les seconds trouvent en toute circonstance le bien qui existe. Le sot pense sur tout sottement, il prend tout de travers, voit tout à l’envers. Au contraire, celui qui a de bonnes pensées, pense toujours positivement, quoi que l’on fasse et quoi qu’on lui dise. »

La suite rappelle un Apophtegme célèbre et montre l’humilité de l’Ancien tout en prolongeant son enseignement sur le fait qu’un homme bon et pur voit tout en positif :

« Un élève de collège est venu un jour à mon ermitage et sonna la simandre à la porte pour signaler sa présence. J’avais un tas de lettres à lire, mais je décidai de sortir pour voir ce que voulait ce gamin. “Que veux-tu, mon gaillard? — C’est l’ermitage du Père Païssios? me demanda-t-il. Je veux lui parler. — Oui, c’est son ermitage, mais il est absent. Il est parti acheter des cigarettes. — C’est sûrement pour rendre service à quelqu’un qu’il est parti acheter des cigarettes, remarqua-t-il avec une bonne pensée. — Non, c’est pour lui-même! Il avait fini son paquet, et il était comme enragé. Il m’a laissé ici tout seul, et je ne sais à quelle heure il va rentrer, répliquai-je. S’il tarde, je vais m’en aller!» Ses yeux se remplirent de larmes et, plein de bonnes pensées, il reprit: “Nous fatiguons le Géronda. — Que lui veux-tu? — Je veux recevoir sa bénédiction! — Quelle bénédiction, fou que tu es! Ce moine est dans l’illusion, il n’a pas la grâce. Moi, je le connais bien. N’attends pas en vain! Car quand il rentrera, il sera énervé et peut-être même ivre, vu qu’il s’adonne à la boisson”. Mais ce gosse n’avait que de bonnes pensées. “Finalement, je vais attendre encore un peu, que désires-lu que je lui dise? —- J’ai une lettre à lui remettre, mais je veux attendre pour recevoir sa bénédiction”. Voyez-vous, à tout ce que je lui disais, lui réagissait avec de bonnes pensées. J’affirmais: “Il était comme enragé à cause du manque de cigarettes”, et le malheureux, les yeux pleins de larmes, me répondait en soupirant: “Qui sait, il est parti acheter des cigarettes pour rendre service à quelqu’un”. Certains lisent tant et plus, mais ne savent pas cultiver les bonnes pensées. Et cet élève de collège, avoir tant de bonnes pensées! On s’efforce de combattre sa pensée positive, et lui exprime alors une pensée encore plus positive et en tire une meilleure conclusion!

Ce livre à lire absolument est disponible dans les librairies des monastères de la Transfiguration, de Saint-Antoine-le-Grand, et de Solan.

Jean-Claude Larchet

Un entretien avec le P. Panagiotis Moschonas (Luxembourg) à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

71304707e1b84307941a41d050ba1107dfb2fb49A l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le P. Panagiotis Moschonas, vicaire épiscopal pour le Luxembourg, a donné un entretien au Luxemburger Wort qui est en ligne ici (dont la photographie ci-contre).

Le catholicos-patriarche de Géorgie Élie II a parrainé 800 enfants lors de leur baptême le jour de la Théophanie à Tbilissi

Le jour de la Théophanie, en la cathédrale de la Sainte-Trinité (Sameba) à Tbilissi a eu lieu un baptême massif d’enfants. Près de 800 enfants sont devenus les filleuls du patriarche le 19 janvier, jour de la Théophanie. « Je souhaite à tous une bonne fête et que la grâce de ce jour lumineux descende sur tous les hommes. Toute notre famille est très heureuse et contente que notre troisième enfant soit devenu filleul du patriarche même de Géorgie, et je veux le remercier pour cela », a déclaré la mère de l’un des enfants, habitante de Tbilissi. Le catholicos-patriarche est parrain de baptême du troisième et des enfants suivants des parents qui ont été mariés à l’église. Le but de cette initiative est l’amélioration de la situation démographique dans le pays. Le premier baptême massif d’enfants a eu lieu le 19 janvier 2008 en la cathédrale de la Sainte-Trinité. À ce jour les filleuls du patriarche Élie II dépassent les 30 000. On peut visionner ci-dessous le dernier baptême massif le 19 janvier 2017.


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L’Église orthodoxe de Bulgarie est nominée pour le prix Nobel de la paix pour avoir sauvé 48 000 Juifs bulgares pendant la Seconde Guerre mondiale

L’Église orthodoxe de Bulgarie a publié le communiqué suivant : « L’Église orthodoxe de Bulgarie est nominée pour le prix Nobel de la paix pour avoir sauvé 48 000 Juifs bulgares des camps de la mort nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. La nomination a été soumise officiellement au Comité Nobel au début de janvier de cette année sur l’initiative du général Efraim Sneh, ancien ministre de la santé et parlementaire israélien, de Moshe Keshet, professeur de droit à l’Université d’Haïfa et de Moshe Aloni, avocat, avec le soutien des signatures de 200 descendants de Juifs bulgares qui ont été sauvés. En elle-même, cette nomination est la reconnaissance du fait que l’Église orthodoxe bulgare a toujours été habitée par les idéaux chrétiens élevés et a montré de l’amour pour le frère, indépendamment de la difficulté des circonstances et du temps. « La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte » (1 Jn 4,18). Pendant la Seconde Guerre mondiale, des personnes individuelles ont risqué leurs vie et ont sauvé de façon héroïque les Juifs bulgares d’une mort certaines et des persécutions, mais l’Église orthodoxe bulgare a été la seule institution religieuse sur un territoire contrôlé par Hitler à déclarer ouvertement et officiellement sa position. Grâce à la détermination et l’adhésion cohérente aux idéaux moraux évangéliques, l’Église, qui avait à sa tête l’exarque Stéphane et les hiérarques du Saint-Synode, parmi lesquels le métropolite de Vidin Néophyte, le métropolite de Vratchane Païssy et le métropolite de Plovdiv Cyrille (le futur patriarche) ont joué un rôle de premier ordre dans le salut des Juifs bulgares dans leurs diocèses. Ils ont incité la société bulgare à s’opposer à la mise en œuvre des lois discriminant les Juifs. Le lauréat du prix sera annoncé en octobre. C’est la seconde fois que l’Église a été nominée pour le prix Nobel après la proposition, en 2013, de Luchezar Toshev, membre honoraire de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe. Ce qui doit être mentionné ici est que la nomination présente vient du côté israélien et avec le soutien puissant de la communauté bulgare d’Israël.

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Fête de la Théophanie à Kiev et bénédiction des eaux du Dniepr

Le jour de la Théophanie, le métropolite Onuphre, Primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a célébré la liturgie en l’église dite « du réfectoire » dédiée aux saints Antoine et Théodose, à la Laure des Grottes de Kiev. Le primat était assisté par le métropolite de Vychgorod et Tchernobyl Paul, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, les archevêques de Boutcha Pantéléimon et de Makarov Hilarion, ainsi que des clercs de la Laure et d’autres lieux. Après la lecture de l’Évangile, le primat a expliqué l’importance de la fête de la Théophanie : « Le Sauveur par Sa venue a sanctifié non seulement l’homme, mais toute la création divine ». Le Seigneur est venu pour être baptisé par St Jean Baptiste, sans en avoir besoin, mais pour sanctifier la nature des eaux. Le primat a rappelé que « sur le Jourdain s’est accompli un grand mystère : l’apparition de la sainte et vivifiante Trinité dans le Nouveau Testament ». Le Seigneur a été baptisé également « pour accomplir toute justice – Il a indiqué à l’homme la juste route qui mène à la vie éternelle », donnant l’exemple de l’attitude que l’on doit avoir envers le sacrement du baptême. Au cours de sa vie, a souligné le métropolite Onuphre, « l’homme se heurte à beaucoup d’épreuves, de tentations, de maladies, d’afflictions, et l’eau bénite est le moyen le plus fort contre les esprits impurs et toutes sortes d’épreuves ». Pendant la liturgie le métropolite à récité la prière pour la paix en Ukraine et a procédé à une ordination sacerdotale. À la fin de la liturgie, le métropolite s’est rendu à l’église de la Protection de la Mère de Dieu dans le district d’Obolon à Kiev, où il a célébré la bénédiction des eaux du Dniepr et aspergé les fidèles avec l’eau bénite. On peut visionner ici un court film vidéo avec des extraits de la cérémonie.

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La veille de la fête de la Théophanie, une icône du Sauveur a exsudé une huile parfumée à Karataou, au Kazakhstan

icone_myrobliteLa seule icône myroblite au Kazakhstan, celle dite du « Sauveur non faite de main d’homme », se trouve dans la région de Djamboul, dans la ville de Karataou. La veille de la fête de la Théophanie, l’icône a donné à nouveau du myron (huile parfumée). L’icône, qui se trouve dans l’église des Trois Hiérarques à Karataou, a été peinte par l’artiste local Victor Isaïev en 1999. Cette icône a donné du myron pour la première fois le 26 mars 2000 pendant la Semaine Sainte. Sur le visage du Christ sont apparues des gouttes de myron dégageant un parfum. Elle fut alors amenée à Taras pour la célébration d’un office d’intercession, pendant lequel a été consigné le premier cas de guérison, celui d’une fillette de neuf ans, aveugle, qui a recouvré la vue à cette occasion. Il y eut ensuite plusieurs cas de guérison de maladies des reins, de graves maladies de peau et de dépendance de la drogue. Selon le recteur de l’église des Trois Hiérarques à Karataou, le père Pierre, qui célèbre dans cette église depuis plus de vingt ans, cette icône miraculeuse a cette fois donné du myron le 15 janvier, lors de l’avant-fête de la Théophanie. L’église des Trois Hiérarques a été la première église construite à Karataou, en 1989. Les trois saints Hiérarques, Basile le Grand, Jean Chrysostome et Grégoire le Théologien sont considérés les saints protecteurs de la ville de Karataou, fondée au milieu des années soixante du siècle passé. Sous l’église a été construit une maison d’habitation. Lors de l’ouragan qui a frappé la ville, lorsque des immeubles locatifs, des bâtiments industriels ont été fortement endommagés, l’église a résisté. Aujourd’hui, l’église des Saints Hiérarques avec son icône unique est devenu un lieu de pèlerinage.

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Le calendrier liturgique 2017

En ligne : le calendrier liturgique 2017 de la Métropole roumaine (nouveau calendrier, 82 pages), consultable et téléchargeable. Pour commander celui publié par la Fraternité orthodoxe (ci-dessous, nouveau calendrier), voir cette page.  Sur l’Internet, on peut consulter ce site qui propose aussi les textes du jour. Cet autre site propose aussi le calendrier julien pour les saints du jour tandis que celui-ci est entièrement en nouveau calendrier. Le site Calendrier orthodoxe est quant à lui entièrement en julien. Cette page du site Services liturgiques donner les grandes dates du calendrier liturgique annuel et il est possible d’obtenir celles des années à venir.

calendrier2017

Bertrand Vergely : « Grégoire de Nysse » – lundi 23 janvier

Bertrand Vergely nous parlera le 23 janvier de saint Grégoire de Nysse dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ». La conférence aura lieu exceptionnellement, à partir de 19h15 (ouverture des portes à 18h45), dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour consulter les dates et les thèmes des prochaines conférences, cliquez ICI !

Le « bain » de la Théophanie n’est ni un sport, ni le pardon des péchés, déclare-t-on dans le diocèse de Saint-Pétersbourg

Le diocèse de Saint-Pétersbourg de l’Église orthodoxe russe appelle tous les fidèles à approcher de manière sensée le « bain » de la Théophanie, dans les fontaines, les piscines, les ruisseaux, les étangs, rappelant que ce n’est ni un sport, ni le pardon des péchés. « Il y a une croyance selon laquelle, si vous vous immergez dans une fontaine, vous lavez tous vos péchés. Je m’empresse de vous décevoir », a dit le père Bogdan Polevoï, de l’église de Notre-Dame de « La joie de tous les affligés », qui dépend du monastère de la Sainte-Trinité-Zelenesk. « Ce n’est absolument pas vrai. Si vous avez mené une vie indécente toute l’année, vous permettant tout, et que vous décidiez de plonger le 18 ou 19 janvier, considérant que vous serez pur, propre et beau, c’est une croyance erronée », a-t-il déclaré dans une conférence de presse avec l’agence Interfax.ru mardi. C’est une coutume répandue en Russie de plonger trois fois dans des plans d’eau gelée, souvent découpés en forme de Croix, ou dans des bassins installés dans les villes les jours de la Théophanie et du Baptême du Seigneur, les 18 et 19 janvier. Le père Bogdan exhorte tous les participants à se rappeler du sens sacré de cet acte et à le percevoir, sans quoi il ne devient « rien de plus qu’une sorte de sport ». Le père Bogdan rappelle que l’Église n’a pas de position officielle sur le « bain » de la Théophanie comme étant une coutume ecclésiale. C’est plutôt une coutume populaire bonne et pieuse qui est apparue récemment. Du personnel d’urgence sera disponible pour plus de 1.5 million de personnes que l’on attend aux 3500 endroits destinés au « bain » de la Théophanie.

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Les liens des films vidéos de la série « La voie du Golgotha » consacrée aux néomartyrs bulgares de la période communiste sont disponibles sur le site de l’Église orthodoxe de Bulgarie

Les liens internet d’une série de cinquante émissions de la Télévision bulgare intitulée « La voie du Gogotha », consacrée aux néomartyrs du régime communiste en Bulgarie sont disponibles sur le site de l’Église orthodoxe de Bulgarie. Comme le dit le communiqué de l’Église, les néomartyrs « méritent notre vénération et notre disposition à suivre leur exemple élevé ».

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Un coffret contenant des fragments de reliques des néomartyrs russes visitera les diocèses de l’Église orthodoxe russe à l’occasion du 100ème anniversaire de la révolution

En cette année du centenaire de la révolution de 1917, un coffret contenant des fragments de reliques de néomartyrs dont les restes ont été retrouvés, voyagera dans les diocèses de l’Église orthodoxe russe. Le métropolite de Saint-Pétersbourg et Ladoga Barsanuphe a annoncé, le 17 janvier, que l’on préparait actuellement ce coffret. « Le temps passe imperceptiblement, la nouvelle année a déjà commencé. Elle sera riche en événements, comme l’année passée. Les thèmes principaux que nous aborderons cette année, sont le centième anniversaire de la révolution – comme on le dit encore le « coup d’État » – et le centième anniversaire du rétablissement du Patriarcat » a déclaré le métropolite Barsanuphe. Celui-ci a précisé que, lorsque tout sera prêt, le coffret avec les reliques retrouvées des néomartyrs sera transporté dans tous les diocèses de l’Église russe.

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Cérémonie des vœux de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) aux autorités civiles et religieuses – 17 janvier

La cérémonie des vœux de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France aux autorités civiles et religieuses a eu lieu le mardi 17 janvier en la cathédrale grecque Saint-Stéphane à Paris. A l’office Te Deum, présidé par Mgr Emmanuel de France, ont assisté, outre les fidèles de différentes juridictions orthodoxes, Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique et Jean-Christophe Peaucelle, conseiller aux Affaires religieuses du ministère des Affaires étrangères. À la fin de l’office, Mgr Emmanuel, après avoir prononcé une allocution au nom des évêques orthodoxes de France, a procédé au partage de la traditionnelle Vassilopita (le gâteau de saint Basile). La soirée s’est terminée par une réception dans les salons de la cathédrale. Son allocution .

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Message du métropolite de toute l’Amérique et du Canada Tikhon, primat de l’Église orthodoxe en Amérique, à l’occasion du « Dimanche de la sainteté de la vie »

Le 22 janvier 2017 sera observé comme le « Dimanche de la sainteté de la vie » dans les paroisses des États-Unis. La commémoration marquera le 44ème anniversaire de l’arrêt « Roe c/Wade » de la Cour suprême des États-Unis qui a reconnu l’avortement comme un droit constitutionnel, invalidant les lois le prohibant ou le restreignant. À cette occasion, le métropolite Tikhon a adressé le message suivant, en date du 22 janvier, aux clercs et laïcs de l’Église orthodoxe en Amérique.

« Mes bien-aimés frères et sœurs en Christ. Lorsque le Christ s’est approché du fleuve du Jourdain pour descendre dans ses eaux, Jean le Baptiste trembla. Dans une vision spirituelle, il reconnut le Seigneur en ce jour, car ils s’étaient rencontrés bien des années auparavant, alors qu’ils n’étaient pas encore sortis du sein de leur mère. Élisabeth ressentit que Jean bondissait dans son sein alors qu’il entendait la voix de la Sainte Vierge. Le petit cœur de Jean brûlait déjà de joie en percevant la présence de Celui qui allait prendre les péchés du monde. Jean était prêt à passer sa vie entière à se préparer à une future rencontre avec ce même Agneau de Dieu, mais ce qui se produisit ce jour au fleuve était différent de tout ce qu’il aurait pu prévoir. Le Christ, qui n’avait aucun péché a pris le poids de nos péchés sur Lui-même. Au Jourdain, Il s’est soumis à la purification rituelle des péchés, afin de nous purifier de la saleté des passions. Il est descendu dans les eaux comme dans une tombe, afin que la vie nouvelle et éternelle puisse nous être accordée. Ces thèmes lumineux trouvent un écho dans nos ouïes au début du mois de janvier de chaque année par la célébration ecclésiale de la fête de la Théophanie. La joie des péchés pardonnés, de nos cœurs qui ont été purifiés, des yeux spirituels qui ont été lavés et illuminés par le visage resplendissant du Christ : ce sont des joies que « nul ne nous ravira » (cf. Jean XVI, 22). Ce n’est qu’avec une telle vision corrigée, avec de telles pensées et des cœurs purifiés que, plus tard dans le mois de janvier de chaque année, nous pouvons tourner notre attention, avec sobriété et vraiment avec tristesse, sur l’anniversaire de l’arrêt de la Cour suprême « Roe c/Wade) et tout ce qu’il comporte. Et où a mené, en fait, l’avortement légalisé ? Nous avons besoin de poser cette question et d’y donner une réponse franche, ne serait-ce que partielle, car presque cinq décennies depuis l’arrêt en question, un profond cynisme culturel et moral s’est installé, et je crains que nos oreilles, nos pensées et nos cœurs puissent être devenus insensibles à toute l’horreur que représente l’avortement. Pour beaucoup de gens, c’est une « question » politique parmi d’autres, dépassée, à laquelle on donne trop d’importance, qui divise, tandis que pour d’autres, elle peut faire resurgir à la surface une peine longtemps cachée et douloureuse. Dans les deux cas, il est parfois suggéré qu’il serait préférable que l’Église ne se prononce pas. Or le Seigneur a doté Son Église d’une voix de miséricorde et de vérité, une voix de justice et de paix (cf. Ps. 84,10). Et tant que Rachel continue à pleurer ses enfants car ils ne sont plus, la voix de l’Église ne peut rester silencieuse (cf. Matth. 2,18). Aussi, l’Église ne peut cesser de consoler les femmes qui, pour quelle raison que ce soit, qu’elles se trouvent sous pression ou abandonnées par d’autres, voire accablées par un sens de l’impuissance ou du désespoir, ont eu recours à l’avortement. Où il y a le malheur, l’Église doit offrir l’espoir ; où il y a la blessure, elle doit offrir la guérison, et où il y a le repentir, elle doit offrir le pardon et la réconciliation. L’Église a aussi le devoir perpétuel d’éduquer ses membres les plus jeunes au sujet de la sanctification du mariage et de la sexualité, lesquels sont inextricablement liés au don sacré d’une nouvelle vie. Là où le monde enseigne avidement à notre jeunesse de s’identifier à leurs passions et les servir, les chrétiens adultes, par leurs paroles et leur exemple, doivent les former à une vie de retenue ascétique, sans laquelle les passions provoquent la tourmente et la destruction. Mais peut-être ce qui est plus controversé mais non moins vrai, est que l’Église doit fournir un témoignage prophétique et une réprimande ouverte aux puissants de ce monde, à l’industrie de l’avortement et ceux qui lui donnent un soutien financier et légal. En introduisant des instruments mortels dans l’intimité sacrée du sein d’une mère, l’industrie de l’avortement a réussi à marchandiser la vulnérabilité et la fragilité humaines. Tout en se considérant comme un fournisseur de «santé reproductive», elle laisse dans son sillage l’épave d’un traumatisme psychologique et physique, une ruine spirituelle et un nombre de morts dans des proportions stupéfiantes, tout en accumulant son propre profit et prestige. Aucun chrétien ne peut accepter un tel mal. Aucune Église ne peut manquer à le dénoncer. Nos paroles, naturellement, doivent être confirmées par nos actes. Dans les nombreux efforts du mouvement pro-vie, tels que les centres de crise destinés aux femmes enceintes, les lignes d’assistance bénévole et les groupes d’étudiants du campus, nous voyons la réalisation du commandement « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ ». L’humilité et le désintéressement manifestés dans de telles bonnes actions montrent le mensonge de ceux qui présentent le mouvement pro-vie comme alimenté par une rancœur pharisaïque. En fait, les Pharisiens ont mis sur les épaules des hommes des fardeaux pesants (Matth. 23,4), mais notre Sauveur est venu enlever le lourd joug du péché. Il se tint parmi les pécheurs sur les rives du Jourdain, non pour soutenir ou fermer les yeux sur le péché, mais pour que les péchés du monde soient posés sur Ses épaules. En tant que Ses disciples, nous avons l’ordre d’amener toutes les nations au Christ le Vivificateur, en les baptisant et les enseignant à observer tout ce qu’Il a commandé (Matth. 28,20). Dans notre société, cela nous amènera souvent à exprimer des opinions impopulaires qui, tout en étant exprimées aimablement et avec douceur, peuvent bien amener les autres à nous marginaliser ou nous rejeter. Le Seigneur a averti à maintes reprises Ses disciples de cette probabilité. Mais si nous voulons prendre part à l’œuvre salvatrice du Christ, alléger la lourde charge du péché de Son peuple, nous ne pouvons alors négliger un tel témoignage de fidélité. Humblement, mais aussi avec hardiesse, nous devons être avec le Christ. Et, bien que le malin nous dise autre chose, les commandements du Christ ne sont pas pénibles. Son joug est léger. Son joug n’est pas pénible. Son fardeau est léger (I Jn 5,3 ; Matth. 11,30). Avec amour en Christ, + Tikhon, archevêque de Washington, métropolite de toute l’Amérique et du Canada ».

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Les choristes de l’Académie ecclésiastique de Kiev ont chanté les « koliadki » à l’aéroport international de la capitale ukrainienne

Les choristes de l’Académie et du Séminaire ecclésiastiques de Kiev ont procédé à une « flash mob » de Noël à l’aéroport Borispol de la capitale ukrainienne. Cette manifestation festive s’est déroulée le 12 janvier, avec la bénédiction du chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine et recteur de l’Académie et du Séminaire ecclésiastiques de Kiev, le métropolite de Borispol et de Brovary Antoine. Les étudiants ont chanté les « koliadki » (chants populaires de Noël), et ont souhaité une bonne fête aux voyageurs. À la fin de cette manifestation, sur sa page Facebook, le service de presse de l’aéroport a exprimé ses remerciements aux participants de la « flash mob » : « Une surprise vient d’attendre les passagers au terminal « D ». L’Académie et le Séminaire ecclésiastiques de Kiev ont souhaité une bonne fête de Noël ainsi qu’une heureuse année selon l’ancien calendrier à toutes les personnes présentes. L’aéroport Borispol exprime ses remerciements pour cette action inoubliable et s’unit aux vœux de bonnes fêtes. Très bonne soirée ! » On peut visionner ici sur le lien ci-dessous un film vidéo de la manifestation.

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Les victimes du crash de l’avion Tupolev 154, dont la « doctoresse Liza » et le lieutenant général Valery Khalilov ont été inhumés à Moscou

Le 25 décembre 2016, l’avion Tupolev 154 du Ministère russe de la défense s’est écrasé dans la Mer Noire peu après avoir fait escale à Sotchi, dans son vol pour la Syrie. Les 92 personnes qui se trouvaient à bord, dont huit membres de l’équipage, 64 musiciens de l’ensemble Alexandrov qui allaient faire un concert pour les troupes russes, neuf reporters, deux fonctionnaires fédéraux et Élisabeth Glinka, directrice d’un Fonds de bienfaisance « Aide équitable », appelée affectueusement « doctoresse Liza ». Les funérailles des défunts ont été célébrées les samedi 14 et lundi 16 janvier en différents lieux de Moscou. Les obsèques du lieutenant général Valery Khalilov, directeur artistique de l’Ensemble Alexandrov ont été célébrées par le métropolite de Volokolamsk Hilarion (Alfeyev) le samedi 14 janvier en la cathédrale de la Théophanie à Moscou. Dans son homélie, le métropolite Hilarion a évoqué la mémoire du défunt : « Il n’a pas vécu longtemps selon les standards humains, mais ce fut une belle vie. La mort de Valéry Mikhaïlovitch a été tragique… mais pour Dieu, il n’y a rien d’accidentel – Il détermine le moment de la naissance de la personne et le moment de sa mort… Nous nous tenons devant le cercueil du défunt, mais nous ne sommes pas inconsolables, parce que nous savons qu’au-delà du seuil de la mort, c’est la vie éternelle qui attend l’homme. Et nous savons que Valery Mikhaïlovitch était un homme sincère et profondément croyant. Il savait et il croyait qu’après la mort, il rencontrerait le Seigneur ». La vie entière de Valéry Mikhaïlovitch était vouée à son pays, ayant été le chef de l’orchestre militaire russe et dirigé pendant de nombreuses années cet orchestre pendant les parades sur la Place Rouge. « La mémoire de Valéry Mikhaïlovitch demeurera à l’école de musique militaire, là où il reçut son diplôme, laquelle porte désormais son nom », a déclaré le métropolite. Le lundi 16 janvier, les obsèques de 47 autres victimes du crash ont été célébrées au cimetière mémorial fédéral, près de Moscou. Le même jour, en la cathédrale de la Dormition du monastère de Novodiévitchi, les funérailles d’Élisabeth Glinka, fondatrice du Fonds de bienfaisance « Aide équitable », ont été célébrées par le métropolite de Kroutitsa et Kolomna Juvénal. La « Doctoresse Liza », qui était très aimée en Russie et connue pour son action caritative envers les personnes sans domicile fixe à Moscou et autres personnes dans le besoin, ainsi que pour les victimes du conflit dans le Donbass, était dans l’avion pour apporter de l’aide humanitaire aux hôpitaux syriens. Que leurs mémoires soient éternelles !

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Des « cocktails Molotov » ont été lancés sur une église de Kiev appartenant à l’Église d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Église dédiée au hiérarque Pierre Moghila à Kiev (Patriarcat de Moscou)

Des inconnus ont tenté d’incendier l’église dédiée au Hiérarque Pierre Moghila à Kiev, laquelle dépend de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine. Quatre bouteilles avec des mèches allumées ont été lancées sur l’édifice. Elles ont rebondi sur les murs en bois de l’église. « Ce ne peut être qu’un miracle dû à la protection de la Très sainte Mère de Dieu : l’église est restée indemne. Les bouteilles ne se sont pas brisées et ont rebondi sur les murs », a déclaré le recteur de l’église, le père Jean Tronko. Celui-ci a précisé que, déjà depuis six mois, la paroisse fait l’objet d’attaques d’inconnus qui souhaitent s’emparer du terrain sur lequel est bâtie l’église, et construire à cet endroit des immeubles à grande hauteur. C’est déjà la seconde tentative d’incendier l’église.

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Un livre sur le « Stalinisme “orthodoxe” » paraît en Russie

Un livre intitulé « Stalinisme “orthodoxe” – questions et réponses » est paru en Russie. Nous publions ci-dessous l’introduction à cet ouvrage, rédigée par Natalia Irtenina, de l’Union des érivains de Russie.

stalanisme_orthodoxe« L’archimandrite Élie (Nozdrine), un staretz connu qui vécut au monastère de Pskov-Petchersky, puis sur le Mont Athos, pour devenir maintenant père spirituel des moines d’Optino et confesseur du patriarche de Moscou Cyrille, a donné sa bénédiction à l’édition de ce livre. Selon le staretz, la Russie se trouve devant une ligne qui, si elle est dépassée, précipitera à nouveau le pays dans l’abîme. À nouveau, le parti communiste redresse sa « corne »rouge et son idéologie, à nouveau on chante les louanges de Lénine, Staline et des autres dirigeants bolcheviques. Il se trouve des prêtres qui célèbrent des offices d’intercession devant les « icônes » de Staline. Des « bobards » sont répandus sur la profonde foi chrétienne du « père des peuples » et son rôle inestimable dans le salut de l’Église pendant la Grande Guerre patriotique. Au niveau de la conscience des masses renaissent des mythes sur la vie magnifique, heureuse, au pays des Soviets. L’orthodoxie et le communisme sont mis sur le même pied, ils sont précédés d’un signe « égal », tandis que le PCUS se proclame porteur des valeurs chrétiennes, et notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est considéré comme le premier communiste de l’histoire. Comme le dit le père Élie, « La Russie se tient maintenant à côté de Dieu. Or il faut qu’elle se tienne face à Lui. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de repentir pour tout ce que les communistes ont fait à leurs frères, ce qu’ils ont fait contre la foi, contre la paysannerie, contre le pays, contre Dieu ! Le Seigneur attend de nous de prendre conscience de tout ce qui s’est passé ! » Mais les communistes contemporains, les stalino-léninistes, les partisans de Prokhanov et son « Club d’Izborsk » [connu pour son « icône » de la Mère de Dieu « Derjavnaïa » entourée de Staline et des autres dirigeants soviétiques, ce qui avait appelé une protestation du diocèse métropolitain de Biegorod, ndt] et d’autres « loups déguisés en brebis » qui confessent l’idéologie « rouge », s’efforcent à nouveau de nous imposer les croyances satanistes, portant des portraits de Staline, lui érigeant des monuments, déposant des fleurs sur sa tombe et sur les statues du « guide du prolétariat mondial ». Sont-ils nombreux, parmi les gens qui glorifient ou à tout le moins justifient la politique violente de Staline, ceux qui comprennent sa personne réelle, se rendent compte de ses véritables motifs ? Que prédominait chez cet homme, le bien ou le mal ? Qu’est-ce qui le motivait ? L’amour envers son pays, le souhait de le redresser, de l’amener à la prospérité et à la grandeur ou bien un orgueil exorbitant, une passion dévorante du pouvoir, des calculs froids dans la lutte concurrentielle avec ses collègues de parti, la haine envers les valeurs traditionnelles de la Russie, le mépris du peuple, le souhait de le briser spirituellement et moralement, le priver de volonté, d’en faire une foule de marionnettes soumises ? Selon les données des sondages sociologiques, le nombre des Russes sympathisants de J. Staline et approuvant totalement sa politique, a connu une croissance notable en pourcentage. Une enquête de décembre 2015, effectuée par le Centre Levada a montré que 34% des sondés considèrent que « quelles que soient les fautes et les vices que l’on attribue à Staline, le plus important est que, sous sa direction, notre peuple est sorti vainqueur de la Grande Guerre patriotique ». En 2007, ils étaient 28%. Au cours de la même période, le nombre des Russes considérant que « Staline est un sage dirigeant qui a amené l’URSS à la puissance et à la prospérité » est passé de 14 à 20%. On peut supposer avec un certain degré de certitude que parmi ces 34%, il y a une quantité notable de gens qui se considèrent chrétiens orthodoxes. Alors, sommes-nous effectivement prêts à apprécier les « mérites » de Staline devant la Patrie, les véritables et les fictifs, d’élever sur un piédestal le mal impitoyable, spirituel et physique qui a détruit le peuple russe et les autres peuples vivant sur le territoire de l’URSS au cours de plusieurs décennies ? Et qu’est-ce qui attend dans un tel cas la Russie, à l’avenir ? Est-ce que le Seigneur aura pitié de nous, si nous ne voulons pas nous rappeler et comprendre les leçons évidentes, violentes, de l’histoire, si nous érigeons l’idole de Staline au-dessus d’un pays où la terre est parsemée de tombes de centaines de milliers de gens réprimés à sa demande, de millions de gens qui ont péri dans les camps et les exils, les milliers de néo-martyrs fusillés ? Oui, même si ce ne sont pas des millions qui ont été tués suite à la sentence des organes de répression, comme on nous l’a dit avant, mais « en tout seulement » des centaines de milliers, un peu moins d’un million, que cela change-t-il ? Leur sang cesse-t-il de crier vers le ciel vengeance contre les assassins qui ne se sont pas repentis et leurs avocats actuels encore moins repentis ? Pourquoi, parmi nous, nombreux sont ceux qui ne veulent pas prendre conscience de la tragédie qui s’est produite avec notre peuple au XXème siècle ? À notre grand regret, on propose jusqu’à maintenant à la Russie, en matière de développement, les mêmes modèles politiques et socio-culturels. On nous impose un choix artificiel entre le libéralisme (qui est passé à notre époque à un stade radical, déshumanisant l’homme totalement ainsi que la société par ses « valeurs » contre-nature) et son concurrent idéologique, le communisme. On nous dit : ou bien ceci, ou bien cela. Et il n’y a pas de troisième voie, parce que celle-ci, c’est le fascisme, un autre participant de la lutte idéologique concurrentielle des temps nouveaux. Nous ne voulons pas du fascisme ? Alors, il faut construire l’ultra-libéralisme à la façon occidentale. Nous avons une indigestion du libéralisme et nous n’en voulons plus ? Alors, vite, gaiement, on retrousse les manches et on revient au bon vieux passé avec les idéaux communistes. Mais c’est une fausse alternative, un faux choix ! Pour le chrétien orthodoxe, un tel « choix » ne doit pas exister. Tous ces formats idéologico-politiques que l’on impose avec tant de zèle, sont mensonge et abomination devant Dieu. Ce sont les rejetons d’une vision du monde matérialiste, rejetant l’esprit, niant l’existence d’une réalité supérieure, ignorant les lois spirituelles de la création, mettant Dieu à l’écart de ce monde. La majorité de nos politiciens, économistes, philosophes, publicistes, culturologues contemporains rejettent l’idée de la Russie en tant qu’organisme civilisationnel différent. La voie de la civilisation de la Russie est déterminé par son expérience millénaire de l’Orthodoxie : une expérience de construction étatique, de la vie de l’homme publique et privée sur la base de la vision du monde orthodoxe, des commandements chrétiens. Cette voie de la Russie a été formulée et décrite scientifiquement et philosophiquement par les œuvres des penseurs, écrivains, savants, hommes d’État : Fiodor Tioutchev, Dimitri Mendeleev, Constantin Léontiev, Nicolas Danilevsky, Fiodor Dostoïevsky, Léon Tikhomirov, Ivan Iline, Ivan Solonevitch et de nombreux, de nombreux autres. L’héritage de ces grands hommes russes ne peut être revendiqué que dans le cas où nous comprenons les processus se déroulant dans le monde du point de vue chrétien, si se produit un retour ferme, peu importe qu’il ne soit pas très rapide, de notre peuple à la foi des pères ».

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Le patriarche d’Antioche Jean X a célébré la sainte liturgie à Balamand en présence de plusieurs ministres libanais

Le patriarche d’Antioche Jean X a célébré la sainte liturgie le 15 janvier 2017 au monastère de Balamand. Il était assisté par des prêtres et diacres du Patriarcat. Le vice-premier ministre, le ministre de la santé, le ministre de la défense et le ministre d’État contre la corruption, ainsi que des députés, des officiers et un grand nombre de fidèles assistaient à l’office. Le patriarche a prononcé l’homélie dans laquelle il a abordé la question de la paix, mais a également souligné que nous devons être reconnaissants à Dieu pour les bienfaits qu’Il nous accorde. Ensuite, le primat de l’Église d’Antioche a salué les ministres, soulignant l’importance de l’esprit de réconciliation. « La présence chrétienne au Liban constitue un pylône de puissance et de vie du christianisme en Orient », a déclaré entre autres le patriarche d’Antioche Jean. Enfin, le primat a abordé une fois de plus la question des deux hiérarques enlevés à Alep, soulignant que « nous tous prions quotidiennement pour leur libération ».

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Des métropolites du Patriarcat de Constantinople ont rencontré des représentants de l’entité schismatique dite « Patriarcat de Kiev »

Le 12 janvier 2017, des représentants du « Patriarcat de Kiev », qui n’est reconnu par aucune Église orthodoxe, ont été reçu à la résidence officielle du Patriarche œcuménique Bartholomée au Phanar par des représentants du Saint-Synode du Patriarcat de Constantinople. L’information a été communiquée par le site officiel de l’entité schismatique. La partie constantinopolitaine était représentée par le métropolite de Smyrne Bartholomée, secrétaire en chef du Synode, et le métropolite de France Emmanuel. Les deux métropolites sont membres de la Commission synodale chargée de l’examen de la question de l’autocéphalie en Ukraine. Comme l’indique le site, les membres de la délégation du « Patriarcat de Kiev » se sont plaints des « activités destructives du Patriarcat de Moscou » et ont mentionné que leur Église « lutte pour le rétablissement de l’ordre canonique au moyen de la création d’une seule Église locale en Ukraine ». Il a été également souligné que « le Patriarcat de Kiev », approuve officiellement les décisions du Concile de Crète qui s’est tenu au moins de juin de l’année passée. Les métropolites Emmanuel et Bartholomée ont mentionné que la question ecclésiale ukrainienne est compliquée, mais que le Patriarcat œcuménique s’efforce de trouver la meilleure voie de résolution du problème. Les membres de la délégation schismatique ont exprimé l’espoir que l’Église-Mère fera tout le possible pour que les décisions concernées soient prises par elle au plus vite.

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Nouvelles de l’école orthodoxe Saint-Jean-de-Changhaï à Haïti

Martin Luther Paul Dumais, séminariste à Épinay-sous-Sénart, communique ce qui suit au sujet de l’école orthodoxe Saint-Jean-de-Changhaï à Haïti :

« Je voudrais dans ce courriel vous donner les dernières nouvelles de notre œuvre: l’école saint Jean au sud d’Haïti. « La zone où se situe notre église aux Cayes avait le grand besoin d’un centre scolaire compte tenu des dizaines d’enfants qui n’étaient pas encore allés à l’école »,  nous raconte Matushka Rose Legouté, coordinatrice sur le terrain. Notre école, effectivement, a ouvert « ses » portes le 28 novembre 2016 à l’intérieur de la petite maison qui sert d’église à la communauté de saint Jean de Shanghaï et de San Francisco dans la ville des Cayes. Ceci, grâce à votre soutien spirituel et moral, grâce à votre disponibilité, grâce à votre charité et votre générosité. Nous avons fait des travaux et acheté le minimum nécessaire grâce à vous. L’école a reçu jusque-là 1378 dollars américains (après déduction des frais de transfert et de change) qui sont intégralement des dons venant de vous, camarades de classe, fidèles de l’Église orthodoxe en France, et amis solidaires. Beaucoup a été fait, plus encore reste à faire. Je remercie chacune et chacun de vous. Permettez-moi de citer en particulier la promotion 2012-2017 du 1er Cycle de Théologie de l’Institut catholique de Paris, la Paroisse saint Jean le Théologien à Meudon, le Séminaire orthodoxe russe en France, le Fonds d’Assistance de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, nos bénévoles en Haïti.  Et l’aventure continue. Nous sommes en train d’offrir un avenir à ces enfants dépourvus de presque tout.  Ils ont entre 3 et 10 ans. Pourtant, ce n’est qu’une école maternelle pour l’instant, selon ce que voulait la communauté elle-même. Voici un grand extrait de la conversation que j’ai eu avec le Lecteur Jonas, l’un de nos deux bénévoles sur place:
Martin: Comment va l’école?
Jonas: Cela avance bien. L’effectif d’enfants inscrits est supérieur à 40. L’effectif des enfants présents en salle de classe a atteint 33 en décembre.
Quel genre d’enfant fréquentent l’école?
J: Ces enfants sont complètement démunis. Parmi eux, il y en a qui ne sont jamais allés à l’école; d’autres auraient deux ans de perdus sans notre initiative; et d’autres encore avaient commencé à fréquenter un établissement scolaire cette année, mais ont été déjà renvoyés à la maison pour cause de non-paiement des frais de scolarité.

Qu’espèrent les parents?
J: D’après plusieurs parents, l’ouverture de cette école est une belle opportunité permettant la scolarisation de leurs enfants. Ils attendent qu’on ne les « lâche pas en chemin » puisque d’autres initiatives de ce genre sont souvent prises mais ne sont plus poursuivies après deux ou trois ans. Ils n’aimeraient pas que nous fermions l’école après quelques années.

Où habitent ces enfants?
J: Ces enfants viennent de différents quartiers de la ville des Cayes comme Nan Savann (Dans-la-Savanne);Lòtbò Reno (Autre-rive-Reno), site Delma (Cité Delma), Dèyèfò (Derrière-Fort), Kwamati (Croix-Martyrs),Pon Salomon (Pont Salomon). Certains des enfants se lèvent tôt pour venir à l’école en parcourant plus de 1, 5 km à pied. D’autres qui ont 3 ou 4 ans viennent en taxi-motocyclette et repartent à pied.

Y a-t-il des enfants de la paroisse saint-Jean-de-Changhaï et de San Francisco à l’école?
Certaines mamans font partie de la paroisse, d’autres qui l’avaient abandonnée reviennent grâce à l’école. Certains parents que j’ai rencontrés pendant les vacances me demandent: « où est la nourriture que vous avez promis de donner? »

Quelle importance a la cantine pour l’école et les parents?
J: Cela a beaucoup d’importance. Pour certains enfants, ce sera au jour de cantine, leur collation et leur souper. Déjà à 9h du matin, certains de ces écoliers pleurent parce qu’ils ont faim. L’école est vraiment une école pour les démunis c’est-à-dire pour des enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’accorder un plat chaud chaque jour à leurs enfants.

Les parents travaillent-ils?
J: Beaucoup font des petits jobs de lessive, de service domestiques, ou bien travaillent au jardin.

Et toi, que fais-tu?
J: Moi, j’apprends la couture.

Et pourquoi les autres inscrits ne viennent  pas à l’école?
J: Beaucoup ont des problèmes de vêtements.

Après les vacances de Noël, l’école a repris le lundi 9 janvier 2017. Actuellement, nous comptons lancer une cantine scolaire qui offrira un plat chaud une fois par semaine de classe à ces écoliers. Nous venons de nous procurer un réchaud à gaz propane plus éco-responsable que les réchauds traditionnels à charbon de bois.

Chers amis, plusieurs d’entre vous m’ont conseillé de monter une association afin d’ouvrir un peu plus l’initiative sur le long terme. Cela rejoint d’ailleurs la préoccupation des parents qui veulent la continuité de l’oeuvre et pour qui cette école est leur seul espoir pour la scolarisation de leur enfant. Il s’agit de creuser le pont humain créé entre ces enfants haïtiens et nous en France en établissant des liens pour que l’on connaisse mieux les gens qu’on aide, pour une bien meilleure idée des besoins, et pour recenser les actions ou échanges qui peuvent apporter du sens. Nous générerions alors, en plus des dons, une dynamique sur la base de l’enseignement et du travail. Certains éléments sont déjà là. Quant à moi, je suis prêt à m’y lancer. J’invite chacun de vous donc que cela intéresse à me le signaler et  à prendre part au montage, à l’administration et à la gestion de cette future association. Les enfants défavorisés d’Haïti ont humblement besoin de vous. Haïti, par la Mission orthodoxe, compte véritablement sur nous.
Enfin, suivez sur Facebook et faites connaître toutes nous actions dans le social en Haïti depuis le passage de l’Ouragan Matthew en tapant « Initiative de soutien aux Haïtiens » sur Google ou dans la barre de recherche d’amis Facebook.

Vous êtes quotidiennement dans nos coeurs et nos humbles prières. Que le Seigneur Jésus vous rende le centuple! »

Stage de chant liturgique francophone de tradition russe à Loisy (Ver-sur-Launette)

affiche_stageAvec la bénédiction de Monseigneur l’Archevêque Jean de Charioupolis, un stage de chant liturgique francophone de tradition russe est organisé par Wladimir Rehbinder en été 2017 :
Il se tiendra du 23 au 30 juillet 2017 à Loisy (60950 Ver / Launette, à 40 km au nord de Paris).
Il s’adresse d’une part :
1) aux choristes voulant apprendre ou approfondir leur connaissance des 8 tons ainsi que de la structure et de la composition des offices,
et d’autre part :
2) aux personnes qui veulent apprendre à diriger la chorale ou consolider leur savoir-faire.
Les animateurs seront Natacha et Élie Korotkoff de Caen, Cyrille Sollogoub de Paris, Olga Kolessnikow de Nice et Wladimir Rehbinder de Biarritz.
Le prix du stage est de 340€ par personne tout compris en pension complète (réduction à la demande et pour les étudiants).
Pour tout renseignement complémentaire et inscription s’adresser à Wladimir Rehbinder (wladrehb@free.fr), (06 72 27 51 95) ; 17 avenue de L’Ursuya, Bât D, 64100 Bayonne.

L’higoumène Élisée du monastère de Simonos Petras évoque le problème de l’afflux des visiteurs sur le Mont Athos

Les monastères ne peuvent et ne doivent consacrer toutes leurs forces à la seule activité pastorale. Leur mission principale est d’annoncer le Royaume de Dieu. Le plus grand problème pour les moines de la Sainte Montagne est l’afflux massif de pèlerins. C’est ce point de vue que l’higoumène du monastère athonite de Simonos Petras, l’archimandrite Elisée, a exprimé à l’agence Ria.ru. « Il y a encore une voie par laquelle le monde fait irruption aujourd’hui dans la vie des monastères, à savoir l’afflux massif de pèlerins, ce qui influe en grande partie sur la vie de moines… Aujourd’hui, l’afflux de pèlerins est le plus grand problème pour les monastères de la Sainte Montagne », a déclaré l’archimandrite Élisée dans le texte qu’il a préparé pour la XXVème « Conférence de Noël », qui aura lieu du 25 au 27 janvier à Moscou. L’higoumène athonite reconnaît que « la vertu de l’hospitalité a toujours été inhérente au monachisme orthodoxe » et que « de tous temps, les moines ont reçu dans leurs monastères, avec joie et empressement, les laïcs, accomplissant ainsi le commandement de l’amour envers le prochain ». « Néanmoins, les moines s’efforçaient de ne pas changer le principe fondamental du monachisme, de ne pas oublier qu’ils ont renoncé au monde… À notre époque, la situation a changé », constate l’archimandrite Élisée. Aujourd’hui, dit-il, « l’hospitalité commence à être comprise dans un sens altéré, les orientations justes se perdent à l’égard des pèlerins », et « le danger surgit que les monastère se transforment en simples paroisses, et que les hiéromoines commencent à accomplir simplement les obligations des prêtres paroissiaux ». Comme le remarque l’higoumène, « c’est naturellement une consolation de voir une multitude, appartenant aux couches les plus variées de la société, fréquenter régulièrement les monastères ». En même temps, il rappelle que la communauté de son monastère avait été contrainte dans le passé de quitter les Météores, en Grèce centrale, et de s’installer sur l’Athos, précisément en raison de l’afflux des touristes. Les monastères, a déclaré l’archimandrite Elisée, « ne peuvent et ne doivent consacrer toutes leurs forces à la seule activité pastorale », mais « leur principale mission consiste en autre chose : annoncer le Royaume de Dieu, en vivant dans l’ascèse et l’hésychasme ». « Il est extrêmement difficile dе combiner l’un avec l’autre [c’est-à-dire activité pastorale et hésychasme, ndt], et les exceptions sont très rares ». « Le meilleur apport des moines aux laïcs, est leur renoncement au monde, exprimé dans la prière silencieuse et l’aspiration ardente envers Dieu. Nous devons comprendre que les laïcs aspirent à voir au monastère non des moines qui sauraient tout, auraient suivi les derniers événements et seraient prêts à proposer la solution à différents problèmes politiques et sociaux… Les laïcs viennent au monastère afin de se détacher du quotidien et être en contact avec l’éternité, or ils trouvent toute la réalité prosaïque du monde », a conclu l’higoumène de Simonos Petras.

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Recension: Grégoire de Nysse « Réfutation de la profession de foi d’Eunome »

refutationGrégoire de Nysse, Réfutation de la profession de foi d’Eunome. Texte grec de W. Jaeger (GNO II), introduction et notes de Raymond Winling, traduction de Michel van Parys. Précédée de la Profession de foi d’Eunome. Texte grec de R. P. Vaggione, introduction, traduction et notes de Raymond Winling, « Sources chrétiennes » n° 584, 2016, 334 p.
La Réfutation de la Profession d’Eunome de saint Grégoire de Nysse, écrite en 381, fait suite à ses trois livres Contre Eunome, et vise comme eux à réfuter les erreurs dogmatiques d’Eunome, promoteur avec Aèce de l’anoméisme, un avatar de l’arianisme.
Dans le Contre Eunome, saint Grégoire avait réfuté dans le détail trois traités volumineux d’Eunome intitulés Apologie de l’Apologie. Sa Réfutation de la Profession d’Eunome réfute un livre intitulé Profession de foi, qui est un résumé, en environ 6 pages, de la doctrine d’Eunome rédigé par celui-ci à la demande de l’empereur Théodose, et qui est également publié dans ce nouveau volume de la collection « Sources chrétiennes ». Saint Grégoire y formule ses objections de manière concise, renvoyant pour plus de plus amples développements à ses traités anti-eunomiens précédents.
Eunome est subordinationiste, et à ce titre nie la divinité du Fils et du Saint-Esprit. Il croit que le Père est « le seul et unique vrai Dieu » que désigne saint Matthieu, et que l’essence divine s’identifie avec « l’inengendré » ; il n’y aucune autre personne donc qui partage sa nature et puisse lui être associé (si bien qu’Eunome, comme les Ariens, récuse la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » et ne baptise qu’ « au nom du Père »). Eunome rassemble toutes les expressions de l’Écriture où le Père paraît être « à part » et supérieur à tout autre semblable (« Dieu des dieux », « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs ». Le Fils, « Unique engendré », est inférieur à lui du fait de sa qualité d’engendré, et Dieu (le Père) ne partage pas dans l’engendrement son essence avec lui. Le Fils certes le « Seigneur de gloire » mais comme ayant reçu sa gloire du Père et non comme la partageant avec lui du fait qu’il aurait une même nature que lui. Il est « premier-né de toutes les créatures » et donc se situe au même niveau qu’elles. Il est semblable à Dieu, mais seulement en tant qu’image et sceau de l’activité et de la toute-puissance du Tout-Puissant. Il est le créateur des êtres, mais en tant que tenant de Dieu (le Père) le pouvoir de créer et sans avoir ce pouvoir par essence. Le Saint-Esprit, qu’Eunome appelle généralement « le Paraclet » en voulant le réduire à cette qualité, est venu à l’existence du fait du « Dieu unique », à savoir le Père, par l’entremise du Monogène, auquel il est soumis une fois pour toutes. Il n’est pas compté après le Père ni avec lui, et n’est pas non plus égal au Fils. Il est la première œuvre de celui-ci, et c’est en cela seulement qu’il dépasse toutes ses autres œuvres. Il a toutes les fonctions et les pouvoirs que lui attribuent les Écritures, mais agit sous la direction du Fils qui lui octroie la grâce, ne possédant donc pas cette grâce du fait de sa nature.
Grégoire de Nysse, dans sa réfutation d’Eunome commence par faire valoir que la doctrine chrétienne trouve son fondement dans la Tradition qui remonte jusqu’à l’enseignement du Christ, et ne peut être correctement comprise qu’à l’intérieur de cette Tradition. La méthode d’Eunome qui s’appuie sur des expressions isolées de l’Écriture est insuffisante car non seulement l’Écriture ne peut être correctement comprise que dans le cadre de cette tradition, mais ses expressions ne peuvent être interprétées de manière séparée mais exigent d’être comprises à la lumière de toutes les autres. Cette précision de la conception chrétienne reste utile aujourd’hui pour s’opposer tant au principe protestant de la « sola scriptura » qu’aux diverses sectes qui ne cessent de se référer aux Écritures, mais se montrent incapables de les interpréter correctement, faute de les comprendre dans leur contexte global d’une part, et à la lumière de la tradition, de l’enseignement et de la vie de l’Église d’autre part.
Grégoire note ensuite que le Fils et l’Esprit sont toujours avec le Père et ne peuvent en être dissociés. Cependant, il ne s’agit pas d’une simple association, mais d’une véritable union, reposant sur une unité fondamentale.
Dans la formule « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », « le nom unique posé devant la profession de foi nous signifie clairement l’unité d’essence des personnes que la foi confesse, et les trois appellations ne nous apprennent pas une différence de nature, mais nous font seulement connaître la différence des hypostases. »
« Le seul et unique vrai Dieu » dont parle saint Matthieu ne désigne pas le Père seul, mais aussi le Fils, car le Fils a dit « le Père et moi nous sommes un », le « un » ne signifiant pas seulement une union intime, mais l’unité de la divinité (l’essence ou la nature divine) qu’ils ont en commun.
Grégoire remarque ensuite qu’Eunome comprend mal la notion de consubstantialité. Puis il montre qu’il a tort de nier la pleine divinité du Fils, aucune expression de l’Écriture mise en avant par lui ne permettant une telle réduction. Dans les expressions « Roi des rois », « Seigneur des seigneurs », le premier terme ne désigne pas le Père et le second le Fils, mais ces expressions qui s’appliquent au Père s’appliquent pareillement au Fils. De même l’expression « Très-Haut dans les cieux » s’applique-t-elle également au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Eunome se trompe en attribuant au Père seul certaines propriétés divines, comme la toute-puissance. En effet, « celui qui a tout ce qui appartient au Père, est un autre lui-même du Père, sauf le fait d’être père, et celui qui a tout ce qui appartient au Fils, manifeste en lui-même le Fils tout entier, sauf le fait d’être Fils. »
Grégoire montre que l’un des arguments de d’Eunome selon lequel  « dans l’acte d’engendrer, [le Père] ne partage pas sa propre substance, et le même n’est pas engendrant et engendré et le même ne devient pas non plus Père et Fils » est confus – comme dans la plupart des hérésies il y a là une confusion de l’essence et des propriétés hypostatiques – et témoigne d’une mauvaise compréhension de l’engendrement, lequel – même au semple niveau humain – n’exclut pas une transmission de la nature.
Grégoire montre ensuite que ce qu’Eunome dit de la puissance créatrice du Père en la lui réservant, vaut en fait aussi pour le Fils, à qui elle appartient pareillement. Il en va de même de la puissance en général, de la royauté ou de la gloire, qui ne sont pas des propriétés hypostatiques du Père mais des attributs communs attachés à l’essence divine.
Quant aux expressions, appliquées au Fils, de « Fils de Dieu », « Monogène » (unique engendré), ou « Premier-né », elles ne signifient pas qu’il se situerait, du fait d’être engendré, en dehors de la nature du Père. Grégoire s’étend longuement à monter le sens du mot « génération », sur lequel Eunome se méprend jusqu’à identifier « l’inengendré » (propriété hypostatique du Père) avec l’essence divine, et à assimiler en conséquence « l’engendré » (propriété hypostatique du Fils) avec quelque chose d’extérieur à cette essence. Il est d’ailleurs dangereux, comme le fait Eunome, de substituer au nom de « Père » le nom d’ « Inengendré », car d’une part cela masque la relation intime (de nature) qui existe entre le Père et le Fils, et d’autre part cela induit de manière perverse chez les lecteurs une assimilation du Fils avec tous les autres êtres engendrés dans le sens de créés.
L’expression « le Seigneur m’a créé principe de ses voies en vue de ses œuvres » (Prov 8, 22) se réfère à la nature humaine du Christ et non à sa personne. Et quand saint Jean dit que le Verbe était dans le principe (Jn 1, 1), on comprend que « le Verbe qui est dans le principe ne peut pas être séparé du principe dans lequel il est, et qu’il ne peut jamais commencer ni cesser d’être dans le principe […] Car il est vraiment unique le principe dans lequel nous contemplons, sans les séparer, le Verbe uni en tout au Père ».
Grégoire dénonce ensuite le caractère pernicieux des formulations équivoque d’Eunome, dont « le discours ressemble à un pain contenant beaucoup de sable » car « il mélange aux saines doctrines des opinions hérétiques, rendant immangeable même ce qui est nourrissant à cause du sable qui y est mêlé ». Par exemple Eunome affirme que la parole qu’il attribue du Père « je ne donnerai pas ma gloire à une autre » (Is 42, 8) a en vue le Fils, alors qu’elle a en vue l’Adversaire, le diable ; par ailleurs Eunome ne vois pas que l’auteur de cette parole est le Fils, car c’est lui « qui a parlé par les prophètes » (He 1, 1).
Alors qu’Eunome voit dans l’obéissance du Christ mentionnée dans l’Écriture un signe de sa sujétion au Père et de son infériorité par rapport à lui, Grégoire montre qu’elle se rapporte seulement à sa kénose volontaire, dans le cadre de son économie salvatrice, mais non à sa nature : « En effet, lorsqu’il est venu pour accomplir le mystère de la croix, celui qui s’est abaissé jusqu’à la condition d’un esclave et qui s’est humilié en prenant la ressemblance et la figure d’un homme, reconnu comme homme dans l’humilité de la nature humaine, c’est alors qu’il devint obéissant, lui qui a pris sur lui nos faiblesses et qui a porté nos maladies, qui a guéri la désobéissance des hommes par sa propre obéissance, afin de guérir par ses plaies notre blessure et afin d’anéantir par sa propre mort la mort commune des hommes ; c’est alors qu’il devint obéissant à cause de nous, comme il est devenu péché et malédiction à cause de son bienveillant dessein en notre faveur. Il n’était pas cela par nature, mais il l’est devenu par amour des hommes. »
Tandis qu’Eunome met en avant le rôle de médiateur du Christ pour le faire apparaître comme un être intermédiaire entre Dieu et l’homme, inférieur à Dieu donc, Grégoire monte que cette notion loin d’exclure la divinité du Christ l’inclut, et que dans cette fonction de médiateur le Christ, Dieu par nature, vise, en la nature humaine qu’il a assumée, à rendre les hommes participants de la nature divine ; loin donc d’inférioriser la nature du Christ, elle élève au contraire la nature humaine : «  La nature humaine s’était révoltée jadis à cause de la malice de l’Adversaire et elle était asservie au péché et elle était devenue étrangère à la vie véritable. Après cela, le Seigneur de la créature rappelle sa créature et il devient homme tout en étant Dieu. Il était tout entier Dieu et il devint tout entier homme. Et ainsi, la nature humaine fut intimement unie à Dieu, l’homme qui est dans le Christ opérant la médiation ; et grâce à nos prémices qui ont été assumées, toute la pâte a été intimement unie à Dieu par sa puissance. »
Eunome n’admet entre le Fils le Père qu’une simple ressemblance, ce qui n’autorise pas à considérer le Fils comme Dieu. Grégoire montre alors qu’il existe différents types de ressemblance, et que selon l’une d’entre elle – qui s’applique au Fils – « il n’y a pas de différence de nature entre ceux qui se ressemblent, et le caractère général et la forme impliquent communion ».
Grégoire continue à redresser les interprétations d’Eunome concernant d’autres formules de l’Écriture, comme « image » ou « sceau de l’énergie du Tout-Puissant ».
Puis il s’en prend à d’autre aberrations dogmatiques des ariens, comme l’affirmation que « ce n’est pas l’homme entier qui a été sauvé par le Christ, mais la moitié de l’homme, à savoir le corps ».
Après avoir démontré contre Eunome la divinité du Fils, Grégoire complète son traité en démontrant la divinité de l’Esprit Saint qu’Eunome conteste également.
Eunome cherche à identifier l’Esprit à la qualité de « Paraclet » pour mieux le séparer du Fils et du Père, mais Grégoire montre qu’elle appartient également à ceux-ci, car là encore ce n’est pas une propriété hypostatique, mais une qualité qui se rattache à la nature divine commune. Il en va de même de la Vérité lorsque l’Esprit Saint est appelé « Esprit de vérité ».
Contre Eunome qui affirme que l’esprit est l’un des êtres venus à l’existence par le Fils et est condamné à une soumission éternelle, Grégoire démontre par plusieurs arguments qu’il est par nature égal au Père et au Fils, et supérieur par essence à tous les êtres créés.
Le dernier chapitre est un bel exposé sur les opérations de l’Esprit, qui montre que la théologie des énergies divines, était déjà bien présente et élaborée chez saint Grégoire de Nysse. L’argument de base de Grégoire est que, l’énergie se rapportant à la nature (l’énergie est une opération d’une puissance de la nature), si l’Esprit a la même énergie que le Père et le Fils, il a aussi la même nature qu’eux : « Eunome dit que le Saint-Esprit “accomplit toute énergie et tout enseignement”. Quelle énergie ? S’agit-il de cette énergie qui, selon la parole du Seigneur, est celle du Père et du Fils, lui qui opère jusqu’à ce jour a le salut humain, ou s’agit-il d’une autre énergie que celle-là ? Car si telle est l’énergie de l’Esprit, il aura évidemment la même puissance et la même nature que le Père, et il n’y aura pas lieu d’affirmer à son sujet qu’il est d’une autre nature que Dieu. Car de même que si quelque chose opère les effets du feu, c’est-à-dire illumine et chauffe de la même manière, cela est évidemment du feu, de même aussi, si l’Esprit fait les œuvres du Père, on doit évidemment attester qu’il possède la même nature que lui. Mais si l’Esprit opère quelque chose d’autre que notre salut et s’il s’avère qu’il déploie son activité dans un but contraire, il sera démontré par là qu’il possède une autre nature et une autre essence. Mais le Verbe lui-même confirme par son témoignage que l’Esprit vivifie, tout comme le Père et le Fils. Il résulte donc de l’identité de leurs énergies que l’Esprit n’est pas du tout étranger à la nature du Père et du Fils. »
Ces quelques aperçus montrent l’intérêt théologique de ce traité de saint Grégoire de Nysse dont les démonstrations sont précisées et complétées dans les trois gros volumes de son Contre Eunome.
Cette réfutation de l’arianisme garde un intérêt actuel, car un nombre non négligeable de chrétiens en Occident (catholiques, et surtout protestants) ne croient plus en la divinité du Christ. Dans sa catéchèse du 20 juin 2007, le pape Benoît VI visait le néo-arianisme de certains théologiens catholiques. et Laurent Gagnebin, doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, présente ainsi la foi du protestantisme libéral : « À propos de la divinité du Christ, le protestantisme libéral dit qu’elle se trouve dans la perfection de l’humanité de Jésus. Parce que Jésus a été l’homme parfait, on salue en lui quelque chose qui nous vient de Dieu.» Une formule qu’Eunome n’aurait pas désavouée.

Jean-Claude Larchet

Un nouveau film russe sur saint Silouane du Mont Athos

st_silouaneUn nouveau film, intitulé « Le moine » vient de sortir en Russie sur le célèbre saint Silouane (+1938) du Mont Athos. L’auteur en est Arkady Mamontov, journaliste, animateur d’émissions sur la chaîne TV « Rossia » et réalisateur de nombreux films documentaires. Le présent film retrace la vie de saint Silouane depuis son village de Chovskoïé jusqu’à sa vie au monastère de Saint-Pantéléimon sur le Mont Athos. Différents moines athonites commentent la vie du saint, notamment le hiéromoine Athanase de Simonos Petras, qui évoque la canonisation par le Patriarcat œcuménique, ainsi que l’office qu’il a rédigé lui-même en l’honneur du saint. De magnifiques vues du monastère de Saint-Pantéléimon sont présentées. On peut visionner ce film (en russe) ci-dessous.

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Près de 100.000 habitants de Saint Pétersbourg se sont prononcés contre la restitution à l’Église orthodoxe russe de la cathédrale Saint-Isaac

Plus de 98.000 de Saint-Pétersbourgeois ont signé une pétition contre la restitution à l’Église orthodoxe russe de la célèbre cathédrale Saint-Isaac. Selon une directive municipale en date du 30 décembre 2016, l’église doit être restituée avant le 1er mars 2017, pour une période fixée à 49 ans. Les auteurs de la pétition demandent aux autorités « de ne pas permettre le transfert à l’Église orthodoxe russe des cathédrales Saint-Isaac et Saint-Sauveur-Sur-le-Sang (église érigée en mémoire de l’assassinat du Tsar Alexandre II en 1881) ». Selon eux « le transfert à l’Église orthodoxe russe des monuments-musées, qui sont des cartes de visite de Saint-Pétersbourg, mènera à la limitation des visites par les touristes. Il y a des craintes qui ne sont pas sans fondement, que les efforts de l’Église orthodoxe russe seront insuffisants pour procéder aux restaurations à grande échelle de ces objets uniques du patrimoine culturel, voire même à leur conservation dans leur état actuel ». Les auteurs de la pétition considèrent en outre que la composante culturelle de la cathédrale Saint-Isaac, disparaîtra complètement, étant donné que, selon eux, il est peu probable que l’on continue à y organiser des excursions, des expositions et des concerts de musique classique. Or, comme l’a communiqué aux journalistes le secrétaire de presse du gouverneur de Saint-Pétersbourg, A. Kibitov, la cathédrale Saint-Isaac sera transmise à l’Église russe, mais conservera sa fonction de musée conformément à l’accord conclu entre le gouverneur G. Poltavtchenko et le patriarche Cyrille. De son côté, le président du Département des relations entre l’Église et la société du diocèse de Saint-Pétersbourg, l’archiprêtre Alexandre Péline, a rappelé que l’architecte de la cathédrale, Auguste de Montferrand, a fait figurer sur la frise du monument les paroles tirées de la sainte Écriture : « Ma maison sera appelée maison de prière ». « La décision (de transférer la cathédrale à l’Église orthodoxe russe)… sera une décision juste. Il n’y en a aucune autre. Un magasin doit être un magasin, un hôpital, un hôpital, un musée, un musée, une église, une église… » a-t-il déclaré. Quant à V. Legoïda, président du Département des relations de l’Église orthodoxe russe avec la société et les médias, il a déclaré à son tour : « Le transfert se produit non seulement en conformité avec notre législation, mais avec le doit international : en entrant au Conseil de l’Europe en 1996, la Fédération russe s’est engagée à transférer aux organisations religieuses les objets à but religieux. C’est une obligation internationale ». V. Legoïda a rappelé en outre que l’UNESCO ne s’est jamais opposée à ce que les objets se trouvant sous sa protection soient administrés par des organisations religieuses. À titre d’exemple, on peut citer l’ensemble architectural de la Laure de la Trinité Saint-Serge, ainsi que les monastères de Novodievitchi et Solovki ». « Quant à ceux qui expriment des craintes que l’Église ne puisse faire face à ses engagements, je voudrais leur rappeler… que les exemples mentionnés de remarquable coopération entre l’Église et les musées, à l’heure actuelle, montrent que nous pouvons faire face » a ajouté V. Legoïda, appelant au dialogue constructif tous ceux qui ne sont pas indifférents au sort de la cathédrale Saint-Isaac. Cette cathédrale fut construite de 1818 à 1858, selon les projets de l’architecte français Auguste Ricard de Montferrand. Sa hauteur est de plus de 100 mètres et sa surface intérieure dépasse 4000 m2. Fermée en 1928 par les bolcheviques, la cathédrale fut transformée en 1931 en musée de l’athéisme jusqu’en 1937, où elle devint un musée d’histoire et de l’art. En 2012, sa propriété a été transférée à la municipalité de Saint-Pétersbourg. Trois ans plus tard, le diocèse de Saint-Pétersbourg de l’Église orthodoxe russe s’est adressé aux autorités municipales pour disposer du lieu de culte, mais il se vit alors opposer une fin de non-recevoir.

Source : 1, 2 et 3

Le rapport de Mgr Hilarion de Volokolamsk sur «Violation des droits et des libertés religieuses : intolérance, discrimination et pressions»

img_7584Le rapport, en français, de métropolite Hilarion de Volokolamsk (Patriarcat de Moscou) lors du Ve Forum européen catholique-orthodoxe, qui s’est tenu à Paris du 9 au 12 janvier, sur le thème: “Violation des droits et des libertés religieuses: intolérance, discrimination et pression”, est en ligne sur cette page dans son intégralité.

Photographie: Mgr Hilarion (à droite) lors de la lecture de son rapport (source)

Message final du Ve Forum européen catholique-orthodoxe

Le Ve Forum s’est déroulé à Paris, la capitale française, sur invitation de l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. Les travaux ont ensuite été guidés par les deux co-présidents du Forum, le métropolite Gennade de Sassime du Patriarcat œcuménique, et, au nom de la présidence du CCEE, par le cardinal Péter Erdő, archevêque d’Esztergom-Budapest.
message_final_5eforum cathedrale-grecqueOutre les riches sessions de travail, les participants ont eu la possibilité de rencontrer et de prier avec les communautés locales respectives : le 10 janvier à la cathédrale Saint-Stéphane de la métropole grecque de France pour une prière œcuménique (une doxologie) accueillie par le métropolite Emmanuel de France (Patriarcat œcuménique), président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, et le 11 janvier à la cathédral de Notre-Dame pour une prière à l’occasion de l’exposition de la Couronne d’épines, guidée par Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris. Au cours de la rencontre, les participants ont pu apprécier le chaleureux accueil du nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura. Le patriarche œcuménique Bartholoméé a envoyé un message de salutations et de bénédictions patriarcales, souhaitant le succès, des résultats constructifs et la continuation du Forum. Le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, Italie, était également présent comme nouveau président élu du CCEE. Le 1er Forum Européen orthodoxe-catholique-a eu lieu en 2008 (11-14 décembre) à Trente, en Italie, sur le sujet La famille: un bien pour l’humanité; le 2ème Forum a eu lieu en 2010 (18-22 octobre) sur l’Ile de Rhodes, en Grèce, sur le sujet : Rapports Église-État ; le 3ème Forum s’est déroulé à Lisbonne, au Portugal en 2012 (5-8 juin) sur le thème : La crise économique et la pauvreté. Défis pour l’Europe d’aujourd’hui ; et le 4ème Forum a eu lieu à Minsk, en Biélorussie en 2014 (2-6 juin) sur le sujet : Religion et diversité culturelle : les défis pour les églises chrétiennes en Europe. Les rapports de ces forums ont été publiés en quatre volumes par la maison d’édition Editrice Dehoniane dans la collection Oggi e Domani.

Le Forum catholique-orthodoxe est né de la volonté d’aborder des questions anthropologiques et pastorales dont l’importance est cruciale pour le présent et le futur de l’humanité en Europe et dans le monde entier, dans le but de contribuer à définir des positions communes sur les questions sociales, politiques, morales et économiques. Le Forum ne vise donc pas à aborder des questions doctrinales, qui font l’objet d’autres rencontres qui se tiennent à des niveaux différents. En effet, le Forum ne remplace aucunement le travail de la Commission mixte internationale de dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe qui est en cours depuis 1980. A la fin de travaux, les participant ont écrit un message commun.

Le message, en quatorze points, développe certaines questions traités durant la rencontre : la dignité humaine et la liberté religieuse; l’intolérance religieuse, la discrimination et la persécution; le fondamentalisme et le terrorisme aujourd’hui; la cohésion sociale et le phénomène de la peur dans l’État de droit en regardant à la mission des dirigeants et à la contribution de l’Église ; l’engagement des Églises dans la gestion des conflits et dans la promotion du bien commun et de la solidarité ; et enfin la proclamation de Jésus-Christ comme réponse à la menace tant du fondamentalisme que du terrorisme. Pour lire le message sous format PDF, cliquez ICI :

Les photographies sont disponibles sur cette page !

Vidéo – Bertrand Vergely : « Denys l’Aréopagite » – lundi 2 janvier

Bertrand Vergely nous a parlé le 2 janvier de saint Denys l’Aréopagite dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ».

Extrait de la conférence :

La conférence dans son intégralité :

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Bertrand Vergely : « Grégoire de Naziance » – lundi 16 janvier

Bertrand Vergely nous parlera le 16 janvier de saint Grégoire de Naziance dans sa quatrième série de conférences « Les grands textes de la théologie morale ». La conférence aura lieu, à partir de 19h30 (ouverture des portes à 19h00), dans l’auditorium Jean XXIII de la Mutuelle Saint-Christophe au 277 rue Saint-Jacques Paris 5e. Entrée payante: 10 € (pas de carte bancaire). Pour plus d’informations: 06 17 86 32 96. Pour consulter les dates et les thèmes des prochaines conférences, cliquez ICI !

« Il faut enterrer Lénine, mais le principal est de ne pas causer de préjudice » déclare l’évêque de Iegorievsk Tikhon (Chevnoukov)

Le chef du Conseil patriarcal pour la culture et supérieur du monastère Sretensky de Moscou, l’évêque de Iegorievsk Tikhon considère que le corps de Lénine doit être enterré, mais que toutefois cette question doit être réglée par les autorités. « La Place Rouge, ce n’est pas un cimetière, ce n’est pas le lieu pour un tel genre d’inhumation, mais cette question sera réglée par les gens qui sont attitrés à prendre la décision, après, naturellement, avoir écouté toutes les opinions. Et cette décision, bien sûr, concernera une multitude de facteurs. Le plus important, dans le cas présent, est de ne pas causer de préjudice », a déclaré l’évêque dans une interview à Interfax religion. Le fait que les restes momifiés de Lénine seront transférés ailleurs est pour lui indubitable. « Mais quand cela se produira, cela doit être décidé par ceux qui ont la responsabilité pour que cette décision évidente ne donne pas lieu à certaines conséquences non justifiées par la rapidité de la décision». « Nous dirons qu’il faut le faire, mais pousser des cris pour qu’il faille le faire à cette seconde ou demain, nous ne le ferons pas. Nous ferons connaître notre opinion, qui est partagée par nombre de gens. Mais ensuite, que le décident les gens qui portent la responsabilité de la paix civile dans le pays », a déclaré le hiérarque.

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Une assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce aura lieu au mois de mars 2017

Le Saint-Synode de l’Église de Grèce s’est réuni le 11 janvier 2017 sous la présidence de l’archevêque d’Athènes Jérôme. En application de la décision de l’assemblée extraordinaire des évêques de l’Église orthodoxe de Grèce en date du 24 novembre 2016, le Saint-Synode a entériné le texte destiné à l’information du clergé et du peuple au sujet des décisions du Saint et Grand Synode de Crète, qui sera publié dans le feuillet intitulé « Pros ton lao » (« Au peuple »). Le Saint-Synode a décidé que l’Assemblée extraordinaire des évêques l’Église de Grèce sera convoquée les 8 et 9 mars 2017. Au cours de ses travaux, les métropolites suivants présenteront des rapports : Mgr Daniel de Kaisariani, Vyron et Hymettos (rapport sur l’éducation ecclésiastique), Mgr Éphem d’Hydras, Spetsès et Égine (rapport sur l’enseignement religieux) et Mgr Chrysostome de Messinia (rapport sur le cheminement du dialogue avec les catholiques romains). Le Saint-Synode a désigné ensuite le métropolite de Dimitrias et Almyros pour prononcer l’homélie du dimanche de l’orthodoxie (le 5 mars 2017) en la cathédrale d’Athènes.

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En raison des fortes chutes de neige, les communications sont interrompues sur le Mont Athos

Depuis cinq jours ont lieu des chutes de neige incessantes sur le Mont Athos. En raison de la mauvaise visibilité, la desserte maritime du Mont Athos est interrompue. La route entre le centre administratif de Karyès et le port de Daphni est couverte de neige. La hauteur de neige est de 1.50 mètres, pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres en certains endroits. Il n’y a pas eu de chutes de neige semblables depuis 1995. En raison de ces conditions météorologiques, les moines des autres monastères n’ont pu se rendre, comme le veut l’usage, aux fêtes patronales des monastères de Konstamonitou (qui commémore le proto-martyr et archidiacre Étienne) et Simonos Petras (qui commémore saint Simon). On peut visionner ci-dessous un film de la TV orthodoxe serbe « Hram » montrant le monastère athonite de Chilendari sous la neige.

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Statistiques de l’Église orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou

Le 29 décembre 2016, le métropolite de Borispol et Brovary Antoine, chancelier de l’Église orthodoxe d’Ukraine, a fait son rapport annuel devant les membres du Saint-Synode de cette Église. Il a notamment souligné qu’au cours de l’année concernée, 200 nouveaux moines et moniales ont prononcé leurs vœux, et 3 nouveaux monastères ont été fondés. Le métropolite a présenté la statistique suivante présentant l’évolution de l’Église orthodoxe d’Ukraine au cours des trois dernières années :

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Le patriarche de Roumanie Daniel : « L’eau de la fête du Baptême du Seigneur permet aussi de rafraîchir dans notre conscience le fait que nous sommes baptisés, que nous sommes chrétiens »

Les prêtres exerçant leur ministère à la cathédrale patriarcale de Bucarest ont rendu visite, le 5 janvier 2017, au patriarche de Roumanie Daniel et ont procédé à la bénédiction des locaux de la Résidence patriarcale. Dans son homélie, le patriarche roumain a souligné l’importance et la signification de l’eau sainte (bénie lors de la veille et le jour même de la Théophanie) dans la vie du chrétien. « Nous vous remercions pour être venus avec l’eau sainte, avec « l’aghiasma », à la Résidence patriarcale, comme un signe de conservation de la tradition, mais aussi comme une occasion de renouvellement et de sanctification de la vie. L’eau de la fête du Baptême du Seigneur permet aussi de rafraîchir dans notre conscience le fait que nous sommes baptisés, que nous sommes chrétiens. Le baptême du Seigneur a eu lieu pour que soient offertes de solides bases au baptême des hommes qui croient dans le Seigneur Christ. Le Baptême, au nom et dans la présence de la Très Sainte Trinité signifie la croissance spirituelle dans la vie éternelle qui commence en ce monde » a déclaré le patriarche. En même temps, le primat a mis en évidence le rôle de la bénédiction des maisons et la présence de l’Église dans la vie des fidèles. « La bénédiction des maisons est un signe de joie, de bénédiction, de protection, par lequel chaque maison devient une icône de la grande Église dans laquelle se rassemblent les fidèles. Dans notre tradition roumaine, dans le salon, sur le mur situé à l’Est se trouvent de nombreuses icônes pour montrer que nous n’oublions pas l’Église, mais que nous avons reçu l’Église dans nos maisons », a conclu le patriarche.

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Fête de la Théophanie en Albanie

Le site officiel de l’Église orthodoxe d’Albanie a publié de nombreuses photos sur la fête de la Théophanie dans les principales villes du pays. On peut visionner ci-dessous un film sur la fête en la cathédrale de Tirana, avec le chant du tropaire de la Théophanie, puis quelques extraits de la liturgie célébrée par l’archevêque Anastase, primat de l’Église orthodoxe d’Albanie, et de la bénédiction des eaux. D’autres vidéos présentent la bénédiction des eaux à Durrës, Fier, Korçë, Vlorë, Gjon et Berat.

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Jovan Nikoloski